L'itinéraire, 1 janvier 2013, dimanche 1 septembre 2013
[" RENCONTRE Métissa Désormeaux-Poulin La passion du réel $ Volume XX, n° 17 Montréal.1erseDtenr Montréal, 1er septembre 2013 www.itineraire.ca DOSSIER QUEL ROLE POUR LES ANIMAUX?TRAJECTOIRE SUR ZOOM FRAN LAPOINTE FEU VERT À jtfÏGHELLElBLANG ?BOUFFE DE RUE: QUEL BILAN?ABUS DES AÎNÉS: gfeRISER LE SILENCE ¦É MARC BÉLAND: QUARTIERS DANSES Dignité Pauvreté Les lecteurs de L\u2019Itinéraire font partie d\u2019une vaste communauté ! Plus de six millions de personnes à travers le monde votent pour la dignité en achetant un journal de rue.En agissant ainsi, ils participent à changer la vie de 27000 camelots dans 40 pays, représentant plus de 120 journaux de rue différents.En retour, les lecteurs profitent d\u2019un journalisme indépendant de qualité, tout en sachant qu\u2019ils ont fait une différence.Votez pour la dignité.0n*p] rater national Network of Street Papers \t \t H\t-\t MBs\t r\t[gfP- il fi\t PHOTOS: GQPE5A PAQUETTE ZOOM SUR France Lapointe S'intégrer grâce à L'Itinéraire Après plus de 15 ans à L\u2019Itinéraire, France Lapointe continue toujours de vendre ses copies du magazine avec la Force qui l\u2019habite.Malgré des pans de vie plutôt douloureux, la Femme a trouvé ici un soutien qu\u2019elle n\u2019oubliera jamais.PAR DAVID BIGONNESSE J'ai des bons clients.Ils me disent que je suis courageuse, patiente et que je fais bien mon travail.Même si son intégration a été parfois ardue lorsqu'elle est arrivée à l'organisme, France Lapointe n'hésite pas à dire que «/e petit bonheur que j'ai, c'est L'Itinéraire.» Lorsque je lui demande ce que l'organisme lui a apporté dans sa vie, la femme de 57 ans affirme que c'est grâce à celui-ci quelle a réussi à s'intégrer à la vie et aux autres.Parmi ces autres, il y a des camelots qui l'ont aidée à divers degrés dans différentes situations : Christian, Jean-Marie, Gabriel.«C\u2019est comme deux anges pour moi, deux anges gardiens [Gabriel et Jean-Marie], Parce que si je ne les avais pas, je ne serais pas là aujourd'hui.Ça, c'est sûr», dit celle qui prétend ne pas être née sous une bonne étoile.La camelot habite présentement dans un 1 et demi, après s'être trimballée depuis quasiment un an de tous bords, tous côtés.«C'est grâce à Christian si j'ai cela, sinon je serais dans la misère», admet-elle.Originaire de L'Ange-Gardien dans la région de Québec, France Lapointe a beaucoup souffert au sein de sa famille.«Ma mère mettait toujours les gars sur un piédestal et puis ça m\u2019a beaucoup affecté moralement, je me faisais descendre tout le temps, elle me méprisait tout le temps et me faisait du mal.» À l'âge de 13 ans, elle était déjà en appartement et se débrouillait toute seule.Pour elle, la Capitale-Nationale est synonyme de mauvais souvenirs, «j'ai toujours répugné Québec parce que je n\u2019ai jamais été heureuse et bien comme les autres», affirme-t-elle sans ambages.Mettre l\u2019accent sur le positiF Même si une certaine douleur se ressent chez la camelot, elle souhaite mettre làccent sur le positif dans la vie.C'est ce qui ressort lorsqu'elle évoque la vente du magazine, «j'ai des bons clients.Ils me disent que je suis courageuse, patiente et que je fais bien mon travail.J'ai besoin de ça parce que ce n'est pas facile de rester des heures debout et d\u2019attendre l\u2019été comme l'hiver, le printemps comme l'automne», raconte-t-elle.Certains passants et acheteurs n'hésitent pas à dire quelle est brave et elle leur répond que la volonté et le courage sont indispensables pour faire ce quelle fait.Elle vend le magazine au coin Mont-Royal et Mentana (SAQ).France Lapointe souligne quelle apprécie l'ambiance actuelle à L'Itinéraire, puisqu'elle a vécu des hauts et des bas dans l'organisme auparavant.«Je les aime, les autres camelots.On a chacun notre manière de vivre, de vendre et on est tous au même niveau», relève-t-elle avec assurance.Elle ne cache pas quelle aimerait écrire plus de mots dans le magazine.«J\u2019aimerais écrire des mots mieux que ça, écrire sur l'amour, avoir une belle écriture.» Elle se rappelle quelle avait remporté un prix pour un mot quelle avait rédigé sur Lucien Paquin, un camelot qui avait été opéré pour un cancer aux poumons.Il était décédé chez elle dans son appartement.«J'avais gagné un prix pour ce texte-là et j\u2019étais beaucoup touchée», témoigne la femme le sourire aux lèvres.La camelot a sans aucun doute réussi à prendre sa place au groupe L'Itinéraire.¦ 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 3 NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ L'Itinéraire a pour mission de combattre la pauvreté et l'exclusion par le travail et une place en société.Notre organisme soutient et Fait travailler quelque 200 personnes par semaine.Le magazine est donc une entreprise d'économie sociale qui s'autoFinance.Mais son volet services sociaux comprend diFFérents programmes pour oFFrir de l'aide psychosociale, du soutien alimentaire et en logement ou encore des services adaptés aux jeunes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de Façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans les programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2 000 donateurs individuels et corporatiFs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! PARTENAIRES MAJEURS Canada Ville-Marie Montréal @ ¦^T'TE LUS Québec oh [intact] RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est TÉLÉPHONE: 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.iTiNERAiRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef intérimaire : Sylvain-Claude Filion Chef de pupitre Actualités : Marie-Lise Rousseau Chef de pupitre Développement social : Gopesa Paquette Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Stagiaires à la rédaction : David Bigonnesse, Ursule Ferland etThomas Marteil Collaborateurs : Mélissa Blouin, Soraya Elbekkali, Éric Godin, Ludivine Maggi et Denyse Monté Adjoints à la rédaction : Hélène Filion, Jean-Michel Frenette, Kevin Gravier, Emily Hill, Gabrielle Lauzier-Hudon, Julie Locas, Stefania Neagu, Lorraine Pépin et Louis-Charles Trudeau Photo de la une : Anne Marie Piette Révision des épreuves : Michèle Deteix et Charles-David Emery Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée La rivière: 514461-7119 | renee.lariviere18@gmail.com Josée Poirier : 514 273-5002 | josee.poiher@itineraire.ca LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorier : Yvon Brousseau Secrétaire : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseillers : Yvon Massicotte, André Malouin, Philippe Allard et Martin Gauthier L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Responsable de la comptabilité : Duffay Romano Adjoints aux communications et financement : Shawn Bourdages et Dorian Keller GESTION DE L'IMPRESSION TVA Studio 514 848-7000 Directeur général : Robert Renaud Coordonnatrice de production: André-Anne Gauthier IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS muvttf IÉGÏR FONDATION ANDRÉ GAUTHIER jijjh VlrrrïT Fondation du Grand Montréal LîMSllÜlr.^ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 £51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal vlacapitale L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE [H1!L Insp BE ^BE££ Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Caimtffl ISSN-1481-3572 n lit charité : 13648 4219 RR0001 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514597-0238 poste 231 Mots de lecteurs SOMMAIRE Anne-Marie, la courageuse Bonjour, mon message s\u2019adresse au camelot Anne-Marie Bonin.Je ne sais pas trop pourquoi j'ai ressenti l'envie de vous écrire.Normalement je ne fais jamais ça.J'ai lu vos commentaires dans L'itinéraire etje me suis sentie très identifiée avec vous.Pour moi aussi, le viol et la violence psychologiques ont été les pires, sauf que moi, je n'ai pas le courage d'en parler.Vous avez raison dans tout ce que vous dites.Je vous trouve très courageuse et je vous admire beaucoup.Je souhaite que la vie vous apporte de bonnes choses.\t^ Belle facture Je suis vivement impressionné par la nouvelle facture de votre magazine.Je viens d\u2019acheter vos trois derniers numéros et je me surprends à espérer votre prochaine parution.Ce qui m'a fait réaliser que j'achetais lejournal de moins en moins souvent depuis quelques mois.Votre couverture de cirque en juillet, puis Louis Cyr, et votre photo de pique-nique dans une ruelle, dans le numéro du 1er août, m'ont conquis.Le reportage de Marie-Lise Rousseau était riche en informations et corn me je vous suis maintenant sur facebook, j'ai visionné l\u2019entrevue de votre rédacteur en chef à la télé.J'ai bien aimé quand il a résumé le mouvement des déchétariens en disant «c\u2019est une sorte de \"Occupy les poubelles\"»! Félicitations à tous et à vos valeureux camelots.Je ne manquerai plus un seul numéro !\t.\t., Jean-Michel Vos commentaires Hi sur notre page facebook On achète à toutes les occasions votre Itinéraire sur la rue et votre articles sur le Chaînon est extraordinaire.bien écrit, bravo !\t.\t\u201e Micheline Poulin Maintenant, L'Itinéraire fait parti de ma vie.Je m'y sens bien, à ma place et je me sens m'y épanouir.Merci d'exister, pour les gens qui en ont besoins et pour ceux qui aiment se donner pour la cause! I love you!\t.\t.Melisssa Begin Bonjour, je viens de lire votre journal que mon père m'a apporté.Quel belle lecture quej'ai fait.J'ai décidé de vous ajoutez dans mon FB.Bonne journée.))\tManon Lefebvre À propos du passade du camelot Gabriel Bissonnette a PénélopeMcQuade.Gabriel je ne passe plus à l'uqam depuis un bout' maisje pense souvent à toi!! (ta ptite prof de français mélomane)\t\u201e ._ Julie Cramont Je l\u2019ai vu moi aussi si j\u2019habitais encore MTL je l'achèterais.\t.Louise Houle Des lettres courtes et signées svp! La Rédaction se réserve le droit d\u2019écourter certains commentaires.Écrivez-nous à courrier@itineraire.ca 7 ACTUALITÉS 8 ROND-POINT 11 MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN La passion du réel 14 DOSSIER QUEL RÔLE POUR LES ANIMAUX?\u2022\tComment vont minou et pitou au Québec?