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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-12-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 DECEMBRE 2011 THEATRE La Pire Espèce rend hommage au pionnier Felix Mirbt, Aux Écuries Page E 3 MEDIAS Le scandale qui frappe l’empire ' ' est-il possible ici?Page E 5 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Hélène la rebelfe MAT HENNEK Premier récital de prestige à la Maison symphonique de Montréal, ce soir à 20h, avec la venue de la pianiste Hélène Grimaud.Evgue-ny Kissin et Lang Lang suivront plus tard dans cette série programmée par l’OSM.CHRISTOPHE HUSS C’est en 1995 et 1996 qu’elle grave ses deux plus beaux CD: le 1" Concerto pour piano de Brahms avec Kurt Sanderling et les Pièces pour piano opus 116 à 119 du même compositeur ^ année 2011 a été mouvementée dans la carrière d’Hélène Grimaud et je prends le pari qu’elle apparaîtra dans f quelques années comme un cataly-’ seur d’une trajectoire nouvelle.Nous sommes le 12 août à Lucerne, festival chic et choc de la riche Helvétie, où Claudio Ab-bado, ex-directeur musical du Philharmonique de Berlin — musicalement sanctifié depuis sa victoire, il y a dix ans, sur la maladie —, règne en maître.Le concert d’ouverture du festival affiche le i*" Concerto pour piano de Brahms avec en soliste Hélène Grimaud.Mais celle-ci ne sera pas de la fête, remplacée au pied levé par Radu Lupu.Forte tête «Divergences artistiques», lit-on.Abbado a-t-il viré Grimaud?La cohorte des plumitifs qui détestent cette pianiste trop fougueuse, trop artiste et trop belle pour eux, en rêvent en secret.Leurs désirs ne seront pas exaucés.Le différend ne portait pas sur le i" Concerto de Brahms, mais remontait à l’emegistrement récent des Concertos 19 et 23 de Mozart, comme l’a révélé la soliste il y a un mois au New Yorker.La pianiste avait choisi pour le premier mouvement du 23‘ Concerto une cadence (passage où le soliste joue seul en brodant sur des idées thématiques de l’œuvre) de Feruccio Busoni.Abba- do lui a demandé d’opter pour une cadence de Mozart.Grimaud a refusé.Bravo, mille bravos.La cadence est une prérogative du soliste et nul chef d’orchestre n’a le droit de s’y immiscer, fût-il septuagénaire et tout-puissant.Grimaud s’est payé le luxe d’envoyer paître Monsieur Abbado.Elle était dans son droit et elle a bien fait.Qu’Abbado l’ait ensuite «désinvitée» de ses concerts à Lucerne et à Londres n’a aucune importance.Plus maintenant.D’autant que ce n’est pas Abbado que Deutsche Grammophon a convié à enregistrer ces concertos avec un autre soliste, mais Hélène Grimaud, que les équipes techniques ont suivie pour aller emegistrer un concert à Munich sans chef.Apparaître à la tête d’un orchestre est une première pour la pianiste.Le disque vient de paraître.Ses atouts: le partage musical, très chambriste.Ah oui, et la cadence de Busoni?Formidable! Romantisme allemand Hélène Grimaud, la rebelle, est une incarnation romantique allemande, née française.Et ce n’est pas un hasard que son plus grand partenariat musical récent soit celui avec le chef Vladimir Jurowski, un Russe de culture germanique.C’est avec lui qu’elle abordera enfin le 2‘ Concerto de Brahms, une œuvre qui mérite un sérieux décapage interprétatif.Le tentera-t-elle?Pourra-t-elle se défaire de ces élans de rêveries solitaires qui marquent certaines inteiprétations, en dépit de toute logique musicologique?Je n’en sais rien.Chassez le naturel, il revient au galop.D’ailleurs, un tel moment onirique éperdu apparaît aussi dans le 23’ Concerto de Mozart, au mouvement central ralenti à l’extrême.Il n’y a plus de chant ici.Juste la fatale douleur de ce compositeur qui souffre en fa dièse mineur, tonalité morbide qu’il n’utilisa que deux fois dans sa vie.Grimaud enfonce le clou de ce mal-être, comme elle plombe la dure destinée d’Orphée dans le 2® mouvement du 4’ Concerto de Beethoven.Hélène Grimaud, femme fatale; il faut l’accepter ainsi.Son pire flop discographique, à mes yeux, est l’enregistrement du 3’ Concerto de Bartok avec Boulez, lui aussi passé à la moulinet-te du romantisme allemand comme un concerto las, de fin du monde.C’est certes la nature de cette œuvre, mais Bartok prend soin de bien le cacher et il faut respecter son choix.Cet emegistrement date d’octobre 2004, une période que je ne compte pas parmi les plus musicalement heureuses de la pianiste.Deux mois plus tard, en décembre à Berlin, juste après avoir annulé un concert à Montréal, elle enregistre une 2 Sonate de Chopin quasi erratique.Dans le livret, une photo la représente eq équilibre très instable sur un tronc d’arbye.À côté, le titre «Mort, où est ta victoire?».À cette époque, j’ai douté d’elle.Autant que douze ans auparavant.Et puis, Hélène Grimaud est revenue.Le disque du renouveau, le concerto V«Empereur» de Beethoven, avec Jurowski chez DG, date de décembre 2006.La couleur des cheveux a changé; le chum aussi! P^cours Agée de 42 ans, Hélène Grimaud a déjà 27 ans de carrière derrière elle.Les disques sur étiquette japonaise Denon la font connaître entre 1985 et 1992.Puis elle passe chez Erato.Au moment de cette transition, la pianiste est dans un creux artistique.Crispée, elle «tape» sur son clavier.VOIR PAGE E 2: GRIMAUD 8889 E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 CULTURE La pianiste Hélène Grimaud GRIMAUD SUITE DE LA PAGE E 1 Mais, se retrouvant, en 1995 et 1996, elle grave ses deux plus beaux CD: le 1" Concerto pour piano de Brahms avec Kurt Sanderling et les Pièces pour piano opus 116 à 119 du même compositeur.Après la déconfiture de Warner, propriétaire d’Erato, en 2000, Hélène Grimaud devient artiste Deutsche Grammophon.Elle est alors connue dans le monde, mais elle est surtout un phénomène en Erance.Lorsqu’elle se produit à Paris, les riches et puissants se poussent du col et viennent se trémousser à la porte de sa loge comme des adolescents boutonneux en pâmoison.En une décennie, Grimaud a mondialisé le phénomène, cette attente que suscitent ses apparitions.Au sein du catalogue DG, les Chinois s’en sont allés; Hélène est restée et se bonifie.Tranquillement, à son r5dhme.Elle est en passe de rejoindre Anne-Sophie Mutter dans le palmarès des artistes les plus I r.^ MATT HENNEK/DG recherchés et les mieux payés.Sur le plan musical, sourira-t-elle un jour?Chantera-t-elle le chant de désespoir de Mozart, dans son Adagio de 23" Concerto, avec cet art suprêmement mozar-tien d’arborer un sourire de façade pour cacher les larmes que la pianiste fait couler à pleines eaux?Je ne le sais pas.Trop torturée peut-être?Mais son coup de force audacieux et réussi, face à un deus ex machina de la musique, tel qu’Abbado — après avoir, elle aussi, surmonté l’épreuve de la maladie en 2010 —, lui permettra d’engranger un surcroît de respect et de confiance.Le Devoir HELENE GRIMAUD En concert, ce soir à 20h à la Maison symphonique de Montréal Mozart, Berg, liszt, Bartok 514842-2112.Yient de paraître: Concertos ft 19 et 23 de Mozart Air de concert K 505 (soliste Mojca Erdmann).Orchestre de chambre de la Radio bavaroise.DG 477 9849.Une adaptation du mythe d’OEdipe et jâ'Ântigone, un bilan de nos croyances à l’aube du 2 le siècle ! * Té Jü « DU AU 17 DECEMBRE 2011 & VENDREDI 2 DÉCEMBRE À 18H30 Suivi d'une table ronde avec Maxime-Olivier Mortier, Régine Robin et Jonathan Morier.JEUDI 8 DÉCEMBRE À 19H Suivi d'une discussion avec l'équipe artistique.PRÉVENTE POUR LES 2-3-6-7 DÉCEMBRE ESPACE LIBRE, 1945 rueiFullum (métro Frontenac) Billetterie : 514 521 419l! / www.espacelibre.cfc.ca , CARIE PREMIÈRES LE DEVOIR ^ilCIRAAM WWW.ciraam.org UNE PREMIERE MONDIALE de CLARE DUFFY (Écosse) et PIERRE YVES LEMIEUX (Québec) Mise en scène de SERGE DENONCOURT UNE COPRODUCTION BILINGUE D'IMAGO THÉÂTRE ET LA COMPAGNIE ÉCOSSAISE STELLAR QUINES DU 22 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE 2011 ESPACE 514.845.4890 ¦ 4890 boul.St-Laurent, Montréal GO www.espacego.com • www.imagotheatre.ca/ana INTERPRETES: Catherine BÉGIN, Alain GOULEM, Dominique LEDUC, Magalie LÉPINE-BLONDEAU (Québec) Selina BOYACK, Usa GARDNER, Frances THOR6URN (Écosse) CONCEPTION: Louise CAMPEAU, GEODEZIK, Martin LABRECQUE (Québec) Megan BAKER, Philip PINSKY (Écosse) ^ Desjardins Cuisse desVerunls du mont Royal 1.iL(MllN»tÛMtAflDl» De plumes et de masques Odile Tremblay ien de tel que de s’offrir une petite soirée au Club Soda, après avoir mangé un hot dog au Montreal Pool Room juste à côté.Surtout pour un spectacle-bénéfice au profit du Studio Wa-pikoni, qui n’attire ni _ ._ m’as-tu-vu ni figures de l’establishment pleines aux as.Un regard sur la faune rassurait d’entrée de jeu sur ce point capital: nul ministre ou faiseux à l’horizon.Seulement des autochtones, des jeunes, des militants, des babas cool, échappant au rayon du cynisme ambiant.Sous le coup de fraîcheur des univers parallèles, on se prend à penser: «Pas si mal, le Québec, en fin de compte.Regarde! Ils sont là!» On se console comme on peut.L’événement se déroulait mardi soir dernier.Manon Barbeau, tête fondatrice et dirigeante du Wapikoni Mobile, veillait aux détails de l’opération en petite reine abeille, comme d’habitude.Le rappeur Samian, Algonquin de Piko-gan, porte-parole de Wapikoni, dont le studio lança la carrière, avait rameuté d’autres bons musiciens pour offrir un show solide.Les Québécois aiment Wapikoni.Ce studio roulant à travers les réserves autochtones pour aider les jeunes à faire leurs films, leurs vidéoclips, en aura reçu, des témoignages de soutien, à l’heure des coups durs.En juillet dernier, le ministère fédéral des Ressources humaines lui retirait ses subventions de 490 000 $.Et les exhortations à revenir sur cette décision sont demeurées depuis lors lettre morte.Alors, Manon essaie de col- Ri mater un peu le trou.D’où l’événement de mardi.