Le devoir, 1 juin 2010, Cahier A
WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ci N ° 1 2 O LE MARDI I'*'‘JUIN 2010 I,IO$ + TAXES = 1,25$ Mulroney a trahi son propre code d’éthique L’ancien premier ministre est blâmé pour avoir accepté de l’argent de Schreiber Mulroney doit rembourser les 2,1 millions reçus d’Ottawa, dit l’opposition HELENE BUZZETTI Ottawa — Le verdict est tombé hier, sans appel.La commission Oliphant a conclu que l’ancien premier ministre Brian Mulroney avait enfreint son propre code d’éthique en acceptant de l’argent liquide de l’homme d’affaires Karlheinz Schreiber.Les échanges de billets de 1000 $ effectués sans laisser de traces dans de chics hôtels n’étaient pas de simples «erreurs de jugement», comme l’a prétendu l’ex-Ieader, mais des tentatives délibérées de dissimuler des transactions qui «n’étaient pas acceptables», juge la commission.Les partis d’opposition exigent maintenant de l’exchef pro^essiste-conservateur qu’il rembourse les 2,1 millions de dollars reçus d’Ottawa.Le juge Jeffrey Oliphant a déposé un volumineux rapport de 819 pages hier qui prétend mettre un terme à la saga Mulroney-Schreiber.Sa déclaration aux médias a duré une heure.Le juge accorde certes plus de crédibilité à M.Mulroney qu’à l’homme d’affaires nébuleux — d’ailleurs incarcéré en Allemagne relativement à une autre affaire —, mais il lui reproche un sé- rieux manquement à l’éthique que consigneront sans aucun doute les livres d’histoire.Le commissaire devait répondre à 17 questions posées par le gouvernement fédéral.Certaines n’ont pas obtenu de réponse, les témoignages étant contradictoires.Ainsi, le juge n’arrive pas à déterminer si ce VOIR PAGE A 8: ÉTHIQUE COLERE ANTI-ISRAELIENNE A ISTANBUL te, % LEONHARD FO EGER REUTERS Des milliers de personnes se sont rassemblées hier sur la place Taksim, dans le centre d’Istanbul, pour manifester leur colère et prier pour les victimes du raid de la marine israélienne au large de Gaza.Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, qui a rappelé son ambassadeur en Israël à Ankara, est concerné au premier chef, car trois des six bateaux de la flottille de la liberté battaient pavillon de la Turquie, et plusieurs Turcs figurent parmi les personnes tuées dans l’assaut Le Canada, l’allié le plus Adèle d’Israël ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, n’a pas quitté le Canada aussi rapidement que ce que Ton aurait pu croire hier.En lait, il a effectué l’essentiel de sa visite à Ottawa, démontrant ainsi à quel point le gouvernement Harper est devenu un allié précieux et apprécié par Israël.Hier matin, pendant que la commimauté internationale réa^ssait fortement à l’attaque merutrière de l’armée israélienne contre la flotte de six navires humanitaires en route vers la bande de Gaza, Benjamin Nétanyahou et Stephen Harper se rencontraient calmement dans le brueau du premier ministre canadien au Parlement La réunion, prévue de lOh à llh, n’a pas été annulée, au contraire.Plutôt que de rencontrer les joiu-nalistes pour un point de presse commun à llhl5, les deux hommes ont poursuivi leur tête-à-tête, invitant plusieurs ministres du gouvernement Ha^er à se joindre à la réunion.M.Nétanyahou a quitté le bureau de Stephen Harper seulement à 12h44, soit plus tard que prévu et près de 2h30 après avoir annoncé publiquement qu’il devait rentrer d’rugence en Israël poru gérer la crise.La veille, dimanche, les deux hommes ont passé Taprès-midi ensemble au 24 Sussex, en compagnie de leurs épouses.Autre signe des liens plus étroits qui lient le gouvernement Harper et l’Etat hébreu: Nétanyahou a préféré visiter le Canada une journée avant son allié VOIR PAGE A 8: CANADA Israël plongé dans une autre crise diplomatique Le raid meurtrier contre la « flottille de la liberté » suscite de nombreuses condamnations CLAUDE LEVESQUE L> assaut mené tôt hier matin par des commandos israéliens contre ime flottille humanitaire faisant route vers Gaza et qui a fait au moins neuf morts a soulevé de nombreuses condamnations et demandes d’explications dans le monde.Alors que les militants pro-pa-lestiniens et les autorités israéliennes présentaient des versions diamétralement opposées de ce drame survenu dans les eaux internationales, le Conseil de sécurité de TONU a été saisi hier après-midi de cette affaire qui plonge Israël dans ime nouvelle crise diplomatique.En particulier, celle-ci envenime sérieusement les relations entre l’État juif et la Turquie, un de ses meilleurs alliés dans la région, qui compterait plusierus de ses ressortissants parmi les victimes du drame.Les commanditaires de la «flottille de la liberté» affirment que les commanijos ont ouvert le feu sans justification, tandis que l’État juif soutient que certains passagers de son «navire amiral» battant pavillon turc, le Mavi Marmara, ont attaqué les militaires dès que ces derniers s’y sont introduits à partir d’hélicoptères.VOIR PAGE A 8: ISRAËL ¦ Le blocus, une arme silencieuse et destructrice contre Gaza, page A 5 La Turquie a rappelé son ambassadeur en Israël et annulé des manœuvres conjointes avec les forces israéliennes DAN ANDERSON REUTERS MAREE NOIRE BP met son espoir dans les puits secondaires À lire en page A 4 INCENDIES DE EORET Des alertes au smog jusqu’aux États-Unis ¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B 5 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde .A 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 Araignées en deuil La grande dame de la sculpture Louise Bourgeois s’éteint à 98 ans ODILE TREMBLAY Une de ses gigantesques araignées, inquiétante et puissante figure tutélaire répondant au doux nom de Maman, reçoit Tair et le vent devant le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, autant qu’à Paris, Tokyo, Londres et Bilbao.Mais ces belles veuves noires d’acier ont pris le deuil, et gageons que les passants les regardent aujourd’hui d’im œil embué.Leur créatrice, la grande Louise Bourgeois, frêle dame écorchée au regard d’azur, une des ligures phare de Tar t contemporain, artiste française établie à New York, a été emportée hier par ime attaque cardiaque à Tâge vénérable de 98 ans.L’artiste disparaît quelques jorus avant l’inauguration vendredi à Venise d’une e^osition de ses œuvres inédites, Louise Bourgeois.The Fabric Works sous la gouverne de la fondation italienne Emilio e Anna-bianca Védov^ à laquelle elle prêtait encore main-forte Tavant-veille de sa mort Ses parents étaient restaruaterus de tapisseries anciennes et sa vocation d’artiste germa sous le petit point des Dames à la licorne auxquels ils redonnaient du lustre.VOIR PAGE A 8: BOURGEOIS Louise Bourgeois m fl SOURCE: MBAC La Maman, de Louise Bourgeois, gardant la cour du Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa.77831302381723 A 2 LE DEVOIR LE MARDI I“JUIN 2010 ACTUALITES Nouveau plaidoyer citoyen pour un autre mode de scrutin MARCO BÉLAIR CIRINO Plusieurs personnalités publiques des milieux politique, syndical et citoyen ont joint leur voix, hier, au Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) pour exhorter le gouvernement de Jean Charest à soumettre, dès le début de la rentrée parlementaire automnale, un projet de réforme du mode de scrutin actuellement en vigueur au Québec.Le désintérêt et le cynisme de la population à l’égard de la politique devraient convaincre les chefs des partis politiques présents à l’Assemblée nationale à «poser un geste concret pour redonner confiance aux citoyennes et citoyens, il faut que leur volonté soit respectée, et c’est impossible sans un mode de scrutin à finalité proportionnelle», a fait valoir la présidente du MDN, Mercédez Roberge, hier, quatre ans jour pour jour après le dépôt du rapport final de la Commission spéciale sur la Loi électorale mise sur pied par l’Assemblée nationale 12 mois plus tôt afin d’étudier différentes questions liées au mode de scrutin, aux modalités d’exercice du droit de vote et aux mesures favorisant la représentation des régions, des femmes et des minorités ethnoculturelles.«Il est faux de prétendre que le Québec n’est pas prêt pour une telle réforme; les études et travaux du passé de même que les appuis recueillis actuellement le confirment [.] Une réforme satisfaisante serait [d’adopter] un mode de scrutin à finalité proportionnelle», a-t-elle ajouté.Québec solidaire, qui défend un mode de scrutin mixte compensatoire à redistribution régionale, est le seul parti à avoir répondu à une lettre du MDN, datée du 16 mai dernier, dans laquelle il enjoignait aux partis d’agir afin d’honorer leurs promesses à réformer le mode de scrutin.Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec ont quant à eux fait la sourde d’oreille, déplore le MDN.«Cette inaction aura des conséquences importantes [.].Il y aura évidemment encore beaucoup de votes perdus par abstention, un grand nombre de citoyens ayant la conviction que leur vote ne servira à rien», a souligné le cofondateur de l’Action démocratique du Québec Jean Allaire, flanqué de l’ancien président de la Confédération des sjmdicats nationaux Gérald Larose, qui qst aujourd’hui professeur à l’École de travail social de l’UQAM, et de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi.Le Devoir BLAIR GABLE REUTERS Daniel Ménard, qui est marié et père de deux enfants, est soupçonné d’avoir enfreint «les directives de relations personnelles et de fraternisation» de l’armée, qui empêchent tout militaire d’avoir une relation intime lorsqu’il est déployé en zone de combat Renvoi du plus haut gradé canadien en Afghanistan La mission ne souffrirait pas du départ du commandant Ménard ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le départ précipité du commandant des Forces canadiennes en Afghanistan, le brigadier-général Daniel Ménard, devrait avoir un impact limité sur la suite de la mission canadienne dans ce pays, selon des experts militaires consultés par Le Devoir.L’arrivée du brigadier-général Jonathan Vance pour le remplacer devrait permettre de mener la grande offensive prévue à Kandahar en juillet sans trop d’anicroches, puisqu’il connaît bien le terrain.Le renvoi au Canada en fin de semaine du plus haut gradé canadien en Afghanistan, quatre mois avant la fin de son mandat, a créé une onde de choc dans l’appareil militaire.«C’est lui qui était en charge, qui était le modèle.Et c’est lui qui devait faire appliquer le code de conduite qu’il semble avoir enfreint, alors la surprise est totale», affirme le lieutenant-colonel à la retraite Gilles Paradis.Daniel Ménard, qui est marié et père de deux enfants, est soupçonné d’avoir enfreint «les directives de relations personnelles et de fraternisation» de l’armée, qui empêchent tout militaire d’avoir une relation intime lorsqu’il est déployé en zone de combat.Le général Ménard aurait eu une relation avec une femme de son personnel.Elle a aussi été renvoyée au Canada.Une enquête est en cours.Le brigadier-général Ménard, 42 ans, était perçu comme une étoile montante.En plus des 2800 soldats canadiens, il dirigeait 2000 soldats américains en Afghanistan.A son retour cet automne, il devait prendre la tête du secteur du Québec de la force terrestre, soit la direction de toute l’armée de terre dans la province.Si l’enquête débouche sur des accusations, Daniel Ménard sera traduit en cour martiale.«Pour sa carrière, il pourrait y avoir des conséquences sérieuses», dit le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, devenu expert militaire au sein du Groupe d'étude et de recherche sur la sécurité internationale de l'Université de Montréal.«Il a de grandes qualités, mais je ne suis pas certain qu’on va le laisser prendre la tête du secteur du Québec de la force terrestre.Sa crédibilité en a pris un coup.» La suite de la mission Le brigadier-général Jonathan Vance, qui a dirigé les troupes canadiennes en Afghanistan pas plus tard que l’an dernier, prendra la relève de Daniel Ménard jusqu’au changement de commandement, qui est prévu en septembre.Le général Vance devra notamment terminer la planification de la grande offensive de l’GTAN à Kandahar, prévue en juillet.Plus de 23 000 soldats de rUTAN devraient participer à cette opération majeure.Le départ de Daniel Ménard ne devrait pas changer les plans, dit Rémi Landry.«La planification est faite à un plus haut niveau, celui de l’OTAN.Vance va devoir vite s’ajuster et prendre connaissance de ce qui approche, mais je pense que l’impact sera mineur.» Selon M.Landry, le général Vance a la capacité de mener une telle opération.«Il a été sur le terrain, il sait comment l’OTAN fonctionne en Ajÿianistan.Et dans la conduite des opérations, il a de l’expérience.» Selon Gilles Paradis, c’est la principale raison pourquoi le général Ménard a été remplacé aussi vite.«Pourquoi attendre un scandale médiatique quand tu as un gars de la trempe de Jon Vance qui peut prendre la relève?Lessard a bougé vite parce qu’il sait que l’impact sur la mission sera faible.» Le Devoir Richard Goyette ne reprendra pas son poste à la FTQ-Construction La FTQ-Construction a un nouveau directeur général: il s’agit de Yves Quellet, qui était jusqu’ici le vice-président de la centrale.Quant au directeur général précédent, Richard Goyette, celui-ci demeure en congé de maladie, mais, même si son état devait s’améliorer, M.Goyette ne reprendrait pas ses fonctions d’ici Camps d’été DEPUIS 1983 CAMPS D’IMMERSION EN ANGLAIS la fin de son mandat qui devait se terminer en novembre 2011.C’est le président de la centrale, Yves Mercure, qui en a fait l’annonce hier après-midi, à Montréal.M.Mercure s’est montré plutôt vague sur la mécanique de succession, alors que M.Quellet se trouve dans les Mts à être nommé directeur général par intérim, tout en étant assuré que cet intérim sera maintenu jusqu’aux élections de novembre 2011.Yves Mercure a cependant précisé que Richard Goyette pourrait être appelé à remplir certains mandats pour la FTQ-Construction — ou d’autres instances de la FTQ — advenant un rétablissement de sa part.Le poste de vice-président de M.Quellet, quant à lui, a été confié à Mario Basilico.M.Goyette a été au centre de la tourmente qui a secoué le sjmdicat à la suite du départ de son ancien président, Jocelyn Dupuis, qui fait face à des accu- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Richard Goyette sations de fraude liées à des notes de frais douteuses.Richard Goyette était également en poste lorsque des allégations d’intimidation et d’extorsion de la part de représentants de la FTQ Construction sur des chantiers de la Côte-Nord ont été rendues publiques.Ces allégations n’ont toutefois pas mené à quelque accusation que ce soit jusqu’ici.La Presse eanadienne Pour étudiants de 7 à 17 ans Centre-ville de Montréal et Toronto Camp de jour et résidence www.mwscamps.com Pour information: à Toronto: (416) 921-6998 à Montréal: (514) 531-4193 office@mwscamps.com I.Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Labeauine part à la défense de l’eau potable de Québec voisines ISABELLE PORTER Québec — Le maire de Québec a décidé de prendre les grands moyens pour protéger l’approvisionnement en eau potable de la ville: bannir les fosses septiques et suspendre le développement immobilier dans la zone du bassin versant.«Aux promoteurs qui sont touchés par nos décisions: je vous en prie, ne touchez pas à notre verre d’eau!», a lancé le maire au terme d’un long discours sur sa «vision pour le développement durable de Québec».«Changement de philosophie majeur», «défi incontournable».Régis Labeaume n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour convaincre la population de faire attention à son eau potable.Qn le savait déjà résolu à réduire les fuites sur le réseau d’aqueduc et à limiter la consommation d’eau.Qr le voilà investi d’une nouvelle mission: protéger la principale source en eau potable de Québec, le bassin versant de la rivière Saint-Charles.Converti au modèle de gestion en bassin versant, le maire veut littéralement interrompre l’étalement urbain vers les petites municipalités de la périphérie qui voisinent avec la source en eau.Tout cela pour empêcher la construction de nouvelles fosses septiques qui seraient à l’origine de la présence de conformes fécaux et de concentrations anormales de phosphore.Vote et veto 11 compte soumettre cette mesure à un vote, dès la semaine prochaine, à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) à laquelle il siège avec la ville de Lévis et les trois MRC avoisinantes: la MRC de l’île d’Qrléans, celle de la Côte-de-Beaupré vers Charlevoix et enfin la MRC de la Jacques-Cartier, qui est directement ciblée par la mesure.Qr cette dernière pourrait imposer un veto à la démarche du maire moyennant l’appui d’au moins une des deux autres MRC.Mais advenant un différend, le maire se dit prêt à faire face à la situation et menace Le plan du maire risque de se buter aux résistances des MRC déjà de porter la cause devant le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard.Son plan: lui demander, une nouvelle fois, de modifier les règles de fonctionnement de la CMQ qui, selon lui, permettent aux petites MRC de prendre en otage la grande majorité de la population du territoire (94 %).Et ce n’est pas tout, Régis Labeaume a sorti im autre lapin de son chapeau hier en affirmant qu’il pourrait intenter un recours devant les tribunaux en invoquant un vieil article de loi de 1929 en vertu duquel la Ville aurait le droit d’imposer une réglementation à ses voisines «quand la qualité de l’alimentation en eau est enjeu».Concertation ou confrontation?Hier, aucun des trois préfets de MRC n’a osé s’en prendre au maire de Québec, mais l’on sentait bien l’irritadon suscitée par ses façons de faire.«Nous, on tente de privilégier la concertation.», a laissé tomber le préfet de la MRC de la Jacques-Carder, Jacques Marcotte, avant d’ajouter que ses membres avaient pris leurs propres initiatives en madère de développement durable.Son collègue de la MRC de la Côte-de-Beaupré, Pierre Lefran-çois, disait pour sa part que «bien sûr, on est tous pour la vertu», mais il n’a pas apprécié le fait que le maire de Québec ait brandi la menace d’une intervention auprès du ministre.«Notre position est connue dans ce dossier.S’ils nous enlèvent le veto, on quitte la CMQ.» Quoi qu’il arrive, on n’a pas fini d’entendre parler du dossier de l’environnement à Québec puisque M.Labeaume doit aussi présenter le 10 juin le rapport très attendu du comité sur la mobilité durable.Créé il y a plusieurs mois, ce comité d’experts devait définir les besoins de la Ville en matière d’aménagement et de transports en commun pour les trente prochaines années, un chantier que le maire a déjà décrit comme le dossier numéro un de son présent mandat Le Devoir Mort de Fredy Villanueva Personne n’a touché l’agent Lapointe, dit Sagor-Metellus BRIAN MYLES Personne n’a touché à un cheveu de l’agent Jean-Loup Lapointe avant que celui-ci n’ouvre le feu sur Eredy Villanueva et ses amis, le 9 août 2008 à Montréal-Nord.C’est du moins l’affirmation solennelle de Jeffrey Sagor-Metellus, atteint d’un projectile au dos lors de l’intervention qui a coûté la vie au jeune Villanueva.Jeffrey Sagor-Metellus est entré dans le cœur de son témoignage, hier à l’enquête du coçoner sur ce funeste incident.A son souvenir, aucun des jeunes présents, le 9 août 2008, n’a pris Lapointe par le cou ou le collet avant qu’il ne dégaine son arme.«Si quelqu’un avait touché Lapointe, je l’aurais vu», a-t-il assuré.Jeffrey Sagor-Metellus avait consommé quelques bières et trois joints de marijuana tout au plus dans la journée du 9 août.11 dit s’être approché à «quatre ou cinq pas» de l’agent Lapointe, qui avait du mal à maîtriser Dany Villanueva au sol, dans le stationnement de l’aréna Henri-Bourassa.«Je n’étais pas à une distance à laquelle je pouvais le toucher», a-t-il dit.Tout comme ses amis, il gesticulait et il protestait contre l’arrestation de Dany Villanueva, survenue très rapidement.Personne ne s’est avancé plus près du policier que lui, dit-il.Jeffrey Sagor-Metellus s’est retourné et il s’est éloigné quand il a vu La-pointe dégainer son arme.Le rapport d’autopsie et les expertises balistiques placent cependant Eredy Villanueva à environ 15 pouces du canon de Lapointe.Dans sa déclaration aux enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ), Jeffrey Sagor-Metellus affirme par ailleurs qu’il a vu Eredy Villanueva prendre son frère Dany et l’agent Lapointe par le collet, près du cou, pour les séparer.«Je le voyais en face, personne ne le touchait», a affirmé au contraire le témoin, hier devant le coroner ad hoc, André Perreault.Jeffrey Sagor-Metellus a été interrogé par la SQ sur son lit d’hôpital, sous sédation, alors qu’il se remettait d’une intervention chirurgicale pour extraire sa balle au dos.11 a renié en bloc sa déclaration.11 reconnaît sa signature sur le document, mais il ne se souvient absolument pas de son séjour à l’hôpital.Èt encore moins d’avoir parlé aux policiers.Jeffrey Sagor-Metellus a enfin expliqué que le policier La-pointe n’était pas dans son état normal lorsqu’il a intercepté Dany Villanueva.«Il était un peu fâché.D’habitude, il faisait du niaisage de courtoisie», a-t-il dit.Par «niaisage de courtoisie».Jeffrey Sagor-Metellus fait référence à des remarques de mauvais goût que lui faisait habituellement Jean-Loup Lapointe.Par exemple, l’agent Lapointe lui aurait déjà demandé quand il irait voler sa première voiture pour faire une course contre lui.Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI I“JUIN 2010 A 3 ACTUALITES L’élection fantôme Michel David Il fut un temps où il semblait avantageux pom les libéraux de maintenir l’ADQ en vie pour diviser le vote d’opposition.Elle est maintenant trop faible pom jouer ce rôle.Pom le PLQ, la meilleure chance de faire bonne figure à la prochaine élection partielle dans Vachon est de récupérer à son profit les électeurs adéquistes qui sont restés chez eux en décembre 2008, après être venus à 227 voix de faire mordre la poussière au péquiste Camil Bouchard en mars 2007.Près de 6000 électeurs dûment inscrits avaient boudé les urnes.Le premier ministre Charest était visiblement content de son coup hier matin.Plus jeune député à avoir été élu à l’Assemblée nationale, Simon-Pierre Diamond, que le collègue Gilbert Lavoie a surnommé «Le p’tit Coderre», était l’adéquiste le plus prometteur sur la Rive-Sud.Il sera un redoutable adversaire pour la péquiste Martine Ouellet.Ce fils d’organisateiu- libéral a la piqûre de la politique ef à 24 ans, il n’a rien à perdre et tout à gagner.Si, contre toute attente, il l’emportait dans Vachon, il deviendrait un véritable héros.S’il mord la poussière, on lui trouvera un emploi, en attendant de lui donner une autre chance dans une meilleme circonscription.Bien entendu, on va lui remettre sous le nez les propos ûès diu-s qu’il avait tenus à l’endroit de ses anciens collègues Pierre Michel Auger (Champlain) et André Riedl Qberville), qualifiés de putes quand ils avaient rejoint les rangs libéraux à quelques semaines des élections de 2008.Il faut toutefois reconnaître que les circonstances sont différentes.Contrairement à MM.Auger et Riedl, M.Diamond a fait face à la situation en 2008.En quoi sa défection est-elle différente de celle d’anciens unionistes, comme Ray-nald Eréchette ou Jean-Guy Cardinal, qui ont jadis été élus sous les coulems du PQ?Sans parler des transfuges du PC qui ont fondé le Bloc québécois.Diamond était l’adéquiste le plus prometteur sur la Rive-Sud.Il sera un redoutable adversaire pour la péquiste Martine Ouellet.L’ancien député de Marguerite-d Youville n’a rien d’im idéologue.Il apparaît smtout comme un jeune homme pragmatique et ambitieux, qui se sentira aussi à l’aise au PLQ qu’il l’amait été au PLC, si on lui avait proposé une circonscription sûre.Il a parfaitement raison de penser qu’il n’a aucune chance de retourner à l’Assemblée nationale sous les couleurs de son ancien parti.D’ailleurs, les conditions qui avaient permis son élection dans Marguerite-dYouville en 2007, notamment le débat sur les fusions-défusions, ne risquent pas d’être réunies de sitôt.Dire que la région de Montréal ne constitue pas une priorité pour l’ADQ serait un euphémisme.Pom assmer sa siu-vie, si la chose est encore possible, elle devra investir la quasi-totalité de ses majgres ressources à Québec et dans les environs.À ce que je sache, M.Diamond n’a jamais manifesté le moindre penchant pour la souveraineté, et les orientations «lucides» du budget Ba-chand sont tout à fait compatibles avec le discours traditionnel de l’ADQ.En revanche, qui peut croire qu’au terme d’une «réflexion de plusiems mois», ce fidèle de Mario Dumont en est arrivé à la conclusion qu’il ne se retrouvait plus dans le «populisme» de la nouvelle direction?Sacré farceur! S’il y a une chose qui n’a pas changé à l’ADQ, c’est bien cela.En juin dernier, le PQ avait eu une très mauvaise surprise à l’élection partielle dans Rivière-du-Loup, quand Paul Crête avait été battu nettement par Jean d’Amours, qui faisait pourtant l’objet d’une enquête du commissaire au lobbyisme.Après toutes les allégations de favoritisme et de corruption dont le gouvernement a été l’objet au cours de la dernière année, ime délâite dans Vachon serait im véritable désasûe pour le PQ et sa chef Même une victoire le moindrement serrée serait inquiétante.Cela signifierait que M.Charest a réussi à convaincre la population qu’au chapitre de l’intégrité, le PQ ne vaut pas mieux que le PLQ.Si elle n’est pas encline à punir le gouvernement maintenanf qu’en sera-t-il dans deux ou trois ans?Il n’est pas nécessaire d’être un grand stratège pom prévoir que la campagne dans Vachon sera le prolongement estival des débats de l’Assemblée nationale, qui seront ajoiu-nés dans dix joms.Même si les hostilités ne sont pas encore déclenchées officiellemenL la publicité libérale a déjà pris les devants.«Créer des emplois plutôt que créer des doutes», peut-on lire sm les affiches.Qu encore: «Lancer des projets plutôt que lancer des rumeiu^».Autrement dit: laissons le fumier aux péquistes et concentrons-nous sm les vrais problèmes.Pour plus de précautions, M.Charest semble avoir opté pom une élection fantôme.Si personne n’en entend parler.Même si Camil Bouchard a annoncé son départ en décembre, il est déjà trop tard pom tenir le scrutin avant le début de l’été.Encore im peu et il coïncidera avec les vacances de la construction.Que voulez-vous, il faut bien respecter la loi! mdavid@ledevoir.corn Le jeune adéquiste Simon-Pierre Diamond passe dans le camp des libéraux ROBERT DUTRISAC uébec — Prétendant que le Parti libéral de vy Jean Charest a repris à son compte l’essentiel des idées de l’Action démocratique du Québec, l’ex-député adéquiste de Marguerite-d’You-ville, Simon-Pierre Diamond, se présentera sous la bannière libérale lors de l’élection partielle dans la circonscription voisine de Vachon.Selon Simon-Pierre Diamond, le dernier budget du gouvernement libéral répond «en grande partie à un discours très adéquiste».C’est un budget «très audacieux» dont «l’objectif n’est pas de gagner de la popularité dans les sondages, mais de ramener les finances publiques à l’équilibre budgétaire», a-t-il livré au cours d’un entretien téléphonique avec Le Devoir.«L’ADQ n’a plus sa raison d’être.» Agé de 25 ans, Simon-Pierre Diamond a été président de la Commission jeunesse de l’ADQ.Profitant de la vague adéquiste en 2007, il a élu député de Marguerite-dYouville et il fut battu en décembre 2008.Après la comse au leadership, il a occupé le poste de directeur général du parti pendant quelques mois, quittant ce poste en août 2009 afin de faire son Barreau.En octobre 2008, M.Diamond avait comparé les deux députés adéquistes André Riedl et Pierre Michel Auger à des prostitués qui se «donnaient au plus offrant» lorsqu’ils étaient passés dans le camp libéral.Après leur défaite deux mois plus tard, Pierre Michel Auger a été nommé vice-président de la Régie du bâtiment et André Reidl, membre du conseil d’administration de la Société générale de financement (SGP).Simon-Pierre Diamond a été confronté à ses déclarations lorsqu’il a été présenté, hier matin à Longueuil, par son chef, le premier ministre Jean Charest.«Je reconnais que c’étaient des mots qui étaient durs et lourds de conséquences, a-t-il dit.Il reste qu’aujourd’hui, le contexte est complètement différent.» M.Diamond reproche à l’ADQ son populisme, notamment en matière d’accommodements raisonnables et de sécurité publique.Dans un même élan, il a expliqué avoir trouvé chaussure à son pied au sein du PLQ.«Idéologiquement, le Parti libéral et l’ADQ ont toujours été très proches.» Debout à ses côtés, Jean Charest n’a pas bronché face à cette affirmation.M.Charest a rappelé que l’ADQ était une héritière du Parti libéral.