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Titre :
L'ingénieur
Éditeur :
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique,1955-1987
Contenu spécifique :
Automne
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Revue trimestrielle canadienne
  • Successeurs :
  • Po ,
  • Polytec ,
  • Ingénieur (1988)
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L'ingénieur, 1956-09, Collections de BAnQ.

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AUTOMNE 1956 ! M > k: /'y., \ UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE ÉCOLE D'INGÉNIEURS — FONDÉE EN 1873 Le programme d'études prévoit la formation générale dans toutes les branches du génie et l'orientation dans les spécialités suivantes : TRAVAUX PUBLICS et BÂTIMENTS MÉCANIQUE et ÉLECTRICITÉ MINES et GÉOLOGIE GÉNIE CHIMIQUE et MÉTALLURGIE Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences Appliquées avec mention de l'option choisie.Des études post-universitaires peuvent être entreprises a la fin du cours régulier et conduire aux grades universitaires de Maître et de Docteur és Sciences Appliquées.CENTRE DE RECHERCHES ET LABORATOIRES D'ANALYSES Prospectus et renseignements sur demande 1430, rue SAINT-DENIS, MONTRÉAL INGENIEUR REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE SCIENCES I ARTS I ECONOMIE 3bk IKil PROBLÈMES D'URBANISME DANS LA METROPOLE par Charles-Edouard Campeau, lug.P.7 NOUVELLE MACHINE À ESSAIS STATIQUES ET EN FATIGUE POUR TENSIONS TRIAXIALES par Georges IL7elter, O.Se., et André Cbotjnet.Ing.P.M LA CENTRALE PROVISOIRE POUR LE PROJET HYDROELECTRIQUE DE LA RIVIÈRE BERSIMIS par Edouard Préiost.Ing.P.23 LES BARRAGES ET LE TUNNEL D AMENÉE À BERSIMIS par Clément Forest.Ing.P.28 LES PARAFOUDRES COUGNARD POUR LIGNES DE HAUTES TENSIONS par Arthur Lehmann.Ing.P.37 vie de l Ecole VIE DE L ASSOCIATION 41 45 SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES INDEX DES ANNONCEURS ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE P 0 L YT E C H NI Q U E —M 0 NTRÉ A L 1 4 J 0 , «Ut S1-0IUIS — « 1 III ! H AUTOMNE 1956 42e année — No 167 P.F.BEAUDRY, Prés.Ing.P.INGÉNIEURS ET CONSTRUCTEURS LIMITÉE — ENGINEERS AND BUILDERS LIMITED 7000, Chemin Côte-des-Neiges Road M.GÉRIN, K/ce-Prés.Ing.P.M.LAMARCHE, Sec.-Trés.Ing.P.ARTHUR SURVEYER, D.Eng.SURVEYER.NENNIGER & CHENEVERT INGÉNIEURS CONSEILS CHAMBRE 1012 ÉDIFICE KEEFER UN.6-7721 E.NENNIGER.Ing.P.MONTRÉAL J.G.CHENEVERT, Ing.P.MA.4287 MA.4288 LEBLANC & MONTPETIT Ingénieurs Conseils Spécialistes : PLANS et DEVIS Electricité Chauffage Electrification rurale Plomberie Ventilation Air climatisé Egouts et Aqueducs Municipaux 515 est, rue Demontigny Chambre 213 Montréal, Qué.2 — AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR CRANES *4.:vi>.>C’'h^ Ûve^-vouA.un, füwblàmsL Ponts-roulants et grues de DOMINION BRIDGE * Ecrivez à la succursale la plus rapprochée de Dominion Bridge Company Limited, ou à C.F.280, Montréal, Québec, pour obtenir le Manuel No MYY-10O.dsL mamdsmiiojt, indtiAiAÛiiÙL ?.Dans ce cas, notre nouveau Manuel* traitant de ponts-roulants vous est indispensable.Vous y trouverez des renseignements sur la classification et le choix des ponts-grues électriques pour fins diverses, les caractéristiques de construction, les voies de roulements et plusieurs autres item.USINES ET BUREAUX À TRAVERS LE CANADA Divisions : Mécanique, Chaudronnerie, Entrepot, Structure.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 3 Des génératrices GENERAL ELECTRIC maîtriseront le St-Laurent s* »>i>i «“•w % Schéma démontrant lemplacement de la centrale électrique érigée dans la section du Rapide International, sur le St-Laurent, près de Cornwall, Ont.Ebauche du projet de la centrale électrique qui sera érigée sur le St-Laurent.L une des plus imposantes sources hydro-électriques au monde qui générera 2,200.000 chevaux-vapeur répartis également entre le Canada et les Etats-Unis.Le barrage de l'usine génératrice aura environ trois quarts de mille de longueur.24 des 32 génératrices porteront le célèbre monogramme G-E — 16 du coté américain, 8 du côté canadien.Depuis des décades les Canadiens projettent la canalisation du St-Laurent et rêvent au jour où les océaniques remonteront jusqu'aux Grands Lacs .où les flots tumultueux de ce cours d'eau seront transformés en énergie électrique.Bientôt ce rêve deviendra réalité.LES DRAGUES, les pelles mécaniques et les béliers présentement à l’oeuvre accomplissent un prodigieux tour de force sous l’étroite surveillance des gouvernements américain et canadien.O» est en voie de creuser un large chenal jusqu’aux Grands Lacs et, en même temps, de détourner le fleuve St-Laurent au moyen d’un seul et imposant barrage hydro-électrique.Ce gigantesque projet est le fruit des efforts inlassables des Commissions hydro-électriques de l’Ontario et de l’Etat de New-York.Les entreprises de cette envergure produisent l’électricité nécessaire à la croissance des industries existantes, au développement de nouvelles industries, à la propagation de l’usage de l’électricité dans les foyers, les fermes et les centres urbains.La même dextérité, le même génie qui entrent dans la construction de l’outillage électrique nécessaire au vaste projet du St-Laurent, s’appliquent à tous les produits General Electric.La Compagnie contribue constamment a 1 amelioration de la vie canadienne en construisant de meilleurs outillages servant non seulement à générer et à transmettre l’énergie électrique, mais bien aussi à la mettre à l’oeuvre.Les génératrices G-E utilisées au Canada seront construites dans notre usine de Peterborough.De dimensions plus étendues que le modèle illustré ici, elles seront parmi les plus volumineuses jamais construites jusqu'ici.A lui seul le rotor de chacune de ces génératrices pèsera au delà de 300 tonnes.otiL pAoqAÀâu sl&L iwitisL phiâu ImpühianL pAjoduit CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège social : Toronto 4 —AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR # c 9i u aÿü v m.V;ous vous souvenez du premier voyage du grand paquebot Queen Mary ?Du décès du roi Georges V ?Cela se passait en 1936.Cette année-là, on appliqua le produit de préservation du bois Osmose à un grand nombre de poteaux de cèdre de l’Est.Tous montraient des signes de putréfaction, ayant été posés sans apprêt d’”Osmose” en 1922.En 1950, 1 examen de 134 des poteaux traités révéla que 95.4 pour cent d entre eux étaient encore utilisables, contre seulement 4.6 pour cent d inutilisables après 28 ans.Entre autres exemples de 1936, ces poteaux prouvent bien l’efficacité de f’’Osmose”.1948 1949 1950 U—U u—u Produits "OSMOSE” pour le bois VERT Produits "PENTOX” pour le bois SEC OSMOSE WOOD PRESERVING COMPANY OF CANADA LIMITED SIÈGE SOCIAL et USINE : MONTREAL, P.Q.-^r TRURO TORONTO WINNIPEG EDMONTON VANCOUVER L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 5 Rédacteur en chef REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publication de l'Association des Diplômés de Polytechnique 1430 rue Saint-Denis — Montréal 18 — Canada CONSEIL D'ADMINISTRATION Exécutif : MM.Maurice GÉRIN, Ing.P., président.Ernest LAVIGNE, Ing.P., D.Sc., secrétaire-administrateur.Jacques-M.DÉCARY, L.S.C., trésorier.Ignace BROUILLET, D.Sc.A., président de la Corporation de l’École Polytechnique.Henri GAUDEFROY, D.Sc., directeur de l’École Polytechnique.Membres : Monseigneur Olivier MAURAULT, P.S.S., P.A., C.M.G.MM.Arthur SURVEYER, D.Eng.Théo.-J.LAFRENIÊRE, D.Sc.A., ingénieur-en-chef au Ministère de la Santé; professeur à Polytechnique.Paul DUFRESNE, Ing.P.Guy MONTPETIT, Lt-Col., Ing.P.Charles-E.TOURIGNY, Ing.P., Roger LESSARD, Ing.P., secrétaire-trésorier de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Édouard des RIVIÈRES, Ing.P., président de la section de Québec de l’A.D.P.François LEDUC, D.Sc., président de la section Ottawa-Hull de l’A.D.P.Laurent THAUVETTE, Ing.P., président de la section nord de Québec et d’Ontario de l’A.D.P.COMITÉ SCIENTIFIQUE MM.Jean-C.BERNIER, M.Sc., Ing.P., directeur du Centre de recherches à Polytechnique — président.Roger-P.LANGLOIS, M.Sc., Ing.P., professeur agrégé à Polytechnique — secrétaire.Roger BRAIS, Ph.D., Ing.P., professeur titulaire à Polytechnique.Georges WELTER, D.Sc., professeur titulaire à Polytechnique.ABONNEMENT : $5.00 par année, Canada et U.S.A.$6.00 ” ” Autres pays Adresser toute correspondance à : L'INGÉNIEUR, 1430 rue St-Denis, Montréal 18, Canada Louis TRUDEL, Ing.P.L'INGÉNIEUR parait en mars, juin, septembre et décembre Les auteurs des articles publiés dans L’INGENIEUR conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.e Les manuscrits doivent parvenir, en duplicata, à la Rédaction, au moins deux mois avant la date de publication.— Ils ne sont pas retournés.e Les auteurs reçoivent gratuitement, sur demande, 10 exemplaires du numéro dans lequel leur article a paru.Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans L’INGENIEUR est permise à la condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant.Agent d'annonces : LES ÉDITIONS COMMERCIALES INC.3587, ave Papineau, Montréal 24 Tél.: LAfontaine 5-1665 Autorisée comme matière postale de deuxième classe, Ministère des Postes, OTTAWA.6 — AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR PRI1HLÈMES II I ltll V\IS\ii: DANS LA MÉTROPOLE par CHARLES-ÉDOUARD CAMPEAU, Ing.P.Directeur du Service d'Urbanisme de la Cité de Montréal Texte d’une causerie prononcée devant la branche de Montréal de l’Engineering Institute of Canada le 30 novembre 1955.Né à Montréal, l’auteur a fait ses études au Collège Ste-Marie et son cours d’ingénieur à l’Ecole Polytechnique de Montréal, où il obtenait ses diplômes en 1941.En 1945 il poursuivit des études d’urbanisme au Massachusetts Institute of Technology.Entré à la Ville de Montréal dans le Service des Travaux Publics en 1941 il passait, en 1943, au Service d’Urbanisme dont il devenait le directeur le 1er juillet 1955.Je tiens à remercier votre section pour l'occasion qu'elle m'a offerte de venir exposer, devant un groupe aussi qualifié que le vôtre, les principaux problèmes d'urbanisme auxquels le Service d'Urbanisme doit faire face présentement à Montréal.Avant d'entrer dans le détail, permettez-moi de soumettre à votre attention quelques considérations d'ordre général qui vous donneront une idée juste de la nature du travail poursuivi par le Service d'Urbanisme.L'urbanisme se préoccupe fondamentalement des besoins de la population.Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une nouvelle ville d'environ 12,000 personnes prend naissance chaque année dans les limites mêmes de la Cité de Montréal.Avez-vous réfléchi sur les conséquences de ce phénomène au point de vue des besoins de cette population accrue ?Trois mille familles additionnelles exigent de l'espace pour 3000 enfants dans les écoles, c'est-à-dire environ 70 classes dans les écoles élémentaires et 50 dans les écoles supérieures.Il faut 30 acres de parcs et 30 acres de terrains de jeux de plus.Il faut 25 agents de police et 20 pompiers de plus.Il faut pomper 300,000 gallons d'eau de plus par jour.Il faut allonger le réseau des rues d'au moins 25 milles, avec dépenses accrues pour le nettoyage, l'enlèvement de la neige, la collecte des ordures ménagères, etc.On ajoute environ 1000 automobiles de plus à la congestion de la circulation.Il faut ajouter de l'espace dans les hôpitaux, les bibliothèques publiques et même dans les prisons.L'urbanisme, science de l'équilibre Comme la ville est un organisme vivant, elle tend à maintenir, entre ses divers éléments, des conditions d'équilibre à peu près stables.C'est le phénomène du régulateur à boules de Watt sur les engins à vapeur que vous connaissez bien.Si la vitesse devient trop grande, les boules du régulateur s'écartent par la force centrifuge.Elles ferment ainsi une soupape et réduisent la vapeur pénétrant dans les cylindres.La vitesse alors diminue.Au contraire, quand cette vitesse baisse en-dessous de la normale, les boules se rapprochent.La soupape s'ouvre et laisse pénétrer la vapeur dans les cylindres, augmentant du même coup la vitesse.L'urbanisation présente sans cesse ce phénomène.Ainsi par exemple quand un développement domiciliaire se produit, les écoles sont surchargées et de nouvelles écoles sont construites.Cependant quand ces mêmes familles commencent à vieillir, les écoles deviennent trop grandes et il faut parfois en abandonner.Il faut donc un équilibre constant entre la déficience et l'excès et ainsi une adaptation constante du système urbain.Si on ne pourvoit pas au maintien d'un équilibre adéquat, on atteint un état de véritable débandade.Ainsi par exemple le zonage n'a plus aucune signification si on se met à changer les règlements à chaque coin de rue pour favoriser temporairement des intérêts particuliers.Un autre exemple réside dans l'automobile.Le nombre de véhicules augmente de deux à trois fois plus vite que la population et on n'a pas encore trouvé le moyen d'équilibrer cette situation.Tout ce qu'on a fait pour arrêter l'effet de "rétroaction" de ce phénomène c'est de se tenir dans un état de "fuite".Dans ce processus d'équilibre, l'urbanisme devient une collaboration intelligente avec l'inévitable, en choisissant celles des solutions alternatives possibles qui L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 7 11 c M3ÊSÊ?I: Üfëf** la plupart des phénomènes urbains qui la touchent de près.On a dit à juste titre que les problèmes de l'urbanisme sont les problèmes du peuple, ce qui explique la publicité accordée aux moindres faits et gestes d'un Service d'Urbanisme.La ménagère est directement intéressée au contrôle de la pollution atmosphérique, surtout lors du gros lavage du lundi matin.L'ouvrier est directement intéressé au transport en commun, surtout quand il attend au froid pendant plus d'une demi-heure pour attraper un autobus.Tout le monde s'intéresse au réseau des rues, parce que l'automobile est devenue la possession la plus importante de la famille, en lui donnant une liberté de déplacement que les générations passées n'osaient même pas imaginer.L'urbanisme, c'est de fait la traduction de ces désirs du peuple et il s'éloigne par cet aspect des opérations froides de l'ingénieur et de l'économiste, en rappelant sans cesse à tous que les valeurs humaines ne se mesurent pas en verges cubes ou en dollars.Une percée dans le centre.Le nouveau boulevard Dorchester vu de l'ouest vers l'est.Il n'y a pas de solutions magiques à ces développements inévitables, à l'augmentation de la population, à l'augmentaticn du trafic automobile, au vieillissement des personnes et des bâtiments, à l'automation, et autres phénomènes urbains.On ne peut non plus se limiter à espérer qu'on atteindra bientôt le point de saturation et qu'on finira par convaincre les gens à ne plus se servir de leur automobile, ou à produiront le milieu urbain le plus efficace.Ainsi par exemple il est inévitable que la population de Montréal continuera d'augmenter, mais il n'est certes pas nécessaire qu'on continue de la loger dans des taudis.Il est inévitable que le nombre des automobiles continuera d'augmenter, mais il n'est pas nécessaire qu'cn détruise tous les squares et les parcs pour accommoder les automobiles.Les problèmes de l'urbanisme sont les problèmes du peuple Dans le choix des solutions possibles, l'urbanisme doit tenir compte des considérations émotives que la population attache à utiliser de nouveau le pic et la pelle.L'élargissement de la rue University dans le bas de la ville permet l'accès facile au nouveau boulevard Dorchester.8 — AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR Montréal en évolution ftàuwi swL.Plusieurs des anciennes résidences somptueuses dans le quadrilatère Côte-des-Neiges, Pine, McTavish, Sherbrooke disparaissent pour faire place à des maisons-appartements modernes.Le domaine Saint-Sulpice offre de grandes possibilités à ce point de vue.On peut y loger C'est à la base de ces principes que l'urbanisme doit préparer l'avenir de votre ville.Montréal doit sa proéminence à ses nombreux avantages naturels.Son port, le fleuve Saint-Laurent, le bassin de Laprairie, la rivière Ottawa, la rivière des Prairies, le Mont-Royal et ses terrasses, les terres à culture maraîchère de la proche banlieue, tout était là quand Maisonneuve a fondé Ville-Marie.Cependant la croissance rapide et désordonnée de la ville a fait que souvent ces avantages naturels n'ont pas été adéquatement utilisés, souvent mis au profit d'intérêts particuliers, parfois même ignorés et négligés.Mais la prétention que Montréal n'a pas d'avenir est démentie par les résultats que commencent à produire les efforts privés et publics initiés au cours des dernières années pour restaurer et mettre à contribution toutes les ressources naturelles locales, surtout par un urbanisme intelligent et prévoyant conduisant à des réalisations concrètes appropriées.Les rues Mountain et Drummond au nord de la rue Sherbrooke avant le prolongement de la rue McGregor.Montréal contient encore des centaines d'acres de taudis et de maisons vétustes, résultant d'un accroissement excessivement rapide de la population.Cependant, au cours des dernières années, de nouvelles habitations se sont élevées au rythme de 10,000 par année, de sorte que le besoin est beaucoup moins aigu maintenant qu'il l'était au cours de la dernière guerre.Dans les parties périphériques de la ville, les nouveaux développements domiciliaires se produisent suivant des plans d'ensemble pouvant se comparer favorablement aux meilleurs exemples etrangers.On peut citer le terri-loi: e avoisinant le ruisseau Raim-bauU c: Cartierville.Les nouvelles unités do voisinage sont bien intégrées et re 'latent notre mode de vie moderne.Le réseau de rues en quadrillé est remplacé par d'agréables rues en courbe; des parcs et des terrains de jeux de grandes dimensions protègent les beautés naturelles; les lots sont plus larges et plus profonds.I! n'y a aucun doute que ces centres domiciliaires nouveaux ont encouragé l'exode hors des taudis du centre.L’INGÉNIEUR AUTOMNE !956 — 9 plus de 15,000 personnes dans trois unités de voisinage répondant aux exigences les plus sévères de l'urbanisme.Cependant les parties vétustes du centre exigent une intervention directe de la part de l'entreprise privée et des autorités civiques.Les nouvelles artères Déjà le centre de Montréal se débarrasse de ses verrues.La transformation la plus