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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 64, no 3
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1998, Collections de BAnQ.

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R-^3 L a R e v xi e BNQ [] Numéro 3, 1998 Destinée aux dirigeants élus et aux gestionnaires dn Mouvement des caisses Desjardins DOSSIER \H Les postes de décision chez Desjardins Ça se gagne une femme à la fois ! « Oui, Desjardins a changé et changera encore ; » • Claude Béland • Les services internationaux Desjardins VOICI UN NOUVEAU FONDS BIOTECHNOCYBERSPATI AL (BREF, PLEIN D'AVENIR) ^IsSSii ^ \« w www.desjardins.com AccèsD 1 800 CAISSES Vous croyez que le futur a de l'avenir.Vous recherchez des rendements élevés.Voici le nouveau Fonds Desjardins Secteurs prometteurs.Un fonds innovateur, branché sur les secteurs de pointe : télécommunications, aérospatiale, industrie pharmaceutique.Un fonds d'actions à haut potentiel de croissance, 100% admissible au REER.Vous visez le top niveau ?Foncez, ça promet.Le Fonds Desjardins Secteurs prometteurs [$] Desjardins Les Fonds Desjardins sont vendus au moyen d’un prospectus simplifié disponible dans les succursales de la Fiducie Desjardins et dans les caisses Desjardins seulement là où l’autorité compétente a accordé'son visa.Il est important de le lire attentivement avant d’investir.La valeur liquidative par part et le rendement du capital investi fluctuent.Les parts des Fonds Desjardins sont offertes par les Services d’investissement Fiducie Desjardins inc., une compagnie appartenant au Mouvement Desjardins.Elles ne sont pas assurées par la Régie de l’assurance-dépôts du Québec, la Société d’assurance-dépôts du Canada ou un autre fonds public d’assurance-dépôts et elles ne sont pas garanties par la Fiducie Desjardins, les caisses Desjardins ou quelque autre institution du Mouvement Desjardins. SOMMAIRE Volume 64, numéro 3,1998 Bâtir ensemble Oui, Desjardins a changé et changera encore ! par Claude Béland En diagonale par Hélène Matte 2 3 La Caisse de Loretteville.^ .deux fois lauréate ! parÉlaineHémond Le bogue de l’an 2000 Pas de panique ! par Hélène Matte 0 \ Assurances La caisse maintenant reconnue comme mandataire par Marie Bissonnette Mieux comprendre La gestion de marchandisage Gare à l’affichage fourre-tout ! par Odette Duchesne 7 9 10 13 DOSSIER ¦ Lm Les postes de décision chez Desjardins Ça se gagne une femme à la fois par Hélène Matte et Pierre Goulet 14 « Les femmes, autant que les hommes, ont besoin de se construire un réseau d’influence.» 18 Fonction dirigeant Le principe de la délégation dans le Mouvement Pour une compréhension commune par Pauline D’Amboise Les services de la Caisse centrale Desjardins Les caisses en redemandent par Pierre Goulet Le Centre de services internationaux Desjardins 5000 appels de caisses par mois par Pierre Goulet Gens de Desjardins q Louis-Georges Gervais par Gilles Drouin 20 21 22 24 Place aux femmes epuis les fêtes du 90e anniversaire du Mouvement Desjardins et de la place qu’on y a fait à la personne et au rôle de Dorimène Desjardins, il a été peu souvent question de la représentativité des femmes dans le Mouvement.Or, depuis quelques années, à Montréal et à Québec, des regroupements de femmes ont pris forme, remettant en lumière cette question fondamentale : Qu’en est-il de la représentation des femmes, à la fois comme dirigeantes et comme gestionnaires ?Nous savons pourtant quelles constituent la moitié des membres des caisses et quelles forment la très grande majorité de l’effectif du Mouvement ; les statistiques sont là pour le prouver.Dans ces circonstances, on peut se demander pourquoi les femmes sont toujours aussi minoritaires dans les postes de décision.Manquent-elles de compétence, de disponibilité, d’ambition ?C’est à ces questions que notre dossier répond, en donnant la parole à six femmes engagées chez Desjardins à des titres divers, ainsi qu’à un homme décidé à faire bouger les choses.Dans la foulée des assemblées générales annuelles 1997, le conseil d’administration de la Confédération a mandaté la nouvelle commission Orientation coopérative et son président, Simon Caron, pour faire état de la situation des femmes dans le Mouvement et pour en améliorer la représentativité.La Commission a donc créé un comité aviseur sur la représentation des femmes qui déposera sous peu son plan d’action.Nous avons rencontré sa présidente, Suzanne Maisonneuve-Benoit, nouvellement élue au conseil d’administration de la Confédération.Si l’avenir de Desjardins ne repose pas uniquement sur la place qu’y occuperont les femmes, on peut cependant penser qu’il ne pourra se réaliser pleinement sans une présence accrue des femmes à tous les échelons du Mouvement.Car, au-delà des questions de justice et d’équité, c’est une affaire de bon sens : a-t-on les moyens de se priver de la moitié de la population ?Poser la question, c’est y répondre.Bonne lecture ! Micheline Paradis, directrice 0 Desjardins fait sa part pour l'environnement.Ce papier contient des fibres recyclées. BÂTIR ENSEMBLE « Au début des années 1980, le domaine des services financiers était encore un secteur d'activité plutôt conservateur ; les activités y étaient cloisonnées en quatre secteurs bien étanches : l'épargne et le crédit, les assurances, les services fiduciaires et les valeurs mobilières.Mais l'évolution rapide des technologies de communication, la mondialisation des marchés et l'importance prise par de grands conglomérats financiers étrangers ont conduit au décloisonnement des institutions financières.Si bien que la revue Business Week, dans une édition récente, prédisait que l’on verrait bientôt une première banque atteindre 1000 milliards d’actif en dollars américains ! Aux États-Unis, il y a eu 400 fusions ou acquisitions l’an passé et, cette année, la tendance se maintient et même s’accélère.Oui, l’industrie des services financiers a beaucoup changé, et en très peu de temps.Elle vit une véritable révolution causée par les effets profonds d’une mondialisation des marchés qui crée, en accéléré, un monde nouveau.Dans ce grand chambardement, où se situe et où se situera le Mouvement des caisses Desjardins ?Avec ses 1275 coopératives financières, un actif de 72 G$, ses 15 000 dirigeants et dirigeantes bénévoles et ses 44 000 employés, Desjardins constitue une réussite remarquable.Nous sommes devenus une organisation finan- Oui, Desjardins a changé cière dominante sur le marché québécois, sans jamais avoir été la plus grosse sur le marché canadien ; d’où le constat suivant : l’important n’est pas d’être le plus gros, mais le meilleur.Si une organisation aussi petite que Desjardins au départ a réussi, graduellement, à prendre une place aussi importante sur son marché, elle ne l’a certes pas fait uniquement en offrant des services financiers : c’est quelle permettait l’expression de motivations plus profondes.L’une de ces motivations est que les membres ont voulu se donner une force économique sur laquelle ils exerceraient un contrôle direct.Cette volonté est toujours aussi présente et constitue la raison d’être première du Mouvement Desjardins.Ce qui a changé Si, sur le fond, Desjardins n’a pas changé, l’environnement dans lequel évoluent les caisses, lui, a beaucoup changé.Autrefois, par exemple, nous pouvions nous satisfaire de « règles maison », mais aujourd’hui les caisses sont soumises à des normes reconnues mondialement, des normes qui s’appliquent à toutes les institutions financières, qu’elles soient capitalistes ou coopératives.Chez nos membres, l’esprit communautaire s’est effrité et a fait place à un plus grand individualisme.Il est fini le temps où les frais de services étaient répartis entre tous les membres (ceux qui faisaient peu de transactions assumant les coûts occasionnés par ceux qui en faisaient beaucoup, et ce, au nom de la règle du partage de la richesse) ; il est fini le temps où tous les membres, qu’ils soient petits ou grands détenteurs d’épargne, avaient droit au même taux