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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2015-01-09, Collections de BAnQ.

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[" Montréal vendredi 9 janvier 2015 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique 131® année No 67 32 pages, 3 cahiers 1,00$ taxes en sus - Édition provinciale 1,10$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées LA PRESSE ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO LA FRANCE SUR LE QUI-VIVE La traque des suspects s\u2019est poursuivie toute la nuit, à une centaine de kilomètres de Paris, où une zone a été placée au niveau maximum d\u2019alerte antiterroriste.La tension a monté d\u2019un cran lorsque des pirates, vraisemblablement liés au groupe État islamique, ont pris le contrôle de sites web de municipalités et d\u2019entreprises et affiché des messages à la louange d\u2019Allah.'Y i 1 4 MICHELE OUIMET A PARIS TENDRE LA MAIN À CHARLIE HEBDO PAGE A3 RIMA ELKOURI ENDEUILLÉSETMEURTRIS PAGE A9 PAULJOURNET AVANT D\u2019ACCUSER LA FRANCE DÉBATS PAGE A12 LE CIEL TOUT BLEU DU CH Léquipe n\u2019a jamais amorcé une année sur des bases aussi solides.PHILIPPE CANTIN SPORTS T SUBBAlk PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, ARCHIVES LA PRESSE W0 \" PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE SANCTION RECORD POURHONDA Après GM, Honda.Le constructeur japonais devra payer une amende de 70 millions US pour avoir dissimulé aux autorités américaines des problèmes mécaniques potentiellement mortels.AFFAIRES PHOTO TORU HANAI, REUTERS RAMBO GAUTHIER À LA RESCOUSSE DE VLB Victor-Lévy Beaulieu compte sur la biographie du chef syndical qu\u2019il a écrite pour renflouer les Éditions Trois-Pistoles et payer ses auteurs.ARTS PAGE 16 MON CLIN D'ŒIL STÉPHANE LAPORTE Où est Charlie?Il est partout.CUch Venez voir mon blogue! www.lapresse.ca/laporte L-V 621 924987651 RBC Banque Royale LE VOYAGEUR\" ALEXIS A LE DROIT DE VOYAGER À BOSTON POUR VISITER LE PARC FENWAY AVEC SON FILS ZACHARY r 'TT1B D5-1 VISA IN Tl NI TE\tSÆsî \u2022J [rbcJ WÊ Voyages 4 'fElH IE3t Bins J.E33 RBC.COM/VOYAGES ®/MC Marque(s) déposée(s) de la Banque Royale du Canada.RBC et Banque Royale sont des marques déposées de la Banque Royale du Canada.t Toutes les autres marques de commerce sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.621924987651 A 2 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO LE CH AU tarde Alors que les deux fugitifs sont toujours les Français se recueillent \t \tj \tmj\tj \t \t¦ - 1 ¦\t¦ C \\ Hier soir, des centaines de citoyens s\u2019étaient de nouveau rassemblés sur la place de la République à la mémoire des victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.& jfr PHOTO FRANÇOIS LO PRESTI, AGENCE FRANCE-PRESSE Les policiers ont intensifié leur chasse à l\u2019homme autour des villages de Corcy et de Longpont.Selon les dernières informations, Saïd et Chérif Kouachi, soupçonnés d\u2019avoir tué 12 personnes dans l\u2019immeuble de Charlie Hebdo, seraient à pied.PHOTO AFP Saïd et Chérif Kouachi auraient braqué cette station-service hier.La chasse aux deux suspects se poursuivait hier soir dans le département de l\u2019Aisne, à une centaine de kilomètres au nord de Paris, où une zone a été placée au niveau maximum d\u2019alerte antiterroriste.Plus tôt en matinée, une deuxième fusillade à Paris, qui a causé la mort d\u2019une policière, a semé la peur.Elle ne serait pas liée à la tragédie de la veille.ÉMILIE CÔTÉ PARIS Le gérant d'une station d'essence située au sud de Villers-Cotterêts a repéré hier matin Saïd et Chérif Kouachi, soupçonnés d'avoir tué 12 personnes, dont deux policiers et huit journalistes, mercredi dans l'édifice de Charlie Hebdo.Les frères auraient braqué la station-service, armés de kalachnikovs et de lance-roquettes.La police a intensifié sa traque et ses recherches autour des villages de Corcy et de Longpont.Selon les dernières informations, les deux frères auraient abandonné leur voiture Renault Clio et seraient à pied.Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué que Chérif Kouachi - déjà emprisonné pour son appartenance à une filière djihadiste et aujourd'hui affilée à Al-Qaïda - a été décrit par des témoins interrogés comme étant un homme «violemment antisémite ».Son frère Saïd aurait quant à lui voyagé au Yémen en 2011 afin de recevoir un entraînement militaire par le groupe Al-Qaïda, a rapporté le New York Times.Citant une source des services de renseignement américains, le quotidien a révélé que les frères Kouachi étaient interdits de séjour aux États-Unis depuis des années.Messe à Notre-Dame de Paris C'était loin d'être le calme après la tempête au lendemain du drame, mais des milliers de personnes ont tout de même assisté à la messe célébrée à midi dans la cathédrale de Notre-Dame de Paris.Des gens ont préféré rester sous la pluie sur le parvis de l'église.«Nous sommes tous abasourdis par ce qui s'est passé, a dit Lionel Poursac.On savait qu'il y avait cette épée de Damoclès, mais pas quand, ni comment et par quels moyens.Je crois aussi qu'il y a une forme de psychose avec ce qui s'est passé ce matin.» « J'ai tenu à être ici, car ce qui s'est passé est épouvantable, a ajouté l'infographiste médical, le regard embrouillé par les larmes.Ce qui est triste est que cela va créer des amalgames entre l'islam et l'islam radical.J'ai longtemps travaillé à l'Hôtel-Dieu, à côté, donc je tenais à être devant Notre-Dame.» À midi, le glas de Notre-Dame de Paris a sonné pendant que la foule observait une minute de silence.Une messe présidée par monseigneur Jérôme Beau a suivi.« Les religions sont au service de la paix et de la fraternité», a-t-il déclaré.Pour l'évêque auxiliaire, la liberté de la presse et la liberté religieuse représentent des valeurs d'une grande importance en France.«Être frères et sœurs ne veut pas systématiquement dire que nous avons les mêmes opinions», a-t-il dit aux gens - croyants et « Nous sommes tous abasourdis par ce qui s\u2019est passé.» \u2014 Lionel Poursac, citoyen rencontré sur le parvis de Notre-Dame de Paris athées - recueillis devant lui.Beaucoup de touristes ont assisté à la cérémonie.Sarah Moody ne croyait pas vivre un premier voyage à Paris aussi bouleversant.« Je suis arrivée hier.Je suis sous le choc, a raconté la jeune Australienne, alors qu'elle allumait un lampion.En venant de Sydney [où une prise d'otages a fait trois morts en décembre], je ne croyais jamais que cela puisse arriver ici.Il n'y a aucun endroit sûr au monde.Mais c'est important de continuer à vivre.Sinon, c'est comme céder la bataille.» Pendant ce temps, à quelques pas de là, le président François Hollande se trouvait à la préfecture de police pour le moment de recueillement national qu'il avait annoncé la veille dans son adresse à la nation.La vie continue Des signes montrent que la vie reprend son cours à Paris.On le constate dans les cafés, les boulangeries, les lieux touristiques et les grands magasins en cette période très courue des soldes.Mais il y a des scènes remuantes, comme cette femme qui a soudainement fondu en larmes devant nous dans la ligne 9 du métro de Paris, hier.À l'Élysée, c'est plutôt le branle-bas de combat.En matinée, hier, le président de la République a tenu une réunion de crise, notamment avec des responsables de la police, le premier ministre Manuel Valls, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.Ce dernier a quitté hâtivement la réunion quand une deuxième fusillade a éclaté à Montrouge (voir autre texte en page 6).À 9h30, François Hollande s'est entretenu pendant 45 minutes avec Nicolas Sarkozy.«J'ai dit au président qu'il y aurait sans doute des décisions à prendre, un niveau de fermeté et de vigilance à augmenter», a déclaré le président de l'Union pour un mouvement populaire.Quant à la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, elle devrait être reçue à l'Élysée aujourd'hui, au même titre que les chefs des autres partis qui ne forment pas un groupe au Parlement.Plusieurs sites français piratés IMAGE TIRÉE DE L'INTERNET Sur les pages de municipalités du Val-d\u2019Oise, notamment, sont apparus des messages favorables à l\u2019État islamique.PRÉCISION CARICATURE Une illustration a été attribuée dans notre numéro d\u2019hier à l\u2019artiste Banksy alors quelle était en fait l\u2019œuvre de Lucille Clerc.Nos excuses.\t \t Amusez-vous !\tSPORTS 8 Astrologie du jour\tSPORTS 7 Débats\tA12 à 14 Décès\tSPORTS 5 à 7 Horaire télévision\tA16 Loteries\tA6 Monde\tA10 Petites annonces\tSPORTS 5 Sudoku\tAFFAIRES 4 Météo\t Nuageux avec quelques flocons en\t matinée, quelques flocon midi, maximum -7,\ts en après- minimum -18.SPORTS 5\t VOUSAVEZUNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE ?nouvelles@lapresse.ca UN COMMENTAIRE SUR NOTRE JOURNAL?commentaires@lapresse.ca MARIE-MICHÈLE SIOUI Les sites web de quelques municipalités et entreprises liées au département du Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, ont été piratés hier soir pour faire place à des pages visiblement liées au groupe État islamique (EI).Au lendemain de l'attentat qui a fait 12 morts dans les bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, la prise de contrôle de ces sites a donné la frousse à bon nombre d'internautes, qui y ont vu le présage d'attaques terroristes à venir.« Ça devient vraiment flippant»; «On s'imagine tout de suite le pire vu le contexte», ont écrit des centaines d'utilisateurs de Twitter.Sur les pages habituellement affichées par des municipalités du Val-d'Oise, ou encore un agent d'assurances ou le secrétaire national du Parti de gauche, Éric Coquerel, sont apparus des fonds noirs d'où se détachaient des inscriptions en blanc et rouge.«Un seul Dieu, Allah », était-il écrit en arabe.« L'État islamique suit la volonté de Dieu, Palestine libre, Mort à la France, Mort à Charlie», indiquaient aussi des phrases rédigées en anglais.«Ce qui a été fait s'appelle du defacing [dégradation ou vandalisme informatique] », a expliqué François-Xavier Desmarais, conseilleur en sécurité de l'information chez OKIOK, un service de sécurité informatique.« S'ils ont trouvé une faille dans le site, ils ont pu en modifier le contenu, écraser les informations de la page et mettre une sorte de façade », a-t-il expliqué.Son analyse est confirmée par José Fernandez, professeur en génie informatique et génie logiciel à Polytechnique.La « façade» est en fait une image placée par-dessus un site web.Celle d'hier servait à diriger les internautes vers un autre site.hébergé en Biélorussie, celui-là.« Le site biélorusse nous dirige ensuite vers une page Facebook, un site consacré aux islamistes et une vidéo dans laquelle on voit notamment une décapitation», a expliqué le professeur.Sur les images, on apercevait des hommes lourdement armés agitant parfois des drapeaux syriens, sautant dans des anneaux remplis de feu ou écrasant une tête détachée de son corps avec leurs pieds.« Si ce n'est pas une vidéo de l'EI, c'est une très bonne imitation», a dit José Fernandez, en soulignant que les traces laissées sur les sites piratés laissaient peu de doute sur l'affiliation des pirates informatiques.Un piratage simple Le piratage, bien qu'assez « simple», selon les experts consultés, n'est pas survenu au lendemain de l'attentat à Paris par hasard, estime François-Xavier Desmarais.« Les événements ont pu pousser d'autres groupes à se faire de la publicité», a-t-il avancé.« Parfois, des pirates trouvent des sites vulnérables et attendent le bon moment pour les hacker.» Pour mettre en place l'écran qui remplaçait les sites, les pirates n'ont eu qu'à ajouter une ligne dans le code du site, a ajouté José Fernandez.« Ce n'était rien de sophistiqué, comme dans le cas de Sony», a-t-il observé.« On l'a probablement fait par solidarité avec les auteurs de l'attentat, pour faire un clin d'œil aux camarades et profiter du fait que les yeux sont rivés sur la France», a-t-il analysé.Tout cela n'a rien de compliqué, certes, mais relève d'une stratégie efficace depuis ses débuts, en pleine guerre du Kosovo, à la fin des années 90.« Certains disent que des attaques de ce genre coûtent moins cher, sont plus efficaces et moins risquées», a observé José Fernandez, qui considère que l'EI a compris l'avantage de maîtriser les outils technologiques.« Ça rentre directement dans la tête des gens.C'est la base des opérations psychologiques.Les groupes islamisés sont en train de prendre le lead et de montrer aux Américains qu'ils font mieux qu'eux, et avec beaucoup moins de moyens.» LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A3 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO PHOTO FRANÇOIS MORI.ASSOCIATED PRESS ai» PHOTO AFP Des policiers interceptaient des véhicules à Longpont dans la nuit d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Solidarité sur la place de la République Hier soir, des milliers de gens ont un soir de plus envahi la place de la République, où aura également lieu dimanche une grande marche républicaine.Des gens ont allumé des chandelles au sol qui formaient les lettres «Je suis Charlie».D'autres avaient grimpé sur l'imposante statue de bronze de Marianne.Une affiche indiquait « Charliberté ».Constance De Carvalho, Yuan Song et Juliette Demaille ont allumé une bougie.« Inexplicable ».«Malheureux.» «Pas possible».Les trois amis du début de la vingtaine n'étaient pas remis de leurs émotions, mais tenaient à se rassembler pour le deuxième soir dans le 11e arrondissement parmi la foule.« C'est important que nous ne soyons pas chacun dans notre coin à penser que c'est dur.Tout le monde est là pour montrer que l'on pense la même chose », a commenté Juliette Demaille.Le danger?«Je crois que personne ne pense à cela», a dit Constance De Carvalho.« C'est l'avenir qui m'inquiète », a renchéri Yuan Song.Les trois étudiants craignent que le sentiment d'unité de la population s'effrite au cours des prochains jours et que le débat politique ne dérape.« Comment les politiciens vont récupérer la chose ?Il faut rester solidaires », a souhaité Yuan Song, apprenti cinéaste.- Avec Marie-Michèle Sioui Tendre la main à « Charlie Hebdo » MICHELE OUIMET CHRONIQUE JE SUIS PARIS Le journal Libération ressemble à une forteresse.À la porte, plusieurs policiers tiennent un fusil de gros calibre, prêts à tirer.Impossible d'entrer si on n'est pas invité.Et encore, il faut insister, montrer patte blanche.Drôle de salle de rédaction.Elle est répartie sur quatre étages qui tournent en rond.Ça tourne, ça monte et ça descend.Pas étonnant, Libération s'est installé dans un ancien stationnement.À part son architecture déroutante, c'est une salle de rédaction classique avec des pupitres en désordre collés les uns sur les autres et des piles de dossiers poussiéreux qui menacent de s'effondrer.Du 6e étage, la vue sur Paris est époustouflante: la tour Eiffel, le Sacré-Cœur.Mais personne n'a le temps d'admirer Paris.L'heure est grave.Mercredi, 12 personnes, dont 8 journalistes de Charlie Hebdo sont morts, tirés à bout portant par des hommes masqués et lourdement armés, un commando lié à Al-Qaïda.Libération a tendu la main à l'équipe - du moins ce qu'il en reste - de Charlie Hebdo.À partir d'aujourd'hui, Libération va héberger les rescapés qui vont concocter un numéro post-fusillade, le premier, qui tirera à 1 million d'exemplaires.Un exploit pour ce journal sati- 1 CHARUE HEBDO LE JOURNAL DES SURVIVANTS La page web de Charlie Hebdo a été modifiée prochain d\u2019un numéro qui sera tiré à 1 million avons proposé de venir ici.C'est notre façon d'être solidaire.La salle de rédaction est calme, l'atmosphère feutrée.Au milieu, une vingtaine de personnes se réunit autour de la grande table pour faire le point.Les articles qui seront dans le journal du lendemain défilent: la traque, l'impossible surveillance de tous les djihadistes en France, la mobilisation des autorités musulmanes, les sports, la culture.Le train-train quotidien.Malgré tout.CAPTURE DU SITE DE CHARLIE HEBDO hier.On y annonce la parution mercredi d\u2019exemplaires.vis dans le quartier, l'école de mon fils de 9 ans est proche.Tous les jours, je marche sur le trottoir, où le policier a été sauvagement abattu.» La mise à mort du policier a été filmée.Lionel Charrier a dû visionner la vidéo une vingtaine de fois pour la reproduire dans le journal.Aujourd'hui, il va mieux.Il vit dans la bulle du journal, poussé par la nécessité de travailler.