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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2012-05-31, Collections de BAnQ.

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[" CHSLD : la mauvaise gestion coûte des millions Page A 2 9 Sierra Leone : 50 ans de prison pour Taylor Page B 7 www.ledevoir.corn ^ LE DE VOIR Vol.C I I I N° 1 2 1 LE DEVOIR, LE JEUDI 31 MAI 2012 1,09 $ + TAXES = 1,25 $ Le plan climat vise la moitié de sa cible Québec pourrait devoir acheter des crédits pour les millions de tonnes en sus LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le Plan d\u2019action sur les changements climatiques 2013-2020 (PACC-2020) que Québec s\u2019apprête à dévoiler dans quelques jours prévoit un ensemble de mesures qui réduiraient de 6 millions de tonnes (Mt) les émissions québé- coises sur les 11 Mt qu\u2019il lui faudra retrancher d\u2019ici 2020 par rapport au niveau d\u2019aujourd\u2019hui.Selon la version récente mais non définitive de ce plan, obtenue par Le Devoir de source gouvernementale, les mesures choisies jusqu\u2019à tout récemment concentrent l\u2019essentiel des réductions planifiées dans les secteurs des trans- ports, de l\u2019industrie et des bâtiments.D\u2019autres secteurs, comme l\u2019agriculture, les déchets et la production d\u2019électricité seront aussi mis à contribution de façon importante.Parmi les mesures innovatrices de ce plan on retrouve la mise en place d\u2019un système de redevances-remises (bonus-malus) applicable à l\u2019achat ou à l\u2019immatriculation des nouveaux véhicules.Un tel système soutient financièrement les acheteurs de voitures moins énergivores grâce aux surtaxes imposées aux acheteurs véhicules dont les émissions de gaz à effet de VOIR PAGE A 10 : CLIMAT 1 LA PRESSE CANADIENNE La ministre de l\u2019Éducation, Michelle Courchesne, à son arrivée à l\u2019édifice de la Banque Nationale, où se déroulent les négociations avec les étudiants.Négociations dans l\u2019impasse à Québec Les étudiants menacent de se retirer ANTOINE ROBITAILLE Correspondant parlementaire à Québec Les négociations «de la dernière chance» à Québec sont dans une impasse entre le gouvernement Charest et les associations étudiantes depuis le début soirée hier.Les associations n\u2019excluent même pas de quitter la table ce matin.Au moment d\u2019écrire ces lignes, les parties discutaient toujours, mais les deux se disaient respectivement en attente d'une contre-offre de la part de l'autre, ce qui traduisait une «confusion de la situation», a dit une source proche des négocations.« Cest un moment difficile, honnêtement, on traverse un moment difficile », a admis la ministre de l\u2019Éducation, Michelle Courchesne, vers 20 h, après la pause du souper.« Je ne cache pas qu\u2019on a un enjeu et un défi de taille », a-t-elle dit.La ministre a expliqué qu\u2019après avoir rejeté, mardi après-midi, la première offre du gouvernement \u2014 qui consistait à réduire l\u2019ampleur de la hausse prévue (de 1778 $ sur sept ans) d\u2019un montant de 35 $ par année \u2014 les étudiants ont déposé une première contre-offre qui respectait les « paramètres » du gouvernement; à la surprise de celui-ci, a-t-on raconté.Hier matin d\u2019ailleurs, le ministre des Fi- VOIR PAGE A 10 : IMPASSE Lire aussi > La chronique de Michei David: L\u2019œuf de Colomb Page A 3 Aujourd\u2019hui Actualités > Nouvelle charge antisyndicale de Régis Labeaume.Le maire réclame le droit au lockout et à la sous-traitance.Page A 4 Le Monde > La chronique de Ciaude Lévesque: Lincurie romaine.Page B 7 7\t______ , Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B5 B4 B8 B8 B4 B6 Chroniques de morts annoncées L\u2019exposition^ la vie à la mort, ou voir la mort en face ISABELLE PARÉ Voir la mort,en face.Ultime tabou s\u2019il en est.A quoi ressemblerons-nous une fois morts?Qui ne s\u2019est pas posé déjà la question, qui ne s\u2019est jamais imaginé étendu sur un lit funeste, ou en train de ronger les pissenlits par la racine, avant de vite balayer de son esprit ces images insupportables?Taraudés par les mêmes questions, deux journalistes ont décidé de confronter l\u2019ultime tabou dans À la vie à la mort, une exposition-reportage qui lève le voile sur la fin de vie de 24 personnes en phase terminale, immortalisées avant et après avoir rendu l\u2019âme.Poignant.Le projet des Allemands Walter Schels, photographe et portraitiste indépendant depuis 40 ans, et de Beate Lakotta, reporter au réputé magazine Der Spiegel, est en soi une histoire à «Pourquoi refuse-t-on de montrer quelque chose de si naturel et d\u2019inéluctable que la mort?» part entière.Conjoints dans la vie, les deux journalistes, que 30 ans d\u2019âge séparent, ont été poussés malgré eux à réfléchir à leur fin de vie, à la mort qui les séparerait tôt ou tard.Après avoir échoué à convaincre leurs patrons de publier leur photoreportage de personnes décédées, Beate prend une année sabbatique pour mener à bien ce projet fou.«Comme journalistes, on s\u2019est dit qu\u2019il fallait lever le voile sur ce sujet effrayant et tabou, mais de façon très directe.Pourquoi rejuse-t-on de montrer quelque chose de si naturel et d\u2019inéluctable que la mort?» défend Beate Lakotta.Le couple amorce alors son approche auprès de mourants, se lie avec les familles, récolte confidences et ultimes regrets.Accrochés à leur téléavertisseur, ils investissent la chambre des mourants, de jour comme de nuit, les ac- VOIR PAGE A 10: MORT WALTER SCHELS Le photographe allemand Walter Schels, avant et après sa mort.Syndrome hollandais Mnlcair veut provoquer un débat national HÉLÈNE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le chef du NPD entreprend aujourd\u2019hui une visite des mines albertaines de sables bitumineux alors que ses critiques de l\u2019industrie continuent de lui valoir des réprimandes.Loin de déplorer cette attention, Thomas Mulcair l\u2019accueille favorablement, y voyant l\u2019occasion de provoquer enfin un débat pancanadien sur l\u2019exploitation des ressources pétrolières au pays.M.Mulcair est arrivé hier soir à Edmonton.Il visitera ce matin les installations de Suncor, notamment son complexe minier et son unité de désulfuration des gaz.Il rencontrera ensuite la mairesse de Fort McMurray \u2014 là où se concentre la production bitumineuse alber-taine \u2014 puis le vice-premier ministre de l\u2019Alberta.«Nous espérons continuer de travailler sur les enjeux de développement durable.Nous estimons que les choses telles qu\u2019elles sont faites n\u2019internalisent pas tous les coûts et que le principe de pollueur-payeur n\u2019est pas appliqué», a expliqué M.Mulcair hier.Le chef du NPD fait de plus en plus les manchettes depuis deux semaines à cause de ses propos concernant l\u2019impact de l\u2019exploitation des sables bitumineux sur les autres secteurs de l\u2019économie canadienne.Selon le groupe Pembina, le Canada souffre de la « fièvre des sables bitumineux » VOIR PAGE A 10 : MULCAIR 77831302832422 A2 LE DEVOIR, LE JEUDI 31 MAI 2012 ACTUALITES Rapport du vérificateur général Gestion à l\u2019aveude des CHSLD AMELIE DAOUST-BOISVERT La mauvaise gestion des CHSLD entraîne des pertes de dizaines de millions de dollars par an, conclut le vérificateur général par intérim Michel Samson, après une enquête dans les régions de Montréal et de Québec.Il a déposé hier un rapport qualifié d\u2019accablant par l\u2019opposition.Le vérificateur général souligne plusieurs lacunes.Dans les seules régions de Montréal et de Québec, 827 patients pourraient habiter en ressource intermédiaire (RI) plutôt qu\u2019en CHSLD.Cela permettrait d\u2019économiser 27 millions de dollars, calcule le vérificateur général.Michel Samson souligne par ailleurs que la moitié des résidents des quatre RI qu\u2019il a visitées pourrait demeurer à la maison si les soins à domicile étaient accessibles.Sans appel d\u2019offres Un contrat de 20 ans de 18 millions de dollars par an, octroyé sans appel d\u2019offres par l\u2019Agence de la santé de la Capitale-Nationale à la résidence Côté jardins en échange de 174 lits, fait également sourciller le vérificateur général.L\u2019agence évoque «l\u2019urgence» dans laquelle cette décision a été prise en 2007 : les urgences de la région de Québec débordaient et les lits de Côté jardins étaient disponibles rapidement.Aussi, dit la conseillère en communication de l\u2019Agence, Pascale St-Pierre, pour expliquer la durée prolongée du contrat, «cela a permis d\u2019attirer un partenaire privé et de négocier le prix».« Ça peut se défendre, mais le contrat aurait dû être moins long et lancer un appel d\u2019offres ensuite», estime le vérificateur général Michel Samson.Pour le ministre de la Santé, Yves Bolduc, «l\u2019Agence a l\u2019autonomie pour prendre ce type de décision», mais «le délai de 20 ans semble long».Il a précisé qu\u2019il comptait «questionner» l\u2019agence à ce sujet.De plus, malgré tous les efforts déployés, de plus en plus de patients en attente d\u2019hébergement occupent des lits dans les hôpitaux, causant par effet domino l\u2019engorgement des ur- gences et l\u2019allongement des listes d\u2019attente en chirurgie.Cette situation a connu une augmentation de 21% entre 2006 et 2010 au Québec, selon le vérificateur général.Selon le vérificateur général, les tarifs d\u2019hébergement pourraient être revus.«Je ne ferai pas de parallèle avec les droits de scolarité, a déclaré Michel Samson en conférence de presse, mais les contributions sont les mêmes depuis une quinzaine d\u2019années.» Si les 61% d\u2019hébergés qui paient la contribution maximale assumaient le coût réel du gîte et du couvert, soît 2147 $ par moîs plutôt que 1665$ actuellement, 111 millions pourraient être récupérés, selon lui.Le ministre de la Santé s\u2019est montré ouvert à une augmentation de tarifs, en point de presse.«Je ne suis pas certain que ça pourrait rapporter des montants aussi importants, mais s\u2019il y a des iniquités à corriger, on va les corriger», a dit Yves Bolduc.Réactions A la période de questions, la chef de l\u2019opposition officielle.Pauline Marols, a qualifié le rapport du vérificateur général de «dévastateur».«Accablant», dit pour sa part la Coalition avenir Québec, qui dénonce la fermeture de 700 lits en CHSLD.Le ministre de la Santé soutient que le travail «est amorcé depuis quatre ans».A propos de la longue liste d\u2019attente pour une place en CHSLD, 11 a affirmé à la période des questions (y[f«on ne peut pas faire mourir les patients plus rapidement».Une remarque Ironique, a tenu à préciser son attachée de presse ultérieurement.«La réalité, c\u2019est que nous sommes en train d\u2019ouvrir des ressources intermédiaires, réinjecter l\u2019argent dans les soins à domicile, faire une meilleure évaluation des besoins par l\u2019évaluation de l\u2019autonomie», a dit Yves Bolduc en point de presse.Le Devoir D'ici 2050, il y aura 9 milliards d'habitants sur la Terre.Que mangeront-ils?La population mondiale atteint aujourd'hui les 7 milliards d'habitants - en 2050, elle sera de 9 milliards - et dans l'industrie agro-alimentaire, la demande n'a jamais été aussi forte.Afin de pouvoir nourrir tout le monde à l'avenir, un choix s'offre à nous: trouver une façon de créer de l'espace ou rendre nos terres arables plus productives.La potasse et quelques autres engrais essentiels assurent présentement la moitié de la production agricole mondiale.Ils enrichissent le sol et génèrent des récoltes plus fortes, plus saines et plus riches.Pour en savoir plus sur les avantages de la potasse et voir comment nous contribuons à alimenter l'avenir, visitez PotashCorp.com.V '\t.-¦ AV* .t Société d engrais alimentaires avec les plus grands moyens de production au monde, nous contribuons à alimenter l'avenir en rendant les terres arables plus productives aux quatre coins de la planète.La potasse.On donne un coup de pouce à la nature PotashCorp REUTERS SUBVENTION DES INSTALLATIONS SPORTIVES Des choix politiques sans analyse objective ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Ce sont des choix du cabinet ministériel, sans même que des analyses soient réalisées par les fopctionnaires du ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, qui ont conduit à l\u2019octroi de subventions totalisant 363 millions pour la construction et la rénovation d\u2019installations sportives comme les aré-nas et les terrains de soccer ou de football dans les municipalités du Québec.C\u2019est ce qui ressort du troisième chapitre du dernier rapport du vérificateur général (v.g.) par intérim, Michel Sam-son, chapitre qui porte sur la gestion du Fonds pour le développement du sport et de l\u2019activité physique.Créé en 2006, ce fonds accorde des subventions allant jusqu\u2019à 50% du coût de projets visant des installations sportives.Ainsi, des 918 demandes reçues entre 2006 et 2010, 418 d\u2019entre elles, ou 45%, ont été rejetées d\u2019emblée par le cabinet du ministre Jean-Marc Fournier jusqu\u2019en avril 2007, puis par celui de la ministre Michelle Courchesne sans que des analyses soient effectuées en bonne et due forme par les fonctionnaires, illustre le v.g.