L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 novembre 1922, Novembre
44e yol.Québec, Novembre 1922 No 3 LEnsekstot Primaire EDUCAHON INSTRUCTION, iREVUE MENSUELLE SOMMAIRE Pédagogie:—Nos écoles publiques, C.-J.-Mapwarc, ae la Société Royale du Canada, p.£ 129.—Histoire de la pédagogie: la Renaissance en Angleterre, F.P.G., p.132.—Question de Eédagogie: une ère nouvelle, Arsène Faquin, I.E., p.157.—Enseignement du dessin, 3e ettre, Un inspecteur de l'enseignement du dessin, p.142.—La calligraphie à l’école primaire, exercices pour le mois de novembre, J.-B.Chartrand, p.145.—Pédagogie pratique: notes d’inspection, Expérience, p.146.—Comment écrire les noms propres, abbé Joseph Saint-Denis, p.147.—Autour d’une exposition scolaire, Jean-Charles Magnan, p.149.—La vertu de charité, son rôle social, C.-J.Magnan, p.151.Chronique judiciaire:—Juridiction des tribunaux sur la perception des taxes scolaires Eugène L'Heureux, avocat, p.153.Documents officiels:—Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique ; session de septembre 1922, J.-N.Miller, secrétaire, p.154.—A l’officiel: nominations et création d’un nouveau district d’inspection, p.181.Documents scolaires:—Au congrès de Grand’Mère, p.168.—Résumé de la conférence donnée au congrès de Grand’Mère, par l’Inspecteur général des écoles catholiques, p.169.— Loi établissant des cours professionnels, p.171.—Congrès des professeurs des écoles normales de filles, d.172.— Méthodologie:—Étude critique: la cloche de Louisbourg, Chanoine Émile Chartier, de la Société Royale du Canada, p.173.—La rédaction à l’école primaire, N.Tremblay, professeur, p.178.—Histoire du Canada: Boucher et de la Vérendrye, p.182.—Pierre Boucher de Grosbois, p.182.Enseignement pratique:—Instruction religieuse : les sacrements du Mariage et de l’Ordre, l'abbé C.Rambaud, p.184.—Langue française: Cours élémentaire, p.185—Cours moyen, p.186.—Mathématiques: Arithmétique, p.188—Algèbre, p.190—Géométrie, p* 192.Cabinet de l’instituteub:—A propos des heures de classe, p.150.—Demandez le calendrier de 'saint Joseph, p.152.—Les nouveaux programmes d’études, p.192.—^Bibliographie, p.192.t Illustrations:—Exercices de dessin, p.144.—Exercices de calligraphie, p.145.— lies différentes pièces d’une maison, p.179.C.-J.MAGNAN, Directeur-propriétaire—79, Chemin Ste-Foy, Québec, CONDITIONS D’ABONNEMENT L'abonnement à l'Enseignement primaire est de $2.00 par année, pour le Canada; et de 1?2.50 pour les pays étrangers, strictement payable d’avance et doit être adressé au s ussigné.Les abonnements commencent avec l’année scolaire, c’est-à-dire le 1er septembre et finissent le 30 juin de l’année suivante.Les abonnés arrivant dans le cours de l’année de la publication, reçoivent les fascicules parus à date.Nos abonnés nous rendraient un grand service, chaque fois qu’ils renouvellent leur abonnement, en découpant l’adresse qui se trouve sur la bande d’enveloppe et en l’expédiant avec le prix du renouvellement.S’il y a lieu, ils noteront les changements de résidence.Jette précaution éviterait beaucoup de recherches et sauverait un temps précieux.Toute livraison non reçue doit être réclamée dans le mois de sa publication, «près ce délai, il faudra payer 25 centins par fascicule réclamé.On ne tiendra aucun compte des réclamations non accompagnées du prix.Pour l’avantage de ceux qui voudraient compléter des séries ou collections, des fascicules séparés, depuis la fondation de la revue, pourront être fournis à raison de 25 centins chacun, sauf quelques rares livraisons qui sont épuisées.Les réclamations ne sont considérées qu'une fois le mois, entre le SO et le SO de chaque mois, c’est-à-dire 8 à 10 jours avant Vexpédition.Les correspondances arrivant après cette date ne sont considérées que le mois suivant.On ne peut tenir compte des réclamations sur réception de chacune d’elle, ceci ne se fait qu’une fois le mois.Pour toute information relative à l’administration, s’adresser à J.-R.Paradis, case posta e 636, Québec.JEREMIE RICHARD Relieur, Régleur et Imprimeur Reliure de Bibliothèque et de luxe.—Toilage et cartonnage.—Feuilles mobiles.— Gabiers d’exercices.Cahiers brouillons et tout ouvrage concernant cette ligne.Nous relierons VEnseignemen\ Primaire à un prix modéré et garantissons donner satie* faction aux municipalités scolaires.-TÉLÉPHONE 1073 - *1, RUE SAULT-AU-MATELOT, QUEBEC.VISITEZ LE CANADA PENDANT VOS VACANCES LE8 ROCHEUSES CANADIENNES couvrent à elles seules un territoire plus erand que 50 Suisses réunies.Service d’bôtelleri sans égal Banff, Lac Louise.Glacier, Vancouver Victoria.POUR VOTRE VOYAGE DANSX’OUEST CANADIEN t Utilisez le réseau de chemin de fer par excellence.Trains quotidiens directs entre I est et I ouest.Matériel roulant réunissant tous les perfectionnements modernes.Bureaux des billets à Québec : 30 rue Saint-Jean, Château Frontenac et_Gare du Palais.Brochures et détails supplémentaires sur demande à CHS.A.LANGEV1N, A*“,2:rVîlV.«K'5:Vi,.«.r.P.Agence générale de navigation océanique.TOUTES LES LIGNES circulant du Canada et des Etats-Unis représentées.Spécialités VOYAGES D’EUROPE. 44ÈME VOLUME Québec, Novembre 1922 No 3 ^Enseignement Primaire EDUCATION INSTRUCTION.PEDAGOGIE NOS ECOLES PUBLIQUES é L’article qui suit a été publié dans l’Enseignement secondaire cm Canada, de juin 1922.Cette revue est publiée à Québec, sous les auspices^ de V Université Laval.J’ai lu avec intérêt, dans la livraison d’avril de U Enseignement secondaire, l’article de Monsieur René Lévesque, intitulé: “De l’Éducation conçue comme une science”.Cet article du distingué professeur de l’École normale Supérieure de Québec, mériterait quelques observations.^ Ainsi, M.Lévesque affirme: “Je crois au contraire que la science de l’Éducation n’est pas constituée et qu’elle ne le sera jamais, parce qu’il ne peut pas y avoir de science de l’éducation”.(1) C’est catégorique.Néanmoins, Monseigneur Dupanloup n’a-t-il pas dit: “L’Éducation est tout à la fois un art et une science] on dit dans ce double sens: C’est un beau traité d’Education; c’est un grand système d’Éducation; c’est une maxime fondamentale de toute bonne Éducation”.(2) Plus loin, M.Lévesque se déclare “un admirateur fervent de l’École des Roches”.Certes, il y a beaucoup à admirer dans cette forme d’école “qui constitue un milieu social adapté à la perpétuelle mobilité de l’enfant, qui lui met en mains, peu à peu, le terrible instrument de la liberté, qui le forme à l’initiative personnelle en l’habituant à ne jamais perdre de vue la fin sociale”.(3) De là la nécessité “des jeux d’équipes qui forment à l’action concertée des responsabilités de plus en plus lourdes qui pèsent sur l’adolescent à mesure qu’on le délie de la subjection puérile”.(4) Et M.Lévesque conclut: “Le self-government des écoles?Pous-quoi pas ?” L’éminent professeur nous mène donc en pleine Éducation nouvelle et nous présente, sans le nommer, M.Edmond Demolins, qui a écrit (1) L'Enseignement secondaire au Canada, livraison d’avril 1922, p.150.(2) De VEducation, par Mgr Dupanloup.Tome premier, pages 23 et 24.(3) L'Enseignement secondaire au Canada, livraison d’avril, p.149.(4) L’Enseignement secondaire au Canada, livraison d’avril 1922, p.149. 130 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE naguère tout un volume pour dire à la France traditionnelle étonnée: A quoi tient la supériorité des Anglo-Saxons.Sur ce chapitre, les éducateurs canadiens-français marquent encore le pas en compagnie de l’illustre général de Castelnau, qui disait récemment : “La valeur de l’homme ne s’évalue pas en fonction de sa force musculaire, de sa capacité thoracique, ou de la saillie de ses biceps; elle se mesure surtout à l’élévation de son intelligence, à l’énergie de son caractère, et à la bonté de son cœur.Ne vous laissez pas, disait-il, séduire par ces méthodes d’éducation étrangère, qui mettent la culture physique au premier plan.Lorsque nos alliés de l’ancien et du nouveau monde ont du chercher dans les rangs de leur élite intellectuelle les cadres, surtout les cadres supérieurs, nécessaires à la constitution de leurs unités, leur embarras n’a pas été mince.Ils ont du puiser largement, très largement, on ne saurait trop le répéter, dans la source puissante et abondante de l’intelligence française.” (1) Mais ce n’est point pour disserter sur Véducation, science ou non, ni pour remettre en discussion le grave problème de 1’“éducation nouvelle”, que j’ai demandé l'hospitalité de U Enseignement secondaire.C’est à la seule fin de démontrer que ce que M.Lévesque regrette si justement de ne plus retrouver dans les écoles publiques de la France, (2) constitue l’âme et l’armature du système scolaire officiel de la Province ¦de Québec.Ainsi après avoir admirablement démontré l’absurdité d’un système d’éducation sans Dieu et défini avec clarté que la véritable éducation, c’est “l’art d’organiser par l’amour et selon l’ordre, les données de l’expérience autour d’un motif central qui est la foi en Dieu”, M.Lévesqu ajoute: “Nos écoles publiques sont-elles conçues pour une telle éducation?J’ose répondre très nettement: Non.Cette éducation fondamental de l’âme ne peut être donnée que par des hommes qui se consacrent à cette tâche sans réserve et par pur amour.” Puis il rappelle que l’évolution naturelle des individus et des races qui ont laissé attaquer la croyance religieuse positive, c’est: “foi diminuée—déisme vague—indifférence et pur matérialisme” que la véritable éducation “est le trésor héréditaire que nous ont légué des siècles d’humble foi et de traditions intégralement transmises et jalousement conservées”.Et M.Lévesque de conclure: “Les gardiens et les transmetteurs de ce feu, voilà ceux à qui j’accorde le beau nom d’éducateurs (nom dont on est actuellement bien parcimonieux, peut-être par une pudeur inavouée.) Et ceux-là ne sont pas dans nos écoles— précisément parce que nos écoles sont la chose des foules disparates et des (1) Les Études, Paris, 20 mars 1922.(2) En écrivant "nos écoles publiques”, M.Lévesque voulait évidemment parler des écoles de son pays. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 131 spécialistes étroits.L’éducateur, c’est le père, chef et prêtre de son groupe familial—c’est le père ou c’est l’apôtre, le seul homme à qui le père puisse en conscience déléguer ses devoirs et ses droits”.(1) L’affirmation qui précède ne s’applique pas aux seules écoles officielles de la France, mais elle convient dans la même mesure aux écoles de tous les pays de l’Europe, des deux Amériques, et de toutes les autres parties du monde, sauf celles de la Province de Québec.M.Lévesque le sait sans doute: l’État de Québec est le seul pays au monde où les écoles officielles soient, de par la loi, absolument confessionnelles et séparées: les catholiques ayant pour leurs enfants des écoles catholiques et les protestants des écoles pi otestantes.Disons encore pour nos frères de France qui n’ont lu que Maria Chap delaine: Que l’enseignement de la religion est à la base des programmes des trois degrés de nos écoles primaires: élémentaire, intermédiaire et supérieur; que les prêtres catholiques sont visiteurs des écoles de leurs paroisses (art.2557 du Code scolaire), qu’ils peuvent enseigner sans brevet de capacité, ainsi que les Frères et les Sœurs (art.2586) ; que les curés et les deservants ont seuls le droit de choisir les livres de religion et de morale pour les écoles de leur paroisse (art.2709-4); que nul aspirant à un brevet d’enseignement ne peut être admis à l’école normale ou au Bureau des examinateurs (pour les catholiques) sans être muni, au préalable, d’un certificat de moralité signé par son curé (articles 83, 145 et 215 des Règlements du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique); que le dit Conseil de l’Instruction publique est composé de deux comités, l’un catholique où siège ex-officio NN.SS.les archevêques, évêques et vicaires apostoliques, et l’autre protestant: chacun de ces comités ayant seul le droit de rédiger des programmes d’études, approuver des livres et faire des règlements pour les écoles de leur dénomination religieuse respective; que la liberté de l’enseignement est accordée pleine et entière au clergé et aux congrégations; que l’enseignement secondaire et supérieur, en notre Province, est sous le contrôle et la direction exclusive des évêques et du clergé, pour les catholiques, et sous le contrôle des différentes dénominations protestantes, pour les protestants; que dans les écoles catholiques de la province de Québec, qui sont au nombre de 6,881 sur un total de 7,706, on trouve à leur poste d’éducateurs, 15,797 instituteurs et institutrices catholiques, dont 884 sont des prêtres, 1,904 des religieux (Frères) et 5,546 des religieuses (Sœurs), 489 instituteurs et 6,974 institutrices catholiques, tous pratiquants et animés du même zèle que les congréganistes pour la formation morale et religieuse de la jeunesse; enfin que la liberté des parents, premiers et principaux éducateurs des enfants, est largement sauvegardée par la loi de l’Instruction publique de la Province de Québec, le seul État (1) L’Enseignement secondaire au Canada, avril 1922, page 156. 132 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE au monde qui possède une organisation scolaire aussi nettement favorable à la Religion, à F Église et à la Famille dans le domaine de l’enseignement.Ni école, ni instruction obligatoire dans notre Province: instruits de leurs devoirs par les Évêques et le clergé, les Canadiens français n’ont jamais eu besoin de loi de contrainte pour assurer à leurs enfants une fréquentation scolaire suffisante.A preuve le rang d’honneur que Québec occupe au tableau des statistiques fédérales.Après ce rapide exposé, nous avons le droit de conclure que nos écoles 'publiques favorisent la véritable éducation et qu’elles ne sont pas dépourvues de ces éducateurs dignes des beaux noms de gardiens et de transmetteurs du feu sacré de la foi et des traditions dont parle M.Lévesque en termes magnifiques.Nous avons cru de notre devoir de profiter de l’article de cet éminent professeur pour mettre en relief le caractère des écoles publiques de la Province de Québec, afin que nos frères de France qui lisent L"Enseignement secondaire au Canada apprennent que les Canadiens français ne se sont pas contentés d’être de patients bûcherons et d’habiles arracheurs de souches, mais qu’ils ont su aussi édifier, à trois mille lieues de la mère patrie, un superbe bâtiment scolaire au frontispice duquel sont écrits officiellement, en lettres d'or, ces deux mots que quinze siècles d’histoire ont unis à jamais: Catholique et Français.C.