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Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
Nos 180-181
Genre spécifique :
  • Revues
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Les herbes rouges, 1989, Collections de BAnQ.

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CH — H- 78 EX « 2 herbes rouges André Roy Les amoureux n existent que sur la Terre les herbes rouges iso-isi ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-059-1 Direction : François Hébert Marcel Hébert Administration : Claude Masse Adresse : C.P.81, Suce.E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Distribution : Diffusion Dimedia inc.539, boulevard Lebeau Saint-Laurent, Québec, H4N 1S2 Tél.: (514) 336-3941 La revue les herbes rouges est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.La revue les herbes rouges est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Dépôt légal : 4e trimestre 1989, Bibliothèque nationale du Québec © Les Herbes Rouges et André Roy, 1989 André Roy Les amoureux n’existent que sur la Terre (L’accélérateur d’intensité 2) DU MÊME AUTEUR revue Les Herbes Rouges N’importe qu’elle page, n° 11, 1973 et 1984.Vers mauve, n° 28, 1975.D’un corps à l’autre, nos 36-37, 1976.Corps qui suivent, n° 46, 1977.Le sentiment du lieu, n° 62, 1978.Petit supplément aux passions, nos 79-80, 1980.Monsieur Désir, nos 88-89, 1981.Les lits de l’Amérique, nos 116-117, 1983.Nuits, n° 126, 1984.Question de cinéma 1, essais, n° 139, 1985.C’ est encore le solitaire qui parle, n° 144, 1986.Question de cinéma 2, essais, n° 155, 1987.Le spectacle de l’homme encore visible, n° 165, 1988.éditions Les Herbes Rouges L’espace de voir, 1974.En image de ça, 1974.Les passions du samedi, 1979.Les sept jours de la jouissance, 1984.Action Writing, 1985.autres éditeurs Formes.Choix de poèmes, L’Atelier de l’Agneau (Belgique), 1977.Marguerite Duras à Montréal (textes réunis et présentés par Suzanne Lamy et André Roy), Éditions Spirale et Éditions Solin (France), 1981 et 1984.La leçon des ténèbres, Ecbolade (France), 1983.L’accélérateur d’intensité, Écrits des Forges et le Castor Astral (France), 1987. Merci à Nicole Brassard La permanence de l’univers est assurée parce que l’amour est impossible : si les planètes savaient aimer, elles quitteraient leur orbite et ce serait le chaos.Stig Dagerman Les suspects LA FATIGUE Nous serons fatigués ensemble.J’ai eu longtemps un prénom parmi tous ceux qui veulent dire quelque chose.Les voix que j’ai aimées, par leur seule force, les voici nageant dans le bleu du cœur.Pour l’instant, toujours suspects à la vie. LA GRANDEUR DU PAYSAGE Dans un paysage trop grand et animé contre lequel se cognent toujours plus nos têtes, nous sommes nés pour ne rien comprendre.Toujours quelqu’un d’autre qui luit dans mon corps.De longs bruits habitent le cœur, réussissant à le rendre riche.Oui, toujours à recopier la vie pour la commenter en pleurant, riant, criant. LE THÉÂTRE DU VIVANT Le théâtre du vivant qui, toujours, nous fatigue.Des griffes tout autour du cœur, comme quelqu’un d’insensé je crois, j’écris que je crois devenir de plus en plus anonyme.Les choses pourraient-elles tenir tout entières au centre de mon crâne ?Les phrases sont parfois trop longues, parfois trop courtes pour être vraies.Pour l’instant, toujours usés par le ciel constamment neuf et qui fait du bruit. LE CORPS DÉFAIT Le corps se défaisant, chassant la différence à l’instant où j’écris avec mes griffes que je lui ressemble plus, raisonneur et transparent.Les mots s’enterrent déjà dans l’autre.Nos fantômes se suicideront pour nous sauver parce qu’ils imaginent que le futur est un crime.Penser est une façon d’être toujours là une dernière fois pour aimer. NAÎTRE QUELQUE PART Nés quelque part dans le monde sans savoir ni crier, ni pleurer, ni rire.Le ciel de se tordre encore, et le bleu en tombant, j’étais déjà le corps de personne parmi tous les corps importants.Les mots plus rapides que la vie avant la mort.Je dirais qu’aimer est voir se précipiter les choses, nos choses, des choses dans les trous inconnus de l’espace. LA FATIGUE ET LA