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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 48, no 4
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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    Prédécesseur :
  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1982, Collections de BAnQ.

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Une porte ouverte sur les grands marchés financiers SOMMAIRE La Revue Desjardins est l'organe officiel de La Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec.Ce numéro a été tiré à 23 000 exemplaires; il a été imprimé par Les lithographes Laflamme & Charrier Inc., à Québec.Le prix de l’abonnement est de 9.00 $ par année pour six numéros.Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe en nombre, permis n° 1981.Port payé à Québec.Directeur des Communications; Majella St-Pierre Responsable des publications: Réjean Hamel Responsable de la rédaction: Hélène Matte Collaborateurs! trices): France Chevalier-Drzymala Michel Lambert Me Lise Nadeau Maquettiste: Denys Frenette Couverture: Pierre Brousseau Photo couverture: Alain Vézina Séparation des couleurs: Litho Acmé Inc.Composition et montage: Caractère Inc.Changement d’adresse Pour recevoir votre exemplaire régulièrement, veuillez nous prévenir au moins six semaines à l'avance de tout changement d'adresse, nous fournissant à la fois votre ancienne adresse et la nouvelle et y joignant, si possible, l’étiquette apposée sur votre revue, à l’attention des Services internes, Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, 100, avenue des Commandeurs, Lévis (Québec), Canada, G6V 7N5.LA RCVLIC Ü1SJA1IÜLKS Volume 48, no 4, 1982 Chronique gens de caisses Réjean Morissette, président 2 Entrevue réalisée par de la Caisse populaire St-Luc Hélène Matte d’Alma Chronique économie-finance La Caisse centrale Desjardins: pour une utilisation maximale 6 France Chevalier-Drzymala des ressources La «Bâtarde» .résidence secondaire pour tout un quartier 11 Michel Lambert Culture, crise et imagination.15 Entrevue réalisé par Une entrevue avec Hélène Matte Fernand Dumont Table ronde «La fusion de caisses populaires met-elle en danger 18 coordination: Hélène Matte la dimension coopérative?» Chronique juridique La nature juridique de l’entreprise faisant affaires au 26 Me Lise Nadeau Québec Richelieu-Yamaska fête son milliard.29 Allocution de M.Raymond Blais lors du sommet économique d’avril 1982 30 Le symposium de L’IRECUS, un coup d’envoi pour la relance 32 Droits et responsabilités La traduction et la reproduction totale ou partielle des articles, photographies et illustrations publiés dans La Revue Desjardins sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Les opinions émises dans les articles publiés par La Revue Desjardins n’engagent que la responsabilité de leur auteur.ISSN 0035-2284 Dépôts légaux: Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa Bibliothèque nationale du Québec, Montréal GENS DE CAISSES Réjean Morissette, président de la Caisse populaire St-Luc d’Alma Propos recueillis par Hélène Matte «Ce sont les 68 caisses de la Fédération qui nous ont mis au monde en 1978 en nous prêtant 300 000 $ sans intérêt pour démarrer», affirme volontiers Réjean Morissette, président de la benjamine des caisses populaires du Saguenay - Lac-St-Jean.Il ajoute, du même souffle: «Mais je pense qu’elles ont fait un bon placement! Nous avons amené 3 000 membres de plus au Mouvement Desjardins et nos 3 200 000 $ auraient peut-être été drainés par les banques.» La détermination de la caisse, son avant-gardisme, la jeunesse de son conseil d’administration et sa ténaticé (que d’aucuns ont dû qualifier d’obstination!) furent à l’origine de quelques confrontations et lui valurent une réputation d’enfant terrible.