Les herbes rouges, 1 janvier 1983, Nos 116-117
LES LITS Di L'AMERIQUE herbes rouges mm WÊÊÊÊ 116-117 les herbes rouges ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-002-8 Directeurs: François Hébert Marcel Hébert André Roy Adresse: C.P.81, Bureau E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Abonnement: 6 numéros, 9,00$; 12 numéros, 18,00$ Distribution: Messageries littéraires des éditeurs réunis 900 est, rue Ontario, Montréal, Québec, H2L I FM Tél.: (514) 525-251 I Distique 9, rue Édouard-Jacques 75014 Paris, France Membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québéco Dépôt légal: 2e trimestre 1983, Bibliothèque nationale du Québec © les herbes rouges et André Roy, 1983 André Roy Les Lits de l’Amérique Le Cycle des passions 4 du même auteur revue les herbes rouges N’importe qu’elle page, no 11, 1973 Vers mauve, no 28, 1975 D’un corps à l’autre, nos 36-'37, 1976 Corps qui suivent, no 46, 1977 Le Sentiment du lieu, no 62, 1978 Petit Supplément aux passions, nos 79-80, 1980 Monsieur Désir, nos 88'89, 1981 éditions Les Herbes Rouges L’Espace de voir, 1974 En image de ça, 1974 Les Passions du samedi, 1979 autres éditeurs Formes.Choix de poèmes, Atelier de l’Agneau (Belgique), 1977 Marguerite Duras à Montréal (en collaboration avec Suzanne Lamy), Editions Spirale, 1981. ’ i r Robert Rauschenberg: i.'T •' ».V ,, sr'.w: Ai'-v ^ -»i T » ' h^v*, ^h-n .• " -;' ®aaMMsi ¦Min .An ^nrnj LE LIT DE L’ÉCRIVAIN NEW YORK DANS MON LIT ET LES TENTATIONS DE L’ÉCRIVAIN Comme s’il n’y avait plus de finesse et de mathématiques pour terminer cette nuit, mots gras ou fous, incapable d’arrêter et la langue et le rêve sur toute ta peau; après: le reste, les écailles, la sueur (somme toute c’était toujours le réveil et l’hélice dans les nerfs, l’hélice dans le poignet, le vacarme des atomes), le matin mince comme du papier après l’amour. Je serai, je ne serai plus ton sexe, ton comme on dit du désir, les blonds et habillés endroits du plaisir dans une sorte de vérité du privé; c’étaient les lèvres, les muscles, c’étaient les jambes avec l’esprit; avec les livres, c’étaient les prétentions d’un écrivain pour ses tableaux fascinants, inventant un vocabulaire pour le lit, un vocabulaire du libre lit pour Monsieur Désir comme je m’appelle. Autant chaque nuit, autant d’intentions dans l’élégance de métal des formules, des salives que je laisse sur ton épaule comme un vampire; on m’a fait monstre avec des gestes délicats, des jeans serrés, apparents comme mon sexe, quelque chose donc comme la formule heureuse du pénis si, évidemment, vous savez me lire; naïveté rouge et catastrophe heureuse, tellement de mains délicates pour les industries génitales («N’est'ce pas que vous m’aviez parlé de.») Il importe que le mot amour, dans l’été ciré et mouillé de New York, fût plus qu’un objet de bibliothèque pour le dragueur aux belles dents que je suis, que je te suis donc. Comme s’il n’y avait plus de style encore, plus d’amour donc, comme pour les confidents les confessions sucrées, oui sucrées, les draps souriants et des corps frais comme la musique: a) la morale dans mon lit, b) New York de coton, vitesse bleue, somnolence de métal.Et Monsieur Amour ou Désir reprend ses vêtements, ses gestes et ses heures pour les états de grâce dans la nuit des néons, comme il y aurait la danse, la bière avant le lit complice.Un peu de douceur avec beaucoup de désespoir, un peu d’images reçues dans le plaisir qui monte, et ce serait toujours les dernières, les dernières habitudes des derniers samedis de la ville.(«Vous m’aviez dit que j’étais américain, non?») 8 Loin de Montréal, loin de ce qui me rendait doux et blessé, ou du rêve, de ce qui reste de trous par où passent le vent, les lapsus, les rencontres porteuses d’amoureux: 1) un pénis est si différent sans ses accessoires; lors de ce voyage nous t’avions caressé, il neigeait, sûrs que les jours ouvriraient leurs portes sur d’autres mots étrangers, flanqués de mauvaises inquiétudes naturellement, pour que nous soyions tes nouveaux héros, tes besoins en souvenirs et en dépenses: 2) les efforts de la culture, les six pouces orgueilleux quand je suis bandé, un bien beau travail du corps et de l’esprit, demain sera encore intéressé par la.Ejaculation, ce que nous avouerions: la langue de l’époque, des idées et des musiques pour dire que le nouveau monde portera le deuxième nom de notre modernité. L’ÉLÉGANCE DE DIRE LE PRINTEMPS ET L’AMOUR DANS LES ASCENSEURS D’HÔTELS Si pour de vains calendriers et de grasses éjaculations, disons pour les oisifs de la ville, caressés, demain sera le même vêtement, comme il est dit des phrases sur la passion, sur.le goût joyeux, méticuleux d’avoir du style jusqu’au bout des ongles, bon il est dit tant de choses sur le divan avant le lit convenu: fonctionnement des parfums et tricots qui vont bien avec la couleur des joues.Voilà encore des oisifs, des touristes, des splendides à l’élégance rousse; promeneurs de l’impudeur, ce qui est parfait c’est que vous ne quittiez jamais votre corps.10 Il est dit, il sera dit quand — c’est mon opinion —, dans avril suspendu, dans