Découvrir, 1 mars 2004, Mars-avril
#4353 :r J j SIQ I mamji ÉDECINES PARALLELES À L’UNIVERSITÉ K.oi r\ to y, .1 vl.l LA REVUE DE LA RECHERCHE Les défis du VOLUME 25, NUMÉRO 2 | MARS-AVRIL 2004 développement durable Regard biologique sur le suicide /r •/AV.Des natiomatériciux^ans nos iàfssiettés ^llKp Entfe la rue et la prisoii :/v- .'.Il Espioriner les baleines À bas les bogupsJ O /v.' \ y ¦ • t \ J ' • ' ' ; ' X ,• • V / / / ¦ ! u i 1 ES EJ Québec ej o Pédagogie religieuse en mutation 6 La fin du 19e siècle fut le théâtre d'importants progrès dans le secteur de la pédagogie, entre autres dans l'enseignement du catéchisme.Cette époque marqua le début d'une mutation impor-tante dans la conception même de l'enseignement religieux.Les éducateurs, Un groupe de chercheurs de l'Université Laval a décidé de retracer l'historique de cette volonté d'améliorer la formation professionnelle des enseignants du catéchisme.Le projet est co-dirigé par Brigitte Caulier, professeure titulaire d'histoire et codirectrice du Centre interuniversitaire nus avec des responsables de la formation continue au diocèse de Québec, ainsi qu'avec des étudiants de l'époque.Leurs découvertes ?Dès les années 1930, certains pionniers du catéchisme avaient détecté chez les élèves québécois un important recul des connaissances religieuses.^ a ’a c.-, Ft ÈfS g *=î t i V-.—=1 cé H?^ ^ g P £ O > "S qj T3 T3 ^ ^ 3 0 ^ G P Æ Tl *-* D O I ë S c g1! 0.2 HS GG O ^ Z ïï g S ÎJ c* Z Tt X) box; x oCU £ habitués de faire apprendre le catéchisme mot à mot à leurs élèves, devaient dorénavant s'assurer qu'ils « com-prennent» la religion.De plus, il ne suffisait plus d'être mandaté par l'évêque pour enseigner la religion.Il fallait être formé suivant des exigences de plus en plus disciplinaires.d’études québécoises, Nive Voisine, professeur émérite d'histoire et Raymond Brodeur, professeur de théologie.Après avoir fouillé les dépôts d'archives d'institutions religieuses, les chercheurs ont interrogé des professeurs qui ont contribué à la formation des maîtres depuis les années i960.Ils se sont aussi entrete- « Ces intervenants se sont inspirés de grands pédagogues européens pour proposer de nouvelles méthodes d'enseignement du catéchisme, sans pouvoir toutefois changer le contenu du petit livre.En 1961, lorsque le besoin d'une réforme en profondeur du contenu et des méthodes d'enseignement de la religion s'est impo- sé, l'Institut de catéchèse de l'Université Laval a vu le jour.« Ses fondateurs souhaitaient transplanter ici l'expérience des grands instituts de formation européens.Ceux-ci avaient accueilli les futurs cadres de la catéchèse — prêtres, religieux et religieuses, et quelques laïcs prometteurs — qui allaient participer aux grandes réformes scolaires, précise Mme Caulier.La création de l'Institut a coïncidé avec l'ouverture et l'esprit de renouveau de l'Église, et cela a permis aux femmes, qui étaient au début surtout des religieuses, d'accéder à des études universitaires en théologie.» De nouveau, aujourd'hui, l'Église québécoise se trouve devant la nécessité de réinventer la formation des professeurs de religion, car elle ne peut plus s'appuyer sur la structure scolaire qui fut jadis, pour elle, la voie de pénétration auprès des jeunes.De là l'importance de bien comprendre les changements qui ont pris place au cours du siècle dernier.L'Église doit trouver de nouveaux lieux d'enseignement.Elle devra faire face aussi à des effectifs diminués et à la difficulté d'intéresser des enfants dont les familles ne sont plus ni pratiquantes ni engagées dans la communauté chrétienne.ANNIE CHAMPAGNE Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 | SCIENCE Des nanomatériaux dans nos assiettes Nous ne sommes qu'au mois de mars, mais déjà, nombreux sont ceux qui ont renoncé à leur bonne vieille résolution du jour de l'An : manger santé.Il faut dire que les dogmes de la nutrition sont parfois contraignants.Cinq à dix portions de fruits et légumes par jour, trois grands verres de lait pour le calcium, une généreuse portion de poisson riche en oméga-3.sans oublier le verre de vin rouge.« Pour être sûr de prendre la quantité nécessaire, il faudrait manger beaucoup de tout », souligne Muriel Subira-de, professeure agrégée au Département des sciences des aliments et de nutrition de l'Université Laval.Mais dans une société qui roule aussi vite que la nôtre, plusieurs ont du mal à s'arrêter pour prendre trois repas équilibrés par jour.La solution?Extraire des aliments les molécules nutra-ceutiques — les « bonnes » molécules, comme les vitamines, les minéraux, les oméga-3 ou les flavonoïdes — et les ajouter sous forme concentrée à des aliments transformés.«L'industrie alimentaire investit des efforts colossaux pour produire des aliments enrichis», explique la chercheuse, également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les protéines, les biosystèmes et les aliments fonctionnels.«D'immenses progrès ont été réalisés, par exemple pour extraire les molécules nutraceutiques des aliments, mais il reste beaucoup de chemin à faire.» Une fois à l'état pur, les molécules nutraceutiques sont très fragiles.Les étapes de stockage et de chauffage, lors de la préparation des aliments enrichis, par exemple, peuvent facilement les détruire.Elles sont aussi sensibles aux variations de pH.Ainsi, une fois ingérées, elles peuvent rapidement être inactivées avant même de rejoindre la barrière intestinale.Grâce à une subvention du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), la professeure Subirade et son équipe mettent au point des méthodes visant à protéger les molécules nutraceutiques.« Nous travaillons sur des véhicules microscopiques, faits principalement à partir de protéines alimentaires, explique la chercheuse.Ils devraient nous permettre de protéger les molécules nutraceutiques des conditions environnementales et de les conduirejusqu a leurci-ble biologique.» L'équipe travaille sur des véhicules dont la taille ne dépasse pas 100 microns.À cette dimension, ils pourront être intégrés dans les aliments sans en modifier le goût ou la texture.Les chercheurs s'intéressent aussi au développement de nanovéhicules.Encore plus petits, ces derniers pourraient franchir directement la barrière intestinale et se rendre dans les fluides biologiques.Actuellement, l'équipe étudie plusieurs molécules alimentaires, dont les vitamines, les oméga-3 et les flavonoïdes.Elle a toutefois un intérêt particulier pour les molécules anti-oxydantes en raison du rôle préventif quelles pourraient jouer vis-à-vis de certaines pathologies, notamment les maladies neurodégénératives telle que la maladie d'Alzheimer.Dans un premier temps, l'équipe analyse le devenir in vitro des nano- et microvéhicules dans un système digestif artificiel.Les résultats seront ensuite validés in vivo, chez des souris souffrant d'Alzheimer.Ces travaux sont menés par une équipe multidisciplinaire comprenant également le Dr Charles Ramas-samy, spécialiste des neurosciences à l'Université du Québec à Trois-Rivières, le Dr Éric Beyssac, biopharma- cien à l'Université d'Auvergne, et le Dr Paul Angers, chimiste alimentaire à l'Université Laval.Si les espoirs de la professeure Subirade se concrétisent, nous pourrions trouver bientôt sur les tablettes des épiceries des jus enrichis ayant des effets particuliers sur la santé.Peut-être même des gâteaux santé.Dira-t-on enfin adieu aux résolutions du 31 décembre ?DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Microparticules de protéines en présence de rétinol Protéines du lactosérum Rétinol Protéines >i \ | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 SOURCE : CENTRE DE RECHERCHE STELA, INSTITUT INAF/STELA Priorité santé L'école, le lieu de travail, le voisinage et même le domicile familial influencent votre santé.Entre autres, la présence de substances irritantes peut causer des allergies et de l'asthme.Les secteurs public, privé et communautaire tentent bien d'améliorer la qualité de ces milieux, mais les résultats ne sont pas toujours optimaux.« Le domaine de la santé publique et de la santé des populations souffre d'un investi 14 millions de dollars dans la création de sept Centres de développement de recherche au Canada.