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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1986, Collections de BAnQ.

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AOUT 1986 QUEBEC SQEIKE LE MAGAZINE SANS FRONTIÈRES SPECTACULAIRE URANUS.AU COEUR DE LA COMÈTE EXPO 86: PLEINS FEUX SUR LES TRANSPORTS L'ART D'INSULTER LES FLEURS LE FIL DE LA LUMIÈRE i ' H E Q Ü £ E -Te B E Wq •• 0197 7 b E P T 35 A3UT 90 bit P Ü ï L E O A L 1700 ST DEMIS Ill’HtlNTREÂL P .s.H Z X 3 Kb Jk#: , U Courrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti.C.P.250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1 Musées nationaux du Canada En vente dans les grandes librairies 39,95$ Distribués au Canada par: Diffusion Prologne Inc.2975, rue Sartelon Ville Saint-Laurent (Québec) H4R 1E6 -/# fft/MjûXÙtâ QUEBEC SCIENCE VOLUME 24, Numéro 12 AOUT 1986 111 5! Sir?" 'Jt il ; \ ’fl * Page 12 Page 18 Page 26 ENQUÊTES/REPORTAGES Chaque été, les dauphins viennent se la couler douce Richard Sears et Louise Beaudouin dans les eaux du Saint-Laurent A Â* Spectaculaire Uranus Claude Lafleur La sonde Voyager 2 révèle une planète bien différente de celle que les astronomes croyaient connaître 18 Expo 86 : pleins feux sur les transports de notre envoyé spécial François Goulet Lors d’importants colloques à Vancouver, on discute et on cogite ferme sur leur avenir 26 L’art d’insulter les fleurs (2e partie) Michel Chevrier Retracer l’origine des noms des plantes, c’est aussi raconter l’histoire de l’homme 32 Au cœur de la comète Claude Lafleur La comète de Halley telle que nous l’a révélée le cortège de sondes qui est allé à sa rencontre 36 Le fil de la lumière Bernard Duchesne La fibre optique: l’autoroute qu’empruntent de plus en plus les télécommunications au pays 40 J Spécial ACFAS La toundra s’en va en fumée Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 4 5 La flore montagnaise 10 Amours éprouvettes?6 Infopuce L’informatique en pièces détachées 11 Les malaises du chaud et du froid 6 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 46 Inuit : une question de souffle 7 Cinéscience La science à l’écran 47 Méningite: vers un vaccin 9 En vrac Les p’tits mots de la fin 48 Le vélo qui grimpe vite 43 Mois prochain 49 12 salopards à bannir 45 Courrier 50 QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 3 QUEBEC SCIEHCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Jacki Dallaire, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, Gilles Drouin, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Eve-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Richard Sears, photo couverture Les'ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ SOGERST Jean Bonin 4750, rue Henri-Julien, Suite R-3 C.P.1000, suce.«E» Montréal, Qc H2T 1R0 Tél.: (514) 289-8800 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Marie Prince, adjointe à la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,00$ Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00$ Groupe: (1 an/12 nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (I an/12 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/24 nos): 61,00$ A l’unité: 3,50$ Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1986, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA ® Copyright 1986 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.RÉDACTEUR M O CHEF Ils sautent, sautent en des bonds élégants et capricieux hors de l’eau.On les imagine dans des mers chaudes, mais ils vivent aussi bien dans nos eaux froides : ce sont les dauphins.Richard Sears, qui nous les présente dans ce numéro, est un chercheur spécialiste des baleines.Chaque été, il les observe sur la Côte-Nord, à partir de sa station de recherches de Longue-Pointe de Mingan.Et chaque automne et chaque hiver, il suit les migrations de certaines espèces de baleines dans des eaux plus chaudes le long de notre continent.Pour la troisième fois dans nos pages, il s’est associé à la journaliste Louise Beaudouin pour nous présenter un de ces mammifères que nous avons l’extraordinaire privilège de pouvoir observer dans nos eaux intérieures, sur le Saint-Laurent.Notre collaborateur François Goulet, quant à lui, est allé à Vancouver suivre quelques conférences internationales sur les transports, à l’occasion d’Expo 86.«De grandes découvertes, quelques déceptions, beaucoup de discussions en beaucoup de langues», résumait-il sobrement à son retour.Son expérience la plus excitante?«Sans doute l’essai du Maglev, glissant sans heurts à quelques millimètres du sol», répond notre spécialiste des transports, qui a enfin essayé cet engin sur lequel il avait précédemment écrit dans Québec Science (janvier 1985).L’année qui s’achève aura été une très grande année pour l’astronomie.Une moisson de nouvelles connaissances a été récoltée par les sondes lancées par plusieurs pays.Notre chroniqueur des questions spatiales, Claude Lafleur, en présente un bilan en deux parties, l’une sur la planète Uranus, et l’autre sur la comète de Halley.Et pour compléter ce numéro estival, le point sur la fibre optique, ce petit câble de lumière qui transmet de plus en plus nos conversations; et aussi, la suite d’un article au titre provoquant, «L’art d’insulter les fleurs».À Québec Science, nous aimons bien faire nos titres nous-mêmes, mais cet emprunt au botaniste Alphonse Karr était irrésistible ! NDLR : Il a fallu convaincre notre rédacteur en chef d’écourter son Post-scriptum, pour qu’il nous laisse quelques lignes afin d’annoncer qu’il a reçu, le 4 juin dernier à Ottawa, le Prix canadien de journalisme environnemental, décerné pour la première fois cette année par Environnement Canada.L’article primé était «Histoire d’eau: les grandes manœuvres de M.Bou-rassan, publié en octobre dernier dans nos pages sous sa signature.Ce prix pancanadien s’ajoute à une petite liste de prix nationaux en journalisme décernés au fil des années au magazine et à ses collaborateurs, et qui sont autant d'encouragements pour l'équipe à offrir un journalisme de qualité dans ces pages.Félicitations Jean-Pierre, et continuons! 4 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC NOUVELLES E T AILLEURS SPÉCIAL Depuis quelques années, le congrès annuel de l’ACF AS prend une telle ampleur et nous en revenons avec une récolte d’information si abondante et intéressante, que nous avons décidé d’y consacrer un deuxième mois de suite la première partie du magazine Québec Science.Cette année encore, la multidisciplinarité caractérise nos comptes rendus; en effet, ce mois-ci, nous aborderons aussi bien l’écologie nordique que la santé au travail, l'endocrinologie et les effets des nouvelles technologies de reproduction sur les relations hommes-femmes.Au prochain rendez-vous de l’ACFAS, à l’Université d’Ottawa, du 19 au 22 mai 1987.ACE4S LA TOUNDRA S’EN VA EN FUMÉE La toundra forestière québécoise est-elle menacée de disparition?C’est une question que soulèvent les résultats préliminaires d’une opération de cartographie des incendies de forêt survenus dans une bande de 300 kilomètres de largeur située au nord du 55e parallèle.Une équipe du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, dirigée par Serge Payette, a cartographié environ 54 000 kilomètres carrés de ce territoire dont 22%, soit près de 12 000 kilomètres carrés, ont été ravagés par des incendies au cours des 120 dernières années.Combinés à des conditions climatiques difficiles, ces incendies de forêt, causés dans 99,9% des cas par la foudre, semblent être à l’origine d’un déboisement important et régulier de cette région, bien que la limite extrême nord de la forêt n’ait pratiquement pas reculé.«À vol d’oiseau, on peut très bien voir le paysage morcelé par les incendies de forêt», explique Luc Sirois, un membre de l’équipe.Un tel déboisement s’ajoute à ceux déjà connus: dans les zones tempérées où le défrichement des colonisateurs a fait son oeuvre, ou en Amazonie où on redoute de plus en plus les effets néfastes de la disparition du couvert forestier sur la quantité de C02 dans l’atmosphère.«Toutefois, le déboisement de la toundra forestière québécoise, de par sa faible étendue, n’est pas vraiment comparable à ces deux exemples», précise Luc Sirois.Localement, il est possible que le climat soit influencé parce que le vent ne rencontre plus d’obstacles, par exemple.«Il est certain cependant que notre étude confirme l’importance du feu comme agent de transformation du paysage», souligne Luc Sirois.Toutefois, pour le moment, nous connaissons tellement peu le Nord qu’il est presque impossible d’évaluer avec précision l’impact de cette transformation sur l’ensemble de notre environnement.Gilles Drouin QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 5 AMOURS ÉPROUVETTES?Les «bébés technologiques» ont poussé sur un arbre généalogique à deux branches.Conçus par la science, au fil des découvertes sur l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, ils n’ont pu se développer que sur un terrain idéologique favorable, nourris par un contexte social particulier.C’est cette seconde filiation qu’explore la sociologue Louise Vandelac, de l’UQAM, dans le cadre d’un projet de doctorat portant sur l’analyse critique comparative France-Québec des discours et pratiques qui président à la mise en place de ce que l’on appelle aujourd’hui les nouvelles technologies de la reproduction, ou NTR.Concrètement, en interrogeant les médias, d’une part, et les spécialistes de la procréation artificielle, d’autre part, Mme Vandelac tente de percer les silences du discours public sur les NTR.Qu’ils évoquent la «générosité» des mères porteuses ou qu’ils encensent les progrès de la science volant au secours des couples stériles, les médias ne disent qu’une partie de la réalité, quand ils ne la travestissent pas complètement, estime la chercheuse.Et si le recours à l’insémination artificielle, qui s’est développé de façon vertigineuse au cours des dernières années (en dix ans, 10 000 enfants ont vu le jour en France grâce à un géniteur anonyme), n’était qu’une façon d’éviter «d’égratigner la fiction sociale de la fidélité conjugale?», se demande-t-elle.Ce n’est là qu’une des questions que pose la sociologue, qui s’interroge sur les liens entre les nouvelles techniques procréatrices et l’amour, les relations hommes-femmes, les enjeux socioéconomiques, etc.Ainsi, elle constate qu’une grande proportion de femmes qui font appel aux techniques de fécondation in vitro avaient subi une stérilisation volontaire quelques années plus tôt.Ici, le débat sur les NTR renvoi! directement à la problématique de la contraception «dure» et des liens entre sexualité et procréation.La programmation de la maternité, d’abord vue comme libératrice, conduit à la surmédicalisation, note Mme Vandelac, rejoignant ici l’une des préoccupations du Conseil du statut de la femme, qui mène une étude exhaustive sur l’impact des NTR.«Déjà, bon nombre de celles qui tombent enceintes, comme le dit l’expression, ont l’air d’attardées culturelles par rapport à celles qui ont fièrement tout planifié, et le jour n’est pas loin où la procréation non médicalement assistée risque d’être décriée», dit Louise Vandelac.Et si, au nom de la liberté, on avait éliminé le hasard?Agnès Gruda LES MALAISES DU CHAUD ET DU FROID L} organisme finit-il par s’adapter aux températures extrêmes qu’il subit dans différents milieux de travail?Deux études effectuées par des membres de l’équipe du docteure Donna Mergler de l’Université du Québec à Montréal, démontrent qu’au lieu de s’y acclimater, l’organisme réagit par différents malaises.Sylvie Bédard s’est intéressée au cas des femmes travaillant dans une buanderie industrielle où la température ambiante est élevée.Ces femmes, âgées de 24 à 56 ans, travaillent debout et manipulent environ 2 000 articles en cinq à six heures chaque jour.Mme Bédard observa qu’à une température donnée, la sensation de confort variait d’une personne à l’autre, certaines la jugeant confortable alors que d’autres la qualifiaient carrément d’intolérable.L’inconfort était ressenti davantage à mesure que la journée avançait et d’autant plus que la température extérieure était froide.De son côté, Nicole Vézina étudia la situation de travailleuses employées, en Bretagne, dans les salles réfrigérées de découpe de poulet.Elles étaient une quarantaine réparties sur deux chaînes sur lesquelles passaient à chaque heure environ 1 800 poulets qui ressortaient coupés, désossés, taillés en escalopes.Chaque travailleuse devait découper en moyenne 600 poulets à l’heure.Cela donne, par exemple, six secondes pour couper les ailes d’un poulet.Pour conserver frais ce poulet, les salles de découpe étaient maintenues à 4 °C.Les travailleuses souffraient de douleurs aux mains, d’engourdissements, de picotements, etc.La température de leurs doigts fut mesurée durant leur travail: dans tous les cas, elle était inférieure à 15 °C, soit sous le seuil physiologiquement acceptable.Diane Dontigny C’est l’affaire du futur d’être dangereux.Les progrès majeurs de la civilisation sont des processus qui ruinent les sociétés où ils apparaissent.Alfred North Whitehead 6 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE MYSTÉRIEUSE ANTARCTIQUE INUIT , - - UNE QUESTION DE SOUFFLE Quel est l’état de santé des populations inuit du Nord du Québec?Et quels sont les facteurs qui l’influencent?Pour répondre à ces questions, une enquête d’envergure est en cours depuis cinq ans dans 13 communautés cries et inuit du Nord du Québec, sous la direction de Peter M.Foggins, du département de géographie de l’Université de Montréal.Quelques résultats sont déjà disponibles.La population inuit se caractérise par sa jeunesse.Près de 50% de sa population est âgée de moins de 15 ans.Toutefois, selon les chiffres datant de 1974-1979, la mortalité infantile y est très élevée: 57,3%0 comparativement à 15%0 dans le reste du Canada.Si la mortalité périnatale ne montre pas de différence avec le sud, la mortalité postnatale, elle, y est près de dix fois plus élevée (42,5 %0 comparativement à 4,9%0).Cela pourrait s’expliquer par le fait que pour plus de la moitié des accouchements, les femmes se rendent dans les hôpitaux de Montréal et de Québec, d’où de meilleurs soins périnataux.Les problèmes respiratoires dominent dans la population inuit.Au cours de la même étude, le docteur Roger Belleau, du Centre de pneumologie de l’hôpital Laval, a observé dans trois communautés inuit, celles de Payne Bay, de Koartak et de Sugluk, une prévalence de bronchite chronique.Dans ces populations, dont la moyenne d’âge est de 33 ans, il a dénombré 71 % de fumeurs, 11 % de non-fumeurs et 17% d’ex-fumeurs.Il n’est donc pas surprenant qu’une proportion importante des membres de ces communautés souffrent de toux et crachements : 6 % de la population de Payne Bay, 10% de celle de Koartak et 23% de celle de Sugluk.Des disparités selon l’âge, le sexe ou la consommation de tabac ne peuvent cependant expliquer la différence entre ces communautés.On soupçonne donc une cause environnementale.Cela laisse penser qu’il faudrait tenir compte des disparités entre les communautés lors de l’élaboration de politique de santé et de prévention.Diane Dontigny (D'après Science News) Deux découvertes particulièrement intrigantes concernant l’Antarctique ont été annoncées récemment.Premièrement, des chercheurs américains ont retrouvé les traces de ce qui devait être une forêt d’arbrisseaux à moins de 650 kilomètres du pôle Sud.Ils estiment l’âge de cette forêt à environ trois millions d’années.Si ce chiffre est confirmé par des méthodes de datation plus précises, cela signifierait que les glaces recouvrant l’An-tarctique se sont retirées au moins partiellement et que le climat était suffisamment chaud pour permettre à la végétation de se développer.Deuxièmement, des chercheurs britanniques et américains ont constaté qu’en octobre de chaque année, il se produit une chute dramatique de 40% dans la concentration de la couche d’ozone au-dessus du continent de glace.La couche d’ozone est essentielle pour filtrer les rayons ultraviolets provenant du Soleil.Ils sont pour l’instant incapables d’expliquer ce phénomène.IVRESSE DU TRAVAIL Le travail, une source d’enivrement?Cela semble presque le cas de travailleurs d’une usine d’explosifs, exposés dans leur travail à de l’éther éthylique ou éthanol.Sylvie de Grosbois et Donna Mergler, du département de biologie de l’UQAM, ont constaté que ces travailleurs signalaient plus fréquemment que les travailleurs non exposés avoir des problèmes tels que maux de tête, étourdissements, réflexes moins rapides après le travail, sensation d’ivresse, difficulté à articuler et d’autres encore.«Ces symptômes ne constituent pas seulement une atteinte à la santé, mais (.) ils augmentent aussi les risques d’accidents, que ce soit au travail ou sur la route», fait valoir Mme Grosbois.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 7 NEUTRALISER LES DIOXINES (D’après New Scientist) Selon des chercheurs suédois, il serait possible d’éliminer les dioxines sans avoir recours aux incinérateurs à très haute température.Les chercheurs ont constaté que l’émission de composés chlorés lors de la combustion de déchets était reliée à la présence d’acide chlorhydrique.Cet acide se forme lorsque des composés de plastiques conte- nant du chlore sont brûlés en présence de phénols, un produit que l’on retrouve souvent dans les déchets domestiques.Les Suédois pensent qu’en ajoutant un alkali approprié au combustible de l’incinérateur, il serait possible de neutraliser l’acide chlorhydrique et du même coup réduire considérablement l’émission de dioxines.Gouvernement Government du Canada of Canada BOURSES DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE DANS LES LABORATOIRES DU GOUVERNEMENT CANADIEN 1987-1988 Le gouvernement du Canada offre des bourses de recherche dans les laboratoires du gouvernement canadien à de jeunes scientifiques d'avenir pour leur offrir la possibilité de travailler avec des groupes de chercheurs chevronnés ou avec des chefs de file dans leur domaine.Ces bourses sont valides dans les laboratoires des ministères et organismes suivants: Agriculture Canada Communications Canada Conseil national de recherches Canada Défense nationale Énergie atomique du Canada Limitée Énergie, Mines et Ressources Canada Environnement Canada Musées nationaux du Canada Pêches et Océans Canada Santé et Bien-être social Canada Admissibilité: Les candidats doivent avoir obtenu, au cours des cinq dernières années, un doctorat d'une université reconnue ou détenir une maîtrise suivie de deux années d'expérience en recherche et être manifestement capable de faire de la recherche indépendante.Montant: Les bourses se montent actuellement à 26 760$ (sous révision) plus une indemnité de voyage.Durée des bourses: Les bourses durent un an avec possibilité de renouvellement pour une deuxième année.Modalités de bourses: La date limite pour soumettre une demande est le 15 décembre 1986.On peut obtenir des renseignements sur les modalités de demande en s'adressant à: L'administratrice (bourses de recherche scientifique) Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie 200, rue Kent Ottawa (Ontario) Canada K1A1H5 Tél.: (613) 996-4363 Canada Conseil de recherches en sciences Natural Sciences and Engineering naturelles et en génie du Canada Research Council of Canada CHERCHEURS-BOURSIERS 1987 Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) offre un programme de chercheurs-boursiers pour fournir à un certain nombre de chercheurs d'avenir en sciences naturelles ou en génie l'occasion de poursuivre leur carrière en recherche.Les bourses peuvent être détenues dans les universités ou dans les industries canadiennes et entrent en vigueur en 1987.Admissibilité: Sont admissibles les citoyens canadiens ou les résidents permanents du Canada qui détiennent un doctorat en sciences naturelles ou en génie, et, de préférence, ceux qui n'ont pas plus de cinq années d'expérience après l'obtention de leur doctorat.Nature du poste : Les chercheurs-boursiers seront des employés de l'université ou de la compagnie où ils détiennent leurs bourses.Ils travailleront à des activités de recherche, de développement ou d'innovation.Durée de la bourse : a) Chercheurs-boursiers universitaires: jusqu'à cinq ans, sous réserve d'un rendement satisfaisant; mandat pouvant être renouvelé pour une deuxième période de cinq ans.b) Chercheurs-boursiers en milieu industriel: jusqu'à trois ans, sous réserve d'un rendement satisfaisant.Rémunération : a) Chercheurs-boursiers universitaires: l'université détermine le salaire; le CRSNG remboursera à l'université le salaire du boursier jusqu'à concurrence de 30 500$ par année; les boursiers bénéficieront d'une subvention de recherche de trois ans.b) Chercheurs-boursiers en milieu industriel: l'entreprise détermine le salaire.Modalité de demande: Le candidat doit communiquer avec l'université ou l'entreprise de son choix pour entamer les pourparlers nécessaires au sujet du salaire, de la durée et des conditions du mandat, du programme de recherche, etc.Les candidatures doivent être soumises au CRSNG par l'entremise de l'université ou de l'entreprise.Les demandes acheminées directement au CRSNG par les candidats ne seront pas acceptées.Dates limites : a) Chercheurs-boursiers universitaires: 1er novembre 1986; b) Chercheurs-boursiers en milieu industriel: pas de date limite.Pour de plus amples renseignements, communiquer avec: L'administratrice, programme de chercheurs-boursiers Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie 200, rue Kent Ottawa (Ontario) K1A1H5 (613)996-2009 Canad'a 8 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE MÉNINGITE VERS UN VACCIN Un nouveau vaccin contre la méningite pourrait être commercialisé d’ici trois ou cinq ans.Ce vaccin pourrait être inoculé aux enfants de moins de cinq ans, et il a pour cible la bactérie Neisseria meningitidis (responsable de 55% des cas de méningite chez les enfants de moins de cinq ans).La méningite est une inflammation des méninges (enveloppes du cerveau et de la moelle épinière) causée par une infection bactérienne.Parfois mortelle, la méningite laisse aussi des séquelles graves comme un retard dans le développement mental.Jusqu’ici, on possédait des vaccins contre les groupes A et C de Neisseria meningitidis.L’équipe du docteur Harold Jennings, du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), s’est attaquée, il y a une dizaine d’années au groupe B.Ces trois groupes représentent la quasi-totalité des cas de méningite provoqués par cette bactérie.Le développement incomplet du système immunitaire des enfants de moins de cinq ans posait un des principaux problèmes à la mise au point d’un vaccin.La bactérie est recouverte de molécules de sucres (des polysaccharides) qui sont des structures trop fines pour être reconnues par l’organisme de l’enfant.Afin de contourner cette difficulté, les chercheurs du CNRC ont associé une protéine porteuse à ces polysaccha- rides.