« Ça me sauve.Je bosse et je sais pourquoi je le fais.» « On doit aider « Charlie Hebdo » et se battre pour qu\u2019ils publient.C\u2019est nous qui leur avons proposé de venir ici.C\u2019est notre façon d\u2019être solidaire.» \u2014 Alexandra Schwartzbrod,adjointe à la rédaction, Libération rique qui arrive de peine et de misère à vendre 60 000 exemplaires.L'arrivée de Charlie Hebdo soulève des problèmes de sécurité.Libération a beau être une forteresse, la mort de 12 personnes laisse des séquelles et exige une sécurité accrue.Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, en est conscient.Il sort son cellulaire et compose le numéro du ministère de l'Intérieur.« Il faut sécuriser l'immeuble, dit-il.Ce n'est pas réglé.» Libération pourrait être dans la ligne de mire des extrémistes.Journal de gauche, il a déjà accueilli Charlie Hebdo en 2011, lorsque ses locaux ont été détruits par un incendie criminel dans la foulée de la publication d'un numéro qui se payait - encore - la tête du prophète Mahomet.-\tVous vous sentez en sécurité ?ai-je demandé à la directrice adjointe à la rédaction, Alexandra Schwartzbrod.-\tSi on se pose des questions, on est déjà en train de céder au terrorisme.On doit aider Charlie Hebdo et se battre pour qu'ils publient.C'est nous qui leur Libération a été éprouvé.Un de ses journalistes, Philippe Lançon, était dans les locaux de Charlie Hebdo le matin fatidique où la quasi-totalité de la salle a été fauchée par les balles.Il signe des textes dans Charlie Hebdo.« La maman de Philippe nous a appelés, elle était très inquiète », raconte Stéphanie Aubert, directrice adjointe à Libération.Personne n'avait de ses nouvelles et la vidéo où un des tueurs abat froidement un policier tournait en boucle sur l'internet.« On ne savait pas si Philippe était mort ou vivant.On le cherchait partout », raconte Alexandra Schwartzbrod.Philippe Lançon a été gravement blessé.Il est maintenant hors de danger, mais il devra être opéré.Chacun a vécu la fusillade à sa manière.Lionel Charrier venait tout juste d'être nommé rédacteur en chef de la photo.Il avait commencé lundi.Deux jours plus tard, le carnage est arrivé comme une bombe qui a foutu en l'air sa routine et ses certitudes.« La première heure et demie, j'étais sous le choc, au bord des larmes.Je Comment ai-je trouvé Paris, où j'ai vécu pendant quatre mois l'année dernière?Inchangé, même si la présence policière est plus lourde.Les manifestations?Il y a toujours des manifestations à Paris.Je vivais dans le 11e arrondissement, à quelques coins de rue de la fusillade.Je suis donc revenue dans le 11e.Mêmes cafés, mêmes gens pressés, même crachin tenace qui vous rentre dans les os.Le ciel était gris et bas.Paris l'hiver.J'ai pris la mesure de la détresse des Parisiens quand je suis montée dans un taxi.« Ça devient grave, madame, ça devient grave, m'a dit le chauffeur.On n'est plus en sécurité.C'est l'horreur, la consternation, tout le pays est en choc.On est tous en colère.» Haïtien d'origine, Willy Gourdet vit à Paris depuis 26 ans.Il conduisait prudemment dans la circulation échevelée de Paris.La radio était allumée.Il n'y en avait que pour la fusillade; les dernières nouvelles dites et redites; les terroristes en fuite, lourdement armés, dangereux, la policière abattue, la manifestation de dimanche.À midi, la France a observé une minute de silence.J'étais encore dans le taxi.On longeait la place de la République, où de nombreux Parisiens se tenaient debout sous la pluie.Le silence a envahi l'auto.Le chauffeur a essuyé ses yeux avec sa main, puis il a répété: « Ça devient grave, madame, ça devient grave.» Les animaux font la manchette ! ÎOO % U ANIMAL Ce soir 19 h Un bulletin de nouvelles animalières pas bête du tout! Télé-Québec telequebec.tv E facebook.com/TeleQc | ©telequebec De retour! DEUX HOMMES EN OR Ce soir 21 h A4 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO PHOTO TIRÉE DE TWITTER Laurent Léger était présent quand les tueurs sont entrés dans la salle de rédaction du journal.Il a survécu en se cachant derrière une table.«J\u2019ai vu l\u2019horreur» Un journaliste rescapé témoigne de la tuerie PARIS \u2014 « Je me demande comment j'ai pu en réchapper», a confié hier, bouleversé, l'un des rares rescapés de l'attentat à Paris contre Charlie Hebdo, qui est parvenu à échapper aux tueurs en se cachant derrière une table.Grand reporter à l'hebdomadaire satirique, Laurent Léger participait à la traditionnelle conférence de rédaction du mercredi au siège parisien du journal lorsque deux hommes munis d'armes automatiques ont fait irruption.« J'ai compris que c'était pas une farce ».«Au début, on ne sait pas.On est plutôt des farceurs à Charlie [.] on peut se dire que c'est quelqu'un qui nous joue un tour.Et puis pas du tout.C'était la barbarie qui était rentrée dans le journal.« Ils ont tiré dans le tas, tout simplement », a-t-il raconté à la radio France Info, démentant l'information selon laquelle les assaillants avaient demandé l'identité des personnes qu'ils voulaient abattre.« Ils ont prononcé à un moment le nom de Charb, c'est vrai, je pense qu'ils le cherchaient.Mais de toute façon, il était autour de la table, et c'est allé tellement vite, les rafales ont été tirées, comme ça.Quelques secondes, et tout le monde est par terre.« J'ai vu un homme cagoulé, j'ai vu beaucoup de sang.Il y avait quelques survivants.Et là, c'est l'aberration, c'est irréel, c'est une espèce de sidération.Je me demande encore comment j'ai pu en réchapper», a-t-il expliqué, résumant son récit en trois mots : « J'ai vu l'horreur.» \u2014 Agence France-Presse et Le Monde DU VENDREDI 9 AU JEUDI 15 JANVIER EN MAGASIN ET A LABAIE.COM LIQUIDATION JUSQU'A 6O% \\J\\^DERA RABAIS s\ts MODE POUR FEMME, HOMME, ENFANT ET BEBE Prix tels qu\u2019étiquetés.DESSOUS, BIJOUX MODE ET EN ARGENT STERLING après le rabais additionnel de 25% sur nos derniers prix étiquetés.LIQUIDATION JUSQU À 70 % DE RABAIS CHAUSSURES BIJOUX POUR FEMME FINS après le rabais additionnel de 40% sur nos derniers prix étiquetés.après le rabais additionnel de 25% sur nos derniers prix étiquetés.Vous trouverez en bas de page des précisions s'appliquant aux offres ci-dessus.Plus de de rabais Manteaux, vestes et accessoires temps froid pour femme et vêtements d'extérieur tout-aller pour homme.40% de rabais Chapeaux, foulards, gants et bottes d\u2019hiver pour homme.de rabais LORD & TAYLOR Cachemire 59,99$ Cardigans et tricots ras-du-cou, à col en V et à col roulé pour femme Ord.159$ à 179$ 69,99$ grandes tailles.Ord.179$ à 199$ En exclusivité.Précisions ci-dessous.70% de rabais Ord.599,99$ U JAMIE OLIVER Keep It Simple ' Batterie de cuisine 10 pièces avec wok antiadhésif de 28 cm EN PRIME.Une valeur de 119,99$.iS&j> '~ ^r Aussi, de 50% à 60% de rabais sur toutes les autres batteries de cuisine JAMIE OLIVER.Cadeau CLARINSMademoiselle À l\u2019achat de deux produits CLARINS, dont un produit de soins de la peau, choisissez une prime parmi l\u2019une des trois collections Mademoiselle suivantes : Élégante (illustrée), Urbaine ou Naturelle.Une valeur allant jusqu\u2019à 115$*.Jusqu\u2019au 18 janvier 2015.LA BAIE D\u2019HUDSON MAGASINER À LABAIE.COM Les rabais s'appliquent ànos prix ordinaires, à moins d'indication contraire.Bijoux mode eten argent sterling en liquidation - 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LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A 5 .ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO Crainte d\u2019une vague d\u2019islamophobie Des lieux de culte musulmans ont été attaqués en France au lendemain de l\u2019attentat LAURA-JULIE PERREAULT Une grenade lancée contre une mosquée au Mans.Des coups de feu contre un autre lieu de culte musulman à Port-laNouvelle.Une explosion touchant un restaurant de kébabs à Villefranche-sur-Saône.Moins de 24 heures après l'attentat contre Charlie Hebdo qui a fait 12 morts, au moins trois lieux liés à la communauté musulmane de France ont été la cible d'actes criminels, ce qui fait craindre une vague d'islamophobie à travers le pays.Sur la scène politique, l'extrême droite française a saisi l'occasion pour promouvoir ses idées.Marine Le Pen, du Front national, demande le retour de la peine de mort et le comité politique du Bloc identitaire accuse les politiciens d'avoir laissé le pays s'islamiser.Mauvais climat social « Je ne suis pas surprise, ça fait un moment que le climat [social] est mauvais en France, dit Amandine Gay, une artiste et documentariste militante, jointe en France.La vague d'islamophobie a commencé avant les événements d'hier.Ça fait un an que des femmes voilées se font agresser dans la rue », ajoute-t-elle, rappelant que l'Observatoire national contre l'islamophobie a noté une augmentation des menaces et des actions islamopho-bes en France au cours des dernières années.Mme Gay s'attend à ce que la situation se corse à travers l'Hexagone au cours des prochaines semaines.« Hier, plusieurs musulmanes ont été PHOTO TIRÉE DE TWITTER Ahmed Merabet \" ¦ Un policier tué était d\u2019ascendance maghrébine PARIS \u2014 Le policier abattu de sang-froid sur le trottoir en face des bureaux de Charlie Hebdo, mercredi, par l\u2019un des suspects de l\u2019attentat meurtrier était fils d\u2019immigrants maghrébins.La police a identifié la dernière des 12 victimes de l\u2019attentat comme étant Ahmed Merabet.Aussitôt son identité connue, un vaste mouvement de solidarité a enflammé les médias sociaux, sous le mot-clic «Je suis Ahmed » -\tcomme le célèbre «Je suis Charlie» lancé la veille.Selon son syndicat, l\u2019agent Merabet était âgé dans la trentaine et comptait huit ans de service au sein de la police.Des images vidéo prises par un citoyen et publiées en ligne après l\u2019attentat montrent l\u2019agent Merabet gisant sur le trottoir, vraisemblablement blessé, et levant une main comme s\u2019il demandait grâce à l\u2019un des suspects, avant d\u2019être exécuté froidement d\u2019une balle à la tête.Ahmed Merabet, originaire de Livry-Gargan, en banlieue nord-est de Paris, était «quelqu\u2019un de très discret, de consciencieux», a indiqué au Figaro le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police, Rocco Contento.Un autre représentant syndical, qui a requis l\u2019anonymat, a indiqué que les parents du policier avaient quitté le Maghreb pour s\u2019installer en France.L\u2019autre policier tué mercredi dans l\u2019attentat est l\u2019agent Franck Brinsolaro, un vétéran de la police qui assurait la garde rapprochée du directeur de Charlie Hebdo, Stéphane Charbonnier.\u2014\tAssociated Press PHOTO JEAN-PHILIPPE KSI AZEK, AGENCE FRANCE-PRESSE Des enquêteurs de la police scientifique cherchent des indices sur les lieux d\u2019une attaque perpétrée hier contre un restaurant de kébabs voisin d\u2019une mosquée, à Villefranche-sur-Saône.Si t'os XNCHIR DANGER NE danger1 S Pis wa«nai»«J » ' ¦ attaquées dans les transports en commun», note-t-elle.Trouvant cette situation intenable, la jeune femme s'est rappelé l'initiative austra- lienne #illridewithyou lancée sur les réseaux sociaux au lendemain de la prise d'otages de Sydney.Des internautes offraient aux musulmans de les accompagner dans les transports en commun.Quelques heures après l'attentat de Paris, Amandine Gay a lancé #voyageavecmoi.Rapidement, des centaines d'internautes lui ont emboîté le pas, invitant les musulmans à les rejoindre lors d'un trajet en bus ou en train.« Un chauffeur de bus qui n'en pouvait plus de se faire insulter a demandé à une fille qui portait une affiche #voya-geavecmoi sur son sac de faire le chemin avec lui», rapporte l'instigatrice.Mme Gay n'est pas la seule à vouloir prévenir la recrudescence de la discrimination à l'égard des quelque 5 millions de Français de confession musulmane.Ancien ministre de la Justice sous François Mitterrand, Robert Badinter a lancé une mise en garde à ses concitoyens.« Ceux qui crient \"Allahou akbar\" au moment de tuer d'autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l'idéal religieux dont ils se réclament.Ils espèrent que la colère et l'indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l'égard de tous les musulmans de France.Ainsi se creuserait le fossé qu'ils rêvent d'ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens », a écrit M.Badinter hier.Flambée européenne Religiologue à l'Université du Québec à Montréal, Frédéric Castel note que la crainte de l'islam gagne du terrain dans toute l'Europe depuis plus de 10 ans.« Sur le long terme, il y a eu une montée forte.Les taux augmentent après un événement comme le 11-Septembre, et redescendent un peu quand les choses se calment », dit l'expert.Après les attentats, M.Castel note un regain de vie des groupes d'extrême droite sur le web.« Les groupes d'extrême droite et les groupes intégristes sont un balancier.Quand l'un des deux fait quelque chose, il donne du pouvoir à l'autre», note-t-il.M.Castel note que le Québec échappe pour le moment à cette dichotomie, ne comptant pas de groupes d'extrême droite et de groupes musulmans intégristes aussi visibles qu'en France et dans le reste de l'Europe.Quelques heures après l\u2019attentat de Paris, Amandine Gay a lancé #voyageavecmoi.Rapidement, des centaines d\u2019internautes lui ont emboîté le pas, invitant les musulmans à les rejoindre lors d\u2019un trajet en bus ou en train.La surveillance des djihadistes, un lourd défi pour la France M X IL J mm 3c m CT:ln m TI ZS ~T JT m t t i irillüi V ~ PtJLICE ' PHOTO FRANÇOIS NASCIMBENI, AGENCE FRANCE-PRESSE Des policiers surveillent l\u2019immeuble où habitait Saïd Kouachi, dans un quartier de Reims, à l\u2019est de Paris.Avec son frère Chérif, Sad Kouachi fait l\u2019objet d\u2019une vaste chasse à l\u2019homme.MARC THIBODEAU Le rôle présumé d'un djiha-diste connu des autorités françaises dans l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo met en relief la difficile tâche des forces de sécurité chargées de juguler la menace terroriste.Des experts consultés hier par La Presse soulignent qu'il est pratiquement impossible pour les agents luttant contre le phénomène dans l'Hexagone de tenir à l'œil tous les individus susceptibles de passer à l'acte.« En France, il y a des milliers d'individus qui ont une attitude potentiellement dangereuse et qui ont pu recevoir un entraînement.Le problème est si important que les ressources ne suffisent pas », note Lorne Dawson, professeur de sociologie de l'Université de Waterloo, qui chapeaute un important centre d'étude canadien du terrorisme.Même son de cloche de la part d'Éric Denécé, qui dirige le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), à Paris.« J'estime qu'il y a de 1500 à 2000 terroristes potentiels.Pour les surveiller tous, il faudrait de 8 à 10 personnes par individu.Ce n'est pas possible», souligne-t-il.Liste de priorités En l'absence d'effectifs suffisants, les autorités doivent établir des listes de priorités où les individus sont classés en fonction de leur degré de dangerosité apparent et surveillés en conséquence.Ces listes, dit M.Denécé, évoluent en fonction du comportement des suspects et des informations colligées par les forces de sécurité.Selon lui, les djihadistes les plus habiles tiennent compte du modus operandi des forces de sécurité et se comportent de manière à ne pas attirer l'attention jusqu'au jour où ils choisissent de passer à l'acte.Le stratagème peut notamment être utilisé par de jeunes Français qui rentrent au pays après avoir combattu en Irak ou encore en Syrie auprès de groupes islamiques radicaux.« Lorsqu'ils reviennent, ils ont normalement droit à une sérieuse discussion avec les autorités.S'ils n'ont pas commis de crime et qu'ils se tiennent tranquilles par la suite, on ne peut pas les mettre en prison.