Québec science, 1 janvier 1978, Février
V.V.'.v 9XC X2H zv mov *o*d iv3yiN0w SL II I^P SIN3Ü l5> 00AI v iibio nv93i iod30 nv3bna 039300 33VN011VN 30039101 3HI_9_ MEDECINS v -/ ¦/ > * ' ' 1 ¦, ¦ • " ' ^ LA SCIENCE AU FUTUR / AU-DELÀ DU CONNU DISSECTION D’UNE CRISE / LE MONDE DES TROP PETITS CIME FM 99.5 k SAINTE-ADÈLE, P.Q.ZT HT !y ‘ QUÉBEC SCIENCE / février 1978 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec lesoutien du ministère de l'Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1978.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti; LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Sommaire Les médecines de l'âme Comme l'an dernier, la photocouverture de notre numéro de février a été réalisée par un étudiant finissant en techniques graphiques au CEGEP de Sainte-Foy.Des 18 projets de couverture soumis à QUÉBEC SCIENCE, c'est celui de Normand Paré qui a été retenu.© Copyright 1978 — le magazine Québec Science - Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d’utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny Louis de Beilefeuille adjoints à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Marie Prince-Giasson promotion et publicité Patricia Larouche administration, composition et secrétariat Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Quadrichromies Audart inc.Photogravure et impression L'Éclaireur Itée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $1 7.00 Groupe (10 et plus): $15.00 À l'étranger: $21.00 À l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 6 La tête en fleurs 9 Énergie Harnacher le soleil Physique de l'espace Trio en U S.majeur 11 Technologie Laser à vocation militaire 13 Médecine génétique Le mal de la terreur Politique de recherche S.O.S.de l'INRS-Énergie 47 Temps pleins 48 Schizophrénie Un débat à finir 49 Hydro-électricité Un exemple à suivre 51 Santé publique Des malades plus coriaces que prévu 53 Alimentation Un sursis pour la saccharine 54 Séismologie La «faunodétection» 55 Parutions récentes 57 En vrac 16 Au-delà du connu Louis de Beilefeuille Plus les connaissances s'accumulent, plus les frontières de l'univers s'évanouissent 25 La science au futur propos recueillis par Pierre S or many Une entrevue avec Gérard Klein, auteur et éditeur d'ouvrages de science-fiction 30 Dissection d'une crise Michel Gauquelin Près de 200 spécialistes se sont réunis à Québec à l'occasion du troisième colloque international d'économie pétrolière 36 Le monde des trop petits Claude Mardi Autant dans la légende que dans la réalité, les nains ont longtemps fait partie d’un monde à part, et la science ne fait que commencer à pouvoir les traiter 41 Les médecines de l'esprit Georgette Goupil C'est à un foisonnement de thérapies psychologiques que nous assistons depuis quelques années 4 février 1978 / QUEBEC SCIENCE Les Éditions du CNRS publient des ouvrages dans tou tes les disciplines relevant des sciences exactes et naturelles ou des sciences humaines.I! s'agit moins de livres de lecture courante que de documents de référence, d'instruments de travail élaborés par des chercheurs pour d'autres chercheurs ou pour un public cultivé soucieux d’améliorer un niveau culturel déjà élevé.Le fonds des Éditions du CNRS corn prend plus de 2000 titres presque tous disponibles.CHOIX DE TITRES COURRIER.UNE REVUE DE L'HISTOIRE DE LA NATURE Dans le numéro du moisd'avril deQuébec Science, sous la rubrique «Parutions récentes», vous faites état d'un volume intitulé Le monde des oiseaux.Au cours de la description de ce livre, vous mentionnez la revue d'histoire naturelle Audubon.J'aimerais avoir plus de renseignements sur ce magazine, soit letarif d'abonnement et où m'adresser pour me la procurer.Céline Moore Charlesbourg LA PRÉHISTOIRE FRANÇAISE Préface de Valéry Giscard d’Estaing Consacré à la description du cadre paléo-écologique, à l’environnement et aux civilisations préhistoriques, cet ouvrage constitue la somme des connaissances actuelles sur la géologie, la paléontologie et la préhistoire française.Tome 1: 2 volumes, 1584 pages $52.00 Tome 2: 1 volume, 936 pages $31.20 • Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale LA LIBÉRATION DE LA FRANCE Colloque international, Paris, 1974 Documentation exceptionnelle.Du printemps 1944 à la fin de 1945.Rapports d’historiens et témoignages de personnalités politiques et militaires.Le contexte général de l’époque.Le gouvernement de Vichy.La Résistance.Le déroulement de la Libération.Ses lendemains difficiles.(20 communications) 1060 pages $46.80 • Centre de recherches et d’études sur les sociétés méditerranéennes RAPPORTS DE DÉPENDANCE AU MAGHREB Phénomène de dépendance idéologique — rôle de modèles provenant du centre franco-européen sur la transformation des structures sociales, administratives et économiques du Maghreb.324 pages $18.20 ÉDITIONS DU CNRS Centre National de la Recherche Scientifique (Paris) NOM.ADRESSE.désire recevoir votre documentation DIFFUSION AU CANADA Editions du CNRS Les Presses de l’Université de Montréal C P 6128.Suce.’ A'' Montréal.Que Canada H3C3J7 Tel 343 6929 Vous pouvez vous procurer cette revue à la National Audubon Society, 950 Third Avenue, New York, New York 10022, États-Unis.Le coût de T abonnement est d'environ $15.00.QUELQUES PRÉCISIONS Suite à T article intitulé «Un lac passé au peigne fin », paru dans le numéro d'octobre 1977 de Québec Science, Jacques Michaud, des Services de protection de l'environnement du Québec, apporte quelques précisions sur le projet, ainsi que des compléments d'information.Le programme de détermination de la concentration des métaux traces dans les poissons et les sédiments n'est relié d'aucune façon au programme de télédétection.Il en va de même également pour la détermination quantitative des métaux traces dans l'eau.Le programme visant le contrôle de la qualité des eaux du lac Saint-Jean à l'aide des satellites Landsat 1 et 2 repose essentiellement sur quatre paramètres: couleur apparente, turbidité, solides en suspension et chlorophylle.Les analyses de potentiel de fertilité ne se sont pas poursuivies d'une façon plus élaborée au cours de l'automne.On a tout simplement prolongé, jusqu'au 23 septembre, le programme d'échantillonnage du lac Saint-Jean qui devait normalement se terminer le 18 août.Dans le cadre du programme de détermination quantitative des métaux traces et des pesticides dans les poissons, les poissons sportifs dont la chair est consommée.Les analyses portent donc à la fois sur cette partie que l'on appelle communément filet, afin de connaître les concentrations qu'assimile l'organisme humain et sur le poisson tout entier, afin d'obtenir un bilan complet du phénomène toxicité.Dans le program me d'échantillonnage biologique destributaires, seul lebenthos animal a été analysé.L'échantillonnage du lac Saint-Jean et du Saguenay (tronçon Alma-Baie des Ha! Ha!) s'est effectué conjointement, du ¦ moins jusqu'au 1 8 août par trois équipes des S.P.E.et trois équipes de Jeunesse Canada au Travail.Une partie des analyses de laboratoire a également été réalisée par des équipes de Jeunesse Canada au Travail, au cours de la même période.Ces équipes avaient reçu un entraînement spécial à l'INRS-Eau qui contrôlait également le travail d'ensemble aux trois laboratoires en opération dans la région: — Saint-Félicien: fertilité et ATP — Saint-Gédéon: chlorophylle et para- I mètres physiques — Chicoutimi: potentiel autotrophe Jacques Michaud LE MONDE DES RATS Récemment dans le numéro de mai 1977 de la revue Sciences & Avenir, il y avait un article concernant un livre québécois.Il s'agissait de Ratopolis écrit par Gilles Thérien et publié aux Presses de l'Université du Québec.Comme Québec Science est publié aux Presses de l'Université du Québec, j'aimerais que vous me disiez où et comment je pourrais me procurer ce livre.Depuis que j'ai vu Ratopolis sur film, j'ai vainement essayé de me le procurer dans la plupart des bibliothèques près de chez moi.Richard Brouillet Sainte-Foy Vous pourrez vous procurer ce livre en vous adressant directement aux Presses de l'Université du Québec, C.P.250, succursale N, Montréal, H2X 3M4.La deuxième édition de Ratopolis vient d'être publiée et est disponible au prix de $9.95.Ce livre devrait aussi être en vente dans les librairies."f POUR CHANGER LE TEMPS Peut-on aujourd'hui produire chimique ment de la pluie artificielle en augmen tant le volume de petits nuages?La construction de grands barrages, « avec leurs immenses nappes d'eau, harnachement des rivières, par exemple Manicouagan, baie James, peut-elle h changer le climat des régionsdu Québec, des provinces de l'Ouest (blé) et de l'Ontario (fruits et légumes) à brève échéance?Michel Gagnon Jonquière On peut provoquer artificiellement la pluie en ensemençant des nuages surfondus (c'est-à-dire dans lesquels T eau persiste à l'état liquide malgré une température inférieure à 0°C) avec de la 5 QUÉBEC SCIENCE / février 1978 luips «e» > aej-ei (li «es iïré jiüi m eseiv ïitw paît le ' Mil neige carbonique ou des cristaux d'iodure d'argent.Vous pourrez obtenir plus de détails sur ce sujet en consultant un article écrit par notre collaborateur André Delisle, intitulé Apprivoiser les nuages, et publié dans le numéro d'octobre 1973 (vol.12.no 2).Quant à l'influence sur le climat des immenses réserves d'eau constituées à la suite de la construction d'un barrage comme Manic V, on peut dire qu'à un niveau global, elle est nulle.Au niveau local, elle existe cependant: ces réserves d'eau jouent le rôle de tampon, c'est-à-dire qu'elles ralentissent le refroidissement comme le réchauffement de la température.De plus, elles augmentent l'humidité de l'air ambiant.La végétation environnante s'en ressentira dans le sens que, si l'on conserve l'exemple de la Manie, la croissance des feuillus sera plus favorisée qu'avant la construction du barrage.M yaw: toi UNE QUESTION D'OREILLE ; J'ai beaucoup apprécié l'article de Georgette Goupil «Dresser l'oreille» (vol.16, no 2, p.6).J'aimerais avoir des précisions :: concernant la rééducation de l'oreille Jk droite et l'influx nerveux circulant de i l'oreille droite au cerveau, à savoir si : l'auteur de la recherche veut dire l'oreille dominante ou réellement l'oreille droite.Cela pourrait avoir une certaine importance dans une perspective d'étude sur la latéralité en général.J'aimerais également savoir s'il existe des données sur I incidence de la latéralité de l'oreille, en terme de préférence latérale.Pourriez-vous aussi me donner certaines référen-ces des travaux de ce remarquable P/; chercheur qu'est A.Tomatis.s J Michel Bellavance ipit* Angers i 'I s'agirait réellement de l’oreille droite et non de l'oreille dominante.Pour avoir M'1' de précisions sur les recherches de 'et oto-rhino-laryngologiste français, mus pourrez consulter le livre L'oreille et a vie que vient de publier Alfred Tomatis Dp 3UX éditions Robert Laffont, dans la ; ( :ollection Réponses-Santé.! .eiiJ (# y FAMILLE DES SCIENCES GRADES: B.Sc;B.Sc.A.Programmes Renseignements Baccalauréat en biologie (B.Sc.) 282-7105 - options: biologie moléculaire* écologie Baccalauréat en chimie (B.Sc.)* 282-4741 - options: biochimie chimie chimie industrielle Baccalauréat en géologie (B.Sc.) 282-7285 Baccalauréat en géographie physique (B.Sc.) 282-7285 Baccalauréat en informatique de gestion (B.Sc.A.)* 282-7812 Baccalauréat en mathématiques (B.Sc.)* 282-6907 - options: statistiques et recherche opérationnelle informatique mathématiques économique autres.Baccalauréat en physique (B.Sc.)* 282-7824 - options: physique géologie météorologie autres.Baccalauréat d'enseignement (B.Sc.)* - biologie 282-7105 - chimie 282-4741 - mathématiques 282-6986 - physique 282-7824 Baccalauréat d'enseignement en électrotechnique (B.Sc.A.)* 282-6963 Baccalauréat d'enseignement en techniques de la mécanique (B.Sc.A.)* 282-6903 * Les programmes marqués d'un astérisque peuvent être suivis entièrement à temps partiel.Conditions d'admission à ces programmes - DEC ou l'équivalent; - Les candidats, âgés d'au moins vingt-deux (22) ans, possédant des connaissances suffisantes et une expérience pertinente peuvent être admis sur recommandation du comité de sélection concerné.Dates limites des demandes d'admission - Temps complet: 1er mars 1978 - Temps partiel: 1er juillet 1978 Pour se procurer le formulaire de demande d'admission: Bureau du registraire.Service de l'admission Case postale 8888, Succursale «A», Montréal, Qué.H3C 3P8 Téléphone: (514) 282-7161 Université du Québec à Montréal 1 ¦ 'û O Thérèse Dionne et Bernard Dupuis Le sol: amendements et fertilisants L'étude du sol nous a appris que, pour être véritablement nourricière, une terre doit avoir une bonne structure grumeleuse, abondamment pourvue en éléments nutritifs nécessaires aux végétaux.Mais, dans la pratique, on sait bien que la terre dont on dispose n'est jamais parfaite.Force est donc de nous en accommoder et d'en tirer la maximum par des façons culturales appropriées et par l'apport d'amendements, c'est-à-dire de substances incorporées au sol et destinées à améliorer sa constitution physique.Quant aux éléments nutritifs que les cultures successives enlèvent au sol afin d'assurer leur croissance, leur floraison et leur fructification, ils lui sont restitués par l'application d'engrais, soit organiques ou chimiques.On peut améliorer considérablement une terre si l'on connaît bien ses défauts et qualités.Un sol dont l'élément dominant est le sable est léger, poreux et granuleux.Il laisse passer facilement l'air, se réchauffe vite au printemps et convient bien à la culture des primeurs.Cependant, il manquedetenue et ne retient pas l'eau; les arrosages doivent être abondants et fréquents, sinon les plantes se fanent.Dans la plupart des cas, il est acide.Une bonne terre ne devrait pas contenir plus de 60 pour cent de sable.Une terre très argileuse présente plus de problèmes.On la reconnaît assez facilement avant même de la travailler.— Lorsque sèche, elle est dure, se fendille, se crevasse.— Lorsque humide, elle se pétrit facilement et se moule comme de la terre à modeler: c'est la glaise.— S'il pleut, elle garde l'eau dans ses creux etforme une boue collante, épaisse et glissante.Elle est imperméable à l'eau et à l'air.Les racines y sont mal à l'aise, ellesy respirent mal.Les tubercules et les racines pivotantes s'y développent mal (carottes, betteraves).Les microbes utiles qui fixent l'azote de l'air et décomposent les matières organiques, source d'humus, y sont peu nombreux.Difficile à mouiller, elle se «ressuie» difficilement.Elle se réchauffe très lentement au printemps; on ne peut donc lui confier des semis hâtifs.Comme elle est pauvre en humus, cela diminued’autant la vie microbienne utile du sol, déjà ralentie par l'imperméabilité.février 1978 / QUÉBEC SCIENCE Elle est acide et manque de chaux, élément indispensable à la vie des plantes.Mais la terre argileuse a les qualités de ses défauts.Elle retient bien l'eau, ce qui peut être utile en temps de sécheresse.Elle est stable, conserve bien les engrais et n'abrite que peu d'insectes.Elle est riche en potasse.Ces qualités sont précieuses et permettent, grâce aux façons culturales et aux amendements, de faire d'une terre lourde une bonneterre.La plupart du temps, la manière de travailler le sol est le secret de la réussite.Avec les terres légères qui sèchent très vite, il n'y a pas beaucoup de problèmes.Mais avec les terres argileuses, il faut attendre qu'elles soient ressuyées après les pluies abondantes avant de bêcher, biner ou ratisser, si l'on ne veut pas se retrouver avec du mortier vitetransformé en béton imperméable sous l'action du vent et du soleil.Si la terre colle à l'outil, il vaut mieux ne pas insister.De même, les bêchages et labours d'automne à grosses mottes sont de rigueur.On expose ainsi un volume de terre plus important à l'action du gel et du dégel, de sorte qu'au printemps, lorsque le sol s'est ressuyé, les mottes s'effritent facilement.Kllll LES TERRES DÉFICIENTES Voici en résumé les terres qui doivent être amendées: — les terres trop perméables, qui retiennent mal l'eau; — les terres trop argileuses, trop compactes; — les terres décalcifiées.Les terres trop perméables sont celles où le gravier, les cailloux et le sable dominent.Il faut épierrer, puis incorporer des matières premières qui maintiendront dans le sol le degré d'humidité nécessaire.Ces matières sont le fumier moyennement décomposé, la tourbe, les composts, les terreaux de feuilles, les engrais verts enfouis ou toute autre source génératrice d'humus.fit «Il *lnie N ¦fti Argile avant l'apport d humus circulation Après l'apport d humus: de l'air et de l'eau QUÉBEC SCIENCE / février 1978 eiü.et1; lètei Les terres trop argileuses exigent un apport de calcaire sous forme de carbonate de chaux ou de marne calcaire pour floculer l'argile.Il faut également ajouter de l'humus, et on peut ajouter du sable grossier pour accroître sa porosité.Les terres décalcifiées peuvent être soit de nature argileuse, soitdenaturesablonneuseoutour-beuse.En effet, une acidité trop forte est toujours préjudiciable à la terre du jardin, et surtout à ses productions.é ta- M îto, epii fc (PCs! 00 i pu* leoi UN OÙ II il to esp *es eoï’ iüi* apiif rtv INDISPENSABLE HUMUS L'humus, nous l'avons vu dans la première chronique sur les sols (voir Québec Science, vol.1 6, no 4), est un des éléments fondamentauxqui constituent la terre de nos jardins.Il a une fonction chimique, par l'échange d'éléments fertilisants qu'il permet (voir l'illustration sur la nitrification), physique, par son action sur la texture du sol, car il donne du corps aux terres légères et assouplit et ameublit les terres fortes en coagulant l'argile, d'où une meilleure circulation de l'air et de l'eau enrichie de sels nutritifs; et enfin biologique, par les micro-organismes et bactéries qu'il contient et qui contribuent à la transformation en nourriture pour les plantes de tous les débris végétaux.Quels amendements humiquesfaut-il apporterà une terre?Le fumier de ferme bien décomposé est encore le meilleur amendement humique et sa valeur comme engrais est aussi intéressante.Le fumier de cheval est sensiblement plus riche que le fumier de bovins et le fumier de moutons plus riche que celui de cheval.Le fumier de volailles est cinq fois plus riche que celui de bovins, notamment en acide phosphorique et chaux.Cependant, il est peut-être délicat d'utiliser le fumier de ferme dans votre jardin si vous ne voulez pas attirer les foudres de voisins à l'odorat sensible.On peut essayer de le remplacer par la tourbe, les composts, les terreaux ou les engrais verts enfouis comme les légumineuses, qui ont le pouvoir supplémentaire d'enrichir le sol en azote.Ainsi, les haricots, pois, etc.peuvent être enterrés après la récolte.Quand nous parlerons du potager, nous décrirons la manière de faire un compost.L'emploi des amendements humiques se fera de préférence à l'époque des labours, avant les plantations.Il faut les enfouir aussitôt la mise en place faite pour éviter les déperditions en azote.La tourbe, toutefois, peut être enfouie par binage à n'importe quel moment lorsque la terre est encore meuble.eau (S CW NOS SOLS ONT BESOIN DE CHAUX En raison de la nature géologique de la plupart des sols québécois, on peut prendre pour acquis que la pratique du chaulage est généralement indispensable pour l'obtention de bonnes récoltes.Sa fréquence variera en fonction de la nature du sol, des cultures précédentes et de celles à venir.Le meilleur moyen de savoir quelle quantité de chaux il faut appliquer T re îrre trop tenue légère: 'eau n'es ît pas eau • s • r .• .• ' J r- • r.; ' ¦ ' r ¦ ' ' • Après l'apport d'humus: les particules d'humus se gorgent d'eau hu.mus est encore et toujours l'analyse du sol pour en connaître le pH.En général, si le jardin est argileux, on peut chauler tous les quatre ou cinq ans, à la dose de 40 à 50 kilogrammes de chaux pour 100 mètres carrés.S'il est sablonneux, 15 kilogrammes seront épandus sur la même surface, mais tous les trois ans.En pratique, la chaux s'emploie au Québec sous trois formes différentes.La pierre à chaux moulue est la plus recommandable parce que son effet dure plus longtemps.Sous notre climat, l'application de la chaux à l'automne assure de meilleurs résultats.La chaux hydratée a une action plus rapide, mais son effet résiduel est de moins longue durée.Le coût en est aussi plus élevé.La marne calcaire est aussi à recommander et d'emploi économique là où il y a des dépôts à proximité, comme c'est le cas dans la région du Bas Saint-Laurent.Il faut retenir que si le chaulage des terres acides est une nécessité, la chaux ne remplace pas les engrais.Elle crée seulement un milieu propice à l'action de ceux-ci sur les plantes.Chaque fois que l'on récolte un légume, une fleur ou un fruit, on soustrait à la terre une quantité d'éléments, dont certains sans espoir de retour.L'utilisation d'engrais restitue à la terre, soit indépendamment, soit groupés, les trois éléments majeurs, azote, phosphore et potasse.Au cours des prochaines chroniques, nous parlerons de leurs applications particulières pour potagers, pelouses, arbustes, conifères, fleurs, etc.Pour en lire plus L'Encyclopédie des jardins, Larousse, Paris, 1973 Engrais-Guide pratique de la fertilisation, La maison rustique, Paris, 1974 Mon jardin et ma maison (mensuel) Hydro-Québec Produire l’électricité Une série expliquant les divers procédés actuellement employés dans le monde pour produire l’électricité et ceux qu'on est à mettre au point.L’énergie des vents possède de très longs états de service.Il faut remonter loin dans l’histoire de l’humanité pour retracer ses premières utilisations.Ce n'est qu’à une période relativement récente que la disponibilité d’autres sources d’énergie à bon marché l’a fait mettre en veilleuse.Aujourd’hui, maintenant que s'achève cette ère de surabondance énergétique, l’énergie éolienne resurgit et fait curieusement figure de voie «nouvelle».Principe de fonctionnement Les forces des vents, forces de poussée et de trainée si l’on veut faire toutes les distinctions, peuvent être captées au moyen de dispositifs simples.Tous connaissent les hélices et les girouettes qui tournent dans le vent.Ces appareils convertissent l’énergie cinétique des molécules d’air en énergie mécanique.Pour obtenir de l'électricité, il suffit d’utiliser cette énergie mécanique pour faire tourner une génératrice ou un alternateur.Le principe de base est donc des plus simples.On appelle plus précisément aérogénérateurs les éoliennes conçues pour produire de l’électricité.Types d’appareils Avant d’aborder diverses considérations pratiques au sujet de leur emploi pour la production d’électricité, jetons un coup d’oeil sur les différents types d’éoliennes.Les modèles réalisés ou simplement dessinés sont extrêmement nombreux, mais ils peuvent être regroupés en quelques types généraux.Les deux principaux types sont les éoliennes à axe vertical comme la girouette et les éoliennes à axe horizontal parallèle à la direction du vent comme les moulins à vent classiques.Il y a aussi des éoliennes à axe horizontal perpendiculaire à la direction du vent qu’on pourrait comparer à la roue des moulins à eau et divers modèles hétérogènes.Notons, parmi ces derniers modèles, le concept d’un capteur électrostatique sans aucune pièce mécanique Les éoliennes mobile pouvant transformer l’énergie du vent en électricité à condition qu’il soit au préalable ensemencé au moyen d’aérosols chargés électrostatiquement.Certaines conceptions font sourire comme celle d’une sorte de wagonnets circulant sur une voie en produisant de l’électricité tel un train électrique dont on inverserait le fonctionnement, ou comme cette autre proposition consistant à rattacher les arbres à des génératrices au moyen de câbles en vue de tirer parti de leurs oscillations.Utilisation Le principal inconvénient de l'énergie éolienne est son intermittence.A moins de pouvoir régler sa vie au rythme de ses périodes de disponibilité, il faut l’utiliser de façon complémentaire à d’autres sources d’énergie ou employer des solutions de stockage qui en élèvent considérablement le coût.Utilisée sans stockage, l’énergie éolienne permet d’économiser d’autres sources d’énergie.Un réseau électrique comportant des éoliennes ne peut les compter comme de la puissance garantie, mais l’énergie qu’il en tire permet d’économiser les réserves d’eau de ses centrales hydroélectriques et les réserves de carburant de ses centrales thermiques.Soulignons que, dans le second cas, l’énergie éolienne concourt à la conservation de ressources non renou-venables.Les éoliennes pourraient donc s’avérer particulièrement utiles dans les régions éloignées où de petits réseaux isolés doivent 1 Une éolienne à axe horizontal aile directrice hélice alternateur électricité boîte de vitesses et frein turbine alternateur Le principe de fonctionnement de l’éolienne électricité être alimentés au moyen de groupes Diesel onéreux.Elles pourraient être employés de façon complémentaire à ces groupes.Lorsque des éoliennes sont intégrées à un réseau, leur alternateur doit être synchrone avec ceux des autres centrales, c’est-à-dire être réglé pour produire de l’électricité ayant les mêmes caractéristiques de fréquence.Elles doivent donc être conçues pour toujours tourner à la même vitesse, quelle que soit la vitesse du vent.Toujours sans stockage, les éoliennes pourraient être utilisées directement par les abonnés du réseau qui économiseraient ainsi une partie de leurs achats d'électricité.Cela est toutefois difficile aux abonnés des régions urbaines à cause de problèmes d’environnement: dimensions, bruits, interférence sur la radio et la télévision, danger d’emballement.En milieu rural, les difficultés seraient moindres; mais il est peu probable que les éoliennes de petites dimensions deviennent compétitives par rapport à l’électricité québécoise avant au moins vingt ans.Il est toutefois intéressant de signaler l'installation à titre d’expérience d’une éolienne sur une ferme laitière d’Hopkinton dans l’état de New-York.On a évité la nécessité du stockage au moyen d'un système d’échange avec le réseau en utilisant un compteur capable d’établir le bilan de l’électricité tirée du réseau lorsque le vent ne suffit pas et de celle qui lui est fcurnie quand la production de l’éolienne excède les besoins de la ferme.Les premiers abonnés pour qui l’utilisation d’éoliennes sera rentable pourraient être des industries fortes consommatrices d’énergie situées dans un emplacement avantageux.Quant aux modes de stockage, nous nous limiterons à les énumérer avec ui seul exemple pour chacun.Il peut s’agir de stockage électrochimique (piles), chi mique (fabrication d’hydrogène), pneumatique (air comprimé), mécanique (rot d’inertie), thermique (sels fondus), hydraulique (centr le à réserve pompée), etc.Expérimentation L’utilisation d’éoliennes i l’échelle considérée soulèv encore certains problèmes techniques entre autres des problèmes de vibration A plusieurs endroits à travers le monde, on travaille leur mise au point.L’Hydro-Québec procèd à l’essai de deux éolienne: une à axe vertical aux Iles-J de-la-Madeleine et l’autre ; axe horizontal parallèle au vent à son institut de rechr che (IREQ) à Varennes.Parmi les nouveaux mods de production d’électricité c’est l'énergie éolienne qui offre, au Québec, les possh lités d’application les plus intéressantes d’ici l'an 2 OC.Une éolienne à axe vertio freins hélice boîte de vitesses alternateur electric QUÉBEC SCIENCE / février 1978 9 ÉNERGIE HARNACHER LE SOLEIL imts m!i: islri Uü! cte ilesli sir i(|y!, ie(s* lels *)| iliw iea # iiltc As Iss' p[K «iss w'i lli;| îSSi iSf-issf l'Ü «li L'ère des pionniers du chauffage solaire domestique au Canada est désormais révolue.Il faut maintenant passer à celle du développement commercial et en prendre les moyens.C'est le message que livrent deux scientifiques de l'Université de Victoria (C.-B.), Harold D.Foster et W.R.Derrick Sewell, dans un récent rapport publié par le ministère de l'Environnement avec la participation de plusieurs agences gouvernementales fédérales.Ce document, inititulé Les problèmes et les perspectives du chauffage solaire domestique au Canada, arrive à point nommé.