L'itinéraire, 1 janvier 2010, samedi 15 mai 2010
[" «2 un dollar revient au camelot r; LUC LANGEVIN ' LA MAGIE EN 12 DIMENSIONS Volume XVII, n° 10 Montréal, 15 mai 2010 ZOOM CAMELOT Benoît Chartier SANTÉ_________________ Comprendre pour mieux soigner DÉVELOPPEMENT SOCIAL________________ Les Ouïghours et la Chine Il y a tant de choses que'vous pourrez faire avec vos vieilles bouteilles, jJpP\"\tajB\t_ _ ¦ * fe»\t.S?Ü: J*.À Hjff] i+tlirl *î 1.1.ililJJ ¦* Éh^l»L|' ¦: LUtbJIU)/ Phi !¦\t: iwi euM i*»nwl i*IS>Jflü! fcwmn'mw lu*™ wl wMrpu l'iiu l!W« llill:TT.Recevez 150 enjjifHJuitt^w* HlmMp* * ITflifallafan l'un rwü^aj sytâmg de [illraiiùn tfeau îihjiu* -\\ _j0 Appelez-nom dèt 'auidiiTd'tïiti, r.ir rette fltire Ht v^Tlid**- du iL jmi 31 rpni ifulErtiRflt1 514 728-2233 ScrVlCtt-dc Ljlr1 \u201840 O BANQUE NATIONALE *ç pt U ITINERAIRE Montréal faites un BOUT DE CHEMIN avec NOUS 111 111 UN DON POUR LES SANS-ABRI.MERCI DE VOTRE GÉNÉROSITÉ! « \u2022 » 9 I I ZOOM CAMELOT JOSÉE LOUISE TREMBLAY www.joseelouise.com BENOÎT CHARTIER CAMELOT DÉVOUÉ Ses beaux yeux bleus semblent un peu perdus et pourtant, il est très allumé.Sous des airs un peu nonchalants se cache une âme prête à tendre la main aux personnes dans le besoin.Benoît Chartier est un camelot de confiance, apprécié tant par sa clientèle que par tout le personnel du groupe pour son affabilité et son dévouement.A L\u2019Itinéraire, Benoît aime également s\u2019exprimer à travers la tribune des mots de camelots et raconter sa vie.«Pour moi, écrire dans L\u2019Itinéraire, c\u2019est thérapeutique.» En 2007, Benoît Chartier était venu tout bonnement manger au Café L\u2019Itinéraire.«J\u2019habite dans un immeuble subventionné dans le quartier.Je suis venu au restaurant parce quid, ça n\u2019est pas cher.» Dès qu\u2019il s\u2019assoie à une table du café, les clients autour lui parlent et il aime cette convivialité.«Plusieurs clients du café m\u2019ont dit que je devrais devenir camelot et que ça m\u2019aiderait financièrement.C\u2019est là que j\u2019ai décidé de vendre le magazine et je me suis installé au supermarché IGA, près du métro Frontenac, et au métro Radisson.» Le logis du camelot a été ravagé par un incendie en 2001 : «Avant ce feu, je travaillais pour Postes Canada et j\u2019étais gardien de sécurité en même temps.Je travaillais 90 heures par semaine, de nuit.» Au lieu de monter dans l\u2019autobus des pompiers destiné aux victimes, le Montréalais d\u2019origine a été hébergé par une amie.«Puis, elle m\u2019a jeté dehors.C\u2019est là que je me suis retrouvé à la rue et ça a duré quatre mois.» LES ALÉAS DE LA VIE Enfant unique, Benoît n\u2019a plus de contact avec le reste de sa famille.«Ma mère est décédée en 2004.Depuis, je ne vois plus le reste de ma famille.» Blagueur, le camelot a fait des études : «Comme disait Sol, je suis allée à la pornovolente , au zoogep et a 1 adverstite en langues.C\u2019est là que j\u2019ai appris l\u2019anglais.» Durant 13 ans, il a également travaillé à la Ville de Montréal en tant qu\u2019aide-bibliothécaire.«J\u2019ai perdu ma job parce que le jeudi, je recevais ma paie et je partais la boire le soir même.Le lendemain, je ne rentrais pas.» Aujourd\u2019hui, Benoît ne boit plus.«Quand je buvais, je ne mangeais plus.La boisson, ça mène à la maladie mentale, à la folie, à la prison ou à la mort», dit-il.