Québec science, 1 janvier 2002, Supplément 1
L/île des biotechnologies Special Laval, edition avril 2002 b^fof-Vmc Sainie-ttoÿ laboratoires LavaU^viau si loin m&æsm.m m Laval poursuit un rêve californien.Ville jardin et ville de sciences, elle est résolument tournée vers l'avenir.La connaissons-nous vraiment cette ville-région à l'ombre du grand Montréal ?L'an dernier, nous vous avons invité à une incursion journalistique en Gas-pésie.Cette année, nous avons osé choisir Laval.Oser ?Le terme n'est pas trop fort.Cette région si proche serait-elle trop « banlieue » pour être exotique ?Chose certaine, il y a des Montréalais ou des Québécois qui connaissent moins bien Laval que la Gaspésie.Traversée d'autoroutes.Laval est pourtant plus qu'un lieu de transit.Née de la fusion de 14 municipalités au début des années 1960, elle a été le théâtre de bien des projets d'urbanisme, le lieu d'une intense activité de recherche, ainsi que le chantier de plusieurs ingénieurs.Oui, nous avons soudainement eu envie d'aller faire le tour de cette île.Nous avons eu raison.Nos journalistes en sont revenus surpris, étonnés et ravis.Surpris du génie que cachent les infrastructures routières que l'on utilise quotidiennement sans trop se poser de questions.Étonnés des percées biomédicales que l'on y a réalisées, ou que l'on est sur le point de réussir.Ravis de l'équilibre qui s'est progressivement établi entre la vie de banlieue et la vie rurale.Bien sûr, nous n'avons pas la prétention de tout vous raconter sur l'activité scientifique et sociale de Laval.Mais le dossier que nous vous proposons vous révélera déjà une autre vision qui, à coup sûr, tranche avec la caricature que l'on fait de la vie en banlieue.Peut-être cela vous donnera-t-il le goût de faire une escapade à Laval.Mettez alors tout de suite à votre programme le Cosmodôme qu'annonce la fusée Ariane érigée aux abords de l'autoroute 15, le musée Armand-Frappier, l'économusée des fleurs, le Paradis des orchidées dans le quartier Sainte-Dorothée, la centrale de la Rivière-des-Prairies (une des plus anciennes installations hydroélectriques) ou encore le parc de la rivière des Mille-Îles.Vous verrez, à l'instar de nos journalistes, que Laval ce n'est pas banal.cmmaire Laval, ville verte 4 Une île une ville.mais où est le centre-ville ?Elle a été « une île une ville » bien avant sa voisine Montréal.Laval a toutefois été longtemps un casse-tête pour les urbanistes.par Bruno Boutot 6 Des fleurs par millions Près de 500 entreprises y produisent 35 % des fleurs du Québec.Laval, capitale de l'horticulture ?par François Perreault Laval, ville savante 8 Un port d'attache en biotechnologie Le docteur Armand Frappier pouvait-il croire que le laboratoire qu'il a créé deviendrait un haut lieu de recherche sur les grandes maladies ?par Daniel Chrétien ^ La route des épices et des I ^ rayons gammas Un seul gramme d'épices peut contenir jusqu'à un million de bactéries.Contre l'irradiation, les microbes n'ont plus aucune chance.par Violaine Ballivy ^ ^ En première ligne Iw contre le sida Un espoir : le vaccin.par Violaine Ballivy Laval, ville carreleur ¦jyi En béton I ™T et en douceur Les autoroutes 13 et 440 ont été des laboratoires pour les ingénieurs.Elles sont faites en béton.Efficaces ?par Daniel Chrétien 1 C Le Pr0(3r®s IO underground En 2006, Laval sera enfin reliée à la grande métropole par le métro.par Daniel Chrétien Rédacteur en chef : Raymond Lemieux, chargée de projet : Michele Vanasse, collaborateurs : Violaine Ballivy, Bruno Boutot, Daniel Chrétien et François Perreault, recherche : France Gaignard, correcteur : Luc Asselin, direction artistique : François Émond, photographe : Julie Durocher, directeur général intérimaire : Pierre-Yves Gagnon, directeur exécutif : Marc Côté, conseiller, Promotion et relations avec les médias : Hermann Gagnon, adjointe administrative : Nicole Lévesque, publicité : Carole Martin I F' ***¦-»*.1555, boulevard Chomedey, bureau 100 Laval (Québec) H7V3Z1 CANADA Téléphone : 450 