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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2001, Collections de BAnQ.

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Découverte : le froid, nouvelle arme contre le cancer PER BNQ :: SI Rejean Thomas IDA : une bataille in d'être terminée r' //A Novembre 2001, 4,50 $ «¦ PS 'i nologie et la science uées contre le crime üj .VV; i MB&BBBSBÈsSm Caoutchouc ie histoire pleine rebondissements < / TH£ 92H Dû >10H enj qizz lEfsai i.çdsQuebecScience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d'en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.«& & ïï ÏS» - Revue SMV, hors série guide du Web (•c?-Coup de coeur>> - La Toile du Québec Suivez l'actualité scientifique au jour le jour sur cybersciences.com.Des milliers de pages d'information accessibles à tous.À tous les mois, c'est le rendez-vous de 250 000 internautes.Québec Science - Novembre 2001 5 RÉJEAN THOMAS IS 1 SIDA une bataille qui est loin d’être terminée Avec la trithérapie, on peut désormais garder en vie les sidéens.Mais le virus continue d’infecter 15 000 personnes par jour.Selon le médecin Réjean Thomas, l’épidémie peut faire un retour en force.propos recueillis par Aurélie Deléglise Médecin depuis 1979, Réjean Thomas a commencé sa carrière peu de temps avant le déclenchement de l'épidémie de sida, qui a déjà coûté la vie à plus de 22 millions de personnes.À la clinique L'Actuel, affiliée au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), il traite les personnes atteintes du sida et de l'hépatite C.Il explique pourquoi le fléau n'est pas prêt d'être enrayé.Québec Science : Quel bilan tirer des « années sida » ?Réjean Thomas : L’épidémie s’est propagée de façon catastrophique, comme l’avaient prédit les spécialistes.On les qualifiait d’alarmistes à l’époque.En 1981, nous ne savions même pas que c’était un virus.Puis nous avons découvert le test de dépistage, et aujourd’hui les pays riches disposent de la trithérapie qui a permis aux malades condamnés de survivre, ce qui fait que les gens meurent moins du sida.On a donc réalisé d’énormes progrès depuis l’apparition de la maladie.Cela dit, le déblocage des fonds publics a été long à venir en Amérique du Nord, car la maladie frappait surtout des gens marginaux comme les homosexuels et les toxicomanes.Les pouvoirs publics s’en sont mêlés quand la maladie est devenue très médiatisée grâce à l’implication d’organismes de lutte contre le sida.Ces associations s’occupaient de récolter des fonds privés pour la recherche que le manque de financement public freinait.QS L'arrivée de la trithérapie a-t-elle modifié le regard qu'on porte sur le sida, le faisant passer de maladie effrayante, parce que mortelle, à une maladie chronique ?RJ J’ai moi-même constaté un changement dans le comportement des homosexuels.Ce matin, j’ai annoncé à un jeune patient de 20 ans qu’il était séropositif.Il a eu l’air surpris et m’a dit que le sida ne faisait plus partie des préoccupations majeures de la communauté gaie.C’est un comportement bien différent des gens de ma génération, qui ont perdu tellement de proches, et qui se protégeaient beaucoup 6 Québec Science - Novembre 2001 JULIE DUROCHER flPi Québec Science ~ Novembre 2001 7 On ne désespère pas de trouver un jour un vaccin thérapeutique destiné aux personnes séropositives REJEAN THOMAS plus.C’est comme si, avec l’apparition de la trithérapie, on niait l’existence du sida.Les comportements sexuels changent.On utilise moins le préservatif, on multiplie le nombre de partenaires.L’image de la maladie a aussi changé.Avant, les malades du sida étaient très maigres et ressemblaient vite à des vieillards.Aujourd’hui, les gens sous trithérapie n’ont plus l’air malade; ils ont retrouvé leurs forces.Ça m’inquiète vraiment, car cela favorise le retour de la maladie.Le problème affecte déjà les Etats-Unis, où l’on a constaté une recrudescence du sida.QS Y a-t-il tout de même de l'espoir sur le front de la recherche médicale ?RJ Quand la trithérapie est apparue en 1996, je n’y croyais pas.Il faut dire qu’on nous promet un vaccin contre le sida depuis 20 ans.Ce qui est intéressant, c’est de voir que la recherche se poursuit, malgré l’apparition de la trithérapie.On continue de chercher de nouveaux médicaments moins toxiques, car un traitement de trithérapie à long terme peut s’avérer dangereux.C’est un vrai problème.On a recommencé à investir dans la recherche, surtout aux Etats-Unis.Des fondations privées comme celle de Bill Gates investissent énormément d’argent.La recherche s’intéresse particulièrement aux immuno-modulateurs, pour stimuler le système immunitaire.Ce serait une alternative à la trithérapie qui réduit la charge virale dans le sang et améliore le système immunitaire.Il y a aussi des recherches du côté des thérapies génétiques.On ne désespère pas de trouver un jour un vaccin thérapeutique destiné aux personnes séropositives pour empêcher la La somme consacrée à la recherche d'un vaccin contre le sida est de 350 millions de dollars en Europe et en Amérique du Nord.Il faut cependant allouer 10 fois plus d'argent pour soigner les personnes actuellement atteintes du VIH.progression de la maladie.En juin dernier, la conférence de l’ONU s’est terminée sur une note d’espoir.Un vaccin contre le sida pourrait être commercialisé d’ici 5 à 10 ans, assurent les experts.QS Mais les laboratoires qui font de l'argent avec la trithérapie souhaitent-ils vraiment qu'on découvre un vaccin ?RJ Je m’interroge à ce propos mais je n’ai toujours pas la réponse.Tout ce que je sais c’est que les laboratoires continuent de chercher de nouveaux médicaments parce qu’un nouveau médicament rapporte beaucoup d’argent pendant trois ou quatre ans.Par contre, je pense que les gouvernements laissent trop la recherche aux mains des laboratoires privés.Les Etats ont réduit leur participation parce que la trithérapie existe.Or ils devraient s’impliquer davantage.On reproche beaucoup de choses à l’indus- trie pharmaceutique.Mais c’est tout de même grâce à elle que la trithérapie a vu le jour.Les entreprises auraient pu arrêter d’investir parce que cela coûtait cher et ne rapportait rien à l’époque.QS Au début de cette année, les géants de la pharmaceutique ont reculé dans le procès qui les opposait aux pays du Sud fabriquant déjà des produits génériques contre le sida.Pensez-vous que les pays en voie de développement auront bientôt accès eux aussi à des traitements de trithérapie à un prix accessible pour leurs populations ?RJ D’ici un à deux ans, certains d’entre eux devraient pouvoir se procurer les antirétroviraux, car l’industrie pharmaceutique a commencé à baisser ses prix.Il y a aussi de plus en plus de médicaments sur le marché, ce qui assure une certaine compétition entre les produits.En tant que membre de Médecins du monde, je milite ardemment pour l’accès aux médicaments génériques.De plus, selon moi, il est primordial de développer des infrastructures de recherche dans les pays du Sud, et de formation pour les médecins sur place.J’ai insisté sur ce fait précis à la conférence de PONU, en juin dernier, en ma qualité de porte-parole de Médecins du monde.QS Le sida a aussi changé le regard sur la communauté homosexuelle.RJ Oui et non.Il est plus facile d’être homosexuel en 2001 qu’au début des années 1980 parce que la société a évolué de façon importante.Il y a vingt ans, les gens associaient systématiquement sida et homosexualité.C’est un lien qui n’a plus lieu d’être fait aujourd’hui.QS Noël toute l’année ! Offrez un trésor d'informations en cadeau, un abonnement à IScienCG Montréal : (514) 875-4444 - Ailleurs au Québec : 1 800 667-4444 Utilisez le coupon à la page suivante »» 8 Québec Science - Novembre 2001 MICHEL JULIEN/MEGAPRESS/RÉFLEXION ! § 1 Science ENVIRONNEMENT Plaidoyer pour la chasse sportive Loin de détruire la faune, les chasseurs contribuent à la bonne santé des espèces qu’ils traquent.Voici pourquoi.par Louis-Gilles Francœur Le loisir des chasseurs contribue grandement à la recherche sur la faune.Résultat : les espèces chassées sont toutes en expansion.:'7 • ¦ ¦O' mtt.T 4?Ci Une nouvelle chaire consacrée à l’étude de la forêt boréale a récemment commencé ses activités à rUniversité Laval.Financée par la Fondation québécoise de la faune (FFQ), via son fonds pour les espèces nordiques alimenté par les chasseurs et les pêcheurs sportifs du Québec, la Fondation versera 400 000 dollars par an, un montant doublé d’un don identique de la société forestière Kruger.La nouvelle chaire mènera des recherches scientifiques en matière d’évaluation environnementale et de gestion faunique en milieu nordique, pour faire contrepoids aux recherches « orientées » des grandes sociétés d’Etat ou privées dont l’expertise, bien réelle.a fait la pluie et le beau temps dans le domaine.La création de cette nouvelle chaire illustre un fait méconnu de bien des gens : l’étonnante et importante contribution des chasseurs et pêcheurs à la protection des milieux naturels.Depuis le milieu des années 1980, la FFQ a investi 30 millions de dollars, versés lors de l’achat des permis de chasse.Ces ressources financières ont permis de lancer 1 400 projets d’aménagement de sites, d’acquisition d’habitats fauniques ou de recherches sur la faune en général.Et pas seulement sur les espèces chassées.Ces projets ont presque toujours été financés en partenariat, ce qui explique que ces 30 millions ont généré des projets d’une valeur globale de 120 millions de dollars.C’est probablement plus que le budget de recherche du ministère de l’Environnement du Québec, le responsable législatif des écosystèmes.Quelques jours après le lancement de la chaire consacrée à l’étude de la forêt boréale, c’était au tour du ministre responsable de la Faune et des Parcs, Guy Chevrette, d’annoncer la création d’une autre chaire de recherche sur l’île d’Anticosti.La population croissante des cerfs exerce une telle pression sur la forêt insulaire que les biologistes se demandent si ce cheptel pourra se maintenir.Les chasseurs ont beau abattre 8 000 cerfs par an, on ne parvient pas à stabiliser cette population de 200 000 têtes, propulsée, comme celle du continent, vers des sommets records en raison du réchauffement climatique.« L’importance économique de la chasse — 300 millions de dollars en 1999 — explique que Québec, comme toutes les autres provinces, ait consacré depuis plusieurs décennies un ministère à la récolte faunique », explique Gilles Lamontagne, responsable de la gestion des grands gibiers à la Société de la faune et des parcs (FAPAQ).Le Québec compte plus de 400 000 chasseurs actifs et près de 1,2 million de pêcheurs.La recherche dans le domaine a vu le nombre d’emplois à temps plein passer de 10 à 55.Les budgets de ce service financent aussi de nombreuses recherches universitaires.D’autres se consacrent à ce qu’on appelle les grands inventaires aériens.Tous les 5 ou 10 ans, ils ciblent les caribous, les cerfs de Virginie et les orignaux.De nouvelles techniques sont expérimentées pour l’ours noir, dont on récolte les poils avec de gros velcros disposés à côté d’appâts.Ces inventaires sont doublés d’études sur les déplacements et les migra- Québec Science ~ Novembre 2001 9 ENVIRONNEMENT tions des grands gibiers, de la sauvagine et maintenant même d’espèces aquatiques, qui coûtent extrêmement cher mais qui constituent les bases de la recherche sur nos espèces sauvages, chassées ou non.La recherche axée sur les besoins des gestionnaires de la faune est tout aussi importante du côté fédéral, où on se concentre sur les oiseaux migrateurs alors que Québec, par délégation de pouvoirs, administre les pêcheries intérieures et les gibiers terrestres.« Le système d’enregistrement obligatoire des “chevreuils”, caribous, orignaux et ours noirs abattus à la chasse, en vigueur depuis les années 1970, fournit des séries historiques d’une valeur que rien ne peut remplacer », explique René Lesage, le grand patron de la recherche à la FAPAQ.Cet enregistrement sert non seulement à savoir où chaque bête est abattue, ce qui constitue un indice d’abondance relatif pour chaque région, mais il permet d’effectuer des prélèvements de dents, de foie, d’ovaires, etc.De quoi connaître l’état de santé des cheptels et de corréler les indices d’abondance avec des phénomènes comme les hivers durs ou cléments, etc.Il en est issu une réglementation qui permet de moduler la récolte.On allonge ou raccourcit les saisons qu’on éloigne ou qu’on rapproche des moments où les gibiers sont plus vulnérables, selon les objectifs de gestion.On interdit l’utilisation d’armes trop efficaces à certaines périodes au profit d’armes plus exigeantes, comme l’arc, pour favoriser une récolte optimale au plan économique mais minimale au plan biologique.Dans un éditorial célèbre publié au printemps 1993, le prestigieux National Geographic Magazine faisait un quasi mea culpa en reconnaissant, dans un exceptionnel bilan de la faune continentale, que les espèces chassées et pêchées sont les seules en expansion ! Et que presque toutes les espèces menacées sont des espèces non convoitées par les chasseurs et pêcheurs.Thanks to wildlife management, titrait le magazine en éditorial.Le même phénomène se vérifie au Québec.Quand, au milieu des années 1980, le coyote a envahi la Gaspésie, éliminant en trois ans l’essentiel de la population de cerfs de Virginie (déjà aux prises avec des hivers extrêmement rigoureux), les chasseurs l’ont su tout de suite : l’insuccès de la chasse en témoignait.Des études ont confirmé le bilan des chasseurs, devenus la sonnette d’alarme de la santé de la faune.Les chasseurs de caribous ont rapidement décelé les signes de dégénérescence qui affectaient ce troupeau (parasites, diminution de poids, etc.).Celui-ci, qui atteint le million de têtes, est sous-exploité en raison du coût élevé de cette chasse.Le troupeau est en train de ruiner son habitat, ce qui pourrait provoquer son implosion et le ramener à quelques milliers de têtes.Un cycle que les légendes autochtones évaluent à trois générations.