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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1992-11, Collections de BAnQ.

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A-522 NUMERO VOLUME 19 9 2 DECEMBRE Mi ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES ADRESSE DE RETOUR: 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 Envoi de publication - Enregistrement n° 6489 SÉISMES: quelles sont les zones à risque dans la région de Québec?JEAN-GUY BELLEY un droit sans juges ni avocats la revue de la recherche ¦mm mm* Wk jfl m JW 3! h1 O co I O K) J—'! ji 3 (JVD co H rt » 0> ”5 f-t- > « j| CÙ\ -s ° S Cü c —1 1 —< (D IC 1 Ul m 1 CO & ÆD § /O zr —‘ CI I O CD ni I O" zr 1 ! i 3> J -] o —{ I ! ° >—i I 1 77 ° 1 g CD Zü B 3> r~ I C ni 1 CD 1 1 f-r 1 1 X 1 P I X I AU CLAIR DE LA LUNE CIRCUMPOLAIRE la cosmologie des Inuit 977082648600526 OBJECTIF 61e Congrès de l'Acfas du 17 au 21 mai 1993 à Rimouski Date limite pour présenter une communication : 4 décembre 1992 Date limite pour organiser un colloque scientifique : 13 novembre 1992 19 9 2 SCIENCEMONDE La paix marque des points oui, mais.CHRONIQUES TRANSFERTS SCIENCE-INTER SOURCES CHERCHEURS RECHERCHÉS À SUIVRE INTERFACE : " ¦ EDITORIAL Les cégeps: changer pendant qu’il en est encore temps Ginette Ouellette FACE À FACE Jean-Guy Belley François Brousseau SCIENCECLIPS AU CLAIR DE LA LUNE CIRCUMPOLAIRE LA COSMOLOGIE DES INUIT Bernard Saladin d’Anglure Nostradamus: le devin démasqué Vers le donneur universel de peau Champs magnétiques et cancer: une expérience décisive La vérité, toute la vérité sur la tomate L’entreprise familiale: famille, travail et vice versa La pellicoprotéine, agente de sécurité du cerveau La chimie du goût sucré SEISMES: QUELLES SONT LES ZONES A RISQUE DANS LA RÉGION DE QUÉBEC?Jean-Yves Chagnon MODEM A propos des neurosciences et de leur ambiguïté Edith Deleury REVUE BIMESTRIELLE SANS BUT LUCRATIF, INTERFACE EST PUBLIÉE À L'INTENTION DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE PAR L'ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES (ACFAS) AVEC L'AIDE DU MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA SCIENCE, DU PROGRAMME SCIENCES ET CULTURE CANADA, DU CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES ET DU CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE.DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF: SOPHIE MALAVOV DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L'ACFAS : FRANÇOISE BRAUN SECRÉTAIRE DE REDACTION: JOCELYNE THIBAULT COMITÉ DE RÉDACTION: THÉRÈSE BOUFFARD-BOUCHARD, MONA NEMER, DENISE PELLETIER, GARY SLATER ET YANICK VILLEDIEU RÉVISION LINGUISTIQUE: HELENE LARUE DIRECTION ARTISTIQUE: LORTI/MOUSSEAU PUBLICITÉ: PIERETTE LEFRANÇOIS TÉL.: (514) 466-3095 TÉLÉC.: (514) 466-0952 IMPRESSION: RICHARD VEILLEUX IMPRIMEUR LES ARTICLES D'INTERFACE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS AUTORISATION À CONDITION QUE L'ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À L'ACFAS, 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 2M7 TÉL.: (514) 849-0045, TÉLÉC.: (514) 849-5558.LA REVUE INTERFACE EST REPERTORIEE DANS POINT DE REPÈRE ENVOI DE PUBLICATION ENREGISTREMENT N° 6489 NOVEMBRE 1992, DÉPÔT LÉGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUEBEC, QUATRIEME TRIMESTRE 1992 ISSN 0826-4864 INTERFACE EST IMPRIMÉE SUR DU PAPIER RECYCLÉ 4 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 pouram Relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux, le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) a la fonction de promouvoir et d'aider financièrement la recherche et la formation de chercheurs dans le domaine de la santé.Pour être informé régulièrement sur les recherches soutenues par notre organisme, sur les femmes et les hommes qui les réalisent et sur les structures à l'intérieur desquelles oeuvrent ces scientifiques, abonnez-vous gratuitement à la publication trimestrielle INFO-FRSQ.Prière d'écrire ou de téléphoner au Service des communications.550, rue Sherbrooke ouest Bureau 1950 Montréal, Québec H3A 1B9 Téléphone: (514) 873-2114 Télécopieur: (514) 873-8768 CONSEIL D'ADMINISTRATION 1992-1993 ASSOCIATION CANADIENNE-FRANCAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES André Boudreau (2e vice-président), langue et linguistique, adjoint au vice-recteur aux ressources humaines, Université Laval Alain Marc Couturier, étudiant, administration scolaire, Université Laval Gilles Y.Delisle (président sortant), génie électrique, directeur général, INRS-Télécommunications Jean Doucet, chimie physique, directeur de programme, Centre cle recherche et de développement Arvida, Alcan International Ltée François Dubé, biologie cellulaire, professeur-chercheur, Département d’océanographie, Université du Québec à Rimouski Colette Dubuisson, linguistique, directrice, GMRAPO, Université du Québec à Montréal André Fauchon, géographie, professeur, Faculté des arts et des sciences, Collège universitaire de Saint-Boniface J.André Fortin, biologie, directeur.Institut de recherche en biologie végétale Catherine Graham, étudiante, littérature dramatique et théâtre, Université McGill Michel Quindon, sciences comptables, professeur, Ecole des hautes études commerciales Brigitte Jaumard, mathématiques appliquées et recherche opérationnelle, professeure-chercheuse, Departement de mathématiques appliquées, École polytechnique de Montréal François Labrousse, gestion et informatique, Le Groupe C.G.I.Maryse Lassonde (lre vice-présidente), neuropsychologie, professeure, Département de psychologie, Université de Montréal Pierre Yves Leduc (trésorier), mathématiques, doyen, Faculté des sciences, Université cte Sherbrooke Normand L.Marceau, biologie cellulaire et moléculaire, chercheur, Centre de recherche, Hôtel-Dieu de Québec Raymond N.Morris, sociologie, professeur, Département de sociologie, College universitaire de Glendon, Université York, Toronto Henri Navert (président), médecine, directeur médical, Phoenix International /Sciences de la vie, Montréal Édouard Potworowski, immunologie, professeur, Institut Armand-Frappier, Laval François Ricard, littérature française, professeur, Dtmartement de langue et littérature, Université McGill Chantal Saint-Pierre, éducation, professeure, Département des sciences humaines, Université du Québec à Hull Françoise Braun (secrétaire), anthropologie, directrice générale, Acfas Jean-Marie Demers (archiviste), biologie, professeur retraité, Département des sciences biologiques, Université de Montréal 5 ÉD INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 AL CHANGER PENDANT QU'IL EN EST ENCORE TEMPS par Ginette Ouellette La Commission parlementaire sur l’avenir des cégeps, qui commence ses travaux ce mois-ci, invite à une réflexion Premier constat: on dispense dans les cégeps une formation «de masse» aux exigences diminuées.Au nom de la compétitivité et de la rentabilité, en évoquant la démocratie et l’égalité, on ne tolère plus un système où l’instruction se fait selon les règles d’acquisition du savoir rationnel et de la culture.On oublie de ménager du temps pour le travail intellectuel.Ultimement, l’élève doit apprendre par osmose, sans devoirs ni leçons.On vise un savoir accessible au «toucher d’un bouton» et en ce sens, on privilégie les connaissances utilisables dans l’immédiat en négligeant celles qui semblent gratuites, mais qui développent l’intelligence et améliorent la capacité d’apprendre.Or une démocratisation de l’enseignement qui passe par le nivellement des contenus au détriment d’un resserrement ne permet pas de faire face à la compétition scientifique et technologique internationale.Les pressions à l’endroit des cégeps et des universités pour que disparaissent les préalables ne s’accompagnent pas non plus de la mise en place de programmes étoffés et exigeants à l’ordre d’enseignement précédent.On cherche à «égaliser» les individus et les diplômes émis par des institutions scolaires que l’on veut accessibles à tout prix.Mais les diplômes font-ils foi d’une réelle scolarisation, obtenue en fréquentant une institution où on se préoccupe de la qualité des savoirs et des apprentissages?Les choix actuels de contenus se font trop souvent dans le contexte d’une «pédagogie de la réussite», ce qui se traduit inévitablement par la nécessité d’éviter aux étudiants les «traumatismes» des échecs.On assiste à un effritement des exigences intellectuelles et on crée des illusions quant aux véritables efforts que demande l’étude tout court, celle des sciences en particulier.Obsédé par le désir de diminuer les taux d’échecs et d’augmenter le taux de diplômés, on sacrifie des connaissances de base et on choisit des contenus plus faciles.Pourtant, on ne réussit pas à diminuer le décrochage.En fait, en nivelant les contenus, on introduit un type de décrochage, subtil et pernicieux, qui n’a rien à voir avec les difficultés d’ordre intellectuel ou les problèmes familiaux.Il s’agit ici d’un effet de système.Plusieurs élèves s’ennuient depuis des années.Ils font du sur place en attendant les autres.Ils en viennent alors à mépriser un système qui leur propose des contenus sursimplifiés et mièvres, un système d’éducation de masse qui s’appuie sur des principes de réussite à tout prix et qui propose de moins en moins de défis.La conséquence immédiate est la perte d’une relève.Or, au tournant du prochain siècle, aucun pays industrialisé ne sera épargné par la difficulté d’assurer cette relève, surtout en ce qui concerne les secteurs de pointe.On entretient des mythes irréalistes sur les besoins de ceux et celles qui se consacrent à l’étude des disciplines scientifiques, croyant que tout est récupérable, en tout temps, et que certains apprentissages peuvent être constamment retardés.Déjà au cégep, pour certains, l’apprentissage des concepts devient difficile tant on a élagué les contenus du secondaire.L’étudiant n’a pas les repères pour accéder à de nouvelles connaissances en mathématiques.Et on s’étonne de ses difficultés! On est de fait en main d’installer dans les cégeps et les universités une situation contre laquelle luttent actuellement les Américains, soit la multiplication des cours de mise à niveau dans lesquels on reprend les apprentissages du secondaire.Voilà l’impact, sur l’enseignement supérieur, de certains choix des 10 dernières années.L'ALGÈBRE Par exemple, avec la venue de la calculette, certains ont cru obsolète une formation en algèbre au secondaire.On la qualifie de trop abstraite, voire d’inutile et dépassée.Or l’algèbre est aux mathématiques ce que publique sur la formation dispensée dans ces institutions.L’auteure profite ici de l’occasion pour livrer quelques idées sur le sujet en prenant l’exemple particulier de l’enseignement des mathématiques et des sciences. les mots et les règles de grammaire sont à la langue maternelle; l’algèbre n’est ni abstraite ni concrète, mais nécessaire pour communiquer les idées mathématiques et scientifiques.L’algèbre est pertinente à la formation des scientifiques.Il