Le soleil, 13 novembre 1999, Cahier G
[" LE SOLEIL Cahier G Le samedi 13 novembre 1999 TÉLÉVISION Enfant, K» \\ D p rêvait de devenir joueur de hockey.Aujourd'hui, il devient k Rocket, le temps d'une télésérie consacrée à Maurice Richard.Page G 9 n h-7 J CINÉMA Décevoir les gens, c'est criminel, dit .Après les petits bijoux comme « Ridicule » et « Monsieur Hire», l'imprévisible cinéaste l'émouvante comédie « La fille sur le Page G 3 Dans son documentaire «L'armée de l'ombre», Manon Barbeau a suivi des jeunes marginaux de la place D'Youville ho g/Ve léMî.U&J pere ^ ' \\V e OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA MAXIME BILODEAU & f NORMAND PROVENCHER LE SOLEIL Ils s'appellent Jonathan, Caillou, Sébastien, Cari et Lyon.À l'aube de la vingtaine, à un âge où tous les rêves sont permis, eux rêvent seulement d'en avoir un.Vous les avez sans doute vus mendier à la place D'Youville, près de la maison Dauphine, ou errer sous l\u2019autoroute Dufferin.L\u2019un d\u2019eux s\u2019est peut-être déjà fait squeegee pour laver le pare-brise de votre auto.Jonathan, Caillou, Sébastien, Cari et Lyon traînent dans les rues, dorment où ils peuvent, parfois en prison, ont rompu les liens avec leurs parents, ne connaissent pas leur père ou ont appris depuis longtemps à vivre sans lui.Cette bande des cinq forme le commando en révolte de L'armée de l'ombre, de Manon Barbeau, présenté en première mardi, à 20h, au Palais Montcalm.Pendant plusieurs mois, la Depuis quelques années, Manon Barbeau filme pour comprendre les blessures de l'enfance cinéaste a suivi ces jeunes laissés-pour-compte au fil de leur quotidien de misère et leur donne la parole dans ce documentaire choc, où chacun crie son désarroi, parfois de façon assez crue.Depuis quelques années, Manon Barbeau filme pour comprendre les blessures de l\u2019enfance.Fille de Marcel Barbeau, elle a signé l\u2019an dernier le documentaire Les enfants du Refus global, « œuvre de réconciliation » dans laquelle plusieurs enfants des artistes de l\u2019école automatiste exprimaient leur trouble d\u2019avoir payé pour les désirs de liberté de leurs parents.Manon Barbeau elle-même et son frère furent abandonnés par leurs parents, vers l\u2019âge de trois ou quatre ans.Cette même blessure profonde, on la retrouve chez les cinq nomades urbains de L'armée de l'ombre, autant d\u2019exemples du mal de vivre qui frappe Voir MAI.en 0 2 ?y Quelque part, je croit qu'il u a plus de vérité chez cet jeunes que chez tous ces gens pris dans leurs valeurs plastiques, leur petit confort et leur lldéoway, a ffirme Manon Barbeau.COUAIOftATION SHCItlE «NOM PICNETTE L .-M.tS jdl ; LE SOLEIL.JEAN MARIE VILLENEUVE till» 11 b * \u2018\"1 Wnffli ¥ «\u2019*\u2022* V .Jonathan et Max, près de la place DYouville là où ils ont passé tant d\u2019années de leur vie.Le film a un peu changé leur vie Max et Jonathan ont été de l'aventure de L'armée de l'ombre.Depuis que le film a été tourné, leur vie a un peu changé.Pour le mieux.Jonathan, 25 ans, tout de noir vêtu, les cheveux aux épaules, envisage une carrière en informatique.Son séjour à l\u2019université a tourné court, faute d\u2019argent.Il habite maintenant un 4 et demi, ne consomme plus de drogues, travaille dans le communautaire et pense au jour où il deviendra lui aussi un « bourgeois », mot honni à l\u2019époque où il mendiait dans la rue.