L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1930, Mars
Québec.Mars 1930 N° 7 JP Vol.EDUCATION — INSTRUCTION G "O :• '•¦VÀr'S' ¦ SM MS! ,'-;S'A'ÿ S>i - ¦ Sv rS ss ¦"f -V.••5 îüfi SA SAINTETE PIE XI, PONTIFE ET ROI Qui a célébré le huitième anniversaire de son couronnement, le 12 février dernier. 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’HONORABLE CYRILLE-F.DELÂGE UN DOUBLE ANNIVERSAIRE C’est le 21 mars 1905, que l’honorable M.Delâge a été nommé membre du Comité catholique1 du Conseil de l’Instruction.Il y a donc vingt-cinq ans cette année que cette nomination a eu lieu.Il y aura aussi quatorze ans en avril prochain que M.Delâge a été appelé à succéder à l’honorab le M.de LaBruère comme Surintendant de l’Instruction publique.Nous souhaitons que l'honorable M.Delâge préside longtemps encore à la direction du Département de l’Instruction publique de notre province.DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE FÉVRIER 1930 s Séance du 5 février 1930.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Son Eminence le cardinal Raymond-Marie Rouleau, Mgr Georges Gauthier, archevêque coadjuteur de Montréal, Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mgr l’évêque de Gaspé, Mgr l’évêque d’Hai-leybury, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Sherbrooke, Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr Alfred-Odilon Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières; Mgr Philippe Desranleau, P.A., représentant Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe; Mgr Maurice McDonald, représentant Mgr l’évêque de Charlottetown; M.l’abbé John Kimpton, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; l’honorable Thomas Chapais, l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Paul-G.Martineau, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier, M.J.-P.Labarre, M.Édouard Montpetit, M.Antonio Perrault; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.l’abbé J.-J.Dubé, M.Napoléon Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.Lionel Bergeron, secrétaire-adjoint.Lecture de lettres de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, de Mgr l’évêque de Charlottetown, de Mgr l’évêque de Pembroke déléguant respectivement Mgr Alfred-Odilon Comtois, Mgr Philippe Desranleau, Mgr Maurice McDonald et M.l’abbé John Kimpton pour les représenter à cette session.Le secrétaire ht aussi une lettre de l’honorable juge Wilfrid Mercier exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à cette réunion et nommant l’honorable juge Paul-G.Martineau pour le représenter.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le Comité prend connaissance des rapports suivants : RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 4 février 1930.Présents:—Mgr Forbes, président; Mgr Brunault, Mgr Langlois, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, M.Antonio Perrault, M.Napoléon Brisebois et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: 1.“Cours complémentaire de Langue anglaise—-7e et 8e années”, par les Frères du Sacré-Cœur.—Recommandé.2.“The Story of Canada” (The Ryerson Press, Toronto).—Refusé.3.“Junior History of England” (The Ryerson Press, Toronto).—Refusé.4.“Business Law” (The Ryerson Press, Toronto).—Refusé.5.“Studies in Citizenship”, by W.J.Gage & Co.—Refusé.6.“Série de Tableaux de Lecture”, par J.-P.-A.Simard.—Recommandé. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 7.“Série de Tableaux du Mécanisme de la Parole”, par Mme Marie A.Macdonald.—Recommandé comme ouvrage de maître.(Signé) f Guillaume Forbes, Arch., d’Ottawa, Président.Lionel Bergeron Secrétaire.(Signé) Ce rapport est adopté et l’honorable juge Paul-G.Martineau prie le secrétaire de donner aux Compagnies Ryerson Press et W.J.Gage & Go les raisons pour lesquelles leurs ou vrages ont été refusés.RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ D’ÉTUDIER LES MOYENS A PRENDRE POUR FAIRE RECONNAITRE LES SCOLASTICATS DES FRÈRES ENSEIGNANTS COMME ÉCOLES NORMALES EN CONFORMITÉ AVEC LA LOI DES ÉCOLES NORMALES DE LA PROVINCE Séance du 18 décembre 1929.Présents:—Mgr Georges Gauthier, président; Mgr Alfred Langlois.Mgr Georges Courches-ne, l’honorable Cyrille-F.Delâge, M.l’abbé L.-A.Desrosiers.M.Antonio Perrault, M.Nérée Tremblay, M.C.-J.Magnan, membre adjoint, et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Le sous-comité, après avoir étudié de nouveau la question qui lui a été soumise, recommande encore une fois la reconnaissance des scolasticats des Frères enseignants comme écoles normales et prie le Comité catholique d’adopter les règlements suivants pour la régie de ces nouvelles écoles normales, règlements qui devront faire suite à la section 6 du chapitre V des Règlements du Comité catholique : EXAMEN FINAL OU EXAMEN DU DIPLOME I— Examen d’admission: 1° Pour acquérir le droit de se présenter à l’examen final ou du diplôme, a) tout élève devra avoir passé en entier l’examen sur les matières d’admission; b) avoir conservé au moins cinquante pour cent (50%) des points alloués sur chaque matière de cet examen.2° Cet examen se passe sous l’autorité du principal ou directeur de chaque école normale qui est chargé d’en déterminer les questions, d’en fixer les dates et d’en surveiller la correction.Il doit porter sur le programme officiel.Le résultat n’en est pas ajouté à celui de l’examen final.Il constitue, pour l’élève, un simple certificat d’aptitude à cet examen final.II— Matières de Vexamen d’admission: A) BREVET ÉLÉMENTAIRE Matières Points alloués Pédagogie pratique.20 Vie de Notre-Seigneur.10 Histoire de la civilisation chrétienne.20 Grammaire française.15 Dictée française.10 Lecture française.10 Préceptes littéraires.10 Histoire littéraire.10 Explication d’auteurs français.10 Récitation d’auteurs français (mémoire).5 Grammaire anglaise.10 Traduction anglaise.10 Lecture anglaise.10 Dictée anglaise.10 Calcul mental.10 Comptabilité.20 Bienséances.10 Hygiène.10 Chant.10 Écriture.10 Sténographie.10 Dactylographie.10 Droit commercial.10 Agriculture.10 Chimie agricole.10 Économie rurale.10 Zoologie agricole.10 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE B) BREVET SUI’ÉRIETJR M ati'eres Points alloués Pédagogie pratique.Catéchisme diocésain.Grammaire française.Dictée française.Préceptes littéraires.Histoire littéraire.Explication d’auteurs français.Récitation d’auteurs français (mémoire).Grammaire anglaise.Explication et traduction anglaises.Dictée anglaise.Bienséances.Hygiène.Chant.Philosophie.Notions de latin.Chimie.Physique.Technologie industrielle.Travaux manuels.!>.Sont matières facultatives du brevet supérieur: Droit usuel, sténographie, dactylographie, télégraphie, culture physique.L’épreuve de pédagogie pratique pourra être subie dans les derniers six mois qui précèdent l’examen final.Si toutefois on le juge préférable, afin de consacrer plus de temps à l’entraînement professionnel et de le faire dans de meilleures conditions, il sera loisible, après entente avec l’Inspecteur général des Écoles normales, de différer cet examen à un autre moment.Dans ce cas, le brevet sera suspendu jusqu’à ce que l’étudiant ait subi l’épreuve de pédagogie pratique.|t, Les copies de ces divers examens d’admission doivent être conservées dans les archives de l'e-cole normale pendant un an après l’examen final et elles restent soumises au contrôle de l’Inspecteur général des Écoles normales à sa visite de l’établissement.ï-i Les résultats obtenus par les candidats aux différentes épreuves de l’examen d’admission doivent être envoyés sur un tableau spécial au Surintendant de l’Instruction publique avant la correction des épreuves de l’examen final.III—Époque et matières de Vexamen final : 1° L’examen final se passe en deux sessions annuelles fixées par le Surintendant de l’Instruction publique: la première, à la fin de l’année scolaire, en juin, constitue la session régulière; la seconde, à la fin d’août, est surtout un examen de reprise.Toutes les épreuves dim même examen doivent être subies dans une seule et même session.2° Les matières de l’examen final sont: A) BREVET ÉLÉMENTAIRE Matières Points alloués Pédagogie théorique (avec applications aux matières du programme).Catéchisme de persévérance.Composition française.Analyse grammaticale et logique.Histoire du Canada.Géographie générale et instruction civique.Rédaction anglaise.Arithmétique et mesurage.Dessin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 B) BEE VET STTPÉKIEUR Matières Points alloués Pédagogie théorique (avec applications aux matières du programme).30 Apologétique.20 Composition française.30 Composition anglaise.20 Version anglaise.10 Algèbre et mesurage.30 Dessin.10 JV—Durée de Vexamen final: L’examen final dure trois jours: Brevet élémentaire 1er jour—8 à 12h.2 “ Gh.2e jour—8 à 12h.2 “ Gh.3e jour—8 à 12h.2 “ Gh.Composition française Pédagogie Catéchisme et analyse gr.et log.Histoire du Canada et géographie Rédaction anglaise et dessin Arithmétique et mesurage Brevet supérieur Composition française Pédagogie Apologétique Version anglaise et dessin Composition anglaise Algèbre et mesurage.V—Forme de l’examen final : 1° Les principaux des écoles normales envoient chaque année au Surintendant de l’Instruction publique, à la date indiquée par lui, des questions pour toutes les matières de l’examen final.Pour les devoirs et les rédactions, ils doivent s’assurer que les questions n’ont pas été traitées par les élèves à l’étude ou expliquées en classe par les professeurs durant l’année.2° Le Surintendant, assisté de l’Inspecteur général des Écoles normales, d’un officier de son département et de deux représentants des écoles normales intéressées désignés à tour de rôle pour quatre ans (l’un de ces deux représentants étant remplacé tous les deux ans) par les écoles normales suivant leur ordre d’ancienneté ou la date de leur érection en écoles normales, choisit, parmi les questions qui lui sont envoyées, les sujets d’examen.A cette fin, il fait avec les conseillers désignés précédemment l’étude des diverses séries reçues et adopte intégralement, pour chaque matière, la série qui paraît la plus convenable.Le Surintendant remet ces questions dûment scellées au représentant qu’il envoie dans chaque école normale pour y présider l’examen.(Le nom de l’école normale qui a envoyé la série de questions est placé sur un feuillet séparé dans la même enveloppe qui contient la série de questions).3° L’examen final doit être subi en même temps dans toutes les écoles normales sous la direction d’un représentant du Surintendant de l’Instruction publique désigné par lui et assisté de surveillants désignés par le principal de l’école normale.Le représentant du Surintendant et le principal doivent organiser une surveillance au-dessus de tout reproche et de nature à empêcher tout plagiat; à cette fin, si les candidats sont trop nombreux, on augmentera le nombre de surveillants selon le désir du représentant du Surintendant.Personne ne doit entrer dans la salle d’examen, une fois la séance commencée.Les candidats ne doivent pas être placés trop près les uns des autres.4° Avant la première séance, chaque candidat remet au président d’examen, sous enveloppe cachetée, une feuille où se trouvent inscrits, avec le nombre qui lui sert de pseudonyme et qui est imprimé sur la feuille (ces nombres ne doivent pas être consécutifs pour une même école), ses nom et prénoms écrits lisiblement au-dessous de ce nombre et le nom de l’école normale où il subit son examen.Le candidat ne peut se servir que de ce nombre pour signer ses copies.Il l’écrit en haut de la première feuille de chaque manuscrit, à l’angle gauche, en chiffres et en lettres.Jamais le candidat ne doit signer de son propre nom ses copies ou ses enveloppes ni y tracer aucune marque qui puisse faire connaître à qui elles appartiennent ou de quelle école normale elles proviennent, cela sous peine d’annulation. 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5° Les candidats ne doivent avoir aucune communication avec le dehors ou entre eux, sous peine d’exclusion.Ils ne peuvent quitter leurs places pour aucune raison.Au cas de nécessité, ils fC ne peuvent sortir de la salle sans être accompagnés d’un surveillant.6° Les candidats ne peuvent apporter avec eux ni programmes, ni livres, ni cahiers, ni notes, ni papier.Utof ni 7° On remet aux candidats des feuilles de papier à en-tête imprimé sur lesquelles a été apposé le sceau du Département de l’Instruction publique.Les candidats ne peuvent se servir que de ce papier pour écrire leurs manuscrits et ils ne doivent faire usage que de feuilles complètes.Chaque école normale se pourvoit de ce papier auprès du Surintendant de l’Instruction publique.Le président d’examen, qui est le seul dépositaire des questions envoyées par le Surintendant, ouvre lui-même les enveloppes devant les candidats et les leur remet ou les fait remettre en silence et sans explication au commencement de chaque séance.Ni principal, ni préfet d’études, ni professeurs, personne n’a le droit de les expliquer ou commenter aux candidats.mv-' Iksv Lit S0 Les candidats ne doivent, pour aucun motif, dépasser les heures allouées à chaque matière par le règlement.9° Tout candidat qui ne voudrait pas se conformer en tous points au règlement doit être expulsé de la salle d’examen et son examen est annulé.r lisirst 10° Les copies des candidats doivent être remises au président d’examen, sous enveloppes spéciales cachetées et portant imprimée la mention Brevet supérieur ou Brevet élémentaire et le nom de la matière traitée dans les copies.?| pints sits 11° Toutes les copies de l’examen final doivent être envoyées au Surintendant de l’Instruction publique, pour la correction.VI—Corrections: 1° Toutes les copies de l’examen final sont corrigées par les jurys composés de membres nommés par le Surintendant de l’Instruction publique.2° Le Surintendant désigne dans chaque jury un représentant du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique choisi parmi les officiers du département, les inspecteurs d’écoles ou parmi d’autres personnes compétentes n'appartenant pas au personnel des écoles normales.Les écoles normales qui subissent cet examen final fournissent simultanément et à tour de rôle dans chaque jury deux correcteurs aux différentes épreuves.y ÏStl 3° On ne compose qu’un jury pour chacune des matières qui suivent: pédagogie, religion, langue française, histoire et géographie, langue anglaise, mathématiques, dessin.Si les candidats deviennent trop nombreux, il est loisible au Surintendant de constituer deux jurys pour chaque matière ou pour les matières qu’il lui plaira de déterminer, et, dans ce cas, un des jurys corrige les copies du brevet élémentaire et l’autre, les copies du brevet supérieur.La correction de la composition française doit se faire isolément par chacun des correcteurs, après avoir toutefois corrigé conjointement un certain nombre de copies, afin d’établir une base unique d’appréciation.La moyenne des points alloués par chacun des correcteurs constitue le résultat définitif.h fef 4° Dans toutes les corrections, quand il y a divergence d’appréciation, on donne à la copie discutée la moyenne des notes attribuées par chacun des correcteurs.5° Des 30 points alloués à la composition française, 5 sont réservés à l’appréciation générale de la correction grammaticale.Ces points toutefois ne peuvent être accordés qu’aux copies qui ont une certaine valeur pour les idées et l’expression littéraire.Les copies qui traitent un sujet différent du thème proposé doivent être mises de côté sans qu’on se donne la peine de les corriger 6° Pour la rédaction anglaise, 8 points sur 20 sont attribués à la correction grammaticale.7° Les jurys de correction se réunissent à l’endroit désigné par le Surintendant de l’Instruction publique, à la date qu’il leur fixe. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 8° Chaque année, le Surintendant de l’Instruction publique, de concert avec les conseillers mentionnés au paragraphe V, 2°, désignera, dans au moins trois jurys, un rapporteur choisi dans le personnel des écoles normales qui subissent l’examen.Ce rapporteur, qui peut être ou non un des deux correcteurs désignés par les écoles normales, rédigera les observations qui lui sembleront opportunes sur les matières qui font l’objet des corrections du jury dont il est rapporteur.Il dégagera de l’étude des copies et des résultats toutes les observations qu’il jugera utiles au point de vue pédagogique.Ces rapports seront imprimés et distribués aux membres du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et à chaque école normale dont le principal en recevra au moins trois exemplaires.Les rapporteurs recevront la même indemnité que les correcteurs du jury.9° Le Surintendant de l’Instruction publique fera aussi expédier trois exemplaires du résultat de l’examen final, avec détail des notes conservées, à chaque principal des écoles normales intéressées.10° Les frais d’impression, de surveillance et de correction sont couverts par le Département de l’Instruction publique.VII—Diplômes: 1° Le Conseil de l’Instruction publique décerne des brevets élémentaires et des brevets supérieurs donnant le droit d’enseigner le français et l’anglais.Ils sont conférés et signés par le Surintendant de l’Instruction publique sur résultat satisfaisant dans l’examen final.2° Pour obtenir un brevet, il faut conserver 60 pour cent (60%) des points, c’est-à-dire 90 points sur 150.Il est aussi requis d’avoir au moins 60 pour cent en pédagogie théorique et 50 pour cent sur chacune des autres matières de l’examen final.Le candidat qui conserve au moins 87 p oints sur l’ensemble de l’examen final a droit de reprendre les matières sur lesquelles il a échoué et d’obtenir ainsi son diplôme s’il gagne les points qui lui manquent.3° Le candidat qui conserve 75 pour cent à l’examen final a droit à son diplôme “avec distinction” et, “avec grande distinction”, s’il conserve 90 pour cent.4° L’examen de reprise ne peut être subi qu’aux deux séances régulières du printemps et de l’automne.5° Toute personne munie du diplôme de bachelier d’une des universités de la Province de Québec peut être admise à recevoir le brevet supérieur à une école normale sans être obligée d’en suivre les cours ni d’être examinée sur les matières qui auront fait partie du programme du baccalauréat par elle obtenu; mais elle devra subir, toutefois, aux sessions régulières d’examen et dans les conditions mentionnées plus haut, un examen sur la pédagogie théorique, les lois scolaires, l’hygiène scolaire et sur les matières non comprises dans le programme du baccalauréat, et donner des preuves d’aptitude professionnelle.6° L’âge requis pour l'obtention du diplôme d’instituteur est de 17 ans pour le brevet élémentaire et de 18 ans pour le brevet supérieur.Toutefois le privilège de subir l’examen final pourra être accordé par le Surintendant de l’Instruction publique, sur la demande du principal de l’école normale, à tout élève qui ne serait pas dans ces conditions d’âge, le diplôme restant suspendu jusqu’à ce que l’âge requis soit atteint.7° Les Frères déjà porteurs d’un diplôme du Bureau central pourront obtenir le diplôme normal en faisant une année d’école normale et en subissant l’examen final VIII—Congrès: lous les trois ans, à dater de la mise en vigueur des présents règlements d’examen, il y aura un congrès des principaux d’écoles normales qui subissent ces examens.Les principaux pourront être accompagnés à ces congrès par un ou deux membres de leur personnel, mais ceux-ci n’auront que voix consultative.C’est à ces congrès qu’il appartiendra de proposer des modifications aux règlements actuels, d’étudier les programmes d’examen en vigueur, etc., et de transmettre au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique les changements et améhorations qui leur semblent désirables.Les résolutions seront adoptées à la majorité absolue des membres qui ont voix délibérative. 