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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1934-09, Collections de BAnQ.

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6e Vol.Québec, Septembre 1934 N° 1 (.’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION DOCUMENTS OFFICIELS DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE, QUEBEC No 570-34 La journée de Jacques Cartier Québec, le 1er août 1934.Monsieur C.-J.Magnan, Directeur de VEnseignement Primaire, Hôtel du Gouvernement, Québec.Cher Monsieur, A la demande de l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, j’ai le plaisir de vous transmettre, pour publication dans votre si intéressante revue pédagogique, une copie du vœu suivant, formulé par les inspecteurs régionaux, au sujet de la célébration du IVe centenaire de Jacques Cartier dans les écoles primaires catholiques de la Province: FÊTES DU SOUVENIR DE JACQUES-CARTIER DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES CATHOLIQUES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Considérant que l’année 1934-35 doit consacrer le souvenir de Jacques Cartier; C onsidérant que l’école primaire ne doit pas rester indifférente à ce mouvement, mais qu’elle doit, selon les moyens à sa disposition, s’efforcer de mieux faire connaître l’œuvre de l’illustre découvreur malouin et de rendre ainsi un grand service à la cause française et chrétienne, si chère à notre peuple; les inspecteurs régionaux, réunis en congrès à Québec, le 30 juillet 1934, proposent: 1.—’Qu’une photographie de Jacques Cartier soit imprimée, hors texte, dans VEnseignement Primaire pour être distribuée à toutes les écoles de la Province.Que cette photographie soit encadrée et reste la propriété de l’école.2.—-Que VEnseignement Primaire publie, dès septembre, en supplément, s’il le faut, quelques poésies et chants évoquant le souvenir de Cartier.3.—Que le titulaire de chaque classe prépare un tableau historique sur lequel il écrira chaque semaine quelques pensées sur la vie et l’œuvre du grand Malouin.En plus, qu’il donne, au cours de l’année, des dictées et des rédactions sur le même sujet et que chaque élève conserve ces travaux dans un cahier spécial intitulé: “Cahier du IVe Centenaire”.4.—’Dans la dernière semaine de septembre, qu’une journée soit consacrée à la glorification de Jacques Cartier; qu’à cette occasion, une croix miniatui’e—réplique de la croix de Cartier, avec inscription “1534-1934”—soit installée à l’intérieur de la classe.Les plus grands élèves de l’école pourront fabriquer cette croix. 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.—-S’il est possible, la commission scolaire fera ériger une grande croix souvenir sur le terrain de l’école du village.La bénédiction de cette croix pourrait être l’objet d’une démonstration publique à laquelle sera conviée la jeunesse écolière.Suggestion: Que la croix soit en bois rond écorcé et verni d’environ quinze (15) pieds de hauteur, portant un blason aux trois fleurs de lys.(Voir modèle ci-après.) Une séance publique organisée par les écoles de la paroisse terminera la journée”.Pour faciliter la réalisation de ce vœu, me sera-t-il permis de suggérer aux membres du personnel enseignant de consulter les livraisons de VEnseignement Primaire de décembre 1933, avril, mai, juin 1934 et septembre 1934, où ils trouveront une documentation suffisante pour se rendre au désir des inspecteurs régionaux.En plus, je leur conseille de consulter les ouvrages suivants: Notre Jacques Cartier, à l’usage de la jeunesse, par M.l’abbé L.-A.Desrosiers, Principal de l’École normale Jacques-Cartier, Montréal, 1934; Jacques Cartier, par Chs de la Roncière, Paris, 1933, Jacques Cartier, par N.-E.Dionne (nouvelle édition) Québec, 1934; La Découverte du Canada: Jacques Cartier, par M.l’abbé Lionel Groulx, Montréal, 1934; le Livre du Souvenir—Gaspé depuis Cartier, par M.l’abbé C.-E.Roy, curé de Gaspé, Québec, 1934; Glanures Gaspêsiennes, par M.le juge C.Pouliot, Québec, 1934; Le temps de Jacques Cartier, par M.l’abbé Victor Tremblay, Chicoutimi, 1934; Jacques Cartier, par M.J.Dumais, Québec, 1934.Veuillez agréer mes sincères remerciements pour votre bienveillante collaboration et me croire, Cher Monsieur Magnan, Votre tout dévoué, C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires et Secrétaire du Congres.LA JOURNÉE DE JACQUES CARTIER Pour favoriser la réalisation du vœu de MM.les Inspecteur régionaux, promulgué ci-haut par M.l’Inspecteur général des écoles primaires, avec la haute approbation de M.le Surintendant de l’Instruction publique, je crois devoir signaler tout ce que VEnseignement Primaire a publié concernant Jacques Cartier, dépuis décembre 1933: Décembre 1983 \—Le quatrième centenaire de la découverte du Canada, p.241.Avril 1934'—Les grandes fêtes de 1934, p.573.Mai 1934'— A propos de Jacques Cartier, avec illustration, p.595 à 597.Mai 1934'—Jacques Cartier, par Adolphe Poisson: récitation, p.596.Mai 1984'-—Une leçon d’histoire: le Premier voyage de Jacques Cartier, p.598.Juin 1934'—Le premier voyage de Jacques Cartier, p.666.Juin 1534:—Caravelles de Jacques Cartier remontant le Saint-Laurent (illustration), p.666.Juin 1934'.—Les fêtes de Gaspé, p.726—Une lettre pastorale de Mgr de Gaspé, p.730—La journée de Jacques Cartier à l’École normale Jacques Cartier, p.731.Septembre 1934'—La découverte du Canada, C.-J.Magnan, p.Septembre 1984'.— Une leçon d’histoire nationale: le Premier voyage de Jacques Cartier, une Normalienne de Nicolet, p.Septembre 1934'-—Le départ de Cartier (poésie), A.-B.Routhier, p.Septembre 1934'-—Dessins: plusieurs illustrations consacrées à Jacques Cartier, Frère Amédée, des É.C., p.Le monument Jacques Cartier (reproduction de la croix de Gaspé avec explications, par M.Maurice Brodeur, p.Septembre 1934-—Dictées: I.par Thomas Chapais, IL par Léon Gérin, p.Septembre 1934'—Les centenaires de 1934, C.-J.M., p.Septembre 1934:—Portrait de Jacques Cartier (intercalé).C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 DÉPART DE CARTIER (Récitation) Sur ce rocher lointain que baigne l’Atlantique Où Saint-Malo se dresse avec son château fort, Et contemple du haut de sa muraille antique Les navires nombreux qui rentrent dans son port.Voyez-vous cette foule attendrie et pensive Qui se presse aux abords des quais tumultueux ?Et ces trois brigantins qui, non loin de la rive, Creusent languissamment le flot majestueux, Comme des alcyons que les vagues limpides Balancent mollement dans leurs plis onduleux.Et plus loin, voyez-vous ces marins intrépides Qui s’en vont deux à deux vers le temple divin, Choisir le Tout-Puissant et ses anges pour guides.A travers les écueils d’un océan sans fin ?A leur tête est Cartier, dont la nef voyageuse A déjà sillonné toutes les mers du Nord; Hardi navigateur, que la vague orageuse N’a jamais vu trembler en face de la mort ! Cartier que deux flambeaux éclairent sur sa route.Deux phares lumineux, le Génie et la Foi ! Cartier dont l’âme simple a triomphé du doute Et nourrit deux amours, son Seigneur et son Roi ! Où vont-ils donc ces preux à l’allure guerrière ?— Ecoutez ces accents s’élevant des autels: “En ce jour, l’Esprit-Saint, la divine lumière “Descendit autrefois sur douze humbles mortels “Mes frères, dans vos cœurs il va descendre encore, “Et sera votre phare au milieu des dangers.“Partez, et ses rayons, comme ceux de l’aurore, “Dissiperont la nuit sur les bords étrangers.“Allez planter la croix sur la rive lointaine “Qui vient de s’élever sur les mers d’occident; “De l’empire du monde elle est la souveraine, “Qu’à ses pieds se prosterne un nouveau continent ! “Loin de vous ces projets de grandeur chimérique “Et ce rêve de l’or, le tourment des humains: “Descendants des croisés, allez en Amérique, “Avec une âme pure, avec de blanches mains; “Annoncez de Jésus la divine Parole, “Et soyez comme lui des messagers d’amour; “Devant vous de Satan se brisera l’idole, “Et le règne du Christ enfin aura son jour !” Ainsi parla longtemps le pasteur vénérable, Mais l’heure du départ va bientôt retentir; Déjà l’ancre est levée, et le vent favorable Enfle la voile blanche: à bord ! il faut partir.A quelques jours de là, comme des hirondelles Qui rasent en volant la surface des eaux, Les trois voiles glissaient, comme trois sœurs jumelles, Sur des flots jusqu’alors ignorés des vaisseaux.A.-B.Routhietî. vv 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La Croix “JACQUES CARTIER” La composition de ce monument est l’œuvre de Monsieur Maurice Brodeur, de Québec, auteur du drapeau “Jacques-Cartier”.Voir ci-contre la description du monument.jAcgva CARTIER TOUJOURS rtOELE mm mm* L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 HOMMAGE AU DÉCOUVREUR DU CANADA LA CROIX “JACQUES CARTIER” par Maurice Brodeur En cette année du quatrième centenaire de la découverte du Canada a eu lieu, le lundi 30 juillet, à l’hôtel du gouvernement provincial, le congrès des inspecteurs régionaux.Lors des délibérations de ces importantes assises, le comité des congressistes a formulé des résolutions relatives aux fêtes du souvenir de Jacques Cartier, qui ont pour objectif de glorifier et de faire connaître davantage la grande figure du découvreur du Canada, notre patron national.L’une de ces résolutions stipule que, s’il est possible, les commissions scolaires feront ériger une grande croix-souvenir sur le terrain de l’école du village.La bénédiction de cette croix pourrait donner lieu à une démonstration publique à laquelle serait conviée la jeunesse écolière.Une séance publique, organisée par les écoles de la paroisse, terminerait la journée.L’on profiterait de cette occasion pour pavoiser les rues et les maisons.Afin de répondre au vœu des inspecteurs régionaux et d’assurer l’uniformité dans la nature et la forme du monument “Jacques Cartier” que les commissions scolaires projettent d’ériger sur le terrain de leurs écoles, le département de l’Instruction publique a bien voulu me confier la tâche de composer le modèle qui servira à l’exécution de ce projet patriotique.En voici la description et l’explication: La croix est de bois rond (9 pouces de diamètre) écorcé et verni.La partie de la croix, partant du sol au faîte, est de 12 pieds.Le croisillon formant les deux bras de la croix a une longueur totale de 6 pieds.Du faîte de la croix au centre du croisillon, la distance est de 3 pieds.Jacques Cartier fit placer sur les croix qu’il planta sur le sol canadien un écusson de bois aux trois fleurs de lys, réplique des armes de son souverain, François 1er.En commémoration de ce fait historique, la croix du monument porte en son milieu un écusson de bois, placé sur le croisillon et ayant la forme de l’écu du XVIe siècle, lequel représente exactement le type des écussons que le Découvreur fit tailler lors de l’érection de ces croix.Les dimensions proportionnelles de l’écusson (fait simplement de planches assemblées et découpées, tel que montré au dessin ci-contre) sont de 24 pouces de largeur, 28 pouces de hauteur (de l’arête supérieure à la pointe;, et un pouce et JJ d’épaisseur.Les trois fleurs de lys emblème de l’ancienne monarchie française, symbolisent la Sainte Trinité.Du temps de François 1er, ces fleurs de lys étaient du style de la Renaissance (XVe et XVIe siècles).La forme des fleurs de lys sur l’écusson a donc son importance et doit rappeler, à la fois, l’époque de la découverte du Canada et la mémoire du monarque français qui en prit possession.Les fleurs de lys sont faites de feuillard de cuivre d’environ l-16e de pouce d’épaisseur.Ces fleurs sont en métal aulieu d’être en bois pour éviter qu’elles se détériorent.Pourlesconfectionnerl’on découpe des feuilles métalliques de cuivre suivant la forme indiquée au dessin; elles ont une longueur de 11 pouces, de la pointe supérieure à la pointe inférieure.Elles sont fixées à l’écusson au moyen de clous de cuivre.Après que les fleurs de lys sont