L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 juin 1931, Juin
52e Vol.Québec, Juin 1931 N° 10 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION flP^I i^r> mmWM mm LEDGER DUVERNAY Né en 1799, imprimeur et journaliste canadien, membre du Parlement, fondateur de “LaMinerve” avec A.-N.Morin (1827),et de la Société Saint-Jean-Baptiste (1834), mort en 1852. 658 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PEDAGOGIE REFLEXIONS PROFESSIONNELLES Avec le numéro de juin, Y Enseignement 'primaire achève sa cinquante et unième année de publication, la première depuis son jubilé d’or.Nos lecteurs ont constaté que son premier demi-siècle ne lui a pas trop pesé sur les épaules.* %: î-: Dans la présente livraison, nos lecteurs sauront apprécier une collaboration choisie et de première valeur.A nos collaborateurs habituels et si hautement appréciés, deux éducateurs renommés, les RR.PP.Louis Lalande et Alexandre Dugré ont bien voulu se joindre en nous communiquant des articles sur un sujet toujours actuel, malheureusement: le blasphème.L’un de ces articles, celui du P.Lalande est intitulé: La semaine contre le blasphème, et l’autre celui du R.P.Dugré, Catéchisme du blasphème.Les maîtres et les maîtresses voudront bien utiliser ces précieux travaux pour inspirer à l’enfance et à la jeunesse une profonde horreur du blasphème, ce vice diabolique.Aussi, nous recommandons la lecture attentive d’une conférence de M.le chanoine Jeanjean, sur “L’organisation d’une classe”.C’est une primeur qui en vaut la peine, par l’importance du sujet et la compétence de l’auteur.A >< ï*î Le 1er avril dernier, le Surintendant de l’Instruction publique a adressé une circulaire très importante aux commissaires et aux syndics des écoles catholiques de notre province.Dans cette circulaire, l’honorable M.Delâge traite de sujets éminemment pratiques qui méritent l’attention des commissions scolaires.Au début de sa lettre, M.le Surintendant dit: “De toutes les attributions conférées à un corps public,celles des commissaires d’écoles sont, à n’en pas douter, au nombre des plus importantes, parce qu’elles comportent,—outre la sage gestion des deniers de votre corporation, le soin de la construction, et de l’entretien des maisons d’école—l’obligation d’assurer aux enfants de votre municipalité une instruction convenable à leur état et à leurs besoins futurs.En d’autres termes, la formation morale, religieuse, intellectuelle et physique des élèves qui fréquentent les écoles sous votre contrôle doit être l’objet de votre sollicitude.“Vous ne sauriez donc vous désintéresser un seul instant de ces importants devoirs, sans démériter de vos concitoyens.“Bien que la tâche que vous avez assumée soit lourde et parfois difficile, je me plais à reconnaître que la plupart d’entre vous l’accomplissent avec tact et dévouement.“Afin de vous aider à bien accomplir tous vos devoirs, principalement en ce qui concerne l’organisation pédagogique de vos classes et la mise en opération du programme d’études, je vous prie de suivre fidèlement les conseils qui vous sont donnés par les inspecteurs d’écoles, personnes d’expérience qu’on appelle, à bon droit, les “chevilles ouvrières” du Département de l’Instruction publique”.Après ce rappel des devoirs importants qui incombent aux commissaires et aux syndics d’écoles, le Surintendant parle de “l’engagement des instituteurs et des institutrices”: choix des maîtres, paiement de traitements justes et raisonnables.C’est ensuite les avantages qui résultent de “l’uniformité des livres” par municipalité; des “livres de récompense”, dont la moitié doit se composer de livres canadiens; des “congés et vacances”, qui ne doivent être donnés que conformément aux règlements du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique; de “l’entretien des salles de classe” et de “l’embellissement des abords de l’école”.Suivies avec intelligence et bonne volonté, ces instructions du Surintendant amélioreraient dans une sage mesure l’organisation pédagogique et matérielle de nos écoles primaires.Dans quelques semaines, les grandes vacances! Liberté et repos mérités, voilà ce.à quoi aspirent les instituteurs et les institutrices, après dix longs mois d’un rude labeur.Mais pour L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 659 que ces vacances produisent tout le bien qu’elles sont en mesure de produire, il importe que ceux qui en bénéficient sachent bien employer les loisirs que leur offrent plusieurs semaines de détente.Les bons maîtres, les vrais éducateurs et éducatrices, ne songent pas uniquement à refaire leurs forces physiques, à se distraire sans but et à s’amuser stérilement.Ces bons maîtres savent joindre l’utile à l’agréable, l’étude aux exercices ou aux travaux manuels.Dans ses incomparables Notes de Pédagogie, Z’Auteur des Paillettes d’Or, au chapitre de la nécessité de la science, rapporte que saint Thomas, consulté par des religieux enseignants, sur le choix d’un supérieur, dit que ce dignitaire devait être saint, prudent, bon, mais surtout savant, instruit, expérimenté, judicieux.Et tout cela parce que l’éducateur a pour mission de travailler à l’œuvre de Dieu par excellence: l’éducation de la jeunesse; d’éclairer les intelligences; de fortifier les volontés.Par sa science, la vraie science qui s’élève jusqu’au Créateur, l’éducateur domine les intelligences de ceux qui lui sont confiés et il s’attire leur respect, leur estime, leur obéissance même.La yertu est supérieure à la science, “mais elle ne suffit pas à celui qui doit diriger les autres”.A la vertu, il lui faut ajouter le savoir, “le savoir qui illumine, éclaire, élève, enrichit l’âme, la rapproche de Dieu qui est appelé le “Dieu des sciences”.En vacances, nous étudierons donc avec méthode et réflexion, afin de conserver nos connaissances acquises et d’augmenter chaque jour nos richesses intellectuelles.Je conclus avec le merveilleux auteur des Paillettes d’Or: “L’étude est à le science ce que l’huile est à la lampe, ce que la boussole et les voiles sont à un navire, ce que l’arme est à un soldat.“Sans l’étude, l’esprit devient un outil qui se rouille et s’use dans l’inertie”.C.-J.Magnan.L’ORGANISATION D’UNE CLASSE {Résumé d’une conférence donnée par M.le Chanoine Jeanjean à Québec, conférence répétée aux Trois-Rivières.Nous devons cet excellent résumé à M.l’abbé Albert Tessier, le distingué Préfet du Séminaire des Trois-Rivières).Au début de l’année il faut d’abord bien établir le point où sont rendus les élèves.Officiellement le point de départ des élèves et leur point d’arrivée sont déterminés par le programme, mais il importe de bien contrôler expérimentalement si le programme antérieur a été suffisamment absorbé et conservé.Il y a souvent des “trous” entre les classes, parce que la surcharge empêche une assimilation suffisante.Ces lacunes, si elles ne sont pas découvertes ni comblées, peuvent affaiblir gravement tout un cours.Il est donc très important, dès le début, de fixer par des exercices appropriés, des questions bien choisies, des devoirs révélateurs, le degré réel d’instruction de vos élèves.Ces tests d’instruction vous renseigneront sur les connaissances des élèves, sur leur savoir.Vous découvrirez rapidement que le savoir tout court se perd vite; même au cours d’une simple vacance les notions fondamentales sur lesquelles on a le plus insiste se sont presque complètement effacées.D’où nécessité, avant d’entrer dans le programme, de revenir sur certains points, de combler les trous laissés par un programme vu incomplètement ou en partie oublié.Ce retour en arrière vaudra mieux que les stériles doléances que l’on entend si souvent au début de l’année: “Mes élèves sont plus faibles que jamais.On les a mal préparés les années dernières.C’est décourageant, etc.” .Une fois renseignés sur le degré d’instruction de vos elèves, vous devrez determiner le niveau moyen de votre classe par quelques exercices de mémoire ou de compréhension.Vous connaîtrez ainsi les dispositions individuelles de vos élèves et vous verrez mieux ce que vous pouvez raisonnablement exiger de chacun d eux.On a tort de ne \oir trop souvent que la classe en bloc, sans distinction d’individus. 660 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ainsi un simple test d’acquisition révélera des marges insoupçonnées entre les élèves d’une même classe.Prenez un texte, disons dix vers, et donnez-en une copie imprimée à chaque élève en leur disant de l’apprendre par cœur et de lever le doigt lorsque le morceau sera assez su pour être écrit sans l’aide de l’original.Chronomètre en main, contrôlez le temps pris par chaque élève, et vous découvrirez qu’alors que certains apprennent leur texte en 3 minutes, d’autres prennent pour le même travail au delà de vingt minutes.A ce test d’acquisition il convient d’en ajouter un autre pour juger de la faculté de conservation de vos élèves.Dix jours après ce premier exercice, demandez, sans avis préalable, de mettre par écrit ce qu’ils ont conservé des vers appris dans la première expérience.Ces deux exercices vous renseigneront de façon très précieuse sur la mémoire de vos élèves et sur ce que vous pouvez exiger de chacun d’eux.Mais la mémoire et l’intelligence sont deux facultés bien distinctes.Certains élèves apprennent très vite et comprennent très mal, tandis que d’autres, incapables de retenir un texte par cœur, en saisissent le sens du premier coup.Le degré de comprehension de vos élèves pourra être déterminé par des exercices sur le sens de certains mots, expressions, formules, tours de phrase, sur des textes lus en classe et qu’on fait commenter ou résumer par les élèves.Ce travail de sondage révélera des ignorances étonnantes et vous fera comprendre que beau-coups de vos commentaires et de vos explications glissent sans pénétrer dans les cerveaux,faute de clarté et de simplicité.Après avoir déterminé le savoir de vos élèves, enquêté sur leurs dispositions intellectuelles, il faudra examiner leur savoir-faire.Le savoir-faire vaut mille fois plus que le savoir tout court.Le savoir s’évapore très vite, le savoir-faire reste toute la vie.Quelques expériences sur la façon de travailler de vos élèves, sur leur habileté à se tirer de difficultés, à analyser une situation, à bâtir un devoir, vous convaincront qu’on s’est trop souvent contenté de commentaires et d’explications théoriques que l’élève devait ensuite appliquer à tâtons.Le terrain ainsi déblayé, le classement de vos élèves fait d’après leurs connaissances et leurs moyens réels, il restera à tirer parti le mieux possible des éléments divers qui vous sont confiés.L’idéal serait d’avoir des groupes homogènes formés d’individus de connaissances et de dispositions à peu près égales.On ne risquerait pas alors de donner un enseignement mal adapté.Dans un groupe mêlé il faut bien tenir compte des plus faibles et donner un enseignement accessible à la masse de la classe.De cette façon les plus doués sont négligés et ce sont en réalité les élites que nous sacrifions de la sorte.Pourtant les élites sont la vraie force d’une nation, elles en sont comme le levain et c’est sur elles que devraient porter nos sollicitudes d’éducateurs.Là où les groupements homogènes sont de réalisation difficile, il faut essayer de relever les plus faibles pour les amener à un niveau suffisant.Pour cela il ne faut pas hésiter à donner aux arriérés des explications supplémentaires, des cours spéciaux au besoin.Des expériences ont démontré que deux mois de travail fait en classe pendant que les plus doués sont à l’étude montent les éléments moins préparés à un niveau qui permet un rendement d’ensemble très satisfaisant.De cette façon les plus forts ne sont pas retardés et les faibles ne sont pas écrasés sous une tâche disproportionnée.L’important est d’avoir toujours en vue les individus plutôt que la classe prise en bloc.Il faut que chaque enfant se sente compris et traité de façon raisonnable et dans la mesure de ses propres ressources.Il importe surtout que les moins doués ne se sentent pas voués irrémédiablement à l’insuccès et aux punitions.Donnons-leur des tâches réalisahles, encourageons-les plus que les autres, donnons-leur confiance en eux-mêmes.Il est injuste d’adopter une mesure et des exigences uniformes pour toute la classe.Il faut s’arranger pour que chacun puisse avoir d’une façon ou de l’autre des succès, car le succès est le grand facteur d’encouragement.Emploi du temps en classe.Chaque classe doit être soigneusement préparée; il ne faut rien laisser au hasard de l’improvisation.Chaque professeur doit tenir soigneusement son Cahier de préparation et il agira sagement en tenant aussi un Journal de classe pour noter fidèlement ses expériences, les résultants des tests faits, avec tous les détails voulus, etc.Cette documentation permettra des rapprochements et des comparaisons qui aideront le professeur et pourront aussi stimuler les élèves toujours avides de battre les records des devanciers. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 661 Le temps peut utilement s'employer comme suit en classe.1.Récitation écrite de quelques minutes en ouvrant la classe.La récitation orale prend beaucoup de temps, elle ennuie les élèves, et surtout elle favorise la paresse.Beaucoup profitent des minutes employées à cet exercice pour parcourir rapidement la leçon qu’ils n’ont pas préparée à l’étude.Ceux qui ont récité se disent également qu’ils en ont bien pour 5 ou 6 jours avant que leur tour revienne et ils en profitent au plus grand détriment de leurs études.2.Exposé du professeur.—Les esprits ne sont pas fatigués, la leçon écrite n’a duré que quelques minutes, c’est le temps de donner les explications et commentaires de la leçon suivante.On peut le faire en lisant et commentant le manuel.Ce n’est pas la meilleure manière.Trop souvent nos explications sont inaccessibles aux élèves.Parfois nous faisons des conférences dont il ne reste rien.Il faut commenter la leçon plutôt sur le ton familier de la causerie, de la conversation, ramenant le plus possible les choses que nous exposons à la vie réelle, à la vie que vivent nos élèves.Les jeunes cerveaux sont inaccessibles à l’abstracttion, nous l’oublions trop.L’idéal serait peut-être de faire lire le manuel par les élèves.Ils y gagneraient d’apprendre à lire posément, intelligemment, ce qui n’est pas une partie négligeable de la formation.Cette lecture, coupée de questions simples, forçant l’élève à se prononcer sur le sens de telle expression, sur la portée de telle formule, etc., constituera un commentaire vivant de la leçon et aura beaucoup plus de chances de rester à la portée de la classe que s’il est fait uniquement par le professeur, sans la participation des élèves.3.Exercices d’application immédiate.—Après l’exposé de la leçon, il faut faire des applications écrites en classe.De cette façon les élèves sont forcés de rendre compte de la mesure dont ils ont assimilé les explications.Ces applications doivent être fréquentes.Elles constituent le plus puissant moyen de contrôle sur les élèves et le meilleur entraînement qui soit.Ne craignons pas de les répéter à satiété.4.Correction collective des devoirs.—Le problème de la correction et de l’explication des devoirs ne manque pas d’importance.Il ne faut pas que cette explication soit trop longue.Elle deviendrait fastidieuse.Les élèves ont de la répugnance à revenir sur le passé.^ Ce qui importe, c’est de concentrer l’explication sur les fautes principales, celles qui ont été le plus répétées.Il n’est pas mal de grouper dans un sottisier les bourdes les plus grossières, à condition de ne pas mettre de noms pour humilier inutilement les coupables.Il faut signaler aussi les trouvailles heureuses, les réussites.Nous devons souligner les succès, les provoquer par des encouragements.Nous faisons trop souvent figure de gens qui ne cherchent qu’à blâmer, qu’à condamner.Dans la correction et l’appréciation des devoirs, c’est une erreur de ne tenir compte que de la substance même du devoir.Un pourcentage des points accordés devrait porter sur la tenue de la copie, sur sa présentation.Un élève soigneux mérite quelque chose pour le zèle qu’il met à faire une copie propre.Nous devrions aussi récompenser la tournure personnelle d’un travail, son originalité.La formation vaux mieux que l’instruction tout court! .5.L’apprentissage du travail en classe.—Il faut montrer aux élèves à travailler, à faire devant nous, sous notre direction, des applications pratiques.Avant de les lancer dans des thèmes, versions, compositions qu’ils devront faire seuls à la maison ou à l’étude, il faut les initier en classe, leur donner des méthodes de travail, leur apprendre les procédés les plus directs et les plus faciles de faire les devoirs, de résoudre les difficultés.Il faut aussi leur montrer à se servir de leurs manuels, des dictionnaires, etc.Dans l’ensemble, il faut revenir à plus de simplicité.Nos méthodes et nos manuels sont trop compliqués, ils embrassent trop.Nous gavons nos élèves, nous ne les instruisons pas, nous ne les formons pas.Il faut décharger les programmes pour que les élèves aient le temps d’absorber, d’assimiler.Il faut viser aussi à un enseignement actif, vivant.Il y a beaucoup trop de passivité dans nos méthodes traditionnelles.Excellentes d’ailleurs, elles doiventêtre renouvelées de ce côté.Le problème de la discipline joue un rôle capital dans l’éducation.Il faut des sanctions, c’est évident.Seulement essayons de mieux faire ressortir le côté positif de cette discipline.Multiplions plutôt les encouragements, les récompenses, les bons mots.Faisons aimer l’effort, la règle, le travail.C’est de cette façon que nous élèverons réellement les enfants dont nous avons la charge. 