À la fois document de synthèse des connaissances en ce domaine et étude proposant un plan d'action complet, le rapport de Foster et Sewell incite en effet les autorités fédérales à aller de l'avant à l’heure où plusieurs autres pays, notamment les États-Unis et le Japon, se sont lancés vigoureusement dans la course au chauffage solaire.Le chauffage des maisons à l'énergie solaire directe, c'est d'abord la douce revanche des précurseurs.Les Henry Wright, les G.F.Keck et F.W.Hutchinson qui, dans les années trente et quarante, construisaient aux États-Unis des maisons solaires sont aujourd'hui reconnus comme les premiers experts d'une technologie originale qui devient de plus en plus fiable et sophistiquée.Aux simples surfaces vitrées orientées plein sud imaginées par Keck se sont substitués des dispositifs plus raffinés tels que le mur de Trombe (du nom de son inventeur français), qui consiste en un mur de ciment peint en noir, faisant face au sud et recouvert d'une ou plusieurs vitres transparentes.Puis sont venus les collecteurs en métal, plans ou tubulaires, directement reliés à des systèmes de transmission de la chaleur, par air ou par l'intermédiaire d'un liquide secondaire.Piéger le soleil n'est pas tout.La principale difficulté est plutôt de retenir le plus de chaleur possible et surtout de la redistribuer lentement et avec le moins de pertes possible dans la maison.Ainsi Wright et Keck n'arrivaient pas à équilibrer les échanges thermiques: par un matin ensoleillé d'hiver, il pouvait faire 25°C dans leurs maisons, tandisquelesoirles pertes de chaleur étaient rapides et prononcées.Aujourd'hui, ces problèmes sont en bonne voie d'être résolus.D'abord, une meilleure isolation des maisons permet de mieux garder la chaleur récoltée.Ensuite, les capricieux rayons du soleil sont captés par des systèmes complets qui piègent et redistribuent la chaleur: au collecteur plan ou tubulaire (qui peut atteindre des températures de 65° à 93°C et transformer jusqu'à 60 pour cent des radiations reçues en chaleur), on juxtapose une unité de transmission de la chaleur, une unité de stockage et un circuit de distribution de la chaleur dans l'espace à chauffer.Le plus air chaud vers approvisionnement en e pour usage domestique échangeur de chaleur réchauffage Du soleil dans la fournaise Ce système de chauffage solaire est simple et il utilise l'eau pour emmagasiner la chaleur et de l'air poussé pour la distribuer.: D après Richard Fine, The Renewable Energy Handbook.Energy Prove, Tor, 1976 souvent, on utilisera de l'eau pour emmagasiner les joules (1 calorie = 4,2 joules) et de l'air pulsé pour les redistribuer.Les variations diurnes et saisonnières de l'énergie solaire étant très grandes, le problème de stockage des calories solaires reste cependant très préoccupant.Le stockage à court terme (huit jours) est toujours possible.Un réservoir de 23 000 litres d’eau ou de 11 OOOkilogrammes de roches peut servir à cet effet.Dépendant de l'ensoleillement, il retiendra 40 à 100 pour cent des besoins de chauffage de la maison.Pour de longues pério-desdetemps, ilfaudra lui ajouter un système auxiliaire de chauffage, ou bien installer un réservoir d'une capacité de 275 000 litres d'eau pour une maison moyenne.cequi équivaut à une super-piscine remplissant votre sous-sol! Des recherches sont actuellement en cours pour utiliser des substances plus compactes, comme la paraffine ou les sels de Glaubers, afin de mieux retenir la chaleur.Mais même s'il restequelques problèmes, la technologie du chauffage solaire domestique peut être considérée comme disponible, soulignent les auteurs du rapport.Selon eux, les obstacles au développement de ce mode de chauffage ne sont plus d'ordre technologique, mais bien d'ordre économique et social.Ce n'est pas que le matériel nécessaire soit cher en lui-même, plaident-ils, mais plutôt que rien ne soit fait pour encourager la conversion au solaire.Alors que les sources d'énergies classiques restent largement subventionnées, ilstrouventque l'énergie solaire est encore négligée et laissée à l'initiative privée.Le résultat est qu'il n'y a pas plus d'une cinquantaine de maisons chauffées ainsi au pays.Aussi, Harold Foster et Derrick Sewell proposent-ils un plan d'action en trois phases.La première, qui va jusqu'en 1982, est une phase de sensibilisation.Elle verrait le gouvernement s'engager pleinement dans la promotion du chauffage solaire, notamment par la promulgation d'une loi sur l'énergie solaire et l'expansion des programmes de programmes-témoin dans les édifices publics.Elleverraitaussi la création d'un consortium, du type de la Panartic, destiné à promouvoir l'utilisation de ce type de chauffage.Elle verrait enfin la création de zones réservées à l'utilisation de l'énergie solaire et l'établissement de surtaxes à la consommation des énergies traditionnelles.La seconde phase, qui irait de 1 982 à 1987, verrait l'établissement d'un marché pour le chauffage solaire, l'application de normes pour la construction, l'abaissement des primes d'assurance sur les maisons solaires et plusieurs mesures d'incitation.La troisième phase en serait une d’évaluation du programme, dans un contexte de changements technologiques et d’utilisation croissante de types d'énergie renouvelables.Selon les auteurs, il est temps d'aborder de plain-pied l’ère du chauffage solaire.L'avenir dira si les gouvernements prendront vite les décisions socio-politiques ouvrant la voie au développement de cette technique.Mais pour les scientifiquesentoutcas, l'ère des pionniers est dépassée.Comme le remarquait le Canadien E.P.Cockshutt lors d'une récente conférence sur l'énergie: «Disons que, par analogie avec l'histoire de l'aviation, nous avons dépassé l'ère des frères Wright et que nous nous approchons peut-être de l'époque de la première guerre mondiale.» Jean-Pierre Rogel PHYSIQUE DE L'ESPACE TRIO EN U.S.MAJEUR Le 22 octobre 1977, la NASA a procédéau lancementsimultané de deux satellites, International Sun Earth Explorers 1 et2(ISEE 1 et ISEE 2).Les deux véhicules, conçus pour étudier sur une période d'au moins trois ans l'influence de l'activité solaire sur l'espace qui entoure la Terre, analyseront en particulier la magnétosphère et ses composantes.Il s'agit d'un projet conjoint entre la NASA et l'Agence spatiale européenne (ESA), la première étant responsabled'ISEE 1 et la seconde d'ISEE 2.L'entreprise s'inscrit dans le cadre de l'Étude internationale de la magnétosphère.Une cinquantaine de pays participent à ce vaste programme de recherche qui a commencé en janvier 1976 et qui s'échelonnera jusqu'en 1979.Ce qui constitue une première dans l'histoirede l'aéronautique, les deux satellites ont été placés sur une même orbite, et on peut modifier l'écart entre eux.En effet, ISEE 2, le plus petit des deux, est muni d'un moteur à hydrazine qui lui permet de s'approcher ou de s'éloigner à volonté d'ISEE 1.Leur orbite est extrêmement excentrique, avec un apogée de 140 000 kilomètres et un périgée de seulement 280 kilomètres (à titre de comparaison, la distance moyenne Terre-Lune est de 384 000 kilomètres). 10 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE I m - Les faux jumeaux C'est avec cette fusée Delta ! 35, prise à l'instant de son décollage du Cap Kennedy, qu'ont été mis en orbite les satellites ISEE 7 et 2.Grâce à ces deux vaisseaux, on pourra cerner avec précision la nature et la position des discontinuités qui caractérisent ia magnétosphère terrestre, c'est-à-dire la région de l'espace dans laquelle s'étend le champ magnétique de la Terre.(Contrairement à cequ'indiqueson nom, la magnétosphère a plutôt la forme d'une queue de comète, sa plus grande partie étant repoussée derrière le globe terrestre par le vent solaire.) Ses principales discontinuités sont la magnétopause, limite entre la magnétosphère et le champ magnétique interplanétaire, l'onde de choc résultant de l'interaction entre le vent solaire et la magnétosphère et, enfin, la plasmapause, limite située à même la magnétosphère et au-delà de laquelle la densité du plasma entourant le globe terrestre diminue rapidement (un plasma est un gaz ionisé).Toutes les manoeuvres sont contrôlées à partir du centre spatial de Goddard, à Greenbelt au Maryland.On a mis sur pied des centres de diffusion des renseignements à Meudon, en banlieue de Paris, et à Boulder, au Colorado.Au centre de Goddard, on calcule également les coordonnées des satellites en orbite, lesquelles sont communiquées par le centre de Boulder.En juillet 1978, on lancera un troisième satellite, ISEE 3, également sous la responsabilité de la NASA.Il sera placé en orbite solaire à un million de kilomètres et demi de la Terre vers le Soleil.À cet endroit, que l'on nomme le point de libration, il y a presque équilibre entre la force d'attraction du Soleil, d'une part, et la force d'attraction de la Terre et la force centrifuge, d'autre part.La consommation de carburant requise pour rester à l'endroit voulu sera donc modeste.Là, le vaisseau sera à l'abri des interférences provoquées par des particules ou des ondes provenant de la magnétosphère, ce qui lèvera toute ambiguïté quant à l'origine des phénomènes observés.Par contre, il ne sera pas trop éloigné pour que les communications avec la Terre soient difficiles.Il servira en quelque sorte de sentinelle à ses deux satellites frères, puisqu'il fournira, avec une heure d'avance, des renseignements presque continus sur l'activité du Soleil, par exemple les fluctuations du vent solaire et les éruptions solaires.Dans certains cas, les scientifiques auront le temps d'envoyer des commandes aux instruments à bord d'ISEE 1 et 2 afin de comparer les phénomènes observés hors de la magnétosphère et les effets qui en résultent à l'intérieur de celle-ci.On pourra d'autre part envoyer des fusées de plusieurs points du globe pour étudier les caractéristiques du vent solaire.On a par ailleurs prévu, dans le cadre de l'Étude internationale de la magnétosphère, l'observation simultanée de divers phéno-mènes à partir de toutes les régions du globe, y compris les régions polaires: on utilisera stations terrestres, fusées, ballons, avions et satellites.On se propose d'élucider de nombreux phénomènes encore mystérieux.On ne comprend pas clairement pourquoi la direction du champ magnétique interplanétaire exerce une influence déterminante sur la structure et la stabilité de la magnétosphère et sur les changements dans cette dernière juste avant que ne se produisent certaines tempêtes magnétiques.Aussi le fait L’industrie a besoin de bacheliers en Technologie .pour développer et implanter de nouvelles méthodes .diriger les opérations d’usines et de chantiers .apporter des solutions aux problèmes techniques .assumer des postes de cadres.L’École vous offre: 1 Baccalauréat en 72 crédits 3 Programmes en Mécanique, Électricité, Construction civile 12 Mois de stages en industrie, rémunérés et crédités 2 Régimes — Temps complet et temps partiel 2 Débuts de cours — Septembre ou Janvier 1 Condition d'admission — le diplôme d'études collégiales ou l'équivalent dans l'un des programmes suivants: ELECTRICITE • (Siecirotecfxvque (243 00) • 6lecuoOyrnamiqu« (243 01) • insmxnenlaiion « com rôle (243 02) « électronique (243 03) « techniques Oe laboratoire physique (244 a • æronautoue (280 00) « anonique (280 04) MECANIQUE • lectiniques des matières plaslxjues (211 00) • techniques de la mécamque (241 00) « techraques de fabrication mecamque (241 01) • équipement motonsé (241 02) > oessm de conception môcanque (241 03) • mecanque du bâtiment (221 03) ou (245 00) • a DO “calons therrraques du bâtiment (245 02) -1-3 Q3) 3 00) CONSTRUCTION CIVILE • technologie du bâtiment et des travaux publics (221.00) • technoxiaie oe farchiteciuro (221 01) ou (220 00) • technologie du gene cnit (221 02) technologie de la métatlurge (2 «I Université du Québec École de technologie supérieure 180 est.rue Ste-Catherine.Case postale 370.Succursale N.Montréal, Oué.H2X3M4 (514) 282-7784 que les missions d'ISEE 1 et 2 devraient durer quelques années leur permettra de traverser les diverses couches de la magnétosphère à tous les angles.En comparant les données ainsi acquises à celles fournies par ISEE 3 dans le vent solaire, il sera peut-être possible de formuler des modèles quantitatifs précis des variations de la structure et du comportement de la magnétosphère.On étudiera également les mécanismes de pénétration du plasma dans la magnétosphère.Avec les instruments d'analyse de la composition des plasmas sur ISEE 1 et 3, on pourra identifier les ions selon leur masse par unité de charge.On saitque les ions dans le vent solaire ont la charge électrique qu'ils avaient à leur départ de la couronne solaire, alors que les ions provenant de l’ionosphère ont généralement une charge unitaire, comme He+ et He2+, de sorte qu'il sera possible de déterminer l'origine des plasmas (l'ionosphère est la partie de l'atmosphère terrestre qui s'étend de quelque 50 à environ 550 kilomètres d'altitude).Enfin, les dernières observations laissent croire qu'il y a accélération de particules dans la queue de la magnétosphère, mais on ne sait pas encore pourquoi.Ces recherches ne seront pas sans retombées plus immédiates.On admet de plus en plus que l'activité du Soleil — taches, protubérances, vents solaires, etc.— influe sur le climat de la Terre (voir Québec Science, vol.16, no 4, p.1 6).On est certain en tout casque l'activité solaire agit sur l'ionosphère et sur la fameuse couche d'ozone, située en-dessous de la première à environ 25 kilomètres d'altitude.Or, ces couches nous protègent presque complètement des dangereux rayons ultraviolets, les rayons qui donnent les coups de soleil.De plus, l'ionosphère détermine le contenu atmosphérique en ozone et joue un rôle clé dans les communications à longue distance, y compris celles pour la navigation, puisque la plupart des couches réflectrices des ondes radio s'y trouvent.En somme, on cherche à établir des relations de cause à effet entre stimuli d'origine solaire et réactions atmosphériques.Nous disposerions ainsi d'un nouvel outil de prédiction du climat.Et peut-être serions-nous en mesure de répondre à certaines questions fondamentales.Les grosses tempêtes et les ouragans sont-ils liés de quelque façon à l'activité solaire?Les précipitations reçues par les diverses parties du globe vont-elles varier?La Terre elle-même va-t-elle se réchauffer ou, au contraire, va-t-elle se refroidir?Kt; il ! pjlü \ It Ciel IW S ils Iflli ' JÀ tel r Ig ¦li ta y# m ta iiiDg ^ liai te tfek |,iig l»i*i fe, Mi ÏStlf nie fera iw «Sji r® L little tes %: j ! Itjîl vJ'îlflü I fejûl r M Louis de Be/lefeuille : QUÉBEC SCIENCE / février 1978 1 1 TECHNOLOGIE LASER À VOCATION MILITAIRE (,1 Développés au Québec, notam-: ment au Centre de recherche pour la défense à Valcartier près de Québec, les lasers TEA C02 ontfait leurs preuves.Non seule-: ment ils se vendent bien, mais i;;i on continue à les perfectionner pour élargir le champ de leur uti-jJ lisation.Le Centre de recherche f;iij pour la défense de Valcartier ici : (CRDV) vient d'ailleurs d'en per-).fectionner un modèle pour l'intégrer dans un système de radar optique qui sera utilisé à titre expérimental à bord de navires de la Défense nationale.La compagnie québécoise Gen-Tec Inc., un autre pionnier dans le développement des lasers TEA N CO2.vient d'obtenir le contrat, d’un montant de près de 250 000 : dollars, pour finir la mise au jijt point de ce transmetteur laser et en fabriquer un prototype pour le :.compte du ministère de la Défense nationale.Utilisé par la marine, ce transmetteur laser sera la principale composante du radar optique; il devrait permettre de détecter des cibles se déplaçant à grande X vitesse, comme des missiles ou des chasseurs supersoniques.Conçu pour être robuste et sûr, il i fonctionnera sans entretien et pratiquement sans intervention humaine pour une période de plus de 1 50 heures.Le travail de Gen-Tec consistera à réduire les dimensions du laser pour en faire un appareil d'un volume maximum de deux mètres cubes.Il faudra également, explique François Pain-chaud, de Gen-Tec, améliorer la fréquence et la rendreplusstable sur une plus longue période, celle-ci devant passer de quelques secondes à plusieurs minutes et même plusieurs heures.D'une puissance de pointe déjà élevée, un million de watts, le laser devra donc gagner en précision s'il veut suivre à la trace le très rapide déplacement d'un missile, et cela suffisamment longtemps pour permettre aux artilleurs de détruire l'engin.Pour la firme de Sainte-Foy, ce contrat est l'occasion rêvée pour le développement du modèle DD-300, qui se trouve à la pointe de la technologie des lasers TEA à haute cadence.Spécialisée dans les systèmes électroniques, Gen-Tec a fait ses premières armes, il y a de cela 20 ans, avec des régulateurs de puissance appelée, systèmes employés dans les édifices chauffés à l'électricité et permettant de réduire la facture.Ce n'estqu'en 1970 que la firme de Sainte-Foy s'est lancée dans les lasersTEA-C02, après avoir obtenu la licence de fabrication de ce type de laser.Aujourd'hui, cinq modèles sont sur le marché et si les États-Unis restent le premier client, le laser québécois est également vendu en Grande-Bretagne, en France, au Japon et en Union soviétique.Les utilisations vont de diverses applications industrielles dans les domaines de la spectroscopie à l'infrarouge à la détection de cibles, en passant par l'étude de la pollution atmosphérique, leperçage, lecoupage et la soudure de différents métaux.Le modèle DD-300, émet un faisceau infrarouge d'impulsions ayant une puissance de pointe d'un million de watts que les spectroscopistes peuvent utiliser pour étudier la structure des molécules, et les chimistes pour provoquer des réactions chimiques.Deschercheursamé-ricains l'utilisent aussi pour étudier un nouveau procédé d'enrichissement de l'uranium.Le radar optique constitue un nouveau champ de développement pour ce laser.Selon les spécialistes de la question, le radar à transmetteur laser devrait se montrer très efficace face aux missiles volant en rase-mottes.En effet, contrairement aux radars conventionnels qui «enregistrent» les objets tels que les édifices et pylônes au ras du sol et ont du malàlesdifférencier des avions et missiles, le radar optique sait se montrer sélectif.Par contre, il a le désavantage d'être affecté par les gouttes d'eau d'une averse ou même par des nuages trop opaques.Il est clair que, compte tenu de la faiblesse de la marine militaire La lumière en boîte Le laser TEA C02, modèle DD-300.sera la pièce maîtresse du premier prototype de radar optique de la Défense nationale.Mis au point par la compagnie Gen-Tec, il émet un faisceau laser qui pourrait permettre de suivre un missile volant en rase-mottes.canadienne, le ministère de la Défense songe à un avenir plus brillant pour ce radar optique.À Gen-Tec, on pense qu'une fois passé avec succès le cap des essais sur un bateau canadien, l'OTAN pourrait se montrer intéressée à s'équiper avec quelques-uns de ces radars, Bipasser commande à Gen-Tec de plusieurs douzaines d'engins.L'avenir semble donc rose, à condition que le ciel reste bleu, sans nuage.Miche! Gauquelin [il AFGHANISTAN: AMAZONIE: GALAPAGOS: ANDES: MP \nw ?à?.chevauchée à travers les plateaux du Nord (1 mois) descente de rivière en pirogue (1 mois) expédition à cheval à Vilcabamba (1 mois) découverte d’une faune unique au monde (1 mois) bouts tf’tu’aux ^ «Monde Vous sentez le coureur des bois s’agiter en vous, vous avez envie de vacances différentes, vous rêvez de paysages encore vierges .Alors grimpez dans la nacelle avec nous “jusqu'aux bouts du monde" et partez vers des horizons nouveaux (départs: juin, juillet, août, septembre et octobre) CLUB AVENTURE VOYAGES INC., 399, boul.Labelle, Chomedey, Laval H7V 2S5 Tél.: 688-4632 (nous acceptons les frais d'appel) détenteur d'un permis du Québec.MAROC: randonnée chez les Berbères du Haut-Atlas (1 mois) THAÏLANDE: le Triangle d'Or à dos d'éléphant (1 mois) GUATEMALA: Fêtes de Pâques à Nuevo Progreso (23 mars au 12 avril 78) ces voyages sont aussi disponibles sur une base de 2 ou 3 semaines •XV découvrir le Québec .à peu de frais 4P Réseau québécois des auberges de jeunesse et des bases de plein-air annuelles Les Auberges de Jeunesse ne sont pas ouvertes seulement durant l’été! Cinq d’entre elles vous offrent toute l’année des conditions avantageuses d'hébergement et de repas.Vous pouvez y séjourner un, deux jours ou plus longtemps encore.Tarifs: Hébergement de $1.50 à $6.00 Repas entre $1.00 et $1.50 Réservation à l’avance préférable Base de plein-air «Le Nord du Nord» Sault-au-Mouton Tél.: 418-231-2214 Cinq «bases de plein-air» accueillent aussi toute l’année des groupes scolaires et des particuliers.Elles offrent la possibilité de s’initier et de pratiquer diverses activités de plein-air dans des sites propices à l’épanouissement de l’individu.Un personnel compétent y est à votre disposition.Tarifs: de $8.00 à 15.00 par jour, par personne Réservation à l’avance préférable.Centre de plein-air du Lac Mourrier 901, Royale Maladie Cté Rouyn-Noranda Tél.: 819-757-4525 Auberge du Pin Solitaire 154, Boul.Queen Nord Sherbrooke Tél.: 819-562-5543 Auberge La Cabouse, Lac Bouillon St-Donat Tél.: 819-424-2552 Auberge St-Sauveur 114, rue Morin Val Morin Tél.: 819-322-6008 Centre International de Séjour de Québec 69, rue d’Auteuil Québec Tél.: 418-694-0755 Base de plein-air Jouvence Inc.R.R.no 1 Lac Stukley Bonsecours Cté Shefford Tél.: 514-535-6633 Base de plein-air St-Gédéon Rang des Iles St-Gédéon Cté Lac St-Jean Tél.: 418-345-2607 Base de plein-air du Lac Rohénégamook Estcourt Cté Kamouraska Tél.: 418-859-2405 Centre de plein-air La Vigie 550, Boul.Thomas Maher Lac-St-Joseph Tél.: 418-875-2293 Gouvernement du Québec Haut-Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports QUÉBEC SCIENCE / février 1978 13 MÉDECINE GÉNÉTIQUE LE MAL DE LA TERREUR Depuisquelquesannées, leQué-bec s'est doté d'un réseau efficace de médecine génétique et de dépistage des porteurs de gènes potentiellement nocifs, au point qu'on est en train de servir de modèle international en ce domaine.Toutefois, la majorité des efforts portent pour l'instant sur les maladies génétiques guérissables moyennant un traitement particulier (une alimentation spéciale, par exemple), ou celles qui sont incurables et entraîneront la mort très rapide du bébé, auquel cas on tente d'éviter les naissances non viables.Or, il existe d'autres maladies reliées de manière de plus en plus évidente à des facteurs génétiques, mais pour lesquelles aucun programme de dépistage précoce, et encore moins d'intervention préventive, n'est au point.C'est le cas, par exem- Îple, de la sclérose en plaques, maladie dont le caractère génétique est encore discuté, et pour r laquelle n'existe ni prévention, ni traitement.Elle frappe pourtant un Canadien sur 1 OOOenvi-ron Analogue à la précédente, la maladie (ou chorée) de Huntington est beaucoup plus rare (un Canadien sur 10 000 présentement), mais son caractère génétique est mieux démontré.L'in- Iconvénient avec cette dernière maladie (et un certain nombre d'autres troubles du même genre), c'est que ses symptômes n'apparaissent que passé 30 ans, et parfois même après 50 ans.Dégénérescences cérébrales irréversibles et incurables, il ne saurait être question, comme avec la maladiedeTay-Sachsqui frappera l'enfant dès les premiers mois, de recommander l'avortement! Une identification précoce des personnes prédisposées à ces i maladies permettrait néanmoins de suivre beaucoup plus tôt » I étiologie de leur dégénérescence et d'en identifier éventuellement les causes premières, mais aussi d'avertir les porteurs de la maladie à l'avance et de les inciter éventuellement, si le déterminisme génétique est établi, à ne pas se reproduire (mais plutôt de choisir Tadoption ou I insémination artificielle, par exemple)., De nombreuses équipes médicales travaillent présentement sur le dépistage et la compréhension de la déroutante sclérose (dont une équipe de l'institut Armand Frappier de l'Université du Québec, comprenant entre autres les Drs Lapierre et La-moureux).Une équipe de l'Université de la Saskatchewan à Saskatoon travaille quant à elle sur la maladie de Huntington; elle vient d'annoncer, quoique avec grande prudence, le développement d'un test précoce pour cette déficience génétique dominante (c'est-à-dire que 50 pour cent des enfants d'un porteur seront atteints de la même maladie).Le test repose, comme bon nombre d'autres tests génétiques administrés ici au Québec, sur l'évaluation dès le jeune âge de niveaux anormaux de certaines enzymes dans le sang (mais pas dès la naissance).Ces niveaux anormaux ont été trouvés chez tous les malades identifiés, semble-t-il, ainsi que chez une proportion d'environ 50 pour cent de leurs enfants, conformément aux hypothèses génétiques.M.Brian Gregory, directeur de l'Institut national de la recherche scientifique — direction énergie (INRS-Énergie) à Varennes, a convoqué le 14 novembre dernier une conférence de presse pour alerter l'opinion publique sur le tarissement des sources de subvention de son organisme.Il serait sûrement exagéré de dire que la situation est dramatique.Par contre, elle est peut-être critique.De déclarer M.Gregory: «L'avenir de l'INRS-Énergie est sombre».Fondé en juin 1970, l'INRS-Énergie fait partie du réseau des institutions de l'Université du Québec.Il poursuit quatre programmes principaux de recherche, lesquels ont tous démarré en 1 970 ou en 1 971.Trois d'entre eux sont axés sur la fusion thermonucléaire contrôlée et le quatrième sur diverses applications industrielles.Le centre de Varennes présente un intérêt tout particulier puisqu'il est actuellement leplus important lieu de recherche en fusion thermonucléaire au Canada.C'est aussi le plus diversifié.De fait, si l'on ajoute la contribution des équipes de recherche, moins nombreuses certes, de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec (IREQ) et de l'université Laval, la somme totale des recherches accomplies dans ce domaine au Québec est supérieure, pour l'instant du moins, à l'ensemble de ce qui se fait ailleurs au Canada dans le même domaine.Toutefois, avant de généraliser ce test, le Dr H.K.Shokeir, qui l'a mis au point, attend de voir si l'évolution de ces jeunes confirmera la valeur prédictive du déséquilibre enzymatique.Si tel est le cas, il espère que la mise en évidence du rôle de ces enzymes permettra de remonter jusqu'à l'explication de la dégénérescence, et éventuellement d'apprendre à la traiter à temps.Quoiquemaladieassezrare, la «Dread disease», comme l'ont baptisée les anglophones (maladie de la terreur), est présentement en progression lente.Des études statistiques ont en effet montré que les porteurs du gène responsable ont plus tendance à se marier, et font plus d'enfants, en moyenne, que l'ensemble de la population canadienne.Sans traitement ni dépistage, soutient Dr Shokeir, la fréquence de cette maladie pourrait doubler d'ici un siècle et demi.Pierre Sormany Les programmes de recherche en fusion thermonucléaire de l'INRS-Énergie sont lessuivants: «Interaction laser-matière», «Confinement d'un plasma chaud» et «Technologie des réacteurs à fusion».Dans le premier, on étudie le comportement d'un plasma créé à la suite du bombardement d'une cible solide par un faisceau laser de haute énergie.La cible, par exemple un ruban de polyéthylène (H2C) , est placée dans une enceinte sphérique que l'on met sous vide.Le faisceau laser est produit par un laser au bioxyde de carbone (C02), l'énergie du faisceau ayant été amplifiée par deux autres lasers avant d'atteindre la cible.Dans le programme «Confinement d'un plasma chaud», on analyse les instabilités de plasmas confinés dans un champ magnétique.On tente de limiter au minimum ces instabilités, de même que les pertes de particules, car ces phénomènes nuisent au processus de fusion nucléaire.Dans le programme «Technologie des réacteurs à fusion», enfin, on étudie les dommages causés aux parois des réacteurs à fusion par des ions légers et des neutrons rapides.Parmi les programmes de recherche d'applications industrielles figure l'étude d'arcs électriques à haute tension.On compte mettre au point un nouveau type de disjoncteur de courant électrique et acquérir une meilleure compréhension des POLITIQUE DE RECHERCHE SOS DE L’INRS-ÉNERGIE phénomènes de corrosion des électrodes dans les fours à arc.On a également entrepris un programme de recherche prometteur sur la séparation isotopique par laser, en particulier la séparation du deutérium du protium, l'isotope léger d'hydrogène.Cette technique pourrait représenter un net progrès par rapport aux méthodes chimiques encombrantes et polluantes de séparation de l'eau lourde actuellement utilisées par la filière nucléaire canadienne CANDU (voir Québec Science, juin 1 977, p.7).Pourtant, faute de fonds, le programme est interrompu.Au fil des années, les chercheurs de Varennes se sonttaillé une place de choix dans le monde de la recherche.Par exemple, ils ont joué un rôle très actif dans la dernière conférence internationale de l'American Physical Society, division de la physique des plasmas, tenue durant l'automne à Atlanta en Géorgie.À la mi-novembre 1977, les chercheurs de l'INRS-Énergie avaient publié non moins de 93 articles dans les revues scientifiques avec arbitres et 58 rapports internes.Quel est donc l'état de santé financier de riNRS-Énergie?Son budget de fonctionnement annuel est de Tordre de 1,2 million de dollars, dont environ 800 000 dollars proviennent d'une subvention de base du ministère de l'Éducation.Celle-ci sert à défrayer les dépenses pour l'infrastructure matérielle du centre (chauffage, électricité, etc.) et la grande partie des salaires des employés.Lecentrerecevaitéga-lement jusqu'à cette année des subventions moins importantes du même ministèredans lecadre des programmes de Formation des chercheurs-action concertée (FCAC).Ces subventions sont accordées pour lancer des équipes de recherche, celles-ci devant par la suite trouver des appuis ailleurs.La somme maximum reçue par l'INRS-Énergie a été de 72 000 dollars en 1972-1973, la première année, et depuis les chiffres ont suivi un decrescendo pour atteindre 0 cette année.Il est vrai que l'épuisement tôt ou tard de cette subvention était prévu, mais on n'a guère trouvé au provincial de source de remplacement.Côté fédéral, l'INRS-Énergie reçoit 350 000 dollars annuellement du Conseil national des recherches (CNRC).En plus des subventions individuelles aux chercheurs, accordées, en principe.selon le seul critère de l'excellence des requérants et de leurs projets, le centre reçoit une subvention d'équipe, une «subvention concertée de développement».Comme dans le cas des subventions FCAC, il s'agit d'une subvention destinée à faire démarrer des équipes, et elle n'est accordée que pendant quelques années.L'INRS-Énergie ne re- 14 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE paul pelletier Un avenir compromis Cette enceinte hermétique sphérique est utilisée par les chercheurs de l'INRS-Énergie pour transformer une substance en plasma sous l'impact d'un rayon laser très intense, dans le cadre du programme «Interaction laser-matière».Ce programme, comme tous les autres programmes de l'INRS-Énergie, est compromis faute de volonté politique pour développer au Québec la technologie énergétique d'après-demain: la fusion thermonucléaire contrôlée.çoit actuellement à ce chapitre qu'environ la moitié de ce qu'il recevait en 1974-1975.Devant cette dégringolade des subventions, certes prévisible, on a effectivement cherché ailleurs.En avril 1977, on a soumis au ministère fédéral des Approvisionnements et Services, en collaboration avecd'autres organismes québécois, deux importantes demandes de subventions — autant de refus sans appel.On a depuis soumis au CNRC un nouveau projet, également en collaboration, pour lequel on ne demande qu'une subvention à 50 pour cent du fédéral — on attend toujours la réponse.On s'est bien entendu adressé également à Québec.Durant l'été 1977, le ministère des Richesses naturelles a convoqué une réunion des organismes oeuvrant dans le domaine de l'énergie, y compris l'INRS-Éner-gie.On a profité de l'occasion pour, entre autres choses, dresser l'inventaire des recherches en énergie au Québec.Depuis, c'est le silence.Ce qui irrite particulièrement les chercheurs de Varennes, c'est le fait que certains groupes de recherche canadiens manifestement moins bien équipés aient reçu des subventions parfois appréciables.Ils comprennent mal, par exemple, que l'université McMaster, à Hamilton, ait reçu 93 840 dollars pour des recherches sur les matériaux des réacteurs à fusion, ou en-coreque l'InstituteforAerospace Studies de l'Université de Toronto ait reçu des montants de 62 300 et 51 070 dollars pour des recherches sur la fusion par confinement inertiel, alors que leurs propres demandes se voient constamment refusées sous prétexte que le Canada n'a pas de programme national de fusion.Pourtant, M.Gregory a bien souligné le rôle important qu'a joué son organisme en 1973-1974 dans le «Consortium fusion-Canada».Or, celui-ci proposait précisément la mise sur pied d'un programme national de fusion.Mais sans succès.En 1 975, le gouvernement fédéral a confié au CNRC le soin de con- cevoir un tel programme.Aucune politique explicite n'a encore été arrêtée.M.Gregory ne croit pas néanmoins qu'il y a discrimination d'Ottawa à l'égard du Québec.