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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1924-01, Collections de BAnQ.

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45ÈME VOLUME Québec, janvier 1924 No 5 Enseignement Primaire ÉDUCATION—INSTRUCTION.BONNE ET HEUREUSE ANNÉE A l’occasion de la Nouvelle année, il m’est très agréable de souhaiter aux nombreux lecteurs de L’Enseignement Primaire la réalisation de leurs rêves.Je souhaite à tous la santé et le bonheur, dons précieux que nous valent un régime de vie sage et réglé et l’accomplissement consciencieux de la tâche quotidienne.Je souhaite aussi qu’au sein de la grande famille enseignante se conservent les traditions des ancêtres, traditions familiales, paroissiales et nationales, traditions qui ont assuré la survivance et le développement merveilleux de la nation canadienne-française.Je souhaite enfin que tous les instituteurs et toutes les institutrices travaillent sans relâche à augmenter leur savoir et à parfaire leur compétence professionnelle.C.-J.Magnan, Directeur de “L’Enseignement Primaire”.LES PLAISIRS DE L’ÉTUDE Celui qui dans l’étude a mis sa jouissance Garde sa pureté, ses mœurs, son innocence ; Le miroir de sa vie est riant à ses yeux ; Les jours ne sont pour lui que des moments heureux.P.Lebrun. 322 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PÉDAGOGIE LA VIE FAMILIALE UNE PAGE PRATIQUE DE PEDAGOGIE FAMILIALE CONFERENCE DE MONSIEUR C.-J.MAGNAN DONNÉE A LA SEMAINE SOCIALE DE MONTRÉAL, JEUDI, LE 30 AOUT 1923 Monsieur le président, Mesdames et messieurs, Le sujet étudié au cours de cette semaine sociale, cette année, est de première importance.Il prime tous les sujets traités jusqu’ici dans notre Université populaire, parce qu’il se rapporte à la fondation, à la base même de la Société.Ce sujet a déjà été traité de main de maître par les conférenciers qui m’ont précédé, et ceux qui vont me suivre en termineront l’exposé.Le lot qui m’a été confié a pour titre: La vie familiale.Mais avant moi, M.l’abbé Cyrille Gagnon, a parlé de la Constitution de la Famille; le R.P.Villeneuve, la Famille, cellule sociale; M.le juge Dorion, la Famille et VÉcole; M.Georges Pelletier, le Budget familial; M.le Dr Beaudoin, la Famille et l’Habitation; Endette, (sous ce nom charmant, je devine l’âme d’une femme, le cœur d’une mère), V Éducation familiale; M.'Saint-Pierre, la Famille et VIndustrie; M.le Dr Gauvreau, la Mortalité infantile; M.Henri Bourassa, la Famille canadienne-française; ses périls, son salut; M.Léon-Mercier Gouin, le Divorce; le R.P.Plamon-don, l’Aide à la Famille, et apiès moi, M.Charles-Emile Bruchési parlera des Bases juridiques de la Éamille; Mademoiselle Anctil, de VEnseignement ménager; M.l’abbé, Courchesne, du Choix des Carrières, et enfin, M.l’abbé Groulx, de la Famille canadienne-française, ses traditions, son rôle.Vous devinez bien, Mesdames et Messieurs, que le plus difficile pour moi, ce n’est pas de trouver ce qu’il convient de dire sur le magnifique sujet soumis à votre attention, mais bien de taire ce qu'il faut ne pas redire, ou de ne pas entrer sur le domaine confté aux orateurs qui vont me suivre.Mais j’aurais tort de me plaindre, car mon domaine, à moi, en la présente occurence, est encore assez grand, à la vérité: il a pour borne, d’un côté, le berceau, et de l’autre, la tombe, et renferme dans ces limites maintes activités intéressantes : les relations des époux, les devoirs des parents envers leurs enfants, et les devoirs de ces derniers envers leurs parents; les devoirs des parents et des encants envers les grands parents.Deux forteresses protègent ce domaine royal (je dis royal, car il est gouverné par un roi et une reine qui tiennent leur autorité de Dieu même) : ces forteresses, ce sont l’Autorité et le Respect, sans quoi il n’y a pas de gouvernement possible ni dans la famille, ni dans l’école.Pardon, je ne dois pas parler de l’école. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 323 Ce cadre sévère est cependant animé par les mille et une manifestations de la C'est l’amour, d’abord sanctifié par le sacre- ment de mariage; c’est l’affection pure et profonde qui naît ensuite l’un pour l’autre dans le cœur des époux; c’est la sainteté des mœurs qu’engendrent la sainteté, l’honnêteté, la loyauté dans la vie conjugale, telle que voulue par Dieu et enseignée par son Église; c’est le foyer, peuplé, animé, réchauffé par les enfants qui naissent d’autant plus drus que les sources généreuses de la vie sont préservées des poisons maudits qui les détournent grossièrement du cours tracé par la Providence, puis les tarissent honteusement et sans retour; et enfin, c’est la vœ familiale vraie qui commence, du côté des parents, par l’exercice de l'autorité; la pratique éclairée de la religion qui leur inspire le sentiment de leurs devoirs et de leurs responsabilités; le bon exemple à toutes les heures de la journée; les preuves constantes de bonté, de charité, d’affection, de désintéressement et de fermeté.- Puis, du côté des enfants, c’est l’obéissance absolue aux parents, sans marchandage ; c’est l’affection qui germe dans leur cœur au contact de celle des parents; c’est la reconnaissance qui naît dans cette atmosphère affectueuse; c’est le respect qu’inspirent la dignité, la douceur sans faiblesse et le dévouement sans bornes du père et de la mère; et comme manifestation de ce respect, ce sont les bienséances chrétiennes qui donnent à la vie familiale un charme incomparable: politesse et déférence, délicatesse et prévenance envers les frères et les sœurs, envers les parents et les grands parents; charité pour tous, pour les pauvres, les infirmes et les malheureux surtout.Dans la constitution divine du royaume de la famillè, rien n’est laissé au hasard: comme dans une ruche bien ordonnée, chacun, suivant son âge, son talent et ses forces doit apporter sa part de butin au foyer.Le travail quotidien du père donne le couvert, le pain et les vêtements; le labeur incessant de la mère, sa bonne administration intérieure de la maison, son habileté aux travaux ménagers, son zèle inlassable, sa bonne humeur, rendent le foyer attrayant et prospère; la tâche confiée à chaque enfant, suivant son âge, ses aptitudes et ses forces physiques: travail manuel ou travail scolaire, tâche remplie avec entrain, méthode et bon vouloir, fait le bonheur des pârents et prépare l’avenir des enfants.” • Le bourdonnement de la ruche familiale est harmonieux et favorise la bonne éducation des enfants, à qui chaque jour nouveau procure des joies nouvelles.Tous les matins, le père ét la mère se rappellent cet ordre de Dieu consigné au livre des Proverbes:—“Elevez bien votre fils et il rafraîchira votre cœur et il fera les délices de votre âme.” (Prov XIX).Et le soir venu, quand tout dort sous le toit paternel, le père et la mère, après avoir examiné la tâche accomplie durant la journée qui vient de tomber dans l’éternité, relisent ensemble, en un tête à tête digne du pinceau, ces graves maximes que le Sage prononçait autrefois: “Celui qui aime ses enfants ne se lasse pas de les corriger, espérant qu’il trouvera 324 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE par là, en eux, son bonheur à la fin de ses jours, et qu’il ne les verra pas mendier aux portes.(Ecclésiastique, XXX, I.) “Vous avez des enfants, donnez-leur une bonne éducation et accou-tumez-les, dès la plus tendre jeunesse, au joug: de l’obéissance.(Id.VII, 25.) “Ce n’est point aimer son fils que de lui épargner des châtiments: quand on l’aime véritablement, on s’applique à le corriger.(Proverbe, VIII, 24.) “Châtiez votre fils sans jamais perdre courage, de peur qu’il ne vous réduise à l’affreuse nécessité de souhaiter sa mort.(Id.XIX, 18).“Le cheval qu’on n’accoutume point au mors devient indomptable et l’enfant abandonné à ses caprices ne connaît plus de frein.(Eccles.XXX, 8).“Flattez votre fils et il vous rendra tremblant; jouez avec lui et il vous attristera.(Id.XXX, 9).‘Ne vous familiarisez même pas trop avec lui de peur que vous n’ayiez bientôt sujet de vous en repentir et qu’il ne vous réduise enfin au désespoir.(Ecc.XXX, 10).“Ne le rendez pas maître de ses actions pendant sa jeunesse, surveillez jusqu’à ses pensées.(Id.XXX, 11.) “Courbez sa tête et soumettez-le dans sa jeunesse: châtiez-le sévèrement pendant qu’il est enfant, de peur qu’il ne s’endurcisse et ne veuille plus vous obéir et qu’alors il ne devienne la douleur de votre âme.(Id.XXX.12).“Instruisez donc votre fils, travaillez à le former, de peur qu’il ne vous déshonore par une vie honteuse.(Id.XXX, 13).“Ne laissez pas votre fils vivre sans discipline et sans règle.(Prov.XXXIII, 13).“Si vous l’élevez avec fermeté, vous délivrerez son âme de la mort.(Prov.XXXIII, 14).“La sottise est comme attachée et liée dans le cœur d’un enfant: c’est la verge de la discipline qui l’en chassera.“Élevez bien votre fils et il rafraîchira votre cœur et il fera les délices de votre âme.” (Prov.XIX, 17)”.Les paroles inspirées qui précèdent peuvent se résumer en deux mots: autorité et respect.Elles font un devoir aux parents de châtier les enfants, mais châtier, corriger, ne veut pas dire brutaliser, maltraiter, punir sans discernement ni mesure.N’oublions pas que dans l’éducation des enfants, “Dieu est la source et la raison de l’autorité et du respect, des droits et devoirs essentiels de tous: il est le modèle et l’image de l’œuvre qui est à faire; il en est l’ouvrier le plus puissant et le plus habile.” (1) Or, durant sa vie mortelle, Notre-Seigneur a donné l’exemple de la bonté envers les enfants et le Senite parvulos venire ad me retentira jusqu’à la fin des siècles plus haut que le conseil de la verge.Donc, à la base de l’autorité, la bonté.Certes, la bonté n’exclut pas les conseils, les réprimandes, les corrections; elle doit présider même (1)—Mgr Dupanloup, L'Enfant, page 6. