Le devoir, 18 juin 2012, Cahier A
[" François Hollande obtient la majorité absolue au second tour des législatives françaises Page b i >> www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C I I I 1 3 6 ?LE DEVOIR, LE LUNDI 18 JUIN 2012 1,0 9 + TAXES =\t1,25 Lobbyisme : le Trésor va plus loin que la loi Un document recommande aux titulaires de charges publiques de s\u2019assurer que les lobbyistes sont inscrits au registre KATHLEEN LÉVESQUE Le Conseil du trésor recommande à tous les titulaires de charges publiques de prendre les devants pour s\u2019assurer que les personnes qui cherchent à les influencer respectent leurs obligations en étant inscrites au Registre des lobbyistes.Dans les faits, il s\u2019agit d\u2019un terrain glissant sur lequel on s\u2019aventure très peu, a constaté Le Devoir.La suggestion du Trésor va plus loin que ce que prévoit actuellement la Loi sur la transparence et l\u2019éthique en matière de lobbyisme.A cet égard, il rejoint le commissaire au lobbyisme, François Casgrain, qui en appelle depuis quelques semaines à la responsabilité des élus et administrateurs publics pour qu\u2019ils bloquent les élans de ceux qui font du lobbyisme sans se dévoiler.C\u2019est notamment le cas des firmes de génie-conseil qui résistent toujours à se déclarer comme lobbyistes.Un «coffre à outils» C\u2019est en novembre dernier que le Conseil du trésor a transmis un recueil de bonnes pratiques intitulé Coffre à outils pour protéger l\u2019intégrité des contrats publics à l\u2019ensemble des fonctionnaires, des employés des organismes gouvernementaux et du personnel des cabinets politiques.L\u2019objectif de ce document de 127 pages est d\u2019assurer une gestion contractuelle responsable et ainsi «contribuer à la réputation d\u2019hon-néteté des organismes publics», écrit-on.Le lobbyisme y est abordé.Le Trésor estime que les titulaires de charges publiques, «à titre de gardiens des processus de décisions de nature publique», sont responsables de contrôler si les lobbyistes qu\u2019ils rencontrent sont inscrits au registre.Vérifications faites auprès de différents ministères et cabinets politiques, le « Coffre à outils» est pris au sérieux dans son en- VOIR PAGE A 8 : LOBBYISME Aujourd\u2019hui Culture > Bilan des 24^ Franco-Folies de Montréal.Nos critiques partagent les hauts et les bas de leur festival.Page B 8 Plan Nord > Jean Charest est sévèrement critiqué à Rio.L\u2019Initiative boréale affirme que le développement économique prime sur la consultation populaire et la protection du territoire.Page A 3 Euro 2012 > L\u2019Allemagne et le Portugal passent en quarts de finale.Les Pays-Bas et le Danemark sont éliminés.Page B 4 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B6 B2 B5 B6 B2 B3 La Grèce choisit l\u2019euro YORGOS KARAHALIS REUTERS Des partisans du parti Aube dorée célèbrent les résultats des élections dans leur quartier général d\u2019Athènes.Avec 7 % des suffrages, les néonazis font leur entrée au Parlement grec.La droite l\u2019emporte de justesse Antonis Samaras est élu, mais la Grèce est divisée entre partisans et opposants aux mesures d\u2019austérité CHRISTIAN RIOUX à Athènes Les mises en garde des dirigeants de l\u2019Union européenne menaçant la Grèce d\u2019une sortie de l\u2019euro auront peut-être permis à Nouvelle Démocratie, le parti de droite d\u2019An-tonis Samaras, de l\u2019emporter de justesse.Mais rarement la Grèce aura-t-elle été aussi divisée entre partisans d\u2019une renégociation des mesures d\u2019austérité et ceux qui exigent leur mise au rancart Les conservateurs de Nouvelle Démocratie sont arrivés hier en tête de ces secondes élections législatives en moins de six semaines.Le Parti d\u2019Antonis Samaras l\u2019emporte avec 30% des voix alors que le parti de la gauche radicale Syriza les talonne avec 27 %.Le Parti socialiste (Pasok) n\u2019obtient que 12% du suffrage alors que les néonazis d\u2019Aube dorée célébraient hier leur entrée au Parlement avec 7% du vote.Contrairement au précédent scrutin, celui-ci devrait donc permettre de former facilement une coalition majoritaire.Nouvelle Démocratie, qui Antonis Samaras obtient une prime de 50 sièges pour être arrivée en tête, est créditée de 129 députés.Ce parti qui a signé les deux trains de mesures de rigueur destinés à maintenir la Grèce dans l\u2019euro ne devrait pas avoir de difficulté à s\u2019entendre avec son ancien partenaire du Pasok, lui aussi signataire des mémorandums, pour atteindre les 151 députés qui assurent la majorité au parlement grec.Les Grecs ont voté pour l\u2019euro, a déclaré Antonis Samaras qui s\u2019est aussi dit «soulagé pour la Grèce et pour l\u2019Europe».Le futur premier ministre a appelé toutes les forces politiques qui veulent maintenir le pays dans l\u2019euro à participer «à un gouvernement d\u2019union nationale.Le pays n\u2019a pas une minute à perdre».A la télévision, le porte-parole du parti, Panos Skourletis, a cependant reconnu que l\u2019axe du pays s\u2019était «déplacé vers la gauche» et Lire aussi > Le château grec.L\u2019éditorial de Serge Truffant.Page A 6 VOIR PAGE A 8 : GRÈCE Sondage Léger Marketing-Le Devoir Mulcair écrase ses rivaux Plus d\u2019un Québécois sur deux appuie le NPD GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ La lune de miel du Québec et du NPD commence finalement à ressembler à un mariage heureux.Plus d\u2019un an après l\u2019élection qui a conduit 59 députés néodémocrates à Ottawa, les Québécois sont plus que jamais derrière le parti dirigé par Thomas Mulcair, et ce dernier écrase littéralement la concurrence.C\u2019est du jamais vu pour le NPD, et du «rarement vu» au Québec même dans les années où le Bloc québécois dominait le paysage politique: 52% des Québécois auraient ainsi voté pour le NPD si des élections avaient eu lieu la semaine dernière, révèle un sondage Léger Marketing préparé pour Le Devoir.Les néodémocrates ne laissent que des miettes à leurs adversaires: 18% pour le Bloc québécois \u2014 un creux historique \u2014, 14% pour les conservateurs et 13% pour les libéraux.La domination du NPD est totale et se décline dans chaque sous-catégorie.Ainsi, 54% des francophones et 45% des non-francophones encouragent les néodémocrates, une donnée qui laisse présager qu\u2019une vague orange encore plus forte que celle de mai 2011 aurait déferlé si des élections avaient eu lieu la semaine dernière.Tous les groupes d\u2019âge adhèrent au NPD.Au final, seule la région de Québec paraît moins enthousiaste, alors qu\u2019elle appuie le NPD à 40%, contre 29% pour les conservateurs.Record amélioré Avec 52% d\u2019appuis au Québec, le NPD améliore de cinq points son précédent record, établi en avril \u2014 soit quelques semaines après l\u2019élection de Thomas Mulcair comme successeur de Jack Layton.Par rapport aux élections de l\u2019an dernier, le parti engrange près de 10 points supplémentaires.Il a surtout complètement renversé la tendance à la baisse observée pendant la course au leadership, alors que le Bloc québécois avait pratiquement rattrapé le NPD dans les intentions de vote.En janvier.Léger créditait le NPD de 28 % des intentions de vote, contre 27 % pour le Bloc, 22 % pour les libéraux et 15% pour les conservateurs.«C\u2019est assez incroyable comme résultat, analyse Christian Bourque, vice-président chez Léger Marketing.Le Bloc a déjà franchi la barre du 50% à quelques moments très précis de son histoire [notamment dans la foulée du scandale des commandites en 2004], mais ça a été quand même rare.» VOIR PAGE A 8 : MULCAIR Thomas Mulcair P«INT CHAUD Dans les coulisses du nouveau Jeunet Actrice doublée d\u2019une coach d\u2019enfants acteurs, Louise Laparé prépare la jeune vedette de The Young and Prodigious Spivet^ tourné à Montréal FRANÇOIS LÉVESQUE Montréal accueille dès aujourd\u2019hui le tournage du nouveau long-métrage de Jean-Pierre Jeunet, le cinéaste français derrière le succès planétaire Le fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain.Actrice québécoise connue pour son travail au cinéma et à la télévision, Louise Laparé est au générique de The Young and Prodigious Spivet, le récit initiatique, et très fantaisiste, d\u2019un enfant surdoué.Quel rôle la comédienne y tient-elle ?Un rôle essentiel, mais un rôle de l\u2019ombre : celui de « coach de jeu » du jeune Kyle Catlett, le garçon sur les épaules de qui re- VOIR PAGE A 8 : LAPARÉ ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Louise Laparé: «Le soir de la première, je veux que les jeunes puissent se dire \u201cJ\u2019ai tout donné\u201d.Je veux qu\u2019ils soient fiers d\u2019eux.De les voir prendre leur envol, ça me donne des ailes.» 77831302829425 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 18 JUIN 2012 ACTUALITES BRIAN PETERSON ASSOCIATED PRESS Chaque année, les divers refuges municipaux recueillent quelque 22000 animaux domestiques abandonnés.Montréal veut responsabiliser les propriétaires d\u2019animaux La Ville lance une campagne encourageant l\u2019enregistrement et la stérilisation STEPHANE BAILLARGEON Montréal lance une campagne de sensibilisation pour encourager l\u2019enregistrement et la stérilisation des animaux de compagnie.Le projet s\u2019échelonnera sur plusieurs mois tout en s\u2019arrimant à un plus vaste plan de refonte de la «gestion animalière» de la Ville.La période estivale justifierait cette initiative.Certains propriétaires d\u2019animaux domestiques ont la fâcheuse habitude de les abandonner au moment des déménagements du f®\"^ juillet ou des vacances.Chaque année, les divers refuges municipaux recueillent quelque 22000 animaux abandonnés.Plus de fSOOO sont euthanasiés.Le Québec présente un des pires bilans canadiens en cette matière.La campagne de sensibilisation de la Ville fait appel à la res-ponsabilisation des citoyens.Elle propose «des gestes simples et accessibles à faible coût».Elle encourage par exemple l\u2019achat d\u2019une médaille vendue entre fS et 30$ par les arrondissements.La petite pièce facilite l\u2019identification du propriétaire d\u2019un animal égaré.La campagne publicitaire de la ville veut aussi encourager la stérilisation des chats et le recours privilégié aux banques des refuges pour l\u2019acquisition d\u2019un nouvel animal de compagnie.Ces mesures limiteraient le recours à l\u2019euthanasie.Environ i650 affiches de sensibilisation seront distribuées dans les parcs canins et les cliniques vétérinaires.Des publicités paraîtront dans certains journaux, des hebdomadaires, des sites Web.Ces mesures s\u2019étendront jusqu\u2019à l\u2019automne.La Ville va alors soutenir des projets-pilotes de stérilisation des chats domestiques, tou- La campagne de la Ville propose «des gestes simples et accessibles à faible coût» jours pour diminuer le nombre d\u2019animaux errants.«Cette campagne pour le grand public s\u2019inscrit dans le cadre des actions que nous avons annoncées au mois de décembre 2011, lorsque la Ville a dévoilé son intention de revoir l\u2019ensemble de sa gestion animalière, explique au Devoir Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif, responsable des services aux citoyens et de la campagne dévoilée hier.Il fallait commencer par lancer notre campagne en profitant de ce temps de l\u2019année plus difficile pour les animaux.Ce n\u2019est qu\u2019un début.En parallèle, nous travaillons à développer l\u2019harmonisation de la réglementation municipale ainsi qu\u2019un centre intégré de gestion.» Cela dit, le vice-président ne veut pas trop appuyer sur les liens entre cette réforme et les révélations de l\u2019année dernière concernant les mauvais traitements infligés aux animaux dans le refuge le Berger Blanc, une entreprise sous contrat avec des arrondissements.Pourtant en décembre, après la diffusion de reportages incriminants à la télévision de Radio-Canada, Montréal annonçait son intention d\u2019ouvrir son propre centre de services animaliers et de rendre à terme obligatoires l\u2019enregistrement et la stérilisation des chiens, des chats et des autres petites bêtes.«C\u2019est évident que nous ne sommes pas restés insensibles, mais je ne veux pas que ce soit juste perçu comme une réaction, dit M.Deschamps.Nous avons mis sur pied un comité d\u2019experts.Avec eux, nous avons examiné l\u2019ensemble des gestes à poser.Nous les avons annoncés au mois de décembre et nous commençons à les mettre en place.» Le Devoir Résultats des tirages du : 2012-06-16 01 08 19 26 37 44 Prochain gros lot (approx.) 17 000 000 $ 13 16 20 W 38 41 44 6246353 (33\t04 46 21 22 M 3Z LOTS BONIS 06 11 12 31 42 44^ 04 14 IZ 22 23 32* CAGNOTTE PARTAGEABLE 100 000 $ otto Résultats des tirages du : 2012-06-15 | 545681î ^AXMILUONS 6 lots de 1 million $ SÉLECTIONS NON DÉCOMPOSABLES 02 12 13 19 2Z 30 31 05 06 09 16 25 21 39 04 11 14 22 37 39 44 14 IZ 21 31 32 33 43 05 2Q 21 25 26 30 33 08 10 12 13 25 27 31 Prochain gros lot : 50 000 000 $ + ^AXMILLIONS 20 lots de 1 million $ (approx ) En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité Air Canada : un arbitre fédéral tranche en faveur du transporteur Les machinistes et les travailleurs au sol se voient imposer une nouvelle convention Le conflit qui opposait depuis plus d\u2019un an Air Canada à ses mécaniciens et travailleurs au sol a pris fin hier, alors qu\u2019un arbitre fédéral a tranché en faveur du plus important transporteur aérien au pays et a choisi l\u2019offre finale de la compagnie afin d\u2019établir une convention collective.La nouvelle entente, d\u2019une durée de cinq ans, met un terme à 14 mois de négociations entre le transporteur montréalais et l\u2019Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l\u2019aérospatiale (AIMTA).Un seul des principaux syndicats représentant les travailleurs d\u2019Air Canada demeure sans convention collective.Les quelque 3000 pilotes de la société aérienne tentent encore de régler leur conflit, sous la supervision d\u2019un arbitre fédéral.La menace d\u2019un lockout des pilotes et un avis de grève des machinistes ont incité le gouvernement de Stephen Harper à intervenir avec des lois de retour au travail dans le cadre de chacun des conflits.Hier, l\u2019arbitre Michel Ficher a appuyé l\u2019offre finale de l\u2019employeur, soit une convention collective de cinq ans cjui maintient le régime de retraite à prestations déterminées des employés actuels, mais qui prévoit des changements pour les nouveaux employés.Un nouveau régime de retraite interentreprises établi par l\u2019AIMTA entrera en vigueur pour les employés embauchés dès aujourd\u2019hui.L\u2019entente sera en vigueur jusqu\u2019au 31 mars 2016.