L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 décembre 1949, Décembre 1949 - Janvier 1950
décembre-janvier, 1949-50.QUÉBEC.SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Bénédiction papale, — Sa Sainteté le Pape Pie XII reçoit le Surintendant de l'Instruction publique de la Province de Québec, Cécile Rouleau, p.290 In memo-riam, Cécile Rouleau, p.303 — Croisade d'espoir et d'amour, Francis Goyer, p.304 Les centres d'intérêt, Frère Benoît, p.306 — Coin de l'Inspecteur, J.H.Longtin, p.308 — Programme d'enseignement ménager, 7e année, Une religieuse de 1 Ecoie supérieure d'enseignement ménager du Cap-de-la-Madeleine, p.310 Petit catéchisme pédagogique de la méthode directe de conversation anglaise, Gertie Kathleen Hart, p.313 — Méthodologie de l'Anglais, 8e à 126 année, Roger Hénault, p.314 — Journée patriotique, En marge du deuxième centenaire de la mort de la Vérendrye (1749), p.317.LEÇONS-TYPES Religion : Ie année, p.322 ; 2e année, p.324 ; 3e année, p.326 ; 4B année, p.328 ; 5e année, p.329 ; 6e année, p.332 ; 7e année, p.333.Langue française : 6" et 7e années, p.338 ; 86 et 9e années, p.344 ; 1 Ie année, p.351.Langue seconde : 5e, 6e et 7e années, Méthodologie de l'enseignement de l'Anglais, A.Filteau-C.Ville-neuve, p.354 ; 8e et 9e années, Roger Hénault, p.357 ; 10e, 11e et 12® années, Roger Hénault, p.359.Mathématiques : Ie année, p.361 ; 2e année, -p.362 ; 3e année, p.362 ; 4e année, p.365 ; 5e année, p.367 ; 6e année, p.369 ; 7° année, p.371 ; 8e et 9e années, p.371.Histoire du Canada : Ie année, p.373 ; 2e année, p.375 ; 3e année, p.377 ; 4e année, p.379 ; 5e année, p.381 ; 6e et 7e années, p.381.LEÇON DE CHOSES La bonne alimentation, pourvoyeuse de santé chez les enfants, p.383.ENGLISH SECTION Unity in Education, Rev.Father Francis Moyle, p.391.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Semaine du Dimanche, 29 janvier au 5 février 1950, 3e page de la couverture — Vacances scolaires, Noël et Nouvel An, 1949-1950, 4e page de la couverture. 290 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier reçoit - |U€ -4?.è)nxîsiîcsiilanî iic i fjïiétxuctian /}£ LA PROVINCE DE QUÉBEC, A l’intention du personnel enseignant dans les écoles primaires de la Province, nous relatons dans les pages qui suivent, l’entretien que nous avons eu l’avantage d’obtenir de monsieur Orner-Jules Désaulniers, dès son retour à Québec.— Monsieur le Surintendant, nous accorderiez-vous la faveur de nous 'parler quelques instants du voyage d'Europe que vous venez de faire avec madame Désaulniers ?Tous les professeurs, tous les titulaires de l’enseignement primaire seraient enchantés de faire en esprit, avec vous, le voyage à Rome que tout fidèle souhaiterait entreprendre en réalité au cours de l’année sainte.— Bien volontiers.Combien de temps a duré votre voyage ?— Exactement, du 18 août au 13 octobre.— Avez-vous visité plusieurs pays ?La France, la Belgique, PItalie et l’Angleterre.Quels sont vos impressions sur les pays visités ?La Belgique m’a paru être dans une situation économique assez avantageuse.En raison de la valeur du franc, la vie pour nous y est très chère.Il en coûte environ S3.50 à $4.00 pour prendre un repas convenable.Mais il semble qu il n y ait pas de chômage en Belgique et que les salaires soient en rapport avec le coût de la vie.C’est, paraît-il, l’un des pays qui s’est remis le plus rapidement de la dernière guerre. 1949-1950 ÉDITORIAL 291 En France, en général la vie est chère aussi pour nous, mais ce l’est davantage pour les Français, car les salaires, dit-on dans le peuple, ne correspondent pas au coût réel de la vie.Ainsi, on affirme que, pour une famille de trois enfants, il en coûte au moins 30,000 francs par mois pour vivre et les salaires pour les emplois moyens ne dépassent pas 18,000 francs, soit un déficit de 12,000 francs par mois, si la mère ou les enfants ne peuvent gagner pour aider la famille.En Italie, le coût de la vie paraît moins élevé qu’ailleurs et les Italiens mènent en général une vie frugale et simple.Dans certaines régions, comme au temps de Notre-Seigneur, les femmes portent des fardeaux sur leur tête, font la lessive à la rivière ou au bassin public, les bergers gardent les troupeaux, on se lave à la fontaine publique et l’on y va encore puiser de l’eau.En Angleterre, les vivres sont plus rares et le programme d’austérité se fait sentir.Durant les trois jours passés à Londres, je n’ai vu nulle part sur les menus de la viande de bœuf, de veau ou de porc, seulement: ((mutton, chicken and fish!)) La petite culture est très intense en Belgique et on la fait avec beaucoup d’art.En France également, l’agriculture est très prospère.Le blé, la betterave à sucre, la vigne, les légumes et toutes sortes de céréales rapportent beaucoup.Dans le centre de la France, en Bourgogne particulièrement, on a l’impression de traverser un véritable jardin.En Italie, il ne pleut pas souvent et le sol est moins fertile en général.On y voit surtout de la vigne et des oliviers qui croissent au flanc des montagnes et dans les vallées.Les Belges laissent aux visiteurs une impression de haut niveau moral.Les gens sont pieux, les femmes modestes dans leurs vêtements et on ne voit pas dans les revues ou les théâtres, ce caractère de laisser-aller qu’on trouve ailleurs.A Paris, les théâtres modernes mettent à l’affiche des pièces dont la valeur morale est souvent discutable.Mais ce n’est là, semble-t-il, qu’un visage factice du pays, car ce n’est pas là la vraie France qui travaille et qui prie.En Italie, le peuple manifeste une piété exubérante envers la (( Madona )).La vigile, le jour et le lendemain des fêtes de la Sainte Vierge sont souvent des jours fériés pour le peuple, qui chante et qui danse en l’honneur de la (( Madona )).Mais, dans les églises, les fidèles parlent librement et tout haut, et ils font preuve d’une sans-gène qui nous étonne ! Question d’habitude sans doute ! Dans ces divers pays, on semble redouter le communisme et la Russie soviétique.Nombreux sont ceux qui envient les Canadiens parce qu’ils sont plus loin qu’eux des Russes, et beaucoup de jeunes Français que j’ai rencontrés m’ont demandé s’il était facile d’immigrer au Canada.En Italie, j’ai vu trois assemblées communistes, mais elles étaient paisibles.C’est que le gouvernement exerce une autorité puissante et ses agents de police sont aussi nombreux que vigilants.Tant que les communistes sont paisibles, 292 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier on les laisse faire, mais dès qu’ils manifestent et causent du désordre, immédiatement la police intervient.A Rome, certains agents sont armés de mitraillettes pour patrouiller les rues.Aussi, le calme parfait règne partout.En Belgique, on semble désirer la formation prochaine des États-Unis d’Europe.En France, on souhaite un gouvernement stable qui puisse relever les salaires en rapport avec le coût de la vie.En Angleterre, il semble que les mesures socialistes sont mieux acceptées des ouvriers que des autres classes de la société.Avez-vous rencontre des Canadiens en Europe Ÿ Oui, au Congrès de Bruxelles, j’ai rencontré la révérende Mère Madeleine-du-Sacré-Cœur, directrice générale des Études à la Congrégation Notre-Dame, et sa compagne, Mère Saint-Adolphe, mademoiselle Juliette Mireault, directrice de l’Enseignement Ménager à la Commission des Écoles catholiques de Montréal, mademoiselle Estelle LeBlanc, directrice de l’École ménagère provinciale, de Montréal, madame Réveillé et une demoiselle Lalonde, également de Montréal.La deuxième journée du Congrès, comme les congressistes sont en excursion, nous sommes invités chez Son Excellence monsieur Victor Doré, ambassadeur du Canada à Bruxelles, pour le dîner.Fait unique: un ancien Surintendant devenu Ambassadeur reçoit son successeur en son ambassade ! A Rome, nous rencontrons le révérend frère Louis-Gérard, assistant-général des Frères du Sacré-Cœur, autrefois du Cap-deda-Madeleine, le révérend frère Roméo Cloutier, o.m.i., secrétaire du Supérieur général de son Ordre, Mgr Ferdinand Vandry, recteur de l’Université Laval, Mgr Olivier Maurault, recteur de l’Université de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger, directeur du Collège Canadien à Rome, autrefois de Valleyfield.Quelques-uns de ces Canadiens éminents me guident en maints endroits de la Ville Éternelle.Toujours à Rome, le hasard me permet de saluer le Colonel Geo.-Émile Marquis, bibliothécaire au Parlement et à Paris messieurs les abbés Léonard Lebel de Rimouski, Alphonse Parent et Guy Tremblay de Chicoutimi, Jean-Denis Cadieux et Paul-Émile Leduc de Valleyfield, étudiants au Collège Canadien.— Vous faites meut ion des quelques jours passés à Bruxelles; vous avez dû visiter cet endroit ?