«Q uand une espèce chassée ou pêchée a un problème, on le sait tout de suite et les pressions sont immédiates pour une prise en mains du problème.Aucune espèce chassée ou pêchée sportivement ne peut subir la menace d’une disparition aujourd’hui », affirme Gilles Courtemanche.Sauf peut-être l’ours ou le loup parce que, si la trappe fournit elle aussi des séries historiques éloquentes, ces séries sont biaisées par le jeu des prix.Là encore, le problème vient de la logique commerciale.Si les prix affichés pour une espèce sont élevés, la récolte s’intensifie immédiatement.Le lynx a subi, il y a quelques années, une telle pression.Mais la réaction fut rapide : limite de deux têtes par année et par trappeur.Et la population a immédiatement commencé à récupérer.Peu de non-chasseurs font encore aujourd’hui la différence entre chasse — ou pêche — commerciale et sportive.Pourtant, elle est fondamentale.Les méfaits des récoltes commerciales, dictés par le seul profit, ne devraient plus jamais être attribués aux activités sportives, lesquelles sont devenues à la fois des outils de connaissance et des régulateurs de la croissance ou de la stabilisation des cheptels.- Les historiens de la chasse ont établi que la plupart des grands gibiers avaient presque totalement disparu du Québec au XDG siècle en raison de l’intensité des récoltes commerciales sans frein au cours des deux siècles précédents.La gestion moderne de la faune, basée sur les pratiques sportives et implantées chez nous au siècle dernier, a modifié les choses, qui changent encore à un rythme renversant.On récolte, par exemple, près de 50 000 cerfs par année au Québec, alors qu’on en dénombrait environ 70 000 il y a 30 ans dans toute la province, hormis Anticosti.« La nature s’ajuste toute seule et on pourrait théoriquement la laisser gérer les équilibres naturels, dit Bernard Beaudin, président-directeur général de la FFQ.Mais notre seule présence modifie les équilibres, et radicalement.Nous avons donc un devoir de les rétablir, comme on le fait pour les grands cheptels privilégiés par les chasseurs ou pour des espèces qu’on ne chasse pas.On réalise aujourd’hui l’interdépendance de tous les vivants.» CS Le nouveau site des 11-14 ans Par l'équipe de Science WjÿWOR Cf www.cybersciences-junior.org 1 0 Québec Science - Novembre 2001 encore aii erre avart Qnéfcec «des au cob Hiiion remer- près Je K, alors 'i»3 :,lion« €n hamse Les ouragans.La hausse de la température de l'eau et les changements caractéristiques des vents constituent une combinaison climatique explosive qui favoriserait le développement d'un plus grand nombre d'ouragans dans les Caraïbes et le sud des États-Unis.Les scientifiques ont constaté une hausse de la température de l'air de 0,3 °C au cours des 100 dernières années, ce qui augmente l'instabilité atmosphérique.De plus, la mer a gagné entre 0,5 °C et 1 °C dans la région en 20 ans.C'est peu ?Assez pour provoquer des chambardements ! Selon les experts, dans ces conditions, les vents verticaux s'affaiblissent, diminuant ainsi leur capacité à disperser les tourbillons nés à la surface de l'eau qui constituent des embryons d'ouragans.Déjà, dans les années 1990, l'Atlantique Nord a connu deux fois plus d'ouragans que dans les années 1970 et 1980, et les Antilles en ont essuyé cinq fois plus.’n baisse [.a sécurité informatique.Les : virus informatiques commencent à coûter cher.Le Computer Economies, situé en alifornie, a calculé que les dommages pour les six premiers mois de cette année se sont établis à 10,7 milliards de dollars.L'an dernier, ils avaient représenté 17,1 milliards.Le fameux code rouge qui a attaqué plus d'un million d'ordinateurs, cet été, a entraîné à lui seul des dépenses de 2,6 milliards de dollars.Et ça c'était avant Nimba.ACTUALITES VUES PAR CYBERSCIENCES.COM Le chocolat comme une drogue Oui, on peut être ivre de chocolat ou en être complètement accro.Pas surprenant : des chercheurs de l’Institut de neurologie de Montréal et de l’École de médecine de la Northwestern University de Chicago ont remarqué que la consommation de chocolat entraîne une intense activité cérébrale dans la partie du cortex qui est stimulée par les dro gués et l’alcool.Mais l’expérience menée sur une quinzaine de cobayes gourmets a aussi permis de constater ce qui se passe dans le cerveau quand le plaisir est poussé à la limite.Des sujets qui ont consommé jusqu’à 75 carrés de chocolat ont alors montré un déplacement de l’activité cérébrale.A-t-on localisé la zone du dégoût ?À moins que ce soit celle de la surdose ?Allô Callisto ! Callisto, un des plus gros satellites de Jupiter (voir Québec Science, septembre 2001 ) abriterait, sous sa surface, de l’eau à l’état liquide.C’est une étude publiée par la revue Nature qui avance cette hypothèse.Depuis 1995, la sonde américaine Galileo survole, à basse altitude, les quatre plus gros satellites de Jupiter.La sonde a également détecté un champ magnétique variable autour de Callisto, ce qui indiquerait la présence d’une masse d’eau fortement salée.C’est en considérant les propriétés structurales, comme la mobilité des particules, que le chercheur espagnol Javier Ruiz soutient que l’eau sous la surface de Callisto est à l’état liquide.Cette découverte pourrait remettre en question les connaissances acquises sur l’eau et sur la glace dans le système solaire.Boîte noire dans les hôpitaux La salle d’opération d’un hôpital est comme la cabine de pilotage d’un avion.Le chirurgien britannique Ara Darzi, du London Imperial College, en est convaincu.Il a même conçu un modèle adapté de boîte noire pour son hôpital.Cet appareil surveillera désormais les salles d’opération et enregistrera les faits et gestes des praticiens.Le chirurgien inventeur espère que son appareil sauvera des vies.La boîte noire servira à connaître les causes des complications postopératoires.Des capteurs électromagnétiques et ultrasoniques placés sur les mains du chirurgien mémoriseront tous les détails de l’intervention, allant des instruments utilisés jusqu’aux conversations, en passant par les allées et venues du personnel.Cela contribuera-t-il à augmenter le stress des chirurgiens ?La boîte noire a bien fait ses preuves dans le domaine de l’aéronautique sans stresser outre mesure les pilotes d’avion, signale Ara Darzi.Sondage Près de 790 personnes ont répondu à notre sondage du mois de septembre.La question était : « Si vous deviez subir une intervention chirurgicale, seriez-vous prêt à essayer l'hypnose plutôt que d’être anesthésié ?» oui.33 % non.56 % ne sait pas.11 % On n'est pas prêts de se passer de médicaments ! Notre numéro de novembre vous propose un plaidoyer scientifique en faveur de la chasse sportive.Voici la question du mois : « Il est reconnu que la chasse sportive contribue à une meilleure connaissance de la faune et de son environnement.Selon vous, faut-il néanmoins bannir cette activité sportive ?» Vous pouvez voter sur Cybersciences.com entre le 5 et le 19 novembre 2001.Québec Science - Novembre 2001 11 .ACTUALITES VUES PAR CYBERSCIENCES.COM HAST AeroVIronment Tout compte jjait 29 410 •“ ^ r C'est l’altitude, en metres, qu’a atteint l’avion solaire Hélios, en août dernier.Le prototype n'a pu aller au-delà à cause de la raréfaction de l’air.Équipé de 62 000 cellules photovoltaïques, il a mis 8 heures, à la vitesse maximale de 50 kilomètres à l’heure, pour grimper aussi haut avec ses 14 hélices.Économique en énergie : chaque moteur ne consomme pas plus de watts qu'un sèche-cheveux.Une partie de l’énergie solaire peut en outre être stockée dans des batteries.On pourra bientôt mieux juger de l’efficacité du système : Hélios effectuera un vol de nuit cet automne.mm Coeur de plastique Son cœur ne bat plus : il ronronne.Et le premier homme, un américain de St.Louis au Missouri, chez qui on a implanté un cœur artificiel l’été dernier, se porte comme un charme aux dernières nouvelles.La prothèse cardiaque nouveau genre est faite de titane et de plastique polyuréthane translucide.Il se compose de deux ventricules artificiels et de leurs valves respectives, avec un système de pompage hydraulique et un boîtier de commande électronique situé dans l’abdo- men.L’appareil bien particulier est équipé d’un moteur silencieux et d’une batterie interne d’une autonomie de 30 minutes, rechargeable à distance par le biais d’impulsions électriques envoyées à travers la peau par une batterie externe.Un cœur de rocker ?Les chats aussi sont fous Les chats sont eux aussi affectés par des encéphalites spongiformes (la fameuse maladie de Creutzfeldt-Jakob).Près d’une centaine de cas ont été enregistrés en Grande-Bretagne jusqu’à présent.On présume que ces animaux ont été contaminés en consommant des aliments qui contenaient des tissus de vaches infectées (provenant de la cervelle, en particulier).Les chercheurs estiment que la forme féline de la maladie a une période d’incubation de cinq ans.Aucun cas n’a en revanche été constaté chez les chiens.Poisson à l'antigel C’est grâce à une protéine antigel que des poissons comme la sole et la morue peuvent nager dans les eaux très froides de l’Arctique.Cette glycoprotéine a pu être synthétisée, à des fins de commercialisation, par des chercheurs de l’université de New York.La nouvelle prend une importance toute particulière pour le monde agricole qui souhaite avoir depuis longtemps un moyen d’obtenir des plants plus résistants au gel.La protéine empêche la formation de cristaux de glace qui abîment les matériaux vivants.L’histoire ne dit pas s’il y a des effets secondaires sur le poisson congelé.1 2 Québec Science - Novembre 2001 ARCHEOLOGIE L'anémie, une carence en fer, est à l'origine des porosités à la surface de ce crâne d'enfant.Il fait parler les cimetières De quoi mouraient nos ancêtres ?Pour le savoir, Robert Larocque exhume les squelettes des cimetières, et fait parler les os.par Laurent Fontaine Pour rien au monde Robert Larocque n’aurait vécu au XVIIe siècle.Paléoanthropologue, le professeur de l’Université Laval exhume et analyse des squelettes anciens au hasard de leur découverte sur des chantiers.Les études qu’il a menées dans deux anciens cimetières de la basilique Notre-Dame-de-Québec dans les années 1990, et dont il a récemment publié les résultats (1), étaient une première d’envergure au Québec.En effet, on n’avait jamais, par le passé, fouillé systématiquement d’anciens cimetières avant d’entreprendre de nouveaux chantiers en surface.L’équipe de Robert Larocque a exhumé 80 sépultures et des os appartenant à au moins 121 autres individus dans deux cimetières utilisés entre 1657 et 1844.Parmi les ossements, beaucoup de squelettes de femmes mortes en couches avec, au centre des os du bassin, les os du fœtus.Beaucoup de squelettes d’enfants aussi, dont certains retrouvés pêle-mêle dans un coin des cimetières, des corps sans doute jetés dans une fosse com- 2 « Grosso modo, explique-t-il dans son laboratoire situé dans le dédale du Petit séminaire de Québec, la santé de nos ancêtres ressemble à celle des gens du Tiers-Monde aujourd’hui.Tuberculose, carences alimentaires, épidémies microbiennes, ils souffraient de maladies encore courantes aujourd’hui dans les pays les plus pauvres.» Affaiblis par la mauvaise santé des mères et une mauvaise alimentation, beaucoup d’enfants de moins de six ans mouraient.Passé ce cap, leur système immunitaire était suffisamment développé pour traverser l’âge adulte.« À l’époque, il faut se rappeler qu’il n’y avait pas de médicaments ni d’antibiotiques.La seule médecine était la saignée », rappelle Robert Larocque.Un simple abcès dentaire pouvait mener à la u tombe.« On § oublie aujour-§ d’hui que nous ï— sommes main- CH g tenus artificiel-01 lement en vie Crâne d’adulte trouvé dans un ancien cimetière par l'archéologue Robert Larocgue.Les lésions y appa naissant sont probablement dues à la syphilis.grace aux medicaments, rappelle le cher- biologiques; ils ne disent rien sur la fréquence des maladies, sur les groupes d’âges plus vulnérables, etc.C’est cela que nous cherchons.» Porosité et courbure des os, qui trahissent le rachitisme (carence en vitamine D); émail mal formé des dents; arthroses aiguës.Les stress physiologiques des squelettes sont autant de signes d’une population probablement très pauvre, usée dès l’âge de 40 ans.