«Le choix de l\u2019arbitre, qui s\u2019est porté sur l\u2019offre finale d\u2019Air Canada, conduit à la conclusion d\u2019une nouvelle convention collective avec l\u2019AIMTA après 14 mois de négociation et de médiation», a affirmé le transporteur dans un communiqué.«Air Canada ne formulera aucun autre commentaire étant donné que les détails de la nouvelle convention collective sont en train d\u2019être communiqués aux employés», a ajouté la compagnie.L\u2019AIMTA représente 8600 mécaniciens, bagagistes et agents de fret d\u2019Air Canada.La Presse canadienne Les héros à deux roues fà ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les participants au 4® Grand Défi Pierre Lavoie ont été accueillis en héros hier au Stade olympique de Montréal par des milliers de jeunes.Les équipes cyclistes ont parcouru plus de 1100 kilomètres pendant trois jours pour encourager les jeunes à adopter de saines habitudes de vie.Le mystère persiste autour du décès de deux sœurs québécoises eu Thaïlande Les jeunes femmes du Bas-Saint-Laurent pourraient être décédées d\u2019un empoisonnement Bangkok \u2014 C\u2019est une femme de ménage qui a trouvé les deux soeurs québécoises mortes dans leur chambre d\u2019hôtel d\u2019une populaire destination touristique du sud de la Thaïlande, a confirmé hier la police, précisant que les deux jeunes femmes ne semblaient pas avoir été assassinées et que leurs effets personnels n\u2019avaient pas été volés.La police tente de déterminer la cause de la mort de Noémi Bélanger, qui était âgée de 26 ans, et d\u2019Audrey Bélanger, 20 ans, toutes deux de Pohénéga-mouk, dans le Bas-Saint-Lau-renti trouvées sans vie vendredi dans une chambre de l\u2019hôtel Phi Phi Palm Residence de l\u2019île Phi Phi, a affirmé le lieutenant-colonel Jongrak Pimthong.«La po- lice a déterminé qu\u2019elles étaient mortes depuis environ 24 heures, et elle n\u2019a trouvé que beaucoup de vomi dans la chambre», a-t-il dit Les vomissures et des traces de sang sur les visages des deux femmes pourraient être des signes de réactions toxiques, a indiqué la police.«Il n\u2019y avait aucun signe de lutte, ni de vol, mais nous avons trouvé pas mal de médicaments en vente libre, dont de l\u2019ibuprofène, qui peut causer de sérieux problèmes d\u2019estomac», a déclaré le policier lors d\u2019un entretien téléphonique accordé à l\u2019agence Associated Press, après que des enquêteurs eurent passé au peigne fin la chambre d\u2019hôtel hier.M.Jongrak a reconnu que la police n\u2019était pas encore en mesure de préciser la cause des dé- cès, ajoutant que l\u2019élément-clé constituerait l\u2019anafyse du contenu des estomacs des femmes.Il a aussi affirmé que des responsables de l\u2019ambassade du Canada à Bangkok s\u2019étaient rendus à l\u2019hôtel hier.Les corps devaient être examinés à l\u2019institut médico-légal de Bangkok.Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, John Babcock, a confirmé que deux ressortissants canadiens avaient perdu la vie, mais n\u2019a pas donné davantage de détails.Sur la page Eacebook de la jeune Noémi, des messages envoyés il y a moins d\u2019un mois pour lui souhaiter de faire un bon voyage ont commencé à faire place aux condoléances, samedi.«Bon voyage à ta sœur et toi! Quel beau trip! Enjoy.sa-voure.xxxx», a écrit une amie le 17 mai dernier.«Bon voyage Noémi je te souhaite plein de beaux moments avec ta soeur et surtout faîtes attention à vous.XXX», a lancé une autre.Mais samedi, le ton avait changé.«Grand-père, prends-en soin svp! Je vous aime les cousines!! xxxxx», lit-on un peu plus haut sur la page Eacebook.En mai 2009, une Américaine de 27 ans et une Norvégienne de 22 ans sont mortes dans des circonstances similaires, alors qu\u2019elles se trouvaient dans des chambres adjacentes, dans un autre hôtel de la même île.La cause des décès n\u2019a jamais été déterminée.La Presse canadienne Jean Charest se lance dans nne pnblicité télévisée Le Parti libéral du Québec mettra en ondes, dès aujourd\u2019hui, une publicité télé- visée qui sera diffusée au cours des trois prochaines journées.L\u2019annonce en a été faite en milieu de soirée, hier, dans un bref communiqué de presse.Dans un message d\u2019une minute, le premier ministre du Québec, Jean Charest, s\u2019adressera di- rectement aux Québécois, sans artifice, musique ou montage, précise le communiqué.M.Charest y rappellera «l\u2019importance des convictions, du leadership et du courage politique, particulièrement en cette période de turbulence».S\u2019il faut parfois prendre des décisions difficiles, quelquefois impopulaires, celles-ci sont toujours fondées sur la responsabilité que nous devons assumer envers les prochaines générations, laisse aussi entendre M.Charest.- La Presse canadienne LE DEVOIR.LE LUNDI 18 JUIN 2012 A 3 ACTUALITES Le cas Trudeau Chantal Hébert Depuis que Bob Rae s\u2019est désisté de la course à la succession du Parti libéral du Canada, il n\u2019est question que de la candidature de Justin Trudeau au poste qu\u2019a si longtemps occupé son père.Même Jean Chrétien a mis son grain de sel dans la discussion.Dans une entrevue accordée à la CB C samedi, l\u2019ancien premier ministre a affirmé que «d\u2019une certaine façon Justin Trudeau avait fait ses preuves».Selon lui, le député de Papineau a démontré qu\u2019il avait du cœur au ventre en briguant un siège fédéral dans une circonscription blo-quiste.Par la même occasion, M.Chrétien notait qu\u2019aux dernières élections, Justin Trudeau avait augmenté sa majorité envers et contre la vague orange qui a déferlé sur le Québec.Dans l\u2019état actuel du PLC, le fait d\u2019avoir survécu au scrutin de 2011 est en effet un exploit dont d\u2019autres aspirants possibles comme Martin Cauchon, Gerard Kennedy ou Martha Hall Findlay ne peuvent se vanter.Ce ne sont pas non plus tous les députés du 4T Parlement qui ont prouvé qu\u2019ils étaient capables de se faire élire ailleurs qu\u2019en territoire acquis de longue date au PLC.Ainsi, c\u2019est après s\u2019être cassé la figure dans VaudreuÜ-Soulanges que l\u2019ancien astronaute Marc Garneau s\u2019est replié dans la forteresse libérale de Westmount - Ville-Marie.Cela n\u2019empêche pas bien des vétérans libéraux de faire valoir \u2014 avec raison \u2014 que si Justin Trudeau s\u2019appelait Justin Tremblay, il ne serait pas considéré comme le meneur appréhendé d\u2019une course à laquelle il ne s\u2019est pas encore inscrit.Mais même avec un autre nom de famille, il aurait sa place \u2014 ne serait-ce que comme le porteur le plus en vue du flambeau d\u2019une nouvelle génération libérale \u2014 aux côtés de J, V»*\t1\tcandidats comme Dominic L aniDlvaience\tLeblanc ou Marc Garneau ou de certains\tencore du ministre québécois Jean-Marc Fournier.libéraux à\tInspirés par l\u2019exemple du ^\tsuccès actuel de Thomas regard de la\tMulcair, certains stratèges .\tdu PLC en sont à penser que canaiaature\tg^lut passe par les de Justin\tbanquettes ministérielles de plus en plus dégarnies de Trudeau est\tJean Charest.^\tSans aller jusque-là, le fait partagée par est que si le retour des libé-a ir Tfs raux fédéraux dans les ligues aes Sœaieges majeures doit passer par une meilleure prestation au Qué-bec en 2015, le choix d\u2019un chef québécois serait sans doute plus judicieux.La difficulté que Bob Rae aurait eue à tirer son épingle du jeu contre Thomas Mulcair au Québec a joué dans sa décision de renoncer à prendre en permanence la direction du PLC.Ce n\u2019est pas faire preuve de mépris à l\u2019égard des aspirants possibles à la succession de l\u2019extérieur du Québec que de constater qu\u2019aucun \u2014 y compris Justin Trudeau \u2014 n\u2019arrive actuellement à la cheville du chef intérimaire en matière de performance parlementaire ou d\u2019expérience politique.Dans une lutte contre un chef libéral plus ou moins à l\u2019aise au Québec, le leader du NPD partirait avec une grosse longueur d\u2019avance.L\u2019ambivalence de certains libéraux à l\u2019égard de la candidature de Justin Trudeau est partagée par des stratèges conservateurs, mais pour des raisons différentes.Dans la mesure où elle serait plus susceptible de diviser le vote d\u2019opposition au détriment du NPD, la présence d\u2019un chef-vedette à la tête des libéraux pourrait être une condition gagnante de la réélection d\u2019un gouvernement majoritaire conservateur en 2015.Pour autant, certains conservateurs craignent l\u2019effet Trudeau sur les communautés culturelles du sud de l\u2019Ontario ou encore dans des circonscriptions comme Saint-Boniface ou Prescott-Russell où le vote francophone a un poids certain dans la balance du résultat.Ces clientèles conservatrices récentes qui pourraient être fragilisées par le retour d\u2019un Trudeau à la barre libérale.Ce n\u2019est pas toujours pour dire du bien du député de Papineau qu\u2019on en parle autant, mais le fait est qu\u2019on en parle, ce qui n\u2019est pas tellement le cas des autres aspirants à la direction du parti dont les noms circulent actuellement.Même si plusieurs libéraux jurent que l\u2019arrivée de M.Trudeau dans la course n\u2019aurait pas pour effet de la transformer en couronnement, le fait est qu\u2019il faudrait qu\u2019il trébuche à répétition pour rendre la lutte moins inégale.En prévision de la succession, les libéraux ont élargi le bassin de ceux qui vont avoir voix au chapitre du choix de leur prochain chef pour inclure quiconque se considère comme un «sympathisant» du parti.Seulement sur son fil Twitter, Justin Trudeau, avec plus de 135000 abonnés, est suivi par davantage de gens que ce que le NPD compte de membres à l\u2019échelle du Canada.Ce ne sont pas tous des sympathisants, bien sûr, mais par comparaison au grand bassin dans lequel il pourrait aller puiser des appuis, ses adversaires appréhendés jouent dans une pataugeuse.Je vous quitte jusqu\u2019en septembre.à moins que le premier ministre Jean Charest n\u2019en décide autrement.Bon été.Chantal Hébert est co\\\\xmms,t politique au Toronto Star.chebert@thestar.ca Plan Nord : Charest sévèrement critiqné à Rio Le développement économique prime sur la consultation populaire et la protection des territoires, dénonce l\u2019Initiative boréale canadienne PATRICE BERGERON Rio de Janeiro \u2014 Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a été sévèrement critiqué, hier soir, sur la scène internationale, pour son Plan Nord.Invité à présenter son projet de développement nordique à Rio de Janeiro en marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, il a été interpellé par la présidente de l\u2019Initiative boréale canadienne.Suzann Méthot a pris la parole à la suite du premier ministre devant un parterre d\u2019une bonne centaine de personnes, dont plusieurs arboraient le carré rouge de la contestation étudiante.Elle a affirmé qu\u2019il y a un «rattrapage à faire», car le travail de protection des territoires et de consultation des populations ne va pas aussi rapidement que le développement économique.Dans une période de questions qui a suivi les échanges, M.Charest a reconnu qu\u2019il y aura toujours «un inventaire de défis et de difficultés, mais qu\u2019il ne faut pas interpréter ces défis comme la seule partie de l\u2019équation».Un peu plus tôt en journée, M.Charest avait laissé entendre que le gouvernement Harper devrait prendre exemple sur l\u2019un de ses prédécesseurs conservateurs.Brian Mulroney, dans le domaine de l\u2019environnement.Jean Charest était ministre de l\u2019Environnement sous Brian 1 JACQUES BOISSINOT ARCHIVES PC Le premier ministre Jean Charest Mulroney et chef de la délégation canadienne en 1992 au moment de la première Conférence de Rio, où le Canada avait joué un «rôle de leader», selon lui.En point de presse, hier après-midi, sur le toit d\u2019un chic hôtel de Rio face à la mer, Jean Charest a rappelé que le Canada avait alors choisi de ne pas s\u2019aligner sur les Etats-Unis, mais de donner l\u2019exemple.Or, M.Charest reproche aujourd\u2019hui au gouvernement Harper de s\u2019aligner sur le gouvernement américain en matière de réduction des gaz à effet de serre.«Nous [le fédéral et le Québec] ne sommes pas du tout du même avis [sur la question des GES], a répété M.Charest.Le fédéral a pris une position selon laquelle il devait suivre le lead américain.J\u2019étais ici il y a 20 ans et c\u2019était exactement le contraire.Le gouvernement Mulroney avait une position selon laquelle le Canada devait être leader si on voulait que l\u2019Europe et les Américains bougent.Il fallait que nous, nous fassions la démonstration, que nous étions prêts à poser des gestes.» Il a rappelé qu\u2019à l\u2019époque, le Canada avait appris de la crise des pluies acides, où il avait mené une «bataille en règle contre Washington», pour la réduction des émissions de dioxyde de soufre et c\u2019est ce qui avait incité Ottawa à poursuivre sur sa lancée.M.Charest s\u2019est dit fier d\u2019avoir été le ministre de l\u2019Environnement d\u2019«un des premiers ministres les plus verts que le Canada a eus».Selon lui, le Canada «n\u2019est pas au bon endroit» actuellement sur la question de la réduction des GES.Il souhaite que le Canada fasse davantage le tien entre l\u2019économie et l\u2019environnement.Le premier ministre québécois est à Rio en vue de la Conférence des Nations unies sur le développement durable et la biodiversité, le Rio + 20, qui aura fieu de mercredi à vendredi.La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUREL LE DEVOIR Les associations étudiantes promettent de poursuivre leurs actions et de faire sentir leur présence dtici Tautomne.CONGRÈS ÉTUDIANTS Des actions estivales à prévoir GENEVIEVE TREMBLAY AU moment où courent de persistantes rumeurs d\u2019élections automnales, les étudiants ravivent leur contestation du gouvernement libéral dans l\u2019espoir de rallier davantage la population durant l\u2019été.Réunies en congrès en fin de semaine, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont convenu des nouvelles stratégies à prendre d\u2019ici à l\u2019automne.