Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 novembre 1942, Novembre - Décembre
[" ip Vol.XI.23e année Montréal, Novembre-Décembre 1942 No 12 «sa «a>s^ji.fe?iiKassg^8l OEuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 2900, chemin Ste-Catherine, Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), comté de Laval OUTREMONT, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais et de musique.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) - Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour^dames et jeunes I filles.Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.École.Jardin de ! l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes I filles.Ouvroir pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.École Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.(A suivre à la page 3 de la couverture) w V * Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tNovembre-Décembre 1942 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-lée-Conception ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation, ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. T Prix bornés sur demande f Montréal LE PRECURSEUR Novembre-Décembre 1942 Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Nous confectionnons tous les ornements sacerdotaux: chasubles, dalmatiques, chapes, voiles huméraux, étoles et bourses de salut.Forme: romaine, française et ample.Rochets, aubes et surplis en toile fine avec dentelle guipure ou dentelles faites à la main, filet brodé et dentelle aux fuseaux.Tapis d\u2019autel en feutre vert ou rouge.Voiles de ciboires et de tabernacles.Signets pour bréviaires et missels.Bouquets spirituels de fête et mortuaires.Soutanes pour enfants de chœur.Barrettes et plastrons.Colliers et bandes en velours rouge pour « Ligue du Sacré-Cœur ».Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord en cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Grande variété de bannières et dais confectionnés à notre atelier.Description et prix donnés sur demande.ENFANTS-JÉSUS EN CIRE Longueur 5 pouces.$ 2.50 7\t»\t 4.00 9\t»\t 7.00 12\t»\t 14.00 Longueur 14 pouces.$16.00 17\t»\t 25.00 22\t»\t 35.00 Lingerie d'autel Amicts.$15.00 la douz.Corporaux.10.00\t»\t» Purificatoires.7.00\t»\t» Manuterges.6.00\t»\t» Pales.5.50\t»\t» Nous fournissons les hosties aux prix suivants : Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent III Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tNovembre-Décembre 1942 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception En contribuant par des aumônes à : Chapelle de la Maison Mère.Construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions.$\t25.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou d\u2019une lépreuse.60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond.0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.1.00 ABONNEMENT AU « PRÉCURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois.Prix d\u2019un abonnement de bienfaiteur: $1.00 par année.Prix d\u2019un abonnement ordinaire: 60 sous par année, 10 sous l exemplaire.Adresse: 2900, chemin Sainte-Catherine, Côle-des-Neiges, Montréal, Canada.Abonnement à vie: $20.00 AVIS.\u2014 Nos abonnés qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur leur nouvelle adresse avec l\u2019ancienne, ou mieux encore renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception (Premier Institut missionnaire canadien) Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, fondé par la très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit (Marie-Délia Tétreault, de Marieville, comté de Rouville), débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de l\u2019abbé Gustave Bourassa.Le 1er mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Le 7 décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale, Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong-Shan, près Canton l.But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à l\u2019extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère,, comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, sont: la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.1.Voir adresses des autres Missions sur la couverture. Montréal LE PRECURSEUR Novembre-Décembre 1942 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe, Oraison matin et soir, Lectures spirituelles, Récitation du rosaire en commun, Chemin de la croix en commun, Retraites mensuelles et annuelles, Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé; chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la journée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêles principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019immaculée Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de mission.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.* * * Le 1er mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de l\u2019Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 août 1932. Hi*.n itW; A' \t y*%0! « Ô NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS V Moeurs iHtstëtonnairesi be r3mmaculée=Conceptton Bulletin des Publié avec Vautorisation de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.XI.23° année Montréal, Novembre-Décembre 1942 No 12 SOMMAIRE TEXTE A ma Mère Immaculée.L\u2019Immaculée Conception, Patronne des Missionnaires.L\u2019Exposition Missionnaire de Montréal.Centième anniversaire de l\u2019Œuvre Pontificale de la Sainte-Entance.La Sainte-Enfance à l\u2019Exposition Missionnaire.Vingt-cinq années au service de la Sainte-Enfance.Allocution de Sa Sainteté Pie XII.Espère.Le Bienheureux Théophane Vénard.Pour nous et pour tous les hommes.Roses effeuillées.Soyons prêts.Carnet d\u2019une retraitante.Echos de nos Missions.Bribes de journal.Extrait des Chroniques du Noviciat.La journée d\u2019une Novice.La Page des Enfants.Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie.Le Précurseur 726 .727 .La\tRédaction\t729 .La Rédaction 735 .La Rédaction 737 .La\tRédaction\t742 .745 .Le Précurseur 748 Chanoine F.Trochu 750 .La\tRédaction\t752 .753 .La Rédaction 754 .Une retraitante 757 .761 .769 .775 .782 .784 .788 GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs.(hors-texte) Notre Mère Immaculée.726 L\u2019Exposition Missionnaire de Montréal.729 Apothéose des fondateurs de Montréal, à l\u2019Exposition Missionnaire de Montréai.730 Kiosque du Séminaire des Missions-Etrangères de Pont-Viau.731 Kiosque des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.732 Kiosque de la Mission Chinoise de Montréal et de celle de Vancouver.733 Mgr C.-A.de Forbin-Janson, fondateur de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.735 Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi.736 Kiosque de la Sainte-Enfance, à l'Exposition Missionnaire de Montréal.738 Grande réunion des Associés de la Sainte-Enfance à l\u2019Oratoire Saint-Joseph.740 Très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit, fondatrice des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.743 Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, Patronne des Missionnaires.752 La Sainte Messe et les Ames du Purgatoire.755 Heureux converti.756 Cellule d\u2019une retraitante.757 En méditation sur le petit pont.758 Chapelle de la Maison de Retraites Notre-Dame-du-Saint-Esprit.760 Calèche en usage au Manchoukouo.762 Tertre qui recouvre les tombes au Manchoukouo.763 Pauvre habitation mandchoue.764 Chapelle du Patronage de l\u2019Immaculée-Conception, Granby.773 La rivière des Prairies et le pont Viau.783 La sphère et la fontaine symboliques, à l\u2019Exposition Missionnaire de Montréal.785 Les sept grandes sources de la Grâce.786 Notre Saint-Père le Pape Pie XII.787 ma mmaciuee Mon filial amour voudrait un nouveau chant Pour votre grande fête, ô Vierge Immaculée ! Il va de par la terre et la voûte étoilée, Admirant, écoutant, et parmi tout cherchant.Pour inspirer sa lyre, ah ! rien n\u2019est plus touchant Que les superbes fleurs croissant en Galilée : La rose au doux parfum, le lis de la vallée; Mais ce n\u2019est point nouveau.donc ce n\u2019est que méchant.Hélas ! où trouverais-je?.Irais-je voir les anges, Emprunter en secret leurs plus belles louanges?.Demanderais-je à Dieu l\u2019éclat d\u2019un nouveau jour ?.Esprit Saint, doux Conseil, dites-moi, je vous prie?.Ah! merci! c\u2019est trouvé: tout mon chant à Marie Ne redira qu\u2019un mot, nouveau toujours : Amour ! Le Précurseur./ H\u20193mmaculée Conception Patronne des Missionnaires UELLE splendide profession de foi, de reconnaissance et d\u2019amour s\u2019élève du sein de toutes les missions catholiques en l\u2019honneur de Marie! Toutes les vertus, toute la gloire du missionnaire, toutes les vibrations de son noble cœur, tous les frémissements de son âme rappellent Marie, parlent de Marie, chantent Marie! Cette douce Mère fait rayonner sur les jeunes lévites la divine lumière, cette lumière qui attire par son incomparable beauté les âmes pures, filles de Dieu, enfants de la Reine du ciel, jusqu\u2019aux régions les plus éloignées de la terre, jusque dans les ténèbres et l\u2019ignorance des contrées les plus idolâtres.Marie fait voir à l\u2019âme ravie du missionnaire la candide et céleste figure de son Jésus et lui fait comprendre qu\u2019il n\u2019est pas de mission plus noble, de profession plus sainte que d\u2019être le ministre du grand artiste divin, lequel est l\u2019idéal suprême.Et à la vive clarté dont Marie illumine l\u2019esprit du missionnaire, ses pensées se font plus pures et ses affections plus chastes.Ah! oui, la vocation à l\u2019apostolat est une vocation de pureté.Pour voir Dieu, Dieu seul dans les âmes, il faut avoir un cœur pur, suivant la parole du Maître: Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu.Cette vérité apporte naturellement la conclusion que la vocation apostolique est la vocation de Marie, de Marie qui est la Vierge sainte et immaculée, dont la vue remplit l\u2019esprit de chastes visions, dont le sourire fait l\u2019allégresse des âmes pures, dont le nom est un cri de guerre contre les légions infernales.Et parce qu\u2019elle est pure, cette Vierge sainte, parce qu\u2019elle est immaculée, parce que son Cœur est un jardin clos inaccessible à l\u2019esprit immonde, parce qu\u2019elle est la Mère du bel amour, les belles âmes sont les âmes pures, les âmes qui ont pour Mère et Maîtresse la Vierge Marie.« Aime », dit Marie au missionnaire.Et lui montrant la grande famille qu\u2019elle-même a embrassée dans l\u2019ardeur de sa charité virginale au pied de la Croix, .« aime cette famille que je te donne.Aime-la comme tu m\u2019aimes, moi qui en suis la Mère! Aime-la comme tu aimes mon Jésus, ses paroles, ses gémissements, ses larmes, son sang, son Cœur! Dans cette famille, tu trouveras beaucoup d\u2019innocents sur la figure desquels tu pourras faire fleurir le sourire des anges, la grâce ineffable d\u2019héritiers du ciel.Tu verras des âmes capables de contempler les beautés célestes et de goûter Dieu.Sur cette terre, la récompense de tes fatigues et de ton dévouement ne seront pas les sourires et la joie que te promettait ton foyer: tu recevras la croix! Mais ne crains pas.Je fus saturée d\u2019amertume au Calvaire; et souviens-toi que la preuve suprême de l\u2019amour est le sacrifice.Puis, lève les yeux et prête l\u2019oreille, regarde les bienheureux.Les voix de la patrie te disent que quiconque ressemble le plus à mon Jésus en Croix le suivra de plus près ta\" 728 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 dans le triomphe de la résurrection.» Et le missionnaire s\u2019en va, songeant à la Vierge Immaculée.Vita, dulcedo, spes nostra.\u2014 Ces paroles que l\u2019Église, mère elle-même, par une douce intuition des besoins les plus secrets de ses enfants, met sur les lèvres, renferment tout ce qu\u2019est Marie pour le missionnaire.\u2014 Vila ! Ah! oui, Marie est la vie; par elle le messager de l\u2019Évangile a vécu de la vie divine, forme la plus sublime de l\u2019apostolat; par elle, cette vie a été transfusée en un nombre prodigieux de coeurs auxquels cette Vierge toute pure est apparue comme une invincible apologie du christianisme.\u2014 Dulcedo.Mille et mille fois, le missionnaire l\u2019a goûtée cette douceur ineffable, lorsqu\u2019il fit retentir les vallons, les collines et les forêts des louanges de cette divine Reine.\u2014 Spes nostra.A l\u2019apôtre surtout de certifier que son espoir en Marie n\u2019a jamais été confondu.Il en sera ainsi jusqu\u2019à la fin de sa vie.Avec un visage serein, il quittera ce misérable exil que Marie avait, pour lui, transformé en un champ d\u2019héroïque combat; et au jour de 1 immortel triomphe, parmi les applaudissements des anges, il baisera la main bienfaisante de sa chère Mère, déposera à ses pieds son trophée glorieux, et redira d\u2019une voix reconnaissante: « Tout ce que je suis, je le suis par Marie! » O Mère, par les larmes de tant de mères à J\u2019heure actuelle, jette un regard de pitié sur ceux qui sont éloignés de l\u2019Épouse de ton Fils! Oh! comme l\u2019Église pleure sur ses fils de prédilection dispersés par l\u2019épouvantable tempête qui a bouleversé le monde! Ils sont tes fils, ils sont tes fils très chers.Ils sont l\u2019espoir de nos missions; dans leur cœur vierge brûle la flamme sacrée, la sublime flamme de l\u2019apostolat.O Marie, par les larmes saintes de l'Église de Dieu, de cette Mère bénie qui, plus que toute autre, partage la pureté de ta beauté, la divine majesté de tes douleurs, l\u2019invincible fermeté de ta foi, l\u2019inépuisable tendresse de ton Cœur maternefi rassemble la phalange dispersée de l\u2019apostolat catholique! Donne à l\u2019Église de nouveaux fils de prédilection; aux missions, de nouveaux apôtres, à la divine milice, de nouveaux héros! - -o a o - TOUTE-PUISSANTE AU COMBAT En dépit de notre imagination qui, à la grâce féminine allie toujours l\u2019idée de faiblesse, nous croyons que Dieu a fait de Marie surtout une redoutable guerrière.Dans notre histoire, nous avons vu Jeanne d\u2019Arc prendre le commandement des armées françaises et les rendre victorieuses après la débâcle.Mais une bergère incarnant l\u2019héroïsme d\u2019un peuple n\u2019est qu\u2019une débile image de la Reine incarnant la Force d\u2019un Dieu.La présence de Marie est à la tête d\u2019une invincible armée.A cette place, Dieu l\u2019a nommée.Face à l\u2019ennemi, pour une immense conquête.Il n\u2019y a pas deux manières de s\u2019enrôler dans le camp de Dieu; une seule est proposée dès le début du monde: il faut se mettre sous le Signe marial.François Charmot, S.J.* * * Quiconque est marqué du signe de Marie, sera inscrit au livre de vie.Saint Bonaventure. IT exposition jWtèsrtounatre be jWontréal vfàÊ.ifm\u2019iîJTili A magnifique Exposition Missionnaire de Montréal, qui se tint à l\u2019Oratoire Saint-Joseph, du jeudi 17 septembre au dimanche 4 octobre, à l\u2019occasion du t troisième Centenaire de la métropole canadienne, qui fut l\u2019objet de longs préparatifs et de trésors de dévouement, est maintenant chose du passé.mais de ce passé dont on ne perd jamais le souvenir.Elle fut inaugurée solennellement dans la soirée du 17, par S.Exc.Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, en présence de S.Exc.A4gr Joseph Bonhomme, O.M.I., vicaire apostolique du Basutoland; de S.Exc.Mgr J.-H.Prud\u2019homme, du Séminaire des Missions-Étrangères; de S.Exc.Mgr N.-A.Labrie, vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent; de Mgr Edgar Larochelle, P.A., Président du Comité de l\u2019Exposition; de Mgr O.Maurault, P.S.S., recteur de l\u2019Université de Montréal; de Mgr Albert Valois, vicaire général du diocèse de Montréal; d\u2019un nombre considérable de prêtres, de religieux et religieuses; de Son Honneur le Maire de Montréal, M.A.Raynault, et d\u2019une foule amie.Les jours suivants, elle eut un succès toujours grandissant; si bien que la date fixée tout d\u2019abord pour sa clôture, le dimanche 27 septembre, parut bientôt trop rapprochée et l\u2019on décida de la reculer au dimanche suivant, 4 octobre.Plus de deux cent vingt-cinq mille personnes visitèrent cette splendide démonstration de la vocation missionnaire de Ville-Marie, dont le plan, heureusement conçu et parfaitement réalisé, fit l\u2019admiration de tous.f XTS 'V,: \u2022 KKfÿjar*j i* at fH ko- L\u2019EXPOSITION MISSIONNAIRE DE MONTRÉAL, PARTIE CENTRALE 730 Montréal LE PRÉCURSEUR Novémhre-Décembre 1942 APOTHÉOSE DES FONDATEURS DE MONTRÉAL, A L'EXPOSITION MISSIONNAIRE L\u2019allée centrale, bordée d\u2019oriflammes et d\u2019inscriptions significatives, rappelait que c\u2019est du cœur de la France que partit le souffle apostolique venu animer la solitude du Mont Royal et créer en cette île ignorée un foyer missionnaire.A l\u2019issue de cette allée, frappant tous les regards, une sphère de cent pieds de circonférence, suspendue à la coupole de l\u2019Oratoire et tournant sur elle-même, représentait la terre où s\u2019exerce l\u2019apostolat missionnaire.Au-dessous, une superbe fontaine aux eaux illuminées symbolisait la grâce qui surélève le monde des âmes; grâce qui fait les hommes de bien, les saints missionnaires, les héroïques martyrs.En face, la vaste apothéose des fondateurs de Montréal évoquait les origines de la cité, origines tout imprégnées de la divine grâce, d\u2019esprit surnaturel, de sublimes vertus, de zèle pour la gloire du Souverain Maître; origines au caractère essentiellement missionnaire, dont le cadre, après trois siècles écoulés, s\u2019est merveilleusement agrandi; ce dont faisaient foi les quarante kiosques couvrant la vaste salle et illustrant les travaux des fils et des filles missionnaires de Ville-Marie, prêtres, religieux et religieuses de diverses Sociétés, dans les pays d\u2019évangélisation: Chine, Afrique, Océanie, Japon, Extrême-Nord du Canada.Tous différents d\u2019architecture et de contenu, ces kiosques offraient une magnifique vue d\u2019ensemble et captivaient au plus haut point dans les détails.De loin, l\u2019on eût dit une petite ville où se pressaient, comme dans un écrin, tous les genres de constructions remarquables en pays de missions: ici une pagode chinoise, là une hutte africaine, à quelque distance une tente indienne, etc., etc.De près, l\u2019on avait l\u2019illusion de se trouver en contrées étrangères. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t731 Les trois œuvres pontificales missionnaires: Propagation de la Foi, Sainte-Enfance, Saint-Pierre-Apôtre, et l\u2019œuvre de l\u2019Union Missionnaire du Clergé, représentées dans de fort beaux kiosques, occupaient des places à part, places de choix, comme il convenait.La Ligue Missionnaire des Étudiants avait aussi un coin intéressant, bien propre à attirer et retenir les jeunes.LES VISITEURS Pendant les jours du Congrès de l\u2019Union Missionnaire du Clergé, le premier au Canada, qui eut lieu du 22 au 24 septembre, dans la salle paroissiale de Notre-Dame-des-Neiges, près de l\u2019Oratoire, l\u2019Exposition Missionnaire vit passer à ses kiosques: Son Éminence le Cardinal J.-M.-R.Villeneuve, archevêque de Québec; S.Exc.Mgr II.Antoniutti, Délégué Apostolique au Canada, nombre de prélats et de prêtres venus de tous les points du pays.Les diverses séances d\u2019études missionnaires, organisées pour les religieux, les religieuses et la Fédération des Cercles d\u2019études, le Premier Congrès de la Ligue Missionnaire des Étudiants eurent pour effet non seulement de conduire des visiteurs à l\u2019Exposition, mais aussi de contribuer efficacement à lui faire atteindre son noble but.Des personnes de distinction: Membres de la Législature de Québec, Maires, Présidents, Officiers, Professionnels, vinrent nombreux s\u2019édifier et tfr# ün \u2014\tan m r® g \u2022 sÆu-U' Lvy ¦ ¦* VOi BSMhi KIOSQUE DU SÉMINAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES DE PONT-VIAU *?«*»***& MÊÊÈË ¦jMC»J ssi*S KIOSQUE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION Montréal LE PRECURSEUR Novembre-Décembre 1942\t733 s\u2019instruire en parcourant cette salle captivante, d\u2019où se dégageaient tant de leçons salutaires.Et la foule, la grande foule qui défila compacte devant les kiosques, se montra très sympathique et très intéressée.Elle se porta en même temps à la crypte de l\u2019Oratoire pour adresser une fervente piière au grand Thaumaturge de ce lieu, le bon saint Joseph, ou mieux encore pour assister à la messe spéciale que l\u2019on y célébrait chaque jour, et pendant laquelle un substantiel sermon était donné par un prédicateur de marque.CE QUI DEMEURE Et maintenant, la grandiose Exposition Missionnaire de Montréal, objet de longs préparatifs et de trésors de dévouement, est chose du passé.fr\\ Vi/! mit - KIOSQUE DE LA MISSION_CHINOISE DE MONTRÉAL ET DE CELLE DE VANCOUVER 734 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 Le vaste temple inachevé, future basilique de l\u2019Oratoire, est redevenu désert.Sous sa voûte imposante, la calme solitude et le silence profond ont succédé au tumulte des mille pas et au flot des paroles; les bizarres constructions, les multiples objets et les brillantes illuminations ont disparu; bref, tout ce que fut l\u2019Exposition Missionnaire est passé.comme passe l\u2019herbe des champs, comme s\u2019évanouit un rêve, comme s\u2019écoulent les bonheurs et les peines des hommes; mais non, une chose lui demeure., c\u2019est sa fin qui a été, on peut le croire, pleinement atteinte.En visitant cette Exposition, en prenant part au Congrès, aux séances d\u2019études, en assistant aux sermons, l\u2019on a mieux compris la vocation missionnaire de Ville-Marie et l\u2019on en a rendu grâces à Dieu; l\u2019on a réalisé davantage le grand effort missionnaire de l\u2019Église pour amener am divin Bercail les brebis qui en sont encore éloignées; l\u2019on a approfondi l\u2019immense détresse des nations qui errent dans les ténèbres du paganisme; l\u2019on a admiré la force morale des apôtres de l\u2019Évangile qui quittent parents, amis, patrie, pour aller porter au loin le flambeau de la foi; et surtout l\u2019on a mieux compris l\u2019impérieux devoir qui incombe à chaque chrétien de travailler, selon sa vocation et son pouvoir, à l\u2019extension du règne de Dieu sur la terre, par la conversion des infidèles; principalement par les moyens accessibles à tous: la prière, le sacrifice et l\u2019aumône pour le soutien des œuvres missionnaires.Et, ayant mieux compris ce devoir, l\u2019on a, sans nul doute, résolu de le mieux accomplir._¦ o ¦ -:- LE CLERGÉ INDIGÈNE EN CHINE En 1842, il n\u2019y avait que 15 prêtres chinois.Ils étaient 470 en 1900; 963 en 1920 et 1,822 en 1936.Actuellement, le clergé chinois représente le tiers du clergé indigène de tous les pays de missions.En Chine, 96 missions sur 119 ont leurs petits séminaires fréquentés par plus de cinq mille séminaristes.Le nombre des grands séminaires s\u2019élève à 23 où plus de 1,200 séminaristes se préparent à devenir prêtres.Le sacre des six premiers évêques chinois par Sa Sainteté Pie XI, en 1926, a puissamment contribué à susciter de nouvelles vocations.Prions spécialement la Vierge des Missions de susciter des vocations plus nombreuses encore pour combler les vides laissés par le manque de prêtres venus de l\u2019étranger.