est normal d’enseigner ce qui s’apprend difficilement hors de l’école et, dans le cas des mathématiques, d’amener les élèves à s’engager dans les voies du raisonnement, de la réflexion et de l’abstraction en introduisant le plus tôt possible l’emploi de symbolisme.Car là réside une des caractéristiques les plus fondamentales des mathématiques du secondaire : dépasser l'arithmétique du primaire pour emprunter les avenues du symbolisme algébrique et ouvrir la voie aux mathématiques post-secondaires.Depuis les années 70, on évacue des portions importantes de contenu mathématique sans suggérer en remplacement des contenus aussi formateurs.On déstabilise de plus en plus l’enseignement post-secondaire, non seulement en mathématiques, mais aussi en sciences.Comme dans le cas de la langue maternelle, on refuse d’initier les élèves aux apprentissages plus abstraits d’une discipline (8)0118X6, grammaire, analyse), en élaguant les contenus dits «structurels» (géométrie déductive et algèbre).Cela explique en partie le retard dans le développement de la pensée formelle de nos cégépiens.LES SCIENCES HUMAINES Au cégep, on accède au programme de sciences humaines avec un diplôme d’enseignement secondaire (DES).Il n’y a plus de préalables en mathématiques (sauf en sciences administratives).L’effet combiné de la réduction des exigences d’entrée en mathématiques à l’ordre collégial et de la réduction récente des exigences universitaires sera désastreux pour la formation en sciences humaines.Il a été rapidement interprété comme la fin d’une formation mathématique obligatoire ou nécessaire, et ce, dès le secondaire.Il ne faudra alors pas s’étonner des difficultés parfois insurmontables des étudiants universitaires en géographie, en sociologie, en démographie ou en économie, eux qui, n’ayant eu aucun contact avec les mathématiques au collégial, se présenteront à l’université avec les mathématiques d’une 3e secondaire.Il est illusoire de croire qu’ils pourront s’adonner à l’analyse mathématique, à l’étude de la cartographie, à celle des courbes de croissance des populations ou des économies.Pire ! Les universités ne voient que la pointe de l’iceberg quand il est question de la faiblesse mathématique de leurs étudiants du premier cycle en sciences humaines.Quant aux éventuels étudiants à la maîtrise et au docto- rat, ils ne pourront à ce stade éviter les aspects quantitatifs dans leurs recherches.Comment feront-ils pour se mesurer en toute confiance à leurs collègues internationaux?LES SCIENCES PURES ET APPLIQUÉES Dans ce secteur-ci, comme dans le cas des sciences humaines, on prône la disparition des préalables collégiaux en mathématiques! Le nombre de périodes de mathématiques imposées aux étudiants de sciences pures et appliquées est passé de 300 à 225, alors qu’en Ontario, il est question de 400 périodes pour cette catégorie d’étudiants.Ces dernières années, des pressions de la part de scientifiques de divers milieux ont permis d’éviter de trop déstabiliser la formation scientifique au collégial.Cependant, diverses informations de nombreuses sources tendent à confirmer qu’il faudra être vigilant.Même en sciences pures et appliquées, le risque est celui d’un élagage important des contenus.Pour hausser le nombre de diplômés en sciences, certains sont d’avis qu’il faut éviter le plus longtemps possible d’imposer aux étudiants de faire des mathématiques et des sciences! Ils considèrent que l’équivalent de l’année de formation scientifique actuellement aménagée dans le cadre des deux années de collégial (l’autre étant réservée à la formation générale), est déjà une année de spécialisation.On est en droit de se demander, devant de tels avis et compte tenu des réformes du secondaire : quand donc les élèves de la relève feront-ils des sciences?LE SECTEUR PROFESSIONNEL Au collégial, l’élagage des préalables de la formation professionnelle est entamé depuis plusieurs années.Insidieusement, année après année, au gré des révisions des programmes du secteur professionnel, on a vu disparaître les contenus mathématiques et diminuer le temps accordé à cet enseignement.La pensée formelle est peu développée et on constate une baisse des capacités des élèves à faire face aux exigences de la formation continue.Les grandes entreprises déplorent qu’on ait sacrifié la formation de base en mathématiques, surtout dans le cas des techniques dites «dures» qui conduisent à la haute technologie.Depuis une quinzaine d’années, on a plutôt tendance à évacuer l’aspect éducatif des mathématiques de l’enseignement technique alors que les technologies nouvelles se mathématisent ou demandent tout au moins des habiletés intellectuelles que les mathématiques contribuent à développer. 7 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 Le cégep, premier ordre de l’enseignement supérieur, est confronté aux pressions du nivellement des apprentissages.Le jeu délicat de la levée des préalables collégiaux fait en sorte que les élèves arrivent du secondaire mal préparés pour des études collégiales.En ce qui concerne les connaissances mathématiques et les habiletés à développer, même dans la voie minimale du secondaire, rappelons que les contenus doivent être de base et pertinents; ils doivent améliorer les capacités d’abstraction et contribuer au développement de l’intelligence.Une conception utilitaire des apprentissages qui passe par l’élagage des contenus n’est pas une vision de l’enseignement.Privilégier une culture scientifique ne garantit pas que la formation scientifique dispensée sera suffisante pour s’assurer une relève.Si on ne fait pas rapidement ces distinctions, on peut effectivement craindre que renseignement des mathématiques et des sciences soit en danger.L’enseignement de masse ne doit pas nous empêcher de préparer adéquatement notre relève en sciences.On ne doit pas remettre à plus tard certains apprentissages accessibles en prétendant qu’ils sont spécialisés.Parfois, plus tard devient trop tard.Si la tendance se poursuit, on risque d’offrir un jour un enseignement en sciences plus près de celui du tiers-monde que de celui des pays les plus avancés de l’OCDE.Il faut consentir un réel investissement dans le futur en optant tôt pour une formation scientifique de qualité.Une relève bien préparée est une richesse sociale à transmettre aux prochaines générations, qui devront affronter en toute confiance le XXIe siècle.La commission parlementaire aura à tenir compte de la situation que je viens de décrire.Mais la lecture de la réalité est rarement dans le sens de mon exposé.J’avoue craindre les solutions qui seront envisagées si les scientifiques continuent à ne pas s’en mêler davantage.• Ginette Ouellette enseigne les mathématiques au Collège de Maisonneuve.Elle est également présidente de l’Association mathématique du Québec.L'AVENIR DES CÉGEPS: DE L'AUTONOMIE À L'HARMONISATION A la suite de la redéfinition de sa mission en 1989, l’Acfas entend jouer un rôle actif dans les questions et débats qui touchent la promotion des sciences et le développement de la recherche.C’est dans cet esprit que l’Association a soumis à la Commission de l’éducation un mémoire intitulé L’avenir des cégeps: de l’autonomie à l’harmonisation.L’Acfas soutient dans ce mémoire que le cégep en tant que premier segment de l’ordre d’enseignement post-obligatoire doit continuer à exister.Elle y réaffirme aussi l’intérêt, en principe, de voir coexister dans la même institution une formation générale et une formation professionnelle malgré les problèmes que cela engendre.Dans la pratique, l’Acfas invite les instances compétentes à évaluer la question de l’enseignement professionnel.L’Acfas concentre son analyse sur les problèmes majeurs qui touchent la formation pré-universitaire.Ainsi, on aborde dans le mémoire la question de l’arrimage de l’ordre collégial à l’ordre secondaire et à l’ordre universitaire.On insiste sur la nécessité d’harmoniser les programmes et d’assurer une continuité dans la formation.On souhaite ainsi que le collégial, dans le secteur général, ne soit plus considéré comme une étape intermédiaire entre le secondaire et l’université, mais comme la première étape de l’enseignement post-secondaire.Ainsi conçu, il n’y aurait aucune rupture dans l’enseignement supérieur, comme c’est d’ailleurs le cas dans le reste de l’Amérique du Nord.Par ailleurs, on souhaite que le cégep procède à de sérieux ajustements dans ses programmes et dans tout le dossier de l’évaluation.On constate, en effet, qu’il y a une grande disparité dans la formation des cégépiens et cégépiennes, et que le même diplôme n’a pas une valeur égale selon les institutions.Finalement, on soutient que si le cégep n’est pas une institution vouée à la recherche, il est cependant légitime qu’une partie du corps professoral dûment formé s’y consacre.On souligne que la recherche au cégep devrait se faire en collaboration avec des équipes universitaires afin de contrer l’isolement de ceux et de celles qui sont engagés dans cette activité.L’Acfas conclut à l’importance pour l’ensemble de la société de se doter d’un système d’enseignement supérieur qui corresponde à ces besoins.Elle engage donc le gouvernement à faire les investissements nécessaires pour réaliser cet objectif.On peut se procurer une copie du mémoire en téléphonant au secrétariat de l’Acfas au (514) 849-0045.L’Acfas invite aussi ses membres à lui faire part d’autres sujets d’intervention possibles.Communiquer avec Françoise Braun, directrice générale, au (514) 849-0045. 8 INTERFACE NOVEMBRE • DECEMBRE 1992 FAC ACE JEAN-GUY BELLEY un droit sans juges ni avocats par François Brousseau Jean-Guy Belley, professeur de droit à l’Université Laval, n’a que faire de son Code civil, de l’étude des lois, des techniques de plaidoierie et autres avocasseries! C’est dans le comportement des grandes entreprises et l’étude des contrats privés, dans la dyna- duisent-ils pas leur propre ordre juridique, un véritable «droit social» pa- mique socio-économique des régions et les nouveaux rapports au sein du mariage, dans le rallèle aux lois étatiques et aux constitutions, et néanmoins obligatoire pour non-dit des ententes tacites, des coutumes locales et des réseaux sociaux, qu’il cherche la vraie nature du droit contemporain, en marge des textes juridiques et des jugements de cour.