662 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA SEMAINE CONTRE LE BLASPHÈME C1) (Pour YEnseignement primaire) C’est pour obtenir ma petite contribution à cette Semaine, que l’on me demande de faire passer sous les yeux des enfants d’école une ou deux silhouttes hideuses de blasphémateurs.La répugnance qu’inspirent certains scandales devient parfois une leçon.Et quel organe meilleur, quelle voie plus sûre pour atteindre les enfants, que Y Enseignement primaire.* * * Beaucoup de catholiques, de bons citoyens, d’hommes simplement bien élevés, qui tiennent à la dignité de la race et de leurs coreligionnaires, se sont souvent demandé, et depuis longtemps, d’où est venue chez les Canadiens l’indéracinable habitude de tant blasphémer.Elle n’existait pas chez nos ancêtres du Régime français.On peut même dire que chez aucun autre peuple elle n’existe, et ne se propage, et ne se continue, autant que chez nous.Et c’est bien ce qui étonne.Il n’est guère de province plus catholique que notre Québec.Or, ceux qui voyagent dans cette province, les missionnaires qui y prêchent, les chapelains d’unions ouvrières, les curés même des bonnes paroisses, s’accordent à déplorer les coutumes blasphématoires de beaucoup de nos braves gens.Des hommes qui vont à la messe tous les dimanches, se confessent et communient de temps en temps, travaillent ferme, vivent par ailleurs honnêtement,—et qui sacrent et maudissent le bon Dieu, la Vierge, les saints et les choses saintes, à la moindre contrariété et quelque fois en plaisantant.Constatons cependant avec bonheur que depuis quelques années, grâce aux campagnes renouvelées du clergé et de laïques zélés, ce langage diabolique et bête a commencé à faire honte et à disparaître.Reconnaissons aussi que beaucoup d’expressions, qui passent pour des blasphèmes n’accolent et n’attribuent rien d’injurieux au nom de Dieu et des saints.Elles jaillissent souvent de la grossièreté, de l’ignorance ou de l’irréflexion; irrespectueuses sans doute envers la divinité et la sainteté, mais elles ne sont pas des blasphèmes.Quant à ceux—les vrais blasphémateurs—qui joignent l’injure aux saints noms, et qui s’en excusent en disant: "Ce n’est pas par malice ! c’est une habitude que j’ai comme ça”, il n’y faut pas croire trop longtemps.Ce crime a été trop souvent flagellé pour que l’habitude reste et serve d’excuse auprès des hommes et de Dieu.On ne resterait pas longtemps l’ami d’un homme qu’on giflerait tous les jours, en lui disant: “N’en sois pas froissé, c’est une habitude que j’ai comme ça !” * * * Comment l’habitude du blasphème s’est-elle enracinée dans notre Province, et d’où vient que la contagion a infecté tant de nos gens ?Ceux de ma génération qui ont écouté les récits des vieux bûcherons, coureurs des bois, voyageurs des chantiers de la vallée de l’Outaouais et des autres affluents du Saint-Laurent, donnent invariablement la même réponse à cette question : “le blasphème vient des chantiers”, Il ne vient pas que de là sans doute.Et les bûcherons ne sont pas les seuls, hélas ! à maudire ce qu’ils doivent adorer et vénérer.De même, le chantier n’a pas infligé à notre peuple que cette plaie infecte.Il a retardé notre progrès et démoralisé notre jeunesse de bien d’autres manières.Le saint et légendaire P.Reboul, O.M.I., qui a parcouru pendant de longs hivers tous les campements de la région au nord d’Ottawa, a bien des fois répété qu’il avait rencontré, “parmi les chevaliers de la scie et de la hache, de vrais possédés du démon”.Ils en avaient, on l’imagine, le langage.Ils accomplissaient des prouesses de forts-à-bras qui émerveillaient les camarades.Bientôt, le respect humain et les suggestions du Tentateur aidant, ils s’en faisaient des imitateurs.Tout le chantier, tous les flotteurs de bois blasphémaient comme eux.C’était se condamner à toutes les railleries, et souvent à des traitements brutaux, que de résister à la contagion.(1) L’initiative de cette Semaine a été prise par l’Association Catholique des Voyageurs de Commerce, et notamment par la Section de Maisonneuve.Son titre en dit le but.Elle doit réunir les activités les plus diverses, le concours de toutes les influences patriotiques et religieuses, de toutes les classes, catholiques et protestantes, afin de combattre et de faire disparaître de chez nous l’habitude criminelle et dégradante du blasphème. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 663 L’été venu, les bûcherons retournaient dans les paroisses d’en bas faire les récoltes.Ils y retournaient avec l’habitude prise.Devant les enfants, les bonnes familles de la campagne, ils accompagnaient de blasphèmes leur travail et le récit de leurs prouesses; plusieurs même y mettaient une certaine vantardise de bravache.Ces exemples scandaleux restaient dans la mémoire de la jeunesse.La leçon diabolique était répandue: elle germa comme une infecte moisson dans toute la Province.Ce qu’elle a contribué à nous empoisonner, à dégrader une multitude de nos jeunes gens ! à attirer la malédiction de Dieu sur des travaux pénibles, périlleux, qui exigeaient parfois, des misérables blasphémateurs, un courage de héros.* * * Au surplus, nous savons, du moins pour l’avoir entendu dire, que la haine du diable poussait parfois ses.comment dirai-je?“ses possédés”, suggestionnés, obsédés ou victimes, à des “concours de blasphèmes”.—Je campais un soir dans la Prairie, avec mon compagnon, racontait Mgr Taché,—dans la salle des Pères du collège Sainte-Marie—quand je vis arriver cinq Canadiens coureurs des bois.Ils plantèrent leur tente à une centaine de pieds de la nôtre.Tout d’abord, ils se passèrent les uns aux autres un large flacon de whisky.Ils grillèrent à la broche le lard de leur souper.Puis, après avoir vidé un second flacon et raconté quelques histoires obscènes, le chef des cinq,—un petit homme nerveux, à la figure grimaçante et malicieuse,—proposa à ses camarades un concours de blasphèmes.Et tous d’applaudir.Debout, à l’entrée de la tente, le petit chef écouta chacun des quatre donnant à tour de rôle le sien—c’était abominable.Quand vint son tour, continua Mgr Taché, il prit une attitude provocante, les traits crispés,—les yeux pleins de flamme, une physionomie sardonique où passaient des rayons de j oie et de haine : —Vous êtes.grinça-t-il, en les quajifiant des noms les plus adorables qu’il maudissait en même temps et cou vraitd’ordures.Ecoutez-moi ça !.Et il prononça une phrase, dit l’Archevêque de Saint-Boniface, que Voltaire lui-même n’aurait pu inventer.Elle renfermait à la fois, avec les noms de Jésus et de.Marie, l’hérésie, les termes les plus ignobles, dans un assemblage si infernal que seul satan avait pu les suggérer.Soudain, à la grande terreur de ses camarades, il disparut comme une fumée dans le vent par le sommet de la tente, et personne ne le revit jamais.Mort mystérieuse de blasphémateur, concluait Mgr Taché.* * * Un curé du diocèse des Trois-Rivières racontait un jour la fin épouvantable d’un jeune blasphémateur de sa paroisse, qu’il avait en vain essayé de corriger.—C’était, dit-il, dans les premiers jours d’avril.Un grand garçon qui avait hiverné au chantier, était revenu passer quelques jours dans sa famille, avant la drive des billots.Un matin qu’il conduisait les bêtes de l’étable par une barrière, pas loin du presbytère, il arriva que deux ou trois vaches s’égarèrent et refusèrent de passer.Il jura d’abord, puis dans sa colère injuria le Christ, le baptême et les noms les plus saints.J’entendais tout de ma galerie; j e descendis et m’avançai vers lui.—Joseph, fis-je, viens ici.Il me regarda de l’air hébété du malfaiteur pris en flagrant délit.—Viens ici, mon garçon, repris-je.Je veux te parler.Il s’approcha en se composant un air de bravade.—Écoute, mon enfant, tu sacres et blasphèmes comme un païen.C est un affreux scandale autour de toi.Corrige ton langage; crois-moi; c’est a faire pleurer que de t entendre.Dis- moi que tu vas cesser, mon enfant, dis-le-moi.—M.le curé, répondit-il, de sa bouche baveuse, quand je voudrai avoir des sermons, j’irai à l’église.x -, —Ne réponds pas ainsi à ton vieux curé; cesse de blasphemer, ou tu seras puni, tu seras puni mon cher enfant., , , , j Joseph tourna le dos en ricanant.Quelques jours plus tard, il lepartait poui le haut du Saint-Maurice C’était le moment où les bûcherons commençaient le flottage des.troncs d’arbres coupés pendant l’hiver.La rivière en était couverte et le courant les charriait avec rapidité Arrivé à la tête d’une chute, un de ces troncs s’échoua sur un rocher à fleur d eau.Des centaines, des milliers d’autres s’échouèrent sur celui-ci et sur des rochers voisins.Ce 664 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fut une bousculade de billots qui formèrent bientôt, en tournant dans la violence du courant et en s’enfonçant jusqu’au lit de la rivière, ce que les voyageurs appelaient un Jam.Le contremaître se tourna alors vers ses hommes: —Quel est le m.assez brave pour monter sur le tas et décrocher de la roche ce C.de billot?—Moi, dit Joseph, avec forfanterie, et en blasphémant.Il saisit son levier, monte sur l’amoncellement des billes, entassées comme une digue, saute de l’une à l’autre aux applaudissements des camarades, arrive au milieu du jam, glisse son levier sous l’extrémité du billot fatal et le soulève, en poussant un cri d’orgueil stupide et un horrible blasphème contre Jésus-Christ et le Calvaire.Il n’avait pas achevé d’en prononcer les dernières syllabes, que toute la digue se déchaîna en formidable avalanche; et comme le misérable se précipitait vers la rive sur ce pont croulant, deux billots bousculés en sens contraire se rencontrèrent sur sa tête et lui firent voler la cervelle.Il acheva sa phrase dans l’éternité.Mort de blasphémateur, disait le curé, comme Mgr Taché, en racontant ce fait et bien d’autres semblables aux enfants de sa paroisse.Louis Lalande, S.J.A LA VEILLE DES VACANCES Directive et conseils à donner aux élèves pour ces jours de repos Devoir auquel l’instituteur catholique ne peut se soustraire Nous voici déjà rendus au mois de juin! C’est durant ce mois que les écoles fermeront leurs portes, à des dates plus ou moins éloignées, afin de permettre à maîtres et élèves de se reposer des labeurs de l’année scolaire écoulée.Vacances! mot magique qui remplit de joie le cœur de l’écolier, même de celui le plus apathique! Les vacances! expression qui stimule et laisse entrevoir à la gent écolière des jours agréables de liberté où ils ne seront plus astreints à un règlement scolaire rigide et qui, pour les paresseux et les musards, semble en tout temps fastidieux au superlatif! Les deux longs mois et demi de repos donnés à la jeunesse étudiante doivent être certes un temps de détente et de récréation, mais aussi, tout en refaisant ses forces par une vie plus paisible et moins absorbante, ces jours libres ne doivent pas être remplis que de futilités et d’occupations puériles.L’enfance, de par nature, est frivole et insouciante, mais combien impressionnable! Combien il est facile pour un bon maître de diriger ses élèves dans le sentier du bien et de les entraîner à poser des actes qui leur seront très profitables! Heureux est l’instituteur qui, par son prestige, son autorité, son influence et son emprise sur son jeune auditoire sait le convaincre et le subjuger, profiter de son ascendant sur lui, afin de l’inciter, par ses conseils et ses suggestions, à passer de bonnes, utiles et heureuses vacances! De nos jours surtout, où tout s’étale à la vue de la jeunesse, les propos inconvenants parviennent à ses oreilles, les dangers moraux et plrysiques augmentent de plus en plus, on doit mettre en garde les jeunes et leur donner une directive qui sera une sauvegarde précieuse pour ceux qui veulent rester bons et honnêtes.A l’instituteur tout spécialement, incombe l’impérieux devoir, à l’approche des vacances, de leur signaler tous ces divers dangers existants, de leur faire d’excellentes suggestions et de les exhorter à occuper le temps des vacances le plus utilement possible, faisant égale la part des choses entre le repos, le travail et les jeux. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 665 Voici quelques principaux points sur lesquels le maître, véritable éducateur, pourra entretenir ses élèves en vue des vacances prochaines, soit sous forme de conseils à suivre ou des indications de péril à éviter: CONSEILS, ENTRETIENS SUGGESTIFS ET PRÉVENTIFS POUR LES VACANCES I AU POINT DE VUE MORAL 1.—Choix de bons compagnons et éloignement des mauvais.2.—Conversations honnêtes, abstention des pernicieuses.3.—Goût des lectures pieuses, instructives, récréatives, abstention des légères et des dan- gereuses.4.—Recherche des endroits convenables, éloignement des suspects.5.—Sorties autorisées par les parents, jamais sans leur consentement.6.—Rentrées et sorties nocturnes à prévenir et à éviter.7.—Vie de famille le soir.S.—Messe, prière, exercices de piété.AU POINT DE VUE PHYSIQUE 1.—Serviabilité à l’égard des parents.2.—Prudence dans les bains, promenades nautiques.3.—-Prudence dans l’état de transpiration excessive: bain, boire, refroidissement.4.—Alimentation légère durant les grandes chaleurs de l’été.5.—Réflexion en tout et partout avant d’agir.G.—Utilisation de son jugement et de son savoir-faire dans les rues, sur les grandes routes, partout._ .,.7.—A la vue d’une affiche, d’un placard quelconque, savoir la signification de 1 inscription, suivre l’avis donné, être calme, réfléchi, sûr avant de faire quelque chose: l’on prévient ainsi bien des accidents.8.—A expliquer les indications suivantes que l’on remarque sur notre chemin: Françaises Arrêtez, regardez, écoutez Danger Prenez garde Traverse de chemin de fer Attention, danger Prudence première Surveillez vos enjambées Soyez avisé Soyez sur vos gardes Ne soyez pas emporté Avoir l’œil au guet Danger en avant Prudence et sûreté Prévenir c’est guérir Anglaises Stop, look, listen Danger Take care Railway Crossing-Attention, danger Safety first Watch your steps Be careful Be on guards Don’t be hasty Look out Danger ahead Prudence and safety To prevent it is to cure III AU POINT DE VUE INTELLECTUEL 1.—Abus de la cigarette chez les jeunes affecte la mémoire., ., 2, —Abus de la cigarette chez les jeunes enlève le goût du travail sérieux et intellectuel.3 —-Lectures prolongées le soir conduisent au surmenage intellectuel.4.—Fréquentation des théâtres est néfaste pour l’imagination et détourne la jeunesse des choses sérieuses.2 666 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.—Inconduite dans la vie privée éloigne des plaisirs ressentis par une occupation intellec- tuelle.6.—Élévation fréquente de notre esprit par un beau spectacle de la nature.7.—Plaisirs et avantages de causer avec des personnes instruites.8.—Satisfaction, profit de la lecture et de l’étude.Le maître qui ferait pénétrer dans l’esprit, le cœur et la volonté de ses élèves les conseils ci-dessus indiqués, remplirait dans toute sa plénitude la tâche qui lui incombe.Pierre-Paul Magnan, Professeur à VÉcole normale Laval, Québec.Québec, 1er juin 1931.L’ÉDUCATION PROFESSIONNELLE DANS NOS ÉCOLES NORMALES Nos lecteurs ont lu avec intérêt les articles de M.le professeur J.-E.Paquin sur l’“Éducation professionnelle dans les écoles normales”.En septembre prochain nous continuerons la publication de cet important travail, pour lequel nous offrons notre vive gratitude à l’éminent professeur de l’École normale de Saint-Hyacinthe.A PROPOS DE L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES NATURELLES Ij’Enseignement primaire s’est toujours fait le propagateur des sciences naturelles sous forme de leçons de choses, et plus particulièrement, depuis dix ans, par la collaboration remarquée de M.l’Inspecteur régional E.Litalien.Sous le titre de “L’histoire naturelle à l’École primaire”, chaque mois, M.Litalien donne une leçon illustrée sur la flore ou la faune de notre province.C’est donc avec la plus vive satisfaction que, le 12 mai dernier, nous avons entendu le Frère Marie-Victorin dire au radio, au début de l’Heure provinciale, les paroles lumineuses que voici: “En ouvrant toute large la fenêtre de l’école sur le grand tableau de la nature magnifique et féconde, les éducateurs ne font pas œuvre de spécialisation prématurée, mais au contraire œuvre de base, œuvre profondément humanisante.“Mettrel’âmede l’enfant, au moment où elle s’entr’ouvre, en contact avec l’âme des choses, la situer dans le réel, c’est l’assainir et l’équilibrer, c’est la préparer par la contemplation des harmonies visibles de l’univers, à accéder au plan des harmonies morales, des valeurs spirituelles et des visions divines.“Il y a vingt siècles, un grand maître tenait école sur les collines de la Galilée.Aux grands enfants qu’étaient ses frustes disciples, il disait les vérités éternelles et les beautés de la loi de charité.Mais nous savons bien qu’il ne dédaignait pas, Lui, d’abaisser ses regards sur les créatures qui l’entouraient.Sur une page d’évangile, nous est parvenue la plus sublime leçon de choses, donnée par le plus grand éducateur de tous les temps: “Voyez les lis des champs; ils ne travaillent ni ne filent; et cependant, je vous le dis, Salomon, dans toute sa gloire ne fut jamais vêtu comme l’un d’eux!” “La devise des Cercles de Jeunes Naturalistes pourrait être le conseil du Christ aux hommes: “Voyez les lis des champs!” UN PROSCRIT : L’IMPARFAIT DU SUBJONCTIF L’imparfait du subjonctif est en général désagréable à l’oreille; sous ce prétexte, et au lieu de chercher une autre solution qui ne blesse pas la grammaire, l’usage tend de plus en plus à se répandre de ne plus employer ce temps, même dans les cas où il est nécessaire, et où le négliger, c’est commettre un impardonnable solécisme._ ^ .Cette proscription s’appuie sur une prétendue tolérance autorisée officiellement pa,r le ministre de l’Instruction publique.Rien n’est plus inexact.Le texte de la circulaire ministerielle porte, en effet: “On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l’imparfait dans les propositions subor- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 667 données dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel présent.Exemple: il faudrait qu’il vienne ou qu’il vint.” Donc, la règle générale subsiste, et on ne saurait s’y soustraire.L’emploi des temps du subjonctif est ainsi défini dans la grammaire Brachet et Dussouchet: Si le verbe de la proposition principale est au présent ou au futur de l’indicatif, le verbe de la proposition complétive se met: 1° Au présent du subjonctif quand l’action est encore à faire: Je défends, je défendrai, qu’il vienne.Il est le seul, ce sera le seul qui soit prêt.2° Au parfait du subjonctif quand l’action est déjà faite: Je doute, je douterai toujours que vous ayez pu le faire.Si le verbe de la proposition principale est à l’un des temps du passé, le verbe de la proposition complétive se met: 1° A l’imparfait du subjonctif quand l’action est encore à faire: Je voulais, faurais voulu qu’il vînt.2° Au plus-que-parfait du subjonctif quand l’action est déjà faite: Je ne savais pas que vous eussiez déjà lu ce livre.D’une manière générale, c’est une faute de faire correspondre un présent du subjonctif à une subordonnée au passé.On n’a pas le droit de dire: Il voulait que je chante.On doit dire: Il voulait que je chantasse.Et si l’oreille est blessée, le seul remède est de changer la construction: il m’invitait, ou il me contraignait à chanter.