Le monde ouvrier = The labor world, 1 janvier 1938, samedi 29 janvier 1938
24e Année — No 5 SAMEDI, 29 JANVIER 1938 — MONTREAL — SATURDAY, JANUARY 29, 1938 24th Year — No.5 DRINK BLACK HORSE POW’S ALE ALE 100 Years of Brewing Experience behind it Standard of Strength and Quality Rédaction: 11, rue Saint-Paul Ouest INSTRUIRE ET AMELIORER Téléphone: LAncaster 5361 A bâtons rompus La Législature de Québec est en session.Elle s’est ouverte avec tout le cérémonial habituel, ce qui peut se traduire par une dépense inutile de temps et d’argent.Le discours du Trône ne dit pas grand’chose: il annonce surtout de l’aide additionnelle aux classes agricoles — on dirait qu’il n’y a que la campagne qui compte; pourtant, ce sont les grands centres industriels qui servent de vaches à lait et fournissent à la province le gros de ses revenus.De la législation sociale, il n’en est guère fait mention.Il y a pourtant beaucoup à faire de ce côté; mais, par contre, on nous informe que la lutte au communisme se poursuivra sans répit.Je serais tenté de dire, comme la fable de ce bon monsieur LaFontaine: “C’est lui, le galeux, le pelé, d’où vient tout le mal”.Il nous répète que se continuera également l’enquête sur les comptes publics.11 est permis de se demander ce que cette fameuse enquête rapportera.Qu’il y ait eu des abus, sous l’ancien régime, tout le monde sait cela; et puis après?Fera-t-on rendre gorge aux coupables?C'est bien douteux.Alors pourquoi la continuer, à moins que ce ne soit pour satisfaire une rancune personnelle?Le jeu en vaut-il la chandelle?Car, plus on tentera de prouver que les hommes publics de l’ancien régime étaient des malhonnêtes gens, plus le peuple se dira que ceux qui les ont remplacés ne valent guère mieux car, eux aussi, ont trouvé moyen d’avoir leurs petits scandales; c’est un secret de polichinelle que nos nouveaux maîtres sont loin d’être des “serre-la-piastre” et qu’ils dépensent sans compter — tout comme le font généralement les nouveaux riches — résiliation de baux pour louer d’autres immeubles appartenant à des amis; rénovation de bureaux avec ameublement ul^ra chic, toujours achetés chez les “amis de nos amis”, gros contrats d’impressions absolument inutiles.Tout cela est connu du public, cela fait boule de neige, tant et si bien que la vérité finira bien par percer.et alors, le peuple perdra confiance dans tous ceux qui dirigent la chose publique.Si c’est cela que nos amis de Québec veulent, qu’ils continuent, ils sont en bonne voie.• • • A Ottawa, également, le parlement vient de s’ouvrir et là aussi ce fut un faste démodé dans une véritable démocratie; il est surtout question d’un amendement à l'Acte de l’Amérique britannique du Nord, afin de permettre 1 adoption d’une loi fédérale d’assurance-chômage; mais pour cela il faut que toutes les provinces canadiennes y soient favorables.Comme on pouvait s’y attendre Québec — ou plutôt Duplessis — est contre et il a une bonne partie de la presse qui l’appuie dans son opposition.Mais pourquoi?Le simple citoyen, comme vous et moi, se le demande et n’y comprend rien; il est vrai que nous n’avons pas besoin de comprendre, nous n’avons d’ailleurs pas été élevés à comprendre par nous-mêmes.Tous se déclarent en faveur d’un système d’assurance-chômage, tous reconnaissent qu’on ne peut continuer indéfiniment à ruiner le pays en paiement de secours directs; les “provinciaux à tout crin” jurent leurs grands dieux que cela peut se faire sans toucher un iota à l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, que le Fédéral pourra payer 90% de cette assurance-chômage s’il le faut, mais que ce doit être le Provincial qui l’administrera.Les sociologues, les économistes aussi bien que le Travail Organisé et tous les hommes sensés réalisent que cette manière d’agir ne tient pas debout, qu’elle prêtera à maints abus et soulèvera des difficultés sans nombre, mais leur opinion ne compte pas pour grand’chose.Qu’en résultera-t-il?Si le Fédéral passe outre et soumet au Parlement impérial cet amendement, en dépit de l’opposition d’une minorité des provinces, un soulèvera le cri de l’autonomie provinciale et cela prend toujours.Si, par contre, le Fédéral abandonne le projet, l'assurance-chômage tombe à l’eau et ce sont nous, les ouvriers, les gagne-petit, qui en souffrirons le plus.Tout le monde admet que ce fameux Acte de l'Amérique britannique du Nord est démodé, qu’il ne répond plus aux besoins modernes et que tôt ou tard :1 faudra l’amender; mais, dès qu’on fait mine de toucher à cette arche sacro-sainte, c'est un tollé général chez nos politiciens.Tout cela ne tend-il pas à prouver que notre régime parlementaire aurait, lui aussi .fait faillite?L'Office des salaires raisonnables i?i informe les intéressés que si Ordonnance No 4 sera mise en vigueur le 15 février prochain