d’intérêt, toujours au nom de la même règle.Parce que nos membres ont des besoins différents, qu’ils ont des valeurs différentes, Desjardins a dû changer pour répondre à ces nouvelles aspirations.Par ailleurs, l’automatisation et la transmission des données par l’électronique modifient complètement les façons de traiter avec son institution financière, et cela partout dans le monde.C’est ce qui nous a amené à ouvrir le grand dossier de la révision de nos processus d’affaires (réingénierie), à faire appel à des compétences nouvelles, à modifier le nombre de nos effectifs et à investir dans les nouvelles technologies.Tout cela pour mieux servir l’ensemble de nos membres.La vraie question qu’il aurait fallu poser Oui, Desjardins a changé et changera encore ! Et, bien sûr, il y en a qui s’en plaignent.Ils voudraient que les caisses paient les plus hauts taux d’intérêt sur les dépôts, chargent les plus bas sur les prêts, n’appliquent aucuns frais d’utilisation de services à ceux qui en abusent, tolèrent les chèques sans provision et répondent positivement à toutes les demandes de dons et de subventions.Ils voudraient que les caisses ne refusent jamais un prêt, qu’elles excusent les retards plus que les autres, et qu’elles obtiennent quand même les plus hautes cotes d’évaluation des firmes spécialisées.« Chez nos membres, l'esprit communautaire s'est effrité et a fait place à un plus grand individualisme.» et changera encore ! « On pratique un journalisme un peu spéc/o/lorsqu'on érige en généralités des cas d'espèce.» Récemment, étaient publiés les résultats d’un sondage dans lequel on demandait aux Québécois et Québécoises si Desjardins s’était éloigné de sa vocation sociale.Vous devinez la réponse : ce fût « oui » dans une proportion de plus des deux tiers.Ce résultat n’est pas surprenant, car la question était tendancieuse.Pour avoir une réponse juste, il aurait fallu demander aux membres des caisses : « Consentez-vous à ce que les rendements sur vos épargnes soient diminués et le coût des prêts augmenté pour permettre à votre caisse d’être plus libérale dans l’octroi du crédit et plus tolérante dans la récupération des prêts ?» Là est la vraie question.Une caisse n’est pas un organisme de charité Cela dit, je tiens à préciser que les caisses sont toujours, et de loin, les plus généreuses.En 1997, par exemple, c’est 102 M$ que les caisses ont réinjecté sous forme de dons, de commandites, de bourses d’études et de ristournes dans les différents milieux du Québec.Avec les 2 milliards d’opérations et de transactions que nous traitons chaque année, il est possible que se glissent des erreurs, des fautes, des omissions, puisque nos 60 000 dirigeants et employés sont des humains comme les autres.Mais comprenons-nous bien : nous ne pouvons venir en aide à tous ceux qui subissent des pertes ou qui sont en difficulté, à la suite d’une malchance ou d’une erreur de leur part.Il n’entre pas dans la mission de la caisse d’être un organisme de charité.Malheureusement, certains médias se montrent incapables de faire la distinction entre un cas isolé et le Mouvement Desjardins dans son ensemble.On pratique un journalisme un peu « spécial » lorsqu’on érige en généralités des cas d’espèce.Le plus curieux, c’est qu’on fait cela à répétition depuis quelque temps, jamais, je pense, n’aura-t-on vu un réseau de télévision — toujours le même — dépenser autant d’énergie, de même que les impôts et les taxes des contribuables, pour parcourir le Québec afin de dénicher des cas d’exception et de les mettre en évidence.Qu’une caissière exige un solde minimum de 25 $ à un petit épargnant, au moment de l’ouverture d’un compte, croyez-vous vraiment que cela devrait faire l’objet de la première manchette du téléjournal, au même titre que la reprise des essais nucléaires en Inde ?Ce n’est pas sérieux.On ne peut pas dire « mission accomplie » Face au défi de l’avenir, il est important que les gens d’ici ne se laissent pas distraire par le bruit que l’on fait à l’occasion de cas isolés.Certes, nous avons fait de grands pas depuis le début du siècle sur le chemin de la prise d’un certain contrôle sur notre économie, mais on ne peut pas dire « mission accomplie ».Au contraire, puisque nous perdons même du terrain dans certains secteurs.C’est ainsi que sur chaque dollar de prime payé par les gens d’ici, aussi bien en assurance de dommages qu’en assurance individuelle de personnes, 75 cents vont à des entreprises qui n’ont pas leur siège social au Québec.Il faut donc se concentrer sur les enjeux importants, comme celui d’élargir les réseaux de distribution des produits financiers, tel que le propose judicieusement le projet de loi sur les intermédiaires de marché.Avec le mouvement coopératif Desjardins, les Québécois ont ici une institution financière inaliénable, qui ne peut être ni vendue ni achetée, et qui demeurera la propriété de ses 5 millions de membres, quoi qu’il advienne dans le monde des services financiers.Il nous revient de faire fructifier ce formidable patrimoine, cet outil de développement incomparable et qui recèle encore un très large potentiel à l’aube du XXIe siècle, Claude Béland, président * Extrait d’un discours prononcé devant les membres de la Chambre de commerce régionale de Sainte-Foy, le 27 mai 1998, sous le thème : « À l’heure des fusions bancaires, y a-t-il un avenir pour les coopératives financières ?» Le titre et les sous-titres sont de la rédaction.2 * La Revue Desjardins, numéro 3,1998 La Revue Desjardins, numéro 3,1998 • 3 EN DIAGONALE ANNIVERSAIRES ANNIVERSAIRE Hélène Matte • Saint-Jean (Montréal) • Sainte-Thérèse (Lanaudière) • Brébeuf (Montréal) • Port-Cartier (Québec) • Lachine/Saint-Pierre (Montréal) • Sainte-Véronique (Montréal) • Saint-Louis-du-Ha ! Ha ! (Bas-Saint-Laurent) • Saint-Famille-du-Cap (Centre du Québec) • Aguanish (Québec) 50 ANS 75 • Saint-Anselme (Québec) • Syndicats nationaux (Caisses d’économie) ANS ¦ Autoroute électronique en chantier L’inforoute permet bien plus que de l’échange d’information.Elle rend possible le commerce électronique et peut se solder par des économies de temps et d’argent appréciables.Depuis plus de deux ans, un consortium formé du Mouvement Desjardins, de la Banque Nationale et de Bell Canada s’affaire, avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), à la mise en place d’une inforoute qui reliera les entreprises et les organismes publics et parapublics.Les produits et les services de la CSST et ceux des membres du consortium seront offerts sur le réseau Avantages Extranet, un réseau très sécuritaire.On attend de Desjardins qu’il offre des services « à valeur ajoutée » aux clientèles ciblées par la CSST.Les tout premiers de ces services seront l’accès au site Internet Desjardins et le service Accès D.Les entreprises visées en première étape comprennent 750 employeurs qui paient des cotisations à la CSST, 85 mandataires intermédiaires entre la CSST et des employeurs, 120 hôpitaux et 350 cliniques de physiothérapie et d’ergothérapie.Une tournée d’information est en cours à travers le Québec, et 65 présentations sont au calendrier.La Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec Destinée aux dirigeants et aux gestionnaires du Mouvement Desjardins, cette revue d’information est publiée cinq fois par année par la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec.Ce numéro a été tiré à 23 000 exemplaires.Directrice Édition et Publications Micheline Paradis Rédacteur en chef Pierre Goulet Adjoint René Brousseau, (418) 835-8444 poste 2203 Collaborateurs et collaboratrices Claude Béland, Marie Bissonnette, Pauline D’Amboise, Gilles Drouin, Odette Duchesne, Élaine Hémond, Hélène Matte.Conception et réalisation graphiques Marie Caron Publicité Yvan Forest Conception de la page couverture Marie Caron Révision Solange Deschênes Impression Imprimerie La Renaissance Changement d’adresse Tout changement d’adresse doit être communiqué à La Revue Desjardins, Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, 100, avenue des Commandeurs, Lévis (Québec), Canada