«Aujourd’hui, constate Morissette qui a 29 ans et est président depuis deux ans, il arrive quelquefois qu’on se fasse un peu «narguer» dans les assemblées mais, lorsque nous faisons une intervention, on écoute peut-être un peu plus St-Luc d’Alma que les autres caisses.» Au cours de cet entretien, il a été question notamment du conservatisme de certains dirigeants, de la syndicalisation des employés et de l’autonomie de la caisse.Il faut admettre que ce n’est pas courant, de nos jours, de prendre la décision de fonder une caisse au lieu de s’en remettre à une institution financière déjà établie.Il y avait bien, près d’ici, une succursale de banque mais pour plusieurs raisons, elle n’a jamais fait fureur.Peut-être que la population de la région a le «réflexe coopératif» un peu plus développé qu’ailleurs.dans la ville d’Alma, par exemple, des intérêts coopératifs détiennent 25% de tout le marché de l’alimentation.Peut-être aussi que les habitants de St-Luc s’identifient beaucoup à leur quartier, même s’il est encore jeune.Au départ, donc, nous voulions une institution financière à caractère coopératif.Une étude avait été faite par la Fédération — qui s’appelait encore l’Union régionale — pour implanter la succursale d’une caisse populaire existante.Mais ce que nous désirions vraiment, c’était notre propre coopérative qui nous appartienne et nous ressemble, pas la «rallonge» d’une autre institution financière.La véritable bougie d’allumage de la naissance de la caisse, ce fut le premier président, Alain Bouchard.d institution financière, ça ne nous intéressait pas.Un mordu de la coopération.On a convoqué une assemblée réunissant tous ceux qu’intéressait la fondation de cette caisse, assemblée au cours de laquelle l’association a été demandée.Après l’obtention de la charte, le premier conseil fut élu; c’était un comité provisoire qui avait vu, auparavant, à effectuer un déblayagé initial.Une rallonge Je suis devenu administrateur; j’avais le temps, les capacités .j’ai embarqué.Les caisses populaires m’avaient déjà rendu service et avaient aussi aidé ma famille.Sans la caisse populaire, mon père, avec son salaire de journalier et 11 enfants, n’aurait jamais pu devenir propriétaire d’une maison.Quant à moi, j’ai reçu, au cours de mes études, une aide précieuse de la part de la caisse populaire de l’Université Laval, une caisse qui en a «converti» plusieurs grâce à la qualité des services qu’on retrouvait là.Donc, nous voilà 15 dirigeants fraîchement élus, avec comme mandat d’organiser la caisse.Tout un travail à abattre! Il faut le vivre, on ne peut pas s’imaginer ce que ça représente! De février 1978 à mars 1979, nous nous réunissions deux ou trois fois par semaine, parfois jusqu’aux petites heures.On sortait de là vidés, brûlés, mais satisfaits.Commissaires de crédit, conseillers de surveillance ou administrateurs, les fonctions n’avaient guère d’importance et nous travaillions d’arrache-pied pour que la caisse ouvre en mars 1979.Une bonne expérience de groupe.Le principal avantage qu’il peut y avoir à fonder une nouvelle caisse, c’est que tu jettes les bases d’une institution différente qui va refléter la communauté.Une communauté encore récente puisque le quartier n’a pas cinq ans et qu’il est principalement composé de jeunes familles.Par comparaison avec d’autres caisses populaires, le conseil d’administration était, lui aussi, très jeune; la moyenne d’âge gravitait entre 30 et 35 ans, et la composition en était très diversifiée; ça allait du comptable à la femme au foyer en passant par le travailleur d’usine.