«J’étudie le droit comme type particulier de normes sociales.Car nous sommes aujourd’hui de plus en plus incertains face aux normes qui fondent notre existence », explique ce chantre du « droit postmoderne » — pour reprendre les termes qu’il utilise volontiers lui-même.La multiplication des sources du pouvoir, la remise en question de la souveraineté nationale au sens traditionnel, le pluralisme et le relativisme moral croissants des sociétés contemporaines, tout cela pose des défis juridiques inédits qui commandent, selon Jean-Guy Belley, un élargissement des concepts maditionnels du droit.Membre du programme «Droit et société» du très sélect Institut de recherches avancées de Toronto, Jean-Guy Belley cherche à défricher les avenues du droit du XXIe siècle.Il n’hésite pas, d’ailleurs, à établir des analogies entre le droit post-moderne des sociétés éclatées de cette fin de siècle, d’une part, et les «théories du chaos» héritées de la physique contemporaine, d’autre part, pour rendre compte d’un Nouvel Ordre juridique qu’il conviendrait plutôt de baptiser Nouveau Désordre juridique {encadré).Un désordre qui, de plus en plus, fait exploser les certitudes légalistes, étatiques et monistes héritées du XIXe siècle.Faut-il réglementer les nouvelles technologies de reproduction?La pleine autonomie juridique des peuples autochtones est-elle compatible avec l’ordre juridique actuel?Quels nouveaux compromis devons-nous dresser, qui lieraient morale sociale et libertés individuelles?Les échanges économiques privés, dans une les acteurs qui y sont soumis?Voilà le type de questions qui passionnent Jean-Guy Belley.«De plus en plus, il nous faut accepter avec plus ou moins d’angoisse le fait qu’il existe une grande part d’indétermination ou de chaos dans notre univers normatif.Il y a aujourd’hui un chaos normatif dont on n’avait absolument pas idée au XIXe siècle», explique le jeune professeur de 42 ans.«Normes», «chaos», «droit informel»: on retrouve ici le vocabulaire typique de Jean-Guy Belley.Les «normes», ce sont les modèles d’action qui, sans être inscrits dans les textes de loi, ont néanmoins force d’obligation dans un contexte donné, pour des raisons culturelles, sociales ou économiques.Par exemple, tel fournisseur d’une grande entreprise est tenu de se comporter de telle manière, s’il veut simplement continuer à exister.Ou encore, tel usage à l’intérieur du mariage est considéré comme obligatoire dans un pays et comme totalement bizarre dans un autre.Ainsi vont la diversité culturelle et le «droit informel» qui en découle.Le droit vu par Jean-Guy Belley est éclaté, multiforme et pluraliste.Il n’y a plus un droit, il y en a cinq, dix, cent, qui ont des rapports de plus en plus complexes les uns avec les autres.Il y a un droit autochtone.Un droit des entreprises.Un droit criminel.Un droit du mariage et des unions de fait.Un droit économique du Saguenay—Lac-Saint-Jean.Ces droits n’ont pas le même rapport avec l’Etat, qui peut être soit très présent, soit complètement absent.LE DROIT SANS L'ETAT région, dans un pays ou à l’échelle internationale, ne pro- «II y a plus qu’un droit dans la société.Tout le droit ne gravite pas autour de l’État.L’État n’est pas le seul créateur de droit.» Quand, en 1972, alors étudiant au baccalauréat à l’Université Laval,Jean-Guy Belley prend foi sed, %, INTERFACE NOVEMBRE • DECEMBRE 1992 connaissance de ces affirmations fondamentales du grand sociologue Georges Gurvitch (mort en 1965), il commence à mettre de côté son projet de devenir avocat à l’aide juridique ou apôtre des bonnes causes progressistes.En effet, dans les Eléments de sociologie juridique de Gurvitch, Jean-Guy Belley trouve une inspiration qui sera à la base de l’orientation de toute sa carrière.«On y parlait du droit d’une façon telle que je n’y retrouvais aucun des enseignements quej’avais suivis, aucune des notions quej’avais apprises pendant trois ans.On ne parlaitjamais déjugés ou d’avocats dans cet ouvrage-là!» Il décide alors de réfléchir à sa discipline plutôt que de devenir un technicien de l’application du droit.Et c’est ainsi que, sur la piste de Gurvitch, il deviendra peu à peu l’un de nos plus importants penseurs du droit sans monopole de l’Etat, des juges et des avocats.«Les études traditionnelles en droit n’étaient pas très stimulantes.On n’y réfléchissait pas à l’importance du droit dans la société, au bouleversement du droit par rapport à l’époque, à ses retards ou à ses avancées en fonction des pratiques sociales.Les cours étaient orientés vers l’exercice de la profession, donnés de manière technique et dogmatique.En lisant Gurvitch, j’ai soudain eu le sentiment qu'on pouvait faire du droit d’une manière totalement différente et autrement exigeante.» Après une maîtrise à Laval ( 1974), ce sera le rituel séjour d’études parisien, sous la direction dejean Carbonnier, chef de file de la sociologie juridique française.Le tiième de son doctorat: «Conflit social et pluralisme juridique en sociologie du droit».Et voilà Jean-Guy Belley consacré héritier québécois du droit social de Gurvitch et chantre du « pluralisme juridique », un thème resté le fondement de son système intellectuel.De retour de Paris en 1978, Jean-Guy Belley revient à son aima mater de Québec, qui l’accueille comme professeur.Pendant les années 80, parallèlement à son enseignement, il articule l’idée de droit social dans un contexte québécois.Il dissèque et défend le «romantisme juridique» de ceux qui voulaient, au début du XXe siècle, «dépasser le formalisme, l’individualisme et l’étatisme de la pensée politique dominante », et qu’il faut aujourd’hui redécouvrir.Mais surtout, il met au ¦ S*ri point sa « théorie pluraliste du contrat », qui devient rite sa spécialité et constitue un apport original à la pensée juridique contemporaine.Ainsi, le «droit des contrats», selon Jean-Guy Belley, c’est bien davantage que l’étude des clauses que vous fait signer un agent d'assurances ou un vendeur d’automobiles.C’est une véritable grille de lecture de la société globale et de ses rapports avec le juridique.«Le connat, explique-t-il, est au cœur de ma recherche et de mon enseignement.Ce n’est pas toute la relation entre deux parties, c’est l’aspect de cette relation qui correspond au < sentiment de l’obligatoire >.Entre deux entreprises, entre deux individus, dans un mariage ou H* 10 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 DU CHAOS DE LA PHYSIQUE AU CHAOS JURIDIQUE «Fellow» de l’Institut de recherches avancées de Toronto depuis l’été 1992, Jean-Guy Belley a trouvé dans cet organisme de prestige doté d’un budget annuel de quelque cinq millions de dollars, non seulement une excellente source de financement de la recherche fondamentale, mais aussi un lieu propice à cette interdisciplinarité dont il aime tant se réclamer.Les trois groupes de recherche du programme «Droit et société» dont il est responsable pour le Québec, ont respectivement pour thèmes «La fabrique de l’Etat canadien.Normativité, pluralisme culturel et juridique»; «La normativité dans le champ de la santé»; «Le droit et l’ordre spontané.Les normativités officielles et non officielles».C’est ce dernier thème qui rejoint le plus les préoccupations personnelles de Jean-Guy Belley et lui permet d’y aller de quelques parallèles hardis entre le droit, les sciences humaines et les sciences physiques.«Idéalement, l’objectif de l’Institut, ce serait de faire en sorte que les gens des différents programmes, des sciences physiques comme des sciences humaines, interagissent.Des juristes qui échangent avec des cosmologistes et des spécialistes en robotique, est-ce que c’est une voie d’avenir?En tout cas, l’idée est lancée.Elle reste encore embryonnaire», reconnaît cependant le chercheur.Mais qu’est-ce qu’un physicien peut avoir à apprendre à un juriste comme Jean-Guy Belley?Réponse: le relativisme, le pluralisme méthodologique et la crainte des théories univoques qui prétendent tout englober sous une seule et même logique.Il donne un exemple : «Contrairement à ce qu’on avait cru au XIXe siècle, la physique contemporaine nous a appris que tous les rapports ne sont pas prévisibles.» Jean-Guy Belley évoque le fameux principe d’incertitude de Heisenberg, selon lequel on ne peut pas connaître avec précision à la fois la position et le niveau d’énergie d’une particule élémentaire.«Par ailleurs, fait observer le juriste, même les sciences physiques remettent aujourd’hui en question les postulats selon lesquels on peut tout ramener à des lois de détermination causale.Plus on étudie l’infiniment petit ou l’infiniment grand, plus nos instruments d’observation et de mesure sont raffinés, et plus on constate l’indétermination des mouvements.Cela permet de transposer dans les sciences sociales des incertitudes et des intuitions que l’on observe depuis longtemps dans le domaine de la physique.» Devant cette indétermination intrinsèque des choses physiques et humaines, Jean-Guy Belley est retourné à la philosophie et à la littérature, «qui n’ont pas abandonné, comme la science, la recherche d’une synthèse, d’une appréhension globale de la réalité».Il ne dédaigne pas, par exemple, l’approche parfois poétique d’un Michel Serres, celle plus littéraire d’Albert Camus ou celle plus scientifique d’Edgar Morin, dans leurs tentatives de penser la globalité et la complexité du monde.«En sciences sociales, on a fini par abandonner l’objectif d’une théorie qui permettrait de comprendre tout.Mais cela est peut-êü'e vrai aussi des sciences pures.Fondamentalement, les sciences sociales comme les sciences pures n’existeraient pas s’il n’y avait pas, dans chacun des deux groupes, le projet de comprendre les choses d’une manière qui ne soit pas complètement subjective.Or l’aspiration à l’objectivité reste une utopie souhaitable qui, malgré leurs différences, rapproche grandement les gens des sciences pures de ceux des sciences humaines.» dans une transaction d’affaires, dans un échange économique ou dans un échange affectif, se greffe quelque part le sentiment de l’obligatoire.» Cette notion d’engagement ferme peut être ou non appuyée par l’Etat.LA LOGIQUE DE L'ALUMINIUM Jean-Guy Belley a cherché à appliquer sa sociologie du contrat et du droit social en menant, à partir de 1989, une recherche empirique dans sa région natale du Saguenay —Lac-Saint-Jean.Il s’intéresse en particulier aux pratiques contractuelles qu’entretient une grande société, l’Alcan, avec ses fournisseurs et un environnement économique régional qu’elle a puissamment contribué à façonner.Cette recherche doit aboutir à la publication prochaine d’un livre dont le titre est déjà trouvé: La logique de l'aluminium.Jean-Guy Belley a ainsi constaté que l’Alcan, cet acteur central de la rie économique régionale du Saguenay, «fabrique du droit», littéralement — avec ses normes, ses pratiques, les contrats qu’elle signe et fait signer, son poids économique (7000 emplois directs et plus encore d’emplois indirects) et sa culture d’entreprise — autant sinon davantage que l’Etat.En étudiant les contrats entre l’Alcan et ses fournisseurs ainsi que les pratiques informelles qui y sont reliées, le chercheur a voulu mettre le doigt sur les « normes écrites et non écrites» qui président à ces relations.Relations dans lesquelles l’habitude et la confiance mutuelle ont souvent plus d’importance que le libellé des textes et le droit provincial des contrats.