* * * A la minute présente, il dépend de moi qu\u2019il y ait plus de vie divine dans le monde.Si j\u2019oublie ou néglige de me sanctifier en ce moment, il y aura pour Dieu, éternellement, moins de trésors surnaturels à disperser sur les milliards d\u2019humains qui vivent et qui vivront.Père Plus, S.J.* * * Quand nous sacrifions nos intérêts au service de Dieu, il avance plus nos affaires que nous n\u2019aurions fait nous-mêmes si nous avions préféré nos intérêts à sa gloire.Saint Ignace de Loyola. V Centième amubersiatre be T(©£ubre pontificale be la ê>ainte=Cnfance ES années 1842-1843 marquent les origines de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.C\u2019est en 1842 que Mgr Charles-Auguste de Forbin-Janson, évêque de Nancy, de concert avec Mlle Pauline-Marie Jaricot, conçut le projet de son Association pour le salut de l\u2019enfance païenne et le fit connaître en Angleterre, à plusieurs prélats réunis à Birmingham.L\u2019illustre évêque de Nancy connaissait depuis vingt ans la célèbre fondatrice de la Propagation de la Foi et il gardait dans son cœur la pensée de travailler d\u2019accord avec elle au salut des orphelins de la Chine.A son retour d\u2019Amérique, où il avait prêché des retraites demeurées célèbres, tant au Canada qu\u2019aux États-Unis, il la rencontra de nouveau à Lyon et le projet, depuis si longtemps caressé, fut enfin réalisé.Un problème cependant se présentait: Comment greffer ce nouveau rejeton de la charité apostolique sur l\u2019arbre de la Propagation de la Foi sans lui nuire ni affaiblir en quoi que ce soit la sève qui l\u2019alimentait?L\u2019humble Pauline-Marie Jaricot trouva la solution.Monseigneur l\u2019avait cherchée pendant trente années, traversées il est vrai par des préoccupations multiples, il la découvrait après quelques minutes d\u2019entretien avec la grande chrétienne de Lyon.Pourquoi les enfants ne deviendraient-ils pas les banquiers de la charité ?Ne pourraient-ils pas trouver un petit sou par mois pour sauver les enfants abandonnés de la Chine, et en faire des chrétiens, des apôtres, des martyrs : le salut des enfants païens par les enfants chrétiens?La Sainte-Enfance était fondée l.L\u2019année suivante, le grand évêque-apôtre en établit les solides fondements par la formation à Paris de son Comité central, qui tint sa première séance le 20 juin 1843.Grâce au zèle et à l\u2019activité inlassable de son fondateur, l\u2019Œuvre enfantine, comme on la nommait à ses débuts, prit une rapide extension.Elle était déjà admirée de toute l\u2019Europe et quarante-huit évêques MGR CHARLES-AUGUSTE DE FORBIN JANSON FONDATEUR DE L\u2019ŒUVRE DE LA SAINTE-ENFANCE 1.Vie de Mgr de Forbin-Janson. 736 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 de France, de Belgique, d\u2019Italie, de Bavière, de Suisse, de Hollande, de Savoie s\u2019en étaient déclarés les protecteurs quand, le 10 juillet 1844, Dieu, inopinément, rappela à lui Mgr de Forbin-Janson.La Chine avait aussi salué avec enthousiasme la naissance de cette Association apostolique et avait commencé, dès lors, à recevoir des fonds appréciables pour le salut de ses malheureux petits enfants.Mais, après cent ans écoulés, que de progès réalisés par cette Œuvre touchante, que de marche en avant!.Tous les pays l\u2019ont adoptée ou ont été l\u2019objet de sa bienfaisance, tous les Souverains Pontifes l\u2019ont bénie et encouragée.Pie XI l\u2019a élevée au rang d\u2019Œuvre Pontificale et Pie XII, notre bien-aimé Père glorieusement régnant, en est l\u2019éminent Protecteur.Dans les pays chrétiens, comme dans les pays païens, elle a produit des fruits merveilleux.Quelles magnifiques gerbes de prières et de sacrifices elle a fait monter vers Dieu de la part des associés; quels précieux trésors de charité elle a formés des oboles de leurs mains; que de beaux dévouements, que de mérites elle a suscités chez ceux qui ont charge de l\u2019enfance; que de vocations missionnaires elle a fait éclore!.Et dans la grande moisson infidèle que d\u2019épis recueillis!.Les statistiques comptent plus de trente-cinq millions d\u2019enfants païens rachetés et baptisés grâce à elle, et près d\u2019un million quatre cent mille entretenus aujourd\u2019hui dans les crèches, orphelinats, écoles, ouvroirs et autres établissements qu\u2019elle subventionne.Toute minime à ses débuts, la Sainte-Enfance offre présentement le ravissant spectacle d\u2019une grande œuvre de miséricorde spirituelle et corporelle, étendant ses bienfaits sur les deux hémisphères.Quelques années après sa fondation, l\u2019Œuvre enfantine fut établie en Canada, dans le diocèse de Montréal, par S.Exc.Mgr I.Bourget; placée en 1851 sous la direction du zélé M.François-de-Sales Daniel, P.S.S., puis de son digne successeur M.F.Lelandais, P.S.S., elle se développa heureu- PAULINE-MARIE JARICOT FONDATRICE DE L\u2019ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t737 sement.Quelques autres diocèses la virent aussi s\u2019implanter en leurs terres fertiles, mais c\u2019est surtout depuis vingt-cinq ans, sous l\u2019impulsion de la révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit, fondatrice de la Communauté des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, qu\u2019elle a fait d\u2019étonnants progrès dans l\u2019archidiocèse de Montréal et dans plusieurs autres diocèses de la province de Québec, nommément ceux de Québec, des Trois-Rivières, de Joliette, Rimouski, Chicoutimi, Saint-Hyacinthe et Saint-Jean.Mais si, depuis sa naissance, cette admirable Association a porté tant de fruits de salut, il faut tout d\u2019abord en remercier Dieu auteur de tout bien, inspirateur de toutes les œuvres nouvelles qui surgissent dans l\u2019Église au cours des siècles.Rendons-lui donc de solennelles actions de grâces en ce glorieux Centenaire, pour les bénédictions sans nombre qu\u2019il a répandues sur cette œuvre gigantesque depuis ses origines.- - ?> - la ê>atnte=\u20acnfance à l'exposition JWiââtonnatre GRANDE MANIFESTATION ENFANTINE A Sainte-Enfance, Œuvre Pontificale Missionnaire, fut à l\u2019honneur à l\u2019Exposition Missionnaire de Montréal.Elle y tint un intéressant kiosque, lequel fit ressortir son centième anniversaire de fondation, ses origines au Canada, son action bienfaisante en pays infidèles et en pays chrétiens.Au programme du Congrès de l\u2019Union Missionnaire du Clergé, elle y fut mise en relief par Mgr Edgar Laro-chelle, P.A., Directeur National de l\u2019Œuvre, qui prononça à sa louange un substantiel discours.A la séance d\u2019études des religieuses, une Sœur Missionnaire de l\u2019Im-maculée-Conception, à titre d\u2019Ouvrière de la Sainte-Enfance, fut appelée à faire connaître, aux diverses Communautés réunies, comment on peut l\u2019organiser dans les écoles.Au Congrès de la Ligue Missionnaire des Étudiants, elle fut pendant quelques instants l\u2019objet de l\u2019attention de tous.Mais ce fut surtout le samedi 3 octobre, veille de la clôture de l\u2019Exposition Missionnaire, qu\u2019elle eut une magnifique part d\u2019honneur.On lui fit une fête inoubliable, bien digne de son glorieux Centenaire.Précédemment, tous les écoliers du diocèse de Montréal, associés de la Sainte-Enfance, avaient été convoqués à une réunion solennelle en plein air, à l\u2019Oratoire Saint-Joseph, pour l\u2019avant-midi du dimanche 27 septembre, réunion qui devait être présidée par S.Exc.Mgr Ildebrando Antoniutti, Délégué Apostolique, et pendant laquelle il devait offrir le Saint Sacrifice 738 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 /\\/\\/\\ /\\T/AV de la Messe.Le bon Délégué, qui semble avoir une prédilection pour l\u2019Œuvre bénie de la Sainte-Enfance, avait lui-même, pour en commémorer le Centenaire, demandé cette manifestation enfantine, et il paraissait heureux de la présider; mais la mauvaise température empêcha qu\u2019elle eût lieu au jour fixé.Elle fut alors remise au 3 octobre, fête de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.La petite Sainte, qu\u2019on invoqua avec ferveur pour obtenir du beau temps pour cette journée, répondit à la confiance de tous.Le soleil se leva radieux et ses rayons, se faisant de plus en plus chauds, dissipèrent peu à peu la fraîcheur du matin.Alors, on vit accourir vers l\u2019Oratoire Saint-Joseph, de tous les points de la ville et même de la campagne, des groupes nombreux d\u2019écoliers, conduits par leurs instituteurs ou institutrices, portant l\u2019insigne et arborant le drapeau de la Sainte-Enfance.Dans un ordre et un silence remarquables, ils vinrent occuper les places qu\u2019on leur assigna sur le toit de la crypte de l\u2019Oratoire et sur les multiples degrés qui conduisent à la future Basilique, convertie à ce moment en salle d \u2019 Exposition Missionnaire.Bientôt, ils furent là assemblés environ vingt mille.Belle et pacifique armée de petits conquérants d\u2019âmes! Avant la Messe, qui devait commencer à dix heures, Mgr Edgar Larochelle, si dévoué à la Sainte-Enfance, adressa à l\u2019intéressante foule ces chaleureuses paroles: KIOSQUE DE LA SAINTE-ENFANCE, A L\u2019EXPOSITION MISSIONNAIRE DE MONTRÉAL En ma qualité de Directeur National, je suis très heureux de vous féliciter de cette belle manifestation que vous êtes venus faire ce matin, pour célébrer le centenaire de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.D\u2019ici, je vois tous les groupements des élèves et je suis très content que vous soyez accourus si nombreux.Il faut que tous les enfants, associés à la Sainte-Enfance, se disent que la Sainte-Enfance compte pour quelque chose au Canada.Eh bien! mes enfants, sachez que depuis vingt-cinq ans, $1,135,000.00 ont procuré Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t739 le salut des petits enfants infidèles.C\u2019est magnifique, c\u2019est un beau travail accompli et cette année, dans le seul diocèse de Montréal, vous avez fourni à l\u2019Œuvre plus de $24,000.00! Depuis sa fondation, en 1842, la Sainte-Enfance a sauvé et baptisé 35 millions d\u2019enfants païens qui, au ciel, s\u2019unissent à vous pour célébrer aujourd\u2019hui le centenaire de la Sainte-Enfance, pour remercier le fondateur de l\u2019Association que vous connaissez: Mgr de Forbin-Janson, et aussi Mlle Pauline Jaricot qui lui a suggéré l\u2019idée de la fondation.Il faut bien remercier ces deux grands fondateurs en priant pour eux et pour leur canonisation.Je vous félicite, chers enfants, et je suis vraiment fier de vous.Maintenant, disons ensemble: Vive le Pape! Vive Mgr l\u2019Archevêque! Vive la Sainte-Enfance! Suivirent d\u2019autres acclamations et des supplications ardentes suggérées par le R.P.Jean Laramée, S.J., chargé de diriger le chant et les prières.Tandis que les petits drapeaux, aux couleurs papales et portant l\u2019inscription de Vive le Pape, Vive la Sainte-Enfance, s\u2019agitaient avec enthousiasme, les Vive le Cœur de Jésus, Vive le Christ-Roi, Seigneur, donnez-nous la paix, Seigneur, convertissez les pécheurs, Seigneur, convertissez les païens, s\u2019échappèrent de toutes les poitrines, s\u2019élevant vers la nue comme un grand cri qui dut émouvoir le ciel.Puis soudain, le silence se fit, et le R.P.Louis Pageau, P.M.E., fixant toutes les attentions, prononça un touchant sermon, exposant les origines de la Sainte-Enfance au Canada, laquelle, quelques années après sa fondation en France, fut implantée à Montréal pour, de là, se répandre sur le pays et tout le reste du Continent.Il s\u2019étendit sur le sort malheureux des enfants infidèles, qui meurent en grand nombre victimes de la superstition, de la haine du démon, de la barbarie, ou qui sont élevés dans le paganisme; sur les moyens que la Sainte-Enfance offre aux enfants chrétiens pour sauver ces petits frères déshérités: l\u2019aumône, la prière, le sacrifice.Il signala les hauts faits accomplis depuis cent ans par cette Œuvre magnifique, tant dans les pays païens que dans les pays catholiques.«Oh! oui, dit-il, la Sainte-Enfance est une Œuvre admirable et la Sagesse infinie de Dieu s\u2019y montre à découvert en se servant de petits comme vous pour opérer de grandes choses.Bénissez le bon Dieu, chers enfants, de vous avoir donné un tel pouvoir.Et ce pouvoir, servez-vous-en! Multipliez les prières, les sacrifices et les sous, pour hâter la conversion du monde païen.» Il parlait encore quand arriva S.Exc.Mgr J.Charbonneau, archevêque de Montréal.Le vénéré Pasteur prit place devant l\u2019autel dressé bien à la vue de l\u2019assistance.L\u2019allocution terminée, Son Excellence commença le Saint Sacrifice, pendant lequel les prières et les chants s\u2019exécutèrent en commun avec un ensemble et une piété admirables.A l\u2019Évangile, celui de l\u2019Office de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, le R.P.Laramée fit un bref commentaire de ces paroles de Notre-Seigneur à ses disciples : « Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n\u2019entrerez pas dans le royaume des deux.» Avant la consécration, chacun fut invité à s\u2019unir, pour adorer le Seigneur, aux millions d\u2019enfants païens qui doivent leur salut à la Sainte-Enfance. 740 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 S.EXC.MGR J.CHARBONNEAU, ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL, CÉLÉBRANT LE SAINT SACRIFICE A LA GRANDE RÉUNION DES ASSOCIÉS DE LA SAINTE-ENFANCE, LE SAMEDI 3 OCTOBRE 1942 I*1 ?'p y*.r -im¦ r V ¦ Et tandis que dans la clarté du doux et caressant soleil, l\u2019Hostie Sainte brilla à tous les yeux, invitant toutes les têtes à s\u2019incliner, plus d\u2019un eut l\u2019impression que dans les airs planait une nombreuse phalange de petits élus chantant avec amour et reconnaissance : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! Après la Messe, Son Excellence se tourna vers l\u2019assistance et, visiblement émue, s\u2019exprima en ces termes: Mes très chers enfants, Je connais quelqu\u2019un qui aurait été, en ce moment, très heureux d\u2019être avec nous.Depuis quelques mois, il m\u2019avait parlé de cette cérémonie réservée à nos jeunes gens et à nos jeunes filles des écoles de Montréal.Il entrevoyait le grand jour, où il devait venir à l\u2019Oratoire Saint-Joseph dire la messe à vos intentions à l\u2019occasion du centenaire de la Sainte-Enfance.Ce quelqu\u2019un, vous le connaissez bien, vous l\u2019aimez beaucoup parce qu\u2019il représente Notre Saint-Père le Pape, vicaire de Notre-Seigneur; c\u2019est S.Exc.Mgr An-toniutti, Délégué Apostolique.Un malaise l\u2019a empêché d\u2019être ce matin avec vous; je me fais donc l\u2019écho de sa voix pour vous remercier de tout mon cœur d\u2019être accourus si nombreux à cette cérémonie.Il a suffi de vous faire un simple signe, un geste pour que vous veniez avec vos maîtres et maîtresses, vos instituteurs et institutrices à cette messe célébrée à l\u2019occasion du centenaire de la Sainte-Enfance.Ce matin, au nom du bon Dieu, du Saint-Père, du Délégué Apostolique, je tiens à vous remercier bien sincèrement pour la collaboration que vous apportez au succès de cette Œuvre.On vous l\u2019a dit tout à l\u2019heure avec une grande éloquence, qu\u2019il existe des petits enfants dont le sort est très malheureux.Qui donc mieux que vous pouvait venir au secours de ces petits êtres, qui pouvait mieux que vous offrir des prières à leurs intentions, faire des sacrifices pour le salut de leurs âmes, offrir de modestes aumônes pour les sauver ?Mes chers enfants, je vous remercie de tout mon cœur de vous intéresser avec tant d\u2019enthousiasme à cette Œuvre si admirable et si belle.Je vous remercie pour ces actes que vous avez souvent répétés, et je compte que vous continuerez de vous dévouer à cette œuvre de salut.Quand ses représentants passeront dans vos écoles, vous serez heureux de déposer en leurs mains les quelques sous que vous avez, lesquels seront consacrés au salut des âmes dans les pays de missions. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t741 Je tiens à vous remercier, chers Maîtres et Maîtresses, pour tout ce que vous avez fait dans le passé pour cette Œuvre.Je remercie aussi les Autorités scolaires de veiller avec tant de constance à ce qu\u2019elle fonctionne normalement dans leurs écoles.Et je tenais à célébrer cette messe, afin de remercier d\u2019abord le bon Dieu pour les bienfaits qui nous sont arrivés par la Sainte-Enfance.Quand on fait quelque chose pour ce grand Maître, quand on s\u2019impose des sacrifices pour le salut des âmes païennes, eh bien! le bon Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, nous gratifie de ses faveurs, de ses bénédictions, nous inspire des pensées salutaires.Voilà pourquoi, ce matin, c\u2019était un devoir pour moi de remercier le bon Dieu, comme c\u2019était pour moi un devoir de vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour cette Œuvre de la Sainte-Enfance.J\u2019ai été content de vous bénir au nom de Notre-Seigneur, mais maintenant c\u2019est son Vicaire qui va vous bénir, car nous avons reçu une dépêche du Saint-Père qui a bien voulu penser à nous, se pencher sur nous et nous envoyer ses plus précieuses bénédictions.Mes bien chers enfants, je vais vous lire cette dépêche: « Mgr Edgar Larochelle, « Montréal.« Sa Sainteté est très sensible aux multiples témoignages.Félicite paternellement les organisateurs de l\u2019Exposition Missionnaire.« Envoie à la hiérarchie, aux communautés, à la Sainte-Enfance, à la Ligue Missionnaire des Étudiants, à tous les participants, à vous-même, une large bénédiction apostolique.Cardinal Maglione, Secrétaire d'État.» Son Excellence donna ensuite la Bénédiction papale.Puis, après de nouvelles acclamations et supplications, toute la foule enfantine promit d\u2019offrir une messe aux intentions du vénéré Pasteur.Le digne célébrant ayant quitté la scène, Mgr Larochelle adressa encore quelques mots et fit grand plaisir à tous, en permettant l\u2019entrée gratuite aux enfants qui n\u2019avaient pas les sous requis pour visiter l\u2019Exposition Missionnaire.Peu après, on se dispersa, emportant de cette manifestation un impérissable souvenir.Au cours de la journée, Mgr le Directeur National, en réponse au télégramme qu\u2019il avait envoyé, pendant la messe du centenaire, à S.Exc.Mgr le Délégué Apostolique, reçut les lignes suivantes: Mgr E.Larochelle, Directeur National Sainte-Enfance, Pont-Viau.Très touché hommages chers enfants réunis Oratoire Saint-Joseph.Présent en esprit célébration centenaire Sainte-Enfance, renouvelle cordiales félicitations, vœux ardents, bénédictions particulières.Archevêque Antoniutti, Délégué Apostolique.Vive le représentant de notre Saint-Père le Pape au Canada! - n ?n-\t- Rien ne procure à Dieu autant de contentement que le salut d\u2019une âme.C\u2019est le sujet de toute l\u2019Écriture, la fin de tous les mystères, le but de tous ses ouvrages.Saint Jean Chrysostome. ï?tngt=ring[ années au gerbtce tre la à>atnte=Cnfance le 26 février 1917 que S.Exc.Mgr Paul Bruchési, par lettre pastorale, confia l\u2019Œuvre admirable de la Sainte-Enfance, dans son diocèse, aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, dont la Communauté, fondée depuis peu, constituait le premier Institut missionnaire canadien.Mais bien avant cette date, la vénérée Fondatrice de cette Communauté, Mère Marie-du-Saint-Esprit, âme vraiment apostolique, digne émule de Pauline-Marie Jaricot, s\u2019était intéressée au sort malheureux des enfants infidèles.En l\u2019année 1908, elle avait intronisé l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance dans la paroisse Saint-Viateur d\u2019Outremont, organisant à cette fin une séance suggestive, dans le but de faire connaître l\u2019Œuvre et de lui procurer des ressources.Cette séance fut présidée par le R.P.O.Joly, C.S.V., et rendue par le petit groupe d\u2019élèves qui recevaient l\u2019instruction chez les Religieuses missionnaires.Parents des- élèves et amis de la Communauté formaient l\u2019assistance.La collecte en faveur des enfants infidèles fut remise au Directeur diocésain de la Sainte-Enfance, M.F.Lelandais, P.S.S.Dès lors, la chère Œuvre demeura en honneur à l\u2019Académie de l\u2019Im-maculée-Conception, activée qu\u2019elle était par la zélée Mère et ses filles.En 1916, la dévouée Fondatrice, sans doute sous l\u2019inspiration de Dieu, entreprit, avec l\u2019autorisation archiépiscopale, de promouvoir la bienfaisante Association dans toutes les écoles de la ville, en la faisant connaître et aimer par maîtres et élèves et en les encourageant à s\u2019y dévouer.En conséquence, le samedi 20 mai de cette année, après s\u2019être mise sous la protection de la Vierge Immaculée, la bonne Mère se rendait auprès du R.P.Leclaire, S.J., Curé de la paroisse de l\u2019Immaculée-Conception, qui lui donna une lettre d\u2019introduction pour les diverses maisons d\u2019enseignement sous sa juridiction.Le lundi suivant, inaugurant le labeur que ses filles devaient perpétuer, elle se présentait avec une compagne à l\u2019Académie Saint-François-Xavier, dirigée par les RR.FF.de l\u2019Instruction Chrétienne, puis à l\u2019Académie Proulx des RR.SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie et en troisième lieu au Couvent Mont-Royal dirigé par les mêmes religieuses.Et la tâche apostolique se continua.Interrompue pendant les vacances, elle fut reprise au mois de septembre avec ardeur, si bien que durant cette année scolaire presque toutes les écoles du diocèse furent visitées et enrôlées dans la Sainte-Enfance.La grâce du bon Dieu fécondant les labeurs des humbles Ouvrières, les succès répondirent à leurs espérances et l\u2019on vit les recettes de l\u2019Œuvre s\u2019élever en fin de juin à la somme de $4,944.09. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 743 L\u2019année suivante amena des résultats plus consolants encore: les gerbes de prières et de sacrifices se firent plus lourdes, plus abondantes, et les ressources pécuniaires se chiffrèrent à $9,223.94.Au printemps de 1918, à la grande joie de la bonne Mère Marie-du-Saint-Esprit, l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance fut confiée à sa Communauté, par S.Exc.Mgr A.Blais, dans le diocèse de Rimouski, et les courses apostoliques à travers ce beau diocèse s\u2019organisèrent incontinent.En l\u2019année 1919, même faveur appréciable lui était accordée dans les diocèses de Québec et de Joliette par S.