À moins d'un incident, la surveillance finit par se relâcher», indique M.Denécé.M.Dawson note que les forces policières canadiennes adoptent la même stratégie.« C'est une préoccupation constante en raison du manque de ressources.Les responsables que je rencontre disent qu'ils doivent réussir à déterminer qui sont les gens les plus dangereux.Régulièrement, certains individus sont ajoutés à la liste, d'autres retirés», relève-t-il.Surveillance passée Hier, le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve, a déclaré que les frères Chérif et Saïd Kouachi, au cœur de l'attentat contre Charlie Hebdo, « avaient fait l'objet de surveillance par le passé », mais qu'ils n'étaient pas soumis à une procédure judiciaire au moment de passer à l'acte.L'homme politique, cité par l'Agence France-Presse, a précisé qu'il n'y avait pas d'éléments les concernant « témoignant de l'imminence d'un attentat».Chérif Kouachi, qui est âgé de 32 ans, avait déjà été condamné à une peine de prison en raison de son rôle dans une filière visant à envoyer des combattants français en Irak.Il a aussi été poursuivi relativement à la tentative d'évasion d'un intégriste connu, Djamal Beghal.Lorne Dawson, qui étudie les mécanismes de radicalisation, estime que l'ampleur du défi auquel fait face la France découle notamment de la situation difficile de la communauté musulmane du pays, l'une des plus importantes d'Europe.Les immigrants de seconde génération, note le chercheur, peinent à s'intégrer et acquiè- rent un sentiment d'aliénation qui pousse un nombre important d'entre eux « à se tourner vers une nouvelle forme de fondamentalisme islamique » pour des raisons identitaires.Le nombre proportionnellement élevé de détenus musulmans dans les prisons françaises, où le radicalisme islamique est répandu, exacerbe les risques, ajoute M.Lawson.Selon les autorités françaises, c'est en prison que Chérif Kouachi serait tombé sous l'influence de Djamal Beghal.Même si l'émotion est vive après l'attentat contre Charlie Hebdo, Éric Denécé, du CF2R, juge que le bilan de la lutte antiterroriste en France demeure largement positif.Malgré l'importance des risques, souligne-t-il, moins d'une trentaine de Français ont été tués par des terroristes islamiques depuis les attentats du 11 septembre 2001 et des dizaines de projets d'attentats ont été déjoués par les autorités.« Le système marche, mais il y a malheureusement des individus qui sont passés à travers les mailles», souligne M.Denécé.« J\u2019estime qu\u2019il y a de 1500 à 2000 terroristes potentiels.Pour les surveiller tous, il faudrait de 8 à 10 personnes par individu.Ce n\u2019est pas possible.» \u2014 Éric Denécé, du Centre de recherche sur le renseignement à Paris A 6 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO Rire pour combattre la peur La caricature est un métier dangereux dans plusieurs pays JUDITH LACHAPELLE Que faire pour perpétuer la mémoire de Charlie Hebdo ?En entrevue à France Info, hier, l'avocat du magazine, Richard Malka, a soupiré.« Eh bien, il faut continuer à rire et à sourire.» Rire malgré la peine, c'est ce que Robert Russel continue volontiers à faire.L'homme est directeur du Cartoonists Rights Network International (CRNI), organisation établie à Washington qui défend la liberté d'expression des caricaturistes du monde entier.«Rire?Ça semble si simple, mais c'est la chose la plus puissante à faire», déclare M.Russel au bout du fil.La caricature n'est pas qu'un dessin rigolo, rappelle-t-il, c'est aussi l'une des armes que redoutent le plus les puissants.«Les tyrans, les fondamentalistes ne peuvent régner que si on a peur d'eux.Ils dominent par la peur.Si vous riez d'un tyran, vous n'en avez plus peur.Et les caricatures, qui se moquent des riches et des puissants, font rire les gens.Et ça, c'est quelque chose que les tyrans ne supportent pas.» Deux ennemis, moyennant quelques millions de dollars, peuvent s'affronter avec des chars d'assaut, des soldats, des fusils.Alors qu'un caricaturiste, avec seulement un crayon et une feuille de papier à trente sous, cause des dommages considérables.«En termes d'efficacité et de coût de revient, le caricaturiste assis à son bureau est un type d'ennemi dévastateur pour un tyran ! », dit M.Russel.Et le dessin a une force de frappe plus importante que les mots, estime Robert Russel.« Lorsque vous lisez le journal et que vous allez à la page de l'éditorial, vos yeux sont attirés par la caricature.Même si vous lisez i puis oubliez l'éditorial, vous allez vous souvenir de la caricature.Ces images restent collées dans notre esprit.» Alors, oui, dit Robert Russel, il faut continuer à rire.« Il faut continuer à rire, continuer à vouloir voir ces dessins, continuer à défendre la liberté d'expression même si ça nous heurte, parfois.Avoir de l'imagination, une pensée, des opinions, c'est essentiel à la survie de l'humanité.» Dessiner, malgré tout L'horreur de l'attentat de mercredi, survenu dans un pays doté d'une solide tradition de liberté d'expression, peut ébranler les caricaturistes occidentaux, note Robert Russel.« Mais dans la majorité des pays du monde, faire ce travail est tous les jours une question de vie ou de mort, dit-il.Un nombre surprenant de caricaturistes avec qui nous travaillons n'avaient jamais pensé que leur boulot allait leur donner autant de soucis.Ils pensaient faire des dessins rigolos, peut-être prendre certains risques, mais quand le monde leur tombe dessus, ils sont sous le choc, traumatisés.» Comme le Syrien Akram Raslan, arrêté en 2012, dont on ignore s'il est toujours en vie.Ou la Palestinienne Majda Shaheen, victime de menaces après avoir diffusé sur Facebook un dessin perçu comme une critique du Hamas.Pour le caricaturiste marocain Khalid Gueddar, vivre sous la menace fait partie du quotidien.L'homme a été traîné devant les tribunaux à deux reprises pour avoir osé caricaturer des membres de la famille royale.Hier, à Casablanca, il a confié sa peine d'avoir perdu ses amis de Charlie - il les avait tous côtoyés lors d'un stage au journal en 1998.«Dans la majorité des pays du monde, faire ce travail [être caricaturiste] est tous les jours une question de vie ou de mort.» \u2014 Robert Russel, directeur du Cartoonists Rights Network International « Il faut dire au monde entier que Charlie Hebdo n'était pas anti-islam», martèle-t-il.«Mais l'attentat montre que la liberté d'expression est toujours menacée par ce genre de secte qui croit à la violence, qui croit parler au nom de l'islam, alors qu'ils en sont loin.» « On est toujours menacés », poursuit-il.« Si on n'est pas menacés par des terroristes, on l'est par des lois dans des pays comme le Maroc, où la liberté d'expression vient de naître.On peut être victimes de procès arbitraires pour des dessins bidon.Mais on l'accepte, parce qu'on croit à cette liberté qu'on n'arrachera pas avec des armes, pas avec des assassinats, mais avec nos crayons et nos plumes.» « Mais on peut dire au monde entier que nous n'avons pas peur.Nos amis de Charlie Hebdo ont payé trop cher, on ne va pas les décevoir.On est là, on est vivants, on va continuer ce combat jusqu'au bout.» IMAGE FOURNIE PAR KHALID GUEDDAR Le caricaturiste marocain Khalid Gueddar promet de poursuivre le combat de ses amis de Charlie Hebdo pour la liberté d\u2019expression.Il a été traîné devant les tribunaux pour des dessins des membres de la famille royale.Climat de tension après une deuxième fusillade Un tireur abat une policière en banlieue de Paris puis prend la fuite PHOTO THOMAS SAMSON, LA PRESSE Peu après 8h, un homme a tiré sur deux policiers municipaux à Montrouge, en banlieue sud de Paris.L\\ ao'jsi moaaaivi lCAKAHTU ¦ m >ïOITAMIMA3H I VS ÉMILIE CÔTÉ PARIS Les Parisiens n'avaient pas encore absorbé le choc de la tragédie qui a frappé Charlie Hebdo quand ils ont appris au réveil qu'avait éclaté une nouvelle attaque meurtrière, hier matin, en banlieue sud.Un peu après 8 h, un homme a ouvert le feu sur deux policiers municipaux, à Montrouge, dont une patrouilleuse du quartier qui a succombé à ses blessures.Comme la veille, le suspect a réussi à prendre la fuite.L'agression a été classée acte terroriste par la justice française.Hier soir, au moment de mettre sous presse, la police avait placé deux personnes en garde à vue.Quittant rapidement une réunion de crise à l'Élysée pour se rendre sur les lieux, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a prié les gens de ne pas faire de rapprochement entre l'événement de Montrouge et la tragédie de la veille.Rien ne permet pour l'instant d'établir de lien entre les deux drames.Le ministre a prié les gens du quartier de faire preuve de «maîtrise» et de «sang-froid» afin de faciliter « le dénouement des enquêtes en cours dans les meilleures conditions».À la base, il s'agissait d'« un incident banal de la voie publique », a expliqué à La Presse David Meserey, vice-président de la CFTC, police municipale.Les deux policiers impliqués intervenaient pour un simple accident routier de routine quand le suspect leur a tiré dessus avec son fusil automatique, sur l'avenue Pierre-Brossolette.« La police municipale n'a pas pu répliquer puisqu'elle n'est pas armée », a précisé David Meserey.On a confirmé la mort de la femme trois heures après le drame.Quant à son collègue, un agent de la voirie, il est hors de danger après qu'on eut craint pour sa vie.«Mon mari m'a réveillée.Il m'a dit: il y a eu trois coups de feu et j'ai vu quelqu'un s'enfuir», a raconté à La Presse Dan, une voisine de 32 ans dont le logement domine la scène du crime.Un peu avant 11 h, une trentaine d'hommes cagoulés et lourdement armés de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) sont sortis en trombe d'un cortège de véhicules et d'un camion blindé pour sécuriser le périmètre.Leur arrivée musclée a créé un climat de haute tension parmi les gens et les commerçants du voisinage de la porte de Châtillon de Montrouge, situé dans le département des Hauts-de-Seine.Pendant ce temps, les autorités ont confirmé la mort de la policière.« Elle fait partie de la police municipale du quartier.On la croisait souvent», a confié Lizzie Boubli, une mère de famille qui conduisait ses enfants à l'école primaire située tout près du deuxième attentat meurtrier à Paris en moins de 24 heures.Après avoir entendu les coups de feu, Mme Boubli et d'autres parents ont immédiatement mis leurs enfants à l'abri à l'intérieur de l'école.« C'était un cauchemar.On a vu tout le monde courir.On n'y comprenait rien.C'est tellement arrivé vite.Et avec ce qui est arrivé hier.C'est inadmissible.» Déjà, les réactions et avis suscités par le drame qui secoue le pays créent des tensions politiques et sociales parmi les Français.Marine Le Pen a rappelé qu'elle entendait proposer un « référendum sur la peine de mort » si jamais elle est élue présidente de la République.D'autres représentants politiques appellent plutôt au calme.« Depuis hier, la terreur s'en est prise aux populations.Les gens ont peur dans le métro et devant les écoles.Les musulmans aussi ont peur.Ils ont peur des amalgames », se désole la conseillère municipale de Montrouge Liliane Graine.Selon elle, les Français n'ont pas encore saisi toute l'ampleur de la tragédie de Charlie Hebdo et ses répercussions à venir.«C'est trop dur.» « Mais là, nous sommes tous Charlie», a-t-elle conclu.«C\u2019était un cauchemar.On a vu tout le monde courir.On n\u2019y comprenait rien.» \u2014 Lizzie Boubli, témoin quia entendu les coups de feu LOTO QUÉBEC fRIEN Résultats des tirages du : 2015-01-08 02 04 07 08 jü 12 13 14 15 17 18 23 38 47 Le Front national se dit exclu de l \u2019«union nationale» 3\t7\tD\tA\tA *\t\t\t?\t Jour - Mois 08 MAI Année - Signe 12 POISSONS biMBn 01 02 05 09 11 21 23 25 26 211^^x5 JSS*WH!!l 29 38 45 47 56 57 61 66 69 70\t- 0 887 O 1481 11 1617 19 41 E|tra 3293938 + ^AXMJLLIONS Ce soir, 50 MILLIONS $ + 2 lots de 1 million $ (approx.) En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS \u2014 L'« union nationale » prônée par le président socialiste François Hollande après l'attentat contre Charlie Hebdo a été écornée hier par une polémique avec l'extrême droite, qui a dénoncé son « exclusion» d'un grand rassemblement, dimanche.Le président français a multiplié hier les entretiens à l'Élysée avec les dirigeants politiques du pays, dont son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012), à la tête du parti UMP, qui se pose en rival de la gauche pour la présidentielle de 2017.D'autres responsables de partis représentés au Parlement ont été reçus dans la journée.François Hollande poursuivra ces consultations aujourd'hui avec les principaux dirigeants des partis politiques ne disposant pas d'un groupe au Parlement: la présidente du parti d'extrême droite Front national Marine Le Pen, le centriste François Bayrou et l'ex-président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.L'union nationale a aussi été prônée dans l'organisation d'une « marche républicaine » dimanche à Paris, à l'appel de partis de gauche.Convié par le premier ministre Manuel Valls, le parti UMP de M.Sarkozy a annoncé hier qu'il y participerait.Mais le Front national, qui accuse à la fois MM.Sarkozy et Hollande de laxisme sur l'immigration, n'avait pour l'heure pas été convié, ce qui a provoqué l'ire de Marine Le Pen.« L'idée lancée par le président de la République d'une union nationale dont serait exclu un parti qui représente 25% des Français transforme cette union nationale en une vaste escroquerie politicienne», a jugé Marine Le Pen, à l'issue d'une réunion où avaient été invités l'ensemble des partis politiques sauf le FN. -s gb 9* Brault & Martineau Pour le meilleur et pour le prix .C\u2019EST LA.GRANDE LIQUIDATION D'INVENTAIRE! 142$' w/36 mois ou.108$' j /36 mois ou.iL\u2019ensemble] QUID.m /36 mois ou.V36 mois Sofa inclinable 2mcx PRIX DE LIQUIDATION 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CONTRE CHARLIE HEBDO Publier les caricatures ou pas?tùcn, _ IMAGE TIREE DE NEW YORK DAILY NEWS Le New York Daily News a publié hier sur son site internet cette photo de Charb prise quelques heures après l\u2019incendie criminel qui a ravagé les locaux de Charlie Hebdo le 2 novembre 2011.La rédaction du quotidien américain a brouillé la caricature de Mahomet qui figurait en une de l\u2019hebdomadaire satirique français.NATHALIE COLLARD MÉDIAS____________________ Deux approches s'affrontent sur la planète médias depuis l'attentat qui a coûté la vie à 12 personnes, dont 5 dessinateurs du journal Charlie Hebdo.D'un côté, ceux qui ont publié certaines caricatures controversées de Mahomet par solidarité, parmi lesquels on retrouve douze quotidiens francophones québécois dont La Presse (cet élan de solidarité a d'ailleurs été souligné par l'AFP hier).De l'autre, les médias canadiens-anglais qui, sauf exception (le magazine satirique Frank, entre autres) ont choisi de ne pas publier les fameuses caricatures.À The Gazette comme dans d'autres journaux du groupe Postmedia - Calgary Herald, Ottawa Citizen et National Post -, on a publié dans l'édition tablette la caricature de Mahomet qui avait soulevé les passions en 2006 «seulement parce qu'elle faisait partie de la nouvelle, précise la rédactrice en chef de The Gazette, Lucinda Chodan.Nous, les anglophones, avons une approche différente de celle des francophones.Nous sommes tout aussi horrifiés par les événements, mais nous hésitons à faire une déclaration politique.Nous préférons une posture d'observateur objectif de l'actualité.» Il semble qu'une banale erreur de communication ait empêché la publication de la caricature dans l'édition papier.Une sensibilité différente Pour Tom Henheffer, directeur général de l'organisme Canadian Journalists for Free Expression, cette différence dans les approches est une question de sensibilité culturelle.