«Des recettes de 30 000 $ dépasseraient nos espérances», me disait-elle.On lui souhaitait de recueillir davantage.D’autres initiatives suivront.En tout cas, les 850 billets avaient trouvé Z ^ preneur pour ce spectacle, où se produisaient, entre autres, aux côtés de Samian, Richard Séguin, Loco Locass, Elisapie Isaac, Anodajay, le groupe Kahstin recomposé.Dans l’assistance, il y avait Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, aussi Armand Vaillancourt, reconnaissable de loin à sa crinière blanche, fier militant de la première heure, toujours au poste pour chaque combat.Une de ses sérigraphies Les perséides faisait partie des œuvres vendues à l’encan silencieux, exposées au balcon.Comme une belle toile du père de Manon, Marcel Barbeau, livrée au plus offrant; et d’autres aussi, plusieurs signées par des artistes autochtones.Sinon, les gens pouvaient miser sur un tas de lots plus ou moins incongrus: une fin de semaine dans la maison de campagne de Manon au cœur des Cantons-de-l’Est, avec ou sans elle pour cuisiner le petit-déjeuner.Il y avait moyen de «bider» sur un Kanuk étiquetté à son nom, une séance g l’Ovarium, une journée avec Emile Prouk-Cloutier sur le plateau de Toute la vérité, son propre nom gravé sur le mur extérieur du théâtre de Quat’Sous, etc.Ça se jouait à l’échelle humaine, de bric, de broc et de poésie.D’où le charme de l’affaire.C’est fou, la présence qu’il a sur scène, ce Samian, qui met l’assistance dans sa poche.Sur- tout entouré de ses danseurs algonquins emplumés et maquillés comme des chamans en cérémonial d’initiés.«Je représente mon peuple à travers l’art / et je peux vous assurer que mon peuple en a marre», scandait le rappeur.On aime bien entendre des voix d’artiste s’élever contre nos gouvernements.Et les autochtones ont de quoi chialer.Les Québécois aussi, toutes origines confondues, à qui ces soirées servent également de dé-fouloir.Et pourquoi se priver?Avant le show, une dame, est venue me parler de l’Etat conservateur, qui lui fait honte ici et à l’étranger.«C’est la négation de toutes nos valeurs québécoises», disait-elle.Tu parles! Ensemble, on a visualisé le Canada de Harper dériver du Québec comme un continent.Il s’éloignait avec ses drapeaux, ses armes et mille portraits de la reine, avec le protocole de Kyoto enfoncé dans ses sables bitumineux et ses prisons pour jeunes criminels, sans espoir de réadaptation.Et nous, on restait dans notre Québec à se chicaner, mais ça c’est une autre histoire.En tout cas, le Canada dérivait sans la culture et ses artistes, bien évidemment, cette culture coupaillée qui nous valait un coude-à-coude musical sur la Main au Club Soda, pour aider Wapikoni à endiguer sa grosse saignée fédérale.Car les artistes ont des armes pour s’exprimer, faut pas les croire muets.Et, même muselés, leurs corps parlent.Tenez, la semaine dernière, à la Place des Arts, je suis allé voir le spectacle de Marie Choui-nard Le nombre d’or.C’était son univers, avec enlacements de ses faunes danseurs, ici tout roses et dorés.Quelque chose de doux plutôt que provocateur.sans révolution de son art.Mais j’aimais cette passerelle érigée entre les artistes et les spectateurs, qui semblait relier les elfes et les humains.Le spectacle s’arrimait surtout à de bonnes idées, cocasses, comme ces masques de Stephen Harper que 14 danseurs arboraient en ondoyant de manière sensuelle, visages de carton répercutés sur des miroirs.Absurde effet de contraste! Incongruité totale! Pensez donc! Pareil gouffre entre Harper et l’art soudain matérialisé et mobile, sous les rires du parterre.Marie Chouinard, en plantant sur des corps athlétiques ces têtes multipliées d’un premier ministre allergique à la culture, servait sa petite contestation muette et féroce, bondissante, tressautante.L’art protestait avec son langage.Comme on l’aime.L’ennui, c’est que Stephen Harper ne le verra jamais, ce show-là.Ni aucun autre, non plus.otrem blay@ledevoir.corn SOURCE WAPIKONI Tournage à Pikogan UKAYJON Québecî Félidtations aux LAURÉATS 2011, ARTISTES ET ARTISANS DE LA CULTURE DE LA GRANDE RÉGION DE QUÉBEC • CAROLINE GAGNÉ, Prix Videre Événement • CYNTHIA DINAN-MITCHELL, Prix Videre Relève • LUCIENNE CORNET, Prix Videre Reconnaissance • LES FOYERS DON-BAR INC., Prix Arts et Affaires PME • ALEX COULOMBE LTÉE, Prix Arts et Affaires Grande entreprise • MICHEL DUCHARME, Prix de la Fondation de l'OSQ • LA BRIGADE LYRIQUE, Prix de la Fondation de l'Opéra de Québec • AURÉLIEN BOIVIN, Prix de L'Institut Canadien de Québec • LE PROGRAMME MUSIQUE-ÉTUDES, ÉCOLE SECONDAIRE DE LA SEIGNEURIE, Prix Société du Palais Montcalm PRI EXCELLENCE ARTS et CULTURE Les prix de la 25^ édition ont été rGinis au Grand Théâtre de Québec le 28 novembre dernier.L'événement des Prix d'excellence est produit et réalisé par le CHANTAL DUPUIS, Prix Nicky-Roy (jeune talent prometteur) L'ORCHESTRE D'HOMMES-ORCHESTRES, Prix Bemard-Bonnier (environnement sonore) SÉBASTIEN DIONNE, Prix du Fonds du Théâtre du Vieux-Québec (conception de costumes) PHILIPPE LESSARD DROLET, Prix Jacques-Pelletier (éclairages, maquillages, conception vidéo et marionnettes) ÉLYANE MARTEL, Prix Paul-Bussières (environnement théâtral) JONATHAN GAGNON, Prix Janine-Angers (rôle de soutien) MARTIN GENEST, Prix de la meilleure mise en scène CHRISTIAN ESSIAMBRE, Prix Paul-Hébert (premier rôle) LES PRODUCTIONS D'OZ, Prix SQDEC de l'entreprise culturelle ALAIN BEAULIEU, Prix à la création artistique du CALQ pour la région de la Capitale-Nationale MICHEL ANGERS, Prix à la création artistique du CALQ pour la région de la Chaudière-Appalaches FESTIVAL DE LA BANDE DESSINÉE FRANCOPHONE DE QUÉBEC, Prix Ville de Québec YVES NEVEU, Prix du développement culturel FRANCINE BOULAY et GILL CHAMPAGNE, Prix du rayonnement international C Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (Québec S S Avec la participation de ; • Bureau de la Capitale-Nationale «Ministère de ia Cuiture, des Communications et de la Condition féminine Ville de Entente de développement culturel Québec Ville de (Québec Québec n a www.prix-excellence.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 DECEMBRE 2011 E 3 CULTURE THEATRE Voyage an bout de la mémoire Un site Internet, une expo et un spectacle, Die Reise.autour de Felix Mirbt, Aux Écuries Le nom de Felix Mirbt ne vous dit probablement pas grand-chose.Cet homme de théâtre d’oriÿ-ne allemande est arrivé ici en 1953 à l’âge de 21 ans, invité par la marionnettiste Micheline Legendre: il est décédé en 2002 en laissant derrière lui une série de spectacles phares, des projets inachevés et une armée de marionnettes de tous les styles.L’équipe de La Pire Espèce veut souligner ici l’influence considérable de Mirbt siu- le développement de la marionnette et du théâtre d’objets.Parcoius croisés.MICHEL BÉLAIR NOUS sommes presque une centaine sur le plateau de la grande salle des Écuries.Quelques humains qui discutent, des instruments de musique aussi, mais surtout des dizaines et des dizaines de marionnettes, des têtes immenses, ou au contraire toutes petites, des bouts de bois avec ou sans chaussures, d’immenses yeux globuleux, des voiles diaphanes et des bouts de tissu laissant deviner tous les corps qui peuvent parfois les habiter.Sans parler encore vraiment d’une absence bien présente: celle de Felix Mirbt.Toujours là derrière la moindre phrase, le moindre mot.Docufiction Au fond de la scène, autour d’une grande table en bois où trône un casque de guerrier grec, les trois principaux artisans du spectacle, Marcelle Hudon, Francis Monty et Olivier Ducas, parlent avec chaleur de «Félix».Monty raconte d’abord que, dès sa sortie de l’École, il s’est retrouvé grâce à lui à manipuler des marionnettes devant 2000 personnes au Centre national des arts.C’est un peu la même chose qui est arrivée à Olivier Ducas, engagé lui aussi par Mirbt pour l’un de ces spectacles que l’on a bnalement trop rarement vus à Montréal.Marcelle Hudon, elle, a travaillé régulièrement avec Felix Mirbt durant une bonne dizaine d’années, sur plusieurs spectacles, et surtout de l’autre côté de la rivière des Outaouais.C’est elle qui orchestre dans l’espace de la scène cette espèce de parcours autour de ce pionnier mal connu.Ils ont déjà donné une première version du spectacle lors des Trois jours de Casteliers et travaillé en résidence au Théâtre français de Toronto pour peaubner la version débnitive de ce Die Reise (Le voyage) présenté Aux Écuries à compter de mardi.Nous y voici.De quoi et de qui parle-t-on au juste?«D’une sorte de docufiction, répond Francis Monty.Felix a été quelqu’un d’important pour chacun de nous et nous voulons lui rendre hommage en soulignant toute l’ampleur du personnage.» L’équipe a fait appel aux marionnettes de maître Mirbt, bien sûr, à son Journal aussi — qu’il avait lui-même baptisé Die Reise —, mais on a aussi déniché une foule de documents visuels et audio dont on se servira durant le spectacle.On en retrouvera encore plus sur le site Internet que la compagnie a construit autour de l’événement et surtout de la vie et de l’œuvre de Felix Mirbt {www.pire-espece.com/felixmirht.htmï).Une petite mine d’or sur le personnage.