Ém.le Cardinal L.-N.Bégin et S.Exc.Mgr G.Forbes.Les actives Ouvrières, multipliant leurs pas, jetaient à pleines mains la belle semence apostolique dans les âmes des petits et s\u2019efforçaient aussi d\u2019intéresser les grands-à l\u2019importante cause des missions; mais le zèle de l\u2019ardente Mère, comme une flamme insatiable, tendait à s\u2019étendre de toutes parts.Aussi rendit-elle de vives actions de grâces à Dieu, quand, au mois de mai 1926, S.Exc.Mgr F.-X.Cloutier, évêque des Trois-Rivières, accueillit ses Filles sous sa houlette et leur confia un nouveau champ d\u2019apostolat.Ame de grands désirs, elle regardait toujours en avant, rêvait toujours plus étendu, convoitait toujours davantage.Exauçant ses vœux et ses prières, le Seigneur, en 1930, lui concéda deux nouvelles terres, l\u2019une bien chère à son cœur, qui l\u2019avait vue naître et qu\u2019elle avait longtemps foulée de ses pas: la terre fertile du diocèse de Saint-Hyacinthe, sous la garde paternelle de S.Exc.Mgr F.-Z.Decelles; l\u2019autre, à grande distance de la première mais non moins féconde et riche d\u2019espérance: le vaste territoire de Chicoutimi, alors administré par le bon Mgr C.Lamarche.Quatre ans plus tard, quand une nouvelle partie du diocèse de Montréal fut érigée en évêché, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Ouvrières de la Sainte-Enfance, avec la bienveillante autorisation de S.Exc.Mgr A.Forget, comptèrent à Saint-Jean-de-Québec leur huitième champ d\u2019apostolat.Mais alors, celle qui avait été l\u2019âme de ce mouvement, à qui la Sainte-Enfance doit le développement qu\u2019on lui connaît présentement dans les diocèses mentionnés, était malade.Clouée sur un lit de souffrances, elle ne pouvait plus agir.Sa mission ici-bas semblait terminée, mais durant sept ans elle devait y faire deux grandes choses pour la gloire de Dieu et le salut des âmes: prier et souffrir.Et quand, le 1er octobre 1941, elle quitta 'yjf JV.La très révérende MÈRE MARIE-DU-SAINT-ESPRIT DANS LES DERNIÈRES ANNÉES DE SA VIE, alors qu'elle était malade 744 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 la terre, ses Filles affligées reconnurent bientôt que, du haut du ciel, elle s\u2019intéressait encore à la Sainte-Enfance, car le 25 novembre suivant, grâce à l\u2019intervention de Mgr E.Larochelle, Directeur National, elles se virent confier l\u2019Œuvre dans le diocèse de Mont-Laurier, par S.Exc.Mgr Limoges, ce qu\u2019avait ardemment désiré la regrettée disparue.Oui, elle est allée, la bonne Mère Marie-du-Saint-Esprit, recevoir la récompense de ses nombreux mérites, mais son esprit et ses œuvres demeurent.Choisie par Dieu pour insuffler au Canada l\u2019esprit de l\u2019apostolat lointain, elle a saintement rempli sa vocation.Deux Sociétés Missionnaires sont nées de son zèle: les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et le Séminaire des Missions-Étrangères de Pont-Viau; deux grandes œuvres missionnaires, la Sainte-Enfance et la Propagation de la Foi, ont été amplifiées par son inlassable dévouement.Elle commença à s\u2019occuper de cette dernière vers 1917, et le 2 décembre 1918, S.Exc.Mgr Bruchési la confiait à sa Communauté dans tout l\u2019archidiocèse de Montréal.Le 8 septembre 1919, Mgr l\u2019Évêque de Joliette et, le 21 août 1922, Mgr l\u2019Évêque de Rimouski accomplissaient le même geste.Le 27 novembre suivant, S.Ém.le Cardinal Bégin, par lettre pastorale, chargeait les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception de seconder le Directeur diocésain et les Directeurs paroissiaux dans l\u2019important travail de la réorganisation de l\u2019Œuvre dans son territoire.L\u2019apostolique Mère désirait ardemment voir cette grande Œuvre de la Propagation de la Foi porter des fruits abondants dans tout le Canada, et dans sa sphère, s\u2019y employant de tout son pouvoir, elle lui donna un vigoureux élan.Les premiers Ouvroirs ou Cercles missionnaires de dames et de demoiselles ont aussi été formés par son initiative en 1914; les premières écoles apostoliques de filles et de garçons fondées au pays l\u2019ont été grâce à elle; l\u2019une pour filles fut établie par elle-même le 2 octobre 1902, à la Côte-des-Neiges, elle compta plusieurs élèves et subsista durant sept années; une autre pour garçons fut entreprise à son instante demande auprès du R.P.L.Boncompain, S.J.; elle reçut l\u2019approbation de S.Exc.Mgr Paul Bruchési le 12 août 1913, mais ne fut définitivement ouverte qu\u2019au mois de septembre 1927; une troisième pour filles fut fondée par la bonne Mère dans la ville de Rimouski en 1921.Mais si elle avait de hautes aspirations, si elle aimait passionnément les œuvres de mission, elle avait une tendresse particulière pour celle de la Sainte-Enfance.Maintes fois, ses Filles l\u2019ont vue verser des larmes de pitié sur les misères des pauvres enfants infidèles, maintes fois aussi elle a versé des larmes de joie au récit des prouesses et des générosités des Associés de la Sainte-Enfance.Combien de nos missionnaires canadiens lui auront dû une part de leur vocation, combien de petites âmes d\u2019enfants païens lui doivent le salut ?Dieu le sait.Mais il nous est permis de penser qu\u2019un rêve significatif de son enfance s\u2019est pleinement réalisé.Alors qu\u2019elle était petite fille, elle avait vu en songe un vaste champ de blé, dont les épis s\u2019étaient tout à coup changés en une multitude de têtes d\u2019enfants, et elle avait eu en même temps l\u2019impression que c\u2019étaient là autant d\u2019âmes d\u2019enfants païens.Oh! comme ils durent se réjouir en paradis ces petits bienheureux en y voyant arriver celle à qui ils doivent leur bonheur étemel! Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t74 S Et maintenant, de là-haut, comme elle doit jubiler l\u2019apostolique Mère, en voyant le nouvel essor que prend la Sainte-Enfance au Canada, en cette année centenaire de sa fondation.Sans doute aussi, le 3 octobre dernier, à la splendide réunion des vingt mille Associés à l\u2019Oratoire Saint-Joseph, elle dut être là, tout près, avec les millions de petits élus sauvés par l\u2019Œuvre, chantant et bénissant le Seigneur du grand bien que continue d\u2019opérer la chère Association.\u2022 qe HUocutton tie ê>amtete $te XII Prononcée à l\u2019occasion de son vingt-cinquième anniversaire d\u2019épiscopat EMAIN, en la solennité de la fête de l\u2019Ascension du Christ, notre Sauveur, entouré de la loyale et pieuse assemblée du peuple de la Ville éternelle et en communion intime et pater-/ nelle avec les millions de chrétiens de toute la terre, Nous Fmonterons à l\u2019autel papal dans la patriarcale basilique du Vatican pour offrir à Dieu, avec une profonde humilité et une dévotion fervente, le sacrifice eucharistique.Un ardent sentiment de gratitude envers le divin Donateur de toutes choses Nous inspire et Nous anime, car Notre âme est remplie d\u2019une joie ineffable, parce que ce jour Nous rappelle le souvenir de Notre consécration épiscopale, il y a vingt-cinq ans, des mains de Notre vénéré et inoubliable prédécesseur.C\u2019est un souvenir cher qui, pendant qu\u2019il Nous porte à faire monter vers Dieu un hymne de louanges, Nous fait aussi implorer de tout notre cœur la bénédiction du ciel sur le troupeau de Notre-Seigneur, et sur tout ce que l\u2019Église accomplit et souffre pour le salut du monde.Ce jour, qui en devrait être un de joie pure et sereine pour le monde catholique, arrive à l\u2019heure des très graves anxiétés et des souffrances, dont les paroles de Notre divin Sauveur semblent donner une description fidèle: « Car un peuple se soulèvera contre un peuple, un royaume contre un royaume; et il y aura des pestes et des famines, et des tremblements de terre en divers lieux.» (Matthieu, xxiv, 7.) Au milieu d\u2019une calamité aussi grande, comment pouvons-Nous célébrer ces fêtes qui, même dans leur caractère strictement religieux, conviendraient de préférence aux jours heureux et sereins ?La furieuse tragédie des événements que nous traversons ne Nous convoque pas à la joie, mais plutôt à la pénitence et au repentir; elle nous invite à faire notre examen de conscience et à nous purifier; elle nous avertit de replacer le cours de nos pensées, de nos idéals et de notre conduite et d\u2019en changer la voie.C\u2019est pour Nous, chers enfants, une source de joie, de profonde satisfaction et d\u2019assurance de savoir que, par tout le monde catholique, notre jubilé a été célébré par l\u2019offrande de prières et de sacrifices pour le bien de 746 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 l\u2019Église et en esprit de compassion pour les milliers et les milliers de frères, qui, dans leurs nombreux et grands besoins, frappent avec confiance à la porte de la charité chrétienne, laquelle souffre patiemment avec eux au milieu de la lutte et des tristesses universellement ressenties du moment présent.Les impénétrables desseins de la Providence ont voulu que ce soit Nous qui supportions le poids de l\u2019anxiété pastorale lequel, il y a vingt-cinq ans, était tombé sur les épaules du pontife à l\u2019âme magnanime qui imposa les mains sur Nous à l\u2019autel de la chapelle Sixtine et Nous donna la plénitude du sacerdoce.c\u2019est un saint héritage, mais un héritage rempli de chagrin C\u2019est un saint héritage, mais, oh! combien harassante et semée de\tv douleurs la route par laquelle la bien-aimée Providence Nous a conduit.Cela Nous a ramené à la chapelle Sixtine, où sur Nos faibles épaules était déposée la dignité du Pontife Suprême, une dignité pour laquelle Nous sentons profondément notre peu de mérite.Et avec cette dignité vint un gigantesque fardeau, lequel, avec la déclaration et l\u2019extension de la seconde guerre mondiale, est devenu si pesant qu\u2019il surpasse même celui que le premier conflit mondial avait apporté au pontificat de Benoît XV.Mais pour tout cela, chers fils, c\u2019est en vain que nous aurions passé par l\u2019école de Léon XIII, si brillant par sa sagesse; de Pie X, si remarquable dans sa piété; de Benoît XV, si riche de sagesse prévoyante; de Pie XI, si rempli de saint courage et d\u2019esprit d\u2019entreprise, si, au milieu de cet ouragan d\u2019affliction universelle, même pendant un seul moment, Nous allions Nous permettre d\u2019hésiter en Nous-même sur la certitude fondée sur la foi, raffermie par l\u2019espérance, mûrie par la charité; la certitude que jamais Notre-Seigneur ne veille avec autant de soin sur son Église, que jamais II n\u2019est aussi près d\u2019elle que dans les heures où ses enfants, sous la violence de la peur et de la tempête, peuvent être portés à crier: « Maître, n\u2019avez-vous point de souci que nous périssions ?Seigneur, sauvez-nous, nous périssons.» {Marc, iv, 38; Matthieu, vm, 25.) Et ce calme sentiment de sécurité, où Notre âme le renforce et le stabilise-t-il ?A la tombe de Pierre, premier évêque de Rome.Lorsque Nous Nous agenouillons devant cette tombe et lorsque Nous fixons Nos pensées sur les commencements de l\u2019Église, il Nous semble voir le premier Pape, choisi par le Christ lui-même comme la pierre angulaire de l\u2019Église, relever fièrement la tête et Nous dire: «Je vous conjure, moi qui suis un ancien, et un témoin des souffrances du Christ, de nourrir le troupeau de Dieu qui est parmi vous.» (Ire Épître de Pierre, v, 1.) Alors Nous voyons en esprit tous Nos bons enfants, disséminés à travers le monde, assemblés autour de\tf Nous, en nombre illimité comme les sables du rivage de la mer, et Notre cœur se dilate et Nous sentons profondément au-dedans de Nous une obligation de parler à chacune de vos âmes et de les nourrir avec cette confiance qui soutient en même temps la Nôtre.TROIS GRANDES SOLENNITÉS L\u2019Église, aussi, eut et a son printemps, merveilleux comme elle-même.N\u2019est-ce pas que les trois grandes solennités de Pâques, de l\u2019Ascension et Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t747 de la Pentecôte, venant dans la saison où la nature éveillée à une vie nouvelle s\u2019orne de verdure et de fleurs et se prépare par des enfantements cachés à donner son cadeau de moisson et de fruit; n\u2019est-ce pas que ces trois solennités forment un printemps de l\u2019esprit qui rend plus accueillant, plus précieux et plus beau le printemps de la nature ?Pour Nous, ces fêtes sont un abrégé de trois grands mystères, de trois sublimes vérités, de trois grands faits historiques, trois mystères de première importance dans l\u2019œuvre de la rédemption.Ils forment les trois piliers fondamentaux et inébranlables de l\u2019édifice gigantesque de la sainte Église.Dans leur lumière, dans leur puissance supernaturelle, ces vérités également présentes et également éclatantes à toutes les générations de fidèles à chaque époque de l\u2019histoire de l\u2019Église, jettent la lumière de leur réalité historique sur le printemps de la chrétienté, sur ses tendres commencements, sur sa verte croissance et sa pleine floraison, même aux jours où les vents et les ouragans soufflaient.Car dans la chrétienté était né un fort, le front nimbé de ces trois vérités qui marquent l\u2019ouverture de cette époque qu\u2019on a appelée si justement héroïque, c\u2019est-à-dire les trois siècles qui s\u2019étendent entre la fondation de l\u2019Église et la paix faite avec l\u2019Empire romain en 313.Au temps de Constantin, ces trois mystères fondamentaux, rayons resplendissants de cette lumière du monde qui est le Christ, dirigent et accompagnent la marche empressée de la jeune Église, épouse du Christ.Ils surveillent ses pas et l\u2019invitent à élever son cœur au-dessus du brouillard du paganisme et à chercher les hauteurs de sa grandeur prédestinée.Leurs esprits fixés avec ténacité et avec persévérance sur la croyance dans le divin Ressuscité et en leur propre résurrection; leurs yeux tournés dans une sainte attente vers le divin Glorifié assis à la droite de son Père dans la Jérusalem céleste, séjour éternel de bonheur pour ceux qui demeurent fidèles jusqu\u2019à la fin; leurs âmes remplies de la certitude de la réconfortante présence du Saint-Esprit promis et envoyé par Jésus, vous pouvez voir les premiers chrétiens, professant leur foi au milieu de la lutte et de la souffrance, s\u2019élever à un courage héroïque, grâce à leurs nobles pensées, à leur action vigoureuse, à la vaillante émulation qu\u2019ils manifestèrent dans l\u2019arène des géants du Christ.Ils ont laissé derrière eux un exemple dont la force conquérante se répand et se propage au cours des siècles et même jusqu\u2019à nos jours, lorsque pour garder l\u2019honneur et le nom de chrétien, on doit entreprendre des luttes et accepter des épreuves nullement différentes des leurs.Devant de tels athlètes, sur le front desquels les lauriers du soldat militant du Christ s\u2019entrelacent souvent à la palme du martyre, toute incertitude et toute hésitation disparaît.La grande leçon de leur vie héroïque ne suffit-elle pas à éclaircir tous les brouillards de nos esprits, à nourrir nos cœurs d\u2019une vie nouvelle, à faire relever fièrement la tête des chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui, les rendant conscients de leur haute dignité, désireux de chercher des sommets plus élevés pendant qu\u2019ils réfléchissent à la responsabilité que leur vocation de chrétien dépose dans leurs âmes ?(.A suivre) Cspcre Un jour, il s'en souvient, il était en prière, Au pied du saint Autel, égrenant le Rosaire, Quand, tout à coup, lui vint un immense désir De souffrir pour son Dieu, d\u2019être pour lui martyr.Puis, soudain, s\u2019éclairant d\u2019une vive pensée, Son esprit aperçut une moisson pressée D\u2019épis mûrs attendant la main d\u2019un moissonneur, Tandis que, douce et forte, au profond de son cœur Retentit une voix : « Mon enfant, lui dit-elle, Lève-toi, viens ici.Cette moisson t\u2019appelle.Ces épis que tu vois sur le point de périr, Faute de bras nombreux pouvant les recueillir, Sont tes f rères païens.Vole donc, je t'en prie, Sans retard auprès d\u2019eux.Conduis-les à la vie, Fais rayonner sur eux le flambeau de la foi, Apprends-leur mon amour, ma puissance, ma loi.» Le jeune homme depuis aspire aux grandes choses; On le voit plein d\u2019ardeur pour toutes saintes causes.Il rêve de prêtrise et veut porter ses pas Vers les champs malheureux qui se perdent là-bas.Mais la guerre est venue apporter mille obstacles A son noble dessein.Oh ! quels navrants spectacles Offrent les missions depuis que, sous les deux, Les hommes égarés se battent en tous lieux; Leurs Pasteurs sont frappés d\u2019injustice et de haine, Entravés dans leur zèle ou livrés à la chaîne; Ils répandent des pleurs sur la grande moisson, Qu'ils doivent forcément laisser à l\u2019abandon.Dans les pays chrétiens, aucun missionnaire Ne pouvant s\u2019embarquer pour la rive étrangère, Les apôtres, là-bas, sont laissés sans secours.0 mon Dieu, gardez-les, protégez-les toujours !. En face de ces maux, que penses-tu, jeune homme?.Oh ! garde ton espoir.Chaque jour, fais tout comme Si bientôt tu devais, selon le bon plaisir Du Seigneur notre Roi, pour ces pays partir.Garde ton cœur à Dieu, ton âme sans souillure, Consacre tout ton être à la Vierge très pure, Pour ne point succomber sous les coups du Malin, Et suivre du devoir toujours droit le chemin.En ta vocation crois fermement, espère, En dépit des effets de la présente guerre.Sur le monde affolé l'orage passera, Et dans l'ordre, la paix, par Dieu, s'établira.Le Précurseur.H\u2019&potre Il aime, et comme l\u2019amour n\u2019est que le débordement de soi-même sur les hommes, voici qu\u2019il va à la recherche de ses frères, afin de leur communiquer la vie divine dont son âme déborde.Il se fait prédicateur, missionnaire, apôtre.C\u2019est un besoin de son âme, une nécessité de son état.S\u2019il a avidement contemplé la beauté dans la prière, c\u2019est pour mieux la communiquer aux autres; s\u2019il a reçu la lumière, c\u2019est pour mieux la réfléchir; s\u2019il s\u2019est abreuvé aux sources de l\u2019amour divin, c\u2019est pour mieux aimer son prochain et l\u2019amener à son tour à boire au même amour.Et les profanes ne s\u2019y trompent pas: ils perçoivent d\u2019instinct tout le divin qui s\u2019irradie de cette âme unie à son Dieu.Ils sont prêts à accepter la doctrine de la souffrance et de la Croix des lèvres de celui qui s\u2019est lui-même crucifié avec le Christ; la doctrine du surnaturel dans la foi, l\u2019espérance et la charité, de la bouche de celui qui ne croit, n\u2019espère, n\u2019aime qu\u2019en Dieu et pour Dieu.L\u2019apostolat de son exemple agit avant et davantage que l\u2019apostolat de sa parole, et son action sur les âmes est réelle et profonde, parce que par lui la sentence du Christ se réalise: « Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là produit de nombreux fruits.» Ht bienheureux Œbéopfjane Dénarb par M.le chanoine F.Trochu (Suite) R, tandis que le berce la vague indolente, le Tentateur rôde autour de lui, qui sait ?En tout cas, la pauvre nature humaine se montre, réclame ses droits; Théophane songe douloureusement à ceux qu\u2019il a laissés; mais soudain il s\u2019éveille tout à fait, il réagit, se redresse en un sursaut de sa foi.« Je suis un peu rêveur, avoue-t-il.Si le bon Dieu ne m\u2019aidait pas, mes bien-aimés, le cœur peut-être me manquerait.Vous étiez la moitié de ma vie et je ressens vivement la séparation.» Bientôt toute pensée décourageante s\u2019est enfuie.Théophane a retrouvé son optimisme, fleur vaillante de sa foi: « Je dors dans mon petit nid, comme l\u2019oiseau, sans souci aucun.» Le navire et son équipage modèle lui inspirent toute confiance.L\u2019océan apparaît calme, vu des bouches de l\u2019Escaut; le jeune Poitevin, né sur la berge du Thouet, n\u2019a pas expérimenté la perfidie de ces longues vagues caressantes.« Ma santé est parfaite, proclame-t-il.J\u2019espère n\u2019avoir point le mal de mer.Le Philotaxe vogue à merveille.» Le dimanche 26, le Philotaxe se trouvait dans le détroit, à la hauteur de Calais.La houle s\u2019accentuait.C\u2019était la tempête possible.Ce jour-là, une barque de pêcheur accosta le navire, offrant du poisson frais en échange de biscuits.Par son entremise, Théophane eut la joie de faire porter en terre de France, à destination de Saint-Loup, ce court billet tracé au crayon: Mes chers amis, salut! Je me porte bien.Je ressens un peu cependant le mal de mer.Priez pour nous.La gaieté règne à bord du Philotaxe.Bonjour, mon père; bonjour, Mélanie; bonjour, Henri; bonjour, Eusèbe!.France, adieu! La tempête redoutée fit bientôt rage.Le navire, selon l\u2019expression de Théophane, se mit à monter et à descendre les vagues, comme on monte et descend sur une balançoire.Aussi, pendant quatre ou cinq jours, le pauvre passager fut-il malade à rendre l\u2019âme.A certaines heures, le Philotaxe parut en péril.Tandis que, non loin, un navire américain avait deux de ses mâts brisés et se réfugiait, plein d\u2019eau, dans le port de Plymouth, le voilier d\u2019Anvers tenait bon.Cependant, le mât d\u2019artimon, ayant fatigué un peu, le capitaine de Ruyter jugea prudent de relâcher, lui aussi, à Plymouth pour le consolider.C\u2019était le vendredi 1er octobre.Cet arrêt imprévu sur la côte anglaise devait se prolonger jusqu\u2019au dimanche 10.Le 2 au soir, Théophane, remis de ses émotions, contemplait du navire la rade magnifique.Comme ici sa pensée s\u2019élève vite! Qu\u2019il est bien toujours l\u2019apôtre en quête des âmes! Montréal LE PRECURSEUR Novembre Décembre 1942\t751 Je viens, écrit-il poétiquement à son frère Henri, d\u2019admirer un beau coucher de soleil sur l\u2019Angleterre, pendant que la lune, lui empruntant ses reflets de pourpre, se levait de dessus la France.Je me suis mis à méditer sur cette Angleterre pour laquelle le soleil de vérité s\u2019est couché depuis si longtemps.Je prierai pour elle de bon cœur.L\u2019Angleterre ferait tant pour la bonne cause, si la bonne cause était la sienne.Elle règne sur les mers, et elle sème l\u2019erreur.Dès l\u2019escale de Plymouth, un changement allait s\u2019opérer dans la petite caravane.M.Coulon, plus travaillé que les autres par le mal de mer, avait vomi le sang en abondance.Il dut se résigner à revenir en France pendant qu\u2019un autre volontaire, M.Basset, du diocèse de Digne, faisait diligence pour prendre sa place sur le navire.Il eut la bonne fortune d\u2019atteindre Plymouth avant le départ du Philotaxe.Coïncidence providentielle, ce M.Basset était précisément celui qui, n\u2019étant pas de retour assez tôt d\u2019un voyage à Digne, avait été remplacé au dernier moment par Théo-phane.Pour occuper leurs interminables loisirs, nos jeunes prêtres eussent volontiers visité la ville.Mais aucun d\u2019eux n\u2019avait une connaissance suffisante de la langue anglaise; ils craignirent de ne pouvoir s\u2019orienter à travers les rues.Puis il y avait leur soutane, vêtement que l\u2019Angleterre protestante n\u2019avait pas revu depuis la Réforme.Cependant, ils descendirent à terre.