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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2000, Collections de BAnQ.

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2070, l'odyssée de ma maison il ER Volume 38, numéro 6 | Mars 2000,4,35 S NQ La Terre, aval i 'i-Û trou noir ?Faut-il avoir peur de la physique moderne ?Une expérience qui aura bientôt lieu aux États-Unis soulève la controverse.Enquête sur une forêt disparue x v A, r \i > 4 n ihronopharmacologie 'S& L'heure de la pilule 3\ l'w.73333 01994 9 %.?r.v: En couverture La machine à fabriquer le Big Bang La physique moderne est-elle tombée sur la tête ?Probablement pas.Mais il y a lieu de se demander, comme l’a fait notre journaliste Jean-Marc Fleury — lui-même physicien de formation —, si la toute nouvelle « machine à briser les atomes de Brookhaven, près de New York, ne brisera pas le monde ».L’expérience ?Provoquer la collision d’atomes d’or lancés à une vitesse très proche de celle de la lumière (300 000 kilomètres à la seconde).On a peine à imaginer la force de cette collision frontale sans précédent.Mais les chercheurs supposent, à la lumière de leurs connaissances, que cela nous renseignerait sur ce qui a pu se produire lors des premières fractions de seconde de TUnivers.Et que ces expériences nous en apprendraient davantage sur la mécanique qui anime les quarks, les gluons, les protons et les antiprotons, les électrons et les antiélectrons.Les experts appelés à donner leur avis sur les risques inhérents à ces travaux de pointe ont indiqué qu’il y avait peu à craindre.Vraiment très peu.Mais, même infinitésimale, la possibilité d’anéantir le monde en provoquant la création d’un trou noir n’est-elle pas déjà trop élevée ?Nous ne saurions répondre.Mais la lecture de ce reportage ne peut nous empêcher de constater à quel niveau de complexité et d’hermétisme en est arrivée la physique dite « des particules ».Dans un tel contexte, comment le néophyte peut-il se faire une idée exacte de la problématique ?Il n’est donc pas étonnant que ces recherches avancées soient mal comprises et qu’elles inspirent toutes sortes de craintes.Au fond, il nous manque peut-être un Hubert Reeves, un Albert Jacquard ou un Stephen Jay Gould de la physique des particules.• • • Art et science Le Québec Science des années 90 doit beaucoup à son directeur artistique, Normand Bastien.Tout en subissant les affres des textes et des photos qui tardent à arriver, les caprices des journalistes — et du rédacteur en chef —, il a réussi à produire avec zèle, patience et talent quelque 4 000 pages de votre magazine préféré.Celui que vous tenez dans vos mains est le dernier qu’il signe, puisqu’il nous quitte pour d’autres horizons graphiques.On s’ennuie déjà.Raymond Lemieux Québec TTW.liée par un trou noir?Actualités Tohu-bohu pour Tau Boôtis Cette fois, c’est vrai ! Les astronomes britanniques ont directement détecté une planète extrasolaire.Et c’est un monstre.Par Vincent Sicotte Vitamines : il y a des dangers Les vitamines, c’est comme autre chose : il faut consommer avec modération.Par France Picard B De la pollution à la tonne Le « plus beau pays du monde » ?Les derniers chiffres officiels de la pollution industrielle canadienne et québécoise.Par Raymond Lemieux 10 Problèmes de plomberie Les petits conduits qui composent les appareils de dentiste peuvent être infestés par des bactéries pas très recommandables.Par Catherine Dubé 12 2 temps 3 mouvements 14 La planète ADN Saumons et merveilles ?Par Jean Pierre Rogel Chroniques Dimension cachée L'aimant qui sauve les vaches Par Raynald Pepin 46 Internet La revanche du postier Par Philippe Chartier 48 Jeux Par Jean-Marie Labrie 49 Science et culture 50 Têtes d'affiche Kathy Reichs : « Ne faites pas ce que j'écris.» Par Marie-Pier Elie Hi 2 Québec Science / Mars 2000 Én Sommaire ,Hefsl' >i!’ M iW La maison évolué.Æm \j Autant fera-t-elle de la place à la technologie informatique de poitït^ autant affirmera-t-elle le retour des mat^rr traditionnels.5 Par Louise Desautels 32 2070, l'odyssée de ma maison Il s’appelle William.Il est anthropologue.Visitez-le en 2070.Par Annick Duchatel ¦‘s* Pas d'évo-H lution sans culture Un extrait de l’essai Chair et métal.Une mise en perspective peu habituelle de la science et de la culture.Par Ollivier Dyens 16 La Terre avalée par un trou noir ?La physique de pointe soulève des inquiétudes.Ira-t-elle jusqu’à provoquer la fin du monde ?Une expérience prévue dans un accélérateur de particules américain a récemment créé toute une controverse à ce propos.Par Jean-Marc Fleury Chronopharmacologie : « C'est l'heure de la pilule.» Finie la prise de médicaments trois fois par jour à heures fixes.La physiologie humaine n’est pas réglée comme une machine après tout ! La médecine privilégie de plus en plus une bonne dose au bon moment.Nous assistons aux premiers pas de la chronopharmacologie.Prometteur.Par Catherine Dubé Québec Science / Mars 2000 Suggestion de lecture Pour ceux qui se sont intéressés à l’article sur l’Acanthos-tega (décembre 1999-janvier 2000), Robert Loiselle, de Chicoutimi, nous invite à lire At the Water’s Edge (The Free Press, 1998).Carl Zimmer y présente toute une série de nouveaux venus qui s’ajoutent à Acanthostega et à son vieux cousin Ichthyostega.Plusieurs lecteurs ont d’ailleurs manifesté leur intérêt pour cet article qui a réussi « à rendre vivant un sqjet mort depuis si longtemps ».Ce satané calendrier Quelques-uns de nos lecteurs auraient bien voulu trouver une faille dans le raisonnement de Fabien Gruhier (« Nous sommes déjà en 2004 », décembre 1999-janvier 2000).Et ils s’interrogent sur ce Hérode qui a coexisté avec Jésus : pourquoi le choisir, lui, comme référence ?C’est que Hérode 1", mort en 4 av.J.-C., ordonna le massacre des saints Innocents peu de temps après la naissance de Jésus, selon l’Évangile de saint Matthieu.Jésus était donc né quand Hérode est mort.Par contre, une véritable erreur s’est glissée lors de l’édition de l’article.À la page 24, il aurait fallu lire que c’est en l’an 1285 de Rome que le moine Denys le Petit a voulu remettre le compteur à zéro.Nos excuses à Fabien Gruhier, ainsi qu’à François Francœur et à ses collègues, pour les maux de tête que cette erreur-leur a occasionnés.Cette énigme était devenue un véritable défi pour eux ! Prise deux Nos plus sincères excuses à Monsieur Jacques Beaulieu que nous avons mal identifié sur-une photo publiée dans l’article « Le canal lumière » (juin 1999 et Album 100 ans de science).Celui qui a vu à la mise au point du premier laser québécois est à gauche de la photo, et non au centre tel que nous l’avions indiqué.Il est accompagné du technologue Martin Haie (au centre) et du docteur Maurice Gravel (à droite).Le siècle le plus meurtrier L’épilogue de notre dossier « 100 ans de science » (décembre 1999-janvier 2000) a alimenté les réflexions.À l’instar de nos 30 personnalités, Yvonnick Roy, de Québec, s’est interrogé sur le fait scientifique marquant du dernier-siècle.« Est-ce qu’on se trompe en affirmant que le XXe siècle fut le plus meurtrier de l’histoire humaine, en partie à cause des découvertes scientifiques dont les applications échappèrent à leurs con- cepteurs ?Si cette affirmation est “scientifiquement démontrée", alors la création de la Société des Nations, remplacée depuis 1946par l’Organisation des Nations unies, constitue à mes yeux l’événement le plus remarquable du dernier siècle.Cette tribune internationale où se discutent les droits et les responsabilités des nations envers les populations est capitale pour la survie de l’humanité.» Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent.La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.lence CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 courrier@QuebecScience.qc.ca www.cybersciences.com DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Directeur de l'administration : Marc Côté Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Natalie Boulanger Ont collaboré à ce numéro : Emmanuelle Bergeron, Philippe Chartier, Louise Desautels, Olivier Dyes, Annick Duchatel, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Jean-Marc Fleury, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Raynald Pepin, France Picard, Jean-Pierre Rogel et Vincent Sicotte Photos/illustrations : Marc Cuadrado, Réal Godbout, Laurent Leblanc, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Luc Asselin PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Diffusion et promotion : Hélène Côté Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger 1 an (10 numéros) 41,35$ 54$ 2 ans (20 numéros) 71,26$ 95$ 3 ans (30 numéros) 98,87 $ 139$ À l'unité 5,00$ Non disponible Groupe (10 ex./même adresse) 37,60 $ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, Rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Tél.: (514)875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 PUBLICITÉ Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans VIndex des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) Q i+i Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Industrie Canada Industry Canada Membre de : The Audit Bureau CPPA & Magazines du Québec Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l’Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 4 Québec