448 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE IX— Application du reglement: S’il se présente quelques difficultés d’interprétation ou quelque conflit d’autorité dans l’application du présent règlement d'examen, le cas sera soumis au Surintendant de l’Instruction publique qui en délibérera avec les conseillers dont il est question au paragraphe V, 2°.En cas d’urgence, le Surintendant aura toute autorité pour trancher la question qui lui sera soumise.X— Disposition transitoire: I Cos® Au cours de l’année 1930, les principaux des écoles normales qui auront obtenu la permission de subir ces examens prépareront un programme plus détaillé que le programme actuel des écoles normales afin d’assurer une plus grande uniformité dans la préparation des examens et dans l’enseignement des dites écoles normales.Ce programme sera sujet à l’approbation du Comité catho- lique du Conseil de l’Instruction publique.De plus, le sous-comité propose que les amendements suivants soient apportés aux Règlements du Comité catholique: Article 134:—“à l’exception cependant des religieux qui, dans leurs écoles normales, reçoivent leur nomination ou destitution directement de la congrégation à laquelle ils appartiennent et qui a charge de l’école”.Article 142:—Modifier comme suit les trois dernières lignes de cet article: l•/>, Helping Mother make Bread Mrs Brown cannot work.Her left hand is sore.There is no baker here, every one has to make his bread.So, she tells her daughter Ann how to make it.Ann takes some flour from the barrel.See! she sifts it; the flour falls in a big bowl.She wants to succeed.She is glad to help her dear mother.So Ann does everything her mother tells her.It is the first time she bakes bread.Ann knows the bread is done when the crust is of a fine yellow brown.The crumb is white and full of holes.Hot bread smells good.Conversation on the picture What scene did our last picture represent ?Our last picture represented a winter scene.Dit it take place inside the house or outside ?It was taking place outside the house.What were the children doing ?The children were coasting.What lesson are we studying to-day ?To-day we are studying the eleventh lesson.Look at the picture.—Does it represent a scene taking place outside a house ?No it does not represent a scene outside a house.Where does the scene take place then ?It represents an inside scene.What is an inside scene ?An inside scene is one taking place in a house.What is a house composed of ?A house is composed of rooms.Name some of the rooms of which a house is composed.—There are the sleeping-rooms, the dining-room, the living-room, the parlor, the kitchen.What room is shown in the picture ?The kitchen is shown in the picture.What tells you that it is the kitchen ?I think it is the kitchen because I see a sto ve.How many persons are there in the kitchen ?There are two persons in the picture. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 547 Do you know them ?Some may answer: “Yes, we know them,;” others: “No we do not know them.” Do you think the little girl is Jane ?No, this is not Jane.Look down the page; read the first line of the lesson.Who is the lady of the picture ?Mrs Brown is the lady of the picture.Then who is the little girl ?The little girl must be her daughter.You are right.I shall tell you her name.The name of the little girl is Ann.What is the little girl’s name ?The little girl’s name is Ann.Who is Ann ?Ann is Mrs Brown’s daughter.Is Mrs Brown standing ?No, Mrs Brown is not standing.What is Mrs Brown’s position ?Mrs Brown is seated.What dress does she wear ?She wears a red dress.Is it all red ?No, there are some white spots.What do those white spots represent ?They represent some flowers.How is Mrs Brown’s hair ?Mrs Brown’s hair is gray.What is the matter with Mrs Brown ?I think Mrs Brown has a broken arm.How do you know it ?Her arm is held up in a sling.(This last expression must be explained to the pupils).Where is Mrs Brown seated ?Mrs Brown is seated in an arm-chair.Who is seated in an arm-chair ?Mrs Brown is.What do you think Mrs Brown is doing ?I think that Mrs Brown is talking to her daughter Ann.What is the title of the lesson ?The title of the lesson is “Helping mother make Bread”.What then is Mrs Brown telling her daughter?Mrs Brown is telling her daughter how to make bread.Is Ann standing ?Yes, Ann is standing.Where is she standing.?She is standing in front of her mother near a table.What dress is Ann wearing ?Ann is wearing a dark dress.What does she wear over her dress ?Ann wears an apron over her dress.Of which color is her apron ?Her apron is white.What else is white in her clothing ?Her stockings are also white.Do you know what she holds in her hands ?(As the children are no likely to know the name of the article, the teacher may call their attention to the seventh word of the second column of words under the picture; he pronounces it and gives them the French meaning: tamis.One pupil may then answer the question).She holds a sieve in her hands.What do you do with a sieve ?(Here again the teacher explains that a sieve is used to sift).With a sieve we sift the flour.What do you use to sift the flour ?To sift the flour we use a sieve.What is Ann doing ?Ann is sifting the flour.What does Ann sift ?Ann sifts the flour.Where is the flour ?The flour is in the sieve.Where does the flour fall ?The flour falls in a large bowl.Where is that large bowl ?That large bowl is under the sieve.On what is that large bowl placed ?That large bowl is placed on the table.What else is on the table ?On the table there is a pitcher.What is in the pitcher ?We do not know.What do you suppose there is in the pitcher ?I suppose that there is water or milk in the pitcher.What then do you see on the table ?On the table we see a large bowl and a pitcher.Is the table covered ?Yes, the table is covered.With what is it covered ?It is covered with an oil cloth ?What is the color of that oil cloth ?That oil cloth is white.Where did you say the scene is taking place ?The scene is taking place in the kitchen.What is the principal article in a kitchen ?In a kitchen, the principal article is the stove.Do you see a stove in the picture ?Yes, we see a stove in the picture.Where do you see it! ?We see it in the left hand corner of the picture.What is a stove used for ?A stove is used for cooking.What do you cook ?We cook our food.How is the food cooked ?Our food is cooked by means of fire.Is there fire in the stove ?Yes, there is fire in the stove.Do you see the fire ?No, we do not see the fire.How do you know that there is fire ?I know that there is fire because I see the steam coming out of the boiler.What is there in the boiler ?In the boiler there is water.Where is the boiler ?The boiler is on the stove.What part of the stove do you see best ?We see best the front part of the stove. 548 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE What do you notice on that front part ?On that front part, I notice a door.What door is it ?It is the door of the oven.What is done in the oven ?Cooking or baking is done in the oven.What is Ann helping her mother to make ?Ann is helping her mother to make bread.Where will the bread be baked ?The bread will be baked in the oven.In what corner is the stove placed ?The stove is placed in the left corner.What do you see in the opposite corner ?On the opposite corner I see a barrel.What do you think there is in the barrel ?I think that there is flour in that barrel.Is there anything'on top of the barrel ?Yes, there is bread on top of the barrel.What do you see behind the barrel ?Behind the barrel there is an ice-box.What is an ice-box used for ?An ice-box is used to keep meat, milk, vegetables, fruits, etc.Mention some articles which you see on the wall.On the wall I see two looking-glasses, two calendars, one shelf, one alarm-clock, one bottle, one box.Do you see anything else in the room ?Yes, there is also one cat.What is the cat doing ?The cat is playing.On what is the cat playing ?The cat is playing on a rug.What is the color of the rug ?The rug is green.Fr.A.L., de LTnst.Chrétienne.UNE LEÇON PRATIQUE Arithmétique (Classe enfantine) Un bas et un bas font une paire de bas.Un soulier et un soulier font une paire de souliers.Un bœuf et un bœuf font une paire de bœufs.Pour faire une pafre il faut toujours deua; objets.Si je veux partager une pomme entre Noémie et Denise, je prendrai un couteau et je couper ai la pomme en deux parties égales.Chacune de ces parties s’appellera une moitié.Une moitié c’est toujours deux fois plus petit qu’une chose entière.Il faut deux moitiés de poires pour faire une poire.Il faut deux moitiés de gâteau pour faire un gâteau.Et si je voulais couper une pomme entre Noémie, Denise et Charlotte, il faudrait couper la pomme en trois parties égales.Chacune de ces parties serait plus petite qu’une moitié, parce que plus une chose est divisée, plus les parts sont petites.Chaque partie d’une poire qui a été divisée en trois parties égales s’appelle un tiers.Il faut trois tiers de brioche pour faire une brioche.Il faut trois tiers d’un verre de lait pour faire un verre de lait.Et maintenant si je voulais couper une pomme entre Noémie, Denise, Charlotte et Amélie, je couperais d’abord la pomme en deux parties égales, ce qui me ferait deux moitiés de pomme, puis je couperais chacune de ces moitiés encore en deux parties égales.Chaque morceau s’appelera alors un quart de pomme.Un quart c’est la moitié d’une moitié.Il y a donc deux quarts dans une moitié.Deux quarts dans une moitié et deux quarts dans l’autre moitié, cela fait quatre quarts.Il faut quatre quarts de pomme pour faire une pomme.Donc le morceau d’une pomme qui a été divisée en deux parties égales s’appelle la moitié.Le morceau d’une pomme qui a été divisée en trois parties égalés s’appelle le tiers.Et le morceau d’une pomme qui a été divisée en quatre parties égales s’appelle le quart.Une Normalienne. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 549 DOCUMENTS SCOLAIRES 187e RÉUNION DE L’ASSOCIATION DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ÉCOLE NORMALE LAVAL SÉANCE DU MATIN Samedi, 25 janvier 1930.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; M.l’abbé J.-J.Dubé, Principal de l École normale Laval; M.le Commandeur C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales: M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires; Monsieur le Chevalier J.-N.Miller, Ex-Secrétaire du Dépt de l’Inst.publique; M.G.-E.Marquis, Chef du bureau des Statistiques de la Province; M.l’abbé R.Couture, préfet de discipline MM.Nérée Tremblay, G.Brulé, J.-Z.Tousignant, J.-H.Jobin, Roch Létourneau, P.-P.Magnan, Eugène Badeau, L.Gravel, professeurs à l’École normale Laval; MM.A.-M.Filteau, Ls-Ph.Goulet, A.-A.Letarte, I.John, A.Desjarlais, Wilfrid Caron, Antonio Rouleau, inspecteurs d’écoles; MM.les instituteurs E.Allard, L.Allard, E.Asselin, Jos.Asselin, C.Audet, (St-Léonard D’Aston), C.Aubé (Lambton), J.M.Badeau, W.Beaumont, R.Brochu, C.Blanchet, J.-G.Blanchet, P.-E.Brault, Max.Bergeron, J.Côté, J.-W.Carbonneau, U.Caumartin, R.Croteau, J.-A.Duval, J.Desnoyers (Dolbeau) R.Ënglish (Victoriaville), G.Filteau, U.Fortin, G.Gagnon, F.-X.Girard, P.Goulet, R.Goulet, G.Goulet, W.Goulet, H.Goupil, F.-X Goupil, A.Grégoire, W.Godbout (Portneuf), R.Genest, (St Louis-de-Courville), J.-Ad.Gagnon, H.Hudon, E.Hamel, G.Jean, J.-E.John, H.John, P.-E.Labrecque, J.-E.Labrecque (Charny), L.Lemay, J.-T.Lamontagne, Ad.Lamontagne, (St-François, Mont.) T Lessard, U.Leclerc, L.Létourneau, A.Lebel, (Château-Richer), A.Lapierre, J.-M.Mailhot, A.Marquis, A.Morissette, H.Morissette, J.-P.Otis, W.O’Donnell, G.Paré, C.-A.Pelletier, R.Parent, J.-E.Perron, J.-E.Perreault (Charny), E.Picard, J.-R.Piuze, G.Poulin, J.-Ph.Poulin, J.-G.Rousseau (Bienville), J.-M.Rondeau, D.Savard, J.-J.Sheehey, A.Simard, E.Simard, David Samson (directeur de l’école St-Joseph, Chicoutimi), C.Tanguay, L.Tanguay, G.-H.Talbot, E.Tremblay, J.Tremblay (Charny), T.-L.Tremblay, C.Tousignant, A.Vézina, P.-J.Walsh, L.Boivnq J.-E.Bélanger, G.Côté, W.Fran-cœur, L.Garant, A.Tardif, L.Gosselin, J.-B.Beaulieu, A.Ménard, C.Dussault, L.-J.Girard, R.Asselin, E.Leclerc et les élèves-maîtres de l’École normale Laval.OUVERTURE DE LA SÉANCE La séance est ouverte à dix heures.M.J.-Philippe Garneau, président, prend place au fauteuil et invite M.le Principal à réciter la prière.Cette séance du 25 janvier 1930 restera mémorable dans les annales de l’Association par la manifestation sincère d’estime et de reconnaissance offerte à MM.les Inspecteurs généraux, C.-J.Magnan et C.-J.Miller.Se réunissant pour la première fois depuis les changements survenus dans le service de l’inspection générale des écoles, les membres de l’Association ont voulu souligner, comme il convenait, la phase nouvelle dans laquelle entre la carrière de M.le Commandeur C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales et aviseur pédagogique du Département de l’Instruction publique.Us ont voulu marquer à M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, l’estime profonde qu’ils ont pour lui et lui dire combien l’Association sera heureuse de le considérer comme l’un de ses membres honoraires les plus distingués.Monsieur le président, parlant au nom de l’Association, ouvrit la série des discours. 550 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Discours de M.J.-P.Garneau M.le Surintendant, M.le Principal, MM.les Inspecteurs généraux, Messieurs, Ce n’est pas sans crainte que je prends la parole en cette nouvelle réunion de notre association.La charge de président confère de grands honneurs; mais en même temps elle impose des devoirs délicats.Voilà pourquoi, je vous prie de vouloir bien être indulgents à mon égard.C’est une coutume, chez nous, MM., d’adresser des vœux à l’occasion de la nouvelle année.Permettez donc que je vous présente les miens.Je souhaite à tous une bonne, heureuse année.Je prie la divine Providence d’exaucer les vœux que je forme pour votre bonheur, qu’Elle daigne couronner de succès tous vos efforts.Il m’est, en outre, très agréable de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue.Bienvenue à l’hon.C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, qui a bien voulu laisser de côté ses nombreuses occupations et accepter de venir rehausser de sa présence l’éclat de cette fête.Bienvenue au dévoué et très sympathique Principal de cette maison, M.l’abbé J.-J.Dubé.Bienvenue à MM.les Inspecteurs généraux, C.-J.Magnan et C.-J.Miller.Bienvenue à M.J.-N.Miller, ce vétéran de l’enseignement, dont l’obligeance et la bonté nous sont assurées depuis longtemps.Je salue également en M.Miller le représentant de la Commission scolaire de Québec.Bienvenue à M.G.-E.Marquis, Chef du Bureau des Statistiques.Bienvenue à MM.les inspecteurs d’écoles, et à MM.les professeurs de l’École normale.Bienvenue à vous MM., les instituteurs, qui êtes si nombreux ce matin.Votre présence témoigne hautement de l’intérêt que vous portez aux choses de l’éducation et de la part que vous voulez prendre à cette fête intime qui nous réunit aujourd’hui.Elle est une marque non équivoque de confiance, d’admiration à l’égard des hôtes distingués qui nous honorent de leur présence et que nous sommes heureux de fêter.Je vous remercie, Messieurs, d’avoir accepté notre invitation.Les changements apportés dernièrement dans le service de l’inspection générale des écoles de cette province nous procurent le plaisir de voir à cette assemblée de l’Association deux Inspecteurs généraux: M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales, et M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires.Ces changements ne pouvaient passer inaperçus pour nous; c’est pourquoi nous avons saisi cette précieuse occasion de présenter à MM.les Inspecteurs généraux nos respectueux hommages.Il y a peu d’instituteurs, Messieurs, qui aient réussi à s’élever à un degré aussi éminent que celui auquel a atteint M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales.Je n’entreprendrai pas de vous faire voir le bien fondé de tous les titres de M.Magnan.La tâche serait au-dessus de mes forces et la modestie de M.l’Inspecteur général des écoles normales serait soumise à une épreuve que je m’efforcerai de lui éviter.Je me contenterai de vous les énumérer.Saluons d’abord en M.Magnan le modeste instituteur, le professeur d’école normale, le pédagogue émérite.Professeur et pédagogue, M.Magnan le fut dans toute l’acception de ces deux termes.Dès lors s’explique cette popularité de bon aloi parmi ses élèves, dès lors se comprend cet attachement des anciens, lesquels profitent des moindres circonstances pour lui rappeler qu’ils ne sont pas près de l’oublier; dès lors est justifiée cette considération, est justifiée cette estime générale et pratique qu’ont encore pour lui, après plus de dix-huit ans, les écoliers assez capricieux et passablement espiègles de son temps.M.Magnan a continué de se donner, de se dévouer comme il le faisait autrefois au milieu de ses chers élèves.Saluons encore en M.Magnan l’Inspecteur général des écoles, le premier à occuper cette charge; le président général de la Société de Saint-Vincent de Paul au Canada; le Commandeur de l’Ordre de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 551 Saint-Grégoire-le-Grand; l’écrivain à la plume alerte, membre delà Société Royale du Canada; le directeur de la revue l’Enseignement 'primaire.C’est à vous, M.l’Inspecteur général, que revient, pour une large part, la belle réputation que possède cette importante revue qui compte maintenant cinquante ans d’existence.L’Association vous est très reconnaissante pour le numéro souvenir que vous lui avez adressé.Je ne saurais faire un meilleur éloge de cette revue, que de répéter ce qu’en dit l’honorable Surintendant de l’Instruction publique dans son dernier rapport: “C’est un organe de première valeur, d’une haute inspiration religieuse et nationale, dont la rédaction soignée et l’heureux choix des sujets traités font honneur à son directeur et à ses brillants collaborateurs.Il rend de précieux services au personnel enseignant, contribue à son perfectionnement, à l’amélioration de son sort.” Nous nous joignons avec plaisir à M.le Surintendant pour souhaiter à cette revue de nouveaux succès.Saluons enfin en M.Magnan, l’Inspecteur général des écoles normales de la province en même temps que l’aviseur pédagogique du Département, de l’Instruction publique.Honneur donc, Messieurs, à ce modeste instituteur devenu par sa force de caractère, par sa haute distinction et par son travail inlassable un des premiers éducateurs de sa province.Et que dire, maintenant, M.L’Inspecteur, des services que vous avez rendus à cette Association, comme membre, comme président, comme Inspecteur général.L’énumération en serait trop longue.Qu’il me suffise de dire que chaque fois qu’il vous a été possible de le faire, depuis que vous êtes Inspecteur général, vous avez tenu à venir nous honorer de votre présence, nous encourager, nous aider de vos sages directions.Pour tous ces actes de bonté nous vous remercions.M.Magnan me pardonnera bien de lui rappeler que les années passent vite.Si je prends cette liberté, M.l’Inspecteur général, c’est pour vous dire que nous entrevoyons dans un avenir prochain' une autre fête, une fête tout auréolée d’or, fête qui sera le couronnement d’une carrière si bien remplie, en attendant que les diamants viennent s’ajouter à votre couronne d’or.Que ce vœu d’une longue et heureuse carrière se réalise pour le plus grand bien de nos écoles.Nous osons espérer que, lorsque vos occupations vous le permettront, vous voudrez bien, comme par le passé, venir nous honorer de votre présence, nous encourager de vos bons avis, nous aider de votre longue expérience.M.l’Inspecteur général des écoles primaires, je suis très heureux de vous présenter l’Association des Instituteurs Catholiques du District de Québec, et de vous souhaiter au nom de tous ses membres la plus sinsère, la plus cordiale bienvenue parmi nous.Cette Association salue en votre personne un visiteur distingué, elle salue en ce visiteur, l’Inspecteur général des écoles primaires de cette province.Notre Association s’honore de votre visite.Elle est fière de dire que le Gouvernement de la Province a reconnu en vous l’un de ses officiers les mieux qualifiés pour prendre la direction des écoles primaires.Le Gouvernement s’est rendu compte des aptitudes remarquables dont la nature vous avait doué et que vous avez eu l’occasion de déployer soit au milieu de vos élèves de Montréal, ou dans l’inspectorat.Nous ne parlons pas de vos remarquables qualités intellectuelles, ni de votre formation pédagogique par laquelle vous avez guidé avec tant de tact et de compétence le personnel enseignant de votre district d’inspection, et dont les effets sensibles se sont concrétés dans cet excellent travail qui a nom “La Répartition mensuelle du Programme d’études.” Si MM.les instituteurs du district de Québec vous connaissent moins personnellement que ceux de Montréal, ils n’en ont pas moins pour vous une haute estime; parce que votre réputation d’éducateur clairvoyant vous a depuis longtemps précédé parmi nous, parce que nous savons que vous avez toujours eu le souci d’entretenir, dans votre district d’inspection, entre les diverses organisations à vous confiées, des rapports de bonne entente, basés sur une juste notion des devoirs respectifs.Votre nomination au poste élevé d’inspecteur général des écoles primaires, M.C.J.Miller, a été accueillie avec joie, avec confiance et avec une vive satisfaction par tous les membres de cette Association. 