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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 1 mars 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXIII, n\"05 Montréal, 1er mars 2016 www.itineraire.ca r- ¦ f LSbùU.MARC-ANDRÉ COALLIER, porte-parole de L\u2019ŒUVRE LÉGER pour la cause des sans-abri POUR LA PRÉVENTION DE L\u2019ITINÉRANCE ET LA LUTTE À LA PAUVRETÉ 1 87-PAUVRETÉ TEXTEZ LÉGER AU 20222 POUR FAIRE UN DON DE 5 $, 10 $ OU 20 $.L'ŒUVRE LÉGER leger.org SlBBBasi Nom Isabelle Raymond | Camelot n° 1347 Âge 29 ans | Point de vente Côte-Saint-Paul La vie ne tient souvent qu'à quelques centimètres.Isabelle l'a appris très jeune alors qu'elle avait à peine dix ans : « Mon père était lanceur de couteaux pour des cirques.Quand j'allais chez lui en fin de semaine, il s'entraînait au lancer sur moi.Ma mère n'aimait pas ça, mais je n'ai jamais eu peur, je lui faisais confiance.» Quand elle ne sert pas de cible à son père, la petite Isabelle arpente les rues et les parcs d'Hochelaga.Il faut dire qu'à l'école elle a du mal.Car la vie tient aussi parfois à quelques lettres.TDA dans le cas d'Isabelle, un acronyme qui signifie Trouble déficitaire de l'attention.« j'étais tout le temps dans la lune.Moi ce que j'aimais, c'était le théâtre, j'ai participé à plusieurs pièces à l'époque, je suis plutôt timide mais quand je joue un rôle, c'est différent, je n'ai jamais le trac.» A la maison, le rôle d'Isabelle est celui de la sœur aînée : « je devais être un modèle pour mes frères et soeurs.» Un rôle capital pour soulager sa mère qui nà que laide sociale pour nourrir ses trois enfants, dont une fille souffrant d\u2019une déficience intellectuelle et de problèmes de santé.Alors Isabelle s'accroche.Elle continue ses études et lutte tant bien que mal contre son problème de concentration.Sortir de sa bulle A 24 ans, elle ressort du cégep avec un diplôme en Arts plastiques et 24 000 $ de dettes.« Ma mère ne pouvait pas payer pour mes études, alors j'ai eu recours aux prêts et bourses.» Mais malgré ses recherches, Isabelle ne trouve pas même un petit job.Et peine à rembourser ses prêts.« J'avais l'impression de m'être endettée pour rien, je m'étais donné les moyens de finir mes études, dans des conditions difficiles, et on ne voulait même pas de moi comme caissière.» A la frustration s'ajoute l'angoisse des remboursements.Isabelle finit par craquer.« je n'étais plus moi-même, j'entendais des voix.Un jour, je suis sortie dans la rue et je me suis mise à marcher sans pouvoir m'arrêter.C'était comme si mes jambes ne m'obéissaient plus.» Inquiet, son frère finit par envoyer Isabelle à l'hôpital.Là-bas, les médecins lui expliquent qu'elle souffre d'une psychose.« je suis restée un mois en soins.C'était dur mais ça m'a aidée.» Si Isabelle est encore sous traitement, cet épisode psychotique fait désormais partie de son passé.Le présent, c'est son nouveau métier de camelot, qu\u2019elle exerce depuis un an.« C'est une connaissance qui m'a conseillée de me rendre à L'Itinéraire.Au début, j'avais peur de ne pas réussir à vendre et d'être gênée.Finalement, je m'en sors très bien.Et puis ici je suis vraiment considérée, c'est comme une seconde famille.» Si son nouvel emploi lui en laisse le temps, la jeune femme compte terminer un projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : « C'est une bande dessinée sur un groupe de jeunes qui ont des pouvoirs, un peu comme des sorciers.A l'école déjà, j'aimais beaucoup le dessin.Mais je détestais sentir le professeur derrière moi, en train de me surveiller.» Aujourd'hui, le professeur est loin derrière.Et Isabelle est libre de dessiner une nouvelle histoire.¦ t \"7 Par Camille Garnier, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil L'arrondissement de Ville-Marie reconnaît l'excellent travail de l'équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Ca nada Québec S S Montréal québecop pntact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS icxLrvitE è|\\ Uctit fr\t^Ctm\t® Cambridge W Wl 1 1\tpiMemwlt X.\t°=léï=î\t© Canada-Vie tPJt IM.T ftfH I Desjardins u Mont-Royal viacapitale ImlûAllüH) EPS Desjardin$ Caisse du Quartier-Latin de Montréal L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AjgECQ pAPSIM tf-HKHfc.faim À RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l'accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Conceptiongraphiquc MILTON FERNANDES Collaborateur : IANIKMARCH Adjoints à la rédactioi CHANTAL VANASSE, CHRISTINE BARBEAU, DANY CHARTRAND, HÉLÈNE MAI, JENNIFER PIT0SCIA, MARIE BRI0N, MARTINE B0UCHARD-PICE0N, ROBIN BÉLANGER, SARAH LAURENDEAU Photo de la une SIMON P0SNIC Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité LYNE COUSINEAU Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UGAS Responsable de la distribution YVON MASSIC0TTE CONSEIL D'ADMINISTRATION PrésidentetTrésorier par intérim GUY LARIVIÈRE Administrateur MARIO C.DUSSEAULT, ALEXANDRE PÉL0QUIN, KATHERINE NAUD, GRÉGOIRE PILON, ISABELLE M0NETTE, TANIA CROISETIÈRE-LANCEVIN Représentant des camelots: GABRIEL BISS0NNETTE VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.1514848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE CICNAC Coordonnatrice de production : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l'action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.FSC MIXTE Papier issu de sources responsables FSC* C011825 4 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Isabelle ¦BBTl-' MOTS DE CAMELOTS Jacques Élyzé.11 Éric Dion.11 SIOU.11 Benoît Chartier.32 Lorraine Sylvain.32 Serge Savard.32 Pierre Touchette.41 Bill Economou.41 Serge Trudel.41 DOSSIER COMBATS DE FEMMES D\u2019hierà aujourd'hui Par Alexandra Guellil Des raisons de se réjouir?Inégalités hommes-femmes Les droits des Femmes en 8 dates La Force de l'écoute Alanis Obomsawin Le courage au quotidien Michaëlle Jean Y croire pour cinq EnsaFa Haïdar Engagements et don de soi Martine DesjardinstémoignageS TÉMOIGNAGES La Famille avant tout Nicole Giard Une Fille au milieu des garçons Jo-An Blanchet-Girard Le Féminisme dans l'âme, son mari dans le cœur Gisèle Nadeau Devenir une Femme.par la Force des choses Tania Croisetière-Langevin SOMMAIRE 1er mar< 1sr mars 2016 Volume XXIII, n°05 ÉDITORIAL.7 Mes hommages ParShawn Bourdages ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL.9 OPINION.10 Embarques-tu ?Par Mathieu thériault HISTOIRE.24 Ces Montréalaises qui ont marqué l'histoire Par QuAlain Commu'nos-terres INFO RAPSIM.28 Engagements et don de soi Par Bernard St-Jacques, organisateur communautaire COMPTES À RENDRE.29 Rien n'est jamais acquis Par lanik mardi, économiste indépendant VIE CITOYENNE.30 « Les filles pensent que ça ne va pas leur arriver » Par CINDYTREMBLAY CARREFOUR.33 CHRONIQUE.36 La solution aux problèmes de l'humain Par Shaliver LECTURES.37 Un livre pour initiés Par Robert Ménard DOCUMENTAIRE.38 En quête d'identité Par Luc Deschênes EXPOSITION.39 Alone no more Par Sylvain Pépin-Girard THÉÂTRE.40 Je suis un arbre sans feuilles Par Josée Cardinal ZOOM CLIENT .43 DÉTENTE .44 À PROPOS.46 des Femmes MdS-LECTEURS Bons baisers de France ! Avec nos meilleurs souvenirs, nous voulons remercier le camelot de la Place des Arts qui nous a aidés à retrouver nos amis à qui nous avions donné rendez-vous.Comme promis, ma photo avec L'Itinéraire du mois d\u2019octobre, à Sète, dans le sud de la France sur le bord de la Méditerranée.Notre rencontre providentielle avec lui, reste dans les beaux moments de notre passage à Montréal.Françoise et Guy Pasco, Sète, France Retrouvailles grâce à notre camelot Je vous transmets le message de nos amis Français qui sont venus nous voir l\u2019automne dernier.Ceux-ci nous avaient donné rendez-vous à la Place des Arts, alors qu\u2019ils voulaient parler, en Fait, de la Place Desjardins.Comme nous ne les voyions pas, nous avons alors demandé de l\u2019aide au camelot à qui nous venions d\u2019acheter L'Itinéraire du mois d\u2019octobre 2015, en lui demandant de surveiller, pendant que nous cherchions, mon mari et moi à l\u2019intérieur de la Place des Arts, si deux personnes n\u2019avaient pas l\u2019air de chercher quelqu'un, et dans ce cas, de vérîFîer s'ils ne se prénommaient pas par le plus grand des heureux hasards, Françoise et Guy et s'il pouvait les retenir jusqu'à notre retour.Et c'est exactement ce qui s'est passé et qui nous a permis de les retrouver quelques minutes plus tard.Il a Fait des heureux ! J'ai malheureusement oublié le nom de ce camelot qui a nous a rendu ce grand service et qui a conFirmé la légendaire ! Les camelots sont des travailleurs autonomes.50% du prix de vente du magazine leur revient.ECRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Lise Savard, Les Éboulements Des lettres courtes et signées, svp ! le droitd\u2019« La Rédaction - - lAl RE DON S ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT Le don d\u2019une carte-repas à 6 S permet à une personne démunie de s\u2019alimenter gratuitement au Café L\u2019Itinéraire ou chez l\u2019un de nos partenaires : Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau, Le Phare et Chic Resto Pop.Grâce à vos dons, plus de 15 000 repas complets sont servis chaque année aux personnes se retrouvant dans le besoin.Vous pouvez choisir de les distribuer vous-même ou bien nous laisser le soin de le faire pour vous à travers notre service d\u2019intervention et de réinsertion sociale.Pour plus d\u2019informations ou faire un don en ligne: www.itineraire.ca Don en cartes-repas un geste solidaire! DON Je fais un don de :\t__________S1 CARTES-REPAS2 J'offre__cartes-repas à 6 $ chacune =\t__________S1 TOTAL DE MA CONTRIBUTION :\t__________S1 ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de : O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) _____$ O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) _______$ Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : Notes IDENTIFICATION O Mme O M.Nom :______________________________ Prénom :_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :_______________________________________ Adresse :____________________________________________________________________ Ville :______________________________________________________________________ Province :_________________________ Code postal :____________________________ Téléphone : (_____) _____-________________________________________________ Courriel :___________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire Lltinéraire N»de la carte :___I__I___I__I__I___I__I___I__I___I___I__I___I__I___I__I___I__I Expiration____/__________ ___________________________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par Lltinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toute question, contactez-nousau 514-597-0238 poste 221.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca Mes hommages ,12m- PAR SHAWN BOURDAGES CHEF DU SECTEUR DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL fcV\"\u201d\t\t\u2014\t W m\t«ni\t¦\tü \t¦\t\t X\t m\tW\tjkt\t\t\t C'est pour moi un honneur de signer cet éditorial car je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais je vous trouve des plus courageuses.Vous venez de parcours Fort diFFérents.Certaines d'entre vous courez encore après vos rêves.Certaines d'entre vous rêvent d'arrêter de courir.Vous avez par contre toutes connu votre lot d'obstacles, souvent grands, parfois immenses, et avez toutes décidé de résister et d'exister.Même si vous avez déjà pensé vouloir disparaître, dites-vous que de vendre un magazine dans l'espace public, dans lequel vous avez peut-être même mis vos tripes, c'est clamer son existence.Ce n'est pas facile être une femme à L'Itinéraire, c'est un milieu traditionnellement un peu macho et vos collègues masculins, sans nécessairement vouloir mal faire, font parfois preuve de maladresse.J\u2019imagine aussi que vous devez être la cible de grossièretés de certaines personnes du public qui ne ratent jamais l\u2019occasion de faire sentir les autres petits, histoire de se sentir grands.Mais je suis heureux de constater que, depuis mon arrivée parmi vous, il y a maintenant quatre ans, vous êtes plus nombreuses et prenez plus de place.Je vous vois vous regrouper au Café, échanger et vous soutenir dans vos épreuves.Vous êtes plusieurs à vous raconter dans notre magazine ou à écrire des articles qui nous font réfléchir.Je vous vois aussi briser le « boys club » du conseil d'administration et mettre votre grain de sel dans les orientations de l'organisme.Trop peu de ressources pour femmes Si les choses s'améliorent pour les femmes à L'Itinéraire, la situation demeure inquiétante pour l'ensemble des femmes vulnérables du Québec.Les refuges et les ressources d'hébergement pour femmes débordent et doivent trop souvent refuser d'en accueillir faute de place.Je ne peux imaginer comment doivent se sentir ces femmes en détresse qui se butent à des portes fermées.La Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec fait état de 10 000 refus d\u2019hébergement par année.Certaines ont la chance d\u2019avoir un réseau de soutien chez qui elles vont pouvoir habiter temporairement, mais d\u2019autres doivent trop souvent accepter l\u2019inacceptable pour ne pas se retrouver à la rue, milieu qui peut carrément leur être mortel.Pas surprenant que le dénombrement fait en mars 2015 en a compté si peu.Mais trêve, pour un moment, de politique et de revendications.Je voulais surtout ici souligner, mesdames de L\u2019Itinéraire, votre contribution à la société et à notre organisme.Vous êtes des exemples vivants de résilience et de détermination.Vous êtes autant appréciées par vos collègues que vos lecteurs, je reçois de nombreux témoignages à cet égard.J\u2019ai aussi eu l\u2019occasion de partager avec vous plusieurs de vos réussites et j\u2019ai parfois pu vous accompagner dans vos défis.J\u2019espère que vous trouvez ici un lieu où vous êtes à l\u2019aise, où vous pouvez être vous-même et où vous pouvez avancer à votre mesure et selon vos propres critères.Merci d\u2019être avec nous et d\u2019enrichir notre milieu et notre mission.¦ 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL questions a Léonie Couture Directrice générale et fondatrice de La rue des Femmes L'Itinérance au Féminin Léonie Couture se consacre depuis de nombreuses années au bien-être et à la défense des droits des femmes.Impliquée dans de nombreux groupes et réseaux communautaires, elle rappelle que l'itinérance n'est pas uniquement une question de logement ou d'argent, mais plutôt un état de détresse dû à de nombreuses blessures.La rue des Femmes compte 3 maisons à Montréal : \u2022\tPlus de 600 femmes par année bénéficient de ces services \u2022\t240 repas par jour \u2022\t19 000 nuitées par année \u2022\t50 000 heures en interventions psycho-relationnelles \u2022\tActuellement, entre 55 et 60 femmes sont hébergées chaque nuit Nous avons souvent la perception que les femmes sont plus à risque d\u2019être dans la rue ou de connaître une situation d\u2019itinérance.D\u2019où provient cette impression ?Cette croyance-là vient sans doute du fait que nous avons de plus en plus de femmes dans nos ressources.Nos lits sont toujours pleins et l\u2019on accueille plus de femmes qu\u2019on ne le peut.Si on regarde ce problème social d\u2019un point de vue économique, on se rend compte que les femmes sont plus précaires que les hommes.Elles vivent plus longtemps et de plus en plus de femmes plus âgées vont bénéficier de nos ressources.Une femme n\u2019ira pas à la rue parce que c\u2019est dangereux.Elle risque, par contre, de tolérer plus longtemps des situations violentes pour éviter cela.Quelles sont les difficultés des femmes que vous rencontrez ?Il faut comprendre que celles qui se retrouvent à la rue ou en situation d\u2019extrême pauvreté ont vécu de grandes blessures, souvent dans l\u2019enfance.Elles ont vécu des choses extrêmement graves et sont plus fragiles.Elles sont donc plus à risque de problèmes de santé mentale, de problèmes de consommation et autres.Il y a cinquante ans, une femme qui buvait et consommait n\u2019était pas bien vue, aujourd\u2019hui, cela fait partie de la donne.Mais au-delà de tout cela, il y a tout l\u2019aspect de la santé relationnelle.Qu\u2019entendez-vous par là ?Dans la vie, pour être stable, il faut être en bonne santé relationnelle.Quand il y a de la peur, de la méfiance, des blessures, une absence de réseau ou de milieu familial, on se retrouve souvent incapable de fonctionner.L\u2019itinérance n\u2019est pas un état, mais plutôt la conséquence de tellement de brisures.Une personne en pleine santé ne se retrouvera pas à la rue et aura plus de possibilités de s\u2019en sortir assez vite.Elles sont donc très démunies.Et ceci, sans parler de la culpabilité qu\u2019elles peuvent ressentir si jamais leurs enfants leur ont été enlevés.Quelle place accordez-vous à la santé relationnelle dans le problème de l\u2019itinérance ?L\u2019itinérance est liée à la santé.Quand on a commencé à La rue des Femmes, je pense qu\u2019il y avait moins de femmes à la rue.Il y avait plus de logements à prix abordables.Avec la crise de 2008, nous avons vu un changement impressionnant.Mais le logement n\u2019est pas le seul des combats à mener.Nous devons nous adapter aux besoins des personnes.C\u2019est pourquoi je pense qu\u2019il faut que l\u2019on reconnaisse les souffrances et les blessures relationnelles.Nous devons tout repenser, confronter nos préjugés, et regarder le problème autrement.Tant que socialement, nous ne comprendrons pas que des personnes ont vécu des blessures relationnelles graves et que la souffrance qui en découle se manifeste dans leur comportement, nous n\u2019avancerons pas.Il faut que l\u2019on se donne les moyens de comprendre le phénomène tel qu\u2019il est.Sans doute qu\u2019une femme crie parce qu\u2019elle a mal.Et cela, il faut le comprendre, l\u2019écouter et l\u2019aider à se reconstruire.¦ i* itpjÈM Hti wmmrm un *\"*¦ PMM irUMiUl nir.heriH'r * H-W ****** ¦ m- -II1 MKIi.r.»j !*>¦ Ë.I ïsîfflr lim-inm CREDIT: GILLES LAPORTE Metro A chaque nom, son histoire ™ Les noms des stations de métro sont tous liés à\tf ^ un lieu, une rue ou une personnalité.Gilles Laporte, professeur au Cégep du Vieux-Montréal et historien montréalais, a ainsi créé une carte compilant l\u2019ensemble de ces informations pour la métropole.De quoi se rappeler \"\"\u201c**¦ que le Groupe L\u2019Itinéraire se situe à proximité d\u2019une station qui porte le nom de Joseph Papineau (1752-1841), notaire, arpenteur, député et père de Louis-Joseph Papineau.De plus, à l\u2019approche de \u201c la Journée internationale de la femme, le 8 mars, il est intéressant de relever que seules trois stations sur 68 portent le nom d\u2019une femme Côte-Sainte-Catherine, Villa-Maria et Square-Victoria-OACI.¦ irtl-W.ïWrfm ITINERAIRE.CA 1 1 mars 201 6 METRO ÉTATS-UNIS | Le marathon de l\u2019itinérance Depuis 1999, le Annual Homelessness Marathon (marathon annuel des sans-abri) informe ses auditeurs du problème très répandu de l\u2019itinérance aux Etats-Unis.Conçue par l\u2019animateur Jeremy Alderson, lui-même un ex-itinérant, la radio et web diffusion offre une tribune aux sans-abri partout au pays.Diffusée cette année le 17 février depuis Washington D.C.pendant 26 heures consécutives, les nombreux animateurs radio participants incitaient les gens de leur ville à appeler et de partager leurs propres expériences.L\u2019émission a fait entendre les témoignages provenant de .