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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-10-29, Collections de BAnQ.

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ArHalloween, la Transylvanie a une dent contre les mordus de Dracula Cahier Plaisirs Siegfried illuminé au Met Page C10 Cœur de pirate en transit Cahier Culture www.ledevoir.com^- Le Devoir Vol.CII N°246 ?LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 2,63S+taxes=2,99$ C’est la volonté de vivre ensemble, sans égard aux différences, qui procure son énergie vitale au campement de la «place du Peuple» Occupons Montréal JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les réfugiés du système financier Depuis deux semaines, le square Victoria s’est mué en «place du Peuple» sous l’irrésistible pression des indignés de Montréal.Le Devoir explore aujourd’hui les assises de ce mouvement et les raisons économiques sous-jacentes à cette remise en question des excès du néolibéralisme.BRIAN MYLES La statue de Victoria, une reine réputée pour son puritanisme, a subi des transformations radicales.Elle porte un masque, un drapeau des Patriotes, et s’étendent à ses pieds de multiples affiches dont Tune résume à merveille Tesprit d’Occupons Montréal.«Vous entrez maintenant en territoire autogéré.» Lancé le 15 octobre dernier, le mouvement «Occupation Montréal» a pris une expansion géographique considérable, au point qu’il faudrait maintenant parler d’un «village du peuple».Cette bourgade émergente d’environ 250 tentes et 400 participants compte sur un «hôpital» aménagé dans un abri tempo, une yourte pour les réunions des comités, une bibliothèque, des toilettes chimiques, une cuisine, un centre de dons, des bennes à ordures, des bacs à recyclage et — pourquoi pas?— une zone famille! «Sobriété, propreté et non-violence» sont les principes cardinaux de ce mouvement qui a su tisser un lien de confiance avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Claude, diplômé en sciences humaines qui bénéficie de l’aide sociale, ne s’est absenté que trois jours depuis le début.«J’ai le sentiment que c’est le seul îlot de liberté qui nous reste.Ici, on a une chance de se parler et de fraterniser.» Un espace réinventé Cette volonté de vivre ensemble, sans égard aux différences, traverse le campement et lui procure son énergie vitale.En se réunissant autour d’une cause aux contours flous, dans un espace VOIR PAGE A 12: OCCUPONS Inégalités de revenus: le grand écart, pages AlOetAll ¦ Les indignés selon le directeur du Monde diplomatique, page H 1 Jacques Duchesneau est congédié Le patron de TUPAC lui reproche un manque de loyauté ANTOINE ROBITAILLE KATHLEEN LÉVESQUE Après avoir découvert et décrit «un univers clandestin et bien enraciné, d’une ampleur insoupçonnée» dans son rapport qui a forcé le gouvernement Charest à mettre sur pied une commission d’enquête, Jacques Duchesneau s’est fait montrer la porte hier.Le directeur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, Ta congédié pour avoir manqué de «loyauté».L’UPAC a mis fin au contrat de M.Duchesneau, qui dirigeait l’Unité anticollusion du ministère des Transports depuis février 2010.Une rencontre a eu lieu hier matin entre Robert Lafrenière et M.Duchesneau.Une lettre expliquant les motifs de la résiliation du contrat a été transmise à ce moment Compte tenu des déclarations publiques de M.Duchesneau concernant la vision de la direction de TUPAC, il n’y avait «pas d’autre choix», a soutenu la porte-parole Anne-Prédé-rick Laurence.En entrevue à La Presse le mois dernier, M.Duchesneau a livré le fond de sa pensée sur l’organisme auquel son unité était désormais associée: «L’UPAC, c’est pas fort Ils pensent police.Il faut regarder le problème avec une lunette autre que policière et judiciaire.Les déclarations publiques de M.Duchesneau concernant la direction de l’UPAC ne laissaient «pas d’autre choix» VOIR PAGE A 12: DUCHESNEAU Detroit, Sao Paulo, Bruxelles, Beyrouth, Nairobi, Pékin, Melbourne, Montréal Lundi, Le Devoir et 7 autres quotidiens du monde céièbrent 7 miliiards d’humains Une édition très spéciale INDEX Actualités.A 2 Annonces.C 11 Avis publics C 10 Bourse.C 2 Carrières.C 6 Décès.C 11 Dossier.A10 Économie.C 1 Editorial.B 4 Idées .B 5 Monde.C 8 Mots croisés.D 6 Météo.C 4 Perspectives.B 1 Sports.C 11 Sudoku.D 6 Coup de cœur francophone a 25 ans À propos.de la chanson québécoise Ce n’est pas un hasard si l’émission À propos qu’anime Tami Jim Corcoran à la radio de la CBC voit approcher le quart de siècle alors que le festival Coup de cœur francophone célèbre son 25® anniversaire, du 3 au 13 novembre prochain.L’émission et le festival participent de la même mission née de la disette post-référendaire: soutenir et nourrir la chanson d’ici.Ce n’est pas un hasard non plus si, pour nous dire Tétat du logis, on a mis à contribution TAnglo le plus francophile en ville: l’homme sait traduire.SYLVAIN CORMIER Le studio est au fin fond de Taile ouest, il faut savoir où c’est, même quand on a ses habitudes à Radio-Can.La pro-ductrice-réalisatrice-monteuse-techni-cienne Sophie Laurent vient elle-même me chercher à l’entrée de la grande tour.VOIR PAGE A 12: CHANSON ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Jim Corcoran, TAnglo le plus francophile en ville, fait découvrir depuis 25 ans la chanson francophone au Canada coast to coast."Admiral" Fauteuil et Repose-Pieds $ 300 DE RABAIS Du 24 octobre au 24 décembre Disponibles en 2 grandeurs Superbe Confort, Grandes Économies! 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' des opportunités qui se présentent pour vous et votre famille.Notre gamme de services primés" comprend les suivants: • la planification fiscale et du patrimoine; • la planification successorale et fiduciaire; • la gestion de placements; • les opérations bancaires courantes.Découvrez pourquoi BMO Banque privée Harris devrait devenir votre partenaire financier.Visitez bmobanquepriveeharris.com ou composez le 1-855-648-0642.BMO SB Banque privée Harris' ™ Marque de commerce déposée de la Banque de Montréal, utilisée sous licence.BMO Banque privée Harris est une société membre de BMO Groupe financier.Les services bancaires sont offerts par la Banque de Montréal.Les services de gestion de portefeuille sont offerts par BMO Harris Gestion de placements inc., une filiale indirecte de la Banque de Montréal.Les services administratifs ainsi que les services en matière successorale, fiduciaire et fiscale et de garde de valeurs sont offerts par l'entremise de la Société de fiducie BMO, une filiale en propriété exclusive de la Banque de Montréal.*BMO Banque privée Harris nommée meilleure banque privée au Canada par le magazine World Finance et le Global Banking & Finance Review.0 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 A 3 ACTÜAIITES RADIOVM.COM RVM ’ Cta fréquence ! Marois doit partir selon un ancien « mousquetaire » ANTOINE ROBITAILLE Québec — L’ancien député péquiste Alexandre Bourdeau estime que Pauline Marois doit quitter son poste, d’abord «pour son bien», c’est-à-dire lui éviter le supplice d’aller à «l’abattoir».«Si j’étais le conseiller de Pauline, je lui dirais de partir, non pas pour le parti, mais pour elle.Elle ne mérite pas les campagnes de salissage des médias et elle ne méritera pas de passer pour la fossoyeuse du parti aux prochaines élections», a-t-ü écrit sur son blogue (jeunespolitique.wordpress.corri) hier matin.Se disant «admiratip> du travail de la chef péquiste depuis qu’elle a pris la tête du parti en 2007, M.Bourdeau estime toutefois que les péquistes doivent arrêter de se mentir: «Malheureusement force est de constater que les Québécois ont fait leur nid [sic] à coup de propagande journalistique et que pour eux, Pauline^ ne pognera jamais».Elu une première fois dans Berthier en 2003, M.Bourdeau a été mem-bre du trio de «jeunes députés» auto-baptisé les «Mousquetaires», lequel a signé deux rapports de tournée à travers le Québec.Le premier, en 2004, concluait que pour la jeune génération, l’option souverainiste était perçue comme «dépassée, désuète et vétuste».M.Bourdeau avait été battu en mars 2007 par un adéquiste.Depuis plus d’un an, il avait toutefois repris le travail au parti.«Vous le savez, lorsque fai décidé de revenir au PQ c’était pour donner un coup de main à Pauline.Je voulais qu’elle gagne la confiance des membres du parti et de la population en générale [sic]», mais ce lut peine perdue, a-t-il conclu.Certains critiques ont qualifié M.Bourdeau de «mauvais soldat».Joint hier, il leur répliqua cpf «au contraire, un bon soldat, ça dit à son général qu’il est temps de quitter le champ de bataille quand il est clair qu’il va perdre la bataille et qu’il va mourir avec le déshonneur».A «Un bon soldat, ça dit à son général qu’il est temps de quitter le champ de bataille» ses yeux, «la tendance est trop lourde.Aucun spectaculaire renversement n’est possible».11 estime que le PQ n’a pas réussi à renouveler son image.«A un moment donné, ta marque de commerce est tellement criblée de balles que tu ne peux pas la relever», tranche-t-ü.Président sortant de la région de Lanaudière, M.Bourdeau quittera incessamment son poste car il s’estime surchargé par les études (ü termine une maîtrise) et un emploi.