552 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je puis vous assurer que vous trouverez chez nos membres d’excellents collaborateurs, d’un dévouement inlassable et d’une soumission respectueuse à vos sages directions.M.l’Inspecteur général des écoles primaires, ce n’est pas assurément pour reconnaître tous vos mérites que l’Association des Instituteurs Catholiques du district de Québec vous offre le titre de membre honoraire.C’est plutôt pour s’honorer elle-même de votre bienveillante acceptation qu’elle vous le propose.Vous l’accepterez, nous l’espérons.* Que ce titre de membre honoraire soit, entre vous et nous, plus qu’un souvenir; qu’il reste un gage de notre fidèle collaboration.Puisse votre carrière être heureuse et que le Ciel la fasse longue pour que les écoles de cette province bénéficient abondamment de votre grande expérience.MM.les Inspecteurs généraux, l’Association des Instituteurs Catholiques est toujours heureuse de proposer à ses membres des modèles à imiter.Je ne saurais laisser passer l’occasion favorable qui m’est offerte.Les membres de cette Association n’ont qu’à jeter les yeux sur vous pour y trouver le modèle achevé de ce qu’ils doivent être eux-mêmes.Pour exercer une réelle influence éducative, ils doivent , comme vous, Messieurs, être des hommes de volonté, actifs, travailleurs.Ils ont besoin d’être des intellectuels, des hommes de goût, des hommes cultivés.L’Association considère comme un rare honneur la visite que vous lui faites ce matin et elle vous remercie de la grande bienveillance que vous avez eue d’accepter son invitation.L’honorable M.C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, fut ensuite invité à adresser la parole.Il se rendit aimablement à l’invitation de M.le président.Voici son éloquente allocution : Discours de l’Honorable Cyrille-F.Delage, Surintendant de l’Instruction Publique Monsieur le Président, Messieurs.J’ai reçu avec grand plaisir, veuillez le croire, votre aimable invitation de prendre part à cette touchante démonstration inspirée par de si nobles sentiments, l’admiration, la reconnaissance, et je l’ai acceptée avec le plus vif empressement, heureux et fier de joindre ma voix à la vôtre pour exprimer une appréciation méritée, rendre un témoignage, bref, féliciter et remercier vos hôtes distingués, faire des vœux pour qu’ils remportent de nouveaux succès.Ce geste vous honore autant que ceux qui en sont l’objet.Il prouve que vous avez le cœur à la bonne place et la tête bien posée, que les absents n’ont pas toujours tort, que les disparus ne sont pas facilement oubliés, que l’ingratitude n’est pas la monnaie avec laquelle vous payez les services qui vous ont été rendus.A eux comme à vous, mes plus cordiales félicitations.Ce n’est pas sans un serrement de cœur que M.C.-J.Magnan a donné sa résignation comme Inspecteur général des écoles primaires, je le sais, et ce n’est pas sans hésitation que ses chefsl’ont acceptée.Il nous avait fait part de ses intentions depuis déjà quelque temps; ses raisons étaient bonnes.Il ne s’agissait donc que de choisir une heure opportune pour se rendre à son désir.Sa tâche était devenue très lourde, trop lourde.En effet, lorsqu’il en assuma la responsabilité, en 1911, il y avait 38 inspecteurs d’écoles; il y en a aujourd’hui 55.Il y avait 8 écoles normales; il y en a aujourd’hui 19.Il y avait 1219 commissions scolaires catholiques; il y en a aujourd’hui 1461.Un prompt dégrèvement s’imposait donc.Il s’est produit dans les circonstances les plus heureuses, j’en suis enchanté.Nous faisons une précieuse acquisition et nous ne perdons pas complètement un bon et fidèle serviteur.Ce dernier nous reste comme Inspecteur général des écoles normales, comme aviseur pédagogique; ainsi il pourra s’occuper davantage de “l’Enseignement primaire”, son excellente revue pédagogique, déjà cinq'iantenaire,' rédiger ses mémoires, se prodiguer le plus généreusement, si possible, pour ses compatriotes et concitoyens.A celui qui s’en va lentement, avec nos regrets, nos remerciements les plus sincères pour son bon travail de tous les instants, et, a celui qui arrive, cordiale bienvenue. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 553 ici a IIITOE je poœ j ¦'le* Aeits tomB éieoi sir.Sa Vous comprenez notre embarras.Il s’agissait non seulement de trouver un successeur, mais aussi et surtout un continuateur et les candidats étaient nombreux, puissants, avec des titres que l’on ne pouvait contester avec facilité.L’un d’eux toutefois attirait particulièrement l’attention.Issu d’une famille d’éducateurs et de pédagogues, M.C.-J.Miller avait été inspecteur dans un district rural, il l’était encore dans un district urbain, dans la Cité de Montréal.Ses confrères lui avaient manifesté leur plus grande confiance en l’appelant, puis le maintenant depuis plusieurs années à la présidence de leur Association.Il avait des œuvres à son crédit: la “Répartition mensuelle du Programme d’Études”, la direction des écoles du soir.Il joignait l’expérience à la compétence et l’on pouvait fonder sur sa belle réputation les plus grandes espérances.Le Gouvernement jeta définitivement les yeux sur lui, sur un homme du métier.Nous nous ralliâmes à son choix.Il hésita pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs mois avant de faire pervenir sa réponse.Il lui fallait abandonner une région, berceau de sa famille, qui lui rappelait les meilleurs souvenirs de son existence et dans laquelle il jouissait, à juste titre, de la plus grande estime, du plus profond respect, rompre des liens de vieilles et solides amitiés.La voix du devoir l’emporte enfin sur celle du sentiment et il se décida, à notre satisfaction et à la satisfaction générale, de mettre sur un terrain plus vaste son intelligence et son cœur au service de la grande cause de l’enseignement.Il est à l’œuvre et à l’épreuve.Mes remerciements les plus sincères.Mes plus chaudes sympathies.Il en a besoin plus que jamais.Les vôtres lui sont également acquises.Vous venez de lui en donner la preuve manifeste.Il peut escompter sans crainte votre précieuse collaboration et ainsi pourront se réaliser avec le meilleur esprit les réformes désirées depuis longtemps.Messieurs, l’exemple entraîne plus que la parole, vous le savez.M.C.-J.Magnan et M.C.-J.Miller vous en ont donné de nombreux et salutaires exemples.Vous êtes jeunes; ils l’ont été.Vous avez leur intelligence, leur passion de l’étude; c’est l’assurance du succès.Marchez donc sur leurs traces et comme eux, un jour, dans un avenir pro chain—les vides se produisent, hélas! promptement et toujours trop tôt—vous serez appelés à quelque poste important, vous serez priés de prendre possession d’un sommet dans la carrière que vous avez embrassée.Avec la certitude que vous répondrez alors avec enthousiasme à l’appel de vos chefs, je vous réitère mes bons souhaits à l’occasion de l’année qui commence et mes remerciements les plus vifs pour votre aimable invitation à cette réconfortante fête qui fera époque dans les annales de votre Association.Monsieur l’abbé J.-J.Dubé, Principal de l’École normale Laval, parlant au nom de l’École normale Laval, fut l’orateur suivant.Discours de M.le Principal de l’École normale Laval Monsieur le Président, L’École normale Laval est toujours heureuse de recevoir l’Association à laquelle vous présidez avec tact et dignité.Ces réunions périodiques sont un peu comme le retour à la maison paternelle, elles apportent la joie et la consolation de se sentir tous unis dans un même esprit.Mais votre réunion aujourd’hui a quelque chose de particulièrement agréable.Elle a une allure de fête.Vous avez voulu joindre vos félicitations à celles qui ont accueilli de récentes et heureuses nominations dans notre monde pégagogique et nous procurer par là le plaisir de saluer dans notre maison les hauts dignitaires de l’Instruction publique de cette Province.Au nom de l’École, M.le président, je vous remercie.Monsieur le Surintendant, vous dire que votre présence au milieu de nous est un honneur et une joie; que l’intérêt que vous ne cessez de porter à tout ce qui touche à l’École normale nous est infiniment précieux; que les services que vous rendez, avec tant d’empressement, à ceux qui sollicitent votre concours, vous gagnent toutes les sympathies; que l’autorité, la dignité et la bienveillance avec lesquelles vous remplissez les graves devoirs de votre fonction vous méritent la très haute estime de tout le personnel enseignant; c’est vous répéter pour la centième fois l’expression de sentiments que vous connaissez.Si ces sentiments ne savent pas trouver de mots 8 554 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE nouveaux pour s’exprimer, ne doutez pas cependant de leur sincérité; il en est d’eux comme de l’amour qui répétant toujours le même mot, se renouvelle sans cesse.Qu’ils soient donc pour vous une récompense de votre dévouement et un réconfort dans les lourdes responsabilités de votre charge.Par une délicatesse que nous apprécions, vous daignez aujourd’hui ajouter aux hommages que nous désirons offrir à nos hôtes distingués, le prestige de votre autorité et le charme de votre parole.Nous sommes sensibles à cette bonté et je vous prie d’agréer l’expression de notre profonde gratitude.M.l’Inspecteur général des écoles normales, les autorités de la Pi'ovince, réalisant qu’avec le nombre toujours croissant des écoles normales et des districts d’inspectorat, la charge que vous aviez jusque là assumée seul, était devenue trop lourde, vous donnèrent un collègue dans la personne de M.C.-J.Miller.Elles confièrent les écoles primaires à votre nouveau collègue et à vous, les écoles normales.Quand cette nouvelle devint publique, toutes les écoles normales se réjouirent parce qu’enfin elles vous possédaient tout entier, sans partage.Egoisme, dira-t-on, peut-être.Mais égoisme excusable par le sentiment où elles étaient que les écoles primaires étaient entre bonnes mains ; égoisme excusable puisque le nouvel ordre de choses éloignait le danger de voir user prématurément des forces et des talents dont l’éducation a encore besoin; égoisme excusable parce que, professeur d’école normale, vous-même pendant longtemps, il nous semblait que vous étiez plus à nous qu’à tout autre.Parmi toutes les écoles qui sont sous votre juridiction, l’École normale Laval est bien celle où la réjouissanse a été la plus grande et où les sentiments sont plus profonds.Permettez-lui de vous offrir ses hommages.A cet hommage de l’École, M.l’Inspecteur général, je veux enjoindre un autre plus personnel.M.l’Inspecteur, vous avez bien voulu dire que c’était votre joie de voir monter vos anciens élèves.C’est un ancien élève qui veut vous dire aujourd’hui sa reconnaissance.Vous avez été mon professeur.Il y a longtemps, au Vieux Château, un tout petit enfant s’en allait à l’école.Sous votre tutelle, M.l’Inspecteur général, cet enfant a grandi, il est devenu un homme, et aujourd’hui, il vous salue.Il vous doit beaucoup, et c’est son bonheur de le reconnaître.A l’École d’Application, qui portait alors le titre d’École Modèle, titre que ne justifiait peut-être pas son aménagement, mais que justifiait bien la valeur de ses titulaires, au cours normal plus tard, pendant dix ans, vous l’avez initié à la langue française, à l’histoire de son pays, aux règles de la pédagogie.Il vous doit ses premières émotions patriotiques.Vous rappelez-vous, M.l’Inspecteur, les classes du mercredi.Après la demi-heure d’écriture, c’était la classe d’histoire.Vous rappelez-vous ce petit monde suspendu à vos lèvres.Avec la chaude et vibrante éloquence que vous avez mise depuis lors au service de tant de bonnes causes, vous dérouliez devant ces petites âmes frémissantes les belles et grandes pages de notre histoire.“Enfants, disiez-vous, vous vous souviendrez.Noblesse oblige.” M.l’Inspecteur, ils se souviennent.Vous leur disiez encore: “Enfants, ne vous contentez pas de faire comme tout le monde.Soyez distingués, dans votre tenue, dans votre langage, en tout ce que vous faites, en tout ce que vous pensez.” Ils se souviennent.Non pas tant parce que votre voix vibre encore à leurs oreilles, mais parce qu’ils ont conservé devant leurs yeux l’exemple que vous leur avez donné.M.l’Inspecteur général, vous ne me pardonneriez pas d’évoquer ces choses d’un passé toujours cher, sans adresser une pensée émue à votre ancien compagnon d’armes, à celui que la divine Providence cloue, depuis bientôt dix ans, sur un lit de douleur, et qui couronne la plus belle vie d’éducation qui se puisse concevoir, par l’auréole de la souffrance chrétiennement, je dirai plus, saintement supportée.Le souvenir de M.Ahern est inséparable du vôtre, et dans ma pensée et dans mon cœur.Vous vous complétiez l’un l’autre.Vous nous donniez l’élan, l’enthousiasme; lui nous donnait la lumière, l’ordre.Vous nous disiez : “Enfants, montez, montez, toujours.” Lui, nous avertissait: “Pour réussir, ne l’oubliez pas, chaque chose à sa place, chaque chose en son temps.” Tous les deux vous nous avez donné l’indéfectible exemple de la foi agissante, du dévouement qui ne compte pas ses peines, d’une vie parfaitement intègre.Pour tout cela, M.l’Inspecteur général, un petit élève qui se souvient, vous offre aujourd’hui l’hommage de ce qu’après tout il a de meilleur: la reconnaissance du cœur. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 555 N (pi'l Hel sus la p tei-lai oiadit sarai ifaDtîj ¦éte iirij* lapa tein, iisaf «il suvii ants, 13 to! tas ta rsye M.l’Inspecteur général des écoles primaires, vous n’êtes pas un inconnu parmi nous.Vous portez un nom qui est en vénération dans l’École normale Lavai.Vous continuez, avec honneur, une tradition qui occupe une place de choix dans l’histoire de l’Éducation.Et quand, chaque année, le Bureau des Examinateurs pour l’Inspectorat vous appelait dans cette maison, c’était pour nous un plaisir toujours nouveau de vous recevoir.M.l’Inspecteur, l’École normale qui n’a rien tant à cœur que le progrès de l’enseignement, a applaudi votre élévation.Elle y a pu voir la récompense du mérite, elle y voit surtout un plus large champ d’action où votre expérience présage les plus heureux fruits.Comme le missionnaire, pour répondre à l’appel vous avez fait des sacrifices, vous avez quitté des fonctions importantes, des amis nombreux, un pays aimé; mais vous ne venez pas en pays infidèle.Vous retrouverez ici les mêmes fortes amitiés, la même haute estime de vos qualités.L’École normale veut avoir sa large part dans ces sentiments, qui animent ses professeurs comme ses élèves.Dois-je vous présenter mes collaborateurs?Vous n’ignorez pas que l’un d’eux recevra bientôt la récompense officielle de son grand mérite, que d’autres sont arrivés à ce tournant de la vie où l’on regrette la jeunesse à jamais disparue, mais où une expérience déjà longue donne au travail toute sa fécondité, que pour les autres enfin, la valeur n’attend pas le nombre des années.Tous ensemble ils s’efforcent, dans la tradition de l’École, d’inculquer à leurs élèves l’amour de Dieu, l’amour du pays, l’amour de la profession, l’amour du travail, et, comme sauvegarde de ces amours qui doivent se fondre en un tout harmonieux, le respect de l’autorité.Réussissent-ils?Quand je jette les yeux sur les anciens, depuis les modestes débutants jusqu’à ceux qui occupent les plus hautes places dans le monde de l’enseignement, je dois avouer que leur travail n’est pas stérile.M.l’Inspecteur, quatre-vingts jeunes gens se préparent dans cette école, par l’étude et la discipline, à décrocher le diplôme qui leur permettra de marcher sur les traces de lèurs aînés.Demain ils seront sous votre juridiction.Je souhaite que lorsque vous les aurez vus à l’œuvre, vous puissiez rendre témoignage à M.le Surintendant que vous avez trouvé chez eux le respect, le dévouement, l’ardeur au travail, et, grâce à vos conseils et à votre sage direction, l’aide efficace que vous attendez de vos collaborateurs.Il me reste l’agréable devoir de saluer un vétéran de l’Instruction publique et un vieil ami de l’École normale, double titre à notre estime.M.J.-N.Miller a consacré une longue vie à l’Éducation.Pour lui, les années ne sont pas lourdes, elles passent sans laisser d’autres traces que des mérites plus nombreux.Il aurait pu, dans une honorable retraite, jouir d’un repos mérité; il a préféré mettre au service de la Commission scolaire de Québec, la sagesse de ses conseils et les ressources de son expérience.C’est un bel exemple de dévouement.Nous lui souhaitons de vivre encore longtemps, au milieu du respect et de la vénération de ses concitoyens.Invité à dire quelques mots, M.J.-N.Miller félicita MM.les Inspecteurs généraux.Il rappela la brillante et utile carrière de M.C.J.Magnan.Puis, avec beaucoup de discrétion, il mit en relief les sacrifices auxquels consentit M.C.-J.Miller lors de l’acceptation de sa nouvelle charge.Il termina en assurant les instituteurs de la ville de Québec des bonnes dispositions de la Commission scolaire à leur égard.Monsieur A.-M.Filteau, inspecteur d’écoles à Québec, fut ensuite invité à parler au nom des inspecteurs d’écoles.OlljO! îPro 'éi te# K® itlal ¦"P# 0\ oasi Discours de M.A.-M.Filteau, I.E.Messieurs les Inspecteurs généraux, C’est le doyen des inspecteurs d’écoles du district de Québec que vous deviez entendre aujourd’hui; l’absence de mon aîné me vaut l’agréable tâche de vous dire les sentiments de mes confrères et les miens; vous y perdrez quant à la manière de rendre ce que nous éprouvons, je voudrais cependant n’être pas inférieur dans la sincérité de l’expression.M.l’Inspecteur général des écoles normales, presque tous les inspecteurs de cette région vous ont eu comme professeur à l’École normale Laval; en tous cas, tous ont été vos élèves à certain titre, alors que vous étiez leur Inspecteur général; toujours, ils ont trouvé en vous un guide sûr et éclairé.irfl Hier, pensant à cette réunion, tandis que dans ma mémoire tous les souvenirs montaient comme à un assaut, je revoyais, cher M.Magnan, vos leçons d’il y a trente-cinq ans.La clarté et 556 « L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la chaleur communicatives avec lesquelles vous dormiez vos cours faisaient de chacun d’eux une vraie leçon de pédagogie pratique, toujours dominée par ce grand esprit chrétien qui vous animait.Je me rappelle spécialement vos leçons de lecture: il vous arrivait parfois, trop rarement à notre gré, de prendre quelques minutes pour nous lire une belle pièce à laquelle la voix du professeur ajoutait certainement des charmes; un numéro des “Fleurs de la Charité” vous offrait “Une lettre à la Vierge.” Lecture faite, vous parliez de la Saint-Vincent de Paul, et, comme résultat concret, outre l’amélioration de notre diction, vous obteniez un abonnement de plus à la revue.