Le monde ouvrier = The labor world, 1 novembre 1967, Novembre
52e ANNEE • No 11 • NOVEMBRE 1967 Un comité des travailleurs sur la Rive-Sud Le Monde ouvrier, fidèle à sa tradition de donner audience à toutes les expériences tentées par les travailleurs du Québec, ouvre aujourd'hui ses pages à un groupe de travailleurs de la Rive-Sud.Ces travailleurs, aidés par une équipe des TEQ (travailleurs étudiants du Québec), se sont penchés sur les problèmes auxquels ils ont quotidiennement à faire face et essayé d'y trouver des solutions.On vous raconte leurs expériences en pages 12, 13 et 14./ikV w • ••"V'y'r • -< -S , / - .' h£.*yV y • V-: [voir page 2) ÿÿ'y'cy'x: » ., ^ .iV’vv . ¦ ' '.'ëV*2j F**?¦Ssr^, &M' '•‘V^Tv-* ¦.Jviv Pouvoirs accrus de la FTQ Les affiliés de la FTQ en acceptant une augmentation de la taxe per capita, en sanctionnant d’importantes modifications aux status de la centrale lui ont reconnu un rôle nouveau dans la société québécoise.La pensée politique de la FTQ Le dixième congrès de la FTQ a de nouveau affirmé et reconnu les limites du syndicalisme dans une société capitaliste.A la lumière des événements des dernières années, les délégués ont de nouveau affirmé que le syndicalisme doit déboucher sur le plan politique.En plus de confirmer son appui au NPD-Québec sur le plan fédéral, le congrès de la FTQ a, pour la première fois dans l’histoire de cette centrale, demandé la création prochaine d’un parti provincial de gauche.Caractéristiques générales Ouvert sous le signe de la pauvreté, le dixième congrès de la FTQ a favorisé une consolidation de la centrale et manifesté une réelle intention de s’ouvrir aux autres.Le dixième congrès fut donc une réflexion de cinq jours à la fois sur les structures de l’institution et la place de cette institution dans la société québécoise.Le congrès aura peut-être permis au syndicalisme québécois de se poser les questions que toute une société formule à son endroit.L’unité syndicale Les discussions autour du thème de l’unité syndicale furent sans doute les plus émouvantes de tout le congrès.On ne parlait pas qu’avec sa raison mais aussi avec son coeur.Il ne fait pas de doute qu’une intense préoccupation du syndiqué de la base est bien la lutte que se livrent au Québec les deux centrales, CSN et FTQ.Les délégués ont donné le mandat à leurs dirigeants d’amorcer avec l’autre centrale syndicale un véritable travail d’unification des forces syndicales au Québec.Relations FTQ-CTC Les délégués du dixième congrès de la FTQ ont recommandé certaines modifications aux statuts du CTC qui devraient aider à normaliser les rapports de la centrale québécoise avec la centrale canadienne.Ces recommandations s'inspirent toutes de l’évolution des sentiments et des idées qui s’est manifestée parmi les travailleurs du Québec depuis quelque années. LE MONDE OUVRIER • THE LABOUR WORLD NOVEMBRE 1967 • 9 Ns ont la destinée de la FTQ entre leurs mains Le bureau de direction élu au Congrès.Dans l’ordre, de gauche à droite: Jean-Gérin Lajoie, Roger Perrault, René Rondou, vice-présidents, Gérard Rancourt, secrétaire général; dissimulé derrière M.Rancourt, Marcel Raymond, vice-président; André Thibaudault, vice-président; Louis Laberge, président; Fernand Daoust et Joseph Laroche.vice-Drésidents.Notre photographe dans les coulisses du Congrès I •< >» 1» < H )‘ > lU' r/m ' ' i it i *,"V mjEâ -V ¦a J?.ut ÿ ¦ •• NOVEMBRE 1967 LE MONDE OUVRIER THE LABOUR WORLD Le Congrès prend position “ sur la liberté d’association alors plus facile de négocier librement les conditions d’un dialogue permanent, le cadre de négociations permanentes sur certains sujets non prévus explicitement dans la convention.Notre mémoire vise donc a assurer à chaque travailleur québé cois, un accès égal et concret à la liberté d'association.Consequences de la non liberté d'association Un danger pour toute la société: Toute justice sociale un peu complète est impossible tant que 70% des travailleurs ne participent pas à la marche de la société en appartenant librement à une association professionnelle.La lutte contre la pauvreté est impensable sans une liberté réaliste d'association, de négociation à notre prospérité industrielle.Toute politique de revenus à laquelle songerait un gouvernement demeurera impossible tant que 70% des travailleurs ne possèdent pas leur propre association professionnelle.Le syndicalisme partiel d’aujourd'hui est incompatible avec la justice sociale, le progrès économique et la santé politique de notre société.Nos suggestions