Les herbes rouges, 1 janvier 1972, Septembre
les herbes rouges PER C0N michel beaulieu français charron roger des roches lucien francoeur juan garda paul-marie lapointe lue racine bernard tanguay les herbes rouges septembre 1972 français Hébert marcel Hébert abonnement (4 numéros):2.25 les herbes rouges C.P.81 Station E Montréal 151 michel beaulieu français charron roger des roches lucien francoeur juan garcia paul-marie lapointe lue racine bernard tanguay sang et eau des os I si le sang goutte à goutte suinte des mains rappelle-toi dans les yeux les cils s’enflouent rappelle-toi quand il tresse sur toi du bout des doigts d’un réseau les signes il se sait bègue de tendresse et ne répond qu’à peine aux sollicitations rappelle-toi si se cassent les ongles si les pierres roulent sur leurs flancs rappelle-toi qu’il bat parmi les pierres II pierres et ponce tes mains s’informent des méandres du corps des sourcils de la nuit sang du cerveau le vent délibère à rompre les bronches les poings tu les ouvres sur le jour tu les fermes la table maintenant découvre ses débris quelque chien quelque jour les emportera tu frémis un peu sous le froid sous l’acier glissant au fil des courants qui suivent leur fil tu frémiras d’un oeil à peine entrouvert Ill il ignore encore ce que méconnaît ton corps ce sang roulant d’un feu d’ardoise il tendait les érignes sur les tables d’émail tamponnant les effluves d’un avers de la main tu lui reconnaissais un air de souffrance un air de bête éprise parmi les cercles du feu tu en roulais le cerceau dans sa tête d’épouvante il regardait droit devant lui ne voyait plus que sur l’oeil tu ouvrais l’oeil sur sa main cette main sentinelle d’un fracas de pierres IV plus que la mémoire des noms les visages s’essorent parmi leurs couleurs ils fibrilent petits oiseaux sous les ongles pas plus que l’avenir ne les attend plus dans son cortège de blessés pas plus que ne rognent les ronces les jambes dans un sommeil attiédi tu ne les attendras sur la pente des illusions lisant des mains cette plainte depuis les bas-fonds je te l’affirme trop bas sur le visage sur les yeux moi le dernier-né du songe des aiguilles avril 1972 françois charron french mots savants à elle sous ses yeux, mais de façon que personne au monde n’utilise la voie qui suit l’exemple humilié de ses louanges recevez mon dernier adieu mon bel ami nous conclurons ensemble que je vous et ne vous quitte plus jusqu’à la mort inutile de continuer enfin jamais vous vos yeux n’ont vu de si belle personne là est votre dernier mot il prend, j’y renonce, en retard le prince enchanté rentrant dans la salle pour féliciter et prévenir la colère de ses mots il fallait repasser par la vallée et la forêt viens je t’y ammène sur mon dos comme chargeant un cochon qui n’a plus besoin de bas ni de souliers vous dites à la gloire de votre fente profonde il faut que tu sois puni va sur la mule sans frein qui s’intéresse à ton malheur le fait manger, le traite bien jusqu’à allumer le feu d’artifice celui-là néanmoins se donna lui-même un coup mortel: l’amitié se faufile derrière ce qui semble être le bâton d’une grande plaine sans trou se présente et à tout prix entrez messieurs en la parole de toute mon âme, toute ma joie, toute vilaine de l’employer encore sans courir le risque d’être dévoré par ce qui dit le témoignage toujours le même animal engraissé chez lui alors?Je le suis aussi sans lui faire grâce de ce mystère qui loue mon courage également ennivré de plaisir je lèche en imaginant son portrait toi écartée depuis longtemps a prévu ma tendresse alors il prit une culotte qui le conduisit à respirer bien loin de la noirceur abominable de ceci quand dites-vous à nouveau interpellé par l’oiseau déniché qui a vraiment raison de craindre la venue donc de te voir dépouillée dans un changement de lunes Retourne mourir dans la cabane qui me fit naître, et