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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-11-17, Collections de BAnQ.

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[" Relations senties et consenties d\u2019Olivier Adam Page F 5 Les deux causes de Djemila Benhabib Page F10 LIVRES CAHIER F » LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 SALON DU LIVRE DE MONTREAL I m COLLAGE TIFFET L\u2019Amérique éclatée de Marie-Claire Blais MICHEL LAPIERRE Des images : 26 mai 1963, départ à Québec de la Marche de la paix vers Cuba; 5 juin 1968, assassinat de Robert Kennedy; 4 mai 1970, la Garde nationale tire sur les contestataires à LUniversité de Kent, en Ohio.Imprimées dans l\u2019œil de Marie-Claire Blais, elles nous remuent plus que les faits représentés, comme la réélection d\u2019Obama dépasse de beaucoup ce politicien décevant.Par les images, l\u2019Amérique a changé, changera encore.Prolongeant son œuvre romanesque inspirée des souffrances et des espoirs du continent, Marie-Claire Blais, par trois récits qui, en tenant de l\u2019essai, forment le petit livre Passages américains, insiste sur les œuvres de photographes et de peintres pour saisir les instants fugitifs de la révolte de la jeunesse des années 60 et 70.En concentrant la tragédie sur une surface très circonscrite, les images créées par ces artistes accentuent l\u2019hallucination que provoquent des moments clés.Marie-Claire Blais se demande si Robert Kennedy, dont le photographe Bill Eppridge immortalisa, en 1968, «ce dernier regard» qu\u2019il «posa sur le monde» et que le peintre Roy Lichtenstein, maître du pop art, avait représenté comme un «superhéros de comic book» sur la couverture du Time Magazine, aurait aujourd\u2019hui pu imaginer un «retour à la perversité» de la ségrégation raciale.Elle pense à ceux qui ont prétendu «que le président Obama n\u2019était pas un citoyen américain, Marie Blais en le renvoyant au Kenya ».Dans un pays où Obama a été réélu grâce aux Noirs, aux Hispaniques, aux Asiatiques, aux femmes de toutes origines, et malgré l\u2019opposition de la majorité des Blancs de sexe masculin, bastion d\u2019une Amérique révolue, Marie-Claire Blais se devait, à propos du «premier président noir», d\u2019écrire : «Il n\u2019était pas le seul à subir l\u2019offense, il représentait tous les siens, tous les Afro-Américains.» Pour la rqmanciére née à Québec en 1939, les Etats-Unis, où elle séjourne souvent depuis 1963, ne constituent-ils pas une deuxième patrie ?Très liée à la militante féministe américaine Barbara Deming (1917-1984), qui lutta contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam, Marie-Claire Blais la met en scène (en la désignant seulement sous son prénom) dans le récit poignant de l\u2019arrestation et de la -Claire grève de la faim de cette adepte de la non-violence et d\u2019une douzaine d\u2019autres camarades lors de l\u2019héroïque Marche de la paix (1963-1964).Aussi partage-t-elle, à l\u2019heure de la présidence d\u2019Obama, la satisfaction ôé«assister à la conquête d\u2019une liberté si durement acquise».Admiratrice de James Baldwin, elle peut se réjouir que la formule très belle et très prophétique, énoncée dès les années 50, par le grand écrivain noir américain, commence à crever les yeux: «Ce monde n\u2019est plus blanc et il ne le sera plus jamais.» En contemplant l\u2019image de Robert Kennedy agonisant, ce ne sont pas l\u2019ambition et l\u2019opportunisme politiques de tant de démocrates qu\u2019elle voit, mais une parcelle médiatisée d\u2019un vaste mouve- ment populaire, anonyme et progressiste.Le défi tragique que Bobby, le «plus bohème» de la famille Kennedy, symbolisait, aux yeux de Marie-Claire Blais, émanait, tel un halo, de personnalités noires aussi différentes de lui que Martin Luther King, que le radical Malcolm X, assassinés eux aussi.L\u2019essayiste restée romancière en traduit la magie : «Peut-être ce défi était-il proche du défi des Indiens, des Mexicains devant la mort, défi ou raisonnement de l\u2019intelligence qui essaie d\u2019assimiler un jour à la fois, plutôt qu\u2019une fatalité contre laquelle on ne peut rien.» Ces Mexicains, dont un grand nombre, pour survivre, travaillaient aux Etats-Unis (dans le Sud-Ouest, leur