(Il faut dire en toute justice que certains de ses collègues ne sont pas du même avis.) Il cite le cas des équipes de l'Ouest canadien, à l'Université de Colombie-Britannique et à Saskatoon, dont le niveau des subventions est presque stagnant.Il déplore par contre le renforcement très mar- qué des effectifs du CNRC à Ottawa, dont les travaux sur la ( fusion par laser sont maintenant plus poussés que ceux du groupe de Varennes.A ce propos, on se rappellera peut-être que pendant l'après-guerre, c'est au Québec que se faisaient les recherches les plus poussées au Canada en fission nucléaire.Tl n'aura suffi que de quelques années pour que l'expertise québécoise soit siphonnée.Aussi ne se fait-il aujourd'hui que peu de recherche fondamentale au Québec en fission nucléaire — le Québec n'est qu'un consommateur dans ce domaine.Il est vrai qu'il dispose d'énormes réserves hydro-électriques.On dit qu'il reste 20 000 MW qui pourraient être exploités sans trop de difficultés, de sorteque la fission nucléaire n’est pas appelée à y jouer un rôle aussi important qu'en Ontario, par exemple.Mais que faire vers l'an 2000, une fois ces réserves épuisées?M.Gregory estime que la fusion nucléaire est la sourced'énergie de l'avenir: «C'est la seule nouvelle source que nous pourrons contrôler nous-mêmes et qui est de nature concentrée».Le Québec est pauvre en hydrocarbures et, avec son climat, l'énergie solaire ne saurait être considérée comme une solution.Donnons le mot de la fin à M.Gregory: «Espérons que, pour une fois, le gouvernement saura placer le problème de l'énergie dans une perspective à plus long terme et qu'il fournira, par son livre blanc, le leadershipquel'on attend de lui dans le domaine de la fusion thermonucléaire contrôlée.» Louis de Bellefeuille À tous les Québécois du domaine public et parapublic, nous disons merci pour l’appui accordé en confiant leur protection et leurs épargnes à des institutions qui leur appartiennent.Le 1er janvier 1976, La Capitale, filiale de La Mutuelle-Vie des Fonctionnaires du Québec, se lançait sur le marché de l’assurance générale.13,000 assurés plus tard et, à la lumière de cette première année d’expérience, La Capitale décide de réajuster ses primes en assurance-automobile et des biens: les nouveaux taux réduits sont déjà en vigueur.Nous profitons de cette occasion pour remercier les fonctionnaires de leur accueil enthousiaste.I la mutuelle-vie des fonctionnaires du Québec SIEGE SOCIAL: Édifice de La Mutuelle.625 jue St-Amable.QUEBEC.Qué.ADRESSE POSTALE: C.P.16040.QUEBEC.Qué.G1K 7X6 TELEPHONE: 873-2410 (MONTRÉAL) une responsabilité bien partagée: G4Ptt/fc£ Compagnie d’assurance générale Filiale de la Mutuefle-vie des Fonctionnaires du Québec SIÈGE SOCIAL: Édifice de U Mutuelle.625 rue St-Amable.QUEBEC.Qué.ADRESSE POSTALE: C.P.17100.QUEBEC.Qué.GIR 7X2 TÉLÉPHONE: 643-2700 A tous ceux qui, dans leur domaine, font progresser la science.A tous ceux qui cherchent et qui trouvent.A tous ceux qui veulent comprendre.A tous ceux dont la profession est l’innovation.Autrement dit à tous ceux qui pourraient l’écrire, Scientific American présente son édition en français : Pour la Science.MAINTENANT SCIENTIFIC AMERICAN EN FRANÇAIS wmm POUR LA SCIENCE - B.P.242 - 75264 PARIS CEDEX 06 FRANCE février 1 W QUEBEC SCIENCE / février 1978 17 AU-DEIÀ DU CONNU par Louis de Bellefeuille PLUS LES CONNAISSANCES S’ACCUMULENT, PLUS LES FRONTIÈRES DE L’UNIVERS S’ÉVANOUISSENT Une anecdote raconte qu'un astronome aurait demandé à un sage ce qu'il pensait de la structure de l’univers.Le sage de répondre: «La Terre se trouve sur le dos d'une immense tortue.» L'astronome rétorque: «Mais qu'y a-t-il au-delà de la tortue?» — En-dessous il y a une autre tortue.— Mais.— Ce n'est pas la peine d'insister, monsieur, il y a une infinité de tortues.Confortablement installés que nous sommes dans la forteresse de la science moderne, une telle représentation de l'univers peut paraître simpliste, ridicule même.La science a certes accompli des pas de géants depuis la Renaissance et notre horizon de l'univers s’est considérablement élargi.L'objet céleste le plus lointain que pouvait voir l'homme du Moyen-Âge était la galaxie d'Andromède, dans la constellation du même nom.On sait aujourd'hui que cette magnifique galaxie spirale est semblable à la Voie lactée, que l’on appelle simple- ment la Galaxie.De dimensions légèrement supérieures, Andromède se trouve à quelque deux millions d'années-lumière de nous (une année-lumière est la distance parcourue par la lumière en un an, et elle équivaut à environ lOtrillions de kilomètres); pourtant elle fait partie, avec la Galaxie et 25 autres galaxies plus petites, de ce que l'on appelle le «groupe local», qui rassemble en quelque sorte nos voisins de l'espace.Les galaxies les plus éloignées que l'on observe aujourd'hui avec les plus puissants télescopes se trouvent, elles, à plus d'une quinzaine de milliards d'années-lumière, soit plusieurs milliers de fois plus loin qu'Andro-mède.Et ce ne sont sûrement pas les plus lointaines.L'homme médiéval ne se doutait pas, d'ailleurs, de la distance réelle d'Andromède, ni de celle des autres corps célestes.Non seulement ne savait-il pas qu'il s'agissait d'une galaxie, il ignorait même ce qu'était une galaxie.Malgré tout, avons-nous vraiment raison d'écouter avec condescendance notre pittoresque homme sage avec ses histoires de tortues superposées?Voyons voir.LES FRONTIÈRES DE L'UNIVERS ÉCLATENT qu'a fait Hubble et il a obtenu environ 700 000 années-lumière (le tiers de la valeur reconnue aujourd'hui), ce qui plaçait cet objet loin au-delà des limites de la Galaxie.Les dimensions de l'univers connu venaient du coup d'éclater.Et l'on ne tarda pas à découvrir une foule d'autres galaxies.Mais Hubble n'avait pas dit son dernier mot.En 1929, avec l'astronome Milton Humason, il a découvert un phénomène tout aussi bouleversant: la lumière des galaxies est décalée vers le rouge, et plus celles-ci sont éloignées, plus le décalage est prononcé (seules quelques galaxies du groupe local font exception à la règle).Hubble admet deux possibilités.Ou bien nous avons affaire à un effet Doppler-Fizeau résultant de l'éloignement des sources par rapport à nous (un phénomène analogue est à l'origine des variations de tonalité d'une sirène de police, par exemple, lorsqu'elle s'approche et s'éloigne ensuite de l'observateur), auquel cas l'univers serait en expansion, ou bien la lumière se «fatigue» en cours de route par interaction avec la matière intergalactique.La balance a penché du côté de la première hypothèse car, entre autres, on ne connaissait pas le mécanisme de cette interaction.Pourtant, certains trouble-fêtes n'ont jamais tout à fait digéré cette interprétation, et nous y reviendrons plus loin.COMME UN PAIN AUX RAISINS Comprise dans le cadre de la relativité générale, l'expansion de l'univers n'est pas la simple résultante d'une explosion ordinaire.Il ne s'agit pas de la dispersion de matière comme les fragments en vol d'une grenade.Dans ce cas-ci, les morceaux de matière se dispersent à des vitesses variables dans un espace fixe, que l'on peut considérer comme un cadre de référence pour décrire la trajectoire de chacun des fragments.Dans l'univers en expansion, l'espace lui-même se dilate.On peut considérer que la cosmologie moderne est née en 1 923-1 924 lorsque l'astronome américain Charles Hubble a découvert qu'Andromède ne fait pas partie de la Galaxie, mais qu'elle constitue un corps distinct et très éloigné.On croyait auparavant qu'il s'agissait d'une vaste nébuleuse, amas d'étoiles comme il en existe de très nombreuses dans la Galaxie.Comment Hubble en est-il venu à cette conclusion?Il a observé dans Andromède un type d'étoiles à luminosité variable connues sous le nom de céphéi-des, et dont l'éclat varie selon une période qui est fonction de la magnitude absolue.En déterminant la magnitude apparente d'une céphéide, il est donc sergeroy possible de calculer sa distance.C'est ce février 1978 / QUEBEC SCIENCE Dans les chiens de chasse La galaxie du Tourbillon, dans la constellation des Chiens de Chasse /'Canes VenaticiJ, est un magnifique exemple de galaxie spirale à bras ouverts (donc de type Sc).On remarque que son petit compagnon, en haut, a vraisemblablement attiré vers lui un des bras de la spirale.hale observatories mount wilson and palomar observatories En ouvrant ses bras La galaxie NGC 7217, dans la constellation Pégase, est une galaxie spirale à bras moyennement ouverts (donc de type Sb).emportant en quelque sorte la matière.On peut comparer ce processus avec ce qui se passe lors de la cuisson d'un pain aux raisins.À mesure que le pain se gonfle, les raisins, qui symbolisent les amas de galaxies, se séparent les uns des autres.Et plus un raisin est loin d'un autre, plus il s'en éloignera rapidement.C'est justement ce que l'on observe avec le décalage vers le rouge des galaxies.Plus elles sont distantes de nous, plus elles s’éloignent rapidement.Il serait bien entendu naïvement anthropocentrique de croire que notre galaxie est au centre de l'univers, comme on le croyait autrefois pour la Terre.La Galaxie participe donc également à ce mouvement de fuite.On peut également, si l'on préfère, se représenter l'univers en expansion comme l'équivalent en quatre dimensions (les trois dimensions de l'espace plus celle du temps) de la surface d'un ballon qui se gonfle.Comme pour la miche de pain aux raisins, la vitesse de séparation des points sera proportionnelle à leur distance les uns des autres.L'idée d'une expansion de l'univers, bien qu'elle ait paru révolutionnaire à l'époque, n'était pas entièrement nouvelle.Le mathématicien soviétique A.Friedman avait découvert dès 1922 que les solutions d'Einstein dans sa théorie de la relativité générale n'excluaient pas cette possibilité.Einstein croyait plutôt à un univers statique: s'inspirant de la géométrie riemanienne, il concevait l'espace comme étant courbe, tout comme la surface de la Terre qui, bien que nous paraissant plate à notre échelle, est en réalité courbe.Une telle surface est finie mais sans bornes puisqu'elle ne se termine pas à un endroit quelconque.Sceptique au début, Einstein finit par se rallier au point de vue de Friedman.À peu près en même temps, l'abbé Georges Lemaître, un Belge, concevait la théorie d'un univers en expansion continue après l'expansion, il y a plusieurs milliards d'années, d'un «atome primitif» où aurait été rassemblée toute la matière-énergie de l'univers.C'est cette «explosion primordiale» qui a donné naissance au Big Bang des Américains.Lorsque Hubble et Humason firent leur découverte en 1 929, ceuxqui préféraient l'hypothèse de l'expansion de l'univers s'inspirèrent tout naturellement des idées de Friedman et Lemaître.AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA LUMIÈRE La version la plus connue du Big Bang est celle du physicien américain d'origine russe, George Gamow.Décrite tout d'abord dans la livraison du premier avril 1948 de la fort respectable Physical Review, sa théorie avait les apparences d'une supercherie.Lui et le co-auteur Alpher demandèrent au célèbre astronome Hans Bethe de signer également l'article.On avait donc un véritable abécédaire grec: Alpher, Bethe, Gamow.Voici, brosséàgrandstraits, untableau d'une version moderne du Big Bang.Au début, l'univers est en équilibre thermodynamique, c'est-à-dire que sa température est égale en tout point.Il n'existe qu'un bain de photons, dont le nombre par unité de volume et l'énergie moyenne sont proportionnels à la température, à toutes fins pratiques infinie.En d'autres mots, «au début était la lumière».Dès les premiers instants, l'univers se métamorphose à un rythme phénoménal à mesure qu'il se dilate en se refroidissant.«Refroidissement», le terme est relatif puisqu'au moment de la formation des premières particules, la température se chiffre en milliers de milliards de degrés.Les premières particules à se former à partir du bain de rayonnement initial sont des particules lourdes — protons, neutrons, mésons, hypérons, etc — et des particules légères — électrons et neutrinos.On appelle les premières hadrons, parce qu'elles interagissent à travers les forces nucléaires fortes: c'est la phase hadroni-que.La matière est alors concentrée en un amas très compact dont la densité équivaut à des centaines de fois celle du noyau atomique, soit de l'ordre d'un million de milliards de tonnes par centimètre cube.Un dix-millième de seconde après l'instant initial To, il ne se forme plus que des électrons et des neutrinos: c'est la phase leptonique.À To plus quelques dizaines de secondes, sous une température de deux à trois milliards de degrés, débute la formation de quelques éléments légers par nucléosynthèse (fusion): deutérium, hélium 3, hélium 4, lithium 6, lithium 7, béryllium 7, etc.Cette nucléosynthèse se poursuit durant une trentaine de minutes.Entre-temps, à TO plus 1 000 secondes, sous une température d'un milliard de degrés, s'arrête définitivement la formation de nouvelles particules: ainsi commence la phase radiative, qui durera jusqu'à ce que s'amorce la formation d'étoiles.des millions d'années plus tard peut-être.Après 5 000 ans, la température est descendue à 5 000 degrés, et après un million d'années elle n'est plus que de 3 000 degrés.Cette température marque un point tournant dans l'histoire de l'univers, car c'est alors que se neutralise la matière, protons et électrons se combinant pour former de l'hydrogène neutre.Les photons, qui interagissaient jusqu'alors fortement avec les électrons, particules à charge négative, interagissent beaucoup moins avec les atomes d'hydrogène.Avec les photons ainsi isolés de la matière, c'est la fin de l'équilibre thermique de l'univers.Il pourra se former des points plus chauds que d'autres.Mais qu'arrivera-t-il aux photons thermiques?L'expansion de l'univers «étirera» le rayonnement électromagnétique, ce qui revient à dire qu'il y aura augmentation de la longueur d'onde.Il nous parvient aujourd'hui, sous forme d'ondes radio de très faible énergie, l'équivalent du rayonnement émis par un objet d'un type particulier, un corps noir, à 2,7 degrés Kelvin, c'est-à-dire à 2,7 QUEBEC SCIENCE / février 1978 Des galaxies à antennes Situées dans la constellation Le Corbeau /'CorvusA ces deux galaxies spirales, irrégulières, à bras ouverts (de type Sc pec), sont désignées par NGC 4038-9.Ces deux galaxies sont en interaction, d'où leur fort rayonnement en ondes radio.On remarquera les deux longues «antennes» qui s'en détachent.hale observatories the kitt peak national observatory Dans la constellation de la Vierge Cet amas de galaxies se trouve dans la constellation de la Vierge /Virgo/ // fait partie du super-amas de la Vierge, qui comprend aussi la Galaxie.On distingue clairement une dizaine de galaxies, dont certaines sont spirales et d'autres elliptiques.Les deux principales galaxies elliptiques sont, de gauche à droite, M 84 et M 86.degrés au-dessus du 0 absolu (1 degré K = 1 degré C - 273).Prédit par Gamow dès 1948, bien qu'à une température légèrement supérieure, ce rayonnement fossile des premiers instants de l'univers a été découvert en 1965 par deux chercheurs américains, Penzias et Wilson, à la grande satisfaction des partisans du Big Bang.Cette découverte donnait le coup de grâce à une théorie assez connue à l'époque, celle dite du Steady State (état continu).Cette théorie, qui était défendue jusqu'alors par les astronomes Hoyle, Bondi et Gold, postulait la création de matière à partir de rien dans un univers en expansion infinie et à densité constante, et donc sans début: elle ne pouvait expliquer le rayonnement à 2,7 degrés.IL Y A DE QUOI INSPIRER LA SCIENCE-FICTION Mais voilà, ce passionnant scénario ne tient pas compte d'une des réalités fondamentales de la physique expérimentale moderne: lorsque deux rayons gamma se matérialisent en interagissant, il y a formation non seulement d'un électron, mais également d'un positron, l'antiparticule de l'électron.Et à toute autre particule, exception faite du photon, correspond une antiparticule: c'est la fameuse antimatière qui enflamme tant l'imagination des auteurs de science-fiction.Or, matière et antimatière ne peuvent voisiner.Dès qu'elles interagissent, elles s'anéantissent pour se transformer, entre autres, en rayons gamma et en neutrinos.Or, aux premiers instants de l'univers, pendant la courte phase de formation de particules, il devrait se former autant d'antiparticules.Vu la rapidité avec laquelle celles-ci s'annihilent avec celles-là et vu le très faible volume de l'univers d'alors, il semblerait logique que toute la matière et l'antimatière s'annihilent à mesurequ'elles se forment.Mais cela n'est manifestement pas le cas puisque l'univers, avec toute la matière qu'il contient, existe bel et bien.Mais alors, ne devrait-il pas y avoir autant d'antimatière que de matière dans l'univers?Le problème, c'est qu'on ne sait pas du tout où se trouve cette antimatière, si tant est qu'elle existe.On n'a jamais trouvé d'antiparticules dans les rayons cosmiques, qu'on capte pourtant depuis des décennies.Qui plus est, la simple observation d'une galaxie qui serait composée d'antimatière ne nous indiquerait rien sur sa nature puisque les photons émis par de l'antimatière sont en tout point identiques aux photons émis par de l'antimatière.Mais, dira-t-on, si matière et antimatière interagissent, n'est-il pas possible d'observer le rayonnement gamma qui sera émis?La question n'est pas si simple.Si matière et antimatière existent effectivement depuis le début des temps, elles ont dû nécessairement interagir depuis tout aussi longtemps.C'est dire que le rayonnement gamma émis il y a plusieurs mil- 19 liards d'années sera «étiré» tout comme l'a été le rayonnement thermique initial à cause de l'expansion de l'univers.Et puisque cette interaction se sera sans doute poursuivie depuis, quoiqu'elle ait certainement pu diminuer, l'ensemble des rayonnements émis par l'interaction matière-antimatière doit donc constituer un spectre continu.En outre, l'annihilation matière-antimatière ne produit pas un pic unique d'énergie puisque l'anéantissement des divers types de particules et d'antiparticules n’émet pas des rayons gamma qui soient tous de même longueur d'onde.UNE VINAIGRETTE DE MATIÈRE ET D'ANTIMATIÈRE S'il existe réellement de l'antimatière dans l'univers, il y a donc deux questions auxquelles il faut répondre: pourquoi matière et antimatière ne se sont-elles pas complètement annihilées durant les premiers instants de l'univers, et comment matière et antimatière se sont-elles séparées par la suite en unités de dimensions au moins aussi grandes que celle des galaxies?Peut-être la premièreques-tion a-t-elle une réponse assez simple.L'univers aurait pu se dilater trop rapidement pour que toutes les particules et antiparticules aient eu le temps de s'annihiler.Mais ceci paraît peu probable, compte tenu de l'extrême rapidité des annihilations: 10=23 seconde.Il existe une autre possibilité, proposée, entre autres, par le chercheur français Roland Omnès.Il a imaginé une théorie qui, à vrai dire, est assez peu populaire parmi les scientifiques, en partie à cause de son caractère spéculatif.Elle n'en est pas moins intéressante car elle représente une application de certaines des plus récentes découvertes en physique des particules.On sait que dans certaines conditions, notamment lorsque des particules sont extrêmement rapprochées entre elles, plus qu'elles ne le sont dans le noyau atomique, elles se repoussent avec une force supérieure encore à la force d'attraction nucléaire forte qui donne toute sa cohésion au noyau atomique.Cette répulsion aurait permis aux particules et antiparticules de se constituer en petites entités distinctes avant qu'elles ne s'annihilent.Omnès a également tenté de répondre à la deuxième question, celle de la séparation de la matière et de l'antimatière, en faisant appel à un phénomène qu'il a nommé coalescence.La coalescence.La coalescence serait analogue à ce qui se passe dans une émulsion, par exemple un mélange comme une vinaigrette: deux corps immiscibles cohabitent dans un même volume, mais en unités séparées de petite taille et de formes très variées.Pour une émulsion de matière et d'antimatière, Omnès a imaginé que l'énergie libérée par les annihilations aux zones frontières des domaines séparées aurait un effet diffé- 20 février 1978 / QUEBEC SCIENCE rent sur des faces concave et convexe voisines, la pression étant plus forte sur la face concave.Il en résultera des modifications de la configuration des domaines, et le calcul montre qu'il s'ensuivra une augmentation de leur volume.Malgré les très nombreuses annihilations qui se produisent durant cette phase — la plupart des particules et antiparticules formées aux premiers instants de l'univers se seront transformées en neutrinos et en rayonnement électromagnétique — il restera assez de particules et d'antiparticules pour que se for ment des domaines séparés de matière et d'antimatière qui deviendront plus tard des amas de galaxies et des amas d'antigalaxies, ou à tout le moins des galaxies et des antigalaxies.On a récemment émis l'hypothèse qu'il pourrait exister de grandes quantités d'antimatière au centre de la Galaxie et de très nombreuses autres galaxies, cequi pourraitexpliquerlestrès fortes émissions d'énergie qu'on y observe.DES PARTICULES QUI N'ONT RIEN A LEUR ÉPREUVE Tout ceci suppose évidemment que l'antimatière existe réellement dans l'univers.Gamow, lui, a supposé qu'il pouvait en être autrement.Selon ses calculs, il aurait suffi d'un très léger excédent de matière par rapport à l'antimatière aux premiers instants de l'univers — un excédent d'un dix-milliardième seulement par rapport au total des particules et antiparticules présentes — pour que toute l'antimatière soit annihilée, ne laissant qu'un univers de matière.Cette explication repose cependant sur un postulat arbitraire, car rien n'indique qu'une telle asymétrie existe.On a imaginé plusieurs autres théories sur la présence d'antimatière dans l'univers, par exemple celle des Soviétiques Pontecorvo et Smorodinski, qui propose qu'aux premiers instants de l'univers, matière et antimatière étaient essentiellement composées de neutrinos et d'antineutrinos (on sait d'ailleurs que l'annihilation d'un proton et d'un antiproton, par exemple, aboutit à la création de plusieurs neutrinos et de rayons gamma).Le neutrino et l'antineutrino sont des particules élémentaires auxpro-priétés plutôt insolites.Électriquement neutres, ils ont une masse au repos infime, ce qui signifie qu'ils se déplacent à peu près à la vitesse de la lumière, et ils sont si petits qu'ils sont presque impossibles à capturer.Ils peuvent sans difficulté traverser une plaque de fonte dont l'épaisseur serait égale à un milliard de fois la distance moyenne de la Terre au Soleil.C'est dire que la matière ordinaire leur est à peu près transparente.Selon les savants soviétiques, l'univers pourrait baigner dans un «éther» de neutrinos et d'antineutrinos, réconciliant ainsi, d'une part, le fait que les données expérimentales nous indiquent d'une part l'existence indiscutable de l'antimatière et, d'autre part, le fait que l'on n'ait jamais pu s'assurer que l'antimatière existe ailleurs que dans les laboratoires.Avec matière et antimatière composées surtout de neutrinos et d'antineutrinos, il aurait suffi d'un très léger déséquilibre en faveur de la matière quant au nombre de particules plus lourdes pour que l'univers nous semble aujourd'hui composé uniquement de matière.Ceci n'affecterait en rien la symétrie fondamentale matière-antimatière.Seulement, la matière se serait matérialisée avec une plus grande variété de particules — un autre postulat arbitraire, dira-t-on sans doute avec raison.Quoi qu'il en soit, on dit que les Soviétiques songeraient à mettre sur pied une expérience de taille afin de déterminer si oui ou non l'univers baigne dans un «éther» de neutrinos et d’antineutrinos.UNE JEUNESSE DE VINGT MILLIARDS D'ANNÉES Quel avenir la théorie du Big Bang prévoit-elle pour l'univers?Cela dépend de nombreux paramètres sur lesquels s'appuient les équations de la relativitégéné-rale décrivant l'univers.Si la densité de l'univers est supérieure à une valeur critique, la force de gravité freinera l'expansion et l'univers se ratatinera sur lui-même jusqu'à ce que toute la matière-énergie soit concentrée dans un rayon infime, provoquant un nouveau Big Bang — on a alors un univers puisant, qu'on dit «fermé».Si la densité de la matière est inférieure à cette valeur critique, la force de gravité freinera partiellement l'expansion de l'univers jusqu'à une valeur constante: l'univers, qu'on dit alors «ouvert», est en expansion infinie.La valeur critique dépend elle-même du chiffre important mais controversé qu'est la «constante» de Hubble (H).Celle-ci est l'expression du rythme d'expansion de l'univers et détermine à son tour l'âge de l'univers.Plus la constante est élevée, plus l'univers est jeune, et inversement.On l'évalue aujourd'hui à environ 50kilo-mètres / seconde-mégaparsec (1 parsec = 3,26 années-lumière), ce qui donne à l'univers un âge de presque 20 milliards d'années.On a d'ailleurs observé des quasars dont le décalage vers le rouge (s'il n'y a pas de fatigue de la lumière) indique qu'ils s'éloignent de nous presque à la vitesse de la lumière, qui est la vitesse maximum de déplacement selon la théorie restreinte de la relativité.Reste à savoir si la densitéde l'univers est suffisante pour qu'il soit fermé.D'après les observations et les calculs faits jusqu'ici, il semblerait que non; c'est pourquoi on parle de «masse manquante».Toutefois, selon les dernières observations, l'univers contient plus de matière qu'on ne le croyait auparavant, par exemple des quantités insoupçonnées de gaz intergalactiques certes très ténus mais occupant d'immenses volumes (voir Une des compagnes d'Andromède La galaxie NGC 205, dans la constellation d'Andromède, est un bel exemple de galaxie elliptique.Elle est un satellite de M 31, la grande galaxie spirale d'Andromède que l’on peut observer à l’oeil nu.hale observatories hale observatories ';w' ' La poussière du ciel Cette vue en coupe de la galaxie spirale NGC 891, dans la constellation d'Andromède, fait ressortir la présence de matières obscurcissantes dans le plan galactique, matières composées de gaz et de poussières interstellaires. QUEBEC SCIENCE / février 1978 Québec Science, janvier 1 978, p.9).Si l'on ajoute à cela la matière contenue dans les étoiles naissantes ou peu lumineuses qui ne sont pas visibles au télescope optique, (voir Québec Science, décembre 1977, p.51) et dans les trous noirs, il n’est pas impossible que l'on trouve tôt ou tard le reste de la masse manquante.Ce qui, à très long terme, ne serait guère encourageant pour l'humanité, qui ferait face à une inévitable apocalypse.Il existe au moins une douzaine de théories autres que celle du Big Bang.Elles sont moins connues et aucune d'entre elles, comme le Big Bang lui-même d'ailleurs, n'est entièrement satisfaisante.Par exemple, le Soviétique Zeldovitch a imaginé que l'univers à ses débuts, était froid et constitué de protons, d'électrons et de neutrinos.Selon lui, c'est seulement à basse température et en présence de neutrinos que les atomes d'hydrogène neutre pouvaient se former à partir de protons et d'électrons.En tout cas, cette théorie n'explique pas le rayonnement à 2,7 degrés.UN ACCROC AU BIG BANG Selon le Big Bang, plus un objet céleste (désignons-le par la lettre A) est loin d'un objet de référence C, plus il s'en éloignera rapidement.Un objet B, plus rapproché de C que A, devrait donc s'éloigner de C moins rapidement que A.Et c'est effectivement ce que l'on observe dans les fa its.Du moins était-ce le cas jusqu'à il y a une dizaine d'années.En 1 966, en effet, l'astronome américain Halton Arp a découvert un quasar et une galaxie apparemment reliés par un pont de matière et qui présentaient pourtant des décalages spectraux très différents.On a accueilli avec scepticisme cet «accroc» au Big Bang, la proximité apparente du quasar et de la galaxie serait un effet de perspective fortuit.Mais Arp a trouvé d'autres «anomalies» avec des galaxies et des radiosources (émetteurs d'onde radio) ou encore avec des groupes de galaxies.C'est notamment le cas du quintette de Stephan, groupe de cinq galaxies qui semblent avoir une origine commune.L'évaluation de leur distance par la mesure de nuages d'hydrogène ionisé, dont on connaît les dimensions moyennes pour un type donné de galaxie, permet en effet de conclure que ces galaxies sont voisines l'une de l'autre.Or, leurs décalages spectraux sont très différents.Les cas de décalages vers le rouge anormaux se sont par la suite multipliés.Burbidge, autre astronome américain, a recensé 21 associations entre une galaxie et un quasar.Pour sept d'entre elles, il a établi, par l'étude des gaz d'hydrogène ionisé qui les entourent, que les deux objets sont réellement à la même distance de nous.Pourtant, les galaxies ont des décalages vers le rouge de l'ordre de 0,3 (la longueur d'onde étant rallongée de cette valeur), alors que ceux des quasars correspondants vont jusqu'à 2.A la même époque, le Finlandais T.Jaakola observait qu'un certain type de galaxies spirales, présente des décalages vers le rouge toujours supérieurs à ceux de galaxies elliptiques situées à la même distance de nous.Et ainsi de suite.On ne s'est pas contenté d'observer les lointains quasars et galaxies.Le Soleil est également de la partie.Si l'on observe les régions centrales du disque solaire, la longueur d'onde du rayonnement présentera des effets Doppler variables à cause des mouvements ascendants et descendants rapides de l'atmosphère.Ceci n'est pas le cas si l'on se concentre sur le bord de l'astre, où seul le décalage vers le rouge produit par la relativité entre en ligne de compte.(Les photons perdent en effet une très faible partie de leur énergie pour s'échapper d'un champ gravitationnel: c'est l'effet Einstein.) Or, les décalages observées seraient légèrement supérieurs à ceux résultant de l'effet Einstein.L'astronome français Jean-Claude Pecker a dénombré plusieurs catégories de décalages vers le rouge anormaux: entre étoiles chaudes et froides situées à la même distance de nous; entre galaxies de type différent appartenant au même groupe: entre galaxies «mères» et compagnons; entre divers objets célestes physiquement liés; entre galaxies et quasars voisins; et pour les rayons lumineux passant près du bord solaire.UN CIEL EN PORC-ÉPIC Devant la multiplicité de ces anomalies évoquées, malgré les nombreuses critiques dont elles ont été l'objet, diverses équipes de chercheurs ont tenté de systématiser les résultats.Elles ont procédé à des études statistiques sur un grand nombre de galaxies.La première de ces études remonte à 1973.Trois chercheurs américains, Vera Rubin, W.K.Ford et J.S.Rubin ont étudié les décalages vers le rouge de SOgalaxiesdans un intervalle donné de magnitude, galaxies dont la distance peut être connue avec une relativement bonne précision.Or, ils ont découvert que si l'on divise le ciel en deux hémisphères, les galaxies dont la magnitude se situe entre 14 et 1 5 se trouvant dans une des deux hémisphères ont une vitesse de récession qui est supérieure à celle des galaxies de l'autre hémisphère d'environ 1 465 kilomètres à la seconde.Ceci équivaut à une différence de 20 pour cent dans les constantes de Hubble (H) respectives.Les chercheurs américains ont par la suite confirmé ces résultats avec un échantillonnage de 200galaxies.Une équipe française comprenant entre autres Pecker, Vigier, Nottale et Karoji, a voulu approfondir ces travaux.Ils ont eux aussi divisé le ciel en deux régions, mais non en hémisphères.La région A comprend les galaxies dont la lumière ne traverse pas d'amas impor- 21 tant de galaxies avant de nous atteindre, et la région B occupe le reste du ciel.Ceci nous donne une structure «en porc-épic».Ils ont étudié quatre types différents de galaxies et, dans chaque cas, ils ont observé un net excès de la valeur de H dans la région B par rapport à la région A, excès qui se chiffre de 20 à 30 pour cent.Quel lien existe-t-il entre les résultats des chercheurs français et américains?Il s'avère qu'une des deux hémisphères observées par l'équipe américaine est orientée vers le centre du super-amas de galaxies dont fait partie la Galaxie, le super-amas de la Vierge, du nom de la constellation dans laquelle se trouve le centre de l'amas.L'interprétation de l'équipe française est simple et va dans le sens de ses propres observations la lumière émanant des galaxies de la région B rougira davantage parce qu'elle doit traverser l'amas de la Vierge où la densité de la matière est supérieure à ce qu'elle est à l'extérieur de l'amas.Si l'on se fie à ces mesures, on serait tenté de conclure que la lumière se fatigue effectivement en cours de route, comme, on s'en souviendra, Hubble en avait admis la possibilité dès l'origine (c'est Hubble lui-même qui, le premier, a parlé de fatigue de la lumière).Si l'hypothèse a été écartée à l'époque, c'est non seulement que le mécanisme de la fatigue de la lumière était inconnu, mais également que l'on ne connaissait pas d'exception à la règle de l'expansion isotrope, faute de mesures très précises.Mais ce fameux mécanisme, le connaît-on mieux aujourd'hui?Non, mais devant la multiplication des décalages vers le rouge anormaux, plusieurs chercheurs, en particulier les Français Jean-Claude Pecker et Jean-Pierre Vigier et l'Australien A.P.Roberts, en ont proposé un: il y aurait une interaction entre photons et une nouvelle particule dont ils postulent l'existence, le boson phi.