Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à madame Johnstone, sa tante
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- Conditions générales d'utilisation :
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- Titre :
- Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à madame Johnstone, sa tante
- Date de création :
- 2 septembre 1793
- Genre spécifique :
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- Archives textuelles
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- Version intégrale légèrement normalisée : «Oberhausen, près Weissembourg. 2e septembre 1793. Ma chère tante, Depuis ma dernière lettre les choses ont bien changé de faces. Si nous avions à nous plaindre de l'inaction où le siège de Mayence nous retenait, nous ne pouvons à présent que nous féliciter de nos opérations, qui jusqu'aujourd'hui nous ont très bien réussi. La renommé aura sans doute, occupé ses cent bouches à publier nos exploits. Il ne faut cependant pas plus la croire que les gazetiers. Tout se réduit depuis le vingt du mois dernier à 3000 patriotes tués, vingt pièces de canon prises, quelques centaines de prisonniers et 6 à 7 lieues de terrain gagné. Nous nous trouvons arrêté par les lignes qui s'étendent des Montagnes au Rhin, en passant par Weissembourg et Lauterbourg. Le difficile de l'affaire est de les forcer. Nos généraux combinent les moyens de faire ce grand oeuvre avec le moins de perte possible. Tous les jours on [...]
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- Version intégrale légèrement normalisée : «Oberhausen, près Weissembourg. 2e septembre 1793. Ma chère tante, Depuis ma dernière lettre les choses ont bien changé de faces. Si nous avions à nous plaindre de l'inaction où le siège de Mayence nous retenait, nous ne pouvons à présent que nous féliciter de nos opérations, qui jusqu'aujourd'hui nous ont très bien réussi. La renommé aura sans doute, occupé ses cent bouches à publier nos exploits. Il ne faut cependant pas plus la croire que les gazetiers. Tout se réduit depuis le vingt du mois dernier à 3000 patriotes tués, vingt pièces de canon prises, quelques centaines de prisonniers et 6 à 7 lieues de terrain gagné. Nous nous trouvons arrêté par les lignes qui s'étendent des Montagnes au Rhin, en passant par Weissembourg et Lauterbourg. Le difficile de l'affaire est de les forcer. Nos généraux combinent les moyens de faire ce grand oeuvre avec le moins de perte possible. Tous les jours on nous dit que le général Walis a passé le Rhin au fort Louis pour les attaquer par derrière. On assurait hier que le duc de Brunswick était à 3 lieues derrière Weissembourg, ceci est plus possible. Nous serions alors bien près d'attaquer, et il ne paraît cependant pas qu'on fasse de grands préparatifs. Quoiqu'il puisse arriver, il faut que ce procès se décide promptement, à cause de la saison. Les circonstances deviennent de plus en plus favorables. Il paraît que la haute Alsace est en insurrection, il arriva hier deux déserteurs, qui rapportèrent que l'on avait fait partir des lignes plusieurs corps de troupes en poste, dont on ignorerait la destination. Si ces rapports étaient vrais, le succès deviendrait très facile, d'autant plus que l'on prétend que leur armée est composée en grande partie de paysans qu'ils ont forcé de marcher; et qui désertent autant qu'ils le peuvent. Il nous en est arrivé 70 depuis deux jours: cette désertion ne peut qu'augmenter. D'ailleurs il ne faut pas douter que du moment qu'on les attaquera en forme, ils abandonnent aussitôt la partie, jusqu'à présent du moins, ils ont négligé les plus belles positions que l'on puisse souhaiter pour se défendre. Ils ne savent se battre qu'avec le canon, et lâchent le pied du moment qu'on les approche. L'élite de leurs troupes a péri dans les différentes batailles qu'ils ont données depuis le printemps. Le jour où ils nous surprirent à Pfortze, ils avaient choisi les plus braves et les plus enragés contre les émigrés. Il se présenta dix-huit cents hommes de bonne volonté, et ces braves gens furent arrêtés assez longtemps par une compagnie de Mirabeau de 150 hommes, et s'enfuirent avec tant de précipitation aussitôt que leur canon fut démonté que nous les poursuivîmes près de deux lieues sans pouvoir les joindre. Les Autrichiens sur notre droite les recevaient aussi de la bonne manière, de sorte que cette journée du 25 leur coûta 7 à 800 hommes, et plusieurs pièces de canon. J'ai compté moi-même dans un seul endroit où l'affaire n'avait pas été des plus vives, plus de 50 morts. Quelques-uns des plus paresseux à décamper furent pris, heureusement pour eux par des gentilshommes, car nos soldats ne donnaient aucun quartier. Ces coquins là massacrent tous les prisonniers qu'ils font sur nous. Toutes les idées se portent actuellement sur les lignes, et sur ce que l'on fera après qu'on les aura prises. C'est la la grande inquiétude. Il n'est guère possible de former aucune conjectures la dessus. Ce qu'il y a de plus certain; c'est que si l'on veut passer l'hiver en France, il faut forcer les lignes, et s'assurer de Veissembourg et Lauterbourg. Autrement il faut repasser le Rhin; et alors toute notre campagne se serait bornée à la prise de Mayence, quoiqu'il arrive; il est très certain que malgré le bel état où sont actuellement les affaires la contre révolution ne sera point faite cette année. À moins d'un événement extraordinaire sur lequel on ne compte assurément point. Il me semble qu'alors la conduite que je dois tenir n'est point douteuse. Ayant entrepris de servir dans l'armée de Condé, il y faut rester jusqu'à dernière extrémité, si elle est conservé. Dans une affaire pareille, on ne peut se sauver que par la persévérance. D'ailleurs il vaut mieux souffrir, comme il est impossible que cela n'arrive pas pendant l'hiver, pour la cause que l'on a embrassée, que de renoncer à un parti honorable. Il sera toujours temps de retourner en Canada, si les choses ne réussissent pas. J'aurai au moins la certitude d'avoir fait mon devoir et de n'avoir rien négligé. Comme il ne peut manquer d'arriver quelque action importante et qui décidera peut-être de la campagne avant qu'il soit peu, je vous en ferai part, ainsi que des circonstances où je me trouverai. Je vous prie seulement, ma chère tante, de vouloir bien me donner des nouvelles, et de celles que vous pouvez avoir reçues du Canada. Il paraît que les lettres peuvent nous parvenir ici assez exactement depuis les derniers changements ainsi vous pouvez m'adresser à monsieur de Léry officier au corps royal du Génie, à l'armée de son altesse Monseigneur le prince de Condé, par Spire. Quelque soit la route que nous prenions, les lettres arriveront toujours par cette ville et l'on y saura où nous sommes. Je n'ai eu aucune nouvelle de Lévy depuis que je suis ici. Mes respects, je vous prie à mon oncle, et mille amitiés à mes cousins Hugues. J'imagine que Landrièves est toujours à Londres, si vous le voyez je vous prie de me rappeler à son souvenir ainsi que monsieur de Villeray. Je suis, ma chère tante, avec les sentiments les plus parfaits votre très humble et très affectionné Neveu G. DE LERY par votre très humble et très affectionné neveu near London.»
- Sujets traités :
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- Affaires,
- Agriculteurs,
- Amitié,
- Avions,
- Batailles,
- Cousins,
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- Désertion,
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- Glaces, boissons glacées,
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- Collections et fonds :
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