l’air, entre grands et petits buildings, toute personne vous regardera, alors votre nom sera imprononçable, vos odeurs, ramassées en paquets blonds, vous ne serez plus si sûrs de votre sexe, mais vous accepterez certains désirs, certains délires au sucre ancien, il suffira que vous ne souffriez pas trop de vos perversions et de vos imperfections, ce sera ainsi: l’élégance volontaire du printemps et le petit a lacanien. Comme ceux qui avancent droits, aimés, des gracieux, la neige dans Montréal-Nuit, la résurrection des corps, les vêtements si ‘ sympathiques, la musique fendant la fumée à petits coups de bec, vous vous hâteriez avec vos organes agités, orange, pour toutes les heures, parce que les infâmes rencontres derrière les murs (personne n’a le coeur de parler dans les toilettes, ceci expliquant les générosités vite distribuées, cela, le coeur tiède).Jeunes hommes aux idées trop périmées sur l’amour fait dans les ascenseurs d’hôtels, oui vous êtes pour les coups de foudre en minuscules boîtes de couleur, aux confidences légères comme la dernière journée de la semaine, aux caresses bien administrées tout de même, pourvu que vous veniez moins vite cette fois-ci! 12 Avec des vêtements, des vêtements et des chemises ouvertes sur de clairs espoirs, puis l’érotisme au bout de la piste de danse, fortes jambes jalouses, dans la définition de la fumée vous n’y voyiez rien; c’est bien avec de la cocaïne et un peu de désir tacheté que vous élisez vos érections, rondes et rapides.C’en dit long sur vos chaleurs malhabiles, sur les secondes bien stockées, les néons parlent peu du passé, on entend froisser vos sentiments, on ne sait plus si l’émotion déboulera, on vous verrait mieux au bout du bar (naturellement ouvert sur la mer ou la science-fiction: Perfume Opera).Aimés malgré l’alcool et des intentions plein les doigts, et ce commentaire en guise de vaseline: «L’amour déshabillé est bleu.» 13 Tels adolescents au coeur fermé sur d’obscurs lits (meilleures odeurs roses?), vous parliez à l’étroit dans votre temps, dans votre-sommeil de ratine, dans le passage du peu de souvenirs, vous seriez là en disant aux événements de venir selon les formes de votre sexe, selon les goûts et les couleurs quand vous banderez: pouls vagabond et mains pas si muettes que ça, marijuana de luxe et des nerfs pour toute la nuit.Vous savez qu’on mène une petite enquête sur les bruits du désir, sur la jalousie, sur les Québécois, sur leurs jeans qui font ding, sur l’élégance maniaque du mois d’avril à New York où, une seule fois (une seule!), je me suis égaré.14 ENTRE SAN FRANCISCO ET SANTIAGO DE CUBA, OÜ VA LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE?Traînant à San Francisco, l’oreille mordue au vent comme un disque rayé, pensant aux cinq cents garçons avec qui j’ai couché, à la nuit qui s’épuise aux jambes, ç’aurait été l’infamant, les chemises en montant l’escalier: tranquille science de ceux qui savent rire au cinéma avec parfois quelques larmes assidues dans leur soie.Torn, Rick et Dan seraient en grève aussi, ont écouté Talking Heads, m’avaient franchement rendu fou.Avoir vingt ans dans les mains, la tendresse comme une faute ou être de jeunes suicidés parce qu’il n’y aurait pas de date pour mourir (ce mercredi brun au mois des profanes); on risque la nuit, fier d’avoir cinq cents spermes à portée de stylo. Difficile d’assurer son sexe contre de l’or avec si peu de mots, mais en d’autres circonstances projectibles, légalisées, quand on m’inculpe d’humour rond et frit, je prends plaisir à déclarer la culture de l’obsédé, les aventures où la peau est excellente: arguments aux caresses, grammaire publique pour les dix appareils nécessaires et démontés garantis tous usages (Monsieur Sexe réapparaît sans vous attendre, se déplace comme un mauvais accusé, quelques phrases sous le bras). Si je traînais la vertu, le zèle, l’aventure d’avoir de bons instruments et des amis américains, si par là-bas j’étais incapable d’ennui, torse ébroué et gestes de santé, beaucoup de musique sur le flanc gauche: la poursuite comme l’étonnement sans coupables, voilà! Entre les buildings, je suis combien?Tenir à quelques moments agités, parler des qualités et du catalogue de la complicité, oui je suis responsable de mes lèvres, de mes organes plus ou moins froissés quand Ron ne m’attendait plus (j’utilise certains noms courts pour ne pas être de mauvaise grâce).Combien de pénis te reste-t-il, Bob?17 Constater au travail et à la promenade, entre John et Ken, que je n’ai pas l’allure des couples honnêtes, mais que la vie romanesque me fait des signes fétiches, que le sexe, lentement, me mobilise; cette inquiétude n’est pas vulgaire, inquiétude dans les chemises datées culturellement, de la soie aisée jusqu’au bout des doigts (j’ai donné quelques noms ici autant par générosité que par disponibilité).Calendriers beaux blonds, sperme en progrès, des rires propres ou pas, je rêve parfois à d’autres problèmes, à d’autres étonnements anglais, cubains peut-être. Difficile d’assurer la survie de la littérature québécoise quand le cul est plus que du cul, car la nuit c’est