«Ces environnements de recherche multidisciplinaire permettront aux divers participants de travailler ensemble pour développer de meilleures politiques et de nouveaux programmes d'intervention en matière de santé publique et des populations», explique Mme Di Ruggiero.giede l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal réalise des recherches cliniques et épidémiologiques dans le domaine de l'asthme professionnel depuis 20 ans, révèle Jean-Luc Malo, responsable du Centre.Cependant, les résultats de ces recherches n'ont pas suffisamment profité aux intervenants du domaine de la santé publique et, par conséquent, aux Canadiens souffrant d'asthme.» Les scientifiques Asthme professionnel avec période de latence STADES Rhinoconjonctivite Début d’inflammation bronchique début d’exposition I sensibilisation FACTEURS asthme au travail T i fin ou diminution guérison ou de l’exposition persistance i de l’hôte : agent : niveau durée de l’exposition ; traitement génétiques, nature, d’excitabilité sévérité de l’asthme anti- allergie, hyper- concentra- bronchique au moment inflammatoire, excitabilité tion, durée du diagnostic compensation bronchique, de l'exposition, et tabagisme, autres impact psychosociaux infections psychoéconomico virales, polluants, social tabagisme EXPERTISE Type de recherche : de base, psychosocial, environnemental, épidémiologique, clinique, R-D, évaluative manque de subventions destinées aux partenariats et au transfert de connaissances entre chercheurs et utilisateurs de la recherche », révèle Erica Di Ruggiero, directrice adjointe de l'Institut de la santé publique et des populations (ISPP), un des treize Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).Pour remédier à cette situation, l'ISPP et ses partenaires ont récemment Ainsi, des chercheurs du Service de pneumologie de l'Hôpital du Sacré-Cœur, de l'Université de Montréal et de l'Université McGill ont créé le centre multidisciplinaire Asthma in the Workplace / Asthme et travail, qui réunit des cliniciens, épidémiologistes, psychologues, immunologistes, économistes et évaluateurs de programmes de santé.« Le Service de pneumolo- du nouveau centre entendent collaborer avec les commissions de la santé et de la sécurité du travail du Québec et des provinces atlantiques, la Direction de la santé publique du Québec et l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) pour examiner les multiples facettes de l'asthme au travail.«Dans certains milieux, on retrouve des sub- stances qui, lorsque inhalées à de fortes concentrations, peuvent déclencher l'asthme dit professionnel ou exacerber un asthme préexistant, affirme Jean-Luc Malo.Au moins 10 p.100 des asthmatiques rapportent que leurs symptômes d'asthme augmentent au travail.» Le Dr Malo et son équipe ont donc entrepris de suivre des cohortes d'apprentis et de travailleurs évoluant dans des milieux à risques, ainsi que des sujets atteints d'asthme professionnel.« Nous voulons comprendre comment se développe la maladie», note le médecin et chercheur en pneumologie.Quels sont les facteurs personnels ou extérieurs — nature de l'agent, influence de facteurs polluants et allergiques.— qui accroissent le risque de développer cette condition ?Quelles sont les conséquences à long terme de l'asthme, une fois que le travailleur n'est plus exposé à la substance irritante?Parallèlement, les scientifiques espèrent mieux quantifier les agents nocifs en milieu de travail et améliorer les méthodes pour diagnostiquer l'asthme professionnel.Les résultats de ces études permettront notamment aux agences responsables de la santé publique et de la santé au travail de proposer une surveillance plus efficace des milieux à risque et d'offrir de meilleurs programmes de réadaptation aux travailleurs affectés.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 Quand l'union «informatique» fait la force Sans équipements informatiques uitraperformants, les scientifiques ne peuvent plus faire grand-chose de nos jours.C'est pourquoi le futur bâtiment de la Faculté de génie et d'informatique de l'Université Concordia abritera une unité de recherche interdisciplinaire entièrement dédiée aux applications des technologies de l'information.Grâce à une subvention de la Fondation canadienne pour l'innovation, cette infrastructure contiendra l'ordinateur le plus performant en ville, un 64-CPU Origin 2000 de Silicon Graphics, ainsi que de nombreux équipements de visualisation et d'immersion en réalité virtuelle.Elle devait être opérationnelle en 2005.Les membres des neuf laboratoires qui utiliseront les équipements de cette unité centrale appartiennent à des disciplines variées : l'environnement, la reconnaissance des formes, la dynamique des fluides, l'imagerie numérique, la construction, la production automatisée, le calcul en temps réel, l'étude des systèmes dynamiques et la fabrication de structures composites de haute performance.«Ce regroupement nous incitera à tous travailler ensemble, pense Osama Moselhi, instigateur du projet et directeur du Département de génie du bâtiment, génie civil et génie environnemental.Il nous permettra également de proposer à l'industrie des collaborations à grande échelle.» Osama Moselhi a recours, par exemple, aux nouvelles technologies d'imagerie et d'optimisation pour l'organisation de gros chantiers de construction : choix des équipements adéquats et de l'emplacement du matériel, gestion des opérations, etc.En collaboration avec S.Alkass et M.Al Hussein, il a notamment mis au point, pour la plus grosse compagnie de grues au Québec, Guy inc., un logiciel de modélisation 3D et de simulation de tous les types de grues de l'entreprise.Cette modélisation, réalisée avec AutoCAD, peut ensuite être intégrée à celle du chantier.Il ne reste plus alors qu'à faire fonctionner virtuellement une grue pour voir les problèmes possibles.et décider de changer de modèle au besoin.« Qu'il s'agisse d'édifier un barrage, une aluminerie ou tout autre bâtiment industriel, explique le chercheur, la modélisation et la simulation des opérations sont des outils merveilleux pour évaluer la constructabilité du projet.» Une autre réalisation d'Osa-ma Moselhi et de son équipe consiste en un système de diagnostic intelligent des bris dans les égouts.D'abord, un robot scanne la paroi intérieure de l'égout avant de transmettre l'information à un sys- tème expert.À l'aide d'une base de données et d'algorithmes utilisant un réseau de neurones, le système détermine ensuite le type de réparation à effectuer.Testée à Edmonton, cette technologie a été conçue en utilisant une section très importante du réseau d'égouts de la ville de Hamilton, près de Toronto.Des pourparlers sont en cours avec la Ville de Montréal.Et l'avenir?La nouvelle installation de la Faculté de génie et d'informatique de l'Université Concordia devrait permettre à de nombreux projets de se réaliser, comme celui du tissage assisté par ordinateur — un tissage d'environ 1000 fibres à la fois — pour obtenir un matériau composite aux propriétés exceptionnelles.Pour sa part, Osama Moselhi a l'intention de concevoir un simulateur virtuel du transport terrestre, à grande échelle, des marchandises sur les chantiers miniers et forestiers.Quels sont les véhicules nécessaires?Par où doit-on les faire passer?Voilà le type d'éléments que le simulateur permettrait de contrôler pour optimiser les opérations.Mais ce n'est là qu'un projet parmi tant d'autres.Tous et toutes attendent que la future installation, celle qui leur ouvrira véritablement les portes du monde virtuel, soit bien réelle ! SOPHIE MALAVOY Découvrir remercie la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Représentation tridimensionnelle du talus.Représentation de la topographie du terrain et des strates sous-jacentes.| DÉCOUVRIR 1 MARS-AVRIL 2004 Ville de Québec (1850-1950): les bébés meurent comme des mouches! Une enquête en cours dresse un portrait effarant de la situation de l'enfance dans la Vieille Capitale entre 1850 et 1950.Des taux de mortalité très élevés, que l'on a du mal à expliquer.En 1914, un quart des bébés de moins de un an (240 pounooo) rendaient l'âme à Québec.Un taux anormal si on le compare à celui de Montréal (196) ou de Calgary (103), voire de Londres (103) et Amsterdam (64) ! « Ce sont des différences tellement significatives que nous avons été très étonnés», explique André Turmel, professeur de sociologie à l'Université Laval.Il faut préciser que l'équipe du Centre interuniversitaire d'études québécoises s'attaque à un pan inexploré de notre histoire : aucune recherche d'envergure n'a été effectuée sur la situation de l'enfance à Québec à cette époque.L'en- II quête amorcée à l'été 2002 se poursuivra pendant plusieurs années.Pour l'instant, on avance plusieurs hypothèses, notamment celles de l'origine ethnique et la religion.L'histoire, par exemple, nous a appris qu'on meurt généralement plus chez les Canadiens français catholiques que chez les anglophones protestants de bonne famille.Le requin bouleverse l'arbre généalogique (ASP)-Le fossile du plus ancien requin, Doliodus problemati-cus, a 409 millions d'années, soit 15 millions d'années de plus que le détenteur du précédent record.Trouvé en 1997 au Nouveau-Brunswick, il a été étudié par les chercheurs du Musée du Nouveau-Brunswick à St-John et de l'Université du Québec à Rimouski.Le fait que ce fossile soit plus ancien que les autres nous oblige à considérer autrement la relation entre les anciens requins et les autres poissons primitifs.Mais cette explication ne suffit pas : la population de Québec n'a pas toujours été aussi catholique