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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-08-28, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 ùmm.PRESENCE ITALIE "'J PHOTOS PEDRO RUIZ LE DEVOIR À droite : l’opéra Le Barbier de Séville La Petite Italie vibrait.Et 2011 est l’année du 150® anniversaire de l’unité italienne Il pleut.Qu’à cela ne tienne ! Il y aura représentation d’opéra.Il suffit de déplacer le tout, orchestre, instrument et public dans l’église de la communauté pour que le tour soit joué.Que la sonorité en souffre?Qui s’en soucie?Car c’est la fête.Et les Italiennes et Italiens du Québec, que d’autres Québécois rejoignent, se sont donnés rendez-vous.C’était en août à Montréal.Et ces jours d’une telle soirée étaient ceux de la Semaine italienne.Bienvenue au pays de la joie de vivre.NORMAND THERIAULT Montréal, on le sait, abrite en son enceinte un quartier qui fait sa fierté.Et une fois Tan cette Petite Italie se donne des airs de fête, en ce secteur de la ville qu’une arche inaugure boulevard Saint-Laurent, au niveau de Saint-Zotique, avant que la parenthèse urbaine ne se referme à Jean-Talon.Et la population italienne de la ville s’y donne rendez-vous: qu’ils soient immigrants depuis longtemps reçus, eux et elles qui sont arrivés dans l’immédiat après-guerre, ou qu’üs soient les fils et filles de ceux-là, ou leurs petits-enfants, à moins qu’ils ne soient du nombre des vagues migrantes subséquentes, ils rejoignent «leur» quartier, quittant alors les banlieues et autres agglomérations métropolitaines.C’est la fête dans cette rue où l’automobile ne circule plus.Et il y a plus: le dimanche soir de ce 15 août, n’avait-on point sur la place programmé une représentation du Barbier de Séville'^ Et qui devait avoir lieu aussi lon^emps que le temps allait le permettre, en fait jusqu’aux premières gouttes de pluie qui al- laient obliger tous et chacun à se réfugier à l’intérieur de l’église Notre-Dame-de-la-Défense où, non sans retard, pendant une heure et quarante la musique et les airs de Rossini allaient se faire entendre en ce lieu qui accueille toujours un Mussolini monumental.Montréal vivait donc en ce mois d’août au rythme, souvent bruyant, qui fait le plaisir et la joie de qui traverse l’Atlantique pour aller visiter le pays de la Rome éternelle.Présence Mais s’il y a ces jours-là «présence italienne», cette présence ne se limite pas pour le Québec qu’à cet espace dans un agenda annuel: Carlotto, cet écrivain connu pour ses polars, ne se retrouvera-t-il pas au Festival international de littérature ?Et le Piccolo de Milan fera encore escale au Théâtre du Nouveau Monde, en cette année qui voit le Théâtre de l’Op- sis, sous la gouverne d’un Serge Denoncourt, proposer rien de moins que le premier volet d’une trilogie dont l’ambition est au total de faire une relecture de l’œuvre de Goldoni.La culture italienne fait donc vivre Montréal.Mais d’autres voudraient, eux qui sont oq représentants officiel de l’État transalpin ou gens d’affaires actifs souvent depuis des décennies en ce coin français d’Amérique, que cette présence soit augmentée.Par la culture certes.Mais aussi par les échanges qui feraient qu’au-delâ des produits alimentaires ou ce design, ici l’industrie italienne y trouve un lieu propice.Et qui remarque dans le secteur professionnel les ententes que le Québec signe avec la France se dit qu’il y a lâ une voie d’avenir.Un 150® festif Que l’Italie se veuille plus présente au Québec, et écoutez An- LE DEVOIR GOLDONI Toni Servillo et Serge Denoncourt proposent leur lecture de Fœuvre de Goldoni Pages 2 et 4 gelo Mazzone, de l’Institut culturel italien, pour vous en convaincre, cela serait un souhait que plus d’un partage.Aussi quand l’an prochain, en 2011, au moment où l’Italie soulignera le 150® anniversaire de l’unité italienne, il se trouve déjà â Montréal un consul pour proclamer qu’un tel événement ne devrait pas passer sous silence : «Il y a, comme le rappelle Giulio Picheca, environ 250 000 personnes d’origine italienne au Québec.» Et célébration il y aura, comme le confirme son ambassadeur, Andrea Meloni: «Il y a toute une série d’initiatives culturelles qui sont en préparation pour les deux prochaines années, 2011 et 2012, qui seraient très intéressantes, mais c’est beaucoup trop tôt pour en parler.Nous y travaillons.» Entre Montréal, le Québec et l’Italie, c’est donc «ciao» ! Le Devoir \ ) MASSIMO CARLOTTO C’est lui l’homme de l’«affaire Carlotto» Page 5 COMMERCE «Les relations commerciales Italie-Québec sont loin d’être satisfaisantes» Page 2 AMBASSADE L’Italie et le Québec financeront des projets de recherche conjoints Page 3 SEMAINE ITALIENNE Un opéra anime l’église Notre-Dame-de-la-Défense Page 4 CONSULAT Giulio Picheca a plusieurs projets à concrétiser en un dernier mandat Page 6 AFFAIRES L’Italie et le Québec sont en réseau Page 6 H 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 .-ITALIE Trilogia della villégiatura Quand traditions et réformes théâtrales se rencontrent.à l’italienne Une deuxième escale montréalaise en trois ans pour le Piccolo Teatro de Milan ALEXANDRE CADIEUX En un même spectacle qu’accueilleront le mois prochain le Théâtre du Nouveau Monde et la Place des Arts se condensent les esprits de trois grands réformateurs du théâtre italien: Carlo Goldoni, Giorgio Strehler et les Teatri Uniti.Dans la Venise du XVIIP siècle, ou à Milan durant toute la seconde moitié du XX® siècle ou encore à Naples depuis près de quarante ans, ces artistes qui ont pour nom Goldoni, Strehler et Servillo se sont attelés à la tâche de renouveler la pratique théâtrale dans la péninsule, puisant parfois dans la tradition pour redorer le blason de l’art dramatique ou pour en faire éclater les frontières.L’avoué devenu dramaturge Rénovateur de la comédie italienne, pourfendeur de la com-media dell’arte ou auteur trivial assoiffé de succès?Décrié par ses rivaux, tenu pour auteur mineur par bon nombre de critiques durant deux siècles, le Vénitien Carlo Goldoni (1707-1793) fut en quelque sorte réhabilité grâce aux grandes mises en scène de ses œuvres qu’ont offertes Luchino Visconti et Giorgio Strehler à partir des années 1950.S’il est vrai que l’auteur de La Locandiera et à’Arle- quin serviteur de deux maîtres mesurait la valeur de ses pièces en fonction de l’appréciation du public, certains voient aujourd’hui en lui un prédécesseur de Tchékhov, grand peintre des déboires de la bourgeoisie.Avec sa pièce-manifeste Le Théâtre comique (1751), l’ancien avocat présentait les bases de son entreprise de réforme: disparition des masques et des improvisations de la commedia qu’il juge dégénérée, comique basé davantage sur l’action et les mœurs que sur les caractères archétypiques, représentation amusée de la classe bourgeoise à qui l’auteur s’adresse et qu’il tente de mettre en garde contre cette oisiveté qui doit rester le propre des aristocrates, dont on peut se moquer.Là se trouve le sujet de la Trilogia della villeggiatura (1761): jugeant coûteux et déplacé cet «innocent divertissement de la campagne [.] devenu de nos jours une passion, une manie, un désordre» (préface de la premiœ re pièce), Goldoni dépeint des bourgeois s’adonnant aux jeux de la passion hors de la grande ville, avant de devoir subir les douloureuses conséquences de ce relâchement, à leur retour à Venise.Le public de la Sérénis-sime, d’abord charmé, retourne vite aux farces; Goldoni s’exile à Paris en 1762 et ne reverra jamais sa ville natale.FABIO ESPOSITO Goldoni dépeint des bourgeois s’adonnant aux jeux de la passion hors de la grande ville, avant de devoir subir les douloureuses conséquences de ce relâchement, à leur retour à Venise.Le maestro Lui-même exilé en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale, Giorgio Strehler (1921-1997) y monta d’ailleurs l’un de ses premiers spectacles, Caligula, d’après Albert Camus.Installé ensuite à Milan, il co-fonde, en 1947 avec Paolo Gras-si, le Piccolo Teatro, premier théâtre d’Etat en Italie qui cache sous son modeste nom de «petit théâtre» l’ambition d’un art populaire et engagé qui place le spectateur au centre de sa démarche.On reconnaît bien là l’influen- ce de Brecht, que Strehler n’hésite pas à désigner comme l’un de ses maîtres; il retient de la pensée de l’auteur de L’Opéra de quat’sous et de La Bonne Ame de Se-Tchouan cette idée d’un équilibre entre «histoire et théâtre, monde et vie en même temps, en un rapport continu, difficile, parfois douloureux mais toujours actif, toujours attentif au devenir général».De la France, le maestro Strehler importera aussi le principe du «théâtre d’art pour tous» développé par Jacques Copeau et Louis Jouvet et perpétué par Jean Vilar, son contemporain.