\u2022\tLes bienfaits des animaux de compagnie \u2022Les animaux de [a rue sont en santé 20 Bouffe de rue : quel bilan?23 LE CŒUR DE L'ITINÉRAIRE Les mots des camelots 35 CARREFOUR 33\tInfoRAPSIM 35\tL'ÂGE DE RAISON 36\tLE YWCA de Montréal 37\tJUSTICE 39 PANORAMA\t 41\tVIVRE 42\tLIVRES 43\t11e festival Quartiers Danses 44\tDÉTENTE 46\tFEU VERT À.MICHELLE BLANC Je ne suis pas généreuse LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que lejournal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'Itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamâche, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache(ô) itinéraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. g LE PROGRES SOCIAL DEPEND DE NOUS EDITORIAL Noé aurait-il interdit les chiens ?SYLVAIN-CLAUDE FILION | sylvain-claude.filion@itineraire.ca Semaine après semaine, les animaux font la manchette.Une millionnaire lègue sa fortune à ses caniches; un maire fait le clown sur les oncles de Radio X en clamant qu'il prend plaisir à écrabouiller les chats; des enfants sont étouffés par un boa à Campbellton; des chevaux crèvent au Stampede, et c'est sans parler des chatons mignons et des chiens savants qui pullulent sur Facebook et YouTube.Pourtant, notre perception des animaux demeure souvent épidermique et si des lois sont votées pour assurer leur bien-être, le dossier demeure bien flou.Le Mahatma Gandhi a dit : «On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités».Si ça se vérifie, nous ne formons pas encore une nation très grande.Jamais sans mon chien Cette année encore, au lendemain du marathon des déménagements de juillet, des dizaines de milliers d'animaux de compagnie ont été abandonnés et les refuges ont débordé.La Régie du logement a estimé que 97 % des propriétaires de logements refusent les animaux.Ayant eu moi-même à trouver à me reloger récemment, cette triste tendance est réelle.Dans leurs annonces de logements à louer, les proprios se mêlent maintenant d'indiquer la limite de poids des chiens acceptés, voire la race.Pourquoi pas la couleur du pelage tant qu'à y être ?Si les chats passent mieux, j'ai même vu un malin préciser qu'il acceptait les oiseaux et les poissons seulement.Tous vont affirmer qu'ils aiment les animaux.Mais les exemples contraires se multiplient.Lan dernier, un résidant atteint de surdité de l'immeuble Verre-Bourg à Charlesbourg s'est vu montrer la porte par ses copropriétaires lorsqu'il a eu besoin d'un chien-guide.Après un tollé et une longue lutte, 95 % de ses voisins ont fini par accepter la présence du chien, mais le conseil d'administration du syndicat d'habitation conteste l'entente intervenue; un juge aura tranché le 27 août.Il y a quelques jours, le Tribunal des droits de la personne a rendu une décision historique en condamnant SPA Bromont à payer 7 600 $ en dommages-intérêts à une massothérapeute malvoyante qui a perdu son gagne-pain parce quelle devait désormais être accompagnée de son chien-guide au travail.Et de plus en plus de municipalités interdisent maintenant les chiens dans les parcs publics, pénalisant la majorité des propriétaires d'animaux, parce que quelques-uns sont trop négligents pour ramasser les déjections de leurs compagnons.Tout le monde aime les chiens, semble-t-il, mais surtout lorsqu'ils font des cabrioles dans une vidéo.Chiens thérapeutiques On néglige de considérer l'apport majeur que les chiens peuvent jouer dans notre vie et je ne parle pas seulement de la zoothérapie.Toutes ces personnes âgées cantonnées dans des résidences se porteraient sûrement mieux si, par exemple, les propriétaires des lieux adoptaient un seul chien.On les sait bons renifleurs aux douanes, mais la science élargit le spectre de leur utilité.Au Québec, la Fondation Corazôn a dressé des chiens capables de détecter l'hypo et l'hyperglycémie chez les personnes atteintes de diabète.D'autres toutous reconnaissent les signes avant-coureurs d'une crise d'épilepsie.Au Japon, un golden retriever a été entraîné pour reconnaître le cancer colorectal avec un taux de réussite supérieur à 95 %.D'autres chiens peuvent identifier le cancer du poumon dans l'haleine de leur maître ou le cancer de la prostate en reniflant leur urine.Il faudrait inclure dans le débat l'aspect important de l'utilité des chiens comme enjeu de santé publique.Le livre Des anges canins, de Marie-Claude Roy et Carole Villeneuve, paru il y a quelques semaines et que nous avons recensé dans nos pages le 1er juillet dernier, l'illustre parfaitement.Une odeur d'intolérance flotte dans le débat - qui n'a pas vraiment encore eu lieu - sur la place que devraient occuper les animaux dans notre société.Il paraît qu'il faut faire de la Terre un grand jardin, dit la chanson.N'oublions pas que les animaux y ont leur place au moins autant que nous.Serions-nous plus heureux aujourd'hui si Noé avait interdit les chiens dans son arche?On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités Mahatma Gandhi 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR URSULE FERLAND, ÉRIC GODIN, THOMAS MARTEIL ET MARIE-LISE ROUSSEAU 3 questions à Madwa-Nika Cadet Présidente de la Commission-Jeunesse du Parti Libéral du Québec PAR THOMAS MARTEIL Lors de votre 31e Congrès jeunes du PLQ tenu en août, les thèmes de la mobilité sociale et de l\u2019égalité des chances étaient au programme.Pourquoi un tel revirement à gauche?Ce n'est pas une question d'échiquier politique; la nécessité de traiter de nouveaux sujets nous tenait à cœur.Nous avions vraiment envie de mettre de l'avant des mesures particulières concernant la mobilité sociale.Il est important pour nous de montrer que nous nous préoccupons des mesures sur l'égalité des chances.Les jeunes ont bien accueilli ces thématiques et tout le monde a voulu mettre du sien en matière de solidarité.Vous avez déposé une Politique de lutte à l'itinérance.Quelles mesures concrètes souhaitez-vous apporter?Nous savons que les itinérants n'ont pas les moyens de payer leurs amendes.C'est pourquoi nous souhaitons modifier le Code de procédure pénale pour assouplir les dispositions prévoyant l'emprisonnement pour amendes impayées.Nous voulons aussi parfaire les pratiques policières envers les itinérants et favoriser l'accès au logement pour les personnes vulnérables.Quel dossier souhaitez-vous faire passer en priorité afin qu\u2019il soit présent dans le programme libéral aux prochaines élections provinciales?Si je devais en choisir un en matière de solidarité, ce serait notre mesure sur les CPE.Nous voulons notamment nous assurer que l'attribution de nouveaux permis de services de garde soit donnée en priorité dans les quartiers défavorisés.Notre priorité est que les jeunes issus de ces quartiers arrivent en première année sur le même pied d'égalité que les autres.Mission Old Bi*ewe)*y ii'P De la rue a votre assiette Joindre l'utile à l'agréable, c'est ce qu'accomplit le Sole Food Street Farm à Vancouver.L'entreprise de réinsertion sociale transforme les terrains urbains vacants du centre-ville de Vancouver en potagers.D'ex-itinérants et toxicomanes du quartier Downtown Eastside sont employés sur les fermes.Ce travail leur donne un objectif de plus pour s'en sortir tout en se sentant valorisé.(MLR) LE CHIFFRE 705$ C\u2019est le prix moyen que devront débourser les parents pour la rentrée scolaire de chacun de leurs enfants au primaire, selon un sondage mené par la Fondation Universitas.Cela n\u2019inclut pas le prix de la tablette électronique! (MLR) 1 famille canadienne sur 8 en arrache pour se nourrir 1,6 million de ménages canadiens, soit 1 sur 8, a vécu de l'insécurité alimentaire en 2011, révèle une nouvelle étude.La raison de ce fléau?Manque de ressources financières pour se procurer des aliments de qualité en quantité suffisante.L'insécurité alimentaire s'aggrave au pays, constatent les chercheurs; 450 0 00 Canadiens de plus en sont affectés qu'en 2008.Le Nunavut, l'île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick dominent le palmarès d'insécurité alimentaire chez les enfants au pays, avec respectivement 57 %, 27 % et 25 % des ménages qui en sont atteints.L'étude nommée «Insécurité alimentaire des ménages au Canada» a été conduite par un groupe de chercheurs de l'Université de Toronto, de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, de l'Université de Calgary et du Centre de toxicomanie et de santé mentale.(MLR) 8 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 (ïïjii'i utLfi* GODIN DANS LA RUE Pour en finir avec les portes tournantes De la rue à l'hôpital à la prison à la rue, voilà le triste cercle vicieux que vivent de nombreuses personnes itinérantes à Montréal.Comment s'assurer que les personnes sans-abri reçoivent des soins de santé adéquats, qui pourraient leur permettre de s'en sortir?En les soignant dans leur milieu.C'est ce que tentera La Old Brewery Mission (OBM) dès octobre, en ouvrant une clinique médicale au sein même de sa ressource d'hébergement.En plus des consultations sans rendez-vous, une dizaine de lits seront mis à la disposition des patients ayant besoin de soins en santé mentale à plus long terme.La OBM estime qu'une cinquantaine I de patients pourront être traités en longue durée par année.(MLR) Escif à Montréal Reconnu mondialement pour ses œuvres d\u2019art public socialement engagées, abordant des thèmes comme la consommation et la politique, l\u2019artiste de rue espagnol Escif était de passage à Montréal cet été.Il a laissé sa trace sur quelques murs de la métropole, dont celui-ci.Son travail peut être consulté au www.streetagainst.com (MLR) Destination jardins 2013 Desjeunes urbains à la ferme Juste pour Une poignée d'humoristes s'est rassemblée lors du dernier Téléthon Juste pour Aider 2013 afin de sensibiliser le public à la cause des hommes sans-abri.Cet événement a permis d'amasser 350 0 00$ de profits qui ont été remis à la ressource d'hébergement la Maison du Père.Cet argent servira à assurer le maintien des nouvelles unités de convalescence mises en place à l'organisme.(UF) Pour finir l'été en beauté, pourquoi ne pas explorer des jardins méconnus du centre-ville ou un réseau d'œuvres d'arts publiques ancrées en plein décor urbain?Gratuitement offert sous forme de livret, en application iPhone ou téléchargeable en ligne, District Montréal met en lumière ces circuits verts et artistiques pour les touristes en quête d'inédit et de lame de la ville.