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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Août - Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1949, Collections de BAnQ.

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LÉVIS, AOUT-SEPT.1949 OL.XV, No 7 - « i vrC : - .X ¦ ¦ f/•*.¦¦:¦¦ wcwc .-x- ¦x-vW"' x:: lllff • •'•>:¦ : :;:x ; Revue ^C)% .v> vV ’ Rédaction et administration La Federation des Caisses Populaires, 108.CÔTE DU PASSAGE, LÉVIS, P.Q.Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales de Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Syndicats coopératifs de Québec Abonnez-vous à Prix de l’abonnement .$1.25 La Revue Desjardins "Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa" ÉDITORIAL AUTONOMIE Un de nos correspondants nous écrit: "Vous êtes contre la centralisation et pour la décentralisation, dit-il, pour l'autonomie de chaque Union et de chaque Caisse populaire.Ne croyez-vous pas que ce serait parfois une bonne affaire qu'il y ait une certaine centralisation pour que les Caisses n'abusent pas de leur autonomie?L'autonomie, c'est bien beau, mais elle peut conduire assez loin parfois et même être néfaste, et l'abus de cette autonomie peut être préjudiciable à plus d'une Caisse.Je ne veux pas citer de nom, mais un fait tout récent, me semble-t-il, peut servir d'exemple.Si dans cette Caisse on n'avait pas abusé de l'autonomie, ce qui arrive ne se serait pas produit.Qu'on le veuille ou non, si une Caisse va mal, il y a une répercussion morale sur les autres, bien que seule cette Caisse soit financièrement et économiquement affectée.Il y a aussi un autre point à envisager: s'il y avait une centralisation des épargnes des Caisses, nous pourrions aider des organisations plus grandes et plus puissantes, et nous pourrions atteindre plus rapidement et plus efficacement notre développement économique".Nous résumons ainsi les arguments employés par notre ami, passant sous silence certaines boutades sur l'autonomie- A notre ami, nous avons répondu: C'est bien rare qu'une chose soit entièrement blanche ou complètement noire.Ainsi vous pouvez avoir raison pour quelques cas particuliers, mais la loi est faite pour le service et la protection du plus grand nombre.Inutile de s'imaginer qu'il y a une loi sur la terre qui soit parfaite; elles sont faites par des hommes et les hommes ne sont pas parfaits- Maintenant, vaut-il mieux restreindre l'autonomie des Caisses, enlever même cette autonomie dans certains cas et, du coup, empêcher le développement des Caisses, l'initiative de leurs dirigeants, surtout nuire au bien matériel et moral que font les Caisses?Et tout cela parce que deux, trois ou quatre Caisses sur mille vont mal aller?Si l'on base la loi sur des excédions, nous allons faire autant de lois qu'il y a d'exceptions parce qu'il existe des particularités dans chaque cas- Si on empeche deux, trois ou quatre Caisses de faire des folies, (c'est une hypothèse dont je doute), et que, par le fait même, on nuit à tout lie mouvement, est-il logique de procéder ainsi?Nous avons parlé, il y a un moment, des exceptions- Il y a aussi des besoins différents, des adaptations différentes dans certaines régions.Ainsi, les besoins dans la Gaspésie ne sont pas les mêmes que ceux de la région de Montréal.Le centre de la Province et le Lac St-Jean n ont pas les memes besoins.Or, avec cette centralisation, vous allez arriver a la conception d'un cerveau ^ unique.Ce cerveau unique pensera comme il voudra, il pensera surtout d'après le milieu où il vivra, et nous craignons, et beaucoup pour le développement des Caisses, nous craignons que le bien qu'elles font doive en souffrir.On nous dira: Que dites-vous des Banques?Vous aurez une réponse dans un autre article sur la centralisation.Pour le moment, qu'on nous permette de dire simplement ceci: Qu'est-ce que le directeur d un bureau central pourrait connaître de la valeur des prêts particuliers faits à monsieur Un Tel et monsieur Un Tel dans telle localité?J'ai bien plus confiance aux trois mem- • 122 REVUE DESJARDINS bres de la commission de 'Crédit qui se tiennent sur place, qui connaissent surtout la valeur morale de l'emprunteur.J'ai bien plus confiance à leur jugement qu'à celui de ce monsieur demeurant à cent, deux cents, cinq cents milles pilus loin, pour savoir si tel prêt est opportun et peut être fait.L'autonomie des Caisses, tel que nous la pratiquons aujourd'hui, rend les directeurs de chaque Caisse responsables de leurs actes, et, dans l'immense majorité des cas, nos directeurs prennent leurs responsabilités au sérieux.Le fait de donner cette responsabilité à chacun des directeurs, développe chez eux le sens de la responsabilité- Ils ont un devoir à accomplir, ils ont la protection de leurs sociétaires entre les mains, et ainsi, chaque Caisse populaire développe dans chaque centre des hommes ayant plus d'initiative, possédant une plus grande compréhension des affaires- Plus on multipliera ces organismes avec ces principes, mieux le pays s'en portera.Qu'il y ait ici et là quelques cas où l'on refuse, par exemple, de suivre les directives de la Fédération ou de l'Union, cela se peut, mais l'Evangile ne dit-il pas qu'il vaut mieux ne pas arracher l'ivraie de crainte qu'en arrachant l'ivraie on arrache aussi le bon grain?Que la moisson vienne à maturité et alors on séparera l'ivraie d'avec le bon grain.Mais meme avec cette publicité mensongère et inexacte que l'on fait en ce moment sur le compte d'une Caisse populaire, nous ne sommes pas prêt à dire que ce qui arrive n'aura pas une heureuse répercussion- Depuis trois ans, nous cherchons à convaincre certaines gens de cette localité de leurs extravagances et de leurs folies- Ils n'ont pas voulu nous é-couter parce qu'ils comptaient sur les autres pour se sauver.Ils réalisent aujourd'hui que pour se sauver il faut le vouloir, que le salut ne peut venir que par eux-mêmes.C'est St-Thomas qui nous dit que Dieu nous a faits sans nous mais qu'il ne nous sauvera pas sans nous.C'est vrai dans le domaine matériel comme dans le domaine moral.Dans cette Caisse, on est actuellement à prendre les moyens pour arriver à la solution la plus pratique, la plus logique et la plus efficace: s'occuper de ses affaires, s'en bien occuper et avoir des gens honnêtes pour exécuter les ordres.L'autonomie bien comprise et bien appliquée ne veut pas dire l'isolement, le refus de toute coopération.Non.L'autonomie bien comprise, c'est le bon sens même.Ainsi, je vois mon voisin dans la rue qui va se faire écra-bouiller.Me servant de ma liberté, je me précipite et je sauve la vie de ce voisin- Mais, ce dernier m'aide aussi en faisant un effort pour faciliter ma tâche.Je conserve mon autonomie et ma liberté; en usant de cette autonomie et de cette liberté, j'ai fait un acte sauveur sans nuire à mon initiative, au contraire, Sommaire Autonomie C.Vaillancomt .122 On aura tout vu Joseph Tunnel .124 Pour vous aider.124 Un jubilé d'argent Paul Emile Charron.125 Dépôts et retraits d'épargne J.H.Payette.125 Assemblée générale le TU.R.de Québec 127 Cette chère liberté René Croteau.130 L'Immeuble de la Caisse Georges-A.Bouchard .131 Un exemple à suivre Joseph Tunnel .132 Fait digne de mention Paul Emile Chanon.133 Monsieur J.A.Mercier est mort C.Vaillancourt .134 Question préalable sur l'argent .135 Congrès des Inspecteurs Georges-A.Bouchard .137 Hommages du président des C.P.D.à l'U.C.C.138 Carnet du sociétaire .139 L'esprit d'économie.140 i .- ' ran—¦ h i i in mi .i Vous avez sans doute, ceux du moins qui ont visité la ville historique de Québec, reconnu, en page frontispice, le Monument des Braves, érigé par la Société Saint-Jean Baptiste de Québec en 1860, en l'honneur des Braves de 1760, à la bataille de Sainte-Foye.ce geste a réveillé en moi un pouvoir d'énergie que j'ignorais peut-être.Voilà comment nous concevons l'autonomie bien appliquée.Pour mieux faire comprendre ma pensée, je cite un exemple: Prenez une roue de voiture- Elle se cam-* pose au centre du moyeu, puis des rais et de la jante- Chacune de ces parties est autonome dans ce sens.quelle remplit exactement son rôle qui est nécessaire pour que la roue soit ronde, forte, et puissante.Le moyeu, au centre, réunit toutes ces parties individuelles, ce qui fait la roue complète.Il peut arriver qu'un rai se rompe.Va-t-on pour cela détruire toute la roue?Bien sûr que Non, on va remplacer le rai et la roue continuera à tourner avec la même puissance, la même force.Dans nos Caisses populaires, la Fédération et les Unions sont comme le moyeu de l'organisation, mais ces organismes ne remplacent pas les rais ni VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 123 • la jante.Les Caisses populaires sont là, elles demeurent ce qu'elles sont et ce pourquoi elles ont été fondées.Voilà pourquoi nous sommes pour le principe de l'autonomie mais une autonomie qui pousse vers le bien et qui veut coopérer.Cela ne veut pas dire que la loi ne souffrirait pas quelques amendements, qu'il ne faudrait pas mettre ici et là un nouveau jalon pour garder plus sûrement la route.Mais, de là à aller à l'extrême limite et dire qu'il doit y avoir une direction unique, nous ne croyons pas que ce serait avantageux.Dirigeons, conseillons, orientons cette autonomie, mais laissons à chacune de nos Caisses l'initiative qui lui permettra de se développer en fécondant l'esprit d'initiative et le travail local par l'emploi prudent de l'épargne produite dans la circonscription même de chaque Caisse- Le prochain mois, nous verrons si une centralisation des épargnes des Caisses pourrait vraiment aider plus efficacement à notre développement économique.C.VAILLANCOURT ON AURA TOUT VU Eh! oui, on aura tout vu.• .Lisez plutôt ce qui suit et apprenez ce qui se passe encore en 1949, après cinquante ans de coopération.Délibérément, volontairement, je glisse sur certains détails qui seraient par trop choquants, pour le moins.Un pauvre particulier qui se trouve embarrassé financièrement, demande à son "ami'' de lui prêter $300.00.Le prêt sera d'un mois.L'ami, qui a du coeur à en revendre, consent de très bonnes grâces, à rendre ce petit service à l'autre pauvre "ami" embarrassé.Mais."Mais, dit-il.tu ne dois pas oublier, que pour ce faire, je dois déplacer mon argent; et dans un cas pareil, j'exige toujours une charge de $20-00, quel que soit le montant que je prête, pourvu que ce prêt ne dépasse pas le mois".