(Œuvre essentiellement charitable, publiée au profit du Patronage Saint-Vincent de Paul).Et je pensais.quand on a la parole facile, faire un beau discours sur la charité est chose aisée; facile aussi de dire aux autres: “Je vous ai tracé la voie, indiqué les sentiers, à l’œuvre.” Mais pendant toute une vie, marcher au premier rang dans cette voie, engager les autres à nous suivre, s’arracher souvent aux douces joies familiales, sacrifier ses heures de repos si mérité pour se livrer aux œuvres de bienfaisance; aller dans les campagnes soutenir des cercles de jeunesse; maintenir pendant un demi-siècle une revue comme VEnseignement 'primaire, voilà qui demande plus que de la philanthropie, plus que de l’énergie et du dévouement: il faut la conviction profonde du professeur chrétien et charitable que vous avez été, M.Magnan.En vous regardant, ce n’est pas seulement une “fleur de charité” que l’on contemple, mais une plante tout entière, très vivante, solide comme un chêne.Cette plante est-elle de la famille des crucifères ?Le parfum s’en est répandu au loin, jusqu’à Rome, et le Souverain Pontife a voulu donner un témoignage éclatant de son estime, en vous décorant de la croix de Commandeur, beau couronnement d’une belle vie.Monsieur Miller, les inspecteurs d’écoles de Québec ont apprécié vos nombreuses qualités lorsque vous étiez leur confrère; votre nouvelle charge vous donnera l’occasion de les leur montrer sous des aspects nouveaux ou de leur en révéler d’autres; peut-être les possédez-vous toutes; mais en bons Québécois, avant de vous en concéder la plénitude, nous aimerions que vous eussiez résidé plus longtemps dans notre ville, nous pourrions nous flatter un peu à la pensée que notre proximité n’a pas nui à votre perfectionnement.La plupart de vos activités se sont exercées dans la métropole; vous avez également connu l’inspection dans les campagnes, vous êtes donc parfaitement qualifié pour la charge que vous occupez.Cependant, nouveau Japhet, il vous a fallu rentrer sous la tente de Sem, non pour y chercher la parole de vie, vous la possédiez abondamment, mais pour y être investi d’une autorité nouvelle, étendant de beaucoup le champ de vos opérations.Vous avez l’assurance de la soumission et de l’entier dévouement de vos subordonnés, et vous aurez bientôt la douce joie de sentir, comme l’a fait votre prédécesseur, que sous votre vigoureuse impulsion, cinq cents milles à l’est, plus de six cents à l’ouest, des Alleghanys à la belle région du Lac-Saint-Jean, des cerveaux deviendront plus actifs, des cœurs battront plus fort, pour réaliser vos espoirs et ceux de M.le Surintendant.A tous deux, Messieurs les Inspecteurs généraux, nous souhaitons la santé nécessaire à la poursuite de votre noble carrière.Réponse de M.C.-J.Magnan A la demande de M.le président, M.l’Inspecteur général des écoles normales se leva pour répondre aux discours qui précèdent.L’assemblée lui fit une belle ovation.M.le Commandeur Magnan s’exprima avec une émotion visible: Monsieur le Président, Monsieur le Surintendant, Monsieur le Principal., Chers confrères, Vous devinez bien l’émotion qui me domine en ce moment.Tour à tour, trois de mes anciens élèves, qui occupent aujourd’hui des situations considérables dans l’enseignement, ont bien voulu me dire, avec une délicatesse de sentiment qui le dispute à l’élégance de la forme, des choses plus qu’aimables, m’exprimer une reconnaissance qui m’a touché au plus profond du cœur. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 557 i •> V ills ¦ « ¦!!.- z ’’’J .¦; : a ¦ ¦ i :î ".f|’ •::œ.a; ¦ t m "t ¦ t! j)l : p arê ¦.k v' : '! le oit bi® 'ii.En effet, M.le président, en rappelant mes modestes titres à la sympathie de l’Association des Instituteurs Catholiques de la circonscription de l’École normale Laval, vous avez bien voulu retracer les différentes étapes de ma modeste carrière et souligner les faveurs dont j’ai été l’objet de la part du Saint-Père, de la Société Royale du Canada et des Universités de Québec et d’Ottawa.Ces titres, je les porte avec fierté parce qu’ils m’ont été conférés par la plus haute autorité morale qui soit au monde et par les plus hautes autorités intellectuelles de mon pays, mais je les porte aussi avec une fierté particulière, parce qu’en mon humble personne, ils ont été attribués pour la première fois en notre province à un instituteur primaire.Merci, M.le président, pour vos bienveillantes et sympathiques paroles: elles témoignent, de votre part, la reconnaissance d’un grand cœur, reconnaissance exprimée en un langage qui fait honneur à votre ancien professeur de français.M.le Surintendant, vous venez de me rendre un témoignage si bienveillant, si élogieux, que je ne sais vraiment trop comment vous en exprimer ma gratitude.Certes, il est d’habitude chez l’honorable M.Delâge, habitude de gentilhomme, de traiter ses collaborateurs avec beaucoup d’égard; mais aujourd’hui, il a mis le comble à ses bontés habituelles en m’attribuant des qualités que je voudrais avoir méritées.Jevous remercie, M.le Surintendant, de continuer à mon endroit une tradition chère à vos prédécesseurs: l’appréciation des efforts sincères, l’encouragement au travail persévérant et la reconnaissance pour les services rendus à la cause qui nous est chère à tous.Dans sa touchante et élégante allocution, M.le Principal de l’École normale Laval a fait monter de mon cœur à mes yeux des larmes que je n’ai pu refouler, larmes de bonheur et non de faiblesse.M.le Principal, combien les souvenirs lointains de votre temps d’écolier à l’École modèle du Vieux Château et les réminiscences de votre séjour à l’École normale Laval comme élève-maître, alors que je fus votre professeur dix années durant, m’ont profondément touché! En écoutant aujourd’hui le distingué Principal de cette maison, en lui entendant dire qu’il me doit, lui, mon ancien petit élève d’autrefois, plus tard mon disciple comme élève-maître, ce qu’il a de meilleur en lui comme éducateur et comme patriote, veuillez croire—la part étant faite à une trop généreuse exagération—que je suis plus fier encore de mon ancien élève et disciple qu’il ne saurait l’être de son ancien maître.Certes, vieillir peut offrir des inconvénients, mais, en même temps, que d’avantages n’offre pas l’ascension des sommets de notre existence terrestre.S’il ne m’était pas permis de regarder du haut d’un demi-siècle d’enseignement presque, je ne jouirais pas, en ce moment, du beau et consolant spectacle que m’offre une élite de mes anciens élèves, me témoignant avec une bonté et une délicatesse exquises des sentiments qui les honorent et me comblent de joie, la joie d’un père que la gratitude filiale remplit de bonheur.M.le Principal, pour tous ces souvenirs, pour cette reconnaissance que vous avez su exprimer en termes si beaux, encore une fois merci.Vous avez bien voulu, au cours de vos remarques, associer le nom de M.John Ahern au mien.Vous avez prévenu mes intentions en rappelant le souvenir que mon distingué confrère de vingt-deux années de labeur commun, de celui qui est cloué sur un lit de douleur depuis huit longues années.En une fête comme celle-ci, fête du souvenir, le nom de M.Ahern vient tout naturellement à notre esprit.Ses confrères, comme ses anciens élèves, conservent de ses relations, de ses classes si intéressantes, un agréable souvenir.En ce moment notre pensée va vers lui, et nous demandons à la divine Providence de lui apporter soulagement et courage dans la longue épreuve qu’il supporte avec une résignation vraiment édifiante.Avec quelle satisfaction j’ai entendu M.l’inspecteur Alphonse Filteau, me rappeler, à titre d’ancien élève, ses souvenirs de mes cours de lecture à haute voix et de diction.Comme mes cours de pédagogie et de grammaire, celui de diction m’était bien cher.Et je suis fier de constater aujourd’hui avec quelle correction française et quel charme de diction mes anciens élèves ont su s’exprimer.Et je constate sans jalousie aucune, au contraire, avec une fierté légitime, que les élèves dépassent maintenant le maître.M.Filteau, vous avez bien voulu aussi exprimer les sentiments de vos confrères dans l’inspectorat à mon égard, et me dire qu’ils conserveront de leur premier Inspecteur général un excellent souvenir.Soyez assurés, MM.les inspecteurs ici présents, que moi aussi, je me souviendrai toujours 558 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de vos bons procédés à mon endroit et que c’est avec regret que je me suis séparé de la magnifique armée des inspecteurs d’écoles, armée composée en majeure partie de mes anciens élèves et à la tête de laquelle j’ai été pendant vingt ans.Mais ce regret est tempéré par le choix excellent que le Gouvernement a fait dans la personne de M.C.-J.Miller, l’un de vos distingués confrères, celui-là même que vous aviez placé à la tête de votre Association.Je sais que M.Miller saura vous guider avec zèle et compétence sur la route du devoir et du succès.Je souhaite à M.Miller de rester longtemps à votre tête et de toujours trouver en vous ce que j’y ai trouvé: des collaborateurs soumis, sympathiques et dévoués.La présence de M.J.-N.Miller, ce vétéran de l’Instruction publique, en notre province, et ses bonnes paroles m’ont été bien sensibles.Son témoignage de sympathie m’est précieux et je l’en remercie bien sincèrement.M.le président, en termes aimables vous avez souligné le cinquantenaire de fondation de l’Enseignement 'primaire, en rappelant que je collabore à cette revue depuis quarante-cinq ans et que je la dirige depuis quarante ans.Soyez remercié pour ce témoignage flatteur que vous rendez à notre revue pédagogique que le Conseil de l’Instruction publique, par son Comité catholique, et le Gouvernement patronnent depuis trente-deux ans.Si Dieu me laisse la santé, je me propose de continuer longtemps encore l’œuvre fondée par M.J.-B.Cloutier, dont je suis heureux de rappeler le souvenir, souvenir cher à l’École normale Laval, puisqu’il en fut l’un des professeurs les plus éminents.En terminant, je tiens à dire que le vœu exprimé il y a un instant par M.le Surintendant, savoir que je puisse, avant de terminer ma carrière, lier en gerbes mes modestes œuvres pédagogiques mes discours, conférences, mémoires, etc.ne me laisse pas insensible.Ce vœu témoigne de la délicatesse coutumière du chef du Département de l’Instruction publique et il m’honore hautement.J’espère, moi aussi, pouvoir réaliser ce désir, si le Providence m’en laisse le temps.Je ne puis non plus passer sous silence la discrète allusion de M.le président au cinquantenaire prochain de mon entrée dans la carrière de l’enseignement.En effet, en septembre 1931, il y aura un demi-siècle bien compté que, à l’âge de 15 ans, j’étais engagé comme sous-maître à l’école modèle de Louiseville, sur les conseils de M.l’inspecteur Tétrault.Je compte bien que cette étape importante de mon humble carrière ne sera pas la dernière pour moi et qu’il me sera donné, après cette halte, de collaborer encore à l’œuvre de l’éducation de la jeunesse canadienne-française.Mais, en définitive, je dois admettre que dans quelques années j’arriverai au terme du voyage.Avec le poète je puis dire: On n’est qu’au vestibule.Et Dieu, quand on l’implore, Nous dit : Prenez courage! en nous montrant encore De grands escaliers à monter! Et ces grands escaliers, ce sont ceux qui conduisent à PÉtemel Demeure.Je les gravirai avec joie et confiance, néanmoins, parce que j’aurai derrière moi deux générations d’élèves qui ont reçu de mes mains le flambeau qui ne s’éteint jamais, celui du savoir humain que vivifie les convictions chrétiennes et patriotiques qui embellissent la vie et lui donnent son véritable sens.réponse de M.C.-J.Miller Aux applaudissements de l’assistance, M.l’Inspecteur général des écoles primaires prononça l’allocution suivante: Monsieur le Président, Monsieur le Surintendant, Messieurs les instituteurs, Si je suis bien renseigné, votre Association n’a pas cessé une seule année depuis sa fondation de tenir ses assemblées régulières.Elle a subsisté sans interruption depuis 1857, c’est-à-dire durant soixante-treize ans.C’est déjà un bel âge, même pour une société, mais si j’en juge d’après la vigueur physique et intellectuelle de ses membres, l’Association des Instituteurs catholiques de Québec : - newt 'I-: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 559 est toujours jeune; elle peut donc compter sur de beaux et longs jours encore.Sans aucun doute, c’est le vœu le plus cher de chacun de vous, Messieurs; veuillez croire que c’est également le mien.En raison de son long et fructueux passé, des précieux services qu’elle a rendus aux instituteurs et de son influence si bienfaisante dans les différents domaines de l’enseignement primaire, votre association est digne de votre attachement et mérite, à coup sûr, l’estime de tous ceux qui s’intéressent de près au problème de l’Instruction publique en cette province, entre autres de l’honorable Surintendant et du Secrétaire du Comité catholique, M, J.-N.Miller, que j’ai le plaisir de saluer en cette circonstance.Aussi, ai-je accepté immédiatement l’aimable invitation de M.le président d’assister à la réunion de ce jour.Elle me procurera, me suis-je dit, l’occasion de saluer tous les instituteurs de la vieille cité de Champlain et ceux de ses environs.En trois circonstances antérieures à celle-ci, lors des conférences pédagogiques de MM.les inspecteurs Filteau et Goulet, et d’une séance du Cercle des Instituteurs catholiques, il m’avait été donné de rencontrer quelques groupes de professeurs de Québec, mais à mon sens, rien n’égale une réunion plénière d’instituteurs sous le toit hospitalier de leur Alma Mater et sous le regard si sympathique de son dévoué Principal, digne successeur de Mgr Rouleau, de regrettée mémoire.Messieurs, j’étais de Montréal, j’aimais naturellement les Montréalais—personne ne m’en fera de reproche, je l’espère; depuis quatre mois, j’habite Québec, j’aime sincèrement les Québecquois parce qu’ils sont aimables.Mais aujourd’hui, ayant accepté les fonctions d’inspecteur général des écoles primaires, je ne puis aimer les uns plus que les autres: je les estime tous également, et d’où qu’ils soient, je puis assurer tous les instituteurs et institutrices de cette province de mon plus entier dévouement et de ma plus cordiale sympathie.M.le président, j’ai eu le plaisir de vous connaître l’été dernier, au cours du voyage que nous fîmes en compagnie des membres de la “Canadian Teachers’ Federation”.Au congrès de cette association tenu en l’Hôtel du Gouvernement, vous avez si dignement représenté les instituteurs de Québec, que je ne suis pas surpris qu’ils vous aient choisi comme leur président.Vous avez eu l’amabilité de me présenter vos hommages et ceux de votre Association; merci du plus profond de mon cœur.M.le Surintendant, avec toute la bonté qui le caractérise, a prononcé des paroles vraiment trop élogieuses pour son humble serviteur.Cette condescendance de la part de la plus haute autorité scolaire en cette province me touche profondément.M.le Principal, M.l’inspecteur Filteau, M.le Secrétaire du Comité catholique, M.l’Inspecteur général des écoles normales, je vous suis très reconnaissant de vos félicitations et de vos bons vœux.Comme je ne doute pas de la sincérité des sentiments exprimés d’une façon si éloquente par tous les orateurs qui m’ont précédé, j’aurais mauvaise grâce de ne pas les accepter.Cependant, permettez-moi de dire que l’on a exagéré quelque peu mes mérites.En toutes circonstances, dans l’accomplissement de mes devoirs d état comme instituteur ou inspecteur, je me suis toujours efforcé, en utilisant les faibles talents que la Providence m’a donnés, de mettre en pratique ce conseil de mes maîtres: “Tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.”—Voilà tout le secret de mes humbles succès, si succès il y a.Je ne vous apprendrai rien de nouveau en disant que ce moyen est à la disposition de chacun de nous, messieurs.Et au risque de blesser leur modestie, je pourrais affirmer que plusieurs personnes présentes dans cette salle, sinon toutes, ont fidèlement suivi ce sage conseil.Avec votre permission, j’en nommerai deux seulement: M.C.-J.Magnan, (l’un de vos hôtes d’honneur) et M.J.-N.Miller, qui fut pour moi un Mentor sage et éclairé.S’il est des hommes de qui l’on peut dire: ils ont bien fait tout ce qu’ils ont fait, ils n’ont jamais craint le travail, c’est bien M.l’Inspecteur général des écoles normales et M.le Secrétaire du Comité catholique.Dans l’intimité d’un même cabinet de travail, ou si vous le voulez, entre hommes, il n’est pas de mise de s’adresser des compliments, mais dans une circonstance comme celle-ci, il convient de féliciter chaleureusement ceux qui ont droit à notre reconnaissace pour les précieux services qu’ils ont rendus à la cause de l’éducation.A l’occasion du cinquantenaire de VEnseignement 'primaire, je souhaite longue vie à cette excellente revue pédagogique et à son très compétent directeur.Messieurs, je ne voudrais pas abuser du temps précieux que vous devez consacrer à l’étude des questions inscrites au programme de ce jour.Je ne voudrais encore moins vous donner des conseils, 560 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ils seraient inutiles puisqu’ils s’adresseraient à des convertis.Je désire tout simplement exprimer une pensée qui s’harmonise parfaitement avec le but de votre Association.Vous vous êtes groupés avec l’intention^ sans doute, de protéger vos intérêts matériels, mais surtout en vue de vous perfectionner comme instituteurs; et c’est bien là la principale raison d’être de votre Association.Si l’axiome “Qui n’avance pas recule” est vrai en parlant des activités de l’esprit en général, il l’est davantage en parlant des activités professionnelles de l’éducateur.Votre mission est noble, mais elle comporte de graves responsabilités.En effet, prendre un enfant, favoriser son développement physique, orner son intelligence des connaissances les plus utiles, former ses facultés morales, en un mot, orienter sa vie comme citoyen patriote et comme catholique, est une tâche que seuls peuvent accomplir entièrement ceux qui sont appelés à cette mission et qui ont l’esprit assez ouvert aux choses de la science pour se perfectionner toujours.Pour bien réussir dans son œuvre de perfectionnement de l’enfance, il est nécessaire à l’instituteur de se tenir au courant des meilleures méthodes d’enseignement; pour cela, il doit faire des études personnelles, profiter de l’expéiience et des lumières de ses confrères; de plus, il doit se sentir encouragé.En favorisant tous ces moyens de perfectionnement, votre association remplit donc un rôle très bienfaisant parmi les instituteurs, et je l’en félicite cordialement.En terminant, qu’il me soit permis d’exprimer une autre pensée qui découle naturellement de la première.Si vos fonctions sont belles, grandes et nobles et exigent de votre part un travail constant afin de vous rendre toujours de plus en plus aptes à les remplir avec succès, la manière de les remplir joue inévitablement une influence immense sur l’avenir de ceux que vous éduquez.Après l’influence des parents, celle du maître est la plus puissante à graver des exemples ineffaçables dans l’esprit si malléable des enfants.N’oublions pas que les enfants sont dociles à la main éducatrice qui les façonne.Que vous le vouliez ou non, vos élèves imiteront vos manières, votre langage, vos méthodes de travail, votre tenue.Il importe donc que vous soyez pour eux des modèles de perfection en tout.L’exemple est le moyen éducatif le plus puissant qui existe, parce que les enfants sont naturellement imitateurs.Si, à l’école, ils n’ont eu que de bons exemples sous les yeux, ils pourront peut-être, une fois libres de leur destinée, s’attacher follement aux vains honneurs, aux vaines ambitions, aux vains plaisirs; ils pourront s’attarder aux travers et aux exagérations qui bouleversent le monde.Mais, ayez-en la certitude, rien jamais ne pourra effacer l’empreinte bénie des nobles sentiments gravés en leur cœur par la main paternelle de leur maître.De nouveau, messieurs, je vous exprime toute ma reconnaissance pour le magnifique témoignage de considération que vous me donnez, et pour l’honneur que vous me faites en m’offrant le titre de membre honoraire de votre belle Association.La séance fut ajournée à deux heures.SÉANCE DE L’APRÈS-MIDI Présents:—M.le Commandeur C.-J.Magnan; MM.les professeurs de l’École normale Laval; MM.les inspecteurs d’écoles; MM.les instituteurs de la ville et de la campagne, présents à la séance du matin, moins quelques-uns.Ouverture de la séance à deux heures.M.le président demande d’adopter le procès-verbal de la dernière réunion sans ^que lecture en soit donnée.