(UF) Cet été, 30 enfants issus de familles à faibles revenus, dont deux suivis par le pédiatre social Gilles Julien, ont pu vivre l'expérience de la ferme.Un spectacle-bénéfice, donné par le chanteur Jamil, leur a permis de profiter de camps d'été ou de camps de jour à la Ferme d'André, située à Ormstown en Montérégie.Equitation, ateliers d'art, entretien d'un potager et soins des animaux ont comblé les journées des jeunes vacanciers.(UF) 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 9 ROND-POINT INTERNATIONAL PAR GOPESA PAQUETTE États-Unis Les cent pas Une jeune médecin de Philadelphie, Kara Cohen, a fondé Best Foot Forward, une clinique dédiée aux soins podiatriques des itinérants.Les problèmes de pieds peuvent être sévères, lorsqu\u2019on est dans la rue, car on passe beaucoup de temps à marcher, souvent mal chaussé et sans bas de rechange.L\u2019équipe de la clinique voit de tout : Pieds de tranchées, pieds ensanglantés, ampoules sévères et parfois mêmes des tumeurs et des caillots de sang.La clinique offre des bains de pieds, des bas gratuits, des examens podiatriques et de l\u2019éducation à la santé.(One Step Away) Kara Cohen examine un patient.Pendant une séance, elle fera des douzaines de consultations.PHOTO: BRETT MOHAR Italie Pleines à craquer Les prisons débordent en Italie avec un taux d\u2019occupation de 142 pourcent.Les prisons construites pouraccueillir45 000 détenus en contiennent près de 67 0 00 alors que le gouvernement a déclaré un état d\u2019urgence en 2010 et a élaboré un plan visant à ajouter 9 000 places au système pénitencier du pays.La construction a toutefois été reportée à cause de la crise financière qui frappe l\u2019Europe.En janvier, la Cour européenne des droits de l\u2019homme avait ordonné au gouvernement italien de régler le problème et de dédommager sept prisonniers qui avaient porté plainte pour atteinte à leurs droits fondamentaux.(Reuters) La prison historique de Regina Coeli qui surplombe Rome et dans laquelle d'anciennes salles de classe ont été converties en cellules.PHOTO : REUTERS/TONYCENTILE ¦tr i\t ¦l_.je.t\t \t I Çl JR\t\\JL \t B 11 fl\tV 1 Æ W iff\t1 U \t \tT| j» Afrique du Sud Ma cabane à Enkanini Les townships d\u2019Afrique du Sud manquent de maisons abordables et convenables.Une équipe de chercheurs de l\u2019Université de Stellenbosch a conçu une cabane économique et écoénergétique pouvant servir d\u2019hébergement transitoire pour les familles en attente d\u2019un logement définitif.La iShack est garnie de panneaux solaires et construite pour assurer une meilleure isolation thermique.Le toit permet même de recueillir l\u2019eau de pluie.Avec un coût de construction 30 pour cent inférieur aux cabanes traditionnelles, sa popularité est assurée.Entre 60 et 80 nouvelles iShack s\u2019ajouteront aux quatre prototypes déjà présents dans le township d\u2019Enkanini.[The Big Issue South Africa) EMMA MCGARRITY/ THE BIC ISSUE SA PHOTO Victor Mthelo préfère sa iShack à l'incertitude des longues listes d'attente pour un logement permanent.La Birmanie est le deuxieme producteur d'opium au monde et l'usage de l\u2019héroïne est largement répandu.Birmanie Sevrage à froid Un centre de désintox aux méthodes controversées remporte un succès dans le nord de la Birmanie inondé d\u2019héroïne.Depuis son ouverture en 2009, le Youth for Christ Center a traité 600 toxicomanes avec une approche de sevrage radical.Les patients commencent par une semaine enfermée dans une cellule de bambou à attendre que l\u2019envie passe.Selon le fondateur du centre, cette approche est plus efficace que la méthadone, car avec cette dernière «tu n\u2019échappes jamais complètement à la dépendance».Les organismes internationaux de santé publique restent sceptiques et y voient plutôt le signe du manque de ressources en toxicomanie dans le pays.(Reuters) itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.insp] International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 Mélissa Désormeaux-Poulin TEXTE: MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS: ANNE MARIE PIETTE Mélissa Désormeaux-Poulin se présente au naturel à notre entrevue; sans fard, les cheveux au vent et gougounes aux pieds.Ce qui compte gens se sentent bien en sa compagnie.car celle qu'on verra dans le film Cabrielle, primé au festival de Locarno et en salles ici dès le 20 septembre, préfère d'abord et avant tout la rencontre humaine. Mélissa Désormeaux-Poulin n'accepte pas toutes les demandes d'entrevues qu'on lui fait Parler maternité avec un magazine à potins?Non merci.Elle préfère garder sa vie privée.privée.«C\u2019est pour ça que j'ai dit oui à L'Itinéraire», dit-elle, faisant part de son appréciation envers le contenu du magazine et la résilience des camelots Depuis quelle a personnifié Jeanne Marwan dans Incendies de Denis Villeneuve en 2010, la carrière Depuis Incendies, les gens ont moins peur de me confier de plus grands rôles.de cette enfant de la télé a pris un tournant inattendu.La comédienne a foulé le tapis rouge des Oscars et gravi les marches du palais du festival de Cannes.«Je suis impressionnée par tout ça, mais je ne fais pas ma job pour ça.J'aime mieux jouer.C'est plate, hein?», dit-elle avec un sourire en coin.Le glamour, très peu pour elle.Mélissa préfère les vraies conversations.C'est d'ailleurs ainsi que se déroule notre rencontre, qui s'apparente davantage à un échange amical autour d'un café qu'à une entrevue formelle.Nous nous intéressons à Mélissa et Mélissa s'intéresse aussi à nous.Au-delà des tapis rouges et du jet set, sa performance dans Incendies a ouvert de nombreuses portes à làctrice de 32 ans.La jeune Gaby du film pour adolescents A vos marques.party! est devenue en demande, tant au Québec qu'à l'international, «/\u2019a/ eu des appels que je n\u2019aurais jamais eu sans ce film», raconte-t-elle.Notamment un rôle dans Hors les murs, une coproduction Belgique-Québec qui l\u2019a amenée à Cannes.Chez nous, Mélissa a eu accès à des auditions plus importantes.«Depuis Incendies, les gens ont moins peur de me confier de plus grands rôles.» C'est également grâce à ce long métrage si elle a eu vent de Gabrielle, qui prend làffiche à la fin septembre.Esti que c\u2019est beau de ne pas juger! Gabrielle Produit par micro_scope, la même boîte de production qu'/n-cendies - que Mélissa apprécie pour l'humanité de ses films -, Gabrielle raconte l'histoire d'une jeune femme qui voudrait s'émanciper dans une relation amoureuse et vivre une vie autonome malgré un handicap intellectuel, le syndrome de Williams.Mélissa Désormeaux-Poulin y campe le rôle de Sophie, la grande sœur de Gabrielle.Son personnage est déchiré entre le désir d'aller rejoindre son copain en Inde ou rester à Montréal pour veiller sur sa jeune sœur.Qu'aurait fait Mélissa à sa place?«Bonne question.Il faudrait que je le vive, mais je pense que j'aurais essayé de concilier les deux en emmenant Gabrielle en Inde avec moi.» La comédienne a d'abord entendu parler du projet en navigant sur la page web de micro_scope.Elle a fait part à la production de son intérêt pour jouer le personnage principal, mais la réalisatrice Louise Archambault souhaitait confier le rôle à une personne réellement atteinte du syndrome de Williams.Cette personne est Gabrielle Marion-Rivard.Comme le personnage du même nom quelle interprète, la comédienne fait partie du Centre des arts de la scène Les Muses, une école qui offre une formation 12 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 artistique professionnelle à des personnes vivant avec un handicap.Mélissa savait que l'expérience de jouer auprès de Gabrielle ne serait pas ordinaire, mais elle ne se doutait pas de l'ampleur que prendrait cette aventure.L'actrice s'est immergée dans l'univers de Gabrielle Marion-Rivard durant les semaines qui ont précédé le tournage, «/\u2019a/ passé du temps chez elle, je l'ai assistée à ses cours, je l'ai regardée aller avec sa famille.je n'avais jamais fait ce genre de préparation, je me suis beaucoup investie et c\u2019était un réel plaisir!» Mélissa est tombée sous le charme de Gabrielle.«Toute son essence et sa couleur qu'on retrouve dans le film sont inspirées délie.Elle est comme un aimant, elle est vraiment un rayon de soleil!», s'enthousiasme l'actrice.En effet, l'énergie de Gabrielle transperce l'écran.Au dire de Mélissa, cette joie de vivre est encore plus contagieuse en personne.Une grande complicité s'est créée entre les deux femmes lors de ce tournage.Comment Gabrielle l'inspire-t-elle?«E//e m'inspire dans sa façon de dire tout ce quelle pense, candidement.Ça fait tellement du bien! Elle se fout du regard des autres; elle vit dans le moment présent.C\u2019est rafraîchissant.Avec elle, il n'y a jamais de game.Si elle a froid elle le dit.Si elle se trouve bonne, elle le dit aussi.Elle n'a pas de filtre, ni de jugement.Esti que cést beau de ne pas juger!», lance-t-elle le regard perçant.Selon Mélissa, on a beaucoup à s'apporter par nos différences.Le film Gabrielle crée la rencontre entre deux réalités trop souvent isolées l'une de l'autre.À propos de Gabrielle Marion-Rivard, sa partenaire de jeu dans Gabrielle: «Elle est comme un aimant, elle est vraiment un rayon de soleil!» Maturité et maternité Mélissa est groundée, très terre à terre et déterminée.À 32 ans, elle a déjà plus de 25 ans de métier derrière elle.À l'âge de quatre ans, elle a d'elle-même entrepris les démarches pour passer une audition afin de jouer dans une publicité.Vers 10-11 ans, celle qu'on a vu grandir au petit écran entre autres dans jamais deux sans toi et Les Héritiers Duval a compris qu'être actrice est plus qu'un jeu; c'est un travail.Cette présence prématurée dans le monde des grands a peut-être fait de Mélissa une adulte avant son temps.Faisant preuve d'une grande maturité, elle a eu sa première fille, Léa, à l'âge de 24 ans.Il y a six mois, elle accouchait de sa deuxième, Florence.(Voilà pour le segment maternité de l'entrevue.) Sur le plan social, elle est présentement trop occupée pour sàs-socier à un organisme, mais elle devient soudainement émotive en parlant des enfants.