— "Et combien exigeras-tu d'intérêt?" Bon enfant, le prêteur répond avec une candeur qui n'a d'égale que .sa grande bonté: "L'intérêt est compris dans les $20.00".Et le marché fut bâclé.Et je ne vous dis pas que le prêteur et l'emprunteur étaient tous les deux sociétaires de Caisse populaire.Et je ne dis pas non plus que l'emprunteur était également emprunteur d'une Caisse populaire.Ce serait trop effrayant, n'est-ce pas?Refuser de donner 6% peut-être, pour payer 80%, c'est sûr.Et ça c'est fait.En voulez-vous un autre cas, que je pige au hasard?Un emprunteur à la Caisse populaire de.fait .ses remises à la Caisse, et de façon fort irrégulière, malgré les protestations répétés du gérant.Quant à ses dépôts d'épargne, c'est à une autre institution qu'il les confie- Drôle de façon de dire merci et d'être reconnaissant! ! Seigneur, aidez-nous à conserver nos beaux caractères! ! ! Jos TURMEL, propagandiste de l'Union de Québec # ^ ;}c POUR VOUS AIDER Je n'ai pas foi, plus qu'il ne faut aux statistiques, certes pas autant qu'à l'Evangile.Toutefois, elles ont leur valeur, une valeur réelle, d'indication certes très utiles, dont on ferait bien de tenir compte dans nos Caisses.D'après les statisticiens d'Ottawa, les revenus moyens de fermes, pour chaque province, sont les suivants en 1948: I.P.-E.$1,500- N.Ecosse.1,030.N.Brunswick.1,200.Québec.1,890.Ontario.3,000.Manitoba.3,200.Saskatchewan.3,200.Alberta .3,480.C.-C.3,120- Canada.2,730.Comme les prix des produits agricoles semblent bien avoir atteint un sommet, nos amis des commissions de crédit feront bien de tenir compte des chiffres plus haut cités.A.L.L'inscription suivante était gravée jadis sur un vieux mur de passage qui ' conduisait au cimetière du pays: Passant, penses-tu passer par ce passage Où, pensant, j'ai passé?Si tu n'y penses pas, passant, tu n'est pas sage, Car, en n'y pensant pas, tu te verras passé.Franc-Nohain La conscience parle, mais l'intérêt crie.Petit-Senn Essayons de trouver "la longueur d'onde de celui avec qui l'on parle".Abbé Godin • 124 REVUE DESJARDINS Un jubilé d'argent Il y aura 25 ans le 2 octobre practhain que l'Union Catholique des Cultivateurs à été fondée.En effet, un congrès agricole tenu à Québec, les 1er et 2 octobre 1924, "sous les auspices de l'Agriculture de la Province de Québec" jetait les bases de l'Association professionnelle des cultivateurs du Québec.Au pied du monument élevé à Québec à la mémoire de Louis Hébert, premier agriculteur canadien, les cultivateurs du Québec, les dirigeants de l'U- C.C., en tête, célébrèrent ce vingt-cinquième anniversaire.Quelle grandiose célébration ce fut! Avec quelle légitime fierté ses dirigeants évoquèrent-ils les belles réalisations de l'U.C.C.et les idées qui animèrent ceux qui en .posèrent les assises.De telles réalisations vinrent confirmer la valeur pratique de telles idées et donner raison aux pionniers de l'oeuvre.La démonstration est maintenant faite, la discussion n'est plus possible, chez les ouvriers du .sol, tout aussi bien que chez les autres classes de la société, c'est le syndicalisme professionnel catholique et la coopération économique qui apporteront le salut.C'est la grande idée-force, dont la valeur pratique s'est imposée à l'esprit de tous à l'occasion de ce Congrès.Fasse le Ciel que tous nos agriculteurs le comprennent et n'hésitent plus à apporter leur contribution personnelle à cette oeuvre commune de salut professionnel et national.C'est toute la classe agricole, (ce n'est pas seulement le tiers, mais bien les trois tiers) tous devraient s'y engager et tout de suite; leurs intérêts y sont engagés; les cultivateurs y trouveront de quoi satisfaire leurs aspirations légitimes, leurs besoins vitaux.Souhaitons que tous nos agriculteurs prennent concience de leur solidarité et de leur responsabilité vis-à-vis le bien commun de la profession et de toute la société.Aujourd'hui, comme hier, plus qu'hier encore, notre agriculture a besoin de fortes assises, d'être mieux organisée pour faire face aux luttes qui viendront, aux difficultés plus grandes qu'elle devra surmonter.Nos agriculteurs devront se sentir unis, forts, se serrer les cou-dres, ils devront être efficacement organisés sur le plan professionnel, coopératif aussi, pour protéger leurs intérêts et s'assurer une pros-1 périté convenable.Que ceux qui en doutent encore lisent l'histoire de l'U- C.C-, par Firmin Létourneau.Ils se rendront compte combien tout cela est vrai.Tous nos cultivateurs d'ailleurs, (et que d'autres aussi.) auraient grand avantage à méditer les leçons qui s'en dégagent.Nous désirons rendre ici hommage aux pionniers et aux continuateurs de cette oeuvre et formuler nos meilleurs voeux de plein succès à toutes les entreprises qu'inspireront à l'U.C.C.les intérêts de notre agriculture.Signalons, en terminant cette notule, que l'U.C.C.a apporté une contribution de grande valeur au progrès du mouvement coopératif.C'est un fait qu'on se plait à reconnaître, le développement rapide du mouvement coopératif agricole, des Caisses populaires en particulier, lui est largement attribuable- Et comme nous lui en sommes reconnaissants! ! L'U.C.C.a fait l'éducation coopérative de ses membres disséminés dans les milieux ruraux, elle a préparé un terrain propice à l'éclosion d'un nombre considérable de Caisses populaires et elle a assuré les conditions favorables à leur développement.En est-il qui l'ignorent, dès sa fondation, l'U.C.C.s'assignait ce rôle de faire l'éducation coopérative des agriculteurs; l'article 12 de ses Statuts précisait, en ces termes: "D'encourager la création de sociétés coopératives, de Caisses de crédit, de sociétés d'assurances mutuelles ou de tout autre organisation susceptible d'aider l'agriculture." Il nous est très agrable de rendre ce témoignage d'appréciation et de reconnaissance pour ce que l'U.C.C.a fait pour le mouvement coopératif chez nous.Paul Emile CHARRON Dépôts et retraits d'épargne Un des principaux buts de la Caisse populaire est d'enseigner les bienfaits inappréciables de l'économie et l'épargne.Recevoir l'épargne de ses membres sous forme de dépôt constituera donc Tune des opérations de toute Caisse populaire.L'article 6 de la Loi des Syndicats Coopératifs de Québec qui régit la caisse populaire, stipule entre autre que "toutes les activités pro- ductives ou avantageuses de la société étant essentiellement coopératives, sont exclusivement restreintes aux sociétaires".Puisque la Caisse ne doit faire des opérations qu'avec ses membres seulement, tout déposant doit être sociétaire.Voilà donc la première qualité requise pour être déposant.L'article 10 des Statuts de la Caisse dit: "On devient sociétaire en étant admis à signer la VOLUME 15, LEVIS.AOUT-SEPT.1949 125 • déclaration d'adhésion, et à souscrire au moins une part sociale.La taxe d'entrée ainsi que le paiement de la première part sociale sont payables dans le cours de la première année.'' L'article 20 confirme en ajoutant que "Les parts sociales sont payables à raison de dix sous au moins par semaine par part." Tout sociétaire a donc droit à un an pour payer sa part sociale.Il peut par conséquent dans la première année qui suit la souscription de sa part, déposer ses économies à la Caisse, même si cette part n'est pas entièrement payée, puisqu'il est sociétaire.Toutefois, à la fin de la première année, il devra avoir complètement payé sa part, sinon il pourra être, après avis, exclu de la société par le conseil d'administration.Règle générale, la part sociale et la taxe d'entrée sont payées au moment de la souscription et de l'adhésion-Dépôt à l'épargne Les épargnes déposées à la Caisse sont attestées par un bordereau de dépôt rédigé à l'encre, et signé par le déposant ou son mandataire.Celui-ci n'a pas besoin d'autorisation particulière du propriétaire du compte pour déposer.Il importe que le bordereau de dépôt soit rempli avec soin et précision pour éviter toute erreur, toute contestation ou conflit inutile.Le nom du déposant doit apparaître bien lisiblement au haut du bordereau ainsi que le folio du compte et la date.Le bordereau de dépôt doit contenir également, en détail, le nombre et le montant des billets de banque et le montant des espèces.Si le sociétaire désire déposer un ou plusieurs chèques, il faut les inscrire séparément sur le bordereau.Au cas de retrait simultané, on inscrit d'abord le montant du chèque, puis le montant retiré, et finalement la somme déposée; le déposant ayant soin d'apposer ses initiales vis-à-vis le montant retiré.Vérification des chèques déposés Avant d'accepter un chèque pour dépôt, le gérant ou le caissier doit y apporter toute l'attention requise.Il doit vérifier la date du- chèque, le nom et l'adresse de la banque où il est fait payable, le nom du bénéficiaire, le montant du chèque, la signature et l'endossement.Les écritures sur le chèque, de même que la signature et l'endossement, doivent être faits à l'encre.Il se peut fort bien que le chèque soit postdaté ou encore qu'il y ait une mention indiquant que le chèque est fait "payable le.ce qui donnerait droit à trois jours de grâce.Il faut s'assurer également que le montant inscrit en lettres, correspond avec le montant inscrit en chiffres.Pour éviter que le chèque soit majoré, nous conseillons de tracer une li- • 126 gne horizontale à l'encre, pour couvrir tout espace en blanc ou non entièrement rempli.Toute correction ou changement sur le chèque doit être attesté par les initiales du signataire.Après avoir constaté que la signature est complète et régulière, il faudra vérifier l'endossement.Si l'endossement ne correspond pas exactement avec le nom du bénéficiaire inscrit dans le corps du chèque, on doit le refuser pour "endossement irrégulier".Après avoir vérifié si le chèque est suffisamment affranchi, on apposera l'endossement particulier de la Caisse, "Pour dépôt seulement au crédit de la caisse populaire de .", si c'est un chèque tiré sur une autre caisse ou une banque étrangère.On ne doit pas attendre à la fin de la journée pour y apposer cet endossement, car si ces chèques étaient perdus ou volés, ils pourraient facilement être négociés de nouveau.Pour éliminer le plus possible ces risques, on doit les endosser dès qu'ils sont vérifiés ou acceptés par le gérant ou le caissier- Bordereau de dépôt Après avoir constaté l'exactitude des additions au bordereau de dépôt, il est recommandé que le gérant ou le caissier y appose ses initiales ou un timbre de caoutchouc portant le nom et l'adresse de la Caisse ainsi que la date.Ce timbre indiquerait que les inscriptions au bordereau de dépôt sont vérifiées et acceptées.Il est bien entendu que s'il y a des corrections à faire au bordereau, le déposant ou son mandataire devra les attester de ses initiales.Retrait d'épargne Si un sociétaire désire retirer une certaine somme d'argent sur son compte, il doit d'abord avoir des provisions suffisantes.Il serait pour le moins imprudent de se contenter du solde inscrit au carnet du sociétaire pour savoir s'il a suffisamment de fonds.Depuis les dernières écritures, le sociétaire peut avoir tiré des chèques qui ne soient pas inscrits dans son carnet.On prendra donc le solde qui apparaît au compte particulier du sociétaire au livre de l'épargne.Là encore, il peut arriver que les fonds soient suffisants, mais qu'ils scient déjà nantis pour garantir un prêt.Si le sociétaire a déposé récemment un chèque pour un montant élevé, il faut retenir des fonds pour permettre de débiter le compte si le chèque était