681 0003 Télécopieur : 450 681 1633 info@citebiotech.com www.citebiotech.com Cité de la Biotech.un centre d’affaires et de science La Cité de la Biotech.unique au Canada La Cité de la Biotech est née de la réalité de la masse critique du BIOPÔLE de Laval dont le cœur est le Parc scientifique et de haute technologie.Le BIOPÔLE lavallois regroupe plus de 68 entreprises dont certaines sont parmi les plus importantes pharmaceutiques au monde et plusieurs sont des entreprises phares de l’économie scientifique canadienne.Dans le Parc scientifique et de haute technologie, nous avons créé un environnement unique autant par la présence du campus Armand-Frappier de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) que par le noyau d’entreprises scientifiques qui s’y trouvent déjà dans un cadre digne des meilleures technopoles au monde.Située à Laval, pôle d’excellence du Montréal métropolitain, la Cité de la Biotech est un haut lieu du savoir, un centre exceptionnel de la collaboration interuniversitaire, un centre d’affaires scientifiques et un lieu de recherche, de formation et de développement commercial.La Cité de la Biotech prend forme par le redéploiement majeur du campus INRS-Armand-Frappier, la réalisation d’équipements scientifiques dédiés à la recherche, à la commercialisation, à la fonnation, de même que par la mise en place d’une exceptionnelle capacité d’accueil soutenue par des programmes fiscaux incitatifs très avantageux pour les entreprises qui s’y installeront.Une place pour vous Je vous invite donc à me rencontrer pour découvrir tout le potentiel de la Cité de la Biotech dans le développement de l’économie scientifique canadienne.C’est une occasion d’affaires que vous devez saisir maintenant.Vous y trouverez des avantages fiscaux plus que stimulants et aussi un environnement scientifique et corporatif, innovateur, entrepreneur et résolument tourné vers l’avenir.Communiquez avec moi au 450 681 0003 ou envoyez-moi un courriel à pbelanger@citebiotech.com et vous découvrirez un lieu stratégique qui fera la différence pour votre entreprise.À la Cité de la Biotech, nous aimerions faire des affaires avec vous.Pierre Bélanger Président et directeur général Cité de la Biotech IA CITÉ DE LA BIOTECHNOLOGIE ET DE IA SANTE HUMAINE DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN C ) LaSSiotech Le Cœur de la biotechnologie au Canada Québec Science ~ Avril 2002 S3 Lava Une île, une ville.mais où est le centre-ville ?© La municipalité de Laval fut « une île, une ville » 37 ans avant Montréal.Mais faut maintenant ntre-ville.Un tête pour les urbanistes, qui est en cours d’assemblage.par Bruno Boutot La plus spectaculaire ville champignon de l’histoire récente du Québec est arrivée à maturité.En un demi-siècle, sa population a décuplé, passant de 35 000 à 350 000 habitants.« Aujourd’hui, la croissance s’est stabilisée et l’urbanisme est en phase de consolidation, dit André Laperrière, assistant directeur du Service de l’urbanisme de Laval.La ville est désormais dotée de grands équipements publics (écoles, parcs, hôpitaux, etc.), d’infrastructures modernes quant à l’assainissement des eaux, ainsi que d’un réseau d’autoroutes.» De plus, sa population est relativement aisée et compte le plus bas taux de chômage au Québec.Alors que la ville était essentiellement une banlieue-dortoir à ses origines, près de la moitié de ses habitants travaillent aujourd’hui sur son territoire.« La planification urbaine a été faite et respectée, dit André Laperrière.Les grands pôles d’activité sont bien définis : pôles industriel, agricole, commercial, éducatif, administratif.» La ville a aussi mis en œuvre des programmes de mise en valeur des berges, et de protection du patrimoine.