ancienne terre qu\u2019ils venaient misérablement reconquérir), étaient, à Los Angeles, venus «de la foule» vers Bobby «pour l\u2019étreindre», rappelle-t-elle, émerveillée.Elle précise que le sénateur avait pris la défense des ouvriers immigrants issus de la très vieille Amérique métisse.Cette image, Marie-Claire Blais la fait suivre plus loin d\u2019une autre: celle de la Noire Rosa Parks qui, dès 1955, défia la ségrégation en Alabama en refusant de céder son siège d\u2019autobus à un Blanc.Un autre Afro-Américain, le militant antiraciste Ray, arrêté en 1963 à Albany (Géorgie) au cours de la Marche de la paix, écrit, en prison, à sa camarade Barbara Deming, incarcérée elle aussi, que son jeûne de protestation sera intégral, sans eau.Il lui explique, en parlant au nom des autres Noirs du groupe de contestataires: «Je veux savoir jusqu\u2019à quel point ils nous haïssent, oui, je tiens à le savoir.» Marie-Claire Blais raconte : VOIR PAGE F 7 AMÉRIQUE FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR MI DAM et son nouveau Kid Paddle Pouach, une fille ! S\u2019il continue ainsi, il va finir par faire partie des meubles.Pour une énième année de suite, le bédéiste belge idole des enfants Midam débarque en ville pour exposer les 13®® aventures de son Kid Paddle à l\u2019occasion du Salon du livre de Montréal qui vient d\u2019ouvrir.Un album tout en folie, en hémoglobine, en petit barbare écrapouti et en douce absurdité enfantine, où, ô malheur, une fille cherche désormais à donner des bisous au héros.Pouach ! EABIEN DEGUISE Porte-bonheur ou malchance?Pour Kid Paddle, personnage imaginé par le dessinateur Midam, l\u2019arrivée dans un treizième épisode ne laisse aucune place à la discussion.C\u2019est que, pour une rare fois depuis sa naissance en 1993 dans le journal Spirou, l\u2019environnement «très p\u2019tit gars» de l\u2019espiègle garçon est vraiment A\th'ain de changer.Et fUOlJlDEEfi\tcomme dirait l\u2019autre, i\tc\u2019est encore une fois la faute d\u2019une fille.Toujours elles! Elle s\u2019appelle Zara.Elle est blonde.Elle est apparue discrètement dans une ou deux planches de l\u2019épisode précédent, mais elle cherche désormais, dans ce 13® volume intitulé Slime Project (Mad Eabrik), qui vient tout juste de sortir, à taper un peu plus l\u2019incruste.Et l\u2019air du temps est à blâmer pour tout cela.«Dans Kid Paddle, les personnages féminins sont rarissimes, mais aussi toujours malmenés», résume avec sa voix calme et posée Michel Ledent \u2014 oui, c\u2019est comme ça qu\u2019il s\u2019appelle, Midam \u2014, rencontré cette semaine dans le hall d\u2019un hôtel de la métropole où il a posé VOIR PAGE F 2 MIDAM Venez remontrer les auteurs au Salon du livre te samedi de 13 h à 14 h et de 16 h à 17 h au stand Dimedia no 532 l'Inconvénient 50'\u201c numéro ! I Pourfiuol cntiniU'* las intellectuals ?Isabelle Daunais - Yannick Roy - Michel Biron Guillaume McNeil Arteau - Alain Roy - Cari Bergeron David Dorais - François Ricard - Lakis Proguidis Gilles Marcotte - Serge Bouchard - Genevieve Letarte LES IfSJCONVEN'ENTS DU PROGRÈS 50 ra sons de pas nejou trop v te ae i inconvenient Maintenant en livre de poche Les inconvénients du progrès 50 raisons de ne pas se réjcg^r trop vite www.inconvenient.ca 12$ F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 LIVRES EN APARTE Vers de terre et maquillage Jean-François Nadeau Lisant La géométrie des ombres de Jean-Pierre Issenhuth, je me rends compte à quel point les vers de terre et le compost pour lesquels il se fascinait toujours, même plongé au milieu de ses livres, m\u2019apparaissent moins curieux qu\u2019à d\u2019autres à qui je parle de ses écrits comme d\u2019une véritable source d\u2019enchantement.Disons-le tout net: j\u2019aime sans réserve cette attention constante qu\u2019Issenhuth montre envers la vie jusque dans ses plus petites manifestations.La raison en est bien simple, il l\u2019explique lui-même: «Dans la société, une illusion de supériorité est toujours possible, mais dehors, avec les éléments, la petitesse est immédiatement sensible.» Or il est toujours bon de se faire rappeler jusque «dans les zones d\u2019ombre épaisse, les plus propices au compostage», là où «le passé de la végétation prépare son avenir» et