«Il y a des normes qui ne sont pas celles de l’Etat dans les rapports entre entreprises.Ces normes-là ont été établies par quelqu’un qui avait une autonomie politique et économique suffisante pour le faire.L’Etat, en étant absent de la définition de ces normes, reconnaît une autonomie.C’est ici que je vois l’importance du droit non étatique.» Le droit et son application, ce ne sont pas d’abord les jugements de cour: «En théorie, on peut toujours, en partant d’un contrat, aller devant un tribunal étatique et le faire exécuter, malgré la volonté de l’autre.Mais, dans la pratique, souvent on ne le fait pas: les juristes, les professionnels du droit ne s’en mêlent pas.Il y a pour cela des raisons économiques, mais ce ne sont pas les seules.Quand on cherche en profondeur, on en découvre bien d’autres.Le recours aux tribunaux de l’État est un phénomène assez rare et même très marginal dans bien des cas.Est-ce une pathologie des citoyens?Ou n’est-ce pas plutôt un peu illusoire de croire que le choit de l’État est le seul droit, que les parties pensent toujours au droit de l’État?«Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, il commence à se former un véritable espace économique régional, qui sécrète un certain nombre d’attentes, de normes, de pratiques standard, d'obligations imposées aux agents économiques de cette région.C’est ce que j'ai voulu mettre en relief avec cette étude autour de l’Alcan.» UN PLURALISME POST-MODERNE Droit étatique et droit social, droit régional et droit national ne sont pas mutuellement exclusifs ou conflictuels: ils se complètent.Les recherches empiriques de Jean-Guy Belley tendent à montrer dans les faits et à systématiser de façon théorique l’idée fondamentale de pluralisme juridique, qui reste la pierre angulaire de son travail.Il y a des cas, des secteurs où l’État intervient.mais dans toute une série de domaines, de relations sociales, «l’État serait plutôt discret, voire absent».C’est un autre ordre d’autorité, ayant pratiquement force de loi sans être nécessairement sanctionné par l’État, qui prend alors le relais.En toute logique, Jean-Guy Belley n'est donc pas du genre à se plaindre de «l’inflation juridique» de la société actuelle, dont on parle si souvent au sujet de la Cour suprême et du «gouvernement des juges».Son monde est un monde de «normesjuridiques ou quasi juridiques» qui apparaissent dans les domaines où l'État ne veut pas, ou ne peut pas se rendre.Toutefois, contredisant une idée des années 80, il ne pense pas que la Charte des droits de 1982 «ait changé le monde autant que certains le disent.Elle a peut-être influencé le rapport de certains groupes d’intérêt avec l’État, mais bien peu, à vrai dire, les rapports entre citoyens.Ce ne sont pas les citoyens qui utilisent la charte, ce sont les groupes de pression».Et de toute façon, comme il le mentionne avec un rien de dédain, ce n’est pas là un domaine qui le passionne, ce champ de réflexion — la charte, les droits, la judiciarisation de la société — « étant déjà bien occupé », pendant que « d’autres domaines importants sont délaissés» par les intellectuel.Droit des contrats, droit social, pluralisme juridique, théorie du chaos.En plus de poursuivre des recherches empiriques et théoriques, Jean-Guy Belley, sans avoir l’âme du militant, a tout de même quelques souhaits concrets quant à l’évolution de la société sur le plan du droit.11 défend certes le pluralisme juridique comme instrument conceptuel, mais pense aussi que ce pluralisme permettra, dans la pratique concrète du droit de demain, de faire face à de nombreux problèmes que la conception traditionnelle du «tout-État», de la souveraineté nationale comme alpha et oméga de l’ordre politico Juridique, ne permet plus d’affronter efficacement.Exemple: l’autonomie juridique des peuples autochtones.«Le plus tôt on aboutira à la problématique du pluralisme juridique, le plus rite on se débarrassera de l’idée de souveraineté juridique exclusive de l’État-nation, et le plus rite on pourra être un peu plus à l’aise avec l’idée d’autonomie juridique des autochtones.» Autre exemple : les mesures dites de « discrimination positive» envers certaines minorités, notamment dans l’embauchage des fonctionnaires.Là aussi, selon Jean-Guy Belley, le pluralisme juridique — entendu comme pratique concrète et objectif souhaitable — peut venir à la rescousse, en nous apprenant à vivre sans trop de déchirements avec plusieurs logiques contradictoires.Pour le strict tenant des droits individuels, la «discrimination positive» est une aberration.Mais pour Jean-Guy Belley, il y a moyen de faire cohabiter une nouvelle logique juridique basée sur les droits sociaux avec une philosophie fondée sur les droits individuels, sans pour autant fouler aux pieds ces derniers.«Pierre Elliot Trudeau nous l’a encore dit lors de son intervention référendaire.On a ici la conception dite moderne, issue de la Révolutiod française.Mais dans la mesure où, comme M.Trudeau, on essaie de toujours tout ramener à une seule logique, on a de la difficulté à affirmer à la fois ce qui nous est commun, à respecter les particularités et à tenir compte des inégalités.Si on était capable, comme on le souhaite dans le cadre du pluralisme juridique, de fonctionner avec plusieurs logiques en même temps, peut-êü'e une part de nos difficultés disparaîtraient-elles.» C’est cette pluralité des logiques, ennemie du dogmatisme, que Jean-Guy Belley assimile à la pensée postmoderne et entend appliquer au droit contemporain.«Une pensée qui ne cherche pas la cohérence à tout prix, puisque la cohérence totale est une utopie dangereuse.» • LES BE 1992 Acfas haqusbannée, depuis 1944, l'Acfas s’associe au milieu des affaires pour décerner des prix à des personnes qui, au Canada, ont apporté une contribution exceptionnelle à la recherche dans le cadre des buts poursuivis par l'Acfas.tes prix soulignent des percées significatives ou, exceptionnellement, couronnent l’ensemble d'une carrière.Ils x MH.it destinés aux personnes oeuvrant en recherche ou en enseignement, dans le secteur public ou dans l'entreprise Nprtvée.Us comportent chacun une médaille de bronze ou un objet commémoratif et une somme de 2 500 $.jritèrês d’attribution mise ën candidature ë>n peut se procurer un document de mise en candkiatttre, où sont décrits les critères d'attribution, au secrétariat \&l'Açtes.Tél.: (514) 849-0045, téléc.: (514j.849-S5S8çf ; v La date de clôture du concours est le vendredi 15 janvier 1993.PRIXANDRE-LAURENDEAU - ,sv- Sciences humaines W Ce prix a.été créé etvHûSô en l'honneur cPÀ.,„r^ n Laurendeau.grandéditorialiste et humaniste.il ésides fine*/ aux personnes Oeuvrant en xktetiçes humaines./ 3 1 0^ \ MARCEL-VINCENT i f«h * ft 4 y.V i s : PRIXJ.-ARMAND-BOMBARDIER Fondation J.-Armand-Bombardier • Innovation technologique dCe pris a été créé eh 1979 en l'honneur de J.-Armand Bprjibardier, le plus célèbre des inventeurs québécois, fondateur de la compagnie Bombardier 'll a pour but de reconnaître les contributions à /’ innovation technologique qui ont résulté en une commercialisation concrète se distinguant par unsuccès économique.Lé prix est financé .par ia Je Armand-Bombardier.PRIX JACQUES-ROUSSEAU IBMCanadsLtéi fnterdisdpjiïnàfitï^.Ce prix-a en /' honneur de Jacques Rousseau', botdnisthtetmiolqgue êr naguère secrétaire de l Acfas.$l isoulèÿne les réalisations scientifiques exceptionnelles de personnes qui ont largement dépassé ' leur domaihe cle spécialisation en recherche et qui ont établi des ponts novateurs entre différentes disciplines de manière àfnieux exploiter, en les conjuguant, les savoirs.Le prix est financé par lacompagnie IBM Canada Liée.PRIXLEO-PARISEAU Scienceÿbiologiques et sciences de la santé i Ce prix affè créé en 1944 enV honneur de Léo Pari seau, M.premier,président de l'Acfas.Il est destiné aux personnes OL-uvrqjmÈn sciences biologiques où en sciences de la Tfrrtr W .Xv-VJe»-doyen » la pisolllcslion écuhé'des arts et deisclences {v^,^' iUnlvefSltt de Montreal - J PRIXJ.-ARMAND-BOMBARDIER Vaira Vlkis-Freibergs Profesaeurednilalre Département de psychologie Université de Uontréel PRIX MICHEL-JURDANT Serge Gracovelsky Professeur associe, Départemenl de génie électrique UnlversIléConcordls et president.Oisgnosplne Reeserch inc.et Spine «Medical Technologies PRIX JACQUES-ROUSSEAU Claude Hillaire-Marcel Proltsseurtltulalre Département des sciences de la terre: Centre de rechercheen géochimie Isotoptqûe (GEOTOP) PRIX URGEL-ARCHAMBAULT FerdinandBonn Prdfesseur titulaire Centre d'applications et de recherches en télédétection (CARTEL} Université deSherbrooke PRIX: • LEO-PARISEMT Gilles Brassard Professeur titulaire Dépgrtementtfintorme tique , etderechefche opérationnelle Université de Montrai PRIXMARCEL-VINCENT Bell Canada Sciences sociales Ce prix u été créé en 1975 en V honneur de Marcel Vincent, premier président francophone!deBell 'Canada.If est destiné aux persopnesqieu 1 rant en sciehips sociales.Le prix est financé par la compagnie Bell Canada.PRIXMICHEL-JURDANT Hydro-Québec Sciences de l'environnement Ce prix a été créé enj 985 en /’ honneur de Miche! Jurdant.Il récompense aes activités de recheh he en sciences de l'environnement.Il est destiné aux’ personnes dontJp\ travaux et le rayonnement scientifiques sont liéjfjt.impacts sociaux concernant la misp en -valeur} ei' protection de l'environnement.Le fsris fst financé {wpJ*-Hydro-Oucbec .PRIXURGEL-ARCHAMBAULT Alcan Sciences physiques, mathématiques et génie Ct prix a été créé en ) 953 en P honneur d'Uf gel Archambault.directeur-fondateur de l'École- polytechnique de MôntréaJ.U -est destiné aux personnes 'oeuvrant en sciences physiques, en mathématiques-et en * génie.'Le prix esifrhq'nçé par la compagnie Alcan.Renseignements : Paul Jolicoeur Directeur Laboratoire de biologie .moléculaire Institut de recherches cliniques de Montréal Acfas 425, rue De LaGauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Tél,: (514) 849-0045 Téléc.;(514)849-5558 La date de clôture du concours est le vendredi 15 janvier 1993.' - CarPÉricAbbtyx Maîtrise en géhié : .mécanique' École polytechnique ^:7'* de Montréal - î' Isabelle Laurion Maîtrise en biologie (ocèenographie) Université du Quebec à Rimouskl Paul Fortier Maîtrise entlttéra%e française Unlyprs^éLavél ¦pf PRIXDESJARDINSD’EXCELLENCE ÉTUDIANTS-CHERCHEURS Fondatioh Desjardins .Ces trois prix ont pour butPie soulignerV excellence du dossier universitaire de premier, cycle et d'encourager les jeunesxcqoursUivre une carrière de recherché, Chdquè prey consisté Cti une sommc dpCSÛO S octroyée.pqr la Ewtjgjim I?e.sJardfn,Ç ' • /’ .* ' Ces prix sont aïfribufgpà yfey 'fprjt^ki^plôméès de premier cycle, de citoyenneté canada dons ^^institutionUniversitaire reconnue a travos le monde fioàr f pou* suivie Je s etudes de deuxieme exclc.La première nance, Je maUnxe devra érrt entamée entre-septembre /992 et mai I993.' Le niepi^fMjjvfccjfcp-;.rfedigé eh fiançais Aucune' discipline universiîatrén dijfcxftucda chiimp d'attribution des prix. mm.>C IGLOOLIK A C\ £ t* mz %96 *uini >9t> ‘lie >981 zc 24 INTERFACE NOVEMBRE • DECEMBRE 1992 LUNE CIRCUMPOLAIRE: LUNE SOUS L’HORIZON: POUR 24 HRS.OU PLUS PHASES DE LA LUNE (Janvier) (Février) (Mars) (Avril) (Mai) (Juin) (Juillet) (Août) JANV.FEV.MARS AVRIL MAI JUIN JUIL.AOUT SEPT.