fixées à l’écusson, l’ensemble est verni.L’entretien de la croix et de l’écusson est peu coûteux: l’on n’a qu’à y appliquer une couchedever-nis à tousles deux ou trois ans pour la protection du bois.La croix etl’écusson commémoratif, laissés au naturel, simplement vernis, gardent une apparence rustique et sont plus conformes à la vérité historique.Les croix et les écussons que Jacques Cartier fit tailler n’étaient certes pas peinturés.Le pied de la croix est entouré d’une margelle formée de pierres des champs, au naturel, sans application de chaux, à peu près semblable aux petits monuments de pierres ordinairement appelés “caims”, érigés en maints endroitsde notre pays, par la Commission des sites et monuments historiques du Canada et sur lesquels sont fixées des plaques commémoratives.L’intérieur de cette margelle de pierres est rempli de terre que l’on ensemencera pour y faire pousser un lit de fleurs.La présence de fleurs au pied de la croix symbolise “le culte du souvenir” de Jacques Cartier.Par l’entretien attentif de ce lit de fleurs,de la part des écoliers, l’amour de notre merveilleuse patrie et l’hommage rendu à celui qui nous l’a donnée en héritage n’en seront, à la fois, que plus vivaces et fervents dans l’âme de notre jeunesse canadienne.Ces fleurs seront appelées: “LES FLEURS DU SOUVENIR”.Pour compléter la composition de ce monument, je suggère qu’une petite plaque commémorative soit fixée au pied de la croix, portant ces mots évocateurs et d’inspiration patriotique: A JACQUES CARTIER DÉCOUVREUR DU CANADA 1534-1934 “TOUJOURS FIDÈLE” Charles de la Roncière, écrivain français distingué, auteur d’un ouvrage d’une grande valeur documentaire sur Jacques Cartier, termine ainsi son étude historique: “.l’humble pilote breton, malgré ses faibles moyens d’action, nous dotait virtuellement d’un continent, parce qu’il léguait aux siens l’exemple de sa ténacité et cette chose sacrée en Bretagne: la tradition.” La devise de la ville de St-Malo, d’où est parti l’intrépide marin, est “SEMPER FIDELIS” (TOUJOURS FIDÈLE).C’est pour nous que l’énergique et magnanime Jacques Cartier est venu découvrir le Canada ; soyons fidèles à sa mémoire, à notre passé et à notre idéal national.Note de L’ÉDITEUR.—Afin d’obtenir l’uniformité dans la forme de l’écusson et celle des fleurs de lys, pour tous ces monuments "Jacques Cartier” à ériger dans la province, et aussi pour en faciliter la confection, (à l’échelle d’exécution), les commissions scolaires pourront se procurer le plan de cet écusson commémoratif au prix de 50 sous, franco, en s’adressant à monsieur Maurice Brodeur, 306 Avenue Laurier, Québec, ainsi que pour obtenir tous renseignements utiles concernant la fabrication de cet écusson et la plaque commémorative à placer au bas de la croix.Le coût de construction de ce monument est d’environ $30.00.2 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PROGRAMME DU NEUVIÈME CONGRÈS DES INSPECTEURS RÉGIONAUX Tenu à Québec le 30 juillet 1934 AVANT-MIDI 9.30 h.A) Ouverture et bienvenue par M.Cyrille-F.Delàge, Surintendant de l’Instruction publique.B) Remarques par M.Lionel Bergeron, Secrétaire du Département de l’Instruction publique.C) Directives par M.C.-J.Miller, inspecteur général des écoles primaires catholiques.D) Présentation des mémoires de MM.les Inspecteurs régionaux sur les activités de MM.les Inspecteurs d’écoles de leur région respective, au cours de l’année 1933-34.E) Remarques de MM.les Inspecteurs régionaux sur l’organisation des examens du certificat d’Études primaires.Le Certificat d’Etudes primaires a-t-il contribué à augmenter le nombre des élèves inscrits en sixième et huitième années?—Eournir des statistiques à ce sujet.11.15 h.Courtes causeries sur: a) L’Enseignement ménager; b) L’Enseignement du solfège, par deux religieuses de la Congrégation Notre-Dame.APRÈS-MIDI 2.00 h.A) Étude du bulletin et des formules de rapport de la première visite.B) Suggestions de MM.les Inspecteurs régionaux sur l’organisation dans les écoles de la Province de fêtes scolaires rappelant le souvenir de Jacques Cartier— (quatrième centenaire de la découverte du Canada).C) Motions—Avis de motions.D) Vœux.E) Clôture du Congrès.ON DEMANDE DES CORRESPONDANTS CANADIENS Dans une lettre adressée au Surintendant de l’Instruction publique par le secrétaire de l’Association des Clubs canadiens, on demande des correspondants canadiens que sollicite M.Robert Shaw, High School, Mildura, Victoria (Australia).M.Shaw, qui est un linguiste, désire correspondre avec des Canadiens français qui s’intéressent aux questions d'éducation.La correspondance peut se faire en français.NOMINATION DE DEUX NOUVEAUX INSPECTEURS D’ÉCOLES Par ordre en conseil en date du 12 juillet 1934, M.l'inspecteur François Cloutier est devenu titulaire du district numéro 51 (LTslet-Kamouraska), en remplacement de feu M.l’inspecteur J .-E.Dubeau; et M.Charles-Eugène Bélanger, instituteur à Saint-Pacôme de Kamouraska, a été nommé inspecteur d’écoles dans le district numéro 60 (Gaspé-Sud-Bonaventure), aux lieu et place de M.l’inspecteur François Cloutier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 ORDRE DU MERITE SCOLAIRE Voici la liste des personnes qui ont été décorées de l’Ordre du Mérite Scolaire depuis mai 1934: A Montréal: MUe Antoinette Gérin-Lajoie, 3e degré, et Madame Rose Cormier-Lacroix, 2e degré, institutrices à l’Ecole ménagère provinciale, 31 mai 1934.A la Baie-Saint-Paul: M.Thomas Otis, 2e degré, instituteur, 17 juin 1934.A Saint-Hyacinthe: M.l’abbé Lucien Bernard, 3e degré, Principal de l’École normale de Saint-Hyacinthe, 18 juin 1934.P ointe-Gatineau: Sœur Saint-Anselme, des Sœurs Grises de la Croix, supérieure, 2e degré, 5 août 1934.PÉDAGOGIE LE “PATRIOTISME RÉGIONAL” Conférence de M.C.-J.Magnan Congrès des instituteurs tenu aux Trois-Rivières le 4 juillet 1934 Monsieur le 'président (1), Excellence (2), Monsieur le Surintendant (3), Mesdames et Messieurs, Vous avez bien voulu m’inviter à ce congrès, à deux titres: comme Inspecteur général et comme enfant du diocèse des Trois-Rivières.Toute ma gratitude pour cette délicatesse de votre part.En assistant à ce congrès, l’une des plus opportunes manifestations du troisième centenaire de la ville des Trois-Rivières, je remplis donc un double devoir: devoir officiel comme Inspecteur général et devoir familial, comme “enfant de la Mauricie”, m’avez-vous dit, Monsieur le Président.Permettez-moi de vous parler ce matin, en cette dernière qualité: du Patriotisme régional.La Patrie est une grande voix dans le vaste concert de la vie canadienne.Mais cette voix, d’un océan à l’autre ne parle pas toujours le même langage.Alors que dans certaine province on ne veut vivre qu’en fonction de l’Empire britannique, ici dans la Province de Québec, on ne songe qu’à dépenser nos forces au profit du Canada.Et là encore, il y a une nuance.Respectueux de la constitution de 1867, le Canadien français de Québec veut que la Province, ou mieux que l’État où les quatre cinquièmes des siens sont groupés, reste un État français et catholique, fidèle à un particularisme qui l’honore, mais soucieux aussi des libertés légitimes des minorités qui vivent à côté de lui.(1) M.Orner-Jules Desaulniers, instituteur.(2) Son Excellence Mgr Comtois, évêque auxiliaire des Trois-Rivières.(3) L’honorable Cyrille-F.Delâge. 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Entre ces deux voix, il n’est point d’antinomie.Bien servir sa province, la vouloir riche, heureuse et prospère, c’est aussi bien servir le pays tout entier.Augmenter le chiffre de la population française de notre province; garder au sol tous les fijis de cultivateurs; multiplier les industries locales qui affranchiront notre peuple des grandes industries étrangères; redonner à nos campagnes et à nos villes leur belle physionomie française d’autrefois; inspirer à notre jeunesse un patriotisme agissant, réfléchi, fait de fierté, d’énergie et de constance, voilà un programme national qui réclame le concours de toutes les volontés, en particulier celui des éducateurs.On l’a dit avec raison, le patriotisme n’est qu’énergie, puissance et maîtrise de soi: c’est le principe vital d’un peuple qui veut persister dans son être et se perpétuer.Mais ce principe vital, on le puise tout d’abord au foyer paternel, en apprenant à aimer les siens, la maison familiale, le rang ou le village, la paroisse où Dieu nous a fait naître.Ces souvenirs du jeune âge restent gravés dans les cœurs; ils constituent les premiers et les plus durables éléments du patriotisme régional.Arrivé à la fin de sa carrière, quel est celui qui ne s’écrie avec Châteaubriand: “Combien j’ai douce souvenance du joli lieu de ma naissance”.Dans une page émouvante, le célèbre conteur Charles Nodier a démontré la toute-puissance des souvenirs chez le vieillard, souvenirs de ses premières années.Je ne puis résister au plaisir de vous lire cette petite page charmante, qui prouve éloquemment cette vérité pédagogique, savoir i^que l’éducation première exerce une influence incomparable sur toute la vie d’un homme.Écoutons Nodier: “Un des plus doux privilèges que la nature ait accordés à l’homme qui vieillit, est celui de se ressaisir avec une extrême facilité des impressions de l’enfance.A cet âge de repos le cours de la vie ressemble à celui d’un ruisseau que la pente rapproche, à travers mille détours, des environs de sa source, et qui, libre enfin de tous les obstacles qui ont embarrassé son voyage inutile, vainqueur des rochers qui l’ont brisé à son passage, pur de l’écume des torrents qui a troublé ses eaux, se déroule et s’aplanit tout à coup pour répéter une fois encore, avant de disparaître, les premiers ombrages qui se soient mirés à ses bords.A le voir ainsi, calme et transparent, réfléchir à sa surface immobile les mêmes arbres et les mêmes rivages, on se demanderait volontiers de quel côté il commence et de quel côté il finit.Il faut qu’un rameau de saule, dont l’orage de la veille lui a confié le débris, flotte un moment sous vos yeux pour vous faire connaître l’endroit vers lequel son penchant l’entraîne.Demain, le fleuve qui l’attend à quelques pas, l’aura emporté avec lui, et ce sera pour jamais.