À LA RECHERCHE DU BOSON Pour expliquer les observations de façon satisfaisante, le boson phi doit posséder les propriétés suivantes: lors d'une interaction avec un photon, il emporte l'énergie perdue par celui-ci; il est de masse très faible (inférieure à 10-48 g), sinon la déflection angulaire provoquée par l'interaction avec les photons détruirait l'aspect ponctuel des sources lointaines; et il est électriquement neutre, sinon cela contredirait les lois de l'électrodynami-que quantique.Le postulat de l'existence d'une particule nouvelle sans confirmation expérimentale n'est pas chose nouvelle en physique.C’est le cas du neutrino.Pauli avait en effet postulé son existence en 1933 pour rendre compte de variations inattendues dans l'énergie contenue dans les électrons émis par certains atomes radioactifs (c'est Fermi qui a donné son nom au neutrino).Pauli s'appuyait sur la loi de la conservation de l'énergie.Ce 22 REGARDER VERS LE PASSÉ Selon la théorie de la relativité d'Einstein, la vitesse de la lumière, qui est de 300 000 kilomètres à la seconde, est la vitesse limite pour la transmission d'information dans l'univers.L'observation d'un objet ne nous renseignedoncquesur son état au moment de l'émission des rayons captés par l'oeil.C'est pourquoi, lorsqu'on regarde dans le ciel, on se trouve à regarder vers le passé, et ce d'autant plus que l'objet observé est lointain.Nous voyons la Lune telle qu'elle était il y a 1,3 seconde, le Soleil il y a 8 minutes et demi, l'étoile la plus rapprochée après le Soleil, Alpha du Centaure, il y a 4,2 années, jusqu'aux plus lointains quasars et galaxies il y a plus de 15 milliards d'années, ce qui représente trois fois l'âge de la Terre elle-même (du moins si l'on s'en tient aux théories cosmologiques classiques).Le Soleil s'éteindrait à l'instant où vous lisez cette ligne (ce qui, rassurez-vous, est à peu près impossible), que personne n'en saurait rien pour plus de huit minutes.n'est qu'en 1 956, 20 ans plus tard, qu'on a confirmé l'existence du neutrino.Mais pour que les photons perdent de l'énergie par interaction avec une quelconque particule, il faut nécessairement qu'ils soient doués d'une masse propre, ce qui est contraire à l'avis de plusieurs physiciens.Ils estiment que le photon ne se manifeste que lorsqu'une onde électromagnétique rencontre un obstacle, matérialisant alors l'énergie que portait l'onde durant son trajet.Pourtant la théorie de la relativité d'Einstein n'exige pas que la masse du photon soit nulle.Elle postule qu'il existe une limite à la vitesse de déplacement des particules, limite qu'atteindrait le photon s’il n'avait pas de masse propre (ce que les physiciens appellent la «masse au repos»).Le physicien français Louis de Broglie avait proposé dès les années 1 920 que le photon possède de fait une masse propre, certes très faible, mais non moins réelle.Aussi s'est-il associé à Vigier il y a quelques années pour tenter d'expliquer certains résultats imprévus lorsd'expériencessur la réflexion du rayonnement laser.On dispose de données expérimentales pour vérifier si le photon possède réellement une masse propre, mais notons d'abord que ces résultats ne sont pas encore concluants.On a cerné la question par deux voies indépendantes mais convergentes.On a conçu, d'une part, des expériences pour démontrer que la masse du photon existe et, d'autre part, pour fixer une limite maximum à sa masse, si elle est réelle.UNE QUESTION EN SUSPENS: LA MASSE DE LA LUMIÈRE Considérons d'abord les expériences visant à prouver la matérialité du photon en vol.Vers le milieu des années 1930, les grands noms de la physique étaient en désaccord sur la question.Selon Einstein, de Broglie et Schrodinger, le photon avait une masse au repos, mais non selon Bohr, Heisenberg et Pauli.Einstein a alors décrit dans la revue Physical Review, avec B.Podolski et N.Rosen, une expérience qui trancherait la question II s'agissait d'émettre précisément au même instant deux photons de spin opposé (tournant sur eux-mêmes en sens contraire) qui partaient en directions opposées et de faire passer ces photons «corrélés» par des écrans pola-riseurs pour observer si leur comportement est différent.C'est seulement si tel est le cas que l'on pourrait conclure à la matérialité en vol du photon.À l'époque, il était impossible de réaliser une telle expérience.Malgré tout, le point de vue de Bohr, Heisenberg et Pauli s'est généralement imposé, bien que leurs adversaires n'en aient jamais été convaincus.Grâce aux progrès de la technique, on est depuis quelques années en mesure de provoquer de diverses façons l'émission d'électrons corrélés ou presque, ce qui valut le prix Nobel au physicien Alfred février 1978 / QUÉBEC SCIENCE Kastler.Aussi poursuit-on aujourd'hui dans plusieurs pays des expériences s'inspirant de près ou de loin de ce principe, mais leur bilan est loin d'être probant: dans certains cas, on conclut à la matérialité en vol du photon, dans d'autres à l'inverse.Qu'en est-il des recherches visant à fixer une limite maximum à la masse du photon?De nature expérimentale et observationnelle, elles sont fort complexes, et il suffit de dire ici que la masse du photon, si elle existe, ne peut être supérieure à la valeur infime de 10-48 g.Un demi-siècle après la création de la mécanique ondulatoire, on n'a pas encore pu confirmer si le photon a une masse propre.Les partisans de la fatigue de la lumière ont deux autres arguments principaux.On observe en ondes radio que certaines parties de quasars ou de galaxies semblent s'éloigner l'une de l'autre à des vitesses plusieurs fois supérieures à celle de la lumière (c).Et même si elles s'éloignaient à des vitesses «seulement» de l'ordre de celle de la lumière, les contestataires voient mal quel mécanisme physique pourrait expliquer une répulsion aussi violente.De plus, on ne connaît aucun processus thermonucléaire pouvant expliquer le formidable rayonnement émis par les quasars.LA BATAILLE DES THÉORIES Ils estiment que ces deux difficultés peuvent être levées, du moins partiellement, si l'on admet la fatigue de la lumière.Les distances des quasars seraient alors de beaucoup inférieures à ce que l'on croit aujourd'hui, ce qui veut dire que les quasars seraient d'autant moins lumineux.De plus, puisque les quasars sont des objets considérablement plus denses que les galaxies, les interactions photon-boson phi y seraient particulièrement fréquentes.Que pensent de tout cela les partisans du Big Bang?Pour répondre à la première des deux dernières objections, ils ont imaginé divers mécanismes qui pourraient expliquer les vitesses supérieures à c, la vitesse de la lumière.Le plus plausible de ceux-ci est peut-être le mécanisme dit «du ciseau».Admettons qu'un quasar soit coincé entre deux champs magnétiques se rapprochant l'un de l'autre à une vitesse, bien entendu, inférieure à c.Si ces champs se rapprochent l'un de l'autre à peu près parallèlement à notre direction d'observation, l'onde de choc qui marque leur progression semblera se déplacer latéralement beaucoup plus vite que les champs magnétiques et même, pourquoi pas, à des vitesses supérieures à c.Pour mieux visualiser la chose, imaginons une grosse vague océanique qui s'approche d'une plage.Au moment où elle commencera à mourir sur les hauts fonds, l'onde de choc ainsi créée paraîtra se déplacer plus rapidement que la vague elle-même, et ce d'au- QUÉBEC SCIENCE / février 1978 tant plus que l'angle entre la vague et le rivage est faible.Concernant la seconde objection, les partisans du Big Bang rétorquent que l'effondrement gravitationnel du centre d'une galaxie vers un immense trou noir en son centre pourrait fort bien expliquer la puissance du rayonnement émis par les quasars.En effet, les processus thermonucléaires ont une efficacité inférieure à 1 pour cent, c'est-à-dire que moins de 1 pour cent de la matière est convertie en énergie.Un effondrement gravitationnel à grande échelle peut par contre atteindre une efficacité de peut-être 50 pour cent.Quant aux travaux portant sur de vastes régions du ciel, ils estiment que les chiffres obtenus ne dépassent pas les marges d'incertitude des observations.Les partisans du Big Bang disposent de plus de deux arguments massues, pour lesquels les contestataires n'ont pas de réponse convaincante.Ainsi, le Big Bang peut expliquer l'abondance du deutérium dans l'univers.En effet, cet isotope lourd d'hydrogène est très instable dans les hautes températures qui régnent dans les étoiles.Seules des conditions de refroidissement rapide après laformation du deutérium, comme c'est le cas dans le Big Bang, semble pouvoir expliquer son abondance.Il en va de même pour l'hélium (et peut-être pour d'autres éléments), dont l'abondance, égale à presque un dixième de celle de l'hydrogène, de loin l'élément dominant dans l'univers, ne s'explique pas par les processus de fusion thermonucléaire stellaire.De plus, le rayonnement de 2,7 degrés K prévu par Gamow s'explique difficilement par un mécanisme autre que celui du Big Bang.UNE TEMPÊTE DANS UN VERRE D'EAU A-t-on raison, en fin de compte, de conclure que la lumière se fatigue?Malgré les observations qui laissent le supposer, la grande majorité des astronomes en contestent l'exactitude ou la pertinence.Certains d’entre eux, estimant que les défenseurs de la théorie de la fatigue de la lumière ne sont que des trouble-fêtes en quête de publicité, ne voient même pas matière à controverse.La plupart, cependant, ne mettent pas en cause la bonne foi des contestataires — ceux-ci se seraient tout simplement égarés sur une fausse piste.Car leur théorie fait appel à un postulat adhocc\u\ n'est pas indispensable pour rendre compte des phénomènes observés.Et cela va à l'encontre d'un des principes fondamentaux de la science: l'économie de postulats.Selon René Racine et Gilles Beaudet, astronomes à l'Université de Montréal, il s'agit «probablement d'une tempête dans un verre d'eau».Quoi qu'il en soit, lesujet sera sûrement à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l'Union astronomique internationale, qui the kitt peak national observatory Dans la Girafe céleste La galaxie NGC 2!46, dans la constellation de la G/ra/e/'Camelopardalis?esf une galaxie spirale irrégulière.On remarquera un bras qui se détache de son extrémité gauche.siégera à Montréal du 14 au 23 août 1979.Une remarque s'impose néanmoins: les deux théories ne sont pas nécessairement contradictoires: on peut imaginer l'univers en expansion, tout en admettant la fatigue de la lumière.Seulement, le rythme d’expansion de l'univers serait moindre que celui admis aujourd'hui, mais par une proportion qui reste à déterminer.On ne saurait toutefois nier la réalité de l'effet Doppler-Fizeau.En effet, comment la fatigue de la lumière, quel que soit son mécanisme, pourrait-elle expliquer les décalages vers le bleu observés pour certaines galaxies du groupe local et pour une multitude d'étoiles dans la Galaxie?ET LES AUTRES UNIVERS?Si les astronomes s'occupent de scruter notre univers, certains cosmologistes ne se «bornent» pas à celui-ci.Comment, dites-vous, il y aurait d'autres univers?«Pourquoi pas», disent certains.Et il ne s'agit pas ici d'univers faits d'antimatière qui, après tout, n'est que l'envers de notre bonne vieille matière à nous.Il s'agit d'univers totalement distincts du nôtre.Qui plus est, notre univers ne serait pas plus important dans cet abîme d'espace-temps que notre galaxie ne l'est dans notre univers «local».Ces bouleversantes visions relèvent de ce que l'on pourrait appeler l'«hypercosmologie».Le calcul montre que dans certaines conditions, si un vaisseau spatial pénètre dans un trou noir très massif, il ne sera pas anéanti —mais il n'en ressortira jamais, non plus.Du moins pas dans notre univers! Car il ressortira dans un autre univers, ayant voyagé vers l’avenir une distance infinie dans la dimension du temps.Et jamais il ne pourra revenir dans notre univers, en tout cas pas par le trou noir.Pour ce, il faudra voyager vers le 23 passé, en passant par un «trou blanc», abstraction mathématique à laquelle il est certes difficile d'accoler une réalité physique.On aurait de la sorte une infinité d'univers, chacun évoluant dans son propre temps — un cosmos de labyrinthes qui s'entrecroisent mais ne communiquent jamais.Ce n'est pas tout.L'astronome soviétique Markov a écrit dans la très sérieuse revue Annals of Physics qu'il pourrait exister une infinité d'univers logés l'un dans l'autre, un peu comme des poupées russes.Dans la mince couche d'encre qui forme la pointe inférieure du «c» de «cosmos», il y aurait une infinité d'univers tout aussi complexes que le nôtre, qui ne serait à son tour qu'une particule dans un univers plus grand.Il y a sûrement de quoi donner le vertige.cosmologique.L'«hypercosmologie» a certes des allures de science-fiction, et il est presque rassurant de revenir à la «brutale» réalité des galaxies de notre grain de sable d'univers, aussi lointaines soient-elles.Aujourd'hui, nous scrutons avec les extensions de nos sens que sont les télescopes des milliards de galaxies, qui contiennent chacune des milliards d'étoiles (autour desquelles combien de planètes abritent des êtres vivants?).Et pourtant, cela a-t-il un sens de se demander si l'on arrivera «au bout» de l'univers, comme les marins d'autrefois qui craignaient de tomber dans la gueule d'un dragon à la «fin» de l'océan.Qui sait, peut-être verrons-nous se profiler à des milliards d'années-lumière de distance.un dos de tortue! Pour en lire plus Hannes Alfven, La cosmologie: mythe ou science?, dans La Recherche, juillet-août 1976 Albert Einstein, La relativité.Petite bibliothèque Payot, numéro 62 George Gamow, La création de l'univers, Dunod, 1961 F.Hoyle, Galaxies, noyaux et quasars, Buchet-Chastel, 1965 James Lequeux et al, La recherche en astrophysique, Seuil, collection Points-Sciences, 1976 Pecker et al, La constante de Hubble mise en question, dans La Recherche, juin 1976 P.Véron, Les quasars, Les Presses universitaires de France, collection Que sais-je?, no 1267 CENTRE DE RECHERCHE EN PÂTES ET FEVRIERS TROIS OBJECTIFS Améliorer l'efficience des industries des pâtes et papiers et de produits connexes Faciliter, dans l'industrie québécoise, un niveau compétitif Protéger la qualité de l'environnement TROIS PROGRAMMES Conservation des ressources forestières Caractérisation, fabrication et modification des pâtes Utilisation maximale des résineux et des autres essences Traitements anti-pollution Traitement biologique de la liqueur résiduelle au bisulfite et production de nourriture pour animaux Création de nouveaux produits de la lignine par greffage Fabrication et utilisation des papiers Utilisation des pâtes mécaniques dans les papiers fins Inventaire et analyse des problèmes de modernisation de l'industrie UNE MAITRISE EN SCIENCES DES PATES ET PAPIERS Seule institution à offrir une maftrise en sciences des pâtes et papiers aux professionnels québécois en exercice.RENSEIGNEMENTS: Centre de recherche en pâtes et papiers Université du Québec à Trois-Rivières C.P.500, Trois-Rivières, Qué.G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5687 Université du Québec à Trois-Rivières QUÉBEC SCIENCE / février 1978 25 LA SCIENCE AU FUTUR propos recueillis par Pierre Sormany UNE ENTREVUE AVEC GERARD KLEIN, AUTEUR ET ÉDITEUR D’OUVRAGES DE SCIENCE-FICTION Gérard Klein est à la fois économiste et psychologue.Cette double formation le destinait sans doute à faire de la prospective, ce métier (ou cet art) qui consiste à tenter de dégager du présent des tendances significatives pour l'avenir, mais surtout d'imaginer diverses hypothèses pour l'avenir d'une société.Vice-président du Laboratoire de prospective appliquée de Paris, ce n'est toutefois pas à ce titre qu'il s'est fait connaître, maisbiencomme un des plus brillants auteurs de la science-fiction française d'après-guerre, puis comme éditeur associé à la maison Robert Laffont—Seghers.On lui doit, entre autres, les collections Ailleurs et Demain pour les classiques de la science-fiction, et Y Age des étoiles pour la science-fiction d'aventures («La série B, mais de qualité», dira-t-il), en plus d'une anthologie de la science-fiction française chez Seghers, et bientôt une collection de prospective chez le même éditeur.«Il y a une parenté très nette entre la démarche de l'auteur de science-fiction et celle du prospecti-viste, même si leurs domaines sont très différents.Car, selon moi, ce qui différencie la prospective de la futurologie à la Herman Khan, c'est que ce dernier se contente d'extrapoler des courbes et des tendances, alors que le prospectiviste s'interroge sur les conséquences probables d'un choix, d'un problème, il tente d'imaginer plusieurs avenues possibles: la prospective est nécessairement problématique, elle implique le choix.» «L'exercice mental, a-joute-t-il, est souvent le même chez de nombreux auteurs de science-fiction.On réfléchit sur une problématique et on pousse ses conséquences, parfois mêmejusqu'à l'absurde.Ce n'est pas toujours le cas dans la science-fiction d'aventures (le Space Opera), mais c'est une tendance qu'on retrouve de plus en plus dans la jeune science-fiction, à caractère socio-logique.» Bien sûr, Gérard Klein reconnaît que l'imagination débridée et la distanciation, souvent «irréelle», ne peuvent faire de la science-fiction un outil d'étude sérieux des perspectives d'avenir, mais en même temps, la démarche qui caractérise cette littérature souvent considérée comme «mineure» lui semble de toute première importance.D'autres raisons l'incitent aussi à considérer la science-fiction comme une littérature charnière.Gérard Klein mentionne d'abord le fait qu'à travers elle, on découvre le rapport qu'entretiennent les hommes envers la science, à diverses époques de notre histoire.«Il y aurait tout un chapitre de la sociologie à faire là-dessus», note l'éditeurfrançais, en rappelant que les oeuvres de Jules Verne, marquées par la foi en la science, sont tout autant témoins de leur époque que les oeuvres actuelles, où l'avenir prend des couleurs d'angoisse.«En fait, la science-fiction a souvent bien plus de rapport avec l'idéologie de la science et ses valeurs, qu'avec la science elle-même.Ce qu'elle exprime.le devoir 26 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE jacques grenier jflmNnHHËsj f .rm ir 1T|4 ia Sv* m'rmrèjwg *5®: mm «iiSBjS'iflCw BBsSS^i&vBIHiaa «.'?T*1 ^TMWWSCIZi ?» fc >T < jacques grenier A ; mg c'est bien plus les attentes ou les craintes du présent», ce que Klein a déjà exprimé dans un essai en précisant que les auteurs traduisent, souvent avec une grande habileté et toute l'intuition de l'artiste, des craintes répandues, et que, loin de faire de la prospective, ils interviennent ainsi le plus souvent après que le tournant ait été pris.La science-fiction écologique a, pour l'essentiel, suivi la naissance des mouvements écologiques! rêve, par le biais de la science-fiction de la première important qu'elle joue, comme prophylactique, pour < protéger la science des entreprises mystificatrices.» «Les gens ont besoin de merveilleux.Regardez la vogue des livres sur les extraterrestres, le Triangle des Bermudes, ou les autres fausses sciences.La science-fiction a l'avantage d'aborder ces domaines merveilleux, mystiques, et même «gnostiques», mais sans jamais être mystificatrice.L'auteur de science-fiction aborde souvent le fantastique, l'irrationnel, ou même le mythe, mais il ne le fait jamais en prétendant savoir, en prétendant apporter ) la réponse comme le faisait autrefois la religion, ou comme le font les fausses sciences.Ou bien, s'il le fait, c'est en reconnaissant en même temps que c'est de la fiction, en avouant ouvertement être un menteur.» Pour Klein, cette attitude est extrêmement saine, puisqu'elle ne ferme pas de domaines de réflexion, comme ont trop souvent tendance à le faire les scientifiques(«Oh, ça, disent-ils, ça ne nous concerne pas, c'est l'affaire de la religion!»), mais en même temps, ces réflexions ne sont pas présentées comme affaire de foi, de mystère.«Il y a une constante de rationalité dans toute la science-fiction.C'est d'ailleurs ce qui la distingue d'un autre genre qui lui est souvent associé, le fantastique.Dans les histoires de fantômes ou de revenants, on présente l'irrationnel comme faisant partie du monde, et le monde lui-même devient officiellement inaccessible à l'esprit.Dans la science-fiction, au contraire, même les réalités les plus différentes, les plus déconcertantes, finissent par être expliquées.Ce n'est pas toujours habile, mais il y a cette foi en la capacité de notre raison.» Les scientifiques, ajoutera-t-il, ont grandement tort de sous-estimer le rôle de cette littérature.Puis en référant à certaines oeuvres d'un des meilleurs auteurs de science-fiction contemporaine, Stanislas Lemi, qui a justement abordé dans quelques livres (dont Solaris) ces limites à la rationalité humaine, Klein rappelle que: «Même dans ce cas, l'impossibilité de comprendre n'est pas présentée comme un phénomène supra-normal, maiscommeliéà notre nature humaine.Cela nous renvoie de toute façon à une rationalité du monde, même si celle-ci dépasse l'homme.» Même la science-fiction mystique renverse la thématique de la religion: «Dieu, à la limite, y est présenté comme un super-extraterrestre ou, du moins, il est intégré à l'univers, à ses lois.» 3( I r, Sîi îlj îll >1, L'ART DE VULGARISER UN VOCABULAIRE UNE SOURCE DE FANTASTIQUE Littérature témoin, sans doute plus que les oeuvres «réalistes» qui souffrent souvent d'un cadre trop restreint dans le temps, la science-fiction est aussi, pour Gérard Klein, importante sur un second plan: comme réponse à un besoin de merveilleux! «Les scientifiques, les vrais, qui boudent souvent la science-fiction parce qu'à leurs yeux, elle n'est Témoignage libre des attentes ou des angoisses de la société qui la produit, prophylactique contre l'intrusion du merveilleux dans notre démarche scientifique, témoignage de foi dans la raison humaine, la science-fiction accomplit aussi un rôle de promotion envers la science.«Je me demande jusqu'à quel point l'exploration de l'espace aurait été possible, compte tenu du coût économique, si I.J: f:: 1 II' ':v W::m Ciïi QUÉBEC SCIENCE / février 1978 27 mièii ,poii ices.aojlî s.Il unie )IU s!i: S P mer es (; eàl jnoii' aise'1 lûtée lmp re ou sfr evff ms le1 :és; issef mu1 iisof ml K teaiui dar sà,! Méf 0 0(T-; arc- oc"" Î(SÎ: •J* £U': lait" fais' jpi»' aia»;; aui: toute une génération n'avait pas été bercée par ce pas sérieuse, ne se rendent pas compte de ce rôle moitié du siècle!» Mentionnant ensuite que la science-fiction explique sans doute bien des vocations scientifiques, Klein ajoute que même lorsqu'elletriture plus ou moins certaines hypothèses scientifiques, pour l'asservir à l'imagination de l'auteur, elle n'en remplit pas moins un rôle de diffusion d'un certain vocabulaire.Plus de gens connaissent la relativité par le biais de cette littérature que par celui de la physique.«Et des réalités comme les trous noirs, les nuages interstellaires, les discontinuités de l'espace, qui font aujourd'hui partie du vocabulaire des astronomes modernes sont d'abord nés dans le métalangage de la science-fiction».«Je pourrais mentionner un autre cas, encore plus évident.Face à la possibilité de l'existence d'autres formes de vie dans l'univers, la science officielle a beaucoup changé depuis quelques années.On refusait même de l'imaginer, hier encore!» D'ailleurs, Klein n'hésite pas à ajouter que c'est peut-être à un autre rôle important de la science-fiction.Alors que souvent les chapelles scientifiques ont tendance à adopter des posit ions définitives sur certains problèmes (ce qui est profondément anti-scientifique en fait), la science-fiction apparaît comme une littérature de remise en question.Révolutionnaire?Pas toujours.Mais certainement curieuse et imaginative.«Un excellent moyen de lutter contre l'académisme scientifique.» QUÉBEC-FICTION EN CERCLE FERMÉ C'est parce que Gérard Klein savait qu'il accordait une entrevue destinée à paraître dans un magazine scientifique que la conversation a surtout porté sur la relation entre la science et la science-fiction.Mais il était impossible de rencontrer le plus important éditeur de science-fiction française sans aborder, au moins au passage, le problème de la science-fiction québécoise.Il aurait été plus exact d'écrire l'absence de science-fiction québécoise, du moins celle qui pourrait être publiée comme telle.«Cette littérature, note Gérard Klein, est d'un genre dé-territorialisé, en ce sens qu'elle se veut participante à une vision de la science sans frontières, qu'elle se veut universelle.Mais je ne suis pas d'accord pour dire qu'elle soit dé-régionali-sée.Car elle participe aussi à la littérature, l'expression créatrice, qui, elle, esttrès régionale.» Il paraît évident que si la science-fiction est, selon Klein, un témoin des angoisses ou des espoirs d'une société face à l'avenir, ces sentiments varieront selon la situation de chaque auteur, de chaque climat social.Qu'il suffise de penser au phénomène bureaucratique dans la science-fiction soviétique, ou à certaines formes de violence dans l'américaine.«Dans l'anthologie de la science-fiction française, que j'ai publiée chez Seghers, on voit très bien que ce sont les mêmes thèmes qui sont traités jacques grenier «qin ' v- en France et aux États-Unis, mais ils le sont très différemment.» Pour Klein, il n'y a donc pas de raison a priori pour que le Québec n'ait pas, lui aussi, son courant de science-fiction, dès l'instant où la situation sociale d'ici, ses rapports avec l'appareil scientifique et ses aspirations vers l'avenir ne sont pas la transposition de ceux qui régnent en France ou aux États-Unis.L'éditeur en profite pour souligner qu'il suit avec intérêt l'expérience en cours présentement avec la revue Requiem publiée à tous les deux mois par une jeune équipe de Montréal.Reste à savoir si un éditeur, d'ici ou d'ailleurs, se décidera à prendre le risque de publier au-delà de ce cercle fermé des abonnés d'un «fanzine».Une question économique?Une question de concurrence aussi, car si l'écriture de science-fiction témoigne de la situation sociale en son point d'origine, il n'est pas certain que la lecture, elle, soit aussi sélective.Coincés entre la production américaine à bas prix et la production française plus facile d'accès pour l'amateur francophone, l'auteur québécois a-t-il d'autre choix que de se faire publier en France?«Il n'est pas exclu que nous publions des auteurs québécois, bien au contraire», note Gérard Klein, sans préciser si c'était la réponse de l'éditeur, du prospectiviste.ou simplement du psychologue! Université de Facultés Aménagement Droit premief cycle études supérieures premier cycle études supérieures Aménagement O* Droit ¦ O • Architecture ¦ Droit notarial Oipl.Architecture du paysage ¦ Design industriel Urbanisme ¦ O Éducation permanente premier cycle études supérieures Arts et sciences Animation Animation de la vie étudiante 7 7 premier cycle études supérieures Animation pédagogique Activités psycho-éducatives V des bibliothèques 7 Anthropologie ¦ ?7 o • Coopération 7 Arts plastiques V Criminologie 7 Bibliothéconomie o Culture et civilisation 7 Biochimie ¦ Enseignement à l'élémentaire 7 Chimie ¦ ?V O • Enseignement de l'anglais.Communication V o langue seconde, à l'élémentaire 7 Criminologie ¦ o • Enseignement de l'éducation Démographie V o • physique à l'élémentaire 7 Études africaines Dipt Enseignement des mathématiques Études allemandes ¦ ?V o au secondaire 7 Études anciennes ¦ ?V o • Enseign.des mathématiques Études anglaises ¦ ?V o • et des sciences à l'élémentaire 7 Études cinématographiques ?V Enseignement du français, Études est-asiatiques V langue seconde, à l'élémentaire 7 Études françaises ¦ ?V o • Etudes québécoises 7 Études hispaniques ¦ ?V o Gérontologie 7 Études italiennes ?V Information et journalisme 7 Études juives V Information scolaire et professionnelle 7 Études néo-helléniques ?V Loisir 7 Études russes ¦ ?V o Mathématiques 7 Études théâtrales V Nursing clinique 7 Géographie ¦ ?V o • Nursing communautaire 7 Géologie ¦ ?V o • Organisation des soins et Histoire ¦ ?V o • éducation en nursing 7 Histoire de fart ¦ ?V o Perfectionnement des maîtres en Histoire et sociopolitique des sciences o • musique à l'élémentaire 7 Informatique ¦ ?V o • Publicité 7 Linguistique ¦ ?V o • Recherche opérationnelle 7 Littérature • Récréation 7 Littérature comparée o Relations industrielles 1 7 Mathématiques ¦ ?7 o • Relations industrielles II 7 Mathématiques-Informatique a Relations interpersonnelles 7 Philosophie ¦ ?7 o • Relations publiques 7 Physique ¦ ?7 o • Sciences de la communication 7 Psycho-éducation ¦ o Sciences familiales 7 Psychologie ¦ o • Traduction 1 7 Relations industrielles ¦ o • Traduction II 7 Sciences biologiques ¦ ?7 o • Sciences économiques Sciences médiévales Science politique ¦ ?7 ¦ ?7 o* o • o • Éducation physique ^3^,.Service social ¦ o premier cycle etudes supérieures Sociologie ¦ ?7 o • Éducation physique ¦ o Traduction ¦ 7 o Sciences de l'activité physique o • Programme hétérogène 7 Médecine premier cycle études supérieures Administration des services de santé (conj, avec HEC) O Anatomie O • Biochimie I Voir Arts et sciences) O • Génie biomédical (conj.avec Polytechnique) O Gestion d'hôpital 7 Hygiène O* Internat et résidence D.E.S.Médecine M.D.Médecine et chirurgie expérimentales O • Microbiologie et immunologie o • Nutrition ¦ o Pathologie o • Pharmacologie o • Physiologie o* Santé communautaire o Sciences cliniques o • Sciences neurologiques o • Virologie • Médecine dentaire premier cycle études supérieures Biologie dentaire o Médecine dentaire D.M.D.Orthodontie 7 O Pédodontie 7 Médecine vétérinaire premier cycle études supérieures Anatomie et physiologie vétérinaires o Internat de perfectionnement en sciences app.vétérinaires 7 Médecine vétérinaire D.M.V.Médecine vétérinaire préventive Dipt Pathologie et microbiologie vétérinaires O Sciences cliniques vétérinaires O Musique premief cycle études supérieures Composition ¦ O • Général ¦ Histoire et langues musicales ¦ Interprétation ¦ o* Musicologie o» Musique ?Techniques d'écriture ¦ Nursing premier cycle éludes supérieures Administration des soins et éducation 7 Nursing 18 Trimestre 1978 Optométrie ,Èc„,e, premier cycle études supérieures Optique physiologique o Optométrie LSc.O.Pharmacie premier cycle études supérieures Chimie médicinale O • Pharmacie ¦ Pharmacie d'hôpital Dipl.Pharmacodynamie biochimique o • Pharmacognosie o • Sciences pharmaceutiques o • Réadaptation (École) premier cycle études supérieures Ergothérapie ¦ Orthophonie et audiologie ¦ o Physiothérapie ¦ Sciences de I' éducation premier cycle études supérieures Administration scolaire o • Andragogie V o • Didactique d'une lang.seconde (anglais) au secondaire V Éducation ¦ Éducation comparée o • Études péd.pour l'enseignement professionnel au secondaire V Éducation préscolaire et enseign.