à la page 9 du chapitre.«Une certaine iniquité » «Notre examen d\u2019une vingtaine de demandes non analysées confirme que ces projets ont trait à des organismes, à des installations et à des travaux similaires à d\u2019autres projets qui ont été subventionnés.[.] Ainsi, rien ne motive à notre avis cette absence d\u2019analyse», écrit-il.«Il y a une certaine iniquité là-dedans, c\u2019est certain, a souligné Michel Samson en conférence de presse.Il n\u2019y a rien qui nous assure que ce sont les meilleurs projets qui ont été choisis.» Le v.g.n\u2019a pas le mandat de déterminer si ces choix politiques ont donné lieu à du favoritisme, a rappelé Michel Samson.«S\u2019ily a des autorités qui sont concernées par ces as-pects-là, elles vont nous contacter et on va collaborer avec [elles] à ce moment-là.Nous, notre travail, c\u2019est vraiment un travail administratif » Une fois choisis par le personnel politique des ministres, les 500 projets ont fait l\u2019objet d\u2019analyses de la part des fonctionnaires.Or, en examinant 35 de ces dossiers, le v.g.a constaté que «l\u2019analyse détaillée est souvent insuffisante pour soutenir la décision d\u2019attribuer les subventions».Qui plus est, ces avis au ministre sont «incomplets» puisqu\u2019ils ne comportent aucune recommandation explicite quant à l\u2019autorisation ou au rejet des projets.Les fonctionnaires Dans un entretien téléphonique hier, la ministre Michelle Courchesne a soutenu qu\u2019il était impossible, comme l\u2019affirme le v.g., que le personnel de son cabinet ait fait une première sélection des projets.Ce sont ses fonctionnaires qui ont écarté les projets, a-t-elle indiqué.Les constatations du v.g.sont «une nouvelle démonstration du système libéral», selon le chef de la Coalition avepir Québec, François Legault.A ses yeux, il s\u2019agit de la «recette libérale qu\u2019on a vue déjà dans la construction, dans les garderies».Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI SI MAI 2012 A3 ACTUALITES L\u2019œuf de Colomb ^ Michel / David Au moment où les casseroles reprenaient leur tintamarre, le Québec tout entier retenait son souffle dans l\u2019espoir d\u2019une entente qui mettrait fin à trois mois de turbulence.Même ceux qui se félicitent d\u2019un réveil politique aussi contagieux appréhendent un dérapage qui pourrait tout gâcher.Heureusement, le gouvernement est maintenant condamné à trouver un terrain d\u2019entente, quitte à reculer, et les étudiants le savent.Une campagne électorale déclenchée dans ce climat surchauffé serait la plus hargneuse de l\u2019histoire récente du Québec.La tournée du premier ministre Charest deviendrait un véritable chemin de croix dont chaque station menacerait de tourner à l\u2019émeute.Même le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, ne parle plus de geler les droits de scolarité, mais plutôt d\u2019en limiter la hausse.Le mot «moratoire» a également disparu du vocabulaire des représentants des associations étudiantes.Personne ne pouvait cependant croire sérieusement qu\u2019après 108 jours de grève, ils pourraient se contenter de soustraire 35$ à une hausse annuelle de 254$ pendant sept ans.Ils se feraient lyncher dans leurs assemblées.Qn est encore très loin du compte, mais on sait maintenant qu\u2019il est possible de réduire la hausse, ou mêrqe de l\u2019annuler complètement et à coût nul pour l\u2019Etat par un simple ajustement du crédit d\u2019impôt applicable aux droits de scolarité.Les événements des dernières semaines ont cependant démontré toute la justesse du mot de Yogi Berra: «Ce n\u2019est jamais fini tant que ce n\u2019est pas fini.» Au début d\u2019une soirée qui s\u2019annonçait longue, la présidente de la EEUQ, Martine Desjardins, ne cachait pas sa déception devant la lenteur des négociations.Pourquoi a-t-il fallu tout ce temps pour imaginer une solution en apparence aussi simple, qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019œuf de Colomb?D\u2019un budget à l\u2019autre, les fonctionnaires du ministère des Ei-nances, qui ont été appelés en renfort hier, s\u2019ingénient à faire reculer les limites de la créativité comptable.Ils savaient certainement qu\u2019un jeu de vases communicants pourrait régler le problème.Si le fiscaliste Luc Godbout y avait pensé, cette hypothèse ne peut pas leur avoir échappé.Il est très difficile de se défaire de la troublante impression que le gouvernement a sciemment pris un terrible risque avec la paix sociale en laissant tramer les choses à des fins strictement électorales.Le refus obstiné du premier ministre de simplement saluer les leaders étudiants relevait de la provocation.Qu\u2019aucun incident mortel ne soit survenu lors de ces innombrables affrontements entre manifestants et policiers tient presque du miracle.Qu\u2019il s\u2019agisse du Suroît, des subventions aux écoles juives, de la vente du mont Qrford ou encore de la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur la corruption dans l\u2019industrie de la construction, M.Charest a démontré à quel point sa lecture de l\u2019opinion publique peut parfois être erratique.L\u2019effet boomerang de la loi 78 a été franchement spectaculaire.Le gouvernement a voulu faire une démonstration de force, alors que la souplesse aurait été de mise.Il pensait pouvoir gagner une élection sur le dos des étudiants, mais le résultat de ce mauvais calcul est qu\u2019il ne peut plus se lancer en campagne sans un règlement négocié.Tout n\u2019est pas perdu pour autant.Une entente ne fera pas disparaître l\u2019insatisfaction qui n\u2019a cessé d\u2019augmenter au fil des ans, mais la période estivale est généralement propice à un gouvernement, ne serait-ce que parce qu\u2019il se fait qn peu oublier.L\u2019Etat n\u2019a pas à partager avec les associations étudiantes la gestion de la sécurité publique, mais il ne se lancera certainement pas dans une campagne électorale sans que la loi spéciale soit à tout le moins suspendue, sinon carrément annulée.Avec 32% des intentions de vote, selon le plus récent sondage de Léger Marketing (31%, selon CRQP), le PLQ est à son meilleur niveau depuis l\u2019été 2011.Aux élections du 15 novembre 1976, il avait fait le pire score de son histoire avec 33,7% des voix.Cette fois-ci, les mêmes résultats pourraient lui permettre de former un gouvernement minoritaire.La division du vote souverainiste pourrait coûter une bonne demi-douzaine de circonscriptions au PQ, soit au profit du PLQ, par exemple dans Crémazie, soit au profit de la CAQ, comme dans Nicolet-Bécancour.Si les associations étudiantes pensent qu\u2019une éventuelle entente ne sera qu\u2019un expédient temporaire en attendant les prochaines élections, elles risquent d\u2019être déçues.Un gouvernement libéral minoritaire appuyé par la CAQ maintiendrait vraisemblablement la hausse des droits de scolarité, tandis qu\u2019un gouvernement péquiste minoritaire pourrait avoir du mal à l\u2019annuler.Un tel contexte, où les positions des uns et des autres sont souvent dictées par les intérêts électoraux, ne serait pas nécessairement le plus propice à la tenue du grand forum sur l\u2019avenir des universités québécoises que réclament les étudiants.mdavid@ledevoir.com S PEDRO RUIZ LE DEVOIR À 20 h piles, les casseroles ont encore résonné hier à Montréal, mais aussi dans plusieurs autres villes du Québec, du Canada et même des États-Unis.Le Canada aux casseroles Des milliers de sympathisants au mouvement étudiant québécois se sont joints au tintamarre dans une soixantaine d\u2019agglomérations du pays MARCO BELAIR-CIRINO \\ A 20 h, heure de Terre-Neuve-et-Labrador, des dizaines de personnes \u2014 dont une revêtant un chandail du Canadien \u2014 se sont rassemblées au cœur de St.John\u2019s pour.taper sur des casseroles.Au total, quelques milliers de sympathisants du mouvement étudiant québécois ont fait résonner casseroles et cuillers from coast to coast, alors que s\u2019amorçait le premier match de la finale de la LNH.C\u2019était Casseroles Night in Canada.Dénonçant la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement du Québec, mais également la loi 78, adoptée il y a deux semaines par l\u2019Assemblée nationale, ils ont bruyamment manifesté dans une soixantaine d\u2019agglomérations à travers le Canada \u2014 et à certains endroits aux États-Unis et en Europe \u2014 leur «solidarité» avec les mécontents québécois à l\u2019aide dé «armes de libération», c\u2019est-à-dire leurs ustensiles de cuisine.«Le projet de loi 78 est la plus grave menace pour nos libertés civiles depuis la Loi sur les mesures de guerre», a souligné l\u2019instigateur de l\u2019événement, Ethan Cox.«Les gou- Voisins, « sortez casseroles » Le Réseau québécois de Villes et Villages en santé a lancé un appel à tous les Québécois : « Sortez casseroles et BBQ sur le perron ! » « Une des retombées inattendues de ce tintamarre [.], c\u2019est le plaisir exprimé par plusieurs citoyens de faire connaissance avec leurs voisins.[.] Samedi, poursuivons cet esprit de rapprochement communautaire avec la Fête des voisins», invite la coordonnatrice des grands événements au RQWS, Nadine Maltais, dans une invitation diffusée hier sur le fil de presse du gouvernement du Québec.vernements ne peuvent pas être autorisés à résoudre leurs problèmes en légiférant afin de supprimer le droit à la dissidence », a ajouté l\u2019auteur, appelant à ce que cette « loi draconienne» soit abrogée.A Toronto, près de 300 personnes \u2014 pour la plupart des étudiants membres du chapitre on- tarien de la Eédération canadienne des étudiantes et étudiants \u2014 ont tapé sur leur casserole dans le parc Dufferin Grove sous l\u2019œil enchanté de l\u2019ancien dirigeant de la Coalition de l\u2019Association pour upe solidarité syndicale étudiante élargie CASSÉE Xavier Lafrance.« Ça montre la solidarité avec ce qui se passe au Québec, la cause étudiante, mais également la répression à laquelle cette cause-là fait face, mais aussi parce qu\u2019on veut essayer d\u2019apporter l\u2019esprit démocratique combatif de ce mouve-ment-là ici, en Ontario», a affirmé sur les ondes de RDI l\u2019étudiant à l\u2019Université York qui s\u2019était fait connaître lors de la grève étudiante de 2005.Les casseroles du Québec ont trouvé un écho également à Halifax, à Kingston, à Brampton, à Winnipeg, à Kamloops et à Vancouver, alors que des centaines de personnes ont manifesté dans plusieurs villes québécoises, dont Québec et Montréal, où s\u2019est élancée à 20 h 45 la 37® manifestation nocturne consécutive.Le Devoir L\u2019ONU fait la leçon à Québec sur sa loi spéciale Des rapporteurs spéciaux se disent préoccupés par les arrestations massives de la nuit du 24 mai LISA-MARIE GERVAIS Ly Organisation des Nations unies f (ONU) a rabroué le gouvernement du Québec, l\u2019exhortant à respecter les droits des étudiants et des manifestants.Elle a aussi critiqué la loi spéciale adoptée par le gouvernement Charest en soulignant que cette législation «restreint indûment le droit d\u2019association et de réunion pacifique au Québec».L\u2019ONU s\u2019en tient au rapport fait par deux experts indépendants qui ont précisé qu\u2019ils sont en contact avec le gouvernement, qui aurait promis de clarifier ces questions.Les rapporteurs spéciaux auraient particulièrement été préoccupés par les «actes de violence graves» et les arrestations massives de la nuit du 24 mai dernier, alors qu\u2019au moins 700 manifestants ont été arrêtés à travers le Québec.«Il est regrettable que les autorités aient recours à une approche restrictive, plutôt qu\u2019au dialogue et à une médiation pour résoudre la situation actuelle», a fait savoir l\u2019un de ces rapporteurs, Maina Kiai, par voie de communiqué.Selon M.Kiai, la loi 78 fait porter une charge trop importante aux associations étudiantes et le montant de leurs amendes (jusqu\u2019à 125 000$) est «disproportionné » et «de nature à dissuader les étudiants d\u2019exercer leur droit à la liberté de réunion pacifique».Dans leur rapport, les deux experts ont insisté sur l\u2019importance de protéger les droits à la liberté de réunion pacifique, d\u2019expression et d\u2019association des étudiants.Ils reprennent ainsi en bonne partie les arguments avancés par ces derniers qui, en compagnie des syndicats et d\u2019autres individus et organismes de la société civile, ont contesté la loi 78 devant les tribunaux vendredi dernier.Le nouveau règlement municipal adopté par la Ville de Montréal, qui vise à encadrer les manifestations, reçoit aussi son lot de critiques.Les rapporteurs le soupçonnent de présumer d\u2019emblée que les réunions ne seront pas pacifiques.Une législation qui exige qu\u2019un itinéraire soit fourni ne doit pas non plus servir «à des fins abusives pour restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique».Et pour le port du masque?Les individus devraient avoir le droit de porter les habits de leur choix pourvu que cela n\u2019affecte pas le droit des autres, soutient l\u2019QNU.Le Devoir Argenteuil: le Bloc contre l\u2019ancien bloqniste Les vieilles amitiés politiques ont des limites : le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a lancé hier un appel aux électeurs d\u2019Argenteuil pour qu\u2019ils votent en faveur du Parti québécois lors de la partielle du 11 juin.une façon de couper l\u2019herbe sous le pied du candidat de la Coalition avenir Québec, l\u2019ancien député bloquiste Mario Laframboise.Ce dernier a collaboré à l\u2019organisation des campagnes du Bloc au cours des der- nières années, ayant été notamment organisateur en chef en 2011.Il a aussi présidé la campagne au leadership qui a couronné M.Paillé.Mais celui-ci estime que le candidat péquiste (Roland Richer) «a à cœur la souveraineté » et que c\u2019est là l\u2019objectif commun du PQ et du Bloc.