«LA BOISSON, ÇA MÈNE À LA MALADIE MENTALE, À LA FOLIE, À LA PRISON OU À LA MORT.» \u2014 Benoît Chartier Il y a quelques années, alors qu\u2019il habitait dans un immeuble à logements, Benoît trouve une seringue souillée dans l\u2019édifice.Pour éviter que des enfants de l\u2019immeuble se blessent, il ramasse la seringue, mais se pique par mégarde.«C\u2019est de cette façon que j\u2019ai attrapé l\u2019hépatite C, en voulant protéger les enfants.Le pire, c\u2019est que j\u2019avais déjà consommé auparavant de la cocaïne en me piquant et je n\u2019avais rien attrapé.L\u2019ironie, c\u2019est que j\u2019avais cessé d\u2019en prendre à l\u2019époque.Puis je suis tombé malade.» À la fin janvier de cette année, il a terminé un traitement de 48 semaines contre cette maladie.«En trois semaines, je suis passée de 47% de chance de survie à 80%», raconte-t-il.À 53 ans, Benoît conserve la volonté de s\u2019engager socialement.«J\u2019ai bientôt rendez-vous avec une intervenante.À L\u2019Itinéraire, il y a un programme de recherche d\u2019emploi et j\u2019aimerais bien me trouver une job en entretien ménager ou comme gardien de sécurité.» PHOTOS : DANIEL DUMONT ITINERAIRE 5 15 mai 2010 SOMMAIRE ZOOM CAMELOT 5 Benoît Chartier - Camelot dévoué RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE 9 S2L : Un projet d\u2019économie sociale rassembleur! 10\tTestez notre site Internet mw.infocommode.org ACTUALITÉ ET VIE URBAINE 11\tSolidari-Show au profit des itinérants Le monde selon Ray Lengelé Journée des musées montréalais 13 Série L\u2019humour montréalais - Couscous Comedy Show : spectacle dans l\u2019assiette et sur scène À LA UNE 15 Luc Langevin - La magie en 12 dimensions CULTURE 19\tBourbon Gautier au pays du country 20\tRoger Tabra - Bûcheron des mots SANTÉ ET BIEN ÊTRE 21\tComprendre pour mieux soigner 23 L\u2019éducation somatique : bouger à son rythme 25 Psychiatrie transculturelle - Apprendre des autochtones ENVIRONNEMENT 27 Une note et sa pomme de discorde 29 Brèves ÉCONOMIE ET CONSOMMATION 31 Chronique de Gilles L.Bourque - Trop riche pour être utile MONDE DE TRAVAIL 33 Aménagement durable du territoire forestier DÉVELOPPEMENT SOCIAL 35 INFO RAPSIM-Budget 2010-2011: l\u2019amincissement du filet social 37\tJasmin Roy \u2014 Le récit comme bouée de sauvetage 38\tLes Ouighours et la Chine 39\tMieux connaître le logement social EXPRESSION 40\tGlobe-trottoirs\u2014N ouvelles des journaux de rue du monde entier 41\tChronique de rue - Fou du village et vieille sorcière 42\tMots de camelots 46 Sudoku L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE:\tL\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES QUI ACHÈTENT LE MAGAZINE 1$ ET LE REVENDENT AU COÛT DE 2$.Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue, Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.RÉDACTION ET ADMINISTRATION \u2022\t2100, bout, de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K4S1 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE \u2022\t2101, rue Ste-Catherine Est MAGDVD LE3EŒIL \u2022\t2103, rue Ste-Catherine Est, 3S étage TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TÉLÉCOPIEUR: 514 597-1544 SITE :\tWWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédactrice en chef : Audrey Coté Superviseur de rédaction : Jérôme Savary Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Design et montage du magazine : Morgane Saout Photo de couverture : Éric Carrière Révision : Édith Verreault, Hélène Paquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Jean-Pierre Bourgault, Louise-Marie Dion, Myreille Simard, Lise Berthiaume, Catherine Flintoff, Julie Duchesne et Véronique