«La cause du Dr Julien me touche beaucoup.Redonner la dignité aux enfants est très important pour moi.Je vais pleurer, dit-elle, les larmes lui montant aux yeux.J'ai un sérieux problème avec le fait qu'on ne respecte pas les enfants.» Des larmes, Mélissa en a tirée aux spectateurs d'Incendies et parions quelle en soutirera aussi chez ceux qui iront voir Gabrielle.Faire rire?La comédienne habituée aux dramatiques a moins d'expérience dans ce registre, mais ce sera bientôt une nouvelle corde à son arc.La veille de notre entrevue, elle débutait le tournage d'un projet télé encore sous embargo, mais certainement prometteur, à la voir s'emballer lorsqu'elle parle de la série et de ses collègues.Alors que tant de jeunes se cherchent une passion dans la vie, Mélissa Désormeaux-Poulin a trouvé la sienne avant même d'en être consciente.Aujourd'hui, elle en vit et elle la transmet avec une énergie positive et contagieuse.¦ Gabrielle Un film de Louise Archambault Avec Gabrielle Marion-Rivard, Mélissa Désormeaux-Poulin, Alexandre Landry, Vincent-Guillaume Otis et Sébastien Ricard.À l'affiche le 20 septembre La fois où Mélissa Désormeaux-Poulin s'est sentie le plus démunie «Lors d\u2019un voyage, j'ai vécu un choc culturel et je ne pouvais pas rentrer chez moi.L\u2019inconnu m'a fait peur.Je suis très casanière.Habituellement, je pars avec mon monde, donc je peux partager mes impressions.Là, j\u2019étais toute seule de ma gang, c'était déstabilisant.Mais j\u2019apprends de ces expériences.J\u2019admire ceux qui partent seuls sur un nowhere avec leur sac à dos.Ces personnes sont toujours changées lorsqu\u2019elles reviennent.Les voyages, ça nous change.Mais j\u2019aime mieux être accompagnée; je ne suis pas une solitaire.» J'ai un sérieux problème avec le fait qu'on ne respecte pas les enfants.\u2014^ 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 13 DOSSIER ¦\tw i*Û ILLUSTRATION: MARIANNE LEBLANC ET SARAH ROUSSEAU Quel rôle pour les animaux?L'adage dit que le chien est le meilleur ami de l\u2019homme.Mais par les temps qui courent, l\u2019homme n\u2019est pas le meilleur ami du chien.Ils nous prodiguent un amour inconditionnel, mais comme ils sont mal aimés! Refusés en bloc par les propriétaires de logements, usinés et maltraités par des éleveurs sans scrupules, abandonnés par centaines de milliers, il semblent devenus cam's non grata dans notre société.Pourtant les bienfaits de la zoothérapie sont connus depuis longtemps.Et heureusement, on compte beaucoup d'initiatives pour valoriser l\u2019apport bénéfique des animaux dans la société : équithérapie, puppy rooms.même les chiens qui vivent dans la rue avec les sans-abri apparaissent mieux traités que la moyenne.L'Itinéraire tente de faire le tour de la question.14 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 Comment vont pitou et minou au Québec?Scandales des usines à chiots, abandons d'animaux, refus d\u2019une présence canine ou Féline dans un logement.Les exemples Fusent en ce qui concerne la réalité des animaux dans la société.Mais quelle est leur place réelle?Où en sont les règlementations sur la protection des animaux?Les réponses qui suivent illustrent que tout n'est pas gagné pour pitou et minou.PAR DAVID BIGONNESSE H n'existe pas de disposition, que ce soit au niveau du Code civil du Québec ou de la Loi sur la Régie du logement qui oblige un propriétaire à accepter les animaux.Geneviève Trudel, porte-parole de la Régie du logement du Québec En dehors de la bulle virtuelle YouTube qui diffuse une panoplie de vidéos de chats mignons sur sa plateforme, le respect des animaux dans la réalité n\u2019est pas toujours aussi charmant.Les propos du célèbre maire d\u2019Huntingdon sur les ondes de Radio X en juillet dernier avaient de quoi indigner.Stéphane Gendron avait déclaré qu\u2019il aimait tuer volontairement des chats avec sa voiture.La SPCA a décidé d\u2019ouvrir une enquête à ce sujet.Le maire s\u2019est excusé dans une lettre.Les scandales des usines à chiots révélés ces dernières années ont aussi fait découvrir à la population un pan dégradant de la vie animale.L\u2019usine à chiots est considérée comme un établissement d\u2019élevage qui vise une production en masse des chiots dans des conditions inacceptables.La SPCA de Montréal a réagi à l\u2019annonce du ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation (MAPAQ) François Gendron concernant l\u2019instauration d\u2019un système de permis pour enrayer le phénomène des usines à chiots au Québec dès l\u2019automne prochain.«Bien que cette initiative soit bienvenue, nous croyons que les lois en place sont déjà très efficaces pour fermer les sites d'élevage problématiques.Le problème est que ces lois ne sont souvent pas appliquées [.]», affirmait Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal, dans un communiqué diffusé sur son site Web le 19 juin dernier.14 810 signataires La présence des animaux de compagnie dans les logements est toujours au cœur de plusieurs revendications, puisque les propriétaires peuvent l\u2019interdire.«Il n'existe pas de disposition, que ce soit au niveau du Code civil du Québec ou de la Loi sur la Régie du logement qui oblige un propriétaire à accepter les animaux.Cette décision est laissée à la discrétion du propriétaire», précise Geneviève Trudel, porte-parole de la Régie du logement du Québec.Une pétition en ligne intitulée «Clause de baux résidentiels interdisant la possession d\u2019animaux de compagnie», qui fermait le 22 juillet dernier, a réussi à amasser 14 810 signatures.La demande principale vise à «rendre nulle et non avenue toute clause de bail locatif et règlement d\u2019immeuble interdisant de détenir chien et chat comme animal de compagnie dans un logement, une maison ou un condominium.» Geneviève Trudel confirme que la régie a pris connaissance de cette pétition.«Toutefois, les demandes formulées dans cette pétition impliquent une modification législative, ce qui nèst pas du ressort de la Régie du logement», indique-t-elle.Selon les informations accessibles sur le site Internet de la SPCA, la France, la Belgique et l\u2019Ontario ont pris position en ce qui a trait à l\u2019interdiction des animaux dans le bail résidentiel, car les «clauses ont été déclarées nulles et sans effet.» Resserrement des lois En juin 2012, le gouvernement du Québec adoptait le projet de loi n°51, modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux.Elle concernait principalement la sécurité et le bien-être des animaux.La Loi a été modifiée sur plusieurs points.Par exemple, la prolongation de la durée d\u2019une ordonnance du ministre lorsqu'un danger se présente pour un animal est passée d'au plus 15 jours à au plus 60 jours.?1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 15 Une hausse des amendes a aussi été appliquée pour les diverses infractions commises envers un animal.Auparavant, un propriétaire ou gardien d'un animal qui compromettait sa sécurité ou son bien-être (abus ou mauvais traitements affectant sa santé) pouvait écoper d'une amende de 200 $ à 600 $ dans le cadre d'une première infraction.Maintenant, elle est de 2 000 $ à 25 0 00 $.L'amende pour un récidiviste peut désormais atteindre 75 000 $, d'après un tableau détaillé du MAPAQ.Il faut noter que tous les actes de cruauté animale relèvent du fédéral, et c'est alors le code criminel qui s'applique.«Réformes appliquées en 2012» Selon Sébastien Simard, médecin vétérinaire au MAPAQ, «/es réformes ont été appliquées en 2012.» Il est satisfait au sujet de l'ensemble des lacunes qui devaient être comblées dans la loi.«On est arrivé à un beau résultat», admet-il.M.Simard rappelle que «certaines modifications sont prévues dans l'avenir».Elles concernent entre autres la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.Le MAPAQ travaille présentement sur un certain type de permis pour les propriétaires d'animaux.Outre les changements opérés par le gouvernement provincial, le rapport 2013 de l'organisme américain Animal Legal Defense Fund (ALDF) ne dore pas le blason québécois en matière de sécurité et bien-être animal.L'étude vise notamment à voir «où ceux qui maltraitent les animaux s'en tirent facilement» d'un point de vue législatif et le Québec est un de ces exemples.Les bienfaits des animaux de compagnie Doux, Fidèles et affectueux, les animaux de compagnie apportent plusieurs bienfaits à l\u2019être humain.Ces petits êtres peuvent Faire une réelle différence pour une personne traversant des épreuves difficiles.PARMÉLISSABLOUIN PUPPY ROOM Des petits chiots pour les grands stress Lors de la dernière période d'examens et de remises de travaux, l'Université de Dalhousie en Nouvelle-Ecosse a mis à la disposition de ses étudiants une salle à chiots, dans laquelle ils pouvaient cajoler les petites bêtes et ainsi réduire leur niveau de stress.Les chiens thérapeutiques aident à diminuer l'anxiété, particulièrement lors d'événement traumatiques.Le lundi suivant la tuerie de Newton, où 26 personnes ont péri à l'école primaire Sandy Hook l'an dernier, des chiens attendaient les enfants à un événement communautaire, leur apportant un peu de réconfort après le drame dont ils ont été témoins.(MLR) -J-i* J l 16 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 Lou, une jeune femme de 24 ans, a vécu l'expérience de la rue l'année dernière.En un an et demi, les épreuves et les voyages ont fait de Lou et de son chien Chevy un duo inséparable.Son compagnon à quatre pattes a fait une grande différence dans sa vie.«C\u2019est la personne la plus proche de moi.Quand je ne me sens pas bien, je fais juste aller le voir et instantanément ça va mieux; il me fait rire.» «On a tous besoin de liens affectifs et de pouvoir compter sur des relations solides», énonce Valérie Gosselin, fondatrice de la clinique Amis-maux à Québec.Psychologue depuis 12 ans, elle a créée cette clinique pour humaniser le système de santé.Elle-même atteinte de fibrose kystique et greffée du foie, elle a eu l'occasion de constater une certaine froideur dans les hôpitaux.«L'animal est un bon moyen pour établir un contact avec le patient, de détendre l'atmosphère et de rendre le tout plus convivial», explique-t-elle.Les intervenants de la clinique, tout comme les psychologues, les travailleurs sociaux et les orthopédagogues, sont accompagnés d'un animal lors de leur consultation.Ils ont vite constaté les bienfaits de cette présence dans leur pratique.