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 325 aux châtiments, de telle sorte que Tentant sente et comprenne qu’il en coûte aux parents de punir, mais qu’ils doivent agir ainsi pour leur plus grand bien, tout comme le dentiste fait parfois très mal à ses malheureux clients.Donc, s’il convient de châtier parfois, il faut agir sans passion, sans emportement et sans colère.C’est le calme, la bonté, unis à la fermeté qui donnent de l’autorité aux parents.• Écoutons ici saint François de Sales donner des conseils à sainte Jeanne de Chantal pour corriger ses petits enfants, dont deux aux environs de la cinquième année.Il sait que la vanité envahit le cœur des petites filles dès T âge de trois ans.“Otez-leur la vanité de leur âme; elle naît presque avec le sexe.Mais ne sarclez point les mauvaises herbes au hasard et avec brusquerie ; reprenez, châtiez, en pleine possession de vous-même et avec amour: faites tout cela petit à petit, lentement, suavement, comme font les anges, par des mouvements gracieux et sans violence.” Le Père Delaporte, cet écrivain incomparable, ce Jésuite si aimable dans ses œuvres,-—tous les Jésuites, d’ailleurs, sont aimables,-—-ajoute ce qui suit au trait ci-dessus, que nous avons emprunté à son chef-d’œuvre, Les Petits Enfants: “Comme font les anges; quels modèles donnés aux mères par le plus aimable des saints! Quelqu’un,-—c’était un père de famille,—parlant des défauts à corriger chez les petits enfants, disait: Il faut traiter cela comme on traite les dents de lait.Soignez-les, sans vouloir les arracher trop vite ou trop rudement; un fil suffit, appliqué au moment voulu, à les déraciner quasi sans douleur.Mais il faut choisir le moment et l’instrument.” La bonté doit donc présider à la gouverne de la famille.Mais la bonté revêt un caractère d’une noblesse impressionnante lorsqu’elle est mise en relief par la dignité.La dignité est de mise dans tous les états de vie, mais aucune vocation n’a plus besoin de cette qualité que la paternité et la maternité.Aux yeux de l’enfant, le père et la mère doivent appara.’tre sans défauts, plus que cela,incapables de fautes.Le père et la mère posent chaque jour et à chaque heure du jour comme des modèles devant leurs enfants, et, chacun le sait, ces derniers sont essentiellement imitateurs.Ressembler à sa mère, imiter sa mère, voilà l’idéal des petites filles; ressembler à son père, imiter son père, voilà l’idéal des petits garçons.A ce sujet, j’aime à citer de nouveau le R.P.Delaporte: “Paternité et maternité sont, nous T avens dit, deux très hautes dignités, dont l’affirmation devrait toujours être digne.Le père et la mère devraient, aux yeux de Tenfant même tout petit, apparaître non seulement sans défauts, mais incapbles de fautes.Ils devraient toujours être l’image vivante, agissante de la bonté, de la justice, de la vérité qui sait tout et qui ne se trompe jamais.Pour un petit enfant, son père et sa mère ne peuvent ni tromper ni se tromper.Ce qu’ils ordonnent, c’est le droit; ce qu’ils approuvent, c’est le bien; ce qu’ils défendent, c’est le mal; les histoires qu’une mère raconte sont arrivées; les choses qu’elle affirme sont certaines; les objets qu’elle admire sont beaux; ceux qu’elle blâme sont 326 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE laids.C’^st la mère surtout qui façonne la conscience; dont la parole, le regard, le geste valent tous les codes de morale, les traités de politesse, de savoir-vivre, de civilité puérile et honnête.” Ah ! le rôle de la mère, auprès de ses enfants, qu’il est beau, qu’il est grand, qu'il est important! Dans ses Fragments d’un journal intime, Amiel, un auteur qui a parfaitement compris l’enfance et qui en a parlé admirablement, dit ceci de la mère de famille: aLa mère doit se considérer comme le soleil de son enfant; astre immuable et toujours rayonnant, où la petite créature mobile, prompte aux larmes, et aux éclats de rire, légère, inconstante, passionnée, orageuse, vient se recharger de chaleur, d’électricité et de lumière, se calmer et se fortifier.La mère représente le bien, la providence, la loi, c’est-à-dire la divinité sous sa forme accessible à l’enfance.La religion de l’enfant dépend de la manière d’être, et non de la manière de parler de son père et de sa mère.” (1) Comprend-on maintenant, que, sans la dignité, le père et la mère, qui sont, aux yeux de l’enfant, la personnification de l’autorité divine, compromettent leur autorité et faussent l’éducation des êtres chéris dont ils ont la garde.La dignité, la dignité de la tenue est comme “le vêtement moral de l’homme”, d’après Guibert.La tenue est, en quelque sorte, la révélation, une sorte d’“exposition,” permanente du caractère.La bonne tenue est sœur de Y amabilité.Et l’auteur des “Paillettes d’Or", qui fut un profond psychologue, définit ainsi ce que c’est qu’être aimable : “Etre aimable, c’est: La sérénité du visage, L’habitude de sourire, L’égalité du caractère, La simplicité dans les manières, L’accueil bienveillant, La patience pour écouter, L’humeur égale, L’absence de brusquerie, La parole simple, douce, ordinairement bonne et modérée, surtout quand il s’agit de gronder ou de refuser.” Certes, l’autorité., ainsi renforcée de la bonté, de la dignité, et de Vamabilité, devient une puissance attirante et attrayante.Mais depuis le péché originel, il ne suffit plus d’être bon et aimable: lu fermeté s’impose de temps en temps, et sans elle, l’autorité déchoit.S’il importe parfois de savoir dire oui, aux enfants, dans les choses raisonnables, ou indifférentes, il importe plus encore de savoir dire non dans les choses graves ou même dans les choses légères dont l’habitude peut conduire au mal.Les parents doivent donc savoir ce qu’ils veulent.(l)—Amiel, Fragments d'un journal intime, 6ème édt.t.I pages 73-74. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 327 le vouloir, puis, agir en conséquence.Mais le père et la mère doivent vouloir la même chose et non commander en sens contraire.Ils doivent commencer par pratiquer eux-mêmes ce qu’ils exigent de leurs enfants; la formation morale est à ce prix.Jules Simon, qui a pu se tromper parfois, a dit excellemment:—“Nous pouvons faire des livres et écrire des théories sur le devoir et les sacrifices; mais les véritables professeurs de morale, ce sont les mères; ce sont elles qui conseillent douc°ment le bien,, qui récompensent le dévouement par une caresse, qui donnent, quand il faut, l’exemple du courage et l’exemple encore plus difficile de la résignation, qui enseignent à leurs enfants le charme des sentiments tendres, les fières et sévères lois de l’honneur.C’est là, près de cet humble foyer, dans cette communauté de misères, de soucis et de tendresse que se créent les amours durables, que s’enfantent les énergiques résolutions et que se trempent les caractères.’’ C’est bien là l’intimité lu foyer domestique, que vient de définir l’écrivain français.Cette intimité n’exclut pas la fermeté, au contraire, elle en est l’armature.Un baiser, un sourire, un enseignement clair, grave et doux, murmuré d’une voix sympathique mais décidée, viennent à bout des volontés les plus rebelles.Ce sont ces mille et un riens qui laissent dans l’esprit de l’enfant un souvenir inoubliable de la maison paternelle, foyer béni, plein d’un charme suprême.A la fermeté, il faut savoir joindre la justice, Vimpartialité.La moindre injustice commise consciemment envers un enfant le révolte et l’oriente dans une voie fausse.La justice est sœur de la vérité.Être vrai en tout et partout, mettre en accord les actes avec les principes et les paroles, éviter jusqu’à l’ombre du mensonge, est un devoir sacré pour les parents.Enfin, la charité et la piété viennent coordonner et vivifier toutes les vertus précédemment mentionnées.Sans la charité, pas de bonheur au foyer, et sans la piété, la piété éclairée, humble et agissante, pas de progrès réels dans la formation morale.Mais, assez de théories et arrivons au tableau vivant de la vie familiale comme le veut la loi naturelle, éclairée par les enseignements de l’Église de Jésus-Christ.Les époux vivent au foyer et y trouvent le bonheur.Un règlement de vie souple mais défini reconnaît le prix du temps et conserve la santé, l’un des gages du bonheur.La santé morale est conservée par la prière en famille, commencée dès le jour du mariage, continuée avant la naissance du premier enfant, et autour du premier berceau, puis élevée au rang d’office religieux lorsque le cercle de la famille s’est agrandi.Un lever à l’heure, discret, silencieux, suivi de la prière du matin, est le gage d’une bonne journée.La bonne humeur qui s’épanouit sur les figures répand la joie comme un radieux soleil levant.Puis, c’est la tâche quotidienne qui commence : le père se rend au travail, après avoir pris congé des siens par un cordial bonjour et un joyeux au revoir; les enfants d’âge scolaire imitent le papa et se rendent au devoir, emportant, comme un viatique, le baiser affectueux de la maman.Et cette dernière, heureuse de son sort, n’aspirant ni à pérorer dans les réunions 328 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE féministes, ni à chausser les bottes de son mari pour aller voter, méprisant les théâtres où l’on se moque de la vie familiale, n’ayant de goût que pour les bonnes et belles lectures, et surtout sachant, comme la femme forte de l’Évangile, occuper ses dix doigts, se donne complètement aux soins de sa maison, qu’elle tient avec ordre, goût, propreté, et économie.Le midi ramène au foyer le père et les enfants, autour de la table de famille, que le premier bénit avant de rompre le pain