« C’est un cimetière urbain; peut-être que les gens de la campagne souffraient moins », se demande le chercheur, qui pourra bientôt comparer cette population avec d’autres fouilles réalisées dans l’ancienne forteresse de Louisbourg, en Nouvelle-Ecosse, où il a notamment trouvé un squelette sans tête.Pour entamer des fouilles dans un cimetière, la Cour supérieure du Québec doit donner son accord.Les chercheurs travaillent en relation étroite avec la paroisse et la communauté locale, et, en bout de ligne, les ossements sont remis en terre.Les squelettes de Notre-Dame-de-Québec ont déjà été replacés sous le sol même de la basilique lors d’une célébration particulière.Macabre, comme métier ?« On ne peut pas rester insensible; on ressent même de la compassion pour tous ces gens qui ont vécu avant nous et qui nous disent quelque chose de l’existence, dit Robert Larocque.mune creusée hâtivement lors d’une épidémie.Tous des gens pauvres assurément, car on n’a trouvé ni cercueils, ni vêtements, ni bijoux, ni même traces de chaussures, de ceintures ou d’objets de piété.Tout au plus les traces des épingles, qui devaient probablement serrer les linceuls.Les recherches de Robert Larocque ne permettent pas de préciser les causes exactes des décès de tous ces gens.L’anthropologue essaie plutôt de déterminer l’état général de santé de nos ancêtres.cheur.Beaucoup d’adultes vivant aujourd’hui n’auraient tout simplement pas survécu à cette époque.» Pour en savoir autant sur la santé de nos ancêtres, Robert Larocque fait parler les os.« Les documents historiques évoquent les épidémies, les traumatismes de société, mais pas la mort ordinaire.Les registres de décès nous renseignent sur l’espérance de vie : de 30 à 40 ans, contre 75 ans maintenant au Québec.Mais les documents de l’époque donnent très peu d’informations Certains paléanthropologues cherchent des squelettes vieux de plusieurs millions d’années pour reconstituer les maillons de la chaîne humaine.Je m’intéresse beaucoup plus à la vie des gens, aux aspects sociaux des choses.On ne fouille pas un cimetière comme on le ferait ailleurs.»QS (1) Robert Larocque, « La Naissance et la Mort à Québec autrefois : les restes humains des cimetières de la basilique Notre-Dame-de-Québec ».Cahiers d’archéologie du CELAT, Université Laval, 2000.Québec Science ~ Novembre 2001 13 planèteadn par Jean-Pierre Roqel Eve et ses 33 filles Grâce à l’ADN mitochondrial transmis par les mères, la génétique est sur la piste de nos ancêtres.Les surprises ne font que commencer.Lire notre passé dans l’ADN mitochondrial, retracer le peuplement des continents grâce à ce qui est niché dans chacune de nos cellules ?Il y a 20 ans, cette idée paraissait farfelue.Bien sûr, on connaissait l’existence de cet ADN qui n’est pas dans le noyau, mais à l’intérieur de toutes petites structures des cellules.Sa fonction est d’aider ces dernières à utiliser l’oxygène pour produire de l’énergie.Il contient donc quelques gènes, pas beaucoup.On savait aussi que, contrairement à l’ADN du noyau transmis par les deux parents, cet ADN n’est transmis que par un parent, la mère.D’ailleurs, l’explication est assez amusante : c’est parce que le spermatozoïde, lorsqu’il pénètre Une mitochondrie.dans l’ovule, laisse son ADN mitochondrial à la porte (il s’en sépare avec sa queue).On savait enfin qu’une petite partie de cet ADN, appelé « région de contrôle », présentait des mutations assez fréquentes chez les humains.Mais beaucoup de questions demeuraient : cette région était-elle stable ?À quel rythme s’accumulaient les mutations ?Y avait-il des recombinaisons ?Si bien que peu de chercheurs pariaient sur l’ADN mitochondrial pour retracer l’évolution d'Homo sapiens jusqu’à nous.Et pourtant, comme le constate le britannique Bryan Sykes de l’université d’Oxford dans un livre récemment traduit chez Albin Michel sous le titre Les Sept Filles d’Eve : « Contre vents et marées, les mitochondries ont tenu leurs promesses ! » Plus un congrès d’anthropologie ou de génétique des populations ne se déroule sans qu’on y expose les derniers succès de cette « voie royale » pour connaître l’histoire de nos origines.L’ADN mitochondrial — abrégé en ADN m — a aussi permis de résoudre des énigmes historiques, comme celle de la lignée maternelle du tsar Nicolas IL Chercheur vedette du domaine, Bryan Sykes a surtout contribué à remonter la piste du peuplement de l’Europe.Il a pu montrer, grâce à l’analyse de 6 000 échantillons d’ADN m, que la quasi-totalité des Européens d’aujourd’hui se répartissent selon sept profils distinctifs.Ils descendent de sept « clans » ancestraux maternels.La ligne d’ADN m étant continue, soumise seulement au lent battement de l’horloge moléculaire des mutations, Sykes remonte les lignées jusqu’à sept femmes originelles.En vulgarisateur habile, il va jusqu’à leur donner des noms : Ursula, Xenia, Tara, Helena, Katrine, Valda et Jasmine.Elles ont vécu à des époques très éloignées les unes des autres, séparées par plusieurs milliers d’années, et en des lieux différents.Là-dessus, Sykes n’a pas véritablement de preuves, mais il brode un peu à partir des connaissances paléoanthropologiques.Elles n’étaient évidemment pas les seules femmes de leur groupe humain, mais ce sont celles qui ont donné une lignée maternelle ininterrompue jusqu’à aujourd’hui.En fait, le punch scientifique est ailleurs que dans les sept filles d’Eve.Ces recherches ont apporté la preuve que les racines génétiques des Européens se trouvent dans le paléolithique supérieur.Jusqu’ici, on pensait plutôt que les Européens descendaient essentiellement des agriculteurs venus du Proche-Orient il y a 8 000 ans à peine, avec leurs animaux et leurs sacs de semences.Ces agriculteurs du néolithique avaient évincé les chasseurs-cueilleurs du mésolithique.« Nous étions convaincus, quant à nous, que l’ADN mitochondrial témoignait d’un passé beaucoup plus lointain.» C’est ce que démontrèrent les analyses.En fait, les Européens descendent de populations arrivées entre 10 000 et 30 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait, et qui ont enduré les rigueurs du dernier âge glaciaire.Ce qui a d’ailleurs été confirmé par un test d’ADN d’un fossile antérieur à l’arrivée des agriculteurs, l’homme de Cheddar.Bref, la génétique de l’ADN m bouscule les idées reçues.Elle peut aussi aller plus loin, car la même démarche s’applique à n’importe quelle région du monde, pas seulement à l’Europe.Ainsi, les chercheurs ont identifié 33 clans maternels dans le monde.Treize sont africains, ce qui ne surprend pas car, Homo sapiens étant présent en Afrique depuis plus longtemps — un fait confirmé par l’anthropologie —, il y a eu largement assez de temps pour que les mutations s’accumulent, et que de nouveaux clans se forment.Mais ce qui est extraordinaire, c’est qu’on peut remonter jusqu’aux ancêtres des ancêtres.Les clans convergent vers une seule aïeule, l’ancêtre maternelle de tous les humains vivants, une Africaine d’il y a quelque 150 000 ans.Son existence a été prédite en 1987, et on l’avait baptisé « l’Eve mitochondriale ».Son existence se confirme donc avec les études actuelles.Et Adam, dans tout ça ?me demanderez-vous.Nous en parlerons le mois prochain.QS PO 1 4 Québec Science ~ Novembre 2001 t t ¦ ¦ - ^ ^ - ¦ oliciers En mars dernier, les forces de police du Québec opéraient un gigantesque coup de filet en coinçant d’un seul coup plus d’une centaine de motards, membres des Hell’s Angels, lors de l’opération Printemps 2001.Près de 2 000 policiers, des mois d’enquête et une preuve accumulée sur des dizaines de cédéroms pour préparer ce qui s’annonce comme le plus grand procès criminel du Québec.L’opération Printemps 2001 mettait au jour une vérité qu’on oublie parfois : comme les malfrats qu’ils pourchassent, policiers et enquêteurs ont parfois besoin de l’ombre et de la discrétion pour accumuler leurs preuves.Qu’ils luttent contre une organisation gigantesque ou un seul individu, ils disposent désormais d’une myriade de méthodes pour arriver à leurs déductions et faire porter des accusations.Analyses balistiques, autopsies, déminage, écoute électronique et surveillance informatique, profilage psychologique, interrogatoires, les arts policiers tirent plus que jamais leur efficacité des sciences.On ne saura pas tout.Mais ce que nos journalistes ont mis au jour prouve, si cela était encore nécessaire, qu’une des grandes missions de la science est de nous faire avancer vers la vérité.Québec Science ~ Novembre 2001 15 .«âg|L m vsm Le' ¦HH Le robot démineur de la police de Montréal en action.Montréal : capitale des bombes Bon an mal an, l’escouade technique de la police doit désamorcer des dizaines de bombes.Quand elle arrive trop tard, il faut alors commencer un lent travail de fouille sur les lieux.par Daniel Chrétien 1 y a quelques années, au lever du jour, des citoyens de Verdun ont remarqué une camionnette louche stationnée tout près du repaire notoire d’une bande de motards criminalisée.Ce qu’ont découvert les policiers arrivés sur les lieux les ont laissés pantois : la camionnette contenait plus de 90 kilogrammes (200 livres) d’explosif.De quoi réduire en poussière non seulement le repaire des motards, mais aussi une bonne partie du quartier.Des appels à la bombe, la police de Montréal en reçoit quelques centaines par année.Plusieurs sont de fausses alertes : valises ou sacs abandonnés.Certains mènent à la découverte de bombes qui, si elles ne sont pas désamorcées, risquent de faire de nombreuses victimes.Les explosifs, c’est l’affaire de l’escouade technique de la pobce, composée de véritables athlètes, la crème des policiers que l’on envoie au front dans les situations à haut risque.À Verdun, ils étaient cinq à tenter de désamorcer les quelque 90 kg de dynamite camouflés dans trois glacières.« Nous nous trouvions devant la plus grosse bombe de l’histoire de la guerre des motards au Canada », raconte le sergent Michel Wilson.« L’adrénaline était à son niveau maximum », ajoute Jean Bi-gras, son collègue.L’équipe a suivi les procédures habituelles : établir un périmètre de sécurité, évacuer les résidants et approcher la 1 6 Québec Science - Novembre 2001 bombe à l’aide du robot.« Le robot, c’est nos yeux, explique Michel Wilson.Grâce à ses trois caméras, on peut voir la bombe de près et souvent la désamorcer sans risquer notre vie.» Manque de chance, ce jour-là : les « yeux » tombent en panne.« J’ai dû approcher la bombe moi-même, et j’ai vu que tout était prêt à sauter », raconte Michel Wilson.Heureusement, cette bombe a finalement été désamorcée.Ce n’est pas toujours le cas.Au plus fort de la guerre des motards, à la fin des années 1990, les bombes explosaient si souvent que les corps de police du monde entier avaient leurs yeux tournés vers Montréal.La métropole était devenue la capitale internationale des bombes ! Et pour chacune qui explose, une enquête minutieuse se met en branle.D’abord, on mesure le cratère creusé par l’explosion.Ce dernier donne des indications quant à la quantité d’explosif utilisé.Une formule générale veut que les deux tiers du volume du cratère corresponde au poids de l’explosif.Ensuite, on ratisse la scène de crime à la recherche de précieux indices.L’escouade technique mène le bal, bien sûr, mais la division des incendies criminels de la SPCUM a aussi un rôle important à jouer, sans oublier la collaboration du chimiste Jean Brazeau, du Laboratoire de médecine légale et de sciences judiciaires de Montréal.Mais au fait, qu’est-ce qu’une explo- Au plus fort de la guerre des motards, à la fin des années 1990, les bombes explosaient si souvent que les corps de police du monde entier avaient leurs yeux tournés vers Montréal. sion ?Il s’agit de la combustion ultrara-pide d’un mélange de produits chimiques, qui provoque une augmentation soudaine de pression et de chaleur.Il existe plusieurs types d’explosif, mais au Québec on en trouve principalement deux sortes.D’abord l’émulsion, sous forme de pâte, et ensuite la dynamite, fabriquée à base de nitroglycérine, me substance dont la manipulation est extrêmement dangereuse.« Il y a plusieurs années, on comptait 35 usines de dynamite en Amérique du Nord, fait observer Jean Brazeau.Il n’en reste qu’une seule; toutes les autres ont sauté.» L ans son laboratoire, situé en haut de l’édifice de la Sûreté du Québec, rue Parthenais à Montréal, le chimiste scrute méthodiquement les débris que les policiers trouvent sur les lieux des explosions.« À partir de ces débris, on peut déduire le type de bombe et aller jusqu’à identifier l’auteur de l’attentat », explique-t-il.« Chaque groupé a son modus operandi, ajoute Michel Wilson.Par exemple, la mafia italienne utilise souvent une batterie et i ^ de longs fils comme système de mise à feu, alors que les motards préfèrent les systèmes télécommandés.» Sur me table, dans m des laboratoires, on aperçoit des débris recueillis lors des récentes explosions dans une chaîne de restauration rapide.Le chimiste a-t-il trouvé des choses intéressantes ?« Oui, mais pas question d’en parler », tranche Jean Brazeau.Plutôt avares de commentaires, les spécialistes en explosifs.Lors de ses analyses, Jean Brazeau suit un protocole rigoureux.Les indices qu’il réussira à soutirer des débris pourront permettre d’identifier l’explosif employé, de même que le mécanisme de mise à feu utilisé.Après que les policiers ont méticuleusement scruté les lieux d’un attentat à la recherche des débris de la bombe, ou de tout autre indice valable, ils apportent le fruit de leurs recherches à Jean Brazeau qui se met au travail.Tout explosif violent est constitué de composantes organiques et inorganiques.Chacune de ces composantes peut être identifiée à l’aide de différentes techniques, qui finiront par livrer les secrets de la nature de l’explosif lui-même.