Jeune théâtre, 1 janvier 1973, Janvier - Février
JEUNE IftEAZR ¦ JONQUIÈRE ¦ TROIS-RIVIÈRES ¦ FRANCE ¦ C.L.Q.¦ W-YORK/CALIFORNIE ¦ A.E.Q.¦ GRAND CONCOURS ¦ lGAZINE DU THÉÂTRE AU QUÉBEC/JANVIER-FÉVRIER 1973 i' *¦ • i' .ppPr la nuil de l’immaculée creation ! rv.V m‘ S i Trouvez le nom du prochain (ou de la prochaine) ministre/sse des affaires culturelles Trouvez une tête .à ces jambes Conditions&catégories: Envoyez une carte postale avec vos suggestions (pas plus de trois par envoi) à savoir: qui sera le prochain ministre ou la prochaine ministresse des affaires culturelles au Québec.N'oubliez pas d'y ajouter vos propres noms (pas comme suggestions), adresses et téléphones ainsi que la catégorie (A, B, C) dans laquelle vous désirez participer.CATÉGORIES: A: lecteurs de Jeune Théâtre, B: professionnels et amateurs de théâtre, C: ex-ministres des affaires culturelles.Il est inutile d'envoyer une preu- ve d'achat (i.e.de votre savon de toilette, savon à barbe ou le talon de votre ticket du dernier spectacle théâtral auquel vous êtes allé, on sait que vous n'y allez guère .).D'autre part, on aimerait bien recevoir des belles cartes en couleurs, en relief, et tout le tra-la-la.Et puis, si vous tenez réellement à nous envoyer une preuve de votre dévouement, pourquoi ne pas joindre le nom (prénom) et le no de téléphone de votre meilleure amie — nous on va l'amener au théâtre (sic).¦ JEUHEÏfiEAIftEl l JEUNE THÉÂTRE est une publication de l'Association Québécoise du Jeune Théâtre, société ayant siège social et secrétariat au Centre Culturel de la Cité des Jeunes à Vaudreuil, Québec et dont le directeur général est M.Jean Fleury.Téléphones: 234-9311 (Vaudreuil) et (514) 453-7110 (Montréal).Les auteurs de textes sont seuls responsables de leurs écrits.André Paradis, responsable de l’information; Jean Fleury, secrétaire de la rédaction; Roland Béchard, directeur artistique; Charlotte Charbonneau, responsable des abonnements.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1973.JEUNE THEATRE/JANVIER-FEVRIER 1973 (S) COPYRIGHT BY ROLAND BÉCHARD 1973 J 2 JSfiUBS SifiAXftS fomriîde rbM)MCUic«- cicntlnn Notre couverture Créé par les étudiants de l'Option — Théâtre du CEGEP Lionel-Groulx, l'élément de décor qui "orne" notre première page, fut utilisé comme personnage-charge" lors de "LA NUIT DE L'IMMA-CULEE-CREATION" au Gésu, récemment; vous aurez reconnu, Madame la Ministre .Pour plus de détails: lire nos pages 3 à 10.¦ SOMMAIRE ' LA NUIT DE L' IMMACULil/CRËATOONI U derrière un ministre, il y a un ministère, Derrière un ministère, il y a un système.JJ par André PARADIS .4 &5 U De la sous, de l'infra et de la contre-culture JJ ^ par Gilles DEROME .6 à 9 j Réjean Roy: président Saguenay/Lac Saint-Jean Le Centre d'Essai se porte bien! 11 12 13 à 16 1 Rencontre du Jeune Théâtre "professionnel" | ^ à l'Hôtel Iroquois 17 J 13 de plus à Radio-Québec 18 & 19 Nancy, Jonquière, N.Y.C./Californie, Montréal 20 & 21 Bas-du-Fleuve, A.E.Q., France, C.L.Q., Trouvé.23 à 25 "Une Job" et "Les Jeux sont faits" 26 | La page à Roland | ^ par Claude ROLAND 27 J Suite au rajeunissement de sa formule et aux •¦j modifications apportées à sa maquette, JEUNE THEATRE commence (par ce numéro ^ "1") une nouvelle série.Indépendemment de leur date de parution, tous nos prochains magazines porteront un chiffre établissant l'ordre de parution.A noter que Jeune Théâtre, ancienne formule, a paru pendant au moins 2 ans numérotés Vol.1 nos 1 à 6 incl.et par erreur: le dernier numéro: Vol.3 no 1.Il n'y eut donc jamais de Vol.2.Avis aux intéressés.¦ Une rumeur.(à confirmer) Dernière heure C.R.— Claire Kirkland-Casgrain, ci-devant minis-tresse des Affaires culturelles aurait été mutée (ou le serait bientôt) à un nouvel organisme gouvernemental s’occupant, paraît-il, du Statut de la Femme.Elle passerait donc des “monuments historiques” aux “statues”.On peut se demander qui la remplacera.Faites vos suggestions à M.le Premier Ministre par l’intermédiaire de Jeune Théâtre (page 2).Les suggestions peuvent inclure quelque membre de l’Assemblée nationale ou hors de cette vénérable institution; le parti .l'imitation certifiée au pouvoir se débrouillera bien pour lui faire donner un siège, que dis-je, un fauteuil à la législature; rappel: le cas Cournoyer.L’équipe de Jeune Théâtre se permet humblement d’aiguillonner votre choix, toutefois nous voulons rappeler à tous nos lecteurs que les duos ou triumvirats (troikas) sont aussi possibles et toute(s) combinaison(s) des quelques noms ci-dessous: Je-hane Benoit, culture culinaire; Le Baron Philippe, pas encore fixé; Pierrot “le fou” Léger, culture casa-nouvienne; Raoul “Yogourt” Du-guay, infoniaque (ex ?); Marie Yvonne Kendergie, secrétaire d’associations musicales, a toutes ses facultés; Dominique Michel, imitatrice (voir notre photo); Guilda, comédien(ne) et/ou Jean-Louis Roux, etc.¦ 3 Photo: RICHARD BOILEAU lanuitdel'iflMVM "Derrière un ministre, il y a uni ministère, il y a un système" Le 8 décembre, à compter de minuit, au Gésu, c'était l'Immaculée-Création.A l'appel du Centre d'Essai des auteurs dramatiques, les "gens-de-théâtre" avaient envahi les lieux, habituellement occupés par la Nouvelle Compagnie Théâtrale, pour célébrer les hauts mérites du Ministère des Affaires Culturelles, que pour l'occasion, représentaient, sur scène, Madame la Ministre elle-même et, dans les coulisses, comme à l'habitude, l'inestimable "constructeur de cathédrales" le sous-ministre Frégault.Sur la scène avec Madame la Ministre, tour à tour, Gurik, Marc F.Gélinas, Claude Roussin, Dominique de Pasquale, Jean Morin, Jean Barbeau, Odette Gagnon, Michel Tremblay .et Gilles Derome parlant "De la sous, de l'infra et de la contre-culture".Avec des "shows" plutôt instantanés, marqués de beaucoup de facilité, de complaisance et de lieux communs, mais qui, avec le concours d'un public majoritairement formé de "gens-de-théâtre" — qui jouaient, de façon agaçante à certains moments, aux "gens de théâtre" .— réussissaient malgré tout leur effet.Faut dire à la décharge des auteurs et des comédiens qu'ils n'avaient pas eu plus de deux semaines pour préparer leurs pièces en un acte ou leurs sketches.Il n'en reste pas moins que l'impact de l'ensemble était plutôt faible.N'eut A Mme la ministresse assiste aux conversations sans y comprendre grand'chose .Pal Parisien (Vignettes extraites de Traité/Histoire du Pal par Mose).C> 4 itculéc* création ministère.Derrière un été de cela cependant, la nuit de l'Immaculée-Création aurait constitué un événement-théâtre très important, parce qu'elle s'avérait une des trop rares manifestations de la solidarité des "gens-de-théâtre" et de la possibilité d'une action commune, de plus en plus nécessaire.Face aux pouvoirs politiques ou économiques et aux "establishments" artistiques qui, par leur inaction, leur silence ou leurs gestes discriminatoires, exercent ou laissent s'exercer la répression contre les créateurs qui expriment des idées et des valeurs qui ne sont pas celles des classes dominantes, il est essentiel que les "gens-de-théâtre" se regroupent et se battent ensemble.Au delà des "shows" de la nuit de l'Im-maculée-Création, c'est donc un premier pas vers l'action concertée des "gens-de-théâtre" qu'il faut voir.Reste maintenant à préciser l'orientation de l'action.Le souvenir du "Front Commun des Artistes Créateurs" et "Opération Déclic" devrait rappeler à plusieurs qu'il ne s'agit pas de faire remplacer un ministre et quelques hauts fonctionnaires ou même de faire réformer un ministère.Derrière un ministre il y a un ministère, derrière un ministère, il y a un système.Ceux qui veulent que "l'art cesse d'être le privilège d'une classe de la société pour appartenir au peuple tout entier" doivent être prêts à se battre dur.André PARADIS ¦ ri'h A "Ces maudits sauvages que nous sommes < Pal Américain.5 la nuit dc Timm Gilles Derome parle: "De la sous, de l’infra et J’ai réfléchi pendant plusieurs années, aux problèmes des artisans face au