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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1923-05, Collections de BAnQ.

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[" 4 No 14 Montréal, Mai 1923 A VOL.I SOUVENIRS offerts pour renouvellements et abonnements nouveaux 10 abonnements nouveaux ou renouvellements d\u2019abonnements au Précurseur donnent droit au choix entre les articles suivants: objet chinois, vase à fleurs, coquillages, fanal chinois, livre de prières, etc.12 abonnements ou renouvellements, à un abonnement gratuit au Précurseur pour un an.15 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: jardinière chinoise, chapelet, médaillon, tasse et soucoupe chinoises, livre de prières, etc.20 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: boîte à thé, à poudre, porte-gâteaux brodé, etc.25 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: centre brodé, anneau de serviette chinois, statue, éventail chinois.30 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: centre de cabaret brodé à la chinoise, fantaisie chinoise.50 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: trois centres pour service à déjeûner, porte-pinceaux chinois, etc.75 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: paysage chinois brodé sur satin, centre de table d\u2019une verge carrée.100 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: magnifique peinture à l\u2019huile (2 pds x 3 pds), porte-Dieu, peints, antiques plats chinois, montre d\u2019or, bracelet, broche, etc.200 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: superbe nappe chinoise brodée, tapis de table chinois, parasol chinois, etc.500 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: magnifique couvrepieds de satin blanc brodé à la chinoise, service de toilette plaqué d\u2019argent sterling, panneau chinois (trois morceaux) brodé, etc.1,000 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de Protecteur dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, et encore au choix entre: vase antique chinois, bannière peinte ou brodée, etc.1,500 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de Fondateur dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, et encore au choix entre: antiquité chinoise, peinture chinoise à l\u2019aiguille de très grande valeur. Montréal LE PRECURSEUR Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CoNCEPTioN Ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison-Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Veuillez lire attentivement ».En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, cartes de fêtes, de Noël, de jour de l\u2019An, de Pâques, calendriers, images de tous genres, souvenir de Première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.Nous faisons aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi.Mai 1923 Y.'4 Montreal LE PRECURSEUR Mai 1923 Veuillez lire attentivement\t\t\t Chasuble, soie damassée, galon de soie\t$ 18.00 et $\t\t\t28.00 »\tmoire\tantique avec beau sujet\t30.00 »\t38.00 »\ten velours, galon et sujet dorés\t\t30.00 »\t45.00 »\tmoire antique, brodé or mi-fin\t\t75.00 »\t100.00 »\tdrap d\u2019or, sujet et galon dorés »\tdrap d\u2019or fin, avec une très riche\t\t50.00 »\t75.00 broderie d\u2019or à la main\t\t90.00 »\t150.00 Dalmatiques, la paire.\t\t50 00 »\t80.00 »\tdrap d\u2019or, la paire\t\t100.00 »\t150.00 Voiles huméraux\t\t7.00 » plus\t Chape, soie damas, galon de soie et doré\t\t30.00 »\t50.00 » moire antique, sujet et broderie or » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie\t\t70.00 »\t90.00 d\u2019or en relief à la main\t\t90.00 »\t150.00 Aubes, pentes d\u2019autel\t\t10.00 »\tplus Surplis en toile et voiles d\u2019ostensoir .\t\t3.00 »\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge .\t\t5.00 »\t» Voiles de tabernacle, porte-Dieu .\t\t5.00 »\t» Étoles de confession réversibles .\t\t5.00 »\t» Voiles de ciboire .\t\t4.00 »\t» Étoles pastorales\t\t10.00 »\t» Cingulons, voiles de custode\t\t2.00 »\t» Boîtes à hosties\t\t2.00 »\t» Signets pour missels\t\t1.75 »\t» » pour bréviaire\t\t1.00 »\t» Dais et drapeaux.\t\t30.00 »\t» Bannières ,\t\t60.00 »\t» Colliers pour « Ligue du Sacré-Cœur »\t\t10.00 »\t» \t' Amicts .\t12.00 la douz.\t \tCorporaux\t8.50 »\t» Lingerie d'autel -\tManuterges Purificatoires\t4.50 » 5.00 »\t» » \tPales .\t4.00 »\t» \tNappes d\u2019autel\t6.00 »\t» Nous fournissons les hosties aux prix suivants:\t\t\t Petites\t$1.00 le mille\t\t Grandes\t0.37 » cent\t\t ^r^JfSlRE REeHE_êS®^ m a \\ (( O NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ NOS BIENFAITEURS CANADIENS! » Bulletin des ê>ceur2! iHisfSionnaireô ÏJe r3mmatuIée»Conception Publié avec l\u2019approbation de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.I Montréal, Mai 1923 No 14 SOMMAIRE TEXTE;\tPAGES Institut des Sœurs Missionnaires\tde l\u2019Immaculée-Conception.\t456 Œuvres chinoises.459 S.G.Mgr Gauthier, archevêque de Tarona; Mgr Deschamps, Vie.Gén.; Mgr Piette, Recteur de l\u2019Université de Montréal .\t460 Autour du Séminaire des Missions étrangères .Abbé G.Rondeau 463 Ecole apostolique de Rimouski.S.G.Mgr Ross 466 Ma prière à Jésus pour ma Mère et mes Sœurs M.I.C.de Manille 469 Le Délégué du Pape à Canton.R.P.Fabre 471 Causerie sur les animaux .\t.Un laboureur des C.S.C.475 Souvenir des temps héroïques de notre pays\u2014 Extrait de Mgr Grandin 477 Les Rogations aux environs de Po-T\u2019Cheou R.P.Dannie, S.J.479 Cantique: « Cœur de Jésus, Foyer d\u2019apostolat » .\t483 Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi .Superstitions chinoises .\tR.P.H.Doré, S.J.Ayez du zèle! Le Missionnaire au travail.\tR.P.Desrochers, C.S.C.Marie protège ses missionnaires Extrait des Chroniques du Noviciat Échos de nos Missions Hommage à nos anciens missionnaires Canadiens Jour de sacrifice .Anges du Précurseur.Reconnaissance \u2014- Nécrologie 488 492 495 497 498 499 506 511 512 513 514 GRAVURES: La sainte Vierge .\t.\t.\t454 Séminaire canadien des Missions étrangères .\t462 T.R.P.Rouleau, provincial des Dominicains, nouvel évêque de Valleyfield.\t.\t.468 École chinoise de Montréal\t.\t.\t.\t.\t476 Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi .\t.\t487 Une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception prodiguant ses soins à une pauvre lépreuse .\t.\t496 Un bon marché .\t505 i Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception Sa fin principale: la sanctification personnelle de ses membres par la pratique des vœux simples de la vie religieuse.Sa fin spécifique; l\u2019extension du règne de Dieu parmi les infidèles.MOYENS d\u2019action POUR ARRIVER A CETTE FIN SPÉCIFIQUE 1° Vie de prière, d\u2019amour de Dieu et de zèle pour sa gloire; vie de sacrifice et de dévouement pour le salut et le bien du prochain, surtout des infidèles.2° Se vouer à l\u2019œuvre des missions en pays infidèles par la pratique des œuvres de charité suivantes: EN PAYS INFIDÈLES a)\tFormation de religieuses chinoises; b)\tFormation de vierges catéchistes qui vont dans les familles, dans les districts, enseigner la doctrine chrétienne; c)\tOrganisation de baptiseuses qui vont partout baptiser les mourants, surtout les enfants en danger de mort; d)\tL\u2019œuvre des crèches où l\u2019on garde, baptise et élève les bébés trouvés, achetés ou confiés; e)\tOrphelinats, où l\u2019on hospitalise, donne l\u2019instruction religieuse et l\u2019éducation aux orphelines; f)\tMaisons de refuge pour vieilles femmes, aveugles, idiotes, infirmes, etc.; g)\tLes œuvres d\u2019éducation: écoles où l\u2019on enseigne les éléments des lettres, des sciences et des arts; h)\tL\u2019instruction des catéchximènes et leur formation chrétienne avant la réception du baptême; i)\tAssistance des mourants païens et chrétiens; j)\tHôpitaux, dispensaires, léproseries, etc.; k)\tOuvroirs où l\u2019on enseigne l\u2019économie domestique, les métiers et les arts.EN PAYS chrétiens: a)\tDévotion, sous forme d\u2019action de grâce, à l\u2019Enfance de Notre-Seigneur, à la sainte Eucharistie, au Saint-Esprit et à la Vierge Immaculée; b)\tDiffusion des œuvres de la Sainte-Enfance, de la Propagation de la Foi et de revues faisant connaître les missions; c)\tProcurer des ressources aux missions par la réception d\u2019aumônes et de dons, par certaines industries, comme fabrication d\u2019ornements d\u2019église, de linges sacrés, de fleurs artificielles, etc., d)\tÉcoles pour enfants de nations idolâtres, cours d\u2019instruction religieuse pour les païens et assistance des mourants païens, etc.MAISONS DEJA EXISTANTES EN CHINE ET AU CANADA Fondation de V Institut à Notre-Dame-des-Neiges {1902) Outremont, près Montréal (fondée en 1903) : Maison-Mère.Noviciat.Procure des missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ateliers d\u2019ornements d\u2019église et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère et du Noviciat, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal.École (fondée en 1915) pour les enfants chinois des deux sexes, 404, rue Saint-Urbain, Montréal.Hôpital (fondé en 1918) pour les chinois, 76, rue Lagauchetière ouest.\u2014 (1916) Cours de langue et de ïï-mjmmimAmïmmjAvjmjmÆwmmjmjmmmifmkmmjmjmmmmmiim catéchisme pour les adultes chinois, le dimanche, de 2 h.30 à 4 h.de l\u2019après-midi, à l\u2019Académie commerciale du Plateau, 85, rue Sainte-Catherine ouest, Montréal.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants, lorsqu\u2019on les y appelle, soit pour l\u2019enseignement de la doctrine chrétienne, soit pour servir d\u2019interprète.Canton (fondée en 1909): École pour les élèves chrétiennes et païennes, crèches, orphelinat, dispensaire, refuge de vieilles, catéchuménat.Shek Lung, près de Canton (fondée en 1912) : Léproserie, 1,100 lépreux et lépreuses.Tong Shan, près de Canton (fondée en 1916): Crèche, 3,200 bébés annuellement.Ville de Rimouski (fondée en 1918) : Postulat.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi.Retraites fermées pour jeunes filles.École apostolique pour les aspirantes aux missions.Ville de Joliette (fondée en 1919): Adoration du très Saint Sacrement.Postulat et Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ville de Québec (fondée en 1919): Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées.Ville de Vancouver, Colombie anglaise (fondée en 1921): École ix)ur les enfants chinois des deux sexes; visite des chinois malades dans les hôpitaux et dans les familles, etc., etc.Ville de Manille, Iles Philippines (fondée en 1921): Hôpital général chinois.Imprimatur: t Georges, Év.de Philip., Adm.apost.\u2014 le 27 novembre 1921. (©Eubrcg Cijmoises! üeô â>oeurs iïlîôsiîonnaires! be r3mmaculée=Conception Année 1922 CANTON CHINE Bébés recueillis à la Crèche.Baptêmes d\u2019adultes.Sœurs chinoises.Catéchiste.Élèves.Orphelines.Ouvrières à l\u2019ouvroir Aides à la Crèche.3,735 7 56 1 182 59 29 12 Pansements faits au dispensaire .36,809 CRÈCHE DE TONG SHAN (près Canton CHINE) Bébés recueillis.3,204 LÉPROSERIE DE «6HEK LUNG (près Canton), CHINE Lépreux et lépreuses.1,100 MANILLE \u2014 ILES PHILIPPINES Hôpital Général Chinois, 286, Blumentritt.Malades reçus.1,119 A « la Charité »\t(salle des pauvres).614 Baptêmes.63 VANCOUVER, C.B., 143 est, Pender École chinoise \u2014 élèves.MONTRÉAL \u2014 Hôpital Chinois, 76 ouest, rue Lagauchetière Malades reçus .\t.Pansements.\t.Divers traitements\t.Opérations .\t.Baptêmes .\t.École chinoise, 404, rue Saint-Urbain Élèves.École du Plateau, 87 ouest, rue Sainte-Catherine Cours du dimanche et catéchisme.87 140 2,610 1,560 35 30 23 QUÉBEC, 4, rue Simard Cours du dimanche et catéchisme. iWonsctgneur #autï)îer ARCHEVÊQUE DE TARONA Coadjuteur « cum jure successionis » ' NE nouvelle de Rome, datée du 24 janvier 1923 et confirmée par Son Excellence le Délégué apostolique, nous apprend que le « Saint-Père a décidé d\u2019élever au siège archiépiscopal de Tarona (Tharonensis) Mgr Gauthier, en le désignant coadjuteur cum jure successionis.» Cette nomination, ardemment souhaitée de tous, nous cause une grande joie.Nous en remercions Dieu de tout cœur.Et, par l\u2019intermédiaire bienveillant de son représentant le Délégué apostolique, nous nous empressons de déposer aux pieds de l\u2019illustre pontife Pie XI, glorieusement régnant, le témoignage public de notre profonde et religieuse reconnaissance.Au nouvel archevêque-coadjuteur qu\u2019il nous soit permis d\u2019offrir nos plus vives et plus respectueuses félicitations.Mgr Gauthier est évêque depuis quelques années déjà et, dernièrement, ses lettres d\u2019administrateur apostolique lui ont conféré la juridiction d\u2019un évêque diocésain.Il conserve ses pouvoirs d\u2019hier et en continue le même exercice.Cela étant, ni les formalités d\u2019une prise de possession, ni les cérémonies d\u2019une investiture ne sauraient trouver ici leur place.Mais, à la réception des bulles de nomination, il sera convenable qu\u2019une fonction liturgique, au moins, réunisse auprès de Monseigneur les prêtres du diocèse.Ils y entendront la lecture du document pontifical et l\u2019occasion sera favorable de présenter leurs premiers hommages officiels.En attendant, nous sommes sûrs d\u2019interpréter fidèlement les sentiments de tous en priant Monseigneur le coadjuteur de vouloir bien agréer, avec nos protestations de profond respect, nos vœux de cordiale bienvenue.Sa Grandeur nous laissera lui dire que c\u2019est avec un réel bonheur, fait de sécurité et de légitime fierté, que nous la voyons prendre en mains les destinées de notre beau diocèse.Il est l\u2019élu du Saint-Père, il est aussi l\u2019élu de tous les cœurs.Le clergé sait voir en lui un modèle d\u2019abord et puis un chef.C\u2019est ce qu\u2019il veut, ce dont il a besoin.Les quelques mois d\u2019administration paternelle, intelligente et ferme, que nous venons de vivre sous sa direction vénérée, lui ont gagné la confiance universelle.Depuis longtemps, par ses brillantes et solides qualités personnelles, Mgr Gauthier a conquis notre admiration.Maintenant qu\u2019il est notre chef et notre père.1.La Semaine Religieuse de Montréal du 8 mars. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 461 il peut compter, en plus, sur le concours de toutes les bonnes volontés, sur le dévouement de toutes les énergies et de toutes les affections.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, par leur modeste revue, osent se joindre à Messieurs les membres du clergé, aux communautés religieuses, et à tous les fidèles du diocèse de Montréal, pour offrir à S.G.Mgr Georges Gauthier, archevêque de Tarona et coadjuteur de Montréal, avec les plus vives et les plus respectueuses félicitations, l\u2019expression de leur joie à l\u2019occasion de la nouvelle dignité par laquelle Rome a voulu reconnaître les services que Sa Grandeur a déjà rendus à l\u2019Église du Canada.jWonsteigneur ©estljampô VICAIRE GÉNÉRAL Monseigneur le coadjuteur vient de se choisir un nouveau vicaire général, dans la personne de M.le chanoine E.-A.Deschamps, curé de Ste-Brigide.Nous prierons Mgr Deschamps de vouloir bien agréer, avec nos sincères félicitations, l\u2019expression de notre respectueux dévouement.iWonôeigneur Miette RECTEUR DE L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL A leur réunion du 22 février dernier, NN.SS.les Évêques de la province de Montréal ont nonuné Mgr A.-V.-J.Piette recteur de l\u2019Université de Montréal.Il est difficile de dire laquelle est la plus grande de la peine qu\u2019éprouve le clergé de le voir s\u2019éloigner de l\u2019administration diocésaine, ou de la joie que cause, dans les milieux universitaires de notre ville, sa récente nomination.Nous souhaitons à Mgr le Recteur, dans la grande œuvre à laquelle il accepte de se dévouer, le plus complet succès.\u2014^ Je voudrais avoir des bras qui puissent embrasser le monde entier, pour le porter à Dieu et le remplir d\u2019amour.O mon Tout, que vous êtes peu connu, que vous êtes peu aimé! M.Olier Cj ^ HcKc-tt AKCHlTCCTt SÉMINAIRE CANADIEN DES MISSIONS ÉTRANGÈRES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC 0 Autour du Séminaire des Missions Etrangères ES travaux de construction du Séminaire des Missions Étrangères qui avaient été suspendus à raison de la températiue d\u2019hiver, reprendront dans quelques jorus.Ils seront poussés très activement, nous affirme-t-on, afin de donner abri, au mois de septembre prochain, à la phalange d\u2019aspirants-missionnaires qui s\u2019annoncent déjà.Aux tout premiers jours de la fondation (1921) deux séminaristes s\u2019étaient inscrits sur les registres de la nouvelle Société; l\u2019année 1922 en a vu dix autres prendre rang à leurs côtés.Il n\u2019y a aucun doute qu\u2019au mois de septembre prochain, le chiffre total s\u2019élèvera à près d\u2019une vingtaine.Les citoyens de la province de Québec qui ont salué avec tant de joie la création de cette œuvre apostolique constateront, avec non moins de satisfaction, son avancement et son progrès merveilleux.Le grain de sénevé jeté en terre par nos évêques, le 2 février 1921, a germé dans une terre féconde.Il laisse espérer, dans un avenir assez rapproché, les fruits les plus salutaires.Le peuple de la province de Québec a une double raison de se réjouir de l\u2019épanouissement de cette œuvre; d\u2019abord, parce que c\u2019est une œuvre apostolique et secondement, parce que c\u2019est une œuvre nationale.Tout le monde a encore en mémoire le chaleureux appel lancé par Sa Sainteté Benoît XV, demandant au monde catholique des prières, des aumônes et des missionnaires.NN.SS.les Évêques de la province de Québec, ont magnifiquement répondu à cet appel du Père commun de la Catholicité.Ils ont établi, pour les prêtres, l\u2019Union missionnaire du Clergé; pour les fidèles, ils ont réorganisé l\u2019œuvre si méritante de la Propagation de la Foi.Mais leur plus beau geste a été la création d\u2019un Séminaire des Missions Étrangères dont le but unique sera de fournir des missionnaires aux plages infidèles de la Chine.Tout le monde se rappelle la cérémonie si impressionnante du 16 octobre dernier, alors que Son Excellence Mgr Pietro Di Maria, délégué apostolique au Canada, bénit la pierre angulaire, entouré de quinze archevêques et évêques, de deux cents prêtres et religieux et d\u2019un grand nombre de fidèles, « L\u2019une des grandes raisons de cette œuvre, a dit Mgr Roy au cours de son allocution, c\u2019est le milliard d\u2019infidèles qui attendent de nous la vérité et le salut.Trois cent millions de catholiques peuvent-ils demeurer indifférents en face de mille millions de païens ?Une autre raison, c\u2019est qu\u2019après avoir tant reçu de Dieu et de l\u2019Église catholique le peuple canadien a le devoir d\u2019aller porter aux autres cette foi que trois siècles de christianisme lui ont infusée.» C\u2019est donc là le devoir de l\u2019heure pour le peuple canadien-français.Comment accomplira-t-il cette mission? 