et francophone.Jusqu'à la Confédération, c'est plutôt une majorité anglophone qui occupait le cap Diamant.Autre incongruité : à classe sociale égale, moins de bébés meurent chez les Irlandais que chez les Canadiens français, pourtant deux peuples catholiques.Fait incontournable : un milieu de vie qui, en ce qui a trait à l'hygiène, évoque les ruelles de New Delhi.Beaucoup de bébés sont probablement morts des suites d'une contamination bactériologique, telle celle à f.Co//.Les rapports de l'époque décrivent des conditions d'hygiène dangereuses pour la santé publique.Abattoirs et manufactures sont en exploitation à proximité des habitations.Le fumier est partout, jusque dans les cours arrière des habitations.Comme il n'y a aucun ramassage public des ordures, on porte « le surplus » jusqu'à la rivière Saint-Charles, un kilomètre en aval de la prise d'eau de la ville.Vous avez dit contamination ?La situation de la basse-ville de Québec était-elle pire que celle d'autres quartiers pauvres, tel Saint-Henri, à Montréal, expliquant du même coup la différence entre les taux de mortalité?Trop tôt pour le dire.Chose certaine, Québec bénéficiait d'un budget d'hygiène publique inférieur à celui de Montréal et d'autres villes, soit un maigre looo $ par année.Les chercheurs explorent aussi la piste des orphelinats, où l'on n'accueillait pas que des orphelins.«À l'époque, précise AndréTurmel, il s'agissait d'un carrefour qui contribuait à la circulation des enfants.» Et des maladies ?Une autre question à laquelle les chercheurs auront à répondre.JULIE CALVÉ Agence Science-Presse PHOTO : ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC/PHOTOGRAPHE INCONNU/FONDS FAMILLE JUSTINE LACOSTE BEAUBIEN Cbaiies Darwin SCIENCE Saut évolutif en génomique comparative Le séquençage du génome humain est pour ainsi dire achevé Son décryptage, lui, ne fait que commencer.Cette tâche énorme constitue l'une des pierres angulaires de l'immense chantier ouvert par la génomique.Globalement, l'objectif est d'identifier les gènes, de comprendre de quelles façons ils s'expriment dans les cellules, de découvrir leurs fonctions et de savoir à quels types d'interactions sont soumis tous ces mécanismes.Pour résoudre les nombreux problèmes, les chercheurs utilisent plusieurs méthodes qui, toutes, contribuent à l'élucidation progressive des « règles de grammaire» génétiques.L'une d'elles repose sur la génomique comparative.Les chercheurs de cette discipline tentent littéralement de dessiner l'arbre généalogique qui retrace les liens de parenté de toutes les espèces vivantes, « l'arbre phylogénétique ».Hervé Philippe, de l'Université de Montréal, est chercheur responsable au Centre Robert-Cédergren de bio-informatique comparative et intégrative, financé par Génome Québec.Il nous explique que pour identifier les gènes du génome humain, il ne suffit pas de le comparer avec lui-même, il faut aussi le comparer à d'autres génomes.« Nous tentons d'utiliser au maximum l'information génomique pour mieux inférer l'évolution des espèces sur l'arbre phylogénétique et, en retour, contraindre cet arbre quand vient le moment de nous intéresser à un gène particulier.Bref, on transfère l'information évolutive du géno- ou la souris.Maintenant, nous nous attaquons au génome de l'ornithorynque, du kangourou, du tatou et même de c G G C G c___c_ C G C C G G G C G C C TftS/CCtMV.,-!(> A MtfUÏ lÙASfJ*: ¦ T 11 GQhflS I LYFS ftlL-L-1- “FIL-L-L FI-L-L FI-L-L FI-U-S—T FI-U-S—T FI-U-S- ¦mTvr 'Fvm1 I -UT -VQ GLflF -VQ GLflF I -UT L-flflN-MI- L-flflN-MI -AI I L-UftN L-UflN- L-UG —TF -C I Ufl I-Ufl FQ H—C- fl-AS- I —AN- I N~C -A — FQ IN-C FI L— -U—U I-UA-I I-UA I—C -U—U I -U A U-UA U-UA -tl-F FIT — I-UA I—C UA-M— IA — IA- IA- L-UA L-UA- I-UA « La figure retrace schématiquement notre travail.On commence avec le séquençage de l’ADN (image du haut).Puis on compare les séquences protéiques correspondantes séquencées chez plusieurs espèces (alignement de séquences homologues, image du milieu).On infère les relations de parenté (la phylogéenie, image du bas à gauche).Enfin, l’analyse combinée de l’alignement et de la phylogénie permet de prédire les positions importantes dans une protéine, qui sont indiquées sur la structure tridimensionnelle (image du bas à droite).» — Hervé Philippe me sur un gène afin de mieux comprendre son évolution fonctionnelle.» Et il ajoute, citant Theodosius Dobzhansky (1900-1975): «En biologie, rien n'a de sens si ne n'est à la lumière de l'évolution.» La course est lancée.Nous connaissons déjà les génomes de plusieurs animaux comme le chien, le chimpanzé, le rat l'éléphant, des animaux qui occupent des positions particulières dans l'arbre phylogénétique.C'est une approche, parmi d'autres, qui permet de remonter aux séquences ancestrales de gènes qui, par exemple, sont propres aux mammifères.Mais dessiner un arbre phylogénétique, même provisoi- re, n'est pas une mince affaire.Prenons l'exemple des jeux de données de 40 espèces dont on compare 130 gènes qui occupent 25 000 positions sur le génome.Mathématiquement, il existe 1073 arbres possibles.« Comme on le voit, fait remarquer Hervé Philippe, l'analyse directe de tous les arbres possibles est carrément impossible.Il faudrait mobili-sertoutes les ressources informatiques de la planète durant des milliards de milliards de milliards de milliards de fois l'âge actuel de l'univers ! » On ne peut laisser les ordinateurs travailler sans direction, par conséquent.Pour limiter les temps de calcul, il faut axer leurs efforts de manière à privilégier certaines avenues plutôt que d'autres.Voilà un travail très complexe, pour lequel Hervé Philippe tente d'améliorer les procédures d'analyse.Afin d'y parvenir, il compte sur les compétences des producteurs de données et sur celles des bioinformaticiens.« Notre travail, pour une bonne part, consiste à renforcer la recherche fondamentale en recrutant les ressources disséminées au sein des différentes universités québécoises, bref, a créer une synergie entre les compétences des chercheurs en bioinformatique.» Bien sûr, dans le détail, l'arbre phylogénétique reste encore assez flou, mais sa silhouette générale se précise de jour en jour.C'est Darwin qui serait content.FRANÇOIS GRENIER Découvrir remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.11 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004— Entre la rue et la prison Deux heures du matin, rue Sainte-Catherine.Jacques vit dans la rue depuis cinq ans.Maniaco-dépressif et toxicomane, il n'a rien mangé depuis deux jours.En désespoir de cause, il entre se rassasier dans un casse-croûte et refuse de payer.Les policiers arrivent et tentent de l'arrêter.Jacques proteste, se défend, bousculant un agent au passage.Sa nuit se terminera dans unecellule.Jacques ne le sait pas encore, mais sa vie vient de prendre un nouveau virage.Il n'est plus un simple itinérant, il est maintenant un criminel.L'histoire est fictive, mais elle représente bien le drame des nombreux sans-abri qui bifurquent de la rue à la prison, une problématique étudiée par le Collectif de recherche sur l'itinérance, la pauvreté et l'exclusion sociale (CRI), à l'UQAM.« Les itinérants sont beaucoup plus vulnérables que d'autres citoyens devant le système pénal, explique Pierre Landreville, directeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal et membre du CRI.Ils ont moins de chance d'être libérés avant leur comparution en cour et ils risquent d'être détenus plus longtemps.» Comment s'as-surerque l'accusé, qui ne possède ni adresse ni avocat, se présentera à la date de son procès?Quelle sentence imposer pour un petit délit, sinon la détention, à une personne inapte aux travaux communautaires et qui ne peut payer ses amendes?Comment accorder une libération conditionnelle à un dé-tenuqui n'a jamais dedomici-le fixe?Mille et une raisons expliquent pourquoi les sans-abri se retrouvent souvent derrière les barreaux et pour plus longtemps que les autres prisonniers.Les recherches de Pierre Landreville et de ses collègues montrent que les interventions pénales ne font souvent qu'aggraver la situation, en marginalisant davantage les sans-abri et en limitant leurs chances de réinsertion sociale.« C'est beaucoup plus difficile de se trouver un emploi quand on a un dossier criminel pour vol ou voie de fait, explique le chercheur.Tout le contexte d'itinérance disparaît, mais le crime demeure.» Une condamnation pour vol peut ainsi collerà la peau d'un indi- vidu pendant des années, mais quelqu'un qui a déjà volé pour manger représente-t-il vraiment un danger pour la société ?Notre système social est très mal équipé pour répondre aux besoins des marginaux et des exclus.Dans la foulée des compressions budgétaires et de la non-institutionnalisation des patients psychiatrisés, les ressources se font rares et la prison devient un relais pour •.