Le soleil, 22 mars 2003, Cahier 4
[" Cahier D LE SOLEIL ZOOM \u2022C\"-* Le s\\medi \u2019l'I m \\ks j00:i Entrevue La retraite de Claire L'Heureux-Dube D 3 m Elections Le prix des defusions D 5 Bien que le rlarardage soit un moyen rie communication fort recent, l'immense mqjorité ries adolescents s 'y adonnent.* \\Bi ± 2 vëb «3 £ 4 S *¦ q 3® ' i/4 SOCIETE Donner sa langue au « chat » La langue de Molière en prend pour son rhume dans les séances de clavardage ¦ L\u2019arrivée d'Internet dans les foyers québécois a considérablement transformé les habitudes des ados: non seulement une partie du monde leur est devenue accessible avec quelques clics de souris, mais un nouveau moyen de communication, le clavardage, s\u2019est imposé à eux.Activité relativement anodine, sauf si l\u2019on ne prend garde aux prédateurs sexuels, le chat inquiète un nombre grandissant de professeurs et de parents qui craignent que le «mauvais» français qu\u2019on y trouve ne vienne contaminer le « bon », déjà difficile à maîtriser.Solon les humeurs dos chotteurs, qui bavardent par l\u2019intermédiaire de ieur clavier sous un nom d\u2019emprunt, «pourquoi» peut devenir «pkoi» ou simplement «pk».désole «DSL», «c\u2019est » eé.A eette orthographe aux allures phonétiques, ils intègrent des anglicismes comme LOL (laug/iing ont loud), pour signifier qu 'ils rigolent derrière leur écran, et insèrent, qà et là.des icônes ou de petits visages formés d\u2019éléments typographiques afin de signifier le ton de leur in tenon lion, tel le fameux.sw//f\u2019// :-) ou ses variantes tel le sourire en coin :R On aura ainsi droit à des messages comme cette invitation lancée à la communauté virtuelle de Gaspé pour aller voir un spectacle rock dans la ville voisine de Bonaventure: «Si yen a ki veulent pogner Ibus pr aller a bona vendredi swar o show d'anonymus :P ben donner votes nom reste encore dé places :P» «C\u2019est sûr que quand tu chottcs, tu n\u2019écris pas comme si tu avais un texte à faire, reconnaît Marc-Antoine Gosselin, un étudiant de deuxième secondaire au Petit Séminaire de Québec.C\u2019est plus «mime si c\u2019était un travail bâclé.Moi.je ne connais qu\u2019une personne qui écrit aussi bien sur le chat que sur papier et c\u2019est ma mère ! » Marc-Antoine, qui a Cl ans.clavarde depuis maintenant trois ans.Il s\u2019est intéressé au phénomène et.à la suite d'un petit sondage maison auprès de ses camarades, il a constaté que ttô do élèves de deuxième secondaire a son école pratiquent le bavardage virtuel et que bon nombre des 5% restants ne le font pas simplement parce qu\u2019ils n\u2019y ont pas accès.Malgré le temps qu\u2019il consacre à écrire dans un français approximatif, il ne croit pas que le chat ait une si grande Influence sur la langue «conventionnelle».«C\u2019est sûr que tu prends des habitudes.comme d écrire \u201cquoi de il\", ou \u201cxtrême\u2019\u2019.L\u2019Idée, c\u2019est de parler vite, alors tu y vas comme ça sonne.C\u2019est bizarre parfois, je me relis et je ne comprends pas ce que j\u2019ai voulu direct d\u2019autres fois, ça va tellement vite que je peux perdre le fil de la conversation ! » A la lecture des discussions qui ont cours dans les salles de clavardage.bien des puristes de la langue française risquent l\u2019infarctus.l\u2019as Lionel Money.Le linguiste qui enseigne a l\u2019Université Laval et qui est auteur du Dictionnaire qnc-bécoi.s français, s'efforce d'analyser le phénomène sous ses moindres angles avant de se faire alarmiste.« Dans la communication, il y a deux codes : un parlé, un écrit et chacun a ses règles, indique-t-il.Dans \\ochat.qui est une forme de conversation.on est dans le code parlé, mais on passe par l'intermédiaire du clavier, soit de l'écrit.U>s chatteurs doivent donc trouver un moyen pour transcrire une langue qui n'a pas d\u2019oralité.Ce n'est pas un phénomène nouveau \u2014 Ducharme.Tremblay ou fX*sehamps Voir « CHAT » en I) 2 ?j Sortir du cocon l'âge D 2 Nicolas Houle \\U)mica Uflfilnmi ' JW*»\"' jKy \u2022V foe \"Chat» a beau être écrit, il demeure une forme rie com ersation.I/es dai ardeurs doivent donc * trouver un moyen pour transcrire une langue qui n'a pas d oralité», dit le linguiste Uonel Meney pour expliquer l'orthographe debsidée des séances de « chat ».Du 24 au 2* mars aura lieu à Quelnv la semaine Queboe-Multllingue.une InitiatKe de la Chambre de commerce de Quebec destinée à sensibiliser les etudiants, entrepreneurs et clto\\ eus à l'importance de maitriser d'autres langues, l\u2019our souligner l\u2019exenement, nous tous proposons ce portrait de l\u2019anglais à Québec.Ces angles de Québec Ils sont 12 000 à peu près, mais ce ne sont pn> des anglophones comme les autres Ils ont une façon bien à eux d'etre à la fois «angles» et Quebt'cois part* laine.The cnnnnnnit// refuse d»' s\u2019apitoyer sur son sort.Sa population continue de diminuer, c\u2019est vrai, mais en même temps, elle regarde l\u2019avenir avec optimisme.Un réalité, c'est difficile de parler d'une seule communauté Tout d\u2019abord parce que 22'V des anglophones de Qneltce sont nos en dehors du Canada «Ici je suis perçu comme un anglophone, alors qu\u2019en Ontario j\u2019étais le Polonais», raconte Ian Warnke.géographe et démographe, qui suit de près l\u2019évolution des communautés linguistiques.Qui sont-ils nos concitoyens d\u2019expression anglaise?IX's travailleurs, des profs d\u2019université, des retraités, des militaires.des gens d'affaires.Les plus \\ jeux ont vécu ici de generation en generation, les nouveaux venus, eux.sont ici parce qu'ils sont tombes amoureux avec quelqu'un ou avec la ville \u2014 ou parce qu\u2019ils ont suivi un conjoint qui s\u2019esl trouve un emploi.Ht souvent, ils sont même venus ici sans trop savoir pourquoi, constate Jennifer Alexander, (pii s\u2019occupe.pour l'organisme Voice of English Speaking Québec (VKQ).de rencontrer les nouveaux arrivants, de leur faire connaître les services disponibles.«Les gens qui s'adressent à nous ne travaillent pas dans la haute technologie.Ils n'ont pas d'emploi et la majorité sont venus ici presque1 impulsivement.» POINTS D\u2019ANCKAGK Les anglos de1 Québec ne se retrouvent pas autour d'un quartier ou d'une ville.Ils sont dispersés partout sur le territoire.Hive Nord comme Rive Sud.Ce sont les services et les moyens de communication qui leur servent do point d'ancrage.Le Holland Center, d'abord, juste a côté du Jeffery Ilaie, ou l\u2019émission du matin deCBC, animée par Tim Bedford ; la résidence Saint-Brigid's pour personnes âgées ; le Chronicle Telegraph et une dizaine d'églises, de six confessions différentes.D'après Karen MacDonald, directrice de la station Global a Québec et aussi propriétaire de l'hebdomadaire Québec Chronicle-Telegraph (dont la création remonte à 17(i4).la communauté a toujours été alimentée par une forte migration.