quotidien, demandé chaque matin et chaque soir à la divine Providence.L’heure du midi est pour tous une heure de joyeuse détente,après quoi chacun se remet à la tâche avec plus de courage.Le soir ramène tous les membres de la famille sous le toit, autour de la mère, reine toujours accueillante et souriante pour chacun de ses sujets, y compris son mari, qui, lui aussi, sait sourire à son épouse, à qui il réserve toutes ses amabilités et ses prévenances et témoigne à ses enfants une affection qui ne se dément jamais.Ah! le bon, le joyeux souper de famille, préparé avec amour par la mère, qui sait déposer dans chaque plat un petit morceau de son cœur, comme il réconforte le chef de famille et lui fait oublier les soucis de la journée! comme il constitue pour les enfants une haute leçon de morale! C’est pendant le repas de famille que les enfants sont témoins du bonheur de leurs parents à vivre ensemble au foyer, que l’on ne quitte que pour l’église ou la maison du pauvre; qu’ils apprennent à écouter et à ne parler que sur l’invitation du papa ou de la maman; qu’ils s’instruisent aux récits prudents et choisis des parents et aux réponses faites à leurs questions parfois naïves et qu’ils s’initient aux charmes de la politesse et des bienséances chrétiennes.Le repas terminé, c’est la récréation pour les enfants, récréation amusante et instructive prévue par les parents à l’insu des enfants; c’est aussi l’heure où le père lit son journal du soir, journal choisi, d’où les commérages, les récits de crimes et les farces de mauvais goût sont exclues; et où la mère, providence vivante, coud, reprise ou tricotte, en contemplant, avec une joie silencieuse, le bonheur de son mari restant auprès d’elle—il ne fréquente aucun club, pas même un club neutre-—et la satisfaction des enfants de vivre dans une telle atmosphère de paix, de concorde et d’affection.Les enfants reposent maintenant, mais le père et la m.ère veillent encore quelques instants afin de se recueillir sur l’emploi de la journée, les incidents heureux ou malheureux qui ont pu la souligner.Et, loyalement, sans l’ombre d’un reproche, soit l’épouse-—soit l’époux, admet ses torts, si torts il y a eu, ou dit sa gratitude pour les prévenances, les délicatesses et les bontés qui ont plutôt ensoleillé les dernières vingt-quatre heures.Puis, on cause du lendemain, des projets d’avenir et des espérances prochaines.Lorsque les cœurs ent été donnés à Dieu et que les adieux du soir ouvrent les rideaux de la nuit, le sommeil réparateur ne tarde pas à transporter tous les êtres chéris au pays des rêves.La vieille horloge, souvenir sacré des grands parents, seule, de son timbre clair, trouble discrètement le silence de la maison, sur laquelle L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 329 veille le Christ d’ivoire acheté à l’époque du mariage et qui occupe la place d’honneur du modeste salon du logis.Et demain, avec les premiers rayons du soleil, avec les sons de l’Angélus, la vie familiale reprendra son cours ordonné et joyeux, que sanctifie les exercices de piété en famille et les offices du dimanche attendus avec hâte et suivis avec respect et dévotion.La vie familiale dont je viens de tracer le tableau, c’est celle de nos ancêtres, c’est aussi celle de nos pères et je souhaite que ce soit celle de nos fils.ENSEIGNEMENT DU CATÉCHISME IV.—La leçon de catéchisme (suite et fin) c) L’explication.Le développement de la leçon varie avec l’âge et l’intelligence des élèves.Avec les jeunes enfants, l’explication accompagne l’interrogation et doit surtout porter sur le texte même.Dans les classes plus avancées, le développement prend plus d’importance et plus d’ampleur.C’est ici surtout qu’il faut mettre de la continuité et de l’ordre dans l’exposé de la doctrine du salut.Il ne faut pas errer à l’aventure et dire tout ce qui vient à l’esprit : l’improvisation en la matière serait dangereuse.Le développement comprend la paraphrase, qui se fait en retournant la même pensée en d’autres termes plus à la portée des auditeurs : la parabole en tirant une comparaison des objets les plus familiers ; la preuve ou raisonnement tiré de l’Écriture sainte, des Saints Pères, de la raison ; le trait ou l’exemple choisi dans l’Histoire sainte ou dans la vie des saints ; la morale ou leçon de conduite qui doit découler naturellement de ce qui précède.—(Manuel des C.S.V., page 294).Expliquons, illustrons, rendons sensibles et frappantes, par des exemples et des comparaisons, des questions qui seraient d’elles-mêmes trop abstraites pour les petits et pas assez à leur portée.(Semane religieuse, de Montréalr 26 octobre 1922, page 266).“ Déployez toutes les industries de votre zèle, nous dit encore le père Quer-bes, pour captiver l’attention de vos élèves, la tenir en haleine et l’arrêter sur la même matière, tout en paraissant voltiger, pour que la longueur de la leçon ne les rebute pas et ne les ennuie pas.Coupez, tournez et retournez les questions en diverses manières pour que vos enfants comprennent bien la chose et qu’ils n’en demeurent pas à de simples paroles, comme des perroquets qu’on a siffles.” Servons-nous beaucoup de la parabole, à l’exemple de Notre-Seigneur qui enseignait les foules par diverses paraboles, selon qu’ils étaient capables de l’entendre.(Marc.IV, 34).Jésus-Christ, le maître par excellence, a revêtu de formes sensibles les vérités les plus sublimes.Veut-il, par exemple, donner une idée.de la Providence de son Père ?Il ne la définit pas, mais il la montre en action donnant au passereau le grain qui le nourrit, couvrant d’un vêtement le lis des champs qui ne travaille ni ne file (Matt., VI, 28).Servons-nous aussi d’histoires que les enfants comprennent bien et qu’ils aiment.“ Les entants, écrit Fénelon dans son traité de l’éducation des filles, 2 330 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE aiment avec passion les contes ridicules ; on les voit tous les jours transportés de joie, ou versant des larmes, au récit des aventures qu’on leur raconte.” L’Histoire sainte et la vie des saints sont rem plies de traits édifiants qui intéresseront nos élèves et illustreront les leçons que nous leur donnons.Mais il faut que ces récits soient bien choisis et en rapport avec l’explication que nous avons à donner.Chez l’enfant, comme chez l’homme simple et peu instruit, la vie intellectuelle commence par les sens, et il faut parler aux sens pour arriver à l’intelligence.Le père Querbes recommande aux catéchistes de parler à l’imagination de l’enfant en lui présentant une image ou un tableau qui illustre la leçon que l’on veut expliquer ou le récit que l’on raconte.Le père Robert, notre supérieur généra], qui a écrit une excellente vie du père Querbes, notre fondateur, souligne l’idée géniale de notre vénéré père qui, longtemps avant qu’on eût parlé de la leçon de choses, recommandait l’enseignement par l’aspect,qui n’est rien autre chose que la fameuse leçon de choses sur image.Si le manuel que vous avez en mains est illustré, ne manquez pas d’expliquer la gravure au moyen d’un récit.Mais ce récit ne doit pas être lu ; il doit être raconté, et il faut faire parler les personnages autant que possible : cela intéresse davantage les enfants.Pardonnez-moi, lecteurs, si je prends la liberté de vous raconter une histoire, afin de vous faire comprendre ma pensée.Je suppose que je m’adresse à de jeunes enfants.Sans doute, quand les élèves ont grandi, le récit doit être moins naïf, mais il faut qu’il soit quand même intéressant.Je dirai d’abord la chute d’Adam et d’Eve, puis je donnerai en quelques mots l’histoire de la rédemption du genre jumain.1—chute d’Adam et d’Eve Quand le bon Dieu mit Adam et Eve dans le Paradis terrestre, il leur permit de manger du fruit de tous les arbres ; mais il leur défendit de toucher aux fruits d’un arbre qu’il leur montra, afin de voir s’ils seraient capables de l’écouter.Le démon, jaloux, entra dans le corps d’un serpent et fit accroire à Eve que si elle mangeait du fruit défendu, elle deviendrait aussi savante que le bon Dieu._ Eve se laissa tromper, prit un fruit, en mangea, et en offrit à son mari, qui en mangea aussi.Alors ils eurent honte d’avoir désobéi à Dieu, et allèrent se cacher.k .Dieu vint et demanda à Adam pourquoi il avait fait cela.Adam rejeta la faute sur Eve, et Eve accusa le serpent de l’avoir trompée.Dieu les fit chasser du Paradis terrestre et les condamna à souffrir et à mourir.Il fit aussi fermer la porte du ciel, afin que personne n’y pût entrer jusqu’à ce que vînt sur la terre le Rédempteur qu’il leur promit et qui était notre Seigneur Jésus-Christ.Depuis lors, quand les méchants mouraient, le ur âme s’en allait en enfer.Quand les bons mouraient, leur âme s’en allait dans le purgatoire, si c’était nécessaire ; et ensuite elle se rendait à la porte du ciel.Cette porte resta fermée jusqu’au jour où elle fut ouverte par le Rédempteur, notre Seigneur Jésus-Christ.Quand il monta au ciel, Jésus fit entrer à sa suite les âmes des justes qui étaient morts depuis le commencement du monde.2—RÉDEMPTION DU GENRE HUMAIN Le bon Dieu voyant que tout le monde était méchant et que beaucoup tombaient en enfer après leur mort, résolut d’envoyer le Rédempteur promis. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 331 Alors il dit à un ange d’aller sur la terre pour demander à la sainte Vierge si elle voudrait être la mère du petit Jésus.L’ange salua Marie en lui disant : “ Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous.” La sainte Vierge accepta, et aussitôt Dieu le Fils, la seconde personne de la sainte Trinité, descendit du ciel pour se /aire petit enfant.Quand le temps fut venu, la sainte Vierge était dans une étable, à Bethléem, avec saint Joseph, lorsque, vers minuit, le petit Jésus se trouva tout à coup dans les bras de Marie.Il y avait dans l’étable un bœuf et un âne.Des anges chantèrent dans les airs ; des bergers vinrent voir le petit enfant ; et des rois accoururent pour lui faire des présents.Y.