(Sept.) (Oct.) (Nov.) (Dec.) OCT.NOV.DEC.27 pc m JANV.FEV.PQ t.GC PL GD O O O 11 DQ 18 DC NL 26 17 25 26 27 MARS 11 18 26 ••a > < rr AVR 10 18 25 I 26 MAI 1 17 24 25 31 JUIN 16 22 23 15 22 23 21 20 19 18 .1 cL| On a CS | 1 | •*l CS 1 | l ¦ 1 T 29 29 | i 28| 27 j 1 26 | 25 1 | |l 1 ?JUIL.AO.| 1 1 | CS | 1 1 1 1 SEP.I 1 T j I 1 1 = 1 < j vn a 1 OCT.£ | 1 2 j 1 1 fl T » | CS | 1 NOV.DEC.1 ?8 ! 6 5 4 2 2 13 11 11 20 19 18 17 17 18 25 31 Figurk 8 Variations saisonnières de la culmination lunaire positive et négative à Igloolik en 1990 On constate qu’il y a une rétrogradation dans les jours et les phases de culmination lunaire au fur et à mesure que l’on progresse dans le temps saisonnier.Lors de l’absence totale du Soleil autour du solstice d’hiver (entre le 28 novembre et te 13 janvier), la pleine lune, en culmination positive pendant environ sept jours (soit du 6 au 12 janvier 1990 ou du 27 décembre 1990 au 2 janvier 1991 dans notre exemple), assure toute seule l’éclairement céleste disponible.Mais elle est aussi suivie ou précédée par une culmination négative (par exemple, du 13 au 20 décembre 1990), soit durant huit jours environ, pendant lesquels, sans Soleil ni Lune, règne l’obscurité la plus totale.C’est alors que certaines constellations, comme les Pléiades (Sakiattiat), prenaient toute leur valeur de repères astronomiques pour indiquer le moment du nydhémère (tranche de 24 heures) et permettre l’orientation spatiale.Phases de la Lune: premier croissant (PC); premier quartier (PQ); gibbeuse croissante (GC); pleine lune (PL); gibbeuse décroissante (GD); dernier quartier (DQ); dernier croissant (DC) et nouvelle lune (NL). INTERFACE NOVEMBRE • DECEMBRE 1992 sa déclinaison maximale; que cette circumpolarité augmente de un à huit jours jusqu’à cette date, et qu’elle décroît ensuite pendant six ans.Durant les trois années qui précèdent et les trois qui suivent sa déclinaison minimale, la Lune n’est plus circumpolaire.Sans être en mesure de calculer ces différences, les Inuit ont conscience de ce phénomène, et surtout de l’influence de la latitude sur la culmination lunaire.Ils l’expriment en disant que plus on monte vers le Nord, plus l’obscurité hivernale est longue, et plus la Lune est utile pour s’éclairer, à la chasse ou en voyage.UN PHÉNOMÈNE INOBSERVÉ Une fois mis à jour ce cycle pluriannuel et sa logique, il était tentant de vérifier à quels moments du cycle avaient eu lieu les hivernages, dans l’Arctique, des principaux observateurs de la vie inuit, ceux sur les écrits desquels reposent les connaissances anthropologiques actuelles.Grâce à l’aide de l’Observatoire de Paris9, j’ai pu obtenir des données concernant les variations de la déclinaison et de la circumpolarité lunaires, pour la région d’Igloolik, pendant une période de deux siècles, soit 11 cycles (1793-1997), en suivant la chronologie des expéditions arctiques dans la région d’Igloolik ou dans les régions voisines lorsqu’elles comportaient des observations anthropologiques sur le rapport des Inuit avec leur environnement.Je retins aussi quelques importantes expéditions effectuées dans des régions plus éloignées, mais à des latitudes comparables ou plus élevées — le critère de sélection étant que l’expédition ait passé au moins un hiver, ou un solstice d’hiver, dans l’Arctique inuit, à une latitude d’au moins 61° nord.On constate ainsi que la très grande majorité des expéditions scientifiques ont été effectuées durant les périodes de déclinaison minimale extrême du cycle lunaire (figure 10).Parmi les rares expéditions effectuées lors de la déclinaison lunaire maximale extrême, citons: celles de Parry et Lyon (1821-1823, région d’Igloolik), de Beuchat (mort en 1913, au large des côtes alaskiennes, après avoir été certainement témoin d’une lune circumpolaire), de Stefanson et Jenness (1910, 1913-1916), celle de Malaurie, effectuée l’année même d'une déclinaison lunaire maximale extrême (1950) à une latitude où la circumpolarité de la pleine lune dure près de 14 jours, et enfin celle de Le Mouël (1967-1968, à Naujât, au Groenland, 72° nord).Beuchat est mort sur la glace et ses notes d’observation ont été perdues.Mais comment expliquer que Stefanson, Jenness et Malaurie, qui avaient une solide formation scientifique en anthropologie ou en géographie, n’aient pas été sensibles à ces mouvements lunaires présents sous leurs yeux?Le Mouël men- =rdai»l(i ¦sibionen cllfsecie inesÜ®- «AP0®' .la#^ ouift're- .uneaun* jfBon,(' iff ,enie'»dU de la glycoprotéine-P, dont on a découvert récemment la présence dans les cellules cancéreuses ayant survécu aux médicaments.Aussi appelée «pellicoprotéine» parce qu’elle protège la cellule cancéreuse des drogues en l’enveloppant d’une pellicule invisible, la molécule agit comme une pompe qui expulse systématiquement les médicaments les plus divers.Elle surgit à la suite d’une mutation génétique rare, mais ayant malheureusement trop de chances de survenir dans de grandes populations de cellules se reproduisant à toute allure, comme les cellules cancéreuses.Autre attrait évident de la pellicoprotéine pour le Dr Béliveau: elle agit en poussant les substances étrangères à travers un pore qu’elle forme dans la membrane de la cellule cancéreuse.Or les protéines membranaires sont le pain et le beurre du Laboratoire de membra-nologie et il n’en fallait pas plus pour que le groupe se mette à la chasse d'hypothétiques pellico-protéines dans la barrière hématocérébrale normale ! Il fallait un certain courage, pour deux raisons.D’abord, il pouvait sembler illogique de chercher dans un tissu sain des protéines typiques de cellules malades en pleine mutation.Mais à cela on peut répondre par un des canons du crédo de la biologie moléculaire : la structure explique la fonction, donc à fonction semblable, molécule semblable ou pareille.Autre raison: il s’agissait de chercher dans les capillaires cérébraux une protéine que d’autres investigateurs n’avaient pu trouver.Après avoir décortiqué le protocole expérimental des autres, Richard Béliveau décida qu’un protocole plus sévère permettrait de régler définitivement la question et la chasse à l’agence de sécurité cérébrale fut réouverte.Succès complet! LucieJetté a isolé la molécule par la méthode des anticorps monoclonaux et a montré que dans les capillaires sanguins sains des humains, la glyco-protéine-P est présente à de très grandes concentrations.Pour comprendre comment elle agit, permettons-nous une analogie entre la barrière hématocérébrale et la porte d’un hôtel.Assis dans le lobby, le célèbre chanteur rock X.Se pressant à la porte, la foule de fans.Le service de sécurité a fort à faire : non seulement il doit attraper les fans qui se glissent à l’intérieur, mais il doit aussi pousser la vedette à travers la porte où s’entassent, compacts, tous les autres groupies.En langage scientifique, on dirait que le service de sécurité travaille conue le gradient des fans et qu’il faut déployer beaucoup d’énergie pour lutter contre le sens normal de l’écoulement des fans, de l’extérieur vers l’intérieur.La pellicoprotéine a le même problème et requiert de l’énergie, qu’elle prend dans la cellule sous forme d’ATP, la source énergétique habituelle de la cellule.Gonflés à l’ATP, les douaniers chassent les toxines et protègent le cerveau des agressions.Il est permis de penser que les mêmes protéines mettent en circulation les hormones sécrétées par le cerveau en les injectant dans la circulation sanguine.Finalement, la découverte du groupe de Richard Béliveau explique l’échec de la chimiothérapie dans le cas de can- z cers du cerveau : non seulement les S celules cancéreuses produisent, 8 comme dans tous les cancers, des g U pellicoprotéines, mais la barrière 5 hémato-cérébrale en fabrique elle o aussi naturellement.Double pro- § tection, funeste dans ce cas.Guy Paquin 54 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 a chimie du goût sucré a QUOI TIENT LA MAGIE QU EXERCE SUR NOUS LA DÉGUSTATION D'UN GÂTEAU OU D’UNE FRIANDISE sucrés?Voilà en quelque sorte la question qui préoccupe Marie-Rose Van Calsteren, chimiste et spécialiste en résonance magnétique nucléaire au Centre de recherche et de développement sur les aliments de Saint-Hyacinthe.Elle tente en fait de démasquer la structure moléculaire qui SERAIT RESPONSABLE DU GOÛT SUCRÉ.La chercheuse porte son attention sur toute une gamme de substances dotées d’un pouvoir sucrant: du sucre blanc à l’aspartame, en passant par divers extraits de plantes tropicales autres que la canne et la betterave à sucre.Plus particulière-ment, Marie-Rose Van Calsteren s’applique à trouver les ressem- tions qu’ils peuvent adopter.En effet, certains de ces composés ont une structure flexible.» Les données recueillies en résonance magnétique nucléaire sont ensuite transmises à un ordinateur qui réalise de la modélisation moléculaire.L’ordinateur examine d’abord les différentes conformations de chacune des molécules et détermine lesquelles apparaissent les plus stables.Les structures les plus stables sont celles que la molécule épouse de préférence.Dans un second temps, l'ordinateur compare les structures des différents composés entre elles afin de découvrir les régions moléculaires qui sont analogues.«Ces régions seraient probablement celles qui se lieraient aux récepteurs gustatifs de la langue et qui, consécutivement à leur liaison, engendreraient le goût sucré », précise Marie-Rose Van Calsteren.L’équipe de Saint-Hyacinthe soumet à cette démarche expérimentale diverses substances ayant des pouvoirs sucrants variés.Bien entendu, elle étudie le saccharose ou sucre de table (communément identifié par le terme anglais de «sucrose»).La structure cyclique du saccharose, constituée d’un glucose et d’un fructose, est relativement rigide, ce qui simplifie la détermination de ses conforma- tions possibles, dont le nombre se trouve ainsi réduit.Soit dit en passant, le sucre n’est extrait de la canne et de la betterave à sucre que depuis le Moyen Age.Le tout premier édulcorant concentré qui fut consommé et prisé au point d’être considéré comme un mets des dieux, est le miel.En plus de contenir du saccharose, le miel comporte aussi quelques oligosaccharides.Quant au sucre servi sur les tables québécoises, il provient de la canne à sucre cultivée dans les Antilles, tandis qu’en Europe et dans l’ouest de l’Amérique, il est exü'ait de la betterave à sucre.Un sucre de canne a bien sûr le même goût qu’un sucre de betterave; ces deux sucres se distinguent uniquement par leur concentration différente en isotopes (carbone 12, carbone 13, hydrogène et deutérium).Par ailleurs, la cassonade est du sucre blanc auquel on a ajouté de la mélasse.Cette dernière fonce la couleur du sucre et donne cette texture mouillée, typique de la cassonade.De son côté, la mélasse est composée des «déchets» de raffinage du sucre; elle contient du saccharose, des minéraux ainsi que des produits de décomposition qui lui confèrent sa couleur brune caractéristique.Pour son étude, Marie-Rose Van Calsteren a aussi retenu l’aspartame, un édulcorant commercialisé par Nutrasweet.L’aspartame est hypo-calorique: pour obtenir un goût équivalent à celui du sucre, on a besoin d’en utiliser une quantité 200 fois moins grande.Cette substance apparaît donc idéale pour les diabétiques.De plus, elle n’est pas cariogène, c’est-à-dire que les bactéries responsables de la carie dentaire ne croissent pas en sa présence.