îiiiilŸM1 fvtWB ** #5i mm m r> 'Ti I 'V M&y « [vSS.Si?tu Æ .ai ^ J -s > Le sentiment d’identité assez fort à la caisse nous a permis d’innover de plusieurs façons et de nous insérer dans la vie du milieu beaucoup plus que si on avait implanté la succursale d’une autre institution financière.Ainsi, nous avons voté un code d’éthique.Une loi nous régit, de même que des règlements de régie interne, mais pour nous, ça n’allait pas assez loin, compte tenu de ce qui se produit malheureusement ailleurs et qu’on voulait éviter à tout prix.En vertu de ce code, aucun employé de la caisse ne peut être le parent d’un administrateur.Et surtout, nous avons limité le mandat des dirigeants à trois ans pour le président, fût-il en plein élan et sur le point d’accomplir de grandes réalisations, et à six ans pour les autres administrateurs.Nous croyons que les administrateurs qui restent trop longtemps en fonction finissent par avoir un comportement de propriétaires.On en voit beaucoup, dans les réunions, de ces «propriétaires» qui ont vieilli à la caisse.Je ne dis pas qu’un conseil d’administration doive être composé uniquement de jeunes; au contraire, il est bon que toutes les catégories de membres soient représentées.Mais, quand on occupe la même fonction depuis 30 ans au sein d’une institution, on ne rend pas de meilleurs services, on en vient même à être un poids mort et à nuire.Un administrateur qui reste en fonction trop longtemps finit par avoir un comportement de propriétaire et par nuire à sa caisse.3 Tir ï fi;! ilil ü i\î V.IIS i •!« 1! 5 >V] tr «< S:>n; : a* muràïx '^l ilr =1=:.?È Wm Au début de chaque année, nous faisons une session de planification qui dure une journée et qui réunit le directeur et les administrateurs.On se fixe des objectifs et on décide des moyens à prendre pour les réaliser.C’est un exercice bénéfique qui a des retombées extrêmement positives.Nous, les dirigeants, nous ne sommes pas des gestionnaires mais nous avons des décisions à prendre: il faut savoir en fonction de quoi on les prend.C’est un autre avantage qu’il y a à travailler dans une caisse neuve: comme tout est à faire et qu’il n’existe aucune tradition, on dessine nos outils sur mesure.Immédiatement après cette session, on réunit le personnel et on leur expose ces objectifs.Le personnel, c’est la ligne de feu, c’est notre ouverture sur nos membres et c’est à travers eux que les gens évalueront la caisse.Nous sommes fiers de nos employés: ils sont compétents, souriants, et je dirais qu’ils font sentir aux membres qu’ils sont les employés d’une coopérative .Les employés de la caisse sont présentement en train de négocier le renouvellement de la convention collective de travail.S’il y a syndicalisation, à mon avis, c’est que ça répond à un besoin et au bout du compte, c’est loin d’être une mauvaise chose; il y a plus d’avantages que d’inconvénients, même pour l’employeur.Ça fait des relations beaucoup plus nettes.Un problème se présente?Tu réfères à la convention.C’est un code qui peut faciliter la tâche au gestionnaire.La négociation des clauses salariales, dans une coopérative, ne peut qu’être simplifiée par rapport à d’autres organisations: la situation économique détaillée se trouve dans le rapport annuel, sans cachette possible, et il faut jouer franc-jeu.Une coopérative appartient à ses membres et les employés sont membres.Ils peuvent prendre connaissance de la situation financière quand ils le veulent.Cette année, nos objectifs portent notamment sur le nombre de membres et l’actif à atteindre .Dans le cadre des objectifs sociaux, nous aimerions beaucoup, après trois ans, vérifier le degré de satisfaction de nos membres et mesurer notre impact.Côté financier, on s’enligne sur le dépôt-salaire: on s’est dit qu’on irait «chercher» au moins une entreprise.De concert avec la Caisse populaire de Naudville et la Caisse populaire d’Alma, nous avons mené une campagne pour obtenir les comptes de certains organismes.On s’est partagé le marché.Il n’y a aucun avantage à se faire concurrence entre coopératives.L’intercoopération peut vraiment être avantageuse pour chacune de nous, tant financièrement qu’au point de vue de la qualité de l’image qu’on projette.La Caisse populaire de St-Luc d’Alma a été la première à ouvrir ses portes le samedi.