élémentaire ¦ o • Enseignement du français langue maternelle à l'élémentaire V Enseignement du français langue maternelle au secondaire V Enseignement secondaire et/ou collégial V Enseignement secondaire et collégial o • Enseignement de l'expression dramatique V Fondements de l'éducation o • Mesure et évaluation en éducation V o • Orthopédagogie ¦ o • Technologie éducationnelle V o • Théologie premier cycle études supérieures Théologie ¦ ?o* Études bibliques ?V o • Études bibliques-Théologie 0 Etudes catéchétiques ?V Études pastorales ¦ V o • Études théologiques V Sciences de la religion ?V d’automne Écoles affiliées Polytechnique premier cycle Environnement Génie biomédical (conj.avec Médecine) Génie chimique Génie civil Génie des systèmes Génie électrique Génie géologique Génie industriel Génie mécanique Génie métallurgique Génie minier Génie nucléaire Génie physique Géologie de l'ingénieur Géologie minière Géophysique appliquée Géotechnique Ressources hydriques Sciences géodésiques Structures Transport Électricité du bâtiment Mécanique du bLiment Sciences de la construction Sciences géodésiques I Sciences géodésiques II Technologie de la prévention d'incendies études supérieures o O ¦ O • ¦ O • O ¦ O • ¦ O • ¦ O ¦ O • ¦ O • ¦ O • O ¦ O • O O O O O O O O V V V V V V Note: Le Diplôme d'études complémentaires peut être obtenu, au niveau des études supérieures, dans toutes les disciplines du génie.Hautes Etudes commerciales Administration Administration des affaires Gestion d'entreprise Gestion du marketing Gestion du personnel Gestion financière Sciences administratives Sciences comptables Sciences de la gestion premier cycle études supérieures • ¦ o v V V V Dipt Dipl.O Signification des symboles: baccalauréat spécialisé ¦ spécialisé bidisciplinaire 0 sujet majeur ?certificat V sujet mineur V maîtrise O doctorat • Demande d'admission Premier cycle et études supérieures Le formulaire de demande d'admission doit parvenir avant le 1er mars au Bureau du registraire (admission) C.P.6205, Succursale A, Montréal (Québec) H3C 3T5 Tél.: 343-7076 Faculté de l’éducation permanente S'adresser à la Faculté C.P.6128, Succursale A, Montréal (Québec) H3C 3J7 Tél.: (jour) 343-6090 (soir) 343-6992 École Polytechnique Le formulaire de demande d'admission doit parvenir avant le Ie' mars au Bureau du registraire Campus de l’Université de Montréal C.P.6079, Succursale A, Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél.: 344 4724 École des Hautes Études commerciales Le formulaire de demande d'admission doit parvenir à l’École des Hautes Études commerciales 5255, av.Decelles, Montréal (Québec) H3T 1V6 avant le 1er mars (premier cycle) Tél: 343-4330 avant le 15 mars (M.B.A.I Tél: 343-4336 avant le 31 mars (M.Sc.) Tél: 343-4336 avant le 1er avril (Ph.D.) Tél.: 343-4378 ¦¦HHI février 1978 / QUÉBEC _ • -iniiii j: Hf 'll .'ft.x ¦ s'*?* ; QUÉBEC SCIENCE / février 1978 31 DISSECTION D’UNE CRISE par Michel Gauquelin PRÉS DE 200 SPÉCIALISTES SE SONT RÉUNIS À QUÉBEC À L’OCCASION À bord d'un avion, haut dans les airs, se trouvent Henry Kissinger, un prêtre, un étudiant et le pilote.Tout à coup, le pilote quitte son poste et vient rejoindre les trois passagers.— Messieurs, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer.Nous allons man-auer de carburant dans quelques instants.Du calme, je vous en prie.De toutes façons, la situation n'est pas complètement désespérée puisque nous avons trois parachutes à bord.Si cela ne vous ennuie pas, comme je suis le pilote, je vais prendre un parachute et sauter en premier.Le pilote prend un parachute et saute.Henry Kissinger, très maître de lui, se tourne vers le prêtre et l'étudiant.— Compte tenu de mes hautes fonctions et du fait que grâce à ma remarquable intelligence j'ai pu analyser en un clin d'oeil la situation, j'en suis venu à la l conclusion qu'il allait de soi que je prenne un parachute et que je saute.Adieu, messieurs.Il reste un parachute.Le prêtre se tourne alors vers l'étudiant.— Je suis déjà bien vieux, alors que tu as encore toute la vie devant toi mon fils.Alors prends le parachute et saute.— Mais non, mais non, réplique l'étudiant, il n'y a aucun problème.Voyez, il reste deux parachutes puisque M.Kissinger a enfilé mon sac à dos.Peut-être un peu sinistre, cette histoire, racontée par M.Dennis Meadows lors du troisième colloque international d’économie pétrolière, a fait rire aux éclats plus de 200 spécialistes des questions pétrolières et énergétiques réunis à l'université Laval, à Québec, pour discuter de coopération internationale à l'heure d'une prochaine pénurie de pétrole.Réunis par le Groupe de recherche en économie de l'énergie de l'université Laval, quelques jours avant les premières rigueurs de l'hiver québécois, les divers universitaires, consultants économiques, représentants des milieux de l'industrie DU TROISIÈME COLLOQUE D’ÉCONOMIE PÉTROLIÈRE S*; INTERNATIONAL pétrolière et des gouvernements de pays producteurs ou consommateurs de pétrole, ainsi que plusieurs sommités du monde des agences nationales et internationales spécialisées dans les questions d'énergie, toutes ces personnes se sont donc tapées sur les cuisses en entendant compter cette histoire exemplaire de l'art de prendre une décision, la bonne si possible.Un peu comme aurait dû faire Henry Kissinger, la vingtaine de conférenciers invités s'est efforcée d'analyser la crise actuelle, de voir les possibilités réelles de trouver du nouveau pétrole et de le faire durer, d'évaluer les conditions nécessaires pour le développement de nouvelles sources d'énergie, bref, de savoir reconnaître un parachute d'un sac à dos avant défaire le grand sa ut.QUAND CHACUN Y VA DE SON ANALYSE Publié pour le compte du Club de Rome un an avant la grande crise pétrolière de 1 973, le Rapport Meadows peut être considéré comme le précurseur d'une série d'études, de rapports et de contre-rapports qui pullulent depuis quelques années, chacun apportant son bout d'analyse, vu à travers la lorgnette de la spécialité de son auteur et de son commanditaire, et sa solution miracle comme il va de soi! Même la CIA (Central Intelligence Agency) y est allée de son étude, intitulée The International Energy Situation: Outlook to 1985 (pour ceux que cela intéresse: ER 77-1024 U Washington, D.C., avril 1977).Halte à la croissance?, du Massachusetts Institute of Technology où travaillait Dennis Meadows, couvrait un champ beaucoup plus vaste que celui de l'énergie.Mais bien peu de ses successeurs n'apportent une vision claire de ce que nous réserve l'avenir.Selon Antoine Ayoub, directeur du GREEN de l'université Laval, cette masse de rapports en arrive même à perturber la vision et à 32 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE •’» '-'T.*, - WÊ/m La bataille de la dernière goutte Lorsque le pétrole viendra à manquer, on peut s'Imaginer la rivalité entre les différents pays consommateurs pour obtenir les dernières gouttes.éditeur officiel du québec bloquer les décisions.C'est donc dans l'optique d'arriver à une synthèse claire que le colloque était tenu, chaque conférencier tentant de faire le point tant sur les dernières prospectives énergétiques que sur les différentes contraintes à la substitution du pétrole par les autres ressources et même sur les stratégies proposées.L'alerte est arrivée à l'automne 1 973, grâce au quadruplement du prix du pétrole; aujourd'hui, les prix continuent à augmenter et les pays producteurs ont clairement dit à leurs clients qu'ils entendaient contrôler leurs ressources naturelles.Négociateur à la Conférence Nord-Sud et gouverneur de Pétromin, la société pétrolière de l'Arabie Saoudite, Abdulhady Hassan Taher confirme à Québec cet aspect fondamental et éminemment politique du commerce de l'énergie: «La question des prix est un droit souverain du pays producteur, non négociable et dont il n'y a pas lieu de discuter.Cela s'applique à tous les pays et à toutes les matières premières».«Mais cela ne veut pas dire que nous fixons les prix sans tenir compte des conséquences qu'ils vont entraîner», continue M.Taher.Dans la bouche d'un représentant de l'Arabie Saoudite, pays bien connu pour les bonnes relations qu'il entretient avec le monde occidental gourmand en pétrole et les États-Unis en particulier, cette dernière phrase prend une saveur particulière.Partisan d'une politique de prix modérée, le pays de M.Taher a fort bien compris que ses réserves en hydrocarbures ne tarderont pas à s'épuiser, surtout si la demande continue à croître au rythme actuel.Alors autant s'entendre quelque peu avec les gros consommateurs et voir comment et à quel prix écouler les réserves actuelles.UN GRAVE PÉCHÉ D'OMISSION Ces réserves, réparties à travers le monde, sont encore impressionnantes.Selon une enquête internationale menée par l'Institut français du pétrole et citée par le président de son conseil d'administration, M.Pierre Desprairies, lors du colloque, nous connaissons avec certitude l'existence de 100 milliards de tonnes de pétrole conventionnel, c'est-à-dire de pétrole produit avec les technologies et au coût que nous connaissons actuellement.Il resterait également dans l'écorce terrestre pour 160 milliards de tonnes, chiffre établi selon des raisonnements analogiques fondés sur la géologie et des calculs de probabilité.L'existence de ce pétrole est probable.mais il reste à le découvrir.Avec une consommation de trois milliards de tonnes par an à l'heure actuelle et avec une augmentation annuelle de cinq pour cent — taux des dernières années — nous aurons besoin de six milliards de tonnes en 1990, ou 4,5 milliards si nous nous limitons à trois pour cent de croissance.Une fois tous les calculs effectués, la grande majorité des experts s'entendent pour dire que l'offre ne pourra rejoindre la demande que vers 1983-1985, 1990 au mieux.L'exploitation des nouveaux gisements en Mer du Nord, dans l'Arctique et au Mexique devrait apporter une légère mais temporaire amélioration vers 1 980-1 983 selon le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (OCDE), M.Ulf Lantzke, mais n'empêchera pas la pénurie d'être au rendez-vous de 1985.Que valent toutes ces prévisions, sinon leurs auteurs?La question a d'autant plus d'intérêt que les prévisions faites au cours des 50 dernières années, pour la période actuelle, ne sont pas toutes des modèles de précision.M.Jean-Marie Martin, directeur de l'Institut économique et juridique de l'énergie (Centre national de la recherche scientifique de France), évalue que les estimations actuelles sont prudentes et que cela est dû en bonne partie au fait que de sérieuses sous-estimations ont été effectuées dans le passé.Selon les analyses qu'il a effectuées, les principales perspectives de demande d'énergie, et de pétrole en particulier, ont péché par omission.Cela va jusqu'à des erreurs de 35 pour cent pour la période 1950-1975.La source des erreurs?La démographie tout d'abord.Les chiffres de base ne sont pas à date et dans le cas de la Chine, par exemple, on oublie de compter 200 millions de Chinois.De plus, les projections sous-estiment les pays du Tiers-Monde, de sorte que les résultats, 25 ans après, ridiculisent leurs auteurs.La deuxième cause d'erreurs, c'est d'avoir cru que les pays les plus en retard dans le développement et l'industrialisation tendraient à rattraper les plus avancés.Il est vrai qu'au sortir de la deuxième guerre mondiale, les pays occidentaux, États-Unis en tête sont entrés dans une 33 QUÉBEC SCIENCE / février 1978 ¦ ili li ««I Mil Cllïl méj '1S0;| ceitl dsi; eslîf t'w-J ss:-; I idH* idst; iOI» dtçi jIMi 'iSlil yeK11 jUidi sefr'' péïî' lissif' )3seri iCI»1* plOI^ >1 «li.11 d^, A ^1 îHt îis“"l telle phase d'euphorie et de croissance accélérée que le bon sens semblait indiquer qu'on ne s'en allait pas vers un développement du sous-développement, vers un accroissement des écarts entre pays riches et pays pauvres.C'était s'illusionner, refuser de croire à une systématisation du pillage du Tiers-Monde, nier l'aspect impérialiste du système capitaliste, à la recherche de matières premières bon marché, et bientôt de consommateurs pour ses produits.Les erreurs passées ont portéfruit, au moins en ce qui concerne les prévisions.Ces simples perspectives hasardeuses font place aujourd'hui à des estimations fort prudentes qui ont tendance à noircir l'horizon.Le noircir peut-être un peu trop, dira M.Jean-Marie Martin, mais toutes les hypothèses sur la croissance économique, qui servent à prévoir la consommation d'énergie, sont tellement fragiles que la prudence est fort compréhensible.DU PÉTROLE A N'IMPORTE QUEL PRIX Que faire, face à la future pénurie, et comment contrôler la crise qui en découle?Dans les réactions à court terme et émotives on trouve la thèse suivante, racontée par M.James E.Akins, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie Saoudite: «Les Arabes ont le pétrole, nous en avons besoin, donc on va le chercher».Ce raisonnement est peut-être simpliste mais il a été élaboré par des stratèges, et repris par des journaux dits sérieux qui ont affirmé que les champs pétrolifères du Koweit pouvaient être pris militairement sans une perte de vie américaine, remis en activité trois mois après l'opération et le baril de pétrole vendu à un dollar pièce ($12.70 en 1977).Le Congrès a dit non car.il y avait risque d'intervention des Russes.Parmi les autres attitudes face à la pénurie de pétrole, se trouve la tentation de briser l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).Unefoisencore l'argumentation est simpliste: l'OPEP est un cartel, donc instable comme tous les cartels.Ses membres ont besoin d'argent.Comme ils sont pervertis et vénaux, il suffit de les acheter et hop! le tour est joué, l'OPEP est brisée.Cette fois-ci, c'est le New York Times et une trentaine de sénateurs qui ont cautionné cette stratégie de grossier mépris envers les pays producteurs de pétrole.Panique, énervement, défoulement primaire, ces attitudes témoignent de la volonté des grandes compagnies pétrolières à protéger à court terme leurs intérêts.D'autres comportements ont toutefois pris le pas, mis de l'avant par les gouvernements des pays consommateurs, une fois revenus de leur brutale découverte de l'existence d'une crise du pétrole.Cela va de programmes de réduction de la consommation, en essayant de ne pas toucher à la sacro-sainte crois- sance économique, à des efforts d'autosuffisance, comme c'est le cas pour le Canada, précisera le président de l'Office national de l'énergie du Canada, M.Marshall A.Crowe, en passant pardetimides efforts pour développer de nouvelles sources d'énergies, renouvelables si possible.Pour nombre de pays, c'est également le grand saut, lesyeuxfermés et à pieds joints, dans le nucléaire.Mais pour la presque totalité des pays en quête des dernières gouttes de pétrole, la nécessité d'une coopération internationale est apparue.Car les temps risquent d'être durs entre le moment où le pétrole viendrait à manquer, et peut-être très vite s'il n'y a pas coopération entre pays producteurs et pays consommateurs, et l'époque où les politiques de conservation et de développement d'autres sources d'énergie auront porté des fruits.C'est cette soudure qui inquiète bien du monde.Si les programmes de conservation ont donné d'assez bons résultats dans certains pays, européens notamment, il n'est pas dit qu'ils seront aussi efficaces ailleurs, rapidement du moins.Exemple: au cours d'un sondage, 70 pour cent des Japonais ont répondu qu'en cas de panne d'électricité, ils resteraient chez eux à regarder la télévision! Pour sa part, le ministre québécois délégué à l'Énergie, M.Guy Joron, semble plus confiant dans la capacité de ses concitoyens à transformer leurs mentalités puisqu'une bonne part de son livre blanc table sur les efforts, suscités et forcés au besoin, pour conserver l'énergie.Notre monde a sans doute besoin d'optimistes, mais il reste que dans l'immédiat c'est sans doute M.Dennis Meadows qui voit le plus juste en déclarant: «J'ai travaillé assez longtemps avec les grandes bureaucraties des États-Unis pour savoir que les programmes de conservation n'iront pas loin.» Les résistances au plan Carter semblent bien lui donner raison.LA COTE DU CHARBON EST A LA HAUSSE Délaissées parce qu'elles n'offraient pas de profits assez intéressants, plusieurs sources d'énergie reviennent à la mode.Bon substitut au pétrole, le gaz naturel pourrait se révéler précieux.Il existe en quantités fort abondantes mais son exploitation se trouve limitée pour des questions d'investissements et donc de prix de revient.En déclin depuis la seconde guerre mondiale, le charbon offre certainement le plus d'intérêt, à cause de l'importance des réserves mondiales.Par ordre d'importance, l'Union soviétique, les États-Unis et la Chine en possèdent 90 pour cent, les réserves chinoises, mal connues, pouvant se révéler beaucoup plus importantes que prévu.Le Canada, de son côté, n'est pas trop à plaindre puisqu'il apparaît en septième position, après l'Allemagne de l'Ouest, la Grande-Breta- information canada ALiaty* vîir • ~ Du pétrole pour riches Les réserves de pétrole non conventionnel, dont les schistes bitumineux, seraient en quantité plusieurs fois supérieures à celle du pétrole conventionnel.Les coûts de production de ces réserves seraient cependant de 20 à 100 pour cent supérieurs aux prix actuels de vente.gne et l'Australie.Intéressant pour la production d'électricité, le chauffage, la vapeur pour l'industrie et la production de pétrole et de gaz synthétique dans 1 5 à 20 ans, le charbon devrait fournir une bonne contribution au bilan énergétique à partir de 1 985-1 990 selon le directeur de LAIE, M.Lantzke.Pour sa part, le président Carter table sur une production doublée en 1 985.Encore une fois, ce sont des questions de gros sous, de très gros sous, qui freinent le développement du charbon.La technologie est à moderniser, les investissements dans les mines et le transport sont fort élevés et la gazéifac-tion, la liquéfaction ainsi que la production de méthanol qu'on peut techniquement faire maintenant ne sont pas compétitifs avec le pétrole, revenant à 24 dollars le baril selon des chiffres cités par M.Ragaei El Mallakh de l'Université du Colorado.En fin de compte, seul le nucléaire permet de répondre aux besoins de façon significative d'ici 1985-1990.Les estimations de l'Agence internationale de l'énergie se montent à 6 à 9 pour cent pour 1985 dans le bilan mondial (monde occidental) par rapport à 1,7 pour cent en 1974, unefoisquel'onatenu compte des baisses effectuées dans les prévisions cette année, baisses explicables par un réaménagement des besoins et par le mouvement grandissant d'opposition à cette source d'énergie.Et il n'y a pas lieu de penser que cette opposition cesserait de se renforcer puisque les problèmes de radioactivité, de traitement des déchets, de prolifération des armements nucléaires restent entiers.De plus, pour la majorité des économistes, il est clair que le prix de l'uranium va grimper en flèche.Le doute 34 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE imperial oil limited Lorsqu'on vise à côté de la cible Environ 60 pour cent des réserves mondiales seraient dans les pays en voie de développement.Par contre, en 1976, 60 pour cent des recherches géophysiques et 85 pour cent des forages d'exploration ont été réalisés aux États-Unis et au Canada, où se trouvent 14 pour cent des réserves.Et la compagnie Shell mobilise plus des trois quarts de ses investissements en Mer du Nord.sur le nucléaire est tel que l'hydro-élec-tricité reste dans la course pour plusieurs années même si les sites les plus intéressants sont déjà aménagés et que les prochains nécessiteront des investissements très lourds, en particulier à cause de leur éloignement, au Québec entre autres.Parce qu'elles sont non renouvelables, ces sources d’énergie n'apparaissent pas comme la panacée.Il faut dire aussi qu'elles ont toutes leur talon d'Achille, que ce soit sur des questions d'environnement ou de coûts.Le charbon, par exemple, est une source de pollution importante tant à l'extraction qu'à la combustion et les grandes usines de charbon synthétique demanderont des capitaux énormes, à une époque où, selon Dennis Meadows, le capital manquera.Les regards se tournent donc vers ces énergies nouvelles, de remplacement, que sont le solaire, la biomasse, le vent, la géothermie, les marées, etc., domaines où les recherches sont encore parfois balbutiantes, où la technologie en est au stade du prototype, où personne n'a voulu investir jusqu'à présent.Ce n'est que du bout des lèvres que ces sources d'énergie ont été mentionnées au colloque de Québec, et le président de l'Hydro-Québec, M.Robert Boyd, a sans doute exprimé une opinion que partageaient la majorité des personnes présentes en insistant sur les contraintes technico-économiques (potentiel théorique limité, délais technologiques, notions de rentabilité) et institutionnelles (contraintes de financement, d'organisation et d'environnement).VERS UN PÉTROLE DE LUXE ; Jü I • Dans un colloque international d'économie pétrolière, on retrouve beaucoup de «pétroliers» et c'est donc de pétrole qu'on a surtout parlé.Le débat a porté principalement sur le point suivant: comment faire durer le pétrole, qui représente 45 pour cent de la consommation mondiale d'énergie en 1 977?Car pour plusieurs, la meilleure façon de passer à travers les quatre prochaines décennies, c'est encore de compter sur l'énergie fossile, pétrole en tête.Y a-t-il assez de pétrole sur la terre pour faire tourner l'économie mondiale d'ici 2020?Le président de l'Institut français du pétrole répond oui, si on inclut tout le pétrole brut non conventionnel: pétrole de récupération assistée, de mer profonde, pétroles très lourds, schistes bitumineux, sables asphaltiques, carburants synthétiques issus du charbon.Mais tout d'abord il faudrait aller chercher ce qui reste de pétrole conventionnel, chiffré à 260 milliards détonnes.Malheureusement, les grands gisements se font rares et la moitié des réserves serait sous la mer.Beaucoup des découvertes actuelles ne sont en fait que de nouvelles évaluations de champs déjà en exploitation, ce qui explique pour une bonne part le rythme lentde «découverte».1 i QUÉBEC SCIENCE / février 1978 35 nasa • u ¦' ; USIS Peu d'avenir pour l'énergie douce Pour contrer la prochaine pénurie de pétrole, on peut aussi envisager les énergies douces, comme le vent et le soleil.Cependant les contraintes techniques, économiques et institutionnelles ne semblent pas les favoriser jusqu'à présent.Selon une enquête récente, 60 pour cent des réserves seraient dans les pays en voie de développement, dont près de la moitié en Afrique et au Moyen-Orient.Or, depuis 1973, affirme M.Desprairies, la majorité des recherches se font dans les pays industrialisés.En 1976, par exemple, 60 pour cent des recherches géophysiques et 85 pour cent des forages d'exploration ont été réalisés aux États-Unis et au Canada, pays qui n'ont que 14 pour cent des réserves mondiales.Autre exemple, la Shell mobilise plus des trois quarts de ses investissements en mer du Nord.Le résultat, c'est que de 2,5 milliards de tonnes pour la période 1 950-1 965, les découvertes annuelles sont tombées à 1,5 milliard entre 1970 et 1975.Ce qui est insuffisant pour rencontrer l'augmentation de la consommation au rythme de cinq pour cent l'an, ce qui signifierait l'addition annuelle de 6 milliards de tonnes en 1990.Au mieux, selon les experts cités par M.Desprairies, les découvertes atteindraient 4 à 5 milliards, pour décroître ensuite.Le pétrole non conventionnel pourra-t-il combler ce handicap?Peu probable, selon le directeur de l'Institut français du pétrole, bien que les réserves récupérables, encore mal inventoriées, soient au moins trois à quatre fois supérieures à celles du pétrole actuel.La lenteur de la mobilisation de ces ressources est due aux coûts de production, qui peuvent atteindre de 20 à 100 pour cent de plus que les prix actuels de vente, et à la mise au point d'une technologie qui ne sera vraiment opérationnelle que dans 10 à 15 ans, à condition qu'un effort très vigoureux soit donné.Et cet effort, ce serait aux gouvernements de le fournir car les compagnies privées trouvent le risque technologique trop élevé à l'heure actuelle.Le pétrole non conventionnel est donc décrit généralement comme le pétrole du XXIème siècle.POUR QUI SERONT LES DERNIÈRES GOUTTES Même si le bilan est pessimiste, même s'il est certain que le pétrole va voir son rôle décroître progressivement, il reste que les dernières réserves sont suffisamment importantes pour susciter un vif intérêt.Qui aura droit aux dernières gouttes?Qui va décider de leur attribution?Les pays de l'OPEP vont jouer un rôle clé, bien évidemment.Ils sont déjà en position de force et l'ont montré.Certains d'entre eux, soucieux de l'avenir, comptent obtenir des avantages face à la pénurie: vous voulez acheter du pétrole brut chez nous, d'accord.Mais il vous faudra acheter aussi des produits raffinés, des produits finis.Le chantage sera efficace et on voit mal comment des pays comme le Japon, extrêmement gourmand en pétrole et dépourvu de toute source d'énergie autochtone d'importance, pourrait dire non, sans voirson économie s'écrouler.Le comble serait que le pays producteur de pétrole oblige le Japon à acheter, en même temps que le pétrole, des téléviseurs et des autos produits près de ses puits de pétrole! On comprend donc que le terme coopération internationale soit dans toutes les bouches depuis quelques temps.Il serait peut-être plus exact de dire négociation internationale depuis que l'échec de la conférence de Paris entre pays du Nord et pays du Sud a montré que la dernière pointe du gâteau faisait des jaloux et que le partage ne serait pas facile.Les pays du Tiers-Monde, non possesseurs de pétrole, n'auront que de maigres miettes et la situation extrêmement difficile qu'ils auront à affronter ne sera pas due aux gestes de l'OPEP, affirme M.A.Benachenhou, secrétaire général de l'Association des économistes du Tiers-Monde et directeur du Centre de recherches en économie appliquée d’Algérie, mais plutôt à l'état de dépendance dans lequel ils se trouvent face aux pays développés.«Les problèmes énergétiques du Tiers-Monde ne sont rien d'autre que les problèmes des pays capitalistes développés», conclut M.Benachenhou.Pays du Tiers-Monde en plein essor, la Chine a choisi un modèle de développement social et économique qui la met à l'abri de la pénurie de pétrole et de ressources énergétiques.Décidée à devenir une grande nation socialiste pour l'an 2 000, elle a déjà fait la preuve que la croissance est possible sans avoir recours au pillage, au gaspillage et à l'exploitation d'autres pays.M.Dennis Meadows ne se trompe donc pas lorsqu'il répond à ses détracteurs qu'une croissance raisonnable ne signifie pas la catastrophe, que la technologie ne résout pas tout, qu'il faudrait penser plus en terme d'autosuffisance, en terme de services sociaux essentiels, cesser d'importer de l'énergie à bon marché pour exporter ensuite des produits finis coûteux.Autrement dit, la coopération internationale, cela commence d'abord chez soi.Pour en lire plus OCDE, Perspectives énergétiques mondiales 1977 Le nouvel ordre pétrolier, compte-rendus du colloque tenu en 1 975 à Québec, publié sous la direction de Antoine Ayoub, les Presses de l'université Laval, Québec, 1976 Halte à la croissance?.Fayard, collection Écologie, 1974 WAES, Energy: Global Prospect 1985-2000, étude effectuée par l'Atelier sur les options énergétiques, MacGraw-Hill Book Company, New York, 1 977 36 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE LE MONDE DES TROP PETITS par Claude Mardi AUTANT DANS LA LEGENDE QUE DANS LA RÉALITÉ, LES NAINS ONT LONGTEMPS FAIT PARTIE D’UN MONDE À PART ET LA SCIENCE NE FAIT QUE COMMENCER À POUVOIR LES TRAITER 7 ' v1.yÿ'ï'ry "SfWv.: Pour les Égyptiens, un nain, le Dieu Ptah était l'être le plus ancien, le créateur de toutes choses sur la terre.Le temple le plus célèbre de Memphis lui était consacré et, dans les pyramides, près du sarcophage des pharaons, veillait toujours le Dieu nain.Si, pour les Grecs, les nains sont un peuple continuellement en guerre contre les Grues, pour les Germains, ils représentent les génies du sol et de la terre et symbolisent les forces obscures qui agitent la conscience humaine.C'est d'ailleurs dans les entrailles de la terre qu'ils deviennent les armuriers de la mythologie nordique, fabriquant et trempant aussi bien le marteau de Thor, le Dieu du tonnerre, que la lance magique d'Odin ou plus tard Durandal, la merveilleuse épée de la Chanson de Roland.Souvent même, et c'est lecasdes Niebelungen immortalisés par Wagner, ils surveillent des trésors fabuleux.Plus au sud, en Grèce plus exactement, un peuple nain aura un rôle inattendu.L'Odyssée raconte l'histoire de ce peuple nain dont Ulysse commande l'armée sous les murs de Troie.C'est d'ailleurs en voyant la petite taille des compagnons d'Ulysse que le devin des armées grecques, Calchas, eut l'idéede la construction du fameux cheval de Troie, dans lequel ils purent se dissimuler en grand nombre et, par cette ruse, pénétrer dans la ville.Mais il s'agissait là d'une exception car, en général, on situait les peuples nains en dehors du monde connu, au nord de la Scandinavie ou au sud de l'Égypte.POUR LE CAPRICE DES «GRANDS» D'abord éliminés avec les autres difformes dès la naissance, les nains acquièrent peu à peu le droit de vivre et certains deviennent célèbres comme le fabuliste Esope, l'esprit le plus incisif de l'Antiquité, ou encore Crésus dont le nom deviendra le symbole même de l'opulence.D'autrepart, Domitien rassemblera les nains de l'Empire romain pour en faire des gladiateurs et les obliger à combattre des femmes.Ces cas sont exceptionnels; la plupart des nains se retrouvent être-objet dans les familles patriciennes devenant les symboles d'un certain statut social.Souvent ils sont engagés pour des jeux érotiques, et l'exemple vient de haut car Scylla lui-même avait constitué un harem de naines.Cependant, dès cette époque, les nains attachés aux Empereurs ont le rare privilège de dire (à peu près) ce qu'ils pensent.Avec les années, le succès des nains devient tel qu'on commence sérieusement à en fabriquer en s'emparant d'enfants qu'on rend rachitiques avec une nourriture très pauvre.Mais le commerce devait cesser brusquement, car du fond de l'Asie, 500 000 Huns déferlent sur l'Empire.Ils sont conduits par un nain, Attila, qu'on surnommera le fléau de Dieu. QUÉBEC SCIENCE / février 1978 37 ï|j Si: 4 SIM D Eig.n */ K 3,1a I iiili; J OIÎS k e*s :¦ S l:i» disk.MU '¦ en1’™ iern :r I I [ I ftfjl I, nfîj! t#| i iitai I [ A#'I i®*' I ili: I «‘¦I Durant tout le Moyen-Âge, on demeure en plein délire mystique.On voit dans les nains l'oeuvre du diable, mais on est perplexe quand naît un nain proportionnel, harmonieux, une véritable miniature humaine.On a alors tendance à y voir la main de Dieu.Difformes ou non, les nains sont de toutes les cours royales.Ce rôle de «nain du roi» se continue durant tout le Moyen-Âge et, à la Renaissance, les cours italiennes aussi bien que françaises ou anglaises ont leurs nains.Si certains rois, comme Louis XIII et Charles II, estiment fort leur nain officiel, c'est le tsar Pierre le Grand de Russie qui s'y intéresse le plus, allant jusqu'à organiser des mariages et à leur construire un petit village.LA NATURE NE SUFFIT PLUS À LA DEMANDE Bien sûr, des nains deviennent célèbres sans passer par les cours, comme Alexander Pope, mais ils sont rares et seuls les liliputiens, imaginés par Jonathan Swift dans l'un des voyages de Gulliver, se passent fort bien de cours royales.C'est d'ailleurs à partir de ce roman qu'on adopte le terme de liliputien pour caractériser les nains harmonieux et proportionnels.On ignore toujours pourquoi il y a des nains.C'est ainsi que, pour faire face à la demande, on en arrive à l'élevage, et l'accouplement des nains sera pendant dix années le but avoué de Catherine de Médicis.Il y a des méthodes plus brutales.On essaie des philtres et certains onguents, mais le moyen le plus souvent employé et dont Victor Hugo racontera le procédé dans «L'homme qui rit», était celui des comprapequenos (les cherche-petits) en Angleterre et en Espagne.On plaçait un enfant de deux ans dans un vase en porcelaine aux formes plus ou moins bizarres, sans couvercle et sans fond, de façon à ne laisser dépasser que les pieds et la tête.Comme l'explique Hugo: «L'enfant grossit ainsi sans grandir, emplissant lentement de sa chair comprimée et de ses os tordus les bossages du vase.Cette croissance en bouteille dure plusieurs années.