« Je me sens bien dans mes valeurs d\u2019appuyer le PQ, a-t-il dit hier.Il faudrait demander à ce candidat caquiste comment il se sent.» M.Laframboise a été député du Bloc entre 2000 et 2011.Il affrontera M.Richer et la libérale Lise Prouk, qui tentera de conserver le siège de David Whissel.- Le Devoir OGILVY monsieur 30*^ sur une sélection de marchandises printemps-été OGILVY depuis 1866 ESPACE HOMME AU 4® 1307, rue Sainte-Catherine Ouest 514.845.4742 ogilvycanada.com A4 LE DEVOIR, LE JEUDI 31 MAI 2012 ACTUALITES Nouvelle charge antisyndicale du maire Labeaume ISABELLE PORTER à Québec Convaincu que le rapport de force entre les maires et les syndicats n\u2019est pas «normal», le maire Régis Labeaume réclame une série de pouvoirs, dont le droit au lockout, la possibilité de recourir à la sous-traitance et un meilleur partage du déficit des régimes de retraite.«Il faut mettre fin aux vaches sacrées et aux tabous dans le secteur municipal», a-t-il lancé hier dans un long discours devant la Chambre de commerce.«La faiblesse actuelle du pouvoir de négociation des villes se traduit par des concessions salariales significatives, dit-il.La tactique syndicale est bien connue: on fait des gains auprès de l\u2019employeur le plus vulnérable, puis on essaie d\u2019inclure ces gains dans les autres conventions collectives.» YAN DOUBLET LE DEVOIR Régis Labeaume Dés lors, il demande au gouvernement de changer la loi à plusieurs égards.Au premier chef, il souhaite faire modifier le Code du travail pour que les villes puissent mettre en lockout leurs employés, comme dans le reste du Canada.D\u2019emblée, on devrait laisser les villes définir seules ce qu\u2019est un service essentiel en cas de conflit et leur permettre de rappeler des travailleurs en invoquant des «situations exceptionnelles ou urgentes».Il réclame aussi l\u2019élimination des planchers d\u2019emplois pour recourir à la sous-traitance et demande au gouvernement d\u2019intervenir pour que les déficits des régimes de retraite soient payés à parts égales par les syndicats et les villes.Il souligne que la contribution de la Ville de Québec au régime de retraite augmente en moyenne de 34,5% par an depuis 2002 et avance que le déficit s\u2019élève à 750 millions de dollars.Enfin, Régis Labeaume s\u2019attaque au système d\u2019arbitrage pour les négociations avec les policiers et les pompiers.Il suggère que les mauvaises conditions de travail des arbitres favorisent les travailleurs.Plutôt qu\u2019un arbitre «pigiste», il voudrait voir af- fectés aux dossiers trois arbitres permanents.«Je ne veux pas remettre en cause l\u2019impartialité de personne, mais on sait qu\u2019un arbitre qui imposerait un gel de salaire se ferait hara-kiri, car il ne recevrait plus d\u2019autre mandat», a-t-il dit.Gérald Tremblay sur une autre planète La Chambre de commerce avait fait salle comble avec cette conférence très attendue.Tous les syndicats municipaux étaient d\u2019ailleurs présents pour s\u2019assurer de pouvoir répliquer sur place aux journalistes.Le maire reproche au monde politique de vouloir pelleter ces problèmes en avant.Il n\u2019a d\u2019ailleurs pas caché son désaccord avec le maire de Montréal en ces matières.Interrogé à ce propos, il a soupiré avant de dire: «On n\u2019est pas sur la même planète.[.] Je l\u2019aime beau- coup, je le respecte, mais honnêtement, on n\u2019a aucune communauté de vision.» En s\u2019exposant ainsi, M.Labeaume voulait engager la population dans les négociations à venir avec les syndicats.Il souhaite que «chaque payeur de taxes connaisse très bien» les conditions de travail des employés de la Ville et leur impact sur son propre compte de taxes.«Je ne serai pas tout seul là-dedans», a-t-il dit hier après la conférence.La Ville est actuellement en arbitrage avec ses pompiers, et les cols bleus ont voté un mandat de grève en avril.Les relations sont tendues avec les fonctionnaires et les policiers, mais ces derniers ont signé leur dernier contrat de travail en 2011.Les uns après les autres, les représentants syndicaux ont mis en doute les données qu\u2019il a avancées.«Il y a des chiffres là-dedans qu\u2019il faut faire vérifier par nos actuaires», a lancé la vice-présidente du syndicat des fonctionnaires, linda Bélanger.Du côté des cols bleus, Marc-André Dufour a parlé de «poudre aux yeux» et avancé que «la vérité dans la vie se situe un peu plus dans le milieu».Il a toutefois reconnu qu\u2019il y avait «des problèmes» avec les régimes de retraite et place à l\u2019améHoration.Chez les policiers, on a fait valoir que la Ville avait constitué elle-même son déficit des régimes de retraite en se donnant des congés de cotisation avant 1986 «avec la bénédiction du gouvernement».Les pompiers ont quant à eux défendu les règles d\u2019arbitrage, qui «sont ben correctes», et leur arbitre actuel, «qui fait du bon travail».Le Devoir CONÇ'UT AVEC\t, , LE VERIFICATEUR GENERAL Montréal peut aller en appel JEANNE CORRIVEAU La Ville de Montréal pourra en appeler du jugement rendu en mars dernier par la Cour supérieure au sujet du litige qui perdure avec son vérificateur général, mais elle devra payer les honoraires d\u2019avocats de Jacques Bergeron, a décrété la Cour d\u2019appel dans une décision rendue hier.En 2011, le vérificateur général a intenté une poursuite contre la Ville de Montréal afin de faire déclarer illégales les intrusions répétées dans sa boîte de courriels.En attendant que la cause soit débattue sur le fond, Jacques Bergeron a réclamé que la Ville acquitte ses factures d\u2019honoraires d\u2019avocats, soit plus de 300000$, ce qui lui a été accordé par la juge de la Cour supérieure Guylène Beaugé le 5 mars dernier.Estimant que la juge a commis plusieurs erreurs en droit, la Ville s\u2019est adressée à la Cour en avril dernier pour demander l\u2019autorisation de porter la décision en appel.Dans une décision rendue hier, la juge Marie St-Pierre accorde à la Ville la permission d\u2019interjeter appel, mais elle rejette sa demande de surseoir à l\u2019exécution provisoire du jugement de la Cour supérieure.Ainsi, la Ville n\u2019aura d\u2019autre choix que d\u2019assumer les frais d\u2019avocats du vérificateur même si elle avait fait valoir à la Cour qu\u2019en vertu de la Loi sur les cités et villes, la Ville n\u2019avait pas à payer les frais d\u2019avocats d\u2019un fonctionnaire qui la poursuit.«Le jugement attaqué jouit d\u2019une présomption de validité et il appartient à celui qui s\u2019en plaint d\u2019en démontrer la faiblesse apparente, souligne la juge St-Pierre.Tout en reconnaissant que les questions soulevées sont importantes et sérieuses, je ne peux pas dire que le jugement est entaché de faiblesses majeures ou apparentes», ajoute-t-elle.L\u2019audience en Cour d\u2019appel aura lieu le 26 octobre prochain.Le Devoir Les arrondissements nagent dans les surplus, selon Michael Applebaum JEANNE CORRIVEAU Les arrondissements montréalais se plaignent depuis des années de leur sous-financement, mais s\u2019il faut en croire le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Michael Applebaum, ils nagent dans les surplus.Alors que la ville centre doit se contenter d\u2019un excédent de 27 millions de dollars au terme de l\u2019année 2011, les arrondissements, eux, disposent de surplus accumulés totalisant 190 millions de dollars, a fait valoir hier M.Applebaum.Lors de rencontres avec les médias hier, M.Applebaum a dressé le bilan des états financiers de la Ville.Selon lui, les chiffres en disent long sur la réalité financière des arrondissements.«Certains élus ont dit que tout l\u2019argent était à la ville centre, mais quand on regarde les chiffres, ce n\u2019est pas le cas», a indiqué M.Applebaum.Passant en revue les surplus enregistrés par les arrondissements qui se sont plaints haut et fort au cours des derniers mois, il a été particulièrement cinglant à l\u2019endroit des maires issus des partis d\u2019opposition.Des exemples L\u2019arrondissement du Sud-Ouest, qui avait décrété la fermeture d\u2019une piscine pour boucler son budget \u2014 avant de revenir sur sa décision par la suite \u2014, a fini l\u2019année 2011 avec un surplus de 4,2 millions, a souligné M.Applebaum.Malgré ses récriminations, Lachine, qui avait mis à pied 15 employés et aboli les camps de jours, a récolté un surplus de 3,4 millions.«C\u2019est 10% de leur budget, c\u2019est énorme», commente M.Applebaum.Le Plateau-Mont-Royal s\u2019est distingué du lot en terminant l\u2019année avec un déficit de 94000$.«Tout le monde a été capable de faire un surplus, mais pas eux», note M.Applebaum.Quant à l\u2019arrondissement de Mercier-Ho-chelaga-Maisonneuve, il a utilisé la totalité de JACQUES NADEAU LE DEVOIR Michael Applebaum, photographié ici lors d\u2019une conférence de presse en compagnie du maire Gérald Tremblay, a dressé hier le bilan des états financiers de Montréal.son surplus 2011 pour boucler son budget 2012.«Ils n\u2019ont pas fait de compressions comme on le leur avait demandé.Ils ont pelleté ça en avant.[.] Ce n\u2019est pas une façon de gérer un arrondissement», tranche M.Applebaum.Les chiffres dévoilés par M.Applebaum sont exacts, mais ils sont trompeurs, estime Marie Qtis, attachée de presse du maire du Sud-Quest, Benoit Dorais.«On a l\u2019air riches, mais de notre surplus de 4,2 millions, il faut enlever 2 millions pour combler notre déficit de 2012 et 1,1 million pour une dette contractée pour l\u2019achat du terrain de l\u2019ancienne usine Seracon qui sera transformé en parc», explique-t-elle.De son côté, la mairesse de Villeray-Saint-Mi-chel-Parc-Extension, Anie Samson, souligne que l\u2019hiver a été clément, ce qui a bien servi les arrondissements.«On a été chanceux et on a eu un boom immobilier intéressant, mais ça ne règle rien à long terme», dit-elle.La sortie de M.Applebaum survient à une semaine du dévoilement de sa réforme sur le financement des arrondissements qui doit régler les iniquités budgétaires au sein de la Ville.Après avoir consulté les 19 arrondissements montréalais afin d\u2019entendre les doléances des maires, M.Applebaum compte soumettre ses recommandations au comité exécutif mercredi prochain.Michael Applebaum n\u2019a pas voulu révéler le contenu de la réforme qu\u2019il présentera, mais celle-ci pourrait contenir une indexation de la dotation aux arrondissements et une bonification du fonds de développement.La Commission des finances fera ses propres recommandations demain.Le Devoir UNE EC01£ DE CITOYENNEIE www.inm.qc.ca/ee2012 AUX AIRS DE FESI1VAL\tfi ecoledele POUR 1£S 15 À 35 ANS ?@eejnm I #ee2012 ON PASSE Devenez des leaders citoyens CONFÉRENCIERS INSPIRANTS I ATELIERS ENGAGEANTS I RENCONTRES FASCINANTES IDÉES EFFERVESCENTES I SOIRÉES ENDIABLÉES I PROJETS INNOVANTS Hugo Latulippe Françoise\tLaure David\tWdridel A'A lA.Thomas Mulcair Réalisateur Québec solidaire Ëcosoclologue Journaliste et Nouveau Parti Ëqulterre animateur démocratique * I Sieven\tDominique\tLucGodbout\tPierre Curzi\tMarie-Maude Gullbeault\tAnglade\tProfesseur\tDéputé\tDenis Ëqulterre\tCoalition\tindépendant\tJournaliste Coalition Avenir Québec Ainsi que : Léo Bureau-Blouin, FECQ * Martine Desjardins, FEUQ * Gabriei Nadeau Dubois, CLASSE et plusieurs autres ! L'École d'été est soutenue Financièrement par le Secrétariat à la jeunesse dans le cadre de la Stratégie d'action jeunesse 2009-2014.QO LE DIRECTEUR GÉNÉRAL\tDeSltlTClInS\tTi FONDS SCFP I6V6\tLÆS ÉLECTIONS DU QUÉDEC\tBdil Cahse d'économie solidaire\tIntematfcnauxAiQiébec de solidarité FTQ\tt - FQrlenalies médio métr® LEDEVOIR Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 t ROLEX Inondations à Montréal: impossible de mieux faire Il faudra peut-être s\u2019habituer à ces images d\u2019égouts qui explosent et libèrent de puissantes colonnes d\u2019eau : selon le maire de la ville de Montréal, Gérald Tremblay, aucun réseau d\u2019aqueduc n\u2019est capable de supporter le débit d\u2019eau amené par des pluies aussi violentes que celles de mardi après-midi.Hier, M.Tremblay a indiqué que la métropole a reçu 54 mm d\u2019eau en 30 minutes.C\u2019est là un minimum, a-t-il ajouté, puisque les forts vents ont probablement faussé les données et «sous-estimé d\u2019environ 20 mm» le total reçu.