«Les polysaccharides représentent en quelque sorte les vêtements de la bactérie», explique René Roy, un chercheur de l’Université d’Ottawa qui a analysé leur structure.Une fois associés à cette protéine, les polysaccharides sont «reconnaissables» par l’organisme qui pourra ainsi produire une défense efficace contre les futurs intrus.Nous en sommes maintenant à l’étape du développement et de la mise en marché.Pour l’instant, aucune compagnie ne s’est montrée intéressée, bien que l’Institut Mérieux pourrait s’en charger puisqu’elle commercialise déjà les vaccins pour les groupes A et B.Gilles Drouin LA FIN DES FEMMES À BARBE Les femmes à barbe, vous connaissez?Objets de curiosité du cirque, ces femmes sont aux prises avec une maladie peu connue du public et heureusement peu répandue, l’hirsutisme.Cette maladie se caractérise par l’apparition de poils à des endroits inhabituels chez la femme: poitrine, dos, menton.Elle est généralement causée par une production excessive d’hormones androgènes (mâles) ou par une sensibilité accrue à celles-ci.L’hirsutisme peut être contrôlé dans une certaine mesure par l’administration d’anti-androgènes.Mais jusqu’ici, la plupart des anti-andro-gènes ne se sont montrés que partiellement efficaces tout en ayant des effets secondaires.L’équipe du docteur Fernand Labrie, du Centre hospitalier de l’Université Laval, a récemment procédé à des essais avec le seul antiandrogène synthétique sur le marché, le Flutamide.Ce produit, utilisé dans le traitement du cancer de la prostate, s’est avéré efficace dans le traitement de l’hirsutisme chez des souris.Les tests sur des femmes n’ont pas encore eu lieu.Mais selon la chimiste Isabel Luthy, il y a tout lieu de croire que le Flutamide pourrait être utilisé sans danger.On ne lui connaît que très peu d’effets secondaires.Toutefois, il ne peut être administré aux femmes enceintes parce qu’il provoque la féminisation des fœtus mâles.Gilles Drouin LES SOUS DE LA PRESSE SCIENTIFIQUE Les affaires ne vont pas bien pour le prestigieux magazine Scientific American.Son propriétaire, Gérard Piel, qui dirige sa destinée depuis 1948, l’a mis en vente 30 millions de dollars, après avoir essuyé un important déficit l’année dernière.Ce revers de fortune est dû à une baisse rapide de la publicité qui, aux États-Unis, constitue la plus grosse part des ressources des magazines scientifiques.Plusieurs nouveaux titres sont apparus sur le marché de la presse scientifique ces dernières années, amenant un éparpillement de la publicité.Ce qui fait qu’aujourd’hui des magazines comme Discover, Science Digest et Science 86 connaissent, paraît-il, eux aussi, de sérieuses difficultés financières.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 9 ffi^nrîtr'^nrHfliîyiF MÎTSHU, À TABLE ! Carcajou, personnage légendaire dont l’humour est un peu particulier, aurait un jour mangé des «tripes-de-roches».Aussitôt les lichens avalés, le drôle se met à péter sans pouvoir se retenir.«Voilà qui est bien, se dit-il, j’aurai quelqu’un pour causer.» Cette petite histoire témoigne bien, encore une fois, de l’heureuse adaptation des autochtones à leur milieu.En effet, autrefois, quand la famine venait à sévir chez les Montagnais et les Montagnaises du Nord-Est, ils palliaient le manque de denrées de premier choix que constituent la viande et le poisson en se nourrissant de champignons divers, de rhizomes de nénuphar, de lichens à caribou et même de l’écorce intérieure de certains arbres.Ces repas de secours devaient cependant occasionner des effets secondaires qui, nécessité faisant loi, devaient bien être pris avec un grain de sel (!).Évidemment, il n’y avait pas que la famine pour pousser les autochtones à se nourrir de plantes.Ils consommaient également une grande quantité de fruits et de baies, avant tout parce que c’est délicieux.On s’imagine bien qu’ils devaient se régaler de framboises, de fraises, de bleuets, de merises et de groseilles, mais ils faisaient aussi figurer à leur menu des fruits moins connus comme les graines noires, les catheri-nettes, les petites poires (fruits de l’amé-lanchier), les rougets (fruits du quatre-temps), les plaquebières (ou chicoutés), les pimbinas et les cormes ou sorbes (fruits du cormier).Avec ou sans cuisson, ces fruits et baies constituaient un apport considérable à l’équilibre du régime alimentaire amérindien.Les bleuets, appelés aussi «plantes à vraies graines» dans la langue monta-gnaise, ont conquis depuis bien longtemps la faveur des populations habitant le territoire québécois.Autant chez les Iroquoïens que dans la grande famille algonquienne, à laquelle appartient le peuple montagnais, on mangeait en grande quantité ce petit fruit juteux.Quand il n’était pas consommé immédiatement après la cueillette, cru ou cuit, on en faisait une pâte qui, une fois déshydratée, pouvait se conserver pendant deux ans.Séchés au soleil ou, le plus souvent, sur le feu, ces pains de bleuets, durs comme la pierre, sont comparés par le botaniste Rousseau aux «concrètes de fruits des rations militaires de la dernière guerre».Les populations amérindiennes, pour leur part, emportaient ces réserves de fruits dans leurs longues expéditions de chasse ou y recouraient au besoin.Les gâteaux obtenus par déshydratation, coupés en morceaux et chauffés sur feu doux avec de l’eau, reprenaient alors l’aspect d’une épaisse confiture qu’on pouvait déguster de différentes façons.Entre autres, une généreuse quantité de cette purée ajoutée au poisson bouilli donnait un mets de choix appelé shikoo-men.On la mélangeait également avec de la graisse d’ours pour en faire une tartinade à étendre sur la banique (pain indien) et à manger avec la viande d’ours ou de castor.RECETTE DE CONFITURE INTERDITE AUX «WEIGHT WATCHERS»! Après les avoir nettoyés, écraser les bleuets, graines noires, fraises ou framboises, et les mettre dans une casserole avec un peu de graisse (de préférence de la graisse d’ours) et du sucre au goût.Faire cuire une quinzaine de minutes ou jusqu’à ce que la graisse soit fondue.Retirer du feu et servir.Suggestion: tartiner sur du pain ou des biscottes (beurre non requis.) Il y avait encore d’autres façons de se régaler de petits fruits en dehors de la saison.Les fruits du cormier, par exemple, pouvaient être cueillis de l’arbre une fois gelés, tard l’automne ou même en plein mois de janvier.D’ailleurs, le frère Marie-Victorin souligne dans sa Flore Laurentienne que les cormes sont justement rendus plus juteux par les gelées d’automne.Enfin, chez les Inuit, peuple barbare aux yeux des Montagnais, les petits fruits étaient gardés dans l’huile de phoque.Le régime alimentaire des autochtones n’était surtout pas végétarien.Pourtant, les produits de la chasse leur procuraient à l’occasion une nourriture à base de végétaux.Ainsi, le contenu de la panse du caribou ou de l’orignal, la sauce verte de l’estomac du lièvre ou la pâtée de pulpe à demi-digérée par le castor constituaient des compléments alimentaires très appréciés.La préparation de la panse de caribou, entre autres, était assez élaborée.Une partie de son contenu remplacée par du sang de l’animal, la panse était suspendue à l’intérieur de la tente, exposée à la chaleur du feu.Au bout d’une semaine, après avoir produit une certaine fermentation, la panse était séchée et prête à être mangée telle quelle, comme un biscuit, ou encore sous forme de soupe ou de ragoût.On pourrait encore parler de la poudre à pâte faite à partir de l’écorce du tremble, du petit thé ou «plante à graines de perdrix» ajouté au .thé; sans compter que certains usages alimentaires des plantes par les autochtones se sont sans doute perdus avec le temps.Heureusement, les exemples parvenus jusqu’à aujourd’hui montrent bien que la nature regorge de richesses souvent insoupçonnées.Gérald Baril et Daniel Clément 10 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE L’INFORMATIQUE EN PIÈCES DÉTACHÉES PORTÉE VOTRE I N F O R M A T I QUE • Comterm présentait, au début de juin, à Montréal, son modèle 6180, un terminal compatible avec l’IBM 3180.Il se compose de trois éléments, dont un clavier extra-plat de 122 touches et un écran de 38 cm.Il dispose aussi d’une interface d’imprimante.Info.: Lyne Marchessault (514) 694-4332 • Commodore International prévoit pour juillet le début des ventes d’ordinateurs PC 10-11 aux États-Unis et au Canada.Il s’agit d’un compatible IBM-PC avec 640 Ko de mémoire vive qui devrait se vendre environ 1 500$ can.Selon certains observateurs, il faudra cependant attendre l’automne avant que Commodore ne soit capable de répondre à la demande.Info.: Stan Pagonis, (416) 499-4292 • On annonce pour septembre la mise en marché du Apple IIx, aussi appelé Ram-bo, Cortland ou Zeus (en attendant de connaître son nom officiel), considéré comme le plus puissant des Apple.Le microprocesseur utilisé est un 65816 à 16 bits trois fois plus rapide que le 65C02.Sa mémoire vive de 256 Ko pourra être étendue à 4,25 mégaoctets.L’ordinateur comprendra aussi un système de fonctionnement en réseau, un clavier détachable de type IBM et des capacités graphiques en couleur comparables à celles du Atari ST et du Commodore Amiga.Il est possible (mais pas encore confirmé) que ce nouvel Apple soit aussi compatible avec le Mac.• Il y a peu de temps, une vitesse de 2 400 bauds ou de 4 800 bauds semblait rapide pour un modem, mais voici que la compagnie américaine Digital Communication Associates sort un nouveau modem à 18 000 bauds capable de transmettre en réalité environ 1 400 caractères en une seconde à condition, bien entendu, qu’il y ait un même modem à chaque extrémité de la ligne téléphonique.Ces 1 400 caractères correspondent à environ une page (21,6 * * 28 cm) à double interligne.Le prix du modem Fastlink est de 2 000$ US.• Information-Logiciel lance VInformateur-Logiciel.Information-logiciel est un nouvel organisme qui a pour mission d’offrir aux entreprises québécoises de logiciels un service de courtage en information destiné à les aider à commercialiser leurs produits et services.L'Informateur-Logiciel est un bulletin produit dans le but de renseigner les intervenants du domaine du logiciel sur des événements ou des informations susceptibles de les intéresser.Dans le premier numéro, on trouve, entre autres, des renseignements permettant de rejoindre le marché des établissements scolaires en France et un résumé des orientations du ministère de l’Éducation du Québec pour 1986-1987 en matière d’acquisitions de logiciels.Les services d’Information-Logiciel sont gratuits pour l’instant.Info.: Alain Thibault (514) 288-8875 ou par Télex: 055-62495 • Texas Instruments a lancé, en juin dernier, son nouvel ordinateur portatif, le TravelMate, qui contient sa propre imprimante thermique fonctionnant à 45 caractères par seconde, un modem, un écran à cristaux liquides de 16 lignes de 80 caractères et un logiciel de communication.T out cela pour aussi peu que 995 $ (aux États-Unis).• Comme elle ne fait pas des profits suffisants avec les ventes de son Amiga, 0 AMIGA matm .m» la compagnie Commodore a décidé d’en hausser le prix de 500$ à partir du 1er juin.Cela semble mécontenter les producteurs de logiciels pour cet appareil.• Bell Atlantic Mobile Systems propose maintenant à ses clients un service de codage/décodage de leurs conversations téléphoniques et communications télématiques effectuées par téléphone cellulaire.Ce service devrait être apprécié par les organismes gouvernementaux et les compagnies privées qui utilisent de plus en plus ce mode de communication.L’appareil nécessaire au codage/décodage est placé dans le coffre du véhicule de l’usager et il coûte environ 2 500$ US.On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 11 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE f ?S DU GOLFB Chaque été, les dauphins viennent se la couler douce dans les eaux du Saint-Laurent ans le détroit de Jacques-Cartier, qui passe entre l’ouest de l’île Anticosti, d’une part, et les îles Mingan, d’autre part, des membres de notre équipe, la Station de recherche des îles Mingan, patrouillent les eaux calmes à bord d’un canot pneumatique.Pas une trace de brume ce matin-là, mais loin à l’horizon, la mer semble se brouiller et l’écume se faire plus épaisse.Nous coupons le moteur pour un moment et, malgré les sternes qui jettent des cris stridents au-dessus de nos têtes, nous percevons au loin une rumeur étouffée.Peu à peu, elle devient audible, se transforme en une sorte de grondement, puis éclate tout à coup comme le galop effréné d’un troupeau de chevaux.L’écume prend forme et les gracieuses silhouettes des dauphins jaillissent, pirouettent, virevoltent, piquent du nez ou s’abattent sur le côté dans une véritable frénésie de compétition acrobatique.Des centaines ! Le troupeau s’étend sur un kilomètre, il pointe droit sur notre canot.Le vacarme est tel maintenant que nous devons presque crier pour communiquer entre nous.« Ce sont des dauphins à flanc blanc», s’exclame Peter Jones, un étudiant de Montréal qui fait partie de la station de recherche.LOUISE BEAUDOIN et RICHARD SEARS QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 13 Jean Lemire FAUNE Les dauphins défilent à présent de chaque côté de l’embarcation, secouée par les remous de leur sarabande.Les bandes blanches et beiges épousant les contours de leur corps fusiforme leur donnent l’allure de vrais athlètes au sommet de leur forme physique.Les pirouettes qu’ils exécutent devant nos yeux sont de vrais exercices de style libre, beaucoup plus spectaculaires et imaginatifs que leurs performances d’aquarium.Des dizaines de nez, de nageoires et de dos ruisselants frôlent le canot.Parfois, l’un d’entre eux, en suspension pendant quelques secondes à trois mètres dans les airs, nous jette un regard inquisiteur, presque «humain», avant de s’écraser dans les vagues.Il y a aussi les petits, reproductions miniatures des adultes.Aux trousses de leurs mères, ils exécutent de façon parfaitement synchronisée les zigzags et contorsions frénétiques des adultes.Ces dauphins portent tous des cicatrices, séquelles des blessures qu’ils s’infligent entre eux avec leurs becs, dents et queues redoutables.C’est de cette façon que les leaders du groupe remettent à leur place les contestataires de la hiérarchie.Un deuxième pneumatique s’en vient nous rejoindre et des groupes de quatre à dix dauphins s’amusent maintenant à jouer de vitesse avec le nouveau canot, poussant des pointes de 35 kilomètres à l’heure.À la Station de recherche des îles Mingan, nous étudions principalement les quatre sortes de rorquals présents dans le golfe, mais notre objectif global est d’élargir nos connaissances à tous les mammifères marins de la région.Aussi, lorsqu’une occasion comme celle-ci se présente, les dauphins n’échappent pas à notre observation.UN PROFIL HYDRODYNAMIQUE On associe souvent dauphins et mers chaudes, mais deux des 38 espèces de dauphins qui peuplent le globe habitent le nord de l’Atlantique.En général, toutes ces espèces se ressemblent.Les dauphins à flanc blanc et ceux à •«•.A- .•; .Le dauphin à nez blanc (à gauche), le plus gros, peut atteindre une longueur de 3 mètres, tandis que le dauphin à flanc blanc (à droite) mesure en moyenne 2,8 mètres.Dans les deux cas, les mâles, qui sont plus gros que les femelles, peuvent peser jusqu’à 230 kilos.Chaque espèce a une coloration qui lui est caractéristique.nez blanc ont toutefois des réserves de graisse plus importantes et sont un peu plus gros et robustes que leurs voisins du Sud, tels que le Tursiops que l’on connaît bien grâce à l’émission Flipper.Les dauphins à flanc blanc présentent une pigmentation élaborée: deux bandes parallèles et de couleur distincte, l’une blanche et l’autre d’une teinte qui varie du jaune au beige, parent leurs flancs.La robe du dauphin à nez blanc, elle, est blanche et noire avec d’importantes parties blanches courant le long du dos, derrière la nageoire dorsale.Les deux dauphins sont en général foncés sur le dos et pâles sur le ventre, une sorte de camouflage pour ne pas être repérés par leurs proies, mais aussi par leurs prédateurs, Fépaulard et le requin du Groenland, qui chassent également dans les eaux du golfe.Enfin, le profil hydrodynamique de leur corps permet de réduire au minimum la friction de l’eau.DE NEW YORK AU GROENLAND du dauphin à nez blanc, un visiteur régulier du golfe du Saint-Laurent.En avril, alors que des individus des deux espèces parcourent le détroit de Cabot, certains sont parfois piégés dans les glaces et échouent sur les plages de la côte sud de Terre-Neuve.En juin, le dauphin à flanc blanc arrive au large de la péninsule de Gaspé et aux environs de l’île d’Anti-costi, et en juillet, il s’aventure le long de la Côte-Nord.Le dauphin à nez blanc, lui, préfère la partie nord-est du golfe, des îles de la Madeleine jusqu’au détroit de Belle-Isle.On estime entre 1 000 et 2 000 le nombre d’individus de chaque espèce qui, l’été, passent dans le golfe.Toutefois, les territoires respectifs de ces deux grands groupes se chevauchent peu.À l’occasion cependant, quelques membres d’une espèce feront des incursions dans le domaine de l’autre.Bien que Pointe-des-Monts, sur la Côte-Nord, soit la limite de leur territoire de chasse, quelques individus peuvent s’aventurer dans l’estuaire et parfois même piquer des pointes jusqu’à la rivière Saguenay.ca rc P' Li oi ta pc 1) et Ci P’ o« ro dï 11! ca le ?à at h; P' qi d: et Pî $ la 1 L’habitat de ces deux dauphins s’étend depuis Long Island, à New York, jusqu’au Groenland.L’été, ils fréquentent surtout la partie nord de ce territoire, c’est spécialement le cas LA VIE EN GROUPE Les deux espèces ont à peu près la même alimentation.Le dauphin à flanc blanc se nourrit de hareng, An la 'd «» 14 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE FAUNE capelan, lançon, calmar et maquereau, alors que celui à nez blanc a un penchant pour le calmar et la morue.Les dauphins sont membres du sous-ordre des odontocètes (comme le cachalot, l’épaulard, le béluga); ils possèdent donc des dents: de 120 à 136 pour le dauphin à flanc blanc, et de 80 à 92 pour celui à nez blanc.Ces dents ne servent qu’à attraper la proie et non à la mâcher.Contrairement aux baleines à fanons (telles que les baleines bleues ou à bosse, le petit rorqual ou le rorqual commun) qui engrouffrent d’une seule bouchée d’énormes quantités de nourriture, les dauphins ne capturent qu’une proie à la fois.Leur technique consiste à se lancer en groupe sur un banc de poissons, puis à l’aide de leurs mâchoires rigides, adaptées aux besoins de leur corps hydrodynamique, ils saisissent le poisson et l’avalent tout rond.Animaux grégaires, c’est-à-dire qui vivent en groupe, les dauphins se déplacent en bande pour voyager et chasser.La grosseur du troupeau peut cependant varier.Il est commun d’apercevoir de 200 à 400 dauphins à la fois, mais il y a aussi de plus petits groupes comptant de 5 à 50 indivi- dus.