«Il s’agit d’un peptide composé de deux acides aminés, l’acide aspartique et la phénylalanine, auxquels on a joint un ester méthylique.Sa blances structurelles entre ces différentes substances, ressemblances qui contribueraient à expliquer o leur goût sucré.«Pour ce faire, dit o la scientifique, on détermine dans o un premier temps, par résonance O g magnétique nucléaire, la structure g tridimensionnelle de ces composés £ ainsi que les différentes conforma- 55 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 structure étant plus flexible que celle du sucre, il devient alors plus difficile de déterminer laquelle de ses conformations est la plus susceptible de réagir avec les récepteurs de la langue», précise la cher- Ichettse.L’aspartame est actuellement l’édulcorant hypocalorique le plus répandu sur le marché au Canada depuis qu’on a banni la saccharine et sévèrement réglementé la diffusion du cyclamate.En effet, il est interdit de préparer des aliments manufacturés comme des boissons gazeuses, des yaourts ou des poudings, avec du cyclamate.Toutefois, on peut s’en procurer en pharmacie et on en retrouve dans certains restaurants sous forme de sachets sur lesquels il est prescrit de demander l’avis d’un médecin avant d’en consommer.Contrairement à l’aspartame, que noue organisme métabolise tout comme s’il s’agissait d’une protéine naturelle, ces substances complètement synthétiques ne sont absolument pas métabolisées.Mais Marie-Rose Van Calsteren souligne que l’aspartame a aussi ses défauts.«L’ester méthylique qui est intégré à sa structure a malheureusement tendance à s'hydrolyser en méthanol et cette réaction donne souvent un arrière-goût désagréable à l'aliment qui en contient.De plus, les personnes souffrant de phényl-cétonurie ne peuvent en consommer étant donné qu’elles ne méta-| bolisent pas la phénylalanine, l’un des deux acides aminés constituant l’aspartame.Cet édulcorant est très instable en présence d’aciclité ou de chaleur.Or de nombreux ali-i merits sont acides.Notre équipe, I poursuit la scientifique, a calculé le temps de demi-vie de l'aspartame au pH de boissons gazeuses et à la température où elles sont habituellement conservées sur les tablettes des supermarchés.Nos ré- sultats nous ont révélé qu’après deux à trois mois, la moitié de l’aspartame s’était décomposé.Et on sait que c’est justement cette décomposition qui procure l’arrière-goût caractéristique des boissons hypocaloriques.» Le dernier désavantage notable de l’aspartame est qu’il est détruit à la chaleur.Pour cette raison, il ne doit être ajouté aux aliments qu’après leur cuisson.Toujours dans le but de découvrir l’origine moléculaire du goût sucré, Marie-Rose Van Calsteren s’est penchée également sur une classe de produits naturels.Plusieurs plantes synthétisent des produits sucrés; parmi celles-ci, la Stevia, une plante tropicale très commune en Thaïlande.Les feuilles de Stevia contiennent différents glycosides dont le pouvoir sucrant est plusieurs centaines de fois plus grand que celui du saccharose.Les glycosides, dont le « stévioside » est le représentant le plus abondant dans la Stevia, sont d’assez gros composés.Des terpènes «aglycones» (qui ne sont pas sucrés) constituent le squelette du composé, et aux extrémités de ce dernier viennent s’attacher trois molécules de glucose.A ce stade-ci de ses recherches, la chimiste Marie-Rose Van Calsteren n’émet que des hypothèses.Mais elle avoue que « les terpènes servent peut-être à orienter les molécules de glucose vers la position la plus favorable pour permettre leur liaison avec les récepteurs de la langue.» La scientifique désire examiner de près les divers glycosides présents dans la Stevia.Etant donné qu’ils détiennent des pouvoirs sucrants différents, leur étude permettrait de mieux comprendre ce qui gouverne cette potentialité à détenir un goût sucré.Certaines plantes fabriquent aussi des protéines qui possèdent des pouvoirs sucrants dépassant des Stévioside milliers de fois celui du saccharose.A Saint-Hyacinthe, on s’intéresse à Lune d’elles: la monelline, qui provient des fruits d’une plante africaine du nom de Dioscoreothyllum comminsii.L’édulcorant de la monelline, qui est 4 000 fois plus sucré que le saccharose, se compose d’une centaine d’acides aminés.«Essayer de mettre le doigt sur la portion responsable du goût sucré dans un composé aussi gros rerient à chercher une aiguille dans une botte de foin, décrit Marie-Rose Van Calsteren.L’étude d’un tel composé requiert de très grandes puissances de résonance magnétique nucléaire, et nous devons modifier chimiquement ou enzymatique-ment la protéine, la couper en morceaux, pour bien connaître toutes ses facettes.» Parallèlement à ces études fondamentales visant à identifier la structure moléculaire qui induirait cette délicieuse sensation qui nous envahit .lorsque nous goûtons un aliment sucré, l’équipe de Van Calsteren réalise aussi des travaux ayant une portée plus pratique.A l’usine pilote du Centre de recherche et de développement sur les aliments, en collaboration avec des chercheurs thaïlandais, l’équipe a mis au point un procédé d’extraction et de purification des feuilles de Stevia.Aux dires de Marie-Rose Van Calsteren, le procédé permet d’obtenir un produit AgLycone diterpène 0- Glucose Fructose Saccharose COOCH.Acide Phényl- Este)- aspartique alanine méthylique Aspartame 56 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 qui a une pureté raisonnable et qui serait commercialisable.«Bien que les indigènes d’Amérique du Sud consomment la Stevia sous forme de tisanes depuis très longtemps, la réglementation canadienne exige qu’une étude toxicologique approfondie soit réalisée avant que ce nouveau produit ne soit introduit sur le marché, souligne la scientifique.Mais d’ores et déjà, le stévio-side apparaît comme un édulcorant hypocalorique très intéressant.En effet, il est beaucoup plus stable en présence d'acidité et de chaleur que l’aspartame, ce qui veut dire qu’il supporte la cuisson que peut nécessiter la préparation d’un dessert, par exemple.La seule ombre au tableau : il a tendance à être instable en milieu basique, mais la plupart des aliments tels que les fruits, les légumes et la viande sont acides, à l’exception du lait, des œufs et des noix, qui sont plutôt neutres.» L’équipe de Saint-Hyacinthe recherche donc activement un partenaire dans l’industrie pour commercialiser le stévioside.Mais les occasions sont rares, car l’aspartame de Nutrasweet détient la plus grande part du marché.De plus, un nouveau produit, le sucralose, a fait tout récemment son apparition sur le marché des édulcorants hypoca-loriques.Le sucralose est 600 fois plus sucré que le sucre, beaucoup plus stable au pH acide que l’aspartame et il a l’avantage de pouvoir être chauffé.Il s’agit de molécules de saccharose dont on a remplacé, au cours de multiples réactions chimiques, plusieurs fonctions hydro-xyles (OH) par des atomes de chlore (Cl).Néanmoins, le stévioside offre l’avantage d’être un produit naturel et les consommateurs d’aujourd’hui expriment de plus en plus une préférence pour de tels aliments.Pour faire face à la compétition internationale et relever les défis complexes des sociétés modernes, le Québec doit pouvoir compter sur des ressources humaines ayant une solide formation de 2e et 3e cycle.L'obtention d'un diplôme de l'INRS vous permettra de devenir un partenaire dynamique et de vous tailler une place de choix dans des domaines de haute priorité scientifique.La formation de 2e et 3e cycle ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de l'eau * Maîtrise et doctorat en sciences de l'énergie ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de la terre (programme conjoint INRS-U.Laval) ¦ Maîtrise et doctorat en océanographie (programme en association INRS-UQAR) ¦ Maîtrise en sciences expérimentales de la santé ¦ Maîtrise et doctorat en télécommunications * Maîtrise en analyse et gestion urbaines (programme conjoint INRS-UQAM-EIMAP) ¦ Doctorat en études urbaines (programme conjoint INRS-UQAM) ¦ Stages et études postdoctorales Renseignements : (418) 654-2517 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique INRS LA FORCE DE LA SCIENCE Pauline Gravel Devenez un partenaire de l’Institut de recherche en biotechnologie du CNRC et visez de nouveaux sommets |~~ï ! orsqu’on a l’ambition d’être ' _fdJ au premier rang de la compétition nationale et internationale, un coup de main est toujours apprécié.L’Institut de recherche en biotechnologie du CNRC se consacre principalement à la recherche ~ et à la mise au point de nouveaux composés biopharmaceutiques et à la protection de l’environnement.Nos biologistes moléculaires, nos chimistes, nos microbiologistes et nos ingénieurs collaborent étroitement en s’attaquant à vos problèmes de recherche et développement les plus complexes.Nous pouvons travailler pour vous sous contrat ou avec vous par le biais d’ententes de recherche conjointe.Dans les deux cas, nous vous offrons une expertise de pointe ainsi que l’accès à des équipements et des installations exceptionnels, dont une usine pilote.Pour plus amples renseignements, communiquez directement avec nous : Conseil national de recherches Canada Institut de recherche en biotechnologie Groupe des affaires industrielles 6100, avenue Royalmount Montréal (Québec) H4P 2R2 Téléphone (514) 496-8357 Télécopieur (514) 496-5007 Uiï 1—!\\ CARCARC b ».