MORT Pas assez fatigués pour mourir, incapables de penser ensemble ; chacun de nos cœurs brillants et différents se prépare un avenir de beauté ; pourtant si près du sang et avoir l’impression de nager dans la mer.Jamais vraiment de nom définitif pour moi qui dépense celui des autres.Le temps est proche, les planètes nous accompagnent, les dieux raisonnent.Trop suspects, nous, pour vivre en répétant déjà la vie.14 ÉCRIRE ET RACONTER J’écris ce qui ne se racontera plus ensemble.Ciel toujours trop grand et rêves toujours trop riches, c’est avec les comètes qui nous fuient, c’est avec toutes ces choses inconnues culbutant dans l’air, que nous nous mêlons de la vie qui ne se voit pas en ne devant rien aux dieux ingrats.Poussant le cœur en avant de nous jusqu’à la dernière fatigue nous suspectons qu’aimer est vouloir mourir plus tard. Les imparfaits LA VIE MODERNE La vie moderne, la vie lointaine.Ni plus ni moins garder précieusement sa peau pour s’y cacher.Les distances me font écrire ce que je ne comprends pas.Les idées s’introduisent en nous et goûtent notre sel.Être celui que je veux être et ne pas le laisser paraître.Ciel qui devient long parce qu’il s’étire constamment, le ciel se trouve toujours à quelques mètres de nous.19 LES MORTELS Les mortels se croisent et se séparent, parlant une langue avec laquelle ils ne pensent pas.Basculons dans les rêves pour vérifier à quoi nous servons.Celui qui n’existera plus vieillit en même temps que moi.Le ciel est peuplé comme un théâtre.Des images vérifient mes organes, des pensées glissent sur eux qui n’en peuvent plus tant ils veulent changer, mais ils deviennent les fantômes d’un opéra minuscule. L’ÉCLATEMENT Nous éclaterons ensemble.Longtemps la lumière imagina nos différences et nos ressemblances.Le ventre, plutôt que le cœur, s’est découvert des yeux pour voir à l’intérieur toute l’eau retenue par le corps qui continue d’être plus lourd que la musique.L’intelligence est un commentaire de la vie qui bat.Trop sérieux pour ne pas éclater un jour ou l’autre en sanglots.21 VIVRE LONGTEMPS Vivant longtemps, vivant évidemment ; le monde grillé autour et autour, ce n’est pas le soleil ; des griffes comme des fourches, elles arrachent les choses usées de la poix du cœur.Croire devenir ressembler.J’espère écrire du sens pour nous faire changer de position, nous vivant pleins de fatigue juste avant de tomber dans le lit qui brûle. LE CORPS TRICHE Le corps triche, cache ses trous à l’instant où ma mémoire paraît bonne et recycle les lois de la nature.Encombrée de fantômes périmés et récents, la vie est hantée, la vie est criminelle.Les mots décrivent toujours des personnes imparfaites.Ne pas oublier que nous serons enterrés avec nos corps.23 LE DERNIER RÊVE Le dernier rêve rejoint le premier : toujours transparent après l’amour des autres, le cœur ferait des propositions inacceptables.Les autres ressemblent à des personnes importantes qui nous accompagnent pendant un certain temps.Je me prépare un souvenir de beauté, capable de penser avant de mourir à des milliers de kilomètres de la mer.Les mots paraissent parfaitement simples quand ils atterrissent à l’intérieur de nous.24 VOIR ET NE PAS VOIR Quand je veux voir je ne me vois pas parce que je me tiens trop près de moi-même.Paraître demeurer et ressembler.Nous sommes à l’an deux mille du désir, nous créerons le syndicat des amoureux avant de nous quitter pour l’éternité.Parfois des choses inconnues depuis des siècles glissent sur nous.Longtemps la lumière, longtemps à s’apercevoir que la vie fait fureur et dépasse ce que la douleur a imaginé depuis toujours.Imparfait parce que je ne sais qu’écrire, je propose finalement que nous mourions ensemble. Les ennemis LE No Toi Plu Et: sil pot La LES NUDITÉS Nous serons nus ensemble ou plus longtemps.Toutes les années accumulées mentaient sur nous, sur nos corps et nos discours.Plutôt pour le moment écrivant du côté du vide.Et si la Terre n’existait pas ; si les étoiles les plus rapides allaient en sens inverse pour nous contrarier ?La musique douloureuse à notre place, nous détenons cette seule vérité. ÊTRE