« Mes pieds en étaient bien joyeux », assure Théophane.Tous cinq dirigèrent leurs pas vers la campagne, qui est pittoresque.« Tous ceux qui nous voyaient passer, conte encore notre voyageur, nous regardaient avec ébahissement.Il y avait même des petits enfants qui s\u2019enfuyaient de peur; un homme poussa la curiosité jusqu\u2019à venir toucher la soutane de l\u2019un de nous et en examiner les nombreux boutons.Si nous étions entrés dans la ville, nous n\u2019aurions pu sans doute nous en tirer.» Cependant, même à bord, les heures passèrent rapidement.Les futurs missionnaires étudiaient, écrivaient des lettres ou leur journal de voyage, s\u2019acquittaient en commun, comme au séminaire, de leurs exercices de piété, ou bien ils chantaient, jouaient au loto, tout en grillant des cigares.Théophane vit dans cette escale forcée autre chose qu\u2019un incident fortuit.Voici comment il s\u2019en explique d\u2019abord dans une longue lettre adressée à Mélanie, où il va lui faire les plus ravissantes confidences.(A suivre) - O ?n- - GARDONS NOTRE FOI Hélas! hélas! la foi aujourd\u2019hui subit dans le monde une crise aiguë.« Les vérités sont amoindries parmi les hommes », les ombres du doute, les ténèbres de l\u2019erreur vont se répandant et obscurcissant progressivement la divine lumière dans les âmes.Une presse impie, un débordement inouï d\u2019immoralité, un affaiblissement sans exemple du sens chrétien concourent à l\u2019anéantissement de cette vertu, base du christianisme, soutien des familles et des États, rempart de la civilisation.Oh! gardons notre foi avec un zèle d\u2019autant plus ardent! Recourons à Marie pour étudier et admirer, dans son cœur, le vivant exemplaire de cette vertu.Recourons à Marie pour qu\u2019elle nous obtienne de Dieu une foi ferme et solide qui ne se laisse ébranler par aucune tentation de l\u2019ennemi; pour qu\u2019elle mette en nos cœurs les deux gardiennes indispensables de la sainte croyance, l\u2019humilité et la pureté.Abbé Ch.Rolland. làour nous! et pour tous! les! fjomtnes Dieu est notre Père souverainement bon, souverainement puissant, souverainement aimable et aimant.Nous tous, êtres humains qui peuplons la terre, sommes ses enfants; c\u2019est de lui que nous tenons la vie et sa conservation.« Mon fils, ma fille, mon enfant », dit Dieu à chacun de nous.Et nous, comment devons-nous appeler notre Créateur, sinon par le cri de l\u2019enfant: « Mon Père.» Notre divine filiation nous impose envers ce Père infiniment parfait, dont le Cœur, modèle du nôtre, se complaît dans l\u2019amour de ses créatures, les sentiments les plus délicats de respect, de tendresse, de reconnaissance, de confiance et de zèle pour sa gloire.Mais comment la grande famille humaine répond-elle à ce devoir d\u2019amour envers ce grand Dieu qui a dit: « Je fais mes délices d\u2019être avec les enfants des hommes »; « Si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai jamais ».Jetons un regard sur le monde et considérons le navrant spectacle qui s\u2019offre à nos yeux: plus d\u2019un milliard d\u2019hommes, plongés dans les ténèbres du paganisme, ignorent leur céleste Père et, par conséquent, ne lui rendent aucun des hommages qui lui sont dus; des millions d\u2019autres le connaissent imparfaitement et ne le servent que médiocrement; d\u2019autres, hélas! nient son existence, outragent son saint Nom, violent sa loi.O mon Dieu! que petit est le nombre de ceux qui ont pour vous les sentiments véritables de l\u2019enfant; qui, dans toutes leurs actions, cherchent à vous faire plaisir, s\u2019appliquent à connaître et à accomplir votre sainte volonté, vous remercient sans cesse de vos bienfaits, se reposent en vous de tous leurs soucis; qui, enfin, vous aiment et vous font aimer! Ah! qui nous donnera de mieux comprendre nos devoirs envers notre Créateur! Demandons cette grâce à Celui qui, pour nous servir de modèle, est venu de là-haut sur la terre se faire petit enfant, et qui de la crèche à la croix n\u2019a cessé de nous donner un parfait exemple de piété filiale envers le céleste Père.Demandons-la aussi à la sainte Vierge qui fut, ici-bas, et demeure à jamais la fille bien-aimée du Père; demandons-la aux saints qui ont le mieux illustré la « voie de l\u2019enfance spirituelle », spécialement à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui eut pour mission de la rappeler au ÜH Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t753 monde.Demandons cette grâce précieuse non seulement pour nous, mais pour tous les hommes, particulièrement pour la multitude des infidèles, afin que bientôt ils arrivent à la connaissance et à l\u2019amour de leur Créateur, et que de leur âme monte aussi le cri qui va droit au cœur de Dieu et qui, chaque jour, devrait s\u2019élever de toutes les poitrines humaines: Notre Père! - n ?n\t- Courge bu ü>atnt=\u20acnfant=5é£u£ pour l\u2019entretien d\u2019une missionnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d\u2019une missionnaire.La religieuse, dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse, devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00 donnée en un ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrandes reçues pour la « Bourse du Saint-Enfant-Jésus » Novembre-Décembre 1941.$ 1.00 Mai-juin 1942.$22.00 Janvier-février 1942.288.50\tJuillet-août.33.65 Mars-avril.18.00\tSeptembre-octobre.59.00 Toute offrande pour cette Bourse sera reçue avec la plus vive reconnaissance.Adresse: Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal.-\u2014.o \u2022 o, Quelques roses effeuillées; par la patronne besi jUrèsitomtatresi !.« Quand je serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j\u2019effeuillerai ces roses sur la terre.» Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jêsus.Vive reconnaissance envers sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur obtenue après promesse de publication.Une abonnée, Iberville.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de Lisieux, en remerciement pour la guérison de ma mère.Mme L.L., Whitinsville, Mass.\u2014 Hommage de gratitude po1 r grâces reçues par l\u2019intercession de la chère « Semeuse de roses ».Mme R.Fontaine, Central -Falls, R.-I.\u2014Je désire remercier sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui nous a aidés dans une affaire épineuse.Je lui demande le complet règlement de cette affaire.Mme M., Montréal.\u2014 Toute ma reconnaissance envers la puissante Patronne des Missionnaires pour faveurs obtenues parson entremise.Une amie de sainte Thérèse.\u2014 Remerciements à la petite « Fleur du Carmel » pour bienfait dont elle m\u2019a gratifié.L.-P.D-.Montréal.\u2014\tAvec joie, je m\u2019acquitte d\u2019une promesse faite à sainte Thérèse qui m\u2019a accordé sa protection.J\u2019implore son assistance dans une nouvelle entreprise.Mme A.C.Central-Falls, R.-I.\u2014 Reconnaissance à ma chère protectrice, sainte Thérèse de l\u2019Enfant Jésus, pour faveur spéciale attribuée à son intercession.Mme L.M., Montréal.\u2014 Vifs remerciements à la chère Patronne des Missionnaires pour grâce obtenue par son intermédiaire, après promesse de faire publier dans le « Précurseur ».G.Gascon, Montréal.\u2014\tReconnaissants mercis pour faveurs obtenues par l\u2019entremise de sainte Thérèse.F.Landry, Rivière-Bleue. \u2014 Comme vous paraissez bouleversé, mon Ami!.Qu\u2019y a-t-il donc ?\u2014 Ah! Père, vous ne savez pas ?.\u2014 Mais quoi ?.Un accident ?.\t^ -\u2014 Une mort subite.\u2014 Une mort subite ?.Qui donc ?\u2014 Monsieur Roger X.il y a une heure environ.-\u2014 A-t-il reçu les sacrements ?\u2014 Hélas! non.Quand le prêtre est arrivé, tout était fini.Cela s\u2019est fait si vite! Ce pauvre Roger était à son bureau et nous discutions ensemble d\u2019une affaire épineuse, quand tout à coup ses traits se sont altérés, il a perdu la parole et s\u2019est affaissé sans connaissance dans son fauteuil.J\u2019ai aussitôt mandé le prêtre et le médecin, mais quand l\u2019un et l\u2019autre sont arrivés, Roger n\u2019était plus.Ah! mon Père, quel coup!.J\u2019en suis encore tout renversé.\u2014 Dieu, sans doute, a accordé au mourant quelques secondes pour se reconnaître.\u2014 Roger était un bon garçon, il devait être prêt.mais moi, quelle eût été ma sentence si j\u2019eusse été frappé comme lui! \u2014 Il faut toujours être prêt, mon Ami.C\u2019est l\u2019avertissement formel du Seigneur: « Je viendrai comme un voleur, à l\u2019heure où vous n\u2019y pensez pas.» \u2014 C\u2019est justement ce à quoi je songeais quand vous m\u2019avez rencontré, mon Père.En attendant le tramway, je regardais la foule des allants et venants et je me disais: « Parmi ces gens, combien y en a-t-il qui sont prêts sur l\u2019heure à passer à l\u2019éternité ?» \u2014 Réflexion que moi-même je me pose souvent en voyageant.Quand\t* on est prêtre et missionnaire, voué au salut des âmes, on cherche naturellement à les pénétrer pour leur faire du bien.\u2014 Heureusement que nos âmes sont invisibles.\t| \u2014 Aux yeux des hommes, oui, mais aux yeux de Dieu toutes sont à découvert et il n\u2019est pas un instant où le divin regard n\u2019en pénètre tous les replis.C\u2019est ce regard, et non celui des hommes, qu\u2019il faut craindre, qu\u2019il faut aimer, car c\u2019est lui qui nous jugera.\u2014 Ah! pauvre Roger, il est jugé maintenant!.Excellent homme qu\u2019il était, il est sans doute rendu au paradis.\u2014 Il faut être si pur pour entrer au ciel qu\u2019il est peu d\u2019âmes qui puissent y monter sans passer par le feu du purgatoire. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 7 55 \u2014 Ah! le purgatoire, je m\u2019en moque!.Si je puis éviter l\u2019enfer, peu m\u2019importe le purgatoire! \u2022\u2014 Que dites-vous là, mon Ami ?Ignorez-vous que les peines de ce lieu d\u2019expiation surpassent en intensité tous les tourments d\u2019ici-bas ?.Que certaines âmes échappées à l\u2019enfer, par la miséricorde de Dieu ou la médiation de Marie, pourront rester dans le purgatoire jusqu\u2019à la consommation des siècles si personne ne prie pour elles, n\u2019offre de sacrifices pour leur délivrance et principalement le saint Sacrifice de la Messe ?\u2014 Je ne prie jamais, moi, pour les âmes du purgatoire.\u2014 Alors vous courez risque, si vous passez par les flammes expia-trices, d\u2019y demeurer sans secours, d\u2019y être oublié par ceux mêmes que vous avez aimés sur la terre.« On se servira, a dit Notre-Seigneur, de la même mesure dont vous vous serez servi envers les autres! » ¦\u2014 Bien vrai, ça ?\u2014 C\u2019est la parole même de Celui qui doit nous juger tous.\u2014 Alors, tenez, Père, prenez cet argent.Dites ou faites dire des messes pour Roger et les âmes délaissées.\u2014 Me permettriez-vous d\u2019en offrir aussi une à vos intentions.pour votre conversion ?\u2014 Ma conversion!.mais je ne suis pas un païen!.Si j\u2019ai laissé entendre que je n\u2019étais pas prêt à mourir, c\u2019est que depuis longtemps je n\u2019ai pas été à confesse.parce que des liens difficiles à rompre me retiennent dans certaines habitudes.¦\u2014 Mon Ami, il faut rompre ces liens sans retard.Impossible, Père, pour le moment.Plus tard, les circonstances pourront changer.\u2014 Il n\u2019est rien d\u2019impossible au retour vers Dieu pour celui qui le veut sincèrement.\u2014 Je le veux bien.mais je suis dans une position critique.Mon cas demande explication et ce lieu n\u2019est pas favorable à une telle conversation.J\u2019ai du temps devant moi, si vous-même n\u2019êtes pas trop pressé, mon Père, descendons du tramway.\u2014 Volontiers, je suis tout à vous.Tenez, nous sommes en face de l\u2019église Saint-Pierre, voudriez-vous passer au confessionnal ?\u2014 Me confesser, ah! non, pas aujourd\u2019hui, je n\u2019y suis pas préparé.L'Offrande de la Sainte Messe pour le SOULAGEMENT ET LA DÉLIVRANCE DES ÂMES DU PURGATOIRE / A\" 756 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 J\t\u2014 Cela va venir tout doucement, je vais vous aider.¦\u2014 Un autre jour.demain.\u2014 Il vaut mieux ne pas remettre à demain ce que l\u2019on peut faire aujourd\u2019hui.Qui sait si vous aurez un demain ?\u2014 Décidément, mon Père,, vous voulez me gagner.Eh bien ! soit, je vous suis.Et le bon religieux et le brave fonctionnaire s\u2019acheminèrent vers le portique du\t4 Temple divin.Bientôt, ils en franchirent le seuil, puis disparurent sous la voûte sacrée.Longtemps après, le fonctionnaire repa-\t4 rut au portique, la figure rayonnante de joie.Aux pieds du confesseur, il avait déposé le lourd fardeau de ses fautes, et il en avait obtenu un large pardon.Il avait reçu de ce sage Directeur lumière et conseils pour rompre les liens qui, jusque-là, lui avaient paru infrangibles; il avait pris l\u2019énergique résolution de se remettre dans le chemin du devoir et d\u2019y demeurer coûte que coûte.Très heureux, il se sentait prêt à mourir.Et si l\u2019on eût pu soulever le voile qui nous cache le monde des esprits, l\u2019on eût pu voir à ce moment, non loin du converti, le Malin confus de sa défaite auprès de cette âme, mais machinant un nouveau plan d\u2019attaque pour reprendre sa proie; de l\u2019autre côté, exultant de bonheur, l\u2019Ange Gardien couvrant de son aile son heureux protégé; dans les hauteurs des cieux, une multitude d\u2019esprits célestes se réjouissant de ce qu\u2019un pécheur était rentré dans la voie de la pénitence.Le Malin confus de sa défaite.L\u2019Ange Gardien couvrant de son aile son heureux protégé.m hiTüm'ill .?0 n-~ -.paroles! be J2otre=ê>etgneur « Voici que je vais te dire une chose étonnante; il faut la croire d\u2019une foi inébranlable.Écoute: si le monde entier n\u2019était qu\u2019un globe de feu, si on jetait au milieu de ce feu une poignée de lin, je te le dis, la flamme n\u2019aurait pas plus vite dévoré cette poignée de lin que ma miséricorde ne consume les fautes du pécheur repentant.Je dis plus: pour que le lin s\u2019enflamme dans un monde de feu, il n\u2019aurait fallu qu\u2019un instant, bien petit, il est vrai, presque imperceptible; mais entre le repentir et le pardon, entre le gémissement et la grâce, il n\u2019y a pas même une seconde.» (Notre-Seigneur au Bienheureux Henri Suzo.) =?n « Apprends que mes miséricordes sont au-dessus de mes ouvrages et que rien ne saurait épuiser l\u2019abîme de ma bonté.» (Notre-Seigneur à sainte Gertrude.) Carnet b\u2019une retraitante EN RETRAITE Premier soir Eh bien! je suis en retraite!.Qui m\u2019a conduite ici, grand Dieu!.Qui ?.J\u2019étais à me le demander lorsque, montant tout à l\u2019heure la longue avenue du Couvent des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, j\u2019aperçus l\u2019accueillante Vierge qui, à l\u2019entrée, me souriait en me tendant les bras.J\u2019ai toujours beaucoup aimé Marie, c\u2019est sûrement elle qui m\u2019a amenée ici.En second lieu, je dois ma décision à une amie qui vient en retraite avec un groupe de dames de sa paroisse.J\u2019ai bien hésité à l\u2019accompagner: laisser ma famille, six enfants et mon mari! Il est vrai que j\u2019ai une petite bonne assez sérieuse et que Jacqueline, mon aînée, âgée de treize ans, se fait bien écouter des tout-petits.D\u2019ailleurs, leur père est là et va voir à tout, de très près.Mais enfin, je n\u2019aime pas à les laisser.ni à me déplacer.Puis, à quoi bon! Je fais chaque année ma retraite paroissiale et je suis réellement trop pressée pour être continuellement dans les dévotions.Je ne suis pas tout de même fâchée d\u2019être rendue; c\u2019est la première fois que j\u2019entre dans une Maison de Retraites Fermées; c\u2019est très simple, mais très accueillant, et très commode; ma petite chambre est tout à fait bien, j\u2019y trouve l\u2019eau courante, une chaise de repos, un prie-Dieu, une table à écrire, un lit tout blanc et qui me paraît très confortable.Enfin, j\u2019ai beaucoup plus que je ne m\u2019attendais et je crois que ces trois jours de tranquillité vont me reposer.Premier jour de ma retraite Messe à sept heures, très pieusement entendue par toutes les retrai- ,3» «« ï! tantes.La petite chapelle, joliment ornée, m\u2019a comme imprégnée de recueillement, depuis longtemps je n\u2019avais su si bien prier.Cellule d\u2019une retraitante Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit Première conférence à neuf heures.Prédicateur très convaincu et très persuasif.Il nous a parlé de la nécessité de la retraite fermée et de la manière de la bien faire.C\u2019était très bien.Il nous conseille d\u2019employer notre temps libre à méditer sur la mort.Méditer., moi, ça me déroute.Il nous conseille aussi 758 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 de prendre des notes, mais ceci me va!.Je descends au jardin, je m\u2019installe sur le coquet petit pont couvert de feuillage et je regarde couler le joli ruisseau; ses eaux vives, que le soleil dore et que de nombreuses cascades rendent tumultueuses, m\u2019intéressent.Mon regard cherche aussi loin que possible, dans la montagne, l\u2019endroit où il trouve son point de départ; puis, je le suis dans sa marche précipitée; d\u2019un bond, il passe sous mon petit pont, et s\u2019enfuit là-bas, au loin, où déjà il disparaît.Il me fait penser à ma vie, ce joli ruisseau qui dévale si vite: j\u2019étais jeune; aujourd\u2019hui, je m\u2019en vais sur mes quarante ans.Depuis mon mariage, quelle course rapide!.Que de soubresauts!.Que d\u2019événements!.Quelle précipitation surtout!.A cette heure, il me semble que c\u2019est moi qui passe sous le petit pont.Encore quelques cascades à descendre, quelques incidents, quelques jours, et je disparaîtrai du monde.Ma vie est riante, en ce moment, tout comme le petit ruisseau qui miroite sous le soleil; mais suis-je prête à entreprendre l\u2019éternité?.Mon eau est-elle assez limpide pour se déverser dans l\u2019Océan qui ne souffre aucun alliage?.EN MÉDITATION, SUR LE PETIT PONT.y Vfr**- Wf* \u2022SL*.'\u2022! J\u2019aperçois, à la sortie, sous le petit pont, un grillage qui débarrasse les eaux des feuilles et des branches qu\u2019elles ont cueillies sur leur passage: ma retraite, ma confession de demain ne seraient-elles pas le grillage qui me purifiera ?.Et cela se fera si doucement dans cette maison de paix où tout respire le calme, la tranquillité, le bonheur.Deuxième jour J\u2019ai prié longuement après ma confession.J\u2019étais inondée de bonheur et d\u2019une paix qui surpasse tout ce que je puis exprimer! Je suis allée au jardin, il m\u2019a semblé plus beau encore que la veille.L\u2019air était tiède.Je me suis promenée dans les allées ombragées et bordées de fleurs; les oiseaux jouaient dans les buissons, le soleil dorait la montagne et le ruisseau chantait avec entrain; en un mot, la nature entière semblait s\u2019unir à moi pour bénir le Seigneur.J\u2019ai gravi lentement la montée qui conduit à la grotte de Lourdes, où la Vierge Immaculée m\u2019attendait, souriante.Et là, agenouillée, Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t759 j\u2019ai exhalé à ses pieds le trop-plein de mon cœur, en des Avé débordants de gratitude.Redevenue plus calme, je me suis rappelé la dernière recommandation du confesseur: « Vous n\u2019avez plus jamais à vous inquiéter de votre passé; maintenant, il faut regarder en avant et prendre une directive pour votre vie future.» A deux pas de la grotte, dans un massif de verdure, de petits oiseaux chanteurs attirèrent mon attention; avec précaution, je me penchai vers la bruyante nichée: ils étaient là six petits pressés les uns contre les autres, le père seul veillait tout près; la mère venait de disparaître, je la vis là-haut, non loin, sur la cime d\u2019un arbre, qui gazouillait doucement.Elle voltigea ici et là, puis tout à coup elle fut de retour au nid; les six petits becs s\u2019ouvrirent largement et à chacun elle dispensa la nourriture apportée.Ces petites créatures laissées à la garde du père me firent penser à mes chéris, demeurés au foyer.Moi aussi, je me suis envolée du nid pour chercher la nourriture nécessaire à leur âme.Oh! comme je réalise maintenant jusqu\u2019à quel point j\u2019étais pauvre en lumière surnaturelle, en vie de foi, en amour de Dieu, etc.Pouvais-je donner ce que je ne possédais pas?.Avec quelle clarté je vois aussi que je dois étendre mon apostolat, faire un peu d\u2019action catholique autour de moi: ma petite bonne que j\u2019ai fait venir de la campagne, je l\u2019abandonne trop à elle-même, il me faut m\u2019intéresser davantage à sa vie, à ses sorties, à ses plaisirs, afin de la préserver au besoin.Et cette famille pauvre à qui j\u2019envoie tous les vieux habits des enfants, je ne me suis jamais donné la peine de l\u2019aller voir; pourtant, la mère est malade et perd souvent courage; un bon mot de ma part lui ferait tant de bien!.Et ce pauvre vieux Bernard qui voit au chauffage! lui ai-je déjà manifesté un peu de bonté ?.Il ne pratique plus sa religion, dit-on.De la sympathie, quelques remèdes pour ses maux de jambes me gagneraient ses bonnes grâces; puis, après, le bon Dieu saura bien m\u2019inspirer.Enfin, les œuvres de la paroisse, je m\u2019en suis toujours désintéressée; pourquoi ?.Par apathie; j\u2019avais ma famille, et puis., mais, je m\u2019aperçois que je dois, là aussi, faire ma part, me donner un peu.Si toutes les dames disent comme moi, que deviendront les œuvres paroissiales si nécessaires ?O ma Mère, quel horizon s\u2019ouvre à ma vue, et combien j\u2019avais besoin de cette retraite! Je vous confie désormais ma vie que je veux vivre sous votre regard, en dispensant à chacun la nourriture, les lumières que je suis venue puiser en cette sainte Maison.Dernier jour Le Saint Sacrement est exposé depuis le matin dans la blanche chapelle.Je viens d\u2019y passer l\u2019heure la plus heureuse de ma vie.Mon Dieu, pouvais-je deviner que l\u2019on pût goûter tant de bonheur à vous prier!.Je m\u2019y suis rendue immédiatement après la conférence de neuf heures; l\u2019autel était brillamment illuminé, le bel ostensoir et son divin Captif attiraient tous les regards. 