où «les zones de plein soleil sont dans la lumière absolue de la vie présente», que le petit et le fragile ne sont pas à l\u2019opposé de la grandeur.L\u2019écrivain de Laval Le critique Gilles Marcotte a déjà parlé de Jean-Pierre Issenhuth comme de V« écrivain de Laval».Il ne faut pas y voir la moindre moquerie.Issenhuth est une sorte d\u2019Henry David Thoreau des temps nouveaux, un semi-urbain qui cherche à réconcilier la vie de la ville avec celle de la campagne.Il y a quelque chose de fractionné dans son écriture autant que dans son rapport à la nature.Pourtant, on le suit tout à fait, même s\u2019il étourdit parfois un peu.Les derniers livres d\u2019Issenhuth, décédé en 2011, sont des carnets où loge une écriture du collage qui correspond à la vie que nous menons, où rien n\u2019est plus simple, ni linéaire, où tout est mélange, morceaux, fragments.Voilà peut-être pourquoi lui plaît tant cet assemblage disparate et étrange qu\u2019est aujourd\u2019hui la banlieue.Issenhuth n\u2019en demeure pas moins lucide sur le type d\u2019industrialisation qui est à se propager chez nous en périphérie du centre urbain.«A regarder les boulevards industriels et commerciaux qui ceinturent les villes, on peut douter qu\u2019il existe au Québec des régions.A Laval-Ouest, à Lévis, à Rimouski ou à Sept-Iles, les magasins sont les mêmes; les terre-pleins, diposés de la même manière, sont plantés des mêmes arbres; l\u2019architecture est équivalente au détail près.Personne, nulle part, ne peut être dépaysé.[.] Rien ne semble pouvoir exister qu\u2019en série.» Ancien critique au Devoir, habitué des pages de la revue Liberté, ami de quelques-uns de nos meilleurs écrivains, dont Pierre Vadeboncœur à qui ce livre posthume est d\u2019ailleurs dédié, Issenhuth s\u2019était d\u2019abord plongé dans la poésie avant de se faire connaître plus tard par des carnets où se conjugue sans cesse, dans une simplicité servie par une langue parfaite, une passion pour la littérature autant que pour la terre.De la terre, il en a volontiers plein les mains, creusant sa réflexion du monde jusque dans l\u2019humus de son potager.Ce n\u2019est pas pour autant un homme des grands jardins, comme un Camille Muller ou un Jean-Claude Vigor, mais plutôt un homme au jardin, comme il est un homme aux livres, à l\u2019écriture.Parfois, cela surprend.Lorsqu\u2019il parle des vers de terre par exemple.Je reviens un peu à ces lombrics parce que leur présence semble étonner particulièrement ceux à qui je parle de l\u2019œuvre de Jean-Pierre Issenhuth.La terre et les vers Je ne connais rien des lombrics qui assurent la vie des jardins et des potagers en mastiquant la mort autour d\u2019eux.Je n\u2019ai pas, comme Issenhuth, une connaissance de la littérature liée à ce monde souterrain.Aussi, je ne pourrai pas me reprocher, comme il le fait, d\u2019avoir «perdu de vue l\u2019évolution des publications sur les vers» ces derniers temps.Je n\u2019ai jamais conservé non plus par-devers moi ni Walden de Thoreau ni L\u2019humus d\u2019André Birre à titre de lectures indépassables.La terre et les vers dont Issenhuth parle çà et là évoquent tout de même pour moi un pays au silence heureux, celui notamment de certains soirs tièdes où, étant petit, je partais tranquillement taquiner la truite avec mon grand-père dans les ruisseaux et les lacs des alentours.Armé de soies et de mouches, mon grand-père sifflotait de bonheur tandis que, de mon côté, seul avec moi-même, je surveillais de près Fonde laissée par les poissons sur l\u2019eau autant que la vieille boîte trouée où un peu de sol alimentait des vers ramassés au jardin.Je me surprends aujourd\u2019hui à siffloter à mon tour dès lors que mon esprit retourne vers ces temps heureux où je laissais la terre se loger sous mes ongles.Et c\u2019est à ces vers de pêche de l\u2019enfance que je songe en plongeant mon regard dans ces passages d\u2019Issenhuth jugés hâtivement curieux par ceux qui hésitent encore à goqter son œuvre.A cette époque où, critique au Devoir, il était la terreur des poètes à qui il reprochait de pousser comme de simples herbes folles, j\u2019avais été très surpris par l\u2019audace d\u2019une camarade de l\u2019université soudain passionnée comme lui par les vers.Au bénéfice