Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1976, Mai - Juin
[" Revue d\u2019information missionnaire PRECURSEUR Revue d'information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l'autorisation de l'Ordinaire de Montréal.NOTRE COUVERTURE Un Indien Quechua en costume national de fête SOMMAIRE ÉDITORIAL:\tUn homme à mettre debout.65 BOLIVIE:\tVision d\u2019avenir, vision d\u2019espoir.66 La Bolivie, coeur de l\u2019Amérique du Sud .68 Être femme, ce n\u2019est pas un destin fatal.70 Directrice et Rédactrice en chef: Réjane Gaudet, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Équipe M.I.C.Recherchiste: Anita Dubé, m.i.c.Service artistique: Fleur-Ange L\u2019Heureux, m.i.c.Jeanne-Berthe Morin, m.i.c.Secrétariat de l'AMIC et Diffusion Équipe M.I.C.1\tan: $2.00 2\tans: $3.00 Pour tout changement d\u2019adresse, s\u2019il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.La jeunesse, avenir d\u2019un pays.73 Le Chapare tropical .76 Au coeur des mines.Missionnaires! .80 L\u2019Évangile sur les ondes .84 Confidences.90 \"\tEKHEKHO ALACITA .MADAGASCAR: Courrier de Madagascar Adresse: AMIC C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 tél.: 663-6210 MONTRÉAL:\tVenez.vous reposer 96 Imprimerie: Librairie Beauchemin Limitée V Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 EDITORIAL UN HOMME À METTRE DEBOUT par Réjane Gaudet, m.i.c.A l'occasion de récentes assises provinciales, le groupe M.I.C.oeuvrant en Amérique du Sud, s\u2019est penché avec courage et lucidité sur l\u2019étude de nos objectifs comme de notre mode de présence missionnaire dans ce continent.\u201cNotre Institut a été fondé pour les pauvres\u201d ne cessait de répéter notre Fondatrice: Délia Tétreault.La réalité existentielle vécue par nos missionnaires boliviennes en particulier, les situe indubitablement chez les pauvres.Conscientes et fières d\u2019être dans la ligne de pensée et d\u2019action de leur fondatrice, l\u2019équipe M.I.C.de Bolivie a endossé avec un joyeux enthousiasme les décisions de leur dernier Chapitre Provincial.Parmi ces décisions, la priorité est spécifiquement accordée à un engagement apostolique préférentiel en faveur des pauvres.Ce choix est clairement énoncé dans une proposition qu\u2019on peut résumer ainsi: On donnera la priorité à \u201cLA PREMIÈRE ANNONCE DE L\u2019ÉVANGILE CHEZ LES PAUVRES, DE PRÉFÉRENCE CHEZ LES PLUS PAUVRES POUR LA LIBÉRATION INTÉGRALE DE LA PERSONNE!\u201d BELLE THÉORIE OU ACTION VÉCUE?Le contenu du présent numéro du Précurseur fournit une réponse éclairante à cette question.Chacun des articles, présenté par l\u2019une ou l\u2019autre de nos missionnaires de Bolivie, illustre à sa façon l\u2019effort et l'ingéniosité créatrice que toutes et chacune déploient pour la promotion humaine et chrétienne de ceux vers qui elles sont envoyées.Un bon nombre de ces messagères de la Parole sont déjà pleinement engagées au service des \u201cplus pauvres\u201d dont parle la proposition capitulaire plus haut mentionnée.Il s\u2019agit d\u2019un groupe ethnique, descendants des Incas, vivant au coeur des Andes: les Quechuas.L\u2019Indien Quechua est pauvre.Pauvre dans tout son être.Et prisonnier au surplus.Prisonnier des rites et superstitions d\u2019une religiosité naturelle amalgamée de pratiques chrétiennes; prisonnier de son ignorance: 65 à 90% sont analphabètes; prisonnier de sa solitude: il vit isolé en petites communautés éloignées les unes des autres et difficiles d\u2019accès; prisonnier de sa pauvreté matérielle: le sol qui lui procure sa subsistance est si aride et les conditions climatologiques si peu favorables.Oui, le Quechua est pauvre dans toutes les dimensions de son être.UN RAYON D\u2019ESPOIR Le Quechua, si pauvre soit-il, est un homme.Peu à peu, il prend conscience de ce qu\u2019il est et de ce qu\u2019il voudrait être.Du plus profond de lui-même, un appel monte: il veut être reconnu pour ce qu\u2019il est.Il veut faire entendre sa voix et être écouté.Il aspire à prendre sa place dans la société.Et il y a droit.Des Boliviens, leurs frères, ont entendu leur appel.Des missionnaires aussi.Et parmi eux des M.I.C.À vivre de leur vie, elles ont appris à les connaître, à les aimer.Pour ce qu\u2019ils sont: des hommes, des frères.Et parce qu\u2019elles les aiment comme le Christ les aime, elles se sont mises à la tâche.Courageusement, elles utilisent toutes les ressources de leur intelligence et de leur coeur pour trouver les moyens les plus aptes à accélérer le processus de libération de ce peuple démuni, mais si sympathique.Elles ont compris qu\u2019il ne peut y avoir de véritable annonce de l\u2019Évangile sans un engagement sincère pour la promotion de l\u2019amour et de la justice, conséquence d\u2019un amour authentique de Dieu se traduisant par un amour vrai du prochain.Et c\u2019est ainsi qu\u2019elles déploient toutes leurs énergies, toute leur créativité inventive pour aider le Quechua à se libérer de ses peurs, de ses contraintes, de son ignorance, de sa pauvreté indigente.Le libérer pour lui permettre d\u2019atteindre sa stature d\u2019homme et de chrétien.65 IRUPANA VISION D\u2019AVENIR:\tla par Mu riel le Dubé, m.i.c.Bonjour les amis! De NOUVEAU \"MOI\u201d CHEZ-VOUS! Comme vous voyez, j\u2019y prends goût! Aujourd\u2019hui j\u2019aimerais, tout en acceptant que mon pays de mission, la Bolivie, ait la vedette de cette revue, vous faire vibrer aux aspirations, projets, priorités que toutes, MIC de la Providence Notre-Dame-de-la-Paix, Amérique du Sud, avons perçus ces dernières années Tout d\u2019abord, une mise au point: notre Province MIC d\u2019Amérique du Sud est loin d'englober tout le continent sud-américain.À peine touchons-nous 3 pays: Chili, Pérou, Bolivie, avec un total de 10 postes de présence MIC.Enfouies à la fine pointe du continent, à Ancud, île Chiloé, Chili; présentes sur la côte, la selva (forêt), ou la sierra (chaînes de montagnes) péruviennes: enracinées dans le pays de contrastes qu\u2019est la Bolivie: une soixantaine de MIC vivent la Parole, en votre nom, et sont Bonne Nouvelle pour leurs frères.Pourquoi?Comment?C\u2019est ce que je désire vous partager! SUR LES PAS DE DÉLIA TÉTREAULT.Au coeur de notre vocation MIC nous retrouvons une femme qui, mûe par l\u2019Esprit, nous livre un dynamisme: 1\u2014 Confiante, sûre de la Providence, Délia Tétreault vit la joie et l\u2019action de grâces missionnaire tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes: Dieu est si bon, il faut le dire! Aussi Délia, toute sa vie, se laisse habiter par un appel vers \u201cles plus défavorisés\u201d parmi les \"païens\u201d en \u201cmissions étrangères\u201d.Femme missionnaire, fille de l\u2019Église, son Institut et celui des Prêtres des Missions Étrangères sont expression de son charisme et action prophétique pour l'Église Canadienne.2\u2014 Avec Délia Tétreault, impossible pour une Église de rester repliée sur elle-même.En reconnaissance, il lui faut s'ouvrir aux autres et porter d\u2019un pôle à l\u2019autre, la Bonne Nouvelle: Christ ressuscité.ÉDUQUÉES PAR 75 ANS DE VIE MIC.Délia Tétreault communiquait son dynamisme vers les années 1902-1941.Alors nous commencions à cheminer communautairement! Et voici qu\u2019à travers des expériences de pointe, des événements de grande efficacité apostolique, des souffrances, des crises, des insuccès, se constituait notre \"héritage communautaire\u201d! De par le monde, des MIC connurent guerres ou persécutions religieuses; elles furent interpellées, remises en question, ébranlées même par des crises internes ou externes, mais rien ne put leur faire perdre leur dynamisme de fond: En action de grâces missionnaires! C\u2019EST POURQUOI NOUS, MIC D\u2019AMÉRIQUE DU SUD, CROYONS QUE: L\u2019APPEL M.I.C.consiste à être, aujourd\u2019hui: avec Marie, religieuses, en ACTION DE GRÂCES MISSIONNAIRES! D\u2019où: la première annonce de l\u2019Évangile chez les pauvres, en terres lointaines; et l\u2019animation missionnaire.Qu\u2019est-ce-à-dire?66 w 1\u2014\tVivre, avec Marie, l\u2019action de grâces missionnaire! Pour nous, MIC de Bolivie, Pérou, Chili, il nous apparaît parfois difficile de \u201cvivre avec Marie l\u2019action de grâces missionnaire\u201d.En effet, si nos frères sud-américains vivent une situation d\u2019oppression, si leurs problèmes apparaissent presque sans solution, si leur lutte pour la libération se voit continuellement frustrée par des puissances internes ou externes, comment pouvons-nous nous permettre d\u2019être des MIC débordantes d\u2019action de grâces?Oui, nous le pouvons et c\u2019est ça qui est merveilleux! Il s\u2019agit de reprendre avec Marie le chemin de la Visitation pour vivre avec nos frères, souffrances et frustrations.Il s\u2019agit de vivre avec eux, chaque \u201cpetite\u201d libération, signe de Jésus Libérateur présent et à l\u2019oeuvre chez-eux, chez-nous! C\u2019est alors L\u2019ACTION DE GRÂCES qui jaillit POUR CHAQUE GESTE ou CHAQUE PAS, si petit soit-il, VERS UN \u201cPLUS\u201d ET UN \u201cMIEUX\u201d ÊTRE: L\u2019ESPÉRANCE RENDUE VIVANTE, L\u2019ACTION DE GRÂCES SIGNIFIANTE! 2\u2014\tPar la première annonce de l\u2019Évangile \u201cDieu est bon.Il nous a donné son propre Fils.Il faut le dire!\u201d Voilà pourquoi Délia Tétreault envoyait ses filles chez les \u201cpaïens\u201d.Voilà pourquoi Délia nous envoie encore aujourd\u2019hui chez les Indiens, les mineurs, les colons, les pauvres d\u2019Amérique Latine.Notre peuple a besoin de l\u2019HEUREUSE NOUVELLE qui le libère de ses peurs, de ses superstitions, d\u2019un culte extérieur, pour rencontrer le Christ dans une communauté de foi engagée et partagée, une communauté de frères! Révéler, par toute notre vie, l\u2019amour merveilleux de notre Dieu! 3\u2014\tChez les pauvres Pour nous, MIC d\u2019Amérique du Sud, il est clair que notre appel MIC est un appel vers les pauvres.Peut-être sommes-nous fortement influencées par le problème si grand de la pauvreté qui opprime le peuple avec lequel nous cheminons! Peut-être que cette réalité qui nous saute en pleine figure tous les jours, nous rend-elle plus attentives à ce qu\u2019écrivait Délia Tétreault: \u201cNotre Institut a été fondé pour les pauvres\u201d.Peut-être la réalité nous oblige-t-elle tout simplement à situer notre être MIC parmi les pauvres.Chose certaine nous ne pouvons ignorer ce fait! C\u2019est pourquoi, nous jugeons prioritaire en Amérique du Sud: la première annonce de l\u2019Évangile chez les pauvres, de préférence chez les plus pauvres pour la libération intégrale de la personne! Amis canadiens, c\u2019est donc avec les points forts de cette perspective d\u2019ensemble que les MIC de Bolivie vous présentent leur service.Groupe vivant de la Province Amérique du Sud, vos soeurs de nationalité, elles ne font que reprendre à leur façon, le chemin de l\u2019Incarnation.Accompagnez-les! Accompagnez-nous! D\u2019après: Chapitre Provincial juillet 1975 Province Amérique du Sud.Route pittoresque conduisant à Irupana.