visent à intégrer dans une législation cohérente, l’implantation syndicale prévue dans le Code du Travail, et la négociation ou extension industrielle prévue dans la Loi de l’Extension.Liberté d’association par secteurs industriels.Nous suggérons d’abord que la CRT doive décréter un vote de représentation syndicale lorsqu’un syndicat a recruté 30% des travailleurs d'un établissement individuel (Code du Travail) ou d’un secteur industriel (Loi de l’Extension).Des travailleurs demandant un vote de représentation syndicale ne seraient pas tenus de verser une cotisation syndicale comme le prévoit actuellement le Code du Travail.L’accréditation, soit par établissement ou par secteur, entraînerait (Code du Travail) l’obligation pour un employeur de déduire la cotisation syndicale à la suite d'une demande volontaire et révocable du travailleur individuel.Précisons que le même travailleur n’est couvert que par une seule accréditation; soit pour son établissement, soit pour son secteur.Négociations par secteur industriel Le syndicat jouissant d’une accréditation pour un établissement négocierait de la même façon que maintenant sous le Code du Travail.La convention collective aurait force légale et aurait priorité sur toute convention industrielle.Le syndicat jouissant d’une accréditation industrielle négocierait avec les employeurs de la meme façon qu'il se fait dans certains décrets actuels.L’objet _ de la négociation serait une requête au gouvernement demandant un décret, comme on le fait présentement.A défaut d'une requête conjointe du gouvernement par les parties à la négociation, non seulement l’ancien décret disparaît mais aussi on peut recourir à la grève et au lock-out.Le contenu de la convention collective industrielle serait laissé à la discrétion des parties, comme dans le Code du Travail actuel.Administration des lois actuelles Nous demandons de modifier le Code du Travail en spécifiant que les procédures et décisions de la CRT doivent être guidées d'abord par l’équité et la bonne conscience.Le droit de grève L’efficacité de l’action syndicale exige, sinon l’usage du moins, la présence du droit à la grève.Le droit de grève pendant le contrat La négociation libre des conditions de travail, de l’adaptation aux changements techniques et un dialogue continu entre employeur et employés exigent que le recours à la grève soit librement négociable.A l’expiration du contrat Nous demandons que le droit de crève puisse s’exercer à la date même de l'expiration d'une convention collective.Conciliation volontaire Le recours aux services des conciliateurs du Ministère du Travail devrait toujours être facultatif, volontaire et sans aucun lien avec le caractère légal ou la date du recours à la grève.Arbitres privés et tribunaux du travail Nous suggérons a) de rétablir le droit de grève sur les griefs; b) que le gouvernement assume les frais de l’arbitre, à la demande de l’une des parties; c) de promouvoir vigoureusement l'utilisation d'un plus grand nombre d’arbitres dont les noms apparaissent sur la liste actuelle et surtout ceux qui ne sont ni magistrats ni avocats; d) de légiférer pour restreindre les nombreux délais d'arbitrage.Vive les travailleurs libres! La société a le grave devoir d'assurer à tous les travailleurs un accès égal à cette liberté fondamentale, la liberté d’association.Cette égalité de tous les travailleurs une fois assurée, le gouvernement doit supprimer toutes les restrictions inutiles ou vexatoires à cette liberté, et défendre la liberté d’association avec une ardeur au moins égale à celle qu’il met à défendre la liberté d’entreprise.Médiations pré-grèves Pas de remplacement pendant une grève L’expérience a prouvé que les grèves paisibles et ordonnées sont celles ou l'employeur ne tente pas, à la faveur d’une grève, de remplacer les grévistes par de nouveaux employés.Les votes de grève Nous réitérons notre opposition à toute réglementation artificielle du vote de grève.Il serait à peu près impossible d'insérer une telle regie-mentation dans les événements rapides et la tension qui précèdent une grève, sans fausser des mécanismes très délicats.Services publics et essentiels L’expérience nous a enseigné qu’il est impossible et irréaliste, dans la fonction publique, de définir à priori et de façon générale, quels sont les services qui doivent être considérés comme essentiels.Les travailleurs d'un secteur donné de la fonction publique sont les seuls qui soient en mesure de déterminer les tâches essentielles dont iis devront s’acquitter pour que la sécurité ét la vie des citoyens ne soient pas menacées.Négociations permanentes Le rétablissement du droit à la grève en tout temps, permettrait aux syndicats et patrons de négocier librement les conditions nouvelles de travail qui surgissent durant la durée dhin contrat, conditions qu’il est préférable de régler sur le champ pour le bénéfice des deux parties.II serait ¦ *7mFfa LE MONDE OUVRIER • THE LABOUR WORLD NOVEMBRE 1967 * 11 ' ;¦ /¦ ' .T?