«Au Canada, nous n'aimons pas heurter les gens, affirme M.Henheffer en entrevue à La Presse.Notre paysage médiatique est également différent.Les Français vont à la jugulaire quand ils insultent le pouvoir.Nous critiquons aussi, mais pas de la même façon.Je ne dis pas qu'il y a une bonne ou une mauvaise manière de faire les choses; l'important, c'est que nous ayons le droit de le faire.Et nous nous battons pour que les gens aient le choix de le faire.Heureusement qu'au Canada, ce ne sont pas les lois qui dictent ce qu'on peut publier, ce sont les journaux qui décident.» « Le commentaire anticlérical des caricatures de Charlie Hebdo trouve sans doute plus d'écho au Québec que dans le reste du pays, croit pour sa part la professeure Colette Brin, directrice du Centre d'études sur les médias de l'Université Laval.Il y a aussi la proximité culturelle du Québec avec la France, même si on ne trouve pas d'équivalent satirique ici.Et il est clair qu'il y a un souci chez les médias canadiens-anglais, dans un contexte multiculturel, de ne pas offusquer les différents groupes.» Un souci confirmé par le responsable des normes journalistiques à la CBC, David Studer.« Nous n'avons pas publié les caricatures par le passé et nous ne le ferons pas aujourd'hui», a-t-il déclaré sur les ondes de CBC hier matin.La position de la CBC est similaire à celle adoptée par le Globe and Mail.Hier après-midi, la rédactrice en chef de CBC News, Jennifer McGuire, est revenue à la charge.Par respect pour les sensibilités des musulmans, a-t-elle écrit en substance sur le site de CBC, nous ne publions pas ces dessins, ce qui n'empêche pas qu'il y ait des avis contraires au sein l'entreprise.« Le mot dilemme existe pour une raison», a-t-elle ajouté.Parmi les voix discordantes, celle du journaliste Neil Macdonald, correspondant à Washington pour la CBC, qui a réalisé un reportage éditorial pour The National dans lequel il laisse clairement entendre qu'il ne partage pas l'opinion de son employeur.Des irresponsables Aux États-Unis, les grands réseaux comme CBS, CNN, Fox, NBC et MSNBC ont tous décidé de ne pas montrer les caricatures.CNN a suggéré à ses employés de les décrire, tout comme le New York Times, dont le patron, Dean Baquet, a changé d'idée plusieurs fois durant la journée avant d'arrêter sa décision finale, raconte l'ombudsman du quotidien, Margaret Sullivan, sur son blogue.Ailleurs dans le monde, la plupart des médias ont choisi de publier les caricatures controversées.D'autres, moins nombreux, se sont abstenus, dont la BBC, le Telegraph, le Jerusalem Chronicle (« Un journal juif comme le mien qui publierait de telles caricatures se retrouverait au début de la ligne de ceux que les islamistes souhaiteraient assassiner», a écrit son éditeur, Stephen Pollard, sur Twitter).Par souci de sécurité, le quotidien danois Jyllands-Posten, qui avait publié le premier les caricatures en 2005, a choisi de ne pas répéter l'expérience.Quant à l'hebdomadaire britannique The Economist, il s'en est pris durement à CNN pour sa décision, lui reprochant « d'obéir aux terroristes et de tuer les caricaturistes à nouveau».« On le voit bien, conclut Colette Brin, nulle part dans le monde le choix de publier n'est anodin.» « Les Français vont à la jugulaire quand ils insultent le pouvoir.Nous critiquons aussi, mais pas de la même façon.» \u2014 Tom Henheffer, directeur général de l\u2019organisme Canadian Journalists for Free Expression Vague de sympathie à la une des journaux du monde ?1.«0 tUDO.DOtMltDE EDITION vcmM JEUDI» JANVIER îois .v \u2019.Vil B E D AT ION, F C deVol ksk i(a ut La vaste majorité des journaux du monde occidental ont consacré leur une d\u2019hier au massacre survenu à la rédaction de Charlie Hebdo mercredi, dénonçant unanimement cette attaque contre la liberté d\u2019expression.Le slogan «Je suis Charlie» a été repris en français par plusieurs journaux de langue étrangère.Les quotidiens français, comme Libération, ont par ailleurs choisi le noir comme couleur dominante en une pour souligner le caractère sombre de l\u2019attentat qui a fait 12 morts.POLITIKENH CHARUE SAMEDI 10 janvier 2015 de 9h à 15h Armes antiques et modernes, militaria, épées, cartouches, etc.Ventes Achats Échanges L\u2019Association des Collectionneurs d\u2019Armes du Bas-Canada est un organisme sans but lucratif.Il a pour objectif de promouvoir la connaissance -\u2014»»\tdes armes anciennes et modernes.Il fait de plus \u2018 \\la promotion d\u2019une utilisation Irresponsable des armes et 1 ïjjV du respect des droits A des propriétaires Vf\u2019armes.Les nouveaux ,n'\t% membres sont les bienvenus.PLACE DESAULNIERS 1023, bout Taschereau Longueuil Organisé par l\u2019Association des Collectionneurs d\u2019Armes du Bas-Canada.Rens: (450) 445-5801 www.lca-canada.com Salon suivant: 14 mars 2015 Charlie HcWo, killed in ¦«ri9 îp*-\u2019 ¦\t«'rx A\u2019F RA ) V THURSDAY \t\t n\t\t \"\u2018V&V ; fi JE SUIS CHARLIE' Charlie 1/rMti lud repeatedly parodied lilamk- radical» and al times ter 12 people, including four cartoonists, wvre assassinated in the showed images of the prophet Mohammed, which is fartndtteii under Is-officr» of French satirical newspaper Ojfirfief/fMo in Paris.\tUntie law.As of press time.French police had identified three suspects.One man.IS, had turned himself in, and a manhunt WAS underway for the other two men.considered heavily armed and dangerous.French President François Hollande called the attacks \"exceptional bar* enduits\" Today, jour- Rallies broke oui across France and Europe, on social media rind on newspaper front pages and wubsiles as journalists joined citizen* tuid political leaders against llx-violent assailli on freedom ofexpression-\"Jt suis Charlie.\" (\u201cI am Charlie\"), became the rallying cry.similar to the famous \"We Are All Antrim» Now\" Hitt of French newspaper Le Monde barism,\" .mid President Obama said they wets following tliegFH attacks on the United Slates.\tnalisIS across the globe mourn with Flame.Happy 80th birthday, ElviS CAPITAL DOWNLOAD Rep.McSally know» firsthand of sexual abuse in military Farmer fighter pilot op of command.Fed prepared to start raising rates Mow could come within months, e»en if inflation BUD 1 : \\ Reviewed ^5 Best in show Reviewed cam and USA TODAY bring you the top gadgets from Vegas.See which products earned an Editors\u2019 Choke Award.BONUS SECTION D CHRISTINE BRENNAN Jameis Winston is now NFL\u2019s problem Florida Stale player outdjc Cosby\u2019s accusers, defenders line up His TV wife speaks up to bock him: three new accusers come forward. LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A 9 .ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO Endeuillés et meurtris RIMA ELKOURI CHRONIQUE Je n'étais pas Charlie.Je n'étais pas toujours d'accord.Cela n'enlève rien à l'effroi et à la colère que j'ai ressentis mercredi, en apprenant la nouvelle.Cela n'enlève rien à mon indignation devant cet attentat terroriste ignoble.Cela n'enlève rien à la tristesse infinie devant ces 12 vies perdues de façon aussi tragique.Cela n'atténue en rien ma colère devant ces dji-hadistes cagoulés qui, armes automatiques à la main, ont voulu faire taire un journal.Les Français parlent de ce jour sombre comme de leur 11-Septembre.Et comme pour le 11-Septembre, il Je n'étais pas toujours d'accord avec les choix éditoriaux de Charlie Hebdo.Je l'ai déjà écrit.Quand a surgi la controverse autour des caricatures de Mahomet en 2006, j'étais de ceux qui croyaient qu'il valait mieux, dans le contexte de l'époque, ne pas les publier.En 2012, quand le journal satirique, en pleine controverse au sujet de la diffusion sur le web d'un mauvais film américain se moquant de l'islam, a décidé de publier de nouvelles caricatures, j'étais aussi très critique.Si on est libre de publier uniquement ce qui fait l\u2019unanimité, on n\u2019est plus libre du tout.y aura un « avant » et un «après».Un «après» forcément douloureux.La tentation de répondre par la vengeance et la haine sera grande.Marine Le Pen l'a vite compris.Hier matin, la présidente du Front National a mis en ligne une vidéo où elle condamne l'idéologie meurtrière de l'islamisme radical tout en se disant en faveur d'un référendum sur la peine de mort si elle est élue à la tête de la République.Comme si une barbarie pouvait en chasser une autre.Mercredi, le contexte était tragiquement différent.À mon sens, par solidarité, il fallait publier les caricatures de Charlie Hebdo comme l'ont fait de nombreux médias d'ici et d'ailleurs.Il fallait le faire à la mémoire des victimes.Il fallait le faire pour réaffirmer notre attachement à ce principe fondamental qu'est la liberté d'expression.Cette liberté qui a été cruellement attaquée sans aucune justification possible.Il se trouve maintenant des gens pour dire que ce t* ; ' S iW, y.~ t.- PHOTO NIELS AHLMANN OLESEN, REUTERS Les Français parlent de ce jour sombre comme de leur 11-Septembre.Et comme pour le 11-Septembre, il y aura un «avant» et un «après».Un «après» forcément douloureux.mouvement de solidarité n'est qu'hypocrisie, que tous ceux qui étaient critiques hier sont coupables par association aujourd'hui.Des polémistes qualifient de lâches complices tous les médias qui ont refusé dans le passé de publier les controversées caricatures de Mahomet.Tout regard critique posé sur Charlie Hebdo est vu par certains comme une preuve de complicité avec les extrémistes djiha-distes.Comme s'il n'y avait plus que deux possibilités: soit vous renoncez à tout esprit critique à l'endroit de Charlie Hebdo, soit vous êtes avec les djihadistes.Soyons clairs : il n'appartient pas aux fanatiques de tracer les limites de la liberté de la presse.Si on est libre de publier uniquement ce qui fait l'unanimité, on n'est plus libre du tout.Dans des sociétés où la liberté d'expression veut dire quelque chose, on ne peut remettre en question le droit d'un journal de publier les caricatures qui lui plaisent, même (ou surtout) si cela déplaît.En démocratie, on doit toutefois pouvoir en discuter et en débattre.Car la liberté d'expression, c'est aussi la liberté d'exercer son jugement critique.La liberté de choisir ce qu'on publie ou pas dans un contexte donné.Établir un lien de cause à effet entre ce jugement critique et l'attentat contre Charlie Hebdo me semble pour le moins injuste.On en est malheureusement là.Endeuillés, meurtris, fragiles.Proies vulnérables pour tous les marchands de raccourcis simplistes.Mercredi, à Paris, il n'y a pas que la liberté qui fut noyée dans un bain de sang.Il y a aussi la nuance.«VIVE LA FRANCE!», ÉCRIT OBAMA *\u2022 \u2019 ! tO.PHOTO JIM BOURG, REUTERS «Vive la France!» : c\u2019est par ces mots que le président américain Barack Obama a rendu hommage aux victimes de l\u2019attentat contre l\u2019hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo à Paris en signant le livre de condoléances à l\u2019ambassade de France à Washington, hier.«Au nom de tous les Américains, je fais part aux Français de notre solidarité après cette terrible attaque terroriste à Paris, a-t-il écrit.En tant qu\u2019alliés à travers les siècles, nous sommes unis avec nos frères français pour nous assurer que justice soit faite.Nous avançons ensemble, convaincus que la terreur ne vaincra pas la liberté et les idéaux qui sont les nôtres, les idéaux qui illuminent le monde.Vive la France ! » Stephen Harper « Le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre» Le «mouvement djihadiste international» a déclaré la guerre et les Forces armées canadiennes poursuivront leur mission militaire en Irak tant et aussi longtemps que ce sera nécessaire, affirme le premier ministre Stephen Harper.Le premier ministre Harper y est allé de l\u2019une de ses déclarations les plus fermes au sujet de la menace terroriste, hier, en marge d\u2019une annonce faite en Colombie-Britannique et au lendemain de lattaque contre l\u2019hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris.« Il y a un mouvement djihadiste international qui a déclaré la guerre contre n\u2019importe quelle personne qui est différente d\u2019eux, a déclaré M.Harper.La réalité pendant les années à venir est que nous devons faire face à cela.C\u2019est la raison pour laquelle nous sommes avec nos alliés en Irak.» Le premier ministre a précisé que son gouvernement n\u2019avait « pris aucune décision sur les prochaines étapes» de la participation du Canada aux frappes aériennes contre le groupe armé Etat islamique.En octobre, lorsqu\u2019il avait décidé d\u2019envoyer une demi-douzaine de CF-18 pour aider ses alliés, le gouvernement avait évoqué une mission de six mois.M.Harper a ouvert la porte hier à la possibilité d\u2019un engagement plus long.« Nous continuerons à participer aux efforts de nos alliés contre cette menace.C\u2019est une menace réelle pour le territoire canadien.Et nous continuerons à aider nos alliés jusqu\u2019au point où cette menace ne continuera pas à représenter un défi pour notre pays.» Il a ajouté que «c\u2019est un mouvement qui a déclaré la guerre au Canada spécifiquement et qui a démontré les capacités de mener des attaques sur ce territoire.Et c\u2019est pourquoi nous allons continuer à faire ce qui est nécessaire pour éliminer cette menace».En plus des efforts militaires, «nous devons renforcer nos lois», a par ailleurs insisté le premier ministre.Le gouvernement planche depuis lattaque d\u2019Ottawa, en octobre, sur un projet de loi qui donnerait plus d\u2019outils aux forces policières et du renseignement afin de prévenir les menaces terroristes.M.Harper a évoqué la possibilité de faciliter l\u2019arrestation et la détention de suspects dans certaines circonstances, et l\u2019identification de menaces terroristes potentielles.« J\u2019anticipe que nous allons aller de lavant très tôt lors de la reprise de la session parlementaire avec des propositions législatives additionnelles», a-t-il déclaré.- Hugo de Grandpré BRONCHOSYL\" Sirop Aide à combattre la TOUX causée par le RHUME causée par la BRONCHITE Syrup Useful in relieving COUGH due to COLDS d u e t o BRONCHITIS BRONCHOSIRUM [NC.J7C 5E2 www.bio-actif.com NPN 00415693 un produit de santé naturel a natural health product 175 mL En vente partout mais pas n'importe où.-BioActif JM011888349 A10 la presse Montréal vendredi 9 janvier 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ACTUALITÉS LE TOUR DU GLOBE PHOTO ARCHIVES AFP PHOTO ARCHIVES REUTERS PHOTO TIRÉE DE TWITTER PHOTO REUTERS -A Libye L\u2019EI aurait exécuté deux journalistes tunisiens Cuba Les premiers entretiens avec les É.-U.le 21 janvier Arabie saoudite Appel américain pour éviter le fouet à un blogueur Syrie Une tempête de neige force l\u2019arrêt des combats La branche libyenne de l\u2019organisation Etat islamique (El) a affirmé hier avoir exécuté deux journalistes tunisiens portés disparus en Libye depuis septembre, une annonce qui a suscité l\u2019horreur en Tunisie.Dans un communiqué comportant des photos de Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, publié sur des forums djihadistes, le groupe affirme avoir «appliqué la loi d\u2019Allah» à leur encontre.-AFP Les Etats-Unis et Cuba auront à partir du 21 janvier à La Havane leurs premiers entretiens officiels en vue de la normalisation de leurs relations diplomatiques, a annoncé hier le département d\u2019Etat.Ces entretiens se tiendront en marge de discussions que les deux pays ont régulièrement sur les questions de migration, a précisé Jennifer Psaki, porte-parole de la diplomatie américaine.-AFP Les Etats-Unis ont demandé hier à l\u2019Arabie Saoudite d\u2019annuler une condamnation à un millier de coups de fouet qui doivent être infligés à un blogueur condamné aussi à 10 ans de prison pour «insulte à l\u2019islam».Raef Badawi, 30 ans, dont la femme et les enfants sont réfugiés au Québec, lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, est emprisonné depuis 2012 et a été définitivement condamné en novembre par la justice de son pays.- AFP Aucun mort de guerre n\u2019a été recensé mercredi en Syrie.Une première en plus de trois ans de conflit, dûe à une violente tempête de neige ayant provoqué un arrêt de combats, a indiqué une ONG hier.D\u2019autres réseaux de militants ont confirmé labsence de morts rapportées mercredi.Tout comme une grande partie du Moyen-Orient, la Syrie a été touchée mercredi par une tempête de neige, qui a privé des millions d\u2019habitants d\u2019électricité.