464 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 En fournissant d\u2019abord des missionnaires.Ils se présentent déjà nombreux, Tavenir certes se dore des plus belles espérances.Un autre devoir lui incombe, c\u2019est le soutien financier de cette œuvre apostolique.L\u2019on peut concevoir aisément le prix de la construction qui s\u2019élèvera bientôt à Pont-Viau.Or, sur quelles ressources les autorités du Séminaire peuvent-elles compter?Sur la générosité des catholiques.Mgr Roy a eu soin de le marquer au cours de son allocution.Pauperes evangelizabunt, a-t-il dit.Ce sont des pauvres qui évangéliseront.Dans ce Séminaire, il n\u2019y aura que des prêtres pauvres, il n\u2019y aura que des élèves pauvres, et ce sera les offrandes du clergé et des fidèles qui seront appelées à les faire vivre.Une autre raison pour laquelle le peuple canadien-français doit secourir cette œuvre, c\u2019est qu\u2019elle est une œuvre nationale.Jusqu\u2019à ce jour, les fils du Canada qui voulaient se livrer à l\u2019apostolat des missions étaient obligés d\u2019aller frapper à des portes étrangères.Il n\u2019en sera plus ainsi désormais.Le Canada français possédera son cadre missionnaire, les fils de nos familles seront parfaitement chez eux dans une société canadienne, dirigée par des prêtres canadiens, sous la tutelle des évêques de la province de Québec et, par une conséquence tout heureuse, leurs gestes apostoliques seront portés au crédit et à la gloire de la nation canadienne-française.Le public se doit donc de secourir cette œuvre.S\u2019il allait lui refuser son appui, s\u2019il allait la laisser péricliter, ne verrions-nous pas s\u2019accréditer cette légende que les Canadiens français, n\u2019ayant pas l\u2019expérience des missions, sont incapables d\u2019organiser chez eux des maisons de formation religieuse missionnaire.Il y a quelque vingt ans, a été fondée à Montréal, la première commrmauté missionnaire canadienne: les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, établies depuis à Canton, Tong Shan, etc.Aujourd\u2019hui, c\u2019est le tour des prêtres canadiens de s\u2019enrôler sous la bannière missionnaire.L\u2019honneur national donc nous fait un devoir d\u2019aller à leur secours.Les autorités du Séminaire profitent de la circonstance pour remercier les âmes généreuses qui leur ont prêté jusqu\u2019ici leur sympathique appui.A la veille de recommencer les travaux, ils comptent sur un secours plus général.Ils accepteront, avec la plus grande reconnaissance, et les dons les plus infimes comme aussi les prêts à fonds perdus.L\u2019espoir qu\u2019ils ont placé dans la générosité publique ne devrait pas être confondu.Une occasion exceptionnelle s\u2019offre aux personnes qui, à l\u2019occasion du carême, doivent suppléer par des aumônes aux jeûnes et aux pénitences dont elles sont d\u2019ailleurs incapables.« L\u2019aumône, a dit l\u2019Écriture, efface les péchés et fait trouver miséricorde.» Combien de familles qui, à l\u2019occasion des réjouissances de Pâques, ont l\u2019habitude d\u2019ouvrir leurs bourses aux malheureux?Or, où trouver, selon la belle expression de Benoît XV, où trouver « des hommes méritant davantage la charité de leurs frères que les infidèles, que l\u2019ignorance de Dieu voue au déchaînement aveugle des passions et tient enchaînés dans le plus odieux des esclavages, celui du démon.Nous demandons donc à tous, a ajouté le Pontife, de se montrer aussi généreux que leur permettent leurs ressources.« Si quelqu\u2019un, pourvu des biens de ce monde, ferme Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 465 son cœur à son frère qui est dans le besoin, comment est-il possible que l\u2019amour de Dieu demeure en lui?» (I JoA, iil, 17.) Afin d\u2019engager le clergé et les fidèles à aller au secours du nouveau Séminaire, « la Société des Missions étrangères de la province de Québec » a résolu d\u2019admettre (à part ses membres actifs), des membres honoraires comme suit: 1® Membres fondateurs: a) Les institutions qui verseront la somme de $10,000.00; b) les personnes qui donneront $5,000.00; 2° Membres bienfaiteurs: a) Les institutions qui verseront la somme de $2,000.00; b) les paroisses qui, par l\u2019organisation de la Propagation de la Foi, fourniront chaque année au moins $500.00; c) les personnes qui donneront $1,000.00, ou encore $100.00 durant dix ans; d) les personnes qui payeront les frais de pensions et d\u2019entretien d\u2019un séminariste pendant quatre années.Ces frais sont estimés à $200.00 par année; 3° Membres adhérents: a) Les institutions qui verseront ime contribution annuelle de $100.00; b) les chefs de groupe de la Propagation de la Foi qui maintiendront au moins ime dizaine en pleine activité; c) les personnes qui verseront une contribution annuelle de $10.00; d) les personnes qui verseront un capital d\u2019au moins $1,000.00 à rente viagère.Tous ces membres auront droit aux prières et aux mérites des missionnaires.De plus, il sera chanté chaque année dans la chapelle du séminaire, deux messes solennelles: l\u2019une pour les vivants, en la fête de saint François Xavier, le 3 décembre; l\u2019autre pour les défunts, au mois de novembre.Un service solennel sera chanté dans la chapelle du Séminaire pour chacun des membres bienfaiteurs et fondateiurs qui décédera et pour les personnes qui verseront un capital d\u2019au moins $1,000.00 à rente viagère.Un diplôme spécial sera en outre accordé à tous les membres bienfaiteurs et fondateurs.C.Rondeau, ptre, des Missions étrangères P.S.\u2014 Polu- tout don ou toute autre communication, prière de s\u2019adresser à M.le chanoine J.-A.Roch, 300, avenue Outremont, près Montréal. ü'étQk apogtoIiQue be J^imousffei E Précurseur a déjà fait connaître l\u2019École apostolique que les Sœurs Missionnaires de rirnmaculée-Conception ouvrirent à Rimouski en 1921, pour recruter les jeunes filles qui donnent quelqu\u2019espoir de vocation missionnaire.Ayant eu l\u2019avantage de m\u2019intéresser de près à cette fondation, depuis son origine jusqu\u2019à ce moment où la voix du Chef de l\u2019Église m\u2019appelle sur un autre théâtre, je me fais un plaisir de la recommander aux lecteurs du Précurseur, avant de me séparer définitivement d\u2019une œuvre à laquelle j\u2019aurais été heureux de consacrer une plus large part de ma vie.L\u2019École apostolique a été fondée pour chercher, recueillir, cultiver et faire mûrir les vocations missionnaires parmi les jeunes filles.Sans doute il éclot des vocations de cette nature dans les nombreux couvents qui donnent l\u2019éducation chrétienne aux jeunes filles.Mais devant les appels pressants que les derniers Pontifes ont fait entendre, devant la supplication émue de Pie XI qui, les yeux humides et la voix tremblante dans un sanglot, jetait ce cri d\u2019angoisse: « Donnez-nous des missionnaires », il faut prendre des moyens plus appropriés.La multiplicité des collèges où les garçons préparent leur avenir donne aussi un bon nombre de vocations; cela n\u2019empêche pas que l\u2019Église demande plus et que la tendance actuelle est d\u2019ouvrir, tout à côté de ces institutions, des Écoles apostoliques où l\u2019on cultive spécialement des vocations sacerdotales.Ainsi à côté de ces couvents, on institue des écoles spéciales qui, par le choix des sujets et par l\u2019orientation particulière donnée à la formation, deviennent des jardins fermés où se cultivent les fleurs choisies que sont les âmes missionnaires.A cette première raison des Écoles apostoliques, ajoutons encore celle-ci: les pensionnats de jeunes filles reçoivent les enfants dont les parents peuvent défrayer les frais de pension et d\u2019éducation.L\u2019expérience prouve que dans bon nombre de familles de campagnes éloignées, se trouvent des âmes candides d\u2019enfants qui ne peuvent offrir aux éducateurs qu\u2019une intelligence éveillée et un cœur ardent, désireux de se donner à Dieu.L\u2019École apostolique s\u2019occupe des chères enfants plus favorisées du côté de l\u2019âme que du côté de la fortune, et sa tendresse paraît grandir en proportion de l\u2019indigence dont elles font preuve.Nous avions l\u2019an dernier sept petites « apostoliques ».Cette année nous en avons reçu quinze.Elles nous viennent jusqu\u2019ici des seules parties du diocèse visitées par nos religieuses missionnaires dans leurs courses pour organiser l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.La maison, fort bien amé- Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923\t4 67 nagée, peut en recevoir trente.La chose est nouvelle, le courant n\u2019est pas encore établi: c\u2019est pour cette raison, sans doute, que les parents et les curés n\u2019utilisent pas en plus grand nombre les avantages que l\u2019institution offre à la culture des vocations que tous seraient heureux de voir surgir dans leurs familles ou leurs paroisses, et que l\u2019on peut trouver facilement, pour peu que l\u2019on s\u2019occupe d\u2019en susciter autour de soi.J\u2019ai prêché l\u2019Œuvre des Vocations dans la plus grande partie des paroisses du diocèse de Rimouski, et partout j\u2019ai été ému des sentiments qu\u2019une semblable prédication provoque.C\u2019est un horizon nouveau qui semble s\u2019ouvrir devant les yeux grands ouverts des parents.Cela les attire.Plusieurs avouent n\u2019avoir jamais pensé que le bon Dieu pourrait leur faire l\u2019honneur de réclamer un de leurs enfants.Des curés me rendirent témoignage que leurs enfants de chœur sont plus réguliers, plus dociles, plus pieux depuis qu\u2019ils ont l\u2019espoir d\u2019entrer dans la voie qui conduit au sacerdoce.J\u2019ai reçu parfois de naïves délégations de groupes enfantins qui venaient solliciter leur admission avec des flammes pleins leurs petits yeux.Nous aurions le même succès avec l\u2019École apostolique des filles, il ne s\u2019agit que de semer l\u2019idée.Les parents en parleront à leurs enfants, s\u2019appliqueront à les élever avec plus de soin, à entretenir chez eux l\u2019idée apostolique, à éloigner de leurs regards les vulgaires caricatures des journaux qui sèment la laideur et la vulgarité jusque dans les foyers les plus reculés de nos campagnes; ils s\u2019intéresseront davantage aux récits de missions qui entretiennent la flamme de l\u2019apostolat.Les enfants elles-mêmes prieront avec leurs petits frères pour que Dieu suscite des vocations dans la famille.Les institutrices s\u2019y intéresseront de leur côté et un souffle d\u2019apsotolat passera dans nos paroisses chrétiennes pour faire germer la semence qui viendra mûrir à l\u2019École apostolique.Ainsi nous répondrons à Dieu qui appelle les âmes à l\u2019apostolat; à l\u2019Église qui demande des missionnaires; à la poussée profonde de l\u2019âme jeune qui aspire à se dévouer aux belles et grandes causes.J\u2019emporterai dans mon diocèse le souvenir de l\u2019École apostolique de Rimouski, pour en propager l\u2019idée au milieu de nos bonnes populations gaspésiennes.Et en la bénissant, je rêve que ce frêle arbuste, dont j\u2019ai arrosé les premières tiges, devienne un grand arbre vers les branches duquel s\u2019envoleront les âmes pour s\u2019enivrer aux grandes brises de l\u2019apostolat.t F.-X.Ross Évêque de Gaspé Il y a eu cent ans, en mai 1922, qu\u2019une jeune fille de Lyon, Pauline-Marie Jaricot, instituait l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi.Durant ce siècle, l\u2019Œuvre a distribué 500 millions aux missionnaires du monde entier. VN Le T.R.Père Rouleau Provincial des RR.PP.Dominicains au Canada ÉVÊQUE ÉLU DE VALLEYFIELD Long et heureux épiscopat au très digne pasteur ! Vives félicitations à la grande famille Dominicaine et au beau diocèse de Valleyfield! 1 jHa prière à POUR MA MÈRE ET MES SŒURS -w- Je viens, divin Jésus, pour ma bien-aimée Mère, Confiante à tes pieds te tendre mes deux mains; Ta grâce, tu le sais, me sera deux fois chère Si tu daignes combler tous ses vœux dès demain! Puisque son seul bonheur et son unique envie Est de rendre ton Nom partout plus glorieux.Accorde à ses enfants, conduites par Marie, De te gagner des cœurs, de les guider aux cieirx.Donne à mon Institut, des apôtres zélées.Des cœurs passionnés pour ton règne, ô Jésus; Des martyrs dont le sang, fécondantes rosées.Fasse germer partout des chrétiens, des élus.Donne à toutes mes Sœurs l\u2019humilité profonde.L\u2019esprit d\u2019obéissance, avec la charité.Des ailes les portant jusqu\u2019aux bornes du monde Pour accomplir, mon Dieu, ta sainte volonté.Donne la charité, saintement fraternelle.Qui transforme la terre en un vrai paradis.Aux enfants de la Vierge aimable et toute belle: Que ce soit là leur part, leur héritage exquis.Seignevu:, pour devenir des âmes conquérantes.Il faut aimer beaucoup et beaucoup s\u2019oublier; Il faut des cœurs de feu, des volontés vaillantes, Heureuses de souffrir et sachant s\u2019immoler. 470 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Jésus, toi qui bénis toute offrande joyeuse, Reçois pour tes bienfaits notre Magnificat; S\u2019il faut, à notre front, ta couronne épineuse.Par ce « Cantique » encor reçois notre Fiat.Toujours, nous combattrons avec joie et bravoure.Sous tes saints étendards, ô Prince de la paix: Comme un puissant rempart la Vierge nous entoure! Notre arme est ton amour, qu\u2019il triomphe à jamais! Et quand, enfin, viendra le soir de notre vie.Le cœur toujours joyeux et perdu dans le tien, Conduis-nous, ô Jésus, dans les bras de Marie.Qu\u2019avec vous, nous jouissions d\u2019un bonheur sans déclin.S.M.du S.S.Manille, 24 décembre 1922. ï.e bclégué bu ^ape à Canton U jeudi, 7 décembre, au lundi, 11 du même mois.Son Excellence Mgr Celse Costantini, premier Délégué Apostolique en Chine, a été l\u2019hôte de la Mission Catholique de Canton.La série des solennités, qui se sont déroulées au cours de ces journées, a montré de façon irréfragable les liens forts comme la mort, qui imissent cette Mission au Saint-Siège.Reçu à la gare de Canton-Kowloon, par le R.P.Fourquet, supérieur de la Mission, et ime délégation du clergé et des fidèles.Son Excellence a fait ime entrée solennelle dans la cathédrale, splendidement parée; dès ce premier contact.Elle a salué et béni l'assistance, qui remplissait l\u2019édifice.Le soir du même jour.Sa Grandeur a rompu le pain de la parole au clergé présent, en attendant les agapes fraternelles qui, au Séminaire Saint-François-Xavier, fondaient in corde uno et anima una, pasteurs et brebis du vicariat, et donnaient à Son Excellence ime répétition à 1900 ans de distance des repas de la primitive Église.Le 8, Son Excellence visita les œuvres diverses qui entourent la Mission.Les prémices furent pour nos religieuses canadiennes, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, qui célébraient leur fête patronale.A 10 heures, réception sans faste et toute lévitique au Séminaire.Ail heures, présentation en masse, militairement faite, des 800 élèves du collège du Sacré-Cœur dans leur champ de récréation, et suivie de leur splendide défilé avec fanfare.C\u2019est ensuite la salutation à la fois naïve et de bon ton des petits garçons de l\u2019école paroissiale et de l\u2019Orphelinat.Dans la soirée.Son Excellence recevait les hommages au tact si exquis des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et de toutes leurs pupilles, ceux aussi des vingt-cinq novices indigènes, et donnait dans la chapelle du couvent la bénédiction solennelle du Saint Sacrement.Le samedi matin.Son Excellence célébra la messe au Séminaire et, avant la commimion, laissa déborder son âme eucharistique.Le reste de ce même jom fut réservé à la visite des autorités constituées.Monseigneur présenta successivement ses hommages à Son Excellence le général Chan Kwing Ming, et à Son Excellence M.Chan Chek U, gouverneur de la Province.Les deux gouverneurs reçurent très courtoisement le représentant de la première puissance morale du monde, et voulurent bien voir en l\u2019Église, l\u2019agent le meilleur du respect, de l\u2019ordre, de la paix sociale, en ce moment même si menacés.M.Chan Kwing Ming remercia Mgr le Délégué pour le dévouement pour le bien public qu\u2019il trouva toujours auprès des prêtres et des fidèles catholiques.M.le gouverneur civil, un artiste, pour rendre hommage à Rome, le sanctuaire du beau, et par une attention spéciale 472 Montréal LE PRÉCURSEXJR Mai 1923 pour Mgr le Délégué, lui-même ami des arts, daigna lui faire l\u2019honneur de ses vieilles peintures de la dynastie des Tang.Dimanche, 10, office pontifical en toute sa splendeur dans la cathédrale bondée.L\u2019entrée et la sortie très solennelle de Son Excellence en cappa magna, entourée des nombreux ministres parés des ornements sacrés, impressionna vivement.Une mélodie de clarinette avec accompagnement d\u2019orgue, par les Frères du Collège du Sacré-Cœur, rehaussa la cérémonie.