«ù spectacle, poursuit Marcelle Hudon, adopte un peu le langage du genre de documentaire que l’on peut voir au FIFA; un regard sur différents aspects de la vie et de l’œuvre de l’artiste, mais avec une signature.C’est ce qu’on a fait aussi.» Olivier Ducas renchérit en précisant que Die Reise s’est également construit à partir des conférences et des écrits théoriques de Felix et des entrevues réalisées par Marcelle Hudon avec des gens qui ont aussi connu Mirbt et travaillé avec lui.ce qui élargit encore plus le concept du voyage.Monty, lui, parle de sa pratique iconoclaste, de sa façon d’aborder le travail et la vie en général, du caractère frondeur du maître et du plaîsîr qu’îl prenaît à tout remettre en question en s’acharnant à ne jamaîs être exactement là où on l’attendait.Vélo L’équîpe a donc choisi la piste du mélange en suivant celle de Mirbt.Fait appel à ses archives, à ses textes, à ses confidences; sur le site Internet très fouillé, on trouvera une impressionnante série de documents tirés de la préparation des spectacles qu’il a montés partout au Canada, en Europe, et plus rarement ici.Mais on s’est encore plus attaché à ces corps abstraits, déconstruits, hors conventions, avec PHOTOS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les trois principaux artisans du spectacle Die Reise: Marcelle Hudon, Francis Monty et Olivier Ducas.lesquels Mirbt aimait travailler.C’est là, dans l’exploration quotidienne comme dans la construction de ses marionnettes, témoins souvent détournés de leur fonction d’origine, qu’il en est venu à les considérer comme des «objets totémiques».Marcelle Hudon reprend en soulignant que Felix voulait faire ce spectacle depuis longtemps, raconter avec des objets totémiques son «conte de fées» personnel.Il s’agit en fait d’une histoire que Mirbt racontait visiblement souvent autour de lui: celle d’un homme et de son fils qui traversent l’Allemagne à vélo à la fin de la guerre sous les bombardements alliés.Son histoire.Le fil rouge autour duquel s’est écrit tout le spectacle.Les trois Pires Espéciens insistent.Le spectacle n’a rien à voir avec la biographie de Felix Mirbt: c’est plutôt une sorte d’enquête sur lui.Ce n’est pas non plus l’histoire de ce mythique voyage à vélo.Tous les trois sont formels.«C’est un voyage avec Felix; un voyage dans la mémoire construit à partir de l’écho qui résonne entre les choses, entre les souvenirs aussi.» «L’idée, c’est de faire des liens et d’ouvrir des portes qui ne semblaient même pas être là.» Et la plus incongrue, pour finir: «C’est aussi de montrer Felix tel que vu par ses marionnettes!».On pourra d’ailleurs vraiment voir Felix Mirbt à travers ses œuvres puisque, en plus du site Inter-ijet et du spectacle, La Pire Espèce organise Aux Ecuries une exposition des marionnettes et des archives de Mirbt.L’expo prendra ensuite la route du festival Maniganses, à Jonquière, où elle s’installera pour une longue période.Èntre-temps, enfonçons-nous dans l’écho du monde réverbéré par les objets totémiques de Felix Mirbt.La Pire Espèce s’intéresse à ces corps abstraits, déconstruits, hors conventions, avec lesquels Mirbt aimait travailler.C’est là, dans l’exploration quotidienne, qu’il en est venu à considérer les marionnettes Le Devoir comme des « objets DIE REISE OU LES VISAGES VARIABLES DE EELK MIRBT Cocréation La Pire Espèce et Marcelle Hudon présentée Aux Écuries du 6 au 17 décembre.L’exposition des marionnettes et des archives de Felix Mirbt est à découvrir dans le café et les coulisses des Ecuries dès le 3 décembre.totémiques ».Marcelle Hudon et l’une des marionnettes de Félix Mirbt f AGIR DE FAÇON RESPONSABLE ET DURABLE «JE SUIS HEUREUX D’ENCOURAGER LE TALENT DE NOS ARTISTES ET LA CRÉATIVITÉ AU QUÉBEC.>> LOUIS PELLETIER, CONSERVATEUR Depuis plus de 30 ans, la Collection Loto-Québec offre une vitrine privilégiée aux créateurs et artistes contemporains de chez nous.D’ailleurs, notre Collection compte au-delà de 4 000 œuvres réalisées par plus de 1000 artistes québécois.LOXO QUEBEC E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 CULTURE DANSE Les multiples tentacules de La Rotonde Le centre de la danse à Québec fête ses 15 ans FREDERIQUE DOYON La Rotonde à Québec aurait bien pu s’appeler la pieuvre.Tout à la fois centre de création, diffuseur spécialisé, lieu de formation, d’entraînement pour les artistes, de soutien de la relève et de développement de public, ces nombreux tentacules assurent presque tous les besoins d’une communauté dansante en plein essor.«Il y a peu d’organismes de danse à Québec», dit Steve Huot, directeur général et artis-tique de La Rotonde depuis 2007, dans les murs depuis 1998.11 cite notamment L’Artère, dédié à la formation des danseurs, d’ailleurs offerte dans les studios de La Rotonde.«On est probablement l’organisme le mieux structuré.De là le rôle de pieuvre qu’on joue dans notre communauté.On est un catalyseur de danse.» Ses rôles multiples convergent toutefois vers une action «bicéphale», que le directeur entend bien consolider.Sa face la plus connue du public?Le diffuseur spécialisé, qui offre une série de spectacles dans divers théâtres de la capitale, de la salle Multi du complexe Méduse jusqu’au Grand Théâtre de Québec, en passant par La Bordée.Des quatre à six productions annuelles présentées jusqu’à l’arrivée de M.Huot à la direction, La Rotonde est passée à neuf spectacles annuels.Cette année, pour fêter ses 15 ans en regardant l’avenir, l’organisme en a proposé 11.«Il faudrait monter à 15», estime M.Huot, qui brandit un taux de fréquentation annuel moyen de plus 82 % depuis 2008.«On a fait nos preuves et il faut un nombre conséquent de spectacles pour montrer la diversité de la danse, présenter plus d’artistes montréalais et étrangers tout en continuant de soutenir les productions d’artistes locaux.» Big bang Cette effervescence palpable depuis le milieu de la décennie 2000 est due à un petit big bang dans le milieu: l’acquisition des locaux actuels de La Rotonde dans la rue du Roi, Une scène de S, de la compagnie Flak.MICHAEL SLOBODIAN son association avec la compagnie Le Fils d’Hadrien Danse (Harold Rhéaume) qui s’y installe en résidence permanente, la détermination de certains jeunes chorégraphes (Karine Ledoyen, Alan Lake) à créer à Québec plutôt que de s’exiler à Montréal et la permanence d’autres artistes comme Lydia Wagerer, Daniel Bélanger, Mario Veillette.«Johanne Dor [qui a dirigé l’organisme dès les premières années jusqu’à 2007] a eu la vision que, si on ne stimulait pas la création locale, on n’arriverait pas à jouer notre rôle comme diffuseur», note M.Huot.Cette grande proximité avec le milieu est inscrite dans l’ADN de l’institution.Fondée par Luc Tremblay, de la défunte compagnie Danse Partout, elle est rapidement passée aux mains de Johanne Dor, danseuse, chorégraphe et enseignante de l’École de Québec.M.Tremblay a eu tout juste le temps d’imposer la vision du Groupe Danse Partout, entité corporative encore active: chapeauter à la fois une école, un centre chorégraphique et une compagnie de danse.Cette dernière a soufflé ses dernières chandelles si- tôt La Rotonde créée, mais celle-ci et l’École de danse de Québec continuent de porter les deux autres missions.Maison de la danse La face plus cachée de La Rotonde?Le centre chorégraphique qu’elle incarne aussi: un lieu de création et de production.C’est l’autre cheval de bataille de M.Huot, qui souhaite une plus grande reconnaissance de cette dimension.Ses trois studios fonctionnent à pleine capacité (dont un installé dans des espaces loués dans le même édifice).Les résidences d’artistes se limitent pour l’instant à l’accueil d’artistes locaux.C’est ici qu’entre en jeu le projet de Maison de la danse caressé depuis 2008, qui vise l’acquisition de tout le bâtiment actuel.«On aurait ainsi six studios, dont un pour la diffusion des productions émergentes, les laboratoires de création et événements spéciaux (en fin de résidence, par exemple)», explique M.Huot.Son organisme gère aussi le programme Première Qvation, dédié à la relève et financé par la Ville et le ministère de la Culture, qui stimule la demande de studios.1 MATHIEU DOYON Le directeur de La Rotonde, Steve Huot Pour le reste, l’organisme préfère encore squatter les autres salles de la capitale, avec leur public à moitié conquis.La Ville adhère au projet de Maison de la danse, l’a d’aüleurs inscrit au programme triennal d’immobilisations.«On attend un accord de principe du cabinet» de la ministre de la Culture, indique le dynamique directeur.