Ça nous a permis de nous faire connaître.Sur semaine, au lieu du traditionnel lOh à 15h, la caisse est ouverte de 9h30 à 16h30, ce qui nous permet d’aller chercher un important créneau de travailleurs en usine qui terminent à 16h.Ma plus grosse déception, en ce qui concerne la vie de la caisse, est la participation aux assemblées générales .On a beau faire des efforts d’originalité pour attirer les membres, ça ne fonctionne pas.La participation égale à peu près 5% du nombre de membres, ce qui rejoint la moyenne provinciale .r L L’avantage qu’il y a à travailler dans une caisse neuve, c’est que tout est à faire.4 MPI* "^as E ?* II ¦ ¦ pi.- -m ¦* m&J ?n ce e, est !Sf es ef-'[ les is.La s5V; te,; miÊÊÊÊÊKÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊBUÊÊÊÊÊÊÊÊBÊÊÊ^StBÊÊ Pas question de faire tirer des prix de présence.On veut une assistance qui soit intéressée aux résultats, pas à la possibilité de gagner un voyage en Floride (on n’aurait jamais les moyens d’offrir ça, d’ailleurs!).Quelques jours avant l’assemblée générale, on organise une soirée d’information à l’intention des personnes qui veulent poser leur candidature à un poste de dirigeant.On leur explique quelles sont les responsabilités de ce poste, en quoi consiste le travail et on leur donne une idée de la disponibilité que ça exige.Il y a moins de surprises et on y gagne dans la motivation de nos futurs administrateurs.Au début, nous n’avons peut-être pas été une organisation facile.Au sein de la Fédération, à cause de notre détermination et de l’âge des dirigeants, nous étions un peu perçus comme une bande de «flos» qui voulaient «brasser».La période d’ajustement a été difficile et nous avons même reçu une lettre de mise en tutelle à la suite d’un différend à propos de l’organisation du personnel.Cette question s’est rendue jusqu’au conseil d’administration de la Fédération.Des concessions ont dû être faites de part et d’autre .Malgré tout, cet affrontement a été salutaire pour les deux parties.Jamais nous n’avons été gênés de remettre certaines choses en cause et de questionner des orientations, des façons de procéder.La Caisse populaire St-Luc d’Alma est, je le pense, une caisse autonome et responsable.Nous prenons nos décisions en fonction de ce que nous croyons approprié, quand nous croyons que c’est opportun.Quand on a lancé le compte à intérêt quotidien, la Fédération n’était pas prête, mais nous on l’était.Toutes les institutions financières d,’Alma l’offraient sauf les caisses! Nos membres ont trouvé intéressant qu’on offre ce service, même si une minorité comptait l’utiliser.Ça devenait un élément de marketing.Les caisses populaires ont tout, absolument tout, pour être autonomes.Mais, dans bien des cas, le conservatisme les paralyse.J’irai plus loin: beaucoup de dirigeants devraient se retirer.Si chaque administrateur prenait la peine de faire son examen de conscience, plusieurs se rendraient compte qu’ils n’ont plus rien à donner.Si ceux-là, au lieu de se comporter comme s’ils avaient acheté la caisse, laissaient plutôt leur place à d’autres membres qui sont prêts à mettre énergie et bonne volonté à la disposition de leur coopérative, il y aurait un regain dans de nombreuses caisses.L’autonomie peut être vitale.Si nous n’avions pas pris certaines décisions que nous étions seuls en mesure de prendre en fonction des caractéristiques du milieu et des événements qui s’y passaient, il est certain que la caisse populaire serait fermée depuis au moins un an.Dans une optique de développement, quatre personnes de notre conseil d’administration étudient actuellement le dossier «guichet automatique».Le jour où la Fédération sera prête à se lancer, nous serons prêts aussi.Quand viendra le temps, on veut être les premiers sur le bord de la ligne! .5 ECONOMIE-FINANCE % « CO H" La Caisse centrale Desjardins du Québec POUR UNE UTILISATION MAXIMALE DES RESSOURCES COLLECTIVES par France Chevalier-Drzymala À peine deux ans après sa création, la Caisse centrale Desjardins du Québec est milliardaire.Pour être en mesure de jouer adéquatement le rôle de