« A 2f> ans, se rappelle-t-elle, j\u2019étais membre1 de la University Women's Club, et sur r>() membres, j\u2019étais la seule originaire de Québec.» Elle est devenue propriétaire du Chronicle par amour de l\u2019histoire, dit-elle, «( \"est le véhiculé le plus visible et identifiable à la communauté, et c'est un outil de communication indé-pendant qui n'appartient a aucune organisation.» Le tirage se maintient aux environs de 2000 exemplaires et il serait lu par 0000 personnes, soit a peu près la moitié de lu communauté.Ses bureaux sont aménages a même la maison familiale et le journal est produit par une iietitccquiix1 de cinq employés.Le doyen de la cathédrale anglicane Holy Trinity, située dans le Vieux-Québec, est le Très Révérend Walter Raymond.un natif (h1 la (Californie (pii avait quitté son pays à l\u2019époque de la guerre du Vietnam.Il y a, à Québec, trois paroisses anglicanes, et 10 églises dans les régions de Québec et Chaudière-Appnluches.En campagne, souligne le pasteur, ce sont surtout des aînés qui assistent aux messes, alors qu'a Québec, il y a beaucoup de jeunes couples parmi la centaine de personnes qui se rendent dans cette magnifique petite cathédrale, située tout près du Château Erontenae, et qui célébrera ses 200 ans en 2004.D\u2019après lui.malgré sa taille, la communauté anglophone est un groupe dynamique.«Ce qu\u2019on a, c'est en réalité une nouvelle communauté, très diverse, composée de gens qui ont fait le choix de vivre dans un milieu francophone, qui sont bien chez eux.» Tous ceux qui.francos ou anglos.se réveillent le matin au son de la CBC connaissent par ailleurs la voix familière do Tim Belford.qui anime cotte émission depuis maintenant l.'i ans.Il croit que Québec est la communauté la plus ajustée de toute la province.«Si vous park1/ anglais a Québec, les gens |>cn-sent automatiquement que vous devez être un touriste.» Vu de l\u2019extérieur, l'héritage anglais de Québec est invisible.«Avant d'arriver ici.raconte l'animateur, je n'étais pas conscient de la profondeur des racines de cette* communauté.Les anglais d'ici sont très loir keg (discrets) mais ils sont aussi a l'aise dans une communauté linguistique que dans l'autre.» S'il y en a un qui tient a mettre en évidence cet héritage c'est le maire de Québec, Jean-l\u2019aul L'Allier.«C'eut une question de respect historique», explique-t-il, en citant*\u2019' l\u2019aménagement de la place des Irlandais, de la chaussée des Ecossais, et le projet de restauration du Morrin College.où se trouve la bibliothèque de la Literary and Historical Society, pour en faire un centre culturel, une idée qu'il avait lancée il y a une dizaine d'années.« On se doit de no pas oublier l'importance du rôle qu'ils ont joué dans l'histoire de Québec», dit-il, en rappelant qu'outre les Anglais, les Ecossais ont joué un grand rôle dans le commerce alors qu'une grande partie de la main-d'œuvre était irlandaise.De nos jours, le métier naturel pour un anglophone qui arrive a Québec et qui n'a pas d'emploi, c\u2019est d'enseigner.l'anglais.Ils sont ainsi de,s centaines qui vont d'une école à l\u2019autre.Aux Ateliers de conversation anglaise, les Ils sont dispersés partout sur le territoire delà vide Pierre Asselin l'Asst hnia h stilcil ému Voir W'GLOS en D 2 ?j lyes francos envahissent les écoles angfaises l'âge 1)2 LE SOLEIL Lk sa 2 2 \\i\\as 20U3 D 2 Star Académie J\u2019aime\tJ\u2019aime pas Aujourd'hui, je prends mon cou-ram' « deux mains et Je le clame haut et fort : j'aime Star Acattrmir.J'entends déjà certains lecteurs crier a la « quétainerie » et au ridicule, mais laissez-moi le temps de m'expliquer.Ix puis (h\u2018s semaines, il n'y a pas un café ou un supermarché qui n'a pas entendu ses clients livrer leurs états d'âme sur l'un des participants.Jamais une émission de télévision n\u2019a fait autant jaser dans les chaumières.I .\u2019épidémie St a r Aradéin ir.Je suis l\u2019un de ceux qui se rivent au petit écran cinq soirs par semaine.Je me suis laissé prendre au piètre et je prends un malin plaisir a regarder les tribulations quotidiennes des académiciens.Voyeurisme refoulé?l\u2019eut-être.Désir de voir autre chose que des téléromans redondants depuis 10 ans signés l\u2019ayelte et l.arou-ehe?Certainement.D\u2019accord, Star Acadrniir a ses défauts.Mais il est tellement facile et lâche de les exploiter pour camoufler sa honte de suivre une émission qualifiée de « populaire ».Je vous en prie, outrepassons les tactiques de marketint; douteuses de Québécor et l'anémique animat ion de Julie Snyder.On mise peut-être trop sur la personnalité au détriment du talent, mais n'oublions pas que c'est du shotr.Du shinr-tni.shirss.IX* la télévision.Du divertissement.Au cours d'un séjour professionnel en France, j'avais regardé la toute première édition du concept et j'étais resté un brin sur mon appétit.Intrigues montées de toutes pièces.Beaucoup moins de talent qu'au Québec.Bref, du sensationnalisme comme l\u2019Hexagone sait le faire.Chez nous, la majorité des candidats ont du potentiel et sont bien entourés.Star Acadéatir est une belle vitrine pour ces artistes en devenir et pour la chanson québécoise et francophone en général.J'aime voir les fruits de leurs efforts soutenus lorsqu'ils s\u2019emparent de la scene le dimanche soir venu.J\u2019adore voir la gamme d\u2019émotions que traversent les académiciens au quotidien.Je me marre a chacune des farfelues et grivoises répliques du coloré Stéphane! Je concède que le concept Star Academie n'a rien d'intellectuel et c'est tant mieux.Il n'y a que la douce naïveté des aspirantes étoiles.Etrangement, personne ou presque ne se targue de regarder le bébé de TVA.l\u2019ourlant, plus do 2.4 millions de téléspectateurs ont assisté au départ de Dave dimanche dernier.Mais où est passé tout ce monde qui avait quelque chose â raconter?Non.je n'aime pas Star Académie.