— En effet, après avoir parcouru la ville, nous nous sommes rendus jusqu’à la Plaine de Waterloo où Napoléon rencontra un échec majeur.A Bruxelles, il y a, dit-on, 52 églises et 11,000 cafés dont la plupart des tables sont placées sur les trottoirs.Partout, on parie le français, mais on a des expressions qui nous étonnent; ainsi, on dit souvent: « Nonante-cinq )) francs pour 95 francs, (( Septante-deux » francs pour 72 francs, etc.! Au début, cela nous mystifie ! Cette ville renferme un bon nombre d’édifices qui remontent au XIe siècle ou au 1949-1950 ÉDITORIAL 293 XIIe siècle.Ils sont ornés de statues innombrables.Sur la Grand’Place, il y a l’Hotel de Ville, datant du XIe siècle, la Maison de Corporation et l’ancienne résidence des ducs de Brabant.Tous ces édifices sont ornés de dentelles de pierre et de sculptures.Le Palais de Justice de Bruxelles est, dit-on, le plus grand édifice au monde après Saint-Pierre-de-Rome.Nous visitons aussi te superbe monument du soldat inconnu français; l’église Saint-Gudule, du plus pur gothique; la tombe du soldat inconnu belge qui fut dévoilée par monsieur Mackenzie King; le Palais du Roi; l’église où eurent lieu les funérailles de la reine Astrid ainsi que le cimetière qui contient ses restes: le Théâtre de la Monnaie; le Parlement; le Musée des Beaux-Arts, etc.— En quittant Bruxelles, où vous êtes-vous dirigés Y — Nous sommes revenus à Paris.— Vous a-t-il été loisible de participer à la vie artistique de Paris ?— Oui.Nous avons assisté à plusieurs représentations théâtrales, dont Carmen à l’Opéra Comique et Faust à l’Opéra national.Ce dernier spectacle nous enthousiasma: on ne peut se faire une idée de sa grandeur sans 1 avoir vu.— Avez-vous eu le temps de visiter Paris ?— Nous avons consacré tous nos moments libres à cette fin.Voici une énumération sommaire de ce que nous avons pu admirer: l’église de la Madeleine; la tour Eiffel; le Palais de Chaillot; le Musée de la Marine; l’Aquarium; le Musée du Louvre; l’Hôtel des Invalides où se trouvent les monuments funéraires de Napoléon 1er, de l’Aiglon, de Vauban, de Turenne et de Foch; ce dernier monument représente le corps du maréchal porté par 8 soldats français; il est tout en I bronze et d’une incomparable beauté.Nous voyons l’église Saint-Germain l’Auxerrois; le Palais de Justice; la Sainte-Chapelle; le Panthéon où reposent les corps d’illustres Français et qui a été tour à tour: église, panthéon, église, encore panthéon; le tombeau de sainte Geneviève; la Sorbonne; Notre-Dame-de-Paris; l’église Saint-Étienne-du-Mont; l’église Saint-Gervais, la Place des Vosges où se trouve la maison natale de Victor Hugo; la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre; l’église de la Trinité, etc., etc.Nous faisons aussi des excursions en automobile.A Versailles, nous parcourons les fastueux appartements du roi et de la reine; la Galerie des Glaces; la Galerie des Batailles; la chapelle.Nous visitons aussi le Palais de Trianon, édifice de marbre d’un seul étage qui servait de maison d’été à la reine; le petit Trianon, petit palais situé à quelques arpents du grand Trianon.Nous voyons aussi le Hameau de Marie-Antoinette, constructions au toit de chaume.Il y a également le Musée des Voitures où se trouvent exposés de nombreux carosses ayant servi à différents rois de France.De toutes les villes visitées, Paris est certainement la plus belle par le plan général qui a présidé à la disposition de ses diverses avenues.Généralement 294 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier vers une place centrale convergent de toutes les directions, diverses voies d’accès bordées d’édifices d’un même style et de la même hauteur.Le nombre de ces places publiques est considérable.Les plus célèbres sont celles de l’Étoile, de la Concorde, Vendôme, de la Madeleine, de l’Opéra et, depuis la guerre, il y a même la place du Canada.—• Comment vous êtes-vous rendus à Rome ?— Par chemin de fer.Les chemins de fer européens ont des voies excellentes; aussi, bien que les wagons ne soient pas aussi modernes qu’en Amérique, on ne ressent presque pas de secousses.En route vers l’Italie, le train s’arrête à G heures du matin à Modane, frontière franco-italienne dans les Alpes à environ 5,000 pieds d’altitude.Je jette un coup d’œil à l’extérieur et constate que nous sommes entourés de montagnes très élevées, presque toutes couronnées d’une forteresse.Je me vêts à la hâte et descend sur le quai de la gare .Mais, je dois remonter aussitôt pour revêtir mon paletot, car il fait très froid: c’est l’altitude ! Le train repart, et nous entrons dans le tunnel du mont Cenis, pour sortir en Italie vingt minutes plus tard.Nous traversons Turin et commençons à voir des oliviers.A Gênes, nous apercevons, des palmiers pour la première fois; mais ce qui nous frappe le plus ce sont des femmes qui portent des colis lort lourds sur leur tête, tout en marchant les bras ballants.Nous suivons maintenant la Mer Méditerranée dont les eaux sont d’un bleu nuancé.Un grand nombre de riches maisons sont accrochées au flanc des montagnes.Ce sont des résidences princières dont certaines portent encore les blessures de la derniere guerre.Ici et là, des édifices sont complètement démolis.Dans cette partie de l’Italie, la marine et l’aviation alliés ont bombardé la côte, afin de détruire les routes et les chemins de fer et empêcher ainsi Mussolini d’envoyer des renforts en France.Nous traversons maintenant La Spezia, ville de 100,000 habitants qui possède de belles plages.Puis c’est Pise où, du train, nous observons la Tour 1 enchée.Des ânes circulent dans les rues, chargés de lourds fardeaux.Des vignes, en abondance, dans tous les champs et, sur le versant des montagnes, des vergers d oliviers se multiplient à mesure que nous avançons.Le sol est pauvre, mais les agriculteurs sont têtus, semble-t-il, car ils ont accumulé des roches et de la terre pour former des terrasses sur le flanc de toutes les montagnes, récupérant ainsi même les pentes les plus abruptes.Si nos cultivateurs canadiens voyaient cela, ils seraient fort édifiés ! Quand êtes-vous arrivés a Rome ?A 9 heures 40, le 17 septembre.Le Congrès d’éducation familiale s’ou-\iait le lendemain.Chaque jour du Congrès, j’assiste aux séances.Celles-ci, fixées pour 9 heures, commencent généralement à 10 heures pour se terminer vers 1 heure.Les séances de l’après-midi ne commencent qu’à 5 heures pour se terminer vers Gbo ou 7 heures.Comme les congressistes européens ne sont pas 1949-1950 ÉDITORIAL 295 pressés, les séances ne commencent jamais à l’heure fixée.Ces longs intervalles de liberté me permettent beaucoup de visites en compagnie des Frères Louis-Gérard, s.c., et Roméo Cloutier, o.m.i.Grâce à leur connaissance de Rome et de la langue italienne, nous faisons ensemble des visites extrêmement intéressantes et instructives dans un grand nombre d’églises et d’édifices historiques.Le premier jour, nous visitons la ville en autocar, invités du Bureau du Tourisme.Voici les endroits visités: Saint-Pierre de Rome, le Panthéon, l’église Sainte-Sabine, le Colisée, l’Aqueduc de Claude, le monument Victor Emmanuel, la voie Appienne d’où nous apercevons Castel Gondolfo, résidence d’été de Sa Sainteté; le Paladium, les Catacombes et toutes sortes de ruines historiques.Les jours suivants, nous visitons des églises: Saint-Pierre-aux-Liens qui conserve les chaînes de saint Pierre et le Moïse de Michel-Ange; Sainte-Marie-Majeure; Saint-Jean de Latran; Saint-Paul-hors-les-Murs; Sainte-Praxède qui garde des reliques de saint-Charles Borromée et la colonne de la Flagellation; Sainte-Croix de Jérusalem qui possède de précieuses reliques de la vraie Croix et particulièrement deux épines et un clou de la sainte Croix.Avec les mêmes guides si aimables, nous visitons aussi la Bibliothèque et le musée du Vatican, la Chapelle Sixtine, l’église de Sainte-Marie au Transtévère dont le plafond en bois sculpté doré est remarquable, puis celle de Sainte-Cécile dans un coin reculé de Rome, où sont conservés, dans une crypte d’une beauté unique, le corps de la sainte, celui de son mari et ceux des deux gardes convertis par elle.Il y a aussi la maison de sainte Cécile dans le sous-sol et un monument au Cardinal Rampolla d’une beauté remarquable.A cinq heures, c’est le congrès.Le jeudi, je rends visite au Très Révérend Père Théodoric, o.f.m.venu spécialement de Corse pour me rencontrer.Dans la matinée, séance du Congrès et dans l’après-midi, visite de Tivoli et de la Villa d’Este, château encadré par des jardins magnifiques et des jets d’eau innombrables.Ce château a déjà appartenu à un cardinal, puis à Guillaume II d’Allemagne.Présentement, il est la propriété de l’Êtat.Nous voyons des ruines de bombardements un peu partout.Le lendemain, visite au Ministère de l’Éducation avec le Père Théodoric, o.f.m., puis, nous nous rendons admirer l’église Sainte-Marie-des-Anges dont le Cardinal Villeneuve était titulaire.— Avez-vous eu Vavantage de voir le Pape en audience particulière ?