Épisode touchant et inouï encore à Canton, quinze premiers communiants, neuf petites filles et six petits garçons, tout de blanc habillés avec cierge et brassard, reçiuent Notre-Seigneur de la main de son Pontife, pendant que la chorale du couvent chantait im morceau de circonstance.La soirée fut réservée aux pensionnaires des Petites Sœurs des Pauvres et aux deux milliers de vieillards ou d\u2019aveugles, confiés par le gouvernement cantonnais à la direction du révérend Père Fomquet.Débiteur envers tous, du plus noble au plus humble, du plus riche au plus pauvre, Mgr le Délégué, parti lundi matin de Canton pour Hong Kong, visita sur sa route le rebut de l\u2019humanité, les onze cents lépreux de Shek Lung, misérables aux yeux des hommes, mais perles précieuses aux yeux de Notre-Seigneur, qm lui-même voulut bien être traité de lépreux.Rien de ce qui peut donner un caractère extérieur de solennité ne manqua à ces fêtes: affluence des fidèles, ordre et majesté des cérémonies, arcs de triomphe, pavoisement, cadeaux, finesse des illuminures, profusion des fleurs, des pétards, nous dirions même des compliments.Mais ce caractère extérieiu: n\u2019était qu\u2019im signe; le cœur débordait de partout.Rien ne paraît mieux exprimer le sentiment général que les extraits suivants d\u2019xme des adresses lues à Son Excellence.« Votre Excellence vient à nous comme le Vicaire du Souverain Pastexnr, du plus grand Roi du monde, du laboureur dont le champ est l\u2019univers, du Maître ouvrier de la maison de Dieu.« Nous vous recevons comme tel.Monseigneur, espérant que par votre sollicitude, les brebis sans nombre de notre pays, qui ne sont pas encore du bercail de l\u2019Église, y seront finalement amenées.« Nous vous recevons, désirant ardemment que, vous aidant, le règne de Dieu arrive, qu\u2019il croisse et se dilate jusqu\u2019aux extrêmes frontières de notre République.« Nous vous recevons, souhaitant que par votre secours, le champ, hélas! encore demi-stérile, de notre patrie, soit fécondé, labouré, ensemencé, et porte un fruit plus abondant.« Nous vous recevons, désirant de tout cœur que la pierre qui est le Christ, devienne la montagne immense, qui remplira la terre entière, sans en excepter la totalité de notre Chine.« La nouvelle nous parvenait récemment, que des explorateurs ont offert au Saint-Père, im fragment de rocher détaché de l\u2019Himalaya, le roi des monts.Ce geste mémorable figure merveilleusement la Pierre du Saint-Siège, devenant de jour en jour davantage, la colonne et le fondement de tout l\u2019univers.« C\u2019est la même idée que symbolisaient les deux blocs de pierre apportés, Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923\t4 73 l\u2019un de Rome, l\u2019autre de Jérusalem, et que Sa Grandeur Mgr Guillemin encastra, il y a soixante années déjà, dans les fondations de notre cathédrale.« Puisse Votre Excellence être comme le ciment nouveau qui, plus intimement encore, nous agglutinera, nous unira au Chef de l\u2019Église [catholique, et fera de notre patrie ime fraction moins indigne du mystique palais de Dieu.Appuyés sur cet espoir, de toutes nos forces, nous nous écrions: « Vive Sa Sainteté, le Pape Pie XI! Vive Son Excellence! » Par son affabilité, sa bonne grâce, par son bon accueil, son amabilité, par sa taille même et la majesté de son port, Mgr le Délégué a réalisé sur l\u2019heure le dernier de ces vœux.Il a conquis et dilaté tous les cœurs, ceux des prêtres et ceux des fidèles, et les a fondus tous dans un amour et une vénération encore plus profonds pour la sainte Église et son Chef.Une foule d\u2019attentions délicates, dont on pourrait faire le plus suave des bouquets, n\u2019échapperont jamais à notre mémoire: allusion toute émue à la piété des grands blessés français à Lourdes, chantant au milieu du silence du soir, accompagnés par la seule voix du Gave, le Parce Domine pour la France meurtrie; salut discret au vétéran des missionnaires, vieux zouave pontifical; usage des bâtonnets et des mets chinois au repas du jeudi soir; baptême administré de sa main à douze petits moribonds de la crèche de la Sainte-Enfance confiée à nos Sœurs canadiennes; bénédiction des tables aux réfectoires du couvent; signature apposée sur le souvenir de nos premiers communiants; prière instante et immédiatement exaucée d\u2019être pho-thographié entouré de cinq ou six des plus misérables parmi les lépreux.Si l\u2019envoyé du Pape est si bon, que doit-ce donc être du Saint-Père lui-même ?L\u2019esprit du bienheureux Odoric de Frioul qui, il y a juste 600 ans, arrivait au Céleste-Empire par la voie de l\u2019Océan Indien, portant avec lui les reliques de quatre de ses frères en saint François, qui donnait la croix à baiser à l\u2019empereur de Chine, qui, passant par le Thibet, revenait à Rome annoncer ses magnifiques espoirs, son esprit, disons-nous, semble s\u2019être reposé sur son compatriote; et nous ne mentirions pas en affirmant que quelque pieux larcin de quelque Véronique pourrait bien avoir été commis au détriment de l\u2019illustre Visiteur: On dépouillait bien Pie IX, Pie X de leur calotte, et l\u2019on n\u2019aurait pu dérober un fil à l\u2019envoyé de Pie XI ?Ce sera ime relique indirecte du Pape.Au bouquet des actes, marions le bouquet des paroles de Monseigneur: « Fidèles de Chine, mes Frères bien-aimés, je viens à vous, non point en mon nom, mais en celui du Vicaire du Christ lui-même, au nom du Pape Pie XI qui vous dit non pas seulement à vous, mais à tous vos compatriotes: «Je suis votre père, je suis votre frère»; je viens au nom de celui qui veut se faire chinois avec vous, pour vous gagner tous à Notre-Seigneim, dans lequel il n\u2019y a ni juif, ni gentil, ni grec, ni barbare, ni libre, ni esclave, ni jaune, ni blanc; je viens au nom du Pontife qui, dans son cœur, portant tous les peuples, désire vous gagner à Celui qui, mort pour nous tous, même pour la noble nation chinoise, à la civilisation si antique, veut que tout homme soit sauvé et qu\u2019il n\u2019y ait ici-bas qu\u2019un troupeau et qu\u2019un pasteur. 474 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 « Vaillants missionnaires, qui succombez à la tâche, je salue en vous les successeurs des apôtres, les émules des martyrs et leurs frères.A l\u2019exemple de vos aînés, continuez généreusement à planter l\u2019Église de Chine, sinon de votre sang, tout au moins de vos larmes et de vos sueurs.En union avec la divine Victime, soyez des hommes de prière, des hommes de sacrifice et ne désespérez jamais.Quam speciosi pedes evangelizantium paceml Continuez à user vos pieds en courant après les âmes; demeurez les soldats du Christ, les soldats du Pape, en cette terre lointaine, voyant toujours dans le successeur de Pierre, une nouvelle forme de l\u2019Eucharistie.« Prêtres chinois bien-aimés, vous êtes parmi les vôtres le pusülus grex, mais bien aussi la gens sancta, le regale sacerdotium.Notre-Seigneur vous a choisis quelques unités seulement parmi des millions de vos compatriotes?Vous vous devez de les convertir en masse, liés que vous êtes à eux non pas seulement par les liens de la charité, mais encore par ceux du sang et de parfaire ainsi le travail de vos pères et maîtres dans la Foi.Que Dieu vous multiplie en nombre, en science, en vertu.Et faites vôtre le mot du grand Paul; Caritas Dei urget nos; impendam et superimpendar ipse pro animabus vestris.« Jeunes séminaristes, enfants de prédilection, espoir de la Sainte Église et pupille de son œil, aimez votre Séminaire où vous cohabitez avec Notre-Seigneur.Trouvez en lui le Thabor.Avec saint Jean, aimez à reposer sur le Cœur du divin Maître.Par votre amour de la sainte communion, par votre culte de la sainte Écriture et de la parole de Dieu, soyez à l\u2019exemple de Népotien la «^bibliothèque du Christ ».« Mes chères Sœurs en Notre-Seigneur, destinées à semer la divine semence, vous complétez dignement la lignée des Saintes Femmes de l\u2019Évangile; avec elles vous accompagnez Notre-Seigneur au Calvaire, et vous le consolez parmi les pécheurs et les païens qui continuent à le crucifier.« Mes chères Sœurs de toutes nations, qui en différents asiles avez la charge d\u2019une armée de vieillards, d\u2019aveugles, de lépreux, d\u2019enfants abandonnés, je salue en vous Notre-Seigneur poursuivant en ce monde son misereor super turbam, entourées comme lui de toutes les infirmités humaines.Vous soignez les pieds du Christ, vous êtes sa lumière parmi les nations, vous êtes l\u2019huile qui réchauffe, qui éclaire et qui guérit; par votre charité, vous convertissez la Chine, et mériterez d\u2019entendre la parole du Maître; « Venez à moi les bénis de mon Père, parce que vous m\u2019avez recueilli, pansé, visité, abreuvé, nourri.» « Mes chers amis, les lépreux de Shek Lung, je vous salue avec le même respect que ferait le divin Sauveur; si Notre-Seigneur venait visiter la Chine en ce moment, ce n\u2019est pas chez son Vicaire, pas davantage chez ses évêques ou ses prêtres, mais bien chez vous, qu\u2019il viendrait d\u2019abord.« Chers jeunes gens du Collège du Sacré-Cœur, vous serez demain le cerveau, le cœm: de votre noble patrie.Dès aujourd\u2019hui préparez-vous à ce rôle sublime par l\u2019obéissance, le respect, la discipline, par im travail soutenu.Soyez des hommes et puisse la vraie lumière, soupçonnée par le plus illustre de vos sages, luire un jour sur vous tous.« Mes chers enfants du couvent de l\u2019Immaculée-Conception et de Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923\t475 l\u2019école de la paroisse, de vous Notre-Seigneur a dit: « Laissez venir à moi les petits enfants.» Vous êtes l\u2019Église de demain, l\u2019espoir du céleste Semeur.Et vous, chères Sœurs et maîtresses, continuez courageusement à sculpter les âmes de vos disciples, à les graver toutes à l\u2019effigie de Notre-Seigneur.« De vous tous, mes chers Frères, j\u2019accepte avec effusion les compliments et les fleurs.Ces fleurs, si belles soient-elles, se flétriront et perdront leur odeur.Que vos cœurs ne se flétrissent jamais par le péché; demeurez toujours la bonne odeur du Christ parmi vos compatriotes.Les sentiments de votre cœur je les agrée, non pas comme s\u2019adressant à mon indigne personne, mais bien à Celui qui m\u2019envoie, le Souverain Pontife, et par lui au Chef invisible de la Sainte Église, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui a dit: « Qui vous reçoit, me reçoit; qui vous méprise me méprise.» R.P.Fabre, Sup.du Séminaire de Canton-Chine.Causerie sur les animaux TL existe au Bengale une araignée très jolie, mais venimeuse.Elle est marquée de barres transversales de largeur inégale et de différentes nuances.On y voit des barres rouges, vertes, blanches, dorées, et noires, le tout parsemé de petits points de couleurs variées.Cette araignée aux pattes inégales, après avoir filé sa toile, met au milieu une croix de Saint-André dont les montants ont environ deux lignes de largeur et huit pouces de longueur.On dirait que la croix a été tissée au crochet.Quant le tout a été bien préparé, l\u2019araignée, se plaçant au centre de la toile, met ses pattes sur les montants de la croix et attend que les insectes viennent se faire prendre.Quelle variété le bon Dieu a mise dans ses œuvres! Un laboureur des Missions des RR.PP.de Ste-Croix I LES ÉLÈVES DE L\u2019ÉCOLE CHINOISE des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Montréal i â>oubenir beô tempsi b^roïtïues; be notre papô U N soir d\u2019hiver 1844, deux jeunes Canadiens, Antoine Morin et Baptiste Saint-Cyr, employés de la Compagnie au fort Chippeweyan, bâti sur les hauteurs qui bordent, au nord, le lac d\u2019Athabaska, s\u2019entretenaient ensemble de leur situation critique.Ils regrettaient la privation de tout secours religieux.Ce qui les inquiétait surtout, c\u2019était l\u2019enfer.Une jeune femme sauvage, mariée à un métis, Baptiste Tourangeau, écoutait cette conversation.« Qu\u2019est-ce que c\u2019est que l\u2019enfer ?» demanda-t-elle, intriguée.Les jeunes gens lui disent ce qu\u2019ils en connaissaient.« Je ne puis vous croire.Vous voulez vous moquer de moi.Quand mon mari sera de retour, je le lui demanderai.» Trois jours après.Tourangeau arrivait sur le lac Athabaska avec une charge traînée par des chiens.Dès que sa femme peut le reconnaître, elle court à sa rencontre, et, dès qu\u2019elle peut se faire entendre: « Est-il vrai, lui dit-elle, qu\u2019il y a un enfer ?\u2014 Oui, répondit-il.» Le mari surpris de la demande et de l\u2019émotion de sa femme, ne peut dissimuler la sienne.Il arrête ses chiens, et les deux époux s\u2019essayent en silence sur le traîneau.Puis, la femme reprend: « Comment ne m\u2019as-tu pas dit cette chose-là?Mes enfants et moi, nous ne voulons aller en enfer.Je croyais que tu m\u2019aimais; je vois bien que tu ne m\u2019aimes pas.\u2014 Ah! si nous avions des prêtres comme au Canada! murmure Tourangeau.\u2014 Que fais-tu, matin et soir ?Tu te mets à genoux, et tu semblés parler à quelqu\u2019un.\u2014 Je prie le bon Dieu.\u2014 Tu pries le bon Dieu! Voilà qui est bien! Toi, tu sais ce qu\u2019il faut faire pour ne pas aller en enfer.Tu dis que tu m\u2019aimes et tu ne me l\u2019as pas appris.Si tu m\u2019aimes réellement, tu me le montreras et tu me conduiras avec mes enfants là où il y a des prêtres afin que nous n\u2019allions pas en enfer.» Ce n\u2019était pas chose facile.Les prêtres étaient à la Rivière-Rouge, c\u2019est-à-dire à 700 lieues!!! Il fallait renoncer à ses gages, entreprendre un long voyage avec trois ou quatre enfants, trouver le moyen de vivre dans un pays inconnu, etc. 478 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Cependant, les Tourangeau eurent ce courage.Après un hiver passé à Saint-Boniface, après avoir reçu le Baptême et l\u2019instruction chrétienne, ils retournèrent gagner leur vie et donner le bon exemple à Athabaska.Le zèle des néophytes prenait quelquefois des formes étranges.Le Père Grandin avait remarqué qu\u2019un vieillard s\u2019était gratifié d\u2019une belle tonsure.Sachant que les sauvages se coupaient souvent les cheveux quand ils souffraient des maux de tête, il n\u2019y prêta pas d\u2019abord plus d\u2019attention; mais, ayant constaté que la tonsure était toujours rafraîchie les jours de communion: « Pourquoi, portes-tu la tonsure?As-tu mal à la tête?\u2014 Et toi, répondit le sauvage, est-ce parce que tu as mal à la tête que tu la portes?\u2014 Non, je la porte parce que je suis prêtre.\u2014 Eh! bien, moi, répondit-il, je ne suis pas prêtre, mais je la porte, parce que je sais qu\u2019en t\u2019imitant, je ne puis pas commettre de péché, et je fais bien.» Un sauvage des environs de Churchill, qui avait entendu plusieurs sauvages d\u2019Athabaska lui parler du Père Grandin, se voyant près de mourir, dit à sa femme: « Que je voudrais être baptisé! Ceux qui ont reçu le baptême vont voir le Grand Esprit.Baptise-moi donc.\u2014 Mais comment faire ?répondit la femme.Je n\u2019ai jamais vu baptiser.\u2014 Il paraît qu\u2019on verse de l\u2019eau sur la tête.» Et voilà la bonne femme qui prend sa chaudière, va la remplir au lac, et la verse en entier sur la tête de son mari.« Va encore en chercher, reprend le malade; baptise-moi bien.» Et l\u2019opération fut répétée plusieurs fois.Si le baptême ne fut pas valide, ce ne fut certainement pas l\u2019eau qui manqua.Dieu, sans doute, eut égard au désir de cet enfant des bois.Cette histoire fera peut-être sourire le lecteur; elle fit pleurer le Père Grandin.Il ne pouvait être insensible à la pensée de ces âmes rachetées par le sang d\u2019un Dieu et n\u2019ayant personne pour leur appliquer les mérites de Jésus-Christ.Plusieurs venaient le trouver: « Père, lui disaient-ils, il fait bien noir dans notre cœur; donne-nous l\u2019eau qui rendra notre âme blanche.» \u2014 La vie de missionnaire est une rude vie qui demande des cœurs forts comme l\u2019acier.La vie du missionnaire n\u2019est pas brillante, mais il n\u2019y en a pas de plus fécondes en vraies joies intérieures.