Ça ferait un sacré cadeau de 15" anniversaire.Le Devoir Un refuge pour la chanson.Philippe Renaud, La Presse.Une ambiance détendue qui séduit le public.Marie-Josée Roy, Agence QMI 7 décembre 20 h Michel Rivard Patrice Michaud Stéphanie Boulay Suivez-nous sur Amonumeiitnalml Wm Productions de l’onde la montasne SECRÈTE Au Monument-National (Scène Financière Sun Life) 1182, boulevard Saint-Laurent, Montréal.Billetterie : 514 871-2224 sans frais : 1 866 844-2172 www.monumentnational .corn Présenté en collaboration avec Financière Sun Life GRANDE BIBLIOTHÈQUE Theatre a lire Bibliothèque et Archives nationales du Québec et le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) vous invitent à assister à la rencontre En compagnie de.François Archambault L'auteur dramatique François Archambault dépeint son travail de création avec l'aide des comédiens Marie-Hélène Thibault et Normand D’Amour, qui livrent des extraits de ses pièces.Mise en scène : Philippe Lambert Le mardi 6 décembre à 19 h 30 À rAuditorium de la Grande Bibliothèque Gratuit ; billet nécessaire ; rendez-vous à banq.qc.ca \ B [bHadiI cead.qc.ca L J banq.qc.ca banq.qc.ca ¦ [3][i] 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è^© © Berri-UQAM ou autobus : 30,15 et 125 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Pour assister à cette activité, vous avez besoin d'un billet.Rendez-vous à banq.qc.ca et cliquez sur le bouton bleu « Activités - Billetterie ».Repérez l'activité et cliquez sur son titre.Bibliothèque et Archives nationales Québec 3n THEATRE La folie à travers les âges PHILIPPE COUTURE Avec sa compagnie, le CI-RAAM, le comédien et metteur en scène Pascal Contamine a l’habitude du travail de longue haleine, ancré dans la mythologie et les grands récits, portant une vaste réflexion sur le monde.Son terrain de jeu n’est rien de moins que l’histoire, la mythologie, et la planète entière.Un regard volontairement macroscopique.C’était le cas dans Dossier Prométhée, en 2005, et c’est aussi le cas de Pharmak(h)aos, dont le premier volet prend cette semaine l’affiche de l’Espace libre (ce sera un cycle de trois spectacles).Ça lui va bien, ce regard qui voit large.Chez lui, c’est tout naturel.S’il fait la conversation de manière souvent digressive, il est tout pardonné, car c’est ainsi que se déroulent souvent les conversations avec ceux dont l’esprit curieux se mêle autant d’art que de politique, de culture savante et de littérature exigeante.Pascal Contamine est assurément de ceux-là; ses idées s’enchaînent et se croisent allègrement, dans une sorte d’incessant magma intellectuel.Perte de repères Ainsi donc, prenant le mythe d’Œdipe comme prétexte, il a voulu jeter un œil attentif et inquiet sur le XX" siècle, pour expliquer ce qui semble être une perte de repères généralisée en ce début de XXI" siècle.«Ma réflexion se nourrit beaucoup du livre de Jean-Claude Guillebaud La force de conviction, dans lequel il observe le rejet progressif des croyances collectives au cours du XKl siècle mais constate leur retour sous des formes plus insidieuses dans différents groupuscules de notre civilisation postmoderne.Le XX‘ siècle a été le siècle des grandes utopies, des grands ISMES, qui ont tous plus ou moins échoué en un court laps de temps.Mais paradoxalement, on assiste à un retour du religieux par le biais du fondamentalisme, par temple.Cet enjeu-là m’inté- resse, me questionne, dans un monde où, individuellement, je me sens déraciné, incapable de croire à quoi que ce soit» Un exemple de retour du religieux qui préoccupe Contamine?Prenons-en un récent, tout frais, qqi touche le milieu artistique.A Toulouse, la semaine dernière, un groupe d’ultraca-tholiques a réussi à perturber une représentation du spectacle Golgota Picnic, de Rodrigo Garcia, le jugeant blasphématoire.La même chose s’est produite au début du mois dernier à Paris, lors des représentations de Sur le concept du visage de Dieu, de Roméo Castellucci.Et Œdipe, dans tout ça?«Si le mythe d’Œdipe m’interpelle, c’est que j’ai le désir de regarder le XX‘ siècle et de voir les conséquences qu’il a eues sur leXXI‘.C’est l’idée d’une lignée.Il me fallait une histoire qui traverse les générations.Œdipe, et toute la lignée qui le suit, porte l’idée d’une malédiction, ou d’une folie, qui se poursuit à travers les âges.» Contamine explique qu’il se sert de la trame narrative œdipienne tout en la déconstruisant.«Je commence l’histoire en Amérique, où l’on découvre une jeune femme perdue qui entre dans un hospice, et un patient lui joue une pièce de théâtre.On découvre tranquillement l’histoire d’Œdipe.» Interviennent, comme d’habitude au CIRAAM, des écrans, du mouvement, bref de l’interdisciplinarité.«On part de l’idée de la télévision qui trône au milieu de la salle commune de l’hospice.On a fait éclater cette télévision —jumelée à l’idée des caméras de surveillance.Il s’agit de jouer avec l’idée de perception et avec l’idée d’éclatement, de multiplication des points de vue, de perte de repères.» Ce qui entraîne aussi, vous vous en doutez, une réflexion sur la folie qui nous habite, sur l’omniprésente maladie mentale et la surmédicamenta-tion qui l’accompagne.Ce que le titre suggère très fort.Collaborateur du Devoir 2011-2012 Q PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pascal Contamine lance ici un cycle de relectures des mythes de la lignée des Labdacides, à commencer par Œdipe.AÜ' ^JpKcËS À ASSEHB|LER|À LA MAISON) JC ^ 0 tf ^ i Du 28 novembre au 17 décembre 2011 UN SOLO DE Marcel Pomerlo Une cqproductiqn de MOMENTUM et du THÉÂTRE FRANÇAIS DU CNA EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE DE QUAT'SOUS TEXTE, MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION Marcel Pomerto I ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE Martin Boisioly I œil extérieur Dominique Leduc I scénographie Cédric Lord et Marcel Pomerlo [d’après les tableaux de Marc Tremblay) I costumes Marcel Pomerlo I Musique Éric Forget avec la complicité de Marcel Pomerlo I images vidéo Olivier Bochenek I accessoires + assistance aux costumes Audrey Gaudet I éclairages Marc Parent I direction de production Lucie Mineau I direction technique Geoffrey Levine I muse Geneviève Robitaille THÉÂTRE DE QUAT’SOUS iRt'l i 00, avenue des Pins Est, Mtl theatremomentum.ca LZJ Métro Sherbrooke BILLETTERIE : 514-845-7277 quatsous.com admission.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 DECEMBRE 2011 E 5 CUITÜRE 5 décembre à 20h e**** «fis?#•**• Ck^lASS U Pharmak(ha)os 514 5214191 www.espacelibre.qc.ca MEDIAS La star, le juge et le magnat Le scandale News of the World serait-il possible au Québec ?Une importante partie de la presse britannique a utilisé des moyens illégaux poiu obtenir des informations.Une telle dérive est-elle possible ici?STEPHANE BAILLARGEON Comme les informations justes mais secrètes à son sujet se multipliaient en une des tabloïds britanniques, l’actrice Sienna Miller a commencé à accuser son entourage de l’espionner pour monnayer le plus juteux.Finalement, comme des centaines de vedettes, Mme Miller a compris que les informations privées avaient été obtenues par l’entremise d’écoutes électroniques.La conseillère financière de la mannequin Elle Macpherson a été forcée par sa cliente, qui la soupçonnait elle aussi de coulage de secrets professionnels, de subir une cure de désintoxication dont elle n’avait pas besoin.La pauvre a quand même perdu sa place, et toute sa carrière en fait.Encore là, les informations provenaient de l’espionnage des boîtes vocales et des conversations téléphoniques.Ces révélations ont été faites au cours des derniers jours devant la commission Leveson qui s’intéresse aux excès des médias britanniques.Des témoins ont affirmé que des nouvelles publiées par les tabloïds ont eu des conséquences létales.L’ex-footballeur Garry Flitcroft pense que la révélation de ses aventures extraconjugales a conduit son père, déjà dépressif, au suicide.Le scandale est une des mamelles du journalisme depuis trois siècles.Avec le cyan et le magenta, le jaune est l’une des couleurs primaires de l’imprimerie.Les journaux jaunes (c’était autrefois la couleur distinctive de leur papier) se passionnent pour les faits divers, font la part belle aux fausses nouvelles comme aux pseudo-sciences.Ils aiguillonnent le ressentiment par rapport aux «failles du système».Seulement, il y a jaune et jaune.Le News of the World, plus gros tirage de la presse britannique, a fermé en juillet, emporté par le scandale, qui a aussi éclaboussé la classe politique et la police.Le tabloïd dominical du groupe News World est soupçonné d’avoir fait écouter jusqu’à 5800 personnes dans les années 2000, y compris des membres de la famille royale.Ce journal a aussi payé des «hobbies» pour obtenir certaines informations.L’humoriste et comédien Steve Coogan a carrément comparé l’empire de presse News Corp du magnat Rupert Murdoch à la maha.L’ampleur du désastre a donc forcé le gouvernement à mettre en place la commission d’enquête qui a commencé ses travaux en juillet.Elle porte sur «la culture, les pratiques et l’éthique de la presse», selon l’appellation officielle.Et ici ?Un tel scandale est-il possible au Québec?La question était posée samedi dernier dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).Bonne question, surtout que le scandale ne se résume pas aux écoutes et aux potins: ü expose les conséquences que peut avoir un groupe de presse surpuissant dans une société démocratique.Et du même coup, les possibles dérapages éthiques du journalisme.«Se demander si un tel scandale est possible, c’est prendre en compte la probabilité, sans dire que ça va se produire ou pas.[.] Or il existe des facteurs de risque d’une telle dérive», a tranché d’entrée de jeu le professeur François-Marc Bernier, de l’Université d’Qttawa, spécialiste de l’éthique journalistique.Pour lui, le premier facteur concerne la faiblesse du Conseil de presse, là-bas comme ici.Cette instance autorégulatrice agit comme un tribunal d’honneur.«Dans le scandale News of the World, il est fascinant de voir à quel point le Conseil de presse britannique a failli à sa tâche, a dit le professeur.Il est défaillant et sans conséquences.Ici aussi nous faisons confiance à l’autorégulation.Le problème avec les sanctions morales, c’est qu’elles n’ont pas de poids sur certaines personnes.» Le deuxième facteur de risque découle, selon lui, de l’appétit du gain qui peut l’emporter sur la morale.Le troisième élément concerne la guerre médiatique.Le dernier, la grande proximité entre la politique et les médias.