-J.Magnan, de la Société Royale du Canada et Inspecteur général des écoles catholiques de la Province de Québec.HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE La Renaissance en Angleterre (1) (Droits réservés) II PÉDAGOGIE PROTESTANTE La plupart des manuels d’histoire de l’éducation avancent comme des vérités incontestables: 1.Que Vécole populaire date de la Réfoi me; %.Que la Réforme a relevé l’état de Vinsti uction.Examinons, à la lumière des faits, ces deux assertions.(1) Voir L'Enseignement primaire, d’octobre 1922. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 133 1—l'école populaire date-t-elle de la réforme ?M.Compayré nous l’assure: uL’enseignement primaire en ses débuts est, dit-il, chose protestante, et la Réforme en a été le berceau*’.(1) M.Bréal est du même avis.Il admet que, si l’Église a fondé l'enseignement secondaire et l’enseignement supérieur, la foi catholique a dominé pendant de longs siècles sans songer à fonder l’enseignement populaire.“Le catholicisme, dit-il, fait l’éloge de la sainte ignorance” (2) D’après lui, partout ou l’enseignement populaire s’est établi avant le dix-neuvième siècle, il est “fils de protestantisme”.De nombreuses études prouvent cependant que la fondation de l’enseignement populaire remonte au moyen âge.J.-J.Ampère ne craint pas d’avouer que “Charlemagne avait établi plus d’écoles populaires qu’il n’en existe aujourd'hui.”.(3) Dans un article retentissant M.Louandre affirmait en 1877 que, dès le Xe siècle, tous les paysans de Normandie savaient lire et écrire (4).Les archivistes ont prouvé d’une manière irréfutable que des écoles nombreuses existaient dès le douzième siècle, dans toutes les provinces de France (5).L’Allemagne possédait également.un grand nombre d’écoles primaires: “Le catholicisme, dit M.Eug.Rendu, avait peuplé l’Allemagne d’écoles populaires comme le reste de l’Europe; il avait voulu que le clergé appelât à ces écoles les fils des serfs comme ceux des hommes libres ; que tout prêtre ayant charge d’âmes donnât l’instruction ou par lui-même ou par un clerc, et que le curé de chaque paroisse offrît au pauvre l’enseignement gratuit ” (6).Dans son beau livre sur les écoles paroissiales d’Ecosse, J.Grant dit: “Nos écoles ne furent pas créées par un acte du parlement; elles furent fondées par l’Église ou durent leur existence au peuple lui-même" : (7) Des documents authentiques prouvent que ce pays possédait un grand nombre d’écoles primaires au commencement du Xlle siècle.L’illustre franciscain anglais Roger Bacon (1214-1298) écrivait qu’il n’y avait jamais eu tant d’application à l’étude, tant de désir de s’instruire qu’à son époque où des écoles existaient dans chaque ville, bourg ou château.Les résultats des recherches les plus récentes confirment l’assertion de R.Bacon.L’Église, bien avant la Réforme, avait organisé en Angleterre tout un système d’éducation populaire.“Je suis convaincu, dit un auteur anglais, que le nombre extraordinaire de fonda- (1) Histoire de la pédagogie, 18ème édition, p.93.(2) Quelques notes sur Vinst.publ.en France, 1872.(3) Hist.Littéraire de la France avant Charlemagne, III, p.230.(4) Revue des Deux-Mondes, 15 janvier 1877.(5) Allain, L’instr.primaire en France avant la Révolution, p.2l à 40.(6) Rapport sur l'enseignement populaire dans VAllemagne du Nord.(7) History of the burgh and parish schools of Scotland, 25. 134 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lions d’écoles après la réforme de 1547 n’était pas la conséquence d’un zèle nouveau pour la science, mais une réorganisation bien imparfaite de ce qui avait été détruit d’une manière si soudaine et si désastreuse (1).Ce témoignage est corroboré par les paroles du président du parlement qui, en 1562, disait à la reine que plus de cent écoles détruites par la Réforme n’avaient pas été rouvertes.—Rashdall, dans son savant ouvrage sur les Universités du moyen âge, et le cardinal Gasquet, dans ses études sur la vie paroissiale de la même époque (2) sont arrivés à cette conclusion: l’enseignement populaire était parfaitement organisé en Angleterre avant la Réforme.Il en était de même dans les autres pays de l’Europe.Nous l’avons vu d’ailleurs: l’Église, depuis le VI siècle, n’avait cessé d’édicter, dans ses conciles, des ordonnances relatives à la fondation d’écoles populaires et ces ordonnances n’étaient pas restées lettre morte.Il faut être d’une mauvaise foi ou d’une ignorance prodigieuse, pour oser soutenir que l’enseignement populaire date de la Réforme.2—LA RÉFORME A-T-ELLE RELEVÉ L’ÉTAT DE L’iNSTRU CTION ?Certains écrivains, tels que d’Aubigné et Michelet, ont avoué avec un air de triomphe qu’au moment de la Réforme l’instruction était dans un état déplorable.Rien de plus faux.A cette époque il y avait en Europe 72 universités toutes catholiques (3).Autour de ces universités se groupaient de nombreux collèges et écoles; Oxford en comptait 300, Paris, 60, Louvain plus de 40, etc.—Les ordres religieux y avaient établi des maisons d’études pour leurs sujets, les évêques y avaient fondé des séminaires pour la formation supérieure des aspirants au sacerdoce.Près de chaque cathédrale s’élevait un petit séminaire où les enfants sous la direction de l’ordinaire, recevaient une formation préparatoire à l’état ecclésiastique.Les monastères avaient tous deux écoles: l’une destinée aux religieux, l’autre où l'on instruisait gratuitement les enfants du peuple.Les écoles élémentaires étaient innombrables.En Allemagne, les Jésuites en dirigeaient un grand nombre par eux-mêmes ou par leurs élèves.En France, il en existait jusque dans les plus humbles villages.On peut affirmer que proportionnellement à leur population, la plupart des grandes villes avaient des établissements scolaires plus nombreux qu’aujourd’hui.—Il y avait à Paris, au XlVe siècle, trente écoles paroissiales pour les filles seulement.(1) Thorold Rogers, Six centuries of works and wages, I, p.165.(2) Don Gasquet, O.S.B., Mediaeval parish life, p.73 sq.(3) Elles étaient ainsi réparties: 20 en France, 15 en Allemagne, 5 en Italie, 7 en Espagne, 3 en Ecosse, 2 en Angleterre, en Autriche et en Suisse, une en Belgique, en Portugal, en Pologne, en Hongrie, en Danemark et en Suède. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 135 La fréquentation scolaire, dans son ensemble, était satisfaisante, L’instruction n’était donc pas en décadence; on pouvait sans doute l’améliorer, mais elle n'était pas dans l’état lamentable que décrivent les détracteurs de l’Église.Il y a plus.—L’histoire permet d’avancer que, non seulement la Réforme n’a pas relevé l’instruction,mais qu'elle lui a été nuisible dans tous les pays ou elle s’est établie.Il serait excessif d’accuser les chefs de l’hérésie de s’être prononcés contre la culture des lettres et l’instruction populaire, cependant Janssen, d’après Dollinger, n’hésite pas à écrire que “là où la nouvelle doctrine se développait librement, d’innombrables prédicants travaillaient à ruiner de fond en comble toute culture intellectuelle.Ils visaient sciemment à fonder le règne de la foule ignorante.On revenait aux doctrines que les hussites avaient mises en honneur au quinzième siècle.“Celui qui s’adonne aux arts libéraux est un orgueilleux.les écoles doivent être détruites” (1).Le principal motif de cette décadence réside dans les doctrines malsaines,les principes subversifs les écrits violents des prédicants, qui allumèrent partout des guerres civiles.Luther se montre particulièrement acharné contre la philosophie et la théologie scolastique; il n’a pas d’invectives assez brutales contre les institutions où elles sont enseignées.Il appelle les universités “des temples de Moloch, des cavernes de malfaiteurs, des synagogues de perdition.” Il qualifie les théologiens” d’ânes grossiers, de misérables fripons, de bouillon maudit de l’enfer”.Il va jusqu’à dire: “On devrait mettre le feu aux universités, car rien de plus infernal, de plus diabolique n’a existé depuis le commencement du monde, et jamais la terre ne connaîtra rien d’aussi pernicieux” (3).Il put constater lui-même l’effet de son œuvre destructive; “En Allemagne, écrivait-il, on laisse dépérir l’enseignement.Les écoles supérieures languissent, les couvents sont fermés, l’herbe se sèche, la fleur tombe.Là où les couvents et les abbayes ont été supprimés, personne ne consent à faire instruire ses enfants” (3).Melanchton écrivait également : “Dans les pays allemands, toutes les écoles disparaissent.Malheur sur le monde!” Cette triste réalité arrache à l’humaniste Nossen une constatation émue.“Ce qui m’afflige le plus, c’est la crainte qu’une fois les fondements de la science sapés, toute piété ne soit du même coup ruinée et que nous ne voyions renaître une barbarie capable d’anéantir les derniers et faibles vestiges de la religion et des lettres.” Quelques chiffres achèveront de prouver ce que nous avançons— (1) Dollinger, Réforme, I, p.440; Janssen, II, p.315.(2) Janssen, II et III, passim.(3) Cité par Janssen, Ibid. 136 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’université de Prague, si fière de compter au commencement du XVe siècle jusqu’à 60,000 étudiants, n’avait plus, en 1550, que 8 professeurs et 30 élèves; celle de Vienne, qui avait eu, en 1519, 661 inscriptions, n’en reçut que 12 en 1532; Cologne, en 1534, eut 54 élèves au lieu d’une moy-enne de 2000 qu’elle avait de 1500 à 1510; Erfurt tomba de 311 à 14 en 1527, Heidelberg, Rostock, Greifswald, furent obligées de fermer leurs portes et les professeurs durent vivre dans un état voisin de la misère.Les élèves qui restaient dans les universités étaient si vicieux, si indépendants, qu’ils devinrent ingouvernables.Les maîtres eux-mêmes étaient fort divisés par des querelles politico-religieuses.Cet état de choses fut commun à tous les pays où s’introduisit la Réforme.Un vent de mort souffle sur l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, et plus tard, sur l’Angleterre, l’Éeosse, l’Irlande et même la France.Mais ce n’est pas tout.La Réforme nous a légué un certain nombre de principes funestes, entre autres, l'intervention de l’État en matière d’enseignement, sa main-mise ou ses essais de main-mise sur les écoles, l’idée de la neutralité scolaire.Il est évident que l’État, gardien des intérêts publics, doit s’occuper d’enseignement, mais ses fonctions en matière d’éducation se bornent à protéger, à contrôler, à promouvoir.Les réformateurs ne l’entendaient pas ainsi et souhaitaient de “voir l’autorité temporelle seule chargée de l’organisation des écoles.” Eberlin de Gunzbourg, religieux défroqué, prédicateur et pamphétaire de l’époque, demande également que l’enseignement soit gratuit et obligatoire.Comme si la gratuité n’avait pas été, depuis les premiers siècles, un des principes des écoles fondées par l’Église ! Comme si jusqu’alors l’État et l’Église n’avaient pas constamment uni leurs efforts pour encourager les parents à faire instruire leurs enfants.Le même Eberlin désire que la philosophie soit bannie des universités ainsi que tous les auteurs scolastiques, il voudrait voir tous les livres de droit canon brûlés sur les places publiques.Voilà les hommes que certains historiens nous présentent comme les promoteurs de la science et les fondateurs de l’enseignement populaire! Il est difficile de croire que leur influence a été favorable à l’éducation.Certes, il serait injuste d’écrire avec Stockl “qu’il n’y a pas un seul principe pédagogique dans les enseignements de la Réforme”, mais il nous sera bien permis de constater que depuis cette époque, la pédagogie a été imprégnée de principes funestes dont nous trouvons la trace dans les écrits de Sturm, de Rabelais, de Montaigne, de Coménius, de Rousseau de Pestalozzi, de Froebel, d’Herbert Spencer et de nos modernes rationalistes et libres penseurs F.P.G. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 137 QUESTION DE PEDAGOGIE Une ère nouvelle Le lieutenant-gouverneur en conseil ai récemment proclamé la mise en vigueur du nouveau programme d’études, et ce, à partir de septembre 1923.Si l’importance primordiale d’un programme d’études échappe à l’observation de bien des profanes, il faut reconnaître que, depuis quelques années, les membres du Comité catholique, de même hae nos gouvernants, les officiers du département de l’Instruction publique, le personnel enseignant, nombre de pères de familles, constataient que le programme actuel ne répondait plus aux exigences modernes.Les plus avertis montrèrent le mal dans sa racine.Des polémiques sérieuses, tant par le nombre, par la qualité des idées exprimées, que par la renommée et la compétence des auteurs qui y prirent part, s’engagèrent.Bref, l’opinion publique était mise en éveil.En cette circonstance, si grave de conséquences pour l’avenir de l’instruction et de l’éducation de notre nationalité, le Comité catholique, par sa sage prudence, a prouvé une fois de plus sa raison d’être.Après une étude sérieuse et prolongée de la question, il favorisa la refonte du programme.Des sous-comités d’études furent formés, des rapporteurs nommés et l’on fit appel à toutes les sommités dans le domaine de la pédagogie, en cette province.Des projets s’élaborèrent.Bientôt, de la discussion jaillit la lumière.Un nouveau programme était né.Une nouvelle orientation allait être donnée à l’instruction et à l’éducation de nos enfants.Admettant que tout travail humain est perfectible et que l’art est difficile, il faut tout de même reconnaître que ce nouveau programme d’études est très bien accueilli par tous les groupes qui s’intéressent au mouvement éducationnel.L’ère nouvelle s’ouvre donc sous d’heureux augures.Accordons au nouveau programme notre confiance et notre sollicitude.Qu’un concert unanime de reconnaissance aille à ceux qui ont pris une part active à la préparation et à la rédaction de ce règlement, destiné à orienter l’avenir de notre province vers des horizons plus vastes.Us ont bien mérité de la patrie ceux-là.Ce nouveau programme divise les écoles catholiques de la Province en (1) écoles 'primaires élémentaires et (2) écoles primaires complémentaires.1.