Le devoir, 9 juillet 2012, Cahier A
[" Festival de Jazz de Montréal : le bilan de nos critiques Page B 7 Registre des armes : Harper prêt à violer les traités internationaux Page A 3 w w w .1 e d e V 0 i r.c 0 m ^ LE DEVOIR Vol.CI I I N° 1 5 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JUILLET 2012 1,09 $ + TAXES = 1,25 Victoires historiques à Wimbledon MIGUEL MEDINA AGENCE ERANCE-PRESSE MIGUEL MEDINA AGENCE ERANCE-PRESSE LEON NEAL AGENCE ERANCE-PRESSE Le Suisse Roger Federer s\u2019est laissé tomber sur le court central de Wimbledon après y avoir été couronné pour une septième fois.A gauche : la Québécoise Eugénie Bouchard, victorieuse en simple et en double chez les juniors, et Filip Peliwo, couronné chez les garçons: du jamais vu au tennis canadien.Federer rejoint Sampras et redevient numéro un La Québécoise Eugénie Bouchard triomphe en simple et en double chez les juniors KARL RETTINO-PARAZELLI Pluie de records sur le gazon londonien, cette fin de semaine.Le Suisse Roger Federer a égalé la marque partagée par Pete Sampras et William Renshaw en remportant hier un septième titre à Wimbledon, tandis que chez les juniors, la Québécoise Eugénie Bouchard s\u2019est inscrite dans l\u2019histoire du tennis canadien en triomphant à la fois en simple et en double.La jeune athlète âgée de 18 ans native de Westmount est devenue samedi la première représentante du Canada à remporter un titre en simple dans un tournoi majeur.Elle a renoué avec la victoire hier en double aux côtés de l\u2019Américaine Taylor Townsend, puis le Britanno-Colombien FilipPeliwo, aussi âgé de 18 ans, a mis la main sur le titre en simple chez les gar- çons pour procurer au Canada un total inégalé de trois titres dans un tournoi du Grand Chelem.En remportant pour une septième fois les grands honneurs à Wimbledon grâce à un gain en quatre manches de 4-6, 7-5, 6-3, 6-4 devant l\u2019Écossais Andy Murray, le Suisse Roger Federer a également repris le premier rang mondial à VOIR PAGE A 8 : WIMBLEDON Aujourd\u2019hui Syrie > Kofi Annan doit rencontrer aujourd\u2019hui le président Assad, qui accuse les Etats-Unis de soutenir les rebelles.Page B1 Ottawa > Les scientifiques prendront la rue mardi pour dénoncer les politiques du gouvernement Harper.Page A 3 Grlfflntown > «Ses chevaux, c\u2019était sa vie».Mort du propriétaire de la célèbre écurie Horse Palace, Léo Leonard.Page A 4 7\t.V.- .-\t.\t-, Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B2 B6 B5 B5 B6 B3 Johnny Hallyday au Festival d\u2019été de Québec Les grands moyens de la reconquête Le plus grand showman de France s\u2019attaque demain aux Plaines, puis revient en octobre pour deux soirs au Centre Bell.Campagne de la dernière chance qui a commencé en février sur le plateau de Star Académie.Conversation et bulletin de santé.SYLVAIN CORMIER Quand j\u2019entre dans la loge, Luc Pla-mondon en sort.A la cour du roi Johnny, chacun a ses raisons de solliciter l\u2019audience : à moi, on accorde quelques minutes de conversation en amont de son spectacle du 10 juillet sur les Plaines en vedette du Festival d\u2019été de Québec.Plamondon est de ceux qui lui tournent autour pour placer une chanson.Récidive, dans son cas: des 1000 chansons enregistrées par Johnny Hallyday en 50 ans de carrière, il y en a au moins trois de Plamondon.Jamais sorties, sauf pour le fan-club : pas assez premier degré, avait-on signifié au fier Luc.Ça parlait de la vie de chanteur, avec une certaine distance ironique : Johnny et l\u2019ironie, c\u2019est deux.On est en février, au studio Mel\u2019s de Saint-Hubert, dimanche soir de gala à Star Académie.Début de l\u2019opération reconquête du Québec.Johnny Hallyday va chanter tantôt, deux gros medleys de ses chansons les plus connues chez nous \u2014 Ma gueule, Quelque chose de Tennessee, Les portes du pénitencier.Que je faime \u2014 avec les staracadémiciens, pour deux millions de téléspectateurs.Tout le monde est fébrile, j\u2019ai croisé René Angélil en chemin vers la loge et j\u2019ai eu peur qu\u2019il m\u2019embrasse sur la bouche comme dans les films de mafia et que mon compte soit bon.Mais non.EESTIVAL D\u2019ETE DE QUEBEC Johnny Hallyday fera demain sur les Plaines «le même spectacle qu\u2019à Paris».il n\u2019a pas levé les yeux de son iPhone.Johnny n\u2019a pas la tête à la jasette : il est concentré.Un ange passe, on me présente, il sourit de son extraordinaire sourire de Johnny.VOIR PAGE A 8 : HALLYDAY Lire aussi > Osaka Monauraii, des rois du funk au Festival d\u2019été de Québec.Page B 8 Conférence de Tokyo 16 milliards promis aux Afghans d\u2019ici 2015 Le Canada versera 227 millions d\u2019ici 2017 pour soutenir les droits des femmes La communauté internationale versera 16 milliards de dollars à l\u2019Afghanistan d\u2019ici 2015 pour l\u2019aider à reconstruire le pays dévasté par la guerre.Le Canada s\u2019est pour sa part engagé à verser une aide de 227 millions d\u2019ici 2017 pour renforcer les droits des femmes.L\u2019annonce de l\u2019aide internationale a été faite dimanche, au terme d\u2019une conférence d\u2019un jour qui réunissait quelque 80 nations et organisations internationales à Tokyo pour discuter de l\u2019avenir de l\u2019Afghanistan après le retrait des forces de l\u2019OTAN en 2014.Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de TONU, Ban Ki-moon, avait prévenu les bailleurs de fonds qu\u2019un désengagement financier vis-à-vis de l\u2019Afghanistan réduirait à néant les efforts menés depuis dix ans dans le pays.Il a rappelé l\u2019importance d\u2019investir dans la gouvernance, la justice, les droits de la personne, l\u2019emploi et le progrès social, sans oublier les besoins humanitaires de l\u2019Afghanistan et des réfugiés.Selon lui, il faut «faire plus pour les femmes et les enfants de ce pays, notamment dans le domaine de l\u2019éducation des filles et de la participation des femmes à la vie politique».VOIR PAGE A 8 : AFGHANS P«INT CHAUD « Les travailleurs font confiance aux syndicats, pas à la ministre » La FTQ-Construction demeure incontournable, dit Michel Arsenault KARL RETTINO-PARAZELLI Allégations d\u2019intimidation sur les chantiers de construction, commission parlementaire houleuse, adoption de la loi 33 abolissant le placement syndical: le tourbillon politique et médiatique des dernières années n\u2019a finalement pas eu d\u2019effet sur l\u2019appui des travailleurs de la construction à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui a augmenté vendredi d\u2019un point de pourcentage son taux de représentation des ouvriers québécois.La FTQ-Construction conserve ainsi son statut de syndicat incontournable dans le monde de la construction au Québec, estime le président de la FTQ Michel Arsenault.Pour le syndicaliste, l\u2019équation est simple.La FTQ-Construction a dénoncé le projet de loi 33 et a reçu l\u2019appui de nouveaux membres, tandis que la Confédération des syndicats nationaux (CSN-Construction) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD-Construction) ont à la fois appuyé l\u2019initiative gouvernementale et vu quelques points de pourcentage leur glisser entre les doigts.«Les travailleurs font confiance aux syndicats pour les défendre, pas à la ministre du Travail [Lise Thé-riault], et le vote vient de le démontrer clairement, estime M.Arsenault.Des membres de syndicat, on ne gagne pas ça à la loto.Les travailleurs viennent chez nous parce qu\u2019on leur donne du service, parce VOIR PAGE 8 : ARSENAULT Michel Arsenault 77831302829428 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 9 JUILLET 2012 ACTUALITES S' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Vicky Fragasso-Marquis : « Twitter est un réseau qui a tendance à faire entendre plus fort des gens qui crient déjà beaucoup.» #À_SUIVRE: VICICY FRAGASSO-MARQUIS Y a-t-il place pour la nuance ?Influents, mais discrets.Le réseau de microclavardage Twitter a fait naître au Québec des centaines de nouveaux leaders d\u2019opinion dont les commentaires sont suivis, relayés, débattus, critiqués, en 140 caractères, par leur masse d\u2019abonnés.Parfois divertissantes, parfois justes et informatives, parfois sources de polémique, ces têtes pensantes prennent de plus en plus part au débat public en installant leur influence dans ces nouveaux lieux de pouvoir.Mais qui sont-elles vraiment?Avec sa série #À_suivre, Le Devoir wovl^ propose de partir cet été à la rencontre de dix de ces influenceurs.FABIEN DEGUISE C« est l\u2019analyste des ^ univers numériques Olivier H.Beauchesne qui l\u2019a dit la semaine dernière : depuis le début du conflit étudiant, plus d\u2019un demi-million de tweets ont été générés sur le réseau de microclavardage Twitter par les internautes du Québec pour commenter, alimenter, décrier, éclairer et surtout construire la contestation sociale en cours, en format 2.0.La jeune Vicky Fragasso-Marquis, 23 ans, étudiante en sciences politiques et tête pensante en ascension dans cet espace de communication, a contribué à la formation de ce tout fait d\u2019information à saveur sociale, politique, philosophique ou émotive.Modestement, certes, mais assidûment et surtout avec un objectif simple: apporter un peu de retenue et de nuance dans un ensemble qui par moments donnait l\u2019impression d\u2019en manquer.«Ce qui se passe au Québec en ce moment est très intéressant, résume de sa voix délicate la résidante de Saint-Bruno rencontrée il y a quelques jours dans un parc du centre-ville de Montréal.Cela fait longtemps que l\u2019on n\u2019a pas débattu ensemble d\u2019enjeux liés à ce que l\u2019on appelle le modèle québécois.Remettre en question ce modèle n\u2019est pas forcément une mauvaise chose, mais il faut accepter de faire cet exercice en évitant les raccourcis faciles, les attaques personnelles pour délit d\u2019opinion et surtout la fermeture au débat par abus d\u2019étiquettes.» Des travers contre lesquels celle qui se présente sur le réseau Twitter sous le pseudonyme Vicky la lune s\u2019élève régulièrement.Ce qui n\u2019en fait pas pour autant une rêveuse.L\u2019étudiante, qui travaille actuellement sur un mémoire de maîtrise portant sur l\u2019image de Pauline Marois véhiculée par les médias, a fait son entrée sur ce réseau en 2009 à l\u2019invitation d\u2019un professeur de communication de l\u2019Université de Montréal, où elle étudie.Et l\u2019outil de communication émergent est rapidement devenu pour elle une façon de prendre part facilement, directement et efficacement au débat social en ne cherchant rien d\u2019autre qu\u2019à documenter son présent par petits fragments composés de 140 caractères.«Je ne veux pas verser dans le commentaire, ni trop me commettre pour ne pas être catalo- guée d\u2019un côté comme de l\u2019autre», dit-elle en avouant que si elle devait porter un carré de couleur sur ses vêtements, en ce moment, ce carré serait forcément multicolore.«Mon influence dans le débat en cours, j\u2019essaye de l\u2019avoir par la documentation des questions sociales débattues, par l\u2019échange posé et réfléchi avec d\u2019autres abonnés, avec des journalistes, et je trouve cela plutôt stimulant.» Issue d\u2019une cellule familiale très politisée, un père ingénieur, une mère prof au primaire et surtout un frère enseignant, militant, plus âgé qu\u2019elle qui l\u2019a initiée très tôt aux vertus de la conscience sociale, Vicky Fragasso-Marquis reconnaît avoir, pour toutes ces raisons, trouvé dans Twitter une façon d\u2019étendre son implication citoyenne en apportant dans le débat des opinions nuancées, pour contribuer à sortir des ornières idéologiques qui souvent, sur ce réseau comme ailleurs, mettent un point final à une conversation avant même qu\u2019elle n\u2019ait eu la chance de commencer.« Twitter est un réseau qui a tendance à faire entendre plus fort des gens qui crient déjà beaucoup, dit-elle.Il faut faire attention.Les dernières se- maines ont démontré que ce réseau pouvait induire des dérapages, mais aussi répandre dans la population des rumeurs malsaines.» Elle évoque ici, entre autres, le cas de Dan Bi-gras, le chanteur, qui, par l\u2019entremise de Twitter, a contribué à faire d\u2019un manifestant bien vivant un mort battu par la police et forcément élevé au rang de martyr par ses abonnés et les abonnés de ses abonnés.«Je ne pense pas que collectivement, nous avons assez conscience de ces risques, mais je crois aussi que les gens qui font circuler à cet endroit des informations non vérifiées vont finir par faire l\u2019unanimité contre eux.» Influente en devenir, lucide et modeste, Vicky Fragasso-Marquis, qui, dans sa fraîche vingtaine, se dit féministe sans être radicale, rêve de devenir journaliste, milite pour que le vote des jeunes s\u2019amplifie à l\u2019avenir \u2014 «Les élections, c\u2019est le moyen le plus efficace pour sanctionner un gouvernement» \u2014, est active sur Twitter, «pas pour y participer à un concours de popularité», dit-elle, mais pour contribuer à l\u2019inscription de la démocratie dans un nouveau format, même si ce format ne l\u2019est pas encore forcément.démocratique.«La société est mal représentée sur Twitter », un réseau qui attire pour le moment la frange la plus lettrée, la plus connectée, la plus urbaine de la population.