— Le matin du 20 septembre, je suis éveillé par un appel téléphonique de Mgr Léger du Collège Canadien.Il m’informe qu’il a pour moi une carte d’admission auprès du Saint Père pour une audience spéciale à 5 heures 30 de l’après-midi.Ce même jour, le programme du congrès indique une visite au Vatican, mais on nous apprend que ce programme est modifié et qu’à 6 heures du soir.Sa Sainteté recevra les congressistes en audience générale, à Castel Gandolfo.Je prévois donc que j’aurai l’avantage de voir le Pape deux fois dans la même journée; une fois en audience particulière et, la seconde, en audience générale. 296 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier Cela me cause, par anticipation, une émotion intense.Mais c’est aussi le jour -où je dois prononcer une allocution devant les congressistes.L’heure en est fixée pour 2 heures 50, mais faute d’auditeurs, je dois attendre à 3 heures 15 pour commencer.Pendant environ un quart d’heure ou vingt minutes, j’explique le système d’éducation de la province de Québec et tout ce que nous faisons pour l’avancement de la famille.Voici les principales idées que j’essaie de développer.Dans la province de Québec, il n’y a pas de Ministre de l’Education.Afin d’assurer la continuité des directives et de tenir l’éducation en dehors de la politique, c’est un fonctionnaire, le Surintendant de l’Instruction publique, qui est le chef de ce Département.L’organisme directeur de l’enseignement est le Conseil de l’Instruction publique formé de deux comités, l’un catholique et l’autre protestant.J’insiste aussi sur la liberté et la facilité qu’ont les parents d’envoyer leurs enfants dans les écoles de leur confession religieuse.Je donne ensuite certaines statistiques sur la population de la province et sur nos écoles et j’expose le fonctionnement de nos écoles ménagères.Je parle de la vitalité de la famille canadienne-française, de nos associations familiales, de nos associations de parents et maîtres, de nos cours de préparation au mariage, de nos revues familiales, et je termine en parlant de nos lois du logement et de l’œuvre accomplie par nos coopératives d’habitation.Tout le long de cette allocution, je m’efforce de faire comprendre aux congressistes que, chez nous, nous favorisons la véritable liberté des parents et l’épanouissement de la famille.Et ma dernière phrase est à peu près celle-ci: « Nous ne pouvons que souhaiter à tous les pays du monde, une liberté familiale aussi grande que celle qui règne dans la province de Québec.)) Ensuite, nous partons pour Castel Gandolfo.Nous avons deux cartes d’invitation: l’une pour une audience spéciale à 5 heures 30, l’autre pour l’audience du Congrès à G heures.La première étant retardée, nous assistons à l’audience accordée aux congressistes mais nous ne pouvons pas parler personnellement au baint Père ! A cette occasion, Sa Sainteté prononce, en français, une vigoureuse allocution d’une vingtaine de minutes, dont je vous serais reconnaissant de publier le texte.{Voir 'page 299 et suivantes.) Pape ?Comme cela, vous n’avez pas eu Vavantage de parler personnellement au Pardon, le soir même, Mgr Léger réitère avec succès ses démarches pour m obtenir une nouvelle audience.Le 24 septembre nous étions reçus, mon épouse et moi, par le Saint-Père à Castel Gandolfo et pouvions nous entretenir assez longuement avec Sa Sainteté.Après le baiser de l’anneau papal, j’expose les rouages de notre système scolaire.Je me hâte cependant, car je ne veux pas retenir inutilement le chef de la Chrétienté.Lorsque j’en arrive à demander une bénédiction pour les membres du Comité catholique et tous les éducateurs de la province, une émotion 1949-1950 ÉDITORIAL 297 ¦ intense s’empare de tout mon être et c’est à peine si je puis terminer.On ms saurait croire, en effet, combien il est impressionnant de se trouver devant le Saint Père ! Constatant mon émotion, Sa Sainteté se tourne vers ma femme qui sollicite une bénédiction pour nos familles, pour son père et sa mère, pour tous nos amis du Canada et pour ceux qui nous ont permis de faire ce voyage et de | • voir Notre Saint Père.Ensuite le Pape revient à moi et je puis reprendre la parole et l’entretenir de nouveau de nos écoles, de leur fonctionnement, du dévouement et de l’esprit d’apostolat de notre personnel enseignant, du traitement de nos minorités, etc., etc.Le Saint Père me pose de nombreuses questions sur la population de la Province, sur le nombre de catholiques et de protestants, sur le nombre d’enfants dans nos écoles.Il me demande, entr’autres choses, si tous les Canadiens-français sont catholiques, quelle proportion de la population ils constituent, etc.Chaque fois, j’accompagne ma réponse de détails qui semblent l’intéresser vivement et, à trois reprises différentes, Sa Sainteté me dit des phrases comme celles-ci: (( Vous avez bien fait de venir me voir )).« Je suis très content que vous soyez venu )).« Je vous remercie d’être venu me donner ces renseignements )), etc., etc.Le Saint Père nous bénit ensuite affectueusement et bénit aussi tous ceux qui se dévouent à l’éducation dans notre province, nos familles, nos amis et tous ceux qui nous sont chers.Il bénit également nos objets de piété et nous remet une médaille que nous conservons comme une relique.Après l’audience, il nous fallait communiquer la joie débordante de nos âmes.Aussi, le soir, prenons-nous le dîner avec Mgr Léger, Mgr Vandry et Mgr Mau-rault, le très révérend Père Théodoric Paré, o.f.m., les frères Cloutier et Louis-Gérard.Ce fut le banquet d’adieu à Rome.— Comment s’est effectué le retour ?— Le retour s’est d’abord effectué en autocar jusqu’à Nice, puis en chemin de fer jusqu’à Paris où nous passons encore une journée.Le train nous conduit à Calais le lendemain, puis nous traversons le Pas-de-Calais dans un petit navire encombré de voyageurs et de valises.Un vrai déménagement massif, semble-t-il ! La mer n’est pas très agitée et pourtant, il y a du roulis et un peu de tangage.Le mal de mer nous menace tous deux ! Vingt-cinq milles à franchir: une heure et vingt qui nous semble bien longue.Puis la Flèche d’Or nous conduit à Londres en une heure et trente minutes; nous y passons trois jours.L’Ile de France, que nous prenons à Southampton, nous ramène à New York en 5 jours et demi.Le 13 octobre, vers 5 heures du soir, j’arrive au Parlement où je suis reçu par tous les fonctionnaires du Département.— Monsieur le Surintendant, serait-il indiscret de vous demander quel message spécial vous rapportez à l’intention de tous ceux qui sont commis à vos ordres ? ¦m L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier — Certes.Je recevrai dans quelques jours, sur parchemin enluminé, le texte de la Bénédiction papale, portant la signature du Saint Père Lui-même, que j’ai obtenue pour tous ceux qui, dans la province, travaillent à l’éducation de notre jeunesse.D’ailleurs, vous pourrez y lire les noms des diverses catégories concernées.Pour celles dont les noms n’apparaissent pas, j’ai obtenu une bénédiction tout a fait particulière, comme c’est le cas de (( U Enseignement primaire )) par exemple.Je vous demanderais, mademoiselle, s’il est encore temps, de bien vouloir faire le nécessaire afin de préparer une réplique des plus parfaites de cette bénédiction pour « U Enseignement primaire )) de décembre-janvier.Ce sera là, le cadeau que le Surintendant de l’Instruction publique offrira par l’intermédiaire de la Revue à chaque instituteur et à chaque institutrice en leur exprimant ses vœux pour 1950.Comme c est a peu près la date pour vous de rédiger cet article, peut-être pourriez-vous exprimer immédiatement vos souhaits ?Je voudrais pour tous les maîtres et tous les enfants de la Province que 1 année sainte qui débutera à Noël soit marquée du sceau de la charité, de la joie et de la paix.A tous, du plus profond de mon cœur, je redis la bonne vieille formule si riche de sens: « Joyeux Noël ! Bonne et heureuse année et le Paradis à la fin de vos jours ».Cécile Rouleau, directrice. 1949-1950 ÉDITORIAL 299 Discours de Sa Sainteté le Pape Pie XII à la délégation de FUnion Internationale des organismes familiaux Castel Gandolfo, le 20 septembre 19^9.