À vrai dire, je déteste cette plaie d émissions télévisées qui se multiplient comme des coquerelles depuis les premiers Hi(j Brother.Sard cor.Loft Story et autres formules pour voyeurs en mal de divertissement ! Je serais même portée a hair Star Académie plus que les autres parce qu elle vient prouver que nous, les Québécois, ne sommes pas plus intelligents que la masse des Américains, des Britanniques et des Français té-lévores incapables de frétiller autrement qu'en regardant dans les bohettes des autres.Je ne comprends pas le plaisir qu'on peut avoir â épier, soir après soir, un groupe de gars et de filles que l'Empire Québécor oblige â vivre ensemble, comme des pensionnaires, pendant des semaines.Je trouve malsain que ces jeunes-là fassent déjà si bon marché de leur droit à l'intimité dans l'espoir d\u2019une très infime chance d'être la prochaine Céline Dion ou le futur Garou.Et je me sens gênée devant mon téléviseur quand je regarde le bon public en salle du « gala » du dimanche soir applaudir à tout rompre un Dave qui fausse ou une Emily qui s'entête a chanter deux tons trop bas.Faut-il que 2.3 millions de téléspectateurs québécois aient du temps à perdre pour s'extasier, chaque dimanche.de niaiseries de collégiens comme le récit de la semaine de Wilfred, qui « a été mis en danger » parce qu'il s'ennuyait trop de sa blonde, ou des confidences du compagnon de chambre de Stéphane, l'« étalon » de Normétal, à l'effet qui1 ce dernier «est toujours au garde-à-vous » dans sa douche ! Téléréalité, mon ceil! Ce que j'attends de la télévision, c'est un produit autrement mieux préparé et présenté que ces soirées d'amateurs animées par une Julie Snyder qui se tortille en gloussant comme une fausse ingenue aux moindres propos de ses mâles futures stars.Une Julie qui semble avoir laissé en France tous ses talents pour se contenter, aujourd'hui, d'être une reine de la plogue et de l'insignifiance.Non.je n'aime pas Star Académie.Et je n'aime pas le message que cette émission véhicule.Je crois encore qu'il n'est pas nécessaire' à un jeune qui a du talent de se livrer ainsi en pâture pour réussir.Et je crois aussi que nous nous porterions tous beaucoup mieux à observer et à écouter nos proches \u2014 nos enfants notamment \u2014 qu'à passer des heures devant la télé ou l'ordinateur à fain* du voyeurisme aux dépens de jeunes qui croient à la pensée magique générée par Dieu le fils Péladeau.Et pour ceux qui sont comme moi.allez faire un tour à wvwv.anti-starucademie.fr.fm/.Gu il la a me Dumas (JlhwuMtP lemlrilnini Voyeurisme refoulé?Peut-être bien.r- Andrée Roy ARoy^ lmitleil.com r « CHAT » Suite du la I) 1 ont déjà essayé de rendre le français parle il l'écrit\u2014, sauf que maintenant, ça louche des milliers de* gens.» l.e chercheur observe que dans un clavardage, les interlocuteurs doivent suivre un certain rythme pour que la conversation se poursuive.Dès lors, les coquilles se glissent et le temps dévolu à la correction est évacué.C\u2019est pourquoi personne ne se formalise de la qualité du français durant ces sessions de « parlécrit», comme certains les qualifient.Cependant, à force d'utiliser des raccourcis langagiers, des icônes ou des abréviations, les chat tears sont en train de créer leur propre argot.M.Money aime à rappeler que l\u2019orthographe française telle qu'on la connait aujourd'hui a mis beaucoup de temps avant de se figer.Fa forme langagière préconisée dans les salles de clavardage pourrait donc être dans une période de prenormalisation et pourrait un jour trouver toutes ses règles.Ce nouveau code pourrait-il nuire au bon français des férus du cyber-bavardage?«C'est un nouveau moyen de communication qui impose dos contraintes et qui donne de nouveaux moyens.Mais ces jeunes-là, dans une situation différente, comprennent qu'il y a une autre façon d écrire.Sauf ceux qui, de toute façon, ne maî- trisent pas l'orthographe.El ça, c\u2019est antérieur à Internet.» MKSUItKS RÉPHESSIV ES Bien qu'il n'existe aucune statisti-quo démontrant l'influence que peut avoir la pratique du clavardage sur la qualité du français écrit chez les jeunes, plusieurs écoles, après avoir permis le chat, l'ont interdit.C\u2019a été le cas à l'école Joseph-Fran-çois-l\u2019erreault, où aujourd'hui les discussions virtuelles ne sont permises qu\u2019à des fins pédagogiques et se déroulent sous la surveillance de brigadiers.Plusieurs écoles, après avoir permis le « chat », l\u2019ont interdit «Fa première année que nous avions permis le chat, c'était l'enfer, se rappelle l\u2019enseignante d'informatique, Miriam Rodriguez.On n'avait pas le contrôle, la qualité de la langue n\u2019était pas bonne et les sujets de conv ersation ne correspondaient pas aux valeurs de l'école.On a réglé ça en installant des filtres pour empêcher le clavardage.» PETIT SÉMINAIRE Au Petit Séminaire de Québec, on a également interdit le chat aux élèves.Fà non plus on ne détient pas de données officielles démontrant des correlations entre la qualité du fran- çais et l'intérêt pour le clavardage, mais le professeur Nelson Aubin, qui [ œuvre à l'institution depuis lû ans, a j néanmoins mené sa petite enquête.A travers des travaux écrits, notamment.il a interrogé ses élèves sur leurs intérêts pour le chat, il leur a même demandé d\u2019écrire un travail dans la langue codée qu'ils utilisent.Sans prétendre détenir des données scientifiques, l\u2019enseignant a observé des tendances.«Je crois que le clavardage influence la qualité du français chez les élèves les moins forts, dit-il.Ils ont du mal à développer des mécanismes d'autocorrection et ils y vont davantage avec une langue phonétique.Je me suis rendu compte aussi que plusieurs élèves font du clavardage, mais à la demande des parents, ils en font moins.Peut-être qu\u2019ils ont besoin de plus de temps pour leurs études.» FRANÇAIS MALTRAITÉ Or, s'il est vrai que le temps consacré au clavardage se mit souvent au détriment des devoirs et, par conséquent.de l'apprentissage du français, il reste qu'une constante demeure: tous les élèves, sans exception, maltraitent le français durant une cyberconversation.Et ça, ça ne semble pas près de changer.« Pour eux, le but est le message en tant que tel et non la forme, affirme M.Aubin.Aucun élève, même les meilleurs, n'écrira bien durant un chat.C\u2019est comme une mode, comme | si ce n'était pas in de le faire.» Sortir du cocon Le clavardage aide les ados à s\u2019émanciper des références.es Plus qu'un simple phénomène de mode, le chat s'est carrément ancré dans le quotidien des jeunes depuis six ans au point de dev enir parfois une nécessité.Certains se donnent rendez-vous de façon ponctuelle, d'autres préfèrent établir un contact sans connaître leurs interlocuteurs, mais tous s'adressent à leurs pairs pour mieux se positionner dans la société et dans leur milieu.« Fun des grands mythes du chat, c'est celui de la communication universelle, affirme le chercheur FucGiroux.de l'Université de Montréal.C\u2019est en fait avec les gens de l'environnement immédiat que les jeunes r/n/f-tent.Avec un Français ou un Belge, il n'y a pas de contacts plus étroits de possibles.Dès que la fascination est passée, le plaisir disparaît.» Avec trois de ses collègues, M.Giroux a consacre une importante étude au clavardage intitulée/.es jeu ms Qnéhécois et Internet : represen-tation.utilisation et appropriation.Il affirme que le chat demeure encore aujourd'hui l'une des activités les plus prisées dans le Net.en particulier au Canada, qui est le pays ayant connu le plus haut taux de pénétration des micro-ordinateurs.En 1 !