n’importe-qui en héros louche — comme l’écrirait un ami poète (le héros arrive drôle au bras de Chris).Evidemment avec la silhouette, les raies et les membres au singulier intime, au masculin moderne ainsi qu’au féminin justifié, devant les livres, j’ai un style capable de tout; exemples: rues velues, pénis honnêtes, goûts rouges, chemises heureuses, masturbations à droite, etc.Mon Dieu! si ç’avait été cinq cents amants de Santiago de Cuba, aurais-je signé Monsieur Socialisme? LES DEVOIRS DU POÈTE ET LES TRAJETS PASSIONS Si à peine caressés dans le dernier livre d’André Roy ils se souviennent d’un baiser à l’autre repris des très simples noms et lettres qui font vif et imagination blonde, voici donc les nuits privées et les cinq cents garçons avec qui il a pu coucher, ces paysages célibats et la si peu grise tendresse, oui ils sont caressés par l’alcool des mots de demain.C’est comme des sentiments de bonne chair, c’est l’heure des images lues en pointillé, la main sur le sexe (ils ^ont chastes comme Hervé Guibert).20 Dans tout ce qui sera couché ici premier, parfaitement polissé, il s’agira oh! d’éducation sentimentale devant la machine, voici (ces discours un peu roux (sic)) que l’on dort bien ici, agités, fragiles, qu’ils dorment en s’excusant, après les bulles, d’être nus tant délicats pour être extasiés, ils avaient les doigts objectifs, presque mais pas vertueux entre chaque phrase pour les besoins de l’oreilleur justement.Des lits de mauvaises habitudes, bien, il dit que les livres sur les trajets passions en sont. Les tentations de l’anecdote, un peu de commerce et d’humour, que, par les passions opératrices et les sens qui tremblent, on doive économiser sur les mots de son époque.André sera le pâle perdant sympathique pour la grande anthologie américaine des vampires; les anecdotes?elles remontent comme un fantôme trop propre et trop instruit; tels se révèlent les devoirs louches du poète, tels sont les succès de celui qui sera toujours inutile («décorations de ton ventre et masturbations costumées»), il sera humble en novembre.22 Anecdote: Dans la chambre fermée (dans la musique aux grosses lèvres!), près de la porte, il donne gratuitement ses sourires, jusqu’à ses désirs à heure fixe, ces jeunes rencontres et la certitude d’avoir plus d’une queue dans chaque main; «cadeaux! cadeaux!», c’est ce qu’ils savent me dire ou lire, des baisers pliés dans leur chemise, des intentions mathématiques dans leurs organes majeurs, à peine si je m’en rends compte, pourtant je ne suis pas optimiste en y songeant bien. Par les thèmes de la drague, les traductions et les différentes formes du mot lèvres (avec un 5), dans ses livres ils retrouvent un système de complicité, des machines et des samedis structuralistes, des jeans Levi Strauss, Passions; il est en quatre couleurs, comme il ne parle que de douceurs, comptez sur vingt doigts la variété des érections: que du velouté! qu’échantillon de vrai sperme! Proposer en rond des aveux, des draps (lesquels?), mais ce désir bien trempé dans ses oeuvres lui pose certaines questions et répète plusieurs fois son nom, Montréal novembre 1981. VARIATION SUR LES DEVOIRS ET LES TRAJETS PASSIONS D’ANDRÉ ROY Dans les mains ou avec les mains seulement dont il a tant rêvées, il fabule donc (ils s’en souviennent), a noté les accessoires, l’habituelle obscurité de la nuit, le son qui tombe de haut, et au fond du lit léger — nouveaux ébats, rock narcotique, liquides américains, etc.— on a retrouvé un écrivain trop parfait, un saint qui a succombé à la tentation de l’autobiographie, je n’insisterai pas ainsi de suite sur le devoir et les bons péchés de la première heure, mais moi.(Suite au texte suivant.) 25 De moi et dans tout ce qui sera livres parfaitement lus, ils comptabiliseront, audacieuses, de simples historiettes et pourtant sans secrets ni blancs ni roux, il suffit de quelques complicités, que l’on croit trouver dans les meilleurs draps ou entre certaines jambes (lesquelles?) jeunes et à plusieurs sexes du même nom, pour que je loue les désirs plutôt que de m’imaginer triste («Toujours les mêmes histoires qui font l’obsédé, j’suis tanné»). Ou avec les années ils devineront, tendres, lui ont avoué oh! mais des obsessions, leurs confessions vaseline (pour en faire ça, du texte), avaient dormi alors sur leurs sentiments en attendant que d’autres achètent à crédit leurs désirs; lâcher en outre quelques rêves, des comparaisons louches, des demandes d’être impudiques, ensuite indiquera, il indiquera les étoffes, leurs effets quant aux progrès sur l’hygiène et la littérature, ensuite pour savoir vivre ses maladies avec la nuit.Tiens! il fait rire, il a perdu sa réputation. Se retrouvent avec lui dans un large lit, rêvant de ne connaître pas calculs ni géographie, mais qu’en est-il quand on est instruit et auteur intime?Amical matin au propre des muscles achevant d’être neuf dès la douche, après un café encore plus anecdotique, son texte figuratif si figuratif: de la musique s’ils bandent des textes s’il fait bleu s’il pleut ce n’est que fautes de frappe et avec le sommeil, des lapsus.Il commet une