«Tout le monde est reparti gonflé à bloc, en se disant que la campagne se [poursuit], qu\u2019on [va] se réinventer encore une fois, trouver une façon encore plus originale de faire valoir notre point et aussi de préparer tranquillement, mais sûrement la campagne électorale», a indiqué au Devoir la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.Dans le cas d\u2019un scrutin général, la fédération a un plan aux «cibles bien précises», qui serait appliqué au cours des cinq semaines de campagne précédant le vote.«On va s\u2019assurer de respecter la réglementation, mais ça ne va pas nous empêcher de faire valoir nos idées, d\u2019analyser les discours des partis, par exemple, ou de faire un journal d\u2019information.Je pense qu\u2019on est capables d\u2019être très créatifs pour rappeler à la population le bilan catastrophique des libéraux, non seulement en matière de jeunesse, mais également en environnement ou en développement économique», a soutenu Martine Desjardins.Malgré les conclusions du récent sondage lœger Marketing-/.^ Devoir, qui indique que 56% de la population se range derrière la position du gouvernement dans le conflit étudiant, Martine Desjardins estime que «les gens sont beaucoup plus nuancés», mais que le sens de la question influence la réponse.«Des gens qui ne se disent pas nécessairement pour un gel, mais plutôt en faveur d\u2019une légère hausse, vont plus pencher du côté du gouvernement», a-t-elle illustré.Les négociations étant au point mort et les cours suspendus jusqu\u2019à l\u2019automne, les élections sont considérées par 49% L\u2019issue du conflit étant incertaine, le scénario d\u2019une poiu-suite de la grève à l\u2019automne est envisagé de la population, selon le sondage, comme l\u2019unique porte de sortie au conflit.Une opinion que partage à moitié Martine Desjardins.«Le gouvernement nous dit que la porte est ouverte, mais personne n\u2019est assis dans la pièce.De nouvelles négociations vont donc être difficiles.S\u2019il y a des élections, on va rappeler que le gouvernement fait de la petite politique sur le dos des jeunes et amplifie la crise.» Pour l\u2019instant, les étudiants raffinent leurs stratégies pour se faire voir, et peut-être mieux comprendre, durant l\u2019été.FEUQ a établi un calendrier de mobilisation régionale, qui s\u2019adapte aux réalités des régions \u2014 car c\u2019est «là où le bât blesse», où «le message a peut-être été moins livré».Les étudiants comptent profiter des multiples festivals et événements familiaux pour expliquer les tenants du conflit aux citoyens.population offrirait déjà un «accueil chaleureux» aux étudiants qui portent et distribuent le carré rouge, soutient la présidente.L\u2019issue de la contestation en Cour supérieure de la loi 78 va toutefois influencer le processus, concède Martine Desjardins, «puisque le fait de se voir donner des amendes très salées va influencer le choix des actions qu\u2019on va entreprendre».De son côté, la CLASSE prépare une série de conférences qui se tiendront aussi dans les régions du Québec, afin de promouvoir l\u2019idée d\u2019une grève sociale et de rassembler les travailleurs, étudiants et autres organismes communautaires.La coalition souhaite «sortir de Montréal et du milieu scolaire».L\u2019issue du conflit étant encore incertaine, le scénario d\u2019une poursuite de la grève à l\u2019automne est envisagé, « d\u2019autant plus qu\u2019on voit que les calendriers sont très chaotiques dans certains cas, que des cours se chevauchent», affirme Martine Desjardins.De tels calendriers sont selon elle un indice que les administrations universitaires prévoyaient déjà la prolongation de la grève.Avec La Presse canadienne Le Devoir Le SCRS aurait fait détruire les dossiers secrets de politiciens JIM BRONSKILL à Ottawa Certains dossiers de la Gendarmerie royale du Canada \u2014 dont des documents étoffés sur l\u2019ancien premier ministre québécois René Lévesque et les anciens chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD) David lœwis et Tommy Douglas \u2014 se sont retrouvés à Bibliothèque et Archives Canada.D\u2019autres ont été détruits, révèlent des documents obtenus par Presse canadienne en vertu des dispositions de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), créé en 1984, s\u2019est penché sur le destin des informations ultra-secrètes autrefois détenues par le Service de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), démantelé après une série de scandales.Dans le but de découvrir Dans le but des individus subversifs, les ^ ^ / espions de la GRC ont sur- découvrir veillé une vpte gamme d\u2019in- individus dividus et d organisations, allant des professeurs et des subversifs, les membres du clergé à des groupes en faveur de la paix espions de et des environnementalistes., ri^r + En 1988, James Kelleher, GKU ont alors ministre fédeTal res- surveillé une pensable du SCRS, a demandé au service de rensei- vaste gamme gnement de trier les dos-siers restants.\td\u2019individus et Des 495340 dossiers exami- j, ^\t^ nés, 438218 d\u2019entre eux, soit ^ organisations plus de 88%, ont été détruits.Des documents sauvés de la déchiqueteuse, 28820 ont été archivés et 28302 conservés.Parmi ces derniers se trouvaient 668 dossiers du «Programme VIP» concernant des politiciens et des fonctionnaires des trois niveaux de gouvernement, a révélé un auteur dans un livre paru en 2002.La majorité des noms des dossiers demeurent secrets.Les dossiers de sécurité sur certains individus sont accessibles auprès de Bibliothèque et Archives Canada seulement vingt ans après la mort de la personne concernée, et tenter de les trouver relève en partie de la devinette et du coup de chance, puisque plusieurs ont été détruits.Selon des rapports récemment rendus publics, les dossiers concernant les anciens premiers ministres John Diefenbaker et Lester B.Pearson ont été évalués par le SCRS en 1988.M.Diefenbaker, un combatif politicien, a mené le Parti progressiste-conservateur au pouvoir en 1957.Quant à M.Pearson, après avoir fait sa marque à titre de ministre des Affaires étrangères, il a battu M.Diefenbaker et formé un gouvernement libéral minoritaire en 1963.«Les dossiers sur MM.Pearson et Diefenbaker ont été montés par le Service de sécurité de la GRC, sans doute au plus fort de la guerre froide», a déclaré une porte-parole du SCRS Tahera Mufti dans une réponse écrite à diverses questions.«Il s\u2019agissait d\u2019une époque, comme l\u2019indiquent certains historiens, où la communauté sécuritaire voyait des menaces [.] qui pourraient nous sembler exagérées aujourd\u2019hui.» M\u201c® Mufti a indiqué que c\u2019était en partie à cause d\u2019un tel comportement que le gouvernement fédéral a décidé de séparer les renseignements des autorités policières, menant à la création du SCRS, une agence civile.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 18 JUIN 2012 ACTUALITES TABLE RONDE DE L\u2019INSTITUT DU NOUVEAU MONDE Pourquoi le conflit étudiant perdure-t-il ?Ce fut d\u2019abord un mouvement timide, puis de masse, porté par les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité.A grands coups sur les casseroles, la rue leur a fait écho, dans de grandes manifestations ou des rassemblements impromptus.Mais d\u2019où vient tout ce tintamarre et comment a-t-il pu perdurer et ainsi défier toutes les prédictions, à commencer par celles des étudiants eux-mêmes, qui ne croyaient pas que leur appel à la mobilisation aurait le souffle si long?L> Institut du Nouveau I Monde (INM) a fait un premier pas en arrière, afin d\u2019avoir une meilleure vue d\u2019ensemble pour comprendre les différentes facettes du conflit qui oppose les étudiants \u2014 et désormais une bonne partie de la société civile \u2014 au gouvernement.«Que peut bien cacher le conflit étudiant pour durer si longtemps ?» La question a été posée à cinq panel-listes mercredi dernier à l\u2019occasion d\u2019une table ronde animée par le directeur général de l\u2019INM, Michel Venue.Voici l\u2019analyse, en condensé, de Marco Ancelovici, Diane La-moureux et Pierre-André Bou-chard-St-Amant.Dernier d\u2019une série de deux textes entamée samedi.Marcos Ancelovici, sociologue, Université McGill C\u2019est une question difficile parce que ce n\u2019est pas fini, ça dure encore, il y a des développements tous les jours.11 y a aussi un risque de téléologie, où on explique les événements passés en fonction de ce qui se passe aujourd\u2019hui et, comme ça, on «distortionne».C\u2019est un peu comme si on expliquait ce que les gens pensaient au début du mouvement en fonction de ce qu\u2019ils disent aujourd\u2019hui, et ça aussi ça évolue.Je crois que l\u2019une des raisons pour lesquelles ça dure si longtemps, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas de relais politique; les gens n\u2019ont pas vraiment l\u2019impression qu\u2019il y a un parti qui peut porter les revendications dans lesquelles ils se reconnaissent.11 y a aussi un rejet des syndicats, comme des formes bureaucratiques sclérosées qui n\u2019apportent plus rien, qui font partie du problème plus que de la solution.On peut penser évidemment à l\u2019usure du gouvernement Charest, c\u2019est évident.On peut penser à une réaction viscérale à la fameuse révolution culturelle de Ba-chand, pour faire accepter et naturaliser l\u2019idée de Tutilisa-teur-payeur.Tout le mouvement, c\u2019est peut-être la première grosse vague de mobilisation au Québec qui n\u2019est pas définie exclusivement en fonction de la question nationale.La dernière fois où il y a eu autant d\u2019effervescence collective au Québec, c\u2019est en 1995 avec le référendum.Donc il y a tout ce contexte ; c\u2019est tentant de dire que c\u2019est pour ça que ça dure si longtemps, parce qu\u2019il y a tellement de choses qui se passent, tellement de facteurs.Mais, souvent, en sociologie des mouvements sociaux, on va dire que les contextes structurels n\u2019expliquent pas grand-chose.Ce ne sont que des contextes, pas des causes.Je pense que pour comprendre la durée, il faut se plonger dans la mobilisation comme phénomène social, comme phénomène sociologique.La loi 78 va se concrétiser, et ce ne sera pas facile en août.Qu est vraiment dans un cycle de protestation, où les mouvements se nourrissent les uns les autres.Le mouvement étudiant s\u2019est nourri du mouvement Qc-cupy, du mouvement écologiste autour de l\u2019opposition à l\u2019exploitation du gaz de schiste, et les mouvements plus radicaux anticapitalistes se sont aussi nourris du mouvement étudiant, qui lui-même s\u2019est nourri de mouvements plus radicaux.Les tactiques et les modes d\u2019action se diffusent, les gens participent à plusieurs événements en même temps, ça alimente énormément la mobilisation, et c\u2019est une très bonne chose pour le Québec et la démocratie.Quand on dit qu\u2019il faut trouver une solution à ce problème, il faut une solution à la question du financement des universités, au problème de la corruption et au problème de déficit démocra-tique.Mais le mouvement comme tel, il n\u2019y a pas de solution, car ce n\u2019est pas un problème, c\u2019est une très bonne chose pour la démocratie, une très bonne chose pour le Québec.Diane Lamoureux, professeure en science politique, Université Laval Personne ne l\u2019avait vu venir et personne n\u2019avait vu venir que cela durerait aussi longtemps.11 y a plusieurs facteurs qui expliquent que ça dure.C\u2019est un malaise social généralisé qui trouve là une occasion de s\u2019exprimer.11 y a aussi une volonté de faire de la société un projet autre que le néolibéralisme \u2014 sans savoir en quoi consiste le projet \u2014, une occasion de s\u2019exprimer, un rejet de l\u2019indifférence et du mépris d\u2019un gouvernement corrompu, et une volonté de participation politique qui dépasse la politique représentative.Je pense qu\u2019il y a un malaise social qui existe au moins depuis l\u2019arrivée au pouvoir du gouvernement Charest.Qn a rarement vu ça.11 y a plusieurs groupes d\u2019étudiants, ministres, écologistes, qui se sont regroupés dans un réseau de vigilance : ils s\u2019opposaient à une cure de minceur néolibérqle, à une transformation de l\u2019État.