« Au r*) laboratoire, je peux identifier 100 % des explosifs utilisés », précise Jean Brazeau.Il existe deux façons d’y arriver : la spectrométrie de masse, pour les composantes organiques (par exemple, la nitroglycérine), et les rayons X (diffraction et fluorescence) pour les inorganiques, dont le nitrate d’ammonium ou le nitrate de sodium.L’expert commence par extraire les débris à l’aide d’un solvant liquide comme le méthanol ou l’acétone.Le liquide est recueilli, puis évaporé au moyen d’un jet d’azote de façon à ne pas décomposer ce qui reste d’explosif.« Ce sont deux solvants polaires qui vont extraire la majeure partie des constituantes organiques », explique Jean Brazeau.Et où trouve-t-il ces indices ?« Un peu partout, dit-il.Bien sûr, on parle de quantités infimes, de quelques parties par million.Mais on en trouve toujours.Lors d’un attentat à la voiture piégée, par exemple, certaines matières retiennent plus facilement les résidus d’explosif : les tissus, les tapis, le caoutchouc mousse des sièges garderont davantage de résidus que l’acier.Occupé, Jean Brazeau ?Tout dépend de l’humeur des motards.« Actuellement, précise le sergent Wilson, beaucoup d’entre eux sont derrière les barreaux.C’est plus tranquille.Mais l’occurrence des explosions est cyclique.À Montréal, en 2000, l’escouade technique a répondu à 69 appels à la bombe, dont 27 étaient non fondés.Mais dans la première moitié des années 1990, on a vu jusqu’à 418 appels en un an.Fin août 2001, on en compte à peine une quinzaine pour l’année en cours.Mais les bombes ne sont plus l’exclusivité des criminels.Une simple requête lancée sur un moteur de recherche suffit à trouver des milliers de recettes de bombes.« C’est d’autant plus inquiétant que l’on trouve chez soi à peu près tout ce qu’il faut pour les fabriquer », note le sergent Jean Bigras, déclinant poliment l’invitation à nommer quelques-uns des ingrédients.« Cela nous inquiète beaucoup.Non seulement cela peut mettre de mauvaises idées dans la tête des jeunes, mais les recettes qu’on y trouve sont instables et les quantités sont souvent imprécises.La sécurité du jeune est elle-même menacée », soutient le sergent Wilson.Qu’on se le tienne pour dit.OS Québec Science ~ Novembre 2001 1 7 dé lapolice iitliai! Chaque crime a unci A u milieu des années 1970, l’investigative Unit Support du FBI a fait le tour des pénitenciers pour sonder l’âme des 36 criminels les plus violents des États-Unis.Parmi eux, les Ed Gein (The Ghoul of Plainfield, violeur de cadavres invétéré), Ted Bundy (exécuté en 1989, il a sauvagement assassiné au moins 32 femmes) et Charles Manson (qui se passe de présentations).Les criminels n’ont pas été avares de détails en répondant au questionnaire de 57 pages.L’un retournait constamment sur la scène de ses crimes pour mieux les revivre.L’autre attachait le corps de sa victime sur une chaise, histoire d’avoir de la compagnie lorsqu’il rentrait du travail.L’un agissait de façon presque anarchique, tandis que l’autre prenait soin de refaire le maquillage de ses victimes et de leur laver les cheveux — toujours blonds, avec une raie au milieu.A partir de ces informations, le LBI a élaboré les bases du profilage psychologique.Il a formé des agents partout dans le monde durant quelques années, puis a cessé de le faire en raison des coûts démesurés de l’entreprise.Mais les pionniers du profilage ont créé l’International Crime Investigative Analysis Lellowship Program (ICIAL) qui a repris le flambeau et assure dorénavant la formation des policiers désirant ajouter le profilage à leurs compétences.Au Québec, il y en a un seul : Gérald Séguin, qui élabore des profils psychologiques à la Sûreté du Québec depuis une dizaine d’années.Ce sont les confessions des 36 criminels les plus violents des États-Unis qui ont donné naissance au profilage psychologique.1 8 Québec Science - Novembre 2001 HRItU UT lut b M1IMT1K M.ICHT UUPOCA 4EOOORE ROBERT Bl DtSCIIPTION Ut, tf.v, v- ¦-Mar**»* tr».t *-.« J I U *1 ^1».w *nui «j CRI MINAI RlCOtO ü Charles Manson « On fait appel à des “profileurs” lorsque les méthodes d’enquête conventionnelles mènent à un cul-de-sac », dit-il.Mais comment le profileur peut-il saisir les motivations d’un suspect qui lui file entre les doigts ?Comment parvient-il à faire parler son seul témoin, la scène du crime ?« Contrairement à l’image véhiculée par certains films, on ne se met pas dans la peau du meurtrier, pas plus qu’on n’a de révélations fracassantes relevant presque de la voyance, prévient Gérald Séguin.Nous ne sommes pas devins ! » En fait, son mandat se résume surtout à « faire ressortir les gestes comportementaux, les analyser objectivement et tenter d’identifier des traits de personnalité associés à ces gestes ».Il s’agit tout d’abord de déterminer à quelle grande catégorie de criminels le suspect appartient : organisé ou désorganisé.Certains préféreront parler de psychopathes ou de psychotiques, de sadiques ou de colériques.Mais à quelques nuances près, c’est du pareil au même.Il y a ceux qui planifient soigneusement leur crime, prolongent leur jouissance en torturant la victime, puis ne laissent aucun indice.Et il y a ceux qui agissent sous le coup de l’impulsion, perdent momentanément la tête et laissent la scène du crime dans le plus grand désordre.« Chaque détail a son importance, soutient Gérald Séguin : la nature des blessures infligées, le positionnement du corps, l’endroit où il est retrouvé, les caractéristiques des victimes.» Par exemple, selon la typologie du FBI, des blessures concentrées au visage laissent supposer que l’agresseur connaissait sa victime.De la même façon, les crimes sordides sont presque toujours intraraciaux : si la victime est blanche, l’assassin n’est vraisemblablement pas noir, et vice versa.Le cadavre soigneusement dissimulé dénote un certain remords.Les mutilations au niveau des seins peuvent être interprétées Le crime est presque parfait.Pas de témoins.Pas d’indices.L’enquête piétine.Les policiers s’arrachent les cheveux.par Marie-Pier Elle Le profilage statistique ne néglige aucun détail.Où a-t-on trouvé le corps de la victime ?Si c’est à l’intérieur de son domicile, soit que l’agresseur la connaissait, soit qu’il est entré par effraction.Le crime a-t-il été commis en plein jour ?Dans l’affirmative, on a de bonnes chances d’avoir affaire à un agresseur sans emploi, ou travaillant la nuit.L’arme utilisée a-t-elle été apportée par l’agresseur ?Ça en dit long sur la préméditation.Si, au contraire, il s’est servi du fil de téléphone comme garrot, il n’avait probablement pas planifié son coup.Lorsque la victime est toujours vivante, on peut tenter de savoir comment le suspect a interagi avec elle.« Tout ce qui est dit durant l’agression est très révélateur, affirme Eric Beauregard.Il a fouillé le portefeuille de la victime pour obtenir ses coordonnées et la menacer de la retrouver si elle parle trop ?Il lui a demandé de prendre une douche ou lui a peigné le pubis pour effacer toute trace de viol ?Ça dénote une certaine expérience.L’agresseur a probablement déjà fait de la prison, ou à tout le moins il a déjà eu des démêlés avec la justice.» De la pure logique tout ça ?Oui.Mais en effectuant divers recoupements à l’aide des bases de données disponibles, on obtient parfois des résultats étonnants.Jamais de certitude, toutefois.Que des probabilités.Un exemple ?« D’après l’analyse de différents paramètres, on peut conclure qu’une victime étranglée à l’intérieur de sa maison avait 57 % de chances de connaître son agresseur.Si le cadavre de cette même victime, avec exactement les mêmes caractéristiques, avait plutôt été retrouvé à l’extérieur, la probabilité chuterait à, disons, 11 % », explique Eric Beauregard.D’ici cinq ans, les travaux d’Eric Beau-regard devraient permettre d’élaborer un logiciel de profilage spécifiquement adapté à la réalité québécoise.Entre 1995 et 2000, le psychologue Jean comme une attaque contre la figure maternelle.Et ainsi de suite.« Mais ces théories psychanalytiques n’ont pas toutes été vérifiées, déplore le criminologue Eric Beauregard, qui explore les subtilités du profilage criminel pour compléter sa thèse de doctorat à l’Université de Montréal.Trente-six entrevues pour tirer autant de conclusions, c’est très peu ! » Même la dichotomie organisé-désorganisé ne fait pas l’unanimité dans le milieu.Mario Bastien, qui a assassiné le jeune Alexandre Livemoche le 4 août 2000 à Sorel, était un désorganisé typique, comme l’ont rapporté les journaux tout au long du procès.Il a tué sa victime à moins d’un kilomètre de chez lui, n’a enterré son corps qu’à moitié.Mais selon la classification du FBI, un désorganisé ne s’intéresse pas à la couverture médiatique de son crime.Or, Dieu sait que Mario Bastien en semblait avide.Il a lui-même appelé les médias pour livrer ses états d’âme ! De plus, la part de préméditation reliée à son crime est caractéristique des tueurs organisés.« Le problème avec une telle typologie, c’est qu’il y a toujours des cas qui tombent entre les deux.C’est ce qu’on appelle le profil mixte, où on peut classer à peu près n’importe quoi », constate Éric Beauregard.Le FBI brandit toutefois son taux de réussite bien haut, comme pour faire taire les détracteurs : 80 %.0 partir des travaux du FBI, les modèles de classification et d’analyse criminels se sont grandement améliorés durant la dernière décennie.De plus en plus, on parle de profilage statistique.Toujours à partir des informations recueillies sur la scène du crime, il restreint le nombre de suspects.Mais plutôt que de recracher un portrait tout fait, cette technique calcule des probabilités.« Comme la météo, en espérant que ça soit plus fiable », lance à la blague Eric Beauregard.Québec Science - Novembre 2001 19 Proulx, spécialiste incontesté des crimes sexuels, a déjà évalué 600 délinquants québécois dès leur entrée au pénitencier.Sur 83 meurtriers sexuels, 62 ont accepté de participer au projet.« Du nombre, seulement quatre avaient tué deux fois où plus.Comme quoi l’échantillon de 36 tueurs en série du FBI n’est pas du tout représentatif des meurtriers sexuels en général », précise-t-il.On pourrait croire que le profilage criminel n’est utile que pour les meurtres les plus sordides.Pourtant, ce n’est pas le cas.Tout crime faisant partie d’une série peut être soumis au profilage, depuis les banales lettres de menace de l’amoureux éconduit à la série de meurtres des Hannibal en puissance, en passant par la succession de brasiers du pyromane.Même chose pour les crimes d’une violence inouïe, ou portant une signature particulière.Selon Gérald Séguin, pour faire un profil, il faut simplement avoir un comportement à analyser.« Si on trouve quelqu’un dans un fossé avec une balle de .357 dans le front, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise sur l’auteur de ce crime ?Rien du tout ! Je n’ai pas de boule de cristal.» Avec des techniques de profilage sans cesse raffinées, peut-on néanmoins espérer redonner un peu de vigueur aux enquêtes les plus stagnantes ?On n’a qu’à penser à ces jeunes femmes disparues depuis longtemps.« Pour ces cas, répond Gérald Séguin, il manque une information essentielle : qu’est-il arrivé à ces filles-là ?Il faudrait au moins retrouver leur corps, puis établir la cause du décès, la durée de l’agression, de l’enlèvement ou de la séquestration, sans quoi on ne peut que spéculer.» Il arrive d’ailleurs souvent à Gérald Séguin de se pencher sur des dossiers non solutionnés, comme celui d’une jeune Amérindienne assassinée en 1989 en Gaspésie sur lequel il travaille présentement.Il ressort aussi parfois de vieilles enquêtes du placard pour arriver à des conclusions qui contredisent radicalement celles de ses prédécesseurs.« Une enquête n’est jamais close », affirme-t-il.Voilà pourquoi Eric Beauregard n’hésite pas à l’affirmer haut et fort : « Le crime parfait n’existe pas.On n’a simplement pas encore les outils et les ressources nécessaires pour tout découvrir.» OS 20 Québec Science - Novembre 2001 La psychologie de l’avëuHHI Il est là.Coincé comme un rat.Mais le travail ne fait que commencer : il faut le faire parler.Pour l'incriminer ou le disculper.L'interrogatoire, c'est l'étape cruciale, celle où il ne faut surtout rien bâcler.« Entre le moment où les policiers arrêtent le suspect et sa comparution, il ne s'écoule que 24 heures.C'est là que l'interrogatoire prend place.Et on n'a pas droit à une seconde chance », résume le criminologue Tony Brien.Pour compléter son doctorat à l'Université de Montréal, il a assisté à des dizaines d'interrogatoires.Et il a vite compris que ça ne se passe pas comme au cinéma.« Tout interrogatoire est systématiquement filmé, pour éviter les dérapages.Le harcèlement et les menaces, très cinématographiques, n’ont donc rien à voir avec la réalité.» Avant, on privilégiait la dynamique du « deux contre un ».Deux enquêteurs s'acharnaient sur le suspect.L'un endossait le rôle du méchant, l’autre celui du gentil.Le second se faisait presque le complice du suspect, toujours compréhensif, ce qui contrastait avec l'agressivité du premier.À un moment bien précis, le vilain finissait par se retirer, laissant au suspect tout le loisir de se confier à son « ami ».