« Les jeunes ont maintenant la possibilité de vivre, de recevoir une éducation et de travailler sur le territoire de la municipalité, poursuit André Laperrière.Et, d’après nos sondages, la ville est très appréciée par ses habitants.» « La croissance continue est un signe qui ne trompe pas, souligne Michel Boisvert, professeur titulaire à l’Institut d’urbanisme de la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal.Et l’aménagement des berges y est beaucoup plus réussi qu’à Montréal.» Richard Fleury, directeur du Service de l’urbanisme de Laval, attribue en partie cette réussite à une grande stabilité politique et administrative.« L’équipe du maire Gilles Vaillancourt en est à son quatrième mandat, dit-il.Et Claude Langlois, l’auteur du premier schéma d’aménagement, est aussi celui qui entreprit sa révision en 1981.En 1970, on prévoyait l’urbanisation complète de l’île pour un million d’habitants.Le nouveau schéma d’aménagement prévoit une population maximale de 400 000 habitants, et 30 % du territoire est réservé à l’agriculture.» Ce secteur est non seulement un pôle économique important de Laval, il est devenu une source de fierté pour ses habi- S4 Québec Science - Avril 2002 v .¦ •:_______________• .¦r'^.*{ ****&?&¦ '>.ws?^ T*,- ÿ • ?• *î C V Jf*4^ ' i ' N_______ .*1S- üivm FKZT"* /¦ j ’^.;rl5;; -i L'aménagement des berges lavalloises : plus réussi gu'à Montréal.•'* « tants.« Les citoyens apprécient la présence de la zone agricole, tant pour son rôle de poumon vert que pour les activités connexes : les fleurs, la disponibilité des produits agricoles, l’équitation, la vente des denrées à la ferme, etc.» Mais des bémols se font entendre dans cette belle harmonie.« Les transports en commun ont un rôle très important pour structurer l’espace urbain, dit Michel Boisvert.Je ne comprends pas que Laval n’ait jamais déployé les efforts financiers pour étudier la possibilité d’un métro léger de surface.La ville a toujours mis l’accent sur son réseau autoroutier.» s « Laval est une ville de suburb ty-! piquement nord-américaine, dit Michel f Barcelo, professeur titulaire à l’Institut S d’urbanisme de la faculté d’aménage- ment de l’Université de Montréal.On a laissé les commerces s’installer au hasard, et les grandes artères ne conduisent pas là où on voudrait un centre-ville.Il n’y a pas de lieu de rassemblement important, essentiel pour la vie communautaire.L’absence de synergie se manifeste, par exemple, au Camp spatial, situé en plein champ comme tant d’équipements de Laval.Les gens qui y vont n’ont aucune autre possibilité, pas plus de magasiner que de visiter un musée.» « Avec la création en 2002 de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), affirme Richard Fleury, nous préparons le volet lavallois du schéma d’aménagement au niveau macro, à l’échelle de la CMM, et au niveau micro, à l’échelle de Laval.C’est autour du pôle administratif que se développe la notion de centre-ville avec l’arrivée de plusieurs “éléments de centralité” : le métro, le centre commercial Carrefour Laval, qui sera le plus important au Québec, le cégep Montmorency et le palais de justice.» Si la réussite d’un schéma d’aménagement se mesurait à ses infrastructures, à ses équipements, à la facilité des déplacements en automobile et, surtout, à la satisfaction de ses habitants, Laval pourrait se reposer sur ses lauriers.Il y a, heureusement pour cette ville jeune et prospère, d’autres projets en réserve pour le XXIe siècle.L’arrivée prochaine du métro et la volonté de ses édiles de créer enfin un centre-ville font entrevoir un rayonnement dont ses habitants seront sans doute les premiers surpris.05 c.Rendez-vous au 1er Festival du livre jeunesse Rencontres avec les écrivains et les illustrateurs pour la jeunesse Super expo-vente * Spectacles captivants Ifeurê Festival du livre jeunesse Animations originales Au Collège Montmorency à Laval Laval 2002 courriel: festivallivrejeunesse@hotmail.com du 30 mai au 2 juin 2002 Québec Science - Avril 2002 S5 Des pleurs par millions Avec 500 entreprises horticoles sur son territoire et 35 % de la production florale québécoise en serre, Laval revendique le titre de capitale de l’horticulture.par François Perreault % 9 Une bonne partie de l’activité horticole québécoise bat son plein à seulement quelques minutes du bitume montréalais.Qui l’eût cru ?