«Aucun réseau collecteur n\u2019aurait pu gérer la quantité d\u2019eau tombée», a soutenu M.Tremblay.«On peut bien investir des milliards, mais c\u2019est impossible pour le réseau d\u2019absorber autant d\u2019eau [aussi vite] ».Par ailleurs, le maire s\u2019est dit «conscient» des dommages subis par plusieurs propriétés, mais a laissé entendre que ce sera aux assureurs privés de voir au suivi.«Les pluies abondantes que nous avons connues ne sont plus des événements d\u2019exception.Il faut considérer des options concrètes pour faire face aux répercussions de ces changements climatiques», a rétorqué l\u2019élue de Vision Montréal Chantal Rouleau, vice-présidente de la Commission permanente sur l\u2019eau, l\u2019environnement, le développement durable et les grands parcs.- Le Devoir http://www.inm.qc.ca/ee2012 Décollez ! A6 LE DEVOIR LE JEUDI SI MAI 2012 ACTUALITES FORMATION LINGUISTIQUE SUR LA COLLINE L\u2019opposition accuse les conservateurs de faire peu de cas du bilinguisme MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa En reléguant la formation linguistique aux budgets des députés, le gouvernement conservateur montre une nouvelle fois son mépris pour le bilinguisme au pays, ont scandé les partis d\u2019opposition.Comme le publiait hier Le Devoir, en vertu des réductions budgétaires imposées à tout l\u2019appareil gouvernemental par les troupes de Stephen Harper, la Chambre des communes ne paiera plus les cours de langue seconde offerts aux employés des députés et des chefs politiques.Ce sera aux élus d\u2019en assumer les coûts, à même leur budget d\u2019environ 315000$ par année.« Ça va être très négatif pour le bilinguisme sur la colline parlementaire», a déploré le néodémocrate Yvon Godin.Mécontents de la décision, ses collègues ont demandé aux agents des Communes de faire machine arrière, et ils espèrent obtenir une réponse d\u2019ici la prochaine rencontre du bureau de régie interne lundi.Car le bureau avait simplement approuvé une réduction budgétaire pour les députés et non cette mesure particulière.Celle-ci va trop loin, selon eux, puisque les néodémocrates croyaient que seuls les cours offerts à l\u2019extérieur d\u2019Ottawa seraient retranchés.Or ce sont tous les cours qui ne seront plus payés pour les employés des députés et des chefs politiques.Une affaire de budget Au moins un député conservateur avait déjà laissé entendre hier que l\u2019apprentissage d\u2019une langue seconde pourrait bel et bien être écarté pour ses employés.Quand on lui a demandé s\u2019il y consacrerait une partie de ses fonds, James Lunney, de la Colombie-Britannique, a rétorqué que les «budgets sont déjà sujets à des restrictions.Ils sont gelés».Une réponse que craignaient justement les députés de l\u2019opposition.D\u2019autres au Parti conservateur ont répondu qu\u2019ils y réfléchiraient le moment venu, laissant entendre qu\u2019ils seraient quant à eux disposés à dégager l\u2019argent nécessaire.Or cette décision «envoie le signal aux gens du pays que les conservateurs ne prennent pas le bilinguisme officiel aussi au sé- rieux qu\u2019ils le devraient», a accusé Don Davies, du NPD.«Banaliser cela au point de dire que c\u2019est strictement une question budgétaire, ça démontre le manque de sensibilité de ce gouvernement», a renchéri le libéral Denis Coderre.Le ministre des Langues officielles, James Moore, a refusé de commenter le dossier, tout comme son collègue de la Francophonie, Bernard Val-court, et le représentant du premier ministre au Québec, Christian Paradis.Le Devoir CCQ : les employés de bureau réclament l\u2019intervention de Qnébec KATHLEEN LEVESQUE Les employés de bureau de la Commission de la construction du Québec (CCQ) réclament l\u2019intervention du gouvernement dans le conflit qui les oppose à la p.-d.g.Diane Lemieux, dont la poigne serait à l\u2019origine de «l\u2019enlisement des négociations».C\u2019est ce qu\u2019a soutenu hier en conférence de presse le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB), qui annonçait qu\u2019à moins d\u2019une entente dans les prochains jours, quelque 600 syndiqués de la CCQ déclencheront une grève générale illimitée dès lundi prochain.Le SEPB a demandé à la ministre du Travail, Lise Thériault, ainsi qu\u2019à la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, de s\u2019impliquer dans le dossier.Sans contrat de travail depuis 2009, le syndicat estime que l\u2019arrivée de Diane Lemieux à la barre de la CCQ depuis un an a accentué le conflit Selon le directeur exécutif du SEPB, Serge Cadieux, la p.-d.g.de la CCQ est «personnellement responsable de l\u2019enlisement des négociations et du gâchis actuel à la CCQ» par son attitude d\u2019affrontement Le syndicat table sur la volonté du gouvernement de mettre de l\u2019ordre dans l\u2019industrie de la construction pour obtenir gain de cause.11 a souligné qu\u2019une grève générale entraîne- rait des perturbations importantes, dont le vote d\u2019allégeance syndicale géré par la CCQ qui débute lundi, ainsi que l\u2019inspection des chantiers.Etonnement A la CCQ, on rejette cette interprétation en rappelant que les 300 inspecteurs de la CCQ ne sont pas membres du SEPB.«Pour ce qui est du scrutin postal qui se déroule du 4 au 25 juin, nous sommes en mesure de le tenir sans aucun problème», a soutenu Louis-Pascal Cyr, du cabinet de M™ Lemieux.M.Cyr s\u2019est par ailleurs étonné de la demande syndicale pour une intervention du gouvernement.«C\u2019est le monde à l\u2019envers! Dans des conflits récents, comme ceux d\u2019Air Canada, de Postes Canada et de CP, les syndicats, qui ont d\u2019ailleurs la même filiation que le SEPB, ont dénoncé l\u2019intervention du gouvernement parce que ça faussait le jeu de la négociation.[.] On voudrait que le syndicat soit sérieux et soit prêt à discuter», a ajouté M.Cyr.Lors d\u2019une assemblée tenue mardi, les syndiqués ont rejeté à 86% la dernière offre de l\u2019employeur.Au cœur du litige : le régime de retraite, qui connaît un déficit actuariel important de 136 millions.La CCQ propose de réduire la cotisation de l\u2019employeur qui est assumée par les entrepreneurs en construction.Le Devoir Anniversaire à Sagard Anonymous frappe encore.Les pirates informatiques Anonymous ont diffusé hier une vidéo de 120 minutes réalisée semble-t-il le 30 août 2008, à l\u2019occasion d\u2019une réception fastueuse pour l\u2019anniversaire de Jacqueline «Jacky » Desmarais, épouse du président du comité exécutif de la multinationale Power Corporation, Paul Desmarais.On y voit défiler à Sagard, le vaste domaine de la famille Desmarais, un grand nombre de personnalités de domaines divers, dont George H.W.Bush, Jean Charest et Luc Plamondon, qui a créé pour cet anniversaire une scène de comédie musicale dédiée à M™® Desmarais.Les images de cette soirée courent depuis sur plusieurs réseaux sociaux.Elles posent, aux yeux d\u2019Anonymous, des questions sur les rapports qu\u2019entretient entre elle la classe dirigeante du pays.A voir au www.ledevoir.com Colis macabres La police recherche un suspect : Luka Rocco Magnotta Sordide histoire.Soupçonné d\u2019être derrière le meurtre d\u2019un individu \u2014 dont un pied et une main ont été expédiés il y a deux jours par la poste à Qttawa \u2014, Luka Rocco Magnotta est sous le coup d\u2019un mandat d\u2019arrêt.L\u2019homme, âgé de 29 ans \u2014 connu également sous les pseudonymes Eric Clinton Newman et Vladimir Romanov \u2014, habitait depuis environ quatre mois dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, à proximité de l\u2019endroit où a été retrouvée il y a deux jours une valise renfermant un torse humain dans un étaj de décomposition avancé.A Qttawa, également mardi, un colis contenant un pied humain a été découvert par une réceptionniste au bureau national du Parti conservateur.«En ouvrant le colis, nous avons vu ce qui ressemblait à du sang et une odeur extrêmement répugnante s\u2019est dégagée.[.] Nous ne sommes pas près de l\u2019oublier», a indiqué un porte-parole du parti politique par voie de communiqué.Un second paquet, qui contenait une main, a été adressé au Parti libéral, mais il a été intercepté à un centre de tri de Postes Canada.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé que les deux colis provenaient de la métropole québécoise, précisant que ces découvertes étaient liées au torse retrouvé à l\u2019intersection de la place Lucy et du boulevard Décarie.« C\u2019est carrément dégueulasse [.] c\u2019est morbide, c\u2019est malade », a lancé le député libéral Denis Coderre.«C\u2019est un désastre et c\u2019est terrible pour les personnes affectées», a quant à lui commenté le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Nathan Cuellen.« Horrible » En point de presse, hier après-midi, le porte-parole du SPVM, lan Lafrenière, a qualifié le crime dé «horrible».D\u2019autres parties du corps de la victime avaient été retrouvées sur les lieux du crime, a-t-il fait savoir, sans vouloir préciser lesquelles.M.Lafrenière a aussi indiqué que la victime et le suspect se connaissaient.«Quel était le lien entre eux?On l\u2019ignore pour l\u2019instant», a-t-il indiqué.Avec La Presse canadienne Le Devoir Échangeur A-20/A-25/R-132 ENTRAVES MAJEURES Fin DE SEMAINE DU 1 JUIN 2012 (du vendredi 23 h au lundi 5 h 30) Deux voies disponibles dans chaque direction sur l'autoroute 20/25, à Longueuil.\u2022 Fermeture des accès à l'autoroute 20 est (en direction de Québec) et à l'autoroute 25 nord (en direction de Montréal) en provenance de la route 132, de 8 h 30 à 23 h samedi et dimanche.Note : la mise en place du chantier se fera de 23 h 59 à 2 h dans la nuit de vendredi à samedi et son démantèlement de 3 h à 5 h dans la nuit de dimanche à lundi.Pendant ces périodes, il y aura une voie disponible vers Montréal et deux voies vers Québec île Charron DÉTOUR Les détours seront balisés à l'aide de panneaux de signalisation.En cas de conditions météorologiques défavorables, cette Intervention sera reportée.% Vers Montreal Vers Quebec Longueuil FACILITEZ VOS DÉPLACEMENTS QUÉBEC Composez le 511 OU consultez le www.quebec511.info _____ Pour commentaires : dtem @mtq.gouv.qc.ca\t- i P Transports Québec porter raffinée sur toute la ligne Derniere journée demain ! 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Écononnisez jusqu\u2019à 50 % sur tous les tarifs de base.Réservez d\u2019ici minuit le vendredi 1®' juin avec le code AIR Vols au départ de Montréal.Voyagez entre le 9 juin et le 14 décembre 2012.Mentionnez le code AIR Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.* Le rabais est compris dans les tarifs.Tarifs à partir de : HALIFAX 2 par jour TORONTO SAULT STE.MARIE \u2019 ST.JOHN\u2019S 17 par jour SUDBURY T THUNDER BAY TIMMINS WINDSOR BOSTON 127 $ 109 $ 190 $ 260 $ 188 $ 194 $ 194 $ 180 $ 221 $ Taxes et frais compris À Taxes et frais compris À Taxes et frais compris À Taxes et frais compris CHICAGO Y MYRTLE BEACH T NEW YORK T WASHINGTON À partir du 13 septembre\tDulles 221 $ 366 $ 184 $ 235 $ Taxes et frais compris À Taxes et frais compris jl Taxes et frais compris À Taxes et frais compris Réservez en ligne ou contactez votre agent de voyages.Taxes et frais compris À Taxes et frais compris ,0055?^ Taxes et frais compris À Taxes et frais compris Jl Taxes et frais compris flyporter.com \u2019Réservation avant le 1 juin 2012.Voyagez entre le 9 juin et le 14 décembre 2012.Jusqu'à 50 % de rabais sur nos tarifs de base.Le rabais s\u2019applique au tarif de base sans frais ni taxes.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.Les tarifs annoncés peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Porter peut exiger un achat à l\u2019avance dans certains marchés.Tarifs aller simple en classe Fixe au départ de la ville.Les tarifs à destination de la ville peuvent être différents.Nouvelles réservations seulement.Les tarifs incluent les taxes gouvernementales et les frais obligatoires.Ces montants peuvent aller jusqu\u2019à 150 $ par aller simple selon la destination.Les taxes étrangères fluctuent selon le taux de change en vigueur.Les frais pour des servioes optionnels, tels que les changements d\u2019itinéraire, les bagages supplémentaires, la présélection de siège ou d\u2019autres demandes spéciales, peuvent s\u2019ajouter au montant total.Tarifs non remboursables.Il est possible de changer d\u2019itinéraire moyennant des frais allant jusqu\u2019à 200 $ par personne et par trajet, plus toute différence de tarif.Les tarifs sont fonction de la disponibilité.Certaines conditions (incluant des frais de 20 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage, et les frais pour bagages excédentaires et/ou trop lourds) peuvent changer sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à l\u2019émission du billet.Renseignez-vous auprès de Porter ou de votre agent de voyages. A 8 LE DEVOIR LE JEUDI SI MAI 2012 EDITORIAL RECENSEMENT A Eh oui ! Le Québec vieillit ! Les données du recensement 2011 confirment ce que nous savions déjà : le Québec vieillit plus vite que la moyenne canadienne malgré un taux de fécondité à la hausse.