Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
No 144
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

Les herbes rouges, 1986, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1 PEZ.EX.EL herbes C’EST ENCORE LE SOLITAIRE P; ¦ P A ; ' ipff -.SBWjS iSHi les herbes rouges ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-027-3 Directeurs : François Hébert Marcel Hébert Adresse: C.P.81, Bureau E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Abonnement: 10 numéros, 20,00$ Distribution : Québec Livres 4435, boulevard des Grandes Prairies Saint-Léonard, Québec, H1R 3N4 TéL: (514) 327-6900 Zénith 1-800-361-3946 La revue les herbes rouges est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.La revue les herbes rouges est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Dépôt légal: 1er trimestre 1986, Bibliothèque nationale du Québec © Les Herbes Rouges et André Roy, 1986 André Roy C’est encore le solitaire qui parle du même auteur revue les herbes rouges N’importe qu’elle page, no 11, 1973 et 1984 Vers mauve, no 28, 1975 D’un corps à l’autre, no 36-37, 1976 Corps qui suivent, no 46, 1977 Le Sentiment du lieu, no 62, 1978 Petit Supplément aux passions, no 79-80, 1980 Monsieur Désir, no 88-89, 1981 Les Lits de l’Amérique, no 116-117, 1983 Nuits, no 126, 1984 Question de cinéma 1, essais, no 139, 1985 éditions Les Herbes Rouges L’Espace devoir, 1974 En image de ça, 1974 Les Passions du samedi, 1979 Les Sept Jours de la jouissance, 1984 Action Writing, 1985 autres éditeurs Formes.Choix de poèmes, L’Atelier de l’Agneau (Belgique), 1977 Marguerite Duras à Montréal (textes réunis et présentés par Suzanne Lamy et André Roy), Éditions Spirale et Éditions Solin, 1981 et 1984 La Leçon des ténèbres, Ecbolade (France), 1983. Cela a commencé en nous par l’amour Les images, elles entrent en nous et sortent par les os, nous savions que nous étions à égale distance de l’impossible.Cela est une expérience: le regard réunit l’émotion en tout petits paquets et nous les examinons merveilleusement.Ainsi les images entrent, et sortent, et élèvent la voix; la beauté est vue de l’intérieur des choses visibles, cela ne se sait pas. L’amour devient agent d’intensité qui, chaque fois, se transforme en cette chose curieuse et ailée.Voici que les sexes sont radicaux et réels parce qu’ils sont célèbres.On sort les coeurs la nuit car la nuit offre l’occasion à tous les idéaux de se manifester.On dit que les sexes sont vraisemblablement légers et modernes, qu’il faudrait les laisser vivre; on répète: «L’amour est.est, etc., que nous le voyons malheureusement partout à la fois.» Cela a commencé en nous comme un roman, par une lettre puis par un mot, ainsi les acides de la vie affective procéderaient.La langue se veut en forme et nous sert des choses différentes, palpables jusqu’à la fin.C’est le roman qui place l’ensemble des structures derrière le cerveau, la fin des mots au moyen des images.Remontons jusqu’à l’âme qui rend l’amour difficile, l’amour qui est en haut et qui est aussitôt en bas. L’espace bouge et invente ses images; pour être plus évident, le désir frappe douze coups avant d’entrer.Si nous sommes deux, nous serons seuls ensemble.Le matin, c’est à côté de nous qu’il cherche à joindre le monde par tous les bouts; il passe, nous regarde comme une odeur aiguë, cela est le sang et les voix qui n’oublient rien.Le cœur existe encore et invente la douleur; le matin paraît infirme quand il est deux.8 Cela a commencé en nous par la musique qui savait nous perdre dans ses merveilles.Notons ici qu’il ne faut pas oublier que deux corps font