Science / Mars 2000 Actualités Tohu-bohu pour Tau Boôtis Les astronomes britanniques sont en émoi : ils ont pour la première fois détecté de la lumière en provenance d'une planète extrasolaire.Elle gravite autour de l'étoile Tau Boôtis à 50 années-lumière de nous.Par Vincent Sicotte Vue d'artiste d'une exoplanète.Celle qui tourne autour 1 de l'étoile Tau Bootis aurait une masse huit fois plus importante que Jupiter.En plus, elle fera le tour de son étoile en 3,3 jours ! Des astronomes ont enfin vu la lumière ! Une équipe écossaise a réussi à observer directement, pour la première fois, une planète extrasolaire.Cette observation confirme de façon éclatante l’existence de ces planètes détectées indirectement depuis cinq ans.Elle ouvre en outre la voie à l’étude de ces mondes étranges, de leur atmosphère, de leur structure et de leur formation.Tau Boôtis est une étoile somme toute assez banale, comme notre Soleil.Elle est située à 50 années-lumière dans la constellation du Bouvier {Bootes, en latin), et a été observée par l’équipe d’Andrew Collier Cameron, de l’Université de St.Andrews en Écosse, avec le télescope William Herschel (4,2 m) situé à La Palma, en Espagne.Le choix n’était pas fortuit, car on sait que cette étoile est accompagnée d’une planète.Celle-ci a été découverte en 1997, grâce à la technique habituelle : la détection d’une oscillation dans la vitesse de l’étoile, provoquée par la translation de la planète.Cette technique a néanmoins des limites.« Elle révèle la présence d’une planète autour d’une étoile, mais, mis à part une estimation de sa masse, ne dit rien sur la planète elle-même », explique Andrew Collier Cameron.Est-ce une planète rocheuse ou gazeuse ?Quels gaz composent l’atmosphère ?Comment s’y forment les nuages ?Pour étudier la planète, on devrait recueillir la lumière qu’elle réfléchit, si faible soit-elle, et l’analyser.C’est l’exploit qu’il a réalisé avec son équipe.Leurs résultats ont été publiés dans la revue Nature du 16 décembre dernier.« C’est un formidable tremplin vers l’étude de la chimie et de la physique de ces exoplanètes, de leur atmosphère et, éventuellement, de leur structure et de leur formation », explique l’astronome.Ces exoplanètes sont des mondes étranges : toutes géantes comme Jupiter, elles gravitent très près de leur étoile et sont donc très chaudes.D’ailleurs, ce qu’on croyait savoir de la formation des systèmes planétaires a déjà été quelque peu bouleversé par ces exoplanètes [voir Québec Science, septembre 1999], Dans le système de Tau Boôtis, la lumière de l’étoile est réfléchie par la planète, de la même façon que la Lune réfléchit vers nous la lumière solaire.En étant plus ou moins absorbée, cette lumière met en évidence certaines caractéristiques de ce qu’elle a touché, tout comme l’éclat différencié de la Lune nous permet de distinguer les mers des continents, ces derniers étant constitués de minéraux différents.Cependant, cette pla- nète luit très faiblement : son éclat est 30 000 fois plus faible que celui de l’étoile.En plus, elle occupe une orbite basse, vingt fois plus que la Terre par rapport au Soleil.Dans le ciel, ces deux points brillants ne sont jamais séparés davantage que par l’épaisseur d’un cheveu.placé à sept kilomètres ! Même le télescope i/wô&te ne pourrait les distinguer.Comment les astronomes ont-ils pu isoler la lumière de la planète ?Ils ont tiré profit du fait qu’elle se déplace très vite sur son orbite, à 152 km/s.Sa période de 3,3 jours (son « année » !) induit un effet Doppler assez facilement repérable.En outre, la lumière réfléchie par la planète conserve l’empreinte produite par les éléments chimiques présents dans l’étoile, son spectre.« Ce que nous avons cherché était une copie du spectre de l’étoile, plus pâle, oscillant vers le bleu et vers le rouge selon une période de 3,3 jours », explique Andrew Collier Cameron.Grâce à cette lumière, l’équipe a réussi à découvrir que la planète est une vraie géante, avec une masse égale à huit fois celle de Jupiter, et un diamètre presque deux fois plus grand (1,8 fois exactement).Elle est Québec Science / Mars 2000 5 Actualités donc beaucoup plus massive que Jupiter, mais pas tellement plus volumineuse.C’est le cœur de la planète qui est plus dense, précise l’astronome, sans que cela affecte beaucoup ses couches supérieures.On a également pu évaluer la température de l’atmosphère à 1400 °K.« Cela veut dire qu’il doit y avoir des nuages constitués de petites gouttelettes de fer en suspension ! » s’étonne le chercheur.De plus, cette atmosphère est de couleur bleu-vert.Cela signifie que certains éléments de l’atmosphère absorbent les autres couleurs.« C’est peut-être du sodium, qui absorbe la lumière rouge », suppose-t-ü.On en retrouve en effet dans l’atmosphère des naines brunes.« Mais je n’ai aucune idée de ce qui peut absorber la lumière violette », dit-il, en ajoutant que la faiblesse du signal empêche de tirer des conclusions solides.C9 est la deuxième fois qu’on réussit à déterminer la masse d’une exoplanète.En novembre dernier, Greg Henry, un astronome du Tennessee, a observé un transit planétaire.Une exoplanète est passée devant HD209458, une étoile située à 153 années-lumière dans la constellation de Pégase.Il n’a pas observé la planète elle-même mais plutôt son ombre, comme lors d’une éclipse.Il a pu en déduire que cette planète atteignait 63 % de la masse de Jupiter.Une telle méthode exige cependant que le plan de translation de la planète soit vu exactement par la tranche, ce qui est rare.De plus, même si une infime partie de la lumière passe à travers l’atmosphère de la planète, il semble difficile, voire impossible, de l’étudier.À cause de la faiblesse du signal enregistré, il y a une pro- babilité de 5 % que le résultat de l’équipe de Andrew Collier Cameron soit dû à une coincidence statistique.Leurs conclusions ont d’ailleurs provoqué quelques haussements de sourcils dans la communauté scientifique.Le rayon de la planète est 30 % à 50 % plus élevé que celui prévu par la théorie, et la couleur bleu-vert de l’atmosphère ne cadre pas tout à fait avec les théories émergentes de la réflectivité des exoplanètes.« S’ils s’avèrent confirmés, les résultats de Andrew Collier Cameron et de ses collaborateurs exigeront de nouvelles explications », écrivaient Adam Burrows et Roger Angel, deux astronomes de l’université d’Arizona, dans le même numéro As Nature.Dans ce domaine hautement médiatisé, personne ne veut devenir « celui qui croyait avoir vu ».Tous gardent à l’esprit la prétendue première image d’une exoplanète saisie par l’équipe de Susan Terebey avec le télescope Hubble, en mai 1998.Il y avait 2 % de risque que la planète en question soit une étoile d’arrière-plan, ce qui s’est avéré être le cas.Il semble que la NASA ait brûlé les étapes en émettant un communiqué de presse avant que l’étude ne soit revue par des pairs.L’équipe de Andrew Collier Cameron, quant à elle, s’est vu allouer 10 nuits au même télescope le printemps prochain.Grâce aux informations déjà obtenues sur la planète de Tau Boôtis, les conditions d’observation ont été optimisées.« Si la météo est clémente, il y a une bonne chance pour que, dans six mois, nous puissions en dire un peu plus sur l’atmosphère de la planète de Tau Boôtis », dit-il.On saura alors avec certitude si la lumière entraperçue n’était qu’un mirage.• Oecoa^ u ij , ¦£ I i 1 : - v - .r \0rs d’une Éc( NORD SUD \eS richesst du Saint-/ ÉCOTOURS DÉCOUVERTES - 7 & 8 jours : Elle d’Anticosti, la Basse-Côte-Nord, les Iles Mingan.- 7 jours : Les parcs de l'Est du Québec.- 5 jours : Ile d’Anticosti et la Minganie.- 2, 3 & 4 jours : Fjord du Saguenay, Grosse-Ile.ÉCOTOURS FANTAISIES - 7 jours : Lu cueaux, L’j îlt’j et la baleines, du golfe Saint-Laurent avec Jacques Larivé, spécialiste des oiseaux.- 8 jours : BALEINES, BALEINES et BALEINES avec Richard Sears, spécialiste des baleines.1-888-724-8687 418-724-6227 ljones@globetrotter.net www.ecomertours.com 6 Québec Science / Mars 2000 ¦ ¦ f: [ .[¦: : » F R-1- t'Ui «WL. illKMS il::-';)' m te»- iwtiitle Actualités Santé Vitamines : il y a des dangers |S!!I ïll'tl SCltif pint* «!.^ ' ijyaiff , ¦ ¦ ¦ S' Les Québécois sont, avec les Américains et les Scandinaves, ceux qui consomment le plus de suppléments de vitamines et minéraux.Près du tiers d’entre nous ont recours à ce type de produit.Mais on sait que cette pratique n’est pas inoffensive : consommés en trop grande quantité, certains de ces produits peuvent être toxiques et occasionner de sérieux problèmes de santé.Selon une étude menée par Daniel Lavoie, nutritionniste à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal, la plupart des gens ne savent pas que certains suppléments peuvent être dangereux.Il croit donc que la réglementation actuelle est déficiente et qu’un changement s’impose.Présentement, la vente des suppléments de vitamines et minéraux au Canada est régie par la Loi sur les aliments et drogues qui oblige les fabricants à obtenir pour leurs produits un DIN (Drug Identification Number).Ce DIN, explique le nutritionniste, n’est qu’un simple numéro de code qui permet au produit d’être vendu sur le marché canadien.Selon lui, il faudrait au moins ajouter des mises en garde sur l’étiquette du produit pour informer les utilisateurs des risques potentiels quant à leur santé.