¦:ï*ry*ï\\ >-vA ¦.Anita Perron, m.i.c.converse avec un groupe d\u2019indiens.Murielle Dubé, m.i.c.heureuse de nous faire connaître ses amis Quechuas.67 COEUR DE L'AMÉRIQUE DU SUD par Réjane Gaudet, m.i.c.\u201cDieu est bon, il faut le dire.Et à tous.Même et surtout aux plus défavorisés\u201d.Ainsi parlait Délia Tétreault, notre fondatrice.Cette flamme qui l\u2019habitait, elle l\u2019a léguée tel un héritage incorruptible, à toutes ses filles.Dans les pages qui suivent, nous en verrons quelques-unes à l\u2019oeuvre dans la lointaine Bolivie, ce \u201cplafond du globe\u201d comme un auteur l\u2019a si bien désignée.Pour accompagner nos missionnaires boliviennes avec le maximum d\u2019intérêt, voyons dans quel contexte physique et sociologique elles oeuvrent depuis plus de 18 ans.ASPECT PHYSIQUE LA BOLIVIE, COEUR DE l\u2019Amérique du Sud, est encerclée au Nord-Est par le Brésil; au Sud-Est par le Paraguay; au Sud par l\u2019Argentine; au Sud-Ouest par le Chili; au Nord-Ouest par le Pérou.Ce pays de 1,098,581 km2 n\u2019a pas d\u2019ouverture sur la mer.À l\u2019ouest, c'est vraiment le plafond du monde! Les Montagnes de la Cordillère des Andes s\u2019élèvent à cet endroit jusqu\u2019à 21,000 pieds au-dessus du niveau de la mer.On est émerveillé devant ce relief naturel d\u2019une impressionnante majesté! Dans ce secteur géographique, désigné sous le nom de Altiplano, habite plus de 60% de la population, presque exclusivement constituée par les Indiens.On y est près des neiges éternelles, sur un terrain rocailleux et désertique.Echelle VENEZUELA COLOMBIE i \\ g Equateur ^ N É S Tropique\tj,«pncorne RÉPUBLI ARGENTINE Puis s\u2019étale une région montagneuse enrichie d\u2019une végétation luxuriante: nous sommes dans les Yungas.Enfin, au centre de la Bolivie, les montagnes sont découpées par des profondes vallées.L\u2019une des plus connues est celle de Cochabamba surnommée le \u201cParadis du printemps perpétuel\u201d.Une dernière partie du pays étonne par ses plaines basses où abonde une végétation tropicale prospère.La variété de ce relief donne à la Bolivie un climat tout aussi varié: froid dans l\u2019Altiplano, modéré dans les vallées, chaud dans les plaines.Une caractéristique du pays: roulez en jeep moins de 10 heures et vous rencontrerez tous les décors, tous les climats et toutes les variations d\u2019altitude.I ASPECT SOCIOLOGIQUE ET ÉCONOMIQUE Les Amérindiens, pour la plupart descendants des Incas, (Quechuas, Aymaras) constituent 55% de la population.Les métis sont environ 31% et la race blanche 14% en partie descendante des anciens colonisateurs espagnols.La population globale approche les cinq millions.La répartition de cette population est très irrégulière: 60% des habitants vit sur l\u2019Altiplano, dans de grandes et petites villes à plus de 3,000 mètres d\u2019altitude.68 La majorité parle l\u2019espagnol.Les langues quechua et aymara sont toutefois très répandues.94% des Boliviens sont catholiques.Les tribus primitives s\u2019adonnent encore aux cultes animistes.La capitale: La Paz compte 525,000 habitants.Située à 3,658 mètres d\u2019altitude, elle est la plus haute capitale du monde.La Constitution actuelle, en vigueur depuis 1961, fonde une république présidentielle.Le pays est divisé en neuf départements administrés par des préfets nommés par le gouvernement et en 94 provinces administrées par des sous-préfets.Les M.I.C.EN BOLIVIE L\u2019économie de la Bolivie repose essentiellement sur les ressources du sous-sol.Les minerais d\u2019étain vendus à l\u2019étranger constituent plus de la moitié du chiffre des exportations.Près du lac Titicaca existe un des plus importants gisements de zinc au monde.On a récemment découvert des gisements d\u2019uranium près de Santa Cruz.La moitié environ de la surface cultivée se trouve sur l\u2019Alti-plano, entre les deux Cordillères.Les cultures les plus répandues sont la coca, les citriques, le café, les pommes de terre, les haricots, le maïs.La productivité agricole s\u2019avère très faible.Les animaux des régions andines sont surtout le lama, 1957 voit arriver la première équipe de M.I.C.en Bolivie.La ville de Cochabamba sera leur premier centre de rayonnement apostolique.Après 18 ans de présence missionnaire, JTnstitut compte en 1976, vingt-quatre membres en terre bolivienne dont vingt-trois Canadiennes et une Bolivienne.Réparties dans cinq postes de missions, eux-mêmes situés dans trois Départements: ceux de La Paz, de Cochabamba, de Potosi, elles déploient leur activité dans des secteurs diversifiés.Nous les verrons à l\u2019oeuvre dans les pages qui suivent.Quelques-unes des nôtres nous diront, en leur nom comme en celui de leurs compagnes d\u2019apostolat, ce qu\u2019elles vivent aujourd\u2019hui en Bolivie, ce qu\u2019elles ressentent dans leur coeur, allumé à la flamme de Délia Tétreault, et ce qu\u2019elles rêvent pour demain.le mouton, en certains endroits l\u2019alpaga, qui donnent des .¦* .laines réputées et le chinchilla très recherché pour sa i m ¦ r A Une chose est certaine: ces désirs de missionnaires M.I.C.sont l\u2019écho d\u2019un rêve vaste comme le monde qui habitait l\u2019âme de leur fondatrice: Que la Vierge immaculée soit connue d\u2019un pôle à l\u2019autre!\u201d ET PAR ELLE SON FILS, LE CHRIST SAUVEUR ET LIBÉRATEUR DE L\u2019HUMANITÉ.S9 Photo: Freddy Alborta T.LA PAZ ÊTRE FEMME, ce n'est pas un destin fatal.En BOLIVIE COMME PARTOUT dans le monde, l\u2019année internationale de la femme a suscité de multiples réactions.Programmes spéciaux à la télévision et à la radio, articles plus ou moins percutants dans les journaux ont voulu sensibiliser le peuple bolivien à l\u2019exploitation de la femme dans certains milieux, mais aussi et surtout révéler ses richesses d\u2019être, la place importante qu\u2019elle occupe dans la famille, la société, l\u2019Église, le rôle qu\u2019elle peut et doit y jouer.LA FEMME EN BOLIVIE Tous les pays ont été marqués par des femmes de grande valeur.La Bolivie en compte plusieurs et elle en est fière à juste titre.Qui, dans ce pays, ne connaît l\u2019exceptionnelle envergure d\u2019une Juana Azurduy de Padilla, d\u2019une Bartolina Sisa ou de Maria Barsola?Ces trois femmes aussi intelligentes qu\u2019audacieuses ont joué, à travers l\u2019histoire, un rôle de premier plan pour la conquête de l\u2019Indépendance obtenue en 1825. m M.et Mme Jean Smith fondateurs de l'Institut Santa Rita.Il reste malheureusement que ce sont là des cas-types isolés.Dans l\u2019ensemble le statut de la femme bolivienne n\u2019a pas ou très peu évolué.Le visiteur étranger, prenant contact avec la réalité du pays, constate avec étonnement qu\u2019en général la femme est davantage servante que compagne de l\u2019homme, mère surprotectrice de ses enfants plus qu\u2019épouse attentive de l\u2019homme.Elle est aussi marquée par l\u2019analphabétisme qui limite ses horizons au foyer, parfois à un petit commerce qui lui permet de répondre aux besoins vitaux de sa famille.Devant de telles situations, comment ne se sentirait-elle pas frustrée, méfiante, passive?Cependant, si l\u2019on pénètre tant soit peu dans son intimité, la femme bolivienne révèle bien vite son ardent désir d\u2019un avenir meilleur pour ses filles.Elle est très consciente de l\u2019infériorité dans laquelle on l\u2019a toujours maintenue et elle en souffre profondément.Cette conscientisation ouvre heureusement la voie à une libération progressive.UNE INITIATIVE HEUREUSE Un couple Hollandais, M.et Mme Jean Smith, venus aider les Pères de St-Augustin à leur mission de La Paz, se sont sentis fortement interpellés face à cette situation pénible de la femme bolivienne.D\u2019un commun accord, ils orientent leur action dans la ligne de la promotion féminine.Dans ce but, ils fondent l\u2019Institut Technique de Coupe et Couture Santa Rita.Généreusement, ils consacrent une large tranche de leur vie et de leurs biens à cette oeuvre qui leur tient à coeur plus que tout.Ils accueillent à leur Institut les jeunes filles d\u2019un des quartiers les plus défavorisés de La Paz.Le programme de l\u2019École est conçu de manière à leur donner une formation aussi complète et adaptée que possible à leur vocation de femme dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.M.et Mme Smith se donnent ainsi sans compter pendant plusieurs années à la promotion de la femme bolivienne.Mais leurs forces diminuant peu à peu, ils sentent le besoin d\u2019une relève afin d\u2019assurer la continuité de leur oeuvre.C\u2019est alors qu\u2019un concours de circonstances aidant, ils font appel à notre Congrégation pour continuer l\u2019expérience si bien commencée.Le projet, étudié par les autorités majeures, est jugé vraiment apte à favoriser la promotion humaine et chrétienne de la femme.La réponse est positive.En 1963, trois Missionnaires de l\u2019Im-maculée-Conception arrivent à La Paz: Soeur Lucille Baril, maintenant Provinciale de notre Institut Carmen Ménard, m.i.c.directrice, décerne le diplôme de l'Institut à une élève finissante.-,\u2014 mm ' m -, 71 pour l\u2019Amérique du Sud, Soeur Simone Sabourin, décédée, et Soeur Carmen Ménard, directrice actuelle de l\u2019Institut Santa Rita.Les nouvelles venues se mettent courageusement à la tâche dans le sillage des fondateurs de l\u2019oeuvre.M.et Mme Smith les initient à tous les rouages de l\u2019administration et du programme de l\u2019Institut.Puis, assurés que tout continuera de fonctionner dans la ligne de pensée et d\u2019action qui a présidé à la création de leur École, M.et Mme Smith retournent dans leur pays d\u2019origine prendre un repos bien mérité.Quoique éloignés, ils continuent de s\u2019intéresser au progrès de leur fondation en lui apportant, avec leurs encouragements, leur appui financier.SERVICES OFFERTS À SANTA RITA Au fil des jours et des ans, l\u2019Institut Santa Rita se développe et progresse.Cours et programmes sont révisés périodiquement et adaptés aux besoins du milieu.Au cours initial de Coupe et Couture s\u2019ajoutent progressivement l\u2019art culinaire, le tricot, la broderie, des notions d\u2019hygiène et de puériculture, de dynamique des groupes, de mouvements coopératifs.La catéchèse occupe une place importante à l\u2019intérieur du programme d\u2019études.Celle que nous dispensons se veut rencontre de Jésus-Christ et ouverture aux autres afin de préparer nos élèves à devenir éducatrices de la foi de leurs enfants.Le cours compte deux années de théorie et de pratique.