toujours deux corps.La musique se gonfle et se reflète dans les miroirs; on note qu’elle prend de multiples formes, qu’elle se veut en meilleure forme en embrassant; elle monte, descend et finit par tomber en nous comme une large odeur.Disons ici que les odeurs n’ont pas la vie facile. Comme un insecte ou une erreur, le cœur jetterait son ombre plus loin que nous; si nous nous aimions, c’est que nous voulions mourir sur-le-champ.Le reste tourne, c’est de partout qu’il chasse les images qui le dépassent.On notera ici les étoiles qui reviennent en sens inverse.Tel un insecte que la peur retourne sur le dos, le cœur grand ouvert nous trahit puisque nous sommes prêts à être heureux.Les étoiles se déplacent seules et sont très précises: la précision du bruit d’un cœur qui éclate loin de nous.10 La tragédie heureuse, le pouvoir d’aimer: l’odeur des gestes devient notre principe.L’odeur avec des rubans et des écritures, je la vois quand je pense que nous pourrions disparaître.Il y a l’espace, le drame des amants qui se perdent dans le temps, parmi les principes petits ou grands.Par défaut, la chair est un refuge et se voit comme une maladie, maladie heureuse qui attendrait des voix à l’imparfait.Oui, nous pouvons vouloir l’écriture avec des rubans qui pendent de chaque côté de nous et ne pas penser être aimés. La tendresse nous traverserait en murmurant le mot «civilisation», cela ne serait pas une conspiration.Une telle énergie quand je prononce ton nom, portant des choses simples et récentes dans mes mains comme tout le monde.La tristesse n’aurait pas de limites mais ne serait pas différente dans la façon d’aimer.La lumière se couche de travers chaque soir et chaque fois ça coule, ça parle et ça rejoint les anciennes civilisations cachées dans les yeux de quelques-uns. Cela se passait au-dessous des matières véritables qui nous font hommes ou femmes.Le corps peut être un intrus ou devenir un autre comme un accident de la nature.Nos sexes sont parfois déliteurs, parfois vivants, membres qui remuent en état d’ignorance.La musique est-elle un code, un écho de la mémoire ou une structure de bonheur?Sang, c’est en nous qu’il revient de loin mais se retrouve toujours seul au centre des matières et des musiques qui nous rendent mortels. Cela commence par le cœur et arrive par la voix.Cette impression de franchir le sens en pleurant sur des inconnus comme si chaque cellule avant ce siècle avait été chacun de nous.Les couleurs comblent l’espace; on dirait que les mouchoirs vont brûler; le cœur s’installe dans ses feuilles.On imagine les sciences, et chaque atome vieillit conformément au temps des sciences exactes.En rencontrant des étrangers, voilà que nous devenons presque heureux et parlons des cœurs qui brûlent leurs feuilles une à une.14 Cela commencera par l’amour qui sort la nuit, celle déjà dans nos plis et nos odeurs, extrême et qui ne met pas de gants, cela au milieu de nous, cela déjà dans les membres, dans chaque objet et dans la musique qui pousse autour, partout.L’amour, on en garde le bleu pour mémoire, et quand on dort, les larmes arrivent de partout; l’autre amour commente notre peau déjà mûre, qui se veut belle par peur de la fin de la nuit.15 L’amour nous examine particulièrement et voit les mêmes distances entre nous, un amour jeune et nu qui veut que tous les coeurs le regardent.Les matières parlent comme si elles étaient heureuses, comme si la musique existait encore.Cet amour est seul, si seul, et survit à peine, nu et rouge entre les corps, ceux-là mêmes qui se cachent derrière les cœurs ou qui cachent leur cœur quand il