de la radio, Catherine Pépin avait entrepris de faire parler les compagnons flasques de la terre molle.Je me souviens parfaitement de son curieux reportage.C\u2019était absolument brillant et original, à l\u2019image de ce qu\u2019elle est.Pierre Foglia avait dit quelques bons mots de ce travail radiophonique, ce qui avait achevé de donner à son au-teure un crédit mérité à la radio de nos impôts.C\u2019est un peu le même choc qu\u2019avait provoqué en moi ce reportage plein d\u2019une audace tranquille que j\u2019éprouve en lisant les différents carnets de Jean-Pierre Issenhuth.En un mot, je trouve ces livres merveilleux parce qu\u2019ils nous éloignent du vrombissement du monde en nous ramenant à ce qu\u2019il y a de plus près : les arbres, les plantes, les jardins, les oiseaux, la terre, ses vers, les livres.Et bien sùr la mort.En beurrer épais C\u2019est le Salon du livre de Montréal.Véronique Cloutier, interrogée et filmée par Radio-Canada, parle volontiers cette semaine de son «coup de cœur littéraire».Elle dit: «Mon coup de cœur littéraire, ça peut sembler un peu drôle parce qu\u2019il a ma face dessus, mais c\u2019est le livre Belles, outils et astuces pour un maquillage réussi.» Elle ajoute : «Des fois, tu passes ta vie à te mettre du mauve sur les yeux pensant que c\u2019est la meilleure chose à faire, mais ça pourrait être mieux avec du brun finalement.Ce livre permet aux femmes d\u2019essayer.» Le maquillage comme «coup de cœur littéraire»'^ Dommage peut-être, mais je ne suis pas capable de maquiller mes pensées devant pareille bêtise.jfnadeau@videotron.ca LA GÉOMÉTRIE DES OMBRES Jean-Pierre Issenhuth Boréal, coll.«Libertégrande» Montréal, 2012, 179 pages % Ook CHUNG LA TRILOGIE CORÉENNE MIDAM SUITE DE LA PAGE E 1 ses valises, pas très loin du Salon du livre de Montréal.On résume : la grande sœur de Kid est rejetée, méprisée, et elle le rend bien à son petit frère.La princesse est souvent écrasée, parfois sous le poids d\u2019un monstre gluant.Or «les 2000 séances de dédicace que je fais chaque année sont aussi une façon pour moi de humer le présent, de voir ce que les lecteurs suivent d\u2019autre autour de Kid Paddle et je me suis dit qu\u2019il était peut-être temps d\u2019avoir un peu plus le souci de la parité», ajoute-t-il avec ce petit air pince-sans-rire qui le caractérise.Parité, certes.mais pas trop.Oui, une fille s\u2019aventure sur le terrain de jeu de Kid Paddle, cet enfant qui, tout en planche et en humour sans danger, voue une fascination maladive aux jeux vidéo, à ses potes à lunettes et aux mondes imaginaires dans lesquels il aime transporter son morne paternel, mais elle le fait sans trop dénaturer l\u2019esprit de cette série millionnaire ultrapopu-laire chez les jeunes lecteurs, et parfois chez leurs parents.«C\u2019est une condition que je m\u2019étais imposée, dit l\u2019artiste.On ne trahit rien parce que Kid Paddle reste le petit gars qu\u2019il a toujours été, avec, pas très loin, cette fille qui tourne autour, mais qu\u2019il ne comprend pas très bien.» Et il ajoute : «Plus tard, il sait qu\u2019il va devoir composer avec cette extraterrestre-là.Mais pour le moment, il s\u2019amuse.» Comme il l\u2019a toujours fait depuis Jeux de vilain (1996), l\u2019album qui allait poser les bases et surtout marquer les premiers pas de cette nouvelle icône du 9^\" art.Une recette à suivre Difficile de faire autrement, explique le géniteur du personnage, marqué fortement par son enfance à l\u2019institut Notre-Dame-de-la-Paix à Bruxelles, où la mixité entre les gars et les filles n\u2019avait même pas le loisir d\u2019être théorique.Pis, l\u2019homme est aussi prisonnier de la recette du succès de cette série en images qu\u2019il applique pour une treizième fois presque à la lettre dans ce nouvel opus.