«Il faut retenir de l’histoire que les partis politiques tiers qui ont été créés au cours des 100 dernières années sont des partis politiques qui étaient issus du Parti libéral du Québec», a dit le premier ministre.«Sur les enjeux économiques, entre Simon-Pierre Diamond autres, on est plus près les uns des autres que certainement le PQ», a-t-il dit.Des adéquistes étonnés La leader parlementaire de l’ADQ, Sylvie Roy, s’est dite «extrêmement surprise» de la conversion libérale de Simon-Pierre Diamond, lui qui se préoccupait du poids de la dette publique sm les prochaines générations.«Sa position est intenable: il ne peut pas prétendre être en désaccord avec nos positions abrs qu’il s’est présenté deux fois sous notre bannière et qu’il a été directeur général», juge Sylvie Roy.La députée de D)tbinière croit que la population déteste les transfiiges.«Les Québécois, ça les dégoûte.Je pense que ça participe au cynisme à l’égard de la classe politique.» Jean Charest a jusqu’au 6 juillet pom annoncer la tenue d’une élection complémentaire dans la circonscription de Vachon laissée vacante depuis la démission du député péquiste Camil Bouchard.Il affrontera notarnment Martine Quellefi une militante du SPQ Libre qui portera la bannière péquiste, l’adéquiste Alain Dépatie et Sébastien Robert, qui défendra les coulems de Québec solidaire.Le Devoir Avee La Presse eanadienne 4Ci*n* JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les professeurs de la Fédération des syndicats de l’enseignement vont travailler à limiter les nombreux remplacements d’enseignants dans une même année scolaire.Entente en éducation Les enseignants devront faire preuve de davantage de souplesse LISA-MARIE GERVAIS Comme dans toutes négociations, les parties font des gains sur certains points et cèdent sur d’autres.Si l’entente survenue samedi entre les comités patronaux et deux grands syndicats du milieu de l’enseignement a permis à ces derniers de gagner des classes moins garnies et des fonds pour prendre en charge les élèves en difficulté, elle les a néanmoins amenés à faire des concessions, notamment pom assmer la stabilité du corps enseignant.«On va travailler à limiter les nombreux remplacements d’enseignants dans une même année scolaire.On veut bien essayer, si c’est dans le respect des droits et sans discrimination», a indiqué Manon Bernard, présidente de la Eédération des syndicats de l’enseignement (ESE-CSQ) qui, avec ses homologues de l’Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ), s’est montrée très satisfaite de l’accord.La convention collective, qui régit l’attribution des remplacements et des postes, complexifiait énormément la tâche des directions d’écoles, au détriment des enfants et au grand dam des parents qui veulent pour leurs enfants un climat stable, propice à l’apprentissage.D’autres «ouvertures» ont été consenties sur l’annualisation des tâches des enseignants.«On a une tâche qui est très compartimentée et là, il va y avoir la possibilité de pouvoir en annualiser deux composantes.Ça veut dire qu’on va permettre un peu plus de souplesse», note Mme Bernard.Martin Cayouette, du Syndicat de l’enseignement de Champlain sur la Rive-Sud, se réjouit de constater que les négociations ne se sont pas éternisées et qu’elles se sont tenues le jour et non en pleine nuit comme ce pouvait être le cas avant.«C’est un changement complet dans la façon de faire», a-t-il dit.Réactions à l’entente La Eédération des Commissions scolaires du Québec (ECSQ) a salué l’entente de principe, qui annonce que la rentrée scolaire de l’automne ne sera pas perturbée par de quelconques moyens de pression.La ECSQ souhaite maintenant que cette entente, qui sera d’ailleurs soumise aux membres de divers sjmdicats d’enseignants lors d’assemblées générales d’ici la mi-juin, soit une motivation pom les autres syndicats en éducation.Toujours en négociations, la Eédération autonome de l’enseignement (EAE) — qui n’a toujours pas eu de dépôt patronal — entend réagir plus officiellement dans une conférence de presse plus tard cette semaine.«Il y a des éléments pour lesquels on a un intérêt majeur, c’est-à-dire le soutien aux élèves en difficulté», a fait savoir Armand Dubois, responsable des communications pour la EAE, qui représente près de 30 000 enseignants francophones du préscolaire, primaire et secondaire, concentrés notamment à Montréal et Laval.«Mais avec ce qu’on a vu, je ne pense pas qu’il y ait des éléments qui puissent nous satisfaire.» D’une durée de cinq ans, l’entente représente 200 millions d’investissements sur quatre ans.La ESE et l’APEQ font partie du Eront commun qui continue toutefois de négocier en ce qui concerne les salaires, la retraite et les droits parentaux.Le Devoir E N BREF Procréation assistée: une troisième démission Et de trois.L’agence fédérale Procréation assistée Canada (PAC) perd un autre membre de son conseil d’administration.Irene Ryll a démissionné ce week-end.Encore une fois, ce départ est entouré du plus grand mystère.En mars, deux autres membres avaient quitté lem poste avant la fin de lem mandat.Le NPD a accusé l’agence de man- quer de transparence.«On ne sait pas ce qui se passe parce qu’ils sont bâillonnés», a soutenu la députée Megan Leslie.La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a répondu qu’il n’y avait aucun problème.«Il y a eu des départs au conseil d’administration, mais c’est le résultat de choix individuels.» PAC suscite la controverse, car on ignore ce qu’elle fait.Elle devait faire respecter la réglementation par les cliniques de fertilité du pays, mais six ans après l’adoption de la loi, cette réglementation n’a toujoiu-s pas été élaborée.- Le Devoir Incendies de forêt au Québec La fumée gâte l’air jusqu’aux États-Unis MARCO BÉLAIR-CIRINO Des alertes au smog étaient en vigueur hier à Montréal et à Qttawa ainsi qu’au nord-est des Etats-Unis, en raison de vastes incendies de forêt au Québec qui provoquaient une épaisse fumée.A l’avant-veille de la Journée de l’air pur, une pénétrante odeur de fumée était nettement perceptible à l’amore, notamment dans les rues de la métropole du Québec.L’indice de concentration des particules fines de moins de 2,5 microns a atteint le taux de 200 microgrammes/ml Le plus haut taux observé jusqu’ici — au début juillet 2002, alors que des incendies taisaient rage dans le Nord-du-Québec — était de 175 microgrammes/mL «C’est une journée exceptionnelle qu’on a eue [hier].Quand l’indice de qualité de l’air atteint 51, on considère que la qualité de l’air est mauvaise.Une journée de smog, c’est autour de 75-80.Quand fai vérifié [hier] matin, à 8h30, l’indice de qualité de l’air était de 147.Rus tôt, c’était encore plus élevé», a expliqué Norman King de la Direction de la santé publique de Montréal.D’ailleiu-s, pom la première fois depuis l’intensification de ces feux la semaine dernière, une alerte au smog a été lancée dans tout le sud du Québec, en raison d’im changement dans la direction des vents.Le service météorologique américain (NQ^A) a aussi donné l’alerte au smog couvrant les Etats du Maine et du New Hampshire, frontaliers du Québec, ainsi que le Massachusetts, au sud, jusqu’à l’île de Nantucket et Cape Cod, où la visibilité a été réduite à moins de 3 km hier matin.Dans plusiems municipalités, les services d’m-gences ont été submergés par un flot d’appels téléphoniques de citoyens qui craignaient des incendies dans lem voisinage en raison de la forte odem de feu.Le feu brûle toujours Quelque 42 brasiers dévastaient hier soir des milliers d’hectares de forêts de conifères dans le centre du Québec, à environ 400 km au nord de Montréal, et sept d’entre eux n’étaient pas maîtrisés, selon la Société de protection des forêts contre le feu (SQPEEU).Plus de 1200 pompiers, dont 200,provenant d’autres provinces canadiennes et d’Etats américains voisins, combattaient hier les incendies de forêt soutenus par im important dispositif aérien.«Si la nature nous aide, on va en venir à bout», a déclaré le porte-parole de la SQPEEU, Marcel Trudel.Il s’est réjoui qu’aucun feu n’ait progressé au cours la jomnée, notamment sm le territoire de La Tuque, en Haute-Mauricie, durement éprouvé ces derniers jours.«[Hier] matin, c’était d’un calme extraordinaire.Le sourire revenait un peu.Les enfants s’amusaient», a ajouté le chef du Conseil de bande de Wemotaci, Simon Coocoo, visiblement soulagé de la tournure des événements.La veille, les pompiers de la communauté située à plus de cinq heiu-es de route au nord-ouest de La Tuque ont dû «sortir une centaine de personnes du feu».Plus de 900 km^ de forêt ont été détruits par les flammes depuis le début du printemps au Québec, marqué par un temps chaud et sec.Le Devoir Avee lAgenee Franee-Presse MATHIEU BELANGER REUTERS Samedi, Québec était recouverte de fumée. A 4 LE DEVOIR LE MARDI I“JUIN 2010 ACTUALITES Des citoyens exigent un moratoire sur l’exploitation du gaz naturel au Québec Le sous-sol de la province contient de grandes quantités de gaz de schiste, mais les conséquences de son extraction restent méconnues du public ALEXANDRE SHIELDS Inquiets de voir le Québec se lancer dans l’exploitation du gaz naturel alors que les impacts de cette nouvelle fdière énergétique sont toujours méconnus du grand public, des citoyens se sont donné pour mission de mettre en lumière les enjeux sociaux, économiques et environnementaux que ce développement représente pour le Québec.Ils exigent aussi un moratoire sur les projets en cours, le temps de débattre de la question.11 faut savoir que le Québec importe actuellement tout le gaz naturel qu’il consomme.Mais les choses pourraient changer très rapidement, puisque le sous-sol de la province contient d’importantes quantités de gaz de schiste, essentiellement le long de la vallée du Saint-Laurent.Ce gaz peut être extrait du sol — à plus de 1500 mètres de profondeur — en utilisant une technique qui consiste à fracturer la roche en injectant un mélange d’eau et de sable auquel on ajoute des additifs chimiques.Qu peut ainsi libérer le précieux combustible.Et la perspective de profits qui se chiffreraient facilement en milliards de dollars a attiré les in- vestisseurs.Au point que toute la rive sud du fleuve est sous permis d’exploration, de Montréal à la pointe de la Gaspésie.Certains parlent même d’exportation.Qu’en sait le Québécois moyen?A peu près rien, selon Pierre Batellier, porte-parole du regroupement «Mobilisation gaz de schiste».«Il s’agit là d’une entreprise énergivore et polluante, comportant des risques majeurs [.], qui n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact.Ce virage énergétique déterminant n’a pas fait non plus l’objet d’une consultation publique», souligne d’ailleurs le regroupement dans un document d’information très étoffé d’une cinquantaine de pages rendu public hier soir.L’exploitation des gaz de schiste menacerait ainsi la qualité de l’eau — notamment des nappes phréatiques —, augmenterait la pollution de l’air, provoquerait des émanations potentiellement toxiques, comporterait des risques d’explosions et d’incendies, en plus d’empiéter sur les terres agricoles.Pierre Batellier estime aussi que les citoyens sont le plus souvent placés devant le fait accompli lorsqu’une entreprise décide de procéder à des forages exploratoires.«C’est pourquoi nous voulons informer les gens pour qu’ils soient davantage en mesure de comprendre de quoi il s’agit lorsque les questions vont se présenter», explique-t-il.Cesser l’exploration pendant l’évaluation Mais pour s’assurer que les impacts positifs et négatifs soient clairement définis, le regroupement demande un moratoire sur l’exploration, le temps, de procéder à une évaluation rigoureuse.A l’automne dernier, une coalition de MRC (Pierre-de-Saurel, Lotbinière, Bécancour et Nicolet-Yamaska) s’était organisée pour exiger la même chose, sans succès.Les acteurs de l’industrie contactés par Ix Devoir insistent quant à eux pour dire que l’exploration se fait en tenant compte de la nécessité de récupérer l’eau utilisée, de protéger les nappes phréatiques et d’informer les citoyens des travaux effectués.Et la ministre des Ressources naturelles et de la Eaune, Nathalie Normandeau, a promis de présenter un projet de loi à l’automne pour établir les règles qui encadreront l’exploitation des hydrocarbures au Québec.Le Devoir MATHIEU BELANGER REUTERS Le Japon pêche chaque année plusieurs centaines de baleines au nom de la «recherche scientifique».Mais à peu près tous les spécialistes des cétacés s’entendent pour dire que les informations recueillies sont déjà connues ou peuvent être obtenues par des moyens qui ne nécessitent pas la mise à mort des animaux.Chasse à la baleine L’Australie poursuit finalement le Japon «Nous voulons faire cesser la chasse à la baleine au nom de la science» ALEXANDRE SHIELDS Ly Australie avait menacé à ' plusieurs reprises d’intenter une action en justice contre le Japon si le pays ne mettait pas fin à ses campagnes de chasse à la baleine.Canberra a maintenant décidé d’aller de l’avant et de saisir la Cour internationale de La Haye.Une décision qui pourrait accentuer les tensions entre «pro» et «anti» chasse, à quelques jours d’une réunion cruciale pour la survie de la Commission baleinière internationale (CBl), unique organe politique réglementant à la fois la mise à mort et la protection des cétacés.Les documents doivent être transmis à la cour cette semaine et le message envoyé par le ministre australien de l’Environnement, Peter Garrett, est on ne peut plus clair: «Nous voulons faire cesser la chasse à la baleine au nom de la science, dans VAntarctique».«Le gouvernement australien n’a pas pris cette décision à la légère», a commenté pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Stephen Smith.Nous avons été patients et constants dans nos efforts pour trouver une solution diplomatique à ce problème.Nous avons lancé des discussions intensives à la Commission baleinière internationale ainsi que bilatéralement avec le Japon.» Selon certains juristes, la chasse pratiquée par Tokyo viole plusieurs textes internationaux, dont le moratoire sur la ToIq^o réplique Tokyo a immédiatement décrié la décision de Canberra.