pouvoir.L’artisanat, cette espèce d‘ “infra-culture” a été balotté entre plusieurs ministères.Un temps, contrairement à ce qui se fai-^ 6 ¦ tculce* création de la contre-culture” ?sait dans d’autres pays, l’artisanat relevait du “Ministère de la Petite Industrie et du Commerce” et pendant d’autres années du “Ministère du Tourisme, Chasse et Pêche”.La supra-culture appartenant au “Ministère des Affaires Culturelles”.Aujourd’hui, lorsqu’une manifestation de culture n’entre pas dans les schémas de la “supra” on l’envoie paître dans une catégorie péjorative: la chose devient un produit de sous-culture ou de contre-culture.J’aimerais analyser rapidement l’abus et l’usage que l’on fait de ces mots “sous”, “contre” et “infra” dans le conflit qui nous réunit et, en plus, vous parler des élites et des cathédrales.Je vous ferai un certain nombre de propositions.Sept en tout.La septième étant la plus importante.Chaque génération a une élite, intellectuelle, il va sans dire, qu’elle n’a pas mérité.Cette élite est faite de quelques fonctionnaires, mal payés par un ministère minable quand on le compare aux autres et voulu tel par les autres ministères.Se joignent à ceux-là quelques critiques haut-parleurs qui détiennent la possession tranquille de la culture et ce sont eux qui partagent le gâteau ou, pour être plus précis, la galette.Ces élites pour se sentir exister doivent déclarer “contre-culture” toutes les manifestations qui n’entrent pas par les portes étroites qu’elles se sont inventées.Première proposition: Nous ne sommes pas très originaux; nous avons, nous aussi, de cette élite là.Le moyen-âge a eu sa renaissance, le classicisme son romantisme.et ça continue.L’élite professorale, curieux mélange de critiques-fonctionnaires, dévorée par les concepts avec lesquels elle se défend et ne voulant pas que ça continue, déclare à chaque génération que: toutes les manifestations qui n’entrent pas dans le bec en trou de cul de poule de ses canons, sont des sous-cultures importées.Deuxième proposition: Nous ne sommes pas très originaux; nos tireurs d'élites tirent en l’air avec leurs concepts à contre-pétards et à sous-bouchons.Il est normal que les cathédrales devaient être, OH! suprême injure, déclarées par ces élites “gothiques” parce qu’elles furent l’oeuvre, tout le monde le sait, des barbares goths.Il est normal qu’un sous-ministère qui fait de la devise de la Province de Québec “je me souviens” sa règle de vie et son obsession quotidienne, s’empare aussi de la devise de feu notre Action Française Régionale: “notre maître le passé”.Soixante quinze pour cent, au moins, de son budget coule dans ce sens là.Il est évident que le slogan proposé par J.-C.Germain “je m’oublie” est inacceptable et qu’il n’entre pas dans le coeur de ces beaux messieurs de se mettre à table et de déclarer notre maître, le futur.Notre élite se doit de travailler au maintien d’une “scrupulite” du beau langage et elle a le droit de détourner l’art de sa fin qu’est l’expression de l’homme pour en faire l’expression de ses grammaires.Encore un peu qu’elle le ferait en latin.Troisième proposition: Nous ne sommes pas très originaux; notre élite travaille pour elle-même, comme toujours et partout et elle reconnaît trop tard les besoins du peuple qui lui, aimerait se faire entendre.On a commencé à construire en France, une cathédrale à tous les vingt ans.Notre-Dame de Paris, Chartres, Reims, Bourges, Amiens, Beauvais.Pendant toutes ces années, c’était à prévoir, on a perdu un peu le but dicté par la foi qui présidait à l’érection des premières.Si bien, que les dernières furent construites dans un but totalement différent et uniquement d’épate: y fallait faire plus haut et à tous les vingt ans on montait de vingt pieds.La dernière, Beauvais, on ne l’a jamais achevée.Elle est tombée trois fois.On ne s’était pas rendu compte qu’on ne rendait plus hommage à la Vierge Immaculée, on faisait de la haute voltige.Rabelais n’est pas loin, “il y a le corps aussi” disait-il du haut des tours de Notre-Dame et il le disait en langue vulgaire.Quatrième proposition: Nous ne sommes pas très originaux; nous avons aussi nos bâtisseurs de cathédrales.Je donnerai deux exemples.— Le premier, il s’agit d’une brique énorme.Malgré tout le respect que j’ai pour St-Denis-Garneau, Brault, Lacroix, Elie, Lemoyne, Marcotte et J.E.Blais, il est évident qu’une université et un ministère se devaient de publier un ? ta nuit de Pimm Gilles Derome parle: 7> ouvrage épais comme un dictionnaire et de déclarer sous-culture ou contre-culture toute parlure qui ne s’exprime pas avec les mêmes hésitations et la même double culpabilité chères à Cité Libre et à St-Denis-Garneau.— Deuxième exemple: il s’agit d’une autre brique, que vous n’avez pas lue, épaisse comme un missel, distribuée par Fides, publiée en anglais sous le titre “Facet of French Canada”, financée par la commission du Centenaire, l’Association Canadienne des Educateurs du Canada Français (sic) et le Ministère de l’Education de l’Ontario et dans laquelle en quelques lignes, un bibliothécaire célèbre, déclare que: “le mélodrame Tit-Coq (1948) fut le premier grand succès du théâtre canadien français” et il ajoute que “ce mélodrame populaire n’est toutefois guère exportable, en raison surtout de la langue familière que parlent les personnages”.L’auteur passe assez vite sur le théâtre de Dubé et nous apprend “que le théâtre de Toupin est le plus littéraire du Canada Français, l’auteur cherchant à écrire une langue aussi pure que possible.” Cinquième proposition: Nous ne sommes pas très originaux.Nous avons nous aussi notre cathédrale de Beauvais et si Dubé a construit plus haut, Guy Syl- vestre a construit encore plus haut.Visiblement ces messieurs ne verront pas naître la renaissance.Ils se balancent près des nuages immaculés, sur de très hauts et très fragiles échafaudages.Il ne faut jamais déclarer contre-culture ou sous-culture, les formes nouvelles qui naissent.Il faut les reconnaître .ces formes nouvelles étaient là avant nous.Elles font partie de l’infrastructure culturelle toujours présente.Je donne trois exemples: Jovette Marchessault exposait le mois dernier à la galerie Georges Dor.Elle expose actuellement à la galerie François Paris.Jovette Marchessault est le premier peintre amérindien du Québec.Cette infra-culture de l’une des deux “Founding Nations” du Canada trouve par elle une nouvelle expression.Cette expression demande à notre élite “aussi pure que possible” le droit d’être reconnue.Deuxième exemple: Rémy Savard a publié un livre qui a pour titre Carcajou (avec l’aide du Ministère des affaires culturelles, je le reconnais).Le premier livre québécois nous donnant accès à la première grande littérature verbale du Québec.Un événement dont personne n’a parlé.Cette infra-culture demande elle aussi à notre élite “aussi pure que possible” le droit d’être reconnue.Troisième exemple: Tremblay a osé écrire pour des personnages, qui parlent la langue du travail du Québec.Cette infra-culture demande à son tour ?A "la culture déviergée 8 < Pal de Fête culée*crcatk>A ?