À un moment où les bancs de poissons y étaient particulièrement abondants, on a pu compter jusqu’à 1 000 dauphins à flanc blanc dans le détroit de Jacques-Cartier.Des groupes tout aussi nombreux de dauphins à nez blanc ont été observés dans la partie nord-est du golfe.Les dauphins couvrent un immense territoire.Ils peuvent demeurer au même endroit durant plusieurs jours s’ils y détectent un banc de poissons important.Mais ils peuvent tout aussi facilement parcourir des centaines de kilomètres en 24 heures, à la quête de nourriture.Au large, les bandes de dauphins tendent à être plus populeuses, ce qui leur permet d’adopter une stratégie de recherche de nourriture qui soit efficace et qui économise leur énergie.Comme une armée de soldats déployée sur plus de deux kilomètres de long, ils balaient leur territoire en conjuguant la force de détection de chacun de leur sonar.Dès qu’une partie du groupe découvre du poisson, l’information est immédiatement transmise à l’ensemble.Même si les deux espèces vivent au large des côtes — on les dit pélagiques —, on les voit souvent se JH»* Au cours de leur étude des rorquals du golfe Saint-Laurent, les chercheurs de la Station de recherche des îles Mingan ont l’occasion d'observer les dauphins qui accompagnent les baleines.Les dauphins profitent du passage d'une baleine dans un banc de poissons pour se nourrir.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 rassembler en petits groupes pour faire des percées à l’intérieur de l’archipel de Mingan.Leur nombre alors réduit peut se contenter de la moins grande abondance de nourriture.La vie en troupeau assure la survie de l’individu non seulement en facilitant la quête de nourriture mais aussi en lui permettant de mieux se défendre contre les prédateurs, l’épaulard et le requin du Groenland.Pour maintenir cette cohésion sociale importante, ils ont développé plusieurs façons de communiquer et de se transmettre l’information.D’abord chaque espèce possède une coloration caractéristique permettant aux membres de se reconnaître entre eux, à la façon des joueurs d’une équipe sportive.Leurs sauts et bonds incessants seraient une façon de repérer visuellement le reste du troupeau, sa formation, ainsi que la présence de bancs de poissons.Leurs sauts pourraient aussi servir à déterminer leurs positions hiérarchiques dans le groupe.Un autre facteur important de cohésion sociale est l’utilisation d’une large gamme de sons qui vont du sifflement très aigu à des sortes de cliquetis et d’aboiements très graves.LE SONAR REMPLACE LEURS YEUX La plupart des mammifères terrestres dépendent de leurs yeux pour survivre.Les mammifères marins, eux, vivent dans un environnement où la visibilité est très réduite.Leur évolution jusqu’à leur forme actuelle - atteinte il y a 18 millions d’années — les a donc équipés d’un mécanisme physiologique adapté à cet environnement: le sonar est devenu leurs yeux.En analysant l’écho des signaux qu’ils envoient sur un objet, les dauphins connaissent ce qui les entoure.Les scientifiques n’ont pas encore déterminé exactement le fonctionnement de ce sonar.Les sons seraient produits à l’intérieur de la tête.L’animal fait vibrer de petites quantités d’air dans son crâne, puis projette ces sons vers l’avant bombé 15 FAUNE C’est par l’intermédiaire de son sonar que le dauphin prend connaissance de son milieu environnant.Il lui sert aussi pour détecter la présence de bancs de poissons.de la tête qui servirait d’émetteur.Une substance grasse, ou lipide, concentre ces sons de la même façon qu’une lentille acoustique.La vague de son frappe l’objet visé par le dauphin, puis revient et est interceptée par les mâchoires qui agiraient comme récepteur.L’information est alors transmise au cerveau.Des expériences sur des dauphins en captivité ont démontré que leur sonar peut détecter un objet mesurant trois millimètres à 3,5 mètres de distance tandis que, dans la nature, il peut découvrir un large banc de poissons sur une distance de 200 à 350 mètres.Certaines espèces de dauphins, qui habitent des rivières aux eaux troubles où la visibilité est réduite au minimum, ont même presque perdu l’usage de la vue au cours des millions d’années d’évolution et ne se fient presque entièrement qu’à leur sonar.Les dauphins entendent cependant très bien.On sait qu’ils peuvent percevoir les sons émis par leur proie.Comme le sonar, leur appareil auditif est essentiel à leur survie puisqu’on a observé que les dauphins sourds sont souvent complètement désorientés.D’autres cétacés, sauf les baleines à fanons, utilisent le sonar.Le cachalot, par exemple, peut ainsi détecter ses proies à un kilomètre et demi de distance.Mais ironie de la nature, le principal ennemi du dauphin, l’épau-lard, lui-même un gros dauphin, possède aussi un sonar pour chasser ses proies.Les dauphins émettent également des sons pour communiquer entre eux.Ces sons varient sur plusieurs fréquences, de très hautes à très basses, souvent imperceptibles pour l’oreille humaine.En plus de détecter des objets, les sons à haute fréquence servent à rendre compte de la position d’un individu, agissant en quelque sorte comme un signe de reconnaissance.De plus, chaque dauphin produit son sifflement particulier; c’est sa carte d’identité pour se faire reconnaître de son groupe.Les sons à basse fréquence servent à l’orientation.Ils consistent en toute une gamme de cliquetis, en des sons ressemblant à des aboiements ou à des grincements de porte.Le jeune dauphin naît avec la capacité de produire ces sons, mais il doit apprendre à les émettre en imitant les aînés.DANS LE SILLAGE DES BALEINES Dauphins à flanc blanc et dauphins à nez blanc accompagnent souvent baleines à bosse et rorquals communs.Ces espèces de baleines se nourrissent des mêmes espèces de poissons que les dauphins.Le dauphin profite donc du passage d’une baleine ou d’un groupe de baleines dans un banc de poissons pour se payer, lui aussi, une bonne bouffe.Au moment où la baleine fonce, la gueule grande ouverte, le reste du banc de poissons se disperse de chaque côté du mastodonte.Quand le rorqual referme sa gueule, les dauphins, qui attendent patiemment à la périphérie, se précipitent pour la curée.Les proies sont ainsi coincées entre deux groupes de prédateurs et peuvent s’échapper moins facilement.Les dauphins dépensent donc moins d’énergie à la chasse.Ils vont même attraper le poisson mort ou assommé lors de la poussée des baleines et certains frôlent presque la gueule du rorqual pour subtiliser le poisson qui glisse à travers les fanons.Par contre, les dauphins à flanc blanc et ceux à nez blanc boudent la baleine bleue (le plus gros des rorquals) puisque cette dernière ne se nourrit que de krill, une espèce de crevette minuscule qui ne fait pas partie de l’alimentation des dauphins du golfe.On peut aussi observer des dauphins suivre le sillage des géants, comme ils le font avec les bateaux, tout simplement par jeu, curiosité, ou désir de se reposer en se laissant porter par le courant.INSTINCT OU APPRENTISSAGE À cause de leur organisation sociale très développée, on attribue aux dauphins une intelligence supérieure.Les annales sont pleines d’histoires de dauphins qui sont venus au secours d’êtres humains en détresse.Certains expliquent le phénomène par le fait que le groupe aura un meilleur taux de survie si les individus s’entraident les uns les autres.D’autres biologistes qualifient ce comportement de réflexe inscrit dans les gènes de l’animal.Ce réflexe serait 16 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE Richard Sears MICS I P iiniiliii S % leillidl ; I sionf ; I ¦co»K ' I i cas> I kle»^ ll jBCC® ll jfrf | fdifilli jj .[lalioii f I les lia-11 11 laicaS' j | ariosi || , soc»^ I »e I «lii»"- jl jsioi^ 11 #a" I I I | 3# I iî»1 lt I déclenché à la vue d’un corps inanimé flottant à la surface.On a vu des dauphins transporter pendant plusieurs jours des requins ou des phoques morts.On a aussi vu des dauphins supportant durant des jours un membre de leur groupe pour lui permettre de respirer à la surface, et ce sans laisser une seule fois le confrère blessé pour aller chercher de la nourriture.Le cerveau du dauphin occupe un volume important, mais son mystère n’a pas encore été découvert.Peut-être que ce cerveau abrite une intelligence supérieure ou n’est qu’une adaptation pour permettre l’émission des sons compliqués du dauphin.Nous savons par contre que, comme les primates, les dauphins sont de brillants imitateurs.Par exemple, dans un aquarium américain, un bébé dauphin de six mois observe un jour, par la baie vitrée, un homme en train de fumer une cigarette.En moins de deux, le jeune nage vers sa mère, tête le lait d’une des mamelles, retourne vers la baie vitrée et projette le lait de sa bouche à la façon de l’homme à la cigarette.Les dauphins font partie du folklore local des pêcheurs de la Côte-Nord qui les ont surnommés «cochons de mer».Cochons de mer parce qu’un steak de dos de dauphin goûte un peu comme le bacon.Non pas que ces dauphins fassent partie du menu habituel des habitants, mais on les chasse à l’occasion.Ils sont aussi capturés accidentellement dans les filets des pêcheurs surtout dans le nord-est du golfe.Ces deux espèces ne sont pas en voie d’extinction, mais constituent un maillon important de la chaîne alimentaire du golfe, un maillon qui pourrait cependant être détruit si la pollution ou la pêche intensive ravagent leur territoire de chasse.L’étude de leur comportement en est encore à ses balbutiements.Et il est certain qu’une meilleure compréhension de leur mode de vie pourrait nous éclairer sur leur façon de percevoir l’environnement et la capacité de leur intelligence, ce mystère qui depuis toujours obsède les humains.Pour l’instant, les maîtres voltigeurs du golfe gardent jalousement leur secret.Un secret que l’on tente de percer à chaque fois que le regard d’un dauphin croise celui d’un humain au-dessus des vagues du Saint-Laurent.1=1 a* a*» coopolv 5000 Jean-Talon ouest (près de Décarie) 340-4487 QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 17 m mu — La sonde Voyager 2 révèle une planète bien différente de celle que les astronomes croyaient connaître CLAUDE LAFLEUR À Forigine, 1986 devait être l’année par excellence de l’exploration du système solaire.Non seulement une sonde spatiale abordait pour la première fois la planète Uranus et cinq autres sondes rencontraient la comète de Halley mais la navette spatiale devait réaliser le lancement d’engins vers Jupiter et le Soleil, ainsi que la mise sur orbite du supertélescope spatial Hubble.Mais 1986 aura plutôt été l’année des surprises; la planète Uranus, la comète de Halley ainsi que la tragédie de Challenger auront tour à tour profondément bouleversé nos idées.SI DIEU JOUAIT À L’HOMME DE SCIENCE.Le 24 janvier, la sonde américaine Voyager 2 passe à 81 000 kilomètres des franges glacées de la planète Uranus.À bord de l’engin, dix instruments — dont deux caméras de télévision capables de lire les manchettes d’un journal à un kilomètre de distance — ont scruté ce monde très peu connu.À la veille du survol d’Uranus, nous résumions nos maigres connaissances en quelques phrases (voir Québec Science, janvier 1986).Septième planète du système solaire, Uranus gravite autour du Soleil à une distance 19 fois plus grande que celle qui nous sépare de notre étoile.Découvert en 1781 par un astronome amateur britannique, William Her-shel.ce monde gazeux a un diamètre quatre fois supérieur à celui de notre Terre.Cependant, la grande caractéristique uranusienne demeure que c’est couchée sur le côté que la planète décrit sa révolution autour du Soleil, alors que toutes les autres orbitent en tournoyant à la manière d’une toupie.«C’est un peu comme si Dieu avait joué à l’homme de science, sou- ligne George Siscoe, un physicien américain, en se disant: tiens, nous allons prendre une planète et la mettre sur le côté, juste pourvoir.» Les images transmises par Voyager 2 révèlent peu de chose de la planète elle-même; Uranus ne se compare nullement à la spectaculaire planète Jupiter, bariolée de longues tresses de nuages aux teintes différentes et tourmentée de cyclones gigantesques.11 existe apparemment le même genre de nuages sur Uranus, mais ceux-ci sont recouverts d’une brume de méthane qui en cache tous les détails.C’est d’ailleurs ce méthane qui produit les pastels bleu vert qui distinguent cette planète.La haute atmosphère se compose principalement d’hydrogène et d’un peu d’hélium.Faute de ne pouvoir observer une surface solide, on émit diverses hypothèses selon lesquelles Uranus prenait de 12 à 24 heures pour faire un 18 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE Jet Propulsion Laboratory La planète Uranus vue depuis sa lune Miranda.* ASTRONOMIE < Une brume de méthane recouvre la planète Uranus et en cache tous les détails.Les différentes couleurs, obtenues grâce à des filtres violet, bleu et orange, pourraient s’expliquer par des variations dans la structure verticale.tour sur elle-même.À l’aide des informations fournies par la sonde américaine, les experts estiment maintenant que la journée uranu-sienne est de quelque 17 heures.Cette simple donnée s’avère extrêmement importante pour les météorologues puisqu’ils peuvent alors calculer la vitesse des vents et suivre l’évolution de l’atmosphère.Sur toutes les planètes dotées d’une enveloppe gazeuse que nous avons explorées jusqu’à ce jour, le climat évolue selon le même scénario: le Soleil réchauffe l’équateur; l’équivalent local de l’air s’élève en direction du nord ou du sud; des courants frais descendent des pôles vers l’équateur; et la rotation de la planète «tord» l’atmosphère pour engendrer des vents d’ouest.Cependant, la météo uranusienne s’avère des plus insolites du fait que l’un de ses pôles est pointé directement vers le Soleil.En traitant les photographies de Voyager à l’aide d’ordinateurs, les spécialistes ont pu déceler quatre formations nuageuses.Or, surprise, ces nuages circulent dans le sens de la rotation de la planète; en termes marins, cela équivaudrait à observer une rivière qui monte ! De plus, et à l’opposé de ce qui se passe sur Terre, les nuages au-dessus de l’équateur se déplacent plus lentement que ceux plus rapprochés des pôles.Autre particularité, l’atmosphère est aussi chaude au pôle nocturne qu’à celui éclairé par le Soleil! «Curieuses constatations que nous ne savons expliquer», déclare sobrement Edward Stone, directeur scientifique de la mission Voyager 2/ Vranus.Cette planète est également le théâtre d’une manifestation ressemblant à nos aurores boréales.Sur Terre, les aurores peuvent se pro-' duire de jour comme de nuit, mais uniquement aux environs des pôles.Le phénomène uranusien, lui, ne survient que le jour et sur une région beaucoup plus étendue.Le docteur Stone rappelle que ce genre particulier «d’aurores» fut observé sur Jupiter et Saturne, «mais il n’était pas aussi remarquable que sur Uranus.Nous venons de baptiser ce phénomène electro-glow».Cette électro-luminescence serait provoquée par la collision des électrons en provenance de l’espace avec l’hydrogène contenu dans la haute atmosphère.À PERDRE LE NORD La découverte qui a le plus mystifié les scientifiques concerne la mise en évidence autour de la planète d’un champ magnétique qui produit des ceintures de radiations.Sur Terre, de semblables ceintures de radiations sont à l’origine des aurores boréales.Une première conséquence de cette découverte fut de révéler que ce que les astronomes prenaient pour le pôle Sud d’Uranus est, d’après la polarité du champ, le pôle Nord.On avait, en effet, établi depuis longtemps que le pôle qui pointe actuellement en direction du Soleil (et vers lequel s’est dirigé Voyager 2), était le Sud.Mais cette désignation était arbitraire : pour les astronomes, le pôle se trouvant au-dessous du plan où orbitent toutes les planètes est normalement considéré comme le Sud.Cependant, les choses se compliquent avec Uranus.qui est couché sur le côté.Nous savons, à présent, que cette planète est la seule dont le pôle Nord pointe légèrement vers le bas ! Une autre surprise — et elle est de taille — fut de constater que ce champ magnétique a une rotation nettement différente de celle de la planète.«Nous ne nous attendions certes pas, constate Ed Stone, à découvrir que l’axe du champ magnétique est incliné de 55 degrés par rapport à celui de la rotation.» (Sur 20 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE ASTRONOMIE Terre, la différence entre les deux axes — qui distingue le «nord magnétique» du «nord vrai» — n’est que d’environ 11 degrés.) Normand Ness, astrophysicien à l’emploi de la NASA, explique que «sur Uranus, cette différence d’angle engendre le vacil-lement du pôle Nord magnétique de part et d’autre du vrai pôle.Ainsi, l’ensemble des particules chargées, des champs électriques et du plasma - qui forment une sorte de bulle entourant la planète — vacille également.» Sur Terre, dans de telles circonstances, une boussole pointerait vers le parallèle de la Floride.«Non seulement les pôles uranu-siens ne s’orientent pas dans le même sens que ceux des autres planètes, mais voilà que le champ magnétique est complètement désaligné», constate avec stupeur l’un des scientifiques assistant à la mission Voyager.Il explique que ni la Terre ni les autres planètes n’ont leur champ magnétique coïncidant exactement avec leur rotation, «cependant, une aussi grande différence n’a été détectée que sur des objets célestes exotiques, tels que des pulsars».Cette découverte pourrait avoir un impact majeur ici sur Terre, puisque les géologues, se basant sur la croyance que l’axe des pôles et celui du champ magnétique sont plus ou moins parallèles, déterminèrent de la sorte la dérive des continents.UNE PLANÈTE FAITE DE COMÈTES?L’existence d'un champ magnétique autour d’Uranus permet également d’imaginer la nature de ce qui se trouve au sein de la planète.Selon Norm Ness, la présence d’un champ magnétique «implique qu’un fluide conducteur, à l’intérieur d’Uranus, agit à la manière d’une dynamo génératrice d’un courant électrique».Cependant, sa nature demeure un mystère; il pourrait s’agir d’un noyau en fusion (c’est le cas pour la Terre) ou d’un océan d’eau chargée électriquement.Le centre de la planète serait occupé par un noyau rocheux, possiblement de la taille de notre planète.Tout récemment, le docteur Stone apportait quelques précisions surprenantes concernant l’intérieur d’Uranus: il apparaît fort probable que son noyau, en fusion, serait entouré d’un océan d’eau liquide de 8 000 kilomètres d’épaisseur.Bien que la température de cet océan atteigne plusieurs milliers de degrés Celsius, l’eau ne s’évaporerait cependant pas, étant maintenue prisonnière sous les fortes pressions engendrées par l’imposante atmosphère de la planète uranusienne.Le docteur Stone rapporte de plus que, selon l’opinion de nombreux spécialistes, Uranus pourrait avoir été formé à la suite de la collision de milliards de comètes.«D’après les observations de Voyager, nous constatons que la composition d’Ura- nus s’apparente plus à celle des comètes qu’à celle de Jupiter ou de Saturne», déclare-t-il.On estime généralement que ces deux dernières planètes se seraient formées à partir de la nébuleuse primitive ayant engendré notre Soleil.Ces trois astres ont d’ailleurs la même composition: 70% d’hydrogène et de 10 à 15% d’hélium.Selon Ed Stone, Uranus contient davantage d’éléments lourds, tels que carbone, oxygène et azote, «ce que l’on retrouve dans les comètes».DRÔLE DE FAMILLE À partir de la Terre, nous n’apercevons que cinq satellites naturels orbi-tant autour d’Uranus.Les quatre plus gros — Ariel, Umbriel, Titania Les quatre plus gros satellites orbitant autour d’Uranus: Umbriel (1), Oberon (2), Ariel (3) et Titania (4).Ils ont un diamètre de 1 500 kilomètres.Ils montrent à leur surface de nombreux cratères, des montagnes et des fissures.V - QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 21 Jet Propulsion Laboratory Jet Propulsion Laboratory ASTRONOMIE Miranda, une petite lune qui n’a qu’un diamètre de 500 kilomètres, possède pourtant des montagnes de 24 kilomètres d’altitude et des vallées profondes de 16 kilomètres.i et Obéron — ont des diamètres d’environ 1 500 kilomètres (ce qui se compare à peine à la moitié de notre Lune), alors que le cinquième Miranda, n’a qu’une taille de 500 kilomètres.Aux yeux des astro-géolo-gues, ces lunes sont de dimensions moyennes.C’est-à-dire qu’elles sont suffisamment grosses pour que, sous l’effet de leur propre gravité, elles deviennent sphériques, mais elles sont trop petites pour générer une chaleur interne produisant des volcans, des failles géologiques ou d’imposantes montagnes.Pourtant, les photographies recueillies par la sonde américaine font voir de nombreux cratères, des montagnes couvertes de glace et d’étranges fissures.Larry Soderblom, spécialiste des satellites naturels, s’est dit «surpris par un tel degré d’activité géologique; le relief est beaucoup plus prononcé que ce à quoi nous nous attendions».De plus, ces cinq satellites sont remarquablement différents.«Ils ont du caractère, de commenter le géologue Bradford Smith ; ils ne forment pas une famille unie.» La surface de chacune des lunes est foncée, ce qui surprend à première vue, car nous les imaginons composées en grande partie de glace.Smith explique que le sol serait constitué de glace sa!e\ «Lorsque l’eau se sublime, elle laisse derrière elle la poussière.d’où la formation d’une croûte sombre.» Au moment où cette croûte est ponctuée par une météorite, la glace blanche surgit, laissant des cratères pâles bien visibles.Il semble bien que ce ne soit pas le cas sur Umbriel, où même les cratères sont sombres.Certains spécialistes ont émis l’hypothèse que cette lune pourrait contenir de grandes quantités de méthane qui, exposé au champ magnétique d’Ura-nus, deviendrait rouge foncé.Les géologues constatent également que, plus on s’éloigne de la planète Uranus, moins les lunes ont des surfaces marquées.