Lettre Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com Conseillères publicitaires : Renée Larivière: 514 461-7119 renee.lariviere@itineraire,ca Claire Champeau : 514 597-0238 poste 230 claire.champeau@it in eraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Jean-Paul Baril Vice-président : Gabriel Bissonnette (rep.camelots) Trésorière : Catherine Isabelle Secrétaire : André Martin Membre d\u2019office : Serge Lareault Conseillers : Tanéa Castro, Yvon Massicotte, Alexandre Péloquin, Micheline Rioux, François Rousseau-Claire, Robert Stacey L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directeur de l\u2019administration : Guillaume Lacroix Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Adjointe à l\u2019administration : Charlotte Rougier Coordonnatrice de la publicité : Karoline Bergeron Conseiller dons et partenariat : Patrice Jolivet Conseillère en développement stratégique : Marie-Hélène Choinière Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1 Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.ISSN-1481-3572 n° de charité: 13648 4219 RR0001 GESTION DE L'IMPRESSION Edition sur mesure - TVA Publications -514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO AWECÇ LCIUVRÏ LÉGtK !V* I* U fefJIH»*.üj Oiùir.m dira ti tmt* ABONNEMENT WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les sen/ices d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230, Quebectw est Mko do soulon* i action sociale do Lltinenaira en loi attranl des services cftmpnfnefle, de promotkyii télé et Uraimèe ainsi aue le cGtüe er internet haute vitesse Vlaéolron. ÉDITORIAL AUDREY COTÉ Rédactrice en chef audrey.cote@itineraire.ca HOMOPHOBIE SE RESPONSABILISER INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT Anxiété, dépression, idées suicidaires : l\u2019enfant victime d\u2019homophobie ou de n\u2019importe quelle autre forme d\u2019intimidation à l\u2019école devient un adulte à l\u2019esprit tourmenté par la maladie mentale.Dans Osti defif!, publié récemment, le comédien et chroniqueur Jasmin Roy raconte le cauchemar quotidien que fut son passage à l\u2019école primaire et secondaire.Un récit courageux et d\u2019autant plus touchant qu\u2019il est dédié à «tous ces jeunes isolés, laissés pour compte, sans amis, qui vivent en silence cette tragédie solitaire.» Osti defif! Le titre frappe délibérément fort, à l\u2019image de la violence psychologique exercée sur ceux qu\u2019on affuble de cette insulte, considérée par les garçons comme la plus «handicapante» dans une cour d\u2019école.Humilié et roué de coups par les autres garçons en raison d\u2019un léger trouble de motricité qui le rendait vulnérable, le petit Jasmin a vécu un calvaire qui a laissé des cicatrices dans sa vie adulte.«J\u2019ai toujours des séquelles, mais ça va bien.même si je conserve une anxiété de base», confie le comédien à notre journaliste David Nathan dans l\u2019entrevue que vous pouvez lire à la page 37.Plus de 27 ans après avoir quitté l\u2019école secondaire, Jasmin Roy est bouleversé de constater que la violence homophobe sévit toujours aussi gravement en 2010.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui lui a donné le courage de triturer ses cicatrices d\u2019enfant blessé pour raconter son histoire.Exercice courageux que celui de faire revivre le cauchemar quotidien de la violence afin de sensibiliser jeunes et moins jeunes à l\u2019acceptation de la différence.