—L’exhortation La leçon de catéchisme doit se terminer par une exhortation courte et vive en forme de conclusion où le catéchiste cherche à toucher et à rendre meilleurs ceux qui l’écoutent.Il faut amener l’enfant à vivre conformément à sa croyance, à pratiquer sa foi.“ La doctrine catholique, selon le père Querbes, et c’est le bon sens même, n’est pas une de ces connaissances spéculatives qui ornent seulement l’intelligence.C’est un ensemble de vérités à croire, de devoirs à pratiquer, une façon de penser, de juger, d’agir, à adopter, en un mot, c’est une vie à vivre.Si la vérité enseignée ne devient pas un principe d’action chez ses élèves, si elle n’inspire, ne règle, n’influence, ne modèle pas toute leur conduite, le catéchiste a mal compris ou mal fait son devoir, il a perdu son temps, et ses enfants avec lui.” La veille des fêtes, l’exhortation portera sur le mystère ou sur la fête dont on pourra raconter l’histoirique et faire ressortir le fruit que l’on en peut retirer.* * * Et je termine par où j’ai commencé, en vous rappelant, chers lecteurs, l’importance de l’enseignement du catéchisme et l’obligation que nous avons de ne rien négliger pour qu’il soit efficace.Monseigneur Landrieux, dans une lettre qu’il écrivait au clergé de Dijon, le 22 septembre 1922, disait en parlant de l’enseignement religieux qu’il faut donner aux jeunes enfants ; “Il importe que ce premier enseignement soit pour eux intéressant et sans fatigue, qu’ils y trouvent un attrait, qu’ils y prennent goût, qu’ils l’aiment ; car si le premier contact avec la religion est pénible, la première impression désagréable, si nous leur imposons du premier coup un fardeau trop lourd, ils se rebuteront et en garderont pour toujours un mauvais souvenir.” La “Revue Apologétique” publie l’avant-propos d’un programme d’instruction religieuse du recteur de l’Institut catholique de Lyon, Monseigneur Lavallée.Nous y lisons entre autres choses : “Il faut que l’enseignement de la religion soit véritablement un enseignement.La religion est une vertu, une disposition de l’âme envers Dieu : cette vertu nous tâchons de l’affermir dans l’âme de nos enfants par nos prières, par nos exemples, par nos exhortations et nos homélies.Mais la religion, c’est aussi une doctrine, une science positive, un ensemble de vérités et de préceptes, d’événements et de faits, bref, c’est une partie du domaine du savoir, et il faut la traiter comme telle.” A l’œuvre donc, instituteurs, pour la préparation de cet enseignement éminemment important, et que l’on puisse vous appliquer cette parole du prophète Isaïe (Is.IX 2) rappelée par Notre-Seigneur en saint Matthieu (Matt., IV, 16), “Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; quant à ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort, une lumière 332 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE s’est levée aussi pour eux.” Et alors ayant enseigné les petits et les ayant dirigés dans le sentier de la paix qui conduit au ciel, vous pourrez compter sur la récompense que Dieu nous promet au livre de Daniel (Dan., XII, 3) : "Ceux qui auront été savants brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui enseignent la justice à un grand nombre, seront comme les étoiles dans les perpétuelles éternités.” Un Clerc de Saint-Viateur.HISTOIRE DE L’ÉDUCATION (Pour “L’Enseignement Primaire”) Un éducateur catholique du XVIIIème siècle : Charles Rollin (1661-1741) Rollin, né à Paris, fit de brillantes études, professa les humanités au collège Plessis et au collège Royal, puis devint recteur de l’Université.Cette institution, malgré des réformes successives, était tombée peu à peu en décadence.Rollin travailla au rajeunissement des études et introduisit des méthodes nouvelles.Se's qualités morales lui acquirent une grande influence.Le Traité des Études.—Vers la fin de sa vie Rollin publia le Traité des Études.Cet ouvrage est la charte pédagogique du XVIIe siècle et du courant traditionnel du dix-huitième.Il comprend un Discours sur les avantages de la bonne éducation, puis huit livres traitant respectivement des premières études de l’enfant, de l’intelligence des langues, de la poésie, de la rhétorique, de l’éloquence, de l’histoire, de la philosophie, du gouvernement des classes et des collèges.L’œuvre est d’une haute inspiration morale.Pour la rendre plus utile aux jeunes professeurs, Rollin multiplie les exemples ; il entre dans les plus petits détails et fait preuve d’une expérience consommée.Quintilien, Cicéron, Sénèque, chez les anciens, Locke chez les modernes, sont les auteurs dont il s’inspire le plus souvent.Éducation physique.—Les idées de Rollin sur l’éducation physique diffèrent peu de celles de Montaigne.Il est opposé à tout ce qui flatte la sensualité et rend le corps délicat ; mais il est raisonnable et ne tombe dans aucun excès.Les jeux et les récréations sont indispensables aux enfants.Une application trop longue et trop suivie use et affaiblit les organes ; l’esprit s’émousse et s’épuise par un effort continu.“Les meilleurs divertissements sont ceux où le corps est en mouvement.Les enfants sont contents pourvu qu’ils changent souvent de place Une balle, un volant, un sabot, sont fort de leur goût aussi bien que la promenade et la course.” Après un délassement, ils se remettent plus gaiment et de meilleur cœur à l’étude, et “ce petit relâche les anime d’un nouveau courage.” ; Il recommande de veiller à la nourriture des enfants II la faut simple, mais bonne, solide et réglée.Le moyen de la donner telle, est de prendre ce qu’il y a de meilleur en tout genre : le meilleur pain, la meilleure viande, la meilleure huile, le meilleur beurre etc.A la bonne nourriture, il faut joindre la propreté qui en relève le prix et en fait l’assaisonnement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 333 Éducation intellectuelle.—Dans le Discourt préliminaire, Rollin développe les avantager de Vétude : elle forme l’esprit, lui donne plus d’étendue et d’élévation, dispose le cœur à la vertu et contribue à élever de pieux chrétiens.Mais l’instruction n’est qu’un moyen.Il faut checher dans un auteur la moralité des pensées autant que les beautés littéraires.De cette façon, l’enseignement fournit sans cesse des moyens de perfectionner l’ame.1.Etudes du premier âge.-—-Rollin s’inspire de Quintilien, car il a peu vécu avec les enfants et ne s’est pas occupé d’éducation élémentaire.11 ne trouve aucun inconvénient à faire commencer la lecture dans un livre latin ; il avoue cependant que, pour les écoles pauvres et les gens de la campagne, un livre français serait préférable Pour rendre l’enseignement agréable, on se servira de cartes, de figures, de lettres, de boules d’ivoire et du bureau typographique.Les premières études se feront sans nulle contrainte et l’enfant apprendra, comme en se jouant, les notions élémentaires ; lecture, écriture, catéchisme de Fleury, quelques fables de La Fontaine, un peu de grammaire et de géographie.Le maître expliquera les mots difficiles, fera participer l’enfant aux explications, emploiera des manuels ornés de gravures et d’images.Mais il faut aller très lentement.Il vaut mieux que les enfants sachent peu de chose, pouvru qu’ils les sachent à fond.Ils apprennent assez vite s’ils apprennent bien.” Pour les filles, le programme comprendra les quatre règles d’arithmétiques, l’orthographe, l’histoire ancienne et l’histoire de France.Pas de latin, excepté “pour les religieuses et aussi pour les vierges et les veuves chrétiennes.” Il est sévère sous le rapport des lectures, et n’admet la musique et la danse qu’avec précaution.2.Les humanités.—Le programme des humanités comprend le latin, le grec, l’histoire, la géographie, les sciences naturelles, la rhétorique, la philosophie.Le jeune homme complétera son éducation par des voyages.Rollin attache une grande importance à la langue française.Le maître consacrera chaque jour un moment déterminé à cet enseignement.Il emploiera les moyens suivants: grammaire, explication, traduction et composition.En grammaire on se bornera aux règles faciles et d’une application fréquente.Il donne une liste d’auteurs à étudier : c’est une innovation.Il place au premier rang les Livres saints, puis Pellisson (Histoire de VAcadémie), Fonte-nelle, Fléchier, Boileau (Satires, Art poétique.Traité du sublime), Bossuet, Racine (Esther et Athalie).La méthode d’explication qu’il recommande est la suivante : lecture par un ou deux élèves, observations gammaticales, lecture du morceau, phrase par phrase, avec questions sur les expressions, les pensées les préceptes moraux.Le maître complète les réponses et donne les détails nécessaires à l’intelligence du texte.Nous ajouterions aujourd’hui quelques compléments à cette méthode, mais Rollin a pour but de former le cœur, de développer le goût, de faire aimer les bons écrivains.L’habitude de confier à la mémoire les extraits choisis des grands écrivains est excellente.“On ne peut trop mettre cet exercice en honneur”, ajoute Rollin.Les compositions françaises porteront sur les fables, les récits historiques ; on donnera aussi des lettres, des lieux communs, des descriptions, des dissertations, des harangues.Le maître apprendra aux élèves à chercher les idées, à les disposer, à les exprimer.La correction est très importante, mais il faut la faire dans des sentiments de bienveillance qui encouragent même les plus faibles.Le Traité des Études expose admirablement la méthode à suivre pour l’enseignement du latin.Il ne faut pas abuser des thèmes et se servir le plus possible de l’explication des auteurs.