\u2014 A la suite de Jésus-Christ, tous les saints ont d\u2019âge en âge répété le Sitio du Calvaire: « Des âmes.Seigneur, donnez-nous des âmes.» Les Rogations aux environs de Po-T\u2019Cheou ENDANT mes Rogations je comparais la Chine à la Bretagne et au Kent, les deux pays où j\u2019ai vécu avant de venir dans l\u2019empire du Milieu.Presque tous nos chrétiens sont des paysans: jusqu\u2019ici peu ou pas d\u2019espoir dans les villes.Lettrés et commerçants sont trop orgueilleux, trop corrompus, trop voleurs pour que Dieu daigne en faire les prémices de ses élus.Or, au paysan il faut surtout des fêtes comme les Rogations, directement instituées pour lui et dont le sens, \u2014 demander ime belle moisson de blé, \u2014 au moins, n\u2019est pas par trop mystique.Oh! que tout cela me rappelle le temps où tout jeune enfant, je suivais M.le Recteur à travers les bois, les prairies, les champs, les genêts, les ajoncs dorés de cette chère paroisse, doux lieu de ma naissance! La procession sortait au point du jour.Tous les bambins de l\u2019école, aimant mieux la procession que la classe, suivaient gaiement le digne Recteur qui d\u2019une voix grave, invoquait tous les saints tandis que nous, nous répondions invariablement: Or a pro nobis à tort et à travers.Les vieux et les vieilles égrenaient leur chapelet, et le bon instituteur (que les temps sont changés!) ne cessait de nous rappeler à l\u2019ordre avec son refrain habituel: «Mais, faites donc plus attention à Dieu qu\u2019aux merles et aux prés! » On célébrait la \u2019messe dans quelque vieille chapelle, la plus éloignée possible de l\u2019église paroissiale, et on revenait comme on était allé, chantant toujours sans se fatiguer: Or a pro nobis.Quelle fête! autant de gagné sur la récitation des leçons! Je pensais à tout cela quand le 5 mai, au petit jour, je quittais Po-t\u2019cheou, grande ville pauvre et sans poésie pour aller faire, à ma façon, ma tournée de Rogations.Suivez-moi, si vous voulez avoir une petite idée de ce coin du monde où vous serez peut-être un jour mon successeur.Le curé est à mule avec sa chapelle portée devant lui par deux robustes gaillards.La campagne est magnifique et d\u2019ime prodigieuse fertilité.Plaine sans borne, puisque, dit-on, le pays est ainsi uniformément plat des rives de la Hoai aux murailles de Péking, soit 600 lieues, et au-delà.Autant est-ce triste quand c\u2019est nu, en hiver, ou inondé, en été, autant au mois de mai, le paysan français soudainement transporté ici trouverait le spectacle ravissant.Le blé commence à pousser des épis.A perte de vue, du^ blé, et encore du blé.Dans mon district, pas l\u2019ombre d\u2019une rizière.Partout des paysans au comble du bonheur, car, cette année, la pluie est tombée en abondance et la récolte s\u2019annonce superbe.Il faut si peu à ces pauvres, sans souci ni de politique ni de question sociale, il faut si peu pour les rendre contents! Un petit vent frais caresse cette mer d\u2019épis qui ondule légèrement comme l\u2019eau pure d\u2019un lac paisible et sans rivages au souffle de la brise du matin. 480 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 « Père, demande un païen, le blé est-il aussi beau chez vous que chez nous ?» Oh ! bien plus beau, lui répondis-je.Votre blé à vous mûrit trop vite, les grains sont trop menus.Votre soleil est excessif.N\u2019empêche que, comme coup d\u2019œil, je n\u2019ai rien vu en Bretagne de si beau, de si riche que vos plaines infinies, à cette époque de l\u2019année.Sais-tu quel est celui qui te donne de si beau blé?^\u2014Mon travail! » répondit l\u2019ingrat.Et, marchant, marchant toujours à travers des champs de blé, plus beaux les uns que les autres, côtoyant la rivière la Kouo, sillonnée de centaines de barques se rendant à Po-t\u2019cheou, j\u2019arrive vers 8 heures dans un petit oratoire de campagne, dédié à saint Joseph.Près de cent chrétiens m\u2019attendent.C\u2019est la première fois que je viens pour les Rogations, puisque la petite église, en chaume, ne fait que d\u2019être finie.« Je viens, braves gens, prier pour vos familles, vos bœufs, vos ânes, votre blé, votre sorgho.C\u2019est Dieu, et non les pousahs, qui fait la pluie et le beau temps.Nous allons tous demander au bon Dieu une bonne récolte par l\u2019entremise de la sainte Vierge dont c\u2019est aussi le mois.» Jamais je ne fus mieux compris de mon auditoire: jamais je ne vis mieux prier; jamais je ne compris mieux pourquoi dans l'Ancien-Testament, à son peuple encore naïf et charnel, le Seigneur promettait surtout du blé et du vin à profusion, comme suprême récompense de sa fidélité à la loi.En priant ainsi, pour la moisson, je ne faisais du reste qu\u2019imiter les mandarins qui, de bonne foi ou non, s\u2019adressent aussi à cette époque, à toutes les divinités les plus disparates, même quelquefois au Dieu des chrétiens, pour obtenir bonne récolte à ceux dont ils se vantent d\u2019être les pères et les mères.J\u2019admirais comment l'Église a sanctifié, poétisé ce besoin naturel au paysan de toutes les contrées à cette époque de l\u2019année, où tout étant encore en herbe, en épis, en espérances, l\u2019homme comprend que la réalisation de ses espérances ne dépend pas de lui seul, mais d\u2019un Être suprême qu\u2019il ne savait encore comment nommer hier et qu\u2019aujourd hui il appelle: Notre Père qui êtes aux deux.donnez-nous notre pain quotidien.La messe dite, me voilà en route pour une autre chrétienté.Cependant le soleil est bien haut et il commence à faire bien chaud.En vain, chercherais-je quelque prairie émaillée des mille fleurs du printemps.Ici, pas de prairies, de vallées, de ruisseaux, de chemins creusés et ombragés, rien que la plaine et toujours la plaine ensoleillée et monotone, du blé et toujours un océan de blé.Ou plutôt, je me trompe, car jamais en France ni en Angleterre je ne vis si beaux champs de fleurs.A qui donc appartiennent ces magnifiques jardins, alternant dans la proportion d\u2019une partie sur dix, avec les champs de blé ou de sorgho?Qu\u2019ils sont beaux ces espèces de coquelicots nuancés des plus douces nuances de l\u2019arc-en-ciel! Quelle parure pour le mois de mai! Quel décor pour un reposoir si l\u2019on pouvait faire la procession du Saint Sacrement! Hélas! hélas! autant elles sont belles, ces fleurs, autant elles sont empoisonnées.C\u2019est l\u2019opium, le maudit opium qui pousse en même temps que le blé: c\u2019est la mort auprès de la vie, le don du diable auprès des bienfaits du bon Dieu.Tout le reste de la journée, je chemine entre l\u2019opium et le blé, car mon district est spécialement infecté de cette maudite culture.Que de peine à en détourner mes faibles chré- Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 481 tiens, la maudite plante rapporte en effet plus que le blé et les nouveaux chrétiens ne sont pas des héros par le désintéressement de la sapèque! Certes, de cette maudite plante, l\u2019Église ne dira jamais; Ut fructus terrae conservare digneris.Domine! car c\u2019est elle qui est en train de faire des Chinois une race d\u2019abrutis au physique et au moral.6\tmai.\u2014 Messe dans un autre oratoire en chaume consacré à Notre-Dame de Lourdes.Au moins 200 personnes.Plus de 50 communions de tout jeunes néophytes.Le pays est pauvre.Aussi le bon Dieu semble avoir je ne sais quelle prédilection pour ces gens, pauvres entre les plus pauvres.Mais quelle belle moisson d\u2019âmes dans ce pays s\u2019il y avait un Père à poste fixe! Là, pas d\u2019opium qui ne pousse que dans les meilleures terres, et celles de mes chrétiens sont médiocres.Je répète mon speech de la veille, puis je reprends ma tournée, ma procession à travers champs, continuant de comparer cette campagne à celles que j\u2019ai vues dans la vieille Europe.Si dans ce pays, le campagnard est encore on ne peut plus arriéré, au moins le grand nombre de bras suffit à faire rendre à la terre tout ce qu\u2019elle peut produire.Et ce qu\u2019il y a de mieux qu\u2019en France, où la population des campagnes diminue d\u2019une manière si effrayante, ce sont ces magnifiques villages de 300 à 500 habitants si nombreux que je me demande comment tout ce monde peut vivre avec si peu de terre.Jamais, en aucune partie de la Bretagne, je ne vis rien de comparable.Comme tout cela surtout contraste avec le pays de Cantorbéry où les simples fermes sont bien plus clairsemées que les gros villages dans mon district.Pauvres et chers Chinois, s\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019autres richesses, au moins ont-ils celle des familles nombreuses! Si tout cela était chrétien, quel fier peuple ce serait, même sans électricité, ni vapeur, ni ballons, ni automobiles, merveilleuses inventions qui, toutes réunies, au dire du Pèlerin, ne valent pas un petit poupon! \u2022¥ * * 7\tmai.\u2014 Enfin, me voici au dernier jour des Rogations, chez les plus éloignés de mes catéchumènes, douze lieues de mon centre, et dans vme église dédiée à saint Michel, où je célèbre encore la sainte messe devant ime centaine d\u2019assistants fraîchement convertis.Ce qui m\u2019attire le plus vers ce pays, c\u2019est tme assez haute montagne isolée, la seule dans mon district, la montagne du Dragon.Ailleurs, elle passerait inaperçue, mais ici, c\u2019est la merveille du pays et elle produit vraiment un effet imposant au milieu de toutes ces platitudes infinies.Mon bonheur est de la gravir et de là de contempler à loisir tout le pays que le bon Dieu m\u2019a donné à évangéliser.J\u2019y reste parfois des heures entières regardant ces milliers et ces milliers de villages, dissimulés dans des bosquets aux arbres rabougris, mais qui, vus de la montagne à cétte époque, paraissent si gais et si tranquilles! Je vois, comme des fourmis, les habitants de la ville et les soldats du camp qui sont au pied de la montagne.Quelquefois, je me prends 482 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 à désirer que quelque Père, aux puissantes initiatives, achète une partie de cette montagne, bien plus belle que celle de Zo-cé, pour y fonder une église et un pèlerinage à la Reine des cieux.Je me confonds de mon impuissance à la vue de ces belles pagodes contre lesquelles je ne puis rien, à la pensée du tout petit troupeau de cent néophytes qui, dissiminé, forme le royaume de Dieu dans le cercle de cet immense panorama.Nulle part ailleiu-s, je ne récite mieux mon chapelet.Nulle part ailleurs, le missionnaire, en tournée des Rogations, ne dira plus à propos à Celui dont les bienfaits s\u2019étalent sous un si vaste horizon: Utfructus terme dare et conservare digneris.Mais, il me faut quitter la montagne et rentrer chez moi pour célébrer l\u2019Ascension.Et en m\u2019en retournant, je pensais que, pauvre laboureur moi-même dans le champ du bon Dieu, j\u2019ai pendant plusieurs années, semé, semé la bonne semence, souvent dans les larmes, toujours dans les inquiétudes et la pauvreté.Quelques épis se montrent enfin, et la moisson s\u2019annonce belle.Cher Frère, que vos prières et celles de tous les exilés de Saint-Mary\u2019s soient la rosée qui la féconde.A cette époque où le blé n\u2019a pas encore de profondes racines en bas, ni de tiges bien solides en haut, im rien peut compromettre la moisson.Ainsi en est-il de mes chers néophytes.Et c\u2019est pour cela, qu\u2019en ces trois jours de Rogations, je suis allé implorer le secours du bon Dieu plus encore pour les âmes que pour les corps, et que pendant toute ma tournée, j\u2019ai pensé à mes co-novices sur les prières desquels je compte plus que jamais.Tout à vous en Notre-Seigneur.J.Dannic, s.J.Torrents aux fraîches eaux.Montagnes et coteaux.Bénissez Marie.Verts bambous, azalées, Qui parez ces vallées, Bénissez Marie. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923\t483 Coeur de Jésus, Foyer d'Apostolat Intro- duction Andante Rettaioso, .^6 ^ J il j Jii Jl J-'J\u2019ii.-it Or i SOLO.Andante Religxoso.Sé- jour I'Ks - prit Saint, foy-er de pu - res t'Iam - mes.Cœur di-vin cresc.de Jé-sus,Coeurtoutbrû-lant d'amour, l)etesvi-ves ar deurs, viens réchauffer les a - més> Vois-Ies déplus en plus Sur laterre attié-di se kïlacer cha-que jour. 4 K'cntréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Dieu,daigneal-lu-mer Ce\" puis-aant in-cen-di - e Quidoitia ra - ni - mér.CHOKUR, Animato, Cœur du di - vin Roi, tendresse in - fi - ni De ton a- cresc.jet - te par-tout les feux Pour la sa-lut de tous, monde.Par Ma- ri des a - pô- très nom- breux.Don-ne des saints. Coeur be Jésus!, toper b\u2019apostolat CHŒUR O Cœur du divin Roi, ô tendresse infinie, De ton amour jette partout les feux Pour le salut de tous, au monde, par Marie, Donne des saints, des apôtres nombreux.Séjour de l\u2019Esprit-Saint, foyer de pures flammes.Cœur divin de Jésus, Cœur tout brûlant d\u2019amour.De tes vives ardeurs, viens réchauffer les âmes, Vois-les de plus en plus se glacer chaque jour.Sur la terre attiédie, O Dieu, daigne allumer Ce puissant incendie Qui doit la ranimer.\u2014 Il \u2014 Vois, des peuples entiers ignorent ton Nom même.Ils n\u2019ont jamais goûté les charmes de ton Cœur: Ils honorent Satan par un culte suprême.Qui leur découvrira leur immense malheur ?Jésus, ô divin Maître, Donne-leur ton Esprit: Il leur fera connaître Ton amour infini.\u2014 III \u2014 Dans l\u2019onde baptismale, une foule nouvelle Se plonge chaque jour et proclame tes droits.Mais, vois l\u2019enfer frémir d\u2019une haine mortelle: Il veut reconquérir ses peuples d\u2019autrefois.A ces agneaux timides, Ouvre ton Sacré Cœur; Leurs ennemis perfides Fuiront pleins de terreur. 486 Montréal LE PRECURSEUR \u2014 IV Mai 1923 Jésus, verse à longs flots, tes grâces salutaires Sur le Pontife saint, ton Vicaire ici-bas.Sur nos zélés Pasteurs et leurs auxiliaires.Sur l\u2019Église implorant la force de ton bras.Que ton Esprit la guide Sur la vague en courroux; Qu\u2019Elle avance intrépide Sous ses rayons si doux.\u2014 V \u2014 Garde en ton Cœur aimant ceux à qui sur la terre Tu confies et tes droits et ton autorité; Que l\u2019Esprit de Conseil les guide et les éclaire.Qu\u2019ils fassent constamment ta sainte volonté.Rends notre âme docile A leur moindre désir; Leur tâche est difflcle.Oh ! viens les secourir.\u2014 VI \u2014 Jésus, daigne bénir tant de missionnaires Qui combattent là-bas tes ennemis ligués; Nous implorons pour eux, les plus vives lumières.De ton Esprit d\u2019amour, qu\u2019ils soient tous embrasés! De ton Cœur adorable.Ouvre-leur le séjour.Oh! sois-leur secourable, Garde-les nuit et jour.\u2014 VII \u2014 Par pitié, jette-nous dans la fournaise ardente Qui consume d\u2019amour ta poitrine, ô Jésus.Que notre âme devienne une flamme vivante Qui proclame en tous lieux ta grâce et tes vertus.Que le ciel et la terre N\u2019aient plus qu\u2019un seul penser Pour t\u2019aimer, tendre Père, Et te glorifier.\u2014 VIII \u2014 Vierge, guide nos pas vers ton Fils adorable.Et que nos cœurs ravis par ses charmes divins.Viennent tous s\u2019engloutir dans ce Cœur très aimable Où vivent les élus, où se forment les saints.Là, l\u2019Esprit de Sagesse Accorde tous ses dons A l\u2019âme qui s\u2019abaisse.Docile à ses leçons. Pauline-Mane Jaricot Fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi ^aulmc=iïlarie haricot Jfonbatrke be l\u2019CBCufare be la propagation be la jFoi {Suite) UAND son cœur eut reçu de la mort tant et de si profondes blessures, et que, dégagé de tout lien, affamé d\u2019amour, il se trouva sous l\u2019action directe de Celui qui en est le divin foyer, w Tl Tl II il entendit plus distinctement la voix du Maître.\\MW/\tCette voix lui ayant commandé d\u2019avertir du péril les fidèles afin que, par leurs prières et leurs sacrifices, ils apaisassent la colère divine, elle écrivit le jour et même la nuit, tant que ses souffrances physiques lui permirent de tenir la plume.Les exhortations qu\u2019elle adressait aux conseillères du Rosaire vivant, étaient lithographiées à Lyon et envoyées ensuite, non seulement dans toutes les provinces de la France, mais jusqu\u2019en Chine et aux Indes occidentales.Cette correspondance dans laquelle débordait l\u2019amour de Dieu, de l\u2019Église et des âmes, ravivant partout la Foi et dilatant la Charité, une supplication unanime s\u2019éleva bientôt des deux mondes, pour obtenir miséricorde.Ces lettres sont encore si pleines d\u2019actualité, qu\u2019on pourrait les croire écrites d\u2019hier; car, si le temps a fait quelques pas depuis lors, les dangers et les malheurs dont il est sans cesse question dans ces écrits n\u2019en sont devenus que plus évidents.La prière est toute-puissante sur le Cœur de Dieu.Le démon le savait; aussi, par des tentatives multipliées et raffinées, essaya-t-il d\u2019en étouffer la voix dans l\u2019âme de sa redoutable ennemie.Comme il échoua de ce côté, il voulut au moins empêcher Pauline d\u2019envoyer partout ce cri d\u2019alarme: « La justice divine est près de sévir.Prions! redoublons de zèle, d\u2019amour et de dévouement, afin que Dieu pardonne aux coupables.» Il se mit à l\u2019œuvre et faillit triompher.Quelques lettres intimes, dans lesquelles la servante de Dieu avait exposé à son guide les lumières qu\u2019elle recevait dans l\u2019oraison, tombèrent entre les mains de personnes, ou très peu bienveillantes, ou très peu éclairées, qui se scandalisèrent de ce qu\u2019elles ne comprenaient pas.Il était question, dans ces pages, de l\u2019avenir prochain des sociétés européennes, et, particulièrement de l\u2019avenir de la société française.Sonder de telles profondeurs, quand on n\u2019est qu\u2019une femme, parut criminel et l\u2019on s\u2019efforça de faire grand bruit au sujet de ces prétendues révélations.Les choses allèrent si loin, qu\u2019on osa demander au premier Pasteur du diocèse, un coup d\u2019autorité qui interdit absolument à Mademoiselle Jaricot toute correspondance avec les conseillères du Rosaire vivant.Et cela, parce que, dans ces sortes de communications avec ces âmes d\u2019élite, Pauline Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 4 89 laissait entrevoir une partie de ce qu\u2019elle apprenait du Cœur même de Jésus-Christ.Se voyant accusée encore une fois (ce ne devait pas être la dernière), l\u2019humble vierge ajouta ces lignes à celles qui allaient être examinées par l\u2019autorité ecclésiastique:^ Fille soumise de l'Église Catholique, Apostolique et Romaine, j\u2019accepte d\u2019avance le jugement qui sera porté sur toutes ces choses, car je me crois capable d\u2019être, plus que personne, trompée par le démon.Mgr de Pins, de sainte et douce mémoire, qui, déjà, avait eu l\u2019occasion de prononcer entre Pauline et ses accusateurs, examina et fit examiner par d\u2019habiles théologiens les lettres qu\u2019on disait avoir été dictées par le mauvais esprit.Comme Sa Grandeur et ses conseillers n\u2019y trouvèrent qu\u2019un nouveau motif de bénir Dieu des grâces insignes qu\u2019il accordait à sa fidèle servante, pleine et entière liberté fut laissée à celle-ci de continuer l\u2019apostolat de sa correspondance.Cette décision qui fermait la bouche aux scandalisés, ne les désarma point.Une persécution sourde, incessante, continua de tourmenter Pauline, à laquelle l\u2019ignorance et la mauvaise foi voulaient absolument faire avouer les illusions que les théologiens n\u2019avaiqnt pas pu découvrir dans ses écrits.Mille et mille petits coups, reçus dans l\u2019ombre et incessamment renouvelés, furent bien cruels pour son cœur si droit!.Elle les accepta, malgré tout, sans jamais en vouloir à ceux qui les portaient, et s\u2019efforça de faire servir ces humiliations à l\u2019apaisement de sa fierté naturelle qui s\u2019en révoltait! Nous possédons un petit mémoire, dans lequel cette âme élevée, répondant à ses adversaires, trace le plus ravissant exposé de la tendresse et de la miséricorde du Cœur de Jésus-Christ, cette fontaine de vie, seule capable de sauver les hommes aux derniers jours du monde.Elle affirme qu\u2019elle reçoit de ce Maître souverain des^ enseignements admirables et directs, sur les questions les plus ardues de l\u2019École, et qu\u2019une luniière céleste lui montre de plus en plus, comme à découvert, les périls de l\u2019Église et de la France.S\u2019adressant à ses accusateurs: « Vous ne voulez pas, dit-elle, me permettre de croire que Dieu éclaire mon intelligence, qu\u2019il résout mes doutes, corrige mon âme, relève mon courage et converse cœur à cœur avec elle ?Qu\u2019il lui répond, quand elle l\u2019interroge avec une humble confiance, et l\u2019aguerrit au combat en lui découvrant les pièges de Satan! « Serait-il donc plus digne du Tout-Puissant d\u2019entrer dans les plus petits détails pour la conservation des êtres matériels, même des vils insectes, que de se communiquer à l\u2019homme, pour lequel la nature tout entière a été créée, et qui n\u2019est fait, lui, que pour Dieu seul!.