760 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 Far les fenêtres largement ouvertes, les parfums du jardin entraient avec la brise, tandis que le petit ruisseau, avec bruit,\tdévalant tout près, nous donnait l\u2019illusion d\u2019y pénétrer aussi.Le bon Maître, de son trône d\u2019or, semblait bénir et la brise et les senteurs de l\u2019été et l\u2019humble ruisseau.C\u2019était si calme, si reposant, si bon sous ce regard du Créateur que j\u2019enviais cette belle nature, surtout cette onde limpide qui, depuis\ttant d\u2019années, Tout à coup, dans une vive clarté, le bon Maître me fit comprendre que ma vie ressemblait à cette eau, que sa bonté me suivait d\u2019un regard plus continu et mille fois plus aimant que celui\tdont\til\tentoure\tcette\triante\tsource.Que depuis\ttoujours j\u2019étais l\u2019objet de\tses\tattentions,\tde\tson\tamour.\tet\tque ce constant\tet doux regard avait présidé à tous les grands événements de ma vie, à tous mes bonheurs d\u2019épouse et de mère.Cette illumination me dévoila bien d\u2019autres choses infiniment suaves que je ne saurais décrire, mais qui furent si enivrantes qu\u2019un flot de larmes monta à mes yeux et, durant une heure, qui ne me parut qu\u2019un instant, je versai des pleurs d\u2019une douceur sans mélange.Et moi qui croyais ne venir que me reposer ici! Mais c\u2019est la vie que je trouve, la vie surnaturelle avec ses consolations et sa force.Mon Dieu, merci pour ces trois jours de paradis; en retour, ma vie entière est à vous, que mes jours soient tous employés jusqu\u2019au dernier à mériter le bonheur éternel pour moi, pour ceux qui me sont chers, mon mari, mes enfants, etc.Je pars dans quelques instants; je dis adieu à ma petite chambre, où j\u2019ai goûté tant de bonheur et que je retiens pour l\u2019an prochain.Puis, je dépose sur ma table quelques-unes de mes notes de retraite, laissant à Sœur Directrice toute permission de les publier si bon lui semble.C\u2019est un humble tribut de gratitude bien dû aux bonnes religieuses qui se sont dévouées pour nous durant ces trois jours.C\u2019est aussi un besoin de mon cœur débordant de bonheur et de reconnaissance de dire à tous les bienfaits que nous procurent ces trois jours de solitude et d\u2019essayer par là d\u2019en faire participer toutes les dames qui liront ces notes.Une Retraitante.(L\u2019Action Paroissiale de Saint-Viateur.) Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit, Saint-Viateur d\u2019Outremont, le 30 juin 1942.Chapelle de la Maison de Retraites Notre-Dame-du-Saint-Esprit roule ses eaux si près de la petite chapelle.i p®a ms HISSIONS Psett Hi ¦t\tJAPON Le 26 août dernier, deux de nos religieuses Missionnaires à Koriyama, Japon: Sœur Madeleine-du-Sauveur 1 et Sœur Marie-Alida 2, rentraient au Canada, après une longue traversée.Elles faisaient partie du contingent de sujets canadiens et américains, demeurant au Japon, qui ont été rapatriés en échange de prisonniers japonais.Leurs compagnes demeurées à Koriyama, ainsi que celles de la Mission de Wakamatsu, sont toutes vaillantes et courageuses.CHINE Canton.\u2014 Nos chères Sœurs de cette ville continuent, paraît-il, l'exercice de leurs nombreuses œuvres.Shek Lung.\u2014 Aucune nouvelle de nos hospitalières de la léproserie.Hong Kong.\u2014 Internées au camp Stanley, nos Missionnaires de ce poste font de l\u2019apostolat auprès des diverses familles, en soignant les malades et catéchisant les enfants.Elles ont même préparé une cérémonie de première communion au mois de mai.Elles donnent aussi des cours de langues et d\u2019art.Tsungming et Süchow.\u2014 Nos religieuses de ces Missions pouvaient encore vaquer librement à leurs œuvres à la date du 7 juin.[\tMANCHOUKOUO C\u2019est avec une douloureuse certitude que nous avons appris la mort de notre chère Sœur Saint-Denis 3 survenue en mars ou avril.La nouvelle en 1\ta été communiquée à nos Sœurs de Koriyama par un télégramme envoyé de Taonan, poste où résidait la regrettée disparue.ILES PHILIPPINES Manille.\u2014 Un communiqué d\u2019Ottawa, reçu le 28 août, nous a appris que nos Sœurs de cette Mission venaient d\u2019être libérées.1.\tAlice Labelle, de Montréal.2.\tRose-Aimée Demers, de Québec.3.\tAnne-Marie Dubé, de Saint-Denis de Kamouraska. 762 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 C\u2019est l\u2019heure de l\u2019épreuve pour nos Missionnaires, mais de leurs souffrances et de leurs privations, endurées avec foi et amour, germeront certainement des fruits de salut et de conversion pour les pauvres peuples encore assis dans les ténèbres de l\u2019erreur et du paganisme.Après ces jours sombres et mauvais, le soleil de la Foi ne brillera-t-il pas avec plus d\u2019éclat sur les immenses terres d\u2019infidélité ?.A TRAVERS LE MANCHOUKOUO Récit d'une Sœur Missionnaire de V Immaculée-Conception, de passage à Szepingkai, en 1940 « Vite, vite, ma mère se meurt, venez vite, elle est très malade! » Tel était le cri que répétait un pauvre petit déguenillé arrivant hors d\u2019haleine dans la salle d\u2019attente du dispensaire de Szepingkai.« Le sorcier est venu chez nous, continuait-il, mais les dieux semblent sourds à ses prières, ma mère veut les docteurs catholiques! » MISSIONNAIRES PARTANT POUR UNE VISITE AUX MALADES EN CALÈCHE DU PAYS Confiante que le bon Dieu la conviait à la conquête d\u2019une nouvelle âme, en quelques instants, la Sœur Infirmière fut prête et suivait l\u2019enfant.La bonne Providence ayant permis que je fusse au dispensaire à ce moment, j\u2019eus la joie de l\u2019accompagner, joie que je goûtai d\u2019autant plus qu\u2019étant arrivée depuis peu au Manchoukouo, j\u2019étais avide de me familiariser avec les usages et les coutumes des Chinois, si différents des nôtres.La demeure de la malade étant à quelques lis hors de la ville, nous dûmes, pour nous y rendre, monter dans une calèche russe conduite par un Mandchou coiffé d\u2019un mao tse, large chapeau pointu particulier aux Orientaux.Auprès de lui, se tenait, droit comme un piquet, avec l\u2019air d\u2019un conquérant, le petit homme venu pour nous chercher.Dans cette ville chinoise, les rues non pavées sont bordées de fossés, réceptacles de tous les déchets et dans lesquels pataugent quantité de pourceaux noirs qui, là, Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1Ô42\t763 circulent dans les rues, comme chez nous les chiens.Les maisons, n\u2019ayant pas d\u2019étage, sont entièrement cachées à la vue par un haut mur d\u2019une dizaine de pieds qui les entoure.Ces murs se construisaient autrefois pour préserver les habitations des fréquentes incursions des bandits; la coutume s\u2019est maintenue.Sur le bord de la route, j\u2019ai pu voir, installés en plein air: ici un magasin général, là un restaurant; plus loin, un marchand de fruits et de bonbons, époussetant son étalage avec une guenille dont on ne pouvait distinguer la couleur primitive; un cordonnier circulait avec tout son matériel sur le dos; un brave homme faisait cuire des crêpes sans se soucier du vent qui les assaisonnait copieusement de la terre et du sable de la rue.Tout le monde criait et vantait sa marchandise.On se heurtait, on se bousculait, on faisait son chemin.Quelle triste et profonde impression j\u2019ai ressentie à la vue de cette foule de païens coulant sa vie dans l\u2019ignorance complète de son divin Créateur, esclave du démon, vouée au culte des idoles, accablée par la tyrannie de superstitions barbares, offrant en hommage au prince des enfers ses nobles énergies.Et pourtant, Dieu n\u2019est-il pas le Père de ces âmes de bonne volonté, comme il est le nôtre ?Quelles actions de grâces doivent rendre au Seigneur ceux qui, par une prédilection toute gratuite, ont été élevés dans la connaissance et l\u2019amour du Père céleste! Mieux que jamais, j\u2019ai compris les élans de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui désirait avoir été missionnaire depuis le commencement du monde et l\u2019être jusqu\u2019à la fin des temps, pour gagner tous les cœurs des infidèles à l\u2019amour du divin Père.En dehors de la ville, au tournant du chemin, deux bons vieux très sales causaient amicalement sur le bord du fossé, tout en faisant la chasse aux parasites logés nombreux dans leurs pauvres hardes.Dès que leur habileté en avait conquis un, ils le portaient promptement à leur bouche.Ils allaient même jusqu\u2019à s\u2019entr\u2019aider l\u2019un l\u2019autre à la capture, chacun, cependant, se réservant le régal du gibier!.A quelques pas avant d\u2019arriver au petit bourg de Pekeu où nous nous rendions, un groupement d\u2019arbres attira notre attention; c\u2019était surprise de voir un petit bois, car le Manchoukouo est peu favorisé des richesses de la nature.Ces arbres ont été plantés pour abriter le dernier sommeil des membres d\u2019une famille qui reposent sous ce feuillage.Suivant la coutume du pays, quelques-uns enterrent les leurs dans les limites de leur terrain: les cercueils très gros, déposés à fleur de terre et recouverts de gazon, forment de petits monticules qu\u2019aucun monument, que nulle croix ne Hnminpt\tTertre qui recouvre les tombes uuiiiuic.\tau Manchoukouo ¦T:- - '\"\"v- \t 764 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 Toutes les maisons du village sont de misérables cabanes en terre battue de huit à dix pieds de hauteur environ.Mulets, moutons, pourceaux, canards, poules, etc., sont laissés libres devant les logis; aussi, lorsque, suivies d\u2019une dizaine de curieux attirés par l\u2019arrivée des médecins étrangers, nous pénétrâmes dans un de ces sombres réduits, la ménagerie s\u2019y faufila avec nous.Sur le kang (lit en briques chauffé) gisait une pauvre femme dévorée par la fièvre.Près de l\u2019autel domestique, dédié à Bouddha, était suspendue au mur une toile sur laquelle était peinte une main armée de griffes qui semblait s\u2019apprêter à saisir sa victime.N\u2019était-ce pas une vivante réalité de ce qui se passait: le diable guettant sa proie pour l\u2019entraîner dans son séjour de perdition?.Pendant que ma compagne prodi- PAUVRE HABITATION MANDCHOUE guait ses soins médicaux, je pus contempler à loisir l\u2019intérieur de ce foyer mandchou.La pauvreté et la malpropreté y régnaient en maîtresses: la malade était couverte de véritables loques, étendue parmi tout ce qui peut traîner dans une maison, linges, tapis, paniers, vaisselle; même une poule couvait non loin d\u2019elle, sur le kang.Un nuage de mouches, qui avaient leur libre entrée par l\u2019unique fenêtre donnant sur l\u2019étable, bourdonnaient incessamment autour d\u2019elle, allaient se reposer sur les bols de vaisselle sales, sur les légumes déposés sur une table ou encore couvraient d\u2019une sorte de cataplasme les plaies du petit enfant de la maison souffrant de la gale.Mes regards, soudain, se portèrent sur un menu triangle de coton rouge suspendu au chignon de la mourante.Soupçonnant une superstition, je m\u2019informai de la raison de ce fétiche.La malade expliqua elle-même que l\u2019avant-veille, elle avait appelé le sorcier de la ville, afin qu\u2019il la délivrât de ses maux.Après des lamentations, puis des danses grotesques, il avait minutieusement examiné les allées et venues des fourmis sur le sol: suivant qu\u2019elles faisaient plus ou moins de zigzags vers la direction de la malade, il diagnostiqua que le diable était en elle.Il invoqua ensuite les esprits et écrivit sous leur inspiration des caractères mystérieux sur un papier qu\u2019il plia en triangle (signe d\u2019un message des dieux), enferma dans un morceau Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t765 de coton rouge (cette couleur surpasse toutes les autres pour les Chinois) et cousit soigneusement.Après l\u2019avoir fixé à une ficelle également rouge, il le suspendit à la tête de la mourante décrétant que, si elle portait toujours ce talisman avec confiance, les esprits la protégeraient, lui rendraient la santé, apporteraient bonheur et richesse au foyer.Malheur à elle cependant si elle s\u2019en défaisait, les dieux irrités lui infligeraient les pires châtiments.L\u2019état de la malade, depuis ce temps, n\u2019avait fait que s\u2019aggraver, mais elle semblait tout de même attacher importance au port de ce talisman, les païens ayant une grande crainte des effets de la colère divine.Ne pouvant nous arrêter à la pensée que cette agonisante, qui, malgré ses superstitions, ne semblait pas rebelle aux enseignements de notre sainte foi, resterait enchaînée au démon pendant l\u2019éternité après avoir mené une si pénible existence, nous résolûmes d\u2019interposer entre elle et Satan l\u2019immaculée Vierge Marie qui, cette fois encore, pourrait bien écraser de son pied virginal l\u2019infernal ennemi des âmes.Tout doucement, je dénouai la ficelle, dérobai le triangle et le remplaçai par la bénie médaille miraculeuse; tant de fois notre céleste Mère a fait éclater sa miséricordieuse bonté au moyen de sa précieuse effigie.Laissant à Marie le soin de faire son œuvre, nous quittâmes la malade, promettant de revenir bientôt.Tout le long du retour, le cœur navré d\u2019une telle détresse, autant physique que morale, nous égrenions avec ferveur notre rosaire pour notre chère païenne, confiantes en l\u2019ineffable pouvoir de Celle qu\u2019on n\u2019invoque jamais en vain.Ayant dû quitter la région peu après cette visite, j\u2019emportai précieusement le petit triangle rouge, heureuse d\u2019avoir enlevé au démon une de ses armes pour tyranniser les âmes et ne doutant pas que la Sainte Vierge n\u2019ait usé de sa médiation toute-puissante sur le Cœur de son Fils, pour lui obtenir une âme de plus pour le chanter et le bénir pendant l\u2019éternité.VANCOUVER Extraits du Journal des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de VHôpital Oriental Saint-Joseph de Vancouver (Suite) Mercredi 11 février 1942 Dimanche dernier, la malade avait de nouveau repoussé toute proposition concernant le baptême, quand, sur le soir, Sœur Supérieure 1 réussit à lui faire baiser le crucifix.Cet acte d\u2019amour fit-il pencher la balance de la divine miséricorde ?Un peu plus tard, dans la soirée, la mourante prononça un oui bien décidé et fut aussitôt ondoyée.A l\u2019instant, tout fut changé pour elle: la mort lui apparut comme un repos, quelque chose de bon qui mène vers un bonheur sans fin.M.Shigeyama, encore païen, qui a assisté ce soir à la cérémonie de l\u2019extrême-onction de Wong Yuen et a été témoin de sa joie, réclame pour sa femme pareil privilège.« Sachie va mourir cette nuit, ajoute-t-il les 1.Sœur Marie-de-la-Visitation (Élise Croteau, de Saint-Antoine-de-Tilly, P.Q.). 766 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 larmes aux yeux, elle me l\u2019a assuré et m\u2019a dit avoir vu près de son lit notre fils décédé il y a quelque temps.» A peine la .chère mourante est-elle marquée des onctions saintes, qu\u2019elle s\u2019éteint doucement, le sourire sur les lèvres et le regard tourné vers les personnes qui l\u2019assistent comme pour leur laisser un dernier adieu.Selon la coutume païenne, M.Shigeyama devait faire incinérer le corps de son épouse, mais Sœur Supérieure 1 l\u2019en ayant dissuadé, il consent à la faire enterrer à la manière chrétienne.Samedi 14 février Frank Mah, tuberculeux chinois, est un larron de paradis.Hier encore, il écoutait rageur, prêt à vomir le blasphème, les douces exhortations que lui faisait Sœur Supérieure.Le bon Dieu.il n\u2019y croyait pas, il nous l\u2019avait assuré à maintes reprises.L\u2019unique chose qu\u2019il désirait, c\u2019était sa guérison.« Ma Sœur, fit-il, dites-moi si je vais guérir.\u2014 Non, Frank, vous ne guérirez pas, tout est fini, vous devez faire votre sacrifice.» Et ces paroles tombent sur lui comme l\u2019écho d\u2019un glas funèbre.« Tout est fini, mais écoutez, le bon Dieu vous aime et veut vous sauver en vous offrant son ciel.\u2014Non, non, cela ne se peut, j\u2019ai été trop méchant.\u2014 Eh bien! si vous avez été méchant, faites comme le bon larron », et en termes émus, la scène sublime du Golgotha est racontée.Frank cependant n\u2019est pas encore converti.Sœur Supérieure1 veut lui faire baiser la médaille miraculeuse, mais il détourne la tête avec horreur.Le précieux talisman est quand même attaché à son vêtement et sa pauvre âme confiée à la Mère toute miséricordieuse.A peine arrivée à son poste, ce matin, Sœur Saint-Marc2 se rend auprès du mourant.« Bonjour Frank », dit-elle.Il sursaute et se met à crier, tout hors de lui: « Qui est là?\u2014 C\u2019est votre Sœur Infirmière, avez-vous passé une bonne nuit ?\u2014 Ah ! c\u2019est vous, fait-il en poussant un soupir de soulagement, non, je n\u2019ai pas bien dormi, j\u2019ai peur.Il y a quelqu\u2019un qui rôde autour de mon lit, il a voulu toute la nuit me jeter par la fenêtre et je ne pouvais me défendre; j\u2019ai peur! \u2014 Frank, c\u2019est le diable qui rôde autour de vous, vous lui appartenez, puisque vous refusez de prier Dieu et de devenir son enfant; c\u2019est dans l\u2019enfer qu\u2019il veut vous emmener.\u2014 Non, ma Sœur, je crois en Dieu maintenant, je désire être baptisé, et tout de suite! » Le prêtre est aussitôt mandé et l\u2019eau sainte coule sur le front du moribond qui baise le crucifix en répétant: « Mon Dieu, je vous aime, pardon de mes péchés! » C\u2019est dans ces sentiments que cet ouvrier de la dernière heure, vraiment larron du ciel, expire quelques heures plus tard en pressant l\u2019image du Dieu crucifié et mort pour son salut.Lundi 23 mars Un vieillard de quatre-vingt-douze ans, aveugle, est amené au Refuge.Sa grande indigence est son billet d\u2019entrée, son unique avoir consistant dans 1.\tSœur Marie-de-la-Visitation (Élise Croteau, de Saint-Antoine-de-Tilly, P.Q ).2.\tAlida Talbot, de Cacouna, P.Q. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t767 les habits qui le couvrent misérablement.Il se montre d\u2019abord un peu défiant, sa cécité ne lui permettant pas de se rendre compte des lieux et des personnes qui l\u2019entourent.Mais l\u2019une de nous, l\u2019ayant visité, reconnaît aussitôt un patient ondoyé il y a quelque temps dans un hôpital protestant.« Comme le bon Dieu est bon! s\u2019exclame-t-elle, c\u2019est Michel Wah! » Apprenant qu\u2019il est chez les Soeurs qui lui ont procuré la grande grâce de la régénération, notre cher vieux ne se possède pas de joie et fait un grand signe de croix pour montrer qu\u2019il n\u2019a oublié ni sa foi, ni son baptême.Dimanche 5 avril.Fête de Pâques Pâques! Pâques! jour de joie et d\u2019allégresse! Pour fêter avec nous le divin Ressuscité, le soleil s\u2019est levé radieux; à travers les vitraux de la chapelle, il vient se jouer dans les fleurs qui ornent l\u2019autel, accentuant leurs teintes délicates.Dans nos cœurs aussi la joie règne.Au cours de l\u2019avant-midi, Sœur Supérieure * 1 et quelques Sœurs vont distribuer aux malades de jolis petits paniers de couleurs variées et contenant des œufs en sucre et autres friandises.Un diabétique reçoit aussi sa part, avec la recommandation de la regarder seulement.Mais lui, apercevant une petite poule en chocolat: « C'est du poulet., fait-il, alors je puis en manger, cela me va! ».Les plus heureux, sans contredit, sont les vieux du Refuge.Michel, malgré ses quatre-vingt-douze ans, et sa bouche édentée, assure que rien ne lui fait tant de bien que les bonbons.Chers malades! leur joie est la nôtre ; n\u2019y a-t-il pas autant et même plus de bonheur à donner qu\u2019à recevoir ?.Samedi 11 avril Sœur Marie-de-Béthanie 2 revient de ses visites à domicile le cœur débordant de joie: trois fois aujourd\u2019hui elle a eu la consolation de verser l\u2019eau sainte sur des fronts mourants.L\u2019un de ces heureux s\u2019est envolé vers le beau ciel presque aussitôt après sa régénération.Ses deux compagnons ne tarderont guère à aller aussi chanter l\u2019éternel Alleluia.Lundi 20 avril La température est si douce que nous allons faire nos exercices du midi dans le jardin.Comme la nature est belle! Les arbres fruitiers sont en pleine floraison et sous leurs branches parfumées, nous nous promenons en égrenant les avé de notre Rosaire.De temps à autre, la brise détache un pétale qui, après avoir voltigé quelque temps dans les airs, s\u2019abat sur le gazon, fleurissant ainsi le tapis vert.La nature est une grande prêcheuse et ses leçons, méditées dans le silence, ne restent pas sans fruit.Qui nous dira jamais les sublimes pensées du Fils de Dieu quand, au soir de ses laborieuses journées, Il traversait les champs de blé et les prés émaillés de fleurs ?.Vendredi 24 avril La cloche annonce le dîner, quand un bon Chinois se présente au guichet de l\u2019information réclamant un lit pour son ami.« Tous nos lits sont 1.\tSœur Marie-de-la-Visitation (Élise Croteau, de Saint-Antoine-de-Tilly, P.Q.).2.\tBerthe Piché, de Saint-Basile de Portneuf, P.Q. 768 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 occupés, répond Sœur Supérieure1, est-il bien malade, votre ami?\u2014 Oh! oui, qui sait s'il ne mourra pas ce soir ou demain.\u2014 Dans ce cas, nous irons le voir et, s\u2019il y a possibilité, nous lui préparerons un lit.» Sur une paillasse sans drap, nous trouvons le pauvre malade.Son pouls très faible et sa pâleur cadavérique annoncent que ses heures sont comptées.Incapable de parler, il a cependant pleine connaissance, aussi, après lui avoir montré le crucifix et dit quelques mots du bon Dieu, nous empressons-nous de l\u2019ondoyer.L\u2019ambulance est ensuite mandée et conduit le mourant à notre Hôpital.La vierge catéchiste lui explique alors en sa langue maternelle la grâce insigne qu\u2019il vient de recevoir.Souriant et paisible, le moribond montre le ciel, puis expire aussitôt de la mort des élus.Dimanche 26 avril Ce jour marque le vingt et unième anniversaire de l\u2019arrivée de nos premières Sœurs en cet Hôpital.Sous la protection de la Vierge Immaculée et de notre bon Père saint Joseph, elles étaient quatre qui, après avoir quitté généreusement le cher foyer d\u2019Outremont, s\u2019étaient dirigées confiantes vers ce littoral.La semence que ces ouvrières des débuts ont jetée dans l\u2019obscurité, les humbles tâches, la fidélité joyeuse aux pénibles devoirs, a levé abondante, arrosée qu\u2019elle fut par la pluie de la grâce; et des gerbes magnifiques ont été récoltées pour les deux.Maintenant, ces premières apôtres sont parties pour aller ouvrir ailleurs de nouveaux sillons.Et nous qui poursuivons leur œuvre, nous voyons la moisson jaunissante, prête à être engrangée, mais nos greniers sont trop petits pour la recueillir toute; aussi hâtons-nous de nos vœux le jour où s\u2019ouvrira enfin un plus vaste hôpital qui nous permettra de recevoir tous les malades orientaux résidant à Vancouver.Ce soir, en cette double fête de Notre-Dame du Bon Conseil et du Patronage de saint Joseph, a lieu la bénédiction de la petite cloche d\u2019airain qui sonnera les heures réglementaires du « Mont-Saint-Joseph » (ainsi sera appelé le nouvel Hôpital).Elle reçoit les noms de Marie-Joseph-Délia-Anna, noms chers à notre piété filiale.Compte rendu de l\u2019Hôpital Général Saint-Joseph de Vancouver, pour l\u2019année 1941: Baptêmes d\u2019adultes.50\tFluoroscopies.860 Saintes communions.139\tExamens du laboratoire.2,825 Extrêmes-onctions.32\tPansements.3,057 Visites à domicile.1,144\tInjections.1,899 Rad iographies.221\tTraitements divers.11,898 Médicaments.28,241\tMalades hospitalisés.175 - -?