«Je me vois prendre ma retraite à 50 ans, m\u2019enfermer dans une immense bibliothèque et ensuite en sortir pour aller me péter les bretelles dans les cercles philosophiques», dit-il, le plus sérieusement du monde.Max, 21 ans, une tignasse teinte en rouge, était davantage derrière la caméra, avec la cinéaste.Ses scènes à l\u2019écran ont été coupées au montage.11 a été photographe de plateau, a épaulé Manon Barbeau sur son scénario.Lui aussi a son petit appartement, ne prend plus de drogues, mais sa vision de l\u2019avenir est moins claire que celle de Jonathan.«J\u2019ai de la misère à voir loin.De toute façon.ça évite d\u2019être déçu », mentionne-t-il, en entrevue à la maison Dauphine, le point de chute des jeunes marginaux de la place D\u2019Youville.«J\u2019ai de la misère à trouver quelque chose que j\u2019aime.Il faudrait tout d\u2019abord que je finisse mon secondaire IV, mais ça m\u2019écœure.J\u2019ai des idées variées, ça me tenterait par exemple d\u2019aller rester dans le bois» ENFANTS, ILS N'ONT PAS EU LA VIE FACILE Comme les autres jeunes de L'armée de l'ombre, Max et Jonathan ne l\u2019ont pas eu facile lorsqu\u2019ils étaient enfants.Ils ne voient pas souvent leurs parents et c\u2019est mieux ainsi, disent-ils.Jonathan ne connaît pas son père naturel, qui vivrait quelque part en Californie.Il ne s'entend pas tellement avec son beau-père.IVndant des années, il a été forcé à faire du porte à porte avec lui et sa mère, tous deux Témoins de Jéhovah.A 17 ans, il a quitté la maison pour aller traîner dans les rues, mendier, « à se faire cracher dessus par les passants et lancer des poignées de cennes noires.» « Je ne leur en veux pas aujourd'hui, glisse-t-il au sujet de ses parents.Je les considère davantage comme des victimes, ils sont \"pognés\u2019\u2019 là-dedans.» Jonathan, lui, avait un père à la maison, explique-t-il, mais c\u2019est comme s\u2019il n'était pas là.« Mes parents arrêtaient pas de chiaier, je mangeais des claques, je devais faire des travaux forcés dans la cour.A 15 ans, je suis parti.» Max et Jonathan avouent qu\u2019ils n\u2019ont pas le choix de se conformer, d\u2019entrer dans le système, même si la liberté de la rue leur manque parfois.« Y'a personne qui te fait chier.Si tu veux partir sur le pouce, tu pars, si tu veux revenir après trois jours, tu reviens, c\u2019est ça le fun, t\u2019es libre.t\u2019as absolument aucune attache, aucune responsabilité.» Leur participation au film n\u2019est peut-être pas étrangère à leur nouvelle façon de vivre, pensent-ils.Us ont appris des choses sur eux-mêmes, à se faire confiance.« On a beaucoup plus de pouvoir qu\u2019on pense », termine Jonathan.>\tA V ê G 2 LE SOLEIL LK SAMEDI 13 NOVEMBRE 1999 DENZil WASHINGTON j ini rmm : \u2022omwrlaplit*\tI d un hi«uf bmul\t\"f r> lit doivtnt voir commu W.\t£ ill doivunugir cornu» lui, , ils dowont peniur cornu» lui.W avant qu une autre victime i na tombe (Version tr.int.AKC ik- \u2022« TW Bonc ( olkitor ») MVtlISÀl PICT1S h MUMS* POIS maiiiiiii «wuiwn mi mon üTiMiu 'iimin- WN wuciuiin mmm tumiim « - mx .;r.».rr, iiIOOUll CMIKIIH\tIfHlïWÏIl V&ftflîi ^MMINKAIIUIlABtSÎIUHMDUtfiHIIWI -MMÏIICONI\tWlfTO\u201c¦«¦¦iSlii\tï r\u2014\u2014\u2014\u2014I\t-j-' wwwthebonecollector.com lAfÆ,l VIOLENCE\t-\t3 VERSMMt FRANÇAIS! ?¦ AMCXiS \u201cLA VE RS , UK ^ f « OOtOU\u2014.\t¦ ¦ |r - -¦\u2014 CiNEPLt* OCX ON STE-FOY\tPLACE CHAREST^jl ÜD0liVIS^ CINEMA\u201d\u201c\u201c~,Vj JUBE SU JME K «*0 - [_ LAUROfriÉH^ ] LIOO RIMOUSKJ ?] À L\u2019AFFICHE! ?SOtiwciTil CONSULTEZ LA PAGE HORAIRE | CINEMA DU JOURNAL CONCOURU^^w Les morduç du cinema STAftjtHOICE Du 8 novembre au 3 décembre, identifiez la vedette de cinéma apparaissant dans le message Star Choice diffusé au cours de l\u2019émission Les Mordus, sur les ondes de TVA du lundi au vendredi de 17 h à 18 h.