“Tous les intermédiaires s’effacent ainsi dans les souvenirs de la vieillesse, reposée des passions orageuses et des espérances déçues, quand les longs voyages de la pensée ramènent l’homme, de circuits en circuits, parmi la verdure et les fleurs de son riant berceau”.Voilà bien, exprimée en termes les plus heureux, ce que j’appelais il y a un instant la toute-puissance du souvenir, véritable force morale, vertu précieuse, source féconde et pure d’où jaillissent les premiers sentiments patriotiques.C’est que chez l’enfant, l’idée de patrie naît tout d’abord de ses premiers contacts avec les êtres et les choses qui s’offrent à ses jeunes regards étonnés.Pour lui, la patrie, c’est tout d’abord la famille, la maison paternelle, le domaine familial, si petit soit-il au village ou à la ville.Puis, à la campagne, c’est la terre paternelle, c’est le “bien” comme l’on dit encore avec tant de justesse chez nous, le “bien” avec sa terre à bois, le coteau et le ruisseau qui en.des-cend, le chemin qui conduit au village ou au moulin, les dépendances qui encadrent la vieille maison au toit gracieusement incliné et égayé de lucarnes donnant sur la grand’route.L’enfant grandit, et il apprend en voyageant à travers le petit pays natal, la géographie régionale.Il se familiarise avec les horizons qui s’offrent à ses yeux et s’élargissent graduelle-ment.Et ici dans ce beau pays trifluvien, la Mauricie, pour l’appeler par son nouveau nom, les accidents géographiques sont multiples et donnent à la région un charme particulier.Le Saint-Laurent la borne au sud ; au nord les premières chaînes des Laurentides lui donnent un relief aussi pittoresque qu’utile.Entre le Saint-Laurent et la ligne 47e de latitude nord, particulièrement pour les comtés de Saint-Maurice, Champlain et Maskinongé, la région tri fin vienne s’étage en trois bandes parallèles, à trois hauteurs successives (1).La première bande se déroule en bordure du fleuve : zone d’alluvions couvertes de prairies fertiles, propre (1) Léon Gérin: L’Habitant de Saint-Justin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 également aux céréales.Cette bande forme une plaine d’une beauté et d’une richesse merveilleuse: c’est la rive fluviale.La seconde, très heureusement dénommée la terrasse par M.Léon Gérin, fils distingué d’Antoine Gérin-Lajoie, une gloire trifluvienne, dans l’admirable monographie “l’Habitant de Saint-Justin”, surgit à deux ou trois milles du fleuve, s’élevant à quarante ou cinquante pieds de hauteur et se prolongeant vers le nord sur une longueur de cinq ou six milles.Le sol de cette seconde bande est d’abord argileux puis sablonneux aux approches d’un deuxième soulèvement qui annonce déjà le plateau laurentien.C’est encore de la bonne terre, car l’argile entre pour une part dans sa composition.Enfin c’est la montagne, troisième bande, zone forestière où se trouvent çà et là quelques lots de terre arables.Cette triple zone, disposée en étagère, (moins les 12,000 carrés de forêts du nord) couvre une superficie habitée d’environ cinq cents milles: c’est le diocèse des Trois-Rivières qui renferme_ soixante-trois paroisses et une population canadienne-française de 150,000 âmes.Plusieurs rivières ombragées l’embellissent: ce sont les rivières Sainte-Anne, Batiscan, Saint-Maurice, Rivière-du-Loup, (la grande et petite), Maskinongé qui se jettent dans le Saint-Laurent après un long parcours.La Providence a pourvu la zone montagneuse de nombre de lacs oui font les délices des pêcheurs.Deux chemins de fer traversent entièrement la région, et un magnifique régime de routes fournissent à la population des moyens de communication faciles et agréables.Outre la fertilité de son sol, la région du Saint-Maurice est renommée pour ses forces hydrauliques et ses riches forêts, au nord.Trois-Rivères est la capitale de cette belle région.Le Cap-de-la-Madeleine, Shawinigan, GrandjMère, Louiseville, et La Tuque, au nord, sont habitées par des populations actives et paisibles, et nombre de gros villages groupent autour de leur clocher respectif des centaines de foyers où régnent la paix et le bonheur.L’éducation n’est pas négligée dans la Mauricie: Un collège classique, plusieurs couvents renommés dont celui des Ursulines plus de deux fois centenaire, de nombreuses écoles de Frères et des centaines d’écoles primaires y entretiennent le flambeau de l’Instruction et de l’Education.La vie religieuse est intense dans toutes les paroisses, où un clergé instruit et zélé guide dans la voie de la piété et de la morale les fidèles qui lui sont confiés.La tête de ce clergé, un vénérable évêque, aidé d’un auxiliaire vigilant, veille aux intérêts supérieurs d’un peuple remarquable par son excellent esprit religieux et civiaue.L’organisation municipale et scolaire de la région est complète et fonctionne normalement.Voilà donc le cadre où vivent les milliers d’enfants qui fréquentent les écoles de la région trifluvienne, dont les origines historiques remontent déjà à trois siècles.Comment les maîtres et les maîtresses peuvent-ils contribuer, de concert avec les parents et le clergé, à faire aimer la petite patrie, la région natale ?C’est par l’histoire et la géographie, c’est aussi par la lecture de belles pages, prose ou vers, où l’on exalte la poésie et la beauté du lieu natal.C’est aussi en faisant apprécier son admirable organisation paroissiale et municipale, et en lui faisant connaître en même temps ses richesses naturelles, particulièrement la vie heureuse des cultivateurs qui habitent la région la plus prospère, non seulement de la Province, mais même du Canada.L’Histoire donne présentement aux Trois-Rivières une grande leçon de patriotisme régional, qui devra se répéter dans toutes les écoles du diocèse.Chaque paroisse a aussi son histoire particulière qu’il importe de faire connaître aux enfants.De 1634 à nos jours, l’effort colonisateur ne s’est pas ralenti.Du fleuve, le défricheur a gagné la terrasse, puis il est entré même dans la zone montagneuse.La forêt a reculé pour faire place à la maison familiale, à l’école, au clocher.Les premiers colons des Trois-Rivières eurent tôt de courageux imitateurs : ils fondèrent tout d’abord les magnifiques paroisses qui longent le Saint-Laurent: Sainte-Anne-de-la-I erade, Batiscan, Champlain, le Cap-de-la-Madeleine, Pointe-du-Lac, Yamachiche, Rivière-du-Loup en Haut (aujourd’hui Louiseville), Maskinongé.Puis les fils de ces vaillants défricheurs gravirent la terrassent, comme par enchantement, les belles paroisses dont les noms suivent surgirent du sol: Saint-Justin, Sainte-LTsule, Saint-Paulin, Saint-Alexis, Saint-Léon, Saint-Barnabé, Les Piles, Saint-Tite, Sainte-Thècle, Sainte-Flore, Saint-Louis-de-France etc., etc. 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quelle belle leçon de géographie humaine, religieuse et civile que l’établissement de la Mauricie, de 1634 à 1934! Que de dévouements obscurs, que de nobles exemples de courage, que de traits instructifs, il conviendrait de révéler à la jeunesse, afin, suivant l’expression cle Montaigne, d’établir un commerce entre elle et les grandes âmes du passé.Cette histoire régionale enseignée à l’école primaire sous forme de récit ou de causerie, agrémenté de traits vivants, fait connaître aux élèves les vertus qui honorent leurs pères: fidélité au sol de la région, de la province, du pays; énergie, courage, économie: vertus qui, soutenues par une foi profonde en la Providence du Bon Dieu, les ont conduits au succès.Voici un trait magnifique que j’ai recueilli il y a à peine quinze jours dans ma paroisse natale, Sainte-Ursule, de la bouche d’un vénérable ecclésiastique resté bien cher au cœur des Trifluviens, j’ai nommé Monseigneur Boulay, ancien curé de la Cathédrale.L'ancêtre des MM.Boulay, de Sainte-Ursule, quitta Montmagny, en bas de Québec, à l’âge de dix-huit ans.Ayant entendu parler des bonnes terres de la région des Trois-Rivières, il dit adieu aux siens, ayant pour tout capital un cœur vaillant et deux bons bras.Afin de se gagner quelqu’argent pour acheter son lot et se nourrir, il s’engagea chez un cultivateur de Beauséjour, un joli rang de la Rivière-du-Loup, à raison de cinq piastres par mois.Pendant les mois d’hiver, il travaillait à Beauséjour et, l’été, il s’en allait sur son lot, choisi avec jugement, dans le rang de Fontarabie, nouvellement ouvert; c’était en 1834.Après trois années d’un labeur intelligent et persévérant, le jeune Boulay dressait sa maison de colon sur un site bien choisi.Le foyer était bientôt fondé, et, depuis un siècle, il y a toujours un Boulay sur le bien familial ; c’est une noble lignée terrienne qui se maintient au premier rang social de Sainte-Ursule, ma paroisse natale.Chaque paroisse offre des exemples de ce genre.Il y aurait aussi à faire l’histoire des industries locales, si prospères autrefois dans cette région: Moulins à farine, moulins à carder la laine et à fouler l’étoffe du pays; scieries et tanneries, forges et fonderies, sans oublier les petits métiers: remouleurs, fondeurs de cuillers, horlogers ambulants.L’industrie du lin, avec ses scènes pittoresque du brayage (broyage), et la non moins poétique industrie du “sucre du pays” méritent aussi une page dans l’histoire industrielle de la région.Resterait la pêche au “petit poisson” dont la grande industrie a modifié le mode d’opération, car le poisson des Chenaux a dû changer le cours de ses migrations, chassé probablement par la peste qui se fabrique en permanence à l’embouchure du pauvre Saint-Maurice.Ce sont tous ces faits et ces traits qui constituent la trame de l’histoire régionale.C’est une mine qu’il est facile d’exploiter, grâce aux travaux récemment publiés aux Trois-Rivières, travaux précieux inspirés par un animateur admirable dont il faut proclamer ici le nom bien haut: Monsieur l’abbé Albert Tessier, du Séminaire.L’histoire régionale et l’histoire nationale, la première préparant la voie à la seconde, éveillent les belles facultés de l’enfant: le raisonnement, le jugement, l'imagination, la mémoire.Par-dessus tout, elle développe l’amour de la patrie, capable au besoin d’engendrer l’héroïsme national, surtout s’il est fortifié par le sentiment religieux.C’est l’histoire régionale, documentée et vivante, qui peut le mieux donner aux écoliers une notion exacte de ce que l’on entend par la patrie.L’amour de la patrie est un sentiment qui sommeille dans bien des âmes absorbées par les affaires.On aime les biens et les institutions que les anciens nous ont laissées, dont on jouit avec sécurité, sans nous retourner vers le passé, sans songer à payer notre dette à la patrie, en ajoutant quelque chose, à notre tour, au bien-être de la communauté, à sa beauté, à sa richesse, à sa gloire, si possible.Cultivons donc dans l’âme de nos enfants l’amour de la patrie régionale, image de la grande, avec tout ce que cela comporte: dignité personnelle, fierté nationale bien placée, fidélité à la foi catholique, religion de nos pères.Instinctivement, les enfants aiment la terre qui les a vus naître, à laquelle se rattachent leurs premières affections et leurs premiers souvenirs, comme ils aiment leur mère.Profitons de cette heureuse disposition chez eux pour les faire remonter aux causes, en rattachant le présent au passé, leur faisant ainsi donner la main aux ancêtres dont ils sont les héritiers.Apprenons-leur que nous ne pouvons renoncer sans déchoir aux idées, aux traditions, aux mœurs de nos pères.Nous sommes aussi héritiers des biens matériels qu’ils nous ont légués et des institutions qu’ils ont créées par un labeur séculaire.Nous ne pouvons donc renoncer à ces traditions et à ces biens sans nous trouver en quelque sorte faibles et désarmés.Un grand évêque patriote, la gloire des Trois-Rivières, Monseigneur Laflèche, a développé avec une rare éloquence ce thème de la patrie canadienne-française, procédant de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 proche en proche, allant de la vie familiale à la vie paroissiale pour nous élever jusqu’à la vie nationale.Relisons ses œuvres et ses discours.Dans un domaine plus à la portée de tous, sachons aussi utiliser d'autres œuvres triflu-viennes, telles que le Jean Rivard de Gérin-Lajoie, la Campagne Canadienne du Père Dugré et l'œuvre poétique du poète d'Yamachiche, Nérée Beauchemin.Ainsi par un enseignement patriotique de tous les jours, nos élèves grandiront dans une atmosphère saturée d’une fierté nationale de bon aloi qui se manifestera chaque jour de l’année, par la tenue, le langage, l’étude sérieuse, ayant au cœur le grand désir d’acquérir plus tard pour eux et leurs compatriotes cette indépendance économique qui fait un peuple maître de ses destinées.C’est dans cette région trifluvienne, dans cette Mauricie, que j'ai lié connaissance intime avec l’âme de la petite patrie.Nul doute possible, la Patrie c’est le coin de terre où nous avons passé notre enfance, éprouvé nos premières joies.Aussi-est-ce la magie du passé qui fait battre nos cœurs, tant il est vrai que le passé exercera toujours son prestige souverain sur les générations d’un peuple.PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA PONCTUATION (Pour l’Enseignement Primaire) Les signes de ponctuation font partie de l’écriture au même titre que les mots; ils ont un sens et l’on ne saurait les supprimer ou les contrefaire sans altérer profondément le texte que l’on veut présenter aux lecteurs.Voilà pourquoi l’enfant doit être initié de bonne heure à cet art; les règles données ci-après sont accessibles à toutes les intelligences moyennes qui commencent à réfléchir.Malheureusement, on se figure que ces signes, les virgules