\u2014 AFP NIGERIA Nouveau raid meurtrier de Boko Haram AGENCE FRANCE-PRESSE Le groupe islamiste Boko Haram a mené mercredi un nouveau raid meurtrier dans le nord-est du Nigeria, détruisant 16 localités des rives du lac Tchad, a-t-on appris hier, jour où le président nigérian Goodluck Jonathan tenait son premier rassemblement électoral.La ville stratégique de Baga, dont les islamistes avaient déjà pris le contrôle le week-end dernier, fait partie des localités rasées mercredi.Le bilan définitif des attaques successives menées ces derniers jours à Baga et dans les villages tout autour risque d'être difficile à établir, des milliers d'habitants ayant pris la fuite en direction de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, à moins de 200 km au sud, ou dans l'autre sens, vers le Tchad voisin.«Plus de 20 000 déplacés provenant de Baga et des villages alentour se trouvent dans un camp à Maiduguri », a déclaré à l'AFP Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l'État de Borno.Il a ajouté que des habitants de Baga et des villages voisins qui ont tenté de trouver refuge dans la brousse ont été poursuivis par les islamistes à moto, qui leur ont tiré dessus.« Des corps gisent toujours dans la brousse tout autour, mais il n'est pas prudent V ¥ IMAGE DE BOKO HARAM TIRÉE D'UNE VIDÉO YOUTUBE Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proféré cette semaine des menaces directes contre le Cameroun et son président Paul Biya, dans une vidéo postée sur YouTube.d'aller les chercher pour les enterrer», a-t-il déclaré.Quelque 560 personnes sont bloquées quant à elles sur une île du lac Tchad sans aucune nourriture, selon Abubakar Gamandi, chef du syndicat des pêcheurs de l'État de Borno, qui a pu les joindre par téléphone.« Certains sont en train de mourir à cause du manque de nourriture, à cause du froid et du paludisme, sur cette île infestée de moustiques », a ajouté M.Gamandi.L'insécurité est le thème central de la campagne électorale, dans le pays le plus peuplé d'Afrique, où les attaques sont quasi quotidiennes et où des pans entiers du nord-est sont contrôlés par Boko Haram.Des villages brûlés Des centaines d'insurgés lourdement armés avaient déjà lancé une attaque samedi sur cette région, s'emparant de Baga, un carrefour commercial de la région, de son importante base militaire et des villages des alentours après plusieurs heures de combat.Lors du raid de mercredi, les islamistes « ont entièrement brûlé » Baga et une quinzaine de villages, selon M.Bukar.En s'emparant de ces nouvelles localités, Boko Haram, qui a déjà pris le contrôle d'une vingtaine de villes et villages de la région, contrôle désormais des frontières stratégiques avec le Tchad, le Niger et le Cameroun, laissant craindre un embrasement régional.La prise de Baga revêt aussi une importance hautement symbolique, car il s'agit de la base de la Force multinationale (MNJTF), censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram.Toutefois, seules des troupes nigérianes étaient sur place au moment de l'attaque.Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proféré cette semaine des menaces directes contre le Cameroun et son président Paul Biya, dans une vidéo postée sur YouTube.Une armée sous-équipée Le président Goodluck Jonathan, qui brigue un « Plus de 20 000 déplacés provenant de Baga et des villages alentour se trouvent dans un camp à Maiduguri.» \u2014 Musa Bukar, responsable administratif de l'État de Borno second mandat le mois prochain, est vivement critiqué dans son pays et sur la scène internationale pour avoir échoué à mettre un terme à l'insurrection islamiste, qui a fait des milliers de morts depuis 2009.Son principal rival, le candidat du Congrès progressiste (APC, principal parti d'opposition) Muhammadu Buhari, un musulman du Nord célèbre pour avoir mené une « guerre contre l'indiscipline » particulièrement musclée pendant ses 20 mois à la tête d'une junte militaire dans les années 80, a promis de faire de Boko Haram sa priorité.Lors de son premier rassemblement de la campagne à Lagos, hier, M.Jonathan a affirmé que l'armée ne réussissait pas à venir à bout des islamistes parce qu'elle a été mal équipée par ses prédécesseurs.« Ces gens n'ont rien acheté », a-t-il clamé devant des milliers de sympathisants réunis dans le centre de Lagos.Alors que les violences se poursuivent dans le Nord-Est, de nombreux observateurs doutent de la crédibilité du scrutin s'il ne peut pas se tenir dans toute la partie du territoire aux mains des islamistes.La commission électorale a cependant promis que la présidentielle serait maintenue le 14 février.Kevin Vickers sera ambassadeur en Irlande Le sergent d\u2019armes qui a abattu Michael Zehaf Bibeau à Ottawa entrera en fonction le 19 janvier PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Kevin Vickers est un ancien officier supérieur de la GRC.Il a été nommé sergent d\u2019armes en 2006.M JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Considéré comme l'un des héros de l'attentat qui a eu lieu au parlement le 22 octobre dernier, le sergent d'armes Kevin Vickers sera ambassadeur du Canada en Irlande à partir du 19 janvier.Le premier ministre Stephen Harper a confirmé hier cette nomination qui vise à honorer M.Vickers, originaire du Nouveau-Brunswick, pour le rôle important qu'il a joué le jour de l'attentat au parlement, l'automne dernier.C'est M.Vickers qui a abattu le tireur fou, Michael Zehaf Bibeau, après que celui-ci eut fait irruption au parlement le 22 octobre.Avant de faire son entrée dans l'édifice du centre, Zehaf Bibeau avait tué le caporal Nathan Cirillo devant le Monument commémoratif de guerre du Canada.Depuis ces événements qui ont ébranlé la classe politique canadienne, M.Vickers avait cherché à éviter de s'attribuer tout le mérite de son geste de bravoure.Il avait aussi refusé toute demande d'entrevue des médias, son bureau faisant savoir qu'une enquête policière était toujours en cours.« Kevin Vickers a fait preuve d'un leadership et d'un dévouement sans borne pour assurer la sécurité du Canada et de ses institutions.Sa vaste expérience au parlement de même que son courage et son intégrité serviront à resserrer les relations bilatérales déjà étroites qui unissent le Canada et l'Irlande au cours des prochaines années», a déclaré M.Harper dans un communiqué.À titre de sergent d'armes, M.Vickers était responsable de la sécurité à la Chambre des communes.M.Vickers est un ancien officier supérieur de la Gendarmerie royale du Canada.Il a été nommé sergent d'armes en 2006.Dans un communiqué de presse, M.Vickers s'est dit honoré d'obtenir un tel poste au sein de la diplomatie canadienne.« En tant que Canadien de souche irlandaise des deux côtés de ma famille, il ne pourrait y avoir plus grand honneur pour moi.C'est avec beaucoup d'humilité que j'accepte cette invitation à servir mon pays ainsi.«Du même coup, je suis triste de quitter mes collègues et mes amis de la colline parlementaire.Ce fut pour moi un honneur d'occuper le poste de sergent d'armes et de travailler avec une équipe aussi dévouée au service des deux chambres du Parlement.Je garderai toujours d'excellents souvenirs du temps que j'ai passé ici», a-t-il affirmé.Une annonce saluée En Irlande, M.Vickers remplacera Loyola Hearn, ancien ministre du gouvernement Harper originaire de Terre-Neuve-et-Labrador, nommé ambassadeur en 2010.Les partis de l'opposition ont salué cette nomination.La députée néo-démocrate Hélène Laverdière, qui a servi dans trois ambassades à l'étranger avant de faire le saut en politique en 2011, a affirmé que M.Vickers est un homme fort respecté qui saura dignement représenter le Canada à l'étranger.« Je suis évidemment très contente pour M.Vickers.C'est un type qui m'a toujours beaucoup impressionnée.Je pense qu'il va dégager une bonne image du Canada à l'étranger.C'est sûr qu'il va avoir une courbe d'apprentissage importante parce qu'il n'a jamais travaillé dans la diplomatie.Mais je n'ai aucun doute quant à sa capacité de relever ce défi.Le ministère des Affaires étrangères va bien l'entourer, comme on le fait toujours quand ce ne sont pas des diplomates de carrière qui sont nommés», a dit Mme Laverdière.La chef du Parti vert, Elizabeth May, a abondé dans le même sens: «Je sais que Kevin Vickers fera preuve d'autant de professionnalisme, de dévouement et d'intelligence dans son nouveau rôle en tant qu'ambassadeur d'Irlande que dans son rôle à titre de sergent d'armes au parlement du Canada.Je suis fière de pouvoir dire qu'il est un ami et je lui souhaite tout le succès possible dans ses nouvelles fonctions.» LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A11 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ACTUALITÉS Haltes chauffées pour sans-abri ?Des intervenants suggèrent que l\u2019on aménage des lieux pour ceux qui boudent les refuges KATIA GAGNON Il faisait-41 °C, hierà2h30 du matin, quand l\u2019agent Laurent Dyke s\u2019est retrouvé devant le sans-abri.L\u2019homme était emmitouflé dans son sac de couchage.La navette qui aurait pu le conduire au refuge était garée tout près.Malgré tout, il ne voulait pas partir.Il refusait de se rendre dans l\u2019un des refuges de Montréal.« On s'est assis et on s'est dit : mais qu'est-ce qu'on peut faire ?», raconte l'agent Dyke, qui fait partie de l'Équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance (EMRII).« On n'avait rien pour agir.» Pour convaincre cet homme de dormir au chaud, des intervenants du réseau de la santé proposent d'établir un réseau de haltes chauffées lors des grands froids, afin de permettre aux sans-abri qui refusent d'aller dans les refuges de ne pas mourir gelés.« Il faudrait faire ce qu'on fait l'été lors des canicules.On va voir les personnes âgées et on leur dit: venez pour quelques heures dans une aire climatisée.On devrait faire la même chose par grand froid, avec quelques locaux chauffés.Ça pourrait même être certaines stations de métro qu'on laisserait ouvertes toute la nuit », explique Jason Champagne, directeur des services généraux et des programmes spécifiques au CSSS Jeanne-Mance.Quelques dizaines d\u2019irréductibles M.Champagne s'occupe depuis plusieurs années de Frais accessoires Inquiétude chez les propriétaires de cliniques ARIANE LACOURSIÈRE Entré en vigueur mercredi, le nouveau code de déontologie des médecins, qui interdit notamment aux médecins de facturer des prix déraisonnables pour les médicaments qu'ils administrent à leurs patients, inquiète l'Association des cliniques médicales du Québec.Le porte-parole de l'Association, Philippe Roy, explique que les cliniques survivent en partie grâce aux frais accessoires que paient les patients.« Le nouveau code est flou à ce sujet.On ne sait pas ce qu'on aura le droit de facturer ou non et ça crée beaucoup d'incertitude chez nos membres, explique M.Roy.Il y va de la survie de certaines cliniques.» Le nouveau code de déontologie prévoit que les médecins ne peuvent « réclamer des montants disproportionnés en paiement de fournitures médicales nécessaires aux traitements qu'ils administrent».« Les médecins pourront désormais facturer le prix coûtant du médicament, ou un tout petit peu plus pour payer certains frais administratifs, mais pas le triple ou le quadruple du coût», explique le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert.Le code précise d'ailleurs qu'une facture exposant en détail les frais accessoires doit désormais être remise aux patients.Québec devra trancher Le Dr Robert croit toutefois qu'il appartient maintenant au gouvernement de « prendre une décision » en ce qui concerne les frais accessoires.Depuis quelques années, les cliniques offrent de nouveaux traitements non couverts par le régime public.Certains médecins qui offrent ces traitements ont dû acheter des appareils très coûteux.Pour en amortir le coût, les cliniques ont commencé à facturer aux patients des frais accessoires importants, ce qu'elles ne pourront plus faire.Iil -I ' v.jgr.- \u2022\u2022¦v \u2019m PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE Malgré les efforts des intervenants en itinérance et des policiers, certains sans-abri choisissent de ne pas dormir dans les refuges.On parle de quelques dizaines d\u2019irréductibles sur le territoire montréalais.l'équipe itinérance du CSSS.Toutes les portes sont ouver-Chaque nuit de grand froid, tes dans les refuges, qui ne « Il y a une certaine cohorte, c\u2019est un peu l\u2019itinérance cachée, qui n\u2019ira jamais coucher dans un dortoir, mais qui se rendrait probablement dans un local chauffé.» \u2014 Jason Champagne, directeur des services généraux et des programmes spécifiques au CSSS Jeanne-Mance il envoie sur le terrain des intervenants qui tentent de convaincre les sans-abri de gagner les refuges.refusent personne et ont même démarré un service de navette pour faciliter le transit entre les établissements.Mais malgré les efforts de ces intervenants, combinés à ceux des policiers, certains choisissent de ne pas dormir dans les refuges.On parle de quelques dizaines d'irréductibles sur le territoire montréalais.Ces hommes ont chacun leurs raisons de refuser l'hébergement.Certains sont paranoïaques.D'autres ont peur des agressions sexuelles.Ou alors, ils ne veulent pas abandonner les effets personnels qu'on leur demandera de laisser de côté dans les refuges, pour des raisons d'hygiène.Dans le cas où la personne a clairement perdu le contact avec la réalité, les intervenants peuvent l'emmener de force à l'hôpital.« Mais quand les gens sont lucides et refusent, on ne peut rien faire.Le résultat, c'est qu'il y a des humains dehors quand il fait des températures glaciales.Ils sont en danger de mort », souligne M.Champagne.Se rendre dans un local qui n'est pas un refuge serait probablement une solution acceptable pour ces sans-abri récalcitrants, croit-il.« Il y a une certaine cohorte, c'est un peu l'itinérance cachée, qui n'ira jamais coucher dans un dortoir, mais qui se rendrait probablement dans un local chauffé.» La Direction de la santé publique de Montréal (DSP) a récemment publié un avis médical sur les mesures à prendre en période de grand froid, où on propose exactement la même chose.Lors des froids extrêmes - que la santé publique situe à -15 °C lorsqu'il y a du vent -, on pourrait « donner accès à des sites qui sont minimalement chauffés pour la nuit, idéalement pour du répit.Ces sites pourraient inclure des espaces publics chauffés, des édicules de métro, des sections du Montréal souterrain », suggère le Dr Stéphane Perron, de la DSP.Le Service de police de la Ville de Montréal n'est pas contre cette proposition.« Ça fait longtemps qu'on se pose cette question-là», dit l'agent Laurent Dyke.« L'idée des haltes-chaleur est intéressante, mais il faudrait qu'il y ait une certaine supervision», conclut Vincent Richer, commandant du poste de quartier 21.ENTREFILETS PHOTO WIKI COMMONS Leslie Roberts Global Présentateur suspendu pour conflit d\u2019intérêts Le présentateur de nouvelles de la chaîne Global Leslie Roberts a été suspendu hier, après qu\u2019une enquête du Toronto Star eut révélé qu\u2019il est l\u2019un des propriétaires d\u2019une agence de relations publiques dont les clients participent à son émission.Global a indiqué que le journaliste, qui avait caché sa participation dans la firme de relations publiques Buzz PR, est suspendu pour une durée «indéterminée».«Nous mènerons une enquête sur cette affaire», a déclaré une porte-parole de la chaîne télévisée au Toronto Star.La firme Buzz PR a notamment conseillé le bureau d\u2019avocats Diamond and Diamond afin qu\u2019il soit sélectionné pour participer à une émission diffusée sur Global.\u2014 Marie-Michèle Sioui Hausse du péage sur l\u2019A30 Les camionneurs réclament l\u2019intervention de Poëti L\u2019industrie du camionnage demande au ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, d\u2019intervenir pour limiter la hausse des tarifs sur le pont à péage de la nouvelle autoroute 30, tarifs qui ont bondi de 60 % en à peine deux ans.Le consortium Nouvelle Autoroute 30 a annoncé des hausses de tarifs de 20% pour les véhicules de promenade et de plus de 23% pour les camions qui emprunteront le pont Serge-Marcil, à compter de février.Le conducteur d\u2019un véhicule de promenade devra ainsi débourser 2,40 $ pour franchir le fleuve entre les municipalités de Salaberry-de-Valleyfield et Vaudreuil-Dorion, soit 40 cents de plus que maintenant.Le passage coûtait 1,50$ lors de l\u2019inauguration de ce nouveau pont, en décembre 2012.Pour les camions, le tarif établi à 1,15$ par essieu à l\u2019ouverture du pont est passé l\u2019an dernierà 1,50$, une première hausse de 30% qui avait été très mal accueillie par l\u2019industrie.