«Il y a des facteurs d’inquiétude, mais pas de certitude, a résumé M.Bernier.[.] La situation n’est pas désespérée.Il faudrait toutefois un système de régulation des médias avec un certain système de coercition raisonnable.» Le média, ennemi ou ami?De même, le juge John Go-mery, maintenant à la tête du Conseil de presse du Québec (CPQ), afhrmait dans un récent reportage sur Québécor de l’émission Enquête de Radio-Canada que l’affaire News of the World «soulève un drapeau rouge».Le reporter Guy Gendron, auteur du reportage, également à la table ronde de la FPJQ, a rappelé que le scandale britannique est survenu dans un contexte exceptionnel, avec une presse à scandale très forte, très liée au système politique.11 a cité cet exemple: 171 des 172 journaux du groupe Murdoch ont appuyé l’entrée en guerre de la (rrande-Bretagne en Irak et en Afghanistan.Le journal dissident mal- MURDOCH MAFIA REUTERS Manifestation anti-Murdoch dans les rues de Londres gré lui n’aurait tout simplement pas reçu la consigne.M.Gendron a ensuite passé en revue les différents groupes de presse au Québec.Il a souligné les «garde-fous importants» à Radio-Canada, dont l’ombudsman.Le groupe Gesca appartient à un empire des affaires.«Il y a des apparences de conflit d’intérêts, a reconnu le reporter.Mais à l’usage, on a vu que les médias de Gesca réussissent à préserver une capacité d’exprimer à tout le moins des divergences par rapport aux intérêts de l’entreprise.» Et Québécor?Guy Gendron a répondu en apportant beaucoup de nuances, en répétant qu’il n’accusait aucunement l’empire québécois de se comporter comme l’empire Murdoch, ni même d’en avoir l’intention.Toutefois, a-t-il ajouté, les deux entreprises se ressemblent par leur poids sur le marché, par la concentration de leurs intérêts dans l’univers médiatique, par leurs options idéologiques populistes, de droite et antisyndicale.«Québécor pratique un journalisme tonitruant dans un mégaphone, a dit M.Gendron.Est-ce que ça crée des conditions pour la commission d’actes illégaux comme en Grande-Bretagne?Pas nécessairement.Il n’y a pas de lien entre les deux.En plus, la différence la plus fondamentale entre les deux empires tient à leur relation avec le monde des vedettes.En Grande-Bretagne, les médias de Murdoch s’attaquaient aux vedettes du sport, de la politique, de la culture avec les paparazzi, les enquêteurs privés pour dénicher des histoires croustillantes.A l’opposé, Québécor a une relation [positive] avec les vedettes québécoises.L’empire a plus tendance à les mettre sous contrat.[.] Pourquoi pirater leur boîte vocale quand on peut être leurs cordes vocales?» Et puis après ?La vedette paye.La vedette rapporte.De l’autre côté de l’Atlantique Nord, des stars victimes des excès de la presse exigent maintenant que les médias fautifs soient forcés de publier des excuses beaucoup plus sen- SSsE DU LES VISAGES VARIABLES DE FELIX MIHBT fe-17 DÉC.r Simm mms.m momibbS b, NlGUi.nP .AUXafcUR/ES ^^XECURIes.COM UN ÉTONNANT DüCtJFICTION SUR UUN DES PLUS GHAMnq MAHIONNET'j'jgmp- canadiens P'^’^'espece.con, ties.Presque toutes les célébrités passées devant la commission d’enquête ont raconté la double injustice de se faire traîner dans la boue par la publication d’une fausse histoire à la une, puis de se faire avilir une seconde fols avec la parution d’un rectificatif minuscule enfoui dans les pages Intérieures.TJie Guardian, le journal qui a dénoncé le scandale des écoutes pendant une décennie, évalue que le juge Brian Leveson semblait plutôt favorable à ces demandes.Ce dernier devra faire des recommandations sur la régulation du secteur par des ba-Hses qui respecteraient la liberté de la presse, mais aussi «les plus hautes normes éthiques et professionnelles».Soit dit en passant, à deux reprises la semaine dernière le juge Leveson a avoué qu’il ne Usait pas les journaux.Ici aussi le Conseil de presse fait l’objet d’un examen.La ministre de la Culture et des Communications poursuit ses audiences et sa réflexion au sujet du rapport sur «l’avenir de l’information».Les discussions portent notamment sur la nature du CPQ, la portée de son mandat et l’adhésion obligatoire ou non des groupes de presse.Québécor s’est retirée de tous les conseils de presse du Canada.Qn peut suivre les débats britanniques sur le site levesonin-quiry.org.Les audiences ont débuté le 14 novembre.Elles reprennent aujourd’hui après une pause de deux jours jeudi et vendredi.Le Devoir 3A2X Le chef-d’œuvre de Charles Lloyd SERGE TRUEEAUT Charles Lloyd approche les 74 ans, dont un demi-siècle consacré à la musique.Avec Randy Weston, The Art Ensemble of Chicago et le très regretté Julius Hemphill, le saxophoniste né à Memphis est membre de ce club très restreint rassemblant les défricheurs de territoires musicaux lointains.Soit l’Inde, l’Afrique et les Balkans.Aujourd’hui, cet homme passionné par l’alchimie du jazz avec les folklores publie un.chef-d’œuvre! L’emploi de ce dernier qualificatif se confondant avec l’inflation, on insiste: Charles Lloyd - Athens Concert, paru sur étiquette ECM, est un chef-d’œuvre au sens original du terme.Il est ainsi et il est également politique.Très rarement, voire trop rarement, depuis les années 60 et le début des années 70, on a entendu des musiciens révoltés par des réalités révoltantes.Toujours est-il que ce concert enregistré live au pied de l’Acropole est politique au sens premier du terme, donc au sens grec.Mais encore?Pour les anciens, les plus antiques d’entre eux, seules les personnes observant les devoirs de la politesse, et notamment du respect de l’autre, ont le droit de faire de la politique.Cela, Lloyd vient de l’accomplir.11 vient de le réaliser en puisant dans le répertoire que le compositeur Mikis Theodora-kis avait confectionné à l’aune de la résistance, notamment contre la dictature des colonels, dans les vieilles ballades qui se chantent au bord,de la mer Noire, de la mer Egée, sur Le Pirée, en plus d’interpréter un hymne byzantin composé au IIP siècle après Jésus-Christ.Entre ces divers morceaux, Lloyd a inséré ses propres pièces.Très souvent, la chanteuse Maria Farantouri décline de son timbre grave, le timbre d’ailleurs approprié, les plaintes écrites parfois par elle, parfois par le poète grec et Prix Nobel de littérature George Seferis, quand ce n’est pas par le grand Charles.Sur ce flanc.celui du chant, c’est coton et mélopée mélangés.Sur le plan instrumental, Lloyd et Farantouri sont entourés par la formation rythmique qui accompagne le saxophoniste depuis pratiquement une décennie, soit Jason Moran au piano, Reuben Rogers à la contrebasse et Eric Harland à la batterie.Autrement dit, de ce côté-là, les protagonistes se sont assuré une cohérence, une complicité sonore.Pour faire le pont entre le littoral grec et l’univers du jazz, le couple saxophoniste-chanteuse a invité un virtuose de la lyre, Socratis Sinopoulos, et, pour certaines pièces, le pianiste Takis Farazis.Le résultat est époustouflant.Souvent, très, très souvent, le jeu de ces grands artistes s’avère un écho clair et net à la densité avec laquelle John Coltrane ponctua ses grandes œuvres.Qn pense notamment à A Love Supreme.Pas pour des raisons rythmiques ou harmoniques, mais bien pour ces raisons qui produisent l’intensité des émotions.Ce disque n’est pas un simple disque de l’année.Il est intemporel.Il est écrit dans le ciel bleu de la Grèce quAthens Concert va traverser l’épreuve du temps.Le temps long de l’Histoire.En rafales ¦ Le Normand Guilbeault Ensemble, une des meilleures formations du monde mondial, présente ce soir son hommage à Mingus, LE génie du jazz.Ce grand contrebassiste au jeu passionné sera entouré de Jean De-rome aux saxos, de Mathieu Bélanger à la clarinette, de l’immense Normand Deveault au piano, de l’excellent Ivanohe Jolicœur à la trompette et du puissant Claude Lavergne à la batterie.¦ Petit rappel: le saxophoniste baryton new-yorkais Gary Smulyan est l’invité des Cha-teauguay Tenors, Al MçLean et Cameron Wallis.Qù?A l’Up^-tairs, 1254, rue Mackay.A compter de 19h.Prix du billet: 21.50 $ pour le premier show, 17.50 $ pour le deuxième qui débute à 22h.Le Devoir THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL | BILLETTERIE :514845-4890 ESPACEGO.COM m laPiRE ESPECE Conseil des Arts Qi/é&ec ^transat 037601672073 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 CllLTÜRE DISQUE Le provocateur auto-provoqué Mononc’ Serge, l’électron libre de la chanson rock, fait paraître un neuvième disque studio : Ça, c’est d’Iafemme! PHILIPPE PAPINEAU Poussé par l’envie d’éviter la redite et le désir de se mettre en danger, le vétéran électron libre Mononc’ Serge a changé sa façon de faire pour son plus récent album, Ça c’est d’Ia femme!.L’agité chanteur a ouvert pour une rare fois les portes de sa création et a confié les musiques à son ami guitariste Peter Paul.Depuis ses débuts en solo en 1997 après avoir joué avec Les Colocs, Mononc’ Serge est un véritable travailleur autonome.Non seulement il est son propre patron, sans maison de disques, mais il a composé les paroles et les musiques de pratiquement toutes les pièces de ses huit précédents albums studios et, évidemment, celles parues sur son disque live Pestak.Pour ce nouveau disque à paraître mardi, le sympathique provocateur a décidé de se provoquer lui-même, en quelque sorte.