paraît trop vieux.On dit pourtant que l’amour finit toujours par recommencer. C’est encore le solitaire qui parle LE MONDE QUI EST DE MOINS EN MOINS VIVANT 1 Opération mystère: ce que les cocaines voient: la mémoire après la catastrophe nous regarde mal penser.Pense aux heures qui s’installent et qui parlent; elles laissent passer la lumière en ne sachant plus si elles sont mortes ou vivantes.Tu as beau dire ton nom, tu rêves. La musique debout quand même dans la ville et qui regarde, chaque fois la pluie nous entoure.On aurait changé ton cœur contre un incendie.Tu as oublié quelque chose dans ma tête.Le corps rêve qu’il vient d’un seul ventre, et l’air ne fait plus alors aucun geste. Après la lumière, avec les cocaines, la musique est abandonnée aux coins de chaque territoire.Tu vois la nuit quand tu écris, et un peu de bleu s’agite encore.Ce n’est qu’un rêve, et pourtant le monde ne change pas, et pourtant nous le regardons comme s’il était vivant. LE MATIN QUI S’EN VA A SA PERTE pour Ion Caraïon 1 Terribles mots de Hôlderlin, et qui en est mort.L’âme paraît si pâle sous le rose des hommes et des femmes, ce rose en orbite autour des sexes qui disent oui, qui disent non.L’air, aussi vieux que les minéraux, devient plus lent que la solitude; encore un peu de fatigue au bord du lit.La planète a aussi ses propres ombres inconnues. 2 Sexes à l’envers emprisonnés dans la voix; voici des images pour la bouche, des images qui grondent sous les vêtements comme les dragons du matin le plus vert, de ce vert très illustre et antique.Les mots sont perdus au-dessus des villes et la terre fait un drôle de hoquet au réveil.Comment dorment les oiseaux?Seule, la neige rôde autour des gares.Remember.23 3 Les couleurs encore en désordre sur les draps, voilà que nous sommes tous immobiles, immobilisés.L’hiver étroit; la poussière s’est usée petit à petit au centre de chacun de nous.On se demande si le matin sourira de nouveau puisque «le ciel est un non-sens»; comme une toile de Jacques Monory, le bleu ressemble de plus en plus à la terre.24 LA BEAUTÉ QUI S’EN VA ET REVIENT (ire partie) 1 Le bleu était si intense que nous pouvions le manger.Le bruit du rêve au-dessus de nos têtes lorsque nous parlons, comme la peau, tombe souvent.Pas si facile d’entrer dans la nuit, dans ses étranges linges muets.Mais quelque part, toujours, les ventres pleurent, les images glissent. Dans le monde qui est ce qu’il n’est plus, les êtres comme un trou bleu et les voix qui pèsent si peu.L’heure souple, oui souple, se penche sur nous; nos petites âmes devenues sonores lorsque la nuit les comprend.Les ténébreux que nous sommes quand l’air est si lisse que nous y briserions nos noms à tout instant.Le mot air est si fatal. Midnight blue.Nous, ramassés dans le temps qu’/Ys nous ont fait, minuit à notre hauteur, les couleurs rampant autour de nos cous.La terre de plus en plus saccagée ressemble parfois à un oiseau mort.Le mot «mort» entre dans nos vêtements au moment où l’espace perd son souffle.De l’autre côté de soi, plus loin, les matières attendent, vouées à l’ancienne beauté qui oublie tout. LA BEAUTÉ QUI S’EN VA ET REVIENT (2e partie) 1 Quelques heures dans la beauté et nous nous conduirons heureux, peut-être.Certaines idées gravitent autour de nous, nous invitent à la panique, c’était l’espace argenté de la panique.Pourtant nous tendons à vaciller, toujours.Les oiseaux plus que vus peuvent être encore quelques minutes d’un réel intolérable, une nuit qui veut se tuer lentement. C’était l’espace contre soi-même, contre la volupté de son âme.La lumière s’anime comme le chasseur dans la nuit où nous nous promenons en abandonnant nos membres un peu partout.Parler ensemble ne dit rien d’autre que nous sommes lourds, mortellement divisés.L’intérieur de toute chose rappelle le bruissement de nos pensées qui vont dans un sens puis dans un autre, encore orphelines. 