G6V 7N5.Téléphone 1 800 463-4810, poste 2203 (418) 835-8444, poste 2203 Droits et responsabilités La traduction et la reproduction totale ou partielle des photographies, illustrations et articles publiés dans La Revue Desjardins sont interdites sans le consentement écrit de l’éditeur.Les opinions émises dans les articles publiés par La Revue Desjardins n’engagent que la responsabilité de leur auteur.ISSN 0035-2284 -Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec Affranchissement numéraire au tarif de troisième classe en nombre, permis n° 1981.Port payé à Québec.Des caisses proches des démunis La revue L’Itinéraire, produite et distribuée par et pour les itinérants de la région de Montréal, bénéficie de l’appui direct des caisses populaires des Faubourgs de Montréal et de Saint-Esprit de Rosemont ainsi que de la Caisse d’économie des syndicats nationaux.Ces caisses ont contribué afin que les frais fixes du Café électronique (anciennement le Café de la rue) soient assurés en 1998.Le Café est financé grâce aux revenus générés par L’Itinéraire.Mentionnons également que les 8 caisses populaires de la haute-ville de Québec soutiennent financièrement l’Archipel d’entraide de Québec qui, entre autres activités, publie une revue comparable à L’Itinéraire et qui a pour nom La Quête.Culinar célèbre ses 75 ans (PHi C’est en 1923 que Rose-Anna et Arcade Vachon créaient ce qui allait devenir plus tard Culinar.La grande maison des petits gâteaux célèbre donc, en 1998, ses 75 ans, lors d’une grande fête populaire qui aura lieu au moins de juin à Sainte-Marie de Beauce.Le pdg de Culinar, Gaétan Lussier, qui est également président du comité directeur du 75e anniversaire, déclarait à juste titre : « Les valeurs qui ont permis à Vachon de passer d’une entreprise familiale à une entreprise de près de 700 employés, 75 ans plus tard, sont les mêmes que celles qui permettront à Culinar de franchir le cap de l’an 2000 avec succès.» Investissement Desjardins détient 51,4 % des actions de Culinar, acquis par Desjardins en mars 1970.A * La Revue Desjardins, numéro 3,1998 Accord D : 1200 marchands sous contrat À sa première année d’existence, le financement Y/ Accord D de Visa Desjardins a procuré un volume d’affaires de 103 M$, soit légèrement plus que les ^ 100 M$ prévus au moment du lancement, en mai 1997.L’objectif pour 1998 est de 300 M$.Le nombre de marchands qui offrent ce nouveau service de financement au point de vente atteint maintenant 1200.D’ailleurs, dans le secteur de l’ameublement, de l’électronique et de l’électroménager, une entente vient d’être conclue avec le groupe BMTC, propriétaire des magasins Brault et Matineau.Cette entente prend effet le 23 juin.Elle s’ajoute à d’autres conclues précédemment, entre autres avec Ameublements Tanguay, Domon Meubles et Germain Larivière.Visa souhaite accueillir des marchands pouvant lui offrir un volume de financement suffisant.Les marchands ciblés sont des marchands chez qui la transaction type avoisine 1000 $ et où le volume moyen de financement Accord D pourra être de 20 000 $ par mois.2 services de courtage en valeurs mobilières pour mieux vous servir ! (CoCl Valeurs mobilières l^rj Desjardins Disnat Une division de Valeurs mobilières Desjardins .pour les conseils! .pour les économies! Pour les investisseurs traditionnels recherchant les conseils d'un professionnel en gestion de portefeuille ! Pour les investisseurs autonomes recherchant des économies sur les commissions (jusqu'à 86 %) ! (514) 987-1749 1-800-361-4342 (514)842-2685* 1800268-8471 Une vaste gamme de produits et services : • Obligations canadiennes, provinciales ou municipales • Obligations à coupons détachés • Fonds de placement • Actions • Options • REAQ • REER (obligaterme, fonds mutuels, Max ou autogéré) * Consultez la brochure sur ce service à votre Caisse Desjardins participante.Membre FCPE ( « Une femme doit se battre autant et davantage qu’un homme dans la plupart des cas », croit Madeleine Lapierre.Micheline Gosselin nuance : « Le préjugé le plus nuisible, c’est celui qu’on a à l’égard de soi-même, quand on pense que ça ne marchera pas parce qu’on estime femme.» L h K BD ?Comment renverser la vapeur ?Si équitable et démocratique soit-elle, la structure coopérative de Desjardins ne favorise pas la rapidité dans la progression des femmes.On n’est pas en présence d’une entreprise dont le siège social peut émettre une directive ferme à ce sujet, puisque les composantes sont autonomes.Les répondantes comptent plutôt sur l’effet d’entraînement et sur l’exemple pour susciter l’émulation.« Il n’y a rien comme les succès pour donner le goût du succès, tant pour les conseils d’administration qui engagent les directeurs de caisses que pour les femmes elles-mêmes.Il faut quelles constatent quelles n’ont pas à être des super-femmes pour réussir dans les postes de pouvoir » estime Micheline Gosselin.Avec une belle unanimité, les répondantes indiquent que la création de réseaux et d’alliances est un des moyens les plus efficaces à la portée des femmes qui veulent avancer.Il peut s’agir de regroupements formels particuliers au Mouvement, comme Femmes Desjardins à la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du Québec (FMO), dont Jocelyne Bérubé est coprésidente, ou Partenaires entr’elles à Québec, mais aussi de tout autre regroupement suceptible d’accroître leur cercle de connaissances.v::: Le phénomène du « renvoi de l’ascenseur » est ce qui rend les réseaux si intéressants.Car, quel que soit le milieu dans lequel on évolue, on aime toujours mieux engager quelqu’un qui nous est recommandé par une connaissance ou qui fait partie de la même association que nous.En tout cas, c’est une recette de succès éprouvée.« Les hommes ne fonctionnent pas autrement ! » Au besoin, ils font appel à leur réseau, qu’il s’agisse des anciens du collège classique pour les plus vieux, ou encore d’associations professionnelles ou sportives.Sylvie Saint-Pierre-Babin a utilisé cette méthode avec succès pour devenir administratrice au conseil de la FMO, où quatre sièges sont réservés à des dirigeants élus par les délégués de tous les secteurs.« J’étais extrêmement intéressée par un de ces postes et je l’ai fait savoir aux gens du secteur.J’ai cherché des alliés, ce qui n’était pas facile car j’étais relativement peu connue.Je me suis tournée vers ceux des membres du conseil qui provenaient de mon secteur et je les ai convaincus de me soutenir et de m’aider à trouver d’autres appuis.Il n’y a pas d’autre façon de faire ! J’ai aussi mis en valeur mes 20 années dans le milieu coopératif.» (Mme St-Pierre-Babin est directrice générale du Conseil canadien de la coopération.) L’instinct du vieux renard, ça s’apprend.« Les femmes ne savent pas toujours bien se vendre, déplore Diane Chartrand.Faites un compliment à une femme sur un travail, elle s’empresse aussitôt d’attribuer tout ®T\crédit à son équipe.C’est une qualité qui est souvent poussée trop loin.» Madeleine Lapierre mentionne avoir souvent été témoin de la scène suivante : « On propose à une femme de se porter candidate à lain poste électif à sa caisse.Presque systématiquement, elle va répondre “ Ah! non, je ne suis pas capable.” Et si le mari est présent, il dira : “ Si tu ne veux pas y aller, moi j’irai ! ” » La compétence n’est pas tout.Encore faut-il la faire valoir et exercer un certain leadership.Et aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a des trucs du métier que les femmes peuvent apprendre, des habiletés qui facilitent l’accès aux postes de pouvoir.C’est ce que soutient Michèle Poirier, qui donne « Ça a changé quand on a décidé que ça devait changer ! » - Raymond Gagné La Caisse populaire de Gaspé compte 45 % de femmes à ses deux conseils et la Fédération de la Gaspésie et des îles-de-la-Madeleine, 25 %.Une des meilleures représentations féminines dans tout Desjardins.Est-ce parce quelles ont la même personne comme président ?Raymond Gagné avoue que, depuis 5 ans et bien qu’il n’y ait pas de politique écrite en ce sens, la Caisse de Gaspé a pour