À elle seule, l\u2019immigration ne suffira pas à contrer les effets de ce vieillissement, il faudra plus.Quoi, et surtout comment?cause d\u2019un baby-boom plus imposant qu\u2019ail-leurs au monde, le nombre de Canadiens et de Québécois qui atteindront l\u2019âge de la retraite d\u2019ici une dizaine d\u2019années est évidemment plus élevé que dans la plupart des pays développés.Or, pour remplacer cette main-d\u2019œuvre sortante, le nombre des 15-64 ans qui composent la population active sera insuffisant, et pour la première fois il ira même en diminuant en termes absolus.Même l\u2019Ontario, avec qui nous avons l\u2019habitude de nous comparer, n\u2019aura pas à faire face à un tel déclin de sa population active malgré l\u2019importante augmentation de ses retraités.Pour contrer le phénomène, il y a bien sûr l\u2019immigration et la hausse du taux de fécondité, mais cela ne suffira pas.Et dans l\u2019ensemble canadien, la place du Québec, comme celle de toutes les provinces situées à l\u2019est de la Saskatchewan, continuera donc à diminuer au profit de l\u2019Ouest, dont la proximité avec l\u2019Asie et la croissance économique attirent des travailleurs de partout, y compris du Québec et de l\u2019Ontario.De ces prévisions peu réjouissantes que le recensement de 2011 ne fait que confirmer, la plupart des économistes ont déjà conclu qu\u2019elles appellent à des interventions aussi énergiques qu\u2019urgentes étant donné leurs conséquences sur l\u2019emploi, le PIB et les revenus des habitants comme ceux des gou-\\ r .vernements.Comment rehausser ou seule- ]\t\u2014\tment maintenir la qualité des services publics Â\t- ,\tsans creuser les déficits de l\u2019État si les revenus stagnent ou, pire, s\u2019ils diminuent?Pendant plusieurs décennies, le gouvernement fédéral s\u2019était donné pour mandat de rétablir un certain équilibre financier entre les provinces par ses programmes de péréquation, d\u2019assurance-emploi et les importants transferts en éducation, en santé et en services sociaux.Or, depuis les libéraux de Jean Chrétien et surtout depuis l\u2019arrivée des conservateurs, on a éliminé les facteurs de redistribution de richesse d\u2019à peu près tous les programmes de transfert à l\u2019exception de la péréquation, dont on a tout de même plafonné le budget.De plus, tout indique que les réformes à venir tendront pour la plupart à réduire les dépenses fédérales dans l\u2019économie des provinces au profit de baisses d\u2019impôt permanentes pour les entreprises et les contribuables prospères.Les provinces pourront toujours suivre l\u2019exemple du Québec, qui a récupéré les points de TPS à son avantage.Mais pour le reste, il ne faut plus s\u2019attendre à grand-chose d\u2019Ottawa en matière de développement régional et sectoriel, du moins tant que les conservateurs seront au pouvoir.Dans ces conditions, si le Québec veut améliorer son sort, il doit s\u2019atteler à imaginer des stratégies de croissance qui lui soient propres.Que ce soit par l\u2019exploitation des ressources et leur transformation, le développement technologique et les sciences de la vie, pour trouver sa place et croître, toute nouvelle stratégie devra faire appel à un modèle de partenariat économique qui fasse appel à la participation des citoyens, même lorsque les décisions ne font pas Tunanimité.Au cours des neuf dernières années, le gouvernement Cha-rest, comme le gouvernement Harper, a voulu imposer une vision unilatérale du développement dans laquelle seuls les investisseurs et les amis du régime avaient leur mot à dire.Convaincu qu\u2019il saurait se passer des syndicats, des environnementalistes et surtout des citoyens concernés, dont la jeunesse, il a échoué.Ce fut le cas du dossier des hydrocarbures, de celui de l\u2019éolien, du Plan Nord, de la hausse des droits de scolarité et même de l\u2019imposition de la contribution santé, qui aurait été mieux acceptée sous une forme plus progressive.Pour avancer, une société a non seulement besoin d\u2019investissements, ce qui va de soi, elle a aussi besoin de la complicité d\u2019une population qui y trouve son compte.C\u2019est à cela que nos gouvernements doivent maintenant s\u2019atteler.Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO Lf\tPREmPRE PR MfSuREî Cot^iTRi ufÇ\tToRRENTiELteS \u2014/ WiàÇ CtXiC Av£AÇ£ il ! « PfBOROfMEMTs  /% \\ l-\u2019 i/wASfPf MoNTrIALI ùll & ¦ LETTRES Lois spéciales: l\u2019équilibre du système de relations du travail est menacé Après être intervenue dans les conflits chez Poste Canada et Air Canada, la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, a déposé le 28 mai dernier à la Chambre des communes un projet de loi spéciale pour forcer les employés en grève du Canadien Pacifique à retourner au travail.Depuis son élection le 2 mai 2011, le gouvernement Harper a mis son grain de sel à quatre reprises dans les relations du travail d\u2019entreprises capadiennes.Un tel interventionnisme de l\u2019État dans les relations entre un syndicat et un employeur est-il nécessaire ?L\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés estime que la liberté de négocier est une des pierres angulaires de notre régime de relations du travail.Cette succession de lois spéciales nous porte à penser que le gouvernement conservateur entend les choses autrement.L\u2019imposition par un tiers des conditions de travail d\u2019une entreprise n\u2019est pas une solution permettant de préserver la paix industrielle.Cela menace en effet l\u2019équilibre du système de relations du travail.L\u2019Ordre considère qu\u2019un règlement négocié est toujours préférable à une solution imposée aux parties.Selon madame Raitt, une intervention du gouvernement dans le conflit du Canadien Pacifique est nécessaire vu les impacts qu\u2019il pourrait avoir sur l\u2019économie du Canada.Il existe un qualificatif très clair pour un service qui doit être maintenu en tout temps : essentiel.Si le gouvernement du Canada estime que les services offerts par le Canadien Pacifique, par Air Canada ou par Poste Canada sont essentiels, ne devrait-il pas prendre les dispositions législatives nécessaires pour que cela soit reconnu ainsi dans la loi canadienne?De cette manière, travailleurs, syndicats et gestionnaire sauraient à quoi s\u2019en tenir et le droit de négociation serait respecté.Autrement, l\u2019Ordre demande au gouvernement fédéral de laisser les parties négocier librement selon les dispositions et mécanismes du Code canadien du travail.Florent Francœur CRHA, président-directeur général de l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés Le 30 mai 2012 À nos chéquiers, maintenant ! Depuis trois mois.Le Devoir et son site Internet reflètent les opinions les plus diverses sur ce qu\u2019il convient d\u2019appeler la crise étudiante.Au travers de cette diversité, un trait commun semble se dessiner : l\u2019instruction, tous trouvent que c\u2019est important.Et qu\u2019il faut y injecter davantage de sous.La seule différence entre carrés verts et rouges, dès lors, a trait à la provenance desdits sous.Les uns déclarent que la collectivité, pauvres comme riches, doit tout casquer alors que les autres invitent les étudiants à investir 20% du coût de leur propre projet éducatif \u2014 la collectivité continuant de payer le reste.Mais pourquoi devrions-nous attendre que le gouvernement passe aux actes ?Pourquoi n\u2019évitons-nous pas cet intermédiaire inefficace ?Pourquoi ne hâtons-nous pas ce résultat tant espéré ?Passons de la parole gratuite au geste: contribuons à améliorer les choses.Les avenues sont nombreuses.Les universités disposent de fondations qui ne demandent qu\u2019à recueillir nos dons.Mais oui, j\u2019entends déjà les protestations: «Les universités sont mal gérées et doivent faire le ménage dans leurs murs avant de recevoir un sou de plus.» L\u2019affirmation me semble gratuite, mais passons outre : ce n\u2019est pas un prétexte pour être radin.Tiens, pensons à l\u2019instruction primaire, trop souvent délaissée.La Société de Saint-Vincent de Paul, avec l\u2019Opération bonne mine, aide les enfants moins favorisés à payer leurs fournitures scolaires.Le Club des petits-déjeuners aide les enfants à bien commencer leur journée en classe leur assurant de n\u2019avoir pas le ventre creux.Pallier le vide des casseroles à la maison : voilà qui me semble vraiment utile.Les avenues ne manquent pas.En toute logique, tous ceux qui ont applaudi, ou conspué, le mouvement étudiant ne devraient pas hésiter à manifester un réel appui à l\u2019instruction en faisant un chèque.De combien?Un montant me vient à l\u2019esprit.325$.Oserai-je lancer un défi?François St-Pierre Le 29 mai 2012 LIBRE OPINION Violence à Lionel-Groulx : voici notre version COLLECTIF D\u2019AUTEURS Les événements qui ont mené au déploiement des forces de la Sûreté du Québec sur le territoire du collège Lionel-Groulx le 15 mai dernier sont comparables à la fameuse expérience de Stanley Milgram.En effet, l\u2019expérience menée par Milgram au début des années soixante a démontré qu\u2019un sujet isolé, soumis à une figure d\u2019autorité se situant dans la même pièce, arrivait à administrer des charges électriques mortelles à une troisième personne se trouvant dans une pièce contiguë.Le sujet isolé renonce ainsi à son autonomie, à son sens moral, et ne devient qu\u2019un agent exécutif de l\u2019autorité.C\u2019est ce rôle d\u2019agent exécutif manipulé par l\u2019autorité qu\u2019a revendiqué la direction du collège en le martelant à son propre personnel, à ses étudiants et aux médias.«J\u2019ai exécuté cette injonction contre ma volonté personnelle, il faut le dire.Je le faisais parce que je ne voulais pas placer mon collège en situation d\u2019outrage au tribunal», a plaidé Monique Laurin, la directrice générale de Éionel-Grouk, dans La Presse le 16 mai.Or, la direction du collège n\u2019évolue pas en vase clos sous la tutelle de Jean Charest, du juge en chef Erançois Rolland, qui a émis l\u2019injonction, ou de l\u2019avocat Claude Carignan, défendeur des demandeurs.Avant le 15 mai de Lio-nel-Grouk, des événements similaires, parfois plus violents et troublants, avaient eu lieu dans les campus de l\u2019Université du Québec en Ou- taouais, de l\u2019Université de Montréal, et surtout la veille au cégep de Rosemont.La présence incongrue des forces policières ou d\u2019agents de sécurité zélés dans les campus avait mené à des scènes de répression ou de confrontation surréalistes.La direction de Lionel-Groulx a choisi d\u2019ignorer ces précédents événements et de procéder à sa propre expérience, clamant pompeusement après coup qu\u2019elle «venait de faire la preuve, devant tout le Québec, que l\u2019injonction n\u2019est pas une bonne façon pour assurer le retour en classe ».Le 2 mai, soit une semaine avant l\u2019audience de l\u2019injonction, la direction semblait totalement autonome quand elle a diffusé un communiqué qui faisait état d\u2019une entente prise entre elle, l\u2019association étudiante et le personnel du collège.Cette entente stipulait que «les récents événements démontrent que les injonctions déposées à l\u2019endroit des universités et des cégeps du Québec ne représentent pas une solution efficace au conflit [et qu\u2019un] retour en classe dans un climat sain passe par le respect de la démocratie étudiante».Cependant, lors de l\u2019audience de l\u2019injonction le 8 mai, la direction du collège n\u2019a fait aucun plaidoyer dans le sens de cette entente et a même affirmé d\u2019emblée qu\u2019elle «consent [ait] à l\u2019émission d\u2019une injonction interlocutoire provisoire» ; le juge Rolland n\u2019avait pas encore rendu son verdict.La direction se plaçait donc à l\u2019avance en simple agent exécutif.Cela est d\u2019autant plus stupéfiant que d\u2019autres directions de cégep, dont celle de î\u2019Outaouais, avaient choisi de plaider vigoureusement contre l\u2019émission de telles injonctions, honorant leur parole donnée.La direction du collège Lionel-Grouk a aussi respecté au-delà de la lettre l\u2019ordonnance de l\u2019injonction qui lui demandait de «prendre tous les moyens appropriés, nécessaires et raisonnables y compris le recours aux forces policières» pour assurer la reprise des cours.Elle a notamment embauché, à partir du 11 mai, la section B.E.S.T de la compagnie de sécurité Garda, section qui avait déjà fait les manchettes pour l\u2019intimidation physique et verbale dont elle avait fait preuve à l\u2019Université de Montréal en avril dernier.Les employés de B.E.S.T.sont habilités entre autres à porter des matraques et à s\u2019en servir : leur seule présence mettait le collège en état de siège réel.Négligeant toujours les multiples démonstrations précédentes d\u2019autres directions ayant réussi à préserver leur communauté de retombées néfastes pour tous, la direction du collège a porté plainte au criminel le 14 mai contre les étudiants qui voulaient faire respecter le mandat de grève voté démocratiquement, a ensuite affirmé aux professeurs présents que