troisième palier financier que lui a confié le Mouvement, la Caisse centrale se devait de démontrer l’efficacité et le dynamisme de sa mise en route et de son développement.Tout comme les caisses locales, la Caisse centrale Desjardins reçoit des dépôts, emprunte des fonds, prête et place les fonds recueillis.Et de la même façon que les caisses, outre la taille de son actif, ce sont la force de l’appui de ses membres, la qualité de sa structure de financement et des crédits consentis qui déterminent son image et l’envergure qu’elle prendra au cours des prochaines années.Une assise solide Le capital de la Caisse centrale est constitué de parts sociales souscrites par ses membres, présentement les 11 fédérations du Mouvement Desjardins.Au 31 décembre 1981, le capital payé atteignait 316,2 millions $ et se chiffrera, conformément à la convention d’engagement conclue avec ses membres, à 409,2 millions $ en septembre 1982, pour équivaloir 4% du passif-dépôt de l’ensemble des caisses Desjardins au 31 décembre 1980.Une telle capitalisation est considérée comme extrêmement forte si on la compare aux 180 millions $ de capital détenus par la plus fortement capitalisée des banques d’affaires nouvellement incorporées, la First National City Bank of Canada.Le capital que les membres ont ainsi accepté de constituer facilitera grandement l’accès de la Caisse centrale aux marchés financiers intérieurs et internationaux ainsi que l’établissement de sa renommée en tant qu’emprunteur de premier ordre.C’est d’ailleurs en grande partie l’importance et la provenance de ses fonds propres qui lui ont valu l’attribution d’excellentes cotes de crédit par deux agences canadiennes spécialisées dans ce domaine.En effet, la Canadian Bond Rating Service de Montréal lui a donné sa plus haute évaluation, soit la cote A-l tandis que la Dominion Bond Rating Service de Toronto lui a attribué le premier échelon de sa plus haute catégorie, soit la cote R-l (low).De telles cotes donnent accès à un marché de prêteurs importants mais influencent aussi considérablement le coût des fonds.Ajoutons qu’avec la capacité d’emprunt permise par la Loi de la Caisse et pouvant aller jusqu’à 20 fois son capital non entamé et ses réserves, soit quelque 8 milliards $, la Caisse centrale devient un instrument financier de premier ordre pour le Mouvement Desjardins. O Les fonds souscrits à la Caisse centrale Desjardins du Québec représentent les liquidités primaires des fédérations et sont gérées comme telles.Étant d’abord et avant tout le prêteur de dernier recours auprès de ses membres et de leurs caisses affiliées, la Caisse centrale assure la liquidité du MCPED et le rendement de ces réserves primaires en les plaçant principalement dans les titres du marché monétaire.Si les placements à très court terme (30 à 90 jours) ont l’avantage de la liquidité, ils procurent, en contrepartie, un rendement fort sensible aux fluctuations des taux d’intérêt.Les revenus générés par ces placements (rendement moyen de 18,8% au 31 décembre 1981) sont intégralement retournés aux Fédérations sur une base mensuelle sous forme d’intérêt.Collecte de l’épargne institutionnelle La Caisse centrale reçoit des dépôts à vue des fédérations membres pour lesquelles elle agit dans le cadre du règlement financier de la compensation.ta Caisse centrale Desjardins du Québec • PASSPORT PASSEPORT Dans cette perspective, la Caisse prévoit utiliser un compte à la Banque du Canada pour effectuer le règlement des effets de paiement tirés sur les caisses et pour l’approvisionnement en numéraire des fédérations, destiné à alimenter les caisses locales.La Caisse centrale Desjardins n’est pas assujettie, comme le sont les banques à charte, à l’obligation de maintenir des réserves statutaires auprès de la Banque du Canada.Cet avantage signifie un gain de V2 de 1% dans le revenu de ses dépôts.Selon la loi pui la constitue la Caisse centrale doit néanmoins