\u2022 ?- La souffrance est une ouvrière de vertus et de mérites; elle projette sur la vie des lumières qui éclairent la route et orientent l\u2019âme du bon côté.Mgr P.-E.Roy.1.Sœur Marie-de-la-Visitation (Élise Croteau, de Saint-Antoine-de-Tilly, P.Q.). bribes be journal Maison Mère Mercredi 26 août 1942 Voici venu le jour que nous attendions avec une si grande anxiété: on annonce pour cet après-midi l\u2019arrivée du train spécial qui ramène les sujets canadiens revenant du Japon, au nombre desquels doivent se trouver nos chères Sœurs Madeleine-du-Sauveur * 1 et Marie-Alida 2.Nos cœurs battent d\u2019espérance et de joie! Enfin, les cruelles incertitudes, dans lesquelles nous vivons depuis de si longs mois, vont tomber et nous serons renseignées sur le sort de nos missionnaires en terre japonaise.Pendant que notre chère Mère Générale et quelques Sœurs se rendent à la gare pour recevoir nos voyageuses, à la Maison les préparatifs se multiplient pour leur offrir le plus chaleureux des accueils.Vers quatre heures, tout le personnel de la Maison Mère se rend à la porte d\u2019entrée; mais un retard dans l\u2019arrivée du train étant survenu, nous remontons à la chapelle, à cinq heures, pour le salut du Saint Sacrement.Une douce émotion nous saisit, quand, immédiatement après la bénédiction de Jésus-Eucharistie, nous entendons l\u2019orgue faire voler en notes joyeuses l\u2019introduction du Magnificat.Il n\u2019y a plus à douter, celles que nous attendions sont au milieu de nous.Le sublime cantique de la Vierge à Hébron chante au Seigneur nos mercis reconnaissants pour l\u2019heureuse issue de ce périlleux voyage de deux mois et demi sur mer.Volontiers, nous concédons aux parents de nos chères voyageuses les quelques minutes qui nous séparent de l\u2019heure du souper, car eux n\u2019auront pas comme nous toute la soirée pour souhaiter la bienvenue à nos Missionnaires.Nos chères Sœurs ayant pris leur réfection, nous nous réunissons avec empressement à la salle de réception pour échanger nos fraternels bonjours.Nos deux voyageuses, qui avaient dû forcément subir un jeûne spirituel, durant leurs derniers mois passés sur le sol du Japon, ont été dédommagées au cours de leur traversée.Sur le.bateau, vingt-cinq messes étaient dites régulièrement chaque matin: quatre-vingt-cinq prêtres, pour la plupart de la Société de Maryknoll, faisant partie des passagers.Cérémonie de départ Lundi 7 septembre Des adieux s\u2019échangent aujourd\u2019hui sous le toit de l\u2019immaculée.Trois de nos Sœurs: Sœur Marie-Gabriel3, Sœur Saint-Delphis 4 5 et Sœur Marie-Florida 6, nous quittent pour aller prêter main-forte à nos chères Sœurs de l\u2019Hôpital Oriental Saint-Joseph de Vancouver.Le chant des prières de l\u2019Itinéraire après le salut du Saint Sacrement, la dernière accolade fraternelle, puis le cantique si impressionnant de « Mère 1.\tAlice Labelle, de Montréal.2.\tRose-Aimée Demers, de Québec.3.\tÉvangéline GiguèRE, de Québec.4.\tClara Bergeron, de Sturgeon-Falls, Ont.5.\tClara Leblanc, de Glen-Robertson, Ont. 1 770 Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tNovembre-Décembre 1942 de Dieu, bénissez-nous.» avant de laisser le doux nid de la Côte-des-Neiges, tout nous rappelle les touchantes cérémonies de départ pour les Missions lointaines, qui revenaient chaque année raviver en nos coeurs la flamme du zèle et les brûlants désirs d\u2019apostolat.Quand nous sera-t-il donné de voir nos Missionnaires prendre de nouveau la route de l\u2019Orient pour voler au secours des ouvrières qui, là-bas, faiblissent sous le coup des privations et des épreuves ?.En attendant de pouvoir réaliser ce vœu ardent, nos trois partantes de ce soir sont heureuses d\u2019aller travailler au soulagement et à la conversion des malades orientaux du littoral du Canada.Leur voyage s\u2019inaugure sous les auspices de la Vierge Marie, dont l\u2019Église chante en ce moment les premières Vêpres de la Nativité, ce qui fait présager une protection spéciale de la Reine du ciel sur leur apostolat.Honorables visites La grande Exposition Missionnaire dont Montréal a été le théâtre, du 17 septembre au 4 octobre dernier, nous a valu le privilège de recevoir à notre Maison Mère deux prélats de la Sainte Église.Les 18, 19 et 20 septembre, c\u2019était S.Exc.Mgr N.-A.Labrie, Vicaire Apostolique du Golfe Saint-Laurent, que nous avions l\u2019honneur d\u2019hospita-liser sous notre humble toit.Dans son immense territoire, dix-sept prêtres seulement se dévouent auprès des Canadiens et des Montagnais échelonnés sur les côtes.Son Excellence sollicita nos prières pour que le développement religieux de son vicariat suive le progrès matériel qui laisse prévoir, dans un avenir prochain, un accroissement considérable de population.Le 24 suivant, S.Exc.Mgr Ildebrando Antoniutti, Délégué Apostolique, nous faisait l\u2019insigne faveur de venir dire la sainte messe dans notre chapelle.A sept heures, une marche solennelle accompagnait son entrée dans le sanctuaire, puis le vénéré prélat célébra le saint Sacrifice, assisté du R.P.J.-L.Quélo, eudiste, supérieur du Collège Saint-Jean-Eudes de Québec, et de M.l\u2019abbé P.Lachapelle, notre aumônier.Étaient aussi présents au chœur: les RR.PP.A.Poulin, L.Sirois et A.Gallant, eudistes, missionnaires de la Côte Nord.Avant d\u2019aller prendre le modeste déjeuner qui lui avait été préparé, le digne représentant de Notre Saint-Père le Pape au Canada daignait bénir la Communauté réunie à la salle de réception, et l\u2019entretenir avec une bonté et une bienveillance toutes paternelles, s\u2019exprimant ainsi en substance: « J\u2019avais promis,'il y a plus d\u2019un mois, lors de mon passage au Noviciat, de venir vous faire une visite à l\u2019occasion de l\u2019Exposition Missionnaire.Un coup de téléphone, hier soir, m\u2019a rappelé cette promesse que je n\u2019avais pas oubliée.« Je voulais m\u2019entretenir quelques instants avec vous, pour me réjouir avec vous, pour partager les joies qui vous sont propres dans le travail que Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t771 vous avez déjà accompli, mais aussi pour partager vos souffrances à la pensée de tant de vos religieuses qui sont dans les territoires de Missions, dangereusement exposées.Mais, vous le savez, nous sommes toujours dans les mains du bon Dieu et j\u2019ajoute, comme le faisait le Pape Pie XI, lorsqu\u2019il rappelait cette vérité: « c\u2019est dire que nous sommes entre bonnes mains », même au milieu des difficultés et des souffrances que vos Sœurs d\u2019Extrême-Orient ont à subir.« C\u2019est un vrai combat pour la foi qu\u2019on souffre aujourd\u2019hui et dont on ne sortira victorieux qu\u2019en s\u2019abandonnant aux mains de la Providence.On ne va pas dans les Missions seulement pour recueillir du succès, mais, en bonnes chrétiennes et en bonnes missionnaires, on y va pour souffrir et pour amener, par ce moyen, des âmes à Notre-Seigneur.« Nous pensons que l\u2019heure est venue pour ces religieuses de partager les souffrances de Notre-Seigneur et nous élevons nos prières au ciel d\u2019une façon toute particulière, ces jours-ci, pour qu\u2019elles soient gardées, protégées et qu\u2019après la guerre, elles puissent poursuivre leurs œuvres.« Il faut nous préparer pour d\u2019autres combats.Nous vivons dans une période bien difficile, nous devons toujours être prêts à faire ce que la Providence attend de nous.C\u2019est seulement avec cette pensée du plus complet abandon entre les mains divines, que nos actions seront surnaturalisées.« La visite à l\u2019Exposition Missionnaire doit vous avoir enflammées.Mais il faut considérer les grandes leçons qui se dégagent de cette Exposition, à laquelle vous prenez part d\u2019une manière directe, parce que vous êtes missionnaires.« Cette Exposition Missionnaire parle du passé de la ville de Montréal, qui est un passé missionnaire, du présent qui est encore missionnaire et de l\u2019avenir qui devra être aussi missionnaire.En voyant les différents kiosques, nous pouvons tout de suite nous rendre compte de l\u2019unité qui a dirigé les différents travaux et les différentes œuvres.C\u2019est le même Dieu, la même foi, qui se manifestent d\u2019une manière éclatante.Vous entrez dans cette Exposition, vous voyez les kiosques de la Chine, du Japon, de l\u2019Afrique, de l\u2019Océanie, de l\u2019Amérique, du Canada, partout c\u2019est la même unité, la même intention dirigée vers la même lumière, vers le même but.Cette unité se prouve par la multiplicité même des Congrégations, des œuvres, qui tendent toutes au même but: le salut de l\u2019âme, la sanctification personnelle et l\u2019expansion du règne de Dieu; suivent toutes les mêmes directives: celles du Pape ou de ses représentants dans les différents pays.Voici une pensée d\u2019unité qui doit nous réconforter quand la haine sépare aujourd\u2019hui l\u2019humanité, dans une guerre on peut dire des plus sanglantes.Il n\u2019y a que dans l\u2019Église catholique que nous pouvons trouver cette unité.« Une autre leçon à tirer de cette Exposition, c\u2019est la sainteté.Il faut l\u2019esprit de sainteté pour laisser sa famille et sa patrie, pour se sacrifier.Cet esprit qui est propre au catholicisme va jusqu\u2019à l\u2019oubli de soi, en faveur de l\u2019humanité souffrante; et le fruit de cette sainteté est le salut des âmes.« Si le succès ne couronne pas toujours le travail des missionnaires qui se dévouent en Missions, au salut des âmes, le bon Dieu est tenu de leur donner tout ce qui est nécessaire à leur sanctification.Quoique nous ne 772 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 puissions pas toujours placer sur les autels toutes les personnes qui travaillent dans les Missions, à cause de la grande sévérité de l\u2019Église pour déclarer l\u2019héroïcité des vertus, si elles accomplissent leur travail avec un esprit surnaturel, elles seront certainement de la famille du ciel.Nous devons nous sanctifier nous-mêmes, afin de sanctifier les autres et nous rendre dignes de cette vocation.Il faut nous rendre le moins indignes possible de la mission qui nous est confiée ou nous sera confiée.« Une autre note que présente l\u2019Exposition, c\u2019est la catholicité, c\u2019est-à-dire l\u2019universalité.Il n\u2019y a que l\u2019Église catholique qui puisse s\u2019adapter à tous les pays, à toutes les âmes.Non seulement elle existe dans les vieux pays d\u2019Europe, enfantés pour ainsi dire les premiers au catholicisme, mais encore en Asie, en Afrique, en Océanie, etc.« Si notre religion s\u2019adapte à tous les pays, à toutes les nations, celles mêmes qui semblent quelquefois les plus contrastantes, c\u2019est qu\u2019elle est faite pour l\u2019âme humaine, pour les hommes des tribus primitives, comme pour ceux des pays civilisés.C\u2019est donc une religion catholique.L\u2019apostolicité, c\u2019est la note qui vous fait appartenir directement au Vicaire de Jésus-Christ.Les Missions ne peuvent développer leurs œuvres si elles ne sont pas sous la dépendance du Pape exercée par ses représentants.En remontant jusqu\u2019aux fondateurs de l\u2019Église, nous allons au premier Pape.Le travail de la prédication des royaumes a commencé dès Notre-Seigneur lui-même; les douze apôtres ont ensuite annoncé l\u2019Évangile et se sont choisi eux-mêmes des successeurs.Et dès les premiers temps de l\u2019Église, nous voyons de pieuses femmes qui aidaient les apôtres dans leurs travaux d\u2019évangélisation.Il est écrit dans saint Paul : « celles qui travaillent avec nous pour le service de Jésus-Christ ».Après vingt siècles, on peut dire la même chose des personnes qui se dévouent dans les pays de Missions.« La visite à l\u2019Exposition Missionnaire nous parle aussi des origines de Montréal, qui n\u2019était au commencement qu\u2019un petit grain de sénevé, mais qui s\u2019est développé avec une rapidité merveilleuse.En lisant les premières pages de l\u2019histoire de cette ville, il est facile de se rendre compte des difficultés et des souffrances qu\u2019ont eu à endurer les premiers colons; mais le village de Ville-Marie est devenu la métropole du Canada.Il en sera toujours ainsi dans les travaux apostoliques, et la même chose doit se renouveler pour les Missions.« Mais « autre est celui qui sème, autre celui qui moissonne ».Nous pouvons semer, d\u2019autres récolteront; la joie de celui qui jette la semence est la même que celle de celui qui récolte.Si vous restez fidèles à votre sainte vocation, le bon Dieu vous récompensera.» Son Excellence nous bénit ensuite d\u2019une façon particulière, étendant cette bénédiction à toutes nos Sœurs absentes, spécialement à celles qui, dans les Missions lointaines, sont présentement sous le coup de l\u2019épreuve, afin qu\u2019elles soient réconfortées et demeurent courageuses.Cette assurance du secours divin accordé à nos Missionnaires nous est une douce consolation et nous en sommes profondément reconnaissantes au si bon Délégué de Sa Sainteté Pie XII. M ontréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t7 73 GRANBY Journées eucharistiques et heures mariales dans la chapelle du Patronage Le jeudi 3 septembre dernier, était inaugurée, dans la chapelle du Pationage de 1 Immaculée-Conception, l\u2019Œuvre si belle de l\u2019Adoration, par 1 exposition solennelle du Très Saint Sacrement.Le jeudi de chaque semaine, de 8 h.30 du matin à 5 h.30 de l\u2019après-midi, nous jouirons désormais de ce grand et insigne privilège.N\u2019est-ce pas le temps, plus que jamais, de nous rapprocher du bon Dieu, si nous voulons qu\u2019il s\u2019approche de nous, et qu\u2019il éloigne de notre cher Canada les effets de son juste courroux?.Pas plus que la malheureuse Europe, notre pays ne mérite d\u2019être épargné du fléau terrible de la présente guerre! A sept heures, il y eut messe dite par M.le chanoine E.-E.Pelletier, curé de la paroisse Notre-Dame et dévoué fondateur du Patronage.A l\u2019issue du saint Sacrifice, le ministre de l\u2019autel fit rayonner à nos yeux la blanche Hostie de l\u2019ostensoir, en l\u2019exposant sur le trône qui lui a été préparé spécialement pour y recevoir les pieux hommages de notre fervente population.D\u2019heure en heure, et sans interruption, de trente à quarante .' m CHAPELLE DU PATRONAGE DE L\u2019MMACULÉE-CONCEPTION, GRANBY personnes se sont succédé les unes aux autres, dans notre blanche chapelle; et il fut bien consolant de voir doubler ce nombre au cours de l\u2019après-midi, au moment de l\u2019heure sainte, qui eut lieu de 4 h.30 à 5 h.30, et qui vint terminer cette radieuse journée, si intimement passée avec le Dieu d\u2019Amour, dont le Coeur est toujours prêt à pardonner et à bénir.Espérons que cet élan de ferveur se maintiendra sans cesse, dans notre florissante ville de Granby; qu\u2019il attirera sur nos familles aimées des trésors 774 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 de grâces et sera en même temps, pour notre diocèse et notre pays, une source de salut et de paix! Oui, qu\u2019elle devienne une véritable « Centrale » de piété, d\u2019adoration et d\u2019action de grâces, la chapelle du Patronage! Que son blanc sanctuaire, avec ses fraîches tentures bleues et son décor simple et modeste, mais tout marial, soit pour tous le petit coin du ciel, où il fait bon revenir souvent pour se reposer de ses fatigues, exhaler sa prière, chanter sa reconnaissance et goûter, dans le tête-à-tête avec Jésus-Hostie, cette paix délicieuse qui fait répéter à plusieurs, en parlant de cette Journée eucharistique, une exclamation très courte, il est vrai, mais qui dit tout: « Que c\u2019est beau! » Tout autant qu\u2019en notre journée d\u2019adoration, l\u2019heure mariale du samedi 5 septembre réunit une assistance nombreuse, une centaine de personnes environ, dans l\u2019enceinte bénie de notre pieuse chapelle.Ce fut vraiment une manifestation de foi vive et d\u2019entière confiance envers la Vierge Immaculée, Mère de Dieu et Reine de la Paix.Il y eut récitation du Rosaire, avec méditation des saints mystères et chant du Magnificat, puis une supplique à Notre-Dame du Perpétuel Secours et une prière pour demander la paix.Le salut du Très Saint Sacrement vint clore cette heure mariale, trop vite écoulée.D\u2019elle aussi, on a dit, bien sincèrement: « Que c\u2019est beau! » -\u2014 \u2022 o o.\t- VEILLEZ.Chaque année, chaque jour même, la ferveur de notre charité doit s\u2019accroître; notre âme doit acquérir de nouvelles forces et paraître de plus en plus ornée de vertus et de bonnes œuvres.De même qu\u2019une plante qui cesse de croître est en danger de périr, ainsi, dans l\u2019ordre surnaturel, une âme est en danger de se perdre lorsqu\u2019elle n\u2019avance point dans le sentier de la vertu.Redoublons donc de zèle à mesure que nous approchons de la fin de notre course et de ce grand jour où chacun sera traité selon ses œuvres.Le moment de notre mort est peut-être moins éloigné que nous ne le pensons.Il est incertain si nous verrons la fin de cette année.Une foule d\u2019hommes, qui actuellement ne s\u2019occupent pas plus que nous de cette vérité, en feront une triste expérience.Craignons une surprise dont les conséquences sont terribles et irréparables.Préparons-nous au compte exact et rigoureux que le Seigneur nous demandera.Veillons, pour n\u2019être pas trouvés endormis lorsqu\u2019il viendra frapper à la porte; et surtout implorons le secours de la grâce, sans laquelle nous ne pouvons rien.Veillez, dit Jésus-Christ à chacun de nous, veillez et priez en tout temps, afin que vous méritiez de comparaître avec confiance devant le Fils de l\u2019homme.(Vie des Saints.) * * * DEMAIN Le Seigneur est proche: bientôt la mort, brisant nos liens, nous jettera devant son tribunal.Le monde et ses vanités ne durent qu\u2019un instant.Les croix et les humiliations aussi.Bientôt s\u2019ouvrira pour nous l\u2019éternité.Ayons toujours devant les yeux l\u2019instant de notre mort: « Demain, je quitterai tout, tout me quittera: pourquoi m\u2019attacher aux personnes et aux choses de la terre?Demain, justice pour tous: pourquoi envier ou jalouser?Demain, l\u2019éternel repos dans l\u2019éternelle joie si je suis fidèle: pourquoi m\u2019impatienter?Pourquoi ne pas multiplier mes bonnes œuvres ?» IttllEBIP dédim à ncs tfagrs Tarants.Mercredi 3 juin 1942 Voici une date^ qui brille dans l\u2019écrin du souvenir.Elle nous rappelle cet heureux jour où, il y a quarante ans, notre cher Institut prenait naissance.Aussi, spontanément, nos actions de grâces jaillissent plus ardentes vers le Dieu très bon qui, alors, nous avait toutes en sa pensée et nous prédestinait à en devenir les membres.Une grand\u2019messe ouvre cette belle journée et nous aide, on peut dire infiniment, à reconnaître les bontés et les prévenances divines.Nous chantons aussi notre reconnaissance à la Vierge Immaculée en redisant à chaque dizaine du rosaire: « Que notre vie, Mère chérie, soit consacrée à te bénir! » En réalisant ce pieux souhait, nous répondrons à 1 idéal de notre venerée Fondatrice: travailler avec Marie à conquérir des âmes à Jésus.\t* En ce jour qui nous fait particulièrement chérir la mémoire de cette Mère bien-aimée, nous la prions d\u2019user de son pouvoir là-haut pour nous aider à devenir ce que réclame notre belle vocation, c\u2019est-à-dire des missionnaires remplies d\u2019amour de Dieu et de zèle pour les âmes, et qui sachent se donner sans compter.Jeudi 11 juin Une température idéale favorisait, dimanche, la procession du Très Saint Sacrement à travers les rues de la ville et dans les campagnes, et combien nous nous sommes réjouies de ce triomphe de Jésus-Hostie! Nous-mêmes avions le bonheur, selon la coutume, de nous joindre aux pieux paroissiens de Saint-Christophe, dans ce cortège d\u2019honneur.Nous espérons de ce passage de Jésus une surabondance de bénédictions sur les familles et sur les récoltes.En ce jour, octave de la Fête-Dieu, nous avons le privilège de voir se renouveler cette pieuse démonstration envers le divin Roi Eucharistique; une procession est effectuée par le personnel du Séminaire des Missions-Étrangères, celui des RR.SS.Antoniennes de Marie et de notre Noviciat.Au Tabernacle, Jésus se fait tour à tour notre Ami, notre Frère, notre Père, mais aujourd\u2019hui il est surtout notre Roi.Aussi, comme tout se pare aux alentours de notre couvent et du joli reposoir dressé dans l\u2019un des 776 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 portiques, où fleurs, verdure et luminaires s\u2019entremêlent, pleins d\u2019hommages et de prières; on voudrait tant que Jésus puisse se plaire sur ce trône temporaire que nous sommes trop heureuses de lui offrir.A trois heures et demie, au chant des hymnes liturgiques, la procession se met en marche et suit le parcours habituel.Elle nous fait goûter un instant au bonheur des apôtres accompagnant Jésus sur les routes, et la halte au reposoir nous rappelle celui de l\u2019heureuse famille de Béthanie hospitalisant ce bon Maître.De son ostensoir, Notre-Seigneur nous bénit, puis nous le reconduisons jusqu\u2019à la chapelle du Séminaire où a lieu le salut solennel.Mercredi 24 juin Les classes sont terminées depuis une semaine.La cloche, cependant, se fait entendre à l\u2019heure habituelle de l\u2019étude.Est-ce une surprise ?Oh ! non, les petites novices qui sont prêtes à quitter leur pays pour voler en terre infidèle ont un cœur patriotique, et l\u2019appel joyeux de la cloche leur dit bien haut qu\u2019en ce jour tout Canadien fête son grand patron, saint Jean-Baptiste.La feuille d\u2019érable, qui figure dans la décoration de l\u2019autel, présente à notre bon Maître les hommages du Canada, et tout le jour, les pieux cantiques chantés durant la messe reviennent sur les lèvres: Garde-nous tes faveurs, Veille sur la Patrie Et sois, du Canada, Notre-Dame ô Marie! ou encore, nous adressant au saint Précurseur, nous le prions de nous obtenir de Marie Des cœurs d\u2019apôtres vaillants, généreux, Toujours plus nombreux.Ce soir, oh! en voici une surprise: on nous sert le souper sous les érables verts du bocage.Et quand la récréation reprend son cours, c\u2019est encore l\u2019Histoire de notre beau Canada qui anime les conversations.Après une telle journée, nous nous sentons encore plus Aères et heureuses d\u2019appartenir à un tel pays et nous rendons grâces à Dieu de l\u2019avoir fait si beau! Dimanche 28 juin La solennité de saint Jean-Baptiste prolonge notre belle fête nationale et nous apporte un nouveau congé.Quelques-unes d\u2019entre nous ont pris, à la sourdine, l\u2019initiative d\u2019une petite soirée récréative qu\u2019elles exécutent ce soir avec grande simplicité, devant tout le personnel réuni.On nous y présente une charade en trois actes, inspirés de l\u2019histoire de notre pays, dont le côté apostolique surtout est mis en relief.Il y a aussi chants, musique et récitation.Nous passons une très agréable récréation.Merci à nos chères compagnes pour cette amabilité. Montréal LE PRECURSEUR Novembre-Décembre 1942 777 Jeudi 2 juillet Cette belle fête de la Visitation nous rappelle le jour où Marie nous révéla la grandeur de son âme par son touchant cantique du Magnificat.Nous en profitons pour nous renouveler dans l\u2019esprit de reconnaissance qui est éminemment l\u2019esprit de notre Institut.