(L’Etoile Noëlliste, Paris.) L’HONORABLE M.DELÂGE A L’ÉCOLE MÉNAGÈRE RÉGIONALE DE LORETTEVILLE Lundi, 20 avril, la nouvelle École Ménagère Régionale de Loretteville avait l’insigne honneur de recevoir en visite officielle l’honorable Cyrille-F.Delâge.Monsieur le Surintendant de l’Instruction publique était accompagné de Madame Delâge, du Secrétaire du département de l’Instruction publique, M.Lionel Bergeron, de Monsieur Ephraïm Bédard, M.P.P.et de Madame Bédard, de Monsieur Alphonse Désilets, directeur de l’Enseignement Ménager et de Madame Désilets; de Monsieur l’abbé J.-Ulric Couture, inspecteur des Écoles Ménagères, et de Monsieur J.-E.Letarte, inspecteur des écoles primaires de ce district.Après la visite des classes de l’externat et du pensionnat, les visiteurs officiels ont eu l’occasion d’apprécier une exposition des travaux manuels exécutés par les élèves, et ils ont assisté à une splendide démonstration sur la cuisine, la médecine domestique, la coupe, la couture et le travail des industries domestiques.A midi, un dîner était servi aux visiteurs, préparé et servi entièrement par les élèves du Cours d’application, et la Révérende Sœur St-Félix, supérieure, ainsi que l’aumônier, Monsieur l’abbé J.Dubeau, s’étaient joints aux convives invités.L’après-midi fut consacré à une série de leçons amusantes et pratiques; un joli concert de chant et de musique encadrait le programme pédagogique.Cette séance était présidée conjointement par Monsieur l’abbé Morissette, curé de la paroisse, et par la Révérende Sœur St-Félix, supérieure de l’École Ménagère Régionale.L’honorable Surintendant de l’Instruction publique prononça une allocution, faisant ressortir l’importance de l’Enseignement Ménager et des conséquences d’une bonne formation scolaire chez la jeune fille d’aujourd’hui, en vue du bien-être familial.Monsieur Lionel Bergeron a» félicité les Rév.Srs de la.Charité de St-Louis, de 1 excellente formation donnée à leurs élèves et du sens pratique qui inspire leur enseignement.Il a appuyé sur l’importance égale de l’éducation et de l’instruction dans les arts ménagers.Monsieur le Député fit ressortir le privilège dont jouissent les élèves de Loretteville de parfaire leurs études dans une institution supérieure de ce genre.Monsieur Désilets signala le mérite évident des Religieuses enseignantes et 1 application particulière des élèves à la formation menagere qui lui est donnée a Loretteville.Il a donne un aperçu général de l’enseignement ménager dans la province.Monsieur l’abbé Couture et Monsieur l’inspecteur Letarte ont témoigne leur satisfaction du travail ardu des élèves depuis les classes de l’externat jusqu à celles du Cours supérieur et complémentaire Et Monsieur le curé Morissette a remercié les visiteurs officiels ainsi que la population de Loretteville d’avoir apporté dans cette fête, avec leur présence, les témoignages non éqin-voques et les encouragements de tous ceux qui ont a cœur la formation éducationnelle parfaite de notre jeunesse féminine.Cette journée restera mémorable dans les annales de 1 Ecole Ménagère Régionale de Loretteville, où une aile nouvelle est à se construire, qui sera terminée pour l’ouverture des classes en septembre prochain.Un Témoin. 668 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A L’ÉCOLE MÉNAGÈRE DE SAINT-DAMIEN Le 3 mai dernier, l’École ménagère de Saiut-Damien de Bellechasse recevait la visite de l’honorable M.et Madame Delâge, accompagnés de M.Alphonse Désilets, directeur de l’enseignement ménager.Cette importante institution est dirigée par les révérendes Sœurs de N .-D.du Perpétuel Secours.LA LITURGIE (Pour faire écho à la Semaine Liturgique d’Ottawa et aux journées liturgiques de Québec et de Montréal, nous rej)roduiso7is le chapitre suivant tiré du “ Manuel du cathêchiste” du Frère Bernard-Louis, des Écoles Chrétiennes.Cet ouirage, publié en B:0~, a été honoré d’un Bref de Pie X, de sainte mémoire).Les fêtes et les temps de l’année ecclésiastique ont été établis pour ranimer la piété des fidèles par une succession de souvenirs et d’enseignements variés.En diversifiant les moyens, l’Église soutient le progrès des âmes vers le but unique de la vie, qui est le salut.Le chrétien trouve dans les saints offices de quoi prévenir la satiété et le dégoût.Il évite le danger de la routine, rafraîchit sa piété à ses sources toujours pures et toujours abondantes, et renouvelle sans cesse ses bonnes résolutions.“L’Église, inspirée de Dieu, dit Bossuet, et instruite par les saints Apôtres, a tellement disposé l’année, qu’on y trouve, avec la vie, avec les saints mystères, avec la prédication et la doctrine de Jésus-Christ, le vrai fruit de toutes ces choses dans les admirables vertus de ses serviteurs et dans les exemples des Saints; et, en sus, un mystérieux abrégé de l’Ancien et du Nouveau Testament et de toute l’histoire ecclésiastique.Par là, toutes les saisons sont fructueuses pour les chrétiens: tout y est plein de Jésus-Christ.Dans cette variété, qui aboutit toute à l’unité sainte tant recommandée par Jésus-Christ, l’âme innocente et pieuse trouve, avec des plaisirs célestes, une solide nourriture et un perpétuel renouvellement de ferveur.” “L’année ecclésiastique, dit encore un grand évêque, c’est l’écho permanent et prolongé du divin concert que l’Épouse célèbre en ce monde à la louange de son Epoux.Au ciel, le festin des noces éternelles; sur la terre l’Église s’unissant de loin à cette partie d’elle-même qui est déjà dans la gloire.” Les fêtes chrétiennes sont donc comme un apprentissage du ciel, comme une image affaiblie, sans doute, mais souvent reproduite, de la fête éternelle.Et si nous les considérons une à une, que dire de leur beauté, de leur harmonie avec les saisons où elles se célèbrent, avec les mystères qu’elles rappellent, avec les besoins de notre cœur ?Les solennités de l’Église apportent à chaque saison de l’année ses joies et une abondance de sentiments chrétiens.L’hiver, c’est la naissance du pauvre enfant de Bethléem, vraie lumière dans les ténèbres, joie véritable dans la famille.Au printemps, c’est la Résurrection du Seigneur, alors que la nature semble renaître et reprendre une vie nouvelle.En été, c’est la Pentecôte et la Fête-Dieu, qui sont comme le triomphe du christianisme au milieu des splendeurs des plus beaux jours.En automne enfin, lorsque la nature semble déchoir et mourir, c’est la Toussaint qui entr’ouvre le ciel à nos yeux pour nous montrer un autre monde où la mort n’a plus d’empire.Tel est le caractère des fêtes de l’Église: elles instruisent, elles réjouissent, elles fortifient, elles encouragent; et, en nous montrant dans l’Église terrestre une image de l’Église céleste, elles répandent dans cette vallée de larmes quelques rayons de la joie du ciel, et font de la vie chrétienne le prélude et le vestibule du Paradis., .2.Il appartient au maître chrétien d’mitier ses élèves a ces beautés de la liturgie catholique et de leur apprendre à cueillir ces fleurs, à savourer ces fruits, que l’Eglise a répandus partout avec profusion sur leur chemin.En d’autres termes, il doit les instruire sur les divisions de l’année ecclésiastique, sur l’objet des principales fêtes, sur les cérémonies et autres particularités liturgiques qui les caractérisent.“Quel intérêt, dit Mgr Dupanloup, les offices de l’Église peuvent-ils avoir pour des hommes auxquels une instruction solide n’a pas appris quel est l’objet de ces fêtes, et le sens des cérémonies liturgiques ?” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 669 3.Une instruction générale sur l’année et les périodes ecclésiastiques serait bien placée dans la semaine qui précède l’Avent.Le samedi soir, ou la veille des fêtes, ou encore le dimanche matin, si le catéchisme se fait à ce moment, on expliquerait les particularités de l’office du jour, prières, chants et cérémonies.C’est la meilleure manière de disposer les enfants à y assister avec fruit.Quelques jours avant les grandes solennités: Noël, Pâques, la Pentecôte, la fête du Saint-Sacrement, il faut instruire solidement les élèves sur les mystères qu’on y célèbre.Ces instructions spéciales, accompagnées de quelques pratiques simples de dévotion, préparent merveilleusement les enfants à bien célébrer ces fêtes, à en prendre l’esprit, à entrer ainsi dans la vie de l’Église.On peut agir de même à l’occasion des autres fêtes qui ont cessé d’être d’obligation en certains pays, mais qui n’en ont pas moins une très grande portée, tant au point de vue de la foi, qu’à celui d’une pratique fervente de la vie chrétienne.De ce nombre sont, par exemple, l’Épiphanie, la Présentation de Notre-Seigneur, l’Annonciation de la très Sainte Vierge, etc.Il est bon de rattacher aux fêtes chrétiennes les faits de l’Ancien Testament qui s’y rapportent ou qui en sont la figure.C’est d’ailleurs ce que fait l’Élglise dans ses offices.Sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, l’éducateur chrétien n’a qu’à suivre sa direction.METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE ET A L’ÉCOLE NORMALE (Pour l’Enseignement 'primaire) UN POÈME EUCHARISTIQUE DE P.VERLAINE (Inutile de souligner que, de Verlaine, nous ne pouvons recommander ici que le recueil de Poésies religieuses, publié par Huysmans, chez A.Messein.Encore le style et la versification appelleraient-ils plus d’une réserve.) C’est la fête du blé, c’est la fête du pain, Aux chers lieux d’autrefois revus après ces choses! Tout bruit, la nature et l’homme, dans un bain De lumière si blanc que les ombres sont roses.L’or des pailles s’effondre au vol siffleur des faux Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère.La plaine, tout au loin couverte de travaux, ^ Change de face à chaque instant, gaie et sevère.Tout halète, tout n’est qu’effort et mouvement Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres, Et qui travaille encore imperturbablement A gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures.Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin, Nourris l’homme du lait de la terre, et lui donne L’honnête verre où rit un peu d’oubli divin.Moissonneurs, vendangeurs là-bas! votre œuvre est bonne! 670 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins, Fruit de la force humaine en tous lieux répartie, Dieu moissonne et vendange et prépare à ses fins La Chair et le Sang pour le Calice et THostie.COMMENTAIRE LITTÉRAL V.1.—La fête du blé.la fête du pain.: On ne célèbre pas une fête véritable.Mais, pour le poète, l’activité joyeuse et féconde de l’homme et de la terre constitue une fête.V.2.-—Aux chers lieux.—; Après bien des aventures, parfois coupables et douloureuses, Verlaine est revenu au pays natal.V.3.—Tout bruit: Bruire—1° Faire du bruit, sens vieilli; 2° faire entendre une succession confuse de petits bruits.—Dans un bain de lumière: Le soleil d’été déverse sa lumière avec une abondance telle que tout semble baigner dans son rayonnement.V.5.—1° L'or des pailles: les tiges dorées du blé.—2° S’effondre: s’effondrer, c’est exactement céder par le fond; ici le mot est exact, puisque la tige est coupée par le bas.—3° Au vol sifflant des faux: L’article orna, comme souvent, un sens temporel, et exprime la coïncidence; mais il a de plus ici un sens causal: c’est le vol sifflant des faux qui fait s’effondrer les blés.V.6.—1° Dont l’éclair plonge: dans son mouvement rapide, et de haut en bas, la faux brille comme un éclair qui plonge.—2° Et va luire: quand la faux ressort de l’épaisseur des blés.—3° et se réverbère: renvoie sa propre lumière.V.8.—Gaie et sévère: La plaine est en soi monotone; la chaleur de l’été pèse plus qu’elle ne vivifie.D’autre part, l’activité de l’homme a, même alors, quelque chose de joyeux.D’où ces aspects successifs de la scène.V.9.—Tout halète: haleter, c’est respirer précipitamment, pendant ou après un effort violent.V.12.—1° Là-bas: associant deux idées essentielles et analogues (moisson, vendange) le poète évoque un tableau lointain et qu’il ne voit pas.—Sures: qui ont un goût légèrement acide.V.13.—Travaille, vieux soleil: apostrophe à la fois familière et respectueuse, l’antiquité du soleil le rendant vénérable.V.14.—Le lait de la terre: le vin.V.15.—1° L’honnête verre: le verre simple, rustique qui ne concourt qu’à un plaisir légitime.— 2° Où rit un peu d’oubli divin: le vin, don de Dieu, fait au travailleur oublier sa fatigue; et, d’autre part, sous un rayon de soleil, il brille et semble rire.V.17.—Car sur la fleur des pains.: 1° Sur, équivaut à de et marque la séparation, l’extraction; 2° la fleur, sens figuré: ce qu’il y a de plus frais, de plus délicat, de plus pur.— V.18.—Fruit de la force humaine: puisque c’est l’effort de l’homme qui féconde la terre, multiplie et améliore ses produits naturels.-—En tous lieux répartie: distribuée, ou à peu près, par toute la terre.V.19.—Prépare à ses fins: à ses intentions providentielles.V.v.19-20.—Dieu moissonne, et vendange.La Chair et le Sang: Si hardie qu’elle paraisse d’abord, cette construction serait en soi légitime, puisque la Chair et le Sang eucharistiques ont été d’abord du pain et du vin.Mais le poète a facilité cette alliance de mots en insérant entre les deux premiers verbes et leurs compléments un troisième verbe {prépare) qui, lui, s’adapte facilement aux mots Chair et Sang.ANALYSE LITTÉRAIRE Plus qu’un simple tableau rustique, nous avons ici un hymne véritable.Sans doute, Verlaine décrit parfaitement l’été et ses rudes travaux.Voici d’abord l’éclat aveuglant de la lumière et un jeu raffiné de couleurs: Tout bruit, la nature et l’homme, dans un bain De lumière si blomc que les ombres sont roses.Voici l’accablement laborieux de l’homme: Tout halète, tout n’est qu’effort et mouvement et, au contraire, la sérénité puissante du soleil: Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres, Et qui travaille encore imperturbablement, A gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 671 Enfin, dans un raccourci extraordinaire, voici une série de mouvements, tout un jeu de lumières et de bruits L’or des pailles s’effondre au vol siffleur des faux Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère.Mais de ces mouvements, de ces lumières, de ces couleurs, Verlaine ne jouit pas en pur artiste.De ce spectacle, il découvre l’humaine beauté et la grandeur religieuse.Pour lui, le blé ce n’est pas seulement l’épi doré qui s’effondre au vol siffleur des faux, ou les moissons mûres qui couvrent tout au loin la plaine; le blé, c’est le pain juste nourriture de cette “force humaine en tous lieux répartie”; et la grappe gonflée, c’est le vin qui dans un “honnête verre” verse à la fatigue de l’homme “un peu d’oubli divin”.Pareillement, du soleil n’émane pas seulement cette lumière si blanche qui baigne toutes choses et rend roses les ombres elles-mêmes; il est le tranquille auteur des moissons mûres, Et qui travaille encore imperturbablement A gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures.Cette collaboration de l’homme et de la nature confère déjà à leur commun labeur et au fruit même de ce labeur une dignité nouvelle, et provoque chez le poète un respect reconnaissant et joyeux.Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin.Moissonneurs, vendangeurs là-bas, votre œuvre est bonne.Mais voici qu’apparaît—combien inattendu!—un troisième Ouvrier.Du pain du vin.Il moissonne, Il vendange la fleur; mais pour quelles fins! Sans vaine transition, en croyant qui s’adresse à des croyants, le poète nous introduit brusquement en plein surnaturel: Dieu, la Chair, le Sang, le Calice, l’Hostie.Une transsubstantiation s’opère sous nos yeux; la campagne disparaît, les moissons, les vendanges, le soleil même; un autel se dresse, une victime s’y étend, un grand Drame se prépare où Dieu s’immole à Dieu pour le salut de l’homme.Ces visions, le poète ne nous les propose pas expressément; mais il nous les suggère irrésistiblement dans ces vers concentrés Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins, Dieu moissonne et vendange et prépare à ses fins La Chair et le Sang, pour le Calice et l’Hostie! On s’explique maintenant le ton et le mouvement de tout le poeme.Il commence par un cri de joie et par un cri redoublé: C’est la fête du blé, c’est la fête du pain! Plus loin, avec une familiarité respectueuse, le poète lance un encouragement au soleil d’abord: Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin.puis à l’homme Moissonneurs, vendangeurs là-bas! votre œuvre est bonne! Que si le mouvement semble maintenant se ralentir, le ton se faire plus grave, l’hymne, pour devenir religieux, n’en reste pas moins un hymne.Il s ouvrait sur un cri; il se termine sur une strophe; il y a développement, ascension, mais toujours dans le meme sens et selon la logique même de la pensée première.Tout au plus pourrait-on dire que la cantate se termine en cantique.