« Maintenant, plus question de piéger le suspect de la sorte.Il est interrogé par un seul enquêteur, celui-là même qui l'a arrêté.Il sait donc très bien à qui il a affaire.» L'objectif reste cependant le même : soutirer l'aveu.« Un aveu fait de façon libre et volontaire, c'est la plus belle preuve qui existe », soutient Tony Brien.Mieux qu'un échantillon d'ADN ?« Beaucoup mieux ! Tout ce que l'ADN prouve, c'est que le suspect a été en contact avec la victime.Il ne pourra jamais dévoiler ce qui s'est vraiment passé.» Pour soutirer ce précieux aveu du criminel le plus endurci, tout est permis.Enfin, presque.Car le droit au silence demeure inviolable.« Le mutisme total et persistant, c'est la pire des choses », dit Tony Brien.La consigne principale des avocats de la défense à leur client sera donc souvent de ne pas dire un mot.« Malgré cette mise en garde, rares sont ceux qui persistent dans leur silence.» Parce que les enquêteurs savent comment susciter l'envie de parler.Première étape : la prise de contact.Il faut instaurer ce que Tony Brien appelle une « pseudo-confiance », relaxer l'individu complètement replié sur lui-même.On lui parle de lui, de ce qu'il aime.« Si c'est un fan de hockey, on lui parlera de hockey pour qu'il se délie un peu.» Les subtilités du langage non verbal ont une importance cruciale.L'enquêteur doit pouvoir les saisir dès le début de l'interrogatoire pour qu'elles deviennent éventuellement verbales.Tout un art ! Va pour la première étape.Et les autres ?« Il y en a neuf, en tout », répond Tony Brien.Mais encore ?Il n’a visiblement pas envie de fournir la recette sur un plateau d'argent ! « On assiste à une véritable course entre les criminels et les policiers.Ces derniers sont sur les dents, car leurs techniques sont de plus en plus connues.» À défaut d'obtenir un compte rendu détaillé des neuf étapes d'un interrogatoire efficace, on se contentera de généralités.f-Hr+rT hh H m Arrêter un criminel est une chose.Le faire parler en est une autre.Ici, Mario Bastien lors de son arrestation.« Il faut autant que possible cerner la psychologie du type avant même d'arriver à l'interrogatoire.Si on a affaire à un grand émotif, on jouera sur le remords, la culpabilité.Avec l'individu plus rationnel, on mettra de l'avant les éléments plus factuels, comme s'il s'agissait d'une partie d'échecs.» L'idée, c'est qu’à un moment ou un autre, le suspect se fourvoie, ouvre une brèche qui sera captée par l'enquêteur toujours alerte.Il peut carrément s'échapper : « Je sais que je n'ai pas été correct, mais.» Ou encore s'embourber dans son propre mensonge.Car même le scénario le plus solide ne peut se substituer à la réalité, croit Tony Brien.« Quand on a vécu quelque chose de réel, on peut le raconter dans l'ordre chronologique, puis à l'envers, défaire et refaire la séquence des événements.Si on est questionné sur quelque chose qu'on n’a pas vécu, c'est impossible.» en pi sim fis I (W| .Haï ilfi- B’ill dsetlti DU £7 SePTEMBRG AU £5 NOUGMBRG £001 A L'GCOLë DG TGCHNOLOGIG SUPGRIGURG DG MONTRÉAL Véritable vitrine de la créativité et du dynamisme des gens d’ici, l’exposition permet de découvrir plus de 80 produits québécois représentant des innovations technologiques remarquables.En voici quelques exemples : Un outil pour! tracer! des portraltsrobots ! Avec le logiciel FACES d’IQ Biometrix, réaliser un portrait-robot devient un jeu d’enfant.Ce programme génère des portraits de qualité photographique grâce à quelque 3850 échantillons différents des composants du visage.Le portrait-robot informatisé peut ensuite être transmis électroniquement partout dans le monde en quelques secondes.FACES est largement utilisé par les forces policières, dont le FBI, pour rechercher les malfaiteurs.Il devient graduellement la norme mondiale pour les portraits-robots.¦iïir l#l JfSSii Un biofiltre pour éliminer le lisier déport Le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) a mis au point une technologie qui permet de traiter le lisier de porc.Un système de traitement complet, appelé BIOSOR, a été conçu pour enlever plus de 90 % de la charge polluante de ce fumier liquide.Ses avantages sont multiples : élimination des risques de contamination de l’eau, réduction des odeurs, réduction du volume, pro- : duction d un sous-produit à haute valeur fertilisante, utilisation des fosses existantes, diminution des coûts pour le producteur.La science au service dé la; santé | Les « scellants chirurgicaux » de la compagnie Haemacure sont des outils quotidiens pour les chirurgiens.Cette « colle » est employée notamment dans les cas de chirurgie cardio-vasculaire, les points de suture et les greffes.D’une grande efficacité, ce produit est fabriqué à partir de plasma sanguin et contient deux protéines essentielles à la coagulation : la fibrinogène et la thrombine.Le Laboratoire d’organogénèse expérimentale (LOEX) a été un des premiers au monde à se lancer dans la production de tissus humains pour transplantation.Il recrée in vitro, entre autres, une peau comprenant les couches profonde et superficielle, ce qui favorise la guérison rapide des plaies chez les grands brûlés.Un événement gratuit pour toute la famille ! Heures d’ouverture : Mardi au vendredi Samedi et dimanche Lundi 9 h 30 à 16 h 30 10 h à 17 h Relâche Renseignements généraux Téléphone : (514) 869-1379 • Sans frais : 1 888 708-1510 www.toutsimplementgenial.qc.ca Réservation de groupe Téléphone : (514) 707-3301 • (418) 643-1848 Courriel : maryse.poulin@mrst.gouv.qc.ca Recherche, Science et Technologie Québec ma 1701, rue Parthenais, Wilfrid Derome a été un véritable Sherlock Holmes de la criminalistique nord-américaine.Même les patrons du FBI le consultaient.Dans son premier numéro, Alibis, une revue de littérature policière du Québec, raconte qui était ce Montréalais.Extrait.par Jacques Coté (*) ALIBI! - r'u > t D ans cette société frileuse de progrès et repliée sur elle-même [qu'était le Québec du début du siècle], Wilfrid Derome constitue la plus belle contribution du Canada français à la modernité sur le plan scientifique.Il annonce l'esprit d'invention qui caractérisera le Québec contemporain, ce que nombre d'historiens n'ont jamais relevé, soit par ignorance, soit par manque d'intérêt pour la criminologie, une discipline pourtant reflet et partie intégrante de l’histoire.La spécialisation du docteur Derome en médecine légale, acquise de 1908 à 1910 en France - alors La Mecque des sciences judiciaires -et son expertise des scènes de crime feront de lui un érudit appelé à transformer la criminalistique sur le continent américain.En effet, en 1914, il fonde, après quantité de démarches auprès du premier ministre Lomer Gouin, un laboratoire de recherches médico-légales ultramoderne.La réputation de Wilfrid Derome allait bientôt déborder des frontières du pays puisque J.Edgar Hoover, grand patron du FBI, viendra à deux reprises visiter le laboratoire de recherches médico-légales et de police technique de Montréal, fleuron du genre en Amérique.(.) Il faut savoir que Derome est l'auteur de plusieurs ouvrages importants : Le Lieu du crime, Précis de médecine légale et ses fameuses Expertises en armes à feu, que les spécialistes américains et français en balistique considéraient comme une bible.Le docteur Derome développe cette expertise, entre autres, à la morgue de Paris durant ses deux années d'études post-doctorales.Le professeur Balthazard, de l’Université de Paris, écrit qu'il s'agit « de la première étude d'ensemble mise à la disposition des médecins légistes et des policiers scien- 2 2 Québec Science ~ Novembre 2001 — tifiques ».Dans ce domaine, il fait d'ailleurs fabriquer, en 1926, un microsphéromètre, selon ses spécifications.Cet appareil sert à localiser les marques à la surface des balles tirées, afin d'établir les analogies [avec l'arme du crime, ce] qui constitue une base d'identification.(.) Il présente [aussi] devant un tribunal d'Amérique du Nord l’une des toutes premières preuves en balistique qui s'appuie sur des faits scientifiques.On comprend pourquoi l'expertise du Québécois intéresse tant les Américains aux prises avec le fléau du [crime organisé.Le patron du FBI, qui n'aimait pourtant pas voyager selon ses biographes, viendra une première fois à Montréal au laboratoire de la rue Saint-Vincent en 1929.Les « fédéraux », avec Elliot Ness, et la police de Chicago, qui luttent alors contre la pègre, profitent ainsi de l'expérience d'un pionnier comme Wilfrid Derome.En 1932, après la seconde visite de Hoover à Montréal, le célèbre laboratoire du FBI est fondé.Bref, sous l’impulsion de Wilfrid Derome, les sciences judiciaires, au début du siècle, font des pas de géant que l'on peut comparer au progrès qu'a entraîné l'ADN en biologie judiciaire à la fin des années 1980.La technologie se raffine et les laboratoires utilisent des méthodes d’investigation révolutionnaires.En 1922, celui de Montréal est le premier en Amérique à présenter devant le tribunal le résultat d'un dosage d’alcool éthylique dans le sang.Derome fait partie de cette première et dernière génération de médecins légistes à la fois toxicologues, aliénistes, balisticiens, graphologues, photographes et experts en scènes de crime.Alors qu'aujourd'hui le laboratoire mobile de la direction des expertises judiciaires de Montréal est l’un des plus modernes au monde, Derome se déplaçait seul avec sa trousse et son érudition.« Le médecin légiste multidisciplinaire consacrait souvent des journées complètes à se rendre sur les lieux d'un crime, examiner la scène et, dans de nombreux cas, procéder à des autopsies dans des conditions très difficiles », rappelle André Münch dans La Société canadienne des sciences judiciaires.Puisque Derome s’était aussi spécialisé en psychiatrie, il fournissait également des avis sur la santé mentale de certains suspects.Lors du procès du curé Delorme, accusé d'avoir tué son frère, le juge Monet et les procureurs l'interrogent plusieurs heures sur l'aptitude de l'abbé à subir un procès.Derome fut le premier, à la morgue, à se poser des questions sur la santé mentale de l'abbé venu identifier, dans une totale indifférence, le corps de son frère.Mais le grand combat de Wilfrid Derome, en dehors de ceux qu'il mène devant les tribunaux, c'est celui qu'il entreprend de 1907 à 1913 pour créer son laboratoire et faire reconnaître l'expertise médico-légale devant les tribunaux.Puisque l'hôpital Notre-Dame, où il dirigeait le département de pathologie, était situé près du palais de justice, de nombreux avocats sollicitaient ses compétences lors de procès, ce qui l'incite à réfléchir sur des réformes à apporter pour améliorer les cours de justice et empêcher les erreurs judiciaires.Forçat d'une passion, on ne s'étonne pas que le surmenage, allié à la maladie, ait hâté sa mort.Ses funérailles sont commentées dans les journaux du Canada et des États-Unis.On peut se demander alors pourquoi l'histoire l'a occulté.(.) En 2001, pour honorer sa mémoire, l'édifice Parthenais était renommé édifice Wilfrid-Derome.05 (*) Jacques Côté enseigne la littérature au cégep de Sainte-Foy.Il a écrit plusieurs romans dont un polar : Nébulosité croissante en fin de journée.Il se consacre actuellement à l’écriture d’une biographie du docteur Wilfrid Derome. ?dé la police I Dans la petite ville de Hyde, en Angleterre, un habitant sur 10 était soigné par le docteur Shipman, lequel a tué plus de 100 patients avec de la diamorphine.par Jean-François Bégin P endant près d’un quart de siècle, sans le moindre scrupule et apparemment sans remords, le docteur Harold Shipman a trahi la confiance de ses patients et abusé de leur vulnérabilité.Le médecin britannique, qui croupit depuis l’an dernier dans une prison d’Angleterre, a laissé dans son sillage des dizaines, voire des centaines, de victimes innocentes, sacrifiées pour des raisons qu’il demeure seul à connaître.Son arme : une seringue et 30 mg de diamorphine, le nom scientifique de l’héroïne.Une drogue deux fois plus puissante que la morphine dont elle est dérivée, et une dose de trois à six fois plus forte que celle utilisée pour soulager les douleurs les plus intenses.Assez pour qu’une personne en santé arrête de respirer en moins de cinq minutes.On ne saura probablement jamais le nombre exact de personnes qu’Harold Shipman a empoisonnées lors de visites à domicile et, quelquefois, à l’intérieur même de sa clinique.Plus de 18 mois après avoir été condamné à la prison à vie pour 15 meurtres, il se maintient dans un mutisme absolu.L’ancien médecin de famille de la région de Manchester est l’un des plus prolifiques tueurs en série de Père moderne.La police estime détenir la preuve qu’il a causé la mort d’au moins 124 de ses patients.Et un expert indépendant, mandaté par le gouvernement, a conclu que, sur une période de 20 ans, les archives médicales du docteur Shipman cachent 236 « morts excédentaires » par rapport à celles d’un groupe de médecins ayant une clientèle similaire ! Ses crimes, dont les détails ont émergé lors d’un procès qui a duré 57 jours, ont horrifié les Britanniques et taillé en pièces la foi aveugle qu’ils avaient jusque-là envers ceux qui les soignent.Aussi terrifiant qu’il paraisse aujourd’hui, le docteur Shipman, marié et père de quatre enfants, n’en était pas moins populaire auprès de sa clientèle.Après son arrestation, le 7 septembre 1998, sa clinique de la rue principale de Hyde a été inondée de lettres de patients lui enjoignant « d’être fort » et de « garder le sourire ».Ces personnes étaient incapables de croire que le bon docteur pouvait être le tueur froid et calculateur décrit par la police.Harold Shipman, 55 ans, est arrivé à Hyde en 1977, se joignant à Donnebrook House, une importante clinique médicale.Il y passe 15 ans, puis il se lance à son compte, le 1er janvier 1992.Son dévouement lui vaut l’estime de sa clientèle, surtout des gens âgés qu’il visite régulièrement à la maison.Au moment où la po- Québec Science - Novembre 2001 23 lice l’a appréhendé, près de 3 100 patients étaient inscrits auprès de sa clinique.Près d’un habitant de Hyde sur 10 était soigné par le médecin meurtrier.i Harold Shipman est aujourd’hui derrière les barreaux, c’est grâce au patient travail d’enquête de la Greater Manchester Police (GPM), qui a détaché jusqu’à 70 personnes pour s’occuper de l’affaire, mettant à contribution des experts en médecine légale, en toxicologie, en informatique et en graphologie.Mais c’est aussi, et surtout, grâce à la persistance d’Angela Woodruff, la fille de la dernière des victimes du médecin : Kathleen Grundy, l’ex-mairesse de Hyde.Veuve depuis plusieurs années, cette dernière était une femme très active malgré ses 81 ans.Elle jouissait d’une excellente santé.Le 24 juin 1998, des amis s’inquiètent de ne pas la voir à un dîner auquel elle est censée participer.Us se rendent chez elle; la porte n’était pas verrouillée.