ÆïgSCgjSi DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 la prise en charge des personnes qui ont un problème de toxicomanie et de santé mentale.« Plusieurs services médi-copsychiatriques ne sont pas accessibles aux gens qui ont un dossier de délinquance, explique Pierre Landreville.La prison devient souvent le seul endroit où l'on puisse prendre en charge cette clientèle.» Depuis plus de 10 ans, les travaux de recherche du CRI ont permis de mieux comprendre l'impact de la criminalisation de l'itinérance.Grâce à une subvention du CRSH, Pierre Landreville travaille maintenant avec Mario Poirier, de la Télé-Université, sur un projet visant à mieux comprendre le quotidien des itinérants et leur rapport trouble avec l'argent.Étudier l'itinérance, c'est aussi porter un regard sur notre tolérance sociale face aux démunis.«Depuis une dizaine d'années, on commence à percevoir les itinérants comme des personnes non pas à risque, mais qui présentent des risques pour autrui », s'inquiète Pierre Landreville.Transmission du VIH, risque de criminalité, le chercheur soutient que ce n'est plus la personne itinérante qui nous importe, mais le danger qu'elle représente pour la sécurité sociale.Nos priorités auraient-elles changé ?MARIANNE BOIRE Découvrir remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte. Sécurité et mondialisation La fin de la guerre froide a remis en question le rôle des institutions civiles et militaires telles l'ONU, la Banque mondiale ou les forces armées, et cela partout dans le monde.Elle a donné lieu à d'interminables débats sur les questions de sécurité.En effet, après le communisme ou l'opposition idéologique entre les grandes puissances, les actes barbares de terrorisme exercés contre les États-Unis, la Russie ou la Chine constituent la nouvelle menace qui pèse sur les États de la planète.Une réalité encore plus inquiétante depuis les événements du 11 septembre 2001, qui ont forcé les gouvernements à réévaluer leurs façons de coordonner la lutte au terrorisme.La mondialisation demande par ailleurs aux pays de re- définir leurs intérêts internationaux, ainsi que les principes de base de leur coopération économique et politique avec leurs partenaires.Le Canada, notamment, doit revoir ses politiques étrangères, ses relations avec les États-Unis .j "-m ' ¦ -JP S'-K tigpi I Plusieurs des défis auxquels nous faisons face en ce XXIe siècle sont d'ordre social, politique, économique et culturel.Les chercheurs en sciences sociales et humaines, en arts et en lettres s'intéressent justement à des défis comme ceux-là.Leurs travaux nous aident à mieux comprendre les enjeux de société et à orienter nos décisions et nos actions pour assurer notre PROSPÉRITÉ et notre améliorer notre SANTÉ et notre bien-être renforcer notre IDENTITÉ et construire une véritable société du DES RECHERCHES POUR : mieux comprendre l'environnement économique • aider à concilier le travail et la famille • favoriser le développement des régions • améliorer la gestion des services publics • favoriser la croissance de l'économie gérer efficacement nos entreprises et nos organisations • développer les ressources humaines • etc.Fonds de recherche sur la société et la culture QuébecSb www.fqrsc.gouv.qc.ca assurer la protection des populations et des biens • protéger l’environnement et intervenir en cas de désastre • comprendre le monde dans lequel nous vivons • etc.améliorer la santé et les services sociaux optimiser les ressources investies dans le réseau mieux comprendre et intervenir en santé psychosociale répondre aux nouveaux défis posés par la bioéthique, l'euthanasie et les biotechnologies # etc créer, imaginer, explorer et s'identifier se comprendre et s’exprimer susciter de nouvelles formes de créativité préserver et développer le patrimoine aider les enfants dans leur apprentissage • contribuer à l'intégration des technologies dans l’enseignement • soutenir le travail des enseignants • améliorer les pratiques d’éducation des adultes • etc.DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 et son rôle dans la nouvelle économie.Ce sont là des préoccupations au cœur des activités de la Chaire de recherche du Canada en relations internationales, associée à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).« Nous tentons entre autres de déterminer jusqu'où doit aller la coopération entre les forces militaires canadiennes et américaines, en partie pour que le Canada garde une certaine crédibilité auprès des autorités européennes et japonaises, notamment, qui le trouvent trop près des États-Unis», explique Albert Le-gault, titulaire de la Chaire.Le Canada doit déterminer ce qu'il veut défendre, avec quels moyens, contre qui et quoi.Ce spécialiste des études stratégiques et son équipe analysent également l'impact de la mondialisation surleCanada.Celle-ci agit-elle comme un obstacle ou comme un catalyseur dans les tentatives du pays de se démarquer de son voisin du sud ?Quelles sont les politiques étrangères à privilégier?Les questions énergétiques intéressent particulièrement Albert Legault : «J'essaie de voir si les modèles de politique étrangère s'appliquent aussi aux questions énergétiques.La politique étrangère mène-t-elle les intérêts économiques ou les intérêts économiques commandent-ils plutôt la politi- que étrangère ?» Pour répondre à cette question, le chercheur étudie la relation « énergétique» entre le Canada et les États-Unis, particulièrement en ce qui a trait au gaz et au pétrole : qui importe, qui exporte, qui produit et qui consomme le plus, etc.« Nous pensons ensuite inclure le Mexique dans l'étude, puis l'hémisphère nord occidental, afin de mieux comprendre les enjeux énergétiques dans un contexte de mondialisation », ajoute-t-il.Ce projet fait suite à une recherche sur letriangle Russie - Chine - États-Unis qui décrit les investissements, la capacité de production, le degré de dépendance et la position des trois grandes puissances dans le domaine de l'énergie.Un livre sur le sujet a d'ailleurs fait son entrée dans les librairies à la fin janvier.Entre autres préoccupations, les chercheurs de la Chaire s'attardent également au rôle des institutions internationales dans le règlement des conflits et la lutte antiterroriste.« Les résultats de nos études devraient guider les dirigeants politiques dans leurs décisions en matière de politiques étrangères, de sécurité nationale ou d'économie», espère Albert Legault, qui a récemment présenté une liste des préalables stratégiques et tactiques nécessaires à la résolution des différends internationaux.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Chaires de recherche du Canada pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.Enseignement et su Laboratoire Lorit.Lorsqu'un étudiant effectue une recherche dans Internet sur l'architecture médiévale, par exemple, il doit souvent consulter une longue liste de sites pourtrouvercequi l'intéresse.Sa tâche sera bientôt simplifiée, car Internet évolue et devient plus intelligent.Ainsi, l'information électronique est de plus en plus souvent représentée par des mé-tadonnées, soit un ensemble de renseignements techniques et descriptifs ajoutés aux documents pour mieux les qualifier.Ces superdonnées facilitent notamment la recherche, le partage et l'échange d'information, car elles décrivent le contenu des documents et les relations entre les fichiers d'un site, classent les renseignements selon un public cible et référencent plus précisément un site ou une page internet.Un peu comme dans une bibliothèque, dont le catalogue contient un ensemble de mé-tadonnées associées aux différents documents : auteur, titre, date de publication, sujet, numéro sur l'étagère.Les métadonnées permettent à l'usager de se faire une idée sur un livre sans devoir le consulter et, ultimement, de le localiser rapidement.Par exemple, un étudiant pourra effectuer une recherche plus ciblée dans Internet afin de trouver tous les documents et vidéos traitant de son sujet.Mais encore faut-il développer des systèmes et des logiciels capables de mobiliser les ressources Internet à partir des métadonnées.Gilbert Paquette est le fondateur du Laboratoire d'informatique cognitive et d'environnements de formation (LICEF) de la Télé-Université.