À la direction artistique du Piccolo de 1947 à 1968 puis de 1972 à 1996, le metteur en scène raffine une esthétique de l’épure, de la scène vide et lumineuse.Après s’être enraciné à Milan, le Piccolo conquiert le monde: de nombreuses tournées internationales ont fait connaître le travail de la compagnie sur la scène internationde, notamment les huit versions d’Arlecchino servitore di due padroni.Strehler, qui aimait en effet revenir sur ses textes de prédilection, aura notamment monté la Trilogia della villeggiatura en Italie, à Vienne avec des comédiens germanophones et à Paris avec une distribution de la ComédiœFrançaise.Toni Servillo Prolongement de certains idéaux de Strehler, parti pris marqué pour une écriture scénique qui ne serait plus tributaire du seul texte, démarche multidisciplinaire et collective: voilà le programme des Teatri Uniti, regroupement de trois troupes napolitaines qui vinrent secouer un théâtre italien un peu Mieux à la fin des années 80.Le regroupement soutient la production d’œuvres d’auteurs de la péninsule (Goldoni, Pirandello, Eduardo De Filippo, le Napolitain Enzo Mascato) et d’ailleurs (Molière, Torn Stoppard, le Catalan Pau Miré), fa- vorise l’expérimentation théâtrale et s’investit également du côté du cinéma.Acteur, metteur en scène et cofondateur des Teatri Uniti, Toni Servillo navigue entre la scène (théâtre et opéra) et l’écran.En 2008, il interprète l’homme politique italien Giu-lio Andreotti dans II Divo, film de Paolo Sorrentini qui fait du bruit à Cannes.Avec la Trilogie de la villégiature, coproduction du Piccolo et des Teatri Uniti qu’on pourra voir à la Place des Arts du 22 au 26 septembre prochain, Servillo rend hommage à la plume de Goldoni et à la signature scénique de Strehler.Utilisant des comédiens venus de toutes les régions de l’Italie, le Napolitain déclare à propos de son propre apport au spectacle: «Je pense qu’il y a quelque chose surtout dans le rythme, et aussi un cynisme, [déjà présent] dans le théâtre de Goldoni, qui sortent de la représentation qui est basée surtout sur la relation qu’il y a entre les sentiments et l’argent.» Cette comédie doucœamère constituera donc pour le spectateur montréalais une occasion rare de s’imprégner de la tradition théâtrale italienne et, qui sait, de réfléchir un peu sur notre propre époque financièrement trouble.Collaborateur du Devoir « Les relations commerciales Italie-Québec sont loin d’être satisfaisantes» Depuis près de cinquante ans, le bureau montréalais de la Chambre de commerce italienne du Canada promeut les échanges économiques entre Rome et Québec.À sa tête depuis cinq ans, Albert de Luca a mis le pied sur l’accélérateur pour rapprocher les entrepreneurs de deux territoires qui, selon lui, ont tant en commun et gagneraient à collaborer plus et mieux.HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Juin 2010, marché Bonsecours.Dans le cadre de la septième édition de la plateforme Echo Italia, une quarantaine d’experts italiens et québécois du secteur des transports terrestres se rencontrent, échangent et, le cas échéant, élaborent des ententes de collaboration et de partenariat.Du côté transalpin, le constructeur Fiat, le fabricant de camions et d’autobus Iveco, le sous- Chambre de commerce italienne au Canada Italian Chamber of Commerce in Canada Camera di commercio italiana in Canada MONTREAL I QUEBEC I MILAN I NAPLES I ROME liltalie.Pourquoi pas! Au cœur du monde des affaires internationales depuis près de 50 ans, la Chambre de commerce italienne au Canada soutient des initiatives économiques bilatérales en jouant un rôle de premier plan auprès des acteurs décisionnels des deux côtés de l'Atlantique et participe activement à des projets d'envergure en matière d'internationalisation, en collaboration avec les protagonistes du développement économique.PREMIO VENEZIA Prix reconnaissance des collaborations Québec-Italie La période de candidature se termine le 17 septembre 2010.La cérémonie de remise des prix aura lieu le 3 novembre 2010.ÉCHO ITÂLI 2011 L’authenticité italienne à l’honneur Rencontres institutionnelles et maillage d’entreprises en présence d’importantes délégations de diverses régions italiennes.Du 31 mai au 2 juin - Édifice Le Windsor WWW.ITALCHAMBER.QC.CA AIR CANADA AEROPORTS DE ^ M^PNTIREAL.FRASER MILNER CASGRAIN Deloitte.Bdl traitant de l’industrie automobile Adler Group, ainsi que plusieurs délégués d’universités telles que Polytechnique Turin.Pour les particiapants québécois, de nombreux représentants d’organismes tels que le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), la Société de gestion et d’acquisition de véhicules de transport, l’Institut du transport avancé du Québec (ITAQ) ou encore le Centre de développement des composites du Québec (CDCQ), venus vanter leur expertise en matière de transport terrestre.«Même si la province ne fabrique pas de véhicules, souligne Albert de Luca, président de la Chambre de commerce italienne du Canada, elle se situe à la pointe en matière d’innovation, tant du point de vue des nouveaux matériaux que des systèmes de contrôle.Les Italiens ont également été agréablement surpris de voir que la vision d’affaires du Québec est similaire et complémentaire à la leur.Après cette première rencontre, nous envisageons maintenant une mission économique du Québec vers l’Italie pour aller visiter les usines Fiat, Iveco, etc.» De TALENA vers le Québec Ce type d’événements, l’antenne montréalaise de la Chambre de commerce italienne du Canada en organise de plus en plus souvent.Lan dernier, elle a eu pour mandat, en collaboration avec d’autres chambres d’Amérique du Nord, de promouvoir certains centres italiens d’excellence technologique dans la zone de l’ALENA.Résultat: quelques mois plus tard, une première entente de cinq ans a été signée entre Agriculture et Alimentation Canada et ProdAl de Campanie, sur des échanges de bonnes pratiques en matière de sécurité alimentaire.«Notre chambre est aujourd’hui très active.En matière de taille et de volume d’activité, elle se situe au deuxième ou troisième rang, derrière Paris et New York, assure Albert de Luca.Nous avons une quinzaine d’employés et un réseau d’experts dans différents domaines, une agence à Montréal, une antenne à Québec et trois bureaux en Italie, soit à Milan, Rome et Naples.» Le président de la chambre estime cependant que les relations commerciales Italie-Québec sont loin d’être satisfaisantes, l’Italie commençant tout juste à s’intéresser à la province.«Pourtant, nos tissus économiques se ressemblent, estime-t-il.Quelques grands groupes et beaucoup de PME, une culture technologique et scientifique riche, sans compter que le Québec est européen à bien des égards.Il y a aujourd’hui une délégation québécoise à Rome et une antenne à Milan — alors même que le fédéral vient de fermer la sienne — une entente entre le gouvernement du Québec et la région de la Lombardie, des entreprises italiennes établies ici: Ma-pei, Mondo, respectivement spécialistes de la colle et des tapis en caoutchouc pour les installations sportives.Le fabricant d’avion Alenia Aero-nautica cherche à s’installer.Lors d’Echo Italia, Fiat, Iveco et Adler Group n’ont pas caché leur désir de s’implanter si les occasions le permettent.Il y a des synergies, une complémentarité intellectuelle indiscutable, mais cette réalité n’est pas suffisamment exploitée.» La faute à qui?A la Chine et à l’Inde, vers lesquelles nombre d’investisseurs se sont tournés ces dernières années.Mais Albert de Luca mise sur un retour de balancier: «Les pays occidentaux CHAMBRE DE COMMERCE ITALIENNE DU CANADA Albert de Luca, président de la Chambre de commerce italienne du Canada vont se rendre compte que, même si la main-d’œuvre est plus chère et que les incitatijs fiscaux sont moins intéressants dans les pays du Nord, il n’en reste pas moins qu’il est plus facile de travailler avec des gens culturellement proches.La Chine et l’Inde ne seront alors plus que des joueurs parmi d’autres et nous aurons une carte à jouer.» Autres services En attendant, la Chambre de commerce italienne de Montréal s’attache à poser des balises, histoire d’être prête le moment venu.Outre les grands moments de rencontre du type Echo Italia, elle offre d’autres services à ses membres et à ses clients.Elle organise, à plus petite échelle, des missions économiques et commerciales, créant ainsi des occasions d’affaires et permettant l’établissement de liens qu’elle espère fructueux à plus ou moins long terme.Elle facilite la participation des gens d’affaires québécois et canadiens à toutes les grandes foires commerciales dans la péninsule italienne.Elle réalise aussi, sur demande, des études de marché permettant l’élaboration d’une stratégie de développement ou d’implantation des entreprises italiennes au Québec, et vice-versa.Car, s’il s’agit pour elle de présenter le Québec sous son meilleur jour pour attirer les investisseurs transalpins, elle cherche également à mieux faire connaître aux entrepreneurs québécois l’Italie dans toute son authenticité, sa diversité, son originalité, ses possibilités.Ainsi, lors des événements qu’elle organise, l’accent est également mis sur le volet culturel, comme lors du dernier Echo Italia, durant lequel une exposition de céramique italienne a été présentée aux participants.Ou encore, toujours lors de ce même événement, lorsque Stefano Domenicali, l’un des dirigeants de la Scuderia Ferrari, est venu partager sa passion de l’automobile avec l’assistance, en marge du Grand Prix de Montréal.Et, pour le plaisir des papilles, les plus grands chefs italiens sont également toujours mis en vedette afin de promouvoir la gastronomie de la botte de l’Europe.et ainsi joindre l’utile à l’agréable! Collaboratrice du Devoir 5252 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 H 3 -ITALIE «On pourrait faire plus» L’Italie et le Québec financeront des projets de recherche conjoints L’ambassadeur de l’Italie au Canada, Andrea Meloni, mentionne, parmi ses priorités, la coopération scientifique, l’accompagnement des entreprises italiennes dans leurs liens avec le Canada, ainsi que le volet culturel.BRIGITTE SAINT-PIERRE Italie et le Québec financeront des projets de recherche conjoints.Les fonds serviront en particulier à soutenir la mohilité internationale des chercheurs québécois et italiens qui y participeront.Les chercheurs avaient jusqu’en juillet pour soumettre des projets de recherche bilatéraux dans l’un des secteurs suivants: les matériaux avancés (y compris les nanotechnologies), l’aérospatiale et l’aéronautique, les sciences de la vie (y compris la santé) et les biotechnologies, l’environnement et les changements climatiques (y compris la biodiversité) ainsi que les technologies de l’information et les télécommunications.L’ambassadeur de l’Italie au Canada, Andrea Meloni, indique que les parties italienne et québécoise ont reçu plus de 40 projets de collaboration.Les projets retenus devraient être connus cet automne.Ils seront financés dans le cadre d’un programme de coopération scientifique et technologique entre l’Italie et le Québec.De façon plus générale, l’ambassadeur de l’Italie au Canada estime que la coopération scientifique interuniversitaire est un «secteur très intéressant».