radicale a été apportée par la création de grandes artères comme la rue University et tout particulièrement le boulevard Dorchester.La rue University, large de 150 pieds, au niveau du boulevard Dorchester, a apporté toute une innovation à Montréal, surtout par ses îlots de verdure qui non seulement servent à diriger le trafic mais également à donner une apparence esthétique qui a suscité à date la construction de quatre gratte-ciel.Le boulevard Dorchester présente la première mesure à l'échelle d'une grande métropole.Ce boulevard de 120 pieds de largeur, avec son maii central, donne aux visiteurs une impression de grandeur et suscite un orgueil civique intéressant chez nos propres citoyens.L'entreprise .privée y poursuit la construction de plusieurs bâtiments d'importance, et de nombreux projets se concrétisent sur papier.La Ville considère l'achat de nombre de sites où des bâtiments dilapidés sont maintenant à la vue, de façon à faciliter la reconstruction rapide des abords de ce boulevard.En dedans d'une génération, le boulevard Dorchester sera l'un des points de rencontre connus dans le monde entier, comme la Fifth Avenue, les Champs Elysées et autres.Le long de l'axe du boulevard Dorchester, on projette l'un des plus importants aménagements urbains en Amérique, sur le site même de la gare Centrale des C.N.R., à proximité du square Dominion, de l'hôtel et de la gare Windsor, de la Cathédrale Saint-Jacques et de l'édifice de la Sun Life.Sur le côté sud du boulevard Dorchester, l'I.C.A.O.loge dans un édifice moderne et un vaste hôtel est en construction.Eventuellement un gratte-ciel viendra se loger entre les deux.Du côté nord, on envisage l'aménagement d'une plaza bordée de hauts bâtiments commerciaux.Le Service d'Urbanisme doit prévoir les mesures nécessaires pour assurer des approches adéquates à ce développement par des élargissements de rues et surtout par un magnifique boulevard planté dans l'axe de l'avenue McGill College, reliant l'université McGill à la gare Centrale et offrant une magnifique perspective sur la montagne.Ce sera certainement l'un des points de repère les plus réputés à Montréal.Des études intensives ont été faites à cette fin.D'autres parties du centre sont en voie de transformation.Entre les rues Sainte-Catherine et Sherbrooke, dans la partie ouest, plusieurs gratte-ciel sont en construction suivant des lignes architecturales des plus modernes.Au nord de la rue Sherbrooke, à l'est du chemin de la Côte des Neiges, un besoin nouveau pour Montréal reçoit une solution satisfaisante.A la suite d'un changement de règlement de zonage, des maisons d'appartements de luxe s'érigent, remplaçant rapidement de grandes habitations aujourd'hui occupées par des clubs, des sociétés et des maisons de chambres.La construction de ces maisons d'appartement est activée par l'ouverture d'artères de dégagement, comme la rue McGregor, indispensables dans un territoire à haute densité d'occupation.A l'entour de la gare Windsor, la rue Stanley sera élargie et la rue Osborne élargie et détournée, de façon à faciliter l'accès de la gare aux automobiles et à éliminer la congestion à cet endroit.Le trafic pourra rejoindre à l'est la rue Lagauchetière et à l'ouest la rue Guy, grâce à des améliorations apportées à la rue Osborne.L'ancien Hôtel Viger du Canadian Pacific Railway, devenu propriété de la Ville, abrite maintenant certains services municipaux.mu mm* RK :.fc; 10 —AUTOMNE 1956 L’INGÉNIEUR m m m ¦mmmam.rn, , .Dans la partie est du centre, le Palais du Commerce et le Terminus d'Autobus réalisés à même du terrain ayant appartenu à la Cité, seront desservis par un tunnel prolongeant la rue Berri sous la rue Sherbrooke.Ce noyau est le commencement d'une vaste rénovation dans ce secteur de la ville.L'un des principaux facteurs de cette amélioration sera l'aménagement d'une grande artère reliant entre elles les rues de Mon-tigny, Ontario, Burnside, Saint-Luc, Western et Upper Lachine.Cette mesure est déjà en voie de réalisation.Rénovation du centre L'une des rues délabrées qui doit disparaître avec la réalisation du plan Dozois.Il y a également le projet d'élimination de taudis et d'habitation à loyer modique qui est à l'étude dans le quadrilatère borné par le boulevard Saint-Laurent, la rue Ontario, la rue Saint-Denis et la rue Sainte-Catherine.Plus de 1000 logements y seront rénovés.A proximité, à l'ouest de la rue Saint-Urbain, se situe l'endroit désigné pour la salle de concerts.Les sites historiques sont sujets à des études intensives en vue de leur préservation.Ainsi par exemple, le territoire situé autour de l'hôtel de ville a été récemment homologué dans le but d'assurer la réalisation d'un centre administratif adéquat pour la métropole du Canada, tout en mettant en valeur des sites historiques tels que le marché Bonsecours, l'église Bonsecours et le château de Ra-mezay.Toutes ces mesures de rénovation augmenteront les opportunités d'affaires dans le centre de la ville et lui permettront de concurrencer adéquatement les centres d'achat suburbain.Expansion périphérique Le développement des rives du Saint-Laurent présente un problème d'actualité avec le parachèvement de la canalisation du Saint-Laurent.Déjà le port subit des transformations radicales par l'addition de nouveaux bâtiments et de nouveaux aménagements au coût de plusieurs millions de dollars.Les développements industriels à Valleyfield, Laprairie, Varennes, Verchères, Contrecoeur, soulèvent des problèmes d'utilisation du sol à lechelle métropolitaine et régionale.La question des liaisons véhiculaires à travers le fleuve devient d'une importance capitale.Le nouveau pont prévu à l'île des Soeurs ne répondra qu'aux besoins imméd;ats.L'apparition d'un New-Jersey sur la rive sud laisse entrevoir des problèmes auxquels l'urbanisme doit faire face dès maintenant.Une enquête approfondie se poursuit ac- Les taudis du centre de la ville L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956—11 tivement sur le potentiel industriel dans la région du port et du canal Lachine.11 n'y a aucun doute que les industries vont continuer de s'installer en dehors du centre, autour de noyaux déjà bien actifs, comme par exemple le long du boulevard métropolitain.Ces déplacements industriels s'accompa-anent de vastes développements domiciliaires dans toute la région de Montréal.Pour servir cette expansion urbaine à travers la région métropolitaine, il faut un réseau d'au-tostrades modernes.Une ceinture est projetée autour du noyau central.Au nord c'est le boulevard métropolitain rejoignant à ses deux extrémités l'autostrade est-ouest, projetée en bordure du fleuve.Pour relier ces deux branches de l'autoroute de ceinture, il faut des autostrades nord-sud, l'une traversant la montagne et l'autre dans la partie est du centre.A la voie de ceinture viennent aboutir les grandes voies d'accès à l'île conduisant aux ponts du Saint-Laurent et de la rivière des Prairies.A l'intérieur de ce réseau viennent se loger les grandes distributrices locales, comme Cavendish, Décarie, Pie IX, etc.La montagne sera encerclée par de larges boulevards et traversée par des artères est-ouest reliant l'avenue du Parc au chemin de la Côte des Neiges.Un plan d'ensemble de-ce squelette fondamental du réseau rou-t'er est en préparation, de façon à ce que l'on puisse procéder par étapes rationnelles à sa réalisation.Le stationnement demande, surtout dans le centre et le long des grandes artères, des espaces hors lue permettant de libérer la voie publique pour les véhicules en mouvement.Divers projets sont déjà en voie d'exécution.Des règlements récents exigent que tout nouveau bâtiment fournisse ses propres espaces de stationnement hors rue et également dans le cas de bâtiments commerciaux et industriels, des espaces de chargement et de déchargement pour la marchandise.Récemment, le Service d'Urba-nisme publiait un rapport établissant un programme concret pour les espaces libres à travers la ville.Ce programme est en voie de réalisation.Contrôle architectural Graduellement, une nouvelle architecture s'imposera à travers la ville.Des règlements récents tendront à éviter les erreurs du passé, comme par exemple en ce qui concerne les escaliers exté- rieurs, le chauffage central, les antennes de télévision et autres problèmes.Les rues Sherbrooke et Dorchester et le boulevard métropolitain sont maintenant surveillés de près, grâce à des règlements exigeant un traitement architectural approprié des bâtiments érigés en bordure.Un comité spécial commencera à siéger sou peu pour étudier les moyens d'introduire, dans notre règlementation, un contrôle architectural satisfaisant de la construction.Il appartient au Service d'Urbanisme de rappeler constamment à tous que l'esthétique fait partie essentielle de la vie d'une ville.On est trop souvent porté, dans un pays neuf comme le nôtre, à considérer comme un luxe les squares d'ornement, les monuments et le soin architectural apporté aux bâtiments.L'expérience prouve que le souci d'esthétique paie en esprit civique et aussi en dollars.Toute notre réglementation de la construction fait d'ailleurs l'objet d'une rénovation complète.Un comité commence l'étude du Code du Bâtiment, afin de