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Titre :
Lettre du sieur Louis Legardeur de Repentigny à [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry
Date de création :
29 mars 1775
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Version intégrale légèrement normalisée : «Rochefort le 29e mars 1775. Comme tu as éprouvé mon cher Léry les inconséquence du bureau des colonies relativement aux troupes de ce département tu ne seras pas étonné d'apprendre que M. de Surtine [Sartine] qui a remplacé monsieur Turquot [Turgot] successeur pendant un mois de M. de Boines [Boynes] que M. de Surtine dis-je vient de réformer mon régiment pour substituer en sa place un dépôt de recrues à l'île de Rhé [Île de Ré], comme ce régiment était déjà pour la police discipline, tenue et qualité des hommes un des meilleurs et plus beaux qu'il avait fait le service depuis sa création ou formation du premier novembre 1773 avec la plus grande exactitude et le plus brillamment. Je ne puis deviner ce qui a pu déterminer cette réforme sur laquelle je m'impose silence comme il m'en avait coûté très gros pour mon déplacement et mon établissement à Rochefort 6 mois de séjour à Paris, que mes [...]
Version intégrale légèrement normalisée : «Rochefort le 29e mars 1775. Comme tu as éprouvé mon cher Léry les inconséquence du bureau des colonies relativement aux troupes de ce département tu ne seras pas étonné d'apprendre que M. de Surtine [Sartine] qui a remplacé monsieur Turquot [Turgot] successeur pendant un mois de M. de Boines [Boynes] que M. de Surtine dis-je vient de réformer mon régiment pour substituer en sa place un dépôt de recrues à l'île de Rhé [Île de Ré], comme ce régiment était déjà pour la police discipline, tenue et qualité des hommes un des meilleurs et plus beaux qu'il avait fait le service depuis sa création ou formation du premier novembre 1773 avec la plus grande exactitude et le plus brillamment. Je ne puis deviner ce qui a pu déterminer cette réforme sur laquelle je m'impose silence comme il m'en avait coûté très gros pour mon déplacement et mon établissement à Rochefort 6 mois de séjour à Paris, que mes appointements de réforme ne sont que ceux des colonels qui m'ont point acheté que l'on m'assure que je serai placé incessamment ce dont je n'ose me flatter parce que la faveur l'emporte toujours toutes ces considérations réunies m'ont décidé à rester à Rochefort où la vie est alors bon compte je me suis séquestré et réduit aux visites de bienséance pour mon fils, et comme sans me déranger je ne puis dans ce moment rendre ce que je recevais, je me suis interdit de manger nulle part, il faut que je tâche de regagner par l'économie ce que je croyais que le service me dédommagerait. J'étais forcé de donner 900 livres de pension à mon fils que je mets dans mon ménage en restant à Rochefort voilà mon plan il est le 44e garde des trois ports et s'il y avait une promotion un peu forte il serait enseigne de R. lln car on est très satisfait de lui il est sage pas aussi appliqué que je le voudrais mais très aimable de la figure 3 pieds 4 pouces au moins. Je ne sais si ton fils te tient autant rigueur qu'à nous au mois de mai dernier je lui écrirai de Paris pour lui faire passer ses 130 pour ses six mois que je lui devais je lui dis de m'écrire s'il voulait toucher cette pension par mois ou par quartier je suis à recevoir sa réponse sa tante lui a écrit pour le gronder de son silence il a cru plus court de ne point répondre plus tôt que de s'excuser mal. C'est mon ami une maladie de famille car ses cousins sont encore à me donner signe de vie le lieutenant de R. lln que j'ai vu à l'île de Rhé [Île de Ré] qui est on ne peut plus aimable en a beaucoup ri avec nous, au demeurant il écrit à mon fils il paraît qu'ils ont une correspondance suivie l'essentiel est que l'on en est très content au moins M. Piêtre en août m'en dit les choses les plus satisfaisantes. Il n'y a eu que 3 ingénieurs cette année mais je ne