«Je reste péquiste.Je vais continuer à être là lors des prochaines élections pour eux», note-t-il, assurant qu’il ne fait pas partie de ces présidents d’associations péquistes qui préparent des putschs.L’initiative à laquelle M.Bourdeau fait référence et à propos de laquelle il avait peu d’informations ressemble à une autre qui circulait hier dans les boîtes de courriels péquistes et dont le Devoir a obtenu copie.«Le Conseil national demande à Madame Pauline Marois de quitter immédiatement ses fonctions de chef du Parti québécois», pouvait-on lire.Aucun nom de circonscription n’était inscrit dans la version reçue.Elle devait être envoyée hier à la permanence du parti entre 13h et 17h.Le courriel obtenu faisait mention d’une «copie conforme» envoyée au reporter de La Presse Denis Lessard! Le nom d’un agent de liaison du parti — employé chargé de faire le lien entre l’appareil et la circonscription — apparaissait au bas.Au parti, en fin de journée hier, on niait avoir reçu quelque texte que ce soit.Le prochain Conseil national doit avoir lieu le 4 décembre.Le Devoir FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Le député indépendant Pierre Curzi a livré son discours en présence de Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Jean-François Aussant.Pierre Curzi voit d’un bon œil la crise qui secoue le Parti québécois MELISSA GUILLEMETTE Le député indépendant Pierre Curzi ne croit pas que remplacer la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, réglerait les problèmes du parti.11 voit toutefois d’un bon œil la crise qui se poursuit au sein du mouvement souverainiste.Inivité à prononcer un discours lors du souper-conférence de la revue L’Action nationale hier soir, le député de Borduas a refusé d’indiquer ses intentions dans le cas où Pauline Marois quittait le parti prochainement, ce qu’elle n’a pas l’intention de faire, il faut le préciser.Alors que le leadership de la chef est contesté de l’intérieur, par quelques députés qui se sont exprimé en caucus cette semaine, plusieurs voient en Pierre Curzi un successeur.Lui-même a déjà dit réfléchir à cette possibilité, notamment en août dernier.«Je suis de ceux qui vous imaginent un destin; je me demande si vous l’imaginez vous aussi?» lui a demandé un participant au souper-conférence, ce qui a fait rire et réagir l’assemblée.Un changement de tête au parti ne suffirait pas à le ranimer, croit-il.«Les problèmes qui se posent sont plus grands que remplacer quelqu’un par quelqu’un d’autre, a répondu M.Curzi.Il faut chercher ailleurs.On ne peut pas espérer qu’un individu fasse une différence à ce point-là.Il y a un autre modèle dont on tente d’accoucher en ce moment Un des problèmes qu’on a, c’est qu’il est difficile de laisser les naissances se produire à leur rythme normal.» Lui préfère attendre pour l’instant.11 comprend bien sûr ses anciens collègues qui ont demandé cette semaine en caucus le départ de leur chef, lui qui a quitté le parti en juin, tout comme quatre autres collègues péquiste.«Il y a des forces vives qui sont à l’intérieur du Parti québécois, a-t-ü déclaré.On ne peut s’en empêcher quand on est indépendantiste et qu’on cherche à faire le pays dans un délai raisonnable.» Pierre Curzi estime que la situation ambiguë du PQ est une bonne chose.«J’ai beaucoup d’espoir dans ce qui se passe.» Renouveler le message Son discours d’hier portait justement sur la nécessité de renouveler le message pour le projet souverainiste, proposant sa nouvelle façon à lui d’aborder la question.«L’indépendance, c’est un discours qu’on a de la difficulté à faire», selon le député.Ces derniers mois, ü a constaté que la population, pourtant mobilisée par les grands dossiers des gaz de schiste, de la commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction et des dérives de la finance, ne veut pas entendre parler de souveraineté, un propos souvent jugé «partisan».«Ily a eu un éloignement de la classe politique des citoyens», croit-ü.A l’indépendance, ü faut désormais opposer la dépendance pour intéresser les Québécois.«Il faut qu’on se rende compte au Québec, dans notre parole citoyenne et indépendantiste, que l’on est soucieux de notre dépendance, qui est de plus en plus en dehors du Québec et du Canada.» Des décisions économiques, sociales et environnementales importantes se font dans des instances où le Québec n’a souvent pas voix, déplore-t-il, comme les grandes instances internationales.Le Devoir Isabelle Quentin EDITEUR D'HISTOIRES D'ENTREPRISES 514-285-8518 editeur@iqe.qc.ca Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeur offerte.Borduas Dallaire Perron Fortin Gagnon Krie^ofF Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres.Évaluation verbale gratuite pom les noms d-haut mentionnés, selon la disponibilité.Claude Lafitte évaluateur et expert œnseil ^a/e^ KÜlaade depuis 1975 • 514.842.1270 2160 rue Cresœnt, Montréal, www.lafitte.com POUFTLE PORTES OUVERTES COLLÉGIAL Mercredi 2 novembre de 16 h a 20 h (entrée sur Decelles) Une occasion de découvrir un milieu collégial unique situé en plein cœur d'un quartier universitaire animé.Le collégial Brébeuf, un environnement exceptionnel au coeur du quartier universitaire! Le premier collège à offrir le Diplôme du Baccalauréat International, 28 années de savoir faire! Le premier collège de la région de Montréal pour rentrée en facultés universitaires contingentées! LES PROGRAMMES OFFERTS AU COLLEGIAL Le Collège Jean-de-Brébeuf est un collège préuniversitaîre.BACCALAUREAT INTERNATIONAL ?Sciences de la nature • Sciences de la santé • Sciences pures et appliquées ?Sciences humaines • Option Économie • Option Histoire • Option Psychologie • Option Commerce et gestion ?Arts et lettres • Option Cinéma • Option Langues DIPLÔME D'ÉTUDES COLLÉGIALES ?Arts et lettres • Arts visuels, design et communications • Lettres, théâtre et communications • Création multimédia et communications • Langues et communications ?Sciences de la nature • Sciences de la santé • Sciences de la santé avec portable • Sciences pures et appliquées • Sciences pures et appliquées avec portable ?Sciences humaines ou de l'administration •Etudes internationales •Individu, culture et société • Administration ?Sciences, lettres et arts • Programme préparant à la quasi-totalité des programmes universitaires TROIS PROGRAMMES EN ASSOCIATION AVEC L'ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D'INDY Téléphone : 514 342-9342, poste 5355 I © Université-de-Montréal © Côte-des-Neiges Bnâîeuf Collège Jean-de-Brébeuf 3200, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Montréal (Québec) H3T1C1 www.brebeuf.qc.ca w duQirftw SEMAINE DES PROCHES AIDANTS AU QUEBEC AU 7 NOVEMBRE 2011 >RANQ^ Partenaire majeur ; Famille et Aînés /-\ I E9 El Québec El El Pour connaître les activités de nos membres, visitez le site du Regroupement des aidants naturels du Québec www.ranq.qc.ca ou tapez RANQ sur Facebook.Vous voulez mieux connaître la réalité des aidants naturels et les ressources existantes?Visitez notre site. A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 ACTUALITES Registre des armes à feu Québec reçoit une fin de non-recevoir ALEXANDRE ROBILLARD Québec — Le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Christian Paradis, a définitivement rejeté, hier, les demandes du gouvernement Cha-rest pour préserver une partie du registre des armes d’épaule.M.Paradis a ainsi servi une fin de non-recevoir à une lettre adressée cette semaine à Ottawa par deux ministres québécois.«C’est non, a-t-il dit lors d’une entrevue à La Presse canadienne.On ne fera pas indirectement ce qu’on ne veut pas faire directement.C’est ça la réponse, donc ça se résume à un non.» Selon le ministre, le Québec n’a pas l’autorité pour utiliser les données du registre recueillies par Ottawa en vertu du Code criminel, qui relève du fédéral.M.Paradis admet que le gouvernement québécois a le droit de mettre sur pied son propre système d’enregistrement, mais il ne pourra l’établir sur la base des informations dont Ottawa dispose actuellement.«Qu’ils s’en créent un, registre, qu’ils s’en créent un.Mais ils n’auront pas les données du fédéral, ça c’est clair.On a dit qu’on l’abolissait, alors on l’abolit» Après avoir déposé mercredi dernier un projet de loi qui doit abolir le système d’enregistrement des armes d’épaule, les conservateurs ont résolu de l’adopter à toute vapeur, en recourant au bâillon.Le vote est prévu le f®"^ novembre.Dans une lettre envoyée à Ottawa mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, et son collègue des Affaires intergouvemementales, Yvon Vallières, demandaient aux conservateurs des modifications à la pièce législative.Condamné unanimement Québec réclamait aussi qu’Ot-tawa entreprenne rapidement des négociations pour le rapatriement des données des citoyens québécois.Tous les partis à l’Assemblée nationale ont unanimement réclamé, jeudi, le maintien du registre et la sauvegarde de ses données.Les libéraux et les péquistes ont fait valoir que les contribuables québécois étaient copropriétaires du registre, puisqu’ils ont cofinancé sa mise en place.Hier, M.Paradis a estimé que ce consensus des parlementaires ne fait pas le poids, notamment devant les préoccupations d’un regroupement de chasseurs québécois opposé au maintien de l’enregistrement des armes d’épaule.