« Aurions-Nous pu, Messieurs, ne pas accueillir avec une vive satisfaction votre désir de Nous présenter, en même temps que votre déférent hommage, le tableau de vos travaux et de votre activité au service d’une cause que Nous avons tant à cœur, celle de la famille ?Dès Notre accession au Siège de saint-Pierre, dans Notre encyclique Summi Pontificatus Nous déclarions regarder comme un devoir impérieux de conscience, imposé par Notre ministère apostolique, la ferme défense des droits propres de la famille (Cfr.Acta Ap.Sedis, ann.31, 1939, p.434).Depuis plus de dix ans, le monde a entendu Nos cris d’appel, constaté Nos efforts.Si ceux-ci ont été, par certains, méconnus et Nos intentions travesties, il Nous est d’autant plus doux de recevoir de vous, en votre qualité de représentants des organismes familiaux, la preuve que vous avez su comprendre et apprécier l’œuvre du Père commun.Soyez-en remerciés.La dignité, les droits et les devoirs du foyer familial, établi par Dieu comme cellule vitale de la société, sont par le fait, aussi anciens que l’humanité; ils sont indépendants du pouvoir de l’Etat (Cfr.Léon XIII Enc.Rerum novarunï), mais s’ils sont menacés, celui-ci doit les protéger et les défendre; droits et devoirs égalements sacrés à toute époque de l’histoire et sous tous les climats; plus sacrés encore aux heures tragiques des calamités, des guerres, dont la famille est toujours la grande victime, la grande sacrifiée.Or, précisément parce qu’elle est l’élément organique de la société, tout attentat perpétré contre elle est un attentat contre l’humanité.Dieu a mis au cœur de l’homme et de la femme, comme un instinct inné l’amour conjugal, l’amour paternel et maternel, l’amour filial.Dès lors, prétendre arracher, paralyser ce triple amour est une profanation qui fait horreur par elle-même et qui mène fatalement à leur ruine la patrie et l’humanité.On se retranche derrière le fallacieux prétexte de l’impuissance de la famille livrée à ses propres moyens, pour la mettre sous la pleine dépendance de l’Etat et des pouvoirs publics et la faire servir à des fins qui lui sont étrangères.Déplorable désordre, dans l’illusion plus ou moins sincère d’un ordre factice, mais désordre qui conduit logiquement au chaos. 300 [/ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier Que la famille, réduite à ses seules ressources privées, sans secours et sans appui, isolée, marchant parallèlement à tant d’autres, soit, dans les conditions économiques et sociales d’aujourd’hui, hors d’état de se suffire à elle-même, a fortiori de jouer son rôle de cellule organique et vitale, cela n’est malheureusement que trop vrai.Est-ce une raison pour lui apporter un remède pire que le mal ?Que faire alors ?Ce que depuis longtemps cherchent à promouvoir les hommes de justice et de cœur; ce que Nos prédécesseurs et Nous-même ne cessons de recommander sans relâche et à quoi Nous travaillons selon toute l’étendue de Nos moyens; ce que vous-mêmes, Messieurs, vous vous efforcez de réaliser progressivement grâce à l’union des organismes familiaux.Le programme de cette action tendant à consolider la famille, à élever son potentiel, à l’intégrer dans le mécanisme vivant du monde, peut se ramener à quelques chefs précis; suppléer à l’insuffisance de la famille, en lui procurant ce qui lui manque pour exercer sa fonction domestique et sociale, — unir entre elles les familles en un front solide, conscient de sa force, — permettre à la famille de faire entendre sa voix dans les affaires de chaque pays, comme de toute la société, de telle sorte qu’elle n’ait jamais à souffrir de leur part, mais au contraire à en bénéficier le plus possible.Comme les chemins que suivent l’économie et la politique elle-même seraient différents, si ce principe fondamental devenait le guide commun de tous les hommes consacrés à la vie publique ! Ainsi donc ce qui importe avant tout, c’est que la famille, — sa nature, sa fin et sa vie, — soient envisagées sous leur véritable aspect, qui est celui de Dieu, de sa loi religieuse et morale.N’est-ce pas une pitié de voir à quelles solutions des problèmes les plus délicats descend une mentalité matérialiste: désagrégation de la famille par l’indiscipline des mœurs érigée en liberté indiscutable; épuisement de la famille par l’eugénisme sous toutes ses formes introduit dans la législation; asservissement matériel au moral de la famille où, dans l’éducation de leurs enfants, les parents sont réduits à peu près à la condition de condamnés déchus de la puissance paternelle ! La conception de la famille, envisagée du point de vue de Dieu, fera nécessairement revenir à l’unique principe de solution honnête; user de tous les moyens pour mettre la famille en état de se suffire à elle-même et de porter sa contribution au bien commun.Les mesures d’assistance à la famille vous sont bien connues, qu’elles soient d’institution publique ou d’initiative privée, elles revêtent des formes très variées.Après la première guerre mondiale, la prévoyance familiale est devenue un secteur des organismes officiels de la santé publique.Les Papes, dans leurs Messages sociaux, se sont employés fermement en faveur du salaire familial ou social, qui permet à la famille de pourvoir à l’entretien des enfants au fur et à mesure qu’ils grandissent.Ce qu’il fallait alors, et ce qui a été tenté avec un égal courage ici ou là, c’est une politique de grande envergure qui vide les immeubles où s’encasernent les locataires et qui crée l’habitation familiale.Aujourd’hui, après la seconde guerre mondiale, cette exigence est passée certainement au premier plan.Ajoutons aussi la formation d’un sens plus aigu de la responsabilité dans la fondation du foyer, le développement d’une vie de famille plus saine dans une demeure choyée, aussi bienfaisante pour l’esprit que pour le cœur.Nous n’avons pas manqué non plus de mentionner les organismes conçus pour 1949-1950 ÉDITORIAL 301 Garnit, se»uri (i i dans |ei suffire j icelan’ejt Porter un raps cher.Pièces, puoi Nous mes.Mes-union des îi à élever tse rame-Ile, en lui et sociale, a force,-de chaque à souffrir iomme les différents, i hommes sa nature, ii est celui es les pim amille par nent de la mieux préparer aux charges et aux devoirs du mariage.De quel concours pourraient être la presse, la radio, le cinéma, et combien grave est leur responsabilité à l’égard de la famille ! Le cinéma ne devrait-il pas en effet, au lieu de s’avilir dans les intrigues de divorce et de séparation, se mettre au service de l’unité du mariage, de la fidélité conjugale, de la santé de la famille et du bonheur du foyer ?Le peuple éprouve le besoin d’une conception meilleure et plus haute de la vie domestique.Le succès inattendu de certains films récents en est la preuve suffisante.Nous voulons également signaler les secours à l’enfance, l’assistance à la jeunesse, les maisons d’accueil et de repos pour les mères, l’organisation si bienfaisante des secours immédiats aux familles surchargées, lorsque, par exemple, la mère de famille se voit dans l’impcssibilité de tenir elle-même sa maison: immense champ de travail ouvert aux organisations de prévoyance publique, mais avant tout à la charité privée.Il convient naturellement de rappeler que des égards plus attentifs sont dus aux familles chargées d’enfants: dégrèvements d’impôts, subsides, allocations, considérés non pas comme un don purement gratuit, mais plutôt comme une indemnité très modeste due au service social de premièrë valeur que rend la famille, surtout la famille nombreuse.Très opportunément vous affirmez, dans vos statuts, votre volonté de « renforcer les liens de solidarité entre toutes les familles du monde », condition très favorable à l’accomplissement de leur fonction de cellules vitales de la société.Combien de forces fncrales précieuses viendraient ainsi se rallier pour lutter contre la guerre au service de la paix ! Que toutes les familles du monde s’unissent pour s’entr’aider pour contenir et maîtriser les forces mauvaises par leur vigueur saine et féconde, c’est fort bien.Un pas encore reste à franchir: établir l’esprit familial chrétien à l’échelon national, international, mondial ! in de leur! londanui# envisa?'* irincip* df enétatJî jn, ¦ye11* les fort"'1 lilial'*1 .es PaPfi' Ju sala®1 y»1; quia'|: abita»' eïi?fI1(i Pas plus qu’une famille particulière n’est le simple rassemblement de ses membres sous un même toit, pas plus la société ne doit être la simple somme des familles qui la constituent.Elle doit vivre de l’esprit familial fondé sur la communauté d’origine et de fin.Quand, entre les branches d’une même famille, les circonstances de la vie font apparaître des inégalités, on s’aide mutuellement.Ainsi devrait-il en être entre membres de la grande famille des nations.Idéal élevé sans doute ! Mais pourquoi ne pas se mettre aussitôt à y travailler, si lointaine que sa réalisation puisse paraître ?Il n’est pas jusqu’aux questions angoissantes de l’économie continentale et mondiale qui, envisagées de ce point de vue, n’en éprouveraient une détente sensible et une aide bienfaisante.L’œuvre qui reste à accomplir est donc immense; elle ne s’accomplira que par des progrès successifs.Votre zèle s’applique à intensifier et à accélérer ces progrès.Sur vos si louables efforts Nous appelons de tout cœur, Messieurs, les plus abondantes bénédictions du Père éternel de tous les hommes.