«C’est très décevant», a réagi le ministre de la Pêche, Hirota-ka Akamatsu, en rappelant que «la pèche scientifique est un programme approuvé» par la CBL «Je veux continuer à argumenter sur cette base», a-t-il dit aux journalistes.Le Japon pêche chaque année plusieurs «Nous avons été patients et constants dans nos efforts pour trouver une solution diplomatique à ce problème» chasse commerciale en vigueur depuis 1986 et le Traité sur l’Antarctique.Un recours en justice devrait déboucher sur un ordre demandant au Japon de suspendre ses campagnes immédiatement dans l’attente d’une audience formelle.Ce pays tue chaque année plus d’un millier de cétacés dans les eaux ceinturant l’Antarctique.11 s’agit essentiellement de petits rorquals et de rorquals communs, deux espèces que l’on observe au Québec.centaines de baleines au nom de la «re-cherche scientifique».Mais à peu près tous les spécialistes des cétacés s’entendent pour dire que les informations recueillies sont déjà connues ou peuvent être obtenues par des moyens qui ne nécessitent pas la mise à mort des animaux.Ce nouveau chapitre dans la guerre que se livrent le Japon et l’Australie, respectivement leaders des «pro» et des «anti» chasse, survient alors qu’un comité de travail de la Commission baleinière a proposé récemment un plan qui autorise- rait le Japon à continuer de pratiquer la chasse à la baleine, mais sous un strict contrôle.Ce plan doit être présenté lors de la rencontre annuelle de la CBl, qui se tiendra au Maroc dans moins de deux semaines.Et le recours en justice risque de nuire encore davantage aux qégociations entre les deux Etats.L’organisme souffre déjà d’une paralysie diplomatique récurrente depuis plusieurs années.Qr le Japon a déjà prévenu à plusieurs reprises qu’en l’absence d’un accord lui permettant de continuer de tuer des animaux, il pourrait quitter la Commission et faire cavalier seul.Ce départ risquerait d’en-tpaîner celui de plusieurs autres Etats qui se sont rangés dans le camp japonais au fil des années.C’est le cas de l’Islande et de la Norvège, notamment, qui pratiquent une chasse commerciale sur des populations de cétacés dont on ignore le nombre réel.Chose certaine, leurs effectifs ont été dramatiquement réduits par des siècles d’un intense massacre.Le Devoir E N BREF Finis les «Québécois de service » Qttawa—A la liste de termes que doivent écarter de leur vocabulaire les députés, lorsqu’ils franchissent les portes des Communes, vient de s’ajouter l’expression «Québécois de service».Au même titre que de traiter leurs opposants d’«imbécile», d’«hypocrite», de «malhonnête», d’«ignorant» ou de «Mussolini canadien», les députés fédéraux devraient maintenant s’abstenir d’utiliser les termes «Québécois de service» pour décrire leurs rivaux aux Communes, a tranché le président de la Chambre, Peter Milliken, hier après-midi.La députée conservatrice de Beau- port-Iimoilou, Sylvie Boucher, s’était plainte de l’utilisation de cette ejqiression à son endroit au président des Communes au début du mois.Estimant que la formule avait été «largement perçue comme une insulte» et qu’elle avait «clairement semé un certain désordre», M.Milliken a appelé les députés à ajouter l’expression à la liste de propos à laisser de côté lorsqu’ils prennent la parole aux Communes.L’expression était fort prisée par le Bloc québécois, notammenf qui s’en servait régulièrement lorsqu’il accusait les conservateurs du Québec de se plier aux ordres venus des dirigeants de leur parti et de ne pas représenter leurs électeurs québécois lace à certaines positions des conservateurs dé- noncées par la population de la province.- La Presse canadienne La SAAQ visera les jeunes Québec — Les jeunes conducteurs sont ciblés par une nouvelle campagne de prévention de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAA(^.La campagne vise à sensibiliser les jeunes à la consommation d’alcool et de drogue et à la «conduite automobile responsable».Pour ce laire, la SAAQ tentera d’inviter les parents à en discuter avec leurs enfants.Selon la SAAQ, les jeunes conducteurs de 15 à 24 ans sont impliqués dans 25 % des accidents de la route avec dommages corporels, même s’ils ne représentent que 10 % des titulaires de permis de conduire.Les messages télévisés et radiophoniques montreront des parents qui reçoivent la visite de policiers au milieu de la nuit alors que leur entant n’est pas rentré.La campagne sera diffusée du 31 mai au 27 juin.De plus, la SAAQ fera une tournée dans neuf régions du Québec sur le thème «La vitesse, il y a un prix à payer».La caravane s’arrêtera dans des endroits fréquentés par les jeunes, comme des bars ou des festivals, afin de les sensibiliser aux conséquences de la vitesse au volant Les jeunes pourront monter à bord d’un véhicule accidenté et revivre les événements.-La Presse canadienne LEE C ELAN O REUTERS De nombreux navires entourent la plateforme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique.Le pétrole pourrait continuer à se déverser jusqu’en août.Marée noire BP pourrait forer des puits secondaires KARIN ZEITVOGEL Galliano, Etats-Unis — La compagnie pétrolière BP travaillait hier à une nouvelle opération censée contenir la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique, qui pourrait continuer à se déverser jusqu’en août John Currie, un porte-parole de BP, a admis à l’AEP hier que «le forage de puits secondaires est la meilleure solution» pour en finir avec la fuite à l’origine de la marée noire.Les responsables de BP ont également indiqué que la mise en place du nouveau dispositif destiné à contenir la fuite pourrait prendre une semaine.D’après M.Currie, l’opération a peu de chances de commencer avant demain.Au contraire de l’opération de cimentation, baptisée top kill, qui a échoué samedi, le nouveau procédé ne vise pas à arrêter la fuite de brut mais à la contenir.Les ingénieurs prévoient sectionner les pipelines endommagés et y ajuster une sorte de chapeau en métal permettant de capturer le pétrole puis de le siphonner jusqu’à un navire en surface.Mais le risque est réel que cette technique augmente, du moins temporairement de 20 % le volume de brut qui se déverse dans la mer, a prévenu Mme Browner.«Nous allons travailler à 1500 mètres de profondeur avec des robots.Nous allons prendre notre temps et faire preuve d’une extrême précaution.A la fin de la semaine», l’installation devrait être en place, a annoncé sur CNN Bob Dudley, le directeur général de BP.Le nouveau procédé ne vise pas à arrêter la fuite de brut, mais à la contenir Et, selon Larry Crowder, professeur de biologie marine à la Duke University, si la fuite devait effectivement continuer à souiller le golfe du Mexique pendant deux mois, il est presque acquis que le pétrole serait happé par le «Loop Current», un courant qui forme une boucle dans le golfe puis s’échappe par le détroit de Elo-ride en direction de l’Atlantique où il se transforme en Gulf Stream.Dès lors, il faudrait s’attendre à ce que l’archipel des Keys, qui forme la troisième barrière de corail du monde, soit touché par le pétrole.Produits controversés A cela s’ajoute la controverse portant sur les produits utilisés pour disperser le pétrole.Selon des défenseurs de l’environnement, dont Greenpeace, le Corexit aurait un impact néfaste sur l’écosystème.John Currie a expliqué que BP collabore avec l’Agence de protection de l’environnement (EPA) «au sujet des dispersants».Toutefois, BP continuera à utiliser le Corexit jusqu’à ce qu’un produit efficace, disponible et peu toxique soit trouvé.«Nous utilisons moins de dispersants à la demande de l’EPA», a indiqué M.Currie.Selon des estimations publiées par l’administration la semaine dernière, entre 72 millions et 113 millions de litres de brut se sont écoulés dans la mer depuis l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril.Agence France-Presse LONGUEUIL Des citoyens exaspérés par le bruit et l’odeur de camions de déchets JEANNE CORRIVEAU Des résidants du secteur Le-Moyne, à Longueuil, n’en peuvent plus des odeurs nauséabondes émanant des camions de déchets illégalement stationnés dans la cour de l’entreprise voisine.Services environnementaux Richelieu (SER) affirme toutefois être sur le point de signer une entente avec la Ville de Longueuil afin d’être relocalisée.Depuis l’automne dernier, l’entreprise de collecte de déchets loue les anciens terrains du concessionnaire John Deere, à l’angle du boulevard Taschereau et de la rue Des Chênes, pour garer ses camions.Mais elle ne détient pas l’autorisation nécessaire et, au cours des derniers mois, la Ville de Longueuil lui a remis 14 constats d’infraction.La résidence de Georges Cloutier, rue Des Chênes, se trouve en face de l’entreprise.Exaspérés par les mauvaises odeurs provenant des camions et des conteneurs entreposés sur place de même que par la poussière soulevée au passage des camions, M.Cloutier et ses voisins ont manifesté hier après-midi en compagnie du chef de l’opposition, Gilles Grégoire, dans l’espoir de faire bouger les choses.«L’hiver, ils démarrent leurs camions au diesel vers 4 heures du matin et font tourner le moteur trois quarts d’heure avant de faire leur “run de vidanges”», explique M.Cloutier qui désespère de voir le dossier se régler.Vice-président de SER, Simon Naylor dit comprendre l’exaspération des citoyens.«Les camions de vidanges, c’est vrai que ça dérange», dit-il.Mais il ajoute que les discussions entreprises avec la Ville ont permis de parvenir à une entente.L’entreprise louera vraisemblablement un terrain appartenant à la Ville de Longueuil en zone industrielle, et le bail devrait être signé au cours des prochains jours, en attendant la construction d’installations permanentes à Belœil.SER pourrait toutefois contester les constats d’infraction, car elle estime détenir un droit acquis pour entreposer des véhicules puisque l’ancien propriétaire l’a fait pendant 30 ans, explique M.Naylor.A la Ville, on indique qu’un protocole d’entente sera soumis au comité exécutif aujourd’hui, a indiqué la directrice des communications, Linda Rivard.La Ville envisage de modifier le zonage du site au cours du mois prochain afin de permettre une vocation résidentielle.Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI I"'‘JUIN 2010 A 5 LE MONDF COLOMBIE La peur du « saut dans le vide » Le dauphin d’Alvaro Uribe est largement favori pour le second tour Grands perdants du premier tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu dimanche en Colombie, les instituts de sondage vont devoir faire preuve d’une grande imagination pour justifier leur déroute.Alors que dans toutes les enquêtes Antanas Mockus, l’excentrique candidat du Partido verde (Parti vert), était censé talonner — voire dépasser — le candidat du régime, Juan Manuel Santos, ce dernier est arrivé largement en tête, avec 46,4 % des suffrages exprimés.À quelques points d’une victoire par KO dans un scrutin qui n’aura mobilisé qu’une petite moitié des 30 millions de Colombiens en âge de voter.Dauphin désigné du chef de l’État sortant, ancien ministre de la Défense, descendant Le résultat du premier tour prouve que la lutte contre la guérilla reste prioritaire pour les Colombiens d’une riche famille de l’élite colombienne, Juan Manuel Santos a 25 points d’avance sur son rival Antanas Mockus, ex-maire de Bogota (1995-1997 et 2001-2003).Les sondages donnaient pourtant les deux hommes au coude à coude au premier tour.Mais les études ont semble-t-il sous-estimé le soutien dont a bénéficié Juan Manuel Santos dans les campagnes, où les résultats de son action à la Défense sont les plus perceptibles et ont marqué la population.La lutte acharnée contre les guérillas menée par Santos lorsqu’il était ministre de la Défense et la peur de l’inconnu face à cette menace expliquent la large avance que lui ont accordée les Colombiens, selon les analystes.Les campagnes Pour l’analyste et ancien ministre Eduardo Pizano, ce résultat «est un soutien évident à la politique de sécurité et de démocratie du président Alvaro Uribe dans les provinces, qui ont dû faire face à des violences marquées».Pour les Colombiens qui ont vécu depuis le mois de mars une campagne électrique, marquée par l’ascension fulgurante de Mockus, mathématicien et philosophe qui a même dépassé l’ex-ministre dans les sondages fin avril, le choix était clair.Juan-Manuel Santos incarne la continuité de la politique de fermeté face à la guérilla menée par Alvaro Uribe, et Antanas Mockus, le «changement» vers une société débarrassée des excès du gouvernement sortant en matière de corruption et de droits de la personne.Santos était en début de campagne le grand favori de l’élection.Mais il a vu Mockus, fils d’immigrés lituaniens de 58 ans, lui aussi ancien professeur d’université et candidat d’un parti écologiste ne comptant qu’une poignée de députés, s’envoler dans l’opinion en promettant un gouvernement propre et d’en finir avec la corruption.La sécurité Mais à l’approche du scrutin, la peur du «saut dans le vide», expression souvent employée par les parti- sans de Juan-Manuel Santos pour définir une éventuelle présidence de l’excentrique Antanas Mockus, a été plus forte.La Colombie, peuplée de 46 millions d’habitants, «ne croit pas encore possible ni souhaitable un changement d’orientation drastique en matière de sécurité alors que les PARC sont bien vivantes et que iHugo] Chavez montre les dents et exacerbe la fibre nationaliste», écrivait hier le politologue Jorge Ivan Cuervo dans le journal El Espectador.Pour l’analyste Rafael Guarin aussi, le résultat du premier tour prouve que la lutte contre la guérilla reste prioritaire pour les Colombiens, et sur ce terrain, Antanas Mockus, avec ses symboles de campagne — le tournesol pour la vie, le crayon pour l’éducation— «n’a pas su créer la confiance».Dimanche encore, des combats ont opposé, dans plusieurs départements, la guérilla des Fare (Forces armées révolutionnaires de Colombie) à l’armée.Bien que Santos soit en position de force compte tenu de son avance, les alliances nouées en vue du second tour pourraient être décisives.L’ancien ministre devrait chercher le soutien des partis conservateur et du Cambio Radical.Mockus devrait se tourner, lui, vers les formations centristes.Agence France-Presse, Reuters et Libération m ELIANA APONTE REUTERS Le lendemain de l’élection, une Colombienne vaquait à ses occupations hier à Bogota.L’Iran a produit 5,7 kg d’uranium enrichi à 20 % jusqu’au début avril Vienne — L’Iran a produit au moins 5,7 kilos d’uranium enrichi à 20 % jusqu’au début avril, un matériau dont Téhéran affirme qu’il est destiné à son réacteur nucléaire de recherche, selon un document confidentiel de l’AIFA.