«Ce n’est pas parce qu’il y a une motion unanime à l’Assemblée nationale que ça reflète ce qu’on entend dans la population, ça je peux vous le garantir», a-t-il dit.Le gouvernement du Québec examine actuellement ses op- CHRIS WATTIE REUTERS Le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Chritian Paradis fions, notamment la possibilité de recours juridiques.L’abolition du registre des armes d’épaule s’ajoute à une liste d’initiatives des conservateurs qui ont soulevé des critiques au Québec.La nomination de deux unilingues anglophones, l’un comme juge la Cour suprême et l’autre au poste de vérificateur général, a suscité du mécontentement, tout comme un projet de loi omnibus sur la criminalité (C-fO).Fait rare, le ministre québécois de la Justice, Jean-Marc Fournier, ira d’ailleurs à Ottawa mardi exprimer les craintes de son gouvernement envers le projet de loi C-fO et son im- pact sur la réhabilitation des adolescents.Commentant cette succession d’événements mercredi, M.Vallières avait d’ailleurs reconnu qu’ils témoignaient du lait que les conservateurs ont oublié le Québec, ce qui a fait bondir M.Paradis, hier.Le ministre s’est empressé de rappeler que son gouvernement a récemment consenti une compensation de 2,2 milliards pour l’harmonisation de la taxe de vente, un dossier qui traînait depuis des années.Se disant déçu des propos de M.Vallières, M.Paradis a aussi fait valoir l’annonce de la reconstruction du pont Champlain, à Montréal.«S’il dit qu’on a oublié le Québec, je me dis qu’il a oublié de gros dossiers qu’on a réglés, a-t-il dit.Ce sont des dossiers majeurs dont on parle ici.Je trouve ça vraiment regrettable qu’un ministre intergouvememental, qui fait partie d’un gouvernement fédéraliste à Québec, dise des choses comme ça.Je ne pense pas que ce soit pour le bien de personne.» Alors que les conservateurs ont subi un recul au Québec aux dernières élections, M.Paradis s’est montré persuadé de pouvoir reconquérir les électeurs, malgré les critiques suscitées par certaines décisions récentes.La Presse canadienne DU 28 AU 30 OCTOBRE DE RABAIS À L’ACHAT DE [aplani jrtoigan msw BACARDI SUPERIOR DISARO.NNO VOISIEK ORIGINAL jSPlCEDRlJM RHUM Epice fundAdA bn cDba imiSéa La modération a bien meilleur goût.POUR DES CENTAINES D'IDÉES COCKTAILS, VISITEZ espacecocKWiL.com SAQ TitulsirSS d0 psrinis, agences de la SAQ, comptoirs Vin en vrac et SAQ Dépôt exclus.L'offre Obtenez 15 % de rabais à l'achat d'un minimum de 2 bouteilles de spiritueux au choix de 700 ml ou plus est en vigueur du 28 au 30 octobre 2011 seulement et s'applique uniquement aux spiritueux offerts en succursale et dans SAQ.COITl.Le 15% de rabais est calculé sur le prix courant.Les produits commandés par l’entremise du service des commandes privées sont exclus de cette promotion.Aucune substitution possible.Ne peut être convertie en crédit.L'offre est en vigueur jusqu'à la fermeture de la succursale ou l'épuisement des stocks, selon la première éventualité.Achats non cumulatifs.Aucune mise de côté n'est acceptée.18 ans ou plus.COMMONWEALTH Les chefs peinent à s’entendre sur les réformes BRUCE CHEADLE Perth — Les chefs de gouvernement du Commonwealth se sont entendus pour mieux contrôler les règles déjà existantes concernant les droits de la personne, hier.Ils ont toutefois démontré de la réticence à mettre en marche des réformes qui ont pourtant été décrites comme cruciales pour la survie de l’organisation.Les discussions se poursuivront aujourd’hui lors du sommet biennal regroupant les 54 membres de l’organisation.Toutefois, la création d’un poste de commissaire aux droits de la personne semble peu probable.«Je crois que l’on peut dire qu’il n’y a pas d’unanimité au sein des membres du Commonwealth au sujet de cette recommandation — et c’est probablement une litote», a dit le sénateur Hugh Segal, le représentant canadien dans un comité chargé de recommander les réformes.Le comité a soumis un rapport de 205 pages qui citait «un soutien immense» des organisations du Commonwealth pour les 14 principales recommandations — y compris la création d’un commissaire aux droits de la personne et l’abrogation des lois contre l’homosexualité, qui subsistent dans 41 des 54 Etats membres.Le rapport exprimait aussi des inquiétudes au sujet du mariage forcé des jeunes filles dans certains pays.Au terme de la première journée du sommet, un rapport complémentaire portant sur la gestion des plaintes existantes a été adopté, mais il ne semblait pas y avoir de progrès concernant les questions fondamentales.«Je crois que le processus se fera étape par étape, a laissé entendre le premier ministre Stephen Harper.Mais j’ai bon espoir que nous fassions des progrès.Je crois qu’il est nécessaire de moderniser le Commonwealth, de le rendre plus efficace dans certains domaines.» Le rapport d’un comité ministériel qui a été adopté établit des repères pour s’attaquer aux mauvais comportements.La première ministre australienne, Julia Gillard, a loué le rapport affirmant qu’il rendra le comité «plus proactif et moins réactif pour s’attaquer aux violations sévères et récurrentes des valeurs du Commonwealth».Il s’agit toutefois de bien timides mesures pour une organisation dont les membres représentent plus de deux milliards de citoyens d’Inde, d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes.Avant le sommet le président de la Royal Commonwealth Society, Peter Kellner, avait écrit que l’organisation se dirigeait «en somnambule vers la non-pertinence».La Presse canadienne La succession du trône modernisée Perth — n aura Mu 300 ans, mais la règle de primogénitu-re qui primait dans la monarchie britannique a été levée.Les représentants des 16 pays membres du Comrqonwealth qui ont pour chef d’Etat la reine Elizabeth II ont approuvé hier des changements aux règles de succession qui favorisaient les hommes par rapport aux femrnes depuis le XVn® siècle.«A l’avenir, l’ordre de succession devrait être déterminé uniquement par l’ordre de naissance», a déclaré le premier ministre britannique David Cameron.«Bus simplement, si le duc et la duchesse de Cambridge devaient mettre une petite fille au monde, cette fille serait un jour notre reine», a t-il expliqué.Les changements proposés mettront également fin à la pratique en vertu de laquelle les héritiers qui épousent des catholiques ne peuvent accéder au Trône.- La Presse canadienne Porter a cinq ans. A 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 ACTUALITES Chefferie du NPD Une première femme dans la course MARIE VASTEL Ottawa — C’était le secret le moins bien gardé de la scène fédérale, comme elle en a convenu elle-même: l’Ontarienne Peggy Nash s’est portée candidate à la chefferie du Nouveau Parti démocratique et est devenue hier la première femme à briguer la succession de Jack Layton.Celle qui était jusqu’ici porte-parole du parti en matière de finances a dit vouloir démontrer, au fil de sa course, que le NPD peut défendre une économie équitable pour tous.«Je me lance dans cette course parce que je veux que ce soit clair pour les Canadiens que nous pouvons gérer l’économie [.].Les sociaux-démocrates savent comment créer de la richesse, pas seulement des dollars», a-t-elle fait valoir.Réélue députée en mai dernier après avoir perdu son siège en 2008, Peggy Nash est bilingue et a d’ailleurs prononcé hier une bonne partie de son discours dans la langue de Molière, dans sa circonscription de Toronto.La candidate a àors rappelé les promesses de son parti pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa.Mme Nash a expliqué avoir décidé d’apprendre le français à l’école secondaire et que cette décision lui avait ouvert des portes dans sa vie professionnelle.Peggy Nash, âgée de 60 ans, a notamment fait carrière dans le domaine syndical, en devenant négociatrice pour les Travailleurs canadiens de l’automobile.Un épisode professionnel qui pourrait lui attirer des appuis au sein d’un parti proche des syndicats.Expertise économique Peggy Nash a surtout mis l’accent sur son ejqjertise en matière d’économie hier, en dénonçant ce qu’elle considère comme de «mauvaises politiques fiscales» des conservateurs, qu’elle affirme avoir étudiées de près compte tenu de son rôle de porte-parole aux finances.Ses priorités seront le développement économique, la réduction de la dette, la lutte contre les inégalités sociales et l'environnement.La députée a hésité plusieurs se- __________ maines à se lancer dans la course, car le NPD a décidé que les candidats à la chefferie devraient laisser tomber leurs postes de porte-parple.A ce sujet, le président du caucus, Peter Julian — qui a renoncé au début du mois à se lancer —, a nié que le parti se retrouve en position délicate en perdant ses ténors au profit de la course à la chefferie.«Ce sont des nouveaux, mais ils sont vite d’esprit», a-t-il déclaré en assurant que les recrues de la dernière élection travaillaient fort pour maîtriser leurs dossiers.Peggy , Outre Mme Nash, le Néo-Ecossais Robert Chisholm, qui n’est pas bilingue, devrait à son tour se lancer cette fin de semaine, dans sa circonscription de Dartmouth-Cole-Harbour, lui qui a annoncé sur sa page Facebook qu’il allait faire «une annonce très importante» dimanche matin.Les néodémocrates se choisiront un nouveau chef le 24 mars prochain, à Toronto.La course compte déjà plusieurs candidats: les Québécois Nash Thomas Mulcair et Romeo Saganash, l’exstratège Brian Topp et les députés Paul Dewar d’Ottawa et Nathan Cullen de la Colombie-Britannique.L’I^omme d’affaires de la Nouvelle-Ecosse Martin Singh briguera lui aussi la direction du parti.Le Devoir Colloque «Transmettre la culture» Les mathématiques doivent être plus présentes à l’école MELISSA GUILLEMETTE Les mathématiques doivent prendre une place plus importante dans les écoles québécoises, selon les professeurs en sciences de l’éducation Normand Baillargeon et Louise Lafortune, qui ont débattu hier de l’éducation au cours du colloque «Transmettre la culture» de l’Académie des lettres du Québec.Comment transmettre la culture aux plus jeunes?demandait l’Académie aux conférenciers.Normand Baillargeon, auteur de Liliane est au lycée et de Contre la réforme, a d’abord posé la question «qu’est-ce qu’une personne éduquée», lors de son intervention à la Bibliothèque nationale.11 estime que l’enseignement est de plus en plus «instrumentaliste» et échoue à former des personnes «cultivées».