«On m\u2019attrapait par les bras pour m\u2019empêcher de me défendre et on PEU IMPORTE LA CAUSE, L\u2019INTIMIDATION EST TOUJOURS FONDÉE SUR LE REJET DE LA DIFFÉRENCE ET NE PAS INTERVENIR REVIENT À LA CAUTIONNER LACHEMENT.me frappait à coups de poing et à coups de pied», écrit le comédien.On me giflait au visage, on me crachait dessus et, après l\u2019assaut ultime, on m\u2019abandonnait en se retirant avec un rire sadique.Je restais seul avec ma souffrance.» Dans nos écoles, des milliers de petits Jasmin Roy, plus sensibles ou fragiles que la moyenne, développent des problèmes de maladie mentale parce qu\u2019ils sont victimes d\u2019intimidation sans que personne n\u2019intervienne de manière cohérente.Pour toutes sortes de raisons, directeurs, professeurs et autres intervenants scolaires hésitent à sanctionner les comportements d\u2019intimidation.Cette inaction généralisée nous coûte cher socialement.Dans l\u2019ouvrage Mort oufif la face cachée du suicide chez les garçons, le sociologue Michel Dorais constate que le taux de suicide chez les jeunes gais et bisexuels est jusqu\u2019à 16 fois plus élevé que chez les autres jeunes.De plus, à l\u2019âge adulte, un adulte sur deux aura des idées suicidaires ou d\u2019autres problèmes de santé mentale liés à la violence homophobe subie dans l\u2019enfance.Avec sa politique contre l\u2019homophobie adoptée en 2009 par le gouvernement libéral, le Québec est l\u2019une des sociétés les plus ouvertes au monde.Cependant, peu d\u2019efforts ont été déployés pour que cette politique se concrétise.Comme le soutient Jasmin Roy, il est urgent que le gouvernement élabore une stratégie provinciale de sensibilisation et de formation des intervenants scolaires et des élèves.Il faut aussi que chaque intervenant du milieu scolaire, qu\u2019il soit concierge ou directeur, soit conscient des ravages psychologiques engendrés par l\u2019intimidation et prenne ses responsabilités d\u2019adulte : protéger les enfants plus vulnérables.Bien qu\u2019il soit aujourd\u2019hui ouvertement homosexuel, Jasmin Roy ignorait complètement son orientation sexuelle lorsqu\u2019on l\u2019injuriait en le traitant de tapette ou «d\u2019osti de fif».Ainsi, peu importe la cause, l\u2019intimidation est toujours fondée sur le rejet de la différence et ne pas intervenir revient à la cautionner lâchement.Au terme de quatre ans de psychanalyse, Jasmin Roy s\u2019estime chanceux d\u2019être parvenu à trouver l\u2019équilibre.Mais pour le reste de ses jours, il devra lutter contre les vieux démons intérieurs qui ont pris la place de ses bourreaux d\u2019antan : «Après les coups, je devais faire face à tous les conflits intérieurs générés par ces actes de violence continue.Les conséquences étaient encore plus difficiles à surmonter que les coups initiaux, et je dois encore tenter de les surmonter à 44 ans.» LISEZ L\u2019ENTREVUE DE DAVID NATHAN AVEC JASMIN ROY À LA PAGE 37 INFORMEZ-VOUS SUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L\u2019HOMOPHOBIE LE 17 MAI : WWW.FONDATIONEMERGENCE.ORG ET VOUS, QU\u2019EN PENSEZ-VOUS?WWW.ITINERAIRE.CA L'ITINÉRAIRE 7 15 mai 2010 «- b ¦ *jf(l il- tah|| i.j iIçwém «in iJiv Mu(?now SON AMBIOPHONIQUE r> I |l^j3 DIGITAL DANS TOUTES LES SALLES lY/nît*\t- au service du public 2396, Beaubien Est Montréal, H2G1N2 5R72Î.6Û60 wvcwxtnema beaubien.com i n foitf ci nemab eau bien com \u2022 Avec, entre autres, l'aimable participation du chanteur lyrique Marc Hervieux; L'objectif de la soirée bénéfice est de recueillir 40000$; \u2022 La romancière et journaliste bien connue