« A nous aussi, disait un religieux de la Compagnie de Jésus, Dieu fait des dons, de très grands dons parfois.Notre vie si humble, si courte et même insignifiante, aux yeux de certaines gens du siècle, n\u2019est qu\u2019un tissu de bienfaits et de promesses de gloire.Ne soyons pas assez ingrats pour l\u2019oublier et ne commettons pas la sottise d\u2019en détourner les yeux.Nous aussi, chantons notre Magnificat.» Samedi 11 juillet Nous bénéficions, cet après-midi, d\u2019une belle conférence donnée par Mgr E.Larochelle, Supérieur général des Missions-Étrangères.Le sujet traité est on ne peut plus important, plus pratique pour nous: « les Saintes Règles ou Constitutions ».Résumons un peu ce substantiel entretien.« Je voudrais, nous dit Monseigneur, vous donner de vraies convictions sur l\u2019observance de vos Saintes Règles.Sans convictions profondes, point de vie religieuse intense.D\u2019où viennent les défections et le relâchement dans les Communautés?De ce que l\u2019on ne connaît pas suffisamment les Règles de son Institut, qu\u2019on n\u2019y a pas foi, ou de ce que l\u2019on considère certains points comme des vieilleries ou des minuties.« La fidélité à la Règle implique des renoncements et des sacrifices.Renoncement à sa propre volonté.Une personne qui viendrait ici avec l\u2019intention de faire sa volonté n\u2019y resterait pas longtemps.L\u2019observance des Règles demande force et générosité.Mais où trouver cette vigueur morale, où l\u2019alimenter, sinon dans la chaleur de ses sentiments à l\u2019égard des Constitutions propres de son Institut ?« Toute société a des lois auxquelles chacun est tenu d\u2019obéir.Une jeune fille dans une usine est obligée de se soumettre au règlement, sinon elle perd sa position.Or, comme elle a besoin de gagner, elle obéit, mais par crainte et servilité.Le soldat dans l\u2019armée doit se soumettre à la discipline, et vous savez si elle est sévère cette discipline.Or, s\u2019il s\u2019y refuse, on le mettra au cachot.De même, vous devez obéir à toutes vos Règles, mais par un motif bien supérieur, qui est l\u2019amour de Dieu.« Obéir par crainte de la sanction ne vaut rien.Obéir par orgueil, pour se faire une réputation et obtenir de bonnes places, c\u2019est obéir à la manière pharisaïque.Les pharisiens jeûnaient, payaient la dîme, faisaient l\u2019aumône ostensiblement, et qu\u2019en dit Notre-Seigneur ?Il les maudit.Obéir par entraînement, parce qu\u2019on a un bon naturel, ne vaut pas grand\u2019chose, et si je vous en parle, c\u2019est pour vous mettre en garde contre ces manières d\u2019agir.Seule, l\u2019obéissance faite par un motif surnaturel est digne de récompense et de mérites, et de nature à plaire à Dieu.« Nous disons souvent les « Saintes Règles », le mot n\u2019est pas exagéré.Dans une lettre adressée aux Supérieurs généraux des Ordres ou Congrégations, le Souverain Pontife Pie XI les qualifiait même de « très Saintes Règles ».En effet, elles sont l\u2019expression de la volonté de Dieu, c\u2019est lui- 778 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 même qui les a dictées.Aux yeux du monde, surtout aux yeux des rationalistes, ces Constitutions paraissent quelquefois des choses vieillottes, pas à la page, mais lorsqu\u2019elles sont considérées à la lumière de la foi, le plus petit point, la plus légère prescription a une grande valeur.« Vos Constitutions ont une triple auréole de sainteté: dans leur origine, dans leur nature et dans lçurs effets sanctificateurs.D\u2019abord dans leur origine.Tous les fondateurs sont unanimes à dire que ce n\u2019est pas eux qui les ont dictées, mais Dieu.Saint François d\u2019Assise étant à écrire ses Règles, quelques importuns vinrent le sommer de faire attention à ce qu'il allait écrire.Le saint leur répondit: « Dieu vous répondra.» Dieu permit en effet que sa voix se fît entendre et cette voix disait: « François, tout ce que tu as écrit est de moi.C\u2019est ma volonté et non celle des hommes.» « Saint Pierre Fourrier s\u2019endormit une fois à sa table de travail et la chandelle qui s\u2019y trouvait mit le feu aux paperasses; tout y passa, excepté son bréviaire et ses Constitutions.Tous ces exemples nous prouvent que la Règle vient de Dieu et qu\u2019il sait la garder.« La Règle a une vertu sanctificatrice.Quand votre vénérée Mère Fondatrice l\u2019a écrite, elle n\u2019avait qu\u2019un but: celui de se sanctifier et de vous sanctifier.Vos Règles n\u2019ont pas été faites pour telle ou telle communauté, mais pour la sanctification des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Il n\u2019y a rien de mesquin, rien de petit, dans vos Constitutions.Tout y est empreint de l\u2019esprit de votre Fondatrice, et les mésestimer, ce serait mésestimer Dieu lui-même.« Voyons toutes les circonstances qui ont conduit votre vénérée Mère à la fondation de votre Institut.Il est visible que tout a été tissé par la main de Dieu même.Jeune fille, elle veut entrer au Carmel, elle y est refusée.Acceptée chez les Sœurs Grises, elle est obligée d\u2019en sortir pour cause de maladie.Alors, elle se dévoue pendant douze ans aux œuvres sociales.Enfin, le temps marqué par Dieu est venu, et sous l\u2019inspiration du Saint-Esprit, elle fonde sa communauté.Les commencements furent petits, elle ne se doutait guère des proportions qu\u2019elle prendrait en si peu de temps.Il en a été de même de tous les fondateurs.Les Ignace, les Thérèse, les Bernard, les Dominique, les Marie-du-Saint-Esprit, tous étaient loin de se figurer ce que deviendrait un jour leur fondation.« Quand les Constitutions sont approuvées par l\u2019Église, c\u2019est une confirmation solennelle qu\u2019elles ne sont alors que l\u2019expression de la volonté de Dieu.C\u2019est comme un baptême spirituel que leur a conféré le magistère suprême.« Qu\u2019est-ce que l\u2019Évangile, sinon la vie de Jésus-Christ ?Vos Constitutions sont le rayonnement de l\u2019Évangile.Tout s\u2019y reflète, tout s\u2019y trouve, tout s\u2019y cache.Dans l\u2019Évangile, on trouve toutes les vertus: la bonté, la douceur, l\u2019humilité, la charité, l\u2019abnégation, l\u2019oubli de soi-même, l\u2019amour de Dieu et du prochain, etc.; vous avez tout cela dans vos Règles.L\u2019Hostie est faite de la plus fine fleur de froment; vos Constitutions sont pétries des plus pures maximes de l\u2019Évangile.« Observez donc religieusement et fidèlement vos Saintes Règles.C\u2019est le plus bel héritage que vous a légué votre vénérée Mère et c\u2019est en les faisant passer dans votre vie, que vous deviendrez de saintes religieuses.» Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t779 C\u2019est avec un regain de ferveur et l\u2019âme animée de fortes résolutions que nous sortons de cet entretien.Mardi 4 août Déjà finie notre belle retraite! laquelle, au dire de toutes, a passé bien vite.Et maintenant, deux devoirs s\u2019imposent à nous: celui de remercier le bon Dieu pour ces précieux jours de grâces et celui d\u2019appliquer à notre vie les lumières reçues.Le R.P.H.^Schelpe, S.J., qui en fut le prédicateur, sut nous montrer, à la clarté de l\u2019Évangile, comment nous devons répondre à l\u2019invitation de Jésus: « Viens et suis-moi »; comment notre conduite doit être calquée sur ses divins exemples.Daigne Marie Immaculée bénir notre bon propos de suivre généreusement le Maître, chaque jour plus fidèlement, notre main dans sa main, et nos pas dans ses pas! Mercredi 5 août Comme d\u2019habitude, de religieuses oblations couronnent la retraite.Jour de sainte allégresse que celui-là où Dieu, après s\u2019être choisi des âmes, se les unit de la façon la plus intime.C\u2019est le partage de trente-trois de nos Sœurs qui, tour à tour, se présentent aujourd\u2019hui à son autel.Tout d\u2019abord, ce matin, dans l\u2019intimité de notre chapelle, a lieu la profession temporaire, présidée par M.l\u2019abbé R.Saint-Amand, frère de l\u2019une des élues.De fiancées de Jésus, nos heureuses novices en sont devenues les épouses.Leurs vœux sont accomplis.Avec elles et pour elles, nous chantons le Te Deurn de la reconnaissance.Mgr Perrier, Vicaire Général du diocèse de Montréal, nous fait l\u2019honneur de présider les deux autres cérémonies qui se déroulent dans l\u2019après-midi et auxquelles prennent part de nombreux parents et amis.Assistent au chœur : le R.P.Charles Pellerin, S.S.S., de Québec; MM.les abbés Georges Pellerin, du Séminaire Universitaire d\u2019Ottawa, Od.Gosselin, du Séminaire de Québec, Oscar Robitaille, de Saint-Vincent-de-Paul, Ernest Lapierre, vicaire à Cowansville, et le R.F.Philémon, S.S.S.Par la vêture, nos petites Sœurs postulantes offrent à Jésus les prémices de leur vie religieuse et les autres, les plus favorisées, ont le bonheur d\u2019offrir irrévocablement l\u2019holocauste de leur vie à leur céleste Époux.Après le chant du Veni Creator, le R.P.H.Schelpe, S.J., prononce l\u2019allocution de circonstance, prenant pour texte : « Et Jésus fut invité, avec ses disciples, à la noce.» Pour la consolation de nos chers parents, nous en insérons ici quelques extraits.« L\u2019Évangile dit que le Christ se rendit à la noce afin d\u2019encourager l\u2019amour humain, et non seulement de l\u2019encourager, mais encore de le sanctifier, de le bénir et d\u2019en faire un sacrement.« Si déjà le Christ veut se montrer si bon pour ceux qui l\u2019avaient invité, que ne faut-il pas penser qu\u2019il fera aujourd\u2019hui pour celles qui vont se donner pour la première fois, et pour celles qui le feront définitivement, Lui qui est l\u2019Amour même et qui ne peut pas tromper, car la vocation religieuse, et la profession perpétuelle surtout, c\u2019est un mariage mystique.Et voilà pourquoi l\u2019Église prend des précautions, parce que c\u2019est une chose sérieuse.Elle 780 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 prend le temps voulu afin de respecter la liberté de ses filles et procède par gradation: l\u2019on commence par la vêture, les vœux temporaires, puis les vœux perpétuels.Et elle fait généralement présider ces cérémonies par des dignitaires ecclésiastiques.« La vocation religieuse procède par gradation.Depuis longtemps, Messieurs et Mesdames, le bon Dieu avait préparé l\u2019âme de votre enfant.Elle a été la bienvenue quand elle vint au monde; elle a été élevée sous votre tutelle, dans votre intimité, le père lui donnant l\u2019exemple du travail, lui inculquant le sérieux de la vie, et la mère, tout en lui prodiguant ses soins et ses caresses, la forma à la piété.C\u2019était peut-être aussi la plus enjouée, la plus affectueuse de la famille.Un jour, elle marcha au catéchisme et fut contente d\u2019entendre parler du bon Dieu.Puis elle grandit et son âme ne put se contenter des plaisirs vulgaires de la vie : une voix mystérieuse s\u2019était fait entendre, une figure se dessinait nettement dans son âme, une figure plus belle que tout ce qui passe; c\u2019était Jésus-Christ, et doucement son âme y répondit.« L\u2019Église catholique prépare aussi le mariage mystique par gradation et voilà pourquoi vous allez assister à un premier pas.Les jeunes filles, tout de blanc habillées, revêtiront le saint Habit.D\u2019autres ont prononcé ce matin leurs premiers vœux, d\u2019autres enfin, après trois ans d\u2019expériment des vœux temporaires, se donneront définitivement au bon Dieu.Et le résultat est que vos filles entrent définitivement dans une famille aimée; elles montrent par là qu\u2019elles préfèrent se détacher du monde et de tout ce qui n\u2019est pas spirituel.Elles quittent leur mère, mais elles en trouveront d\u2019autres qui la remplaceront; c\u2019est pourquoi les religieuses appellent leurs Supérieures du nom de Mères.Mais soyez certains que votre fille ne vous aimera pas moins et, de plus, elle assurera l\u2019avenir éternel de ses parents.Car le bon Dieu a dit: « Celui qui, pour moi, quitte son père, sa mère, ses frères, ses sœurs, ou ses champs, aura la vie éternelle.» Le bon Dieu doit donc bénir aussi ceux qui laissent partir leurs enfants.Donnez-la donc au bon Dieu, afin que vous aussi vous ayez la vie éternelle.« Votre fille a choisi une Communauté missionnaire canadienne-française et, parmi les vocations religieuses, voici bien la plus grande et la plus belle.L\u2019Évangile dit: « Qu\u2019ils sont beaux les pieds des missionnaires.» Elles seront donc des convertisseuses d\u2019âmes et, tout en restant vierges, elles seront bien des fois mères de petites âmes.« Je me rappelle un trait de la vie de saint François d\u2019Assise.Le saint venait d\u2019être transformé en un véritable crucifié et le frère Léon, qui l\u2019avait vu si beau et devenu comme un autre Sauveur, s\u2019imagina que François transformé ne l\u2019aimerait plus.Le saint ayant demandé un manuscrit composa un poème à la fin duquel il ajouta: « Que Dieu te bénisse, Léon! » Ainsi, vous voyez que l\u2019amour surnaturel n\u2019altère en rien l\u2019amour humain; presque toujours, celles qui vous aimeront le plus dans la vie seront celles qui sont religieuses.Voilà donc, chers parents, de quoi sourire à travers vos larmes.» Le prédicateur termine en nous exhortant à fixer devant notre vie l\u2019image de la Sainte Vierge, tout comme le petit pâtre dont parle une certaine légende du pays des montagnes.« Il est dit qu\u2019en gardant ses mou- Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t781 tons, il avait tant et si bien contemplé une statue de la Sainte Vierge, que ses traits en étaient devenus semblables.Vous aussi, comme le petit pâtre, lïxez-la constamment et avec amour, afin que le jour où vous frapperez à la porte du paradis, Notre-Seigneur reconnaisse tellement en vous les traits de sa Sainte Mère, qu\u2019il soit content et fasse fête de vous recevoir.» Les aspirantes à la vêture reçoivent ensuite leurs blanches livrées qu\u2019elles vont aussitôt revêtir, puis c\u2019est la proclamation des noms nouveaux.Ce sont: Mlle Carmen Beaulieu, de La Tuque (Sœur François-de-la-Passion); Mlle Lucienne Robillard, de Saint-Félix-de-Valois (Sœur Saint-Félix); Mlle Colombe Gagnon, de Saint-Roch-de-l\u2019Achigan (Sœur Marie-Édouard); Mlle Gisèle Théberge, de Saint-Simon de Rimouski (Sœur Sainte-Gisèle) ; Mlle Madeleine Bolduc, de Saint-Damien de Brandon (Sœur Estelle-de-Jésus) ; Mlle Simone Frigon, de Cowansville (Sœur Marie-Théotime); Mlle Simone Talbot, de Montréal (Sœur Saint-Guy); Mlle Jacqueline Brault, de Val-Racine, comté de Frontenac (Sœur Françoise-Thérèse).Ont prononcé leurs vœux perpétuels: Sœur Marie-Calixte (Marguerite Champoux, de Québec); Sœur Maurice-de-Thèbes (Yvonne Clouâtre, de Montréal); Sœur Marie-Alfred (Marie-Marthe Dubé, de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Rimouski); Sœur Saint-Jean-Chrysostome (Lucile Brouil-lette, de Montréal); Sœur Rose-des-Anges (Adrienne Granger, de Saint-Gabriel de Brandon) ; Sœur Marie-Georges (Agathe Bolduc, de Saint-Damien de Brandon) ; Sœur Marie-Berthe (Berthe-Alice Champagne, de Montréal) ; Sœur Marie-Lucienne (Lucienne Déry, de Sainte-Anne-de-la-Pocatière) ; Sœur Saint-Odilon (Constance Dubois, de Saint-Ferdinand de Mégantic); Sœur Candide-de-Jésus (Candide Pellerin, de Saint-Boniface, comté de Saint-Maurice); Sœur Marie-Pauline (Pauline Pageau, de Québec); Sœur Jean-d\u2019Avila (Marie-Jeanne Villeneuve, de Québec); A notre Hôpital Oriental de Vancouver: Sœur Marguerite-de-Jésus (Èmilia Martin, de Saint-François-d\u2019Assise, comté de Bonaventure).Après le chant du Te Deum et le salut du Très Saint Sacrement qui clôturent ces belles consécrations, le personnel du Noviciat se rend à la salle de réception où Mgr Perrier daigne venir nous donner sa bénédiction qu\u2019il accompagne de bonnes paroles.Elles portent surtout sur l\u2019esprit surnaturel qui doit nous animer, en tant que membres du Corps mystique de Jésus-Christ, et aussi en tant que missionnaires.« Vivez donc intensément unies au Christ, nous laisse-t-il comme bouquet spirituel, cette vie intérieure étant plus nécessaire que jamais, à cause des temps difficiles que nous traversons, et parce quelle diminue sensiblement dans les chrétiens de nos jours.Plus vous serez unies à Dieu, plus vous produirez de fruits pour l\u2019éternité.» :-¦ ?¦ - Chaque moment vient à nous chargé d\u2019un ordre de Dieu, et il va s\u2019enfoncer dans l\u2019éternité pour demeurer à jamais ce que nous l\u2019aurons fait.Saint François de Sales. Ha journée b\u2019une i^obtce (Suite) A règle n\u2019y impose point la discipline, on n\u2019y fait pas non plus de jeûnes longs et rigoureux, mais on y travaille fermement, chacune selon ses forces et ses aptitudes, en esprit de renoncement et d\u2019apostolat.On y apprend à se rendre utile à tout, afin de donner plus grands services à la Communauté et, plus tard, dans les missions, faire bénéficier les indigènes de ses connaissances.Cette pensée soutient les courages et, du fond du cœur, on répète avec amour: « Pour vous, mon Dieu! pour le salut des âmes.» Mais, à travers les autres, que devient notre chère Novice?.La voici.Mais qu\u2019a-t-elle?.Voyez donc comme ses traits, à l\u2019ordinaire sereins et joyeux, sont maintenant bouleversés., comme son front est nuageux et ses lèvres serrées.Va-t-elle pleurer ?Oh! disons-le tout bas, car seules les âmes qui ont éprouvé semblables choses la pourront bien comprendre: elle est sous le coup d une violente tentation.Soulevons le voile qui nous cache le monde des esprits, et nous verrons autour d\u2019elle d\u2019artificieux lutins qui la harcèlent et lui insinuent de perfides idées.« Si tu étais restée dans le monde, tu n\u2019aurais jamais eu à travailler ainsi », dit l\u2019un.« Tu n\u2019aurais eu que des plaisirs », ajoute un autre.« Lève les yeux de ce côté », souffle un troisième.Et la candide Novice, par une malheureuse imprudence, arrête son regard dans le lointain., mais qu\u2019aperçoit-elle?.Là-bas, sur l\u2019onde paisible de la rivière, des barques joyeuses de promeneurs glissent doucement comme en un rêve de bonheur.Oh! comme ils ont l\u2019air heureux! « Si tu restes ici, plus jamais tu n\u2019iras en chaloupe, continue le Malin.\u2014 Plus jamais, je n\u2019irai en chaloupe, se répète la petite Sœur.Oui, on me l\u2019a dit, notre Mère Fondatrice a promis pour ses Filles qu\u2019elles n\u2019iraient jamais en chaloupe, sauf le cas d\u2019absolue nécessité, afin d\u2019attirer la divine protection sur leurs nombreux voyages et leurs longues traversées.C\u2019est beau, mais quel grand sacrifice! \u2014 Sacrifice trop grand pour toi!.Vois.ces jeunes promeneurs., ils parlent d\u2019amour., ils se régalent de friandises., ils sont libres.Et toi, tu ne peux aller boire et manger sans en demander la permission.Quel assujettissement! \u2014 Quel assujettissement! répercutent tristement les parois du cœur de la jeune Novice.\u2014 Et il en sera ainsi toute ta vie!.\u2014 Toute ta vie! répète le même douloureux écho. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t7 83 LA RIVIÈRE DES PRAIRIES ET SON JOLI PONT NON LOIN DU NOVICIAT : ; v: - mi: \u2014 Dans le monde, tu aurais joui des belles années de ta jeunesse, mais dans ce triste enclos de Couvent, que fais-tu ?.Aujourd\u2019hui, tu grattes la terre., demain peut-être soigneras-tu les poules.et s\u2019il fallait que l\u2019on te demande de t\u2019occuper des abeilles, toi qui en as si peur!.Lève encore les yeux et regarde sur le pont.toutes ces brillantes autos qui passent.Naguère tu aimais tenir le volant de la voiture de ton père, et cheveux au vent tu fendais l\u2019espace en quête de nouveaux horizons pour charmer tes yeux.N\u2019étais-tu pas heureuse alors?.Si tu demeures ici, plus jamais tu ne conduiras l\u2019auto., jamais! \u2014 Jamais! soupire la pauvre colombe cruellement enjôlée.\u2014 A cette heure, ton père est peut-être sur la route avec ta mère et toute ta famille.Ils s\u2019ennuient de leur aînée et, pour se distraire, sont allés en promenade.Ces chers parents, que tu aimes tant, comment as-tu pu les quitter?.Quelle sottise tu as faite en brisant ainsi ton existence et la leur.Retourne auprès d\u2019eux., ils en seront si contents! Quitte cette prison sans retard; le plus vite sera le mieux.» Et ce disant, l\u2019infernal Séducteur lance sur sa victime une épaisse fumée qui répand les ténèbres dans son esprit et suffoque son cœur.En même temps, surgissent en son âme une vive angoisse et un trouble profond.Le courage lui manque et des pleurs veulent monter à ses yeux.« Oh! se dit-elle, je n\u2019en puis plus, je vais aller trouver Mère Maîtresse.- Dis-lui que tu es décidée à t\u2019en aller, ricane le Méchant.Dis que tu pars ce soir, mais n\u2019ajoute rien autre chose., ta Mère Maîtresse est si gênante., tu ne sauras pas comment t\u2019exprimer., elle ne te comprendra pas.et puis que va-t-elle penser de toi?.\u2014 Non, je lui dirai tout!.Non, je ne veux pas partir!.non jamais!.» (A suivre) ( 1) '**'**' Hail Mes bien chers petits Amis, C\u2019est au retour d\u2019une visite à l\u2019Exposition Missionnaire de Montréal que je viens causer avec vous.Bien que j\u2019aie l\u2019esprit et le cœur remplis de tout ce que j\u2019ai vu et entendu, je n\u2019entreprendrai pas de vous en faire la narration, je n\u2019en finirais point.D\u2019ailleurs, je sais qu\u2019un grand nombre d\u2019entre vous sont allés voir.cette merveille et puis, bientôt sans doute, il sera publié d\u2019heureux mémoires qui en immortaliseront le souvenir.Je me bornerai donc à vous faire part des sentiments que m\u2019a inspirés la vue de cette grandiose démonstration.L\u2019énorme sphère, suspendue et tournant sur elle-même, représentant le globe terrestre où s\u2019exerce l\u2019apostolat missionnaire, la superbe fontaine aux eaux lumineuses, symbolisant la grâce qui surélève le monde des âmes, ont tout d\u2019abord captivé mon attention.Je m\u2019y suis arrêté longuement.Oui, c\u2019est bien cela, me disais-je, c\u2019est bien la grâce qui surélève les âmes, les transforme, les sanctifie, les divinise.