3 La beauté comme la mer: on y lit le monde qui nous sépare de l’éternité.Les roues tournent, les larmes reviennent avec la musique qui sort de toutes les chairs, il suffit ainsi de quelques images pour que nous nous sentions mourir.Tout se retrouve au centre de Dieu et la terre semble tourner seule sur elle-même.Si l’air brille différemment, nous pensons être dedans, incomparables comme le bruit.30 LES JOURS QUI SONT DE PLUS EN PLUS LOIN 1 Loin des jours, dans l’air, avec le sommeil des blés, ce sont bien les yeux qui ne sont plus sûrs de rien.Je dis: ouvrez les fenêtres, je sais maintenant voler, c’est-à-dire mourir.La solitude parfaite est comme ces grands sauriens qui ne font aucun bruit, même la nuit.Entre ce que je vois et je sens, j’ai retrouvé ce que Van Gogh a peint l’autre jour. Dehors, dans le dedans de la frayeur, chaque mouvement est une pensée qui prend des précautions, comme placée dans une perspective d’insecte: un être qui n’a plus l’habitude de la terre.Cœur, que ce paquet de chair retient, est la cause du feu; dévoration est une histoire de nœuds; théorie des eaux.L’air ne fait plus semblant de rien et pourtant tout tourne blanc entre les mains. 3 Immobile, je suis dans cet autre jour qui n’en peut plus d’être lent.Après le blanc, la position du ciel; après la pluie, je regarde ce qui change de peau sans aucune aide.Bruit de la lumière sur la terre flamande, c’est la nuit qui crache tout ce qui bouge; tout ce qui tombe est défiguré; c’est l’enterrement dans les blés.La couleur jaillit des yeux comme une balle morte.33 TOUTES CES CHOSES QUI SONT DE PLUS EN PLUS OUBLIÉES 1 Le vide pénétrant avec indifférence, les rêves remuent, le beau rouge se mêlant alors au sang.Plus grand que ton ombre, tu es hanté, hanté et projeté contre la lumière couleur de vin.Parce qu’existe le deuil, nous avons inventé le ciel.En marchant, on rencontre des choses oubliées partout depuis des siècles, depuis que nous ne savons plus d’où nous venons.34 Quelque chose dans le vide qui tient de l’azur, au caractère définitif de l’air.Quelqu’un ne veut rien d’autre qu’être un corps — et parfois un corps pour un autre.Dans la solitude, tu n’es pas loin des larmes, avec le bleu affolé du ciel sous tes ongles; tu es nu, absolu, comme un dessin sur la voûte azurée. 3 Carrousel, musique et le jour qui, à tout instant, devient ancien.Où tout recommencer quand les choses (mer, chaleur, peinture) sont à inventer de plus en plus précisément?Tu dis: soif! et les sueurs te quittent volontaires.Tu dis: Michel-Ange! et le rouge ocre fait irruption dans un état étrange.Le vide s’arrête encore aux corps qui ne se métamorphoseront plus jamais.36 TOUT CE QUI NOUS QUITTE LENTEMENT 1 L’air si salé que nous avons l’impression de nager dans nos larmes.Temps arrêté, le désir autour des pensées avant d’entrer par effraction.De tous les côtés, protégé par l’air, le regard au ralenti; parfois il pleut comme un incendie: careless whispers.Le passage des oiseaux, le bleu qui est passé: Giotto, tue-moi! 2 Les idées n’arrêtent pas de tourner avec leur ventre qu’on caresse insolemment.L’ima gination par le bas, par le fantôme secoué dans sa solitude.Quand on n’a plus rien, reste le corps qui est encore une chose armée et divisée.Oui, je ne peux mentir, le regard est un gros insecte qui arrive à faire peur.Il y a que nous respirons comme si nous étions toujours en danger.38 Plus jamais pareil à ce qu’on se souvenait de soi; tous ces désirs imités! L’espace, qui a brûlé les doigts et les yeux, commence à se détacher, quitte en sifflant vers où?