remettre tout à fait à point nos règlements de construction.Le Service d'Urbanisme a également entrepris la revision des règlements de zonage.Déjà deux districts, comprenant sept quartiers, ont été zonés suivant les normes les plus modernes.Avant deux ans, les onze districts de la ville auront été a'nsi rezonés et l'on pourra procéder rapidement à l'élaboration d'un véritable Code du Zonage.C'est l'intention du Service d'utiliser les méthodes les plus modernes dans la préparation de ce Code du Zonage.Les coefficients de production de nuisances pour les zones industrielles seront utilisés de préférence à une classification rigide.De même, l'on recourra aux index de superficie L'apparence du quadrilatère Ontario, Sanguinet, DeMontigny, St-Dominique, une fois réalisé le plan Doiois d'élimination des taudis.12 — AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR iMCNTiMl 40UC*V( %r* cl out iff Tf Nft'A «CHSI îc’t isu* MMMtC (STI «ou ST (JS1 tAv'LLt tCLOCi «UAC»T LAC OCS OCUIMOHTâCNCS vaudacuh ! Mlll«» LAC ST LOUIS LAARAl •AMAl* OTTAWA TOAONTO [CHATEAUGuâT •EAÜHAANOlt, .VAl^C vpiclo CTATS-ÜNIS Un regard dans l'avenir RÉGION DE MONTREAL EN 1980 ¦¦ DÉVELOPPEMENT URBAIN EXISTANT EN 1956 DÉVELOPPEMENT URBAIN PROBABLE EN I960 - VOIES PRINCIPALES EXISTANTES EN 1956 -VOIES PRINCIPALES PROBABLES EN 1980 OOOOO TRANSPORT EN COMMUN RAPIDE PROJETE —LIGNES DE CHEMIN DE FER AÉROPORTS SERVICE D'URBANISME VILLE DE MONTRÉAL de plancher et autres similaires plutôt qu'aux gabarits rigides, de façon à assurer un contrôle satisfaisant, tout en laissant la plus grande liberté possible aux promoteurs et aux constructeurs.Autant que faire se peut, la réglementation est conçue de façon à s'appliquer d'une façon générale à travers toute la ville.L'application devient ainsi beaucoup plus facile et pour les citoyens et pour le Service d'Urbanisme.On a ainsi en préparation des règlements généraux pour l'affichage, les postes d'essence, les hôpitaux privés, les maisons de chambre et plusieurs autres constructions.Dans ce domaine, le Service d'Urbanisme a maintenant la surveillance complète de tout ce qui concerne la construction, tant au point de vue stabilité qu'hygiène et protection contre l'incendie.Une réorganisation de grande envergure a été initiée et commencera sous peu à porter ses fruits, en simplifiant considérablement l'émission des permis et les inspections.Il ne suffit pas de surveiller la construction en cours, de protéger ce qui existe et de tracer des plans pour l'avenir.Il faut surtout prendre les moyens de réaliser les mesures jugées les plus aptes à assurer le progrès de notre ville.Il y a deux facteurs qui comptent primordialement à ce point de vue : c'est le temps et l'argent.Les projets ne veulent rien dire s'ils ne sont pas accompagnés d'un programme de dépenses capitales, établissant l'ordre de priorité ou d'urgence de ces projets et leur possibilité d'exécution dans le cadre des disponibilités financières de la Ville.Le Service d'Urbanisme s'attaque à ce problème.C'est avec de l'imagination, de la persistance, des sacrifices pour le présent, des dépenses pour l'avenir et une opinion publique éclairée que l'on bâtira un nouveau Montréal dont nous serons fiers.Votre collaboration, messieurs, est indispensable.J'escompte bien que, comme par le passé, les ingénieurs continueront à nous accorder ce support et nous profitons de l'occasion pour les en remercier.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956— 13 N) NOUVELLE MACHINE À ESSAIS STATIQUES ET EN FATIGUE PAR TENSIONS TRIAXIALES par GEORGES WELTER.ANDRÉ CHOQUET, Professeur de mécanique appliquée Professeur agrégé, Département de et chef du Département de Résistance des Matériaux Résistance des Matériaux, Ecole Polytechnique à l'Ecole Polytechnique de Montréal de Montréal.Né au Luxembourg, le Docteur Georges Welter obtint son diplôme d’ingénieur en mécanique appliquée à l’Ecole Polytechnique de Charlottenburg en 1915.Cette institution lui conférait plus tard un doctorat pour ses travaux de recherches sur les aciers.Après une expérience d’une dizaine d’années dans les laboratoires industriels de recherches en métallurgie physique, il fut nommé en 1931 professeur à la faculté de Chimie et de Métallurgie de l’Ecole Polytechnique de Varsovie.Quelques années plus tard, il fondait l’Institut de Recherches Scientifiques en Métallurgie de cette université.Depuis 1941, le Docteur Welter est attaché au département d’Essais des Matériaux de l’Ecole Polytechnique de Montréal où il consacre son temps à l’enseignement, à la recherche et à la publication d’articles scientifiques, dont il a au-delà d’une centaine à son crédit.M.André Choquet est né à Montréal et a fait ses études secondaires à l’école supérieure D’Arcy McGee.Bachelier en sciences appliquées et ingénieur de Polytechnique, en 1948, il y obtenait une maîtrise l’année suivante.Pendant un an, il travailla au ministère des mines de la Province de Québec, après quoi il entra comme assistant professeur aux départements d’essais des matériaux et de métallographie de l’Ecole Polytechnique.Il a passé une année d’études à l’Ecole Fédérale de Zurich.Introduction L'étude du comportement élastique et plastique des matériaux soumis à diverses sollicitations a fait l'objet de très nombreuses recherches jusqu'ici au moyen d'éprouvettes uniaxiales et biaxiales.Les résultats obtenus ont permis de déterminer les résistances particulières de chaque élément structural utilisé mais dans des conditions qui ne sont pas toujours celles qui répondent à la réalité.Très souvent les constructions mécaniques utilisées comportent des efforts se développant dans les trois dimensions, tel que pour les capacités à haute pression (pressure vessels) par exemple ou la tuyauterie à parois épaisses, d'où la nécessité de résultats expérimentaux permettant de connaître leur comportement dans ces différents cas.Plusieurs théories de plasticité basées sur l'état d'efforts tri-dimensionnels ont été imaginées qui complètent celles concernant l'état bi-dimensionnel plus restreintes dans leur application.Dans les deux cas leurs confirmations expérimentales sont nécessaires.Les tensions triaxiales résultant du laminage, par exemple, sont très différentes des tensions triaxiales existant dans un bloc coulé.Les premiers essais triaxiaux réalisés dans nos laboratoires de Résistance des Matériaux à Polytechnique remontent aux années 1947-48 alors qu'on utilisait un appareil pour lequel l'application des charges se faisait mécaniquement par étapes sur chacun des trois axes alternativement.Ensuite une machine comportant une charge hydrostatique fut réalisée, par laquelle les efforts de traction purent être appliqués simultanément sur les trois axes.Ces deux appareils furent décrits dans le Welding Journal de novembre 1948 dans la section "Research Supplement''.Les premiers résultats d'essais expérimentaux furent également présentés.D'autres essais de ce genre ainsi que le développement de machines pour produire des tensions triaxiales ont été l'objet de publications parues récemment dont quelques-unes sont mentionnées dans la bibliographie à la fin de cet article.Description de l'appareil Cet appareil est une nouvelle machine permettant des essais simples et répétés en traction K —AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR ***** fidèlement les déformations surtout une fois le point d'écoulement dépassé.En plus de ces éléments principaux, bloc d'acier et pistons mobiles, la machine hydrostatique possède différents accessoires dont les plus essentiels sont : Ces pistons au nombre de six, dont chacun est vissé aux axes de l'éprouvette, subissent l'action directe de la pression hydrostatique et transmettent ainsi une poussée qui constitue la charge proprement dite.a) un orifice d'entrée d'huile situé à l'arrière de la boîte et indiqué par la lettre H sur la figure 2, b) deux soupapes de chaque côté du bloc sur les arêtes supérieures et inclinées à 45° et qui servent à l'expulsion de l'air enfermé à l'intérieur (Lettre S de Fig.2); c) une barre d'acier sur chaque ouverture pour empêcher les pistons d'être projetés à l'extérieur, advenant la présence accidentelle d'air dans le bloc (Fig.1-b et 2); d) deux vis de réglage de pression, pour compenser les pertes dues aux fuites, au cours de longs essais (face avant Fig.2).Afin d'éviter toute excentricité dans les charges, les pistons ont été usinés sphériquement le long de l'axe longitudinal.De plus, une quasi-parfaite étanchéité est as- Avec l'utilisation de ces petits pistons, la poussée résultante sera Fig.1 b — Machine assemblée pour opération sous efforts répétés.Fig.la — Détails de la machine de traction triaxiale.dans les trois axes principaux.Dans toute sa simplicité l'appareil est un bloc de 6" x 6" x 6" dans lequel trois trous cylindriques de 3.5" de diamètre furent perforés perpendiculairement l'un à l'autre dans les trois axes tel que montré à la Figure 1-a et 1-b.Le specimen total a 3 pouces de longueur dans chaque axe et est vissé dans un piston ajusté dans un cylindre et les cinq autres pistons sont vissés de la même façon.La partie centrale du specimen est un cube de 21/32" de côté terminé par six longueurs