À GAGNER : 4 systèmes Star Choice accompagnés d\u2019un forfait de programmation d\u2019une durée d\u2019un an (valeur approx.: 5 000 $), 1 voyage pour 2 personnes à Hollywood, capitale du cinéma (valeur maximale\u2019: 3 400 $) .ill] STAltjtMOICI DE QUOI REGARDER TOUT LE CINÉMA QUE VOUS VOULEZ! TVA L* R*mau d ki STAd^CHOICE NOTRE TÉLÉ, C\u2019EST D'ABORD LA VÔTRE.1 888 554-STAR www starchoice.com LE SOLEIL R.-,-1 T' 1 pv \u2022» \u2022*/ >111 O\".* 7300 toil Mi' n launn Sl l»uf«'-' QCi KM lUMarVA CE CONCOURS S ADRESSE »U« NfSIOENTS DU QUElEC SEULEMENT tCtS DE II ANS El PIUS I.-.- u'hdl ,»qiin In fat' v- 't sont cas atractas SlarCN»»* Lf D^StaiCI» ¦ ainsgua loul autre l0|0 ou concept conneie sont des marques de commerce de Star Choice Communications Inc et Star Choice television Neruort incorporated Mi, CONCOURSjjB^r Les rmrduç du cinema staié\\hoicë Les mordus du cinémo Star Choice Complétez ce coupon et foites-le parvenir b l'odresse suivante : Concours les mordus du cinémo Star Choree, Groupe TVP inc., C.P 1414, Succursale C, Montréal (Québec) M21 4K6 Nom :\tPrénom : Adresse : Ville : Code Postal :\tÂge ; N de tel.: (\t) Nom de lo vedette de cinémo : 3i TVA STAdjkHOtCÊ .F SOI Fil Rêver d'avoir un rêve MAL Suite de la G1 le jeune mâle de cette fin de siècle.Violence, décrochage scolaire, alcool, drogue, itinéran-ce, autant de maux qui expriment leur détresse profonde.CONFRONTATION AVEC L'AUTORITÉ Alarmée par un colloque sur le suicide et la hausse fulgurante du nombre de jeunes Québécois qui s'enlèvent la vie, Manon Barbeau a emprunté la voie du cinéma pour aller voir de quoi il en retourne, auprès des jeunes de la rue.Des explications, il y en a plusieurs, dont l\u2019une est la démission ou l'absence des pères.«Le seul père que j\u2019ai, c\u2019est moi.Quand j\u2019étais jeune, personne n\u2019a joué avec moi au baseball ou aux petits bonshommes », dira l\u2019un des jeunes marginaux.Et cet autre, Sébastien, qui explique avec révolte qu'à 12 ans, il allait chercher son père au bar, au « last call ».«On semble vivre une période où il y a plus d'espoir pour les filles», explique la réalisatrice, interviewée cette semaine à Montréal.«On leur ouvre plus de portes, il y a plus de rêves qui leur sont possibles.Les garçons, eux, rêvent seulement d\u2019avoir un rêve, eomme s\u2019il n\u2019y avait plus rien à conquérir.Je les sens plus vulnérables, plus inséeures.» La réalisatrice avance que les filles, davantage que les garçons, semblent mieux composer avec l\u2019absence du père ou la nouvelle forme que prend la famille moderne.« 11 y a un réajustement à faire.Autrefois, il y avait des places pour passer ton adolescence, des rites de passage.Le père amenait son fils à la chasse.Il doit y avoir une forme de confrontation entre l'adolescent et l\u2019autorité du père.S\u2019il est absent, le garçon ira la chercher ailleurs.» Par ces propos, Manon Barbeau ne cherche nullement à OEf ICI NATIONAL DU FILM DU CANADA MICHEL LAVE AU* Un extrait du film de Manon Barbeau, x L'armée de l'ombre».culpabiliser les parents.