«J\u2019essaye toujours d\u2019avoir une grille, dit-il, d\u2019avoir des gags récurrents [comme celui du jeu vidéo dans lequel Kid doit chercher vainement une sortie en incarnant un petit barbare] et surtout j\u2019essaye d\u2019en mettre le plus possible.C\u2019est comme une recette de cuisine, finalement » Recette.Le mot ne pouvait pas être mieux choisi par ce Midam, qui de plus en plus, sous la pression de ces fans qui exigent des sorties d\u2019album rapprochées \u2014 il paraît que ça vient avec la génération du tout-tout-de-suite-mainte-nant \u2014, se transforme désor- mais en Gordon Ramsey ou en Jamie Oliver de la bande dessinée, avec sa batterie d\u2019assistants chargés désormais de reproduire l\u2019univers imaginé par le créateur, trop occupé désormais à rencontrer ses lecteurs.La comparaison avec les grands chefs du moment qui multiplient les franchises lui plaît.Mais il précise: «Kid Paddle, c\u2019est toujours moi qui le fais à presque 100%.Mais pour Game Over [Mad Fabrik \u2014 la série dérivée et dont le tome IX vient également tout juste de sortir], fai désormais de l\u2019aide», pour le dessin, mais également pour les scénarios, pour lesquels il a invité le public à collaborer.Le matin même de cette rencontre avec Le Devoir, l\u2019homme venait d\u2019ailleurs de répondre à la 12 700'\" proposition de gag en provenance des univers numériques, événement célébré pour l\u2019occasion avec un café dont la mousse trop dense l\u2019amusait puisqu\u2019elle faisait tenir droit le bâtonnet en bois.«Ces appels aux gags, c\u2019est une source intéressante, même si une blague sur 100 seulement est conservée, dit-il.Et pour ça, il faut aussi que je me frotte régulièrement aux messages de mères de famille qui m\u2019implorent de conserver la blague de leur fils pour l\u2019encourager.Même s\u2019il n\u2019y a rien à faire avec.» La dure vie du bédéiste vient parfois avec ce genre de chose, tout comme avec ces hordes d\u2019enfants, timides, trépignant, réclamant, imposant, criant, mor-vant même, que Midam se prépare à affronter lors de son séjour à Montréal, même si ce genre de rencontre représente un plaisir paradoxal chez cette idole des jeunes lecteurs.L\u2019homme l\u2019avoue sans difficulté, pour provoquer et pour faire rire: quand il n\u2019est pas en séance de dédicace, les enfants, ce n\u2019est pas trop son truc.«Je ne suis pas attiré par ça», lance-t-il mi-figue, mi-raisin.Sans doute parce qu\u2019il est encore un enfant lui-même.A ses côtés, sa femme, Araceli, qui dirige la maison d\u2019édition du bédéiste et qui joue souvent le rôle de la mère responsable lors de ses déplacements, atténue un peu l\u2019affirmation, sourire en coin.«Il ne veut pas en élever, dit-elle.Mais les enfants des autres, il les adore.surtout quand il sait qu\u2019ils vont rentrer chez eux le soir», pour se plonger, espère-t-il, dans les mondes débridés et délirants de Kid Paddle, de Game Over ou encore de Grrreny, dernier venu dans la ménagerie de Midam.Forcément.Le Devoir La Corée, Le Japon, Le Québec réunis par Le patient travaiL de La mémoire.Au Salon du livre de Montréal Stand n® 433 Vendredi 19 h à 20 h Ook Chung LA TRILOGIE CORÉENNE Boréal www.editionsboreal.qc.ca Roman \u2022 448 pages 29,95 $ PDF et ePub : 21,99 $ N O R M A N D , c H A U R E T T E COMMENT TUE SHAKESPEARE Normand Chaurette Comment tuer Shakespeare « Un chef-d\u2019œuvre ! » \u2014 Gilbert David Prix littéraires du Gouverneur général 2012 I Essais Prix S/?zra/e-Eva-Le-Grand 2012 Prix de la revue Etudes françaises 2011 50 ans Les Presses de l'Université de Montréal www.pum.umontreal.ca Université de Montréal Jk LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 F 3 LITTERATURE C\u2019est une belle histoire, je n \u2019y peux rien Danielle Laurin Cm est une perle.Une perle rare.C\u2019est ^ un roman touché par la grâce.Un roman qui atteint le sublime.Je sais: je ne devrais pas dire ça.Je ne devrais pas créer d\u2019attentes comme ça.Moi, je n\u2019en avais aucune.C\u2019est peut-être ça.Je sais aussi que certains ne me croiront pas.Ils croiront que je m\u2019enflamme trop.Tant pis.Au moment où j\u2019écris ces lignes, deux jours ont passé depuis ma lecture à\u2019Artéfact.Mais je suis encore dedans, complètement.Je suis dans la beauté, au milieu de l\u2019horreur.Je suis dans la vie qui bat, au-delà de l\u2019horreur.Je suis dans l\u2019horreur transformée en beauté, par l\u2019art, par l\u2019écriture.Je sais que ce roman fera désormais partie de ceux qui ne me quitteront jamais tout à fait.Il y a cette scène, entre autres, qui m\u2019a arraché des larmes au moment où je ne m\u2019y attendais pas.Une cérémonie de mariage, joyeuse pourtant.Je vous raconte, sans trop