«Le 7 avril 2010, l’Iran a retiré 5,7 kilos d’uranium hexafluorure (UF6) de la première cascade» de son site pilote d’enrichissement à Natanz», indique le document de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).«Selon l’Iran, cet UF6 a été enrichi à 19,7 %», affirme le document.Ce rapport distribué aux États membres de l’AIEA doit être discuté lors du Conseil des gouverneurs de l’agence la semaine prochaine.Selon un diplomate de haut rang proche des inspections menées par l’agence onusienne dans la République islamique, le montant d’uranium hautement enrichi dont dispose l’Iran actuellement est bien plus élevé.Agence France-Presse 4 s c ABBAS MOMANI AEP Des Palestiniens ont manifesté hier à Ramallah contre le raid israélien.Gaza ou la lente asphyxie En se retirant de Gaza en 2009, Israël a continué d’employer contre la population une arme aussi destructrice que silencieuse: le blocus militaire JEAN-PIERRE PERRIN Lorsque l’armée israélienne se retire, le 18 janvier 2009, de la bande de Gaza, à la suite d’une offensive militaire de 22 jours, elle abandonne derrière elle un immense désastre.Pas seulement des quartiers en ruines et des villages ravagés, mais aussi des champs dévastés, des olivettes déracinées, des routes supprimées, des serres saccagées.Pas seulement des infrastructures civiles anéanties, comme le Parlement ou les principaux ministères, mais aussi des hôpitaux, des commissariats, des mosquées, des casernes de pompiers.La petite zone économique, qui s’était créée à la périphérie de Gaza-ville et offrait quelques milliers d’emplois, a été méthodiquement détruite, de même que la plupart des usines et des ateliers.Comme le dira plus tard Chris Gunness, porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), «Gaza a été renvoyée non pas à l’âge de pierre, mais à l’âge de la boue».Près de 1400 personnes avaient été tuées dans cette offensive, baptisée Plomb durci, en grande majorité des civils, dont au moins 330 enfants.La cible Ce n’est donc pas seulement le,Hamas que les généraux de l’État hébreu ont voulu punir pour ses tirs de roquettes sur le territoire israélien, mais une population toute entière, soit un million et demi de personnes.«Des actes assimilables â des crimes de guerre et peut-être.dans certaines circonstances, â des crimes contre l’humanité ont été commis par les forces armées israéliennes»,re\hwera.en septembre 2009 le rapport du juge Richard Goldstone, commandé par les Nations unies.Il fera état aussi de l’emploi d’armes interdites par la Convention de Genève, comme les obus au phosphore blanc tirés sur des zones résidentielles, et même Charm el-Cheikh, en mars 2009, attribuant à l’enclave près de trois millions d’euros.Impossible, en effet, pour les habitants d’importer le ciment, l’acier ou le bois nécessaire à la construction, pas davantage le verre qui permettrait le remplacement des vitres soufflées par les déflagrations.Conséquence: un infime pourcentage des 3500 habitations détruites et 56 000 autres l’isolement et la souffrance dans lesquels elle est de plus en plus 30 % des terres arables ont été interdites d’accès et estampillées «zone tampon» par les militaires israéliens depuis la fin de l’offensive contre une école de l’UNRWA, où s’étaient réfugiés 1500 personnes, et l’hôpital Al-Qods.Trois ans Mais la guerre, jamais déclarée, contre Gaza ne s’est pas terminée avec la fin de Plomb durci.Car, en se retirant, l’État hébreu a continué d’employer contre la population une arme aussi destructrice que silencieuse: le blocus militaire de l’enclave.Un blocus qui perdure depuis bientôt trois ans et que la population ressent comme un véritable châtiment collectif, comme le souligne encore Goldstone.C’est ce blocus que la flottille de la paix voulait dénoncer en se rendant â Gaza.L’une des premières conséquences de ce siège, c’est qu’il empêche toute reconstruction de Gaza alors la communauté internationale s’y est engagée lors du sommet de e n d O m m a-gées ont pu être rebâties ou réparées.Dans un rapport publié le 2 2 d é-cembre, soit un an après Plomb durci, 16 ONG humanitaires et de défense des droits de la personne rapportent que les autorités israéliennes n’ont autorisé que l’entrée de 41 camions de matériaux de construction depuis la fin de l’offensive alors qu’il en faudrait des milliers.Selon les auteurs du rapport, le blocus a également conduit â de fréquentes coupures d’électricité, de gaz et d’eau, avec des conséquences désastreuses sur la vie quotidienne et la santé publique.S’ajoutent les restrictions d’approvisionnement en gaz industriel imposées de façon continue par Israël, privant 90 % des Gazaouis de courant pendant 4 â 8h par jour.Pour Amnesty International, «le blocus asphyxie la population, dont plus de la moitié est constituée d’enfants, dans pratiquement tous les aspects de la vie quotidienne.On ne peut laisser se poursuivre La pauvreté C’est en juin 2007 que le blocus militaire a commencé â être imposé â la bande de Gaza en réponse â la prise de contrôle de l’enclave par le Hamas.Dans le même rapport, les ONG soulignent que sa première conséquence a été de fortement aggraver la pauvreté, contribuant â rendre 80 % de la population dépendante de l’aide internationale: «Les entreprises et les fermes ont été contraintes de fermer et de renvoyer leurs ouvriers.La quasi-interdiction qui pèse sur les exportations a frappé les agriculteurs de plein fouet.» La situation s’est détériorée avec la guerre qui a dévasté 17 % des terres arables, serres et systèmes d’irrigation.En outre, 30 % des terres arables ont été interdites d’accès et estampillées «zone tampon» par les militaires israéliens depuis la fin de l’offensive.Ce n’est pas la première fois que les organisations humanitaires payent un tribut â la cause de Gaza.L’un des bateaux de la flottille porte d’ailleurs le nom de Rachel Corrie.Cette étudiante américaine de 23 ans, membre d’une organisation non violente, était morte â Gaza il y a sept ans en tentant de barrer la route â un bulldozer de l’armée qui voulait détruire une maison palestinienne.Selon l’enquête de la BBC, elle avait été tuée volontairement par le conducteur de l’engin.Libération Thaïlande: l’ONU demande une enquête indépendante sur les violences Genève — La haut commissaire de l’ONU aux droits de la personne, Navi Pillay, a demandé hier l’ouverture d’une enquête indépendante sur les récentes violences en Thaïlande afin de juger les responsables des violations du droit international.«Afin de favoriser â long terme la réconciliation politique, j’exhorte le gouvernement â veiller â ce qu’une enquête indépendante sur les événements récents soit conduite et que tous les responsables avérés de violation des droits de l’homme rendent des comptes», a déclaré Navi Pillay devant le Conseil des droits de l’homme.Au moins 88 personnes ont été tuées et près de 1900 blessées lors de la répression des manifestations antigouvernementales des chemises rouges â Bangkok.Mme Pillay a reconnu que le gouvernement thaïlandais avait tenté de trouver une sortie â la crise ces derniers mois et que les autorités se devaient de restaurer l’ordre public.«Ce faisant, toutefois, ils doivent respecter les normes internationales concernant l’utilisation de la force et le respect des personnes détenues», a-t-elle ajouté.Lors des affrontements, les manifestants avaient demandé que commencent «des discussions avec les Nations unies comme médiateur».une proposition que le pouvoir avait toutefois refusée.En réponse â Navi Pillay, l’ambassadeur de la Thaïlande auprès de l’ONÜ, Sihasak Phuangket-keow, a souligné «qu’une commission d’enquête indépendante était mise en place pour examiner tous les incidents qui ont eu lieu durant les manifestations».«Le gouvernement thaïlandais regrette profondément les pertes en vies humaines et les blessures qui se sont produites, et s’engage â traduire les responsables en justice», a-t-il ajouté.L’ambassadeur a également a également indiqué que «le gouvernement thaïlandais ne cherchait pas â éluder toute responsabilité», tout en précisant que les forces de sécurité ont fait usage de la force «en dernier ressort» et «conformément aux normes internationales».«Permettez-moi de souligner que le gouvernement thaïlandais est ouvert â un examen et est prêt â être soumis â un processus légal», a-t-il poursuivi.Depuis hier, le premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, est sous le feu des accusations de l’opposition devant le Parlement pour sa gestion de la crise et l’assaut meurtrier lancé par l’armée contre les manifestants antigouvernementaux dans le centre de la capitale.Agence France-Presse Bagdad affirme avoir arrêté le chef militaire d’al-Qaïda Bagdad — Les autorités irakiennes ont annoncé hier l’arrestation du chef militaire d’al-Qaïda â Bagdad, accusé d’avoir planifié les attaques contre des hôtels et des ambassades en janvier et avril.«Les forces irakiennes et les services de renseignement ont réussi â arrêter deux dirigeants de l’Etat islamique en Irak», la branche irakienne d’al-Qaïda, a affirmé le porte-parole du commandement militaire de Bagdad, le général Qassem Atta.M.Atta, qui a présenté des photos des personnes interpellées, a indiqué que l’un des deux était Abbas Najem Abdallah Mohammed al-Jawari, connu aussi sous le nom de Abou Abdallah et âgé de 26 ans.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR, LE MARDI I “JUIN 2010 EDITORIAL Marée noire J Jean-Robert Sansfaçon La complaisance tue Plus le temps passe, plus la catastrophe s’amplifie dans le golfe du Mexique.Les coupables sont connus, il s’agit de BP et de ses partenaires, mais l’histoire ajoutera que ce désastre aurait pu être évité n’eût été la complaisance des autorités américaines.Pendant ce temps, au Canada, on continue comme si de rien n’était.1 y a six semaines aujourd’hui que la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon a explosé au large de la Louisiane, faisant onze morts et libérant quatre millions de litres de pétrole brut par jour dans les eaux du golfe.C’est la pire catastrçphe environnementale à être survenue aux Etats-Unis, pays par excellence de la haute technologie.Un accident comme celui-là n’aurait jamais dû se produire, cela est une évidence, et pourtant! Quelques semaines seulement avant qu’il survienne, le président Barack Obama avait annoncé la reprise des projets de forage au large de toutes les côtes américaines, dont l’Alaska, en expliquant que la technologie moderne était totalement sûre.Il est revenu sur cette décision depuis et a interdit tout nouveau projet pour une période d’au moins six mois.D’ici là, une enquête aura lieu, et tout le monde s’attend à un resserrement des normes.Cette question des normes et des contrôles est au cœur du problème.Selon le New York Times, tout au long du mandat de George W.Bush, son vice-président, Dick Cheney, a joué un rôle capital pour éviter que les sociétés pétrolières soient soumises aux normes plus coûteuses en vigueur ailleurs dans le monde, telle l’obligation de creuser un puits de secours.Or, Cheney avait été président d’Halliburton, partenaire de BP dans le golfe, avant d’accéder à la Maison-Blanche.De son côté, le Minerais Management Service, l’autorité fédérale en matière d’émission de permis et de contrôle, a été impliqué dans des affaires de corruption et souvent accusé de complaisance à l’endroit des pétrolières dont on sait par ailleurs qu’elles ont versé 52 000 $ en moyennes à la caisse de chacun des membres du comité du Sénat sur l’Énergie, soit le double de leurs contributions aux autres, sénateurs.Sous les républicains, les ÉtatsAnis ont connu un recul important en matière de contrôle d’État au profit d’une théorique autoréglementation par l’industrie, et tout indique que la catastrophe du golfe est une conséquence directe de ce choix intéressé.Au Canada, la même tendance a cours d’un bout à l’autre du pays, et surtout au fédéral où conservateurs et libéraux ont relâché les contrôles ces dix dernières années.Dans le cas de l’exploration pétrolière au large des côtes, aucune étude environnementale approfondie n’est désormais exigée avant de commencer l’exploration et, une fois cette étape terminée, les compagnies ont investi tellement d’argent que les politiciens ne sont plus capables de leur demander d'arrêter.Ainsi, on creusera bientôt un puits de 2500 mètres de profond au large de Terre-Neuve sans même se donner la peine de forer un puits de secours.C’est inacceptable! Le sous-sol des océans est riche en hydrocarbures, mais leur extraction comporte des dangers tels qu’il faut exiger un moratoire en attendant le renforcement des normes et des contrôles.Car, quoi que l’on en dise, laissée à elle-même, n’importe quelle entreprise dont l’objectif est de maximiser le rendement pour les actionnaires sera toujours tentée de prendre des risques pour réduire ses coûts, même aux dépens de l’environnement et de la sécurité.j-rsansfacon@ledevoir.ca Négociations en enseignement Demi-ouf! ne entente de principe est intervenue en fin de semaine dernière entre une portion des enseignants du primaire et du secondaire et la partie patronale.L’heure est-elle aux réjouissances?Disons-le d’entrée de jeu: le tiers des professeurs du Québec (membres de la Fédération autonome de l’enseignement) demeurent loin d’un règlement et prévoient même une journée de ^ève le 8 juin! La carte scolaire du Québec pourrait donc être divisée en deux factions: ceux qui ont réglé, et ceux qui n’ont pas réglé.Ceux qui ont obtenu ceci, et ceux qui ont obtenu cela.La Fédération des syndicats de l’enseignement estime quant à elle trouver dans ce règlement de quoi se frotter les mains.Depuis des lustres, ses membres font valoir le caractère invivable des classes «méli-mélo» composées d’enfants en difficultés de tous genres, sans soutien suffisant.L’entente confirme la volonté du gouvernement de diminuer encore davantage le ratio maître-élèves dans les groupes.Il y a là toutefois bien peu de vrai «neuf»: le ministère de l’Éducation avait déjà annoncé son intendon de réduire la taille des classes.Le gouvernement ajoute bel et bien une enveloppe de 20 millions de dollars pour soutenir l’intégration des élèves en difficulté dans les classes, mais cet ajout financier sera retiré sitôt que la baisse de ratio touchera les groupes de 1® et 2® secondaires, en 2013-2014.Les enseignants affirment toutefois avoir été entendus.Les baisses de ratio, dont l’effet mirobolant n’a pas été véritablement démontré, ne peuvent pas être inutiles.Mais sur le cœur de l’affaire, soit la pertinence d’intégrer comme on le fait les élèves en difficulté aux classes ordinaires, rien n’a été réglé.Les deux parties affirment avoir une meilleure compréhension des enjeux dont elles débattaient déjà — avec beaucoup plus d’acrimonie — en 2005, mais elles ont convenu de ne pas en faire un objet de négociation dans l’espoir d’être en mesure de discuter plus tard de ce dossier avec philosophie, loin des stratégies de négociation.La discussion est donc reportée à l’automne! Cela s’ajoute au lot de sujets «chauds» — droits de scolarité, viabilité des commissions scolaires — déjà inscrits à l’agenda de,ce grand rendez-voqs de l’automne annoncé par la ministre de l’Éducation.