À la fin de ses études, l\u2019étudiante sait confectionner aussi bien sa robe de noces qu\u2019une layette de bébé.Chacune serait même apte à ouvrir un salon de mode tout comme un atelier de couture, si le facteur économique le lui permettait.La plupart de nos élèves préfèrent toutefois développer leur dextérité en haute couture en attendant la possibilité d\u2019ouvrir leur propre atelier.Malheureusement, elles reçoivent des salaires minables dans ces services de haute couture, ce qui paralyse leurs projets d\u2019ouverture d\u2019ateliers personnels.C\u2019est la raison pour laquelle nous intéressons nos étudiantes aux mouvements coopératifs.Nous caressons l\u2019espoir de Colette Bel ley, m.i.c.dirige un cours de couture.m* \\ À Santa Rita, l\u2019art culinaire est hautement apprécié des élèves.commencer une coopérative de couture dans un avenir prochain.Nous voulons par ce moyen favoriser l\u2019initiative et la créativité de nos élèves, développer chez elles le sens de la solidarité professionnelle tout en leur assurant un moyen de subsistance convenable.Un autre de nos objectifs dans ce travail d\u2019éducation et de formation professionnelle de la jeunesse féminine bolivienne est d\u2019intéresser les familles à nos projets comme à ceux de leurs enfants.À cette fin, nous multiplions les contacts avec les parents des étudiantes.Ces visites réciproques permettent une meilleure connaissance mutuelle et visent à créer le climat de confiance nécessaire pour aborder l\u2019étude des problèmes du milieu familial qui, trop souvent perturbent l\u2019équilibre psychique de la jeune fille.Nous profitons encore de ces contacts pour offrir des cours d\u2019alphabétisation aux mamans désireuses de s\u2019instruire afin de collaborer plus efficacement à l\u2019éducation de leurs enfants.L\u2019Institut Santa Rita devient aussi à certaines heures centre de loisirs pour favoriser nos jeunes et leur permettre de se divertir sainement.Chant, danse et parfois échanges sur des thèmes de réflexion constituent ordinairement le programme de ces rencontres.i m r:; Une pratique de chant.Carmen Ménard, m.i.c.et Ghislaine Séguin, m.i.c.prêtent joyeusement leur concours.En résumé, tous ces services offerts à l\u2019Institut Santa Rita veulent tenir compte des besoins comme des aspirations de la jeune bolivienne défavorisée en recherche d'autonomie, d\u2019épanouissement, de libération.Ils veulent encore et surtout la convaincre \u201cqu\u2019être femme ce n\u2019est pas un destin fatal!\u201d Que c\u2019est une VOCATION PERSONNELLE.Et que pour nous, missionnaires vouées à faire s\u2019épanouir une telle vocation chez nos soeurs boliviennes, c\u2019est une VOCATION DE CHOIX.L\u2019équipe M.I.C.de LA PAZ Carmen Ménard, m.i.c.Louise Laberge, m.i.c.Colette Belley, m.i.c.72 COCHABAMBA par Marie-Anna Lavoie, m.i.c.COCHABAMBA EST L\u2019UNE des plus belles villes de Bolivie, un genre de petit paradis terrestre.Dominée par \u201cLa Coronilla\u201d, monument érigé en l\u2019honneur de la femme cochabambina qui lutta pour sauver la ville de la main des envahisseurs, Cochabamba se distingue aussi par l\u2019Indienne au chapeau blanc haut de forme.Les MIC qui travaillent à Cochabamba ont différents points d\u2019insertion: ___ formation professionnelle de jeunes filles qui deviendront secrétaires (Collège Com- mercial).\u2014\tenseignement au niveau élémentaire et intermédiaire.\u2014\tprojets d\u2019accompagnement de quelques communautés campagnardes situées à l\u2019extérieur de la ville de Cochabamba.\u2014\tpastorale juvénile.Dans cet article, le Centre Juvénil où travaille Marie-Anna Lavoie, m.i.c.retient notre attention.N.D.L.R.La jeunesse, elle tient dans son coeur l'avenir d\u2019un pays.Réunie, elle symbolise la vie, l\u2019entrain, l\u2019espoir.Au Centre Juvénil Don Bosco, les j|\tjeunes, \u201censemble\u201d, se sentent capa- bles d\u2019entreprendre les plus intrépides projets et.on les aide à faire de ces projets des réalités.J\u2019ai quelques photos qui synthétisent en les illustrant certaines activités vécues au Centre.Vous voulez les voir?On tête gaiement l\u2019inauguration du Centre Juvénil Don Bosco.i % 73 1 >\t> v\u2022 Vv^vyvs; a>I>!>v^\u2018 \u2022 .r\u2019% %\\WWWXX*' w*W.*»/\u2019?Rjar>' / '\u2019/?¦*¦ ^ïsSê-îï* >v» .>'»>; : 1\u2014 C\u2019est !e temps du Carnaval.Le Centre Juvénil revêt ses habits de fête afin de devenir lieu de rencontre, de partage, de \u201ccommunauté\u201d.Il fera bon s\u2019y rassembler! 2\u2014 C\u2019est Noël! Marie est devenue l\u2019une des nôtres et elle nous présente Celui qui peut devenir Espérance.Ça veut dire quoi pour un jeune Cochabambino?i .* 3 Au Centre Juvénil, on se réunit pour travailler, réfléchir, développer son sens artistique, chanter.Et chanter, c est déjà prier, rendre grâces, crier sa joie ou sa peine, proclamer son espérance en un monde fraternel! vH'-w.û fAV 4\u2014 Le Centre Juvénil Don Bosco, ce n\u2019est que la mise en marche d\u2019un grand projet: aider le jeune à penser ses problèmes de jeune, lui permettre de porter un regard sur la réalité de son pays et lui favoriser un engagement réel et à sa portée dans son milieu de vie.Amis canadiens, vous qui me connaissez, qui connaissez aussi mon tempérament d\u2019artiste.c\u2019est avec lui que je m\u2019insère au Centre Don Bosco et me rends présente au monde des jeunes de Cochabamba.Je demeure la femme distraite, rêveuse; celle qui est amoureuse des couleurs et des lignes! En même temps, habitée par Celui qui est le plus beau des enfants des hommes, \u201camoureuse de Lui\u201d plus que de toute autre chose, je découvre qu\u2019il m\u2019appelle à donner la main aux jeunes.AVEC LES JEUNES Avec les jeunes, que là où cohabitent richesse et pauvreté, nous apprenions justice et partage! Que là où régnent les déséquilibres économiques et les fluctuations d\u2019une société en recherche, nous bâtissions un monde d\u2019amour, de paix, de frères! C\u2019est une oeuvre merveilleuse que nous sommes à réaliser, pas à pas, jour après jour, dans le monotone quotidien.À la fin, on y découvrira de très belles couleurs, des formes fantastiques, des lignes sensationnelles: le Royaume de Dieu parmi nous! Amis Canadiens, pour qu\u2019advienne cette Oeuvre merveilleuse, je donne la main aux jeunes de Cochabamba.Donnez-moi aussi la main afin que je sois forte de votre soutien et de votre amitié.74 ?J h' my \\ \\ L\u2019église paroissiale \u201cEl Hospicio\u201d de Cochabamba.% V \u2022'r/ ¦^r *~~~frry- -mtrnà > ¦\u2019Ss^SÊ ± \\§tË£p*%é Üf ¦ .V in.v ** VILLA TUNARI C\u2019est dimanche.Délia Philippe, m.i.c.et Pierrette Quévillon, liturgie dans les campos.m.i.c.accompagnent les Pères de la mission pour aider à la £¦ \u2019 \";'-0 LE CHAPARE TROPICAL par Délia Philippe, m.i.c.76 Un coin du village de Villa Tunari.Le dimanche, des vendeuses s\u2019installent sur la place.0 DE COCHABAMBA, ville pittoresque située à 2,500 mètres au-dessus du niveau de la mer en longeant la Cordillère occidentale, on monte graduellement jusqu\u2019à une altitude de 3,800 mètres.De là, commence la descente vertigineuse dans un décor merveilleux au milieu d\u2019une végétation luxuriante jusqu\u2019à Villa Tunari, le coeur du Cha-pare, où nous avons notre résidence.LA PROVINCE DU CHAPARE: ASPECT ET RICHESSES En 1939, le Chapare n\u2019était pratiquement qu\u2019une forêt vierge.Un seul village, Todos Santos, difficile d\u2019accès à l\u2019époque de la saison des pluies; une rivière à traverser et pas de pont! Aujourd\u2019hui encore, il faut s\u2019armer de patience et attendre que l\u2019eau baisse pour visiter en camion ou en jeep les amis de Todos Santos.Actuellement, le Chapare compte environ huit mille familles.On y parle le quechua, l\u2019aymara, le yura et l\u2019espagnol.77 Le territoire étant baigné de nombreuses rivières, les campagnards se sont organisés pour les traverser soit en cage de fer suspendue, soit en rondana.La rondana est une technique de traversée des plus ingénieuse.On s'attache à la ceinture un câble muni d\u2019une petite roue qu\u2019on lance sur un fil de fer tendu et on se laisse ainsi glisser à tour de bras sur l\u2019autre rive! Au Chapare, on trouve un peu partout des plantations de coca, une des richesses naturelles de la Bolivie.Les feuilles de coca sont récoltées trois fois l\u2019an; transportées dans les grands centres du pays, elles sont expédiées en Argentine et aux États-Unis qui en extraient la cocaïne.Ces feuilles de coca sont aussi consommées par les gens du pays, surtout les mineurs et les paysans, qui les mâchent pour se donner du coeur au travail.Mauvaise habitude, hélas, car ces pauvres gens oublient alors de s\u2019alimenter et, consequence inévitable, leurs forces déclinent rapidement.Une autre importante culture: celle du maïs d\u2019où provient la fameuse \u201cchicha\u201d, boisson fermentée en si grand usage au pays.Les fruits du Chapare sont aussi variés que délicieux: la banane et la papaye en constituent une spécialité.On y récolte encore une grande variété de citriques; l\u2019ananas à lui seul en compte cinq.D\u2019autres espèces tels les mangos, Un jeune Indien traverse la rivière en \u201crondana\u201d.SS&fl J*- ¦%-jp ¦ -v \u2018 TV :.Pierrette Quévillon, m.i.c.en route pour la visite d\u2019une communauté chrétienne doit traverser une rivière \u201cen cage\u201d.les chirimoya, les palta croissent en quantité sans compter les fruits sauvages qui rivalisent de saveur avec les fruits cultivés.Autres richesses du pays: un bois de construction très dur mesurant jusqu\u2019à 80 centimètres de diamètre; un bois léger servant pour la fabrication des boîtes et des caisses; des mines d\u2019amiante presque à fleur de sol, des puits de pétrole.Faute d\u2019industrialisation suffisante, la majeure partie de ces richesses naturelles sont malheureusement d\u2019un apport pratiquement nul à l\u2019économie bolivienne.Situé au confluent des rivières San Mateo et Espiritu Santo qui se rejoignent sous le pont à la sortie du village pour devenir la rivière Chapare, le village de Villa Tunari compte environ 120 familles.Il constitue le centre le plus important de la Province et est, paraît-il, la porte d\u2019entrée de l\u2019Eden.! Le climat y est chaud et humide; le thermomètre oscille entre 52° et 92° Fahrenheit.Pendant la saison d\u2019hiver toutefois, un vent froid du sud appelé surazo nous apporte du mauvais temps.Il faut alors fermer bien vite portes et fenêtres pour se protéger du froid.Mais les pauvres, habitant des abris au toit de feuilles de palmier et ouverts de tous côtés, grelottent et souffrent terriblement du froid.LA PRÉSENCE M.I.C.AU CHAPARE Octobre 1972.De pressantes invitations, adressées à notre Institut en vue d\u2019un travail d\u2019évangélisation au coeur du Chapare, reçoivent enfin une réponse positive.Il s\u2019agit d oeuvrer au sein d'une équipe de pastorale composée de Pères Franciscains italiens et d\u2019un certain nombre de laïques fortement engagés.Soeur Pierrette Ouévillon et moi-même sommes désignées pour ce nouveau centre d\u2019apostolat.Nous fixons notre pied-à-terre à Villa Tunari d\u2019où nous rayonnerons à travers tout le Chapare.Ce que l\u2019équipe désire de nous?Cue nous collaborions avec elle à la promotion religieuse et humaine de nos frères boliviens du Chapare.Comment?Par le truchement de la liturgie, de la pastorale, de Des colis de feuilles de coca séchées.Ces colis empaquetés dans des écorces de bananier sont attachés avec les fibres d\u2019un arbuste. la catéchèse scolaire tant au village que dans les campos, de la préparation aux sacrements.Sur le plan de la promotion féminine, ce sera surtout par l'organisation de cours pratiques d'hygiène, de médecine préventive, d'arts domestiques.Dans cette double optique de la promotion humaine et chrétienne de nos frères et soeurs du Chapare, Soeur Pierrette y visite régulièrement 13 communautés chrétiennes.Tout en dispensant activement ses cours, elle multiplie les contacts et observe attentivement afin d\u2019y découvrir les personnes qui, acceptées de leur milieu, seraient aptes à devenir catéchètes de leur centre communautaire.Un noyau de ces futurs leaders est actuellement en voie de formation depuis mars 1975.Une journée d\u2019étude les réunit chaque premier lundi du mois; leur nombre varie entre 15 et 18.Plusieurs viennent de loin.Ils partent dès 3 h.du matin pour être présents au rendez-vous à 8h.30.