« Quoi! l\u2019homme caresse son chien et lui parle même, bien que cet animal ne le reconnaisse qu\u2019au son de sa voix ou aux traits de son visage!.Et Dieu, infiniment bon, ne pourrait pas converser avec l\u2019homme et lui parler cœur à cœur, après l\u2019avoir formé à son image, s\u2019être rendu son frère par l\u2019Incarnation, et être devenu, par l\u2019Eucharistie, l\u2019os de ses os et la chair de sa chair\\y>\t. 490 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 LE PASSAGE DE LA JUSTICE En moissonnant, une à une et dans leur céleste maturité, les âmes auxquelles l\u2019âme de Pauline était si étroitement unie.Dieu préparait sa bien-aimée au sacrifice qu\u2019elle devait lui offrir, dans toute son étendue comme dans toute sa rigueur, des joies, des affections et des consolations de la terre.L\u2019année 1830, qui allait changer tant de choses, et qui avait déjà blessé si profondément le cœur de Pauline par la mort de son frère, devait être mémorable pour elle.Les souffrances du corps, celles du cœur, des épreuves de toute nature l\u2019avaient préparée à recevoir de nouvelles grâces.« Je m\u2019efforçais, dit-elle, de m\u2019abîmer de plus en plus dans mon néant, pour que rien ne mît obstacle à la faveur suprême qui était l\u2019unique objet de mon attente et de mes prières: le martyre dont la soif me consumait! » La tempête approche, les avant-coureurs de formidables bouleversements se manifestent, le sol de la patrie s\u2019ébranle au souffle impétueux de la colère de tout un peuple, ne voulant et ne reconnaissant plus ni Dieu ni maîtres.Le Seigneur irrité est près de sévir contre la nation choisie par lui, pour être son bras parmi les autres nations, et de laquelle il ne reçoit plus que des outrages.La mendiante de ses miséricordes voit depuis longtemps tout cela dans une lumière qui ne trompe pas.Cette « mendiante » qui, cent et cent fois, s\u2019est offerte en victime à la Justice suprême, afin d\u2019en supporter seule les rigueurs, s\u2019armera désormais d\u2019une sainte audace et luttera pour ainsi dire corps à corps avec cette Justice, afin d\u2019en arrêter le bras terrible! Alors, du fond de ses entrailles de Française, de Lyonnaise et de chrétienne s\u2019élèveront vers le tout-puissant Dominateur des peuples, des cris inénarrables qui toucheront et apaiseront sa divine colère.Si le poste de l\u2019honneur est auprès de ce qui tombe, celui de l\u2019amour est auprès de l\u2019ami outragé.Aux premiers bruits de la révolution, Pauline accourut dans la chapelle de Fourvière, et là, abîmée dans la prière, elle passa trois jours et trois nuits, à peu près seule, ne sortant que pour prendre à la hâte un peu de nourriture et revenant aussitôt.Elle a décrit en termes brûlants quelle fut alors Vagonie de son âme, au milieu des bruits sinistres qui arrivaient jusqu\u2019à elle, et au souvenir de cette parole du Maître: Tu souffriras avec moi et comme moi, pour le salut de tes frères, qui lui sembla devoir se réaliser dans ces lugubres moments, par les coups et les outrages des impies: ((Mon cœur de chair en était terrifié, dit-elle, tandis que mon cœur intime, c\u2019est-à-dire ma volonté demeurait, malgré tout, inébranlable dans l\u2019acceptation du martyre.Je demeurai là, aux pieds de Jésus-Christ, tandis que tout le monde fuyait, saisi qu\u2019on était d\u2019épouvante à la vue de ce peuple en furie.» Elle fait le saisissant tableau des horreurs de cette révolution et de la rage de ceux qui voulaient, non seulement briser les trônes, mais encore et surtout anéantir Dieu lui-même.La colline de Fourvière paraissait s\u2019ébranler, au bruit effrayant du canon et aux cris non moins formidables Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 491 de l\u2019émeute, tandis que la vierge de Jésus demeurait suppliante auprès du tabernacle, demandant miséricorde pour sa ville bien-aimée.A la fin de l\u2019émouvant récit qu\u2019elle a tracé de cette tempête politique, se trouvent ces lignes; « Tout ce qui s\u2019était fiasse durant ces trois jours de blasphèmes, de menaces et d\u2019odieuses colères, n\u2019eut pour résultat qu\u2019un changement de drapeau et de gouvernement; changement, hélas! qu\u2019on peut regarder comme un effet de la Justice divine, envers ceux qui, ayant le pouvoir, avaient négligé d\u2019arrêter, dès le principe, le torrent dévastateur de l\u2019impiété.« Plus que jamais convaincue que la prière est assez puissante pour enchaîner toutes les forces de la terre et de l\u2019enfer, je passai depuis ce temps plusieurs nuits, chaque semaine, dans la chapelle de Fourvière.Notre bon Maître m\u2019accorda la joie de faire organiser dans un grand nombre de paroisses l\u2019adoration perpétuelle du très saint Sacrement pour le temps des calamités.On fit aussi des quarantaines de jeûne, au pain et à l\u2019eau, et dans peu de temps, on vit surgir l\u2019ordre au milieu même du désordre.A vous seul.Verbe divin, caché sur nos autels dans votre Sacrement d\u2019amour, à vous seul la gloire d\u2019avoir réduit à rien la puissance des impies.« J\u2019ai osé écrire tout cela, à la gloire de votre Amour infini, parce que, en le lisant, on reconnaîtra que la vilaineté de votre pauvre créature, fut effacée par la splendeur de votre sang, et que l\u2019indignité d\u2019une âme pécheresse n\u2019arrête pas l\u2019effet de ses prières, quand elle les adresse à votre Cœur miséricordieux, ô notre unique Sauveur Jésus! ».Sans croire l\u2019avenir assuré, elle était cependant hemreuse de voir la France respirer, et la cité de Marie échapper encore une fois à la destruction.Lyonnaise du fond des entrailles, elle avait pour sa ville natale un amour et un dévouement que rien ne devait affaiblir.Voilà pourquoi, dans ces jours d\u2019épouvante, elle s\u2019offrit en victime pour ses frères.Dieu accepta cette offrande, mais, sûr de la générosité et de la constance d\u2019une telle victime, au lieu de lui accorder la mort prompte et glorieuse qui met l\u2019auréole du martyre sur le front des vierges chrétiennes, il lui réserva une immolation obscure, prolongée et d\u2019autant plus méritoire, qu\u2019elle ne rencontrera que blâmes, ingratitudes et mépris du côté des créatures, et répulsion profonde dans son propre cœur.Une fois le calme rétabli, elle éprouva un immense regret de n\u2019avoir pas souffert la mort qu\u2019elle ambitionnait, bien que, chez elle, comme chez la Victime suprême, la nature en repoussât les horreurs.Un matin que, toute pénétrée de ce regret, elle monte à grand\u2019peine la rampe des Chazeaux pour se rendre à Fourvière, elle sent une main s\u2019appuyer sur son épaule, regarde pour voir qui l\u2019arrête ainsi et reçonnaît très distinctement, des yeux du corps, le vénérable abbé Wurtz, tel qu\u2019il était autrefois, mais le visage empreint d\u2019une majesté souveraine.Sans prendre le temps de se rappeler le passé, et tout heureuse de revoir son guide, elle s\u2019écrie: « Eh bien! mon Père, quand donc serai-je immolée pour le salut des coupables?». 492 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Alors, le serviteur de Dieu la regarde avec une tendre compassion et lui adresse ce doux reproche: « Pauline, mon enfant, est-ce que le martyre du cœur ne vous suffira pas ?».Et la vision disparaît.Elle avait été si nette, et pour ainsi dire si palpable, qu\u2019il fallut à la vierge un long moment pour se rappeler que le saint prêtre n\u2019existait plus.Elle recueillit avec respect la mystérieuse parole, mais sans en comprendre le sens.Quelque temps après, elle fut de nouveau saisie d\u2019une crise violente, provenant de la maladie chronique dont l\u2019énergie de sa volonté et la force de son tempérament lui avait permis de dissimuler les ravages.La fièvre putride s\u2019y étant jointe, il ne resta aucun espoir de guérison.Réduite à cette extrémité, l\u2019enfant de Marie voulut mourir près du sanctuaire chéri dans lequel elle avait demandé d\u2019être immolée pour la France et particulièrement pour Lyon.Elle se fit donc transporter chez les dames de Saint-Charles, où elle eut le bonheur, si grand pour elle, d\u2019être installée dans une chambre attenante à la chapelle du Saint-Sacrement.Seigneur, écrit-elle, vous ne m\u2019avez frappée fortement qu\u2019après m\u2019avoir placée sous vos ailes, de manière à ce qu\u2019il me fût impossible de ne pas recevoir vos coups comme des marques d\u2019amour.Alors, vous avez déployé la force de votre bras, en sorte que ma vie est devenue de nouveau semblable à un but, contre lequel vous paraissiez lancer les flèches de votre justice.Et moi je disais: « Mes jours sont perdus pour la terre, car les hommes de l\u2019art se retirent silencieux devant la mort.».(A suivre) Superstitions chinoises pour les enfants Par le P.H.Doré, S.J.ES superstitions chinoises offrent im intérêt tout particulier par leur côté pratique.Le Chinois a sa devise: Quel profit retirerai-je de ceci ou de cela?L\u2019utilitarisme, telle est, ce semble, la caractéristique des coutumes superstitieuses chinoises.Le monde de l\u2019au-delà est modelé sur la machine gouvernementale du monde chinois d\u2019ici-bas; vous trouvez des princes, des grands officiers, civils et militaires, des tribunaux, des sbires qu\u2019on s\u2019efforce de tromper ou d\u2019acheter: tout, en un mot, est vénal.On sort même de l\u2019enfer en donnant des pourboires.On a poussé le côté pratique jusqu\u2019à inventer ime monnaie de papier, des lingots de papier qui ont cours dans les banques de l\u2019autre vie.Le Chinois peut ainsi, à peu de frais, payer largement les services des employés du monde inférieur Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 493 et fournir tout le confortable à ses parents décédés: c\u2019est cette idée géniale qui a peut-être converti la Chine au bouddhisme.Voici quelques-unes des nombreuses superstitions usitées pour les enfants.LE CADENAS Beaucoup d\u2019enfants portent suspendu à leur cou par une chaînette d\u2019argent un cadenas, destiné à les enchaîner pour ainsi dire à l\u2019existence, et empêcher qu\u2019ils ne soient ravis par la mort à l\u2019affection de leurs parents.Dans toutes les boutiques d\u2019orfèvrerie, on en voit de toutes grandeurs et de tous modèles.Quelquefois les bonzes ou les Tao-che les passent eux-mêmes au cou des enfants.Il y a aussi les Pé-kia-sous, cadenas achetés avec l\u2019argent provenant d\u2019ime cotisation.Les faits se chargent de prouver que la mort n\u2019épargne pas plus ceux qui portent ces cadenas préservateurs, que ceux qui n\u2019en portent point.LES PENDANTS D\u2019OREILLES Les garçons portent un pendant d\u2019oreilles en argent ou en or, à une seule oreille, pendant leur jeunesse, et souvent même jusqu\u2019à 20 ans et plus.L\u2019idée généralement en circulation pour cette pratique est la suivante: « Les petites filles seules portent des pendants d\u2019oreilles; si j\u2019en donne un à mon garçon, les mauvais diables qui se plaisent à nuire aux enfants mâles seront trompés par mon stratagème, ils le prendront pour une fille et ne lui feront aucun mal.» D\u2019aucuns donnent à ce pendant d\u2019oreilles la forme du poids d\u2019une horloge; dans leur pensée, il représente quelque chose de lourd, de difficile à soulever.Les esprits malins ne pourront pas enlever d\u2019ici-bas mon enfant chéri; ce poids le fixe sur la terre, le rive à la vie.C\u2019est, en général, l\u2019oncle de l\u2019enfant qui lui accroche le pendant d\u2019oreilles.Quand il s\u2019agit de l\u2019enlever, les propres parents n\u2019osent jamais y porter la main.Pour tromper les mauvais génies qui sont censés avoir causé la mort d\u2019un garçon, on dormera le nom de « fille » à celui qui naîtra ensuite.C'est souvent de là que viennent ces noms de Ya-teou (fille), par lesquels on entend si fréquemment appeler certains enfants.LES SAPÈQUES Cette pratique est, on peut le dire, imiverselle dans certains pays: tous les enfants portent une ou plusieurs sapèques suspendues à une corde rouge passée autour de leur cou.Les sapèques du vieux temps, de la dynastie des Tang ou des Song, sont préférées: parmi celles de la dynastie actuelle les sapèques datées du règne de Kang-hi, ou de Kia-K\u2019ing ont aussi de la réputation.Cette enfilée de sapèques (on en compte quelquefois huit ou dix) est pour l\u2019enfant une sorte de talisman de bon augure, présageant pour lui un avenir prospère, la richesse et l\u2019aisance, et elle remplace le cadenas; c\u2019est plus commode et moins dispendieux. 494 Montréal LE PRECURSEUR LA COURONNE DE CHEVEUX Mai 1923 Cet usage consiste à raser les cheveux sur le sommet de la tête, et à laisser au-dessus du front une couronne de cheveux.Défense absolue de raser cette couronne avant l\u2019âge de 16 ans; sans cette précaution on s\u2019expose à une mort prématurée.Voici la raison de cette crainte.D\u2019après les racontars des bonzes, l\u2019enfant, avant d\u2019arriver à l\u2019âge mûr, doit passer par des douanes espacées sur le chemin de sa jeunesse, et s\u2019il ne porte pas cette marque distinctive on ne lui permet pas de continuer le chemin de la vie; il meurt.Les discours de bonne aventure, après avoir pris connaissance des huit caractères déterminant le temps précis de la naissance d\u2019un enfant, calculent l\u2019année et le mois de sa vie où il arrivera à telle douane, puis finalement à quel âge il aura passé la dernière; alors il peut raser sa couronne de cheveux ; toutes les douanes passées, il n\u2019a plus rien à redouter.Nota.\u2014 Il semble que dans certaines contrées, cette manière de couper les cheveux soit comme devenue la mode, indépendamment de l\u2019idée superstitieuse qui lui a donné naissance.Dans ce cas, il me semble que les parents doivent, non seulement éviter d\u2019avoir recours au diseur de bonne aventure, mais encore bannir toute croyance à ces prétendus passages de douanes, sans quoi ils font une vraie superstition en laissant cette couronne de cheveux à leurs enfants.Ces douanes sont au nombre de trente.PORTER LES HABITS DE BONZES Il faut bien avouer que parmi les familles qui donnent un habit de bonze à leurs enfants, plusieurs le font un peu par routine, sans idées bien arrêtées.Il est cependant difficile d\u2019admettre qu\u2019il n\u2019y ait pas au moins une arrière-pensée d\u2019implorer la protection des poussahs, en revêtant l\u2019enfant de l\u2019habit de leurs prêtres, les bonzes.D\u2019autres le font avec réflexion pleine et entière, ou même après un vœu explicite: « Si le Pou-sah me donne un enfant, je lui raserai les cheveux et je lui donnerai les habits de bonze.» Ou encore: « Pour implorer la protection de telle divinité, je promets que mon enfant portera les habits de bonze jusqu\u2019à tel âge.» PORTER l\u2019habit DES CENT FAMILLES A ce que nous venons de dire relativement aux habits de bonze, se rattache la coutume d\u2019aller quêter de porte en porte un morceau d\u2019étoffe, et de confectionner avec ces pièces bigarées et disparates, l\u2019habit de l\u2019enfant sur lequel on veut attirer la protection des dieux.C\u2019est l\u2019enfant chéri de tous; tous le regardent comme leur fils, lui font cadeau d\u2019un habit; comment ne pas espérer pour sa conservation la toute particulière protection des poussahs.Voilà le motif qui a donné lieu à cette singulière coutume. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 495 MORCEAU d\u2019étoffe ROUGE A LA TRESSE DE CHEVEUX Quand un enfant a eu la variole une fois, on attache à sa tresse de cheveux un morceau de toile rouge.C\u2019est comme un signe indicateur à « Hiuen Kou Lao Tai » de ne pas lui envoyer cette maladie une seconde fois.Ayez du zèle \u2014 Nous sommes appelés à aider Dieu dans la grande œuvre de la conversion des âmes (S.Paul, I Cor., iii, 9).Selon que nous donnerons ou que nous refuserons notre concours à Dieu, il sera décidé par nous si telles âmes seront sauvées ou si elles seront damnées c\u2019est-à-dire si pour elles le sang de Jésus-Christ aura été versé en pure perte.Or, faire manquer par sa négligence une œuvre qui a coûté si cher au Fils de Dieu; laisser, au mépris de son amour, périr des âmes qui lui sont si chères, quelle terrible responsabilité pour nous! Oh! toutes les plaies de Jésus-Christ nous crient: Ayez du zèle, ce sera en vain que j\u2019aurai été ouverte pour cette âme, si vous n\u2019avez du zèle.Tout son sang vous crie: Ayez du zèle, ce sera en vain que j\u2019aurai été versé pour cette âme, si vous n\u2019avez du zèle.Tout son cœur vous crie: Ayez du zèle, ce sera en vain que j\u2019aurai tant aimé cette âme, si vous n\u2019avez du zèle.O Dieu! tous ces cris me vont au cœur.Je ne refuserais pas un ennemi qui me demanderait un service au lit de mort; comment pourrais-je vous refuser.Vous, le meilleur des amis, qui du haut de votre croix, comme de votre lit de mort, me conjurez de vous aider à sauver la monde.M.Hamon L\u2019apôtre, c\u2019est la nudité du Christ dans toute sa simplicité et dans toute son éloquence.Lacordaire * * * \u2014\u2022 L\u2019œil du monde ne voit pas plus loin que la vie.L\u2019œil du chrétien voit jusqu\u2019au fond de l\u2019éternité.* * * \u2014 Faire un juste d\u2019un pécheur, c\u2019est une plus grande chose que de tirer l\u2019univers du néant, car le ciel et la terre passeront, mais la justification et le salut ne passeront pas.S.Augustin Sœur Saint-François d\u2019Assise (Clara Hébert) Sœwrl Missionnaire de VImmacülée-Conception, hospitalière depuis dix ans à la léproserie de Shek Lung, Chine Le missionnaire au travail U matin d\u2019un mariage, dans les pays chrétiens, l\u2019église de la paroisse est toute resplendissante: deux êtres vont unir leurs destinées, et bientôt le prêtre prononcera les prières de l\u2019Église.Transportez-vous en esprit dans la chapelle du village, chez les nouveaux chrétiens, ou dans une maison servant de chapelle pour la circonstance.Il est dix heures.Le prêtre, qui peut commencer la messe à midi et demi, a tout de même Hâte que la cérémonie commence.Il y a longtemps que les jeunes filles de l\u2019endroit répètent sans interruption les couplets d\u2019un chant de circonstance.Plusieurs femmes, à la maison, de la jeune fille qui se marie, préparent le repas qui aura lieu, d\u2019autres décrivent des arabesques avec de la chaux sur la terre; d\u2019autres écrasent du safran et certains ingrédients pour en frotter la tête de la future.Puis, en observant les règles de la stricte décence, on lavera la jetme fille qui ira changer ses habits trempés pour ceux que les parents du futur ont apportés.C\u2019est le moment propice pour les disputes: l\u2019habit, longue pièce de cotonnade qui est enroulée de manière à couvrir tout le corps, est trop peu cher au dire des parents de la jeune fille; les anneaux pour les mains et pour les pieds sont trop communs.La dispute atteint son apogée, et les gens crient à vouloir se battre.On imaginerait plutôt une rose sans épine qu\u2019un mariage sans chicane dans ces circonstances.Enfin, la tempête s\u2019apaise, et la fiancée apparaît, gauche et gênée dans son nouvel accoutrement.Sa tête et son visage sont soigneusement cachés, et elle tourne le dos à son futur.Un détail qui ne manque pas d\u2019intérêt, c\u2019est que, dans la plupart des cas, le jeune homme n\u2019a jamais vu celle qu\u2019il prend pour femme, et la jeune fille ne sait pas quelle est l\u2019apparence de celui qu\u2019elle appellera son Seigneur.(C\u2019est le nom que les épouses donnent à leurs époux.) A présent, avant la publication des bans, nous exigeons que les fiancés se jettent sur la figure un regard mutuel.Nous gagnons notre point, non sans beaucoup d\u2019efforts.Après la confession, le mariage a lieu.Le jeune homme répond facilement.Il n\u2019en est pas de même de la jeune fille.« Marie Muktakashi Haldar, acceptez-vous pour votre époux Joseph Kanai Lal Kapali ici présent ?» Pas de réponse.« Réponds », dit le prêtre à la future qui vient de terminer sa quatorzième année, car une fille de quinze ou seize ans est considérée comme une vieille fille, et ne trouvera que difficilement à se marier.« Réponds », fait la matrone qui se tient près de l\u2019enfant.Le prêtre repète la question; même silence.« Réponds », reprend le prêtre impatienté, tandis que le futur est tout heureux de voir que son épouse le respectera en ne parlant pas devant lui.Enfin un Ha (oui) à peine perceptible est prononcé.Le prêtre et les deux témoins, penchant l\u2019oreille, ont entendu.Cela suffit, et la messe commence devant les époux assis sur ime natte.La communion 498 Monti éal LE PRECURSEUR Mai 1923 est très difficile à donner à la jeune femme, car elle s\u2019obstine à ramener son habit sur la figure et à tourner le dos à son mari.Après la cérémonie, un jeime homme robuste enlève le marié dans ses bras et va le déposer dehors sur une petite planche.On fait la mêmé chose pour la mariée.Une fois rendus sur les petites planches, les nouveaux époux, assis sur leurs talons, attendent patiemment la fin d\u2019une cérémonie qui est très longue.Tous les assistants, en commençant par les plus proches parents, mettent dans la bouche des époux, qui les crachent à côté, des bonbons de la contrée trempés dans du lait bouilli.Cette cérémonie symbolique prend fin, et les époux s\u2019étant levés, saluent leurs parents réciproques en se prosternant le front dans la poussière.Les parents reçoivent le salut en portant au front leurs mains jointes.Le prêtre, à moitié édifié, à moitié amusé de ces coutumes étranges, songe à prendre enfin quelque nourriture.(A suivre) O.Desrochers, C.S.C.Marie protège ses Missionnaires T JN missionnaire racontait naguère que, revenant de visiter un village chrétien, il fut surpris en route par la nuit.Il avait pour guide un païen, et était accompagné de plusieurs néophytes.Tous marchaient paisiblement, non pourtant sans inquiétude, quand soudain, à l\u2019approche d\u2019un petit bois, un cri terrible se fait entendre.C\u2019est le rugissement rauque et sourd du tigre; les Indiens l\u2019ont reconnu.Ils s\u2019arrêtent, le sang glacé.Le païen, hors de lui, dit tout bas au Père qu\u2019il se fera chrétien, s\u2019il échappe au danger.Un second cri résonne, plus distinct et plus rapproché.Pas un n\u2019ose remuer, car on sait que le tigre ne manque jamais de s\u2019élancer sur une proie qui fuit.L\u2019animal approche; on entend ses pas dans les\u2019 broussailles, on distingue son souffle précipité.Évidemment il a flairé ses victimes.Les pauvres gens sont plus qu\u2019à demi-morts.Le missionnaire seul a conservé son sang-froid.« Mes enfants, dit-il, invoquons Marie, elle nous sauvera.» Et, comme mu par une soudaine inspiration, il entonne le chant du Salve Regina.Ses compagnons l\u2019imitent, d\u2019une voix que la frayeur rend vibrante.Ils chantent ainsi le saint cantique jusqu\u2019au bout, sans que le tigre donne signe de vie.Ils finissaient à peine qu\u2019un troisième rugissement éclate, mais dans le lointain.Puis ce fut tout.Le nom de Marie avait mis l\u2019ennemi en fuite.Le reste de la route se fit en paix.Cela peut s\u2019expliquer naturellement, dira-t-on.Nous ne le contestons pas.Il peut se faire que le bruit des voix ait effrayé le tigre.Mais pour nous, enfants de Marie, pour nous qui connaissons son amour et sa puissance, qui savons qu\u2019il ne tombe pas un cheveu de notre tête sans la permission de notre Père céleste, nous ne pouvons et nous ne voulons voir ici qu\u2019un effet de la protection de notre incomparable Mère Extrait des chroniques du noviciat Dimanche, 11 février 1923: Fête de Notre-Dame de Lourdes OUS le regard maternel et le sourire si doux de la Vierge de Lourdes, neuf de nos postulantes deviennent aujourd\u2019hui les Fiancées du Christ.Ce sont: Mlles Marie-Blanche Dion, de Montréal, Sr Marie des Cinq-Plaies; Yvonne Carrier, de St-Ludger, Sr Marie des Vertus; Marie-Ange Lavallée, de Ste-Claire, Sr Marie-Auxiliatrice; Béatrice Piquette, de Ste-Béatrice, Sr Marie de la Charité; Marguerite Ouellet, de Beauport, Sr Marie de la Résurrection; Irène Pinsonneault, de St-Michel-de-Napierville, Sr Marie des Lis; Marie-Louise Lacroix, de St-Georges-de-Beauce, Sr Marie du Bon-Pasteur; Adrienne Fortin, de St-Êvariste, Sr Marie de la Ste-Famille; Élise Marquis, d\u2019Amqui, Sr Marie des Saints-Anges.Quel beau jour, n\u2019est-ce pas, pour revêtir les saintes livrées de celle qui, en souriant, se nommait elle-même l\u2019Immaculée-Conception.De plus, cet anniversaire rappelle à nos âmes émues une des plus touchantes faveurs de la Vierge à notre égard.Comme en 1904, c\u2019est à l\u2019occasion du grand jubilé de l\u2019Immaculée-Conception que nous avons reçu de Notre Saint-Père Pie X notre beau titre de Sœurs Missionnaires de l\u2019Im-maculée-Conception, ainsi, quatre ans plus tard, c\u2019est à l\u2019occasion du jubilé des apparitions de Lourdes que le même Pontife désigna à notre humble Société son champ d\u2019apostolat: toutes les missions où l\u2019on voudra bien nous appeler.C\u2019est alors que, en souvenir et en reconnaissance d\u2019un tel privilège, notre vénérée Mère ajouta à notre costume la ceinture bleue, telle que la portait à Lourdes la Vierge Immaculée.Et notre paternel archevêque, Mgr Bruchési, daigna venir lui-même la bénir solennellement le jour où les filles de l\u2019Immaculée-Conception s\u2019en ceignirent pour la première fois.Le texte de l\u2019allocution donnée aujourd\u2019hui par M.le curé Lamarche, de St-Stanislas de Montréal, qui préside la cérémonie de vêture, est bien appropriée aux sentiments qui nous animent: « Venez dans le temple du Seigneur et offrez des sacrifices avec des chants d\u2019allégresse.» Le ton pathétique avec lequel le prédicateur le développe tire des larmes de bien des yeux.Faisant ensuite allusion au jour beau entre tous, de la première communion, il rappelle avec quelle tendresse nos mères nous avaient recouvertes du long voile blanc avant de nous conduire à l\u2019église où Jésus se donna à nous pour la première fois.Aujourd\u2019hui une autre Mère, \u2014 mère selon la grâce \u2014 pose sur notre tête, avec non moins d\u2019amour, un autre voile, celui de la virginité, et elle nous présente au même Jésus, devenu notre divin Fiancé.Ces deux jours heureux ne se ressemblent-ils pas ?.Oh! oui, et celui-ci l\u2019emporte de beaucoup sur celui-là! 500 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 A diverses reprises aujourd\u2019hui, par notre pieux cantique « Le Sourire », nous invitons la sainte Vierge à sourire à nos âmes.Notre bonne Mère, toujours soucieuse de procurer quelques nouvelles consolations à ses enfants, et plus particulièrement à celles qui souffrent, songe que ce chant pourrait bien réjouir aussi nos pauvres malades: elle fait donc réunir les chanteuses à chacune des chambres de l\u2019infirmerie et leur demande de chanter de leur plus douce voix le: Souriez toujours à nos âmes.Votre sourire, ô Mère, est doux comme le miel, Il avive les saintes flammes, C\u2019est le bonheur, c\u2019est l\u2019espérance, Votre sourire, c\u2019est le ciel! Souriez toujours, souriez toujours.Votre sourire, c\u2019est le ciel! Nos chères malades ne peuvent se défendre de quelques larmes, mais, nous disent-elles, ce sont des larmes de bonheur, de reconnaissance, d\u2019attendrissement, car les délicatesses sans cesse renouvelées de l\u2019amour maternel ne sauraient nous laisser indifférentes; elles renouvellent sans cesse aussi les plus tendres sentiments de la piété filiale.Dès ce soir, nous préparons notre journée de demain.Comme les autres années, nous avons le Saint Sacrement exposé durant ces jours de carnaval, mais nous dérogerons un peu de notre coutume en faisant du lundi gras un jour de reconnaissance plutôt que de réparation, ou disons mieux, nous réparerons en remerciant.Nous essaierons de faire oublier à Notre-Seigneur les offenses qui lui sont faites en lui répétant combien nous lui sommes reconnaissantes des bienfaits dont il nous comble à chaque instant, combien nous voulons l\u2019aimer en retour et travailler à étendre son règne dans toute la mesure de notre pouvoir.En un mot, à force de petites attentions et de délicatesses, nous empêcherons, s\u2019il est possible, qu\u2019il arrête les yeux sur tout ce qui est de nature à contrister son divin Cœur sur la terre.A ce propos, notre chère Sœur Assistante nous raconte ce petit trait bien touchant d\u2019une fillette de trois ou quatre ans qui, voyant sa mère en proie à une grande tristesse, ne sait que dire et que faire pour sécher les larmes de sa pauvre maman.Elle la couvre de baisers et de caresses et lui dit: « Pleure pas, maman, je vais aller chez grand\u2019mère et je vais t\u2019apporter de belles grosses pommes rouges)).Mais voyant ses efforts rester vains, la chère petite cherche dans sa jeune tête quelque nouvelle industrie.Tout-à-coup, s\u2019approchant de sa mère, elle lui dit: « Regarde donc, maman, le beau petit yeux)), et ce disant, elle lui montre l\u2019œil du poêle qui était tout flamboyant.Cette fois, la mère n\u2019y tient plus: elle sèche ses larmes et sourit à son enfant.Demain, nous essaierons de remplir auprès de Notre-Seigneur, le rôle de cette petite. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 501 22 février 1923.\u2014 Notre bonne Maîtresse nous communique une lettre qu\u2019elle vient de recevoir de Manille, et elle nous permet de la transcrire dans notre Journal pour donner à nos chères Sœurs des différentes missions le plaisir de la goûter aussi.COUVENT DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION Hôpital Général Chinois Manille, 10 décembre 1922 Chere Sœur, Nous venons de recevoir voire lettre et vous pouvez sans doute vous imaginer un peu, vous qui avez vécu quelques années éloignée de la Maison-Mère, quelle joie nous éprouvons en recevant des nouvelles du cher « Chez nous ».Nous vous remercions et vous disons: revenez encore et vous ferez toujours des heureuses.S.Supérieure aurait bien voulu vous écrire elle-même, elle se dit confuse de ne l\u2019avoir pas encore fait, mais elle n\u2019a pas beaucoup de temps disponible; sous ce rapport, je suis la mieux partagée: je fais la garde de nuit.Nous nous sommes grandement réjouies en apprenant le rapide accroissement du noviciat.A toutes, nous souhaitons courage et persévérance.Ces chères petites sœurs ne peuvent soupçonner tout le bien qu\u2019il y a à faire dans ces pays de missions, et quelle belle moisson d\u2019âmes les attend si elles sont fidèles à Dieu.A la salle des pauvres, il y a une moyenne de 40 malades: tous sont païens.Hier, dans la nuit, j\u2019ai eu le bonheur d\u2019ondoyer deux mourants.Dans leurs figures amaigries et souffrantes on pouvait lire que la vie pour eux n\u2019avait pas toujours été douce et clémente.Après que l\u2019eau régénératrice eut coulé sur leurs fronts, ils me regardèrent et me firent un de ces sourires qui font oublier tous les sacrifices qu\u2019on s\u2019est imposés pour venir dans ces lointaines contrées.Dans ces moments, nous n\u2019éprouvons qu\u2019un regret, celui de ne pouvoir sacrifier davantage.Je vous avoue que j\u2019ai quelque scrupule de me sentir si heureuse.Qu\u2019avons-nous fait, nous religieuses missionnaires, pour que Dieu nous ait accordé tant de grâces?Pourquoi jouissons-nous des lumières de la Foi tandis que tant de millions d\u2019hommes en sont encore privés?.Mystère insondable des prédilections divines! Comme notre chère Mère a été bien inspirée d\u2019orienter notre vie vers l\u2019action de grâces! Non, jamais nous ne remercierons assez Dieu pour tous ses bienfaits.11 décembre.¦\u2014 Il est trois heures du matin.Les coqs commencent à chanter car ici on est presqu\u2019à la campagne.Bien que nous soyons en décembre, toutes les fenêtres sont ouvertes et on sent une petite brise rafraîchissante.Nous avons solennisé la belle fête de notre Immaculée Mère avec toute la ferveur possible.Notre petite chapelle, avec sa parure de fleurs blanches et, sur l\u2019autel, un tapis bleu pâle, ressemblait un peu à celle de la Maison-Mère.Nous commençons déjà à nous préparer à la fête de Noël que nous célébrerons avec tout l\u2019éclat que nous permet notre pauvreté.Ces cérémonies font impression et contribuent à faire connaître et aimer notre sainte religion. 502 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Le dimanche, dès cinq heures du matin, quelques-unes de nos voisines arrivent pour entendre la messe.Elles se mettent leur mouchoir sur la tête, et, quand il n\u2019y a pas assez de chaises, elles s\u2019asseyent tout simplement sur leurs talons sans plus de cérémonies.Quelle belle chose que la simplicité! Les petites gardes-malades sont bien intéressantes.Les élèves de première année ont revêtu leur uniforme pour la fête de V Immaculée-Conception.C\u2019était tout un événement.Dès trois heures elles étaient toutes sur pieds, et à cinq heures, la chapelle était déjà remplie.Sœur Supérieure leur avait dit de demander à la sainte Vierge la grâce de ne pas commettre de péchés pendant le temps qu\u2019elles porteraient leur uniforme.N\u2019allez pas croire cependant que ces demoiselles soient toujours d\u2019une docilité exemplaire.Ce sont des natures indolentes, suivant les impressions du moment, les mauvaises comme les bonnes.Il y a tout de même une amélioration depuis quelque temps, elles viennent plus nombreuses à la messe et sont un peu plus polies, mais ce ne sont pas encore des novices, voire même des postulantes, tant s\u2019en faut! Nous prions beaucoup pour les chères malades d\u2019Outremont, nous espérons que les prochaines nouvelles seront meilleures.Pauvre chère Mère! combien cette épreuve doit lui être sensible! Puissions-nous être sa consolation par notre ferveur et notre fidélité au devoir.La sainte Vierge ne saurait nous refuser cette grâce, si nous la lui demandons avec confiance.Permettez-moi de vous baiser avec beaucoup d\u2019affection et de vous prier de transmettre mon souvenir fraternel à nos chères Sœurs de la Maison-Mère.Votre aimante sœur, S.M.DU Saint-Sacrement, M.I.C.i Lundi, 12 mars 1923: Anniversaire de la canonisation de saint Francois Xavier.