\tcampements de sans-abri et été l\u2019occa- sion de recueillir les opinions des itinérants sur la campagne électorale en cours.« Ce sont des citoyens américains qui ont autant le droit de vote que n\u2019importe quel autre Américain », affirme l\u2019animateur, qui se dit épaté par l\u2019ampleur que prend son marathon d\u2019année en année.(INSP / Street Sense) Ndlr : Un Marathon des sans-abri existe également au Canada et la 14e édition a eu lieu les 23 et 24 février derniers.« ¦ ROND-POINT INTERNATIONAL ANGLETERRE | Reloger sans suivi ?Une étude menée par l\u2019Institut National de recherche en santé a révélé que le relogement des personnes sans-abri permettrait une reconstruction de leur vie sur le long terme.Les chercheurs se sont basés sur les expériences de 297 anciens sans-abri, cinq ans après leur transition entre les auberges et autres habitations temporaires et leur logement indépendant.Nombreux d\u2019entre eux qui étaient installés dans leur propre appartement ont pu retourner aux études ou se trouver un travail.Cependant, un quart des participants éprouvaient des difficultés à s\u2019occuper de leur logement et à gérer leurs tâches quotidiennes.L'itinérance peut avoir un effet dévastateur sur la santé et le bien-être d'une personne.Depuis le début des années 1990, les gouvernements successifs investissent dans les services pour résoudre le problème.Mais, après 2010, des fonds ont été supprimés pour de nombreux services d'aide et de soutien au logement.Ces changements radicaux dans les politiques de logement et d\u2019aide sociale ont créé de nouveaux défis pour les anciens sans-xi abri.(INSP / The Conversation) * * \u2022 MA AFGHANISTAN | Désintox à Kaboul Des officiels afghans ont ouvert un nouveau centre de désintoxication dans une base militaire de l\u2019OTAN abandonnée à Kaboul pour tenter d\u2019endiguer le fléau de l\u2019addiction en Afghanistan.On y offre un programme de traitement de 45 jours à quelque 1000 toxicomanes sans-abri qui y sont amenés par la police.Cette installation s\u2019ajoute aux 123 autres partout au pays de 30 millions d\u2019habitants, ou il est estimé que de 1,9 à 2,4 adultes sont dépendants de la drogue.Mais, le faible taux de succès de ces centres fait douter de la capacité du gouvernement de pouvoir lutter efficacement contre l\u2019industrie de l\u2019opium et de l\u2019héroïne, qui génère des milliards de dollars et est protégée tant par des intérêts régionaux que par des puissants Talibans qui financent leur rébellion avec les profits de la drogue.(INSP / Reuteurs) L'Itinéraire e st membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.msp International Network of Street Papers 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 9 PHOTO : REUTERS CATHAL MCNAUGHTON ;*¦ - * liber, taxi et nouveau capitalisme Embarques-tu ?¦\tJl' *m# JÉÈFV *»iI \\ A OPINION PAR MATHIEU THERIAULT CAMELOT BERNARD/DE L\u2019ÉPÉE On parle beaucoup, depuis un temps, de l'économie « collaborative ».Ces nouveaux services comme UberX, Airbnb, le couchsurfing et autres échanges de services rendus possibles grâce aux nouvelles technologies.On vante un modèle en dehors du capitalisme traditionnel, convivial et accessible, où l'usager/consommateur serait au centre des priorités, gagnant sur tous les Fronts.Et si le modèle « techno-Friendly » censé bouleverser la hiérarchie salariale et les Forces de l'argent ne venait Finalement que renForcer celles-ci ?Petite réFlexion sur une nouvelle patente qui proFite peut-être plus qu'on pense aux vieilles aFFaires.a taxis Ainsi donc, en vertu du nouveau règlement de la Ville pour moderniser l\u2019industrie du taxi, les chauffeurs doivent désormais revêtir un uniforme propret style pantalon noir et chemise blanche.Ils doivent aussi sortir de leur véhicule pour ouvrir la portière à ceux qui les ont « commandés » par téléphone ou par internet.^ Bref, pour s\u2019adapter à la concurrence que leur offrent les chauffeurs d\u2019UberX, nos taximen doivent singer les chauffeurs de limousines sans le salaire qui va avec.Sans doute un autre miracle de l\u2019économie « collaborative » ?On disait que cette économie nouveau genre qui offre des services comme UberX ou Airbnb proposait une alternative communautaire et virtuelle au capitalisme traditionnel.C\u2019est en partie vrai.En quelques clics, on trouve désormais des solutions de rechange super abordables à ce qui était autrefois des monopoles des industries du transport ou de l\u2019hôtellerie, par exemple.C\u2019est super, sauf que cela semble être en train de créer une catégorie de travailleurs qui pensent être leur propre patron mais qui sont en fait l\u2019idéal-type du travailleur exploité dans le néolibéralisme.Pendant les Fêtes, on a aussi vu que la seule loi d\u2019Uber était celle du marché.Des usagers ont payé des centaines de dollars pour des petites distances sous prétexte que le tarif augmentait par dix pour répondre à la loi de l\u2019offre et bligatiqn MONTER PREMIER EXCEPTE TAXIS EXCEPT Ê PtfNQDE interdite de la demande.Tout cela pour le compte d\u2019une compagnie californienne qui ne paie aucun impôt ici.Déjà que chauffeur de taxi, c\u2019est pas le Pérou.S\u2019ils ne peuvent se payer un permis à 200 000 $, ils doivent le louer pour plus de 500 $ par semaine, avant de même commencer à gagner un peu d\u2019argent.Et voilà qu\u2019arrive le concurrent qui est le rêve de tout patron.L\u2019employé motivé, flexible, qui n\u2019a aucun contrat d\u2019em-bauche.Pour lequel on ne paie aucune charge sociale, à qui on ne doit rien s\u2019il se blesse ou s\u2019il tombe malade.Evidemment, pas question de syndicats, de revendications ou d\u2019associations ouvrières.Un nivellement par le bas Oui c\u2019est vrai, le consommateur peut en ressortir gagnant.Il paie sa course la moitié moins cher et il sera traité aux petits oignons par un chauffeur qui se sait noter sur internet, en compétition avec plein d\u2019autres chauffeurs sur la même application virtuelle et anonyme.Les chauffeurs de taxi traditionnels ont vivement réagi à cette concurrence déloyale.Ok.Ils ne sont pas toujours sympathiques à l\u2019extrême.Mais quand tu dois travailler 60 heures semaine, à n\u2019importe quelle heure, pour des clients exigeants et souvent désagréables (saouls et malades .ouache ! ), ça peut se comprendre.Pour rajouter à leurs conditions pas évidentes, la Ville les force désormais à avoir un uniforme de bourgeois, à être filmés en tout temps, à accepter les cartes, à ne plus parler au téléphone et à sortir pour faire le guignol et ouvrir la portière même quand cela n\u2019est pas pertinent.C\u2019est à se demander si on n\u2019assiste pas ici à un nivellement par le bas de conditions de travail qui n\u2019étaient déjà pas fameuses.Les innovations technologiques permettent effectivement à un quidam de devenir son « propre patron » à partir d\u2019internet et de son cell.Mais à quel prix?Aucune sécurité d\u2019emploi, aucune garantie ou assurance, aucune stabilité ni plan à long terme.Et une pression à la baisse sur une catégorie de travailleurs qui tiraient déjà le diable par la queue.Est-ce vraiment cela que nous espérons de ce que plusieurs encensent comme l\u2019économie « collaborative »?Ce ne serait pas plutôt l\u2019esclavage salarial 2.0 ?¦ 10 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES 7AMORÂ1 La musique S\u2019il n\u2019y avait plus de musique, ça serait la panique On s\u2019orienterait vers le bruit du vent Le miaulement du chat L\u2019aboiement du chien Le craquement des buissons Le crissement de la neige sous les pas JACQUES ELYZE CAMELOT THEATRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI ETTHÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS La musique Jacques Élyzé L\u2019intimidation Je sais pas comment ça a commencé, je suis sorti du primaire Mais le jour de la rentrée, aux effets secondaires Sourire un peu méfiant, je ne suis pas sorti de ma peine Ici ils sont encore plus grands et moi encore plus jeune J\u2019ai traversé un nuage gris avec une drôle d\u2019odeur Trois quatre personnes qui rient et les yeux qui changeaient de couleur « Tu rentres pas sans avoir essayé », c\u2019était de l\u2019intimidation Et au milieu de l\u2019année est arrivée la nouvelle La fille aux cheveux bouclés, le genre enfant modèle Lui ont lancé l\u2019invitation sur Facebook pour la niaiser Lui faire une réputation et interdiction de supprimer « Dévergondée, paraît que tu couches avec ton frère Tu es prête à te faire payer pour te faire mettre dans le derrière » Un jour à cause de son profil eh bien il y a eu une agression Ça disait « la fille facile », c\u2019était de l\u2019intimidation POÈMES DE CAMELOTS Là-bas l\u2019enfant Là-bas l\u2019enfant A glissé sur la côte A déchiré Son pantalon Il n\u2019ose retourner A la maison De peur qu\u2019 on l\u2019accuse L\u2019enfant là-bas En pieds d\u2019bas traîne ses pieds Et bat la chamade Mais non Je n\u2019ai pas déchiré mon pantalon s\u2019écrie-t-il La côte En est la cause Croyez-moi ! L\u2019enfant là-bas En pieds d\u2019bas traîne ses pieds Et bat la chamade Là-bas l\u2019enfant S\u2019assoit Sur son malheur Pour étouffer Le souvenir D\u2019une déchirure Étirée Jusqu\u2019à la pointe du cœur Devant moi le pauvre Simon, au bout de ses 13 ans Pas un poil au menton, bienvenue dans la cour des grands De l\u2019autre côté, le fils d\u2019ouvrier, une moustache, un vrai géant Avait pas pris d\u2019avoir doublé, il s\u2019en prendrait aux innocents Ils se sont croisés dans l\u2019escalier, un moment de friction « Pour toi Simon, l\u2019heure a sonné, prépare-toi à l\u2019humiliation » Il l\u2019a brassé, écrit « fuck you » sur son front Il l\u2019a embarré dans un casier, c\u2019était de l\u2019intimidation Dans l\u2019autre classe, t\u2019as une gothique qui a perdu confiance A cause des deux trois hypocrites qui ont pas su garder le silence Sur ce qu\u2019il se passait à la maison, un beau-père intoxiqué La mère qui perd la raison, toujours en train de l\u2019engueuler Mais faites-les donc tous vos grimaces, dire de moi toutes vos conneries Vous m\u2019avez craché dans la face pour la dernière fois de ma vie Oh Monsieur le directeur, je ne vous demande pas la permission |e deviens décrocheur à cause de l\u2019intimidation ERIC DION CAMELOT BOULEVARD MONK Là-bas l\u2019enfant L\u2019enfant là-bas Ne grandira pas SIOU CAMELOT MONT-ROYAL /BORDEAUX COMBATS DE FEMMES D\u2019hier à aujourd\u2019hui Au Québec, comme partout en Occident, le dernier siècle a été marqué par de nombreuses luttes pour obtenir l'égalité entre les femmes et les hommes.Que ce soit au travail, à la maison, à l'école ou dans les institutions politiques et financières, les Québécoises ont fait bien du chemin depuis le temps où la femme mariée était considérée comme un enfant au point de vue juridique.Marches et campagnes se sont ainsi succédé pour que les femmes soient reconnues comme des êtres humains à part entière, et ce, en dépit des sarcasmes et de l'opposition farouche des plus conservateurs.Si aujourd'hui des améliorations sont à constater dans bien des domaines, de nombreux défis sociaux ne semblent cependant pas encore relevés.Dans ce dossier, nous rendons hommage aux combats menés par des femmes de convictions à travers des portraits croisés.À L'Itinéraire, nous avons demandé à plusieurs femmes camelots de se livrer à vous.Leurs confidences font écho à d'autres femmes qui ont un rayonnement national et international et qui ont aujourd'hui un rôle politique, social et culturel. Egalité entre les sexes Des raisons de se réjouir ?PAR ALEXANDRA GUELLIL En vingt ans, de nombreux combats ont été gagnés au Québec par les Femmes.Qu'il s'agisse du chapitre de l'éducation, de celui du travail ou encore de la vie Familiale, Force est de constater que les victoires sont nombreuses.Pourtant, dans l\u2019édition 2016 de l\u2019Éfaf du Québec, Marie-Hélène Proulx, journaliste et rédactrice de l\u2019article en lien avec légalité entre les sexes, constate que ces avancements ne sont pas complets.L\u2019un des exemples, sans doute des plus significatifs, est celui de l\u2019éducation : aujourd\u2019hui, 32 % des filles âgées de 25 à 64 ans ont un diplôme universitaire contre seulement 17 % en 1995.Cependant, à ce pourcentage doit s\u2019ajouter la catégorisation par sexe des hommes ou des femmes dans certains secteurs.Ainsi, selon l\u2019auteure, certaines filles se cantonnent encore dans des secteurs stéréotypés.« Par exemple, au premier cycle universitaire, les femmes se concentrent en éducation et en santé, très peu en sciences appliquées (.) ».Au sujet de l\u2019égalité entre les hommes et les femmes, Marie Lavigne, chercheuse et ancienne présidente du Conseil du statut de la femme, pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un « cheminement assez fascinant depuis un siècle.De grandes choses ont été accomplies notamment au chapitre de l'éducation.» Par contre, sur le marché du travail, il existerait une contradiction persistante.« Les femmes ont réussi à avoir un certain nombre de mesures qui aident la vie familiale, mais, d\u2019un autre côté, il existe un écart persistant, d\u2019environ 30 % dans les revenus.» Et ce, malgré l\u2019adoption en 1996, par l\u2019Assemblée nationale du Québec de la Loi sur l\u2019équité salariale mettant par la même occasion en place la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail.Une loi qui a d\u2019ailleurs été révisée au printemps 2009, afin de « favoriser et faciliter l\u2019atteinte et le maintien de l\u2019équité salariale dans toutes les entreprises.» Encore du chemin Entre la volonté politique et la réalité, il y a parfois une marge.Un rapport de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ), publié en mars 2015, rappelle à cet effet « qu\u2019à compétences égales, les femmes de niveau universitaire travaillant au sein d\u2019une entreprise privée de plus de 200 employés sont moins bien rémunérées que leurs collègues masculins.» Parmi l\u2019ensemble des professions analysées par l\u2019ISQ, un écart de 4,19 $ séparait, en 2013, le salaire horaire moyen des hommes (38,55 $) et des femmes (34,36 $), tous employés à temps plein.Quant à la parité en politique, elle reste questionnable.Les Québécoises ont fait des avancées nombreuses depuis vingt ans : qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019élection de Pauline Marois en tant que Première ministre du Québec en 2012, ou encore de la parité de l\u2019actuel gouvernement de Justin Trudeau, qui compte autant d\u2019hommes que de femmes.Au-delà des symboles, si importants soient-ils, dans les faits, plus de 75 ans après l\u2019obtention du droit de vote des femmes, l\u2019Assemblée nationale à Québec n\u2019est composée que de 27 % de femmes, tandis qu\u2019à Ottawa, presque 100 ans après l\u2019obtention de ce même droit, les femmes ne représentent que 26 % des élus à la Chambre des communes.« Le problème est en amont, explique Marie Lavigne.Il y a un blocage qui ne vient pas de l\u2019électorat et les études le démontrent.Le problème réside dans la culture des partis politiques actuels.» Auteure de 100 questions sur les femmes et la politique, publié en 2012, Manon Tremblay rappelle à ce sujet que « les femmes ont moins l\u2019appel de la politique parce quelles ne se reconnaissent pas dans cet univers conçu par et pour les hommes », précisant aussi qu\u2019il leur manquerait deux ingrédients essentiels : le temps et l\u2019argent.La solution à court terme, selon l\u2019auteure, serait de rembourser une plus grande part des dépenses électorales des partis en fonction de l\u2019effort de féminisation.« Un des gestes les plus structurants, soutient Marie Lavigne, serait de mettre en place des mécanismes qui sont de l\u2019ordre de la parité, comme des mesures incitatives ayant des objectifs à atteindre, comme des quotas ou des objectifs clairs à atteindre.Et là-dessus, il y a aussi une question de blocage culturel : la société est mûre, les faits sont là, mais manifestement, plusieurs n\u2019ont pas les yeux ouverts.» L\u2019exemple le plus révélateur, vécu au Québec, a été la création d\u2019une loi au sujet de la composition des conseils d\u2019administration des sociétés d\u2019Etat qui sont tenus de compter autant d\u2019hommes que de femmes.