À compter du 1er février, il passera à 1,85$ par essieu, ce qui représente, en deux ans, une hausse d\u2019un peu plus de 60% du coût de passage.PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE «Pour les entreprises, une augmentation aussi importante, pour une deuxième année d'affilée, ça devient dissuasif», a affirmé hier le président de l'Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, en entrevue à La Presse.\u2014 Bruno Bisson Hells Angels Le procès Diligence s\u2019ouvrira bientôt Quatre ans après l'opération Diligence, le procès des sept personnes toujours accusées dans cette affaire s'amorcera enfin.La sélection du jury débutera à la mi-février et le procès, qui se déroulera à raison de quatre jours par semaine, devrait durer un peu plus d'un an.L'enquête Diligence, menée par la Sûreté du Québec en octobre 2009, visait à démanteler un groupe d\u2019individus liés aux Hells Angels qui auraient tenté d\u2019infiltrer l\u2019économie licite en prenant le contrôle d\u2019entreprises de maçonnerie, dont celle de Paul Sauvé.Ce dernier devra d\u2019ailleurs témoigner au procès.D\u2019autres accusés dans cette affaire, dont le principal, l\u2019influent membre en règle des Hells Angels Normand Casper Ouimet, ont plaidé coupable et reçu leur sentence.Un autre, Steve Laliberté, a obtenu un procès distinct et a été acquitté.Le procès sera présidé par la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure, qui a pris la relève du juge Claude Champagne, dans la foulée du retrait de ce dernier pour des raisons qu\u2019on ne peut divulguer en vertu d\u2019un interdit de publication.Les sept accusés dont le procès commencera en février sont Louis-Pierre Lafortune, Jerry Purdy, Roberto Amato, Jocelyne Therrien, Daniel Lafond, Guy Drouin et Frédérick Turenne.\u2014 Daniel Renaud Importation de drogue Un proche de Raynald Desjardins inculpé Alain Charron, 66 ans, ancien tueur à gages du clan Dubois et proche des Hells Angels et du caïd Raynald Desjardins, devra être jugé parce qu'il est soupçonné d'avoir participé à l'importation de plus de 15 tonnes de résine de cannabis.Le prévenu a été inculpé par la juge Marie-Josée Di Lallo mercredi, à l'issue d'une enquête préliminaire qui s\u2019est tenue l\u2019an dernier et au cours de laquelle la magistrate a entendu une partie de la preuve qu\u2019on ne peut rapporter en raison d\u2019un interdit de publication.Charron a été arrêté avec quatre autres individus en avril 2012, à l\u2019issue d\u2019une enquête de la GRC baptisée Celsius visant à éventer des importations de résine de cannabis par bateaux en provenance du Pakistan.Charron est accusé de complot, d\u2019importation et de possession de stupéfiants dans un but de trafic.Il a choisi un procès devant jury et doit revenir en cour en mars.Ses coaccusés ont déjà plaidé coupable à des accusations de complot, dont deux individus liés au crime organisé irlandais, Brian Forget, 47 ans, et George Morton, 36 ans, respectivement condamnés à 61 et 37 mois de pénitencier.Charron fait face à deux causes simultanées.En effet, un an à peine après l\u2019opération Celsius, il a été de nouveau arrêté en compagnie d\u2019un autre ami de Raynald Desjardins, Louis Nagy, dans une opération de la GRC baptisée Célibataire visant à mettre au jour des complots d\u2019importation de cocaïne et de haschisch en provenance du Pérou et du Pakistan.Les procédures sont toujours en cours.\u2014 Daniel Renaud PHOTO O.JEAN, ARCHIVES LAPRESSE Alain Charron LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A12 DÉBATS André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Éric Trottier > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard et Alexandre Pratt > Directeurs principaux de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef ÉDITORIAL Avant d'accuser la France PAULJOURNET paul.joumet@lapresse.ca Alors que les corps des victimes de Charlie Hebdo étaient encore chauds, des commentateurs s'interrogeaient déjà sur la part de responsabilité du modèle français d'intégration des minorités.Cet examen est précoce et simpliste.Il repose sur une confusion entre trois concepts liés, mais distincts.L'intégration des immigrants, au marché du travail et à la société d'accueil; la laïcité, qui sépare le religieux de l'État; et enfin l'intégrisme, la religion devenue militante et violente.Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l\u2019intégration déficiente ne causent l\u2019intégrisme.Et elles ne suffiront pas à l\u2019éteindre.Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l'intégration déficiente ne causent l'intégrisme.Et elles ne suffiront pas à l'éteindre.Il n'existe pas de modèle d'intégration intrinsèquement supérieur aux autres.Chaque État cherche une réponse adaptée à son histoire, sa langue et ses institutions.Le Québec opte pour l'interculturalisme, le cousin du multiculturalisme canadien.La France mise sur l'approche républicaine.Partout, il y a des tensions.La ghettoïsation dans les cités françaises, couplée au chômage des jeunes et au passé colonial, y crée des problèmes particuliers.C'est parfois la goutte ou le baril d'essence jeté sur le feu.Mais ce n'est pas parce que cela alimente la menace que c'en est la cause initiale.Établir ce lien, c'est oublier un fait pourtant évident: l'islamisme existe aussi dans des pays où l'intégration ne pose pas problème.Par exemple, au Pakistan, où plus de 130 écoliers ont été exécutés par les talibans en décembre dernier.D'où le génie de la caricature de Charlie Hebdo, dans laquelle Mahomet se plaignait d'être «aimé par des cons », les islamistes.On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs.En France comme au Canada, l'intégrisme n'est pas seulement porté par des pauvres.Les djihadis-tes ne correspondent pas à un profil unique.Certains sont solitaires, d'autres sont organisés.Certains sont fous, d'autres sont diaboliquement rationnels.Ce refus d'admettre le pouvoir meurtrier de l'idéologie découle peut-être de nos sociétés libérales.Quand on croit que toutes les idées se débattent, on ne conçoit pas que des zélotes veulent tuer pour les leurs.L'extrême droite française risque de récupérer l'attentat pour amalgamer les islamistes à l'ensemble des musulmans, qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix.Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie.La bête théorie du choc des civilisations sert les islamistes, qui cherchent à polariser pour mieux recruter des fidèles.Mais il existe aussi un autre danger.Celui non pas de récupérer, mais d'étouffer le débat sur l'islamisme.Souvenons-nous que même si le Canada et la France avaient dénoncé l'invasion américaine en Irak en 2003, cela ne les avait pas épargnés des menaces terroristes.Le pacifisme et le plein emploi ne suffiront pas à éteindre la braise islamiste.OPINION asÆfc, ¦\t.\u2022 - \u2022\t.-4 .^ PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ.AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019est tous ceux et celles qui s\u2019expriment sur l\u2019actualité avec leur plume qui ont été attaqués par les assaillants du Charlie Hebdo, écrit Thomas Louis Côté.Sur la photo, une exposition organisée en Belgique en mémoire des disparus.Poursuivre, sans censure L\u2019attaque contre Charlie Hebdo touche tous ceux et celles qui s\u2019expriment sur l\u2019actualité THOMAS LOUIS CÔTÉ Directeur général, Festival de la bande dessinée francophone de Québec Comme pour l'ensemble du milieu de la bande dessinée et du dessin de presse, l'attentat qui s'est déroulé dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo nous a laissés bouche bée et incrédules.Certes, le dessin et l'humour satirique peuvent provoquer et déranger: Charlie Hebdo en a toujours été la preuve en riant de tout et de tous.Mais de là à subir une attaque armée?Cette attaque ne touche pas que Charlie Hebdo, ne touche pas que la France : elle touche tous ceux et celles qui s'expriment sur l'actualité par leur plume, en dessin ou à l'écrit.Espérons que cette tragédie n'aura pas l'impact malheureux et pernicieux de limiter la liberté d'expression que s'accordent normalement - et avec droit - les dessinateurs de presse.Souhaitons que ceux qui font dans l'humour politiquement incorrect, voire religieusement incorrect, continuent sans censure de dénoncer la bêtise humaine, sous toutes ses formes.Nous saluons la mémoire de ces grands auteurs, lâchement assassinés dans l'exercice de leur métier.Et nos pensées vont avec leurs familles et amis qui, au nom de la liberté d'expression, ont perdu des leurs dans cette tragédie.Nous sommes Charlie.Que répondre ?DROITS RÉSERVÉS/apcote@lesoleil.com OPINION Il faut surtout craindre l\u2019escalade GÉRARD BOUCHARD Historien et sociologue, l\u2019auteur est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les imaginaires collectifs.Il collabore régulièrement à La Presse Débats.On a bien raison de répéter que nous sommes tous aujourd'hui Charlie.Qui n'est pas atterré par le crime qui vient d'être perpétré?Et qui ne s'inquiète pas de l'avenir des rapports entre les musulmans et les autres membres des sociétés d'accueil où ils sont établis en Occident?Plus précisément: quel sera à court et à moyen terme l'héritage de cet événement?Certains se sont demandé si les journalistes de Charlie Hebdo ne porteraient pas une part de responsabilité dans ce qui vient d'arriver.Il me semble déplacé de poser cette question en ce moment.Quoi qu'on en pense, il y a une disproportion choquante entre le style provocateur qu'on pourrait reprocher au journal et la violence de l'attaque.Au-delà de la blessure qu'elle inflige aux proches des disparus et des conséquences qu'elle risque d'entraîner pour la liberté de presse, ce qu'on doit surtout retenir de cet attentat, c'est ce qu'il va apporter à la mécanique de l'escalade.Un tel engrenage se met en marche lorsque les partis qui s'affrontent ont tous d'excellentes raisons d'orchestrer une réplique en mode de surenchère.Parmi ces raisons, il y a souvent le sens du devoir, de l'honneur à sauvegarder, ce qui fait que la riposte est toujours vertueuse.Or, lorsque cette mécanique s'enclenche, on ne sait plus comment l'enrayer.Un combat inégal?Ce qui choque aussi, c'est que ce combat est inégal.Chez les terroristes islamistes, une foi débridée non seulement autorise, mais encore impose les actes les plus violents qui soient.De l'autre côté se trouvent des sociétés de droit tenues de traiter équitablement tout être humain.Il y a ici une autre disproportion, cette fois dans les règles du jeu.Mais cette disproportion nous fait honneur.Ce serait consacrer la victoire des terroristes si leurs crimes nous amenaient à relaxer nos règles pour épouser les leurs.Il y a un autre visage de l'escalade.Il est à prévoir que ces crimes odieux vont maintenant nourrir la bonne conscience des esprits intolérants et xénophobes toujours prompts à étendre à l'ensemble des musulmans des fautes et des culpabilités qui sont le fait d'une minorité.Il faudra donc garder la tête froide, c'est-à-dire se prémunir contre les généralisations excessives, réprimer la tentation de la vengeance, rester fidèles aux règles de droit qui s'appliquent à l'ensemble des citoyens et surtout éviter de se laisser guider par des stéréotypes malveillants qui finissent par empoisonner la vie de toute une société.Le débat québécois Notre gouvernement s'apprête à rouvrir le débat sur l'aménagement des rapports interculturels et sur la place de la religion dans notre société (deux projets de loi sont présentement en préparation, l'un au ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, l'autre au ministère de la Justice).Il sera évidemment impossible de conduire ce débat sans avoir à l'esprit ce qui vient de se produire à Paris.Il y a là en effet des leçons à tirer pour tout le monde.Mais nous serions mal inspirés d'orienter notre réflexion en fonction de cette référence.La situation du Québec n'est pas celle de la France.La violence qui s'est manifestée chez nous récemment ne revêt pas la même ampleur et ne procède pas des mêmes sources.Il faut aussi garder à l'esprit la bonne qualité des rapports que notre société entretient avec les immigrants musulmans.Ce serait faire preuve d'une grande irresponsabilité que de les compromettre par des initiatives mal inspirées.Les clivages sont faciles à creuser, difficiles à réparer.L'escalade est la pire ennemie.» Ce serait consacrer la victoire des terroristes si leurs crimes nous amenaient à relaxer nos règles pour épouser les leurs.> jiÿfii?PHOTO BERTRAND GUAY, AGENCE FRANCE-PRESSE Ce qu\u2019on doit surtout retenir de l\u2019attentat au Charlie Hebdo, c\u2019est ce qu\u2019il va apporter à la mécanique de l\u2019escalade, écrit Gérard Bouchard.Sur la photo, des soldats français patrouillent au pied de la tour Eiffel au lendemain de la tragédie.POURNOUSJOINDRÉ La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?\tVOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca\tÉcrivez-nous à debats@lapresse.ca RÉDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca\tABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement\t\tPUBLICITÉ 514.285.6931 PETITESANNONCES 514.987.8363ou1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca\t\tDÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca\tCARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la PresseAssociée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est impriméàTranscontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles,division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.GuyCrevier.Président et éditeur.