« Le téléapprentissage, soutient-il, est devenu une priorité pour les gouvernements, les entreprises et les établissements d'enseignement qui veulent accroître la formation et le soutien au travail, et ainsi relever les défis de la nouvelle économie du savoir.» C'est dans ce contexte que le Conseil de re- DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 ï/oir électroniques 10:27:18 a WCM ISONV i i t r,t La science en ACTION pour un monde en ÉVOLUTION m \ La recherche pour éclairer les choix de société cherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) a accordé une subvention de 7,5 millions de dollars à la Télé-Université pour la création du réseau de recherche LORNET, un regroupement d'une centaine de chercheurs de six universités canadiennes1 qui travaillent à mettre au point la technologie nécessaire pour créer des programmes de formation efficaces et interactifs dans Internet.S'articule autour de la création du système TELOS, un générateur de portails qui permettra de repérer les ressources informatiques dans Internet au moyen d'un moteur de recherche, de les exploiter, de les assembler pour créer des environnements d'apprentissage accessibles à plusieurs utilisateurs.Mais avant que cette prochaine génération de systèmes de formation en réseau ne voie le jour, les chercheurs doivent résoudre plusieurs problèmes techniques, dont celui de pouvoir exploiter les métadonnées des différents sites Internet dans le monde.« Car si la description par métadonnées devient pratique courante, elle suit des normes hétérogènes selon les organisations», précise Gilbert Raquette, aussi directeur scientifique de LORNET.Ainsi, les chercheurs travaillent pour que TELOS puisse mobiliser les ressources Internet en éliminant les problèmes techniques liés à la recherche et à l'utilisation intelligente de l'information, et ce, peu importe le serveur et les logiciels utilisés.Gilbert Raquette entrevoit livrer un premier prototype pour la fin de l'année 2004.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.1 Télé-Université, University of Waterloo, Simon Fraser University, University of Saskatchewan, Université d'Ottawa, École polytechnique de Montréal.Le centre Urbanisation, Culture et Société de l'Institut national de la recherche scientifique joue un rôle de premier plan dans le développement des connaissances sur les villes, les populations, la culture et la société.Force vive du savoir, il approfondit plusieurs questionnements au cœur des choix collectifs.Des thèmes de recherche :: Villes et régions :: Populations et liens sociaux :: Culture, science et nouvelle économie Des savoir-faire :: Analyse quantitative et qualitative :: Veille scientifique :: Évaluation des politiques :: Valorisation des résultats de recherche Des programmes d'études :: Maîtrise et doctorat en études urbaines, en collaboration avec l'UQAM :: Maîtrise et doctorat en démographie, en collaboration avec l'Université de Montréal Des connaissances accessibles à tous : www.inrs-ucs.uquebec.ca Université du Québec Institut national de la recherche scientifique www.inrs.uquebec.ca DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 Consommer.avec plaisir Auparavant, le marketing consistait principalement à trouver un moyen de disséminer un inventaire de produits à travers les bons canaux de distribution, au bon prix et avec la bonne publicité.Toutefois, en passant d'une économie de manufacture à une économie de service, le commerce a cessé d'être strictement centré sur un produit manufacturé en usine.Les économistes parlent maintenant d'une économie «d'expérience».Cette dernière se base sur une stratégie de marketing consistant à promettre au consommateur de lui faire vivre une expérience concrète et agréable avec la compagnie.Il peut vivre cette expérience, que l'on qualifie alors d'hédonique, lorsqu'il achète, possède ou utilise les biens ou services proposés, voire quand il s'en débarrasse.Les chercheurs en marketing et management s'intéres- sent de plus en plus à « l'ingénierie » des expériences hédoniques de consommation.On observe en fait le design et la sommateurs.Autrement dit, on tente de déterminer par quel mécanisme une marque de crème glacée telle Ben & rer le vrai goût de la crème des laiteries du Vermont.L'émergence d'Internet a grandement secoué le milieu Établissement d’un lien entre des paramètres objectifs et des expériences hédoniques P.ex., musiques, rythme, mode, A etc.Plaisirs différenciés Émotionnels Esthétiques Sensoriels Physiques P.ex., couleur, teinte, chroma, valeur Intellectuels Réalisations Sociaux Intensité des plaisirs Paramètres objectifs Propriétés perspectives Réactions affectives U 3 O gestion des produits et services offerts par les compagnies qui visent à générer des plaisirs spécifiques chez leurs con- Jerry, par exemple, arrive à convaincre le consommateur que ce produit lui procure l'agréable sensation de savou- de la vente de produits et services.C'est d'ailleurs afin d'approfondir la compréhension des expériences hédoni- 16 Géométrie pour cardiologues Philippe Pibarot réalise probablement son rêve : sauver des vies grâce à son travail.Ce chercheur en cardiologie, en étudiant les décès consécutifs aux 1200 opérations de remplacement de valves cardiaques à l'Hôpital Laval de Québec, a découvert une cause importante : la taille des prothèses ! D'autres facteurs responsables de mortalité postopératoire sont pourtant bien documentés : la formation de cail- Valve cardiaque.1 ^ lots, par exemple, entraînant des obstructions des vaisseaux sanguins.Mais la dimension des valves artificielles n'avait jamais attiré l'attention (une seule étude scientifique en 20 ans).Seul le diamètre extérieur avait une importance, disait-on : l'instrument implanté doit bien s'ajuster à l'intérieur du conduit aortique.Sur 100 000 opérations valvulaires par année en Amérique du Nord, le taux de J~~DÉCOUVRIR I MARS-AVRIL 2004' mortalité est de 4 à 5 p.100.En fait, les fabricants ne s'étaient jamais intéressés à la surface disponible pour le passage du sang.La valve aortique est un clapet entre le ventricule gauche, soit la pompe cardiaque, et l'aorte, qui distribue le sang dans la presque totalité du corps.Une grande quantité de sang doit donc passer par cet endroit à chaque contraction et l'équipe de M.Pibarot a estimé qu'environ 40 p.100 des patients décédés après SCIENCE ques de consommation, pour ensuite appliquer ces connaissances au commerce virtuel, qu'un important projet de recherche, subventionné par le FQRCS, a été mis sur pied.Le projet est dirigé par Laurette Dubé, professeure de psychologie du consommateur au Département des sciences administratives de l'Université McGill, qui travaille avec une équipe de chercheurs de l'Université McGill (Ashesh Mukherjee et Demetrios Varkatsas) et de l'École de gestion John Mol-son de l'Université Concordia (Jordan LeBel et Ammana Joy).L'équipe a sélectionné une centaine de sites Web associés à différentes marques qui offrent une variété intéressante de positionnements.Les marques choisies proposent notamment des plaisirs sensoriels, esthétiques, sociaux ou plus « intellectuels ».On a exa- une opération valvulaire présentaient une « disproportion patient-prothèse (DPR) ».Parce que leurs valves sont trop petites, elles ne laissent pas passer assez de sang et des problèmes cardiaques funestes en résultent.« La situation est similaire dans les autres hôpitaux du continent », souligne Philippe Pibarot.Des chercheurs de la prestigieuse clinique Mayo aux États-Unis abondent dans ce sens.Leurs données, qui miné puis noté chacun de ces sites selon des paramètres différents tels la couleur de fond, le design, la sélection musicale, etc.Les mêmes sites ont par la suite été visités par environ 200 personnes qui ont décrit la nature hédonique de leur expérience et leur appréciation du site.De cette façon, l'équipe sera en mesure de déterminer quelle est la combinaison de paramètres virtuels la plus susceptible de procurer au consommateur un plaisir donné.Les analyses permettront aussi de tester l'hypothèse selon laquelle la capacité d'un site Web de créer le même type d'expérience hédonique de consommation contribuerait à satisfaire le consommateur et à affecter favorablement son comportement de consommation.En d'autres mots, il sera possible d'établir la séquence entre les objectifs du manufacturier et les perceptions, émotions et sensations qu'il induit chez le client, mais surtout, de vérifier s'il crée l'impact voulu sur le marche visé.Le programme de recherche comprend enfin des études ethnographiques et des expériences de laboratoire qui visent à isoler et à observer quelques-uns des paramètres d'un site Web comme le fond musical, la couleur, les images, etc.Le but est ici de déterminer par quels mécanismes chacun de ces paramètres peut influencer le plaisir communiqué par la marque et par le fait même, le comportement du consommateur.ANNIE CHAMPAGNE Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FORSC) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Cellules reprogrammées (ASP) - Lorsqu'un envahisseur pénètre dans notre corps, il est rapidement attaqué par notre système immunitaire.Mais quel agent active ainsi nos cellules tueuses?Pourrait-on y avoir recours pouréliminerdes cellules-cancéreuses?Des chercheurs du Québec et du Maryland croient que oui.Ils ont exposé leurs observations cet automne dans la revue britannique Nature : selon Michel Desjardins, de l'Université de Montréal, les phagosomes, ces cellules chargées de « présenter» aux cellules tueuses, ou leucocytes, un fragment de l'agent pathogène, pourraient être en théorie reprogrammées pour présenter comme «ennemi» une cellule cancéreuse.www.sciencepresse.qc.ca/ archives/quebec/ca pquel003f.html seront publiées sous peu, montrent qu'une DPP affecte aussi la survie à long terme : io ans après l'opération, les patients avec DPP survivent à 32 p.100, et cette proportion augmente à 57 p.100 pour les patients sans disproportion valvulaire.Les solutions ?