«Quand j’ai lancé Musique barbare avec Anonymus, j’ai commencé à me demander ce que je ferais après, explique-t-il.J’aurais pu sortir un album à la Mononc’ Serge comme je le fais d’habitude, mais sur le plan créatif, ça n’aurait pas été satisfaisant.Je voulais avoir quelque SERIES DE LA PLACE DES ARTS ^ studiolittéraire O RENAUD LÂCELLE-BOURDON ET CATHERINE VIDAL LISENT L’ECUME DES JOURS DE BORIS VIAN 5 DECEMBRE 19 h 30 I STUDIO-THÉÂTRE l^dînersàlapièce LA CHANSON D'AMOUR DE CUL de Michel Garneau Avec Simon Boudreault et Jacques l’Heureux Mise en lecture de Gaétan Paré T _—, "l En coproduction avec le Centre des auteurs dramatiques | J 13 DECEMBRE De midi à 13 h | STUDIO-THÉÂTRE PROGRAMMATION COMPLÈTE LAPLACEDESARTS.COM FONDATION DElASBSlDESAKrS ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 chose de particulier dans la démarche.Je ne voulais quand même pas faire comme AC/DC et toujours sortir le même album.Bon, peut-être que si f en vendais 500 000 copies comme eux, je referais le même disque moi aussi, mais c’est pas en en vendant 5000 que je vais m’asseoir sur mes lauriers!» Deux remises en question, une réponse A la même époque où Mononc’ cherchait une idée, son ancien guitariste Peter Paul était aussi en remise en question, songeant à composer pour d’autres et à laisser tomber l’interprétation.Un plus un fait deux, et les deux ont décidé de travailler ensemble, le chanteur «sous-traitant» les musiques à Peter Paul.«Pendant toute l’année 2010, il a enregistré des démos dans son local de pratique, avec le batteur Ugo Di Vito, qui est aussi sur le disque.Et quand j’avais du temps, je travaillais là-dessus, raconte l’auteur de Marijuana, de Mourir pour le Canada et de Hitler Robert.À la fin de 2010, j’avais cinq ou six chansons.Pendant toute la première moitié de 2011, j’ai essayé d’en faire d’autres, mais ça ne sortait pas pantoute.J’ai pensé faire un mélange de mes chansons acoustiques et de tounes rock avec Peter Paul, mais finalement, ç’a débloqué quand j’ai arrêté de m’en faire.Tellement que j’en avais écrit 13 et qu’on a pu choisir les 11 meilleures.» MARTIN AUBERTIN Mononc’ Serge en spectacle Sur Ça c’est d’Ia femme!, on retrouve donc un son de guitare moins métal qu’avec Anonymus mais plus brut que ce que Mononc’ aurait fait seul.Peter Paul oscille entre les pièces plus stoner et les airs plus blue-sés, les titres rapides et les plus lents.Est-ce que la plume du chanteur s’en est vue métamorphosée?L’auditeur sentira que les rythmes et les structures moins linéaires des pièces ont changé la forme de quelques textes, mais se rendra rapidement compte que, sur le fond, Mononc’ Serge reste incisif, baveux, cynique et vulgaire à ses heures.saison suivez la musique ! M r.- \ ^ y à Wang Tiantian Dance of Banteay Srey Eric Nathan Four to One MERCREDI r DÉCEMBRE [ 20h ] CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Réservation 514 343-5636 lnfo@lenem.ca Li: DLVOIR Chang Yn-Hsin Four Metaphors from the Autumn iSymon Hemy L'heure des sons et des odeurs Martin Matalon Trame XI Yannick Chênevert, contrebasse S AUTOUR y DES 8 CORDES vwvw.lenem.ca CCNSEILDCSARTS M DEMONIRÉAL Université fitî l|^ de Montreal MontréalO Le point de vue qui provoque Ce nouvel album aborde à quelques reprises le métier de musiciens {Chanteur engagé.Serviteurs du métal.Musiciens) , mais aussi la question de la langue française, avec des titres comme Le jouai.Le blasphème et Vieux péquiste (où il a échantillonné quelques «belles-mères»).On découvre aussi son quartier, Hochelaga-Maisonneuve, on jase de poudre blanche {Chez Frank) et on décrit sur la pièce-titre la vision de la femme à travers la pornographie.Comme il le chante lui-même, «le blasphème c’est la vie qui triomphe enfin du bon goût et de l’ordre».Partout, Mononc’ Serge adopte un point de vue qui nulle part ne laisse indifférent.«Mon but, c’est pas de faire réfléchir les gens, ni même de poser un jugement moral.J’illustre un propos plus que je le défends.C’est l’fun, quand on fait une toune, de prendre un point de vue radical sur quelque chose.» H donne l’exemple de sa pièce Hochelaga, où il dessine quelques portraits peu élogieux de ce coin de l’est de Montréal.«Caisse de 24, machines à poker, seringue, lighter, paquet de tabac / Papier à rouler, œil au beurre noir, dépanneur.Kraft Dinner, Hochelaga.» «C’est seulement le côté trash d’Hochelaga.Si f avais voulu rendre une image vraiment juste du quartier, y’aurait fallu faire un portrait pas mal plus nuancé que ça.J’aime beaucoup ce quartier, faime cette mixité-là, la cohabitation de gens qui sont des professionnels, qui ont des condos, et les gens vraiment pauvres.Mais ça ne paraît peut-être pas sur la toune, par exemple!» Le trublion prendra la route dans les prochains jours et fera de la tournée au rythme de la demande, avec son groupe mais aussi en solo.Et déjà il a dans sa besace plusieurs chansons acoustiques, qu’il aimerait faire paraître d’îcî une quînzaîne de moîs.Ça, c’est d’Ia productîvîté! Le Devoir ÇA, C’EST D’LA FEMME! Mononc’ Serge Indépendant / DEP En magasin mardi.BEETHOVEN, GOLIJOV, SCHUBERT À LA MAISON SYMPHONIQUE AV)-SS\ Pou R LUNDI 12 DÉCEMBRE-20H Une présentation , , Krn Hydro Québec Musiœ Renseignements / Abonnements [promusica qc.ca] ou [514 845 0532] .CONSfILDESARTS DE MONTREAL QuébecgS STANDAjDUFE ^ Billets à l'unité disponibles iaplacedesarts.com VÉr 5148422112/1 8668422112 ANALEKTA ain Lefèvre Petit Noël DECOUVREZ SES NOUVELLES COMPOSITIONS ACCOMPAGNEES DES PLUS BEAUX CLASSIQUES DU TEMPS DES FÊTES TELS QUE ^ Alain Lefèvre et le Quatuor Philippe Dunnigan Uaro/o/'tÂc' ^Arèkùmcm/üof^j cfe-(jÂiHstmas/.^ Disponible sur I iTunes CLANIQUE ^EMfÔRTER SODEC ANALEKTA.COM l^vaiiaua Québec LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 E 7 CULTURE DISQUES Nicole Martin, grande chanteuse SYLVAIN CORMIER C> était il y a deux semaines, au gala de la SOCAN.Brigitte Boisjoli venait d’interpréter Le temps est bon, en hommage à Stéphane Venne.Et puis, de nulle part, elle a surgi.Nicole Martin est arrivée sur scène comme si toute sa vie l’avait menée là.Fallait voir l’assemblée d’auteurs et de compositeurs, empoignée, soulevée.Fallait la voir, elle, chanter SA chanson de Stéphane Venne, incarner de tout son corps, de tout cœur et à pleins poumons la chanson principale du fdm Les Plouffe, cet hymne national de la classe ouvrière canadien-ne-française: Il était une fois des gens heureux.Il n’y avait pas, comme en 2009, les millions de téléspectateurs de la fête des 40 ans de Patrick Huard, l’émission de TVA qui a ramené Nicole Martin à la chanson et à l’avant-plan, mais il y avait Plamondon, Plume, Pag, Gilles Valiquette, Richard Séguin, Angèle Du-beau, une salle pleine de créateurs et de gens du métier.Ses pairs.L’ovation parlait haut et fort, et confirmait ce que le grand public sait depuis le début des années 70 au Québec: oui, Nicole Martin est une grande interprète.Une grande chanteuse.Tout court.Pas seulement une grande chanteuse populaire.«C’est le grand mot, hein?», soupire-t-elle de son côté de la table, au fond du chic café de la mezzanine chez Birk’s.«Il y a une façon de dire populaire qui est noble, et il y a une façon qui l’est moins, une façon qui te regarde de haut.J’ai souvent senti ce regard-là.Jamais du public.Surtout des journalistes, surtout quand fai commencé à faire la Place des Arts.» Être respectée Nous nous sourions.Autres temps.Aujourd’hui, époque moins cloisonnée, une Monique Giroux invite Nicole Martin à son émission comme elle invite Ariane Moffatt, toutes générations confondues scandent le tube disco Rien n’est impossible dans les soirées C’est extra, et il ne faut pas encourager lon^emps ma compagne et ma meilleure amie pour qu’elles fassent chorus avec la chanteuse dans Oui paraît-il.Laisse-moi partir.Tout seul au monde et les autres grandes ballades sentimentales A’Il était une fois.Nicole Martin, ce récent double disque plein à ras bords de ses succès de palmarès.Aimer Nicole Martin n’est plus conhné au plaisir coupable PEDRO RUIZ LE DEVOIR Nicole Martin et s’affirme au grand jour.«Que Denise Filiatrault, qui est un modèle pour moi, vienne me dire le soir de Huard que je lui avais donné des frissons, c’était incroyable!» Pour Cocktail de douceur, l’album de reprises jazzy paru l’an dernier, son premier nouveau disque en quinze ans, c’est la pianiste de jazz Julie Lamontagne qui a tout arrangé, et c’est encore elle qui a orchestré les six nouveaux standards de Noël de la toute récente compilation Joyeux Noël.Sceau de qualité.«fai toujours voulu la qualité.On m’a connue au début des années 70, avec Mimi Hétu et Nicole Cloutier en première page de Photo-Vedettes, mon premier public était adolescent.On voulait que je chante des versions de succès américains, je voulais des chansons originales, développer un style qui serait le mien, chanter dans les plus grandes salles, qu’on m’écrive des chansons dignes d’être chantées.Ça vraiment démarré avec les textes de Pierre Letourneau, puis j’ai eu des chansons de Luc Plamondon, de Claude Lé-veillée, d’André Gagnon, de Stéphane Venne, de Francis Lai, de Boris Bergman.Sur les 50 chansons de la compilation, il y a cinq ou six adaptations, pas plus.Je suis très fière de ça.Pour une jeune interprète en ce temps-là, être respectée était un vrai combat.» Avant le succès, il y avait eu un duo, Nicole et Frédéric, et puis.Zerra.Une idée de Tony Roman.Imaginez Nicole Martin en 1969 à l’Auto stade dans un festival pop, à la même af-hche que Johnny Winter et Jethro Tull, en Zerra chantant du Janis.Dans Photo-Vedettes, le critique pop-rock avait rugi.Le souvenir de la chanteuse est plus tendre.