retourné impayé.Les délais requis varient de 8 à 15 jours, selon l'endroit sur lequel le chèque est tiré.S'il y a lieu, on devra tenir compte des chèques qui sont arrivés dans le courrier et qui ne seraient pas encore débités au compte du sociétaire concerné.Par la suite, si les fonds sont suffisants, on remettra au sociétaire le montant désiré.Reçu et chèque Le chèque et le reçu constituent les deux REVUE DESJARDINS % moyens de remettre cet argent au sociétaire.Le chèque est un ordre de payer, et le reçu est un écrit par lequel on déclare avoir reçu de l'argent.Sur le chèque on doit inscrire la date, le nom de la Caisse locale (s'il n'est pas imprimé), le nom du bénéficiaire et le montant à payer, en chiffres et en lettres- Pour ce qui est du reçu, on doit inscrire comme précédemment la date et le nom de la Caisse locole, ainsi que le montant désiré en chiffres et en lettres.Pour répondre aux exigences de la loi de l'Accise Fédérale on doit affranchir ces deux pièces.On apposera donc un timbre de $0.03 sur tout montant de $100.00 ou moins et $0.06 pour tout montant de plus de $100.00.Ces pièces doivent toujours être complétées et signées à l'encre.Après avoir payé la somme demandée au Assemblée générale annuelle de TUnion régionale de Le 3 juillet dernier, au milieu d'une délégation nombreuse et enthousiaste se tenait l'assemblée générale de l'Union régionale de Québec et de la Caisse centrale Desjardins de Lévis.Dès neuf heures du matin la chapelle du collège de Lévis, toujours si accueillante, recevait les sociétaires venant étudier ensemble des problèmes qui leur sont communs.Suivant une coutume qui nous est chère, c'est Monsieur le chanoine Victor Rochette qui célébra la messe, servie par l'Honorable Sénateur C.Vaillan-court.Selon une autre tradition aussi chère, Monsieur île chanoine Philibert Grondin fit l'allocution insistant sur cette idée, inspirée des Ecritures, que la charité nous sauvera, et on nous reconnaîtra par l'amour que nous aurons les uns pour les autres.A la salle de théâtre du collège, dès l'ouverture de la séance, on procède à la formation du Comité des lettres de créances, et à la lecture du procès-verbal de la dernière assemblée.Puis M.Elisée Dalldire et Paul Emond, inspecteurs régionaux, firent leurs rapports respectifs, suivi de celui du propagandiste, M- Jos Turmel.Le président-gérant de la Caisse centrale, l'honorable Sénateur Vaillancourt, fit le rapport sur les activités de la Caisse centrale.Ce rapport a fourni à M- le gérant l'occasion de faire des remarques fort opportunes, rappelant nos dirigeants à une prudence aussi saine qu'éclairée.Ce rapport fut suivi des remarques de M.Roger Marcotte, comptable en chef, par lesquelles il donna aux gérants toute particulièrement des avis extrêmement précieux sur la façon de faire leur travail, et sur les relations sociétaire, le chèque ou le reçu sera annulé en appliquant le timbre ''PAYE'', tout en ayant soin d'oblitérer les timbres d'accise.Cette opération terminée, on fait les inscriptions aux livres dans l'ordre suivant: au livre de caisse d'abord, puis au compte particulier de l'épargne et enfin au carnet du sociétaire.Ces pièces sont alors classées avec les autres chèques du mois.En cas de fermeture d'un compte épargne, on devra calculer l'intérêt jusqu'au dernier trimestre et le créditer au compte du sociétaire avant de lui remettre le solde.Il faut également totaliser les colonnes ''dépôts'' et "retraits" afin de s'assurer de l'exactitude du solde.Les dépôts et les retraits à l'épargne constituent les opérations les plus fréquentes dans une Caisse populaire- Aussi on doit prendre toutes les précautions requises.J.H.PAYETTE Québec et de la Caisse centrale Desjardins de Lévis qui doivent exister entre la Caisse centrale et les Caisses locales.Après F adoption des différents rapports, eut lieu l'élection des officiers sortant de charge sous la présidence de M.Joseph Fortier, le résultat fut le suivant: Administrateurs: Honorable C.Vaillancourt, L'abbé Emile Turmel, M.René Bédard.Commission de crédit: M.Jean-Marie Gagnon- Conseil de surveillance: M.Antoine Dussault.Et pour clore cette première demi-journée de travail, la fille du Commandeur Desjardins, Mlle Albertine Desjardins 'donna une causerie sur le sens social, qui nous permit de retrouver les idées saines qui devaient animer les activités économiques du vénérable père.On retrouvera dans un prochain numéro de la Revue, le texte intégral du travail de Mlle Desjardins.Le chroniqueur en conseille fortement la lecture et se réjouit de n'avoir pas à le diminuer en le résumant- Ajouterons-nous que le dîner pris au collège fut excellent?' Ce sera uniquement pour remercier M.le Procureur qui n'a rien épargné-Tout autre raison nous ferait qualifier d'épicurien.Mais .nous avons bien mangé • .Dans l'après-midi, toutes les séances furent consacrées à diverses séances d'étude.Il s'y est dit de fort excellentes choses, que nous ne pouvons que souligner en passant.M- Alfred Rouleau, gérant de la Société d'As-surance-vie Desjardins parle de la nécessité de l'assurance comme moyen de prévoyance, de la coopération par l'assurance, et donne des statistiques très révélatrices.Invité par M.Vaillancourt, M.L.Létourneau, président de la Fédération et délégué de l'Union VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 127 • des Trois-Rivières, félicite l'Union de Québec; il recommande avec instance l'étude des principes de la coopération et invite tous les cultivateurs à faire partie de l'U- C- C.L'Association professionnelle aidera les C.P.et tout le monde sera content, dit-il.Puis M.J.O.Roby, gérant de l'assuiance-feu Desjardins, après avoir réglé quelques questions d'ordre interne, déclare que les résultats obtenus à date dépassent toutes les espérances, et sur une question posée, M.Roby explique ce que Ton entend par risque acceptable.M.Déchène de Kénogami, et Boisverd, de Sherbrooke, adressèrent quelques mots au nom Remarques Pour la vingt-cinquieme fois, vous vous réunissez pour entendre la lecture du rapport annuel de votre Caisse centrale.Vous vous demanderez peut-être pourquoi nous n'avons pas fait de fête spéciale pour ces noces d'argent; c'est que Tan prochain, il y aura cinquante ans que la première Caisse populaire a été fondée et nous nous réservons pour cette date.Pour bien commencer ce cinquantenaire, nous nous permettons de demandez et tous et à chacun que Tannée 1950 soit Tannée des Caisses populaires, que partout on consacre au moins un jour, je pourrais dire, de récollection.Que dans chaque paroisse, on organise une journée pour étudier spécialement nos problèmes économiques et sociaux en regard des Caisses populaires.A Lévis, se tiendra un congrès international des Caisses populaires.On viendra de toutes les parties du monde et on étudiera les problèmes économiques mondiaux sous l'angle de la coopération, de -l'entente et de la charité chrétienne- Et qui sait si ces réunions de 1950 ne seront pas le prélude d'un grand mouvement de fraternité qui couvrira le monde pour le bien-être, la prospérité et surtout la paix du monde.Maintenant, venons-en à notre rapport proprement dit: L'actif de notre Caisse a quelque peu augmenté, beaucoup moins toutefois que Tannée dernière.Notre actif est de $13,150,-343.84 contre Tan dernier $13,072,704.17, soit une augmentation de $77,639.67.Quant aux bénéfices: $365,904.35 comparés à $343,254.78.Pour avoir le détail des dépenses, vous n'avez qu'à regarder à la page suivante, tout y est expliqué.Nous mettons cette année à la réserve $21,-937.46, à la prévoyance $10,634.98, au fonds de surplus $24,241.17, ce qui est une légère de leur Union respective- Un forum très nourri termina l'assemblée.Les devoirs des divers comités furent passés au crible, et les délégués en profitèrent pout jeter de la lumière sur certains points qui leur paraissaient plutôt obscur.Comme chaque année, la journée se termina par un pèlerinage au cimetière de Lévis où repose le corps du Commandeur Deujardins.Une couronne de fleur y fut déposée, puis les délégués repartirent prendre leur besogne coutumière.L'Assemblée était finie, chacun s'en va préparer les fêtes du cinquantenaire qui auront lieu Tan prochain.du président augmentation avec Tan dernier.Votre avoir-propre sera porté à $545,343-07.Le boni se chiffre à $48,927.84.Votre bureau de direction vous recommande de passer une résolution pour adopter ce dernier.La régression s'en vient petit à petit.La crise ne sera pas comme celle de 1929-30 et 32, ce sera plutôt une période de rajustement.D'ailleurs, il faut absolument qu'un rajustement se fasse.Nous sommes en inflation et toute inflation amène tôt ou tard la déflation.Vous aurez à vous défendre contre bien des gens qui vont aller vous demander toutes sortes de prêts.Pendant la guerre, ces brasseurs d'affaires improvisés allaient bien, c'était facile, tout marchait sur des roulettes, mais aujourd'hui, que la compétition devient de plus en plus sérieuse, ils ne peuvent plus rencontrer leurs obligations.En outre, ils n'ont pas la compétence voulue et ills voudraient que ce soient les Caisses populaires qui les sauvent-Non, non et mille fois non, les Caisses populaires ne doivent pas embarquer dans la spéculation.Nos Caisses pcpulaires ne sont pas des Banques.Les Banques ont des experts pour diriger et faire analyser les bilanc commerciaux.Nous, nous n'avons pas ces spécialistes.Res-ses populaires: esprit d'épargne et d'entr'aide pour /les petites gens.Les Caisses populaires ne peuvent régler tous les problèmes économiques et sociaux de la Province.Dans l'industrie et le commerce, et partout, on diminue les inventaires?Pourquoi?On prévoit que d'ici quelque temps, il y aura une baisse de 10% ou 15% peut-être et si on gardait de gros inventaires, ce serait une perte pour ces gens- Alors, cette diminution d'inventaire va amener un peu de stabilité dans l'industrie et on va pouvoir acheter les marchandises à des prix convenables et de • 128 REVUE DESJARDINS meilleure fabrication.En résumé, ce qu’il faut adopter dans toutes nos Caisses populaires, c'est une administration parfaite, afin d'offrir à nos sociétaires une sécurité aussi grande, sinon plus grande, que celle que peut leur offrir n'importe quel autre organisme établi chez nous- Au cours de l'année 1948, l'actif des Caisses populaires de votre Union est passé à $73,441,-784.60 comparé à $67,055,641.78.Le nombre des sociétaires est passé de 159,-442 à 172,234.Au 31 décembre 1948, les prêts sur hypothèques pour l'Union de Québec e-taient de $27,578,860-02 comparé à $24,313,-241.01 et sur reconnaissance de dette: $6,659,-031.62 comparés à $5,966,536.89.Nous revenons encore cette année pour demander à nos Caisses populaires de garder 50% de leur actif en argent liquide ou facilement réalisable.Plus d'une Caisse nous a remercié au cours de l'année de les avoir ainsi conseillées et même pour ainsi dire obligées de procéder ainsi.Si elles ne sont pas dans une