(Adopté unanimement).La parole est immédiatement donnée à M.Pierre-Paul Magnan, le conférencier du jour.M.Magnan ayant voyagé en Europe au cours des dernières vacances, en a profité pour glaner d’utiles renseignements sur les écoles normales de France et sur l’enseignement primaire.Avec beaucoup de clarté et de précision, il présenta aux membres de l’Association, un tableau de l’organisation de l’enseignement en France , assuré par l’État et par les écoles libres.Nous donnons ci-après un court sommaire de l’intéressante conférence de M.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 561 CONFÉRENCE DE M.P.-P.MAGNAN Comme préambule à sa causerie sur l'Enseignement primaire, en France, M.P.-P.Magnan, parla de l’enseignement en général en France: de l’Enseignement officiel ou d’Etat; de l’Enseignement Libre (catholique) ; des différents enseignements, selon leur nature et leur fin, dépendants des neuf Ministères du Gouvernement.Il fit un tableau précis de l’Enseignement Libre (cathol’que) et rendit hommage aux prêtres et à leurs auxiliaires laïques qui se consacrent avec zèle et abnégation à l’enseignement chrétien en ce pays.Il cita à l’ordre du jour l’importante Société Générale d’Êducation et d’Enseignement dont le siège social se trouve à Paris, association qui est la grande bienfaitrice en quelque sorte de l’Enseignement Libre en France.Il mentionna l’organe officiel de cette active société “Le Bulletin de la Société Générale d’Éducation et d’Enseignement”} disant que cette excellente revue est d’un précieux concours à tous, particulièrement dans les combats que nos confrères catholiques d’outre-mer ont à livrer.Le conférencier exposa l’existence des divers enseignements sous le contrôle du Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, de l’enseignement primaire en particulier, en disant un mot des élèves et des institutions s’y rattachant.Pour compléter ces données générales, il définit le rôle que jouent en France le Conseil de VInstruction Publique pour l’Enseignement officiel et le Bureau de Direction Diocésaine pour l’Enseignement Libre (catholique).ENSEIGNEMENT PRIMAIRE De l’enseignement primaire en France, le conférencier donna des indications concises sur la division des études; il apporta des précisions sur les cours et leur durée, sur l’âge des enfants les fréquentant et sur les écoles de cet ordre.Il énonça aussi les principaux certificats et diplômes octroyés dans l’enseignement primaire.Il souligna spécialement les principes qui président malheureusement dans l’Enseignement Public officiel, savoir: laïcité, neutralité, obligation et gratuité de l’enseignement.Puis M.Magnan fit part de renseignements attrayants et d’observations personnelles sur le programme d’études de l’enseignement primaire, en France, sur la méthode générale suivie et les procédés employés dans les classes visitées d’ordre primaire, sur l’exécution du plan d’une leçon d’une heure d’après les classes auxquelles il a assisté, sur le musée scolaire et les classes-promenades.Il exprima l’opinion qui suit sur le degré d’avancement des écoliers français: “Comme les écoles maternelles et les classes enfantines sont plus nombreuses, proportion gardée, que chez nous, il arrive que les élèves des écoles primaires françaises sont généralement plus avancés que les nôtres, parce qu’ils arrivent à l’école primaire mieux préparés.Mais dans nos villes et nos centres ruraux importants, la différence de niveau est moins sensible.” Dans un exposé bref et précis, le conférencier communiqua à l’assemblée d’intéressantes informations sur le fonctionnement de l’organisation de la pédagogie pratique dans les écoles annexes et d’application des écoles normales primaires en France.Il constata que l’entraînement professionnel des élèves-maîtres dans les écoles normales était idéal et très profitable aux futurs instituteurs.M.Magnan compléta sa causerie par des statistiques générales sur l’enseignement primaire en France (écoles, élèves, professeurs, traitements, etc.), et il termina sa conférence en faisant l’éloge des professeurs primaires français, en particulier de ceux de l’Enseignement Libre (catholique) qui se dévouent avec un courage exemplaire à la grande cause de l’éducation chrétienne dans leur pays.Avant de prendre son siège M.P.-P.Magnan eut une délicate pensée à l’égard des catholiques de France à qui va toute sa plus sincère admiration.Il eut aussi de bonnes paroles pour les maîtres de l’enseignement officiel qu’il eut le plaisir de connaître.Il laissa à la méditation de son auditoire, qui l’avait écouté avec une attention soutenue, les paroles d’un illustre fils de la France, pour montrer le véritable état d’âme des catholiques français actuels dans les nombreuses batailles qu’ils ont à soutenir pour la conservation de leur foi, luttes auxquelles nous ne pouvons pas rester indifférents: (sentiments exprimés par feu le Cardinal Dubois, ex-archevêque de Paris, au nom des catholiques de France, à la salle Wagram à Paris le 6 mars 1925, à la grande assemblée de Y Association des Catholiques de France à laquelle furent présents 10,000 catholiques.) 562 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Nous (les catholiques de France) ne sommes pas des agitateurs; nous ne sommes pas des “provocateurs; nous ne sommes pas et ne voulons pas être des défaitistes; nous sommes des catho-“liques conscients de leurs droits et de leurs devoirs.“Au cartel du désordre, nous voulons opposer le cartel de l’ordre, au cartel de l’inquiétude, le cartel de la confiance, au cartel de la négation, le cartel de la croyance, au cartel de la haine, le “cartel de le charité du Christ!” Paroles sublimes qui provoquent l’admiration de tous ceux qui aiment la France, la France catholique.Tous les membres ont pris un vif intérêt à cet exposé et ont suivi avec une attention constante les remarques du conférencier.COMMUNI CATIONS Lecture de lettres remerciant l’Association pour les sympathies votées lors de la dernière réunion; de lettres venant de M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire du Département de l’Instruction publique, de MM.J.-E.Desgagné, Armand Alain, L.-A.Auger, inspecteurs d’écoles : ces messieurs s’excusent de ne pouvoir assister à la réunion pour des raisons incontrôlables.RAPPORTS a) Caisse: le rapport montre une balance en caisse de ($85.02).b) Activités du comité de régie: le comité s’est réuni deux fois.Il a décidé de mettre à l’étude un projet d’affiliation avec la Fédération des Instituteurs Canadiens et de demander à MM.les instituteurs de Montréal de bien vouloir étudier le projet également.Il a décidé de faire un relevé des membres de l’Association qui enseignent à la campagne dans le but d’établir une coopération plus étroite et d’intéresser ces messieurs à la vie de l’Association.Il a nommé M.l’abbé J.-J.Dubé, Principal de l’école normale Laval, M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire du Département de l’Instruction publique et M.Nérée Tremblay, professeur, juges des travaux pédagogiques qui seront soumis à l’Association.c) Rapport du délégué à la convention de la Fédération des Instituteurs Canadiens.M.le Président ayant pris part l’été dernier à cette convention, à titre de délégué de l’Association, soumit aux membres l’intéressant rapport suivant que nous pouvons publier, grâce à la bienveillance de M.le directeur de l’Enseignement primaire.RAPPORT DE M.J.-Ph.C.ARNEAU La dixième convention annuelle de la Fédération des Instituteurs Canadiens (the Canadian Teachers’ Federation) s’est tenue dans la province de Québec, du 7 au 12 juillet, 1929.Cette fédération est formée des associations d’instituteurs de chacune des provinces du Canada et comprend 21736 membres.Chaque province a droit à trois délégués choisis par l’association provinciale.S’il y a plusieurs associations dans la même province, elles sont généralement formées en fédération, (comme c’est le cas pour la province d’Ontario qui compte 4 associations provinciales) et elles s’entendent pour choisir les délégués, afin que chaque association jouisse du privilège d’être représentée.Les 27 délégués officiels sont partagés en trois comités: 1.Le comité de constitution et de nominations; 2.Le comité du budget et des finances; 3.Le comité des résolutions.Ces trois comités ont leurs réunions séparées entre les réunions plénières de la convention; ce sont eux qui préparent tout le travail de la convention.Toutes les provinces étaient représentées à cette dernière convention; en plus, Terre-Neuve, et les Associations d’instituteurs catholiques de la Province de Québec avaient chacune leur délégué.En ce qui concerne la Province de Québec, les Instituteurs protestants faisant déjà partie de la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 563 Fédération, nous ne pouvions pas,Jdu moins pour la dernière convention, prendre part officiellement à cette convention.* Par l’entremise du Département de l’Instruction publique, j’ai reçu de Mr.C.N.Crutchfield, de Shawinigan, une invitation de prendre part à la convention et de faire le voyage organisé pour la Fédération des Instituteurs Canadiens dans notre province.J’ai donc fait le voyage organisé et pris part à la convention à titre de délégué non-officiel, représentant des Instituteurs catholiques du district de Québec.Les délégués se sont d’abord réunis à Montréal le sept juillet.De là ils sont venus aux Trois-Rivières où j’ai eu le plaisir de les rencontrer.Nous avons visité la vallée du Saint-Maurice, nous nous sommes rendus au lac Saint-Jean et nous sommes revenus à Québec le 10 de juillet au soir.(Tous nos frais de voyage ont été payés par la Fédération.) Quatre séances eurent lieu en route.La convention s’ouvrit à Grand’Mère, se continua à River Bend, à Port-Alfred, sur le bateau Richelieu et se termina à Québec.A la première séance à Grand’Mère, eurent lieu l’appel des délégués et le discours du président.M.le président voulut bien nous souhaiter la plus aimable bienvenue.A sa suggestion la Convention décida que les délégués non-officiels auraient le privilège de prendre part aux délibérations et aux discussions, sans toutefois avoir le droit de voter.M.le Secrétaire Coldwell appela les délégués non-officiels, Mr.Gough, de Terre-Neuve, et votre humble serviteur.Les mêmes privilèges furent accordés à M.C.-J.Miller, représentant l’Alliance catholique des Professeurs de Montréal, et à M.A.B.Charbonneau, représentant l’Association des Instituteurs de l’École normale Jacques-Cartier.Puis commença la présentation des rapports de chaque association provinciale.Ces rapports sont un résumé de ce qui s’est fait au cours de l’année: progrès réahsés, difficultés rencontrées et moyens de les résoudre; on y traite des questions de salaire, de fonds de pension, d’assurance-groupe, de changements dans la loi concernant l’éducation, etc.etc.On y a traité cette année du salaire des instituteurs malades ou du congé payé en maladie.SALAIRE Les salaires sont d’une manière générale plus élevés dans les autres provinces.Nous souhaitons que les instituteurs de Québec jouissent bientôt d’un salaire qui ne les place plus dans un état d’infériorité avec leurs confrères des autres provinces.FONDS DE PENSION Une seule province, l’Alberta, ne possède pas de fonds de pension pour ses instituteurs.Les instituteurs de l’Alberta ont cependant l’assurance que le Gouvernement présentera un projet de loi à ce sujet à la prochaine session de la Législature.Ce projet de loi a été préparé par un groupe d’instituteurs et des représentants du Gouvernement.Nous avons un système de fonds de pension qui est, je crois, un des mieux organisés.Cependant, en étudiant ces diverses législations, nous trouverions peut-être des détails qui pourraient nous être utiles.Ainsi en Nouvelle-Écosse et en Colombie Anglaise, les années passées dans l’enseignement, en dehors de la province, sont comptées comme des années de service dans la province, à condition : 1.Que cette absence ne dépasse pas cinq ans.2.Qu’à l’époque de sa rentrée dans le service de l’enseignement de sa province, cet instituteur paye au fonds de pension un montant égal à celui qu’il aurait versé s’il avait enseigné dans les écoles de sa province.Voilà, MM., un détail qui pourrait être utile à quelques-uns de nos instituteurs qui vont enseigner dans l’Ouest ou ailleurs.Ce n’est pas, je crois, le seul avantage dont nous pourrions bénéficier.ASSURANCE-GROUPE L’assurance-groupe est un fait accompli pour les instituteurs d’Ontario, depuis le premier février 1929.Lm projet d’assurance avait été préparé par trois grandes compagnies, à condition que 75% 564 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE du personnel enseignant acceptât d’en faire partie.Ce projet n’ayant pas été jugé favorable par les institutrices, les compagnies intéressées décidèrent de n’assurer que les instituteurs.Un autre projet doit être soumis sous peu aux institutrices.Voici quelques-unes des caractéristiques de cette assurance-groupe: Le montant de l’assurance est de mille piastres, ($1,000.) Le plan comporte: a) la clause d’incapacité, b) la clause des profits convertibles, ce qui veut dire: a) que si un instituteur, pendant qu’il est assuré, devient incapable d’enseigner, il a droit au $1,000.à sa mort, sans continuer de payer les primes; b) qu’un instituteur peut en n’importe quel temps changer sa police d’assurance-groupe pour une police régulière de n’importe quel genre, sans examen médical.Si l’instituteur se retire de l’enseignement, il peut s’assurer par une police régulière, sans examen médical.Tous les instituteurs de la Fédération des Instituteurs de la Province d’Ontario qui ont moins de 59 ans révolus peuvent bénéficier de l’assurance-groupe.Les taux sont les suivants : Jusqu’à 29 ans, $6.50 par $1,000.De 30 à 39 ans, $7.50 par $1.000.De 40 à 49 ans, $10.00 par $1,000.De 50 à 59 ans, $18.00 par $1,000.Ces taux sont en-vigueur pour cinq ans.Ils seront alors révisés et basés sur le taux de la mortalité.On espère que les taux révisés seront plus bas que les taux actuels.C’est la Fédération des Instituteurs d’Ontario qui s’occupe de l’administration de cette assurance; la prime est payable en même temps que la contribution à l’Association.Cette question de l’assurance-groupe mérite d’être étudiée; elle pourrait nous être avantageuse, tout comme elle paraît l’être pour les instituteurs de l’Ontario.CONGÉ PAIE EN MALADIE La Fédération des Instituteurs Canadiens avait chargé la Fédération des Instituteurs des écoles secondaires d’Ontario d’étudier cette question.Les Instituteurs d’Ontario formèrent un comité qui adressa un questionnaire à toutes les associations d’instituteurs faisant partie de la Fédération des Instituteurs Canadiens.Le même questionnaire fut aussi adressé au bureau d’Éducation de Washington.Le comité obtint en plus des renseignements de plusieurs grandes villes américaines, entre autres: Chicago, Détroit, Cleveland, Baltimore, Philadelphie, etc., etc.Les conclusions des recherches faites par ce comité, furent les suivantes: 1.Que le principe de la paie en maladie est généralement approuvé par les associations d’instituteurs et que partout où il a été mis à l’essai, il a été un avantage pour le public et le corps enseignant; 2.Que le pourcentage de l’accumulation du nombre des jours accordés pour absence en maladie soit raisonnable; (Ce deuxième point demande une explication: Supposons le cas d’une ville qui accorde 20 jours de congé payé à ses instituteurs malades.Supposons également le cas d’un instituteur qui n’est pas malade pendant trois ans.En admettant que le pourcentage du nombre de jours qui s’accumulent annuellement soit de 20% pourcentage raisonnable, cet instituteur aurait droit à une accumulation de 12 jours de congé payés.Comme cet instituteur a droit tous les ans à un congé payé de 20 jours, il lui serait permis après cette troisième année de prendre un congé de 32 jours sans perdre un sou de salaire).3.Que les instituteurs qui ont servi le public pendant plusieurs années, sans avoir utilisé leurs jours d’absence en maladie, aient le droit de prendre un congé de la même longueur que le nombre de jours qui se sont accumulés.Dans plusieurs grandes villes des États-Unis, on a déjà légiféré en ce sens.Au Canada, Moncton et St-Jean, Nouveau-Brunswick, sont les deux seules villes qui aient mis en pratique le principe du congé payé en maladie.Moncton accorde à ses instituteurs malades,dix L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 565 jours de congé payé.Saint-Jean accorde quinze jours avec plein salaire et quinze autres jours avec la demie du salaire.Leur plan n’est pas accumulatif.A Cleveland, il y a accumulation d’un certain nombre des jours accordés pour absence en maladie.Et un instituteur qui atteint par l’accumulation de ces jours, le maximum de soixante jours, est autorisé de prendre un congé de cet espace de temps dans une année scolaire.Il n’y a pas encore grand’chose de pratique sous ce rapport ici, au Canada.Cette question importante est encore à l’étude par la Fédération des Instituteurs Canadiens.Il n’y a pas de doute qu’avant longtemps la chose sera mise en pratique dans quelque province et qu’un projet de loi sera présenté à ce sujet.Voici pour conclure, la résolution qui a été adoptée à la convention du mois de juillet: Proposé par M.Ainlay, de l’Alberta, Secondé par M.Wilton, de la Saskatchewan, et adopté à l’unanimité: Que le Secrétaire de la Fédération des Instituteurs Canadiens communique avec le Secrétaire des associations provinciales afin de savoir ce qui se fait dans les différentes provinces au sujet du congé payé aux instituteurs en maladie et qu’une fois ces renseignements obtenus, ils soient adressés à toutes les associations d’instituteurs faisant partie de la Fédération des Instituteurs Canadiens.(Note: Dans certaines provinces, la loi prévoit même un congé payé aux instituteurs pour assister à des funérailles de proches parents.) PRINCIPE D’AUTONOMIE Dans la lettre que nous adressait M.Coldwell, secrétaire de la Fédération, invitant l’Association des Instituteurs catholiques de ce district à faire partie de la Fédération, il attirait particulièrement l’attention sur ce point important de l’autonomie.Je me permets de vous rapporter ses paroles: “Et pour qu’il n’y ait aucune appréhension de votre part au sujet de notre proposition, je dois vous dire qu’un des principes fondamentaux de la Fédération des Instituteurs Canadiens, c’est l’autonomie complète de chaque province en matière d’éducation.” Deux faits qui se sont passés au cours des séances de la Convention, ont confirmé la déclaration de M.le Secrétaire.Les délégués du Nouveau-Brunswick, dans leur rapport, avaient parlé de l’harmonie qui existe dans leur province à tous les points de vue.Cependant, ils en vinrent à critiquer assez vertement un officier du Département de l’Éducation qui leur défend l’entrée de l’école normale, les empêchant ainsi d’avoir des rapports avec les futurs instituteurs.M.Ainlay, de l’Alberta, se leva pour discuter le rapport, il voulut en même temps critiquer les instituteurs du Nouveau-Brunswick en exprimant toute sa surprise de les entendre parler d’harmonie, alors qu’il lui paraissait plutôt exister d’assez grandes difficultés.Il ajouta que si les instituteurs de l’Alberta étaient dans les mêmes conditions, ils ne seraient pas satisfaits, ils ne parleraient pas d’harmonie, et que les choses ne se passeraient pas ainsi.M.le président rappela à M.Ainlay que les associations d’instituteurs, dans les diverses provinces, avaient seules la conduite de leurs affaires personnelles, et la discussion fut close.Une seconde fois, le président de la Fédération fit ressortir le principe d’autonomie qui paraît animer la Fédération, lorsque le Comité de législation proposa que la Fédération se devait d’agir de manière à exercer une pression sur le Gouvernement de l’Ile-du-Prince-Édouard pour aider les instituteurs de cette province à obtenir l’augmentation de salaire qu’ils ont demandée.M.Bamett, président de comité de législation, déclara que des résolutions de sympathie ne suffisaient pas pour obtenir une augmentation de salaire et qu’en conséquence la Fédération se devait de presser le Gouvernement d’accéder à la demande des instituteurs.M.le président déclara que la Fédération ne pouvait faire plus.Il assura de nouveau les délégués de l’Ue-du-Prince-Édouard de toute sa sympathie et il ajouta: “Je considère comme contraire au but de la Fédération de prendre une part active dans le règlement de cette difficulté; ce serait manquer au principe d’autonomie qui a toujours été suivi depuis la fondation et qui, j’espère, sera suivi aussi longtemps que cette Fédération existera.” Les délégués approuvèrent les paroles du président, et une simple résolution de sympathie fut adoptée à ce sujet. 