¦ À gauche et à droite : Photo d'archives empruntées au site Projet 75, un organisme sans but lucratif ayant pour but de promouvoir le 75e anniversaire du droit de vote des femmes au Québec Au centre : Kiosque à journaux de la rue Peel, 1966.Photo Archives Ville Montréal 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 13 Inégalités hommes-femmes Les rapports sociaux entre femmes et hommes se caractérisent, selon les pays, par des inégalités plus ou moins marquées, particulièrement en ce qui concerne la représentation politique et l\u2019accès aux postes de décision, mais aussi le niveau des salaires.Ainsi, en Chine et en Inde, il manquerait 60 millions de femmes, 5 millions au Pakistan, 3 millions au Bangladesh ou encore 1 million en Afghanistan.Ce phénomène touche également les pays du Caucase, mais aussi ceux de l\u2019ex-Répu-blique yougoslave de Macédoine.Il y a autant de femmes que d\u2019hommes sur la planète, et ce, sachant que les naissances masculines sont un peu plus élevées dans certains pays.Précisons tout de même que les garçons et les hommes ont une espérance de vie à la naissance inférieure à celle des femmes en moyenne de 6 à 8 ans.Au début des années 1990, Amartya Sen, alors prix Nobel d\u2019économie, estimait qu\u2019il « manquait plus de 100 millions de femmes et de filles dans le monde ».Une inégalité démographique qui est due aux politiques de certains pays visant à mettre en avant le sexe masculin plutôt que le sexe féminin.Sexe-ratio Les femmes sont toujours et encore associées à la sexualité.Au Québec, de nombreux médias ont révélé, en 2013, que l\u2019obtention du certificat de virginité pour les jeunes filles ou que les demandes de réfections de l\u2019hymen, étaient des pratiques réelles dans la province.Si la première est sanctionnée par le Collège des médecins, la seconde est une intervention remboursée par la RAMQ.Ces usages sont aussi en croissance en Grande-Bretagne et en France.Enfin, au Québec, des femmes qui se rendent à une clinique d\u2019avortement sont encore aujourd\u2019hui intimidées par des militantes pro-vies ou anti-choix.Il existe encore des codes de la famille qui instaurent des discriminations en ce qui concerne l\u2019autorité parentale, le mariage, le divorce, la sexualité ou encore l\u2019héritage.Un peu plus d\u2019une vingtaine de pays ont des législations qui ne permettent pas aux femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants.D\u2019autres pays n\u2019ont toujours pas signé la Convention internationale de 1980 pour l\u2019élimination de toutes les discriminations envers les femmes.Les droits des femmes en 8 dates Le gouvernement fédéral instaure une nouvelle mesure visant à aider [es families à subvenir à leurs besoins : les allocations familiales.Cette situation permet à la mère de gérer de l'argent et d'obtenir une certaine indépendance face à son conjoint.Création par le gouvernement canadien de la Commission Bird.Son mandat est d'enquêter sur la situation des femmes au pays et de leur assurer l'égalité des chances dans tous les aspects de la société.1945 O-O\u2014 1940 Q\u2014 I960 1967 o\u2014 24 ans après les femmes de l'ouest du pays, les Québécoises obtiennent le droit de vote, en pleine Seconde Guerre mondiale.Les Québécoises font des gains substantiels dans leur lutte pour leurs droits et libertés.Elles font peu à peu leur entrée en politique et plus massivement à ['université et dans différents milieux de travail traditionnellement réservés aux hommes.C'est aussi l'année du début de la commercialisation de la pilule contraceptive.14 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Selon la Déclaration des Nations unies sur l\u2019élimination de la violence à l\u2019égard des femmes, celle faite aux femmes désigne « tous actes de violence dirigée contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée ».Violences physiques et morales Ainsi, plus de 125 femmes et fillettes sont concernées par les mutilations et violences sexuelles.Dans le monde, une femme sur trois a été violée, battue, ou victime d\u2019une forme ou d\u2019une autre de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie.Dans certains pays, la violence domestique est la cause principale de la mort ou de l\u2019atteinte à la santé des femmes entre 16 et 44 ans.Certains pays atteignent la parité.C\u2019est le cas au Cap Vert, en Finlande et en Norvège où les femmes représentent 50 % ou plus du gouvernement.Au moment de mettre sous presse, on apprenait que les Emirats arabes unis avaient nommé huit nouveaux ministres, dont cinq femmes.Parmi elles, une ministre du Bonheur, une de la Tolérance et une troisième de la Jeunesse.Au 1er janvier 2015, sur 152 chefs d\u2019État répertoriés dans le monde, 10 étaient des femmes (Argentine, Brésil, Costa Rica, Finlande, Inde, Kirghizistan, Kosovo, Libéria, Lituanie et Suisse) et 10 étaient cheffes de gouvernement (Allemagne, Australie, Bangladesh, Croatie, Danemark, Islande, Slovaquie, Croatie, Thaïlande, Trinidad et Tobago).Les femmes détiennent moins de 20 % des portefeuilles ministériels en lien avec les affaires sociales, l\u2019enfance et la famille, la condition féminine ou encore l\u2019environnement.En 2003, en France, 70 000 jeunes filles étaient potentiellement concernées par les mariages forcés.Un chiffre qui est souvent considéré comme exagéré et ciblerait les femmes étrangères.Chaque année, quatre millions de femmes sont vendues et achetées pour le mariage forcé, l\u2019esclavage et la prostitution.Environ 40 millions de personnes sont prostituées dans le monde, en grande majorité des femmes et des enfants.Un peu plus de 400 millions de femmes sont mariées avant l\u2019âge de 18 ans.Les pays les plus touchés sont situés essentiellement en Asie et en Afrique.La scolarisation et l\u2019éducation des filles sont le principal facteur qui fait reculer les mariages précoces.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé, environ 14 millions d\u2019adolescentes deviennent mères chaque année, dont plus de 90 % dans des pays dits « en développement ».Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes.C'est pendant la Marche Du pain et des roses que l'idée a germé dans l'imaginaire de militantes guébécoises et de déléguées de plusieurs pays du Sud venues soutenir les Québécoises.Des vigiles ont lieu partout au pays pour honorer la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées et dénoncer l'inertie du gouvernement dans le dossier.En décembre 2015, ces voix auront été enfin entendues par Justin Trudeau, gui avait promis de tenir une commission d'enguête en campagne électorale.O- 1975 2000 \u20146 2014-2015 o\u20146\u2014\u2014 2011 Adoption de la Charte des droits et libertés du Québec qui interdit officiellement, pour la première fois, toute forme de discrimination fondée sur le sexe et qui pose comme principe que tout humain a droit à l'intégrité et à la liberté de sa personne.En 1981, le Code civil du Québec est modifié : les femmes peuvent désormais garder leur nom et le transmettre à leurs enfants.Entrée en vigueur de la Loi sur l'équité entre les sexes relativement à l'inscription au registre des Indiens qui permet notamment aux femmes autochtones d'obtenir leur statut d'Indienne et qui élimine les éléments discriminatoires de la loi de 1985.1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 15 PHOTO : PASCALE METHOT J'aurais aimé être un garçon dans ce temps-là, j'aurais été capable de me défendre.CAMELOT MÉTRO LONG U EU IL « C\u2019était toujours les hommes qui décidaient » J\u2019ai eu des relations « amicales » avec des hommes qui buvaient.A un moment donné, je les ai sacrés là.Je n\u2019aimais pas ça.J\u2019ai eu des mauvaises expériences, je sentais que les hommes étaient là seulement pour le sexe.Bang-bang, c\u2019est fini.J\u2019aurais aimé que ce soit mieux que ça, de l\u2019amour qui dure.L\u2019homme qui ne pense pas juste au sexe.Ce n\u2019était pas l\u2019amour fou, ça c\u2019est sûr ! Je n\u2019ai pas été chanceuse avec les hommes dans la vie.Ils abusaient toujours de moi.C\u2019était toujours eux qui décidaient.J\u2019aurais aimé que ça se passe autrement, que je puisse décider un peu.Nicole Giard La famille avant tout Nicole Giard a 61 ans.Toute sa vie, surtout dans sa jeunesse, elle a été victime de moqueries, d'intimidation.Toujours, sa Famille a été là pour l'aider, pour lui apporter tout l'amour qu'elle méritait.Aujourd'hui, c'est une Femme épanouie qui vend Fièrement L\u2019Itinéraire depuis 2010.« Les gars se moquaient de moi » J\u2019ai manqué d\u2019oxygène à ma naissance et j\u2019ai développé des problèmes de diction et de coordination.Quand j\u2019étais jeune, je n\u2019avais pas beaucoup d\u2019amis.Je n\u2019étais pas à l\u2019aise de parler parce que j\u2019avais de la difficulté à m\u2019exprimer.J\u2019avais les yeux croches.Les gars se moquaient de moi.A partir de là, je n\u2019ai pas vraiment aimé les hommes.Quand j\u2019avais 13 ou 14 ans, l\u2019une des filles de ma classe m\u2019a jetée dans le fleuve en bas du pont.Même ma professeure m\u2019écœurait : elle disait à mon père que je couchais avec des garçons durant l\u2019heure du dîner.Ce n\u2019était pas vrai du tout, et ça me faisait beaucoup de peine.Je ne m\u2019aimais pas à l\u2019époque.Je ne me sentais pas du tout bien dans ma peau.Pas nécessairement parce que j\u2019étais une fille, mais parce que j\u2019étais une fille qui avait de la difficulté à s\u2019exprimer.Les gens se moquaient de moi à cause de ça.Une chance que mes sœurs étaient là.J\u2019étais souvent avec elles.Elles me consolaient, m\u2019acceptaient et m\u2019aimaient comme j\u2019étais.J\u2019aurais aimé être un garçon dans ce temps-là, j\u2019aurais été capable de me défendre.Mais je déteste blesser les autres.Pourquoi est-ce que je ne peux pas blesser les autres alors que les autres m\u2019ont tant blessée ?« Difficile de vivre sans ses proches » C\u2019est triste pour les gens qui doivent quitter leur communauté.C\u2019est difficile vivre sans ses proches.Ma mère est décédée en 1996, mon père, en 2011.Ça n\u2019a vraiment pas été facile après le décès de mon père.J\u2019ai pensé ne plus être capable de vivre.J\u2019avais habité chez mes parents jusqu\u2019à leur mort.Je restais encore dans la maison familiale, je n\u2019avais jamais voulu déménager.Je voyais tous les souvenirs de famille : les photos, les cadres.Je me sentais en sécurité à l\u2019intérieur de tout ça.Je ne savais plus comment faire, j\u2019étais tellement habituée à vivre avec ma famille.Je me rappelle l\u2019enterrement de mon père.Je suis revenue seule à la maison et je ressentais beaucoup la solitude.Le soir, je regardais la télévision, mais je me sentais toute seule.A un moment donné, ça devenait difficile.Je n\u2019ai jamais été capable de rester deux jours dans la maison.Sinon, je vire folle ! Mes sœurs m\u2019ont beaucoup aidée.Elles m\u2019ont fait comprendre que ça prenait environ un an environ pour que le deuil se termine, et que j\u2019avais besoin d\u2019une présence, de quelqu\u2019un avec moi.J\u2019ai donc un coloc depuis le décès de mon père et ça m\u2019a beaucoup aidé.On se parle, on écoute la télévision ensemble.Et puis vendre L\u2019Itinéraire me permet de rencontrer des gens.C\u2019est une très bonne solution à la solitude ! ¦ 16 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Alanis Obomsawin La force de l'écoute PAR ALEXANDRA GUELLIL Alanis Obomsawin est reconnue internationalement pour son travail sur l'histoire des peuples autochtones.Kanehsatake : 270 ans de résistance est de loin son documentaire le plus connu, portant sur la crise d'Oka de 1990.Avec 50 films à son actif et 46 ans de travaux pour l'Office national du film (ONF), la réalisatrice et productrice se confie.On vous connaît grâce à vos films qui révèlent à la fois la vie dans les réserves et l\u2019histoire des peuples autochtones.Pourquoi ce choix de carrière ?Vous savez, j\u2019ai 83 ans.Et, j\u2019ai été témoin de nombreuses injustices à travers les années.Ce qui m\u2019a le plus dérangée dans mon enfance, c\u2019était la façon dont on enseignait l\u2019histoire du Canada dans les écoles.Dans cet enseignement, il y avait beaucoup de haine envers nos peuples.Comme je connaissais bien mon histoire, que je chantais, j\u2019ai d\u2019abord pris le temps de la raconter dans les écoles et ensuite dans les prisons.Petit à petit, en 1965, j\u2019ai fait une campagne pour bâtir une piscine dans mon village et un reportage a été diffusé sur CBC à ce sujet.C\u2019est comme cela que l\u2019Office m\u2019a invitée à venir pour un contrat de consultante avant que je finisse par réaliser et produire des films.Vous semblez très attachée à l\u2019importance d\u2019èduquer.C\u2019est ce qui me semble primordial.Eduquer, faire connaître les droits, les cultures, les traditions et les langues, c\u2019est ma motivation ! Voilà pourquoi tous ces documentaires enseignent la voix des différents peuples.A chaque fois que je commence un nouveau projet, je trouve cela très passionnant.C\u2019est toujours une nouvelle histoire, il s\u2019agit de comprendre et d\u2019entendre la façon dont une femme, un homme ou des enfants vivent une situation politique ou sociale à travers le pays.En ce sens, j\u2019ai toujours senti que j\u2019avais beaucoup de responsabilités, et surtout pour les enfants.C\u2019est mon devoir de faire tout ce que je peux pour influencer les changements sociaux ou politiques.Quelle est l\u2019importance de la communauté et de la famille dans votre parcours ?Je suis née aux Etats-Unis en territoire abénaquis et j\u2019ai été élevée dans la réserve d\u2019Odanak.Enfant, chaque adulte se sentait responsable de nous.L\u2019atmosphère était très différente, cela n\u2019a rien à voir avec ce que l\u2019on voit aujourd\u2019hui.Nous faisions réellement partie d\u2019une communauté, nous étions protégés.Quant au patrimoine familial, je crois qu\u2019il est très important, c\u2019est grâce à lui que l\u2019on grandit en santé ou pas.La famille a toujours été quelque chose de sacré.C\u2019est pourquoi l\u2019une des premières choses que j\u2019ai transmises à ma fille, c\u2019est l\u2019importance de sa présence à mes côtés.En partant de la réserve, qu\u2019est-ce qui vous a marquée ?C\u2019est en partant de la réserve que j\u2019ai compris pour la première fois que j\u2019étais considérée par les autres comme étant « pauvre ».A l\u2019époque, je ne connaissais pas ce sentiment.J\u2019ai compris que la pauvreté dépendait de l\u2019endroit où l\u2019on a vécu et de ce qu\u2019il y avait autour de nous.Vous savez, à l\u2019époque, nous étions considérés comme les sauvages de la place.La seule pensée que l\u2019on avait était de parvenir à se défendre toute la journée.Qu\u2019il s\u2019agisse des suicides des jeunes ou de la disparition des femmes, les communautés sont éprouvées depuis des années.Etes-vous optimiste quant à l\u2019avenir ?Certaines choses s\u2019aggravent et d\u2019un autre côté, il y a un mouvement extraordinaire de la jeunesse.Ils se reconnaissent dans leurs cultures et réalisent ce qu\u2019ils sont et d\u2019où ils viennent.Ils se tournent vers les discours qui reviennent à nos racines.C\u2019est très sain.Dans les années soixante, quand un Indien sortait d\u2019une réserve pour aller à l\u2019Université, on ne cessait d\u2019en parler.Cela n\u2019a été permis qu\u2019à partir de 1952, date de modification du Indian Act.Avec la reconnaissance que nous étions des citoyens dans notre propre pays, tout a changé, surtout au niveau éducationnel.Aujourd\u2019hui, nous avons des juges, des docteurs, des infirmières, des postes de télévision et de radio, etc.Il y a beaucoup de progrès.Au moment où je vous parle, plus de 400 000 Indiens et Inuits sont à l\u2019université et font de grandes études.Et ça, c\u2019est merveilleusement encourageant ! Quelle différence faites-vous entre votre façon de percevoir le monde à vingt ans et maintenant ?J\u2019ai tellement appris et plus on apprend, plus on se rend compte qu\u2019on ne sait rien, c\u2019est incroyable ! C\u2019est très passionnant aussi, je ne me fatigue jamais d\u2019écouter les personnes que je rencontre et surtout les personnes âgées.Beaucoup de discours tournent autour de la protection des enfants.Il y a quelques années, il n\u2019y avait aucun respect envers nos langues et nos cultures.Seules quelques personnes étaient les gardiens de cette tradition.Ce n\u2019est qu\u2019en 1960 que nous avons eu la citoyenneté canadienne dans notre pays et le droit de vote dans certaines provinces.En 1969, le Québec a été la dernière province à donner le droit de vote aux autochtones sur des réserves.Aujourd\u2019hui, on en parle de ces inégalités et les langues commencent à se délier.Etre capable de raconter ces histoires, de mieux les comprendre et de se reconnaître comme on est, que l\u2019on soit femme ou homme.Au point où j'en suis aujourd\u2019hui, je dois vous dire que je suis heureuse.Je me sens bien dans ma peau, j\u2019adore ce que je fais et je travaille très fort, presque sept jours par semaine.Ce qui m\u2019encourage à continuer, c\u2019est de voir ce que les autres font pour changer les choses.¦ De gauche à droite : Alanis Obomsawin, 2015 photo : Alexandra guellil / Tournage du film Le cri d'un enfant métis, de Richard Cardinal, 1984 photo: ONF/Tournage de Moose Factory, 1968 photo: onf 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 17 I V * J'étais la seule fille de ma classe pour une vingtaine de gars.CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR « Des propositions répétées.» J\u2019ai encore été handicapée par mon statut de femme quand j\u2019ai commencé des études d\u2019électromécanique.Là ce n\u2019est pas compliqué, j\u2019étais la seule fille de ma classe pour une vingtaine de gars.Au début, je me suis bien intégrée au groupe mais rapidement certains de mes collègues de classe voulaient être plus que des amis.Ça commençait même à devenir du harcèlement sexuel : des propositions répétées et des insultes devant mes refus.J\u2019étais traitée de lesbienne (une insulte dans leur bouche), d\u2019agace-pissette et j\u2019en passe.J\u2019étais désespérée et je me suis dit que j\u2019aurais bien du mal à m\u2019intégrer dans un milieu masculin.Tout ça m\u2019a blessée et je finissais par ne plus avoir le goût de partir en cours retrouver ceux qui me harcelaient.Aujourd\u2019hui je suis des cours à l\u2019école des adultes.Là-bas ma classe est mixte, moitié filles, moitié garçons.On a exactement la même éducation.Chacun fait ses affaires et même si un garçon vient saluer une fille, ce n\u2019est pas forcément dans le but de la cruiser.Jo-An Blanchet-Girard Une Fille au milieu des garçons À l'école déjà, Jo-An voulait tout Faire comme les garçons, mais n'a jamais réussi à s'intégrer parmi eux.Puis quand elle a suivi des cours d'électromécanique, seule Fille dans une classe de garçons, elle a encore été rejetée.Aujourd'hui camelot de L'Itinéraire, la jeune Femme de 24 ans constate que la société a encore des progrès à Faire dans l'égalité hommes-Femmes.« Plus jeune, j\u2019aurais préféré être un garçon » Je dois admettre que plus jeune, j\u2019aurais préféré être un garçon.Je voulais m\u2019intégrer dans des activités réservées aux gars, mais je suis une fille, et les garçons préféraient rester entre eux.Moi j\u2019aimais lancer des choses, faire des épreuves de force, des trucs de gars.Le problème c\u2019est que quand je faisais ce genre de choses, les garçons avaient tendance à penser que c\u2019était parce que j\u2019étais intéressée par eux alors que pas du tout.Moi ce que je voulais, c\u2019était simplement jouer avec eux.Par exemple, quand j\u2019avais 16 ans, j\u2019étais une des seules filles à faire du judo à l\u2019école.Mais pour faire du judo, il faut être deux, et le problème, c\u2019est qu\u2019aucun garçon ne voulait m\u2019affronter.J\u2019ai plusieurs hypothèses sur la question : la première c\u2019est qu\u2019ils avaient peur de perdre face à une fille.Imaginez le drame et surtout l\u2019humiliation ! La seconde, c\u2019est que les garçons pensent que les filles sont trop faibles pour se battre contre eux.A l\u2019époque je me suis sentie rejetée et j\u2019ai arrêté le judo.« Il reste du travail à faire » J\u2019ai quand même plus de chance que ma mère et ma grand-mère.Les femmes étaient vouées à un certain type de jobs : infirmière, secrétaire, réceptionniste.Elles avaient des mauvais salaires et si elles voulaient faire des métiers d\u2019homme, c\u2019était très mal vu.Ou alors c\u2019était des femmes au foyer, qui étaient soumises à leur mari.Il y avait quelques femmes qui se rebellaient mais ça a mis du temps à changer.Je trouve que la situation des femmes au Québec en général s\u2019est améliorée ces dernières années, sur la question des droits et donc de l\u2019éducation.Mais il reste du travail à faire.Les mentalités évoluent doucement et souvent, une femme qui exerce un métier perçu comme « masculin » aura de la misère à s\u2019insérer dans le milieu.J\u2019ai par exemple rencontré une femme mécanicienne qui n\u2019avait pas réussi à trouver de poste simplement parce que c\u2019était une femme.Une autre amie bouchère a vécu exactement la même chose.Et quand une femme parvient à trouver un emploi, elle est souvent moins bien payée qu\u2019un homme pour le même poste.