[Le conflit étudiant] exprime une volonté de faire so- JACQUES NADEAU LE DEVOIR «La loi 78 va se concrétiser, et ce ne sera pas facile en août.On est vraiment dans un cycle de protestation, où les mouvements se nourrissent les uns les autres.» \u2014 Marcos Ancelovici ciété, le mouvement est porteur d\u2019espoir, l\u2019espoir d\u2019un projet social alternatif au projet néolibéral de déstructuration sociétale, un peu à l\u2019image de Margaret Thatcher qui disait que la société n\u2019existe pas.C\u2019est un projet qui s\u2019est mis en place depuis très longtemps, mais qui a pris de l\u2019ampleur après la défaite des souverainistes au référendum de 1995, avec le projet de déficit zéro de notre lucide en chef.Ce qui s\u2019affirme dans le mouvement étudiant actuel, c\u2019est un refus de l\u2019atomisation sociale propre au néolibéralisme, où chacun est engagé dans une compétition effrénée qui fait voir dans l\u2019autre un compétiteur et qui brise les solidarités sociales.Que le gouvernement tente de mettre fin au mouvement de façon autoritaire, que ce soit en utilisant énormément les policiers antiémeutes, le gaz, les balles de caoutchouc et la violence, a à mon avis été largement le fait des forces répressives et beaucoup moins le fait des forces étudiantes, même s\u2019il y a eu aussi de la violence du côté étudiant.Qn a utilisé des moyens disproportionnés, comme si on envoyait un drone tuer un maringouin.Tout ça a transformé le mouvement populaire en liberté politique pour le respect de la dignité de chacune et chacun.C\u2019est devenu le point de fixation d\u2019un abcès plus large que le mouvement étudiant ne peut porter tout seul, dans lequel il est isolé, et [comme] il y a eu peu de relais sociaux concrets, ça ne laisse pas présager une sortie de crise.Pierre-André Bouchard-St-Amant, doctorant en sciences économiques à l\u2019université Queen\u2019s, ancien président de la FEUQ (2005) Est-cç encore un conflit étudiant?A ça, j\u2019ai du mal à répondre par la positive.Les étu- diants y sont encore, c\u2019est très clair, mais je n\u2019ai pas l\u2019impression qu\u2019on est maintenant dans un débat ou une négociation sur les droits de scolarité.Ce conflit-là va se régler d\u2019une des trois manières suivantes \u2014 et par régler, j\u2019entends le conflit étudiant, ou le malaise, pas nécessairement l\u2019activité politique : soit à travers des négociations, soit à travers une élection ou, en dernier, peut-être le moins intéressant, à travers un essoufflement du mouvement.Le facteur qui a fait tout basculer a été la démission de la ministre Line Beauchamp, parce que ç\u2019a été l\u2019échec, au caucus des libéraux, de la ligne modérée.[.] 11 y a aussi des négociations pipées, c\u2019est-à-dire aucune marge de manœuvre du gouvernement pour régler la situation, ce qui a mené à la démission, et la CLASSE qui porte un message beaucoup plus large que la question des droits de scolarité en disant que la grève est étudiante, mais que la lutte est sociale, et qui ne se retient pas de généraliser le conflit.Ce qui a été la goutte qui a fait déborder le vase, après la démission, c\u2019est que la ligne dure du Parti libé- ral a pris la relève et il y a eu la loi 78.Je pense que c\u2019est ce qui a vraiment cristallisé dans la population, au-delà du conflit étudiant, l\u2019importance de maintenir une démocratie libérale, où les gens peuvent manifester librement, et à travers ça exprimer un ras-le-bol qu\u2019ils traversent et qui concrétise un certain nombre de choses.[Le conflit étudiant] a été bien résumé par le concept de flamme.Pour avoir une flamme, il faut un combustible, mais il faut aussi un comburant.Je pense que la loi 78 a servi de point critique pour démarrer quelque chose d\u2019autre que ce qui était un conflit étudiant.Et c\u2019est traversé par de multiples courants.Qui, on a vu des gens qui voulaient poursuivre la lutte sur les droits de scolarité, mais d\u2019autres qui ne se disaient pas entendus, d\u2019autres qui voulaient un phénomène flémocratique se manifester.A partir de là, on est rendu sur autre chose.Propos recueillis par Lisa-Marie Gervais, Marco Bélair-Cirino et Geneviève Tremblay Le Devoir Le public se prononce Comme c\u2019est l\u2019habitude dans les tables rondes de l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM), le public ne demeure pas sur son séant les bras croisés : il parle, il participe.Qn n\u2019en a pas moins exigé des curieux venus assister aux discussions au sujet du conflit étudiant et ils ont été invités à se prononcer eux-mêmes dans le cadre d\u2019une élection «nomade».«Que cache le conflit étudiant pour durer si longtemps ?» Un bulletin de vote qui leur était remis à l\u2019entrée présentait les huit choix de réponse suivants : « Ras-le-bol », «contexte préélectoral», «révolution en attente», «résistance au changement», «appel de démocratie participative », « conflit de générations », «conflit entre libéralisme et social-démocratie», «autre».Le public a opté pour «conflit entre libéralisme et social-démocratie », choix qui a récolté le plus grand nombre de votes, suivi de « appel de démocratie participative » et «contexte préélectoral».Difficile de prédire quel sera le prix de l\u2019essence cet été MARIE-MICHÈLE SIOUI Avis à ceux qui souhaitent inclure le prix de l\u2019essence dans leur budget de vacances: en plus de la crème solaire, mieux vaut se munir d\u2019une calculatrice et de quelques connaissances en économie.Bien qu\u2019il semble logique de penser qu\u2019une baisse du prix du pétrole brut devrait se refléter par une baisse du prix de l\u2019essence à la pompe, îa réalité est tout autre.Comme l\u2019explique Emmanuel Tessier-FÎeury, conseiller à la Banque Nationale, il est impératif de tenir compte de la valeur du dollar canadien pour comprendre la fluctuation des prix de l\u2019essence.Parce que les produits de base comme le pétrole sont négociés en dollars américains, leur prix augmente partout au Canada quand le dollar canadien perd de la valeur.Ainsi, si le njarché du pétrole brut aux États-Unis est en baisse de 20%, par exemple, mais que le dollar canadien perd également 20 % de sa valeur, le prix, « au net», demeure le même partout au Canada, explique M.Tessier-Fleury.Marchés financiers 11 ajoute que les taxes sont très élevées au Canada.La taxe d\u2019accise, sorte d\u2019impôt sur une quantité donnée de pétrole, est de 10 cents le litre au Québec.La taxe sur les carburants est de 7,2 cents le litre et, à Montréal, la taxe sur l\u2019essence, de 3 cents le litre, s\u2019ajoute au prix de l\u2019essence.En tenant compte de la TPS et la TVQ, M.Tessier-Fleury estime donc que 40% du montant payé par les consommateurs est dû aux taxes.Au final, il semble qu\u2019il sera donc plus difficile de prévoir le prix de l\u2019essence que les conditions météorologiques, cet été.«Il y a beaucoup d\u2019éléments à considérer, notamment les marchés financiers, qui vont guider l\u2019évolution du prix de l\u2019essence en Amérique du Nord et qui sont très volatils», explique M.Tessier-Fleury.«On a beaucoup de craintes par rapport à la demande mondiale, mais l\u2019offre mondiale de pétrole à plus long terme reste limitée», rappelle le conseiller de la Banque Nationale.La Presse canadienne NOUVEAU ! * I LE DEVOIR EN CLASSE Un programme destiné aux professeurs qui souhaitent utiliser les médias comme outil pédagogique.Préparez dès maintenant la prochaine session d'enseignement.Des abonnements de groupes sont disponibles.Aussi à l'adresse suivante : www.ledevoir.com/le-devoir-en-classe Pour plus d'information, contactez-nous à l'adresse courriel suivante : internet-ecole@ledevoir.com Un programme réalisé en partenariat avec la société Les amis du Devoir ONTARIO Radiohead: l\u2019enquête sur l\u2019effondrement mortel se poursuit Toronto \u2014 Des inspecteurs du ministère ontarien du Travail ont passé la journée d\u2019hier à fouiller les décombres de la scène qui s\u2019est effondrée samedi avant un concert que devait donner le groupe rock anglais Radiohead à Toronto.Ils cherchaient à déterminer ce qui avait causé l\u2019écroulement de la scène, qui a fait un mort et trois blessés parmi des travailleurs.Selon la police, un Britannique dans la trentaine a perdu la vie après s\u2019être retrouvé coincé sous des débris.Un porte-parole du ministère.Matt Blajer, a indiqué que la structure demeurait instable et que des travaux étaient en cours afin de la stabiliser.11 a affirmé que les enquêteurs cherchaient à savoir si les normes de sécurité avaient été respectées et si les travailleurs avaient suivi une formation adéquate.Le concert a été annulé.Tous les billets avaient été vendus.- La Presse canadienne ETATS-UNIS Ronald King est retronvé sans vie Los Angeles \u2014 Rodney King, cet automobiliste noir dont le passage à tabac par des policiers en 1991 puis leur acquittement l\u2019an suivant avait déclenché les émeutes meurtrières de Los Angeles en avril 1992, a été retrouvé mort dans sa piscine hier à Rialto en Californie.11 avait 47 ans.Selon les policiers, il n\u2019y a pas de traces faisant penser à un crime.Rodney King avait été arrêté pour excès de vitesse dans une rue de Los Angeles le 3 mars 1991.Quatre policiers l\u2019avaient violemment frappé à coups de bâtons, de pied, tout en tirant sur lui plusieurs décharges de pistolet à impulsions électriques, scènes filmées par un vidéaste amateur.Les quatre policiers ont été acquittés le 29 avril 1992 par un jury dans Içquel ne figurait aucun Noir.Émeutes, violences et pillages ont suivi immédiatement, se poursuivant pendant trois jours.Cinquante-cinq personnes ont été tuées et plus de deux mille ont été blessées.-Associated Press LE DEVOIR, LE LUNDI 18 JUIN 2012 A 5 ECONOMIE Tare culturelle ( 4 \\ f \u2022 / J) Eric Desrosiers Il est des explications des malheurs économiques qui arrivent à certains peuples qui empruntent plus aux préjugés qu\u2019à la science.Alan Greenspan était l\u2019invité-vedette de la Conférence de Montréal, la semaine dernière.Surnommé « le maestro», ou plus modestement «l\u2019oracle», durant ses belles années, l\u2019ancien président de la Réserve fédérale américaine a notamment entretenu son auditoire sur les causes et les solutions d\u2019un problème qui monopolisera sans doute les discussions du G20 aujourd\u2019hui et demain, à Los Cabos, au Mexique, soit la crise des dettes souveraines en Europe.Selon l\u2019ancien banquier central, cette crise démontre clairement l\u2019importance de la culture en économie puisqu\u2019elle constitue l\u2019aboutissement logique d\u2019une Europe du Sud qui n\u2019a jamais cessé «d\u2019emprunter de l\u2019argent avec la carte de crédit de l\u2019Europe du Nord», en raison d\u2019une productivité plus faible ou encore d\u2019un taux d\u2019épargne inférieur.«Le poids des déficits publics par rapport au produit intérieur brut est un phénomène culturel», a-t-il affirmé.«Ces pays tiraient de l\u2019arrière dans ces domaines sur l\u2019Allemagne, et les autres pays d\u2019Europe du Nord, bien avant l\u2019union monétaire et continuent de le faire.» La seule solution, dans un tel contexte, serait une «consolidation politique de l\u2019Europe» en vertu de laquelle le Nord continuerait d\u2019aider au développement du Sud à condition que ce dernier se soumette, de gré ou de force, à sa culture de rigueur économique et budgétaire.Ces propos disent plus clairement ce que plusieurs laissent entendre depuis le début de la crise en Europe, c\u2019est-à-dire qu\u2019on aurait affaire, d\u2019un côté, à des cigales qui ne sont bonnes qu\u2019à faire la fête et, de l\u2019autre côté, à des fourmis besogneuses sur qui on compte pour assurer les fins de mois difficiles.Cette idée qu\u2019il puisse y avoir un lien entre la culture et les comportements économiques apparaît raisonnable.Elle a d\u2019ailleurs mené à la création d\u2019un champ d\u2019étude en sciences économiques où l\u2019on divise les populations en fonction de leurs valeurs, de leurs croyances religieuses, de leurs origines ethniques ou encore de leur groupe social.On essaie ensuite d\u2019associer à ces catégories des préférences et des comportements assez constants pour se transmettre de génération en génération quels que soient les changements d\u2019environnement.Le Globe and Mail citait, vendredi, une étude qui était un bon exemple de ce genre d\u2019approche.On y racontait que les cultures valorisant des liens familiaux étroits avaient pour effet de réduire le désir des travailleurs d\u2019aller chercher un meilleur emploi ailleurs, que cela pouvait inciter les employeurs à offrir des conditions de travail moins généreuses et, qu\u2019en conséquence, ces cultures étaient portées à réclamer l\u2019imposition de règles sur les conditions minimales à respecter.Les auteurs de l\u2019étude en concluaient que les solutions, qui semblent avoir fait leur preuve dans certains pays (comme la déréglementation du marché du travail en Allemagne), peuvent ne pas être adaptées à d\u2019autres contextes culturels (l\u2019Italie, par exemple).Attention ! Dans la bouche d\u2019Alan Greenspan, l\u2019argument culturel sonne, toutefois, plutôt comme une condamnation de populations entières qui seraient frappées d\u2019une sorte de tare indélébile.Venant d\u2019un Américain parlant des Européens, ces déclarations grincent un peu à l\u2019oreille quand on sait d\u2019où est partie la terrible crise financière et économique qui sévit en Europe.Ce grincement devient assourdissant quand ces déclarations émanent du « maestro » lui-même, l\u2019un des plus puissants défenseurs du modèle économique à l\u2019origine de ce magistral fiasco.Un petit tour dans les chiffres de l\u2019OCDE permet aussi de relativiser quelques-unes de ses affirmations.Il est vrai, par exemple, qu\u2019en 2011, le taux d\u2019épargne des ménages de ces indécrottables Latins, que sont les Italiens, était inférieur à celui des très nordiques Allemands, Norvégiens ou Autrichiens, mais il était supérieur aussi à celui des pas-latins-pour-un-sou Japonais, Coréens, Danois et Canadiens (oups!).Quant à la productivité de la main-d\u2019œuvre, elle était plus grande en Espagne qu\u2019en Allemagne, en Suède, ou aux Etats-Unis, et même plus grande au Portugal qu\u2019aux Pays-Bas, au Japon, au Royaume-Uni, au Canada ou en Norvège (ouch!).Quant au très culturel rapport entre le déficit public et le PIB, les derniers de classe en la matière étaient \u2014 du moins mauvais au pire de tous \u2014 : le Royaume-Uni, l\u2019Espagne, la Grèce, le Japon, les Etats-Unis, et l\u2019Irlande (hé ben!!).Sans pour autant nier que les pays d\u2019Europe du Sud sont aux prises avec des difficultés économiques importantes, ces quelques chiffres illustrent bien comment il est risqué de procéder à des amalgames et à des généralisations dans une crise où la nature et les causes des problèmes ne sont souvent pas les mêmes d\u2019un pays à l\u2019autre.Certains de ces problèmes peuvent découler, au moins en partie, de traits culturels, mais relèvent sans doute aussi de bien d\u2019autres facteurs.Après tout, on a longtemps dit aussi \u2014 et certains le disent encore \u2014 que la majorité francophone était plus pauvre au Québec que presque toutes les autres communautés parce qu\u2019elle était culturellement moins douée que les autres en matière économique.