À elle seule, la question des élèves en difficulté pourrait nourrir un seul forum: comment repère-t-on ces enfants?Quelles sont les limites de leur intégration à des classes ordinaires?Qu’est-ce que cette fameuse «contrainte excessive» fixée par la loi pour définir les limites de l’inté^ation par rapport à ses bienfaits?C’est dans cet échange qu’il faudra un jour mener avec franchise que gît le cœur du problème des élèves en difficulté et, corollaire intime, des conditions de travail des enseignants.machouinard@ledevoir.corn Marie-Andrée Chouinard LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO OU Ça suffit ! Je suis outrée, pour ne pas dire dégoûtée de ce cirque que nous présentent les politiciens que nous avons élus.J’ai cinq enfants et douze petits-enfants et je n’ai jamais entendu tant de bassesses.Des insultes aussi inacceptables auraient mérité des conséquences peu négligeables.C’est ainsi dans une classe du primaire ou du secondaire où de telles conduites seraient sévèrement punies.D’ailleurs, on s’indigne publiquement de certains comportements impolis des élèves dans nos écoles.Les valeurs de respect véhiculées dans notre société sont totalement opposées à ce qui se passe à l’Assemblée nationale.Devant ce constat, que fait-on en tant que membre de cette société qui se dit respectueuse des autres?Qn s’indigne devant à ces mauvais exemples pour nos jeunes.Qn développe un certain cjmisme.On laisse faire en se disant qu’on n’a aucun contrôle sur une situation ridicule, sauf se détacher complètement de la politique.Si nos politiciens étaient enfants, je leur dirais: «Allez réfléchir dans votre chambre.» «Allez passer quelque temps chez le directeur.» «Trouvez une solution positive à vos conflits.» Mais comme ils sont supposé-ment adultes, je leur dis «Ça suffit.On ne vous a pas élus pour que vous nous donniez un spectacle basé sur vos animosités personnelles.Que tous les partis politiques aient des torts, nous nous en doutons bien.La solution réside dans une action transparente.Tous les LETTRES partis mettent leurs cartes sur la table (suscitant ainsi notre respect) et passent à autre chose.Actuellement, vous perdez votre temps et le nôtre.Vous avez d’énormes problèmes à régler et un pays à faire évoluer au plan de la santé, de l’éducation, de l’économie.Il est grand temps déjouer le rôle pour lequel nous vous avons élus.» Micheline Lalonde-Graton Sainte-Julie, le 28 mai 2010 Une pièce importante de notre héritage Je voudrais féliciter Le Devoir pour la série d’articles parus depuis quelques mois concernant l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus qui est menacée de démolition.Le cas de ce temple n’est pas unique au Québec.Les croyants catholiques ont construit durant les MX® et XX® siècles des lieux de culte à l’image de leur foi.Cela a donné lieu à l’érecdon de monuments qui font maintenant partie de notre patrimoine reli^enx et culturel.Je ne crois pas que les bâtisseurs avaient prévu l’évolution de la fréquentation de leurs églises et les conséquences qui s’ensuivraient.Les articles publiés dans Le Devoir concernant cet édifice ont lait mention de la richesse du contenu intérieur de l’église en question, et les photos parues (du chœur, par exemple) montrent des fresques et des sculptures qui convainquent le lecteur de la beauté des Heux.L’orgue de cette église est dans la tradition des orgues sjmphoniques comme Casavant les construisait à cette époque.La taille de l’instrument devait être à la mesure de la grandeur de la nef pour accompagner les cérémonies liturgiques.Dans le contexte actuel, le bâtiment et son instrument forment un ensemble qui pourrait être une salle de concert de grande qualité.Je lisais récemment un article qui mentionnait que dans certains pays avec économies en émergence, on construit des salles de concert avec orgue.La situation ici porte à réflexion: alors, pourquoi ne pas créer une corporation pour étudier la faisabilité d’un tel projet et par la suite s’adjoindre des partenaires?Quelles que soient la richesse et l’ampleur du patrimoine religieux québécois que l’on connaît, la série d’articles publiés donne l’impression au lecteur que nous sommes malheureusement en train de perdre une pièce d’importance de notre héritage religieux, culturel et de notre mémoire collective.L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus n’est pas im bâtiment parmi d’autres.On constate une mobilisation certaine par les intervenants du milieu pour éviter la démolition de l’édifice.Je leur souhaite de réunir les appuis et l’argent nécessaires pour faire de ce lieu un endroit unique pour l’écoute de la musique et aussi pour l’admiradon des œuvres léguées par les générations antérieures.Je donne à ces mêmes intervenants mon appui sans équivoque Daniel Tessier Sherbrooke, le 21 mai 2010 LIBRE OPINION Avortement et libertés individuelles RICHARD BASTIEN Président de l’Institut Egards, propriétaire de la revue Égards et vice-président de la maison d’édition Justin Press Les défenseurs du «droit» à l’avortement sont généralement considérés comme des personnes soucieuses de promouvoir les libertés individuelles.Quant à ceux qui s’opposent à ce «droit», on les décrit comme des esprits «religieux et rigides» s’inscrivant en faux contre le respect de l’autonomie personnelle.(Jette dichotomie sert bien les intérêts des pro-choix, qui ne cessent de répéter que «la religion des uns ne saurait devenir la loi des autres».Mais il s’agit là d’une vue simpliste et trompeuse.Les pro-vie sont tout autant soucieux des libertés individuelles que les pro-choix.Ce qui sépare les deux groupes, c’est l’interprétation qu’il convient de donner à certaines libertés.Bien que beaucoup de militants pro-vie aient de solides convictions religieuses, ce n’est pas au nom de leur religion qu’ils s’opposent à l’avortement dans l’espace public.La position pro-vie se fonde entièrement et exclusivement sur un fait scientifiquement établi, à savoir que la vie humaine commence dès la conception, et sur un principe moral, à savoir que tous les êtres humains ont droit à la vie.La Cour suprême du Canada a statué il y a un peu plus de vingt ans que, aux termes de la loi, l’enfant à naître ne devient une personne humaine qu’une fois sorti du corps de sa mère.Les dispositions du Code criminel s’accordent maintenant avec ce jugement.II n’en reste pas moins que, d’un point de vue strictement scientifique, l’en- fant à naître est un être humain.II y a donc actuellement contradiction entre la loi et la science.Cela n’a pas toujours été le cas.Jusqu’au début des années 1980, l’avortement était considéré comme un acte criminel.La décriminalisation de l’avortement est survenue par suite de la généralisation de la contraception au cours des décennies 1960 et 1970, l’objecdf étant d’établir un «filet de sécurité» pour les échecs de la contraception.L’idée que la vie d’un enfant à naître soit subordonnée à la volonté de sa mère (ou aux pressions du père sur celle-ci) n’a rien de libéral.Le mot «libéral» découle de la notion de «libéralité» qui, selon le Petit Robert, signifie charité, générosité, largesse, magnificence.Qn nous dit que l’enfant à naître doit être désiré.Mais l’idée de se débarrasser de personnes non désirées n’est ni charitable, ni généreuse, ni large.File contredit le premier droit reconnu dans les chartes de droits — le droit à la vie.(Je qui donne à la tradition libérale sa noblesse, c’est son refus de l’arbitraire, c’est-à-dire d’une autorité s’exerçant selon le bon vouloir d’une personne ou d’un groupe.Qn ne peut accepter l’avortement sans présupposer que la vie d’un être humain est subordonnée au bon plaisir de sa mère.C’est pourquoi il est foncièrement contraire à la tradition libérale.Ft le fait que les premières sociétés à permettre l’avortement aient été la Russie de Lénine et l’Allemagne hitlérienne n’est pas le fruit du hasard.Beaucoup de pro-choix refusent d’admettre que la position pro-vie puisse se justifier sans recourir à des considérations religieuses.Mais il y a une abondance de données qui prouvent le contraire.Ainsi le premier code juridique interdisant l’avortement est celui d’Hammourabi, roi de Baby-lone vers 1730 avant Jésus-Christ.La Troisième République française et l’Allemagne de Bismarck, bien qu’hostiles au christianisme, ont toujours maintenu l’illégalité de l’avortement.Énfin, bon nombre d’intellectuels agnostiques comme Melanie Phillips, Anthony Daniels, Marcello Fera et David Berlinski, se déclarent publiquement provie.Aux États-Unis, il y a même une Ligue des athées et des agnostiques pro-vie, et plusieurs personnes associées au Parti démocrate, considéré comme un parti de gauche, sont pro-vie.Les tenants de la position pro-vie comprennent parfaitement que l’on ne saurait réduire l’accès à l’avortement sans un certain consensus social.Loin de demander que l’on criminalise à nouveau l’avortement, ils plaident en faveur de mesures destinées à venir en aide aux mères en détresse.Qn pourrait, par exemple, encour^er l’adopdon pour les femmes enceintes qui ne veulent pas garder leur enfant.Plusieurs couples stériles sont prêts à adopter des enfants et doivent se rendre à l’éùanger pour le taire.Une telle approche serait avantageuse non seulement pour l’enfant à naître, mais aussi pour sa mère, puisqu’il est maintenant établi que l’avortement est souvent préjudiciable à la santé physique et mentale de la mère.File est également compatible avec l’idée qu’aucune femme ne devrait être forcée d’exercer un rôle parental.Nous ne pouvons prétendre que tous les êtres humains ont des droits fondamentaux tout en fermant Jes yeux sur la question de l’avortement.Éviter un tel débat serait un acte de lâcheté nationale. LE DEVOIR LE MARDI I JUIN 2010 A 7 IDEES Avenir de la langue française Un geste d’éclat pour protéger le français DANIEL TURP Professeur à la faculté de droit de l’Université de Montréal e suis préoccupé par l’avenir de la langue française, mais aussi et surtout inquiet pour cet avenir.Je suis déçu par l’importance très relative que la Francophonie confère elle-même à la protection et à la promotion de la langue française et je crois qu’il y a urgence d’agir pour que la langue que 70 Etats et gouvernements disent avoir en partage ne soit pas marginalisée au sein de la communauté internationale.Ma préoccupation et mon inquiétude sont fondées sur des réalités et des faits qui annoncent un dangereux déclin de la langue française.Au Québec, la deuxième ville francophone du monde, Montréal, s’anglicise.Au Canada, le Commissaire des langues officielles a déclaré dans son dernier rapport que des fonctionnaires francophones ont toujours de la difhculté à travailler dans leur langue et que les Canadiens continuent de résister à l’idée que les juges de la Cour suprême du Canada aient une connaissance du français.En France, j’ai récemment été accueilli à mon arrivée à l’aéroport Montpellier-Méditerranée par des afhches commerciales unilingues anglaises et ai vu un journal télévisé de France 24 «en anglais», sans pouvoir d’ailleurs avoir accès à TV5.et retrouver dans la grille horaire du journal Le Monde celle de TV5! Les droits linguistiques de certains francophones belges semblent en péril, et l’Association suisse des journalistes de langue française a plaidé, au début de la présente année, pour la présentation au Parlement de la Confédération helvétique d’un projet de loi concernant l’usage de la langue française.Sur le conti-nqnt africain, le ministre de l’Education nationale du Rwanda a décrété la fin de l’enseignement du français au Rwanda pour 2011, alors qu’au Vietnam l’anglais est devenu la langue étrangère choisie par 85 % des lycéens du pays.J’ai constaté que la langue française n’avait pas droit de cité dans le nouvel aéroport de Barcelone, qui se trouve pourtant à une centaine de kilomètres de la frontière française, comme c’est le cas de la très grande majorité des aéroports, gares et ports du monde où les francophones sont orphelins de leur langue.Comme chercheur, j’ai constaté que le portail de l’Union européenne ne présente les nouveautés qu’en anglais, que le site de l’Union africaine (www.africa-union.org) nous accueille, sur sa page en français, par le slogan «Make Peace Happen 2010» et que le site de l’Organisation des Etats américains, dont le français est une l’une des quatre lances officielles, ne réserve qu’une place infime à la langue qu’ont pourtant en partage deux de ses Une convention testerait la volonté réelle des membres de la Francophonie de s’engager dans un combat réel en faveur de la langue française ) JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au Québec, la deuxième ville francophone du monde, Montréal, s’anglicise.La langue française pourrait prendre sa place parmi les langues du monde si des mesures audacieuses étaient adoptées.