—ÉCOLES PRIMAIRES ELEMENTAIRES.Les écoles primaires élémentaires comprendront les cours suivants, savoir: Cours préparatoire, inférieur, moyen, supérieur.2 138 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le cours préparatoire, son nom l’indique, est destiné aux tout petits enfants de 5 et de 6 ans.Tous les jeunes ne devront pas passer nécessairement par ce cours.Personne n’ignore qu’un grand nombre de familles, et cela à leur louange, préfèrent garder à la maison ces bambins, qui ont tant besoin de liberté, d’air, de soins vigilants et constants de la part de la mère.Ces enfants reçoivent au foyer les premières notions de religion, de lecture, d’écriture, de calcul.Ils font donc, chez eux, leur cours préparatoire.A leur arrivée à l’école, ils entreront, non pas en ce cours préparatoire, mais bien au cours inférieur.Le coursinférrieur qui, de fait, est le premier ccurs du nouveau programme, comprend deux ans d’études, le et 2e années.Au sortir de ce pours, les élèves pourront lire assez bien et écrire ce qu’ils lisent; en -calcul, ils connaîtront les quatre opérations simples; ils auront des notions fondamentales sur la religion.La moyenne d’âge des élèves de ce cours est de 7 à 9 ans.Du cours inférieur l’élève passera au cours moyen, lequel comprend, lui aussi, deux ans d’études: 3e et 4e années.Au sortir de ce cours, les élèves posséderont des connaissances générales sur la religion, les éléments delà langue française et de la langue anglaise; en calcul, les quatre opérations simples, les fractions et des problèmes y correspondant.Ils seront initiés, en ces deux années, à la rédaction d’une lettre, d’un reçu, d’un billet, etc.La moyenne d’âge des élèves de ce cours est de 9 à 12 ans.Puis viendra le cours supérieur, comprenant également deux ans d’études: 5e et 6e années.Pendant ces deux années, les élèves compléteront leurs connaissances élémentaires sur le catéchisme et les prières.Ils verront la syntaxe française et anglaise.Ils se perfectionneront en rédaction et en composition.En arithmétique, ils verront le pourcentage, le mesurage, les éléments de la comptabilité, les formules commerciales, etc.La moyenne d’âge des élèves de ce cours est de 12 à 15 ans.Les matières d’enseignement pour ces écoles élémentaires se divisent en matières essentiel1 es, accessov es et facultatives Les matières essentielles sont: 1 instruction religieuse et la morale, la langue maternelle, les mathématiques et l’histoire du Canada.Les matières accessoires sont: la géographie, le dessin, 1 agriculture, la langue anglaise, l’hygiène et les bienséances.Les matières facultatives sont: le chant et la gymnastique.Pour les écoles de garçons, les travaux manuels.Pour les écoles de filles, l’enseignement ménager.Voilà les grandes lignes du programme d’études des écoles primaires élémentaires.Passons à celui des écoles primaires complémentaires.Ces écoles remplaceront ce que nous appelons aujourd’hui les écoles académiques.Le nouveau programme, comme l’ancien, comprend deux ans: 7e et 8e années. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 139 2.—Écoles primaires complémentaires « Le nouveau programme des écoles complémentaires a été conçu et rédigé de manière à rencontrer toutes les exigences du milieu où ces écoles seront en opération.Il comprend les sections suivantes : commerciale, industrielle, agricole, ménagère.Les matières de l’enseignement de ces deux années d’études sont divisées comme suit: A.—Matières communes invariables.Ces premières matières devront s’enseigner dans chacune des quatre sections ci-haut nommées.Ce sont: l’instruction religieuse et la morale, la langue française, l’histoire nationale et la géographie.B.—Les matières communes variables, suivant les exigences du milieu, sont: la langue anglaise, les mathématiques, la physique, le dessin, les bienséances, l’hygiène.C.—Les matières spéciales sont, pour les sections commerciale et industrielle: le droit commercial, la sténographie, la dactylographie, la technologie industrielle, le dessin technique, les travaux manuels.Pour les sections agricole et ménagère : l’agriculture, la botanique, l’économie rurale, la zoologie, la chimie agricole, la comptabilité agricole, le mesurage, la tenue de la maison, l’art culinaire, l’horticulture, l’aviculture, l’apiculture, les travaux pratiques.La moyenne d’âge des élèves de ces cours est de 15 à 18 ans.Pour couronner les études de ces deux programmes, fixer un but aux étudiants, établir un barème de connaissances, il sera sans doute décerné avant longtemps un certificat d’études après examen uniforme pour chaque catégorie d’écoles respectives, aux élèves y ayant droit.A ces certificats pourraient être attachées certaines prérogatives rendant leur obtention plus désirable.Ces certificats d’études créeront un lien entre les écoles primaires et les écoles moyennes d’agriculture, les écoles techniques, les écoles normales, les écoles commerciales et le cours classique.Ayant élevé le niveau des études de l’école primaire élémentaire, il fallait songer à élever dans la même proportion la somme des connaissances exigibles pour l’octroi du brevet élémentaire.Ce diplôme disparaît de fait, mais pas de nom.A l’avenir, pour obtenir un brevet d’école élémentaire, les aspirants devront posséder les connaissances exigées aujourd’hui pour l’obtention du brevet modèle.Et pour le brevet d’écoles primaires complémentaires, les connaissances du brevet académique d’aujourd’hui.Le niveau de l’instruction des titulaires des écoles primaires élémentaires sera donc augmenté d’au moins 50%.C’est à noter, car jamais les institutrices de nos enfants ne seront trop instruites.Telle institutrice, telle école, suivant l’axiome: on ne donne que ce que l’on a.Ce relèvement du niveau de compétence du personnel enseignant dans les écoles sous contrôle suffit à lui seul pour attirer 140 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE au nouveau programme les plus grandes sympathies.En effet, là est le point capital.Voulons-nous avoir des écoles vraiment efficaces, mettons à leur tête des institutrices compétentes.Mgr Dupanloup, pour ne citer sur ce point qu’une seule autorité, dit: ‘Tl ne peut, il ne pourra jamais se trouver dans une âme trop de vertus et dans une intelligence trop de savoir pour remplir dignement la tâche d’institutrice.” Voilà les grandes lignes de ce nouveau programme des écoles primaires élémentaires et complémentaires.Pénétrons maintenant à l’intérieur de l’édifice; étudions-en les détails; voyons-en le but, la portée et tâchons d’en saisir l’esprit.L’esprit vivifie, la lettre tue, dit le proverbe.L’école primaire élémentaire de demain réunira ce qu’aujourd’hui nous désignons sous les appellations d’école élémentaire et d’école modèle.Ce fusionnement devrait produire d’heureux résultats.Jusqu’ici, chaque commission scolaire de campagne ne pouvait posséder que deux écoles modèles dans ses limites territoriales: une pour les garçons, l’autre pour les filles.L’école modèle des garçons est généralement située au village.Tous les garçons de la municipalité, qui ont terminé, à l’école de leur rang, leur 4e année, peuvent fréquenter les cours de l’école modèle du village.Mais comme tout le monde, dans nos grandes paroisses, ne peut se trouver à proximité du village et que, d’autre part, l’école modèle des garçons n’est pas un pensionnat, il arrive, en pratique, à quelques exceptions près, que seuls les élèves du village profitent de ces cours.La majorité des autres petits garçons des écoles des rangs est, par la nature même de cet état de choses, jetée prématurément hors de l’école.Le nouveau programme remédie à cet inconvénient.Il est bon de remarquer que ce changement ne constitue pas une réforme absolue, mais une amélioration du système actuel.Toujours améliorer, ne jamais détruire/semble être la politique sage adoptée par le Comité Catholique.L’école modèle des filles est également située au village.La grande majorité de ces écoles est sous le contrôle de communautés religieuses, et la plupart du temps indépendantes.C’est le couvent de la paroisse, le pensionnat.Les jeunes filles ont l’avantage d’y faire soit un cours modèle, soit un cours académique.Elles sortent de ces foyers d’éducation avec un diplôme d’école élémentaire, modèle ou académique.Elles connaissent les arts d’utilité et d’agrément.Elles sont vertueuses, éduquées, instruites.Bref, formation complète.La bonne majorité des jeunes filles de la paroisse passent par le couvent.Voilà la situation dans 80% de nos grandes paroisses.Les filles sont instruites, éduquées: les garçons le sont moins.Le niveau des études des garçons étant inférieur à celui des filles, qu’arrive-t-il?Il arrive que ces garçons, pour la plupart, fils de cultivateurs, d’artisans, jetés prématurément hors de l’école, avec des connaissances trop superficielles et à un âge où la mobilité de l’esprit ne permet pas aux impressions reçues de jeter en eux de profondes racines, il arrive dis-je, qu’après quelques années, ayant L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 141 cessé toute lecture, toute étude, ils se retrouvent à 20, 25 ans, à peu près ignorants.De plus, les élèves de Técole modèle du village, ayant reçu une formation à base commerciale, sont presque toujours perdus pour la campagne.Ils vont grossir le nombre des commis des villes.Voilà pour les garçons.Chez les filles, mêmes constatations.Ou elle restera fille plutôt que de s’unir à un cultivateur ignorant, ou elle quittera la famille pour aller, elle aussi, s’engager dans les bureaux ou les magasins de la ville voisine.S’il arrive qu’elle se décide à épouser un bon cultivateur, comme elle n’est pas préparée, par son éducation, à jouer le rôle de fermière, où il y a tant à faire et là où il faut une préparation spéciale, elle se décourage, déprime son homme, et, après quelques années, la terre se vend.Une famille de plus est déracinée du milieu où elle aurait dû vivre heureuse et prospère, et elle est jetée sur le pavé des grandes cités pour son malheur et celui de ses descendants.Loin de moi ici l’idée de vouloir critiquer nos couvents de campagne.Nos jeunes filles ne sont pas trop vertueuses, ni trop instruites, ni trop éduquées.Ce sont nos garçons qui ne le sont pas assez.Voilà! C’est cette lacune que le Comité catholique a voulu combler en simplifiant et en élevant le programme de l’école élémentaire.En effet, n’est-il pas rationnel que l’éducation et l’instruction de nos garçons et de nos filles des campagnes soient sur un même niveau et orientées vers un même but: l’agriculture ?Une ère nouvelle s’ouvre donc pour notre Province; le nouveau programme d’études mettra à la portée de tous les enfants de nos 5500 écoles, les connaissances nécessaires, indispensables à tout homme dans la vie.Le but des auteurs du programme est visible: retenir les petits garçons de la campagne à l’école jusqu’à 14 ou 15 ans, au moins; les mettre en état de pouvoir compléter les éléments puisés à cette précieuse source, soit par des études personnelles, soit par l’étude d’une des spécialités qui font suite à l'école primaire.L’ancien programme a eu son mérite.Lorsqu’il a été préparé, il fallait, à ce moment, assurer l’avenir matériel, économique de notre population.Notre Province s’est développée depuis; nos villes ont pris une extension considérable; et nos campagnes se dépeuplent.L’ancien proprogramme a vécu sa vie; le nouveau arrive à son heure.L’ancien programme à base commerciale a favorisé le développement du commerce et de l’industrie.Le nouveau, avec ses sections commerciale et industrielle, pour les villes; agricole et ménagère, pour les campagnes, assure à chaque groupe de notre population scolaire l’orientation qui lui convient naturellement.Il était irrationnel que l’enfant des campagnes reçût, à tous les degrés de son cours d’études, les mêmes connaissances que l’enfant des villes.Je ne crois pas qu’aucune mesure ait été adoptée, en cette Province, depuis quelques années, favorisant plus le développement de l’instruc- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 142 tion et même de l’agriculture, que la mise à exécution du nouveau!pro-gramme d’études.Je le répète, une ère nouvelle s’ouvre pour notre Province: l’enseignement primaire est dans la voie du progrès.Les généreux octrois à l’enseignement secondaire vont permettre la formation de professeurs de carrière.L’enseignement supérieur n’a pas été oublié non plus.Nos universités ont puisé largement dans le coffre du Secrétaire provincial.Ce dernier n’a pas voulu s’arrêter en si bonne voie; l’octroi de bourses pour élèves qui sont envoyés aux universités de l’Europe, afin de favoriser la création en cette Province d’une élite intellectuelle; la fondation d’écoles de Beaux-Arts à Québec et à Montréal; les prix octroyés pour la littérature: l’établissement d’une commission de conservation des monuments historiques, voilà des actes qui révèlent l’élévation des sentiments de leur auteur.Ces innovations heureuses, pour notre Province, ouvrent donc, je le répète, une ère nouvelle.Les hommes passent, mais les œuvres demeurent pour le bonheur et la gloire du peuple qui les possède.Celles qui s’édifient présentement seront, demain, les plus beaux fleurons de la couronne des gouvernants d’aujourd’hui.Arsène Paquin, Insy.d’écoles.{Le Terroir).ENSEIGNEMENT DU DESSIN Sème lettre (Pour U Enseignement Primaire) Nous voici en Novembre.—Vos élèves ont-ils exécuté 16 dessins: 8 en septembre et 8 en octobre ?Le nombre 8 par mois est la quantité obligatoire, mais il peut arriver qu’on puisse faire exécuter plusieurs dessins dans une même leçon; le nombre 8 peut donc être dépassé.En septembre dernier j’ai dit qu’on pouvait grouper les divers travaux indiqués par le programme officiel, en trois ou quatre groupes, selon les années du cours.Mais dans quel ordre ou dans quelle proportion faut-il faire exécuter chaque genre ?Voici une marche que l’on peut suivre.Dans les écoles de ville ou dans des centres industriels, pour des élèves au-dessus de la 2e année, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 143 on peut faire exécuter chaque semaine un dessin géométrique, puis, en plus, la le et la 2e semaine de chaque mois, un dessin perspectif; la 3e semaine, un dessin décoratif, la 4e semaine, un dessin de mémoire.Dans les écoles de campagne, ou à centres non industriels, pour des élèves au-dessus de la 2e année, on peut faire exécuter, chaque mois, la le et la 2e semaine un dessin géométrique et un dessin perspectif, dans chacune; la 3e et la 4e semaine un dessin décoratif et un dessin de mémoire, dans chacune encore: total 8 dessins.Dans les classes préparatoires, le et 2e année, de n’importe quelle école, on peut faire exécuter chaque semaine un dessin d’après objet réel, puis, en plus, la le et la 2e semaine de chaque mois, un dessin décoratif; la 3e et la 4e semaine, un dessin de mémoire.Il ne faut pas oublier de joindre, en temps convenable, à la pratique de tel ou tel genre de dessin, les études spéciales indiquées dans le programme officiel: entraînement, couleurs, perspectives, paysage, etc.LES MODÈLES Le dessin géométrique et le dessin perspectif doivent être exécutés d’après un objet réel, visible.Le dessin décoratif se fait également d’après un modèle réel, si on en possède: broderie, tapisserie, dentelle, papier peint, etc.A défaut de modèle en nature, l’élève reproduit le dessin fait au tableau ou sur une grande feuille; ou bien il compose un dessin d’après telles directions, avec tels éléments indiqués ou dessinés par le professeur.Dans le dessin de mémoire, l’élève dessine, sans modèle visible, l’objet nommé, le motif désiré ou la petite scène indiquée par le professeur.Puisque le dessin géométrique et le dessin perspectif ne doivent être exécutés que d’après nature, il faut que le professeur ait des objets-modèles à sa disposition.Pour l’enseignement collectif, les objets doivent être de dimension assez grande, environ au moins 10 pouces.Pour l’enseignement individuel, en dessin géométrique surtout, alors que chaque élève a un modèle particulier, ils peuvent être de plus petite dimension.Dans ces deux cas, ils faut choisir des objets à forme simple, facilement comprise, et à détails très visibles et non compliqués.Comment se procurer des objets-modèles?On en trouve ordinairement un peu partout : dans la classe, dans la cuisine, dans la cave, dans le grenier, etc .et surtout, chez les marchands, particulièrement dans les magasins de 5, 10, 15 sous l’objet.Qui doit payer ces objets-modèles ?