«On enseigne dès le primaire l’entrepreneuriat!» a-t-il déploré, à titre d’exemple.Parmi les solutions qu’il a évoquées pour pallier la «pauvreté intellectuelle des cours»-, revenir à un enseignement traditionnel, loin de la réforme de l’éducation, et accorder plus d’importance aux connaissances en donnant «une place spéciale aux mathéma- tiques».«On ne peut pas vivre sans connaissances mathématiques», a dit M.Baillargeon.Louise Lafortune, connue pour sa défense de la réforme depuis des années, a rebondi là-dessus, ajoutant que les programmes sco-Imres gagneraient à cesser de se concentrer sur l’arithmétique.«Si on faisait nos maths autrement, si on amenait les élèves à philosopher sur les maths, à se demander s’ils sont eux-mêmes des figures géométriques par exemple, ça les amène à développer un autre regard sur les mathématiques», a dit Louise Lafortune, mathématicienne de formation.Les sciences et la tech- nologie devraient aussi être plus présentes, juge-t-elle.L’Académie qui discute de culture générale et même de maths?Cela Mt partie de son mandat révisé ces dernières années, a expliqué la coordonnatrice du colloque et membre de l’Académie Lise Bissonnette.«Sur le fond, une académie n’est pas seulement là pour élire des écrivains.Je trouvais qu’on devait participer au débat public.On s’intéresse donc à toute la culture, mais plus particulièrement la défense de la langue, de la littérature.» Le Devoir Code d’éthique La Ville de Québec aurait fait preuve d’audace ISABELLE PORTER Québec — Le code d’éthique que s’apprête à rendre public la Ville de Québec serait un modèle du genre selon René Vil-lemure, de l’Institut québécois d’éthique appliquée.M.Villemure, qui a travaillé comme consultant à la Ville de Québec dans la préparation de ce code, estime que sa démarche pourrait servir de «modèle».«La Ville de Québec a pris un intérêt supérieur à ce que je vois d’habitude», a-t-il dit.Adoptée il y a un an, la loi 109 sur l’éthique et la déontologie en matière municipale oblige les villes à se doter de nouveaux codes d’éthique concernant notamment GoAiers/ Clairefontaine et ses» collections/ dceouaci cires/à/cacAete/j instruments/d^écriture/ 446, JJeuLX^jffoab'éal 0eléf>hone/: 6i4 846-tfiSO d’ouaerturo : dùàmc&acùaendred/d& ZDZ 00 A /TZ 00 ieéeéum^(ds/eùdima/uÀes/d /OÂ/ OOà/'fâ'ASO condoseuropa.com \ Bureau des ventes : Sur la colline Parlementaire 745 Honoré-Mercier Tous les jours | 12h-16h | Sauf vendredi Vendu par: LES IMMEUBLES CHARLEVOIX \Æ AGENCE IMMOBILIÈRE 418 692-2908 NORPLEX.CA Le site d’abord suis fier aussi du segment en Amazonie, où les enjeux environnementaux de la forêt à sauver se heurtent aux petits travailleurs forestiers qui ne sont pas les vrais coupables de la destruction amazonienne.» Le cinéaste québécois tient à souligner l’apport précieux de la recherchiste Nancy Marcotte.«De mon côté, fai appris dans tout ce processus filmique les mécanismes du monde financier et des dérives environnementales.Ce fut l’équivalent d’un doctorat sur ces questions.» Mathieu Roy prépare une oeuvre de fiction, coproduite avec la France, inspirée de ses rapports avec son père au cours de sa maladie, le défunt journaliste Michel Roy.Le comédien français Michel Bouquet a accepté d’incarner le rôle principal.Le Devoir Procès Shafîa Un père sans émotions ALLISON JONES Kingston — L’homme accusé d’avoir tué ses trois filles et l’une de ses deux épouses n’a pas démontré d’émotions lors de sa première rencontre avec les policiers, même s’il venait tout juste d’apprendre qu’elles avaient été retrouvées mortes dans une voiture submergée.Mohammad Shafia, 58 ans, est accusé — avec son épouse Too-ba Mohammad Yahya, 41 ans, et leur fils Hamed Mohammad Shafia — d’avoir tué ses trois filles et sa première épouse, retrouvées dans une voiture submergée dans une écluse de Kingston, en Ontario, en juin 2009.Ils ont tous trois plaidé non coupables à quatre chefs d’accusation de meurtre prémédité.La Couronne soupçonne que les trois filles ont été tuées pour rétablir l’honneur de la famille parce qu’elles avaient des petits amis, ce qui était considéré comme une «trahison» par les accusés.Hier, le jury a regardé une vidéo de l’entretien de Mohammad Shafia avec un policier après avoir signalé la disparition des membres de sa famille.M.Shafia ne démontre aucune émotion apparente pendant l’entretien, tenu quelques minutes après que la police l’eut informé de leur décès.«Je ne sais pas ce qui est arrivé, indique-t-il.Nous nous sommes réveillés le matin et nous n’avons pas vu la voiture, pas vu les enfants.Je ne sais pas ce qui est arrivé.» Plus tôt hier, la Cour a appris que lorsque les trois accusés ont rapporté les disparitions à la police, ils n’ont d’abord signalé que deux personnes manquant à l’appel.Une employée de la réception du commissariat de police leur a expliqué avoir été au courant qu’une voiture avait été découverte dans le canal et en avoir discuté avec les policiers.C’est à ce moment qu’Hamed aurait affirmé qu’en tait c’était trois soeurs et la cousine de son père qui étaient manquantes.La Presse canadienne http://condoseuropa.com/ LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 A 9 ACTUALITES Centre PERFORM de l’Université Concordia Une nouvelle approche en recherche sur la prévention en santé AMELIE DAOUST BOISVERT Des équipements d’imagerie médicale à faire rougir d’envie les hôpitaux.Une cuisine à faire saliver Ricardo jouxtée à un laboratoire d’enseignement digne d’une école d’hôtellerie.Une salle d’entraînement physique immense, éclairée naturellement, munie de vélos stationnaires desquels vous pouvez surfer sur le Web.Tout ça sous le même toit, accessible, à condition de vouloir prendre vos habitudes de vie en main et d’accepter de participer à des programmes de recherche axés sur la prévention en santé.LUniversité Concordia inaugurera le 4 novembre son tout nouveau centre PERFORM sur son campus de l’ouest de Montréal, que Le Devoir a visité vendredi.Sous-sol de la bâtisse flambant neuve que les ouvriers ont quittée le 30 septembre dernier.Les couloirs blancs sont vides.Dans les salles immaculées, on voit des équipements dernier cri d’imagerie par résonance magnétique, d’imagerie nucléaire, d’ultrasons.Ils sont destinés à la recherche.Exclusivement.Une première.«Ça n’existe nulle part ailleurs, explique le directeur général du centre PERFORM, Kevin Little.Bientôt, des scientibques pourront, par exemple, voir l’effet d’une diète particulière sur les graisses abdominales des volontaires ou d’un programme d’exercice sur la densité osseuse des femmes ménopausées.«Nous ne sommes pas là pour faire du diagnostic, mais de la recherche sur la prévention chez les gens en santé, dit M.Little.On pourrait faire de l’argent en offrant des examens, mais on ne le fera pas», lance-t-il à la blague.Au rez-de-chaussée, on se croirait dans un centre de conditionnement physique high tech.Baignés de lumière naturelle, les dizaines d’appareils de toutes sortes non seulement peuvent vous permettre de surfer sur le Web pendant votre entraînement, mais ils suivent pas à pas vos progrès.Marc, par exemple, vient de commencer à s’y entraîner.11 insère sa clé USB personnelle dans l’appareil chaque fois qu’il vient suer un peu au centre.Son entraîneur constate ses progrès et prépare un programme personnalisé en conséquence, qui sera prêt lors de sa prochaine visite.Des données qui serviront à évaluer de façon rigoureuse différents programmes d’entraînement.Au sous-sol, il pourrait consulter quelqu’un pour des maux de dos, par exemple.Le Devoir y a croisé Julie Morin, une étudiante en thérapie du sport.«Il y a une femme qui a mal dans le cou uni- quement lorsqu’elle prend l’autobus, raconte-t-elle.On a mis au point des acercices spécifiques pour elle.» Les chercheurs ont tous les équipements requis pour évaluer des taux de cholestérol et différents paramètres biologiques.Une cuisine et un laboratoire d’enseignement culinaire attendent qu’on y prépare de bons petits plats.équilibrés.«Tous les morceaux ensemble, dédiés à la prévention sous un même toit?Je pense que ça n’existe pas ailleurs, (ht Kevin litde.La majorité de ce qu’on dépense en santé, c’est pour des maladies évitables.» Mais où mettre les fonds destinés à la prévention pour que ce soit le plus efficace?«On va répondre à cette question.» «On pourrait enseigner la cuisine santé et voir, dans un projet de recherche, si c’est efficace.On pourrait amener Ricardo et di Sta-sio ici, pourquoi pas?», propose M.litüe.L’invitation est lancée.Marianne Lowe, qui supervise FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Une étudiante et sa superviseiue évaluent la condition cardio-pulmonaire de Marc siu" le tapis roulant, dans le tout nouveau laboratoire siu" les fonctions cardio-respiratoires du centre PERFORM.le programme d’exercice clinique, croit qu’il est urgent de s’attarder aux gens en bonne santé.