« Une personne peut croire que, si elle prend le double de la posologie recommandée, ce sera bénéfique pour sa santé, alors Il est grand temps de dépoussiérer la réglementation fédérale sur les suppléments de vitamines, croit un chercheur québécois.Par France Picard » I a; : ¦ ff- .K; ••iSwJPfiF - bii & Hi que ce n’est pas le cas.» Par exemple, les vitamines liposolubles (A, D, E et K) seraient plus susceptibles de causer des problèmes de toxicité chronique que les hydrosolubles (complexe B, acide folique, biotine, acide ascorbique).« Les vitamines liposolubles vont se loger dans les tissus graisseux de l’organisme, causant à long terme une bioaccumulation néfaste », rappelle le chercheur.La bioaccumulation de vitamine D peut également entraîner la calcification des tissus mous.De même, une consommation ex- « Une personne peut croire que, si elle prend le double de la posologie recommandée, ce sera bénéfique pour sa santé, alors que ce n'est pas le cas.» Par exemple, les vitamines liposolubles (A, D, E et K) seraient plus susceptibles de causer des problèmes de toxicité chronique.cessive de vitamine A peut provoquer des maux de tête, des nausées, une perte de cheveux, une dermatite et même un arrêt des menstruations.Mais, selon Santé Canada, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.Francine Ménard, de la Direction générale de la protection de la santé, affirme que le code DIN est attribué à un produit après plusieurs tests d’approbation, ce qui permet de contrôler le marché et d’assurer que les produits sont sécuritaires.Cependant, ajoute-t-elle : « Certains programmes doivent être revus et mis à jour en raison de l’arrivée sur le marché de plusieurs nouveaux produits de santé naturels.» Un bureau de révision des programmes devrait d’ailleurs être bientôt mis sur pied afin de vérifier tous les ingrédients qui composent ces nouveaux produits de santé naturels, et de modifier la réglementation si nécessaire.Du côté de l’industrie, on estime qu’émettre des mises en garde de toxicité sur les produits est inutile.« Les gens respectent les posologies et ils sont conscients que c’est à leurs risques s’ils augmentent la dose, tout comme pour les médicaments », indique Lise Savard, de la compagnie Nutripur, installée à Boisbriand.Par contre, elle voit d’un bon œil la création du bureau de révision des programmes qui, dit-elle, permettrait qu’on fasse le ménage dans ce secteur d’activités.Mais il y a quand même de la controverse dans l’air chez les spécialistes de la santé.D’un côté, on déconseille la prise de suppléments alimentaires parce qu’on croit que les vitamines et minéraux devraient être fourmis par l’alimentation normale.De l’autre, on rappelle que certames vitamines peuvent jouer un rôle dans la prévention de diverses maladies — la vitamine D, par exemple, pourrait contribuer à réduire les risques d’ostéoporose du fait qu’elle favorise l’absorption du calcium.Le débat reste donc ouvert.• Québec Science / Mars 2000 7 Actualités Environnement De la pollution à la tonne Bien que ce ne soit pas un réel palmarès des pollueurs, Ylnventaire national des rejets de polluants publié par Environnement Canada donne une bonne idée de qui pollue avec quoi.par Raymond Lemieux Ce n’est pas de la poudre à gâteau.Cancérigènes ou toxiques, mutagènes ou dangereux, les 176 produits parmi les plus polluants font depuis quelques années l’objet d’un bilan national.S’ils ne sont pas très connus — on parle ici de phtalate de benzyle, de naphtalène ou de méthyléthyl-cétone —, ils n’en sont pas moins inquiétants pour l’environnement.Les dernières données nous apprennent que les industries de la belle province du plus beau pays du monde rejettent plus de 20 000 tonnes de ce genre de substances.Le portrait tracé par cet inventaire nous apprend que c’est la Montérégie qui constitue l’épicentre de l’activité polluante au Québec.Les entreprises de la région sont responsables de près du tiers de toute la pollution québécoise (30 % du volume total).Elles sont suivies par celles de la région de Montréal (près de 17 %) et de la Mauricie (près de 11 %).L’industrie qui rejette le plus de polluants au Québec est l’aciérie Ispat Sidbec, située justement à Contrecœur en Montérégie.Elle constitue aussi la principale source de déversement de zinc au Canada (2 047 tonnes).Au deuxième rang : l’usine Tembec de Temiscaming pour ses rejets à l’eau d’ammoniac, un polluant très toxique pour la vie aquatique.Vient ensuite la Celanese de Drummondville qui a libéré quelque 740 tonnes d’acétone dans l’atmosphère, un gaz particulièrement irritant.Il faut toutefois préciser que le volume de rejets indiqué dans cet inventaire ne reflète pas leur toxicité.Une tonne de mercure est en effet beaucoup plus dommageable pour le milieu qu’une tonne de zinc.Ainsi, comme le fait remarquer Jean-François Banville, ingénieur à Environnement Canada et responsable de Vln-ventaire national des rejets de polluants (INRP) pour le Québec : « L’installation qui déclare les rejets les plus élevés pour une substance donnée peut très bien ne pas être le pollueur le plus important.L’objectif de l’exercice, c’est de rendre publique l’information concernant ces rejets.Bien sûr, plusieurs entreprises polluantes n’aiment pas être pointées du doigt; elles veulent maintenir une bonne image.Nous employons donc l’information pour les motiver à apporter certains correctifs.» Mais comme rien n’arrête le progrès, les innovations industrielles entraînent la mise en place de nouveaux procédés de production et l’apparition de nouveaux types de déchets polluants.L’an prochain, quelque 70 autres produits seront ajoutés à cette liste.« Ce sont les entreprises qui ont la responsabilité de déclarer la quantité de leurs rejets », note Jean-François Banville.Même si une loi les oblige à fournir ces données, sont-elles dignes de foi ?« C’est comme une déclaration de revenus : produire une fausse déclaration peut entraîner des poursuites », assure-t-il.Cela dit, aucune procé- 8 Québec Science / Mars 2000 la Télé _!_ ^futur y m_______ Bientôt, l'avenir n'aura plus de secrets pour personne.Bientôt, tous les passionnés de science, de technologie, de multimédia et de phénomènes inexpliqués seront plus que comblés.Z arrive à grands pas.Z, c'est une télé curieuse, dynamique et pas compliquée du tout.Z, c'est les séries de science-fiction les plus populaires de l'heure.Z, la télé du futur, ici, bientôt.ztele.com Actualités WJ E dure judiciaire n’a été entamée depuis que ce programme a vu le jour en 1993.D’un océan à l’autre, 1 563 installations sont sur la liste de l’INRP (435 au Québec).On a ainsi calculé que, pour l’ensemble du pays, les rejets ont totalisé 161 055 tonnes.Le Québec n’écoperait donc que de 12,8 % de cette pollution, comparativement à l’Ontario qui en encaisse 38,9 %.Pauvres voisins ! Connaissent-ils vraiment le plus beau pays du monde ?• Pour en savoir plus Inventaire national des rejets de polluants www.ec.gc.ca/pdb/inrp Le cas d'Abitibi-Consol Les experts d'Abitibi-Consolidated réfutent un chiffre officiel que Québec Science avait osé citer, mais sur lequel Environnement Canada n'avait pas pensé enquêter.Québec Science n'y a pas été avec le dos de la cuillère en qualifiant de monstre la division de Port-Alfred d'Abitibi-Consolidated, à la ville de La Baie.Un monstre ?Quoi d'autre puisque, selon le très officiel Inventaire national des rejets de polluants pour 1996, c'était la principale usine à rejeter des toxiques à l'eau.L'entreprise elle-même a communiqué à Environnement Canada quelle rejetait 200 tonnes de formaldéhyde et qu'elle prévoyait même des émissions comparables jusqu'en 2002.Ce formaldéhyde, qui a une toxicité dite aiguë pour la vie aquatique, provient du bois des copeaux et d'écorces que la Consol traite.La donnée est fausse, ont corrigé les experts de l'entreprise, en décembre dernier.Abitibi-Consol — qui ne souhaite plus être identifiée comme le plus gros pollueur au Canada dans la catégorie eau — a organisé une conférence de presse pour réfuter le chiffre cité dans un très court texte du numéro de novembre.Vérification faite par l'entreprise, le rejet aurait plutôt été, en 1996, de 14,8 tonnes.Et il aurait diminué de près de 30 % depuis.L'erreur qui n'avait pas été relevée jusque-là — même les autorités du ministère fédéral de l'Environnement ne semblent pas avoir eu la puce à l'oreille — viendrait d'une « méthode d'analyse qui comportait un risque de surestimation ».Les Pour mieux comprendre les grandes questions de l'heure www.cybersciences.com Dentisterie Problèmes de plomberie Lorsqu'elles se regroupent, les bactéries forment un château fort vivant d'une incroyab résistance, qui survit même chez les dentistes aux détergents les plus puissants.par Catherine Dubé Les bactéries ont un sens de la communauté très développé.Quand elles colonisent un endroit, que ce soit l’intérieur de la bouche ou un comptoir de cuisine, elles ne se contentent pas de se reproduire : elles sécrètent des polysaccharides (des glucides complexes) qui forment un nid douillet et extrêmement résistant pour leur progéniture.C’est ce qu’on appelle un biofilm.Une structure complexe, formée de microorganismes qui tissent des liens très serrés entre eux.