«Pour cette raison, Twitter a tendance à déformer la réalité», dit-elle, et ça, «c\u2019est à ne pas perdre de vue».Le Devoir NOUVEAU ! ¦ / /' LE DEVOIR EN CLASSE Un programme destiné aux professeurs qui souhaitent utiliser les médias comme outil pédagogique.Préparez dès maintenant la prochaine session d'enseignement.Des abonnements de groupes sont disponibles.Aussi à l'adresse suivante : www.ledevoir.comAe-devoir-en-classe Pour plus d'information, contactez-nous à l'adresse courriel suivante : internet-ecole@ledevoir.com Un programme réalisé en partenariat avec la société Les amis du Devoir ETOBICOKE-CENTRE Bras de fer en Cour suprême sur une élection contestée STEVE RENNIE à Ottawa Un député conservateur déterminé à conserver sa circonscription et un candidat libéral qui est allé en cour pour tenter d\u2019obtenir l\u2019annulation des résultats du scrutin s\u2019affronteront de nouveau cette semaine, mais cette fois, ce sera devant la Cour suprême du Canada.Le plus haut tribunal du pays devra déterminer si le premier ministre Stephen Harper doit déclencher une élection partielle dans la circonscription torontoise d\u2019Etobi-coke-Centre.Le député conservateur Ted Opitz y a remporté la mise par 26 voix seulement contre le candidat libéral Borys Wrzes-newskyj aux élections fédé-rales de l\u2019an dernier.M.Wrzesnewskyj avait porté l\u2019affaire devant les tribunaux, alléguant que les procédures du scrutin avaient été entachées d\u2019irrégularités.Plus tôt cette année, un juge de la Cour supérieure de l\u2019Ontario a conclu que des employés d\u2019Élections Canada avaient commis des erreurs procédurales dans des bureaux de vote.Le juge Thomas Lederer avait alors rejeté 79 bulletins de vote et annulé le résultat final de l\u2019élection dans Etobicoke-Centre.M.Opitz a toutefois interjeté appel devant la Cour suprême, qui interrompt sa pause estivale pour entendre l\u2019affaire demain.On ne répertorie que cinq résultats électoraux annulés par les tribunaux canadiens depuis 1949, et aucun d\u2019entre eux n\u2019avait fait l\u2019objet d\u2019un appel jusqu\u2019à présent.Des élections partielles avaient rapidement été déclenchées dans chaque cas.Le résultat dans Etobicoke-Centre a été annulé parce que les documents concernant certains électeurs \u2014 ceux qui ne figuraient pas sur la liste électorale et ceux qui avaient besoin de quelqu\u2019un pour confirmer leur identité \u2014 n\u2019avaient pas été remplis correctement par l\u2019équipe d\u2019Élections Canada.Le juge Lederer a souligné dans son jugement une série d\u2019erreurs administratives aux bureaux de scrutin, mais il a assuré que ce n\u2019était pas le fruit d\u2019une fraude électorale.Mais depuis ce temps, M.Wrzesnewskyj a émis des allégations de bourrage d\u2019urnes et a suggéré que des électeurs avaient été écartés par l\u2019équipe de campagne de M.Opitz, mais rien de tout cela n\u2019a été prouvé.La Presse canadienne Mise en garde du responsable de l\u2019équité salariale PATRICE BERGERON à Québec Que les employeurs récalcitrants se le tiennent pour dit: la Commission de l\u2019équité salariale est prête à frapper.Le temps de la sensibilisation achève et les entreprises doivent maintenant payer équitablement leurs effectifs féminins, sous peine de sanction.C\u2019est l\u2019avertissement lancé par la présidente de la Commission de l\u2019équité salariale, Marie Rinfret.Elle est chargée de veiller à la mise en œuvre de la loi mise à jour en 2009, établie sur le principe du «salaire égal pour un travail équivalent», pour corriger la discrimination systémique qui touche le travail féminin.«On va interpeller les employeurs [quand il y aura des erreurs] .\u2022 on vous invite à corriger, à défaut, on va aller vous voir», a-t-elle illustré dans une entrevue à La Presse canadienne.«Oui, absolument, on est prêts à frapper.On a cette détermina-tion-là.Il est temps qu\u2019on utilise tous les outils qu\u2019on nous a donnés [.], on n\u2019hésitera d\u2019aucune manière à utiliser les ressources en notre possession, les poursuites pénales, le cas échéant » Plus de 80000 entreprises devront remettre, cet automne, une Déclaration en matière d\u2019équité salariale, qui atteste qu\u2019elles ont bel et bien fait l\u2019exercice d\u2019évaluation des tâches, et corriger les écarts, s\u2019il y a lieu.Cette déclaration est obligatoire pour les entreprises de six personnes et plus.La Commission aura donc un portrait plus précis du progrès réalisé en matière d\u2019équité salariale.On savait en 2001 que seulement 46% des employeurs avaient fait l\u2019exercice de l\u2019équité salariale ; les prochaines données seront donc plus à jour.La Presse eanadienne Bombardier signe une entente pour 15 appareils de la CSeries Bombardier Aéronautique a annoncé hier avoir signé un contrat de commande conditionnel d\u2019une valeur estimée à 1,02 milliard $US en vue de la livraison de 15 appareils CSeries.Le fabricant a précisé par voie de communiqué que son client, qui souhaite préserver son anonjmat, avait passé une commande conditionnelle de cinq avions CSlOO et dix CS300.Les CSeries, de petits appareils de 100 à 149 places, devraient entrer en service à la fin de 2013.Le président de la division Bombardier Avions commerciaux, Mike Arca-mone, affirme que les CSeries se démarquent des autres appareils par une «performance exceptionnelle» et une empreinte écologique réduite grâce à sa consommation énergétique d\u2019environ 20 % inférieure.Bombardier a eme-gistré 138 commandes fermes d\u2019avions CSeries.Entre autres clients figurent Braathens Aviation, la Deutsche Lufthansa et Korean Air.Cette annonce survient au lendemain de la conclusion d\u2019une autre entente par Bombardier Aéronautique.Le transporteur aé- rien China Express Airlines a passé une commande de six avions CRJ900 Next Gen à l\u2019entreprise.La Presse eanadienne Aéronautique : le Canada sera bien représenté au Salon de Farnborough Ottawa \u2014 Le ministre fédéral de l\u2019Industrie, Christian Paradis, est à la tête de la délégation canadienne qui assistera dès aujourd\u2019hui au Salon international de l\u2019aéronautique de Earnborough, en Angleterre.Ce salon biennal, qui accueille des entreprises des quatre coins du monde, constitue l\u2019événement phare des industries mondiales de l\u2019aérospatiale et de l\u2019aviation.Le ministre explique que le gouvernement a le devoir de mettre en place les conditions nécessaires pour permettre aux entreprises canadiennes de se démarquer sur le marché mondial où la concurrence est féroce.M.Paradis précise que le Canada s\u2019est taillé une place de choix dans le domaine de l\u2019aérospatiale grâce à l\u2019esprit d\u2019innovation et au talent de ses entreprises.Le Salon se déroulera du 9 au 15 juillet.La Presse eanadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JUILLET 2012 A 3 ACTUALITES Abolition du registre des armes à eeu Harper est prêt à violer les traités internationaux pour parvenir à ses fins Le gouvernement a ignoré les mises en garde de ses fonctionnaires FANNIE OLIVIER à Ottawa Le gouvernement conservateur est allé de l\u2019avant avec la destruction du registre des armes d\u2019épaule en dépit de l\u2019avis de ses propres fonctionnaires le prévenant qu\u2019il violerait ainsi ses obligations internationales.Un document d\u2019information confidentiel destiné au cabinet Harper avertit que le Canada contreviendrait aux traités internationaux qu\u2019il a signés en mettant fin à son registre.«En l\u2019absence d\u2019un enregistrement universel, le Canada serait tenu d\u2019adopter une solution de rechange pour la tenue de registres», peut-on lire dans la note classée secrète obtenue par la Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Le gouvernement fédéral a malgré cet avis gardé le cap avec sa loi abolissant le registre des armes longues, C-19 ayant obtenu la sanction royale le 5 avril dernier.«Le gouvernement a choisi d\u2019ignorer ce conseil», a déploré l\u2019expert spécialisé en trafic international des armes, Kenneth Epps.«Le fait que le gouvernement a choisi d\u2019aller de l\u2019avant malgré tout m\u2019indique qu\u2019il est plus important pour lui de plaire au lobby des armes que de respecter ses engagements internationaux», a déploré ce chercheur de l\u2019organisme Project Ploughshares.Le Canada est signataire du protocole des Nations unies sur les armes à feu qui requiert que le pays «assure la conservation, pendant au «Le fait que le gouvernement a choisi d\u2019aller de l\u2019avant malgré tout m\u2019indique qu\u2019il est plus important pour lui de plaire au lobby des armes que de respecter ses engagements internationaux» moins dix ans, des informations sur les armes à feu [.] qui sont nécessaires pour assurer le traçage et l\u2019identification ».Ottawa n\u2019a pas encore ratifié le protocole, mais sa signature est perçue en droit international comme un engagement ferme envers les principes de l\u2019entente.Le registre national, avant son abolition, permettait au Canada de satisfaire aux exigences du protocole de l\u2019ONU, ainsi qu\u2019à celles d\u2019un autre, accord de l\u2019Organisation des Etats américains sur le même sujet.Direction opposée Au bureau du ministre de la Sécurité publique Vie Toews, on persiste à répéter que la destruction des données n\u2019affectera pas les engagements du Canada à l\u2019étranger.«L\u2019abolition du registre des armes d\u2019épaule n\u2019a pas d\u2019impact sur notre capacité à nous conformer à nos obligations internationales.Le registre des armes d\u2019épaule n\u2019a jamais empêché un seul crime ni sauvé une seule vie», a écrit la directrice des communications du ministre Toews, Julie Carmichael, dans un courriel.Mais l\u2019opposition officielle soutient que le gouvernement conservateur s\u2019éloigne dans les faits encore davantage de ses engagements internatio- naux avec l\u2019annonce récente d\u2019une autre réglementation.Cette nouvelle mesure fait en sorte que les commerçants ne sont plus tenus de recueillir et conserver des données permettant d\u2019identifier un propriétaire d\u2019arme.«Plutôt que de concevoir une nouvelle façon de respecter ses obligations, le gouvernement va dans la direction opposée en retirant l\u2019obligation pour les vendeurs d\u2019armes de conserver leurs dossiers», s\u2019est désolé le député néodémocrate Randall Garrison.Kenneth Epps abonde en ce sens en déplorant fabandon de ces «livres verts» qui offraient à la police un outil de plus pour retrouver les auteurs d\u2019un crime avec une arme à feu.«Ces livres verts étaient la dernière possibilité pour une quelconque forme d\u2019enregistrement qui aurait été viable pour retracer des armes», a-t-il indiqué.La porte-parole du regroupement Poly se souvient et témoin de la tuerie de Polytechnique, Heidi Rathjen, croit que cette réglementation passée en douce juste avant la relâche d\u2019été aura un effet néfaste sur la sécurité au pays.« C\u2019est un outil qui servait à s\u2019assurer que les marchands d\u2019armes ne détournent pas les armes vers le marché noir.[.] Ce n\u2019est pas moi qui le dis, ce sont les chejs de police.» Injonction au Québec Le gouvernement de Stephen Harper a le feu vert pour détruire à jamais toutes les données du registre, sauf celles du Québec, où une injonction temporaire l\u2019en empêche.Québec espère récupérer les données qui le concernent et traîne pour ce faire le fédéral devant les tribunaux.La Cour supérieure pourrait rendre une décision à la fin de l\u2019été, mais d\u2019ici là, les données du registre sont maintenues.Le registre des armes à feu avait été mis sur pied à grands frais par l\u2019ancien gouvernement libéral, et les conservateurs en promettaient la destruction depuis longtemps.Lort de sa majorité, Stephen Harper y est finalement parvenu ce printemps, non sans les virulentes critiques de l\u2019opposition, des poupes de victimes et des associations de policiers.La Presse eanadienne Crise attikamek : une rencontre doit avoir lieu à Québec Jouer au cowboy MARIE-MICHELE SIOUI Les représentants de la nation autochtone attikamek doivent présenter aujourd\u2019hui un projet d\u2019entente au gouvernement du Québec lors d\u2019une rencontre où les visions du territoire risquent encore une fois de s\u2019entrechoquer.En langue attikamek, «not-cimik» désigne la forêt, mais signifie également «là d\u2019où je viens», une polysémie qui traduit l\u2019importance de la relation qu\u2019entretient cette nation avec son territoire traditionnel, son «nitaskinan » comme elle l\u2019appelle.Ainsi, selon le professeur de politique forestière à l\u2019Université Laval Luc Bouthillier, la rencontre pourrait bien se résumer en une confrontation de la « vision tas de bois » de l\u2019industrie et de la «vision identitaire» des Attikameks, qui tentent d\u2019obtenir une entente avec le gouvernement québécois depuis plus de 30 ans.Les Attikameks exigent entre autres l\u2019établissement d\u2019une formule de cogestion du territoire et la mise en place de mécanismes de redevances sur l\u2019exploitation des ressources naturelles.Leur plus récent coup d\u2019éclat est le barrage, depuis le 25 juin dernier, d\u2019une partie des activités forestières de la compagnie Kruger et d\u2019autres compagnies privées en bloquant le passage sur leur territoire des camions qui transportent du bois.Selon M.Bouthillier, il s\u2019agit là d\u2019une sorte de cri du cœur, car les «30 ans de patience» des Attikameks ne se sont pas «traduits par des avancées significatives», surtout en comparaison avec d\u2019autres nations autochtones, notamment les Cris, à qui la Convention de la baie James et du Nord québécois et la Paix des Braves a permis d\u2019importantes avancées sur le plan économique.Pour l\u2019instant, seules des ententes à la pièce sont conclues entre les compagnies d\u2019exploitation forestière et les Attikameks, et ce, depuis 15 ans environ.Il arrive donc que l\u2019industrie accepte de discuter \u2014 parfois avec chacune des familles qui a une ligne de trappe, un territoire de chasse ou de pêche, par exemple \u2014 afin d\u2019établir des accords mutuels pour l\u2019exploitation.Les compagnies n\u2019ont aucune obligation de respecter ces accords officieux, mais elles le font, selon M.Bouthillier.