écriture encore plus grande d’inventer cinq cents corps gracieux mathématiquement capables de (terminez la phrase).28 Me voit-on vraiment comme ça avec un nécessaire à plaisir, changeant de sexe à chaque phrase, des lits aux cigarettes?Imaginer une érection à tous les deux points, bien, que des corps s’accumulent entre les pages, ils en valent la peine, c’est son impromptu, une loterie d’épithètes, la chance déshabillée.Bon, il proposerait un autre titre à ses ouvrages, voici, voici: les Blessures sexuelles, voilà Pénis du soir et Mon coeur mis sur le bras, avec baisers et rires, la Tentation du trajet Roy, pour qu’on puisse parler de littérature, de grande et moderne chaleur, des vifs et ultimes devoirs d’un membre de l’Union des écrivains québécois. L’AMOUR EN PETIT ET L’ÉCRITURE DE LA DIFFÉRENCE Nous avons figuré qu’avec l’automne nouveau, sa ferraille de dates, que que que dans la, que la nécessité ne commanderait plus ici aucun amant «en l’étreinte, c’est pourquoi, parfois, les automatismes, les antiques baisers comme une bataille»; c’était ainsi pour glisser, petits, entre les lignes, les leurs, les miens désirs, ou les furieux, car dans la définition de la pluie sur les pavés se déploient mes années supérieures, mon si peu de deuil en montant descendant l’escalier: à ce danger précis et si nombreux, on répond élégamment à mes exactes obsessions.30 Inégales pensées donc et mes amants perdus dans la ville, enfumés, suis-je si fier de mes petits érotiques déboutonnés?Personne ne le sait sauf que mes nuits ont bien travaillé, ont bien même que par tant d’années j’ai déroulé mes parfaites mélancolies, les anciennes intelligences pour la longue douceur coulant jusqu’aux jambes; suis-je si pareil à mes baisers qui éclatent sur les bords comme des lapsus: le mélodrame du lapsus, c’est écouter l’amour jamais terminé, c’est le péril du texte. Aux sourires du soir, aux ciseaux de la nuit, ô Montréal membré, qu’est-ce donc l’écriture comme baume en ce samedi guéri ou en cette petite Action de Grâce?(«Il pleut toujours, mon amour!») Chambre et fondu chocolat des amoureux qui, au lit, se relevant, rencontrent, essouflée, l’angoisse parce que le plaisir n’a pas chômé, parfois ils ont l’air d’épiciers du désir mais ils me prêtent leur nostalgie qui fuit le bas-ventre; alors André discourt, André se veut utile, il réfléchit à haute voix sur la différence généralisée. Peut-être que la morale est difficile à la suite des désordres du discours comme les miens, mais la fatigue la renouvelle, on peut entrer dans les années 80 avec ses décadences et ses brèves biologies sur le lit, ni plus ni moins contemporaines que les fraîches vertus du désespoir qui tournent comme un bon vieux disque.Mes amants fripés dans le soir, leurs vêtements de courte date, me posent des questions de style, sur la différence entre grand et petit poète, savent que les jours de ma réputation sont comptés, savent.33 Ils parleront donc de moi, du peu d’orthodoxie des pratiques d’écriture, des luxes d’avant la fin du siècle, des verges moyennes de Pierre, Jean et Jacques qui, avant de vieillir sous les désastres, auront encore des accidents d’envie et du sperme volatilisé blanc de neige jusqu’aux cheveux, ont l’air étonné à chacun de mes livres, quelques mots délicieux et difficiles, les lieux express de l’audace, des lapsus tombant des doigts, et parce que André aime comme il écrit.34 PLUIE SUR MIAMI ET QUELQUES COUILLES ROSES PENDANT QUE J’ÉCRIS (La dernière historiette) Premier temps.J’aurai été l’hôte, l’hôte pris de hoquets et de balbutie^ ments, le champagne qu’il m’a offert auparavant, les yeux coiffés comme des oiseaux.Et je vis alors ni excès ni insolence, vis qu’il enseignait le sourire.Comme le souvenir piquant, comme la noix qui saigne, comme le destin sec à l’usage, il eut le doigt juste et probateur pour dessiner une ultime relation, la prochaine, celle qui serait brune, la dure, la folle; sa chair était du plus pur style, celui que tresse la cocaïne.Calligraphie nue, légèrement bruissante, pour qu’il y fût assez suffisamment question de goûts, de musique du même nom, de soie et de compétence nocturne.Aussi de bouches et de la rose dans la bouche.Il y avait, effectivement, de la musique comme de grands couteaux, il y avait la fumée et la grâce des fantômes hispaniques, c’étaient le hâle et la roue.Et si j’avais été plus tard, pour toi, glaces ou feuilles de miel?écailles ou arêtes?toutes les sciences des lèvres et le sexe à écrire?«Tu m’as compris parce que je te regardais et je t’ai imaginé dans une autre langue, près de la mer justement.» 35 Deuxième temps.Voici donc l’anecdote comme une première surprise.Ou lorsque ta peau et ma peau avaient les mêmes idées qui remontaient.La certitude qu’il y eût délire, que.Que la vérité de la fièvre d’avril s’ouvrît comme une orange.