îlité^ 302 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier .i mcimmam ; .Le monde de l’éducation vient de perdre une de ses unités précieuses dans la personne du révérend Père Alcantara Dion, o.f.m.Educateur remarquable, pédagogue averti, il fit sa marque tant dans le domaine universitaire que secondaire et primaire.En effet, ils sont nombreux les instituteurs congréganistes et laïques qui ont bénéficié de ses cours soit à l’université de Québec ou de Montréal.Les professeurs de 1 enseignement secondaire ont reçu de lui de nombreuses et sages directives, d une part, par ses cours, d’autre part, par ses publications et ses articles édités dans la revue « U Enseignement secondaire )) dont il a été le directeur pendant plusieurs années.Spn dévouement à la cause de l’éducation l’a fait se pencher sur les problèmes primaires.Aussi fut-il 1 un des principaux artisans du programme de religion qui guide actuellement tous les maîtres dans l’enseignement de cette matière.Le programme de formation morale que vous recevrez sous peu est aussi l’œuvre du franciscain qui n’est plus.t°u^ ce touchait à l’éducation l’intéressait vivement.Il voulait d un désir intense les méthodes les meilleures, les livres les plus perfectionnés, les professeurs les mieux préparés pour les enfants de sa Province.C’est, ce à quoi il s appliquait dans les suggestions précieuses, qu’il était appelé à donner, a titre de membre de la Commission de coordination des programmes du Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique.Pourquoi,^ redirions-nous ici les louanges publiées dans tous les journaux et qui sont en même temps sur toutes les lèvres ?Disons simplement, que sa mort prématurée constitue une perte difficile à combler, tant il est vrai que de telles personnalités ont un rayonnement si grand que ceux qu’elles laissent se trouvent tort desempares.Sur la tombe du Franciscain avant tout, du saint prêtre, du grand théologien, u profond psychologue, du savant éducateur, (( L'Enseignement 'primaire )) invite tous les enfants de la Province à prier pour leur bienfaiteur immédiat, que fut le reverend Père Dion.Ici, Ion nous permettra d’associer à ce tribut de reconnaissance la révérende oeur a is as des Sœurs de Sainte-Anne, autre auteur du programme de religion qui, i y a que ques mois à peine, allait recevoir du Maître la récompense promise Sur la tombe du révérend Père Dion, dép prières les plus ferventes, de notre souvenir le les plus profonds.osons ensemble l’hommage de nos plus reconnaissant, de nos regrets ™aintenant au ciel comme une étoile, lui qui en a si souvent montre la voie a la plus petite intelligence.Cécile Rouleau, directrice. 1949-1950 ÉDITORIAL 303 Croisade d'espoir et d'amour par FRANCIS COVER, s.s.9.Le mois de décembre verra l’ouverture de l’Année Sainte.Elle se fera dans les basiliques les plus illustres de l’univers.Entouré d’un somptueux cortège, auréolé surtout d’un halo d’héroïque vertu, le plus grand homme du monde moderne.Pie XII, Vicaire de Jésus-Christ, ouvrira la porte célèbre, fermée, en 1933, par son immortel prédécesseur.Ses gestes rituels, sa façon inimitable de prier le Très-Haut en ayant l’air d’en attirer ici-bas la protection tutélaire vont, pour ainsi dire, dresser dans leurs tombes les Pontifes de notre ère.Soucieux comme jadis de suspendre au souffle de l’Eglise en prière l’espoir d’un christianisme rajeuni, ils joindront leurs supplications d’élus à l’oraison puissante du Pastor Angelicus, pour obtenir à nos générations apeurées la grâce d’une véritable libération.Toutes les nations chrétiennes tourneront alors leurs yeux vers le peuple romain, inventeur de la maison: (( mansio )), où longtemps il abrita son tranquille bonheur et d’où il pourrait encore donner des leçons d’équilibre et d’apaisement.Rome, la Ville mystérieuse aux rues profondes, aux palais séculaires, sous le toit desquels tressaillent vingt siècles d’histoire, n’est-elle pas elle-même l’image d’une famille établie au foyer dont les pierres ont des aspects d’éternité ?Vers cette habitation familiale, la chrétienté en marche sera heureuse de s’ébranler, pour aller s’agenouiller, par l’intermédiaire de ses quelque trois millions de pèlerins, aux pieds du Père.Elle élèvera ses yeux angoissés vers les regards où brille la flamme de l’invincible espérance.Elle boira avec avidité les propos que cet incomparable prêcheur lui tiendra pour la dresser fièrement, en vue des prochaines victoires de l’idéal évangélique sur les idéologies matérialistes.Elle se laissera envelopper dans son geste d’immatérielle tendresse et de serein optimisme.Elle comprendra pourquoi Pie XII dont tous les actes sont posés m mensura, in nvmero, in pondéré, s’est penché sur l’humanité malade, puis, écartant toutes les hésitations et lançant l’anathème aux scepticismes et aux pusillanimités, a organisé contre les folles aventures des guerres éventuelles, la croisade universelle de l’espérance ferme et de l’invulnérable charité.Elle prêtera de nouveau l’oreille aux oracles qu’il prononçait en juin 1948, devant le Sacré-Collège: « Plus le monde offre le spectacle de dissensions et de contradictions, plus pressant est le devoir des catholiques de donner un lumineux exemple d’unité et de cohésion, sans distinctions de langues, de peuples et d’origines .Après les tristes temps qui viennent de s’écouler, remplis jusqu’au bord du calice de douleurs et d’angoisses, puisse cette année vraiment sainte, avec la grâce du Tout-Puissant, par l’intercession de l’auguste Mère de Dieu, des princes des apôtres et de tous les saints, être pour la famille humaine, ère de paix, de prospérité, de progrès ! )) 304 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier ' Les millions de catholiques sont fortunés qui feront, en 1950, leur voyage ad limina.Pareil mouvement de peuples vers la maison commune, où habite le Père de l’humanité devrait guérir ou paralyser les spasmes des nations.que tenaillent les fureurs communistes et les injustices de la ploutocratie outrancière.L’année sainte va mettre le genre humain à genoux devant son Sauveur et l’arracher à l’idôlatrie de la chair, de l’orgueil, de la haine.Sinon, nous n’aurons plus qu’à nous abandonner à la bourrasque de perdition où le prince d’un monde maudit voudrait entraîner l’univers moderne.On veut une solution à l’immense crise morale, cause évidente du chaos actuel, qu’on permette à l’Eglise de nous immerger dans le surnaturel, d’ouvrir toutes grandes, par les grâces et les indulgences du Jubilé, les écluses de la miséricorde et de la réconciliation universelle.Les agences de tourisme ont dès longtemps mis sur pied des organismes alléchants.Les sociétés commerciales sont prêtes à tirer profit d’une extraordinaire aventure mystique.Il est urgent que les sociétés religieuses et leurs chefs: prêtres, instituteurs, dirigeants d’innombrables sortes, comprennent l’économie intime de l’année sainte et en saisissent les consciences, en évoquant devant elles les buts spirituels fixés par le Saint-Père: sanctification des âmes par la prière et la pénitence, inébranlable fidélité au Christ et à l’Eglise, action pour la paix, protection des Lieux Saints, défense de l’Église contre les attaques réitérées de ses ennemis, impétration de la foi pour les égarés, les infidèles et les sans-Dieu, pratique de la justice sociale, œuvres d’assistance en faveur des humbles et des besogneux.Le programme, on le voit, est vaste.Il embrasse tous les moyens d’illuminer la figure d’un monde plongé dans les ténèbres et frémissant du désir de s’en évader.Notre devoir impérieux, c’est d’alerter tous nos chrétiens bon ou mauvais teint, de les convoquer aux pieds de Jésus-Christ Lui-même ou de leur donner rendez-vous auprès de son Vicaire.L’un et l’autre se ressemblent.L’un et 1 autre sont des modèles de ce que devrait être l’homme envers l’homme.Sous les blanches espèces ou sous la blanche soutane, c’est la royauté d’un charme conquérant.De prime abord, on est effrayé; le modèle est si beau et on se sent si imparfait.Puis, il nous apparaît si doux, si tendre .Le cœur est pris.Dans un cri de joie ou dans un sanglot, on dit: JliiJCf a) Thème d’imitation : (porte sur tout le texte).Parce Comme la retraduction le thème d’imitation porte sur un texte anglais modèle.Il consiste à recomposer en français ledit texte anglais, mais en phrases françaises telles qu’elles obligent les élèves à les exprimer en anglais à des formes, modes et temps différents de ceux du texte original.Par la mise en valeur de tout le contenu d’un texte, et, en particulier, par son excellence à faire maîtriser les formes verbales, cet exercice conduit directement à la connaissance expressive.IBS Vf! ri usage : 2 I ?iiissancf 0 so i, c' feceli eu me eca pi eeiaiuiio oui ic ulc nho u, c/lioui-iuh que nous venons de faire, Mgr Courchesne, dans « Nos Humanités », donne la lumineuse définition suivante : « Qui empêche qu après dix lignes expliquées, on ne reprenne les trente ou quarante mots qui font ces lignes; qu on les fasse rendre en langue étrangère, qu’on les ajoute à la leçon