- nr.*» »S «Raw mSgÊ Lri VA JzS xSFj&u W'M La FTQ a1 I es modifications apportées aux statuts de la FTQ ont confirmé la volonté des syndicats affiliés de consolider leur centrale syndicale et île faire passer le bien général des travailleurs avant celui des syndicats individuels.Certes, dans une structure aussi décentralisée que celle de la FTQ, seul un apprentissage de quelques années peut confirmer que la consolidation sera aussi décisive dans les faits que dans les textes.En plus d’accepter une hausse de la taxe per capita de 5é par mois, la création d'un poste de salarié pour le président de la centrale et l'augmentation de deux vice-présidents au bureau de direction.les délégués ont approuvé certaines normes nouvelles qui peuvent éventuellement avoir une influence directe sur leur propre syndicat.I.es délégués ont en effet accepté de se soumettre à certaines normes morales et d'efficacité au sein de la FTQ.Les normes morales permettent en pratique à la FTQ de désavouer certains de ses affiliés qui ont une direction malhonnête ou comptent dans leurs rangs des dirigeants malhonnêtes; qui ne respectent pas les principes démocratiques du syndicalisme libre dans la conduite de leurs affaires internes; qui ne respectent pas ou Les relations FTQ-CTC Le dixième congrès de la FTQ aura permis à la centrale québécoise île mieux définir ses rapports avec la centrale pancanadienne, le CTC.Ceux qui aiment théoriser les situations concrètes, parleront peut-être d'un statut particulier pour la FTQ au sein du CTC.Pour les délégués au dixième congrès, le problème se posait sans doute avec beaucoup plus de simplicité.soit d'envisager avec réalisme et lucidité l'évolution du syndicalisme international et national dans le Québec et d’adapter les structures aux nouvelles réalités.Les solutions proposées à certains problèmes qui se posent au syndicalisme canadien, et par le fait même à la grande centrale canadienne, le CTC, dépassent en fait les cadres strictement québécois.Tout en tenant compte de la situation particulière du Québec, les délégués, fidèles en cela à la solidarité des travailleurs qui ne connait pas de frontières, ont proposé certaines réformes majeures aux structures mêmes du CTC.On a insisté par exemple avec force sur le statut canadien des syndicats internationaux, un statut qui prévoit l'élection d’un directeur d’un district canadien par les membres canadiens de chaque syndicat international affilié au CTC.Pour protéger le travailleur contre les institutions ou, si l'on préfère, les déviations institutionnelles.on a proposé l’adoption d'un code d'éthique et d'efficacité de même que la création d'un conseil arbitral qui verrait à protéger les droits individuels et institutionnels.Les délégués ont suggéré de modifier la constitution du CTC de façon à permettre la formation de fédérations, départements ou conseils industriels.Il est évident, qu'au point de vue de l’efficacité, il y a avantage pour les travailleurs et les syndicats oeuvrant dans un même secteur à se regrouper dans une unité plus large.On peut à la fois coordonner son action, échanger des informations, se tracer des objectifs communs.Conscients des problèmes soulevés par les débats constitutionnels et les relations entre Canadiens de langue française et anglaise, les délégués au congrès de la FTQ ont suggéré la création d'un conseil bi-national consultatif composé d'un nombre égal de syndiqués de langue française et de langue anglaise.Ce conseil devrait faire des recommandations au Conseil exécutif du CTC sur la constitution canadienne, le biculturalisme et le bilinguisme, les relations fédérale-provincialcs ainsi que sur les échanges culturels entre le CTC et les grandes centrales internationales.En plus de demander au CTC d’accorder aux fédérations tous ses services dans les provinces (organisation, éducation, etc.), les délégués ont recommandé de modifier la constitution du CTC de telle sorte que toutes les sections locales soient tenues de s’affilier à leur fédération et à leur conseil de