ligne de conduite de recruter des femmes et des jeunes pour combler une vacance aux deux conseils.La dernière en lice est entrée au début de mai, et elle a 25 ans.Actuellement, les conseils de la Caisse de Gaspé comptent deux avocates, deux enseignantes, une secrétaire et une femme d’affaires.des séminaires qui permettent aux hommes et aux femmes d’acquérir des habiletés politiques pour évoluer plus aisément dans une organisation donnée.D’ailleurs, insiste-t-elle, les femmes n’en sont pas plus démunies que les hommes, et cet apprentissage peut bénéficier à n’importe qui.Selon Michèle Poirier, on entretient parfois, au sujet des milieux politiques organisationnels, des mythes aussi tenaces que faux, qu’on a tout intérêt à éliminer quand on veut occuper un poste de pouvoir (comme au conseil d’administration d’une caisse).Premier mythe : « On doit être désintéressé pour remplir ce genre de fonction.» Faux : tout le monde a des intérêts, et être intéressé n’est pas mauvais en soi ; on peut agir pour une bonne cause, mais on a toujours une part d’intérêt.Deuxième mythe : « La compétence et l’expertise sont suffisantes pour mettre ces postes à notre portée.» Faux : l’obtention de ces postes dépend aussi beaucoup Pour recruter sa nouvelle candidate, le conseil d’administration de la caisse a procédé à un relevé informatique de tous ses membres féminins de moins de 30 ans.« Si nous voulons avoir une meilleure représentation des femmes à nos conseils, il faut faire le nécessaire, plaide Raymond Gagné.Chez nous, dit-il sans ambages, ça a changé quand on décidé que ça devait changer ! » Il raconte, avec ce naturel gaspésien qui le caractérise, que Fan dernier une de ses administratrices, qui a eu deux enfants ! rapprochés, allaitait son bébé pendant la j séance du conseil et que personne ne s’en formalisait.« Ce n’est pas facile pour une femme qui a des enfants de concilier travail et vie familiale ; il faut lui faciliter les choses, c’est certain.» Surtout que Raymond Gagné est d’avis qu’une présence féminine significative aux conseils rehausse la qualité des débats.« Quand il y a des femmes à un conseil, la dimension sociale de la caisse n’est jamais reléguée au second plan.Mais, malheureusement, chez Desjardins, la volonté de voir les femmes prendre leur place n’a pas encore dépassé le niveau du discours.» La Fédération de la Gaspésie qui, après celles de l’Abitibi et de Lanaudière, compte le plus grand nombre de femmes à ses deux conseils, n’hésite pas à déléguer des représentantes aux instances provinciales.C’est ainsi qu’Annie Bélanger est la première femme à siéger au conseil d’administration du Groupe Desjardins, assurances générales et que Louise Desbois, membre du conseil de vérification et de déontologie de la Fédération, siège à la commission Orientation coopérative.Raymond Gagné en tire une fierté légitime.Nombre et pourcentage de dirigeantes et des gestionnaires^ féminins dans les composantes autres que les caisses (au 31 décembre 1997) Composantes Dirigeantes Gestionnaires Fédérations Nombre Total % Nombre Total % Lanaudière 4 14 28,6 0 4 0 Centre du Québec 3 18 16,7 0 9 0 Québec 4 24 16,7 3 28 8,4 Montréal et Ouest-du-Québec 2 30 6,7 25 88 22,0 Gaspésie et îles-de-la-Madeleine 5 20 25,0 0 4 0 Estrie 3 20 15,0 0 11 0 Bas-Saint-Laurent 2 16 12,5 1 8 12,5 Saguenay—Lac-Saint-Jean 0 19 0 0 6 0 Abitibi 6 16 37,5 0 6 0 Richelieu-Yamaska 3 23 13,0 0 6 0 Économie 1 22 4,5 3 10 30,0 TOTAL 33 222 14,9 32 180 17,8 Confédération et filiales Nombre Total % Nombre Total % Confédération 1 19 5,3 23 140 16,4 Caisse centrale 1 14 7,1 17 60 28,3 Visa Desjardins cf.Confédération 12 20 60,0 SPGDAG 1 20 5,0 59 114 51,8 Valeurs mobilières 3 12 25,0 8 31 25,8 Investissement Desjardins 1 14 7,1 5 17 29,4 SFDL 1 26 3,8 - AVDL 0 12 0 50 169 29,6 GSFSD (ex-Trustco) 1 19 5,3 22 58 38,0 CFSCD 0 14 0 cf Confédération DID 1 9 11,1 2 12 16,6 Fondation Desjardins 1 7 14,3 cf.Confédération SFLAD 4 9 44,4 CRAC 3 12 25,0 TOTAL 18 187 9,6 198 621 31,8 GRAND TOTAL 51 409 12,5 230 801 28,7 ¦ du charisme des candidats et de la chimie entre les personnes.Troisième mythe : « Une fois en poste, il est possible de se débrouiller seul.» Faux : on doit pouvoir compter sur un réseau au besoin.Quatrième mythe Y « Dans les conflits, une position de neutralité est une garantie de survie.» Faux : il est nécessaire de savoir se mouiller sans couler.Après avoir fait table rase de ces fausses croyances, on les remplace par des techniques utiles, qu’on pratiquera le plus souvent informellement : l’art de reconnaître la véritable structure de pouvoir, d’analyser les intérêts en place de même que les convergences et les divergences, la recherche d’information et le retour d’ascenseur, l’établissement d’un réseau de contacts, la « neutralisation » des opposants avant la réunion formelle, la gestion de ses émotions (par la connaissance de soi et non pas en les éliminant), l’adaptation aux différences, etc., $0000^^ s^Vbilà donc un préjugé qui vole en éclats : celui qui veut que l’instinct du vieux renard, indispensable pour mener sa barque en milieu de pouvoir, est une qualité qui vient ou non avec le code génétique.Au contraire, cet instinct se développe à mesure que la confiance en soi se raffermit.Avec de la détermination, de bons contacts et quelques habiletés qui s’apprennent, aucun obstacle ne devrait empêcher les femmes d’accéder aux postes qu’elles désirent.À l’instar de Madeleine Lapierre, on peut se demander ce qu’il arriverait si, ayant le nombre de leur côté, les femmes du Mouvement Desjardins décidaient vraiment de se donner plus de pouvoir ?¦Mâm la Revue Desjardins, numéro 3,1998 • 17 Tout poste d’encadrement dans Desjardins qui est évalué en fonction de l’échelle Hay. DOSSIER « Les femmes, autant gue les hommes, ont besoin de se construire un réseau d'influence.» - Suzanne Maisonneuve-Benoit Une deuxième femme vient d'accéder au conseil d'administration de la Confédération : Suzanne Maisonneuve-Benoit.Cette administratrice à la Fédération de Québec et présidente du comité aviseur sur la représentation des femmes chez Desjardins est pédagogue de formation ; c'est également une petite fille de la rue Jarry à Montréal ! î-¦: .- ¦ : ~ 'SVf - - ^ «liii La cinquantaine, mère de deux enfants, Suzanne Maisonneuve-Benoit a mené sa carrière d’enseignante puis de fonctionnaire dans des milieux majoritairement masculins.Le statut de minoritaire, elle connaît ça ! « Quand tu es minoritaire, comme le sont les femmes gestionnaires, dit-elle, tu es beaucoup plus visible, et cette visibilité amplifie tes faits et gestes.» Mais cette réalité n’a jamais empêché Suzanne Maisonneuve-Benoit de faire ce qu’elle voulait.En 1964, elle était seule enseignante dans une école de Sainte-Foy qui comptait 60 enseignants : c’est elle qu’on a élue comme chef de département.Plus tard, dans la fonction publique québécoise, que ce soit à la Régie de l’assurance maladie ou à la direction générale des opérations de Revenu Québec, Suzanne Maisonneuve-Benoit a évolué dans un univers essentiellement masculin.« Le problème des femmes gestionnaires, c’est quelles n’ont pas de modèles, pas de mentors ; à Revenu Québec, j’ai appris à jouer les mentors et j’ai aidé des femmes à gravir les échelons », confie-t-elle sans vanité, parce quelle juge que cette solidarité, naturelle pour les hommes, est une des conditions d’avancement dans toute organisation.18* La Revue Desjardins, numéro 3, 1998 Nombre et pourcentage de dirigeantes de caisses (au 20 novembre 1997) Fédération Nombre % Lanaudière 115 23,9 Centre du Québec 324 27,1 Québec 883 27,7 Montréal et Ouest-du-Québec 734 20,4 Gaspésie et lles-de-la-Madeleine 147 33,9 Estrie 262 32,1 Bas-Saint-Laurent 311 38,2 Saguenay-Lac-Saint-Jean 212 26,5 Abitibi 158 39,9 Richelieu-Yamaska 212 26,5 Économie 292 20,2 Total 3650 26,3 De Partenaires Entr’elles au comité aviseur sur la représentativité des femmes Fille d’un des fondateurs de la Caisse populaire Saint-Vincent-Ferrier, à Montréal, Suzanne Maisonneuve-Benoit est entrée au conseil d’administration de la Caisse populaire des fonctionnaires, à Québec, en 1989.Six ans plus tard, elle accède au conseil d’administration de la Fédération de Québec et, en 1998, à celui de la Confédération.La question de la représentativité des femmes a toujours été une préoccupation pour cette femme sans artifice.Elle, qui ne se cache pas pour qualifier de paternaliste la gestion telle quelle se pratique chez Desjardins, a commencé, dès 1991, à s’intéresser de près à la condition des femmes chez Desjardins.C’était lors d’un colloque des dirigeantes sur la représentativité des femmes, colloque resté sans suites concrètes.Si bien que, l’année suivante, Lise Julien, qui abandonne ses fonctions au sein du conseil d’administration de la Confédération, tente, avec d’autres, de favoriser un regroupement de femmes dans la région de Québec.De cette initiative naîtra Partenaires Entr’elles qui prendra nom et forme en 1994.