566 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BUREAU NATIONAL D’ÉDUCATION “La Fédération des Instituteurs Canadiens est absolument opposée à l’établissement d’un Bureau national d’Éducation, parce qu’elle considère que ce serait d’abord, enlever à chaque province son autonomie, aux associations d’instituteurs leurs prérogatives, arrêter le progrès de l’instruction dans le Canada, enfin, ce serait travailler à rebours.” Voilà la déclaration faite par MM.le président et le secrétaire de la Fédération au cours de conversations que j’ai eues avec eux.Avant de conclure, je tiens à rapporter un fait qui s’est passé à Shawinigan.Il y eut réception civique à l’hôtel de ville.Le Maire souhaita la bienvenue aux délégués à laquelle répondit le président de la Fédération.Le Itév.Rexford, appelé à prendre la parole, exposa aux délégués l’organisation de notre système scolaire.Il appuya surtout sur la manière dont est traitée la minorité.Il déclara entre autres choses, que, “dans la Province de Québec, il n’y a pas de question scolaire, il n’y a pas de difficultés de race ni de religion.La seule difficulté que nous ayons, dit-il, c’est que la population protestante est répandue sur un trop grand territoire et que de ce fait la fréquentation de l’école devient difficile; mais ce n’est pas la faute des catholiques.” Cette déclaration a été pour un grand nombre des délégués toute une révélation et plusieurs de ceux avec qui j’ai eu l’avantage de parler de notre système scolaire m’ont déclaré qu’ils avaient appris beaucoup en venant dans notre province, qu’ils retournaient chez eux avec des idées nouvelles, bien décidés à faire quelque chose pour améliorer la situation dans leur province respective, à profiter des bonnes choses entendues et à faire tous leurs efforts pour créer dans leurs écoles un esprit vraiment canadien, c’est-à-dire, un esprit de justice et de concorde.De plus leur courtoisie, leurs bonnes dispositions et les intentions qui paraissent animer les membres de la Fédération, tout laisse croire qu’ils tiennent à entretenir avec nous les meilleures relations tant au point de vue éducation qu’au point de vue bonne entente.CONCLUSION La Fédération des Instituteurs Canadiens, formée des représentants de chacune des associations d’instituteurs du Canada, discute des questions qui sont communes à tous, qui se présentent un peu partout.Tous ces délégués ont les mêmes problèmes à envisager, les mêmes difficultés à vaincre, les mêmes besoins.Il y a donc, à ce point de vue, grand profit à les rencontrer, à discuter avec eux, à échanger chacun nos opinions sur ces divers problèmes, à nous renseigner sur les moyens employés par chacune de ces associations pour résoudre ces problèmes, ces difficultés éducationnelles.De plus, en nous affiliant à la Fédération, nous pourrons profiter des progrès réalisés ailleurs, bénéficier de ce qui se fera sous peu pour améliorer les conditions sociales et pécuniaires des instituteurs au point de vue assurance-groupe, congé payé en maladie, etc., etc.Voici ce que disait M.C.-J.Miller, le nouvel Inspecteur général des écoles primaires, au cours d’une séance de la convention: “Ces rencontres nous permettent d’apprendre de fort bonnes choses, nous font mieux connaître, contribuent à favoriser les progrès scolaires dans les diverses provinces du Canada; elles contribuent encore largement au maintien de la bonne entente qui doit toujours exister pour la prospérité de notre cher Canada.” Les motifs qui militent en faveur de notre affiliation à la Fédération des Instituteurs Canadiens sont nombreux.S’agit-il d’un congrès, d’un mouvement quelconque concernant l'éducation, qui nous représente ?Nous avons toujours été ignorés jusqu’à l’été dernier, lors de la convention delà Fédération des Instituteurs Canadiens.Eh bien! chers confrères, le temps est venu de figurer dignement dans le monde éducationnel canadien.Il importe que les instituteurs catholiques de la Province de Québec s’affirment, qu’ils cessent de rester dans l’ombre.Le temps est venu de faire savoir qu’il existe dans Québec des instituteurs bien vivants; il faut prouver que nous voulons, aux yeux de tous, être considérés pour ce que nous sommes réellement.Il faut créer l’opinion que les instituteurs catholiques du district de Québec sont un groupe avec lequel il faut compter à tous les points de vue. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 567 I •lin K «lue K 'à del 1111, | won I aiittes ieue; » I Le moyen de nous faire mieux connaître, de nous affirmer aux yeux de notre province, de notre pays tout entier, de nous faire connaître de toutes les associations d’instituteurs du Canada, c’est de nous affilier à la Fédération des Instituteurs Canadiens.Par une résolution adoptée à la séance du 26 janvier 1929, nous avons décidé de nous affilier à la Fédération des Instituteurs Canadiens.Une seule condition reste à remplir, celle de payer notre contribution qui est de cinquante sous par membre.Cette contribution me paraît bien minime, à côté des grands avantages dont nous pourrons profiter aux points de vue éducationnel et social.RÉSOLUTIONS Un grand nombre de résolutions furent adoptées au coin’s de la convention.Je crois que les deux suivantes pourront intéresser.Par le comité de législation et de nominations: 1.Que le corps enseignant de Terre-Neuve, et que les Associations d’instituteurs catholiques de la Province de Québec soient les bienvenus et invités à remplir les conditions requises pour leur affiliation à la Fédération des Instituteurs Canadiens.Par le comité de résolutions: 2.Que cette Conférence prend note de la courtoisie dont ont fait preuve les officiels et les autres personnes qui ont adressé la parole en anglais aux séances de la Convention ou aux autres réunions; et, que la Fsdération des Instituteurs Canadiens approuve les mesures prises dans les différentes provinces du Canada ayant pour objet l’extension de l’étude de la langue française et spécialement l’introduction de méthodes propres à promouvoir l’habileté pour comprendre et parler la langue française.Le rapport de M.Garneau intéressa vivement les membres présents.M.le Commandeur C.-J.Magnan voulut bien ajouter quelques commentaires.Il loua l’idée d’affilier l’Association à cette Fédération des Instituteurs Canadiens, parce que cette fédération laisse à chaque province son autonomie scolaire.Il faudra tout de même être prudent et surveiller surtout toute tendance à l’uniformité des livres de classe pour tout le Canada.Il s’est opposé naguère au Conseil national d’Éducation (National Council) parce que ce Conseil favorisait la création d’un Bureau fédéral d’Éducation.CONFÉRENCE REMISE Vu l’heure avancée, M.le président demanda à M.Éloi Tremblay, instituteur de bien vouloir attendre à la prochaine séance pour donner la conférence qu’il avait préparée sur “la classe préparatoire.” TRAVAUX PRIMES Un prix fut décerné à M.Gérard Filteau, instituteur, pour son magistral travail sur notre système scolaire depuis 1867.Le prix lui fut remis par M.le Commandeur C.-J.Magnan.RÉSOLUTIONS—CONDOLÉANCES Proposé par M.Gérard Jean, secondé par M.W.O’Donnell: Que des sincères félicitations soient offertes à M.le président.Proposé par M.J.-W.Carbonneau, secondé par M.Albert Morissette: Que des sincères sympathies soient offertes au Révérend Père Directeur du Patronage Saint-Vincent-de-Paul, à l’occasion de l’épreuve qui a visité sa communauté, lors de l’incendie partiel survenu récemment.Proposé par M.Gérard Jean, secondé par M.Émile Allard: Que des sincères sympathies soient offertes à M.Théo.Lamontagne, à l’occasion du deuil profond qui vient de le frapper par la mort de la Révérende Mère Sainte-Rogatienne SS.de la Charité. 568 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il est proposé par M.P.-P.Magnan, secondé par M.Roch Létourneau : Que l’Association adresse ses plus sincères condoléances à M.J.-N.Miller et aux membres de sa famille à l’occasion de la mort de son fils, M.l’abbé Eugène Miller, décédé à Régina, en octobre 1929.De plus, elle prie l’ex-Secrétaire du Département de l’Instruction publique de croire en l’assurance de sa plus entière sympathie dans le deuil cruel qui l’a atteint si douloureusement.Proposé par M.Antonio Rouleau, inspecteur d’écoles, secondé par M.Gérard Jean, président du Cercle d’études des Instituteurs de Québec: Attendu que 1’“l’Enseignement primaire” célèbre en ce mois de janvier 1930 le cinquantième anniversaire de sa fondation en janvier 1880, par feu M.J.-B.Cloutier, ancien président de notre Association; Attendu que cette revue pédagogique est dirigée depuis quarante ans par M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des Écoles normales, membre de la Société Royale du Canada et ancien président de notre Association; Attendu que 1”‘Enseignement primaire”, qui est adressé par le Gouvernement, sur la recommandation du Comité catholique, à toutes les écoles catholiques de la Province, a rendu d’éminents services à la cause de l'éducation; Attendu que 1’“Enseignement primaire”, a toujours publié les procès-verbaux des réunions de notre Association depuis cinquante ans: Cette Association est heureuse d’offrir ses félicitations à son dévoué directeur, M.le Commandeur C.-J.Magnan, ainsi qu’à ses distingués collaborateurs, et elle forme des vœux pour que longtemps encore 1’“Enseignement primaire” continue la noble tâche qu’il poursuit avec efficacité depuis un demi-siècle; elle se fait aussi un devoir de rendre hommage au prévoyant fondateur de notre revue pédagogique, feu M.J.-B.Cloutier, qui fut l’un des pionniers les plus zélés de la pédagogie rationnelle en notre pays.PROGRAMME—AJOURNEMENT La prochaine séance est fixée au deuxième samedi de juin, soit le 14 juin 1930.Conférenciers: M.Éloi Tremblay, Instituteur, “La Préparatoire”; M.Paul-Emile Brault, instituteur.M.le président remercie de nouveau la nombreuse réunion, et la séance se termine par le chant de l’hymne national, O CANADA ! Charles Lever, Secrétaire.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE L’Eucharistie Par le baptême, mes enfants, vous êtes nés à la vie chrétienne; au jour de votre baptême, en effet, l’Église vous adopta pour ses enfants et le Bon Dieu vous communiqua la vie de la grâce.Mais il ne suffit pas de revevoir la vie, il faut encore la soutenir et la développer par une nourriture convenable.Si vous ne preniez pas chaque jour les aliments dont votre corps a besoin vous ne tarderiez pas à mourir.Il en est de même de la vie chrétienne que nous recevons au bapterne.Cette vie, pour subsister et s’accroître a besoin d’une nourriture divine: cette nourriture est la sainte Eucharistie.La Sainte Eucharistie est un sacrement que Notre-Seigneur institua et qui contient réellement le corps, le sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin.Seuls, les évêques et les prêtres peuvent faire descendre sur les autels le corps et le sang de Notre-Seigneur.Pour cela ils se servent de pain fait de farine de blé et de vin naturel.Sur ce pain L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 569 y et sur ce vin ils prononcent les paroles suivantes: “Ceci est mon corps”, “Ceci est mon sang”, et Oe-jx-immédiatement le pain et le vin, tout en gardant leurs apparences, c’est-à-dire leur forme, leur ¦ couleur, leur goût, font place au corps et au sang de Jésus-Christ.Les évêques et les prêtres ont reçu cette merveilleuse prérogative de Notre-Seigneur lui-même, qui, la veille de sa mort, après avoir institué la Sainte-Eucharistie, donna à ses apôtres, le pouvoir de faire ce que lui-même avait fait: Faites ceci en mémoire de moi.” La Sainte Eucharistie est la nourriture de nos âmes; elle nous unit à Jésus-Christ elle augmente (jiiai).I en nous la grâce, elle efface nos petites fautes, elle nous aide merveilleusement à triompher du démon et de nos mauvais penchants.Pour la recevoir il faut être pur de tout péché grave, communier avec un seul péché mortel 1 ;; [f serait un horrible sacrilège.Tout chrétien, pourvu qu’il ait l’usage de la raison, qu’il possède les principales vérités de la , Ifoi et qu’il sache distinguer le pain ordinaire du pain eucharistique, peut communier.Il ne faudrait donc pas retarder, comme on le faisait il y a quelques années seulement, le moment de la première c communion jusqu’à l’âge où l’on possède aussi bien que possible les éléments du catéchisme.Dès Ilors, mes enfants, que vous avez l’usage de la raison, que vous connaissez les grandes vérités de notre foi et que vous avez conscience du grand acte que vous accomplissez, vous pouvez communier, quel que soit votre âge.Rappelez-vous, en outre, qu’il faut communier souvent, tous les jours si possible, afin de vivre d’une vie vraiment chrétienne.La Sainte Eucharistie est une nourriture de l’âme, mais c’est encore un sacrifice, c’est-à-dire une offrande et une immolation d’une victime faites à Dieu, souverain Seigneur de toutes choses.La victime qui est offerte et immolée n’est pas autre que Notre-Seigneur lui-même, qui, tous les jours, est présenté à son Père par les mains du prêtre au Saint-Sacrifice de la Messe.Les péchés des hommes qui sont des outrages envers le bon Dieu, ne peuvent pas être suffisamment réparés par un homme.Si vous offensiez un de vos camarades, l’offense ne serait que de peu de gravité et serait facilement réparable, mais si vous offensiez un de vos maîtres, l’injure serait déjà plus grande, et si vous offensiez un prêtre, un évêque, l’outrage serait très grave et la réparation très difficile; l’injure est infiniment plus grande encore lorsqu’elle s’adresse au Bon Dieu; aussi comprend-on facilement que la réparation du péché ne puisse être suffisante, si elle est faite simplement par un homme, et c’est pourquoi Notre-Seigneur, fils de Dieu et Dieu lui-même, se charge, en s’offrant en immolation au Saint-Sacrifice de la messe, de payer les dettes que nous avons contractées vis-à-vis de son Père.J.Fleuriot.LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire me, ffl grâce, rrit® nus dc Cette PROGRAMME GÉNÉRAL COURS INFÉRIEUR EXERCICE DE PENSEE ET DE LANGAGE invention.I.Trouver les mots qui manquent : La balance sert à.(peser).— Le pied sert à.—La charrue sert à.—La herse ) sert à.—Le savon sert à.—Lafaulxsert à.— Le sifflet sert à.—-Les ailes des oiseaux leur servent à.—Les mains servent à.—Les jambes servent à.—Les oreilles.—Le crayon.—L’aiguille.IL Répondre aux questions suivantes: Que pouves-vous faire avec une aiguille ?(Je peux coudre, faire un ourlet, faire de la tapisserie, etc.).—Que pouvez-vous faire avec une épingle?—Que pouvez-vous faire avec des ciseaux?—Que pouvez-vous faire avec un couteau ?9 570 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE III.Dire les contraires: Le contraire de gagner un bon point, c’est le perdre.Le contraire de se rappeler une chose, c’est Youblier.Le sel est salé-, le sucre, au contraire, est sucré.Le contraire de crier, c’est parler doucement; de dormir, c’est s'éveiller (phrase avec ces cinq contraires).DICTÉES I LA VIOLETTE La violette est une petite fleur violette.Elle sent bon.Il y a des violettes blanches et mauves.La violette a cinq pétales égaux.Elle pousse dans les jardins et les bois.II LA POLITESSE La politesse est une vertu.L’enfant poli est aimé de ses parents, de ses camarades, de ses maîtres.Il se lève et s’habille promptement, fait bien sa prière et se tient gentiment à table.En partant pour l’école il dit: bonjour papa, bonjour maman; bonjour grand-papa, bonjour grand’maman.RÉCITATIONS PRIÈRE D’UN PETIT ENFANT Petit Jésus, aidez mon père N’oubliez pas ma tendre mère; Que par vous dans le paradis Nous soyons un jour réunis.LA BONNE COMPAGNIE “L’orgueilleux dahlia, disais-tu, ne sent rien; Viens sentir celui-là.—Certes, il sent quelque chose; Il a grandi longtemps auprès de cette rose: Le parfum de la rose est devenu le sien.” L.Ratisbonne.LA MAMAN Que nous devons aimer cette maman si chère Qui souffrit tant pour nous, qui nous comble [de soins! Voyez comme elle sait prévenir nos besoins: Rien ne peut égaler la bonté d’une mère.Y RÉDACTION MON PETIT CHAT Canevas.—Mon chat.—Qui vous l’a donné?— y Comment est-il (couleur, queue, museau).—Carac- .tère.—Crainte qu’il vous inspire.Développement.—Mon père m’a donné un jeune chat.Il est gris et noir, a une longue queue bien fournie et un joli petit museau rose.Il est devenu bien vite très aimable, très familier et même un peu effronté.J’ai même peur qu’il soit méchant, il a griffé hier le grand chien qui s’approchait de la corbeille où il couche.COURS MOYEN DICTÉES b*; ce qu’on voit dans la maison A la maison, il y a beaucoup de meubles.Dans la cuisine, on voit un poêle, une table, une armoire, des chaudrons, des casseroles, des soupières, des plats, des assiettes, des tasses, des cuillers, des fourchettes.Dans les chambres, on trouve des lits, des armoires, des commodes, des bureaux de toilette, pVmisps pf, rips fautpiiils.Exercices.—Analyser les noms de la dictée i j (genre et nombre).—Dire à quoi servent les objets ! énumérés dans la dictée.—Trouver un dérive en ette de table, chambre.II LES HABITS H m Nous portons des habits de toutes sortes: un pantalon, des bas, une chemise, un gilet, un paletot, une cravate, une blouse, une robe, des jupons, des manchettes, un foulard, des ! bretelles, un manteau, un capuchon, des i gants, des mitaines, une veste, etc.Exercices.—Nommez des vêtements en drap, —des vêtements en toile,—des vêtements en étoffé '11 de coton,—des vêtements en étoffe de laine,—des : vêtements en soie.—Nommez des vêtements noirs,—des vêtements blancs,—des vêtements qui y peuvent être de différentes couleurs—Nommez : ¦‘‘¦f des vêtements particulièrement destinés à nous ; couvrir le corps,—-à nous couvrir les bras, a nous y couvrir le cou,—à nous couvrir les mains.Qui < : raccommode nos vêtements ?—Quels soins devons- 1% nous avoir de nos vêtements ?—Conjuguer porter, raccommoder, aux temps simples du mode indicatif. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 571 III LE PAYS NATAL Le pays natal ne comprend pas seulement le rang, le village, la paroisse, la ville, la cité où nous sommes nés.C’est cette belle terre du Canada que bornent trois océans, c’est particulièrement pour nous, Canadiens français, la Province de Québec, cette admirable Nouvelle-France arrosée par le majestueux Saint-Laurent et ses riches tributaires, le Saguenay, le Saint-Maurice, l’Ottawa, le Richelieu, le Saint-François, la Chaudière.Explications.—Natal: le lieu où l’on est né;— naître, naissance.—Rang, village.remarquer la gradation.—village (villageois), paroisse (paroissien), cité (citadin).—De quoi se compose le pays natal, la patrie ?—Quelles sont les bornes de la Province de Québec, du Canada?—Qu’est-ce que la Nouvelle-France ?Les fleuves qui l’arrosent ?Grammaire.—Faire une liste des noms communs; une liste des noms propres; une liste des noms singuliers; une liste des noms pluriels.RÉCITATIONS I PAROLES D’UN ENFANT A SON PERE Ton labeur me procure Le pain de tous les jours, Aussi, je te le jure, Je t’aimerai toujours.Dans tes bras, tu me presses, Le soir, à ton retour; Je veux, par mes caresses, Répondre à ton amour.Questions.—Que veut dire le mot labeur?—Par quel moyen votre père vous procure-t-il tout ce dont vous avez besoin ?—A-t-il de la tendresse pour vous ?—Comment vous la témoigne-t-il ?—Que lui devez-vous en retour?II PATRIE Canada! Canada! Terre immense et féconde, Nouvelle Gaule assise au nord du Nouveau-Monde, Héroïque pays d’espérance et d’honneur, Sol vierge, caps géants, Mille-Isles, flots limpides, Généreuse nature, altières Laurentides, Où l’érable sans fin déroule sa splendeur! Canada! Canada! toi que le ciel protège, Toi qui, sous ton manteau de verdure et de neige, Dans l’ombre de tes bois Verdoyants ou jaunis, Sur les bords de ton fleuve aux grandes eaux se- [reines Du sommet de tes monts et du sein de tes plaines Es pour le Canadien le plus beau des pays! Gloire à toi! nous t’aimons, et l’étranger t’admire.Gloire à toi, Saint-Laurent, dont je ne saurais dire La beauté sans amour, ni le nom sans fierté! Qu’à jamais, fleuve aimé, tes rives nous soient chè- [res Et rappellent toujours que le sang de nos pères S’épancha pour ta gloire et pour ta liberté! Albert Ferland.RÉDACTION ON Y GAGNE A ÊTRE POLI Historiette à lire et à raconter Georges et Louise “Mère, donne-moi mon ballon!” dit Georges.Point de réponse.