¦ 18 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 ILBAILLEUL-OIF Michaëlle Jean |Le courage au quotidien PAR ALEXANDRA GUELLIL Michaëlle Jean est la première Femme nommée au poste de Secrétaire générale de la Francophonie.Anciennementanima-trice de télévision et journaliste, mais aussi Gouverneure générale du Canada, elle revient sur son parcours, ses croyances et ses combats.Vous êtes à la fois originaire du Nord et du Sud.Comment parvenez-vous à vous placer au quotidien dans vos fonctions ?L\u2019idée n\u2019est pas de tirer une ligne entre ma part du Sud et celle du Nord.J\u2019ai un parcours qui ressemble à beaucoup d\u2019autres individus qui ont dû quitter un pays et se reconstruire ailleurs.Chaque jour, je mesure ce qu\u2019il me reste de ces deux parts qui définissent entièrement ce que je suis.Ma vie a été complètement orientée par cette expérience.Aujourd\u2019hui, dans la responsabilité qui est la mienne comme Secrétaire générale de la Francophonie, j\u2019ai à composer et à utiliser cette double sensibilité.Cela me permet de connaître et de bien entendre les forces et les défis du Sud et de regarder aussi le Nord sous ce même prisme.Peut-on dire que vous êtes une femme poto mitan*, comme on dit en Haïti ?Je pense que les femmes sont des poto mitons, au sens où ce sont des assises solides dans les sociétés.Rien n\u2019est possible sans elles, sans la pleine reconnaissance de ce qu\u2019elles ont à offrir.Dès lors que l\u2019on ne les implique pas, on se retrouve en situation déficit de perspectives, d\u2019idées et de possibilités.Et je dirais la même chose pour les jeunes.On ne peut rien accomplir, qui soit durable, pérenne et solide sans eux.L\u2019important, c\u2019est de toujours pouvoir investir dans ces forces vives.Quand on dit fanm se poto mitan en Haïti, c\u2019est pour dire que les femmes sont la poutre maîtresse de l\u2019édifice.C\u2019est une image très puissante quand on pense à un projet de société.Et pourtant, quand on regarde les statistiques liées à la pauvreté ou à l\u2019itinérance, les femmes et les jeunes sont souvent très nombreux.Y croyez-vous encore ?Cette réalité est un drame.Si je cessais d\u2019y croire, je tomberais dans un sentiment de totale impuissance, ce qui n\u2019est pas souhaitable ! Etre pleinement citoyen, c\u2019est agir.C\u2019est toujours se dire que face à un défi, il faut se ressaisir, qu\u2019il faut regarder frontalement ce qui revêt de tout ce qui est à notre disposition pour agir sur ces défis et bâtir des solutions adaptées à ces problématiques qui nous accablent.Si vous me parlez de ma part du Sud, de ce dont j\u2019ai hérité, c\u2019est que dans un pays comme Haïti, de toutes les misères, la première chose que l\u2019on apprend, c\u2019est que l\u2019on ne peut jamais baisser les bras.On peut avoir toutes les raisons du monde d\u2019être pessimiste à la tombée du jour, mais dès l\u2019aurore, il faut retrouver toute sa force.Et c\u2019est aussi cela naître femme ! Il faut nourrir nos volontés d\u2019agir et notre détermination pour une cause qui concerne l\u2019intérêt général.Votre avez été la première femme noire employée dans une salle de nouvelles, la troisième femme Gouverneure générale du Canada et actuellement vous êtes la première femme à l\u2019Organisation internationale de la Francophonie.Qu\u2019est-ce que tout cela représente pour vous ?Il s\u2019agit d\u2019une occasion d\u2019ouvrir la voie pour d\u2019autres.C\u2019est-à-dire que quand on occupe une position qui nous permet de réaliser des choses, nous avons du pouvoir, c\u2019est-à-dire la capacité de faire bouger les lignes.Je ne peux pas concevoir agir pour un simple et unique succès individuel.Pour moi, devenir journaliste à la télévision, c\u2019était un acte de militantisme.Il fallait que je fasse quelque chose de ma simple présence là-bas et le journalisme était une profession qui me le permettait, en rendant compte aux citoyens de faits et de réalités.Même chose quand j\u2019ai accepté la fonction de Gouverneure générale du Canada, puisque je portais certaines valeurs et actions du pays.Et aujourd\u2019hui, comme Secrétaire générale de la francophonie, c\u2019est un peu pareil.C\u2019est toujours l\u2019intérêt général qui compte.Où trouvez-vous votre force quotidienne pour relever vos défis ?Je trouve de la force autant de lectures que dans des paroles de femmes rencontrées, à l\u2019écoute d\u2019un enfant comme aux nombreux projets inspirants qui naissent.C\u2019est par exemple, comme on a pu le voir au Burkina Faso, tous ces jeunes qui n\u2019ont pas voulu que l\u2019on confisque leurs institutions et qui sont descendus dans les rues avec beaucoup de courage.Un courage que l\u2019on retrouve chez beaucoup de citoyens qui défendent leurs valeurs activement.C\u2019est une énergie extraordinaire qui est un moteur puissant pour faire avancer l\u2019humanité.L\u2019idée n\u2019est pas de lancer un nom d\u2019auteur célèbre, mais plus de parler de ce courage au quotidien.C\u2019est tout cela qui me renverse ! Et dans une position comme la mienne, ce qu\u2019il faut, c\u2019est à tout prix donner du relief à toutes ces formes de courage.L\u2019inspiration c\u2019est cela.¦ Du 3 au 23 mars 2016 se tiendra partout au pays la 18e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF).Cette année, la thématique est en lien avec la francophonie en 3D : Diversité, Dualité, Dynamisme.A cette occasion, événements, rencontres et activités diverses seront proposés pour célébrer les différences et les ressemblances.Informations : WWW.rvf.C3 * Expression créole désignant la femme comme le pilier central d'une structure, d'un foyer.Elle permet ainsi d'atteindre l'équilibre.1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 19 CLEMENT Réal, ce n'est pas juste un mari.C'est mon ami, c'est mon collègue de travail, c'est un compagnon.C'est tout.CAMELOT METROS IBERVILLE ET JARRY les filles devaient trouver de la place ailleurs.Dans ce temps-là, c\u2019était moins important d\u2019envoyer les filles à l\u2019école.On préférait les garder pour aider les parents.Ça marchait comme ça.Ma mère m\u2019a envoyée à l\u2019école loin de chez nous, dans le Bas-du-Fleuve.J\u2019ai dû habiter chez mon oncle et ma tante pendant Témoignage Gisèle Nadeau Le féminisme dans l'âme, son mari dans le cœur Gisèle Nadeau a 66 ans.Comme son mari Réal, elle a vécu toute sa vie dans la pauvreté.Ils vendent L'Itinéraire depuis 2011, se soutiennent dans leur travail, partagent tout.Les bonheurs de la vie comme les difficultés.tout mon secondaire.J\u2019aimais mieux vivre chez eux, je n\u2019étais pas faite pour la campagne et j\u2019avais toujours rêvé de m\u2019établir dans une grosse ville.Je suis arrivée à Montréal avec Réal en 1980, à 30 ans.C\u2019était plus facile de trouver du travail en ville.Je travaillais comme femme de ménage dans un magasin de meubles usagés.Mon patron avait remarqué que je travaillais bien, que j\u2019avais de l\u2019entraînement physique.J\u2019étais habituée à travailler sur la terre depuis que j\u2019étais enfant, donc ce n\u2019était pas un problème pour moi de faire des travaux durs.S\u2019il manquait un homme, j\u2019étais demandée pour déplacer les meubles et les charger dans le camion.Savez-vous, je préférais faire ça que le ménage.« En campagne, les femmes s\u2019occupaient de tout » J\u2019ai grandi en Gaspésie, dans le comté de Matapédia.Nous vivions en campagne, dans des terres à bois très éloignées de la ville.Je viens d\u2019une famille de neuf enfants, qui vivait dans une extrême misère.Mon père était draveur, ou bûcheron quand il n\u2019y avait pas de drave à faire.On ne le voyait que deux fois par année.A l\u2019époque en campagne, les femmes des cultivateurs s\u2019occupaient de tout.L\u2019homme était officiellement responsable, mais c\u2019était souvent sa femme qui devait tout faire.Heureusement ma mère était très débrouillarde.Elle trouvait toujours le moyen d\u2019obtenir des dons de vêtements.Elle nous faisait des plats avec rien du tout.Elle nous préparait des desserts avec du pain qu\u2019elle boulangeait, de la graisse, de la cassonade et de la mîasse, elle faisait chauffer ça sur le poêle et on aimait ça.« Les garçons étaient toujours avantagés par rapport aux filles » Ma mère n\u2019aimait pas que je joue avec mon frère aîné, elle disait que les garçons devaient jouer avec les garçons et les filles avec les filles.Je m\u2019apercevais que mes parents aimaient mieux mes frères.Ils auraient préféré avoir d\u2019autres garçons pour travailler sur la ferme.Les garçons étaient toujours avantagés par rapport aux filles.Les places à l\u2019école étaient limitées.C\u2019était une école mixte mais on commençait par placer les garçons et si les classent étaient pleines, « Traverser les difficultés à deux » A un moment donné, je ne travaillais plus que trois jours semaine et ce n\u2019était pas assez pour nos dépenses et payer nos dettes.Je ne voulais pas attendre que le téléphone sonne pour des contrats.Réal avait perdu son travail et était sur l\u2019assurance-chômage.Il ne voulait pas que j\u2019aille quêter, mais à moment donné, on n\u2019a pas eu le choix, on ne pouvait pas continuer à vivre comme ça.Je n\u2019aimais pas quêter.La première fois, j\u2019ai pleuré à chaudes larmes.Mais je ne voulais pas vivre aux dépens de mon mari ou aux dépens de la société, j\u2019ai travaillé toute ma vie et je voulais rencontrer mes responsabilités.Etre homme ou femme, ça n\u2019a pas d\u2019importance, je ne veux pas vivre au crochet de quelqu\u2019un.Pour moi, c\u2019est ça être féministe.Etre juste, avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs.Un jour, une jeune femme qui travaillait à L\u2019Itinéraire m\u2019a parlé du magazine.J\u2019ai pu commencer à travailler comme camelot tout de suite, puis Réal m\u2019a rejointe.Le soir, on se parle de notre journée de travail, on s\u2019encourage mutuellement.Nous sommes compagnon et compagne de vie, nous fonctionnons à rapport égal.Je ne me suis jamais sentie inférieure et mon mari ne s\u2019est jamais senti supérieur.On prend la meilleure idée des deux, qu\u2019elle vienne de moi ou de lui.Quand on vit dans la pauvreté, c\u2019est réconfortant de traverser les difficultés à deux.On peut se soutenir, communiquer et trouver des solutions ensemble.¦ 20 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Ensaf Haïdar Y croire pour cinq PAR ALEXANDRA CUELLIL | INTERPRÉTÉ DE L'ARABE AU FRANÇAIS PAR MIREILLE ELCHACAR Ensaf Haïdar est réfugiée au Québec avec ses trois enfants.Son mari, Raïf Badawi est un écrivain et blogueur saoudien accusé d'apostasie et d'insulte à l'islam.Il est emprisonné depuis juin 2012 en Arabie Saoudite, condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison.Quand elle parle de son combat pour sa libération, c\u2019est avant tout avec amour et inquiétude.Quelles sont les nouvelles que vous avez de Raif Badawi ?Je n\u2019ai que très peu de nouvelles.Avant les Fêtes, il a été changé de prison.Il avait l\u2019impression d\u2019être dans l\u2019attente de la révision de son dossier.On lui disait que son dossier était devant la Cour suprême et que l\u2019on attendait une révision.Il ne s\u2019attendait pas à être changé de prison parce qu\u2019il a encore espoir que son cas soit révisé.Depuis ce temps-là, je n\u2019ai pas d\u2019autres nouvelles.Que retenez-vous de la dernière discussion que vous avez pu avoir avec lui ?Dans cette nouvelle prison, le téléphone public est accessible pour les prisonniers, mais les contacts se font très rares.La dernière fois que je l\u2019ai eu au téléphone, c\u2019était il y a deux jours.Il était vraiment désespéré parce qu\u2019il ne voit pas l\u2019issue de l\u2019ensemble des campagnes.Je comprends qu\u2019il n\u2019a plus d\u2019espoir parce qu\u2019il est dans des conditions difficiles.Raïf est seul et loin, je comprends qu\u2019il ne veuille plus voir ce genre d\u2019initiatives, il veut des résultats.Quelle est la principale différence que vous faites entre le Québec et l\u2019Arabie Saoudite au sujet de la mobilisation pour Raïf ?J\u2019ai senti qu\u2019avec la mobilisation autour de mon mari, dans les pays arabes, probablement en raison du peu de liberté, les gens ne se sont pas rassemblés et n\u2019ont pas osé élever la voix.Ici, des gens qui ne me connaissaient pas sont venus me témoigner du soutien avec la volonté de se rassembler pour la cause.Certaines voix s\u2019élèvent, mais elles restent malheureusement isolées.On dit que derrière tout grand homme se cache une grande femme.Votre courage a d\u2019ailleurs été salué en 2015 en vous nommant parmi les personnalités qui œuvrent pour le respect de la Charte des droits et libertés.Que pensez-vous ?Ce proverbe peut aussi être inversé.Derrière chaque femme, il y a un homme important.Quand un mari et une femme sont ensemble, ils se complètent et se donnent de la force l\u2019un et l\u2019autre.S\u2019il manque une des deux parties, c\u2019est comme un handicap.C\u2019est un tout qui est plus fort ensemble.Même si c\u2019est vrai que je suis venue ici avec trois enfants, tout le mérite revient à Raïf qui m\u2019a fait prendre conscience de mes droits et de tout ce que j\u2019étais capable de faire seule.Chaque jour, je me dis qu\u2019il est certain qu\u2019il sortira de prison, parce que je suis persuadée qu\u2019il n\u2019a rien fait pour mériter ce qui lui arrive.Quand Raïf sortira de prison, ce sera lui qui continuera ce combat pour la liberté, et moi, je prendrai des vacances ! (rires) ¦ Qu\u2019est-ce qui vous donne la force au quotidien ?C\u2019est l\u2019ampleur de la campagne pour lui.Le monde entier est derrière Raïf, on parle beaucoup de son cas.Des vigiles sont toujours organisées, cela montre que l\u2019on ne l\u2019oublie pas et que l\u2019on continue d\u2019agir pour lui.Que ce soit à Sherbrooke, à Vienne ou dans d\u2019autres pays, c\u2019est cette mobilisation qui m\u2019encourage au quotidien.Ces gestes sont importants et comptent énormément, il ne faut pas cesser et continuer à en parler.Vous sentez-vous soutenue ici dans votre combat ?Je fais vraiment la distinction entre les décisions politiques et les manifestations d\u2019amitié du peuple.Au niveau politique, j\u2019espère sincèrement que Justin Trudeau fera tout ce qui est possible.Quant au peuple, je le remercie du fond du cœur pour son soutien et toutes les actions menées.Je me sens aujourd\u2019hui Canadienne grâce à ces gestes d\u2019affection.Vous souvenez-vous de votre ressenti à votre arrivée au Québec ?C\u2019est certain qu\u2019au début, j\u2019avais des craintes de vivre dans un pays qui ne ressemble pas du tout au mien.Je ne parlais pas français.Finalement, quand je suis arrivée, je me suis rendu compte que tout le monde était chaleureux.J\u2019ai donc appris le français.*1 (A À surveiller, un livre co-écrit avec Ensaf Haïdar et traduit de l'allemand, qui paraîtra au Québec dans le courant du mois de mars.Le titre : Raïf Badawi, l'amour de ma vie.1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 21 PHOTO : ALEXANDRA GUELLIL Quand on en arrive à avoir peur de son propre compagnon, on ne sait plus où s'accrocher, on ne sait plus à qui faire confiance.CAMELOT GARE CENTRALE Avant, je disais ce que les hommes voulaient entendre.Mais j\u2019ai subi trop de mal, et petit à petit je perdais mon identité de femme.Pour revivre et me sentir bien, je me suis accrochée à mes convictions.J\u2019ai décidé de me faire confiance à moi-même avant de faire confiance aux autres.« Encore beaucoup trop d\u2019idées préconçues » On a presque tous déjà vécu une situation où on s\u2019est senti au cœur d\u2019une injustice flagrante.Vous l\u2019avez sûrement déjà entendue de la bouche des hommes, cette phrase : « Ah, vous autres les femmes, vous avez des avantages qu\u2019on n\u2019a pas ! En tout cas, moi si j\u2019étais une femme, je serais une vraie .».Encore beaucoup trop d\u2019idées préconçues comme celles-ci restent gravées dans l\u2019esprit des hommes.Et ceux-ci profitent encore trop souvent de la vulnérabilité de certaines femmes, là où elles devraient être entourées de gens sincères.Plusieurs fois dans ma vie, j\u2019ai dû faire face à du harcèlement sexuel au travail, où il a fallu que je quitte mon emploi parce que même mon patron, bien que conscient de la situation, prenait parti pour mes agresseurs.Heureusement, tous ne sont pas comme ça.Merci à ceux qui se démarquent de la masse et qui nous aident à nous accomplir en tant que femmes.« Profiter de cette journée » Je voudrais profiter de cette Journée internationale de la femme pour prendre le temps de se rappeler de celles qui ont changé notre vie.Celles qui occupent une grande importance dans notre cœur.Celles qui nous protègent ou prennent soin de nous.Celles qui ont su nous partager des bouts de leur vie et qui nous ont aidées à voir les choses différemment.Merci à celles qui ont su se servir de leur personnalité publique pour passer des messages qui ont su petit à petit faire la différence au Québec : Jeannette Bertrand, Lise Payette, Céline Dion, Diane Dufresne pour ne nommer que celles-ci, mais combien d\u2019autres nous sont précieuses.« Même s\u2019exprimer était défendu pour une femme » Depuis 1940 et l\u2019instauration du droit de vote pour les femmes, je me rends compte que notre société a vécu des changements importants.Pour moi qui ai vu tant d\u2019injustices, c\u2019est quelque chose de penser que j\u2019aurais pu vivre à cette époque, où même s\u2019exprimer était défendu pour une femme.Certes il y a eu des progrès, plus de 130 femmes ont été élues députées au Parlement de Québec depuis 1961.C\u2019est un début mais ce n\u2019est pas assez, et les inégalités sont encore omniprésentes.Récemment, je me suis tapée le genou quand j\u2019ai entendu à une émission que les femmes au sein d\u2019un parti politique sont toujours moins bien payées que les hommes, même ici au Canada, dans mon Québec, en 2016.¦ Devenue mère de Famille à 15 ans, Tania se présentait alors comme une Femme Forte et sûre d'elle.Mais de mauvaises Fréquentations l'ont Fragilisée et l'ont contrainte à se reconstruire peu à peu.À 34 ans, la camelot Fait preuve d'une grande détermination dans la vie et s'élève Face aux injustices, notamment celles touchant les Femmes.