« Parce que les femmes, autant que les hommes, ont besoin de se construire un réseau d’influence » précise Mme Maisonneuve-Benoit.Bâti autour d’un noyau de gestionnaires et de dirigeantes de Desjardins de la région de Québec, le collectif Partenaires entr.’elles n’est pas un club fermé.« Nous organisons des soupers-conférences qui réunissent parfois jusqu’à une centaine de participantes.» Au menu : les dossiers de fond de Desjardins, tels que la réingénierie comme on la vit dans les caisses, les valeurs mobilières et toute la question du hors-bilan, les dons et commandites, etc.« Au fond, précise Suzanne Maisonneuve-Benoit, le rôle de Partenaires entr’elles, c’est de fournir aux femmes qui évoluent chez Desjardins des informations qui leur donneront une longueur d’avance.» D’ailleurs, les résultats n’ont pas tardé à se faire sentir : en seulement quatre ans, cinq femmes ont été élues au conseil d’administration de la Fédération de Québec et deux autres au conseil de vérification et de déontologie.Informées et plus solidaires grâce entre autres à Partenaires entr’elles, les femmes ont poussé leur action jusque sur le plancher des assemblées générales du Mouvement, en 1997.Par la bouche de Suzanne Maisonneuve-Benoit, elles demandent au président du Mouvement de favoriser la création d’un réseau de femmes chez Desjardins.L’assemblée acquiesce et le conseil d’administration mandate la commission Orientation coopérative pour mettre sur pied un comité aviseur sur la représentativité des femmes dans le Mouvement.Dès sa première rencontre, le comité élit Suzanne Maisonneuve-Benoit à sa présidence.Et, après seulement quatre réunions, celui-ci propose un plan d’action en cinq points qu’il présentera à la réunion de la commission Orientation coopérative du mois de juin.Un plan d’action concret « Nous avons voulu être concrètes et réalistes » précise Suzanne Maisonneuve-Benoit.Le plan que le comité s’apprête à déposer en fait foi.En résumé, il s’agit de mettre en oeuvre des moyens d’améliorer la représentativité des femmes dans le Mouvement, de fournir à celles-ci des outils de formation et de favoriser des échanges et des regroupements.Entre autres, le comité souhaite que, de façon statutaire, les assemblées générales de caisses se soucient de tracer un portrait exact de la composition de leurs membres : hommes, femmes, jeunes, ceux appartenant à des communautés culturelles, etc., de sorte que la structure des dirigeants bénévoles reflète davantage cette diversité.En outre, le comité entend resserrer ses liens avec les femmes entrepreneures et les travailleuses autonomes ; à cet effet, il verrait d’un bon oeil la création d’un programme en ce sens pour souligner le centenaire du Mouvement des caisses Desjardins.Pourquoi ces femmes plutôt que d’autres ?« Parce que ce groupe de femmes constitue un bon bassin de recrutement pour notre structure bénévole, dit Suzanne Maisonneuve-Benoit, sans compter que, pour les caisses, ce serait l’occasion de faire des affaires avec une clientèle extrêmement dynamique.Et parce que, ajoute-elle, 30 % des nouvelles entreprises ont été créées par des femmes entrepreneures, et qu’en dépit de ces succès elles éprouvent toujours plus de difficultés que les hommes à obtenir du financement.» Un plan concret et réaliste, disions-nous.À l’image de Suzanne Maisonneuve-Benoit qui, modestement, avoue qu’au conseil de la Confédération elle fera d’abord ses classes et quelle témoignera de la situation des femmes.Patiente et tenace, elle entend gagner la confiance de ses collègues par ses interventions.Quant au comité aviseur sur la représentativité des femmes, Suzanne Maisonneuve-Benoit est formelle : « Tant qu’il y aura du travail à faire, le comité continuera d’exister.» Membres du comité aviseur pour la représentation des femmes dans Desjardins Suzanne Maisonneuve- Micheline Gosselin Benoit Fédération de Richelieu- Fédération de Québec et Yamaska Confédération Lise Saint-Pierre Lise Allard Fédération du Bas-Saint- Fédération de Lanaudière Laurent Micheline Paradis Madeleine Tinunermans Confédération Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec Louise Desbois Fédération de la Gaspésie et des îles-de-la-Madeleine « Le problème des femmes gestionnaires, c'est qu'elles n'ont pas de modèles.» La Revue Desjardins, numéro 3,1998 • 19 Ghislain DesRosiers FONCTION DIRIGEANT Le principe de la délégation dans le Mouvement Pour une compréhension commune DIRIGEANTS DELA CONFÉDÉATION 18 DIRIGEANTS DE CAISSES 14 000 MEMBRES I Pauline D’Amboise Devant leur volonté de se donner des services communs pour encore mieux réaliser leur mission localement, les caisses se sont dotées d’organisations de soutien telles les fédérations et la Confédération.Certains diront que les dirigeants des caisses, comme mandataires des membres, ont perdu beaucoup d’emprise sur les décisions qui orientent le Mouvement, et ce au bénéfice des dirigeants de ces structures de soutien.D’autres répondront qu’avec la mise en place graduelle de ces structures les dirigeants des caisses, alors en fonction, ont fait le choix de déléguer certains de leurs pouvoirs à ceux qui auraient la charge de réaliser la mission confiée à ces organisations, d’où l’acceptation du principe de la délégation dans le Mouvement.Cette acceptation ne signifie pas pour autant qu’aucune modification ne peut être apportée en cours de route.Ce principe de la délégation s’illustre par la contribution de 14 000 dirigeants au niveau des caisses, choisis par quelque 5 millions de membres.Ces dirigeants élisent à leur tour les 230 dirigeants des fédérations qui, eux, choisissent les 18 dirigeants de la Confédération issus des fédérations.Le principe de délégation respecte-t-il la nature démocratique du Mouvement ?Dans une organisation privée, la démocratie peut se vivre sous deux formes, soit la démocratie directe, par laquelle les usagers, les clients ou les membres ont prise sur une grande partie des décisions qui les concernent, ou la démocratie indirecte, par laquelle ces mêmes personnes confient la plupart de leurs pouvoirs à des représentants élus.Dans ce dernier cas, elles se réservent principalement le droit d’élire ou de remplacer ces élus si la situation l’exige.Ce pouvoir est crucial et comporte une responsabilité très grande, car les usagers, les clients ou les membres ont tout intérêt à choisir des personnes aptes à les écouter, à les consulter, à communiquer leurs préoccupations et à influencer d’une façon constructive les débats qui les concerneront.Pour assurer le bon fonctionnement d’une organisation décentralisée comme le Mouvement Desjardins, où chaque composante est autonome, on a retenu le principe de la démocratie indirecte.Les implications d’une démocratie indirecte La démocratie indirecte exige des dirigeants des divers niveaux une confiance mutuelle et un respect des pouvoirs et des responsabilités qui incombent à chacun de ces niveaux, lesquels sont encadrés par la loi1 et par les règlements respectifs de leurs composantes.Chacun de ces niveaux dispose de sa marge de manoeuvre et doit s’assurer de procéder en temps et lieu aux