* * * Après l’inspiration profonde et son développement, voyons maintenant quelques procédés de l’art verlainien.T .a description présente ici un double caractère.v Tantôt, d’un trait large et simple, à peine relevé d’une antithèse, le poète évoqué un vaste paysage.C’est tour à tour: ., .De lumière si blanc que les ombres sont roses.La plaine tout au loin couverte de travaux et 672 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE .le soleil, trauquille auteur des moissons mûres.Tantôt un seul vers condense une triple sensation de couleur, de mouvement et de bruit: L’or des pailles s’effondre au vol siffleur des faux.Quelle densité pittoresque encore dans le vers qui suit: Dont Y éclair plonge, et va luire, et se réverbère.C’est avec la même plénitude hardie que dans un seul vers, Verlaine peint un objet vulgaire, évoque une sensation, et traduit un sentiment : L’honnête verre où rit un peu d’oubli divin.Une alliance de mots imprévue (honnête verre), une métaphore heureuse (où rit l’oubli), une antithèse (honnête verre.oubli divin), voilà tout ce qu’accumule ici un art savant.Même procédé enfin dans la description du miracle eucharistique: au mot fleur le poète associe non pas les mots blés et vignes mais les mots pains et vins.Avec une audace plus grande encore, quoiqu’atténuée par le troisième verbe prépare, il accole aux verbes moissonne et vendange ces compléments inattendus la Chair et le Sang.A cette densité hardie des images, s’ajoute la science du rythme.Cette affirmation peut surprendre d’abord; car tels ou tels vers semblent d’abord boiteux avec leurs coupes irrégulières.Ainsi, le vers 6: Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère et même le vers 20 : La Chair et le Sang pour le Calice et l’Hostie.Mais voyons les choses de plus près: D’abord.nombreux sont les vers de structure proprement classique (v.v.1, 2, 4, 5, 7, 11, 13, 15, 17, 18), et l’apparente irrégularité de certains peut presque toujours se justifier.Ainsi le vers 6, avec sa distribution inaccoutumée: 4+3+5.Que veut en effet le poète?dessiner les mouvements inégaux d’une lueur.Pour peindre la descente de la faux dans les blés, il rattache étroitement le v.5 au v.6: .au vol siffleur des faux Dont l’éclair indiquant par là l’ampleur du geste; puis un verbe expressif et bref traduit la chute brusque et la disparition; Dont l’éclair plonge.après quoi, l’éclair fait, plus loin, une réapparition rapide Dont l’éclair plonge, et va luire.enfin, plus loin encore, et plus prolongé, un reflet: Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère.Ailleurs, des moyens plus simples produisent des effets plus faciles à saisir: Nul doute, par exemple, que grâce à une répartition analogue mais inverse, le vers 7 (3+[3+6]) et le vers 8 (8+4) ne nous donnent, à la fois, une double sensation d’allongement et de diversité ! La plaine, tout au loin couverte de travaux, Change de face à chaque instant, gaie et sévère.Ailleurs, même effet d’allongement par un léger recul de la césure principale: A gonfler, I à sucrer là-bas II les grappes sures.Moissonneurs, | vendangeurs là-bas, Il votre œuvre est bonne, Voici mieux encore.Ce n’est plus seulement un lointain qui recule grâce à l’allongement du vers ; c’est tout un monde,—choses, actes, sentiments, pensées,—c’est tout un monde qui s’agrandit en tous sens, grâce à l’élargissement de la strophe entière: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 673 Tout halète, tout n’est qu’effort et que mouvement Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres, Et qui travaille encore imperturbablement A gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures.Ou encore: Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins, Fruit de la force humaine en tous lieux répartie, Dieu moissonne, et vendange, et dispose à ses fins La Chair et le Sang, pour le Calice et l’Hostie.D’ailleurs, si ces deux strophes sont de même envergure, un mouvement très différent les anime.Tandis que la première se déroute lentement, presque lourdement, la seconde a tout ensemble la gravité et l’allégresse d’une hymne liturgique.Au 1er vers (6-)-6) et au 3e (3-f 3-^3+3) notamment le rythme se fait presque berceur.Si donc, Verlaine n’est plus ici le musicien exquis, parfois même langoureux, qu’il se montre ailleurs, du moins, adapte-t-il heureusement le mouvement du vers et de la strophe à l’objet qu’il veut décrire comme au sentiment qu’il veut exprimer.Il cesse d’être un virtuose pour mettre sa maîtrise au service de sa pensée,—ce qui vaut mieux.Remarque analogue pour la rime.Après avoir joué avec la rime, comme son maître Banville, Verlaine en arrivera plus tard à la mépriser, sinon à la rejeter.Ici, ni vaines jongleries ,ni artificieuses négligences, mais simplement des rimes honnêtes.Cela ne veut pas dire des rimes médiocres.Même choses et roses, mûres et sures, donne et bonne, sont des consonances suffisantes, soit grâce à la seule densité de la voyelle, soit grâce à l'articulation de la consonne qui suit.Ailleurs, la consonne d’appui est fréquente.Nous la trouvons non seulement dans ces rimes: mouvement-imperturbablement, vin-divin, répartie-hostie mais même dans celles-ci: pain-bain, faux-travaux, réverb'ere-sév'ere, vins-fins, p.b, f, v, étant toutes quatre des consonnes du même ordre (dentales) et d’une prononciation presque identique.Toutes ces rimes sont donc excellentes; mais aucune ne sollicite indiscrètement l’attention.Qu’elles accentuent un détail pittoresque (v.5, par exemple) ou qu’elles scandent plus fortement le rythme (v.v.9-11), elles demeurent asservies ou du moins subordonnées à l’ensemble.Elles jouent ici le même rôle que dans un poème classique.Gaillard de Champris.L’HISTOIRE NATURELLE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Les Papillons (suite) (1) (Pour Y Enseignement primaire) Quelques considérations anatomiques Le corps du papillon comprend la tête, le thorax et l’abdomen.La tête porte des yeux relativement grands et placés un de chaque cote.Ces yeux sont composes; vus au microscope, ils présentent des milliers de facettes grâce auxquelles l’insecte peut voir dans toutes les directions à la fois.Entre les yeux et sur la partie supérieure de la tête se trouvent les antennes dont nous avons déjà parlé.La fonction précise de ces organes a été et est encore de nos jours l’objet d’une intéressante controverse entre les naturalistes.Les uns y voient l’organe de l’ouïe, d’autres, celui de l’odorat, un certain nombre, le siège de ces deux sens réunis; quelques entomologistes enfin croient que les antennes sont les organes d’un sens que ne possèdent pas les vertébrés et dont les manifestations chez les insectes ne sont pas encore bien connues.^ .Le célèbre J.-H.Fabre lui-même, que cette question a fort préoccupé, n a pu résoudre le problème malgré les expériences nombreuses qu’il a tentées.Ce grand savant, après avoir enlevé à des papillons des deux sexes leurs antennes, n’a jamais remarqué dans la suite que cette ablation avait produit le moindre changement dans la vie des amputes, et il n hésité pas a declarer que nous sommes ici en présence de l’un de ces nombreux mystères encore inaccessibles a la science entomologique.On croit généralement que chez les lépidoptères, les organes de l’ouïe sont représentés par des pores et certaines ouvertures sur les pattes., , .• Entre les yeux et sous les antennes se trouvent deux petits organes composes de trois parties ; (1) Voir l’Enseignement primaire de mai 1931.3 674 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ce sont les palpes labiales entre lesquelles est placé le suçoir en spirale dont il a été question précédemment.Le thorax porte les organes de la locomotion, lesquels comprennent quatre ailes et trois paires de pattes.Chaque patte renferme cinq parties dont la dernière est formée par une série d’articulations et se termine par deux minuscules crochets en forme de pinces.Les ailes, très grandes eu égard aux autres parties du corps, sont remarquables à plusieurs points de vue.Elles sont recouvertes d’une poussière écailleuse qui leur donne leurs brillantes et si riches couleurs.Vues au microscope, ces écailles nous apparaissent disposées avec autant de symétrie que celles qui recouvrent les poissons, et arrangées à la manière des bardeaux sur la toiture de nos habitations.MIMÉTISME DES LÉPIDOPTÈRES Fig.1.Catocala relicta.—2.Larve du Papilio troilus.—3.Automerisio.La charpente des ailes est formée de conduits cornés à double paroi, appelés aussi nervures.Les conduits extérieurs sont remplis d’air, ce qui explique la légèreté spécifique du papillon, et les conduits intérieurs contiennent le sang.Ce liquide, chez les insectes, n’a pas la couleur rouge qu’on lui connaît chez les vertébrés; il est ici presque incolore et tout au plus d’un blanc jaunâtre.Les nervures supportent entre elles la membrane si délicate des ailes sur laquelle sont disposées en dessus et en dessous, les écailles.Les ailes antérieures ou primaires sont plus ou moins triangulaires, les postérieures ou secondaires sont plus arrondies et ont parfois des prolongements en forme de queue comme chez les papilio turnus et les papilio troilus. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 675 L’examen au microscope des ailes du papillon mâle nous fera voir, à travers les écailles, certaines glandes ou protubérances appelées androconies, d’où s’échappent des odeurs qui paraissent exercer sur les femelles un véritable attrait.L’oiseau mâle charme sa compagne par ses brillantes couleurs et ses notes mélodieuses, le papillon attire et charme la sienne par ses effluves embaumés.L’abdomen se compose de huit ou neuf anneaux ou segments sur chacun desquels un examen minutieux révélera la présence de deux petits orifices, un de chaque côté.Ce sont là les organes de la respiration.Les insectes ne respirent pas par la bouche à la manière des vertébrés, et leurs poumons, ou plutôt ce qui en tient lieu, se trouve non dans le thorax mais dans l’abdomen.MIMÉTISME CHEZ LES LÉPIDOPTÈRES Les papillons avec leurs éclatantes couleurs seraient des proies faciles pour les oiseaux insectivores, si la Providence, en les créant, ne leur avait pas donné la faculté de se rendre invisibles lorsqu’ils se voient poursuivis par un ennemi.Suivez bien des yeux le Yanesse antiopa, essayez de l’attraper; tout à coup, vous ne verrez plus rien, il aura disparu.Le beau papillon a tout simplement relevé ses ailes de manière à n’en laisser voir que le dessous dont les nuances se confondent avec celles de la branche où il s’est posé.Plusieurs espèces nocturnes se tiennent, le jour, sur le tronc des arbres sans être inquiétés par les oiseaux.La couleur de leurs ailes se confond si bien avec celle de l’écorce du tronc, qu’ils devien-nent pour ainsi dire invisibles.Le Catocala relicta illustre bien cette forme de mimétisme.Certain-nes de nos espèces diurnes les plus somptueuses, parmi lesquelles je citerai le Grapta faunus, présentent l’aspect d’une feuille morte, lorsqu’elles se posent sur une branche et relèvent leurs ailes.L’Automeris peut évoluer en toute sécurité parmi les oiseaux mangeurs de papillons.La forme et la disposition de ses ailes, les ocelles qu’elles portent, donnent l’illusion de la face du Grand duc, ce hibou tant redouté des oiseaux; aussi, n’en faut-il pas davantage pour tenir ces derniers à distance.Quelques papillons parmi les plus magnifiques comme coloration doivent d’échapper aux insectivores à leur ressemblance avec certains insectes vénéneux.Enfin, d’autres doivent leur conservation à l’odeur repoussante qu’ils dégagent lorsqu’ils se voient menacés d’un danger imminent.Il n’y a pas qu’à l’état d’adulte que les lépidoptères savent se^ soustraire à leurs ennemis ou éloigner ces derniers en revêtant des apparences trompeuses; le mimétisme est une faculté qu’ils ont possédée dès leur premier état.Nous savons que la larve se confond, par sa couleur, avec la feuille sur laquelle elle se nourrit.La Piéride du chou, à l’état larvaire, nous en fournit un bel exemple.^ Certaines larves sont bien protégées par les épines dont elles sont recouvertes; d’autres, à la peau lisse, revêtent, lorsqu’elles sont attaquées, des allures combatives.Voyez celle de la Papilio troilus, mollement étendue dans le lit soyeux qu’elle s’est filé sur une feuille; sa peau, d’un beau vert tendre, est marquée sur le thorax de deux ocelles que vous prendriez volontiers pour des yeux véritables qui vous fixent d’un air menaçant.Si vous la touchez, vous la verrez se renfrogner et darder, à la manière des serpents, un filament fourchu qui a toutes les apparences d’un dard acéré en même temps qu’elle dégagera une odeur forte des plus désagréables.Ces manifestations belliqueuses suffiront pour vous éloigner de l’insecte, à moins que vous ne connaissiez déjà son caractère absolument inofïensif.ÉLEVAGE DES LÉPIDOPTÈRES Je ne sache pas qu’il y ait, dans la nature, de sujets d’observations plus intéressants que ceux qui concernent les métamorphoses des papillons, depuis 1 œuf jusqu’à 1 état d insecte parfait.A la campagne, l’étude de ces transformations est des plus faciles; elle ne requiert ni argent ni matériel dispendieux et, cependant, nous réserve des plaisirs qu’on ne saurait soupçonner.Au cours d’une visite au jardin ou au verger, il est faile de nous procurer différentes espèces de chenilles et de les placer, avec les feuilles nécessaires à leur nourriture, dans une boîte quelconque dont le dessus pourra être enlevé pour faciliter les observations.Une bande de papier gluant devra être placée à l’intérieur de la boîte et au-dessus des chenilles, afin d’empêcher ces dernières de s’échapper.La boîte d’élevage devrait contenir une couche d’au moins deux pouces de terre pour permettre aux espèces nocturnes de s’y enfouir lorsque viendra le temps de la transformation en chrysalides.Cette précaution devient inutile pour les espèces diurnes dont le cocon sera suspendu aux parois de la boîte ou à un bâtonnet qu’on y aura préalablement introduit.Il ne restera qu a suivre les enan-gements qui ne manqueront pas de se produire chez les insectes avant qu ils ne soient parvenus à leur dernier état Un autre excellent moyen de se procurer des papillons pour les observer consiste à placer dans un bocal ou une boîte, les cocons qu’on trouve si souvent dans le sol, sur les branches ou le tronc des arbres et dans les interstices des rochers.Le novice dans l’étude de l’entomologie éprouvera une joie toujours nouvelle lorsqu’il verra se briser la frêle chrysalide pour livrer passage à un Papillon, surtout si ce dernier appartient à une espèce qu’il ne connaît pas encore.E.Litalien, I.R. 676 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION DU PATRIOTISME L’Eglise et le Canada français (Extrait d’un sermon prononcé à Québec, en 1880, par M.l’abbé P.Bruchési, à l’occasion du premier congrès catholique tenu au Canada.M.l’abbé Bruchési devint dans la suite l’éminent archevêque de Montréal, dont tous souhaitent le retour à la santé.) Laissez-moi jeter un regard sur notre patrie.Bien des peuples avaient été l’objet des prédilections divines et des préférences de l’Église; cherchez-les cependant aujourd’hui sur la surface du globe.Plusieurs ont disparu; d’autres traînent une existence sans gloire.Pourquoi cela ?C’est qu’ils ont méconnu la bonté de Dieu, ils ont répondu par l’ingratitude à son amour, Dieu s’est retiré d’eux, et là où Dieu n’est plus, c’est la mort.O Canada, pays jeune encore, puisses-tu prospérer et grandir! que les sciences et les arts se développent dans ton sein, que tes enfants se multiplient, que ton nom soit partout chéri et respecté; mais avant tout, reste toujours fidèle à ton Dieu et à l’Église.Pardonne, ô ma patrie!.mais s’il devait aussi venir pour toi un jour où tu renierais ta foi, où tu abandonnerais ta mère, où tu méconnaîtrais ses droits pour la persécuter et l’outrager.puisses-tu disparaître de la scène du monde ! Plutôt, que de te voir plongée dans un tel abîme et chargée des anathèmes du ciel, encore un fois, pardonne, ô ma patrie!.j’aimerais mieux te voir mourir.Mais non, ô Canada ! enfant de l’Église, tu iras toujours, en dépit de tous les obstacles, vers le chemin de la vérité et de l’honneur, et rien jamais ne pourra arracher de ton cœur la foi ardente qui fait aujourd’hui ta vie.Oh! durant ces fêtes que tu es apparu grand et beau aux regards des cieux et de la terre! Il y a deux jours, nous te voyions ému et recueilli, prosterné devant un autel.Dans ces plaines d’Abraham, si remplies de souvenirs, le Pontife célébrait les saints mystères, et tes enfants priaient dans l’adoration et dans l’amour.Et quand l’hostie sainte parut dans les airs, pendant que les fronts s’inchnaient avec respect, tu proclamais par la voix de tes artistes le nom seul grand et seul puissant de Jésus-Christ: “Tu solus altissimus, Jesu Christs.” Ton Dieu t’a béni, et tu t’inchnas une seconde fois pour recevoir la bénédiction de l’Église.Continue donc, ô mon pays, à suivre ce noble chemin de la foi, et puissent tes fils se réunir souvent pour dire à l’Église leur dévouement et leur tendresse.Pour nous, ô sainte Église catholique, nous te consacrons notre être et notre vie, nos études et nos travaux.Nous t’aimerons, nous proclamerons tes droits, nous célébrerons ta gloire, nous te ferons aimer.Divine Jérusalem, si jamais nous t’oublions, que notre droite soit vouée à l’oubli, si oblitus fuero tui Jerusalem, oblivioni detur dextera mea.Amen.LA FEMME DE DEMAIN Causerie par les élèves du Cercle littéraire de l’École normale des Trois-Rivières (Suite et fin) (1) Marguerite: Si nous avions à parler de la femme d’hier au lieu de celle de demain, je pourrais citer à mon tour une page charmante de Madame Julie Lavergne.Lucia: Nous pouvons bien nous permettre cette petite digression; n’est-ce pas, Madeleine.