«En s’approchant d’Uranus, nous devinons un environnement hostile où les lunes auraient été victimes de cataclysmes», constate Larry Soderblom.Rappelant la théorie voulant qu’Uranus aurait, jadis, été renversé sur le côté lors d’une violente collision avec un gros astre, il suggère que cette catastrophe soit à l’origine des marques laissées sur les satellites uranusiens.UN PERSONNAGE AU CARACTÈRE TORTURÉ Les photographies de Miranda, la plus rapprochée des cinq principales lunes d’Uranus, ont arraché des cris d’admiration: on y voit d’énormes dessins aux formes tourbillonnaires qui font penser à une série de champs de courses ovales, emboîtés les uns dans les autres.Pour cette raison, ils reçurent le nom de Circus Maximus — l’endroit dans l’ancienne Rome où les coureurs à la Ben Hur s’exécutaient.Les gladiateurs mirandiens n’ont cependant qu’à bien se tenir, puisque leurs cirques se caractérisent par des virages à angle droit et des précipices de plusieurs kilomètres de profondeur! Une autre région de Miranda présente de nombreux cratères et des traits de relief insolites — aux formes carrées — que les géologues sont bien en peine d’expliquer.«Mon Dieu, c’est incroyable ! » s’exclama Robert Strom, en prenant connaissance des photos de Voyager 2.Il rappelle que Miranda, qui n’a qu’un diamètre de 500 kilomètres, possède pourtant des montagnes de 24 kilomètres d’altitude et des vallées profondes de 16 kilomètres.À cause de sa surface torturée, cette petite lune est devenue la vedette du voyage de la sonde américaine.Selon Larry Soderblom, «si vous additionniez toutes les bizarreries géologiques du système solaire et les placiez sur un seul astre, vous obtiendriez Miranda».«Certaines de ces formes témoignent d’une activité similaire aux séismes provoqués sur Terre par les lignes de faille», précise Soderblom.Les experts s’interrogent sur les raisons de ces bouleversements.« L’une des explications possibles serait que Miranda possède un noyau radioactif qui provoque des mouvements violents de la surface», dit-il.Par 22 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE ASTRONOMIE contre, Gene Shoemaker, un expert dans les collisions cosmiques, avance l’hypothèse que «cette petite lune aurait pu être détruite — peut-être à plus d’une reprise — lors de collisions avec des astéroïdes, des comètes ou d’autres lunes, avant de se reconstituer à nouveau d’elle-même».Brad Smith rappelle que c’est une région du système solaire où régnent des conditions extrêmement différentes de celles que nous connaissons sur Terre, et difficilement reproductibles en laboratoire.«En tout cas, souligne un autre expert, Miranda fait honneur à son nom — celui d’un personnage d’une des pièces de William Shakespeare au caractère torturé.» Ariel, un peu plus distante d’Ura-nus que Miranda, présente des vallées formées de failles et des empreintes ressemblant à celles laissées sur Terre par les glaciers.«Nous ne pouvons quand même pas prétendre que des glaciers auraient grugé une surface de glace!» d’ironiser Soderblom.Sur Umbriel, il y a de larges formations angulaires que les géologues ont peine à comprendre.Titania présente également des vallées formées par des failles et sa surface pourrait être constituée d’eau glacée.Finalement, Obéron, la plus distante des cinq, a une montagne haute de cinq kilomètres, ainsi qu’un cratère qui paraît rempli d’une matière foncée (apparemment venue de l’intérieur).«Comprendre la géologie d’astres aussi froids — au point où même l’ammoniac a la consistance du roc — demandera de longues études en laboratoire», de conclure Soderblom.OÜ SONT LES BERGÈRES?Voyager 2 a découvert dix nouvelles lunes autour d’Uranus.Celles-ci s’apparentent à de gros cailloux de dimensions inférieures à 100 kilomètres.«Ces lunes ressemblent à de gros morceaux de charbon, note Brad Smith, bien que nous n’ayons aucune idée de ce qui les compose», s’empresse-t-il d’ajouter.Elles pourraient être constituées principalement de glace, ou d’un mélange de roches et de glace, ou uniquement de roches.Huit de ces lunes gravitent à l’extérieur des anneaux d’Uranus, il se pourrait même que six d’entre elles soient des fragments d’un ancien satellite qui se serait disloqué.Avant l’arrivée de Voyager 2, les spécialistes de la NASA s’attendaient à découvrir une série de petits satellites naturels accompagnant les anneaux d’Uranus.En effet, pour expliquer la présence des neuf anneaux distincts, les astronomes imaginent que chacun d’eux est gardé par un duo de petits satellites.Ceux-ci patrouilleraient de part et d’autre le périmètre de l’anneau, maintenant constamment en rangs serrés les milliards de particules.De telles lunes, dites «bergères», furent observées une première fois en 1981 aux abords de la planète Saturne.Malgré d’intenses recherches, les experts ne décelèrent qu’une seule paire de bergers! Et les huit autres couples?Aux dernières nouvelles, les astronomes cherchent encore.À partir de la Terre, les anneaux uranusiens apparaissent comme de minces filins de débris largement séparés par du vide.Nous en avions détecté neuf, qui n’avaient guère que quelques dizaines de kilomètres de largeur.Ces anneaux sont environ 100 000 fois moins massifs que ceux de Saturne.«Il y a plus de matière entre une seule séparation des an- neaux saturniens, affirme le docteur Richard Terrile, que n’en contiennent tous ceux d’Uranus.» Pour sa part, l’astronome français André Brahic déclare que «les anneaux sont le parfum de l’astronomie, car cette toute petite quantité de matière recèle tant de beauté.» Surplace, Fo.vflger 2 découvre un dixième anneau, à peine visible sur l’un des clichés.De plus, Brad Smith rapporte que les neuf principaux anneaux sont de couleurs différentes.« Pourquoi en est-il ainsi?se demande-t-il.Cela doit vouloir dire quelque chose à propos de leur origine.» Autre surprise : leur structure étonne grandement les chercheurs qui s’attendaient à les trouver chargés de fines poussières et plus volumineux.Alors que les anneaux de Saturne sont constitués de particules variant de la taille de grains à celle de montagnes, ceux d’Uranus ne contiennent aucun granule, seulement des rochers mesurant plusieurs mètres.«Nous sommes quelque peu embêtés.nous nous attendions à voir pas mal de poussières, constate Richard Terrile.Uranus nous a encore joué un tour!», philosophe-t-il.À un reporter qui demandait ce que nous avons appris au sujet de la Terre en explorant Uranus, le docteur Andrew Ingersoll a répondu: «L’humilité.de ce que nous ne connaissons pas.» ?Depuis la Terre, les astronomes avaient déjà détecté ces neuf anneaux d’Uranus.Voyager 2 en a découvert un dixième.Ces anneaux ne contiennent aucun granule, seulement des rochers mesurant plusieurs mètres.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 23 NASA BON ARBRE AU BON Les arbres immenses qui ornent notre paysage depuis tant de générations sont î’un des rares liens tangibles avec notre passé ; voilà pourquoi, aussitôt installés dans un nouveau quartier, nous voulons en retrouver autour de nos maisons.De plus, ils ajoutent beauté et valeur à notre propriété.L’environnement urbain Les arbres sont souvent obligés de partager leur espace vital avec des installations des services publics, dont nous ne sau- f -rions nous pas- * J ser : eau, gaz, électricité.au mauvais endroit risque de vous causer de nombreux ennuis.S’il étrangle les conduits souterrains, endommage les fondations ou s’enchevêtre dans les lignes électriques, tôt ou tard il faudra l’abattre.Connaître les arbres Avant d’opter pour une essence d’arbre particulière, il faut savoir à quoi l’arbre servira : • à faire de l’ombre en été ?• à atténuer les vents froids ?• à masquer une vue indésirable ?• à préserver votre intimité ?• à ajouter de la couleur à votre environnement ?Il faut également connaître ses caractéristiques : • quelle sera sa hauteur, sa largeur et sa forme à maturité ?• a-t-il besoin de peu ou de beaucoup de soleil, d’humidité ?causera-t-il des problèmes à votre demeure ou à vos K voisins ?Q c$2s U i ¦ 1 O Q Or, un arbre à croissance rapide qui pousse ^ à côté d’une ligne électrique risque éventuellement d’entrer en contact avec cette ligne.Ce sera alors la panne qui privera votre quartier d’électricité.Il faut savoir que la plupart des pannes d’électricité sont provoquées par les arbres.Cette situation oblige Hydro-Québec à dépenser chaque année des sommes importantes pour réparer ces interruptions de service.Il r est donc important de bien choisir l’espece et remplacement des arbres qu’on désire planter.Le mauvais arbre planté' o: O supportera-t-il le poids de la glace ou se brisera-t-il à la moindre rafale ?• résiste-t-il aux maladies et aux insectes ?• nuira-t-il aux lignes électriques ?• sera-t-il conforme aux règlements de votre municipalité qui interdisent la plantation de certaines espèces ?L’aménagement du terrain Pour concevoir son aménagement paysager on peut considérer son terrain comme une pièce supplémentaire qui s’ajoute à sa demeure, une salle de séjour extérieure en quelque sorte.Avant de choisir les arbres qui conviennent, on divise sa propriété en zones correspondant aux usages qu’on veut en faire : aires de récréation, de travail, de jardinage, etc.On tient également compte de l’emplacement des lignes électriques qui pourraient se situer à la périphérie du terrain.Ensuite on peut déterminer avec précision les essences d’arbres qui s’intégrent * _ parfaitement à son décor sans risque de dommages.Pommetiers, vinaigriers, lilas, genévriers js, , ou autres arbres frui- "Tw'cJf- > tiers nains, de même que tous les arbres à croissance lente et de taille moyenne, orneront un parterre aussi bien que des espèces géantes.Leurs avantages sont évidents : ils se ‘J ^plantent partout, même ‘_^près des lignes électriques, car à maturité ils ne dépasseront pas 4 à 5 mètres; vous pourrez les apprécier dans l’immédiat, sans attendre 10 ou 15 ans ; et comme ces espèces sont moins vulnérables aux maladies et aux insectes, elles exigent moins de soins de la part du propriétaire ou des services publics.En revanche, les espèces géantes présentent plus de risques.Plantés au mauvais endroit, les érables à Giguère, les peupliers et les saules pleureurs nuiront au réseau électrique.De plus, leurs racines longues risquent d’absorber les éléments nutritifs du sol au détriment de la pelouse, et d’endommager le pavé, les fondations, les tuyaux, la piscine ou les câbles souterrains.A proximité de la maison, ils peuvent aussi en abîmer le toit et les murs extérieurs.N’oubliez pas que le pépiniériste, l’architecte-paysager ou un autre spécialiste dans ce domaine sont en mesure de vous conseiller sur les différentes espèces que vous pourriez adopter.Etre prévoyant Hydro-Québec veut vous offrir le meilleur service électrique possible ; elle a donc besoin de votre collaboration pour respecter l’environnement et la propriété privée.Malheureusement, si les arbres entrent en contact avec le réseau électrique, Hydro-Québec n’a d’autre choix que de les élaguer.L’élagagc demeure toutefois une mesure corrective temporaire.La meilleure solution reste encore la planification : en d’autres termes, il faut planter le bon arbre au bon endroit.Hydro-Québec offre gracieusement une brochure sur la plantation des arbres en milieu urbain à ceux qui en font la demande.Si vous désirez l’obtenir ainsi que l’affiche qui l’accompagne, il suffit d’en faire la demande au bureau d’Hydro-Québcc avec lequel vous faites affaire ou au Centre de diffusion Hydro-Québec 14e étage 75, boul.Dorchester ouest Montréal H2Z 1 A4 Tel.: (514)289-2316 L'ELECTRIFFICACITE L’ UNIVERSITÉ DU QUEBEC TROIS-RIVIERtS Créée en 1968 par l'Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes qui rayonnent, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 73 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 26 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec Expo 86, Vancouver ^ du hi AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE , - *., , PLEINS FEUX SLR I MU HHBH .^ ~ Lors d’importants colloques à Vancouver, on discute et on cogite ferme sur leur avenir de notre envoyé spécial FRANÇOIS GOULET «La technologie nous rend-elle plus humain ou semblables à des machines ?» Celui qui nous parle est un Indien du peuple Kwakwaka’Wakw du nord de Pile de Vancouver.Les merveilles qu’il a vues à l’Expo 86 de Vancouver l’ont rendu songeur.«La vie et la possibilité de se mouvoir sont indissociables», poursuit l’Indien, qui explique combien il était difficile, mais essentiel pour sa tribu de pouvoir suivre le gibier dans ses migrations.Son récit est truffé de légendes, qui s’illustrent comme par magie dans la fumée du feu de camp près duquel nous sommes rassemblés.Une de ces légendes est celle du canot magique.Sa grand-mère lui parlait souvent de ce canot qui pouvait contenir tout un village.Il suffisait d’un coup d’aviron pour se déplacer là où on le souhaitait.Peut-être est-ce là ce que veulent réaliser les technologies modernes des transports, songe notre interlocuteur: nous faciliter la vie et encourager les contacts avec d’autres hommes.Soudain, frappé par la foudre, l’Indien s’évanouit en fumée.Il ne reste plus qu’un esprit que nous voyons dans la fumée du feu de camp, s’envolant dans un canot.Un canot magique.On croirait à de la magie.Mais nous sommes à l’Exposition internationale de Vancouver.Le spectacle que nous venons de voir allie théâtre, cinéma et un nouveau procédé holographique appelé Holavision.Il est présenté par la compagnie General Motors.Il s’agit probablement de la meilleure introduction aux valeurs humaines de la technologie moderne du transport.C’est aussi révélateur du développement phénoménal des technologies audiovisuelles.Omnimax, Imax, 3-D, Holavision; partout sur le site de l’Expo, on présente aux visiteurs des films aux effets dramatiques.Transports et communications.Ce sont là les deux thèmes de l’exposition.Deux conférences tenues parallèlement à l’Expo et réunissant des spécialistes en transport et communication du monde entier ont TRANSPORTS montré à quel point ces deux thèmes étaient interreliés.En soulignant combien les transports modernes bénéficient des nouvelles technologies de l’information, le troisième colloque d’Expo 86 et la conférence mondiale sur la recherche en transport ont en quelque sorte prouvé que la circulation des personnes et la circulation des idées ne sont qu’une seule et même chose.LA COMMUNICATION AU SERVICE DES TRANSPORTS «La pénétration massive dans le secteur des transports de la microélectronique et des sciences de l’information (informatique, télématique .) constitue une véritable révolution technologique», a déclaré Bernard Girardin, directeur des programmes de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (France), lors du congrès mondial sur la recherche en transports.11 ajoute: «Cette mutation est largement engagée mais me semble loin d’être achevée.» L’automatisation des transports collectifs illustre bien cette tendance.Le nouveau métro de Vancouver et, depuis trois ans, celui de Lille en France opèrent sans conducteur.Les mouvements de toutes les rames sont orchestrés depuis un ordinateur central.Cette solution est particulièrement économique puisque la masse salariale peut représenter jusqu’à 70% des coûts d’opération.«L’automatisation, en réduisant les contraintes liées aux conditions de travail du personnel ambulant, introduit une plus grande souplesse d’exploitation et doit permettre ainsi à l’offre de mieux répondre aux variations de la demande», poursuit Bernard Girardin.Selon lui, l’automatisation devrait progressivement s’étendre aux systèmes de transport collectif déjà existants.L’ORDINATEUR PREND LE VOLANT Le transport individuel sera lui aussi touché par le développement rapide des applications de l’électronique.L’information routière mobilise depuis quelque temps des énergies considérables autour de projets très ambitieux qui associent les constructeurs et les pouvoirs publics.En Autriche, l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA) débute cette année un projet de trois ans appelé Arise, pour Automobile Road Information Systems Evolution.L’objectif est de développer un système de communication entre les véhicules et un centre de coordination informatisé.Les automobilistes, par l’intermédiaire d’un clavier, pourraient transmettre leur destination au système.L’ordinateur leur indiquerait alors le meilleur parcours à suivre en tenant compte des informations transmises par l’ensemble des automobilistes.Il les renseignerait aussi sur les limites de vitesse, les restrictions de poids et de hauteur, la réglementation quant au stationnement en vigueur le long du parcours qu’ils empruntent.Toutes ces informations s’afficheraient sur un écran, situé sur le pare-soleil, par exemple.Le système qu’envisage ITIASA pourrait même contrôler la vitesse des véhicules et la distance entre eux de façon à optimaliser l’écoulement du trafic sur les autoroutes.L’ordinateur central réduirait l’espacement entre les véhicules à quelques centimètres sans réduire la vitesse, ni sacrifier la sécurité.Avantages: réduction de la demande totale d’énergie (le véhicule de tête coupe l’air pour les suivants) et augmentation dramatique de la capacité de la route.Ce contrôle totalitaire vous semble familier?GM étudie le contrôle automatique des voitures depuis les années 60.Déjà, Volkswagen a mis au point un système de couplage électronique qui permet la formation de trains de voitures.Chez Daimler Benz, on s’intéresse très sérieusement aux comportements des bancs de poissons afin de mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent leurs changements rapides et harmonieux de vitesse et de direction.On pourrait ensuite appliquer ces connaissances à la gestion des véhicules sur l’autoroute électronique et ainsi l’améliorer.'J Sous et sur l’eau.Ce sous-marin (à gauche), fabriqué par Subaquatics Development Corp.en Colombie-Britannique, est conçu pour amener des touristes visiter les fonds marins.À droite, le Sevmorput, un porte-conteneurs brise-glace à propulsion nucléaire, un projet soviétique pour la navigation au-delà du cercle arctique.28 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE TRANSPORTS BIG BROTHER VOUS REGARDE L’identification automatique des véhicules, aussi appelée AVI pour Automatic Vehicle Identification, est une autre innovation qui met à profit les technologies de l’information et des communications.Lors de la conférence mondiale sur la recherche en transport, Peter Davies, un consultant en transport de Nottingham, en Angleterre, a fait le point sur cette technique qui identifie chaque véhicule au moment où il passe un point précis de la voie.Les véhicules que l’on désire identifier sont équipés d’une plaque électronique qui émet un code, en radio-fréquence ou micro-ondes, propre à chacun d’entre eux.Des capteurs placés en des points précis le long de la voie lisent le code; l’information est transmise à un ordinateur qui l’analyse.et généralement émet une facture à la fin du mois ! Car l’AVI est envisagé essentiellement pour des fonctions de facturation.Un poste de péage électronique en quelque sorte, plus équitable puisqu’il permet de facturer les usagers en fonction de l’usage (et de l’usure) des infrastructures routières.Une expérience pilote d’implantation d’un système d'identification automatique des voitures a été réalisée entre 1983 et 1985 à Hong Kong.De 1976 à 1982, le nombre de véhicules automobiles en circulation sur ce territoire restreint a doublé, créant de sérieux problèmes de congestion routière.L’augmentation des frais d’immatriculation n’a pas réduit l’achalandage.Les postes de péage non plus; au contraire, puisqu’ils ralentissent le trafic et contribuent à augmenter la congestion.L’avantage d’un système AVI est justement de pouvoir enregistrer les véhicules alors qu’ils sont en déplacement.Le système testé par les autorités de Hong Kong enregistrait automatiquement le passage des véhicules à l’entrée de la zone la plus congestionnée et compilait des statistiques sur leur fréquence mensuelle de passage en vue d’une facturation.Un système AVI peut aussi servir à peser les camions, sans que ces derniers soient obligés de s’arrêter.L’AVI enregistrerait simultanément le code du camion et son poids; et la facturation serait établie en fonction du poids, de la distance à parcourir et de la fréquence d’utilisation de l’infrastructure routière.La Colombie-Britannique et un groupe d’États de l’Ouest américain travaillent actuellement à développer un tel système d’identification et de pesée automatique pour camions.Le Lean Machine, un tricycle mis au point par GM.\vf En fait, des systèmes d’identification automatique des véhicules sont expérimentés depuis les années 70, notamment pour automatiser le péage dans le tunnel Lincoln, à New York, et sur les ponts Golden Gate et Coronado, en Californie.Même si ces tests, comme celui de Hong Kong d’ailleurs, ont démontré la fiabilité des systèmes AVI, le lobbying des automobilistes et des camionneurs opposés au péage routier a jusqu’à présent retardé la mise en place de cette technologie.