les cours n\u2019étaient pas levés, «mais qu\u2019ils pouvaient suivre la suite des événements [les arrestations des étudiants] à la télévision », a refusé de reconnaître qu\u2019elle avait le pouvoir de retirer sa plainte en répétant que la situation était entre les mains de la police.Le 15 mai, la direction a poursuivi sa logique de simple agent exécutif en faisant venir à nou- veau le Service de police de Sainte-Thérèse, doublé cette fois de la SQ pour procéder aux arrestations nécessaires et pour dégager l\u2019entrée du cégep grâce à une charge et à des grenades lacrymogènes.Après cet épisode traumatisant et malgré la tension accumulée dans les jours précédents, elle a refusé de lever les cours et a exigé que chaque professeur sous injonction se présente en classe à tout le moins pour «rétablir le contact» avec les demandeurs.Les professeurs, le personnel, les étudiants, les parents présents ont subi pendant des jours l\u2019interprétation légaliste qu\u2019a faite la direction du texte de l\u2019injonction.La direction avait aussi le «pouvoir de prendre les mesures requises afin d\u2019assurer la protection du personnel, des étudiants», mais cette clause de l\u2019injonction a été négligée, comme tous les précédents du 15 mai.L\u2019expérience de Lionel-Grouk a été fréquemment citée pour justifier l\u2019adoption de la loi 78.Alors que la communauté du cégep est encore sous le choc des violences qu\u2019elle a subies, de l\u2019intransigeance aveugle de sa direction, elle doit se préparer à pire : la loi spéciale est une bombe entre les mains d\u2019un tel agent exécutif.Ont signé ce texte: Murielle Chapuis, Yovan Morin, Stéphan Gibeault, Nathalie Larouche, Vincent Duhaime, Pierre-Paul Proulx, Daniel Desroches, Jean Thibault, Eric Montpetit, Sébastien St-Onge, Judith Trudeau, membres du groupe des Professeurs indignés du collège Lionel-Groulx. LE DEVOIR LE JEUDI SI MAI 2012 A9 IDEES CONFLIT ETUDIANT Une autre approche est possible.BERNARD LANDRY Ancien premier ministre du Québec exceptionnelle mobilisation Lft\tétudiante que nous vivons est / en soi une manifestation civique positive : les jeunes s\u2019engagent à nouveau.Espérons que cela laisse présager qu\u2019ils iront à l\u2019avenir aux urnes autant que leurs aînés et s\u2019impliqueront sérieusement dans la politique.Evidemment, leurs justes causes n\u2019autorisent par ailleurs aucune dérive anarchique, y compris la désobéissance civile qui ne sied aucunement à la situation actuelle ni à notre univers démocratique.Curieusement, le présent nous ramène à certaines discussions des années 1960 qui sont toujours pertinentes.Comme président de l\u2019AGEUM (Association générale des étudiants de l\u2019Université de Montréal) et fondateur de l\u2019UGEQ (Union générale des étudiants du Québec), j\u2019avais, à l\u2019instar de mes contemporains, des préoccupations proches de celles des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.J\u2019ai même organisé la première grande et pacifique manifestation étudiante de notre histoire nationale autour de l\u2019affaire Gordon.Il n\u2019y avait à l\u2019époque aucun système public de prêts et bourses.Pour payer mes études, j\u2019ai été officier dans l\u2019armée canadienne comme Pierre Bourgault! Les étudiants de l\u2019époque ont donc mené à ce sujet une vigoureuse bataille qu\u2019ils ont gagnée, grâce notamment à l\u2019ouverture de Paul Gérin-Lajoie, ministre libéral visionnaire qui créa le régime qui est encore essentiellement en place.[.] Gratuité et salaire étudiant Déjà, à l\u2019époque, nous parlions de la gratuité scolaire et même davantage puisque certains camarades plus audacieux réclamaient un «présalaire» étudiant! Par la suite, j\u2019ai toujours été fier de voir que nos droits de scolarité étaient atypiques sur notre continent et que nous étions plus près à cet égard de l\u2019Europe que de l\u2019Amérique.Comme ancien leader étudiant devenu ministre des Einances, je ne pouvais honnêtement pas les augmenter, même durant l\u2019indispensable retour à l\u2019équilibre budgétaire après un demi-siècle de déficit continu.Devant le désastre de l\u2019endettement des jeunes diplômés américains, il est clair que l\u2019inspiration européenne est, plus sage et plus juste.A la lumière de ce contexte historique, il y a peut-être une solution à l\u2019impasse actuelle pouvant nous mener à un avenir stable et juste si l\u2019on parvenait simplement à s\u2019entendre sur quelques réalités incontestables et en tirer courageusement les conclusions.Principes sacrés D\u2019abord quelques principes sacrés qui devraient faire runanimité et servir de fondement à la solution recherchée : L\u2019éducation jusqu\u2019à la limite des talents et la volonté d\u2019étudier de chacun constitue un droit individuel fondamental.Elle est liée aux chances de bonheur des humains de partout, particulièrement dans la complexité des défis contemporains.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les jeunes s\u2019engagent à nouveau, constate Bernard Landry.Espérons que cela laisse présager qu\u2019ils iront à l\u2019avenir aux urnes autant que leurs aînés.L\u2019éducation doit être également une priorité collective absolue et l\u2019instrument fondamental de la création et de la répartition de la richesse dont dépendent aussi les chances de bonheur collectif, plus encore dans le contexte québécois du vieillissement spectaculaire de la population.Seul un niveau d\u2019éducation exemplaire peut nous conduire à l\u2019efficacité et à la productivité nécessaires pour satisfaire les besoins des jeunes comme des aînés et continuer à élever notre niveau de vie.L\u2019éducation nous a sauvés en 1960, elle devra le faire encore et plus dans les années à venir et devenir aussi dominante que pouvait l\u2019être la religion avant les années 1960, ce qui n\u2019est pas peu dire.Il est indéniable que certaines formations universitaires assurent beaucoup plus de revenus à leurs diplômés qu\u2019à d\u2019autres et que certaines sont aussi beaucoup plus coûteuses que d\u2019autres.Il a été démontré que, pour de profondes raisons sociologiques, les enfants des plus riches profitent plus du bas niveau de nos droits de scolarité.Il s\u2019agit d\u2019un transfert des pauvres vers les mieux nantis, comme l\u2019a expliqué l\u2019économiste Claude Montmarquette.Effort collectif de bonne foi A partir de ces quatre constatations irréfutables, on peut esquisser une solution qui, avec un effort collectif de bonne foi, pourrait régler la crise actuelle et assurer une paix durable à l\u2019avenir.D\u2019ailleurs, plusieurs intervenants respectables (Guy Rocher, Louis Bernard, Claude Castonguay, Léon Courville et d\u2019autres) ont mis de l\u2019avant certaines composantes d\u2019une solution rationnelle et réaliste et qui aurait les fondements suivants : Gratuité scolaire complète \u2014 enfin ! \u2014 de la maternelle jusqu\u2019à la plus haute diplomation universitaire suivant les talents et la volonté de chacun et chacune.Donc, aucune entrave matérielle d\u2019accès aux études ne subsisterait, ni aux yeux des jeunes ni de leurs parents.Par la suite, une fois les diplômes obtenus, un mode de paiement rétroactif des droits de scolarité tenant compte des critères suivants : le coût réel des études par faculté et le niveau de revenu moyen lié à la profession pratiquée ou les revenus réels des diplômés.Ainsi, le chirurgien et l\u2019ingénieur auraient à rembourser plus que l\u2019anthropologue et le professeur du secondaire.Bien sûr, de nombreuses modalités seraient à étudier et à mettre en place : calendrier d\u2019application, montants en cause, temps de remboursement, contrats avec les étudiants étrangers.Aucun de ces rajustements ne crée cependant de problèmes insolubles.Ces droits modulés devraient par ailleurs être maintenus globalement à leur niveau d\u2019avant la hausse et indexés pour qu\u2019ils restent à Iqur niveau déjà exemplaire.A ce virage majeur pourrait s\u2019ajouter l\u2019acceptation de demandes sensées des étudiants: états généraux, transparence de gestion, normes, etc.Une telle approche, qui demande courage et lucidité, conserverait au Québec une position exemplaire en madère de droits de scolarité et serait compatible aussi bien avec la justice sociale, la marche vers un savoir accru et la santé des finances publiques.Sans compter une salutaire réconciliation avec une grande partie de notre jeunesse.Cela vaut la peine d\u2019être exploré.La réplique > compteurs intelligents Une confiance aveugle ANDRE BELISLE Président de l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) BRIGITTE BLAIS Analyste pour VAQLPA à la Régie de l\u2019énergie a lettre publiée le 24 mai 2012 dans Le Devoir par 60 universitaires soutenant l\u2019innocuité des compteurs intelligents WiEi proposés par Hydro-Québec ne J correspond pas à l\u2019état des re-cherches scientifiques sur les effets biologiques non thermiques des émissions de radiofréquences.Son contenu est contredit par les appels au principe de précaution émis par de nombreuses autorités publiques dans le monde, dont l\u2019Qrganisation mondiale de la Santé (QMS).L\u2019AQLPA soutient fermement qu\u2019il arrive des moments oû la logique de la prudence doit précéder et accompagner l\u2019acquisition de la connaissance scientifique.Comme Santé Canada et d\u2019autres organismes établissent qu\u2019il n\u2019y aurait aucun effet thermique en deçà d\u2019une exposition moyenne de 6000000 pW/m^, ces auteurs en déduisent que les compteurs intelligents d\u2019Hydro-Québec, dont les émissions « moyennées » sont considérablement inférieures, seraient sans risque.Qr aucune étude n\u2019existe encore sur les effets thermiques et non thermiques des compteurs sans fil sur la santé.La science ne parvient toujours pas à expliquer comment des rayonnements non ionisants peuvent provoquer des effets biologiques en deçà du seuil des effets thermiques.Depuis plusieurs années, des études épidémiologiques montrent une corrélation entre une exposition Le déclencheur > Mauvaise lecture «Nous croyons que les craintes suscitées par les radiofréquences sont basées principalement sur 1.une méconnaissance de la nature de ces ondes et de leurs interactions avec le corps humain; 2.une mauvaise lecture de la littérature scientifique sur le sujet; 3.une méfiance envers les organismes locaux, nationaux et internationaux de santé publique.» Collectif de 60 scientifiques.Le Devoir, 24 mai 2012.aux radiofréquences à des seuils inférieurs (jusqu\u2019à 100 pW/m^) et l\u2019occurrence de divers effets biologiques (leucémie, tumeurs au cerveau, pertes neurologiques, etc.).Qr, les mécanismes expliquant ces corrélations ne sont pas clairement compris.Tous s\u2019entendent toutefois sur le fait que la recherche doit se poursuivre afin d\u2019élucider les mécanismes non thermiques en cours et l\u2019influence des variables en cause.Débat scientifique La recherche scientifique consiste actuellement en une accumulation d\u2019études, dont certaines établissent des corrélations entre l\u2019exposition aux champs électromagnétiques et des effets biologiques, alors que d\u2019autres n\u2019établissent aucun effet ou un effet différent.Devant ces d\u2019études, un débat scientifique est en cours depuis plusieurs années.Il oppose d\u2019un côté ceux qui soutiennent que les effets biologiques non thermiques des RF ne sont pas démontrés, vu la non-reproductibilité des études, ce qui justifie à leurs yeux la prise de risque et le rejet pur et simple d\u2019un questionnement plus poussé.De l\u2019autre côté se trouvent ceux qui estiment que les études qui démontrent un tel ef fet sont suffisantes pour appeler à la prudence, car un risque est possible.C\u2019est à cette prudence qu\u2019appelle le Centre international de recherche sur le cancer de l\u2019QMS, qui a classé en 2011 les radiofréquences comme possiblement cancérigènes.C\u2019est à cette prudence qu\u2019appelle Santé Canada qui recommande de réduire l\u2019exposition aux téléphones cellulaires, même si cette exposition reste très inférieure aux normes établies.C\u2019est cette prudence que des organismes de santé publique à travers le monde recommandenf même s\u2019il n\u2019existe toujours pas de certitude hors de tout doute quant aux effets non thermiques des RF.Enfin, c\u2019est cette prudence que préconise le D( David Q.Carpenter de l\u2019Université d\u2019Albany (E.