AILLEURS ET PRÈS Être ailleurs et douloureusement près ; plus très sûr de nous avoir rêvés ici même si je pense que nous finirons par nous toucher ; quelqu’un d’autre s’épuise lentement en moi.Penser les poèmes, penser les coller ensemble ; les mots, les voici pour leur seule soif buvant les nuages.Relativement beaux, relativement ennemis, nous sommes voués à l’imaginaire terrestre.30 LA NUDITÉ SUR LA TERRE Toujours nus sur la Terre (la plus lente des planètes), toujours imprudents dans l’amour, nous sommes en train d’écrire comme si un ennemi se cachait en nous.Les nuits vivantes sont courtes ; la lumière viendra sans doute nous séparer.Capables de lécher les mots, savoir être parfaits, parfaitement inquiets, avalant le passé avec le bleu lame de fond.Les étoiles prennent encore beaucoup de place dans le ciel.31 LES AUTRES Les autres, un jour, sans moi, ont aimé sans savoir aimer, c’est pourquoi j’ai fini par ne plus pouvoir m’entendre.N’avoir que cela : vivre sans en avoir le choix, et plusieurs choix, ce n’est pas assez.Les peaux sérieuses, de véritables intelligences, si rapides et si savantes, les voici encore collées partout sur moi.On finit par ne plus rien attendre, sans aucune guerre ni aucune paix pour nous réconcilier.32 LA PEAU La peau ne cache pas le passé, ni les cicatrices du rêveur toujours rêveur, ni sa nudité encore plus lente que lui.Les nuages des amoureux, comme des dragons qui brûlent, roulent au-dessus des Terriens.Nous pouvons trouver que notre planète porte un beau nom.Le ciel déroule ses flammes, la mémoire compte ses bleus, la joie ne dure que le temps de s’apercevoir qu’on a été amoureux. TOUS LES AMOUREUX Tous les amoureux se coucheront un jour dans un lit ennemi, mais, autour, les étoiles continueront de parler pour eux.Déchirant nos photos à cause de l’état Amour, nous tentons de survivre à nos pensées, corps et âmes séparés irrémédiablement.La joie peut être un événement relativement petit qui nous décourage.Les mêmes discours ne rejoignent pas les mêmes personnes.Capables d’être inquiets, d’être quelque chose pour tous ceux qui rêvent à la rotondité de la Terre, mais coupables de ne pas être expliqués aux autres, nous sommes témoins de ce qui vient après nous.34 UN ENNEMI PARFAIT Parfaitement ennemi, voulant être révélé sur une autre photo, à une autre place, derrière l’horizon, devant les nuages découvrant que la vie est réelle, je voudrais en sortir par mes seuls moyens, avec ma tête qui prendrait la forme d’un long commentaire.Les mots accrochés au ciel, collés les uns aux autres, c’est pour que nous restions ensemble, douloureux dans la musique qui nous ressemble. Les impudiques LA VIE SUPERBE La vie superbe nous est interdite ; la vie impudique montre comment l’amour fait catastrophe.Nos âmes ne savent pas à quels corps s’accrocher, objets suspects qui tourneront encore autour de la Terre avant de se fracasser en nous.Une ligne de douleur traverse mon corps et le sépare en parties égales de présence et d’absence ; être avec les autres en étant seul avec soi-même, tout mon sperme ne raconte que cela.39 LA VOLONTÉ DES ESPRITS D( Les esprits sont pleins de bonne volonté ; on pense que la rotation de la Terre est une chose excellente pour les nerfs ; les sentiments avancent et reculent comme les heures, ils se croient donc immortels ; le cœur possède une forme naturelle et brillante ; ^ mais après tant d’années à nous y essayer, nous ne savons toujours pas comment nous y prendre pour vivre.I ^ei Écrire n’est pas normal, les premières phrases valent autant que les dernières.40 DORMIR ENSEMBLE Nous finirons par dormir ensemble, chacun avec son impudeur qui luit à la lumière comme le sperme phosphorescent se délivrant de nous ; on se prépare à être magnifiques, mais ne savons pas encore pour qui.Le corps paraît être une excellente maladie pour notre âme qui se veut sainte.Je ne pense toujours pas que le cœur soit plus léger que l’air.41 LES LITS The beds are burning.Chaque fois l’amour comme un aller et retour entre le Ciel et la Terre.Longtemps chasseur, mon corps fut un ennemi sympathique.Une seule