—La commission scolaire, et, à son défaut, l’instituteur. 144 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Si une école comprend plusieurs classes, les objets-modèles sont rassemblés dans une armoire fermant à clef, et un seul professeur est chargé de les distribuer à ceux qui en ont besoin Combien faut-il avoir d’objets-modèles?—Autant que possible; cela dépend du nombre de classes d’une école.Mais rappelez-vous qu’avec un seul et même objet-modèle on peut faire exécuter plusieurs dessins ; il suffit pour cela de varier la position de l’objet, ce qui donne lieu à de nouvelles directions des lignes et à un nouveau travail d’observation.Esquisses de quelques différentes positions d'un même objet: Vues géométrales Avec vues perspectives on obtiendrait un nombre encore plus considérable de différentes positions.Allons, cherchez; préparez toute chose, activement mais sans fièvre; vous aurez du succès.Un Inspecteur de l’enseignement du dessin.Québec, Novembre 1922. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 145 LA CALLIGRAPHIE A L’ECOLE PRIMAIRE Hovembre, lere semaine.ÜPPI WÊSÊÊm wmm 4me semaine. 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PÉDAGOGIE PRATIQUE Notes d’inspection 2.Leçon de lecture.—“Commencez!” — Et la machine se met en marche, chaque enfant lisant à tour de rôle une phrase ou un alinéa.Pendant quarante minutes, les élèves succèdent aux élèves, les phrases succèdent aux phrases, un chapitre succède à un autre chapitre, sans que la maîtresse fasse autre chose que de reprendre de temps à autre pour un mot mal dit ou d’interrompre pour poser à l’improviste une question comme celle-ci: “Qu’est-ce que c’est e\Vi accumuler V'—question à laquelle, bien entendu, l’élève ne peut répondre.Est-ce bien là une leçon de lecture?Lire, ce n’est pas seulement enfiler des mots à la suite les uns des autres; lire, c’est comprendre et c’est traduire l’écriture de façon à montrer qu’on comprend et qu’on veut faire comprendre aux autres.Et cela ne s’apprend pas tout seul: il faut que le maître intervienne d’une façon plus active et pour faire comprendre le texte et pour obtenir une diction correcte, sinon facile et élégante.Il ne viendrait à personne l’idée de faire une leçon d’écriture sans mettre un modèle sous les yeux de l’enfant; ce qu’on ne ferait pas pour l’écriture, beaucoup le font pour la lecture.Si vous voulez que vos enfants lisent bien, montrez-leur comment il faut lire: lisez donc d’abord vous-même quelques alinéas, en insistant sur le ton, sur les nuances propres à rendre les idées exprimées.Pour bien lire, il faut comprendre: donnez donc en quelques mots une idée générale du morceau.Quand les enfants se trompent en écrivant, vous leur faites remarquer leurs fautes et vous essayez d’obtenir mieux.Agissez donc de même pour la lecture.Un enfant a mal lu une phrase, peut-être parce qu’il l’a mal comprise; faites-la-lui comprendre: lisez-la vous-même et faites-la reprendre; habituez vos élèves à tenir compte du sens et de la ponctuation, à lire lentement et distinctement, en articulant avec soin.Dans presque toutes les régions, il y a des défauts de prononciation, auxquels le maître , qui est le plus souvent du pays, s’habitue peu à peu.Il faut réagir contre cette tendance qui indique un peu de mollesse et de laisser-aller, et conserver une oreille plus délicate.Ne faites lire qu’un chapitre par leçon et encore est-il préférable qu’il soit court.Quand il sera achevé, on recommencera et il faut espérer que les élèves n’en liront que mieux.En tout cas, ils pourront retenir quelque chose de leur lecture, et acquérir ainsi de nouvelles idées et quelques connaissances tout en augmentant leur vocabulaire.N’interrompez pas un enfant au milieu d’une phrase pour lui poser une question sur le sens d’un mot: attendez que la phrase soit achevée. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 147 Si vous soyez que le mot est inconnu pour l'enfant, si vous pouvez le faire comprendre en le rapprochant de mots de la même famille, expliquez vous-même.Il faut faire trouver le plus possible, mais on ne peut faire trouver que lorsqu'on a un point de départ et des points de repère; autrement, l’on perd son temps.Expérience.COMMENT ECRIRE LES NOMS PROPRES Sous le titre ci-dessus, nous commençons dans la présente livraison la publication d’une série d’études précieuses, que nous devons à M.Vabbé Joseph Saint-Denis, de Chambly.Ce prêtre érudit emploie les lois-irs d’une retraite méritée à écrire dans les journaux des ar tides d’une haute valeur sur l’orthographe des noms propres {particulièrement les noms géographiques).M.l’abbé Saint-Denis a bien voulu nous faire don d’une col'ection complète de ses articles sw les noms propres, afin que nous en fassions profiter le personnel enseignant: nous le remercions bien sincèrement pour ce témoignage d’intérêt porté si délicatement à L’Enseignement Primaire.SAINT JEAN CHRYSOSTOME Comment Orthographier ce nom?La fête de saint Jean Chrysostome a lieu le 27 janvier.A cette occasion, il est bien permis de se demander, en présence de diverses formes que revêt trop souvent ce nom, comment il faut Pécrire.L’erreur la plus commune est d’ajouter sur le second “o” un accent circonflexe; l’autre plus rare, mais assez fréquente et non moins répréhensible, consiste à omettre les traits d’union entre ces trois termes, ou à n’en n’employer qu’un lorsqu’il en faut deux.lo Accent circonflexe.En principe, personne ne doute que cet accent ne soit soumis à des règles comme les autres accents.En français, il n’y a qu’une lettre pour exprimer les deux sons différents de “o” long et de “o” bref.On se contente d’indiquer le V’ long par un accent circonflexe (ô).Mais il n'en est pas ainsi de la langue grecque qui affecte l’“o” ordinaire pour désigner le son bref et emploie une lettre spéciale pour indiquer un “o” long (1).Or le mot “Chrysostome” vient de deux mots grecs, chrusos (qui signifie “or”) et stoma (bouche).Ces deux noms réunis constituent donc un surnom glorieux pour l’éloquent saint qui l’a pleinement mérité (2).Mais cet ao” dans le mot grec doma est bref.Il faut donc employer en français l'“o” ordinaire sans accent, comme on l’a fait pour tant d’autres expressions.Il faut donc écrire “Chrysostome” et par suite éviter avec soin de prononcer ce mot comme si l’“o” portait un accent circonflexe (3).Voilà pour l’accent circonflexe qu’il faut toujours omettre sur ce mot.(1) Cet “o” long en grec ressemble queloue peu à un “w” dont les angles seraient arrondis.(2) De ce mot chrusos viennent en français les mots: “Chrysogone, Chrysologue, chrysalide, chrysanthème,” etc.Le mot stoma est la racine des mots français: ‘‘estomac, stomacal,” etc.(3) 11 en est de même des mots: “téléphone, phonographe,” etc., oui (venant du grec phone).s’écrivent sans accent circonflexe et doivent se prononcer avec “o” bref (non “o” long comme en anglais) 148 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2o Trait d’union.On ne doit jamais écrire cette expression avec un seul trait d’union (Saint-Jean Chrysostome).Ou il n’en faut aucun (saint Jean Chrysostome) où il en faut deux (Saint-Jean-Chrysostome), parce que l’expression comprend trois éléments.Trop rares sont les personnes, même instruites, qui savent distinguer ces deux cas bien différents.Les grammaires, il est vrai, même dans leurs cours supérieur, ne mettent pas cette distinction assez en lumière.Il faut à cette intention consulter les traités de typographie dans le chapitre plus ou moins long qu’ils consacrent à l’emploi du trait d’union.Mais on peut facilement trouver cette règle dans les grands dictionnaires de Larousse et de Guérin qui ont eu l’heureuse idée de la donner au mot “saint”.Elle est double et concerne un très grand nombre de noms de lieux, de personnes et de choses.Voici l’une et l’autre.a) Lorsqu’on parle du saint lui-même, on écrit l’adjectif “saint” sans majuscule et sans trait d’union: saint Joseph, saint Louis, sainte Anne; la fête de saint Jean; découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul; Vie de sainte Jeanne dArc; Histoire de sainte Marguerite-Marie etc.Finissons ces citations par deux pensées isolées.Sa mort laisse une plaie profonde dans nos cœurs, (Saint Ambroise.) La douceur naît de l’amour.(Saint Jean Chrysostome).Comme dans ces textes il s’agit du saint lui-même, il ne faut pas de trait d’union.Cependant on le voit trop souvent sur les souvenirs mortuaires qui sont reproduits à l’aveuglette.b) L’autre règle paraît moins simple, mais il faut tout de même la connaître et l’appliquer, comme on fait pour les participes.Chaque fois que le nom d’un saint ne désigne pas le saint lui-même, mais est employé pour désigner toute autre chose, l’expression tout entière, avec l’adjectif, forme un nom composé indivisible qui exige deux traits-d’union, lorsqu’il y a trois éléments, ou trois, s’dl y a quatre mots, etc.Cette règle se rapporte aux noms de personnes: Sainte-Beuve, Sainte-Eoix, Saint-Hilaire, etc.; aux noms de lieux: villes (de) Saint-Jean; (de) Saint-Boniface; (de) Saint-Hyacinthe; villages ou paroisses de Saint-Henri, de Sainte-Cunégonde, de Saint-Biaise, Saint-Valentin, de Saint-Martin, de Saint-Jacques, etc.; d’églises: de Sainte-Anne, de Saint-Patrice, de Saint-Louis, de Saint-Pierre, etc.; d’iles: de Sainte-Hélène, Saint-Paul; de fleuves ou rivières: Saint-Laurent, Sainte-Croix; de fêtes: la Saint-Jean, la St-Louis, etc.(1); de monuments: tour de Saint-Ange (à Rome); de rues, places, etc., place Saint-Louis, rue Saint-Paul, Sainte-Catherine, etc.; d’objets même communs (m'ais dans ce cas avec minuscules): sainte-barbe (soute à poudre dans les navires), saint-laurent (pomme), saint-germain (poire), saint-augustin (caractère d’imprimerie), etc.Comme on le voit, c’est l’union intime qui règne entre ces divers éléments, d’une expression détournée de son premier sens, qui exige les traits d’union.Au contraire, on ne fait pas usage de ce signe quand on parle du saint lui-même, parce que l’adjectif “saint” ne fait pas partie du nom du saint.A cause de cette distinction, il ne faut pas écrire ces expressions sans se rendre compte de la double règle exposée ici et sans bien voir laquelle il faut appliquer.On ne saurait trop attirer l’attention des intellectuels, des professeurs, sur cette exigence de notre belle langue française Chamhly, janvier 1922 abbé Joseph SAINT-DENIS.(1) Il faut bien remarquer la différence entre “la fête de saint Louis, de saint Jean,” etc., et ces autres “la Saint-Louis, la Saint-Jean” avec ellipse du mot “fête” qui en forme un nom composé. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 149 AUTOUR D’UNE EXPOSITION SCOLAIRE Une belle fête de famille à Saint-Justin, comté de Maskinongé Nous reproduisons du “Devoir”, du 25 septembre dernier, l’intéressant compte-rendu qui suit: “ Environ deux mille personnes du comté de Maskinongé s’étaient donné rendez-vous à Saint-Justin, lundi dernier, lors de la première exposition scolaire agricole, tenue dans la région.Une centaine d’enfants venaient exposer leurs produits agricoles et domestiques, dans une salle, magnifiquement décorée pour la circonstance.Quand les 300 exhibits de légumes, graines, fruits, poulets, travaux domestiques, furent jugés par les agronomes, parents et enfants envahirent la salle de l’exposition pour connaître le verdict des juges “ agricoles ”.— Papa, j’ai un prix pour mon chou ; -— Maman, mes carottes ont reçu le deuxième prix.Une toute petite cria fièrement à sa tante Marie: — “ J’ai le premier prix pour mon tricot.!” Et combien d’exclamations du même genre ont pu entendre les nombreux visiteurs, en ce jour de fête.Une somme de $140.00 était allouée, par la commission scolaire et le département de l’Agriculture, afin de recompenser le travail des enfants.A voir l’entrain des petits jardiniers et jardinières, la fierté légitime des parents, l’intérêt du curé, des commissaires et de la population, on pouvait conclure que la Terre ne meurt pas, à Saint-Justin ! Rarement, nous avons vu des produits agricoles, dans une exposition, présentés avec tant de goût et de propreté : tant vaut le maître, tant vaut Vécole.L’agronome, M.El-zéar Roy, les institutrices, le vicaire, M.Grimard, peuvent être fiers de leurs élèves.“Par ici, tout le monde!.Ce fut le mot d’ordre Et, chacun se rendit en face du presbytère.Quel presbytère que celui de Mgr Gérin.Asile hospitalier, rempli de souvenirs, où les choses du vieux temps sont toujours en vue, à la place d’honneur.Puis Mgr Gérin est le frère d’Antoine Gérin-Lajoie, alors, c’est JEA RIVARD, le défricheur, l’économiste, et bien d’autres réminiscences du passé.Mais le vieux curé, le bon Monsieur Gérin, comme on le nomme dans la région, est toujours jeune; il nous disait lundi dernier “ Si j’avais encore vingt ans.” Enfin, la foule salua par des acclamations l’arrivée de Mgr Gérin, du docteur Cou-lombe, des prêtres, des agronomes, des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, qui prirent place sur l’estrade.En premier lieu, M.Reymond adressa des recommandations aux enfants: (c’est lui qui jugea leurs légumes, fruits, etc.) “ Ce ne sont pas les plus gros choux qui ont les premiers prix, mes petits amis, mais les plus pesants, les plus fermes, etc.” M.Reymond donna une vraie leçon d’agriculture élémentaire à la jeune génération qui l’écouta avec une religieuse attention.Une petite fillette, près de nous, dit à son petit frère: “ Tu feras comme le juge te dit, l’année prochaine, pi t’auras d’autres choses que le sixième prix.!” Une surprise, une vraie.