« Lorsqu’on dépose des bactéries cultivées en laboratoire dans de l’eau, elles se dispersent rapidement, explique Jean Barbeau, professeur à la faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal, et spécialiste des biofilms.Mais déposez un biofilm dans de l’eau et il ne se brisera pas.» Les biofilms sont l’une des bêtes noires des dentistes.Mais, curieusement, les biofilms qui préoccupent le plus les professionnels de la santé dentaire ne se situent pas dans la bouche de leurs patients, mais plutôt dans les conduites d’eau de leurs appareils.La tubulure d’une unité dentaire est en effet un formidable réservoir de bactéries.Comme l’eau y stagne entre chaque utilisation et durant la nuit, les bactéries s’accrochent rapidement aux parois et forment un filet vivant, qui attire d’autres bactéries de passage et devient pratiquement indélogeable.À chacune des utilisations, le mouvement de l’eau détache des micro-organismes du biofilm.Ainsi, l’eau d’une unité dentaire peut contenir plus de un million de bactéries par millilitre d’eau, et le biofilm, jusqu’à 1 000 fois plus.Pourtant, selon les normes gouvernementales, l’eau potable ne doit pas dépasser 1500 UFC par millilitre d’eau.L’UFC, pour « unité formant une colonie », est l’unité de mesure utilisée pour compter les microorganismes qui peuvent se reproduire en laboratoire.Quatre bactéries présentes dans ces structures sont à surveiller plus particulièrement, 10 Québec Science / Mars 2000 a H ies incroyab entistei puisqu’elles peuvent être pathogènes pour l’humain.Legionella pneumophila cause des problèmes respiratoires et la fameuse maladie du légionnaire.Pseudomonas œrugimsa est responsable de la majorité des infections contractées à l’hôpital.Plusieurs mycobactéries sont aussi à l’origine de problèmes gastrointestinaux et respiratoires.Finalement, quelques amibes provoquent des infections aux yeux.taire est affaibli - les sidéens, les diabétiques, les personnes âgées, etc.- augmente dans la population, les dentistes voudraient maintenant mieux contrôler ce risque d’infection.Comment s’y prendre ?Inutile de stériliser les tubulures puisque c’est un système ouvert, qui serait contaminé à nouveau en peu de temps.En fait, les bactéries peuvent coloniser en moins d’une semaine les conduites d’eau d’une unité dentaire neuve ! erir ?/¦C it# Jusqu’ici, le problème de la contamination des tubulures n’a jamais vraiment inquiété les dentistes puisque le risque de contracter ime infection lors d’une visite est très faible pour une per-sonne en bonne santé.À ce jour, on a rapporté seulement deux cas d’infection dans le monde, soit en Angleterre.Les patients avaient subi une chi-rurgie dans la bouche et on a pu prouver que l’infection locale dont ils ont souffert avait été causée p&r Pseudomonas œruginosa.Mais d’autres cas ont évidemment pu passer inaperçus simplement parce que l’on n’a pu identifier la source de contamination.Comme le nombre de personnes dont le système immuni- Les biofilms sont l'une des bêtes noires des dentistes.Mais, curieusement, celles qui préoccupent le plus les professionnels de la santé dentaire ne se situent pas dans la bouche de leurs patients, mais plutôt dans les conduites d'eau de leurs appareils.On a également songé à utiliser un matériau sur lequel le biofüm ne collerait pas.Un autre échec : les micro-organismes adhèrent à tout, même au Téflon, confirme Jean Barbeau.Finalement, on est passé à l’attaque avec différents types de détergents et de désinfectants.Résultat ?Le chlore et le peroxyde d’hydrogène corrodent les tuyaux à des concentrations élevées.L’alcool et les glutaraldéhydes ?Ils fixent les Actualités bactéries dans le biofilm alors qu’on veut les déloger.La chlorhexidine, un antiseptique déjà utilisé dans les rince-bouche est relativement efficace mais, après un certain temps, les bactéries développent une résistance et deviennent encore plus coriaces ! Il faut dire que le biofilm est littéralement imperméabilisé par les polysaccharides que les bactéries produisent.Si bien que les micro-organismes se trouvent à l’abri de la pluie de désinfectant qui leur tombe dessus.Jean Barbeau a donc mis au point un nouveau désinfectant composé, entre autres choses, d’ammoniums quaternaires.Ces molécules sont chargées positivement, ce qui a pour effet d’affaiblir la structure du biofilm qui, elle, est chargée négativement.Le microbiologiste a ajouté d’autres ingrédients de type détergent à sa recette — secrète — qui contribuent eux aussi _________ à briser la structure en diminuant la tension de surface.Une fois que les microorganismes ont perdu leur rempart, les ammoniums quaternaires, dont l’efficacité est rehaussée par un acide, les détruisent.Le produit conçu par Jean Barbeau et son collègue clinicien André Prévost pourra être envoyé dans les conduites d’eau durant la nuit et drainé le matin, ce qui évitera tout contact avec les patients.À ce jour, la compagnie de biotechnologie québécoise Thera-technologies s’est montrée intéressée à le commercialiser.Le temps de mettre la touche finale à la version 2, encore plus performante, et Jean Barbeau s’attend à La tubulure d'un appareil de dentiste : un formidable réservoir de bactéries.lancer le tout sur le marché cette année.C’est-à-dire juste à temps pour que les dentistes se conforment à la recommandation de l’Association dentaire canadienne, qui vise à abaisser le niveau de microorganismes dans les unités dentaires à 200 UFC par millilitre d’eau.• Diplôme d’études supérieures spécialisées (D.E.S.S.) en toxicologie T Orientations : Toxicologie générale ou Analyse du risque PROGRAMME D’ÉTUDES DE 2= CYCLE À TEMPS PARTIEL Ce programme interdisciplinaire de 30 crédits est offert, selon une formule souple et accessible, par la Faculté des études supérieures et couvre les domaines de la toxicologie industrielle environnementale agro-alimentaire et des médicaments Préalables Détenir un diplôme de 1er cycle, soit en biologie, en chimie, en biochimie ou en sciences de la santé, et avoir amorcé un cheminement de carrière dans un domaine de pratique professionnelle ou de recherche relié à la toxicologie.Dates limites pour présenter une demande d'admission 30 mai 2000 : session d'automne 30 novembre 2000 : session d'hiver Renseignements Micheline Dessureault Département de médecine du travail et d'hygiène du milieu C.P.6128, succursale Centre-ville Montréal Qc H3C 3J7 Téléphone: (514) 343-2280 Télécopieur: (514) 343-6668 micheline.dessureault@umontreal.ca (1113) A Université de Montréal Québec Science / Mars 2000 11 Luyupntendu Suivant l'initiative de Marc Fortin, directeur du département de phytotechnie de l'Université McGill, près d'une cinquantaine de chercheurs canadiens ont signé une missive qui en appelle à un débat éclairé sur les organismes génétiquement modifiés.« Pour un pays dont l'économie est encore fondée en bonne partie sur la production de matières végétales (foresterie et agriculture), le potentiel des biotechnologies est important.[.] Nous craignons que cette technologie [.] soit rejetée en l'absence d'un débat crédible.[.] Des choix de société de cette envergure ne doivent pas être fondés uniquement sur le débat médiatique.Il est essentiel que les craintes des citoyens à l'égard des biotechnologies soient examinées dans le contexte d’un forum transparent et crédible.Nous demandons la création immédiate d'une table ronde nationale sur l'utilisation des manipulations génétiques pour la production d'aliments et de matières ligneuses.Cette consultation doit être transparente et accessible; elle doit réunir tous les intervenants; elle doit également avoir le mandat d'explorer les avantages et les risques des biotechnologies; enfin, elle devra faire des recommandations pour l'élaboration de lignes directrices sur l'utilisation des biotechnologies dans les productions végétales.» Suivez l'actualité scientifique au jour le jour sur Cybersciences, le site Internet de Québec Science.Coup de vieux en Amérique ui donc a marché le premier I Tom McClelland.Avec en Amérique ?L'histoire nous l'anthropologue Jim Chatters, enseigne que les ancêtres il a recréé le visage de des autochtones seraient passés par l'homme de Kennewick à le détroit de Béring.Mais les conclu- partir de son crâne.sions d’une commission scientifique visant à déterminer l'origine du plus -x vieux squelette découvert aux Etats- Unis (âgé de 9 200 ans) suscitent beaucoup d’interrogations chez les anthropologues.Ce squelette, appelé l'homme de Kennewick (voir Québec Science, mars 1998), a en fait peu à voir avec les Amérindiens, ont tranché les experts de la Commission.Il a plus de traits communs avec certaines populations aborigènes de la Polynésie ou avec les Aïnus du Hokkaido.Comme si ce n'était pas suffisant pour relancer le débat sur les origines des premiers peuples de l'Améri-.que, des restes humains appartenant à une femme ont été découverts au Brésil et ont été datés de 11 500 ans.On a déterminé qu'elle avait des caractéristiques rappelant ceux des aborigènes australiens.Les premiers habitants du continent pourraient donc avoir traversé la mer bien avant ce que nos manuels d'histoire nous enseignent.De plus en plus de chercheurs le croient.Certains affirment que le premier homme serait arrivé en Amérique il y a 50 000 ans.Ie site fossilifère de Miguasha vient d’être inscrit sur la liste des sites du patrimoine mondial par l’UNESCO.Classé en même temps que le village viticole de Saint-Émilion, en France, et que la presqu'île de Valdès, en Patagonie argentine, il est le deuxième au Québec à recevoir ce titre (après la vieille ville de Québec).L'UNESCO note que le parc de Miguasha est d'importance capitale, puisqu'il rassemble en quelque sorte les plus intéressants vestiges de la période du dévonien, aussi connue comme l'âge des poissons.