nuit peut se résumer pour moi en une suite de longs siècles, en une faille qui déchire le cœur en parties égales entre moi et l’autre.Tellement impudiques, totalement trahis parce que nous ne nous connaissons pas.42 LES CICATRICES Avec ces cicatrices qui s’ouvrent et se ferment comme les heures j’aurais aimé apprendre à ne pas souffrir.Je ne me rends pas utile par mon passé et je me demande comment disparaître sans perdre toutes les âmes qui m’ont été données.Le sperme roule dans la bouche, et la bouche le souhaite plein d’effervescence.Rabaissés au rang des hommes, nous croyons continuellement vivre ailleurs.Chairs difficiles, nos chairs sont délimitées par les lignes de la douleur. LA MODIFICATION DU CŒUR Notre cœur se modifie en touchant l’air.Rouge of the Earth.Lit, piège des sensations vraies et observatoire des confessions, quand nous y plongeons, nous sommes assourdis par les milliards de synapses qui y rebondissent.Essayant de rire sur leurs apparences de vivants, vérifiant si la Terre tourne pour eux, les blessés sont toujours de grands bavards. UN ANIMAL IMPUDIQUE Impudiques comme un animal magnifique, chaque fois amoureux nous quittons pourtant l’amour et ses dieux protecteurs ; notre corps, on l’entretient comme une maladie de saint ; le cœur a exactement la forme d’un couteau.Les étoiles sont fixées à la voûte céleste par notre sperme*.Je dis qu’écrire expie parfois le fait d’être né pour rien.Facile à blesser parce que je suis facile à aimer.?Référence directe au livre de Roger Des Roches, Le Soleil tourne autour de la Terre. Les infirmes ESSAYER DE PENSER Nous essaierons de penser ensemble, de glisser sous les mots savants avant le grand sommeil.Les années mathématiques montaient en nous et rongeaient la réalité.La tête, image de la chose terrible que j’aime chez l’autre, et le côtoyant, j’y projette tout ce qu’il ignore de moi, les rêves extérieurs, les mots réels, n’oubliant pas qu’il se retrouvera avec eux aussi infirme que moi après n’importe quoi.La vie garantie usagée. UNE STRUCTURE La Terre est une structure, une surface sur laquelle ont été écrites les explosions antérieures.Le cœur salé, par ses seuls battements, rappelle tout du passé, surtout le mien qui, avec ses griffes, prend soin des mots.Sans aucune défaite ni aucune victoire pour nous consoler.La face cachée de la Terre, c’est pour les amoureux qui croient qu’aucune idée de justice en leur intention ne sera délivrée par les dieux.50 L’IMAGINATION INFIRME Parce que l’imagination est infirme, il ne nous reste que des petits gestes pour illustrer notre sensibilité ; sous les vêtements, la peau côtoie tous les autres mots ; penser à une écriture claire, penser à une écriture qui fasse mal ; sous les rêves, la chimie des images ; la nature semble n’avoir rien inventé pour nous tant sa surface nous paraît douce et indifférente ; certains états d’âme passent des autres à moi dans la grande humidité.51 LA VIE CRUELLE La vie garantie cruelle pour les amoureux qui n’ont pas d’ailes pour quitter la Terre ; nos mots voient les autres prendre la direction opposée ; accumulées en nous, les années ne nous pardonneront pas de les avoir ignorées ; pas vraiment nés pour le bonheur ni pour le malheur.Le corps se défaisant, parlant hors de lui au moment où je le regarde comme un spectacle, ressemble à une erreur.Mon seul défaut est d’écrire, surtout quand j’écris celui que je suis.52 PENSER ENSEMBLE Penser ensemble, penser fait mal.J’essaie de retrouver mon nom parmi tous les noms de la colonie des pénitents.Tous les sens quittent notre tête au mauvais moment.Le cœur, plein du sang de la musique, trop brillant pour que je l’oublie, sait qui j’aime ou n’aime pas certains jours de la planète noire.Pour l’instant, assez infurnes pour nous déclarer infirmes et explorer les deux mille ans d’écriture en nous.53 LA FATIGUE ET LA PENSÉE Pas assez fatigués pour essayer de penser ensemble : chacun se retrouve avec ses mots habitués aux intérieurs, avec sa langue mimant toutes les autres langues, avec son cœur qu’il n’a jamais vu à l’air pur.Le ciel se projette longtemps dans la