Évidemment, le voyage se fait à pied, par des routes ou des sentiers rocailleux, souvent abrupts et cela par tous les temps.C\u2019est qu\u2019ils ont compris le sens de leur engagement et ils y croient profondément.Personnellement, je consacre toutes mes heures libres, soit à l\u2019alphabétisation de groupes d\u2019enfants ou d\u2019adultes, soit à des visites d\u2019amitié dans les familles.Ceci me permet de lier connaissance avec nos bons amis, les Indiens.C\u2019est à l\u2019occasion de ces rencontres amicales que je découvre combien les mamans doivent multiplier les initiatives de toutes sortes pour aider le chef de famille à subvenir aux nécessités premières des siens.La majorité travaillent en effet pour de misérables salaires absolument insuffisants à assurer le minimum vital.Une autre de nos activités, et non des moins intéressantes, consiste à accueillir des groupes d\u2019enfants le samedi après-midi.Ils viennent jouer, chanter, dessiner et surtout préparer avec nous leur messe dominicale.DIFFICULTÉS ET ESPOIRS Notre mission au coeur du Chapare n\u2019est pas facile certes.Le peuple est fortement ancré dans ses traditions.Une maison, style de la région: ouverte des 4 côtés.Sur le plan chrétien, il connaît beaucoup mieux les sacra-mentaux que les sacrements, résultat d\u2019une formation religieuse axée davantage sur les signes sensibles que sur un enseignement doctrinal de qualité.Et les missionnaires sont si peu nombreux! Qu'importe.La mission du Chapare nous apparaît débordante d\u2019espérance.Parce que la foi de nos chers Indiens, même si elle est peu éclairée, est tellement sincère et profonde.Et ils ont si bonne volonté.Par-dessus tout ne sont-ils pas, comme nous, les enfants bien-aimés du Père, de notre Père à tous?Et n\u2019est-ce pas pour répondre à son appel que nous sommes venues ici, porter le Message du Salut en Jésus-Christ à cette brave population, qui ne demande pas mieux que de l\u2019accueillir dans leurs coeurs simples et droits?Vivre joyeuses et confiantes l'Aujourd\u2019hui de Dieu, plonger au coeur de chaque moment pour en retirer tout le dynamisme de la Parole qui crée sans cesse personnes et choses; et cette Parole créatrice, nous en constituer les messagères aimantes et fidèles auprès de nos frères du Chapare, voilà notre mission.C\u2019est aussi la source de notre espérance en l\u2019avenir de ce peuple que nous aimons de tout notre coeur.Pierrette Quévillon, m.i.c.donne une leçon de couture.Une intéressante famille du Chapare.Délia Philippe, m.i.c.est toute heureuse de nous la présenter. CATAVI I.I * «* MS82 Centre Minier du Département de Potosi.Au coeur des mines.missionnaires! 80 12 octobre 1965.Une équipe de Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception arrive à Catavi, centre minier perdu dans les montagnes à quelques 13,000 pieds d\u2019altitude.Ce qu\u2019elles viennent faire?Y vivre le grand défi de la Mission.CATAVI A VU ET VOIT ENCORE circuler plus d\u2019un missionnaire sur son territoire.Malgré un climat rigoureux, un sol aride et une raréfaction incommodante d'oxygène, plusieurs de ces femmes de Bonne Nouvelle y ont vécu et y vivent encore allègrement.L\u2019ACTUEL TRIO M.I.C.Le personnel de notre équipe compte actuellement trois membres se partageant différents secteurs d'activités.Suzanne Labelle, m.i.c.est médecin-chirurgien au service d\u2019une coopérative de soins sanitaires au sein de laquelle elle se dévoue sans compter depuis 1966.Anita Perron, m.i.c.enseigne la catéchèse à la jeunesse et s\u2019intéresse activement à la promotion de la femme et cela depuis 1969.Armande Caron, m.i.c.conseillère sociale, vit sa première expérience en territoire de mission.Elle complète le trio depuis février 1975.Bâtir une équipe communautaire, fortement engagée au plan de la diffusion du Message, dans une optique de libération intégrale de nos frères boliviens, suppose une révision lucide et courageuse de notre présence comme de notre action à Catavi.C\u2019est cet effort de conscientisation que nous aimerions vous communiquer, chers parents, amis, associés, vous tous qui acceptez d\u2019être solidaires de notre travail d'évangélisation.EN VUE D\u2019UNE ÉGLISE LOCALE BOLIVIENNE Après plus de vingt ans de présence missionnaire dans notre district, il nous faut d\u2019abord reconnaître que la situation religieuse y a peu évolué.Si nous exceptons quelques noyaux de chrétiens davantage conscientisés, la majorité de notre population vit son christianisme au niveau des rites, tributaires des coutumes du milieu socio-logique.L'expérience religieuse des Boliviens étant très différente de la nôtre, une étude en profondeur de cette réalité nous est apparue indispensable si nous voulons sauvegarder les données évangéliques fondamentales tout en respectant les valeurs authentiquement chrétiennes de ce peuple.Cette étude, que nous avons voulue la plus objective possible, nous a convaincues de la nécessité de travailler à l\u2019organisation d\u2019une Église locale typiquement bolivienne.Nous sommes très conscientes que c\u2019est là un défi de taille à relever.La formation de groupes de chrétiens, vraiment engagés au plan de la foi et cela dans toutes les circonstances de leur vie, n\u2019est pas chose facile à réaliser.Pour la majorité, en effet, la vie chrétienne est coupée Dr.Suzanne Labelle, m.i.c.initie un auxiliaire \u201cmédecin en sandales\u2019\u2019.Il se prépare à donner les premiers soins aux gens de son hameau.lÉf * l\u2018,,| Rencontre catéchétique pour l'étude d\u2019un thème sur la libération organisée par Anita Perron, m.i.c.Armande Caron, m.i.c.conseillère sociale.Elle travaille à conscientiser la jeunesse aux problèmes de leur milieu.^ llN'°oà DE PRRTRHÊNT ï \u2019I DE RLFRBETIZfiCIOMÏ OPULftR ROriOCIO! de leur engagement social.Elle se réduit en somme à une fidélité extérieure à des coutumes ancestrales: bénédictions, processions, fêtes patronales, messes des défunts.Il nous est donc apparu clairement gue notre effort de pastorale devra viser à développer en nos chrétiens une foi adulte et personnelle qui soit ferment actif de libération individuelle et collective, une foi vécue qui débouche sur un engagement réaliste dans le concret du quotidien.PAR QUELS MOYENS?Pour atteindre notre objectif, nous réalisons nettement qu\u2019il nous faut pénétrer au coeur de tous les groupes humains de notre milieu en commençant par la cellule sociale de base: la famille.Et au sein de la famille, en rejoignant d\u2019abord celle qui en est l'âme et le coeur: la mère.Promotion de la femme: Travailler à la formation de la femme au moyen de cours adaptés d\u2019éducation familiale, nous est apparu comme une priorité.L\u2019élan est donné qui veut former des épouses à part entière, des mères éducatrices capables de partager leurs connaissances humaines, capables d'éduquer la foi de leurs enfants, capables de participation à l\u2019effort collectif de libération qui s\u2019amorce.Sens de la participation: Une autre priorité: développer chez tous le sens de la participation.Le système à base de paternalisme de la compagnie minière de la région, a engendré chez nos familles de mineurs une absence d\u2019intérêt et de créativité pour améliorer leur sort.À cette mentalité de défaitisme, de passivité, nous travaillons à substituer une mentalité de participation et cela dans tous les domaines.Ainsi, nous avons confié à une femme du milieu formée par nos devancières, la tâche de transmettre ses connaissances en art domestique aux autres femmes désireuses de se perfectionner.Des cours de \u201cleadership\" sont offerts également.Leur but: dynamiser le syndicat féminin des maîtresses de maison en encourageant ainsi leur participation aux décisions de groupes.Éducation des jeunes: L'important secteur de l\u2019éducation reçoit une attention bien particulière dans notre programme d\u2019action.L'expérience du milieu nous a appris que l\u2019éducation, pour le fils d'un mineur comme pour ses parents, est recherchée comme unique moyen d\u2019échapper au travail de la mine.Le père rêve d'un fils professionnel, résidant en ville.! L\u2019attrait du centre urbain est très fort et les maigres économies qu\u2019on parvient à réaliser sont en fonction du projet de s\u2019établir en ville le plus tôt possible.Il nous faut donc lutter ferme pour déraciner cet attrait d'un avenir illusoire qui hante l'imagination de nos braves Indiens.Un grand effort est donc déployé pour conscientiser et intéresser notre jeunesse aux problèmes du milieu: analphabétisme, inégalités sociales, injustices.Entre autres moyens d\u2019action, les cours de catéchèse et de dynamique de groupes sont conçus de façon à préparer ies finissants du niveau collégial à relever, en chrétiens éclairés, les défis de leur milieu.Promotion de la santé: Un autre domaine et non le moins important, celui de la santé publique, nous préoccupe sans cesse.Depuis bientôt 10 ans, nous y poursuivons un double objectif: accroître le sens de la participation de tous et intensifier le progrès de la médecine préventive.Une Coopérative de Santé s\u2019est ainsi formée à Llallagua.Les gens de ce village sont très fiers de posséder leur Centre de promotion sanitaire ainsi qu\u2019un petit hôpital qui dessert toute la région.Les visites faites aux paysans des campagnes environnantes les ont sensibilisés au problème de la santé.Ils ont maintenant davantage recours aux soins du médecin et acceptent de faire vacciner leurs enfants.Ils consentent même à déléguer un des leurs au Centre; une fois sa formation assurée, il deviendra dans son village, promoteur de la santé.Ces jeunes gens ou jeunes filles acquièrent les connaissances médicales élémentaires et deviennent dans leur milieu respectif ce que nous appelons ici \u201cdes médecins en sandales\u2019\u2019 analogues aux \u201cbarefoot doctors\u201d de la Russie ou de la Chine.Par le contact quotidien du personnel de l\u2019hôpital avec ces jeunes campagnards, par les cours de déontologie et les rencontres d\u2019étude biblique organisés avec eux et pour eux, nous espérons faire passer le Message évangélique.Afin que ces jeunes puissent témoigner du Christ auprès de leurs malades et leur apporter avec un regain de santé, l\u2019espérance chrétienne.i - C\u2019est une femme du milieu qui donne le cours d\u2019art culinaire.Développer le sens de la participation est le souci majeur de Soeur Anita Perron.DEMEUREZ AVEC NOUS Chers lecteurs, vous savez maintenant ce que fait et ce à quoi rêve le trio M.I.C.perdu \u201cau coeur des mines\u201d dans la lointaine Bolivie.Sans doute, vous vibrez à nos espoirs, vous partagez nos ambitions apostoliques.Parce que vous avez la conviction que l\u2019évangélisation, c\u2019est l\u2019affaire de toute la communauté chrétienne.Merci de votre solidarité.De savoir que vous pensez à nous, que de notre beau pays natal, vous nous soutenez de votre prière, de votre appui moral, de votre générosité, nous est un stimulant sans égal pour continuer notre mission de Femmes de Bonne Nouvelle au milieu de ces braves Indiens que nous aimons.Nous aurions souhaité être brèves.s\u2019il est vrai que la bouche parle de l\u2019abondance du coeur, nous vous laissons juger du nôtre! L\u2019équipe M.I.C.de Catavi Suzanne La belle, m.i.c.Anita Perron, m.i.c.Armande Caron, m.i.c.Suzanne Labelle, m.i.c.en plein exercice de sa profession médicale.Tous les patients sont accueillis pour ce qu\u2019ils sont: des personnes.Suzanne Labelle, visiblement heureuse au milieu de ses plus chers amis, les Indiens.83 ?EPARTAMENTD ?E COCHABAMBA 17' » O' mental Iff to Tor no 16c !?' ) \u2022' .J Pjo.Grçther sco !.