Micheline Lachance agira à titre de présidente d'honneur pour cette soirée; \u2022 À l'Espace De II'Art e situé au 40 Jean-Talon E, à Montréal.Soirée bénéfice La Maison Bleue à l\u2019occasion de son 3e anniversaire Mardi le 1er juin 2010 dès 18h Pour plus d'informations : Dominique Arsenault 514-509-0833 dom inique.arsenault@maisonbleue.info La Maison Bleue : Milieu de vie préventif à l'enfance 514-509-0833 La ^ Maison ^ Maison M Bleue IL HA nM ! HA / HA ! HA HA v RIGOLER DILATE LA RATE ET VENTILE LA DENTITION; C\u2019EST BON POUR LA SANTÉ.BIENVENUE À MONTRÉAL, VILLE CURATIVE ADEPTE DE PLAISANTERIES.COUSCOUS COMEDY SHOW : SPECTACLE DANS L\u2019ASSIETTE ET SUR SCÈNE FARÈS MEKIDECHE, CONCEPTEUR DU COUSCOUS COMEDY SHOW CHRISTINE BERGER «Il y a de bonnes soirées partout, mais la mienne est inégalée; j\u2019ai envie de la critiquer, mais elle est trop parfaite», s\u2019encense, le sourire fendu, Farès Mekideche, créateur du Couscous Comedy Show, spectacle de variétés présenté chaque lundi aux Bobards.Farès Mekideche, alias Uncle Fofi, est amoureux.D\u2019abord de l\u2019humour burlesque, absurde et engagé, ensuite du couscous.Chaque semaine depuis un an, il cuisine une quantité phénoménale de couscous pour ceux qui viennent assister au spectacle qu\u2019il anime.«Vraiment, le couscous constitue 50% du spectacle, estime-t-il.Les gens viennent rire mais on leur précise bien qu\u2019ils doivent venir le ventre vide.Ils viennent mangigoler, bouffigoler ou rigolanger.» Comédien, Uncle Fofi considère avoir le droit d\u2019inventer de nouveaux verbes.«VRAIMENT, LE COUSCOUS CONSTITUE 50% DU SPECTACLE.LES GENS VIENNENT RIRE MAIS ON LEUR PRÉCISE BIEN QU\u2019ILS DOIVENT VENIR LE VENTRE VIDE.ILS VIENNENT MANGIGOLER, BOUFFIGOLER OU RIGOLANGER.» \u2014 Farès Mekideche, concepteur du Couscous Comedy Show AUTOUR DU COUSCOUS «Je viens d\u2019abord ici pour m\u2019éclater!» s\u2019exclame Benjamin Marquis, humoriste habitué du Couscous Comedy Show.Soutenu par une équipe de bénévoles dévoués, le Couscous Comedy Show a acquis une certaine réputation auprès des humoristes de la métropole.Jérémy Demay, Fabrice Eboué, Jérôme Le Banner, Renaud Lefort, Neev et Extrême Fis performent à l\u2019occasion sur la petite scène du bar Les Bobards.«Au début, les humoristes de Juste pour rire venaient pour tester leurs gags, raconte Farès Mekideche.Maintenant, au niveau où est rendu le show, ils ne viennent plus pour essayer, ils viennent travailler quelque chose dans le but de le jouer au théâtre St-Denis.» La plupart des prestations sont humoristiques, mais il n\u2019est pas rare que des musiciens ou des poètes leur fassent apparition au Couscous Comedy Show.Le concept du Couscous Comedy Show, unique à Montréal, repose sur un objectif de partage de l\u2019art.Sur scène comme devant, la présence est multiethnique et intergénérationnelle.Claudette Blackburn, alias Grand-Mère Méluzine dite Mc KLoKlo, a présenté à trois reprises ses compositions de rap au spectacle de Farès Mekideche.«Rapper au Couscous Comedy show est la plus belle opportunité qui m\u2019ait été donnée, s\u2019enflamme-t-elle.À 62 ans, j\u2019étais la plus vieille de mes cours à l\u2019école du show business.C\u2019est Farès qui m\u2019a donné ma chance.J\u2019adore son sens de l\u2019humour.» Du côté des humoristes comme des bénévoles, le son de cloche est le même : Farès Mekideche est un rassembleur.GENÈSE DU COUSCOUS D\u2019origine algérienne et ayant vécu en France, Farès Mekideche habite le Québec depuis six ans et monte sur scène depuis cinq ans.Il se définit comme un déconneur public.