«Il faut connecter la communauté et la recherche pour contrer les maladies chroniques.» L’Université espère obtenir la certification LEED pour les qua- lités environnementales du nouvel établissement, construit au coût de 35 millions dans les 18 derniers mois.Le fédéral a assumé 40 % de la facture contre 60 % pour Québec.Le Devoir l Abat-jour Illimités LAMPSHADES Obtenez 15% de rabais NOUS AVONS MIS L'ÉQUIVALENT DE 10 MILLIONS EN RÉDUCTIONS DE PRIX SUR NOS FORFAITS VACANCES.DEPARTS DE MONTREAL • 1 SEAAAINE • TOUT COMPRIS Coyo Santa Maria, Cuba Tropical Cayo Santa Maria Sutte Junior 19 d^.10455 Puerto Plata, Rép.dom.Rlu Bachata ^ Chambre 18 déc.10455 Holguin, Cuba ^ Ploya Costa Verde Chambre 20 déc.10955 Punta Canq, Rép.dom.Rlu Bambu ***** Chambre 18 déc.11355 Pour réserver vos vacances Slgn(3lure, contactez votre agence de voyages ou visitez SIgnature.ca ?épais de Montiéal.Offre d'une durée Imitée.La réduction de prix de 10 M$ est une offre nationale vcfide sur des nouvelles réservations en collaboration avec les partenaires 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d'un permis du Québec.29/10/2011.Présentez ce coupon au moment d'un achat ou d'une commande d'un abat-jour au prix régulier.Nul autre rabais ne pourra être consenti.(Valide du 29 octobre au 28 janvier 2012) • Plus de 5,000 abat-jour en magasin.• Le plus grand choix au Canada.• Service de recouvrement sur mesure.• Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.4875, Jean-Talon Ouest, Montréal (près de Décarie) (514)344-8555 | 1(866)747-8555 | www.abatjourillimites.ca Riviera Maya, Mexique Rlu Tequila ***** Chambre 18 déc.11955 Varadero, Cuba Rlu Varadero ***** Chambre IVdéc.13455 Varadero, Cuba ***** Iberoslar Laguna Azul Chambre 18 déc.12455 Punta Cana, Rép.dom.Riu Palace Bovaro *****?•«» SuHe junior vue Jardin 19 d^.14955 VP Los Cabos, Mexique Riu Santa Fe ****[*“ Chambre 19 déc.12555 RIvIera Nayartt, Mexique Rlu Jalisco ***** Chambre 24 déc.14955 Montego Boy, Jamaïque Rlu Montego Bay ***** Chambre 16 déc.12655 liberia, Costa Rica Rlu Guanacasie ***** Chambre 19 déc.15955 P fnsWirt cTéhidw ^ IntemefHonales de Montréal M UC^M 7 Les édHioiis de~ IliKtNut ^études Internatl^nareS de S COLLOQUE INTERNATIONAL COMMUNAUTÉS TRANSATLANTIQUES Les 3 et 4 novembre 2011 Université du Québec à Montréal Traduction simultanée anglais et français WWW.ATLANTIQUE.UQAM.CA Inscription obligatoire Conférence d'ouverture Le 2 novembre 2011 Hôtel Omni Mont-Royal 1^1 Qouvemement du Canada Canada Chaire Nycole Turmel et lea Innovatlom polmquce uqAm Chairs Raoul-Dandurand léiHanaatfjqiwtett^loiHaB Raoul Dandurand Chair CSN dai poNquw étangiw sldezéoiillâ (CEPES) UQAM F Laure Wariijel, véritable moijèle d'engagement social pour l'UQAR Laure Waridel défend, depuis une vingtaine d'années, des valeurs qui sont fondamentales pour l'Université du Québecà Rimouski : la protection de l'environnement, la justice sociale et l'ouverture à la diversité.Avec une rare persévérance, elle a éveillé bien des consciences quant aux impacts qu'ont nos choix individuels sur le monde dans lequel on vit.L'Université du Québec à Rimouski lui a remis un doctorat honorifique lors de la cérémonie de collation des grades du 22 octobre 2011 à Rimouski.www.uqar.ca/laurewaridel UQAR Université du Québec à Rimouski A 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 LES REFUGIES DU ENTREVUES Quel avenir pour les indignés montréalais ?BRIAN MYLES Les Espagnols furent les précurseurs du mouvement des indignés en Occident, en occupant la place Puer ta del Sol, à Madrid, dès le 15 mai.ils ont tenu un mois.Même si les campements ont été levés, l’indignation perdure, constate le sociologue Marcos Ancelovici, professeur en sociolo^e à l’Université McGill, qui a rendu visite aux indignés espagnols le printemps dernier.La grogne ne s’est jamais estompée dans ce pays, où le taux de chômage chez les moins de 25 ans est supérieur à 40 %.La place Puerta del Sol accueille encore régulièrement des manifestations.Les indignés espagnols sont fiers d’avoir contaminé le reste du monde avec leur ras-le-bol généralisé devant les excès de la haute hnance, l’iniquité dans la redistriljution de la richesse et le déhcit démocratique.À l’échelle domestique, ils produiront une bien faible secousse politique, constate M.Ancelovici.La droite caracole en tête des intentions de vote en prévision des législatives de novembre.Pour M.Ancelovici, c’est un, mystère.La Grande Dépression de 1929 aux Etats-Unis a ouvert la voie au «New Deal» de Roosevelt et au triomphe des politiques keynésiennes, tandis que la crise financière actuelle pousse les démocraties un peu plus à droite.On pourrait difficilement reprocher au Québec de ne pas avoir voté assez à gauche lors des dernières élections fédérales.Mais au provincial, la gauche reste encore la grande négligée des électeurs.Dans ce contexte, les indignés courent «un risque de marginalisation politique rapide», reconnaît Marcos Ancelovici.Les germes de la contestation Par contre, le mouvement sème les graines de la contestation sociale pour le futur.Au square Victoria, les vétérans de la lutte contre la mondialisation, dont les premiers faits d’armes remontent au milieu des années 90 avec l’opération Salami et le commando bouffe, ont la chance de fraterniser avec une nouvelle génération de jeunes inspirés par la dénonciation des excès du capitalisme.Et se mêlent à cette mouvance de simples citoyens qui se tiennent généralement à l’écart des mouvements sociaux.Erancis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l’UQAM, situe Occupons Montréal «dans le prolongement du mouvement altermon-dialiste des 15 dernières années».«C’est impressionnant, ils sont très bien organisés et ils peuvent durer un bon bout de temps», dit-il.Contrairement aux manifestations qui ponctuent les sommets des leaders mondiaux.Occupons Montréal leur offre un réel temps d’arrêt.Alors que les sommets se concluent au bout de quelques jours par des affrontements entre policiers et manifestants, avec un détour obligé en prison avant le retour à la maison.Occupons Montréal se déroule aussi lentement qu’un fleuve tranquille.C’est d’abord et avant tout une expérience de vie en communauté autogérée.«Ça sème beaucoup pour récolter dans six mois ou un an.Concrètement, on bâtit du capital social, des réseaux où il y a delà confiance et de la réciprocité», afhrme Marcos Ancelovici., La lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, le mouvement vert et les suffragettes ont aussi connu des origines modestes et laborieuses.«Au début, c’était long et confus.C’est seulement avec le recul qu’on voit où ils s’en allaient», conclut le sociologue.Dans un futur proche, l’esprit des indignés pourrait bien s’étendre à d’autres sphères de l’activité.Le Devoir m PEDRO RU Z LE DEVÜ R Inégalités de revenus Le grand écart «Au Québec et au Canada, on [.] navigue sur une idée qu’on n’est pas les États-Unis, qu’on est progressiste et que la richesse est bien répartie.C’est une image qui est fausse.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR FRANÇOIS DESJARDINS Le mouvement Occupy Wall Street a commencé par s’en prendre à la trop grande place de l’industrie financière dans le processus démocratique américain, mais il a permis de ramener les projecteurs sur une toile de fond qui ne change pas: les inégalités entre riches et pauvres, entre ceux qui achètent sans se soucier du compte de banque et ceux qui arrivent à peine à boucler les fins de mois.Que faudrait-il pour colmater ce canyon financier?Bonne question.Disons seulement ceci: le débat ne semble pas figurer dans les priorités des gouvernements.Le Conference Board a estimé cet été que si le «Canadien moyen se porte mieux qu’il y a une génération [.] l’inégalité des revenus s’est agrandie au cours des 20 dernières années».Entre autres, a-t-il écrit, le système fiscal canadien est aujourd’hui moins efficace dans la réduction des inégalités de revenus qu’il l’était avant 1994.«Parmi les explications figure la restructuration de plusieurs programmes qui aident à réduire les inégalités.Par exemple, il y a eu une érosion du programme d’assurance-emploi.» Pour commencer à mieux redistribuer la richesse, il faudrait absolument revoir l’impôt, dit Bernard Elie, économiste de gauche et professeur associé à l’Université du Québec à Montréal.«La fiscalité est centrale.Dans les années 50 et 60, elle a permis une redistribution de la richesse qui a mis en place la classe moyenne en Amérique du Nord.Et s’il y a une chose qui fait consensus, c’est que la diminution de la classe moyenne n’est pas bonne pour le développement économique.» «Depuis une trentaine d’années, avec la mise en place d’un modèle néolibéral, essentiellement orienté vers le désengagement de l’Etat et une réforme de la fiscalité^ on assiste à une diminution du rôle redistributif de l’Etat.Cest sans doute le facteur principal de l’augmentation des inégalités de revenus et de l’écaft entre les plus riches et les plus pauvres, poursuit M.Elie.On a assisté, en Europe et en Amérique du Nord, à un élargissement assez marqué de cet écart et les manifestations qu’on voit reflètent un peu ce ras4e-bol.» Portrait des écarts Après le recensement de 2006, Statistique Canada a estimé qu’entre 1980 et 2005, les travailleurs du quintile supérieur ont enregistré des gains médians de 16,4 %.Dans la tranche inférieure, ils ont reculé de 20,6 %.Dans le milieu du peloton?L’avancée a été presque nulle.Mais parions que les indignés ont dû s’indigner davantage, la semaine dernière, en lisant l’étude de Crédit Suisse selon laquelle les millionnaires de ce monde contrôlent maintenant 38,5 % de la richesse totale.L’an dernier, c’était 35,6 %.Pour mesurer les inégalités dans une société, les spécialistes se réfèrent souvent au coef ficient de Gini.Au Québec, dans la catégorie «revenu disponible», il est passé de 0,363 en 1996 à 0,380 en 2008.