À un moment donné, elle est irrémédiable.Quand on juge que cela a pris et que le monstre est fait, on casse le vase, l'enfant en sort et l'on a un homme ayant la forme d'un pot».Si le poste de «nain du roi» est aboli sous Louis XIV, l'usage se continue en Espagne et en Russie.Ce n'est en fait qu'avec la fin des monarchies que se terminent vraiment le nain de cour et aussi la fabrication ou l'élevage des nains.C’est d'ailleurs de cette période que datent les premières tentatives sérieuses d'élever des animaux nains.Par exemple, sous le règne de la reine Victoria, deux vieilles filles anglaises qui n'aiment pas les chats commencent l'élevage des chevaux nains dont les descendants gambadent maintenant à 50 centimètres du sol.Entre-temps, les nains doivent se « jean-guy lebel martin monestier : ' 'V S' " '>t0~****f^ -V - . 38 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE UNE HORMONE DE TAILLE Les nains par déficience en hormone de croissance se distinguent par plusieurs caractéristiques: croissance de plus en plus lente, taille encore plus retardée que les os, tendance à légère obésité, faciès juvénile, peau de texture fine, veines périphériques sous-développées, activité physique limitée (sport, appétit), nanisme harmonieux (adulte en miniature), puberté partielle tardive, intelligence normale mais souvent difficultés scolaires, prédominance de garçons (80 pour cent), absence de malformation physique.taille moyenne d'enfants normaux ütailie moyenne d'enfant nain avant traitement taille moyenne d'enfant nain après traitement Le traitement à hormone de croissance peut être très bénéfique pour ces nains dits hypophysaires.Ainsi que nous le démontre l'illustration, une naine hypophysaire (à gauche) a presque atteint une grandeur normale après quatre ans de traitement (au centre).Toutefois, l'hormone de croissance est aussi nécessaire pour le métabolisme des graisses.Aussi lorsque le traitement cesse, on observe une accumulation de graisses, même après seulement six mois (à droite).Habituellement, à cause du peu d'hormone disponible, le traitement se fait durant six périodes de six mois chacune.Il permet un accroissementsensiblede lataille du nain hypophysaire, mais ne lui permet pas d'atteindre une grandeur normale.recycler et, de nains de cour, ils deviennent nains de foire.Celui qui devait faire entrer les nains dans le monde du cirque, mesurait lui-même 63,5 centimètres (25 pouces).Charles Stretton, mieux connu sous le nom de Torn Pouce, fut le premier à faire carrière au cirque, celui de P.T.Barnum.Plus de 20 millions de personnes se déplaceront pour voir cette miniature humaine, aussi bien à Paris, à New York, qu'à Londres ou à Québec.C'est justement au moment où Torn Pouce obtient ses plus grands succès qu'un bombe secoue le monde médical.GRANDIR PAR LA TÊTE On savait bien sûr que la salive, les larmes, la sueur provenaient des g landes, mais en 1 855, Claude Bernard, le physiologiste français, affirme qu'il existe dans le corps humain d'autres glandes qui déversent leurs sécrétions directement dans le sang.Avec la découverte de ces glandes de l'intérieur qu'on baptise endocrines, naît l'endocrinologie.Il faudra cependant attendre jusqu'en 1 899 pourque Brown-Sequard ait l'intuition du rôle de messagers chimiques de ces sécrétions qu'on apelle hormones.Entre-temps, les nains continuent de faire du spectacle.Comme l'écrit Martin Monestier dans son livre Les Nains: «Objet de la curiosité passionnée de la foule, les nains commercialisèrent leur différence en s'exhibant dans les foires et les places publiques».Le 4 août 1909 par exemple, le Jardin d'acclimatation est le théâtre du plus grand rassemblement de nains déjà vu.Pas moins de 600 d'entre eux viennent s'installer pour un mois dans la capitale française afin d'ébahir les Parisiens.À ce moment, une cinquantaine de mariages sont célébrés.Ce qui relance l'éternelle question: les nains peuvent-ils avoir des enfants?Des nains(es) mariés(es) avec des «grands(es)» ont eu des enfants de taille normale, d'autres non.Comme l'explique le docteur Gilles Leboeuf, un des spécialistes du nanisme: «Le développement sexuel et la fertilité dépendent du type de nanisme».Cependant, les naines doivent presque toujours subir une césarienne.Au début du siècle, on avait prétendu (et on prétendtoujours)queTom Pouce avait eu un enfant, mais selon Frederick Drimmer, qui a fait une bonne étude de Charles Stratton dans Very Special People, le couple n'a jamais eu d'enfant.C'est P.T.Barnum qui lança avec leur complicité cette rumeur pour mousser leur publicité.C'est en 1908 qu'on a reconnu la relation entre le dysfonctionnement de l'hypophyse et un certain type de nanisme, celui qu'on appelle harmonieux ou proportionnel.Il n'est pas fréquent: un cas sur 100 000, un nain hypophysaire sur 30 retards de croissance.Pendant longtemps, on ne put rien faire pour eux.Le docteur Raben de l'université TUFTS QUÉBEC SCIENCE / février 1978 39 lïnt Ki J I : I eiH'P iets jieji QU:' IIUl» jest ms.euii fcit{ to'ffi liel! il!» lies* de Boston, qui a été l'un des premiers à extraire l'hormone de croissance, rapporta, en 1956, les effets bénéfiques de l'administration de cette hormone chez l'homme.On se demanda encore pendant deux ans si les hommes avaient besoin de cette hormone pour grandir.Il y avait les autres hormones sécrétées par l'hypophyse qui pouvaient causer la croissance.Une ère nouvelle s'ouvrait pour l'endocrinologie.Selon le docteur Hazel, endocrinologue de l'hôpital Maisonneuve, cette spécialité a fait plus de progrès dans les dix dernières années qu'au cours du dernier siècle.Mais tout n'est pas fait.Si les hormones sont aujourd'hui, pour la plupart d'entre elles, connues et synthétisées, c'est-à-dire fabriquées artificiellement en laboratoire, par contre on n'a pas réussi à synthétiser l'hormone de croissance.Comme l'expliquait le docteur Hazel: «Il est difficile de faire des recherches et des expériences avec l'hormone de croissance parce qu'elle est rare».De plus, l'extraction de la glande était autrefois une opération complexe: il fallait en effet découper la boîte crânienne pour atteindre l'hypophyse.Maintenant, grâce à une méthode européenne introduite au Québec par le docteur Jules Hardy, on peut extraire l'hypophyse beaucoup plus facilement via le palais.3 FOIS SUR 4 DE CAUSE IMCONNUE iesi« ie(W l'siiii iW «fiï' Ce» in»’ ï eiiif (fllllf # leu*1 W* jo qiP' :(« udî1* ecl?; UPH11 ie»i* .pi1* spi^ i Par ailleurs, on sait maintenant que > l'hormone de croissance relâchée dans le sang aide au processus chimique complexe de la croissance.Par exemple, elle aide le corps à accumuler les acides aminés qui constitueront les protéines et augmentent le niveau de sucre dans le sang pour l'énergie.Mais on ne sait toujours pas pourquoi il y a unedéficience chez certaines personnes.En 1975, le i Conseil de la recherche médicale publiait un bilan de cinq années de thérapie avec l'hormone de croissance.On pouvait y lire que cette déficience était idiopathique (inconnue) dans 76 pour cent des cas.Mais, causes inconnues ou non, l'utilisation de HGH donnait des résultats.«En dépit du fait que le traitement n'ait été appliqué que durant six mois chaque lannée les rapports de l'augmentation «normale pour l'âge suivant la taille et pour l'âge osseuse par rapport à l'âge chronologique, ont été constatés chez les malades souffrant de la maladie idiopathique.» Dans certains pays d'Europe, notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne et en URSS,on retire automatiquement l'hypophyse des morts afin qu'elle serve aux vivants.Au Québec, la loi rend I autopsie obligatoire seulement pour les personnes décédées de façon accidentelle ou suspecte.Quand la cause du décès est connue, il faut obtenir l'autorisation des parents pour pratiquer NOTICE ; Yoc MIGHT; I i.fUvt srru i .MlDGtTS.| In yodr Dav-But Ntvrn MKC l)S„ OuirowNv ASTLE-'j WM'.r-Avi-s ikmi s Poe \ ( ; ¦VOIR Vu Oi Pnnvftunt* wts votsrt vu U HAIS tOHHL NOUS L 4.N6TÉC, I Iteau^, C/iR9 jean-guy lebel martin monestier l'autopsie.La perspective de permettre la dissection d'un être cher après sa mort en fait hésiter plus d'un.Pourtant, il faut agir vite, «en moins de 5 à 6 heures» précise le docteur Hazel car «ça se dégrade rapidement et une partie de l’activité est détruite».Comme l'expliquait la revue CIBA publiée par la compagnie pharmaceutique du même nom: «La HGH ne s'obtient qu'en très faible quantité, parce qu'on ne peut extraire qu'une partie minime de l'hypophyse humaine et qu'on ne peut utiliser les hypophyse d'animaux.» Conséquence de tout cela, le taux de prélèvement actuel est de 1 0 pour cent, et l'hormone de croissance est peu disponible.TRAITER A DEMI FAUTE D'HORMONE Chaque année, il se donne entre 10 000 et 15 000 hypophyses au Canada, soit deux fois moins que ce qui serait nécessaire pour traiter adéquatement les jean-^guy lebel H-Lr * .enfants chez qui on a diagnostiqué une déficience de l'hormone de croissance.Aussi les traitements sont présentement de six mois consécutifs par année.Pour être adéquat, le traitement consiste en trois injections par semaine, ce qui nécessite entre 5 et 13 glandes pour un mois, selon l'âge des patients.Idéalement, on devrait pouvoir distribuer des hormones à l'année longue, mais à cause de la rareté de l'hypophyse, aucun enfant n'est traité pour plus de 6 mois par année.En 1976, à l'hôpital Sainte-Justine et au Montreal Children's Hospital, 40 enfants reçurent le traitement et une vingtaine d'autres étaient sur la liste d'attente; 125 dans tout le Canada suivirent le traitement au prix de 80 000 dollars pour l'ensemble des programmes de traitement.Mais la plupart de ces enfants ont plus de dix ans et auraient dû être traités avant l'âge de cinq ans et certainement avant d'avoir atteint dix ans.Car il est important de commencer ce traitement avant la fusion des os; heureusement, dans le cas des nains, 40 février 1978 / QUEBEC SCIENCE cette fusion est plus tardive.De plus, les jeunes patients répondent mieux aux injections et maintiennent un meilleur rythme de croissance durant la thérapie que les autres enfants.Malgré tout, avec les possibilités actuelles de traitement, les garçons peuvent atteindre jusqu'à 1,57 mètre (cinq pieds deux pouces) et les filles jusqu’à 1,5 mètre (quatre pieds onze pouces).Ce n'est pas énormequand on songe que la moyenne canadienne-française est de 1,68 mètre (1,6 pour les femmes), mais c'est déjà ça d'acquis.Selon le Conseil des recherches médicales du Canada, si on récupérait de 30 à 40 pour cent des hypophyses disponibles, on pourrait soigner à l'année tous les enfants nains à la suite d'une carence en hormone de croissance et leur faire atteindre une taille nettement supérieure.Aux États-Unis, on a créé des organismes tels que le National Pituitary Agency (en 1963) et le Human Growth Foundation, ce dernier composé principalement de parents de nains hypophysaires.C'est pourquoi le Conseil a mis sur pied en 1 968 un programme fédéral pour fournir des hormones aux nains hypophysaires, mais il en coûte $4 500 sur le marché pour six mois de traitements pour chaque nain.L'hormone de croissance n'est pas sur la liste des médicaments gratuits du Québec (il y figure en Colombie-Britannique).Au Québec, leministère des Affaires sociales, en collaboration avec le Conseil de la recherche en santé du Québec, entreprendra une campagne d'information sur l'importance de prélever l'hypophyse des patients décédés qui subissent une autopsie.On retrouve déjà sur les permis de conduire une formule de don; mais comme le remarquait le docteur Leboeuf responsable du programme: «Même si l'autorisation est indiquée sur le permis de conduire, on ne prend pas toujours la peine de vérifier».Par ailleurs, le manque de HGH n'est responsable que d'un cas sur 20 de nanisme harmonieux.Et il y a tous les autres.L'ACCÈS DIFFICILE AU MONDE «NORMAL» Selon Martin Monestier, il y a trois périodes cruciales dans la vie des nains: lorsqu'ils entrent à l'école, au moment de l'adolescence et à l’âge adulte lorsqu'ils pensent au mariage ou qu'ils affrontent le monde du travail.Certains exécutent un travail spécialisé où leur petite taille devient un atout, comme par exemple à l'usine Canadair; de rares autres, comme le peintre Alban Bluteau de Charlevoix, vivent de leur art, mais il s'agit là d'exceptions, la plupart suivent la tradition séculaire du spectacle: music-hall, cirque, théâtre, cinéma, lutte.D'après la revue Wrestling, on trouve des nains lutteurs dans tous les pays: Marti Kid, Little Tojo, etc., et ici au Québec, Little Beaver (Lionel Giroux), Sky Low Low (le fils de Philippe Nicol).Certains sont devenus célèbres à l'écran comme Piéral, le nain français qui joua souvent le rôle de traître et d'intriguant dans un grand nombre de films dont «L'Éternel Retour» avec Jean Marais et Madeleine Sologne.Un autre nain français, Hervé Villechaize jouait aussi le rôle de vilain dans le dernier film de la série James Bond.Mais si des metteurs en scène comme Bunuel, Fellini et Rizzo emploient régulièrement des nains, le «spectacle» est toujours irrégulier et aléatoire.C'est une vedette de télévision, Billy Barky, qui fonda en 1957 la première association de nains au monde, la Little People of America, qui regroupe aujourd'hui 2 000 nains.Au Canada, «Le Petit Monde du Canada» existe depuis 1 972 et son siège social est précisément dans la maison sur mesure construite par Philippe Nicol.Selon Rhéal Bastien de l'association, celle-ci regroupe350 membres dont une centaine dans la région de Montréal.D'autres associations existent, en Europe et au Brésil, essayant de promouvoir l'accès plus facile au monde des «grands».Pourtant, c'est dans un pays sans association que des mesures sérieuses ont été prises pour eux.La Russie accorde à ses nains, depuis le 4 octobre 1961, certains avantages.Le Soviet suprême a décidé au terme d'un décret que «les camarades travailleurs nains soviétiques» sont habilités à faire valoir leurs droits à la retraite à 41 ans au lieu de 65 et «les camarades naines» à quarante au lieu de 55 ans, s'ils ont occupé un emploi rétribué au moins pendant quinze ans.Comme le précisait le docteur Leboeuf, le terme nain a toujours une connotation péjorative.Perçus et se voyant eux-mêmes comme des phénomènes, les nains vivaient sans problèmes.Le vingtième siècle a instauré un barbelé de normes où les nains se sont déchirés.Alors qu'on ne connaît pas de suicides de nains au cours de leur longue histoire, le cas est devenu fréquent depuis quelques années et ce, partout dans le monde industriel.Comme me le disait Huguette Rioux, présidente de l'Association: «On a souvent besoin d'un plus grand que soi».POUR EN LIRE PLUS Frederick Drimmer, Very special people, Bantam, New York, 1976 Martin Monestier, Les nains, Jean-Claude Simoen, collection «Des hommes différents», Paris, 1 977 QUÉBEC SCIENCE / février 1978 41 LES MÉDECINS DE L’ESPRIT par Georgette Goupil C’EST À UN FOISONNEMENT DE THÉRAPIES PSYCHOLOGIQUES QUE NOUS ASSISTONS DEPUIS QUELQUES ANNÉES «Mens sana In corpore sano» («Un esprit sain dans un corps sain».Ce vieil adage latin nous a été cité à maintes reprises pour rappeler l'équilibre et la santé qui devraient cohabiter dans l'esprit comme : dans le corps, équilibre malheureusement pas toujours facile à maintenir.Si le corps est atteint, et que le fonctionnement normal de la personne en est entravé, il apparaît naturel de recourir au médecin.D'autant plus naturel d'ailleurs que ce recours est facilité par un système social qui le favorise (la gratuité, par exemple), et que l'univers médical contemporain est largement occupé, monopolisé presque, par une approche dominante, auprès de laquelle les autres formes de thérapies (acupuncture, chiro-pratique, naturopathie, homéopathie, etc) apparaissent marginales.Alerté par ses symptômes, souvent incapable de traverser sa maladie sans un recours d'urgence, le malade se réfère spontanément au médecin généraliste, qui le dirige vers le spécialiste.C'est le chemin le plus courant.C'est le chemin officiel, le seul encouragé par l'État, sinon le seul efficace.Mais qu'advient-il lorsquec'est l'équilibre de l'esprit qui est en jeu?Il y a, bien sûr, le psychiatre qui jouit de l'avantage d’être à la fois «médecin» et thérapeute de l’âme.Mais mis à part le recours à la chirurgie du cerveau ou à l'arsenal pharmaceutique et sa batterie de drogues, calmants, neuroleptiques et autres élixirs miracles, le corpus théorique auquel se réfèrent ces psychiatres et aussi leurs confrères non médicaux, les psychologues, semble être beaucoup plus ouvertement fragmenté.Ici, plus de théorie officielle, ou du moins reconnue comme principale, mais plutôt un foisonnement d'écoles de pensée, de techniques d'intervention, de modèles de vie.Alors, comment s'y retrouver?Le cri libérateur Pour Janov, la libération psychologique passe par le corps et le comportement, le cri notamment, et implique aussi le retour vers le passé, jusqu'à l'enfance alors qu'on a dû renoncer à ses pulsions.DE LA PSYCHANALYSE DE L'ÂME.Si l'on procède par association d'idées, méthode que Sigmund Freud fut justement le premier à utiliser largement, le mot «thérapie» appelle pour beaucoup de gens celui de «psychanalyse», probablement la plus célèbre des approches de la médecine de l'âme.En 1922, dans un article paru dans Encyclopédie, Freud écrivit que la psychanalyse se définissait comme: «1) un procédé pour l'investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement: 2) une méthode fondée sur cette investigation pour le traitement de désordres névrotiques: 3) une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui s'accroissent ensemble pour former une nouvelle discipline psychologique».Par cette «psychanalyse», le patient apprend à mettre en évidence la signification inconsciente de ses paroles, de ses actions et de ses rêves.Les libres associations visent à ramener à la conscience du patient ses désirs ou ses sentiments refoulés.Il apprend ainsi quels sont les motifs lointains à l'origine de ses actes.Allongé, immobile sur le classique divan, il découvre alors, au fil de cette auto-investigation libre, certains fondements de ses actes qui, jusque-là, lui étaient demeurés cachés, ou depuis longtemps oubliés.Mais depuis 1894, date à laquelle Freud publiait son premier article, la psychanalyse s'est bien enrichie.Si plusieurs des thérapeutes formés à cette discipline suivent encore fidèlement les traces du maître, certains ont par la suite accordé plus d'importance à d'autres manifestations des «motivations secrètes», ou à d'autres formes d'investigations que celles des rêves et des libres associations.Tel fut le cas de Wilhelm Reich, dont 42 les idées ont inspiré tout le courant moderne de la «bio-énergétique», de Fredericks S.Péris, fondateur de la thérapie de la gestalt, et de combien d'autres penseurs dont les théories sont issues plus ou moins directement du corpus de la psychanalyse.À CELLE DU CORPS Reich est pendant plusieurs années rattaché au courant principal du mouvement psychanalytique.Toutefois, il s'en détache officiellement en 1934: alors que pour Freud, l’objet de la cure psychanalytique demeure l'inconscient, pour Reich, il devient l'énergie qui traverse le corps humain.Pour Reich en effet, les désirs inconscients restent toujours «inscrits» dans le corps du patient et sont ainsi directement accessibles, sans qu’il soit nécessaire de remonter dans le lointain passé, par le rêve ou la libre-association.À chaque blocage psychologique correspondrait une sorte de raideur, ou de «cuirasse musculaire», de telle sorte que, par des exercices appropriés.Reich puis, plus tard, l'Américain Lowen tentent de libérer le psychisme par l'intermédiaire du corps.La technique d'investigation de Freud immobilisait le corps du patient pour laisser libre accès à l'inconscient.Avec Reich, le corps s'est définitivement redressé du divan, et s'est animé.Penseur socialiste, fortement inspiré par Marx, Reich a aussi ajouté, à son concept d'énergie libidinale qu'il fallait libérer, une approche misant sur la libération sociale.Cette seconde approche, les successeurs de Reich ne l'ont guère conservée.La bio-énergétique n'en parle plus guère! Médecine de l'inconscient, telle que «découverte» à travers le corps, la bioénergétique n'est toutefois pas la seule approche thérapeutique issue du courant principal de la psychanalyse.Mentionnons simplement au passage Vanalyse transactionnelle, due à Eric Berne, exétudiant en médecine de l'université McGill, qui reprend à son compte beaucoup des techniques de Freud (dont la libre association et l'analyse du rêve), mais en posant aussi comme prémisse que bien des conflits inconscients seraient dus à la coexistence, en chaque adulte, de schèmes de comportements plus ou moins irréconciliables: chacun de nous oscillerait entre l'adulte, le «parent» (responsable de l'autre), ou l'enfant.Déjà présents chez Freud, ces concepts donnent l'occasion d'une analyse de soi essentiellement baséesur les corn promis (ou transactions) que l'on ferait sans cesse entre ces trois états.Moins «globale» que l'approche freudienne, l'analyse transactionnelle porte plus directement son intérêt sur l'intégration de l'individu dans la société, et les compromis que cela implique.Mentionnons enfin l'approche du cri prima! de Janov, inspirée de Reich, en ce sens que la «libération» psychologique février 1978 / QUÉBEC SCIENCE passe par le corps et le comportement, le cri notamment, mais aussi par Freud en ce sens que cette libération implique le retour progressif sur tous les blocages et les douleurs vécus depuis le passé lointain, jusqu'à l'époque où l'enfant a dû, pour la première fois, renoncer à ses pulsions pour choisir d'être aimé, de correspondre à ce qu'on attendait de lui.C'est leur rendre très peu justice que de traiter en aussi peu de mots de telles approches thérapeutiques, ou du moins le courant de pensée dans lequel elles s'inscrivent.Aussi, nous nous arrêterons plus longuement sur une forme de thérapie qui a connu, au Québec, une pénétration peut-être plus importante, la gestalt.LE TOUT ET LA PARTIE À l'origine, le concept de «gestalt» remonte à une théorie de la perception de l'Allemand Khoeler.Le terme réfère à la forme, la configuration d'un objet perçu.Pour Khoeler, la façon dont un individu perçoit l'organisation des divers éléments visuels ou sensitifs dépend en bonne partie du «tout», c'est-à-dire de la figure d'ensemble dans laquelle il tend à inclure ces éléments.C'est donc par analogie avec cette théorie que Péris en a transposé le nom pour l'appliquer à son approche thérapeutique, qui se voulait justement une réaction contre la tentative de certains thérapeutes d'isoler les éléments d'un comportement, selon une démarche réductionniste qui caractérisait déjà la médecine du corps.Pour Péris, au contraire, les attitudes et les comportements d'un individu, comme les éléments de perception de Khoeler, ne peuvent s'analyser qu'en faisant référence au tout, c'est-à-dire à l'ensemble de sa situation, ses émotions, son psychisme.Quoique de formation psychanalytique, Péris se distingue très tôt de l'approche classique car la gestalt necherche plus d'abord à connaître la genèse d'un comportement, son origine inconsciente, mais elle veut plutôt découvrir comment chaque personne réagit «ici et mainte-ment».«La gestalt prétend nous apprendre à traiter dorénavant la vie à partir de ce qui émerge dans le moment présent.Qu'il s'agisse d'expériences passées non terminées, ou de projets futurs qui angoissent, c'est dans le moment présent que je peux utiliser toute mon énergie en vue de rendre mon expérience de vie plus harmonieuse».C'est ainsi qu'Ernest Godin, du Centre québécois de la gestalt, présente cette différence fondamentale à ses clients d'une session de croissance personnelle.Ce «moment présent» dont parle Ernest Godin réfère donc à ce qui deviendra un des concepts essentiels de la gestalt: susciter un état d'éveil ou de contact (ce que les Américains appellent «awareness») qui permet à l'individu d'être très réceptif envers les événements qui se déroulent autour de lui, tant sur le plan sensori-moteur, que cognitif 1 POUR LES MOINS FORTUNÉS LES VALIUM Le tour d'horizon des grands courants est rapide.Il n'est pas exhaustif, loin de là.Mais déjà il permet de souligner le problème qui se pose à chacun: comment choisir «sa» thérapie?Ce problème est pratiquement inexistant, pour la médecine du corps tant les approches marginales semblent défavorisées, socialement et économiquement du moins, face à l'empire hospitalier.Mais les différentes formes de psychothérapies, elles, sont au départ pla-icées sur le même pied.Et comme elles ne ‘rejoignent pas une même conception de ^traitement», un même modèle de l'homme, il devient de la première importance que la personne qui estime avoir besoin du «coup de pouce» du psychologue s'informe des approches offertes, et choisisse le mode de traitement le plus en accord avec sa personnalité, les besoins qu'elle ressent alors.Le second problème concerne la durée.Des troubles mineurs de santé physique peuvent se guérir tout seuls ou avec l'aide du médecin, en quelques jours ou quelques semaines.Les questions de santé psychique paraissent plus délicates.Notons toutefois que la plupart des centres de psychothérapie offrent des sessions intensives (une ou deux fins de semaine, par exemple), parfois centrées sur un aspect particulier, un «objectif» à atteindre.Les thérapies plus personnalisées peuvent par contre durer des mois, voire des années, comme c'est le cas, par exemple, de la classique psychanalyse.Vient ensuite le troisième problème: le coût.Les soins du psychiatre ne peuvent être défrayés par l'assurance-santé que si le patient y est référé par un médecin non spécialiste.Et la régie ne défraie pas les honoraires du psychologue.Or, ces tarifs peuvent, pour une personne à faibles revenus, paraître fort onéreux.D'autant plus qu'au coût des rencontres hebdomadaires, pendant quelques mois, il faut ajouter les coûts indirects, comme les frais de garde d'enfants, pour ne mentionner que ceux-là.Avec le résultat que les services de psychothérapie, malgré toute la bonne volonté des praticiens, apparaissent souvent comme un luxe, sinon réservé aux riches, du moins peu accessible à la classe moyenne inférieure ou aux personnes les plus pauvres.Or, c'est malheureusement aussi dans ces sous-groupes de notre sociétéque létaux de dépressions est le plus élevé, que les maladies à caractère psycho-somatique sont les plus répandues.Madame X., si elle sent que quelque chose ne va pas dans sa vie, a-t-elle d'autre choix, alors qu'elle a trop de peine à joindre les deux bouts, que de se référer au médecin du corps, financièrement accessible, pour soigner son âme?Et cela nous mène tout droit aux «psychothérapies aux neuroleptiques»! Un Nord-Américain sur six fait une consommation régulière de Valium.Un sur dix, de Librium.Et ces deux produits ne comptent que pour la moitié de la consommation de tranquillisants et neuroleptiques.Les médecines de l'âme existent.Elles connaissent même un certain bouillonnement des idées, ce qui semble prometteur.Mais pour trop de gens encore, c'est par les médicaments qu'on croit obtenir cette guérison de l'âme J F r-: - 45 Pour en lire plus Sigmund Freud: «métapsychologie» Collections Idées, Êd.Gallimard, 1968, 187 pages, (et autres textes de Freud, dans la même collection) Georges Lapassade: «La Bio-énergie» Coll.Psychothèque, Editions universitaires, Paris, 1 974, 130 pages.Frederick Péris: «Rêves et réalités en gestalt» Éd.Stock, Paris, R.Ladouceur, M.-A.Bouchard et L.Granger: «principes et applications des théories behaviorales» Edisem, St-Flyacinthe, 1977, 417 pages. UNIVERSITE DE SHERBROOKE ANNÉE UNIVERSITAIRE 78-79 Administration des affaires - comptabilité - finance -gestion des ressources humaines -gestion / information et systèmes - marketing Biologie - biologie - entomologie - microbiologie -physiologie / biochimie - zoologie / botanique Chimie -chimie (1) - biochimie Droit Économique (1) Économique / mathématiques Éducation physique Enseignement préscolaire et élémentaire (1er cycle) Enseignement élémentaire Enseignement (enfance inadaptée) Enseignement secondaire (avec mineure en pédagogie) - études anglaises - études françaises - géographie - histoire -sciences religieuses - biologie - chimie - mathématiques - physique 1er cycle Programmes de 2e et 3e cycles Études anglaises • Administration • Histoire Études françaises (1) - finance • Information scolaire et Génie chimique (2) - marketing -systèmes d'informa- professionnelle Génie civil (2) tion et de gestion • Ingénierie (1) Génie électrique (2) • Administration des affaires (1) • Kinanthropologie Génie mécanique (2) • Littérature canadienne^ • Administration scolaire comparée Géographie Géographie physique / ?