à notre élite “aussi pure que possible” le droit d’être officiellement reconnue comme étant la plus vraie et la plus juste expression d’un peuple en train de prendre possession de lui-même.Sixième proposition: Nous ne sommes pas très originaux.La renaissance se fera, le romantisme se fera, le surréalisme se fera.Toutes ces formes nouvelles d’expressions seront déclarées contre ou sous cultures, par des constructeurs de cathédrales eux-mêmes déclarés barbarisants par d’autres constructeurs en mal de gymnastiques aériennes et qui selon le très beau mot du philosophe “enseignent à nos enfants des univers “aussi purs que possible” tandis qu’ils touchent leur salaire dans un autre”.Tremblay donne au peuple québécois, pour la première fois, un théâtre de personnages qui s’expriment dans une langue qui est celle du monde où ce peuple touche son salaire et ce théâtre n’est pas une sous-culture ni une contre-culture, il est l’expression d’une infra-structure culturelle toujours présente d’où naîtront tous les classicismes et les romantismes de demain.L’infra-culture de la langue du travail, Tremblay (Roch Carrier et d’autres) a su la révéler: à nos élites de la saisir et de l’accepter.Que ceux qui construisent des cathédrales s’enterrent sous leurs briques.Ils devraient cependant se méfier; ils ont choisi d’être oubliés et sont déjà les sous et les contre représentants d’un mouvement souterrain irréversible qui cherche par tous les moyens à donner la parole à ceux qui ne l’ont pas.Septième et dernière proposition: Soyons originaux et ne demandons rien.Je propose qu’une compagnie soit fondée, que cette compagnie ouvre ses portes à tous les artistes qui veulent se produire à l’étranger, chansonniers, peintres, musiciens et que cette compagnie lance auprès du public une souscription: que ceux qui veulent que l’une ou l’autre des oeuvres de Tremblay soit jouée à Paris envoient leur “deux”.La communication entre les peuples ne se fera plus par des échanges de lettres entre les conseils des trésors et les conseils des arts, elle se fera de bouches à oreilles et de façon plus directe, de bouche à bouche par ceux qui n’attendent plus qu’on leur donne la parole mais qui ont décidé de la prendre.Permettez-moi de terminer par cette parole extraordinaire que le Chanoine Lionel Groulx prononçait au Monument National le 30 janvier 1919 et écoutez attentivement, ce sera mon dernier mot."Il faut user son esprit lentement dans la recherche et le combat de la vérité car c'est user le meilleur de l'homme et devenir une hostie d'élite." ¦ Gilles DEROME 8 décembre 1972 A "Qu'est-ce que cé le 'théâtre' Madame la ministresse?, r .iâîiriiiiiïiiiw1 g Pal à musique (cé t-y pas culturel .) t> 9 ncnoy 20 ?des personnes dont la candidature aura été retenue par le jury de sélection est fixée à $185.00.Ce montant inclut tous les frais de transport, de nourriture et de logement.¦ a eqi.24 ?a consisté à dire: “le théâtre se porte bien au Québec, à cause des subsides gouvernementaux et de l’enseignement du théâtre dans les écoles”, “ça va continuer si on évite les oeuvres hermétiques”, le “bien-être intellectuel s’en vient” (après le “bien-être social” pourquoi pas), “pour jouer au théâtre, il est nécessaire d’être dans une condition morale rigoureuse”.Encore une fois donc, nous vous laissons à vos conclusions mais nous nous permettons de vous donner un conseil: évitez les associations qui servent au rancart des anciens hauts fonctionnaires du ministère de l’éducation (ou de tout autre ministère): ça sent la poussière! André PARADIS! 10 Trouvé.25 ?économique et/ou politique qui, pour maintenir leur prestige et leur pouvoir, ou par pure bêtise, considèrent souvent leur usage de la langue comme le meilleur, le plus beau, le plus clair, etc., et la langue du peuple comme une dégénérescence de la leur.Comme le disait le Professeur Georges Mounin (1), lors d’une conférence à l’Université de Montréal, l’été dernier, le purisme en langue est une erreur sociologique, une erreur pédagogique, une erreur psychologique et une erreur scientifique (linguistique).On camoufle derrière une lutte pour le “bon parler” une incapacité scientifique ou, plus souvent, une lutte de classes sociales.C’est la classe dite supérieure qui exige que les autres classes parlent sa langue, ou encore qui affirme que ceux qui n’utilisent pas leurs mots ou leurs règles sont des ignorants, des imbéciles, des incapables, des petits, des sans-grade.C’est l'humiliation pour la domination.Je ne connais pour ma part aucun argument linguistique sérieux qui justifie une telle attitude.Cela ne veut pas dire qu'il n’y a pas d’arguments sociaux.Au contraire, il y en a beaucoup.Mais de grâce, ne les mêlons pas.Si j’étais méchant, je dirais que c’est de la démagogie “linguistique”; mais je ne le dirai pas.Je dirai plutôt que la seule façon d’aborder cette question de la langue c’est par le biais de la communication.Ce sont les lois de la communication qui seules peuvent résoudre les problèmes de langue.Faisons confiance à ceux qui communiquent: ils se sont fort bien débrouillés jusqu’à présent.Contentons-nous, si nous ne vouions pas jouer les petits politiciens de salon, d’observer et de décrire objectivement ces lois de la communication parmi lesquelles se situent les lois de la communication verbale.(1) Professeur titulaire à l’Université d’Aix et auteur de plusieurs travaux sur la linguistique: La machine à traduire, Saussure, Clefs pour la linguistique, Introduction à ia sémiologie, etc.Gilles BIBEAU Département de linguistique Université de Montréal ¦ LA PRESSE, 18/12/72 LA PAGE À.8 27> sous la rubrique THEATRE-QUEBEC.On y recense l’historique, les spectacles, les conceptions, les renseignements et le fonctionnement de bon nombre de jeune troupe du Québec.On y inclus les groupes/troupes suivants: La Quenouille Bleue, Tournesol, Théâtre du Bonhomme Sept-Heures, Théâtre Objectif du Québec, Cé-zard, Chocolat et Chatouille, Théâtre actuel du Québec, Arabesque, Théâtre de l’Oiseau, Théâtre des Pissenlits, La Société de Théâtre Temporairement Anonyme, Bonjour.Comment se procurer ce document, si vous ne l’avez déjà?Envoyez $0.60 à Médiart, UQAM, Pavillon des Arts (1), local 1020, 125 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 129, Qué.(et vos noms et adresse).O Entendu de la bouche du Père Legault, la veille de Noël, sur les ondes de Radio-Canada, (CBF-AM et Réseau .?) s’adressant à l’annonceur, à la fin de l’émission, “Jean ., tu as beau être de SOREL, tu fais (quand même) très bien les choses”.L’émission était diffusée en direct ou en différé d’Ottawa.Mais là n’est pas la question; pensez SOREL, vous pensez Simard, Mme Si-mard-Bourassa, M.Claude Simard, etc.D’accord ou pas vous pouvez toujours rejoindre l’intéressé à 343-, .à l’Université de Montréal.Ici, le Père Legault.O Enfin, sous la direction de Jean-Charles Poirier, un P.I.L.présentera deux pièces de théâtre dont l’une “La Palissade” de Robert Gurik, dans les écoles secondaires et une autre aux classes primaires.Normand Massicotte joue le rôle de “Jean” dans “La Palissade”.¦ grain passeau ‘slatut’dela IIMMII femme asusualO ^/14adam7 MlWti Réjean Roy: président Le Cent ne canadien du Théâtre se saborde! se battre pour le Jeune Théâtre mm mm Réjean Roy a été nommé président de l'Association Québécoise du Jeune Théâtre, en remplacement d'André Paradis, maintenant responsable à l'information.Comme nous le disions dans le dernier numéro, Réjean Roy a d'abord exercé le métier de comédien, puis s'est transformé en animateur culturel dans une municipalité, à l'Université Laval et au Centre Culturel de la Cité des Jeunes de Vaudreuil avant de revenir au théâtre comme comédien dans le dernier spectacle de Gurik, présenté au T.N.M., "Jean-Baptiste M.".Il assume présentement la mise-en-scène d'un spectacle au Centre National des Arts, d'Ottawa.Réjean Roy est membre du conseil d'administration de l'A.Q.J.T.pour la deuxième année et il est responsable du comité de sélection des spectacles invités au prochain Festival du Jeune Théâtre.Départs et arrivées au Conseil d'Administration Jo Godefroid, du Centre Dramatique de Rouyn a démissionné du conseil d'administration, où il sera remplacé par Claude Laçasse, lui aussi du Centre Dramatique de Rouyn.Par ailleurs, les autres vacances au conseil ont été comblées par les nominations de Jacques Vézina, de la "Quenouille Bleue"; de Jean Beaudry, de la "Semelle" (de Trois-Rivières); et de David Lonergan, du "théâtre Liké" (Saint-Hubert).B Le Centre Canadien du théâtre s’est sabordé lors de sa dernière assemblée générale tenue à Toronto et qui a été marquée d’un affrontement “linguistique”, doublé d’un affrontement “politique”.Ayant pour but de promouvoir les intérêts des compagnies de théâtre “ins-titutionalisées” de tout le Canada, le Centre Canadien du théâtre n’avait à peu près aucun impact sur le théâtre au Québec, tandis qu’au Canada, il semblait jouer un rôle assez important et utile pour les compagnies théâtrales.Il semblerait que la constatation de l’inutilité du Centre Canadien du théâtre pour les compagnies théâtrales du Québec, ait amené une proposition de constitution de deux sections du Centre, l’une anglaise et l’autre française — évidemment.Mais cette proposition qui aurait provoqué des affrontements, où Jeannine Beaubien, du Théâtre de la Poudrière, et Uriel Luft, des Grands Ballets Canadiens, se seraient faits remarquer, a finalement débouché sur le prononcé de l’acte de décès du Centre Canadien de théâtre, qui continuera probalement à fonctionner pour les compagnies de théâtre de langue anglaise sous une autre forme et un autre nom.