était réservée aux deux pionniers de la rénovation agricole du comté de Maskinongé, j’ai nommé Mgr Gérin et le docteur Coulombe.Les cultivateurs et un groupe d’amis avaient résolu de donner un témoignage d’admiration et de reconnaissance aux deux anciens conférenciers agricoles, apôtres de l’agriculture modèle.Us crurent juste de remettre une médaille d’argent, en reconnaissance des services rendus à la Terre, à ces deux personnalités éminentes.M.l’agronome E.Roy fut chargé d’organiser la fête et de lire les adresses à Monseigneur et au docteur.M.le docteur Coulombe répondit aux adresses avec toute sa verve des anciens jours.Avec émotion, il rappela la carrière de Mgr Gérin, son zèle pour tous, son esprit apos- 150 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tolique, son dévouement sans bornes, son attachement à l’agriculture, ses œuvres, etc.Ce vétéran du sol rappela la fondation du premier cercle agricole de la province, à Saint-Justin, il y a une trentaine d’années; il nous parla de ses professeurs en agriculture, M.Beaubien, MM.J.-C.Chapais, E.Barnard, I.-J.-A.Marsan.Le docteur Coulombe fut l’un des premiers conférenciers agricoles nommés par le Gouvernement provincial, il y a près d’un demi-siècle.Si Saint-Justin est ce qu’il est aujourd’hui, c’est le résultat du travail et du zèle de deux hommes: Mgr Gérin et le docteur Coulombe.Voilà ce que disent les vieux cultivateurs de la région.L’orateur termina son discours par des paroles émouvantes à l’adresse de Mgr Gérin.Les médailles d’argent furent ensuite épinglées à la poitrine des vieux soldats de la terre.La petite patrie de Saint-Justin était hère de ses héros.Vive monseigneur.! Vive le docteur.! Mgr Gérin se leva, visiblement en proie à la plus vive émotion, leva la main vers cette population qu’il a tant aimée, puis, comme faisant un suprême effort, il dit d’une voix tremblante : -—- Mes chers paroissiens et amis, si je pouvais vous dire, en ce moment, toutes les impressions et les sentiments de mon âme.mon émotion est trop grande.Merci.\ Et, monseigneur laissa couler des larmes abondantes.Minute inoubliable pour les témoins de cette scène.Au soir de sa vie, il est consolant pour le vénérable prêtre de Saint-Justin, de voir un témoignage si unanime de reconnaissance.Tous ont reconnu les bienfaits de l’apôtre.Mgr Gérin, comme le Dr Coulombe, se classe au premier rang (en dehors de ses éminentes qualités d’homme d’œuvres et de littérateur) des agriculteurs apôtres, dont il est, en notre temps, l’une des figures les plus intéressantes et les plus originales de son époque.Par l’exposition scolaire, Mgr Gérin a voulu donner à la jeune génération qui pousse l’amour du sol, l’intérêt au travail de la terre, l’esprit de responsabilité, l’amour du vrai vrai et du beau.— Ce n’est pas la salle de l’exposition qui fut remplie de produits, comme un orateur l’affirmait à Saint-Justin, mais c’est l’esprit et le cœur de vos enfants qui ont été pénétrés de ces qualités et aptitudes, nécessaires au succès, telles que : l’esprit d’ordre et d’initiative, le respect du travail, la persévérance, la fierté légithue du bon travail, l’émulation, le goût de bien faire les petites choses, etc., etc.Ce que nous avons vu à Saint-Justin confirme les paroles de l’abbé Grimard (l’actif vicaire de l’endroit).“ La jeune génération continuera les traditions nationales et agricoles, implantées ici par ceux que nous fêtons aujourd’hui.” Jean-Chs.Magnan Agronome A PROPOS DES HEURES DE CLASSE Un correspondant nous demande “à quelle heure la classe doit commencer le matin et se terminer l’après-midi”.La réponse se trouve aux articles 19, 20, et 21, des Æèÿ/cmenis du Comité catholique, qui se lisent comme suit : 19.“Les classes commenceront à neuf heures du matin pour se terminer à quatre heures du soir; cependant les commissaires pourront prescrire, par résolution, que la durée des classes soit moins longue.20.“Il y aura le matin et le soir, vers le milieu de la classe, une récréation d’au moins dix minutes pendant laquelle les enfants sortiront de l’école.21.“La récréation du milieu du jour sera d’au moins une heure et quart.” M: il k\ ¦fil tioi L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 151 LA VERTU DE CHARITÉ SON ROLE SOCIAL (Suite) (1) Un poète a dit avec raison : Mais si îa charité remontait dans les cieux, * L’Homme se trouverait comme un enfant sans mère.La charité, c’est la vertu toujours actuelle et dont notre société troublée a besoin plus que jamais.C’est elle qui, sortie du cœur de Jésus, embrasa le monde il y a deux mille ans, et renversa l’orgueil, l’amour désordonné des richesses, la soif de jouir et l’ivresse des sens.Dans la suite des siècles, l’Eglise fit pénétrer dans tous les pays sa doctrine d’amour et de justice, et l’on vit jusqu’à la Réforme, jusqu’à la Révolution, les corporations ouvrières maintenir entre les ouvriers et les patrons des relations bienfaisantes que l’on cherche aujourd’hui en vain de rétablir, en dehors des doctrines de l’Église catholique.Hélas! dans presque tous les pays du monde, on a chassé Dieu de l’école, des lois, de l’hospice, de l’orphelinat, de la famille, par le divorce, de la prison, même ! Comme conséquence de cette guerre à Dieu, la religion a été bannie de fa société: gouvernements, patrons, ouvriers vivent sans tenir compte des lois bienfaisantes du christianisme.Aussi, c’est la guerre ou la révolution en permanence, la grève violente, le patron et l’ouvrier se redoutant, vivant l’arme au bras.Seuls les pays où le catholicisme jouit de la liberté, où l’Église de Rome peut inonder le peuple de sa vivifiante lumière, l’on retrouve un état social enviable.Si dans la Province de Québec, la paix règne entre toutes les classes de la société; si les grèves y sont plus rares et les relations entre le capital et le travail presque très bonnes comparées aux pays où l’Eglise de Dieu est ligotée ou persécutée, c’est que dans cet État catholique ce sont les Évêques et les prêtres qui exercent, avec le concours des lois civiles, l’influence religieuse et morale.Et parmi les éléments de cette influence, notons la charité qui, sous différentes formes, couvre la terre de Québec, ne laissant aucune souffrance sans soulagement, aucune affliction sans consolation aucune misère sajis secours.A l’exemple de la noble terre de France, patrie de l’apostolat, celle de Québec, la France d’Amérique, est fertile en œuvres de bienfaisance.Hôpitaux, hospices, orphelinats, conférences de Saint-Vincent de Paul, couvents, collèges, séminaires sont nés du cœur de l’Église et grâce à la générosité des fidèles.Ce sont ces liens de charité (l) Voir L'Enseignement Primaire d’octobre 1922. 152 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qui ont maintenu, chez nous, Tunion du clergé et^du peuple, et conservé dans son intégrité la foi de nos pères, celle de F Eglise catholique, apostolique et romaine.Et cette union du clergé et du peuple canadipn-français a préservé ce dernier, du moins dans une large mesure, des erreurs modernes, notamment de celles du socialisme.Cette redoutable erreur du socialisme a su pénétrer dans la place, néanmoins, et menace Tordre social, chez nous, par les sociétés neutres et internationales qui ont encadré dans leurs théories captieuses nombre de nos braves ouvriers catholiques, et sur le terrain purement social, des centaines des nôtres appartenant à la classe dirigeante.Quel remède opposer à cette menace formidable du socialisme ?Comment lutter contre les sociétés neutres ou hostiles qui ont établi domicile chez nous ?—Le remède, c’est la charité qui amènera T union des cœurs; le moyen de combat c’est Torganiation sur le terrain nettement catholique Mais pour grouper tous les éléments catholiques en un faisceau résitant, il faut préparer les voies qui mènent à cette union des cœurs, absolument nécessaire si nous voulons préserver de l’anarchie notre peuple jusqu’ici heureux et prospère.L’Eglise, jamais prise au dépourvu, a su inspirer au cœur de quelques pieux laïques un grand amour des pauvres et de tous ceux qui peinent ici-bas, et un vif souci de la conservation de la foi dans la classe dirigeante, par la sanctification personnelle.Ces pieux laïques n’était que des jeunes gens, ayant à leur tête l’illustre Ozanam, âgé à peine de vingt ans lorsqu’il jeta les bases de la Société de Saint-Vincent de Paul, en 1833 (à suivre) C.-J.Magnan.DEMANDEZ LE CALENDRIER DE SAINT JOSEPH Le calendrier de saint Joseph, pour l’année 1923, mesure 16 x 30 pouces.Il est surmonté d’une magnifique image en quatre couleurs, véritable petit tableau à encadrer, —représentant saint Joseph avec l’Enfant Jésus, saint Jean-Baptiste et son agneau.Les chiffres sont très gros et peuvent être vus à distance; ils sont imprimés en deux couleurs: en rouge les dimanches et fêtes, en noir les autres jours.Les vendredis et les jours de jeûne et d’abstinence sont indiqués par un poisson rou- ge- , Au bas de chaque quantième est écrit le nom du saint ou de la fête du jour.La lune y est représentée avec ses quartiers et l’heure précise où elle change de phase.Enfin, très utile innovation, les fêtes légales y sont marquées d’une croix rouge.Le calendrier de saint Joseph est encore plus beau cette année que celui de l’année dernière: c’est une oeuvre d’art que chacun voudra avoir pour embellir son logis.Prix: 0.35 cts l’unité, 0.40 cts.par la poste, $4.20 la douzaine, franco, $32.00 le cent.On n’accepte pas de timbres-poste des Etats-Unis en paiement.En vente au Couvent Saint-Joseph, 70, Chemin Ste-Foy, Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 153 CHRONIQUE JUDICIAIRE Juridiction des tribunaux sur la perception des taxes scolaires Le juge Pouliot rendait, le 13 décembre 1919, à Arthabaska, un jugement dont on peut résumer ainsi le dispositif: La Cour supérieure est impuissante à connaître d’une action hypothécaire en recouvrement de taxes scolaires.Cette décision a été maintenue en cour de Prévision, à Québec, par les juges Lemieux et Cannon, le juge Belleau étant dissident.Les parties dans cette cause étaient les commissaires d’écoles de la municipalité de Ste-Anasthasie, demandeurs-appelants, et dame Samson, défenderesse-intimée.Il s’agit d’une action hypothécaire intentée devant la Cour supérieure par les dits commissaires d’écoles contre dame Samson, détenant à titre de propriétaire certaines propriétés sur lesquelles il était dû des arrérages de taxes scolaires pour deux années qui, avec les intérêts, atteignaient le chiffre de $101.95.Dame Samson répondit à cette action par le plaidoyer suivant: 1.les immeubles pour lesquels les commissaires réclament des arrérages de taxes n’ont jamais été légalement imposés et spécialement n’ont jamais été taxés comme appartenant à la défenderesse dame Samson; 2.les formalités pour rendre ces taxes exigibles de dame Samson n’ont jamais été remplies ; 3.l’action des commissaires est, pour les deux raisons invoquées plus haut, mal fondée en fait et en droit.Les commissaires, en réponse à ce plaidoyer de dame Samson, demandèrent à celle-ci, sous forme de motion pour particularités, quelles formalités avaient été omises de leur part.C’est l’etude nécessitée par la considération de cette requête qui a amené le jugement interlocutoire résumé plus haut.Bien que aucune partie n?ait révoqué en doute la juridiction du tribunal devant lequel l’action était intentée, celui-ci, motu proprio, c’est-à-dire, de sa propre et seule initiative, a déclaré ne pas avoir juridiction en la matière.Le juge Lemieux, au cours de son jugement en revision, a dit qu’il était inconce vable que la magistrature n’ait pas encore réglé cette question de juridiction en matière de perception de taxes scolaires, question qui n’offre aucune grosse difficulté apparemment et qui ne touche ni à l’ordre moral ni aux intérêts publics supérieurs.Il a comparé les textes du code civil, du code de procédure civile et du code scolaire; il a cité plusieurs jugements importants et a conclu en disant que la Cour supérieure n’avait pas juridiction en la matière et que seules la Cour de circuit et la Cour du magistrat pouvaient entendre les causes de perception de taxes scolaires.Le juge Cannon a parlé dans le même sens.Le juge Belleau s’est montré dissident: se basant sur l’article 2971 du code scolaire, il prétend que, même lorsqu’il s’agit de perception de taxes scolaires, la juridiction de la Cour de circuit ne peut excéder $200 dans les districts ruraux et $100 aux chef-lieux.Il est bien possible que le dernier mot ne soit pas dit sur cette question.Mais, pour le moment, la décision précitée est celle qui prévaut.Et elle paraît fort sage.Comme il n’y a aucun intérêt supérieur en jeu, il est bon de considérer l’aspect économique de la question, ainsi que le faisait remarquer M.le juge en chef, dans les notes de son jugement.Or, les procédures de la Cour de circuit sont évidemment moins dispendieuses que celles de la Cour supérieure.C’est pourquoi il nous paraît plus sage que la perception des taxes scolaires reste dans la juridiction de la Cour de circuit.Eug.L’Heureux Avocat.4 154 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE LTNSTRUCTION PUBLIQUE Procès-veebal de la session de septembre 1922 Séance du 27 septembre 1922 (Avant-midi).Présents :—L’honorable Cjn-ille-F.Delâge, président ; Messeigneurs les évêques de Chicoutimi, de Sherbrooke, de Nicolet, de Joliette, de Rimouski, Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-St-Laurent, Mgr l’évêque élu de Mont-Laurier ; Mgr P.-E.Roy, archê-vêque de Séleucie, représentant Son Eminence le cardinal Bégin ; Mgr Georges Gauthier, auxiliaire, représentant Mgr l’archevêque de Montréal ; M.le chanoine Sylvio Corbeil, représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa ; M.l’abbé Alfred Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières ; Mgr Zéphirin Lorrain, vicaire-général, représentant Mgr l’évêque de Pembroke ; M.l’abbé Joseph Gallant, représentant Mgr l’évêque de Charlottetown ; Mgr J.Dorais, vicaire capitulaire du diocèse de Yalleyfield ; l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Mathias Tellier, l’honorable juge Paul-G.Martineau, M.Hyacinthe-A.Fortier, l’honorable juge W.Mercier, Mgr Th.-G.Rouleau, M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Nap.Brisebois.M.Nérée Tremblay et M.J.-N.Miller, secrétaire.Lecture de lettres de Son Éminence le cardinal Bégin, de Mgr l’archevêque d’Ottawa, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr l’évêque de Charlottetown, déléguant respectivement Mgr P.-E.Roy, M.le chanoine Sylvio Corbeil, M.l’abbé Alfred Comtois, Mgr Zéphirin Lorrain, M.l’abbé Jos.Gallant, pour les représenter à la présente session du Comité.Il est aussi donné lecture d’un télégramme de M.Jules-Edouard Prévost exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à la réunion actuelle du Comité catholique et désignant l’honorable juge Robidoux pour le représenter.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant, lequel est] approuvé, M le juge Martineau, dissident.RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 26 septembre 1922.Présents : Mgr Brunault, président pro-tem, Mgr Forbes, l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, M.Nap.Brisebois, M.le Surintendant de l’Instruction publique, M.J.