«Les animaux rendent définitivement les gens plus heureux.Et en milieu carcéral, là où il y a eu des interventions avec les animaux, le taux d'agressivité a diminuéyy, souligne Linda Boucher, zoothérapeute de la clinique Amis-Maux.Le même effet se fait sentir lors des interventions de l'école internationale de zoothérapie de Montréal à la Maison du Père selon Gaëlle Cartin, directrice de l'école.Briser l\u2019isolement Selon Valérie Gosselin, les animaux aident beaucoup les personnes vivant des situations d'isolement : «Pour ceux qui ont du mal à se retrouver dans la société, l'animal est un compagnon fidèle qui ne juge pas.Il comble la solitude et facilite les interactions sociales.yy Gaëlle Cartin mentionne que l'animal est à la fois un confident ¦ Thérapie équestre Loin des hôpitaux et des centres spécialisés, c\u2019est à la campagne et sur le dos d\u2019un cheval que certains trouvent leur bien-être.Plusieurs thérapies ont pour dénominateur commun le cheval, dont l\u2019équithérapie, une alternative aux différents traitements offerts aux personnes handicapées physiquement ou mentalement.PAR GENEVIÈVE GAGNÉ Ce traitement se concentre sur l'apprentissage de techniques pratiques d'équitation pour développer, entre autres, l'estime et la maîtrise de soi, la mémoire et la motivation.Dépourvu de tout jugement et muni d'une grande sensibilité, le cheval aide la personne qui a des besoins spécifiques comme l'enfant autiste, par exemple.À l'aide d'un instructeur qualifié, une relation unique peut se développer entre l'enfant et l'animal et créer une symbiose bénéfique tant sur le plan émotionnel que social.Bénéfice que confirme Lysianne Rioux, orthopédagogue au Domaine l'autre monde situé tout près de Québec.«Le cheval est très sensible au cavalier et lorsque l\u2019enfant autiste s'agite, crie ou bouge sur le cheval, cela a un impact direct sur l'animal.Ço permet à l'instructeur de démontrer à l\u2019enfant que s'il se calme et arrête de crier, le cheval va aussi se calmer.Il voit donc le lien et l'effet direct de ses comportements et ses agissements.Ainsi, il comprend mieux l'effet que son comportement peut provoquera Le cheval se distingue des autres animaux.Contrairement au chien, par exemple, les personnes peuvent monter à cheval et avoir une proximité indéniable puisque, selon Lysianne Rioux, «chaque geste à un impact direct sur l'animal autant émotive-ment que physiquement.Le cavalier peut le contrôler, le diriger et pour ce faire il doit avoir confiance en l'animal et surtout en lui-même.yy 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 17 hors pair et une source de motivation.«Des gens qui vivaient des épreuves difficiles m'ont confié que leur animal leur donnait une raison de se lever le matin et de sortir dehors», soutient la zoothérapeute.Le propriétaire se sent important et nécessaire aux yeux de son petit être et cela devient valorisant.Au lendemain de notre entrevue avec la jeune Lou, elle devait quitter pendant un mois et laisser son chien Chevy à Montréal, «/e m'inquiète presque plus pour mon chien que pour mon chum, parce qu'au moins, lui, il sait que je vais revenir!» En adoptant son chien, Lou essayait qu'il ne devienne pas le centre de son univers, mais elle admet que c'est tout de même ce qu'il lui est arrivé, «/e ne sais pas ce que ma vie serait s'il n\u2019était pas là.C\u2019est une relation que je n\u2019oi jamais vécue avec aucun humain.» Les animaux de la rue sont en santé! Maltraités, les animaux de compagnie des personnes itinérantes?«Parfois, ils sont mieux traités que des animaux à la maison.Certains jeunes de la rue se privent et nourrissent l\u2019animal avant de se nourrir eux-mêmes», soutient le président de l'ordre des vétérinaires du Québec, Joël Bergeron, qui ne craint pas pour la santé des animaux de la rue.PAR MÉLISSA BLOUIN Quand elle était sans domicile fixe, Lou et son chien Chevy ont parfois subi le jugement des gens: «Tous les jours, jèntendais : \"pauvre petit chien\".C\u2019était vraiment dur à entendre.Des gens me menaçaient d\u2019appeler la SPCA parce que je le laissais attaché dix minutes dehors pour aller me laver au McDo», dénonce-t-elle.Bien des préjugés existent envers les propriétaires d\u2019animaux dans la rue.Josianne Renaud, diplômée en technique de santé animale, a soigné les animaux de jeunes de la rue à quelques reprises.«Ils en prennent vraiment soin.Les animaux que j'ai examinés étaient en très bonne santé.» Selon Joël Bergeron, le chien n\u2019a pas la faculté de comparer sa condition.Il vit le moment présent et est heureux d\u2019être avec son maître.«Ces chiens ne sont pas plus malheureux que celui qui attend son maître toute la journée dans le salon.Ils sont toujours dehors avec leur maître et ils bougent beaucoup», ajoute la directrice en interventions au centre de jour Dans La Rue, Caroline Dufour.Agé d\u2019à peine six mois, Chevy est parti à l\u2019aventure avec sa maîtresse Lou.Ensemble, ils se sont rendus en train jusqu\u2019à Halifax.«C\u2019est un chien heureux, raconte Lou, il a nogé dans l\u2019océan».18 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 Dog Town Chez Pops, ce n'est pas l'action qui manque.Plusieurs jeunes circulent dans la cafétéria, quelques chiens sont attachés dans l'entrée et d'autres se reposent dans leur petit chenil.Service de repas, salle d'arts, de musique et d'informatique, jardin et école, tout est mis en place pour aider les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté.Au centre de jour Chez Pops de l'organisme Dans la rue, les jeunes ont toujours été invités à amener leurs animaux et à les laisser attachés dans l'entrée.«Depuis la fondation du refuge, il nous est toujours paru comme une évidence qu'on devait accepter les animaux, sinon certains jeunes allaient s'abstenir de venir», soutient Caroline Dufour, directrice en interventions du centre de jour.En partenariat avec la Clinique des animaux des jeunes de la rue, le centre de jour Chez Pops accueille une fois par mois des apprentis du domaine vétérinaire pour offrir les traitements de base aux animaux des jeunes itinérants.Le chenil, surnommé Dog Town, a une capacité d'une dizaine de chiens.Les animaux peuvent se reposer pendant que leurs propriétaires profitent des ressources du centre.Une éducatrice canine est aussi à la disposition des maîtres pour tenter de régler les problèmes de comportement en société de leurs précieuses bêtes.Des chiens anti-stress Depuis 20 ans, Sonia Lupien, Ph.D.en neuropsychologie, fait des recherches sur le stress.La directrice scientifique du Centre d'études sur le stress humain a été contactée par Robert Viau, anciennement docteur en neuropsychologie, pour vérifier les effets bénéfiques d'un chien Mira sur les enfants atteint des Troubles du spectre autistique (TSA).Pour cette étude, ils ont placé un chien Mira dans 51 familles, composées d'un enfant affecté par les TSA.Ils ont prélevé dans la salive de l'enfant les hormones de stress avant l'arrivée du chien et pendant son séjour, «je n\u2019oi jamais vu des hormones de stress diminuer aussi drastiquement», indique Mme Lupien.Une seconde étude a permis de constater que le stress diminuait aussi chez les parents lors de la présence du chien, malgré les tâches supplémentaires qu'il suscitait.En avril dernier, la Fondation Mira a doublé le nombre de chiens d'assistance pour les enfants atteints des TSA.«Si les chiens ont un effet sur les hormones de stress, c'est certain qu'ils ont aussi un effet sur ses conséquences néfastes comme la haute pression artérielle et les maladies cardiaques», précise Sonia Lupien.Par contre, pour qu'ils puissent avoir tous ces bienfaits, il faut avant tout les aimer! 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 19 *1 vàssùtmaiï iiumm won l'AHOMMOU ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 MMOIR Bouffe de rue : Il fait beau, il fait chaud, vous voulez manger un petit quelque chose sur le pouce, mais pas du fast food?Tout l\u2019été, les 27 camions retenus pour participer au projet-pilote de cuisine de rue dans l\u2019arrondissement Ville-Marie ont vendu de la bouffe gastronomique de chez nous.À l\u2019approche de la fin du projet, l\u2019heure est aux bilans.PAR THOMAS MARTEIL Élyse Gagnon, du camion-restaurant L\u2019Assommoir, estime que la bouffe de rue offre un bon rapport qualité/ prix.Pour son grand retour, la cuisine de rue a pris les grands moyens.La Ville souhaitait se démarquer des métropoles voisines en proposant une offre culinaire de qualité, à la hauteur de la réputation de Montréal en matière de gastronomie.Plusieurs restaurateurs et jeunes entrepreneurs s\u2019en réjouissent, dont Élyse Gagnon de L\u2019Assommoir Mobile.«C'est une très bonne idée d'avoir enfin ramené la bouffe de rue ici.» En observant les longues files d\u2019attente devant les camions, on peut affirmer que le public est au rendez-vous.«/Vous avons de très bons commentaires des clients.Ils apprécient de voir arriver ce type de restauration à Montréal.», poursuit-elle.Samuel Dion, chargé de communication à l\u2019arrondissement Ville-Marie, se dit lui aussi «heureux de voirlèngouement des gens pour notre projet.» Amoureuse de la bonne bouffe, Stéphanie Grondin, fondatrice du blog Curiosités & Gourmandises, n\u2019a pas raté l\u2019occasion d\u2019essayer les différents food trucks-.«J\u2019ai essayé presque tous les camions, je les ai tous adorés, sauf un.» Elle souligne cependant que la bouffe n\u2019est pas aussi santé quelle en laisse paraître.«C\u2019est beau, cèst bon, cèst local, mais dans /\u2019ensemble ça reste du fast food.Il y a beaucoup quel bilan?de mets frits ou panés, des burgers, des pogos, de la poutine.Il n'y a pas vraiment de salades ou de plats légers.» Effectivement, les produits sont de qualité, mais les plats demeurent caloriques.Une personne à la diète n'irait pas y manger tous les jours! C'est beau, c'est bon, c'est local, mais dans l'ensemble ça reste du fast food.J/ Stéphanie Grondin, Fondatrice du blog Curiosités & Gourmandises Une offre trop élitiste?Même si les bons commentaires sont nombreux, plusieurs jugent que l'offre proposée est trop gastronomique et trop chère.Certaines personnes aimeraient pouvoir acheter un simple hot-dog ou un bretzel comme à New York.Mais, le désir de la Ville de Montréal est d'explorer une nouvelle façon d'offrir la bouffe de rue, en promouvant le savoir-faire québécois.