«En visitant un peu les différentes provinces du Canada, fai trouvé partout des communautés très importantes de scientifiques italiens.Il y a tout un réseau, disons, de liaison entre les universités, les centres de recherche italiens et canadiens, qui est bien au-delà de ce que je pouvais imaginer en partant de l’Italie.» Il existe au Québec et en Qntario des réseaux de chercheurs d’origine italienne.A la suite d’une entente entre la Communauté scientifique italienne au Canada, section Québec (CSIC-SQ), etl’Ita-lian Scientists and Scholars in North America Foundation 0SSNAF), une section québécoise de riSSNAF a vu le jour cette année.Il s’agit de la première section de l’ISSNAF au Canada.«Je crois que c’est bon, parce que, en étant membre de cette grande organisation américano-italienne basée aux Etats-Unis, on a la possibilité d’accéder à des contacts très fructueux, à la fois en Italie, aux Etats-Unis et au Canada», dit l’ambassadeur Andrea Meloni.D’après lui, c’est intéressant non seulement pour les Italiens, mais aussi pour les universités canadiennes, américaines et italiennes.Parmi les membres de l’ISSNAF, il y a notamment des professeurs à l’Université Harvard, au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et à l’Université de la Californie à Los Angeles (UCLA).Des échanges économiques Par ailleurs, l’Italie s’est classée l’an dernier au 12" rang des marchés d’exportation du Canada.Les exportations canadiennes en Italie incluent notamment des céréales, de la pâte de bois ainsi que des produits aérospatiaux.En ce qui concerne les sources d’importations au Canada, l’Italie est arrivée en 9" position en 2009.«Le Canada est un marché intéressant pour le vin italien», mentionne à titre d’exemple M.Meloni.Le Canada importe aussi de l’Italie, entre autres, des produits pharmaceutiques et des machines.«Je suis personnellement convaincu qu’on pourrait faire plus, faire des accords de coopération entre entreprises italiennes et canadiennes sur la mécanique qui a trait au “packaging” [.], les machines-outils, le contrôle numérique, les machines pour l’industrie textile, les machines pour les travaux en bois, etc.Et là, nous sommes en train d’explorer des possibilités d’avoir des collaborations sur l’innovation dans ce secteur entre l’Italie et le Canada», indique l’ambassadeur de l’Italie au Canada.M.Meloni mentionne que les participants d’une mission économique issue de la région de la Lombardie, où se trouve Müan, se rendront au Canada en septembre.Des rencontre^ sont prévues à Montréal et à Toronto, puis aux Etats-Unis.L’ambassadeur évoque en outre les négociations menées en vue d’un accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.«Nous sommes très intéressés et nous avons beaucoup apprécié l’initiative que le premier ministre Charest a prise il y a quelques années, dit-il, faisant référence à ce projet d’accord.Nous sommes convaincus qu’un bon accord de nouvelle génération, cet accord de coopération et commerce qui est en cours de négociation entre l’Union euro- LA.:-m Ssv*;:, AMBASSADE DE L’ITALIE AU CANADA Andrea Meloni, ambassadeur de l’Italie au Canada péenne et le Canada, pourrait donner un cadre très favorable à un accroissement des échanges, mais beaucoup plus que des échanges, soit des investissements, la mobilité des personnes, etc.» Politique, culture et coopération L’Italie et le Canada entretiennent aussi des relations politiques.En juin dernier, le premier ministre Stephen Harper a rencontré son homologue italien Süvio Berlusconi, avant le début du Sommet du G-8.Les deux premiers ministres avaient aussi eu un entretien téléphonique quelques jours auparavant.Par ailleurs, l’ambassadeur Andrea Meloni a effectué une visite officielle à Québec en mai dernier.Il mentionne avoir notamment rencontré le premier ministre du Québec et le ministre des Relations internationales et s’être rendu à l’Assemblée nationale.L’Italie et le Québec travaillent à la mise au point de nouveaux programmes exécutifs de coopération scientifique et technologique, d’une part, et de coopération culturelle, d’autre part.Les précédents programmes couvraient la période allant de 2007 à 2009.«Je crois qu’il y a toute une série d’initiatives culturelles qui sont en préparation pour les deux prochaines années, 2011 et 2012, qui seraient très intéressantes, mais c’est beaucoup trop tôt pour en parler.Nous y travaillons», dit l’ambassadeur de l’Italie au Canada.Interrogé sur la possibilité d’un accroissement des échanges entre l’Italie et le Canada, l’ambassadeur souligne que les fonds publics di^onibles sont limités dans le contexte actuel.A l’instar d’autres pays européens, l’Italie a adopté cet été un plan d’austérité qui contient des mesures totalisant 24,9 milliards d’euros.Une diminution de 10 % des budgets des ministères fait partie des mesures de ce plan, qui vise à réduire le déficit public d’ici 2012.«Il faut faire face à cette réalité.Il faut voir comment faire des choses en coopération avec une possibilité de financement public qui est clairement inférieure aux années passées, mentionne l’ambassadeur.Mais, en même temps, je suis tout à fait convaincu que, dans ces moments difficiles pour le budget, il est extrêmement nécessaire de trouver des occasions de travailler ensemble.» Collaboratrice du Devoir «Montréal est une ville créative, mais il manque d’action!» Angelo Rindone a choisi le Québec par amour Tombé sous le charme d’une Québécoise il y a près de 15 ans, Angelo Rindone est de ceux qui ont quitté leur Italie natale par amour.Etabli à Montréal depuis 1998, il a choisi, comme la grande majorité des Italiens devenus québécois, de vivre dans la métropole.Bien qu’il ne soit pas tout à fait tissé de la même étoffe que ses pairs qui ont grandi au Québec, l’homme d’affaires a bien l’intention d’apporter son grain de sel à la sauce italo-montréalaise! ÉMILIE CORRIVEAU / Elevé à Milan dans les années 1980, Angelo Rindone a grandi au sein d’une famille italienne traditionnelle, entouré d’oncles, de tantes et de cousins.Il y est resté de nom-¦f ^ J breuses an-^ I nées et a ’ poursuivi ses études en économie dans une ville voisine, à l’Université de Pavie.Par un heureux hasard, lorsqu’il était de passage à Müan, Angelo a fait la rencontre d’une Québécoise pour qui il a eu le coup de foudre.Amoureux, l’homme a cumulé les allers-retours entre l’Italie et le Canada afin de séduire celle qui allait plus tard devenir sa femme.«Comme plusieurs Italiens qui immigrent ici, c’est une Québécoise qui m’a donné envie de vivre à Montréal.Ce sont presque toujours les femmes qui nous attirent ici», lance Angelo Rindone, un sourire dans la voix.Si l’idée de déménager ses pénates au Québec ne lui avait jamais traversé l’esprit avant de faire la connaissance de sa conjointe, Angelo caressait depuis longtemps le projet de lancer une entreprise à l’étranger.Il a donc saisi l’occasion et a décidé de faire le grand saut au pays des hivers froids et des femmes charmeuses.Rapidement après s’être établi au Québec en 1998, l’homme Angelo Rindone s’est lancé en affaires.Petit à petit, ü a monté son entreprise, Ita-ca direct, une société de distribution de produits fins italiens.«Le nom est symbolique, dit-il.Itaca, c’est nie d’Ulysse.Pour moi, c’est le lien avec la patrie.Ça signifie que, même si on se perd, on revient à toujours à la maison!» Si, à l’époque, il ne connaissait pratiquement personne dans la région métropolitaine, Angelo a réussi, à coups de bonnes idées et de produits novateurs, à se tailler une importante place sur le marché.«Ici, il y a beaucoup moins de bureaucratie qu’en Italie, tellement moins de complications!, assure Angelo.Je sais que, parfois, vous, les Québécois, vous trouvez ça difficile, mais en Italie, c’est vraiment plus compliqué.Là-bas, il faut vraiment avoir un grand réseau de connaissances ou une grande famille pour réussir.Ici, si on a de bonnes idées et qu’on est travaillant, on peut y arriver.» S’apprivoiser Installé au Québec depuis plus de dix ans, Angelo commence à peine à s’acoquiner avec les Italo-Québécois de Montréal.Aujourd’hui bien établi, il vit dans le Mile-End, entouré de sa femme, de ses enfants et d’amis québécois.S’il s’avoue très heureux de vivre de cette façon, de plus en plus, il s’efforce de tisser des liens avec la communauté italienne de Montréal, qui compte aujourd’hui environ 260 000 âmes.