\t\t\t LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 A13 ÀBIEN YPENSER Triste, mais prête à la riposte.Ma seule force de frappe: j\u2019ai pris un abonnement à Charlie Hebdo.Que nous soyons croyants ou pas, vive les crayons libres! \u2014 Marie-Hélène Guillemin-Batchelor, Saint-Armand DEBATS ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO il il il r i mi ni il i ii SUIS SUIS JE SUIS CHARI CHARLIE CHARLIE PHOTO REUTERS Outre les victimes de Charlie Hebdo, de nombreux autres journalistes à travers le monde meurent chaque année dans l\u2019exercice de leurs fonctions.Le mal absolu L\u2019attentat contre Charlie Hebdo n\u2019est qu\u2019un exemple extrême du sort subi par des journalistes dans de très nombreux pays ANDREW HESLOP Directeur, Liberté de la Presse, WAN-IFRA (Association mondiale des journaux) Il y a des statistiques alarmantes.61 morts.70 morts.74 morts.47 morts.44 morts.74 morts.Ces chiffres représentent le nombre de journalistes tués, chaque année, de 2009 à 2014.Ils sont plus de 1100 à avoir été tués dans l'exercice de leurs fonctions depuis 1992 -\tsi l'on s'en tient aux estimations les plus conservatrices.Alors que l'année commence à peine, Charlie Hebdo et la France pleurent l'assassinat de 10 journalistes et deux policiers.Ils seront, malheureusement, encore plus nombreux, à mesure que les mois passent.Lorsque des journalistes sont assassinés, c'est toute notre société qui saigne.Est-ce que cette dernière et infâme boucherie va enfin réveiller les consciences sur le fait qu'une atteinte à la liberté d'expression d'un journaliste est une attaque contre nous tous?Aussi bouleversant qu'il puisse être, l'abominable attentat qui a visé un des premiers hebdomadaires satiriques de Paris n'est pas un incident isolé.C'est un exemple extrême de la réalité brutale, souvent démentielle, à laquelle font face des milliers de professionnels de l'information à travers le monde.Parlez aux journalistes au Yémen, en Syrie, en Irak, au Pakistan, au Mexique et dans d'innombrables autres pays, et vous réaliserez que le choc et la peur ressentis par la France sont trop souvent familiers.Cette attaque s'est produite dans un pays qui, tout en luttant avec son identité multiculturelle, chérit la différence, l'exception culturelle et la diversité -\tLiberté, Égalité, Fraternité.Le coup est d'autant plus tragique pour tous ceux qui chérissent ces valeurs.Ce qui est accablant, c'est que le climat de haine qui alimente si régulièrement les attaques contre les journalistes dans le monde frappe pour la première fois, et avec autant de violence, le cœur des rédactions européennes.Alors que nous pleurons les victimes de Charlie Hebdo et que les circonstances et les motifs de ce crime s'éclairent d'heure en heure, le moins que l'on puisse espérer de cette tragédie est qu'elle puisse profondément marquer l'esprit assoupi des Européens.Nous allons réaliser à quel point nos libertés fondamentales sont devenues si précaires; à quel point la mise à mort de tout homme, toute femme, simplement parce qu'il ou elle exerce son droit à la liberté d'informer, représente le mal absolu.Que ce soit à Paris, Sanaa ou Bagdad, cela ne fait aucune différence.La solidarité est le meilleur remède à cette oppression.Mais la triste réalité - vu le peu d'attention portée aux innombrables tragédies subies par les journalistes au cours des dernières années -, c'est que, malheureusement, tant que la menace reste éloignée et que la barbarie n'explose pas dans votre propre jardin, tout cela reste une menace bien théorique, à laquelle on reste trop souvent insensible.Résister.en préservant la liberté de la presse L'attentat de mercredi frappe au cœur de la démocratie et ébranle même les nations aspirant à plus de démocratie.Une attaque sur une publication comme Charlie Hebdo - intrépide et irrévérencieux, imperturbable et inébranlable dans son irrévérence politique et sa critique de la société - est une attaque directe contre les valeurs défendues par nos sociétés.La tolérance, le «vivre-ensemble» et la défense d'une société conviviale qui ne suscite ni esclaves ni maîtres sont à la base d'une philosophie qui a maintenu l'Europe en paix depuis la Seconde Guerre mondiale.C'est l'ultime étalon du progrès moderne.Nous avons appris à respecter la différence tout en ne souffrant aucune exception à la règle qui veut que «je peux ne pas aimer ce que vous dites, mais je défendrai à la mort votre droit de le dire ».Jamais cette phrase n'aura eu autant d'écho dans les circonstances qui nous accablent cette semaine.Cet attentat éventre le continent le long de lignes de fracture que l'on voyait pourtant se réduire au fil des décennies.Tous les extrémismes - de droite, de gauche, économique, culturel ou religieux - cherchent à exploiter l'apparente fragmentation d'une Europe obsédée par la souveraineté nationale et à pousser les Européens à retomber dans le cercle vicieux de l'amertume, de la haine et du sectarisme qui ont miné notre histoire pendant trop de siècles.L'Europe est grande justement par sa diversité, ses paradoxes et sa complexité.Nous sommes le produit de notre histoire.Et cette histoire nous a appris que tout dogme d'origine religieuse, économique, politique ou sociale qui cherche à imposer une vision unique en usant de la violence court simplement à sa perte.Et là où cette leçon de l'histoire vacille, la presse a la responsabilité de rappeler leur passé aux Européens pour les aider à se projeter dans l'avenir.Il s'agit quasiment d'une mission d'intérêt général face à la défaite d'autres institutions.L'attaque du 7 janvier exploite les peurs générées par la méconnaissance de l'autre, l'ignorance religieuse et culturelle.Nous ne devons pas laisser faire, mais aussi veiller à ne pas réagir par un renforcement de l'appareil réglementaire: une solution à l'apparente facilité, qui endort le mal sans l'éradiquer et met en danger les libertés mêmes qu'une presse indépendante est pourtant destinée à protéger.Les leçons de nos cousins américains - le Patriot Act post-11-Sep-tembre en tant que réponse à la terreur -doivent nous rappeler que les menaces à l'égard de nos libertés ont des origines multiples.Prenons le temps de réfléchir, mais prenons d'abord le temps de porter le deuil.Si nous ne pouvons pas toujours anticiper la démence de fondamentalistes déséquilibrés, nous pouvons parfaitement contrôler notre réaction envers leurs actes dévastateurs.Après cette dernière tragédie, nous devons nous affranchir de la peur qu'ils devaient répandre.Ces victimes ont été martyrisées non pas au nom d'un prophète, d'une cause ou d'une croyance religieuse manipulée, mais par une vision déformée de notre propre monde.Le respect et la dignité envers ceux qui sont morts nous engagent à résister.Ils vivaient au nom de la liberté et sont morts en étant ses plus fidèles soldats.Parlez aux journalistes au Yémen, en Syrie, en Irak, au Pakistan, au Mexique et dans d\u2019innombrables autres pays, et vous réaliserez que le choc et la peur ressentis par la France sont trop souvent familiers.n\u2019y a pas de pourquoi Il est plus rassurant de dire «attentat islamiste» que dadmettre la folie des hommes GUY SORMAN Essayiste de renommée internationale, l'auteur a publié plusieurs Ç ouvrages sur l\u2019économie, la ' ^ mondialisation et l\u2019intégration .des immigrants.L'attentat contre Charlie Hebdo à Paris coïncide avec l'ouverture à Boston du procès du terroriste qui, en avril 2013, fit exploser une bombe à l'arrivée du marathon, tuant et blessant des centaines de coureurs.Dans les deux cas, les meurtriers se réclament de l'islam: ils prétendent venger l'agression occidentale contre des nations musulmanes, contre leur civilisation, contre leur religion.En France comme aux États-Unis, les auteurs semblaient bien intégrés à la culture majoritaire.À partir de ce simple et banal constat, chacun sera tenté de rationaliser, de proposer quelque explication logique à la folie meurtrière.Il se trouve des Occidentaux à mauvaise conscience qui feront porter par les victimes la responsabilité de ces crimes.À suivre ces défaitistes de la pensée, Charlie Hebdo n'aurait jamais dû ironiser sur l'islam, mais s'en tenir à son fonds de commerce initial, comme caricaturer le pape, par exemple: un anticléricalisme sans risque ! Cette autocritique qui transfère la responsabilité de l'assassin vers les victimes est une forme de culpabilisation de soi bien connue en psychanalyse.Mais si les Occidentaux cessaient de se mêler des affaires du monde, de vouloir exporter la raison et d'ironiser sur tout, seraient- Tous ces constats, de fait indéniables, décrivent; ils n\u2019expliquent rien parce qu\u2019au fond, il n\u2019y a pas d\u2019explication.ils encore des Occidentaux?Charlie Hebdo serait-il encore Charlie Hebdo s'il s'autocensurait et devenait politiquement correct?À l'opposé des donneurs de leçons, qui culpabiliseront les victimes, se situent les pseudo-rationalistes anti-islamiques.Eux nous disent: «Puisqu'à Boston comme à Paris, les assassins se réclament d'Allah, l'islam est donc la cause de leur acte.» Sauf que se réclamer d'Allah ne veut pas dire qu'Allah ait armé les terroristes.Si Allah est Allah, on l'imagine occupé à des tâches plus hautes que de gérer la folie de ses adeptes proclamés.Sur un milliard de musulmans dans le monde, qui n'obéissent à aucune autorité centrale ni locale, je doute qu'il s'en trouve beaucoup pour approuver les attentats de Paris ou Boston.Des crimes, point On envisagera donc, au rebours de toute emphase, que les crimes de Paris et Boston sont des crimes avant tout, qu'il est possible d'en décrire les circonstances et les acteurs, qu'il est possible de tracer des parallèles, de constater le détournement de l'islam, le conflit latent entre les valeurs occidentales et une certaine humiliation dans le monde arabe qui peine à entrer dans la modernité et dans la mondialisation qui lui est imposée.Mais tous ces constats, de fait indéniables, décrivent; ils n'expliquent rien parce qu'au fond, il n'y a pas d'explication.À Primo Levi, incarcéré à Auschwitz et qui voulait comprendre l'extermination des Juifs, un soldat nazi avait répondu: «Ici, il n'y a pas de pourquoi.» En d'autres termes, le Mal existe en soi, de même que la folie meurtrière existe par elle-même.Ce terme «attentat terroriste», auquel on peut ajouter, en cas de besoin, l'adjectif islamiste, ne sert qu'à nous rassurer, à introduire de la rationalité historique, à faire entrer l'inconcevable dans une petite case étiquetée à l'avance.Car il est plus rassurant de dire « attentat islamiste » que d'admettre la folie des hommes.À Boston ou Paris, cette folie s'est exprimée sous une forme et avec le vocabulaire de notre époque, de même qu'il y a un siècle, des assassins lançaient des bombes dans des enceintes politiques ou tuaient des chefs d'État au nom de l'anarchie, en hurlant «Vive l'anarchie»: équivalent aujourd'hui suranné de « Allah est grand».Un sommet de cette folie meurtrière inhérente à toutes les sociétés humaines fut sans doute atteint en Espagne quand, dans les années 30, le militant fasciste Jose Millan-Astray imposa comme cri de ralliement à ses troupes «Vive la mort».Cette pulsion de mort qui se drape dans l'idéologie du moment, elle sera toujours avec nous; vouloir l'expliquer revient à la légitimer, alors qu'« ici, il n'y a pas de pourquoi». A14 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn DEBATS ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO Les fous de Satan Chaque acte terroriste se produisant dans mon pays d'adoption ou dans n'importe quelle partie du monde me fait l'effet d'un coup de poignard dans le cœur, car il implique la violence, la souffrance, la perte de vies humaines et illustre la folie des hommes.Comment peut-on mener des actes de violence sur le sol de son pays d'origine ou d'adoption?Ces actes sont inadmissibles et méritent les plus lourdes condamnations.De confession musulmane et d'origine arabe, je suis fière d'être Québécoise d'adoption, mais extrêmement révoltée contre ces fous de Satan et non d'Allah, qui prétendent agir au nom de la religion musulmane qu'ils ne connaissent malheureusement pas.Mes proches et mes éducateurs m'ont toujours inculqué le respect et le partage avec l'autre.Ils m'ont également inculqué le respect des autres religions.Quel gâchis de perdre des journalistes, des dessinateurs talentueux et avant tout des êtres humains par la folie de fanatiques manipulés par des organisations terroristes ! Ces personnes sont mortes pour avoir osé tourner à la dérision avec ingéniosité les événements de la vie courante ! Je partage la souffrance des familles des victimes, de tous les Français et de tout être humain respectueux de l'autre.Nous avons connu plusieurs drames dans le monde en 2014: guerres, épidémies, conflits et actes terroristes.Que la paix et le respect soient au rendez-vous en 2015 et que la raison l'emporte sur la folie.Nada Tazi La maladie s\u2019est répandue Ne vous censurez jamais La liberté d'expression démontre la santé d'une civilisation.Pour ne pas avoir aidé et défendu cette liberté d'expression dans trop de pays malades, la maladie s'est répandue jusqu'à nous! Espérons maintenant que nos gouvernements y pensent lors de leurs relations économiques avec les nombreux pays où les journalistes sont détenus et les médias, censurés.Jacques Portelance et Isabelle Trottier Être un peu plus Charlie Ma résolution pour 2015: être un peu plus Charlie.C'est trop vrai que les Québécois n'aiment pas la chicane.Mais je viens de comprendre que nous n'avons pas appris à parler, à nous affirmer, à défendre nos opinions et à écouter celles des autres sans nous sentir attaqués.Pourquoi pas une nouvelle émission de télé intitulée La Voix où les candidats apprendraient à s'exprimer, un jeu-questionnaire qui traquerait les faux raisonnements?Colette Baribeau J\u2019ai honte Je n'ai jamais été un fan ni de la France, ni de Charlie Hebdo, mais vu les circonstances dramatiques de ce mercredi 7 janvier 2015, j'ai envie de crier et de hurler haut et fort avec beaucoup de frustration et de colère : Je suis Français, je suis Charlie et je suis musulman.Ces abrutis sans cervelle alliés de l'État satanique en Irak ont gagné à prendre des vies, mais ils ont échoué à terroriser les gens.Mieux encore, ils les ont unifiés et rendus plus déterminés dans un élan de solidarité à défier cette doctrine obscurantiste et barbare.Ils ont échoué à défendre l'islam et le Prophète parce qu'ils n'ont fait que dégoûter les gens de l'islam et rabaisser la réputation du Prophète par leurs actes criminels et odieux.J'ai honte que cette bande de barbares partage le même nom de religion que moi.Fehmi Damergi Les bougies de la démocratie Les tuer, c'est propager sur la queue enflammée de la comète médiatique le principe que l'on veut détruire la liberté d'expression.Jamais on n'a autant vu les caricatures reprochées.La haine est une mine qui détruit celui qui la porte, mais, paradoxalement, elle fait surgir ce qu'il y a de meilleur dans l'humain.En tuant douze personnes à Charlie Hebdo, on a allumé sur toute la Terre les bougies de la démocratie.Chacune de ces lumières dira que la solidarité pour garder vivante la chance de vivre dans un monde qui permet à tout un chacun d'avoir sa vision politique ou religieuse dans le respect des opinions contraires, voire des dérives, demeurera une valeur indestructible.Mille condoléances aux familles éprouvées.Jovette Groleau L\u2019incubateur à terroristes Quand la folie humaine rend Dieu complice de ses actes monstrueux, il est si facile de trouver un coupable en l'existence des religions.Pourtant, la vérité est possiblement ailleurs, tels ces inégalités sociales, ces millions de jeunes sans - ou avec peu - d'avenir qui croupissent de par le monde.Voilà où se cache l'incubateur à terroristes.Lors de mon voyage en Tunisie en 2012, j'ai été surpris par ce nombre effarant de jeunes hommes passant leurs journées au café, à jouer aux échecs ou aux cartes.Jacques P.Morin, Saint-Hyacinthe Bien que je sois très souvent en désaccord avec l'équipe éditoriale de La Presse, ce qui s'est passé mercredi me trouble.Dans un monde civilisé, nous avons le droit de nous exprimer et le droit d'être en désaccord.Je ne serai pas plus souvent en accord avec les éditoriaux de La Presse, mais les Pratte, Dubuc et Gagnon ont droit à leur liberté d'expression, cette liberté qui nous est tous si chère.Que les éditorialistes me fassent rager parfois, c'est bon pour la démocratie, et si n'importe qui peut empêcher les gens de s'exprimer, que vaudra notre démocratie?Ne vous censurez jamais, même si parfois vos propos me déplaisent.Je préfère être déçu que vivre dans un monde censuré.Denis Cusson A-t-on le droit de rire de Mahomet?J'entends les leaders des communautés musulmanes dire qu'ils condamnent sans équivoque l'événement tragique du Charlie Hebdo, mais personne ne leur pose la seule question valable et éclairante: a-t-on le droit, selon le Coran et l'islam, de rire, d'imager ou de caricaturer le prophète Mahomet?Oui ou non?La réponse dira tout sur les moyens à prendre pour éviter que d'autres drames du genre ne se reproduisent.Je suis Charlie! Est-ce que les musulmans le sont aussi?Pierre Viau, Saint-Eustache PHOTO KENZO TRIBOUILLARD, AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs personnes ont continué de se recueillir au lendemain de l\u2019attentat qui a décimé la salle de rédaction de Charlie Hebdo, à Paris.l'attentat de Paris, la «classe journalistique» se sent blessée profondément et a enfin ses martyrs de la liberté.Robert Jacques, Boisbriand Les dérives de l\u2019islam Il y a des préceptes dans l'islam qui veulent réguler la vie en société.Et ce ne sont pas que les produits d'un islamisme radical quand, dans un pays comme le Maroc, le Conseil supérieur des oulémas, organe officiel présidé par le roi Mohamed VI, rend en 2013 une fatwa recommandant la peine de mort pour apostasie; quand, au Québec, Salam Elmenyawi, président du Conseil musulman de Montréal, endosse le même avis entre autres envers Salman Rushdie (La Presse, 16 juin 2003).Alors faut-il se surprendre que des États musulmans appliquent la peine de mort, comme le 24 décembre dernier, en Mauritanie, contre un jeune homme, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, pour apostasie parce qu'il «a parlé avec légèreté du prophète Mahomet » et critiqué des décisions prises par celui-ci durant les «guerres saintes» ?Ou, comme au Soudan, où une jeune femme enceinte a été condamnée en PHOTO LAURENT DARD, AGENCE FRANCE-PRESSE Le crayon est en quelque sorte devenu l\u2019un des symboles de la liberté d\u2019expression.la ronde?Ces lamentations de lendemain de veille?Ces pleurnichages à la chandelle?Ces attroupements inutiles?Agir avant! Pas après! Après, la bataille est perdue.Comme la guerre le sera si on n'agit pas avant.Jacques Aubé, Val-d'Or Réécrire le Coran ?Qu'attendent les autorités islamiques, oulémas et imams, pour faire le débat de la refonte de leurs textes, Coran et Sharia, qui font la promotion de l'assassinat de tout ce qui n'est pas musulman.Il ne sert à rien de se proclamer musulman modéré si le premier coucou venu peut s'appuyer sur ces textes pour justifier la perpétration d'actes barbares.Vive la liberté d'expression et longue vie à Charlie Hebdo ! Serge Ménard, Montréal Les autres libertés d\u2019expression Triste nouvelle, mercredi, au réveil de tous les Nord-Américains: la liberté d'expression est attaquée en France.