Ça remue en moi, ç’a des ailes, ronde infernale de l’air.Pas d’éternité mais que le corps bien à soi, arraché au ciel, aigu comme un fossile. TOUT CE QUE NOUS QUITTONS À JAMAIS 1 Le paysage qui pèse de plus en plus, c’est par en avant, là où se terre la nuit dans sa porosité, quand les yeux n’en finissent plus de ne rien remarquer: la place des corps dans l’espace qui se débat, le peu de ciel qui nous reste au beau milieu du réel.Les mêmes rêves ratés, aussi bien à Varsovie qu’à Prague, blancs dans la honte de la craie autour du cœur.40 2 Hors des ventres pour ne rencontrer que le chaos, dans le réveil mortel de la mer où nous sommes projetés, l’espace fait encore quelques sursauts mais pour qui?On ne revient jamais d’où l’on vient.Couleurs dehors, dedans, le vide plein qui se faufile jusqu’à notre squelette avec la précision de la nuit.Croire encore qu’aujourd’hui on ne sera plus seuls.41 L’éternité en arrière comme dans le dernier regard de ceux et celles de la Kolyma; le ciel plus bas encore, dans le bleu ramassé en nous, bleu vrai et vain que n’en finissent plus de remarquer les cœurs ici et là, apeurés.Nous nous regardons parce que nous ne voyons rien, là, face à l’autre continent que nous ne cessons jamais de quitter. LE CORPS QUI REVIENT D’OÙ IL VIENT 1 Cette manière d’entrer dans la mémoire comme la lumière, avec la détresse de la toupie après les haut-le-cœur; le silence soudain des matières qui travaillent la terre où les cendres continuent de penser.C’était lui, détruit, surpris dans la condamnation d’être corps, écrasé, qu’on enterre dans le jour et le poison, tuméfié, avec les marques des lèvres et des fouets, roulé dans l’air, aussi digne que le savoir absolu, ruiné. Carrousel: l’air aboie, les couleurs se tordent au-delà du visible, Pasolini, lui, était dangereux jusque dans les caresses.Corps étranger, c’est étranglé quand tu ne fermeras plus les yeux car le temps arrive trop seul, écrasé sans la grâce des animaux, celle des frères délinquants avec leur liquide bleu flottant dans les dimanches de Pâques, décapité sans la possibilité de résurrection des fleurs dans leurs larmes. C’est après que tout tourne plus, paysage atterri au lit des murailles, plage enfarinée dès novembre, quand la mort te retrouve dans ses pierres, torturé, crucifié (jaune médiocre de l’asphyxie), troué et cloué (la patte de l’oiseau dans l’œil); l’air déchiqueté pour que ne passent plus jamais les ombres dans le gel de la prunelle, entre le ciel, la terre et le corps des ténèbres. L’ÂME QUI EST PLUS OU MOINS VIVANTE 1 Opération étoiles: nous nous saluons, nous les fantômes, sans nous arrêter, avec les cocaines autour du cœur et notre âme si orgueilleuse de vivre.Pina Bausch est une fiancée aux pétales défaits, les ronces entrent en elle comme ces nuits enlacées des amants en état d’instabilité.Tu rêves que tu dis adieu à un être impur. La musique est ce cheval qui court dans la nuit vierge, chaque fois sur le chemin des glaces, c’est qu’elle indique la partie du visible provisoire.Tu parles comme si tu voulais parler tout seul.La main sur ton âme, tu ne jures plus que les beaux lilas s’allumeront bientôt car, dans le vent, sans bruit, ils nous jettent leur tristesse de neige si connue. Après les étoiles, hors des ventres que nous fuyons, avec le regard laissé pour compte au bout de la terre, nous