« Datée de 370 millions d’année, la formation d'Escuminac — dévonien supérieur — renferme six des huit groupes de poissons fossiles associés à cette période géologique, mentionne l'UNESCO.L'importance de ce site tient au fait qu'on y trouve la plus grande concentration de fossiles de poissons à nageoires charnues — en très bon état —, qui sont les ancêtres des premiers vertébrés terrestres respirant à l'aide de poumons : les tétrapodes.» Honneur aux fossiles .-Vr Za j.> Moulage &Eusthenopteron sur la plage de Miguasha 12 Québec Science / Mars 2000 LE CHIFFRE DU MOIS 0,8 grammes.C'est le poids d’un micro-ordinateur que des chercheurs suédois ont mis au point et qu'ils ont pu insérer dans l'emballage d'un médicament.Avec ses capteurs électroniques, il enregistre un signal à chaque fois que le patient prend un comprimé.L'appareil contient toutes les informations concernant l’administration du médicament, et veille ainsi à ce que le traitement pharmaceutique prescrit soit bien suivi.Il est également possible d’y introduire un dispositif sonore, notamment pour rappeler au patient l’heure à laquelle il doit prendre son comprimé., collation Quelle est la meilleure façon de savourer un biscuit ?Avec un verre de lait.C'est en employant un équipement très perfectionné qu'un chercheur britannique a pu mesurer les arômes libérés par les biscuits au moment où ils sont croqués, mâchés et ingérés par le dégustateur.La recherche, commanditée par une compagnie de biscuits, montre que le thé et le café ne favorisent pas l'expression de toutes les saveurs d'un biscuit, à la différence du lait.Le chercheur de l'Université de Nottingham a réalisé plus de 200 combinaisons de boissons et de biscuits pour en conclure que le lait est supérieur aux autres boissons.Ce sont ses molécules de gras qui, en se collant au palais, retiennent les particules qui libèrent l'arôme des biscuits, explique le chercheur.La pire combinaison : le duo biscuit et limonade.Quel est le lien entre un escargot et le nombre suivant : (1 + \5)/2 ?« La spirale de la coquille du nautile est une construction géométrique basée sur ce nombre », explique une des affiches produites par le mathématicien québécois Stéphane Durand dans le cadre de l’Année mondiale des mathématiques.Il en va de même pour de nombreuses formes que l'on retrouve dans la nature.« Même Stradivarius a utilisé cette construction géométrique pour fabriquer ses violons.Son œuvre a obtenu le prix de la meilleure affiche d’un concours international créé pour l'occasion par ¦’European Mathematical Society.Le Saguenay craque Elle fait 15 mètres de large et court sur 400 mètres.Profondeur : inconnue.Il s’agit d'une faille que des géologues de l'Université Laval viennent de découvrir au Saguenay.Située dans la région de la baie des Ha! Ha !, à cinq kilomètres à l'est de la Ville de la Baie, elle serait apparue lors du tremblement de terre de 1963 (magnitude 7 sur l'échelle de Richter).C'est ce que laissent croire certains indices.Seulement deux autres failles, apparues après la grande glaciation d'il y a 10 000 ans, nous sont connues : celle de l'Ungava et celle de la Petite-Rivière-Saint-Francois, dans la région de Charlevoix.•-a MIS Québec Science / Mars 2000 13 NASA 154 Dans les laboratoires de la côte Ouest canadienne, comme dans ceux de la côte Est, on prépare en ce moment de drôles de saumons.Ils ont été génétiquement modifiés afin qu’ils grossissent beaucoup plus vite.La compagnie A-F Protein Canada construit présentement sur llle-du-Prince-Édouard une ferme aquicole nouveau genre, une sorte de Fort Knox du saumon, où les poissons seront en « confinement maximal », pour éviter toute fuite accidentelle dans l’environnement.La compagnie a demandé au gouvernement fédéral d’autoriser leur commercialisation.Au même moment, dans un laboratoire fédéral près de Vancouver, des super-saumons génétiquement modifiés sont cadenassés à triple tour, tandis qu’on procède à des tests biologiques poussés.Faut-il s’inquiéter de tout cela ?N’est-ce pas de la science high tech qui va propulser le Canada sur le devant de la scène ?Tout cela à l’heure où l’industrie du saumon est en perte de vitesse, surtout à cause du déclin des prises dans les populations naturelles, que ce soit du saumon atlantique ou des espèces Coho ou Chinook du Pacifique.Personne ne doute de la qualité des travaux scientifiques qui nous ont conduits au saumon génétiquement modifié.Garth Fletcher, biologiste de l’Université Memorial de Terre-Neuve, conduit depuis 1983 des expériences très réputées.11 a d’abord injecté un gène de flétan dans des œufs de saumon, dans le but d’empêcher les tissus du saumon de geler.Quand il a réussi à faire s’exprimer convenablement in vivo ce gène commandant une protéine « antigel », il est passé à une construction plus audacieuse : il a pris un gène d’« antigel » (issu d’anguille, Saumons et merveilles ?par Jean-Pierre Rogel cette fois), et il l’a fusionné à FADN du gène de l’hormone de croissance du saumon Chinook.Mais, comme il s’intéressait avant tout au saumon de l’Atlantique - normal, pour un Terre-neuvien —, il a intégré sa construction génétique dans ce salmonidé.De son côté, Robert Devlin, chercheur à Vancouver, est sur cette piste depuis encore plus longtemps.Il y a huit ans, il mettait au point un supersaumon Chinook, puis un Coho, du même acabit.On a incorporé dans le bagage génétique de ces poissons une « construction » à partir du gène codant pour l’hormone de croissance de ces espèces, au point qu’ils deviennent, en moyenne, huit fois plus gros que leurs congénères normaux lors de la première aimée d’élevage.Ils atteignent ainsi la taille de vente en 12 à 18 mois, au lieu des 3 ans habituels.Et tout cela sans difformité ou maladie apparente ! Du moins, c’est ce qu’on peut dire au terme de quelques années d’essais, car il y a eu des ratés au début, admet Robert Devlin.Du point de vue commercial, ce pourrait être extrêmement rentable.Mais alors, qu’est-ce qui cloche ?Quelques grains de sable dans l’engrenage, et qui grincent fort.Chercheur prudent, Robert Devlin prend ses distances par rapport à ce qu’il appelle « la pression commerciale ».Il a refusé de s’associer à des entreprises privées, craignant ne plus pouvoir continuer à évaluer les choses avec rigueur.Il demande aujourd’hui qu’une étude approfondie des risques soit conduite sur le plan environnemental, avant même que Santé Canada ne se prononce sur les risques concernant la santé humaine.Il est inquiet de la précipitation qu’il voit autour de lui - y compris dans son propre ministère qui, ironie du sort, songe à vendre son laboratoire de Vancouver à l’entreprise privée.« Bien des questions scientifiques sont en suspens, dit-il.Il faut prendre le temps de les étudier.» Par exemple, ces super-saumons ont un comportement très agressif qui a fini par éveiller la méfiance de Devlin.Que se passerait-il s’ils s’échappaient de leurs bassins ?Attaqueraient-ils les saumons sauvages ?Les craintes de Devlin rejoignent celles des éleveurs de saumons, pourtant les premiers à pouvoir bénéficier de la « révolution bleue » anticipée.Et celles des écologistes, qui voient déjà les super-saumons envahir les populations de saumons sauvages et les dominer, tout en se chargeant au passage de substances toxiques.En fait, la question centrale ici est celle de la biosécurité.Peut-on garantir que ces espèces génétiquement modifiées ne seront pas accidentellement relâchées dans l’environne-ment ?Les super-saumons pourraient-ils alors frayer avec des saumons sauvages et contaminer les stocks génétiques naturels ?Quelles en seraient les conséquences à long terme ?La réponse préférée de l’industrie à la thèse du genetic drift ou à celle du genetic wipe out est de dire que les saumons d’élevage sont stériles.Mais cela pose une série de nouvelles questions concernant le degré de stérilité qu’il est effectivement possible d’atteindre dans des élevages.On parle alors de techniques de stérilisation (triploïdie ou autre), et de barrières physiques spéciales.Comment concevoir un Fort Knox ou un Alcatraz pour poissons ?Le carrousel des questions repart dans une autre direction : celle de la santé humaine « Nous n’anticipons aucun risque pour la santé humaine, étant donné que la construction génétique dans son entier est dérivée de poissons domestiques », déclarent avec aplomb Garth Fletcher et ses alliés.Sur ce point, le carrousel donne le tournis au simple mortel, qui devra un jour décider s’il veut manger ou pas de saumon génétiquement modifié.Robert Devlin a raison : ne précipitons rien, prenons tout notre temps pour savoir de quoi nous parlons ! • un les 14 Québec Science / Mars 2000 ¦ÿç II ne prend pas cet instant pour acquis.Nous non plus.Au cours du dernier siècle, nous avons découvert quelques-uns des médicaments et des vaccins les plus marquants de notre époque.Ainsi, nous contribuons au traitement de l'arthrite, de l'asthme, des maladies cardiovasculaires, de l'ostéoporose, de la migraine, du sida, ainsi qu'à la prévention de maladies infectieuses comme la varicelle.Les femmes et les hommes de Merck Frosst sont fiers de travailler à l'amélioration de la qualité de vie des gens de tout âge, et ce, partout dans le monde.Tant qu'il y aura des maladies et de la souffrance, nous continuerons sans relâche nos recherches.A MERCK FROSST Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux. Physique la Terre par un Les premières expériences de l'accélérateur de particules de Brookhaven, près de New York, ont commencé au début de cette année.Les scénarios apocalyptiques circulent déjà.par Jean-Marc Fleury L9 accélérateur de particules de Brookhaven va-t-il créer un trou I noir qui engloutira la planète ?Verra-t-on apparaître un « étrangelet » susceptible de transformer notre bonne vieille Terre, et ses habitants, en une grosse boule de matière étrange ?Fera-t-il « flipper » FUnivers en amorçant une dégringolade du vide qui, se propageant à la vitesse de la lumière, parviendrait à Montréal quelques millièmes de secondes plus tard avant de poursuivre jusqu’aux confins de TUnivers ?