Étant moi-même Français, cette tragédie semble me toucher droit au cœur.Mais ces derniers temps, la France m'a beaucoup déçu par son manque d'ouverture sur les différences.Rares, les moments où l'on parlait en bien de la France dans les médias.Manifestations contre les droits des homosexuels et, hier encore: manifestations à Paris contre l'islamisation en Europe.Je m'en rongeais les ongles.Aujourd'hui, je salue le courage des Français et leur détermination à combattre la liberté d'expression! Un espoir naît en moi lorsque je vois tous ces gens réunis place de la République, brandissant ce fameux «Je suis Charlie».Mais n'oublie pas, ma tendre France, que les droits des homosexuels ou les droits religieux sont également une liberté d'expression.Durant votre deuil, vous ferez honneur à tous les Charlie gais ou musulmans de ce monde.Prends soin de toi, chère France fragile.Nicolas Gonnet Plus victimes Le tabou de la liberté d\u2019expression L'interdit d'émettre quelque critique à l'égard de Charlie Hebdo m'étonne.Si, hier ou aujourd'hui, une voix ose dire que ce journal allait peut-être parfois trop loin, on s'empêche rapidement de la faire taire.Charlie n'est tout de même pas responsable de la violence perpétrée.Toutefois, lors du 11-Septembre, certains se sont permis de dire que l'arrogance des Américains y était peut-être pour quelque chose.Par exemple, à la question «Croyez-vous que c'est l'arrogance des Américains qui a provoqué cette guerre [sic]?», Guy Gendron, journaliste à Radio-Canada répondait sur son blogue du 11 septembre 2002: «Les États-Unis sont sans doute la seule superpuissance planétaire et, à ce titre, ils sont une cible privilégiée pour ceux qui veulent s'en prendre à une civilisation.C'est ce qu'Al-Qaïda a voulu faire.Mais sans doute que le comportement des Américains - et certains diraient du capitalisme - a rendu la chose plus tentante».Pourquoi est-il possible de s'interroger sur l'arrogance des Américains et non sur celle de Charlie Hebdo ?Se peut-il que la liberté d'expression soit pour certains seulement?Il est vrai que dans mai 2014 à la pendaison pour apostasie, en plus de 100 coups de fouet préalables?Ou encore, comme en Arabie saoudite, où Raef Badawi a été condamné à 1000 coups de fouet parce qu'il avait osé réclamer plus de libertés pour les femmes?Le monde musulman a un sérieux examen de conscience à mener sur ses propres dérives avant de chercher à faire croire que l'islam endosse la liberté d'opinion et d'expression de celle-ci.Pierre-Alain Cotnoir Agir avant Je suis Charlie.après coup.Quand ça ne compte plus.Quand il est trop tard.Où étions-nous en 2006?Le journal danois, on l'a oublié?La reprise des caricatures par Charlie Hebdo ?Où étions-nous?L'appui qu'elles méritaient massivement, ces deux feuilles téméraires, courageuses, où était-il?Vingt ans plus tôt, Les Versets sataniques ?Ce pauvre Rushdie.Seul ou presque.Même ses confrères écrivains.Attaque de mutisme.Personne pour s'écrier «Je suis Salman».Plus près de nous, ce navet d'Hollywood.Lamentable.Comme le film d'ailleurs.Heureusement, pour une fois, Obama s'est repris.L'Occident fait dans son froc.Ça vous touche, vous?Ces jérémiades à que les autres Je suis évidemment outré, scandalisé et même révolté de ces actes terroristes insensés.Mais la vraie question que je pose devant ce tollé de récriminations de la part de tous les journalistes, éditorialistes et caricaturistes de la planète: sont-ils plus victimes que toutes les autres victimes de ces fous de Dieu?Comme j'ai lu [hier] matin: «Un attentat de trop!» Allo, la planète médias, ça fait plus de 30 ans que des victimes innocentes sont tuées, ont-elles moins de valeur que des journalistes?Les assassins ont-ils moins frappé le cœur de la démocratie en assassinant des politiciens, des enfants, des mères de famille?Votre parti pris pour la liberté d'expression me dégoûte, car chaque enfant, chaque mère qui n'est pas caricaturiste ou journaliste méritait aussi toute votre indignation.On se regarde trop le nombril dans les médias et on vend de la copie ou on fait des cotes d'écoute avec votre sectarisme.C'est toujours plus grave quand c'est notre petite gang qui est touchée, mais je crois qu'il y en a beaucoup qui, comme moi, se demandaient mercredi matin pourquoi cela serait-il plus révoltant pour la démocratie que les quelques centaines de milliers d'autres tués par les mêmes fous d'Allah à travers le monde?Guy St-Michel, Sainte-Julie LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 LA PRESSE ARTS LECTURE A15 PHOTO STÉPHANE DE SAKUTIN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE YW-f/Mâ, / f/ David Foenkinos a causé la surprise à l\u2019automne en remportant le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens.Un doublé jamais vu pour un roman, Charlotte, que rien ne destinait à de tels honneurs.Nous avons parlé avec lui de ce livre qui a marqué l\u2019année littéraire française et de sa vie.JOSÉE LAPOINTE Avec ses comédies douces-amères, David Foenkinos est abonné au succès depuis ses débuts.L'auteur de La délicatesse a rompu avec cette recette gagnante avec Charlotte, qui raconte l'histoire vraie de Charlotte Salomon, peintre juive qui est née à Berlin en 1917 et dont le destin tragique - elle est morte à Auschwitz à l'âge de 26 ans, enceinte - n'a d'égal que l'immensité de son talent.Passionné et habité par l'œuvre de Charlotte Salomon, David Foenkinos est surtout heureux de l'impact de son livre.pour elle.«Tout ça est tellement inattendu et très fort émotionnellement parce que ça signifie que des milliers de personnes la découvrent.C'est émouvant pour un auteur, cette capacité de faire partager une passion.Les distinctions ont apporté un éclairage encore plus fort sur elle, et ça m'a rendu fou de joie.» L'Histoire qui prend sa revanche finalement.«C'est vrai.Quelqu'un m'a dit récemment que tous les prix que j'ai reçus, c'est un peu comme ceux qu'elle n'a jamais pu aller chercher.» Mission accomplie David Foenkinos est lucide et sait très bien que le succès du livre était loin d'être garanti, même s'il n'a jamais « cherché le public » avec ce projet.« Je le sais, ce qu'ils disaient, les gens, cet été.Ils me trouvaient fous de faire ça ! Moi-même, je ne m'attendais pas à en vendre beaucoup.Il paraît puissant, ce livre, en ce moment, mais ce n'était pas le cas au début.» Quatre mois après sa sortie et deux prix plus tard - le livre a également été finaliste au Goncourt -, Charlotte s'est c'est vraiment au-delà de mes espérances.» L'écrivain a longtemps cherché la forme que le livre devait prendre.Tellement qu'il a cru qu'il « n'existerait jamais».«J'ai dû le recommencer dix fois, et il semble que la dernière était la bonne.» La décision de l'écrire « à la ligne » (une phrase, une ligne), donnant à son roman l'allure d'un long poème, s'est finalement imposée.Un choix osé, qu'il assume complètement.« Quand j'ai compris que ce livre avait besoin de ça, ça m'a complètement libéré.Ça adoucit le récit, à l'image de l'œuvre de Charlotte qui est pleine de lumière.Et puis, il y a un rythme de traque, de fuite qui fait que les gens courent un qu'il y ait une possibilité opportuniste là-dedans.Un auteur comme moi, avec cette image grand public, avait tout à perdre en faisant un livre là-dessus.Ça aurait pu être le bazooka dans tous les sens.Moi, je crois qu'on peut être multiple, aimer l'humour et la peinture allemande en même temps.» Et puis, même si le destin de Charlotte est lié aux événements mondiaux, David Foenkinos, lui, n'a pas l'impression d'avoir écrit un livre sur la Shoah.« On ne peut pas résumer l'existence d'une telle femme à sa seule finalité.J'ai voulu la raconter dans son identité propre, remettre dans le présent une femme brillante, cultivée, moderne et fascinante.» «Tous ces jeunes qui parlaient de Charlotte comme si elle était entrée dans leur vie, comme si elle existait maintenant.» \u2014 David Foenkinos, au sujet du Goncourt des lycéens qu\u2019il a gagné pour son roman Charlotte vendu à 400 000 exemplaires, est présentement no 1 des ventes en France et a su rallier, à quelques exceptions près, le public et la critique.L'auteur de 40 ans a consacré huit ans de sa vie à Charlotte Salomon.Il est allé sur ses traces à Berlin et dans le sud de la France, où elle s'est exilée et a créé son œuvre autobiographique Vie?ou théâtre?, avant d'être dénoncée et envoyée au camp de concentration.« On m'a souvent regardé comme un psychopathe, avec mon obsession», admet-il.Mais il peut maintenant dire mission accomplie.« En fait, juste de le terminer et d'arriver à mettre des mots sur ce que je ressentais, c'était déjà mission accomplie.Alors ce qui se passe, peu avec Charlotte, dont la vie a été une fuite permanente.» Fierté S'il est fier de ses deux prix - « Le Renaudot, c'est extrêmement prestigieux, je m'inscris dans une lignée que je trouve magnifique » -, David Foenkinos a une tendresse particulière pour le Goncourt des lycéens.« Tous ces jeunes qui parlaient de Charlotte comme si elle était entrée dans leur vie, comme si elle existait maintenant.» Dans le concert d'éloges, quelques notes discordantes ont accusé l'auteur de se bâtir une crédibilité sur le dos de la Shoah.« Oui, je sais, vous faites allusion aux Inrock.Mais je ne crois pas qu'on puisse imaginer une seule seconde Chose certaine, il y aura dans la vie de Foenkinos un avant et un après Charlotte.Que fait-on après un livre comme celui-là?«Je ne sais pas.D'habitude, j'ai plein d'idées les unes après les autres.Là, non.Je suis allé au bout du bout pour faire ce livre.Et je le vis encore pleinement parce que je n'ai pas d'autre projet.» Il suit de près le montage d'expositions qui s'en viennent, la traduction des livres, les rééditions de catalogues, et espère qu'un projet de film naîtra de tout ça.« Et je collecte encore de nouvelles informations sur Charlotte, je suis encore complètement, entièrement avec elle.Ce qui est certain, c'est que je ne suis pas près d'écrire un autre livre.» CHARLOTTE DAVID FOENKINOS GALLIMARD, 224 PAGES DAVID HIENKI.VOS CHARLOTTE mf _____A Extrait Sur le chemin du retour, elle respire profondément.Ce jour-là, c\u2019est la naissance de son œuvre Vie ?ou théâtre ?En marchant, elle pense aux images de son passé.Pour survivre, elle doit peindre son histoire.C\u2019est la seule issue.Elle le répète encore et encore.Elle doit faire revivre les morts.Je dois aller encore plus profondément dans la solitude. A16 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 9 JANVIER 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS LECTURE LES TRIBULATIONS DU DERNIER SIJILMASSI > FOUAD LAROUI JULLIARD, 330 PAGES ?l-ouad # Laroui I es I ri lui la lions du dernier SîjiIniiissi Récompensé par le prix Jean-Giono 2014, ce roman aux allures de conte philosophique est né d\u2019une réflexion sur la vitesse.Alors que son grand-père ne s\u2019est jamais déplacé plus vite que le galop du cheval et que son père n\u2019a jamais pris l\u2019avion, l\u2019ingénieur Adam se promène entre la Chine et l\u2019Inde pour vendre le bitume d\u2019une multinationale marocaine.« Qu\u2019est-ce ce que je fais ici ?», se demande-t-il dans un Boeing au-dessus de la mer d\u2019Andaman.Il décide de ralentir son rythme de vie.Après avoir remis sa démission, perdu sa femme et son appartement de fonction à Casablanca, Adam retourne à pied dans son village natal pour retrouver ses racines.Il découvre la philosophie arabe dans les livres laissés par son grand-père, ce qui suscite chez lui un questionnement sur la vie moderne, la société, la religion, la culture européenne.Et aussi sur le rôle des intellectuels maghrébins coincés entre les régimes tyranniques et les intégristes.Le propos est sérieux mais le ton léger est pimenté d\u2019humour.Marocain d\u2019origine, Fouad Laroui vit entre Paris et Amsterdam où il enseigne la littérature.\u2014 Andrée LeBel BYEBYE ELVIS CAROLINE DE MULDER ACTES SUD 279 PAGES ?> .ELVIS.CAROLINE DE MULDER Dans son troisième roman, l\u2019auteure belge Caroline De Mulder raconte deux histoires en parallèle.Celle d\u2019Elvis Presley d\u2019abord, issu d\u2019un milieu pauvre et rural, porté au faîte de la gloire, avant de sombrer dans la toxicomanie et les troubles alimentaires, puis de mourir prématurément.Celle d\u2019Yvonne ensuite, veuve parisienne désargentée qui, au début des années 90, entre au service de John White, vieil Américain riche et sympathique, mais bourré de manies et au passé mystérieux.Si la biographie du roi du rock\u2019n\u2019roll s\u2019avère fascinante d\u2019emblée, la force de Bye Bye Elvis réside dans la description de la relation ambiguë, empreinte d\u2019amour et de dépendance, qui se tisse entre Yvonne et John White, alors que ce dernier voit sa source de revenus se tarir et que le duo improbable sombre progressivement dans la misère.La dignité de ces deux écorchés, solidaires malgré la déchéance physique et matérielle, tranche avec les dernières années de la vie d\u2019Elvis, isolé parmi une coterie de profiteurs.Les descriptions incisives et la narration directe de Caroline De Mulder transforment ces deux portraits de la misère humaine en récits haletants et porteurs d\u2019espoir.\u2014 François Richard LE MÉTÉOROLOGUE OLIVIER ROLIN SEUIL PAULSEN 206 PAGES > ?11/2 Olivier ,e météorologue Alexeï Féodossiévitch Vangengheim mettrait au point une nouvelle façon d\u2019analyser la couleur du temps au sein de l\u2019URSS, alors le plus grand pays du monde.Dans les années 30, la science progressait à grands pas, grâce à des esprits comme lui, qui croyaient travailler à la construction du socialisme.Jusqu\u2019à ce jour de 1934 où il fut dénoncé et vite condamné à 10 ans d\u2019exil intérieur dans un camp des îles Solovki, au pôle Nord.Il crut d\u2019abord à une injustice, puis le temps passa jusqu\u2019en 1937 où il fut transféré et disparut dans le tourbillon de la Grande Terreur.Olivier Rolin reconstitue avec minutie sa détention à partir des lettres à sa femme et à sa fille, puis son exécution sinistre à partir d\u2019une longue enquête où il met à contribution son érudition pointilleuse.Ce faisant, il montre que Vangengheim n\u2019était pas un héros, encore moins le saboteur décrit par le régime stalinien, mais un honnête homme qui a cru à une erreur (pas même à une injustice) du système qui l\u2019a impitoyablement broyé, comme des millions d\u2019autres.Pour honorer sa mémoire, Rolin reproduit aussi l\u2019herbier qu\u2019il a livré à sa jeune fille Éléonora, morte un an avant que ne commence son enquête.\u2014 Rudy Le Cours LENFANT DES MARGES FRANCK PAVLOFF ALBIN MICHEL 240 PAGES > ?1/2 K rands Pavloff L\u2019enfant des mi Michel il ytWM s ifc/iT y OUK \" -
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