(Zéro étant une répartition parfaite, 1 étant une inégalité totale.) Au Canadq, il est passé de 0,378 à 0,396.M.Elie pense notamment à une hausse du Occupons Montréal Les protestataires sont victimes de leur succès BRIAN MYLES Laval, Montréal et le West Island.C’est ainsi que les indignés désignent à la blague les îlots nord, sud et ouest du square Victoria, où sont plantées près de 250 tentes multicolores.Par manque d’espace, ils caressent un projet d’étalement urbain vers l’esf à la place Jean-Paul-Riopelle.Des indignés ont offert mercredi soir im «tour du proprio» au chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.«Vous êtes la fierté de Montréal», a-t-il lancé aux locataires du square, dont il défend les revendications à l’hôtel de ville.«C’est une dénonciation globale des maux de notre société, a-t-il enchaîné.On est allé beaucoup trop loin du côté de l’individualisme, le moi hypertrophié.Est-ce qu’on pourrait revenir au nous?» Des indignés sont intervenus lors du conseil municipal, lundi soir, pour demander un branchement au réseau électrique et la possibilité d’installer des campements à la place Jean-Paul-Riopelle, qui s’étend au pied du siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Ils ont reçu un accueil aussi froid qu’une nuit d’octobre de la part du président du comité exécutif, Michael Applebaum.Pas question que les campements soient étendus à d’autres lieux publics.Le Service de sécurité incendies de Montréal (SIM) a exigé par ailleurs que les manifestants espacent leurs tentes pour minimiser les risques de propagation du feu.La directive, qui n’a pas encore été appliquée, aurait poru effet de rendre encore plus criants les besoins d’espace.Richard Bergeron accuse l’administration Tremblay de mettre des bâtons dans les roues d’Qccupa-tion Montréal.«On se sert des pompiers pour prétendre qu’il y a des problèmes de sécurité, déplore-t-il.On ne devrait pas vous faire des problèmes inutiles.Votre organisation est assez exemplaire.» Un village Au pied de la statue de la reine Victoria a poussé un village fréquenté assidûment par environ 400 personnes.Présentemenf elles disposent de quatre génératrices à essence d’une puissance totale de 16 000 watts poru subvenir à lerus besoins.Les indignés voudraient bien se débarrasser de ces petits monstres bruyants, énergivores et polluants.S’ils demandent à la Ville de leur fournir l’électricité, c’est aussi pour des questions de sécurité, car ils pourraient se passer des appareils alimentés au propane.Jusqu’à présenf l’énergie solaire n’a pas rempb ses promesses.Les panneaux installés récemment génèrent moins de 1000 watts au total.en JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Vous êtes la fierté de Montréal», a lancé cette semaine le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, aux iocataires du square Victoria.théorie.Dans les conditions météorologiques actuelles, ils produisent au mieux 200 watts.Comble du malheur, les grands édifices à bureaux qui ceinturent le square volent le soleil aux panneaux.Boom démographique, crise énergétique: toutes proportions gardées, le microcosme du square Victoria est confronté à des problèmes de croissance dont regorge l’histoire des cités et villes.Pas surprenant qu’un nouveau comité ait vu le jour.un comité d’urbanisation.Le Devoir A5SIN5 DU HAVRE Habiter Penthouses, maisons de ville ou condos sur Teau.LESBASSINS.CA « Le projet des Bassins du Havre incarne notre vision d'un Montréal d'avant-garde.» « Le projet des Bassins du Havre est exempiaire : novateur, écodurable, inclusif et respectueux du patrimoine.» « C est un projet magnifique.on peut parier d'un projet d'exception qui, je l'espère, fera école à Montréal.» 514 989 8889 Rachel Julien 180 RUE DU SEMINAIRE [CANAL DE LACHINE/RUE GUY] Gerald Tremblay maire de Montréal urbain Benoît Dorais maire de l'arrondissement du Sud-Ouest Richard Bergeron chef de Projet Montréal ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 A 11 SYSTEME EIMNCIER niveau d’imposition pour les riches, mais aussi à une refonte des échelles d’impôt pour la classe moyenne, de manière à ce que les mieux nantis de cette catégorie paient davantage que la «classe moyenne inférieure».Dans le même ordre d’idées, il faudrait selon lui viser toutes ces entreprises qui ont obtenu des gouvernements baisse d’impôt après baisse d’impôt, mais qui réussissent, en plus, à diminuer davantage le taux effectif qu’elles doivent payer.Les milliardaires Le fait saillant des derniers mois revient au milliardaire Warren Buffett.Le 14 août dernier, le célèbre investisseur américain — à la tête d’un empire dont les tentacules vont de l’assurance, à la fabrication, à l’industrie alimentaire — a écrit un texte dans lequel il demande à Washington de «cesser de dorloter les super riches».«J’ai payé l’an dernier un taux d’impôt de seulement 17,4 % [6,9 millions], ce qui est inférieur à ce qu’ont payé les 20 autres personnes dans mon bureau.Ils ont payé, en moyenne, 36 %, dans Si le Canadien moyen se porte mieux qu’il y a une génération, l’inégalité des revenus s’est agrandie au cours des 20 dernières années, souligne le Conference Board une fourchette allant de 33 % à 41 %.» Ce surprenant appel du grand patron de Berkshire Hathaway a eu des échos.Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, et le milliardaire Bil Gates, entre autres, se sont rangés derrière lui.D’autres ont fait de même, en France et en Allemagne, notamment.«Warren Buffett a raison», dit Denis Durand, gestionnaire de portefeuille à la hrme d’investissement Jarislowsky Fraser et vétéran de l’industrie financière.«Il faut revoir à peu près tout ce qu’il y a en termes de créneaux fiscaux, d’échappatoires qui permettent à des gens qui gagnent 5, 8, 10 millions par année de payer moins d’impôt que celui qui en gagne 200 000 $ ou 65 000 $.» M.Durand ne remet pas en question le rôle redistributif de l’État.Mais il croit que le gouvernement pourrait améliorer certains processus, notamment dans l’administration des soins de santé, ce qui permettrait selon lui une redistribution plus efficace.«Il y a un débat de fond à faire sur la nature des dépenses publiques à assumer et sur le rôle de l’Etat, et par rapport à ça, sur les inégalités», dit Christian Deblock, économiste de formation et professeur au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal.Il évoque certaines réalités indéniables: l’individualisation de la société, la «perte de sens commun» et du «bien collectif», etc.«Si, en tant qu’individu, si je peux payer le moins d’impôt possible, tant mieux, mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose collectivement, par contre.» Quelles avenues?Selon le sondage annuel mené auprès des membres de l’Association des économistes québécois, 64 % d’entre eux trouvent que les gouvernements fédéral et provincial n’en font pas assez pour réduire les inégalités de revenus.Invités à choisir les moyens les plus efficaces, 57 % d’entre eux ont évoqué «l’amélioration de l’accès et de la qualité de l’éducation, ainsi que la réduction du décrochage scolaire».Deux autres avenues: favoriser les politiques d’incitation et d’insertion en emploi (21 %) et hausser l’impôt des plus riches (15 %).M.Deblock, qui contribue aussi au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation, voit un «problème majeur depuis 30 ans».«En déréglementant, on a aussi ouvert la porte à de la concurrencefy-cale.Donc tous les pays rivalisent les uns avec les autres pour baisser les impôts des sociétés, baisser les impôts des plus aisés, etc.Même le EMI a déjà évoqué ça.» Én effet, dans un article publié en 2001, Vito Tanzi, ex-directeur du département des affaires fiscales, avait parlé de «termites fiscaux».«Au fil du temps, la mondialisation pourrait avoir un effet négatif sur la capacité qu’ont les pays de récolter des revenus par l’entremise de leurs systèmes de taxation, avait-il écrit.Il serait prudent de ne pas présumer que le problème va simplement disparaître.» Parmi huit termites qu’il décrivait figuraient l’argent électronique, les transferts monétaires intracompagnie, les paradis fiscaux et l’univers des produits dérivés et des hedge funds.Mais ce grand débat sur les façons de colmater les écarts ne se fait pas.Il faudra sans doute une crise majeure des finances publiques pour l’ouvrir.