«Elle peut être perçue comme une intrusion dans la vie privée, explique Peter Davies.Les systèmes AVI pourraient être considérés comme une étape de plus vers un contrôle social à la 1984 de George Orwell, même si tous les véhicules sont déjà identifiables par leur plaque d’immatriculation», ajoute-t-il.LES ÉTOILES À LA RETRAITE L’identification automatique des véhicules par satellites rencontrera probablement moins de résistance, parce qu’elle sera utilisée pour la localisation et la gestion des flottes de camions plutôt que pour le contrôle réglementaire et la tarification.La technologie est d’ores et déjà au point pour les navires et avions.Avant la fin de 1987, leur vitesse et leur position pourront être déterminées en tout temps, partout sur le globe, grâce à l’usage d’émetteurs en communications continuelles avec des satellites.«Des systèmes comme le Navstar/ Global Positionning System (GPS), utilisant des satellites géostationnaires, vont se substituer complètement aux étoiles en navigation, déclare Gian Carlo Corazza, directeur de l’Institut Marconi (Italie).Parce qu’ils transmettent à des fréquences de l’ordre du gigahertz, ils ont l’avantage non négligeable de pouvoir être utilisés 24 heures sur 24, peu importe les conditions météorologiques.Les trains, bateaux et avions seront continuellement sous contrôle, et les communications permettront le diagnostic en temps réel, ce qui est très utile pour améliorer la sécurité et l’efficacité des transports », ajoute-t-il.Un système de localisation par satellite appliqué aux transports routiers permettrait à une entreprise de connaître à tout moment la position des unités de sa flotte dans le pays.Les camions vides pourraient être affectés plus rapidement à de nouvelles tâches.Parce que la précision d’un tel système peut atteindre quelques mètres, les corps policiers, ambulanciers et les compagnies de taxi pourraient aussi l’utiliser pour optimiser la gestion de leur flotte de véhicules.L’équipement du système Navstar/GPS est trop coûteux pour de telles applications.Mais Geostar Corporation, au New Jersey, et GM Hughes Electronics sont à développer des satellites de localisation spé- QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 29 cifiquement adaptés au transport routier.La fondation Marconi, elle, a développé un émetteur pour les camions et trains.WASHINGTON-TOKYO: DEUX HEURES Comme bien d’autres secteurs d’activité, les transports bénéficient du développement de systèmes de conception assistée par ordinateur, de systèmes experts, de banques de données et d’une panoplie de logiciels.Ces derniers servent aussi bien à établir les circuits d’autobus pour écoliers qu’à l’optimisation des horaires des transatlantiques.Il faut encore citer le développement des applications informatiques en matière de logistique des transports de marchandises.«L’informatisation dans le domaine des transports tend à renforcer la place relative des problèmes de conception, d’organisation et de gestion des systèmes par rapport aux problèmes traditionnels d’amélioration des performances des matériels », estime Bernard Girardin.Cette tendance apparaissait clairement à la lecture du programme de la conférence mondiale sur la recherche en transport.Les problèmes d’ingénierie ont cédé la place à des études sur les impacts du libre-échange, sur la planification et sur la gestion de flotte ou de personnel.«La part des sciences économiques et sociales a une tendance très nette à s’accroître, alors que certains aspects des questions techniques disparaissent», explique le docteur Andrâs Timâr, directeur de l’Institut des sciences du transport à Budapest, en Hongrie.Ce qui ne veut pas dire que les ingénieurs en mécanique ont entièrement cédé la place aux ingénieurs en télécommunications.L’Expo le prouve en présentant les dernières nouveautés en matière de transport, depuis le bateau à propulsion éolienne de Cousteau jusqu’aux chaises roulantes qui obéissent aux commandes formulées verbalement, en passant par les trains à grande vitesse et les trains à lévitation magnétique (voir TRANSPORTS l’encadré «Maglev à vendre»).Sans oublier la conquête spatiale, bien sûr ! «La conquête spatiale va continuer à avancer à grands pas, malgré d’occasionnels reculs», estime E.V.Chitnis, directeur du Centre des applications spatiales de l’Inde.Il poursuit: «Les Américains envisagent de développer avant la fin du siècle l’Orient Express, un avion hypersonique qui pourrait voler de Washington à Tokyo en deux heures.Sa vitesse serait de l’ordre de Mach 25.L’Angleterre suivrait les États-Unis dans cette voie.Leur HOTOL (Horizontal Take Off and Landing) pourrait atteindre des vitesses comparables à l’Orient Express.» ET LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT?Et les pays en développement dans tout ça?Aux prises avec des infrastructures de transport à peine développées, comment pourront-ils profiter de ces innovations fabuleuses?M.Chitnis a une opinion très claire là-dessus: «Il faut absolument se libérer du complexe qui veut que les innovations ne soient possibles que dans les pays technologiquement avancés, et que les ingénieurs dans les pays en développement ne peuvent qu’adopter ces technologies.» C’est ce principe, entre autres, qui a conduit l’Inde à se doter d’un programme spatial.Cette opinion ne faisait pas l’unanimité parmi les spécialistes réunis au troisième colloque d’Expo 86.« La roue n’a pas besoin d’être réinventée, déclarait à cette occasion l’Allemand Andreas Kossak, conseiller en transport.Néanmoins, il semble que plusieurs de mes collègues tentent constamment de le faire.» Il semble beaucoup plus important pour M.Kossak de coordonner les recherches et de les diffuser pour empêcher que ne soient répétées systématiquement les erreurs du passé.C’est à cette fin que les participants au colloque ont recommandé la mise sur pied d’un réseau international pour échanger les résultats des recherches avancées en transport et communication.?HSST œ* ' «Il semble certain qu’en Amérique, comme en Europe, les machines dans les corridors interurbains circuleront sur des rails d’acier avec des roues d’acier et ressembleront étonnamment à des TGV.» Cette conclusion a créé un certain remous parmi l’auditoire d’Alain de Tessières, de la TGV Company aux États-Unis.Il faut dire qu’il prenait la parole dans le cadre de la Conférence internationale sur les maglevs et les moteurs à induction linéaire, organisée à Vancouver parallèlement à l’Expo, les 14 et 15 mai dernier par le prestigieux Institut américain d’ingénierie électrique et électronique, ITEEE.La salle était remplie presque exclusivement de partisans du maglev, ce train sans roues qui est porté, guidé et propulsé par la force d’un champ magnétique (voir «Les trains qui volent bas», dans Québec Science, janvier 1985).Le train à lévitation magnétique, ou maglev, est l’une des grandes attractions de l’Expo de Vancouver.Les visiteurs peuvent faire l’essai du HSST-03, développé conjointement par Japan Air Lines et Sumitomo Electric, sur une piste de 400 mètres.C’est une expérience fascinante.Quelques secondes avant le départ, on peut voir le train «léviter» de quelques millimètres.C’est suffisant pour éliminer toute friction entre le train et la voie.C’est pour cela, et parce que son moteur à induction linéaire ne comporte aucune pièce mobile, que nous ne ressentons aucune vibration.30 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE TRANSPORTS MAGLEV À VENDRE Les Japonais présentent la maquette d’un autre maglev, le MLU-001, développé par Japan Railways.Les Allemands, quant à eux, présentent à leur pavillon une maquette grandeur nature de leur Transrapid 06.Toute cette activité n’est pas un hasard.Les concepteurs de maglev veulent en vendre, et Vancouver est à la porte de leur marché cible par excellence: l’Amérique.C’est pourquoi les déclarations de M.de Tessières en ont choqué quelques-uns.En Europe et au Japon, où ils sont développés, les maglevs sont en concurrence directe avec les systèmes classiques roue-rail.En Allemagne, le maglev Transrapid doit affronter la concurrence d’un nouveau train à grande vitesse, l’Inter-City Experimental ou ICE, et ce avant même d’être opérationnel.En Italie, on prévoit mettre en service le système ferroviaire à grande vitesse pour la fin du siècle.Les Britanniques, quant à eux, développent le IC225 pour la liaison Londres-Glasgow.Il y a bien sûr, le TGV français.Une deuxième ligne, la ligne Atlantique (Paris-Le Mans-Tours) est en construction.Mais avant de commencer les travaux, il a d’abord fallu convaincre les producteurs de vin de cette région que les vibrations des TGV n’affecteront pas la fermentation et le vieillissement des vins dans les caves situées à proximité de la ligne.On décidera cette année si l’on construit la ligne Paris-Bruxelles-Cologne avec ramification vers les Pays-Bas; cela pourrait bien être la première liaison internationale à grande vitesse.Presque tous ces trains à grande vitesse peuvent ou pourront circuler sur les infrastructures existantes.Les maglevs, eux, nécessitent une structure différente.Dès le départ, les TGV ont donc une longueur d’avance sur les maglevs.Du moins au Japon et en Europe.En Amérique, où les réseaux ferroviaires pour passagers ne sont pas aussi développés, la compétition est moins grande.D’où leur présence en force à Vancouver.Dans un document publicitaire du Transrapid, presque toutes les liaisons de moins de 500 kilomètres entre les grandes métropoles américaines sont identifiées comme pouvant être assurées par un maglev.Même le corridor Québec-Montréal-Toronto-Windsor est pressenti par Transrapid.Pourtant, une étude de Via Rail a montré qu’on ne pourrait justifier l’utilisation d’un train à grande vitesse au-delà de Montréal et Toronto.Optimistes, les Allemands?Ou bons vendeurs?Leur meilleur chance est la liaison Los Angeles-Las Vegas.Il fallait s’y attendre: c’est la compagnie américaine Budd, partenaire du consortium Transrapid, qui a fait l’étude de faisabilité.L’avantage du maglev est son économie à l’usage, sa capacité de monter des pentes allant jusqu’à 10%, et sa vitesse théorique de 400 km/h et plus.Théorique car, pour l’instant, le Transrapid 06 n’a pas dépassé la vitesse de 355 km/h.Un prototype japonais a bien atteint 517 km/h, mais il n'était pas conçu pour des opérations commerciales.Le TGV détient toujours le record de 380 km/h.Sa vitesse maximale d’opération est de 280 km/h (elle sera de 310 km/h sur la ligne Atlantique).Le grand avantage des Français est là: ils offrent une technologie éprouvée, rodée.De plus, ajoute M.de Tessières, l’infrastructure pour un maglev est de 50 à 100% plus coûteuse que pour le TGV.Ai G( e maglev Transrapid QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 31 François Goulet MICHEL CHEVRIER L'ART D'INSULTER LES FLEURS 2e partie Retracer l’origine des noms des plantes, c’est aussi raconter l’histoire de l’homme De tout temps, les plantes ont servi à nourrir, soigner, loger et chauffer l’homme.Même aujourd’hui, alors que l’industrie chimique produit médicaments, tissus, teintures synthétiques, etc., nous continuons à dépendre d elles.En étudiant les noms de quelques plantes utiles d’ici et d’ailleurs, c’est chaque fois un aspect particulier de l’histoire ou de la vie des plantes que l’on aborde, mais aussi de celle de l’homme.C’est donc, à travers la description de quelques-unes de ces plantes, à un tour d’horizon du monde végétal que l’on vous invite.DES PLANTES MÉDICINALES Le ginseng (Panax quinquefolium).Plante autrefois relativement abondante mais qui a pratiquement disparu de nos bois.Mais laissons parler le frère Marie-Victorin: «Cette plante est le fameux ginseng de Tartarie que l’empereur de Chine payait trois fois son prix d’argent.Cette découverte produisit à l’époque autant d’émotion et de cupidité que beaucoup plus tard l’annonce des mines d’or de la Californie.Les habitants, trouvant plus de profit à chercher du ginseng qu’à semer du blé, abandonnaient leurs terres pour courir les bois.Malheureusement, au lieu de laisser la racine sécher lentement dans les greniers, on la séchait au four pour aller plus vite.Ce fut la cause de la dépréciation du ginseng canadien et bientôt, de ce grand trafic, il ne resta plus que le dicton populaire : C’est tombé, ou ça tombera comme le ginseng!» Le nom de la plante, ginseng (littéralement, homme-racine) est un des rares noms chinois, sinon le seul, à être utilisé dans notre flore.Le nom latin panax (d’où fut tiré le mot panacée) provient des mots grecs pan, tout, et akos, remède, allusion aux propriétés médicinales de la plante qui guérit tout.La savoyane (Coptisgroenlandica).Plante indigène aux nombreuses propriétés médicinales et tinctoriales (le nom d’origine indienne signifie «teinture pour les peaux»).Cette petite plante des forêts de conifères humides, à racine dorée et fine comme un fil, est souveraine contre les ulcères mais d’une récolte ardue, ce qui explique son prix élevé, quand on peut en trouver.Le nom français de la plante, coptide, provient du mot coptis, couper, et fait allusion à la division des feuilles.DES PLANTES ORNEMENTALES Le lis blanc (Lilium candidum).Emblème floral de la province de Québec depuis 1963, c’est pourtant, et malheureusement, une plante qui n’est ici ni indigène ni même vivace.Comble d’incurie dans le choix de cette plante, il y a eu, comme l’écrit le frère Marie-Victorin, «confusion entre le lis et la fleur-de-lis qui est un iris»! Et de préciser ironiquement: «Les écrivains canadiens commettent souvent l’erreur d’orner de la blancheur du «lis immaculé» les paysages agrestes qu’ils décrivent.» Le mot lis serait d’origine latine, signifiant uni, lisse, poli. «5 y- ¦ ^.Savoyance Lis blanc Ql ÊBEC SCIENCE • AOÛT 1986 BOTANIQUE Le gingko (Gingko biloba).Arbre sacré des Japonais, c’est l’illustration parfaite d’une plante ne se retrouvant qu’à peu d’exemplaires sous notre climat.Le gingko est considéré comme le plus vieil arbre du monde; sa majesté ne serait comparable qu’à celle des chênes ou des grands pins.L’arbre est un résineux qui peut vivre jusqu’à 2 000 ans.Il se reconnaît à ses petites feuilles en forme d’éventail.Le nom est japonais.La sansevière (Sanseviera.Comme nombre de plantes d’intérieur aux noms intéressants, la sansevière fut ainsi nommée en hommage à un certain prince de Sanseviero.Plus amusant est le nom populaire de la plante, langue-de-belle-mère, qui fait allusion à la pointe acérée des feuilles droites et rigides de la plante.La sarracénie pourpre (Sarra-cenia purpurea).Considérée par le frère Marie-Victorin comme «la plus extraordinaire plante de notre flore », la sarracénie est une plante carnivore qui croît dans les tourbières et marais.Sa tige florale (à grandes fleurs pourpres) peut atteindre 60 centimètres.Alors que les Montagnais la surnommaient Alicotaehe (herbe-crapaud), les noms populaires de la plante sont «petits cochons» ou «oreille de cochon» et font référence à la forme de la feuille.Le nom sarracénie fut donné à la plante en l’honneur de Michel Sarrazin, médecin du roi de Prance à Québec au 17e siècle.Le nom de «petits cochons» est aussi donné à l’asclépiade.DES PLANTES NUISIBLES Le chiendent (Agropyron repens).Considéré à juste titre comme la pire des mauvaises herbes, le chiendent est l’exemple parfait d’une plante introduite accidentellement sur le territoire du Québec.Le chiendent est si agressif, si envahissant, qu’il est pratiquement impossible d’en libérer un champ infesté.Il n’est pas rare de voir des pommes de terre percées de part en part par ses rhizomes durs.Le nom populaire de la plante, apparu dans notre langue en 1340, s’explique par la ressemblance de la pointe du rhizome avec une canine de chien, ou encore par le fait que les chiens ont l’habitude d’en mâcher les feuilles pour se nettoyer les dents.Le nom latin agropyron provient des mots grecs agros, champ, et puros, blé, à cause de l’ancienne croyance selon laquelle le chiendent était un blé sauvage.Le datura stramoine (Datura Stramonium).Appelé aussi «l’herbe aux sorciers» et la «pomme épineuse» (son fruit est couvert de piquants), le datura est une solanacée violemment toxique.Au Moyen Âge, les voleurs s’en servaient pour endormir leurs victimes avant de les piller; il entrait aussi dans la préparation de potions dont se servaient «les veuves ou les femmes peu avenantes pour attirer à elles des hommes qu’elles n’auraient pu séduire autrement», raconte Pierre Lerran.Le datura est un bon exemple de plante introduite (pour fins médicinales ou par accident?) survivant difficilement au Québec et se confinant à des lieux de croissance très particuliers.Les feuilles de datura ont déjà servi à la confection de cigarettes pour asthmatiques et qui sait si Marcel Proust, qui souffrait de cette maladie, n’a pas été influencé par le sentiment d’être «en dehors du temps» provoqué par cette plante?Le nom de la plante provient du sanscrit dhattura\ quant au nom stramoine, il est d’origine inconnue.DES PLANTES ALIMENTAIRES Le poivre (Piper nigrum).Originaire de l’Inde, c’est l’épice la plus anciennement connue de l’homme.Son histoire est riche en légendes; il en est une qui dit que, pour les protéger des voleurs, les serpents montaient la garde au pied des poivriers.Considéré longtemps aussi précieux que l’or ou l’argent, le poivre, qui se vendait grain par grain, servit au Moyen Âge de monnaie d’échange (d’où l’expression «payer en espèces», c’est-à-dire en épices).«Au château féodal, le tas de poivre était conservé pour les grandes occasions : doter la g fille aînée, rançonner un captif, etc.», g raconte Pierre Lerran.Cette plante a aussi joué un rôle, indirectement, dans la découverte des continents : « Vers la fin du 15e siècle, le prix élevé du poivre.incita les navigateurs portugais à chercher un passage pour se rendre dans l’Inde par mer.Vasco de Camay réussit en 1498», rappellent A.Guérillot-Vinet et L.Guyot dans leur livre sur les épices.Le nom de poivre, apparu très tôt sous cette forme dans notre langue, provient de l’hindoustan pippali, devenu ensuite peperi (grec) et piper (latin).Le poivre est une des rares plantes à mériter vraiment sa réputation d’aphrodisiaque.L’oranger doux (Citrus aurianticum).Originaires d’Asie, les premières variétés d’oranger ne produisaient que des fruits amers employés en médecine et en cuisine.L’oranger doux n’est probablement qu’une variété obtenue à partir des précédentes.Le nom de ce fruit provient du sanscrit nagrunga, devenu tour à tour nerunga (hindou), narandj (arabe), auriantium (latin du Moyen Âge) et arangi(italien).Il est apparu dans notre langue au 14e siècle sous la forme Corenge, puis sous sa forme actuelle au 16e siècle.Le mot aurianticum fait référence à la couleur dorée du fruit.La vesse-de-loup (Lycoperdon.).Si les botanistes passent pour des gens très sérieux, ce n’était certes pas le cas de celui qui donna le nom de vesse-de-loup (traduction A* .'¦'V - ^ Sarraceme pourpre 1 de ai aï Dt Pri l’a Ire lai cei La Je tl cal L.ta ap ac P< ne H i Pat l'tt des Poi ®îi % dti lia 3t( (lai ri*! atti 34 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE BOTANIQUE de lycoperdon, des mots grecs lukos, loup, et perdein, péter) à ce champignon.La variété géante, L.giganteum, qui peut avoir la taille d’un crâne humain et qu’on trouve occasionnellement dans nos bois, est délicieuse.Cette analogie provient du fait qu’à maturité, si on le presse, le champignon libère, par un orifice situé en son centre, des nuages de spores noirâtres.La tomate (Lycopersicum esculentum).Originaire de l’Amérique tropicale, la tomate, dont le nom dérive de l’aztèque tomalt, par l’espagnol tomata, «n’a jamais été trouvée à l’état sauvage, du moins sous la forme que nous lui connaissons; on pense que sa souche est la «tomate-cerise» à petits fruits sphériques semblables à des cerises.La plante fut apportée en Europe peu après la découverte de l’Amérique; cultivée d’abord comme plante ornementale et réputée vénéneuse, elle ne fut réhabilitée et admise en culture potagère qu’à partir du 18e siècle,» nous informent L.Guyot et P.Gibassier.Appelée tour à tour «pomme du Pérou», «pomme d’or» — nom qui lui est resté en italien, pomodoro — et «pomme d’amour», elle existe aujourd’hui en un grand nombre de variétés et d’hybrides.La tomate appartient à la famille des solanacées qui comprend de nombreuses plantes comestibles — aubergine, piment, pomme de terre — mais aussi d’autres hautement vénéneuses — belladone, datura, jusquiame, etc.i*» : Le riz (Oryza sativa).C’est, avec le blé, une autre graminée, l’une des cultures les plus anciennes pratiquées par l’homme.«Dans la cérémonie imposante instituée par l’empereur Chen-Nung, 2 700 ans avant Jésus-Christ, et destinée à honorer les espèces cultivées les plus précieuses pour le pays, le riz est semé par l’empereur régnant lui-même,» rappellent L.Guyot et P.Gibassier dans leur livre sur l’histoire des fleurs.Originaire de l’Asie du Sud, le riz demeure la nourriture principale de plus de la moitié de l’humanité.Le nom d’origine sanscrite, arunya, s’est tour à tour transformé en arous (arabe), oruza (grec) et oryza (latin), pour devenir en français, vers 1300, ris, puis riz.Le riz sauvage {Zizaniapalustris) n’a aucune parenté botanique avec le riz cultivé.La sauge (Salvia officinalis).