travail respectif.Toutes ces demandes et quelques autres devraient aider à assainir les relations entre la FTQ et le CTC et permettre aux structures du mouvement syndical canadien de tenir compte des réalités nouvelles au Québec et au Canada.fermit ses structures ne protègent pas les droits collectifs et individuels de leurs membres; qui sont de connivence avec le patronat pour imposer à leurs membres des conditions de travail inférieures aux normes généralement reconnues.Par ses normes d’efficacité syndicale, la FTQ se réserve aussi le droit de désavouer ses affiliés qui ne fournissent pas à leurs membres les services normaux; qui négligent systématiquement l’organisation à l'intérieur de leur juridiction; qui ne respectent pas la langue et la culture de leurs membres de lange française et anglaise; qui signent, sans motifs valables, des conventions collectives de travail à des conditions inférieures aux normes généralement reconnues dans des entreprises semblables.Les syndicats qui ne satisfont pas à ces normes ont.par ailleurs, le droit de se défendre des accusations portées contre eux avant d'être frappés de sanctions de suspension d’affiliation par le Conseil général, ou d'expulsion par le congrès.Au niveau de la protection des droits individuels et de ses affiliés et des membres de ses affiliés, la FTQ a les pouvoirs de créer un Conseil d'arbitrage formé de personnalités éminentes étrangères au mouvement syndical.Le Conseil d’arbitrage aurait le mandat de faire enquête sur toute plainte ou accusation portée contre la FTQ par un organisme affilié relativement à l'application, dans son cas, des statuts: de faire enquête sur toute plainte ou accusation portée contre un affilié de la FTQ par un membre de l'organisme, relativement à l’application, dans son cas.des statuts de sa section locale, de son syndicat national ou international, ou de toute forme d'association existant à l’intérieur de son syndicat: de publier les résultats île ses enquêtes et les recommandations qu'il juge utiles; de rev iser les statuts de la Fit.) et publier les recommandations jugées utiles pour sauvegarder les droits institutionnels des organismes affiliés.Désirant favoriser une meilleure coordination du travail des affiliés de la FTQ et préparer leur éventuelle fusion par secteurs, les délégués ont ausi approuvé une résolution suggérant la création île conseils intersyndicaux de secteurs.Toutes ces résolutions, ainsi que d'autres précisions apportées aux autres articles des statuts, devraient d'ici le prochain congrès de la FTQ consolider la force de l'organisme supérieur tout en laissant aux syndicats affiliés l'autonomie nécessaire pour se développer. P (un reportage de Robert Favreau) NDLR: Nous avons rencontré quatre membres du Comité des travailleurs de la Rive-Sud en vue de spvoir ce qu’était ce comité, ses buts, et ce qu'il représentait aux yeux de ces quatre personnes.Il s’agit de Lucien Valiquette, ancien magasinier à l’emploi de Ville Jacques-Cartier, Normand Dorval, qui travaille dans une buanderie à 40 dollars par semaine pour 60 heures de travail et aussi Charles-Auguste Tremblay qui travaille à la United Aircraft Company où il vient de se tenir une grève de deux mois et enfin, René (nous ne pouvons dévoiler son nom par peur des représailles) qui travaille au garage municipal d'une des villes de la Rive-Sud.Tous ils ont décidé qu'ils en avaient assez et ont décidé de passer à l’action ' ' Mais que font-ils?Que demandent-ils?Dans cette entrevue, ils répondent à ces questions.É wm.LE MONDE OUVRIER • THE LABOUR WORLD V-iJ• NOVEMBRE 1967 louvel espoir pour les travailleurs de la Rive-Sud NOVEMBRE 1967 • 13 LE MONDE OUVRIER • THE LABOUR WORLD R.F.Qu'est-ce que le Comité des travailleurs de la Rive-Sud?Lucien Le comité, c'est un moyen pour tous les travailleurs d'étudier leurs problèmes, d’y trouver des solutions, d’obtenir l'information qu'on leur refuse et d’obliger les gens en place à mettre en application ces solutions déterminées par les travailleurs, eux-mêmes.R.F.Que signifie pour vous ce Comité des Travailleurs?Charles-Auguste Pour moi, c’est un groupement de travailleurs tant pères de famille que célibataires; ça réunit tous les salariés, qu'ils aient de gros ou de petits salaires, mais du moment qu’ils ne sont pas patrons.On veut essayer d'en faire un mouvement fort pour qu’on puisse en arriver un jour à se faire comprendre.Nous autres, on a jamais eu notre mot à dire sur rien, mais si on devient fort, “les gros”, qu’ils nous