-N.Miller, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis régulièrement : L—“Cours intermédiaire de langue anglaise”, par les Frères du Sacré-Coeur.— Recommandé.2.—“Grammaire française (complète)”, par E.Robert, C.S.V.—Recommandé.3.—“Nouvelle méthode de Dactylographie à l’usage des écoles bilingues canadiennes”, par un Frère des Écoles chrétiennes et Fred.Jarret.—Recommandé. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 155 4.—"Causeries sur l’hygiène”, par le Dr H.Palardy.—Recommandé pour l’usage du maître.(Signé) f J.-S.Hermann, Evêque de Nicolet, Président pro-tem.Le Comité prend communication des deux rapports qui suivent : RAPPORT DU BUREAU D’EXAMINATEURS POUR LES ASPIRANTS A LA CHARGE D’iNSPECTEUR d’écoles Le Bureau d’examinateurs catholiques pour les candidats à la charge d’inspecteur d’écoles a l’honneur de faire rapport qu’il s’est réuni à l’école normale Laval, Québec, les 22, 23, 24 et 25 août 1922.Étaient présents à cette session : Mgr Th.-G.Rouleau, président, M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.John Ahern, M.C.-J.Magnan, M.J.-N.Perreault et M.J.-N.Miller, secrétaire.A l’ouverture de la première séance, il a été unanimement résolu d’inscrire au procès-verbal la résolution suivante : "Le Bureau des examinateurs préposé aux examens des aspirants inspecteurs d’écoles désire consigner dans ses délibérations l’expression de sa vive sympathie à l’occasion de la mort de l’honorable juge F.-X.Drouin, membre de ce Bureau depuis quarante ans.La disparition du regretté défunt prive ce Bureau d’un membre zélé et d’un conseiller aussi sage qu’éclairé.Par ses éminentes qualités de coeur et d’esprit, M.le juge Drouin avait su gagner l’amitié et la confiance de ses collègues qui aiment à reconnaître officiellement les nombreux services rendus à la cause de l’éducation par le regretté disparu.” A la séance du 22 août, le Bureau a pris communication des demandes d’admission aux examens soumises par les neuf aspirants dont les noms suivent : MM.J.-Adélard Breton, J.-Raoul Brochu, Joseph Cellette, J.-Victor Gagnon, J.-P.-Achille Goulet, Elzéar Parent, J.-Arthur Rochefort, Charles-A.Shaffer, Chs-Ernest Simard.Les documents fournis par ces candidats étant trouvés conformes aux prescriptions des règlements du Comité catholique, tous sont admis à subir les examens.Les membres du Bureau adoptent ensuite les questions et les problèmes d’examen qui suivent : SU)ET DE COMPOSITION FRANÇAISE Au cours de la visite d’automne, l’inspecteur doit donner une conférence pédagogique au personnel enseignant, après la visite des écoles de chaque municipalité.L’un des sujets donnés par le Surintendant est celui-ci : "Tracez le portrait d’un instituteur méritant d’être cité comme exemple et décrivez une école digne de servir de modèle.” PÉDAGOGIE 1.A quelles conditions générales doit satisfaire le tableau de l’emploi du temps ?2.Quels sont les registres, à l’usage du maître, requis pour la direction d’une école ?A quoi sert chacun de ces registres ?3.Il s’agit de la dictée—Quel procédé de correction recommanderez-vous aux instituteurs et aux institutrices de votre district d’inspection ?TH I ME ANGLAIS "Lecture à haute voix”, par l’abbé Lagacé.—Page 158 : "Le P.de Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant”, les deux premiers alinéas, 18 lignes. 156 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE VERSION ANGLAISE “Modern History”, by Fredet, pages 74 et 75—16 lignes, à partir des mots : “The fire of persecution., jusqu’aux mots : “against its colonies.” LOI ET RÈGLEMENTS SCOLAIRES 1.Quels sont les principaux devoirs imposés aux inspecteurs d’écoles par la loi et les règlements scolaires ?2.Quelles sont les qualités requises par la loi pour être commissaire ou syndic d’écoles ?3.Quels sont les jours de congé autorisés par les règlements du Comité catholique ?4.Les fonctionnaires de renseignement primaire peuvent-ils retirer les sommes qu’ils ont versées au fonds de pension ?Dans l’affirmative, quelles sont les conditions exigées par la loi ?5.Qui peut autoriser les commissaires ou syndics d’écoles à contracter des emprunts, et quelles sont les formalités à remplir par les commissions scolaires qui demandent l’autorisation d’emprunter ?GÉOGRAPHIE 1.Quelles sont les principales causes qui font varier les climats ?2.Nommez les cercles de la sphère terrestre qui délimitent les zones ?Quelles influences le climat des diverses zones exerce-t-il sur l’homme ?3.Quelle route suivrait un vaisseau allant à Londres de Constantinople ?4.Quels sont, dans la province de Québec, les grands centres de colonisation ?5.Qu’est-ce que et où sont situés : Orénoque, les Antilles, Montevideo, Messine, Malacca, le Caire, les Andes, Philadelphie, Canso ?HISTOIRE UNIVERSELLE 1.Mettez dans l’ordre chronologique les rois de France suivants et nommez un événement important accompli sous le règne de chacun d’eux: Charles VU, Philippe-Auguste, Charlemagne, Louis XJ et Louis XV.2.Faites en quelques lignes l’histoire de Cavelier de La Salle.3.Quelles constitutions furent données successivement au Canada depuis 1760 ?4.Faites brièvement l’histoire de la Louisiane.ARITHMÉTIQUE 1.A résoudre : [ 11% + 15%+ 195/12-(7M-3K) ] - 6%- 2.A résoudre : 12.625+7.007-^0.35.3.Dans une usine on emploie 126 ouvriers dont le tiers gagnent chacun $2.44 par jour.Sachant qu’il faut chaque samedi une somme de $1,582.56 pour payer tous les ouvriers et qu’on ne travaille pas le dimanche, combien chacun des autres ouvriers formant les deux autres tiers gagne-t-il par jour ?4.Un spéculateur acheta un grand terrain pour $10,000.Il en vendit la moitié à 50% de gain, les deux-cinquièmes à $40 l’acre et sur le reste il perdit 40%.Son gain sur toute l’opération fut de 45%.Combien y avait-il d’acres dans le terrain ?5.Les intérêts simples d’une certaine somme à un certain taux pour deux ans sont de $2,812.50,, et l’escompte en dedans de la même somme, pour le même temps, au même taux, est de $2,500.Trouver le taux et la somme.ALGeB RE 1.Trouvez les facteurs de (I).2 æ + cz + 2 c + c2 (II).x2 - ax + 5x-5a 2, mi kte IM paihei { mlril « P l’autre, lace in U kcyiiw! ''tr l'ép; F M 11% i 4 %) 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 157 2.Un bateau qui descendit une rivière sur une distance de 90 milles et qui est revenu immédiatement au point de départ n’a été absent que 16 heures.Avec le courant le bateau met le même nombre d’heures à faire 30 milles qu’il met à faire 18 milles contre le courant.Trouver le nombre d’heures mis à descendre, à monter, et la vitesse du courant par heure.3.Un bateau qui descendit une rivière sur une distance de a milles et qui est revenu immédiatement au point de départ n’a été absent que b heures.Avec le courant le bateau met le même nombre d’heures à faire c milles qu’il met à faire d milles contre le courant.Trouver le nombre d’heures mis à descendre, à monter, et la vitesse du courant par heure.4.En vendant des moutons pour $24 par tête, un cultivateur gagne autant de fois un pour cent que les moutons lui ont coûté de fois une piastre.Combien les moutons lui ont-il coûté par tête ?5.Combien faut-il verser d’annuités de $2,00 0, pour éteindre une dette de $14, 720.20, le taux étant de 6% ?GÉOMÉTRIE 1.Les côtés d’un triangle sont entre eux comme les nombres 3, 4, 5.Trouver chacun d’eux, sachant que le périmètre de ce triangle est de 108 pieds.2.Les diagonales du quadrilatère A, B, C, D, qui sont perpendiculaires l’une à l’autre, ont respectivement 5 verges 1 pied et 2 pieds 3 pouces de long.Trouver la surface du quadrilatère en verges.3.La surface de la base d’un réservoir dont la contenance est de 60 gallons, est de 93^ pieds carrés.Trouver la profondeur ou hauteur du réservoir.(Dans 1 gallon, il y a 277pouces cubes).4.Le volume d’un cylindre creux, ouvert aux deux bouts, est de 678.6 pouces cubes; le cyindre a 9 pouces de hauteur et le diamètre extérieur 14 pouces de longueur.Trouver l’épaisseur du métal dont le cylindre est fait.(Pi =3.1416).5.A prouver : la somme des angles d’un triangle est égale à deux angles droits.DESSIN Indiquer, par un plan horizontal, les divisions et ouvertures d’une maison d’école projetée qui comprendrait, de plain-pied : un corridor, une classe, une cuisine, une chambre à coucher et un parloir.PHILOSOPHIE 1.Qu’est-ce qu’une proposition universelle ?particulière ?singulière ?2.Combien de termes dans un syllogisme ?Nommez-les.3.Qu’est-ce que l’induction ?Qu’est-ce que la déduction ?Portent-elles d’autres noms ?4.Différence entre l’ignorance négative et privative ?HISTOIRE NATURELLE 1.Qu’appelle-t-on centre de gravité, capillarité, poids spécifiques des corps, loi d’équilibre dans les vases communiquants ?2.Nommez les principaux phénomènes météorologiques, et faites connaître la théorie de la foudre.3.Qu’appelle-t-on optique, hydrostatique, mécanique, électricité ?AGRICULTURE 1.Quelle est la meilleure vache laitière pour le cultivateur de la province de Québec, et dites pour quelles raisons ?2.Quels fourrages servir de préférence à une bonne laitière ? 158 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.Quelle est généralement la meilleure époque pour faire les labours ?et pourquoi ?4.Quand semer les céréales ?5.Les cultivateurs doivent-ils tenir une comptabilité ?quelle en est l’importance ?LECTURE EXPLIQUÉE ET LITTERATURE Fables de Lafontaine : Le gland et la citrouille, Livre 9, Fable 4.1.Qu’exprime la première proposition dans le premier vers ?2.Que signifie le mot treuve, à la fin du premier vers ?3.Les critiques de Garo sont-elles raisonnables ?Leur auteur a-t-il fait preuve d’esprit ?4.Qu’est-ce qu’un quiproquo ?5.Nommez trois grands poètes français du 17ème siècle.De quelle oeuvre F.-X.Garneau a-t-il enrichi la littérature canadienne ?Dans quel genre littéraire Octave Crémazie s’est-il distingué ?Les 23 , 24 et 25 août 1922, les neuf aspirants admis subissent les examens sur toutpg les matières prescrites par les règlements, et les cinq suivants conservent le nombre de points suffisants pour avoir droit au diplôme d’aspirant inspecteur d’écoles : MM- Joseph" Adélard Breton et Joseph Cellette qui ont mérité la note “distinction”, et MM.J.-Victor Gagnon, J.-P.-Achille Goulet et Charles-A.Shaffer qui ont obtenu la note “bien”.Ces cinq candidats ont subi avec succès un examen spécial sur la langue anglaise.Les diplômes sont décernés aux candidats heureux et la session du Bureau est ajournée.(Signé) Th.-G.Rouleau, ptre, Président.RAPPORT DU BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Le Bureau central des examinateurs catholiques a l’honneur de vous faire rapport, conformément aux prescriptions de l’article 113 des Règlements scolaires, qu’il a tenu deux sessions pendant l’année académique 1921-22.La première de ces sessions, qui a eu lieu le 6 avril 1922, a eu pour objet l’organisation des examens de l’année courante, l’adoption des questions, dictées et problèmes à être soumis aux candidats, le choix des examinateurs-délégués, etc.Les questions d’examen adoptées par le Bureau pour les aspirants aux diplômes des trois degrés (élémentaire, modèle et académique) sont annexées au présent rapport.A sa seconde réunion annuelle, qui a eu lieu les 1, 2 et 3 août dernier, le Bureau a révisé la correction des épreuves d’examen qui avait été faite durant le mois de juillet, et il a octroyé les diplômes aux aspirants et aspirantes qui avaient conservé, sur les diverses matières du programme, le nombre de points requis par les rèlgements.Les examens ont duré quatre jours, du 27 au 30 juin inclusivement, et ils ont eu lieu dans toutes les localités mentionnées à l’article 80 des règlements du Comité catholique, à l’exception de Sept-Isles où il ne s’est présenté personne.3,096 aspirants et aspirantes ont été admis aux examens après s’être conformés fidèlement aux prescriptions des règlements.Les 3,096 candidats, 337 homm.es, dont 215 religieux appartenant à diverses communautés enseignantes, et 2,759 femmes, dont 96 religieuses de plusieurs communautés, se répartissent comme suit : 1,308 (27 hommes et 1,281 femmes) pour le diplôme d’école primaire élémentaire ; 1,209 (182 hommes et 1,027 femmes) pour le diplôme d’école primaire intermédiaire (modèle) ; 579 (128 hommes et 451 femmes) pour le diplôme d’école primaire supérieure (académique), dont 21 étaient porteurs de diplômes de bachelier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 159 2,314 ont passé leurs examens avec succès, savoir : 946 pour le brevet élémentaire, 850 “ “ “ modèle, 518 “ “ “ d’académie.782 n’ont pas réussi à obtenir leurs diplômes, savoir : 362 pour le diplôme d’école élémentaire, 359 “ “ “ modèle, 61 “ “ “ académique.Ce qui donne les résultats suivants : 1.—Pour le brevet élémentaire 723^% ont réussi et 271^% ont échoué, 2.— “ a “ modèle 70% “ 30% 3.— “ “ “ académique 89% “ 11% “ Résultat général : 74^% de tous les candidats ont obtenu les diplômes et 25M% ont été refusés.De plus, le Bureau a admis aux examens du brevet modèle, en vertu d’un règlement adopté par le Comité catholique à sa session de septembre 1919, 264 jeunes filles qui n’avaient que 16 ans.Ces candidates ne peuvent aspirer à recevoir un diplôme à la suite ce cet examen; mais, si elles réussissent sur toutes les matières, elles pourront se présenter pour le brevet académique et jouir des exemptions accordées aux candidats déjà munis du brevet modèle.Sur les 264 admises à l’examen, 205 ont réussi et 59 ont échoué.Voici l’opinion des membres du Bureau sur l’ensemble des épreuves qu’ils ont corri- gées: Matières Elémentaire Modèle Académique Prières et cathéchisme .Très bien .Très bien Lecture française .Assez bien .Bien .Très bien Lecture latine .Bien .Bien .Très bien Grammaire française et analyse.Bien .Très bien Dictée française .Bien .Bien Ecriture .Bien .Très bien Littérature (préceptes) .Très bien .Très bien Composition française .Bien Histoire Sainte Histoire Sainte et de l’Église.Bien .Très bien Histoire du Canada .Très bien .Bien Géographie .Passable Instruction civique .Bien ,.Très bien Arithmétique .Bien ,.Très bien Calcul mental .Bien , .Très bien Toisé .Bien .Très bien Géométrie .Bien Comptabilité , .Bien .Très bien .Très bien Pédagogie .Bien .Très bien Agriculture .Bien.Très bien Sciences naturelles: Zoologie et botanique Zoologie, botanique et cosmographie , .Très bien Hygiène , .Bien .Bien Bienséances .Bien Dessin .Bien .Bien Histoire de France .Bien .Bien Histoire d’Angleterre .Très bien Histoire des États-Unis .Bien .Bien 160 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Histoire ancienne Algèbre Bien .Bien Trigonométrie Physique Cosmographie .Bien Philosophie Langue anglaise Grammaire anglaise.