mauvaise situation et si même au contraire elles ont améliorées leur situation, c'est grâce à cette persistance que nous avons mise à leur dire de garder 50% liquide et c'est surtout dû à la bonne volonté que les directeurs des Caisses populaires ont mise à bien vouloir nous écouter.Est-ce qu'on nous écoutera toujours ainsi! Ça c'est une autre affaire! .Tout de même, soyez certains que nous donnons ce conseil dans votre intérêt à vous et dans l'intérêt des Caisses populaires.L'épargne au 31 décembre 1948 était de $64,-545,335.54 comparée à $59,187,630.90.Quant au capital social, il était de $4,877,-292-78 comparé à $4,669,939.88.Le nombre de Caisses affiliées à votre Caisse centrale était de 343 oar les Caisses du Lac St-Jean font partie de votre caisse centrale, tandis que pour votre Union, le nombre de Caisses est de 286.Sur les 286 Caisses de l'Union de Québec, il y en a treize (13) de millionnaires.Durant l'année, votre Caisse centrale a consenti 203 prêts à 54 Caisses populaires pour un montant de $3,161,900.00.Au 30 avril, il restait encore $1,024,031.50 de dû.Au cours de l'année 1948-49, il n'y a pas eu de mortalité à dépllorer.Souhaitons qu'il en soit ainsi dans l'année en cours.Tous nos remerciements aux Directeurs, membres de la Commission de Crédit, Conseil d'Administration pour leur travail assidu et consciencieux.Merci aussi à tous les employés de l'Union, de la Caisse centrale, à notre Assistant-Gérant, Monsieur Marcotte, à ses fidèles et dévoués employés pour le dévouement qu'ils ont mis et qui je l'espère continueront de mettre dans l'accomplissement de leur tâche.Le succès de toute notre organisation repose sur le travail persévérant et constant de ces fidèles et dévoués employés.Les trois membres du bureau de direction sortant de charge cette année sont: L'Honorable Cyrille Vaillancourt, l'Abbé Emile Tunnel et Monsieur René Bédard.Pour la Commission de Crédit: Monsieur Francis Lefebvre.Pour le Conseil de Surveillance: Monsieur J.-E- Plamondon.Comme on le sait, tous sont rééligibles.(Signé) C.VAILLANCOURT LA CAISSE CENTRALE DESJARDINS DE LEVIS Situation au 30 avril 1949 ACTIF Placements Ass.Vie Desjardins.$ 15,000.00 Soc.Ass.Caisse populaire 20,300.00 Obligations.5,506,938.25 Actions U.R- et C.C.255.00 Prêts Sociétaires.1,024,031-50 Divers.1,723,883.64 Bal.prix de vente.10,189.98 Immeuble.240,633.16 Inventaire (mobilier).26,629.32 Int.accrus au 30-4-49 70,191.95 Caisse au 30-4-49 4,512,291.04 TOTAL DE L'ACTIF $13,150,343.84 Dépenses.$ 52,879.78 Salaires.49,019.98 Intérêts sur Epargne .157,642.98 Intérêts sur Emprunts.11.81 TOTAL.$13,409,898.39 PASSIF Capital Social.$ 993,410.00 Epargne.11,561,296.40 Bénéfices .365,904.35 Taxe d'entrée.667.50 Fonds de réserve.,343,311.87 Fonds de Prévoyance.82,629.27 Fonds de surplus.62,588.32 Fonds d'éducation .90.68 TOTAL $13,409,898.39 Il faut non seulement cultiver ses amis, mais culltiver en soi ses amitiés; il faut les conserver avec soin, les soigner, les arroser pour ainsi dire.Joubert Dans les questions qui vous concernent, faites d'abord confiance à votre tête, dans celles qui concernent les autres, faites d'abord confiance à votre coeur.R.D.Monsieur, le vous fais tenir sous ce pli mon chèque au montant de $10.00- Vous m'excuserez de ne l'avoir pas signé.C'est que je tiens à l'anonymat.VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 129 !» Cette chère liberté Au fond de l'idée coopérative, comme, du reste, à la base du fait coopératif lui-même, existe un principe de liberté qu'il importe de respecter.— Née d'un mouvement libre, au milieu d'un monde de contraintes, la coopération se doit de garder cet attribut, première garantie du caractère démocratique qui est sien et dont elle ne saurait se départir sans se dénaturer.—- Cette faculté qu'ont les coopérateurs de se déterminer eux-mêmes et d'administrer leurs organismes selon leur volonté demeure le secret du succès et de l'efficacité des institutions coopératives.— Mais s'il est vrai qu'une telle liberté d'action est à la source des vertus du coopératisme, il convient toutefois de veiller à ce qu'elle ne se résolve pas en désordre.— Immuable en elle-même, parce que liée à la vérité, la liberté reste quand même une réalité que Chacun continue de définir dans le sens de ses faiblesses ou de ses illusions.Et l'expérience montre bien que les coopérateurs, pas plus que quiconque, ne sont exempts de ces fautes contre l'objectivité.— Etre libre, c'est donc, de son propre conseil, se maintenir dans le bon et dans le vrai; d'où l'on voit que l'exercice de la liberté présuppose la connaissance, comme condition nécessaire, et qu'il implique, dans son résultat, la responsabilité de celui qui agit.Connaissance d'abord Il n'est pas besoin d'étudier très longtemps la doctrine coopérative pour se rendre compte que l'éducation y est considérée comme un premier principe.— Et c'est justement parce qu'elle est fondée sur une action sans contrainte et qu'elle est soutenue par des volontés qui ne sont soumises ni à l'Etat ni à quelque puissance autoritaire que l'économie coopérative attache une telle importance à l'éducation.On ne saurait être plus logique.— Puisque, en effet, la valeur de nos appréciations et de nos jugements est toujours fonction de la qualité de notre savoir, plus notre science sera exacte et etendue, plus opportunes seront nos décisions et meilleur sera notre choix.Et ce qu il nous faut choisir, comme coopérateurs, ce sont les moyens et encore les moyens les plus propres à servir la fin proposée, soit 1 institution de l'ordre coopératif et par lui, 1 établissement d'une économie sociale- — C'est en cela que consiste notre liberté: choisir la meilleure façon de nous aider les ' uns les autres.Bien loin d'être unë indépendance totale des êtres et des choses, la vraie liberté consiste en une maîtrise parfaite des moyens à utiliser.— Or, est-il possible qu'un être raisonnable puisse établir ses préférences entre des idées, des méthodes, des princi- pes et des lois qu'il ignore?Peut-être, mais dans ce cas ça ne serait certainement pas le fait d'un sage! Ainsi donc, c'est en travaillant à parfaire les connaissances de leurs membres que les organismes coopératifs peuvent le mieux s'assurer une existence stable et ordonnée en même temps qu'une action libre.Des hommes responsables On entend dire souvent que toute liberté se paie.C'est très juste, et la rançon de cette faculté qui nous faits maîtres de nos actes est de nous en rendre responsables.Toutefois, du point de vue coopératif, cette notion de responsabilité paraît plutôt confuse parce qu'il arrive ici qu'en principe, le sociétaire s'identifie avec le propriétaire.— D'ac-’' cord; et sans mépris pour cette vérité, il faut tout de même reconnaître que .si, d'une part, il y a sociétaire, c'est parce qu'il y a société; et que si, d'autre part, il y a propriété, cette propriété est commune, et c'est ce qui commande des différences.Oui ne voit pas, en effet, qu'il s'établit, de celait, un ordre supérieur parce que d'un degré plus général, et que le coopératëur, qu'il soit administrateur ou simple sociétaire, se trouve alors dominé par le bien de tout un ensemble social qu'il se doit de servir.Tout en restant libre, ohacun devient maintenant, dans son action, sujet à la loi commune et responsable à la nouvelle autorité créée.Et dépassant de loin la simple question financière, la responsabilité du vrai coopérateur doit être totale, c'est-àbire quelle doit s'élever jusqu'à la perfection pour lui-même et jusqu'à la meilleure réputation qu'il soit à désirer pour sa société.# # * Peut-être le temps finit-il par guérir tous les maux, mais on a tout à gagner en l'aidant un peu et les heures consacrées à la formation d'hommes libres et responsables ne seront pas des heures perdues.René CROTEAU N'EST-CE PAS?En droit criminel, Taocusateur doit prouver la culpabilité de l'accusé.La même règle de bon sens doit s'appliquer partout, même dans le domaine coopératif.Donc, ceux qui crient, à bouche que veux-tu, que les Caisses Desjardins ne prêtent pas ou pas assez aux coopératives, se doivent de le prouver.Les Caisses plaident.• non coupables.Jusqu'ici, leurs acusateurs n'ont rien prouvé, sinon qu'ils prennent leurs cris pour des raisons.Pas riche tout de même, comme raisonnement.• 130 REVUE DESJARDINS Au sujet de l'immeuble de la Caisse On nous demande souvent des renseignements sur la manière de porter aux livres les écritures concernant les immeubles, leur dépréciation et la réserve pour dépréciation des immeubles.Nous demandons de suivre cette procédure pour fins d'uniformité.Dès le début, je tiens à préciser que ces remarques se limiteront à l'immeuble bdti ou acheté par la Caisse populaire pour se loger.J'élimine donc, ici, les immeubles qui pourraient lui être remis par des emprunteurs incapables de satisfaire à leurs obligations.Le développement atteint, ces années-ci, par les Caisses populaires, a permis à -plusieurs d'entre elles, d'acquérir un immeuble.Toutes, cependant, ne peuvent réaliser un si légitime espoir, pour les unes, cet immeuble est un besoin; pour les autres, ce serait un luxe.Facteurs à considérer L'utilité d'un tel immeuble découle des avantages réels qu'il apporte à la Caisse: local permanent dans un endroit central, et surtout l'assurance que cette acquisition permettra un développement plus rapide.Cette dernière condition étant satisfaite, la Caisse peut être justifiée de l'immobilisation de fonds, autrement disponibles pour des prêts aux sociétaires, puisque les progrès entrevus permettront plus tard une disponibilité plus considérable- Les membres dirigeants d'une Caisse populaire sont tenus de bien administrer les épargnes confiées par les déposants.Us doivent donc en faire un emploi judicieux, de façon à en obtenir le meilleur rendement possible.Un immeuble mal situé peut nuire au progrès de la Caisse et limiter ainsi son rayon d'action.Comme on le voit, il est absolument nécessaire de bien évaluer à l'avance le coût total de l'immeuble, son revenu et ses dépenses.Sans un tel calcul, on irait à l'aveuglette.Il faut penser à un bel immeuble, digne de loger les bureaux de la Caisse populaire paroissiale.Le luxe qui peut susciter la critique des petits épargnants et des emprunteurs, doit cependant être évité.On doit protéger l'immeuble de la Caisse en l'assurant contre les principaux risques: incendie, responsabilité publique, bris de glaces.Comptabilité Il semble que, parfois, on éprouve bien des difficultés avec la comptabilité de l'immeuble: très souvent, on a imaginé un système après de longues recherches; parfois, on a consulté quelqu'un qui n'est pas familier avec la comptabilité des Caisses populaires.La comptabilité de l'immeuble se divise en trois sections: capital, dépréciation, revenus et dépenses.Le compte capital comprend le coût du ter- rain et de la bâtisse.Il faut y ajouter certains frais, comme les grosses réparations qui se présentent plutôt rarement.Les montants qui vont au capital s'inscrivent dans la colonne immeuble au livre de caisse.