(1) Voir Y Enseignement primaire de mai 1931. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 677 Madeleine: Très volontiers, teur d’aujourd’hui.L’aimable conteuse d’hier peut fort bien donner la réplique à l’éminent ora- M argue rite: C’est ce que tu nous as lu sur les joies spirituelles goûtées en la compagnie des grands penseurs, des artistes et surtout des saints, qui m’a remis en mémoire une page du beau livre de Monsieur Joseph Lavergne, dans le chapitre intitulé: “La femme de l’artiste”.Agnès: Lis-nous cela, bien vite.Marguerite: Elle parle des heures de bonheur des premières années de son mariage, dont elle voudrait fixer le souvenir d’une manière ineffaçable.Ce sont, dit-elle, les heures d’étude, de travail, passées dans le silence des nuits d’hiver, alors qu’elle aidait son mari dans la recherche de ce qui pouvait perfectionner son art.Lucia: Tu m’intéresses, continue.Moi aussi, j’aime beaucoup Mme J.Lavergne.Marguerite: “La labeur du jour, ce labeur imposé par le péché d’Adam, était fini.Au dehors la bise soufflait sur les campagnes dépouillées; la ville s’illuminait, les lieux de plaisir et de perdition s’emplissaient, et les églises, fermées et désertes, recélaient le Sauveur délaissé.Au dedans le calme régnait: Les enfants, délivrés par les mains maternelles des légères souillures du jour, étaient endormis, marqués du signe de la croix et confiés, dans leurs couches si pures, à la garde de leurs anges”.Agnès: Quel bel exemple pour les mères d’aujourd’hui et de demain, tu nous cites là! Marguerite: “Nous étions seuls, en paix avec Dieu; alors, au lieu de nous abandonner au repos, nous nous mettions à l’œuvre, et, soldats d’une noble cause, pour bien la servir, nous nous efforcions de la connaître.Alors, à nos yeux ravis, apparaissaient les Saints, ces héros des temps écoulés, et nous les appelions à notre aide pour raviver la foi, l’amour du beau, dans ce siècle attiédi pour défendre ceux qui combattent pour la vérité, pour encourager les faibles et repousser les traîtres.Et souvent un souffle d’enthousiasme passa et entraîna notre pensée.Et le cœur ému, la main tremblante, de nobles pages furent tracées par l’un, transcrites par l’autre.“Qui comprendra ces heures ?Elles furent rapides, mais renfermèrent plus de joies intimes que les fêtes les plus brillantes n’en offrirent jamais”.N’est-ce pas que c’est idéal ?Lucia: Ces deux artistes travaillent en collaboration! Agnès Et la paix d’un tel intérieur! Annette: Tu nous as montré, je crois, la poésie de la vie conjugale.Madeleine: C’est la mission de la femme d’en mettre partout.Et c’est facile quand le cœur est du côté du devoir.-uct Le Père Gillet est moins poétique, mais laissons-le tirer la conclusion de tout ceci.Supposons que le nombre des jeunes filles et des femmes chrétiennes augmente, qui éprouvent le besoin de nourrir leur esprit de pensées fortes, de mieux s’approprier les pensees de la foi, de penser par elles-mêmes, d’acquérir une culture générale qui les élève au niveau des plus intelligents et des plus 678 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE avertis des hommes, qu’adviendra-t-il ?D’abord la vie au foyer sera mieux remplie.Une notion plus exacte de leurs devoirs de jeune fille et de femme chrétienne se substituera peu à peu en elles à la notion fausse qu’elles se sont faite jusque-là du plaisir”.Agnès: Et nous aurons demain d’autres Julies Lavergne, des femmes d’intérieur “qui garderont la maison”, comme les antiques matrones romaines.Annette: En somme, votre culture générale ne vise qu’à former des chrétiennes raisonnables, comme disait Madame de Maintenon, et, au lieu de devancer votre siècle, vous voilà ramenées deux cents cinquante ans en arrière.Madeleine: Mais pas du tout, la vérité, la raison et la vertu n’ont pas d’âge.Dieu.Annette : Elles sont éternelles comme Bravo! Tu es vraiment très éloquente.Madeleine: Et toi, bien railleuse; mais continuons.Et achevons.Lucia: Marguerite: Avec le travail intellectuel qui élève, ennoblit, purifie, nous visons du même coup tion du cœur.Agnès: la forma Oh! pour cela, compte surtout sur la grâce de Dieu, car c’est une tâche bien difficile.L’histoire nous apprend que Racine était “tout cœur” et qu’à cette exquise sensibilité se joignait la raison la plus sûre.Mais Racine était un être d’exception, et je crois que ces deux qualités sont rarement réunies chez une femme.Annette: Plus rarement que chez l’homme?Madeleine: La meilleure éducatrice du cœur de la jeune fille comme de la femme: c’est la piété vraie et véritable.Marguerite: Oui, l’Évangile sera toujours, dans ce domaine, le maître incontesté.Madeleine: La femme de demain, comme celle d’aujourd’hui, devra puiser à cette source les fortes vertus de renoncement, d’esprit de sacrifices.Agnès: L’esprit de sacrifice! Pouvez-vous penser qu’il en sera encore question dans vingt-cinq ans d’ici ?Il sera mort, soyez-en sûres.Il est vidence.C’est Marguerite: vrai qu’il paraît passablement anémié, mais n’oublie pas que nous comptons sur la Pro- Madeleine: elle qui sait se ménager dans tous les siècles une élite d’âmes généreuses. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 679 Lucia: D’ailleurs, nous nous sommes proposé de rester dans l’idéal.Madeleine: Dans cette haute région, le sacrifice est accessible à toutes.Annette : Maintenant, chères amies, si vous voulez la femme de demain philosophe dans le bon sens du mot, mais pas du tout “bas bleu”, la voulez-vous, du moins “cordon bleu?” Marguerite: Mais oui! Il ne faut pas oublier les hommes de demain.Agnès: Qui vivront, eux aussi, “de bonne soupe et non de beau langage”.Lucia: Écoutez-moi, à mon tour je cite le grand penseur chrétien, Étienne Lamy, étudiant le même sujet que nous : “Les occupations modestes sont-elles l’effroi d’une femme ?Elle craint, sans doute, qu’on la juge faite seulement pour celles-là.Mais elles ont, avec leur profit, leurs charmes pour les femmes qu’on sait capables des plus hautes besognes”.Annette : Eh bien! récapitulons maintenant notre leçon.Madeleine: Ce sera facile.Intelligence ouverte et large, amour du sérieux et de l’étude, étude des questions religieuses et de tout ce qui de près ou de loin, s’y ramène, jugement sain et mûri, sensibilité exquise guidée par une piété franche et vraie, vertu forte et douce, basée sur l’esprit de sacrifice, enfin, pour compléter, toutes les qualités d’une maîtresse de maison accomplie.Voilà l’idéal.Y manque-t-il quelque chose?Lucia: Oui, que dites-vous du rôle social de la femme ?Agnès: De grâce, laissez-la s’en donner tant et plus pendant les élections.Laissez-la voter, présider des assemblées et surtout.faire des discours.Annette: A dix piastres chacun.Le budget de la famille n’en souffrira pas.Madeleine: Mes chères amies, ici comme ailleurs, restons dans le juste milieu, dans 1 idéal, si vous aimez mieux.Lucia: Notre siècle a déjà connu la femme d’œuvres, admirable de dévouement et de savoir-faire.Madeleine: Celle-là, les sévérités de Joseph de Maistre ne sauraient l’atteindre, car si c’est du sublime, c’est du sublime féminin.Marguerite: En effet, rappelons-nous l’influence d’une Madame Swetchine sur son entourage. 680 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Madeleine: L’apostolat littéraire de Madame Lucie-Félix-Faure Goyau.Annette: Et surtout le charitable dévouement de toutes celles qui n’ont eu que les anges pour témoins.Agnès: Il est certain qu’il y aura demain des rôles à jouer pour toutes les femmes de bonne volonté.Madeleine: Oui, parce que la Femme de demain aura compris qu’elle doit élargir l’horizon de son dévouement.Lucia: Ira-t-elle jusqu’à dire avec Fénelon: “J’aime mieux ma famille que moi-même, j’aime mieux ma patrie que ma famille et j’aime encore mieux l’humanité que ma patrie ?” Madeleine: Tenons-nous-en, si vous le voulez, à ces généralités.Remettons la femme de demain entre les mains de nos apôtres et de nos éducateurs, puisque c’est à eux qu’il appartient de préparer l’avenir.Lucia: L’idéal demeurera gravé à jamais, dans le portrait toujours d’actualité de la .Femme forte de nos Saints Livres.Annette: Qui trouvera la Femme forte?Elle est plus précieuse que tout ce qu'on va chercher au bout du monde.Madeleine: Voici un Missel, lis-nous les paroles inspirées de la Bible.Nous ne pourrions mieux compléter notre esquisse de “la Femme de demain”.Agnès: “Qui trouvera la femme forte ?C’est au loin et aux extrémités du monde qu’on doit chercher son prix.Le cœur de son mari se confie en elle, et il ne manquera point de dépouilles.Elle lui rendra le bien, et non le mal, tous les jours de sa vie.Elle a cherché la laine et le lin, et elle a travaillé avec des mains ingénieuses.Elle est comme le vaisseau d’un marchand, qui apporte son pain.Elle se lève lorsqu’il est encore nuit, et elle donne la nourriture à ses domestiques, et les vivres à ses servantes.Elle a considéré un champ, et elle l’a acheté; du fruit de ses mains, elle a planté une vigne.Elle a ceint ses reins de force et elle a affermi son bras.Elle a goûté, et elle a vu que son trafic est bon; sa lampe ne s’éteindra point pendant la nuit.Elle a porté sa main à des choses fortes, et ses doigts ont saisi le fuseau.Elle a ouvert sa main à l’indigent, et elle a étendu ses bras vers le pauvre.Elle ne craindra point pour sa maison le froid de la neige, car tous ses domestiques ont un double vêtement.Elle s’est fait un vêtement de tapisserie; elle se couvre de lin et de pourpre.Son mari est illustre aux portes de la ville, lorsqu’il est assis avec les anciens du pays.Elle a fait une tunique de lin et elle l’a vendue, et elle a livré une ceinture au Chananéen.Elle est revêtue de force et de beauté, elle rira au dernier jour.Elle a ouvert sa bouche à la sagesse, et la loi de la clémence est sur sa langue.Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n’a pas mangé son pain dans l’oisiveté.Ses fils se sont levés, et l’ont proclamée bienheureuse; son mari s’est levé aussi, et l’a louée.Beaucoup de filles ont amassé des richesses; toi, tu les as toutes surpassées.La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine; la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée.Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres la louent aux portes de la ville.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 681 NOS SŒURS LES ABEILLES Visitons la ruche, cette minuscule cité des prodiges.(Pour VEnseignement primaire) L’abeille et la ruche, le miel et la cire, voilà des choses bien merveilleuses dont l’étude offre un vif intérêt et charme délicieusement l’esprit.Il n’y a pas encore bien longtemps, on ne connaissait de l’abeille que son dard et ses piqûres.Mais on revient aujourd’hui de cette opinion exagérée.L’apiculture a fait des progrès, et, le voile et l’enfumoir, alliés à une connaissance plus profonde des mœurs de cet insecte, permettent de l’approcher sans danger sérieux.L’apiculture, c’est-à-dire la culture des abeilles, déjà connue aux temps les plus reculés de l’Ancien testament, est devenue depuis quelque cinquante ans une industrie rurale de plus en plus intéressante et rémunératrice.Le miel, mieux apprécié se consomme davantage; la cire, particulièrement en usage pour les besoins du culte, s’utilise en très grande quantité dans nombre d’industries.Dans notre province, le produit de la vente du miel dépasse cette année la somme d’un million de piastres.Et puis, sans son miel et sa cire, du point de vue agricole seulement, l’abeille vaudrait déjà beaucoup, à cause de son rôle éminemment utile: celui de servir à la fructification des fleurs.En effet, par les belles journées de l’été, les abeilles, en butinant d’une fleur à l’autre pour y trouver leur subsistance, transportent le pollen, cette poussière fécondante des fleurs.Inconsciemment, ce merveilleux insecte, dans ses multiples voyages aux champs, augmente ainsi les récoltes de graines et de fruits.;yrv.Le joli rucher de M.l’agronome Avila Charbonneau, à Chicoutimi.Approchons maintenant de la ruche et essayons de penetrer dans cette demeure si bien défendue.Munissons-nous d’un voile protecteur, plaçons-nous a cote et jetons a 1 entree de la ruche un peu de fumée avec l’enfumoir.Les abeilles, surprises par l’arrivée de la fumée, se gavent de miel et deviennent ainsi alourdies du précieux nectar et presqu’inoffensives.Soulevons le toit ou couvercle et ensuite la toile protectrice.Voilà maintenant un merveilleux livre d’images qui s’offre au regard étonné et ravi du visiteur.! Sur les cadres de cire dorée, les abeilles vont et viennent avec une activité fiévreuse.On dirait une ville moderne aux rues nombreuses remplies de passants affaires.Arrêtons-nous, ne serait-ce qu’une minute ou deux, à reconnaître les trois catégories d’abeilles qui vivent dans la cité des insectes, et, voyons de près l’admirable architecture de cire construite par les vaillantes butineuses.Dans cette ruche, il y a d’abord la reine, plus élégante, plus majestueuse, plus utile que les autres.C’est l’être par excellence.Seule, elle a le pouvoir de pondre les œufs par milliers.Si elle meurt, la colonie va à la ruine, hormis que la ruche s’élève une autre reine.La reine demeure le personnage principal, parmi les autres: c’est la mere de la maison.! Ensuite, c est la masse des abeilles, appelées ouvrières, plus petites que la reine, mais non moins actives et aussi fort 682 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE nécessaires à la vie commune.Elles pourvoient à la nourriture de toutes et à la défense de l’édifice.Enfin, les bourdons, plus gros, plus lourdauds.(ce sont les hommes de la maison, quoi.!) les bourdons qui réchauffent le couvain et auxquels les abeilles reconnaissent quelqu’utilité, puisqu’ils font partie de la république bourdonneuse.Nous n’avons fait qu’ouvrir la ruche et déjà, il nous faut abréger ces quelques notes si sommaires sur les abeilles.Terminons, en citant ces quelques lignes si vraies de notre apiculteur provincial, M.Cyrille Vaillancourt: “C’est enfin l’abeille qui retiendra nos fils à la terre.“Jeunes gens qui avez la fascination des villes, parce que dans votre imagination vous voyez miroiter un vil métal dépensé quelquefois aussi vite qu’acquis, nous voudrions vous démontrer quelque peu l’importance de l’apiculture; nous avons souvent dit aussi qu’elle était une source de richesse, alors tout en restant au foyer vous pouvez vous créer certains revenus en vous occupant de cette industrie aussi attrayante que rémunératrice.L’art apicole vaut bien l’or des usines; si celui-ci est plus brillant, le premier est plus durable.“On estime qu’une colonie ordinaire d’abeilles produit un gain que l’on peut évaluer de quarante à cinquante piastres, en augmentant en même temqs la récolte des graines, grains et fruits.Tout cela, en outre de la valeur du miel et de la cire que produit cette colonie.Quels immenses revenus nous fournissent alors toutes nos colonies d’abeilles et combien plus considérables encore ils seront dans quelques années, à mesure que se développera cette belle industrie.” Étudions donc cette profitable industrie de l’apiculture; ne perdons pas l’occasion sur la ferme de garder des ruches.Tirons aussi, de l’étude du plus industrieux des insectes, une leçon d’ordre et de prévoyance, un exemple de coopération et de travail intelligent.Comme l’a dit un ami des abeilles, après en avoir tiré profit, “admirons cette étrange petite république si logique et si grave, si positive et si économe.Aimons ce petit peuple, si décidé et si profond, nourri de chaleur et de lumière et de ce qu’il y a de plus pur dans la nature, l’âme des fleurs, c’est-à-dire le sounre le plus évident de la matière et son effort le plus touchant vers le bonheur et la beauté.!” Jean-Chs Magnan, Agr., Dir.des Cercles de Jeunes agriculteurs de la Province.LECTURE EN CLASSE Le Pater du paysan Notre Père des cieux, nous sommes à genoux Demandant de tout cœur, dans notre humble prière, Que soit sanctifié votre saint nom sur terre Et que toujours nos fils lèvent leurs yeux vers Vous.Dans nos rudes labeurs, c’est la foi qui ravive Le courage en notre âme; aussi que ses bienfaits Se répandent partout: Seigneur, pour que la paix Console l’incroyant, que votre règne arrive! Si l’orage dévaste en un jour nos moissons Ou si la mort s’abat sur une tête chère, Que votre volonté soit faite sur la terre Comme au ciel: devant Vous nous inclinons nos fronts! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 683 Nous travaillons sans trêve à nourrir nos familles Et nous vous implorons comme tout bon chrétien; Afin de voir grandir nos garçons et nos filles.Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.Seigneur, si nous avons parfois brisé le frein De vos commandements, pardonnez notre offense Comme nous pardonnons en chassant la vengeance Qui veut rendre le mal pour le mal au prochain.Puisque nous recourons à votre Providence Pour pouvoir résister vraiment aux tentations, Donnez à vos enfants vos larges protections Et fortifiez-les en prenant leur défense.Délivrez-nous du mal qui torture le corps Ainsi que du péché qui, dans la conscience, Grave sa sombre marque: avec votre assistance.Notre Père des cieux, nous mourrons sans remords.Inspirez à nos fils l’amour de la prière Afin qu’à notre exemple un courage viril Leur rende plus léger le travail de la terre _ Et qu’ils vivent toujours en paix, ainsi soit-il.J.Calozet.LEÇON DE CHOSES Donnée aux élèves du cours moyen (4e année) L’ENCRIER ET SON BOUCHON Moyens d’intuition Encriers de formes differentes Bouchons de differentes sortes -Bouteilles de verre de différentes formes et couleurs—Un tube de verre plié—Un morceau de linoléum—Le globe terrestre—Le tableau noir.