«Pourquoi mourrait celui qui cultive la sauge dans son jardin?» disait de la sauge un proverbe latin.En effet, celle-ci est une des plantes médicinales et condimentaires les plus anciennement connues et réputées.De la famille des labiées (famille de plantes ainsi nommée à cause de leurs fleurs en forme de lèvre), c’était pour les Latins «l’herbe sacrée».Ceux-ci ne la cueillaient que pieds nus et avec des ciseaux d’or: pratique non dénuée de fondement car la plante réagit mal aux autres métaux.Un auteur du 18e siècle raconte que les Chinois prisaient si fort la sauge qu’ils la payaient volontiers avec deux fois sa quantité de thé.Le nom, qui provient du latin salvus (intact, préservé) est apparu dans la langue française sous sa forme actuelle au 13e siècle.Cette plante, aux nombreuses propriétés médicinales et culinaires, est d’une culture facile au Québec.Le café (Coffea arabica,.).Originaire d’Éthiopie, le caféier est, bien qu’il ne soit connu qu’à partir du 14e siècle, une autre plante au folklore aussi riche qu’abondant.E.Jacob, auteur de Épopée du Café, raconte que, le troupeau de chèvres d’une communauté de moines du Yémen semblant possédé par le diable, l’Imam «finit par découvrir que les chèvres avaient mangé des grains enfermés dans les fruits rouges d’un arbuste inconnu; il eut l’idée de dessécher les grains et de s’en servir pour préparer une boisson, et il s’aperçut alors que cette boisson, non seulement l’empêchait de s’endormir et le gardait dispos pour la prière de minuit mais aussi qu’elle lui donnait une merveilleuse exaltation de tous ses membres et de son cerveau.» Histoire ou légende?Toujours est-il que le café, au début rare et très cher, pénétra lentement tous les pays arabes, puis l’Europe, puis le monde.«L’Angleterre, qui avait d’abord accueilli le café, adopta le thé et fit partager sa préférence aux pays placés sous son influence.Par contre, et précisément par esprit de réaction, la jeune Amérique rejeta le thé avec la tutelle; en 1773, des patriotes américains envoyèrent par le fond des bateaux chargés de thé», rapporte H.Jacques-Félix dans son livre Le Café.Le Boston Tea Party, un des premiers jalons de la Révolution américaine, venait d’avoir lieu.Le nom de la plante est d’origine arabe, gahwa, (qui signifie «celui qui ravit et donne l’envolée, écrit Pierre Ferran, en souvenir de Kavus Kaï, grand roi persan qui avait su se libérer de la pesanteur et s’élever dans les cieux».Ce mot est devenu tour à tour dans notre langue cahoa (1611), caiié (1633) puis café.?Pour en savoir plus L.H.Bailey, How Plants Get their Names, Dover Publications, New York, 1963 Pierre Ferran, Le Livre des Herbes étrangleuses, etc.Marabout 1972 A.Guérillot-Vinet et L.Guyot, Les Épices, Presses universitaires de France, collection Que Sais-je?L.Guyot et P.Gibassier, Les Noms des Plantes, Les Noms des Arbres, Les Noms des Fleurs, Histoire des Fleurs, Presses universitaires de France, collection Que Sais-je?Marie-Victorin, La Flore Laurentienne, Presses de l’Université de Montréal, 1964 QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 35 ASTRONOMIE 1 AU CŒUR DELA Comète La comète de Halley telle que nous l’a révélée le cortège de sondes qui est allé à sa rencontre En mars dernier, alors que la très célèbre comète de Halley croisait l’orbite de la Terre, cinq sondes bourrées d’instruments scientifiques l’ont interceptée.Pour la première fois, nous avons pu étudier de très près l’un des «frigos du cosmos» expression de Paul Feldman, astronome de l’Université Johns Hopkins.Il explique, en effet, que « les comètes recèlent toute l’histoire du système solaire.Nous espérons bien pouvoir tirer quelques bribes d’information de cet astre qui conserverait intacte la matière à partir de laquelle se sont formés, il y a 4,5 milliards d’années, le Soleil et les planètes», poursuit-il.«LES COMÈTES SONT DES RIENS VISIBLES» La comète de Halley, comme toutes les comètes d’ailleurs, est un objet bien étrange.D’abord parce que l’impressionnante queue qui la carac- CLAUDE LAFLEUR térise «n’existe pas».«Les comètes sont des riens visibles», disait l’astronome Otto Struve.Une queue comé-taire, c’est, en effet, une minime masse de gaz et de poussières répartie dans un immense volume.Dans 100 kilomètres cubes, cette queue recèle moins de matière que peut en contenir un dé à coudre; c’est un vide plus parfait que tout ce que l’on sait réaliser dans nos laboratoires.Nous l’apercevons grâce à un phénomène de surface — au même titre qu’une très mince couche de peinture couvre un grand nombre de mètres carrés.Ainsi contemplons-nous un objet imposant, mais impalpable.Les sondes spatiales ont observé que cette queue est formée en grande partie d’hydrogène.Cela vient confirmer notre conception générale à l’effet qu’une comète est essentiellement un noyau de glace, de roc et de poussières qui, sous l’action du vent solaire, s’entoure d’une atmosphère ténue — appelée coma.La dissocia- tion de la vapeur d’eau, principale constituante du coma, produit l’impressionnante queue d’hydrogène si facilement observable.D’après les analyses faites par les sondes, le cœur de la comète — c’est-à-dire le noyau — est composé à 80% de glace d’eau, ainsi que de carbone, de métaux tels du fer, du cuivre, du cobalt, du nickel, du soufre, mais peu de sodium.Il pivote sur lui-même en raison d’un tour environ toutes les 53 heures.L’environnement entourant ce noyau a grandement fasciné les scientifiques supervisant les cinq rendez-vous.«Nous nous attendions à observer beaucoup de poussières autour de la comète, déclare Stephen Edberd, astronome au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, mais nous avons été étonnés de rencontrer de gros cailloux et même des rochers.» Cette véritable enveloppe de débris, mise en évidence par les sondes Vega, a été baptisée «cocon de poussière» 36 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE M .«s*-.K ?" La sonde Giotto (2) s'est approchée à 540 kilomètres de la comète de Halley.Elle en était distante de près de 26 000 kilomètres lorsque la caméra à son bord prit cette photo (1) de la comète.Elle ne représente pas les couleurs réelles de la comète, mais plutôt les différents niveaux de luminosité.Ainsi, la partie la plus lumineuse correspond à un jet de poussière et la partie très sombre (dans le coin supérieur gauche) au noyau de la comète.L’hypothèse d’un noyau formé de glace et de poussière (3) fut confirmée par les différentes sondes.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 37 Jet Propulsion Laboratory ASTRONOMIE par Roald Sagdeev, directeur de l’Institut de recherches spatiales de l’URSS.Fred Whipple insiste: «Le noyau est entouré d’une quantité réellement considérable de poussières.Photographier la comète équivaut à photographier un objet à travers le pare-brise sale d’une automobile tout en conduisant à grande vitesse, expli-que-t-il.Songez au peu de saleté qui suffit à obscurcir grandement votre vue et imaginez les contraintes imposées à nos sondes.» conclut-il.Whipple fut le premier astronome à décrire, dans les années 50, une comète en tant que «boule de neige sale».La difficulté de voir le cœur de la comète fut d’autant plus grande que l’objet est de couleur foncée.Horst Keller, responsable de la caméra de Giotto, constate que le noyau «est d’un noir absolu, plus noir que ce que vous pouvez imaginer.Il s’agit d’un des corps les plus noirs du système solaire.C’est l’astre qui, à notre connaissance, réfléchit le moins la lumière du Soleil», indique-t-il.PLUS CHAUDE QU’UN DÉSERT Le modèle classique énonçait que la température à la surface d’une comète serait de l’ordre de -73 °C.Or, le docteur Keller émit l’hypothèse que « puisque le noyau est si foncé, il doit être chaud.Par contre, la glace se maintient à l’intérieur.» L’un des instruments placés à bord de Vega-1 lui donna raison en mesurant une température de 55 °C.«Il fait plus chaud sur cet objet de glace que durant unjour d’été dans le Sahara ! » note avec surprise un spécialiste.La couche de poussière à la surface du noyau pourrait isoler la glace tout comme, au printemps, la saleté recouvrant la neige protège celle-ci des ardents rayons du Soleil.Se basant sur le fait que la comète de Halley est passée à proximité du Soleil des milliers de fois — perdant à chaque reprise une couche de matière estimée à deux mètres d’épaisseur — on imaginait que son noyau tendrait à prendre une forme sphé- rique.Or, celui-ci ne s’apparente aucunement à une boule de neige.«Il a une forme très irrégulière, celle d’une arachide ou d’une patate», décrit Horst Keller.Il mesure 15 kilomètres de longueur et 10 de largeur — environ dix fois plus que ce que nous nous attendions.«L’image du noyau, sa taille, sa réflectivité, sa surface, tout est nouveau pour nous», dit Rufinger Reinhard, directeur scientifique de la mission Giotto.À la surface, les scientifiques ont noté 55 fissures et cratères à partir desquels s’échappent des jets de gaz et de matière provenant de l’intérieur.Au moins sept de ces émissions ont été photographiées, elles projettent des particules pouvant atteindre la taille de grains de riz.Une vingtaine de grosses particules ont d’ailleurs frappé la sonde Giotto juste avant que celle-ci n’atteigne le point le plus rapproché de la comète de Halley.L’action de ces jets, assimilable à celui de moteurs fusées, modifie l’orbite que réalise la comète autour du Soleil, expliquant pourquoi la durée entre deux passages de Halley varie entre 74 et 76 ans.«Nous sommes vraiment étonnés par la nature de ces jets, déclare Alan Delamere, de la société Ball Aerospace, constructeur de la caméra de Giotto.Nous aimerions bien comprendre le mécanisme permettant de créer des émissions si bien orientées.» «La plupart sont dirigées vers le Soleil» constate Horst Keller et elles peuvent atteindre des milliers de kilomètres de long.Au cours de sa récente visite, la comète de Halley a perdu 150 millions de tonnes de sa substance.On estime cependant sa masse à 500 milliards de tonnes, ce qui lui laisserait encore une espérance de vie de 253 308 années.le temps pour elle de nous rendre 3 300 visites.?L’ARMADA SPATIALE À LA RENCONTRE DE HALLEY L5 armada d’engins spatiaux qui ont intercepté la comète de Halley originait d’Union soviétique, du Japon et des nations membres de l’Agence spatiale européenne.Chaque sonde réalisa une variété d’études complétant celles des autres.C’est ainsi que Sakigake (Pionnier) et Suisei (Comète), les représentantes japonaises, observèrent l’action du vent solaire sur le nuage entourant la comète.Ce vent — composé de particules chargées électriquement et projetées à grande vitesse du Soleil — balaie la chevelure de la comète pour en faire une longue queue.Suisei est passée, le 8 mars, à 144 000 kilomètres de la comète alors que Sakigake ne s’en est approchée qu’à deux millions de kilomètres, deux jours plus tard.Les deux sondes soviétiques Vega-1 et Vega-2 ont, pour leur part, étudié de près l’abondant nuage de poussière et de gaz entourant le noyau comé-taire, tout en recueillant les premières photographies in situ de la visiteuse.Ces engins sont respectivement passés — à la foudroyante vitesse de 80 kilomètres à la seconde — à 8 889 et 8 030 kilomètres de la comète les 6 et 9 mars.Pourtant, même à cette distance, ils ont été soumis à un véritable bombardement de débris qui les endommagea sévèrement ; les deux grands panneaux de cellules solaires disposés sur chaque Vega ont perdu de 40 à 80% de leur capacité à générer l’énergie électrique de bord.Les missions Vega ont également permis d’affiner la trajectoire de la sonde européenne Giotto afin que celle-ci tente une véritable opération suicide.Cet engin devait traverser une région où des débris rocheux se déplacent 50 fois plus rapidement que des boulets de canon.Le 14 mars, la sonde européenne passe, tel que souhaité, à seulement 540 kilomètres de la comète, à la vitesse de 68 kilomètres à la seconde.Les communications radios sont perdues deux secondes avant le rendez-vous, Giotto s’étant déstabilisée sous le choc du bombardement de particules.Les meilleures photographies, prises à 1 500 kilomètres de distance, laissent entrevoir des détails de l’ordre de 50 mètres.Fantastique! Mieux, le contact avec la sonde est rétabli 34 minutes plus tard.L’engin est bel et bien en vie.bien que la moitié de ses instruments scientifiques soient en panne.38 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE Pour réapprendre la géographie du Québec et du Canada: mm Une première mondiale dans la conception des atlas! ‘CANADA _ • •„> t.: ^ v* Renouez avec une géographie accessible et près de l'actualité.Passez maintenant de la géographie-inventaire à la géographie contemporaine des interrelations et des interdépendances.Découvrez un ouvrage scientifique et innovateur, préparé par une équipe multidisciplinaire de spécialistes.Disponible chez votre libraire.23,95 $ Pour commander chez l'éditeur, SVP utiliser ce formulaire.Veuillez m'expédier Montant total : - .exemplaire(s) de L'interAtlas.____$ Mode de paiement: Publié par: Centre Éducatif et culturel inc.8101, Métropolitain, Montréal, QC HI) 1J9 (514) 351-6010 Chèque d Mandat postal CH Visa D Master Card CH numéro de carte_________________________date d’expiration - signature____________________________________________________— NOM ___ ADRESSE TECHNOLOGIE Depuis des années, les observateurs lui promettent un brillant avenir.Ils ont enfin raison.La fibre optique, non sans éclat, est en voie de devenir le principal support des télécommunications canadiennes.Plus puissant, plus fiable et plus performant que son prédécesseur le fil de cuivre, ce petit fil de verre anodin poursuit, depuis deux ans, sa conquête du réseau des télécommunications.Cela se déroule très vite.En 1984, il n’y avait pas 50 kilomètres de câble optique installé chez Québec Téléphone; il y en aura 700 à la fin de l’année.«D’ici les cinq prochaines années, précise Claude Lucas, directeur de l’ingénierie du réseau chez Québec Téléphone, l’entreprise investira plus de 25 millions de dollars en équipement optique sur l’ensemble de son réseau.» À Bell Canada, cela fait déjà trois ans que l’on n’utilise plus que la fibre optique pour les câbles intercentraux, en remplacement du fil de cuivre.Au début de 1986, il y avait 1 800 kilomètres de câble optique dans le réseau de Bell et ce chiffre devrait au moins doubler d’ici les 12 prochains mois, estime Michel Landry, ingénieur au développement du réseau externe chez Bell Canada.Pendant ce temps, le consortium Telecom Canada, qui regroupe dix des plus grandes compagnies de télécommunications du pays dont la société Bell Canada, a entrepris la réalisation d’un vaste réseau national de transmission par fibre optique.Ce réseau coast to coast, une fois complété, s’étendra sur plus de 7 500 kilomètres et il pourra acheminer jusqu’à 565 millions de bits d’information par seconde, soit plus de 32 000 conversations téléphoniques simultanées.Des données informatiques et des images vidéo circuleront également par ce câble à peine plus gros qu’un tuyau d’arrosage et dans lequel on retrouvera de quatre à huit minuscules paires de fibres optiques.Le premier tronçon de ce réseau optique sera en opération au début de 1987 et raccordera Toronto à Halifax en passant par Montréal.L’ouest du pays se joindra au réseau d’ici la fin de la décennie.Le (fil de la h La fibre optique: l’autoroute qu’emprun les télécommunications au ai ut de BERNARD DUCHESNE 40 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE TECHNOLOGIE IV*- Mais Telecom Canada n’est plus seul en piste.Le groupe CNCP Télécommunications a également entrepris la réalisation de son propre réseau pancanadien de transmission par fibre optique.La liaison Montréal-Toronto est déjà en opération et d’autres villes, telles que Windsor et Ottawa, viendront se greffer au réseau au cours de l’année.Selon les observateurs, la venue imminente de ce nouveau concurrent dans le domaine des télécommunications va causer une surcapacité des réseaux de transmission, ce qui entraînera une réduction sensible et générale des tarifs.Chez CNCP Télécommunications, on souligne plutôt que les réseaux seront soumis à «l’effet autoroute», c’est-à-dire qu’ils seront sujets, dès leur mise en service, à un fort achalandage comme le sont les nouvelles autoroutes métropolitaines, trop rapidement encombrées.C’est aussi l’avis de Michel Landry, selon lequel la demande en transmission de données informatiques subira une véritable explosion lorsque la vague d’informatisation des grandes entreprises sera vraiment amorcée.Il est vrai que le ministère des Communications du Québec prévoit d’ici les 12 prochains mois et pour la seule liaison Québec-Montréal, une croissance de 30% des besoins en télécommunications.20 000 CONVERSATIONS SIMULTANÉES L’implantation massive de la fibre optique a été encouragée par la mise au point d’une nouvelle fibre dite monomode.Traditionnellement, la gaine de la fibre optique, qui a pour fonction d’empêcher les rayons lumineux de s’échapper du coeur de la fibre, était traitée de façon à réduire progressivement la réfraction de la lumière.Or, la fibre monomode est à saut d’indice, c’est-à-dire que l’indice de réfraction du verre chute brutalement entre le cœur et la gaine de la fibre, concentrant ainsi tout le rayon lumineux dans le cœur.Cette caractéristique modifie le cœur de la fibre: celui-ci voit son diamètre réduit à 8 micromètres au lieu de 150, et il n’accepte plus désormais que le seul mode rectiligne pour la propagation de la lumière.Mais surtout, cette technologie monomode permet un accroissement sensible de la capacité de transmission.Ainsi, à l’heure actuelle, une seule fibre peut atteindre l’étonnant débit de 1,2 gigabit à la seconde, ce qui est l’équivalent de 20 000 conversations simultanées.La formidable capacité de cette nouvelle fibre n’aurait pu être mise à profit sans une percée technologique dans le domaine de l’émission de la lumière.En fait, comme l’explique Michel Landry, c’est la croissance de la précision et de la durabilité des lasers (les émetteurs du signal lumineux) et des détecteurs (les récepteurs du signal) qui a accéléré l’implantation de la fibre optique dans les réseaux de télécommunications.La très grande transparence de la fibre monomode va également contribuer au développement de la fibre optique entre les différents centres téléphoniques en entraînant une réduction des coûts d’implantation.L’atténuation du signal dans cette nouvelle fibre n’est que de 0,4 décibel au kilomètre, ce qui permet d'accroître considérablement la distance entre les «répéteurs», ces appareils placés à intervalles réguliers dans le réseau de transmission afin de régénérer les signaux affaiblis.Bref, le «passage à la fibre» des câbles du réseau des télécommunications canadiennes vient de franchir l’étape de la mise en opération.En plus de permettre une transmission fiable et économique de l’image, de la voix et des données informatiques sans parasite ni distorsion, la fibre optique supporte désormais une gamme de services jadis insoupçonnées.Aux usagers d’équipements informatiques, elle permet le cheminement de textes et la liaison avec les banques de données.De concert avec l’informatisation du réseau, on verra aussi apparaître la téléconférence et aussi l’étonnante vidéoconférence numérique qui transmettra dans une seule émission, images vidéo, voix et données informatisées.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 41 TECHNOLOGIE FERMER LA BOUCLE Malgré cette remarquable progression, le défi actuel de l’optique demeure le raccordement de l’abonné résidentiel à la fibre optique.Si le réseau s’est «arrêté au centre téléphonique situé au coin de la rue» comme le souligne Jean-Guy Rens de Bell Canada, il n’est pas certain qu’il puisse se prolonger jusque dans les foyers.Pour ce faire, les besoins domestiques devront s’accroître considérablement car seules les entreprises à très forte densité de communications informatiques sont directement raccordées à un réseau de fibre optique.Par exemple, le premier client du réseau de CNCP Télécommunications pour la liaison Montréal-Toronto fut la Compagnie de la Baie d’Hudson.Mais, selon Jean-Guy Rens, le prolongement dans les foyers se fera inévitablement au cours des années 90 et c’est aussi l’avis de Claude Lucas, de Québec Téléphone.Pour d’autres, il est actuellement impensable de planifier un raccordement des foyers à un réseau de fibre optique, car cela équivaudrait à construire une autoroute pour un seul village.M.Charles Terreault, vice-président adjoint chez Bell Canada, insiste: «La pose d’un câble optique doit répondre à des besoins de transmission d’informations très grands et soutenus, ce que ne saurait créer la demande domestique.» Selon d’autres, la supériorité de la fibre par rapport au câble coaxial lui permettra de s’introduire dans les foyers.Selon cette hypothèse, la fibre optique pourra bientôt alimenter votre téléphone, votre ordinateur et votre téléviseur.Déjà, note-t-on, les compagnies de téléphone et les câblodiffu-seurs sont en compétition sur ce marché.DE L’IMPÔT AU TRANSPORT ROUTIER Les Québécois devront-ils patienter encore pour profiter des bienfaits de la fibre optique?Ils en bénéficient déjà, souvent sans le savoir.Lors- La nouvelle fibre monomode est constituée de telle sorte que tout le rayon lumineux, propagé selon un mode rectiligne, est concentré dans le cœur de la fibre.Fibre multimode Fibre monomode qu’un citoyen de Montréal s’informe du traitement de son rapport d’impôt au ministère du Revenu, c’est par l’entremise d’une liaison optique que le fonctionnaire consultera son dossier à Québec! Ce lien optique est obtenu grâce au « Réseau intégré de communications informatiques» du gouvernement du Québec.En opération depuis novembre 1985, ce réseau de transmission entre Québec et Montréal dessert plusieurs organisations gouvernementales dont la Régie de l’assurance automobile, la Régie des rentes et la Société des alcools.