«Les Attikameks ont probablement été l\u2019une des premières nations autochtones du Québec à tenter d\u2019harmoniser ses usages forestiers avec ceux de l\u2019industrie», observe le professeur, qui a consacré de nombreuses études à la situation autochtone dans la province.«Il y a un certain apprentissage des industriels sur la perception autochtone du territoire, mais il reste que ces nombreuses années de négociations ne se sont pas traduites par des avancées significatives.La situation des Attikameks est sûrement celle qui progresse le moins au Québec.» Depuis leurs réserves, les Attikameks, qui ont moins de 30 ans en forte majorité, sont cependant bien au fait du mode de vie québécois, cette manière de vivre «euro-américaine », comme l\u2019appelle M.Bouthillier.«Ils sont bien conscients du fossé qui sépare ces deux modes de vie, et ils en ont assez», observe le professeur.«C\u2019est pour ça qu\u2019ils ont fini par bloquer la route.» La Loi québécoise sur l\u2019aménagement durable du territoire forestier de 2010 rend tout de même obligatoire la consultation et «l\u2019accommodement» des peuples autochtones avant l\u2019attribution d\u2019un permis.Selon M.Bouthillier, ces dispositions sont bien difficiles à appliquer correctement Les résidants des réserves attikameks de Wemotaci, Ma-nawan et Qpitciwan espèrent arriver à une entente de principe avec le gouvernement d\u2019ici le 30 août prochain.Entre-temps, si aucun accord n\u2019est conclu au terme de la réunion de lundi, les blocus reprendront dès le lendemain, soit le mardi 10 juillet ont indiqué les Attikameks.La Presse eanadienne Lire aussi > Peupie invisibie.Un éditiorial de Marie-Andrée Chouinard.Page A 6 JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE Voir et être vu.Justin Trudeau assure qu\u2019il n\u2019a toujours pas décidé de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Canada, mais en fin de semaine, au Stampede de Calgary, on aurait pu s\u2019y méprendre en le voyant un peu partout serrer des mains et se laisser photographier avec de futurs électeurs.Sur la photo, on voit son fils Xavier tenter de replacer son chapeau de circonstance.Les blouses blanches dans la rue contre Harper JESSICA NADEAU Des scientifiques d\u2019un peu partout au pays accusent le gouvernement Harper de sabrer volontairement dans la recherche.Pour dénoncer ces compressions, ils organisent mardi une procession funèbre soulignant la «mort de la preuve scientifique» sur la colline parlementaire à Qttawa.«Tous les Canadiens devraient être en mesure d\u2019avoir accès à la preuve scientifique afin de faire des choix éclairés», affirme Scott Lindley, professeur associé et ex-directeur de l\u2019institut de l\u2019environnement à l\u2019Université d\u2019Qttawa.Avec quelques collègues, professeurs et étudiants d\u2019Qttawa, Scott Lindley a lancé le mot d\u2019ordre pour tenter de rallier la communauté scientifique du pays.Selon lui, plus de 500 scientifiques ont donné leur appui au mouvement jusqu\u2019à présent grâce aux réseaux sociaux.Les participants sont invités à porter un sarrau de laboratoire et du noir pour manifester leur indignation face aux compressions et au musellement des scientifiques.Sur leur site DeathofEvi-dence.ca, les organisateurs dénoncent les stratégies utilisées par le gouvernement Harper pour «tuer» la preuve scientifique.«Les seules informations auxquelles le public canadien a accès sont celles qui corroborent la position idéologique du gouvernement, écrit Scott Lindley.Cela n\u2019est pas de la science, c\u2019est de la propagande ! » Une offensive musclée Selon les scientifiques, le gouvernement fédéral s\u2019est embarqué dans une offensive musclée et systématique pour empêcher la diffusion des informations scientifiques auprès du public canadien en utilisant deux méthodes.La première consiste à saigner les programmes et les institutions dont le principal mandat est la collecte d\u2019information scientifique, la seule qui soit véritablement neutre.Qn fait notamment référence ici aux coupes majeures dans les programmes de recherche d\u2019Environnement Canada, de Pêches et Q céans Canada, du Conseil national de recherches Canada, de même qu\u2019à la fermeture des instituts de recherche comme la Table ronde nationale sur l\u2019environnement et l\u2019économie et le Polar Environment Atmospheric Research Laboratory (PEARL) au Nunavut.Censure L\u2019autre stratégie, encore plus «insidieuse», selon Scott Lindley, consiste à empêcher la diffusion des données dans le débat public.«Nous avons assisté à des douzaines de cas de censure pour empêcher les scientifiques gouvernementaux de parler, une pratique que le ministre de l\u2019Environnement Peter Kent tente de justifier en parlant d\u2019une pratique établie.» Et il n\u2019y a pas que l\u2019environnement.Qn parle aussi de sciences sociales et juridiques, de santé, bref de tout ce qui permet de mieux comprendre le monde et de prendre des décisions éclairées.«La conséquence de tout cela, c\u2019est que les gens ne sont plus en mesure de comprendre l\u2019impact des décisions publiques », déplore le professeur.Le cortège funèbre partira mardi midi du Centre de conférences d\u2019Qttawa et se déploiera jusqu\u2019au Parlement.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 9 JUILLET 2012 ACTUALITES La canicule fait au moins 30 morts aux États-Unis Philadelphie \u2014 La moitié est des États-Unis est touchée par la canicule qui a fait au moins 30 morts ces derniers jours.Samedi, les températures sont montées jusqu\u2019à un record de 40,5 degrés Celsius à Washington, 41 degrés à Saint-Louis et 40 à Indianapolis.Au moins 30 décès ont été imputés à cette vague de fortes chaleurs, dont neuf dans le Maryland et 10 à Chicago, essentiellement des personnes âgées.Trois personnes âgées découvertes mortes dans leurs maisons de l\u2019Ohio souffraient de problèmes cardiaques, mais elles ont succombé aux fortes températures alors que leurs domiciles étaient privés de courant en raison des récentes coupures, selon les autorités.La chaleur a été également été invoquée pour trois décès en- registrés dans le Wisconsin, deux dans le Tennessee et trois en Pennsylvanie.Des milliers de foyers restaient privés de courant plus d\u2019une semaine après les violents orages d\u2019été qui qnt frappé le 29 juin plusieurs États de l\u2019est des États-Unis, dont 120000 en Virginie Occidentale et quelque 8000 dans les banlieues de Baltimore et de Washington.A New York, certains habitants accablés par la chaleur se réfugiaient au cinéma ou dans le métro.«Bien sûr, on est venus pour se rafraîchir», expliquait John Villanova, un écrivain croisé dans un cinéma de Manhattan.11 disait être auparavant resté dans le métro pendant une demi-heure, prenant une ligne dans les deux sens, sans but, juste pour profiter de la climatisation.Associated Press Poutine ordonne une enquête sur la crue qui a fait plus de 150 morts Les secours continuaient de retrouver des corps dimanche autour de Krymsk, un bourg du sud-ouest de la Russie où une crue violente a fait plus de 150 morts, et face au mécontentement des habitants, le président Vladimir Poutine a ordonné une enquête et des aides immédiates.Le corps d\u2019une petite fille de huit ans a été retrouvé, selon le comité d\u2019enquête local, cité par l\u2019agence Interfax.Cela porte à 152 le nombre total de morts, dont 140 dans cette seule petite ville et ses environs de l\u2019arrière-pays de la Riviera russe de la mer Noire, la zone la plus touchée par les pluies torrentielles et la crue violente survenues dans la nuit de vendredi à samedi.Neuf corps avaient été trouvés depuis le début des inondations vendredi dans la station balnéaire de Gelendjik, et le bilan a été porté à trois morts dimanche dans le port voisin de Novorossiisk, le plus important de la côte russe de la mer Noire.Les médias et les sauveteurs sur place craignaient cependant que la liste ne s\u2019allonge au fur et à mesure du reflux de l\u2019eau et de l\u2019avancée des secours.«On ouvre les maisons: des cadavres», a expliqué dans la nuit le chef du district de Krymsk, Vassili Kroutko, lors d\u2019une réunion de crise avec le président Vladimir Poutine.Celui-ci a décrété un jour de deuil national le 9 mai.La zone présentait dimanche un paysage de désolation, avec par endroits des amas de voitures et d\u2019arbres, des pans entiers de bitume retournés, des maisons éven-trées et d\u2019autres portant les traces de ce que les habitants ont décrit comme un «mur d\u2019eau» ayant mesuré jusqu\u2019à sept mètres de haut.« On déblaie comme on peut, il n\u2019y a aucune aide, notre maison s\u2019est effondrée et il ne reste que les murs», a dit à l\u2019AFP une habitante de Krymsk, Irina Morgounova.Selon les autorités locales, plus de 12 000 habitants et 4000 habitations ont été touchés par le désastre dans ce district qui compte près de 60000 habitants.Nombre d\u2019entre eux soupçonnent un lâché d\u2019eau d\u2019une retenue artificielle située en amont de la ville.«On n\u2019a jamais vu ça.La vague de 7 mètres a tout emporté.Ce n\u2019est pas la pluie.Ils ont ouvert les vannes, mais personne ne le dira jamais», a dit M\u201d® Morgounova.Le président Vladimir Poutine, dont la résidence d\u2019été se trouve à 200 km au sud près de la station balnéaire de Sotchi, s\u2019est rendu sur place samedi soir, alors que la colère grondait parmi les habitants.«C\u2019est comme un tsunami!», a dit le président russe en observant la région inondée depuis le hublot de son hélicoptère avec le gouverneur de la région de Krasnodar, Alexandre Tkatchev, avant de se poser à Krymsk.Lors de la réunion de crise, il a notamment interrogé dans le détail le chef du district de Krymsk sur l\u2019heure à laquelle il avait reçu une alerte sur le risque de crue, et sur la façon dont il l\u2019avait retransmise à la population.Nombre d\u2019habitants de la zone ont affirmé n\u2019avoir été avertis d\u2019aucune manière avant le déferlement de la crue qui les a surpris dans leur sommeil entre 2h et 4h du matin samedi.«A quelle heure ?», a demandé à plusieurs reprises M.Poutine, l\u2019air grave, après que le chef du district lui a répondu avoir reçu l\u2019alerte à 22 h vendredi.«J\u2019ai demandé au chef du comité d\u2019enquête russe de venir ici, il va vérifier les actes de tous les responsables: comment est venue l\u2019alerte, quand elle est venue, quand elle aurait pu venir, quand elle aurait dû venir, et comment chacun a agi», a alors déclaré M.Poutine.Une enquête a été ouverte pour homicides par imprudence.M.Poutine s\u2019est aussi fait répéter plusieurs fois par un responsable que la retenue artificielle de Neberjdaevs-koe, située en amont de Krymsk et destinée à alimenter en eau potable Novorossiisk, n\u2019avait effectué aucun lâché « technologique » ayant pu causer la catastrophe.Agence France-Presse Prochain gros lot (approx.) 3 000 000 $ 02 18 27 42 Résultats des tirages du : 2012-07-07 03 20 27 29 38 44 02 19 29 ^\t34 36 42 compi compi Lots bonis 17 33 41 Les détenteurs d\u2019une sélection Québec 49 jouée avec le Lotto 6/49 sur un même billet et comportant les quatre numéros d\u2019une même sélection boni tirée se partagent une cagnotte de 49 000 $ Résultats des tirages du : 2012-07-06 + i^ll^AXMlLUONS Résultats complets sur lotoquebec.com En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.350 dtoyens exigent le départ du maire de Mascouche La manifestation d\u2019hier était organisée par un conseiller de la ville Environ 350 personnes ont répondu hier après-midi à l\u2019appel d\u2019un conseiller municipal de la Ville de Mas-couche, près de Montréal, en allant manifester pour exiger le départ du maire Richard Marcotte, accusé de fraude.Jacques Tremblay, membre du parti Vision démocratique de Mascouche (VDM), explique que la marche est apolitique, à la veille de la prochaine séance du conseil municipal de ce soir.Le maire Marcotte a manifesté l\u2019intention de se présen- ter à cette séance, lui qui n\u2019a pas mis les pieds au conseil depuis son arrestation et sa mise en accusation à la mi-avril.Richard Marcotte ne peut s\u2019absenter du conseil pendant plus de trois mois.Cette absence prolongée pourrait forcer la tenue d\u2019une élection partielle.Les élections municipales doivent avoir lieu en novembre 2013.Le conseiller Jacques Tremblay souhaite que Richard Marcotte se retire de l\u2019administration municipale.11 estime que le maire ternit l\u2019image de Mascouche et qu\u2019il devrait quitter ses fonctions actuelles pour préparer le processus judiciaire qui l\u2019attend.«Il faut qu\u2019il prépare sa défense, lui, dit-il.Après tout, il passe en cour le 10 octobre.» L\u2019escouade Marteau a procédé à l\u2019arrestation du maire Marcotte dans la nuit du 19 au 20 avril dernier.L\u2019opération Gravier avait alors permis de démanteler un réseau de partage de contrats municipaux à la Ville de Mascouche.La Presse canadienne FRANÇOIS ROY LA PRESSE CANADIENNE Richard Marcotte sim JACQUES GRENIER LE DEVOIR Léo Léonard photographié devant son écurie avec un des chevaux qu\u2019il affectionnait tant.L\u2019homme qui soignait les chevaux disparaît à 86 ans C\u2019est toute une page d\u2019histoire de Griffintown qui se tourne JESSICA NADEAU Une figure emblématique de Griffintown vient de s\u2019éteindre.Léo Leonard, propriétaire de la célèbre écurie Horse Palace, est décédé le 5 juillet dernier à l\u2019hôpital.11 était âgé de 86 ans.«Depuis qu\u2019il a quitté le Horse Palace, l\u2019an dernier, il n\u2019était plus le même homme, il n\u2019avait plus le même goût pour la vie», raconte son ami de toujours.Don Pidgeon.