«Au Québec et au Canada, on n’est pas même pas rendu là.On se laisse glisser.On navigue sur une idée qu’on n’est pas les Etats-Unis, qu’on est progressiste et que la richesse est bien répartie.C’est une image qui est fausse.» Le Devoir (IQ m » PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le professeur en sciences politiques à l’UQAM Francis Dupuis-Déri situe Occupons Montréal «dans le prolongement du mouvement altermondialiste des 15 dernières années».Comment résumer 25 ans d innovation?Prenez simplement le vplant.Acura célèbre son 25ième anniversaire au Canada et un quart de siècle d'innovation.Joignez-vous à la fête avec une location et un service d'entretien sans frais d'une durée de 25 mois offert pouHun temps limité sur tous nos modèles Acura 2012'^.LES CÉLÉBRATIONS DU VINGT-CINQUIÈME »1 i r-tMym .(5) DEVANT.* Service d'entretien offert gratuitement sur tous nos modèles Acura 2012 vendus en achat ou en location entre le 1er septembre 2011 et le 29 février 2012.Ce programme gratuit couvre l'entretien régulier du véhicule (déterminé par le manufacturier) pour une durée de 25 mois ou 50 000 km, selon la première éventualité.Veuillez consulter votre concessionnaire Acura autorisé pour obtenir de plus amples renseignements sur la portée et les restrictions de ce programme d'entretien. A 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 ACTUALITES OCCUPONS SUITE DE LA PAGE 1 commun et hautement symbolique, les militants d’Occupons Montréal ont déjà accompli un exploit, estime Michel Parazelli, professeur à TÉcole de travail social de TUniversité du Québec à Montréal (UQAM).Au profit de la revitalisation des grands centres urbains, la rue, les parcs et les places publiques sont devenus des espaces de consommation, constate le chercheur.Quartier des spectacles.Quartier des affaires.Quartier latin: autant de dénominations nouvelles pour affirmer le caractère utilitaire de l’espace public.Pour Michel Parazelli, «la rue est incorporée au marché».«On consomme Vespace à des fins récréatives, culturelles ou d’affaires», dit-il.Occupons Montréal vient bulldozer ces places bien propres et bien aménagées.«Ce mouvement est le contre-exemple d’une occupation consumériste.On s’approprie l’espace public dans l’expression d’une relation conflictuelle.De tels événements sont rapetissés le plus possible de nos jours, parce qu’on tend à marchandiser et à privatiser l’espace.Et c’est maintenant comme ça dans toutes les villes: il faut utiliser l’espace public comme une vitrine commerciale», explique-t-il.Il faut remonter au squat du Centre Préfontaine pour trouver une occupation aussi réussie.En 2001, au cœur de la crise du logement à Montréal, de nombreux jeunes issus principalement des mouvements altermondialistes et des comités de logement avaient investi l’immeuble abandonné de la rue Rachel pendant deux mois.Marcos Ancelovici, professeur en sociologie à l’Université McGill, avait visité le squat.Son organisation, bien rodée, un modèle de communauté autogérée, a des similitudes avec Occupons Montréal.Mais à la différence des squatteurs du Centre Préfontaine, les militants d’Occupons Montréal vivent et s’organisent dans l’une des places d’affaires les plus achalandées de la ville, sous le regard quotidien de milliers de travailleurs et des passants.L’image est forte.Les tentes inspirent à Michel Parazelli une comparaison avec un camp de réfugiés.«Les tentes, c’est leur '"branding”.Ce sont les réfugiés du système financier, qui ne sont plus dans le jeu.Ils ont été mis dehors par les financiers et ils se regroupent autour d’une statue qui est leur totem.Ils se rendent visibles, mais pas de n’importe quelle manière», estime le chercheur.Dans la tradition du sit-in La dernière tentative d’occuper durablement le square Victoria remonte à 1984.Des militants du Regroupement autonome des jeunes (RAJ) avaient planté leurs tentes dans un square dénué d’arbres (c’était encore l’ère Drapeau).Celles-ci ont été emportées par le vent dès la première journée.Marc O.Rainville, un commentateur du site Internet du Devoir, était de cette bataille épique pour mettre un terme aux pratiques discriminatoires à l’aide sociale (les moins de 30 ans étaient injustement pénalisés).M.Rainville semblait à la fois nostalgique et exalté lors de la première semaine d’Occupons Montréal.A l’époque, le RAJ ne s’était pas contenté de manifester, rappelle-t-il; une trentaine de membres avaient investi le plancher de la Bourse avant d’être évincés manu militari.N’eût été ces coups d’éclat, répétés dans d’autres institutions, le lL\l n’aurait jamais réussi à faire changer la loi, estime M.Rainville.Pour l’heure.Occupons Montréal reste un vaste sit-in, un concept apparu dans les années 60 et employé avec succès par de nombreux groupes émergents, tel le mouvement vert.La prise de décisions délibérative et participative, la non-violence et le rejet d’une figure d’autorité messianique en constituent les ingrédients essentiels, explique le sociologue M^rcos Ancelovici.A son avis, les médias et le public ont tort de se questionner exclusivement sur l’absence de revendications claires de la part du mouvement et sur ses faibles chances de renverser l’ordre économique mondial.«Plein de gens apprennent à s’exprimer publiquement et à délibérer.On les forme à la participation citoyenne, explique-t-il.C’est un aspect qui est négligé.Ils acquièrent des comportements civiques.» A la «place du Peuple», les assemblées journalières débutent vers 18h pour se terminer à la tombée de la nuit.On y discute de logistique, de sécurité des lieux, de la place à accorder aux groupes externes dont les revendications ne cadrent pas avec l’esprit du mouvement, telle que la milice patriotique du Québec.On y décide aussi des campagnes d’appui et de stratégies de communication.«On peut dire qu’ils sont naïjs et idéalistes, peut-être.Mais ils savent très bien qu’ils ne vont pas changer le monde de façon radicale en occupant une place.Par contre, le moment de communion qu’ils partagent leur procure une grande satisfaction.Il y a une redécouverte du plaisir de vivre ensemble et une effervescence collective à faire partie de quelque chose qui nous transforme et qui est plus grand que nous», estime M.Ancelovici.Claude ne saurait si bien dire.Il rêve de passer l’hiver au square.Les autochtones et les premiers colons l’ont déjà fait, alors pourquoi pas nous?dit-il d’un ton plein de défi.Le Devoir DUCHESNEAU SUITE DE LA PAGE 1 On oublie l’administratif Et ce n’est pas un policier qui devrait être à la tête de l’UPAC, mais plutôt un juge à la retraite comme John Gomery.» Mme Laurence, de l’UPAC, a mentionné que Robert Lafrenière estime que M.Duchesneau a ainsi manqué de «loyauté».La décision tombe alors que Jacques Duchesneau avait lui-même décidé de se retirer.Sa lettre de démission était déjà prête au moment où son rapport a fait l’objet d’une fuite à Radio-Canada, avait-il mentionné au Devoir.Elle s’intitulait «Je ne démissionnerai pas», marquant ainsi l’importance pour lui de poursuivre la lutte amorcée.M.Duchesneau considérait qu’il était la voix des victimes du système de collusion et de corruption.M.Duchesneau avait été embauché en février 2010 comme patron de l’Unité anticollusion au ministère des Transports.Dans les mois précédents, Le Devoir avait démontré que le MTQ abandonnait une large part de ses responsabilités entre les mains des firmes de génie-conseil.Pendant 18 mois, lui et son équipe d’enquêteurs ont analysé le processus d’octroi de contrats du MTQ et recueilli le témoignage de 500 personnes.Son rapport a eu l’effet d’une bombe.Le 6 septembre dernier, l’unité de M.Duchesneau avait été englobée dans l’UPAC.Elle avait vu son mandat élargi, mais avait été placée sous les ordres du directeur des opérations de l’UPAC, Gilles Martin.Une dizaine de jours après ce rattachement à rUPAC, Radio-Canada mettait la main sur le rapport de M.Duchesneau.Cette fuite a forcé le gouvernement à réagir.Le premier ministre Jean Charest a d’abord tenté de banaliser ce rapport, avouant même ne pas l’avoir lu.Quelques jours plus tard, il se ravisait et parcourait le document.Jacques Duchesneau a comparu le 27 septembre en commission parlementaire où il avait repris son discours de l’automne 2009 sur la nécessité d’une enquête publique sur l’industrie de la construction en proposant toutefois une formule modifiée, comprenant une grande partie à huis clos.Quelques heures après son témoignage, M.Duchesneau donnait son point de vue sur la structure et la direction de l’UPAC, ce qui a vraisemblablement ulcéré le grand patron Lafrenière.Ce dernier a d’ailleurs tenu quelques jours plus tard une conférence de presse visant à tracer un bilan des six premiers mois de l’UPAC.Il a alors exprimé son mécontentement.Il avait aussi à ce moment-là annoncé qu’il souhaitait rencontrer M.Duchesneau dans le but d’avoir avec lui une discussion «franche».Par la suite, M.Duchesneau est parti en vacances qui étaient, selon lui, prévues depuis longtemps et liées au mariage de son fils à l’étranger.Mais depuis son retour au pays, les vacances de M.Duchesneau, qui devaient ne durer que deux semaines, s’allongeaient.Le contrat de l’ancien patron du Service de la MATHIEU BELANGER REUTERS Jacques Duchesneau a ténjoigné devant une commission parlementaire de TAssemblée nationale, le 27 septembre dernier.A cette occasion, il avait repris son discours de l’automne 2009 sur la nécessité d’une enquête publique sur l’industrie de la construction en proposant toutefois une formule modifiée, comprenant une grande partie à huis clos.police de la ville de Montréal (SPVM) prenait fin en mars prochain.A l’article 2 du contrat d’em-bauche de M.Duchesneau, signé le 19 mars 2010 et dont Le Devoir avait obtenu copie à l’époque, on pouvait lire: «Le présent contrat est consenti pour une période de vingt-quatre (24) mois, renouvelable pour une période de douze (12) mois à la demande du ministre, débutant à la signature du contrat par les deux parties.» Le salaire annuel de M.Duchesneau s’établissait à 203 942 $.Il avait aussi reçu un montant forfaitaire de 25 000 $ comprenant «tous les frais directs et indirects pour les travaux de préparation de l’unité».Dutil, muet mais responsable ?Le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil a indiqué hier qu’il ne fera aucun commentaire, invoquant l’indépendance de l’UPAC.Toutefois, dans le contrat de M.Duchesneau la clause prévoyant sa résiliation faisait du ministre des Transports le responsable de toute résiliation ou suspension.