conserver, sur une base mensuelle, des liquidités équivalant à 20% du montant des dépôts reçus et de ses emprunts remboursables en dollars canadiens à demande ou dans un délai de cent jours ou moins.Les numéraires en caisse ou en dépôt dans des banques à charte ou dans des institutions habilitées à recevoir des dépôts doivent représenter au moins 5% des dépôts reçus et de ses emprunts remboursables en monnaie canadienne ou dans un délai de cent jours au moins.D’autre part, dans le cadre de sa participation à l’Association canadienne des paiements, la Caisse centrale entend négocier l’obtention d’une marge de crédit de dernier recours auprès de la Banque du Canada.Ce pouvoir d’emprunt est égal, pour toutes les institutions membres, à 272% du passif-dépôt transférable sur ordre, ce qui représente pour le M.C.P.E.D.quelque 70 millions $.Notons que, dans ces circonstances exceptionnelles, ce pouvoir d’emprunt peut être élargi.Cette marge de crédit accroît sans aucun doute la sécurité pour la nouvelle corporation.En plus d’accueillir les dépôts des fédérations, la Caisse centrale compte recevoir des dépôts de gouvernements et d’entreprises para-publiques, ce qui lui permettrait de disposer de capitaux importants sur une base continue; il en résulterait donc une gestion mieux équilibrée des fonds et une meilleure gamme de services serait possible, notamment en matière de crédit.8 En principe, il est acquis que la Caisse recevra le dépôt direct de la Régie des rentes du Québec; on explore la possibilité d’accueillir des comptes gouvernementaux, tels les chèques de pensions de sécurité de vieillesse, de bien-être social, d’allocations familiales, etc.Bien que ces derniers n’encourent pas un transit important, ils amènent, à cause de leur volume considérable, une manipulation fastidieuse pour la caisse locale; leur dépôt direct pourrait signifier 1,2 million $ de bénéfices.Rappelons que les sommes présentement déposées par les gouvernements dans les institutions financières sont estimées à quelque 600 millions $.À titre de membre de l’Association canadienne des paiements, la Caisse centrale s’attend à recevoir une partie de ces dépôts qu’elle devra rémunérer, mais qui comporteront tout de même une marge de profit.D’autre part les institutions financières, telles les banques à charte, reçoivent également des dépôts gouvernementaux qui ne portent pas intérêt.Il s’agit là d’une façon indirecte de rémunérer les services que leur rendent les institutions financières.Ainsi on évalue à quelque 30 millions $ le transit supporté par le Mouvement pour le Gouvernement fédéral.Il est donc raisonnable de penser que le Mouvement pourrait recevoir une somme semblable sous forme de dépôts sans intérêts.La Caisse effectue présentement des démarches auprès des gouvernements fédéral et provincial afin de mettre sur pied une formule qui permettrait d’éliminer les coûts de transit et de compenser les autres dépenses d’encaissement de chèques gouvernementaux.Du côté du Gouvernement du Québec, on croit pouvoir éliminer les coûts de transit au moyen du dépôt direct.Le Gouvernement fédéral, pour sa part, semble préférer rémunérer le transit par des dépôts et payer à l’item la manipulation des chèques et du transport de numéraires pour les chèques encaissés et tirés sur lui.Diversification des sources de fonds La Caisse centrale cherche à obtenir des fonds de nombreuses sources; les capitaux d’emprunts obtenus sur les marchés financiers en seront la principale.Pour ce faire, elle a mis sur pied un programme d’implantation sur les marchés financiers canadiens et internationaux.Dans un premier temps, les efforts seront dirigés vers le marché monétaire canadien.Bien que ce marché soit difficile et exigeant, la nouvelle venue a tous les éléments requis pour s’y tailler une place de choix.Une circulaire d’information décrivant les créances à court terme de la Caisse centrale a été produite à l’intention des investisseurs.Puis, afin de mettre à contribution le marché des capitaux, un prospectus a été déposé auprès des diverses commissions de valeurs mobilières canadiennes.La Caisse pourra alors émettre des titres pour des termes allant jusqu’à 10 ans.