« On ne rattrape pas le temps perdu » 1981, année où je suis née.Celle qui deviendra une femme a pour l\u2019instant aucune espèce d\u2019idée de ce que peuvent être les inégalités entre hommes et femmes et s\u2019en soucie peu, d\u2019ailleurs.Au fur et à mesure que les années s\u2019enchainent, l\u2019innocence prend le bord et la devenue femme n\u2019en revient pas à quel point ces inégalités sont encore bien présentes et réelles.J\u2019aimerais mieux ne pas y croire, mais les expériences de la vie nous rattrapent et nous confrontent un jour où l\u2019autre à la réalité.A 15 ans, j\u2019étais mère de famille, j\u2019étais solide, j\u2019avais confiance en moi, personne ne me marchait sur les pieds.Mais une mauvaise relation dans laquelle j\u2019étais complètement dominée et constamment rabaissée, additionné à des problèmes familiaux, m\u2019a fait perdre tous mes repères.Quand on en arrive à avoir peur de son propre compagnon, on ne sait plus où s\u2019accrocher, on ne sait plus à qui faire confiance.Avec les coups durs, j\u2019ai perdu mes forces, et j\u2019ai mis du temps à pouvoir m\u2019épanouir à nouveau.On dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.Vraiment?Non, on ne ressort pas forcément plus fort d\u2019une mauvaise expérience de vie.On se reconstruit mais on ne rattrape pas complètement le temps perdu.Tania Croisetière-Langevin Devenir une femme.par la force des choses 22 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 N Martine Desjardins -\u2014\"^Engagements PAR ALEXANDRA GUELLIL Martine Desjardins a été l'une des leaders de la plus importante mobilisation étudiante de l'histoire.Aujourd'hui, présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), chroniqueuse au Journal de Montréal et conseillère en gestion de crise, Martine Desjardins se livre sur ses luttes quotidiennes et ses motivations.Au moment du Printemps érable, on découvrait une femme de convictions.Etait-ce réellement le début de votre engagement politique et social ?A l\u2019époque, j\u2019étais étudiante au doctorat en éducation.J\u2019étais donc concernée de près par les luttes étudiantes au Québec.J\u2019ai mis entre parenthèses mes études pour me consacrer à cette lutte parce qu\u2019il s\u2019agissait de se battre pour l\u2019accessibilité aux études supérieures.Pour moi, c\u2019était d\u2019une question de droits qui me touchait à la fois de façon personnelle, mais aussi collective.Par la suite, j\u2019ai arrêté mes études et j\u2019ai fait le choix de continuer à défendre mes idées pour une société plus juste.Pourquoi ?Je crois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un don de soi lorsque l\u2019on fait du militantisme.Oui, on peut y trouver notre compte, mais parfois, la cause est bien plus grande que nous.Et je ne pouvais pas partir comme cela, je devais finir ce que j\u2019avais commencé.Surtout qu\u2019à ce moment-là, les manifestations étaient plus nombreuses et que cela dégénérait.Je pensais sincèrement que l\u2019on était à deux doigts de perdre.A cette époque, vous avez reçu de nombreuses critiques.Avez-vous senti quelles étaient parfois fondées sur le fait que vous étiez une femme?Oui ! J\u2019ai parfois été critiquée et ces critiques venaient aussi de certains groupes de femmes.Au niveau médiatique, certains jugeaient que je n\u2019étais pas bien maquillée ou trop fatiguée pour faire mon travail.Etre une femme et en poste décisionnel n\u2019a pas toujours été si simple que cela.Mais à l\u2019interne, je n\u2019ai jamais senti avoir été traitée différemment.Ce sont des critiques qui viennent plus de l\u2019externe.Pourtant, l\u2019histoire du Québec le prouve, il existe de nombreuses femmes qui ont eu du poids en politique et dans la société.Je crois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question d\u2019habitude et de réseau.On accorde parfois plus de crédibilité à un homme dans un poste décisionnel qu\u2019à une femme, pourtant à compétences égales.On oublie souvent que les femmes ont pris part à de nombreux combats sociaux.Pourtant, même à l\u2019Assemblée nationale à Québec, aucune salle ne porte le nom d\u2019une femme.L\u2019image du leader est souvent masculine.Dans notre culture et notre éducation, on dit encore aux jeunes filles et femmes de ne pas trop déranger, de rester calmes et d\u2019être consensuelles.Comme si une femme ne pouvait pas être décisionnelle.On oublie souvent que de nombreuses femmes ont marqué nos générations par différents combats.Le contexte de liberté dans lequel on vit, on le doit à ces femmes-là.Est-ce l\u2019une des raisons pour lesquelles vous vous reconnaissez en tant que féministe ?Oui.Pour moi, le féminisme est un combat social ayant pour objectif de prouver que les hommes et les femmes sont égaux.Et ce, tant au niveau social, politique qu\u2019économique.Pour moi, c\u2019est un combat sur plusieurs aspects, c\u2019est d\u2019ailleurs la raison de mon engagement pour le prochain Sommet des femmes des 3 et 4 mars prochains.Par exemple, sur la question des droits des femmes, j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019on fait du surplace.En 2016, des droits comme l\u2019avortement ou l\u2019équité salariale sont encore remis sur le devant de la scène politique.Si vous aviez à décrire un combat et des valeurs qui vous tiennent le plus à cœur, quel seraient-ils ?Je pense que ce serait la question de la reconnaissance des droits des femmes.Il y a des matins, où je me réveille avec la rage au ventre parce que des femmes ne sont pas reconnues par la société parce qu\u2019elles sont femmes.Ce qui me motive chaque matin, c\u2019est de me battre pour ce droit d\u2019exister, que ce soit en politique, dans nos finances ou autres.Des combats à mener, nous en avons tous les jours.Parmi ceux qui me tiennent le plus à cœur, c\u2019est tout ce qui touche à la solidarité, la liberté d\u2019expression, mais aussi l\u2019éducation.¦ Le Sommet des femmes aura lieu les 3 et 4 mars au Palais des congrès à Montréal.C\u2019est l\u2019occasion pour des centaines de femmes et d\u2019hommes de se rassembler pour venir discuter du pouvoir de l\u2019égalité homme femme sous trois grands thèmes : le pouvoir social, le pouvoir économique et le pouvoir politique.Informations : WWW.projet75.COm 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 23 HISTOIRE PAR QU'ALAIN COMMU'NOS-TERRES CAMELOT-RÉDACTEUR ÉPICERIE MÉTRO SAINT-JOSEPH/16E AVENUE Ces Montréalaises qui ont marqué l'Histoire OvVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV'rj Ces passionnées de la vie se sont dévouées corps et âme pour leurs convictions.Elles nous ont partagé avec générosité la flamme qui les habitait, cet amour qui ose agir au quotidien et transformer leurs visions en réalités.\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\^^^ Z S S O 3 O v Jeanne Mance (1606-1673) Venue rejoindre de Maisonneuve et Jeanne Mance en 1653, elle est considérée comme la fondatrice de l\u2019enseignement en Nouvelle-France.Elle a compris que les femmes avaient un rôle important à jouer dans l\u2019avenir du pays.Elle a mis sur pied des ateliers de travaux pratiques où les femmes de toutes conditions pouvaient acquérir des connaissances et des savoir-faire essentiels à leur nouveau mode de vie.Née à Langres, en France, elle a été la première infirmière laïque à venir s\u2019installer en Nouvelle-France.Elle est considérée comme cofondatrice de Montréal, où elle a créé puis dirigé l\u2019Hôtel-Dieu jusqu\u2019à sa mort.Elle a mobilisé de riches donateurs en France et est devenue la trésorière de la colonie.Marguerite Bourgeoys (1620-1700) Émilie Gamelin (1800-1851) Marie-Emilie-Eugénie Tavernier a dévoué sa vie à prendre soin des indigents et des marginalisés.Cofondatrice des Soeurs de la Providence en 1844, son institut a fondé de nombreuses oeuvres de charité, telles l\u2019hospice Saint-Joseph pour prêtres âgés et infirmes, des écoles dont une pour sourdes, un bureau de placement pour jeunes filles ou encore un centre de soins pour les handicapés mentaux.24 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Léa Roback (1903 -2000) Phyllis Lambert (1927) Architecte et philanthrope, elle a fondé, en 1975, Héritage Montréal, un organisme privé sans but lucratif qui promeut et protège le patrimoine architectural, historique, naturel et culturel du Grand Montréal.Elle a consacré une large partie de sa vie et de sa fortune à promouvoir l'architecture et le patrimoine, fondant notamment en 1979 le Centre canadien d'architecture.Idola Saint-Jean (1880-1945) Enseignante de français à l'Université McGill, elle deviendra suffragette et jouera un rôle capital dans l\u2019obtention du droit de vote des femmes au Québec.En 1922, elle fonde le comité provincial, puis, en 1927, l'Alliance canadienne pour le vote des femmes.Elle a oeuvré avec Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Thérèse Casgrain.Les femmes québécoises obtiendront le droit de vote en 1940, alors que le gouvernement accordait le suffrage féminin depuis 1918.Elle a été la première femme journaliste au Québec à s'imposer comme grand reporter.Elle a entamé sa carrière à Radio-Canada vers la fin des années 1940 en tant que correspondante internationale.Elle est descendue dans la rue pour écouter les gens, dans le but de dénoncer les injustices.Elle a défendu aussi bien la cause des femmes que celles des Noirs aux Etats-Unis ou des Autochtones.Un prestigieux prix de journalisme porte d\u2019ailleurs son nom.Syndicaliste, militante communiste, elle fut pionnière du féminisme au Québec.Cette native de Montréal, née de parents juifs polonais a combattu le racisme et l\u2019intolérance.Tout au long de sa vie elle a affiché son soutien à la fois aux Canadiens français, aux Juifs, aux Noirs sud-africains ou à toutes les autres minorités dont les droits sont bafoués.Elle s\u2019est battue pour l\u2019obtention du droit de vote, pour le droit à l\u2019avortement, pour l\u2019accès à la contraception.A 83 ans, elle a participé à la marche des femmes pour l\u2019équité salariale.Judith Jasmin (1916-1972) 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 25 PHOTO : JACQUES NADEAU ÎS ¦W r>.«F/ Lucille Teasdale (1929-1996) Comme ministre de l'Administration publique, elle a obtenu la parité salariale afin d'en faire bénéficier 400 000 personnes.En 2004, alors quelle était présidente du Conseil du Trésor, elle a mis en place une politique gouvernementale visant à généraliser l\u2019utilisation des partenariats public-privé (PPP) dans les services publics.Cette politique a mené à l\u2019adoption d\u2019un projet de loi sur la création de l\u2019Agence des partenariats public-privé du Québec.Elle a étudié la médecine à l'Université de Montréal à une époque où peu de femmes suivaient des études supérieures.Elle a dû s'expatrier à Marseille en 1960, puisqu\u2019aucun hôpital d'Amérique du Nord ne voulait d'une femme chirurgienne.Elle a consacré sa vie aux malades de l'Ouganda, dans des conditions difficiles, contractant d\u2019ailleurs le virus du VIH lors d\u2019une chirurgie en 1979.Membre de l'Ordre du Canada et de l\u2019Ordre national du Québec, elle a aussi obtenu en 1986 avec son mari Piero Corti, le prix Sasakawa, distinction la plus prestigieuse de l'Organisation mondiale de la santé.En 1996, elle meurt du sida.Lise Payette (1931) Politicienne, féministe, écrivaine, animatrice de télévision et de radio québécoise, Lise Payette a été la première femme à être appelée « la » ministre plutôt que « le » ministre, introduisant la féminisation des titres.On lui doit la réforme du droit de la famille et celle de l'assurance automobile (création de la SAAQ).Parmi ses nombreux accomplissements, la politicienne a modifié le Code civil du Québec en 1980, pour permettre aux parents de donner le ou les noms de famille de leur choix à leurs enfants.Monique Jérôme-Forget (1940) Lise Watier (1942) Elle a été une des premières entrepreneures d\u2019envergure internationale en lançant sa propre ligne de produits cosmétiques en 1972.La marque propose aujourd'hui plus de 350 produits de maquillage, de soins et de parfums, vendus à travers le monde.Elle a été chef de son entreprise pendant 40 ans.Sa fondation a soutenu la Mission Old Brewery et la construction d\u2019un pavillon réservé aux femmes, dans Hochelaga-Maisonneuve.3 6 o 26 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 PHOTO: FONDATION TEASDALE-CORTI (COURTOISIE) s s O 3 6 V 3 6 o \u2014 Elle a été la première astronaute canadienne de l'Agence spatiale canadienne (CSA), qui a travaillé principalement avec la NASA.Elle est notamment reconnue pour ses recherches en informatique, en traitement du langage naturel, en reconnaissance automatique de la parole et en application de technologies interactives au domaine spatial.Son parcours a incité plusieurs femmes à poursuivre leurs études en science, leur donnant le droit de rêver à faire carrière dans l\u2019aérospatiale.¦ Julie Payette (1963) Juanita Westmoreland-Traoré (1942) Née à Verdun de parents guyanais, cette championne des droits de la personne a brisé la barrière de la race dans les domaines judiciaire et du droit - en tant que professeure et avocate, à la tête de sa propre étude légale, et enfin comme première femme noire à être nommée juge à la Cour du Québec (1999).Au cours de sa longue carrière elle a reçu de nombreuses distinctions dont le prix Droits et libertés, décerné par la Commission des droits humains du Québec.Elle a également été sacrée officière de l\u2019Ordre national du Québec.En plus d\u2019un doctorat honoris causa octroyé par l\u2019UQAM, une bourse du Département des sciences judiciaires de cette université porte son nom.Louise Arbour (1947) Elle a été la première femme et la première francophone à occuper le poste de juge à la Cour suprême de l'Ontario.Juge à la Cour suprême du Canada, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, elle a également occupé les fonctions de procureur en chef du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda à La Haye, aux Pays-Bas.Son engagement personnel, ses publications sur les procédures criminelles, les droits de la personne et les libertés civiles, lui ont valu plus de trente doctorats honorifiques.Pauline Marois (1949) Elle est présente sur la scène politique québécoise pendant près de 40 ans.Elle a dirigé neuf ministères différents et occupé quatre autres postes ministériels, devenant ainsi la personne ayant occupé le plus de fonctions ministérielles à travers toute l\u2019histoire du Québec.Parmi ses nombreuses réalisations, elle a implanté les centres de la petite enfance.Elle a mené le Parti Québécois à la victoire, et est devenue, en 2012, la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec.3 6 o 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 27 PHOTO: DENIS BERNIER (JOURNAL MÉTRO) \\w'â?!?Mill INFO RAPSIM PAR BERNARD ST-JACQUES ORGANISATEUR COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM *\u2019¦ AMlfcüiiUjiyj.^a* \u2014 Portrait du profilage social des personnes en situation d'itinérance: Un espace public à partager vraiment' Malgré des initiatives et une assez bonne reconnaissance du phénomène de proFilage social par la Ville de Montréal et son service de police (SPVM), Force est de constater que la situation demeure préoccupante concernant les tensions dans l'espace public et les enjeux d'aménagement urbain.Le RAPSIM a d\u2019ailleurs fait cette déclaration le 9 février 2016, lors du lancement fort médiatisé de son 4e Portrait de la situation dans l\u2019espace public montréalais, issu d\u2019une enquête menée auprès d\u2019une trentaine d\u2019organismes œuvrant en itinérance à Montréal.Comme pratiques de profilage social, on parle notamment d\u2019« une présence policière accrue qui génère [.] plus d'interpellations ou encore, sans les judiciariser [d\u2019] une insistance démesurée auprès des personnes itinérantes en raison de leur apparence ».Il ressort de cette enquête que la situation dans l\u2019espace public et en regard du profilage n\u2019a pas connu d\u2019amélioration plus récemment, et ce, malgré une légère baisse du nombre d\u2019abus policiers.Faits et effets Une grosse difficulté concerne les nombreux déplacements de personnes en situation d\u2019itinérance, qui peuvent accentuer le sentiment d\u2019injustice, l\u2019isolement et entraîner une coupe dans la relation d\u2019aide.Les déplacements sont le fruit de la pression exercée sur des lieux qu\u2019elles fréquentent davantage (comme le parc Emilie-Gamelin) en raison de leur réappropriation par les autres citoyens et d\u2019une présence policière accrue.Par ailleurs, alors qu\u2019on salue les interventions policières d\u2019équipes multidisciplinaires comme l\u2019EMRII (Equipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance), nous demeurons encore assez insatisfaits des autres équipes et du reste des policiers.Les efforts déployés pour améliorer l\u2019action des policiers n\u2019ont pas encore assez d\u2019effets probants sur la cohabitation, l\u2019atténuation des tensions entre policiers et personnes itinérantes.Ainsi, nous assistons à une persistance des pratiques de profilage social plutôt qu\u2019à leur l\u2019inclusion dans des sujets et des enjeux qui les concernent.Autre constat d\u2019envergure : la fréquence encore grande de situations de bris et de saisie de matériel de consommation de drogues (comme les seringues) par les policiers est contradictoire avec le fait que ce sont des organismes et institutions en santé publique qui le distribuent dans une perspective de réduction des méfaits.Débuts de solutions possibles Le Portrait s\u2019inscrit dans un contexte où les autorités se doteront d\u2019un nouveau Plan de lutte en profilage social.Parmi les recommandations, la Ville et le SPVM sont invités à développer des mécanismes de sensibilisation de la population et de consultation des personnes itinérantes sur des enjeux les concernant.Le SPVM doit aussi s\u2019assurer d\u2019un meilleur arrimage entre ses différentes interventions sur le terrain et il faut pousser davantage pour changer une culture policière encore trop axée sur la répression, notamment en travaillant à la sanction des comportements répréhensibles.Comme l\u2019indique le Portrait : « on peut espérer que le prochain Plan planche sur de meilleures manières de s'attaquer aux cas problématiques et d\u2019atténuer l\u2019impression ressentie dans le milieu selon laquelle les policiers peuvent agir en toute impunité ».¦ Le 4e Portrait de la situation dans l'espace public montréalais est disponible au WWW.rapsim.org Des faits saillants du Portrait \u2022\t72 % des intervenants interrogés considèrent qu\u2019il n\u2019y a « pas vraiment » ou « pas du tout » eu d\u2019amélioration dans les rapports dans l\u2019espace public \u2022\tOn entend un peu moins parler d\u2019abus policiers (physiques, verbaux ou harcèlement) : 65 % des répondants « parfois » ou « jamais », contre 62,7 % en 2013 \u2022\tOn constate de nombreux déplacements causés notamment par le réaménagement urbain d\u2019espaces publics beaucoup fréquentés par les personnes itinérantes et par des interventions policières fort inégales sur le terrain.PWÛflUWlE MC LAL 4* w4n4 4* f* durtinn imnt |> Il\t1 IJ Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérances do Montreal l\\ft ( J I 1*1 www.rapsim.grg | Têt.: 514 379-1949 28 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 cz - Rien n est jamais acquis COMPTES A RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Lorsqu'il est question de droits de la personne, on parle souvent d'acquis.De droits acquis de chaude lutte, en général.C'est particulièrement le cas pour ceux des Femmes.Mais, comme le chantait Brassens interprétant Aragon, « rien n'est jamais acquis à l'Homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur (.) sa vie est un étrange et douloureux divorce.» Car sur ces droits supposés (ou espérés) acquis plane toujours la menace de leur retrait.On pourrait dire, en forçant le trait, que l\u2019histoire des droits de la personne est caractérisée par cette tension incessante.Par exemple, ces dernières années les gouvernements ultraconservateurs au Canada et aux Etats-Unis ont menacé à plusieurs reprises de restreindre le droit à l\u2019avortement, pourtant protégé par les Cours suprêmes des deux pays depuis longtemps.La société dans laquelle nous vivons est constituée d\u2019un ensemble de règles, formelles et informelles, d\u2019organisations plus ou moins officielles et d\u2019arrangements institutionnels qui évoluent au gré du temps et des mœurs.De ce fait, elle porte flanc à être reconfigurée selon les pressions politiques de groupes de pression diversifiés.Diversifiés dans leurs orientations idéologiques, bien sûr, mais surtout dans les moyens financiers et médiatiques dont ils disposent.Voilà donc le nerf de la guerre : des groupes sociaux luttent pour la reconnaissance de leurs droits à armes inégales contre des structures bien cristallisées et souvent puissantes en richesse ou en influence.Du coup, les détenteurs de pouvoir constituent une menace continuelle au maintien de ces droits.Etant donné que la concentration du pouvoir des dirigeants économiques, des politiciens et des lobbys qui s\u2019est accélérée ces dernières années, on peut légitimement craindre cette menace.Droits fragiles Aux Etats-Unis, par exemple, une myriade d\u2019organisations anti-avortement est soutenue financièrement par des multimillionnaires.Il ne s\u2019agit pas que de mouvements citoyens, qui pourraient avoir leur légitimité en étant contrebalancés par d\u2019autres groupes, mais du pouvoir démesuré de quelques personnes très riches.Toujours aux Etats-Unis, les frères Koch, héritiers d\u2019un empire industriel, possèdent une des plus grandes fortunes du monde - les deux aînés ayant chacun des avoirs de plus de 40 milliards de dollars.Ils seraient les initiateurs de la fondation du Tea Party, le mouvement radical du parti Républicain qui fait la pluie et le beau temps dans la politique étatsunienne depuis une dizaine d\u2019années.Ces ultraconservateurs s\u2019opposent à toute intervention de l\u2019Etat, ou à peu près, et remet donc en question les programmes sociaux gouvernementaux, menaçant de ce fait les droits économiques et sociaux des familles les plus fragiles du pays.Ils ont annoncé au printemps 2015 leur volonté de dépenser 300 millions de dollars pour choisir le « meilleur » candidat républicain et même, selon certains journalistes, ils seraient même prêts à lever près d\u2019un milliard de dollars pour l\u2019ensemble de la campagne présidentielle.Que deux seuls individus possèdent un pouvoir politique aussi démesuré constitue une sérieuse menace à la démocratie et aux droits fondamentaux.Si ces tenants de la droite radicale prétendent défendre les libertés individuelles, ils s\u2019opposent en revanche farouchement aux droits sociaux et économiques, qui font timidement leur apparition dans l\u2019espace public.Espérons que notre vie collective ne soit pas, comme l\u2019écrivait Aragon, un douloureux divorce, et que nous prenions conscience de la fragilité du respect de nos droits fondamentaux.