« Les premières productions horticoles au Québec sont apparues à Laval, raconte François-Gycelain Roque, commissaire en développement agricole et horticole de Laval Technopole.Puis, d’une génération à l’autre, la région a développé diverses expertises.Ainsi, aujourd’hui, certains de nos électriciens sont spécialisés dans l’alimentation énergétique des serres.Des assureurs d’ici offrent également certaines clauses spécifiques à l’équipement horticole.» A ce savoir-faire, il faut ajouter un bel esprit d’innovation.Par exemple, c’est dans cette ancienne île Jésus (aujourd’hui Laval) qu’est apparue l’ancêtre de la serre : la couche chaude.Né dans les années 1920 de l’imagination de Midas Dion, un agriculteur-entrepreneur, ce système consistait à déposer sur le sol une sorte de châssis, soit une surface vitrée ceinturée de bois qui absorbait les rayons du soleil et en con- servait la chaleur.« Cette méthode lui a permis de récolter plus vite ses fleurs, qu’il fut d’ailleurs un des premiers à offrir en caissettes de 10 ou 12 plants », explique l’ethnologue Jacques Dorion, auteur de L’histoire de l’agriculture et de l’horticulture à l’île Jésus.Autre innovation : l’apparition des premières serres dans les années 1940.D’abord en bois et recouvertes de toiles transparentes, puis de polythène, elles ont solutionné divers problèmes.« A ce moment, rappelle Jacques Dorion, à cause de la Seconde Guerre mondiale, la main-d’œuvre commençait à manquer.Toutefois, les serres permettaient de produire autant avec moins de personnel.Plus tard, elles ont aussi aidé les horticulteurs à résister à l’urbanisation ainsi qu’à la prolifération de projets résidentiels et commerciaux : ils n’avaient plus besoin d’autant d’espace qu’à l’époque de la couche chaude.Ils devaient alors étendre des centaines, voire des milliers de châssis dans leurs vastes champs.» La situation géographique joue bien entendu un rôle capital.Et l’on ne parle pas ici que de la simple proximité du marché montréalais.Ainsi, comme on peut le lire dans le Profil de l’industrie agroalimentaire et de l’horticulture ornementale de Laval : « Les rivières importantes qui entourent Laval en tempèrent le climat (.).La longueur de la période sans gel varie de 140 à 155 jours, la saison de croissance est de 201 à 208 jours, et la température moyenne est de 5 °C.» Des études menées par le ministère de l’Agriculture, u des Pêcheries et de l’Alimen- g tation du Québec (MAPAQ) | ont en effet déterminé que ^ l’évaporation des eaux de la < rivière des Prairies et de celle des 5 Production annuelle de fleurs à Laval - 1,5 million de potées fleuries - 400 000 roses - 250 000 paniers suspendus - 100 000 pots de fines herbes - 3 millions de caissettes de fleurs annuelles | - 2,2 millions de pots de plantes vivaces Tableau : Québec Science.Source : Laval Technopole, 2000.S6 Québec Science ~ Avril 2002 Mille-Îles, entourant l’île de Laval, générait un courant d’humidité retardant le gel à l’automne, tout en favorisant les pousses précoces au printemps.Malgré le développement urbain des dernières décennies, 30 % du territoire lavallois est encore réservé à l’agriculture et à l’horticulture.Pas étonnant qu’on y retrouve quelque 175 serristes, soit la plus forte concentration de serristes ornementaux au Québec.Laval se distingue surtout aujourd’hui par la variété et la nature des activités horticoles qui s’y déroulent.Ainsi, certains spécialistes travaillent au contrôle biologique permettant la survie florale sans le recours à des insecticides et autres pro- duits chimiques (voir l’encadré Les insectes au service de l’horticulture).Dans un autre registre, on trouve aussi des entreprises, telles que Semences B.C., qui se donnent comme mission de croiser des semences (boutures, bulbes, etc.) provenant de partout dans le monde afin de créer de nouvelles variétés de fleurs et de légumes.QS Ie
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