« Tout a commencé avec Frank Wilczek et ses commentaires dans le numéro de juillet dernier de la revue Scientific American », déplorait, dans la livraison de septembre de Pour la science, Alvaro De Rujula, directeur de la division théorique de l’Organisation européenne de physique des particules à Genève.Le physicien du CERN, la Mecque de la physique des particules, n’apprécie pas qu’on accole l’image du savant fou à cette discipline.En réponse à un lecteur inquiet, Wilczek, physicien au prestigieux Institut des études avancées de Princeton, au New Jersey, écartait le risque du trou noir, mais ajoutait qu’il y avait « un risque spéculatif mais respectable que des morceaux subatomiques d’une nouvelle forme de matière appelée “étrangelets” soient produits ».On aurait alors raison de s’inquiéter, disait-il, qu’un étrangelet grossisse en incorporant et en transformant la matière ordinaire environnante.Les médias et Internet reprenant et amplifiant les spéculations de Wilczek, John Marburger, directeur de Brookhaven, doit mettre sur pied un comité chargé d’étudier la possibilité que la plus puissante machine à briser les atomes anéantisse le monde.Ce qui contribue de nouveau à stimuler l’intérêt médiatique.« Les physiciens ont beaucoup à apprendre dans la façon de communiquer avec le public », commente Charles Gale, de TUniversité McGill, un physicien théoricien spécialiste de l’étude des collisions nucléaires, comme celles qui auront lieu à l’accélérateur de Brookhaven.Le comité a remis son rapport en octobre dernier.Il incluait Wilczek et était présidé par le professeur Robert Jaffe, de l’Institut de technologie du Massachusetts.En 1984, Jaffe avait été le premier à évoquer le risque de l’étrangelet.Les experts concluent : « Les données expérimentales et les calculs théoriques excluent la possibilité que se réalisent les scénarios catastrophiques envisagés.» Ils ne voient aucune raison de retarder la montée en puissance du collisionneur d’ions lourds relativistes, le nom officiel de l’accélérateur de Brookhaven, dont les premières expériences devaient avoir lieu au début de l’an 2000.Mais comment les physiciens en sont-ils venus à s’interroger sur la possibilité qu’une de leurs expériences détruise la Terre ou l’Univers ?En fait, ils se posent la question de temps en temps.La première 16 Québec Science / Mars 2000 fois, c’était avant l’explosion de la première bombe nucléaire, aux États-Unis, en juillet 1945.Trois ans plus tôt, Edward Teller, le père de la bombe H, avait sidéré ses collègues en suggérant que les températures colossales de l’explosion risquaient d’amorcer une combustion de l’air qui ferait flamber l’atmosphère terrestre.Depuis, il y a eu d’autres fausses alertes dont celle de l’eau polymérisée.Envisagée par un chimiste soviétique au début des années 60, l’eau polymérisée aurait transformé toute l’eau de la planète en une masse visqueuse.Quant aux constructeurs d’accélérateurs de particules, ils ne veulent courir aucun danger.Chaque fois qu’ils conçoivent une nouvelle machine, ils calculent les risques d’une catastrophe médite.Le Relativistic Heavy Ion Collider, familièrement appelé RHIC, comprend deux tubes de 3,8 kilomètres de longueur, placés côte à côte dans un tunnel creusé à quelques mètres sous le sol de la banlieue de New York.Dans chaque tube, des noyaux d’atomes d’or - auxquels on a arraché tous les électrons - circulent à 99,9 % de la vitesse de la lumière (300 000 km/sec).On a choisi l’or parce qu’il cède volontiers ses électrons.En 20 ans d’opération, le collisionneur consommera tout juste un gramme d’or.Le RHIC est le plus puissant collisionneur de noyaux lourds au monde.Les noyaux d’or effectuent un tour complet dans les deux tubes 75 000 fois par seconde, mais dans des directions opposées.En quelques endroits, entourés de détecteurs, on a fait se croiser les tubes.Les noyaux y entrent en collisions frontales, d’où le nom de collisionneur.Dans le vocabulaire des physiciens, chaque collision devrait libérer mille milliards d’électronvolts d’énergie.En fait, cela ne représente même pas le centième de l’énergie d’une goutte d’eau qui s’écrase.Mais cette énergie est concentrée dans un volume de la taille d’un noyau atomique pendant le temps qu’il faut à la lumière pour le traverser.À une échelle plus fami-lière, ce serait concentrer l’énergie de plusieurs milliards de milliards de bombes H dans un dé à coudre.Au point d’impact, protons et neutrons des noyaux d’or - tous les neutrons et tous les protons se ressemblent - se fusionnent brièvement en boules d’une matière extrêmement dense, une dizaine de fois plus dense que dans le noyau d’or au repos.Jamais la matière terrestre n’a été autant comprimée.D’où le premier scénario catastrophique.Québec Science / Mars 2000 17 Puits sans fond, les trous noirs se forment justement par concentration de la matière, par exemple lorsqu’une étoile à court de combustible s’effondre sur elle-même.Si le RHIC fabriquait un trou noir, sa masse relativement élevée par rapport à sa taille minuscule, des milliards de milliards de fois plus petite qu’un noyau atomique, le ferait tomber à travers le plancher du collisionneur.Il s’arrêterait au centre de la Terre, et l’engloutirait en commençant par le cœur.Au terme de ce scénario, la Terre deviendrait un petit trou noir de deux centimètres de diamètre.Les physiciens ne prennent pas la menace au sérieux.Chaque atome d’or contient 197 protons et neutrons, mais les quantités de matière utilisées n’ont pas l’importance des masses solaires.Le trou noir envisagé par les pessimistes serait extrêmement petit.Or, le physicien Stephen Hawking a démontré que les petits trous noirs ont la vie brève.Ils se volatilisent immédiatement.De plus, selon le comité Jaffe, les densités atteintes demeurent des dizaines d’ordres de grandeur plus faibles La matière étrange 1e Big Bang a initialement peuplé l'Univers de plusieurs sortes de briques élémentaires que les physiciens regroupent en trois générations qui ont brièvement existé côte à côte.Seules les particules de première génération ont persisté.Ainsi, la matière telle que nous la connaissons est fabriquée exclusivement de quarks de première génération.Les physiciens observent les particules des générations deux et trois uniquement à très haute énergie, dans les accélérateurs de particules.La première génération comprend quatre particules : les quarks up et down, dont sont fabriqués les neutrons et les protons des noyaux de nos atomes, les électrons, gravitant autour des noyaux atomiques, et les neutrinos, particules sans charge électrique et de masse presque nulle.Les générations deux et trois reproduisent les mêmes quatre particules, mais avec des masses plus élevées et certaines propriétés différentes.Le quark étrange est le cousin lourd de deuxième génération du quark down.Dans les années 60, les physiciens ont découvert que les quarks de nos atomes pouvaient se changer en quarks étranges.Ils ont aussi constaté que nos quarks pouvaient s'associer à des quarks étranges pour constituer des entités stables, mélanges de quarks de matière et de quarks étranges.On a baptisé ces mixtures « étrangelets ».L'étrangelet a un comportement complètement différent de la matière dont nous sommes fabriqués.Il n'y a pas de limite à la taille d'un noyau fait d'une mixture de quarks incluant des quarks étranges.Les étrangelets peuvent atteindre n'importe quelle taille, de la grosseur d'un noyau atomique jusqu'à l'envergure d'une étoile à neutrons.De plus, ils sont peut-être aussi stables que la matière ordinaire.Au contact d'un étrangelet, la matière se transforme instantanément en matière étrange.Une seule goutte de matière étrange tombant sur une étoile à neutrons la transformerait en une étoile étrange en moins d'une minute.