« D'abord, les chirurgiens cardiaques doivent prendre conscience du problème.» Ensuite, chaque manufacturier produit des prothèses valvulaires aux dimensions H très variables : à un certain diamètre externe ne correspond pas une surface interne précise.Il faut donc que l'équipe chirurgicale sache choisir la bonne valve en fonction de chaque patient.Le Dr Pibarot et ses collègues proposent un algorithme simple pour s'as- Épreuve d'effort sur bicyclette stationnaire.On effectue en parallèlle des mesures de gaz respiratoires pour estimer la capacité maximale à l'effort du patient (mesure de la VO2 max) et des mesures sur la fonction des valvules cardiaques par échocardiographie-Doppler.surer de l'implantation d'une valve au diamètre adéquat.Présentée sous forme de charte, cette règle deviendra peut-être la norme dans les salles de chirurgie.Une mesure qui en vaut le coût.FRANÇOIS D'ALLAIRE Agence Science-Presse 17 | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2Q04~~Jf PHOTO : CENTRE DE RECHERCHE DU CHUL 18 Le stress des femmes Jouer à la superwoman a un prix.Aujourd'hui, presque 60 p.100 des 50 000 accidents vasculaires cérébraux qui surviennent chaque année au Canada touchent la population féminine.Les changements radicaux survenus dans le statut de la femme sont pointés du doigt : le tabagisme, l'inactivité physique et la consommation excessive d'alcool ne sont plus une affaire d'homme seulement.L'accès des femmes à des postes de haute responsabilité et la charge de travail qui leur est associée sont aussi mis en cause.« Nous avons de plus en plus de preuves que le stress a un effet sur l'hypertension et les maladies cardiovasculaires», affirme Bianca D'Anto-no, chercheuse au Département de médecine psychosomatique de l'Institut de cardiologie de Montréal et pro-fesseure au Département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal.Si le mode de vie des femmes s'apparente de plus en plus à celui des hommes, il faut toutefois éviter de les mettre dans le même panier.« Lorsque placées face à une même situation, les femmes vivent le stress différemment des hommes, souligne la pro-fesseure D'Antono.Autant sur le plan émotif que physiologique, les réactions peuvent être distinctes.» Grâce à une bourse du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), la chercheuse espère mieux documenter ces différences au cours des prochaines années.Elle travaille déjà à compiler les résultats d'une première étude.« Nous avons sollicité 35 femmes et 35 hommes qui sont venus en laboratoire pour se prêter à des jeux de rôle.Dans un des exercices, les gens prenaient le rôle d'un superviseur et donnaient un feedback positif à un employé.Au cours d'un autre essai, le superviseur devait transmettre des commentaires beaucoup plus désagréables.» Pendant l'exercice, le rythme cardiaque du «superviseur » était mesuré et enregistré.Tel que prévu, les résultats ont montré que les hommes réagissaient beaucoup plus fortement lorsqu'ils devaient transmettre des commentaires désagréables.La surprise s'est toutefois présentée en observant les femmes : on n'a enregistré aucune différence entre les deux essais.La chercheuse n'a pas encore trouvé d'explication à cet étonnant résultat.Une hypothèse : les femmes répondraient davantage à l'hostilité des autres qu'à leur propre hostilité.Autre postulat : les femmes réagiraient plus fortement dans les situations interpersonnelles avec leurs proches que dans les situations professionnelles.Au cours des prochains mois, Bianca D'Antono entreprendra une autre étude.Les participants devront porter sur eux un moniteur de pression artérielle ainsi qu'un Hol-ter cardiogramme pendant 24 heures.Pour permettre aux chercheurs d'associer les variations de pression aux événements de la journée, les sujets devront aussi remplir un questionnaire et y décrire en détail leurs interactions interpersonnelles.La psychologue veillera à étudier des sujets d'âges différents.« On sait que les femmes développent des maladies coronariennes à un âge plus élevé que les hommes.Certains chercheurs pensent que cela serait relié aux œstrogènes, qui protégeraient les femmes en bas âge.Mais ce n'est qu'une théorie qu'il faut vérifier.» Selon la chercheuse, jusqu'à récemment, la grande majorité des études entreprises sur les facteurs de risques liés aux maladies coronariennes se sont intéressées aux hommes universitaires ou dans la quarantaine.«Les chercheurs se disaient que les résultats s'appliquaient probablement à tout le monde.Mais ce n'est pas du tout le cas.Il faut corriger le tir et améliorer les modèles diagnostiques pour qu'ils tiennent compte de la réalité féminine.C'est essentiel si l'on veut mieux protéger la santé des femmes.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.O rë ai rrî > 1/» 3 P .0 Moyenne (+ écart-type) du tonus vagal en fonction du jeu de rôle et du genre 0,84 -, 0,82 - 0,78 - Agréable Hostile / Désagréable Hommes Femmes Le « tonus vagal » est un indice de l'activité parasympathique du système nerveux autonome obtenu par l'analyse de la variabilité de la fréquence cardiaque.Un chiffre plus petit indique une moins grande activité parasympathique.o O O O < U ^ DÉCOUVRIR [ MARS-AVRIL 2004 DECOUVRir LA REVUE DE LA RECHERCHE ¦ ' A : "-‘/Cf'!Jg maintenant et ÉCONOMISEZ 20 % sur le prix en kiosque ! L’abonnement d’un an comprend : La science vulgarisée dans 5 numéros remplis de nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux sociaux, économiques, culturels et politiques.+ le Bottin de la recherche répertorie plus de 2000 organismes scientifiques, plus de 1500 adresses Internet dans 125 disciplines. SCIENCE Des statistiques pour déchiffrer les gènes D'un strict point de vue statistique, le parcours de Robert Nadon paraît bien improbable.Son père, francophone, tenait à l'héritage de la religion catholique alors que sa mère, protestante, défendait celui de la langue anglaise : il commença donc ses études sous les auspices du English Catholic School Board dans le quartier.Hochelaga-Maisonneuve! Ce début de parcours, plutôt atypique, le conduira à décrocher un doctorat en psychologie expérimentale de l'Université Concordia.Puis, après un détour aux États-Unis, et plus récemment en Ontario, il se retrouve au Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill, à titre de chercheur en analyses statistiques.Quel est le lien entre l’analyse statistique et la génomique?Au cours des dernières années, les bio-puces ont permis à la génomique d'effectuer un prodigieux bond en avant.Cette technologie consiste à disposer, sur un même support, des dizaines de milliers de sondes — d'ARN, par exemple.Les sondes, toutes uniques, piègent ensuite chacune les brins d'ARN issus d'un seul et même gène.On obtient ainsi un « instantané » de l'expression des gènes au sein de cellules, selon un état donné, qu'on compare à un autre (cellules cancéreuses contre cellules saines, par exemple).La masse d'information que génèrent les bio-puces est gigantesque, ce qui représente Biopuce Affymetrix GeneChip®.déjà un problème de gestion de données.L'autre difficulté, majeure, est d'interpréter ces montagnes d'information.La technique des bio-puces n'est pas infaillible, il s'y glisse des erreurs.Et le vivant n'est pas invariable, il produit des exceptions.D'où le recours des génomistes aux ressources de la statistique pour traiter et analyser leurs données.«Au début, se rappelle Robert Nadon, les biologistes étaient convaincus que nous allions résoudre tous leurs problèmes.Mais on ne peut pas faire de miracles.» Ainsi, à un chercheur qui lui avait envoyé tout un jeu de données, Robert Nadon a dû annoncer, fort embarrassé, qu'elles étaient de bien piètre qualité.« Mais je le sais bien, lui a répondu son interlocuteur.Je veux justement que tu m'arranges ça ! » Or, ce n'est pas si simple.Les bio-puces sont peut-être capables de traquer des dizaines de milliers de gènes à la fois, mais dans la pratique, en raison des coûts élevés, la même expérience ne peut être répétée qu'un nombre limité de fois.Génomistes et statisticiens ont dû s'entendre sur un protocole typique : trois expériences tests pour trois expériences témoins.Voilà ce que les génomistes étaient prêts à consentir ; aux statisticiens de s'en accommoder.En statistique, le chiffre 3 ne suffit pas à constituer un Données d'une expérience indiquant l'expression de milliers de gènes sur une seule sonde de la biopuce GeneChip®.