Le monde ouvrier = The labor world, 1 novembre 1938, samedi 12 novembre 1938
24e.Année — No 46 SAMEDI, 12 NOVEMBRE 1938 — MONTREAL — SATURDAY, NOVEMBER 12, 1938 24t4h Year — No.46 DRINK DOW’S ALE Wi t fatmr TRY BLACK HORSE ATP Standard of Strength and Quality (Duwief iinriâ ALL 100 Years of Brewing Experience behind it Rédaction: 11, rue Saint-Paul Ouest « INSTRUIRE ET AMELIORER » Téléphone : LAncaster 5361 IMPRESSIONS D'UN UNIONISTE CANADIEN.Le syndicalisme en France Depuis juin 1936, c'est-à-dire depuis plus de deux ans, le syndicalisme ouvrier a marché, en France, à pas de géant.C'est ainsi qu'au cours de l'été de cette année-là, la "Confédération Générale du Travail", plus connue sous l'abréviation de "C.G.T.", est passée de quelque 1,200,000 membres à un effectif d'environ 5,000,000, chiffre auquel cette puissante confédération ouvrière s'est maintenue depuis lors, en dépit d'une offensive patronale de tous les instants et qui ne veut pas désarmer, tant s'en faut.Indépendamment de la "C.G.T.", il y a en France deux autres catégories de syndicats ouvriers, savoir : la "Confédération Générale des Travailleurs Chrétiens" et de soi-disant "syndicats professionnels", ces derniers n'étant que ce que nous pourrions appeler des "unions de compagnie", étant donné qu'ils sont organisés et financés par le patronat lui-même, donc de nulle valeur au point de vue strictement syndicaliste.Ce sont, pour tout dire, des syndicats radicalement "jaunes" et leur influence numérique est relativement infime, surtout par comparaison avec les cégétistes.Les syndicats chrétiens, qui correspondent aux syndicats catholiques du Québec, mais sont dirigés avec une plus grande largeur de vues que les nôtres, sont beaucoup moins nombreux que ceux formant le corps primordial du syndicalisme ouvrier français, c'est-à-dire la "C.G.T." Assez nombreux en quelques endroits et parmi certaines catégories d’"employés" ils n'existent pour ainsi dire pas en d'autres parties du territoire français.Ce sont, à certains égards, des syndicats semi-jaunes.Comme nous le disait, à Paris même, aux quartiers généraux de la "C.G.T.", un des principaux collaborateurs de Léon louhaux, il y a souvent entente, sur le terrain économique, entre syndicats cégétistes et syndicats chrétiens.Cela fut d'ailleurs prouvé, en fait, par la suite, quand, vers la fin d'août dernier, le cabinet Daladier résolut, par décret ministériel, sous la pression de l'élément patronal, de modifier les modalités d'application de la loi des 40 heures, d'assouplir cette loi sous prétexte des nécessités de la défense nationale et des industries connexes, mais en réalité pour se concilier les bonnes grâces de la féodalité financière française, plus connue sous l'appellation désormais fameuse des "200 familles".En effet, dès la publication du décret modifiant cette loi ou, tout au moins, autorisant sa nonapplication en certains cas spécifiques mais encore indéterminés, syndicats cégétistes et chrétiens protestèrent simultanément contre ce sabotage projeté d'une des plus importantes lois sociales votées sous le régime du Front Populaire, alors dirigé par Léon Blum, chef du parti socialiste français ("S.F.I.O.") Cette double protestation s'appuyait sur ce qu'en France, ainsi que le prouvent les statistiques officielles, le chômage est en croissance et la moyenne des heures de travail en nombre d'industries n'atteint même pas les 40 heures.Il n'y a donc pas lieu, disaient fort justement les protestataires, d’augmenter les heures de travail en ce moment, étant donné que cette extension des 40 heures à un plus grand nombre d'heures de travail par semaine ne peut aboutir qu'à une augmentation correspondante du chômage et, par voie de conséquence, qu'à des déboursés supplémentaires de secours-chômage.Mauvaise affaire, assurément.Mais cette croissance énorme et rapide de la "C.G.T." ne se fit pas sans difficultés.Il s'agissait, en effet, d'absorber plusieurs millions de nouveaux membres en quelques mois, de les adapter à leur nouvelle situation et, surtout ,de prendre toutes les dispositions voulues pour "attacher" à leurs syndicats ces quelques millions de nouveaux syndiqués, la plupart ignorant 1 A.B.C.du syndicalisme.On conçoit aisément l'ampleur d'une pareille tache pour les dirigeants du mouvement ouvrier français.Cette tâche se poursuit actuellement et de la façon la plus satisfaisante dans la plupart des cas envisagés jusqu'ici.A l'encontre de cet effort syndical considérable, voire colossal, s'est naturellement affirmée une offensive patronale vicieuse, souterraine et le plus souvent marquée au coin de la plus insigne mauvaise foi.En dépit de cela, il convient de remarquer que le syndicalisme français, dune manière générale, conserve les positions conquises en 1936 et qu'il entend les défendre avec énergie, fermeté, mais sans provocation d'aucune sorte, avec le souci de ses droits "au bien-être et à la liberté".La "C.G.T." demeure, quoi qu'on pense et dise ici, parmi nos saboteurs de l'émancipation ouvrière au Canada, le château-fort par excellence du syndicalisme en France.Intelligemment dirigée par des hommes tels que ,eon Jouhaux, son secrétaire général, Belin, Frachon et Racamon, pour ne citer que trois de ses adjoints, cette puissante -confédération syndicale ouvrière mène, sur tous les fronts, le bon combat pour la bonne cause, laquelle a pour devise : "Bien-être et Liberté".U) GEORGES DELPEQUE., ’ î , «l
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