«C’est le pianiste de Charlebois, le Gros Pierre, qui m’accompagnait, je chantais Try de Janis, imaginez.Tony voulait faire de moi une chanteuse psychédélique.Ça n’a pas duré longtemps.» Avait-elle déjà «de la roche dans la voix», comme disait Stéphane Venne?«Probablement; j’ai eu la voix feutrée toute ma vie.» Toute une carrière de hne rocaille.«C’était un compliment, je pense.» Le Devoir JOYEUX NOEL Nicole Martin Musicor-Sélect iJSLsaiSQd H quatuor,.^molinan Suite lyrique ir:! ES VIOLON ni I ROY SAISON 2011-2012 UN INCONTOURNABLE ! LE MESSIE DE HANDEL CONCERT À MONTRÉAL PRÉSENTÉ PAR C OPTIMUM, 8 * ET 9 DÉCEMBRE À 20 h | PALAIS MONTCALM 11 DÉCEMBRE À 15 h | MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE, CHEF LA CHAPELLE DE QUEBEC, CHŒUR PALAIS MONTCALM de./o.418 641 -6040 / 1 -877-641 -6040 LYDIA TEUSCHER, SOPRANO JAMES GILCHRIST, TENOR MATTHEW WHITE, CONTRE-TÉNOR TIM MIRFIN, BASSE « Par la remarquable qualité d'interprétation des chœurs et de l'orchestre, cette exécution du Messie est la meilleure qu'il m'ait été donné d'entendre depuis de nombreuses années.» J.Oestreich, New York Times, décembie 2009 * Le concert du jeudi 8 décembre est une présentation de la Fondation Lorraine et Jean Turmel.laplacedesarts.com 514 842 2112/11 3 842 2112 Québec S Avec^ psrtiapelton du: • Duit^u de b bpitalc-ttetaonals •MlnlstiiedelgCi«ute,des' U de la Conditon fSmininc PARTENAIRE DE SAISON A QUÉBEC Québec LE DEVOIR VIOLONSDUROY.COM LE CONCERT DU NOUVEL AN 2012 Marie-Josée Lord - soprano Vienna Imperial Ballet Orchestre Strauss de Montreal Tommaso Placidi chef d'orchestre (Italie) Marie-Josee Lord soprano Michael Heim ténor (Vienne) Danseurs du Vienna Imperial Ballet champions internationaux de danse socioie 1erJanvier2012 A 14 h 30 laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 www.salutetovienna.com • 1-800-545-7807 fmuiiu.if ù àTiiorm 01 i ni^.qlcTcT .^T514-527-55t5.¦ Erwin Schulhoff : Quatuor n° 1 (1924) ¦ Wolfgang Rihm : Grave (2005) ¦ Alban Berg : Suite lyrique (1926) Dimanche 4 décembre 2011,15 h Conservatoire de musique de Montréal 4750, avenue Henri-Julien Bfflets25$|20$|10$ J Les billets sont disponibles sur le réseau Admission : www.admission.com (514 790.1245) ou à la billetterie du Conservatoire au 514 873.4031 poste 313 Tt/unwiRf.,' Alfred UallEirc ?MEMORfA j CONSERVATOIRE | I de musique de Monnéal .^ .BlimSENVENIE .6 O MAINTENANT o a .'In^L irÉOmON 1ER 2012 M0NTR|ltL ENLUMltRt WAUJDNIE-BRUXELUS - râgloiw h llionnour CONCERT présenté par D’OUVERTURE CBC ^ Radio-Canada CONCERT „ DE CLÔTURE HEHsmmpas: DIMANCHE 26 FEVRIER • 20 h MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL LES SOIREES BELGES PREMIÈRE PARTIE: KARIM 0UEU.ET YVES MATTAGNE sea grill, Bruxelles Président d'honneurde l'édition 2012 de la piogiammat'on ^stiDnomique, Yves Mattagne vous reçoit au Toqué! avec Normand Laprise et Marc de Canck pour un prestigieux repas.300$ incluant les vins et le service (taxes en sus) •! 514 49&-2084 DU 17 AU 19 FÉVRIER, A PARTIR DE 18 h 30 TOQUÉI Une cuisine du marché franche et réconfortante proposée par le jeune chef Nicolas Scheldt (restaurants le Café des Spores et la Buvette).Il sera appuyé par le chocolatier wallon François Deremiens et la bri^de du Fairmont Le Reine Elizabeth.Le tout dans une ambiance des plus amicale et décontiactée.49,50$ incluant le service (taxes en sus) RéservaUoMS 1855 790-1245 ticketmaster.ca • admission.com 11 SAMEDI 25 FÉVRIER À19 h MARCHÉ BONSECOURS réservez DÈS MAINTEWAWT Une cinquantaine des établissements les plus courus de la métropole convient gourmets et gourmands è faire bombance è leur adresse.Jumelages de chels et de vignerons, repas thématiques, menus gastronomiques, créations singulières et accords mets-vins harmonieux DU I TTC PUICE DESARIS ET MËTROPOLIS DILUIO MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL 1855 790-1245 514842-2112/1866842-2112 laplacedesart$.com admisslan.caiii ticfcetffla$ler.ca S ^ Québec1 itrtat 0 ÎSæ™ Bell «SB» s ® 41 & 9 Montréal© CanadS RENSEIGNEMENTS 514 288-9955 «IGSLUMIERES n facebook.com/Montrealenlumiete et jA- mtlenlumiere Mtlenlum n tacebook.com/Montrealenlumrete hk et jA-mtlenlumiere Mtlenlum montrealenlumiere.com E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 DECEMBRE 2011 DE VISU Deux coloristes consistants à L’Arsenal NO NEWS Wanda Koop Galerie Division Jusqu’au 11 février YVES GAUCHER Galerie René Blouin Jusqu’au 23 décembre, 2020, rue William, Montréal MARIE-ÈVE CHARRON Dire qu’il incombe à l’artiste visuel de distinguer ses images dans un monde déjà bondé d’images relève aujourd’hui du truisme.Le travail de Wanda Koop jette pourtant sur ce poncif un éclat nouveau et lui redonne toute sa pertinence.En faisant des images du téléjournal le ferment de la plupart des toiles qu’elle expose à la galerie Division, l’artiste en propose une vision radicalement autre qui se trouve, par ailleurs, à résonner avec beaucoup d’à propos dans les atours chromatiques d’Yves Gaucher, dont quatre œuvres sont montrées à côté, à la galerie René Blouin.Cet enchaînement, sensoriel et songé, de Koop à Gaucher, n’est pas fortuit et mérite d’être salué.Le voisinage des galeries René Blouin et Division, on le voit, n’en reste pas à la dimension pratique et tend, au-delà d’un partenariat de hon aloi, à la mise en commun d’une certaine réflexion sur l’art et sa diffusion.Cette programmation concomitante, pour l’heure, a tout pour forcer l’admiration.Surfaces hybrides Elles sont près de trente à occuper les murs de la galerie et il est impossible de s’en lasser.Les toiles de Wanda Koop sécrètent des représentations qui amalgament un sens inouï pour la couleur et une grande acuité d’espriL visuel, face à la mise en image du monde, à sa médiatisation.No News, titre de la plus récente série qui compose l’essentiel de l’exposition, traite de la paradoxale (isparition des nouvelles à une époque où elles sont omniprésentes sur les chaînes télé d’infor- mations continues.Les nouvelles passent, innombrables, en images sur nos écrans sous forme de durées, semble-t-il, de plus en plus brèves.Wanda Koop a retenu de ce flot visuel certains extraits pour leur redonner une consistance, une épaisseur, propre à raviver le regard porté dessus.11 importe peu toutefois pour l’artiste de bien identiher les événements fournis par l’actualité, mais les œuvres comme les titres permettent de les reconnaître çà et là.C’est par exemple, parmi les plus terribles, les accidents nucléaires de Eukushîma au Japon ou des allusions plus génériques à des catastrophes naturelles, comme des tornades.Les surfaces peintes donnent d’ailleurs à voir des motifs dont la teneur n’est qu’allusive.En quelques traits, souvent des silhouettes, l’artiste trace des figures dont les contours s’évanouissent parfois en nuées qui laissent place aux fonds, d’envoûtants paysages atmosphériques qu’elle obtient par l’application de lavis acrylique.De fines couches en hnes couches, les lavis génèrent des surfaces aux qualités chromatiques subtiles, qui laissent sourdre, par exemple, de l’orangé d’un fond bleu acier diaphane.La palette de l’artiste, au demeuranf se maintient dans les registres qu’on lui connaît depuis des années, tantôt blalàrde tantôt acidulée.Ces œuvres attestent donc le fait qu’elles sont peintes.Outre la production d’espaces indéhnis, des champs colorés qui semblent faire corps avec la toile, Wanda Koop manifeste la pâte picturale par des coulures.EUe la structure aussi en des aplats bien formés qui renvoient pour leur part à la pixellisation, au brouillage ou autres mires de barre typiques de l’imagerie télévisuelle qui a servi de modèle et dont l’artiste accentue le caractère abstrait.Les larges bandes horizontales qui traversent certaines des toiles se veulent d’ailleurs l’évocation indifférenciée de ces bandes télex qui % Red Alert (No News Series) 2011, Wanda Koop défilent aussi à qui mieux mieux sur nos écrans.Depuis ses débuts dans les années 1970, l’artiste de Winnipeg, à qui le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa consacrait une rétrospective l’hiver dernier, cultive l’hybridité dans sa peinture en puisant son inspiration auprès de différents régimes visuels, cartes à jouer, tissus et photographies de tout et de rien qu’elle aura prises compulsivement au cours du temps.Les plus récentes toiles, elles, s’inscrivent en droit bl avec la série Green Zone, basée sur les images militaires de la guerre en Irak, dont trois œuvres, saisissantes, sont aussi exposées.Ces œuvres, plus d’autres issues des séries Seeway et Satellite Cities, permettent également de bien comprendre un art fondé sur la reprise et les variations d’un même motif.Cette exposition de Wanda Koop est remarquable non seulement à cause du caractère exceptionnel de l’œuvre de l’artiste, mais aussi parce qu’il s’agit de sa première exposition en solo à Montréal depuis 1994.Cette trop rare présence de l’artiste au Québec changera vraisemblablement grâce au travail de la galerie Division, qui la représente désormais.Monument de l’abstraction Parmi les quatre œuvres dYves Gaucher (1934-2000) que présente la galerie René Blouin, toutes quatre sont de l’époque du tournant des années 1990.L’artiste, un monument de l’abs- traction au Québec, explorait