“Donne-moi mon ballon tout de suite!” reprit le gamin.Toujours même silence.Alors criant plus fort: “Mère, ne m’entends-tu pas?” La maman tourna un peu la tête du côté de son fils, et répondit tranquillement: “Je t’entends parfaitement.” Comme elle achevait ces mots, la porte de la maison s’ouvrit, et la petite Louise, s’avançant avec son plus gentil sourire, demanda : “Ma petite mère, veux-tu, s’il te plaît, me prêter une raquette et un volant, pour jouer dans le jardin?—Certainement, ma chérie”.Et Louise sortit, toute joyeuse, emportant la raquette et le volant.On accorde à la politesse et au respect ce qu’on refuse à l’inconvenance.J.Masson.Fame raconter I’histoire à l’aide de questions comme celles-ci: Que disait Georges?—Les enfants respectueux parlent-ils ainsi à leurs parents ?—La maman lui-a-t-elle donné ce qu’il demandait ainsi ?—Qu’a-t-elle répondu ?—Pourquoi ?Comment Louise s’est-elle approchée ?—Qu’a-t-elle dit ?—Et qu’a répondu sa mère ?Aimez-vous mieux faire comme Georges ou comme Louise?COURS SUPÉRIEUR DICTÉES I UN HOMME DE BIEN Saint Vincent de Paul n’avait pas une seule pensée, ne faisait par un seul pas qui n’eût le bien de l’humanité pour objet: il organisa le secours des pauvres à domicile, instruisit et moralisa le peuple des campa- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 572 gnes, soulagea, rendit à Dieu, à la société,les condamnés, les galériens qu’il ramenait au bien, sauva les enfants que la mère abandonnait dans le vice: telle a été l’œuvre d’un pauvre prêtre sans nom, sans ressource.La charité remplaça en lui le génie.Exercices.—Saint Vincent de Paul: à quelle époque vivait-il ?—Où est-il né ?—Pourquoi dit-on: un prêtre sans nom.—Quelles sont les œuvres admirables de saint Vincent de Paul ?—U humanité: les hommes en général.—Galériens: primitivement, ceux qui étaient condamnés à ramer sur les galères (anciens navires de guerre à rames et à voiles);—aujourd’hui ceux qui sont condamnés aux travaux forcés;—synonyme: forçats.Analyse.—Séparer par un trait les propositions contenues dans la dictée;—dire pour chacune d’elles si elle est principale, coordonnée ou complétive.— Un nom et un complément étant donnés, remplacer ce dernier par l’adjectif qui en dérive: Concerts des anges (angéliques).Gerbe de lumière (lumineuse), le sénat de Rome (romain), la Providence de Dieu (divine), règne de tyran (tyrannique), joie d’enfant (enfantine), saison de pluie (pluvieuse), terre de marécage (marécageuse), mouvement de religion (religieux), temps d’orage (orageux), monnaie du Canada (Canadienne), jardin de délices (délicieux), cœur de père (paternel).II LETTRE A MA FILLE Tu me demandes, ma chère enfant, d’où vient que les femmes sont condamnées à la médiocrité.Chaque être doit se tenir à sa place et ne pas affecter d’autres prétentions que celles qui lui appartiennent.Je possède ici un chien qui fait notre joie; si la fantaisie lui prenait de se faire seller pour me porter à la campagne, je serais aussi peu content de lui que je le serais du cheval de ton frère, s’il s’imaginait de sauter sur mes genoux.Joseph de Maistre.Explications.—Médiocrité: ici, une vie qui n’a rien de remarquable, toute passée dans des occupations vulgaires, en apparence, milles.—Affecter: avoir, rechercher d’autres prêtent! o n s affecta -lions—Fantaisie: volonté déréglée, capricieuse.— Seller: mettre une selle sur un cheval; sellerie, sellier, sellette.Exercices.—Expliquer l’accord de tous les verbes de la dictée.—Relever et analyser les adjectifs qualificatifs.—Cheval, genoux: quelle est la règle du pluriel applicable à ces mots ?—Analyser : Je possède ici un chien qui fait notre joie.Cette phrase renferme deux propositions.La première: je possède ici un chien, est principale; la deuxième: qui fait notre joie, est une complétive •déterminative du mot chien.III les abaisse sur la terre, je vois des maisons, des prés, des champs, des chevaux, des bœufs, des vaches, des moutons et toute espèce d’animaux, des hommes qui travaillent, puis des jardins, des fleurs et des fruits; si je plonge mon regard dans le lointain, j’aperçois des villes, des villages, des forêts, des montagnes, des vallées, des plaines, des cours d’eau, des lacs, des océans ; mais ce que j e remarque avec le plus de bonheur, c’est la croix de Jésus et le clocher de l’église où il repose.Exercices.—Expliquer les expressions: firmament, plonger son regard.Comment le ciel et la terre annoncent-ils la gloire de Dieu?(Parce que les merveilles qu’on y découvre manifestent hautement sa puissance, sa bonté, et tout cet ensemble d’attributs qui nous remplissent d’admiration, de reconnaissance et de respect pour lui.) j r r jfip, i ! ri; : è- P jPoiiri W IV SUR LE RICHELIEU Rien de plus pittoresque que ces agglomé-rqtions de maisonnettes échelonnées de Cham-bly à Sorel.Le voyageur qui descend la rivière se laisse bientôt prendre au charme du panorama: une succession rapide d’agréables paysages encadrant des fermes proprettes et, dans le fond du tableau, de superbes bois aux viches-frondaisons.Entre cette double rangée d’habitations et de villages qui se font vis-à-vis, coule le Richelieu ; mais en les séparant, il les laisse assez rapprochés pour que l’on puisse s’interpeller d’une rive à l’autre.Les braves gens de Belœil causent par-dessus les eaux avec ceux de Saint-Hilaire.Saint-Marc voisine avec Saint-Charles, tandis qu’à Saint-Ours, on peut demander de leurs nouvelles aux amis d’en face, de Saint-Roch.Au centre de chacune de ces paroisses s’élève une belle église, tout à la fois sentinelle et forteresse, qui atteste bien haut la foi des populations assises à son ombre.A l’heure de la prière, les cloches de ces maisons de Dieu mêlent leur harmonie tandis que les flèches des clochers se mirent dans les même eaux.Alfred-D.De Celles.Et te m -tri Exercices.—Trouver le sens des termes et des expressions en italique.RÉCITATION LA NEIGE LE CIEL ET LA TERRE ANNONCENT LA GLOIRE de Dieu Si je jette les yeux sur le firmament, je vois le soleil, la lune, les nuages, les étoiles; si je O neige, douce, et molle, et blanche, O belle neige de Noël, Qui remets des fleurs sur la branche Et des essaims au fond du ciel.If [îtiie It in L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 573 Sois parmi nous la bienvenue! Descends à flots, viens te poser Sur la terre glacée et nue, Que réchauffera ton baiser.Préserve du froid la semence D’où sortiront les moissons d’or, Le gland où le chêne commence, Et l’humble graine où la fleur dort.Descends jusqu’aux sources profondes Que l’hiver sans toi fait tarir, Afin qu’on voie encore leurs ondes Dans l’herbe nouvelle courir.Gonfle les racines de sève.Pour que les hêtres, au printemps, Versent au poète qui rêve L’ombre de leurs rameaux flottants.Ne reste pas sur la mansarde Où l’on a froid, où l’on a faim; Laisse au soleil qui s’y hasarde Fondre ton manteau d’argent fin.Et lorsqu’au champ des morts tu tombes, Suaire immense aux larges plis, Ne gèle pas au fond des tombes —0 neige!—nos ensevelis! François Fabié.COMPOSITION LES PATINS (Montrer des patins ou une gravure représentant des patineurs).DÉVELOPPEMENT Les patins sont des chaussures spéciales pour glisser rapidement sur la glace.Ils se composent d’une lame d’acier debout sur sa tranche et fixée sous un support d’acier ou de bois que l’on attache au pied chaussé par des courroies ou par des ressorts.La lame d’acier dépasse la chaussure en avant en se courbant légèrement en haut.Dans nos climats, patiner est un exercice sportif auquel bien des personnes aiment à se livrer quand il a gelé assez fort pour se risquer sur une rivière ou un étang gelé, ou même, dans les collèges et les écoles, sur patinoire préparée tout exprès dans la cour de récréation.Mais dans les pays froids, plus froids que le nôtre, le patinage est un moyen de circulation.Quand les fleuves russes ou sibériens sont pris pour tout l’hiver et deviennent des routes, c’est sur des patins que toute la population, hommes, femmes, enfants, y circule commodément et rapidement.École primaire élémentaire PROGRAMME RURAL DICTÉES I LES POULES Les poules sont des animaux domestiques; elles volent difficilement, parce qu’elles ont les ailes courtes.Elles soignent leurs poussins avec tendresse; et, pour les défendre, elles ne reculent devant aucun danger.Voyez-les entourées de leur petite famille, elles ne font pas un mouvement qui ne soit pour leurs poussins.Analyse logique.—Distinguer la proposition dans chacun des termes essentiels.ii LA PATRIE Quel mot puissant et magique que celui de patrie! et comme il éveille dans notre pensée une image toute pleine à la fois de douceur et de majesté! Voici la patrie! cette maison où votre âme s’est épanouie sous les regard^ attendris d’un père, qui reste toujours em -baumée pour vous du parfum des baisers maternels; ces chemins que nos premiers pas ont foulés si souvent et si gaiement; ces horizons connus, ces eaux courantes et ces bois, tous ces chers obj ets que vous avez naïvement associés aux plus vives impressions de votre enfance; hélas! et ce coin de terre où dort la cendre à peine refroidie de vos aïeux, suivis et gardés dans la tombe par la piété de vos souvenirs; oui, tout cela, c’est la patrie! Mgr Darboy.Questions.—-Que signifie magique.(Qui exerce un grand pouvoir sur les sens, sur Pâme.)—-Éveille.(Rappelle, fait naître.)—D’après la dictée, qu’est-ce que la Patrie?—Que savez-vous de Mgr Darboy ?(Il était archevêque de Paris en 1871, pendant la Commune.Emprisonné comme otage, il fut fusillé par les communards).III LA TERRE C’est du sein de la terre que sort tout ce qu’il y a de plus précieux.Cette masse in- 574 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE forme, vile et grossière prend toutes les formes les plus diverses et elle seule devient tous les biens que nous lui demandons.Cette boue si sale se transforme en mille objets qui charment les yeux.En une seule année, elle devient branches, boutons, feuilles, fleurs, fruits et semences, pour Renouveler ses libéralités en faveur des hommes.Rien ne Tépuise, plus on déchire ses entrailles, plus elle est libérale.Après tant de siècles, pendant lesquels tout est sorti d’elle, elle n’est point encore usée, elle ne ressent aucune vieillesse; ses entrailles sont encore pleines des mêmes trésors.Mille générations ont passé dans son sein, tout y habite, excepté elle.Seule, elle se rajeunit chaque année au printemps.Et montrait un goût dédaigneux, Comme le rat du bon Horace.“Moi, des tanches! dit-il, moi Héron, que je fasse Une si pauvre chère?et pour qui me prend-on?” La tanche rebutée, il trouva du goujon.“Du goujon! c’est bien là le dîner d’un héron! J’ouvrirais pour si peu le bec! Aux dieux ne plaise!’ Il l’ouvrit pour bien moins: tout alla de façon Qu’il ne vit plus aucun poisson.La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un limaçon.La Fontaine.Réflexion.—N’imitons pas le Héron; ne soyons pas difficile comme lui et sachons apprécier le bonheur de vivre à la campagne, loin des misères et des désenchantements des villes.RÉDACTION Questions et explications.—1.Que veut dire: sein de terre.—masse informe.—plus on déchire ses entrailles.—R.Sein de la terre: l’intérieur de la terre.—Masse informe: dont la forme n’est pas déterminée.—Plus on déchire ses entrailles: Plus on défriche, laboure profondément la terre;— entrailles dans ce sens est synonyme de sein.2.Quel est le synonyme de libéralité.—Largesse.3.Analysez grammaticalement: Mille générations ont passé dans son sein.Mille, adj.num.card.fêm.pl.déterm.générations.générations, n.c.f.pl., sujet de ont passé.ont passé, ver.intr.3e pers.pl.du passé indéfini, 1ère conj.dans, préposition.son, adj.poss.masc.sing., dêterm.sein.sein, n.c.m.sing, compl.ind.de ont passé.4.Quelle est la formation du mot rajeunir .— Rajeunir est composé de re, a (ad.) et de l’adjectif jeune, auquel on a ajouté la terminaison ir; il signifie revenir jeune, ramener à la jeunesse.5.Quels sont les mots de la même famille que usée.— Usée est le participe passé du verbe user dont le radical est us, vieux mot usité seulement dans cette locution : les ms et coutumes.Ce radical se retrouve dans: usage, user, usance, usager, usine, usité, usuel, ustensile, usure, usurier, usuraire, utile, utilité, utiliser; abus, abuser, abuseur, abusif, abusivement, désabuser, mésuser, inusable, inusité, usufruit, usufruitier, usurper, usurpateur, usurpation.RÉCITATION LE HÉRON Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où, Le Héron au long bec emmanché d’un long cou.Il côtoyait une rivière, L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux Ma commère la Carpe y faisait mille tours [jours; Avec le brochet son compère, Le Héron en eût fait aisément son profit: Tous approchaient du bord, l’oiseau n’avait qu’à Mais il crut mieux faire d’attendre [prendre.Qu’il eût un peu plus d’appétit.Il vivait de régime et mangeait à ses heures.Après quelques moments, l’appétit vint; l’oiseau, S’approchant du bord, vit sur l’eau Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.Le mets ne lui plut pas; il s’attendait à mieux TANT VAUT L’HOMME, TANT VAUT LA TERRE Canevas.—Explication de la pensée.—Exemple : Deux voisins possèdent chacun un champ dont le sol est de même nature, c’est-à-dire pierreux, difficile à travailler.L’un des deux hommes fait de bonnes récoltes, l’autre ne retire rien de son champ.—Pourquoi ?DÉ VE LO PPE MENT Cette maxime signifie que nos revenus et plus particulièrement le rapport de nos terres sont en raison directe du travail que nous produisons.Plus nous sommes actifs, mieux nos terres sont cultivées, et plus les récoltes sont abondantes.Si, au contraire, nous sommes paresseux, notre travail n'étant pas suffisant pour entretenir nos champs en bon état, ceux-ci nous rapportent bien peu, ou ne nous rapportent presque rien.Deux hommes possédaient chacun un champ d’égale étendue et dont la terre était de même qualité, c’est-à-dire très médiocre.Ces champs exigeaient, pour produire, qu’on les travaillât beaucoup, qu’on ne leur ménageât ni l’engrais, ni la peine.L’un des deux hommes étant actif et vaillant, sa terre finit par être débarrassée des pierres, des mauvaises herbes qui l’encombraient.Il y transporta des engrais en abondance et finit par obtenir des récoltes excellentes.Son voisin, au contraire, mou et paresseux, fut découragé par la perspective de la peine qu’il faudrait se donner pour obtenir peu de résultat.Il négligea sa terre, aussi ce champ n’était-il qu’une vaste étendue couverte de ronces et qui ne lui rapportait presque rien.La conduite de ces deux hommes justifie cette maxime bien connue: Tant vaut l’homme, tant vaut la terre! 7 % L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 575 École primaire PROGRAMME GÉNÉRAL DICTÉES I Les voyageurs qui venaient de quitter Québec étaient donc attendus à Ville-Marie.Mis sur ses gardes à cause des surprises possibles des Iroquois, M.d’Ailleboust s’entoura durant tout le trajet de précautions infinies.La végétation des côtes, tantôt abruptes, tantôt onduleuses, faisant bordure au Saint-Laurent,était alors dans toute sa splendeur.A partir du Cap-Rouge, témoin de la première tentative de colonisation canadienne au temps de Roberval et de Cartier, aucune trace de défrichement ne s’offrait aux regards.Après avoir parcouru près de vingt-cinq lieues, les voyageurs aperçurent quelques habitations françaises: c’était le poste des Trois-Rivières, établi dès l’année 1634 par M.de LaViolette, d’après les ordres de Champlain.Puis la solitude recommença, mais belle, calme, poétique, le grand fleuve coulant avec majesté entre des rives élargies et fuyantes, couvertes d’érables touffus et d’ormes gigantesques, baignant, ça et là, des îles débordantes de verdure où croissaient avec profusion des plantes odoriférantes.JJ air était embaumé.L’âme des voyageurs se serait enivrée de ce spectacle et de ces parfums sans la crainte persistante de voir, au détour de chaque îlot, surgir une troupe de Peaux-Rouges placés en embuscade.Ernest Gagnon.Exercice écrit.—Trouver un synonyme des mots en italique.complémentaire qu’il est grossier, elle irrite ou afflige le prochain.Mais ne vous étudiez pas seulement à être affable de manières; faites en sorte que l’affabilité soit dans toutes vos pensées, dans toutes vos volontés, dans tous vos sentiments.L’homme qui ne s’occupe pas à chasser de son âme les pensées ignobles, et qui, au contraire, les accueille souvent, se laisse entraîner par elles à des actions blâmables.On entend des gens, qui même ne sont pas de basse condition, faire des plaisanteries grossières et tenir un langage inconvenant.Ne les imitez pas.Exercice:—Analyse logique de la phrase: “L’homme qui ne s’occupe pas à chasser de son âme les pensées ignobles, et qui, au contraire, les accueille souvent, se laisse entraîner par elles à des actions blâmables.” III LE GRAND-PÈRE Quand il était jeune et fort, votre grand-père a bien travaillé pour ses enfants, comme nous travaillons pour vous aujourd’hui.Il a fait de grands sacrifices pour les élever, pour leur donner une bonne instruction; car il n’était pas riche, votre grand-père, et il lui a fallu bien des journées de rude labeur pour gagner la vie des siens.Il ne regardait pas à la peine, il ne pensait pas à lui-même, mais à ses enfants, qu’il aimait mieux que lui-même; et maintenant qu’il est vieux, qu’il ne peut plus travailler, ce sont eux qui travaillent pour lui.Ils sont heureux de lui rendre un peu de ce qu’il leur a donné quand ils étaient jeunes.Ce serait bien mal et bien ingrat d’oublier tout ce dévouement.EXERCICES II AFFABILITÉ Soyez affable pour tous ceux avec lesquels il vous arrive d’avoir affaire.L’affabilité, en vous donnant des manières bienveillantes, vous dispose véritablement à aimer.Celui qui a l’air farouche, soupçonneux, méprisant, dispose à de mauvais sentiments envers lui.La rudesse est aussi la source de deux grands maux: elle gâte le cœur de celui qui fait voir Qu’est-ce qu’un complément?Quels sont les mots qui peuvent avoir des compléments ?Combien le verbe peut-il avoir de sortes de compléments?Qu’est-ce qu’un complément direct?un complément indirect?Comment les trouve-t-on l’un et l’autre?Par quelle espèce de mot commence un complément indirect ?Quels sont les compléments directs de a fait, élever, donner, gagner, aimait, oublier ?Quels sont les compléments indirects de regardait, pensait?—Formez des verbes avec les mots suivants: jeune, fort, sacrifice, riche, peine.Conjuguez les verbes faire et pouvoir à tous leurs temps simples.Avec quel auxiliaire se conjuguent leurs temps composés?Qu’est-ce qu’un grand-père?Pourquoi les enfants doivent-ils l’aimer, le respecter et se montrer reconnaissants à son égard ? 576 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉCITATION NOTEE LANGUE Un jour, d’âpres marins, vénérés parmi nous, L’apportèrent du sol des menhirs et des landes, Et nos mères nous ont bercés sur leurs genoux Aux vieux refrains dolents des ballades normandes.Nous avons conservé l’idiome légué Par ces héros quittant pour nos bois leurs falaises, Et, bien que par moments on le crut subjugué, H est encore vainqueur sous les couleurs anglaises.Et nul n’osera plus désormais opprimer Ce langage aujourd’hui si ferme et si vivace.Et les persécuteurs n’ont pu le supprimer, Parce qu’il doit durer autant que notre race.Essayer d’arrêter son élan, c’est vouloir Empêcher les bourgeons et les roses d’éclore; Tenter d’anéantir son charme et son pouvoir, C’est rêver d’abolir les rayons de l’aurore.Brille donc à jamais sous le regard de Dieu, O langue des anciens! Combats et civilise, Et sois toujours pour nous la colonne de feu Qui guidait les Hébreux vers la Terre promise! W.Chapman.COMPOSITION POURQUOI j’AIME LA GÉOGRAPHIE Sujet à traiter Quel est, parmi les enseignements que Con vous donne à l’école, celui qui vous plaît davantage; et motivez votre préférence.De toutes les matières que nous étudions : à l’école, c’est la géographie qui me plaît le plus.J’éprouve un intérêt tout particulier à cultiver cette science, qui me semble facile et | attrayante, peut-être grâce à l’excellente méthode qu’emploie notre maître.Il nous donne en effet la leçon de géographie à la carte murale et montre chaque chose à mesure qu’il la nomme, puis il nous fait inscrire sur une carte muette dessinée au tableau noir les choses qu’il nous a indiquées sur la carte ; écrite.De cette façon la leçon est fort agréable et se grave facilement dans notre mémoire.D’ailleurs, quand bien même cette étude serait encore plus difficile, cela ne m’empêcherait pas de m’y appliquer, car elle est de la plus grande utilité.C’est par elle que nous avons la connaissance de la nature du sol, que nous sommes renseignés sur la production et le climat de chaque pays, les : usages de chaque peuple.Aujourd’hui, plus que jamais, l’enseignement de la géographie 1 est nécessaire.Depuis l’emploi de la vapeur, , de l’électricité, du moteur à gazoline les communications sont devenues faciles, les ; relations entre les peuples se sont multipliées par terre et par eau et même à travers l’espace infini du firmament.