\u2022!\u2022!\u2022.ce taux était de tiO1' ) et aujourd'hui, selon le professeur en communications.il avoisine les 7.W Si bien qu'un ado de 13 ans qui n'a jamais cAr/f/e ou surfe sur Internet au Québec est presque un extraterrestre.Pour les jeunes, consacrer une ou deux heures au clavardage sur une base quotidienne n'est pas rare.Pourtant.les discussions qui les animent \u2014et qui ont valu à l'activité d'être qualifiée dv ephernatrirandape\u2014 sont sans grande substance.D'ailleurs, les chattenrs changent généralement d'interlocuteur aux là minutes.« Il y a toutes sortes de choses qui les fascinent et qui les amènent à chatter, affirme M.Giroux.Fe fait de flirter avec l'interdit en est une.l\u2019ai\u2019exemple, il n'est pas rare que deux filles s'amusent à draguer des garçons sous leurs pseudonymes durant un chat et se parlent en même temps par téléphone en rigolant de leur interlocuteur virtuel.» Fe clavardage ne brille peut-être pas par la profondeur de ses discussions, mais il n'en remplit pas moins un rôle.En effet, pour la plupart des ados, c'est un moyen de forger leur identité.« Il s'écrit beaucoup pour ne pas sav oir grand-chose finalement.mais ça établit des liens entre les personnes et ça laisse tomber lés préjugés lies à l'image, affirme le profes- seur Nelson Aubin, du Petit Séminaire.Fes jeunes parlent de musique, de leurs loisirs et très peu de la famille.Ça leur permet de v érifier s'ils sont à la mode et de répondre à leurs j questionnements sur leur personnalité.Feurs références ne sont plus familiales, elles prov iennent des amis avec les- j quels ils clavaident.» Fe linguiste Fionel Money est du même avis.Il fait remarquer que l'orthographe débridée du chat devient en quelque sorte une façon de transgresser les règles en toute quiétude, d écrire sans être jugé.Quant à la langue codée.elle devient celle des ados, que les adultes ne comprennent pas ou comprennent mal.« Fe clavardage, c'est un espace de liberté, puisque tous y sont anonymes.Mais il manque l'essentiel de la communication : la dimension physique.Dans la communication habituellement.on sait à qui l'on a affaire, on voit ou on entend l'interlocuteur, tandis qu'avec le chat.on ne voit personne.Il y a un côté paradoxal, parce que ça témoigne d'un besoin de communiquer, mais c'est une communication masquée.En même temps, grâce à ce masque, on peut dire des choses que l\u2019on ne pourrait pas dire.» PLUS QU\u2019UNE CONVERSATION Du haut de ses 13 ans.Marc-Antoine Gosselin confirme un peu les propos des chercheurs qui ont réfléchi sur le clavardage.Il n'est pas de ceux qui chat tent avec des inconnus.Il a son réseau d'amis virtuel, qui frôle les SU personnes.et ce n'est qu'av ec eux qu'il communique.Pour lui.le clavardage a notamment été un moyen de garder contact avec des amis avec lesquels il aurait perdu contact autrement, en raison d'un récent déménagement.Entre le téléphone et le chat, sa préférence va au second.« Quand t es sur l\u2019ordinateur, tu penses plus et tu peux faire plus de choses en même temps, sinon c'est une conversation plate.Clav ardor, tu peux faire ça une heure ou deux, tandis qu'une heure au téléphone, c'est longet tu monopolises la ligne.» Et aujourd'hui, \\cchat.il pourrait s on passer?«C'est agréable à avoir et si demain ça plantait, ça me ferait quelque chose, admet-il.C'est un outil, c'est une carte de plus dans ton jeu.Fe soir en revenant de l'école, c'est agréable.Tu fais tes devoirs, puis tu décompresses un pou en chattrrnt.» N.H.\t»\u2019 « Le clavardage, c\u2019est un espace de liberté » Les francos envahissent les écoles anglaises Le nombre d\u2019anglophones continue de baisser à Québec, mais alors, pourquoi est-ce que leurs écoles continuent de se remplir?Fe dernier recensement indique que la population anglophone a diminué de 14%dansla région 03 entre 1991 et 2001.Four nombre est passé sous la barre des 10 000, soit près de 3% de la population, indique lan Warnke, professeur de géographie au cégep Saint-Favvrence et le spécialiste à Québec de l'évolution démographique de notre communauté anglophone.«Je suis moi-même en train d'être assimilé, et ça ne fait pas mal, blague-t-il.On ne perd pas son sentiment d'appartenance pour autant.» Ce groupe dépend largement des migrations.Entre 10 et lâ% des anglophones ne sont arrivés ici que depuis le dernier recensement, alors qu'à peine 2% de francophones arrivaient de l'extérieur de la région à la même période.«Si ce n\u2019était pas de la migration, observe M.Warnke, la communauté disparaîtrait.On est en train de devenir un groupe linguistique plutôt qu'une communauté.» En même temps, la clientèle de la commission scolaire Central Québec est en croissance.Au point où, l'an prochain, elle aménagera une quatrième école anglophone sur le territoire de Québec, dans les locaux de l\u2019école Nouvelle-vie.Et la majorité de ses élèves sont des.francophones.Il y a plusieurs raisons à cela.Selon le directeur général de la commission scolaire.John Cyr, les anglophones qui quittent la région après avoir élevé leur famille sont remplacés par des jeunes couples qui viennent s'établir ici.D'après l'animatrice Karen MacDonald.la loi (53 du gouvernement Bou-rassa avait permis à un grand nombre de francophones d'étudier en anglais au primaire, et aujourd'hui, ceux-ci peuvent désormais envoyer leurs propres enfants à l'école anglaise.Il y a enfin le nombre élevé de mariages mixtes à Québec, où 43 ° u des anglophones ont un conjoint francophone, ce qui multiplie le nombre de familles ayant droit à l'enseignement en anglais.« Dans une maternelle, sur 20 enfants, vous pouvez en trouver là qui ne parlent pas anglais du tout à leur arriv ée, indique John Cyr.Ce n'est pas seulement à Québec, c'est dans toute la province.à l'exception de Montréal.Vers le mois de janvier, ces enfants sont déjà capables de fonctionner en anglais.» ANGLOS Suite de la D1 trois quarts des enseignants sont de nouveaux arrivants, indique le propriétaire.Peter Vaughan.M.Vaughan fête cette année ses ;50 ans de vie à Québec.Ce sympathique personnage était venu ici apprendre le français grâce à une bourse» du journal Glotte and Mail.Le Québécois d'adoption, dont aucun accent ne trahirait la langue d'origine, se rappelle avec délectation une rencontre qu'il avait eue ên 197(5 Mais tous les groupes d'âge doivent s'adapter à une nouvelle réalité, observe le directeur du Holland Center.Richard Walling, une institution qui est devenue en quelques années le cœur de la communauté.Elle a tissé un réseau en obtenant des ressources du Centre jeunesse, du CFSC Haute-Ville, de l'hôpital Jeffery Hale et de la résidence St-Brigid's pour offrir un service unique au Québec.Le Holland Center a par exemple développé un centre de jour.itinérant.Aucune clientèle d'un territoire de CFSC n'aurait justifié la création de ce service, explique le directeur, mais en considérant l'ensemble de la région, on pouvait imaginer une approche originale.