précédente, qu’on dérange l’ordre pour en faire l'excellent exercice qui s’appelle thème d’imitation ?J’avoue que c’est toute ma méthode.)) '.Citation que l’on retrouve également dans cet excellent Vade mecum qu’est « Pour mieux enseigner l’anglais » du Rév.Frère Léopold Taillon, C.S.C., directeur de l’École de Pédagogie de l’université St-Joseph, Nouveau-Brunswick.) ÎODïfrS! i 11 rac ¦ feir di MWtlai imcli ' file c Aéti 2.Composition.Certains professeurs du cours primaire supérieur se plaignent parfois du peu de progrès que font leurs élèves en composition anglaise.Pourquoi, par exemple, est-il si pénible de corriger la composition anglaise d’un élève de 10e année ?Pour plusieurs raisons qu’il serait trop long d’énumérer.Mais l’une d’elles ne serait-elle pas due au fait que cet élève n’a pas fait de retraduction ni de thème d'imitation en 8e et 9® années ?Habitué aux seuls 1949-1950 ÉDUCATION ET FORMATION 315 Naitid «i.Pou 'jim aî(i "atari ri ses élèrt! • les « 'tyim; ee, iirttli irançaiiti à ks ii h «p wrjjiffl cm lifM llmj^ ink tcilU t linnf ?rère ! s pri®!'' inpf"'11 a co# ri eu exercices de traduction-version, il n’a jamais acquis plus que la connaissance impressive : en conséquence son vocabulaire est « )) et son aptitude à utiliser les formes verbales « béquilleuse ».Il va donc de soi que sa composition ne comporte que des « tournures françaises habillées à l’anglaise ».Par contre, grâce au thème d’imitation, l’on obtient des compositions qui sentent moins le français parce que cet exercice porte sur un texte modèle largement étayé d’expressions courantes et de tournures véritablement anglaises.Par la mise en usage des termes nouvellement appris dans des phrases de structure différente et de temps divers, le thème d’imitation excelle à communiquer à l’élève une connaissance expressive parfaite.Grâce au thème d’imitation, les progrès en composition sont étonnants.En faire un loyal essai, c’est l’adopter.Il faudrait donc faire cet essai au plus tard en 8 e année.Conversation Il va de soi que ce que nous avons cru devoir dire jusqu’ici du thème d’imitation, n’atténue en rien le rôle essentiel que doit jouer la conversation.Loin de là, celle-ci comme la composition, en est l’aboutissement normal.Rien n’est plus laborieux qu’une conversation genre improvisation, basée sur un vocabulaire imprécis et restreint.A cet égard, nous sommes heureux de constater que dès la 5e année les élèves ont maintenant l’occasion de faire de l’anglais oral, grâce à un système de tableaux en couleur.Evidemment, les exercices de langage doivent avoir leur place d’honneur en langue seconde comme en langue maternelle.Il est souvent pénible de faire parler nos élèves du cours primaire supérieur, parce qu’ils ont surtout écrit la langue seconde aux degrés précédents.Si l’on utilise un procédé rationnel pour enseigner l’anglais oral, de la 5e à la 9e année, peut-être sera-t-il un jour possible de faire de la conversation dirigée de la 10e à la 12e.A condition, toutefois, de la bien préparer et de procéder par petits groupes.Vouloir faire converser toute une classe en une demi-heure, ou cinquante minutes est une utopie.L’idéal serait d’établir des groupes restreints {10 ou 12)) et un système de rotation donnant à chacun de ces groupes l’occasion de s’exprimer en langue seconde, au cours de la semaine.De la sorte, chaque élève aurait assez de temps pour converser un tant soit peu et le professeur pourrait lui porter une attention individuelle.Les scènes du texte pourraient être jouées par les élèves à l’aide de l’image.De plus, ces exercices complémentaires de conversation seraient non seulement possibles, mais deviendraient faciles et agréables si nos maîtres les faisaient précéder de ces excellents drill exercises que l’on appelle thèmes d’imitation, du fait qu’il réunit les avantages de deux méthodes : directe et indirecte, le thème d’imitation est assurément le moyen terme rêvé, la formule idéale pour maîtriser la partie intellectuelle de la langue anglaise.Pra-tiquons-le donc sans réserve : il nous conduira au succès.Roger Hénault."e i M S'affranchir des règles de la civilité, c’est chercher le moyen de mettre ses défauts plus à l’aise.MONTESQUIEU. 316 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier Journée patriotique EN MARGE DU DEUXIÈME CENTENAIRE DE LA MORT DE LA VÉRENDRYE (1749) Si nous n’avons pu célébrer tous les anniversaires que l’année 1949 nous a apportés, il en est un que nous ne pouvons passer sous silence: celui du deuxième centenaire de la mort de LaVérendrye, un « Canadien )) dont nous sommes fiers, et le plus illustre peut-être des « Trifluviens )).Comme Joliet, ce fils du Canada a agrandi le royaume de France d’un territoire immense, au prix de sacrifices sans nombre dont les plus douloureux furent sans doute la perte de son fils Jean-Baptiste, et celle de son neveu Christophe Dufrost de la Jemmeraye.Quelle énergie ne lui fallut-il pas pour vaincre les autres obstacles: manque d’argent, manque d’encouragement de la part du roi, tracas causés par les créanciers avides, en plus de la lutte contre la nature, le climat et les salvages.Vraiment, il fallait une force de caractère peu ordinaire ! C’est grâce à lui, si nous pouvons nous sentir chez-nous d’un bout à l’autre de notre immense pays ! Sur les traces de la Vérendrye, il y a eu d’abord des fortfiis, puis des villes se sont élevées aux enjdroits où autrefois on avait construit un modeste fort.Ce sont autant de marques indéniables de son passage, et nous pouvons dire que nous sommes chez-nous aussi bien dans l’Ouest que dans l’Est, puisque l’un des « nôtres )) en a ouvert le chemin ! Pierre Gaultier de la Verendrye, sieur de Varennes est né aux Trois-Rivières le 17 novembre 1685.Son père, René Gaultier de Varennes, s’est d’abord distingué en Europe avant de venir combattre les Iroquois avec le régiment de Carignan.Sa mère, Marie Boucher, fille du gouverneur des Trois-Rivières a tout un passé de vaillance à lui transmettre.Il est le septième d’une famille de dix enfants.Une de ses sœurs, Marie-Reine devint l’épouse de Christophe Dufrost de la Jemmeraye, et fut la mère de Marguerite d’Youville fondatrice des Sœurs de la Charité (Sœurs Grises), et d’un fils, Christophe Dufrost de la Jemmeraye, qui accompagna notre « héros » dans ses voyages de découverte.Il y laissa même sa vie.Orphelin à quatre ans, LaVérendrye grandit dans une atmosphère de bataille, entendant parler de massacre à Lachine, d’héroïque défense à Verchères, ou d’exploits merveilleux accomplis par Pierre d’Iberville.Les aventures de Jolliet et de La Salle le rendent songeur, et il rêve de marcher sur leurs tra.ces.Il aspire aussi au moment où il pourra combattre contre les ennemis de sa petite patrie: les Anglais et les Iroquois.Dès qu’il le peut, il s’engage dans les milices canadiennes, et il se bat en Amérique contre les Anglais, à Deerfield, dans le Massachusetts.Enfin il obtient le titre de cadet dans la milice canadienne s’engage dans le régiment de Bretagne, et part pour la France.A Mâlplaquet, il reçoit neuf blessures et est nommé lieutenant sur le champ de bataille.Malheureusement la Cour ne ratifie pas le grade acheté au prix de tant de bravoure, et La Vérendrye doit revenir au pays, glorieux, mais pauvre, ce qui est ordinairement le lot des héros.Il se marie bientôt et pour faire vivre sa famille s’adonne à la culture de son lopin de terre et à la traite des fourrures.Mais les enfants arrivent plus vite que la fortune au modeste foyer: il a bientôt quatre garçons et deux filles.Bien que le gouverneur Beauharnois lui confie le poste de commandant des forts au lac Nipigon il doit néanmoins laisser sa famille aux Trois-Rivières pour aller au loin gagner l’argent nécessaire à sa subsistance ! Il est en contact direct avec les sauvages, et ceux-ci lui parlent d'une très grande mer d eau très amère dont on ne voit pas la fin, de pâturages immenses, d’hommes à cheval.C est assez pour que La Vérendrye songe à aller explorer ces territoires.Comme les expeditions coûtent cher, il soumet son projet au roi ! Celui-ci n’a pas d’argent « à 1949-1950 ÉDUCATION ET FORMATION 317 iaire 4 sire de Franc; euî Mrost clés: il failli eus seal' erendrjii trefob perdre )) et non seulement lui refuse les secours financiers mais il croit montrer de la largesse en permettant à ce « visionnaire )) de faire ces explorations à ses risques et périls, en lui donnant comme privilège le monopole de la traite des fourrures dans les pays qu’il découvrirait ! Il lui faut donc engager des hommes, les payer de ses deniers ! Et dire que c’est pour agrandir la France, en augmenter les possessions que le vaillant explorateur veut partir ! Qu’importe, il s’associe à quelques marchands de Montréal qui lui fourniront l’argent nécessaire pour supporter les frais de l’entreprise.Le 8 juin 1731, le voilà qui part en compagnie d’un père