¦ JSMtjs DlRNF Air-Gu* et 6477 fois merci * 2992 fois j ; merci Engagez-vous, suivez nous ! 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 29 VIE CITOYENNE YWCA PAR CINDY TREMBLAY CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Y DES FEMMES MO N T R I Y des femmes : une histoire de cœur depuis 140 ans « Les filles pensent que ça ne va pas leur arriver » Lilia Goldfarb est directrice des services jeunesse, des services employabilité et des services à la collectivité du Y des femmes de Montréal.Alors que de plus en plus de jeunes filles se font enlever ou fuguent pour rejoindre les gangs de rue, elle nous témoigne ses préoccupations.Plus largement, elle nous donne son point de vue sur l'évolution de la place des femmes dans la société.Comment accompagnez-vous des femmes ayant connu la prostitution ou les gangs de rue ?On travaille plutôt avec les filles qui sont à risque, avec qui on fait de la prévention.Notre objectif est d\u2019éviter que les filles rejoignent les gangs de rue et aillent vers la prostitution.On n\u2019a pas de programme d\u2019intervention spécifique auprès des personnes qui sont présentement prises dans ces réseaux, mais on accueille des femmes qui ont vécu ça, c\u2019est une de nos problématiques.Pourriez-vous nous parler de votre projet « Outiller pour mieux agir»?C\u2019est un projet qu\u2019on a mis en place justement pour éviter le recrutement des filles dans les gangs de rue.On a développé des outils, comme un film, Histoire de la rue, et tout un programme de prévention pour les plus jeunes filles, de 12 à 14 ans.Les stratégies de recrutement changent, c\u2019est donc quelque chose qu\u2019on travaille en continu.On a aussi des programmes plus axés sur la prostitution.Comment expliquez-vous que de plus en plus de jeunes filles se laissent entraîner par les gangs de rue ?C\u2019est très préoccupant, parce que les filles pensent que ça ne va pas leur arriver, qu\u2019elles ont du charme, que leur ami est gentil et ne va jamais les exploiter.On a eu des filles qui nous disaient qu\u2019elles n\u2019avaient qu\u2019à bien choisir, elles se font avoir par le côté charmant de la situation, c\u2019est une façon d\u2019aller faire de l\u2019argent facilement.C\u2019est un message que nous renvoie la société.Il y a toute une banalisation par rapport à la sexualité et par rapport à tout le commerce du sexe.Comment les filles se font-elles manipuler ?Dans une grande partie des cas, les gars vont chercher la faiblesse de la fille.En général, elles ont un manque d\u2019estime d\u2019elles-mêmes, un manque de reconnaissance.Ils vont les complimenter, ils vont leur offrir des cadeaux et puis un jour ils les entraînent dans leur gang, et elles finissent par se prostituer pour eux.Les filles pensent que ça ne va pas leur arriver, mais elles ne sont jamais assez préparées et on voit que ça peut toutes les concerner, peu importe leur milieu social.Au cours des dernières années, quels changements avez-vous observés chez les femmes qui fréquentent le Y ?On a remarqué un alourdissement de la clientèle.On accueille de plus en plus de femmes avec des problèmes de santé mentale.Tout ça est relié pour moi à l\u2019instabilité de notre société.Tout va beaucoup plus vite aujourd\u2019hui.La vie est moins stable qu\u2019avant, les gens changent souvent de métier, on le voit même au gouvernement où il y a toujours des changements.Avec les crises économiques, l\u2019austérité, le chômage, les gens sont de plus en plus livrés à eux-mêmes.L\u2019instabilité générale dans laquelle on évolue entraîne de la précarité.Voyez-vous de plus en plus de femmes dans la rue ?C\u2019est très difficile à définir.Il y a beaucoup d\u2019itinérance cachée, surtout chez les femmes.Il y en a beaucoup qui restent chez un ami, qui ne dorment pas dans la rue, mais qui déménagent souvent et qui sont tout le temps dépendantes de quelqu\u2019un.On parle de femmes à risque d\u2019itinérance.» 30 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 ¥ YWCA Y DES FEMMES MONTRÉAL Histoire : L\u2019organisme a été créé en 1875 à Montréal.Il est issu d\u2019un mouvement international initié en Angleterre en 1855 par des femmes aisées qui voulaient aider les plus jeunes, qui arrivaient de la campagne ou de l\u2019étranger.Le Y des femmes voulait donner une place aux femmes, les protéger et leur offrir une formation.Le Y des femmes a été le premier centre d\u2019accueil, le premier centre d\u2019hébergement et le premier centre de conditionnement destiné aux femmes à Montréal.C\u2019est aussi là qu\u2019est née la première garderie de la ville.Mission : Dans une vision de société égalitaire dans laquelle les femmes et les filles peuvent utiliser leur plein potentiel, le Y des femmes se donne pour mission de bâtir un meilleur avenir pour elles.L\u2019organisme est ouvert à toutes les femmes avec l\u2019idée de proposer des services à moindre coût.Son organisation se découpe en quatre services : \u2022\tLe service résidentiel (résidence pour les femmes seules en difficulté, appartements, auberge, hôtel) \u2022\tLe service employabilité (formation, accompagnement individuel, programmes spécifiques) \u2022\tLe service jeunesse (prévention et sensibilisation dans les écoles et les centres communautaires) \u2022\tLe service à la collectivité (garderie, alphabétisation, programme sur mesure) Pensez-vous que c\u2019est plus difficile pour les femmes que pour les hommes ?Je ne dis pas que la situation est facile pour les hommes, mais c\u2019est plus dur pour les femmes de vivre dans la rue, où il y a beaucoup de violence.Elles sont beaucoup plus exposées au risque.Pour dormir, elles sont parfois obligées d\u2019accepter de coucher ici ou là, de faire confiance, et elles mettent leur vie en danger.La place des femmes dans la société québécoise évolue-t-elle positivement selon vous ?A certains égards, oui, bien sûr.Dans la vie professionnelle par exemple, les femmes accèdent à des postes de médecins aujourd\u2019hui, alors qu\u2019avant, elles ne pouvaient être qu\u2019infirmières.Mais un des grands mythes est de croire que l\u2019égalité hommes-femmes est acquise.Il y a toujours de grands écarts de salaire.Pour les mêmes compétences, les femmes gagnent toujours beaucoup moins que les hommes.Les femmes sont toujours référées vers des métiers traditionnellement féminins, des emplois moins payants.Et les inégalités sociales continuent, la violence familiale, la violence conjugale, notamment chez les couples d\u2019adolescents.Ce qui est très préoccupant, ce sont les valeurs véhiculées dans notre société : l\u2019apparence, la sexualité.Certaines jeunes filles pensent malheureusement qu\u2019elles vont réussir grâce au physique, mais on oublie l\u2019intellect.Quel est votre regard sur le féminisme ?Le féminisme, c\u2019est de croire profondément à l\u2019égalité de droits entre les hommes et les femmes.Sur le papier, elles ont les mêmes droits et les mêmes possibilités mais techniquement, ça ne veut pas dire qu\u2019elles peuvent les exercer.¦ Une incursion dans la culture de la rue par l'une des rares chorégraphes contemporaines québécoises issue des Premières Nations.Conseil des arts Canada Council du Canada fbrtheArts ESPACELBRE Saison théâtra le 15-16 Production Lara Kramer Danse DU 10 AU 19 MARS 2016 STUDIO ESPACE LIBRE Chorégraphié et scénographie Lara Kramer Interprétation et collaboration Angie Cheng et Karina Iraola BILLETTERIE 1945, RUE FULLUM 514 521 4191 ESPACELIBRE.QC.CA MOTS DE CAMELOTS Moi, reporter ! Au moment où j\u2019écris ces lignes, je suis en attente de débuter une formation en journalisme à L\u2019Itinéraire, plus spécifiquement en reportage.Je n\u2019aurais jamais cru avoir la possibilité de suivre une formation donnée par des professionnels.Des journalistes vont en effet venir animer des ateliers bénévolement pour les participants.Dans le but de me préparer, j\u2019étudie le document de l\u2019AMECQ (l\u2019Association des médias écrits communautaires du Québec) intitulé L\u2019écriture journalistique de base - Écrire pour un journal communautaire, Tome 1.Je ne pensais pas que c\u2019était si exigeant d\u2019écrire un article ou de faire un reportage selon les règles de l\u2019art.Moi qui ai tendance à discréditer le travail de certains journalistes, je me rends compte que les techniques d\u2019écriture sont nombreuses et complexes.Mon côté rebelle ressortant, je trouve difficile de m\u2019en tenir à un cadre strict.J\u2019ai peur que ma spontanéité disparaisse et que je devienne un petit robot avec une machine à écrire.Est-ce que je vais pouvoir rester moi-même ?Je suis un camelot avant tout et j\u2019arrive en terrain inconnu - et peut-être glissant - pour moi.En faisant les exercices proposés dans le document de l\u2019AMECQ, je me suis rendu compte que beaucoup de journalistes professionnels n\u2019appliquent pas tout à fait le cadre qui y est proposé.De là mon doute quant à ma capacité de m\u2019y conformer moi-même.Malgré mes réticences, j\u2019ai confiance que je sortirai enrichi de la formation à venir.Merci de me lire et à la prochaine, espérant que mon prochain article sera intéressant et captivant.BENOÎT CHARTIER CAMELOT PLACE BERCY ET MÉTRO RADISSON % Rêverie Mon corps est dédoublé ce soir, car j'ai pris un verre de vin.Un très grand verre.Un verre épais, comme un lourd miroir.J'ai possédé des miroirs si petits que je ne pouvais y regarder qu'une parcelle de mon visage à la fois, et par manque de vue d'ensemble, je les ai perdus.Je suis devenue une femme sans visage, je n'avais plus que la sensation pour me reconnaître.C'était une autre manière de disparaître.Un excellent endroit pour se cacher, lorsqu'il n'y a rien de mieux, c'est dans le coin que font les murs qui se rencontrent.A cet endroit, on occupe peu de place, et en même temps on occupe toute la place.Si un bruit vous terrifie, allez dans un coin.A l'inverse, s'il n'y a pas de menace et que vous manquez d'aventure, restez au centre de la pièce et regardez les coins des murs, là où les ombres varient de couleur, c'est mieux que rien du tout.Si vous manquez de montagnes, regardez les nuages que le vent pousse dans la plaine; si vous manquez de temps, divisez les secondes ; si vous manquez d'amis, bercez un chat, adoptez une araignée ; si vous manquez de liberté, bougez légèrement.Quand j'ai trop peur, j'imagine un quadrillage de l'espace et je m'assigne une position.Quand le vertige me taraude le bas du corps, j'élabore des plans simples.Il me semble que le calcul mental m'ait souvent sauvé de la démence.Quand une partie de moi-même disparaît, je compte le reste de mes membres.Quand le vent de la vie emporte toute stabilité, il arrive que le souvenir d'une épaisse couche de poussière sur un objet devienne notre seul ancrage.Parfois l'espace est si large entre les êtres que les enfants crient pour le remplir.Un soupçon de méfiance est quand même nécessaire, car la réalité change si abruptement, à la manière de la verroterie dans les kaléidoscopes, avec un déclic léger provoquant un éclatement brutal, mais ramenant tout de même un autre jeu de lumière, un autre cadre de sensation, un autre point de départ pour la rêverie.LORRAINE SYLVAIN CAMELOT MÉTRO PEEL Ski-Doo contre le burnout Dans les années 70, j\u2019avais un oncle, Marius, que tout le monde appelait « workaholic ».Il travaillait environ 18 heures par jour.Moi j\u2019avais 8 ans, j\u2019étais proche de lui et très inquiet de le voir travailler autant.J\u2019avais peur qu\u2019il fasse un burnout.Un jour de fin de semaine où il m\u2019emmène une fois de plus à son boulot, j\u2019éclate en sanglots et je lui dis : « Un jour mon oncle, à force de travailler, tu vas faire un burnout! » Il me répond calmement : « Non Serge, je ferai pas de burnout parce que moi, je connais mes limites.et en plus, j\u2019ai un bon moyen de décompresser : quand je sens que je suis sur le bord de sauter ma coche, j\u2019prends mon ski-doo pis j\u2019pars sur un nowhere dans le bois.Pis là, je me réoxygène le cerveau.» C\u2019est ça que me disait mon oncle Marius.Mon oncle c\u2019était et c'est toujours un maître pour moi, un modèle.Un vrai pro.Moi, pour décompresser, je consomme de l\u2019alcool.Mais je travaille sur moi.Au moins, contrairement à avant, je consomme en petit quantité, plus souvent, mais moins à la fois.Comme ça, je me magane moins.C\u2019est comme ça que je me bats contre l'alcool.Mon oncle Marius me dirait « Continue de te battre Serge ! ».La vie, c'est comme une longue guerre.Même s\u2019il n\u2019y a pas des bombardements chaque jour, il faut se battre pour vivre.C\u2019est ce que je fais.SERGESAVARD CAMELOT BORDEAUX/GAUTHIER PHOTOS : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA CARREFOUR *Wéi Jl Petit cours de Démocratie 101 Quel est le rôle d\u2019un conseil d\u2019administration ?Quelles décisions peut-il prendre au sein d\u2019un organisme ?Jusqu\u2019où vont ses pouvoirs ?C\u2019était autant de questions auxquelles Pierre Valois du Centre de formation populaire a répondu lors d\u2019un atelier d\u2019information donné aux camelots, le mois dernier.C\u2019est avec un humour et un sens de la répartie peu communs que ce formateur chevronné a renseigné la soixantaine de camelots réunis au Café de L\u2019Itinéraire.La formation a permis aux participants d\u2019en apprendre plus long sur leur conseil d\u2019administration, cette instance qui assure le fonctionnement démocratique de l\u2019organisme et qui compte une part égale de camelots et de membres affiliés.Pour sa part, le Centre de formation populaire a bien rempli son mandat, qui est de soutenir le mouvement communautaire et toute organisation qui en partage les valeurs et principes, dans le but de renforcer leur vie associative et démocratique et de les aider à mieux intervenir dans leur milieu.¦ 1er mars 2016 | \t\tS 161\t\t\t4 * \t¦ 1 fa A\t.** ~Tt-t\t> i R \"T }i t m\t^*7*\tj\t\tV \t\t\t\t\t ^ ïÿ/lV!l DANS LA TETE DES CAMELOTS Pauline Julien Pauline Julien est une femme que j\u2019admire.Elle a fait beaucoup pour la libération de la femme.Marie-Claire Séguin, la soeur de Richard Séguin est également une personne que j\u2019estime.Je pense que tant qu\u2019à avoir une femme à nos côtés, il faut qu\u2019elle soit traitée égale aux hommes.Nous sommes des individus avant d\u2019être un sexe et les droits de l\u2019homme sont aussi les droits de la femme.ROBERT MÉNARD CAMELOT MÉTRO MCCI LL de/iemmes; À l'occasion de la Journée internationale de la femme du 8 mars, nous rendons hommage aux femmes qui ont marqué notre vie.Ginette Reno J\u2019adore écouter les chansons de Ginette Reno.Elle a une très belle voix.Je ne détesterais pas ça chanter comme elle ! Je l\u2019ai déjà rencontrée au restaurant Saint-Hubert.Je lui ai dit « Bonjour! ».Elle mangeait du poulet.Elle en a commandé un.et puis un deuxième ! Je l\u2019ai aussi déjà vu en concert quand j\u2019étais jeune.Je suis montée sur scène et on a pris une photo ensemble.NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONCUEUIL Marie Curie Marie Curie était une bonne scientifique.A son époque, c\u2019était rare les femmes qui exerçaient ce métier.Elle a apporté beaucoup à la science contemporaine, mais aussi à l\u2019avancement du statut de la femme.Autant au point de vue scientifique que littéraire et politique.YANNICK BRASSARD CAMELOT DE LORI Ml ER/ RENÉ-LÉVESQUE La femme qui m inspire le plus, c est Marguerite Bourgeoys.C\u2019était une maîtresse et une religieuse pendant l\u2019époque de la Nouvelle-France.Elle a bâti un peuple, ici au Québec, au commencement.Grâce aux soins quelle a donnés aux autres, à l\u2019aide qu\u2019elle leur a apportée durant toute sa vie, notre société s\u2019est développée.Elle a créé la première école où était enseigné le français.On peut aujourd\u2019hui la visiter, ça vaut la peine.RAOULJOUBERT CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Edith Piaf La deesse de la Terre Mere Ma mère faisait jouer Edith Piaf quand j étais jeune.C\u2019est au son de cette musique quelle me prenait dans ses bras et qu\u2019elle me faisait danser.Lorsque ma mère m\u2019a annoncé son décès, c\u2019est la première fois que j\u2019ai eu un contact avec la mort.Lorsque j\u2019entends sa musique aujourd\u2019hui, tous ces souvenirs me reviennent.Toutes les déesses de tous les panthéons sont des femmes qui sont importantes pour moi.En particulier la déesse de la Terre Mère.C\u2019est la plus importante puisque c\u2019est elle qui apporte la nourriture, les arbres et tout ce qui nous entoure.Sans elle il n\u2019y aurait rien.JO-AN BLANCHET CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR BERNARD LEBLANC CAMELOT MÉTRO VENDÔME Marguerite Bourgeoys ILLUSTRATION : VARVARA DROZDOVAf I 23RF) Annie Ilya quelques années, j\u2019ai joué un rôle muet dans Les 9 clowns.Mon gérant à l\u2019époque m\u2019a demandé de coucher avec lui pour accepter d\u2019envoyer mon portfolio à un grand producteur.J\u2019ai refusé et c\u2019est Annie, de l\u2019Union des artistes, qui m\u2019a prise sous son aile et qui m\u2019a donné confiance en moi.Elle m\u2019a donné un vélo qu\u2019on appelle la « Cadillac ».Elle a mis de la joie dans mon coeur.