«On est devenu un petit CFSC.mais ce sont les employés de nos partenaires qui travaillent chez nous», dit-il.Comme ça.les organisations gardent leur responsabilité vis-à-vis la clientèle anglophone.«Je pense que le défi pour la région c'est d'éviter la perte de l'anglais.Mon père avait 12 frères et sœurs et aujourd'hui, la moitié de mes cousins ne parlent plus anglais du tout.» Voice of English Speaking Québec a récemment organisé un forum pour envisager l'avenir.«On voulait se demander où l'on veut être dans cinq ans.Il faut inciter les gens à rêver un peu si on veut être capable de bâtir quelque chose», affirme M.Walling.C'est d'ailleurs son épouse, Helen, qui dirige VEQ (et non pas «le» VFQ.).«Ce qui est ressorti, c'est le manque de visibilité de notre communauté.Il a déjà été question de bâtir un centre communautaire, mais cette idée a été rejetée.Les gens ne veulent pas d\u2019un ghetto, mais ils veulent que nos institutions soient plus visibles.» VF!Q a donc obtenu des fonds pour installer des affiches identifiant une dizaine de bâtisses comme membres du réseau communautaire anglophone.On songe à créer un événement annuel qui remplacera le traditionnel Fall Fest.abandonné voilà quelques années.Helen Walling voudrait que l'événement s'inscrive dans la Semaine de la culture afin d'être plus visible pour le public francophone.Enfin, le Forum a mis en évidence la nécessité de faire plus de recherche pour connaître les raisons pour lesquelles les jeunes anglophones quittent la région et les façons d'en garder un plus grand nombre ici.P.A.avec Pierre Elliot Trudeau.L'ex-premier ministre était impressionné par tant de bonne volonté de la part d'un anglophone.jusqu'à ce qu'il lui annonce fièrement qu'il avait voté pour le IQ.Il a ouvert son école de langues il y a 20 ans et.en 19S(i.il a fondé La Maison anglaise, seule librairie 100% anglaise de la ville, aujourd'hui située Place de la Cité.«Je n ai jamais fréquenté la panp (anglophone), je n'en voyais vraiment pas la nécessité.Je suis un angle dans un bain québécois, conclut-il.et j'aime ça.» !\t* LE SOLEIL PASCAL RATThE Richard Hailing.Helen Halting et Jennifer Alexander 11 L K SAMEDI 22 WAR** 2 U Ü 2 LE SOLEIL d a La futilité du quotidien Depuis trois jours, diles-tnoi si*rieu-sement.a\\e/-vous le t\u2019ouï d'entendre parler de defusùms munieipa-les.de eoneiliation travail-faniille.des crises existentielles de la Uitras, qui sous-estime par ailleurs les coûts des défusions.Bien sûr.rien n\u2019indique que le référendum qui suivrait cette première demarche récolterait un appui de plus de la moitié de la population concernée.Mais chose certaine, les nouvelles villes n'ont pas besoin de l\u2019instabilité et du flottement qui se dégageraient de cet indésirable retour en arrière.Il faut donc espérer que le Parti libéral renoncera à cette promesse s\u2019il est élu aux prochaines élections et consacrera plutôt son énergie' à trouver des moyens de financement pour les municipalités, à encourager le développement des nouvelles villes, à leur donner tous les moyens d\u2019avancer, au lieu de leur offrir des outils pour reculer.Les fusions sont encore jeunes et la dernière année n'a pas été de tout repos, particulièrement pour les employés municipaux.Mais les choses commencent à se tasser et il serait complètement illogique de défaire ces villes en construction.Le choix de cette av enue serait associé à un manque flagrant de sensibilité pour la fonction publique municipale, qui a dû faire un énorme effort pour s'adapter à la nouvelle réalité, et aussi pour les citoyens, qui commencent à peine à se retrouver dans les dédales des nouvelles administrations.Et il constituerait surtout un retour à la case départ en matière d'équité fiscale, un principe essentiel qui serait bien mal servi par la création de petites enclaves dans de grandes municipalités.Il vaut donc mieux fermer la porte dès maintenant à ce scénario qui ne profiterait qu'à une minorité et ne remfrait pas service à la collectivité.Julie Lemieiur JI/\u2019mieu.iip'lfsoleiLann Brigitte Breton HHrelm (\u201c Irsolril.mm Tes gEnEraux Irakiens -rEececrissent Onde k/ra / T PEUT-ETRE REVOIR LA DÉCORATION DE NOS BUREAUX ! & e f é-rm Il J- J*-' Tlc+i Lutter contre l\u2019impuissance De très nombreux pays ont tenté de stopper la machine de guerre d\u2019une Amérique qui.depuis le début.voulait un affrontement armé avec l\u2019Irak.Des millions de personnes, partout dans le monde, ont tenté, elles aussi, dans la mesure de leurs moyens, de dire non à la guerre.Le message de ces pays, y compris le Canada, était que les abus d\u2019un dictateur comme Saddam Hussein et son refus de se soumettre aux prescriptions de l'ONU ne justifiaient pas une guerre, parce que l'Irak ne représente pas une menace telle que cet ultime recours ait été incontournable, parce que la guerre, avec ses horreurs et ses bavures, risque de faire plus de victimes qu\u2019un régime sanguinaire, parce qu'une guerre déclenchée unilatéralement par les Etats-Unis et ses proches alliés, sans caution internationale, n'a pas de légitimité et ouvre la porte à un ordre mondial où régnera l\u2019arbitraire.Ce sont ces valeurs que LE SOLEIL a également défendues dans ses pages.Mais une fois que les premiers chars d'assaut ont franchi la frontière de l\u2019Irak, que le déluge de feu s'est abattu sur Bagdad, ceux qui craignaient les conséquences néfastes de ce conflit ont été réduits à l'impuissance.Réduits comme les autres au rôle de spectateurs, de voyeurs horrifiés et fascinés d'une guerre qui se regarde à la télévision.qui en montre les péripéties mais jamais les horreurs.Cette impuissance nous amène tous à rêver que Georges \\V.Bush ait finalement raison et que son scénario optimisme se réalise, celui d'une guerre rapide et sans douleur, où la chute du tyran préparerait un Irak enfin libéré à la démocratie et à une reconstruction qui redonnerait la stabilité à cette région troublée.Mais nous savons hélas que les choses se passent rarement ainsi, que les guerres sont sales.que les peuples blessés guérissent lentement, que les régions troublées ont tendance à devenir encore plus instables lorsqu'on les perturbe.Nous pouvons déjà prévoir que les lendemains de cet affrontement seront douloureux.Voilà pourquoi ceux qui se sentent impuissants dans le cadre d'un conflit qu'ils n'ont pas pu empêcher et dont ils se sont exclus doivent déjà penser à l'après-guerre, où leur apport sera essentiel et où des pays comme le Canada Alain Dubuc Président et Éditeur ADulmcŒ\u2019U'soleiLcom pourront servir à quelque chose.Mais encore là.il faut se préparer avec un minimum de lucidité aux obstacles qu'il faudra franchir pour être utiles.Le premier de ces obstacles, palpable depuis le choc dull septembre, c'est le règne de l\u2019irrationnel.Si la volonté des Américains de prendre les moyens pour qu\u2019une telle horreur ne se reproduise jamais était plus que légitime, le chemin choisi par le président Bush a entraîné les États-Unis dans un long dérapage qui a commencé par cette formule qui donne froid dans le dos.