Jésuite, le père Mésaiger, de ses trois fils, dont l’aîné a 18 ans de son neveu Christophe Dufrost de la Jemmeraye, et d’une centaine d’hommes.Nous ne pouvons les suivre dans toutes les péripéties de leur grand voyage et de leurs explorations.Nous nous contenterons de nommer les forts dont ils ont marqué leur passage jusqu’aux Montagnes Rocheuses, qu’ils découvrirent en 1743.A 80 lieues du point de départ, au lac à la Pluie, le premier poste, c’est le fort Saint-Pierre en 1731, en l’honneur du saint patron du découvreur, puis ce sont: Saint-Charles, en 1732, Maurepas, 1734, Fort-Rouge, 1738, La Reine, 1738, Dauphin, 1741.Plusieurs fobs LaVérendrye a dû faire le voyage à Montréal pour se disculper des accusations de ses créanciers, qui lui refusent l’argent dont il a besoin pour payer ses hommes.Puis, aussitôt qu’il a gagné sa cause, il reprend sa vie aventureuse.D’autres épreuves l’attendent, plus douloureuses celles-là.En 1736, Christophe Dufrost de la Jemmeraye meurt à 27 ans au fort Maurepas qu’il a fondé avec ses cousins; la même année son fils Jean-Baptiste, le Hère Aulneau, missionnaire Jésuite, et 19 de leurs compagnons sont massacrés par les Sioux, dans l’île au Massacre.Malgré ces deuils.La Vérendrye continue ses explorations et refuse une vengeance inutile contre les sauvages.De tous côtés, les ennuis arrivent: la maladie, les poursuites de ses créanciers {qui le croient en train de s'enrichir) en plus du froid et de la famine.Heureusement, il a un sympatique défenseur dans la personne du gouverneur, M.de Beauharnqis.Il a envoyé ses fils dans une grande expédition le long de la rivière Saskatchewan qui coule vers l’Ouest, et bientôt les conduira aux Rocheuses.Il reste 15 mois sans nouvelles d’eux, mais quand ils reviennent, c’est pour lui annoncer la nouvelle qui va couronner leur œuvre: Ils ont découvert les Montagnes Rocheuses.Au comble de la joie, LaVérendrye s’empresse d’en faire parvenir la nouvelle en France.La Cour reste froide ! A Montréal, les envieux reprennent de plus belle leurs attaques contre lui.Personne, pas même le gouverneur ne peut en arrêter le cours.C’en est trop, le héros donne sa démission ! Mais le ministre s’aperçoit vite qu’il est peu facile de remplacer LaVérendrye.D’un autre côté, le comte de la Galissonnière, nouveau gouverneur, ne se gêne pas pour dire que tout ce qui a été dit à la Cour contre le héros, est faux.Les ministres finissent par s’apercevoir de leur bévue, et essaient de réparer un tant soit peu.On le nomme capitaine des gardes, capitaine de marine et chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.Cependant, tous ces honneurs ne valent pas, pour le vieil explorateur, la joie de pouvoir reprendre ses courses aventureuses ! Et le voilà qui se prépare à repartir pour l’Ouest.Il a 64 ans.La mort vient le surprendre au moment où il se dispose à rejoindre ses fils, le 5 décembre 1749.Ses restes reposent dans les caveaux de l’église Notre-Dame de Montréal.ans 11 eaEuroj ère, " lui t# Joits Œ'’ ¦ .contfî' jetd^ j ice., J Ira*; Programme suggéré pour la journée patriotique aux diverses années du cours Pour toutes les années Décoration: une carte du Canada où l’on pourra suivre les voyages de La Vérendrye et de ses fils.Des cartes-vues des Rocheuses si possi- ble.On pourra en faire faire la recherche par les élèves.3.Des cartes Desrosiers-Bertrand qui se rapportent au sujet.4.A l’offrande de la classe, ajouter la prière pour la race canadienne 318 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier française, et des invocations aux saints Martyrs-Canadiens, à saint Jean-Baptiste.5.Après la prière, le chant national suivi du salut au drapeau.Ar.B.— Dans les endroits où il y a une démonstration à l’extérieur, on voudra bien réserver le « Salut au drapeau » et le chant de (( O Canada » pour cette cérémonie.Catéchisme Au programme de décembre, il y a l’étude du 7e et du 8e commandement de Dieu.On peut se servir du cas de LaVérendrye pour montrer quel tort la calomnie peut faire au prochain.Rappeler que le prochain a droit à sa réputation comme au plus précieux de ses biens.Rédaction Comme travail de rédaction pour ces années on pourra demander aux élèves de répondre correctement aux questions suivantes: 1.Où est né LaVérendrye ?2.Qu e savez-vous de son père et de sa mère ?3.A quel âge perdit-il son père ?4.Contre qui combattit-il ?5.Que lui arriva-t-il à la bataille de Mal- plaquet ?6.Quelle partie de notre pays fut explorée par LaVérendrye ?7.Quelle découverte firent ses fils?8.Quand mourut LaVérendrye et où reposent ses cendres ?Dictée Les fondateurs de notre pays, de même que les principaux explorateurs furent souvent peu récompensés par la France.En effet, à la Cour on tenait plutôt compte des rapports de ceux qui, malheureusement, n étaient venus au pays que pour s’enrichir.Cependant, ces héros ont rendu d’immenses services à notre pays, de même qu’à 1 Eglise.Fresque toujours, ils amenaient avec eux des missionnaires, et préparaient les indigènes à recevoir l’enseignement de l Evangile.C est donc à eux que nous devons la rapide diffusion de la Religion chez les sauvages.A leur tour, les missionnaires firent aimer la France chez les indiens qu’ils convertissaient.Grammaire et vocabulaire 1.Donner le féminin de: explorateur, fon- dateur, héros, courageux.2.Dire les sujets des verbes suivants contenus dans la dictée: furent, n étaient venus, préparaient, convertissaient.3.Justifiez l’accord des adjectifs contenus dans la dictée.4.Donnez la signification des mots: fonda- teur, explorateur, indigène, diffusion.5.Combien de propositions y a-t-il dans la première phrase de la dictée, les indiquer.Arithmétique 1.LaVérendrye est mort en 1749, à l’âge de 64 ans.En quelle année est-il né?.(1685) 2.LaVérendrye, est devenu orphelin à 4 ans, son fils François avait 4 fois cet âge et son neveu 5 fois autant plus 2 ans quand ils partirent pour le suivre dans ses explorations.Quel âge avaient-ils tous les deux ?.(François: 16 ans) (Neveu : 22 ans) 3.En 1736, le fils de LaVérendrye fut tué par les Sioux avec un certain nombre de ses compagnons.Pour savoir ce nombre, retranchez 7 de l’année du massacre, et divisez le reste par 91.Quelle est la réponse ?.(19) Histoire et Géographie La journée patriotique est une leçon d’histoire illustrée.Quant à la géographie, c’est le temps de voir ou de revoir l’Ouest du Canada.A l’aide d’une bonne carte de notre pays.Mêlons la géographie à l’histoire pour une leçon plus profitable. 1949-1950 ÉDUCATION ET FORMATION 319 SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES Catéchisme (sur les 7e et 8e commandements de Dieu) 1.Rappeler que le prochain a un bien auquel il a droit, et que ce bien est des plus précieux: sa réputation.2.Que peut-on faire contre la réputation du prochain ?3.Qu’est-ce que la médisance ?la calom- nie ?4.Peut-on réparer le tort causé ainsi au prochain ?5.LaVérendrye fut victime d’envieux calomniateurs.6.Essais de la Cour pour réparer .Rédaction Raconter dans vos propres termes la découverte des Rocheuses par les fils de LaVérendrye.Us marchent vers l’ouest essayant de rejoindre la mer.Us traversent d’immenses plaines .Us accompagnent les sauvages qui font une expédition plus à l'Ouest .Us arrivent devant un mur gigantesque, formé de montagnes.Ce sont les montagnes Rocheuses, qu’ils ont pris 12 ans à découvrir.Dictée N.B.— Cette dictée est tirée du livre de Pierre-Georges Roy « Toutes Petites Choses de notre Histoire )).Elle comprend quelques passages d’une lettre du Père Aulneau, Jésuite, qui fut assassiné par les Sioux avec le fils de LaVérendrye et dix-neuf compagnons.Elle est adressée à un ami du missionnaire.« J’aurai dans toutes ces courses bien des peines à essuyer.Elles auraient été bien adoucies si on avait jugé à propos de me donner un Jésuite pour m’accompagner, mais on m’envoie seul parmi des peuples dont on ignore la langue et les mœurs.Dieu veuille accepter le sacrifice que je lui fais en obéissant, de ma vie et de toutes consolations humaines, en expiation de mes péchés.J’espère qu’il ne m’abandonnera pas, et je trouve dans Jésus-Christ crucifié de quoi m’animer à supporter toutes les peines, et surmonter toutes les difficultés que la Providence me ménagera.Je serai éloigné de tout prêtre de plusieurs centaines de lieues, et voilà ce que je trouve le plus dur de toute ma mission .Mais Dieu semble exiger de moi que je lui sacrifie cette consolation-là même; je ne puis la lui refuser.Que son saint nom soit à jamais béni.» Grammaire, vocabulaire et analyse 1.Dites à quel temps sont employés les verbes de la dictée.2.Formez l’adjectif, le nom, le verbe et l’adverbe de même famille que le mot adoucies.3.Soulignez les verbes de la dictée au futur et au conditionnel simple ou composé.4.Quel adjectif pouvez-vous former avec le mot: exiger ?5.Trouvez les propositions contenues dans la 2e phrase, dites-en la nature.Arithmétique 1.LaVérendrye est devenu orphelin à 4 ans, ce qui est le 1/16 de l’âge qu’il avait quand il mourut.A quel âge mourut-il ?.