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Titre :
Lettre de M. de Chaussegros au sieur [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry, son frère. M. de Chaussegros a reçu les deux procurations pour la vente de la maison de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry à M. de Mine
Date de création :
25 avril 1744
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Version intégrale légèrement normalisée : «À Toulon le 25e avril 1744. J'ai reçue mon très cher frère la lettre que vous m'avez fait plaisir de m'écrire ravi de vous savoir tous en bonne santé de même que du Rétablissement du cher fils qui m'aurait rendu très inquiet si je n'avais pas su les assurances que le médecin vous en a fait. J'ai reçu aussi les 2 procurations pour passer la vente de votre maison à monsieur de Mine, que je n'ai pas jugé à propos de laisser sortir de la famille à ce prix lui ayant dit que s'il l'achetait je la prendrais par retrait en ayant usé avec toute la politesse qu'il mérite et comme étant allé pour ne pas se constituer en frais de port et d'autre et j'ai cru que vous ne seriez pas fâché que je profite de cette préférence pour le même prix de 7500 livres. On nous a dit que cette procuration ne pouvait point avoir de valeur pour moi et qu'il fallait que vous en envoyassiez une autre et que vous y laissiez le [...]
Version intégrale légèrement normalisée : «À Toulon le 25e avril 1744. J'ai reçue mon très cher frère la lettre que vous m'avez fait plaisir de m'écrire ravi de vous savoir tous en bonne santé de même que du Rétablissement du cher fils qui m'aurait rendu très inquiet si je n'avais pas su les assurances que le médecin vous en a fait. J'ai reçu aussi les 2 procurations pour passer la vente de votre maison à monsieur de Mine, que je n'ai pas jugé à propos de laisser sortir de la famille à ce prix lui ayant dit que s'il l'achetait je la prendrais par retrait en ayant usé avec toute la politesse qu'il mérite et comme étant allé pour ne pas se constituer en frais de port et d'autre et j'ai cru que vous ne seriez pas fâché que je profite de cette préférence pour le même prix de 7500 livres. On nous a dit que cette procuration ne pouvait point avoir de valeur pour moi et qu'il fallait que vous en envoyassiez une autre et que vous y laissiez le nom en blanc, vous ferez agir monsieur Bourgine qui a un ami ici qui pourra retirer votre argent ou les lettres de change que vous adresserez à Toulon, je ne compte pas acheter votre maison de la manière de monsieur de Mine car je veux vous payer en argent comptant en me donnant une année de délais si cela vous convient comme je l'espère. Vous aurez la bonté, de prévenir la dessus monsieur Bourgine afin que je puisse faire tous mes payements. Monsieur de Mine avait dit qu'il y avait de gens qu'il en devait davantage je lui ai répondu que s'il y en avait que j'étais prêt à passer contrat avec eux ne cherchant que vos intérêts mais il ne m'en a point indiqué ni ne s'en est point présenté, il vient d'acheter une maison auprès de celle où il demeure devant le couvent de Ste-Ursule [Sainte-Ursule]. On se loue fort de la fregatte [frégate] le Canada sur ce qui m'en a ete dit par ces Mres [Messieurs] de Rochefort qui sont venus armer ici Toulon] pour l'escadre de Mr. de Court tous ces officiers m'ont dit beaucoup de bien de Mr. Beauvais qui a comandé cette fregatte [frégate] seroit ravi de le voir dans ce païs pour pareille comission. le Caribou est venu, et sur le pied qu'on construit les Vx [vaisseaux] le Roy en feroit beaucoup avec une grande Economie puisque les Bois coutent ici [Toulon] 3 fois plus, il ny a que les journées des ouvriers un peu plus fortes, le fer, le chanvre et le godron [goudron] etant a un prix a peu pres come ici. on dit qu'on doit y etablir une fonderie pour faire de canons de fer a cause que la qualité vaut encore mieux que celui d'Espagne. La guerre qui vient d'être déclarée avec les Anglais va interrompre beaucoup toute sorte de commerce aux colons mais le Roi ne pouvait faire guère autrement puisque nous ne les avions pas moins pour ennemis par terre comme par mer à nous engager aux même armements et à la même dépense de plus plus de 2 ans, qui étaient sur ces côtes emparer de la Rade des Îles d'Hyeres à faire à tous moment des avanies sur nos marchands qui entraient et sortaient de ce port jusqu'à ce qu'il a fallu les attaquer avec l'escadre d'Espagne détenue ici 2 ans entiers; le 22 février le combat commença à une heure après-midi à notre vue à 5 ou 6 lieues au large au sud-ouest du Cap Sepet, ce combat dura jusqu'à 5 heures ½ ou 6 heures du soir, les Anglais ayant le vent sur nos 2 escadre combinées avec les Espagnols et fondirent presque tous sur eux étant 12 vaisseaux et nous 20, compris 9 petites frégates et les Anglais 35. Ayant 10 vaisseaux de 3 ponts, Monsieur de Court avait fait