\u2014 En ce temps-là, il y eut des noces.à l\u2019Immaculée-Qinception, noces qui portèrent en même temps un cachet spécial de douce sérénité et d\u2019indicible émotion.Au nombre des épouses privilégiées, il se trouva une âme qui, pourrait-on dire, fut élue entre les élues, puisque c\u2019est sur la croix que le Seigneur la convia à contracter la mystique et perpétuelle alliance.Clouée sur un lit de douleurs depuis plus d\u2019un an, notre chère Sœur Marie de Ste-Cécile (née Léontine LamolJie, de Saint-Ours), s\u2019était préparée dans la solitude, la prière, la joyeuse soumission à tous les vouloirs divins, au jour tant désiré de sa profession perpétuelle.La semaine qui précéda son oblation, la chère malade fut plus souffrante que jamais; on craignit même que le divin Époux ne l\u2019appelât à célébrer là-haut les noces étemelles, mais la dernière nuit apporta un peu de repos, et voici que l\u2019aube du grand jour paraît pleine d\u2019espérance.La chambre de notre chère malade est devenue un petit sanctuaire.La Vierge de Lourdes, l\u2019immaculée est là parmi les lis et les lampes bleu- 1.Anna Bourbeau, de St-Hyacinthe. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923\t5 03 azur.Un rayon de soleil l\u2019illumine et elle sourit à son enfant.Auprès de notre chère malade, notre bien-aimée Mère est prosternée; de grosses larmes tombent silencieuses sur ses joues.Les religieuses à vœux perpétuels et les compagnes de profession de notre chère Sœur forment une couronne tout autour de la chambre.Notre Mère suggère de saintes pensées à sa chère enfant et tous les cœurs palpitent d\u2019émotion.Mais voici l\u2019Époux qui vient.Il est accompagné d\u2019un chœur de vierges qui chantent les strophes du Vmi Creator.Le silence se fait.Le ministre de Dieu, revêtu de la chape blanche dépose le ciboire d\u2019or sur le petit autel toujours dressé comme un trône prêt à recevoir son Roi.Puis se tournant vers l\u2019élue, il pose la question du cérémonial: « Ma fille, voulez-vous persévérer dans votre résolution de vous consacrer à Dieu pour toujours dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception ?» Elle répond avec énergie: « Oui, je le veux.» Alors, le prêtre, élevant la blanche hostie, la présente à l\u2019Épouse du Christ qui, rassemblant toutes ses forces, prononce d\u2019une voix pleine d\u2019émotion les trois vœux qui la lient pour toujours à son céleste Époux.Et, ouvrant ses lèvres, elle reçoit sur sa langue, puis dans son cœur, Celui à qui elle appartient pour la vie, pour l\u2019éternité.Monsieur l\u2019Aumônier bénit ensuite l\u2019anneau qui porte gravé au dedans le nom de Jésus, et le présente à la nouvelle professe en disant: « Recevez l\u2019anneau de la fidélité, le cachet de l\u2019Esprit-Saint, afin que vous soyez appelée l\u2019Épouse de Jésus-Christ et que, le servant fidèlement, vous receviez la couronne étemelle.Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit.Ainsi soit-il.» Elle le baise avec amour et le présente à notre bien-aimée Mère qui le passe au doigt de sa chère enfant.Le prêtre entonne alors le Le Deum que nos Sœurs continuent de chanter en retournant à la chapelle.Peu après, ces dernières se réunissent de nouveau à la chambre de notre petite malade pour compléter la fête par le cantique de consécration à notre Mère Immaculée: Au Verbe fait chair, Mon âme a répondu; Je suis la servante du Seigneur Qu\u2019il me soit fait selon votre parole.A toi, rimmaculée.Je confie ma promesse.Garde-moi ; Garde mes yeux, Garde mes lèvres.Garde mon cœur, Recueille-moi.Je suis la servante du Seigneur.« Que je suis heureuse! Que je suis heureuse! ne cesse de répéter notre chère malade.Mon Dieu, c\u2019est trop de bonheiu\"! je ne me sens pas capable d\u2019en goûter autant!.Je souhaite à toutes mes compagnes qui feront profession cette après-midi d\u2019être aussi heureuses que je le suis moi-même! » 3 h.de Vaprès-midi.\u2014 C\u2019est l\u2019heure marquée pour les solennelles consécrations.Mgr Deschamps, nouvellement élu Grand Vicaire du diocèse 504 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 de Montréal, nous fait l\u2019honneur de nous donner les prémices de son ministère: il préside notre pieuse cérémonie.L\u2019allocution est donnée par M.l\u2019abbé Lambert, aumônier des Dames du Sacré-Cœur.L\u2019éloquent prédicateur démontre, avec le talent qu\u2019on lui connaît, combien se vérifie, pour la religieuse missionnaire surtout, la promesse de Notre-Seigneur à quiconque aura tout quitté pour le suivre.L\u2019allocution terminée, six postulantes demandent à revêtir le saint Habit.Ce sont Mlles Auréa Blouin, de Saint-Ludger, Sr Marie de Geth-sémanie; Agnès Lavallée, de Winnipeg, Sr du Saint-Cœur de Marie; Yvonne Routhier, de St-Pierre-de-Broughton,^ Sr St-Joseph de Bethléem; Jeannette Luneau, de Princeville, Sr Marie d\u2019Éphèse; Hélène Surprenant, de Richelieu, Sr Marie de Nazareth; Florida Ravary, de St-Clet, Sr Marie de Sion.Quatre novices prononcent leurs premiers vœux: Sr Marie de la Trinité, née Marie-Antoinette Perreault, de Montréal; Sr Agnès de Jésus, née Margaret Sherry, de Montréal; Sr St-Patrice, née Honora Reid, de Montréal; Sr St-Joseph de Nazareth, née Ida Bemier, de St-Êpiphane.Six professes à vœux temporaires font leur oblation perpétuelle : Sr Marie de Bon-Secours, née Sara Vadnais, de l\u2019Ange Gardien; Sr Marie de la Purification, née Berthe Girard, de Montréal; Sr St-Stanislas de Kostka, née Germaine Gonthier, de Montréal; Sr Marie de l\u2019Ascension, née Anna Mercier, de St-Maurice-de-Thetford; Sr de la Nativité de Jésus, née Cécile Paquette, de St-Elzéar; Sr Marie de l\u2019Annonciation, née Annonciade Strasbourg, de Chêne ville.Vers 5 h.15, la cloche congédie la foule, et nous nous réunissons au réfectoire pour les agapes fraternelles.Celles qui, aujourd\u2019hui, ont reçu « l\u2019Anneau de la fidélité » s\u2019avancent lentement au chant du Veni Sponsa Christi.Venez, Épouse du Christ, recevez la couronne que le Seigneur vous a préparée pour l\u2019éternité.» Souriantes et recueillies, elles vont s\u2019agenouiller aux pieds de notre bien-aimée Mère qui dépose sur leur front une couronne de lis.Elles la porteront toute la journée de demain, car ce sera encore fête, et le soir, elles la déposeront sur l\u2019autel de la sainte Vierge tandis que l\u2019on chantera: Prends ma couronne.Je te la donne.Au ciel, n\u2019est-ce pas.Tu me la rendras ?.L\u2019un des centuples de la vie religieuse, n\u2019est-ce pas de voir s\u2019éteindre de si beaux jours sans en éprouver jamais de tristesse?.Et pourquoi cela ?.Parce que ces joies si pures, si célestes, ont leur répercussion dans nos âmes aussi longtemps que nous sommes fidèles à Dieu.Or, comme c\u2019est là notre ferme espérance, on peut dire que toute notre vie ne sera qu\u2019une longue suite de jours tous plus heureux les uns que les autres.Pour complément de la fête, nous apprenons ce soir que notre petit Hôpital Chinois, 76 ouest, Lagauchetière, Montréal, vient de donner, par les eaux régénératrices du Baptême, deux nouveaux enfants à notre mère la sainte Église.L\u2019un de ces enfants, âgé de 24 ans, a reçu le nom de Joseph; l\u2019autre âgé de 67 ans, celui de François-Xavier. ¦Ortfll 1 -\t' « UN BON MARCHE » Echos de nos Missions Canton, Chine, 12 décembre 1922 Ma bien chère Mère, Si vous me le permettez, cette lettre sera consacrée à vous raconter l\u2019inoubliable visite que Son Excellence Mgr Costantini, délégué du Saint-Siège en Chine, vient de faire à notre modeste couvent.Monseigneur est arrivé à Canton la veille de la belle fête de V Immaculée Conception.Avec tout notre personnel, nous nous sommes rendues à la cathédrale pour son entrée solennelle.Dans Vaprès-midi, nous apprîmes qu'une grande faveur nous était accordée: le R.P.Fabre ayant dit à Monseigneur: « C\u2019est demain la fête patronale de nos religieuses canadiennes, quel bonheur pour elles si \u2019Votre Excellence disait sa messe dans leur chapelle! » Monseigneur répondit immédiatement: « Mais oui, j\u2019irai chez elles! » Vers cinq heures, nous nous rendîmes à l\u2019évêché pour présenter nos hommages à Son Excellence.Quelle bonne visite!.Monseigneur nous questionna longuement sur nos différentes œuvres et à plusieurs reprises, il nous dit avec un ton significatif: « Que votre nombre augmente!.On a essayé de chasser les Sœurs de Macao, mais on a ensuite reconnu qu\u2019il faut des religieuses pour faire des œuvres de charité.» Je dis à Monseigneur: « Vous avez mis tous les cœurs à la joie.Excellence, en daignant nous faire annoncer que vous viendrez demain nous dire la sainte messe ».Un beau sourire illumina sa figure: « Oui, oui, je vous dirai la sainte messe », dit-il.Monseigneur le Délégué est accompagné dans toutes ses visites, d\u2019un prêtre italien et d\u2019un avocat.Ayant fait appeler le premier, il lui traça le petit programme du matin suivant, puis se tournant vers nous: « Je veux que la messe soit solennelle », et il ajouta: « Priez pour moi: il faut que le bon Dieu chasse les diables de la Chine.» Son Excellence nous bénit et nous nous retirâmes.Le 8 au matin, le temps était bien beau.A 6 h.30, Son Excellence arriva au couvent, apportant elle-même le bouquet qui, la veille au soir, lui avait été offert au séminaire.Monseigneur nous dit: « Je vous apporte mes fleurs.» Inutile d\u2019ajouter combien nous fûmes touchées de cette délicate attention.Nous donnâmes à la fête toute la solennité que nous permit notre pauvreté.On y fit du chant en latin, en français et en chinois.Son Excellence distribua des souvenirs du Saint-Père à tout le personnel.Pendant son déjeûner.Monseigneur nous Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 5 07 parla de Rome, du Canada, de la Chine et surtout de nos petits bébés de la Crèche, nous manifestant le désir de baptiser tous les nouveaux arrivés.Puis nous nous rendîmes à la salle de communauté.Monseigneur voit tout d\u2019un premier coup d'œil.Il passa immédiatement au portrait du Pape Pie X, de sainte mémoire, devant lequel il resta en silence durant qquelques instants, puis il dit: « Oh! j\u2019ai connu Pie X intimement.Quel saint! » Ensuite, il lut très lentement les belles paroles de supplique de S.G.Mgr Bruchési, et la bénédiction que Sa Sainteté accorda à notre Société en mars 1914.Passant devant la belle image de notre Mère Immaculée, il la salua respectueusement, et se rendit à la vôtre, ma Mère.Je ne vous dirai pas que je suis restée muette.Comme se parlant à lui-même, et regardant toujours le portrait.Monseigneur dit: « Oh! j\u2019aimerais à écrire à votre révérende Mère », et se tournant vers moi: « Dites-lui bien que je la bénis; que ses filles augmentent en nombre; qu\u2019elles viennent en Chine.Dites à votre Mère de ma part, que les épreuves sont une marque sûre de prédilection et de continuité.Oh! oui, et dites-lui que je la bénis! » Son Excellence prit alors le siège qui l\u2019attendait et, nous groupant autour d\u2019Elle, Elle nous parla de nos différentes œuvres.Puis, nous ayant bénies.Monseigneur quitta la salle de communauté pour se rendre à la Crèche qui parut fort l\u2019intéresser.Il m\u2019a interrogée sur les registres de cette Œuvre: « Avez-vous le nombre des bébés de chaque jour?.Avez-vous leurs noms?.etc., etc.» J\u2019ai pu répondre affirmativement à toutes les questions posées.Monseigneur nous laissa avec la promesse de revenir dans raprès-midi.Vers 4 h.15, nous avions l\u2019honneur et le privilège de recevoir de nouveau Son Excellence accompagnée de son Secrétaire et de son Avocat, ainsi que des RR.PP.Fourquet, Thomas, Fabre, Jarreau, Lévesque et Pierrat, tous de la Société des Missions Etrangères.Notre pauvre petite réception avait été confiée aux soins de notre Immaculée Mère; nous ne fûmes pas déçues car le tout fut, paraît-il, un succès.Il faut dire aussi que le P.Fabre et le P.Jarreau, sachant le peu de temps que nous avions pour les préparatifs de cette réception, eurent la délicatesse de nous envoyer quantité de fleurs, et contribuèrent de leur mieux à rendre notre petite fête digne de notre illustre Visiteur.Son Excellence a beaucoup apprécié le « Chant de l\u2019école » où la Vierge Immaculée est donnée comme modèle à la jeune Chinoise.Nous avions composé, il y a quelques mois seulement, et sur l\u2019air de « O Canada » ce chant chinois que nos élèves païennes, aussi bien que les chrétiennes, exécutent de tout cœur.Après la fête, le R.P.Fourquet offrit à Son Excellence de faire une promenade en ville, puis de chanter le salut du Saint Sacrement à la cathédrale; 508 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 « Non, Père, reprit Monseigneur, je ne vais pas en ville: je chanterai ici le salut du Saint Sacrement; je retournerai à l\u2019évêché vers 7 h., ce soir.» Au salut.Son Excellence fut assistée des PP.Fabre et Jarreau.Dans le passage, attendaient, avec des cris d\u2019impatience, les douze petits bébés que nous avions recueillis depuis le matin.Alors baptême solennel par Son Excellence, encore assistée des RR.PP.Fabre et Jarreau.A peine la cérémonie fut-elle terminée, que le Consul du Portugal arriva pour faire une visite officielle à Son Excellence.Elle fut suivie de celle du médecin de l\u2019hôpital.L\u2019heure du départ, 7 h., étant déjà arrivée.Monseigneur bénit les tables de nos pauvres et de nos élèves puis nous quitta pour se rendre à l\u2019évêché où l'attendaient tous les Pères de la Mission.Ainsi se passa pour nous la belle fête de l\u2019Immaculée-Conception.En partant de Canton, lundi matin, le 11, Son Excellence se rendit à la léproserie de Shek-Lung où elle eut des attentions d\u2019une délicatesse touchante envers les pauvres déshérités confiés aux soins de nos chères Sœurs.Sans doute que ces dernières vous donneront les détails de cette bienfaisante visite.Je vous dis, bien chère Mère, mon plus filial bonjour.Votre fille reconnaissante, ________\tS.Marie du Rosaire.M.I.C.^ 1.Johanna Kelly, de Pembrooke.?* ADRESSE à Son Excellence Monseigneur Costantini par les élèves des Sœurs Missionnaires de VImmaculée-Conceplion, Canton.Maître religion, de mille milles, venu par respect ordre Très Saint-Père, jusqu\u2019à nous, de si loin, par grandes mers, montagnes hautes, eaux profondes.Pas trouvé trop pénibles misères voyage, séparation famille, vent et neige jusqu\u2019à notre cher Canton.Nous, enfants nombreux comme arbres forêt, vous souhaitent bienvenu, dix mille, tous ensemble, un seul cœur, car tous reçu bienfaits insignes sainte religion.Jouissons ensemble, offrons chants, vers, musique comme au Très Saint-Père.Vos vertus, vos exemples aident diriger cœurs.Maître ciel sait trouver cœur prudent, bon, diriger sainte Église.Soumission enfants rendra facile tâche pénible.Du Maître ciel, pour Excellence, protection, joie, bonheur éternellement.Supplions très humblement bénédiction.12e lune, 8e jour, 1922e année depuis la naissance Maître ciel. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 5 09 VISITE DE MGR McGLINCHEY Directeur diocésain de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi à Boston Canton, Chine Il y a quelque temps, nous avions l\u2019honneur de recevoir dans notre modeste couvent, Mgr McGlinchey, directeur diocésain de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi à Boston.A cette occasion, il se passa un petit incident qui, nous semble-t-il, ne manque pas d\u2019intérêt.Par une courte séance improvisée, nos élèves païennes avaient \u2014 à la façon chinoise \u2014 complimenté Monseigneur qui se montra paternellement bon envers les pauvres petites.Subjuguées par sa condescendance, elles se réunirent dans Vaprès-midi et, s\u2019étant procuré une superbe gerbe de fleurs, \u2014 si grosse qu\u2019il fallait être deux pour la porter \u2014 elles se dirigèrent vers le port où devait s\u2019embarquer notre distingué visiteur.Elles y arrivèrent au moment où les oflîciers, ayant retiré les passerelles, se préparaient à lever l\u2019ancre.Les voix suppliantes des petites qui demandaient à voir le vénéré prélat, laissèrent d\u2019abord ces bons Chinois bien indifférents; mais bientôt, les cris, les clameurs de la petite bande résolue, malgré les obstacles, à offrir un dernier témoignage d\u2019affection et de gratitude à celui qui avait su gagner leur cœur, finirent par vaincre les officiers qui, aussi amusés qu\u2019étonnés d\u2019une telle détermination, se mirent à chercher parmi les passagers, le personnage si ardemment désiré.Trouvant Monseigneur déjà installé dans sa cabine, ils l\u2019invitèrent à sortir.Abaissant alors les passerelles, ils firent monter les petites assiégeantes qui, tout heureuses, entourèrent Monseigneur, se prosternèrent jusqu\u2019à terre, \u2014 selon la coutume chinoise \u2014 et lui offrirent leurs vœux et leur gerbe.La scène terminée, les enfants se retirèrent et on leva l\u2019ancre.Mais Monseigneur ne retourna pas si tôt à sa chambre.Debout sur le pont du navire, il y demeura aussi longtemps qu\u2019on put l\u2019apercevoir, tenant sa main bénissante levée vers les petites païennes.Son cœur de père implora-t-il du Ciel une autre faveur que celle de la lumière de la Foi?.Léproserie de Shek-Lung, 7 janvier 1923 VÉNÉRÉE ET BONNE MÈRE, Nous aussi, dans notre île des lépreux, avons eu l\u2019honneur de recevoir Son Excellence Monseigneur le Délégué.Qu\u2019il a été bon! et qu\u2019il nous a fait de bien! C\u2019était bien l\u2019envoyé du bon Dieu.Il nous a dit qu\u2019il parlerait de nous au Saint-Père et qu\u2019il lui demanderait de nous bénir.Nous avons aussi été visitées par Mgr McGlinchey qui s\u2019est montré très paternel.Avant de nous quitter, il nous dit qu\u2019il se rendait à Rome où il demanderait pour nous une bénédiction spéciale. 