À l’intérieur, ils trouvent Kathleen Grundy, étendue tout habillée sur un sofa et ne manifestant aucun signe de vie.Le docteur Shipman est appelé et constate le décès, mentionnant qu’il était passé plus tôt dans la journée afin, prétend-il, de procéder à une prise de sang.Il rédige le certificat de décès, qu’il attribue à des « causes naturelles ».Normalement, l’histoire se serait arrêtée là.Mais pas cette fois.Quelques temps après le décès, Angela Woodruff apprend qu’une firme d’avocats a reçu, le jour même de la mort sa mère, un testament par lequel elle lègue tous ses biens, d’une valeur de près de 850 000 dollars, au docteur Shipman.« Ça m’a inquiétée, a dit Angela Woodruff au procès.Le document était très mal tapé, alors que ma mère était méticuleuse et soignée.Qu’elle laisse tout à son médecin était incroyable.Et il était impensable qu’elle ait pu signer un document aussi mal dactylographié.» Après une brève enquête, Angela Woodruff, elle-même avocate, acquiert la certitude que l’appât du gain a incité * t Patrimoine industriel Le caoutchouc, roi de la route.et des airs Près de 70 % de la production mondiale de caoutchouc naturel sert à la fabrication des pneus.Et ce n’est pas près de changer.L'origine du pneu est marquée de bonnes intentions : en père de famille exemplaire, le vétérinaire écossais John Boyd Dunlop cherchait simplement à garnir les roues du tricycle de son fils pour assurer plus de confort dans ses promenades.Durant l'hiver 1888, il a l'idée de remplacer le pneu à bandage plein par une enveloppe de caoutchouc remplie d'air.Il gonfle cette « chambre à air » avec une pompe de ballon de football.Le pneumatigueestné.En 1888, Dunlop obtient un brevet pour son invention et, l’idée prenant de l’ampleur entre 1893 et 1920, l’ex-vétérinaire installe des usines en France, en Allemagne, au Japon et aux États-Unis.Mais il ne sera pas seul dans la course.Dès 1891, André Michelin et son frère Édouard conçoivent successivement le pneumatigue démontable pour bicyclettes (1891), le pneumatique pour les voitures à chevaux (1894) et, finalement, en 1895, le premier pneumatique pour automobiles.Après ce départ sur les chapeaux de roues, il faudra attendre quelques dizaines d'années pour voir l'apparition du pneu radial (1946) et du pneu sans chambre à air (1947).Notons au passage l’apparition des célèbres « Canadian Clinchers » - ou « pneus à talon accentué » dans le jargon - produits par la Canadian Rubber en 1906.Innovation pour l'époque, ces pneus sont dotés d'un renflement - le « talon » - fait de câbles d'acier qui s'insérait à l'intérieur d'une rainure dans la jante, de manière à ce que le pneu ne quitte pas cette jante, même une fois dégonflé.Selon Leslie Roberts, auteur d'un ouvrage pTnTTHT^ Campagne de publicité Michelin en France dans les années 1930.sur les 100 premières années de la Dominion Rubber, changer un pneu Clincher était « une tâche à faire pleurer le plus robuste des hommes».Mais cette in novation permettra de nouveaux exploits.En 1906, Barney Oldfield, célèbre pilote de course, défraie la chronique grâce à un Le pneu aujourd'hui Durée de vie : 50 000 km soit 28 000 000 LOOKATTHETflEAD-THAT’S FOR GREATER SAFETY INSIDE THERE’S THE SUM-DIPPED CORD—THAT’S FOR MORE MILEAGE FIRESTONE TYRES GIVE YOU BOTII Affiche publicitaire, 1932.bolide doté de Canadian Clinchers, que les badauds ébahis verront foncer sur la piste ovale du terrain de courses Delorimier, à Montréal, à la « folle » vitesse de 60 km/h ! Alors que les pneumatiques d'antan étaient de simples tubes faits de caoutchouc naturel, les pneus sont devenus des objets fort complexes ! Un pneu radial moderne est un savant assemblage de toile de rayonne, de fils et de tringles d'acier et, bien sûr, de | caoutchouc.« En tout, la conception d'un pneu peut de-r manderjusqu'à 100 ingrédients différents », explique Pierre Bayeur, chef au laboratoire de Bridgestone-Fire-stone, à Joliette.Grâce aux améliorations apportées au fil des décennies, un pneu moderne peut supporter environ 28 millions de cycles avant de commencer à perdre de sa vigueur.Sa durée de vie est environ de 50 000 km, avec une moyenne d'une crevaison tous les 30 000 km.Une très bonne performance lorsqu'on songe que les pneus d'antan devaient être remplacés au bout de 3 000 km environ et qu'ils crevaient tous les 50 km ! Malgré la création des caoutchoucs synthétiques, le caoutchouc naturel demeure indispensable dans la fabrication des pneus.Aucun produit de substitution ne présente une résistance à la traction, à l'abrasion et à l'impact, ainsi qu'une élasticité comparables à celles du caoutchouc naturel.Encore aujourd’hui, le tiers de chaque pneu de voiture provient donc d'un arbre.Pour les pneus de camionnettes, la proportion de caoutchouc naturel est de 50 %, et elle peut atteindre jusqu'à 90 % pour les énormes pneus des engins industriels et ceux des camions! Et comme il est le seul capable de supporter le passage rapide des températures glaciales de la haute altitude à la chaleur brûlante des pistes d'atterrissage, le caoutchouc naturel peut être aussi considéré comme le « roi des airs » : du Boeing 747 au bombardier invisible B-2, en passant par la navette spatiale, tous les pneus d'avion sont presque entièrement constitués de caoutchouc naturel ! Publicité au tout début de l'his- Non Skid Loire automobile (1913).Pneu ou tire En français, le mot « pneu » est le diminutif de pneumatique (du grec pneuma, « souffle ») et fait donc référence à la chambre à air.En anglais, le terme tire, ou tyre, est une évocation de la bande d'acier qui, au XIXe siècle, était ajoutée au pourtour des roues de bois pour freiner leur usure.De simple bande de roulement, le mot f/re a fini, avec le temps, par désigner tout ce qui se trouve entre la jante et la route. Culture à la carte EDITIONS MULTIMONDES Le mgmde dê b sdense à wire psrtém rvHcev- thou Chez votre L effet de serre expliqué Ghislaine Cleret de Langavant BIOETHIQUE Méthode et complexité ISBN 2-7605-1106-5,334 pages La complexité des enjeux éthiques du clonage, du commerce des gènes et de l'euthanasie pfe7ace d’EDGAR MORIN Visiter notre site: www.multim.com Presses de l'Université du Québec Méfhodç Achats en ligne www.puq.14quebec.ca {418)657-4399 EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE PUBLICATIONS MNH Collection In Situ PARC ttë MlGU LES PRIX DU QUEBEC au XXe siècle ES , „.PACTS rtÉTÉOTUTIQU Un ouvrage publie a 1 occasion du 25e anniversaire des Prix du Québec ! 17.95$ Géologie : Les Impacts météoritiques Histoire Shawinigan, un siècle d'énergie (Coédition La Cité de l’énergie) Paléontologie Miguasha, de l’eau à la terre (Coédition Le Parc de Miguasha) MNH : 418 666-8961 14.95$ mnh@videotron.ca In Situ : une collection où l’histoire et la science sont toujours accessibles A consulter dans la plupart des bibliothèques publiques du Québec.3 Visitez le site Internet des Prix du Quebec : www.prixduquebec.gouv.qc.ca Recherche, Science et Technologie /'¦'v /• i Ci E3 Québec nn J ;x Je m'abonne et je cours la chance de gagner la caméra vidéo numérique ZR-20, Mini-DV, de Canon LLLozeau ¦J www.lozeau.com Le tirage au sort se fera le 17 décembre 2001.Offre valable au Canada seulement.1»! ^Cition-fngintirta Csncn VMtn I Valeur totale de 1 500 $ Le concours se termine le 14 décembre 2001.Avec l'abonnement à Québec Science, vous aurez une chance de gagner une caméra vidéo numérigue ZR-20 de margue Canon : • Zoom 10X optique/200X numérique • Écran de 6,5 cm • Fonction photo De plus, le qaqnant reçoit aussi un sac de transport, deux piles, un chargeur, un câble de transfert et deux cassettes Mini-DV.Concours caméra vidéo numérique ?Je m'abonne à Québec Science et j'ai une chance de gagner.Nom Da ires ?1 an (10 n“) 41,35 $ ?2ans (20 n”s) 71,25 $ ?3 ans (30 n“) 98,87 $ Taxes incluses Tarifs valables au Canada seulement jusqu'au 11 janvier 2002 Détachez et expédiez à Québec Science Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : www.Cybersciences.com/abonnement Adresse app.ville code postal téléphone courriel 1 Chèque [U Visa Chèque à l'ordre de Québec Science LJ MasterCard Lacturez-moi N° de carte Date d'expiration / Signature et L; Toutes les demandes d'abonnement et de réabonnement au magazine Québec Science reçue: o entre le 12 septembre et le 14 décembre 2001,17 heures, seront automatiquement éligibles ai concours.Le gagnant ou la gagnante sera déterminé(e) par un tirage au sort qui aura lieu l< 17 décembre 2001.Les règlements du concours sont affichés à Québec Science, 4388 rut Saint-Denis, bureau 300, Montréal.La valeur totale du prix est de 1 500 $ plus taxes.La personne ga-gnante sera informée par téléphone et devra répon- sa» dre à une question réglementaire.lire.Science Lsl INTERNET par Philippe Chartier rque Dans les étoiles Après s’être étendu aux quatre coins du globe, Internet se prépare à conquérir l’espace ! o O a Terre ne suffit plus ! Un nouveau projet, piloté par Vinton Cerf, l’un des pères d’Internet, vise plus haut, bien plus haut ! En fait, il entend mettre le système solaire en réseau ! Baptisée Interplanetary Network (IPN), cette initiative veut faciliter les communications entre les planètes, sondes et vaisseaux spatiaux évoluant dans l’espace, grâce à l’instauration d’un « réseau d’internets » à l’échelle du système solaire.En discussion depuis quelques années, le projet est maintenant officiellement 2 parrainé par l’Internet Engineering Task I Force (IETF), l’organisme qui voit au - développement de l’architecture d’Inter-i net.On peut d’ailleurs trouver, sur le site de PIETE (1), un document de présentation publié en mai dernier.Il existe aussi un site entier (2) consacré au projet, qui est financé par la NASA et la Defense Advanced Research Projects Agency — laquelle était déjà au berceau d’Internet il y a plus de 30 ans.Parmi les autres membres du projet, on retrouve également le Jet Propulsion Laboratory, Mitre, Global Science and Technology et SPARTA.En tenant pour acquis que l’exploration du système solaire donnera lieu à d’éventuelles activités commerciales, comme l’exploitation minière ou encore le tourisme spatial, les promoteurs d’IPN comptent donc d’ores et déjà mettre en place les fondations d’un réseau inter- planétaire stable et capable d’évoluer.Malgré leur optimisme, ils sont tout de même bien conscients des défis qui les attendent.Car l’espace n’est vraiment pas un endroit de tout repos — même pour un réseau aguerri comme Internet D’abord, il y a le problème des distances.Sur notre « petite » planète, une communication aller-retour sur le Net nécessite entre quelques microsecondes et quelques secondes.De la Terre à Mars, par exemple, une communication peut demander entre 8 et 40 minutes, selon les positions relatives des deux planètes, et ce, à la vitesse de la lumière ! En plus des délais importants qu’occasionnent les distances astronomiques, il faut aussi tenir compte que les signaux radio s’affaiblissent et se dégradent fortement sur de telles distances.Conjugué avec la faible puissance des émetteurs dans l’espace, cela résulte en un taux d’erreur très élevé lors des transmissions.Autre limitation : les vitesses de transmission sont asymétriques.Par exemple, alors que les installations sur Terre reçoivent les données en provenance de Mars à 100 kilobits par seconde, une sonde en orbite autour de la planète rouge ne reçoit les messages qu’à 1 Kbits/seconde.Et puis, il y a les multiples impondérables de la mécanique céleste.Puisque les planètes tournent sur elles-mêmes, et autour du Soleil, les communications peuvent parfois êtres coupées durant plusieurs heures, voire des semaines.L’orbite d’une lune peut aussi venir croiser et bloquer la trajectoire du signal radio.Pour toutes ces raisons, on sait déjà que le futur Internet interplanétaire ne pourra pas fonctionner exactement comme sur Terre.On envisage donc un « réseau Québec Science - Novembre 2001 51 d’internets », reliés par des « passerelles » situées sur des corps en orbite (planète, lune, astéroïde, satellite) ou sur un véhicule spatial en balade dans le vide intersidéral.Autour d’une planète ou à bord d’un vaisseau spatial, les protocoles standard d’Internet pourront être employés, puisque les conditions ne seront guère différentes de ce que l’on retrouve sur Terre.Par contre, pour communiquer d’un Internet à un autre, des protocoles spéciaux devront être mis en place.Au lieu du modèle téléphonique actuellement employé sur Internet, et qui implique beaucoup de « bavardage » entre les serveurs, les communications se feront selon un mode qui s’apparentera beaucoup à celui du courrier électronique ou, comme s’amusent à le comparer ses concepteurs, à celui du « Pony Express ».Selon ses concepteurs, la mise en place d’un tel réseau devrait permettre de grandement rationaliser, en les mettant en commun, les ressources des missions d’exploration.Jusqu’à présent, toutes les sondes spa- Comme un horaire de train.Pour communiquer avec ses sondes spatiales, la NASA dépend actuellement de son Deep Space Network.Il s'agit essentiellement de trois antennes terrestres, pouvant faire jusqu'à 70 mètres de diamètre, situées en trois points de la surface terrestre et disposées à 120 degrés l'une de l'autre.Comme il sert aux communications de plusieurs sondes différentes, le système exige des horaires d’une précision et d'une synchronisation sans faille.Par exemple, un signal en provenance de Mars nécessite 20 minutes pour atteindre la Terre.