surtout, dépendent de la fantaisie de celui qui tient la plume; on les confond avec les pauses; or les pauses ne sont sensibles que dans la lecture à haute voix; elles complètent les coupures indiquées ostensiblement dans l’écriture d’une phrase.Prenons un exemple tiré de la musique: pour interpréter une mélodie, l’artiste chanteur ne se contente pas d’observer les temps de silence notés sur sa partition; il se ménage habilement certains repos pour interrompre des tenues trop prolongées; il reprend haleine, sans même que l’auditeur s’en doute.Le lecteur ne procède pas autrement: pour éviter un débit précipité, pour ne pas donner à son public une impression d’essoufflement, il doit posséder la même maîtrise que le chanteur.Mais qu’arrivera-t-il si la ponctuation est défectueuse?A supposer qu’une tirade, par son style, mérite d’être débitée en public, il faudra au préalable faire une revision atten-tive de tous les symboles semés au hasard, sous peine de commettre les pires contre-sens.Les arrêts secondaires sont impossibles à observer, si les tranches des périodes ne se distinguent pas nettement les unes des autres par des intervalles judicieusement échelonnés et apparents à première vue.Encore que la ponctuation ait varié au cours des âges, elle a été codifiée dans nos temps modernes et il faut se conformer aux lois établies.Ces règles sont fondées en raison: elles dépendent exclusivement de l’analyse logique.Sans cette analyse, il est aussi impossible de ponctuer correctement que d’observer l’orthographe sans savoir la grammaire.Il y aurait lieu de dresser ici un croquis d’analyse logique, pour bien démontrer qu’un enfant de huit ou neuf ans, convenablement doué, n’aura pas de peine à en acquérir les règles indispensables.Pareille expérience a été faite souvent par l’auteur du présent article, et avec plein succès.Peut-être pourra-t-il plus tard écrire un court traité sur cette question dans la Revue de VEnseignement Primaire.En attendant, on n’a qu’à se reporter au substantiel opuscule du regretté Ragon.Les ouvrages parus par la suite sur le même sujet sont surchargés de détails parasites: à vouloir trop analyser, on devient subtil, on complique la nomenclature et l’on jette le discrédit sur une science très claire par elle-même.En tout état de cause, personne n’est autorisé à modifier une terminologie devenue à peu près internationale.La moindre atteinte portée à ce vocabulaire produirait des confu- 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sions telles, qu’un élève ne pourrait plus passer d’un collège à l’autre sans être dérouté.Là, plus encore que dans les autres domaines scientifiques, les innovations seraient à l’inverse de l’originalité créatrice.Autant vaudrait-il imaginer une nouvelle nomenclature pour la Physique et la Chimie, selon le bon plaisir de chaque professeur.En se servant des termes employés par Ragon, on peut ramener les lois de la ponctuation aux quelques principes que voici: 1° Le point marque la fin d’une phrase, c’est-à-dire de la proposition indépendante, ou des propositions ÿua^aposées, ou des propositions coordonnées, ou bien de tordes les propositions ou compléments qui se rattachent à la proposition principale.Exemples: “Dieu seul est grand”.(Proposition indépendante).—“Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu”.(Propositions juxtaposées.)—“Je crois et j’espère”.(Propositions coordonnées).—“Celui qui règne dans les Cieux est le seul qui fasse la loi aux rois et qui leur donne, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons”.(Proposition principale munie de tous les éléments qui s’y rattachent).2° Le point-virgide s’emploie comme le point, mais pour séparer des propositions dont le sens est voisin.11 peut servir aussi à séparer des compléments ou des propositions subordonnées d’une certaine longueur.Exemple: “Si vous persistez dans votre dangereux dessein après y avoir mûrement réfléchi; si vous voulez, coûte que coûte, vous exposer à la mort; si enfin une vie banale ne vous semble pas digne d’être vécue, alors je ne mets plus obstacle à vos résolutions”.(Propositions subordonnées assez longues).3° Les deux points suivent une proposition qui en annonce une autre; ils précèdent généralement une citation.Exemple: “Voici pourquoi l’impie ne croit pas en Dieu: il est orgueilleux comme Lucifer”.4° Le point d’interrogation suit une proposition ou une locution interrogative; mais il est inusité quand la proposition interrogative est subordonnée.Exemple: “Où allez-vous ?” (Proposition indépendante interrogative.)—“Je vous demande où vous allez”.(Proposition interrogative subordonnée).5° Le point d’exclamation obéit aux mêmes lois que le point d’interrogation.6° Le tiret s’emploie pour marquer un changement d’interlocuteur dans une conversation.Il est également usité pour remplacer la parenthèse qui disparaît chez les auteurs modernes.Notons en passant qu’on en fait un véritable abus; une pensée conçue nettement ne demande pas tant d’interruptions dans la marche normale de la phrase.7° Les points de suspension se mettent après une phrase inachevée ou servent à exprimer un sous-entendu.Certains auteurs de notre époque se sont spécialisés dans ce style muet: un bon quart de leurs pages consiste en pointillés dont la justification est problématique.8° Les guillemets renferment une citation qui peut être une phrase complète ou un membre de phrase.Exemples: “Lieu dit: ‘Que la lumière soit!’ Et la lumière fut”.“Si le proverbe dit vrai, ‘à trompeur, trompeur et demi’, vous pouvez voir par là ce que vous réservent vos mensonges”.Quand une citation est enclavée dans une autre, comme ci-dessus, les guillemets secondaires doivent être différents des guillemets principaux; dans les ouvrages imprimés, les typographes qui ont quelque expérience font cette distinction.9° L’emploi de la virgule demande des explications plus développées: a) La virgule est de règle entre les propositions, entre les sujets, entre les attributs et entre les compléments juxtaposés.Exemples: “L’attelage suait, soufflait, était rendu”.(Propositions juxtaposées).— “Femmes, moines, vieillards, tout était descendu”.(Sujets juxtaposés).—“La plaine était vaste, immense, incommensurable”.(Attributs juxtaposés).b) Même règle pour les appositions.Exemple: “Louis, roi de France”.Le même dans les vocatifs.Exemple: “Paul, venez ici”.c) On emploie souvent la virgule après or, conjonction de coordination, lorsque la proposition a une certaine longueur.Exemple: “L ieu est bon; or, la bonté appelle l’amour chez les âmes bien nées”.(Proposition coordonnée assez longue).d) Les propositions, les sujets, les attributs ou les compléments coordonnés ne se séparent pas par la virgule, sauf lorsque ces éléments sont assez développés.Exemples : “Vous ne m’en ferez pas accroire, et je vous apprendrai que je ne suis pas crédule au point de prendre des vessies pour des lanternes”.(Deuxième proposition coordonnée assez longue).—“L’inculpé était, ou bien inconscient, ou bien sous le coup d’une passion violente”.(Attributs de longueur inégale et de construction différente).e) Les propositions circonstancielles ou les compléments circonstanciels enclavés dans une phrase sont précédés et suivis d’une virgule.Exemple: “Je vous affirme que, si vous continuez ainsi, vous allez à la ruine”.(Proposition circonstancielle enclavée). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13 /) Les propositions circonstancielles ou les compléments circonstanciels qui ¦précèdent la proposition principale sont suivis d’une virgule, surtout quand ils sont composés d’un certain nombre de mots.Exemple: “Si vous venez de bonne heure, nous ferons une longue promenade”.(Proposition circonstancielle placée en inversion, avant la proposition principale).Règle identique pour la proposition complétive directe placée en inversion avant la proposition principale.Exemple: “Que Napoléon ait été un génie, l’histoire le prouve”.g) Même lorsque la proposition circonstancielle ou un complément circonstanciel sont placés après la proposition principale, ils sont précédés d’une virgule si leurs dimensions sont assez notables.Exemple: “Je viendrai chez vous, à supposer que ma présence vous soit utile dans les circonstances actuelles”.Mais on écrirait, sans virgule: “Je viendrai si vous le voulez”.h) Les propositions relatives explicatives sont précédées et suivies d’une virgule, mais non les relatives déterminatives.Exemples: “Plusieurs soldats, qui avaient été blessés, furent conduits à l’ambulance”.(Proposition relative explicative).—“Ceux des soldats qui étaient blessés furent conduits à l’ambulance”.Proposition relative déterminative).i) Les propositions incises, “dit-il, dit-on, pense-t-il, pense-t-on”, etc., sont entre virgules.Exemple: “Voyez, disait-il, la majesté du fleuve Saint-Laurent”.Remarques importantes.—Il ne faut jamais de virgule entre le sujet et le verbe, non plus qu’entre le verbe et ses attributs ou compléments.Exemple: “Un Canadien qui renie sa patrie est semblable à un fils qui renierait sa mère”.Mais il est évident que la règle ci-dessus ne s’applique pas aux constructions telles que les suivantes: “Un Canadien français, qui était parti pour les États-Unis, regrettait le sol de ses aïeux”.(Proposition relative explicative, enclavée entre le sujet et le verbe).“Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde”.(Proposition circonstancielle, enclavée entre le verbe principal et ses compléments).— “Donnez à votre ami, comme témoignage de votre bienveillance, tout ce qui peut soulager sa peine”.(Complément circonstanciel enclavé entre le verbe et son complément direct).C’est une faute de ponctuer comme suit: “Tous ceux qui nous flattent et nous cajolent, ne sont pas nécessairement sincères”.(Proposition relative déterminative, pas de virgule ni avant ni après).En résumé, il peut y avoir deux virgules entre le sujet et le verbe, ou bien entre le verbe et ses attributs ou compléments, mais non une seule virgide.Ces quelques considérations ne sauraient remplacer les traités que les grammairiens ont fait paraître sur la ponctuation.Néanmoins, quiconque observera ces lois essentielles ne sera pas taxé de négligence et respectera ses lecteurs.Il n’imitera pas la désinvolture des auteurs qui comptent sur leur éditeur pour ponctuer leurs ouvrages.Au reste, il n’y a qu’à consulter un livre bien écrit et imprimé correctement, pour se rendre compte de la rigoureuse exactitude des préceptes que nous venons d’exposer.Abbé F.Charbonnier, Docteur ès Lettres.“LA DÉCOUVERTE DU CANADA” Jacques Cartier Le dernier ouvrage historique de M.l’abbé Lionel Groulx, la Découverte du Canada (1), ajoute un document précieux à la littérature canadienne-française.C’est un ouvrage d’érudition qui n’a rien de rebutant, car l’auteur sait découvrir l’âme des choses où d’autres ne verraient que des dates, des faits obscurs.M.Groulx indique clairement le but de son livre dans les lignes suivantes: “Trois chapitres seulement du présent volume racontent les découvertes du pilote malouin.On voudra bien ne pas s’étonner de cet apparent déséquilibre en une œuvre qui est moins une biogra- (1) Abbé Lionel Groulx.La découverte du Canada.Librairie Granger Frères, Montréal, 1934.3 14 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE phie de Jacques Cartier qu’une histoire de la Découverte de notre pays et le premier tome d’une histoire du régime français au Canada” Les trois premiers chapitres, consacrés à la découverte du Nouveau-Monde puis à celle de l’Amérique du Nord, sont apparemment arides; mais il ne faut pas s’arrêter à cette apparence, car les événements qui se produisent au moyen âge concernant l’expansion des anciens peuples de l’Europe sont d’un intérêt exceptionnel.Une société déjà vieillie fait place à un monde nouveau.Les grandes découvertes du moyen âge conduisent Christophe Colomb à la découverte de l’Amérique.Espagnols, Portugais, puis Français, Anglais affrontent l’Atlantique.Dans les trois derniers chapitres, M.l’abbé Groulx fait revivre cette merveilleuse époque de la découverte du Canada par Jacques Cartier: premier et deuxième voyages, Cartier et Roberval.Dans un style d’une grande sobriété, l’auteur nous donne une tranche d’histoire tout à la fois réelle et merveilleuse.C.