«J\u2019aime bien divertir, j\u2019aime bien faire à bouffer, raconte-t-il.Pendant cinq ans je faisais des couscous chez moi, j\u2019ai remarqué la chimie que ça créait, il y avait toujours plus d\u2019invités que prévu.» De fil en aiguille, séduit par le pouvoir du couscous, Farès décide de rentabiliser sa passion culinaire.«À un moment donné, j\u2019ai commencé à vendre du couscous congelé à partir de chez moi.On livrait le FofiCouscous dans la Couscousmobile.On a vendu 400 couscous en un mois.On a arrêté parce que c\u2019était blasant», poursuit-il.La Couscousmobile?«Je l\u2019appelle ma voiture jetable, c\u2019est une Jetta 1993, tu peux noter que je suis allé à KeyWest et à Chicago avec elle!» Pour jumeler la scène et sa ferveur du couscous, et parce qu\u2019il ne veut pas juste devenir un humoriste de plus, Farès Mekideche est devenu producteur d\u2019un spectacle au langage universel, celui de la folie et de l\u2019excentricité.«Si tu aimes la cordonnerie et le ski, tu deviens cordonnier de chaussures de ski, pour moi c\u2019est un peu le même principe, résume-t-il.Ça marche moins bien si tu aimes les hamburgers et le caca; tu ne peux pas cuisiner des hamburgers de caca.» Déconneur public.LES BOBARDS : 4328 ST-LAURENT 514 987-1174 PHOTO : CHRISTINE BERGER ITINERAIRE I3 15 mai 2010 COMME RENVERSANT ARTV.CA À LA UNE LUC LANGEVIN LA MAGIE EN 12 DIMENSIONS l\\/l\t.V jn œillet, le ^eek-emj delai à ta rî es Met es, tut ta11 es un don E'iM'iimie, oousalton ; stoppe» a S4-\" » Sophie Tliibiiult Chel d'nnrnnnp.TA NtHJYPliffi fit Arttüflsiarirtce K?stopSP fcsp T SOn-SrhE:- ?âûï ïc-I ¦: ra s 11.1 in I :i iqu ü-s.c h fqc \\ Clinique VIT ~ Nouveau r Départ TRAITEMENT DE L'HÉPATITE C ET CO-INFECTIONS DG JEAN ROBERT - BA, MD, M.SC., FRCPC CLINIQUE DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE www.cliniquenouveaudepart.com Tél.: 514 521-9023 / Fa*.: 514 521-1928 1100, avenue Beaumont, Ville Mont-Royal, Québec H3P 3E5 La SIM, toujours là! @S7M. PSYCHIATRIE TRANSCULTURELLE : APPRENDRE DES AUTOCHTONES VALÉRIE OUELLET À la fermeture des pensionnats en 1968, plus de 150 000 enfants autochtones avaient été séparés de leur famille pour être éduqués par des communautés religieuses.Un génocide culturel qui a laissé des traces profondes chez les Premières Nations.Et si une partie de la solution aux problèmes de santé mentale qui affectent plus du tiers des autochtones se trouvait au cœur des techniques de guérisons traditionnelles?Donald Tremblay garde plusieurs souvenirs de son passage au pensionnat de Pointe-Bleue, au Lac Saint-Jean.Une large plaie sur son poignet gauche brisé à plusieurs reprises, un tibia déformé après une mauvaise fracture et un corps couvert de cicatrices.De son propre aveu, il éprouve des problèmes psychologiques depuis son passage au pensionnat, où il JACOB AMNON SUISSA, PROFESSEUR À L'ÉCOLE DE TRAVAIL SOCIAL DE L'UQÀM a vécu 3 ans.«Ça m\u2019arrive encore de me réveiller la nuit avec une larme au coin de l\u2019œil, de faire des cauchemars dans lesquels j\u2019entends des cris d\u2019enfants toute la nuit», confie l\u2019homme de 56 ans.Après des expériences peu fructueuses avec la psychologie occidentale, il s\u2019est tourné vers les cercles de guérison, une pratique traditionnelle autochtone.En pleine nature, les participants se rassemblent pour partager leur souffrance et se confient à leurs pairs attentifs.