consultations nécessaires pour les sujets qui requièrent l’adhésion de leurs membres.Pour les fédérations, ces membres sont les caisses alors que, pour la Confédération, ce sont les fédérations.Il est utile de rappeler que la Confédération procède à une consultation des caisses seulement lorsqu’elle a reçu un mandat spécifique à cet effet de son conseil d’administration, formé principalement de représentants des fédérations.Dans le contexte des demandes formulées par les dirigeants au XVIe Congrès, qui souhaitent être associés davantage à l’établissement des orientations générales et stratégiques du Mouvement et aux grandes décisions ayant des incidences financières importantes, et devant la nécessité d’améliorer l’efficacité du processus décisionnel du Mouvement, le conseil d’administration a convenu de revoir cette question dans un proche avenir.Il cherchera sans aucun doute à trouver un équilibre entre les besoins de consultation exprimés et l’impératif d’alléger le processus décisionnel dans un contexte où la rapidité d’action est déterminante.5 millions Il faut souligner qu’à la suite de la transaction avec le Groupe La Lauren-tienne, et après avoir consulté les dirigeants des fédérations, le conseil d’administration de la Confédération a adopté un encadrement qui définit les limites de ses pouvoirs lors d’acquisitions stratégiques et, aussi, les limites de la consultation dans ce domaine.La Société financière Desjardins-Laurentienne a également adopté un tel encadrement pour les principales transactions touchant ses filiales.Les dirigeants des caisses ont-ils perdu toute emprise sur les décisions qui orientent le Mouvement ?Les avis sont partagés sur cette question, mais plusieurs mécanismes permettent aux dirigeants des caisses de se faire entendre pour influencer les débats qui concernent le Mouvement.On n’a qu’à penser aux rencontres sectorielles tenues par les fédérations, à leurs assemblées générales ainsi qu’à celle de la Confédération.Les congrès des dirigeants sont aussi une occasion privilégiée.Une participation active des dirigeants à ces rencontres peut donner des résultats concrets.Le cas le plus récent est certainement la révision en profondeur du mode électoral applicable à la présidence du Mouvement ; cette décision de l’assemblée générale de la Confédération découle d’une proposition soumise par les dirigeants d’une caisse.Le dernier congrès a également donné lieu à des changements en profondeur dans le Mouvement à l’égard de la structure démocratique et décisionnelle de la caisse, ainsi que du rôle et des fonctions des dirigeants élus des caisses.Ces changements en ont entraîné d’autres au niveau des fédérations.On comprend donc que la démocratie indirecte, qui caractérise le fonctionnement actuel du Mouvement, requiert la participation active des dirigeants des trois niveaux (caisses, fédérations, Confédération) pour en assurer l’efficacité et susciter les consensus.1 Loi sur les caisses d’épargne et de crédit et Loi sur la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, décembre 1996.20 • La Revue Desjardins, numéro 3,1998 Les services de la Caisse centrale Desjardins Les caisses en redemandent Par Pierre Goulet Le 30 avril, lorsque nous avons rencontré le président de la Caisse centrale Desjardins (CCD), Jean-Guy Langelier, des représentants de la Barclay's de Londres étaient en visite dans les bureaux de la Caisse au complexe Desjardins.Le mois précédent, c'était la Banco popular Espagnol, Amex Bank et la Banque centrale populaire du Maroc.Ce ne sont là que quelques partenaires qui permettent à la CCD d’accompagner, presque partout dans le monde, les entreprises qui font affaire avec des caisses.Ce réseau, constitué principalement d’institutions financières coopératives, comprend des banques aussi importantes que la US Central Credit Union (États-Unis), la National Financiera (Mexique), la DG Bank (Allemagne), la Caisse centrale des banques populaires (France) pour ne nommer que celles-là.Il n’est donc pas étonnant de constater que la CCD est mieux connue hors des frontières du Canada.« La scène financière mondiale a tellement changé depuis quelques années que le regroupement des services internationaux de la FMO avec les nôtres était indispensable, confie Jean-Guy Langelier qui cumule à la fois les fonctions de président de la Caisse centrale et de premier vice-président exécutif Finances de la Confédération.Il y a dix ans, il y avait 50 000 banques aux États-Unis, aujourd’hui il n’en reste que 5000 ! » Ce mouvement de centralisation est partout, et les fusions de banques, tant au Canada, aux États-Unis qu’en Europe, en sont une manifestation concrète.« Il était urgent, dit-il, que Desjardins regroupe son expertise internationale, qu’il profite de cette synergie pour faire sentir son poids et, en même temps, réduire ses coûts.» La Caisse centrale a été extrêmement active en 1997, car la demande pour ses services a augmenté considérablement dans tout le réseau Desjardins.De la part des fédérations d’abord, qui ont vu leurs liquidités baisser à cause de la popularité des produits d’épargne décloisonnés, au détriment de l’épargne traditionnelle.Si bien que les prêts consentis aux fédérations ont augmenté de 65 %.Financement en partenariat Les programmes de financement auprès de la moyenne entreprise ont également connus un grand succès, totalisant 182 M$ en 1997 ; environ 70 % de ces prêts ont été réalisés conjointement avec des caisses.« Ce partenariat, souligne Jean-Guy Langelier, permet aux caisses de répondre aux besoins plus importants de financement des emprunteurs, de maintenir ou d’alléger les risques de crédits commerciaux des caisses et d’exploiter de nouveaux marchés.» Les caisses participantes ont ainsi touché un demi-million de dollars de ristournes.Depuis le début de ce programme, en 1993, 600 M$ de nouvelles affaires ont été réalisés dans le marché de la moyenne entreprise.« Pour ce qui est de la grande entreprise, nous ciblons des entreprises québécoises qui offrent des retombées importantes pour le Mouvement, précise Jean-Guy Langelier, que ce soit sous forme de comptes d’opérations, de centralisation des soldes, de service de paie, de virements, de services internationaux ou de produits décloisonnés.» Au total, dans le secteur privé, l’encours des prêts à la grande comme à la moyenne entreprise a augmenté de 192 M$ en 1997, soit une progression de 26 % par rapport l’année précédente.Publi-privilège Depuis 1991, la Caisse centrale a mis en place Publi-privilège, un programme d’emprunt pour les institutions gouverne- « .nous ciblons des entreprises québécoises qui offrent des retombées importantes pour le Mouvement.» mentales québécoises, telles que les municipalités, les centres hospitaliers, les commissions scolaires et les organismes parapublics.Grâce à ce programme, ces institutions ont accès au marché monétaire sous forme de billets à ordre émis à escompte, sans avoir à assumer les frais associés habituellement au financement public (honoraires professionnels, prospectus, enregistrement, etc.).Afin d’encourager la fidélité des membres institutionnels envers Desjardins, les caisses ont confié plusieurs organismes du monde de l’éducation à la Caisse centrale.En 1997, une centaine de ces organismes ont fait appel au programme Publi-privilège pour des engagements d’environ un milliard de dollars.La Revue Desjardins, numéro 3,1998 * 21 Patrick McKoy Le Centre de services internationaux Desjardins L’Ontario n’est pas en reste puisque, en collaboration avec la Fédération et l’Alliance des caisses populaires de l’Ontario, la Caisse centrale a présenté une offre conjointe de services bancaires et de financement de près de 200 M$ pour le financement des conseils scolaires francophones nouvellement formés.L’offre a été acceptée.Un centre de trésorerie internationale Ce partenariat ne touche pas seulement le réseau des caisses, mais également les filiales de Desjardins.