comprennent ou non, ils seront bien obligés de nous écouter.R.F.Qui peut faire partie de ce comité?Lucien Tous les travailleurs demeurant sur la Rive-Sud, qu’ils soient syndiqués ou non.Pour les syndiqués, on n’a pas d’égards pour la centrale syndicale à laquelle ils appartiennent, que ce soit F.T.Q.ou C.S.N., parce que nous croyons que les luttes inter-syndicales sont des luttes entre les chefs et non pas entre les membres.Pour les non-syndiqués, le comité est le seul moyen de défense qu’ils ont parce que les syndicats ne s'occupent pas d’eux et qu’à cause de leur manque d’organisation, ce sont eux qui sont les travailleurs les plus exploités de la société.Ils forment 70% de toute la population des travailleurs et ils sont sans voix.R.F.Qui dirige ce comité?Lucien Personne et tout le monde.On n’a pas voulu se donner de président ou de vice-président, etc.afin d’éviter une prise de pouvoir par certains individus qui se serviraient du comité par intérêt personnel.On veut plutôt que tous les membres du comité travaillent par groupes; ainsi, une fois qu’un problème a été étudié par tous, que l’information a été recueilli par tous et qu'une action a été décidée par tous alors tout le monde embarque.R.F.Croyez-vous que ce comité est bon pour tous les travailleurs?Charles-Auguste Des employés d’une usine d'avion, des boulangers, des gars de la Weston, des employés municipaux, des cols blancs, des professeurs, des employés de buanderie, etc.Lucien Tous ces gars-là s'y trouvent, parce que les décisions des hommes publics affectent tout le monde et que les problèmes importants sont les mêmes pour tous les travailleurs; logement, salaire, coût de la vie, impôts, taxes, patronages, etc.R.F.Comment avez-vous été amené à faire partie de ce comité?Normand • J'ai été contacté par un membre du comité et moi personnellement ce qui m’a frappé le plus dans ce comité, c'est que tous pouvaient discuter et pouvaient dire leur opinion.Comme ça il y a moyen d'en arriver à s'entendre.R.F.Quels buts visent le comité des travailleurs de la Rive-Sud?Lucien Notre principal but est de créer une solidarité entre tous les travailleurs de la Rive-Sud en vue de s'attaquer 1) aux bas salaires 2) à l’insécurité d'emploi 3) au fait que dans la place, c’est toujours les "gros" qui ont de l’argent, de l'instruction et qui, à part ça, dirigent tout au niveau municipal, scolaire, etc.C’est toujours eux qui prennent les décisions pour l’ensemble des travailleurs alors que ça devrait être l’inverse.Il faut que les travailleurs prennent leurs responsabilités et décident de la direction des affaires publiques.Aujourd’hui, c’est toujours la même petite clique qui mène et ça le comité ne l'accepte pas et va lutter contre.Et cela, ce n’est pas seulement au niveau municipal mais aussi au provincial.Cela, on peut lutter contre en faisant de l'éducation populaire auprès de nos compagnons de travail et en essayant de les convaincre que c’est à eux-atitres à prendre les décisions à la place des "gros”.Il y a certes des travailleurs qui siègent au conseil municipal mais c’est des "petits vendus" et ce n'est pas avec cette sorte de travailleurs qu’on lutte.Normand Ce qu'on vise c’est de devenir assez fort pour améliorer le sort des travailleurs de la Rive-Sud.Dans la région, il y a des gars qui gagnent 40 dollars par semaine.Il y a des gars qui passent des circulaires et qui doivent faire 400 portes pour faire SI.00; ils font ça six jours par semaine, beau temps, mauvais temps.Il existe beaucoup de patronage ce qui fait qu’un “chieux du patron" au bout de trois semaines prend la "job" d’un gars qui est là depuis 5 ans.Sur la Rive-Sud tous les non-syndiqués se font manger la laine sur le dos.Charles-Auguste A part ça, il y a une foule de “gamiques” au municipal et ça, ça nous coûte cher en taxes.On veut éliminer ça parce qu’on en a assez de graisser les “gros”.René Un autre but, c’est que les travailleurs de toutes les municipalités se mettent ensemble pour améliorer leur sort et forcer les patrons à régler la situation qu'on vient de décrire.R.F.Quelles actions peut faire ce comité?Lucien a) faire connaître au public les faits qu’il ne connaît pas, qu’on lui cache, et qu’il aurait besoin pour prendre des décisions: pour ça, on s’est donnée un journal qui appartient aux travailleurs de la région, h) des manifestations de masse soit pour appuyer des grévistes, soit pour forcer le gouvernement à passer des législations en notre faveur.c) des circulaires d’information.d) des manifestations