« C\u2019est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis », répétait l\u2019apôtre saint Paul.De persécuteur des chrétiens, elle en avait fait un zélé défenseur, de disciple de la synagogue, elle en avait fait l\u2019apôtre des Gentils.« Sans moi, vous ne pouvez rien faire », a dit Notre-Seigneur.Et comment Jésus est-il avec nous ?Par la grâce.C\u2019est elle qui, avec le concours de la bonne volonté, grandit l\u2019intelligence et le cœur de l\u2019homme, les fait s\u2019élever au-dessus des choses de la terre et pénétrer celles du ciel.Elle qui féconde les bonnes œuvres, qui fait les gens de bien, les vertueux missionnaires, les héroïques martyrs.Mais qu\u2019est-ce que la grâce ?__ ?.Allons, mes Enfants, la réponse du catéchisme: Qu\u2019est-ce que la grâce ?\u2014 La grâce est un don surnaturel que Dieu nous accorde, par pure bonté et en vertu des mérites de Jésus-Christ, pour nous aider à faire notre salut.\u2014 Bien.Combien y a-t-il de sortes de grâces ?\u2014 Il y a deux sortes de grâces: la grande sanctifiante ou habituelle et a grâce actuelle. Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t7 85 \u2014 Qu\u2019est-ce que la grâce sanctifiante ?\u2014 La grâce sanctifiante est celle qui demeure en notre âme, et qui la rend sainte et agréable à Dieu.\u2014 Pouvons-nous perdre la grâce sanctifiante ?\u2014 Oui, un seul péché mortel suffit pour nous faire perdre la grâce sanctifiante.\u2014 Et le péché véniel ?\u2014 Il affaiblit en nous la vie de la grâce.\u2014 Infâme péché qui fait perdre un si grand bien ou l\u2019affaiblit, l\u2019empêche de grandir en nous.Et la grâce actuelle ?\u2014 La grâce actuelle est un secours passager par lequel Dieu éclaire notre intelligence et excite notre volonté à éviter le mal et à faire le bien.\u2014 Pouvons-nous résister à la grâce ?\u2014 Oui, malheureusement, nous y résistons trop souvent.En face de la source symbolique, je pensais à tout cela LA sphère et la fontaine symboliques a et je me disais: combien de ^exposition missionnaire de Montréal personnes, parmi la foule qui visite présentement l\u2019Exposition, ont en elles la vie de la grâce et l\u2019ont en abondance ?Et combien y en a-t-il sur toute l\u2019étendue de la terre, si bien représentée au-dessus de cette fontaine?Combien?.Dieu seul le sait, lui dont l\u2019œil embrasse et pénètre tous les lieux et toutes les âmes, lui qui est la source même de la grâce et qui se plaît à la dispenser à quiconque la lui demande et y est fidèle.Avant de céder la place à d\u2019autres visiteurs, j\u2019ai redit au fond de mon cœur, avec la Samaritaine: « Seigneur, donnez-moi de cette eau., de cette eau qui devienne en mon âme une source d\u2019eau vive jaillissante jusqu\u2019à la vie éternelle pour moi, pour le monde entier, et particulièrement pour mes petits amis, les enfants.» Puis, avançant de quelques pas, je me suis absorbé en réflexions devant l\u2019apothéose des fondateurs de Montréal.Considérant les scènes qui évoquent les origines de la grande métropole canadienne, je me suis écrié en moi-même: Oh! la merveilleuse œuvre de grâce que celle de la fondation de Ville-Marie! Oui, c\u2019est par la divine grâce que M.de la Dauversière, M.Olier et leurs coopérateurs ont travaillé à cette fondation, que le sieur 786 Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942 de Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys et autres se sont expatriés pour venir en la solitude de l\u2019île de Montréal, convertir les sauvages et jeter en cette terre nouvelle la semence de l\u2019Évangile.Non, ce n\u2019est pas par un motif humain, ce n\u2019est pas pour l\u2019or et l\u2019argent qu\u2019ils sont venus, ces courageux missionnaires, souffrir en ce pays les plus dures privations, s\u2019exposer aux tortures et aux massacres de la part des Iroquois; mais bien par un motif surnaturel, inspiré par la grâce, pour la gloire du bon Dieu, de Notre-Dame et du grand saint Joseph.Et leurs travaux, leurs peines n\u2019ont pas été stériles.Après trois siècles écoulés, que de transformations sur l\u2019île de Montréal! La petite poignée de colons est devenue un million d\u2019habitants, l\u2019antique forêt a fait place à l\u2019active cité, les croix et les clochers se sont multipliés, et l\u2019étincelle d\u2019apostolat, jaillie du cœur des fondateurs, est devenue un large foyer dont les flammes se sont portées non seulement jusqu\u2019aux points extrêmes de l\u2019Amérique mais par delà les mers, chez les nations infidèles de l\u2019Asie, de l\u2019Afrique, du Japon, de l\u2019Océanie.Et quels bienfaits ont-elles procurés à ces pauvres peuples assis dans les ténèbres, à l\u2019ombre de la mort ?C\u2019est ce que Votre Grand Ami a voulu approfondir en parcourant les quarante kiosques des diverses Communautés montréalaises qui travaillent dans les missions.Bientôt, il fut ému et des larmes lui montèrent aux yeux à la vue du grand bien qui s\u2019opère dans les champs lointains de l\u2019apostolat par les missionnaires de nos Sociétés de prêtres, de religieux et de religieuses.Ah! se disait-il, c\u2019est encore là une merveille de la grâce, de cette divine grâce qui coule en abondance au sein de l\u2019Église catholique, par sept grandes sources intarissables.Allons, mes Enfants, dites-moi quelles sont ces grandes sources ?\u2014 Les Sacrements.\u2014 Oui, les Sacrements.Ah! comme il faudrait avoir un grand respect pour les sacrements.Comme il faudrait aimer la Sainte Église qui nous les dispense, et le Pape qui en est le Chef infaillible et qui représente sur la terre Notre-Seigneur lui-même.C\u2019est au nom de l\u2019Église, une, sainte, catholique et apostolique, au nom du Souverain Pontife que les missionnaires vont porter chez les nations infidèles, avec la doctrine du salut, les eaux lumineuses de la grâce, dont les sources reposent dans l\u2019Église, mais qui jaillissent du Cœur même de Dieu comme autant de gouttes d\u2019amour et de miséricorde.Oh! le bel apostolat que celui du missionnaire!.Je comprends sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui s\u2019écriait: « Je voudrais avoir été missionnaire depuis le commencement du monde et l\u2019être jusqu\u2019à la fin!.» Après avoir tout visité avec grande admiration, je suis revenu à l\u2019un des kiosques, lequel m\u2019avait particulièrement intéressé.Quel était ce kiosque, pensez-vous ?SEPT GRANDES SOURCES INTARISSABLES.Celui de la Sainte-Enfance ? Montréal LE PRÉCURSEUR Novembre-Décembre 1942\t787 \u2014 Tout juste, parce qu\u2019il était celui de mes petits amis.J\u2019y ai vu que cette grande Œuvre pontificale fête cette année son centième anniversaire.J\u2019y ai vu que les écoliers du diocèse de Montréal, à eux seuls, ont recueilli, à coups de sacrifices, pendant la dernière année scolaire, plus de $24,000.00 pour le rachat, le baptême et l\u2019éducation chrétienne de leurs malheureux petits frères païens.Bravo, mes Enfants! Vous me comblez de joie.J\u2019y ai constaté encore que non seulement les Associés de la Sainte-Enfance sacrifient des sous, mais aussi qu\u2019ils prient avec ferveur et s\u2019imposent de nombreux renoncements pour mériter la grâce du salut aux pauvres petites victimes du paganisme.Ah! que l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance est grande et belle: le salut des enfants païens par les enfants chrétiens.Continuez, mes chers petits Amis, à vous y dévouer sans compter, car vous faites là la chose la plus grande que l\u2019on puisse accomplir ici-bas, travailler au salut des âmes.Votre Grand Ami, Le Précurseur.- ?\u2022 ?.;- Le Représentant de Notre-Seigneur sur LA TERRE, NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE PlE XII Aimons Jésus en reconnaissance de ses bienfaits; prenons à cœur l\u2019intérêt de sa gloire, et en échange, il nous comblera toujours de ses bénédictions.S.Marie de Sainte-Euphrasie.* * * Croyez que vous aurez plus fait pour celui à qui vous apprendrez une prière, que si vous aviez assuré sa fortune.Louis Veuillot.:0 ¦ o: LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception Lampes du Sanctuaire Un lampion ou un cierge.$25.00 10 èous.75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. Reconnaissance à la Sainte Vierge POUR FAVEURS OBTENUES Luminaire en l\u2019honneur de la Sainte Vierge en remerciements pour exemption de mon fils du service militaire.Une abonnée, Ste-Monique.\u2014 Remerciements à notre bonne Mère du ciel pour guérison obtenue.Mme J.-A.L., St-Hyacinthe.\u2014Je viens accomplir ma promesse et remercie la Sainte Vierge de tout cœur pour ma guérison.Mlle T.Houle.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme F.Prémont, Ste-Anne-de-Bellevue.\u2014 Grande reconnaissance pour guérison de mon bébé atteint de méningite.Mme P.Miliaire, Lac-St-Jean.\u2014 Mes vifs remerciements à la Sainte Vierge pour une guérison obtenue par son intercession.Je demande une nouvelle grâce.Mme D.T., St-Simon.\u2014 Réussite d\u2019une opération avec promesse de faire publier dans le « Précurseur ».Mille mercis à Marie! Mme G.Crawford, Pointe-Claire.\u2014 0 Marie, l\u2019univers entier Vive reconnaissance à la Sainte Vierge pour guérison.périrait avant que vous refu- Mme Jean Faucher, Ste-Marie de Beauce.\u2014Je mac-siez votre assistance à qui vous Quitte d\u2019une promesse en action de grâces pour bienfait implore du fond de son cœur.reCu- Mme A- Grenler- Ste-Rose.\u2014 Veuillez remercier avec moi la très Sainte Vierge pour ma parfaite guérison.Depuis six mois, j\u2019étais affligée de maux de reins et de rhumatisme; on a prié avec moi Celle qu\u2019on n\u2019invoque jamais en vain et me voici guérie.Mme W.Ethier, Maniwaki.\u2014 Remerciements pour grâce obtenue par le port de la médaille miraculeuse.A.Moreau, Montréal.\u2014 Merci à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mlle C.L., Chambly-Bassin.\u2014 Honoraires de messes, en action de grâces pour faveurs obtenues.Une abonnée, Montréal.\u2014 Veuillez publier mes remerciements à la Sainte Vierge pour grâce obtenue.Armand Giguère, St-Ludger.\u2014 Reconnaissance à Notre-Dame du Perpétuel Secours pour retour d\u2019un fils aviateur.Anonyme.\u2014 Vifs remerciements pour faveur obtenue.Mme Albert Sigouin, Mont-Tremblant.\u2014 Vive gratitude pour grâce reçue.Une reconnaissante, Montréal.\u2014 Reconnaissance à Marie Immaculée pour bienfait qu\u2019elle m\u2019a octroyé.Mme J.Nuckle, St-Hyacinthe.\u2014Toute ma reconnaissance à notre Mère du ciel pour grande faveur obtenue par son intercession.Germaine Roberge.\u2014 Sincères remerciements à notre bonne Mère du ciel pour réussite d\u2019une opération bien grave.Mme A.Lévesque, Les Hauteurs.\u2014 La Sainte Vierge m\u2019a exemptée d\u2019une opération.Daignez publier ma vive reconnaissance.Mme A.Duguay, Debert, N.-S.\u2014\tVive reconnaissance à notre bonne Mère du ciel pour une grande faveur obtenue.Mme Edouard Tourangeau, Ste-Dorothée.\u2014Je remercie grandement la Sainte Vierge qui m\u2019a obtenu une faveur insigne.M.Réal Bigras, Montréal.\u2014 Hommage de gratitude pour faveur reçue par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.Mme J.-H.Gingras, Ste-Thérèse.\u2014 Reconnaissance pour grâce obtenue par l\u2019entremise de la Vierge Immaculée.Mme Jos.-A.Brunet, Ste-Geneviève-de-Pierrefonds.\u2014 Remerciements pour faveur qui m\u2019a été octroyée.H.T., Montréal.\u2014Luminaire en l\u2019honneur de la Sainte Vierge en hommage de gratitude pour faveur reçue.Mme H.L., Montréal.\u2014 Sincères remerciements à Marie.M.B.Girard, St-Urbain.\u2014Je désire témoigner ma reconnaissance à la Bienheureuse Vierge Marie pour sa protection.L.L., Spencer, Mass.\u2014\tJe remercie la très Sainte Vierge pour le rétablissement de ma santé.J\u2019étais incapable de faire mon ouvrage et me voici très bien, grâce à l\u2019intervention de notre céleste Mère.Mme E.G., Ile-du-Calumet.RECONNAISSANCES DIVERSES Reconnaissance au Sacré Cœur et aux saints Martyrs canadiens pour faveur obtenue.Mme E.Fréchette, St-Majorique.\u2014 Vive gratitude envers la Sainte Vierge et saint Joseph pour la guérison de mon mari.Mme A.Savard, Jonquière.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse de publication faite depuis un an, en l\u2019honneur de saint Antoine et de saint Gérard, pour grâce accordée à ma fille et pour ma propre guérison d\u2019un mal de reins.Une abonnée de St-Stanislas, comté de Champlain.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Expédit pour plusieurs grandes faveurs reçues.Une abonnée.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge, à saint Joseph et à sainte Anne pour grâce reçue.Mme Joseph Jacques, St-Jules.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge et à saint Joseph pour guérison de mon garçon.A.Mainville, St-Anicet.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. RECOMMANDATIONS O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous! Je recommande instamment à la Sainte Vierge l\u2019obtention d\u2019une guérisdn et aussi la protection divine pour mon fils afin qu\u2019il soit exempté du service militaire.Anonyme.\u2014 Je demande, par l\u2019intercession de Notre-Dame du Perpétuel Secours, la santé dans un jeune ménage; la persévérance de trois jeunes novices; santé pour ma famille.Mme G.T.\u2014 Une neuvaine, s\u2019il vous plaît, pour une cause désespérée.T.J., Beauport.\u2014 O Marie Immaculée, obtenez-moi la grâce de connaître l\u2019époux qui m\u2019est destiné.Je recommande aussi ma famille et particulièrement mes frères qui sont dans l\u2019armée.Anonyme.\u2014 Instantes prières pour conversion.Mme G.C., Lowell, Mass.\u2014 Une guérison.Mme P.B., Lowell, Mass.\u2014 Guérison et conversion de toute une famille.Une abonnée, Montréal.\u2014 La guérison de ma petite fille.Mme C.H., St-Damien-de-Brandon.\u2014 Je désire vivement plusieurs grâces spirituelles et temporelles et sollicite des prières dans l'intention de les obtenir.Mlle R.-A.M., Anse-au-Griffon.\u2014Je recommande une jeune fille orpheline qui a contracté de mauvaises habitudes.Une amie du « Précurseur ».\u2014 Je sollicite des prières pour obtenir la grâce de trouver un bon mari.Ame découragée.\u2014 Guérison d\u2019un prêtre malade; réussite d\u2019une affaire très importante; plusieurs autres faveurs.Anonyme, Ahuntsic.\u2014 La guérison de ma gorge et grâces pour toute la famille.Anonyme.\u2014 Avec confiance, je demande à la bonne Sainte Vierge de me guérir.Une abonnée.\u2014¦ Une neuvaine, s\u2019il vous plaît, pour l\u2019obtention d'une position pour mon jeune garçon.Mme J.Cormier, Montréal.\u2014 Veuillez m\u2019aider de vos prières pour la correction d\u2019un défaut que je veux faire disparaître au plus vite et aussi pour la réussite de notre commerce.Mme E.\u2014 La conversion de deux personnes.Une abonnée.\u2014 Je recommande un petit-fils orphelin et malade, la guérison d\u2019une jambe et une bonne position.Mère découragée, St-Jérôme.\u2014Je demande à la Sainte Vierge la grâce de trouver un bon mari.F.V., Lauzon.\u2014 Le salut de l\u2019âme de mes enfants; deux conversions; trois vocations; la paix pour nos familles et le monde entier; grâce d\u2019une bonne mort.Mme J.L.\u2014 Une prière pour mon mari, pour la guérison de ses yeux.Mme A.Rioux.\u2014 La guérison d\u2019un œil que je suis menacée de perdre.Mme J.T., Riverside, Ont.\u2014 Une faveur spéciale est sollicitée.Fille d\u2019abonnée.\u2014 Mon fils en Angleterre; deux autres fils au Labrador; santé pour mon mari et pour moi.Abonnée, Matheson.\u2014 Retour d\u2019un parent à l\u2019Eglise; succès d\u2019un voyage; règlement d'une succession; protection pour un soldat; avenir d\u2019une nièce; faveurs spirituelles.Mme A.-H.B.\u2014 Une prière à mes intentions.Mme O.C., Les Cèdres.\u2014\tVeuillez prier pour que mon neveu soldat fasse sa religion et ne prenne pas de boisson.O.P.\u2014 La guérison de mes yeux.S.B., Montréal.\u2014 La conversion d\u2019un père de famille ivrogne.Anonyme, Valleyfield.\u2014 Une faveur spéciale et ardemment sollicitée.R.L.\u2014 Je recommande ma mère qui s\u2019est démis le bras droit.M.Dubois.\u2014 Daigne la Sainte Vierge m\u2019obtenir une grande faveur.Une qui a confiance en notre Mère du ciel.Une prière pour ma fille afin qu\u2019elle reste dans le droit chemin.Mme A.G.\u2014 Du courage pour supporter mes épreuves et la santé, si c\u2019est la divine volonté.Mme Saint-Onge, Montréal.\u2014 Protection pour ma petite fille qui a de la difficulté dans ses études.Mme H.P.\u2014 Guérison de mon fils.Mme E.G., Louiseville.\u2014 Ma guérison et conservation de la position de ma jeune fille.Mme A.D.\u2014 Des lumières pour le choix d\u2019un ami sérieux.Orpheline.\u2014 Je désire obtenir la guérison d\u2019une jambe.Mme A.S., Mont-Tremblant.\u2014 Je recommande mes fils qui se laissent entraîner dans le mauvais chemin.Anonyme, Laverlochère.\u2014 Conjurez notre Mère du ciel d\u2019enlever le goût de la boisson à mon mari qui donne le mauvais exemple à ses fils.Une abonnée.\u2014 Je suis une mère de cinq enfants, malade depuis sept ans.Le découragement me gagne; veuillez prier pour ma guérison.Mme C.E., Ste-Anne de Chicoutimi.\u2014 Exemption du service militaire pour mon fils.Mme P.\u2014 La vocation de mes enfants; un fils dans l\u2019armée; la santé et la grâce de vivre chrétiennement pour mourir saintement.Mme E.Crépeau, Enosburg-Falls, Vt.\u2014 Avec confiance, je demande deux guérisons à la Sainte Vierge.Mme J.-B.H.\u2014Je suis malade, veuillez prier pour moi, s'il vous plaît.Mme H.M., Granby.\u2014 Mon fils qui prend beaucoup de boisson et néglige sa religion.Mme J.C.\u2014\tMa femme est malade à l\u2019hôpital et je suis seul pour travailler; veuillez prier pour que je reste en bonne santé.M.W.D., St-Alexandre.On demande des prières aux intentions suivantes: vocations, 5; guérisons, 25; conversions, 5; positions, 4; intentions spéciales, 27.v - '\u2022 Aimer Marie, quelle consolation ici-bas, la faire aimer, quelle assurance pour l\u2019heure de la mort.\u2014 S.Bernard. NÉCROLOGIE Sœur Saint-Denis, Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception; Sœur Marie-Irène-de-Jésus, Sœur des SS.NN.de Jésus et Marie, Outremont; Sœur Marie-Victor-de-Jésus, des Sœurs de la Présentation, sœur de notre Sœur Anne-Marie; le lieutenant Jean-Paul Sabourin, aviateur, Égypte, frère de notre Sœur Léon-Joseph; Mme Veuve Wilfrid Tremblay, Hochelaga, Montréal, grand'mère de nos Sœurs Marie-Estelle et Sainte-Suzanne; M.Orner Rondeau, Saint-Félix-de-Valois; Mme Félix Tétreault, Marieville; Mme Georges Bourbeau, Longueuil; Mme A.-E.Marchildon, Mlle Lucienne Oi ellet, M.G.L.\tPrimeau, M.Georges Caron, Mme Cécile Cyr, M.Johnny Lyons, M.et Mme Édouard Saint-Aubin, M.\tAlbert Bonin, M.Gaston Saint-Jacques, Mlle Ozine Laçasse, Mme Hermann Lafond, Mme Donat Bergevin, Mme J.Lajeunesse, Mlle Juliette Aunier, M.Wilbrod Cadieux, Montréal; M.Arthur Archambault, Outremont; Mme Arthur Paulet, Côte-des-Neiges; Mme David Morin, M.Albert Gouin, M.Albert Mercille, St-Lambert; M.Théophile Descaries, Notre-Dame-de-Grâce; Mlle Laura Bélanger, Cartierville; M.Égide Roy, Montréal-Sud; M.J.-A.-A.Lemire, N.P., Maskinongé; M.Ovila Trudel, St-Justin; M.Bernard Chartier, Mme Émile Lussier, St-Hyacinthe; M.et Mme Wilfrid Lussier, Sherrington; Mme Alphonse Therrien, Chicoutimi; Mme Pierre Choquette, Mme Wilfrid Tessier, M.Joseph Patenaude, Granby; M.Wilfrid Héon, Mme Eusèbe Girard, Les Trois-Rivières; M.Charles Lamothe, Notre-Dame-du-Nord; M.Éphrem Ayotte, M.Rodolphe Boisvert, M.Joseph Héroux, fils de Nazaire, Grand\u2019Mère; M.Lucien-H.Jacob, St-Tite; Mme Joseph Saint-Onge, St-Clet; M.Georges Morse, Beau-harnois; M.Louis Jolicœur, Vaucluse; M.Louis Lambert, Ste-Ursule; Mme Casaubon, St-Justin; Mme Eugène Lavoie, M.Joseph Viel, Estcourt; M.Vénérand Bolduc, St-Méthode; M.Oliva Brochu, St-Évariste; Mme Pierre Gagné, St-Gilles; M.Romain Ross, St-Ludger; Mme Clément Ayotte, Mme Donat Boisvert, Mme Sylvio Boudreau, M.Thomas Leclerc, Grand'Mère; Mme Albert Beaudoin, St-Georges, comté de Champlain; MM.Arthur et Léopold Veillette, Mlle Sara et Mme Arthur Gros-leau, M.Florimont Fournier, Ste-Thècle; M.Fortunat Duchemin, M.Donat Tremblay, Hérouxville; M.Paul Caumartin, St-Cuthbert; Mlle Obéline Trudel, Albanel; Mme Xavier Germain, St-Stanislas; Mme Alphonse Dansereau, Verchères; M.Elphège Denoncourt, Ste-Thècle; M.Hermas Paquet, St-André d\u2019Argenteuil; Mme Léonidas Noël, Ste-Pétronille; Mme Albert Sévigny, Notre-Dame-du-Lac; M.Alphonse Pelletier, St-Fabien; Mme Veuve Anthime Landry, St-Eustache; M.Ludger Dufour, Baie-St-Paul; Mlle Stellina Labonté, Windsor-Est; M.le docteur et Mme J.-A.Poliquin, St-Georges de Beauce; Mme Arthur Dumas, Ste-Louise; Mme André Auger, Les Écureuils; M.Joseph Dupont, Valcourt; M.Louis Rivest, Repentigny; M.Wilfrid Bastien, Mme Veuve Fabien Pigeon, St-Léonard-de-Port-Maurice; M.François Sigouin itère, Mont-Tremblant; Mme Alfred Daniel, East-Angus; Mme Jean Pelletier, Rivière-du-Loup; Mme Napoléon Joly, Ste-Rose, comté de Laval; M.Fernand Chabot, St-Elzéar; Mme Thomas Roy, Almaville; M.Émile Bisson, M.Osias Campeau, Mme Alfred Campeau, Hawkesbury, Ont.; Mme Josaphat Pelletier, Haileybury, Ont.; Mme Georgiana Patenaude, Mme A.-E.Duquette, Brockton, Mass.; Mme Amanda Tremblay, Mlle Antoinette et M.Gustave Asselin, St.Johnsbury, Vt.; M.Alphonse Asselin, Newport, Vt.; M.Oscar Gagnon, Salem, Mass.; M.Arthur Chenard, Lewiston, Me; Mme Rose-Anna Gervais, Manville, R.-I.; M.Alphonse Cou-lombe, M.Fred Picard, M.Michel Goudreau, M.William Lamirande, Mlle Irène Coulombe, Mlle Léontine Gagné, Mme Ernest Picard, Mme Eugène Beaumont, South-Lawrence, Mass.; M.Georges Saint-Onge, M.Jules Morissette, M.Georges Paquette, M.Anatole Brunelle, Lowell, Mass.; M.Adélard Morin, M.André Normandin, M.Paul Saint-Martin, M.Charles Richard, Marlboro, Mass.UNE messe de « Requiem » est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR - La - Banque Canadienne \" \"\t1 est la banque du public aussi bien que la banque des hommes d\u2019affaires.Le gérant de succursale se tient à votre entière disposition, qu\u2019il s\u2019agisse de dépôts, d\u2019emprunts personnels, de remises, de recouvrements ou de toute question d\u2019ordre financier au sujet de laquelle vous désireriez le consulter.Actif, plus de $1 70,000,000 534 bureaux au Canada\t66 succursales à Montréal J 0 O U a 73 oJ 2 »\u2022 § TJ « Z £ Kl O g
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