«Il avait pensé, la première fois, comme moi.Je l’ai bien mérité!» Donc corps déliés avec la musique sur les épaules, juste là, avec son goût de sel et de gingembre, le nombre furieux de la salive sur ma verge et le sabbat du rire, les draps couleur d’éponge.Queue meringue, c’est-à-dire qui a fondu dans les mains et la bouche, celle qui, intelligente suffisamment.Ou charnelle comme le ciel sur la mer, comme la soif à la margelle de la nuit.Ta braguette avait délivré la mangue comestible, l’oiseau sans ombre, le nouveau caramel que l’on nomme amour ou autrement.Et la lune avait été violette sur les peaux joyeuses malgré leurs points d’interrogation.Voilà l’angle de départ: ce n’était pas un rêve, c’était presque une cérémonie: «Ton corps, c’était la première messe du matin.» Pour continuer, commençons: «J’ai fait ronronner de plaisir l’invisible chat de ta queue.» Rythme de l’odeur, la main avait pénétré, à la fois hélice et champignon, la panoplie de ton nombril, le corps très embrouillé après, barbouillé.Après, j’imaginai quelques banalités avant de moudre le café.Matin trotteur.Lui dis que ses doigts furent étroits et raffinés, acajou et fougères (j’en rajoute).Révérence subtile, à ce moment, de la fumée de cigarette, ses bagues bleues.Je me rappelai que son sperme était un paon souriant, son nombril, trop som riant et grenade grise; j’ai su alors que le désir, parfois, sam glote comme un fruit, fidèle à son sens, à sa géométrie gavée de miel.«J’ai aimé tes couilles roses parce que j’aime les couilles roses.» 37 Et soudain, continuant, il se leva; la chambre alors s’empara de notre haleine aussi mystérieuse qu’une étoile, si rousse tel un gâteau.Prit ma main, dit du transport et de la gentillesse canari qu’ils furent un constant partage et que nous ne portions pas le même nom; prit congé de la chambre, désigna le petit matin qui recomptait ses cheveux et ses billes.Donc hors de la chambre, t’ai-je avoué que je t’aimais encore, que mes pores se souvenaient que le plancher avait été froid près du lit?Puis sous la douche, l’eau était affable, boogie chaud, l’eau aboyait; les odeurs déplacées comme de minuscules poissons lunatiques.Ai allumé une autre cigarette dont la fumée laissait échapper pour quelque temps encore de nombreuses abeilles bleues.Lui dit: «Sois propre, donne-moi la preuve de la tendresse, sois crémeux car la générosité ne se ride jamais.» Pluie alors sur Miami comme un facteur sonne à la porte. Coda Le nom de la lumière ce matin, quelques virgules très défi-nies pour que je puisse écrire, ici, sur la fébrilité et la confusion des sentiments, pour que je puisse, dans l’ami-tié bien moderne, près du nuage et du palmier, affirmer: «Je t’aime, tu sais, sans te toucher encore une fois, après la calme balance de la nuit.» Comme un alcool sucré, la pluie acceptait ses adjectifs et les doutes partagés; l’heure comme un insecte.Ai été disponible comme un grand livre, j’ai lu entre tes poils l’ironie de tous les corps en dérive, les désirs qui oublient le cercle et la monnaie.A ce moment-là, vers quatre heures, j’ai volé à ton sexe ses initiales et ses colombes.C’était ce que je voulais écrire, c’était une invitation douce, mouillée, c’était: «Laisse-moi te raconter, dans la modernité ivre — et le miroir en est la preuve —, la couleur inusitée de ta sensualité d’adolescent qui se rit de l’avenir dans le passé.» L’EXPÉRIENCE GÉOGRAPHIQUE à Jean-Paul D. PREMIERS LIEUX L’EXPÉRIENCE GÉOGRAPHIQUE Quelque chose en avant comme la ville la peau parcourue à l’ombre des buildings attendre quant aux géographies amoureuses que ce texte du savoir et des saveurs ne cache jamais ou trop le désordre des cerveaux cigarettes précises ou drague inconsolable que la ville inédite rend mon corps périlleux puisque émeute d’âmes quelque chose dans l’été lisse le début de l’amour car klaxonnements et bruissements: c’est la perte de mon identité.La ville ou l’expérience, dis-je. TAXI JUSQU’AUX ÉMOTIONS à CL.B «L’automne 81, celui-là» dis-je pour t’attendre atteint dans la solitude d’une ville assiégée où chiffres et conversations que de la clandestinité: une trajectoire du désir comme une théorie de l’émotion seule et définitive jamais jaune.C’est dans la pluie le trajet ou dans la nuit des taxis, tout concentré dans le regard gris maintenant parfois un «frais désespoir» sur l’épaule depuis la conversation des yeux: le trafic ces gestes si étrangers malgré les coïncidences une romance que je veux volontaire «Il y a peu de temps que je t’aime» sous la pluie gémissant dans le taxi, regarde les néons la ligne étroite des émotions, répété-je.OÛ SUIS-JE QUE JE NE T’OUBLIERAI PAS?Toutes mes fatigues, ces rues odeurs jusqu’au rétroviseur quand je scrute tes mains.OU JE VOUDRAIS T’AIMER, SEUL.42 LA DRAGUE DES SAINTS Cruiser (comme moi), dix heures du soir change de trottoir comme change d’âme toutes les jambes, du style, la marche qui se veut prétexte dans l’air violet jusqu’aux trois ruelles où les phrases se ferment sur quelque désastre de sperme MINUIT MESSE quand s’installent de bruns baisers assauts Montreal Boys Gang et appâts voici des désirs efficaces et répertoriés selon les parkings, ville dans juin performant s’ouvre sur les plaisirs roulés dans les jeans.Comme une procession dans le parc.Trois heures du matin, ma vie de saint. L’HEURE DE LA VÉRITÉ «C’est le verre de l’inconnu!» ainsi affirmant l’exact alcool dans l’heure de la dernière proie (le soir s’arrête encore le soir) je t’ai offert deux adjectifs maigres que tu mangeais sous mes yeux comme «Mélancolie-que-tu-touches et Voici-nombres-du-fantasme» parce que c’est inévitable mais c’est la sueur glissent et roulent les deux autres ombres de la vérité, et c’est par bulles; la tendresse change plusieurs fois de place avant de partir.