«La liaison entre les deux villes est maintenant assurée par un système radio de haute capacité (1,544 mégabits d’information par seconde), explique Gilbert Coutu, du ministère des Communications, mais la transmission par fibre optique entre les cinq centres de traitement situés à Québec a accru considérablement la qualité de nos communications et la gestion de nos services à la clientèle.» Ce réseau de communications informatiques sera bientôt complété par une seconde liaison entre les deux villes.La transmission se fera alors grâce à deux supports: la fibre optique et le système radio (microondes).D’ici là, le réseau intégré basé sur un lien à haute vitesse engendrera des économies de plus de L’implantation de la fibre optique dans les réseaux de télécommunications fut accélérée par la mise au point de lasers d’une précision et d'une durabilité accrues.500 000$ par année grâce à l’abolition de près de 100 liens physiques de télécommunications entre Québec et Montréal.Plus près de nous encore, la technologie de l’optique constituera l’épine dorsale d’un réseau qui pourrait révolutionner le domaine du transport routier.D’ici quelques années, des panneaux de signalisation reliés à des censeurs par un câble optique apparaîtront le long des autoroutes du Québec.Grâce à une variété de messages, ils préviendront les automobilistes de modifier leur conduite en fonction de l’état de la chaussée, des conditions climatiques, de travaux en cours ou de toute autre circonstance particulière.?42 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE LE VÉLO QUI GRIMPE VITE Sentier forestier, côte abrupte, chemin de gravier, nids-de-poule du centre-ville ou trottoirs, rien de tout cela n’effraie le vrai amateur de bicyclette tout terrain.Au contraire, ça l’excite.Ce qui fait la terreur du cycliste «ordinaire» fait sa joie.Il y a à peine cinq ans, le cyclisme hors-route n’existait pas au Québec, tout simplement parce que le vélo hors-route n’existait pas.D’origine californienne et fortement inspiré par le motocyclisme hors-route, ce nouveau vélo est en train de s’assurer une place de choix sur les étalages des commerçants et dans le cœur des amateurs de deux roues.Faute de données officielles sur ce phénomène nouveau, on peut estimer que 10, 15 ou peut-être 20% des deux roues à pédales vendus au Québec sont des vélos de montagne.Ce qui fait le charme de cette bicyclette robuste, c’est sa polyva- QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 lence.En plus d’être adaptée à la conduite hors des sentiers battus, elle est parfaitement à l’aise en ville et convient même aux randonnées routières sur dé courtes et moyennes distances.Au point même que la grande majorité des acheteurs de vélos de montagne ne vont pratiquement jamais en montagne en vélo.Ils ne tiennent pas à profiter de toutes les possibilités qu’offre leur monture et sont contents d’emprunter une petite route non pavée à l’occasion, de prendre le raccourci «en arrière d’la track» ou de rouler en ville en position plus verticale que sur un «10 vitesses» et sans se soucier des nids-de-poule.En fait, bien des amateurs de vélo de montagne expliquent leur choix par le constat philosophique suivant : «C’est l’fun».Avec le vélo tout terrain, on retombe en enfance, on saute les trottoirs, on passe partout.On s’amuse.Les manufacturiers ont mis peu de temps à comprendre la situation et à réagir.C’est pourquoi on retrouve maintenant essentiellement deux groupes de vélos tout terrain sur le marché: les vrais, pour mordus du hors-route (400 à 1 000$) et les vélos de montagne de ville, si vous nous permettez l’expression.Ces derniers coûtent moins cher, mais ils conservent l’apparence «montagne» et sont plus solides et polyvalents que les bicyclettes ordinaires.Quand leur budget le leur permet, bien des cyclistes décident de conserver deux vélos.Ils prennent leur bicyclette de montagne la plupart du temps pour se déplacer en ville, voir des amis, aller travailler, etc., et n’utilisent leur vélo de route que pour l’entraînement ou les randonnées de longue distance.Bref, on ne peut parler du vélo de montagne sans parler de son usage urbain puisqu’il n’y a probablement guère plus du quart des acheteurs qui en font un usage hors-route réel.De toute évidence, il y a un côté «mode» qui explique la popularité de ces vélos.Ce qui ne réduit en rien leurs qualités intrinsèques.Et les vrais amateurs de hors-route?Il y en a, bien sûr.Ils se sont même regroupés en association au début de l’année dernière.Basée à Québec, l’Association québécoise du vélo de montagne (AQVM, C.P.425, Haute-Ville, Québec, GIR 4R5) regroupait 200 membres en 1985 et croit bien atteindre les 400 cette année.De petits groupes dynamiques se sont formés un peu partout dans la province et ils travaillent à la promotion de leur sport.Une partie des pistes de ski de fond du mont Sainte-Anne, par exemple, ont été adaptées au vélo de montagne familial.D’ailleurs, comme l’explique Geneviève de Blois, de l’AQVM, les pistes de ski de fond constituent la base idéale d’un réseau de pistes cyclables hors-route.L’association 43 020102535353532353482753234800 • • • LES RAFFINEMENTS TECHNIQUES Le vélo de montagne est sensiblement différent de ses pairs.Presque chaque accessoire et chaque composante ont été étudiés et adaptés aux rigueurs de la conduite hors-route.Par exemple, pour négocier de longues descentes sur un terrain mouillé ou boueux, il faut pouvoir compter sur des freins fiables et puissants.On a donc mis au point un système de freinage à levier, plus direct et plus efficace, qui actionne de gros patins.La selle à tige télescopique peut être montée ou descendue en un tournemain pour abaisser au besoin le centre de gravité.Le cadre et les jantes sont beaucoup plus solides que sur une bicyclette ordinaire.La garde au sol du pédalier est plus importante pour ne pas accrocher les obstacles.Le guidon est plus haut et plus large pour permettre un meilleur contrôle, et les leviers de vitesses y sont fixés, plutôt qu’au cadre, pour qu’on n’ait pas à lâcher le guidon.Plusieurs ont jusqu’à 18 vitesses et des roulements scellés, à l’abri de l’eau et des éléments abrasifs.Les pneus sont munis de gros crampons pour bien mordre dans les sols incertains.Tous ces raffinements techniques expliquent le prix plus élevé des vélos de montagne.veut publier un répertoire de l’ensemble des pistes du Québec.Pour ceux qui aiment partir à la découverte de la nature, le vélo de montagne offre d’intéressantes possibilités encore peu exploitées.À vélo, on peut couvrir en un temps donné beaucoup plus de terrain qu’à pied et explorer toutes sortes de régions difficilement accessibles autrement.Un petit groupe de débutants pourra facilement parcourir une trentaine de kilomètres sans s’épuiser.On peut même partir camper quelques jours avec tente et bagages comme on le ferait en randonnée pédestre.Pierre René de Cotre! L’esprit humain est capable de tout — parce que tout y est inclus, le passé comme l'avenir.Joseph Conrad STERRE m’était contée Depuis sa formation, la Terre n'a cessé de se modifier.Des continents et des mers se sont formés, des montagnes et des volcans se sont élevés, et une végétation luxuriante est venue colorer et embaumer notre planète.Bien qu’il soit la plupart du temps imperceptible, ce processus de transformation n'en est pas moins continuel.La sphère terrestre est composée de quatre parties distinctes: le noyau interne, le noyau externe, le manteau, et la croûte terrestre qui forme la couche externe rigide de la Terre.La partie supérieure du manteau et la croûte forment la lithosphère.Cette dernière dont l'épaisseur varie entre 40 et 150 km, est constituée d'une douzaine de plaques majeures imbriquées les unes dans les autres qui forment le fond des océans et les continents.Ces plaques se déplacent sous l’action des mouvements de convection qui animent le manteau : la matière chaude monte vers la lithosphère, se refroidit puis redescend dans le manteau.Dans leur mouvement, il arrive parfois aux plaques de «glisser» l'une sous l'autre, comme c'est le cas le long de la côte ouest du Canada; en effet, les courants de convection poussent le fond de l'océan Pacifique sous le continent nord-américain.Les frottements engendrés par ce phénomène, dit de subduction, produisent une énorme quantité d'énergie, libérée soit sous la forme de séismes, fréquents dans la région, soit sous la forme d'éruptions volcaniques, ce qui explique pourquoi la plupart des volcans sont associés aux fosses de subduction.La poussée exercée par ce phénomène provoque également des plissements en bordure des continents.Ces plis engendrent, au fil du temps, des chaînes de montagnes.Pour mieux comprendre la formation de la Terre et les nombreuses modifications qu'elle a subies au cours des âges, Énergie, Mines et Ressources Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada parrainent le programme LITHOPROBE.Ce projet multidisciplinaire, mis en œuvre par des scientifiques canadiens provenant des milieux universitaires, gouvernementaux et industriels, leur permettra de tracer un modèle tridimensionnel (tomographie) de la lithosphère canadienne jusqu'à une profondeur de 40 kilomètres.Le programme LITHOPROBE a commencé en Colombie-Britannique en 1984.En effet, les mystères qui entourent la formation de l'île de Vancouver ont incité les scientifiques à choisir cet endroit pour procéder à la première phase du projet.Cinq ou six autres régions du Canada, choisies d'après leur intérêt géologique, feront aussi l'objet d'une étude «en profondeur».En dehors des méthodes traditionnelles d'observation, les chercheurs de LITHOPROBE ont recours à deux techniques sismiques: la sismique-réflexion et la sismique-réfraction.Pour la sismique-réflexion, des ondes de choc sont générées par de lourds camions vibrateurs et réfléchies par les discontinuités du sous-sol.Pour ce qui est de la sismique-réfraction, les ondes générées par diverses sources d'énergie sont déviées en passant d'un type de roche à un autre.Ces ondes sont ensuite captées par des géophones (détecteurs de vibrations du sol) disposés en surface sur plusieurs kilomètres et reliés, dans le cas de la sismique-réflexion, à un ordinateur central.Étant donné que la vitesse à laquelle se déplacent les ondes dépend de la densité et de I élasticité des roches, les scientifiques seront donc en mesure de dresser une tomographie du sous-sol canadien dans les zones étudiées.En plus de fournir des données intéressantes sur la composition du sous-sol canadien, le programme LITHOPROBE devrait avoir également des retombées économiques fort importantes.En effet, la connaissance de la lithosphère permettra aux scientifiques d'orienter les travaux d'exploration dont le Canada a besoin pour obtenir les minerais et les hydrocarbures nécessaires à son développement économique.Un film sur LITHOPROBE est actuellement disponible auprès d'EMR.Pour vous le procurer ou pour obtenir plus de renseignements sur ce programme, communiquez avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Tél.: (613) 995-3065 Énergie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada Canada AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE PUBLIREPORTAGE 12 SALOPARDS À BANNIR L} an dernier, un groupe d’associations de consommateurs et d’environnementalistes connu sous le nom de PAN, Pesticides Action Network, appelait à bannir «les 12 salopards» — the dirty dozen — 12 pesticides d’usage courant dans le Tiers-Monde et qui présentent des dangers certains pour la santé humaine.Parmi ces pesticides, on retrouve le DDT, le Para-thion, le 2,4,5-T, le Paraquat et le Chlordane.Cette année, le PAN poursuit son action et lançait, le 5 juin dernier, la «Déclaration d’Ottawa».Cette pétition appelle les scientifiques de tous les pays à se prononcer pour des solutions de rechange à l’utilisation de ces pesticides chimiques en agriculture.Un des premiers signataires de la Déclaration, le docteur Bernard Philogène de l’Université d’Ottawa, soulignait en conférence de presse que ces solutions de rechange pour lutter contre les insectes et ravageurs de cultures existent et se sont montrées très efficaces dans nombre de cas: «Les techniques de rotation des sols, alliées au contrôle par d’autres insectes, microbes ou virus, sont des solutions valables à long terme et qui permettent de briser le cercle de la dépendance chimique», affir-mait-il.Le PAN profitait de l’occasion pour lancer deux rapports, l’un insistant sur les aspects économiques des solutions de rechange, par Michael Hansen de la Consumers Union des États-Unis et l’autre, sur diverses expériences de contrôle biologique des ravageurs de culture dans le monde, par Terry Gips, d’un institut de recherche américain.Enfin, David Weir lançait The Bhopal Syndrome, un petit livre d’enquête sur la fabrication de pesticides dans le Tiers- TeApm Au Kenya, cet insecticide est vendu couramment sous cette forme : sans identification du contenu, sans étiquette et sans mode d’emploi.Monde.Sa conclusion n’est pas rassurante : «Non seulement un autre accident de type Bhopal est-il possible, dans l’état actuel des choses, mais il me semble inévitable à court terme.» Jean-Pierre Rogel FERMEZ GENTILLY 2! ¦ Le réacteur de Gentilly 2 laisse échapper dans l’environnement du tritium radioactif et du carbone 14, deux éléments connus pour provoquer des déficiences physiques et génétiques lors d’expériences à faibles doses sur les animaux.C’est l’une des raisons qu’invoque le Regroupement canadien pour la surveillance du nucléaire pour demander purement et simplement la fermeture de cette centrale.Dans une lettre envoyée récemment au conseil d’administration d’Hydro-Québec, le regroupement explique que «selon les chiffres publiés par les concepteurs du CANDU, la probabilité d’une rupture de tube dans le cœur du réacteur dépasse 25% sur une durée de vie présumée de 30 ans».Selon les deux cosignataires de la lettre, Gordon Edwards et Hélène Lajambe, le réacteur Candu n’est pas conçu pour faire face à une fusion.Il n’est pas doté d’un bâtiment à vide pour contenir les gaz radioactifs en cas d’accidents, comme en ont tous les réacteurs opérant en Ontario.Enfin, en plus d’exposer la population québécoise à d’importants risques financiers, écologiques et médicaux, Gentilly produit l’électricité la plus chère de la province, plus de 5 cents le kilowatt-heure contre 2,7 cents pour le kilowattheure de la baie James.«Hydro-Québec épargnerait une cinquantaine de millions de dollars en coûts d’opération par an en la fermant (la centrale) définitivement», concluent les auteurs de cette lettre.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 45 LE SEXE ET LA MORT Jacques Ruffié Éditions Odile Jacob Seuil, Paris, 1986 276 pages, 22,95$ Au point d’origine de sa démarche, Jacques Ruffié pose deux «énigmes» biologiques: pourquoi la grande majorité des espèces ont-elles recours à ce mécanisme incroyablement complexe et peu performant de la reproduction sexuée, alors que la reproduction végétative (le fractionnement des bactéries, par exemple) apparaît si simple?Pourquoi un tel investissement à toujours reprendre la vie à zéro quand il serait tellement plus économique de conserver les vivants déjà formés?D’emblée, Jacques Ruffié donne sa réponse: la reproduction sexuée n’est pas «efficace», au sens de l’ingénieur, mais elle est source d’innovation biologique constante, et garante à long terme de la survie des espèces.Il en va de même pour la mort, sans laquelle aucun renouvellement ne serait possible.Le sexe et la mort sont donc deux héritages de la même logique évolutive ! Cest en principe pour démontrer ce lien biologique entre Bros et Thanatos que Jacques Ruffié, immunologiste, titulaire de la chaire d’anthropologie physique au Collège de France, a entrepris la rédaction de ce livre.Le résultat est inégal : des passages m’ont littéralement fasciné, d’autres m’ont un peu ennuyé.Parlons du malaise d’abord : en 1976, Jacques Ruffié avait publié, chez Flammarion, un livre aussi massif qu’important.De la biologie à la culture, qui survolait toute la filière évolutive, de l’algue bleue à la guerre nucléaire.En 1982, il récidivait avec un autre ouvrage majeur.Traité du vivant (chez Fayard), puis, en 1985, Le vivant et l'humain (Centurion).Je n’ai rien contre le recyclage des bonnes idées, mais les cinq pre- miers chapitres de ce dernier-né, où l’auteur cède l’avant-scène aux données biologiques, me sont apparus fastidieux.Du déjà lu! Certes, beaucoup de lecteurs n’auront pas fréquenté les précédents ouvrages de Ruffié et un rappel était sans doute utile.Mais si c’est à des non-spécialistes que ces pages veulent s’adresser, l’auteur aurait gagné à utiliser un vocabulaire plus simple.Bref, au premier tiers du livre, l’entreprise me semblait patauger ! Lorsqu’il aborde successivement les préludes amoureux, les modes d’accouplement et de gestation, le rapport entre la sexualité et la socialisation, et l’étude de la place historique de la sexualité dans nos sociétés, Ruffié ose quitter les sentiers arides de la biologie expérimentale.Son propos y perd beaucoup en rigueur, mais que de pistes ainsi ouvertes ! Les puristes y déploreront quelques affirmations gratuites et bien des jugements moraux qui percent derrière le discours «objectif», une tendance à écarter trop rapidement de grands pans de la réflexion contemporaine (comme le courant de la socio-biologie que Ruffié évince d’une seule phrase lapidaire, en page 149, comme il l’avait déjà fait dans son premier livre de • 1976!), mais l’importance de cette remise en perspective (même partiale) de la sexualité méritait bien le risque de quelques écarts.Puis, après 225 pages sur la sexualité, Ruffié redevient biologiste, le temps d’expliquer (en 18 pages à peine) l’abc du vieillissement.La seconde partie du livre, sur la mort, ne couvre guère ensuite que 25 pages! Étrange déséquilibre: ce sont certes les plus personnelles du livre, au plan du témoignage et au plan de la «philosophie» humaniste que propose Jacques Ruffié.N’empêche que je n’ai pu m’empêcher de constater que, tout biologiste qu’il soit, Ruffié est aussi démuni que nous tous face à la mort.Son projet d’en démontrer le lien inéluctable avec la reproduction sexuée n’est qu’à demi réussi.Pierre Sormany CASTLEGUARD Dalton Muir et Derek Ford Centre d’édition du gouvernement du Canada Ottawa, 34,95$ Nombreux sont les touristes qui auront profité de l’Expo 86 de Vancouver pour visiter la Colombie-Britannique.11 est toutefois une région fascinante qui sera demeurée inaccessible: la vallée et la caverne de Castleguard, dans le parc national de Banff.En fait, cette caverne ne peut être explorée que l’hiver et par des spéléologues bien entraînés.Mais grâce à la magie de la photographie, ce livre nous la fait visiter.La vallée de Castleguard est un portrait de la façon dont les paysages se sont développés après le passage des glaciers, depuis la pierre que vient juste de libérer le recul du glacier jusqu’à la forêt dense qui se développe par la suite.La caverne, elle, est formée de plus de 18 kilomètres de tunnels et de couloirs.Une galerie porte d’ailleurs le nom de Boulevard du Québec car les premiers à la franchir étaient des Québécois de la Société québécoise de spéléologie.Cet ouvrage contient plus de 100 photos couleurs nous présentant la vallée de Castleguard et nous emmenant dans les différentes galeries de la caverne.Un court texte accompagne chaque photo.Cet ensemble photos-textes constitue en fait une initiation agréable et aisée à la géologie de la période glaciaire ainsi qu’à la spéléologie.Les auteurs sont l’un, Dalton Muir, photographe et biologiste s’intéressant plus particulièrement aux territoires glaciaires, et l’autre, Derek Ford, géographe étudiant depuis 20 ans les cavernes.Diane Dontigny DERNIERS LIVRES REÇUS Ils sont devenus mes enfants Jacqui Lee Schiff et Beth Day Inter.