«Je commence à me faire des amis dans la communauté, mais, les premiers sept ou huit ans, je n’avais pas vraiment de lien avec les Italo-Québécois.Tous ceux qui arrivent maintenant sont un peu des outsiders.Ce qu’il faut savoir, c’est que les Italiens qui ont grandi ici sont différents des Italiens qui immigrent ici.Qn ne parle pas tout à fait la même langue.Les Italo-Québécois parlent souvent un mélange d’italien, de dialecte de leur village d’origine, d’anglais et de français.Qn se comprend, mais il y a des différences de langage», précise-t-il.Il y a aussi une question de références, dit Angelo, qui a la chance de retourner en Europe quelques fois par année.Aux dires de l’entrepreneur, l’Italie d’aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’elle était il y a dix ans et encore moins avec ce qu’elle a été après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’une importante vague d’Italiens est venue s’établir au Québec.«En général, les plus jeunes n’ont aucune idée de ce qu’est l’Italie actuelle.Les adultes qui ont grandi ici, eux, ont une vague idée de ce qu’est l’Italie d’aujourd’hui, alors que ceux qui ont immigré au Québec lors de la première vague ont une image du pays qui date d’il y a 50 ans.Plusieurs y retournent et sont déçus.Us ne comprennent plus rien parce qu’aujourd’hui, l’Italie, c’est très multiculturel.Quand on va à Milan ou à Rome, on a l’impression d’être à New York! Ça énormément changé depuis les 10 dernières années», rappeïïe Angelo.Des projets Passionné d’art, l’homme d’affaires cultive depuis déjà quelques années l’espoir de lancer une entreprise culturelle au Québec.Par l’art, ü espère pouvoir apporter son grain de sel à la communauté italienne et, du même coup, faire un peu mieux découvrir aux Québécois la culture contemporaine de son pays d’origine.«J’ai l’impression que les Italo-Canadiens ont le désir de comprendre l’Italie d’aujourd’hui, de découvrir ce qu’elle est devenue.Je pense que de faire appel à leur goût pour la culture, c’est une bonne idée.En Italie, tous les jours, on est sollicité par l’architecture, l’art, le beau.Ici, ce n’est pas le cas.Montréal est une ville créative, mais il manque d’action! Alors, moi, j’ai envie de passer par l’art pour m’engager», révèle Angelo.S’il préfère ne pas trop donner de détails sur ses projets, car la plupart sont toujours à l’état embryonnaire, l’homme confie qu’il travaille à la création d’un organisme qui aura pour mission de produire des événements culturels d’origine italienne s’adressant autant aux Italiens qu’aux Québécois.«J’aimerais organiser des projets culturels pour faire connaître la musique, l’art, des formes d’expressions artistiques actuelles et pas des groupes folkloriques qui s’expriment en dialecte.Ce pourrait être des concerts, des expositions, des œuvres électroniques, etc.Par exemple, présentement, je travaille sur un projet de résidence d’artiste», indique-t-ü.En attendant, l’homme d’affaires partage sa culture par le biais de la gastronomie.Dans les trois restaurants dont il est propriétaire, le BU, boulevard Saint-Laurent, le Daylight Factory, dans le quartier international, et le Caffè deïïa Posta, dans le Mile-End, il recrée avec brio de petites parcelles de la Sicile et de la Lombardie et s’efforce de présenter l’Italie sous son meiïïeurjour, sauce Angelo.«C’est ma façon de transmettre ma culture, mes origines, mon goût pour la nourriture de quali- té, soutient l’homme.Ça me permet de partager un certain style de vie, une vision des choses.Pour l’instant, c’est comme ça que je fais découvrir l’Italie, mais ce n’est qu’un début!» Collaboratrice du Devoir BU bar à vin depuis 2003 7/7 fait partie de nos piaisirs urbains ! (guide VOIR 2010) .un incontournabie de la métropole.(guide VOIR 2007) 5245 St-Laurent (coin Fairmount) 514 276 0249 www.bu-nntl.com STA CUCINA SICILIANA 361 Rue Bernard Ouest 514 495 8258 www.caffedellaposta.ca 5252 H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 -ITALIE « Le Goldoni de Venise est un humaniste, en fait» Le Théâtre de l’Opsis veut faire découvrir aux Québécois les auteurs italiens Le Hiéâtre de l’Opsis amorcera un cycle italien le 5 octobre prochain.Pour démarrer, Serge Denoncoiut, qui travaille et possède une maison en Italie, revisite poiu l’occasion II Cam-piello, de Goldoni.Rencontre avec un amoureux de cette contrée méditerranéenne qui tente de restituer le propos «sale» et toujours d’actualité du dramaturge emblématique.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND Serge Denoncourt s’arrête un instant dans la conversation.Il demeure pensif quelques secondes et hésite avant de se prononcer.«C’est tellement quétaine ce que je vais dire, prévient-il.Ce n’est pas moi qui ai choisi l’Italie, mais c’est l’Italie qui m’a choisi.» Il y a de ça quelques décennies, il a amorcé, «à reculons», un voyage dans ce pays pour faire plaisir à un copain.«J’ai eu un gros coup de cœur pour la Toscane.C’est comme si j’étais né là.Mes amis italiens me disent: “Tu es plus italien que nous”.» Depuis, la passion ne s’est jamais estompée.Il s’est acheté une maison en Italie et y a travaillé pour différents spectacles de variétés, dont ceux de l’hjqDeractif Arturo Brachetti.Au Québec, il chérissait depuis longtemps la création d’un cycle italien avec le Théâtre de l’Opsis, dont il est l’un des fondateurs.Après le cycle américain, le pays sera enfin à l’honneur pour une série de spectacles.Pour bien amorcer cette démarche, Serge Denoncourt s’attaque de nouveau à une pièce qui fut, il y a près de 20 ans, l’un des plus grands succès de l’Opsis: Il Campiello.«C’est comme si on fêtait un peu notre âge adulte à l’Opsis, en [la] reprenant.» Une occasion aussi de revisiter Carlo Goldoni, dont la dramaturgie a été galvaudée au hl du temps, selon le metteur en scène.«On en monte beaucoup, des Goldoni.C’est toujours assez mignon, des beaux costumes, une jolie comédie, et moi, je ne suis pas d’accord avec ça.Mais pas du tout, du tout, du tout.Comme je peux le lire en italien — mais je peux aussi le lire un peu en vénitien — c’est beaucoup plus sale que ce qu’on lit [en français] et que ce qu’on en fait», assure Serge Denoncourt «Goldoni, ce n’était justement pas le Molière italien qu’on prétend, poursuit-il.D’une certaine façon, c’est comme si Goldoni avait été à Venise ce que Michel Tremblay est pour nous.Il a parié avec la vraie langue du monde de la rue.Et ça, on ne s’en rend pas compte [aujourd’hui]».Sans oublier les nombreuses «blagues de cul» et autres «blagues à double sens» généralement évacuées.Lui, qui a retravaillé la traduction pour le spectacle à venir, donne l’exemple d’un personnage féminin qui déclarait, dans une version française de la pièce: «Ou vous venez à la maison, ou vous ne venez plus à la maison.» «J’ai commencé à chercher un peu, [pour découvrir que] ce n’est pas ce qu’elle lui dit, explique le metteur en scène.Elle lui dit: “Monsieur, ou dedans, ou dehors!”.» Serge Denoncourt prend donc bien soin de réhabiliter les allusions salaces, très présentes dans «la première période» de l’auteur, qui l’intéresse davantage que le reste de ses écrits.Une société décadente «Le Goldoni de Venise, c’est un humaniste, en fait», précise-t-il.Dans cette partie de l’immense œuvre goldonienne, le metteur en scène y décèle aussi la description d’un monde qui se rapproche de notre civilisation contemporaine.«C’est une société complètement en décadence.Presque tout ce qui est dit est applicable à mus», dit M.Denoncourt, visiblement interpellé.«A l’époque de Goldoni, Venise était en train de mourir, dit-il, replaçant les dialogues dans leur contexte.C’était une société du loisir.On pense qu’on a inventé ça, mais c’était une ville déplaisir, de sexe, de casino [.].Et, pendant que tout ça se passait là, le monde était en ébullition et les Vénitiens faisaient comme si ça n’existait pas.Pas besoin de faire un gros rapport avec nous, avec les Américains.Le monde est en train de s’écrouler présentement et on fait comme si ça n’existait pas.» OSA 2008 CIRQUE DU SOLEIL Serge Denoncourt est l’un des fondateurs du Théâtre de l’Opsis.Pour amorcer le cycle italien, il s’attaque à II Campiello, une pièce qui fut, il y a près de 20 ans, l’un des plus grands succès de l’Opsis.Il signale, entre autres, la présence d’un personnage, dans II Campiello, qui clame constamment: «Ce n’est pas grave.C’est le carnaval! On passe par dessus.On fête.» «Combien de temps tu peux ‘toffer” comme ça en te disant que ce n’est pas grave, que c’est le carnaval?C’est un peu la question que je pose», commente Serge Denoncourt.«Prendre le train dès le départ» Bien que cela puisse paraître paradoxal, que le spectacle commence! Ou plutôt, que le cycle commence! «C’est II Campiello qui ouvre, mais f encourage toujours les gens à prendre le train du cycle dès le départ.Parce que là, pendant trois ans, on va tourner autour de la question italienne.» Plusieurs siècles seront couverts.Serge Denoncourt se concentrera sur les classiques, prévoyant concrétiser plus tard la mise en scène d’une autre pièce de Goldoni qui, à son avis, s’apparente à du Tchékhov.Des auteurs qui émergent actuellement seront aussi à l’honneur.De l’aveu de Serge Denoncourt et Luce Pelletier, directrice artistique du Théâtre de l’Opsis, la dramaturgie italienne survit difficilement.La droite berlusconienne au pouvoir encourage peu cet art.Malgré tout, certains talents persistent à y pousser.