entrer dans les détails.Nous sommes en Provence, en 1970.La famille, les amis sont rassemblés.La mère de la mariée fait un petit discours.Ah oui.elle est une survivante d\u2019Auschwitz.Elle dit : « Sophie a été conçue alors que nous sortions de l\u2019enfer.Elle a été conçue dans la joie de la vie retrouvée, et quand elle est née.quand elle est née, j\u2019ai repris goût à la vie moi aussi.» La mère parle ensuite de sa propre mère.qu\u2019elle a vue «partir en fumée».Elle dit : «Elle a beau ne plus être là, la vie a beau vouloir nous faire croire qu\u2019elle n\u2019a jamais existé, je veux que l\u2019on sache que c\u2019est la petite-fille de Halina Tannenbaum qui se marie cet après-midi à l\u2019ombre du soleil provençal.C\u2019est la petite-fille qui est joyeuse.C\u2019est elle qui va avoir de beaux enfants.Halina aurait quatre-vingts ans et elle serait folle de toi.comme nous sommes tous fous de toi.» La femme termine son hommage en s\u2019adressant à son nouveau beau-fils: «Paul Rabatier, prends soin de Sophie, qu\u2019elle soit aimée, car elle vient de loin, elle vient de moi, elle vient de nous, elle est celle que j\u2019aime, ma petite fille, Sophie.» J\u2019ai tout entendu, j\u2019ai tout vu, j\u2019étais là, au mariage de Sophie.J\u2019étais sa mère.Comme j\u2019étais là, plusieurs années auparavant, avec la mère de Sophie et ses compagnes, en captivité, à Auschwitz.J\u2019étais elles.Comme j\u2019étais là, partout, au fil du roman, toutes époques confondues, d\u2019hier à aujourd\u2019hui.J\u2019étais même un bourreau, un certain moment, dans le récit.A vrai dire, j\u2019avais plutôt des réserves, au départ.Combien ?Combien de livres, de romans, d\u2019œuvres sur la Shoah, jusqu\u2019à maintenant?Qu\u2019est-ce qui n\u2019a pas encore été dit?Des réserves, aussi, parce que l\u2019auteur d\u2019Ar-téfact, Cari Leblanc, a déjà fait un documentaire sur le même sujet il y a deux ans.Le cœur d\u2019Auschwitz.Avec le même point de départ.C\u2019est-à-dire une carte de souhaits d\u2019anniversaire en forme de cœur.Eabriquée par un groupe de jeunes femmes détenues à Auschwitz, en 1944.Et exposée depuis une vingtaine d\u2019années au Musée de l\u2019Holocauste, à Montréal.Je craignais la répétition.La reprise par l\u2019écrit de ce qui avait été dit, montré, dans le do- MARTINE DOYON Cari Leblanc a déjà fait un documentaire sur le même sujet il y a deux ans, Le cœur dAuschwitz.cumentaire.Ou encore, le livre d\u2019un réalisateur qui revient sur son travail de réalisateur : une sorte de making d/ Je ne m\u2019attendais pas à ça: un livre d\u2019écrivain.Un écrivain qui, à partir d\u2019un objet réel, de faits réels, donne corps, donne vie à une autre histoire, inventée de toutes pièces.Mais au fond, peu importe.Peu importe que cette histoire soit inventée ou pas : en elle-même, elle est riche, porteuse, inattendue.Et elle nous est racontée de remarquable façon.C\u2019est par le biais d\u2019un journaliste qui enquête sur un criminel de guerre nazi, terré à Montréal, que nous suivons le fil des événements.Les recherches du journaliste le conduisent au Musée de l\u2019Holocauste, où il découvre derrière une vitrine la fameuse carte de souhaits en forme de cœur.Parallèlement à son enquête journalistique, il cherchera à en savoir plus sur cet objet, sur les femmes qui l\u2019ont fabriqué au risque de leur vie et sur celle à qui il était destiné le jour de son vingtième anniversaire.Ces femmes sont-elles encore vivantes ?Si oui, que sont-elles devenues?Comment les retrouver?Qu\u2019ont-elles à raconter à propos de cet arté-fact qui jette une lumière différente sur l\u2019horreur des camps ?C\u2019est la trame du récit.Qui va nous conduire bien au-delà de ce qu\u2019on pourrait imaginer.Il y a des non-dits, des trous, des mystères, des secrets inavouables, entourant le cœur d\u2019Auschwitz.Il y a des erreurs.Mais l\u2019erreur est humaine, n\u2019est-ce pas ?Il y a le croisement entre la grande Histoire et les petites histoires.Il y a l\u2019entrecroisement des bourreaux et des victimes.Il y a d\u2019éton-nantes coïncidences.