¦ 11 LE S4GUENW/MC-Sr-JEkN S’ORGANISE Au milieu de novembre, se réunissaient à l'Université du Québec à Chicoutimi, avec les permanents de l'A.Q.J.T., plus d'une vingtaine de représentants des troupes et des organismes culturels de la région: Théâtre Populaire, d'Alma; La Démence inc.et le théâtre du Bistouri, de St-Félicien; le théâtre de l'Université du Québec et le "Jeune Théâtre", de Chicoutimi; les troupes du Cegep et du Centre Culturel de Jonquière; le théâtre-sua-trotte, de Métabe-chouan; le théâtre de la Pomme Orangée; le Bureau d'Aménagement culturel, .etc.A l'ordre du jour: le théâtre au Saguenay/Lac St-Jean, sa réalité et les exigences de son développement.Après une présentation des diverses troupes, qui permit de mesurer l’ampleur de l’activité théâtrale au Saguenay/Lac St-Jean, la discussion porta longuement sur les besoins de formation en théâtre ressentis par tout-un-chacun et sur la manière de les satisfaire.Grosso-modo, deux ordres de besoins furent dégagés: des besoins spécifiques à une ou deux troupes et des besoins généralisés.D’une part, on réclamait des cours d’initiation à l’utilisation de l’équipement de scène, des cours d’éclairage et de maquillage, des ateliers de fabrication et d’utilisation des marionnettes géantes, etc .tandis que les besoins plus généraux étaient liés soit aux techniques d’approche du jeu: improvisation, expression corporelle, aux techniques d’interprétation: formation vocale, jeu de scène, ou encore, à la conception visuelle d’ensemble.Bien entendu, les besoins ressentis plus généralement l’étaient à 12 des niveaux différents: on s'entendait pour dire que des ateliers sur les techniques d’approche du jeu pouvaient être conçus en fonction de "débutants” aussi bien qu’en fonction de comédiens possédant une expérience et un “métier” plus poussé.Par ailleurs, il y avait entente presque unanime pour dire qu’il faudrait trouver le moyen de satisfaire les besoins exprimés à même les ressources, nombreuses, disponibles dans la région qu’il faudrait justement inventorier.Dans les cas, où il faudrait aller chercher des “animateurs” d’ateliers à l’extérieur de la région, on comptait sur l’A.Q.J.T.pour entreprendre les démarches nécessaires.Avec la perspective que les “sessions de formation” pourraient être financées partiellement par l’A.Q.J.T.et le reste, par les diverses troupes participantes, selon leurs capacités respectives.A ce stade de la discussion, plu- sieurs participants ont fait ressortir clairement la nécessité d’une structure permanente pour que les propositions précédentes ne demeurent pas lettres mortes comme à l’habitude ou qu’elles ne retombent pas une fois de plus sur les seules épaules de l’animateur socioculturel de l’U.Q.A.C.C’est alors que fut formulée et adoptée une proposition à l’effet qu’un comité régional de théâtre soit formé, comprenant un représentant par troupe, avec comme mandat de définir plus clairement les besoins de la région, de planifier la satisfaction de ces besoins.et d’entreprendre toutes les actions favorisant le développement du théâtre dans la région.Et, sur le champ, fut fixée la première réunion de ce comité régional qui a, depuis lors, commencé à fonctionner à plein .nous en reparlerons, sous le nom d’Association du Jeune-Théâtre Saguenay/Lac St-Jean.Avant que l’assemblée ne soit levée, diverses informations furent transmises qui permettent d’entrevoir qu’encore une fois que le Saguenay/Lac St-Jean connaîtra une intense activité théâtrale.Ainsi, l’Université du Québec lancera à nouveau son concours régional d’auteurs dramatiques, que le comité régional de théâtre sera appelé à soutenir et pour lequel une entente sera prise avec le Centre d’Essai des auteurs dramatiques quant à la diffusion des textes des meilleurs auteurs.D’autre part, l’U.Q.A.C.tiendra encore sa Foire Culturelle, qui comprendra un nombre important de spectacles de théâtre, tandis que le Centre Culturel de Jonquière organisera une “semaine de théâtre” à l’intérieur de son “mois de création” en mars.De plus, le Bureau d’Aménagement Culturel subventionnera une tournée régionale et i’A.Q./.T.tiendra le Festival du Jeune Théâtre à Jonquière, du 28 mai au 3 juin.(Lire en page 20).André PARADIS ¦ f '?nr x r-r."Une Job" de Claude Roussin présenté à l'intérieur du cadre des "Lundis du T NM" le 4 décembre dernier (notre texte en page 26).Plus actif que jamais, le CENTRE D'ESSAI se porte bien Dernièrement le Centre d'Essai des auteurs dramatiques tenait son assemblée générale annuelle à la salle Truteau de l'auberge Saint-Gabriel à Montréal.Cette assemblée, s'est prononcée sur la nouvelle orientation du Centre d'Essai et sur les politiques qui en découlent, en plus d'élire un nouvel exécutif où l'on retrouve Odette Gagnon à la présidence et Jean Fleury, Jean Morin, Jean-Luc Bastien, Dominique de Pasquale, Réjean Roy, Monique Rioux sur le conseil.Nous vous présentons ci-dessous un texte provenant du Centre d'Essai qui retrace les grandes lignes de son évolution et de sa nouvelle orientation.Dans le prochain numéro de "Jeune Théâtre", nous analyserons l'action du Centre d'Essai des Auteurs dramatiques.Le Centre d’Essai des Auteurs Dramatiques, fondé il y a six ans, ne peut oublier les buts que s’étaient fixés ses fondateurs: 1.Réunir des auteurs pour encourager et promouvoir l’écriture dramatique.2.Diffuser par tous les moyens dont il dispose, les textes de ses membres.Dès 1965, le Centre a organisé à ces fins un système de tables rondes et de lectures publiques, et publié un certain nombre de pièces dans Théâtre Vivant, une revue qu’il a créée en collaboration avec la maison Holt, Rinehart et Winston.En six ans de travail, plus de 70 auteurs ont été accueillis chez nous, nous avons reçu au-delà de 150 textes, retenuu 82 d’entre eux pour les activités du Centre, organisé 27 tables rondes, mis sur pied 45 lectures publiques et publié 17 pièces originales.Ce travail ne s’est pas fait sans erreur de parcours, ni de crise, mais ?13 Jean Morin, trésorier, Odette Gagnon, présidente, Roland Laroche, secrétaire exécutif.Le CENrRE D’ESSAI se porte bien 13 ?peu importe puisqu’aujourd’hui il y a Tremblay, Gurik, Barbeau et tout un groupe d’auteurs, de comédiens et de metteurs en scène qui croient à notre dramaturgie.La Politique, c'est ben maudit En 1968, c’est le début de la politisation de notre théâtre.Un sentiment d’appartenance a gagné les troupes, les auteurs se sont sentis socialement impliqués, les comédiens, pas plus bêtes que les autres, ont voulu créeT leur propre théâtre et certains groupes se sont orientés vers la création collective.Une volonté de s’exprimer et d’exprimer la collectivité s’est répandue dans tout le jeune théâtre et a même atteint certaines troupes professionnelles.Le Centre d’Essai des Auteurs Dramatiques ne pouvait rester insensible à cette évolution.Il devait continuer à servir les auteurs.Il a donc élargi le champs de ses activités, organisé des expé- 14 riences-laboratoires, permis à un groupe d’auteurs de s’opposer au Bill 63 et à la répression policière, permis à un autre groupe de se familiariser avec les techniques de l’improvisation et produit un spectacle.Les besoins d'un auteur, c'est quoi?Qu’il en soit à sa première ou cinquième pièce, qu’il écrive du théâtre