-U.), venu témoigner pendant deux jours devant la Régie de l\u2019énergie ce mois-ci.Notre discours n\u2019est pas alarmiste, il est prudent.Nous ne préconisons pas le maintien des anciens compterus.Nous sommes favorables au déploiement de compteurs intelligents pourvu que des mesures de précaution simples et peu coûteuses soient mises en place afin de réduire ou d\u2019éliminer l\u2019exposidon involontaire aux RF [.].Les 60 universitaires auteurs de l\u2019article seraient plus utiles au débat s\u2019ils appuyaient ces simples mesures de prudence élémentaires, compte tenu de l\u2019incertitude scientifique qui continue d\u2019exister, plutôt que de les ignorer ou de s\u2019y opposer aveuglément.La recette gagnante Norman Spector Lm observation des événements se dé-^ roulant à Montréal et au Québec depuis quatre mois me ramène à ce qui s\u2019est passé en Colombie-Britannique il y a presque trois décennies.C\u2019était en mai 1983.Après avoir fait campagne autour d\u2019une plateforme de compressions suivant l\u2019une des pires récessions de l\u2019histoire de la province, le premier ministre Bill Bennett remportait un troisième mandat à la tête d\u2019un gouvernement majoritaire.Deux mois plus tard, au terme d\u2019intenses discussions au sein du cabinet, mais pratiquement aucune avec la population, le gouvernement Bennett a déposé un budget ciblant les salaires et le nombre de travailleurs du secteur public.Quelques j minutes plus tard, il a aussi ^ preiuMir déposé 26 textes législatifs ministre comprenant l\u2019élimination du contrôle du prix des loge- Bennett n\u2019a ments et un projet de loi qui\t,\t, a éliminé la Commission des P®® Charge droits de la personne.Comme l\u2019opposidon néodé \u201c\u201c ministre mocrate à l\u2019Assemblée légis- mener ces lative, nombre de Britanno-Colombiens estimaient que le pourparlers gouvernement outrepassait .\t^ .son mandat électoral; moins critiques: il d\u2019une semaine plus tard, en- i ppnduitc tre 35000 et 40000 d\u2019entre ® conaults eux se sont regroupés au depuis son stade Empire à Vancouver pour protester.Quelques bureau jorus plus tard, environ 25000 personnes se sont rassemblées à Victoria sru les pelouses du parlement.En août, le mouvement syndical a formé «Qperation Solidarity».Il s\u2019est également lié avec les groupes sociaux et communautaires, qui ensemble ont exigé que le gouvernement retire l\u2019ensemble de la législation.Au début, cette «Solidarity Coalition» recevait un appui considérable dans les médias (qui ne comptaient pas, en 1983, les réseaux de nouvelles continues).En bout de coruse, cependant, les éditorialistes appuyaient le camp des affaires et les syndicats du secteur privé dans le but de résoudre un problème préjudiciable à l\u2019économie provinciale.Cette préoccupation n\u2019était pas partagée par les médias de l\u2019extérieur de la Colombie-Britannique, qui ont continué à dramatiser le conflit et à véhiculer des clichés.En octobre, 60000 personnes ont défilé dans les rues de Vancouver, la plus grande manifestation de l\u2019histoire de la ville.Avec les mises à pied au sein de la fonction publique prévues pour la fin du mois, plusieurs commençaient à évqquer une grève générale illimitée.A ce moment-là, le premier ministre Bennett a impliqué son sous-ministre (l\u2019auteur de ces lignes.) dans les négociations et un nouveau contrat avec la fonction publique a été signé.Lors des pauses entre les négociations, un accord global destiné à mettre fin à la crise a été discuté avec le chef du plus grand syndicat du secteur privé.Cet accord a été entériné lors d\u2019une rencontre de fin de soirée chez le premier ministre à Kelowna.Plusieurs facteurs ont conduit à cet « accord de Kelowna » qui apportait des changements à certains projets de la loi, mais laissait intact le projet législatif dans son ensemble.Le premier ministre Bennett bénéficiait d\u2019une position de force sur le plan politique, fort d\u2019un gouvernement majoritaire élu en mai.Il s\u2019est engagé personnellement dès le début des manifestations, rencontrant par exemple les dirigeants de la Solidarity Coalition.Compte tenu du caractère extraordinaire de la situation, il ne s\u2019est pas embarrassé de créer un précédent en acceptant de négocier avec des manifestants.Et il n\u2019a pas chargé un ministre de mener ces pourparlers critiques: il les a conduits depuis son bureau.De son côté, la Solidarity Coalition a commis plusieurs erreurs, dont la tenue d\u2019une manifestation devant la maison d\u2019une ministre du gouvernement ef plus tard, l\u2019occupadon du bureau du premier ministre à Vancouver.Plus important encore, la coalition a été déchirée par les divisions internes \u2014 entre les syndicats du secteur privé et public et entre les syndicats et les groupes communautaires.Certains \u2014 peut-être de nombreux \u2014 travailleurs du secteur privé étaient prêts à se lancer dans une grève générale pour soutenir les syndicats du secteur public.Peu de travailleurs cependant étaient prêts à quitter leur emploi dans le but de promouvoir les demandes des groupes communautaires.Dès le début, les dirigeants syndicaux contrôlaient la Solidarity Coalition, car ils lui fournissaient soutien financier et personnel.Experts négociateurs, ils savaient comment «vendre» à leurs membres un accord négocié, et ce, même si cela signifiait abandonner une moitié de la coalition.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, QwcèccJFabien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ ; information politique : Michel T>dN\\A(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tailleferfrcpcr^crsJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)\u2019, Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai' (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR LE JEUDI SI MAI 2012 ACTUALITES MULCAIR SUITE DE LA PAGE 1 M.Mulcair soutient que le Canada est atteint du «syndrome hollandais » {Dutch disease, donc « maladie » en anglais), soit que l\u2019exploitation effrénée de la ressource gonfle la valeur du dollar canadien, ce qui nuit au secteur manufacturier ontarien et québécois.11 estime que les profits sont artificiels dans la mesure où l\u2019industrie n\u2019assume pas les coûts environnementaux découlant de ses activités.M.Mulcair en appelle à l\u2019internalisation de ces coûts.Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a saisi l\u2019occasion de ce voyage hier pour s\u2019en prendre au chef néodémocrate.«Malheureusement, Thomas Mulcair a été clair [quant au fait] qu\u2019il n\u2019appuie pas les sables bitumineux et qu\u2019il veut les fermer, tuant des centaines de milliers d\u2019emplois, a prophétisé le ministre.Le NPD tente de faire passer cet ordre du jour antidéveloppement en douce.» 11 reproche à M.Mulcair d\u2019associer l\u2019industrie des sables bitumineux à une «maladie», tronquant ainsi le concept économique revendiqué par le chef du NPD.Pour M.Oliver, l\u2019internalisation des coûts signifie «précisément l\u2019imposition d\u2019une taxe sur le carbone qui détruirait les projets et pourrait faire cesser le développement complètement».11 n\u2019explique pas comment il en arrive à cette conclusion.Lorsqu\u2019on demande au ministre s\u2019il pense donc que tout se déroule bien avec l\u2019exploitation des sables bitumineux, il répond de manière positive.«Les règles sont respectées et avec la législation [le projet de loi budgétaire mammouth C-38], on va avoir pour la première fois des pénalités administratives imposées aux entreprises qui ne respecteront pas les règles.» M.Mulcair n\u2019a jamais demandé la fermeture de l\u2019industrie.«On ne peut pas être contre une ressource naturelle », disait-il encore récemment en entrevue avec Le Devoir.11 ne propose pas une taxe sur le carbone, mais plutôt l\u2019instauration d\u2019un plafond d\u2019émissions avec un système d\u2019échange de crédits entre les entreprises.Dans les coulisses néodémocrates, on se réjouit de ce que le gouvernement conservateur prenne à bras-le-corps ce débat.«Ce qu\u2019on veut, c\u2019est un débat concernant l\u2019impact sur l\u2019environnement et l\u2019économie du développement des sables bitumineux, explique un stratège.Alors oui, sa sortie nous aide, même si on aimerait mieux un débat sérieux.Les conservateurs préfèrent raconter des énormités.» Ce stratège souligne qu\u2019au cours des dernières semaines, deux sondages ont fait état d\u2019une avance du NPD sur le Parti conservateur dans les intentions de vote, y voyant une preuve que les Canadiens ont cette question à cœur et qu\u2019elle mérite d\u2019être débattue.Syndrome hollandais La présence ou non au Canada d\u2019un « syndrome hollandais » ne fait pas l\u2019unanimité entre les groupes d\u2019analystes.Hier, l\u2019Institut Pembina, un groupe albertain spécialisé dans les questions de réglementation environnementale dans le domaine pétrolier, y est allé de sa propre analyse.Selon ce groupe de gauche, le Canada est atteint d\u2019une variante atténuée du mal hollandais, qu\u2019il baptise la «fièvre des sables bitumineux».L\u2019Institut souligne que contrairement aux chiffres souvent martelés par le gouvernement fédéral, les retombées de l\u2019exploitation des sables bitumineux ne sont pas si généreuses pour les provinces autres que l\u2019Alberta.Selon ses calculs, 94% de l\u2019augmentation du PIB découlant de cette exploitation reviendra à l\u2019Alberta d\u2019ici 25 ans.L\u2019Ontario en touchera 3%, la Colombie-Britannique 1,3%, et le Québec 0,7%.Même écart dans les emplois créés (86% en Alberta) et les revenus de taxa- tion générés (87 % en Alberta).Bref, les disparités régionales sont pantagruéliques.La bonne performance économique du Canada, souligne le rapport, masque ces disparités régionales.Ainsi, les exportations du Canada ont crû globalement entre 2000 et 2011, mais cette hausse masque la hausse vertigineuse des exportations de produits énergétiques (-1-111%) et la chute des exportations de produits automobiles (-40%), par exemple.En 1995, un groupe de travail avait prévu que les sables bitumineux canadiens produiraient 1,2 million de barils de pétrole par jour en 2020.Ce cap a été passé.en 2004, «16 ans plus tôt que prévu», note le rapport.L\u2019Institut propose qu\u2019Ottawa soit prévoyant et crée un fonds pour engranger les impôts perçus auprès des entreprises pétrolières (2,7 milliards de dollars en 2009-2010) afin de faire face aux périodes économiques creuses du futur.A Edmonton hier, la période de questions s\u2019est ouverte sur cette visite de M.Mulcair.La chef de l\u2019opposition, Danielle Smith, a reproché à la première ministre Alison Redford de participer à une rencontre secrète à Washington plutôt que de rester dans la province «défendre l\u2019industrie contre les brutes [bullies] telles que Thomas Mulcair».Le Devoir IMPASSE SUITE DE LA PAGE 1 nances, Raymond Bachand, a expliqué que ces « paramètres » impliquaient le respect du « cadre financier » du gouvernement et un réinvestissement dans les uifiversités québécoises.En fin de soirée mardi, les étudiants ont fait une deuxième contre-offre que Mme Courchesne a qualifiée hier de « beaucoup moins acceptable pour nous ».En fin de soirée, une source gouvernementale soutenait que les étudiants ne «semblaient pas vouloir déroger du gel» des frais de scolarité.Comme Le Devoir l\u2019évoquait hier matin, la contre-offre des étudiants comprenait un scénario de réduction du crédit d\u2019impôt pour les droits de scolarité de 20 à 16,5 %, ce qui permettrait de dégager quelque 30 millions.Cela compenserait l\u2019annulation de la hausse prévue pour la première année, ce qui correspond à une demande du gouvernement : que l\u2019opération se fasse « à coût nul ».Hier, le gouvernement a tenté de faire fi de la seconde contre-offre et a répondu à la première, ce qui a déçu les étudiants.Selon nos informations, après avoir nié certains des chiffres des étudiants, la partie gouvernementale aurait finalement confirmé que la baisse de quelque 3 % du crédit d\u2019impôt permettrait de récupérer 33,8 millions.« Le mur » La pomme de discorde était apparue publiquement avant la pause du souper, vers 18 h 20, alors que la présidente de la Eédération étudiante universitaire du Québec (EEUQ), Martine Desjardins, avait exprimé sa déception quant à l\u2019évolution des pourparlers en illustrant les choses ainsi : « Nous sommes face à un mur.» Elle avait par la suite pris soin de le diffuser sur Twitter, ajoutant : « Mais nous resterons bien évidemment dans les négos.Les données doivent être analysées.» En point de presse, Mme Desjardins a reproché à la partie gouvernementale de ne pas avoir analysé la deuxième contre-offre déposée par les étudiants mardi soir.« On n\u2019a pas eu de retour sur cette proposition-là.On attend, on espère qu\u2019après le souper [.]; on a appelé en renfort des gens du ministère des Finances pour essayer de regarder et évaluer les doi^nées », a déclaré Mme Desjardins.À la reprise des négociations en après-midi, Martine Desjardins avait soutenu que si le gouvernement avait vraiment pris le temps d\u2019observer les propositions faites mardi par les étudiante, « il est fort probable qu\u2019on ait une entente ».Du même souffle, Mme Desjardins avait indiqué que les discussions risquent bien de se poursuivre aujourd\u2019hui.