(Quand cette colonne n'existe pas, on se sert de celle dont la partie supérieure n'a pas d'en-tête, et qui est placée près de la colonne (Total)- Les montants sont reportés à la fin du mois au compte immeuble dans les comptes généraux, puis sur la feuille de situation.Lorsqu'il s'agit de diminuer le coût de l'immeuble d'un montant désigné au partage des bénéfices, comme dépréciation, il suffit d'inscrire tel montant, comme rentrée, à un compte de "Réserve pour Déprciation de l'immeuble", au grand livre des comptes généraux.Ce compte de réserve spéciale sera appliqué en diminution de l'item "Immeuble" aux divers rapports mensuels, avec mention spécifique.Le terrain, c'est entendu, n'est jamais sujet à une dépréciation.Il n'y a donc aucune entrée à inscrire au livre de caisse pour toute dépréciation de l'immeuble.Le compte d'exploitation d'un immeuble ou de profits et pertes doit être opéré de préférence dans un compte d'épargne dans lequel on dépose les loyers versés et d'où on retire les sommes nécessaires pour le paiement des taxes, de l'assurance, de l'entretien, etc.A la fin de l'année, en procédant aux entrées de fermeture, le solde de ce compte sera transporté à bénéfices ou à pertes, selon le cas.La comptabilité est ainsi simplifiée.Il est absolument nécessaire de posséder un dossier spécial pour tout ce qui se rapporte à l'immeuble.On s'évite des recherches prolongées et on facilite sensiblement le travail de vérification.Disons donc que l'on met les factures de dépenses de l'immeuble dans une chemise avec les feuilles de compte-mémoire pour les revenus et les dépenses.Dans d'autres chemises, on déposera les titres de propriété de l'immeuble, la correspondance relative à l'immeuble et les autres documents qui s'y rapportent, polices d'assurance, etc- G.A.BOUCHARD JOLIE BOUTADE J'ai un ami qui est spécialiste en maladies mentales.Un jour, je vais le voir et je le trouve la tête entre les mains, tout gémissant.C'est épouvantable! Il faut que j'ailiLe absolument voir un psychiatre, me dit-il.— Mais voyons: tu es toi-même psychiatre! Je ne le sais que trop.Mais, je ne peux pas me consulter.Je demande trop cher- .Avis donc aux spécialistes.VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 131 • Un exemple à suivre C'est un exemple, et un très bel exemple pour le Conseil de surveillance: il n'est pas inventé, imaginé au bénéfice de l'article que vous allez lire.Il a été pris sur le vif, dans une petite Caisse populaire qui fait son chemin.et pour cause.Fondée il y a à peine seize mois, cette jeune Caisse était un peu embarrassée pour trouver trois bons surveillants.Il fallait qu'ils aient un peu d'instruction, qu'ils sachent s'intéresser et surtout qu'ils veulent remplir toute leur charge.Il fallait tout ça, oui; mais où prendre, comment choisir ces trois perfections de surveillants ?Monsieur Un Tel ?.•—- Il reste loin.Monsieur Effe ?• — Il n'est pas de la Caisse.Monsieur L'Autre ?.— Bien disposé, mais il sait à peine signer son nom.Il resterait Louis ! ! Il est jeune, vingt-cinq ans, mais c'est un gars qui veut: "H vient de se marier, donc il est sérieux.Puis, il a Roger ! Une jeunesse, vingt-deux ans, aussi sérieux que Louis, puisqu'il n'est pas marié".Et'comme l'autre, il a de l'instruction.Il y aurait bien encore Etienne ! ! Mais ça n'a pas de bon sens: dix-neuf ans, plus vieux que son âge, cependant, intéressé à toutes sortes de choses et "du coeur gros comme ça".Tout de même, puisqu'il nous faut des surveillants et que nous n'avons pas l'embarras du choix, pourquoi ne pas essayer ces trois "jeunesses".Voyons ce qu'ils peuvent faire et si notre choix est mauvais, il sera toujours temps de les remplacer.A des jeunes il y aura toujours moyen de leur faire comprendre qu'ils sont arrivés trop tôt dans une organisation qui demande des gens d'esprit plus mûr.Et nous avons élu Louis, Roger, puis Etienne: moyenne d'âge: vingt-deux ans, somme totale soixante-six ans.C'était un risque, mais il valait la peine d'être pris.Eh bien ! croyez-le ou non, pendant les seize mois d'activité de la Caisse (elle vient de faire son assemblée générale) le conseil de surveillance s'est réunis seize fois, a rédigé seize procès-verbaux, et en a signé seize.C'est renversant, n'est-ce pas ?Pour vous, pour moi, peut-être; pas pour eux: cela leur paraît tout normal.Et ils ont raison."Ce conseil a vérifié les écritures, la comptabilité du gérant, et les a trouvées conformes aux règlements et statuts et a fait son rapport financier.En plus il a regardé les emprunts et a trouvé les remises en temps"."Puis il a signé".Oui, ce conseil a signé, et je revois les trois signatures des trois membres de ce conseil au bas du procès-verbal rédigé par le président, et que j'ai recopié pour votre édification.Et il y a la date.-— la date qui vous fait constater que les surveillants sont venus à quelques jours d'intervalle vérifier la comptabilité.Il le fallait bien, puisqu'à la dernière visit© l'encaisse ne balançait pas, c'est noté au procès-verbal avec une petite note pour M.le gérant.A la seconde visite, l'erreur est retracée et notée encore au procès-verbal."'Tout est bien qui finit bien".Et qu'est-ce que le gérant dit de ça, pensez-vous ?Evidemment le gérant est très satisfait, son assistante aussi.Tous les deux ont confiance dans la commission de surveillance: pour eux c'est un récomfort, une sûreté, un .appui dont ils apprécient toute la valeur.La lecture des procès-verbaux les faisait sourire — de plaisir et de fierté.Comme ils ont raison- Il y a plus.Non seulement on s'occupe du gérant et des prêts consentis, mais on lit également les procès-verbaux du conseil d'administration et on lit attentivement, intelligemment.Et voilà qu'un soir de l'hiver dernier, les directeurs décident de faire un placement.Soit par oubli ou par distraction, on omet de dire que ce placement sera fait après approbation de la Fédération.Les surveillants saisissent tout de suite ce qui peut y avoir de dangereux à placer ainsi de l'argent sans passer ou par la Fédération ou par la Caisse centrale.Sans tarder, les surveillants avertissent les administrateurs qu'ils doivent comme les autres observer les règlements, tous les règlements.Et très délicatement ils rappellent aux directeurs l'organisme central qui existe pour être à leur service: puis il§ ajoutent, en souriant, m'a-t-on dit: "chacun à sa place et tout ira bien".Ah! le beau risque que nous avons pris en choisissant ces trois jeunes pour la commission de surveillance de la Caisse populaire de .Ils sont à apprendre leur beau métier d'homme et ce n'est pas des gars de cette trempe que nous "ferons des gens qui jouent du violon quand Rome brûle".N'est-ce pas qu'ils vous donnent un bel exemple à imiter ?Jos.TURMEL, propagandiste Bias, un des sept sages de la Grèce antique, a.sagement dit: "Quand un ami vous emprunte de l'argent, vous perdez à la fois votre ami et votre argent".C'est bien ça! Quand une Commission de Crédit prête l'épargne de sa Caisse à des amis, incapables de payer leurs dettes, ils perdent leurs amis, et la Caisse.son argent.Nous avons vu ça- .déjà.132 REVUE DESJARDINS Fait digne de mention La Chambre de commerce internationale a tenu, à Québec, du 13 au 17 juin, son 12e congrès.Une importante délégation canadienne composée d'au moins 75 de nos hommes d'affaires et de nos financiers les plus importants, sous la direction de M.James D.Duncan, président de la Massey Harris, de Toronto, y prit part.Nos voisins du Sud paraissent y avoir joué une très grande influence.M.Philippe D.Reed, président de la General Electric Co., qui dirigeait la délégation américaine du conseil anglo-américain de la production américaine, a succédé, à la présidence, à Sir Arthur Guiness, du Royaume-Uni.Tous savent que les congressistes ont étudié, entre autres problèmes, la direction des économies nationales, les moyens d'assurer la prospérité grandissante de l'économie mondiale, et de développer les échanges internationaux des biens, la situation complexe de la stabilité et de la convertibilité des monnaies, et les perspectives d'avenir de réconamie mondiale.^ =& î{r Nous voudrions noter ici un petit fait, qui nous paraît tout à fait digne de mention, pour la belle leçon qu'il comporte.De bonnes relations devraient normalement, nous semble-t-il, exister entre le monde coopératif et les autres secteurs de l'économie.Ces relations s'avèrent excellentes dans certains pays.Lesquels?Vouliez-vous bien nous le dire?me dira-t-on, un peu sceptique- Ceux-là mêmes où la coopération est le plus développée.La Suède, pour ne citer qu'un exemple, où la coopération exerce aujourd'hui une influence profonde sur T économie nationale, après avoir mis à la raison plusieurs grands trusts qui exploitaient la population.A ce Congrès de la Chambre de Commerce internationale, M.Anders Hedberg, délégué de Suède, et, notons-le bien, représentant du grand mouvement coopératif de Consommation de son pays, en a fait la preuve.Un coopérateur, représentant du mouvement coopératif suédois, qui fait partie de la Chambre de Commerce de son pays, .se peut-il trouver quelqu'un d'autre qui puisse donner une preuve plus authentique des bonnes relations de deux mondes économiques, qui ne sont pas nés, que nous saahions, pour se faire la guerre?Et qui ne sont pas en guerre, d'assurer M.Hedberg.Il n'y a que les myopes qui ne puissent se rendre compte que la prospérité qu'engendre la coopération bien comprise, exerce une heureuse influence .sur le monde des affaires, et qui crient au socialisme, à da destruction de l'entreprise privée.Les coopérateurs savent que l'économie, toute l'économie, bénéficie du développement des coopératives.Tous, n'esf-ce pas, profitent de la prospérité générale.Qui pourrait citer un seul exemple où la coopération n'a pas apporté plus de prospérité chez ceux qui en ont le moins?