«Ses chevaux, c\u2019était sa vie.» Selon lui, l\u2019histoire de Léo Leonard est intimement liée à celle de Griffintown.C\u2019était un homme charitable et apprécié de tous, un homme dont le cœur battait à l\u2019unisson avec son quartier et ses chevaux.«Léo, c\u2019était Griffintown.C\u2019était un vrai de vrai.» Léo Leonard est né dans une famille irlandaise le 5 mai 1926 à Goose Village, de l\u2019autre côté du canal Lachine.Déménagé à Griffintown, il a acheté en 1967 la plus vieille écurie de Montréal, datant de plus de 150 ans, et s\u2019est lancé en affaires avec le Horse Palace, qu\u2019il a exploité jusqu\u2019à l\u2019année dernière.Son écurie de la rue Ottawa fournissait plusieurs chevaux pour les calèches touristiques de Montréal.Mais le boum immobilier qui sévit à Griffintown et la décrépitude des bâtiments ont eu raison de la vieille écurie et de son propriétaire octogénaire.Des promoteurs immobiliers sont désormais propriétaires du terrain.Depuis, citoyens et ONG se sont mobilisés pour préserver l\u2019écurie en raison de sa valeur patrimoniale.Une fondation a été mise sur pied afin de préserver la vocation originelle de l\u2019écurie et en faire un musée.La fondatrice du Centre canadien d\u2019architecture, Phyllis Lambert, est elle-même venue plaider la cause du Horse Palace au conseil municipal de l\u2019arrondissement Sud-Ouest.Léo Leonard n\u2019aura pas survécu à tous ses chamboulements, raconte son ami Don Pidgeon.«A 86 ans, c\u2019est normal de partir.Mais à cet âge- là, il n\u2019a pas accepté le changement.» La communauté était très importante pour Léo Leonard, qui ne ratait jamais une occasion d\u2019aider son prochain.11 était très impliqué à l\u2019église de son quartier, de même que dans l\u2019organisation du défilé de la Saint-Patrick, pour laquelle il fournissait toujours les calèches.«Quand quelqu\u2019un avait un problème, Léo était toujours là pour essayer de l\u2019aider.Il leur donnait un travail à l\u2019écurie ou avec les calèches.Il croyait que tout le monde avait droit à une chance», ajoute Don Pidgeon.L\u2019homme de 75 ans est triste, bien sûr.11 perd un ami de longue date.Mais il se dit heureux d\u2019avoir eu la chance de connaître un homme aussi bon.11 gardera en souvenir ses merveilleux yeux bleus, aussi doux que ceux d\u2019un cheval.«Chez nous, il y a cette chanson, When Irish eyes are smiling.C\u2019était exactement lui.» Le Devoir Chute mortelle à l\u2019hôpital Un homme de 50 ans est décédé après avoir fait une chute du neuvième étage à l\u2019hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, hier matin.11 est tombé par la fenêtre du salon des visiteurs au neuvième étage et a atterri sur le toit du bloc opératoire au deuxième.11 a été pris en charge par l\u2019urgence où des manœuvres ont été entreprises pour le maintenir en vie, mais son décès a été constaté deux heures plus tard.L\u2019hôpital a ouvert une enquête interne pour connaître les circonstances précises de l\u2019accident et collabore avec le coroner qui mène sa propre enquête.11 s\u2019agit du deuxième cas de chute à survenir dans ce centre de santé.Le 9 octobre dernier, un homme de 74 ans était décédé dans des circonstances similaires.«Suite à l\u2019accident de l\u2019an dernier, nous avons entamé des mesures pour sécuriser les fenêtres de toutes les chambres», affirme le porte-parole de l\u2019hôpital, André Bouthillier.De nouvelles mesures de sécurité dans le salon des visiteurs devraient être prises selon les conclusions de l\u2019enquête interne.Le Devoir Sécurité extrême Les associations étudiantes trouvent inacceptable que les deux universités anglophones de Montréal aient dépensé un demi-million de dollars supplémentaires pour assurer la sécurité pendant la grève étudiante du printemps.Les universités Concordia et McGill voulaient surtout se protéger contre des actes de vandalisme.La présidente de la Fédération étu4iante collégiale du Québec, Éliane Laberge, estime que cette décision prouve la mauvaise gestion des fonds publics par plusieurs universités.Selon elle, cette dépense est particulièrement déplorable à McGill, qui a été très peu affectée par la grève des étudiants.Pour le vice-président exécutif de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Yanick Grégoire, il s\u2019agit d\u2019un gaspillage de fonds.La Presse canadienne Des chiffres inquiétants La situation du marché du travail pour les étudiants de 20 à 24 ans a atteint un seuü critique et fait redouter aux Fédérations étudiantes collégiale et universitaire du Québec (FECQ-FEUQ) une importante augmentation de l\u2019endettement étudiant.Statistique Canada révélait vendredi que le taux d\u2019emploi des étudiants de 20 à 24 ans s\u2019établit à 63,2%, le plus bas taux enregistré depuis 1977.Pour les deux fédérations étudiantes, ces données laissent présager le pire, alors que le gouvernement Charest maintient la hausse des droits de scolarité.Selon Yanick Grégoire, vice-président exécutif de la FEUQ, le premier ministre Charest est en train littéralement d\u2019hypothéquer l\u2019avenir du Québec.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JUILLET 2012 A 5 ECONOMIE En attendant la Chine (>v À J A Eric Desrosiers i éjà au chevet de l\u2019Europe à temps plein depuis des mois, et sans espoir d\u2019un véritable retour en force du géant américain avant encore un bon bout de temps, le monde tourne maintenant un regard de plus en plus inquiet du côté de la Chine.On n\u2019avait pas vu pareil tir groupé de banques centrales depuis la Grande Récession de 2008-2009.La Banque centrale européenne, la Banque d\u2019Angleterre, la banque centrale du Danemark et la Banque populaire de Chine ont annoncé, jeudi, un assouplissement de leurs politiques monétaires afin d\u2019insuffler un peu d\u2019oxygène à leurs économies en difficulté.Contrairement aux dernières fois, cette conjonction de décisions n\u2019était pas volontaire, mais seulement le fruit du hasard, a-t-on assuré.Elle faisait suite à d\u2019autres décisions du même genre prises notamment par la Réserve fédérale américaine seulement deux semaines auparavant.On pouvait y reconnaître, dans tous les cas, un signe de l\u2019ampleur et de l\u2019étendue des difficultés économiques actuelles.L\u2019annonce de la Chine est celle qui a le plus surpris et frappé les esprits.Après tout, les conditions monétaires y avaient déjà été assouplies moins d\u2019un mois auparavant.Un analyste a résumé le sentiment général en présumant que les dirigeants chinois «ont pu jeter un œil avant tout le monde sur les indicateurs du moi^ de juin et n\u2019ont pas aimé ce qu\u2019ils ont vu».À quelques jours du dévoilement de nouvelles statistiques sur l\u2019économie mondiale, la présidente du Eonds monétaire international, Christine Lagarde, prévenait le lendemain que «de nombreux indicateurs de l\u2019activité économique \u2014 l\u2019investissement, l\u2019emploi, la production \u2014 se sont détériorés.Et pas seulement en Europe ou aux Etats-Unis, mais aussi dans de nombreux pays émergents clés: Brésil, Chine, Inde».L\u2019idée que la locomotive chinoise faiblisse à son tour n\u2019a rien de rassurant pour une économie mondiale qui commence à être à court de solutions de rechange.Habituée à une croissance de 10% par année, la Chine n\u2019a affiché qu\u2019un taux annualisé de 8,1% au premier trimestre et serait tombée à 7,6% au deuxième trimestre, selon des analystes.Elle est biep sûr victime des malheurs de l\u2019Europe, des Etats-Unis et de ses autres clients des pays riches qui ont fait chuter ses exportations, pas moins de 30% de son économie.Ses mesures d\u2019assouplissement monétaire visent à stimuler l\u2019autre moteur de sa croissance, soit les investissements, qui représentent 40%.Elle avait eu recours à la même solution en 2008-2009, avec succès.Le problème est que, à force d\u2019investir des milliards dans ses routes, ses villes, ses usines et ses ports, les bons projets porteurs de croissance et prêts à mettre en branle commencent à se faire plus rares et que les gaspillages sont de plus en plus grands.Le cas le plus patent est l\u2019immobilier, qui constitue le quart des investissements et où la menace de l\u2019éclatement d\u2019une bulle fait craindre le pire.Si cette situation n\u2019est pas corrigée, «la prochaine crise financière mondiale viendra de Chine», prévenait cet hiver le chroniqueur du Einancial Times, Martin Wolf.Bien au fait de la situation, Pékin avait déployé ces derniers mois de grands efforts pour calmer le marché immobilier.Lait peu courant, il a mis en garde ses banques, jeudi, contre la tentation d\u2019utiliser ses derniers assouplissements monétaires pour relancer la spéculation.Réformes à venir Pour plusieurs observateurs, la situation de plus en plus compliquée dans laquelle se trouve la Chine montre que sa révolution économique est arrivée au bout d\u2019une étape et que pour continuer de progresser, elle devra en franchir une autre.Il s\u2019agit de la transition d\u2019une économie à la remorque des autres vers une économie principalement basée sur sa consommation intérieure.Une telle transition requerrait, entre autres, l\u2019augmentation de la capacité de dépenser des ménages en relevant les salaires, en améliorant le filet social et en leur offrant de meilleurs services financiers.Pour que les entrepreneurs chinois se tournent vers leur propre économie, il faudrait leur offrir les mêmes règles de droit, la même protection de la propriété intellectuelle, les mêmes réseaux de distribution et la même efficacité bureaucratique que ceux dont ils profitent dans leurs échanges avec les pays développés.Il faudrait aussi que les autocrates chinois acceptent que l\u2019information et les opinions circulent librement dans le pays et que l\u2019État ne contrôle pas tout dans l\u2019économie et la société, à commencer par les taux de change.Le régime chinois jure avoir compris la leçon et être lentement en voie de la mettre en pratique.Il a, par exemple, annoncé la semaine dernière qu\u2019il allait, à titre d\u2019expérience, créer une enclave économique spéciale dans la région de Shenzhen, près de Hong Kong, où les règles en matière de taux de change et de circulation de sa devise seraient grandement assouplies.On se rappellera que c\u2019est au même endroit que les premières expériences de « socialisme de marché » avaient été menées au début des années 1980 avant d\u2019être étendues à tout le pays.Ce genre d\u2019expériences prend toutefois du temps et les réformes dont il est question, bien plus de temps encore, alors que tout le monde serait plutôt pressé par les temps qui courent.Océôrt AtCtrCiu6 Océan- Arctique Russie C a n a a a États-Unis d Ameriqje / Océan Pac/Fique Ocean Atlantique ^ cniiie Océ&n P&cifiqitq Océan nd/en Océan Atlantfoue Océan Paaifque Le monde 1«Q\t3DW km 1 prajACiiion RoDiriwn Antarctique La crise de la zone euro montre les déséquilibres du reste du monde CLAIRE GATINOIS Dix-neuf sommets européens de crise et, au final, une esquisse de solution pour faire «tomber la fièvre » comme le réclamait le président américain Barack Obama.Les avancées de la réunion dès jeudi 28 et vendredi 29 juin offriront une bouffée d\u2019air à l\u2019Europe, mais seront-elles suffisantes pour calmer le reste du monde ?Depuis plusieurs semaines, avec diplomatie ou brutalité, inquiétude ou exaspération, les dirigeants politiques à Washington, Brasilia, Pékin, Londres ou Bombay, ont fait de la crise des dettes souveraines «la» responsable, du ralentissement de l\u2019économie mondiale.Obéissant à une sorte d\u2019effet papillon, qui veut que le battement d\u2019une aile de cet insecte au Brésil peut provoquer une tornade au Texas, la récession en zone euro \u2014 ajoutée à l\u2019incapacité des gouvernants à l\u2019endiguer \u2014 serait la cause du coup de frein de l\u2019économie américaine comme de l\u2019atterrissage en douceur de la Chine ou de la contraction de l\u2019activité britannique.En avril, le Eonds monétaire international (EMI), il est vrai, mettait en évidence les dangers d\u2019une aggravation de la crise de l\u2019Union monétaire sur la reprise globale.Avec une progression du Produit intérieur brut (PIB) mondial estimée à 3,5% cette année, après 3,9% en 2011 et 5,3% en 2010, l\u2019organisation de Washington est aujourd\u2019hui plus optimiste que la plupart des économistes.Depuis quelques jours, Deutsche Bank, Natixis, Citigroup revoient leurs chiffres à la baisse.Objectif: «refléter la détérioration de la situation en zone euro», expliquent les équipes de Citigroup pour qui le PIB mondial ne dépassera pas 3% en 2012 en parité de pouvoir d\u2019achat (2,6% en chiffres bruts).L\u2019Union monétaire prend ainsi des allures de coupable idéal.«Il est toujours bien pratique de faire porter la responsabilité aux autres», note Guillaume Menuefi économiste chez Citigroup, rappelant que, l\u2019Europe ne s\u2019était pas privée d\u2019accuser les États-Unis de tous les maux lors de la crise des subprimes en 2007-2008.La crise en zone euro, peut, de fait, difficilement expliquer les déséquilibres mis au jour depuis six mois dans les différentes parties du globe.En Chine, les économistes imputent, notamment, le ralentissement de l\u2019économie au contrecoup de la bulle immobilière et du crédit post-2008.La République populaire doit changer de modèle et «la demande intérieure n\u2019est pas encore d\u2019assez grande taille pour compenser la faiblesse des exportations», écrivent les experts de Natixis.