À ce moment-là, les antennes doivent être orientées de façon à pouvoir capter la transmission émise 20 minutes plus tôt.Immédiatement après, les mêmes antennes peuvent être repositionnées pour envoyer un message à une autre sonde localisée ailleurs dans le système solaire.Puis, encore plus tard, elles doivent être en position afin de recevoir la transmission d'une troisième sonde.Tout cela jets d’exploration de Mars par l’agence spatiale américaine.Vers 2010, la NASA compte en effet avoir déployé jusqu’à sept satellites de communication et de navigation autour de la planète rouge.Ces satellites pourraient constituer la base d’un « Internet martien » et servir de modèle de référence.D’ailleurs, un système d’adressage a déjà été imaginé pour identifier les serveurs interplanétaires.Une adresse martienne, par exemple, pourrait prendre la forme de {nasa.mars.org, mars.sol).Le suffixe « mars.sol » (sol pour système solaire) désigne la « région » martienne de l’Internet interplanétaire, tandis que le suffixe « earth.sol » ferait référence à la « région » terrienne.Remarquons que le système prévoit déjà la possibilité d’indiquer des adresses hors du système solaire ! Ambitieux, disions-nous.QS »( Ressources (1) Interplanetary Internet (IPN) : Architectural Definition (IETF) www.ietf.org/internet-drafts/ draft-irtf-ipnrg-arch-OO.txt (2) Interplanetary Internet Special Interest Group www.ipnsig.org en tenant compte de la rotation de la Terre, de la position relative de chaque sonde et des divers obstacles (planètes et lunes) pouvant se trouver dans le décor.Comme l'expliquent les promoteurs d'IPN, la gestion de ce système ressemble grosso modo à celle d'un réseau de chemin de fer : comme plusieurs trains utilisent les mêmes rails, il faut respecter des horaires précis, sinon gare aux collisions ! Cela devient toutefois de plus en plus difficile.Déjà « surbooké », le DSN devra gérer une affluence monstre vers 2003, alors qu'une bonne douzaine de sondes seront simultanément en service.De nouvelles antennes doivent être mises en place, à grands frais, pour faire face aux « bouchons » qui s'annoncent.À terme, le projet d'Internet interplanétaire devrait contribuer à mieux gérer ces problèmes d'affluence, de manière plus efficace et plus économique.Deep Space Network (NASA) üeepspace.jpl.nasa.gov/dsn/ tiales devaient transporter leurs propres équipements de télécommunication et chacune employait des protocoles de communication spécifiques.Avec la mise en route du réseau IPN et de ses protocoles standardisés, le lancement d’une nouvelle sonde ou d’un satellite viendra grossir le parc informatique interplanétaire, fournissant aux données de nouveaux trajets pour revenir sur Terre.Ainsi, avec chaque mission, le réseau interplanétaire deviendra de plus en plus stable et puissant.Les concepteurs d’IPN sont aussi déjà bien conscients de l’attrait que pourra exercer leur réseau auprès des hackers, ceux de la Terre du moins.Contrairement au réseau Internet actuel, des mesures de sécurité très strictes seront mises en place dès le début pour contrôler, crypter et authentifier les données qui transiteront via l’Internet interplanétaire.Les tests initiaux—réalisés sur le plancher des vaches pour commencer — doivent avoir lieu d’ici la fin de l’année 2001.Par la suite, les premiers jalons de l’Internet interplanétaire pourraient voir le jour à partir de 2003 dans le cadre des pro- SCP : Abréviation de « Space Communication Protocol ».Il s'agit du nouveau protocole spécialement adapté pour la transmission dans l'espace.Sur Terre, les communications Internet fonctionnent grâce au protocole TCP (Transmission Control Protocol).À l'intérieur de ce système, les données sont découpées en petits « paquets » qui peuvent chacun emprunter un trajet différent pour se rendre à destination et, en cours de route, les ordinateurs du réseau s’échangent de nombreux messages de confirmation.Compte tenu des délais de transmission, ce système considéré comme plutôt « bavard » est impensable pour les communications interplanétaires.Avant leur traversée du vide spatial, tous les petits paquets TCP sont donc regroupés en un seul gros paquet SCP qui est expédié parla passerelle jugée la plus fiable à cet instant précis - en fonction de la position des planètes, de celle de leurs satellites, etc.Une fois le paquet entièrement reçu par le serveur de l'Internet de destination, une confirmation est retournée, signalant à l'expéditeur qu'il peut alors détruire sa copie du message.Sur l’Internet de destination, le paquet SCP est alors « redécoupé » en petits paquets TCP, lesquels voyageront à nouveau selon les protocoles habituels du Net.52 Québec Science ~ Novembre 2001 Bain de luxe Stressé au travail ?Changez de baignoire pour barboter dans la mousse après le boulot.Un bain doté du strict nécessaire : un téléviseur - à écran plat, cela va de soi -, lecteur de CD et de DVD, radio AM/FM, guatre haut-parleurs surround et une télécommande flottante.Et bien sûr, des jets d'hydrothérapie stratégiguement placés pour évacuer le trop-plein de fatigue.C'est la firme Jacuzzi gui vous propose cette baignoire Vizion.Elle coûte 30 000 dollars canadiens.Faut travailler beaucoup, beaucoup pour se l'offrir.www.jacuzzi.com Robot en pieces Après les châteaux de cartes et les blocs Lego, voici le CyberK'nex Ultra 2.0.Près de 1 000 pièces à assembler pour créer un robot ayant sa propre personnalité.On lui dicte sa conduite en branchant la « Cyberclé » fournie dans un ordinateur (obligatoirement un PC) afin d'effectuer les ajustements nécessaires.Plusieurs options permettent de lui forger son caractère en le faisant réagir différemment au son et au mouvement.Ceux gui manguent d'imagination peuvent même télécharger des personnalités toutes faites et les essayer une à une.On a le choix entre différents personnages aux noms évocateurs : Drax, Mectron, Sarge, Woof et Zap.L'éventail de possibilités gu'offre ce jouet devrait empêcher votre progéniture de s'en lasser trop rapidement.Quoigue.www.cyberknex.com Objet Voyant Non Identifié Un soutien-gorge techno pour défier les lois de la gravité ?Pas du tout ! Ce sont des lunettes et elles sont bel et bien faites pour être portées sur la tête.Solidement fixées non pas derrière les oreilles, mais par-dessus la boîte crânienne, elles permettent de pratiguer les sports les plus extrêmes sans craindre de les perdre.Les lunettes Overthehead ne font pas gue du tape-à-l'œil : elles bloguent 100 % des rayons UV et procurent une clarté optimale jusgu'à la périphérie de la lentille, grâce à la technologie XYZ Optics (nul ne sait ce gue ça veut dire, mais il semblerait gue ça fonctionne !).www.oakley.com Québec Science ~ Novembre 2001 53 la dimensioncachée par Raynald Pepin Et vive le grand air A chaque respiration, c’est le miracle de la vie qui se poursuit.Prenez une grande respiration.En quelques secondes, 10 000 milliards de milliards de molécules d’oxygène pénètrent dans vos poumons.Maintenant, expirez lentement en relaxant chacun des muscles de votre corps.Ça fait du bien, non ?Pourquoi respire-t-on ?C’est tellement automatique qu’on n’y pense guère ! Toutes les cellules du corps utilisent de l’oxygène dans des réactions chimiques servant à stocker de l’énergie; ce faisant, elles rejettent du gaz carbonique (CO2) et de l’eau (environ 10 % de l’eau dont le corps a besoin provient des réactions chimiques cellulaires).L’énergie stockée est par la suite consommée dans diverses activités comme la contraction musculaire, la synthèse de nouvelles molécules ou le transport d’ions à travers les membranes cellulaires.Souvent, le soir, je ferme la porte de la chambre de mes deux enfants plus jeunes afin qu’ils ne soient pas dérangés dans leur sommeil par les bruits de la maison.Il m’est parfois arrivé de me demander s’ils avaient assez d’oxygène pour respirer toute la nuit, même avec la fenêtre et la porte fermées.Je profite de cette chronique pour vérifier.Pour entretenir son métabolisme de base, un être humain au repos a besoin chaque heure d’environ 0,2 centimètre cube d’oxygène par gramme de masse corporelle.Un enfant pesant environ 30 kilos a donc besoin de 144 000 cm3 d’oxygène par jour, soit 144 litres d’oxygène.Comme l’oxygène constitue 20 % de l’atmosphère terrestre, il faut environ 700 litres d’air par jour pour fournir les 144 litres d’oxygène.Ces 700 litres correspondent à 0,7 mètre cube par jour, soit environ 0,3 m3 d’air pour une nuit de 10 heures.Même dans leur petite chambre, mes enfants ne risquent pas de manquer d’oxygène.Ce calcul montre tout de même le danger d’asphyxie que court un enfant qui, en jouant, s’enferme dans un congélateur ou un réfrigérateur mis au rebut sans que le couvercle ou la porte aient été enlevé.Un enfant enfermé dans un con- gélateur de 0,6 m3 ne survit pas 20 heures.Le stress et le mouvement augmentent sa consommation d’oxygène.Au bout de quelques heures, la ; ç;: îjjH àéoles «¦ fai en fifimn Heuieu «oltciile ils, h Dutcons acsre; 0- Jiiiilj bp pression de l’oxygène aura diminué à un point tel que les échanges gazeux dans les poumons se feront mal.C’est un peu comme si l’enfant était transporté au sommet de l’Everest sans acclimatation à l’altitude ! Dans les poumons, Pair pénètre jusqu’au fond de petits sacs appelés alvéoles, où il se dissout dans le liquide présent à la surface.L’oxygène dissous n’a ensuite qu’à franchir la mince paroi des alvéoles pour atteindre les capillaires où - ‘"foi circule le sang arrivant des veines.Cette diffusion se fait parce que la pression d’oxygène dans les alvéoles pulmonaires, 0,15 bar, est plus grande que la pression dans le sang veineux, environ 0,05 bar (un bar correspond à la pression atmosphérique au niveau de la mer).Vous vous demandez pourquoi la pression alvéolaire d’oxygène n’est pas de 0,20 bar (20 % de la pression atmosphérique), comme la pression de l’oxygène comprise dans l’air ambiant ?C’est qu’une expiration ne vide pas complètement les alvéoles : il reste toujours un bon litre d’air « pollué », contenant de la vapeur d’eau et du gaz carbonique provenant du sang, dans les poumons.Au sens strict, on ne respire jamais de l’air pur ! La simple dissolution de l’oxygène dans le plasma sanguin ne peut pas combler les besoins de l’organisme au repos.et on ne parle pas ici de ceux du triathlonien ! Les cinq litres de sang d’un adulte ne contiennent qu’environ 15 cm3 d’oxygène dissous dans le plasma, assez pour maintenir une personne en vie durant.quatre secondes.Heureusement, le sang contient une molécule qui transporte l’oxygène très efficacement.L’hémoglobine constitue environ 15 % du sang en termes de poids.Les molécules d’hémoglobine, rassemblées dans les globules rouges, sont constituées de quatre chaînes protéiques repliées, formant ce qu’on appelle la globine, auxquelles sont reliés quatre groupements hèmes.Chaque hème contient un ion de fer qui peut s’unir, de façon réversible, à une molécule d’oxygène.Un hème isolé ne se lie pas à l’oxygène; les chaînes protéiques jouent un rôle important dans le captage et la libération de l’oxygène.Les globules rouges ne lambinent pas dans les poumons.En moins d’une seconde, ils se débarrassent du gaz carbonique qu’ils amènent, et engrangent leur oxygène.Le processus est si efficace que l’hémoglobine quittant les poumons dans le sang artériel est saturée presque à 100 % en oxygène.Elle prend alors une couleur rouge vif, celle du sang qui coule après un bobo.Sans oxygène, elle tire vers un pourpre sombre.Dans les tissus, la pression d’oxygène est plus faible que dans le sang : environ 0,05 bar pour une personne au repos, encore moins pour une personne faisant de l’exercice.Le sang et les globules rouges en