¦ ^ ¦ Conseil national National Research u w ¦ de recherches Canada Council Canada Canada Sy L’ACFAS OFFRE DES AVANTAGES Être membre de l’Acfas donne droit à certaines réductions: ?15 % de réduction sur les livres de la collection Les Cahiers scientifiques de l'Acfas ?25 % de réduction à l’achat de lunettes de prescription (verres et montures), lentilles cornéennes ou lunettes solaires chez : Dr G.Mazigi, optométriste 420, rue Jean-Talon Est Montréal Tel: (514) 277-3409 (valable aussi pour votre famille immédiate) ?20 % de réduction sur les disques compacts et les livres à la librairie Champigny, à l'exception des prix déjà réduits, des livres techniques et scolaires et de l’utilisation des coupons-rabais : Librairie Champigny 4380, rue St-Denis Montréal Tel: (514) 844-2587 ?10 % de réduction sur tout volume à prix régulier (prix de catalogue) qui se trouve en librairie chez: Librairie La Liberté Centre Innovation 2360, chemin Sainte-Foy Québec Tél.: (418) 658-3640 D’autres avantages sont actuellement négociés; ils seront annoncés ultérieurement.Pour bénéficier de ces avantages, présentez votre carte de membre.Celle-ci est envoyée en même temps que le reçu attestant le paiement de l’abonnement à Interface.L’abonnement à Interface comprend l’adhésion à l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences. -S' il INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 par Géralcl Baril La paix marque des Si le mur de Berlin est tombé et la guerre froide terminée, tout danger n’est pas pour autant écarté, comme le montre la croissance des dépenses militaires des pays du Sud.C’est ce qu’affirme Albert Legault dans son dernier livre réalisé en collaboration avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et intitulé The End of a Military Century?Les leçons du gâchis Esl-Ouest Voilà 30 ans qu’Albert Legault, professeur de science politique à l’Université Laval depuis 1969, observe la scène internationale.Dès 1966, il se retrouvait directeur adjoint du Centre international d’information sur les opérations du maintien de la paix à Paris.Depuis, 3! il a dirigé de nombreux travaux sur o les relations internationales et un de < z ses ouvrages recents, écrit en colla- uo 2 boration avec Michel Fortmann, “ de l’Université de Montréal, a valu ?aux deux auteurs d’être mis en no-•| mination pour le prestigieux prix | Lionel-Gelber 1992, une récom-o pense de 50000$ décernée pour la £ publication, au Canada, du meilleur ouvrage anglais en relations internationales.«Dans The End of a Military Century>?, explique F auteur, j’essaie de tirer les leçons de l’opposition Est-Ouest, cristallisée dans la guerre froide, et de voir si ces leçons sont transposables aux rapports Sud-Sud, aux problèmes existant entre les pays du Sud.» L’étude, qui consiste essentiellement dans une analyse de l’évolution des dépenses militaires mondiales depuis 1965, démontre que la course aux armements n’est aucunement efficace pour régler les conflits politiques et améliorer la situation économique des pays.«Au début du siècle, rappelle Albert Legault, la Russie, la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie, notamment, étaient partie prenante de la vie politique européenne.Mais avec la division Est-Ouest survenue au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, chaque camp s’est refermé dans une logique d’affrontement.Résultat: les pays occidentaux ont pratiquement ruiné les pays de l’Est dans une course effrénée aux armements.D’un autre côté, les Etats-Unis qui, au cours de la guerre froide, étaient le plus grand créancier, sont maintenant le plus grand débiteur au monde, avec un déficit cumulatif de 4000 milliards de dollars!» Les dividendes de la paix, c’est-à-dire les surplus qu’on aurait dû normalement récupérer après la fin de la guerre froide et dédier au développement international, sont donc très réduits.Au lieu d’être acheminée vers le Sud, l’aide sert plutôt à minimiser les effets de la faillite dans les pays de l’Est.«Sans compter, poursuit le politologue, qu’une bonne partie des fonds du programme d’aide du groupe des sept à la Russie et à ses voisins, qui se chiffre à environ 25 milliards de dollars, iront sans doute dans les coffres de l’ancienne nomenclatura.» Les pays du Sud devraient donc se méfier du modèle de l’affrontement.«Maisj’ai l’impression qu’ils vont recommencer à peu près les mêmes erreurs que les pays industrialisés, ajoute Albert Legault.Ils vont malheureusement se ruiner dans une course militaire en dépit des contraintes que le Nord essaie de leur imposer actuellement.Nos statistiques démontrent que certains états du Sud consacrent à l’armement des budgets pouvant atteindre 300 fois le total de toutes leurs autres dépenses!» Paix par la force, paix par le droit Pour Albert Legault, l’absence de conflits est une définition trop statique de la paix.Il préfère parler de répartition plus équitable des richesses ou de justice sociale.Sa conception de la paix est proche de celle du développement durable — concept mis à l’ordre du jour par le rapport Brundtland — en ce sens qu’elle est sous-tendue par une vision globale et à long terme des relations entre les Etats.The End of a Military Century ?distingue trois grands types de relations internationales: le modèle de la force, le modèle du droit et le modèle environnemental.Dans le modèle de la force, l’armement est vu comme une approche réaliste pour assurer la sécurité.Son opposé extrême, le modèle du droit, considère le désarmement total comme seule garantie de la paix, les différends étant alors réglés pacifiquement par médiation, conciliation et arbitrage.Quant au modèle envi- fciondsii i groupe da | > voisins, tj il müianlsdt me dus la màib miemdooi lel’aflro® peu près te I span indu.-1 iLejaàlkj ni se rotor lireendépil IlemeniNo! iqiieceitaiis ml à la»' anuiteindir 5 leurs au® Ollîi I Ircil h.l'absence I juiwui esorià^l ieip^l lient duiu^l INTERFACE NOVEMBRE • DECEMBRE 1992 59 ronnemental, il applique la pensée écologique à l’environnement politique.On le dit « trans-systémique » parce qu’il dépasse l’opposition entre les deux premiers modèles.11 suppose l’émergence d’une conscience nouvelle, planétaire, où le bien de la communauté internationale est placé au-dessus des intérêts nationaux.«Dans la réalité, toutefois, les choses ne sont pas aussi polarisées, explique Albert Legault, et la situation actuelle tient de ces trois modèles.» Par la montée des groupes de pression, qui agissent comme des forces «mansnationales», il y a démocratisation de la rie politique.De plus, en dépit des difficultés économiques — et c’est ce qui a changé depuis la fin des années 60 —, il y a une conscience écologique beaucoup plus profonde associée à un processus de légitimation de la cause environnementale à l’échelle de la planète, et cela, même si les législations ne suivent pas toujours en raison des coûts exigés pour tout changement.Cependant, ces objectifs ne pourront être réalisés que dans la mesure où les dépenses militaires seront diminuées, ce qui n’est pas nécessairement partout le cas.Le Canada: un modèle Sur le plaît des relations internationales, le Canada a une excellente réputation et l’étude du professeur Legault confirme que cette renommée est fondée.Les comptes rendus des débats à la Chambre des communes et le ü'aitement des positions canadiennes dans la presse révèlent une forte cohésion, concernant les questions internationales, entre la population et les élus.Le Canada semble s’être toujours opposé aux armes nucléaires, a toujours défendu l'importance de l'aide aux pays du J., -• * À •vT m .«.:• ••.•• O - VÀv— V L ' AV - tiers-monde et fut à l’avant-garde de la pensée environnemental.Albert Legault et son équipe ont été frappés par la cohérence de la position canadienne.«On pense généralement, note le chercheur, que le gouvernement Trudeau faisait davantage la promotion du désarmement que le parti conservateur.Mais si vous lisez les discours prononcés à la Chambre sous le gouvernement de Diefenbaker, vous verrez que les parlementaires étaient aussi tiers-mondistes, aussi pro-désarmement et aussi pro-Sud que sous Trudeau.» C’est donc dire qu’il y a une constante dans la politique internationale canadienne, au-delà des partis, qui tend à favoriser la paix et la justice sociale.Évidemment, quand il s’agit de prendre des moyens concrets, ça devient moins évident.En fait, à cause de sa dépendance à l’égard de son voisin américain, le rôle du Canada restera toujours marginal.«Nous avons toujours agi sur une base multilatérale, remarque Albert Legault.On crée des coalitions qui forcent quelquefois les Américains à jeter du lest.On leur fait sentir qu’ils ne sont pas les seuls décideurs au monde.C’est extrêmement difficile de mesurer l’influence canadienne, mais elle existe à travers notre coopération avec d’autres qui pensent comme nous.» Une stabilité encore précaire.Vivons-nous vraiment la fin du siècle militaire?La réponse qu’on donne dans le livre d’Albert Legault est ambivalente.Beaucoup de conflits qui ont persisté dans l’après-guerre sont aujourd’hui réglés.Les deux superpuissances coopèrent, l’Europe et les pays divisés après la guerre sont tous réunifiés ou en voie de l’être et les États parias, entre autres l’Afrique du Sud, Israël et Taïwan, font preuve de plus d’ouverture.Nos sociétés vieillissantes prennent moins de risques, les progrès technologiques et la coopération internationale font reculer le terrorisme.Le monde actuel est assurément plus stable qu’au temps de la guerre froide.Par contre, la menace de guerre disparue peut réapparaître au Sud.Certains conflits régionaux s’exacerbent et de plus en plus de pays du Sud possèdent des armes nucléaires.En Inde, au Pakistan et au Proche-Orient, notamment, on continue d’accumuler les moyens de commettre l’irréparable.CETTE CHRONIQUE EST RENDUE POSSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DU CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI).1 ^ ¦ Conseil de recherches en sciences Natural Sciences and Engineering ¦ naturelles et en génie du Canada Research Council of Canada L'Université de Sherbrooke Un choix de vie Q uelque 18000 étudiants choisissent de profiter de la vie à l'Université de Sherbrooke dans un environnement favorable au travail intellectuel et à l'épanouissement personnel.Un encadrement pédagogique exceptionnel et la dimension humaine des relations entre les étudiants et les professeurs font de Sherbrooke une université où l’enseignement conduit à la réussite.Renseignements sur les programmes: (819) 821-7681 1-800-267-UdeS (sans frais) UNIVERSITE DE SHERBROOKE Chercheurs-boursiers en milieu industriel 1992-1993 Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) offre un programme de chercheurs-boursiers en milieu industriel afin de donner à un certain nombre de chercheurs d’avenir en sciences naturelles ou en génie l’occasion de poursuivre leur carrière en recherche.Les bourses peuvent être détenues dans les industries canadiennes.Admissibilité Sont admissibles les citoyens canadiens ou les résidents permanents du Canada titulaires d’un doctorat en sciences naturelles ou en génie, et, de préférence, qui n’ont pas plus de cinq années d'expérience après l’obtention de leur doctorat.Nature du poste Les chercheurs-boursiers seront des employés de la société parraine pour toute la durée de leurs bourses.Ils travailleront à des activités de recherche et développement.Durée du poste Jusqu'à deux ans, sous réserve d’un rendement satisfaisant.Rémunération L’établissement industriel détermine le salaire qui est d'au moins 30 000 $ par année; le CRSNG remboursera à la société 25 000 $ par année pour le salaire du chercheur-boursier.Modalités de demande Le candidat doit communiquer avec l’établissement industriel de son choix pour entamer les pourparlers nécessaires au sujet du salaire, de la durée et des conditions de la bourse, du programme de recherche, etc.Les candidatures doivent être soumises au CRSNG par l’établissement industriel.Les demandes non parrainées par une société et acheminées directement au CRSNG par les candidats ne seront pas acceptées.Date limite Aucune date limite.