fais aucuns doute qu'il sera ingénieur l'an prochain au mois de janvier. Tu peux être tranquille sur son compte se sera un bon sujet. La compagnie des gardes de la marine de Rochefort supprimée en 1772 par M. de Boynes vient d'y être rétablie elle arrive dans les prochains jours d'avril, une aventure arrivée à bout de l'insubordination la plus scandaleuse par la maladresse du commandant en second et qui a pensé devenir funeste aux principaux qui en ont été quitte pour être cassés et mis en prison pour un an. On a fait faire une ordonnance où ils seront un peu plus gênés, il n'y a pas de mal. Les 3 compagnies seront composées de 50 gardes chacune et 20 aspirants. Tout ce qu'avait fait M. de Boynes a été détruit il a paru une ordonnance provisoire qui renvoit à l'ordonnance de la marine pour le service des ports de 1689 et en tout ce qui n'y est pas contraire à celle de 1765. L'artillerie est revenue à son ancienne constitution, au lieu de Compagnie Franche c'est un corps de 100 compagnies de 65 hommes qui doit être porté à 120 commandé par un lieutenant de R. lln et deux enseignes sous la dénomination de corps royal d'infanterie de la marine, divisé en cinq divisions de 20 compagnies et chaque division en deux sections commencée par le plus ancien des capitaines de ces compagnie appelé chef de section un major général d'infanterie et de marine, dans chaque port, c'est rembure qui réunit ces deux places ici de plus un major d'infanterie capitaine de r. lln aussi 2 lieutenants aides-majors et deux enseignes sous aides-majors par division et un quartier-maître. Ce corps apporte sa joie dans le renvoi de M. de Boynes jusqu'au délire. Je n'en ai point fait paraître mais le mal qu'il m'a fait en me faisant colonel est irréparable pour moi. En restant à l'île de Rhé commandant les troupes des colonies étant parvenu à donner à ce commandement la même considération que les régiment avec lesquels j'y servais et par la manière dont j'avais monté la besogne je jouissais de l'estime ainsi que ma troupe dont elle n'avait jamais joui auparavant et dont sans être prophète on peut assurer que ce dépôt réjouira jamais, en restant dis-je à l'île de Rhé [Île de Ré] j'aurais été fait brigadier l'an prochain à mon rang. La guerre se déclarant où j'aurais été tué où je serais mort lieutenant général. Tous ces avantages évanouis me font juger et confirmer dans mes principes qu'il n'y a rien digne de nous attacher dans ce monde que d'aimer Dieu et illo servire mon frère que monsieur de Boynes avait dépouillé de son régiment [par le même R. lln qui lui portait l'ordre du Roi d'en prendre le commandement] pour le donner à son lieutenant colonel, au moins un très mince sujet, cet officier à peine en possession du régiment dont ses manoeuvres avec le premier du bureau de l'Inde avaient dépouillé mon frère a manqué si grossièrement à M. Lag gouverneur général de l'Inde qu'il l'a fait arrêter, mettre en prison et sortir pour le renvoyer en France, mais comme ces espèces d'hommes sont inconséquents en tout point il a fait mille bassesses infructueuses pour obtenir sa grâce mon frère après sa destitution prêt à revenir en France a été envoyé gouverneur de Mahé par M. Lag. Il y est encore je suis fâché qu'il ne soit pas arrivé j'avais au départ de M. de Boynes compris le silence et les mémoires détaillés sur cette manoeuvre avait disposé les choses on ne peut plus favorablement pour lui. Le colonel n'a pu obtenir de retourner reprendre son régiment messieurs les marquis de Levis, et de Visé, lieutenants généraux, ce dernier l'ami intime de mon frère et le mien et lieutenant colonel du régiment des gardes françaises devait avoir une audience la semaine dernière de M. de Surtine pour lui demander avec l'intérêt de l'amitié de la justice et de l'estime de rendre le régiment à mon frère qu'il préfère à son gouvernement je ne suis pas de son avis. J'attends sur cela des nouvelles de Versailles je t'en ferai part. Sa fille est toujours à