• \Ji Quark étrange Matière nucléaire (ordinaire) Matière étrange La matière étrange refuse la différence Dans un proton ou un neutron, il y a toujours trois quarks.Puis l'assemblage des protons et des neutrons donne les noyaux des atomes.Le plus gros amas naturel de ces sacs de trois quarks, le noyau d'uranium, en comporte 238.La présence de quarks étranges empêche l'association des quarks en neutrons et protons.Les quarks étranges éliminent aussi la limite à la taille des noyaux.La matière étrange constituerait une des formes les plus concentrées de la matière.que celles requises pour la fabrication d’un trou noir.N’en déplaise aux porteurs de pancartes de fin du monde, Brookhaven n’a aucune chance de nous cuisiner un trou noir à l’appétit planétaire.Tout n’est pas complètement perdu pour les catastrophistes.D’accord, le RHIC ne comprime pas suffisamment la matière pour concocter un trou noir, mais il y a la température.La matière du minuscule volume du centre de collision sera chauffée à mille milliards de degrés, soit des dizaines de milliers de fois la température de la surface du Soleil.La dernière fois que la matière a connu semblable accès de fièvre, c’était il y a 10 à 15 milliards d’années, au tout début du Big Bang, l’explosion mère de toutes les explosions qui a donné naissance à notre Univers.À plein régime, le RHIC crée des milliers de mini-Big Bang chaque seconde.Comme le télescope qui permet de voir le passé en photographiant des galaxies des milliards d’années plus jeunes que la nôtre, le collisionneur de Brookhaven est une machine à remonter le temps.En répétant la création du monde, il nous rappelle que la matière telle que nous la connaissons n’a pas toujours existé.Il a fallu attendre une quinzaine de minutes après le Big Bang avant que neutrons, protons et électrons forment les premiers atomes.Les neutrons et protons n’existaient que depuis une douzaine de minutes.Avant, l’Univers était peuplé des ancêtres des neutrons et des protons, que les physiciens ont baptisés quarks et gluons.Les quarks sont les plus petites particules de matière, tandis que, comme leur nom l’indique, les gluons maintiennent les quarks ensemble dans les neutrons et les protons.Le collisionneur d’ions lourds relativistes a été construit tout spécialement afin d’étudier ce plasma de quarks et de gluons, phase ancestrale de la matière.Le coUisionneur de Brookhaven a suffisamment de punch pour remonter encore beaucoup plus loin dans le temps.Avant qu’ils s’assemblent en neutrons et protons, nos quarks ont brièvement coexisté avec d’autres espèces de quarks plus lourds.Ces quarks lourds n’existent plus, mais les physiciens les recréent dans les collisionneurs et autres accélérateurs de particules.Les rayons cosmiques en fabriquent aussi de véritables gerbes en entrant dans l’atmosphère terrestre.Lorsque les physiciens ont redécouvert le premier de ces types de quarks lourds dans les détecteurs de leurs accélérateurs, 18 Québec Science / Mars 2000 -T^mi mm ils l’ont baptisé étrange.L’étrange ne les a pas fait pas mentir.C’est lui qui inspire le deuxième scénario catastrophique.Le RHIC ressuscitera tous les types de quarks.Comme disent les physiciens, ce sera le retour à la « démocratie nucléaire ».Et l'étrange sera de la fête.L’inquiétude vient de la possibilité que suffisamment de quarks étranges s’agglomèrent pour former des « étrangelets ».Dans les premières microsecondes de FUnivers, pendant que nos quarks s’enfermaient dans les neutrons et les protons, les conditions étaient telles que des quarks étranges ont pu s’agglomérer en granules.Selon certains théoriciens, les concentrations étant extrêmement élevées, le Big Bang a donné naissance à d’innombrables trous noirs.L’espace était alors parsemé de ces trous noirs et de granules de matière étrange.Malgré des années de recherche, aucune observation ne confirme leur existence, que le capitaine Kirk et son vaisseau Enterprise ont découvert depuis longtemps.À Brookhaven, par contre, on est certain de recréer le mélange primordial de tous les quarks, avec en prime un surplus de quarks étranges.Le risque serait que plusieurs quarks étranges s’agglomèrent en étrangelet.Il y a déjà plusieurs années que les physiciens sont à l’affût de l’étrangelet, au CERN et dans un accélérateur de Brookhaven précurseur du RHIC.Aucun n’a encore été observé.Les physiciens ont sérieusement évalué le risque que le RHIC crée un étrangelet parce qu’il présenterait Le collisionneur apparaît comme un immense cercle dans lequel les particules sont propulsées à une vitesse qui frôle celle de la lumière.À droite, l'intérieur du Centre d'études en recherches nucléaires en Europe.À l'instar de celui de Brookhaven, il permet de provoquer des collisions de particules.un immense danger.Surtout s’il était stable et chargé d’électricité négative.Comme le décrit le rapport du comité Jaffe, un noyau d’atome ordinaire prendrait l’étrangelet pour « une sorte d’électron lourd ».Il le capturerait comme n’importe quel électron.Plus lourd, l’étrangelet descendrait de plus en plus près du noyau, jusqu’à fusionner avec le cœur de l’atome, le transformant en matière étrange.Le processus produisant de l’énergie, la transformation s’autoalimenterait, produisant un étrangelet de plus en plus gros.Puisque la théorie ne prévoit pas de limite à la taille d’un noyau de matière étrange, l’étrangelet avalerait neutrons et protons jusqu’à ce que son diamètre dépasse des milliers de fois celui d’un noyau de matière ordinaire.Son champ électrique deviendrait alors suffisamment fort pour provoquer la création de paires de particules formées d’un électron et d’un positron.Le positron est identique à l’électron sauf qu’il porte une charge positive; c’est le partenaire antimatière de l’électron.Le noyau négatif de l’étrangelet repousserait les électrons et il s’entourerait d’un nuage de positrons.On obtiendrait alors un atome formé d’un noyau de matière étrange entouré d’antimatière.Tout atome de matière ordinaire entrant en contact avec un tel étrangelet serait irrémédiablement condamné.Ses électrons seraient annihilés au contact des positrons, exposant son noyau, qui serait alors absorbé et ainsi de suite.Selon un scénario décrit par Alvaro De Rujula et deux collègues du CERN, après avoir absorbé une centaine de milliers de milliards de neutrons et de protons — soit moins d’un müliardième de gramme — l’étrangelet serait suffisamment massif, mais assez petit pour s’enfoncer à travers le plancher du RHIC jusqu’au centre de la Terre.Comme le trou noir, il poursuivrait le processus d’accrétion de la matière jusqu’à digestion complète de la planète, « donnant naissance à un étrangelet de masse terrestre, mais de seulement une centaine de mètres de diamètre ».Le processus libérant de grandes quantités d’énergie, la Terre exploserait comme une supernova.:r è 5J6 iï*»:r Mais rassurez-vous, les mêmes physiciens qui décrivent ce scénario apocalyptique affirment qu’il ne peut se produh-e.D’abord, disent-ils, la théorie prédit que les petits étrangelets sont extrêmement instables.Leur existence est si fugace qu’ils n’auraient pas le temps d’atteindre les blindages des dispositifs expérimentaux.La théorie prévoit que les gros étrangelets seraient plus stables, mais leur création est défavorisée parce qu’elle requiert plus d’énergie.« Pour que l’étrangelet soit dangereux, il faudrait qu’il soit assez stable pour parvenir à l’état de repos dans le collisionneur », renchérit Charles Gale.Cela ne risque guère de se produire : lorsqu’un noyau frappe une cible immobile, une partie de l’énergie de la collision est transférée aux résultats de la collision, qui sont violemment projetés.L’étrangelet se briserait rapidement en frappant les aimants ou le béton du collisionneur.Par contre, on peut envisager l’annulation des très grandes vitesses des noyaux lors de colli- Québec Science / Mars 2000 19 sions frontales.Une voiture qui frappe un mur rebondit, mais deux voitures en collision frontale demeurent sur place, au centre de la collision.Pour Alvaro De Rujula, la réponse aux craintes exprimées consiste à comparer les collisions du labo avec celles qui se sont déjà produites et se produisent continuellement dans la nature.Avec deux collègues, il a calculé la probabilité de collisions frontales parfaites entre noyaux d’or dans l’espace, dont le résultat serait un étrangelet au repos.Les informations sur la nature et l’énergie des rayons cosmiques autorisent ce genre de calcul.Dans chaque année-lumière cube de notre galaxie, il y a environ un millier de collisions or-or par année semblables à celles du RHIC.Si ces collisions produisaient des étrange-lets stables, certains seraient attnés par les étoiles.Leur transformation explosive en étoiles étranges ajouterait un mülion de supernovæ par année à la Voie lactée.Or, on n’en observe que quelques-unes par millénaire.On peut conclure que les collisions entre atomes d’or ne produisent rien d’aussi dangereux.« Le RHIC pourrait fonctionner pendant des millions d’armées avant de produire un étrangelet », dit Gale.Les centaines de scientifiques de 19 pays qui ont construit le RHIC lancent des atomes d’or les uns contre les autres, mais l’étrangelet ne sera pas le genre de pépite qui en sortira.John Leslie, spécialiste des scénarios apocalyptiques, et professeur à l’Université de Guelph en Ontario, s’inquiète tout de même.Dans son livre, The End of the World, il inclut le scénario de l’étrangelet parmi ceux qui le préoccupent.