Én Inde, ces derniers pointent les «goulots d\u2019étranglement du marché du travail».Au Brésil: la politique monétaire trop restrictive et en Russie la dégradation des finances publiques.La zone euro n\u2019a pas grand-chose à voir ayec ça.Quant aux États-Unis, les économistes s\u2019inquiètent de «la falaise fiscale»: le terme décrivant la fin programmée, en 2013, des avantages fiscaux datant de l\u2019ère Bush.Un manque à gagner significatif pour l\u2019économie, représentant entre 4% et 5% du PIB, disent-ils.Si rien n\u2019est fait, la reprise américaine, encore hésitante, incapable de résorber le chômage, pourrait être compromise.Là encore, 1,\u2019Europe n\u2019y est pour rien.D\u2019autant que les États-Unis ont une économie relativement protégée des chocs externes car leur PIB dépend pour plus des deux tiers de la consommation intérieure.Pour autanfi les attaques envers la zone euro ne sont pas injustifiées.«La crise des dettes souveraines n\u2019est pas le seul facteur du ralentissement mondial, mais c\u2019est le principal», estime Peter Hopper, économiste à la Deutsche Bank à New York, attristé par les atermoiements politiques des dix-sept.La crise de l\u2019euro se diffuse dans les diffé- rentes parties du globe de façon directe ou plus sournoise, précise Ludovic Subran, chez Euler Hermes.Le premier canal est celui du commerce mondial.Un cinquième (18,9%) des, exportations du Brésil, 15,3% de celles des États-Unis et 30,5% de celles de la Russie sont destinées à la zone euro, explique-t-il.La récession attendue au sein de l\u2019Union monétaire se traduit donc mécaniquement par de moindres débouchés pour l\u2019industrie de ces pays.La baisse du prix des matières premières, liée à la moindre demande des pays de la zone euro, pénalise les pays émergents, comme le Brésil.Mais l\u2019effet le plus délétère est le stress financier que provoque cette crise sans fin.Les banques européennes, mises à mal, rapatrient leurs actifs dans leur pays d\u2019origine, privant des régions entières de flux financiers et de crédits pour alimenter les entreprises et les ménages.En 1931, déjà le repli sur soi des banques américaines après la crise de 1929 avait provoqué des faillites bancaires en Autriche et en Allemagne, rappelle Michel Aglietta, professeur à Paris-X Nanterre.On connaît la suite.Enfin, s\u2019ajoute à cela, la «cristallisation des peurs», selon Guillaume Menuet chez Citigroup qui paralyse les chefs d\u2019entreprise, angoisse les ménages, et déstabilise les investisseurs.De quoi miner l\u2019économie mondiale.Jusqu\u2019où?M.Aglietta, redoute le pire.Avec une consoeur américaine, l\u2019économiste a fait des simulations.Résultat: «Si la zone euro tombait dans un trou, indique-t-il, avec une récession de l\u2019ordre de 2% à 3% l\u2019an, les Etats-Unis pourraient enregistrer une croissance nulle, la Chine de 7% seulement et les pays émergents d\u2019Amérique latine et d\u2019Asie hors Chine de 0% à 0,4 %.» Seule une action massive de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, dit-il, permettrait de limiter les dégâts.Le Monde Le double langage de David Cameron irrite la City David Cameron est monté lui-même au front pour attaquer les banques.Le scandale de la manipulation du Libor a provoqué une tempête politique et le premier ministre britannique s\u2019est rendu en personne à la Chambre des communes, lundi 2 juillet, pour annoncer la création d\u2019une commission d\u2019enquête parlementaire sur le sujet.Celle-ci devrait être composée de députés et de membres de la Chambre des lords.Elle fera témoigner sous serment.Mais l\u2019opposition n\u2019est pas d\u2019accord sur ses modalités exactes de fonctionnement.«Les Britanniques veulent deux choses: que les banquiers qui ont mal agi soient punis; que les leçons générales de ce qui s\u2019est passé soient tirées», estime M.Cameron.Et il ajoute que le Bureau des fraudes va regarder s\u2019il peut lancer des poursuites judiciaires dans le cadre du scandale du Libor, pour aller au-delà de la simple amende \u2014 certes record \u2014 de 360 milbons d\u2019euros imposée par les ré^lateurs à Barclays.Si M.Cameron utilise aujourd\u2019hui un ton dur contre les banques, cela n\u2019a pas toujours été le cas.Le dirigeant britannique est le premier à protéger la City et les grandes institutions financières contre la réflation européenne.En particulier, il s\u2019emploie à ce que le Royaume-Uni ne fasse pas partie de {\u2019«union bancaire» qu\u2019il est question de mettre sur pied pour faire face à la crise de l\u2019euro.Attitude sévère Cette union consisterait à confier à un superviseur bancaire le pouvoir d\u2019intervenir dans les ARCHIVES AGENCE ERANCE-PRESSE David Cameron banques.Londres refuse catégoriquement que cela concerne ses propres établissements.«Les banques britanniques doivent être supervisées par la Banque d\u2019Angleterre, pas par la Banque centrale européenne», estime M.Cameron.Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2010, le dirigeant britannique semble hésiter sur l\u2019attitude à suivre.Naturellement, ce petit-fils et fils de courtier est plutôt proche de la City, d\u2019autant que les financiers sont les principaux donateurs du Parti conservateur.Dès qu\u2019il s\u2019agit de défendre la City à l\u2019étranger, M.Cameron est le premier à répondre à l\u2019appel.C\u2019est au nom de la protection du centre financier qu\u2019il a opposé son veto, en décembre 2011, contre le nouveau traité européen de stabilité.Pourtant, crise financière oblige, son attitude est plutôt sévère contre les banques.Un projet de loi sur une séparation partielle entre banque de détail et banque d\u2019investissement est actuellement en discussion au Parlement.Cela fait du Royaume-Uni le seul pays à aller aussi loin dans ce domaine, même si les détails techniques restent à finaliser.Il est également en train d\u2019accorder aux actionnaires le pouvoir légal de bloquer les rémunérations des dirigeants des entreprises cotées.Enfin, le régulateur financier, la Einancial Services Authority, jugé trop clément pendant les années fastes, est démantelé et ses pouvoirs transférés à la Banque d\u2019Angleterre.Résultat, M.Cameron s\u2019est mis le secteur financier à dos.D\u2019autant que, paradoxalement, la City n\u2019apprécie pas son ton antieuropéen.«Elle craint que cela ne l\u2019isole trop, alors qu\u2019elle est une place très ouverte sur l\u2019international», explique Richard Reid, du Centre international pour la régulation financière, installé à Londres.Selon lui, l\u2019attitude de M.Cameron à Bruxelles est en grande partie politique, afin de plaire à l\u2019aile eurosceptique des conservateurs.Le Monde A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 9 JUILLET 2012 EDITORIAL ATTIKAMEKS Peuple invisible Le Nitaskinan, territoire ancestral de la nation attikamek, est au cœur d\u2019un nouveau dialogue opposant le gouvernement du Québec à un peuple autochtone martelant l\u2019importance du respect de ses droits à coups de blocus routiers.Chaque fois, le scénario d\u2019incompréhension comporte les mêmes éléments de discorde.Marie-Andrée Chouinard otre printemps rebelle nous aura enseigné sur nous une multitude de leçons plus ou moins conscientes encore, mais d\u2019ores et déjà, nous savons ceci : le respect est un ingrédient nécessaire aux entretiens constructifs et à l\u2019atteinte d\u2019un consensus.Sans cette indifférence frôlant le mépris, à laquelle les groupes étudiants ont goûté sous diverses formes, on pourrait aujourd\u2019hui sans doute conclure à autre chose - qu\u2019une crise larvée.L\u2019indifférence ?Le mépris?Les droits bafoués?Depuis des lustres, sans évolution marquée, voilà le lot des peuples autochtones du Canada.Le «peuple invisible», appellation sublime de vérité consacrée par le duo Richard Desjardins et Robert Mon-derie pour évoquer le tiers monde algonquin sis en plein Québec, sied malheureusement à d\u2019autres de ces nations revendiquant des droits comme elles le peuvent.Aujourd\u2019hui même, Québec et la nation attikamek doivent parlementer autour d\u2019une formule de cogestion du Nitaskinan qui donnerait aux autochtones un espace dans le développement des ressources naturelles.Pour se faire entendre, ils ont tenu depuis la fin juin divers blocus forestiers, paralysant notamment le transport de bois des camions de la compagnie de pâtes et papiers Kruger, sur le territoire de la Haute-Mauricie.«L\u2019indifférence manifestée à l\u2019égard de nos actions nous amène à nous interroger sur le sérieux accordé à nos droits, nos intérêts, voire notre existence», écrivaient en nos pages récemment trois chefs de conseil attikamek.Il y a belle lurette qu\u2019on a pointé l\u2019origine de ces crises et son corollaire, leur dénouement potentiel : cela a trait au potentiel de gestion autonome des nations autochtones autour de terres sur lesquelles elles possèdent des droits ancestraux.En 1991, alors que le Québec se remettait tout juste d\u2019une crise nommée Oka, la Commission royale sur les peuples autochtones démarrait ses travaux, porteuse d\u2019un grand espoir.Douze ans et 1000 plages plus tard, malgré ses recommandations claires quant à la nécessité de mettre fin au «paternalisme du passé», plusieurs nations rêvent d\u2019une entente à la manière de la Paix des Braves, cet accord de 2002 conclu entre le Québec et les Cris au moment du développement du projet hydroélectrique Eastmain-Rupert, près de la baie James.Sur leur route se dressent toutefois des « barrières » nommées indifférence et aussi ignorance.La semaine dernière, les ministres de l\u2019Éducation de l\u2019ensemble du Canada devaient rencontrer un représentant des nations autochtones dans un objectif noble, rappelant toutefois un tragique constat : pour briser r«ignorance» apparente des citoyens concernant les Autochtones \u2014 très «bien traités» et fort bien «soutenus financièrement», selon les résultats d\u2019un sondage divulgué la semaine dernière \u2014, on espérait un renversement de mentalité en ciblant les écoles.Les derniers soubresauts liés aux Attikameks doivent servir de rappel à l\u2019ordre : non seulement parce qu\u2019il est en effet déplorable que les autorités n\u2019arrivent pas à rejouer les cartes du passé maintenant les nations autochtones dans un état de dépendance \u2014 à commencer par la vétuste «Loi sur les Indiens» de 1876 \u2014, mais aussi parce qu\u2019un proche avenir nommé Plan Nord rappelle l\u2019extrême nécessité de trouver des terrains d\u2019entente sur la gestion des territoires ancestraux, qui donneront aux communautés autochtones concernées un droit de gouvernance essentiel.Le gouvernement du Québec a manifesté une ouverture au dialogue, ce qui a incité la majorité des conseils attikameks concernés à suspendre ces blocus auxquels ils s\u2019adonnent ni plus ni moins pour se rendre «visibles» l\u2019espace d\u2019une plage d\u2019actualité, à la manière des étudiants descendus dans les rues ce printemps.Espérons qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019une ouverture de façade et que Québec, par la voix notamment de son ministre responsable des Affaires autochtones Geoffrey Kelley, pour qui le respect veut encore dire quelque chose, saura diriger l\u2019écoute préalable au changement.machouinard@ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO SOUVE N I DE N\\0NT(^£AL LA fAifoN TauHnriOae 'A /Howtr/au.anTe^ RÿsrAieî 1^ il fl ÛWf'oTff ¦UR-oÇU U LETTRES Gentilly-2 : la nouvelle stratégie d\u2019Hydro Québec Visiblement, Hydro-Québec a décidé de jouer l\u2019avenir de Gentilly-2 lors de la prochaine campagne électorale.Si sa stratégie de communication est efficace, le gouvernement Charest va s\u2019y engager, sinon visiblement le gouvernement Charest va attendre et laisser la décision au gouvernement suivant.C\u2019est ce que l\u2019on peut comprendre des articles parus dans La Presse ces derniers jours.D\u2019abord un commentaire de complaisance signé Sophie Cousineau, et ensuite un article bien documenté et solide signé Hélène Baril.Il y en aura sûrement d\u2019autres d\u2019ici la campagne.