expérimental, social, poli- tique ou commercial, qu’il ait 20 ou 40 ans, les besoins d’un auteur sont les mêmes.L’auteur veut rencontrer son metteur en scène, celui qui lui fera rencontrer son public.L’auteur veut être joué et plus qu’une, deux ou dix fois, il veut être publié, il veut pouvoir faire à l’occasion des expériences et enfin il veut vivre de sa plume.Si le théâtre ne lui permet pas de le faire, il écrira pour la télévision, le cinéma ou les journaux.Nouvelle orientation Sans changer les buts fixés en 1965, le Centre d’Essai des Auteurs Dramatiques propose cette année, une réorientation de ses activités, un réaménagement de ses budgets et un renforcement de sa volonté de répondre aux besoins des auteurs.Il propose aux auteurs: 1.de sélectionner les pièces qu’ils lui enverront.2.de faire publier les pièces sélectionnées.3.de les faire traduire.4.de les diffuser à un certain nombre de troupes jugées qualifiées par le Centre.5.de tenter, sur une période de trois ans, par tous les moyens dont il dispose, de faire jouer ces pièces tant en français qu’en anglais.6.d’orienter certains auteurs non sélectionnés vers des hommes de théâtre qui leur permettront de parfaire leur métier.7.d’organiser lorsque le besoin se fera sentir, et selon les moyens fi- nanciers des expériences laboratoires et toutes autres expériences jugées valables aux fins d’encourager et de promouvoir l’écriture dramatique.? ?Modalités Nous ne prétendons pas avoir trouvé la solution à tous les maux de notre dramaturgie, mais nous croyons que cette nouvelle orientation permettra de répondre aux besoins des auteurs pour les prochaines années.Aussi, avons-nous déterminé avec le plus de précision possible, les modalités d’application de cet engagement.Il a donc été déterminé par le Conseil d’Administration que: 1.Sauf exception, le Centre n’acceptera pas de pièces déjà produites professionnellement, ni d’adaptations.2.L’auteur conviendra d’être disponible au théâtre qui voudra créer sa pièce.3.Le Centre verra à payer les frais encourus par l’auteur durant la période précédant la création jusqu’au maximum de $450.00.4.L’auteur ne pourra voir plus de deux de ses pièces sélectionnées par le Centre.5.Le Centre n’exigera aucun droit exclusif sur les pièces envoyées.6.Cette offre sera ouverte à tous les auteurs francophones résidant au Canada.7.Cette offre sera ouverte à tous les genres de théâtre.8.L’auteur devra accepter ces conditions dès qu’il verra sa pièce officiellement sélectionnée par le Centre.9.Le Centre pourra à l’occasion co-produire les pièces sélectionnées.10.Ces conditions sont uniformes et non négociables.11.Cette aide ne pourra en aucun cas être considérée comme une bourse ou une subvention du Centre."Une Job".I ' Photo: C.E.A.D.Photo: FRANCINE THIBAULT Le CENTRE D’ESSAI se porte bien 15 ?C’est la première fois en six ans, que le Centre d’Essai des Auteurs Dramatiques effectue des changements aussi profonds de ses structures et de son mode de fonctionnement.Aussi, pour se donner la possibilité de s’adapter aux circonstances dans l’application de sa nouvelle politique, le Conseil d’Administration s’est choisi un nouveau secrétaire exécutif: Roland Laroche, metteur en scène et bien connu de tous les milieux du théâtre.L'adresse: Centre d'Essai des auteurs dramatiques, 1958 ouest, Dorchester, suite 1, Montréal 108, Québec.¦ A Scène de taverne de "Une Job".m Michel Beaulieu, secrétaire, Jean Morin, trésorier, Odette Gagnon, présidente, Roland Laroche, secrétaire-exécutif et Dominique de Pasquale, vice-président devise de l'avenir du Centre d'Essai pendant que le trafic poursuit sa marche sur le boulevard Dorchester (par la fenêtre).V Le 20 novembre dernier, l’A.Q.-J.T.organisait, à Montréal, une rencontre des troupes dites “semi-professionnelles”, c’est-à-dire, qui PAR ANDRÉ PARADIS font du théâtre leur activité principale et qui veulent en “vivre”.Participaient à la rencontre: “la Quenouille Bleue” (Montréal); “le Théâtre Euh.” (Québec); “le Théâtre-sans-Fil” (Longueuil); “la Braoule” (Montréal - Conservatoire d’art dramatique); “le Théâtre-sua-trotte” (Saguenay/Lac St-Jean); “l’Atelier” (Sherbrooke); “la Semelle” (Trois-Rivières); “le Huitième-Etage” (Montréal); “l’Option-Théâtre” du Cegep Lionel-Groulx ainsi que des représentants de l’association des étudiants de l’Ecole Nationale de théâtre, des services d’animation culturelle de l’Université du Québec à Montréal, de l’Université de Montréal et du Cegep d’Ahuntsic.Cette rencontre avait pour but de permettre à ces troupes de se connaître entre elles, de dresser un premier bilan de leur activité et de leurs problèmes communs et d’obtenir des informations sur le conflit entre Radio-Québec et l’Union des Artistes.En fait, la plus grande partie de la rencontre, qui dura près de cinq heures, consista en la présentation des troupes et en un débat, non pas tellement sur le conflit entre Radio-Québec et l’Union des Artistes, mais plutôt sur le rôle de cette sacro-sainte Union.Disons toutefois, que la présentation des troupes permet de saisir une constante ou un commun dénominateur de ces dernières: les problèmes de financement.Faisant appel principalement à “Perspectives-Jeunesse” et à “Projet Initiatives Locales” ou directement à l’assurance-chômage (ce qui revient au même); fonctionnant dans des circuits de tournée peu payant — quand la troupe n’a pas choisi délibérément de faire un “théâtre de combat” et donc d’oublier les im- pératifs de rentabilité, ces troupes sont sujettes à la plus grande instabilité et insécurité qui soient.D’une part, on semble vouloir s’accommoder de cette situation tandis que de l’autre, on voit une équation certaine entre indépendance financière, stabilité financière et liberté d’expression.D’ailleurs, une nette démarcation semblait exister, et apparut surtout au cours du débat sur le rôle de l’Union des Artistes, entre ceux qui voient le théâtre comme un instrument de transformation de la réalité de la société et ceux qui voient le théâtre davantage comme un miroir, déformé ou pas, de cette réalité.Autrement dit, d’une part, un théâtre avec une forte préoccupation socio-politique et, de l’autre, un théâtre, qui sans refuser les allusions politiques, ne les considère toutefois que comme un des “ingrédients” d’un bon spectacle.Un véritable tir d’artillerie a déferlé vers le représentant de l’Union des Artistes, Gaston Blais après que celui-ci et le représentant de Radio-Québec, Jacques Roy, aient fait leur exposé respectif et aient entrepris quelques escarmouches.En effet, le débat se centra rapidement sur le rôle de l’Union des Artistes et son attitude envers les “jeunes professionnels”, plus particulièrement, ceux regroupés dans les troupes “Jeune Théâtre”.Si on tente de faire valoir que l’Union des Artistes était dépassée par rapport aux nouvelles manières de pratiquer le théâtre, manières dont l’essentiel est le “collectivisme”, ce n’était toutefois que dans l’optique d’obtenir une réforme des critères d’admission et du coût des “permis de travail” de l’Union des Artistes.Quand au reste, on s’inclina sans beaucoup de questions devant “l’inflexible” loi du marché, que le représentant de l’Union invoqua dans presque chacune de ses interventions et que, d’ailleurs, plusieurs participants reprirent à leur compte.C’est comme si tout en se voulant des groupes “non-institu-tionalisés”, on voulait profiter des “avantages” des troupes institutio-nalisées telles le T.N.M., le Rideau Vert, etc .On a parfois l’impression que certains groupes qui contestent “l’Establishment” théâtral, ne le contestent que parce qu’ils veulent le remplacer: c’est sans doute ce qui justifie l’acceptation de “l’inflexible” loi du marché qui, soit dit en passant, cautionne dans le système capitaliste la concurrence entre les travailleurs, c’est-à-dire, les bas salaires, les mises-à-pied, le chômage, et les cadences accélérées .C’est sans doute aussi ce qui amène les représentants de certaines troupes à dire qu’elles seront marginales tant qu’elles n’auront pas accès aux grandes salles; salles, qui “consacrent” .On aurait beau jeu de leur répondre qu’il n’y a pas 15% de la population du Québec qui “met les pieds” dans les “grandes salles” et qu’essayer de rejoindre les 85% de travailleurs qui n’y mettent pratiquement jamais les pieds ce n’est pas être “marginal”.Le véritable problème, c’est de savoir si on ne veut pas être marginal au sein des classes bourgeoises ou au sein des classes laborieuses.Quel dilemme! Quoi qu’il en soit, une deuxième rencontre sera tenue au mois de janvier.Elle sera préparée soigneusement de telle façon que les troupes “semi-professionnelles” puissent réellement examiner leurs problèmes communs et voir quelle action elles pourraient entreprendre au sein de l’A.Q.J.T.