(64 ans) 2.Les Rocheuses ont été découvertes en 1743.Combien d’années se sont écoulées depuis ?.(206 ans) Histoire et Géographie Nous recommandons une leçon conjointe de ces matières.A l’aide d’une bonne carte de notre pays suivons les traces de LaVérendrye et étudions l’Ouest Canadien, tout en racontant l’histoire de cette partie du pays. 320 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier HUITIÈME et NEUVIÈME ANNÉES Catéchisme 1.Voir ce qui a été dit en 6e et 7e années sur les 7e et 8e commandements.2.Rappeler comment LaVérendrye fut la victime d’envieux qui lui causèrent toutes sortes d’ennuis.3.Dire comment la Cour de France essaya de réparer ses erreurs .Rédaction Raconter l’assassinat de Jean-Baptiste de LaVérendrye et de ses compagnons à l’île au Massacre, en juin 1736.mes lettres ne fussent pas arrivées avant le départ des vaisseaux pour la France, ne vous alarmez point, ma chère mère, si vous ne recevez point de mes nouvelles; je prierai cependant le Père Nau, qui est fixé à une mission iroquoise à 64 lieues de Québec, de vous écrire tous les ans et de suppléer à l’impossibilité où je serai de le faire moi-même aussi souvent que je le voudrais ».Les sauvages chez qui on m’envoie ont été jusqu’à présent inconnus au reste de l’univers et n’ont jamais vu ni Français ni missionnaire.Ainsi, si le bon Dieu le veut, je serai le premier qui leur annoncerai Jésus-Christ.» Dictée A.B.— Cette dictée est tirée d’une lettre du Père Aulneau missionnaire Jésuite massacré par les Sioux en même temps que le fils de la Vérendrye et dix-neuf de leurs compagnons en 1736.Dans cette lettre adressée à sa mère, il essaie de la rassurer au sujet de sa mission.Nous la trouvons dans le livre de Pierre-Georges Roy, intitulé: (( Toutes petites choses de notre Histoire ».- « Le terme de ma mission est trop éloigné pour que je puisse m’y rendre cet été et je serai obligé d’hiverner à 900 lieues d’ici, dans un poste qu’ont quelques Français sur le bord d’un grand lac.Ce sera de cet endroit que je vous écrirai le printemps prochain.Comme il se pourrait faire que Grammaire, vocabulaire et analyse 1.Quelle est la signification des mots: terme, poste, hiverner, suppléer ?2.Justifiez l’orthographe des verbes de la dictée ?3.Dites l’infinitif des verbes qui sont au futur et au conditionnel ?4.Combien de propositions y a-t-il dans la première phrase et dites-en la nature.- N.B.— Pour les autres matières, nous recommandons à ceux que la chose intéresse de s’en rapporter aux leçons de 6e et de 7° années.Alice Godbout.Mou Livre de Français QUATRIÈME et CINQUIÈME ANNÉES (Pour classes à divisions multiples) Les Frères du Sacré-Cœur En septembre dernier, nous annoncions dans la nouvelle liste des livres approuvés pour les écoles catholiques de la Province de Québec: Mon Livre de Français, 4e et 5 années pour classes à divisions multiples par les Frères du Sacré-Cœur.Vous avez dû remarquer qu’aucun prix n’apparaissait en regard du dit volume.C’est pourquoi nous vous informons qu’il est maintenant sorti des ateliers, et en vente à la Procure des Frères du Sacré-Cœur au prix de $2.10 l’exemplaire.C’est une nouvelle que les titulaires des classes à divisions multiples apprécieront à sa juste valeur. 1949-1950 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 321 Leçons-Types (d’après le nouveau programme) _DECEMBRE - JANVIER- Religion CATÉCHISME PREMIÈRE ANNÉE JE DOIS CONNAÎTRE LE BON DIEU, MON PÈRE DU CIEL COMMENT SON FILS NOUS A SAUVÉS Objet de la leçon; a) Jésus naît à Bethléem: Il est vrai homme.b) Jésus est adoré par les bergers: Il est vrai Dieu.Moyens concrets: a) Tableau: l’Étable de Bethléem à la naissance de Jésus.b) L’Étable en miniature: personnages mobiles.c) Dessin ou construction des élèves, réalisation collective.Réflexions sur l’objet de la leçon (Aux titulaires) Dans la répartition du programme de catéchisme pour le mois de décembre, la plupart des titulaires de première année aiment à faire concorder l’enseignement du catéchisme et de la liturgie avec le temps liturgique lui-même, en ce qui concerne l’Avent, Noël, les Rois (Prog., pp.90, 92, 211).Tout, dans la vie familiale et sociale des enfants, leur parle de Noël: les conversations de leurs parents, les vitrines remplies de jouets, l’arrivée de Santa Claus.Mais le grand mystère de Noël, le vrai Noël chrétien, qui leur en parlera ?Les titulaires d’expérience ont donc raison de réserver pour le mois de décembre cette partie du caté- chisme qui traite des circonstances de la naissance de Jésus (Prog., p.77).L’intérêt soutient l’attention des enfants et il est beaucoup plus facile d’obtenir d’eux des réalisations concrètes spontanées.Le catéchisme des tout-petits revêt surtout une forme historique.Combien les enfants aiment le récit de la naissance de Jésus, celui de l’adoration des bergers et des mages et avec quelle facilité ils les retiennent ! L’Enfant-Dieu exerce un charme irrésistible sur les enfants.Les moyens concrets ne font pas défaut sur ce sujet.Les enfants s’émerveillent à la vue d’un beau grand tableau représentant la naissance de Jésus.Mais rien n’a plus d’attrait que la 322 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Décembre-Janvier crèche qu’ils préparent en collaboration dans la classe ou celle que chacun peut dessiner et construire, en papier ou en carton, et garder pour soi.Idées à inculquer Si les faits sont faciles à enseigner, la doctrine est bien difficile à transmettre mais elle est d’une telle importance que le catéchiste doit déployer toute son habileté.Après la Trinité, l’Incarnation et la Rédemption sont en effet les principaux mystères de notre sainte religion.Ils synthétisent toute la religion.a) Jésus est notre Sauveur ou notre Rédempteur.Le catéchiste doit le présenter comme tel.Il naît pour nous racheter par sa mort sur la croix.Voilà jusqu’où Dieu nous a aimés, jusqu’à nous donner son Fils comme Rédempteur.La naissance de Jésus nous réjouit parce qu’elle est le commencement de notre rachat.Les souffrances de Jésus à sa naissance: humilité et pauvreté de la crèche ont une valeur rédemptrice.Les enfants seront tout émus à la vue de l’amour que Jésus nous témoigne dans les abaissements de la crèche.b) Jésus est Dieu et homme, un Homme-Dieu.Avec les petits, n’employons pas de mots difficiles.Appuyons seulement sur les faits et faisons-leur voir et répéter que Jésus est vraiment homme, qu’il est vraiment Dieu, qu’il est Dieu et homme en même temps: c’est un mystère que nous ne pouvons pas comprendre.Jésus a un corps comme le nôtre: ses membres sont sensibles au froid de l’étable, il a faim, il pleure.La sainte Vierge prend soin de lui, il lui sourit.Jésus est vraiment homme.Il a aussi une âme comme la nôtre.Mais en même temps que Jésus repose dans la crèche comme un enfant ordinaire, les anges chantent sa naissance dans le ciel, une lumière céleste environne l’étable, un ange annonce sa naissance aux bergers, une étoile l’annonce aux mages.Marie et Joseph l’adorent, les bergers et les mages accourent pour l’adorer car Jésus est vraiment Dieu.Jésus est vraiment homme; il est vraiment Dieu;Il est Dieu et homme en même temps.C’est le Fils de Dieu fait homme pour nous sauver: mystère de l’Incarnation.Mystère que nous ne pouvons pas comprendre mais que nous croyons.Sentiments à développer ^ Racontons à nos enfants la vie de Jésus-Christ.Au fur et a mesure qu’elle se déroulera sous les yeux émerveillés des enfants, dégageons du récit évangélique sous forme de prière, les sentiments qu’elle suggère à la piété enfantine, les résolutions qui provoquent l’estime de la morale chrétienne (Prog., p.63).a) La foi.L’enseignement doctrinal doit se répéter sous forme d’actes de foi.Devant la crèche, les enfants répéteront: « Jésus, je crois que vous êtes vraiment homme.» (( Jésus, je crois que vous êtes le Fils de Dieu descendu du ciel.)) « Jésus, je crois que vous êtes vrai Dieu et vrai homme tout ensemble.)) « Jésus, je crois que vous êtes le Fils de Dieu fait homme pour nous sauver.)) b) L’adoration.Comme Marie et Joseph, comme les bergers et les mages, comme les anges même, les enfants adoreront Jésus dans la crèche.« Jésus, vrai Dieu fait petit enfant, je vous adore.)) « Jésus, Fils de Dieu fait homme pour nous sauver, je vous adore.» (( Jésus, avec les anges, je vous adore.)) « Jésus, avec les bergers et les mages, je vous adore.)) « Jésus, avec Marie et Joseph, je vous adore.)) c) La reconnaissance et l’amour.En reprenant les mêmes appellations que la foi nous enseigne, les enfants formuleront des actes de remerciement et d’amour.« Jésus, fait petit enfant pour me sauver, je vous remercie.» « Jésus, mon bon Sauveur, je vous remercie.))
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