échantillonnage valable.Le paradoxe des bio-puces, c'est qu'elles génèrent une immense quantité d'information à partir d'un nombre limité d'expériences.Ces contraintes, ainsi que les tout nouveaux défis quelles posent, ont littéralement galvanisé la recherche appliquée en analyse statistique.Autre conséquence, statisticiens et génomistes ont dû ap-prendreà communiquerdans le jargon des uns et des autres.Robert Nadon considère, à ce titre, que le programme de bio-informatique, chez Génome Québec, est à l'avant-garde de la recherche « grâce à son approche multidisciplinaire axée sur la collecte de données de qualité couplées à des interprétations de qualité ».Le séquençage du génome humain représentait au départ une tâche colossale.Mais comprendre l'expression des gènes constitue aujourd'hui une tâche pharaonique! « Indeed !, s'exclame Robert Nadon, nous vivons une époque formidable ! » Et la psychologie dans tout ça ?C'est une autre histoire.FRANÇOIS GRENIER Découvrir remercie Génome Québec pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.19 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 Traiter la dépression chez les alcooliqueî Si votre vie professionnelle vous amène à souffrir d'anxiété, voire de dépression, vous n'aurez probablement aucun mal à convaincre votre médecin de vous prescrire des antidépresseurs.Mais si vous êtes aussi un alcoolique actif, vous aurez beaucoup plus de difficulté à obtenir une ordonnance.« Traditionnellement, on ne traite pas les patients dépressifs qui ont une dépendance à l’alcool , explique Dara Char-ney, psychiatre à l'Hôpital général de Montréal et profes-seure à l'Université McGill.On demande aux patients d'arrêter de boire pendant au moins un mois avant de commencer quelque thérapie que ce soit contre la dépression.» Cette approche clinique a été développée dans les hôpitaux américains, il y a plusieurs années.À l'époque, les patients étaient gardés à l'hôpital pour toute la durée du traitement.Ils passaient d'abord à travers l'étape de désintoxication, puis entreprenaient une thérapie où l'on abordait leurs symptômes de dépression.L'approche a été adoptée plus tard au Québec.Mais depuis, tout a changé.À l'ère du virage ambulatoire, les patients sont traités en clinique externe.«Les alcooliques qui souffrent de dépression commencent par suivre des programmes pour cesser de boire.Mais entre chaque séance, ils retournent à leur domicile, à leurfamille et.à leurs problèmes.Sous la pression de la vie quotidienne, ils se remettent souvent à boire.Ils ne sont jamais sobres et ne peuvent jamais entreprendre une thérapie pour leur dépression.» Le Dre Charney croit que la prise d'antidépresseurs, dès le début de toute thérapie, pourrait aider les alcooliques dépressifs à se sortir de ce cercle vicieux.« Évidemment, cela ne sera pas suffisant pourtraiteret l'alcoolisme et la dépression.Mais combinée à une psychothérapie, je pense que la médication pourrait être très efficace.» La Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) a financé un projet du Dre Charney qui vise à vérifier cette hypothèse.Entreprise en 2002, l'étude portera sur 400 personnes aux prises avec une dépendance à l'al- cool.Chaque sujet sera suivi pendant douze semaines.La moitié recevra du Citalo-pram, un antidépresseur de la famille de Prozac, alors que les autres recevront un placebo.En plus du médicament, les sujets bénéficieront de thérapies individuelles et de thérapies de groupe.Toutes les deux semaines, on évaluera si le sujet a réduit sa consommation d'alcool.On jaugera aussi son état psychologique, c'est-à-dire son niveau de dépression.Les résultats seront évalués en conjugaison avec l'âge, le sexe, les antécédents familiaux du patient de même que certains facteurs biologiques et génétiques.«Nous voulons déterminer quels sont les facteurs qui influencent l'efficacité d'un médicament comme le Cita-lopram.Ainsi, en connaissant les antécédents du patient, nous aurons une idée de l'issue du traitement avant même d'administrer l'antidépresseur.» Éventuellement, la chercheuse aimerait établir une base solide pour guider les patients vers le traitement le plus efficace compte tenu de leur alcoolisme.« Mes résultats ne permettront pas Comment traquer un microbe qui manque d'appétit (ASP) - Les tests visant à détecter des microbes dans l'eau ne fonctionnent pas toujours.Une équipe du Centre de recherche de l'Hôpital Laval, à Québec, affirme avoir utilisé une méthode qui a détecté un microbe furtif en quelques heures seulement, et ce, plus de deux fois et demie plus souvent qu'avec la méthode traditionnelle.Pour plus d'information :www.scien cepresse.qc.ca/archives/quebec/cap que1103b.html DECOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 SCIENCE d'aider seulement les patients qui souffrent d'alcoolisme et de dépression, mais aussi ceux qui souffrent uniquement d'une dépendance à l'alcool.C'est près de 20 p.100 de la population qui pourrait en bénéficier.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.Espionner les baleines -.Les polluants industriels empoisonnent les bélugas et d'autres espèces marines qui peuplent les eaux du Saint- Laurent.C'est là un phénomène bien connu.Mais la pollution chimique n'est pas la seule source de danger pour la faune marine.Les milliers de bateaux qui sillonnent lefleu-ve Saint-Laurent amènent de sérieux risques, tout particulièrement pour les baleines : les collisions sont fréquentes et la pollution par le bruit des navires peut déranger leurs activités.Pour protéger les baleines, les capitaines devraient pouvoir les éviter.Mais comment?Titulaire de la Chaire Pêches et Océans Canada en acoustique marine appliquée aux ressources et à l'écosystème, et professeur en sciences de la mer à l'Université du Québec à Rimouski (UOAR), Yvan Simard travaille avec une équipe à mettre au point un détecteur acoustique qui permettra de localiser les baleines dans le Saint-Laurent marin.« Les vocalisations des cétacés se propagent très bien dans l'eau, explique le chercheur.À l'aide d'un simple hydrophone, on peut facilement détecter une baleine qui se trouve 50 kilomètres plus loin.» Évidemment, un seul hydrophone ne peut donner qu'une vague idée de l'emplacement de la baleine.Mais en plaçant un minimum de quatre hydrophones dans une zone marine, il est possible de déterminer l'emplacement exact d'un mammifère.« Cha- que hydrophone transmet par ondes radio les signaux qu'il reçoit jusqu'à une station maîtresse.Grâce à des algorithmes mathématiques basés sur les principes de triangulation et sur la vitesse de propagation du son dans l'eau, on arrive à localiser la baleine de la même façon qu'on localise les épicentres des tremblements de terre.» Avec l'aide financière du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), M.Simard travaille en collaboration avec des spécialistes des traitements de signaux et de télécommunication : Mohammed ÉQUIPEMENTS DE tMOKATOISE & INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES Des solutions a vos mesures NOUVEAU-NEW Biotechnology Biotearfrologie GENEQ inc Saentihçjpstrument Distributor Distributeur d'Insm/ments Scientifiau(< ~ ______ s gpil5û| g i Visit our electronic catalog ENGLISH VERSION tcz notre catalogue electromque VERSION FRANÇAISE \J Mr yyw.geneq.com Nou& sommes h un clic de chez oous! info@geneq.com | DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 PHOTO : DAVID LICENCE Bahoura et Chan-Wang Park, du Département d'informatique, mathématiques et génie de l'UQAR, Jean Rouat, du Département de génie électrique et génie informatique de l'Université de Sherbrooke, et Martin Sirois, d'IDS-Micronet de Rimouski.Ensemble, ils visent à développer un système performant permettant de transmettre en temps réel l'information sur l'emplacement des baleines.Plusieurs défis devront être relevés, notamment pour la détection automatique des baleines dans diverses conditions de bruit ambiant.L'évitement des cétacés par les navires ne sera pas la seule application du système de détection.« Les données récol- tées avec les hydrophones serviront aussi à monter une base de données et à mieux cartographier l'occupation du territoire par les différents mammifères marins, souligne le chercheur.Chaque espèce de baleine a un chant distinct.Les algorithmes mis au point par les ingénieurs permettront de distinguer électroniquement de quelle espèce il s'agit.» Ainsi, on connaîtra comment chaque espèce occupe le territoire en continu, 24 heures sur 24, pendant de longues périodes.On pourra mieux déterminer les caractéristiques de leurs habitats : où et quand elles vont se nourrir et se reposer, leurs routes privilégiées.On saura comment elles utilisent l'écosystème et on sera mieux en mesure de les protéger.Yvan Simard et son équipe comptent tester leur système dès l'été 2005 dans la portion du fleuve comprise entre Rimouski et Tadoussac.Éventuellement, le système pourrait être implanté dans n'importe quelle région marine du monde, notamment dans d'autres zones du golfe du Saint-Laurent et de l'Arctique canadien.