«On a tous de la misère en tant que parents et nous ne sommes pas dans une société qui facilite le travail.C\u2019est seulement que j\u2019ai la conviction qu\u2019un enfant a besoin d\u2019un minimum de soins pour bien grandir.Aujourd\u2019hui, il y a des parents qui envoient leurs enfants chez le psy eomme ils envoient faire réparer leur auto au garage.C\u2019est la solution simple.Sébastien, l\u2019un des jeunes du film, le dit bien: t\u2019as seulement besoin d\u2019amour, de caresses et d\u2019un peu de temps.» Ce réconfort, ces jeunes rebelles le retrouvent dans le clan d'amis, dans la rue.Une façon de bâtir ce réseau affectif qui leur a fait défaut.«Si seulement je pouvais réussir à leur faire comprendre que c\u2019est ensemble qu\u2019ils pourront réussir à changer les choses », laisse tomber la cinéaste.DES CHEVALIERS SANS CAUSE Manon Barbeau parle des jeunes de son film comme s\u2019ils étaient un peu ses enfants.Elle s'inquiète pour eux, espère qu\u2019ils vont trouver leur voie et finiront par s\u2019en sortir, ne feront pas trop de conneries.Le tournage lui a permis de découvrir leur véritable nature derrière leur accoutrement punk et leur coupe mohawk.Des jeunes attachants, authentiques, à la fois forts et fragiles, « qui se déguisent en porcs-épics pour se protéger».«Les pies sont pas dangereux, glisse avec un sourire la cinéaste.Tu t\u2019aperçois vite lorsque tu leur parles qu\u2019ils ne sont pas méchants, même s'ils ne sont pas toujours reposants.Ils sont tout de suite venus vers moi.ç\u2019a été un moment magique.Je pense qu\u2019ils étaient contents que quelqu\u2019un les écoute.» Et la cinéaste de se demander si Jonathan, Caillou, Sébastien, Cari, Lyon et tous les autres marginaux ne sont pas victimes de leurs idéaux, eux qui refusent d'adhérer à une société de consommation et de production à outrance, « à la course au meilleur, au plus beau char, à la plus belle pelouse ».« Quelque part, je crois qu\u2019il y a plus de vérité chez eux que chez tous ces gens pris dans leurs valeurs plastiques, leur petit confort et leur Vidéoway.C\u2019est peut-être pour ça qu\u2019ils sont si désespérés, ce sont des idéalistes, des chevaliers sans cause.» L\u2019ARMEE DE L\u2019OMBRE, de Manon Barbeau.Mardi 16 novembre, à 20h, au Palais Montcalm.Au Clap, du 20 au 25 novembre.BEN\tMATT\tLINDA\tSALMA AFFLECK\tDAMON\tFIORENTINO HAYEK JASON LEE JASON ALAN CHRIS MEWES RICKMAN ROCK Star Chon» 99 1478 SOli DNCOURS MORDUS ' urn l&m mofdua i*M»rwi fWUflli PfMfi »\tHOWiffll MS *pi»j «««m fKiRl YlflMAN\tWMM GOHDON films (jm\t'-TOW 13 À L\u2019AFFICHE ! fcÜRÈNTIENTl rSTE-FQY~l ; CONSULTEZ LA CHRONIQUE CINÉMA DU JOURNAL ?SON DIGITAL ?80 D9A 0467 SAMKDI 13 SOVKMHKt 1999 ÉCRANS/CINÉMA LE SOLEIL G 3 De « Monsieur Hire » à « Ridicule », Patrice Leconte se trouve toujours là où on ne l'attendait pas.C'est encore le cas avec «La fille sur le pont».NORMAND PROVENCHiR LE SOLEIL Patrice Leconte arrive toujours à l'endroit où on ne l'attend pas.Échappant à toute logique réaliste, politique ou sociale, le cinéaste français se fait un devoir depuis plus de 25 ans de surprendre son public, fort d'une polyvalence étonnante, que ce soit dans la comédie de boulevard {Lesgrands ducs), le film à costumes {Ridicule) ou le drame énigmatique {Monsieur Hire).échec, l^trice Leconte le craint et le fuit comme la peste.11 l\u2019a pourtant vécu, il y a deux ans, avec Une chance sur deux, qui marquait les retrouvailles de Jean-Paul Belmondo et d\u2019Alain Delon.Le film avait été mal accueilli par la critique et boudé par le public.L\u2019aventure a laissé un goût amer chez le réalisateur de 52 ans, même s\u2019il avoue ne rien regretter.Mais plutôt que de baisser les bras et prendre un long congé comme il se le promettait, Leconte a choisi de canaliser sa rage dans la comédie romantique/>fl fille sur le pont, qui prend l\u2019affiche ce week-end au Clap.Retour réussi pour un metteur en scène dont la plus grande angoisse est d\u2019être ennuyant.