et ce, en dér de la tempête de protestations qu’elle a déclanchée, quitte à la corriger pl tard s’il le faut.Certaines gens admettent qu’ils se sont trompés et sont pré a s’amender; d’autres s’obstinent à croire qu’ils ont le monopole exclut or 1 intelligence et rien au monde ne les fera changer d’opinion• ils persiste a mal faire.Quand on en est rendu à assimiler le salaire d’un père de famii a celui d une ouvrière et à ne pas pouvoir ou vouloir se rendre compte que udget du coût de la vie de l’un ne peut se comparer à l’autre, inutile chercher a discuter plus longtemps, c’est peine perdue.Pauvres ouvriers, conn: Us se font emplir! Aussi pourquoi ne comprennent-ils pas que seule une bon: union ouvrière peut effectivement les protéger de par leur propre force écon nuque?Quand donc le réaliseront-ils?515F Orange Pekoe L’ordre économique par la coopération ouvrière U n’est pas superflu de rappeler encore une fois, croyons-nous, que les ouvriers, envisagés dans leur généralité, c’est-à-dire sans distinction d’occupation.ont tout à gagner à s’unir en un seul bloc et tout à perdre en se dispersant en groupes divers qui, s’ils ont tous des buts à peu près identiques, diffèrent cependant entre eux quant aux meilleurs moyens à employer pour les atteindre.Ajoutons aussi, pour être dans le vrai, « à la page » des événements, qu’il se mêle trop souvent à ces différenciations entre groupes ouvriers des concepts idéologiques qui n’ont absolument rien à voir, pour peu qu’on veuille bien y regarder de près, avec les problèmes économiques en cours de solution.Ce a quoi les ouvriers aspirent, en somme, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent, de quelque syndicat ou union qu’ils se réclament, c'est de résoudre «leur» problème économique par des revendications successives tendant d’abord à accroître leur pouvoir d’achat, au fur et à mesure qu’augmente le coût de la vie, puis à modifier graduellement les conditions dans lesquelles ils travaillent, de façon à ce que le travail, qui demeure la plus noble obligation de tout citoyen démocratique, devienne de moins en moins une corvée désagréable, une tâche ingrate, pénible, démésurément épuisante et préjudiciable à la santé de ceux qui s’y livrent.Mais cette légitime revendication des ouvriers à un mieux-être général se heurte encore, à notre époque, à de nombreuses difficultés dont les deux principales sont: la préoccupation des employeurs à maintenir la stabilité de leurs bénéfices d’exploitation et le souci de ne pas élever indûment le coût de la vie par rapport aux possibilités d’achat de la masse des consommateurs.Car il ne suffit pas, à notre sens, que les salaires augmentent périodiquement si ces augmentations successives du prix payé à la main-d’oeuvre, au capital humain, n ont d’autre but que de faire face à une augmentation du coût de 1 existence survenue depuis la dernière augmentation de salaires.Il faudrait, de plus, que le pouvoir d’achat de la classe laborieuse soit stabilisé sérieusement, ( est-a-dire conjointement avec une stabilisation correspondante du coût de la vie, sans quoi nous demeurons dans cet inquiétant cercle vicieux par quoi une augmentation des salaires donnée provoque un accroissement correspondant du tou cc la vie, lequel suscite une autre demande de relèvement des salaires, etc.En résumé, il semble que la stabilité d’un pouvoir d’achat « suffisant » pour les ouvriers ne puisse se produire qu’au détriment des bénéfices d’exploitation.Or, il nous paraît possible de réduire ces derniers, tels qu’indiqués par les bilans patronaux, si l’on veut bien se rappeler que toutes nos compagnies exploitantes sont, peu ou prou, surcapitalisées.En ramenant ces capitalisations a des proportions raisonnables, en les réduisant aux capitaux réellement engagés dans nos diverses entreprises, il serait facile de réduire les prix de revient et.par ricochet, le coût moyen de la vie.Il s’agit donc, non pas de supprimer lesdits bénéfices d'exploitation privée, comme le prônent les extrémistes mais simplement de les réduire «en soi» en les établissant sur des capitalisations ramenées à des proportions « honnêtes ».Quoi qu’il en soit, ce dont les ouvriers ont besoin c’est un salaire maximum un coût de la vie réduit à la plus simple expression possible, le tout constant’ stable et base sur une compréhension éclairée des besoins normaux de la classe ouvrière c.ont l’activité demeure, quoi qu'on dise, le facteur primordial de la production des richesses.,P111.^iS,P0U,r 0.btonir ccla’ les ouvriers ont plus que jamais besoin de garder de faire blnc rio f •’ fermes sur Icurs Positions déjà conquises et.sutrout, f blof' c,e faço!1 a Pouvoir, dans l’ordre et la liberté, coopérer les uns plrminent ^ °btenil' °C “ui leur cst dû: le
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