«Ce sont des auteurs qui sont très peu montés en Italie, explique Serge Denoncourt à propos des textes qui seront adaptés durant le cycle.Nous, on va essayer de les faire découvrir au Québec [.].Avant que les Italiens ne les aient joués, on va en jouer, nous, ici.On espère qu’il y a un échange qui va se faire avec l’Italie.» Luce Pelletier y a découvert un univers poétique inhabituel, truffé de non-dits et d’introspection, qui nous transportera très loin du réalisme que nous avait présenté l’Opsis avec le cycle américain.«Le Théâtre de l’Opsis va devenir un bel endroit de rendez-vous, prévoit Serge Denoncourt.J’espère qu’on va y voir aussi des gens de la communauté italienne, que les discussions vont s’ouvrir parce que ce n’est [.] pas que la vision que nous on a des Italiens, mais aussi [.] la vision que les Italiens ont eux-mémes de l’Italie.Et c’est intéressant parce que, encore aujourd’hui, ici, on a encore une version un peu folklorique des Italiens», note Serge Denoncourt, qui admet tout de même apprécier les éléments de la culture italienne qui sont devenus des clichés.Le Devoir ¦ Il Campiello, à la 5® Salle de la Place des Arts, du 5 au 30 octobre 2010 Semaine italienne de Montréal Et si on jouait dans la rue Le Barbier de Séville ?Maestro Martinenghi revient d’une tournée dans 35 villes brésiliennes A quoi pense-t-on lorsqu’on évoqué les Italiens?La cuisine italienne, aujoiud’hui universelle, est sans doute la première idée qui vient en tête.Ensuite, il y a la langue italienne, si chantante, ainsi que la joie de vivre proverbiale de ses locuteurs.Mais, trop souvent, on oublie l’opéra.Et poiutant! PIERRE VALLEE Les Italiens naissent avec l’opéra, déclare Angelo Mazzone, directeur de l’Istituto Italiano di Cultura de Montréal, un organisme officiel du gou- vernement italien voué à la promotion de la culture italienne au Québec.Déjà tout petits enfants, nous connaissons les airs.» Si certains voient une forme d’élitisme dans l’opéra, ce n’est pas le cas pour les Italiens.«L’opéra est présent dans toutes les familles italiennes, peu importe la culture ou la fortune.On ne peut pas imaginer une fête populaire de village sans opéra.» UNE DÉGUSTATION DE viNsi n D'ITALIE I XJ ITALIIA Æ Institut Italien pour le Commerce Extérieur 8® édition Vancouver - 25 octobre 2010 Calgary - 27 octobre 2010 15*" édition Toronto -1 novembre 2010 Montréal - 3 novembre 2010 Marché Bonsecours Édition spéciale Winnipeg - 29 octobre 2010 Sur invitation seulement Réservé aux professionnels du secteur montreal@ice.it vvww.italytrade.com C’est la raison pour laquelle, il y a quatre ans, Angelo Mazzone a eu l’idée d’inviter l’opéra dans la rue lors de la Semaine italienne de Montréal qui se tient chaque été dans le quartier de la Petite-Italie.Pour la deuxième année consécutive, le chef d’orchestre invité était le maestro Gianluca Martinenghi, directeur artistique adjoint du Teatro comunale di Firenze.Cet été, c’est Le Barbier de Séville, de Gioacchino Rossini, qui était à l’honneur.Il barbiere di Siviglia Créé en 1816, l’opéra Le Barbier de Séville, de Rossini, est tiré de la pièce de théâtre du même nom de Beaumarchais.En gros, l’intrigue raconte les efforts du comte Almaviva pour conquérir le cœur de la jeune et belle Rosine.Pour arriver à ses hns, il pourra compter sur l’aide et la complicité d’un rusé serviteur et barbier, Figaro.Le comique de l’œuvre s’appuie sur les principes de la comme-dia dell’arte, et les airs de cet opéra, notamment le Largo al factotum, mieux connu comme l’air de Figaro, sont facilement reconnaissables, ce qui fait du Barbier de Séville un opéra populaire.Cela a-t-il influé sur le choix de présenter cet opéra plutôt qu’un autre?«Evidentemente, répond aussitôt Gianluca Martinenghi.Le comique inspiré de la commedia dell’arte et la popularité des airs font que Le Barbier de Séville est un opéra facile à aborder, même pour un public qui ne connaît pas bien l’opéra.C’est d’autant plus important que cette représentation se fait en pleine rue devant un public varié.» Si Le Barbier de Séville est un opéra facile d’accès pour le public, la facilité s’arrête là, car ce n’est pas le cas du point de vue musical.«Il s’agit d’un des opéras les plus difficiles à diriger pour un chef d’orchestre.C’est aussi une œuvre très exigeante pour les musiciens car certains passages exigent de leur part de la virtuosité.» Gianluca Martinenghi connaît bien Le Barbier de Séville.«C’est la quatrième fois que je dirige cet opéra.D’ailleurs, j’arrive d’une tournée au Brésil où on a donné 70 représentations du Barbier de Séville dans 35 villes un peu partout au pays.Le projet était parrainé par le président Lula lui-même et nous avons joué devant des publics qui n’avaient jamais vu d’opéra.» PEDRO RUIZ LE DEVOIR Marco Camastra (à gauche) tient le rôle de Figaro et Alessandro Luciano joue celui du comte Almaviva.La version de la Semaine italienne Bien qu’il existe une version française, c’est la version italienne qui a été présentée lors de la Semaine italienne de Montréal.«De nos jours, explique le maestro, on présente maintenant les opéras toujours dans la version en langue originale.Les traductions ne sont plus guère présentées, sauf parfois dans un contexte purement pédagogique.» Etant donné qu’il s’agit d’une représentation en plein air dans un contexte de fête populaire, Gianluca Martinenghi a choisi de resserrer l’œuvre.«La version originale dure deux heures et demie, la version que nous présentons a été raccourcie à une heure quarante-cinq minutes.» La direction artistique et la mise en scène sont assumées par ritalo-Montréalais Salvatore Sciascia.Le rôle du comte Almaviva est tenu par le ténor italien Alessandro Luciano et celui de Figaro par le barjTon italien Marco Camastra.Les autres rôles sont assumés par des chanteurs québécois: le baryton Alexandre Sylvestre dans le rôle de Bartholo, la soprano Raphaëlle Paquette dans le rôle de Rosine et le barjTon Michel Lepage dans le rôle de Don Basilio.Gianluca Martinenghi dirige l’Grchestre sjrni-phonique des musiciens du monde, un orchestre montréalais fondé et dirigé par le chef d’orchestre Joseph Milo.Comment s’est fait le mariage entre chanteurs italiens et chanteurs québécois?«Très bien.Les chanteurs italiens avaient peut-être davantage d’expérience, mais cela a incité les chanteurs québécois à travailler plus fort.» Le maestro se dit aussi heureux de la contribution des musiciens de l’Grchestre sjmiphonique des musiciens du monde et de son directeur, Joseph Milo.«Joseph Milo avait bien préparé ses musiciens, ce qui m’a rendu la tâche plus facile.Ils étaient très disponibles à travailler et ils ont fait un bon travail.Ce n’était pas évident, puisque cet orchestre n’a pas l’habitude des œuvres lyriques.L’interprétation d’une œuvre lyrique, c’est un peu pour eux un nouveau métier.» Lors de son premier passage à Montréal l’an dernier, Gianluca Martinenghi a-t-ü été surpris de voir à quel point la communauté italo-montréalaise est présente et djmamique?«Non, cela ne m’a pas surpris car, étant donné que j’ai de la famille à Montréal, je n’arrivais pas en terrain totalement inconnu.Ce qui m’a surpris, par contre, c’est le nombre de personnes qui sont venues assister à l’opéra.Je ne croyais pas qu’une représentation d’un opéra dans une rue de Montréal pouvait être aussi populaire.» Une situation qui le réjouit.«Présenter un opéra dans une fête populaire est pour moi une importante opération culturelle, qui permet de rendre l’opéra accessible à quiconque le veut, sans égard à l’argent.» Collaborateur du Devoir 5252 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 H 5 -ITALIE Invité du Festival international de littérature Massimo Carlotto est l’homme de l’« affaire Carlotto » « Je préfère raconter le côté obscur mais gagnant du monde dans lequel nous vivons » En Italie, il existe une «affaire Carlotto», page sombre de l’histoire de la justice italienne qui faillit priver le monde d’une des plumes les plus attachantes du noir contemporain.FRANÇOIS LÉVESQUE / Etudiant de 19 ans engagé dans les mouvements contestataires d’extrême gauche, Massimo Carlotto est témoin, par une nuit de 1976, du meurtre d’une jeune femme.Après avoir tenté de la secourir, sans succès, il prévient la police, qui l’interpelle aussitôt.Accusé de meurtre, Carlotto est initialement acquitté, faute de preuves et d’une enquête rigoureuse, avant d’être reconnu coupable en cour d’appel sans que des faits nouveaux aient été révélés.En 1982, on le condamne à dix-huit ans de prison.Acculé au pied du mur, Carlotto s’enfuit en France puis au Mexique, avec un détour par Buenos Aires.Capturé puis ramené en Italie à la fin des années 1980, il est cette fois condamné à seize ans de réclusion, et ce, en dépit des nombreuses irrégularités révélées lors du nouveau procès.Outrée, l’opinion publique s’enflamme.Si bien que, en 1993, le président de la République italienne, Luigi Scabaro, prononce la grâce inconditionnelle de Massimo Carlotto.Les vestiges de ce passé douloureux, on les retrouve dans plusieurs de ses romans.Questions-réponses avec