« Oui, dit-il, les étrangelets posent un risque.Je crois que la menace est très faible, mais je propose qu’aucun risque de destruction de la race humaine — probablement la seule espèce intelligente de la galaxie et de tout l’Univers —, même s’il est très, très petit, ne devrait jamais être pris.À moins que les bénéfices escomptés ne soient considérables.» Leslie se dit surpris de constater que Jaffe, président du comité d’experts de Brookhaven, ait changé d’idée.roisième et dernière apocalypse possible, la désintégration du vide est aussi au menu.Le RHIC sondera le vide avec une énergie deux fois supérieure à celle des accélérateurs précédents.Lors des collisions frontales, les noyaux d’or ont tellement d’énergie qu’ils passent les uns à travers les autres, comme s’ils étaient immatériels.Une partie de l’énergie de la collision est transformée en chaleur.La température des noyaux augmente.Une part de chaleur va aussi au petit volume de vide créé entre les deux noyaux qui se séparent en poursuivant leur chemin.C’est comme si on séparait brusquement deux balais extrêmement efficaces imbriqués l’un dans l’autre.Ils laisseraient un espace très propre.Les balais nucléaires en or du RHIC produisent un petit volume de vide très chaud.Aujourd’hui, le vide des physiciens n’a plus rien à voir avec le néant des atomistes grecs.Le néant n’existe plus.Le vide moderne, plus ou moins rempli d’énergie, est prégnant de matière.Il fourmille de particules virtuelles en attente d’existence.Si le vide actuel contient de l’énergie, il en contenait encore plus à la création du monde.C’est d’ailleurs l’énergie contenue dans ce vide qui a alimenté la formidable explosion du Big Bang.Pas surprenant qu’on qualifie de faux vide celui qui existait avant.Le RHIC va en fabriquer.L’énergie du vide a diminué au fur et à mesure de l’expansion et du refroidissement de l’Univers, jusqu’à atteindre le niveau le plus bas possible.C’est ce que l’on croit.Mais si on se trompait ?Si l’énergie du vide pouvait descendre plus bas ?Si l’Univers était resté accroché, plus ou moins solidement, à un certain niveau d’énergie du vide, n’attendant qu’une poussée pour descendre à un niveau inférieur ?En tenant pour acquis que le vide cherche encore sa vacuité, certains modèles du Big Bang laissent place à l’hypothèse qu’un choc d’une énergie suffisante enclenche la dégringolade universelle.Techniquement, ce serait comme si un volume d’eau changeait de phase, passant de l’état liquide à l’état solide.« Peut-être que l’Univers trouverait son état fondamental », dit Charles Gale.Le changement de phase universel se propagerait à la vitesse de la lumière.La matière telle que nous la connaissons, nous compris, ne pouvant exister dans ce nouvel Univers, ce serait la fm du monde.Les physiciens ne craignent pas que le ciel leur tombe sur la tête mais s’interrogent plutôt sur la solidité du plancher.Un des objectifs de la machine de Brookhaven consiste à chauffer ce vide rempli de particules virtuelles afin de mieux le connaître.Le RHIC va le secouer vigoureusement jusqu’à en faire jaillir des particules.Les physiciens créeront de petits volumes de vide structurés de façon différente de notre vide ambiant.Pour que le scénario de l’anéantissement par effondrement du vide se réalise, ?il faudrait que le minuscule morceau -I de vide différent provoque un réar-H rangement de tout le reste du vide.| Le péril n’inquiète aucunement les | constructeurs d’accélérateurs.« Si | cette fragilité du vide existait, dit Charles Gale, les rayons cosmiques aurait déjà provoqué son effondrement.» Des physiciens ont calculé les ingrédients essentiels à la création de FUnivers.Selon Alan Guth, du MIT, il suffirait de 25 grammes de faux vide, ce qui représente un morceau du vide originel des milliards de fois plus petit qu’un neutron.Le hic : sa densité devrait être phénoménale.La masse de l’Univers concentrée à la densité du faux vide n’occuperait même pas le volume d’un atome ! Guth s’avoue incapable de concevoir comment on pourrait fabriquer une telle concentration de matière.De toute façon, si vous êtes en train de lire cet article, c’est que Brookhaven a réussi son pari.Le RHIC devait atteindre sa pleine puissance au tout début de l’an 2000.S’il ne provoque pas la fin du monde, il créera des millions de petits commencements du monde.• 11 ' r i ' V " ^ \ PV // Il < Le proton est un composant des noyaux atomiques, il contient lui-même trois quarks qui font l'objet d'intenses recherches.Cette image résulte d'une de ces expériences.20 Québec Science / Mars 2000 Parce que la culture scientifique et technologique est essentielle pour mieux comprendre le monde qui nous entoure, le Centre iSci, un tout nouveau complexe interactif de sciences et de divertissements, va bientôt prendre place au cœur du Vieux-Port de Montréal.On y retrouvera : Canada 496-ISCI OU 1877 496-ISCI LEVIEUX-PORT DE MONTRÉAL trois salles d’expositions scientifiques interactives; un cinéma IMAX® et IMAX® 3D; IMMERSION-STUDIOS, un cinéma interactif sur écrans géants, en première canadienne; des boutiques, des restaurants, des promenades et des places publiques www.isci.ca Ouverture ^ mai 2000 Canada Quebec BgU SCHLVCMHC Médecine CHRONOPHARMACOLOGIE « C’est l’heure de la pilule » 1(5 (Il Avec la chronopharmacologie, finie l'époque des trois doses de médicament aux huit heures.L'absorption du remède suit le cycle du corps; on l'administre au moment où il est le plus efficace ou le plus utile.Et chaque organe a son horloge.par Catherine Dubé En quatre décennies, la chronopharmacologie, qui étudie l’efficacité des médicaments en fonction du moment où ils sont administrés, s’est hissée parmi les approches pharmacologiques les plus prometteuses de l’heure.L’un des pionniers de cette discipline au pays, Gaston Labrecque, ne l’aurait peut-être pas affirmé il y a 20 ans, mais aujourd’hui, il n’en doute plus : « Les principes de la chronopharmacologie pourront être appliqués à l’ensemble des médicaments.» Le ChronoVera, destiné aux patients souffrant d’hypertension et d’angine, est le tout premier produit pharmaceutique issu de la chronopharmacologie en vente au Canada.Recouvert d’une couche de polymère qui retarde de cinq heures la diffusion du médicament dans l’organisme, il libère la molécule quand le malaise cardiaque risque le plus de se manifester : le matin.C’est que la majorité des infarctus surviennent entre 5 h et midi.Ces observations ne sont pas purement anecdotiques : « Au moins 30 000 patients cardiaques dans le monde ont fait l’objet d’études scientifiques.Tous les chercheurs rapportent une prédominance d’incidents cardiaques le matin », mentionne Gaston Labrecque, qui dirige le Centre de recherche en chronopharmacologie du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec.Quand on connaît T« horaire » du corps, on comprend pourquoi.Au réveil, la pression sanguine s’élève en prévision de la journée qui s’annonce.Malheureusement, c’est aussi à ce moment que la viscosité du sang est la plus grande, ce qui multiplie le risque d’arrêt cardiorespiratoire.22 Québec Science / Mars 2000 Les premières expériences en chronobiologie, dont celle de Franz Halberg, en 1960, ont montré de façon spectaculaire que le corps ne réagissait pas toujours de la même façon aux substances que l’on y ipjectait.Le chercheur américain avait soumis des souris de même poids à une substance potentiellement mortelle, l’en-doxine de la bactérie Escherichia coli, en variant uniquement l’heure de l’administration.Les souris qui ont reçu l’injection au milieu de leur période d’activité s’en sont assez bien tirées, puisque seulement 20 % d’entre elles sont mortes.Mais celles qui ont reçu l’injection durant leur période de repos n’ont pas eu autant de chance : 80 % ont succombé.Les démonstrations de ce type ont remis en question un dogme de la médecine, qui prône l’administration régulière du médicament tout le long du cycle de 24 h, pour s’assurer que sa concentration dans le sang soit constante.Avec la chronopharmacologie, finie la prise du médicament « trois fois par jour, à l’heure des repas » ou quand le réveille-matin retentit en pleine nuit.On favorise plutôt l’administration d’une plus grosse dose du médicament, mais au moment où il est le plus efficace.Les dentistes commencent eux aussi à prendre .conscience de l’influence que peut avoir la chronobiologie sur leur travail.La lidocaïne, un anesthésique local fréquemment utilisé pour insensibiliser leurs patients, a un effet beaucoup plus durable quand elle est injectée l’après-midi plutôt que le matin ou le soir.D’autres exemples démontrent que le corps humain répond à des cycles.L’hormone de croissance est sécrétée durant le sommeil; la température du corps est à son maximum l’après-midi et la sécrétion du cortisol (une hormone impliquée dans les réactions inflammatoires et le métabolisme des sucres et des graisses) est maximale à l’heure du réveil.Pour les spécialistes de la chronopharmacologie, il faut tenir compte de ces variables.RfçiYP P ilmn « laits fier» lait BljlKl penta ÎS SM lièteti ' lato te1 a «Plifc üairt b, Ntn Si élit fôstttt i letït «iiitif bar J.,l ''% r «y S s* )) ;;; (fllf ® -kted 0:0' i'iiiefN.ïl'#5b' ¦ JmÉM1 i-, f!*» »n ijit|e ill* # ’(tU i(S b|lf?4 rT%LSi v ws&e.^ '^fî.!> • f- ?r/ ^ or
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