^ * M.Hedberg a entretenu les congressistes de démocratie économique et de ce qu'elle postule, notamment la décentralisation des fonctions économiques et l'éducation populaire.Une démocratie économique réelle et vraiment efficace n'est possible qu'avec l'éducation populaire et une saine décentralisation des fonctions économiques.L'éducation donne au peuple le sens de ses responsabilités et lui apporte la compétence nécessaire à l'exercice efficace des fonctions économiques qu'il doit assumer.Et une telle participation du peuple à l'exercice des fonctions économiques essentielles lui donne une éducation pratique, cet entraînement qui le rende capable de prendre, en toutes circonstances, ses propres responsabilités, de régler ses propres problèmes, en fonction de ses besoins et de ses aspirations; une telle éducation lui fait écarter comme spontanément cette attitude trop facile et néfaste de s'en remettre, dans la solution à donner à ses problèmes, à l'Etat (qui a trcp d'enfants pour être bon père de famille)- C'est le travail nécessaire, travail d'éducation, qu'opèrent les coopératives.Elles expriment cette volonté pratique du peuple de s'éduquer, moralement, socialement, économiquement, en édifiant lui-même les institutions économiques et sociales qu'il conçoit à son image et qu'il fait fonctionner lui-même en fonction de ses aspirations et de ses besoins.C'est ainsi qu'en avivant chez le peuple le sens de ses responsabilités et en îui donnant la compétence nécessaire, les coopératives forment les bases solides d'une vraie démocratie économique et sociale.Paul EmUe CHARRON * * * Chacune de nos Caisses .se doit d'augmenter, de grossir ses réserves, le plus vite possible.La plus élémentaire prudence l'exige.Aussi, une Caisse dont l'actif est de $260,-000.00 et l'avoir-propre de $600.00, est une Caisse mal équilibrée- C'est au moins $20,000.00 de réserves qu'elle devrait avoir.La croissance trop rapide de certaines Caisses les ont empêdhées de fortifier leurs réserves.Mais, leur développement étant devenue normale, il leur importe souverainement de voir à leurs réserves."Prudence est mère de sûreté".VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 133 • NOTRE MONSIEUR MERCIER EST MORT Une maladie assez courte a fait disparaître Monsieur J.A.Mercier, ancien vice-président de l'Union régionale de Québec et de la Caisse centrale Desjardinis de Lévis, ancien président de ila Caisse populaire de Québec-Est (St-Roch de Québec).Décédé le 20 juin, aux Ecureuils, où il avait passé, avec Madame Mercier, les quelques dernières années d'une heureuse vieillesse, il fut inhumé à Québec, témoin de son travail ardu et de son dévouement constant à bien des oeuvres.Personne, de l'Union de Québec au moins, ignore que M.Mercier fut pour le fondateur des Caisses populaires, le Commandeur Desjardins, un compagnon fidèle, s'efforçant de bien comprendre son idée.Il était le "Vétéran" qu'il nous plaisait de consulter- Lorsque M.Mercier parlait de Caisses, il savait nous intéresser en rappelant une foule de petits souvenirs aussi savoureux qu'inédits.Maréchal-ferrant de son métier (dont ill a toujours été très fier d'ailleurs) il a consacré tous ses moments libres, plus parfois, à des oeuvres diverses auxquelles il a donné le meilleur de lui-même.Avec quelle bonhomie souriante, il racontait ses voyages à la Banque avec notre ami Labrie, car il avait été désigné pour avoir accès au coffret de sûreté avec monsieur Lccbrie.A ce moment, monsieur Labrie était gérant de la Caisse centrale Desjardins de Lévis.Quelle que soit l'heure, de très bonne grâce, le maré- chal-ferrant quittait son travail, se transformait par une toilette digne du poste qu'il occupait pendant quelques instants, puis revenait à son humble besogne- Malgré ses quatre-vingts ans, Monsieur Mercier, en plus de s'intéresser très activement à l'oeuvre qu'il avait à coeur, restait, et sans effort, le compagnon des plus jeunes qui venaient tour à tour prendre la relève, restant pour chacun un exemple à suivre, un modèle à imiter- Mais ce qui frappe surtout dans la vie de notre grand ancien, c'est qu'il n'a rien fondé.Il s'est contenté d'être le collaborateur intelligent, assidu.Il a aidé, soutenu, encouragé.Ce qu'il avait une fois adopté, après réflexion, restait adopté.Que ce fut chez les Artisans, à la St-J ean-Baptiste, ou aux Caisses populaires, c'était partout le même Monsieur Mercier.A ces oeuvres diverses il a donné toute sa vie.Est-il b esoin d'ajouter combien son souvenir reste vivant parmi nous.Toute sa vie ayant été un exemple, il ne nous semble pas oiseux de répéter ici un mot dont on s'est si souvent servi pour d'autres: mortuus, adhuc loquitur; même mort, il continue encore à nous aider, à nous parler, à nous montrer le but à atteindre.Son courage et sa grande foi l'ont soutenu dans sa dernière maladie.Comme nous allions le voir avec quelques compagnons dont M- le Chanoine Rochette et M.le Curé Turmel (deux bons amis de M.Mercier, amis des anciens jours) et Joseph Turmel, M.Mercier me dit: "Ce n'est pas drôle, tu sais, quand on sait que c'est notre dernière maladie!" Mais tout de suite il ajoutait: "je me tourne vers le bon Dieu." Voilà Monsieur Mercier.Nous avons perdu un bon coopérateur, et les Caisses, un bon serviteur qui les a bien aimées, et nous, un collaborateur précieux dont nous garderons un reconnaissant souvenir- A Madame Mercier qui cannait bien nos sentiments, de même qu'à toute sa famille, nous offrons nos condoléances les plus vives.C.Vaillancourt * * * IN MEMORIAM M.Joseph Nadeau, gérant de la Caisse populaire de St-Jacques de Leeds, Mégantic, est décédé subitement le 4 juin dernier, à l'âge de cinquante et un ans- Homme d'affaires averti et président d'une compagnie florissante, M.Nadeau, dès le début, a accepté la gérance de notre Caisse de Leeds, qu'il avait conservée jusqu'à sa mort si brusque.A Madame Nadeau, épouse du défunt, à sa mère qui lui survit, à ses trois enfants, ainsi qu'à toute sa famille nous offrons nos condoléances très sincères.• 184 REVUE DESJARDINS Question préalable sur l argent Tout ce qui s'y trouve, il n'est pas une pensée qui s'y trouve, qui ne s'applique pas, en la transposant, de Suisse, à nous, sociétaires de Caisses populaires: vous le lirez, vous sentirez le bien qu'il fait; vous y trouverez tout un proqram-me de vie.(Reproduit du Messager Raiffeisen - Suisse) Face aux ruines accumulées par l'horrible guerre, notre attitude, Raiffeisenistes, est tout indiquée.Aimer, aimer encore, aimer quand même; les hommes, tous les hommes, les plus proches d'abord, nos frères de notre mutualité, nos frères de Suisse, mais, à travers ceux-là, tous les autres, tous fils de Dieu, tous aimés de Dieu, comme nous-mêmes.Et cet amour qhré-tien, n'est pas seulement un réflexe sentimental, comme une sympathie, trop facile, mais comme une volonté, un engagement au service du bien-être, du progrès, du bonheur des autres ensemble avec nous."Tout ce que tu voudras que les autres fassent pour toi, fais-le toi-même pour eux”.Ces deux maximes complètent et définissent le sens du grand commandement du Christ à ses disciples "comme je vous ai aimés, ainsi aimez-vous les uns les autres." L'attitude chrétienne, la morale chrétienne sont donc essentiellement, attitude et morale d'amour.A cela on opposera toujours le triste spectacle de tant d'hommes, de tant de chrétiens, que dis-je, de tant de Raiffeisenistes qui vivent sans amour, qui agissent contre l'amour.Mais tant de haines qui nous divisent encore, tant de méchancetés qui s'acharnent au malheur des hommes n'empêcheront pas, au contraire, que l'amour fraternel de l'hormone s'offre à chacun ainsi qu'à tous comme Tunique chemin de la joie, du progrès, du bonheur.Que les lecteurs du Messager permettent, pour aller au plus actuel, de voir quelle attitude, quel comportement l'amour vrai des hommes, du plus proche au plus lointain, suggère au Raeiffeiseniste face à l'argent.Une morale de l'argent qui soit une morale d'amour, une morale des affaires et de l'organisation économique dominée, dirigée, réglée souverainement par le seul souci de la volonté du bien de l'homme, de son progrès, de son bonheur, de son salut, telle doit être notre morale chrétienne si vraiment toute la loi et les prophètes se résument en ce seul mot : " Ai- mer Distribution ou production de la richesse, rémunération du capital et du travail; prix, profits, salaires, intérêts, propriété collective et propriété individuelle, autant de problèmes qu'il faudrait étudier sous le signe de l'amour et non aux feux de la haine et de T égoïsme.Essayons donc de placer notre commun effort de compréhension et de bonne volonté dans la clarté et la douceur d'une cordiale évocation de nos maîtres Raieffeisen, Trader et Rachat pour ne parler que des morts?Le chrétien face à l'argent : Nul doute que ce sous-titre provoque, chez plus d'un, en des sens divers objections et questions.Tel lecteur pressent, avec aigreur peut-être, un réquisitoire contre les puissances d'argent, tandis qu'un autre espère lire dans ces lignes la défense de ses revendications et de ses droits trop longtemps méprisés.Certes, les exemples fameux d'un Jérôme, d'un Bossuet autoriseraient sur ce sujet des paroles sévères et des jugements redoutables-Mais ces questions irritantes méritent d'être traitées dans une atmosphère de fraternelle sérénité.Riches ou pauvres, nous sommes frères, membres les uns comme les autres d'une même famille, la famille chrétienne, la famille suisse.Ensemble, nous souffrons la même crise et pour quelques privilégiés échappant à la morsure de la douleur, de la gêne, la plupart portent dans leur chair, dans leur coeur, voire en Tune et l'autre à la fois, la cicatrice encore vive des blessures, des épreuves et des revers.Tant de malheurs et de dangers communs nous rapprochent.D'autant plus qu'aux problèmes d'argent qui se posent à tous il n'y a pas de solutions en marge d'un effort énergique et concordant de tous.Pour maintenir et sauver notre pays comme nos associations, il faut d'abord nous reconnaître et nous accepter les uns les autres, avec nos diverses aptitudes et besoins, comme les membres d'un même corps s'acceptant et s'en-tr'aidant les uns les autres en leur diversité.Quelle différence entre une tête et une main, un coeur et une jambe, et pourtant notre corps ne survit et n'agit que si chacun collabore en demeurant soi.Que chaque Suisse demeure en sa place, en sa fonction, en mettant tous ses soins à mieux faire ce qu'il doit.Première condition de notre maintien et de notre perfectionnement : éviter tout ce qui divise et de stériles vengeances.Cela n'interdit pas au chrétien de haïr le mal et l'injustice, de les voir et de les dénoncer où qu'il les trouve, mais toujours avec le souci de ménager et de sauver l'homme en le libérant de son erreur ou de son vice.Si nous avons à juger un système, une coutume, une institution, cela n'implique pas une réprobation identique et sans nuance des hommes.On peut donc critiquer un système économique, une institution sans rendre pour autant responsables les hommes qui en vivent ou qui le subissent.Si nous avons à mettre en cause les erreurs ou les abus du capitalisme libéral VOLUME 15, LEVIS.AOUT-SEPT.1949 135 • ou totalitaire, les vices et la corruption de la société bourgeoise du siècle précédent, les dangers et les méfaits d'une économie dirigée renouvelant les errements de Colbert, cela ne voudra point dire qu'on méconnaisse ou qu'on oublie tout ce que le passé a réalisé de grand, les vertus et les générosités de plus d'un parmi les privilégiés.Si l'on reprend les sévérités de Bourdaloue pour certaines fortunes qu'il déclare "injustes" ou héritées de d'injustice", cela n'empêche pas de reconnaître et respecter celles qu'engendrèrent, dans une honnête et inlassable patience, le travail et l'épargne de plusieurs générations- Si l'on condamne les tares et les excès du trafiquant, cela ne doit pas irriter l'honnête commerçant dont la modeste aisance