alors des séquences de pans colorés, de larges aplats aux teintes savamment choisies et marquées par des contrastes.Qu’elles soient ici dans des tonalités de jaune, de rouge ou de bleu, les œuvres se déploient dans l’espace en magni-bant les couleurs qui, par leurs franches juxtapositions, provoquent du rythme, un mouvement dans l’espace.Chacune des toiles comporte d’ailleurs des vecteurs obliques, élément plastique que Gaucher n’a vraiment introduit dans ses œuvres qu’à partir de 1975, accentuant le dynamisme des plans consti- SOURCE GALERIE DIVISION tués en une suite ordonnée.L’accrochage, élagué, donne la pleine mesure du dépouillement rigoureux auquel s’adonnait Gaucher.11 est par ailleurs tout indiqué d’avoir laissé le quatrième tableau de cette exposition trôner seul dans la petite salle.De 1974, l’œuvre étire de larges bandes à l’horizontale des couleurs énoncées par le titre: Rouge, brun, bleu, jaune, vert, ocre, île.Tout est là, dans cet assemblage chromatique singulier capable de fournir de purs ravissements.A ne manquer sous aucun prétexte.Collaboratrice du Devoir Galerie Walter Klinkhoff AU SERVICE DES COLLECTIONNEURS DEPUIS PLUS DE 50 ANS 1200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A1H6 | 514.288.7306 www.klinkhoff.com Nous veniJons et achetons des œuvres d'art d'importance.Nous vous invitons à nous consulter, en toute confidentialité, à info@klinkhoff.com DAVID LAFRANCE « Décoration du paysage» Jusqu’au 23 décembre.Galerie d’art Desjardins 175 me Ringuet, Drummondville Info : mardi au dimanche de 13h à 17h 819-477-5518 RICHARD-MAX TREMBLAY Rouge, brun, bleu, jaune, vert, ocre, île, 1974, Yves Gaucher Le Centre d’exposition de Repentigny présente Diane Dufresne et Richard Langevin Du 20 octobre au 4 décembre 2011 3, place d’Évry, Repentigny (Québec) J6A 8H7 ville.repentigny.qc.co/expositions Entrée libre Derniers jours 45UCB^ART Hepentigny S'épanouir GALERIE GRAFF SPECIAL GRAFF 24 novembre - 22 décembre 2011 PAYEZ ET EMPORTEZ Exposition-bénéfice au profit de l’Atelier Graff 100 œuvres originales à prix fixes de 100$ - 250$ - 350$ - 500$ 963 Rachel E.Montréal Qc H2J 2J4 graff.ca 514 526 2616 graff(3)videotron.ca Me - Vend Hh - 17h30 Sam 12h - 17h Offrez MONt^EAL pour Noël Exposition et vente î de cartes géographiques et plans anciens de Montréal Jerie du èlerin PTOLÉMÉE PLUS Dès le 8 décembre, 2011 Entre 14h et 18h 322, rue Ontario Er Montréal ou sur rendez-vous 514 334-7418 J’ai vu le loup, le renard, le lièvre.VERNISSAGE : 4 DÉC à 14 H 4 DÉC 2011 au 12 FÉV 2012 Serge Tousignant.Après Apollo, 2002-2004.Installation photographique.Détails.MAISON DES ARTS DE LAVAL Ï£££1L Québec El S Forum Jeunesse LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 E 9 DE VISU Infiltration de peinture au MBAM ESPACE INTERIEUR Michael Merrill Musée des beaux-arts de Montréal, 1380, rue Sherbrooke Ouest, jusqu’au 22 janvier.TABLEAUX PANMORPHIQUES Michael Merrill Galerie d’art d’Outremont, 41, avenue Saint-Just, jusqu’au 18 décembre.JÉRÔME DELGADO La vie est faite de détails qui nous échappent, qui sont destinés à nous échapper.L’exposition Espace intérieur est de cet ordre, elle qui éparpille douze peintures de Michael Merrill dans les quatre pavillons du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Aveuglé par tous les événements autour de l’agrandissement de l’auguste établisse- ment, le visiteur pourrait déambuler dans chacune des salles sans prendre connaissance d’un seul de ces tableaux.11 faut dire que la plupart des œuvres de Merrill se retrouvent là où l’œil prend la pause: un corridor, le haut d’un escalier, au bout d’un cul-de-sac.L’accrochage, qui découle de la complicité entre l’artiste et le conservateur de l’art contemporain Stéphane Aquin, est aussi discret que les sujets traités sont banals.Merrill a reproduit ces mêmes lieux de passage, ainsi que des vues sur les plus étranges recoins.Dans Conduits (pavillon Claire et Marc Bour-gie), il nous envoie dans les bas-fonds du musée, qu’il anime d’une tuyauterie forte en lignes et en couleurs.11 s’agit d’un travail in situ, avec des clins d’œil à la personnalité métissée du VOIR PAGE E 10: PEINTURE Conduits, 2010, de Michael Merrill I n SOURCE MBAM J'ai tout trouvé ! LE SALON DES MÉTIERS D'ART DU QUÉBEC 2 au 22 décembre Place Bonaventure Entrée gratuite salondesmetiersdart.com Berceuse en bois: Jean-François Dugal I Coq en cuivre: L’art du cuivre - Pierre Binette Vase en céramique: Maude Blais I Lampe en bois: Charles Valcourt I Mitaines: Rachel.f.Pierre Francine: T^' lis-Pierre BOUGIE Martin BUREAU Marc GARNEAU Jean-Pierre MORIN Denis PEllfRIN ^TTOUCMO François VINCEHr MarceiieFERRON JeanMCEWEN et AUIRES EXPOSITION d’œuvres provenant principalement DE LA COLLECTION DE LOUIS ET MADELEINE LaCERTE DANS LE CADRE DU 30^ ANNIVERSAIRE DE LA GALERIE LACERTE RMitai SknA (19X1 Lji te 2,135 X 200 cm, Tsdriquis mbdei wr papier Du 8 décembre 2011 au 15 janvier 2012 Salle de difrjsion de Parc-Exienskcn : 421, rue Saint-Roch, Métro Parc «514 872-6131 Heures d’ouverture : Mer.: 13h A20h • Jeu.- Ven.: 13hà18h* Sam.- Dim.: 13h A 17h ••• Du 8 décembre 2011 au 15 janvier.2012 ___ I LESS^MSdeLa' XVEBNIHGE LE'JEUDI tE ART CONTEMPORAIN DÉCEMBRE.i1JlHj 6345, BOULEVARD Saint -Laurent , Montréal « 514 274-4299 Heures d’ouverture : Mar-Ven.: 11 hà19h» Sam.: 11 h A17 h Une EXPOsmoN produite et diffusée par la Maison de la culture de Villeray-Saint-Michel-Parc-Bctension en collaboration avec la Galerie Lacerte art contemporain Lacerte ^ ^1 ART CONTEMPORAIN Villeray Saint-Michel Parc-Extensioni Montréal Les chI^alies 3 AU 23 Décembre 2011 P CONCERTS DE NOEL SAIVIEDIS ET DIMANCHES ÿï 13 H 30 ET 15 H d- CONCERT DE CLÔTURE Nouveau VENDREDI 23 DÉCEMBRE 2011 À 20 H Assistez aux défilés de mode et aux démonstrations.Québec» (i DONNEZ DU SANG.DONNEZ LA VIE.rtU SMAQ y# LOIRE VISITEZ LE l\ /I I I Q L C 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal IVI U O Q Q 514-282-8670 © Champ-de-Mars MARGUERITE- „ , BOURGEOYS Q fi Baladodiffusion www.marguerite-bourgeoys.com/choralies Partenaire média DEVOIR Montréal! Ce projet a été réalisé dans le cadre de l'Entente Québec an sur le développement culturel de Montréal Investir dans un cadeau en Art du 12 nov.-31 déc.La plus importante collection de petits formats d’œuvres de grands maîtres au Canada ! Barbeau Cosgrove Dallaire Ewen Ferron Gagnon Jackson Little Masson Picasso Pilot Robinson Suzor-Côté ^aione XDiaade 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com depuis 1975* 514.842.1270 http://bit.ly/vogX5H E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE DECEMBRE 2011 CULTURE CINEMA Le grand duel Avant le film The Artist qui devrait faire courir les foules dès le 9 décembre, le magnifique court métrage québécois Trotteur, de Francis Leclerc et Arnaud Brisebois, prendra l’afficbe.Un point commun: les deux films sont muets.ODILE TREMBLAY De la vie légendaire d’Alexis le Trotteur, né dans Charlevoix en 1860 et si rapide coureur qu’il dépassait chevaux, trains et bateaux, les cinéastes se sont servis comme d’une trame.Mais le film qu’en ont tiré Francis Leclerc et Arnaud Bri-sehois, à travers la beauté parfaite de ses plans et le souffle de son récit, devient ici une métaphore de l’homme écorché qui se dépasse.«Le Trotteur, c’est le “pas vite” de la classe, c’est le rejeté du village», précise Francis Leclerc.En 8 minutes 36 secondes, avec flash-back et course haletante entre un homme et une locomotive dans un village du XIX® siècle jamais nommé, une foule d’éléments sont révélés sans paroles.Kyle Gatehause incarne ici le jeune homme roux qui affronte le train, comme s’il était dragon.On connaît surtout Francis Leclerc pour ses longs métrages, Une jeune fille à la fenêtre, Mémoires affectives.Un été sans point ni coup sûr.Arnaud Brisebois, peintre, animateur, spécialiste des effets vi- Pl- ItLtJilS Arnaud Brisebois (sur ia photo de gauche) et Francis Lecierc sur ie piateau de tournage de Trotteur suels, coréalise ici son premier film.«J’ai eu une vision de ce film au complet, dit-il, avec ses images, sa musique.Le plus difficile fut de la communiquer.Connaissant mal l’histoire d’Alexis le Trotteur, je me suis documenté après.On le prétendait faible d’esprit.Mais peut-être était-il simplement introverti.J’en ai fait un être bafoué et maltraité, en présentant la laideur des gens du village qui le persécutent» Luc Sicard a fait la musique, long processus, avec le violoncelle de Claude Lamothe qui prend le relais des mots jamais prononcés.Arnaud est le directeur d’effets visuels des films de Francis.«C’est Arnaud qui a tout dessiné: les vêtements, les maquillages, les décors, précise Francis Leclerc.Moi, je me suis occupé de la mise en scène, dans ce film d’hiver comme je les aime.Cinq jours de tournage seulement.Pour les enfants à l’école qui tourmentent Trotteur, on a fait un casting et retenu les plus baveux.» Ensuite, au Studio Mokko, 85 plans sur 115 ont été traités ou créés numériquement à temps perdu par une équipe de 15 personnes, sous la supervision d’Arnaud.Ils ont passé six ou w'Tî’ *._ __ Photographie © Edward Burtynsky, courtoisie deTa^^ho^^^rtivïe^r Gallery,Toronto _ _ EDWARD lÿ BURTYNSKY: I il PETROLE DU 6 OCTOBRE 2011 AU 8 JANVIER 2012 690, Sherbrooke Ouest ^ McGill www.musee-mccord.qc.ca ÿ Groupe Banque Scotia’’'' organisée par laCorcoranGoHery of >rt, présentée En collaboration avec Washinston, D.C.,et produite grâce au 3“
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