un auteur qui prend la création, comme les revers de l’existence jadis, à bras-le-corps.Le Festival international de littérature (FIL) mettra en vitrine non seulement votre œuvre littéraire, mais aussi ses incarnations scéniques et cinématographiques.Avec le recul, qu’est-ce que cela vous fait de constater que vos créations, vos romans, inspirent d’autres créateurs, les interpellent?Le point central de mon travail est «l’histoire».Le roman est un moyen de la raconter.Lorsqu’un autre auteur, qui s’occupe d’autres formes d’expression artistique, est inspiré par une de mes histoires, j’en suis très heureux car cela signifie qu’elle va perdurer au moyen d’un outil différent.Lorsque vous acceptez de vendre les droits d’adaptation de l’un de vos romans.quelle est votre relation subséquente avec ladite production?Est-ce que vous laissez aller les producteurs en vous disant que cela ne vous appartient plus ou préférez-vous demeurer présent afin que votre vision ne soit pas trahie?Je ne crois pas à la trahison, en ce sens que les autres formes d’expression utilisent des langages si différents qu’il est vraiment impossible de trouver des points communs en dehors de «l’histoire» même.Lorsque je participe en tant que scénariste, j’essaie toujours de trouver la juste distance avec mon écriture, afin de pouvoir être objectif et d’être en mesure de me détacher du point de vue du romancier.Votre intérêt pour le cinéma est manifeste.Vous dédiez d’ailleurs L’Alligator - dis-moi que tu ne veux pas mourir, votre plus récente publication traduite en français, à lino Ventura et Edward G.Robinson, deux icônes du polar et du film noir, respectivement, genres avec lesquels vous partagez de grandes affinités.Issu du roman comme vous, votre compatriote José Giovarmi a jadis fait le saut comme réalisateur après avoir été adapté et avoir collaboré à des scénarios.Ce type de parcours vous tente-t-il et, que vous répondiez par l’affirmative ou la négative, quels rapports entretenez-vous avec le septième art?J’aime profondément le cinéma.Il m’a toujours influencé et j’aime l’écriture cinématographique.Je termine d’ailleurs en ce moment l’écriture d’un scénario avec un metteur en scène américain qui m’a permis de comprendre comment on travaille outre-Atlantique.Je crois que, pour un romancier qui écrit pour faire «imaginer» le lecteur, il est fondamental de se mesurer à cette écriture cinématographique qui doit «faire voir» une histoire.Votre production littéraire est ponctuée de collaborations, ime fois avec Marco Videtta et deux fois avec Francesco Abate.Le travail de l’éciivain étant le plus souvent solitaire, comment abordez-vous la collaboration avec autrui?Cela implique-t-il nécessairement des compromis?Non, parce que l’écriture à plusieurs mains doit être nécessairement le fruit d’intentions SOURCE INSTITUT CULTUREL ITALIEN L’écrivain Massimo Cariotto claires et d’une trame plus résistante que l’acier.L’écriture collective est elle aussi un défi important pour un romancier, car cela apprend à sortir de sa propre dimension d’auteur et à se confronter à d’autres techniques narratives.Les adaptations en bandes dessinées, telle L’Alligator - dis-moi que tu ne veux pas mourir, déjà évoquée, relèvent-elles d’un type particiilier de collaboration?Oui.Et, dans ce cas-là aussi, il ne reste que «l’histoire»; l’écriture du scénario doit être construite de façon à laisser un maximum de créativité chez le dessinateur.Je crois qu’on peut alors parler d’une écriture de «service».Les thèmes du retour et de la vengeance revierment constamment dans votre œuvre, qu’on pense à Arrivederci amore, ciao, L’Im- mense Obscurité de la mort ou encore J’ai confiance en toi.Quel est votre sentiment sur cette idée reçue voulant que l’artiste ressasse sans arrêt les mêmes tifièmes, les mêmes motife?Fait-il cela parce qu’il en est captif et que c’est là le seul moyen pour lui de s’en affi'anchir, en les sortant de lui à l’infini?Choisit-il les thèmes qui le hantent ou sont-ce eux qui choisissent l’auteur?Il est indéniable que certaines thématiques peuvent nous être plus chères que d’autres, mais mon travail se déplace lentement vers un projet narratif davantage lié à la nécessité de raconter la réalité collective plutôt que la réalité intime.Je crois qu’il s’agit d’un passage nécessaire quand on se rend compte qu’on en a terminé avec l’exploration de nos curiosités ou de nos obsessions.Et puis, en ce qui me concerne, je suis toujours resté maître de mes choix.Sur la quatrième de couverture de l’édition française de L’Alligator - dis-moi que tu ne veux pas mourir, on peut lire im extrait du Nouvel Observateur où le critique décrit votre vision du monde comme pessimiste et violente.On pourrait lui opposer qu’elle est simplement lucide.Quel est votre sentiment sur la question?Je me considère comme une personne et un auteur optimiste.Ce qui m’intéresse, c’est de décrire la réalité de manière hyperréaliste.La littérature (et la société en général) abonde en «consolations»; je préfère raconter le côté obscur mais gagnant du monde dans lequel nous vivons.Vous savez, cette entrevue touche les points névralgiques de mon travail.J’ajouterai seulement, sur une note plus personnelle, que lire des romans me permet de cultiver et de développer un sentiment de merveilleux qui m’aide à traverser ces temps si difficiles avec sérénité et un zeste d’insouciance.Grande grazie, signore! Collaborateur du Devoir ¦ Massimo Carlotta participera à diverses conférences universitaires ainsi qu’à une table ronde animée par Stanley Péan, le samedi 18 septembre de 15h30 à 18h, à la Maison des écrivains.Carlotto et le cinéma Il Fuggiasco raconte de l’intérieur « l’affaire » La Cinémathèque met à l’affiche les trois films tirés de l’œuvre Dans le cadre du FIL et de concert avec la Cinémathèque québécoise, l’Institut culturel italien de Montréal offre aux cinéphiles la chance de voir trois films tirés de l’œuvre romanesque de Massimo Carlotto, dont l’un est basé sur un chapitre spectaculaire de sa tumultueuse existence.Déjà abondante, l’œuvre du romancier et dramaturge italien Massimo Carlotto commence à peine à intéresser le cinéma, quoique trois films en sept ans constituent une bonne moyenne.Gageons toutefois que la fréquence des adaptations se resserrera.D’ici là, il sera possible de découvrir deux longs métrages inédits chez nous et d’en revoir un autre, passé un peu sous le radar lors de sa sortie.Le Fugitif Du lot.Il Fuggiasco est celui qui intrigue davantage, puisqu’il s’agit d’un drame biographique basé sur le roman autobiographique du même nom où l’auteur raconte de l’intérieur «l’affaire Carlotto», qui débute en 1976 et ne se conclut qu’en 1993.Accusé de meurtre à partir d’une preuve purement circonstancielle et après une procédure judiciaire bâclée, le jeune Massimo Carlotto, militant d’extrême gauche alors âgé de 19 ans, est condamné à dix-huit ans de prison.Suit une fuite paneuropéenne, puis au Mexique.Le film fut mis en scène par un certain Andrea Manni, inconnu de ce côté-ci de l’Atlantique.Bien que l’accueil italien fut loin d’être dithyrambique, on annonce que Massimo Carlotto présentera lui-même le film, signe s’il en est que le principal intéressé l’a entériné: ce sera le samedi 18 septembre à 21h, à la Cinémathèque, en italien avec sous-titres français.Jimmy de la colline Adolescent morose et peu désireux de finir ses jours dans la raffinerie de son bled situé dans S)udk)Udnt • fuKMnu alessio boni michele placido miche le soavi B Isabella ferran aima nedelea carlo cecchi (W iynoiv»o 4 Mwsirtf CarioMo Edifiooi E/D m ccpfiMuiîorii SkMkUraiia Rai Cin«n« WW lurich prtMhitUdi conchita airoldi.dino di dionisiox?.michele soavi le sud de la Sardaigne, Jimmy décide d’emprunter l’avenue du crime.Un chemin qui le conduit illico dans un centre de réhabilitation.Récit classique du rebelle apprivoisé?Jimmy della Collina, premier long métrage d’Enrico Pau, jouit, paraît-il, d’une bonne interprétation de Nicola Adamo et de cadrages soignés.L’accueil dans différents festivals fut tantôt favorable, tantôt mitigé.Ce sera l’occasion de se faire une tête en ce vendredi 17 septembre, à 16h, à la Cinémathèque, en italien avec sous-titres français.Au revoir mon amour, ciao On reconnaît, dans la prémisse à’Arrivederci amore, ciao, plusieurs éléments autobiographiques.Là s’arrêtent toutefois les similitudes, ce roman de Carlotto, l’un de ses plus sombres, prenant rapidement le chemin de la fiction pure tout en brassant une fois encore la plupart des thèmes chers à l’auteur: désenchantement du révolutionnaire, trahison, vengeance, sexe, etc.L’antihéros aux idéaux en charpie est cette fois Giorgio, qui, après avoir appris la chute du mur de Berlin, quitte la jungle centraméricaine où il se terrait afin de regagner l’Europe.Arrivé à Paris avec un faux passeport, il fait chanter un ancien membre des Brigades rouges, aujourd’hui écrivain à succès (!), afin que ce dernier l’aide à retourner en Italie sans être aussitôt emprisonné.Le chantage fonctionne, mais une mauvaise surprise attend Giorgio en la personne d’un «commissure» pugnace.Forcé de dénoncer tous ses collègues, Giorgio se prépare des lendemains acrimonieux.Michele Soavi signe une adaptation étonnamment convaincante du roman de Carlotto.Une réussite d’autant plus surprenante que Soavi, jadis protégé de Dario Argento, s’est surtout illustré