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Fanbox est la sixième entreprise créée par Daleyne Guay.Sa première, il l\u2019a mise sur pied à l\u2019âge de 16 ans: ils faisaient faire des gâteaux de noces par des pâtissiers.Du camp de base jusqu\u2019au sommet Passionné de technologie et de marketing direct, c\u2019est tout naturellement que Daleyne Guay a créé Fanbox CLAUDE TURCOTTE Dans la société de consommation d\u2019aujourd\u2019hui, où une entreprise de détail possède des centaines de magasins dans son réseau et des milliers de clients, serait-il possible de retrouver la relation de proximité et même d\u2019intimité qui existait naguère entre le marchand et ses clients, lesquels étaient en somme des voisins et parfois même des amis ?Qui, soutient Daleyne Guay, président de Eanbox, une entreprise qu\u2019il a fondée en 2002 et qui a mis au point une plateforme technologique ayant des applications dans trois grands champs d\u2019expertise, dont celui d\u2019offrir aux commerces de détail les moyens d\u2019accroître leurs possibilités de personnaliser et de mieux cibler leurs interventions auprès de leurs clients.M.Guay présente cette relation comme étant celle du «marketing de permission», à savoir la collecte d\u2019informations personnelles que le consommateur veut bien fournir au détaillant par la voie d\u2019Internet.Par exemple, ce client est-il propriétaire ou locataire de la maison qu\u2019il habite ?A-t-il une auto, si oui, de quelle marque et de quelle année ?A-t-il des enfants ?Est-il végétarien?Etc.Cela suppose évidemment une relation de confiance entre le marchand et le consommateur, ce dont le détaillant ne doit pas abuser, car en tout temps le client peut mettre fin à cette relation et même aller faire ses achats ailleurs.«Il faut créer un lien émotif», explique M.Guay.Par exemple, DeSerres, qui utilise ce logiciel, peut souhaiter un bon anniversaire à tous ses clients qui lui ont donné leur date de naissance.La traditionnelle circulaire de publicité envoyée à tout le monde fait place à des envois personnalisés.Ainsi, on n\u2019offrira pas de promotions sur la viande au consommateur végétarien.Chaque jour, cette plateforme, baptisée MS2, rejoint électroniquement 400000 consommateurs d\u2019entreprises totalisant 300 enseignes commerciales différentes.Ces clients de Pan-box se retrouvent principalement au Québec, parmi lesquels on remarque Desjardins, la Banque Nationale, Les Rôtisseries St-Hubert, Ultramar, DMR et plusieurs autres.«Nous sommes à risque avec nos clients», explique le président, en ce sens que l\u2019utilisateur de ce logiciel paie Eanbox en fonction du nombre de « clics » ou de transactions effectuées, de sorte que, si les affaires diminuent, les frais d\u2019utilisation du logiciel suivent la même tendance.En moyenne, Eanbox reçoit huit cents du clic.Qr, avec un nombre de transactions annuelles qui approchent les 100 millions, cela peut représenter un chiffre d\u2019affaires d\u2019environ huit millions.M.Guay refuse de confirmer le montant précis des revenus de cette PME qui emploie 20 per- sonnes, dont 80% occupent des fonctions techniques, comme ingénieurs et informaticiens.«Npus sommes une usine de technologie», dit-il.À ses débuts, Eanbox avait d\u2019autres activités ; sa clientèle était celle des fan-clubs, à commencer par celui du club de hockey Canadien, puis Garou et d\u2019autres artistes.« On était convaincus qu\u2019on pourrait transposer le lien émotif au commerce de détail», dit-il.Désormais, l\u2019énergie de cette petite boîte technologique est concentrée sur ce marché.«On s\u2019amuse à dire qu\u2019on est rendus au camp de base.Au cours des deux dernières années, on a solidifié la compagnie et fait une entente avec IBM.On a créé Eanbox E.-U.On est aux Etats-Unis avec IBM depuis six mois et on a la carte de fidélisation d\u2019IBM à travers le monde.Tout est signé.On migre MS2 dans le Nuage d\u2019IBM.Ce sera complété au mois d\u2019août et on va prendre notre expansion aux Etats-Unis avec IBM», confie M.Guay, qui se voit pour ainsi dire arriver au sommet de la montagne avant bien longtemps.Un gros client américain peut signifier un milliard de clics.Un cellulaire peut remplacer plusieurs cartes de plastique.Ce n\u2019est pas tout.Son équipe d\u2019informaticiens a déjà développé des liens avec les médias sociaux.Une passerelle vers Eacebook peut ouvrir une porte sur 900 millions de clients pour un seul détaillant.« On est déjà dans les plateformes mobiles.Les consommateurs ont déjà quatre ou cinq cartes de fidélisation dans leur portefeuille.De nombreux détaillants se réveillent et veulent avoir eux aussi leur carte de fidélisation.En revanche, le consommateur ne veut plus avoir de cartes.On pense que, dans deux ans, il y aura deux fois moins de cartes de plastique en circulation.Presque tout le monde a un cellulaire et on peut mettre bien des cartes dans un mobile», dit ce président, qui voit là une manne pour Eanbox.Il imagine par exemple un consommateur entrant dans un commerce et dont le cellulaire annonce aussitôt son arrivée au détaillant.Et alors ?«Grâce à Eanbox, le détaillant peut sans délai envoyer un message informant le client que, s\u2019il fait des achats dans les 30 prochaines minutes, on doublera ses points.» Parmi ses clients, il y a notamment la Chambre de commerce de Sherbrooke qui, pour contrer la fuite des clients vers le Quartier Dix30 à Brossard, a regroupé plus de 100 marchands de la ville et fait appel à la monétique de Eanbox pour offrir aux consommateurs sher-brookois une devise à dépenser à Sherbrooke.Eanbox compte déjà sept programmes de cette nature dans d\u2019autres villes, y compris à Montréal où trois rues importantes offrent un arrangement semblable à celui de Sherbrooke.Cette devise numérique ne passe pas du tout dans les mains de Eanbox, mais dans celles des détaillants eux-mêmes, par le canal du Transfert électronique de fonds, dont les activités sont réglementées par l\u2019Association canadienne des paiements.Par la même voie, Eanbox offre les services de cartes-cadeaux.Une autre application de la plateforme MS2 est disponible pour les entreprises désirant avoir un programme de récompenses, de reconnaissance des employés et de bonification des équipes de vente.Eanbox en a fait une unité d\u2019affaires qu\u2019elle appelle VI Pass et qui utilise un concept de chèque-cadeau qu\u2019elle dit universel et unique.Les détenteurs d\u2019un VI Pass peuvent convertir celui-ci en ligne à tout moment en des produits proposés par un réseau de plus de 125 grandes marques.Enfin, Eanbox a mis au point la carte de paiement « Communi-T» offerte dans les résidences de personnes âgées.«On a repris le concept appliqué sur les bateaux de croisière, où les passagers paient leurs dépenses de voyage avec une carte comprenant un certain nombre de jetons qui servent pour payer les repas, des soins de santé, des loisirs, etc.C\u2019est pratiquement de la fidélisation», explique M.Guay.Dans les résidences pour personnes âgées, cette carte et ses jetons viennent avec le bail.« On retire l\u2019argent des résidences et il n\u2019y a plus de vols d\u2019argent dans les tables de chevet des résidents», mentionne-t-il.Les jetons utilisés sont uniquement numériques, et toute la gestion de ce système est sous la responsabilité du gestionnaire de l\u2019immeuble.Les enfants ou les proches des locataires peuvent cependant vérifier l\u2019usage qui est fait de ces jetons numériques et payer pour en rajouter s\u2019il vient à en manquer.Les jetons servent à payer les repas, le lavage, les prises de sang et d\u2019autres soins de santé, par exemple.M.Guay souligne qu\u2019après seulement un an de mise en service de Com-muni-T, Eanbox détient 80% du marché québécois des résidences privées.M.Guay, qui est âgé de 45 ans, est un en-trepreneur-né.Il n\u2019avait que 16 ans à La Tuque quand il a créé son premier commerce, celui des gâteaux de noces faits par des pâtissiers qu\u2019il embauchait.Puis, il a lancé une compagnie de discothèque mobile, ce qui lui a permis de vendre des gâteaux de noces aux DJ pour les célébrations de mariage ! Il est venu ensuite à HEC Montréal, où il a découvert le marketing direct et relationnel.Le mélange des bases de données et le marketing l\u2019ont naturellement amené à fonder Eanbox, sa sixième entreprise.Collaborateur Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 18 JUIN 2012 EDITORIAL ELECTIONS EN GRECE Le château grec Bien des chefs d\u2019Etat et des banquiers centraux doivent implorer tous les dieux du ciel afin que Nouvelle Démocratie, formation phare de la droite grecque, et le Pasok, parti socialiste, concluent rapidement im accord de gouvernement au lendemain d\u2019un scrutin qui s\u2019est avéré très serré.Faute d\u2019une entente entre eux, ime troisième élection devra être commandée qui alimentera une crise de nerfs aux quatre coins du globe.A f N Serge Truffaut U terme des législatives, Nouvelle Démocratie (ND) a recueilli près de 30% des suffrages, Syriza, parti de la gauche radicale qui s\u2019oppose farouchement aux termes de l\u2019accord d\u2019aide financière signé avec les Européens et le FMI, est arrivé en deuxième position avec plus de 27% devant le Pasok, qui a obtenu plus de 12% des votes.Ensemble, la ND et le Pasok détiennent 160 sièges sur les 300 que compte le Parlement.Parce qu\u2019ils sont pour le maintien de la Grèce dans la zone euro, ces deux partis sont donc condamnés à l\u2019amorce de négociations.Si l\u2019on a bien compris les messages formulés lors de la campagne, la renégociation du paquet de soutiens financiers alloués par la Banque centrale européenne, l\u2019Union européenne et le FMI sera justement au cœur des négociations entre ND et le Pasok.Lors de la joute électorale, les chefs de file de ces formations ont fait écho au ras-le-bol anti-européen de la majorité des Grecs en se disant enclins à revenir sur un des points du dossier que l\u2019ex-premier ministre Lucas Papademos avait né-^\t^ gligé.De quoi s\u2019agit-il?Le délai afférent au rem- J\tboursement de certains prêts.%\t_ ^ ¦ Les ténors de ces partis souhaiteraient que les créanciers rallongent de deux ans le calendrier fixé en cette matière.Dans leur requête, ils disposent de deux arguments de poids.Il y a une semaine, pas moins de 125 milliards de dollars ont été accordés au gouvernement espagnol pour le renflouement des banques étouffées par la décadence immobilière.À cette somme, c\u2019est à retenir, aucun plan d\u2019austérité n\u2019a été greffé pour une raison qui mérite méditation: l\u2019économie espagnole étant beaucoup plus importante que la grecque, il ne fallait surtout pas l\u2019affaiblir par l\u2019imposition d\u2019une politique janséniste.Et d\u2019une.Et de deux, Û se trouve que Syriza a fait un excellent score.Avec 27% des voix, la gauche radicale confirme son ancrage dans le paysage politique d\u2019une nation ravagée, il faut bien le rappeler, le souligner, par quarante ans de clientélisme et de corruption qui ont mis le système politique sur la paille.Ainsi que le confiait ces jours-ci le politicologue grec Georges Sefertzis au quotidien Le\t«il y a avait des collaborations entre les cadres du Pasok et de ceux de Nouvelle Démocratie, notamment au niveau local pour gérer les mairies, les fonds européens et les syndicats.Quand les différences idéologiques ont disparu, il n\u2019est resté que la gestion des intérêts».Toujours est-il que les patrons de ND et du Pasok, s\u2019ils s\u2019entendent évidemment, ne manqueront pas de rappeler que plus de deux millions de Grecs ont donné leurs voix à un parti, Syriza, qui promettaifi en cas de victoire, de déchirer le mémorandum signé par les partis traditionnels pour mieux poursuivre une «renégociation véritable et dure» avec les cadres de l\u2019UE.D\u2019autant plus dure qu\u2019Alexis Tsipras a fort bien compris qu\u2019une sortie de la Grèce de l\u2019euro serait plus coûteuse économiquement pour lEurope que son maintien en plus de provoquer des dommages politiques imprévisibles.Bref, si entente il y a, on le répète, entre ND et le Pasok, alors la pression pour une réorganisation du plan d\u2019austérité sera plus forte.Auprès de qui?La chancelière Angela Merkel.À trois jours du vote grec, cette dernière a fait une étrange sortie, étrange parce qu\u2019inusitée.En substance, elle a confié que l\u2019Allemagne ne pouvait pas tout, qu\u2019il ne fallait pas surévaluer ses forces.Comme il faut bien appeler un chat un chah il faut bien rappeler que l\u2019Allemagne s\u2019est souvent comportée depuis mars 2010 comme si elle pouvait tout.Il faut bien remarquer qu\u2019en traînant la patte, en accordant un prêfi et non un don comme trop souvent on veut nous le faire croire, des mois plus tard, trop tard, Merkel s\u2019est comportée comme si elle pouvait tout.Comme si elle était la reine mère du Vieux Continent.Espérons que le futur gouvernement grec signifiera à Merkel, après François Hollande et Mario Monti, que l\u2019Europe n\u2019est pas une chasse gardée.