«C’est que la vérité ne s’arrête que quelques instants lorsque je bois au bar!» 44 LE DEUXIÈME BAR Alcool habile au bar le film du ravissement derrière les yeux dans le sourire de la deuxième proie roule l’heure, l’agitation qui s’ouvre sous les lumières devient une histoire concrète (il s’arrête de neiger en venant vers moi).Le coeur voulu, les garçons aiment le sucre; j’admets que je bois, j’admets que je suis irrésistible.Le coeur soluble, le corps rendu à la fiction. SANTÉ PUBLIQUE Rudiments: ainsi les circuits les désirs paradant devant les bars dans un désordre habile le déambulatoire, cette humeur à la course: avoir des intentions de brève biographie mais le contrat des anatomies est un instrument certain.Redisons: je fais emplettes d’obsessions ce sont les seuls arguments de ma peau les promenades c’est léchant pour essuyer le temps sur moi (vêtements à table ou quelques verges paires selon les couleurs) je tends mes privés et l’autre me prend.Toute une chimie ou tout un cinéma brun, l’épaisseur publique je délivre mes organes mais j’achète ma santé.Les désirs au-dessus des tables selon la musique.46 LE FRUIT DE L’AMOUR Avec le désir et le fruit dans le désir rit il rougit, la chaleur pousse en attendant qu’il ne me quitte plus ce qui était vite dit ce qui était proie, le regard se détend quand il promène ses couleurs comme l’ange bleu dans le lit des heures.Fiction de la chaleur donc et ville molle dans sa course il dérange ma douleur habillée de neuf mais dans les couleurs serrées contre soi persiste la séduction se tient à son bras: il prend corps au bord du trottoir mais se déplace et la langue se refroidit.J’ai décidé que l’amour était à manger tout de suite.47 LES FORMES DE MONTRÉAL Quand l’espace des rides le corps tendrement à minuit plus tard «dans les lits étroits de l’Amérique» comme le note Nicole Brossard sur nous, sur nos ventres de meilleur monde sans doute les rires moussent les goûts ont; les diverses formes de notre ressemblance et des adolescents transparents (soyons justes, ils sont de verre, machines et pages propres) pour vérifier les désirs professionnels vérifier les espèces montréalaises sous la langue dans l’échange des rides qui sont de rudes fétiches quand je bande rondement.Minuit de verre et Montréal rond.48 LES AMANTS DANS L’ÉCRITURE Dans les plis de l’air la biographie et les arguments amants retenus dans les souvenirs qui s’ouvrent au bout des doigts, une idée d’amour comme un luxe peut-être quand du ciel au lit et avec quelques avantages pris sur les livres j’invente.Herbes rousses, Montréal, chagrins et secrets, je passe contre ton coeur comme un linge parfumé, c’est la panique; champ des poils, le lit serait le ciel une perspective mangée des yeux, une ou deux roses, deux miroirs (comme tout ce qu’il me faut en ce lundi matin quand j’essaie d’empiler les mots).Dans la musique un peu lâche et le premier baiser du printemps, fins amants attendus mais appelés depuis longtemps pour que je puisse les décrire dans les nuits plates où s’érigent nos verges nues et perdues aux heures que maintenant je compte.Voici des amants pour que j’aie du style. LA DROGUE DES MOTS Montréal février, ce sont les confessions ingrates, le provisoire qui revient comme une drogue: mais nu férocement, beau putain qui sombre alors que je suis amoureux de mots longs.Deuxième février: voici venu le temps défait autour des .syllabes frileuses c’est grise semence, quelques baisers tombés sans précaution (en fait, je pense aux écrivains qui ne peuvent écrire, tombés, au désespoir d’Anna Akhmatova); sous le choc cristallin des voyelles nous ne pouvons parfois ne plus rien concevoir.Mois comme ombre exsangue et nos sexes qui exagèrent, mon fol sous les yeux sous les bruns les noms d’avantmous et Montréal en bas nous sommes exilés dans nos chambres avec des adverbes bien sonnants, ces bouts de réel mal comptés.Les mots tombés, c’est ma morale provisoire. DEUXIÈMES LIEUX AU SOIR BLOND I Du soir aux autres, on dit «feutre des désirs» des anecdotes à force de regarder alors les yeux où se tricote sa tendresse et autour des gens la fièvre précise comme vingt doigts.Nylon sinon néant cousu à la peau j’entends le désastre personnel au point du calme tatoué dans les veines au point blond de l’étonné toujours.Vêtements blonds pour les soirs de l’anecdote. AU SOIR BLOND II Souvenirs il y a décors pleins que les névroses ont entrevus attente dans l’oreille, arrêt du soir par l’angoisse que j’ai du sang ordinaire du blond que j’entends dans tous les autres paysages.Tout, lèvres fermées et coeur cocaïne car quelque chose comme une fin de planète par quoi je m’expose parce que je suis inconsolable (mes maladies y comptent pour beaucoup, je leur rends bien).Ou