(Le plan suivant est écrit d’avance au tableau noir et complété au cours de la leçon par l’instituteur ou une élève.) L’ENCRIER ET 1— Définition : 2— Forme : 3— Parties : 4—Matières composantes : - V SON BOUCHON > a) Qualités : b) Provenance : a) Qualités : J b) Provenance : 5— Utilité de l’encrier : 6— Morale : 7— Devoir : 684 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Analyse de l’objet : Causerie dirigée par Vélève-institutrice.Je vous ai fait passer à chacune un encrier vide et un bouchon.Prenez l’encrier.A quoi ressemble-t-il ?A une bouteille.De quoi est-il fait ?De verre.A quoi sert-il ?A contenir de l’encre.Comment pourriez-vous dire à quelqu’un qui n’en aurait jamais vu ce qu’est un encrier?Définition : Un encrier est une petite bouteille ou un petit vase de verre qui sert à contenir dejl’encre.(Écrire la définition au tableau.) (Prenant un encrier en forme de cylindre.) Quelle est la forme de cet encrier ?.Remarquez qu’il est rond à la base, mais il a une certaine hauteur.Quel nom donne-t-on à cette forme?Regardez encore cette bouteille.les tuyaux.?C’est un cylindre.(Écrire le mot au tableau.) (Prenant un encrier en forme de prisme.) Quelle est la forme de cet autre encrier?.Remarquez qu’il est carré à la base, mais il a une certaine hauteur.Quel nom donne-t-on à cette forme ?Regardez encore cette bouteille.Eh bien! c’est un prisme.(Écrire le mot au tableau.) Formes: Nous avons donc un encrier en forme de cylindre et un autre encrier en forme de prisme.Pouvez-vous nommer les parties d’un encrier.J’enlève le bouchon, nous en ferons une étude à part.(Montrant le fond).—Comment s’appelle cette partie?Le fond.(Montrant le goulot).—Comment s’appelle cette partie?Le goulot.(Montrant les parois).—Comment s’appelle cette partie?.Les parois.(Écrire les noms au tableau).—Dites maintenant ce que sont ces parties: Parties: Cq fond est la base sur laquelle repose l’encrier.Le goulot est comme le col ou le cou; c’est l’ouverture de l’encrier.Les parois sont les côtés de l’encrier.(Faire remarquer le genre de paroi.) De quoi est fait l’encrier?De verre.Examinons le verre.Si vous touchez le verre, comment est-il?Lisse, poh.Si vous regardez le verre, quelle est sa couleur?Regardez à travers, que voyez-vous?Quelle est la qualité des objets à travers lesquels on peut voir?Us sont transparents.Le verre est transparent.Si vous jetez un encrier de verre par terre, qu’arrive-t-il ?Il se casse.Pourquoi le verre se casse-t-il facilement?Parce qu’il est fragile, cassant.Si vous frappez le verre, qu’entendez-vous?Comment appelez-vous la qualité indiquant qu’un objet produit un son?Sonore.Le verre peut-il se plier?Puis-je plier le long goulot de cette bouteille ?Non, le verre froid est inflexible.Mais on peut chauffer le verre et il devient mou et flexible.Qualités: Bien! résumons les qualités du verre; le verre est poli, transparent, fragile, sonore, inflexible et dur quand il est froid, mou et flexible quand il est chauffé.D’où vient le verre?.Vous souvenez-vous d’une leçon de lecture sur le verre.Vous 1 avez lue, il y a assez longtemps.Prenez vos livres de lecture à la page 104.La matière première du verre, comme celle de toutes les choses utiles à tous, est très commune.Pour le verre à vitre, par exemple, il ne faut que du sable lavé, de la soude, et de la chaux.^ Les matières premières qui doivent servir à la fabrication du verre étant préparées, pesées et mêlées avec grand soin, on les introduit dans des creusets que l’on soumet à l’action d’un feu très violent et l’on obtient le verre fondu, après quoi, on façonne le verre par le soufflage, le coulage et le moulage”.—Voyons si vous avez compris ces notions sur la provenance du verre et si vous les avez retenues.Provenance: De quoi le verre est-il fait?Sable, soude, chaux.Qu’est-ce que le creuset?Le fourneau où sont fondues les matières premières du verre.Comment le verre est-il façonné?Par le soufflage, le coulage, le moulage.Comment appelle-t-on l’industrie du verre?Verrerie.Comment appelle-t-on un fabricant de verre ?Verrier.Y a-t-il longtemps que le verre est en usage ?La connaissance du verre remonte aux peuples anciens, à plus de 2000 ans avant l’ère chrétienne. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 685 Y a-t-il des manufactures de verre à Montréal?Oui; on y fabrique toutes sortes d’objets et des encriers.Vous voyez que le verre peut prendre toutes les formes et toutes les couleurs.(Faire voir les objets.) Prenez maintenant le bouchon.—De quoi est-il fait?De liège.A quoi sert-il?A boucher l’encrier.Définition: Dites maintenant ce qu’est un bouchon.C’est un morceau de liège préparé pour boucher une bouteille.Y a-t-il des bouchons faits d’une autre substance que le liège?En voici deux autres; de quoi sont-ils faits?De verre et de caoutchouc.Qu’est-ce qu’il y a encore sur le bouchon de l’encrier?Une petite calotte de bois.Pourquoi les bouchons d’encriers sont-ils ainsi faits?Pour être enlevés plus facilement sans salir les doigts.Touchez le bouchon de liège; comment est-il?Rude.Pressez le bouchon de liège; pressez le bouchon de verre; quelle différence remarquez-vous ?Le liège est mou.Mettez un bouchon dans chaque main; lequel est le plus léger?Le liège est léger.Mettons maintenant un bouchon de liège dans l’eau, que remarquez-vous?Il flotte sur l’eau.Cela prouve que le liège est léger.Est-ce que je n’aurais pas bien fait de mettre le bouchon de l’encrier dans l’eau ?—Non.— Pourquoi ?Parce que l’eau dissout la colle qui fixe le bois au bouchon.Résumons les qualités du liège.Le liège est rude au toucher, mou, léger.D’où vient le liège?.Vous ne savez pas.Examinons-le.Est-ce du règne animal ?Est-il dur comme une pierre et viendrait-il du règne minéral ?.A quoi ressemble-t-il donc ?A de l’écorce d’arbre.C’est bien cela.Le liège est l’écorce de certains arbres en particulier du Chêne-liège.Le chêne liège se trouve dans les régions chaudes de l’Amérique et dans les pays situés sur la Méditerrannée : La France du sud, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Algérie, etc.La récolte se fait au printemps.On divise l’écorce en grandes plaques que l’on enlève.Provenance: Donc le liège vient d’un arbre: le Chêne-liège.Que fabrique-t-on avec du liège ?Des bouchons, des instruments de sauvetage, des linoléums.On s’en sert aujourd’hui comme “isolant” dans la construction.Y a-t-il des manufactures d’articles en liège à Montréal ?Oui, plusieurs.Où achète-t-on des bouchons de liège?Dans les pharmacies, les magasins à rayons.Revenons maintenant à notre encrier.L’encrier est-il utile ?Oui, l’encrier est très utile.A qui surtout est-il utile ?Aux écoliers et à toutes les personnes qui écrivent beaucoup : écrivains ou hommes d’affaires.Quelles précautions doivent prendre les enfants qui se servent d’un encrier?Ils doivent prendre soin de ne pas le renverser et de ne pas répandre l’encre.Ils ne doivent pas se servir d’encre dans un endroit où ils sont exposés à gâter une chose de valeur, par exemple, le tapis du salon.Utilité: Donc l’encrier est utile aux écoliers; mais ils doivent s’en servir avec précaution.Morale: L’encrier, comme nous venons de le voir, est une toute petite chose, im objet communément employé; cependant bien des ouvriers ont concouru à sa fabrication.Maintenant que vous le savez, je suis sûre que vous apprécierez mieux ce petit objet et que vous en prendrez grand soin.Devoir :—Faire une courte rédaction au tableau noir, au cours de la leçon.Institutrice (2e de la leçon au moyen du tableau synoptique, complété Cécile Noiseux, année élémentaire), École normale Jacques-Cartier, {Congrégation de Notre-Dame, Montréal.) 686 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE ') (Pour VEnseignement 'primaire) JUIN 1931 Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première et deuxième années: utiliser les motifs végétaux, de représentation facile, offerts par la nature (herbes, feuilles, fleurettes, papillon, etc.)- Première année 1.Au moyen du rond modifié: un vase, un panier., 2.D’après esquisse au tableau: un château fort.3.Herbes, d’après nature.4.De mémoire: une pelle.> k! ¦' Deuxième année 1.La campanule; fleur ornementale.(Éaire tracer le triangle préparatoire.) 2.Un papillon; colorier.3.Répétition: arbre et buisson, (silhouette).4.De mémoire: un fer à repasser.COURS MOYEN En troisième année: revue des couleurs (primaires, binaires), des teintes.Division de la circonférence en six parties égales au moyen du rayon.En quatrième année: principales proportions du corps humain.(Voir VEnseignement primaire de novembre.) Troisième année 1.D’après nature: fleurettes des champs.2.Frontispice d’un programme de fête; le motif principal sera basé sur la division de la circonférence en six parties égales.Colorier.3.Paysage.Disposition de divers plans.4.De mémoire: un calice.Quatrième année 1.Cadre: (ruban,—papillon comme motif d’angle.) Colorier.- 2.D’après jouet: un animal de la ferme (cheval, vache,.).Bien observer les diverses proportions et les établir avant de tracer les lignes de l’esquisse.3.Attitudes.(Indiquer la longueur de l’unité de mesure.) 4.De mémoire: la tente d’un campement de touriste.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: Tracé de Vove, au compas.—Revue des principales notions étudiées au cours de l’année.Cinquième et sixième années • , r > 1.a.Feuilles décoratives.Esquisser d’abord légèrement les lobes principaux, avant d’y introduire les dentelures secondaires.(Exemple, a.) b.Décor d’un tapis de forme ronde.(Répétition asymétrique de l’une de ces feuilles.) 2.Tracé de Vove au compas.Emploi de l’ove comme base de stylisation: (tulipe, nénufar, pomme de pin, etc.) et comme contour de la tête humaine, vue de face.3.Un arbre.Après le tracé du tronc et des branches, esquisser d’abord les ruasses, avant la mise à l’effet.4.De mémoire: une chaire à prêcher.Fr- Raphaël, des Écoles chrétiennes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 687 COURS INFÉRIEUR COURS MOYEN iramnte COURS SUPERIEUR ® Æ i • (1 688 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Pour Y Enseignement 'primaire) (D’après “La Classe en anglais” des FF.de VInstruction chrétienne) NEW YEAR’S DAY (Suite et fin) Read the same two paragraphs using I instead of he and put the verbs in the present tense.Then I jump out of bed, slip into my clothes, roash and go down chuckling with delight.I say: “Happy New Year, father, Happy New Year, mother”: Point out the verbs of the same paragraphs.—Jumped, slipped, washed, went, chuckling, said, are the verbs in those two paragraphs.Read the next two paragraphs.He knelt at his father’s feet and asked his blessing, which was given willingly.He did the same to his mother.Then she said: “Go and see, dear, the gifts the child Jesus sent you”.What did Philip say on entering the room where his parents were?On entering the room where his parents were, Philip said: “Happy New Year, father, happy New Year, mother”.What did he do next ?Next he knelt at his father’s feet.What does this mean ?It means that Philip fell on his knees at his father’s feet.What is the infinitive form of “knelt” ?The infinitive form of “knelt” is “to kneel”.From what word does “kneel” come?“Kneel” comes from “knee”.What is the French word for “knee” ?The French word for “knee” is “genou”.And for “to kneel”.“S’agenouiller” is the French word for “to kneel”.Where did Philip kneel ?Philip knelt at his father’s feet.What did he do while on his knees ?While on his knees, Philip asked for his father’s blessing.Do you ask for your father’s blessing on New Year’s Day ?Yes, I ask for my father’s blessing on New Year’s Day.How does your father give you his blessing ?He places his hands on my head and makes the sign of the cross over me.Look at the picture.Does Philip’s father give his blessing as your father does?Yes, Philip’s father gives his blessing as my father does.Tell me how Philip is represented in the picture.Philip is kneeling, his hands are joined together; he seems to be looking piously at his father.Who first gave his blessing to Philip ?His father gave him the first blessing.Why did he give him the first blessing ?He gave him the first blessing because Philip asked it of him first.How did the father give him his blessing ?His father gave him the blessing willingly.Express willingly otherwise.“Willingly” could be replaced by “with a good heart”.What did Philip after he had received his father’s blessing ?After he had received his father’s blessing, Philip went to his mother to ask her blessing.How is this said in the book ?It is said that “he did the same to his mother”.Did Philip’s mother give him her blessing ?Certainly, Philip’s mother gave him her blessing.What did she tell Philip after she had given him her blessing ?After she had given Philip her blessing, she told him.“Go and see, dear, the gifts the child Jesus sent you”.What word in that sentence shows the affection of the mother?The word “dear” shows the affection of the mother.What did she tell Philip to go and see ?She told Philip to go and see the gifts of the Child Jesus.What is a gift ?A gift is a present.Do you pay for a present ?No, we do not pay for a present.And for a gift ?We do not pay for a gift either.Who was supposed to have sent those presents to Philip ?The Child Jesus was supposed to have sent those presents to Philip.Who is the Child Jesus ?The Child Jesus is Our Lord.On what day was he born ?He was born on Christmas Day.How long before New Year’s Day is Christmas Day?Just one week before New Year’s Day. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 689 Read the same paragraphs using the future tense.He will kneel at his father’s feet and ask his blessing, which will be given willingly.He will do the same to his mother.Then she will say: “Go and see, dear, the gifts the Child Jesus sent you".Read the next paragraph.Going behind the stove where he had left his shoes, he saw a beautiful sled, painted a bright red with yellow stripes; it was tied to one of his shoes, and there was in the other a fine prayer book with gilt edges.The sled was a present of his father, the book came from his mother.What had Philip’s mother just told him?Philip’s mother had just told him to go and see his New Year’s Day presents.1 Where did Philip go to look for them ?Philip went to look for them behind the stove.Why did Philip go behind the stove to look for his presents ?Philip went behind the stove to look for his presents because he had left his shoes there.Why did he place his shoes behind the stove?Replaced his shoes behind the stove because it is an old custom.What is the idea of placing shoes there?The Child Jesus is supposed to come down during the night to fill the shoes with presents.Who had placed his shoes behind the stove ?Philip had placed his shoes behind the stove.Does any one among you do as Philip?Yes, we all place our shoes in a special place on the same day.What do you find in them ?We usually find some presents in them.Did Philip receive any presents ?Yes, Philip received some presents.What was his largest present ?His largest present was a beautiful sled.When did he notice the sled ?He noticed the sled when he went behind the stove where he had left his shoes.Where was the beautiful sled ?The beautiful sled was behind the stove.How was that sled ?That sled was beautiful, painted a bright red with yellow stripes.What was the main color of the sled ?The main color of the sled was red.Was the sled all red ?No, the sled was not all red.What was the other color used on the sled?The other color used on the sled was yellow.How was the yellow used on the sled ?The yellow was used on the sled to draw stripes.What are stripes ?Stripes are long, narrow lines of a color different from the main one.What was the main color of the sled ?The main color of the sled was a beautiful bright red.What was the color of the stripes ?The color of the stripes was yellow.Was the sled placed in the shoes ?No, the sled was not placed in the shoes.Could the sled be placed in the shoes ?No, the sled could not be placed in the shoes.Why could it not be placed there ?It could not be placed there because the sled is much bigger than the shoes., ., r xi ^ How was the sled found ?The sled was found tied to one of the shoes.How could it be tied to one of the shoes ?It could be tied to one of the shoes by means of a nice string How many shoes did Philip place behind the stove ?Philip placed a pair of shoes behind the StOV6.To how many shoes was the sled tied ?The sled was tied to only one shoe.Was there anything tied to the other shoe?No, there was nothing tied to the other shoe.Was there anything in it ?Yes, there was a fine prayer-book in the other shoe.Where was the prayer book found ?The prayer-book was found in the other shoe.How was that praver-book ?That prayer-book was fine and had gilt edges.Can you tell me what “gilt edges” are in French ?“Gilt edges" in French are tranches dorées .What kind of book did Philip find?Philip found a prayer-book., .What is a prayer-book?A prayer-book is a book that contains the morning and evening prayers, the prayers for Mass, the prayers for Confession and Communion, for the stations of the Cross, and the Sunday offices., , .„ Is a prayer-book a fine present ?Yes, a prayer-book is a fine present.What presents did Philip find on that New Year’s morning?On that New Year’s morning Philip found a sled and a prayer-book.Who gave him the sled?His father gave him the sled.What present did Philip receive from his father ?Philip received a sled as a present from his f âit/hcr Who gave him the prayer-book ?His mother gave him the prayer-book.Do you consider the sled and the prayer-book beautiful presents?Yes, and I would be very much pleased to receive the same for my New Year’s gifts.Read the paragraph using “she” instead of he ., , ., Goina behind the stove where she had left her shoes, she saw a beautiful sled painted a bright red with yellow stripes; it was tied to one of her shoes; and there was in the other, a fine prayer-book with gilt edges The sled was a present of her father and the book came from her mother.5 690 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Read the end of the lesson.