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUCRAND La princesse Diana Une femme qui est un véritable exemple d\u2019humanisme c\u2019est la princesse Diana.Elle a beaucoup voyagé pour rencontrer des personnes malades dans les pays du tiers-monde.Même à l\u2019encontre du prince Charles elle a continué son rôle de missionnaire et je l\u2019admire pour ces raisons.JACQUES ELYZÉ CAMELOT THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI ET THÉÂTRE QUAT' SOUS Lise Payette Lise Payette a fait beaucoup pour les femmes, en se battant pour la parité homme-femme.Je l\u2019ai toujours aimée.Elle était députée pour le Parti québécois, durant les années de René Lévesque.Les autres pensaient tous qu\u2019elle allait devenir la prochaine chef du parti, mais elle a démissionné.Elle avait toute une bonne tête, ma Lise Payette ! J\u2019ai toujours été impressionné par son intelligence, le travail quelle a fait pour les femmes et leurs conditions de travail.A l\u2019époque, elle animait avec Jacques Fauteux Appelez-moi Lise, une émission diffusée à Radio-Canada.Je regardais l\u2019émission avec ma mère, et j\u2019en garde de très beaux souvenirs.JEAN BOISVERT CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO MONT-ROYAL/FULLUM Nanette Workman Nanette Workman c\u2019est mon idole.J\u2019aimerais faire une entrevue avec elle avant de partir de L\u2019Itinéraire.Quand j\u2019étais jeune, je faisais des crises pour aller la voir en spectacle.Je l\u2019admire parce que c\u2019est une femme fonceuse qui a une voix magnifique.Elle est aussi très sensuelle et sexy.DAN ET ROZI CAMELOT JARRY/ LAJEUNESSE La solution aux problèmes de l'humain CHRONIQUE PAR SHALIVER CAMELOT MÉTRO PARC Prisonniers de lui-même, le problème de l'humain est dans sa tête.Autrement dit, il n'y a pas de problèmes plus grands que la taille de son cerveau.Nous sommes tellement absorbés dans le monde extérieur, objet de nos sens, désirs, matière ou matériel, que nous oublions ce qui se passe à l'intérieur de nous.On pourrait se demander comment vaincre notre agitation mentale et se libérer des chaînes que sont nos pensées compulsives se formant continuellement dans notre tête.En d\u2019autres termes, comment coloniser notre cerveau et reprendre le contrôle de notre être intérieur ?Ceci équivaudrait à redevenir pleinement conscient en tant qu\u2019être humain.A la naissance, nous recevons un souffle de vie du créateur de la vie.Ce souffle est notre cadeau, notre rythme, notre symphonie.Dès lors, les pensées naissent de ce souffle et rendent ce souffle inégal (inhalation/exhalation), à cause de l\u2019objet de nos sens, nos désirs, créés par ces pensées.Nous sommes donc complètement absorbés par nos pensées, d\u2019où l\u2019expression « être dans la lune ».Progressivement, nous devenons inconscients de notre souffle vital, qui est notre énergie, notre batterie.Le cerveau se façonne et le caractère se forge de la naissance jusqu\u2019à six ou sept ans, principalement influencés par la famille, l\u2019environnement, le système dans lequel nous sommes piégés.Et tout ce que le cerveau a enregistré de façon inconsciente représente cette agitation mentale, ce qui développe l ego, qui est le chef de file de toutes les pensées négatives qui vibrent sur une basse fréquence : la peur, la jalousie, la colère, la haine, la division (référence à mon texte Machine humaine 2 paru le 15 octobre 2012).La petite histoire d\u2019Avidon Cupidon et le Génie Cette histoire illustre le monde matériel, objet de satisfaction des sens.Avidon était tellement cupide et égoïste qu\u2019il voulait avoir toutes les richesses du monde pour lui tout seul.Après de nombreux jours de prière, il invoqua le Génie.Celui-ci lui apparut et lui répondit qu\u2019il pouvait exaucer tous ses vœux, à condition que dès qu\u2019un vœu se réalise, il en demande un autre.Sans réfléchir, Avidon Cupidon accepta l\u2019offre du Génie.Ainsi, vœux après vœux : belles maisons, belles voitures, belles femmes, beau yacht, beau jet privé.La limite fut son imagination.Finalement, à court de vœux, sentant sa mort prochaine et sachant que ses richesses matérielles ne lui seraient d\u2019aucune utilité après sa mort, Avidon réalisa qu\u2019il s\u2019était mis dans un grand bourbier.Heureusement pour lui, il avait entendu parler d\u2019un grand maître de sagesse.Il courut vers lui afin de trouver une solution.Finalement, la solution qui lui fut suggérée était de demander au Génie de grimper et descendre d\u2019un très grand arbre, et ce jusqu\u2019à ce qu\u2019Avidon ait à nouveau besoin de lui, ce qui fonctionna et lui sauva la vie.Cette histoire illustre bien ce qui se passe dans le monde, avec nos soi-disant leaders mondiaux.Le Génie est en fait l\u2019objet de nos désirs, lié à nos pensées compulsives.L\u2019appât du gain et la course au pouvoir, toujours plus, toujours plus.Avec de l\u2019entraînement -prière, méditation, etc.- nos pensées peuvent être canalisées, comme le Génie grimpant et descendant de l\u2019arbre.Coloniser son cerveau En regardant l\u2019état de notre planète, couche d\u2019ozone perforée, gaz à effet de serre, guerres, terrorisme, solidarité qui s\u2019effrite.C\u2019est à se demander si la préservation de la vie et de la nature, dont nous dépendons tous, est toujours une priorité pour nous.Combien de millions de dollars sommes-nous prêts à investir pour éradiquer ces fléaux et éviter l\u2019extinction de notre espèce ?Selon moi, la recherche, l\u2019harmonie, et l\u2019échange de la vérité sont les plus grandes formes de solidarité.Ces solidarités sont essentielles pour sauver notre planète, et on peut y arriver en s\u2019aidant à être conscients et éveillés.La solution ultime est de coloniser son cerveau, en se connaissant soi-même, mais il y a trois codes pour cela : l\u2019amour inconditionnel pour la force - l\u2019énergie créatrice à l\u2019origine de tout -, l\u2019amour inconditionnel pour soi-même et l\u2019amour inconditionnel pour tout ce qui vit.C\u2019est à ce moment que la vie nous guidera vers le moyen ultime pour accéder à l\u2019être qui est à l\u2019intérieur de nous.¦ 36 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 PHOTO : LIGHTWIIE (123RF) [Au-delà de la rareté de Murray Bookchin Un livre pour initiés Murray Bookchin] SHmSk&E* LECTURES PAR ROBERT MENARD CAMELOT MÉTRO MCGILL Hpf i- Aujourd'hui, j'ai 59 ans et malgré tous mes eFForts sur le marché du travaille crois que je ne suis pas suFFisamment récompensé, tant Financièrement que socialement.Je supposais que je demandais trop à la société en voulant être libre, non seulement politiquement mais au sens propre : n'avoir ni obligation, ni routine, me détacher du métro-boulot-dodo.Or, je me suis rendu compte que je n'étais pas seul lorsque je suis tombé sur le livre Au-delà de la rareté de Murray Bookchin, publié en 2016 à Édition Écosociété.Au-delà de la rareté est en fait une réédition d\u2019un livre paru en 1971, composé de textes écrits entre 1965 et 1970, qui ont fait la renommée de Bookchin, fondateur de l\u2019écologie sociale.Ecologie sociale : liberté et égalité Depuis le XVIIIe siècle, l\u2019individu est devenu de plus en plus libre.Alors qu\u2019autrefois il ne pouvait que choisir son patron, en étant obligé de travailler, il a aujourd\u2019hui la liberté de ne pas travailler.Libéré du travail, l\u2019individu moderne vit dans la société du XXe siècle, une société de technologies et de consommation.En référence à Marx, Bookchin écrit que « la théorie moderne de la révolution consiste en son énumération de conditions matérielles préalables à la liberté humaine, dans son insistance quant au fait que la liberté présuppose du temps libre et l'abondance matérielle, de manière à ce qu\u2019on puisse abolir le temps libre en tant que privilège social ».Beilin Essai Au-delà de la rareté L'anarchisme dans une société d'abondance Murray Bookchin Édition Écosociété - 2016, 284 pages Qui est Murray Bookchin ?Né en 1921 dans une famille juive suisse émigrée aux Etats-Unis, Murray Bookchin fut ouvrier dans l\u2019industrie automobile.Passionné très jeune par l\u2019analyse politique, il est attiré par le marxisme et le syndicalisme.Il opposa au capitalisme, dans les années 1950, un écologisme radical misant sur la liberté et l\u2019égalité.Le père de l\u2019écologie sociale est mort en juillet 2006.Une technologie libératrice Dans ce recueil regroupant une série d\u2019essais, l\u2019auteur explique qu\u2019il est possible de s\u2019affranchir du travail manuel grâce à l\u2019écologie sociale.Par cette thèse, l\u2019auteur accuse la classe dominante de ne pas faire travailler les technologies à la place des hommes.Il l\u2019accuse également de nous priver de l\u2019abondance pour conserver la tête de l\u2019échelle sociale.Si elles jouaient leur rôle, les technologies produiraient une abondance qui permettrait à l\u2019humain de ne vaquer qu\u2019à du travail intellectuel.L\u2019auteur applique sa pensée anarchiste et sa vision écologique aux promesses d\u2019une société d\u2019abondance, qu\u2019il ne faut pas entendre comme la volonté d\u2019accumuler des biens, mais comme la possibilité d\u2019assouvir ses désirs réels une fois ses besoins fondamentaux satisfaits.Difficile à défendre Les idées de Murray Bookchin m\u2019apparaissent utopiques et difficiles à défendre.Moi, qui suis schizophrène, si j\u2019accepte ces idées, je risque de tomber en psychose : la liberté dans l\u2019abondance est loin d\u2019être réaliste dans le contexte d\u2019aujourd\u2019hui.Est-elle même encore présente, cette abondance ?Bookchin a écrit ses réflexions dans la seconde moitié des années 1960 : ce furent des années d\u2019opulence alors qu\u2019aujourd\u2019hui, on ne voit que de l\u2019austérité.Je ne suis pas convaincu qu\u2019on ait autant de liberté.Ce livre a beaucoup de matière ; ce n\u2019est donc pas un divertissement, mais plutôt un livre pour les initiés ! ¦ ATIOJL « Durant la formation, Robert Ménard, souvent silencieux, semblait dans une interzone.Puis il ouvrait la bouche et parlait d\u2019autorité de sujets qui nous dépassaient tous i philosophie politique, mouvement libertaire, etc.Entré sans timidité dans le livre de Murray Bookchin, il en est revenu avec la conviction confirmée qu\u2019on ne peut pas être irresponsable du monde dans lequel on vit.J\u2019ai aimé côtoyer cet homme qui marche au bras du temps, ses cheveux lui servant de long châle clair.» André Ducharme, journaliste 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 37 Bienvenue à F.L de Geneviève Dulude-Decelles En quête d'identité HEj| DOCUMENTAIRE PAR LUC DESCHENES PRÉPOSÉ À L'ENTRETIEN \\ H L'adolescence est une période dure à vivre.C'est le sujet proposé du documentaire Bienvenue à F.L.de Geneviève Dulude-De Celles.Le genre documentaire est peu mis de l\u2019avant par les médias populaires et peu distribué dans les salles de cinéma.Il a aussi de la difficulté à attirer le grand public.C\u2019est malheureusement le cas de Bienvenue à F.L.qui n\u2019a été diffusé que par trois salles à Montréal.Manque de détails Le sujet à la base est très intéressant : une réflexion sur l\u2019adolescence, illustrée par le vécu des élèves d\u2019une école secondaire.Mais le résultat final manque de détails importants, par exemple le nom complet de l\u2019école secondaire (Fernand-Lefebvre) et la ville où se déroule l\u2019action, Sorel-Tracy.Une narration aurait été nécessaire.Le film évoque un projet artistique (photographique) mené par les étudiants, mais celui-ci est trop vite expliqué et pas assez clairement.Si le spectateur n\u2019est pas attentif, il perd vite le fil conducteur.Malgré cela, on sent que la réalisatrice a mis tout son cœur dans ce documentaire - elle est la réalisatrice, mais aussi recherchiste et scénariste - et que le bien de la jeunesse a une importance capitale à ses yeux.Question à Geneviève Dulude-De Celles, la réalisatrice Quelle est l\u2019idée derrière ce documentaire?Moqueries et rêves fous Les témoignages des adolescents, seuls devant la caméra, m\u2019ont rappelé plusieurs moments de mon secondaire.Comme quoi 20 ans plus tard, les problèmes et les moqueries sont restés les mêmes ! Le récit de ce jeune qui s\u2019est fait dire d\u2019aller se pendre est assez troublant, surtout pour moi qui me suis déjà fait dire quelque chose de semblable.Une chose qui m\u2019a surpris dans les témoignages des jeunes, ce sont les rêves et objectifs un peu inatteignables de certains, dont celui qui désire être avocat célèbre à Londres et un autre qui voudrait posséder plusieurs compagnies d\u2019informatique.Le court moment qui m\u2019a fait craquer est celui du convaincant petit jeune homme qui désire aller vivre en Alabama, car il fait tout le temps chaud et que l\u2019équipe de football universitaire est performante.Cela m\u2019a fait penser à mon adolescence parce que j\u2019avais souvent des rêves fous, comme celui de jouer pour les Expos.Le documentaire : en manque de visibilité Comme je le notais plus haut, le documentaire peine à séduire un large public et ce sera malheureusement encore la même chose pour Bienvenue à F.L.Les émissions de télévision et de radio à forte cote d\u2019écoute devraient donner une tribune à ce genre de production.Surtout que Bienvenue à F.L.a été présenté au Festival international du film de Toronto.Tout le monde serait gagnant, aussi bien les artisans qui, avec très peu de moyens tiennent à parler de sujets de société, que le public québécois en général qui n\u2019est pas habitué à voir de telles productions.¦ Il y a quelques années, un petit garçon de la région a organisé une manifestation contre l'intimidation.Les manifestations mobilisant les gens de Sorel-Tracy sont rares.Comme je suis originaire de la région, ça m\u2019a interpellée.J\u2019ai eu envie de retourner à mon ancienne école pour voir comment ça se passe de l'intérieur.En fin de compte, le documentaire n'a pas autant abordé l\u2019intimidation.C'est finalement devenu une réflexion sur l'adolescence.Bienvenue à F.L.Canada, 2015,75 min.Bienvenue à F.L.sera diffusé sur les ondes de TV5 l\u2019automne prochain.Il sera disponible par la suite sur DVD et VOD.AtlO* « Ce fut un plaisir de côtoyer, puis de se reconnaitre en Luc.Au fil des ateliers, ce passionné des sports et de théâtre n\u2019a pas hésité à sortir de sa zone de confort pour rédiger une chronique sincère et inspirée d\u2019un documentaire d\u2019auteure.Bien qu\u2019il ait déjà mentionné lors d\u2019une séance qu\u2019il n\u2019avait pas toujours confiance en ses capacités, j\u2019aimerais le rassurer en lui rappelant que c\u2019est justement ce syndrome de l\u2019imposteur qui amène les scribouillards à se dépasser.Bienvenue dans la bande, Luc ! » 38 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 André Péloquin, journaliste PHOTO : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA m ' ft\\\\ L'exposition No Gender Alone no more EXPOSITION PAR SYLVAIN PEPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L'ENTRETIEN Le peintre Sylvain Tremblay dénonce les chirurgies d'assignation sexuelle et revendique une société où chacun aurait sa place, quel que soit son genre.J\u2019ai visité l\u2019exposition No Gender à la galerie Never Apart, rue St-Urbain, au nord de Montréal.L\u2019exposition est composée de 12 toiles de grand format ainsi que d\u2019une vidéo d\u2019art de Sylvain Tremblay, artiste de renommée internationale connu principalement pour ses personnages multiformes.Dans ses tableaux, il applique du gesso (enduit qui donne un aspect sculptural) et intègre d\u2019autres éléments, tels le métal et le sable.Pour No Gender, il utilise des textiles, des jouets et des instruments chirurgicaux pour évoquer la question de l\u2019intersexualité : « état d\u2019un individu chez lequel coexistent des caractères mâles et femelles » (Larousse).Combattre la stigmatisation Ce qui a poussé l\u2019artiste à aborder ce sujet délicat, c\u2019est sa rencontre avec un enfant hermaphrodite dans un orphelinat vietnamien, il y a une quinzaine d\u2019années.Comme il l\u2019explique dans le beau catalogue de l\u2019exposition, l\u2019artiste a été bouleversé d\u2019entendre les médecins se demander s\u2019ils allaient faire de ce nouveau-né une fille ou un garçon.Cet événement est à l\u2019origine de No Gender et de ce cri du cœur : « Plus jamais de charcuterie chirurgicale » - « No More » comme il est nettement spécifié sur l\u2019une des œuvres exposées.« C\u2019est à l\u2019individu de choisir et d\u2019affirmer son sexe et sa sexualité », déclare Tremblay, qui ajoute : « Sur quels critères se base-t-on pour déterminer le genre d\u2019un nouveau-né ?» Pour répondre à ses interrogations, Sylvain Tremblay a rencontré six personnes intersexuées de cinq pays différents - Maroc, France, Taïwan, Afrique du Sud, Canada (Laurentides) - contactées via internet.Ces rencontres avec des victimes de moqueries, de mépris, voire de rejet, ont débouché sur une série de portraits.Les tableaux, pleins de reliefs et de couleurs, sont chargés de symbolique.L\u2019artiste a, par exemple, choisi de représenter des personnages sans bouche pour dénoncer le harcèlement que peuvent subir les personnes intersexuées et pour suggérer le silence qui entoure cette question.En effet, ces personnes sont souvent mises à part et stigmatisées.Et la société, souvent ignorante de cet état cette condition, a du mal à l\u2019accepter quand elle y est confrontée.» R \tER VER EVER \tNEVERAPART \tAPAR \tARA AP A \t No Gender montre les choses comme elles sont et non comme certains voudraient les voir : du sang, de la nudité, et parfois de la souffrance.Sylvain Tremblay n\u2019a pas peur de choquer et recherche même dans une certaine mesure cet effet.Un traitement VIP Pour ma part, je me suis senti chamboulé.Je n\u2019avais jamais été confronté à des personnes intersexuées et je me suis dit que n\u2019importe quel sujet - même le plus dérangeant - pouvait être abordé par l\u2019art.Je dois vous préciser que j\u2019ai eu la chance de visiter l\u2019exposition avec l\u2019artiste (venu expressément pour rencontrer le représentant de L\u2019Itinéraire, la veille de son départ pour Dubaï, où il vit et travaille depuis quelques années).J\u2019ai eu droit à une sorte de visite VIP si l\u2019on veut.Les gens qui étaient présents ce jour-là et dont certains étaient intersexués m\u2019ont vraiment fait me sentir à l\u2019aise et étaient très ouverts d\u2019esprit.J\u2019ai, par exemple, rencontré Mikaela, comédienne et chanteuse de Toronto.Au début j\u2019étais un peu stressé mais elle a su me détendre et, au final, j\u2019ai eu l\u2019impression de lui avoir posé des questions utiles sans jamais la blesser, ni la juger.Mikaela était fière de l\u2019exposition et souhaitait que personne n\u2019ait plus jamais à souffrir de discrimination.Concernant Sylvain Tremblay, je dirais que c\u2019est quelqu\u2019un de très humble mais aussi de courageux.Il n\u2019a pas peur de défendre ses idées et ne s\u2019inscrit pas dans une démarche commerciale.Son but n\u2019est pas de vendre ses œuvres, mais de sensibiliser les gens à la question de l\u2019intersexualité et de permettre aux personnes concernées de mieux vivre leur différence.Je vous conseille vivement de découvrir son travail en vous rendant à la galerie ; vous en ressortirez changés.