^rès bien.Très bien .Très bien Dictée anglaise Très bien .Très bien Composition anglaise.Bien Très bien .Très bien Littérature anglaise Anglais pour les CANDIDATS DONT LA LANGUE MATERNELLE EST LE FRANÇAIS Grammaire anglaise.Bien Dictée anglaise Faible .Faible .Bien Composition anglaise.Bien .Bien Notes du BUREAU Le Bureau signale particulièrement à l’attention du personnel enseignant et aux aspirantes et aspirants, les matières dont la note moyenne n’atteint que “bien”.Plusieurs aspirants omettent de répondre aux questions d’analyse grammaticale et logique.A l’avenir, il sera tenu un compte très sévère de cette négligence.Le Bureau est heureux de pouvoir faire remarquer non seulement que le nombre des aspirants et des aspirantes a augmenté considérablement, il y en a eu cette année 324 de plus que l’année précédente, mais qu’il y a eu également progrès marqué au point de vue de la compétence de la majorité des personnes qui viennent se munir de brevets de capacité pour l’enseignement.(Signé) Th.-G.Rouleau, pire, (Signé) J.-N.Miller, ' Président.Secrétaire.M.le Président ayant fait remarquer qu’il y a lieu de faire la nomination d’un membre du Bureau d’examinateurs pour les candidats à la charge d’inspecteur d’écoles, pour remplacer l’honorable juge F.-X.Drouin, décédé, il est unanimement résolu, sur proposition de Mgr Gauthier, appuyé par l’honorable Hector Champagne, “que M.C.-J.Miller soit nommé membre du Bureau d’examinateurs des candidats inspecteurs d’écoles”.Mgr l’évêque de Sherbrooke propose, appuyé par Mgr l’évêque de Nicolet, “que la nomination de M.l’abbé Octave Martin comme principal de la nouvelle école normale de filles de Sherbrooke, et que celle de M.J.-Donat Dufour, comme professeur à cette école normale, soient recommandées à Son Honneur le lieutenant-gouverneur en conseil”.—Adopté.Mgr P.-E.Roy propose, appuyé par Mgr Rouleau, principal de l’école normale Laval, “que M.Roch Létourneau, breveté pour école académique et qualifié comme inspecteur des écoles, soit recommandé comme professeur ordinaire de l’école normale Laval, en remplacement de (M-Alphondor Gagnon que son état de santé empêche de remplir ses fonctions”.—Adopté.Mgr P.-E.Roy propose, appuyé par Mgr le Principal de l’école normal Laval, et il est résolu: “que M.Prudent Martineau, breveté pour école académique, et actuellement professeur à Charlesbourg, soit recommandé comme professeur ordinaire de l’école nor- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 161 male classico-ménagère de Saint-Pascal, en remplacement de M.Donat Dufour, nommé professeur à P école normale de Sherbrooke’’.Le secrétaire donne lecture des deux rapports suivants, après que M.le Président eut appelé le numéro 5 de l’ordre du jour qui se lit comme suit: “Rapport du sous-comi-“té nommé pour étudier les moyens à prendre afin d’obtenir la création de cours de “pédagogie qui permettraient l’obtention de diplômes supérieurs à ceux décernés par les “Écoles normales et par le Bureau central des examinateurs catholiques, et d’en préparer “les programmes.” 1.—RAPPOR'T DES MEMBRES DU SOUS-COMITÉ DE LA REGION DE MONTREAL Montréal 20 septembre 1922 “ Monsieur le Surintendant, “ Lors de la dernière session du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique (mai 1922), deux sous-comités—l’un pour Québec, l’autre pour Montréal—ont été constitués en vue: “ 1.D’étudier les moyens qui permettraient l’obtention d’un diplôme en pédagogie, supérieur à ceux des Écoles normales primaires et du Bureau central des examinateurs catholiques; “ 2.De préparer le programme des cours qu’exigerait ce nouveau diplôme.“ J’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui, Monsieur le surintendant, le rapport du sous-comité de Montréal.“ Voici, en un tableau synoptique, le résumé des suggestions du sous-comité: Sous la direction et dépendance de l’Université se prendraient: 1.Des "certificats d’aptitude” pédagogique, pour la masse des instituteurs, au moyen des cours actuels.1.Dans l’École normale supérieure (religieuses et jeunes filles)—2 ans.2) Dans une organisation spéciale pour les religieuses— 3 ans.2.Des "diplômes supérieurs” de pédagogie (d’égale valeur).3) Par des cours universitaires, 3 fois par semaine, pour les instituteurs laïques (hommes et femmes)—3 ans.4) Par une 4e année d’études, passée à l’école normale, et au moins une autre année d’études pédagogiques à l’Université.‘‘ Le sous-comité propose donc: “ 1.Que, dans la ville de Montréal et les centres qui s’y sont adjoints, les instituteurs et les instritutrices laïques, et les religieuses actuellement dans Venseignement, continuent de suivre le cours de pédagogie, tel qu’il est organisé depuis 1918.Ce cours dure trois ans et comprend pour chaque année: 20 conférences (pédagogiques), 3 compositions (pédagogiques), 2 examens.“ a.Les conférences de pédagogie générale se donnent à l’Université pour les laïques, à la maison-mère des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame pour les religieuses des différentes communautés.Les conférences de Méthologie ont lieu chaque semaine, à tour de rôle, dans l’un ou l’autre des quatre districts de la Commission des écoles catholiques.Toutes ces conférences faites, cette année, par M.l’abbé J.-O.Maurice, ont été suivies très régulièrement par douze cents institutrices et des centaines d’instituteurs, religieux et laïques.“ b.Les sujets de compositions pédagogiques sont traités à domicile, sauf le dernier qui est une composition d’examen, et sont corrigés par le titulaire de la chaire de pédagogie primaire de l’Université, M.l’abbé Maurice. 162 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ c.Les deux examens de chaque année sont l’un théorique, Vautre pratique.“ N.B.—L’examen théorique consiste en une composition et en des questions tirées, la première année, des Règlements du comité catholique; la deuxième et la troisième année, du manuel de Mgr Ross.La troisième année, on exige un mémoire ou thèse sur un sujet de pédagogie et une soutenance publique à TUniversité.“L’examen pratique se fait dans la classe même de l’instituteur, par les inspecteurs d’écoles et les visiteurs; leurs notes combinées indiquent le résultat qui sert à l’obtention du Certificat d’aptitudes pédagogiques et de compétence professionnelle.“La Commission des écoles catholiques de Montréal accorde généreusement des primes de $100.00 à ceux et celles qui terminent le cours de trois ans, $50,00 lorsque le cours dure deux ans.“Donc 60 conférences 6 compositions pédagogiques plus un mémoire, 7 examens, dont l’un oral, sont les conditions du cours offert à la masse de nos professeurs des écoles primaires de Montréal.Ce cours fonctionne admirablement.(1) “Le sous-comité propose: “2.Que les communautés de religieux enseignants qui, depuis dix ans, font partie d’une organisation pédagogique dite “VEnseignement Moderne”, maintiennent le programme qu’elles ont suivi jusqu’ici dans ses parties essentielles.Ces communautés sont affiliées à TUniversité Laval ou à celle de Montréal.Elles ont exprimé le désir, dans une assemblée tenue à l’Université de Montréal, le 21 juin dernier, de transporter à l’examen universitaire l’histoire de la pédagogie qui fait actuellement partie de l’examen congréganiste.‘'Le programme de “l’Enseignement Moderne”est presque l’équivalent de celui du baccalauréat.Il est donc plus complet que celui qui est proposé pour le diplôme supérieur.De plus, les conférences pédagogiques, tenues pendant cinq semaines chaque année, à l’époque des vacances d’été, dans les communautés de religieux enseignants, nous permettent de maintenir —à quelques modifications près—l’Enseignement moderne avec sa constitution actuelle.“Le sous-comité fait remarquer que seuls sont admis aux examens les religieux porteurs d’un diplôme officiel du degré académique ou qui possèdent un certificat d’aptitudes jugé par VUniversité équivalent au diplôme du degré académique.“L’expérience démontre, depuis dix ans, que le programme d’études est tel qu’il exige plusieurs années d’enseignement et d’études avant que le candidat aux diplômes puisse sans risque se présenter à l’examen.“Et maintenant quels moyens pourrait-on employer et quelles études conviendrait-! d’exiger pour l’obtention d’un diplôme supérieur en pédagogie?“a) Les moyens.Le sous-comité propose: “1) Pour les religieuses et les jeunes filles: La fondation d’une école normale supérieure ou d’un institut pédagogique—internat et externat à la fois—où pendant deux ans des instituteurs de toutes les congrégations enseignantes et les jeunes filles du monde viendraient faire des études, en vue de diplômes supérieurs.Les diplômées iraient eusuite faire bénéficier leurs propres communautés ou les écoles ordinaires des connaissances acquises par elles.Elles deviendraient surtout les maîtresses attitrées de nos écoles normales primaires de filles.Ne seraient admises à l’École normale supérieure que les personnes porteurs de brevets académiques de l’École normale primaire et du Bureau central, ou encore celles qui, dans des examens préalables, pourraient témoigner d’un degré de culture suffisant.“Cette école normale supérieure est une création qui s’impose chez nous et nous ne pouvons trop la recommander.(l) 67 religieuses des différentes congrégations et 27 laïques le terminaient en décembre 1921.Plus de 500 compositions ont été remises cette année à M.l’abbé Maurice. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 163 “Le cours régulier y sera de deux ans.L’école ouvrirait ses portes à des élèves régulières et à des élèves libres.“Oii donnerait des équivalents pour les certificats et diplômes obtenus déjà (sauf bien entendu le brevet d’admission ou brevet académique) et pour les études faites à l’tJniversité.Celles qui, par exemple, auraient suivi des cours de philosophie, de littérature française et anglaise, de botanique, etc., et qui auraient obtenu les certificats et diplômes correspondants, n’auraient pas à recommencer à l’École normale supérieure.Des cours de vacances, tenus chaque année, pour les maîtresses de la campagne, pendant six semaines, viendraient aider a conquérir le diplôme supérieur.Le sous-comité propose: 2) Pour les instituteurs et les institutrices laïques'.Que dans des locaux choisis par l’Université, pour les insticuteurs et les institutrices laïques qui le désireraient, le soir, de hujt à neuf heures et demi, à tour de rôle, des cours seraient donnés gratuitement, trois fois par semaine, comme suit : Le 1er et le 3e jeudi, langue française, 20 leçons par année, 3 années.Le 1er et le 3e mardi, langue anglaise, 20 leçons par année, 2 années.Le 2e et le 4e jeudi, matières commerciales, 20 leçons par année, 2 années.Le 2e et le 4e mardi, sciences naturelles, 20 leçons par année, 2 années.Le 1er et le 3e mardi (3e année), dessin, 20 leçons par année, 1 année.Le 1er et le 3e samedi, pédagogie, 20 leçons par année, 3 années.Le 2e et le 4e samedi, religion, 20 leçons par année, 3 années.“Le programme de ces cours suivrait de près celui de l’École normale supérieure.L’enseignement serait donné aux frais du gouverne o?ent.“Les diplômes seront délivrés par l’Université.“Les certificats seraient spéciaux selon la matière que le candidat choisirait et sur laquelle il subirait ses examens.“Les candidats qui, simultanément ou successivement, dans les limites de quatre ans, auraient passé les examens sur quatre matières principales et sur une cinquième à leur choix, auraient droit à un diplôme supérieur de pédagogie.“Les matières fondamentales seraient la religion, la pédagogie, la langue française, la langue anglaise.“b) Les études: “Le but de l’École normale supérieure étant de donner des éléments de culture générale et de donner une formation de plus en plus complète aux professeurs de l’enseignement primaire, les matières suivantes pourraient peut-être être mises au programme : “1.—La religion.“Le programme en sera déterminé par les autorités ecclésiastiques.“2.—La Philosophie.1) Logique—psychologie—morale, cours du samedi matin à l’Université.2f) L’histoire de la pédagogie en rapport avec l’enseignement primaire.3) La pédagogie générale et la méthodologie.4) La méthodologie spéciale de chaque discipline en rapport avec: a) les écoles mater- nelles, b) les écoles primaires, c) les écoles complémentaires.5) La législation scolaire.6) La morale professionnelle.7) L’organisation des écoles.8) La pratique de l’enseignement des travaux pédagogiques. 164 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “3.—La langue première.Elle comprendrait: 1) grammaire, morphologie, syntaxe, ponctuation; 2) vocabulaire, dérivation, composition; 3) diction et phonétique; 4) analyse littéraire; 5) composition; 6) histoire de la littérature; 7) notions de sémantique; 8) éléments de linguistique et de grammaire historique.“4.—La langue seconde.Elle comprendrait: 1) grammaire, morphologie, syntaxe, ponctuation; 2) vocabulaire, dérivation, composition; 3) diction, prononciation; 4) lecture expliquée; 5) composition; 6) analyse littéraire; 7) histoire de la littérature.“5.—L’histoire.1) l’histoire du pays en entier.2) l’histoire de la civilisation: peuples orientaux—-la Grèce—Rome—la Gaule—l’Église— la féodalité— les grandes découvertes— les grandes inventions —la renaissance—-la réforme—l’apogée de la France—le XVIIIe siècle, social et intellectuel—-la Révolution—les libertés modernes—la question religieuse—la question sociale—les derniers progrès—les relations internationales.“6.—La géographie.1) la géographie du pays: physique, humaine, économique; 2) éléments de cosmographie; 3) géographie générale: éléments liquides—solides—gazeux; la vie végétale, animale; la géographie humaine—-géographie économique; 4) les principaux pays du monde.“7.—Les mathématiques.L’étude des mathématiques comprendrait: 1) l’arithmétique : théorie des nombres—-recherche des diviseurs—théorie et propriété des fractions— diverses méthodes pour la solution des problèmes—l’art du calcul mental.2) L’algèbre : théories les plu-s importantes—équations et problèmes du premier et du second degré—progressions arithmétiques et géométriques—les logarithmes: usage des tables—intérêts composés—échéances—-annuité—amortissement progressif, etc.3) La géométrie: étude des livres III, IV, V, VI, VII, VIII.—description et usage des instruments d’arpentage.“8.—Sciences physiques et naturelles.Par voie d’analyse, d’expériences ou de manipulations, on arrivera à des formules et à des théories suffisantes sur les corps, la mobilité et l’inertie, les attractions, l’hydrostatique, les gaz, l'acoustique, la chaleur, la lumière, l’électricité, la chimie, la zoologie, la botanique, l’anatomie, la physiologie.“9.—Les sciences commerciales.1) étude des documents commerciaux; 2) institutions commerciales: banques, douanes, bourse, entrepôts, etc, 3) correspondances; 4) arithmétique commerciale; 5) comptabilité commerciale, industrielle, agricole; 6) éléments de droit commercial; 7) notions d’économie commerciale; 8) dactylographie et sténographie.40.