«Vous ne pouvez vous permettre de décevoir les gens lorsqu\u2019ils vous font l\u2019amitié d\u2019acheter un billet pour votre film, c\u2019est criminel », explique-t-il en entrevue au SOLEIL, Leconte dirigeant Daniel Auteuil et Vanessa Paradis.«Je ne connais pas un acteur de son talent et de sa notoriété qui soit à ce point un type normal, sans caprices ou états d'âme », dit le cinéaste de Daniel Auteuil.Quant à Vanessa Paradis, c\u2019est « une bosseuse comme cous ne poui'ez pas imaginer.Dès qu 'elle arrire sur le plateau de tournage, elle sait non seulement tous ses dialogues, mais aussi ceux des autres comédiens.» dans la véranda ensoleillée du Château Frontenac, où il avait donné rendez-vous à la presse de la capitale, en début de semaine.« En tout cas, j\u2019aime mieux surprendre qu\u2019ennuyer.C\u2019est peut-être pour cette raison que je fais des choses nouvelles et différentes, des choses que je ne suis pas toujours sûr de pouvoir faire au départ.Ça me maintient en vie, c\u2019est mon petit côté parieur.» Le gambling, la chance et la confiance, tous des thèmes qui se retrouvent d\u2019ailleurs au cœur de La fille sur le pont, histoire d\u2019une rencontre entre une jeune femme suicidaire (Vanessa Paradis) et un lanceur de couteaux (Daniel Auteuil) à la recherche d\u2019une cible.émouvante.De l\u2019aris à Istanbul, en passant par Venise, la Grèce et une croisière en Méditerranée, le spectateur sera le témoin de l\u2019histoire d\u2019amour de ce couple improbable, lié par le danger et la mort, que Leconte a choisi de raconter en noir et blanc.«Chacun fait sa propre chance et elle arrive seulement si l\u2019on y croit, explique Leconte.La chance n\u2019est évidemment pas la même pour tout le monde, mais malgré tout, il faut garder les yeux et les bras ouverts pour la saisir lorsqu\u2019elle se présente.« Adèle (le personnage joué par Vanessa Paradis) y croit encore à la vie et à la chance, sauf qu\u2019elle est dans le creux de la vague lorsque Gabor (Daniel Auteuil) lui tend la main, poursuit-il.Elle a toujours un côté enfantin et naïf, et ne cherche qu\u2019à s\u2019ouvrir à la vie.Il est triste de voir des gens qui renoncent.11 y a toujours de la lumière quelque part, de l\u2019espoir, un coin de ciel bleu, il faut y croire.» À l\u2019origine, c\u2019est à Jean-Pierre Marielle, qu\u2019il avait dirigé dans/,c parfum d'Yvonne et Les grands ducs, que Leconte avait réservé le rôle de Gabor.Il rêvait à lui depuis plus d\u2019un an.Jusqu\u2019à ce que Marielle lui-même lui rende le service.de refuser.«C\u2019est un comédien gigantesque que j\u2019aime beaucoup.Il m\u2019a fait comprendre que le rôle n\u2019était pas pour lui, que le public ne pourrait croire à une histoire d\u2019amour entre un homme de HO ans et le personnage d\u2019Adèle.Sur le coup, sa décision m\u2019a désarçonné, mais au fond, il m\u2019a rendu service en me faisant réaliser que je faisais une erreur.C\u2019est pour cette raison que c\u2019est un type bien.» SON TEXTE AU RASOIR Leconte ne s\u2019est pas retrouvé longtemps le bec à l\u2019eau.Il a tout de suite pensé à Auteuil (qu\u2019il devait diriger quelques mois plus tard dans La veuve de Saint-Pierre).À la lecture du scénario, sur un train le menant vers Avignon, le comédien a craqué.Au téléphone, il dira à Leconte: « On devait faire un film ensemble, eh bien, on en fera deux ! » Leconte ne tarit pas d'éloges à son égard.