“Les auteurs sont comme un dictionnaire vivant et une grammaire parlante où l’on apprend par l’expérience même la force et le véritable usage des mots, des phrases et des règles de la syntaxe. 334 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il recommande la version : elle apprend à la fois le latin et le français.Dans l’explication, le maître portera son attention sur les points suivants : syntaxe, propriété des termes, élégance de l’expression, difficultés particulières du texte, prononciation.L’étude du grec doit se réduire à l’intelligence des auteurs : il suffit de comprendre et de pouvoir traduire.Rollin n’insiste pas assez sur l’irréparable lacune que laisse dans l’intelligence l’ignorance de la littérature grecque.A ce propos il estime que l’on doit admettre les poètes profanes dans une éducation chrétienne, mais après avoir expurgé leurs œuvres.Ce livre consacré à la rhétorique est excellent.Rollin n’exagère pas l’importance des règles et convient que la meilleure formation à l’art d’écrire est l’étude des grands modèles.Pour l’étude de l’histoire, il suit l’ordre qu’il appelle naturel : histoire ancienne, histoire moderne, histoire nationale.“L’histoire, dit-il, est une école de solide gloire et de véritable grandeur, de vérité, de raison et de vertu.” Rollin déclare qu’il est honteux à tout bon Français d’ignorer l’histoire de France.Cependant il trouve qu’on n’a pas le temps de l’apprendre en classe ; ne devrait-elle pas figurer au programme des humanités ?3.Les sciences et la philosophie.—Rollin accorde volontiers une place aux sciences naturelles.L’étude des merveilles de la nature fortifie le sentiment religieux en nous révélant la grandeur de Dieu ; elle aiguise les sens et développe l’esprit d’observation.Par ce moyen les enfants apprennent comme en se jouant une multitude de choses utiles et intéressantes.“Un jardin, une campagne, un palais, tout cela est un livre ouvert pour les élèves, mais il faut qu’ils aient appris et qu’on fes ait accoutumés à y lire.” La philosophie apparaît à Rollin comme la plus importante, la plus nécessaire, la plus décisive des études, celle “dont la perte peut le moins se couvrir et est la plus irréparable.” Les avantages qu’elle procure sont multiples: elle règle les moeurs, perfectionne les facultés, donne la noblesse aux idées, fortifie le sentiment religieux.Comme complément, il indique quelques ouvrages du XVIIe siècle: les Essais de morale de Nicole, la Logiue de Port Royal et quelques livres moraux des anciens dont les idées sont plus proches des idées chrétiennes.Éducation morale et religieuse.—Pour bien conduire l’enfant, il faut étudier son caractère, car l’éducation est surtout l’art de manier les esprits, et les esprits sont divers.“Il y en a qui se relâchent et languissent si on les presse ; d’autres ne peuvent souffrir qu’on les traite avec empire et hauteur.Il en est que la crainte retient et tels autres qu’elle abat et décourage.On en voit dont on ne peut rien tirer qu’à force de travail et d’application; d’autres qui n’étudient que par boutade et par saillie.Vouloir les mettre tous de niveau et les assujettir à une même règle, c’est vouloir forcer la nature.” Il est nécessaire de distinguer la nature des défauts qui dominent dans les jeunes gens ; ceux qui proviennent de i’âge, de la mauvaise éducation, de l’ignorance, du mauvais exemple, sont plus faciles à déraciner que ceux qui proviennent du caractère naturel de l’esprit et de la déchéance originelle.L’ignorance de la religion est une source de maux et de désordres.De là, pour tout maîtrç chrétien, l’obligation d’instruire solidement les enfants des vérités de la religion et des pratiques de la vie chrétienne, de leur faire connaître Jésus-Christ, sa doctrine, la grandeur de l’homme, sa corruption et son impuissance à faire le bien sans la grâce, les grandes vérités et les moyens de salut que Notre-Seigneur nous a fournis.Il doit aussi les exciter à la réception fréquente des sacrements, les former à la dévotion envers Dieu, la sainte Vierge, les Anges et les Saints.Tout enseignement doit être éducatif, toutes les leçons peuvent devenir des leçons de morale, mais d’une manière discrète.“Les préceptes L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 335 qui regardent les mœurs doivent être courts et vifs et lancés comme un trait ; c’est le plqs sûr moyen de les faire entrer dans l’esprit et de les y faire demeurer.” La lecture de l’Évangile et de quelques chapitres de l’Ancien Testament fera beaucoup de bien aux enfants.Mais les leçons et les discours ont peu d’efficacité si l’on n’y joint le bon exemple.“’Cest un grand bonheur pour les jeunes gens de trouver des maîtres dont la vie soit pour eux une instruction continuelle, dont les actions ne démentent jamais les enseignements ; qui fassent ce qu’ils conseillent et évitent ce qu’ils blâment, et qu’on admire encore plus lorsqu’on les voit que lorsqu’on les entend.” Enfin, le maître chrétien, pour s’acquitter dignement de sa mission doit travailler avec le plus grand zèle à sa propre sanstification ; ne point espérer de fruit s’il ne travaille au nom de Jésus-Christ;ne rien attendre de ses soins,de sa prudence, de ses lumières, de ses sueurs, mais de la seule grâce de Dieu.Discipline Scolaire.—Le Ville livre du Traité des Études est toujours d’actualité.La discipline est une condition indispensable à l’éducation.Elle est la mère des bonnes mœurs;des bonnes études,elle procure à une maison la confiance du public.Pour conserver les jeunes gens dans le devoir, le maître doit les suivre avec une vigilance de tous les instants.La discipline est faite d’autorité.“Prenez d’abord de l’autorité sur les enfants; c’est une matière de la dernière importance pour tout le temps de l’éducation et pour toutes les personnes qui en sont chargées”.Elle sera tempérée par la douceur qui attache l’enfant au maître.“C’est un principe général que l’amour ne s’achète que par l’amour; la première chose en éducation, c’est qu’un maître avant tout et par-dessus tout, prenne des sentiments de père pour ses disciples et qu’il se regarde comme tenant la place de ceux qui les lui ont confiés.” Une surveillance exacte et discrète rendra extrêmement rare l’usage des punitions et des châtiments.Rollin condamne l’usage de la verge ou du fouet, excepté dans les circonstances les plus graves.Pour guérir les esprits, il faut user de douces remontrances et tenter la voie de la persuasion.Dans une école où l’on rend le travail agréable, où les maîtres sont tout dévoués au bien de leurs élèves, la discipline est rarement violée.Les enfants se livrent avec ardeur à l’étude, entraînés par une salutaire émulation, soutenus par une habile distribution de bons avis, de louanges et de récompenses.En somme le Traité des Études renferme les préceptes les plus judicieux sur l’instruction et l’éducation de la jeunesse.Il mérite les éloges qu’il a reçus.Voltaire l’appelait “un livre à jamais utile.” Villemain disait: “Rollin est le “saint de l’enseignement”.Depuis le Traité des Études, on n’a pas fait un pas.“Nisard ajoute: “Le Traité des Études, c’est le livre unique, au mieux encore, c’est le livre.” Fr.P.Gonzalès.(Droits réservés).L’ENSEIGNEMENT DE LA LECTURE AU COURS PREPARATOIRE (Pour “ L’Enseignement Primaire ”) L’enfant, qui débute à l’écofe, voit s’ouvrir devant ses yeux étonnés tout un monde nouveau.Jusque là, son horizon s’est borné au domaine paternel et à celui des voisins.De la société, il ne connaît guère que celle de sa famille et des quelques amis de ses parents. 336 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A l’école, il se trouve soudain transplanté dans un milieu nouveau, dans un entourage quelquefois hostile, toujours sévère : c’est la seconde étape de son existence.Depuis longtemps, au foyer, on l’a menacé de l’école.A tout moment, son père, sa mère, ses frères, ses sœurs lui ont parlé de la classe comme d’un lieu de réforme.Il y arrive donc avec crainte et tremblement.On l’installe sur un banc dur, quelquefois trop haut pour ses petites jambes, souvent sans dossier et sans table devant lui pour s’y appuyer, et là, six heures par jour, il devra se tenir assis en silence, immobile, lui accoutumé à courir et à parler toute la journée.Ah ! qui dira les impressions premières de l’enfant qui débute à l’école, les réflexions qu’il fait durant ces longues heures de méditation imposée.On lui a dit qu’il vient à l’école pour s’instruire, et l’instruction lui apparaît comme une mégère, une marâtre, et l’école, un lieu de supplice ; et, dans son cerveau, germe la dégoût de l’école; une seule idée le hante, l’obsède: en sortir le plus tôt, y aller le moins possible.De là, ces absences sans motifs, ces pleurs, cette répugnance pour l’étude, pour tout ce qui se rattache à l’école : résultat désastreux pour l’instruction et l’éducation de l’enfant.Cependant l’institutrice—je dis l’institutrice parce qu’elle forme les neuf dixièmes de notre corps enseignant-—qui a conscience de sa mission peut atténuer la noirceur de ce tableau en l’éclairant du soleil de sa bonté, de son savoir-faire, en mettant de la confiance, du courage dans le cœur du pauvre petit.Sa tâche est délicate, difficile : dès le début, faire aimer l’école à l’enfant, y remplacer sa mère, lui montrer ce que la science a d’aimable, ouvrir cette jeune intelligence aux jouissances du savoir en lui apprenant à lire, à écrire et à compter, quel beau rôle et combien attachant ! Apprendre à lire à l’enfant ! a-t-on bien pesé toutes les difficultés que comporte cette, tâche ?Deux situations se présentent : ou l’enfant a déjà certaines notions prises au sein de la famille, ou celui-ci se trouve dans une ignorance absolue.Dans ce dernier cas surtout, il faut procéder lentement, y aller avec prudence, avec méthode, doser, suivant la précocité du cerveau, les notions à donner.Apprendre à lire, je le répète, quelle tâche formidable ! On n’y songe pas assez ; on s’imagine que cela peut se faire facilement, rapidement.Erreur, grave erreur.Le mécanisme de la lecture est compliqué au possible.Les rouages s’enchevêtrent, se commandent les uns les autres avec une précision infinie.Il faut s’adresser à l’intelligence, à la mémoire et à l’imagination de l’enfant en se servant de ses deux sens les plus actifs : la vue et l’ouïe.En effet, deux connaissances initiales sont nécessaires : le graphique et le son ; l’œil voit la forme, et l’oreille entend le son de la lettre ou du groupe de lettres constituant un son.Quelle méthode suivre ?La méthode phonétique, la dernière à la mode, la plus rationnelle, la plus rapide etc., etc.mais avons-nous le personnel capable de s’en servir, à la campagne surtout ?