filetées qui se vissent aux pistons circulant dans autant de cylindres.Une récente amélioration à la machine permet d'adapter un manchon sur chaque ouverture, retenu au bloc principal par quatre boulons, pour l'installation de pistons plus petits mesurant deux pouces de diamètre (Fig.1-b).beaucoup plus faible qu'avec les premiers puisqu'elle est égale au produit de la section effective du piston par la pression.De cette façon, on peut employer l'un ou l'autre de ces pistons suivant la résistance de l'échantillon mis à l'essai.Pour des métaux très ductiles et ceux dont on ignore le comportement en tension triaxiale, il nous sera plus facile de contrôler l'accroissement de tension unitaire sur le cube et de suivre plus L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1956—15 Fig.2 — Vue de la machine de traction statique triaxiale.gH i surée par un anneau en caoutchouc qui encercle fermement chaque piston dans sa rainure.Pour produire des essais sous charges répétées en traction au moyen de cet appareil triaxial, un système automatique de pompage à l'huile fut ajouté, qui, actionné par un moteur électrique, produit à chaque cycle le maximum de la charge appliquée.Un tarage des charges dynamiques fut fait au moyen de jauges électriques SR-4 et d'un oscilloscope.Fonctionnement La boîte hydrostatique solidaire d'une table d'acier est reliée à un réservoir d'huile entre lesquels l'alimentation se fait au moyen d'une pompe.Le boyau d'aspiration dans lequel est amenée l'huile peut supporter une pression d'éclatement de 7,000 lbs par po.car.Une fois l'éprouvette installée à l'intérieur et les pistons en place, on ajuste les micromètres sur chacun des axes.Ces instruments en forme de demi-cercle (d, e, f, figure 2) constituent un procédé nouveau pour mesurer les allongements du cube.En effet, c'est au moyen de cette installation que l'on peut suivre les déformations de l'échantillon triaxial du commencement jusqu'à la rup- ture.Auparavant, on ne disposait d'aucune façon de mesurer ces déformations en fonction de la charge.Seul l'allongement total des axes non rupturés pouvait être connu exactement.Quant à l'axe brisé, il est souvent impossible d'en rassembler fidèlement les parties, à cause de la distortion des grains du plan de rupture.Nous pouvons donc enregistrer les déformations du cube indiquées par les cadrans gradués au millième de pouce et adaptés aux extrémités de ces demi-cercles (a, b, c, figure 2).Le piston du bas étant solidaire de la table, la déformation de la partie inférieure du cube suivant l'axe vertical se fait avec soulèvement du bloc.Il faut donc pour obtenir l'allongement total placer la base du troisième micromètre (f) sur la table, et l'index sur la face du piston supérieur.Il ne s'agit plus maintenant que d'y admettre l'huile sous pression.C'est avec le manomètre enregistreur, situé à l'arrière de la machine (fig.2) quo l'on peut suivre l'accroissement progressif des charges.Ce type de manomètre fabriqué par la compagnie Fox-boro comporte des graduations radiales dont la plus petite vaut 50 lbs par po.car.Il offre de plus l'avantage d'inscrire les pressions en fonction du temps, car la carte indicatrice peut être animée d'un mouvement de rotation d'un tour à l'heure.Description des éprouvettes triaxiales Les éprouvettes employées au cours de nos expériences ont toutes les mêmes dimensions extérieures.D'apparence semblable à celle représentée sur la Figure 3, leurs entailles sont cependant plus prononcées car elles font un angle de 45 degrés.Ces échantillons usinés dans les ateliers de l'Ecole ne constituent évidemment qu'une seule pièce monolithe.Remarquons sur la Figure 3 qu'un trou est percé à chaque extrémité des axes.Ces trous sont Fig.3 — L'éprouvette triaxiale et ses étapes d'usinage, 16 —AUTOMNE 1956 L’INGÉNIEUR 11000 10000 DiRGMMHE DE.S DÉFORMATIONS DUNE Eprouvette Triaxiale EN Aluminium 150.EN FONCTiON des Efforts Unitaires AXES + 1 (SENS DU LAMlWAOt) O 2 o 3 9000 2000 ElON6ATION EM POUCE 0 040 0 020 o no Ol 40 OIQO Fig.4 — Diagramme d'essais de traction sur éprouvette triaxiale pour l'aluminium.faits pour y introduire des rivets à tête ronde, et permettent de mesurer plus exactement les longueurs initiales et finales des axes afin d'en déduire l'allongement total.Métaux employés L'aluminium pur 1 S-O, le fer Armco et un alliage, le laiton Muntz composé de 62% de cuivre et 35.3% de zinc, furent choisis pour cette série d'essais.Aucun de ces matériaux n'a subi de traitement thermique, et les éprouvettes ont été taillées directement dans les pièces reçues.Ces métaux ont été travaillés à l'usine pour être livrés sous forme de cylindres de 8" de long par 3V2" de diamètre pour le laiton laminé à froid et de barres à section carrée pour l'aluminium étiré à froid.Quant au bloc de fer, sa section originale de 24" x 24" a été réduite à 8" x 8" par un laminage dans une même direction mais sur deux faces à la fois.C'est dans cette dernière pièce qu'on a taillé l'éprouvette triaxiale.Pour fin de comparaison et pour mieux examiner l'anisotropie du métal, les trois éprouvettes ont toutes un axe usiné dans la direction du laminage, et les deux autres transversalement.Usinages On peut voir facilement par la Figure 3 quelles ont été les différentes étapes de fabrication de l'éprouvette triaxiale.Celle-ci complétée, son noyau affecte la forme d'un cube de 21/32 de pouce de côté, obtenu au moyen d'une scie circulaire de 1/16" d'épaisseur, dont on peut voir les traces sur l'éprouvette.Notons que différents types de ces éprouvettes ont été usinés.Certaines comportaient des entailles de 5 à 10° et d'autres tout près de 90°, dans le but d'étudier leur influence sur le cube.Calcul de la tension unitaire Sur une paroi quelconque soumise à une pression hydrostatique uniforme, la poussée résultante exercée sur cette paroi suivant un axe donné est égale au produit de la pression, par sa projection sur un plan perpendiculaire à l'axe.Nous aurons donc comme charge effective appliquée : P = p (A — a) dans laquelle : P = la charge effective en lb.exercée dans chaque axe.p = la pression hydrostatique en lb.par po.car.enregistrée au manomètre.A = la section du piston en po.car.a = la section du cube (qui ne transmet pas de poussée) Cette charge appliquée sur chacune des faces du cube, produit une tension unitaire déterminée comme suit : 44000 Tension unitaire 40000 o Rupture 41700 A%.‘ 32000 26000 24000 (SENS DU LAMINAGE) 16000 12000 Diagramme des Deformations dune Eprouvette Triaxiale en Laiton Muntz en Fonction des Efforts Unitaires Elongation en pouce 00 to 0 015 0020 0 025 0 035 0 040 Fig.5 — Diagramme d'essais de traction sur éprouveiïe triaxiale pour le laiton "Muntx." L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956— 17 4 ZOOO 44000 3 2000 Diagramme DES DÉFORMATIONS DUNE EpROUUETTE TRiARiALE EN Fer Armco en Fonction des Efforts Unitaires CAO OO 24000 AXES ?1 (SENS DU LAMINA6E) o 2 x 3 20000 E.LON6ATI0N EN POUCE 0010 0 020 0 030 0 040 0 050 0060 0 060 Fig.6 — Diagramme d’essais de traction sur éprouvette triaxiale pour le fer "Armco." _ P _ P (A —a) a a en lb.par po.car.pas pour ainsi dire de plan défini de rupture et l'allongement total de cet axe dépassait un demi-pouce.car.D'apparence fibreuse, le plan de fracture observé ne présente aucune trace évidente d'anisotro-pie.Ce type de laiton beaucoup moins ductile que l'aluminium ne semble pas avoir subi de déformation appréciable dans les axes car les faces polies des entailles sont demeurées intactes.Le troisième et dernier essai (Figure 6) démontre que le fer Armco est un métal très ductile mais pas autant que l'aluminium 1 S-O.Le plus résistant des trois métaux, il subit une tension unitaire maximum de 47,400 lbs par po.car.perpendiculairement à la direction du laminage.Le plan de rupture montre une structure granulaire à gros grains, et une fracture suivant une face orientée dia-gonalement dans le cube.De ces trois essais on peut conclure qu'en tension triaxiale d'éprouvettes laminées, les axes qui semblent offrir le moins de résis- Essais statiques des éprouvettes triaxiales Etablissons maintenant les résultats obtenus des essais sur les trois éprouvettes mentionnées précédemment.