«D\u2019ailleurs, la guerre, était-ce autre chose que ce réseau triste de connexions dans le malheur?» Il y a les morts, il y a les survivants.Il y a la question de la dignité humaine, la question de savoir ce qui constitue notre humanité.Il y a le devoir de mémoire et le désir d\u2019en finir avec le passé.11 y a la recherche de vérité, au-delà de la justice.Il y a même V«overdose de la Shoah».Il y a tout ça et plus encore dans Artéfact.Il y a cette phrase, la dernière du livre.* «C\u2019est une belle histoire, je n\u2019y peux rien.» Cari Leblanc rencontre ses lecteurs samedi et dimanche au Salon du livre de Montréal.ARTÉFACT Cari Leblanc XYZ Montréal, 2012,162pages Le coup de feu du Salon du livre Le coup de feu au Salon du livre de Montréal?C\u2019est les samedis et dimanches qu\u2019il faut le vivre, si on n\u2019est ni ochlophobe, ni agoraphobe, ni misanthrope.Car foule, alors, on retrouve au hall d\u2019exposition de la Place Bonaventure, à courir les rencontres et les dédicaces d\u2019auteurs, les livres à offrir pour Noël, les animations jeunesse ou les tables rondes et les conférences.Quelques choix dans cette manne.On surveillera déjà, samedi à 17 h, la remise des deux prix Grand Public Salon du livre de Montréal, octroyés par l\u2019amoureux vote du public.Les finalistes sont nombreux, le choix sera difficile et la compétition, féroce.En lice dans le volet littérature.Lit double (Libre Expression) de Janette Bertrand; Volte-face et malaises (Libre Expression) de Rafaële Germain ; Dure soirée (éd.de l\u2019Homme) de Erançois Mo-rency ; Paul au parc (La Pastèque) de Michel Rabagliati ; Les héritiers d\u2019Enkidlev (Wel-lan) d\u2019Anne Robillard ; Bonheur, es-tu là ?(Libre Expression) de Erancine Ruel; Orpheline (Libre Expression) de Marie-Claude Savard ; un des Malphas (Alire) de Patrick Sénécal ; Mémoires d\u2019un quartier (Guy St-Jean) de Louise Tremblay-D\u2019Essiambre ; et II pleuvait des oiseaux (XYZ), roman de Jocelyne Saucier qui a déjà remporté son lot de prix littéraires.S\u2019ajoutent bien sûr les titres en littérature jeunesse et ceux en essais et livres pratiques.Dimanche, la CSN remettra le prix de l\u2019essai québécois Pierre-Vadeboncœur à 13 h 30.Côté animation, les férus de politique et de société voudront suivre la discussion sur «l\u2019engagement politique des jeunes», qui réunira samedi à 14 h Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et l\u2019auteure de L\u2019Agenda des femmes 2013 (Remue-Ménage) Zéa Beaulieu-April, discussion animée par Jo- ANNIK MH DE CARUEEL R Un jeudi au Salon du livre de Montréal à la Place Bonaventure.sée Legault.Dimanche, le Regroupement des éditeurs ca-nadiens-français s\u2019interrogera sur l\u2019apport de l\u2019écriture dans l\u2019intégration d\u2019un auteur à une nouvelle société.Avec Vartan Hézaran et Melchior Mbo-nimpa, tous deux originaires d\u2019Afrique, et l\u2019Ontarienne Hélène Koscielniak, à 14 h 45.Dimanche aussi, à 15 h 30, l\u2019ex-ministre Monique Jérôme-Eor-get discutera de son dada, la place des femmes dans le monde du travail.Côté littérature, les chouchous des critiques Catherine Mavrikakis et Éric Dupont se livreront samedi à une lecture croisée de leur dernier livre, à midi.Dimanche, une table ronde sur le roman historique réunira les auteurs Jean-Pierre Char-trand, Michel Langlois et Louise Chevrier, à 11 h 30.Les tout-petits ne voudront pas manquer la belle heure du conte en pyjama, proposée dimanche à 10 h en compagnie de Mélanie Watt, de Bruno St-Aubin et de Bïa.Le Salon du livre se poursuit jusqu\u2019au 19 novembre.Les détails sur le site du Salon: www.sa-londulivredemontreal.corn Le Devoir 0GaspardTE DEVOIR ALMARÈS Du 5 au 11 uovembre 2012 ACHAT A DOMICILE - VENTE - EVALUATION Bonheur d'occasion Librairie Mathieu Bertrand, Libraire Membre de la Ligue internationale de la Librairie Ancienne (LILA) 514-914-2142 ACHETONS EN TOUT TEMPS : Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste : \u2022\tBellefleur, Borduas, Perron, Gagnon, Giguère, Lemieux, Riopelle.