Édition, Paris, 1985, 219 pages Comment vaincre la peur Yves Lamontagne et André Gamache Éditions Québécor, collection Psychologie Montréal, 1985, 120 pages, 7,95$ S’autoguérir.c’est possible Marie-Lise Labonté Québec!Amérique, Montréal, 1986 208 pages L'intelligence artificielle Histoire d’une recherche scientifique Frank Rose Payot, collection Espace des sciences Paris, 1986, 253 pages Le mouvement Antoine Curgy et Ralph Hancock Épigones, Paris, 1986, 64 pages La Terre Antoine Curgy et Tom Williamson Épigones, Paris, 1986, 64 pages Approches du réel sous la direction de Marie-Odile Monchicourt Éditions Le Mail et France Culture Paris, 1986, 173 pages Guide des parcs nationaux du Canada Marylee Stephenson Éditions du Trécarré Montréal, 1986, 384 pages, 19,95$ Le développement agro-forestier au Québec et en Finlande Actes du colloque de l'ACFAS sous la direction de Jean Désy Cahiers de l’ACFAS, n° 39 Chicoutimi et Montréal.1985 249 pages.12$ 46 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE 5734 ^ I IMAGES DU FUTUR Dans les années 60, à leur propre étonnement, les mathématiciens ont inventé une nouvelle forme d’art.Grâce à la combinaison de l’ordinateur et de la table traçante, on pouvait désormais construire des images à partir de ces formules rebutantes dont on pense la plupart du temps qu’elles ne servent pas à grand-chose.Depuis, pas mal d’artistes se sont intéressés à l’affaire si bien que, maintenant, la plupart des pays industrialisés peuvent aligner une importante production artistique obtenue grâce à l’ordinateur.Cet été, du 12 juin jusqu’au 2 septembre prochain, ceux qui s’intéressent aux images de synthèse peuvent satisfaire leur curiosité en visitant, au Vieux-Port de Montréal, l’exposition Images du futur.Pour l’occasion, on a fait venir dans l’ancienne gare maritime Louis-Jolliet pas moins de 800 œuvres d’une dizaine de pays.Dans l’immense hangar occupant l’extrémité du quai King-Edward, le visiteur pourra se gaver d’images futuristes, exposées sous forme de vidéos, d’agrandissements photographiques ou de gravures électroniques.Au cours des trois mois que durera l’exposition, le grand public pourra, en plus de voir une importante partie de la production mondiale d’images de synthèse, découvrir comment les artistes de l’ère électronique procèdent pour créer ces «nouvelles images».Dans ce but ont été prévus: des ateliers d’information, constitués de bandes vidéo ou de panneaux explicatifs, des ateliers de démonstration où les visiteurs pourront voir à l’œuvre divers systèmes et, enfin, des ateliers interactifs où les visiteurs pourront eux-mêmes explorer les possibilités créatrices de l’informatique appliquée à l’art pictural.Sont représentés dans l’exposition par des œuvres graphiques réalisées à l’aide de l’ordinateur: le Canada, la France, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Hollande, le Brésil et les États-Unis.La France, qui occupe dans la discipline une place de choix dans le peloton de tête, aux côtés des Japonais et des Américains, est l’invitée d’honneur de l’exposition Images du futur.Son importante participation permettra d’ailleurs au public de voir une production très diversifiée, qui s’éloigne de plus en plus (heureusement) du style spirographe.On note, par exemple, parmi les thèmes proposés: les applications scientifiques de l’image synthétique dans des domaines comme la santé, la télédétection, la météorologie, l’environnement, la cartographie, la tomographie et la résonance magnétique nucléaire.Quant au Canada, il n’est pas en reste avec une représentation composée d’une vingtaine d’organismes et d’une trentaine d’artistes indépendants.À signaler: l’atelier de Nadia Thalmann, de l’Université de Montréal; l’Office national du film et l’animation par ordinateur; l’atelier d’Édimedia/Vidéotron qui montre comment les médiatiseurs créent sur le système Télidon les pages d’information diffusées sur le câble; la présence de plusieurs universités dont Waterloo, réputée pour ses recherches avancées en informatique.Si vous aviez prévu aller à Vancouver, allez-y quand même ; n’empêche que Images du futur s’annonce comme un événement majeur au Vieux-Port de Montréal cet été.Organisé par la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, l’événement a été conçu pour le grand public qui y trouvera maintes réponses à ses questions sur les nouvelles technologies de l’image.La Cité, accueillie cet été par le Vieux-Port de Montréal, se propose d’offrir dans l’avenir une programmation à l’année touchant toutes les formes d’application des nouvelles technologies à la création artistique.Les organisateurs ¦§¦ et coprésidents, Hervé Fisher et Gi-! nette Major, préparent déjà pour T l’année prochaine une seconde expo-= sition où le Japon tiendrait cette fois o la vedette.ë Mme Ginette Major, actuellement | directrice générale de la programma-q tion à Vidéotron, est également con-o nue pour son ouvrage sur le cinéma t québécois intitulé : Le cinéma québé-o cois à la recherche d’un public.Quant à M.Hervé Fisher, la meilleure publicité dont il ait bénéficié jusqu’à maintenant fut son arrestation par la police de Québec en 1981, alors qu’il s’apprêtait à commettre une performance d’art sociologique consistant à installer des panneaux de signalisation imaginaire.Aujourd’hui, Hervé Fisher n’est plus qualifié de «subversif» ou de «craqué» par les médias.Ses projets sont même considérés avec un certain sérieux, comme en témoignent, entre autres, la publication de L’Oiseau-chat (sur l’identité québécoise) aux éditions La Presse en 1983, et l’ampleur de l’événement Images du futur.Prenant la parole lors de l’ouverture de l’exposition, Hervé Fisher, saluant au passage les pionniers et les nombreux artistes de l’image synthétique, déclarait que notre époque a remplacé l’esthétique des beaux-arts par l’esthétique électronique.Une formule séduisante qui ne manquera pas, cependant, de faire sourciller plus d’un historien de l’art moderne.QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 47 LES TITS MOTS D E L A F I N LA FRONTIÈRE DU MENSONGE ^ FRANCE nft&a Le Rhin aurait-il un pouvoir qu’on lui ignorait jusqu’ici?Figurez-vous qu’il a stoppé tout net le nuage radioactif émis par la centrale soviétique de Tchernobyl ! Sur une de ses rives, du côté de la RFA, les autorités ont annoncé, très vite après la catastrophe, une augmentation importante de la radioactivité et décrété des mesures de sécurité.Mais à Strasbourg, à quelques kilomètres de là, il n’y avait «aucun problème», affirmait le gouvernement français et.aucune recommandation particulière.Pourtant, on a appris, quelque temps après, que la radioactivité avait bel et bien augmenté de 200, 300, voire même 400 fois dans certains points du territoire français.Le mensonge était énorme et il est devenu encore plus flagrant lors de l’annonce faite le 11 mai par les autorités françaises disant que «tout risque théorique de catastrophe» était désormais écarté.COÏNCIDENCES FRAPPANTES Il y a cent ans que le procédé de fabrication de l’aluminium par électrolyse a été découvert.Il le fut même deux fois, puisque, à sept semaines d’intervalle, un Français, Paul Héroult, et un Américain, Charles Hall, déposèrent tous les deux le même brevet.Le plus étonnant, c’est que ces deux hommes, qui ignoraient tout l’un de l’autre, avaient tous les deux 22 ans en 1886, étaient nés à la même date et qu’ils moururent tous deux en 1914 de la fièvre typhoïde! SI LA PHOTO EST BONNE.Eh bien non, la photo n’était pas la bonne ! La légende qui accompagnait le cliché de microscopie électronique dans la revue Science présentait le HTLV III, alors qu’il s’agissait en réalité du LAV, le virus du SIDA identifié par l’équipe française du professeur Montagnier.La coquille est grosse et même difficile à avaler quand on connaît les précautions qui entourent la publication de ce genre d’articles.D’autant plus que le professeur Gallo, «père» du HTLV III, a attendu près de deux ans pour faire paraître son rectificatif! Voilà qui va jeter de l’huile sur le feu dans les «guéguerres» juridico-scientifiques que se livrent l’équipe américaine du professeur Gallo et les chercheurs de l’Institut Pasteur.HEUREUSES CHIENNES Le laboratoire Nord Matériel Médical vient de mettre au point un tampon contraceptif pour chiennes.Il est à la fois contraceptif et hygiénique, puisqu’il évite le désagrément des pertes sanglantes des chiennes pendant leurs chaleurs.Les chiennes pourront donc vivre leur vie sans encombrer leurs maîtres de portées de chiots dont, souvent, ils ne savent que faire.En plus, elles ont bien de la chance : ce tampon existe en trois tailles selon la corpulence de l’animal, et se vend avec applicateur.Pour les femmes, les tampons contraceptifs se font en une seule taille.Petit?u i .1 CHIENNE v-lllll MOPERNE ET ACTIVE lOJAMfONS I Réguuegsl ECHANGE DE BIENFAITS Ce petit crabe, le Daphnia pulex, se nourrit essentiellement d’un type d’algues qui pousse dans les étangs.Or, aussi étonnant que cela paraisse, plus 'il y a de daphnies dans un étang, plus la végétation se porte bien et se reproduit rapidement.La raison?Robert W.Stern, de l’Université du Minnesota, vient de la trouver, et elle est somme tout^ fort simple: les daphnies fertilisent constamment l’eau de l’étang de leurs déjections, puis de leurs cadavres lorsqu’ils meurent.Tout en s’en nourrissant, ils fournissent donc de l’engrais aux algues de l’étang et renouvellent sans cesse leur source de nourriture.HISTOIRE VRAIE Son médecin avait beau lui dire qu’elle ne souffrait d’aucune maladie, Madame ne se sentait pas bien.Elle se décide donc à aller voir un magnétiseur qui, lui, diagnostiqua une lésion du col de l’utérus.Seulement voilà, le «fluide» aurait du mal à atteindre une région aussi profonde.La solution?Y faire parvenir du sperme magnétisé; et pourquoi pas, celui du magnétiseur, par la méthode naturelle?Chose dite, chose faite.Madame suivit consciencieusement son «traitement» (non remboursé!), jusqu’au jour où la femme du magnétiseur fit irruption au milieu d’une séance, dont elle ne saisit pas la valeur thérapeutique.Du coup, Madame se mit, elle aussi, à en douter et voulut porter plainte.Mais sous quel motif?Elle était consentante et on ne pouvait pas dire que le «traitement» avait été vraiment néfaste ! 48 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIENCE Illustrations: Jacques Goldstyn f i uiN CULTURISME GENT CANINE AMAZONIE Twiggy, ce mannequin d’une maigreur presque squelettique, c’était il y a 20 ans.Aujourd’hui, la mode, ce sont plutôt les muscles développés au maximum par des efforts intenses et soutenus.Le culturisme a fait son entrée chez les femmes.Un reportage de Claude Forand On n’a plus besoin de vanter le flair de la gent canine.Il ne sert pas qu’à poursuivre le renard, mais aussi à retrouver la personne disparue en forêt, à dépister le brigand en fuite ou encore à détecter la drogue bien cachée.Un article de Phillis Leclerc La forêt amazonienne qui recule devant le développement économique, en dépit des impératifs de l’écologie.Ève-Lucie Bourque, qui s’est rendue sur place, nous présente cet écosystème unique au monde 1 I PRÉSIDÉ HOTEL CENTRE AM VOUS DÉMÉNAGEZ?Collez, dans l'espace disponible, l'étiquette qui se trouve sur la page couverture de votre magazine = l -i Q.^ c O CD O N II > 3 Û) Q O" C O 3 3 CD CD < CD Q) Q- ^ C/5 Q>- C/5 Q- 0 ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CECOUPON D'ABONNEMENT Au Canada: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 25$ ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 44$ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 35$ ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros) 61 $ En France: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros) 225 FFtt.c ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros) 385 FFt t.c.?Abonnement ?Réabonnement ?Changement d adresse 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 _l 1 1 1 1 1 1 1 1 \ 1 1—1—i 31 | NOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1^L 1 1 LBJ 60 LU 61 1 PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 i i i l l 1 1 1 1 u 00 O 7 8 9 1 NUMÉRO 1 1 1 1 1 1 RUE l 1 1 1 1 APP 1 1 1 1 1 l 28 J 1 29 1 L VILLE 1 1 1 1 L—L i i i i i PROVINCE 1 1 1 1 L.48 -J 1 TÉLÉPHONE 1^1 l j 1 68 69 CODE 74 ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n°- ?Mandat postal Date d'expiration- Signature_____________________________________________________ Faites votre chèque à l'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: 657-3551, poste 2854 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 1er juin 1987 QUÉBEC SCIENCE • AOÛT 1986 49 77 LES SALAMANDRES DU QUÉBEC Pourriez-vous, dans la mesure du possible, me fournir des informations sur les salamandres?Marc Saint-Jean Cantley Vous trouveriez sûrement beaucoup d'informations dans le livre Guide des batraciens de l’Amérique du Nord (Hobart M.Smith et Sy Barlowe, Éditions Marcel Broquet, Montréal, 165 pages).Comme le titre l’indique, il s’agit d’un guide destiné à servir à identifier les grenouilles, >, crapauds et aussi salamandres.Presque la moitié du livre leur-est consacrée.LES 8 OU 16 BITS?Je suis un fervent lecteur de votre chronique «Infopuce» qui paraît mensuellement dans Québec Science.Je trouve que vous avez toujours le mot juste pour décrire simplement le domaine de la micro-informatique populaire.J’aimerais connaître votre avis sur j l’éventuel avenir des micro-ordinateurs [ à micro-processeur 8 bits, principalement i pour des applications domestiques et personnelles.Est-ce que «leurs jours sont réellement comptés»?Je sais très bien qu’avec la chute des prix des appareils «plus avancés» à 16 bits, et l’incroyable gamme de logiciels dont ils disposent, le choix semble facile à faire.Mais en est-il vraiment ainsi?(.) Qu’est-il devenu de ce fameux CP/M pour ces appareils 8 bits?Il n’y a pas si longtemps, ces derniers jouissaient d’un parc de logiciels CP/M presque aussi étendu, varié et efficace que leurs populaires successeurs.Que sont devenus tous ceux qui produisaient du logiciel pour ce type de machine et ce système d’exploitation CP/M?Et surtout, qu’est-il advenu de tous ces programmes?En trouve-t-on encore facilement sur le marché?Bref, le système d’exploitation CP/M constitue-t-il encore un bon achat pour les ordinateurs personnels à 8 bits?Ou alors a-t-il définitivement rendu l’âme?Guy Mercier Sainte-Foy En fait, je pense que les micro-ordinateurs à processeurs 8 bits ont encore beaucoup d’avenir, surtout dans le cas d’applications domestiques et personnelles.On peut les utiliser sans problème pour faire du traitement de texte, pour communiquer, pour utiliser une vaste bibliothèque de logiciels éducatifs, utilitaires et même de gestion (bases de données, tableurs,.).Qu’ils utilisent ou non le CP/M, ils n’ont rien perdu de leurs qualités.D’autres appareils plus rapides leur ont succédé sur les rayons des marchands mais il faut traiter de grandes quantités de chiffres ou gérer de grandes quantités de données pour en tirer vraiment profit.La plupart des gens qui ont acheté un appareil 16 bits au cours des deux dernières années pourraient faire sur un 8 bits tout ce qu’ils font avec leur ordinateur actuel.On peut comparer cette situation à celle de l’achat des automobiles.Certaines personnes préfèrent payer 16 000$ un véhicule avec lequel ils ne feront rien de plus que s’ils en avaient acheté un à 8 000$.Les logiciels et les périphériques pour appareils 8 bits sont aussi moins chers que ceux des appareils 16 bits; autant en profiter ! Des milliers de logiciels ont été,écrits pour les appareils utilisant le système d’exploitation CP/M, mais ils \sont aujourd’hui plus difficiles à trouver dans le commerce.On peut s’en procurer dans certains magasins où l’on se fera un plaisir de les commander pour vous, ou encore par les petites annonces de revues américaines.François Picard INFO-CANCER Plusieurs lecteurs nous ont demandé des j: informations sur Info-cancer.Il s’agit d’un centre de renseignements téléphoniques fournissant aux personnes atteintes de cancer, à leur entourage et au public en général, des informations sur les types de cancer, les causes, la prévention, les différents traitements et leurs effets secondaires, les ressources et services en ; cancérologie au Québec, etc.On peut rejoindre ce centre en composant 522-6237 si on est de la région de Montréal ou, si on est de l’extérieur de Montréal, 1-800-361-4212.AVEC IIMFOPUQ, PROFITEZ AUJOURD'HUI DES COMMUNICATIONS DE DEMAIN! INFOPUQ, c'est aussi un service de communication destiné autant aux particuliers qu'aux gens d'affaires, aux chercheurs et même aux élèves d'écoles primaires et secondaires.De plus en plus d'utilisateurs d'INFOPUQ profitent du courrier électronique et des conférences par ordinateur.Les uns s'en servent pour rejoindre des parents ou des amis, d'autres pour communiquer avec des collègues ou pour «rencontrer» des personnes qu'ils ne connaissaient pas jusque-là.Certains se sont même fait des amis de cette façon.Amis qu'ils ont pu voir par la suite.Le service de courrier électronique coûte 15$/heure entre 8 h et 18 h, 6$/heure entre 18 h et 23 h, 4$/heure entre 23 h et 8 h.Les conférences ne coûtent que 8$/heure entre 8 h et 18 h, 4$/heure le reste du temps.Pour information ou recevoir notre dépliant: INFOPUQ 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Qc G1V2M3 ou (418)657-3551 50 AOÛT 1986 • QUÉBEC SCIEN! 67 LA SERIE La vie des Amérindiens racontée aux enfants Tout au long de neuf merveilleux contes abondamment illustrés en couleur, faites découvrir aux enfants la vie des Amérindiens d'autrefois.Avec Kanien, Kowa, leur grand-maman Hiro et Hiawatha le chef Mohawk, les enfants apprendront à connaître l'environnement de ce peuple et pourront revivre, comme s'ils y étaient, ses activités quotidiennes telles la pêche, la chasse et l'agriculture.Grâce à un petit lexique, à la fin de chaque récit, qui définit clairement les quelques mots ou expressions plus difficiles et les termes relatifs au milieu amérindien, les jeunes lecteurs comprendront mieux les rites, traditions et croyances de leurs amis les Stadaconé.9, \.rtkikïrioti " .; o | |Jlujlr.rtj0|n»flc Jw!inçOu.d!ç«j, g B O ! B CcsStaciacono p 1 ^héritage «ctndnccnw „ L9cs ^tadacoru.îÿ-rjr /J Pour les intéresser à de nouveaux apprentissages, puisez dans le Gu/de pédagogique et utilisez la magnifique affiche murale TEWEGAN sur l'histoire et la géographie des nations amérindiennes du Québec qui complètent la série.L'auteur Michel NOËL, ethnologue, a publié plusieurs récits, contes, livres, traitant des cultures amérindiennes.Johanne OUELLET, quant à elle, a illustré de nombreux ouvrages qui lui ont valu des mentions et prix.En vente chez votre LIBRAIRE ou chez l'éditeur en postant ce coupon: Veuillez m'expédier les titres cochés 0 Prix Quantité Total Q 039 ?GUIDE PÉDAGOGIQUE.21,5 » 28 cm, 12 pages 3,95$ Q040 ?AFFICHE MURALE (TEWEGAN).86x60cm 2,95$ 0 041 ?N° 1 LES ANCÊTRES 3,95$ 0 042 ?N° 2 L'ÉLOQUENCE 3,95$ 0 043 ?N° 3 L'HÉRITAGE 15 x 21,5 cm, 24 pages 3,95$ 0 044 ?N° 4 LE VISITEUR 15 x 21,5 cm, 24 pages 3,95$ 0 045 ?N° 5 LA COUTUME 15 x 21,5 cm, 24 pages 3,95$ 0 046 ?N° 6 L'ORIGINE 15 x 21,5 cm, 24 pages 3,95$ 0 047 ?N° 7 LA PEUR NOIRE 15 x 21,5 cm, 24 pages 3,95$ 0 048 ?N° 8 LA CORVÉE 3,95$ 0 049 ?N° 9 LE GROGNON 3,95$ $ $ $ £ j?£ £ £ $ ?SPÉCIAL POUR LA SÉRIE.9 contes, 1 guide pédagogique, 1 affiche murale 38,50$ $ TOTAL $ Nom ___ Adresse Code postal ?Chèque ?Mandat postal ?Mastercard ?Visa N°________________________- Date d'expiration- Signature _____________________________________________________ Expédiez à Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: 657-3551, poste 2860 Le ministère des Affaires culturelles du Québec a contribué au financement de cette annonce publicitaire. 4e Conférence Annuelle En Gérontologie De LInrs-Santé JEUDI, 28 AOÛT 1986 PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL PROGRAMME BT" Thème général : Le rôle du génome dans le vieillissement.Dr George Martin (University of Washington, Seattle) : «Genet/c Modulations of Gerontogenesis» Dr Pierre Sinet (Laboratoire de biochimie génétique.Hôpital Necker, Paris) : «Radicaux libres et syndrome de Down : modèle génétique».Dr Harold Woolhouse (John Innés Institute, Norwich): «Genetic Aspects of Plant Senescence Programmes ».La quatrième conférence annuelle en gérontologie de l’INRS-Santé se tiendra le jeudi 28 août 1986 au Palais de! Congrès de Montréal, 201, avenue Viger Ouest (Métro Place d’Armes).Les présentations seront données entre 9 h 00 et 12 h 00 et entre 13 h 30 et 16 h 30 (salle 408 ABC) Présentation topique: Dr James Mortimer (University of Minnesota Medical School, Minneapolis): «The Enigma of Alzheimer's Disease: Etiology and Epidemiology»."I Université du Québec Institut national de la recherche scientifique .1 PRÉ-INSCRIPTION Étudiants à plein temps 15$ Professionnels de la santé et autres 40 L’inscription comprend le coût de la traduction simultanée, de deux services de café et du vin d’honneur après la conférence.Paiement Chèque ou mandat-poste (à l'ordre de «INRS-Santé» Date limite de pré-inscription 15 août 1986 (tel qu'en fait foi le cachet d’oblitération) • Après cette date,des frais d’inscription seront de 25$ (pour le étudiants à plein temps) et de 60$ (pour les professionnels de I santé et les autres), perçus le jour de la conférence.• Les pré-inscrits qui ne pourront se présenter à la conférence seront remboursés sur avis avant le 15 août 1986.• Chaque participant doit remplir un formulaire d’inscription et I paiement doit accorppagner le formulaire de pré-inscription.• Le 28 août 1986, il sera possible de s'inscrire à partir de:7 h 45 Pour plus de renseignements, communiquez avec le secrétariat d CAGIS 86 à l'INRS-Santé: (514) 253-2832.
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