$ Ë f REIFEIREINCIAS Capital del Departamento Id.de provincias y seccionesmunicipales Cantones \u2014 Limite interdepartamental - Id.interprovincial .Id\tid no definido Ferrocarril en explotacion THTT- Id en construccidn T=z Caminos carreteros Id de herradura o-t^jarpainp ESCALA DE KILOMETRÜS 5 10\t20\t30\t40\t50 BO 70\t80\t90\t100 ,\t-T-\t,-i.I-r b r\tbb al oei ÔINQPSIS DEL MAPA DE LA REPUBUCA PE BOLIVIA DEL TCNL.R R.CAMACHO LARA GESTE OE GREENWICH COCHABAMBA L\u2019EVANGILE LES.ONDES ' fi \\ A par Gaétane Guillemette, m.i.c.Los medics de eomunicaciôrç soetel nos avudan a sentirno& mas 4ierinftnos eon los hombres de todo el iüitfïldo.\u2018\u2018Les moyens de communication sociale nous aident à fraterniser avec les hommes du monde entier\u201d. LES CONDITIONS ECOLOGIQUES très favorables du département de Cochabamba en font le district le plus peuplé de la Bolivie.Le groupe urbain compte 234,538 habitants et l\u2019on en dénombre 530,078 pour la population rurale.Cochabamba, la capitale du département, est une très belle ville de style colonial.Ses parcs sont tout simplement magnifiques.L'éducation et l\u2019instruction de la jeunesse y sont assumées par une trentaine de communautés religieuses.L\u2019école primaire, accessible à tous, ouvre la voie à l\u2019école secondaire et celle-ci à l'université.Une ombre sérieuse à cet agréable tableau: le milieu rural.En regard de cette superbe capitale, il apparaît comme un \u201cautre monde\u2019\u2019 primitif et délaissé.Un langage différent: le quechua; des maisons en terre sans commodités, sans eau courante, sans électricité; des écoles primaires déficientes, des adultes analphabètes dans une proportion variant entre 65 et 90%.LE QUECHUA Au coeur de ce monde rural, un homme indien: le QUECHUA.Il se reconnaît des milles à ta ronde par son sens inné de l\u2019hospitalité et sa religiosité naturelle amalgamée de traditions et de superstitions, obstacle de premier ordre à son insertion dans un monde en voie de progrès et de libération.Un second obstacle: son isolement.Le Quechua habite la montagne.Le relief très accidenté de ces régions montagneuses rend les communications extrêmement difficiles.Les routes sont à maints endroits inexistantes ou impraticables en raison de la crue périodique des cours d\u2019eau ou des montagnes dressant des murs infranchissables entre provinces, villages, communautés.Isolé et illettré, le Quechua n\u2019a pas le droit de parole.Ou s\u2019il risque de se faire entendre, il n\u2019est pas écouté.C\u2019est un pauvre dans toute l\u2019acception du mot.Et pourtant, le Quechua est un homme.Il sent de plus en plus le désir de se libérer de ses peurs, de ses superstitions, de l\u2019exploitation souvent odieuse dont il est l\u2019objet par les commerçants surtout.Il veut sortir de son silence, de son incognito.IL VEUT SE METTRE DEBOUT.DES MAINS SE TENDENT Quelques boliviens plus favorisés ont entendu l\u2019appel de leurs frères Quechua.Ils se sont mis en route.Ils leur ont tendu une main vraiment fraternelle.Pour les aider à se libérer, à se développer, à devenir des hommes adultes et responsables de leur propre destin.L\u2019I.E.R.Depuis déjà quelques années deux mouvements d\u2019action catholique: la J.A.C.(jeunesse agricole catholique) et l\u2019A.C.R.(action catholique rurale) conjuguent leurs forces vives pour venir en aide au peuple des montagnes.C\u2019est ainsi que naît l\u2019LE.R.(Institut d\u2019éducation rurale).Son but précis: la formation intégrale du travailleur terrien du département de Cochabamba.L\u2019article 3 du statut de cet Institut explique clairement son objectif: \u201cTravailler à la promotion humaine du QUECHUA dans sa famille et son groupe communautaire afin qu\u2019il puisse développer sa personnalité de manière adéquate à sa dignité et au bien commun\u201d.Pour atteindre cet objectif l\u2019LE.R.organise des cours et des sessions d\u2019étude qui visent surtout à sensibiliser les participants à leurs propres problèmes.Grâce à la collaboration d'un organisme européen MISEREOR, l\u2019LE.R.fait l\u2019acquisition d\u2019un terrain d\u2019une superficie de sept hectares à environ onze kilomètres de Cochabamba.On y construit, en 1963, l\u2019actuel Centre de Formation possédant des locaux suffisants pour accueillir des groupes de 50 participants: hommes, femmes ou groupes mixtes.Le reste du terrain serait aménagé en ferme expérimentale.Le but: apprendre aux sessionnistes à améliorer le rendement de leur propre ferme en appliquant les techniques 3!r*> ét, 'mi t Z.'\t.;; - Mlg 86 modernes tant pour l\u2019agriculture que pour l\u2019élevage.On y a planté de nouvelles variétés d\u2019arbres fruitiers qui pourront servir pour les démonstrations tout en aidant au financement du Centre.Au cours de ces années de labeur incessant, M.E.R.a ouvert une voie de primordiale importance pour le Quechua.Le Centre de Formation veut lui apprendre à améliorer graduellement son système traditionnel de culture pour s\u2019orienter vers des techniques modernes et des mouvements coopératifs.Radio San Rafaël Des missionnaires de la Société de Maryknoll érigent, en 1962, un poste émetteur: Radio San Rafaël.Avec un équipement de transmission d\u2019une puissance et 1 kw les Pères de Maryknoll lancent sur les ondes des programmes en vue de la promotion culturelle des communautés Quechuas du département de Cochabamba.Au cours des premières années, les responsables du projet cherchent, à travers leurs programmes, à conscientiser les groupes marginaux tant urbains que ruraux sur leurs problèmes véritables.C\u2019est à partir de 1970 que commencera vraiment la diffusion de programmes spécifiques de télé-éducation pour les communautés rurales.Actuellement, des programmes exclusivement consacrés aux campagnards sont transmis huit heures chaque Une leçon de premiers soins par des étudiants en médecine.jour.Ils essaient de cerner tous les besoins du Quechua des montagnes et couvrent des sujets aussi variés que l\u2019alphabétisation à divers niveaux, les questions religieuses, médicales, agricoles, coopératives, sportives, transmission des nouvelles en langue quechua et autres.Radio San Rafaël possède aujourd\u2019hui un personnel actif de 31 membres tous Boliviens.Ils sont en contact régulier avec les 141 télé-auxiliaires, des gens du milieu rural qui travaillent volontairement et gratuitement.Ces leaders reçoivent l\u2019entraînement adéquat pour élaborer les programmes en fonction des besoins de leur propre communauté.155 centres rejoignent ainsi 1,537 élèves répartis dans 84 communautés rurales.Ces communautés se situent dans la zone actuelle de Radio San Rafaël.Malheureusement, une large partie du département n\u2019est pas atteinte par le poste émetteur en raison de sa trop faible capacité de transmission.Sa puissance de 1 kilowatt est nettement insuffisante.Son angle d\u2019irradiation n\u2019est pas satisfaisant, il faudrait y suppléer par des stations de retransmission.Et évidemment l\u2019appareil initial est passablement détérioré par l\u2019usage.UN PROJET EN VOIE DE RÉALISATION La région du Chapare où travaillent des membres de mon Institut, ne peut être atteinte par l\u2019actuel Poste San Rafaël en raison des difficultés techniques signalées plus haut. En tant que missionnaire oeuvrant en territoire bolivien depuis 1960, j'avais suivi avec un immense intérêt le magnifique travail d\u2019éducation rurale réalise par ces deux centres éducatifs que sont M.E.R.et Radio San Rafaël.Je rêvais d'une action conjointe de ces deux organisations dans notre milieu de travail.Forte de l'appui des autorités de mon Institut, je prépare un projet en ce sens et en fais part à Mgr Armando Gutierrez, évêque de Cochabamba.Vivement intéressé par ce projet, il me donne l'autorisation requise dans un document officiel signé de sa main.Ainsi que l\u2019énonce Paul VI au no 45 de son exhortation apostolique \"L'Évangélisation du monde moderne\u201d, j\u2019étais convaincue que mis au service de l\u2019Évangile, les Mass media sont capables d\u2019étendre presqu\u2019à l\u2019infini le champ d\u2019écoute de la Parole de Dieu.J\u2019étais déjà pleinement d\u2019accord avec ce que dit encore le Souverain Pontife dans le même message que l'Église a le devoir d\u2019annoncer la liberation de millions d\u2019êtres humains; le devoir d\u2019aider cette libération à naître, de faire qu\u2019elle soit totale et que cela n\u2019est pas etranger à l\u2019évangélisation (idem, n.30).Encouragée par l\u2019accueil reçu des autorités, je me mets à la tâche.Le double projet que je présenterai plus tard à Oxfam-Canada par l\u2019intermédiaire de l\u2019Entraide Missionnaire est surtout d\u2019ordre éducatif.D\u2019abord la radio en tant que moyen de rejoindre les campagnards les plus isolés.Pour y arriver, faire participer ceux qui possèdent un peu plus que leurs frères en tant qu\u2019artisans de développement dans leur propre milieu.Ensuite, l\u2019apport de professionnels et de techniciens qui, se sentant responsables du développement de leur pays, sachent susciter l\u2019intérêt des agriculteurs à travers tout le département.Ceci afin que les émissions éducatives de Radio San Rafaël atteignent leur but en parvenant à créer une mentalité d\u2019auto-développement dans ce milieu rural.