Élyse Gagnon de L'Assommoir Mobile, n'a pour sa part reçu que des avis positifs.«Par rapport aux quantités qu'on donne et à la qualité de nos produits, les gens estiment que nos prix sont justes.» Mme Grondin est du même avis.«// faut remettre les choses en perspective.Aujourd\u2019hui un trio chez McDo coûte au moins 10 $.Un grilled-cheese au camion P.A & Gargantua est à 9$.Il ne faut pas oublier qu'on paye pour de la qualité et ça revient dans les poches d'entreprises familiales et québécoises.» Samuel Dion précise que la Ville ne prend pas position à ce sujet.Il estime que comme pour tout restaurant, c'est le jeu de l'offre et de la demande.«S\u2019/'/s le jugent nécessaire, les restaurants ajusteront leurs prix, je crois même que certains l'ont fait en cours de route, car ils voyaient qu'ils ne coïncidaient pas aux attentes des consommateurs.» Des choses à améliorer Le projet-pilote connait un bon succès, mais nos intervenants ont souligné certains points à améliorer.Dan, propriétaire du SUPERTRUCK, estime que même s'il y a un bon achalandage sur les neuf spots choisis par l'arrondissement où peuvent s'installer les camions, il y en a quelques-uns qui ne sont pas propices à la vente de nourriture.«// y a beaucoup de passants au spot du Monument Sir 1.».George-Etienne-Cartier en face du Parc jeanne-Mance, mais les gens ne sont pas là pour manger, mais plus pour faire leur jogging ou du vélo.D\u2019un point de vue marketing, ce n'est pas bon.» Élyse Gagnon estime qu'il faudrait améliorer la visibilité du projet.Selon elle, l'affichage des emplacements en centre-ville n'est pas optimal.«Les gens ne voient pas forcément le camion quand ils traversent le Square Victoria», nous explique-t-elle.Nos deux propriétaires de camions-restaurants sont conscients que ce n'est que le début et que les choses devraient s'améliorer avec les années.«Nous travaillons avec la perspective de renouveler l'expérience, mais il faut attendre les prochaines élections en novembre avant de pouvoir le confirmer», conclut M.Dion.¦ Selon Dan, propriétaire du SUPERTRUCK, il Faudrait revoir les points de vente des camions de bouffe de rue, qui ne sont pas toujours optimaux.1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 21 L\u2019achat et la vente d\u2019une propriété, c\u2019est une affaire de coeur et de savoir-faire! Via Capitale du Mont-Royal AGENCE IMMOBILIÈRE Plateau 1152, avenue du Mont-Royal Est 514.597.2121 Rosemont 2339,rue Beaubien Est 514.721.2121 capitaleMtRoyal\tVia Capitale MontRoyal www.viacapitaledumontroyal.com DÉPUTÉE D'HOCHELAGA- NEUVE du Vuwuil à tauA ! i*i5ScMHl£EnÂfidnÂLË carolepoirier.org Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.Bis est une entreprise d'insertion sociale et professionnelle d but non lucratif mécialisée dans la restauraUg&f\"\" WWW.TRAITEURBIS.QC.CA Emma, camelot pour le Big Issue, Australie PHOTO: JAMES BRAUND Le CŒUR de Ï\u2019-\u2019W i Lin.RE LES MOTS DE CAMELOTS 24 De peurs et d'angoisses 27 CHEMIN FAISANT Initiation Par Hélène 29 HORS PISTE En marge 12-17 Un organisme du projet Sainte-Brigide Par Jean-Marc Boiteau La phobie de la peur Les premiers temps, quand j\u2019ai commencé à vendre L Itinéraire, j\u2019étais très gêné.Je n\u2019arrivais pas à m\u2019exprimer correctement avec la clientèle et j\u2019avais du mal à leur parler.Au début, j\u2019ai eu beaucoup de difficulté à me faire accepter dans mon nouvel emplacement de vente : les itinérants qui étaient déjà établis là voulaient me chasser.En fin de compte, ils m\u2019ont laissé vendre dans leur coin, on s\u2019est arrangé à l\u2019amiable.J\u2019ai aussi vécu la peur de me faire juger.Beaucoup de gens nous jugent : ils ne comprennent pas qu\u2019on gagne notre vie en vendant le journal, ils veulent nous chasserdu territoire.Je vis aussi la peur de me faire arrêter par la police.Les policiers ont beaucoup de préjugés envers les gens qui essaient de se sortir de la rue.Ils aiment ça nous donner des contraventions et ils voudraient tous nous voir en prison.J\u2019ai aussi peur de me perdre, comme la fois où je me suis égaré dans le Vieux-Port.J\u2019ai mes repères dans certains quartiers de la ville, mais quand je sors de ces quartiers-là, j\u2019ai peur de ne pas me retrouver.Quand on demande des indications aux gens, ils nous ignorent parfois parce qu\u2019ils ont plein de préjugés envers nous.Evidemment, il y a aussi des gens qui ne nous jugent pas.Dans les hôpitaux, par exemple, les gens sont très sympathiques.Les médecins et infirmières m\u2019ont acheté quarante magazines une fois! J\u2019ai peurde perdre mon autonomie, d\u2019être en quelque sorte paralysé par mes peurs, mais aujourd\u2019hui, j\u2019en ai surmonté certaines.Les gens me connaissent mieux et sont plus sympathiques avec moi, comme mes clients réguliers.Sylvain Clot, Camelot angle Saint-Denis/Ontario L'amour contre la crainte J\u2019ai longtemps été agoraphobe, mais je suis parvenu à contrôler cette peur.C\u2019est sûr que je suis toujours sensible au fait qu\u2019il y ait des gens ou non autour de moi, parce qu\u2019on ne peut sortir de ça sans séquelles, comme s\u2019il ne s\u2019était rien passé.J\u2019ai toujours été quelqu\u2019un de peureux, d\u2019insécure, je me préoccupe toujours de choses qui ne sont pas si importantes que ça, alors j\u2019ai toutes sortes de peurs qui se créent ou se sont créées à cause de ça.J\u2019ai travaillé là-dessus, mais je dirais que ce qui remplace la peur c\u2019est l\u2019amour, la confiance.Quand on aime on fait confiance et quand on fait confiance on ne craint pas.Gilles Leblanc, commis de bureau Let the love flow in I guess I fear a lot of things: like the thought of dying.Death troubles me.I have to accept it though, and maybe the fear is all in my brain waves, and not in my heart and body.I guess I fear love, too.I know it sounds kind of funny but I don\u2019t want to get the Hepatitis or HIV and I fear if I get involved with the wrong women I might get that.I guess I could wait to get to Heaven to have the love I want, or hopefully find the right woman to make love to on Earth.And I fear the devil.I hate him the most.He is the wickedest person alive.He wants to bring you down to Hell.He doesn\u2019t want you to achieve in life.He wants you to burn with him.Another fear I have is drugs.I never want to take them again.When I\u2019m on drugs, I get real fear, and I can\u2019t cope with everything in life.I fear drugs because they\u2019re everywhere.But I have to overcome this fear and just say no to people who offer them.I haven\u2019t taken drugs for over five years now, and that\u2019s something I can be proud of.I believe I\u2019ve overcome the fears of my past.My fears of work as a young adult were haunting me, like maybe I didn\u2019t work hard enough in my army days, as a welder fitter, or at McDonald\u2019s.I fear I didn\u2019t do as much as I could have.I guess I have to let that go and overcome it.My fear of working for the company L'Itinéraire hasn\u2019t caused me too much stress.It\u2019s all in the head, and you have to keep believing that good things will happen.Open up your heart and let the love flow in.Daniel Grady, camelot angle des Pins/Saint-Laurent Client mystère Quand j\u2019ai commencé, j\u2019angoissais à l\u2019idée de ne pas vendre tout mon stock d\u2019un numéro avant que le suivant arrive.J\u2019avais aussi très peur de perdre mes clients réguliers et de ne pas pouvoir les remplacer.Si un client ne venait plus je m\u2019affolais, je pensais que j\u2019avais fait quelque chose de mal, alors que ce n\u2019était pas forcément le cas.Il pouvait très bien avoir déménagé ou avoir changé de trajet.Depuis, avec le temps j\u2019ai appris à gérer toutes ces émotions et à trouver des petites astuces pour vendre deux numéros en même temps les fois où il me restait des anciens numéros à vendre.Tuan Trieu-Hoang, camelot Métro Henri-Bourassa La rue Ma grande peur c\u2019est de me retrouver à la rue.Je ne suis pas peureux, j\u2019ai 66 ans et à mon âge j\u2019en ai vu d\u2019autres.Par contre il y a certaines personnes qui me font peur, quand je les croise je change de trottoir.Mais je suis assez effronté et tête de cochon pour leur dire bonjour quand même.Des angoisses, qui n\u2019en a pas, mais personnellement je n\u2019ai rien de spécial.En ce moment je vis une séparation et c\u2019est très dur.Robert Singh, camelot angle Sherbrooke/ de la Rousselière 24 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 S.O.S.intérieurs Pas de peur sans menace Qu\u2019est-ce qui se cache à l\u2019intérieurd\u2019une camelot?La peur peut être là.Celle de craquer, de ne plus avoir la force de continuer malgré son grand niveau de combativité.La crainte, car elle s\u2019aperçoit que ses mécanismes d\u2019adaptation ne suffisent plus.L\u2019angoisse due à une multitude de facteurs : être issue d\u2019une famille dysfonctionnelle où ce qu\u2019on lui a fourni pour construire sa fondation sont des matériaux inadéquats avec lesquels elle a dû s\u2019organiser pour ériger sa maison interne.La fatigue causée par la gestion des stress continus.Composer avec le tyran qu\u2019elle porte en elle, qui l\u2019empêche de relaxer parce quelle considère qu\u2019elle n\u2019a pas été assez productive à tous les niveaux.Il m\u2019en faut beaucoup pour avoir peur.Je ne dis pas que je n\u2019ai peur de rien.C\u2019est sûr que si quelqu\u2019un sort un pistolet je vais déguerpir comme tout le monde, mais en général tant que je ne me sens pas menacé je n\u2019ai pas peur.Lorsque j\u2019ai commencé à vendre le journal, je n\u2019ai pas eu d\u2019appréhension quant à me retrouver face au public, car j\u2019ai toujours été à l\u2019aise avec les gens.Michel Houle, camelot angle Saint-Hubert/Ontario r son logement chèrement acquis, peur de dégringoler à nouveau dans la rue, peur de ne pas vendre ses magazines, de déplaire à Lappréhension de ne plus y arriver seule, car elle n\u2019a personne qu\u2019elle-même surqui compter.Habituellement elle réussissait à tout tenir même si c\u2019était à bout de bras.Elle a de la difficulté à se rendre compte de l\u2019étendue des dégâts, elle appuie sur l\u2019accélérateur, mais c\u2019est très dur de s\u2019avouer que ça n\u2019avance pas.Montrer ce qu\u2019elle considère être de la faiblesse est impensable.Elle cherche