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019Hydro-Québec joue le jeu du gouvernement Charest.Je ne le critique pas non plus.Cependant, il faut aussi que l\u2019information soit transmise le plus complètement possible.Dire qu\u2019il faut continuer d\u2019investir dans ce projet parce que l\u2019on y a déjà investi beaucoup ne justifie pas le projet de réfection.Les arguments d\u2019Hydro-Québec ne sont jamais présentés de manière structurée ni documentés par des études reposant sur les prévisions de la demande d\u2019électricité québécoise ou les besoins de stabilité du réseau.Les risques géologiques ou autres sont totalement exclus des informations.Les coûts de réfection ont été révisés plusieurs fois et la référence aux coûts très élevés de la réfection la centrale du Nouveau-Brunswick (Pointe Lepreau) devrait inciter la société d\u2019Êtat à la prudence.Les études de mise au rancard de Gentilly-2 n\u2019ont jamais été rendues publiques, même si elles présentaient des coûts documentés de l\u2019ordre de 700 à 800 mil- lions$ (de mémoire) en 2006.Les événements qui se sont passés au Japon en matière d\u2019énergie nucléaire devraient tous nous faire réfléchir.Ce pays est bien connu pour son contrôle de la qualité.Et pourtant, sa société d\u2019électricité a triché, parce que les hommes et les femmes qui y travaillent sont des êtres humains avec leurs faiblesses face à la tentation ou à l\u2019autorité.La croissance économique d\u2019une région ne vaut pas la peine qu\u2019on mette en danger toute la population québécoise.L\u2019énergie nucléaire n\u2019est pas la panacée et est bien trop puissante pour être laissée entre les mains des humains! Nous le savons maintenant.Rita Dionne-Marsolais, écpnomiste et, notamment, ministre de l\u2019Énergie sous le gouvernement du Parti québécois Le 5 juillet 2012 Développer une tradition philanthropique On fait souvent état encore aujourd\u2019hui au Québec de l\u2019absence d\u2019une solide tradition philanthropique parmi les Québécois dits de souche.Or, on fait souvent l\u2019erreur d\u2019opposer celle-ci au seul monde anglo-saxon protestant, en oubliant de préciser que c\u2019est plutôt la tradition philanthropique juive qui doit servir d\u2019exemple pour discuter de cette question.Et dans ce cas, difficile de trouver meilleur exemple que celui de Ben Weider.Juif québécois ayant bâti un empire des produits de culture physique, il a légué sa collection d\u2019objets de Napoléon au Musée des beaux-arts de Montréal un peu avant sa mort en 2008.Et il est loin d\u2019être le seul.La tradition de philanthropie juive à l\u2019égard des musées d\u2019art est remarquable et se poursuit encore aujourd\u2019hui.Par exemple, en 2010, le couple Eisher de San Erancisco (fondateur des magasins GAP) léguait plus de 1000 œuvres d\u2019art au musée de cette ville.Idem en Angleterre, alors que Charles Saatchi s\u2019engageait en cette même année 2010 à léguer sa collection complète à un musée anglais.Enfin, pensons chez nous à cet autre couple juif, Michal et Renata Horn-stein, qui firent en 2012 don d\u2019une impressionnante collection d\u2019art flamand au Musée des beaux-arts de Montréal.Or, si on veut développer une grande tradition philanthropique parmi les Québécois, il faudra d\u2019abord améliorer grandement la qualité de l\u2019éducadon artistique et cesser de confiner l\u2019enseignement de l\u2019histoire de l\u2019art aux quelques facultés universitaires.Mais il faudra également cesser d\u2019esquiver quelques questions.Dont la suivante : dans quelle mesure le rejet massif du passé religieux par les Québécois dits de souche est-il tributaire de cette impulsion philanthropique moindre?Car, il faut bien le dire, à la source de ces nombreux dons de la part d\u2019individus juifs à des musées se trouve, via une longue tradition religieuse au sens large, la volonté de remercier la ville qui les a jadis accueillis.Or si les Québécois dits de souche sont eux complètement coupés de leur passé, ou trouver l\u2019inspiradon morale, philosophique religieuse ou historique pour développer une grande tradition philanthropique?Yvan Petitclerc Montréal, le 5 juillet 2012 LIBRE OPINION Le parcours sinueux de la caravane pro-vie MARIE-PIER RIVEST, ISABELLE COTE ET SIMON LAPIERRE Respectivement étudiantes à la maîtrise et professeur adjoint à l\u2019Ecole de service social de l\u2019Université d\u2019Ottawa Après une tournée de plusieurs semaines à travers le Canada, la « caravane pro-vie » a terminé son parcours à Ottawa le 2 juillet dernier.Cette caravane est l\u2019emblème mobile du Canadian Centre for Bio-ethical Reform (CCBR) et vise à faire reconnaître le fœtus comme étant légalement une personne, pour éventuellement recriminaliser l\u2019avortement.Ce groupe militant pro-vie, dont la base est située en Alberta, rejoint une partie de la population canadienne par son discours centré sur le droit à la vie des «enfants pré-nés».Il nous semble donc important d\u2019examiner de plus près ce mouvement, qui a une présence non négligeable au Canada.Les stratégies privilégiées par le CCBR semblent davantage faire appel aux émotions qu\u2019à la raison.Elles visent non seulement à mobiliser l\u2019opinion publique, mais aussi à susciter un sentiment de culpabilité chez les femmes qui envisagent l\u2019avortement et, ainsi, à les dissuader d\u2019avoir recours à cette procédure.Le CCBR utilise également des analogies discordantes en associant, par exemple, l\u2019avortement non seulement au meurtre, mais aussi au «génocide».Ces propos ont fait l\u2019objet de conférences données par le cofondateur du CCBR, Jojo Ruba, qui va même jusqu\u2019à comparer l\u2019avortement au génocide rwandais et à l\u2019Holocauste.En plus de mettre de l\u2019avant les droits du fœtus, ces stratégies encouragent une fascination morbide et engendrent une mauvaise compréhension du phénomène.De plus, il est commun pour ces manifestants d\u2019utiliser des stratégies d\u2019intimidation et de harcèlement; crier des injures, bloquer l\u2019accès aux cliniques d\u2019avortement et harceler les femmes avec des images chocs de fœtus démembrés est des exemples de ces stratégies.Les militants de ce groupe disent tout de même avoir à cœur les meilleurs intérêts des femmes, mais en quoi ces actions aident-elles les femmes qui se présentent en clinique d\u2019avortement?Par ailleurs, leur langage est a priori fondé sur la science moderne ; le nom de leur organisation laisse en effet entendre qu\u2019il s\u2019appuie sur de solides bases scientifiques.Par contre, la liste des donateurs ainsi que les biographies des employés du CCBR mettent davantage l\u2019accent sur leurs affiliations religieuses.Leurs emprunts aux langages scientifique et médical se confondent avec leurs fondements religieux, quj ne font pas unanimité dans notre société.A titre d\u2019exemple, le CCBR fait allusion au sjmdrome post-avortement, un trouble de santé mentale dont souffriraient les femmes qui ont recours à une interruption de grossesse.Ce soi-disant syndrome n\u2019est toutefois pas reconnu par quelque autorité médicale que ce soit; néanmoins, il constituerait selon eux, une bonne raison pour interdire l\u2019avortement \u2014 et même pour le faire au nom de la santé des femmes.Les adhérents au mouvement pro-vie soutiennent le droit à la vie du fœtus dans toutes les circonstances, mais nous devons nous interroger sur les conséquences de cette position.La question du viol, par exemple, revient souvent dans les débats portant sur l\u2019avortement, et la position du CCBR est claire sur ce plan : surviendrait-il un viol, la vie du fœtus devrait être protégée, car il ne devrait pas être une innocente victime dans ces circonstances.Alors que certains de leurs arguments sont centrés sur le bien-être de la femme, il semble que la primauté du fœtus peut, dans des circonstances comme celles-ci, nuire à la femme et même compromettre sa santé et sa sécurité.Aussi alarmants dans ce mouvement sont les liens étroits qui semblent exister entre le mouvement pro-vie et un certain nombre de députés conservateurs, comme en témoignent les projets de loi récents qui visent, directement ou indirectement, la criminalisation de l\u2019avortement.Ainsi, ce sont souvent ces mêmes personnes qui prônent un désengagement de l\u2019État dans des programmes sociaux.Toutefois, si le fait de mener toutes les grossesses à terme fait partie du projet de société de ce mouvement, il faudrait que la mise en place de programmes favorisant la famille et l\u2019enfance se retrouve également au cœur de leurs préoccupations.Les coupes récentes dans les services sociaux semblent paradoxales eu égard à leur argumentaire pro-famille, pro-enfant, pro-vie.Nous assistons aussi à un déséquilibre en termes de présence sur la scène publique.Alors que le CCBR et le mouvement pro-vie disposent de ressources importantes (provenant essentiellement de groupes religieux) afin de faire valoir leur opinion sur la question de l\u2019avortement au Canada, les organismes de défense des droits des femmes et en faveur du libre choix voient leurs subventions réduites considérablement.Dans le contexte politique canadien actuel, on peut émettre des hjqiothèses à savoir pourquoi ce mouvement n\u2019a pas fait une percée plus importante au Québec.Notons l\u2019absence du français dans la documentation du CCRB, ainsi que du Québec dans l\u2019itinéraire de leur caravane.Assisterons-nous, au cours des prochaines années, à une montée similaire de ce mouvement au Québec, ou le Québec agira-t-il comme rempart contre cette attaque aux droits des femmes, dont le droit fondamental de choisir si elles veulent ou non poursuivre une grossesse ? LE DEVOIR LE LUNDI 9 JUILLET 2012 A 7 IDEES POIGNEE DE MAIN ENTRE LA REINE ET MCGUINNESS Autopsie d\u2019une rencontre ANDRE POULIN Professeur associé au département d\u2019histoire de l\u2019Université de Sherbrooke et spécialiste de l\u2019Irlande du Nord a semaine dernière, les machines à propagande républicaine et britannique ont imposé une vision unique de la poignée de main entre Martin McGuinness, ancien haut commandant de TIRA, et la reine Elizabeth 11.«Poignée de main historique », ont clamé les uns, «grand geste de réconciliation», ont entonné les autres.Le guerrier qui est devenu «apôtre de la paix» serrant la main de la représentante de ce qui fut autrefois l\u2019ennemi juré.Une nouvelle ère vient de commencer, si on se fie à tous ces «faiseurs d\u2019opinions».Cependant, cette poignée de main ne symbolise qu\u2019une chose : l\u2019échec du mouvement républicain.Martin McGuinness n\u2019assjstait pas à cette rencontre en tant que chef d\u2019Etat d\u2019une Irlande unie, mais bien en tant que sujet de Sa Majesté, vice-président du parlement de Stormont et représentant d\u2019un pouvoir qu\u2019il a essayé de détruire durant l\u2019essentiel de sa vie adulte.D\u2019ailleurs, McGuinness n\u2019a pas posé ce geste pour sceller la réconciliation entre catholiques et protestants, mais bien pour courtiser les électeurs de la République d\u2019Irlande qui avaient très mal accueilli la manifestation organisée par le Sinn Eéin, l\u2019aile politique de LIRA, pour protester contre la visite de la reine à Dublin l\u2019an dernier.Regard critique impossible Eaire ce constat va évidemment à l\u2019encontre de la nouvelle orthodoxie.Actuellement, il est impossible de poser un regard critique sur le processus de paix en Irlande du Nord sans se faire associer aux partisans de la lutte armée.On est partisan des accords de paix ou on est pour la violence.Comme au temps de George W.Bush, il faut choisir son camp.Pourtant, il existe en Irlande du Nord de nombreux républicains qui ont depuis longtemps renoncé à la lutte armée et qui résistent au révisionnisme qui s\u2019est imposé concernant l\u2019origine du conflit nord-irlandais et les accords de paix.Comme le souligne Anthony McIntyre, ancien membre de LIRA et l\u2019un des principaux porte-parole des opposants aux accords de paix: «Ce que nous n\u2019aimons pas dans le processus de paix, ce n\u2019est pas la paix, mais le processus.» Les dessous d\u2019un geste Voyons pourquoi cette poignée de main ne fait pas l\u2019unanimité en Irlande du Nord, et pas seulement chez les quelques partisans de la lutte armée.Elle n\u2019est, en réalité, que l\u2019aboutissement logique et inévitable des Accords du Vendredi saint de 1998.En 1969, le gouvernement britannique s\u2019est vu contraint d\u2019envoyer l\u2019armée en Irlande du Nord afin de mettre fin aux affrontements entre catholiques et protestants provoqués par le refus,du gouvernement nord-irlandais de réformer l\u2019État.tirj PAUL FAITH AGENCE ERANCE-PRESSE Selon les «faiseurs d\u2019opinion», ia poignée de main entre Martin McGuinness, ancien haut commandant de i\u2019IRA.et la reine Elizabeth II, le 27 juin dernier, constitue une nouvelle ère.En refusant d\u2019abolir le parlement de Stormont, les Britanniques avaient choisi le statu quo en faveur des protestants.Après le Bloody Sunday, cependant, le statu quo n\u2019était plus défendable.Les Britanniques se résignèrent donc à supprimer le parlement de Stormont et à gouverner directement l\u2019Irlande du Nord.Rapidement, ils proposèrent leur solution politique au conflit.Lors des négociations tenues à Sunningdale en 1973 avec les partis politiques modérés catholiques et protestants, ils instaurèrent le partage des pouvoirs entre catholiques et protestants.Dès le début des négociations, les Britanniques indiquèrent qu\u2019aucune solution n\u2019était possible sans que soient reconnus leur autorité sur la région, la légitimité de la frontière et le veto protestant au sujet de la réunification de l\u2019île.Cette position nie la légitimité des revendications républicaines.Une position, d\u2019ailleurs, que les Britanniques allaient une fois de plus défendre lors des négociations de paix au cours des années 1990.Exclure les radicaux des discussions s\u2019avéra une erreur coûteuse, le nouveau parlement ne dura pas plus de six mois.L\u2019IRA refusa de le re- connaître et accusa le SDLP (Social Democrat and Labour Party), parti nationaliste modéré, de trahison envers sa communauté pour avoir accepté de participer à une institution britannique.De leur côté, les travailleurs unionistes, encouragés par les politiciens protestants intransigeants, déclenchèrent une grève qui paralysa l\u2019Etat et entraîna la chute du nouveau parlement.En raison de l\u2019échec de leur solution politique, l\u2019option militaire redevenait le seul moyen pour les Britanniques de résoudre le conflit à court ou moyen terme.Une défaite pour une victoire Infiltrée à tous les échelons, l\u2019IRA n\u2019était plus que l\u2019ombre d\u2019elle-même, à la fin des années 1980.Les dirigeants cherchaient un moyen de mettre fin au conflit, mais savaient que sans l\u2019aide des Britanniques, ils ne réussiraient pas à faire accepter à la base la fin de la lutte armée.L\u2019occasion se représentait pour relancer l\u2019idée d\u2019une résolution politique au conflit.11 ne faut pas oublier que depuis la ^ève de la faim de 1981, les républicains s\u2019étalent lancés dans l\u2019arène politique en présentant des candidats du Sinn Eéin aux différentes élections.Le fruit était mûr, les Britanniques le sa- vaient.Cette fois-ci, ils n\u2019allaient pas refaire la même erreur qu\u2019en 1974.Les dirigeants de TIRA allaient être présents aux négociations de paix.Cependant, très rapidement, ces derniers comprirent qu\u2019ils ne pourraient s\u2019asseoir à la table des négociations sans faire des concessions importantes.Ils devaient ni plus ni moins accepter la solution des Britanniques de 1974 et, par le fait même, abandonner l\u2019essentiel