«Je ne connais pas un acteur de son talent et de sa notoriété qui soit à ce point un type normal, sans caprices ou états d'âme.C'est quelqu'un de très clair, qui a une passion dévorante pour son métier.Je le connaissais seulement pour l\u2019avoir croisé à quelques reprises, sans plus, mais dès le début du tournage.ç\u2019a été magique, on avait l\u2019impression d'avoir fait trois op quatre films ensemble.»\t, LE SOLEIL.JOCELYN BERNIER i.> De la même façon.Leconte a été emballé par le jeu de Vanessa Paradis, pour qui le rôle avait été écrit.Dès le début du film, c'est elle qui donne le ton avec un plan séquence de six minutes, monologuant au gré de huit pages de texte sur sa vie de misère, dans ce qu\u2019on devine être un «reality show».Une entrée en matière émouvante.« Cette scène est un véritable cadeau.C\u2019est elle qui a demandé qu\u2019on le fasse d'une traite.Et on a eu besoin que d\u2019une seule prise.Vanessa est une bosseuse comme vous ne « J'aime mieux surprendre qu'ennuyer», dit le cinéaste français, qui estime que décevoir les cinéphiles est «criminel » pouvez pas imaginer.Dès qu elle arrive sur le plateau de tournage, elle sait non seulement tous ses dialogues, mais aussi ceux des autres comédiens.Vous ne pourrez jamais la prendre en défaut sur le texte.Elle le connaît au rasoir.» S'ARRÊTER?DANS UNE AUTRE VIE.A l\u2019exception d\u2019un saut éclair pour la projection A'Une chance sur deux, en avril 1997.Leconte n\u2019avait jamais mis les pieds à Québec.Il se demande d\u2019ailleurs bien pourquoi.«Je n\u2019ai jamais eu d\u2019offres pour venir à Québec.Règle générale.je fais ce que me disent les attachés de presse.Pourtant, je considère que c\u2019est très important que je sois ici pour parler de mon film.» L\u2019hiver dernier, Leconte a goûté à la rigueur de notre hiver à l\u2019occasion du tournage* de La veuve de Saint-Pierre.Lui, Auteuil.Juliette Binoche et Emir Kusturica sont venus passer quelques jours au Lac-Saint-Jean, en provenance r!e Louisbourg.en Nouvelle-Écosse.La sortie du film, dont il a terminé le mixage la semaine dernière, est prévue pour février 2000 à Paris, et sans doute à la même période chez nous puisqu\u2019il s'agit d'une production franco-québécoise.Pour la suite des choses, le cinéaste a des idées plein la tête et l ardent désir de les réaliser.Loin de lui l'idée de se mettre au neutre.« Pour faire quoi ?Je fais un métier formidable.M\u2019arrêter pour deux ou trois ans comme je le pensais serait une idée stupide.J'aurai bien le temps de me reposer dandine autre vie.»\t^ CRITIQUE Cible émouvante Adèle la malchanceuse (Vanessa Paradis) n\u2019a plus rien à perdre.Et puisqu\u2019elle ne pense qu'à en finir, elle deviendra une cible de choix pour Gabor (Daniel Auteuil).un lanceur de couteaux à la recherche d'une cible.émouvante pour gagner sa vie.Après la déconfiture A'Une chance sur deux, de sinistre mémoire.Patrice Leconte se frotte de nouveau au destin et au hasard avecLo fille sur le pont, une comédie romantique qui nous fait renouer avec un cinéaste en pleine possession de ses moyens, et un tandem d'acteurs en parfaite symbiose.Loin de ses personnages de femme enfant, Vanessa l\u2019ara-dis affiche dès l'ouverture une présence saisissante devant la caméra, occupant seule le plancher pendant un long monologue sur la désolation de sa vie.