pour avertir les “gros" que les travailleurs les surveillent et que si ça ne marche pas, ils sont mieux de se surveiller aux prochaines élections.e) aider les non-syndiqués à se syndiquer s’ils le veulent.R.F.Quelle différence voyez-vous entre le syndicat et le comité des travailleurs?René Le syndicat s’occupe d'un groupe particulier de travailleurs et non pas de tous les travailleurs.De plus le syndicat est loin de régler tous les problèmes comme celui du logement, du prix des médicaments.Le syndicat ne s’occupe pas de ces affaires-là.Nous autres, on le fait.Charles-Auguste Moi, j'ai jamais milité dans le syndicat parce que c’étaient tous des gars qui avaient des fioles qui étaient là-dedans.A l'assemblée syndicale on est supposé avoir droit de parole mais il y a toujours un démagogue qui déforme nos paroles.Ben.dans le comité, il n'y a pas de fiole à y avoir.R.F.Comment voyez-vous le comité dans l'avenir?Lucien Une fois qu'il va y avoir une certaine solidarité entre les membres et qu’on aura réalisé une partie de nos buts, peut-être y aura-t-il d’autres comités dans d’autres régions, comme à St-Jérômc actuellement qui avait déjà commencé avant nous et alors le travailleur sera plus fort pour se défendre contre les “gros” du pays.Normand J’espère que par ce comité, les travailleurs vont réussir à avoir un salaire selon le coût de la vie, un emploi stable, et qu’on réussira à éliminer le patronage à tous les niveaux, j’espère qu’on va en arriver un jour où ce sera des travailleurs (mais pas des “vendus”) qui siégeront au gouvernement et là, ils obligeront les patrons par des lois,, à payer leurs employés comme du monde, les obliger à nous donner des heures raisonnables de travail, etc.Charles-Auguste Moi je veux que le comité devienne assez fort pour que lorsqu'une compagnie vient s'installer dans la région, et que c’est une compagnie qui ne paie pas assez ses employés, alors les travailleurs pourront l'obliger ou bien à payer ses employés comme du monde ou bien à s’en aller ailleurs.René Moi je suis d'accord entièrement avec tout ça.(suite page 14) 14 • NOVEMBRE 1967 LE MONDE OUVRIER • THE LABOUR WORLD ^des travailleurs de la Rive^ül lumon'ae fondation du m fr*v Pt à.*55?ACTUAL SIZE RIVE-SUD Situation 1.Travail: ex.$40.00 par semaine 60 heures grève: U.A.Craft employés municipaux de St-Hubcrt; pas de sécurité d’emploi; intimidation syndicale; 7 K) non-syndiqués; patronage municipal.2.Logement: ex.S85.00 de loyer par mois—sous-sol, 4 pièces.3.Hducation, nourriture, médicaments, ça coûte cher, etc."On n’a pas nolle mot à dire nulle part".Actions A) faites: — relevé d'usines non-syndiquées dans plusieurs villes; — recrutement: par contacts personnels; — information: tracts; annonces dans journaux locaux; — un journal, "Le militant" — appui aux grévistes de St-Hubert.H) A faire: — une enquête pour connaître les conditions de vie des travailleurs; — des appuis; — continuer notre journal.Organisation et buts Comité île travailleurs libre et indépendant avec syndiqués et des non-syndiqués — des gars de la HASE, des militants; pas de fioles les structures et l’argent ça vient au fur et a mesure.Résultats I ) On est plus nombreux; de 15 on est rendu à 75; 2°) on est plus militants, plus motivés; 3 ) on a notre mot à dire tous et on a tous une tâche à faire; 4 ) on a notre journal; 5°) les travailleurs de la Rive-sud sont de plus en plus au courant; 6°) une manifestation pour appuyer les grévistes de St-Hubert.ST-JEROME Avant le comité de travailleurs — 10,000 travailleurs (30 gars sur 100 en chômage;) — salaire d’un homme par an: $3,000.— salaire d’une femme par an: $1,800.— les travailleurs n'ont jamais leur mot à dire.Actions du comité 1.Un collège ouvrier avec des représentants de la CSN et de la ITQ sur le syndicalisme et la société.2.Deux enquêtes: une sur les salaires et conditions de travail; une sur le budget familial.3.Articles dans journaux locaux et provinciaux.4.Visites au Conseil municipal et affrontements avec Chambre de commerce.5.Dépistage des leaders des usines non-syndiquées.6.Grèves et manifestation de 1,200 travailleurs organisée par le comité.7.Comité des travailleurs (25); syndiqués, non-syndiqués, femmes.8.Un journal: “Pouvoir ouvrier’’ (500 exemplaires) —$45.00 par mois.Résultats 1.Prise de conscience des travailleurs de leur SOLIDARITE.2.St-Jérôme devient zone désignée.3.Création d’une Commission industrielle (Comité consultatif au Conseil municipal) dont 10 sous-comités avec trois travailleurs dedans.