À cet égard, des amendements à la Loi de la Caisse devraient être apportés sous peu afin d’obtenir un statut de «legal for life»; on sait que les compagnies de fiducie, les compagnies d’assurance et les caisses de retraite ne peuvent utiliser les créances de la Caisse dans le calcul de leurs réserves, la loi n’ayant pas prévu de statut pour les placements dans des entreprises coopératives.Dimension internationale Ce n’est qu’une fois le prospectus accepté par toutes les commissions de valeurs mobilières et rendu opérationnel que la Caisse ira emprunter sur les marchés de capitaux à moyen et à long termes canadiens et internationaux.Le marché des capitaux canadiens offrant très peu de fonds à taux fixe et à long terme, la Caisse ira chercher à l’extérieur de tels fonds.Cependant, un financement à long terme ne répond pas présentement à un besoin urgent, compte tenu, d’une part, de la très forte liquidité détenue par les fédérations et, d’autre part, de la faible demande de crédit à long terme sur le marché canadien.La Caisse a en effet établi comme politique de faire coïncider le plus parfaitement possible les termes de ses emprunts aux échéances de ses prêts.Néanmoins, la Caisse a déjà commencé à se faire connaître sur les marchés internationaux et plus particulièrement en Europe.A ce jour, une cinquantaine d’institutions dont le BGB Bank de la République fédérale allemande, la Banque Nationale de Paris, la Caisse centrale des Banques populaires, le Crédit agricole et la London Continental Bankers Ltd de Londres, ont été visitées et ont toutes manifesté le désir de participer aux émissions de titres de la Caisse.En fait, une première émission d’environ 40 à 60 millions $ à taux fixe devrait être offerte au début de la deuxième moitié de 1982 et prendrait la forme de crédits bancaires syndiqués ou de crédits rotatifs.L’entrée sur le marché des eurodollars se veut prudente et progressive dans le but de permettre à la Caisse centrale d’évaluer le marché et de s’y assurer un accès relativement facile par la suite. 10 Il est à signaler que la Caisse centrale a acquis 1,5% du capital-actions de la London Continental Bankers Ltd, une banque d’affaires à vocation internationale détenue exclusivement jusqu’alors par un groupe de banques coopératives européennes dont les actifs regroupés dépassent les 300 milliards $.L’adhésion de la Caisse à cet émetteur d’obligations en eurodollars signifie l’assurance d’un lien étroit avec l’important marché des coopératives européennes et donc la possibilité d’effectuer des transactions conjointes avec celles-ci.Elle pourrait, par exemple, amener la Caisse à partager des émissions de prêts dans le secteur de l’agriculture avec le Crédit agricole qui aimerait investir en Amérique du Nord.Bref, on peut affirmer aujourd'hui que la porte des eurodollars est maintenant ouverte à la Caisse centrale Desjardins.Une telle percée n’est cependant pas une «première» au Canada.En effet, la Canadian Cooperative Credit Society (CCCS) qui s’apparente à la Caisse centrale en agissant comme caisse d’affaires pour les «crédits unions» au Canada ainsi que pour de grandes coopératives dont les Wheat Pools de l’Ouest, y est présente depuis trois ans avec des émissions totalisant 150 millions $.Utilisation des fonds Les fonds recueillis par la Caisse centrale servent d’abord à satisfaire les besoins financiers des membres et par la suite, ceux des coopératives, des organismes gouvernementaux et para-gouvernementaux et autres entreprises dont les besoins de fonds dépassent les champs d’activités couverts par les fédérations et leurs caisses affiliées.M '• 0
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