« l'axe du mal ».avec laquelle on entrait dims l\u2019ère du manichéisme.L\u2019engrenage qui nous a menés à la guerre a, depuis le début, échappé aux règles de la logique et à la discipline des faits.D\u2019abord ce glissement où la lutte au terrorisme s'est redirigée vers Saddam Hussein, une cible plus commode, mais dont le lien avec le terrorisme n\u2019est ni démontré.ni même plausible.Ensuite cet échafaudage sans fondements factuels voulant que la menace à la sécurité mondiale posée par ce tyran soit si pressante, si terrible, que la seule réplique possible était une guerre préventive.Un simplisme, doublé du messianisme d'un président menant une croisade pour le bien et contre le mal qu'illustre bien le nom de cette offensive, «Operation Iraqi Freedom ».Si la raison n'a pas prévalu dans les mois qui ont précédé le déclenchement de la guerre, pourra-t-elle retrouver ses droits après le conflit?Le second obstacle, c'est l\u2019ampleur de la reconstruction irakienne.Non pas seulement le défi matériel et financier de rebâtir un pays autrefois prospère, détruit par les folies de son dictateur, par 10 ans d'embargo, et sans doute par la guerre qui commence.Mais surtout, la capacité de rebâtir un pays qui n'a jamais connu la démocratie, dont les divisions éclateront sans la main de fer d'un dictateur, dont la fierté aura été blessée par une conquête.Le troisième obstacle, c'est le climat qui prévaudra dans le monde après le conflit, notamment un antiaméricanisme exacerbé.Quand l\u2019hymne national américain est copieusement hué au Centre Bell lors d'une partie du Canadien, pourtant pas un haut lieu de militantisme, on imagine la montée du sentiment antiaméricain en Europe ou, à plus forte raison, dans les pays arabo-musulmans.Le quatrième obstacle, c'est l'unilatéra-lisme américain, qui s\u2019exprimait déjà avec vigueur avant le 11 septembre, quand le président Bush s'est exclu de très nombreux projets internationaux, du Protocole de Kyoto au traité sur les mines antipersonnel, en passant par le tribunal pénal international.Cette même doctrine, qui vient de mener les États-Unis à attaquer l'Irak sans l'aval de l\u2019ONU.Jusqu\u2019où les États-Unis pousseront-ils cette logique?Comment accepteront-ils les offres d'aide de pays qui ne les ont pas suivis dans leur aventure militaire?Si les obstacles sont donc énormes, les tâches le sont aussi.D'abord pour redonner un rôle au seul outil international dont nous disposons, l'ONU, affaiblie par ce conflit.Ensuite pour la reconstruction de l'Irak, plus prometteuse si elle est confiée à des pays qui ne sont pas perçus comme les conquérants et si elle est chapeautée par l\u2019ONU.une position que le Canada devrait défendre avec vigueur.Enfin, pour réduire les fractures profondes qui minent le monde, entre le Nord et le Sud.entre l'Occident et le monde ara-bo-musulman et.même maintenant, au sein de l'Occident lui-même.Le Canada a évidemment un rôle à jouer dans cet effort.Cela lui donnerait l'occasion de retrouver la crédibilité qu\u2019il a perdue depuis quelques mois par ses positions confuses et hésitantes.Dieu merci, à la toute fin, le premier ministre Chrétien a refusé que le Canada participe à cette guerre qui n'avait pas obtenu la bénédiction du Conseil de sécurité, mais après être resté sur la clôture pendant des mois.Le Canada.s'il avait été clair, s'il avait défendu ses principes, aurait pu avoir une influence sur le cours des choses, malgré sa petite taille, parce qu'un refus clair par le Canada de la rhétorique américaine aurait pu avoir un impact symbolique significatif, parce que le Canada est un pays ami des Etats-Unis et son principal partenaire.Pays relativement peu puissant, le Canada a toujours réussi à s'imposer sur la scène internationale par ses valeurs, par son engagement pour la paix, et par sa capacité d'établir des ponts entre les pays et les continents.Les tâches qui attendent la communauté internationale dans l'après-guerre lui donneront l'occasion de renouer avec sa tradition.ÉCRIVEZ-NOUS! Notre opinion compte pour nous.iV)ur être publiés, vos courriels ou vos lettres doivent être très courts, d'intérêt public, identifiés de vo< nom.adresse et numéro de téléphone.Nous nous réservons le droit de les résumer, de les raccourcir ou de ne pas les publier.AdrrsHeï-le* comme nuit ¦¦ l\u2019ar courriel : opi n ion Ulesoleil corn Par la poste: Carrefour des lecteurs Journal le Soleil 925.chemin Saint-louis.C.P.154 7 Suce.Terminus.Quebec.QC.Cl K 7J6 SEUTEAS Des millions de personnes, partout dans le monde, ont tenté, elles aussi, dans la mesure de leurs mopens.de dire non à la guerre. I.K SAMEDI 22 M ARS 2003 LE SOLEIL I) 7 OPINIONS Le choix de la guerre La campagne militaire en Irak reut répéter, de façon à la fois plus spectaculaire et plus dangereuse, l'inrasion du Panama en I9SÜ.laquelle a rail conduit au renversement du dictateur Xoriega en li jours._______Charles-Philippe David L'auteur est boursier Fulbright et professeur invited l'Institut du Canada au Hoodrvu Wilson Center for International Scholars à Washington.Il est coauteur de l'ouvrage Theories de la sécurité\taux éditions Montchrestien a Paris en décembre 2002.Il est egalement coauteur, avec la Chaire Raoul-Dandurand de I I (JAM.du collectif Repenser la sécurité publie chez Fidès en septembre 2002.La première guerre « préventive » de ce siècle a débuté.Dire que cette deuxième guerre du Golfe, et corollairement la « libération » de l'Irak, constitue un tournant relève de l'euphémisme.Si quelqu'un se demandait encore ce qui avait changé après les événements du 11 septembre, il a maintenant une réponse: les États-Unis s'arrogent désormais le pouvoir et.de fait, le droit d'in-tervenir unilatéralement pour renverser des régimes juges belliqueux.Cela n'a rien de rassurant.Ni pour la