— Education des adultes; — urbanisme; — etc.DON'T BE DEAF! 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The International Labour Office permanent secretariat of the International Labour Organization Geneva, Switzerland endeavours to secure permanent peace in the world by eliminating social injustice through the improvement of conditions of labour.Labour and Automation is a bulletin series concerned with the study of the economic and social effects of automation and advanced technological change in the field of labour.Bulletin No.1: Automation A discussion of Research Methods 276 pages Paperbound $3.00 Bulletin No.2: A tabulation of case studies on technological change Economic and Social Problems Reviewed in 160 Case Studies 87 pages Paperbound $1.00 Bulletin No.3: Technological change and manpower in a centrally planned economy 92 pages Paperbound $1.00 Bulletin No.4: Manpower adjustment programmes France, Federal Republic of Germany, United Kingdom 207 pages Paperbound $2.50 This new series is available from: The International Publications, Queen’s Printer, Ottawa Z k ^ ^0» QU’IL SOIT RESOLU que la Fédération des travailleurs du Québec fasse des pressions auprès du ministère des Affaires municipales pour que son service de plans et de projets discute avec le mouvement syndical de projets qui pourraient amener des_ lois pour forcer les municipalités à négocier sur le plan régional et en même temps faire un pas en direction de la négociation provinciale.Mmm « 'S ifittsiSfei Nouvelles résol nouvelle politique Si dans son ensemble le dixième congrès de la FTQ (ut un succès, une véritable réussite dans la redéfinition de soi-même, l'on doit constater, par contre, que les résolutions soumises par les différents locaux n'ont pas permis de faire progresser sensiblement la politique de la FTQ.Nous publions dans cette page les résolutions totalement nouvelles qui constituent un apport nouveau à la politique de la FTQ.Plusieurs autres résolutions qui ont été adoptées au congrès ne sont que la reprise de résolutions déjà adoptées lors de congrès antérieurs.D'autres résolutions sont des retour en arrière sur la politique de la FTQ.Certaines vont même jusqu’à contredire cette politique.Dans la publication, Politique de la FTQ 196067.les divers locaux affiliés à la FTQ pourront voir ce oui a déjà fait l'objet d'une résolution adoptée par des conqrès antérieurs.Ils auront donc avantage, s'ils veulent fair pronresser la pensée politique de la FTQ.d'attaquer des domaines nouveaux.Loi de la pharmacie Politique internationale QU’IL SOIT RESOLU que la Fédération des travailleurs du'Québec ¦encourage le gouvernement provincial à maintenir les contacts dans les domaines culturels, économiques, etc .avec les pays francophones du monde.\ QU’IL SOIT RESOLU que ce 10e congrès de la FTQ demande au gouvernement de maintenir le statu quo jusqu'à ce que la loi de la pharmacie soit étudiée et revisée par l’assemblée législative lors de la prochaine session ; QU'IL SOIT DE PLUS RESOLU d’ajouter à l'article 8 de la même loi des dispositions qui prévoient la reconnaissance d'aides-pharmaciens à qui l'on pourrait confier la préparation et la vente de médicaments.QU'IL SOIT ENCORE RESOLU que ce congrès recommande la création d’une "centrale d’information pharmaceutique" qui serait au service des médecins, pharmaciens et aides-pharmaciens afin qu’ils puissent y obtenir toutes les informations thérapeutiques désirées sur les médicaments vendus au Québec.Assistance sociale QU’IL SOIT RESOLU que la FTQ relance vigoureusement la guerre à la pauvreté et préconise notamment les mesures suivantes: a) une politique complète de la main-d’oeuvre pour assurer le plein-emploi; b) la construction de logis à prix modiques; c) une politique intégrée d’assistance sociale qui assurerait aux déshérités un revenu minimum suffisant pour leur permettre de vivre décemment.d’oeuvre QU’IL SOIT RESOLU que la FTQ réaffirme son appui à la juridiction du Québec en matière de la main-d’œuvre, et qu’il fasse les pressions nécessaires auprès du gouvernement du Québec pour que celui-ci exige la récupération fiscale appropriée pour pouvoir s’occuper de la mise en place des structures appropriées pour une politique dynamique de la main-d’oeuvre au Québec.Réaménagement régional QU’IL SOIT RESOLU que ce 10e congrès de la FTQ se prononce fortement en faveur d’un plan adéquat d’urbanisme et de réaménagement régional qui tiendra compte des propositions prévisibles de développement à long terme de la