* Notre premier essai (Figure 4) effectué sur l'aluminium 1 S-O à l'aide des petits pistons de 2 pouces, étant donnée la faible résistance de ce métal, présentait les caractéristiques suivantes : rupture dans l'axe perpendiculaire à la direction du laminage, à une pression hydrostatique maximum de 2,125 lbs par po.car., soit une tension unitaire maximum de 13,400 lbs par po.car.dans le cube.Ce métal possède une si grande ductilité que la rupture s'est produite après un allongement très prononcé à l'origine de l'axe mais à l'extérieur du cube.Il n'existait * Ces essais ont été exécutés par M.Jean Favron au cours de sa thèse d'élève finissant de Polytechnique.Le second essai (Figure 5) réalisé sur l'alliage de cuivre Muntz nécessita l'usage des pistons de 31/2" de diamètre, puisque l'on prévoyait un effort de rupture assez élevé.L'éprouvette céda dans un axe transversal au laminage à une tension unitaire maximum dans le cube de 41,700 lbs par po.tance sont ceux qui correspondent aux deux directions transversales au laminage.Mesures de déformations plastiques au moyen d’empreintes de dureté Vickers Pour connaître la distribution des efforts à l'intérieur du cube, Fi g.7 — Sections d'éprouvettes triaxiales montrant les séries d'empreintes de dureté Vickers.d^ÊjÊÊKjÊÈÉttÈS^ 18 —AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR «SK nous aurons recours à la méthode des empreintes de dureté Vickers.Nous savons par expérience qu'un métal assujetti à des déformations à froid devient plus dur qu'à l'état normal.Tel est le cas par exemple d'une broche ou d'une plaque de métal que l'on plie dans un sens et dans l'autre.On s'aperçoit aussitôt qu'en répétant cette opération, l'effort requis s'accroît de plus en plus et que la pièce a tendance à se plier dans la région voisine des premiers pliages.Et voilà qu'après un certain temps, cette pièce qui semblait très ductile au début se casse brusquement.L'explication qu'on y apporte est que les déformations plastiques à froid d'un métal ont pour effet de le durcir et de le rendre plus résistant.Ce phénomène, celui de l'écrouissage, est accompagné d'une diminution de plasticité pour ce métal.Si les déformations sont sévères, le métal n'a plus de plasticité et se brise.Donc partant du fait que les zones les plus écrouies sont les points où l'énergie emmagasinée au cours du travail à froid est la plus grande, nous pourrons trouver alors, d'une façon assez juste, comment sont répartis ces efforts.i Fig.9 — Modèles de dureté pour le fer "Armco" et le laiton "Munti Donc après préparation de la surface, l'échantillon solidement encastré dans le soufre est soumis à l'établissement d'empreintes de dureté.Chaque empreinte est espacée de l'autre d'un millimètre, et l'ensemble de ces points constitue un réseau qui couvre la moitié du cube et une partie des axes.Fig.8 — Modèles de duretés Vickers pour l'Aluminium 1 S-O.Pour entreprendre cet examen, il nous a donc fallu couper chacune des éprouvettes par leur centre suivant un plan perpendiculaire à l'axe de rupture, comme l'indique le schéma à la Figure 8.En supposant les charges parfaitement centrées et le métal isotrope, cette section de l'éprouvette devrait présenter une distribution symétrique des efforts.C'est cette hypothèse qui nous a incités à n'analyser qu'une moitié de cette section.Construction des modèles Ces moitiés d'éprouvettes dont on a coupé une partie des axes pour faire une meilleure prise dans les disques de soufre coulé sont présentées à la Figure 7.Les régions couvertes de nombreuses empreintes de dureté Vickers se distinguent assez clairement.Remarquons que dans l'échantillon du bas (Figure 7) qui est en aluminium, une demi-section seulement apparaît.Nous avons comme dans les deux échantillons du haut prélevé des points de dureté sur la moitié de la section et en avons construit le modèle.Puis cette même section a été coupée en deux et recuite à des températures élevées dans le but d'y faire une étude des zones de recristallisation.Ce que nous voyons sur la photo, ce sont les essais de dureté pratiqué sur un plan à angle droit avec le premier.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956— 19 Fig.10 Choix des éprouvettes de traction uniaxiale pour l'aluminium.On trace alors un graphique montrant la variation des duretés pour chaque rangée.Puis rassemblant ces graphiques dans le même ordre, sur une base de bois portant des rainures, nous obtenons un modèle représentant la dureté du cube et en partie celle de ses axes.~T A-il ut Z |Q2So' Fig.11 Choix des éprouvettes de traction uniaxiale pour le laiton "Muntx." Les figures 8 et 9 présentent l'aspect général de ces modèles construits pour le fer, le laiton et l'aluminium à l'état écroui, et a-près recuit.Une échelle dix fois plus grande a été adoptée pour l'espacement.Quant à la dureté Vickers, elle est indiquée par l'échelle verticale.Constatations particulières On se rend compte que toute la région du cube étudié possède une dureté sensiblement uniforme, mais que dans les axes la dureté s'accroît brusquement.On peut conclure que la distribution des efforts à l'intérieur du cube est uniforme, même au voisinage des entailles où l'on croyait en la présence de concentrations d'efforts.Cette augmentation de dureté observée dans les axes indique que le degré d'écrouissage est très prononcé et qu'à l'intérieur du cube il n'y a pas eu d'écrouissage.Affirmation qui semblerait plausible, puisque cette partie des axes extérieure au cube n'est soumise qu'à des efforts uniaxiaux et n'est pas contrebalancée par des efforts transversaux.Choix des éprouvettes de traction uniaxiale pour le fer "Armco." Eprouvettes uniaxiales en tension simple Dans les mêmes pièces de métal qui ont servi à l'usinage des éprouvettes triaxiales, nous avons prélevé dans une région voisine quatre petits échantillons de 31/2 pouces de longueur.Comme les Figures 10, 11 et 12 l'indiquent, les specimens portant les numéros 1 et 2 sont usinés dans la direction du laminage.Les numéros 3 et 4 indiquent des échantillons prélevés dans la direction perpendiculaire au laminage.C'est sur la machine universelle Baldwin que les éprouvettes uniaxiales ont été soumises à des es- ALuniNiun ISO TENSION PURE i L*/ E 7.5X10 0000 Fig.13 — Diagramme d'essais de traction statique sur éprouvette uniaxiale pour l'aluminium.20 —AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR sais de traction statique.Les premiers essais ont été réalisés à l'aide d'un extensomètre à haute précision, pour pouvoir mieux étudier la région élastique du métal.Par la suite le graphique des charges et déformations fut fait par enregistrement automatique.Les Figures 13, 14 et 15 sont des reproductions des originaux.Quant aux valeurs inscrites sur chacune des courbes elles sont une moyenne calculée pour les éprouvettes 1 et 2, 3 et 4.Les résultats présentés au Tableau 1 indiquent un fort pourcentage d'allongement et de réduction de section pour les trois métaux.L'aluminium est particulièrement ductile, puis le fer et enfin le laiton.La différence de ductilité entre le sens du laminage et le sens transversal est très prononcée pour le métal Muntz, tandis que l'aluminium et le fer Arm-co ont une ductilité plus uniforme et aussi plus élevée.Considérations générales Ce travail décrit sommairement le développement d'une machine permettant de soumettre des é-chantillons simultanément à des efforts triaxiaux.Les résultats de quelques essais préliminaires en traction et de nombreuses em- ÜliTON Mumtt tension pure 3000 49500 *¦%* 2500 lb./ LP 20.300 /fl».1 0.0/0 0020 0040 0050 0.060 Fig.14 — Diagramme d'essais uniaxiale pour preintes de dureté Vickers prises sur des échantillons en aluminium, en laiton et en fer Armco sont également présentés.D'autres résultats d'essais préliminaires en statique et en fatigue se poursuivent et seront publiés à une date ultérieure.Par ces essais nous avons réussi à imposer des efforts de tension rigoureusement balancés qui ont été appliqués en augmentant graduellement et simultanément les charges jusqu'à la rupture, à une Fer Armco TENSION PORE 1500 40.600 40J 00 1500 1000 Elongation fVfc Fig.15 — Diagramme d'essais de traction statique sur éprouvette uniaxiale pour le fer "Armco de traction statique sur éprouvette le laiton "Muntx." éprouvette en forme de cube (21/32 pouce de côté) dont les 6 faces sont munies d'axes filetés.Par conséquent, ce cube qui présente un volume de métal bien défini est soumis à des efforts de tension triaxiaux uniformément répartis dans toute sa masse.Il est évident qu'aussi longtemps que ces efforts de tension sont exercés d'une façon rigoureusement égale par les charges appliquées, tel que cela est devenu possible grâce à un système hydrostatique employé, le cube est déformé élastiquement.L'effet de la striction dans le cube sous ces conditions est devenu impossible, et un tel échantillon soumis à des efforts sans que le coefficient de Poisson puisse intervenir et qui a dépassé une charge limite est certainement intéressant à étudier dans son comportement sous tensions triaxiales jusqu'à la rupture.Au lieu d'obtenir le diagramme charge-allongement bien connu pour les échantillons uniaxiaux déformés jusqu'à la rupture comme par exemple l'acier doux, "abc" d'après le diagramme A de la Figure 16, la mise en charge du cube se fait par efforts triaxiaux d'après "ab" du diagramme B.Ceci a été pour L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 21 Tableau 1 ESSAIS DE TENSION SUR ÉPROUVETTES UNIAXIALES AU MOYEN DE LA MACHINE UNIVERSELLE BALDWIN Aluminium 1 S-O Orientation des éprouvettes Diamètre pouce Charge maximum lb.Tension unitaire maximum lb./po.ca.