sécurité internationale ni pour le droit international.Il ne s'agit pas là de « préemption » - ce terme anglais qui décrit l'hypothèse où un État, convaincu de l'imminence d\u2019une agression, choisit d'attaquer en premier.Un tel scénario s'est déroulé pour la dernière fois en 19()7 lorsque Israel a attaqué ses voisins avant que ceux-ci ne s'apprêtent à frapper.La situation actuelle n'a, en fait de lointaines similitudes, qu\u2019avec Pearl Harbor en décembre 11)41, à la différence toutefois qu'au-jourd'hui la situation est inversée : la démocratie attaque la dictature pour prévenir des actes futurs d\u2019agression.Cette guerre «préventive» en Irak est donc éminemment contestable: elle est dépourvue de légitimité et l'absence d'autorisation onusienne augure mal pour l\u2019avenir de la sécurité internationale.En effet, la Chine à l'égard de Taïwan, ou l'Inde vis-à-vis du Pakistan pourraient se prévaloir un jour du précédent, et invoquer ce même droit unilatéral à la «guerre préventive» en s'appuyant sur la théorie du «changement de régime».Le système international n\u2019aura guère progressé.De toute évidence.l\u2019intérêt national et l'usage de la force prévalent de nouveau en matière de sécurité.Au-delà de cette difficile question irakienne, c'est de ce tournant, voire de ce recul, dont il faudra se préoccuper.Le 11 septembre n\u2019a fait que décupler les tentations militaires et les appels d\u2019empire, et a rendu possible cette invasion qui n\u2019a rien à voir avec Al-Qaida.Les raisons de cette guerre prévue, et voulue, par les faucons américains (qui représentent aujourd'hui l\u2019essentiel des décideurs), sont fondamentalement idéologiques.C'est d'ailleurs cette subjectivité qui doit faire peur.Un intérêt aussi aisément identifiable que l'approvisionnement en pétrole, bien que réel, n'est pas suffisant pour expliquer l'acharnement des faucons.Pour le contrôle de l'Irak, les risques sont énormes et les coûts considérables.Néanmoins, pour les faucons, l'Irak constitue la cible facile d une guerre «préventive», au nom du désarmement et de la lutte contre le terrorisme - malgré des justifications peu convaincantes.Les faucons n'ont d'ailleurs pas attendu le 11 septembre pour planifier cette guerre dont ils rêvent depuis une décennie.Avant même de faire partie de l'équipe de \\V.Bush, Cheney, Rumsfeld.Wolfowltz, Armitage et l\u2019éric ne voyaient que l\u2019invasion comme solution au problème irakien.Le 11 septembre n'a fait que décupler les tentations militaires et les appels d'empire, et a rendu possible cette invasion qui n'a rien à voir avec Al-Qai-da.La ferme conviction que la solution musclée s\u2019impose, s'accompagne, chez les faucons, d une autre certitude: les États-Unis doivent agir unilatéralement lorsque cela est jugé nécessaire.Cela explique l'étendue et la gravité des malentendus transatlantiques.notamment entre la France et les États-Unis.Tandis que Clinton aurait recherché un compromis, en se rendant si nécessaire en Europe, Bush préfère rester chez lui et regrouper ses fidèles autour de lui.Ni la négociation ni le droit international ne sont des axes pertinents de cette présidence républicaine dont l'administration fait primer les impératifs de la sécurité nationale sur les vertus de la diplomatie et l\u2019organisation d'une véritable politique étrangère.Du leadership américain à l'arrogance de l'hyper-puissance, il n'y avait qu'un pas.Il est franchi.George W.Bush n'est pas un « wilso-nien».Woodrow Wilson en effet faisait de la promotion de la sécurité collective et des règles de droit une priorité de sa politique étrangère.Bush est un président peu enclin à soutenir les traités internationaux qu'il néglige, voire abandonne volontiers.Bush n'est pas tout à fait un « rooseveltien » (en référence ici à Théodore Roosevelt) car, contrairement à Roosevelt qui ne masquait pas ses prétentions impériales, Bush se fait messianique pour expliquer l'incontournable contribution américaine au progrès de l'humanité.Bush est en réalité comparable à Ronald Reagan - ce qui explique d'ailleurs son succès relatif auprès des Américains.Une majorité d'entre eux.intuitivement, adhère à ce style de président, plus simple, bien davantage qu\u2019au style Carter, Clinton voire Bush père, trop élaboré.Il faut ajouter que W Bush plaît aux médias américains: aussi le message qu'il véhicule convaine-t-il d'autant plus.D'ailleurs, en ce début de conflit, la popularité de ce président remonte, indiquant bien que la crise diplomatique au sein du Conseil de sécurité n'a en rien entamé l'appui des Américains, au contraire.En période de crise, traditionnellement.les Américains se rallient aux décisions de leur président : cette fois encore, ils ne feront pas exception.Si l\u2019opinion publique aux Etats-Unis était, à bien des égards divisée face aux perspectives de guerre (la moitié des Américains était opposée1 à une intervention militaire sans l\u2019aval de l\u2019ONU).la guerre, une fois enclenchée, reçoit à court terme le soutien d'une forte majorité, (\"est là un réflexe patriotique traditionnel.La pérennité de1 cet appui dépendra ensuite de la conduite de1 la guerre, des pertes américaines et de l'éventuel emploi d'armes biologiques ou chimiques.Si, dans le pire des cas, la garde républicaine utilisait de telles armes, l'effet de ralliement de l\u2019opinion publique serait alors décuplé et Bush absout de toute critique pour avoir artificiellement gonflé cette menace et légitimé l\u2019invasion de l'Irak.La campagne militaire en Irak veut répéter, de façon à la fois plus spectaculaire et plus dangereuse, l\u2019invasion du Panama en 1!)S\u2018), laquelle avait conduit au renversement du dictateur Noriega en 14 jours.Le même scénario, d\u2019une victoire sans combat, est espéré - appliquant ainsi la philosophie vieille de 2000 ans du stratège Sun Tse pour qui, obtenir la victoire sans engagement militaire, représentait toujours la stratégie optimale.La capitulation sans combat permet aussi de prendre et de conserver intact l\u2019Etat défait.Les incertitudes cependant demeurent.La garde républicaine de Saddam Hussein voudra et pourra peut-être véritablement combattre l\u2019envahisseur américain, et on ne sait si elle fera usage d\u2019armes bactériologiques ou chimiques, ou si elle mettra feu aux puits de pétrole.La stratégie américaine repose sur des opérations de décapitation, de précision et des manœuvres uniques extrêmement sophistiquées.Malgré leur grande technicité, il paraît difficile que ces opérations puissent entièrement éviter les bavures et les traumatismes infliges a la société et à la population irakiennes.On peut redouter mais nul ne peut prédire Tissue