École primaire complémentaire SECTION AGRICOLE DICTÉES I CE QUE VIVENT LES ANIMAUX DOMESTIQUES Commençons par le bœuf.En voilà un robuste, je l’espère! Quel poitrail et quelles épaules! Et puis ce grand front carré, avec ces vigoureuses cornes autour desquelles s’enroule la courroie du joug; ces yeux tout reluisants de la sereine majesté de la force.Si fort, il devrait vivre des siècles.Erreur complète: le bœuf, si gros, si massif, est vieux, très vieux, de vingt à trente ans.Ce qui serait pour nous verte jeunesse est pour lui vieillesse décrépite.Le cheval, ainsi que son modeste compagnon l’âne, ne dépasse guère trente à trente-cinq ans.Nos autres animaux domestiques vivent moins encore.Le chien, arrivé à vingt-cinq ans, ne peut plus se traîner; le porc est un vétéran caduc quand il atteint la vingtaine ; à quinze ans au plus, le chat ne chasse plus les souris; la chèvre, la brebis, de dix à quinze ans, touchent à Vextrême vieillesse; le lapin est au bout de son rouleau de huit à dix ans.Exercices.—1.L’élève soulignera tous les adjectifs de la dictée et les rangera, suivant leur nature, en petites colonnes.2.—Ecrire aux deuxièmes personnes du passé défini et du passé indéfini les verbes commencer, espérer, enrouler, dépasser, traîner, chasser et toucher.II LES CHARMES DE LA VIE RURALE Le vent dans la forêt Qui pourrait décrire le mouvement que l’air communique aux végétaux ?Le chêne, au tronc raide, ne courbe que ses branches, l’élastique sapin balance sa haute pyramide, le peuplier robuste agite son feuillage mobile, et le bouleau laisse flotter le sien dans les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 577 airs comme une longue chevelure.Cependant, ces grands corps insensibles font entendre des bruits profonds et mélancoliques.Ce ne sont point des accents distincts: ce sont des murmures confus comme ceux d’un peuple qui célèbre au loin une fête par des acclamations.Il n’y a point de voix dominantes: ce sont des sons monotones, parmi lesquels se font entendre des bruits sourds et profonds qui nous jettent dans une tristesse pleine de douceur.Ainsi les murmures d’une forêt accompagnent les accents du rossignol.C’est un fond de concert qui fait ressortir les chants éclatants des oiseaux, comme la douce verdure est un fond de couleur sur lequel se détache l’éclat des fleurs et des fruits.Ce bruissement des prairies, ce gazouillement des bois ont des charmes que je préfère aux plus brillants accords; mon âme s’y abandonne; elle se berce avec les feuillages ondoyants des arbres; elle s’élève avec leur cime vers les cieux; elle se transporte dans les_ temps qui les ont vus naître et dans ceux qui les verront mourir : ils étendent dans l’infini leur existence circonscrite et fugitive.Il me semble qu’ils me parlent un langage mystérieux ils me plongent dans d’ineffables rêveries, qui souvent ont fait tomber de mes mains les livres des philosophes.Majestueuses forêts, paisibles solitudes, qui plus d’une fois avez calmé mes passions, puissent les cris de la guerre ne jamais troubler vos résonnantes clairières! N’accompagnez de vos religieux murmures que les chants des oiseaux ou les doux entretiens des amis qui veulent se reposer sous vos ombrages.Bernardin de Saint-Pierre.LECTURE ET RÉCITATION LA VACHE ET LE BOUVIER Une vache que la tristesse Accablait et rainait bien plus que la vieillesse, Au bouvier, en ces mots, exprimait sa douleur: Pour moi, c’en est donc fait, il n’est plus de bon- [heur ?Hélas! jadis mon sort était digne d’envie.On se plaisait à me soigner; On me menait à la prairie; Souvent même pour m’épargner La peine de chercher ma vie, Au milieu de mon écurie, On avait soin de m’apporter Des faix d’herbe fraîche et choisie.Chacun me traitait en amie.La laitière, surtout, venait me visiter, Et j’étais sa vache chérie.Mais depuis quelque temps, reléguée en un coin, L’on me dédaigne, l’on m’oublie; Et seulement de loin en loin On me donne, en passant, un peu de mauvais foin.J’ai cependant servi mon maître, Sans me vanter, aussi bien qu’il put l’être.J’ai labouré, j’ai fait les plus rudes travaux, J’ai porté dix ou douze veaux, Et par mon lait, à la laitière, J’ai procuré nombre d’écus, Pourquoi donc ne la vois-je plus, Moi qui lui fut jadis si chère ?Pourquoi me traite-t-on si mal ?—Pourquoi ?dit le bouvier, eh! mon pauvre animal, La raison en est assez claire.C’est que l’on ne peut plus te traire, C’est que tu ne peux plus donner ni veaux ni lait.Le rustre avait raison : sa réponse est un trait Qui seul, des faux amis nous peint le caractère.Tant qu’on peut les servir, les aider ou leur plaire, Ils sont attentifs, généreux; Mais pour leur intérêt ne peut-on plus rien faire, Que l’on n’attende plus rien d’eux!.COMPOSITION OÙ VAUT-IL MIEUX VIVRE: A LA VILLE OU A LA CAMPAGNE DÉVELOPPEMENT La ville offre certainement des avantages.Mais toute médaille a son revers.La grande ville a aussi ses désavantages et ses désagréments.On y est généralement logé à l’étroit; on y travaille emprisonné dans les ateliers, les usines, les bureaux plus ou moins sombres; on y respire une atmosphère nocive, infestée par des émanations délétères; on y est incommodé par des bruits assourdissants et continuels; on ne peut circuler dans la rue sans courir le danger, pour peu qu’on soit distrait, d’être renversé par les automobiles ou les tramways qui se croisent en tous sens; enfin on y court même le danger des plaisirs trop faciles et du vice qui poursuit la vertu.Tels sont les réels désavantages et désagréments de la vie dans une grande ville.Demandons maintenant à la campagne ce qu’elle offre d’utile et d’agréable à la vie de ses habitants: c’est une habitation entourée de verdure et baignée de soleil; c’est une nourriture simple et saine; c’est le travail dehors, sous le grand ciel aux larges horizons; c’est la pureté de l’air qu’on respire au sein de la nature où l’œil est récréé par les fleurs et l’oreille charmée par le chant des oiseaux; c’est encore l’ivresse de voir germer, grandir et prospérer ce qu’on a semé; c’est enfin cet ineffable sentiment d’indépendance et de liberté qu’on éprouve à vivre dans la sérénité des choses qui vous entourent.Il est une chanson intitulée: “Le paysan roi”.Il est bien, en effet, le roi des champs; il commande à la terre qu’il cultive et la terre, docile, lui paye largement le tribut de ses fruits I et de ses moissons. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Où sont les désavantages et les désagréments de la vie à la campagne ?Ils apparaissent en ceci que les travaux champêtres sont parfois rudes et fatigants, qu’aux belles saisons la journée de labeur dépasse de beaucoup les huit heures officielles, qu’on y est exposé tour à tour aux rigueurs de la chaleur et du froid et que les contretemps peuvent compromettre telle ou telle récolte.Bref, ici-bas où rien n’est parfait, où toute rose a ses épines tous ces inconvénients sont comme la rançon obligée du bien-être à la campagne.A la question: “Aimeriez-vous mieux vivre à la ville ou à la campagne ?” Sans hésitation aucune, je réponds: “Je préfère de beaucoup la vie à la campagne”.Pourquoi?Je l’ai déjà dit en énumérant quelques-uns des bienfaits et des délices dont elle nous comble.Cette existence de paix et de tranquillité ne vaut-elle pas infiniment mieux que la vie tumultueuse et trépidante des cités ?.J’en appelle aux habitants mêmes de la ville.Voyez! Durant la semaine de travail, en été, ils ne caressent que l’idée riante de s’évader le dimanche pour passer, au moins un jour sur sept, à la campagne, au milieu de la verdure et des fleurs, dans la griserie de la lumière et de la liberté.Et quel est le rêve le plus doux du citadin ?C’est de réaliser les économies suffisantes qui lui permettent de se retirer à la campagne pour y finir ses jours.Un cultivateur sérieux a-t-il jamais dit: “Mon bonheur serait de terminer ma vie dans une ville?” Oh! non! Et celui qui tiendrait ce langage insensé n’est sûrement pas né encore! En manière de conclusion, laissez-moi citer du poète Ducis, ces deux vers qui chantent souvent dans ma mémoire : Oh! que sur les cités les champs ont d’avantages! Ils sont plus purs, plus doux, meilleurs pour tous [les âges.Le Poète Delille ajoute: Qui fait aimer les champs fait aimer la vertu.SECTION MÉNAGÈRE DICTÉES I MON AIGUILLE Mon aiguille, n’aurai-je donc jamais pour toi une parole d’affection et de gratitude ?Me contenterai-je de réclamer tes services, à chaque instant du jour, sans paraître t’en savoir gré f Et cependant, dis-moi, ma précieuse servante, à quel labeur t’es-tu jamais refusée pour moi?La robe que je porte, la batiste brodée de mon mouchoir, le tabouret où mes pieds reposent, les blancs rideaux de mousseline qui tempèrent le jour du dehors.mon aiguille, tu a§ contribué à toutes ces nécessités.Tu m’apprêté ton concours pour confectionner le grossier vêtement du pauvre, tu t’es appliquée au manteau de satin rose dont ma petite fille revêt sa poupée avec tant d’orgueil.—Merci, chère aiguille.Explications.—Gratitude: reconnaissance pour un service rendu.—Te savoir gré: t’être reconnaissante.—-Tempèrent: modèrent.—Nécessités: toutes ces choses énumérées.—Revêt: forme plus élégante que habille.Exebcices.—Qu’est-ce que la gratitude?savoir gré?tempérer?les nécessités?que veut dire revêt?—Trouver le contraire des mots suivants: affection (haine), gratitude (ingratitude), blanc (noir), grossier (fin), orgueil (modestie).—Conjuguer le présent du subjonctif du verbe s'appliquer.—Relever séparément les adjuectifs déterminatifs et les pronoms.II LA DOUCEUR La douceur est l’arme par excellence de la femme, et c’est une arme d’une puissanse incalculable, quand elle est bien maniée.Ce n’est pas à nous autres, femmes, de nous irriter, d’exiger d’un ton sec, ou de menacer.C’est à nous de solliciter doucement et, par ce moyen, nous arriverons à nos fins.C’est par une douceur constante qu’une femme se fait aimer de son mari, de ses enfants et de ses domestiques.Il est rare que ces derniers ne s’attachent pas sincèrement à une maîtresse de maison qui les commande avec douceur.Et notez que la douceur n’exclut pas l’énergie, loin de là : pour être exprimée doucement et sans éclat de voix, une volonté ferme n’en est pas moins une volonté ferme.Mme Sage.Questions.—1.Décomposer le mot incalculable en ses éléments et en déduire le sens.2.Synonymes de solliciter.3.De quelle conjugaison est le verbe exclutl Le conjuguer au futur simple de l’indicatif et au passé du subjonctif.Réponses.—1.Incalculable: radical calcul (opération qu’on effectue sur des nombres donnés), préfixe in, avec un sens négatif; suffixe able, qui marque la possibilité: calculable qu’on peut calculer; incalculable qu’on ne peut pas calculer.2.Solliciter.Synonymes: engager, inciter, prier.3.Exclut: 3e pers, du présent de l’indicatif du verbe exclure, 4e conjugaison.—Futur: j’exclurai.nous exclurons., etc.;—passé du subj.: que j’aie exclu., que nous ayons exclu, etc. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 579 RÉCITATION UNE MÈRE A SA FILLE Enfant, qui seras femme, N’ouvre jamais ton âme Qu’aux modestes vertus; Que ta charité sainte Berce et calme la plainte Des esprits abattus! Que ta pure espérance Relève la souffrance; Que ton hymne de foi Comme une chaste offrande, Monte au ciel et répande La paix autour de toi.Sois l’ange qui console; De ta douce parole Prodigue le secours; Au malheur tends l’oreille, Près du malade, veille, Et près du pauvre, accours.Travaille, prie et chante; Le travail t’ennoblit, La foi te rend touchante, La gaîté t’embellit.Coule une vie obscure Que le devoir remplit: L’onde à l’ombre est plus pure, Rien ne trouble son lit.Louise Colet.Explications.—Berce: console ceux qui souffrent en leur faisant espérer le soulagement de leurs maux.Aie foi dans l’avenir et ceux qui t’entourent partageront ta confiance.Réflexion.—Ce morceau résume les qualités qui caractérisent la femme accomplie.Les vertus paisibles et domestiques, la douceur, la modestie, l’ordre, telles sont surtout celles qu’une jeune fille doit rechercher et que cette mère recommande à son enfant.Sois l’ange qui console, lui dit-elle.Affectueuse, aie pour tous une bonne parole et un encouragement pour le malheur; indulgente, sache pallier les torts et calmer le ressentiment.Sois laborieuse; la tâche accomplie procure de telles joies qu’elles donnent un charme de plus à qui les ressent.Ennemie de la mollesse et de l’oisiveté, la future ménagère sera aussi active à la maison que studieu-se à l’école.Elle se rendra utile à sa mère, et, en s initiant aux travaux du ménage, elle se préparera a remplir les devoirs qui lui incomberont un jour.Le foyer domestique: voilà votre place, jeunes filles; voila ou vous êtes appelées à “couler une vie obscure”, mais utile.Vous aimerez votre intérieur, vous l’embellirez de toutes les façons, afin qu’on s’y plaise avec vous.COMPOSITION MAITRESSE DE MAISON Votre mère doit s’absenter pour un mois.Elle va soigner votre sœur aînée qui est mariée et demeure dans une autre paroisse.Que ferez-vous pour la remplacer?Tenue de la maison, ménage, cuisine, commissions et exactitude pour les repas.—2.Raccommodage des vêtements, entretien du linge.—3.Dites un mot de votre correspondance avec l’absente bien-aimée.DÉVELOPPEMENT 1.Me voici maîtresse de maison, et pour un mois, s’il vous plaît ! Mon premier mouvement a été d’être très fi ère de cette preuve de confiance de ma chère maman; mais maintenant que j’ai réfléchi, je vous avoue que mon petit amour-propre en a bien rabattu.Remplacer ma mère ?c’est chose bien difficile, et jamais je n’aurais cru qu’il y avait tant d’ouvrage et de soucis à tenir une maison.Je me lève à cinq heures et demie, et, ma prière faite, je me hâte d’allumer le feu, de préparer le déjeuner de mon père et de mes petites sœurs.Tandis que le gruau cuit, j’aide Anna et Juliette à faire leur toilette; je m’assure qu’elles ont fait leur prière, savent leurs leçons.Nous déjeunons, puis, en allant çhez le boucher et l’épicier, je les accompagne à l’école.Pour acheter les provisions, je m’inspire encore le plus possible de l’espi it d’économie de maman; je laisse de côté les denrées trop chères, tout en prenant ce que je sais être du goût de papa, bon à la santé et pas trop lourd à la bourse.Rentrée à la maison, je vaque aux soins du ménage.Je balaye, nettoie, essuie, frotte le mieux possible en procédant avec ordre.Après quoi, me voici cuisinière.C’est le moment critique par excellence; j’ai tant peur de laisser brûler le rôti, de trop saler les légumes, d’épaissir la sauce ou de n’avoir pas fini assez tôt.Enfin! c’est l’heure de se mettre à table.J’appréhende, je suis inquiète.Comment papa va-t-il trouver mon fricot ?Je vois à son air qu’il doute un peu de mon talent.“Rravo! bravo! ce plat est exquis! Ma petite Marthe, tu es un vrai cordon bleu; sais-tu que c’est aussi bien que ta mère?” Rouge de plaisir, je saute au cou de mon cher papa et l’embrasse de tout mon cœur.“Vrai ?Ce n’est pas pour me faire plaisir que vous me dites cela?—Non, non, c’est la vérité.” 2.Je vous laisse à penser si ces compliments me donnent du courage pour la soirée. 580 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Alors, la vaisselle nettoyée, je m’installe auprès de la fenêtre, pour raccommoder le linge, réparer les accrocs faits par mes petites sœurs à leurs vêtements.3.Ma meilleure récréation est d’écrire à ma mère de longues lettres, dans lesquelles je lui conte tout ce que nous faisons en son absence et lui demande ses conseils.Il me semble alors que la distance qui nous sépare est moins grande, que je la vois, que je l’entends, et son souvenir me donne du courage pour mieux faire encore le lendemain.ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE DICTÉE l’empoisonnement par l’alcool Ce n’est pas seulement la quantité d’eau-de-vie consommée, mais encore sa qualité, ou plutôt son défaut de qualité, qui provoque l’alcoolisme.Si, jusqu’à la moitié du siècle dernier, il n’y avait pas d’alcoolisés, c’était non seulement parce qu’on buvait de petites quantités d’alcool, mais encore parce que cet alcool était de bonne fabrication.Celui que la chimie moderne tire de la mélasse, de la pomme de terre, etc., est autrement toxique et dangereux pour l’organisme humain, Outre qu’il enivre beaucoup plus rapidement, il a un double caractère éminemment funeste au point de vue des conséquences qui en découlent: il provoque une ivresse brutale, se traduisant par des violences et allant parfois jusqu’au crime; il marque, à la longue, l’organisme du buveur d’un mal chronique et héréditaire; il s’attaque à la race, à l’avenir, en léguant à l’enfant le rachitisme, les scrofules, l’idiotisme, ou le penchant inné aux excès alcooliques.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGEBRE ET MESURAGE Avertissement.—Afin de donner à cette partie de la revue un caractère vraiment pratique, nous avons cru devoir nous enfermer strictement, pour le choix des problèmes, dans le cadre tracé par la “Répartition mensuelle du programme” préparée par MM.Miller et Brionne et recommandée par le Surintendant de l’Instruction publique pour toutes les écoles primaires de la province.Les exercices proposés dans chaque livraison ont un double but: 1.Fournir régulièrement aux instituteurs et aux institutrices, pour la récapitulation qu’ils ne doivent pas manquer de faire à la fin de chaque mois, quelques problèmes qui les aideront à s’assurer si leurs élèves progressent normalement; 2.Guider les aspirants et les aspirantes aux deux brevets du Bureau central en leur faisant étudier chaque mois, quelques-uns des problèmes les plus importants du programme de chacune des sections du cours complémentaire (7ème année pour les aspirantes au brevet élémentaire et Sème année pour les aspirantes au brevet supérieur ainsi que pour les aspirants à l’un ou à l’autre brevet.) COURS INFÉRIEUR (lère année) 1.Écrire en chiffres les nombres de 50 à 60.2.Combien faut-il ajouter, pour faire 67, à 65 ?à 63 ?à 61 ?à 59 ?à 60 ?à 58? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 581 3.Combien reste-t-il, si de 68 on retranche 3?5?7?9?2?4?8?4.Comptez de 5 en 5 à partir de 0 à 70.Comptez de 7 en 7 de 7 à 70.5.Si un crayon coûte 7 sous, combien paiera-t-on pour 3 crayons?5 crayons?8 crayons?10 crayons?6.Additions: 14 24 15 56 44 39 + 18 +37 +48 + 9 +28 +25 7.Soustractions: 68 65 .66 42 34 53 -24 - 6 - 17 -29 - 15 -37 1.Additions: (2e année) 124 743 172 547 475 236 28 42 27 125 569 7 359 7 56 2.Soustractions: 790 802 506 601 700 287 143 149 215 304 3.Multiplications: 142 238 148 47 72 84 X 4 X 3 X 5 X 6 X 7 X 8 4.Divisions: * 846 12 369 |3 924 |4 565 |5 744 |4 5.Si un gallon de lait vaut 40 sous, combien paiera-t-on pour 1 pot ?1 pinte ?1 chopine ?COURS MOYEN (3e année) 1.Combien de pouces y a-t-il dans % pied?14 pied?^ de pied?-g- de pied ?de pied ?de pied ?2.Quelle partie d’un pied égale 6 pouces?3 pouces?4 pouces?2 pouces?1 pouce?3.Combien d’onces dans 1 livre ?Yi livre ?14 de livre ?-|- de livre ?de livre ?de livre ?4.Quelle partie d’une livre égale 1 once?2 onces?4 onces?8 onces?3 onces ?7 onces ? 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.Additionnez: Yi pied et 34 pied 34 livre et -g-livre 3/2 “ 1
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