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO PC fAiltf v£ s à \\o 1 HAVE ./ Aussi ¦' / LETTRES L\u2019éthique de Jacques Duchesneau Jacques Duchesneau nous apprend maintenant qu\u2019il a lui-même dévoilé son rapport en le remettant à un journaliste.Ce qui était contraire apparemment au contrat qui le liait au gouvernement.Et c\u2019est le même homme qui préférait commenter son rapport à une émission de variétés comme Tout le monde en parle avant de le présenter à une commission de l\u2019Assemblée nationale.L\u2019ancien directeur de police de la Ville de Montréal a une bien étrange conception de l\u2019éthique.L\u2019homme n\u2019aurait de comptes rendra à personne, sauf au peuple.Mais à ce que je sache, il n\u2019est pas un élu.Voilà bien une tache à celui qui aime bien se présenter comme plus blanc que blanc ! Michel Lebel Entrelacs, le 14 juin 2012 Mystère et boule de gomme ! «M.le président, M\u201d\u201d Marois porte le carré rouge et tape sur des casseroles en pleine rue!» Que se cache-t-il donc derrière ce genre d\u2019affirmations répétées comme des mantras par les libéraux?Un vide?Une échappatoire?Du déni?De l\u2019impuissance?A un moment donné, j\u2019avoue même avoir soupçonné Jean Charest d\u2019avoir convaincu ses troupes de faire la sourde oreille et d\u2019attendre patiemment avec lui que les étudiants ou leurs sympathisants s\u2019irppatien-tent et commettent des erreurs.Evidemment, devant ces jeunes et fougueux manifestants, ils ne risqueraient pas d\u2019attendre bien longtemps pour en voir quelques-uns «péter une coche».Et là \u2014 ô surprise! \u2014, les libéraux s\u2019indigneraient, se présenteraient comme des sauveurs et gagneraient les prochaines élections.Amen, alléluia ! Pourtant, après mûre réflexion, je soupçonne plutôt Messmer, dans la salle de conférence du Conseil des ministres, avec un petit pendule rouge en feutre ! Nicole Bélisle Gatineau, le 14 juin 2012 Un manque d\u2019intégrité Madame Courchesne, Le jour oû vous avez repris le flambeau des mains de Line Beauchamp, personne ne parvenait à cerner vos intentions quant à la crise étudiante actuelle.Tous doivent admettre aujourd\u2019hui que vous avez confirmé votre réputation de gestionnaire que même la raison ne parvient pas à dompter.Les exemples fourmillent.La fameuse loi 78, contestée par de très nombreuses voix parmi les- quelles l\u2019ONU, en fait partie.Réintégrant votre ancien poste le 14 mai dernier, vous avez mentionné vouloir que le marasme s\u2019achève aussi vite que possible.En contradiction avec ce souhait, vous avez sorti de votre poche le projet de loi 78 seulement trois jours plus tard, le 17 mai.Bien qu\u2019il ait été adopté le lendemain avec certains amendements, croire cette législation lénifiante sur le mouvement contre la hausse des droits de scolarité relève du déni de l\u2019évidence.Ayant claqué la porte de la salle de négociation le 31 mai, vous continuez de prétendre qu\u2019elle reste ouverte.Comment pouvez-vous affirmer cela alors que vous avez vous-même mis fin aux rencontres?Ce geste illustre bien l\u2019hjqiocrisie du gouvernement depuis le début de la crise.Arguant des demi-vérités, méprisant les étudiants et carburant aux sondages, vos collègues et vous-même révélez un profond manque d\u2019intégrité quant à vos fonctions d\u2019élus.Vous n\u2019avez plus depuis longtemps la légitimité et la crédibilité d\u2019autant plus nécessaires ces temps-ci pour gouverner.Souve-nez-nous notamment de l\u2019attribution de places en garderies à des donateurs de votre parti.S\u2019ajoutent à la liste le favoritisme envers les écoles juives au sujet du calendrier scolaire efi plus récemment, l\u2019augmentation des subventions d\u2019établissements au régime pédagogique douteux.Rapahëlle Elément Le 14 juin 2012 LIBRE OPINION L\u2019UdeM, un laboratoire pour inventer l\u2019avenir GUY BRETON Recteur de l\u2019Université de Montréal Ce texte est une version condensée de l\u2019allocution prononcée le 15 juin 2012, devant le Cercle canadien de Montréal.Au cours des derniers mois, nous avons parlé d\u2019enseignement supérieur comme jamais au Québec.Et c\u2019est une bonne chose.Mais dans tout ce débat, nous avons trop souvent oublié l\u2019une des missions fondamentales de nos universités : celle de faire progresser la science.Certains sont allés jusqu\u2019à proposer de déshabiller la recherche pour mieux habiller l\u2019enseignement.C\u2019est une fausse équation.Dans notre modèle universitaire, la recherche est indissociable de l\u2019enseignement, particuliè-reipent aux cycles supérieurs.A l\u2019Université de Montréal, la recherche compte pour plus de 40% de toutes nos activités.C\u2019est beaucoup plus que la moyenne des universités québécoises.L\u2019UdeM est l\u2019une des rares universités de la Francophonie en mesure de rivaliser avec les meilleurs établissements de la planète.Dans les palmarès, nous nous classons dans le premier pour cent des meilleures universités du monde.C\u2019est bien.Mais ce n\u2019est pas assez.Nous célébrons souvent le caractère créatif de Montréal, qui contribue puissamment à sa force d\u2019attraction et à la qualité de vie de ses concitoyens.Mais \u2014 et on l\u2019oublie trop souvent \u2014 le savoir, la science et l\u2019innovation font aussi partie de l\u2019ADN de notre ville.Ce que nous avons bien compris dans le domaine de la culture, nous devons aussi le comprendre pour la science.Ce qu\u2019il nous fauL c\u2019est plus de stars du domaine de la science : des Guy Laliberté de l\u2019astrophysique, des Robert Lepage de la génétique, des Denys Arcand de l\u2019informatique, des Céline Dion de l\u2019immunologie.Ce qu\u2019il nous faut, c\u2019est un environnement de recherche de classe mondiale.Un environnement oû des experts de différentes disciplines scientifiques mettront leur énergie cérébrale ençommun pour créer le monde de demain.A l\u2019Université de Montréal, nous avons un projet emballant: le pavillon des sciences à Qu-tremont.Ce projet est déjà en marche.Les travaux de préparation du site de l\u2019ancienne gare de triage ont débuté le 30 avril dernier.Et si tout se déroule comme prévu, le Pavillon des sciences ouvrira ses portes en 2017.Génératrice de découvertes Aujourd\u2019hui, les barrières entre les disciplines n\u2019ont plus de sens.Les réponses à nos grands défis se situent plutôt au confluent des champs d\u2019études.Les nanotechnologies, par exemple, ne sont pas une discipline scientifique.Il n\u2019y a pas de faculté de nanotechnologie.Mais il y a des physiciens, des chimistes, des ingénieurs et des informaticiens qui travaillent en commun pour mieux comprendre l\u2019infmiment petit et pour créer de nouvelles structures à l\u2019échelle moléculaire.J\u2019aimerais que vous imaginiez notre futur Pavillon des sciences comme un lieu dans lequel nous rassemblerons des gens exceptionnels.Ce que le Québec fait de mieux et attire de mieux comme scientifiques.Cette communauté agira comme une génératrice de découvertes, Une génératrice avec laquelle nos sociétés d\u2019Etat, nos institutions publiques et nos entreprises pourront établir des connexions.Le potentiel est énorme.Je pense par exemple aux batteries qui propulseront les voitures électriques.Dans les dernières années, des chercheurs de l\u2019UdeM, en partenariat avec Hydro-Québec et la France, ont mis au point le phosphate de fer li-thié, un matériau révolutionnaire qui permet le développement d\u2019une nouvelle génération de batteries plus stables, plus sécuritaires et qui se rechargent beaucpup plus rapidement.Rêvons un peu.A peine.Le jour oû nous pourrons stocker beaucoup d\u2019énergie dans une batterie légère et abordable, ce jour-là, le Québec deviendra l\u2019Alberta de l\u2019énergie verte.Ce qu\u2019il nous faut, c\u2019est plus de stars du domaine de la science : des Guy Laliberté de l\u2019astrophysique, des Robert Lepage de la génétique, des Denys Arcand de l\u2019informatique Ce Pavillon, je l\u2019ai dif nous le voulons branché sur les forces vives de notre société, comme nos fleurons industriels.Mais cela ne veut pas dire qu\u2019il sera au service de ces entreprises.D\u2019abord, parce que les professeurs d\u2019université bénéficient de ce qu\u2019on appelle la liberté académique.C\u2019est à eux qu\u2019il revient de définir leur projet de recherche, puis de trouver des fonds pour financer leurs travaux.La grande majorité de ces fonds sont obtenus des gouvernements à travers les organismes subventionnaires et une suite de concours très compétitifs.Certains chercheurs \u2014 ils sont en fait une minorité \u2014 deviennent partenaires d\u2019entreprises privées dans le but de faire avancer leurs recherches.Marie Curie elle-même.deux fois Prix Nobel, maintenait des liens serrés avec l\u2019industrie de l\u2019uranium.Sans cette relation particulière, elle n\u2019aurait pas pu se procurer le précieux métal pour ses expériences et elle n\u2019aurait pas pu découvrir le radium qui allait révolutionner la science médicale.A-t-elle pour autant vendu son âme ?Qu\u2019on le veuille ou non, la connexion entre l\u2019université et l\u2019entreprise se fait chaque année de façon toute naturelle.Pas juste avec l\u2019entreprise, d\u2019ailleurs.L\u2019université a ce rare privilège d\u2019être branchée sur tous les secteurs de l\u2019activité humaine : la fonction publique, les organismes internationaux, les milieux hospitaliers et d\u2019enseignement, les grands cabinets d\u2019avocats, les milieux culturels, les institutions financières, les industries, et de plus en plus les industries de pointe ; 70% des diplômés de doctorat et pratiquement tous nos diplômés de maîtrise et de baccalauréat quittent le milieu académique pour intégrer l\u2019un ou l\u2019autre de ces secteurs.Rappelons-le-nous : le meilleur transfert de connaissance marche sur ses deux jambes ! Notre Pavillon des sciences, nous voulons qu\u2019il devienne un emblème pour Montréal.Nous vivons dans l\u2019une des dix grandes villes universitaires au monde.Montréal est la capitale de la recherche universitaire du Canada.Et quand on regarde le nombre de publications scientifiques, Montréal est dans le même club que Boston, Washington et San Francisco ! Affaiblissons cette armature du savoir et c\u2019est notre statut dans le monde, comme ville, comme société, comme peuple, que nous mettrons en péril.Renforçons-la et nous renforcerons toute l\u2019économie et la vie sociale de Montréal. LE DEVOIR, LE LUNDI 18 JUIN 2012 A 7 IDEES Une émeute contre la conscription en 1812 GILLES LAPORTE Historien et enseignant au Cégep du Vieux Montréal e mois de juin correspond cette année au 200® anniversaire du déclenchement de la fameuse guerre de 1812, un anniversaire que certains voudraient voir célébré comme une grande démonstration d\u2019unité canadienne.Pourtant, dés le départ, l\u2019enrôlement obligatoire rencontra une certaine opposition, dont l\u2019émeute survenue à Lachine du 1®\"^ juillet 1812 constitue le point culminant.Le 18 juin 1812, les Etats-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.A titre de colonie anglaise, le Bas-Canada est aussitôt entraîné dans le conflit.Dés l\u2019hiver, le gouverneur George Prévost avait procédé au tirage au sort des premiers conscrits âgés de 18 à 30 ans, afin de les préparer au plus tôt en vue des combats à venir.La rumeur s\u2019était cependant vite répandue à propos des piètres conditions de vie et de la discipline de fer qui régnaient dans les casernes.C\u2019est donc au compte-gouttes que les conscrits se manifestent, en particulier dans l\u2019ouest de Montréal où, des 59 hommes appelés pour la division de Pointe-Claire, seuls 28 s\u2019étaient rapportés au camp de La Prairie et, de ce nombre, 4 avaient presque aussitôt pris la fuite.Devant ce climat d\u2019insubordination, le commandement de la milice dépêche le major Jean-Philippe Leprohon et une trentaine d\u2019hommes afin de mener la chasse aux déserteurs et de rétablir l\u2019ordre.Dès le 29 juin, ils arrêtent deux fuyards, puis un troisième le lendemain.On en est là quand la troupe se profile sur la côte Saint-Jean de Sainte-Geneviève, chez le capitaine Joseph Binet, où plusieurs hommes se trouvent embusqués, bien décidés à résister et à libérer les leurs.Une insurrection?D\u2019après le témoignage du major leprohon, «un grand nombre d\u2019hommes bordaient le chemin et le suivaient de près, et un grand nombre cherchait à me devancer et, à la fin, ils nous ont barré le chemin au nombre de 30 ou 40 qui se sont augmentés à plus de 100 et dont j\u2019en ai reconnu plusieurs que je venais de laisser chez le capitaine Binet; près de 40 étaient armés».Sous la menace, Leprohon est alors obligé de laisser filer le prisonnier fait le matin.Quant aux insurgés, grisés par leur succès facile et enhardis par la libération du déserteur, ils décident de suivre la troupe de leprohon afin de repérer et possiblement de libérer les deux prisonniers faits la veille: «Ils n\u2019avaient peur de rien et se sentaient capables de manger tous les soldats qui leur seraient opposés: Nous voulons ravoir nos prisonniers, scandent-ils, nous reviendrons demain pour voir si vous avez ra- SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Il y a 200 ans jour poiu joiu-, le 18 juin 1812, les États-Unis déclaraient la guerre à la Grande-Bretagne.À titre de colonie anglaise, le Bas-Canada fut aussitôt entraîné dans le conflit.Certains voudraient voir cet anniversaire célébré comme une grande démonstration d\u2019unité canadienne.Pourtant, dès le départ l\u2019enrôlement obligatoire rencontra une certaine opposition.mené nos prisonniers.\u2014 Vous voulez donc faire une guerre civile, leur ai-je demandé ?\u2014 Ma foi oui, m\u2019ont-ils tous répondu.» Plus loin dans son témoignage, Leprohon le dit autrement: «Vous voulez donc faire une insurrection ?leur demande alors Leprohon ?\u2014 Nous voulons faire une guerre civile [.].» Durant la soirée, des insurgés sillonnent les côtes vers Sainte-Geneviève, Saint-Laurent, baie des Valois et jusqu\u2019aux Cèdres et les Coteaux, dans la péninsule de Vaudreuil, afin que, de partout, on converge vers Lachine, où la troupe de Leprohon s\u2019est finalement réfugiée.Parallèlement, deux émissaires avaient été dépêchés à Montréal y rencontrer les autorités pour questionner la légalité de la conscription et, si possible, négocier une entente afin de sortir de la crise.Condamnations Le 1®\"^ juillet 1812, quelques centaines d\u2019hommes, dont plusieurs armés de fusils, de pistolets ou de bâtons, se profilent devant Lachine.Le capitaine Binet est du nombre, mais la direction des émeutiers est désormais assurée par des notables de Pointe-Claire, dont Guillaume Mallet et les frères Courville.Selon divers témoins, une fois libérés les deux déser- teurs arrêtés le 29, les insurgés comptaient s\u2019emparer d\u2019embarcations amarrées au quai et traverser le fleuve afin de libérer tous les conscrits au camp de La Prairie.Durant plusieurs heures la situation demeure incertaine, tandis que le nombre d\u2019insurgés massés à Lachine fluctue tout au long de la journée pour atteindre environ 400 hommes : «Ren-dez-nous nos jeunes gens et nous nous en irons chez nous.