comme personne ne lui donne il la ramasse comme une langue que voici c’est une justice un mal gravissant la pente de ma propre volonté la demoiselle suivait trop occupée de sa douleur selon sa coutume traverse le gué si peu pour vivre de grosses plaisanteries vous me rendez la vie petite besogne et la baisant pour la dernière fois je vous crois mieux parée à d’éventuel hors de la bouche mets-toi à genoux et crie pour tâter si un héros doit coucher avec sa faim la chaudière a la parure de ta catin je dis çà pour qu’elle voit l’anneau baissé le tout nu rappel de ton courage que j’aime tant le nourrit de son lait comme l’autre une obsession centrée je suis un voyageur qui passe par votre ville ma foi il faut l’avouer l’invraisemblance court aussitôt l’avertir ainsi tenez-vous sur vos gardes c’est pour vous que je m’expose aux bêtes féroces d’un paragraphe (en outre défendu par un fossé profond) autrement où irons-nous soigner la sensibilité qui se sait mienne nul doute flattée par l’odeur déplacée de l’excès qui n’est ni le pendu ni le cochon roger des roches .on apprend la préhistoire du visible .PAUL KLEE du paysage louche et maints miroirs ou d’un théâtre — chasse "de partout à la fois” t * attaquée à plusieurs reprises précisément béante dans sa cage bien précise d’air que bien d’air délinée à tour de bras, l’architecte vagit, elle et rose de ce trou d’enfant émergeant, l’alphabet construit sans vitesses (solide sans allure) du train, du movible le personnage palpée s’assure et bouge du train comme de l’espace et l’ange le rythme est tel, attentat assaut comme enjeu, fermée dans ses replis lisses question d’architexte ces blocs de lecture échafaudages en plein bain d’air le contour des choses plates décante : étirée, peau tirée, l’aboutissement —• une région — du corps jeune et velvéteux 1971 lucien francoeur chauffard glandulaire grimé de brumelles je booste les mots en radios mellows : plate-glass’music vandalisme hypodermique : on me prend en filature-la MAIN au collet D’autre part ’NO : 4475 & l’extraction du verbe carié COLD TURKEY Sans Tourner Pâle — etc’ pas éthique paper-back i’m as mad as a slot machine et mes yeux c’est pas des plotes à épingles sachez que cassures de formica au comptoir cérébral d’un montré du doigt entortillé aux chromatismes d’une grande garce blanche d’une dure à cuire toute en peau et en bottes de vinyle qui jamais ne se révérence aux passages des carioles dolardeuses l’amour se paie cher en ses lieux ses formes ont en mains des mains qui sont cinéramas d’ataraxie et/ou expéditions en steamboat sur Mississipi-1850 juan garcia coupure Depuis presque six ans, j’ai coupé tant de ponts et laissé tant d’eaux mâles dans les herbes lunaires qu’il ne m’arrive plus le moindre reflet pour témoigner du jour.Hier, j’ai franchi des dorures de montagnes avec la conviction de n’atteindre que des sommets, mais la chevelure du nuage entre les peupliers ne m’a pas empêché de cueillir des échos de haute altitude et de veiller mon corps dans quelque vallée investie de légendes à venir.C’est ainsi que j’ai parcouru des étendues mouvantes de soupirs que le soleil fragmentait devant mes yeux.La première source m’apparut donc dans son état second, et je ne pus boire à l’abandon qu’au premier cri du coq.Ce fut la coupure! Les forêts ne furent que des murmures de métals et le vent mercenaire des messages des villes.Les armées de souches figèrent le paysage au point d’inclure dans leur folie les ombres les plus graves.Et le vol du moineau fut réduit à son élan primaire.Aujourd’hui, les morts font des dessins sur les murs de ma chambre avec un bruit de ferraille.Je dépose le Livre et j’éteins le monde avec ma main.janvier 1972 ode à la blancheur/ fragment Comment te dire ma mort au terme de ce monde avec ces mots taris dans la poussière de l’âge et les travaux du temps.Comment te raconter ma mort en cette