vie réelle, la rendant opérationnelle et vraisemblable.Les yeux abandonnés dans le futur extérieur, il est temps que mes rêves.Que les rêves vérifient si j’existe avec les autres, que c’est bien dans ma tête défaite que je veux répéter la vie après la vie. LES FOUS DES MOTS Devant, derrière, fous de mots, nous ne parlons pas encore des mêmes choses qui partagent notre tête entre les années justes et les années injustes.Les yeux, en rongeant le ciel, avalent le sommeil en guise de consolation.Pour paraître idéal, je fais semblant que c’est la dernière fois que je gaspille mon nom, mais je fournis un corps ancien avec le nouveau.Mourir serait parfait si nous pouvions revivre. Les impénitents L’AMOUR LOINTAIN L’amour lointain, l’amour renversé.En danger de désordre comme nous serions en danger de désir, nous sommes obligés de rêver parce que la vie s’étend partout, chose ignoble, chose guerrière.Le ciel, immortel, ressemble à une défaite.Impénitent, je ne cesse de raconter ce qui ne va pas ensemble.Qu’ai-je de commun avec moi ?59 ÊTRE Ce qui est a été vu ; ce qui sera n’est plus regardé.Les étoiles apparaissent de plus en plus tard sur le noir du ciel plus long que celui de la nuit.Une image de la Terre semble plus précieuse que la Terre elle-même.Les choses passent devant nous et comme prévu ne s’arrêtent pas.60 LES ACCOMPAGNATEURS Les mêmes noms nous accompagnent en voyage ; juste les yeux pour le temps de nous voir différents et de comparer nos imaginations, les plus riches avec les plus utiles.Que me reste-t-il à voir si je ne suis plus là pour voir les autres ?L’amour est noir, l’amour est criminel ; au premier désir qui unit suit le deuxième qui sépare.Longtemps penser quitter la Terre avant tout le monde.61 LES SYMBOLES Les symboles sont corrigés toutes les nuits.Puni d’avoir été aimé, je connaîtrai un jour la paix de la mer, mais sans distinguer les figures qu’elle entretient dans Lunité secrète de la matière.Écrire : une image arrachée de celui qui n’est pas moi parmi toutes celles que j’ai rêvées ailleurs.Parfois impudents, toujours impénitents, nous sommes condamnés par notre sexe à vivre avec nous-mêmes.62 LES NOMS Mon nom èxtérieur avec ceux que j’ai idéalisés, il confirme que je regarde le mien comme une chose antique et générale, comme un phénomène technique que la science n’aurait pas encore expliqué.La vie est difficile, la vie continue sans nous croire.Ciel, opéra exact pour la chute des étoiles, le ciel est une photographie gaspillée dans ma tête. LES RÊVES PARTOUT Les rêves dégringolent de partout et goûtent à la vérité de notre sel.Une seule image de l’autre perdure pour les miennes qui ont été déformées par les sciences exactes.Un espace fabriqué à même les ténèbres, c’est pourquoi nous y mourrons avec les étoiles qui n’auront pu prendre place dans le ciel encombré.Condamnés par les mots à vérifier pourquoi notre sexe vit comme une personne indépendante. L’ÉLOIGNEMENT Nous serons ensemble dans l’éloignement, longtemps les mots nous escorteront comme la panique au moment où le désir se défait.Les étoiles renversées, les voici qui s’éteignent en nageant dans le noir plus noir que le bleu de la nuit ; le ciel se regarde alors comme une punition parce qu’on ne s’y est pas vus. Les malheureux DIX MILLE FATIGUES Disant dix mille fois la fatigue, parlant du bleu corps des fonds et de la vie qui suit la vie, nous nous demandons si le malheur est préférable bonheur.Si près de tous les rêves rêvés et avoir l’impression de toucher le cœur, chose inconnue, chose prochaine après la chute des étoiles.J’arriverai à haïr puisque j’aime. LA MAIN QUI ÉCRIT Ma main, toujours la même, n’écrit pas les mêmes mots qui changent selon le temps futur de la musique, selon les ténèbres que nous avons imaginées A pour entretenir l’état Ecriture et la planète qui porte un beau nom pour quelque temps encore.Le temps de nous voir sincères mais limités, la Terre s’est déjà arrêtée de tourner pour nous.70 LA LIGNE DE DOULEUR Une ligne de douleur sépare nos corps.L’idée de la lumière, la voici nageant entre les étoiles dans le bleu plus noir que la