¦ Atl#*, « Regard, transperçant, voix douce, discret, attentif aux autres i Sylvain Pépin a la bonté de celui qui n\u2019a pas tout reçu.Il s\u2019est présenté à l\u2019exposition avec la bonne attitude i sans préjugé, curieux, bienveillant.H a mis du cœur à la rédaction, voulant à la fois rendre justice au travail de l\u2019artiste et aux droits fondamentaux des personnes intersexuées.H est revenu de l\u2019expo en appelant à une société inclusive où chacun trouverait sa place.zUn bel être humain, ce Sylvain.» André Ducharme, journaliste 1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 39 M%Je suis un arbre sans feuilles U \u2018V THEATRE PAR JOSEE CARDINAL PRÉPOSÉEÀ LA DISTRIBUTION Jr : i Si Je suis un arbre sans feu i Lies est à l\u2019affiche de Maisons de la culture en 2016-2017, échanger des impressions sur sa forme et son fond avec vous qui ne l'avez pas vu me ravirait.Seriez-vous de la partie ?Je nous le souhaite! J'aime coucher mon verbe sur papier, mais sans consignes imposées, je m'y astreins rarement.Quand L'Itinéraire me propose de participer en 2014, avec une poignée de mes camarades, à un atelier littéraire offert par Métropolis bleu, j'accepte sans hésitation.La pièce Je suis un arbre sans feuilles, qui en découle, a été présentée en mai 2015 et sera possiblement à l'affiche des Maisons de la culture du Grand Montréal en 2016-2017.Histoire d\u2019une belle aventure.Ferveur et générosité Lors de notre premier rendez-vous, l\u2019animateur du projet, l\u2019auteur Jonathan Harnois, prend le temps de tisser avec nous un lien de confiance, certains membres de notre bande craignant être exploités encore une fois par « un clan missionnaire de blancs-becs bobos et condescendants ».Quand il convainc ces sceptiques que notre travail s\u2019accomplira dans un respect exempt de misérabilisme, nous entamons avec ferveur l\u2019expérience qui nous attend : \\\\vv Aux commandes d'un chariot d'épicerie, le héros de cette déchirante dérive cherche une figure de proue pour son navire sans gouvernail.en cinq rencontres, donner libre cours à nos mots et à leur limon pour traiter de générosité, sujet éminemment pertinent pour des individus en situation précaire, en nous inspirant de la nouvelle de Jean Giono L\u2019homme qui plantait des arbres.Personnellement, j\u2019explore jusqu\u2019à ses abysses la mer qui m\u2019irrigue.Incombe ensuite à Jonathan la tâche de créer une pièce de théâtre avec nos textes.J\u2019avoue me questionner alors sur la faisabilité de l\u2019entreprise inutilement.Notre amiral relève avec brio et sensibilité le défi.Une déchirante dérive Le 23 mai 2015, le résultat de son labeur est présenté au public dans un espace vert où une sculpture végétale du planteur de Giono trône justement : le parc des Faubourgs.L\u2019œuvre théâtrale, intitulée je suis un arbre sans feuilles, mise en scène par Xavier Huard et soutenue par le son d\u2019Etienne Thibault, donne vie à un marginal, Jean-Feu, interprété par Christophe Payeur, dont l\u2019amour, Léa, s\u2019évapore dans le brouillard de l\u2019infortune.Aux commandes d\u2019un chariot d\u2019épicerie, le héros de cette déchirante dérive, désespéré de n\u2019avoir pu protéger sa dulcinée, cherche dans les poubelles du Centre-Sud une figure de proue pour son navire sans gouvernail.Son périple le mène étonnamment à la campagne, terreau de son éventuelle reconstruction.Ce drame poétique n\u2019émeut pas que moi, ce jour de mai, comme le démontre la table ronde suivant sa présentation.Puisque ce spectacle, véhicule d\u2019une parole trop peu entendue, a exigé beaucoup d\u2019efforts, il serait intéressant qu\u2019il soit monté à nouveau, non ?Le 14 janvier dernier, le Conseil des arts de Montréal en tournée convie Métropolis bleu à le soumettre aux diffuseurs du Grand Montréal susceptibles de le produire en leurs murs l\u2019année prochaine.A suivre ! ¦ 40 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 René Angélil et moi, une vision mondiale J\u2019ai eu l\u2019opportunité et le privilège d\u2019assister aux funérailles de monsieur René Angélil.Je dirais même que c\u2019était un honneur, une fierté grandiose.Je m\u2019explique.Pour moi, Pierre Touchette, camelot de L\u2019Itinéraire, c\u2019était impensable d\u2019aller aux funérailles de René.Mais quand j\u2019ai réalisé que je pouvais entrer, j\u2019étais devenu le gars le plus heureux de la planète.J\u2019étais en compagnie du plus grand visionnaire au monde.Un homme que j\u2019avais choisi pour un méga projet.J\u2019avais même rencontré la patronne de l\u2019arrondissement Ville-Marie pour lui conter ce projet.J\u2019étais arrivé à l\u2019improviste, elle m\u2019avait écouté pendant vingt minutes et elle m\u2019avait fixé un rendez-vous pour mettre quelqu\u2019un sur mon chemin afin de réaliser ce projet.Entre temps, René sort sa biographie et dit au public que s\u2019il n\u2019avait pas été encadré par sa famille, il aurait été sans aucun doute un itinérant.Quand j\u2019ai eu cette opportunité-là, j\u2019ai eu peur car je ne voulais pas faire le tour de la planète.Alors j\u2019ai décidé de ne pas continuer mon projet qui était de lutter contre la pauvreté.C\u2019était beaucoup trop gros pour moi, je n\u2019étais pas prêt.Maintenant, que je suis prêt, je veux emprunter le rêve doux de l\u2019Homme afin de le parfaire et je redessinerai l\u2019itinéraire de l\u2019Homme car j\u2019ai encore deux gros projets en tête.Quand j\u2019ai assisté aux funérailles de René Angélil, j\u2019avoue que j\u2019ai fait une prière.J\u2019ai demandé que si Dieu existe, qu\u2019il fasse que René puisse devenir mon manager spirituel pour mes projets.D\u2019en haut, il a une plus grande vision que moi.Je suis audacieux, tenace et perspicace.Je travaille très fort et je lutterai contre la pauvreté mondiale.Mes amis, j\u2019avoue que j\u2019ai déjà trouvé la recette pour remédier à la pauvreté, je vous en parlerai plus tard.Moi aussi, j\u2019ai un côté visionnaire mais j\u2019ai le meilleur visionnaire comme ange gardien.A deux, on va parfaire le monde et bien sûr, cela avec l\u2019aide du monde entier.Je vous aime.Je veux également souhaiter mes vœux les plus sincères à Céline Dion et à ses proches.Toi, Charlemagne.Petite contrée tranquille, de toi est née une étoile Enfant d\u2019amour, tu vas de par le monde avec voile Ta voix quand tu chantes est d\u2019or Et déjà l\u2019humanité entière t\u2019aime Ta joie de vivre nous entraîne Va, vers les chemins de la vie Que t\u2019a tracés ton humble amoureux-mari Celui qui t\u2019a mise au monde dans l\u2019amour Chante pour nous, chante pour lui tous les jours Unity is Important As the years go by, old friends are harder to keep in touch with.I tried to make new friends and continued to strengthen my network.It's crucial to be united with people who share the same values as me.It's pleasant to be in a nicer and warmer place, filled with happiness, health and spirituality, but if you're with the wrong people, you're wasting your time.How vital it is to learn to share the burden and uplift each other to become stronger and more successful.Unity is very important, if you're united you won't fall, but rather be encouraged to do better.I try to make the best of it where I live and work.I've met people at the Atwater Market that support me and I feel great.I often go to some coffee shops with my friend Carl and chat with others at church.I enjoy using email, Facebook and the telephone to keep in touch with friends.Unity makes me feel confident, secure and wanted.More importantly unity brings love and peace.I understand that two are better than one to get things done.That's what I want my life to be filled with.MOTS DE CAMELOTS SERGETRUDEL CAMELOT MARCHÉMÉTRO MORGAN PIERRE TOUCHETTE CAMELOT QUARTIER DES SPECTACLES ET QUARTIER DES AFFAIRES BILL ECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER 1er mars 2016 | ÏNERAIRE.CA 41 Jdiàk.VIE DE QUARTIER PAR DIANEGARIEPY CAMELOT MÉTRO PLACE SAINT HENRI ¦Les carrières du Plateau M on t> Royal] Historique Les ancêtres du Plateau Mont-Royal, ce sont les villages de Saint-Jean-Baptiste et Coteau-Saint-Louis, annexés à Montréal en 1886.Arrondissement ouvrier, comme plusieurs autres à Montréal, marqué par la présence de carrières, il se développe économiquement et s'embourgeoise.Il devient à forte saveur culturelle.Q* Aujourd'hui, le Plateau Mont-Royal est encore reconnu à Montréal comme un lieu de bien-être artistique et culturel.mm L\u2019Église Saint-Jean-Baptiste Promenade dans le Plateau Mont-Royal Je vous présente le lieu de mes plus beaux souvenirs, le Plateau Mont-Royal.J'y ai passé toute mon enfance.A l'époque, le quartier était très différent.Je me souviens de ces vieux bâtiments sans balcons et du dépanneur d'à côté.Ma sœur et moi, on y payait cinq cents le cornet de glace ! Lorsqu'il y avait de grosses bordées de neige, je grimpais jusqu'au deuxième étage et mejetais en bas.Quand je repasse dans ce quartier aujourd'hui, cela me rappelle tous ces moments vécus en famille.1 / / Le Palais des nains Situé au coin Rachel et Boyer, le Palais des nains m'impressionnait beaucoup.On y trouvait des petits lits, de petits lavabos.c'était le monde en miniature ! Nous y allions entre amis.J'aimais tellement ça, je ne voulais plus en sortir.Ceux qui y travaillaient ont même fini par me connaître et m'offrir un billet.Le Palais a fermé ses portes en 1970, c'est bien dommage.Mais on y retrouve encore les deux fameuses sculptures de lions à l'entrée.V.L'Église Saint-Jean-Baptiste est située sur la rue Rachel, entre Henri-Julien et Drolet.J'y ai été baptisé et j'y ai fait ma première communion, à l'âge de 9 ans.On allait à l'occasion, avec ma mère et mes autres sœurs, pour la messe du dimanche.La construction de l'église a débuté en 1872 et s'est terminée quelques dizaines d'années plus tard.Elle rappelle l'époque de la Renaissance italienne.Juste en face de l'église, il y avait un couvent où l'on distribuait de la nourriture.Ma mère apportait une brouette et des gros chaudrons pour en ramener à la maison./'/ ê* / / ?/ / L\u2019école Sainte-Eulalie _pn Je fréquentais quand j'étais toutejeune l'école Sainte-Eulalie, qui est depuis devenue le Centre Saint-Louis, un centre de francisation.J'ai ensuite été transférée à l'école Laurier coin Laurier et Berri.Elle existe encore aujourd'hui et c'est une grande et belle école.J'y jouais au ballon chasseur, j'ai même gagné un trophée ! J'aimais l'école et ne man-quaisjamais une journée de cours, même malade.42 ITINERAIRE.CA | 1er mars 2016 Jacques et Chantal 3m CLIENT H \" HU Camelot: Jacques Éiyzé Cliente: Chantai Guérin Point de vente : Théâtre d'aujourd'hui et Théâtre du nouveau monde Chantal est conseillère en main-d'œuvre au Groupe Information Travail (GIT).L'organisme accompagne entre 60 et 70 personnes par an dans leur recherche d'emploi.Ce sont principalement des hommes qui ont déjà vécu dans la rue.Quelle est la mission du GIT ?Nous travaillons en réinsertion professionnelle avec des gens qui pour toutes sortes de raisons se sont éloignés du marché du travail.Ils sont sur des Programmes préparatoires à l\u2019emploi (PPE), ils nous sont envoyés par Emploi Québec ou par d\u2019autres organismes communautaires.Ça a été créé sur une idée du RAPSIM.Il y a beaucoup d\u2019organismes qui offraient des services aux itinérants, mais la plupart se concentrent sur l\u2019immédiat : le logement, la santé.Il y a tellement d\u2019urgences à régler dans un premier temps que derrière, on ne va pas souvent jusqu a l\u2019accompagnement dans la recherche d\u2019emploi.C\u2019est gênant parce que si elles ne retrouvent pas d\u2019emploi, ces personnes qu\u2019on a aidées peuvent rapidement retomber dans la rue.Comment accompagnez-vous les personnes ?Elles suivent un programme de quatre mois.D\u2019abord, on fait de la recherche d\u2019emploi en groupe, on travaille sur la manière de se présenter, on essaie de voir où sont les compétences de chacun.Les gens doivent venir tous les jours, du lundi au jeudi, ça les aide à reprendre des habitudes et un rythme de travail.On a des intervenants qui gèrent des problématiques plus personnelles, qui aident les personnes à prendre des rendez-vous médicaux ou à se procurer des lunettes, par exemple.Après six semaines en groupe, ils sont suivis plus concrètement en individuel pendant dix semaines.Quand on a vécu en situation d\u2019itinérance, c\u2019est souvent difficile de retrouver un emploi.On oublie comment n\u2019importe qui peut se retrouver dans la rue dans l\u2019espace de six mois.Quand on perd son emploi et son revenu, la première chose, c\u2019est qu\u2019on ne peut plus payer son loyer.Même si on est en couple, parfois ça ne marche plus.Certains se laissent aller et se surprennent à consommer un peu, puis de plus en plus.On se fait héberger dans son cercle familial, chez des amis.Mais ça va un temps et quand on a épuisé ses ressources, on se retrouve en refuge ou en maison d\u2019hébergement.Là, on est souvent en dortoir, on dort mal la nuit.Ce ne sont pas des conditions idéales pour retrouver un emploi.Les gens arrivent-ils à retrouver un emploi après être passés par le GIT ?Avec les plus motivés, ça marche ! On a environ 60 % des participants qui retrouvent un emploi.C\u2019est une réussite quand on sait que beaucoup n\u2019ont pas du tout d\u2019expérience récente sur leur CV, avec parfois des trous de vingt ans, pas de diplôme.On est là pour remettre leurs compétences à jour, pour valoriser des éléments de leurs parcours.Mais vous seriez aussi surpris du bagage de certains qui arrivent ici.Il y en a qui ont des maîtrises, qui ont même plus de diplômes que moi.Que diriez-vous à un employeur qui préfère embaucher des jeunes ?Nos plus vieux ont l\u2019avantage de leur âge et de leur maturité, c\u2019est vraiment quelque chose à mettre en avant.Les employeurs pensent qu\u2019en embauchant un jeune, ils vont le fidéliser pour vingt ans, mais c\u2019est complètement faux.Au contraire, une personne plus âgée va souvent être d\u2019autant plus motivée.¦ Jacques fréquente le Pas de la rue, qui soutient les personnes de plus de SS ans.Ce sont nos voisins, et il passait devant nous.Ça a commencé par une cigarette, puis on a sympathisé.1er mars 2016 | ITINERAIRE.CA 43 Largeur Crochets Actuels Intoxiquée Conduite Qu\u2019il nettoyât Échalas Fixerez Capable d\u2019intégrer Tranche Ordre architectural grec Étranger Partagée en deux lèvres Pétale Gâteau Salve Article Exclamation de défi Cent deux Qualifie Unité d\u2019éclairage Sainte Contestent Que tu passes silence Jetons Vivement que le 8 mars ne soit plus v nécessaire !\t.JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE Jeux réalisés par Josée Cardinal joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro HORIZONTALEMENT 1.\tHypocrites.-Cinquante-cinq.2.\tEcole d'administration.-Haine.3.\tTrompai.- Mélodie.4.\tD'Oman.5.\tColère.- Vapeur qui se condense.6.\tCessibilité.7.\tAchève.- Nid.- Sentier.8.\tIridium.- Période.-Bouffons.9.\tMarbrent.- But.1C Existes.- Enoncer.VERTICALEMENT 1.\tDéfavorable.2.\tEcureuils volants.3.\tEstaminet.4.\tCharge d'un baudet.- Recueil de bons mots.5.\tParcourra.- Flotter.6.\tAttribuaient un indice à une variable.7.\tContestas.- Brome.- Titane.8.\tEmietteriez.9.\tNote.- Terre.- Aluminium.1C À toi.- Balise.11\tCinquante-deux.- Eventre.12\tSavante.- Poisson.44 ITINERAIRE.CA I 1er mars 2016 DETENTE SOLUTIONS DU 15 février 2016 P\tL\tA\tT\t1\tN\tE\tE \t» 0\tL\tE\t0\tD\tU\tC A\tc\tC\tE\tL\tE\tR\tA \t» H\tA\tS\tE\t\t'0\tP P\tA\tL\t¦\t¦\t*0\tP\tE B\t» R\t1\tM\t\tR\tE\tZ A\tD\tN\tE\tB\t\u2018G\tA\t S\t*1\t1\t\t\u2019 P\tA\tN\tE A\tS\tS\tA\t1\tN\t1\tR H\t» A\tA\tR\tIQF F\t\tS\tE V\t1\tT\tE\tS\tS\tE\tS 7\t3\t6\t9\t5\t8\t1\t2\t4 5\t1\t8\t4\t3\t2\t6\t9\t7 2\t9\t4\t6\t7\t1\t5\t3\t8 9\t4\t3\t2\t8\t5\t7\t6\t1 6\t5\t1\t7\t9\t3\t8\t4\t2 8\t2\t7\t1\t6\t4\t9\t5\t3 1\t6\t9\t3\t2\t7\t4\t8\t5 3\t7\t5\t8\t4\t9\t2\t1\t6 4\t8\t2\t5\t1\t6\t3\t7\t9 C'est bien plus qu'acheter un bon magazine C'est appuyer une cause fondamentale.expert 2 DIFFICILE 2 MOYEN 2 FACILE \" \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t7\t\t\t\t\t5\t\t 1\t\t\t7\t\t6\t9\t3\t\t \t\t3\t\t2\t\t\t\t\t \t2\t\t9\t3\t\t\t8\t\t \t6\t\t\t\t\t1\t\t7\t 5\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t9\t\t4\t\tCO\t\t\t\t \t\t\t\t6\t\tCO\t\t4\t \t\t\t\t5\tCO\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t¦\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t l'une propriété, c'est une affaire de coeur et de savoir-fairq 1152, avenue Mont-Royal Est, 514.597.2121 j\twww.viacapitaLedumontroyaL.com AGENjE IMMOBILIERE Vitrine de la rénwation écologique À PROPOS DES.femmes Les femmes exagèrent leurs faiblesses.Francis Picabia Nous avons le devoir de surveiller le peuple, y compris les femmes.Il faut aussi songer aux situations difficiles auxquelles les avocates devraient faire face.[.] Voudraient-elles devenir juges?Non, car elles n'auraient pas le cœur assez dur pour condamner un meurtrier à l'échafaud.Amédée Caron Le niveau intellectuel établit que les femmes de notre province sont en général plus instruites que les hommes, par conséquent mieux préparées à juger nos problèmes sociaux.Je réclame donc le droit de vote pour la femme afin d'élever le niveau de nos discussions politiques, pour assurer plus d'ordre et de dignité dans nos assemblées, pour contribuer à faire en sorte que les générations futures soient mieux préparées que nous à leurs tâches.Adélard Godbout La beauté est la seule vengeance des femmes.Serge Gainsbourg Cœur des femmes, abîme insondable ! Alexandre Pothey Les faiblesses des hommes font la force des femmes.Voltaire Il faut donc, si nous voulons sauver du désastre notre armure sociale dans notre province, mettre un frein au flot qui monte et qui menace la clé de voûte de notre société, l'autorité.Et l'émancipation de la femme est une de ces menaces.Joseph-Édouard Fortin % ?/ ^ \u2022 Ce sont elles qui mettent au monde les hommes d'État, les élèvent et leur transmettent les plus hautes qualités.À ce compte, les femmes sont plus importantes que les hommes dans le mouvement des affaires humaines.Henry Miles Dans plusieurs domaines requérant cervelle et intelligence, les femmes se sont montrées supérieures aux hommes.Athanase David Quant à soutenir que le vote représente une source de danger moral pour les femmes, je trouve cela une insulte gratuite à leur faire.Elles votent au fédéral depuis au-delà de 10 ans et je ne sache pas que la vie du foyer en ait souffert.Anatole Plante 100 % AVEC VOUS CET H VE Beau temps, mauvais temps, neige ou verglas, nos équipes s\u2019activent pour vous déplacer.MOUVEMENT COLLECTIF stm.info/hiver ENTREPRISE 1950 CAFE BROSSARD La promesse d'un café savoureux, torréfié de main de maître qu'on prend Énsir à déguster tous les jours.J N GrAiP,Ee?1 TINÉRAIRE CAFEBROSSARD.COM 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 "]
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