-J.Magnan.LES EXERCICES D’OBSERVATION La Revue familiale d’éducation, citée par l’École, de Paris, vient de clore une étude de M.SCHWEISGUTH-Widmann sur les exercices d’observation.L’auteur voudrait voir les enfants apprendre par l’observation en restreignant le plus possible l’usage des livres.En conclusion nous lisons: Les méthodes que nous avons 'préconisées se justifient fort bien d’une façon théorique par tout ce que la psychologie vioderne nous a appris de l’enfant; mais elles sont déjà justifiées par Vexpérience; il n’y a pas d’école nouvelle qui ne les emploie plus ou moins, et on peut en voir les résultats.Un jardin d’enfants nourrit les oiseaux en hiver et note chaque jour la température; un autre élève des cobayes, des canards, des perruches, un lézard.Dans une école Montessori les petits cirent leurs chaussures, encaustiquent le parquet; dans une autre les grands construisent baromètre et thermomètre, entreprennent des études sur l’art roman.L’exemple le plus complet de l’observation envahissant tout l’enseignement est sans doute donné par les écoles Decroly: grand jardin, nombreux animaux, collections, promenades pour visiter des musées et des usines, petits voyages.Il y règne une activité, une joie au travail fort sympathique prouvant mieux que tous les raisonnements combien une éducation vivante peut aider les enfants à se développer harmonieusement.Loin de nous la pensée de discuter l’utilité, la nécessité même de l’observation.Mais habituons aussi nos élèves à ne pas croire seulement ce qu’ils peuvent voir.Nous arriverions vite à un matérialisme tel, que nos enfants mettraient vite en doute ce qu’ils ne peuvent pas observer et qu’ils doivent pourtant savoir.De plus, voulez-vous nous dire si la méthode d’observation appliquée totalement, intégralement est compatible avec les programmes qu’une classe est tenue de parcourir dans une année de neuf mois de travail?On nous a signalé le fait d’un inspecteur visitant une école publique, à l’heure de la lecture expliquée.L’élève lisait à haute voix: "Un moine accroupi.”—"Mon petit, avez-vous déjà vu un moine accroupi?”—"Non, monsieur l’inspecteur.” Par-dessus la tête de l’enfant, l’inspecteur s’adressa au maître: "Après cette lecture, on devrait observer un moine accroupi! Il y a un tableau représentant un moine accroupi à l’église Sainte-Germain-des-Prés.Il faudrait aller voir ce moine accroupi!” Comme quelques minutes auparavant, le même inspecteur avait préconisé la visite du Museum afin d’y voir un loup, on peut se demander si la journée entière aurait suffi à une lecture expliquée d’une douzaine de lignes! Il est vrai que des élèves, de leurs yeux, auraient vu un loup et observé un moine accroupi! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 NÉCESSITE DE L’ÉDUCATION But moral et social de l’éducation Comment réaliser l’éducation Nécessité de l’éducation.—L’éducation—et une éducation intégrale—est indispensable à l’enfant.Il s’ignore lui-même.Il ignore son origine et sa destinée.Il est incapable de prendre soin de sa santé, d’augmenter ses forces, de développer la souplesse de ses membres.Il ignore les ressources et les richesses de son esprit.Comment exercerait-il ses facultés d’une façon intelligente et progressive ?A plus forte raison est-il incapable de se former seul à la vertu, de résister à ses mauvaises inclinations, de corriger les travers de son caractère, d’affermir sa volonté dans le bien, d’accomplir les actes qui procurent et développent la vie surnaturelle.Il ignore ses devoirs envers la société.L’éducation lui fera connaître ses obligations envers le prochain et envers la patrie.La nécessité de l’éducation apparait encore dans tout son jour si l’on considère la faiblesse de l’enfant en face de tant d’ennemis qui le guettent.Il faut le protéger, l’habituer à une lutte qui durera toute sa vie et dont il doit sortir vainqueur.Ainsi, l’éducation décide généralement de la vie de l’enfant.S’il reçoit une bonne direction, de bons principes, presque toujours il y est fidèle; laissé à lui-même, il serait comme un vaisseau privé de boussole.Voilà la raison de l’acharnement avec lequel les bons et les méchants se disputent l’enfant.“La guerre n’est plus aux chemins creux, disait un jour Clémen-ceau ; elle est à l’école, elle a pour enjeu l’âme de l’enfant”.But moral et social de l’éducation.—Si elle n’est pas profondément morale, l’éducation mutile l’enfant.Mais on est loin de s’entendre sur la morale qui doit servir de base à cette formation.Certains éducateurs ont prôné une morale sans obligation ni sanction, qui ruine, en réalité, toute religion et toute morale.D’autres proposent une obligation qui tirerait toute sa valeur de la sociologie et de la solidarité sociale.Or, la sociologie est une science informe, et la solidarité ne saurait donner à la morale une base solide.D’autres encore ont prétendu que la morale consiste à obéir à la raison.C’est faire de chacun de nous un homme-dieu qui ne dépend que de lui-même.Enfin, on a essayé de construire une “morale scientifique”.C’est méconnaître la science elle-même, qui n’est ni morale ni immorale.“Elle est bonne à constater ce qui est, dit M.Henri Foin car é\ Elle nous donne des indicatifs, tout au plus des optatifs, non des impératifs”.Morale sociologique, morale de solidarité, morale scientifique, morale Kantienne, morale indépendante, morale évolutionniste, etc., de quelque dénomination qu’elles s’affublent, toutes s’accordent pour être des morales sans Dieu.Or, une morale sans Dieu est une morale sans fondement et sans efficacité.La seule morale digne de ce nom est celle qui est basée sur l’enseignement du Christ.L’idéal qu’il nous propose est sublime.“Soyez parfait, dit-il, comme votre Père céleste est parfait”.Quelle philosophie humaine pourrait être comparée à cette formule qui contient tous les devoirs, implique toutes les perfections de notre nature, embrasse les intérêts du temps et ceux de l’éternité ! L’éducation doit se proposer un but social, ce qui ne veut pas dire qu’elle doit élever l’enfant pour la société, comme le voudraient Comte et les utilitaristes.Une telle conception est étroite et laisse de côté les devoirs envers Dieu et envers soi-même.A notre époque, cette éducation devient de plus en plus nécessaire.L’école sans Dieu développe un individualisme excessif en bornant les aspirations de l’enfant à son existence terrestre.Une conséquence logique en découle: jouir le plus possible, écarter tout ce qui est 16 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE obstacle à la jouissance, ne penser qu’à soi, se désintéresser du bien public, oublier le précepte qui ordonne d’aimer son prochain comme soi-même.L’école catholique doit réagir contre cet égoïsme en insistant sur les devoirs envers les parents et envers les maîtres, envers le prochain, envers la patrie.L’éducation est, avant tout, humaine, mais elle est aussi nationale.Ajoutons que l’éducation religieuse forme éminemment l’enfant à son rôle social.Elle lui apprend à voir Dieu dans son prochain, à aimer ses semblables, à leur faire du bien; elle lui fait voir dans ses parents, ses maîtres, les membres du clergé et des congrégations religieuses, les représentants de l’autorité civile, des images de Dieu qu’il doit respecter et des intermédiaires par lesquels il manifeste ses volontés.Comment réaliser l’éducation.—De ce qui précède, nous pouvons déduire que, pour réaliser l’éducation, il faut: 1.Faire la guerre aux défauts de l’enfant et réprimer ses instincts pervers: ceux qui se rapportent à la sensualité, comme la gourmandise et la paresse ; ceux qui tiennent à la légèreté: dissipation, étourderie, inconstance; ceux qui tiennent à Vorgueil: amour-propre, vanité, susceptibilité, arrogance, entêtement, esprit de contradiction, désobéissance, colère, envie, jalousie, duplicité, égoïsme, etc.2.Cultiver en lui toutes les vertus, tous les sentiments nobles et généreux: l’esprit de renoncement en lui apprenant à se mortifier, à ne pas satisfaire ses goûts et ses caprices ; l’esprit de justice en l’habituant à rendre à chacun ce qui lui est dû; l’esprit de respect en lui faisant observer les règles de la politesse et du savoir-vivre; l’esprit d’obéissance et de soumission, l’esprit d’ordre et de propreté, l’esprit de droiture et de franchise, l’amour du beau, du vrai et du bien; les vertus chrétiennes et surtout les vertus théologales: la foi qui ouvre l’entendement à un monde invisible, l’espérance qui fortifie le cœur par la perspective d’une félicité méritée, la charité qui rend Dieu sensible dans les froides ombres de la vie.3.F ortifier sa volonté.Le soutenir et le diriger dans sa lutte contre ses caprices et son impulsi-visité, ses penchants vicieux et ses instincts grossiers; cultiver harmonieusement ses facultés en donnant la primauté à la raison; l’obliger à faire des efforts soutenus pour acquérir de bonnes habitudes ; ne pas se contenter de lui faire connaître le bien, mais le lui faire aimer et pratiquer; et surtout lui inculquer fortement l’idée du devoir.4.Préparer son avenir temporel et son avenir éternel.Son avenir temporel en se basant sur l’ensemble de ses aptitudes pour l’orienter dans le choix d’un état de vie, en évitant de lui donner des aspirations irréalisables ou trop au-dessus de sa condition, ou en le dirigeant vers une profession qu’il est incapable d’exercer.Préparer son avenir éternel en lui donnant des convictions ardentes et profondes qui le porteront à l’accomplissement de tous ses devoirs et le maintiendront dans la voie du bien.L.Riboulet.LE CHANT A L’ÉCOLE Nous commençons, avec la présente livraison, la publication d’une série de leçons sur le chant à l’école.Nous recommandons ces leçons à l’attention du personnel enseignant.L’enseignement du chant est éducatif : il forme le goût, fait aimer le beau et le bien.Il développe les organes de la voix, habitue l’enfant à bien prononcer et à bien articuler.Par l’exercice du chant, l’enfant se met en mesure de prendre une part active et intelligente aux exercices du culte catholique.Nous recommandons en outre aux instituteurs et aux institutrices, religieux et laïques, le “Chant à l’École”,excellente méthode quia pour auteur une Sœur de la Congrégation de Notre-Dame.On peut se procurer cette méthode en s’adressant à la Maison Mère de la C.N.-D., 3040 ouest, rue Sherbrooke, Montréal.Prix, 50 sous, avec escompte de 20%.C.-J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 17 LE CHANT A L’ÉCOLE L’étude élémentaire de la langue musicale et sa mise en action par le chant est présentée sous ce titre aux maîtres de l’enseignement primaire.Si l’on veut que le chant soit réellement une force éducative, sa pédagogie doit être méthodique et pratique comme celle des autres matières du programme d’étude.Pour chanter, il faut étudier l’a.b.c.de la musique, c’est-à-dire le solfège.C’est un principe fondamental dont aucune raison ne permet de s’écarter.Faire apprendre les morceaux par cœur ne mène à rien, puisque tout est à recommencer chaque fois.On peut ainsi suffire, en passant, à une nécessité pressante, mais suivre habituellement un tel système n’est pas digne d’un enseignement éclairé.Les avantages qui résultent de l’enseignement du chant au point de vue éducatif sont nombreux.