quand les souvenirs s’exposent le soir.52 AU SOIR BLOND III Décidant «le soir dédié» à toi sans dégâts, les hiéroglyphes affichés dans l’ultime du jour à dire des miracles attendus; «l’autre peau du condamné, le maladroit» que je dis dans l’effort beaucoup en effet, la grâce féroce et la folie en santé.Soir opéra comme une signature on répète oui aux larmes normales.Dans le soir maladroit, les larmes dédiées. TRANSPORTS I Ce qu’on appelle langue quand le ciel touche aux dents, et le bleu attaché à mes ailes, mes ailes à minuit c’est ce qui fait que la caresse à la nuque donne une lumière récente à ma biographie.Et le soir touché tombe sur la dernière cigarette.54 TRANSPORTS II Et le ciel au plus près du hasard orbite exquise des mots des amoureux, les amoureux dans le temps de la ville notent les différents genres du désir, et parfois le masculin des langues, la lumière des voyelles dans le ciel de Montréal. TRANSPORTS III Tout est parfait et présent la scène, les végétations, le ciel qui tournoie («Quand je te touche tu as vingt ans»).Tout est imaginé l’écran, la forêt du réel, le ciel à côté du miroir («Tu transpires parfaitement le temps»). TROISIÈMES LIEUX PARTOUT LES ÉTREINTES Partout dans la nuit, la pose urbaine, les grands lits heu-reux malgré les distances du désir, les exercices rapides, les habitués (il fait chaud et, finalement, je n’arrête pas de séduire, c’est attentif à une tendresse gratuite), car les amoureux s’écrivent-ils, serait-ce l’amour paresseux?Malgré tout, un lit où les lèvres rôdent, il ne reste plus de secondes pour la conversation à deux doigts: étages du silence.Nocturne fiction pour les nomades de la caresse et des langues non recommandées, et contre eux, peu à peu, émerge la biographie, la bouche au plus près de la connaissance de tous bords.Partout dans les étreintes, la nuit des autres. LES BELLES VOIX DE MONTRÉAL Depuis ou selon les années adolescentes là, anecdotiser les espaces d’une voix à l’autre, dans la ville, les voix lisses qui m’embrassent chaque fois que la tendresse est entendue tout près, puis le depuis-désespoir dans les yeux, la patience vidée entre les doigts, partout les garçons de Montréal approchent au désir dans la continuité sexuelle, beaux et déjà assassinés.Sous le ciel-Montréal, vouloir les mots auprès des cocaines, l’explosion alors des baisers blancs, je leur téléphone par-dessus la peur et les déroutes, par-dessus les incompatibilités — le délire miraculeux du coeur, les cristaux du soir et des anecdotes pour les géographies d’où surgissent nos corps mathématiques — dans les minutes intégrales les splendeurs des mots d’amour coupés en silence.A leur parler au téléphone, une arme secrète, à pleine voix dans l’immensité définitive du temps je sais des actes et des intensités contre leur souffle vers le même goût sur ma peau je les entends SUR MONTRÉAL J’AI POSÉ MA BOUCHE.58 LE SPECTACLE DU DANDY «Montréal sous, sous les néons» dis-je dans la fatigue, puis dans la chance de disparaître un jour, sentiments aux os (tout un décor, décidément, grandiloquent et obstiné), je m’installe dans tes manies, dans la panique bienheureuse des pénis du soir.Dents de lumière dans les yeux et le gris magique du touriste de ton corps que je me dote, au plus près des monnaies et des poils, question de rides et dan-dy heureux jusqu’au fiasco d’être (parfois) encore un homme.URGENCE DE L’ÉPOQUE ET LE BONHEUR SIGNE TOUTEFOIS NOTRE DÉFAITE.Champagne opportun et charcuteries, j’ai (on le sait) des hallucinations de gastronome, des-de gars de spectacle avec leur commerce de jambes et de rires, silhouette comme une banque de chair rose, tu as des gestes de chanteur — David Bowie french kisses sur des cartes postales — mais quelle petite machine de maladresses, parfaitement!, et que je te regarde est tout à fait remarquable.Dandy heureux comme le métal. L’ÉTAT DE LA MUSIQUE «Sans la musique, la vie serait une erreur.» Robert MUSIL Dans l’état des villes, ils vivent ce qu’ils disent à peine, que la civilisation s’abat sur eux avec des vieux airs de rap, la très réelle forme des vestiges, répétitions et changements mêmes.En d’autres langues donc, stalectiques et ténèbres, ils refont, à chaque heure violette, le dictionnaire, et le monde comme film dans Montréal plein les trouve muets au plus près des anciennes énigmes, dans l’autre paradis de la musique.Musique! Elle, feuilletée sur la Sainte-Cathe' rine, vertiges à angle droit, dans ce qui déplace l’horizon et la fin, les recueille avec leur goût de vivre mal; Montréal en gros plan; elle les accueille dans l’inutilité générale.La ville est seulement ceci: ce qu’ils ne voulaient plus dire à tous — et dans la brume sans âge, la radio d’une décapotable diffusait l’intelligence de leur nouvelle fureur de mourir «comme dans un film de”Godard»*.Par la musique, le vocabulaire de l’éternité inutile.