Étant persuadée que ce projet est possible et viable, il a donné ses preuves sur une moindre échelle dans les environs de la capitale du département, j\u2019insiste sur le fait que la priorité sera donnée aux ressources locales, en particulier du côté des ressources humaines.Les deux équipes de Radio San Rafaël et de l\u2019Institut d\u2019Éduca-tion Rurale seront constituées uniquement de Boliviens.Les missionnaires de nationalité allemande et italienne, à l\u2019oeuvre dans le territoire à couvrir par le double projet, m\u2019assurent de leur entière collaboration.Notre réseau éducatif pourra donc rejoindre les villages les plus reculés de la région.Je prévois que le Centre de Formation qui recevra les participants déjà sensibilisés par le truchement de Radio San Rafaël et les \"leaders\u201d itinérants, deviendra le Centre pilote.Ce qui nous permettra de juger de la nécessité d\u2019établir un autre Centre dans l\u2019actuelle zone de colonisation du Chapare.Cette zone se développe rapidement depuis qu\u2019une route asphaltée relie son centre principal à la ville de Cochabamba.wà.?Un télé-auxiliaire explique une leçon d'alphabétisation transmise sur les ondes par Radio San Rafaël.1* v fesà Un cours d'agriculture.En résumé l'objectif global du projet est le suivant RENDRE L\u2019HOMME QUECHUA DU DEPARTEMENT DE COCHABAMBA RESPONSABLE ET ARTISAN DE SA LIBÉRATION PERSONNELLE ET COMMUNAUTAIRE.CONSÉQUEMMENT, LUI PROCURER A CETTE FIN L\u2019ÉDUCATION DE BASE DONT IL A BESOIN.Pour atteindre cet objectif, l\u2019aide financière obtenue des organismes Oxfam-Canada et ACDI nous permettra: \u2014\tde pourvoir au changement de l\u2019appareil de transmission de Radio San Rafaël pour accroître sa puissance de diffusion en vue d\u2019atteindre les zones les plus éloignées du département.\u2014\tde réaménager le Centre social de I LE.R., organisme de la promotion intégrale de l'Homme Quechua.\u2014\tde défrayer le coût des honoraires des animateurs professionnels de ces deux Centres d\u2019operation.\u2014\td\u2019acheter une camionnette pour me permettre de visiter les différents centres d'éducation rurale.PROMOTION HUMAINE ET CHRÉTIENNE Ma part active dans la mise en application de ce projet consistera à coordonner les activités des deux Centres et à suivre sur place les initiatives entreprises dans l\u2019une ou l\u2019autre région du departement.Je tiens à signaler que, promotion humaine et évangélisation de mes frères Quechua, sont pour moi deux facettes d\u2019une même réalité.Tous ces efforts déployés pour les libérer de tout ce qui entrave le plein développement de leur personnalité visent en même temps à leur faire atteindre la taille d\u2019un chrétien adulte et responsable de sa foi.Ainsi, les émissions religieuses diffusées par Radio San Rafaël sont conçues et préparées dans cette perspective.Les telé-auxiliaires reçoivent une solide formation comme catéchetes afin de pouvoir compléter sur place les cours de religion dispensés sur les ondes par la radio.Un grand et beau projet est même conçu au sujet de ces auxi-liaires-catechètes pour un avenir que je voudrais très proche.Je pense ici à un Centre de formation spéciale en vue de leur préparation au diocanat pour ceux qui désirent s\u2019engager dans cette voie Chers lecteurs, cet audacieux projet dont je rêve depuis des années est en bonne voie de réalisation grâce à I aide généreuse reçue du Canada par ces organismes spécialisés que sont Oxfam-Canada et l'ACDI.Grâce aussi à la collaboration constante des autorités de ma Congrégation et de l'Entraide Missionnaire.En definitive, c'est grâce à votre appui, à votre prière, puisque c\u2019est vous tous qui soutenez de votre générosité ces institutions orientées vers la fraternité universelle À vous tous, parents, amis, bienfaiteurs, je dis merci.Merci de tout coeur au nom de tous et de chacun de mes frères Quechua.89 ÇJjgpjJÇ»] onfidences ¦f \\ Armande Caron, m.i.c.Ml DE TOUTE PART, je t\u2019offre le feu, ma soif et ce poème.Un matin j\u2019ai caressé le rêve qui m'enlevait du pays de mon enfance jardin du rire, terre des amitiés pour m\u2019entraîner vers l\u2019inconnu en quête d\u2019infini./¦'ho-7 moc frprPQ Hp RnliviP * DIEU, SOUVENI RS, laissez-moi vous quitter sur la pointe des pieds.Adieu, ma mère, de moi à eux le chemin passe par cet adieu.Qu'allait m\u2019apporter ce nouveau monde, pierre frottée?J £ l 'ALLAIS, DÉSINVOLTE, chantante, célébrer des étés qui se prolongent, des moissons qui continuent au fond des soirs.C\u2019était l\u2019ivresse de la première aventure.Pour aller au loin plus loin que moi-même s'imposait un détour, naissaient des jours mystérieux, douloureux comme une attente.ON REGARD CHERCHAIT l\u2019amitié Il voulait être heureux et crier: Liberté! Il a croisé des enfants qui ne savaient plus mettre le feu à leurs sourires.Des vieux assis comme des herbes, un empire de rides sur le visage.Des femmes qui détournent la tête pour contempler en elles, une plaie verte.Oh! ces vies, comme un été sans promesse d'automne! HERSONNE NE SAIT POURQUOI le malheur passe Personne ne sait d\u2019où vient cette indifférence alourdie de solitude._______ Personne ne sait s\u2019il doit rire ou pleurer.Peu à peu j\u2019ai appris à me perdre j\u2019ai consenti à cette mort de moi.La mission, cette vie, germait en prenant la mienne.en puisant à mon flanc sa jeunesse et sa sève.N MATIN, J\u2019AI COMPRIS que mon rêve m\u2019habitait.Bonheur simple, d\u2019être là, parmi les pluies, les essaims de joie les moissons de peines qui m\u2019assaillent, puis me dispersent au vent de vérité.g=p|i]u MATIN, J\u2019AI CONNU la PAIX » la i forte et inusable H r comme l\u2019oiseau qui vole, émiettant ses couleurs, moi aussi peut-être laisserai de la douceur! Ami de toute part, reviendrai-je chez-toi, partager tes paroles?91 IRUPANA * »n i* -1' \u2014 NOUS SOMMES DANS LA VILLE de La Paz, capitale commerciale et gouvernementale de Bolivie.Depuis le début de janvier l\u2019Avenue \u201cdel Ejercito\u201d connaît une agitation exceptionnelle.Toute la population de La Paz ainsi que de nombreux indiens Aymaras venus de certaines régions de Bolivie assaillent les kiosques de vente qui, tassés les uns sur les autres, bordent l\u2019Avenue.C\u2019est la célèbre fête annuelle de: Alacita.La figure principale de la fête est YEkhekho.Mille et un objets miniatures sont aussi offerts à la convoitise des acheteurs.Le 24 janvier, jour principal de la fête, c\u2019est la cathédrale métropolitaine qui accueille tout le monde.On vient vénérer \u201cNuestra Senora de La Paz\u201d (Notre-Dame-de-la-Paix) dont c\u2019est le jour anniversaire.En même temps, on cherche la bénédiction sacerdotale qui aura la vertu de convertir en réalité les rêves exprimés par les achats faits durant la \u201cAlacita\u201d.D\u2019où viennent ces coutumes?Qu\u2019expriment-elles?Ça vous tenterait de trouver réponse à ces questions?EKHEKHO L\u2019Ekhekho est aussi vieux que la civilisation Inca.En effet, c\u2019est par un édit solennel du monarque Jnca: Huayna 92 Khapaj que se répand le culte au \u201csouriant Ekhekho\u201d dans tout l\u2019empire.Qui est l\u2019Ekhekho?L\u2019Ekhekho, c\u2019est le dieu de la fortune et de la prospérité, le dieu de l\u2019abondance, de la joie et de la santé.Sa représentation humaine est traditionnelle: un petit bonhomme pansu et joufflu, au visage illuminé par un ample et attrayant sourire: grosse tête, jambes courtes, bras longs et ouverts, mains étendues.Les traits de sa physionomie dénotent une sereine bonté et une joie complète d\u2019homme satisfait de la vie, d\u2019homme gras qui a bien mangé! Il est nécessaire de vêtir et d\u2019équiper l\u2019Ekhekho: chapeau de laine de mouton, tuque multicolore, cache-nez en laine de vigogne, poncho de laine de lama aux couleurs attrayantes, gilet fantaisiste, pantalon tissé aux couleurs chatoyantes et sandales, tout y est! On remplit aussi ses escarcelles de cigarettes, de billets de banque et de monnaie! Un panier de feuilles de coca, une latte d\u2019alcool, un sac de \u201cchuno\u201d (patate déshydratée typique du pays) un sac de farine, un autre de sucre, un peu de piment d\u2019Inde et de pâtes alimentaires, etc.Ainsi pourvu, l\u2019Ekhekho devient sans difficulté le symbole de l\u2019abondance et du bien-être. COUTUME ANCIENNE Autrefois, on rendait un culte constant à l\u2019Ekhekho.Chargé d\u2019apporter au foyer la fortune et la joie comme d\u2019éloigner les malheurs et les peines, on lui donnait la pl^-ce d\u2019honneur de la maison.Dans les plus somptueuses habitations des palais impériaux comme dans les plus humbles huttes paysannes, on retrouvait son image fabriquée d\u2019or, d\u2019argent, de cuivre, d\u2019étain, de pierre ou même de boue.Il était l\u2019inséparable \u201ccompagnon de la maison\u201d! Partout on le voyait chargé de petits fruits de la récolte, dè morceaux de tuile, de laines de couleurs, toujours riant, toujours les bras ouverts! On avait une aveugle confiance en lui! Les jeunes considéraient l\u2019Ekhekho comme le dieu propice au mariage.Les filles qui désiraient se marier ne perdaient aucune occasion de lui rendre hommage.\u201cDivin Ekhekho\u201d, disaient-elles, \u201cdonne-moi un mari, envoie-moi mon homme\u201d.Et elles couvraient leur Ekhekho d\u2019ardents baisers et de fréquentes caresses.Quant aux garçons, ils portaient au cou un collier dans lequel était inséré l\u2019Ekhekho, signe protecteur contre les malheurs ou l\u2019infidélité de leur amante.La fête sacrée de l\u2019Ekhekho se célébrait durant plusieurs jours, au soleil de l\u2019été, (cf.mois d\u2019octobre) Les agriculteurs lui offraient certains fruits étranges de leur récolte; les industriels lui présentaient des objets d\u2019art: céramiques, tissus délicats, figurines de boue, d\u2019étain ou de plomb.Celui qui n\u2019avait rien à donner à l\u2019Ekhekho pouvait ramasser des pierres qui se distinguaient par une étrange particularité et les échanger pour des objets.Si quelqu\u2019un refusait ce troc, il pouvait encourir la colère du dieu qu\u2019on commémorait.C\u2019est ainsi que devint courant le système d\u2019achat et de vente qui accompagne encore la fête de (\u2019Ekhekho de nos jours! L ÉPOQUE COLONIALE Mais vint la domination espagnole et la fin de l\u2019Empire Inca.En 1781, Sébastien de Segurola, intendant-gouverneur de La Paz, sauve la ville du terrible siège des Indiens Incas.Fervent dévêt de la Vierge Marie, il lui attribue sa victoire.Il ordonne donc que la fête des miniatures et amulettes (la fête de l\u2019Ekhekho) du mois d\u2019octobre, passe au 24 janvier et devienne jour d\u2019action de grâces à Nuestra Senora de La Paz.La fête s\u2019inaugure avec une solennité et un tumulte supérieurs aux années antérieures.Les Indiens apportent, comme d\u2019habitude, les objets qu\u2019ils veulent négocier.De plus, ils profitent de la circonstance pour extérioriser leur culte à leur légendaire Ekhekho.En cachette et avec profusion, ils distribuent son image modelée dans du plâtre et peinturée de couleurs vives.La fête se célèbre avec un enthousiasme délirant.D\u2019ailleurs, le gouverneur Segurola tient à ce que rien ne soit omis pour la solenniser.Des groupes de jeunes danseurs costumés et déguisés envahissent la place principale et au son des instruments de musique, érient: \u201cEkhekho a/as/fa\u201d.