(Les concours ont lieu tous les deux mois.) Pour de plus amples renseignements, communiquer avec : Programme de chercheurs-boursiers en milieu industriel Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie 200, rue Kent Ottawa (Ontario) K1A 1H5 (613) 996-2009 Canada U 1 TR A INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 RTS par Pauline Gravel foneerinQ 1 nada ! boursiers mbe is lie i'occa-bourses s.Uni NOUVEAU POLYMÈRE POUR LA LIBÉRATION CONTRÔLÉE DE MÉDICAMENTS a sociélé faisant.sier.lu$P8 u sujet*1 ogramiae | nuises au ides jflient su iJustiie1 i génie Rougier Inc., une importante société pharmaceutique québécoise dont le marché s’étend au-delà des frontières canadiennes, vient d’acquérir les droits exclusifs de fabrication et de vente d’un nouveau polymère, l’amylose réticulé, mis au point conjointement par des chercheurs de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et du Département de chimie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Commercialisé sous le nom de «CONTRAMIDmc », l’amylose réticulé est une substance inerte qui, associée à n’importe quel médicament, permet une libération contrôlée de ce dernier.Le Contramid est obtenu à partir d’un constituant de l’amidon de maïs, l’amylose, dont on modifie la structure par un procédé chimique particulier.Les chercheurs — Alexandra Mateescu et Yves Dumoulin de l’UQAM ainsi que Vincent Lenaerts et Louis Cartilier de l’Université de Montréal — s’apprêtent à faire breveter son usage pour la libération contrôlée des médicaments.Ce procédé induit la réticulation de l’amylose, c’est-à-dire la transformation de sa structure linéaire en matrice tridimensionnelle; la compression permet alors la création d’un réseau de liaisons hydrogène qui contrôlent la libération du médicament.Cette nouvelle conformation de l’amylose permet la rétention de substances médicamenteuses ainsi que leur libération lente et progressive dans l’organisme.De plus, en variant le degré de réticulation, il est possible d’obtenir des temps de libération plus ou moins longs.Produit sous forme de poudre, le Contramid capture et emprisonne le médicament au moment où les deux produits sont réunis pour faire un comprimé qui sera absorbable par voie orale.Contrai- ' ' ajoutant de l’amylase, un enzyme digestif qui réagit avec l’amylose.À l’inverse, le Contramid donne lieu à des durées de libération très longues (allantjusqu’à 60 heures), ce qui dépasse largement les valeurs connues jusqu’à présent.Enfin, un autre avantage du Contramid est sa biodégradabilité.Les chercheurs affirment que nombre de substances médicamenteuses gagneraient à être incorporées au Contramid.Par exemple, au lieu de prendre trois comprimés d’hypotenseurs par jour, des individus n’auraient besoin d’absorber qu’un comprimé à base de Contramid quotidiennement.On pourrait même associer l’aspirine au Contra- t ».k-3 i&if B Il A :ar:Ét 3SÜÜ!& rement aux autres procédés et mécanismes existants qui permettent également la libération contrôlée de médicaments, le Contramid n’est pas affecté par le degré d’acidité du système digestif.Il offre ainsi un meilleur profil de libération du médicament, laquelle s’effectue sous l’action de l’eau contenue dans les liquides gastriques et intestinaux.En effet, l’eau brise lentement les liaisons hydrogène de la structure réticulée du Contramid.De plus, dans certains cas, la libération peut même être accélérée en mid et ainsi obtenir un soulagement prolongé avec un seul comprimé.L’offre est lancée à toutes les compagnies pharmaceutiques; ces dernières devront toutefois s’engager à verser des royautés aux deux universités qui ont réalisé la découverte.• Amylose réticulé sous forme de poudre (A) et comprimé (B). 62 INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 Une solution douce aux PROBLÈMES DE STRESS Paul Brazeau, biochimiste et physiologiste, ainsi que Rénalcl Chabot, psycho-pédagogue spécialiste en matière d’impressions subliminales, ont uni leurs compétences pour concevoir Genesa/Tonus énergétique, une approche à la fois douce Mild Fresh Herb dative Préparâti°" êparation sedativt y douce à base de ! Plantes fraîche* Pr,xliici of Switzerland K'.Produit suive é musique -bccestions ¦avec SC1 fthi W l,Kh '„.ul et sérieuse pour améliorer la qualité du sommeil et remédier ainsi aux problèmes de stress, de fatigue, de manque d’énergie, d’anxiété, de dépression et même de «burn out».«Cette approche n’est pas une invention en soi, précise Paul Brazeau, car les anciens Grecs utilisaient le même principe moteur, qui consiste à intervenir conjointement sur les plans physique et mental.» L’approche «couplée» que les deux scientifiques proposent, combine l’écoute de suggestions subliminales avec l’ingestion d’une préparation sédative douce à base de plantes fraîches.Ainsi, on suggère d’absorber, avant de se mettre au lit, 30 gouttes de la préparation sédative, qui se compose d’un mélange de teintures-mères comprenant de l’avoine fleurie, de la mélisse, de la passiflore et de la valériane.Cette préparation favorise la relaxation et, par là, permet une meilleure réception des suggestions subliminales contenues sur une bande sonore.Ces dernières sont des énoncés simples, inspirés de la pensée positive; par exemple: «La vie est belle», «Je récupère mon énergie», «Je suis rassuré».Elles sont chantées par une voix de femme qui est traduite en très basses fréquences (de l’ordre de 11 à 17 hertz) lors de l’enregistrement sur bande.«Contrairement aux hautes fréquences utiliséesjusqu’à présent, souligne Rénald Chabot, les basses fréquences attaquent beaucoup moins la partie audible de la bande, soit la musique cle fond.» Un mixage particulier permet également d’adapter le contenu des messages à chacune des oreilles.Ainsi, pour les sujets droitiers, les suggestions subliminales sont diffusées spécifiquement dans l’oreille gauche, afin qu’elles rejoignent l’hémisphère droit du cerveau.«Cette procédure permet de court-circuiter l’hémisphère dominant, le gauche, qui raisonne, utilise la logique et prend des décisions à partir de ce que propose l’hémisphère droit, davantage influencé par les émotions et l’humeur», explique le spécialiste.Comme le spécifie Paul Brazeau, qui est l’actuel directeur du Laboratoire de neuroendocrinologie de l’Hôpital Notre-Dame de Montréal, l’approche couplée Genesa/Tonus énergétique rise avant tout l’amélioration de la qualité du sommeil, lequel commence à se détériorer à partir de 35 ans.En effet, avec l’âge, les périodes de sommeil s’écourtent et on n’atteint pas aussi souvent les phases de sommeil profond (REM 3 et REM 4).Or c’est principalement durant ces phases que l’organisme sécrète l’hormone de croissance qui contribue, chez l’adulte, à la régénération des tissus.Outre l’âge, le stress agit lui aussi sur la qualité et la profondeur du sommeil, et par le fait même diminue la sécrétion de l’hormone de croissance.«Ainsi, en aidant les sujets à atteindre les phases de sommeil profond, explique le scientifique, on accroît leur sécrétion d’hormone de croissance, ce qui, en bout de ligne, est ressenti sous la forme d’un regain de vitalité.» Des tests auprès d’une centaine d’utilisateurs font état d’un taux de satisfaction de 92 p.cent et d’une augmentation moyenne du tonus énergétique (qualité et durée du sommeil, humeur à l’éveil, efficacité, clarté mentale, libido, etc.) en l’espace de trois semaines seulement.• 63 SCIE CE-I N T E R INTERFACE NOVEMBRE • DÉCEMBRE 1992 Par Sophie Malavoy •••••••••••••• La science et le gouvernement du Québec En 1989-1990, les dépenses engagées pour la réalisation d'activités scientifiques et techniques par le gouvernement du Québec s’élevaient à environ 560 millions de dollars, dont près de 60 p.cent étaient consacrés aux sciences naturelles et au génie, et 40 p.cent aux sciences sociales et humaines.Pour 1990-1991, ces dépenses, en cours de compilation, sont estimées à 583,5 millions, soit une croissance anticipée de 4,2 p.cent.C’est ce qui ressort d’une brochure que vient de publier le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science au sujet du financement des activités scientifiques et techniques par le gouvernement du Québec1.La majeure partie des dépenses de R-D (70 p.cent) a été absorbée par des activités extra-muros réalisées en priorité à l’université (37 p.cent), mais également dans les centres de recherche hospitaliers (14 p.cent), les organismes à but non lucratif (13 p.cent) et les entreprises (5 p.cent).Par ailleurs, près de 88 p.cent de ces dépenses sont absorbées par cinq ministères, soit: 77 p.cent par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, 45 p.cent par le ministère de la Santé et des Services sociaux, 27 p.cent par le ministère de l’Energie et des Ressources, 26 p.cent par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, 15 p.cent par le ministère du Travail et 11 p.cent par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie.Source 1.GOUVERNEMENT DU QUÉBEC.Le financement des activités scientifiques et techniques par le gouvernement du Québec.Sommaire des résultats 1989-1990 et des prévisions 1990-1991, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, 1992.Une médaille pour la sensibilisation au public aux sciences La Société royale du Canada vient de créer, en collaboration avec la Compagnie de produits aux consommateurs McNeil, une nouvelle distinction: la médaille McNeil pour la sensibilisation du public aux sciences.Les premiers lauréats sont Ariel Fenster et Joseph Schwartz du Collège Vanier et David Harpp de l’Université McGill.Ce trio popularise, depuis plus d’une décennie, la discipline de la chimie.Ils ont, entre autres, créé le spectacle «La magie de la chimie».Feu vert au CRIM Satisfait des performances de l’organisme depuis sa création en 1985, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science vient d’accorder, au début de l’automne, une nouvelle subvention quinquennale de 25 millions de dollars au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).La mission du CRIM, rappelons-le, est de se consacrer à la R-D dans les tech- nologies informatiques de pointe, d’assurer le transfert des connaissances vers les utilisateurs et de contribuer à la formation d’une main-d’œuvre spécialisée en informatique, en particulier aux 2e et 3e cycles.Chaire Unesco-Laval sur l'environnement Une nouvelle chaire sur l’environ-nement et le développement durable vient d’être créée à l’Université Laval avec l’aide de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).Cette chaire se distinguera de ses consœurs créées par l’Unesco ailleurs dans le monde, en s’attardant spécifiquement aux dimensions socio-politiques de l’en-vironnement.; * ?•••i c—c- -y—y-y-w Pour atteindre LE SOMMET, PRENEZ LE CHEMIN de Polytechnique D -*.le mneilleiunr clnoix de programmes d'éTuides» mine équipe de professeurs e£ de jnnui® à travers le des otuliêilIs à.Isl 1 & £ e c lu n.o 1 o g u e - dieirelneTiJurs recon» monde ainsi quie fine pointe de CH 1m.o i § IL IP Fol y- teclauniiKcjTuie, c es£ s assurer d un 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