510 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Ma Mère, c'est dans notre pauvre étable que nous avons reçu ces distingués personnages.Peut-être est-ce la raison pour laquelle on nous a témoigné tant de sympathie?.Toutes ces fêtes sont passées, et on peut dire que le bon Dieu nous a gâtées cette année.Jusqu\u2019à la veille de Noël, nous ne croyions pas pouvoir avoir la messe de Minuit, mais voilà qu\u2019à la dernière heure, nous apprenons la nouvelle que la chose est possible.Aussitôt, nous commençons à tout disposer pour la venue de notre Dieu.Nous préparons d\u2019abord l\u2019autel dans la pièce la plus convenable.Nous mettons sur des tréteaux, quelques planches de lit; des briques font les degrés; une boîte de savon, le tabernacle; le tout est enveloppé avec du papier blanc et des draps.Pour parure, des palmes et quelques fleurs artificielles: voilà l\u2019autel.Et la crèche maintenant.Ayant recouvert une table d\u2019un drap blanc, nous y déposons le petit Jésus au milieu des lis, des flambeaux rouges et de quelques palmes.C\u2019est bien la vraie étable de Bethléem: ni portes, ni fenêtres, le vent souffle de tous côtés; heureusement, le petit Jésus permet qu\u2019il ne fasse point froid en cette nuit.Chère Mère, nous sommes vraiment heureuses que le divin Enfant nous traite en vraies missionnaires! Et pour comble de bonheur, vingt-deux de nos pauvres lépreux firent, à la messe de Minuit, leur première communion.Il y eut en tout cent soixante-douze communiants.Bon nombre de nos malades ont assisté à la messe sur la véranda, car il n\u2019y avait pas assez de place dans la chapelle improvisée.Tous étaient des plus heureux.Et nous donc! nous ne pouvions nous lasser de contempler notre petit Jésus au milieu des lis.Le Jour de l\u2019An fut une vraie fête de famille: toutes vos enfants de la Chine se sont réunies à Canton et, au moment où, toutes ensembles, nous jouissions tant, votre bonne lettre, bien-aimée Mère, est venue mettre le comble au bonheur.Nous en pleurions de joie et nous avions presque l\u2019illusion d\u2019être à la Maison-Mère.Mais les beaux jours, aussi bien que les autres, ont leur soir.Il fallut nous séparer.Notre bonne Sœur Supérieure nous chargea de douceurs et plus encore de bons conseils.Nous partîmes avec un nouveau courage pour accomplir la tâche quotidienne.De ce temps, nous lisons à table « Sr Marie du divin Cœur, du Bon Pasteur ».Que je voudrais aimer Notre-Seigneur comme cette sainte âme l\u2019a aimé! Pour y parvenir, je demande à toutes nos bonnes Sœurs du Canada, de bien vouloir intercéder pour moi auprès de notre Mère Immaculée.A vos intentions, chère Mère, j\u2019offre mes sacrifices de tous les jours.Je compte sur vos ferventes prières pour être, toute ma vie, une bonne religieuse.Croyez, bien-aimée Mère, à mes filials et respectueux sentiments ainsi qu\u2019à ceux de vos autres filles de la Léproserie.Sœur Saint-Raphaël, M.I.C.^ 1, Malvina Biron, de Montréal. Hommage ^ nos! anciens! mis!s!ionnaireô Canabiens! M.l\u2019abbé Michel Courtin, né vers 1700, fut ordonné à Québec, le 11 mars 1724.Missionnaire des Abénaquis dans le Maine (1724-1729); en France (1729-1730); il a péri dans un naufrage, sur les côtes du Cap Breton, en 1733.M.l\u2019abbé Louis-Charles-Lefebvre de Bellefeuille, né à Montréal, le 12 janvier 1795, d\u2019Antoine Lefebvre de Bellefeuille et de Louise-Angèle Dumont, fut ordonné le 5 juin 1819.Entré chez les Sulpiciens en 1821; curé d\u2019Oka (1829-1835); missionnaire au lac Témiscamingue (1837), au lac Abbitibi (1838); décédé à Montréal, le 25 octobre 1838.Mgr Augustin-Magloire Blanchet, né à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, comté de Montmagny, le 22 août 1797, de Pierre Blanchet et de Rose Blanchet, fit ses études à Québec, où il fut ordonné par Mgr Plessis, le 3 juin 1821.Vicaire à Saint-Gervais (1821-1822), missionnaire aux Iles-de-la-Madeleine et à Chéticamp (1822-1826); curé de Saint-Luc-sur-Richelieu avec desserte de Saint-Jean-d\u2019Iberville (1826-1828); curé de L\u2019Assomption (1828-1830), de Saint-Charles-sur-Richelieu (1830-1838), d\u2019où il fut incarcéré à Montréal avec les patriotes révoltés en 1837; missionnaire à Saint-Marc (1830-1832); curé des Cèdres (1838-1842); à l\u2019archevêché de Montréal (1842-1846); où il fut nommé chanoine titulaire de la cathédrale de 1844 à 1846; premier évêque de Nesqually dans l\u2019état de Washington avec résidence à Walla-Walla (1846-1850), à Nesqually (1850-1879) ; élu en 1846 et sacré à Montréal par Mgr Bourget, le 27 septembre de la même armée; retiré sous le titre d\u2019évêque d\u2019Ibora à Vancouver, dans la Colombie-Anglaise (1879-1887); décédé à Vancouver, le 25 février 1887.M.l\u2019abbé Édouard Quertier, né à Saint-Denis-sur-Richelieu, comté de Saint-Hyacinthe, le 5 septembre 1796, d\u2019Hélier Quertier, bedeau, et d\u2019Anne Arial, fit ses études à Nicolet et à Saint-Hyacinthe; fut ordonné le 9 août 1829.Vicaire à Saint-Gervais (1829-1831); curé de l\u2019Ile-aux-Grues (1831-1834); fait la mission du Labrador (1834); curé de Cacouna (1834-1841); à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, premier curé (1841-1856), retiré (1856-1872), décédé le 19 juillet 1872. Jour be sJatrifice en fabeur besi iïlis^siîonsJ Dans une lettre Encyclique admirable, Notre Saint-Père le Pape Benoît XV, de regrettée mémoire, faisait un appel pathétique à tous les fidèles du monde en faveur des missions chez les idolâtres.« L\u2019univers catholique, disait Sa Sainteté en terminant cet immortel document du 30 novembre 1919, l\u2019univers catholique ne permettra pas que ceux des nôtres qui sèment la vérité aient à se débattre avec la détresse.» Depuis son élévation au trône pontifical, le Saint-Père Pie XI n\u2019a cessé de renouveler les instances de son auguste prédécesseur, pour le soutien de plus en plus généreux des missionnaires et de leurs œuvres.Sa Sainteté convie, presse tous les chrétiens d\u2019apporter leur contribution à l\u2019extension du royaume de Dieu.Ce désir du Père commun des fidèles, ne peut demeurer sans écho dans notre cher pays, si fécond en dévouements apostoliques.Que de motifs nous excitent à y répondre! Entre tous, le plus puissant n\u2019est-il pas la dette de reconnaissance contractée envers Dieu ?Par une marque de prédilection toute gratuite, il nous a donné la foi, à l\u2019exclusion de tant d\u2019âmes errant dans les régions ténébreuses du paganisme.Pour remercier dignement, peut-on faire mieux que de donner aux autres ce que, gratuitement, l\u2019on a reçu ?Faisons donc partager aux millions et millions d\u2019âmes païennes le bonheur de la foi catholique; aidons les missionnaires à remplir le mandat que Notre-Seigneur leur a confié; « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les.» Pour faciliter ce travail d\u2019apostolat dans le champ d\u2019action confié aux Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, Sa Grandeur Mgr Gauthier autorise la création d une petite œuvre, bien simple dans son organisation et sa mise en pratique, mais qui est destinée, si elle est comprise et si elle est favorisée du généreux concours des catholiques, à opérer des fruits vraiment prodigieux dans les pays de missions.Cette œuvre consiste en un jour de sacrifice.Les fidèles sont invités à faire, durant ce jour, des efforts spéciaux pour apporter des ressources nouvelles aux œuvres d\u2019apostolat; la valeur de ce sacrifice est offerte pour le soutien des missionnaires canadiennes.Le sacrifice peut porter soit sur les menues dépenses quotidiennes (tramways, voitures, achats de journaux, toilettes, théâtre et vues animées, goûters, desserts aux repas), soit sur des dépenses plus considérables (voyages, etc.).L\u2019aumône spirituelle d\u2019un Pater et d\u2019un Ave est aussi demandée dans le même but: la conversion des infidèles.« Recueillez les miettes afin que rien ne se perde.» Je choisis le 14 mars 1923 (le jour est laissé au choix de chacun) pour mon jour de sacrifice en faveur des Missions.J\u2019offre à cette effet la somme de $1.00.Signé: Mlle CLAIRE DESROSIERS, Adresse: Saint-Canut, P.Q.Nous bénissons de tout cœur l\u2019œuvre du « Sacrifice en javeur des Missions », et la recommandons à la bienveillance el au zèle de tous nos fidèles.Ce 23 mai 1921.\tj- Georges, Êv.de Philip., Adm.Pour la propagande, on peut se procurer cet article sous forme de feuillet, au centre de l\u2019Œuvre; Couvent des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont (près Montréal). Anges du Précurseur M.Wilfrid Ladouceur: 525; Mlle Aline Morency, Québec: 145; Mlle Bernadette Michaud: 118; Mlle Yvonne Anctil, Québec: 86; Mlle Marie-Anne Lepire, Charlesbourg: 84; Mlle Lucienne Carrier: 79; Mlle Anne-Marie Voyer, Québec: 72; Mlle M.-Thérèse Lamy, Montréal: 71; Mlle Alberta Laflamme, Limoilou: 71; Mlle J.Grenier, Québec: 62; Mlles Lamontagne, St-François-de-Montmagny: 60; Mlle M.-Paule Gagnon, Ste-Perpétue: 56; Mlle Elsie St-Michel, Sr-Frs-Mont.: 53; Mme François Parent, Roberval: 44; Mlle Hamel, Québec: 43; Mlle Estelle de Courcy, Québec: 39; Mlle Duclos, St-Gervais-de-Bellechasse: 39; Mlle Desneiges Paradis: 38; Mlle Gabrielle Vincent, Québec: 37; Mlle Flora Lessard, St-Michel-de-Bellechasse: 36; Mlle G.Laferrière, Lauzon: 21; Mlle Agnès Guay, Lauzon: 22; Mlle Una Bourbeau, St-Hyacinthe: 21; Mlle Germaine Beaudoin, Champlain: 19; Mme Adélard Guénètte, Ste-Anne-des-Plaines: 17; Mme Benjamin Marchand, Champlain: 16; Mlle Florida Tisseur, Montréal: 15; Mlle Bélanger, Beauport: 15; Mlle L.Brown, Beauport: 15; Mlle Alice Massicotte: 13; Mlle Laura Maltais, Bagotville: 12; Mlle Th.Chabot, Rivière-à-Pierre: 12; M.Léopold Chaussé, Montréal: 10; Mlle Binette, Sherbrooke: 10; Mlle Blanche-Yvonne Bigras, Ste-Dorothée: 9; Mme J.-H.Brassard, Jonquières: 8; Mlle Cécile Vanasse, St-Guillaume-d\u2019Upton: 8; Mlle Catherine Rousseau, Sandy-Bay: 8; Mme Jules Renaud, Côte-des-Neiges: 8; Mlle Maria Bernier, St-Êpiphane: 8; Mlle Amanda Héroux, Montréal: 7; Mlle Béatrice Marchand, Champlain: 7; Mme Jos.Chartrand, Montréal: 7; Mlle Jolicœur, St-Michel-de-Bellechasse: 7; Mme G.Lachance, Montréal: 5; Mlle Anny Larue, St-Hyacinthe: 5; Mme Alfred Marquis, Québec: 5; Mlle Dorcina Millejours, Burlington: 4; Mlle D.Bourbeau, St-Hyacinthe: 4; Mlle Marie-Anne Moreau, Scott: 3; Mlle Marie Bouchard, St-Louis-de-Chambord: 3; Mlle A.McCarty, Montréal: 4; Mlle A.Cloutier, St-Raymond: 3; Mme V.-P.Ferland, St-Jean-Chrysostome: 2.\u2014 Le Précurseur prie Mademoiselle la Présidente et les demoiselles, membres du Cercle Sainte-Cécile de Montréal, de bien vouloir accepter ses plus reconnaissants mercis pour la soirée musicale qu\u2019elles ont donné avec tant de bienveillance au profit des œuvres apostoliques des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception. 514 Montréal LE PRECURSEUR RECONNAISSANCE Mai 1923 Révérende Sœur, « Désirant obtenir la guérison des yeux de ma petite fille, j\u2019avais promis à la sainte Vierge de m\u2019abonner à votre Bulletin.J\u2019ai été exaucée; ainsi je vous envoie avec plaisir le prix de mon abonnement au Précurseur.» Signé: Mme J.-C.B.« Ci-inclus la somme de $10.00 pour le rachat de deux bébés chinois: j\u2019avais promis $5.00 pour obtenir, une faveur, ayant été exaucée au-delà de mes désirs, je double le montant.»\tSigné: R.D., Ottawa * * * « Je suis très heureux de vous adresser, pour faveur obtenue, mon aumône de $9.14, afin d\u2019aider à l\u2019entretien d\u2019une novice, future mission- ®\t*\tSigné: P.-E.D., Montréal * * « Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse faite p>our obtenir une guérison complète: ci-inclus $2.00 poiu vos œuvres; je regrette que mes moyens ne soient pas aussi grands que ma reconnaissance.Continuez-moi, je vous prie, vos bonnes prières.»\tSigné: A.L., Yamachiche Reçu ime aumône de trois dollars pour nos missions, avec demande d\u2019accuser réception dans le Précurseur.Anonyme de la paroisse Notre-Dame, North Adams, Mass.: $25.00.NÉCROLOGIE Une prière, s\u2019il vous plaît, pour les abonnés du Précurseur et les bienfaiteurs des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception rappelés à Dieu: Madame Georges Dallaire, Jonquières, décédée dans le courant du mois de janvier.Mlle Albina St-Charles, St-Jérôme, Dame patronnesse, décédée le 22 février.M.Eugène Marsolais, L\u2019Assomption, décédé le 11 février.M.Esdras Bélisle, Wottonville, décédé le 11 février.Le R.P.Alfred Crevier, assistant provincial de la Congrégation de Ste-Croix, de St-Laurent, décédé le 10 mars.Mme Moïse Raymond, St-Paul, Ile-aux-Noix.Mlle Marguerite Perreault, Viauville.Mlle Rosette De celles, 390 ouest, rue Dorchester.M.Clément Roch, St-Norbert, Cté Berthier. LE PRECURSEUR Bulletin des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 314, chemin Sainte-Catherine\tOutremont {près Montréal) POUR L\u2019AMOUR DE DIEU ET DES ÂMES! NOUS VOUS PRIONS DE RENOUVELER VOTRE ABONNEMENT.Zélatrice Zélateur Dans le but de travailler à l\u2019extension du règne de Dieu, je m\u2019empresse de vous adresser les abonnements nouveaux suivants: i-^- Nom {prénom, M.ou Mme ou Mlle) 1.\tAdresse {rue et numéro, s\u2019il y a lieu) 2.\t 3.\t 4.\t 5.\t 6.\t 7.\t 8.\t 9.\t 10.\t 11.\t 12.\t 13.\u2014Douze abonnements ou renouvellements donnent droit à un abonnement gratuit au PRÉCURSEUR pour un an. 516 Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 Bienfaiteurs de la Société 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014\u2022 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, fournissent la dot et le trousseau d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants; 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses.2\u201c Une messe chaque mois à leurs intentions.3° Tous les vendredis de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs.(Les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition.) 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consisté dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupe de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire.5\u201c Une messe de Requiem est célébrée, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts.6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses. Montréal LE PRECURSEUR Mai 1923 BANQUE D\u2019HOCHELAGA Fondée en 1874 BUREAU CHEF:\t-\t-\tMONTRÉAL ADMINISTRATEURS J.-A.Vaillancourt.président Honorable F.-L.Béïque, vice-président A.Turcotte, E.-H.Lemay, Honorable J.-M.Wilson, A.-A.Larocque, A.-W.Bonner BILAN Capital autorisé Capital et réserve Total de l\u2019actif - - - $10,000,000 - - - 8,000,000 - plus de 70,000,000 SUCCURSALES : PROVINCE DE Québec.cent vingt-neuf (129)\tSaskatchewan.douze (12) Ontario.vingt-trois (23)\tAlberta.douze (12) Manitoba.dix (10) Nous sommes représentés à New-York, Londres, Paris, Anvers Beaudry-Leman, gérant général DERY Semences de choix GRATIS Catalogue français envoyé sur demande Hector-L.Déry, 17 est, rue Notre-Dame Tél.Main 3036\t::\t:: MONTRÉAL Demandez le THÉ \u2018\u2018PRIMUS\u201d (en paquets seulement) AUSSI Café \u201cPRIMUS\u201d Fer-blanc 1 Ib.et 2 Ibs Gelées en poudre \u201cPRIMUS\u201d Arômes assortis LCHAPUT, FILS s CIE, Limitée ÉPICIERS en GROS,IMPORTATEURSel MANUFACTURIERS MONTRÉAL 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Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses.2° Une messe chaque mois à leurs intentions.3° Tous les vendredis de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs.(Les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition.) 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupe de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire.5° Une messe de Requiem est célébrée, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts.6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses. Conditions d\u2019abonnement Le Précurseur, bulletin des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, paraît six fois par an: aux mois de janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre.Prix de rabonnoment: $1.00 par année Tout abonnement est payable d\u2019avance AVIS Nos lecteurs qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur, leur ancienne et leur nouvelle adresse, avec le numéro de leur série qui se trouve à gauche sur l\u2019enveloppe du bulletin; ou mieux encore, renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée.On peut s\u2019abonner à une époque quelconque de l\u2019année, pour les numéros de janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre.Les envois d\u2019argent peuvent être faits par chèque ou bon de poste.On peut envoyer sa souscription \u2014 abonnement au Précurseur \u2014 à l\u2019une des adresses suivantes : ïeô ê)oeurs^ be r3mmaculée=CDnception 314, Chemin Ste-Catherine, Outremont (près Montréal) 4, rue Simard, Québec, P.Q.Rimouski, P.Q.44, rue Manseau, Joliette, P.Q.Hôpital Chinois, 76 ouest, rue Lagauchetière, Montréal IMPRIMERIE OU MESSAQERj MONTr£aL "]
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