—le Dessin.Notions pratiques de dessin à main levée, géométral et technique,—• grandes lignes de l’histoire de l’art.'41.—Gymnastique.Théorie et pratique.‘42.—Le chant.Théorie et pratique.13.Travaux manuels: travail du papier—cartonnage—modelage—-travail du bois—travail du métal—économie domestique—notions de puériculture, etc.(Signé) A.-C.Miller, Rapporteur du sous-comité, section de Montréal.2.—Rapport des membres du sous-comité de la région de Québec.Québec, 25 septembre 1922.“Monsieur le Surintendant, “ J’ai l’honneur de vous soumettre le rapport du sous-comité chargé de préparer un programme en vue de créer des diplômes supérieurs à ceux décernés par les Écoles normales et le Bureau central des examinateurs catholiques. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 165 “ A la séance des membres de ce sous-comité, tenue à Québec le 19 du mois courant, à laquelle assistanient Mgr François Pelletier, MM.les abbés G.Courchesne et J.-0.Maurice, MM.C.-J.Magnan, A.-C.Miller, J.-M.Manning et N.Tremblay, le pro-gramm.e préparé par les membres de la section de Montréal et soumis par ses délégués a été étudié.“ Les membres du sous-comité, section de Québec, n’ont pas eu le temps de compléter celui qu’ils ont commencé d’élaborer.Ils le soumettront à la session de février prochain, si le Comité catholique veut bien les autoriser à continuer leur travail.” (Signé) Nerée Tremblay, Secrétaire du sous-comité, section de Québec.Le Comité autorise le sous-comité dont il est question précédemment à siéger de nouveau, et il le prie de vouloir bien préparer, pour la session prochaine, un rapport complet et unique, ce rapport devant être transmis d’avance au Surintendant, afin qu’il puisse être communiqué à tous les membres du Comité catholique quelques jours avant la réunion du mois de février prochain.M.le Surintendant donne communication au Comité de la lettre suivante qui lui a a été adressée par M.l’abbé Gerald J.McShane, président de la corporation du “ Catholic High School ” de Montréal: Montréal, ce 25 septembre 1922.“ Monsieur le Surintendant, “ J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre du 28 juin dernier, m’informant “ de la décision du Conseil de ITnstruction publique, concernant la classification comme “ collège classique du “Catholic High School “ Je me permets d’insister respectueusement et de vous prier de vouloir bien, à la “ prochaine réunion du Conseil, soum.ettre à la bienveillante considération de l’assemblée “ notre demande, savoir : que le “ Catholic High School of Montreal ” soit reconnu com-“ me collège classique.“ Le livret “ Instruction secondaire ou classique ”, publié par l’Université de Mont-“ réal, citant à la page 123 la loi de janvier 1922, dite : “ Loi des subventions aux col-“ lèges classiques ”, contient le paragraphe suivant: “ Un collège classique, au sens de la présente loi, comprend toute institution d’en-“ seignem.ent secondaire reconnue comme telle par le Lieutenant-gouverneur en conseil, “ sur recommandation des comités catholique ou protestant du Conseil de l’Instruc-“ tion publique, selon le cas, accompagnée d’un certificat du Surintendant de l’Instruc-“ tion publique comportant que l’institution a fourni, à l’appui de sa demande de sub-“ vention, le rapport mentionné dans les articles 2939 et 2940 des Statuts refondus, “ 1909.” “Ne croyez-vous pas, Monsieur le Surintendant, que le paragraphe ci-dessus men-“ tionné indique qu’il est pleinement du domaine du Conseil et du Surintendant de don-“ ner au “ High School” la recommandation sollicitée?“Je remets donc en toute confiance entre vos bonnes mains cette question vitale “ dont dépend l’avenir de notre école.“ Ci-joints vous trouverez les renseignements demandés par les prescriptions de la “ loi.Vous comprendrez pourquoi je vous les donne de nouveau maintenant ; ils sont “ pris sur les statistiques de la présente année scolaire.“ Agréez, Monsieur le Surintendant, l’expression de notre vive reconnaissance aussi “ bien que de mes sentiments personnels de considération et d’estime.(Signé) Gerald J.McShane, P.S.S., Président.Cette lettre était accompagnée du document qui suit, lequel a également été communiqué au Comité catholique: 166 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Université de Montréal, Commission d’immatriculation, 185, rue St-Denis, Montréal.“ La Commission d’immatriculation, dans sa réunion de jeudi, 4 mai 1922, a examiné le programme soumis par M.le curé McShane, au nom de la direction du nouveau collège de langue anglaise.La Commission émet à ce sujet les idées suivantes : “ 1.—La Commission considère qu’un collège classique est avant tout une institution de culture générale et non pas de spécialisation prématurée dans l’ordre scientifique ou littéraire.En conséquence, elle ne peut accepter l’idée du cours scientifique qui est annexé au programme avec les substitutions qu’on y propose.“ 2.—Bien que son programme régulier soit réparti sur sept années d’enseignement, cependant étant donné la distribution de l’enseignement des sciences à travers ces sept années, et les cinq heures et demie d’enseignement par jour, il correspond à peu près exactement, appliqué tel que présenté, au programme de huit années de la plupart de nos collèges classiques.La Commission, en conséquence, serait disposée à reconnaître la nouvelle institution comme un collège classique.“ 3.—La Commission serait prête à accorder aux élèves de ce collège un double diplôme : l’un, dit de “ High School ”, après les quatre premières années; l’autre, après la septième année, dont la nature serait déterminée ultérieurement.“ 4.—Cependant, la Commission entend que ces diplômes soient concédés à ceux seulement des élèves de ce collège qui ont fait le cours régulier, à l’exclusion du cours scientifique, avec les substitutions qui y sont projetées.(Signé) Le Président Joseph Nolin, Chanoine Émile Chartier.Secrétaire.Après lecture de ces documents, il est proposé par Mgr verge.15 verges - ll/2 verge = 13^ verges, le reste.$3.25 + (Ys de $3.25) =$3.25+$0.65 =$3.90, somme qu’il faut recevoir en tout.$3.90 - $1.20 =$2.70, somme à recevoir pour le reste, pour 13ht> verges.$2.70 4-133^ =$2.7013.5 =$0.20, prix de vente de 1 verge du reste.Rép.2.Un marchand acheta 372 verges de drap à $3.623^2 la verge et 2623^ à $4.12342 la verge.Combien doit-il vendre le tout, et combien la verge pour réaliser un bénéfice de Ys du prix coûtant ?Solution: $3.623^ X372 =$1348.50.$4.123^X2623^ =$1082.8125.$1348.50+$1082.8125 =$2431.3125, le coût total.$2431.3125+ (Y3 de $2431.3125) = $2431.3125+$810.-4375 =$3241.75, le prix de vente total.Rép.372+262342=63434} verges, quantité totale.$3241.75-J-634.5 =$5.10+, disons $5.11, prix de vente de la verge.Rép.RÈGLES DE L’UNITÉ, POURCENTAGE, ETC.1.Un marchand envoya à son agent 5000 minots de blé que celui-ci vendit à raison de $1.20 le minot.Il déduisit deux commissions, le premier à un taux inconnu, le 2e à 4%, puis il dépensa le produit de la vente à acheter des marchandises pour son principal.Il reçut en tout 190 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE S500 de commission.On demande le taux de la 1ère commission?Solution : $1.20x5000 =$6000, le produit de la vente.$500-v 6000 =0.081/3_=81/3%, la somme des taux.8V3% - 4% =41/3%j le taux de la 1ère commission.Rêp.2.Pour faire un certain ouvrage 16 maçons travaillèrent pendant 30 jours;20 menuisiers pendant 32 jours, et 15 peintres pendant 16 jours.Si un maçon reçoit 5% de moins et un peintre 5% de plus, par jour, qu’un menuisier et que le coût total de l’ouvrage est de $2965.60, combien chaque ouvrier reçoit-il par jour?Solution : Soit $1, le salaire journalier d’un menuisier; alors $0.95, le salaire d’un maçon, et $1.05, celui d’un pein tre.$1.00 X 20 X 32 =$640, salaire total supposé des menuisiers ; $0.95 Xl6 X30 =$456, salaire total supposé des maçons; $1.05x15x16 =$252, salaire total supposé des peintres.$640 +$456 +$252 = $1348, coût supposé de l’ouvrage.($2965.60 -f-1348) X 640 = $2.20 X640 = $1408,somme que reçurent les 20 menuisiers pour 32 jours d’ouvrage, ou pour l’ouvrage d’un menuisier pendant (20x32) 640 jours.$1408640 =$2.20, salaire journalier d’un menuisier.Rép.$2.20-(2.20 X.05) =$2.20-$0.11 =$2.09, salaire journalier d’un maçon.Rép.$2.20+ (2.20 X.05) =$2.20+$0.11 =$2.31, salaire journalier d’un peintre.Rép.ALGÈBRE 1.Un homme convint de travailler pendant 30 jours, à condition de recevoir $1.60 pour chaque jour de travail et de payer $0.72 pour chaque jour qu’il serait absent.Au bout des 30 jours il reçut $34.08.Combien de jours a-t-il travaillé et combien de jours a-t-il chômé?Solution : Soit x le nombre de jours de travail, alors (30 - x), le nombre de jours de chômage.1.60x-0.72 (30 - x) =34.08.1.60x - 21.60 +0.72x =34.08.Multipliant par 100: 160x - 2160+72x =3408.232x =3408 +2160 =5568.x =5568 h-232 =24 jours de travail.Rép.30 - x =30 - 24 =6 jours de chômage.Rép.2.Un homme en mourant laissa la somme de $35000 à être partagée entre ses deux fils, en proportion de leurs âges, lorsque l’aîné aurait atteint 21 ans.Le plus jeune, au moment du partage, reçut $1000 de moins qu’il n’aurait reçu si la condition avait été que le partage ne / L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 191 devrait se faire que lorsque lui, le plus jeune, aurait atteint 21 ans.On demande la différence entre les âges des deux fils.Solution : Soit x la différence des âges.21 ans, l’âge de l’aîné à sa majorité.21 - x, l’âge du plus jeune, au moment du partage.21+21 - x =42 - x, la somme des âges des deux au moment du partage.42=ï, la fraction de $35000, que reçut l’aîné.l-Ef, la fraction de $35000 que reçut le cadet.Si les conditions avaient fixé que le partage n’aurait lie i qu’au moment de la majorité du cadet nous aurions les données suivantes: 21 ans l’âge du cadet à sa majorité.21 +x l’âge de l’aîné au moment delà majorité du cadet.21+21+:r =42+£, la somme des âges des deux au moment du partage.42++ la fraction de $35000 qu’aurait reçue l’aîné.42+î, la fraction de $35000 qu’aurait reçue le cadet.ék-S=ï) de $35000 = 1000.Divisant par 1000 : ' (4+ -1=1) x35 = 1.735 735—35s 1 42-j-x 42—x ==1* Chassant les dénominateurs on a : 30870 - 735x - 30870 + 1470x - 735z +35x2 = 1764 - x2.Réduisant: 35x2 = 1764 - x2.Transposant: 35x2+x2 =36x2 = 1764.d’où x2 = 1764 4-36 =49.et x = racine carrée de 49 =7, différence des âges.Eép.3.Un homme qui avait parcouru une distance de 108 milles, trouva qu’il aurait pu faire le voyage en 43^ heures de moins s’il avait fait 2 milles de plus par heure.Combien avait-il fait de milles par heure ?Solution : Soit x le nombre de milles par heure ; alors, le nombre d’heures à faire le voyage, æ +2, le nombre de milles par heure dans le 2e cas.le temps qu’il aurait mis dans le 2e cas.yjr - =434 =9/2- Chassant lés dénominateurs: 216^ +432 - 216x =9x2 + 18x.9x2 + 18x=432.Divisant par 9: x2 +2x =48.Complétant le carré : x2 +2x +12 =48 +1 =49.x+1 =la racine carrée de 49 = plus 7, ou moins 7.d’où x = 7 - 1 = 6 milles par heure.Rév. 192 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PREMIERS ÉLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE.1.Une échelle de 15 pieds de longueur est placée verticalement contre un mur perpendiculaire.De combien de pieds faut-il tirer le bas de l’échelle pour que le haut descende de 3 pieds?Solution : Racine carrée de 152 - 122 = Racine carrée de 225 - 144 = Racine carrée de 81 =9.Rép.2.Dans un réservoir cubique de 6 pieds d’arête, à moitié rempli d’eau, on jette un cube en fer, de 2 pieds d’arête, et une sphère en fer de 1 pied de rayon ; de combien de pouces sera rehaussé le niveau de l’eau ?Solution : 6x6 =36 pieds carrés, surface de la base du réservoir.23=8 pieds cubes, volume du cube.2 pieds, diamètre de la sphère.23 X 0.52 36 = 4.1888 pouces cubes, volume de la sphère.8 +4.1888 = 12.1888, somme des volumes du cube et de la sphère.1,2.1888X1728 =21062.2464 pouces cubes.36 pieds carrés X 144=5184 pouces carrés.21062.2464=5184 =4.0629 pouces.Rép.LES NOUVEAUX PROGRAMMES D’ÉTUDES La nouvelle édition des Règlements du Comité Catholique, qui contiendra les nouveaux programmes des écoles primaires et des écoles normales, est sous presse.Dans la livraison de décembre nous pourrons dire la date exacte de la mise en circulation de ce document officiel.Prière d’attendre cette communication avant de demander les nouveaux règlements au département de l’Instruction publique.BIBLIOGRAPHIE Souvenirs d’un octogénaire, avec 'préface de M.le Juge Adjutor Rivard.—’Les Trois- Rivières, 1922.Nous venons de recevoir cet intéressant volume “avec les compliments des Ursulines des Trois-Rivières”, éditrices sans doute des Souvenirs d’un Octogénaire.Ce petit volume est composé de notes sur la paroisse natale de l’auteur, feu M.Alfred Désilets.Il est d’une lecture fort attachante et mérite d’orner nos bibliothèques paroissiales.* Vie et œuvre de M.L.-J.-A.Dèrome.—M.l’abbé Elie-J.Auclaird, de la Société Royale du Canada, vient de mettre en brochurette une notice sur la vie et les œuvres de Louis-Joseph-Amédée Derome, fondateur de Y Adoration nocturne au Canada.La brochurette est précédée d’un portrait du “saint homme de Montréal”.Elle renferme aussi celle du Père Jean-Marie Murphy qui fut le premier confident de M.Dérôme au sujet de la fondtation de Y Adoration nocturne au Canada.Cette notice biographique servira de souvenir à ceux qui ont connu le Père Dérome et elle le fera connaître aux autres.Elle est remplie de détails intéressants concernant la fondation et la vie de Y Adoration nocturne à Montréal.La vie de M.Derome y est analysée par un homme qui a bien connu cet homme d’œuvres et qui l’a beaucoup estimé. ?LA LIBRAIRIE DES ECOLES MAISON FONDEE EN 18G5 LIBRAIRIE LANGEAIS, Limitée y LIBRAIRE-EDITEUR - IMPORTATEUR GROS ET DETAIL 177 RUE ST-JOSEPH, QUEBEC t» « H H-1 U 2 GG £ O LIVRES ET BLANCS LEGAUX—de toutes sortes pour secrétaire-trésorier de municipalités.LIVRES CLASSIQUES—Nous vendons tous les livres approuvés pour les écoles.CARTES GEOGRAPHIQUES ET GLOBES TERRESTRES—Un très grand choix nous en faisons une spécialité.O £ 0 1 a o H £ < l-H » P* TABLEAUX NOIRS ET TOILE ARDOISEE—Le tableau noir HYLOPLATE, est spécialement recommandé pour les écoles, supérieur à tous les autres tableaux, exigez la marque HYLOPLATE.Nous avons le vernis pour ces tableaux.TABLEAUX DE MUSEE SCOLAIRE-Pour leçons de choses.TABLEAUX D’HISTOIRE SAINTE—Ancien et nouveau Testament.TABLEAUX DE CATECHISME—Avec explications.TABLEAUX FIGURATIFS DE MUSIQUE—39 x 59 pouces sur toile.TABLEAUX DE FRACTIONS ET DE LECTURE—Par Lippens.MOBILIER SCOLAIRE—Nous nous occupons spécialement de meubler les écoles; 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