terre d’usure où je n’ai plus que mon visage à maintenir en berne; j’ai laissé derrière moi le poids de la parole comme s’il s’agissait d’une plaie de naissance, et maintenant voici que je me lève de mon corps où j’ai fait le néant afin de rassembler les fragments de ma vie.Et je ne me souviens plus dans la ferraille et le feu de tous les jours que d’une enfance à coeur ouvert où le soleil ne se comptait pas.Les rues de mon quartier sont restées les mêmes, sauf peut-être pour la lumière qui est aujourd’hui à sens unique et dont les pauvres font économie.Il y a toujours le petit cireur au coeur propre qui fait briller des soleils sur les souliers, et les mêmes enfants qui dans un autre monde auraient trouvé le leur. paul-marie lapointe heurté le fourreau déploie ses lames dans la biche la féminine s’animent les sept langues de l’hydre l’eau bouge rapide effeuillaison du soleil oubli double au pied de l’étang seul un saule retient le vent triangle de fourrure ange noir qui n’est le squelette de personne sinon de Thiver en chacun de ses cristaux sinon de la belette aux appétits glacés les sombres articulations du désir les attaches de la rose sous la pelure du froid mûrissent une passion féroce des ailes de sang mois du saumon torsade de pitchpin pour mater le spasme le totem éclate au coeur du frai dans Tentrelacs de l’oeuf et de l’écaille ô poisson florifère ô malard déployé dans le cyclone l’idole sévira contre les hauts-fournaux la corrosion de l’âme et le robot fragile qui pervertit le temps lue racine le pays saint (extraits) (comme le jour se lève) v à Beth-Saîda en cette saison la piscine aux cinq galeries le point d’ennui comme pour toujours alourdi des moisissures pluvieuses et ceux-là qui mendient qui s’agitent très blêmes aux pieds des marches intérieures luisants d’orages où s’annoncent des lueurs d’enfer plaisantent les mendiants aux yeux à leurs yeux bleus où rien ne se voit que les loques blanches bleuies lavande en armes et bains du peuple même en des rêves d’infirmes jamais l’eau noircie n’attirait à elle il s’assagit là des paralytiques maudits un jour février mars ou avril aux deux heures après-midi quand le soleil étend sa lame blanchie sur les eaux terreuses 9 et tout comme au loin au dos des malades j’aurais vu les bourgeons d’éveil le cristal des rayons qui serpentent sous ce reflet semblables au démon rouge d’une pâleur infinie tous les reflets ne sont mûs à son flanc appesanti on a dit que les premiers allés en revenaient guéris on a menti ils étaient rejetés des marches comme des ordures et se traînaient en d’autres lieux où l’ange ne demeure qu’aux sentiers d’argent à peine midi allé qu’il pénétra l’eau noire nul ne nettoyait plus les petites bêtes mises à bas ocre lumière d’une ligne à ses ultimes feuillettements il s’accouda aux pourtours lépreux il regarda les enfants mal nés l’ange grimaçait sur leurs lèvres et eux ils riaient alors le paralytique de très haut ils le virent qui traverse les cinq galeries pour s’enfuir à la ville damnée ce calvaire d’ombres en Samarie beaucoup l’aimèrent et vinrent en lui qui ne leur prêtait plus son attention Samarie d’orgueil et seule venue durement observatrice des codes luthériens autant que Judas le fut des livres d’Israël cité trop riche pour la parole ville soldatesque d’esclavage aux doucereux mensonges qui des prophètes arrachent la langue (vous êtes prophète seigneur vous savez ce que j’ai fait auprès de la fontaine à gauche de cette fontaine) hommes et femmes d’alors reconnaissaient les mages comme d’aujourd’hui les pénitences (en cette ville étrangère qu’aurait-il fait qu’aurait-il fait si de son allure annonciatrice ils l’avaient assailli avant la septième heure) Jésus se retire du silence en Samarie • en Galilée l’air si léger charme les passants d’une joie étrange mais lui d’une sainte et colérique ivresse chasse et fouette changeurs