« La mise en commun de spécialistes en trésorerie des Valeurs mobilières Desjardins, de la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec et de la Caisse centrale, réalisée en 1997, est un autre exemple de l’utilisation maximale de notre expertise », dira Jean-Guy Langelier.Le volume de transactions de l’équipe de service de courtage institutionnel a totalisé 59 G$, une hausse de 55 % par rapport à 1996.Cette équipe de spécialistes en gestion de fonds, en arbitrage et en change, est appuyée par des économistes de la Confédération dont les publications sont désormais diffusées par Bloomberg News dans plus de 100 pays.La création du Centre de services internationaux Desjardins (CSID), né du regroupement des services de la FMO et de ceux de la Caisse centrale, témoigne de la synergie déployée par le réseau pour mieux servir les caisses.(Voir reportage, page suivante).Floride : « Nous voulons faire changer notre permis » Jean-Guy Langelier caresse des plans pour la Desjardins Federal Savings Bank (DFSB), située à Flallandale (Floride) et qui possède 7 000 comptes actifs.« Nous voulons faire changer notre permis pour devenir une banque commerciale ; car il faut savoir qu’une Savings Bank & Loan doit détenir 75 % de son actif en prêts hypothécaires et personnels.» Jean-Guy Langelier entretient des projets ambitieux pour une expansion en sol américain.« Depuis qu’un vent de déréglementation souffle aux États-Unis, avec entre autres Yinterstate banking, dit-il, nous n’écartons pas la possibilité de faire des acquisitions aux États-Unis, et même d’ouvrir une succursale de la Caisse centrale Desjardins.Car je crois que nous devons accompagner encore mieux les membres de Desjardins qui font affaire aux États-Unis, un marché naturel pour les Canadiens et les Québécois.» 22 • La Revue Desjardins, numéro 3,1998 Par Pierre Goulet Le Cirque du Soleil n'est qu'un des nombreux clients du Centre de services internationaux Desjardins (CSID) qui ont accès directement à son réseau international de cambistes.C'est que la gamme de services offerts aux entreprises comme aux particuliers est impressionnante.Lettre de crédit, recouvrements internationaux, achat de créance, opération de change à terme, boîte postale, compte en devises étrangères, chèque émis sur une banque américaine, transferts de fonds à l'étranger, marge de crédit en dollars américains, etc., les entreprises québécoises qui font affaire avec Desjardins ont droit à tous les égards.Jusqu’à tout récemment, les membres des caisses - qu’ils soient des particuliers ou des entreprises - ne percevaient pas vraiment Desjardins comme une institution internationale.Avec le regroupement des services internationaux de la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec avec ceux de la Caisse centrale, qui a donné naissance au CSID en janvier 1997, c’est cette perception que Desjardins veut changer.Dans cet esprit, le CSID, en plus d’offrir une gamme vraiment complète d’intermédiation financière à l’étranger, a entrepris, auprès des caisses et des fédérations, une vaste campagne de for- 5000 appels dt caisses par mois Par Pierre Goulet ® ™ ¦ 'wSt mation et d’information.Jacques Landry : « Nos experts-conseils ont de 20 à 25 ans d'expérience en international.» Jacques Landry est vice-président international et responsable du CSID.Il n’entretient aucun complexe face à la concurrence.« Nos experts-conseils ont de 20 à 25 ans d’expérience en international et notre équipe, qui compte 50 permanents et une dizaine de temporaires, possède une solide expertise.» Si les entreprises forment le _______ gros de la clientèle du CSID, ____________ plusieurs particuliers font appel à ses services.C’est le cas de membres des communautés culturelles du Québec.« Ces personnes requièrent nos services pour des achats de billets ou de chèques de voyages ou encore pour des transferts de fonds dans leur pays d origine », précise Lynn Bourbeau, directrice des services internationaux.« Établir d’abord le lien de confiance et la fidélité suivra » Outre sept ressources à Montréal, le CSID exploite un second bureau à Québec qui dessert tout l’est du Québec et le Saguenay— Lac-Saint-Jean.C’est que l’engouement est là, et les caisses comprennent davantage que, si elles veulent attirer la clientèle d’affaires, elles doivent être capables d’accompagner celle-ci partout dans le monde.Le Centre de services internationaux Desjardins a été créé justement pour soutenir les caisses qui le désirent dans l’établissement d’un plan d’affaires pour ce marché cible et pour fournir renseignements et conseils appropriés aux membres commerciaux.« Nous devons être meilleurs que la concurrence, souligne Lynn Bourbeau, car nous travaillons avec des entreprises en croissance, mais qui débutent dans le commerce international.Il faut éviter de les perdre lorsque leur chiffre d’affaires grossit ou parce quelles croient que Desjardins ne peut les soutenir sur les marchés internationaux.Ce qu’il faut, insiste-t-elle, c’est établir d’abord le lien de confiance et la fidélité suivra.» .Lynn Bourbeau : « Nous travaillons avec des entreprises en croissance, mais qui débutent dans le commerce international.» « Si Desjardins est le champion de la petite entreprise, il a du rattrapage à faire auprès des entreprises de 50 employés et plus », note Jacques Landry.Pourtant, en accord avec les caisses concernées, certains membres entreprises, qui requièrent des services de change étranger, transigent directement avec les cambistes de la Caisse centrale.C’est le cas du Cirque du Soleil qui a un chiffre d’affaires de 150 M$ et qui, depuis sa création en 1984, s’est produit dans plus de 120 villes dans le monde.On imagine facilement le jeu compliqué auquel le Cirque du Soleil doit se livrer avec les taux de change des devises étrangères.Formation et information Centre de services mais également centre d’information et de formation, le CSID reçoit 5000 appels par mois en provenance des caisses.Puis il y a l’indispensable formation des ressources du réseau.Pour le seul mois de mars, 103 ressources de caisses et de fédérations ont reçu une formation donnée par le Centre.Parmi ces personnes, 22 étaient des employées du service courant.« C’est important de sensibiliser les employées du service courant, explique Jacques Landry, car ce sont souvent elles qui détecteront en premier les besoins d’un membre en matière de service international.» Bien sûr, le levier principal, c’est, outre le directeur ou la directrice générale de la caisse, son directeur ou sa directrice des services aux entreprises ainsi que tous les conseillers en vente et en crédit.« Ce sont ces personnes qu’il faut mobiliser ! » insiste Jacques Landry.Pas moins de 500 entreprises à solliciter en 1998 Dans le plan que Jacques Landry a mis de l’avant pour cette année, on propose de former et d’informer 300 employés du réseau des caisses et des fédérations, de solliciter 300 entreprises qui ont des activités internationales et 200 autres qui présentent un bon potentiel.Le plan d’action vise également à réduire les dépenses du CSID, en particulier les coûts reliés à son réseau de correspondants étrangers, tout en améliorant les systèmes d’information relatifs aux virements de fonds et aux lettres de crédit.Le CSID est encore jeune.Lorsque les fédérations se seront dotées de centres de services aux entreprises et que les alliances de caisses seront pleinement fonctionnelles un peu partout dans le réseau Desjardins, l’appui du Centre leur sera plus indispensable que jamais, car il est prévu d’intégrer les produits et services internationaux au plan de développement des affaires du réseau coopératif.Des portes creuses qui rapportent plein Econo-Porte fabrique des portes d’intérieur dont la moitié sont vendues en Europe de l’Est, principalement en Pologne et en Russie.Cette PME, qui emploie 42 personnes, est située à Saint-Damien-de-Brandon, à 50 km au nord de Joliette.Son expansion l’a donc amenée à chercher une institution financière capable de l’accompagner outremer.Où l’a-t-elle trouvée ?La porte à côté ! C’est-à-dire à la Caisse populaire de Saint-Damien-de-Brandon.Sage décision puisque, en moins de trois ans, ses ventes ont doublé ! De 2 M$ quelles étaient en 1995, elles sont passées à 4 M$.L’histoire remonte à 1995.Comme la construction résidentielle stagne alors au Québec, la petite usine de Saint-Damien, spécialisée dans la construction de portes creuses, économiques et résistantes, commence à tâter le marché international.La Banque de New York a un compte à la Caisse centrale Desjardins Grâce à sa caisse locale, qui est en lien direct avec le Centre de services internationaux Desjardins, Econo-porte sait d’avance, et rapidement, si ses acheteurs ont de quoi la payer.