¦ Rencontredu Jeune lhéatre “professionnel” àliroaüoiS 17 On n*a plus les séances qu*on avait.x 13 DE PLJUS à RfDOQUEBEC APRES AVOIR REALISE UNE PREMIERE SERIE DE 13 EMISSIONS SUR LE JEUNE THEATRE QUEBECOIS, DONT NOUS VOUS DONNIONS LA LISTE ET L'HORAIRE DE PRESENTATION SUR LE CABLE A MONTREAL ET QUEBEC DANS LE DERNIER NUMERO DE "JEUNE THEATRE", RADIO-QUEBEC S'APPRETE A TOURNER UNE AUTRE SERIE D'AUTANT D'EMISSIONS.DE PLUS, ON ENVISAGE SERIEUSEMENT DE TOURNER UNE TROISIEME SERIE DE 13 EMISSIONS LORS DU FESTIVAL-CARREFOUR QUI SE TIENDRA A JONQUIERE, DU 28 MAI AU 3 JUIN.DISONS, EN PASSANT, QUE LE VISIONNEMENT DE DEUX a,,.§üp 7- '.VJL J -mm % .3 ¦ «^2 18 Photo: JEAN-PIERRE DANNOYE ?EMISSIONS DE LA PREMIERE SERIE, CELLES AVEC LE "THEATRE EUH!" ET "LES CARCASSES", NOUS ONT CONVAINCU DE LA VALEUR ET DE L'INTERET DU TRAVAIL REALISE PAR RADIO-QUEBEC .CE DONT NOUS NE POUVIONS RELLE-MENT DOUTER TOUTEFOIS PUISQUE NOTRE AMI FLEURY Y PARTICIPE DE FAÇON TRES ACTIVE: EN L'ENGAGEANT COMME RECHERCHISTE ET ANIMATEUR DE CES EMISSIONS, RADIO-QUEBEC SEMBLE AVOIR FAIT "UN BON COUP" ET, EN MEME TEMPS, AVOIR RENDU UN FIER SERVICE AU DIRECTEUR GENERAL DE L'A.Q.J.T.QUI DESESPERAIT DE TROUVER UN EMPLOI POUR SON FACIES SI PHOTOGENIQUE.¦ /A.V , Mi ¦¦ ¦ wmr i-J Horaire: U Option-Théâtre, Cegep Lionel-Groulx 4-01-73 Le Théâtre Euh! 11-01-73 Les "Carcasses" de Beloeil (nos photos) 18-01-73 Théâtre de la Régionale Le Gardeur 25-01-73 (Repentigny) Le Nouvel Aire 1-02-73 (à suivre) Nous attendons commentaires et suggestions.19 jorauiene Festival-Carrefour du28maiau3juin nancy STAGE AU FESTIIflL L'A.Q.J.T.a obtenu confirmation de l'Office franco-québécois pour la Jeunesse de la tenue d'un stage au Festival de Nancy du 16 avril au 8 mai 1973.Ce stage nommé "festival de théâtre" permettra à 15 personnes de participer à titre d'observateurs au Festival de Nancy.Il aura pour but de faire prendre connaissance des diverses réalisations théâtrales sur le plan international et permettre par conséquent au Jeune Théâtre québécois de se situer par rapport au Jeune Théâtre mondial.L'assistance aux divers spectacles, la discussion des productions, l'établissement de contacts avec les troupes présentes seront les moyens privilégiés de ce stage ouvert aux amateurs du Jeune Théâtre ayant au moins trois ans d'expérience.Toutes les personnes intéressées au stage doivent, en mentionnant très précisément le numéro du stage choisi (Q-802-73), faire parvenir leur demande de candidature avant le 10 février 1973.Cette demande doit comprendre les éléments suivants: une fiche de candidature, un curriculum vitae, et un travail expliquant en quelques pages les raisons qui motivent l'intérêt pour ce stage.La participation financière 10^ 20 C'est officiel! Le prochain festival du Jeune Théâtre, mieux connu sous le nom de Festival-Carrefour, se tiendra cette année à Jonquière, du 28 mai au 3 juin.Appliquant la politique votée au dernier congrès à l'effet que le festival-Carrefour soit "itinérant" d'une année à l'autre, les membres du conseil d'administration de l'A.Q.J.T.ont choisi la région du Sague-nay/Lac St-Jean parce qu'elle est lieu d'un développement fantastique du Jeune Théâtre, et cela, depuis plusieurs années.Déjà, l'A.Q.J.T.est assuré de l'appui des autorités du Cegep de Jonquière, où les activités principales du festival se dérouleront, ainsi que de l'Association du Jeune Théâtre du Saguenay/Lac St-Jean qui a été créée dernièrement.Les permanents de l'A.Q.J.T.sont en contact suivi avec Pierre Deschênes, l'animateur socioculturel du Cegep de Jonquière qui, avec son équipe, s'occupe déjà de l'aspect matériel de l'organisation du Festival.Nous y reviendrons.¦ Photos: A.Q.J.T. new yoPK/oaLiRornie EL TE4TRO CAMPESINO L’A.Q.J.T.pense à inviter au prochain Festival-Carrefour deux ou trois troupes américaines ou sud-américaines.Cette initiative, intéressante en soi, pourrait par ailleurs servir d’amorce au “festival des Deux-Amériques” dont plusieurs rêvent depuis quelques années.Parmi les troupes auxquelles pense l’A.Q.J.T., il y a “El teatro campe-sino” avec laquelle le “théâtre Euh .” est en contact depuis leur rencontre à Paris, l’été dernier, au Festival du Théâtre des Nations.El Teatro Campesino est un groupe dont la renommée n’a cessé de grandir depuis les années 65-66, où à l’occasion de la fameuse “grève du raisin” qui opposa, dans l’ouest des Etats-Unis, les travailleurs agricoles Chicanos (américains d’origine mexicaine), sous la conduite de César Chavez, aux grands producteurs agricoles.C’est à l’instigation de Luis Miguel Valdes, dans le but de renseigner les travailleurs agricoles en grève, dont la majorité ne pouvaient parler anglais et n’avaient aucune idée de ce qu’était une grève, que les grévistes, eux-mêmes recrutés sur les piquets de grève, entreprirent de jouer, de façon improvisée, de courts sketches (appelés “actos”) accompagné de chansons sur la vie des travailleurs agricoles et sur leur lutte contre les gros producteurs agricoles.Employant à la fois l’anglais et l’espagnol ainsi que des affiches accrochées au cou et définissant le personnage joué, l’El teatro Campe-sino réalise une Commedia Dell’-Arte unique et d’un type singulier où non seulement les héros et les vilains sont présents, mais aussi.le raisin, vert ou mur, de la colère ouvrière.¦ "les raisins, verts ou murs, de la colère ouvrière" "Bread and Puppet" de New-York.montnéai ‘fcool”& “too much” Les permanents de l'A.Q.J.T.rencontreront bientôt les responsables de "Perspectives-Jeunesse" et de "Projets Initia-tives-Locales", du Secrétariat d'Etat et du Ministère de la main-d'oeuvre.Les flottements "post-électoraux" ont retardé les rencontres prévues pour fin octobre, début novembre, mais présentement, la situation semble stabilisée, du moins temporairement.Par ailleurs, afin de renseigner les troupes, qui font appel de plus en plus fréquemment à "P.J." et à "P.I.L.", l'A.Q.J.T.expédiera bientôt à ses membres une brochure produite par l'Agence de Presse Libre du Québec (A.P.L.Q.), s'intitulant "Les programmes "cool" d'un gouvernement "too d'apporter de nombreuses informations sur "P.J." et "P.I.L.", propose une analyse du rôle politique de ces programmes fédéraux.A lire, par ceux qui ne sont pas encore complètement intégrés.¦ 21 BOSCiUFLGUV© ON SE FORME ET S’INFORME (ETON SE COURRE) Les 1, 2 et B décembre, c’était à Ri-mouski.Soixante personnes venues, parfois d’aussi loin que Pasbebiac ou Gaspé, pour une session régionale de théâtre, animée pour une partie par les comédiens du “Théâtre Euh!” et du “Théâtre-sua-Trotte” et pour une autre, par les animateurs socio-culturels et les professeurs de théâtre de la région ainsi que les représentants de l’A.Q.J.T.(qui se sont “tapés” plus de vingt heures d’automobile, des troubles de .“mécanique” et l’hôtel du Boulevard, où les danseuses, “topless” il va sans dire, se battent à coup de “savates” quand elles ne se tirent pas les cheveux, au sens le plus littéral qui soit, ou ne se courent pas “joyeusement” d’un étage à l’autre jusque vers les sept heures du matin .).Donc, c’était à Rimouski, une fin de semaine de tempête (“dehors” et “dedans”).Un samedi rempli.d’ateliers portant sur l’utilisation des masques, le mime, la pantomime, l’expression corporelle, l’improvisation, les exercices de libération.Des ateliers appréciés, et qu’on aurait voulu prolonger d’une semaine au moins.Des ateliers, qu’ont suivi les spectacles du “théâtre Euh! .” et du “théâ-tre-sua-trotte”.L’histoire du Québec, jouée par les clowns du “théâtre Euh .”