récompense un travail consciencieux et utile à la collectivité.Par contre, s'il nous arrive de discuter certaines thèses, certaines méthodes collectivistes, on voudra bien croire que ce sera toujours avec -la volonté de ne pas blesser la charité.Notre désir le plus vif est de combler le fossé creusé entre le monde ouvrier et le monde chrétien par suite d'une série d'erreurs et de malentendus.Pour terminer, répondons à une objection si souvent entendue dans le cours de notre longue existence.On blâme les pasteurs d'âmes de s'occuper de questions matérielles, économiques, sociales et financières."Chacun son métier, clame-t-on à tous les vents, et les chèvres seront -bien gardées." Les hommes d'église ne sont-ils pas des hommes et, comme tels, solidaires de la communauté humaine, familiale et nationale?Doivent-ils l'oublier à tel point que de rester indifférents et inertes face au désarroi de leur peuple?Qui donc pourrait les blâmer d'avoir fait servir leur culture, leur talent, leur prestige, leur fortune personnelle, au bonheur, à l'aisance de leurs concitoyesns?Si le pasteur demeure cloîtré dans ses fonctions liturgiques, dans l'enceinte de son temple, on le jugera, sans doute, mauvais patriote, citoyen inutile et lâche.Mais, s'il ee montre entreprenant, actif et résolu à servir de toutes manières comme le firent les Traber, les Rachat, les Mounoud, on dénoncera son ambition, son ingérance en des domaines qui ne sont pas normalement ceux du ministère pastoral.Qu'il parle ou qu'il se taise, qu'il agisse ou s'abstienne, il se trouvera toujours quelque malveillant pour l'accuser.La vérité c'est que 1 homme d'église ne peut, sans trahir et le christianisme et les concitoyens, demeurer insensible et indifférent face à l'écroulement d'une civilisation et la gêne de son peuple- Qui ne serait reconnaissant d'élever la voix pour mettre fin aux formes multiples d'asservissement et d avilissement de l'homme dont l'argent fut de tout temps aujourd'hui plus que jamais, 1 instrument le plus insidieux, le plus halluci- nant?Qui donc contesterait le droit de prêcher aux hommes le plus grand commandement de l'amour fraternel?Mais si toute la morale du christianisme se résume dans , cet amour fraternel de l'homme, n'est-ce pas aussi notre devoir de dénoncer tout ce qui se fait contre l'amour des hommes par amour de l'argent."A quoi ne forces-tu pas le coeur des hommes, exécrable appétit de l'or?" Cette exclamation de Virgile ne vieillit pas, non plus que les imprécations du Créon de Sophocle contre cet argent "qui ronge les cités, jette les hommes hors de leurs foyers".Pour de l'argent que ne ferait-on pas?On trafique, on fraude, on trompe, on trahit, on vend, on vole- Les individus, les nations aussi.A quoi bon morale et religion, si ©lies n'osent pas pénétrer, éclairer, dévoiler les arcanes dont s'entoure dans le coeur humain cette passion du gain facile, rapide, illimité, source de tant de misères et de tant de cruautés- Il s'agit bien de réformer une attitude morale des hommes face à l'argent.En détacher leur coeur, les libérer de l'avarice, leur révéler les vraies richesses, les rendre généreux, capables de largesses, leur faire préférer l'amour de l'homme à l'amour de l'argent; n'est-ce point la tâche d'une morale authentiquement chrétienne?N'est-ce pas la tâdhe de nos Caisses Raiffeisen de préparer la voie, de créer un climat grâce à quoi certaines réformes économiques et sociales indispensables au progrès, au salut de nos frères deviendront possibles et bienfaisantes pour le profit de tous.* * * En vitesse disons que; Dans nombre de coopératives de production ou de consommation, on ne compte que sur les Caisses pour faire la finance.On a tort.Ces coopératives doivent compter sur l'effort personnel de leurs sociétaires.Agir autrement, c'est marcher au désastre- On y a marché, on y marche sûrement en certains milieux inexpérimentés et par trop enthousiastes.Bien dommage tout de même.Quand donc comprendra-t-on qu'aucune coopérative ne peut faire des miracles?* * Ne croyez-vous pas, chers collaborateurs, que, pour les Canadiens-français, payer tous les ans, 50 millions de piastres en prime d'assurance à des institutions qui ne sont pas nôtres, étrangères, c'est tout de même.un peu fort.—- Combien d'étrangers s'assurent dans nos Compagnies canadiennes-françaises?.Peu, très peu, si tant est qu'il y en a.Et nous, où nous assurons-nous?En 1946, nous avons payé.• ailleurs que chez les nôtres $93,893,249.00 en primes.N'ayons plus l'audace de nous décrier et de nous dire.un peuple pauvre.9 136 REVUE DESJARDINS Congrès des inspecteurs Le 11 juillet dernier, les autorités du collège d'agriculture d'Oka accueillaient quelque cinquante congressistes.On y comptait tous les inspecteurs de la Fédération des Caisses populaires Desjardins et un groupe d'environ vingt gérants, comptables, inspecteurs et propagandistes des Unions régionales.Dès le 12.au matin, s'ouvrait le congrès annuel des inspecteurs — c'est ainsi qu'on a convenu de l'appeler — sous la présidence de monsieur Rosario-H.Tremblay, chef du service de l'inspection, à la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.Le sujet à l'étude pour la durée du congrès était le suivant: la comptabilité dans une Caisse populaire.Du mardi matin au vendredi soir le 15, chaque congressiste eut l'avantage d'écouter la lecture des travaux de réelle valeur présentés par une trentaine d'inspecteurs et de participer à la discussion de chacun des sujets traités.Bien que le thème principal de ce congrès ait été la comptabilité dans une Caisse populaire, il a fallu pour mieux atteindre l'objectif, discuter bien d'autres aspects qui concernent la régie interne d'une Caisse populaire.Ce congrès fut réellement une réunion d'étude: tous les congressistes réalisaient l'importance de compléter leurs connaissances théoriques et pratiques.Us étaient tous animés d'un seul désir: acquérir une meilleure formation professionnelle pour mieux servir nos Caisses populaires: coopérer par l'étude de problèmes communs à tous pour le plus grand bien de la coopération d'épargne et de crédit.Ce congrès annuel des inspecteurs comporte un autre avantage appréciable pour les congressistes: il permet de constater la foi à la coopération et le zèle au travail chez tous et •chacun des employés de la Fédération et des Unions régionales- L'atmosphère de tranquillité et de paix qui règne autour de l'Institut agricole d'Oka a exercé une influence heureuse sur les délibérations: à sa connaissance, il ne s'est jamais exécuté autant de travail dans un de nos congrès depuis que j'y participe.Les congressistes ont pu jouir de quelques heures de loisir chaque jour, pour se reposer: en ont-ils bien profité?Il semble bien qu'il s'est tenu, durant ces heures de repos, bon nombre de conversations sérieuses concernant nos Caisses populaires; les magnifiques pins de Norvège qui longent l'allée de l'école en gardent encore les échos: d'autres inspecteurs se retiraient d leur chambre pour étudier plus parfaitement les travaux présentés par leurs confrères.Vendredi le 15, l'honorable Cyrille Vaillan-court, gérant de la Fédération, participait aux séances du congrès.En plus d'encourager par sa présence, il en a profité pour prodiguer de précieux conseils et inviter à la charité chrétienne, dans chacun de nas actes.Le même soir, quelques administrateurs de la Fédération se sont rendus à Oka, soit messieurs Laurent Létourneau, président de la Fédération et gérant de l'Union régionale des Trois-Rivières, Jacques Perrault et Emile Girar-din, respectivement président et secrétaire de l'Union régionale de Montréal, François Adam, président de l'Union régionale de St-Hyacin-the: Monsieur Adrien Bernard, gérant de FU-nicn régionale de Gaspé et administrateur de la Fédération, congressiste depuis le mardi matin, était également présent à cette séance.Me Jacques Perrault dut prendre une part très active aux délibérations, à la demande des inspecteurs.Aussi, monsieur Laurent Létourneau dans son allocution, ne put s'empêcher de signaler que le thème du congrès avait poussé les congressistes à étudier beaucoup d'autres sujets que la comptabilité: monsieur Létourneau dut exprimer cependant un regret: celui de n'avoir pu participer à tout le congrès comme il en avait l'habitude.Les congressistes l'ont bien compris, car eux-mêmes, ils éprouvaient les mêmes regrets.Avant de terminer, il me reste l'agréable devoir au nom de tous les congressistes, d'adresser les remerciements les plus sincères aux dirigeants de la Fédération; nous nous rendons tous parfaitement compte de leur esprit social et de leur coopération lorsqu'ils invitent les employés de la Fédération et des Unions régionales à l'étude de problèmes d'actualité.Nous espérops bien leur témoigner notre reconnaissance sous une forme concrète, par un travail plus complet.Qu'il me soit permis de remercier spécialement ceux qui ont pu quitter leur besogne pour honorer les congressistes de leur présence.Les administrateurs de l'Union régionale de Montréal peuvent être assurés d'avoir beaucoup plu aux congressistes par leur choix judicieux d'un endroit aussi approprié à la tenue du congrès.Il me fait plaisir, au nom de tous, de les en remercier.L'hospitalité des Pères Trappistes est vraiment extraordinaire; ils se sont prêtés de bonne grâce à toute l'organisation matérielle du congrès- Je ne satisferais sûrement pas les con-gessistes si je passais sous silence leur affabilité et leurs talents de cuisiniers.Je les remercie tous, et en particulier le Père Norbert, directeur de l'Institut Agricole, au nom de tous les congressistes et je les prie d'excuser ceux qui ont bavardé un peu tard, le soir.Les inspecteurs ont eu l'avantage de visiter la Trappe d'Oka, ce VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 137 • qui leux a -permis de constater de visu l'art, le goût et la technique des m embres de la Communauté.Je m'en voudrais de ne pas adresser les remerciements les plus sincères de tous 'les congressistes à messieurs Rosario-H.Tremblay, le chef des inspecteurs, Rosaire Gauthier et Na- poléon Mackay, ses deux assistants.L'organisation technique du congrès leur était confiée; ils y ont apporté leur coopération coutumière et ont su transmettre aux congressistes une partie appréciable de leurs connaissances et de leur expérience.Georges-A.BOUCHARD Hommages du Président de la Fédération des Caisses Populaires, M.Laurent Létourneau, à TU.C.C.Aux fêtes du 25e anniversaire de TU.C.C.célébrées à Québec L'Union Catholique des Cultivateurs célèbre cette année le 25e anniversaire de sa fondation.Messieurs les administrateurs, vous' avez voulu marquer cet anniversaire par des fêtes appropriées.Je vous en félicite cordialement.Elles donnent l'occasion de mettre plus en évidence le magnifique travail accompli par votre association au bénéfice, non seulement de la classe agricole, mais de la société tout entière.On n'y pense pas assez: de la prospérité