États membres, le Canada et Haïti, et que parlent des millions de francophiles répartis dans les Amériques.Prendre sa place Je pourrais multiplier les exemples qui tendent à démontrer que la langue française est en voie d’être oblitçrée dans l’espace public international et que les États et gouvernements de la Francophonie eux-mêmes n’exercent pas la vigilance qui s’impose pour prévenir son effacement de l’espace public national.Sans souscrire à l’idée que l’avenir de la langue française est irrémédiablement compromis, je crois que celle-ci peut prendre sa place parmi les langues du monde si des mesures audacieuses sont adoptées.Les initiatives récentes de la Chine et de la Russie pour que leurs langues s’imposent comme langues internationales devraient être un réel incitatif pour que la Francophonie agisse avec célérité pour assurer la protection et la promotion de Ip langue française au sein de ses propres États et gouvernements de la Francophonie et qu’il s’agit d’une action qui devrait d’ailleurs précéder toute initiative visant à assurer la protection et la promotion de la diversité linguistique, et à promouvoir l’adoption par l’UNESCO d’une nouvelle convention analogue à celle relative à la diversité des expressions culturelles.Test de volonté Un geste d’éclat doit être fait un geste sjmibo-liquement fort et juridiquement contraignant en cette année du 40® anniversaire de la Francophonie: l’annonce de l’élaboration d’une Convention internationale sur la protection et la promotion de la langue.La Charte de la Francophonie, telle qu’elle a été adoptée lors de la Conférence ministérielle de la Francophonie du 23 novembre 2005, n’énumère même pas parmi ses objectifs la promotion et la protection de la langue française, et l’élaboration d’une telle convention lancerait un message clair à Iq communauté internationale sur la volonté des États et gouvernements de la Francophonie de passer à l’offensive.Une telle convention testerait la volonté réelle des membres de la Francophonie de s’engager dans un combat réel en faveur de la langue française.Cette convention devrait contenir des engagements à caractère national, inspirés par ceux contenus dans la Charte de la langue française adoptée du Québec et la loi Toubon en France, régissant le statut de la lan^e française et reconnaissapt des droits linguistiques fondamentaux.Les États et gouvernements devraient également s’y engager à protéger et à promouvoir Lutilisation de la langue française comme langue de la législation et de la justice, de l’Administration, du travail, du commerce et des affaires et de l’enseignement.S’agissant des engagements à caractère interna- tional, la future convention pourrait lâire fond sur les énoncés relatife à la langue française contenus dans le Cadre stratégique déceimal de la Francophoitie (2005-2014) et la Déclaration finale du Sommet de Québec (2008), mais également s’inspirer du contenu de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCQ.La création d’un Fonds international pour la protection et la promotion de la lan^e française pourrait être envisagée et l’on devrait également songer à la création d’ime Conférence ministérielle permanente des ministres responsables de langue française (CQNFELF) pour assurer la mise en oeuvre et le suivi de la nouvelle convention.Pour rendre hommage aux pionniers de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, Habib Bourguiba et Norodom Sihanouk ainsi qu’au Québécois Jean-Marc Léger, le secrétaire général de la Francophonie, M.Ab,dou Diouf, doit prendre l’initiative et inviter ses États et gouvernements membres de la Francophonie à être audacieux en adoptant une Convention internationale sur la protection et la promotion de la langue française qui contribuera à assurer la pérennité et le rayonnement de la langue française comme la langue internationale.¦ Extraits d’une communication prononcée lors des dixièmes Entretiens de la Erancophonie le 27 mai 2010 à Lyon.La version intégrale peut être consultée à l’adresse www.danielturpqc.org.Le multiculturalisme champêtre L MATHIEU BOCK-COTE Candidat au doctorat en sociologie del’UQAM e Devoir a gratifié ses lecteurs d’une série de reportages sur la diversité torontoise (29 et 30 mai 2010).On y présente des communautés cohabitant dans une société valorisant un multiculturalisme champêtre, bucolique, conforme à l’imagerie officielle d’un Canada de carte postale.On croit lire entre les lignes que le modèle canadien serait celui d’une société très en avance sur un Québec désavouant encore massivement les accom-modements raisonnables au nom de la prédominance d’un nous historique.11 ne fait nul doute que le Canada officiel, normalement associé au Parti libéral du Canada et à la fonction publique fédérale, cultive une telle image de lui-même.On se souvient de la formule de Paul Martin, qui faisait du Canada le «premier pays postmoderne».On sait aussi qu’une bonne partie de l’industrie philosophique au service du multiculturalisme prend le Canada comme modèle et théorise à partir de lui les exigences de la diversité.John Ibbitson a aussi parlé d’un «Canadian dream», celui d’un pays ayant apprivoisé avant les autres l’idéal d’une diversité authentique, à la tolérance supérieure, au cpsmopolitisme sophistiqué.À l’étranger, on reprend aussi cette formule, Jacques Attali ayant déjà fait du Canada le «laboratoire de l’utopie» multiculturelle à venir.Pourtant, derrière les légendes officielles, c’est un autre pays qui se dessine, qui a l’allure d’un laboratoire confisqué par de savants idéologues cherchant à expérimenter un nouveau modèle de société qui n’est pas sans rappeler l’égalitarisme forcené du dernier siècle.Au Canada, la «diversité» est la nouvelle figure fondatrice du lien politique, d’autant plus qu’elle s’accouple avec un chartisme sacralisé, qui vide le bien commun de toute substance.Car on ne peut imaginer un «bien commun» sans communauté de destin, sinon dans la reconnaissance redondante d’un pluralisme identitaire éparpillé.11 n’y a plus de collectivité, seulement des minorités revendicatrices qui réclament toutes une citoyenneté à la carte, qui se marchandise comme un bien parmi d’autres pour les porteurs d’identités multiples qui s’agitent dans le métissage mondialisé.Qn comprend que le Canada ne conteste d’aucune manière la conjugaison des appartenances: la sienne ne veut pratiquement plus rien dire.Catégorisation régressive Le multiculturalisme, on l’a souvent rappelé, malgré sa rhétorique de l’ouverture à l’autre, légitime un retour à une catégo-risation régressive de la citoyenneté.11 la compartimente selon des critères ethniques ou raciaux en abolissant au même moment les distinctions culturelles.11 n’y a plus de Boliviens ou de Chiliens, seulement des hispaniques.Non plus de Vietnamiens ou de Cambodgiens, mais des Asiatiques.Et sous le prétexte de contester l’hégémonie d’une culture dominante, il encourage la multiplication des communautarismes radicaux en créant un dispositif technocratique et idéologique favorisant une désaffiliation identitaire accélérée.Le signe le plus radical de cette désintégration diversitaire se trouve certainement dans cette école afrocentriste qui fait la fierté du multiculturalisme toron-tois et qui justifie son existence au nom d’une pédagogie thérapeutique de l’estime de soi.La falsification multiculturelle de l’universalisme accouche d’un ségrégationnisme subventionné par les fonds publics.Qn connaît l’argument des défenseurs du multiculturalisme: loin de charcuter l’identité nationale, il lui permettrait de se re- veaux arrivants, mais à une citoyenneté instrumentale qui leur assure la sécurité et la prospérité d’une société occidentale sans avoir à en prendre le pli identitaire.Aujourd’hui, il y a trois nations au Canada: les Québécois, les Canadiens anglais et les Canadiens de 1982.Les deux premières sont disqualifiées, la troisième a l’avenir devant elle.Disons-le autrement: le multiculturalisme.On comprend que le Canada ne conteste d’aucune manière la conjugaison des appartenances: la sienne ne veut pratiquement plus rien dire composer en reconnaissant les nombreuses influences qui l’auraient façonné.C’est la philosophie de l’accommodement raisonnable: il faudrait imaginer une identité collective sans point fixe, d’autant plus accessible qu’elle sera poreuse et sans contours clairement définis.Mais le Canada auquel on prête allégeance n’est plus qu’un passeport doublé d’une Charte.Ce n’est pas au Canada historique que s’attachent les nou- d’abord mis en scène pour neutraliser le Québec, s’est retourné contre le Canada anglais.La chose n’est pas sans conséquences politiques: au moment de l’Accord du lac Meech, il était encore possible d’envisager une réconciliation historique entre la vieille nation française et celle qui l’avait conquise.Désormais, une telle chose est impossible, tout simplement parce que le Canada historique dans lequel avait pris forme la question québécoise a disparu.Le Canada dont les Québécois souhaitaient la reconnaissance n’est plus qu’un souvenir, de moins en moins présent par ailleurs.Hypnotisés Aux Québécois, on peut souhaiter, à moins qu’ils consentent à jouer le rôle de cobayes dans un pays qui n’est plus celui d’aucun de ses deux peuples fondateurs, de trouver enfin le moyen d’en sortir.C’est désormais la première responsabilité des souverainistes d’enregistrer cette mutation.Ils ne pourront le faire, toutefois, sans renoncer à un discours immaculé qui correspond en fait à la vertu des impuissants.Les souverainistes ont longtemps été hypnotisés par le multiculturalisme au point de chercher à en fabriquer une version locale qui domine encore l’imagjnaire des élites québécoises.A vouloir toujours se conformer à la rectitude politique, ils ont intériorisé l’idéal du pays dont ils veulent faire sécession.C’est de cette vilaine tentation qu’ils devront se délivrer.Ils en arriveront alors à la conclusion suivante: le multiculturalisme n’est pas un bel idéal qui a mal tourné, c’est un idéal néfaste qui n’aurait jamais dû exister.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Choumard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair Cirmo (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel David (chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine RobitaïUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporter) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baülargeon (médias), Frederique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Pare (reporter), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms (reporter), Eric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) ,Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Érnilie Fohe-Boivm (commis Internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), David Dumouchel et Etienne Plamondon-Emond (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa) PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint) de BiUy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Véronique Langlois, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Elyssa Porher, Chantal Ramville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morm, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientèle), Nancy Beauheu, Manon Blanchette, Nathalie Füion, Marie-Lune Houde-Brisebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR LE MARDI I JUIN 2010 ACTUALITES ÉTHIQUE SUITE DE LA PAGE 1 sont 225 000 $ ou 300 000 $ qu’a reçus M.Mulroney dans trois enveloppes en 1993 et 1994.Pour le reste, le juge tranche que l’argent a bel et bien été versé pour un mandat de représentation de nature internationale, comme le prétendait l’ancien premier ministre, mais que ce mandat n’a jamais été accompli.«Je ne peux conclure à Vexécution d’aucun service par M.Mulroney en contrepartie des montants qui lui ont été payés.» Le juge n’a pas cru M.Mulroney quand celui-ci a prétendu avoir rencontré des chefs d’Etat, tous morts aujourd’hui.Le juge conclut aussi que l’entente commerciale entre les deux hommes a été scellée alors que M.Mulroney n’était plus premier ministre du Canada, mais encore député fédéral.Le juge se fait cinglant quant aux circonsr tances des paiements.M.Mulroney a été payé en liquide plutôt que par chèque; il a caché l’argent dans des coffres-forts plutôt que de le déposer à la banque; il n’a signé aucun reçu; il a déclaré les sommes au fisc sept ans plus tard.Devant la commission qui lui demandait pourquoi il avait agi ainsi.Brian Mulroney avait répondu qu’il avait manqué de jugement.Nenni, répond le juge Oliphant «Une erreur de jugement ne peut pas excuser un comportement qui peut raisonnablement être décrit comme étant douteux si ce comportement se produit à trois occasions distinctes.» Selon lui, «M.Schreïber a versé les paiements en espèces et Le juge Jeffrey Oliphant M.Mulroney les a acceptés en espèces [parce] que tous deux voulaient dissimuler le fait que les transactions avaient eu lieu».Le juge ajoute que «ces transactions ne respectent pas les plus hauts critères de conduite et ne sont pas à ce point scrupuleuses qu’elles résisteraient à l’examen public le plus minutieux».n conclut donc que l’ancien premier ministre a contrevenu au Code d’éthique de 1985 pour les titulaires de charge publique qu’il avait lui-même mis en place.Doit-il rembourser?Les partis d’opposition ont été unanimes hier pour réclamer de M.Mulroney qu’il rembourse les 2,1 millions de dollars touchés en 1997.Deux ans plus tôt, M.Mulroney avait appris que le gouvernement canadien avait envoyé une lettre aux autorités suisses demandant leur aide «en relation avec l’enquête sur les violations alléguées du droit pénal canadien par Brian Mulroney».Il avait poursuivi pour diffamation, et une entente à l’amiable était survenue.Lors des interrogatoires avant-procès, l’avocat du gouvernement avait demandé à M.Mulroney s’il avait une relation avec Karlheinz Schreiber.Il avait alors répondu qu’elle était très marginale et se résumait à prendre «une tasse de café».Le juge Oliphant estime que M.Mulroney n’a pas été de bonne foi.«Lorsqu’il a donné cette réponse, M.Mulroney [.] savait qu’à quelques milles du palais de justice de Montréal, il avait soit 150 000 $, soit 200 000 $ en espèces dans un coffre-fort de sa résidence, sans parler des 75 000 $ ou 100 000 $ de plus, aussi en es- MARK BUNCH REUTERS Uancien premier ministre Brian Mulroney accompagné de son fils Mark et de sa fille, Caroline, hier soir, lors de son arrivée à la synagogue Beth Tzedec, à Toronto, où il devait présenter un événement organisé par Les Amis du Centre Simon-Wiesenthal.M.Mulroney a été blâmé hier pour avoir reçu de l’argent de l’homme d’affaires allemand Karlheinz Schreiber et pour avoir tenté de dissimuler ce fait pèces, dans un coffre bancaire d’une banque de New York.» Vrai, reconnaît le juge, qu’il n’avait pas à aller au-devant des questions, mais, continue-t-il, «que M.Mulroney tente de justifier son omission de faire une divulgation dans ces circonstances en affirmant que [l’avocat] Sheppard n’a pas posé la bonne question est à mon avis manifestement absurde.Ce n’était pas la question de M^ Sheppard qui était problématique, mais bien la réponse de M.Mulroney.» Selon le Parti libéral et le NPD, Ottawa devrait entamer des poursuites contre l’ancien premier ministre.