libèrent donc en cours de route.Chez une personne au repos, l’hémoglobine en relâche de 30 % à 50 %.Pourquoi pas 100 % ?C’est un mécanisme de protection : l’oxygène restant constitue une réserve permettant d’approvisionner sans attente les cellules, si les besoins augmentent; par exemple, si on décide soudainement de courir pour attraper l’autobus.En passant dans les tissus, l’hémoglobine se charge aussi d’une partie du gaz carbonique produit par le métabolisme des cellules.C’est un peu comme si le livreur d’épicerie ramassait aussi les ordures ! Le CO2 se lie aux chaînes protéiques et non aux groupements hèmes.Le C02 est aussi évacué sous forme d’ions bicarbonate (HCOj-) dans le plasma sanguin.Quand on retient notre souffle, la pression en oxygène diminue dans le sang et les tissus, et la pression en CO2 augmente.C’est ce dernier facteur qui stimule l’envie de respirer, et non la diminution de la pression d’oxygène.Celui-ci n’est pas la seule molécule à pouvoir se lier aux groupements hèmes.Des molécules de structure relativement semblable, comme le monoxyde de carbone (CO), peuvent prendre sa place, d’où les risques d’empoisonnement et d’asphyxie.Dans le syndrome des « bébés bleus », des ions nitrite (N02_) réagissent avec l’hémoglobine et l’empêchent de transporter l’oxygène.Les nitrites sont produits par des bactéries de l’intestin à partir de nitrates présents dans les aliments et surtout dans l’eau de puits pollués par des fertilisants agricoles ou des fosses septiques.Ce problème affecte surtout les bébés parce qu’ils boivent proportionnellement plus qu’un adulte.Etant donné que leur milieu intestinal est moins acide, et aussi qu’une partie de leur hémoglobine est différente de celle des adultes, cela favorise les bactéries produisant les nitrites.En effet, pour que l’oxygène arrive à passer du sang de la mère au sang du fœtus dans le placenta, le fœtus produit une forme d’hémoglobine qui a plus d’affinité pour l’oxygène que l’hémoglobine de sa mère.Cette hémoglobine fœtale, qui disparaît vers l’âge de six mois (les gènes codant sont alors désactivés), est plus sensible aux nitrites que l’hémoglobine adulte.CB DHEA  lire en décembre La pilule de l'année Le DHEA a une prétention : nous rajeunir d'un an, peut-être un peu plus.Comment aqit-il ?Est-il inoffensif ?Faut-il croire ses vertus annoncées ?Pour remonter notre horloge biologique de quelques années, le jeu en vaut-il la chandelle ?par Marie-Pier Elie Pour en finir avec l'hiver L'hiver est une conquête toute québécoise.Et le génie civil y est pour quelque chose.En prime : la visite de la plus importante usine de matériel de déneigement.par Daniel Chrétien SPECIAL ALIMENTATION Quoi de neuf dans votre assiette Un bon régime ?Un repas équilibré ?Oui mais comment ?Il se dit tellement de choses sur les aliments que n'importe quel gourmand en perd son latin ! Notre prochain guide pratique nous permettra d'y voir plus clair.par Catherine Dubé avec la collaboration d'Hélène Laurendeau Francois Barcelo présente son clone Auteur de plusieurs intrigues policières, François Barcelo nous livre en exclusivité une nouvelle scientifico-policière.Une histoire de clone pas très nette.Québec Science ~ Novembre 2001 55 par Jean-Marie Labrie eux Pizzas partagées ! Trois amis, Patrick, Michel et Luc, partent en pique-nique.Au moment du repas, Luc s'aperçoit qu'il a oublié son lunch.Heureusement, Patrick a 3 pizzas et Michel en a 5.Tous les trois s'entendent pour répartir équitablement les pizzas de grandeur moyenne.Pour dédommager ses deux amis, Luc donne 8 $.Comment Patrick et Michel devraient-ils se répartir le 8 $ ?Etoile magique ! , Placer les nombres ^b>6,12,18, 24 et 30 dans les petits ronds de telle sorte qu’une ligne de 4 nombres donne une somme de 144.Nous nravons qu'une Terre S En résolvant cet alphamétique, + il existe au moins deux solutions.Solutions 115 Nombres croisés Solution : horizontalement 1.Puissance 5e de 15 2.Puissance 5e de 14 3.Puissance 5e de 13 4.Puissance 5e de 12 5.Puissance 5e de 11 6.Divisible par 2, 5, 7,19 et 97 AIR TERRE OCÉAN MONDE 7 5 9 3 7 5 5 3 7 8 2 4 3 7 1 2 9 3 2 4 8 8 3 2 1 6 1 0 5 1 1 2 9 0 1 0 116 Un vélo bien mérité Solution suggérée : Elle pourra s'acheter son vélo le 9 avril 2002; c'est le 99e jour de Tannée 2002.Elle aura alors 450 pièces de 1 $.Avec 1 350 $, elle pourra s'acheter son vélo de course.Niveaux H débutant ^intermédiaire expert seienee/culti Rendez-vous au 521e siècli Le satellite Kéo transportera la mémoire de l’humanité pendant 50 000 ans.par Raymond Lemieux Pioneer 10 et Pioneer 11 ont été lancées en 1973 et 1975 respectivement, avec un message destiné aux extraterrestres.Une initiative sans précédent, audacieuse et originale.Trente ans plus tard, ce sera au tour du satellite Kéo de porter un message à travers l’espace et le temps.La particularité : ce message est destiné à nos descendants terriens qui pourront en prendre connaissance dans 50 siècles.Le projet est actuellement présenté au Musée des civilisations à Québec avec le concours de la ville française des Ulis, d’Arianespace, de Sneema Moteurs et du Musée du Louvre à Paris.La maquette du satellite est là; elle montre un immense engin avec de grandes ailes, sorte d’oiseau archéologique du futur, comme se plaît à dire un des organisateurs de l’exposition Prélude à l’envol de Kéo, inscrite dans le cadre de la saison de la France au Québec.On peut le voir jusqu’au 7 avril 2002.Ce n’est pas tout.On peut préparer un message qui sera stocké dans Kéo.Un mot pour témoigner « de sa manière de vivre, de ses rêves, ses révoltes et de ses aspirations », dit le concepteur Jean-Marc Philippe, et sans censure garantit-il.On placera aussi dans le cœur du satellite une goutte de sang humain, une goutte d’eau de nos océans, : 56 Québec Science ~ Novembre 2001 EXPOSITIONS une pincée de terre arable et un peu d’air de notre atmosphère, un résumé des connaissances actuelles gravé sur disque de verre.Le contenu sera donc légué au futur lointain.Lointain ?Encore que cela est dis-cutable selon l’échelle de temps choisie.Si 50 000 ans représentent 25 fois notre ère, cette période ne compte tout de même que 1 % de l’ensemble de l’histoire humaine.C’est aussi « une date miroir » d’un moment remarquable dans l’évolution de l’espèce humaine : le moment de l’apparition de l’art, souligne Jean-Marc Philippe.N’empêche, ça donne un peu le vertige.Et c’est peut-être pour accentuer ce vertige que le musée présente en même temps des antiquités prêtées par le Louvre.Des pièces qui retracent la naissance de l’écriture, il y a 5 000 ans.Le satellite sera lancé en 2003.Son odyssée ne sera pas sans risques.L’espace a ses dangers : les micrométéorites pourraient notamment venir saboter la mission de ce média intemporel.Les promoteurs en sont bien conscients.Le cœur de Kéo sera doté de boucliers de tungstène, de titane et d’aluminium.Ce qu’il faut pour un long voyage.Q5 »CyberRessources On peut aussi envoyer un message par Internet qui sera déposé dans Kéo : www.keo.org.Ce site présente d'ailleurs un intéressant petit lexique scientifique.Kaléidoscope médical Toujours dans le cadre de la saison bleu, blanc, rouge au Québec, le Musée du séminaire de Sherbrooke présente une curieuse exposition qui se veut un trait d'union entre l'art et la science.Une collection de photos prêtée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).L'ensemble est réalisé par Michel Depardieu.Ce que l'on y voit ?Un kaléidoscope de formes et de couleurs, abstrait au premier regard, mais représentant une réalité inaccessible à l'œil nu.Une tumeur * précancéreuse du côlon (l’œuvre photographique est intitulée Empreintes): la lésion d’une artère (titre : Givre): une greffe de neurones fœtaux dans le cerveau d’un animal (titre : Halloween): une vue transversale d'ADN (titre : Vitrail).En tout, plus d'une soixantaine d'œuvres qui n'ont rien pour laisser indifférent.& Musée du séminaire de Sherbrooke, (819) 564-3200 Jusqu'au 30 novembre 2001.> V ^ .» 1 ' J « .f ‘ v-i* • ml Miütffifl **“ .# V * i* r».Ni ;«5 v ^ •» •.* -% ¦ ^ NL- , * ' r ''.: Batik.Cellules de tissus adipeux.Ce sont elles qui stockent des graisses neutres.Chanteur de jazz.Marquage fluorescent d'un neurotransmetteur.*?V Cocon.Shigella0, une bactérie qui détruit la muqueuse intestinale.Promesse pour la vie.Ovocyte humain juste après la fécondation.Québec Science - Novembre 2001 57 INSERM : JEAN PARINAUD-PHILIPPE SANSONETTI-PASCAL DOURNAUD-PHILIPPE VALET MICHEL LAROSE/YVES PROVENCHER Selon les experts.Selon un étude « intuitivement empirique », l’élégance et l’art oratoire seraient inversement proportionnels au niveau d’expertise.Ceux qui parlent ne comprendraient rien, et ceux qui savent ne sauraient comment le dire.Brigitte Gemme : Les experts administrent nos vies.La circulation dans les rues, les jeux des tout-petits à la garderie et la résolution des crimes ne sont que quelques-unes des sphères de notre vie quotidienne qui sont contrôlées, mesurées et évaluées par des experts en tous genres.Même s’ils n’en respectent pas toujours les conclusions, les politiciens commandent annuellement des milliers de pages de rapports aux spécialistes avant de légiférer.On peut se demander si ces experts sont vraiment les alliés du citoyen ordinaire.Bernard Arcand : Ce qui étonne, c’est d’abord leur invisibilité.Soit parce qu’il s’agit de l’ingénieur inconnu qui a conçu ce métro qui nous transporte, mais que nous ne comprendrons jamais vraiment, soit parce que les experts en question font partie de ce mystérieux « ils », ceux qui disent que manger une pomme chaque jour est bon pour la santé ou qui prétendent que l’hiver sera long.Dans la société moderne, tous ces experts ont beaucoup de pouvoir mais rarement de visage.BG Si les vrais experts sont invisibles, alors qui passe au petit écran ?Pour devenir un expert public, il est bon d’étudier de longues années dans de prestigieuses universités ou d’acquérir une expérience approfondie.Mais être télégénique, c’est mieux.Une carte de visite portant l’adresse d’un « Institut national » de quelque chose couvrira le tout d’une laque.de crédibilité (et d’élégance !), même si l’Institut en question n’a qu’un employé.Voilà l’expert-vedette ! BA Je serai très déçu le jour où je découvrirai que les vrais savants, ceux et celles qui connaissent le fond de l’histoire, n’ont souvent aucun commentaire ni opinion à offrir suite à l’événement.Pis encore, je crains de prendre conscience du fait que plusieurs authentiques grands savants sont plutôt laids, victimes de bégaiement et très peu portés sur le maquillage et l’habillement.Bref, tout le contraire des experts qui paraissent à la télévision.BG Ceux qui passent pour des experts sont-ils nécessairement des fumistes ?Je n’en crois pas tant ! D’ailleurs, nous sommes tous des experts : chacun connaît un petit bout du savoir et demeure presque ignorant du reste.Il faudrait tant d’effort pour comprendre toutes ces sciences que, par paresse ou par dépit, on finit par faire confiance à ceux dont la parole, malgré eux peut-être, s’érige en vérité.BA La confiance et la crédibilité empruntent des chemins tortueux.La société ancienne tolérait très peu d’experts au sein de la communauté.Les modernes ont inventé la spécialisation à outrance.Mais quand la science comme la religion font défaut, quand la foi ne peut plus être aussi aveugle, l’individu est alors incité à se fier davantage au seul registre demeurant incontestable : son sentiment profond et sa conviction intime.Sur ce point, chaque être humain possède forcément une connaissance unique de la vie, ce qui parfois, malheureusement, le porte à se croire compétent.BG Entre cette sagesse de tous et la science de certains, entre démocratie et expertise, il y aura toujours des tensions à résoudre.On pourrait demander l’avis d’un expert sur la question.Bernard Arcand est un expert en lieux communs, mais c’est un cliché de le dire.Brigitte Gemme ne croit pas que son diplôme en sciences, technologies et société de l’UQAM l’autorise à se proclamer experte.En attendant, elle poursuit ses études en sociologie.58 Québec Science ~ Novembre 2001 La Société de ta faune et des parcs du Québec ACTIVE EN GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES Une voie vers le ' développement durable COMMENT ?En tenant compte de la diversité des écosystèmes forestiers: En maintenant la biodiversité : En assurant la concertation avec le ministère des Ressources naturelles, les intervenants fauniques, les producteurs agricoles et les industriels forestiers ; En optimisant l’usage du territoire à des fins de récolte forestière, de récréation et de mise en valeur de la faune et de ses habitats.OU ?Dans l'ensemble du territoire forestier québécois, et particulièrement dans les territoires fauniques ; À l'île d'Anticosti, grâce à la chaire de recherche pour l'étude des troupeaux de cerfs.RENSEIGNEMENTS : 1 800 561-1616 www.fapaq.gouv.qc.ca Société de la faune et des parcs Québec O El El El Choisissez parmi nos 250 programmes de maîtrise et de doctorat.Admissions Trimestre d'hiver : 1er novembre* Trimestre d'automne : 1er février* *Après ces dates, des places peuvent être disponibles dans certains programmes.Information: www.umontreal.ca (514) 343-6426 - fes-admission@fes.umontreal.ca Université de Montréal
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