\u201cChichita alasita\u201d, \u201cWaguita alasita\u201d c\u2019est-à-dire: \u201cUn Ekhekho, achetez de moi\u201d, \u201cUne vache miniature, achetez de moi\u201d.Les Indiennes, assises aux bords des rues de la placé principale allument en file leurs \u201cbecs de gaz\u201d et leurs chandelles.Cela apparaît comme une dévotion à la Vierge, quant à l\u2019intérieur, elles consacrent un culte à leur cher Ekhekho.C\u2019est dire qu\u2019à l\u2019époque coloniale, l\u2019Êkhekho continue de s\u2019imposer dans les croyances populaires et reste objet de vénération.La fête prend le nom de \u201cÂla-cita\u201d en souvenir des descendantes Incas qui disaient en langue Aymara: \u201cAlacita\u201d i.e.\u201cachetez de moi\u201d mais elle continue à véhiculer la même dévotion à ( Ekhekho.AUJOURD\u2019HUI Le 24 janvier, jour consacré à célébrer la patronne de la ville de La Paz: Notre-Dame-de-la-Paix, est aussi le jour où les masses populaires vont acheter leur Ekhekho.L\u2019Ekhekho: un talisman pour que rien ne manque à la maison, pour que la chance sourit à chacun et pour que tous les biens matériels désirables puissent lui être donnés! Mais il y a plus.Aujourd\u2019hui encore la fête Alacita permet un grand rêve.On pense que l\u2019achat \u201cen miniature\u201d d\u2019une maison, d\u2019un camion, d\u2019une mule, est la réalisation anticipée de ce qui arrivera durant l\u2019année.Une grande espérance au coeur de l\u2019homme \u201cAymara\u201d ou \u201ckolla\u201d, comme on l\u2019appelle souvent! EKHEKHO ALACITA Dieu de la fortune et de la prospérité! Dieu de la joie et de la santé! Symbole de l\u2019abondance et du bien-être! Inséparable compagnon de la maison! Toujours riant! Toujours les bras ouverts! Expression d\u2019un rêve, d\u2019une espérance! On avait une aveugle confiance en lui! Seigneur Jésus, que la Bonne Nouvelle de ta venue, Bonne Nouvelle vécue au sein du peuple Aymara, transforme l\u2019Ekhekho en une Espérance vivante: Toi parmi nous! Toi au coeur de la vie! Toi, santé et salut de l\u2019homme assoiffé de bonheur! ' \u2022\u2022\u2022* Documentation: Juliette Ouellet, m.i.c.Traduction et présentation: Murielle Dubé, m.i.c.Références: La feria en el pasado por Carlos Andrade Q.Dia del Ekhekho por E.A.Jaurequi Cusicanqui Otra version sobre el \u201cEkhekho\u201d por Rigoberto Parades.Articles publiés dans le journal \u201cPresencia\u201d de La Paz, Bolivie.93 Couïtier de Àiadag.aâca% par Suzette Jean, m.i.c.Chers lecteurs, Vous intéresserait-il de savoir ce qui se passe dans un coin de l\u2019Ile Malgache?Ce petit article vous ouvre un peu les portes de la forêt où j\u2019ai vécu une expérience de deux mois en pays Tanala, c\u2019est-à-dire chez les \u201cgens de la forêt\u2019\u2019.UNE OEUVRE NAISSANTE Je désirais vivement trouver un endroit propice à une pratique intensive de la langue malgache.J'ai choisi ce coin de pays en raison d'une petite communauté naissante autochtone.Le but de cet Institut: venir en aide à la jeune fille Tanala qui, dès l\u2019âge de 12 ou 13 ans connaît déjà la maternité.Pas d\u2019avenir possible pour ces adolescentes dans cette forêt dense; rien qui puisse les encourager à poursuivre leurs études après leur cours primaire.La fondatrice, Cécile Ralibera religieuse malgache, était alors soutenue dans son projet de fondation par une religieuse canadienne de la Congrégation des Soeurs de Ste-Croix, S.Marielle Legendre.J\u2019avais connu S.Marielle à l\u2019école de langue et une amitié profonde s\u2019était établie entre nous.J\u2019étais donc heureuse de la retrouver à l\u2019oeuvre, vivant une expérience typiquement évangélique et malgache à la fois.Nous formions donc un groupe de trois religieuses et de cinq aspirantes.Trois de ces candidates à la vie religieuse font partie du groupe initial formé depuis deux ans.Les journées sont harmonieusement partagées entre la prière, l\u2019étude, les travaux domestiques, l\u2019initiation à l\u2019apostolat.Les aspirantes s\u2019occupent surtout des mouvements de jeunes et de l\u2019animation des offices religieux du dimanche, en quartiers.Comme en toute oeuvre qui débute les difficultés ne manquent pas.J\u2019ai pu admirer, en maintes circonstances, foi et le courage de la fondatrice, toujours prête à rallumer la flamme de l\u2019espérance au coeur de ses vaillantes compagnes.Elle est convaincue que si son oeuvre est celle de Dieu, elle subsistera envers et contre tout.L\u2019HOMME DE LA FORÊT J\u2019aimerais vous parler aussi du style de vie des gens de la forêt.Pour vivre en pays Tanala, il faut être bon marcheur, voire bon alpiniste.L'altitude se situe entre 200 et 600 mètres.La forêt est dense, les fruits abondants, le sol très fertile, toute culture germe et croît rapidement.Le manioc, par exemple, pousse en six ou huit mois.Les bananes sont en telle abondance qu\u2019elles alimentent les marchés de Fianarantsoa, ville de plus de 40,000 habitants, d'Ambositra et d'Antsirabe.Bon an mal an, le district en exporte 1,600 tonnes.Le café constitue une autre 94 richesse de la région.Planté à une moyenne de 1,000 pieds à l'hectare, il produit 350 kilos pour cette même superficie.Ce rendement, relativement faible, résulte de ce que les plantations sont insuffisamment travaillées.Par contre, la qualité de ce café est supérieure à celle de la région côtière.L\u2019homme de la forêt est assuré de sa subsistance quotidienne.Mais il doit faire preuve d\u2019endurance.Il lui faut compter avec les périodes de sécheresse ou de cyclones; avec les sangliers qui, la nuit, dévastent rizières, caféiers ou champs de manioc.Et aussi avec le manque de voies de communication; le portage doit se faire à dos d\u2019homme.Le district compte à peine 45 kilomètres de voie ferrée, le traversant en diagonale dans la partie nord, et desservant six gares.Ailleurs, les seules voies sont des sentiers qui longent les cours d\u2019eau ou serpentent d\u2019une vallée à l\u2019autre en escaladant les pentes abruptes.Le seul moyen de transport: la tête ou l\u2019épaule! Et la charge atteint facilement 30 kilos.La Tanala doit aussi composer avec le climat très chaud; le thermomètre dépasse, et parfois de beaucoup, 32° Celsius en saison chaude et descend rarement en bas de 15° en saison froide.Les pluies sont abondantes; il pleut en moyenne 193 jours par année.Le Père Curé aime répéter que cette région a trois saisons: la saison des pluies.la saison pluvieuse.et la saison où il pleut! C\u2019est tout dire! L\u2019influence combinée de ces divers éléments: sol et couverture végétale, relief, climat, a fait de l\u2019habitant de la forêt un homme robuste, énergique et pourtant enclin à la vie facile.Il se montre capable d\u2019efforts pourvu qu\u2019ils soient de courte durée.Tour à tour, il fera preuve de décision et d\u2019imprévoyance.Il veut agir à sa guise, sans contrainte.Il aime les fêtes, participe tellement à toutes les manifestations de la vie sociale: enterrements, circoncisions, mariages, qu\u2019il ne travaille pas plus de 120 jours par an.Mais qu'il se mette à marcher, à courir après un sanglier, à manier la hache ou la bêche et sa compagne à puiser l\u2019eau à la rivière, à piler riz ou café, à tresser joncs et fibres de raphia, rapidement ils abattront un travail que d\u2019autres mettraient des heures à accomplir.N\u2019est-il pas légitime que soumis à la vie dure de la forêt, ils profitent aussi des facilités qu\u2019elle leur apporte?PEUPLE HEUREUX Oui, peuple heureux dont le bonheur est tout simple! Il suffit au Tanala de tendre la main pour trouver autour de lui tout ce qui est nécessaire à son existence.Bambous I et ravenales fournissent tous les matériaux nécessaires à la construction de cases: palmes pour le toit, écorce déroulée pour le plancher, lamelles de bambous tressées ou nervures juxtaposées pour les cloisons.Le bambou donne encore des récipients, des pieux pour les palissades, des radeaux.Des fibres du raphia, les femmes tressent vêtements, chapeaux, nattes et corbeilles.Dans le village de Manampatrana, l'église se situe à peu près au centre, la maison des soeurs est tout près.Le Père Curé, de nationalité italienne y est résident.Ses nombreuses tournées en forêt privent toutefois la petite communauté de la messe quotidienne et parfois de celle du dimanche.Ce Père est seul pour desservir 28 postes.Il doit marcher trois bonnes heures pour atteindre le poste le plus éloigné et cela après avoir roulé en voiture une bonne heure et quart.Il se fait toujours accompagner d'un guide et il leur faut marcher au moins une heure pour atteindre l'un ou l\u2019autre poste.N'est-ce pas qu\u2019il faut être animé du feu sacré pour vaincre fatigues, intempéries, moustiques afin d\u2019aller ainsi vers quelques âmes qui ont soif d'entendre parler de Jésus-Christ et de l\u2019accueillir dans l'Eucharistie?J'ai lu dans ma jeunesse, et vous aussi sans doute, des récits de missionnaires que je trouvais bien extraordinaires.Eh bien! je vous le dis, cela existe encore! La vie facile de nos pays de consommation a étouffé le bruit des pas de ceux qui doivent encore marcher pour annoncer la Bonne Nouvelle! Cela m\u2019a fait du bien et m\u2019a fait réfléchir de voir ce prêtre de 47 ans, mais qui en paraît près de 60, partir pour ces tournées d\u2019où il sait qu\u2019il reviendra malade et avec des plaies aux pieds pour avoir trop marcher.La présence de la petite communauté malgache a une heureuse influence dans ce milieu éloigné.Un païen, qui observait S.Cécile depuis un an, est venu lui dire que maintenant il était prêt à se faire catéchumène de même que son épouse.Et pourtant, devenir chrétien l\u2019obligeait à abandonner son titre de roi; car dans cette région il existe encore des rois élus par les concitoyens et c\u2019est un titre qui évidemment leur donne beaucoup de prestige.Un autre Tanala, pasteur protestant, est venu nous interroger S.Marielle et moi-même sur nos motivations concernant notre venue à Madagascar, comme sur nos réactions face à notre adaptation.Après ce dialogue de plus d\u2019une heure, il est reparti plus encouragé à reprendre son travail qu\u2019il trouvait très exigeant.Il nous a avoué que lui, Tanala, n\u2019avait pas été capable de s\u2019adapter dans une ville voisine.Qu\u2019il avait été fortement interpellé en réalisant que nous étions parties du Canada pour venir demeurer avec eux.Cela m\u2019a fait réaliser à mon tour que, même si nous nous sentons limitées en raison de la langue non encore maîtrisée, de la mentalité non encore bien saisie, notre seule présence parmi eux est une constante interpellation et que le Christ agit par nous à notre insu.Lorsqu\u2019on s\u2019interroge sur les moyens de venir en aide à cette population disposée à accueillir tout ce qu\u2019on lui apporte, pourvu que l\u2019on respecte son goût de la liberté, on ne trouve qu\u2019une réponse: l\u2019instruire et lui faire confiance.Cette population Tanala est extrêmement sympathique et toute simple.Elle ne demande de nous qu\u2019un peu d\u2019affection et d\u2019intérêt.ET MON SÉJOUR?Ce que j\u2019ai fait pendant ces deux mois en forêt Tanala?Avec la communauté naissante, j\u2019ai partagé vie de prière et de travail.Aux aspirantes, j\u2019ai donné des cours de français, de dactylo, de flûte.Avec elles, j\u2019assistais aux cours de Bible dispensés par Soeur Cécile.Je suivais encore les cours de langue malgache en classe de 6e.Avec l\u2019aide du titulaire de la classe des petits, j\u2019ai même donné la leçon de catéchèse à ces enfants, en malgache évidemment.Ce fut une pratique merveilleuse! À l\u2019époque des vacances, j\u2019ai visité les malades de l'hôpital et les gens du village.J\u2019ai même essayé mes forces pour la cueillette du café.Heureuse occasion d\u2019entrer en dialogue avec les personnes qui circulent par les sentiers.Un certain dimanche, je me suis rendue dans un poste à une heure de marche du village.Tous les gens de ce bourg sont païens.Pourtant, ils désirent apprendre à prier.Pour satisfaire leur désir, les aspirantes de la petite communauté refont maintenant ce trajet chaque dimanche pour prier avec eux.