St-Denis grande bien faite de l'esprit infiniment mais avec tous ses crins c'est à dire sans usages ni façons et au moment de me rester sur les bras car son père est absolument sans ressource, s'il n'est pas employé il devait lorsqu'il a pris le régiment de Pondichery 25 milles francs. J'espère que l'embarras où il fut trouvé le rendra plus rangé. Courtemanche est toujours à Loches criant misère m'accablant de lettre me disant que je l'abandonnai quoique jusqu'à ma réforme je l'ais aidé au-delà de ce que je pouvais, et cependant ne le laissant manquer de rien. Le fils de Denoielle [De Noyelles] mort à Goré capitaine, que j'avais tiré de ce trou pour le faire passer lieutenant à la Martinique, vient d'y épouser une veuve de son 3e mari qui lui a donné cinquante milles livres de rente, elle a une fille d'un M. Pinelle son second mari âgé de 11 ans que le beau-père à son arrivé en France a retiré de Paris où elle était élevée pour l'envoyer à Loches chez sa mère avec 3000 livres de pension je crois bien que cette éducation ne vaudra pas celle de Paris mais c'est pour arriver à son but. Il la veut marier à son petit frère qui est à l'école militaire, cette jeune personne a un procès avec ses oncles si elle le gagne elle aura plus de cent quatre-vingt milles livres de rente, si elle le perd elle restera avec cent ou cent dix milles livres de rentes. Voilà mon ami des miracles de la providence. Landrieve a passé l'hiver à un castel qu'il a acheté près Tours environ 25 ou 30 milles francs trop cher. Ses enfants sont on ne peut mieux, la soeur aime encore plus l'argent que lui ils sont cependant honorables chez eux. Pean est toujours à Paris suivant l'affaire du pauvre M. Bigot dont je désire bien la fin. La femme de Penisseau vient d'épouser le marquis de Frenois frère de père de madame de Meloise [Des Méloizes] c'est un homme de qualité aimable qui a mangé environ 30 milles livres de rente voisin de la campagne de cette femme près Fontainebleau il s'est attaché à 26 milles livres de rente dont elle jouit, et l'a épousé. La fille de Delino [De Lino] mariée à un jeune américain est passée le mois de novembre dernier à St-Domingue [Saint-Domingue] où ils vont établir une habitation qui, s'ils sont heureux dans dix ans, leur peut donner 60 milles livres de rente si le mari meurt je connais un de ses amis qui sûrement prendra la veuve et lui prêtera le jour du mariage plus de quinze cent milles francs dans une habitation de plus de 500 nègres. Cournoier [Cournoyer] aide-major du régiment du corps et à la veille d'en être major vient d'épouser une fille à St-Domingue [Saint-Domingue] qui lui a donné 250 milles francs Michel Perault [Perrault] chargé de la régie de l'habitation de madame de Macnemara soeur du vice-amiral fait des merveilles on est on ne peut plus content de son intelligence et honnêteté chose rare dans ce pays. Mille choses tendres à ta chère femme pour nous et à tes enfants sois tranquille sur Lery. Je ne puis mon ami écrire 3 lettres de cette longueur je te prie d'en extraire les nouvelles et les envoyer à St-Ours [Saint-Ours] ou St-Luc [Saint-Luc] que je préviens au sujet que tu leur feras part des nouvelles. Parles de nous à la soeur Ste-Marie [Sainte-Marie], pour la vie ton plus sûr ami. Repentigny. Laroque n'est plus chef des bureaux, celui qui le remplace était mon ami je ne sais s'il le sera. Je viens de faire une habitation à St-Dominque, j'y ai 25 nègres si je suis heureux mon fils aura 30000 livres de rente. Laperelle [La Pérelle] qui est ici te fais bien des amitiés.»
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Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
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Références

Lettre du sieur Louis Legardeur de Repentigny à [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry, 29 mars 1775, Archives nationales à Québec, Fonds Famille Chaussegros de Léry, (03Q,P386,D121).

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