des solutions à ce mal tout en étant consciente qu\u2019il n\u2019y a pas une chose qui soit la panacée pour vaincre cette partie d\u2019elle-même qui la consume.Elle a des forces, mais ce qui prend le plus de place pour l\u2019instant c\u2019est cette peur.Le sentiment que le bateau coule tel le Titanic.La crainte d\u2019être dans la position du foetus incapable de réagir à jamais.Il n\u2019est pas question de jouerà la victime, mais de tenter de décrire des réalités vécues même si aucun texte ne pourra exprimer avec exactitude l\u2019angoisse ressentie.La prochaine fois que vous croiserez une camelot, demandez-vous qu\u2019est-ce qui se cache à l\u2019intérieur! Pierrette, camelot épicerie Metro rue Saint-Hubert Vite, mon harnais! Derrière les sourires ou les mines imperturbables se cache souvent la peur.Les camelots de L\u2019Itinéraire nV échappent pas.Peur de perdre 1 J\u2019aimerais vous parler de ma peur des hauteurs et des implications qu\u2019elle a eue dans mes derniers emplois.Voyez-vous, je nettoyais des conduits de ventilation : j\u2019étais souvent obligé de monter dans des échelles (pas toujours stables) et sur les toits (pas toujours droits).Je me rappelle d\u2019un HLM à Sainte-Anne-de-Bellevue : 5 étages et un toit en pente.Pas besoin de vous dire que la patate me pompait par moment.C\u2019est une peur qui est vraiment mentale.Elle tourne dans notre tête et on finit par se faire peur à soi-même.Heureusement pour moi, je travaillais en équipe : pas question de trop le montrer, j\u2019ai mon orgueil à sauver.Ça m\u2019a permis de passer par-dessus plus facilement.J\u2019ai de bonnes raisons d\u2019avoir peur ! En 1998, pendant la crise du verglas, je déglaçais un toit pour un particulier quand j\u2019ai glissé et que je suis tombé en bas.directement dans un banc de neige molle.Pas de dégâts, mais une bonne frousse.Depuis ce temps-là, je m\u2019attache ! a eventueis clients.La peur peut se révéler un vilain parasite qui s\u2019installe à demeure, mais qui dompte aussi.Leurs confidences.Pour ceux qui travaillent en hauteur comme moi, soyez prudents.Denis Trudeau, plongeur et camelot angle Saint-André/de Maisonneuve r ''\u2019y\t* 1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 25 MOTS DE CAMELOTS Le récit de Pina (suite) (La première partie de ce texte a été publiée dans notre édition du 15 juillet dernier) JOSÉE MILOT Camelot, angle De Lorimier/de Maisonneuve Enfin libre.Après avoir purgé huit mois de prison, mon amie Pina a enfin été libérée, une semaine après moi.Comme par hasard, j'essayais de rejoindre son mari à la maison pour savoir comment elle allait, et à ma grande surprise, c'est elle qui m'a répondu.J'étais contente, même folle de joie.Tout de suite, on s'est donné rendez-vous pour se revoir et c'est alors quelle m'a confié quelle faisait beaucoup de cauchemars, quelle pleurait tous les jours.Le traumatisme que la prison lui a causé est très sévère.Voulez-vous que je vous dise?Même à l'extérieur, Pina n'a pas arrêté de donner à toutes et chacune.Elle a envoyé une télévision à une des femmes qu'elle a rencontrées en prison.Elle a même réservé des billets d'avion pour une autre qui était extradée.À moi, elle a amené des vêtements, de la nourriture, etc.Et il lui arrive de belles choses aussi.La plus belle, c'est quelle souhaitait être sortie à temps pour les fiançailles de son fils, ce quelle a réussi à faire.;eptembre INERAIRE.CA | î Au lieu de fixer vos peines sévères sur le monde qui ne les mérite pas, et par la même occasion de briser une vie juste pour le plaisir d'avoir satisfaction, attaquez-vous donc à ceux et celles qui le méritent vraiment.Laissez leur chance aux personnes qui veulent s'en sortir (ou qui ont réussi à le faire).Moi je peux vous dire que L'Itinéraire a fait de moi une autre personne : de la délinquance à la renaissance.Il m'a fallu beaucoup de volonté pour un jour vendre un journal et dire à une tierce personne : «L'Itinéraire?Un petit coup de pouce?» Mon orgueil en a mangé toute une, mais quand je me suis aperçue à quel point c'était facile, je me suis mise à aimer ça.Et de fil en aiguille, toutes mes mauvaises pensées ont disparu.C'est pour ça que je veux partager avec vous toutes les péripéties que j'ai vécues dans la jungle de la rue.Merci Pina, et merci L'Itinéraire! Allez hop ! Au travail ! DIANE GARIÉPY Camelot, aux métros Place-Saint-Henri et Lasalle 5 h le matin, j'étais debout.Tous les matins, j'allais travailler.Je prenais mon café, de bonne humeur, pleine d'énergie, et j'allais travailler.J'ai travaillé en pâtisserie, en manufacture, dans des magasins, comme plongeuse dans un restaurant.J'adorais ça.Mais je me suis blessée au dos.J'ai essayé de lever une boîte trop lourde et je me suis faite mal.Entorses, hernies discales, un beau gâchis.Un an de CSST plus tard, un médecin m'a dit que j'étais apte au travail, mais mon dos fatigue trop vite, et je sais que je ne peux plus donner toute l'énergie que j'avais avant.De toute façon, qui m'engagerait?A 58 ans, qui voudrait de moi?C'est pas que je manque d'énergie ou de volonté, mais c'est devenu trop difficile de faire de longues heures assise ou debout.Heureusement, j'ai eu la chance de connaître L'Itinéraire : je travaille à nouveau depuis le 10 mars 2012, et j'en suis très fière.Ça fait plaisir de recommencer à gagner ma vie de façon honnête, comme je l'ai toujours fait.I Persévérance ANDRÉ GIROUX Camelot, angle Ontario/Sanguinet «Ce n'est pas parce que tu es séropositif que tu dois être négatif».C'est mon slogan, ma maxime à moi.Même après une longue période de consommation, je suis toujours aussi énergique.La consommation m'a fait tout perdre : amis, parents, jusqu'à mes cartes d'identité et même mes vêtements.Avec le temps, je me suis mis de lourdes barrières, qu'il m'a fallu faire tomber l'une après l'autre.J'ai laissé des blessures de jeunesse me faire du mal trop longtemps.Mais j'en suis sorti, j'ai fait mes preuves et je suis prêt à repartir.J'ai même fait laminer mon certificat, je le garde comme diplôme de ma persévérance.Désintoxication et réinsertion = réussite.Maintenant, je sais que tout vient à point à qui sait attendre.Lâcher prise m'a permis de comprendre l'importance de qui je suis, et de ma propre valeur.J'ai eu beaucoup d'aide de L'Itinéraire (merci!), et je compte bien continuer sur le droit chemin.Je suis un vendeur né, je vendrais un réfrigérateur à un Esquimau, et je compte bien utiliser mon talent pour, à mon tour, donner un coup de main au magazine.Un jour à la fois.* > CHEMIN FAISANT Initiation PAR HÉLÈNE | chroniqueuse de rue *2» «Une copie de L\u2019Itinéraire madame?» «Non, merci.» «Vous connaissez notre organisme?» Profitant des quelques secondes de son hésitation, je poursuis : «C'est un organisme qui lutte contre la pauvreté et ce n'est pas que pour les itinérants et les toxicomanes, ce que je ne suis pas.» «Ah! Je pensais.» Dans son regard, autant de soulagement que de surprise.Mon intuition était juste.Je continue, lui expliquant en bref la mission de l'organisme et la raison d'être du journal.Ouvrant déjà son sac à main elle traverse la largeur du trottoir, créant du même coup un mini embouteillage.Je réussis donc à répandre la bonne nouvelle à plusieurs personnes à la fois, car une autre dame à peine sortie du bouchon fait demi-tour pour acheter la revue.Et voilà, mon initiation était faite! Pour contrer la gêne, certains font de l'humour, moi j'ai choisi de faire de l'éducation.C'est concordant avec mon mandat : celui de faire partie de la solution plutôt que du problème.J'aimerais cependant ajouter au discours et compléter la missive, car l'espace-temps au coin de la rue était insuffisant.Je souhaite surtout ne pas être accusée de discrimination envers les personnes aux prises avec les problèmes ci-haut mentionnés, car cela serait faux.Eduquer pour moi implique de favoriser l'ouverture d'esprit en provoquant la réflexion.Aucun enfant ne souhaite devenir itinérant, prostitué ou toxicomane lorsqu'il sera grand.Si le succès dans la vie dépend de comment on réagit aux événements plutôt que des événements eux-mêmes, rappelons-nous que la vie n'outille pas tout le monde de la même façon.Et que, même à coffres d'outils égaux, chaque personne étant différente, les résultats le seront aussi.Merci donc à la dame, et à tous les autres qui ont pris le temps d'arrêter, d'écouter et de faire leur part.Parce que chaque personne qui s'éduque à la cause a le pouvoir d'en éduquer d'autres.Et dans le cas où c'est la peur qui fait que les gens hâtent leur pas pour éviter d'être confrontés aux infortunés, je dis : chaque âme est une fleur faisant partie du jardin du Créateur.S'il est vrai que l'être humain perçoit la différence, c'est justement à ce titre qu'il a le devoir de distinguer entre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.Mettre tous les triangles jaunes d'un côté et tous les carrés bleus de l'autre démontre la capacité d'un cerveau à structurer l'information, mais cela n'autorise pas à réduire autrui à une étiquette, puis à l'isoler parce qu'il nous dérange.Fonctionner de cette façon c'est rater le but de la vie, soit l'amour - et l'expérience humaine.C'est aussi contribuer à la fracturation, au chaos dans lequel de plus en plus de gens sont plongés.Personne n'est à l'abri du malheur, de l'accident ou de la maladie qui brisent le corps, l'intellect ou lame.Il est grand temps de rendre la spirale ascendante et de se mettre à la hauteur des milliers d'années devolution qu'on prétend avoir derrière nous, car à voir l'état du monde aujourd'hui, le terme semble discutable.Tant de beauté dans ce jardin et si peu de voyants pour l'apprécier ! «Il n\u2019est jamais trop tard pour être ce vous auriez pu être.» George Eliot ¦ Aucun enfant ne souhaite devenir itinérant, prostitué ou toxicomane lorsqu'il sera grand.1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 27 MOTS DE CAMELOTS i La rue, la nuit, femmes sans peur HÉLÈNE OUELLETTE Camelot, angle Mont-Royal/Bordeaux Ça fait sans doute simple de revendiquer dans une société hypersexualisée comme la nôtre que les femmes puissent marcher la nuit sans avoir peur d'être agressées.L'idéologie de cette société, par le biais de la publicité, des médias dit que dans le fond on aime ça! Pour le patriarcat, les