“Le chant habitue les enfants à se bien tenir, à porter la tête droite, à respirer largement, à entendre leur voix; en outre, tout ce qui est gagné du côté du chant est gagné aussi, pour l’aisance et la netteté, du côté de la diction et de l’articulation.” Le chant forme le sens de l’oreille en même temps que l’organe de la voix: il apprend à écouter autant qu’à parler.Il développe les qualités d’attention et de discipline, les facultés d’observation et d’analyse, stimule la volonté et tient l’esprit toujours en éveil.Le chant révèle aux enfants le côté esthétique des choses.Son action, à la fois physiologique et psychologique, atteint les profondeurs de l’âme.Donc, le professeur qui est avant tout éducateur s’occupe non seulement des matières strictement obligatoires, mais considère le chant comme un puissant auxiliaire de développement intellectuel et de formation morale.Les honorables membres du Comité de l’Instruction publique et les autorités scolaires comprennent parfaitement les avantages du chant enseigné par le solfège dans nos écoles primaires.Trois faits le prouvent: 1° L’approbation de notre méthode intitulée “Chant à l’École” par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique dans sa session de mai 1925; 2° La bienveillance avec laquelle Monsieur l’Inspecteur général des écoles normales nous offre une page dans son importante revue VEnseignement 'primaire) 3° L’intelligent appui que nous donne Monsieur C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, en insérant un programme de chant pour chaque année du cours dans sa “Répartition mensuelle.” Le chant par le solfège, si hautement apprécié et recommandé par ceux qui s’occupent de notre éducation nationale, peut-il être enseigné à l’école primaire ?—-Oui, avec le concours des maîtres et des maîtresses, comme cela se pratique dans les autres pays.L’enseignement du chant, pas plus qu’un autre, ne s’improvise; il faut: a) s’initier b) le vouloir.a) A l’aide d’une méthode qui étudie les principes un à un, le professeur doué d’une voix juste s’assimilera graduellement les notions de solfège et pourra les transmettre avec facilité à ses élèves.Dès le mois prochain, on trouvera dans les pages de VEnseignement primaire une leçon pratique de “Chant à l’École”.Mais que fera le maître ou la maîtresse qui ne chante pas ?Mademoiselle Bernadette Bédard, institutrice à l’Académie Saint-Roch de Québec, a résolu la question.Nous avons été témoin, en juin dernier, des succès obtenus par sa classe.L’une de ses élèves donne la leçon de chant: la petite sous-maîtresse vocalise des sons, ses compagnes indiquent les sons vocalisés, par des chiffres.Après la dictée, le contrôle des copies montre qu’à peu près la moitié des élèves n’ont pas de faute.N’est-ce pas étonnant ?Mademoiselle Bédard, grâce à son dévouement et à son intelligente initiative, a accompli un travail vraiment digne d’éloge.Le temps manque, dira-t-on, pour le “Chant à l’École”.On trouvera du temps pour cet enseignement, s’il est commencé dès la première année d’étude.Les tout petits ont peu de matières à 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE étudier et sont incapables de s’appliquer longtemps à une même chose; alors la leçon de chant interviendra, à titre de délassement, pour soulager ces attentions enfantines”.Les jeunes ont une facilité étonnante, à part quelques exceptions, pour se familiariser avec les sons de la gamme qu’ils répètent sous des formes différentes; ils y trouvent un contentement toujours nouveau.Monsieur l’Inspecteur général des écoles primaires, dans sa “Répartition mensuelle”, alloue dix à quinze minutes chaque jour.b) Il faut, en second lieu, vouloir.Que les maîtres et les maîtresses se convainquent, tout d’abord, de l’importance et des avantages du chant enseigné par le solfège, méthode qui, entreprise avec courage, poursuivie avec persévérance, donne de si beaux résultats.Faire participer tous les enfants de nos écoles aux bienfaits de la musique vocale—bienfaits individuels, patriotiques et religieux—-les initier au chant grégorien, c’est répondre au désir exprimé par notre Très Saint Pè e le Pape, dans sa constitution apostolique: “Divini cultus”.Ces considérations peuvent, semble-t-il, stimuler la volonté et la déterminer à entreprendre une si noble tâche.Une Religieuse de la Congrégation de Notre-Dame.DOCUMENTS SCOLAIRES UN CONGRÈS D’INSTITUTEURS AUX TROIS-RIVIÈRES Le 4 juillet 1934, à Toccasion du 3ème centenaire de cette ville Le Cercle catholique des Instituteurs des Trois-Rivières, avec la haute approbation du Comité des Fêtes religieuses du troisième centenaire, avait organisé un congrès d’instituteurs catholiques, qui a été tenu le 4 juillet dernier dans la salle académique du monastère des Dames Ursu-lines des Trois-Rivières.Ce congrès, placé sous le patronage de la commission scolaire des Trois-Rivières, remporta un succès bien mérité.Ce congrès fut présidé avec tact et dignité par M.Omer-Jules Desaulniers, instituteur et président du Cercle.Son Excellence Mgr Comtois, évêque auxiliaire des Trois-Rivières; l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; M.C.-J.Magnan, inspecteur général des Écoles normales; M.C.-J.Miller, inspecteur général des écoles primaires; MM.les inspecteurs régionaux Paquin et Lamarre; MM.les inspecteurs Letarte, Poitras, Auger, Hamelin.MM.Nérée Tremblay et Z.Tousignant, professeurs à l’École normale Laval; M.Charles Denhey, vice-président de l’Alliance catholique des instituteurs catholiques de Montréal; M.A.-A.Letarte, président de l’Association des instituteurs de la circonscription de l’École normale Laval, de Québec; M.l’abbé Henri Vallée, principal de l’École normale des Trois-Rivières;M.J.-A.Trudel, président de la commission scolaire des Trois-Rivières; un grand nombre d’instituteurs et d’institutriées laïques; les Dames Ursulines, en très grand nombre, honorèrent le congrès de leur présence.Y vinrent aussi de fortes délégations des Sœurs de l’Assomption et des Filles de Jésus; plusieurs Frères des Écoles chrétienne, de l’Instruction chrétienne; des religieux Franciscains et un grand nombre de prêtres séculiers.Voici le programme du congrès: I.A LA CHAPELLE DU SÉMINAIRE SAINT-JOSEPH: 9 hres a.m.Messe dite par S.E.Mgr A.-O.Comtois, évêque auxiliaire.Sermon: “La Mission de l’instituteur laïc”, M.l’abbé J.-L.Beaumier, aumônier du Cercle. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 IL A LA SALLE DE RÉCEPTION DU COUVENT DES ÜRSULINES: 10 hres a.m.Bienvenue.M.Omer-Jules Desaulniers, président du Cercle.Allocutions de M.A.-A.Letarte, président, Association des Instituteurs de la Circonscription de l’École normale Laval, et de M.Charles Denhey, vice-président, Alliance catholique des Professeurs de Montréal.Présentation: M.Omer-Jules Desaulniers:—“L’Histoire Nationale à l’École Primaire”, par M.G.-H.Hamel, instituteur aux Trois-Rivières.Remerciements: M.Nérée Tremblay, professeur à l’École normale Laval et membre du Conseil de l’Instruction publique.Présentation: M.J.-A.Paquin, inspecteur régional:—“Le Patriotisme Régional”, par M.le Commandeur C.-J.Magnan, inspecteur général des Écoles normales.Remerciements: M.J.-A.Trudel, N.P., président de la Commission scolaire des Trois-Rivières.2 hres p.m.Présentation: M.l’abbé Henri Vallée, inspecteur ecclésiastique des écoles des Trois-Rivières:—“L’Éducation Nationale”, par M.l'abbé Lionel Groulx, professeur à l’Université de Montréal.Remerciements: M.l’abbé Albert Tessier, préfet des études au Séminaire St-Joseph.Avant la clôture de la séance par Son Excellence Mgr Comtois, l’honorable Mr Delâge exprima L désir suivant: “Si M.l’abbé Groulx veut bien me fournir le texte de sa conférence, si pleine de leçons opportunes, je verrai à faire imprimer son excellent travail et à le faire distribuer dans les écoles.” 334 hres p.m.Photographie des congressistes.4 hres p.m.Promenade historique.III.A l’Académie De La Salle: 6 hres p.m.Dîner offert aux congressistes, par la Commission scolaire des Trois-Rivières.Président: M.le notaire J.-A.Trudel, président de la Commission scolaire.9 hres p.m.Manifestation de la jeunesse trifluvienne, sous le patronage de la Commission scolaire des Trois-Rivières.Pose de la première pierre du FLAMBEAU.LE 25e ANNIVERSAIRE DE L’ECOLE NORMALE SAINT-JOSEPH, DE HULL Les 23, 24 et 25 juin dernier, l’École normale de Hull a célébré brillamment ses noces d’argent.Les fêtes avaient été placées sous le haut patronage de Son Excellence Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa.Elles furent magnifiques, grâce au zèle de l’Amicale des Anciennes élèves.Au cours des fêtes, on a rappelé le zèle du premier Principal de l’École normale de Hull, Mgr S.Corbeil, éducateur émérite, qui donna à l’école jubilaire une organisation pédagogique de premiere valeur.Le souvenir du deuxième principal, M.l’abbé P.Courte, a été également rappelé.Un hommage mérité a été rendu aux premières directrices de l’École normale de Hull, les révé- 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE rendes Mères Saint-Albert et Saint-Bruno, cette dernière actuellement Supérieure générale des SS.Grises de la Croix, et Sœur Marie-de-la-Miséricorde, directrice de l’École normale de Ville-Marie depuis un an.Le premier instituteur laïque de la maison, M.Albert Bouvrette, décédé, ne fut pas oublié.Le Principal actuel de l’École est Mgr J.Charbonneau, M.Roch Aubry, y est professeur laïque; la révérende Mère Saint-Émile est la Supérieure, et la révérende Sœur Saint-Adolphe, la directrice.Nommons aussi: la distinguée présidente de l’Amicale, Mlle Noêlla Bélanger, organisatrice des fêtes du conventum; la présidente du Cercle d’Étude, Mme G.Terrien, et la fondatrice de la bourse de l’Amicale, Mme Sylva Kiff.A l’École normale de Hull félicitations et meilleurs vœux.UN JUBILÉ D’ARGENT A L’ÉCOLE NORMALE DE SAINT- HYACINTHE Les 17 et 18 juin dernier, l’École normale de Saint-Hyacinthe a célébré dignement le jubilé d’argent de son distingué Principal, M.l’abbé Lucien Bernard.Placées sous le double patronage de Son Excellence Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe et du Surintendant de l’Instruction publique, les fêtes jubilaires furent magnifiques.Au cours de la célébration, M.l’abbé Bernard fut décoré officiellement de l’Ordre du Mérite Scolaire, 3e degré: Très Méritant.M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, représentait l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.L’ÉCOLE MÉNAGÈRE RÉGIONALE DE SAINTE-URSULE Le couvent de Sainte-Ursule, dirigé par les Sœurs de la Providence, est devenu une grande et prospère institution.Reconnue officiellement comme école ménagère régionale, possédant une vaste ferme que le Ministère d’Agriculture a placée sur la liste des Fermes de démonstration, le couvent de Sainte-Ursule s’efforce de favoriser l’enseignement agricole en le combinant avec succès avec l’enseignement classique.Un pensionnat de petits garçons et un pensionnat distinct de petites filles lui permettent de donner à son école d’application, où enseignent les élèves de son école ménagère, un caractère vraiment pratique.La clôture de son année scolaire 1933-34 a été présidée par Mgr Boulay, enfant de la paroisse.M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales, et enfant de la paroisse, lui aussi, représentait officiellement le Surintendant de l’Instruction publique.M.J.-A.Paquin, Inspecteur régional, et M.J.-E.Roy, agronome, étaient aussi présents, ainsi que la révérende Jeanne-de-Marie, provinciale, et M.le Maire de la paroisse, N.Saint-Louis.M.l’abbé J.-Ephrem Lamy, curé de la paroisse, a remercié les orateurs.Au début de la séance, une élève de 9e année, présenta un rapport très intéressant sur les activités de l’École ménagère régionale de Sainte-Ursule de 1928 à 1934. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 ALLIANCE CATHOLIQUE DES PROFESSEURS DE MONTREAL, SECTION DES INSTITUTRICES La fin.du printemps réservait aux membres de l’Alliance catholique, section féminine, un plaisir délicat: celui d’apprécier Mlle Marguerite Beaudoin dans une causerie ayant pour titre ‘‘A propos de géographie”, et d’applaudir les interprètes qui exécutèrent le programme de notre réunion plénière, le vendredi, 1er juin 1934.Mlles Laurette Toupin, institutrice à l’école Sainte-Cécile, et Juliette De Quoy,.institutrice à l’école Saint-Barthélemy, ouvrirent brillamment cette petite fête de famille aux accords dQ la marche ‘“O Canada”, composition par Orner Létourneau.Mlles Toupin et De Quoy donnèrent encore, au cours de la soirée, “Danse hongroise”, N° 5 de Brahms, et une jolie valse.Mlle la présidente souhaita la bienvenue à M.l’aumônier Henri Jasmin, à Messieurs les abbés J.-A.Forget, Eustache St.Maurice et Eugène Gareau, à Messieurs les assistants-directeurs A.-C.Miller et L.-P.Lussier, à Messieurs les inspecteurs d’écoles C.-A.Shaffer, R.Côté et J.-M.Caron, à M.le principal L.-Louis Seize, puis, salua avec émotion, M.Victor Doré qui, à peine remis d’une sérieuse indisposition et malgré ses lourdes fonctions, avait trouvé le temps de venir présider la seconde et dernière réunion de l’année.“Qu’à nos souhaits de bienvenue, dit Mlle la présidente, se joignent ceux que nous formulons pour votre entier rétablissement, afin que vous puissiez continuer allègrement, comme par le passé, à la Commission des écoles catholiques votre précieuse activité.” Mlle Suzanne Denhey, secrétaire, donna lecture des minutes de la réunion de l’hiver, et Mlle Germaine Richard, trésorière, fit connaître à l’assemblée l’état prospère de nos finances.Mlle Jeanne Filion, institutrice à l’école Saint-Alphonse d’Youville, chanta gentiment “Au Caprice du Vent”; l’assistance applaudit et la rappela.Les suggestions de Mlle Marguerite Beaudoin, institutrice à l’école Saint-Ambroise, au sujet de l’enseignement de la géographie intéressèrent particulièrement l’auditoire.Les lignes qui suivent sont de notre jeune amie.“Nos meilleurs pédagogues sont unanimes à dire que la géographie et l’histoire sont les deux “matières les plus mal enseignées dans nos écoles.C’est un secret de polichinelle; aussi les avis “ne manquent pas pour apporter quelques améliorations.Deux se recommandent surtout à “l’attention du professeur: la classe-promenade et la classe-film.Comme le dit bien Monsieur “J.-M.Manning, dans son dernier article qui est à lire et à méditer, rien ne remplacera l’ensei-“gnement visuel pour certaines matières.Pour pénétrer au cerveau, fions-nous plus aux yeux “qu’aux oreilles et nous aurons fait un grand pas dans le bon chemin”.Pour ce qui est de la classe-promenade, Mlle l’institutrice dit: “Organisons donc des excursions, afin de faire voir aux élèves “ce que sont des accidents géographiques: le mont Royal, le fleuve Saint-Laurent, ce qu’est une “ville avec ses grandes artères, ses tramways et autres moyens de transport, ses manufactures, “ses industries, ses maisons de commerce, son Hôtel de Ville, ses grands édifices, ses maisons “d’éducation, ses musées, ses endroits et monuments historiques, ses universités et écoles d’études “commerciales, sociales et techniques, son port océanique.Il faudrait donner à l’élève l’occasion “de voir sur films la géographie des pays.Il existe déjà de très beaux films éducationnels sur “divers aspects de la géographie qu’on pourrait obtenir assez facilement, comme ceux des com-“pagnies ferroviaires ou de certaines compagnies d’assurance.Avec les explications que donne-“rait le professeur, ces reproductions filmées compléteraient l’étude d’une région ou d’un pays.” Mlles Marie-Anna Beauchamp, institutrice à l’école Saint-Roch, Rolande Bourgeoys, institutrice à l’école Saint-Ambroise, et Juliette Morin, institutrice à l’école Notre-Dame-de-la-Défense, présentèrent “L’intime Souffrance” (drame en un acte par Antonin Proulx) et se tirèrent avec honneur de leur tâche difficile.Monsieur l’abbé Eugène Gareau fut très écouté au cours de l’analyse qu’il fit de la causerie de Mlle Marguerite Beaudoin.Monsieur Victor Doré apprécia le travail de M.le visiteur des écoles du district nord et dit qu’il était heureux de le compter au nombre de ses collaborateurs.Mlle Berthe Lagacé, institutrice à l’école Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, récita fort gracieu- 4 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sement “Les deux Pensées”, par le docteur Alfred Morissette, et “J’ai rêvé d’elle” par Édouard Chauvin.L’assistance ne lui cacha pas sa joie de l’entendre encore, aussi Mlle Lagacé dut-elle réapparaître sur la scène.Monsieur Victor Dore, dont la parole ne désappointe jamais son public, clôtura brillamment cette soirée de l’Alliance, par une fine allocution.Au nom de ses collègues, une jeune institutrice présenta à Mlle Lise Savoie une [magnifique gerbe de roses rouges.Avant de se disperser, on procéda à l’élection d’un nouveau comité de régie.Ml’e Sara Bourbonnais, directrice de l’école Saint-Barthélemy, fut élue présidente.Mlles Marguerite Beaudry et Jeanne Maillé, nommées conseillères pour le district nord.Mlle Germaine Richard, institutrice à l’école Saint-Marc, (filles) devient vice-présidente.Mlles Jeanne Des Ormeaux et Judith Côté, élues conseillères pour le district est.Mlle Suzanne Denhey, directrice de l’école Dollard-des-Ormeaux, nommée trésorière.Mlles Gabrielle Caron et Dorothée Laberge élues conseillères pour le district ouest.Mlle Berthe Gagnon, institutrice à l’école Saint-Eusèbe, à la charge de secrétaire.Mlles Laure Marcoux et Angélique Roy nommées conseillères pour le district centre.Nous prions, Mesdames les représentantes du nouveau conseil de l’Alliance catholique, section féminine, d’accepter avec nos sincères félicitations nos meilleurs souhaits de succès pour l’avenir.Lise Savoie, institutrice, secrétaire.LE CERCLE D’ÉTUDE DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE QUÉBEC Activités du Cercle d’Étude des Instituteurs Catholiques de la ville de Québec durant l’année 1933-34 Sous la direction spirituelle de M.le Chanoine Ulric Perron, et sous la présidence active et distinguée de M.Théo Lessard, le Cercle d’Étude a tenu dix assemblées.Nos Instituteurs ne perdent aucune occasion d’agrandir le cercle de leurs connaissances et comprennent que, si l’union importe dans toutes les carrières, elle est nécessaire surtout dans celle de l’enseignement.Au cours de ces réunions, nous avons eu comme invités d’honneur et conférenciers: Le Révérend Père Primeau, directeur de la Villa Manrèse, qui avait pris pour sujet: “Pelèrinage en Terre Sainte”; M.l’abbé G.Déchesne, Professeur au Séminaire: “L’Apostolat laïque et l’Éducateur”; M.Lionel Bergeron, Secrétaire du Dépt de l’Inst.publique: “L’Instituteur d’autrefois et celui d’aujourd’hui”; Le Lt-Colonel G.-E.Marquis, Chef des statistiques de la Province: “Souvenirs d’un voyage en Afrique”; M.Théo.Lamontagne, Statisticien agricole: “Importance de la statistique agricole”.Onze instituteurs ont fait la biographie et commenté les meilleures œuvres de quelques-uns de nos principaux hommes canadiens: Ce sont: M.G.Brière, sujet: “Monseigneur P.Briand”; Wilfrid Beaumont: “Calixa Lavallée”; Ths-L.Tremblay: “Louis Fréchette”; Henri Lesage: “Octave Crémazie et Louis-Joseph Papineau”; A.Martin: “Le Cardinal Taschereau”; Eug.Picard: “Sir Wilfrid Laurier”; Laurent Lemay: “Albert Lozeau”; J.-A.Rhéaume: “Pierre Boucher de Boucherville”; J.-E.Hamel: “Mgr P.-E.Roy”; Léo Poulin: “F.-X.Garneau”; Roland Nadeau: “Sir Lomer Gouin”.A sa dernière assemblée le Cercle a généreusement récompensé les conférenciers.Les Membres du Bureau de Direction pour l’année 1934-35 sont: Président, M.Théo.Lessard; Vice-Président, Cyrice Blanchet; Secrétaire-Trésorier, Hervé Morissette; Ass.Secrétaire, A.Rhéaume; Bibliothécaire, G.Tanguay; Ass.Bibliothécaire, Eug.Picard, Directeurs, MM.U.Fortin, R.Gravel et F.Lemieux.Par Je Secrétairei H.Morissette. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 METHODOLOGIE LEÇON D’HISTOIRE NATIONALE À DES ÉLÈVES DE HUITIÈME ANNÉE Le premier voyage de Jacques Cartier REVUE: Précurseurs de Cartier.LEÇON NOUVELLE: Premier voyage de Cartier.PLAN I—Entrée en matière: A) Célébration du quatrième centenaire de la découverte de notre pays.B) Rôle de Cartier: a) Portée: Il dote sa patrie d’un continent.b) Antécédents: Naissance à Saint-Malo en 1491.Fils de marins—parents pauvres.Vocation de marin: apprentissage.Mariage.II—Développement du sujet: A) Mobiles du 'premier voyage de Cartier: a) Élan des peuples européens vers le Nouveau-Monde.b) Leur rivalité coloniale.c) Les explorations récentes de Verrazzano.d) Un incident de voyage du Breton NICOLAS DON.e) Les instances auprès du roi du vice-amiral de Bretagne.B) U expédition: a) Préparatifs: 12 mars 1534, le roi décide le voyage.Recrutement de l’équipage—60 hommes.Difficultés.Serment de fidélité au service du roi.b) Départ des deux vaisseaux du roi, 20 avril.c) Traversée: 20 jours.d) Arrivée à Terre-Neuve—Bonavista.e) Explorations: En mai —Baie Sainte-Catherine.En juin —Côte du Labrador: Havres Blanc-Sablon, Brest, Shebatica, Iles de la Madeleine— Brion.En juillet—Baie des Chaleurs.Baie de Gaspé—Relations avec les indigènes—plantation d’une croix avec écusson royal—mécontentement des Sauvages—apaisement—Taignoagny et Domagaya.f) Retour en 20 jours.C) Résultats: a) Reconnaissance du golfe Saint-Laurent.b) Prise de possession de la péninsule de Gaspé. 24 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE c) Espoir de conversion des Sauvages.d) Vif enthousiasme à Saint-Malo.e) Résolution immédiate d’une seconde expédition.III—Conclusion.DÉVELOPPEMENT La découverte de Colomb avait déterminé une série d’expéditions vers l’Amérique.Les souverains d’Angleterre, de Portugal et de France tentèrent des découvertes dans le Nouveau-Monde.En 1497, le roi d’Angleterre chargea d’une expédition le marin Cabot, génois d’origine: celui-ci aborda à l’île du Cap-Breton, côtoya la partie sud de Terre-Neuve et remarqua les îles Saint-Pierre et Miquelon.Dans un second voyage, en 1498, il suivit la côte orientale de l’Amérique du Nord sur une distance de plusieurs centaines de milles.Le portugais Caspar Co rte Real, qui s'intéressait vivement aux nouvelles découvertes, obtint de son roi, le 12 mai 1500, des lettres patentes très précises; celui-ci “le nommait gouverneur de toute contrée ou île qu’il pourrait découvrir, dans les limites où s’exerçait l’autorité de sa Couronne”.On attribue généralement à Corte Real la découverte de Terre-Neuve.Déjà à cette époque, les Basques (Français et Espagnols), les Bretons et les Normands faisaient la pêche de la morue et de la baleine sur le grand Banc de Terre-Neuve et sur les côtes du Canada; Jean Denys de Ronfleur aurait navigué sur le Saint-Laurent, en 1506; en 1523, François 1er, roi de France, confie le soin d’une expédition à Verrazzano, navigateur florentin qu’il avait pris à son service.Ce dernier fit trois voyages en Amérique : en 1523, il longea les côtes de l’Amérique septentrionale, de la Floride à l’île du Cap-Breton; on n’a pas de récit de son voyage de 1526; en 1528, il aborda aux parages du Rio de la Plata.Le célèbre et infortuné navigateur ne reparut plus.Jusqu’ici donc, personne n’a encore exploré officiellement la terre ferme, le continent.Cartier fut le premier à pénétrer au cœur même du Nouveau-Monde et à jeter ici les fondements d’une œuvre durable.Avant de raconter le premier voyage de découverte de Cartier, étudions un peu ses antécédents.Cartier naquit à Saint-Malo, dans la province française de Bretagne, en 1491.Son père, Jamet ou peut-être Jean Cartier, était marin.Cartier avait frères et sœurs; on connaît entre autres les noms de Lucas, de Jeanne, Bertheline, Thomase.La famille était plutôt pauvre.L’enfance de Cartier se passa sur la grève et dans les eaux du port de Saint-Malo.Adolescent, il écoutait avec beaucoup d’intérêt les récits de pêche lointaine et il n’avait pas de désir plus grand que celui de devenir plus tard “marin”.Dès 1510, les Bretons faisaient de fréquentes expéditions de pêche aux bancs de Terre-Neuve.Cartier y prit certainement part de bonne heure, sans doute avant sa vingtième