“Thank you ever so much” said Philip “you are the dearest papa and mamma in the world.” “It is the Child Jesus whom you must thank”, his father said, it is He who gave you these things”.“Yes, father dear, hut not directly; He gave you a good health, so that you could work and buy these gifts for me”.You may be sure that on that day Philip was one of the happiest little lads in the whole town.What must you do when you receive a present ?When I receive a present I must thank the person who gives it to me.Do you think that Philip thanked his father and mother for the gifts he received?Yes, I think so.How did he thank his parents?He said: “Thank you ever so much, you are the dearest papa and mamma in the world”.What does one usually say to express his thanks?One usually says: “Thank you” or “I thank you”.What did Philip say?Philip said: “Thank you ever so much”.What does this mean ?This means: I thank you from all my heart, as much as I can possibly do it.Does he really mean it ?Yes, Philip really means it.How does he prove it ?He proves it by what he adds: “You are the dearest papa and mamma in the world”.Is Philip alone to say it ?No, every good child says it.Why so ?Because for every child his father and his mother ought to be the dearest ones on earth.Were Philip’s parents pleased with what he said?Yes, Philip’s parents were well pleased with what he said.What did his father answer?His father answere.“It is the Child Jesus whom you must thank, for it is He who gave you these things”.Is Philip’s father right ?Yes, Philip’s father is right.WTho is really the Master of the world ?God is really the Master of the world.Who therefore gives us everything ?God gives us everything.Is the Child Jesus God ?Yes, the Child Jesus is God.Why does Philip’s father mention the “Child Jesus” instead of saying “God” ?Philip’s father mentions the Child Jesus on account of the feast of Christmas of which the feast of the Circumsci-sion which falls on New Year’s Day, is the “Octave”.Is there not something special in the churches at that time of the year?Yes, there is a crib in every church.What does it represent?It represents the Child Jesus lying in the manger.Does the crib appeal to the children?Yes, the crib appeals very strongly to the children.Do parents bring their children to see it ?Yes, they do.Do they speak of the Child Jesus at home ?Yes, they speak of Him very often.Have you any instance of it in your lesson ?Yes, we see that Philip’s father speaks to him of the Child Jesus.Whom does Philip’s father wish him to thank ?Philip’s father wants him to thank the Child Jesus.Why does he wish him to do it ?He wishes Philip to do it because it is He, the Child Jesus, who gave him his presents.Did Philip believe it ?Yes, Philip believed it.How did he show it ?He showed it by answering : “Yes, father dear, but not directly.He gave you a good health, so that you could work and buy these gifts for me”.Did the Child Jesus place the gifts behind the stove for Philip ?No, the Child Jesus did not do that directly.Who placed them there ?Philip’s father did.How had the Child Jesus something to do with those presents ?The Child Jesus, being God gave a good health to Philip’s father, so that he could work and buy the gifts.When are you in good health ?We are in good health when we are not sick.What can one do when he is not sick ?When one is not sick he can work.Why does your father work ?My father works to earn some money.What does he do with the money he earns ?With the money he earns, he buys food and clothing for us._ .What does he buy for you around Christmas time?Around Christmas time he buys gifts for us.What did Philip’s father do around Christmas time for his son ?Philip’s father bought him some gifts.Are you happy when you receive gifts?Yes, we are happy when we receive gifts.Do you think that Philip also was happy ?Yes, we think so. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 691 How is it said in the lesson ?It is said that Philip was on that day one of the happiest little lads in the whole town.What is a lad ?A lad is a young boy or a young man.Which is Philip ?Philip is a young boy.What word near “lads”, shows it?The word “little” shows it.Christmas and New Year’s Day are past; but in a few months they will come again.Be sure, boys, to be good until then, to please your father and mother in every way.You will thus please also the Child Jesus, who will grant your dear parents good health that they may work and thus be able to buy fine gifts for their children whom they wish to be the happiest little lads in the whole town.Frère Anatolius-Louis, des Frères de V Instruction Chrétienne.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE CATÉCHISME SUR LE BLASPHÈME (Pour Y Enseignement primaire) La parole est un cadeau du Créateur à l’homme, et à lui seul.Elle doit servir pour la prière, pour l’hommage à Dieu.Elle doit servir pour la société avec le prochain, pour la charité envers les autres.Elle doit servir pour l’utile et l’agréable, jamais pour le mal, ni pour insulter les hommes, ni pour insulter Dieu.Et quand la parole est cette langue française, qui est si belle et qui a coûté si cher à nos ancêtres, il faut la parler dignement, amoureusement.Beaucoup trop d’hommes, de femmes aussi, emploient mal ce grand don de la parole: pour mentir, pour scandaliser, pour médire, pour maudire, pour blasphémer.Ces abus vont jusqu’au péché grave, entre autres le blasphème, qui est le pire des péchés de parole, puisqu’il insulte Dieu directement.1 : * * * Notre peuple a la trop mauvaise habitude de salir son langage de jurons, de patois, de sacres qui sonnent mal, qui s’aggravent parfois jusqu au blaspheme, et qui enlaidissent notre français devant Dieu et devant les hommes.Au point de vue religieux, il faut bien savoir que tous ces vilains mots ne sont pas des blasphèmes, heureusement! Cela soit dit, non pour permettre de jurer davantage, mais pour eclairer les consciences, la luTe des péchés est déjà assez longue, qu’on n’a pas besoin de l’étirer encore avec ce qui n’est pas matière grave.Trois sortes de patois à éviter: 1) des mots grossiers, 2) des péchés véniels, 3) des péchés mortels.1) Mots grossiers: dire damné, maudit, sacré (au sens de maudit, torrieu, ou torgueux, ou des noms d’animaux ignobles, n’est pas péché, mais un civilisé, un monsieur, une demoiselle ne déchire jamais son parler de ces populacenes que les Français de France ne disent pas.Mais si on emploie ces qualificatifs devant des noms de saints ou de choses saintes, cela devient, de soi, une expression blasphématoire.^ % _ 2) Péchés véniels: a) Maudire des créatures qui n ont pas de rapport spécial a Dieu; b) L’usage inutile de mots saints, comme ceux de Dieu, du Christ, de la Très Sainte Vierge des Saints, des sacrements, des vases ou des lieux consacrés., répétés en guise de patois ’sans utilité et sans malice: péché véniel.Si l’on y met une malice spéciale, le désir d’insulter Dieu, la colère contre Dieu, ou intentionnellement les adjectifs damné, maudit, etc., c’est le blasphème, péché grave, et le sacreur habituel y glisse facilement.Comme le péché véniel est déjà plus que suffisant et qu’il est un plus grand mal que tous les maux de la terre, incendies, maladies, pauvreté, ruine et mort, il ne faut jamais le corn- 692 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mettre en rabaissant des noms si vénérables.On n’emploie pas du satin pour essuyer le plancher, ni de l’or pour faire des pioches!.On ne donne pas le nom d’un ami, d’un grand homme ou d’un parent à un cheval qui ne va pas, à une porte qui frappe ou à un outil qui se casse! 3) Péchés mortels: le vrai blasphème est une parole injurieuse à Dieu, ou même un geste: lever le poing, grincer des dents ou cracher contre le ciel.Il consiste encore à dire que Dieu n’existe pas, qu’il nous abandonne, qu’il n’est pas juste, ni bon., à dire du mal du Christ, de la Très Sainte Vierge, et des Saints, ou à mal qualifier les noms des personnes et des choses saintes, de façon à insulter Dieu en lui-même ou en ses amis, représentants ou moyens de salut.Les imprécations malicieuses, contre soi-même ou contre d’autres, sont péché mortel, de même que se réjouir d’entendre blasphémer, ou laisser blasphémer, sans les reprendre, des enfants ou des hommes sur qui l’on a autorité.Péché atroce que cette insulte directe à Dieu, pire que l’ivrognerie, l’impureté ou le meurtre, qui n’offensent qu’indirectement, dans une créature ou un ordre de Dieu.— sje * * La théologie morale recommande aux confesseurs de s’informer si les blasphèmes qu’on accuse en sont vraiment, et pas plutôt des jurons, des malédictions, des mots qui sonnent mal: les ignorants confondent cela souvent; il faut redresser les consciences faussées, leur donner une “connaissance suffisante” de ce qui est matière grave ou pas.C’est le but de ce catéchisme.Aux habitués du blasphème, le confesseur doit inspirer une décision ferme de changer de patois,et suggérer des remèdes: qu’on porte un nœud à son mouchoir, une épingle à sa manche, un caillou dans sa poche, afin d’y penser; si l’on s’oublie encore, qu’on se prive d’un mets, qu’on dise une prière, qu’on fasse une aumône, etc.Il faut se corriger: c’est promis dans l’Acte de contrition, et ceux qui prétendent “dire ça sans s’en apercevoir” sont tenus à redresser leur volonté et à mieux faire, sinon ils se rendent coupables d’un nouveau péché grave, pas à chaque répétition inconsciente des mots blasphématoires, mais à chaque fois qu’ils pensent à l’obligation de se corriger, et qu’ils la négligent.Par dignité humaine donc, pas de jurons inconscients: on ne crache pas continuellement sur les pieds des gens sous prétexte qu’on ne s’en aperçoit pas: on se corrigera, ou ils nous corrigeront! Par amour de la bonne éducation, du savoir-vivre et du savoir-parler; par esprit de foi catholique et de fidélité patriotique, habituons-nous à la distinction, à la politesse envers Dieu et envers les hommes, nous qui sommes si visités, si observés dans notre coin d’Amérique, et qui avons déjà été appelés “une race de gentilshommes”.Alexandre Dugré, s.j.N.B.—L’on pourrait faire prendre aux garçons un engagement d’honneur (le pledge), de ne jamais?sacrer; ou encore une promesse pour dix ans.Car, si l’on ne sacre pas avant l’âge de vingt ou vingt-cinq ans, les habitudes sont alors assez prises, qu’on ne sacrera plus.Voici une formule qu’on pourrait faire transcrire, signer et conserver, après offrande à la Sainte-Vierge ou au Sacré-Cœur, dans une petite cérémonie qui frapperait les esprits: Je m'engage, sur V honneur, à ne jamais proférer de jurons: 1 ) qui soient contre la politesse, et contre la dignité de la langue française; 2) qui soient des fautes vénielles, d’emploi inutile de noms saints; 3) Qui soient des fautes graves, de vrais blasphèmes.Je prierai pour que les paroles vulgaires disparaissent de chez nos gens, afin qu’on n’attire plus de persécutions sur la langue française et sur le peuple canadien.Que Dieu me soit en aide! V Le juin 1031.Signé.Témoin, y instit. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 693 LANGUE FRANÇAISE DICTÉES DE REVUE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR LE BOEUF Les bœufs sont très forts; les avez-vous vus dans les chan^ps traîner la charrue avec leurs cornes?La chair du bœuf sert à notre nourriture.La peau du bœuf et du veau fournit le meilleur cuir pour faire nos chaussures.La graisse du bœuf, qu’on appelle suif, comme celle du mouton, sert à faire les chandelles et les bougies qui nous éclairent.COURS MOYEN I l’article Jules vient d’avoir une vilaine querelle avec un camarade.—La querelle est une dispute, une contestation, un démêlé sans motif.—Il va chez un ouvrier de ma connaissance.—Voici une série d’ouvrages bien intéressants.-—Le repos du dimanche est nécessaire à ^’ouvrier.—Comparons la foi des premiers chrétiens avec la nôtre.—-Pardonnons les injures, mais n’oublions jamais les bienfaits.—Fuyons les conseils des méchants.—La crête du coq est une excroissance de chair rouge que cet animal porte sur la tête.—Evitez les griffes du chat et plus encore celles du tigre.—-On se tire presque toujours avec perte d’un procès.Le péché est le plus grand des maux.II LA SANCTIFICATION DIT DIMANCHE Peu de préceptes sont aussi pressants que le précepte dominical.Il repose sur des raisons humaines et des raisons divines.Il fait appel aux meilleurs sentiments de 1 homme.Il s’accorde avec ses intérêts personnels.Lien puissant pour les familles, il apporte à la société un principe d’ordre et de stabilité.Lois civiles et lois ecclésiastiques s’unissent pour l’imposer.R.P.Archambault, S.J.III TRAVAUX CHAMPÊTRES Les travaux des champs sont rudes, mais ils sont variés.L’ouvrier doit successivement labourer, semer, sarcler, faucher, planter des haies, bâtir des murs, élever, soigner, nourrir, traire des animaux domestiques, moissonner, battre des gerbes, vanner le blé,émonder, vendanger les vignes, pressurer le raisin, récolter les fruits du noyer et du châtaignier, sécher les récoltes, les préserver pour l’hiver, atteler, dételer les chevaux, tondre les moutons, presser le lait des chèvres, couper les haies et les broussailles pour le foyer, réparer le chaume du toit, tresser le jonc, peigner le chanvre; ce sont là autant d’occupations qui, en diversifiant son travail, le lui font aimer.Lamartine.COURS SUPÉRIEUR I LA PRIÈRE DU SOIR A BORD d’üN NAVIRE Lorsque j’entendis la cloche qui appelait l’équipage à la prière, je me hâtai d’aller mêler mes vœux à ceux de mes compagnons de voyage.Les officiers étaient avec les passagers; l’aumônier, un livre à la main, se tenait en avant d’eux; les matelots étaient répandus pêle-mêle sur le tillac: nous étions tous debout, le visage tourné du côté de l’occident.Le globe du soleil, prêt à se plonger dans les flots, apparaissait entre les cordages du navire, au milieu des espaces sans bornes.Des larmes coulèrent, malgré moi, de mes paupières, lorsque mes compagnons, ôtant 694 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE leurs chapeaux goudronnés, vinrent à entonner, d’une voix rauque, leur simple cantique à Notre Dame de Bon Secours, patronne des mariniers.Chateaubriand.II LES PESSIMISTES Je déteste les pessimistes: savez-vous pourquoi?D’abord parce qu’ils ont sans cesse à la bouche le plus irritant de tous les mots: Je vous l’avais bien dit.Leur apprenez-vous qu’il vous est arrivé quelque mécompte: “Je vous l’avais bien dit”, s’écrient-ils, et les voilà tout consolés de votre malheur par le plaisir de l’avoir prévu.Puis, ils ont vraiment tropbonne opinion d’eux-mêmes et trop de dédain pour les autres, surtout pour ceux qu’ils appellent les esprits chimériques, les hommes à illusions, Illusions! illusions! comme s’il n’y avait pas les illusions en mal, tout comme les illusions en bien! Comme s’il n’y avait pas les dupes de la méfiance, comme les dupes de la confiance! Ajoutez que ces dupes-là sont les plus misérables victimes des misères de cette vie, car elles en souffrent trois fois: avant qu’elles n’arrivent, quand elles sont arrivées, et même quand elles n’arrivent pas! Ernest Legouvé.ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE I LE VIEUX LONGUEUIL Si vous aimez les nuances du passé, si l’âme des choses révolues parle à la vôtre, hâtez-vous de contenter ce caprice d’un autre âge avant que les dernières pierres des dernières maisons n’aillent se résoudre en macadam pour les pneus des automobiles.Le vieux Longueuil s’en va.C’est fatal et c’est vaine besogne de vouloir, avec un fétu, enrayer la roue du temps! Nos vieilles maisons bâties au siècle de la conquête ont une histoire.Elles ont vu les Bostonnais venir et retourner par le chemin de Chambly; elles ont vu passer les capots bleus des voltigeurs ; et, quelque vingt-cinq ans plus tard, les tuques rouges des patriotes.Sept ou huit générations ont soulevé le marteau de fer, usé la marche du seuil au pas de leur allégresse et de leur deuil, de leurs soucis et de leurs amours.Si chargées de souvenirs, d’images anciennes, de parfums d’âmes ancestrales et obscurément proches, comme nous voudrions les garder ainsi, les empêcher de mourir tout à fait, nos vieilles maisons ! Erère M.Victorin, des Ecoles chrétiennes II l’aurore boréale L’aurore boréale n’obéit qu’à une règle: ravir toujours l’œil humain par l’harmonie de ses mouvements, si désordonnés qu’ils paraissent, et par l’agrément des couleurs dont elle se pare, si hardies qu’elles soient.Les aurores vivement teintées, malgré leurs fusions chatoyantes, leurs couronnes elliptiques et leurs rosaces échevelées, ne sont point toutefois les plus aimées.L’aurore blafarde, safranée, ordinaire, a pour elle la beauté essentielle de l’aurore : l’extrême mobilité, et demeure tellement diaphane, dans ses évolutions, qu’elle laisse constamment filtrer jusqu’à la terre l’immobile rayonnement des étoiles et de la lune, avivées par le froid.Attaché au zénith par une agrafe mystérieuse, le voile de cette aurore se développe souvent en courtines immenses.Elle s’abandonne mollement d’abord à quelque souffle secret qui la parcourt de l’occident à l’orient.Certains de ses plis se gonflent si largement parfois qu’ils viennent affleurer la terre avec un bruissement d’étoffe agitée, un sifflement même, nettement perçu par l’oreille.Une main rassemble tout à coup la draperie, pour la relancer encore, la saisir de nouveau et la disperser enfin en débris argentés dans la nuit bleue.Les aurores, blanches ou orangées, les plus entièrement belles sont les dansantes.Elles surgissent soudain des zones magnétiques, en fusées intenses, en faisceaux de lances ou en colonnades diamantées, et gagnent, d’un bond, les hauteurs du firmament.D’un même mouvement, elles redescendent.Puis, elles s’élargissent autour du ciel.Les missionnaires, cheminant sous ces magnificences, se sont ressouvenus que pour gagner le vrai ciel de beauté et de repos, il leur faut aller encore, sur les neiges, réelles, froides, immenses, à la conquête des âmes, {Aux glaces polaires) R.Père Duchaussois, o.m.i. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 695 SECTION AGRICOLE I La Province de Québec est un pays essentiellement agricole; la vie des champs, c’est la vie de toutes les nations fortement constituées.Nous ne pouvons aspirer au grand rôle manufacturier: la matière nécessaire aux grandes usines fait généralement défaut, les grands capitaux seront lents à se trouver parmi nous.Nous sommes portés à la vie des champs: la plus belle, la plus noble et aussi la plus payante, si l’on tient compte du grand nombre qu’elle fait vivre et du petit capital qu’elle exige.La rendre de plus en plus rémunératrice, l’ennoblir davantage, la faire aimer et respecter par tout le monde, par le cultivateur surtout, qui se trompe quand il veut chercher ailleurs la fortune lente à venir au gré de ses désirs et qu’il ne trouve que la banqueroute, l’abandon de sa terre; c’est le but que se propose le véritable ami de sa province.XXX.II LA MAISON CONDAMNÉE Autrefois, la maison condamnée avait été vivante et joyeuse: joyeuse du rire des enfants nombreux et de la gaîté charmante des grands-pères, vivante du travail qui sanctifie les jours et fait des âmes fortes.Pendant un siècle et plus, les fils avaient succédé aux pères et possédé ce bien au soleil, et toujours la terre avait nourri leurs familles.Pendant un siècle et plus, les ancêtres, les uns après les autres, étaient nés, avaient vécu, étaient morts dans la maison aujourd’hui fermée; et chacun, quand il était parti pour le grand voyage, avait laissé l’adieu de son regard s’en aller, par la fenêtre ouverte, vers le même champ, et le même bouquet d’arbres.Mais un jour, le bien échut en partage à un fils en qui l’âme des aïeux ne devait point revivre.Celui-ci, chercheur d’une tâche moins rude, refusa à la terre le travail de ses mains et la sueur de son front.Il vendit ses bêtes, ses meubles; puis, comme on cloue un cercueil, il barra les portes et les fenêtres de la maison paternelle et s’en alla.(Chez-nous).Adjctor Rivard.SECTION MÉNAGÈRE I LA MÈRE ET SON FILS “Dors, mon enfant, dors sous la garde de ta mère, dors pendant que je couds assise à tes côtés.Le temps est sombre et la pluie ruisselle tristement sur le toit.Ton père est loin d’ici, retenu par son labeur journalier; il est tranquille; il sait que je veille sur toi.” A ce moment, l’enfant ouvrit les yeux, il sourit à sa mère et lui tendit ses petits bras.La mère le prit et le couvrit de baisers.L’enfant les lui rendit en passant ses bras autour du cou maternel et tous deux formaient un des plus jolis tableaux que l’on puisse imaginer.Mme de Girardin.II LA MISSION DE LA FEMME Dans un grand nombre de familles, la femme est restée ce qu’elle doit être, souveraine dans sa maison.C’est elle qui règle tous les détails de la vie de famille.Aucune joie saine dont elle ne soit la source, ni aucune larme qu’elle ne se soit empressée d’essuyer.A toute heure, elle se souvient qu’elle doit assurer le bonheur de son mari par la bonne tenue de sa maison, de son ménage, de ses enfants, et par une sage économie dans les dépenses.Les repas, elle a soin d’en surveiller la préparation pour que chaque plat soit cuit à point dans les meilleures conditions et avec les éléments les plus sains, pour que l’estomac trouve l’occasion toute naturelle de réparer les déperditions dès forces du corps, Les enfants sont aussi l’objet de ses plus maternels soins.Ni élevés trop doucement, ni trop mollement flattés, ils sont nourris, entretenus, formés pour que plus tard ils soient à leur tour, les garçons, des hommes honnêtes, actifs et d’une irréprochable probitéj les jeunes filles, des femmes assez habiles pour diriger la maison que leur laissera la mère ou fonder elles-mêmes un nouveau foyer.Dans ces familles, heureusement encore nombreuses, la femme est bien restée Y âme visible de la maison, la main souple et ingénieuse qui dirige et surveille tout, la douce flamme qui éclaire le foyer domestique, comme le centre attrayant où parents et enfants se plaisent à se réunir et à se retrouver dans la bonne comme dans la mauvaise 696 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fortune.Ces maisons ainsi dirigées excitent l’admiration, quelquefois aussi l’envie de ceux qui les fréquentent.C’est là qu’on retrouve cette douceur et cette joie de vivre qui avaient fait si grande impression sur l’âme de Talleyrand.C’est la réalisation du beau plan tracé par la plume élégante et sûredeFénelon.“Lesfemmesontunemaison à régler, un mari à rendre heureux, des en- fants à bien élever”.On peut dire qu’elles sont de vraies femmes d’intérieur.C’est pour une grande part à leur fermeté, à leur clairvoyance et à leur ascendant moral sur leur entourage que la société doit de pouvoir résister aux attaques et aux chocs répétés qui, plusieurs fois, ont menacé de l’emporter.Isabelle G.M.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE—ALGEBRE—MESURAGE COURS INFÉRIEUR lere ANNÉE 1.—Additions : 12 32 42 25 14 26 18 14 16 15 44 36 24 37 18 35 34 16 2.—Soustractions : 76 89 76 95 70 80 -36 -35 -47 -58 -28 -72 3.Multiplications: 5X2- ?6X3= ?4X4= ?7X3= ?5X4= ?6X5= ?4X6= ?7X5= ?4.—Divisions: 12-2= ?OO II •-o 18-9= ?C^- II «0 00 15-3= ?10-5= ?16-2= ?14-7= ?5.Mon père a semé 25 minots de patates dans un champ et 57 dans un autre.Combien a-t-il semé de minots en tout?2e ANNÉE 1.Faites les multiplications suivantes: 34 56 29 18 39 47 18 X 27 X17 X28 X48 X19 X17 X29 2.Effectuez les divisions suivantes: 742-21, 860-43, 938-27, 961-31. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 697 3.Votre père a 14 vaches qui ont donné, pendant le mois de mai, une moyenne de 936 livres chacune.Combien les vaches lui ont-elles donné en tout ?4.Les poules d’une fermière lui ont donné pendant le mois d’avril 384 œufs qu’elle a vendus 28 sous la douzaine.Trouvez ce que ses poules lui ont rapporté.Rép.$8.96.COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Un commerçant achète chez votre père 218 livres de sucre à 18 sous la livre, 26 douzaines d^œufs à 32 sous chacune, et 45 livres de beurre à 34 sous la livre.Quelle somme votre père recevra-t-il?Solution : 218X0.18 = $39.24 26X0.32= 8.32 45X0.34= 15.30 $62.86 Rép.2.J’ai trois pains de sucre.Le premier pèse 2 livres et 6 onces, le 2e pèse 3 livres et 5 onces, et l’autre 4 livres et 9 onces.Conbien les trois pèsent-ils en tout ?Solution : Additionnons d’abord les onces: 6 on.+ 5 on.+9 on.= 20 onces ou 11b.et 4 on.Additionnons maintenant les livres: 2 1b.+3 1b.+5 lb.+1 lb.= 11 Ibs.Rép.11 Ibs.et 4 on.3.J’achète au marché les articles suivants: 8^ Ibs de beurre à 30 sous la livre; 4}/^ douzaines d’œufs à 27 sous la douzaine; 8^ livres de veau à 24 sous la livre.Que me remettra-t-on sur un billet de $10.?Solution : S0.30 *0.27 $0.24 xm x 414 8% — — — $2.55 2.40 1.08 1.92 1.17 15 9 6 1.92 — — — $2.55 beurre $10.00 - $5.64 $1.17 œufs = $4.36.Rép.$1.98 veau.$5.64 4e ANNÉE 1.Un cultivateur a reçu $99.x9o pour 27% cordes de bois.Combien a-t-il vendu la corde?Solution: 99t9ô- 27% = X _* = = 3t6ô- ou $3.60.Rép.LU A A A -LU 6 698 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Mon frère a labouré 8^4 arpents en 2^ jours.Combien de jours prendra- t-il pour labourer 15^ arpents?Solution : Pour 834 arp.il prend 234 “ 1 arp.“ 153^ arp.2 3/< 8*1* 2HX15V2 8M 11 4 35 3 4 1 7 0 48J, ^7 0 Rép.4^- jours.3.J’ai payé $245 comme intérêt sur une somme empruntée pour l’achat d’un lopin de terre.Trouvez la somme empruntée.Solution : Je paye $0.06 pour chaque piastre empruntée.Autant de fois $0.06 dans $245.autant de piastres empruntées.$243-=-$0.06 = $4050.Rép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Si 48 chevaux en 10 jours consomment 180 minots d’avoine, combien de minots 32 chevaux consommeront-ils en 12 jours?Solution : 48 chevaux en 10 jrs consomment 180 m.32 “ “ 12 “ “ ?= 144 Rép.Si 3 hommes et 6 femmes peuvent faire un ouvrage en 56 jours, combien de temps 1 homme et 2 femmes prendront-ils?Solution : Si 3 h.prennent 56 j., 1 h.prendra 168 j.et en 1 j.fera T^g Si 6 f.“ “ , lf.“ 336 j.“ “ gi-e 1 h.et 2 femmes feront: = alfe'=‘Sr en ^ j°ur- Pour faire tout l’ouvrage, ils prendront 84 jours.Rép.3.En vendant une terre $3450., je perds 41-%.Combien l’avais-je payée?Solution : Puisque je perds 4^-%, je vends 95-|%.95f% = $3450 1 % = Ui_4_5 O 100% = uàl O Xy 00 = s3üoo.Rép.6® ANNÉE 1.Combien de minots de grain faudra—t-il pour remplir une boîte de 8.5 pieds de long, 4.25 pieds de large et 3% pieds de profondeur ?Solution : Volume = 8.5X4.25X3.75 = 135.46875.1 pied cube = 614 gallons.Capacité en gai: 135.46875X634- Capacité en minots: —————11-———— = 105.83.Rép.2.En combien de temps $750.rapporteront-elles $195.d’intérêt à 4% l L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 699 Solution : Int.d’un an: $750.X .04 =$30.$195.= $30.= 63d>.Pép.6j/2 ans.3.A, B et C fauchent un champ en 5 jours et reçoivent $25.A et B seuls auraient pu le faucher en 7 jours.Trouvez la part qui revient à C pour son travail.Solution : A, B et C font ensemble ^ par jour.A et B C seul fait 3- - y En 5 jours, il a fait X 5 = = !- U (( 7 ' W Par jour.3 5 f de $25 = $7i.Bép.O V ! v: IVi ' A SECTION.AGRICOLE, SECTION COMMERCIALE, SECTION MÉNAGÈRE 7e ANNÉE i ‘- K-' ‘ .Arithmétique 1.A, B et C se sont associés pour une entreprise qui leur a rapporté 123^% de bénéfice.Le premier avait fourni les y du capital; le deuxième les du capital; et le troisième, le reste.Si celui-ci a reçu, mise et bénéfice compris, $13500.trouvez le bénéfice de chacun.Solution : 1123/2% de la mise du 3e = $13500 1500 8 100% “ “ “ =S^00xfl^ = $12000.Bénéfice du 3e = $13500 - $12000 = $1500.Rép.La fraction du Cap.fourni par les deux premiers =| +f = -64^- — 3.1.— 40- La fraction du Cap.fourni par le 3e = ^g- - = Si -A-= $12000.5 La mise du 2e, soit ^ = 12000x^ = $20000 3 La mise du 1er, soit = $21333^.1 Bénéfice du 2e = ?20000xL^ = $2500.8 1 Bénéfice du 1er = = $2666f.m 8 Rép.1er, $2666%; 2e, $2500; 3e, $1500.2.Divisez le plus petit commun multiple de 132 et 156 par leur plus grand commun diviseur. 700 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Les facteurs premiers de 132 sont 2X2X3X11 Les “ “ “ 156 “ 2X2X3X13 Le p.p.c.m.= 2X2X3X11X13 = 1716.Le p.g.c.d.= 2X2X3 = 12.Réy.\ 1716 = 12 = 143.3.Quelle sera la dépense à faire pour nourrir 100 poules pendant une année, si chacune consomme en moyenne 12 onces d’avoine par jour, à raison de 40 sous le minot, et 10 onces de légumes divers, à raison de $12.00 la tonne ?3 0.10 Solution : l^on- xl00x365x$0.^ = $322.06.Coût de l’avoine.16x34 £ 6 10 on.xl0Ox365x$l^=:2X9o.= ^p3fi Coût des légumes.16x2000 $322.06 + 1136.88 = $458.94.Rép.8® ANNÉE 1.J’achète pour $1230.de marchandises à quatre mois de crédit et je les revends immédiatement $1410.Quel est mon bénéfice pour cent, si l’on tient compte de l’intérêt de l’argent à 7j+% ?Solution : Le taux de l’intérêt pour 4 mois = = 2j+% Le prix d’achat net = 81 ° °- = $1200.Bénéfice: $1410 - $1200 = $210.Taux = $210 = $12.= 17.5.Rép.17.5% 2.Ayant un paiement de $400.à effectuer aujourd’hui même, j’emprunte à la banque, sur billet à 60 jours, au taux de 7%.Trouvez le montant du billet.Le taux pour 63 jours = = 1 • 208% Le banquier retiendra 1.208% et remettra 98.792%.98.792% =$400.100%=^fx7w- = $404.90.RéP- Mesurage Voir section industrielle.SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.Une citerne rectangulaire a 18 pieds de longueur et 114 pieds de largeur.Quelle est sa profondeur si elle peut être remplie en 2 heures par un tuyau de 2 pouces de rayon dans lequel l’eau circule à une vitesse de 10 pieds à la seconde ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 701 Solution : Volume de l’eau versée dans la citerne: .2^3,1 41 6X1 2 0X60X60X2 = ^3 20 pi.CU.Surface de la citerne = 18 X 14 = 252 pi.Profondeur = 6283.20-f- 252 = 24.93 ou 25 pi.Rép.2.Combien paiera-t-on à raison de 60 sous la verge carrée pour faire polir un cône de pierre de 33^2 pieds de diamètre à la base et de 9 pieds de hauteur perpendiculaire ?(tt = 3y).Solution : Cherchons d’abord l’gpothème: Apothème = V 92 + (-^)2 = 9.17 Surface = 3^X3^7X9 ?1 '7.= 50.435 pi.car.Dépense: 5°-x°•60- = $3.36.Rép.Algèbre 1.On demande le prix de la livre de poulet, sachant qu’une réduction de 20% permettrait d’en acheter 4 livres de plus pour $6.00.Solution : Soit x le prix de la livre Alors 6 ~ ° ° la quantité qu’on peut acheter pour $6.00.et6 “ pourrait 8 0^ 10 0 6 _ 6 = 4 ou 6 0 0 - 6 = 4 8 0* s 80a: x 6000- 480 = 320a; ou a; = = $0.37^.Rép.2.Dans une certaine fraction la différence entre le numérateur et le dénominateur est 12, et si l’on augmente chaque terme de 5 unités, la fraction devient Quelle est cette fraction ?Solution : Soit x le num.et y le dén.On a : y — a; = 12 (1).etî±^ = 34 ou 4x + 20 = 3î/ + 15 ou 4a; - 3y= - 5 (2).2/+5 Multiplions (1) par 4 et ajoutons-y (2) : -4a;+4y = 48 '1' 4.r - Sy = -5 Portons dans (1) : 43 - a; = 12 ou - a; = 12 - 43 = - 31 et x = 31 Rép.8e ANNÉE Af esurage 1.Dans une sphère de 18 pouces de rayon, quel est le volume d’un onglet dont l’angle est de 72° ? 702 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Volume de la sphère = 47rr3 = ij.80 Pensées.80, 144, 223, 287, 288, 416, 576, 656 Lafontaine.1.220 Lourdes, Jean Guiraud.220 Une exposition missionnaire.221 752 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pages Collection de 1’“Évangile dans la vie”.222 Mœurs brutales, éducation païenne.222 Nouveautés littéraires.222 Les dix lois de Jefferson.223 La lampe du sanctuaire.223 En lisant.224 Questions de français, N.Degagné pire.283 Longfellow.284 Chicago élève un monument au Père Marquette.284 Au concours international d’éloquence.285 Cercle pédagogique Desrosiers.286 La formation de l’élite chez la jeunesse féminine.287 Le rôle de la femme, Mgr Dupanloup.287 “Pédagogie générale” de Louis Riboulet, C.-J.M.341 Une œuvre d’art.348 L’histoire locale à l’école primaire, Raymond Poincaré 349 M.Gustave Gagnon.349 La dactylographie doit-elle tuer la calligraphie.350 La langue française.351 Les écoles juives de Montréal.351 Le roi des almanachs.352 “L’Oiseau-Bleu”.352 Une institutrice sur les autels.411 Les modes immodestes.412 L’instruction religieuse dans les écoles d’Italie.412 A la mémoire d’un grand éducateur, le Frère Ignace Marie, C.-/.M.413 M.Chapais délégué à Genève.413 Les instituteurs catholiques de langues anglaises de Montréal.414 Élections chez les instituteurs des Trois-Rivières .414 Une question d’histoire: Qu’advint-il de Bougainville après la cession du Canada à l’Angleterre ?.415 Marie de l’Incarnation.416 Hygiène: L’ouïe.416 En garde contre le communisme,Mgr l’Archevêque de Montréal.409 Le livre français au Canada.-.470 “Le” ou “la” radio.470 Les conférences de M.l’abbé Groulx en France.471 Hygiène: L’oreille.471 “Le livre des Directeurs”.472 Le but de la vie.472 “Annuaire statistique de Québec”, C.-J.M.473 “Annuaire du Canada”.473 Le nouveau gouverneur général du Canada.474 Le Pape a parlé au monde entier par l’entremise du radio.474 Il y aura cent ans.474 Pages Lecture littéraire: Se baisser, Cours élémentaire de l’École normale de Rimouski.475 La voix du Pape (poésie), A lexandre Houde-Biron.572 “L’Abeille”.572,654 Feu Amédée Tanguay.573 Soixante ans d’enseignement au Monastère des Ursu- lines des Trois-Rivières.573 “Le mécanisme de la parole” Un fervent de la bonne diction.574 “l a classe en anglais”.574 Vient de paraître: Vocabulaire bilingue, par M.l’abbé Blanchard.574 Nomination de M.Jean-Chs Magnan au poste de Directeur des Cercles de Jeunes Agriculteurs.575 Feu M.Idola Simard, ex I.E.575 Avis aux lecteurs.576 Religieuses jubilaires.645 Le monument à sainte Jeanne d’Arc, H.Gaillard de Champris.653 Pour la basilique de Gaspé.655 Retraite fermée pour instituteurs.656 Nouvelle publication: Un pionnier des retraites fermées .656 Une grande force catholique et nationale, Mgr L.-A.Paquet.656 Répartition mensuelle du programme d'études.656 Lettre de Louis Veuillot.740 Réflexion d’un instituteur canadien.741 Cours d’économie domestique.741 Lecture de vacances.742 Pour la fête Saint-Jean-Baptiste.742 Fin d'une monarchie illustre.743 Empereurs et rois détrônés.743 * Hygiène: Guerre aux mouches!.743 Deux vies de Frédéric Ozanam, C.-J.M.744 La voix du Pape.746 Sainte-Jeanne d’Arc.746 En Louisiane.746 Le cinquantenaire de l’Académie Girouard.746 L’École normale de Rimouski.746 “Le Régime Seigneurial au Canada”.747 Religieuses jubilaires.746 Ouvrages recommandés.747 “Chant de vacances”.747 Recensement agricole.747 “La Petite École”.748 ^ Retraites fermées pour jeunes filles.747 * Nouveaux drapeaux marial et du Sacré-Cœur.748 Illustrations Dessin.52, 110, 160, 250, 323, 383, 445, 547, 620, 687 L’ours noir.55 Le petit laboureur.105 Loups affamés.108 Lynx du Canada.108 Les cétacés.166, 256 La Vierge à la chaise.168 La première messe dite en terre canadienne à l’He- aux-Coudres en 1535.204 Shoeing the horpe.261, 309 Le Conseil Souverain ^tableau de Chs Huot).282 Congre^ aes inspecteursidégionaux.311 Microbes grossis.y.'.321 Le phoque commun.t .V.327 I^’Enfant Jésus de Bethléem,.348 Les reptiles.381 Une scène d’hiver dans la Province de Québec.391 Le ‘ ‘vieux bien’ ’.440 Une tortue.447 Poisson : parties du corps.450 La morue et le merlan.451 Le séchage de la morue.452 Sa Sainteté Pie XI.513 Heureux sont les cultivateurs !.541 Le hareng.549 Le saumon.550 Monument de F.-X.Garneau.577 Une magnifique route boisée.616 Les lépidoptères.624 Navigation aérienne et maritime: technologie bilingue 633 Monument à sainte Jeanne d’Arc à Bergerville.652 Ludger Duvernay.657 Mimétisme des lépidoptères.674 Un joli rucher.681 C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada
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