femmes n'ont pas le goût de prendre l'air, de revenir de leur travail ou du cinéma en toute sécurité : on recherche le viol dans le fin fond de nous-mêmes.Et c'est ce même discours qui permet que des femmes soient victimes de prostitution sans que l'on s'en indigne.Mais qui sont-elles?Ta mère, ta sœur, ton amie! L'Année internationale de la Femme, qui a eu lieu en 1975, a démontré d'une manière choquante le manque fabuleux de volonté politique des gouvernements d'améliorer concrètement les conditions de vie des femmes.En conséquence, un tribunal international sur les crimes commis contre les femmes s'est mis sur pied à Bruxelles en 1976.De là, une marche s'est implantée dans différents pays.Au Québec et au Canada, elle a commencé à se produire dès 1978 à tous les troisièmes vendredis du mois de septembre et a pris le nom de «La rue, la nuit, femmes sans peur».Au début des années 80, nous étions au moins 10 000 femmes lors de cet évènement.C'est une marche de femmes qui revendiquent le droit à la nuit et à laquelle participent des femmes de toutes classes sociales, âges, couleurs, origines, orientations sexuelles.Nous sommes toutes égales devant la violence systémique.Cette marche aura lieu le vendredi 20 septembre 2013.Téléphonez à la CLES (Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle) au 514 750-4535 ou info@lacles.org pour connaître le lieu du rassemblement, l'heure, etc.Chasseur de sourires SADESH SAMSOUDIN Camelot, quartierAhuntsic Lorsque je vends L'Itinéraire au coin de la rue où je me tiens, les passantes et les passants me remercient ou tout simplement me saluent et souvent dessinent un sourire avant de continuer leur route, parfois après avoir acheté une revue.Je constate que parmi ces personnes très nombreuses sont celles qui «affichent» de magnifiques sourires, souvent très radieux.C'est un phénomène bien réel car il se reproduit quotidiennement.En effet, je ne cherche même plus à comprendre pourquoi une si grande concentration de sourire, je me contente d'y répondre.Par contre, je me considère infiniment privilégié sur un point en particulier car je considère que tous les sourires que je reçois sont garantis authentiques, car ils sont désintéressés.Matériellement, du fait même que j'arbore un statut de camelot.Lorsque je change de contexte, je ne reçois ni la même qualité ni la même quantité de sourires.Je prétends avoir la certitude que les sourires que je reçois ont la pureté de l'authenticité.C'est unique et inestimable à mes yeux.Cela fait partie des raisons pour lesquelles je me sens enthousiaste de vendre L'Itinérairel Le rire de la vie CÉCILE CREVIER Camelot, métro Fabre Avec toutes les épreuves que j'ai subies dans ma vie, le rire est vraiment important pour moi.Rire de moi-même m'aide à ne pas trop me prendre au sérieux.J'aime aussi jouer des tours aux personnes qui n'ont pas été correctes avec moi, qui ont profité de moi.Par exemple, je cache des objets auxquels ils tiennent et le simple fait de les regarder chercher me provoque un fou rire.Par contre, je ne suis pas très méchante, car je finis toujours par leur révéler l'endroit.Je suis en plus une fan de Drôles de Vidéos, particulièrement celles où Ton voit des enfants.Y a-t-il quelque chose de plus comique qu'un enfant en train de manger qui se met de la nourriture partout et qui en lance sur les murs?J'observe toujours les enfants dans la rue et leurs moindres mimiques me réjouissent.Enfin, tant et aussi longtemps que je trouverai des situations pour me faire rire, je garderai confiance dans la vie.28 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2013 HORS PISTE En Marge 12-17 Un organisme du projet Sainte-Brigide L\u2019organisme En Marge 12-17 aide les jeunes en difficulté depuis 1992.Situé dans l\u2019arrondissement Ville-Marie, il offre hébergement, soutien et beaucoup plus aux jeunes qui se retrouvent dans la rue, en fugue ou même abandonnés et qui n\u2019ont plus aucun recours.L\u2019organisme a fait l\u2019acquisition du presbytère et fait maintenant partie du Centre communautaire Sainte-Brigide.PAR JEAN-MARC BOITEAU | chroniqueur de rue En Marge 12-17 possède des locaux reliés à ceux de la magnifique église Sainte-Brigide-de-Kildare, dans lesquels ils ont installé l'ensemble de leurs activités.Ces endroits offrent une accalmie pour les adolescents dans le besoin de se ressourcer.Arianne Deveault, intervenante à l'organisme, a toujours pensé que tous les jeunes ont de bonnes raisons de se retrouver à la rue.Un besoin d'aide psychologique?Trop de dépenses matérielles?Ils n'aimaient pas leur famille d'accueil?Un besoin de se confier à des gens de leur âge ?Une chose est sûre, ils n'y sont pas de leur plein gré.Mais l'organisme ne fait pas qu'offrir de l'hébergement et du soutien aux jeunes, les intervenants prennent aussi de leur temps pour discuter avec les parents, souvent dépassés par la situation.Selon Mme Deveault, le fait d'intervenir aussi avec les parents est un aspect non négligeable du succès de l'organisme.Hasard et coïncidence Il y a dix ans, un ami et moi avions décidé d'instaurer une Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, un regroupement de bénévoles ayant pour mission de venir en aide aux paroissiens nécessiteux.Cette conférence était justement située dans l'église Sainte-Brigide-de-Kildare.Pour des raisons nébuleuses la conférence a dû mettre un terme à ses activités, de plus des rumeurs circulaient à l'effet que l'église serait démolie.Je me disais qu'il serait plus juste de conserver l'édifice patrimonial à des fins humanitaires, pour y loger des sans-abri les froides nuits d'hiver peut-être.Fin juin de cette année, je faisais la promotion de mon livre dans un kiosque, offert à moi et L'Itinéraire, sur la rue Sainte-Catherine.Tout à côté il y avait un autre kiosque faisant la promotion de En Marge 12-17.Ce fut pour moi une révélation et un véritable coup de cœur et le plus drôle est que je travaille déjà depuis quelques temps à la réalisation d'une opérette qui se nomme La Marge*.Comme quoi un hasard n'arrive jamais seul.En marge 12-17 hébergeait déjà des jeunes de la rue, alors pourquoi pas un peu plus?Après quelques négociations, l'organisme s'est joint à d'autres organismes afin d'occuper les infrastructures de l'église Sainte-Brigide.Ce qui s'est passé par la suite m'a jeté par terre.Mme Marois et le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton, ont annoncé le 17 mai la réalisation du projet CUBE qui sera installé dans l'église Sainte-Brigide.Le site de Sainte-Brigide-de-Kildare sera revalorisé et les organismes communautaires du quartier seront soutenus, ce qu'attendaient les membres du Centre communautaire Sainte-Brigide depuis des années.Cette annonce est la bienvenue, permettant de finalement réaliser un rêve pour les jeunes de la rue, un rêve qui traînait depuis des années.Oui, depuis des années, les organismes communautaires se battent seuls pour aider la population la plus vulnérable! Encore leur fallait-il les ressources financières nécessaires.S'agirait-il du premier pas dans la bonne direction?¦ Depuis des années, les organismes communautaires se battent seuls pour aider la population la plus vulnérable! Encore leur fallait-il les ressources financières nécessaires.1er septembre 2013 | ITINERAIRE.CA 29 ILS HABITENT NOS FUIES.DONNER, C\u2019EST HABITER LEUR VI Ej En appuyant L\u2019Itinéraire, vous nous aidez à leur offrir les outils nécessaires pour reconstruire leur vie, trouver un logement, se nourrir sainement et briser leur isolement.Vous êtes partie prenante de la solution.Gisèle Nadeau Camelot, métros Iberville et Jarry AIDEZ L\u2019ITINÉRAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5 $ chacune = ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:________________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :_______________________________________ S1 Adresse: _______________________________________________________________________ Ville: ______________________________________________________________________ Province:___________________________ Code postal :____________ ______________ j Téléphone : (_________)_______-__________________________________________________ ^ Courriel : ______________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?N»de la carte : I___I___I___I___I___I__I____I___I___I___I___I___I____I__I___I___I____I Expiration______/__________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 231.Dons et abonnement en ligne au www.itineraire.ca Conférence annuelle de l'INSP : un bilan L\u2019édition 2013 de la conférence annuelle de l\u2019INSP, qui s\u2019est tenue du 29 juillet au 1er août, a été une source de belles rencontres et de bonnes idées.PAR SHAWN BOURDAGES I J Photo de groupe des délégués à la 17e Conférence annuelle de l'INSP Les délégués découvrent les publications de leurs collègues.s: s.Près de 100 délégués de 54 journaux de rue situés dans 29 pays se sont réunis pour échanger sur les défis qu'ils ont en commun et en apprendre plus sur leurs pratiques respectives.La conférence s'est tenue à Munich, en Allemagne, pour souligner le 20e anniversaire de BISS Magazin, un des pionniers du mouvement des journaux de rue.Jour 1 : Les journaux de rues au XXIe siècle Les discussions de la première journée, tournant autour de l'adaptation des journaux de rues aux réalités du XXIe siècle, dressaient la table pour le reste de la conférence.Dans un contexte où le numérique prend de plus en plus de place et dans une conjoncture économique où l'austérité (on dit «effort» au Québec.) prime, les journaux de rues se retrouvent dans une situation difficile où ils doivent s'adapter à un marché en pleine mutation, tout en aidant un nombre croissant de personnes dans le besoin.Dans le cas de L'Itinéraire, le défi principal est l'accroissement des revenus autonomes, notamment par l'augmentation de son tirage, afin de réduire les effets néfastes des coupes gouvernementales constantes sur ses services aux camelots.Jour 2 : Les journaux de rue et le virage numérique Déjà bien entamé, le virage numérique constitue un défi de taille pour les journaux de rues qui eux, misent beaucoup sur la relation humaine et privilégiée entre le lecteur et son camelot.Christoph l
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