dans l’horreur gore {Deliria) ou léchée (Dellamorte, Dellamore).Chantre de l’esthétisme de saturation triomphant d’Argento {Deep Red, Suspirid) et de leur maître à tous deux, Mario Bava {Les Trois Visages de la peur.Le Corps et le fouet), Soavi délaisse ici la forme baroque au profit d’une démarche un peu plus retenue.Les angles insolites sont au rendez-vous, mais dans une moindre mesure.Quant aux filtres de couleur, leur utilisation est circonscrite aux scènes de boîtes de nuit.Pour sophistiquée qu’elle soit, la réalisation de Soavi ne prend jamais le pas sur l’intrigue dense, bien transposée en images.En cela, le cinéaste s’éloigne de la tradition italienne du giallo, films policiers à la limite de l’horreur, souvent chargés d’érotisme et jouissant toujours d’une forme exubérante, dont les plus beaux fleurons, signés justement Bava et Argento, reposent invariablement sur des récits controuvés (et, nonobstant, fascinants).Le parti pris de Soavi, habituellement chantre d’une forme primant sur le fond, de miser d’abord sur le scénario s’avère réussi puisque l’histoire originale de Massimo Carlotto est, à la base, solide et très adroitement construite.Bref, inutile de réparer ce qui fonctionne, semble avoir compris le cinéaste.Rendez-vous donc le dimanche 19 septembre à 17h, à la Cinémathèque.Arrivederci amore, ciao sera malheureusement diffusé avec sous-titres anglais seulement.Par contre, les cinéphiles désireux de le voir en français peuvent le faire en louant le DVD distribué par Métropole Films, lequel contient une version doublée.Massimo Carlotto sera présent après la projection afin de participer aux Parcours littéraires «Lisez l’Europe» présentés par le FIL.KL.Carlotto et les planches L’auteur fera lecture de La Terra della Mia Anima « Carlotto dépeint l’Italie actuelle avec beaucoup d’acuité » Deux lectures théâtrales tirées d’œuvres de Massimo Carlotto seront présentées au Studio Théâtre de La Place des Arts durant le FIL.L’auteur sera lui-même sur scène pour l’une d’elle.La Tetra della Mia Anima nous transporte dans l’Italie de l’après-guerre, à Milan La venue de Massimo Carlotto a été rendue possible ^â-ce à la collaboration de l’Institut culturel italien de Montréal.Son directeur, Angelo Mazzone, ne cache pas son enthousiasme devant la perspective de cette rencontre.«Carlotto, par le truchement du polar, dépeint l’Italie actuelle avec beaucoup d’acuité.Son oeuvre est portée par une peinture sociale très concrète.Le fait qu’il refuse farouchement de jouer la carte de la vedette littéraire est en outre éloquent» Angelo Mazzone connaissait déjà le travail de Carlotto, tant le volet littéraire que ses occasionnelles incarnations scéniques, celles-là plus volontiers axées sur le récit de voyage nostalgique, par opposition aux contextes plus contemporains immédiats de ses romans.«Strada Carrara évoquait toute une tradition de spectacles ambulants et mettait en vedette le comédien Titino Carrara et le musicien Mauri-zio Camardi.Et ce sont eux qui refont équipe pour La Terra della Mia Anima.» Jamais à court d’anecdotes, Angelo Mazzone précise que Carrara descend d’une longue lignée d’acteurs nomades.«C’est ce spectacle, La Terra della Mia Anima, qui sera présenté ici juste avant Mare Chiuso (La Mer fermée).Cette lecture-là, c’est Carlotto qui la fera.» La Terre de mon âme La Terra della Mia Anima est tiré du roman du même nom.Pour qui a déjà pratiqué l’œuvre de Carlotto, le nom de Beniamino Rossini sonnera tout de suite une cloche.La Terra della Mia Anima nous transporte dans l’Italie de l’après-gnerre, à Milan.Là-bas, Beniamino Rossini mène une vie de contrebandier, une véritable profession en ce qui le concerne.Laquelle l’amène à quitter Milan pour la Suisse, dans un voyage périlleux à travers les montagnes escarpées.Parti par monts et par vaux, Rossini retrouve bientôt la mer, part pour le Liban, se rend à Malte, à Venise, foulant les côtes de l’Espagne et de la Croatie.Se déroulant sous le signe de l’aventure, l’existence parfois ardue de Rossini sera bien sûr ponctuée d’amours et de trahisons, de périls et de petits triomphes.Sur scène, Titino Carrara jouera Beniamino Rossini.Mauri-zio Camardi assurera le volet musical.Le mardi 21 septembre à 19h30, au Studio Théâtre, Place des Arts.La Mer fermée Mare chiuso, une œuvre originale celle-là, s’intéresse au sort de deux musiciens, Miali, un Sarde, et Soghomon, un Arménien, compagnons de longue date qui ont parcouru leur vie durant les rivages de la Méditerranée.Troquant leur art contre de la nourriture ou de l’argent, les deux hommes sont ainsi parvenus à gagner une maigre pitance tout en collectionnant les péripéties qu’ils se réservent l’un l’autre au fil de leurs périples subséquents.Massimo Carlotto narrera leurs pérégrinations.Maurizio Camardi, aux duduk et saxophones, et Mauro Palmas, au luth cantabile, fourniront l’habillage sonore.Le jeudi 23 septembre à 19h30, au Studio Théâtre, Place des Arts.En guise de cadeau au public québécois, Angelo Mazzone promet quelques passages en français, grâce à l’assistance précieuse du traducteur Laurent Lombard, lors de ces deux expériences uniques.F.L.5252 H 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 29 AOUT 2010 .-ITALIE Entrevue avec Giulio Picheca Le consul a plusieurs projets à concrétiser en ce dernier mandat La communauté italienne est bien intégrée à la vie montréalaise.Ce qui ne l’empêche pas de célébrer fréquemment et fièrement ses particularités et sa culture.Alors que la Semaine italienne vient de se terminer, Le Devoir a rencontré le consul général de l’Italie, Giulio Picheca, pour discuter des projet qui lui tiennent à cœur, de la communauté italienne à Montréal et des liens qu’elle entretient avec la mère patrie.MARTINE LETARTE Pour la 17" Semaine italienne de Montréal, de grands incontournables de la culture italienne ont été célébrés dans la métropole: on a joué Le Barbier de Séville, avec la présence de Marco Ca-masta et d’Alessancro Luciano, un baryton et un ténor en provenance de Tltalie.On a eu droit à la visite du groupe de jazz d’Enzo Favata et des Te-nores di Bitti, de la Sardaigne.Il y a eu aussi, bien sûr, un défilé de mode et plusieurs voitures Ferrari! Pourquoi de telles célébrations sont-elles importantes à Montréal pour la communauté italienne?«Il y a tellement d’événements et de festivals à Montréal, note le consul en poste depuis près d’un an maintenant, que la communauté italienne doit faire son apport.Et, avec ces événements, on réussit à faire sentir aux Italiens d’ici qu’ils sont un peu comme à la maison.Aussi, les événements comme ceux qu’on organise lors de la Semaine italienne permettent aux Québécois de comprendre ce que les Italiens ont apporté au monde et ce qu’ils ont laissé derrière eux en Italie.» D’ailleurs, l’une des premières choses qui ont frappé le consul général de l’Italie lors de son arrivée à Montréal, c’est le fait qu’on ne retrouvait pratiquement aucune voiture italienne sur les routes québécoises.«Je ne comprenais pas! On m’a expliqué que c’est parce qu’elles ne sont pas équipées pour le froid et la neige.» L’an prochain, ce sera le 150" anniversaire de l’unité italienne.Une autre occasion de célébrer! Le consul a déjà lancé les préparatifs.Il souhaite organiser des événements importants à Montréal, mais aussi à Québec.«Nous sommes en discussion pour organiser une grande exposition sur Rome au Musée national des beaux-arts du Québec», précise-t-il.A Montréal, le cœur de la fête se tiendra au Centre Leonardo-da-Vinci, à Saint-Léonard, où une grande partie de la population est d’origine italienne.«Nous voulons justement y organiser une exposition sur Leonardo da Vinci en faisant venir des tableaux et des pièces mécaniques de l’Italie.Nous aimerions également présenter un opéra de Verdi et nous présenterons des événements extérieurs avec de la musique.» Particularités montréalaises Né à Belgrade, d’un père italien et d’une mère serbe, Giulio Picheca a commencé sa carrière diplomatique en 1973.Parlant huit langues, il a vécu dans plusieurs pays.Il a d’ailleurs déjà été consul à Charleroi, en Belgique, et à Athènes, en Giulio Picheca Grèce, ainsi que vicœconsul à Hambourg, en Allemagne.Lors de son arrivée à Montréal, l’an dernier, il a rapidement compris que la réalité des Italiens ici était bien différente de ce qu’elle est ailleurs dans le monde.«En Belgique et en Allemagne, les Italiens ont immigré dans les années 50 pour se chercher du travail parce que les temps étaient très durs en Italie.Ensuite, quand la situation s’est améliorée, plusieurs sont retournés.Et, à Athènes, la communauté italienne est très petite», précise celui qui est également représentant permanent de l’Italie auprès du Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACO.Autre continent, autre réalité! «Ici, c’est l’Amérique! Les Italiens qui sont venus jusqu’ici s’y sont installés pour de bon.Il y a environ 250 000 personnes d’origine italienne au Québec.Les Canadiens ont été très accueillants et les Italiens se sont intégrés», affirme le consul.En fait, les Italiens sont tellement nombreux à Montréal qu’on retrouve des associations pour pratiquement toutes les régions italiennes.La communauté italo-montréalaise a toutefois évolué différemment de sa mère patrie, remarque M.Picheca.