« Lorsque l’entreprise doit effectuer une livraison à l’étranger, elle nous prévient quelques jours d’avance, dit François Éépine, directeur général de la Caisse populaire de Saint-Damien.Il faut savoir que la plupart des entreprises étrangères font affaire avec la Banque de New York et que celle-ci est en lien avec la Caisse centrale Desjardins, de sorte que nous savons tout de suite si l’argent a été versé au compte d’Econo-Porte.» Pour François Lépine, le dossier Econo-Porte a été en quelque sorte son « école internationale », car une caisse de 18 M$ d’actif a rarement l’occasion de transiger avec des membres qui font affaire à l’étranger.Aussi, Lynn Bourbeau du CSID est-elle venue rencontrer l’entreprise pour expliquer la nature des services que la Caisse centrale pouvait lui offrir, par la Caisse de Saint-Damien.Et de fil en aiguille, la relation de confiance s’est installée.« Ça permet à la caisse de se sécuriser quant aux éventuelles entrées de fonds, de fidéliser notre membre entreprise et de participer à ses succès », précise François Lépine.À l’automne, Econo-Porte prévoit investir le marché chilien et, bien sûr, la Caisse populaire de Saint-Damien, sera du voyage.Façon de parler.La Revue Desjardins, numéros, 1998 • 23 GENS DE DESJARDINS Louis-Georges Gervais Le dernier des propagandiste: La coopération ?Louis-Georges Gervais est tombé dedans quand il était petit ! Né en 1934 dans une ferme de Hérouxville, près de Grand-Mère, il a grandi dans un monde de coopérateurs.« Mon père a été, entre autres, gérant fondateur de la caisse populaire, raconte ce jeune retraité au regard brillant qui est particulièrement fier de ses origines terriennes.Alors, à la maison, les conversations portaient souvent sur la coopération, la solidarité et l'engagement communautaire.» Par Gilles Drouin * ~ n 1960, après ses études en sociologie, c’est donc tout naturellement que Louis-Georges Gervais entre à la Fédération des caisses du Centre du Québec pour entreprendre une carrière de plus de 30 ans au service de la coopération.« Je suis ainsi devenu le premier employé permanent du Mouvement Desjardins à se consacrer entièrement à ce qu’on appelait la propagande.» Il met alors sur pied le service de l’éducation qu’il dirigera pendant onze ans avant d’occuper le poste d’adjoint au directeur général pendant deux ans.Il sera ensuite conseiller à la recherche et au développement à la fédération pendant six ans avant d’accepter le poste de directeur général du Conseil de la coopération du Québec (CCQ) en 1979.Après six années au CCQ, il passe finalement à la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins où il se consacre principalement à la formation coopérative avant de prendre sa « retraite » en 1992.« Ma carrière a consisté à expliquer les valeurs, les principes et le mode de fonctionnement des coopératives », résume Louis-Georges Gervais.Louis-Georges Gervais est donc un témoin de l’histoire récente du Mouvement Desjardins.« Au cours de ces années, je n’ai jamais cessé de croire en la formule coopérative et en particulier à l’importance des dirigeants bénévoles des caisses.» Toutefois, son passage au CCQ aurait pu semer le doute dans son esprit.« Je voulais ouvrir le CCQ à toutes les coopératives et en faire vraiment une organisation de rassemblement.Mais au cours de cette période, le mouvement coopératif a connu une importante crise de solidarité, alimentée par les problèmes de plusieurs organisations coopératives.» Le CCQ a bien failli disparaître.Mais Louis-Georges Gervais en est sorti plus convaincu que jamais.« J’ai pu constater que la formule coopérative s’appliquait à tous les domaines ou presque.Cela a beaucoup contribué à raffermir ma foi.» Donner la parole à ceux qui n'en ont pas Il s’inquiète cependant des changements dans la gestion des coopératives.« Qu’on le veuille ou non, la coopérative vit dans un contexte capitaliste.Elle influence, mais elle est aussi influencée.Il s’est donc implanté dans les coopératives un style de gestion qui s’apparente un peu trop à celui de l’entreprise capitaliste traditionnelle.» Il estime d’ailleurs que la participation du membre à la vie de la caisse est et sera plus difficile.« Il y a une multitude de décisions qui sont conditionnées très étroitement par l’appartenance à un réseau.La caisse locale a de moins en moins d’autonomie.» Dans ce contexte, comment rapprocher la caisse de ses membres ?« Il faudra aller plus loin que l’offre et la vente de services.La caisse devra investir dans l’éducation des gens et dans l’appui à sa communauté.Le développement de la caisse passe obligatoirement par celui de la collectivité.Mais il ne faut pas perdre de vue que la coopération est une formule exigeante qui propose aux gens de se prendre en main.Il y a une certaine utopie à croire que tous les gens vont s’engager dans leur coopérative.Il faut aussi laisser de la place aux autres engagements.» En matière d’engagement, Louis-Georges Gervais prêche d’ailleurs par l’exemple.Pendant huit ans, il a œuvré auprès des détenus du Centre de détention de Québec, une démarche de chrétien avant tout (il est aussi secrétaire de la fabrique et lecteur à l’église).« Je fais de mon mieux pour vivre l’Évangile dans ma vie quotidienne.En prison, j’ai rencontré des êtres humains blessés, pas toujours chanceux dans la vie.Ce ne sont pas des anges, mais j’ai essayé de leur dire que je pouvais les respecter en tant qu’être humain malgré tout.» Il a maintenant réduit ses visites à la prison parce qu’il anime une émission sur le monde carcéral sur les ondes de Radio Galilée, une station MF qui veut être un point de rencontre des valeurs humaines et chrétiennes.« J’ai toujours aimé les causes qui donnent la parole à ceux qui n’en ont pas », ajoute Louis-Georges Gervais.Dirigeant de la Caisse populaire de Charlesbourg, Louis-Georges Gervais partage maintenant son temps entre son travail de consultant en éducation coopérative et ses nombreuses activités de bénévolat.Il participe à la mise sur pied d’une coopérative de services à domicile pour les aînés.« Avec le bénévolat, note-t-il, tu retires souvent plus que ce que tu apportes.Moi, j’y acquiers une meilleure compréhension des êtres humains.» 24 • La Revue Desjardins, numéro 3, 1998 Ghislain DesRosiers ' ,1 .l Asssuranceprêt Desjardins est définitivement le meilleur produit d’assurance crédit au pays.» Recommandé par : Association pour la protection des automobilistes (ÀPA) y Lriüi'ey! ; rm i * Desjardins Lorsque vous contractez tout type de prêt à votre caisse, demandez l’Assurance prêt Desjardins.Elle vous protégera contre les imprévus de la vie et vous évitera de tomber à la renverse devant votre situation financière.En cas de décès ou d’invalidité, l’Assurance prêt Desjardins prendra la relève.wm.Assurance vie Desjardins-Laurentienne www.avdl.com Desjardins pour s'aider soi-même ¦1 POSTE^MAIL Société conadlonno dot pottot / Canada Post Corporation Port payé Postage paid Nbre Blk QUÉBEC 1981 ?d # • 0 Of * * » p ?* * * * Technologies mondiales, couleur locale.Si Von vous disait que des solutions innovatrices sont offertes par une entreprise qui emploie 5 000 Québécois et Québécoises et qui contribue activement à la vie économique du Québec.Que ces solutions allient le savoir-faire d’un partenaire international aux compétences de gens d’ici.Que cette entreprise offre des solutions 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