des principes pour lesquels ils s\u2019étalent battus.Depuis ce temps, les dirigeants républicains redoublent d\u2019ardeur pour faire passer leur défaite pour une victoire.D\u2019ailleurs, le SDLP se fera un plaisir de faire remarquer les similitudes importantes entre les accords de Sunningdale et du Vendredi saint en qualifiant ces derniers de «Sunningdale pour ceux qui ont des problèmes d\u2019apprentissage » {Sunningdale for slow learners).Aujourd\u2019hui, après 30 ans de conflit qui ont coûté la vie à plus de 3600 personnes, l\u2019Irlande du Nord est toujours britannique et le demeurera longtemps.Eaire ce constat n\u2019est pas populaire aujourd\u2019hui et affirmer le contraire sert peut-être des intérêts politiques, mais cela dessert la vérité historique.AFRIQUE Dadaab et notre volonté humanitaire STEPHEN CORNISH Directeur général de Médecins sans frontières Canada a violence envers les travailleurs humanitaires dans les camps de Dadaab, près de la frontière entre le Kenya et la Somalie, atteint des niveaux 1 inacceptables.11 est cependant im- ^ possible, en toute bonne conscience, d\u2019abandonner ces réfugiés.Près d\u2019un demi-million de réfugiés somaliens sont prisonniers de l\u2019archipel inhospitalier et désordonné qu\u2019est le complexe de camps de réfugiés de Dadaab, dans l\u2019est du Kenya.Répondre aux besoins vitaux des réfugiés de Dadaab est un cauchemar sur le plan de la logistique et de la sécurité que vivent tant les résidants que les dispensateurs de soins humanitaires, aux prises avec un cycle de besoins aigus et d\u2019actions de secours essentielles.Eau, nourriture, médicaments : il faut tout se procurer, expédier, entreposer et distribuer jour après jour, année après année.Lieu de vie permanent Des générations grandissent dans les camps qui existent depuis déjà 20 ans.D\u2019abord considérés comme une solution temporaire, ils sont maintenant un lieu de vie quasi permanent.Les trois quarts des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées.Incapables de travailler officiellement ou de quitter les camps, moins de 2% de ces Somaliens pourraient être relogés ou réinstallés ailleurs s\u2019ils le voulaient.Ils ont fui la malnutrition, l\u2019insécurité ou les conflits, parfois les trois.La population de Dadaab ne survit que grâce à l\u2019aide internationale.Les réfugiés ne peuvent pas retourner dans leur pays déchiré par la guerre, la Somalie, et ils n\u2019ont que peu d\u2019espoir d\u2019éviter les camps.En plus de la précarité de leurs conditions de vie, on assiste également à une détérioration de la sécurité.Les attaques autour des camps et un peu partout sur le sol kényan se sont multipliées au cours de la dernière année.Le gouvernement kényan a tenté de maintenir l\u2019ordre, en mettant entre autres des agents de sécurité à la disposition des travailleurs humanitaires, mais leurs efforts ont des limites.Diminution de personnel C\u2019est la situation à laquelle doivent faire face le personnel de Médecins sans frontières (MSE) et les autres travailleurs humanitaires.Nous devons éviter les attaques commises au hasard et les détonations d\u2019engins explosifs improvisés tout en continuant à rester accessibles et opérationnels de façon à comprendre et maîtriser les besoins critiques et changeants des réfugiés et y répondre.Malheureusement, en raison de l\u2019augmentation des attaques et de la menace bien réelle d\u2019enlèvements, de nombreuses organisations humanitaires ont réduit leur personnel et leurs activités dans les camps au strict minimum.Elles ont augmenté leurs mesures de sécurité tout en limitant leurs activités pour tenter de réduire les risques auxquels elles s\u2019exposent en apportant leurs services de soutien vitaux.Malgré une diminution du personnel international à Dadaab, MSE a continué d\u2019offrir des soins médicaux en comptant principale- ment sur le dévouement de collègues ké-nyans et somaliens.Nous dirigeons un hôpital de 300 lits à Dagahaley, l\u2019un des cinq camps qui composent Dadaab, oû nous offrons des soins de santé gratuits pour les quelque 123 500 habitants du camp, ainsi que quatre postes de santé pour les soins de base.Depuis janvier dernier, le personnel de MSE a mené plus de 73 000 consultations médicales, admis 5483 patients à l\u2019hôpital, fait naître 1129 bébés et traité 9413 enfants dénu tris.Nécessaire impartialité Ce travail est accompb par des travailleurs de terrain dévoués dans le cadre de ce que l\u2019on appelle dans notre milieu V«espace humanitaire».Il ne s\u2019agit pas d\u2019une construction physique, mais plutôt d\u2019une description de l\u2019évolution des rapports avec les membres de la communauté, les chefs de faction et les criminels armés.En expliquant notre adhésion aux principes humanitaires d\u2019impartialité et en ne prenant pas parti dans les zones de conflits, MSE est jusqu\u2019ici toujours parvenu à obtenir un accueil favorable de la communauté à son aide médicale et humanitaire.C\u2019est une protection pour nos patients, notre personnel et nos activités.Voici ce qu\u2019est fondamentalement l\u2019espace humanitaire.Ce système n\u2019est pourtant pas infaillible pour MSE ou toute autre organisation humanitaire, comme le prouve l\u2019enlèvement armé à Dadaab, la semaine dernière, de quatre employés du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR), qui s\u2019est finalement bien terminé trois jours plus tard.Malheureusement, nous ne pouvons célébrer leur sauvetage, car nous déplorons la mort d\u2019un chauffeur du CNR.Nous sommes aussi particulièrement inquiets du sort d\u2019autres travailleurs humanitaires disparus dans la région, dont deux employées de MSE enlevées à Dadaab en octobre 2011.Choix impossible Les travailleurs humanitaires d\u2019expérience comprennent les dangers auxquels nous devons faire face.Parallèlement, les organisations humanitaires ne sont pas prêtes à risquer autant.Être délibérément et violemment pris pour cible, voilà un risque auquel peu d\u2019entre nous sont enclins à s\u2019exposer.Les conséquences de ce risque inacceptable sont que nous suspendons, et parfois retirons complètement, notre assistance.Nous mettons fin à des projets.Nous abandonnons des gens vulnérables qui ont besoin de nous.C\u2019est un choix impossible à faire qui met à l\u2019épreuve notre volonté éthique à être là pour ceux que le monde a de toute évidence abandonnés.Alors que la situation à Dadaab est toujours difficile, de nouvelles voies s\u2019offrent à nous.Certains disent que nous devrions permettre à plus de réfugiés d\u2019obtenir l\u2019asile dans des pays comme le Canada, tandis que d\u2019autres voudraient déplacer ces réfugiés dans des camps de taille raisonnable près de frontières plus sûres et aider les résidants à gagner en autonomie.La communauté internationale doit prendre ses responsabilités envers Dadaab.Eaute de quoi, les réfugiés somaliens qui tentent simplement de survivre seront indéfiniment pris au piège.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)Y2Aoien T>eg^se(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales).Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf'saw^cJ ; information politique : Michel Y>dN\\A(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gérald Dallaire h^upitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tailleferfrcpcr^crsJ, Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Émilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)\u2019, Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai' (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web),Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 9 JUILLET 2012 ACTUALITES AFGHANS SUITE DE LA PAGE 1 Le président Hamid Karzaï, avait également lancé un appel aux donateurs à ne pas abandonner son pays et demandait 4 milliards par année en aide civile, en plus des 4,1 milliards déjà promis lors de la conférence de Chicago pour les seules dépenses de sécurité.La communauté internationale a répondu à l\u2019appel et s\u2019est engagée à hauteur de 16 milliards d\u2019ici 2015.«Cette promesse répondra au montant que la Banque mondiale et le gouvernement afghan jugent nécessaire pour le développement du pays», a soutenu le ministre japonais des Affaires étrangères, Koichiro Gemba.Le Canada s\u2019est engagé à verser 227 millions entre 2014 et 2017.Cet argent servira principalement à des projets visant Xempowerment des femmes et des jeunes filles en matière d\u2019éducation, de droits de la personne et d\u2019aide humanitaire.Cette aide s\u2019ajoute aux 300 millions que le Canada a déjà promis entre 2011 et 2014.«Le taux d\u2019analphabétisme chez les femmes reste encore beaucoup plus élevé [que chez les hommes], malgré les progrès réalisés pendant la dernière décennie, et nous voulons qu\u2019elles rattrapent leur recul», a soutenu le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, Chris Alexander, en marge de la conférence à Kyoto.«Nous voulons accélérer le progrès parce que nous croyons qu\u2019en les favorisant elles, nous favorisons la société afghane en entier.» Chris Alexander a par ailleurs soutenu que le Canada et les autres pays donateurs allaient contrôler de près la façon dont l\u2019argent allait être dépensé.«Cela est nécessaire, parce que les fonds sont substantiels et nous savons qu\u2019il y a eu des ratés, pas nécessairement avec les dépenses canadiennes, mais liés à une partie de l\u2019assistance financière qui a été reçue en Afghanistan.» Le secrétaire parlementaire a ajouté que des vérifications ponctuelles étaient prévues pour s\u2019assurer que l\u2019argent se rend bien où il est attendu et ne se perd pas en corruption.«Si vous lisez la déclaration, les sujets sur lesquels la commu- Vidéo d\u2019une exécution Une vidéo montrant fexécution par balle d\u2019une femme soupçonnée d\u2019adultère dans un village à une centaine de kilomètres de Kaboul relance une nouvelle fois la polémique sur les avancées de la condition féminine en Afghanistan après dix années de présence internationale.Les images de la vidéo sont évidemment horribles.Dans un petit village de la province de Parwan, plusieurs dizaines d\u2019hommes fixent la silhouette d\u2019une femme recouverte d\u2019un voile grisâtre, qui leur tourne le dos.Aux cris A «Allah akbar» (Dieu est grand), un homme tire deux premiers coups en direction de la femme qu\u2019il manque.Une troisième balle la touche à la tête.La victime s\u2019écroule.Ce qui n\u2019empêche pas son bourreau de faire feu à encore dix reprises sur son cadavre.Agence France Presse nauté internationale demande à l\u2019Afghanistan de s\u2019investir sont très clairs.Le premier, c\u2019est la gouvernance.La deuxième, c\u2019est une lutte sérieuse contre la corruption.Notre impression est que le président Karzaï et son équipe n\u2019ont pas pris cet enjeu très au sérieux.Et il faut meftre un terme à cela.» La secrétaire d\u2019Étaf américaine Hillary Clinton a précisé que les Etats-Unis, les plus grands donateurs, comptaient continuer de financer la reconstruction jusqu\u2019en 2017.Elle a affirmé que l\u2019avenir de l\u2019Afghanistan appartenait à son peuple et à son gouvernement et elle a rappelé le rôle important des femmes dans le processus de stabilisation du pays.«Les États-Unis sont convaincus qu\u2019aucune nation ne peut parvenir à la paix, la stabilité et la croissance économique si la moitié de sa population n\u2019a pas de droits.35 morts en Afghanistan Pendant qu\u2019à Tokyo, on discutait de l\u2019avenir de l\u2019Afghanistan, 28 civils ont perdu la vie à la suite de l\u2019explosion d\u2019une bombe artisanale à Kandahar, dans le sud du pays.Sept soldats américains de riSAE, la force armée de l\u2019OTAN en Afghanistan, ont également été tués dans un attentat à la bombe artisanale dans l\u2019est de l\u2019Afghanistan.Au moins 234 militaires de la coalition ont péri depuis le début de l\u2019année.Du côté civil, on estime le nombre de décès à plus de 3000 pour l\u2019année 2011, la plus meurtrière depuis le début du conflit en 2001.Le Devoir D\u2019après La Presse canadienne et l\u2019Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE 1 Novak Djokovic, lui permettant ainsi d\u2019égaler une autre marque de Sampras avec un total de 286 semaines au sommet du classement mondial de l\u2019ATP Eederer, qui aura 31 ans le 8 août, devient par le fait même le deuxième numéro un mondial le plus âgé de l\u2019histoire, derrière Andre Agassi.Le Suisse affiche désormais un dossier de 17-7 en finale d\u2019un tournoi majeur, comprenant une fiche de 7-1 à Wimbledon.Murray se retrouve pour sa part à 0-4 en circonstances similaires, dont une fiche de 0-3 contre Eederer.« C\u2019est formidable.Je me retrouve à égalité avec Pete Sampras, qui est mon héros.Je me sens incroyablement bien», a expliqué Eederer, tout sourire, le trophée entre les mains.Le gagnant de 17 tournois du Grand Chelem a excellé une fois sous le toit rétractable fermé tôt, au troisième set \u2014 une première lors d\u2019une finale à Wimbledon \u2014, n\u2019offrant pratiquement aucune chance à Murray de stopper à 76 ans la période où la Grande-Bretagne n\u2019a pu couronner de champion local.Les attentes étaient très élevées pour Murray, quatrième au classement de l\u2019ATP, puisque le dernier Britannique à avoir remporté le titre masculin à Wimbledon est toujours Ered Perry, en 1936.