À Manampatrana, ce village où j\u2019ai vécu deux mois, on compte 2,500 baptisés sur une population de 17,000 habitants selon de récentes statistiques.Sur ce nombre, environ 1,200 sont pratiquants.C\u2019est vous dire que le travail apostolique est loin d\u2019être terminé dans ce milieu.Cette prise de conscience n\u2019a fait que décupler mon désir de travailler de toutes mes forces à l\u2019évangélisation de ce peuple malgache que j\u2019aime de toute mon âme de missionnaire.L\u2019expérience vécue au cours de ces deux mois en forêt Tanala m\u2019a aussi davantage sensibilisée au problème crucial de la justice dans le monde.Pourquoi eux, les gens de la forêt, sont-ils si défavorisés alors qu\u2019ils ont tant de richesses naturelles humaines et spirituelles qui ne demanderaient qu\u2019à s\u2019épanouir?Oui, pourquoi?Chers lecteurs qui partagez mes aspirations apostoliques, je compte sur votre constant appui pour que je puisse réaliser au mieux la mission que le Seigneur m\u2019a confiée auprès de mes frères, les malgaches.Suzette Jean, m.i.c.et son amie S.Cécile Ralibera.Un quartier de Manampatrana.Mariage tanala.Un caféier.¦-;*$&J1 - Vf U V E N E Z.VOUS REPOSER Notre chère Soeur Léa L\u2019Ecuyer vient d\u2019être rappelée à Dieu.Alors qu elle était en pleine activité apostolique au pays d'Haiti, elle fut atteinte d'une maladie qui ne pardonne pas.C\u2019était en 1973.Il y avait alors 27 ans qu\u2019elle se dépensait sans compter à l'éducation de la jeunesse haïtienne et avec quel dévouement, quel amour! Elle fut rappelée au Canada pour recevoir les soins appropriés à son état.Mais devant la gravité du mal, les médecins durent s'avouer vaincus.La maladie poursuivit son cours et notre regrettée compagne s\u2019est éteinte paisiblement dans la nuit du 3 mars dernier.Soeur Léa incarnait le type de la religieuse missionnaire accomplie.Elle a vécu consciemment, pleinement le don de son être et de sa vie dans une fidélité jamais reprise à Celui qui lui avait tout demandé.Ce qui frappait chez elle: un souci constant de s\u2019effacer le plus possible, d\u2019accomplir sa mission d\u2019éducatrice avec le maximum de dévouement, mais sans ostentation, sans bruit, pour Dieu seul.Cette attitude de fond, résultat d\u2019une authentique vie de prière, se traduisait extérieurement par une bonté calme et douce, une attention constante à l\u2019autre, une aimable simplicité non dépourvue d\u2019humour à l\u2019occasion.Mais ce qui dominait en elle, c\u2019était sûrement son abandon total au bon vouloir divin.Elle s'était livrée une fois pour toutes au Seigneur.Elle ne s\u2019est jamais reprise.Cette vie donnée en totalité nous interpelle profondément à notre époque ou la fidélité inconditionnelle est tellement remise en question.Logique avec elle-même, Soeur Léa ne dévia jamais de l\u2019option choisie au matin de sa consécration à Dieu.Aussi son Seigneur s\u2019est-il penché avec amour pour cueillir sa vie offerte avec tant de généreuse simplicité.Lui-même semble avoir voulu nous en prévenir, pour notre réconfort, face à cette séparation définitive.À l\u2019office des Laudes, en ce matin du 3 mars, nous lisions en effet ce verset significatif de l\u2019épître aux Éphésiens (5,27) \"Il voulait se la présenter à lui-même, toute resplendissante.\u201d Toute resplendissante de la joie indicible de la rencontre avec l\u2019Époux, oui c\u2019est bien ainsi que nous est apparue notre compagne aimée dans la paix sereine et douce de son dernier sommeil.Léa L'Ecuyer, m.i.c.(1909-1976) r AMIC, C\u2019EST QUOI?C\u2019est l\u2019Association Missionnaire de l\u2019jmmaculée-Qonception.Elle se veut un contact entre nous, missionnaires de partout et nos chrétiens de chez-nous.AFFILIATION À L'ASSOCIATION MISSIONNAIRE DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION (AMIC) Je désire être membre de l'AMIC: qui me donne droit à la revue \"Précurseur\" NOM ADRESSE DATE DE NAISSANCE Je désire inscire une personne défunte aux messes célébrées pour les Associés: Un an\t($ 2.00)\t?2 ans\t($ 3.00)\t?5 ans\t($ 8.00)\t?à vie\t($50.00)\t?NOM Ce coupon doit être détaché et retourné à AMIC: C.P.157, Suce.: Laval-des-Rapides Ville de Laval, P.Q., CANADA H7N 4Z4* 96 » r < û < Z < O D co tf) c o 'co E V) 0) (O Q.O C CL D I 'LU < s LU H < D O LU > O m o D O OC tu a.SOEURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION \u2014 Maison Généralice et Procure des Missions: 121 Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 ~ Maison-Mère, 314 Chemin Ste-Catherine, MONTRÉAL H2V 2B4 \u201c Maison Provinciale, 7535 St-Dominique, MONTRÉAL H2R 1X4 _ Côte-des-Neiges, 2900 Ch.Ste-Catherine, MONTRÉAL H3T 1T7 _Centre Hosp.Chinois, 355 rue Paillon, MONTRÉAL H2R 2E6 _2100 rue De Londres, MONTRÉAL H4L 3A6 _ 5550 Avenue Louis-Colin, MONTRÉAL H3T 1T7 \u2014\t5720 rue Plantagenet, MONTRÉAL H3S 2K3 \u2014\t906 Chemin Sydenham, CHICOUTIMI G7H 2H3 \u2014\t35 rue Dufferin, GRANBY J2G 4W5 \u2014\t750 rue St-Louis, JOLIETTE J6E 2Z8 \u2014\tLac Caribou C.P.368, LABELLE JOT 1H0 { Centre Chinois, 30 Av.Goulburn, OTTAWA, Ont.Kl N 8C8 _ Rés.des Étudiantes, 28 Av.Goulburn, OTTAWA, Ont.Kl N 8C8 54 rue Desnoyers, PONT-VIAU, Ville de Laval H7G 1A4 _Solitude Délia Tétreault, 1600 Notre-Dame, \u2014\tST-SULPICE J0K 3J0 \u2014\t1073 ouest St-Cyrille, QUÉBEC GIS 1V2 \u2014\t225 rue St-Germain ouest, RIMOUSKI G5L 4B9 430 rue Champlain, SAINT-JEAN, Qué.J3B 6W8 2950 Prince Edward St.VANCOUVER.B.C.V5T 3N3 __2700 Merion Drive.SAN* BRUNO,\" Cal*94V66 u'.S.Â\u2019.St.Mary's Chinese Mission, 926 Stockton St.SAN FRANCISCO, Cal.94108 U.S.A.\u2014\tColegio Pedro de Bethancourt, TOTONICAPAN, Guatemala, America Central.\u2014\tGalle Xelaju 3-27, Puerto de CHAMPERICO, Guatemala, America Central.\u2014\tCATAVI, Bolivia, America del Sur.\u2014\tGalle Oruro 3403, Casilla 1667, COCHABAMBA, Bolivia, América del Sur._ VILLA TUNARI \u2014 Adresser: Casilla 1027 COCHABAMBA, Bolivia.\u2014\tIRUPANA\u2014Adresser: Academia Santa Rita (IRUPANA) Casilla 2893, LA PAZ, Bolivia, América del Sur.\u2014\tAvenida Abaroa 895, Casilla 2893, LA PAZ, ^ Bolivia, América del Sur.\u2014 Casilla 282, Galle Errazuriz 227, ANCUD (Chiloé) Chile, América del Sur.' \u2014Casa Provincial, Francisco de Orellana 334, Brena, LIMA 5, Peru, América del Sur.\u2014\tNapo 1124, Azcona Brena, LIMA 5, Peru, América del Sur.\u2014\tAtahualpa 240, Casilla 241, PUCALLPA, Peru, América del Sur.\u2014YAURI, Prov.Espinar, Dpto Cuzco, Peru, América del Sur.\u2014\tMaison Provinciale, C.P 1085, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tOrphelinat, C.P.1085, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tLA BOULE \u2014Adresser: C.P.1085 Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tDESCHAPELLES\u2014Adresser: Hôpital Albert Schweitzer, C.P.2213-B, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tÉcole Normale, C.P.81, CAP HAÏTIEN, Haïti, Les Antilles.\u2014\tLESCAYES, Haïti, Les Antilles.\u2014\tCAMP PERRIN\u2014Adresser: C.P 14, LESCAYES, Haïti, Les Antilles.\u2014\tCHANTAL Sud, Haïti, Les Antilles.\u2014\tHINCHE, Haïti, Les Antilles \u2014\tLES COTEAUX, Haïti, Les Antilles.\u2014\tLIMBE, Haïti, Les Antilles.\u2014\tPORT SALUT, Haïti, Les Antilles.\u2014\tROCHE-À-BATEAU, Haïti, Les Antilles, i \u2014 TROU-DU-NORD, Haïti, Les Antilles.\u2014 Apartado21, COLON (Matanzas) Cuba.-Galle 146, No 904, e/9°y 11° Mariano 16, LA HABANA, Cuba.\u2014\tProvincial House, St.Paul\u2019s Parish, P O.Box 47, MZIMBA, Malawi, Central Africa.~St-Mary s Parish, P.O.Box 14, KARONGA, Malawi, C.A._ St-Michael's Parish, P.O.Box 100 Chitipa, KASEYE, Malawi C.A._ Katete St.Theresa's Parish, P.O.Box 8, CHAMPIRA, _ Malawi, C.A.St-John s Parish, P.O.Eutini, MZAMBAZI, Malawi, C.A._ Marymount Secondary School, P.O.Box 24, MZUZU, Malawi, C.A -\tChikungu, P.O.Box 69, CHIPATA, Zambia, C.A.-\tP.O.Box 107, CHIPATA, Zambia, C.A.\u2014\tP.O.Lundazi, KANYANGA, Zambia, Central Africa.> ¦n 33 O C m \u2014\tMaison Provinciale, Tsaramasay, TANANARIVE, Madagascar.\u2014AMBOHIBARY\u2014 Sambaina, Madagascar.\u2014Ste-Thérèse de Mahazoarivo, B.P.146, ANTSIRABE, Madagascar.\u201402 F 10, Route d\u2019Ambositra, B.P.207, ANTSIRABE, Madagascar.\u2014\tMAHABO, via Morondava, Madagascar.\u2014\tBoite Postale 53, MORONDAVA, Madagascar.> O > O > w O > 33 \u2014Provincial House, Good Hope, Clear Water Bay Road, KOWLOON, Hong Kong.\u2014Tak Oi Secondary School 8 Tsz Wan Shan Road.KOWLOON, Hong Kong.\u2014Tak Sun School, 103 Austin Road, KOWLOON, Hong Kong.I O z o 7s O z D \u2014119 Cheng I Lu, KWANSI 306, Hsinchu Hsien, Taiwan \u2014 Nan Ao Catholic Hospital, 112 Ta Tung Rd Man Hsien, NAN AO 272, Taiwan.\u201cHsinchu Hsien.SHIH KUANG TZE 306, Taiwan 65 Jui An Street.TAIPEI 106.Taiwan 5 > Z \u2014 Provincial House, 13-16 Fukazawa 8 chôme, Setagaya Ku, TOKYO 158, Japan 3-18 Toramaru machi, KORIYAMA Shi 963, Fukushima ken, Japan _ Orphelinat 3-8 Momomidai, KORIYAMA 963, Fukushima, Japan 1-49 Nishi Sakae machi, Aizu WAKAMATSU 965, _ Fukushima ken, Japan.KITAKATA 1-49 Nishi Sakae machi, Aizu WAKAMATSU 965, _ Fukushima ken, Japan.-\tProvincialate, P.O.Box 468, GREENHILLS, Rizal, Philippines D-738 ~ GAGALANGIN I.C.Academy of Manila, 2212 del Rosario St.Tondo, Manila 2807 Philippines SAIDI, General Luna corner Real Sts.INTRAMUROS, _ Manila, Philippines 31 Pacdal Road, Baguio City, P.O.Box 30, BAGUIO CITY, _ Philippines Good Counsel, Florentino Torres St DAVAO CITY, Philippines I.H.M.Academy, MATI, Davao Oriental 0-507, Philippines \u2014\tSt-Michael's Academy, PADADA, Davao del Sur, Philippines 1C Academy, P.O.Box 326, GREENHILLS, Rizal, Philippines D-738 SAPANG PALAY P.O.Box 468, Greenhills, Rizal, Philippines 3113 ¦o I 33 Z m
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