* puis nous supprimons l’aide des parents.Alors, faut-il aussi les lettres avec leur prononciation d’autrefois : à, bé, cé, dé, ef etc.et dans l’ordre successif ?Est-ce que le son de ces lettres ainsi prononcés aide à la lecture des syllables et des mots ?Je ne le crois pas.Une méthode mitigée, tenant le milieu entre l’ancienne et la nouvelle et faisant prononcer les lettres suivies de l’e muet comme be, ce, de, fe etc.serait la plus pratique.C’est d’ailleurs celle en usage dans nombre d’écoles de la campagne, celle préconisée par l’auteur de “Mon Premier Livre” que l’on trouve presque partout.Quelles lettres faut-il enseigner d’abord ?Les voyelles, parce qu’elles sont l’âme de la lecture, celles qui lui donnent son caractère, sa vie ; les conson- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 337 nés ne sont que d’humbles servantes, utiles sans doute, nécessaires même mais servantes.D’ailleurs un choix des unes et des autres s’impose ; les manuels indiquent tous la marche à suivre ; il est bon de s’y conformer.Mais il ne faut pas oublier que les lettres ont chacune leur importance et leur rôle à jouer dans le mécanisme de la lecture : elles ont leur similitude et leur équivalence ; leur forme indique souvent la position des lèvres pour les prononcer.Il y a une foule de remarques à faire en enseignant les lettres ; cela agrémente la leçon, lui enlève sa sécheresse, sa monotooie : certaines comparaisons feront sourire l’enfant et le rendront observateur.N’oublions pas la leçon d’écriture ; lettre lue, lettre écrite, au tableau noir, par l’institutrice puis par l’élève sur son ardoise ou son cahier.Cela aide la mémoire, grave le son, la forme.La bonne promonciation des lettres, celle des voyelles particulièrement, importe beaucoup.Les Canadiens font, en général, celles-ci beaucoup trop graves : ils enlèvent ainsi à la langue française ce qui fait sa sonorité.Dans l’appellation des différentes sortes d’e, il est inutile, fastidieux même de faire prononcer é accent aigu, é accent grave é accent circonflexe ; il vaut mieux faire distinguer les quatre sortes d’e en disant : e (muet) é (fermé) è (ouvert) ê (prononcé plus long) ; cela simplifie beaucoup l’épellation ; de même pour les autres voyelles.La prononciation des sons nasaux doit être précisée ; elle est très souvent défectueuse ; celle des diphtongues de même, entre autres, celle de la diphtongue oi.Jj’articulation des syllables est une autre qualité qu’il faut faire acquérir.Plusieurs ont les lèvres paresseuses, les mâchoires ankylosées et parlent la bouche fermée.Pour corriger ce défaut, j’ai souvent conseillé de faire réciter les prières en commun, en articulant bien chaque syllable.En dépit du proverbe, on atteint deux lièvres à la fois : on améliore l’articulation, et l’on supprime l’escamotage des syllables et des mots dans les prières.La prononciation des syllables finales laisse souvent à désirer, surtout celles qui se composent de deux consonnes suivies d’un e muet, comme syl-la-ble; la plupart des enfants et même beaucoup de grandes personnes prononcent syl~ la-be.Certains enfants ont des défauts d’organes: ils confondent les sons de certaines lettres : b avec p ; v avec s ; d’autres ne peuvent prononcer les ch ou les r.C’est par des exercices d’articulations répétés que l’on parviendra à vaincre ces défectuosités.Même au cours préparatoire, et surtout au cours péparatoire, il faut surveiller le ton de la lecture; les mauvaises habitudes se corrigent difficilement plus tard.Que d’enfants ont un ton monotone, chantant ou faux; combien peu savent donner à la prononciation des syllables l’inflexion voulue.La leçon de lecture demande de la part de la maîtresse une attention soutenue, vigilante; reprendre, reprendre constamment ; corriger, corriger sans cesse.Faut-il expliquer les mots ?Pas tous ; ceux qui sont dans la compréhension de l’enfant.C’est une question de tact et de temps.L’enfant doit-il avoir un livre entre les mains au cours préparatoire ?Non, mille fois non, car alors la leçon devient individuelle.Le tableau de lecture mural s’impose ; le mécanisme de la lecture exige, je l’ai dit en commençant, le concours de deux sens ; la vue et l’ouïe ; les yeux voient le graphique de la lettre, de la syllable, du mot puis l’oreille entend le son ; les deux perceptions vont ou cerveau et se gravent dans la mémoire.Or, l’enfant qui a un livre ne peut suivre; il a constamment perdu la “place” ; il entend un son mais il ne sait pas à quel graphique l’attribuer, il répète alors le son comme un petit perroquet.Mais peu d’écoles sont pourvues de tableaux de lecture ; c’est une des grandes lacunes de nos écoles de la campagne.3 338 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On objecte qu’en supprimant le syllabaire, on enlève toute collaboration des parents.Est-elle bien utile ou nuisible en certains cas ?Une concession peut se faire.L’enfant pourrait avoir un syllabaire pour sa leçon à la maison, et le tableau de lecture à l’école, pourvu que les deux concordent.Ce serait l’idéal en autant que l’on s’entende sur les mêmes procédés et les mêmes méthodes.Certaines institutrices qui n’ont pas de tableaux de lecture, écrivent au tableau noir soit en caractères d’imprimerie, soit en lettres ordinaires la leçon du jour ; la plupart font ce travail la veille, le soir, en préparant leur classe du lendemain.Il n’est pas toujours nécessaire de copier les mots du manuel ; au contraire, il est bon d’en choisir d’autres pris dans le vocabulaire de l’enfant, dans son milieu, cadrant bien avec ceux du manuei et pouvant amener des explications nouvelles.Cela empêche le par cœur de se glisser aussi facilement.Combie'n d’enfants liseht bien dans leur livre ou sur le tableau imprimé et pas du tout dans un livre étranger aussi facile.Au cours préparatoire, la leçon de lecture doit être courte, un quart d’heure environ et répétée au moins quatre fois par jour.Dans les écoles à deux ou plusieurs institutrices, cela peut se faire ; mais dans celles où il n’y a qu’une institutrice, avec trois ou quatre divisions, parfois cinq, cette institutrice peut difficilement accorder autant de temps aux tout petits du cours préparatoire.Il y aurait bien d’autres choses à dire et d’autres remarques à faire, mais l’espace qui m’est dévolu ne me le permet pas.Puissent ces quelques conseils être utiles aux titulaires de nos classes et faire enseigner mieux la lecture aux “petits” de nos écoles.A.-B.Chabonneau, Insp.d’écoles.Montréal, décembre 1923.NOTES GEOGRAPHIQUES IV—De quelques procédés d’enseignement—(Suite.) Troisième procédé: La localisation.Ce procédé est encore une suite du précédent, mais il introduit une notion nouvelle: la notion de cause et d’effet.Les avantages naturels d’une région sont le résultat logique de la latitude, de l’altitude, des vents habituels, des précipitations, de la nature du sol etc.En conséquence l’élève est appelé à chercher quels sont les pays où progresse telle culture, le blé par exemple, le café , la canne à sucre, les épices, etc., où le sous-sol contient tel minéral utile: fer, amiante, etc.où vivent tels animaux: buffle, renne, orignal, chameau, ours blanc, etc., à expliquer l’existen- ce de telle ville: proximité des matières premières, facilité de transport, proximité des marchés d’écoulement, d’un pouvoir hydraulique, centre d’un district houiller, etc- Ce procédé se complète par un autre qu’on pourrait appeler, procédé de comparaison: comparer entre elles les différentes provinces du Canada et les classer par ordre de grandeur, de population, du chiffre d’exportation, etc.De même la population de notre province pourra être comparée avec les grandes villes du monde: Paris, New-York, Londres: son étendue à celle de la France L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 339 unie à la Belgique, à la Hollande et à l’Angleterre; l’étendue du Canada à celle de l’Europe qu’il triple en dimensions.