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Titre :
Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
Date de création :
12 mars 1794
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Version intégrale légèrement normalisée : «12 mars 1794 J'attends, depuis plusieurs jours une lettre de toi. Il me semble qu'elle tarde bien à m'arriver. Je t'aurais même écrit plutôt si je n'avais été quelque temps malade, ce n'a été heureusement que peu de chose. Je ne sais même si je dois l'attribuer aux fatigues de la campagne; ceci serait pourtant possible. Notre armée est pleine de malades. L'hôpital ne désemplit pas, et l'on se dit tout bas que l'air malsain et le peu de soin que l'on y prend des malades sont plus causes encore de la grande mortalité qui y règne depuis quelque temps, que les maladies. Le prince est malheureux d'être entouré de gens qui le trompent et de n'avoir personne qui ose lui dire la vérité. Ses ordres ne sont exécutés que lorsqu'ils favorisent les idées particulières. Je ne sais mon cher ami, quel parti nous devons prendre dans les circonstances actuelles. Tout se prépare en apparence à une vigoureuse [...]
Version intégrale légèrement normalisée : «12 mars 1794 J'attends, depuis plusieurs jours une lettre de toi. Il me semble qu'elle tarde bien à m'arriver. Je t'aurais même écrit plutôt si je n'avais été quelque temps malade, ce n'a été heureusement que peu de chose. Je ne sais même si je dois l'attribuer aux fatigues de la campagne; ceci serait pourtant possible. Notre armée est pleine de malades. L'hôpital ne désemplit pas, et l'on se dit tout bas que l'air malsain et le peu de soin que l'on y prend des malades sont plus causes encore de la grande mortalité qui y règne depuis quelque temps, que les maladies. Le prince est malheureux d'être entouré de gens qui le trompent et de n'avoir personne qui ose lui dire la vérité. Ses ordres ne sont exécutés que lorsqu'ils favorisent les idées particulières. Je ne sais mon cher ami, quel parti nous devons prendre dans les circonstances actuelles. Tout se prépare en apparence à une vigoureuse campagne et il semble que tous les efforts se dirige du côté des Pays-Bas. Mais je ne sais si l'on doit espérer que les affaires se terminent enfin cette année. Je ne crois pas la chose possible si la Vendée ne se soutient jusqu'à l'ouverture de la campagne, et ne remporte enfin des avantages qui la mettent en pouvoir de marcher vers Paris, pour en chasser la convention. Les armées combinées étrangères, qui par leur nature, et à cause de la frontière qu'elles ont à percer ne peuvent agir que très lentement, seront minées avant que la France ait usé tous les moyens qui lui restent encore. En un mot le problème, dans l'état actuel des choses, me paraît extrêmement douteux. Il est vrai que les dernières nouvelles de France, paraissent rapprocher le dénouement. Mais dieu sait ce qu'il en faut croire. D'ailleurs, si la convention suit toujours les mêmes principes, peu lui importe que le peuple crie. Ses armées ne manqueront de rien, enlèveront la subsistance aux bourgeois, et parce que nous avons vu jusqu'à présent, la fin même ne pourra porter à la révolte, de, des gens qui se croient trop heureux quand on ne les mène pas à la guillotine, et ne cherchent qu'à l'éviter en se cachant; De la manière dont on fait la guerre actuellement, il n'est pas possible que les puissances coalisées la soutiennent longtemps. On ne se fait pas d'idée des frais immenses et des gaspillages qui se font tous les jours et il me semble que dans cette lutte-ci, le vaincu sera celui qui sera le premier épuisé. De notre côté l'armée prussienne et autrichienne ne paraissent prêtes à entreprendre rien. On attendra probablement les renforts prussiens qui, dit-on, seront considérables. Dans tout cela je ne vois rien qui puisse engager à prendre aucune décision; et je crois qu'il faudra nécessairement que je fasse encore cette campagne; malgré les désagréments que nous éprouvons. J'imagine qu'après les choses en seront au point où l'on pourra enfin se décider. Tant pis si nous sommes condamnés au Canada. Que diable y ferons-nous? y planter des choux. Voilà tout ce que je puis apercevoir d'ici. J'ai touché quinze livres sterling sur MM. Goguelet Noé à Francfort. S'il est possible que j'en aie encore autant. Je te prie de me l'envoyer tout de suite à Francfort chez les mêmes avant l'ouverture de la campagne. La première somme était déjà bien entamée avant que je l'eus reçue. Marque moi aussi sur quoi je puis compter. Je n'ai point eu de nouvelles de monsieur d'Ossigny. Cela est d'autant plus malheureux que comptant sur les couleurs j'avais entrepris un ouvrage énorme que je serai peut-être obligé de laisser à moitié. Je ne sais encore ce qu'est devenu ta malle. Tu dois avoir eu des nouvelles du Canada: et il me semble même que l'on pourra bientôt y écrire. Adieu, mon cher ami, porte toi bien, et compte sur mon plus sincère attachement pour toute la vie. Vois-tu Landrièves et Villeray. Assure ma tante et mon oncle de mon respectueux attachement et fais-moi part de ce que tu comptes faire cette année. Rotembourg sur le Necker 12 mars 1794. Monsieur de Léry chez le colonel Jonhstone à Wolwich près de Londres.»
Sujets traités :
Notice détaillée :
Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
Lien :

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Références

Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry, 12 mars 1794, Archives nationales à Québec, Fonds Famille Chaussegros de Léry, (03Q,P386,D518).

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