% allongement sur 1 pouce %.réduction de section Sens du laminage 0.250 542 11050 58 91 • i a a 0.250 552 11250 50 90 Transversal 0.250 486 9900 53 83 " 0.250 489 9850 56 81 Laiton "Muntz" Sens du laminage 0.250 2430 49600 54 58 " " •• 0.250 2420 49400 54 58 Transversal 0.250 2290 46700 45 37 ## 0.250 2270 46300 44 37 Fer "Armco" Sens du laminage 0.250 2020 40900 52 68 " " " 0.250 1990 40300 51 68 Transversal 0.250 2000 40400 50 75 it 0.250 1950 39800 50 75 DI AGR A DIAGR B DEFORMATIONS Fi g.16 Schémas pour essais de traction uniaxiale IDiaqr.Al et triaxiale IDiaqr.Bl.la première fois expérimentalement réalisé en résistance des matériaux.L'écoulement du métal étant supprimé dans le cas d'une charge triaxiale, la partie "ab" du diagramme A représentant la mise en charge élastique, se trouve prolongée en ligne droite d'après "ab" du diagramme B et indique le module d'élasticité du métal jusqu'à rupture dans le domaine purement élastique.Malgré une limite d'écoulement du métal relativement basse d'une valeur d'environ 50 pour cent seulement de la charge maximum à la rupture, le cube reste parfaitement élastique jusqu'à cette charge maximum de rupture, c'est-à-dire jusqu'à ce que le plus faible des trois axes cède à la charge appliquée.Ceci aura lieu naturellement à la condition que l'application des efforts soit parfaitement balancée dans les trois axes et qu'elle augmente régulièrement et uniformément dans le matériel soumis à l'essai.Il est intéressant de noter que cette rupture, due aux effets des entailles adjacentes à la surface extérieure du cube, se produit exactement dans ce plan si le matériel soumis à l'essai est suffisamment homogène.De plus, la rupture se produit pour les matériaux laminés dans l'axe transversal au sens du laminage qui est, d'après un fait bien connu, généralement plus faible.Pour les matériaux déformés plastiquement à chaud, l'axe le plus résistant se trouve dans le sens du laminage; par conséquent, il ne se présente pas de rupture dans cet axe.Sous essai triaxial, le cube de n'importe quel matériel ou alliage, ductile ou non, se comporte comme un corps complètement rigide dû au fait que toute contraction latérale est supprimée dans ce nouveau genre d'essais.De plus si par quelque procédé, la rupture prématurée dans le prolongement des faces du cube pouvait être évitée, alors le cube lui-même pourrait être soumis à des efforts purement élastiques jusqu'à des tensions appréciable-ment plus élevées que celles que nous connaissons actuellement.On pourrait alors s'approcher ex- périmentalement de la cohésion effective des matériaux dont nous n'avons aujourd'hui qu'une faible idée des valeurs réelles impliquées.BIBLIOGRAPHIE Georges Welter, "Two New Methods for Testing Triaxial Specimens'', The Welding Journal Research Supplement, Novembre 1948.H.de Leiris et P.Bastien, "Détermination de la pression d'éclatement d'une capacité à partir des caractéristiques du métal à la traction'', Communication présentée le 27 mars 1953, dans le cadre des conférences sur les Essais des Métaux organisées par l'Institut de Recherches Métallurgiques de l'Université de la Sarre avec la collaboration de sociétés métallurgiques affiliées.H.H.B.Wiseman et Joseph Marin, "A New Triaxial Stress Testing Machine for Determining Plastic Stress-Strain Relations", A.S.T.M.Proceedings, Vol.54, 1954.B.Crossland et J.A.Jones, The Ultimate Strength of Thick-Walled Cylinders Subjected to Internal Pressure", Engineering, 21 janvier 1955.W.P.Kerkhof, "Stresses in Welded Pressure Vessels", The Welding Journal, Janvier 1956, p.41-s.22 —AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR LA CENTRALE PROVISOIRE POUR LE PROJET HYDROÉLECTRIQUE DE LA RIVIÈRE BERSIMIS par ÉDOUARD PRÉVOST.Ing.P.Division des Aménagements, Commission Hydroélectrique de Québec, Montréal Né à Montréal, l’auteur fit ses études secondaires au Mont Saint-Louis et fut diplômé à l’Ecole Polytechnique de Montréal avec grande distinction en 1921.Après un an à l'emploi de la Cité de Montréal et une autre année à la Compagnie du Téléphone Bell, il s’orienta définitivement vers la construction tant sur les chantiers que dans l’élaboration des plans.Dans le premier domaine, il collabora à l’érection de maints édifices importants, dont le nouveau Palais de Justice à Montréal et l’immeuble imposant de l’Université sur le versant du Mont-Royal.Dans le second, il fit partie, durant la dernière guerre, du bureau des ingénieurs de Defence Industries Limited puis du laboratoire du Conseil National des Recherches établi pour l’étude de l’énergie nucléaire.Le premier mai 1946, il entra au service de l’Hydro-Québec comme ingénieur projeteur à Beauharnois, permutant au bureau de Montréal en février 1952.Lorsque fut décidé l'aménagement d'une centrale sur la rivière Bersimis, l'un des premiers problèmes qui se posèrent fut celui d'une source d'approvisionnement en énergie électrique pour l'exécution du projet.A cause de l'ampleur de l'entreprise et des conditions locales, le problème présentait des aspects particuliers dont la description fait l'objet du présent article.En premier lieu, il fallait déterminer la quantité d'énergie requise.Elle devait servir à deux fins : actionner la machinerie sous toutes ses formes et assurer les services auxiliaires dans les camps.Rappelons l'étendue des travaux qui consistent en deux barrages pour créer un réservoir dans le but de régulariser le débit de la Bersimis à 9300 pcs et augmenter la hauteur de chute de 715 pieds à 875 pieds; en une centrale et un tunnel dont le percement était fait en partant de trois entrées espacées à 16,000 pds; en un village permanent comprenant 150 logements et tous les édifices de service ainsi qu'une agglomération provisoire de 34 huttes, divers ateliers, entrepôts et bureaux pour la période de construction, et enfin en l'érection de concasseurs et tamis pour la préparation des aggrégats et l'installation des quatre malaxeurs de deux verges cubes chacun pour le mélange des 550,000 verges cubes de béton requises par le projet.Chacun de ces six emplacements constituait une entité distincte avec des besoins tombant dans les deux catégories mentionnées plus haut.De fait, six sous-stations de 3500, 2200, 2800, 2850, 2000 et 1300 KVA chacune furent installées avec un certain facteur de réserve, indispensable dans une entreprise de ce genre.OWQI CC HWMÇTUWt «ItULATUtCI tWWOCwfX»! »t»Tt MATUHIUC P*0 T f CTWlÇÇ rr?ïr*rïcr » OC NC S OC CâftftltftC couCMC t^CNTC MATVHnf CNWQCHgM* miWÇiML WOCHCS PC -Ui'JO.CNROCMC .LUJU» .LUÎJJ rr'M» I Jlllrf*^! HYDRO - QUEBEC AMENAGEMENT LAC CASSE-BERSIMIS COUPE TRANSVERSALE DU BARRAGE PRINCIPAL AU LAC CASSE MONTRANT EN PLUS LE TUNNEL DE DETOURNEMENT.SA PRISE DEAU AVEC SOUPAPE REGULATRICE AINSI QUE LA CENTRALE PROVISOIRE.SA STRUCTURE TE VANNAGE ET SES TUBES o’ AMENEE Fig.1 L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 23 M/TnI/Ki/N/I uo Fig.2 — Coupe transversale de la centrale à St-Timothée.Les besoins déterminés, il s'agit ensuite de trouver la source d'énergie.Trois solutions furent envisagées : la première prévoyait l'achat et l'installation de moteurs diesel.Leur coût et celui du carburant rendu à pied d'oeuvre écartèrent immédiatement cette alternative; la deuxième consistait en un approvisionnement disponible à la centrale de Mani-couagan.Le coût comparatif devait inclure celui de l'intérêt sur la construction anticipée de quatre ans de la ligne de transport prévue.Le facteur décisif de rejet fut la quasi-certitude de ne pas avoir cette ligne assez tôt.La troisième solution ne manquait pas d'audace mais les circonstances la rendaient pratique.C'était une installation hydroélectrique dont les éléments seraient fournis par la centrale désaffectée de Saint-Timothée près de Beau-harnois.Nous pouvions récupérer deux génératrices de 7500 HP chacune et les turbines qui les actionnaient.Quant à l'emplacement, il fut choisi après étude sur les lieux et autour de la table à dessin.Lors d'une visite d'inspection à l'emplacement du barrage principal la découverte d'un emplacement qui semblait propice à l'installation d'une petite centrale amena les ingénieurs à étudier sérieusement les possibilités qui s'offraient.Le lac Cassé qui devait être barré près de sa sortie n'est qu'un élargissement de la rivière Bersimis.Un cap de roc constitue l'étranglement qui le ramène au cours de la rivière.Ce rétrécissement est en même temps la crête d'un escarpement qui crée une chute de 85 pieds.Ce pan vertical suit le côté aval de la pointe de roc et revient sur lui-même en formant une sorte d'anse.Il est à sec sauf aux périodes de crues.L'emplacement convenait évidemment très bien à un aménagement hydroélectrique.De fait, les travaux se firent à sec.En amont, la topographie fournit une protection naturelle jusque vers la fin des travaux, alors que des batardeaux vinrent assurer la protection contre les crues.En aval, les caractéristiques des turbines disponibles amenèrent une situation tout-à-fait particulière.En effet, la hauteur de chute caractéristique des turbines de Saint-Timothée était d'environ 53.5 pieds.Au lac Cassé, la hauteur disponible était à peu près de 87 pieds.Il y avait un trop grand écart entre ces deux chiffres pour une adaptation telle quelle.On en arriva à une solution tout-à-fait satisfaisante en plaçant la turbine à une hauteur relative correspondant à celle de Saint-Timothée et en donnant au tube d'aspiration le profil d'un syphon.De cette façon, tout danger d'appel d'air fut éliminé.Voilà pourquoi nous sommes témoins du phénomène de l'eau continuant à descendre à sa sortie de la centrale.En plus, la topographie fut étudiée et des plans préparés en vue de la disposition la plus économique de l'ensemble.En conséquence, les groupes furent orientés à 90° de leur position première.L'arbre moteur est parallèle au côté longitudinal de la bâtisse et se trouve normal aux conduites forcées et au tube d'aspiration.Si l'installation proprement dite s'opéra dans des conditions favorables, il convient d'en faire l'historique complet pour mettre en relief les principaux facteurs.Décrivons d'abord les turbines et les génératrices puis accompa-gnons-les depuis l'édifice de Saint-Timothée dont elles étaient partie intégrante jusqu'à leur Fig.3 — Coupe transversale de la centrale au lac Cassé.?4 — AUTOMNE 1956 L'INGÉNIEUR QUEBEC Fig.4 ancrage au plancher de l'usine du lac Cassé ,soit une distance de 415 milles.Les turbines sont du type Francis avec axe horizontal et roues motrices jumelées.Elles ont une puissance de 7200 HP sous une hauteur de chute de 48 pieds et un débit de 1500 pcs.A Saint-Timothée, une seule conduite forcée avec bifurcation alimentait les deux roues vu leur direction parallèle au courant d'eau.