.“Pas celle des libres des frères de l’Instruction Chrétienne”, non, “la vraie, celle qu’on retrouve passablement dans le “Petit Manuel” de Léandre Bergeron”.L’histoire du Québec qui commence avec l’exploitation des Indiens d’Amérique et le début de leur extermination, qui se continue avec la collusion des représentants du roi, de la bourgeoisie locale et des “hom- 22 mes de robe”, curés et clercs, contre le simple colon.Qui prend une nouvelle couleur (!) avec la domination anglaise.Qui rebondit encore une fois avec la pénétration de l’impérialisme américain que facilitent les marionnettes politiques d’Ottawa et de Québec et les mythes soigneusement entretenus par l’Eglise: la revanche des berceaux, le retour à la terre, l’au-delà glorieux, la paix sociale.et tutti quanti.Une histoire du Québec qui commence à faire place aux exploités, une histoire du Québec qui commence à faire entendre la révolte organisée des travailleurs.Une histoire du Québec .à suivre .comme nous le disent les comédiens du “théâtre Euh.” avec des gestes en cabriole, avec des mots et des costumes pleins de couleurs, avec des “images-à-nous”.L’histoire du Québec, telle qu’elle se fait au jour le jour à travers les choix, les refus, les compromis et les compromissions des Cégépiens, c’était aussi le thème du spectacle présenté à Rimouski par le “théâtre-sua-trotte”.Du romantisme révolutionnaire “à-la-patriote-de-1837” jusqu’au mysticisme “cool” de la pastorale chrétienne moderne, en passant par le snobisme vestimentaire et l’embourgeoisement le plus banal, le plus plat, par la “nouvelle Culture” “pot-pop”, le tableau d’une certaine jeunesse “récupérée”, dessiné avec une simplicité et une justesse de ton rare.En trente minutes, un bilan de la “réforme scolaire”.Applaudi, comme il se devait, parce que c’est le reflexe .j’allais écrire .conditionné.Dimanche, critique et auto-critique du travail en atelier de la veille.Dans l’après-midi, “le Théâtre dans le Bas-du-Fleuve et la Gaspésie”.Discussion sur l’organisation du théâtre dans cette région et le rôle de TA.Q.J.T.La question au coeur du débat, comment donner des assises permanentes au théâtre dans la région?Dans le passé, le théâtre a toujours été conditionné, dans le Bas-du-Fleuve et la Gaspésie, par la venue ou le départ de personnes ressources extérieures à la région puisque les “gens de théâtre” issus du milieu émigraient presque tous vers les grandes villes dès qu’ils atteignaient un certain niveau de développement.Au dire des participants, la situation a toutefois quelque peu changé avec la venue des Cegeps (c’est là un des trop rares aspects positifs de leur implantation dans les régions, du point de vue du développement socio-culturel) et la création de divers organismes culturels qui sont maintenant en mesure de soutenir l’action théâtrale et d’en favoriser une certaine permanence.Toutefois, cet apport positif des Cegeps et organismes culturels ne pourra se réaliser au dire de plusieurs que si les “gens de théâtre” eux-mêmes se regroupent au plan régional et entreprennent à la fois de se doter d’outils communs et de mécanismes d’échanges.C’est dans cette optique que les représentants de l’A.Q.J.T.proposèrent que les animateurs de théâtre de la région se concertent avec le Conseil Régional des loisirs et le Bureau d’aménagement culturel pour mieux définir les besoins de la région au plan théâtre et pour planifier l’utilisation des ressources susceptibles de satisfaire ces besoins.L’A.Q.J.T.participerait à cette régionalisation, qui viendrait rencontrer ses objectifs et faciliter l’opérationalisation de ses politiques de formation et d’information.L’immensité du territoire couvert ne constituerait pas un obstacle majeur dans la mesure où on pourrait envisager, compte tenu du nombre élevé de troupes, de créer des comités de sous-régions qui oeuvreraient toutefois dans la même perspective.C’est sur cette note “décidée”, avec l’entente qu’une rencontre des animateurs de théâtre, des responsables du B.A.C., du C.R.L.et de l’A.Q.J.T.se tiendra au plus tard à la fin de janvier et que la possibilité d’un Festival Régional de théâtre, au printemps, sera examinée, que se termina cette “session régionale”.André PARADIS ¦ Martial Dassylva et Michel Bélair, "To be or not to be" un critique de théâtre.Autour d'un bock de bière./ C HÉÉh, Rencontre arec la presse C’est à la Grange à Séraphin, coin Amherst et Dorchester, que l’Association Québécoise du Jeune Théâtre a tenu une rencontre avec la presse dans le but d’annoncer le changement de nom et d’orientation et la parution du premier numéro du 3e volume de “Jeune-Théâtre”.Dans un décor québécois, autour d’un menu composé de tourtière, de ragoût de pattes, de fèves au lard et de gros bocks de Une docte revue de théâtre, di rigée par Michel Bélair, critique au Devoir, paraîtra fin janvier aux Presses de l'Université du Québec.Au sommaire du premier numéro, qui comprendra plus de 300 pages, des articles de Jean-Claude Germain, Germain Beauchamp, Maurice Demers, Pierre Gauvreau, et Michel Bélair.Destinée à un public plutôt averti, "Théâtre Québécois" bière, le président et les permanents de l’A.Q.J.T.ont fait valoir, brillamment, il va sans dire, les nouvelles politiques de l’Association à une demi-douzaine de journalistes et autant de représentants d’organismes culturels.Aux dernières nouvelles, le critique du Devoir, était toujours “attelé” aux bocks de bière: ce qui explique sans aucun doute les nombreuses inexactitudes de son “papier” du lendemain .M paraîtra deux ou trois fois l'an et se vendra environ trois dollars.Autre revue Par ailleurs, un groupe formé de Dominique de Pasqua le, Gilbert David, Marie-France Hébert, Claude Beausoleil et Michel Beaulieu, aurait lui aussi l'intention de "partir" une revue dont l'optique serait carrément politique.A surveiller.¦ notre carte de tarif/ est maintenant disponible Revue-.Théâtre Québécois’ co Jeune Théâtre, A.Q.J.T., Centre Culturel, Cité des Jeunes, Vaudreuil, Québec. a ©q/Trois rivières M RECHERCHE DU NIDE.Invitée à participer au Colloque annuel de l’Association d’Educa-tion du Québec, un organisme dont le but serait de “promouvoir le progrès de l’éducation dans le Québec, etc .,” l’A.Q.J.T.avait délégué son responsable à l’information pour qu’il se “sensibilise” sur “Le Québec et son environnement culturel” .Au programme de la journée du Colloque, qui se déroulait comme “il se devait” à l’Hôtel Le Baron, de Trois-Rivières (c’est curieux comme les hôtels “chics” attirent les éducateurs, les animateurs de ceci et de cela .il y aurait matière à thèse .qui pourrait s’intituler “la petite bourgeoisie: réalités et aspirations” .) des exposés, plutôt courts, des ateliers, encore plus courts, et des pauses-café, plutôt longues.Des sujets comme: la famille; l’école; le langage parlé; le langage écrit; l’information; la chanson; la peinture; le cinéma; le théâtre.et des personnalités comme Gérard Marier, Henri Bergeron, Yves Thériault, Vincent Prince, Gratien Gélinas (il est par- tout cet homme), Denise Pelletier ainsi que Pauline Julien et Jacques de Tonnancour.En somme, et malgré les apparences, tout ce qu’il y a de plus conservateur, de plus inoffensif à une exception près.Ce qui s’expliquait assez bien, compte-tenu de l’auditoire, formé en majeure partie de l’élite de notre système d’éducation: directeurs d’école, directeurs des études, directeurs de départements, “bonnes soeurs” et “exbons frères” (il y en a de plus en plus .).Pour la plupart, des gens qui ont des comptes de dépenses et.du temps à perdre.Ce qu’ils n’ont d’ailleurs pas raté, une bonne moitié des “personnalités prévues” ne s’étant pas montré la binette tandis que l’autre, à l’exception de Pauline Julien au nationalisme hystérique, a débité avec une persévérance notable un ennui et une insipidité non moins remarquables.Qu’on en juge avec l’exposé de Denise Pelletier sur le théâtre.Exposé qui a duré, au gros maximum, cinq minutes et qui !