« Tout le monde parle de la pression de jouer à Wimbledon, à quel point c\u2019est difficile, a dit Murray.Ce ne sont pas les spectateurs.Ils rendent la tâche tellement plus facile.L\u2019appui a été formidable, donc merci beaucoup.» Au départ, Murray a dicté le rMhme du match et a remporté la majorité des échanges corsés.11 a brisé Eederer au premier jeu du premier set et l\u2019a brisé de nouveau quelques minutes plus tard avant de servir pour la manche.11 s\u2019agissait du premier \u2014 et seul \u2014 set remporté par Murray en quatre finales d\u2019un tournoi majeur en carrière.Le deuxième set, plus âprement disputé, s\u2019est soldé à l\u2019avantage de Eederer, mais c\u2019est au troisième set que tout s\u2019est véritablement écroulé pour le Britannique.La pluie s\u2019est mise à s\u2019abattre sur le court, interrompant le jeu pendant 40 minutes.Peu de temps après, ce fut un spectacle en solo.Une première pour le Canada Après sa victoire en finale du simple junior samedi contre l\u2019Ukrainienne Elina Svitolina (6-2, 6-2), la Québécoise Eugénie Bouchard a remporté hier pour une deuxième année consécutive le titre du double féminin junior du tournoi de Wimbledon, en compagnie de l\u2019Américaine Taylor Townsend, en battant en finale la Croate Ana Konjuh et la Suissesse Belinda Bencic en deux sets de 6-4 et 6-3.Toujours chez les juniors, EilipPe-liwo, de Vancouver, a enlevé les honneurs de la finale du simple masculin, 7-5 et 6-4, face à l\u2019Australien Luke Saville.Peliwo, qui s\u2019était incliné devant ce même Saville en finale des Inter- nationaux d\u2019Australie en janvier, a confié que la victoire de Bouchard la veille avait été une source d\u2019inspiration pour lui.«J\u2019étais jaloux de son titre, et ça m\u2019a affamé encore davantage, parce que je voulais vivre les mêmes émotions et les offrir au Canada.Je savais que ce serait tout un exploit si nous étions chacun champion de notre catégorie», a-t-il avoué.Le succès des deux jeunes raquettes canadiennes dans un tournoi aussi prestigieux que celui de Wimbledon a de quoi réjouir le vice-président de Tennis Canada, Eugène Lapierre.Après Milos Raonic et Rebecca Marino, entre autres, c\u2019est au tour de Bouchard et Peliwo de s\u2019illustrer à la suite de leur passage au Centre national d\u2019entraînement, créé en 2007.«On ne s\u2019attendait pas nécessairement à des résultats aussi rapides, mais on en veut encore plus!», a déclaré M.Lapierre.«C\u2019est sûr que d\u2019avoir de la visibilité dans les médias et faire connaître des athlètes charismatiques, ça pousse les jeunes à s\u2019intéresser au tennis», a-t-il ajouté, précisant que d\u2019ici quatre ans.Tennis Canada espère voir deux hommes et deux femmes du pays se hisser parmi les 50 premiers joueurs au classement mondial.M.Lapierre précise toutefois que remporter un ou des titres à Wimbledon chez les juniors ne garantit pas une place au sommet du classement mondial à court terme.Les noms de Roger Eederer (1998), Gaël Monfils (2004), Martina Hingis (1994) ou Amélie Mauresmo (1996) figurent par exemple dans la GLYN KIRK AGENCE ERANCE-PRESSE Andy Murray a échoué à procurer à la Grande-Bretagne sa première victoire à Wimbledon depuis 1936.liste des gagnants juniors au Ail England Tennis Club, mais les champions juniors qui atteignent les plus hauts sommets du tennis professionnel ne sont pas monnaie courante.«On peut se réjouir, mais il faut aussi respirer par le nez et s\u2019assurer de poursuivre le développement des joueurs de la bonne façon», conclut Eugène Lapierre.Le Devoir Avec La Presse canadienne et Associated Press HALLYDAY SUITE DE LA PAGE 1 Je me lance: «Et la santé, ça va ?» 11 renvoie la balle : «Et la santé, ça va ?» Quand je lui dis que je suis en attente de chirurgie bariatrique, il veut tout savoir.«C\u2019est dangereux, non ?» L\u2019opération bâclée qui a failli l\u2019emporter est relativement récente : juillet 2009.Coma artificiel, rafistolage in extremis, le souvenir est encore vif.«La dernière opération que j\u2019ai eue ne m\u2019a pas trop réussi.» En effet.«Paraît que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.Mais ça, c\u2019est ce qu\u2019on dit quand on s\u2019en sort.» On s\u2019est rencontrés plusieurs fois déjà, le statut conjugué de journaliste musical ET superfan m\u2019a servi.Ça a fini par se savoir, et au Québec, on pense un peu à moi quand on pense à lui.Doux privilège.Johnny, c\u2019est mon Johnny depuis au moins 1967, quand j\u2019avais six ans et qu\u2019il chantait le thème du feuilleton télévisé des aventures de Tanguy et Laver-dure.Les chevaliers du ciel.C\u2019est là qu\u2019il a m\u2019a eu, Johnny, avec sa note qui tue.«À deux pas du solei-eil / Vont chercher la lu-mièèèèèèèèère.» J\u2019en frémis encore.Depuis, deux chansons sur trois, il y a ce moment où il va dans le haut registre et soulève les multitudes.En Europe francophone, ça fait 181 tournées qu\u2019il la pousse, la note, et il la poussera à Québec : il y a 30 chansons dans le nouveau spectacle, ça va de L\u2019idole des jeunes à Eils de personne (Eortunate Son de CCR, qu\u2019il chante avec le Keith Richards français Louis Bertignac), de l\u2019autobiographique Je suis né dans la rue à Ma gueule.«J\u2019ai hâte de la faire.Au Québec, les gens pen-sent que c\u2019est une chanson d\u2019Éric Lapointe.Il va falloir que je précise, sinon on va croire que c\u2019est une reprise.» Honnête troc, il a en tête de faire Jusqu\u2019au bout, succès de Lapointe, de facture très Johnny.«Il est peut-être temps que je reprenne ses chansons.» 11 est temps qu\u2019il s\u2019amène, point à la ligne.On a oublié, qu\u2019il nous a déjà fréquentés beaucoup, Johnny.À la fin des années 1960, ainsi qu\u2019en témoigne la brique Johnny Live: 50 ans de scènes (L\u2019Archipel, 2012), il remplissait nos salles en hiver comme en été, de Montréal à Chicoutimi.«Il m\u2019est arrivé toutes sortes d\u2019aventures chez vous, des bandes de motards se sont bagarrées pendant que je chantais, une fois.» Vrai.C\u2019était au Centre Paul-Sauvé, en décembre 1970, avec La Nouvelle Erontière, le groupe de Marie-Claire et Richard Séguin, en première partie.Quasiment l\u2019émeute.Johnny et Jimi On oublie bien des choses, concernant Johnny.Qu\u2019il allait souvent enregistrer à Londres dans les années 1960, qu\u2019il a rencontré Jimi Hendrix avant la plupart des gens et que le Jimi Hendrix Experience a joué au programme de Johnny à l\u2019Olympia, dès octobre 1966.D\u2019où l\u2019adaptation en français de Hey Joe.«Il n\u2019avait pas encore enregistré la chanson quand il a fait l\u2019Olympia avec moi.On l\u2019a mise en boîte presque en même temps, à Londres.» Même que Jimi était dans le studio et qu\u2019il existe une version acoustique où Johnny chante et Jimi joue.«C\u2019est vrai.Une version unplugged qui n\u2019est jamais sortie.C\u2019était seulement pour nous, pour travailler dessus.» Précision : on peut la trouver sur le CD boni de Johnny le livre (édition « collector» de 1993), énorme chose à reliure en.acier, insérée dans une pochette en.denim.Même Johnny en a perdu des bouts, en chemin.Quand je lui dis que certaines de ses chansons moins célébrées en Prance, dont Le mauvais rêve, blues psychédélique de 1968, ont été numéro un au Québec, il me regarde, interloqué.«C\u2019est quoi, cette chanson ?» Et l\u2019auteur de ces lignes de chanter à Johnny, à la Johnny, une chanson de Johnny: «Moi j\u2019ai fait un mauvais rêveuuuu / Avec la nuit qui s\u2019achè-veuuu.» Vide intersidéral dans le regard bleu du chanteur: «Je ne me rappelle plus du tout cette chanson.» Gageons qu\u2019il ne la ravivera pas sur les Plaines, pas plus que les 4 et 5 octobre au Centre Bell.Annoncé par Julie Snyder en plein gala, le spectacle du 5 a affiché complet en moins de temps qu\u2019il n\u2019en a fallu pour chanter Vivre pour le meilleur avec Marie-Mai au Stade de Prance en juin.«Elle est formidable », a commenté Johnny.Gageons qu\u2019ils la feront demain, celle-là.Le vieux fan aurait préféré Le mauvais rêve, ou Mon fils, ou Ceux que l\u2019amour a blessés, ou Essayez, mais bon.Je chipote.Demain, on aura Johnny comme on ne l\u2019a jamais eu au Québec.«C\u2019est ce qu\u2019on a toujours voulu faire chez vous: le même spectacle qu\u2019à Paris.» J\u2019en ai le vertige.Le même mégashow qu\u2019au Stade de Prance! Johnny remplira-t-il les Plaines?«Je n\u2019ai jamais eu autant de demandes de laissez-passer et de billets VIP pour un show», m\u2019écrit Luci Tremblay du Pestival d\u2019été.Oui, elle me garde la meilleure place.Avertissement aux voisins: il se peut que je hurle.Johnnyyyyyyyy ! Le Devoir D À écouter > Une chanson de Johnny Hallyday à ledevoir.com ARSENAULT SUITE DE LA PAGE 1 qu\u2019on est présents dans toutes les régions du Québec et parce qu\u2019on défend notre monde.» Entre le 4 et le 25 juin, près de 14% des 173000 travailleurs de la construction québécois ont exprimé leur choix d\u2019allégeance syndicale, un pourcentage presque deux fois supérieur à celui du dernier scrutin de 2009.Pour la première fois, le vote s\u2019est tenu par la poste et ne pas voter a été considéré comme une volonté de conserver la même association syndicale.Selon la nouvelle répartition préliminaire des travailleurs entre les différentes associations syndicales, la PTQ-Construction représente désormais 43,9% des travailleurs de l\u2019industrie.La seule autre organisation à avoir enregistré des gains est le Syndicat québécois de la construction (SQC), qui a vu son taux de représentation passer de 6,3 à 10,4%, tandis que le Conseü provincial du Québec des métiers de la construction (International) a connu une baisse de 1,7 point (24,4%), la CSD-Construction de l,4point (12,7%) et CSN-Construction de 2points (8,6%).Ces chiffres seront officialisés le mois prochain, une fois que la période de 30 jours accordée aux travailleurs pour contester par écrit leur choix d\u2019allégeance sera écoulée.«Avec la presse hostile qu\u2019on a eue, la mauvaise publicité et un gouvernement qui demandait à notre monde de quitter le syndicat, moi, je trouve que c\u2019est extraordinaire qu\u2019on ait pu augmenter notre membership», se réjouit M.Arsenault.11 ne se dit pas sui^ris des résultats obtenus par son syndicafi lui qui espérait secrètement une hausse de 1 à 10% du nombre de membres avant le dévoilement des résultats du scrutin par la Commission de la construction du Québec (CCQ).Pour ce qui est du SQC, une petite organisation syndicale qui a connu la plus forte augmentation du taux de représentation, le président de la FTQ affirme sous toute réserve que les travailleurs qui ont décidé de se joindre à ce syndicat proviennent sans doute de petits chantiers et ont notamment été attirés par des montants de cotisation syndicale moins élevés qu\u2019aîlleurs.Contestation et négociations L\u2019automne s\u2019annonce occupé pour le président de la FTQ, qui compte mener de front plusieurs batailles.D\u2019^ord pour contester la loi 33, qui a été adoptée en décembre dernier et qui abolit le placement syndical, mais aussi pour faire sentir la présence du syndicat lors d\u2019une probable campagne électorale.«Avec la loi 33, Lise Thériault a décidé de détourner les yeux du vrai problème, qui est le financement des partis politiques, tous partis confondus, croit M.Arsenault.Elle a essayé de mettre l\u2019accent sur les travailleurs de la construction et leurs syndicats plutôt que de regarder la bonne cible.» «Malgré la complicité d\u2019une certaine presse et le fait qu\u2019on a voulu mettre le problème de la construction sur le dos des relations de travail, je pense que le gouvernement et les associations d\u2019employeurs ne pourront pas contourner la ETQ-Construction», as-sure-t-ü, y compris lorsque viendra le temps de renégocier les conventions collectives qui arrivent à échéance le 30 avril 2013.Selon lui, il est «impensable» de retirer aux syndicats le pouvoir d\u2019effectuer le placement de la main-d\u2019œuvre sur les grands chantiers de construction et d\u2019espérer un travail de qualité équivalente à celle qu\u2019on observe aujourd\u2019hui, qu\u2019ü qualifie A «excellente».«Si on applique la loi telle qu\u2019elle est écrite, ça va être un fiasco sur les chantiers de construction au Québec.J\u2019ai honte de cette loi-là.» Pendant que le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction conteste la loi 33 devant la Cour supérieure du Québec, la ETQ a pour sa part déposé une requête devant le Bureau international du travail pour abroger notamment les articles qui concernent le placement de la main-d\u2019œuvre.Ce qui ne signifie toutefois pas que M.Arsenault ferme la porte à une réforme dans le monde de la construction: il assure qu\u2019il ne cautionnera jamais un syndicat qui exige plus d\u2019employés que nécessaire sur les chantiers, pas plus qu\u2019ü ne tolérera «qu\u2019un travailleur d\u2019une autre allégeance syndicale que la ETQ se fasse sortir d\u2019un chantier à grands coups de pieds au derrière».Et à cette lutte judiciaire s\u2019ajoutera probablement sous peu la lutte électorale.«Pas besoin de vous dire qu\u2019on va avoir une plateforme électorale et qu\u2019on va demander aux élus de s\u2019engager au sujet des législations dans le monde du travail», assure M.Àrse-naulL qui compte bien s\u2019inspirer du récent soulèvement étudiant pour poursuivre la lutte.«Quand je regarde ce que les jeunes ont fait ce printemps, je pense que notre jeunesse a décidé que les moyens collectifs donnent plus de résultats que les moyens individuels.» Le Devoir Michel Arsenault en cinq dates 1974: élu président de la section locale du Syndicat des métallos à Murdochville.1978: nommé permanent du Syndicat des métallos pour la région de Montréal.1996: nommé adjoint au directeur national du Syndicat des métallos pour le Canada.2000: élu directeur québécois du Syndicat des métallos.2007: élu président de la Eédération des travailleurs du Québec (ETQ).LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com oo sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 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