\u2014 C\u2019est impossible, leur objecte le major Chaboillez.\u2014 Eh bien, répondent-ils, nous forcerons pour les avoir; demain, à 1500 ou 2000, nous saurons bien imposer nos conditions.» L\u2019affaire prend une nouvelle tournure avec l\u2019arrivée du corps d\u2019armée du magistrat John McCord.Ce dernier adopte aussitôt une attitude intransigeante, lit l\u2019acte d\u2019émeute et ordonne aux manifestants de se disperser.Après quoi, les soldats arrivés entre-temps tirent un coup de canon au-dessus de la tête des manifestants.Ceux-ci ripostent.Des coups de feu sont échangés et l\u2019engagement se solde par plusieurs blessés et la mort de deux Canadiens.La foule se débande ensuite dans le désordre.Le lendemain, l\u2019armée procède à une razzia dans les maisons de la côte et arrête 37 hommes soupçonnés de pratiques séditieuses.De ce nombre, 14 seront poursuivis et condamnés à la Cour du Banc du Roi à des peines variant de 16 à 24 mois, purgées à la prison de Montréal.Selon l\u2019historien Jean-Pierre Wallot, les émeutiers de Lachine étaient persuadés que la loi de la milice n\u2019avait pas été adoptée et que la conscription était donc illégale.C\u2019est d\u2019ailleurs la défense qu\u2019ils invoqueront tous lors de leur procès.Selon Christian Dessureault, cette émeute démontre plutôt la profonde réticence des paysans canadiens à accepter la conscription, malgré les discours du clergé et de la petite bourgeoisie insistant sur la fidélité à la Couronne britannique.Le soulèvement ne s\u2019inscrirait donc pas dans un large mouvement de contestation du pouvoir colonial ou monarchique.Les habitants auraient plutôt réagi à une menace extérieure lorsque les autorités militaires ont envoyé des hommes armés pour s\u2019emparer de déserteurs dans leurs paroisses, voire dans leurs demeures.1812 s\u2019inscrit donc bien parmi les épisodes de résistance des Canadiens français à l\u2019enrôlement obligatoire ; une résistance qu\u2019on avait déjà constatée durant l\u2019invasion américaine de 1775 et lors de l\u2019appel de la milice en 1794, et qu\u2019on allait retrouver sous d\u2019autres formes lors des crises de 1917 et de 1940.Le monde des affaires et l\u2019environnement : deux décennies après le Sommet de la Terre SCOTT VAUGHAN Commissaire fédéral à l\u2019environnement et au développement durable ^^=1 ette semaine, plus dp 50 000 per- C sonnes et 100 chefs d\u2019État convergeront vers Rio de Janeiro, au Brésil, pour souligner deux anniversaires : le 40® anniversaire de la toute première rencontre internationale sur ^^=1 l\u2019environnement, tenue à Stockholm en 1972, et le 20® anniversaire du Sommet de la Terre des Nations unies sur le développement durable, qui a eu lieu en juin 1992.Cette année, l\u2019événement, qui porte le nom de «Rio -E 20», met l\u2019accent sur les progrès observés (de la diminution des émissions de certains polluants atmosphériques au Canada et dans d\u2019autres pays industrialisés jusqu\u2019à la baisse radicale de l\u2019utilisation de produits chimiques destructeurs de l\u2019ozone), mais dresse également une longue liste de conditions environnementales qui sont des signes de détérioration, comme les problèmes qui affligent les océans de la planète, l\u2019érosion de la biodiversité et les changements climatiques.Il y a vingt ans, la relation entre la croissance économique et la protection de l\u2019environnement a grandement influencé les débats au Sommet de la Terre.Au dire de certains, la lutte contre la pollution ou la protection des forêts allaient ralentir la croissance économique, freiner la productivité et étouffer l\u2019innovation.Le débat se résumait souvent à un choix: des emplois ou l\u2019environnement.A l\u2019aube de la conférence Rio -i- 20, le moment est propice pour mesurer l\u2019évolution du dilemme «emplois ou environnement».Des progrès De façon générale, au cours des vingt dernières années, des progrès ont été réalisés en matière de protection de l\u2019environnement, mais aussi dans l\u2019établissement du coût économique emm VANDERLEI ALMEIDA AGENCE ERANCE-PRESSE Plus de 50 000 personnes convergeront vers Rio de Janeiro, au Brésil, pour souligner notamment le 20® anniversaire du Sommet de la Terre des Nations unies sur le développement durable, qui a eu lieu en juin 1992.des divers règlements environnementaux.En raison de ces coûts, on aurait pu s\u2019attendre à ce que les entreprises s\u2019opposent aux mesures de protection de l\u2019environnement, surtout avec la récession mondiale des dernières années.Cependant, de récents sondages menés auprès de chefs d\u2019entreprises et portant sur des mesures prises par les entreprises ici au Canada montrent un tout autre tableau.Par exemple, les résultats d\u2019un sondage international mené en 2011 auprès de 3000 dirigeants d\u2019entreprise par le magazine MIT Sloan Management Review et le Boston Consulting Group révèlent que 70% des répondants ont affirmé qu\u2019ils tenaient toujours compte de la durabilité dans leurs décisions d\u2019affaires.La majorité des dirigeants ont déclaré que les questions environnementales comptaient à leurs yeux en raison de leur importance pour la compétitivité et de la réputation de leur entreprise sur le marché mondial.Le tiers d\u2019entre eux ont indiqué que, depuis qu\u2019ils avaient ajouté la durabilité aux objectifs de leur entreprise, leur rentabilité globale avait augmenté.Selon un rapport publié en 2010 par le Conseil canadien des chefs d\u2019entreprise, les dirigeants d\u2019entreprises canadiens jugent que l\u2019amélioration de l\u2019efficacité énergétique a généralement un effet positif sur leurs résultats financiers.Ces dernières années, un nombre croissant d\u2019entreprises canadiennes ont adopté des politiques et des procédures écologiques.Il y a plus de vingt ans, la Banque Royale du Canada a été l\u2019une des premières banques canadiennes à se doter d\u2019une politique environnementale.Depuis, toutes les grandes banques canadiennes en ont adopté une et ont adhéré à diverses initiatives nationales et internationales.Par exemple, elles ont mis en œuvre l\u2019initiative Carbon Disclosure Project pour mesurer leur empreinte carbone; les Principes Équateur, qui proposent des lignes direc- trices pour un financement responsable sur les plans environnemental et social ; et l\u2019initiative Einance du Programme des Nations unies pour l\u2019environnement.Dans le secteur de l\u2019assurance, des entreprises telles que The Co-operators ont adopté des politiques sur les changements climatiques en raison de l\u2019augmentation des pertes liées à l\u2019assurance que ces changements provoquent.Continuer Dans le secteur forestier, des associations telles que l\u2019Association des produits forestiers du Canada se sont fixé des objectifs ambitieux pour augmenter la certification par des tiers en faveur de l\u2019avancement de la foresterie durable.Dans le secteur de l\u2019alimentation au détail, les compagnies Loblaw et beaucoup d\u2019autres entreprises offrent un éventail de plus en plus grand de fruits et de légumes produits de manière durable, tandis que Tim Hortons s\u2019est fixé des cibles pour l\u2019écologisation de ses activités, notamment des programmes de recyclage et la conception de bâtiments écologiques.Dans le secteur des pâtes et papiers, des sociétés telles que Cascades utilisent des fibres recyclées comme matières premières.Ces mesures sont la preuve qu\u2019au lieu de s\u2019opposer à la protection environnementale, les entreprises \u2014 dont plusieurs grandes marques canadiennes \u2014 reconnaissent qu\u2019il est sensé de gérer leurs affaires tout en tenant compte de l\u2019environnement.Le défi qui nous attend consiste à mettre à profit l\u2019avance que nous avons prise dans l\u2019intégration de la question de l\u2019environnement aux décisions d\u2019affaires, et à continuer sur cette lancée.Aujourd\u2019hui, il est tout aussi important d\u2019aller dans cette direction que ce l\u2019était en 1992, surtout en raison des pressions qui continuent de s\u2019exercer sur notre environnement et sur les écosystèmes, qui sont à la base non seulement de notre économie et de notre qualité de vie, mais aussi de notre avenir à tous.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Y3b\\en\t(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-BoisvertésawféJ ; information politique : Michel DasAdjchroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields^ (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy TafWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', Karl Rettino-Parazelli et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBLJCITÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A8 LE DEVOIR LE LUNDI 18 JUIN 2012 ACTUALITES GRÈCE SUITE DE LA PAGE 1 que son parti «ne pourrait pas appliquer la même politique».Le jeune leader de Syriza, Alexis Tsipras, qui vient de transformer en parti d\u2019opposition ce qui était encore récemment une petite formation marginale d\u2019extrême gauche, semblait encore plus réjoui que le gagnant.11 a aussitôt rejeté les appels à participer à une coalition.«Nous serons présents en tant qu\u2019opposition, nous représentons la majorité du peuple contre le mémorandum », dit-il.Fort de 71 députés, Sjriza constituera un solide bloc d\u2019opposition et une solution de rechange évidente en cas de nouvelles élections.Ses mibtants ont longuement manifesté leur joie hier dans les rues d\u2019Athènes.Le décompte des voix des partis opposés et des partis favorables aux mesures de rigueur révèle un pays coupé en deux.Le vote de Syriza est particulièrement élevé en Attique, la grande région d\u2019Athènes, et chez les 18-34 ans.Nouvelle Démocratie recrute largement dans le Péloponnèse et le nord du pays ainsi que chez les 55 ans et plus.L\u2019autre surprise de ce scrutin tient dans la confirmation de l\u2019entrée au Parlement de la formation néonazie Aube dorée.Hier, ses partisans célébraient dans les rues de la capitale.L\u2019«accident» du 6 mai dernier n\u2019en était donc pas un.Avec 7% du suffrage.Aube dorée est crédité de 18 sièges.Ce parti, qui n\u2019hésite pas à reprendre les symboles nazis et qui s\u2019en prend principalement aux immigrants, recrute dans les milieux populaires les plus frappés par la crise.A Aspropirgou, une banlieue industrielle d\u2019Athènes, son score dépasse 15%.Même s\u2019il a toutes les chances de se retrouver au gouvernement, le Pasok n\u2019est plus que l\u2019ombre de lui-même.Ce parti qui a dirigé la Grèce pendant trois décennies après la dictature des colonels devrait obtenir 33 sièges.Son leader, Evangelos Venizelos, a dit souhaiter un gouvernement regroupant les principaux partis.«Conscient de son rôle», dit-il, il assure cependant qu\u2019il ne laissera «en aucun cas le pays sans gouvernement».En cette soirée chaude, de nombreux Grecs ont suivi la soirée électorale sur les places publiques jusque tard en soirée.Là exactement où, la veille, ils avaient applaudi à la victoire des footballeurs grecs sur la Russie.La plupart ont réagi avec cabne aux résultats.De nombreux analystes estimaient hier que le fort pourcentage de voix recueilli par Sjriza pourrait donner des munitions au futur premier ministre Antonis Samaras afin de négocier de meilleures conditions avec la Troïka (FMI, Union européenne et Banque centrale européenne) et un report des échéances afin de tenir compte de la récession profonde dans laquelle la Grèce est plongée depuis quatre ans.O résultat devrait calmer, du moins temporairement, les inquiétudes des marchés qui crai-^aient une paralysie pouvant provoquer une sortie précipitée de la Grèce de l\u2019euro.La nouvelle a été accueillie avec satisfaction par les dirigeants européens, qui avaient récemment mis la population en garde contre le non-respect des mesures de rigueur déjà décidées.Dès hier soir, le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Wes-terwelle, a déclaré à la télévision que, sans faire «de modifications substantielles aux engagements», son pays serait prêt à en renégocier les échéances.Cette renégociation devrait s\u2019ouvrir dès la formation du nouveau gouvernement.La nouvelle de l\u2019élection d\u2019Antonis Samaras devrait aussi rassurer les dirigeants du G20 qui se réunissent ce matin au Mexique pour discuter de la crise des pays de la zone euro.Une crise qui est loin de se limiter à la Grèce.Le Devoir LOBBYISME SUITE DE LA PAGE 1 semble, mais la question du lobbyisme apparaît comme une «patate chaude».Au Conseil du trésor, on insiste d\u2019ailleurs pour préciser qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une directive, mais d\u2019un manuel de référence auquel «personne n\u2019est lié».Et il n\u2019est pas question de le rendre public puisque cela lèverait le voile sur les « trucs » conseillés pour contrer la collusion et la corruption.La ministre responsable de l\u2019Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, souligne d\u2019ailleurs dans un message d\u2019introduction faisant partie de l\u2019extrait obtenu par Le Devoir que «ce coffre à outils vise à perfectionner les capacités des intervenants en gestion contractuelle afin qu\u2019ils puissent prévenir et détecter les deux pratiques qui portent atteinte à l\u2019intégrité des contrats publics: la collusion et la corruption ».M\u201c® Courchesne souligne également que plusieurs pays ont pris des mesures au cours des dernières années pour répondre aux préoccupations éthiques de la population puisque «les sommes en jeu sont importantes et les risques de dérapage bien réels».La mise en place de l\u2019Unité permanente anticorruption fait partie de la réponse du gouvernement du Québec, rappelle-t-elle.La Commission d\u2019enquête sur la gestion et l\u2019octroi des contrats publics dans l\u2019industrie de la construction, communément appelée commission Charbonneau du nom de sa présidente France Charbonneau, a d\u2019ailleurs abordé la question des processus d\u2019octroi de contrats depuis le début de ses audiences publiques.Des témoins experts issus du Trésor ainsi que du ministère des Transports (MTQ) sont venus expliquer à la commission Charbonneau les façons de brasser des affaires au sein du gouvernement.Difficile à appliquer Malgré cela, les recommandations du Trésor traitant de lobbyisme semblent difficiles d\u2019application.C\u2019est notamment le cas au cabinet du premier ministre.