«Parfois, on dit que la nuit porte conseil.Sem-ble-t-il que ça n\u2019a pas été le cas cette fois-ci », a soutenu le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois au sujet de l\u2019attitude contrastée du gouvernement en deux jours : « On avait fait des pas en avant hier [mardi].Cette fois-ci [mercredi], ç\u2019a été davantage des pas en arrière.» M.Nadeau-Dubois a soutenu qu\u2019il « y avait certaines choses sur lesquelles on pensait qu\u2019on s\u2019entendait [mardi] et sur lesquelles il semble qu\u2019on ne s\u2019entend plus.Je ne sais pas ce qui s\u2019est passé », a-t-il dit.Afin de garder la pression sur le gouvernement, le porte-parole a encouragé en début de soirée hier les gens « à se mobiliser », « notamment dans quelques instants avec leurs casseroles, faire le plus de bruit possible pour témoigner encore une fois le désaccord d\u2019une bonne partie de la population envers la loi 78 et la hausse des frais de scolarité », a-t-il dit en point de presse.Aux yeux du porte-parole (qui ne participe pas directement aux discussions), rien n\u2019est exclu, même pas une rupture des négociations.« Il va y avoir une décision de prise ce soir [hier].On va peut-être revenir demain matin [aujourd\u2019hui].» En matinée, le ministre des Einances Rajmiond Bachand a confirmé que la baisse du pourcentage du crédit d\u2019impôt faisait « partie des idées qui sont soumises ».11 a souligné que le gouvernement, le 5 avril, avait déjà « bougé un peu avec le crédit au niveau des bourses » au moment où il aimonçait la mise en place d\u2019un nouveau mécaifisme de remboursement proportioimel au revenu.Une aimu-lation complète de ce crédit d\u2019impôt permettrait de récupérer 138 millions, a-t-on confirmé au ministère des Einances, hier.Mais « le crédit d\u2019impôt, c\u2019est de l\u2019argent qui revient aux étudiants ultimement.» a nuancé M.Bachand, qui se demande s'il ne s'agit pas de prendre de l\u2019argent dans une poche pour en remettre dans l\u2019autre.Espoir Les parties tentaient toutefois de s\u2019encourager, à la reprise des négociations à 20 heures.« On va justement trouver la bonne corde et des bons souliers et on va franchir le mur », a soutenu Martine Desjardins.« Il n\u2019y a pas d\u2019obstacle insurmontable.C\u2019est sûr que ça aiderait si le gouvernement était arrivé un peu mieux préparé en début de rencontre », a déclaré le président de la EECQ, Léo Bureau-Blouin.Si le gouvernement devait rejeter les contre-offres étudiantes, les associations ne seraient pas prises au dépourvu, avaient-elles plaidé en après-midi : « On a plein de scénarios, vous allez voir, vous allez sourire, être probablement très surpris », s\u2019était amusée Martine Desjardins.« On a probablement des dizaines de scénarios qui pourront être mis sur la table.Depuis le début, on a des solutions à proposer.[.] Des solutions, on en a encore plusieurs à venir », a-t-elle rappelé.Le Devoir Lire aussi > Qu\u2019est-ce que ie crédit d\u2019impôt pour droits de scoiarité ?ledevoir.eom CLIMAT SUITE DE LA PAGE 1 serre seront trop élevées.Pour l\u2019Etat, un tel système est habituellement neutre fiscalement.Par ailleurs, le système d\u2019inspection des véhicules de plus de huit ans, déjà balisé par loi, devient dans ce plan d\u2019ensemble une «première étape» vers des contrôles étendus aux autres véhicules pour en valider la performance énergétique.En plus de rendre obligatoire dès le juillet prochain la norme Novo-Climat pour toute nouvelle construction résidentielle, le plan entend stimuler la construction de bâtiments verts, branchés sur les énergies vertes (solaire, géothermie, électricité et éolien).D\u2019autre part, à compter de 2018, Québec bannira par règlement l\u2019utilisation de mazout lourd pour le chauffage des bâtiments commerciaux et institutionnels, une mesure dont il prévoit tirer des «gains appréciables» mais non chiffrés, comme partout ailleurs dans ce plan, du moins dans la version obtenue.Selon le plan gouvernemental, qui pourrait être publié dès dimanche par le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, les émissions de GES du Québec devraient grimper à 84,1 Mt en 2020 dans un scénario dit du «cours normal des affaires» (CNA), soit 5,3 Mt de plus que le ifiveau anticipé de 78,8 Mtpour 2012 (-6% vs 1990).Mais Québec doit ramener ce volume d\u2019émissions à 67 Mt d\u2019ici 2020 s\u2019il veut respecter son engagement aimoncé par le premier miifistre Jean Charest en 2009, soit 20% sous le niveau de 1990.Cet objectif est similaire à celui de l\u2019Uifion européeime.La version du PACC-2020 obtenue par Le Devoir ne précise pas comment Québec compte réduire de 11,6 Mt ses émissions d\u2019ici 2020 pour passer de 78,8 Mt en 2012 à 67,1 Mt en 2020, alors que les mesures contenues dans son plan affichent un «potentiel de réduction de 6 Mt».Par contre, le plan évoque plusieurs stratégies gouvernementales complémentaires, qui sont en cours d\u2019application et qui peuvent ajouter aux mesures du plan, tels les programmes d\u2019amélioration dans divers domaines, comme les transports collectifs, la gestion des déchets, etc.11 semble néanmoins qu\u2019une partie importante de l\u2019effacement des émissions serait obtenue par l\u2019achat de crédits d\u2019émissions à l\u2019extérieur du Québec dans le cadre du système d\u2019échanges de crédits que doit mettre en place le Western Climate Initiative (WCl), lancé il y a quelques années par l\u2019ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.Dans les études qui ont précédé la commission parlementaire sur le PACC-2020, Québec avait déjà envisagé d\u2019acheter des crédits pour effacer 4,4 millions de tonnes de GES émises sur son territoire.Reddition Selon la source du Devoir, Québec devrait réviser d\u2019ici la divulgation du PACC définitif son chapitre sur la « reddition » de comptes en raison des critiques formulées à son endroit par le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, dans son récent rapport.M.Cinq-Mars avait reproché au plan 2008-2012, qui comprenait des investissements de 1,5 milliard, de ne pas évaluer «l\u2019efficacité du plan et les mesures qu\u2019il inclut».Ayant eu accès au futur plan 2013-2020, le commissaire ajoutait qu\u2019il n\u2019avait vu «nulle part [.] des analyses de l\u2019efficacité de chacune des mesures», ni même d\u2019objectifs de réductions de GES le moindrement précis.Cette imprécision, concluait Jean Cinq-Mars, rend les résultats des 2,7 milliards prévus dans ce plan «encore plus aléatoires».Le ministre Arcand aurait demandé des correctifs en ce sens.Par ailleurs, la version obtenue ne précise pas si le PACC-2020 fera l\u2019objet d\u2019une consultation publique avant d\u2019être formellement adopté.11 prévoit cependant une révision tous les trois ans afin d\u2019ajuster le tir gouvernemental au besoin.Principales mesures Le PACC-2020 mise principalement sur le système de plafonnement et d\u2019échanges de droits d\u2019émissions, déjà annoncé, et qui s\u2019appliquera dès janvier prochain aux 100 principaux émetteurs industriels du Québec et, à compter de 2015, aux importateurs et distributeurs de combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz) qui devront acquitter des droits de 10% pour toute tonne de GES en sus de leurs objectifs.Cet argent financera le PACC-2020 en remplacement des 200 millions obtenus chaque année en raison de la taxe carbone sur l\u2019essence.Les transports, dont le bilan de GES s\u2019est accru de 33% depuis 1990, accapareront 1,5 milliard en huit ans sur les 2,7 milliards prévus parce qu\u2019il représente 43% de nos émissions.Québec estime toujours que 25% de tous les véhicules vendus en 2020 seront électriques, même si la tendance privilégie les hybrides.Chaque véhicule vendu devra afficher sa dépense d\u2019énergie.Québec investira aussi dans l\u2019inter modalité ferroviaire et dans les voies navigables pour réduire l\u2019impact du transport lourd par camions.Les propriétaires des flottes seront aidés financièrement à passer au mode hybride ou au gaz et à améliorer leur logistique pour optimiser chaque déplacement.Le secteur du bâtiment commercial, dont les émissions ont augmenté en raison des grandes surfaces depuis 1990, va devoir utiliser plus de matériaux moins énergivores comme le bois, même pour des édifices de plus de quatre étages, en plus de faire appel aux énergies renouvelables, un domaine où Québec entend réduire les obstacles réglementaires actuels.En même temps qu\u2019il veut réduire l\u2019utilisation des halocarbures dans le domaine de la réfrigération, Québec veut aussi impliquer le secteur agricole en réduisant notamment son usage de fertilisants riches en protoxyde d\u2019azote, un GES extrêmement puissant.Dans le domaine des déchets, Québec entend privilégier la biométhanisation des résidus organiques et valoriser davantage les biosolides municipaux (boues d\u2019épuration) tout en favorisant l\u2019émergence des bioénergies au Québec, un domaine qui fera l\u2019objet d\u2019une stratégie officielle en 2013.Le Devoir MORT SUITE DE LA PAGE 1 compagnant jusqu\u2019au dernier soupir.Pour donner un sens à ce grand saut, plusieurs malades consentent à être photographiés avant leur décès, puis après avoir rendu leur dernier souffle.Des portraits sont pris à quelques heures d\u2019intervalle, d\u2019autres au terme de plus d\u2019un an d\u2019agonie.Les morts sont parfois vieux, chevelures grises et corps émaciés, mais d\u2019autres sont jeunes.Très jeunes même.Comme Elmira, cette fillette de 17 mois, emportée par une tumeur au cerveau.Qù le jeune Yannick Boechmeld, 6 ans, mort 25 jours avant sa mère, Silke, elle aussi vaincue par un cancer.Photographiés côte à côte, le portrait posthume est bouleversant.Curieusement, la caméra rend certains de ces 24 morts âgés de 17 mois à 83 ans furieusement vivants.Tantôt, c\u2019est du côté des vivants que la mort est plus criante, elle qui rôde déjà au creux des pupilles.Chavirant, le regard de ceux qui se savent condamnés.Même bouches béantes et pupilles entrouvertes, les corps inertes restent dignes.La mort semble leur aller si bien.Vraiment?Le visage de la mort,n\u2019est-il pas parfois atroce, laid, repoussant?À cette question, Walter Schels, qui a photographié des dizaines d\u2019accouchements, rétorque que le visage de la mort lui apparaît maintenant beaucoup plus paisible que celui des premières heures de vie, croqué sur les visages de nouveau-nés grimaçants et hurlants, barbouillés de sang.«Nous n\u2019avons trafiqué aucune photo, seulement choisi les angles de prises de vue et l\u2019éclairage pour respecter la dignité des mourants», explique Walter Schels.Si les images crues bouleversent, les textes qui accompagnent ces portraits, vignettes des derniers jours de vie, frappent encore plus dur.Car de ces ultimes confidences fusent colère, rage et tristesse, mais aussi paix et résignation.Heiner Schmidtz, un bel homme de 52 ans au sommet d\u2019une belle carrière dans le milieu de la pub, se savait condamné en voyant la tache apparue sur la résonance magnétique de son cerveau.Au centre de soins palliatifs, ses amis en visite s\u2019empressent de le divertir, rigolent, cigarette au bec et bière à la main autour de son lit, ergotant de babioles insipides.«Personne ne me demande comment je me sens.Ce qui me blesse, c\u2019est cette façon d\u2019éviter le sujet, de parler de tout et de rien.Je vais mourir! Ne comprennent-ils pas?» lit-on dans la vignette criante, qui accompagne son faciès capté, avant et après la mort.«Les commentaires qui reviennent le plus souvent sont l\u2019immense sentiment d\u2019injustice.Pourquoi moi?Nous savons tous pertinemment que nous allons mourir, mais nous n\u2019y croyons pas profondément.Personne n\u2019en parle.Walter voulait que les gens cessent de nier sa mort», soutient Beate Lakotta.A la vie à la mort confronte le plus tenace des tabous, mais humanise la mort en lui donnant le visage d\u2019enfants, de mères, d\u2019hommes ou de grands-pères qui pourraient être les nôtres.D\u2019où l\u2019effet coup de poing.«Il y a autant de gens qui meurent chaque jour que de gens qui naissent, pourquoi n\u2019acceptons-nous pas d\u2019accepter cela, de le montrer et d\u2019en parler», soutient Walter Schels, récipiendaire d\u2019un prix du World Press Photo.L\u2019exposition, présentée dans une salle de la basilique Notre-Dame par le cimetière Côte-des-Neiges, dans la foulée d\u2019un partenariat conclu avec le Musée des religions du monde, a fait le tour de la planète depuis 2005, dormant un visage à la mort à travers l\u2019Europe, l\u2019Asie, le Japon et l\u2019Amérique.Devant le succès public remporté par A la vie à la mort à Dresde, en Allemagne, les patrons de Der Spiegel ont finalement publié le reportage, en noir et blanc, ce que ne fait jamais ce magazine à grand tirage.Pour une fois, la mort, la vraie, celle des gens ordinaires, a fait la une.Le Devoir À LA VIE À LA MORT Espace B de la basilique Notre-Dame Du 18 mai au 9 octobre 2012 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.eom GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019orgamsations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019impnmene du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qm est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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