(1).Ce procédé comparatif a le grand avantage de fixer les notions d’une manière précise et presque matérielle dans l’esprit de l’élève: il le force à réfléchir, à faire appel à son sens critique et à se rendre compte des choses qu’il apprend chaque jour.Toutefois il demande des connaissances fort étendues et ne saurait être employé avec fruit qu’avec des élèves déjà avancés.Quatrième procédé.Les 'problèmes géographiques.Ce prodédé consiste, la leçon terminée, à permettre aux élèves de questionner le maître.En effet, quel que soit le soin que nous ayons mis à donner notre leçon d’une manière claire et complète, il est bien rare qu’elle'ne laisse, dans l’esprit de notre jeune auditoire, un recoin inexploré.Parfois même, une question posée par un élève vous révélera tout un côté du sujet laissé par vous dans l’ombre et qui pourtant avait son importance.Après une leçon sur la géographie politique du Canada, un professeur reçut cette question: “Puisque toutes les colonies anglaises de l’Amérique du du Nord ont été réunies en confédération, pourquoi Terre-Neuve n’en fait-elle pas partie ?” Question pratique et intéressante s’il en fût, mais à laquelle il n’avait pas pensé; elle lui permit de mettre en lumière tout un aspect de oa leçon qui, sans l’intervention de l’élève, eût été notoirement incomplète.Il montra comment Terre-Neuve avait failli, en effet, entrer dam la Confédération.Ses hommes politiques y avaient pensé; ils avaient reçu des propositions dans ce sens, de la part des Pères de la Confédération; ils avaient longuement pesé le pour et le contre et finalement avaient refusé: Terre-Neuve étant une île, ses intérêts ne sont pas les mêmes que ceux du continent (2).Quel profit retirerait-elle des grandes voies ferrées transcontinentales qui sillonnent le Canada, mais ne vont pas chez elle, mais dont pourtant, il lui faudrait payer sa quote-part en taxes; quel intérêt a-t-elle au développement de l’Ouest, puisque le blé n’ira pao s’emmagasiner dans ses ports?Que peut lui importer le charbon de l’Alberta, quand elle a celui du pays de Galles à ses portes?Après avoir montré quelques-unes des raisons contre, il en cita quelques unes qui, au contraire, militaient en faveur de l’union: débouché plus facile aux produits terreneuviens, étude des moyens pour une activité commerciale plus grande, navigation dans les eaux de golfe Saint-Laurent etc.On voit tous les horizons que peut ouvrir une simple question d’élève (3).A son tour le maître posera des questions, des problèmes géographiques, comme il en pose en arithmétique ou en géométrie.Ces problèmes seront toujours simples, accessibles à l’esprit des élèves et présentés d’une manière très claire: “Pourquoi la rive sud du Saint-Laurent est-elle plus complètement colonisée que la rive nord ?Pourquoi les affluents du Saint-Laurent sont-ils presque tous (1) Voir Mgr Ross: Manuel de Pédagoyie:—Charrier et Dugal, imprimeurs, Rimouski.Ce précis de Pédagogie renferme, à notre humble avis, la quintescence de la pédagogie générale appliquée à l’école canadienne ; à ce titre il mérite de devenir le vade-mecum de tout instituteur canadien et le manuel spécial de nos écoles normales.(2) L’Ile du Prince-Édouard est dans le même cas, mais sa proximité du continent la fait participer d’une manière plusintime au commerce continental ; de plus n’ayant pas de port transatlantique elle n’entre pas en concurrence, comme c’est le cas pour Terre-Neuve, avec les ports canadiens.(3) Ajoutons pourtant que ce procédé, pour ne pas dégénérer en dissipation, demande de la part du professeur, un esprit éclairé, une discipline ferme, et une soude formation professionnelle.Toutefois, le maître ne doit pas craindre de renvoyer à la classe suivante, sous un prétexe ou sous un autre la réponse à une question, lorsque le terrain ne lui semble ni assez sûr ni assez éclairé ; il invitera les élèves à chercher et à discuter entre eux, promettant de récompenser la meilleure réponse.Il aura ainsi le temps d’aller aux informations, soit dans une encyclopédie, soit dans un manuel, soit auprès d’un confrère mieux informé et il pourra ensuite compléter ou redresser, selon le cas, la réponse donnée par les élèves. 340 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE situés sur la rive nord?Pourquoi Montréal est-elle devenue la métropole commerciale du Canada ?Pourquoi Pest du Canada a-t-il été plus anciennement peuplé que l’Ouest?Expliquez la croissance rapide de Winnipeg.Expliquez la présence des brouillards et des nombreux icibergs aux environs de Terre-Neuve, etc____” Cinquième procédé.Les 'projections lumineuses.Les projections lumineuses fixes ou animées peuvent être une aide précieuse pour l’explication de certaines parties de la géographie.Lorsque le maître aura promené ses élèves jusqu’aux confins de la paroisse, il aura fait à peu près tout ce que ses moyens lui permettent pour enseigner de visu, à ses élèves, les particularités géographiques, et force alors lui sera de s’en tenir au manuel ou à la carte murale pour le reste.Mais si muni du matériel nécessaire, il peut leur donner quelques projections sur l’écran, son horizon visuel s’étendra, embrassera la terre entière et atteindra même les limites du monde créé.On a beaucoup parlé contre le cinéma.Peut-être eût-on mieux fait d’employer toute cette belle dépense d’énergie à l’orienter vers le bien.En lui-même, le cinématographe est une invention, une machine et,à ce titre, il n’est ni bon, ni mauvais; il devient l’un ou l’autre, suivant l’usage qu’on en fait, mais il ne saurait être tenu responsable des méchants qui l’exploitent, ni des sots qui le méprisent.L’enseignement par les yeux est un complément presque nécessaire de l’enseignement par la parole.Dans la géographie physique, une vue des chaînes de montagnes: Laurentides, Alléghanys, Rocheuses, etc.donnera uneudée véritable de ces masses élevées, de leurs flancs abruptes, de leurs gorges profondes, des glaciers qui glissent sur leurs pentes, des ruisseaux qui dévalent en cascades bruissantes, des lacs qui dorment à leur pied.Quelques vues sur le Saint-Laurent donneront une idée de sa majestueuse grandeur, de la masse imposante de ses eaux, de ses rapides, de ses affluents, des îles tantôt riantes et fertiles, tantôt sombres et rocheuses, qui se baignent dans ses eaux, de ses rives tantôt basses et sablonneuses, tantôt à pic et escarpées.C’est dans la géographie économique que les projections animées montreront toute leur utilité, en permettant aux élèves d’assister à la série des changements ou des manipulations par lesquels doit passer la matière brute avant de prendre la forme familière sous laquelle nous la connaissons: fabrication du sucre d’érable, du sucre de canne, du sucre de betterave, fabrication de la pulpe et du papier; fabrication de l’acier; changement du blé en pain etc.Malheureusement, peu nombreux sont encore les films qui peuvent servir à l’école.Leur production ne peut être retardée, leur appel se fait sentir d’autant plus vivement que leur champ d’action est presque illimité (1).Malheureusement aussi, les dépenses et les connaissances techniques exigées rendent nécessaires, pour un maître ordinaire, l’attente d’un mouvement d’ensemble dans le système des écoles d’une ville ou d’un district inspectoral.En attendant, le professeur doit se tenir prêt à faire profiter ses élèves de l’opportunité de voir un film de valeur éducative—géographique ou autre—présenté occasionnellement par une compagnie, pourvu que, d’autre part, ce film soit sain et artistique, car on ne saurait se garder avec trop de précautions contre ces deux chancres de l’humanité: le vice et la laideur.(1) Voir à ce sujet le remarquable rapport “L'enseignement par le cinéma à l’école primaire” présenté par le professeur Yves LeRouzès, au Bureau de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal.—Journaux de Montréal, 24 octobre 1923.-—Sans adopter toutes les conclusions de l’éminent professeur, nous reconnaissons avec lui, que le “ cinéma scolaire ” est une œuvre à fonder.et à surveiller. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 341 Aux écoles qui seraient pourvues d’une machine à projections, fixes ou animées, nous signalerons les superbes vues et les films canadiens préparés par le Gouvernement provincial, le Gouvernement fédéral, la compagnie du Pacifique Canadien, la compagnie d’automobiles Ford, etc.Ces films sont prêtés gratuitement aux écoles qui en font la demande.Le maîtr/e serh toutefois sur ses gardes pour ne pas s’exagérer les avantages du champ de l’instruction visuelle.Il ne faut pas se laisser emballer par les assertions enthousiastes de certains qui ne craignent pas d’annoncer que le film sera le professeur de l’avenir et que les trois quarts, ou même les quatre cinquièmes de l’éducation dans le futur seront donnés par la vision cinématographique.Sur ce beau feu, il est bon de mettre un peu d’eau; le film peut et doit compléter notre système éducationnel, il ne saurait rien révolutionner, ni ouvrir de nouvelles avenues.Les impressions visuelles d’une haute valeur artistique promettent d’être une aide remarquablement puissante, mais elles ne pourront jamais remplacer la discipline de la mémoire, les discussions et les explications de la classe.L’exacte et vive attraction des images visuelles sera un surplus pour lequel le maître et l’élève travailleront en dehors du cours sérieux et ordinaire de leur tâche.Frère Louis-Marius, des Frères Maristes.Décembre 1923.LE CINÉMA ET LA PÉDAGOGIE (1) d) Le remède Après la triste énumération des ravages que le cinéma exerce dans les milieux où il sévit, faut-il se contenter de stigmatiser le mal et puis.de gémir?L’auteur ne le croit pas.A gémir sur ses maux, on ne les guérit pas.Le remède c’est l’action.L’auteur discute des mesures légales vraiment efficaces qui “permettraient à l’enfance et à la jeunesse de jouir impunément d’un divertissement qui est fait avant tout pour elles.” Il propose encore d’expurger l’écran des productions étrangères.L’idée mérite qu’on s’y arrête: elle signale un danger pour la culture française.Le film américain envahit le cinéma dans le monde entier.“A nous mettre exclusivement à l’école de la pensée américaine, de la philosophie américaine, de cette esthétique américaine, de ces gestes de yankees, nous n’avons pas grand chose à gagner et beaucoup à perdre.” Et chez nous, que dire du mal toujours grandissant que constitue la pénétration américaine?Lutter contre le film corrupteur, réduire l’importation étrangère, voilà pour les mesures négatives.Il y a mieux à faire.L’auteur invite à l’action, “l’action organisée, concertée.” Le plan es-t conçu avec une largeur de vue qui révèle le penseur catholique et le lutteur.Le cinéma est la proie de la juiverie qui s’est organisée de façon à accaparer le monopole du commerce cinématographique.