* P.P.Pasolini: «Une vitalité désespérée». TABLE DES POÈMES Le lit de l’écrivain New York dans mon lit et les tentations de l’écrivain Comme s’il n’y avait plus 5 Je serai, je ne serai plus 6 Autant chaque nuit, autant d’intentions 7 Comme s’il n’y avait plus de style 8 Loin de Montréal, loin’de 9 L’élégance de dire le printemps et l’amour dans les ascenceurs d’hôtels Si pour de vains calendriers et de grasses 10 Il est dit, il sera dit quand 11 Comme ceux qui avancent droits, aimés, des 12 Avec des vêtements, des vêtements et des 13 Tels adolescents au coeur fermé sur d’obscurs 14 Entre San Francisco et Santiago de Cuba, où va la littérature québécoise?Traînant à San Francisco, l’oreille mordue au 15 Difficile d’assurer son sexe contre de 16 Si je traînais la vertu, le zèle, l’aventure 17 Constater au travail et à la promenade, 18 Difficile d’assurer la survie de 19 Les devoirs du poète et les trajets passions Si à peine caressés dans le dernier livre 20 Dans tout ce qui sera couché ici premier 21 Le tentations de l’anecdote, un peu de 22 Anecdote: Dans la chambre fermée (dans la 23 Par les thèmes de la drague, les traductions 24 Variation sur les devoirs et les trajets passions d’André Roy Dans les mains ou avec les mains seulement 25 De moi et dans tout ce qui sera livres 26 Ou avec les années ils devineront, tendres 27 Se retrouvent avec lui dans un large 28 Me voit-on vraiment comme ça avec un 29 L'amour en petit et l’écriture de la différence Nous avons figuré qu’avec l’automne nouveau, sa 30 Inégales pensées donc et mes amants perdus 31 Aux sourires du soir, aux ciseaux de la 32 Peut-être que la morale est difficile à la Ils parleront donc de moi, du peu d’orthodoxie 33 34 Pluie sur Miami et quelques couilles roses pendant que j’écris (la dernière historiette) Premier temps 35 Deuxième temps 36 Pour continuer, commençons: 37 Et soudain, continuant.38 Coda 39 L’expérience géographique Premiers lieux L'expérience géographique 41 Taxi jusqu’aux émotions 42 La drague des saints 43 L'heure de la vérité 44 Le deuxième bar 45 Santé publique 46 Le fruit de l’amour 47 Les formes de Montréal 48 Les amants dans l’écriture 49 La drogue des mots 50 Deuxièmes lieux Au soir blond I 5 1 Au soir blond II 52 Au soir blond III 53 Transports I 54 Transports II 55 Transports III 56 Troisièmes lieux Partout les étreintes 57 Les belles voix de Montréal 58 Le spectacle du dandy 59 L’état de la musique 60 Revue littéraire et interdisciplinaire québécoise et internationale Créée en 1965, études françaises est une revue universitaire largement oOverte aux problèmes culturels; sa réflexion et sa critique s’adressent non seulement aux spécialistes mais à tous ceux qui aiment lire.D’abord littéraire; cette revue thématique étudie diverses questions qui mettent en rapport les arts et les sciences humaines, le discours et récriture.Écrire c’est parler, Déjà parus vol.10, n° 1, février 1974 2,50$ ?L’Année littéraire québécoise 1973, vol.10, n° 2, 1974 2,50$ ?Le Bestiaire perdu, vol.10, n° 3,1974 L’Éveil des nationalités, 2,50$ ?.vol.10, n° 4,1974 2,50$ ?Le Fragment, la somme, vol 11, n° 1,1975 2,50$ ?L’Année littéraire québécoise, vol.11, n° 2,1975 2,50$ ?Avez-vous relu Ducharme?, vol.11, n° 3-4,1975 r 5 $ ?Conte parlé, conte écrit, vol.12, n° 1-2,1976 5 $ ?Jacques Perron, vol.12, n° 3-4,1976 5 $ ?Le Lieu commun, vol.13, n° 1-2,1977 6 $ ?Petit Manuel de littérature québécoise, vol.13, n° 3-4,1977 6 $ ?Le FU du récit, vol.14, n° 1-2,1978 6 $ ?Les Écrits d’Aimé Césaire, vol.14, n° 3-4,1978 6 $ ?Théâtre des commencements, vol.15, n° 1-2,1979 6 $ ?Tragique et tragédie, vol.15, n° 3-4,1979 6 $ ?Villon Testateur, vol.16, n° 1,1980 4 $ ?Paul-Marie Lapointe, vol.16, n° 2,1980 4 $ ?Le Manifeste poétique/politique, vol.16, n° 3-4,1980 6 $ ?Francis Ponge, vol.17, n° 1-2,1981 6 $ ?Musique et textefs), vol.17, n° 3-4,1981 6 $ ?Anatomie de l’écriture, vol.18, n° 1, 1982 6 S ?L’Objet-livre, vol.18, n° 2,1982 6 $ ?Le Livre-texte, vol.18, n° 3,1982 6 $ ?Revue paraissant trois fois l'an (printemps, automne, hiver) Abonnement Canada 13$ Pays étrangers 15$ Institutions Tous les pays 19$ Le numéro 8$ Bulletin d’abonnement ?Je désire souscrire un abonnement à Études françaises pour l’ai ?Veuillez m'expédier les titres cochés ?Paiement ci-joint (chèque ou mandat) à l’adresse postale ?Visa n° l l l_________I I I I I I I I I ?Date d’expiration Signature Adresse ______________________________________________________ Europe : Librairie l'École (CLUF), 11, rue de Sèvres, 75006 Paris, FRANCE USA : GLMS Rt.127, Contoocook, New Hampshire 03229 code postal _"i LES PRESSES ,â, DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ,-1 C.P.6128.suce.«A» Montréal (Québec) H3C 3J7 2910.bd Edouard Montpetit Montréal (Québec) H3T 1J7 P Un lieu unique de débats pour la critique audacieuse Magazine tabloïd mensuel, prix au numéro: 1,50$ Abonnements 9 numéros (1 an): 12$ Institutions : 1 5 $ Chèque ou mandat postal à l’ordre de SPIRALE C.P.627, Suce.Outremont, Outremont, (Québec) Canada H2V 4N6 re^b ARTS ¦ LETTRES ¦ SPECTACLES SCIENCES HUMAINES K Si »ipi Maquette de couverture: André Roy Composition: L’Enmieux Impression: Ginette Nault et Daniel Beaucaire Saint-Félix-de-Valois tél.: (514) 889-2140 Imprimé au Québec, Canada Entre San Francisco et Santiago de Cuba, où va la poésie québécoise?
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