de la guerre - que l'invasion américaine impose très \\ ite la mis»- en place d'une gigantesque opération humanitaire et de rétablissement de Tordre.Les soldats devront alors revêtir simultanément leurs casques verts mais aussi leurs casques bleus! Or.cette dimension humanitaire constituera un défi de taille, exigeant une coopération multilatérale et onusienne, pour l'instant insuffisamment planifiée.Cette guerre, dite1 de « liberation », est assortie de promesses de transformer l\u2019Irak et de le mener sur la voie du progrès démocratique, a Tin-star du .lapon et de l'Allemagne à Tissue de lu Seconde Guerre mondiale, (\"est là une ambition qui pourrait conduire les Américains, s'ils tiennent parole, à devenir un colonisateur nouveau genre au Moyen-Orient - et n est-ce pas lit une autre forme de recul?La tâche, pour peu qu'on veuille la mener à bien, est de grande ampleur.Le remodelage, la restructuration de l\u2019Etat, passera sans doute par la mise en place d'une forme de protectorat, sous contrôle américain, à l'image du cas japonais ou allemand.On ne pourra cependant ignorer l'absence d'une opposition monolithique actuellement en Irak et, donc, le potentiel constant de guerres civiles.On en connaît pourtant les risques; il suffit de rappeler la grande fragilité des sociétés bosniaque, kosovar et afghani1 ou l'embrasement de la situation somalienne.On ne pourra non plus négliger les risques de déstabilisation dans les Etats voisins tels que la Turquie, la .Jordanie ou l'Iran, ou les conséquences de l\u2019intervention américaine se font déjà sentir.Les Etats-Unis seront-ils encore là, dans ô ou 10 ans, pour appuyer l'effort complexe de démocratisation en Irak ?Alors que eet effort durable et soutenu est indispensable, nombreux, sont ceux, dont les Américains eux-mêmes, (pii souhaitent un retrait rapide des troupes, une fois la guerre terminée! Le combat pour la paix sera sans aucun doute plus ardu qui1 la guerre destinée a renverser le regime totalitaire de Bagdad.A ce mo-mcnl-là.alors, les Etats-Unis auront grandement besoin de TONU, car seule la coopération efficace entre tous les Etats permettra de rebâtir Tlrak et de poursuivre la lutte contre le terrorisme.Du leadership américain à l\u2019arrogance de l\u2019hyper-puissance, il n\u2019y avait qu\u2019un pas.Il est franchi Il y a la tout un paradoxe.Tandis que le droit international est bafoué, tandis que la structure onusienne est ignorée, tandis que les principes mêmes de la sécurité collective sont cloués au pilori, l'apres-lrak nécessitera une collaboration étroite et accrue de la communauté internationale.Sera-t-elle la lorsque Ton aura besoin d'elle?A plus court terme, c'est un autre problème tout aussr grave qu'occulte ces gesticulations meurtrières: la question nord-coréenne demeure sans réponse.Finalement, le choix et les suites de la guerre en Irak constituent peut-être un tournant plus significatif encore que relui du 11 septembre.LE SOlEU\tREUTERS \u2022 2003 I) 8 Unvers s' AU CŒUR DE VOTRE Q L'EXCELLENCE RECONNUE L\u2019Université et ses étudiants rayonnent sur les scènes régionale et nationale apport de l\u2019Université Laval a la société et les performances de ses étudiants Ly ont été reconnus à nouveau au cours des dernières semaines Ainsi les étudiantes et les étudiants de la Faculté des sciences infirmières ont enlevé récemment les grands honneurs des Jeux infirmiers/Nursing Games 2(M)3, qui avaient lieu à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Fendant deux jours, les 28 février et L mars, les 30 représentants de l\u2019Université Laval ont dû se mesurer à des équipes provenant des facultés ou des écoles de sciences infirmières des universités d'Ottawa, Laurentian et du Québec en Outaouais.Une partie de l'équipe gagnante de l'Université laval au Jeux infirmiers 2003.r\u2019 mû Michel Lambert, secretaire general associe du bureau de la m Capitale nationale, Michel Pigeon, recteur de l'Umversite J laval, récipiendaire du Fidétae Hommage, et ) vcs boulet, u I s president des Fidéides 2003.\tJ s Champions d\u2019impro Les 8 et 9 mars, se déroulait, à l'Université de Montréal, le tournoi annuel opposant les universités francophones canadiennes dans l\u2019art de l'improvisation théâtrale.C\u2019est l'équipe représentant la Ligue universitaire d\u2019improvisation (LUI) de l\u2019Université Laval qui a remporté la prestigieuse Coupe universitaire d'improvisation (CU1), à la suite d\u2019une finale remportée haut la main an compte de 10 à 8 sur la puissante équipe de Moncton.Les joueurs et joueuses de Laval n\u2019ont pas eu un parcours facile puisqu'ils ont risqué l'élimination face à leur rivale de toujours en improvisation, l\u2019UQÀM.C\u2019est en prolongation que Laval a réussi à atteindre la grande finale.Comme ( liguère, étudiante en droit, et Dominie lapomte, etudiant en creation littéraire, présentent la Coupe universitaire dimprovisation remportée pari équipé de laval.Un Fidéide «Hommage» «Pour la richesse de son vécu et son avenir prometteur», le Fidéide «Hommage» 2003 a été décerné à l\u2019Université Laval, le 13 mars, par la Chambre de commerce régionale des entrepreneurs de Quebec (CCRHQ).lors du 20 Gala des Fidéides qui avait lieu au Centre des congrès de Quebec.C'est le ministre délégué responsable de la région de la Capitale nationale, Rosaire Bertrand, qui a remis le trophée au recteur Michel Pigeon.«La Chambre de commerce régionale des entrepreneurs de Québec est très fière de rendre hommage à cette institution implantée au coeur de la Capitale nationale et qui compte parmi les grandes universités canadiennes, a souligné la CCREQ.L'Université Laval a exercé et exerce toujours une influence fascinante au sein de sa région et de tout le Quebec.Ce lieu par excellence d'études et de recherche pousse à une réflexion constructive sur les grands enjeux auxquels nos sociétés doivent faire face en ce debut de troisième millénaire.L\u2019exceptionnelle contribution de l\u2019Université Laval en fait une institution reconnue pour l'excellence de la formation qu elle offre, les recherches qu elle poursuit et les services qu elle rend à la collectivité.La realisation des Grandes Fêtes de l\u2019Université Laval témoigne de l'importance remarquable de cette institution en Amérique.» Vitrine étudiante, du SE au SE mars La quatrième édition de La Vitrine étudiante, un événement de valorisation organisé par la Confédération des associations d'étudiants et d\u2019étudiantes de l\u2019Université Laval (CADHUL), aura heu du 26 au 28 mars, dans le complexe des pavillons Alphonse-Desjardins et Maurice-Pollack.«Ut Vitrine étudiante ir!
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