signal aux Espagnols de se tenir auprès de nous; mais ils n'en firent pas cas et ont dit qu'ils n'avait pas vu lesdits signaux, cela fut cause que les Anglais les voyant si écartés de notre ligne l'amiral Matheus les attaqua seuls vigoureusement. Monsieur de Court voulut virer de bord en même temps pour les aller secourir; mais quoi que le vent ne fut pas fort la mer était grosse et fut refusé ne pouvant arriver sur les Espagnols pour les secourir qu'un peu tard. Les Espagnols étaient presqu'aux abois y ayant alors un vaisseau le Poder qui s'était rendu et le Réal (qui était le commandant de 119 canons) qui avait ses mâts d'hune et ses vergues presque tout à bas s'étant défendu lui seul avec tous les Anglais qui étaient venus sur eux au nombre de 18 vaisseaux s'étant battu d'une manière extraordinaire quand monsieur de Court enjoint le combat dura encore une heure et après les Anglais s'écartèrent de nos escadres la nuit les mêla presque tous, le lendemain nos vaisseaux reprirent le poder et ses cherent (sic) et comme les Espagnols étaient fort maltraités ils se mirent sous le vent de notre escadre. Les Anglais qui s'étaient retirés aussi vinrent vent arrière sur nous, alors monsieur de Court mit en panne en bon ordre pour les recevoir quoi qu'il n'eût que 17 vaisseaux de ligne et les Anglais presque le double cependant quand ils ne virent que nos vaisseaux ils changèrent de route et le lendemain 27. Nous perdîmes de vue les Anglais et les Espagnols. Monsieur de Court fort en peine des Espagnols détacha des frégates pour les découvrir et jugea à propos de les aller chercher sur la côte d'Espagne où il apprit à Alicante qu'ils étaient arrivés à Cartagene, où il fut quelque jours après y ayant resté jusqu'au 4 avril étant arrivé ici le 13e dudit rien qu'avec notre escadre, il n'y a eu à ce combat que 6 vaisseaux espagnols qui se sont battus, et autant des nôtres (ces premiers ont perdu environ 7 ou 8 cents hommes tués ou blessés, notre perte a été fort petite n'y ayant eu qu'environ 40 ou 50 hommes tués ou blessés n'y ayant eu ni officier ni garde de la marine tué ou blessé, les Anglais ont perdu à ce qu'on dit plus de monde que les Espagnols et quand nos vaisseaux sont revenus ici l'escadre de l'amiral Matheus était passée devant les côtes 2 jours auparavant croisant du côté de Villefranche. Notre armée de terre commandée par le prince de Conty avec celle de don Philippe est dans le comté de Nice et ils se sont rendus maîtres de toute cette comté depuis 2 jours. L'armée navale des Anglais est venue mouiller hier aux îles D'huyeres [Hyères] avec 2 galères du Roi de Sardagne [Sardaigne], et l'on croit qui doivent s'en aller à Mahon. Nous n'avons pas plutôt déclaré la guerre au Roi d'Angleterre qu'il est arrivé un ambassadeur extraordinaire envoyé de cette cour pour faire de proposition de paix. L'ambassadeur anglais qui devait partir à cause de cette déclaration a eu ordre de rester encore à Paris c'est milord Quinzton qui eu cette commission il a eu plusieurs conférences avec le Roi et nos ministres et on assure que nous aurons bientôt la paix. Dieu le veuille. Je ne doute pas que mon frère ne fasse honneur à la lettre de change que vous lui avez adressé à ce qu'il a promis. Ma soeur m'a chargé de vous faire ses compliments. Mon épouse mon fils aîné le cadet et la petite vous assure de leurs respects, et vous prie mon très cher frère de me continuer votre amitié et d'être bien persuadé de tout l'attachement le plus tendre et le plus parfait avec lequel je suis Chaussegros. L'ordre vient d'arriver à monsieur de Court de remettre le commandement de l'escadre à monsieur de Gabaret et de s'en aller à sa terre de Gournay ce général doit partir après demain vous en apprendrez les raisons par monsieur les Marins qui iront à Québec en croit monsieur de l'Étenduere [Henri-François des Herbiers, marquis de L'Estenduère] l'escadre est toujours en rade au nombre de 21 vaisseaux ou frégates il y aura encore bientôt 5 vaisseaux compris qui sont le tonant [Tonnant] de 80 canons et 5 vaisseaux espagnols qu'on avait laissé de 50 canons et si l'amiral Matheus est encore sur les côtes on ira l'attaquer. Monsieur Chaussegros de Lery chevalier de St Louis [Saint-Louis] capitaine aux colonies et ingénieur en chef de la Nouvelle-France À Québec.»
Sujets traités :
Notice détaillée :
Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
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Références

Lettre de M. de Chaussegros au sieur [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry, son frère. M. de Chaussegros a reçu les deux procurations pour la vente de la maison de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry à M. de Mine, 25 avril 1744, Archives nationales à Québec, Fonds Famille Chaussegros de Léry, (03Q,P386,D11).

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