«En Italie, il y a toute une philosophie européenne qui s’est développée avec l’Union européenne.Les Italiens d’ici sont partis avant ça, donc ils n’ont pas développé d’appartenance à l’Europe.Ici, un Italien et un Erançais qui se rencontrent diront qu’ils sont italien et français, ou canadiens.Jamais ils ne diront qu’ils sont européens!» Les Italos-Montréalais demeurent tout de même une communauté très ouverte sur les autres, croit M.Picheca.«Ce qui m’a frappé en arrivant ici, c’est qu’ils sont pratiquement tous trilingues! Plusieurs parlent italien, français et anglais.D’ailleurs, comme Montréal est très cosmopolite, il y a énormément de langues qui se parlent et les Italiens doivent demeurer vigilants pour ne pas perdre l’italien.On doit continuer d’enseigner l’italien dans les écoles même si d’autres langues sont aussi très importantes, comme l’espagnol.» Quelques dossiers prioritaires Le diplomate a clairement à cœur les intérêts de la communauté italienne.D’ailleurs, il s’est donné quelques objectifs précis à atteindre au cours de son mandat, probablement son dernier avant qu’il n’aille à la retraite, a-t-il précisé au Devoir.D’abord, le consul général de l’Italie aimerait bien voir le Québec signer avec l’Italie le même genre d’entente de reconnaissance professionnelle qu’il a signée avec la France.«En ce moment, c’est encore compliqué de faire reconnaître ses diplômes.Pourtant, je sais qu’il y a énormément de gens en Italie qui aimeraient venir s’installer ici si leurs diplômes étaient reconnus.En Italie et en Europe, on retrouve beaucoup de travail temporaire, des contrats.C’est triste! Ici, c’est mieux.C’est plus ouvert.Au gouvernement, on nous dit que ça devrait venir après la Erance.» Il travaille aussi à peaufiner des accords exécutifs pour soutenir des échanges Italie-Québec dans les domaines de la culture et de la science.«Nous voulons que des gens d’ici qui ont des projets en Italie puissent les réaliser, et vice-versa.Nous avons déjà presque terminé l’accord dans le domaine scientifique, il nous reste celui en culture.» Collaboratrice du Devoir Chambre de commerce italienne du Canada LTtalie et le Québec sont en réseau La Chambre de commerce italienne du Canada (CCIC) exerce ses activités à partir de son bureau central de Montréal.Elle a également des pieds-à-terre à Québec, à Milan, à Naples et à Rome.A partir de ces lieux et sur deux continents, elle utilise son vaste réseau d’affaires pour favoriser et dynamiser les relations économiques entre le Québec et l’Italie.REGINALD HARVEY Emanuele Triassi, président et chef de la direction du Groupe TEQ, s’est engagé au sein de la CCIC depuis 1991.Il en dirige présentement le conseil d’administration (CA) : «J’ai d’abord été vice-président pendant quatre ans, puis président du mouvement durant sept ans et je dirige le CA depuis cinq ans.C’est un peu comme mon bébé, même si ce n’est pas moi qui l’ai mis au monde, puisqu’elle existe depuis 1964.Disons que je l’ai aidée à grandir», lance cet ingénieur de formation.Aujourd’hui, les échanges entre les deux partenaires économiques sont vraiment dirigés dans les deux sens, ceux des importations et des exportations: «Le Québec vend diverses choses à l’Italie, et vice-versa; il s’agit de produits totalement différents.De notre côté, on est fort dans les pâtes et papiers et dans le transport avec Bombardier.Du côté italien, la communauté des affaires se signale dans les produits alimentaires, dans la machinerie pour différentes industries, etc.» Le marché a bien évolué: «On parle davantage d’activités économiques à valeur ajoutée, de possibilités d’investissements.Chacun de son bord cherche les meilleures occasions dans ce sens-là et nous, pour le Québec, nous aidons les gens à les trouver.En tant que Chambre de commerce, on est très actif dans le secteur de l’aéronautique, on s’occupe fortement de celui des transports en commun et on se tourne un peu plus vers le domaine de l’énergie et de l’environnement; on veut voir comment certaines entreprises italiennes sont intéressées par le Québec et on veut savoir comment on peut susciter leur intérêt.En fait, on cherche à trouver les occasions qui existent d’un côté ou de l’autre.» Il ajoute à cette description: TEQ Emanuele Triassi «Il est beaucoup question d’infrastructures à l’heure actuelle; alors, on a des discussions avec les Italiens pour savoir de quelle façon ils pourraient avoir un engagement là-dedans, parce qu’ils possèdent une expertise à ce chapitre qui fait en sorte que des contrats pourraient aussi être réalisés avec leur savoir-faire.» Il résume: «On essaie de suivre l’actualité et de voir ce qui se passe sur le plan économique, dans le but d’intervenir d’un côté comme de l’autre.» Visite outre-Atlantique Originaire de la Sicile, M.Triassi trace ce portrait économique de son pays d’origine: «Il est certain que la région la plus importante en Italie, c’est la Lombardie, qui est le moteur économique.En fait, on peut diviser le pays en trois, soit le nord, le centre et le sud.Il y a donc, dans le nord, la Lombardie, dont la capitale est Milan; dans ce même secteur, il y a aussi le Piémont, avec Turin comme pôle important dans l’industrie automobile; il existe là d’autres villes comme Parme, Modène, Vérone et Pa-doue, qui sont autant de territoires industriels.Différentes industries se sont installées, principalement dans ce nord de l’Italie.On retrouve une toute autre réalité dans le sud, qui a la nécessité de se développer et qui doit recevoir de l’aide du gouvernement pour y arriver; le taux de chômage est beaucoup plus élevé à cet endroit que dans le nord.Le centre se positionne un peu entre les deux et, avec le temps, il s’est taillé une place passablement enviable sur le plan économique.» La Chambre de commerce collabore avec toutes les régions, du nord au sud: «Chacune de celle-ci a des choses différentes à offrir, quoique les possi- bilités ne soient pas tout à fait les mêmes d’une place à l’autre.Si on s’en va à Milan, il est certain que le monde entier se dirige vers cette ville; les gens d’affaires de là-bas ont le choix entre le Québec, la Chine, l’Inde et d’autres pays, ce qui rend la concurrence un peu plus forte.» Une règle s’impose: «Quand on fait des affaires en Italie, il faut se mettre dans la tête de quelle façon les Italiens brassent les affaires chez eux, pour s’adapter à cette réalité.Sous cet angle, on aide les Italiens quand ils viennent au Québec en les guidant et en leur montrant comment les Québécois font les choses.» LA CCIC en action Emanuele Triassi croit que les gens de la Chambre de commerce sont avant tout des facilitateurs: «On essaie de savoir où se situent les tendances et, par la suite, on intervient sur le plan gouvernemental, sur celui des associations d’entreprises ou sur celui des entreprises elles-mêmes.On organise des missions économiques à titre de représentants au Québec de la Chambre de commerce de Milan et de plusieurs autres régions.On essaie aussi de tenir des rencontres ciblées basées sur les besoins à combler, sur les produits à vendre et sur les alliances à bâtir.On dresse de plus les profils de quatre, cinq ou six entreprises locales et on planifie des échanges entre les dirigeants de celles-ci.» La Chambre de commerce possède un conseil d’administration de 17 personnes bénévoles: «On essaie de choisir des gens qui nous ouvrent des horizons dans différents secteurs, qu’ils soient publics ou privés.À titre d’exemples, il y a quelqu’un provenant d’investissement Québec et de la Société générale de financement siégeant à notre conseil.On a des représentants d’entreprises italiennes et québécoises, on a un avocat et un comptable.On établit une sorte de réseau pour être branché un peu partout, en procédant de cette manière.» Le président complète ce bilan des interventions en énumérant les nombreux projets sur lesquels la Chambre de commerce planche présentement.Ces dossiers relèvent, entre autres, des transports en commun, des travaux d’infrastructure, de la mode et de l’agriculture: «On travaille également beaucoup avec les universités et les centres de recherche», conclut-il.Collaborateur du Devoir ISTITUT ITALIANOd CULTURA 20.09-10.12,2010 Cours d’italien Cours de langue Cours < lundi-mercrsdi /mardi-jeudi 10-12hou 18-20hx/ \ Niveau|< 1 à 6 (debutaift à avan'cé) \ Inscription quadrimestriell^u annuelle -w Frais 350$/45h 650$/90h (sans taxes) Cours complémentaices Conversation intermédiaire ^ Conversation avancée Culture èt géographie d'ltalie' Frais 200$/24 h (par quadrimestre) / Nouveauté Cours hebdomadaire Cours Niveaux Inscription Frais vendredi ou samedi 9h30-12h30 1 à 6 (debutant a avancé) annuelle divisée en 2 sessions 1 sesswn /32 heures^ m 20.09-11.12.2010 I 2® session /48 heures B 17.01-30 04 2011 ^ 600$/80 heures-' (possibilité de faire 2 chèques) Date limite pour s'inscrire 15.09.2010 Istituto Kaliano di Cultura dl Montreal 1200, Avenue Dr.Pënfield Montréal (Québec) H3A1A9 514.849.3473 iicmontreal@esterLit cours.ilcmontreal@esterl.it 18-26.09 Festival InternationaJ de la Littérature Massimo Carlotto & son œuvre littéraire faire X 18 09 15:30-17:00 Table ronde Le roman policier \ en Europe & au Québec \ Rencontres croisées de Mass mo Carlotto avec des écrivains'européens & québécois Maisons des écrivains' 3942.Avenue Laval Entrée libre / dl 17.09 16:00 Projection du film Jimmy della collina de Enr co Pau 2008
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