«Le ministre se réserve également le droit de résilier ce contrat sans qu’il soit nécessaire pour lui de motiver la résiliation», peut-on lire à l’article 12.2.Eait à noter, aucune indemnité n’était prévue: «Le contractant aura droit aux frais, déboursés et sommes représentant la valeur réelle des services rendus jusqu’à la date de la résiliation du contrat [.] sans autre compensation ni indemnité que ce soit, et ce, à la condition qu’il re- mette au ministre tous les travaux déjà effectués au moment de la résiliation.» A rUPAC hier, on refusait de donner quelque détail que ce soit sur les modalités de départ de M.Duchesneau.Anne-Erédérik Laurence s’est bornée à dire que cela avait «été fait selon les règles de l’art».Réactions des oppositions Ce congédiement a suscité des critiques.Le député péquiste Stéphane Bergeron, porte-parole en matière de sécurité publique, s’est dit surpris et choqué par cette décision.Il croit que M.Duchesneau vient d’être congédié «pour avoir trop parlé et indisposé le gouvernement libéral».M.Bergeron soutient que déjà, l’UPAC peine à recruter du personnel depuis sa mise sur pied en mai 2011.«Il est pour le moins étonnant qu’elle se paie le luxe de mettre à la porte le chef de l’Unité anticollusion [.].C’est un drôle de message, car rien n’est réglé, loin de là», a poursuivi le député de Verchères.Dans un communiqué, le député de Québec solidaire Amir Khadir a eu ces mots: «L’UPAC reproche à M.Duchesneau son manque de loyauté.Or, M.Duchesneau a fait preuve d’une grande loyauté envers le Québec.On souhaiterait en voir autant de la part de tous les détenteurs de charges publiques, notamment du premier ministre.» Le Devoir CHANSON SUITE DE LA PAGE 1 On aboutit en haut d’un étroit escalier.J’aperçois la bonne tête ronde de Jim à travers la petite vitre.Il est prêt, ses grandes pages écrites à la main devant^ lui.«l’m Jim Corcoran in Montréal and this is A propos.* the sounds of Québec on CBC Radio 1 and Radio 2.During the next 54 minutes of this edition of A propos.I’ll be telling you about a great music festival here in Montréal called le Coup de cœur francophone which, this year, will be celebrating its 2&^ anniversary.But first, mais d’abord.» Et voilà Jim décrivant au bénéfice du Canada coast to coast la scène country-roots alternative au Québec, en plein bouillonnement.«l’m talking about raw, honest, innovative roots.» Des exemples?Il en a trouvé plein dans la programmation de Coup de cœur: Tire le coyote, Chantal Archambault, Mara Tremblay, Isabeau et les Chercheurs d’or.Comme il fait toujours à son émission, il a traduit quelques-unes des chansons, qu’il récite en apposition à celles-ci, sur fond de picking ou de clavier discret.Il commence l’émission avec L’amour m’a rendue malheureuse, d’Isabeau et les Chercheurs d’or.Isabeau and The Gold-Diggers: «l’m not afraid of love / I’m just afraid of emptiness / When I think about that then I have to wait for you / That’s what I fear the most [.] Love has made me miserable?unhappy / L’amour m’a rendue malheureuse».Au dévoilement de programmation de Coup de cœur, j’ai dit à Jim à quel point j’étais fasciné par ses traductions.Dans l’émission qu’il consacrait en début de saison au premier album de Salomé Leclerc (laquelle sera aussi à Coup de cœur), j’avais eu l’impression de comprendre le propos de Salomé à travers les traductions de Jim.Curieux constat: elle m’avait parlé elle-même de ses textes la semaine d’avant, pour le papier du Devoir.D’où cette question: dis donc Jim, pourquoi le passage à l’anglais m’a-t-il facilité le chemin jusqu’à Salomé?«C’est une question de concentration, je pense.C’est comme écouter la chanson deux fois, mais pas avec la même oreille.Les traductions, c’est arrivé par la nécessité de comprendre, justement.Les premières années de l’émission, quand je disais: “I like this song, it’s a really great lyric!”, ça supposait un acte de foi de l’auditoire anglophone.À un moment donné, je me suis dit: je vais traduire les chansons pour qu’ils partagent vraiment mon enthousiasme.Qu’ils se rendent compte par eux-mêmes à quel point il y a des belles plumes au Québec.J’en suis à 600 textes, à peu près.» Ça ferait un beau livre, lui dis-je.Il sourit discrètement, à la Jim Corcoran.Une sacrée somme.«Et un sacré travail.» Merveilleux disques Ça témoigne certainement de la vitalité de la chanson d’auteur au Québec.«Ça n’arrête jamais, je suis constamment nourri.Présentement, ce qui me ravit, c’est la quantité de merveilleux disques faits par des filles.Salomé Leclerc, Emilie Proulx, Laurence Hélie, Chantal Archambault, Caracol, Geneviève Poupin, ce sont un peu toutes les enfants de Mara [Tremblay], qui les a libérées, qui a été le catalyseur.Elles renouvellent complètement le paysage, elles suivent chacune leur chemin.» Encore faut-il pouvoir cheminer et manger.Sans les radios commerciales, se plaint-on souvent, c’est la marge à perpette.A ces mots, le doux Jim s’emporte.«Que les compagnies de disques arrêtent de nous faire chier avec l’obligation de téter les radios! Ce n’est plus vrai! Il y a une génération qui a compris ça et qui trouve sa musique autrement.On est revenu au grand bouche-à-oreille, avec les réseaux sociaux, l’Internet.Ceux qui aiment Gillian Welch ont su qu’elle s’en venait en ville et la nouvelle s’est propagée, ce n’est pas les radios commerciales qui l’ont fait savoir.» Sachez-le! Corcoran a un mot en sainte horreur: relève.«Jérôme Minière n’a pas relevé personne.Martin Léon, Ered Eortin non plus.C’est vrai des artistes que j’ai le plus aimés au Québec depuis que je fais cette émission, je pense à ceux qui sont partis, Dédé Eortin, Lhasa.Relever, ça laisse entendre qu’un artiste n’apporte rien de neuf Dédé, quand il a invité les frères Diouf à se joindre à lui, ça a changé le portrait.Quand Louis-Jean Cormier s’allume au point où il a trouvé le temps dans l’horaire très chargé de Karkwa pour faire la réalisation des Douze hommes rapaillés, c’était du neuf Miron en country-folk, c’est le génie des mélodies simples et belles de Gilles Bélanger, c’est aussi les arrangements de Louis-Jean.Ça n’arrête pas de créer du beau, du bon.» Il faut voir le feu dans ses yeux quand il dit ça, les veines saillantes dans son grand front.«Relève, c’est un mot paresseux.C’est le contraire de la création.» Rencontres et collisions A Coup de cœur, cette année encore, Corcoran organise un A Propos’ Songwriters’ Session, lundi 7 novembre à L’Astral, qui sera diffusé aux deux radios de la CBC.Concept limpide: jamboree entre artistes pas pareils, rencontres et collisions, advienne que pourra.En présence, comme dit Jim, «une brochette assez sautée»: Martin Léon, Betty Bonifassi, Patrice Michaud, Audrey Emery, Azam Ali, Ziya et Kiya Tabassian.Pour moitié, des inconnus au bataillon.«C’est parfait.Je demande au public de me faire confiance.Ce que je dis, c’est: “Any names that are not familiar, that’s exactly why you should be there.”» Ça rejoint l’approche de base du Coup de cœur francophone.La programmation, en gros, c’est quelques locomotives?Richard Desjardins, Richard Séguin, Arno, Piché, Vallières?, et tout un tas de voitures remplies de méconnus ou de pas connus du tout.Et c’est comme ça depuis 25 ans.«Une fois, je suis allé voir un des programmes doubles qui sont la spécialité du Coup de cœur.Deux inconnus.n y avait une Québécoise qui n’avait pas fait son premier disque, et un Erançais en première partie, qui avait un disque dont presque personne n’avait parlé.Lui, c’était Matthieu Chédid, elle c’était Jorane.J’étais allé les voir parce que je savais qu’à Coup de cœur, ils font de l’excavation pour trouver ce qui, pour Alain Chartrand et son équipe, mérite d’être connu et célébré.La survie de la chanson québécoise repose là-dessus: la légitime célébration de nos artistes.» ¦ À propos, sur les ondes de CBC Radio 1 le samedi à 23h, CBC Radio 2 le dimanche à 16h.¦ Coup de cœur francophone, du 3 au 13 no-vernbre.Programmation détaillée à coupdecoeur.ca.¦ A propos’ Songwriters’ Session, à L’Astral le 7 novembre à 20h, les places se réservent au cbc.ca/apropos.Le Devoir V ledevoir.com A écouter: une traduction par Jim Corcoran de Lamour m'a rendue malheureuse Notre section Culture/Musique LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514-985-3346 514-985-3390 Le Devoir peut, a l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9' l’imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage, Montreal, (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc, 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007
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