()?France Tournée L’Office franco-québécois pour la jeunesse propose aussi à 8 personnes âgées de 18 à 30 ans une occasion exceptionnelle de présenter une tournée de spectacles dans une région rurale ou semi-urbaine française afin de sensibiliser leur population à la culture québécoise.Le spectacle multidisciplinaire (chant, poésie et musique) devrait donner une idée du Québec moderne.Le groupe intéressé à participer à cette tournée, du 30 juillet au 4 septembre 1973, devra présenter avant le 1er février 1973, un synopsis du spectacle qu’il aura conçu et le curriculum artistique de ses membres.La préférence sera accordée à un spectacle nécessitant une participation active, peu de décors, et d’une durée maximale de 60 minutes.Cette opportunité est offerte à un groupe multidisciplinaire d’artistes amateurs (chansonniers, mo-nologuiste, musiciens, un gigueux, un violoneux, etc .).Chaque stagiaire devra verser une somme de $185.00 couvrant tous les frais de transport, de nourriture et de logement.Pour plus de renseignements, il faut communiquer avec l’O.F.Q.J., en mentionnant le numéro du stage (Q-820-73), à l’adresse suivante: Office franco-québécois pour la Jeunesse, 290 Place d'Youville, Montréal 125.¦ 24 C.LQ Trouvé dans loisir- PUiS La Confédération des loisirs du Québec (C.L.Q.), organisme qui est censé regrouper toutes les fédérations de loisirs “socio-culturels” et “socio-éducatifs” (et j’en oublie sûrement) et dont incidemment l’A.Q.J.T.est toujours membre 4 v vient aussi de se doter d’une revue: Loisirs-Plus.En fait, le deuxième numéro est paru en novembre et c’est un mensuel.Au sommaire du deuxième numéro: des entrevues avec Margaret Mead, Abraham Moles, Gilles Houde; le résultat d’une enquête sur le loisir en milieu ouvrier (avec beaucoup, beaucoup de statistiques), des articles sur la Fédération des joueurs d’échecs, la chasse et la cuisine au lièvre, des questionnaires-test (dont l’insignifiance est digne de.), des informations sur l’A.Q.J.T., sur les “raquistes” (c’est la radio-amateur du Québec!), sur les scouts et tutti quanti.De tout pour tous.Une salade, quoi! ¦ ‘gros1 quotidien français dvflmérique ___ ¦ mi.1 _ I L I 1 T'~"’ de trem' «Y oura! L "BeUes-Soeu^ - i d'une «l'affaire * rebondir, °V?‘' d°n- biay, r V dï$30.000 6 présenter sobvenbon ** GéVinas, ** ire, »»»£ saient", °"*' "V»Y°U* ne fosse * compte^ __________________________________' «rer vos r"""6 sam 1o 1 II iûc u "Réponse à un étudiant' Cormier re, dans La Presse i Dns- samedi, 2 décembre, votre article sur la langue intitulé “Réponse à un étudiant”.J’ai été fort surpris qu’un éditorialiste du “plus grand quotidien français d’Amérique” affirme sans sourciller et avec l’assurance d’un prédicateur que “.le “jouai” ne connaît ni grammaire, ni syntaxe, ni stylistique, ni règle d’aucune sorte, (que) S’il a une règle, c’est de ne pas avoir de règle.” Pour la linguistique scientifique, Une rumeur circule à l'effet que l'ombudsman du théâtre, dont la nomination prochaine a été annoncée à grands frais par l'inimitable et toujours "joyeuse" Claire Kirkland, soit nul autre que l'auteur de "Hier, les enfants dansaient", Gratien Gélinas.Quand on sait qu'il agissait jusqu'à maintenant comme président de la Société de développement du cinéma du Canada, organisme fédéral qui s'est fait connaître récemment par le rejet des demandes de subventions des cinéastes "trop politiques", on est en droit de se demander qui et quoi, il viendrait défendre s'il était nommé Ombudsman du théâtre.¦ Je ne sais pas ou vous avez pris votre information, mais vous n’avez certainement pas cherché longtemps à la vérifier, car la science linguistique a démontré — je dis bien démontré — depuis fort longtemps, et les universités le démontrent chaque année à leurs étudiants de première année, que non seulement tout niveau de langue a ses règles, sa syntaxe, sa stylistique, sa phonologie, bref sa grammaire, mais également que la notion de beauté, de bonté, de supériorité, de précision, de clarté n’a aucun lien avec la langue proprement dite, c’est-à-dire n’a pas de place en linguistique.Cette notion ou ces notions relèvent de la sociologie.Un sociologue pourrait dire, par exemple, que ce sont les gens qui possèdent une influence intellectuelle, !()?25 aux Lurosdu cnm.Une job & Les jeux sont faits Le Centre d'Essai des auteurs dramatiques et l'A.Q.J.T.ont présenté en collaboration la pièce de Claude Roussin, "Une job" dans le cadre des "lundis du T.N.M." (où, finalement, le T.N.M.ne fait rien et n'a rien à faire.que se faire de la publicité .).Jouée par les étudiant de l'Option-Théâtre de La-prairie et mise-en-scène par Jean- Pierre Chartrand et James Roussel le, "Une Job" a permis à une salle comble de découvrir, aux dires mêmes des critiques, "un auteur à surveiller et une équipe ayant le feu sacré et de l'énergie à revendre".Par ailleurs, le théâtre Sans-Fil présentait, toujours dans le cadre des "lundis du T.N.M.", son troisième spectacle, "les eux sont faits", une série de tableaux sur les Jeux Olympiques de 1976.D'une habilité très grande dans la manipulation des marionnettes géantes, ce spectacle, réalisé par une équipe travaillant de façon très collective, s'est avéré fantaisiste à souhait et haut en couleurs.w>i ;>¦ > fl ÉÉ x ti: «tr ¦ rV.vxxx i W ' ' ï JEUNE IHEAINE1 Pour recevoir régulièrement votre numéro de JEUNE THEATRE .une seule solution, envoyer votre $2.00 (chèque ou mandat) à: Jeune Théâtre, A.Q.J.T., Centre Culturel, Nom______________________________________________________________Cité des Jeunes, Vaudreuil, Québec.Adresse Ville Tél.î chèque ( ) mandat Code A - .-¦, -.kf&'M: nïïmrn ym :0%g3S AfiSStaK \mm mSaSB mmË m&.à&àâ5 LA [AGE A ROLAND par Claude ROLAND oeil ce parachutage effectué sans avion des “14 soleils”, depuis la scène (théâtrale et politique) fédérale vers le provincial.Deux des noms mentionnés le plus souvent comme remplaçants de Mme Casgrain, dans les couloirs du Parlement québécois, sont Mme la Rhinocérossienne “Souris Verte” Louise Dussault (notre photo en N & B) et le toujours très en verve Gaston, le poète Miron.Ces deux personnages célèbres de contes de fée, ex-candidats Rhinocéros lors de la dernière élection fédérale verraient d’un bon D’VNE K L’HVTRE im RHINOCEROS VX3 A propos de Mme Claire Kirkland-Casgrain, Denis Tremblay écrit dans sa chronique du 22 décembre 1972: “Bien sûr si j’avais parlé de notre ministresse des affaires culturelles, il y aurait eu matière à récapitulation: avec tout ce qu’elle a fait et n’aurait pas dû faire et tout ce qu’elle n’a pas fait et aurait dû faire, il y a de quoi pérorer.” O Avez-vous remarqué la faute apparue en première page du dernier JEUNE THEATRE, “On n’a plus les scéances qu’on avait.”?Oui, séance ne prend qu’un “c”.Peut-être une erreur de scénario de notre directeur artistique Roland Béchard .Quand même une belle tenue ce JEUNE THEATRE, tenue typographique s’entend! O Médiart, mensuel produit par les membres du Groupe de recherches en administration de l’art affilié à l’Université du Québec à Montréal et se spécialisant dans les arts visuels reste quand même ouvert à tous les autres domaines artistiques comme le cinéma, le vidéo, le théâtre.Médiart offre donc son numéro de novembre 1972 un “Dossier des troupes” 10^ 27 Un ministre rhinocéros Affaires culturelles aux >:smm k+yX+yss.- mm».ÉMfeÉil piflip ¦ y-WM WM iSii$;xs MS , j ¦¦¦I MMË • •'J m mmm miftsi Entretien/RobertGurik LECEA D-.Vendre” les auteurs Euh! En Europe Maurice &Cantons de l’est les FestValsrégionaux Théâtre ou travail théâtral mm- IHÜ mmP J*» mÊËMm I IS Sïs|sS§ mm mm gilli ¦Mi mm B1 ¦¦¦ ÉMm mi ¦ 'ï;:':::v;:::;i:xS:::: :
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.