«Brian Mulroney a poursuivi le gouvernement du Canada pour avoir dit qu’il avait eu des liens avec Karlheinz Schreiber, et cela nous a coûté 2,1 millions, a rappelé le député néodémocrate Pat Martin.Nous savons maintenant qu’il a eu des liens avec Karlheinz Schreiber.En ce qui me concerne, il nous doit cet argent.» Le Bloc québécois s’interroge aussi.En Chambre, le gouvernement a seulement indiqué qu’il étudiait le rapport D’ailleurs, le gouvernement a été muet sur le sujet.Les ministres reliés à l’ancien Parti progressiste-conservateur, Peter Mackay et Jean-Pierre Blackburn, ont refusé de faire des commentaires.M.Mulroney était devenu persona non grata après le lancement de la commission d’enquête, mais les relations s’étaient de nouveau réchauffées l’automne dernier.En septembre, tout le gratin conservateur avait convergé vers Montréal pour célébrer le 25"^ anniversaire de l’accession de M.Mulroney au pouvoir.Même Stephen Harper avait envoyé un message vidéo.Mulroney soulagé Par ailleurs, le juge a tenté de mettre une bonne fois pour toutes le couvercle sur l’affaire Airbus, cette allégation de pots-de-vin touchés par des politiciens canadiens lors de l’achat d’avions par Air Canada, alors société de la Couronne.«La seule autre façon de relier M.Mulroney à l’affaire Airbus serait par voie de conjectures ou en souscrivant au principe de la cul- pabilité par association.[.\Je ne suis pas disposé à procéder ainsi.» Le juge a déterminé que les milliers de dollars touchés par M.Mulroney provenaient bel et bien d’un compte en Suisse nommé «Britan» dans lequel avaient été déposées des ristournes provenant d’Airbus.Mais le juge croit M.Mulroney quand celui-ci affirmait tout ignorer de la provenance de l’argent En conférence de presse, le procureur principal de la commission, Richard Wolson, a indiqué que la GRC avait enquêté pendant huit ans sur l’affaire Airbus.«Après huit ans, les gens sont en droit de s’attendre à une conclusion.» L’ancien premier ministre s’est dit content du rapport du commissaire, au motif qu’il a reconnu qu’il n’avait jamais été embauché par M.Schreiber pour effectuer du lobbying comme ce dernier le prétendait.M.Mulroney traite le reste des conclusions comme autant de détails que jugeront les historiens.«Je regrette sincèrement que ma conduite après avoir quitté mes fonctions de premier ministre ait éveillé les soupçons quant à la convenance de mes activités commerciales personnelles en tant que simple citoyen.Je laisserai à d’autres la tâche d’évaluer l’ampleur des répercussions de ces événements.Pour l’instant, je suis tout simplement reconnaissant que ce malheureux chapitre de ma vie soit enfin terminé.» La commission Oliphant a coûté environ 16 millions de dollars.Son mandat ne lui permettait pas de se pencher sur l’affaire Airbus.Par définition, la commission ne pouvait pas non plus conclure que des actions criminelles avaient été commises.Le Devoir CANADA SUITE DE LA PAGE 1 traditionnel, Washington.Un fait rare.C’est donc la rencontre d’aujourd’hui à la Maison-Blanche qui a été annulée.De plus, le séjour de Benja-main Nétanyahou au Canada ét^it le premier par un chef d’Etat israélien depuis Yitzhak Rabin, en 1994.Tous ces gestes ont une importance diplomatique.«Depuis que Stephen Harper a pris le pouvoir, le Canada a abandonné son rôle d’arbitre neutre au Moyen-Orient et a adopté une position pro-israël», explique Julien Saada, coordonnateur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM.«Les États-Unis, sous l’administration Obama, sont restés un fidèle allié d’Israël, mais ils ont été plus durs récemment, notamment sur l’expansion des colonies.Ça n’a pas été le cas au Canada.Le gouvernement Harper veut être un allié inconditionnel d’Israël.» Julien Saada n’a donc pas été étonné de voir la réponse très mesurée du Canada à l’offensive israélienne hier.De fait, la réaction canadienne a été l’une des plus douces de la communauté internationale.Pendant que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se disait «choqué» par l’attaque qui a fait une vingtaine de morts et que le président français, Nicolas Sarkozy, affirmait que l’action de l’État hébreu était «disproportionnée», Ottawa y allait d’une courte phrase: «Le Canada regrette profondément les pertes de vie et les blessures causées dans cet incident», a soutenu Stephen Harper, qui a dit chercher davantage d’informations «afin de faire la lumière sur ce qui s’est passé exactement».Rien d’autre n’a été ajouté dans la journée.Une déclaration très semblable à celle de la Maison-Blanche (Obama et Harper se sont d’ailleurs parlé de la situation hier), à la nuance près que Washington souhaite une enquête pour tout connaître de la tragédie.L’Europe a égale- ment exigé une enquête, mais indépendante.Un allié inconditionnel Dans l’entourage du premier ministre Nétanyahou, on considère maintenant le Canada comme l’allié le plus fidèle d’Israël.Une voix presque sans critique dans un monde qui a parfois durernent rabroué les actions de l’État hébreu, notamment lors des offensives au Liban (2006) et dans la bande de Gaza (2008).Ottawa avait été le seul pays à trouver l’offensive de Tsahal au Liban «mesurée».Ce n’est pas pour rien que l’organisme activiste juif B’nai Brith vient de lancer une campagne de publicité pour féliciter le gouvernement Harper de son appui «inconditionnel» à Israël.Il faut dire que Stephen Harper est allé plus loin que n’importe quel premier ministre canadien avant lui lorsqu’il a déclaré, quelques mois après son arrivée au pouvoir, qu’une attaque contre Israël serait considérée «comme une attaque contre le Canada».La fin des subventions à certains organismes canadiens qui critiquent Israël et la crise à Droits et Démocratie montrent également à quel point l’appui à l’État hébreu a pénétré la pensée du gouvernement dans les derniers mois.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le leader du NPD, Jack Éayton, soutiennent que le Canada devrait exiger une enquête indépendante.Gilles Duceppe aurait aimé une réponse plus ferme du Canada hier.«C’est le pire service à rendre à des amis que de ne jamais critiquer les décisions d’un autre pays, a-t-il dit.On peut critiquer des décisions du gouvernement israélien sans être contre l’Israël.» Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a dit «regretter les pertes de vies», mais n’a pas exigé une enquête internationale.«Nous reconnaissons à Israël le droit de se défendre, mais dans cette région, il est important que la réponse à des menaces à la sécurité soit mesurée», a-t-il simplement dit dans un communiqué de presse.Le Devoir ISRAËL SUITE DE LA PAGE 1 Les deux parties ont diffusé des vidéos à l’appui de leurs prétentions.Les ambassadeurs des 27 pays de l’Union européenne se sont entendus hier sur un texte «condamnant» l’usage de la violence lors de ce raid meurtrier et demandant une enquête «immédiate, complète et impartiale».Cette déclaration, rédigée lors d’une réunion convoquée d’urgence à Bruxelles, paraît viser plus nettement l’attitude de l’armée israélienne lors de l’assaut, même si les propos retenus peuvent aussi englober d’éventuels actes de violence commis par des occupants du Mavi Marmara.Le texte appelle toutes les parties à faire «baisser la tension» et «souligne la nécessité de poursuivre les négociations indirectes» engagées entre Israéliens et Palestiniens, selon une source diplomatique.Ces pourparlers de paix, qui avaient été suspendus à la suite de l’offensive militaire israélienne à Gaza en décembre 2008 et janvier 2009, ont repris le 9 mai.«La situation humanitaire à Gaza reste une source de grande préoccupation», souligne encore la déclaration des 27, qui qualifie A «inacceptable et de politiquement contre-productive» la fermeture des voies d’accès à la bande de Gaza.Le président américain, Barack Obama, a de son côté demandé à connaître «le plus vite possible» les circonstances exactes du drame, lors d’une conversation téléphonique avec le premier ministre israélien.Benjamin Nétanyahou, qui a annulé le voyage à Washington normalement prévu au lendemain de sa visite officielle au Canada.Ce dernier a dit «regretter» les pertes en vies humaines, tout en affirmant que les soldats israéliens «étaient forcés de se défendre».Son ministre de la Défense, Éhoud Barak, lors d’entretiens avec la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, et le conseiller américain à la sécurité nationale, James Jones, a déclaré que l’abordage était conforme au droit maritime, selon un communiqué.«Les passagers du Marmara ont frappé les soldats avec tous les objets à leur disposition et en ont blessé certains», aurait affirmé le ministre.Sur le site Internet de Tsahal, des militaires affirment avoir essuyé des tirs.Le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a par ailleurs accusé les organisateurs de la mission à Gaza d’avoir «commis un acte conçu, prémédité et une provocation outrageante».n a égdement mis en doute le caractère humanitaire de l’initiative, leur reprochant de n’avoir pas voulu procéder comme les autres organisations qui approvisionnent l’enclave palestinienne en biens de première nécessité.«Crime de piraterie» Interviewée par CNN, la conseillère juridique du Eree Gaza Movement, Audrey Bomse, a fait valoir que le but de l’opération était d’acheminer du ciment et d’autres matériaux servant à la reconstruction de Gaza, car ceux-ci sont presque toujours bloqués aux points de passage contrôlés par les autorités israéliennes.Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a qualifié de «massacre» le geste isr raélien.Son gouvernement a exigé par voie de communiqué que les responsables de ce «crime de piraterie» soient traduits devant Injustice internationale.Pour le Eree Gaza Movement, il s’agit de la neuvième expédition maritime vers Gaza depuis août 2008.Seules les deux premières ont pu procéder jusqu’aux côtes palestiniennes.Parmi les participants à la dernière opération se trouvaient le roman- cier suédois Henning Mankell — qu’une rumeur vite démentie mettait au nombre des victimes — et plusieurs parlementaires européens.Le premier ministre turc.Recep Tayyip Erdogan, a écourté hier une tournée en Amérique latine pour regagner son pays et gérer cette crise avec Israël, qui survient dans un contexte déjà tendu entre les deux alliés.«Cet acte, totalement contraire aux principes du droit international, est un acte inhumain de terrorisme d’État», a déclaré M.Erdogan avant de s’envoler vers la Turquie.Ankara a annulé des manœuvres militaires conjointes avec les forces israéliennes et réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.La Turquie a également rappelé son ambassadeur en Israël.Des milliers de personnes se sont rassemblées hier sur la place Taksim, dans le centre d’Istanbul, pour manifester leur colère et prier pour les victimes, tandis que le ministère turc des Affaires étrangères déclarait que les relations bilatérales pourraient souffrir de «conséquences irréparables».Le Devoir Avec VAgence France-Presse et Reuters BOURGEOIS SUITE DE LA PAGE 1 L’araignée de plusieurs tonnes, que l’on a aussi pu admirer à l’Espace Shawinigan, représentait à ses yeux la mère aimée, patiente et minutieuse, fils et aiguilles en main, tissant sa toile.Cette sculpture Maman, reproduite en plusieurs variantes, est désormais emblématique d’une œuvre multiforme et hantée qui marqua des générations d’artistes et bouleversa le public à travers le monde.Sa Fillette, large phallus de latex, symbole pour elle du père volage, dont les incartades ont déchiré sa prime jeunesse, demeure le pôle révolté de sa création.«Tout mon travail, tous mes sujets trouvent leur source dans mon enfance», déclarait cette quasi-centenaire que ni l’âge ni la maternité n’auront su consoler des détresses infantiles.Née à Paris en 1911, après des études au sein de plusieurs Académies, dont l’École du Louvre, puis élève de Eernand Léger qui la dirigea vers la sculpture, elle avait pris racine à New York en 1937 après avoir épousé l’historien d’art américain Robert Gold-mayer.C’est là qu’elle découvrit les artistes surréalistes, et non les moindres, fréquentant Juan Miro, Marcel Duchamp et André Breton après leur fuite d’une Europe sous la botte allemande.Au cours des années 50, Louise Bourgeois avait conçu de spectaculaires sculptures totems, objets auxquels elle attribuait un pouvoir magique et thérapeutique.A travers dessins, peintures, gravures, sculptures monumentales, elle aura marié l’organique au géométrique, usant de matériaux hétéroclites, créant des sculptures-objets, enlaçant des poupées de chiffons, épou- sant en leitmotive ses hantises de jeunesse: procréation, maternité, solitude, sexualité, mort, corps féminin, tensions familiales, terreur aveugle, haine inapaisée du père.C’est d’ailleurs à la fin des années 1970 qu’une installation de violence comme La Destruction du père lui acquit la gloire dans la grosse Pomme, où elle fut élue membre de l’American Academy of Arts and Sciences.Forte influence Louise Bourgeois, dont la puissance créative se collait à des thèmes dits féminins, accouchant de femmes-maisons et d’araignées maternelles, influença énormément les jeunes créatrices, qui trouvaient en elle écho à leurs propres hantises.Dès 1982, le célèbre MOMA de New York lui consacrait sa première rétrospective, mais l’Europe mit du temps à dérouler le tapis rouge à l’exilée.En 1995, le Musée d’art moderne de la Vil- le de Paris se réveilla pour la célébrer.En 1999, elle recevait le Lion d’or de la Biennale de Venise pour l’ensemble de son œuvre.Suivit un cortège d’expositions hommages de Londres à Bordeaux en passant par Bruxelles.En 2008, le Centre Pompidou de Paris, en collaboration avec la Tate Modem de Londres, présentait une exposition de plus de 200 de ses œuvres, qui fascinèrent le public par leur force de douleur, de colère et de mystère.«Dans mon art, je suis l’assassin.Je ressens le supplice de l’assassin, celui qui doit vivre avec sa conscience.Én tant qu’artiste, je suis un être puissant.Au quotidien, je suis comme une souris derrière le calorifère», confessait celle qui fit de l’art un exorcisme en transformant sa souris intérieure en montagne de marbre et d’acier.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9" 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage Montreal (Quebec) H3A3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n° 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.