de la classe agricole dépend celle de toute la nation.En travaillant à améliorer dans le domaine agricole et par suite à rendre plus prospère la alasse des cultivateurs, votre association a donc rendu service à tout le monde.Nous devons de ce fait un large tribut de reconnaissance aux responsables de ces suc-cès.Au nom de la Fédération des Caisses populaires, au nom de ses Caisses affiliées, je suis heureux de leur offrir les hommages et les félicitations qu'ils ont si bien mérités- Hommages et félicitations aux fondateurs: les Barré, les Ponton, les Lalonde, les Létourneau, les Marion, les Cassette et autres qui se sont dévoués sans compter pour la fondation et le succès de l'association.Il leur en a fallu du zèle, du dévouement, de l'entregent pour mener à bien une entreprise, privée des ressources nécessaires, qui a eu à lutter contre les guerres sourdes et ouvertes, l'apathie du plus grand nombre des cultivateurs, le manque de sens social, etc.Hommages et félicitations à notre admirable clergé qui a encouragé la fondation de l'U.C-C., qui a soutenu les premiers administrateurs et ceux qui leur ont succédé.Je ne crois pas me tromper en disant que nous lui devons la survivance de l'U.C.C, aussi bien que celle des Caisses populaires.Hommages et félicitations aux dirigeants actuels qui, avec des moyens financiers accrus, continuent avec succès d'oeuvre de leurs devanciers.Ils ont augmenté et perfectionné les services déjà établis, ils en projettent de nouveaux toujours au bénéfice de leurs membres.Hommages et félicitations à tous les cultivateurs qui sont devenus membres de votre association dès le début et par la suite.Notre tempérament latin, réfractaire à la coopération, paraît-il, a enfin été secoué quelque peu et votre association compte maintenant aux environs de 41,000 membres.C'est un bon résultat quand on considère l'apathie générale, mais ce n'est pas encore l'idéal.Si au lieu de 41,000 vous étiez 80 à 85,000 ne voyez-vous pas quels espoirs nous pourrions entretenir?C'est donc à Chacun de nous, spécialement les cultivateurs, de travailler à augmenter l'efficacité de votre association en augmentant le nombre de ses membres et ses services- Depuis sa fondation et dès avant l'établissement de la Fédération des Caisses populaires, l'U.C.C.a encouragé l'expansion des coopératives d'épargne et de crédit.Par la suite, elle a établi des cours qui ont aidé à faire connaître les différents secteurs de la Coopération, spécialement celui d'épargne et de crédit.Dans plusieurs diocèses, les cercles ou syndicats de l'U.C.C.ont été de bons propagandistes et ont contribué dans une large mesure à la fondation des Caisses populaires.Ces dernières au nombre de près de 1,100 ont au-delà de 500,000 sociétaires dans la seule province de Québec.Nous, des Caisses populaires, sommes donc profondément reconnaissants à votre association professionnelle pour tout le bien qu'elle nous a fait intentionnellement et nous sommes tout disposés à l'aider dans toute la mesure du possible dans tout ce qui se rattache à son domaine et au nôtre.Cependant, nous tenons à vous faire remarquer que, chez nous tout comme chez vous, nous ne sommes pas des thaumaturges laissant à d'autres le soin de faire des miracles.Je ne puis mieux terminer cette allocution qu'en vous répétant les voeux exprimés par mes administrateurs dans votre album-souvenir: "Que l'Union Catholique des Cultivateurs soit de plus en plus connue, appréciée et en-» couragée; Qu'un Syndicat de cette association professionnelle soit fondé dans chaque paroisse rurale de la province; Que chaque cultivateur fasse partie de son syndicat paroissial; • 138 REVUE DESJARDINS Que le meilleur esprit coopératif continue derniere est prospère, les Caisses populaires d'exister entre l'Union Catholique des Cul- rurales le seront aussi.Et si de la prospérité tivateurs et les Caisses populaires, et cela, agricole dépend la prospérité de la nation ainsi dans le meilleur intérêt de la classe agricole." que je le disais tantôt, c'est la prospérité de Si comme je le souhaite et je l'espère, ces toutes nos Caisses populaires rurales et ur- voeux se réalisent, l'U.C.C.grandira.Elle haines qui est en jeu.Donc, aidons-nous les sera prospère et en mesure de rendre de nom- uns les autres pour le plus grand bien de tous, breux services à la classe agricole.Si cette Service de renseignements Carnet du sociétaire Q.—Quelle est l'utilité du carnet du sociétaire?R.-—Le carnet constitue, à la suite de chaque opération faite à la Caisse, une sorte de reçu que le sociétaire dort vérifier.Ce serait donc une sage habitude à contracter pour le gérant que de renseigner son sociétaire sur la valeur du carnet, sur la façon dont s'y font les entrées, pour pouvoir s'en servir utilement.Q.—Le sociétaire doit présenter son carnet à chaque opération, en cas d'oubli, que doit faire le gérant?R.—Puisque le carnet est nécessaire, le sociétaire doit l'apporter chaque fois qu'il fait affaire avec la Caisse, il constatera ainsi chaque fois où il en est rendu, si son compte d'épargne augmente ou diminue.Si accidentellement, le sociétaire oublie d'apporter son carnet, le gérant remettra au sc-ciétaire soit une copie du bordereau ou un reçu, suivant l'opération qui aura été faite, il indiquera sur cette pièce justificative le solde en dépôt, et la fera signer par le sociétaire.Il lui rappellera comme il est important de toujours apporter son carnet.Q.—Quelles sont les inscriptions requises à la face et à l'intérieur du carnet du sociétaire?R.—Le gérant doit y faire les inscriptions suffisantes qui distinguent ce carnet d'un autre carnet- A la face du carnet, sur la couverture, inscription très lisible du nom de la Caisse et du folio du sociétaire.A l'intérieur, le nom de la Caisse, le nom du sociétaire avec tous les détails qu'il faut, si plusieurs sociétaires portent le même nom et folio du sociétaire.Q.—Quel est l'ordre à respecter dans les inscriptions?R-—La première entrée va d'abord au capital! social, puis ensuite à l'épargne ou aux prêts suivant le cas.Les entrées ou les sorties doivent être inscrites au fur et à mesure qu'elles se font, indiquant clairement l'année, le mois, le jour: ^ les chiffres doivent être bien faits, le solde vérifié.Q- Que doit-on faire en cas de perte du carnet?R.—-En cas de perte, ce qui est toujours possible, et après des recherches sérieuses, si le carnet ne se retrouve pas, le sociétaire a droit à un duplicata que le gérant lui remettra avec cette mention bien nette.Le gérant y fera les entrées et les sorties d'après le livre des comptes particuliers, il en fera confirmer l'exactitude par le sociétaire.Si plus tard le carnet est retrouvé, ou bien il sera détruit, ou bien on en complétera les entrées, et détruira le double qui a été fait selon les désirs du sociétaire.Q-—Que doit faire le sociétaire soucieux de ses intérêts?^ R-—Un sociétaire qui a le souci de ses intérêts se donnera la peine de bien vérifier son carnet dans lequel le gérant vient de faire des écritures, ce qu'on y a ajouté et déduit, et 1 exactitude du solde au compte.Cette conduite sera^une sauvegarde pour le gérant et pour le sociétaire lui-même- Une erreur tout à fait involontaire peut se glisser et dont la correction sera extrêmement facile si elle est signalée sur le champ.Tandis qu'un retard peut amener du mécontentement ou de regrettables soupçons de part et d'autre.C'est le devoir du gérant d'éduquer son sociétaire dans ce sens.Il n'a qu'à dire en remettant le carnet: C'est bien ça?C'est juste?C'est exact?Instinctivement de sociétaire jettera un coup d'oeid, d'abord rapide, puis plus attentif sur son carnet et ajoutera: C'est parfait, je vous remercie.Les dirigeants soucieux de leurs devoirs et de la bonne tenue des livres de leur Caisse, attachent une grande importance à la présentation des carnets de sociétaires, pour les comparer avec les comptes particuliers, afin de s assurer qu il n'y a pas de fraudes.Les conseillers de surveillance, de par leurs fonctions, sont très bien placés pour effectuer cette vérification TRES IMPORTANTE.Ils peuvent, pour ne pas dire ils doivent, au moins une fois par année faire l'appel des carnets pour en faire la vérification.Les surveillants se présentent au bureau de la Caisse pour la dite verification des carnets, profitant de l'occasion pour remercier les sociétaires de leur esprit de coopération.VOLUME 15, LEVIS, AOUT-SEPT.1949 139 • 94 M.CITE 1 LA CAISSE POPULAIRr SACRE-COEÜR DE JESUS 200A RUE PLESSIS MONTREAL P.O.L'esprit d’économie e de la nature gue d'entendre 5- Un seigneur ~oir paternel et ils amassaient ars, sans parler laisons et leur ;trait immédiat; e aux sacrifices i fonction d'un .e plus haut du : réserve-argent nversement pé-icnyme et sans ice et de catas-i détriment des ore — des cou-isurer dans leur se généralisait, ards également Economiser, mettre en réserve est une exigence centrale de la nature humaine, et c'est limiter, dénaturer arbitrairement le débat que d'entendre ces mots dans l'unique sens d'entassement de biens matériels- Un seigneur médiéval, un saint, un artiste, un simple paysan rivé au terroir paternel et chargé de famille n'amassaient certes pas d'argent.Mais ils amassaient autre chose: un capital de vertus, de traditions, de bonnes moeurs, sans parler de réserves matérielles, mais vitales comme les terres, les maisons et leur mobilier, etc.Ces gensdà savaient résister à l'appel de l'attrait immédiat; ils savaient se priver de quelque chose aujourd'hui (qu'on songe aux sacrifices d'un chevalier, d'un ascète, d'un simple père de famille) en fonction d'un avenir à défendre et à féconder.L'esprit déconomie, au sens le plus haut du mot, se confond avec l'esprit de fidélité et de sacrifice- Le bourgeoisie du XIXe siècle a tendu à substituer la réserve-argent aux réserves vitales et spirituelles des siècles précédents- Renversement périlleux des valeurs: la réserve-argent — chose en soi fictive, anonyme et sans valeur humaine intrinsèque — devient une source de décadence et de catastrophes dès que l'instinct de prévoyance s'accroche à elle au détriment des réserves nourricières.On a vu par exemple — et on voit encore — des couples qui s'abstiennent d'avoir et d'élever des enfants pour s'assurer dans leur vieillesse des rentes plus confortables.Si cette manoeuvre se généralisait, que vaudrait l'argent prêté à l'Etat dans une société de vieillards également improductifs et tous à la charge de l'Etat, c'est-à-dire les uns des autres?La réserve-argent, si elle n'est corroborée et contrôlée, dans sa constitution et dans son usage, par la formation, au moins parallèle, de réserves humains — c'est-à-dire avant tout d'enfants, futurs producteurs, et de bonnes moeurs qui permettront à cet enfant de faire fructifier sainement l'argent — la réserve-argent, dis-je, se change en richesse morte, en richesse appauvrissante.(DIAGNOSTICS — Gustave Thibont
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