«C\u2019est utopique dépenser que les élus, dans leurs activités publiques, ne rencontrent pas de lobbyistes.Ils ne peuvent pas toujours vérifier s\u2019ils sont inscrits au registre», a expliqué l\u2019attaché de presse de Jean Char est, Hugo D\u2019Amours.Au ministère des Finances, on précise que le document ne concerne qu\u2019une poignée d\u2019employés qui s\u2019occupent des Éir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministère des Transports génère pins de trois miiiiards de doiiars en contrats annueis.marchés publics.Quant au lobbyisme, il ne serait abordé, selon le porte-parole Jacques Delorme, que «dans son sens large» ce qui ne viserait pas en priorité le ministère des Finances qui «n\u2019est pas un gros donneur d\u2019ouvrage».Cette même vision du lobbyisme est partagée dans les ministères de la Santé et des Services sociaux, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale ainsi qu\u2019aux Ressources naturelles où l\u2019on note que «ces bonnes pratiques n\u2019ont pas force obligatoire ».Le document y a été diffusé, mais aucun moyen n\u2019a été pris pour s\u2019assurer que les recommandations sont suivies.De plus, le lobbyisme est associé essentiellement à l\u2019octroi de contrats.Qr, les orientations gouvernementales, l\u2019élaboration de politiques publiques et les choix budgétaires, fiscaux, législatifs et réglementaires sont également dans la mire des lobbyistes.Au cabinet de Pierre Moreau dont le ministère (MTQ) génère à lui seul plus de trois milliards de dollars en contrats annuels, on se dit informé de la loi «et nous nous y conformons», a assuré l\u2019attachée de presse Andrée-Lyne Hallé.Aucune précision n\u2019est toutefois apportée quant à la vérification du registre.Du côté administratif du MTQ, on explique que le ministère se penche à l\u2019heure actuelle sur la création d\u2019une directive particulière dans la foulée du «Coffre à outils».Un projet pilote a été mis en place afin de répertorier l\u2019ensemble des communications d\u2019influence dans le ministère.11 s\u2019agit de savoir qui a été rencontré, quand, où et pourquoi.Le lobbyisme des firmes de génie-conseil pourrait ainsi être documenté bien que ces der- nières estiment que leur travail est de nature professionnelle et technique.Au Développement économique, «le ministère est à mettre en place toutes les règles susceptibles de favoriser la mise en application de l\u2019ensemble des modalités d\u2019action proposées dans le Coffre à outils», explique le porte-parole Jean-Pierre D\u2019Auteuil.Du côté de l\u2019Environnement, la porte-parole Hélène Simard indique qu\u2019«î7 y a ici une consigne très claire pour ce qui est du lobbyisme: on ne parle pas avec des firmes qui ne sont pas inscrites au registre».En novembre dernier, une formation particulière a été donnée aux secrétaires des comités de sélection; d\u2019autres ministères y ont dépêché du personnel.Les comités de sélection constituent l\u2019instance qui tranche en faveur de telle ou telle entreprise et rejette les autres soumissionnaires dans le processus d\u2019octroi de contrats.La formation des comités de sélection a été abordée par la commission Charbonneau la semaine dernière alors que l\u2019on apprenait que les firmes de génie-conseil et les cabinets d\u2019architectes demandent systématiquement le nom des membres des comités de sélection.La situation inquiète le conseiller au Conseil du trésor, Michel Dumont, qui voit une tentation pour les firmes d\u2019offrir de «petits cadeaux» aux membres des comités de sélection.Dans son «Coffre à outils», le Trésor recommande de «refuser de traiter avec un lobbyiste qui contrevient à la Loi ou au Code de déontologie des lobbyistes et, le cas échéant, en aviser le Commissaire au lobbyisme ».Le Devoir MULCAIR SUITE DE LA PAGE 1 Le sondage a été mené entre mardi et jeudi dernier, alors que le Parlement fédéral se penchait sur l\u2019éléphantesque projet de loi C-38 et que l\u2019opposition menait la charge d\u2019un vote-marathon pour tenter de faire adopter des amendements.«Le sondage nous dit que les Québécois apprécient la gestion de ce dossier par M.Mul-cair, dit M.Bourque.L\u2019effet Mulcair demeure très présent: le NPI) avait pris 20 points au Québec au lendemain de son élection, et il continue à faire des gains depuis.» C\u2019est vrai au Québec, mais aussi ailleurs au Canada, où différents sondages placent désormais le NPD et les conservateurs à égalité statistique.Christian Bourque fait remarquer que tant les libéraux que les conservateurs se retrouvent pratiquement au même niveau que lors des élections de l\u2019an dernier dis avaient obtenu 14% et 16%).Le taux d\u2019insatisfaction à l\u2019égard du gouvernement Harper demeure d\u2019ailleurs très élevé (71%).C\u2019est donc pratiquement seulement au détriment du Bloc québécois (23% en 2011) que le NPD progresse dans les intentions de vote.«Pendant la course à la chefferie du NPD, le Bloc avait remonté dans les sondages, mais ce n\u2019était qu\u2019à cause du vide politique créé par la mort de Jack Layton.On le sentait alors, mais c\u2019est évident depuis l\u2019arrivée de M.Mulcair.» De façon globale, M.Bourque pense que «les Québécois aiment concentrer leurs efforts de surveillance du gouvernement fédéral.Pendant des années, c\u2019était par le Bloc.Maintenant, c\u2019est le NPD qui profite» du tir groupé, dit-il.C\u2019est là aussi une illustration probable du déplacement de l\u2019axe souverainiste-fédéraliste vers l\u2019axe gauche-droite dans le débat politique québécois.Mené en ligne du 12 au 14 juin auprès de 1000 personnes, le coup de sonde présenterait une marge d\u2019erreur de 3,1%, dans 19 cas sur 20, si l\u2019échantillon était «probabiliste».Les sondages menés par Internet ne sont pas considérés comme étant probabilistes, contrairement aux sondages menés autrefois par téléphone (procédé de plus en plus rarement utilisé).Léger Marketing considère toutefois que les sondages en ligne sont désormais aussi précis (les répondants sont sélectionnés aléatoirement à partir d\u2019un panel Internet de plus de 400000 ménages canadiens), ce qui lui permet d\u2019accorder une marge d\u2019erreur théorique (ce que d\u2019autres firmes ne font pas).Le Devoir Le NPD en tête au Québec Si des élections fédérales avaient lieu aujourd\u2019hui, pour quel parti auriez-vous l\u2019intention de voter?\tAvant Ensemble lépartltlon\tdu .Québec 52% 18% 14% 13% 3% Nouveau Parti démocratique 46 % I Bloc québécois\t16% I Parti conservateur\t13% I Parti libéral du Canada\t12% I Parti vert du Canada\t2% Le taux d\u2019insatisfaction des Québécois à l\u2019égard du gouvernement de Stephen Harper est de 71%.Étude Léger Marketing réalisée du 12 au 14 juin 2012 par Internet auprès de 1000 personnes de plus de 18 ans, réparties dans toutes les régions du Québec.L\u2019étude complète peut être consultée sur ledevoir.corn LAPARE SUITE DE LA PAGE 1 pose tout le film.Ce second métier, Louise La-paré y est venue par accident.Une belle histoire qu\u2019elle a bien voulu partager avec Le Devoir.L\u2019aventure commence vers 1993.Louise Laparé participe alors à un téléroman de Guy Fournier, EnfCadieux.Au sein de la distribution, plusieurs enfants et préadolescents.«En télévision, le rythme de travail est effréné, explique Louise Laparé.Apprendre le te:àe, livrer certaines émotions sur demande: les plus jeunes vivaient un stress.Sans que je sache pourquoi, ils se sont mis à venir me voir avec leurs angoisses et leurs appréhensions.Spontanément, j\u2019ai pris sur moi de les aider.» Ces aptitudes insoupçonnées ne passent pas inaperçues et, rapidement, Louise Laparé se taille une réputation enviable.Sur les films Ea-milia.Aurore, Le Ring, Maman est chez le coiffeur et Erisson des collines, notamment, elle effectue le travail préparatoire avec les jeunes vedettes dont on attend beaucoup.Le goût d\u2019apprendre Louise Laparé se trouve certes à l\u2019aise en compagnie des jeunes, mais il y a plus, à commencer par un intérêt pour l\u2019apprentissage.«J\u2019ai toujours été fascinée par les mécanismes du jeu.J\u2019aime observer mes partenaires et décortiquer leurs performances.» Cela se traduit pour l\u2019actrice par une approche très méthodique de l\u2019interprétation.«J\u2019ai développé mon propre système.Chaque scène devient une fiche.Comme on tourne habituellement dans le désordre chronolo- gique, je consulte ma fiche et je sais à quelle intensité émotionnelle se situe mon personnage à ce moment précis et dans quel contexte plus large s\u2019inscrit la scène.» Cette technique, elle l\u2019utilise aussi avec les enfants acteurs.« On passe le scénario en revue en isolant les intentions, l\u2019émotion recherchée, son intensité, etc.Ça peut prendre une bonne vingtaine d\u2019heures.Ensuite, je leur propose des exercices qui ne sont en apparence pas reliés au scénario, mais qui leur permettent de puiser en eux les outils dont ils auront besoin pour leurs scènes.J\u2019essaie de garder le processus très ludique.» Louise Laparé en cinq dates 1975: Elle décroche le rôle de Lucie Germain dans La Petite Patrie.1980: Elle est Jeanne Plouffe pour Gilles Carie dans Les Plouffe, rôle qu\u2019elle reprend l\u2019année suivante pour Denys Arcand dans Le crime d\u2019Ovide Plouffe.2006: Elle prépare une quarantaine de non-acteurs rwandais pour leurs rôles respectifs dans Un dimanche à Kigali, de Robert Favreau.2007: Elle «coache» le jeune Maxime Desjardins-Tremblay pour son rôle exigeant dans Le ring, d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette.La performance du tout jeune acteur sera louangée.2011: De retour chez son ami André Forcier, elle campe dans Coteau rouge une grand-mère porteuse et donne la réplique à son conjoint à la ville, Gaston Lepage.Et les cinéastes, comment réagissent-ils à cette présence en coulisses ?« Très bien.Je suis là pour faire le pont entre eux et leurs jeunes interprètes.Je me vois comme une facilitatrice.Cette profession-là doit être dénuée d\u2019ego», soutient Louise Laparé.Familiarisé avec la direction d\u2019enfants (Certains cinéastes tiennent à s\u2019impliquer dès le départ c\u2019est-à-dire avant que l\u2019enfant se retrouve devant leur objectif.Jean-Pierre Jeunet est de ceux-là.«C\u2019est rare que les réalisateurs prennent le temps de procéder à la lecture et à la déconstruction du scénario avec le jeune acteur et moi.Et c\u2019est normal: leur attention est réclamée ailleurs.» Vrai que la préproduction est une étape fort exigeante.Ironiquement Jean-Pierre Jeunet ne comptait pas retenir les services d\u2019une coach pour Kyle CaÜett, le garçon de 12 ans qui sera de pratiquement toutes les scènes de The Young and Prodigious Spivet.Délicatessen et surtout cité des enfants perdus l\u2019ont du reste familiarisé avec la direction d\u2019enfants.Or, deux sources différentes ayant louangé le travail de Louise Laparé, Jean-Pierre Jeunet décida de la contacter.«Le courant est immédiatement passé entre nous.Il m\u2019a expliqué ce qu\u2019il désirait accomplir, je lui ai en retour expliqué ma façon d\u2019opérer.Il a voulu être présent lors de mes rencontres avec Kyle, même si ça représentait un surcroît de travail pour lui.C\u2019est formidable, parce que ce temps investi en amont en sauvera en aval, une relation de confiance étant d\u2019ores et déjà établie entre eux.» The Young and Prodigious Spivet mettant en vedette des pointures comme Helena Bonham Carter {Howards End, Harry Potter) et Kathy Bates {Misery), la pression exercée sur le comédien dé- butant sera forcément très forte même si tous s\u2019emploieront à rendre l\u2019expérience plaisante.«On leur en demande énormément.Ils ont des tuteurs sur le plateau et ils poursuivent leurs études en plus du travail.D\u2019un autre côté, durant ces quelques semaines ou mois, ils deviennent le centre de l\u2019univers.Ils se font dire en permanence qu\u2019ils sont extraordinaires par l\u2019équipe.Et ils le sont.» Louise Laparé se montre particulièrement soucieuse de cet aspect.«L\u2019une de mes seules exigences est de rencontrer les parents afin de leur expliquer ce que leurs enfants s\u2019apprêtent à vivre, mais surtout afin de les préparer à les soutenir ensuite, car l\u2019après-tournage laisse un grand vide.Il y a un deuil à faire.C\u2019est difficile pour les adultes, imaginez pour les enfants.» La plupart de ceux qu\u2019elle a contribué à former poursuivent dans le domaine et gardent contact avec elle.«Le soir de la première, je veux que les jeunes puissent se dire \u201cJ\u2019ai tout donné\u201d.Je veux qu\u2019ils soient fiers d\u2019eux.De les voir prendre leur envol, ça me donne des ailes.» Louise Laparé oeuvre ainsi devant et derrière les caméras.Jean-Pierre Jeunet aurait bien voulu l\u2019y garder pour les trois mois que durera le tournage de The Young and Prodigious Spivet, mais la comédienne pas carriériste pour deux sous avait d\u2019autres engagements.En juillet débuteront en effet les répétitions de la pièce A ce momentdà, présentée cet automne à La Licorne et dans laquelle Louise Laparé joue.la mère.Sur les planches, ce sera à son tour de s\u2019envoler.Collaborateur Le Devoir D Une version longue de ce texte est publiée sur ledevoir.eom LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.eom GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le 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