“Ce que les Juifs entreprennent, pourquoi les catholiques ne l’entre-prendraient-ils pas ?Les organisations catholiques de tous les pays—il en existe déjà—peuvent s’entendre, les unes pour composer des programmes de représentations honnêtes, d’autres pour la production du film catholique, depuis la bande instructive ou simplement inoffensive, jusqu’à la composition apologétique, destinée à continuer au moyen de l’écran la formation religieuse et (l) Voir L'Enseignement Primaire de septembre, octobre, novembre et décembre 1923. 342 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE morale des spectateurs qu’il est impossible d’attirer à l’église et qu’il faut bien se résigner à aller chercher là où ils fréquentent.” Ensuite, en groupant la clientèle, en centralisant les commandes, l’entreprise arriverait à s’imposer aux metteurs en scènes qui “ne trouveraient pas leur avantage à choquer de si gros clients.” Plus encore, le groupement viserait à se suffire par lui-nême pour produire et éditer des films vraiment catholiques.Certes, ce n’est pas la matière dramatique qui manquerait jamais.Les lettres ont montré quels purs chefs-d’œuvre sait inspirer le christianisme.Le cinéma a sur elles cet avantage qu’il peut produire des scènes trop divines, pour être représentées décemment par un personnage.Il y a plaisir uniquement à concevoir les sujets d’incomparable beauté—à commencer par la vie du Christ— dont le christianisme est la source inépuisable autant que pure.C’est tout.L’auteur dépose la plume après ce beau rêve_______et en attend la réalisation.“Dieu veuille, dit-il, que ce rêve ne soit pas qu’un rêve! S’il se réalisait-et pourquoi pas?—une fois de plus, l’Église aurait tiré le bien du mal; le cinéma, assaini, purifié, redeviendrait un précieux instrument d’éducation et d’instruction sans perdre de l’attrait qui fit sa fortune.” Aux conclusions de l’auteur, il nous sera bien permis d’ajouter nos humbles réflexions en ce qui concerne plus particulièrement notre pays.Les maîtres de la pensée chez nous ont souvent traité ce sujet.Les uns, songeant surtout à protéger l’enfance, souhaitent la création d’un cinéma éducateur qui soit à la fois instructif et amusant.Les autres, s’attachant plutôt à détourner le peuple du cinéma malfaisant, voudraient offrir à la masse un cinéma patriotique où passeraient tour à tour nos grandes figures nationales.Là encore, comme pour le théâtre populaire, il peut y avoir le danger de la vulgarité, pour ne pas dire de l’insignifiance.Cependant, même si les dangers d’ordre moral disparaissent, il restera toujours vrai de dire que la fréquentation du cinéma constitue un péril pour la santé physique: quand ce ne serait que l’immobilité prolongée dans une salle surchauffée, la fatigue des yeux, habitués à la demi-obscurité de la salle et qu’éblouit la lumière vive et tremblotante de l’écran.Plus encore, le cinéma, où triomphent l’imagination et la sensibilité, paralyse par là même le jeu des facultés supérieures et favorise la paresse intellectuelle: de ce mal, notre peuple, hélas! ne souffre-t-il pas assez?Et la liste des méfaits du cinéma—même du meilleur—s’allongerait encore: gaspillage du temps,dissipation des ressources, désertion du foyer, d’où, à brève échéance, ruine de la vie de famille.Que conclure?D’abord, que pour le cinéma, comme pour tous les spectacles, il faudrait songer à la tempérance, puisqu’on ne'retire pas d’un seul coup à une passion son aliment, et qu’il faut savoir ménager la faiblesse.Peu à peu, il deviendra possible de remplacer ces jouissances dangereuses par des plaisirs d’un ordre plus élevé.Car, nous inclinons à croire, avec l’abbé Groulx, que pour guérir les maux causés par le cinéma, il faut autre chose que du cinéma.Il recommande le théâtre de Ghéon “qui se rapproche autant qu’on peut le souhaiter, dit-il, de la simplicité paysanne, sans descendre de la dignité de l’art”.Du coup, il indique le moyen de remplir le programme qu’il s’est tracé: “tirer nos gens des louches cavernes du cinéma”.,.Et de plus, “les amuser en affinant leur esprit et en les élevant.” Avec lui, l’institutrice souhaitèra qu’on mette à notre répertoire “des pièces où l’édification ne se sépare point des meilleures qualités de l’esprit français.” (11) Est-il besoin d’ajouter qu’elle se sentüra le devoir de préparer ses élèves à apprécier le beau en formant leur goût par des lectures choisies, des analyses de textes, qu’elle préparera avec toute son âme.N’est-ce pas toujours ainsi, d’ailleurs, “avec toute son âme” qu’elle doit aller au devoir?Ah! si elle s'avait élargir son horizon, l’humble institutrice L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 343 qui se trouve à plaindre dans son isolement, qui regarde, d’un œil ennuyé, sa classe et ses élèves, qui voudrait peut-être échanger son sort contre la vie mouvementée des villes.Oh! qu’elle regarde plus loin et plus haut.Qu’elle ne se dise pas : A quoi bon lutter contre un mal dont, après tout, souffre la masse ?Qu’elle envisage plutôt dans les enfants qu’elle se doit de soustraire aux influences funestes du ciméma, les hommes de demain.Elle verra que son obscur labeur n’est point stérile.En arrachant les âmes aux jouissances factices et matérielles, en les élevant au-dessus de la médiocrité, c’est Dieu qu’elle glorifie et la patrie qu’elle sert.Alors., elle voudra rester fidèle, bravement, jusqu’au bout, à sa noble mission, si efficacement préventive, de semeuse d’idéal.Une Religieuse de l’École normale de Nicolet.(1) Lettres choisies de Saint Vincent de Paul.—-Préface.(2) La Bataille, 13 juin 1920, citation du P.Jalabart, Études, 5 oct.1921.(3) Rapport des jurés de la Cour d'Assise du Nord, id.(4) R.P.L.Longaye.—Théorie des Belles-Lettres, L.11, ch.V.(5) Psaume, 144.(6) La Bataille, 21 juin 1920, citation des Études, art.C.(7) R.P.L.Longaye, Théorie des Beiles-Lettres, L.I, ch.II.(8) Id.(9) Geoffroy, Journal des Débats, 28 janv.1805, cité par le P.Longhaye.(10) Fénelon, Traité de l’éducation des filles, ch.V.(11) L’Action française.ENSEIGNEMENT DU DESSIN (Quinzième lettre) DESSIN GEOMETRIQUE.—(Suite) Projets géométraux (Pour uL’Enseignement Primaire”) Ce genre de travail est très important et il plaît beaucoup aux élè yes.Au fur et à mesure qu’ils deviennent plus compétents en dessin géométrique, surtout dans les différentes projections d’un objet, on leur donne à inventer, à composer des plans.Eux-mêmes font les projections et indiquent les mesures des futurs objets.EXEMPLES DE PROJETS GÉOMÉTRAUX Petit banc pour s’agenouiller (trois personnes) Banc pour s’asseoir, sans dossier (trois personnes) 344 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Banc avec dossier (cinq personnes) Table de jeux, carrée (quatre personnes) Table pour salle à manger, sans tiroirs (six personnes) Même table avec tiroirs (un pour chaque personne) Armoire à linge, avec rayons Escabeau de six marches Escalier droit pour étage Remise ou écurie Galerie d’une maison Préau ou abri Etages d’une maison, etc., etc.ÉCHELLES Par échelle on entend la proportion adoptée entre la grandeur d’un dessin, et celle de l’objet dessiné.L’échelle naturelle est le Pied naturel ou mesure légale, type.Dans ce cas le dessin a les mêmes dimensions que celles de l’objet dessiné.L’échelle conventionnelle est une longueur (appelée aussi Pied) plus petite ou plus grande que le Pied naturel.Alors le dessin a les dimensions plus petites ou plus grandes que celles de l’objet dessiné.L’expression suivante : Échelle de 3 pouces au Pied signifie qu’on a pris la longueur de 3 pouces du Pied naturel pour composer un Pied conventionnel.Le Pied conventionnel doit toujours, dans la mesure du possible, être divisé en 12 parties égales que l’on appelle Pouces.Quand la chose est possible, on ajoute à son extrémité gauche un de ses pouces, que l’on divise en 8 lignes.Pour se servir d’une échelle conventionnelle où l’on a pu ajouter des lignes on opère comme suit : Soit à prendre une longueur de 3 pouces 2 lignes.On place une pointe du compas sur la marque du 3e pouce et on avance l’autre, deux lignes plus loin que le 0 pouce.On peut prendre n’importe quelle longueur du Pied naturel pour composer un Pied conventionnel : po ligne, 1 ligne, pouce, 5 pouces, 17 pouces, etc.Les expressions suivantes : échelle de 3^, Lu 1/12, 1/96, etc.signifient donc : 6, 4, 3, (pouces) 1 ligne, du Pied naturel, pour la composition du Pied conventionnel.Échelle de 1 ligne au Pied ; pour un dessin effectué, cela signifie que chaque partie du dessin ayant Ll L 2, etc.lignes de longueur, représente L2, 1, 2, etc.pieds naturels de l’objet dessiné.DÉVELOPPEMENT DES SOLIDES Quelques simples exemples Ce genre de travail est particulièrement utile aux ouvriers qui ont à revêtir de tôle, de cuivre, etc.tel objet ou telles parties d’une construction.Sans cette connaissance, que de déchets, que de tâtonnements et de perte de temps.Un Inspecteur de l’enseignement du dessin.Janvier 1924. or L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 345 / * iJL^L h M , i ' / ^ «s ‘31 -ft'qrieti éc^eflle c>u C£-5 cx.»-u 'PiiL 0 1 o M 6 & 4 -1-V 4 -J f i T/frci J -L JODIlC^-i Otll JJOtXt* «l''F*’^ ^ ^ ^ j^r £nu ere .^ ^ouce*,»» Uo&a^e* *t°'*'J> — ^ ^ b AiCffeA Aei'i\-v\ eiY e-x-eaite aa*% .-P& '*T &Yà ~2 O d-VH -^V P CX4/Î/3T •T.p.~ ‘ 6 ^ ^ c} l ; I H fe)* *^./^ii -»u {?nj f’ «J *^»T^rr» ¦ ^ 3/U ' %C evenin’ ^t'1-V* *4 ^v
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