et marchands du temple croyant disant c’est sa jeunesse blanche et miraculeuse jeunesse (de la rage avaient-ils pensé) il sentait à sa main le membre lourd et ses bagues froides et la tendre bouche de l’officier qui s’agenouille tel Job en ses cendres d’une face très belle mais balafrée aux minces ruelles du bourg passent d’immenses cortèges les cortèges de ce lieu et pour ce jour trop de joie en ces temps-là le Galiléen eut de la main ce geste brusque enfant d’orgeuil et d’une féminine pudeur si vous ne croyez pas malheur sur vous aucun miracle Cana les noces vertes et roses en des salles festoyantes les adolescents nus que l’on caresse aux confidences des vierges (à Capharnaüm) le vin miraculeux n’avait éveillé aucune oreille de paysans ou de marins seuls peut-être de riches gens et Jésus dit vous pouvez aller votre fils est bien maintenant comme d’un iode aux grandes fraîcheurs va son chemin dans les rues désertes toutes merveilles des grèves sous les pavés fauves il vit les blés poussiéreux d’une prairie en grappes d’or et cette fleur-là geignante dans le plein jour bernard tanguay je vois que je ne veux pas ignorer une vie qui passerait le temps derrière mon dos, à attendre que je me retourne plus vite qu’elle, au gré du vent, j’invente le vent.et apparaît le damier des bons et des méchants.leurre doux aux lèvres qui accouchent des meurtres sans douleurs, hypnose par la solitude, qui découpe le tout, comme on dépèce un cochon, le noir quittant le blanc, la tête le cou.je me détourne des politiques qui n’illuminent qu’une allée, elles ne s’apportent que les réflexions d’un miroir sourd. mon corps et mon coeur se plient ensemble à bâtir et à vivre le casse-tête de l’acceptation, de la pitié, de la justice, au milieu des plaies, des cicatrices que jettent la mort, l’ignorance et la cruauté.la colère du poing est hara-kiri.ma violence est ancrée à l’amour de la liberté, à la liberté de l’amour, elle m’emplit d’un calme que peu à peu je définis, qui peu à peu me définit.je vois à ce que les objets et les damiers n’échappent et ne brisent pas mes doigts et mon coeur. je renonce à un suicide hâté, à une folie criblée d’angoisse, je ne tiens pas à m’échapper.la distance qui rôde entre les désirs, les actes et le corps est dangereuse parce qu’elle est floue et qu’ainsi elle écartèle.j’abandonne mes haines, fruits amers de mes gloires passées et de leur vanité, mes gloires, légumes pourris de mes intransigeances passées et de leur prétention, et mes martyres, volailles aveugles de mon amour passé et de ma peur devant la force de sa liberté. je regroupe ceux que je serais, ceux que j’étais, dispersant à l’extérieur ceux qui veulent ou ce qui veut barricader les portes de l’intérieur.l’espoir, le beau, l’immoral, la liberté, le malheur ne peuvent naître en moi que par moi, seul, je possède le choix.et seul en mon corps en mon coeur, le calme, le périlleux, l’exigeant amour de l’existence, de tout, de tous, établit mon équilibre, à cheval entre l’espoir et la fatigue.là sont mes vies, mes morts et mes naissances. les herbes rouges 1 claude dansereau; jacques ferron, jean-paul filion, maryse grandbois, louis-philippe hébert, marcel hébert, andré major, lorenzo morin 2 michel beaulieu, andré cassagne, paul-andré desbiens, roger des roches, marcel hébert, gilbert langevin, gamier poulin, gaétan st-pierre, patrick straram 3 nicole brossard, roger des roches, roland giguère, alain horic, fernande saint-martin, gaétan st-pierre, françois tourigny 4 jacques brault, andré cassagne, paul chamberland, cécile cloutier, jean-yves collette, roger des roches, lucien francoeur, huguette gaulin-bergeron, louis geofïroy, gilles groulx, marie-josée mason, gaston miron, robert montplaisir, françois tourigny 5 sauterelle dans jouet de marcel hébert imprimé par ginette nault : !N" I I
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