année, d'abord comme mousse, puis novice et matelot.Peu à peu, il devint habile dans l’art de la navigation de son époque.Devenu maître-pilote, Cartier épouse, en 1520, Catherine Des Granches, appartenant à l’une des plus riches et des meilleures familles de Saint-Malo.Bientôt après, il reprend ses campagnes de pêche et de négoce.Les expéditions au Brésil n’étaient peut-être pas moins fréquentes alors que les expéditions à Terre-Neuve ; Cartier prenait part aux unes et aux autres.C’était l’époque des expéditions vers l’Amérique.Les souverains de l’Europe occidentale voulaient dominer les uns sur les autres.Ils n’avaient qu’une ambition: acquérir de la gloire et du prestige, affermir leur couronne, étendre leurs domaines et leur influence, multiplier leurs ressources.Espérant tout cela du Nouveau-Monde, chacun n’avait rien tant à cœur que de s’y implanter le premier.Au courant de toutes ces expéditions, doué d'un patriotisme ardent, désireux d’augmenter le prestige et la puissance de son pays par de nouvelles découvertes, Cartier exposa au vice-amiral de France, Philippe de Chabot, seigneur de Brion, son compagnon d’enfance et son ami, “le généreux dessein de reprendre la mission interrompue par la fin tragique de Verrazzano”.Le roi de France fut heureux de confier à Cartier l’organisation d’un premier voyage vers les terres nouvelles.C’était au mois d’octobre 1533.Deux expéditions suivirent immédiatement: l’une en 1534, l’autre en 1535.D’apres ce que nous venons de voir, voici quels sont les motifs qui ont surtout influencé François 1er: L’élan des peuples européens vers le Nouveau-Monde; la rivalité coloniale de ces mêmes peuples ; les voyages de Verrazzano.Peut-être aussi, un incident de voyage du breton Nicho- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 25 las Don, qui a recueilli sur une côte de l'or et des joyaux, ou encore, les instances, auprès du roi, de Charles de Mouy, vice-amiral de Bretagne.Le 12 mars 1534, François 1er ordonna de faire le versement de 6000 livres entre les mains de Jacques Cartier, capitaine de mer dans les ports de Saint-Malo.Celui-ci était “plus qu'un aventurier courageux, plus qu’un patriote ambitieux”, il était un grand chrétien et un apôtre de la foi.Après avoir confié son entreprise à Dieu, c’est au Roi très chrétien qu’il s’était adressé, non aux commerçants et aux armateurs.Ces derniers, voyant en ces voyages de découvertes un obstacle au recrutement de leurs équipages pour Terre-Neuve, résolurent de faire échouer l’entreprise de Cartier.Le roi dut en venir “à cette mesure énergique de défendre tout équipement de vaisseaux pour Terre-Neuve, tant que Cartier n’aurait pas enrôlé son monde”.Le 28 mars, l’équipage est recruté: 60 hommes vont s’embarquer sur deux petits bâtiments.Avant de mettre à la voile, le 20 avril, tous les marins prêtent le serment d’être fidèles au service du roi, sous la charge du capitaine Jacques Cartier.Puis celui-ci “prend la mer, confiant en Celui qui peut tout.Sur ses bateaux, parmi ses hommes, il entretient une atmosphère de piété.De temps à autre au cours de son voyage, il tient à avoir la messe.Si c’est un dimanche, il la fait chanter”.Un vent favorable poussa rapidement l’expédition vers les côtes américaines.Le 10 mai, Cartier était déjà au cap Bonavista (Bonne-Vue) où il commençait l’exploration de la côte est de Terre-Neuve.Les glaces l’empêchèrent d’aborder; il tourna vers le sud et pénétra dans un fort auquel il donna le nom de ^Sainte-Catherine”, en l’honneur de son épouse.Le 21 mai, il fit voile de nouveau vers le nord et atterrit à une île qu’il dénomma “Ile-aux-Oiseaux”, à cause de la grande quantité d’oiseaux qui s’y trouvaient.En deux heures, les marins en tuèrent assez pour que chaque barque pût en saler cinq ou six tonneaux.Cartier remonta ensuite vers le nord et pénétra par le détroit de Belle-Isle dans le golfe Saint-Laurent.Il parcourut une certaine étendue des côtes, se rendit au hâvre Blanc-Sablon, puis à la baie de Brest où il fit dire la messe de Saint Barnabé (10 juin).On partit sur des barques pour continuer l’exploration de la côte nord du Golfe Saint-Laurent jusqu’à la baie “Shebatica” qu’on appela port de Jacques-Cartier.Cartier va reprendre ses vaisseaux à Brest et se dirige vers.Terre-Neuve dont il longe la côte occidentale et reconnaît l’insularité, passe à l’ouest des îles de la Madeleine.—Cartier nomma l’une des îles Isle de Brion, en l’honneur de son protecteur, le seigneur de Brion.Le 3 juillet, il pénètre dans une grande baie à laquelle il donne le nom de Baie des Chaleurs, à cause de l’excessive chaleur qu’il y endura.“Rendus à Gaspé, les Malouins^se mettent en relation avec 200 à 300 Sauvages accourus de loin faire des échanges avec les pêcheurs d’Europe.Le 24 juillet, le capitaine malouin fait équarrir une croix de 30 pieds de haut et la plante sur la pointe de l’entrée, sous le croisillon de laquelle il adapte un écusson en bosse à trois fleurs de lys, et dessus un écriteau en bois avec ces mots: Vive le roi de France ! Elevée en l’air, tous s’agenouillent, les mains jointes adorant, devant les Sauvages à qui l’on fit signe, regardant la croix.Retournés aux navires, on vit venir le capitaine sauvage dans une barque avec ses trois fils et son frère, faisant aussitôt une harangue en montrant la croix de ses deux doigts et la terre comme lui appartenant”.Us venaient protester contre la plantation de la croix.Mais Cartier les apaisa par des présents et obtint même deux des fils du capitaine sauvage: Taignoagny et Domagaya, qu’il amena en France dans le but de leur apprendre la langue française, d’étudier lui-même l’idiome de ces sauvages et aussi de donner à ses compatriotes une preuve tangible de sa découverte.Le grand capitaine laissa le port de Gaspé le 25 juillet.“De là, se dirigeant vers l’île dAnticosti le Malouin la parcourut, depuis le sud-est jusqu’à la pointe nord, tourna court, repassa le détroit de Belle-Isle et rentra à Saint-Malo (5 septembre)”, d’où il était parti quatre mois et demi auparavant.Les résultats de l'expédition étaient très satisfaisants: on en peut trouver une preuve certaine dans la résolution immédiate que prend François 1er d’une seconde expédition.En 137 jours, on avait reconnu le golfe Saint-Laurent, pris possession de la péninsule de Gaspe; on avait la certitude de la possession d’une colonie en Amérique, on fondait l’espoir de nouvelles découvertes.A Saint-Malo, l’enthousiasme était général, à la vue des deux Sauvages qu’on avait amenés.Cartier fit au roi un rapport de son voyage; un des points qu’il signala de préférence, c’est la possibilité et la facilité de convertir les Sauvages.C’était plutôt d’un missionnaire que d'un pilote.“A la vérité, le grand capitaine fut plus qu’un aventurier, plus qu un patriote, il fut avant tout un apôtre au cœur ardent et rempli de zèle pour la .très saincte foi chrestienne—, qu’il avait le bonheur de posséder. 26 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Tout son voyage est un acte de foi qui se prolonge et se concrétise en une croix, laissée sur la pointe de l’entrée du havre de Gaspé, et non une simple aventure qu’il termine en arborant un drapeau national.Voilà pourquoi son œuvre à lui fut une œuvre durable.Voilà aussi pourquoi la commémoration et la célébration du quatrième centenaire d’un si beau geste appellaient et exigent plus que de simples fêtes éphémères, plus même qu’une simple croix, mais bien un monument religieux.” Aline Lamarche, Élève du Cours supérieur de l’École normale de Nicolet.Bibliographie: Garneau: Histoire du Canada.R.P.L.Lejeune, o.m.L: Dictionnaire général du Canada.L’Enseignement secondaire au Canada, janvier et février 1934.École normale de Nicolet, 28 avril 1934.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE Septembre 1934 Programme suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première année: étude des points et des lignes droites.L’étude du point chez les commençants peut être un auxiliaire précieux pour la numération.Ainsi on fait placer un certain nombre de points à l’intersection des lignes d’une page quadrillée, et ce travail terminé on demande aux élèves: combien il y a-t-il de points dans cette rangée?.Placez tant de points dans tel sens; tant, dans tel autre sens.etc.Ces points pourront former des figures simples: carrés, rectangles, cercles; ou des objets faciles: tasse, couteau, seau.Ce travail prépare les petits à fixer les points stratégiques d’une droite, d’un carré ou d’une figure quelconque.C’est dire qu’au lieu de laisser l’élève à lui-même, le professeur lui indiquera l’endroit où “commence” et celui où “finit” une ligne, une figure déterminée.Cette méthode sera suivie dans les années subséquentes.En deuxième année: voir les conseils donnés en première année.Faire exécuter quelques travaux faciles se rapportant à Cartier: voir la deuxième planche ci-contre.Le professeur profitera des manifestations en l’honneur du découvreur du Canada pour en tirer des récits intéressants.Première année 1.Une tasse.2.Une table.3.Une pelle et une fourche.4.Une échelle.5.De mémoire: la croix de Jacques Cartier.Deuxième année 1.Drapeau de Jacques Cartier.2.Une caravelle de Cartier.3.Deux armes des sauvages du Canada.4.De mémoire: un sujet sur Cartier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 27 COURS INJREIRIRUR © iiminiiimmiimTïï 'l'iuuii iniiiiiniin © © COURS MOVEIN rmes ^ franco EN 133+ rrner Vo^a^e j.© Cartier COURS SUPERIEUR Bas&it) fûturt Bas.it unaij.roi)^ de Cartier tow, Gap &âspé X)u ié au 2.5 Juiïtet 1554 [Setjour de.Cattief _3 y ! Baebi G AS PE rj, de G-aS'jO DE.NOTRE Mllage^Baie.^ EtaspL PROVINCE Wm ’mm 28 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS MOYEN En troisième et quatrième années: revenir sur les expéditions de Cartier.Faire reproduire les cartes des planches trois et quatre; y inscrire les noms des endroits visités par Cartier dans ses différents voyages.Le professeur trouvera dans “Gaspé depuis Cartier” une source de détails plus que suffisants pour maintes leçons.Troisième année 1.Drapeau fleurdelisé.2.Carte des voyages de Cartier.3.De mémoire : sujet déjà exécuté sur Cartier.Quatrième année 1.Drapeau canadien.2.Armes de France.3.Premier voyage de Cartier.4.De mémoire: sujet au choix.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: faire tracer la carte régionale de Gaspé et situer les places historiques.Demander aux élèves le récit des fêtes de Cartier.Le professeur pourra faire lire en classe des extraits de “Gaspé depuis Cartier”; spécialement le récit ayant trait à Cartier, à ses voyages, à ses relations, etc.La matière est abondante.Cinquième et sixième années 1.Village et Baie de Gaspé.2.Armes de la Province.3.Monument de Jacques Cartier à Saint-Malo et à Québec.Frère Amédée, des Ecoles chrétiennes.RÉDACTION D’APRÈS UNE IMAGE Défrichement (Rédaction à Vaide d’une gravure, au cours supérieur de l’école primaire élémentaire).Encore un autre hardi colon a repris le geste héroïque des ancêtres.Sa hache sur l’épaule, d’un pas ferme, le défricheur a pénétré dans la forêt vierge.Il entre dans ce domaine “en bois debout” dont il vient de se faire l’acquéreur.Ce terrain sauvage s’étend, accidenté, entre deux chaînons laurentiens, massifs et arrondis.Ces solitudes boisées ont bientôt retenti des coups drus que le clair taillant a portés jusqu’au cœur du bois franc.Cet écho sonore a averti le flanc rocheux de la montagne qu’un maître venait de s’emparer de cette nature.Puis au pied d’un premier contrefort, sur une butte, face au soleil levant, notre pionnier a bâti sa cabane en bois rond.11 l’a achevée d’un toit en “éclats”.Au bout de quelques jours, cette construction primitive et fruste s’est transformée en un foyer humain.C’est qu’une épouse, au cœur fidèle et fort, entourée de ses enfants, est entrée re m Frc—r.:iri‘ -^¦SViSsMS) .AVWWWV W/'M rm.'.
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