(Fig.2) Disons en passant que l'arbre moteur a 38'-5" de longueur, 18" de diamètre dans sa partie médiane, et les deux paliers de supports sont à 31'-6" de centre en centre.Elles furent installées vers 1912.Les alternateurs sont placés dans le prolongement des turbines.Ils ont une puissance de 5000 KVA, tournent à 150 rpm et génèrent de l'électricité à 2300 volts.Ils ont été en service continu jusqu'à ce que l'Hydro-Québec les acquière, pour profiter du débit de 6000 pcs que prenaient les quatre groupes.En détournant cette masse d'eau vers la centrale de Beauharnois, on lui ajoutait quelque 32 pieds de chute, puisque la hauteur utilisable à Beauharnois est de 80 pieds.Cette machinerie était encore en parfaite condition, et il fut décidé de la transporter au Lac Cassé et de l'y faire servir à la jMKÉrJE Fig.5 — Démontage d'une turbine dans la centrale de Saint-Timothée (Photo Canadian Inqersoll Rand).construction de l'aménagement de Bersimis.Deux alternateurs et leurs turbines et suffisamment de tubes d'amenée pouvaient être récupérés.L'entreprise était délicate mais pleinement de la compétence de ses artisans.Les travaux de déménagement commencèrent en août 1952.Il fallut enlever les pièces à l'air libre et dégager celles qui étaient prises dans le béton, sans les endommager.Chaque pièce fut identifiée et emballée avec soin.Le transport se fit par fardiers jusqu'à Beauharnois ou Montréal, par bateau jusqu'à Forestville, de nouveau par fardiers jusqu'à la rive droite du Lac Cassé et enfin par bateau-passeur jusqu'à l'emplacement proprement dit qui se trouvait sur la rive gauche.Les derniers milles du trajet pour arriver au Lac Cassé présentèrent de réelles difficultés, vu l'absence totale de route.Le transport durant la saison froide eut ceci de favorable que le gel avait con- Fig.6 — L'arbre moteur et les roues motrices jumelées d'une turbine, en route vers le Lac Cassé.(Photo Canadian Ingersoll Rand).L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 25 : ,/** à** *0 A w' ' *&&**', r; Fig.10 — La centrale provisoire au Lac Cassé, montrant l'eau s'écoulant en cascades des tubes d'aspiration.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1956 — 27 LES BARRAGES ET LE TUNNEL D’AMENÉE À BERSIMIS par CLÉMENT FOREST, Ing.P.Division des Aménagements, Commission Hydroélectrique de Québec, Montréal.Né à Ste-Marie-Salomée, l’auteur fit son cours classique au Collège de l’Assomption et étudia à l’Ecole Polytechnique de Montréal où il fut diplômé en 1941.Après un stage de deux ans dans la Division de l’Aviation civile du Ministère fédéral des Transports, il entrait à la Beauharnois Light, Heat & Power Company en mai 1943.Il fut ingénieur en résidence pendant la construction de la centrale no 2 à Beauharnois.En janvier 1952 il passait à la division des Aménagements de l’Hydro-Québec où il est présentement assistant spécial de l’ingénieur-en-chef.Bersimis ! Ce nom reste en vedette, non seulement dans le Québec, mais par tout le Canada à cause de l'importance de cet aménagement hydroélectrique dans notre économie et à cause des innovations scientifiques et techniques auxquelles il a donné lieu.A première vue, on croirait que tout a été dit au sujet de ce projet qui est maintenant sur le point d'être complété.Depuis quatre ans, on a multiplié les articles dans les journaux et dans les revues de toutes catégories, aussi bien que les conférences devant les sociétés savantes.Certains exposaient l'ensemble du projet, d'autres en étudiaient un aspect important : caractéristiques hydrauliques, problèmes du réseau de transport de l'énergie et contrôle de la tension, mise sur pied et organisation des chantiers, etc.Il semble, toutefois, qu'on n'a pas autant approfondi l'aspect génie civil des problèmes résultant de l'équipement, des barrages à élever, de la centrale, du poste de départ pour n'en énumérer que quelques-uns.Ces problèmes de génie civil découlent : 1 — des travaux préliminaires, 2 — des travaux provisoires, 3 — des travaux accessoires, 4 — des travaux définitifs.Dans chacun de ces groupements de travaux à effectuer, les ingénieurs — tant ceux de l'Hy-dro-Québec que les autres à l'emploi des entrepreneurs — ont souvent dû travailler d'arrache-pied pour trouver rapidement des solutions qui, pour assurer la sécurité, la solidité et la permanence tout en demeurant économiques, devaient souvent s'éloigner des sentiers battus.Je laisse à d'autres la tâche de traiter des trois premiers groupes de travaux et d'exposer en détail les solutions ingénieuses, les véritables tours de force qui ont été accomplis parfois au point de soulever l'admiration du monde du génie.Je me contenterai de souligner quelques points saillants des techniques qui furent employées pour trouver les solutions appropriées ou pour contourner les difficultés rencontrées au cours de l'exécution de certains travaux définitifs, à savoir les barrages et le tunnel d'ame-née.Il convient de souligner immédiatement que tout devait être accompli en vitesse.En effet, si au début du projet en 1951 — se basant sur le rythme antérieur d'augmentation de la demande d'électricité — la Commission avait fixé à 1958 ou 1959 la mise en marche des premiers groupes générateurs, la poussée subite en flèche des nouveaux projets industriels fut telle qu'il fallut dès l'année suivante reviser le programme d'exécution des travaux en vue de hâter le plus possible la date de mise en marche de la centrale.En fait, dès l'automne qui vient, soit en 1956, les premiers groupes seront fort probablement en exploitation.^ Barrages Aux barrages, les travaux préliminaires étaient à peine en marche qu'il fallut penser à accélérer au maximum possible la cadence de l'oeuvre à accomplir, pour atteindre le but.28 —AUTOMNE 1956 L’INGÉNIEUR Pour permettre l'accumulation des eaux dans le bassin des lacs Cassé et Pipmuacan dès l'automne de 1955 comme le voulait le nouveau programme, il fallut s'attaquer aux travaux définitifs tout en exécutant les travaux provisoires.Les deux barrages du lac Cassé, à l'embouchure des rivières Bersimis et Desroches, sont du type gravité en enrochement avec écran d'étanchéité.La partie nord du barrage Bersimis s'appuie sur une matière imperméable alors que la partie sud, tout comme le barrage Desroches, est sur le roc.Fondations : Dès que l'on eut commencé le décapage du roc, on se mit immédiatement à forer des trous d'injection, les deux opérations avançant ensuite presque simultanément.Sur toute la largeur de l'écran appuyé sur le roc, on perfora, à l'aide de perforatrices à percussion, des trous de D/2 pouce de diamètre à une profondeur de 15 pieds.La distance entre chacun — de centre à centre — était de 15 pieds.Ces trous d'injection sont faits dans un triple but : 1) pour s'assurer si le roc est étanche jusqu'à une profondeur raisonnable; 2) pour prolonger dans le roc, s'il y a lieu de le faire, l'étanchéité à l'eau; 3) au besoin, pour consolider le roc près de sa surface où il est souvent fissuré et endommagé par les intempéries.Au cours de ces forages, il fallait donc noter toute fissure indiquant une infiltration possible.Après lavage avec un mélange d'air et d'eau pour le vider de tous les résidus du forage et pour nettoyer les fissures s'il y en a, chaque trou est soumis à un test à l'eau.Ce test est fait en enregistrant la quantité d'eau injectée et en tenant compte du temps écoulé et de la pression de pompage.Ce sont là les indices qui permettent de déterminer la consistance des coulis d'injection qui suivront.Les injections de coulis sont faites à une pression maximum de 25 livres au pouce carré, afin de ne pas risquer de soulever les blocs de roc qui pourraient être au-dessus d'une grande fissure horizontale.D'autre part, les trous voisins de celui qu'on injecte sont laissés ouverts; ils ne sont bouchés que s'ils communiquent entre eux au point que le coulis s'en échappe et qu'il devienne impossible de maintenir la pression.Les injections sont faites au moyen de pompes à coulis aspirantes et foulantes.Elles sont reliées au trou au moyen de boyaux et d'un bouchon spécial évidé, en tuyauterie et caoutchouc.Par compression longitu- LAC CASAI |AP«A
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