• Anatomie * • Mathématiques sciences * • Biochimie * • Microbiologie Géographie / mathématiques * • Biologie • Orthopédagogie Histoire * • Biologie cellulaire • Pastorale scolaire Information scolaire et professionnelle * • Biophysique * • Pathologie Informatique / * • Chimie * • Pharmacologie administration (2) •Chimie appliquée (1) • Philosophie Mathématiques - mathématiques pures Droit notarial (diplôme) * • Physiologie - mathématiques appliquées (1) • Économique * • Physique - mathématiques / informatique (2) • Enseignement du français à l’élémentaire • Psycho-éducation Mathématiques / économique • Enseignement des mathématiques à Télé- • Psychologie des relations humaines Médecine mentaire • Radiobiologie Orthopédagogie • Enseignement religieux * • Sciences cliniques Philosophie • Environnement • Sciences de l'éducation Philosophie / sciences * • Études françaises • Sciences humaines Physique (1) • Fiscalité des religions Psycho-éducation • Géographie • Service social Psychologie * Service social * • Génie chimique (diplôme) Service social * • Génie civil Technologie éducative Théologie (diplôme) Théologie (avec mineure en lettres ou sciences * • Génie électrique * • Génie mécanique • Théologie humaines) (1) Système coopératif ou système conventionnel.(2) Système coopératif seulement.• Programme de 2e cycle.* • Programmes de 2e et de 3e cycles.(1) Programme offert selon le système coopératif.Pour renseignements : Bureau du registraire Université de Sherbrooke Sherbrooke (Québec) J1K 2R1 QUÉBEC SCIENCE / février 1978 47 À la découverte des deux mt 10 -t a >! n «Veux-tu devenir astronome pro-fessionnel quand tu seras grand?» — «Non, mais je vais admirer le ciel avec mestélesco-pes.» Le petit bonhomme de dix ans qui me donnait cette réponse le printemps dernier, à l'atelier d'optique de la Société d'astronomie de Montréal, procédait alors au polissage d'un miroir de 25 centimètres (10 pouces) —ce qui est peu fréquent chez les amateurs qui se contentent généralement de diamètres plus petits — et de plus c'était là le deuxième télescope qu'il construisait! S'ils ne sont pas tous aussi précoces, les amateurs québécois n'en sont pas moins fort actifs, qui ont développé au fil des ans une pratique scientifique originale adaptée à leurs besoins.Ainsi, à la Société d'astronomie de Montréal (SAM), on a constitué une «expertise» assez extraordinaire dans la fabrication des télescopes.Les deux bricoleurs en chef de la société, Adélard Rousseau et Claude Beauchamp, ont fourni depuis une douzaine d'années des pièces originales pour la fabrication de plus de 200 montures, tandis que des spécialistes de l'optique comme Henry Coïa et Victor Lefebvre vérifient la précision des miroirs.L'excellence québécoise dans ce domaine se constate à la compétition nord-américainedeStel-lafane, dans le Vermont, où chaque année des Québécois se distinguent (en 1976, quatre membres de la SAM y ont remporté trois prix).La fabrication d'instruments n'est qu'une des nombreuses activités des amateurs.De l'étude des taches solaires aux rapports sur les pluies d'étoiles filantes, en passant par l'observation des étoiles doubles et la photographie de Vénus ou Saturne, les intérêts sont très variés.Un seul point commun à tous: le désir de faire connaître ses «découvertes», soit dans une réunion (la plupart des clubs ont des rencontres hebdomadaires) ou dans un bulletin (cinq existent actuellement, les principaux étant les mensuels Le Québec astronomique et Le bulletin, publiés par les sociétés de Montréal et de Québec respectivement).Les lieux de rencontre entre astronomes amateurs québécois se sont multipliés ces dernières années.Bien que lepremierclub ait vu le jour à Montréal au début du siècle, à titre de section de la Société royale d'astronomie du Canada (SRAC), c'est au cours des années 60, avec la conquête spatiale à la une des media, que s est popularisée l'astronomie d amateurs.Aussi a-t-on assisté à la création de groupes dans temps PLEINS par Félix Maltais plusieurs villes.On compte aujourd'hui plus de 1 000 mordus regroupés dans une douzaine d'associations régionales, en plus d'un nombre indéterminé de jeunes membres de clubs-sciences scolaires ou de cercles de jeunes naturalistes.Ces sociétés régionales ont fondé il y a deux ans l'Association des groupes d'astronomes amateurs (1415 est, rue Jarry, Montréal H2E 2Z7, 374-3541).Celle-ci publie un trimestriel.Magnitude zéro, axé sur la pratique de l'astronomie dans les conditions québécoises (on a traité récemment de l'observation en hiver et de la construction d'un observatoire d'amateur).L'AGAA organise également un congrès annuel et a mis sur pied un réseau d'alerte (utilisé lors de la découverte de phénomènes non prévisibles).Deux outils d'initiation ont été créés l'an dernier par la Fédération québécoise du loisir scientifique (1415 est, rue Jarry, Montréal H2E 2Z7, 374-3541).D'un côté, un volume de 86 pages, Initiation à l'astronomie, écrit par Jean Vallières (professeur de physique et président de l'AGAA), et vendu deux dollars: de l'autre une série de 13 émissions de 30 minutes intitulée «À la belle étoile», produite en collaboration avec Cablevision nationale Ltée, etdisponibleà la FQLS.D'autres outils, plus spécialisés ceux-là, sontfort utiles: Y Annuaire astronomique de l'amateur, le vade-mecum des observateurs (92 pages, trois dollars cinquante, publié par la Société d'astronomie de Montréal, 3860 est, rue Rachel, Montréal H1X 1Y9, 254-1224) et Y Almanach graphique, un tableau-synthèse de l'activité céleste, disponible gratuitement au Centre de Québec de la SRAC (C.P.9396, Ste-Foy, Québec G1V 4B5).L'astronomie se développe également chez les professionnels.À la fin des années 60, me disait un professeur, il n'y avait que trois théoriciens enseignant à l'université Laval et celle de Montréal, alors qu'aujourd'hui on y retrouve une quinzaine de chercheurs.Ceux-ci aurontd'ail-leurs au début 1 978 (c'était promis pour 1 977) un instrumentée recherche qui leur fait défaut, soit l'Observatoire du Québec, érigé au Mont Méganticdans les Cantons de l'Est.La pièce maîtresse de cet observatoire sera un télescope d'un peu plus de 150 centimètres de diamètre, troisième en territoire canadien par ses dimensions, mais premier par sa qualité.Et pour couronner le tout, le congrès triennal de l'Union astronomique internationale se tiendra à Montréal du 14 au 23 août 1979.Vous avez ISmoispourvouspréparer! 48 SCHIZOPHRÉNIE UN DÉBAT À FINIR Dans le long débat entre les tenants d'une explication psychique et ceux qui privilégient une approche somatique pour expliquer la schizophrénie, les seconds sont en train de marquer de plus en plus de points.Le tout a commencé au début du siècle, lorsque Freud a proposé une explication purement psychologique comme source de cette maladie mentale, caractérisée par une coupure plus ou moins nette entre le sujet et son environnement.L'explication psychanalytique reposait sur plusieurs études de cas, mais, malheureusement, elle n'a amené aucun succès thérapeutique évident.Dès l'origine, des médecins avaient proposé une contre-explication: la schizophrénie serait causée par un dysfonctionnement cérébral, probablement irréversible, et les troubles psychologiques antérieurs, recensés par les psychanalystes, seraient des conséquences des premières phases de la maladie, et non sa cause.La preuve qu'ils apportaient n'était toutefois pas convaincante.Seuls les médicaments, affirmaient-ils, pourraient retarder, ou même freiner complètement la progression decetrouble psychique, et parfois même redonner à l'individu un certain contact avec le réel.La schizophrénie pouvait donc être due à un déséquilibre biochimique du cerveau.Mais, faute d'avoir identifié ce déséquilibre, l'hypothèse demeure sans assises.Pendant plusieurs années, les recherches biochimiques ont donc porté sur le dépistage de cet éventuel coupable.Tour à tour, une foule de substances chimiques se voyaient attribuer le rôle déterminant dans cette maladie.Les dernières en liste, et sans doute celles qui paraissent actuellement les plus plausibles, sont les endorphines (voir Québec Science, vol.1 5 no 1 2), ces morphines naturelles qui produisent, à faible dose, des catalepsies et des absences passagères proches des manifestations schizophréniques.Mais, répondent les tenants de lathèsepsychologique, l'identification du coupable biochimique ne prouve pas nécessairement que le trouble est avant tout organique.Il est établi depuis fort longtemps que divers facteurs psychiques, tels la douleur, la détresse ou le stress, peuvent modifier l'équilibre biochimique du corps.et du cerveau! Les endorphines sont-elles la cause ultime, ou l'effet d'une février 1978 / QUÉBEC SCIENCE si cause d'ordre affectif, par exemple?Le second argument des prosomatiques concerne le caractère héréditaire de cette maladie.Là-dessus, les évidences s'accumulent, mais on n'a pas encore déterminé le nombre de gènes qui devraient se recouper dans la schizophrénie pour expliquer les probabilités actuelles de transmission du caractère d'une génération à l'autre.Certains se permettent donc encore de douter, d'autant plus que les facteurs émotifs ont aussi une répartition familiale qui n'a rien de génétique.Mais même si l'on admet le caractère nettement héréditaire de la schizophrénie, cette transmission est-elle inévitable, ou bien le gène responsable ne transmet-il pas plutôt une vulnérabilité, une prédisposition qui demanderait à être actualisée par des facteurs environnementaux.Tant que les généticiens n'auront pas identifié un gène commun à tous les schizophrènes, cette hypothèse demeure la plus plausible.Et alors, une nouvelle question se pose: ce facteur environnemental qui actualiserait la schizophrénie, serait-il d'ordre psycho-émotif ou d'ordre organique?La génétique n’a donc rien réglé, et le débat n’est que repoussé d'un échelon.Les partisans d'une approche organique ont alors avancé l'hypothèse du «virus lent».Certaines maladies dégénératives à progression très lente, tant chez l'animal que chez l'homme, ont en effet été reliées à des agents infectieux encore inconnus.Leur toute petite taille les associe au monde des virus, mais leur caractère non virulent pendant une longue incubation les place dans une catégorie à part.L'hypothèse des virus lents a alors été étendue à la démence sénile, la sclérose en plaques et divers troubles cérébraux, en plus de la schizophrénie.Mais, diront certains, il est trop facile d'attribuer à un agent KH» f1» *IS • :: flîii : :::» «*Au grenier de mon passé, je cherche un abri » Samedi de 17h à 20h d’*/lronde REALISATION: André AUCLAIR Hélène BOUT ANGE, R Serge JAUTIN Claude PHILIPPE, Jean PROPENCHER CKRLMF photo : serge jauvin graphisme : madeleine samson i i:$i ï; Mo B if va ht F 0i «le :SOii; #tci )lï] tniu; éisüvs: iBWj IKi.J esjjj] IC«j aillî Is es ii Hilt'S icyfes! léjuiii iiuslsi fe 'laflts! ie., niU «KS )) I QUÉBEC SCIENCE / février 1978 inconnu un dysfonctionnement qu'on ne comprend pas.Lesvirus lents devront d'abord être identifiés.En attendant, une seconde hypothèse a été avancée: celle des réactions auto-immunes.À la suite d'une infection quelconque, des individus mal équipés génétiquement développeraient une réaction immunitaire autodestructrice qui conduirait à une dégénérescence cérébrale.Ce mécanisme explique aussi fort bien la sclérose en plaques et la démence sénile, selon ses défenseurs.En utilisant un EMI-Scanner, appareil de radiographie qui permet d'observer par couches successives des organes (le cerveau, en l'occurrence), ce qui jadis n'aurait été possible qu'après la mort, une équipe médicale britannique sous la direction du Dr Crow vient d'ajouter de l'eau au moulin de ces deux dernières hypothèses.L'équipe a en effet découvert, chez environ 25 pour cent des schizophrènes soumis à l'observation, des lésions cérébrales importantes, généralement caractérisées par une hypertrophie des ventricules du cerveau.Mais 25 pour cent, ce n'est pas encore la totalité.D'autant plus qu'une forte proportion de ceux-ci souffraient d'un symptôme qui accompagne parfois la schizophrénie, mais pas toujours: une perte quasi totale de la notion du temps.Or, comme le souligne le Dr Crow lui-même, il s'agit là d’un symptôme caractéristique de la démence sénile, et ces pseudo-schizophrènes pourraient en fait être atteints d'une forme de démence virale ou auto-immune.Y a-t-il alors plusieurs sortes de schizophrénies, apparentées par leurs symptômes et non par leur cause commune?Et si tel était le cas, trouvera-t-on des causes organiques pour les 75 pour cent qui restent, ou décou-vrira-t-on pour certains d'entre eux une avenue essentiellement psychologique?Le débat reste ouvert, mais les évidences médicales ont, pour l'instant, l’initiative.Pierre Sormany j HYDRO-ÉLECTRICITÉ > UN EXEMPLE À SUIVRE IDès 1980, la centrale hydroélectrique LG 2 alimentera la région de Montréal en électricité.1 Et avant la fin de 1984, les quatre centrales de la Baie James déverseront leur courant ,# sur les régions les plus peuplées du Québec.De prime abord, il 49 semblerait que ce soit simple de réaliser un tel projet avec les énormes moyens financiers et techniques dont dispose l'Hydro-Québec.Malgré tout, cela demande de gros efforts de planification.Car les cinq lignes de transport prévues doivent traverser aussi bien des régions froides, désolées et difficiles d'accès que des régions densément peuplées, où les gens ont du mal à accepter la présence de pylônes dans leur jardin ou de lignes transportant du courant à très haute tension au-dessus de leur maison, et on les com- prend.Le projet de transport de l'électricité de la Baie James vers les régions de Québec et Montréal est gigantesque.Il s'agit de construire 5 1 50 kilomètres de lignes et une vingtaine de postes à 735 000 volts, une partie de ces installations devant servir à compléter l'aménagement d'une boucle de 735 000 volts autour de l'île de Montréal.Mais l'Hy-dro-Québec voit son travail se compliquer du fait que, depuis juin 1976, la compagnie doit solliciter avant tout début de construction deux arrêtés en Conseil et un permis des Services de protection de l'environnement.Pour cela, il faut effectuer des travaux de cartographie, faire des études fouillées sur l'impact sur l'environnement et prévoir la conception de différentes variantes au tracé.De plus, la population et les ministères concernés doivent être consultés.Dans ce but, l'Hydro-Québec s'est dotée d'un Comité d'orientation des pratiques d'implantation des réseaux (COPIR).Un de ses comités de travail, nommé Communication-projets, regrou- L'Art de bien faire La créativité sous plusieurs formes.Paul-Émile Borduas par François-Marc Gagnon.64 ill.n.et b., 12 ill.coul., 118 p.S3.95 Les fours à pain au Québec par Lise Boily et Jean-François Blanchette, ill.coul., n.et b., 127 p.S6.00 Guido Molinari par Pierre Théberge.ill.coul., n.et b., 160 p.$17.50 L’orfèvrerie en Nouvelle-France par Jean Trudel.ill.n.et b., 239 p.$12.00 John Vanderpant Photographies par Charles C.Hill.ill.n.et b., 96 p.$5.95 Envoyé: votre commande à l’adresse suivante: Les Musées nationaux du Canada, Section des commandes postales, Ottawa, Canada KlA 0M8 LES MUSÉES NATIONAUX DU CANADA Et d’histoires en Histoire. LES SCIENCES la grande encyclopédie alpha des sciences et des techniques agafflBj J 1! parlera de LA BOTANIQUE* LA ZOOLOGIE* 5 volumes Elle a beaucoup de choses de plus que les autres.D’abord elle a l’esprit vraiment scientifique.Le but de l'Encyclopédie des SCIENCES est de faire avec le lecteur le point des connaissances actuelles et de rechercher comment et par qui elles ont été acquises.Plus le plaisir de la découverte et de la compréhension des problèmes scientifiques les plus complexes.Elle tient ce qu’elle promet.L’ouvrage n’est pas une compilation, une énumération de faits et de chiffres.Il indique l’état réel de nos connaissances.Objectif, il présente clairement au lecteur l’imprécision de certaines mesures et les doutes des spécialistes quant à l’interprétation de certains faits.Elle est précise et complète.En un siècle où les sciences font désormais partie de notre univers quotidien, la grande Encyclopédie des SCIENCES et desTECHNIQUES répond enfin à ce besoin essentiel “d’être au courant”.En détails.Sur tout.Elle n’a pas été improvisée.Mais construite.Elle est solide.tà 68) r* rit 0 & P r?) [5: * ra t?ii ifi< tel î LA BIOLOGIE* LA BACTÉRIOLOGIE* L ’ÉCOL OGIE * 3 volumes LA GÉOLOGIE* 2 volumes L’ASTRONOMIE* PHYSIQUE DU GLOBE* LES MA THÉMA TIQ UES * LA PHYSIQUE* LA CHIMIE • 1 volume 3 volumes 1 volume LA TECHNOLOGIE IND U SERIELLE * 5 volumes LES MER VEILLES DE LA NA EURE ET DELA TECHNIQUE • 1 volume Reliée rouge orangé avec dorures, elle sera, bien sûr le point de mire de votre bibliothèque mais, la qualité première de sa reliure est l’endurance.Une encyclopédie aussi riche de renseignements ne dort pas sur un rayon de bibliothèque.Elle est constamment manipulée et feuilletée.Aussi Lavons-nous “armée” en conséquence et sans pour cela rien sacrifier de son élégance.21 volumes.6,160 pages 15,000 illustrations et photographies 3000 dessins Vérifiez par vous-même, le 1er tome de cette oeuvre gigantesque.J’aimerais examiner chez moi, sans aucun engagement de ma part si ce n’est celui de vous le retourner dans les 10 jours de sa réception si je n’en suis pas satisfait, le premier tome de l’Encyclopédie alpha des Sciences et des Techniques.Je comprends que je profite de l’offre spéciale pour ce premier tome, soit un montant do $19.95 que je vous fais parvenir sous forme de chèque ou de mandat-poste (Cocher selon l’envoi).Il est bien entendu que.de votre part, si dans les 10 jours je vous retourne ce premier tome de l’Encyclopédie alpha des Sciences et des Techniques, vous me rembourserez sans tarder le montant précité, soit $ 19.95.Il est bien entendu aussi qu’aucune démarche ne me sera faite ni à mon domicile, ni par téléphone.Les encyclopédies populaires inc.6596 Saint-Laurent, Montréal, Qué.H2S 3C6 Nom Adresse Ville __ App.- Prov._ Code postal - Age QUÉBEC SCIENCE / février 1978 51 pedes spécialistes des directions Projets de lignes de transport, Relations publiques.Planification, Propriétés immobilières et des représentants des régions administratives concernées.Le mandat de ce comité est d'assurer la coordination des communications de l'entreprise avec la population, les ministères et les organismes chargés de l'aménagement des territoires qui sont affectés par la construction des lignes et des postes.L'Hydro-Québec a l'intention de recueillir le plus d'avis possibles concernant le passage des lignes avant de décider de leur tracé définitif et de leur édification.Ce qui fut fait avec succès pour les projets déjà mis en oeuvre, à savoir les deux premières lignes.Aussi les spécialistes s'appliquent-ils à poursuivre la même ligne de conduite pour la suite du projet.Il subsiste cependant des difficultés pour la partie des lignes à construire passant par un endroit de villégiature entre Châteauguay et Chénier, partie qui constitue un tronçon important de la boucle qui entourera l'île de Montréal pour servir de lien entre le réseau actuel, alimenté principalement par les complexes Manie-Outardes et Churchill Falls, et le réseau de la Baie James.Les deux premières lignes de ce dernier réseau rejoignent LG 2 au poste Chénier, au nord-ouest de Montréal, en suivant le même tracé et en passant par les mêmes postes, Némiskau, Abitibi et La Vérendrye.Le tracé a été accepté par le gouvernement et les populations concernées après que l'Hydro-Québec eût apporté des modifications mineures au projet initial.Celle-ci a aussi dû prendre des engagements quant au déboisement et à l'arrosage de produits chimiques à proximité des prises d'eau de quelques villages proches des lignes.Le déboisement de l'emprise des lignes devrait être terminé à la fin de 1 978.La construction des lignes commencera en février 1 978 et s’achèvera en août 1979, pour la première ligne, et en juin 1980 pour la seconde, date à laquelle huit groupes de LG 2 pourront intégrer leur électricité au réseau québécois.La troisième ligne suivra un tracé parallèle à celui des deux premières entre LG 2 et le poste de La Vérendrye; de là, elle rejoindra le poste de Hertel à l'est de la métropole.Cette ligne permettra de relier au réseau huit autres groupes de LG 2.Avant que tout le monde se mette d'accord sur le tracé final, il aura fallu trois mois de discussions avec les populations concernées.Sur la rive nord, le Conseil régional de développement a LG-4 LG-2 LG-3 ladisson Le réseau de transport d'énergie de la Baie James Nemiskan Centrales Postes Tracé retenu Lignes 735 kV existantes Abitibi Chibougamau .aVérendrye Laurertiqes, Jacques-Cartiej Lévis icolet loucherville Ksfl Hertel Chateauguay servi de catalyseur.Il y a eu davantage de contestation sur la rive sud, où l'Hydro-Québec espère bientôt arriver à une entente avec les propriétaires des terrains concernés.Le début des travaux de déboisement est prévu pour juin 1978; la construction de l'ensemble de la ligne devrait s'échelonner entre août 1979 et juin 1981.Les quatrième et cinquième lignes suivent un tracé identique entre les centrales et Chamou-chouane, poste situé à l'ouest du Saguenay.Le tracé passe par les postes de Le Moyne, Albanel et Chibougamau avant d'atteindre Chamouchouane.De là, les lignes se sépareront pour rejoindre les postes du Saguenay et Jacques Cartier, dans la région de Saint-Raymond-de-Portneuf.Là, les centrales LG 3 et LG 4 seront reliées au réseau.Les consultations ont duré près de six mois dans la région du Saguenay, où le Conseil régional de développement a été de grande assistance.D'importants problèmes sont encore à résoudre dans la région de Saint-Raymond, où passent déjà de nombreuses lignes importantes et où on attend des renseignements précis sur la possibilité d'installer une centrale à réserve pompée dans un site voisin du lac Delaney.Le déboisement des lignes devrait débuter en juin 1979 et la construction en février 1 981.Le tout sera probablement terminé en octobre 1984.À ce moment, le projet de l'aménagement hydro-électrique de la vallée de la rivière La Grande ne sera plus un rêve mais bien une réalité.Cette grande entreprise aura non seulement permis d'enrichir le Québec en ressources électriques, mais aussi de développer des méthodes de communication fructueuses lorsqu'il s'agit de ne pas léser une partie de la population au profit d'une autre.Il est évidemment souhaitable d'entreprendre des enquêtes touchant à toutes les couches de la population chaque fois qu'un projet risque d'entraîner des changements importants dans l'environnement.Un exemple à suivre.François Picard SANTE PUBLIQUE DES MALADIES PLUS CORIACES QUE PRÉVU Décidément, on n'a plus les maladies vénériennes qu'on avait! D'abord parce qu'on n'emploie plus cet adjectif: ses trop forts relents de honte et de scandale font qu'on parle maintenant de maladies transmises par voie sexuelle, de MTS.Ensuite et surtout parce que la réalité même de ce groupe de maladies a changé et change avec le temps —commeon a pu le constater, et de façon frappante, lors du Symposium international sur les maladies transmises par voie sexuelle, tenu à Montréal en novembre dernier.Premier point en effet: les MTS ne sont plus seulement les deux maladies classiques bien connues, la syphilis et la gonorrhée (aussi appelée blennorragie).Une dizaine, sinon une quinzaine d'autres entités doivent leur être ajoutées si l'on veut avoir un portrait exact des maladies transmises par voie sexuelle.On sait par exemple que le virus Herpès detypeB estsourcedune affection sans doute plus répan-dueque lagonorrhéeelle-même, et qu'il peut possiblement être associé au cancer du col de l'utérus.Par ailleurs, les levures sont les germes les plus fréquemment mis en évidence chez les femmes qui consultent pour des infec- tions génitales.Une équipe de l'Hôtel-Dieu de Montréal a par exemple montré qu'en 1975-1 976, plus de sept pour cent des prélèvements vaginaux effectués dans cet hôpital révélaient la présencedelevures, laplupartdu temps de l'espèce Candida albicans.La même équipe a montré que dans plus de la moitiédescas de vaginites chroniques rebelles étudiés, on pouvait isoler des levures, notamment des Candida.Mais ce n'est pasquelavariété ou la fréquence des MTS qui change.C'est aussi leurs localisations sur le corps de leurs victimes: l'herpès type B n'est plus seulement «l'herpès du bas de la ceinture», car les cas de gonorrhée pharyngique augmentent.Des comportements sexuels plus variés adoptés par plus d'individus seraient à la source de ce genre de problème.Autre «nouveauté» en matière de MTS: le fait que le pourcentage de cas asymptomatiques —ces sources «clandestines» de contagion— semble augmenter.On avait depuis longtemps souligné que chez les femmes, quatre porteuses de gonocoques sur cinq ne s'en rendaient pas compte; mais on disait les hommes pratiquement à l'abri de cette possibilité.Aujourd'hui, on est DES ÉTUDES UNIVERSITAIRES À L'AIR PUR C'est ce que vous offrent l'Université du Québec à Chicoutimi et la magnifique région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Cinquante-deux programmes d'études de premier cycle dans les secteurs suivants: I ngénierie: Génie géologique Génie unifié Sciences de l'administration Sciences de l'éducation: Enseignement préscolaire Elémentaire Secondaire Professionnel En enfance inadaptée et en Arts plastiques.Sciences humaines: Géographie Histoire Sciences sociales Arts et lettres: Arts plastiques Linguistique Etudes littéraires françaises Anglais (langue seconde) Sciences de la santé: Nursing Sciences de l'activité physique Sciences pures: Biologie Chimie Mathématiques Physique Sciences religieuses Une université au coeur d'une ville qui allie les avantages urbains aux charmes de la vie en pleine nature: Pour tous renseignements: Le Bureau du registraire.Université du Québec à Chicoutimi 930 est, rue Jacques-Cartier, Chicoutimi (Québec) G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5613 Université du Québec à Chicoutimi février 1978 / QUÉBEC SCIENCE plus modeste dans les affirmations: des études parlentde20ou 30 pour cent de porteurs asymptomatiques chez les hommes, une étude américaine franchissant même le cap des 60 pour cent.Mais la nouveauté la plus inquiétante en la matière —et il en a bien sûr été largement question lors du Symposium de Montréal—, c'est sans contredit l'apparition, au début de 1 976, de souches de gonocoques entièrement résistantes à la pénicilline.Depuis les 10 ou 20 dernières années, on avait été amené à multiplier considérablement les doses minimales de pénicilline requises pour soigner la gonorrhée.Aujourd'hui, dans les cas en question, le médicament devient inefficace.Même si le nombre de ces cas est, relativement parlant, très petit (on en a signalé huit au Canada), l'événement est alarmant.Les gonocoques résistent à la pénicilline grâce à une enzyme, la bêta-lactamase, qui a la propriété de détruire l'antibiotique.C'est une particule d'ADN, le plasmide, qui confère au gonocoque sa capacité de produire de la bêta-lacta-mase.Ce plasmide est une sorte de parasite du gonocoque, qui peut venir de bactéries d'autres espèces et qui pourrait éventuellement être transféré à d'autres bactéries que les gonocoques.Cela dit, ilyasans doute encore plus inquiétant: lefaitque, même lorsqu'ils demeurent sensibles aux médicaments classiques, les cas de MTS augmentent defaçon fulgurante.Etdanspratiquement tous les pays de tous les continents.Face à ce que l'Organisation mondiale de la santéqualifie non plus d'épidémie, mais de véritable pandémie, les participants au Symposium international de Montréal ont bien dû reconnaître, de manière plus ou moins explicite, l'échec de la médecine actuelle.Nos méthodes de diagnostic des MTS ne sont pas encore parfaites.Nous n'avons pas encore de vaccins contre ces maladies —même si une équipe de l'Université de Pittsburgh a révélé posséder un vaccin antigonorrhée «efficace pour protéger des volontaires infectés de façon expérimentale» par cer-tainstypesdegonocoques.Etnos médecins ne sont pas préparés pour lutter de manière efficace contre ce fléau des MTS.Comme le disait un spécialiste torontois de la questiofi, R-Persad, dès le premier jour du Symposium: «Le médecin mal informé représente un risque beaucoup plus grand que le malade mal informé ou récalcitrant.» I*.!!» Ijw SJ rs»s fete tfjo fri fJtt Irii pl ta *i»! tai F 9 SI Mi Ni» ris % ri * ht lia S'il fil» T-U hm Sis P ill Si H Ni y A |: Ni K K % Si Yanlck Villedieu 1 6 s::' QUÉBEC SCIENCE / février 1978 53 affaj liîlli sas)-: llOiïlITü liîncti la [j iie-fü «Sti?osni !lW iem» Mi awii imeiiU te* la piste ï licaiK «M lato l|mci ijîïic iS» «mti! lafe Ctei-.i- iHÜiSj iisap: éia-toj «ne 9™ e»e»tn i lifaH ¦0&i iteeffi! «e,^1 sens*1* nieW '00 les»») lînisa^a lalilie1'» ' de#)' lipanî) nouais in^ uéd»1 gdeX soni su»1 toi#'* ite^ f1’, K ft* :'S islio"' !li^ [é* ALIMENTATION UN SURSIS POUR LA SACCHARINE Tout en reconnaissant la valeur des tests effectués au Canada et aux États-Unis concerant la can-cérogénicité de la saccharine, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté, concernant cette substance édulcorante, une position plus souple quant à son interdiction éventuelle.Jusqu'en avril 1 977, l'organisme recommandait en effet une dose admissible sans réserve pouvant aller jusqu'à 5 milligrammes par kilo de poids corporel et, avec réserve, jusqu'à 15 milligrammes par kilo.L'été dernier, elle décidait de réduire sa dose admissible sans réserve de moitié, d'abolir la norme «avec réserve», et d'avertir publiquement les organismes nationaux de santé que ce nouveau jugement n'est plus que «provisoire».En attendant, l'Organisation a fait connaître ses raisons de ne pas adopter immédiatement l’attitude radicale du Canada et des États-Unis.Les rats utilisés dans les expériences ont été soumis à un régime contenant cinq pour cent de saccharine ou plus dès le stade intra-utérin, par ('intermédiaire du sang maternel, puis durant toute leur vie.Puisque peu de composés ont été testés avec des animaux exposés «in utero» au cours d'études portant sur deux générations, les indispensables données de base font défaut, estime l'OMS.Parmi les questions soulevées par la méthode expérimentale, l'OMS se demande si la saccharine aurait agi comme agent cancérigène des cancers de la vessie observés, ou simplement comme promoteur d'un cancérigène commun à l'environnement des rats de l’expérimentation.