nuit de la planète nommée Amour où nous finirons condamnés à être libres.Les mots d’hommes demeurent incertains et provisoires juste avant de tomber dans l’autre vie, sans la guerre, sans la paix. ENSEMBLE ET MALHEUREUX Nous dormirons ensemble et malheureux, nous dormirons séparés et malheureux.Longtemps la réalité nous ressembla avant d’être un commentaire de nos destinées.Extrêmement beaux, toujours ennemis, nous commençons à comprendre la détresse, comme nous sentons la brûlure des rêves en lisant la cicatrice des autres noms sur nos corps.En nous rêvant nous changeons d’éternité.72 APPRENDRE À VOIR J’apprends à nous voir sous la ligne de douleur, à nous apercevoir comme mortels, chacun de nous avec son corps passé, avec son corps connu.Dix mille fois malheureux pour les autres qui s’usent le cœur en moi, moi le transparent, l’oublié de la raison.a.Etre paraître disparaître grâce à nos cellules colorées, voilà la théorie du présent. LA VIE AMOUREUSE La vie amoureuse est cruelle, la vie amoureuse est impudique.Le ciel trop grand tombera bien un jour sous le poids de la fatigue.Bleu et brillant, le cœur se met à ressembler aux étoiles qui sont collées les unes aux autres comme nos mots trop petits.Nous vivrons ensemble, réconciliés par la catastrophe, en étant encore ici après notre mort.74 LES AMOUREUX SUR LA TERRE Les amoureux n’existent que sur la Terre qui, toujours ronde, n’est pas faite pour eux.Le temps du mot exact est arrivé pour une vie parfois trop longue, parfois trop courte pour être heureuse.Menacé par le ciel où se reposent les dieux, je fais la proposition d’écrire pour les autres, de rêver de la même éternité pour tous, d’aimer pour vous tous parce que je suis imparfait. TABLE LES SUSPECTS La fatigue 9 La grandeur du paysage 10 Le théâtre du vivant 11 Le corps défait 12 Naître quelque part 13 La fatigue et la mort 14 Écrire et raconter 15 LES IMPARFAITS La vie moderne 19 Les mortels 20 L’éclatement 21 Vivre longtemps 22 Le corps triche 23 Le dernier rêve 24 Voir et ne pas voir 25 LES ENNEMIS Les nudités 29 Être ailleurs et près 30 La nudité sur la Terre 31 Les autres 32 La peau 33 Tous les amoureux 34 Un ennemi parfait 35 LES IMPUDIQUES La vie superbe 39 La volonté des esprits 40 Dormir ensemble 41 Les lits 42 Les cicatrices 43 La modification du cœur 44 Un animal impudique 45 LES INFIRMES Essayer de penser 49 Une structure 50 L’imagination infirme 51 La vie cruelle 52 Penser ensemble 53 La fatigue et la pensée 54 Les fous des mots 55 LES IMPÉNITENTS L’amour lointain 59 Être 60 Les accompagnateurs 61 Les symboles 62 Les noms 63 Les rêves partout 64 L’éloignement 65 LES MALHEUREUX Dix mille fatigues 69 La main qui écrit 70 La ligne de douleur 71 Ensemble et malheureux 72 Apprendre à voir 73 La vie amoureuse 74 Les amoureux sur la Terre 75 Des lectures sur mesure Pour les curiosités éveillées, 48 revues culturelles en lien direct avec la création et la réflexion critique dans tous les domaines : littérature, cinéma, théâtre, danse, musique, arts visuels, histoire et philosophie.Un choix varié de revues qui portent un regard québécois nouveau sur la culture d'une société en transformation et vous informent sur les événements culturels de prestige et/ou d'avant-garde.Les revues culturelles Annales d'histoire de l'art canadien • Apropos • Arcade • Aria • Cahiers • Cap-aux-Diamants • Copie Zéro • Continuité • Dérives • Espace • Esse • Estuaire • Études françaises • Études littéraires • Herbes rouges • Imagine.• Inter • Interculture • Jeu, cahiers de théâtre • Lettres québécoises • Liaison • Liberté • Lurelu • Moebius • Nbj • Nuit blanche • Parachute • Passages • La petite revue de philosophie • Philosopher • Possibles • Protée • Québec français • Recherches amérindiennes au Québec • Le Sabord • Séquences • Solaris • Sonances • Spirale • Stop • Trois • Urgences • Ven'd'est • Vice Versa • Vie des Arts • 24 images • Voix et images • XYZ SOCIO- CULTUREL POflrtSOl I gCVUCPMGl srcSSno N g-^-L—- iîltRAH* ICO*»1 augoo*—' HOonoOC- nuct f» ^ •' °* .'-“°*" .uo"* ,vc^’ ,00^^‘U^P
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