« Il ne se passe pas un seul jour de ma vie sans que je me fasse avoir.Mes histoires d'amour, ça commence mal et ça finit encore plus mal », confie-t-elle, les yeux embués.D'où l'idée de mourir, d\u2019être un instant cette fille sur le pont et l'instant d'après, la fille sous le pont.Mais il y a eu cette voix, surgie de nulle part : « Vous avez l\u2019air d\u2019une fille qui va faire une connerie.» C\u2019est Gabor qui lui tend la main, l'air détaché.Dès lors, les destins fêlés d\u2019Adèle et de Gabor seront inextricablement liés.Ils n'auront plus le choix d'être ensemble.Tant qu\u2019ils le seront, la chance foncera sur eux comme une mouche sur un carré de sucre.l\\mr la première fois.Adèle trouvera quelqu\u2019un qui lui fait confiance.A la vie, à la mort.Leconte filme avec volupté, style et originalité ce récit intemporel en noir et blanc, qui n'a que la prétention de vouloir faire croire à sa chance et à l'amour.Son film est enrobé d'une vigueur nostalgique, que le choix de la musique amplifie.On passe du swing au vieux hit de Brenda I^ee./\u2019w Sorry, dans un même élan de tendresse.Les scènes de lancers de couteaux, sur un air de Marianne Fâithfull.sont de celles qui vous habitent longtemps.Un beau moment de cinéma.N.P.***?I,A FILLE Sl'K LE PONT ComaUr dramatique reaUseeparPa-frire leronte.Seen.Serge Fnjdman.Phot: Jean-MarieDmfjou.Aire UmesmPu radistAdèlelet Daniel AutruillGabor) Gfti IKV) An (lapjiMpi 'au 9derembre » Le SAMEDI 13 NOVEMUKE 1999 G 4 LE SOLEIL ÊCRANS/CINÉMA HORS CHAMP NORMAND PROVf NCHER LE SOLEIL CIR#E DU i^îNEY Of Ma Le samedi 13 novembre à 15 h et le dimanche 14 novembre à 13 h Participez au sondage lors de la projection du film Journey Of Man et obtenez un laissez-passer pour votre prochaine visite chez IMAX® IMAX LE THÉÂTRE -À Québec- anglaise 5eulement www.cinemaxquebec.qc.ca \\Vnnvnchet «rrirTM \u2014 CINÉMA LAFONTAINE \u2014 MONTMAGNY ?«UN CHEF-D\u2019ŒUVRE! Un film inspiré et passionnant.Une épopée intense et inoubliable.ItotfMMo * hdocotwW\tNimsskNIMT Ail «UNE ŒUVRE SIGNÉE LUC BESSON! Milia jovovich dans fune des meilleures interprétations de l'année.|hbi ItTTjtiNaifi UN IttSIlM t%«M*.UNE ÉPOPÉE SPECTACULAIRE! Version des années 90.Époustouflant, provocant, intense et disertissant! r«.i«uml.i «NU \u201cMAGNIFIQUE! Un spectacle saisissant Captivant et provoc ant ftim\tAMI RK ANI RKAN KAI MO NI I « ORkS Pv * ?japaa MILIA J JOHN MALKOVICH FAŸÏ DUNAWAY DUSTIN HOFFMAN P ANS .\tIplacecharest^M le clap\t\t1 GALERIES DE IA CAPSTUl | DK* CONS\t\t\t \tm\trLES PROMENADES DE itVISi »l I CINÉMA LIDO ?\tr- CINEMA CENTRE VILLE \u2014 ST-GEORGES ?\tI v (SA.A.nàs ?MSI ATA» r\u2014 CINÉPLEX OOÉON\t 1 LAURENTIEN ?\tULTEZ LA CHRONIQUE CINÉMA DU JOURNAL\t\t (A CRITIQUE EST INANIME! NE MANQNEZ PAS CE EILM! DEJA PINS RE 2 NON DON NE SPECTATEURS EN FRANCE 1 000 RM EN ITALIE APRtl SEN1EMENT S SEMAINES REPRÉSENTATION RFEICIEIIE RE L\u2019ESPAGNE AUX OSCARS «?On vous recommande une fois et une autre ce bijou de sensibilité et de drôlerie.» \u2014 Normand Provanchat, li SOIEH Du grand Almodovar!» Déni» Martel LE JOURNAL DE QUEBEC MRiali aimooovabMA ËÜ »#7 3 » :/:Blackwatch i> i a r ¦ i ri ?ion SONY ru n RfSUASXH % - Version tous titré* #n français dr TOOO SOBRE Ml MAI trrf ^RAND FAVORI RE CANNES 190^ L\u2019AFFICHE ! -CINÉMA- LE CLAP CONSIIITM L* CHRONIOUr I CINtMA DU JOURNAL I ¦-\tI VOTRE DU 13 LE SAMEDI 13 NOVEMBRE 1999 LE SOLEIL G 1 1 NpottmiKIM» Kl NI OMIO |i\\N\\ M\\ \\| t kl s i m.hUm.h: \u2022 i \\ mhminnhin m m i H.vm Mh Uh l»>h f.^t» rhii'M h\tUn h*u»n rk
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