«Les psychologues sont seulement à l\u2019écoute de huit à cinq, cinq jours sur sept.Mon cousin, ça va lui prendre trente minutes pour se dégêner et quinze minutes pour se mettre à parler, alors il n\u2019aura pas le temps de régler grand-chose durant une rencontre d\u2019une heure.Tandis que moi, je l\u2019emmène au bord du lac et je peux passer ma journée à l\u2019écouter», raconte Donald Tremblay, qui estime avoir participé à une trentaine de cercles de guérison depuis les années 1970.Selon le professeur à l\u2019École de travail social de l\u2019UQÀM, Jacob Amnon Suissa, les pratiques traditionnelles autochtones, comme les cercles de guérison, sont bénéfiques parce quelles valorisent l\u2019héritage autochtone et favorisent l\u2019échange entre les membres d\u2019une communauté.«Le cercle de guérison est un groupe de partage qui sert aux participants à ventiler et à s\u2019exprimer sans être écartés ou blâmés.Il promeut le fait de se réapproprier le savoir ancestral, de créer des liens de solidarité avec les ancêtres fondateurs.» Plus que jamais, les intervenants devront intégrer les méthodes de guérisons traditionnelles à la thérapie en santé mentale, croit Jacob Amnon Suissa, aussi professeur à l\u2019Institut de formation autochtone du Québec.«Il est faux de croire que les connaissances et les solutions se trouvent à l\u2019extérieur des réserves.En tant qu\u2019intervenant, il ne faut pas assumer que l\u2019on détient la vérité absolue parce qu\u2019on est occidental.» Les futurs intervenants en santé mentale reçoivent pourtant très peu d\u2019informations sur les communautés autochtones.«Lorsque j\u2019ai débuté un doctorat en psychologie à Montréal, j\u2019ai eu un cours de 45 heures sur l\u2019intervention interculturelle où seulement 3 heures étaient attribuées à l\u2019intervention auprès des Premières Nations, explique la psychologue Marie-Pierre Philippe-Labbé.Non seulement cela n\u2019aide pas les étudiants autochtones à se sentir à l\u2019aise dans les institutions éducatives québécoises, mais ça prépare peu les étudiants à travailler dans ce milieu une fois sortis de l\u2019université.» Pourtant, rares sont les thérapeutes qui ne traiteront jamais de patients d\u2019origine autochtone, avance la psychologue.Pratique occidentale ou traditionnelle, ce qui compte c\u2019est d\u2019abord de tendre une oreille attentive, explique Donald Tremblay, désormais travailleur de rue auprès des 300 sans-abri d\u2019origine autochtone de la métropole.«Au fond, le feu est exactement comme l\u2019être humain.Pour survivre, il a besoin d\u2019air, de nourriture et de chaleur.Si tu en enlèves un des trois, il s\u2019éteint.» L'ITINERAIRE 25 15 mai 2010 Relais Montréal-centre PaK Maisonneuve 11 juin 19h S14-2SS-S1S1 (5112) FQRUFE Wnt im H un UflU ttiiTwiin mi >Wln I Dci-Üwitn Nr flmqwnnH [rtur 1W1 Mi fflONM h Httay\\itl Bonin, î)iana\tAnnit SSMoment tfxuSStau., AltxandvX- Outllt-h,\tPact, CoYc\\ Oud^uj, LcuAyurh Co/bii+lc, 6illts Pica/d, odt+\"bt &âand, rtwHan .cht, r^anon ôoSStlin, And/t Jacob, Poult E>ou.-Hn, r^a/ctl f^iebaui: hvdr LaccS+^t, ''/olandt friyold, s/ay\\wa\\C N|anu/i, èt|lvtt 6irtx/d, !>tn.ixdtau,\t6/bndin, EM.ilit tfuiZrPtirVbn, baVid\tCboyrh iydlX, Mar-Hit.Obticour, LowSt- btsfoSS^Sj ISO-htllC- ôodtV, LoujS clt/c, f^nbt/4' WOu^nt/, N(o>4int Poirtty, MoSS And^t t>iov a\t(îVnOJtùilJL CabonarÎYbulX,\tbtc^Y\\> 6int-Hx âojvrh-Jta A v/ouS jt+~ aux atn-huntS dt MjlliC/S dW-tus &u£b>tcoiS £|Ui It Mi^rhenrh - 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