À moins que ce ne soit simplement le déséquilibre alimentaire, ou encore des effets d'ordre physique et non pas biochimique, qui entrent en cause.Dans les deux cas, ce serait l'abus de saccharine (cinq pour cent de l'alimentation) qui serait responsable des tumeurs.Pour justifier sa tolérance (alors que la sagesse suggère de s'abstenir, dans le doute), l'OMS rappelle que, contrairement aux cancérigènes connus, la saccharine n'est pas métabolisée avant son excrétion dans l'urine.En outre, les tests de mutagénécité sur les bactéries ont généralement conduit à des résultats négatifs, mises à part quelques exceptions qui pourraient être attribuables tout autant à des impuretés non identifiées ou de source expérimentale.Enfin, les études épidémiologiques, surtout réalisées sur les diabétiques, n'ontencoremontré aucune augmentation des cancers de la vessie.Toutefois, concernant ce dernier argument, l'OMS reconnaît l'insuffisance des études statistiques, surtout celles concernant la seconde génération de ces diabétiques.Car elle serait plus vulnérable, selon les résultats obtenus pour les rats.Outre la priorité réclamée pour des études épidémiologiques cheztous les utilisateurs de saccharine, l'OMS recommande qu'on raffine l'analyse des impuretés communes dans la saccharine et qu'on étudie leur rôle cancérigène possible (jusqu'ici, seule l'otoluène-sulfamide a été étudiée et «blanchie»); qu'on multiplie les recherches pouvant élucider le rôle éventuel de la saccharine comme cancérigène ou comme promoteur d'autres agents; qu'on analyse plus en détail l'action de ce produit dans la vessie; et enfin qu'on analyse, dans les études sur les rats rapportées jusqu'ici, le rôle relatif de l'intoxication intra-utérine, de la contamination par le lait maternel puis de l'alimentation ultérieure.C'est donc tout un programme m-y '*'*5^' I ¦ m ¦ ¦ % m L UNIVERSITE DU DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Sa raison d'être et son objectif majeur: participer au développement économique, social et culturel de l'Est du Québec.Une ambition particulière: décentraliser son enseignement pour le rendre accessible aux adultes désireux de se perfectionner sans qu'ils aient à s'éloigner de leur lieu de travail.L'Université du Québec à Rimouski offre un éventail de programmes de qualité en administration, en éducation, en lettres, sciences humaines, sciences pures et sciences religieuses.En septembre 1977, elle comptait 856 étudiants à temps complet et 2375 étudiants à temps partiel.Information: Bureau du registraire 300, avenue des Ursulines, Rimouski, Qué.G5L 3A1 Téléphone: (418) 724-1433 Université du Québec à Rimouski 1 6 54 de recherche sur les effets de la saccharine que l'OMS recommande maintenant.Elle espère pouvoir en tirer un jugement définitif d'ici 1 980.Pierre Sorman\ SÉISMOLOGIE IA «FAUNODËTECTION » D'ici quelques années, des animaux vont peut-être permettre de sauver des milliers de vies humaines.On a en effet remarqué que certains animaux ont des réactions ou des attitudes inhabituelles dans les jours ou les semaines précédant lestrem-blements de terre.C'est le sujet d'un article écrit dans la revue américaine Natural History par Evelyn Shaw, une biologiste spécialisée dans l'étude du comportement animal à l'Université de Stanford.Une grande diversité d'animaux peuvent montrer un comportement singulier avant un tremblement de terre.On a vu des fourmis fuir avec leurs oeufs, des ours arrêter leur hibernation dans une vallée pour gagner rapidement le sommet des montagnes avoisinantes, despigeons voler de façon inaccoutumée, des crevettes quitter la mer pour ramper vers la terre ferme, des chevaux courir, affolés, dans leur enclos, des grenouilles coasser à des moments inattendus.Les scientifiques russes, chinois, japonais et américains sont parmi les plus intéressés par le sujet.En Chine, surtout, on essaie de retirer un maximum de profit du comportement animal pour limiter les dégâts provoqués par les nombreux séismes qui déciment parfois des régions entières.Dans ce pays, le gouvernement a demandé aux gens d'observer leurs animaux domestiques et de signaler le moindre changement de leurcompor-tement.De cette façon, on a pu prévoir une quinzaine de tremblements de terre au cours des dernières années.En 1975, par exemple, lorsque la ville de Hai-cheng, où vivaient près d'un million d'habitants, a été totalement détruite par un tremblement de terre, il n'y eut que très peu de victimes.Car la ville avait été évacuée à la suite des nombreux rapports d'habitants sur le comportement anormal de leurs animaux domestiques.Au Japon, autre pays souvent touché par de nombreux séismes, on fait surtout attention au comportement des poissons-chats qui sautent hors de l'eau à l'approche d'un tremblement de terre.Grâce à eux, on peut prévoir six à huit heures à l'avance le moment de la catastrophe imminente.Toujours selon Evelyn Shaw, il s'agit pour les savants des pays concernés d'essayer de découvrir la cause et le mécanisme des réactions animales.Peut-être sont-ils sensibles à des ondes sonores, à des différences de niveau de pression atmosphérique, à une légère modification du champ électromagnétique normal, ou bien à d'autres phénomènes qui apparaissent durant les heures ou les semaines précédant un tremblement de terre.Une fois admis que tel ou tel élément nouveau peut entraîner un changement de comportement de l'animal, il faut aussi découvrir quel est son système détecteur et comment il fonctionne.À Pékin, des savants ont découvert que les pattes des pigeons renferment des corpuscules ellipsoïdaux reliés entre eux par un réseau de nerfs etqui permettent aux pigeons de déceler des vibrations très minimes.Ayant retiré ces corpuscules de certains pigeons, les savants ont observé que peu de temps avant un séisme, les pigeons intactes volaient d'une façon désordonnée alors que les pigeons infirmes ne ressentaient rien et restaient immobiles.D'autres expériences ont été faites sur des singes, des vers de terre, des serpents, des abeilles, etc.On s'est ainsi rendu compte que l'on pouvait interférer dans le vol des oiseaux en faisant varier le champ magnétique environnant et que les poissons repéraient leurs proies grâce à un système de détection du champ bioélectrique qui entoure chaque poisson.Les expériences sont nombreuses et variées.On a même remarqué dans les régions touchées que davantage d'êtres humains se plaignent de problèmes cardiaques avant un tremblement de terre qu'aux autres moments; or ces problèmes disparaissant après le séisme.La compréhension des systèmes de détection des animaux permettra peut-être la création de systèmes électroniques artificiels fondés sur les mêmes principes.C'est du moins l'espoir que formulent les chercheurs des pays les plus exposés aux tremblements de terre.François Picard février 1978 / QUÉBEC SCIENCE librairie la liberté me.livres scientifiques livres techniques plus de 25 000 livres au format de poche 2360 chemin Sainte-Foy, Sainte-Foy 658-3640 A VENDRE BOULEVARD HYMUS POINTE CLAIRE Terrain de 390 000 pi.ca.Bâtisse de 2 étages avec sous-sol Excellent pour centre de recherche Avec animalerie Pour de plus amples informations et/ou pour visiter Téléphonez: Division Industrielle C.D.French, F.R.I.(514) 842-5011 Tu [1**1» A.E.LePAGE IMMEUBLES WESTMOUNT REALTIES 438 rue Isabey, St-Laurent / (514) 842-5011 99999999994 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE 55 PAMJIIONI RÉCENTE! MANUELDESURVIE DANS LE GRAND NORD par un groupe de collaborateurs du ministère des Affaires indiennes et du Nord, éditions l'Étincelle, Montréal, 1977, 101 pages, $3.95 manuel de SIKTIh dans le C.KÀHB irmcmt n De plus en plus de gens vivent ou travaillent dans les régions nordiques du Canada.Ils se déplacent en avion, hélicoptère ou moto-neige.Un moteur peut toujours tomber en panne, surtout sous de telles latitudes, laissant ses occupants face à de nombreux problèmes de survie.Ce sont ces gens que veut atteindre cet ouvrage.Nous recommandons de lire le premier chapitre concernant les aspects psychologiques du problème de la survie avant d'avoir à utiliser le guide dans les froids sibériens du Canada.C'est, en effet, assez surprenant de voir tous les problèmes auxquels on peut avoir à faire face.Les douleurs, le froid, la soif, la faim, la fatigue, la lassitude n'en sont que quelques-uns.Ce manuel de survie est tellement complet qu’il semble indispensable de l'avoir avec soi, pas uniquement dans le Grand-Nord mais dans tout endroit où l'on risque de se perdre, au cours de l'hiver en particulier.Il devrait faire partie de l'équipement des chasseurs qui partent pour plusieurs jours en forêt.On y trouve des notions de base de secourisme qui aident à diminuer les risques de complications dues à des fractures, des maladies, des brûlures, ou la cécité nivale qui peut parfois se transformer en cécité totale.Les auteurs du guide expliquent comment se déplacer, se construire un abri, se nourrir, boire et faire du feu.Il existe des signaux de détressequi ont une signification précise pour la personne qui sait les interpréter.Le texte et les nombreux dessins explicatifs sont très clairs.Ce manuel de survie peut permettre de sauver les vies de ces personnes qui, chaque année, se laissent prendre par le froid ou la neige loin des régions habitées.François Picard L'HABITAT ET L'ÉNERGIE AU CANADA monographies préparée par le secrétariat canadien à la conférence des Nations Unies sur l'Habitat et l'Énergie, ministère des Approvisionnements et Services, Ottawa, octobre 1 977, 103 pages À l'occasion de la conférence Habitat et Énergie dont il était l'hôte, le Canada devait présenter un texte d'ouverture des discussions, reliant ce thème aux divers aspects du développement des pays industrialisés.On en a donc profité pour publier une monographie adaptant cet exposé thématique à la situation canadienne.Texte succint, il constitue un regroupement fort intéressant d'un certain nombre de données utiles, et un document de prospective essentiel pour qui s'intéresse à l'avenir du Canada, tant sur le plan de la démographie, de l'urbanisme, ou des choix fondamentaux qu'il faudra bientôt faire quant à notre stratégie énergétique.À consulter sans hésitation.Pierre Sormany NAISSANCE DE LA FAMILLE MODERNE EDWARD SHORTER NAISSANCE DE IA FAMILLE MODERNE Edward Shorter, Seuil, coll.«L'univers historique», Paris, 1977, 380 pages, $17.95 Nous sommes en présenced'une oeuvre majeure de la sociologie de la famille.On la doit à un historien américain qui a en horreur les sociologues et la sociologie américaine de la famille.S’inspirantdela«nouvel-le histoire sociale» qui tient beaucoup plus de la sociologie et de l’anthropologie que de l'histoire classique, Edward Shorter nous entraîne dans cette fascinante intrusion de l'affectivité au La Recherche a des lecteurs dans 82 pays : il doit bien y avoir une raison La Recherche a une audience internationale parce que son contenu est international.Chaque mois, dans ses sommaires, des chercheurs du monde entier se donnent rendez-vous.La Recherche est une revue interdisciplinaire : elle vous offre chaque mois une synthèse de tout ce qui se passe d’important sur tous les fronts de la recherche, de la biochimie à l’astrophysique.Offre spéciale* Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 numéros) à La Recherche au tarif de 23 dollars canadiens au lieu de 33 dollars.nom.adresse à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bd Lebeau, Ville-St-Laurent P.Q.H4N 1S2.* Offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. 56 sein de l’institution familiale occidentale des siècles derniers.Ce livre est né du projet ambitieux de fournir un instrument «pour juger réellement et avec précision de la manièredont le changement social affecte et transforme la vie quotidienne».Une histoire générale de la famille et, plus particulièrement, la famille occidentale bouleversée par l'industrialisation constitue certainement un instrument privilégié.Cela suppose une histoire de la famille moyenne, de ce «95 pour cent» de la population que l'historien classique a toujours ignoré, croyant que le «peuple» adoptait avec plus ou moins de retard les modèles de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie.L'auteur s'en tient rigoureusement à ce projet avec ce que cela peut comporter d'imprécisions et de généralisations rapides dues à l'état actuel de la connaissance historique.L'ouvrage n'en est pas moins une synthèse audacieuse qui renouvelle les idées sur la famille.Nos engagements affectifs face à la famille nous empêchent habituellement de prendre cette distance critique que permet l'histoire.Pour l'homme contemporain, la famille est cet oasis privilégié de la quotidienneté, et il croittrop souvent qu'il en a toujours été ainsi à cause de la stabilité de la famille du «bon vieux temps».Shorter, avec une riche information démographiqueet ethnographique, s'empresse de détruire ce mythe contemporain.La famille des sociétés occidentales traditionnelles était tragiquement dépourvue de ces liens affectifs qui caractérisent la famille moderne.El le ne devait sa stabilité et sa cohésion qu'à «des considérations de propriété et de lignage».Par exemple, on cherchait à «épouser» la plus grosse dot et l'intimité du couple était réduite à la stricte observance de règles imposées par la communauté.Le capitalisme moderne, avec son économie de marché, allait faire voler en éclats la structure familiale traditionnelle et opérer une «redistribution des priorités» chez l'individu, plaçantlaréalisa-tion personnelle au-dessus de la stabilité de la communauté.L'auteur distingue trois facteurs importants de cette redistribution.Ce fut d'abord l'apparition de l'amour romantique chez les classes opprimées du XVIIIe siècle qui «vint détrôner les considérations matérielles qui présidaient à la formation du couple».Ensuite, les mères de la petite bourgeoisie ont «choisi» de rester à la maison pour élever elles-mêmes leurs enfants; l'amour maternel au sens moder-neétaitné.Enfin, lafamillecoupa définitivement les liens étroits qui l'unissaientàlacommunauté pour s'enfermer chez elle à l'abri février 1978 / QUÉBEC SCIENCE des regards indiscrets.Plus qu'un grand livre d'histoire, Naissance de la famille moderne est une pénétrante analyse sociologique de la famille contemporaine.Ce que les nostalgiques qualifient de «débâcle de la famille» et les réformistes de «mort de la famille» se trouve réduit à de plus justes proportions.Jean-Paul Breton LA SEXUALITÉ A TRAVERS LE MONDE ENRICO ALTAVILLA , LA SEXUALITE A TRAVERS LE MONDE ^ L’AIR DU| TEMPS Enrico Altavilla, Gallimard, collection «L'air du temps», Paris, 1977, 213 pages, $13.95 Profitant du fait que le thème de la sexualité est à la mode, Enrico Altavilla, journaliste de profession, prétend nous présenter un dossier complet sur l'activité sexuelle de l'humanité.Malheureusement, le dossier est non seulement incomplet, mais l'entreprise est un échec.Évidemment, le but de l'auteur est d'informer le lecteur et cela dans un langage clair pour tous.Mais encore faut-il savoir la différence entre se rendre accessible à tous et produire un dossier qui n'est tout au plus qu'une montagne défaits et de notes.Ce volume en décevra plusieurs, pour lasimpleraisonquel'auteur se contente la plupart du temps d'aligner une suite de faits sans nous indiquer les sources et références dont le lecteur aurait besoin pour comprendre les affirmations produites.Ainsi pour ne donner qu'un exemple l'auteur affirme en parlant de l'inceste: «(.) le cas est fréquent, surtout chez les paysans, et plus particulièrement dans les vallées bloquées par la neige en hiver» (page 74).Un lecteur le moindrement sérieux est en droit d’exiger d'un auteur un minimum de rigueur.Or, c'est principalement ce qui manque à ce volume.Il n'est pas tout d'affirmer qu'un psychologue affirmetelleoutelle chose sur la sexualité, encore faudrait-il qu'il identifie ce psychologue, ainsi que l'école de pensée de ce dernier.A la limite, cevolumes'adresse à unpublicdevoyeurssesouciant davantage des faits croustillants concernant la sexualité que d'une information scientifique et bien documentée sur ce sujet.Tout lecteursérieuxpeuts'abste-nir de lire ce livre; il y trouvera bien peu de choses pour satisfaire sa soif de connaissance.Il est d'ailleurs étonnant que la maison d'édition Gallimard publie un volume semblable.Marc Chabot LE STRUCTURALISME GÉNÉTIQUE.L'OEUVRE ET L'INFLUENCE DE LUCIEN GOLDMANN !.l.STkrCTUÎAUNMI GENETIQUE Goldmanri Denoël-Gonthier, collection «Médiations», Paris, 1977, 282 pages, $4.95 Pour un lecteur non initié, l'oeuvre de Lucien Goldmann peut sembler hétéroclite.Ce penseur français a travaillé dans beaucoup de domaines.Ces recherches en littérature, en philosophie, en sociologie et en psychologie sont nombreuses et, au premier coup d'oeil, on peut croire qu'il n'y a pas ou peu de lien entre chacune de ces disciplines.Lapenséecontemporaine est fragmentée et il est rare maintenant de rencontrer un penseur qui a le souci de reconstruire l'unité initiale.Le structuralisme génétique que vient de publier la maison Denoël-Gonthier est un collectif important.Chacun des textes du volume présente un aspect du travail de Lucien Goldmann.Bien que s'engageant dans des voies différentes, les textes de ce volume finissent par provoquer ou faire surgir une ligne directrice qui guidait les recherches de Goldmann.C'est le lecteur qui finalement bénéficie de ce travail ardu, mais accessible, réalisé par ces chercheurs.Voici, à titre indicatif, quelques questions qui préoccupaient Goldmann: quels sont les rapports entre l'oeuvre d'un écrivain et la société?Comment se construit une vision du monde?La psychologie peut-elle rendre compte du travail d'un écrivain?De quels concepts la théorie marxiste a-t-elle besoin pour Derniers livres reçus Coca & Cocaïne Jean Basile Préface de Marie-Andrée Bertrand.L'Aurore.Montréal.1977.143 pages.$6.95 Je reconnais les arbres M.Becker, J.-F.Picard, J.Timbal André Leson.coll.Agir et connaître.Paris.1977.141 pages.$8.50 Les Templiers.Histoire et tragédie Georges Bordonove Fayard.Paris.1977.283 pages.$9.75 Les derniers puritains pionniers d'Amérique.Lettres de Théodore Bost et Sophie Bonjour 1851-1920 Charles Marc Bost Hachette.Paris.1977.439 pages.$16.50 Méthodologie d'une programmation de la recherche dans le domaine de la pollution atmosphérique (1975) A.M.Boutin, C.Desbois, J.Pierre, F.Pettier Éditions du C.N.R.S.coll.Actions thématiques programmées A.T.P.no 19.série Sciences humaines.Paris.1977.122pages.$7.30 L'affaire Solomidès André Conord précédé de Cancer et terrorisme scientifique, par HenriPradaf Pau-vert.Paris.1977.286 pages.$13.25 Je découvre les algues marines et d'eaux douces J.Dejean Arrecgros, J.-F.Pierre André Leson.co/l.Agir et connaître.Paris.1977.103pages.$5.75 L'intoxication vaccinale Fernand Delarue Seuil, coll.Techno-critique.Paris, 1977.254pages.$11.95 ériger une théorie de la création?Peut-on imaginer une méthodologie expliquant les rapports existant entre les structures mentales et l'acte même de création?L'ampleur des questions nous renvoit davantage à une épistémologie des sciences humaines.Le travail de Goldmann s'adressait à- tous les chercheurs soucieux de dépasser les limites de leur discipline respective.Cette série de textes constitue une excellente initiation à l'oeuvre de Goldmann.Ce type d'ouvrage collectif est encore trop rare dans le monde de l'édition française.Les Américains et les Anglais publient fréquemment des ouvrages de ce genre.Il est à souhaiter qu'on poursuive cette initiative dans le monde francophone.Marc Chabot s®: ÎUÉBEC SCIENCE / février 1978 57 rs EN YRAC.100 000 INSECTES .es chercheurs de l'Institut de recher-:hes biosystématiques d'Agriculture Canada à Ottawa ont entrepris un projet i j’envergure dont la réalisation s'étendra sûrement sur plusieurs générations: la édaction d'une série de volumes sur 7 II] 'identification des insectes et des araignées du Canada.Les insectes sont te loin les êtres animés les plus répandus ; sur la terre.Le nombre d'espèces est :s phénoménal.Le Canada à lui seul en sompte environ 100 000.La série sera ntitulée Les insectes et les arachnides ipsü j: iu Canada et abordera toutes les espèces sonnues du Canada.La première partie ] te la série, sur les scolytes, a été publiée i 'an dernier.m> .HOMME ENCORE LE PLUS FORT in effet, l'homme moyen peut battre le lorille moyen à un concours de levée de hri i loids! C'est la constatation qu'a faite une équipe de chercheurs de l'université Concordia, de l'hôpital Saint Mary's et de l'École Polytechnique, et cela en étudiant les maladies reliées à la colonne vertébrale.Selon Serge Gracovetsky, professeur de génie à l'université Concordia, un homme moyen peut lever 3,4 fois son propre poids alors qu'un gorille moyen peut seulement lever 0,6 fois son poids.Comme ce dernier pèse entre 110 et 140 kilogrammes, l'homme moyen serait donc le plus fort.C'est la supériorité de la colonne vertébrale de l'homme qui lui donnerait cet avantage sur le gorille.ANESTHÉSIE TOTALE Une demi-douzainedefamillesau moins, dans la vallée de l'Outaouais, sont affectées d'une maladie héréditaire rare, l'hyperthermie maligne, qui se caractérise par un taux de mortalité exceptionnellement élevé sous l'effet d'une anesthésie normale administrée à des fins chirurgicales.Des travaux de recherche ont été entrepris à la suite de deux décès, à prime abord inexplicables, survenus à l'hôpital.Depuis, selon le SI vous DÉMÉNAGEZ FAITES-NOUS LE DONC SAVOIR numéro d'abonné ANCIENNE ADRESSE NUMÉRO RUE VILLE PROVINCE ou pays NOUVELLE ADRESSE NUMERO RUE ville"" PROVINCE ou pays date d'entrée en vigueur APPARTEMENT CODE POSTAL APPARTEMENT CODE POSTAL journal Le Droit, des cas similaires ont été trouvés en Ontario, dans les régions de Timiskaming et de Toronto.C'est en 1 960 que cette lésion a été décelée pour la première fois en Australie.On aurait retracé alors l'ascendance des patients aux colonies pénales établies sur ce continent par les Britanniques.Du côté canadien, les recherches ont montré que les patients étaient des descendants d'ouvriers britanniques venus au Canada entre 1826 et 1932 pour la construction du canal Rideau.Une étude est en cours à l'échelle nord-américaine pour trouver un médicament préventif.LAS VEGAS EN DANGER?Las Vegas a pompétellement d'eau de son sous-sol que la surface de la terre s'est abaissée de plus d'un mètre au cours des vingt dernières années, ouvrant même des crevasses de 90 cm aux abords de la ville et menaçantd'écroulement éventuel les hôtels, casinos et autres édifices du centre-ville.Une ville de 165 000 habitants avec une population métropolitaine de 390 000, Las Vegas a tiré son eau depuis les quarante dernières années d'une série de puits qui s'approvisionnent aux roches poreuses recueillant l'eau de pluie et la neige fondante des montagnes du nord et de l'ouest de la ville.Las Vegas consomme plus de 100 milliards de litres d'eau par an, tous puisés souterrainement.Depuis les dix dernières années, le sol autour de la ville s'est abaissé de 30,5 mm chaque année.Les sources d'eau souterraines se sont aussi effondrées de 45 à 60 m au cours de la même période.Récemment, une assemblée de cinq géologues du U.S.Geological Survey a voté sur la question de l'effondrement éventuel de Las Vegas.Deux géologues ont voté «oui»; deux autres ont voté «non» et le dernier était indécis.Les paris restent donc ouverts! LES CHIENS ONT BONNE MINE Les chiens ont fait la preuve sur une période de dix ans qu'ils sont de meilleurs prospecteurs de métal que l’homme et ses instruments-gadgets, rapporte l'agence Tass.Les chiens trouvent des dépôts de cuivre, de zinc, de tungstène, de nickel non détectés par les instruments.Ils trouvent ces dépôts quels que soient le climat ou les conditions géographiques, dans la toundra, dans les montagnes, partout.Sur le sol ordinaire, les chiens sentent les dépôts à une profondeur de treize (13) mètres et, en sol marécageux, à une profondeur plus grande.Les chiens aboient à des endroits où les géologues passeraient sans s'arrêter.À ces occasions, des dépôts furent trouvés à tout coup.La race des chiens entraînés à ce travail n'a aucune portée significative.Toutes les races ont 58 février 1978 / QUÉBEC SCIENCE prouvé leur efficacité après entraînement.Un chien husky entraîné à trouver du cuivre a couvert un secteur dans le nord des monts Oural en un temps six fois moindre que les géologues.L'agence ne précise pas si un secteur est couvert par une meute de chiens entraînés aux différents minéraux ou si les géologues font mille fois le terrain avec un chien entraîné spécifiquement pour un métal.UNE BICYCLETTE VOLANTE Pendant dix-huit ans, des équipes d'ingénieurs aéronautiques à travers le monde ont rivalisé sans succès pour obtenir le prix d'aviation le plus riche de l'histoire, le prix Henry Kremer, offert par la Société royale d'aéronautique de Londres pour le premier appareil à voler par traction humaine.La récompense de $86 000 a finalement été décernée à une équipe américaine de Californie composée de Paul MacCready Jr et Peter B.S.Lissa-man, des ingénieurs en aérodynamique, qui a réussi grâce à une bicyclette volante, ressemblant à moitié au premier avion des frères Wright et fonctionnant au moyen d'un propulseur activé par les jambes.Pour réclamer le prix, l'appareil devait voler sur un parcours complexe en forme de huit autour de deux pylônes séparés de 3/4 de km, sans l'aide d'un moteur, de gaz plus léger que l'air et sans poussée de départ.Le parcours fut complété en un peu plus de sept minutes à la vitesse de 18 km/h.UN ORDINATEUR AZTÈQUE À L'ORIGINE D'UN DIVORCE Un ingénieur civil mexicain, David Esparza Hidalgo, déclarait récemment que la découvertede l'ordinateuraztèque, Nepohualtzintzin, lui avait coûté un divorce et dix-huit ans de recherches à travers montagnes, déserts et jungles.Cet ordinateur consiste en un tableau divisé en deux sections de clés séparées par un diviseur qui a des points représentant des valeurs de 1, 10, 100, 1 000, etc.Dans la section du haut, chacune des treize rangées possède trois clés; dans la section du bas, il y a treize rangées de quatre clés.Les clés de la section du haut ont une valeur de 5 et celles du bas, une valeur de 1 : l'ordinateur est opéré par le mouvement des clés de droite à gauche, dans l'ordre de leur valeur décimale.Toute opération mathématique peut être accomplie aussi bien sur le système décimal que sur le système duodécimal Aztèque et Maya.L'ordinateur aztèque n'est pas passé inaperçu puisqu'on 1976, à un séminaire de l'UNESCO sur l'éducation des adultes, on proposa son emploi pour l'enseignement des mathématiques.en MARS Pierre Sormany nous initiera à une discipline qui tente d'allier biologie et sociologie, la sociobiologie Jean-Marc Carpentier fera le point sur une chasse qui a fait couler beaucoup d'encre, souvent sans raison, la chasse aux phoques François Picard nous démontrera que les recherches policières savent elles aussi être scientifiques Nous vous présenterons des extraits d'un livre récemment publié aux éditions de l'Etincelle, expliquant la bien intrigante technique de l'holographie ta Fiii ft\T NE NOUS CHERCHEZ PLUS ABONNEZ-VOUS ?Je m'abonne ?Je me réabonne pour.années au magazine QUÉBEC SCIENCE.C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 A L’USAGE DU MAGAZINE COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) 1 1 1 5 , A, 7 8 9 1 1 16 1 7 20 21 i l— 24 i iii _J_____I___I____I____L_ I -J I I 1 30 nom 60 prénom ]-1-1-1-1— 9 numéro rue .ippartement 28 25 26 27 29 ' 69 code postal 74 i__i___i__j.i—i-1-1-i—J-1-1-1-1-1 '-1-1-1-1—Ht-1 29 ville province ou pays “9 ?Chèque ou mandat postal ci-joint ?Veuillez me facturer S Ivanov Les mystères foiTIONS DE*^MOSCOU de la mémoire Tout ce que l’on sait de la mémoire Fait appel à la psychologie, la neurophysiologie, la psychiatrie, la biochimie et la biophysique Parle des idées de savants comme Janet, Freud, Bergson, James, Luria, etc.Cite Gogol.Pouchkine.Bloch et Proust Ouvrage de vulgarisation scientifique comme tous les ouvrages de la collection «Sciences pour tous» des éditions MIR SCIENCES POUR TOUS ou LA VULGARISATION SCIENTIFIQUE INTELLIGENTE En vente dans toutes les librairies ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: Librairie Nouvelles Frontières 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 IVANOV, S.: Les mystères de la mémoire, 333 p.broché, 1977 OPARINE, A.: L’origine et l’évolution de la vie, 231 p., broché, 1976 PÉRELMAN, Y.: Expériences et problèmes récréatifs, 567 p., broché, 1974 TOMILINE, A.: Le monde des baleines et des dauphins, 287 p., broché, 1977 SERGUEIEV, B.: Tout sur le cerveau, 347 p., broché, 1976 DOUEL, L: Découvrir l’océan, 260 p., broché, 1977 ?$ 2.95 ?$ 2.25 ?$ 4.25 ?$ 4.25 ?$ 2.25 ?S 3.95 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ NOM .ADRESSE.VILLE .CODE POSTAL .postface à La convivialité ! Le chômage créateur ____________Seuil_____________ 96 pages, $5.95 Ivan Illich a déjà publié plusieurs ouvrages dont «Une société sans école» qui abordait le problème de l'éducation, «Némésis médicale» qui prenait à parti la sur-médicalisation de notre société et «La convivialité» qui avait pour cible l'organisation de notre société moderne.LE NOUVEL OUVRAGE DE IVAN ILLICH «Le thème de cet essai, c'est la politique de la convivialité et la lutte pour une distribution équitable de la liberté de créer des valeurs d'usage.Ce genre d'équité présuppose des limites à l'enrichissement et à l'emploi.L'exigence de ces limites implique et dépasse celle d'une juste distribution des biens et du travail rémunéré.La lutte en ce sens ne peut être soutenue que par des communautés décidées à se libérer du monopole radical de l'argent et de la marchandise sur le milieu.» Ivan Illich Ces livres sont en vente dans les librairies.Veuillez me faire parvenir les ouvrages de Ivan Illich: ?La convivialité.$2.95 O Le chômage créateur.$5.95 ?Libérer l'avenir.$2.95 ?Une société sans école .$9.95 ?Énergie ou équité .$4.65 ?Nemesis médicale.$8.95 Vous trouverez ci-joint ?un chèque ou ?un mandat postal au montant de.Nom.Adresse .Code postal.Téléphone.DIFFUSION DIMEDIA INC., 539, boulevard Lebeau, Ville Saint-Laurent, Québec H4N 1S2 (514) 336-3941 Les arts et lettres: Ce Sciences économiques et administra secteur est surtout dominé tives: Ce secteur compte pour près de par la linguistique, la littéra- 7% des subventions à la recherche ture, la philosophie et corn- en 1976-77 et est surtout dominé prend également certaines par l'économique et l'administration études plurisectorielles.publique.Depuis sa fondation en 1968, l'Université du Québec a connu un accroissement remarquable de ses activités de recherche.Ses universités constituantes, écoles supérieures et instituts de recherche ont reçu plus de $8 400 000 en 1976-77pour réaliser près de 800 projets de recherche; c'est donc dire que depuis 1969-70, les projets de recherche et les subventions à la recherche ont décuplé.La plupart des grands domaines du savoir humain sont couverts tant par la recherche fondamentale que par la rechercl appliquée entreprises à l'université du Québec.Sciences humaines: Le domaine des sciences humaines qui représente environ 22% des subventions à la recherche en 1976-77 est caractérisé par la dominance du secteur des sciences sociales (archéologie, histoire, géographie, science politique et sociologie) et des sciences de l'éducation.La psychologie, les communications ainsi que les sciences juridiques et la théologie complètent les disciplines de ce secteur.Sciences de la santé: Les sciences de la santé représentent 12,3% des subventions de recherche en 1976-77.Cependant, à l'encontre des autres secteurs, la recherche dans les sciences de la santé est surtout concentrée à l'Institut Armand-Frappier (virologie, immunologie, bactériologie, épidémiologie et médecine vétérinaire) et à l'INRS-Santé (pharmacologie clinique et psychiatrie comportementale).On la retrouve également à /'Université du Québec à Trois-Rivières.- - i Sciences pures et appliquées: Ce secteur qui regroupe plus de 53,2°A des subventions à la recherche en 1976-77 est dominé par les sciences physiques, incluant notamment la physique, ta chimie, les sciences de T atmosphère, la géologie, les sciences de la terre, /'océanographie, l'énergie et les sciences de T eau.Les sciences biologiques sont représentées surtout par la biologie, l'écologie et la microbiologie.A ces disciplines s'ajoutent enfin les ressources naturelles caractérisées surtout par les pâtes et papiers, l'ingénierie, les sciences de l'information et les mathématiques.recherche à r Université du ’.->
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