« L'expertise développée ici dans notre laboratoire exceptionnel, le Saint-Laurent marin, sera facilement exportable.» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FORNT) pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.L’éducation Education notre m EE r\ El C3 Quebec Ei ça La re v U 6 qui parle de l'éducation Pour vous abonner : Téléphone 514.873.8095 Fax 514.864.2294 Courriel vie.pedagogique@meq.gouv.qc.ca 22 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 j Le Grand Pendant quelques secondes, voire une ou deux minutes, les cellules du cerveau perdent le nord, créant une sorte d'orage électrique qui embrouille les signaux envoyés au corps.Celui-ci commence alors à vaciller, à se raidir ou à trembler.Au Moyen Âge, le diagnostic ne faisait aucun doute : le diable, les mauvais esprits et les démons avaient envahi la personne.Aujourd'hui, on sait qu'il s'agit de l'épilepsie, un trouble des fonctions cérébrales dont souffrent environ 300 000 Canadiens et Canadiennes.L'épilepsie est causée par une multitude de facteurs.Plusieurs cas surviennent à la suite d'un traumatisme crânien, d'une blessure, d'une lésion, de l'apparition d'une tumeur au cerveau.Le reste des cas partagent des facteurs génétiques très importants.La plupart des épileptiques doivent être traités toute leur vie à l'aide de médicaments pas toujours efficaces, qui peuvent causer des effets secondaires.« L'identification et la caractérisation des gènes responsables de l'épilepsie permettront de concevoir des médicaments plus spécifiques aux différentes formes de la maladie », révèle Guy Rouleau, neurologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Grâce au support financier de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies, un des treize Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le chercheur a étudié l'ADN des 14 membres d'une famille québécoise, Mal dont 8 sont atteints d'épilepsie myodonique juvénile, une forme de la maladie qui se développe à l'adolescence.«Avec huit sujets atteints, nous pensions qu’il y avait des bonnes chances qu'ils souffrent tous d'épilepsie pour les mêmes raisons, soit une origine génétique », raconte ce professeur de neurologie à l'Université McGill.Et les chercheurs ne s'étaient pas trompés ! En scrutant les chromosomes des membres de la famille, le Dr Rouleau et son équipe ont identifié plusieurs gènes candidats au développement de la maladie.Après le séquençage de ces gènes, ils ont trouvé chez les huit épileptiques une mutation commune d'un gène particulier, le CABRA, dont le rôle est de con- trôler l'activité électrique du cerveau.« Avec un groupe de scientifiques de Vancouver, nous avons recréé le gène normal et anormal en laboratoire, pour démontrer que la mutation altère la fonction du gène dans cette famille, explique le neurologue.Le gène mutant ne peut plus inhiber l'activité électrique anormale dans le cerveau, causant ainsi l'épilepsie.» D'autres études devront maintenant vérifier si cette mutation se retrouve également chez d'autres personnes atteintes de l'épilepsie myo-donique juvénile.Ainsi, Guy Rouleau analyse une banque de données cliniques sur l'épilepsie qui comprend des échantillons de sang d'une centaine de familles dont au moins un membre est épileptique.« Nous amassons cette information depuis plusieurs années, dans le cadre d'une SCIEMCE mm étude plus générale sur l'épilepsie », révèle le chercheur.Le but ultime des travaux : identifier le ou les gènes responsables non seulement de l'épilepsie myodonique juvénile, mais aussi de toute les formes de la maladie.« Nous voulons également comprendre le rôle des mutations dans le développement de l'épilepsie», ajoute le spécialiste.Les mutations altèrent-elles seulement la fonction des gènes ou peu- HI, A j| ,A ^ __ _ ' ' j : 1/ 11 ' ~y "t-v -viv f y [i j || ! i j AyvVVP / ^htrlrl ^ //’i-H ' ; ¦v fp.' n irirnrrTTT u t n lin u n m iMi ÏTurrtn ii\ r, U A» ¦r-.-y \ I \ \j ^ .j i '¦ !< !}¦ ix „ (VlV V ! i \ * ,\rv»'VA/>Vv‘vs V*vV3,5 Hz) sous forme de pointe-onde, qui peuvent se produire de façon spontanée (a) ou qui peuvent être activées par la stimulation lumineuse intermittente (b).Ce tracé d’EEC est celui du sujet IV-03.vent-elles aussi l'inhiber?Il faudra encore plusieurs années de dur labeur avant de connaître tous les gènes en cause ainsi que les détails mécaniques responsables du développement de l'épilepsie.Mais la voie est tracée.NATHALIE KINNARD Découvrir remercie les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour leur soutien financier en vue de la publication de ce texte.23 DÉCOUVRIR | MARS-AVRIL 2004 SOURCE : GUY ROULEAU Au nom des oiseaux Quoi de plus agréable qu'une petite promenade en forêt pour écouter le doux chant des oiseaux.Mais à bien des endroits, les oiseaux ne chantent plus, car ils pleurent les arbres qui tombent autour d'eux.Les hommes ont besoin de bois et ils se servent! Au Nouveau-Brunswick, les forêts demeurent un écosystème riche en espèces végétales et animales, même après des décennies d'exploitation forestière de plus en plus intensive.«Mais pour combien de temps ?», se questionne Marc-André Villard, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en conservation des paysages.Ce chercheur a entrepris, avec ses étudiants, de documenter les effets des divers types de coupes forestières sur les oiseaux qui ont besoin d'arbres matures pour nicher, se nourrir ou s'abriter l'hiver.« Notre travail consiste à vérifier si la grande diversité actuelle d'oiseaux disparaîtra le jour où la province augmentera les droits de coupe sur les terres de la Couronne, tel que le demandent plusieurs représentants de l'industrie », explique M.Villard, qui est professeur au Département de biologie de l'Uni- Crand Pic.versité de Moncton.Avec son équipe, il a dénombré plusieurs espèces d'oiseaux présentes sur des terres privées, nettement plus exploitées que les terres publiques.Ils ont notamment établi des relations entre la perte et la fragmentation du couvert forestier, d'une part, et la ré- partition des oiseaux dans les parcelles boisées non coupées, d'autre part.« Les oiseaux spécialistes des forêts matures, tels certains passereaux et pics, souffrent d'une diminution de la densité de gros arbres, vivants ou morts, et d'une réduction du couvert forestier en général.Parexem- Lève-toi et marche! Des chercheurs de l'Université Laval ont réussi à faire marcher des souris qui avaient perdu l'usage de leurs membres inférieurs en leur injectant des drogues.Mais seulement pendant une à deux heures.Lejour est encore loin où l'on pourra reprendre avec assurance les célèbres paroles de Jésus.L'équipe du professeur Pierre Guertin, du Centre de recherche en neurosciences de l'Université Laval, étudie l'impact de différents moyens pharmacologiques, plus précisément des agents sérotoninergiques, « qui activent ce neurotransmetteur », sur l'induction de la marche chez des souris paraplégiques.24 ~J~d1cÔUVRIR [ MARS-AVRIL 2004 Ils ont notamment démontré que la quipazine, seule ou, mieux encore, en combinaison avec la L-DOPA, rétablit temporairement les circuits neuronaux responsables de l'activité motrice.Il faut se rappeler que la conséquence d'une blessure à la colonne vertébrale est la perte de sensation et de contrôle moteur.En d'autres mots, le contact est rompu entre le cerveau, qui est « le tableau de commande », et la moelle épinière, qui fait office « d'ordinateur de bord ».Ces drogues prendraient donc le relais, transmettant le signal de la marche à la moelle épinière, qui déclencherait des mouvements de marche «automatiques» ou involontaires.Plusieurs chercheurs ont étudié le même phénomène.Il y a quelques années, l'équipe du Dr Rossignol, à l'Université de Montréal, avait testé différentes substances sur des chats atteints de lésions à la moelle épinière.Avec des résultats inspirants : « Certaines drogues comme la nora-drénaline, la méthoxamine et la quipazine ont amélioré les capacités de marche des chats, avec pour résultat une performance locomotrice plus stable », lisait-on en 1999 dans le Journal of Neurophysiology.Mais l'espoir pour les paraplégiques est encore bien lointain.Quelle que soit la méthode utilisée, les chercheurs se butent toujours aux deux mêmes problèmes.Tout d'abord, les substances provoquent des effets secondaires dévastateurs — tels des épisodes spasmodiques, de l'hypothermie, de la dépression et de la somnolence sévère.Donc, pas question d'expérimenter de tels traitements sur les humains, à l'exception de la clonidine testée par le Dr Barbeau à l'Université McGill, mais dont l'efficacité est loin d'avoir été démontrée, selon les Drs Rossignol et Guertin.Les drogues n'ont toutefois qu'un effet temporaire.C'est là un problème sérieux pour SCIENCE kji.SwiiBBBES?.,.•••• -:^*V 'r^’*' i* .-i < .v'" V.» ' •¦¦ ¦' ' " .' 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