région métropolitaine et d’un vaste secteur entourant cette région; QU’IL SOIT DE PLUS RESOLU que la FTQ insiste auprès du gouvernement du Québec pour qu’une étude très sérieuse soit faite du projet “Horizon 2000", préparé par l’administration Drapeau-Saulnier et pour qu’ils prennent les mesures nécessaires pour que ce projet, ou tout autre projet similaire, se réalise par étape dans toute l’étendue de la région visée; QU’IL SOIT ENFIN RESOLU que ce congrès demande à la FTQ et aux conseils du travail, compris dans la région visée par ce plan de réaménagement, de suivre avec attention le développement de ce projet et de faire, en temps opportun, les représentations appropriées en mettant l’accent sur: a) la disparition des taudis, b) l’établissement des moyens de transport en commun adéquats et à un coût accessible; c) la construction de logements à prix modiques pour les travailleurs; d) l’opposition à l’établissement de ghettos pour quelque classes de la société que ce soit dans la région visée; et e) la disponibilité dans tous les centres résidentiels qui sont déjà établis et qui s’établiront dans ce territoirej de tous les services essentiels.Unité syndicale QU’IL SOIT RESOLU que la Fédération continue et intensifie la recherche d’occasion de prise de position conjointe dans les questions qui concernent l’intérêt de l’ensemble des travailleurs et de la population du Québec, et ce, non seulement avec la CSN, mais aussi avec les autres groupes intermédiaires, mais aussi avec la CSN.QU’IL SOIT DE PLUS RESOLU que la FTQ préconise publiquement et énergiquement la formation d’un comité conjoint "au sommet" de dix personnes, dont cinq désignées par la FTQ, et cinq désignées par la CSN, et dont le rôle sera d’étudier sérieusement les moyens de réaliser au Québec, le plus tôt possible, l’unité d’action syndicale dans tous les domaines.Cette unité d’action pourrait se réalier de l’une ou l’autre des deux façons suivantes: 1° par le moyen d’une “Super FTQ" qui grouperait des représentants des syndicats affiliés à la FTQ et les syndicats affiliés à la CSN pour élaborer des politiques communes aux deux centrales; ou 2° à tout le moins, par une formule de co-existence pacifique réglementée, les détails et les règlements à être élaborés par le comité conjoint subventionné et accepté par le Conseil général de la FTQ et par l’organisme équivalent du côté de la CSN.- Injonctions QU’IL SOIT RESOLU que ce congrès demande à ses délégués de supporter la politique suivante: a) demander au Congrès du Travail du Canada d’exiger que le goûverne-ment fédéral amende le Code pénal de façon à ce que le droit de piquetage soit clairement reconnu lors d’une grève et puisse s’exercer sans restriction; b) recommander que le CTC demande à ses affiliés de défier les injonctions lorsque l’intérêt supérieur des travailleurs l’exige.c) recommander que les fédérations provinciales du travail entreprennent des campagnes afin que les lois provinciales de travail soient amendées de façon à interdire le recours aux injonctions dans les conflits ouvriers et l’interdiction du recours aux briseurs de grève Politique salariale Hydrçj-Québec QU’IL SOIT RESOLU que la FTQ réclame du gouvernement provincial l’institution d’une enquête royale sur l’Hydro-Québec qui révélera au public les modes d’administration de cette corporation, les méthodes de financement et la répartition des revenus, ainsi que les normes suivies par scs représentants dans leurs relations avec les employés syndiqués.QU’IL SOIT RESOLU que le 10e congrès de la FTQ condamne vigoureusement la politique de relations de travail de l’Hydro-Québec, à Gcntilly comme ailleurs, réclame une enquête publique complète sur toute son administration, et exige que cette entreprise nationalisée soit maintenant socialisée, c’est-à-dire administrée dans l’intérêt véritable de la populatoin.Vacances garanties QU’IL SOIT RESOLU -que Fédération des travailleurs du Québec demande au gouvernement du Québec de passer une législation prévoyant deux semaines de vacances payées.¦ QU’IL SOIT RESOLU que ce dixième congrès: a) s'oppose et dénonce fortement celle supposée politique salariale; b) soumettre au gouvernement, de la façon la plus ferme possible, les objections des travailleurs; c) “réclame vigoureusement le droit pour les syndicats de participer à la planification non seulement de la politique salariale mais de tous les aspects de l'économie.Syndicalisme dans les municipalités
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