allons très vite, c’est sous les ciels oisifs que nous nous regardons vivre.Un peu de bleu se promène encore ici.Comme Nietzche, en t’inventant une âme excellente, et c’est vrai que, parfois, je la vois galoper dans tes yeux, tu crois que tu existes de temps en temps pour toi-même. LES SEXES QUI SONT PLUS OU MOINS RIEN 1 Fleurs étranglées dans le beau corps si fragile qu’aucune réponse ne vient à l’esprit, cousu de noir jusqu’en ses laines: la vérité tournoie autour des sexes qui ne possèdent rien — ô c’est comme les vivants et les morts de Proust! — même dans un jour qui aurait mieux vieilli; l’hiver étranger nous renvoie à nos caresses, seul dans sa cécité.Les oiseaux, peut-être, nous rediraient le sourire des fantômes. 2 3 Idylles: à toi je laisse mes cœurs, mes anges nus, mes larmes en croix sur ton ventre, au plus près des idées, comme la rage des fleurs ou celle des orties vivantes.Irions-nous si loin si nous n’étions pas aveugles, avec toutes ces peaux qu’on ne peut enlever?Dans l’état de pesanteur, nos sexes nous comprennent mieux que nous.Sex qu’ lew pari SI V! 50 Sexes fragiles cherchent une place, qu’ils plaisent ou déplaisent dans leur exactitude.Jour usé, amour tout ficelé dans ses odeurs, ciel toujours plus haut.Nous essayons de parler comme si nous étions partout; ainsi sommes-nous fidèles aux chiens du soir qui dorment plus ou moins sous notre peau.À toi mon sperme si vaniteux même dans le malheur. LA NUIT QUI EST DE PLUS EN PLUS LÀ 1 L’espace, qui est plus que la vitesse elle-même, dans lequel nous allons mourir, devient plus calme que le sang qui avance sans détour.Dieu est-il un assassin parce que certains d’entre nous ne meurent pas comme les autres?On est priés de rester seuls en ouvrant les yeux.C’est si triste, si précis, le soir qui tremble dans ses linges.Kafka ne s’obligeait pas à parler.52 2 La nuit vient d’où elle vient, comme un troupeau son ombre enfin loin des vivants dont le sang craque de partout.Auschwitz ronge ma tête: je ne me voyais pas si malheureux! L’état de la musique; l’histoire du désert.Cœur, peux-tu exister libre et nu en dehors de toute chose?L’espace sans repos, les matières éclatent au-dessus de nos têtes dans un bleu si sec, si sec.53 La nuit de plus en plus là, épuisée dans ses plumes, nous avertit, nous déjà cicatricés dans nos fleurs de suie, de ne rien oublier.Le bruit des âmes dans les songes de Frantz, c’est crier pour parler.Les pensées se disputent, arrivent à sortir des cadavres, les fantômes ne se permettent plus de s’envoler, neige noire, la date de chaque meurtre, les pétales déchirés en nous, nous dans la boue du monde.Du printemps 1984 à l’hiver 1985 viv; : ¦ ' * * TABLE CELA A COMMENCÉ EN NOUS PAR L’AMOUR 3 C’EST ENCORE LE SOLITAIRE QUI PARLE 17 Le monde qui est de moins en moins vivant 19 Le matin qui s’en va à sa perte 22 La beauté qui s’en va et revient 25 La beauté qui s’en va et revient 28 Les jours qui sont de plus en plus loin 31 Toutes ces choses qui sont de plus en plus oubliées 34 Tout ce qui nous quitte lentement 37 Tout ce que nous quittons à jamais 40 Le corps qui revient d’où il vient 43 L’âme qui est plus ou moins vivante 46 Les sexes qui sont plus ou moins rien 49 La nuit qui est de plus en plus là 52 Maquette de couverture: Jean Côté Illustration de couverture : Richard-Max Tremblay, Portrait # 4, juin 1984 Huile et émail sur papier, 66 X 51 cm Reproduit avec l’aimable permission de la Galerie 13, Montréal.Photocomposition: Atelier LHR Coordination: André Fraser Cap-Saint-Ignace Imprimé au Québec, Canada
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.