\u2022\tÉditions : Art Global, Corbeil, Erta, La Frégate, Michel Nantel.Refus Global, le Vierge incendié Reliures d'art Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Livres anciens avant 1800 Americana et Canadiana Expertise de documents et d'archives \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Félicité \u2022 Tome 3 Le salaire du péché\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t1/4 2 Princesse Yennenga\tRéjean Tremblay/Homme\t\u2019 2/4 3 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAmélie Dubois/Éditeurs réunis\t\u2019 -/I 4 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 3 Sonia\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t\u2019 -/I 5 Au hasard la chance\tMichel Tremblay/Leméac | Actes Sud\t\u2019 -/I 6 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t' 4/2 7 Les délaissées\tDenis Monette/Logiques\t3/8 8 L\u2019histoire de Pi\tYann Martel/XYZ\t6/3 9 Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 6 Nemeroff\tAnne Robillard/Wellan\t5/8 10 La vie épicée de Charlotte Laviqne \u2022 Tome 3 Cabernet.\t.Nathalie Roy/Libre Expression\t7/5 Romans étrangers\t\t 1 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t1/6 2 Le siècle \u2022 Tome 2 L\u2019hiver du monde\tKen Follett/Robert Laffont\t2/3 3 La faille souterraine, et autres enquêtes\tHenning Mankell/Seuil\t-/I 4 Une place à prendre\tJ.K.Rowling/Grasset\t' 3/7 5 Une seconde chance\tNicholas Sparks/Michel Lafon\t4/3 6 Substance secrète\tKathy Reichs/Robert Laffont\t5/7 7 Opération Arès\tKyle Mills/Grasset\t\u2019 -/I 8 Troisième humanité\tBernard Werber/Albin Michel\t' 6/3 9 Cœur de glace\tRichard Castle/City\t7/2 10 La ronde des mensonges\tElizabeth George/Presses de la Cité\t-/I Essais québécois\t\t 1 De quoi le Québec a-t-il besoin en éducation?\tJ.Barbe | M.-F.Bazzo | V.Marissal/Leméac\t-/I 2 Lettres à un jeune politicien\tLucien Bouchard | Pierre Cayouette/VLB\t1/9 3 Design?\tFrédéric Metz/Flammarion Québec\t4/5 4 Les femmes au secours de l\u2019économie\tMonique Jérôme-Forget/Alain Stanké\t' 2/4 5 La mafia Idandaise de Montréal\tD\u2019Arcy O\u2019Connor/La Presse\t' 6/6 6 L\u2019interculturalisme.Un point de vue québécois\tGérard Bouchard/Boréal\t-/I 7 Carré rouge.Le ras-le-bol du Québec en 150 photos\tJacques Nadeau | Jacques Parizeau/Fides\t7/12 8 Privé de soins.Contre la régression tranquille en santé\tAlain Vadeboncœur/Lux\t\u2019 8/5 9 Brève histoire des femmes au Québec\tDenyse Baillargeon/Boréal\t' 3/4 10 La juste part\tDavid Robichaud | Patrick Turmel/Atelier 10\t9/6 '?'Essais étrangers\t\t 1 La fin de la croissance\tJeff Rubin/Hurtubise\t1/2 2 Haine froide.À quoi pense la droite américaine ?\tNicole Morgan/Seuil\t9/2 3 La cassure.L\u2019état du monde 2013\tCollectif/La Découverte\t-/I 4 Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux Daniel Cohen/Albin Michel\t\t10/3 5 Reflets dans un œil d\u2019homme\tNancy Huston/Actes Sud\t2/9 6 Les lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarlo M.Cipolla/PUF\t5/13 7 Une autre vie est possible\tJean-Claude Cuillebaud/I\u2019lconoclaste\t' -/I 8 Peut-on encore sauver l\u2019Église ?\tHans Kung/Seuil\t' 6/2 9 Pour des villes à échelle humaine\tJan Gehl/Écosociété\t3/4 10 Aimer (quand même) le XXI' siècle\tJean-Louis Sen/an-Schreiber/Albin Michel\t4/2 r Louise DËSJARDINS RAPIDE-DANSEUR 4487, de la Roche, Montréal \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 bonheurdoccasion@bellnet.ca \u2022 www.abebooks.fr/vendeur/bonheurdoccasion La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Ssspsnl sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Esspsnle\\ est constitue des releves de caisse de 215 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Ssspsnl © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite «Louise Desjardins est une magicienne qui nous possède d'un bout à L'autre de ce roman introspectif.Une formidable réussite.» Yvon Paré Progrès-Dimanche Au Salon du livre de Montréal Stand n® 433 Samedi 14 h à 15 h Dimanche 14 h à 15 h Boréal www.editionsboreal.qc.ca Louise Desjardins RAPIDE-DANSEUR aWVN s Boréal Roman \u2022 168 pages 20,95 $ PDF et ePub : 14,99 $ F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 LITTERATURE Le Havre-New YorR O.Il La BANDE DESSINEE LE HAVRE-NEW YORK Cyril Doisneau (La Pastèque) C\u2019est le rêve de l\u2019Amérique résumé en une histoire truculente: celle de René et Jacques, deux sales petites frappes du Havre dans le nord de la France qui, un jour, pour sortir de leur confortable piédiocrité, vont décider de prendre le large, direction les Etats-Unis d\u2019Amérique, sur le paquebot Le France.On est dans les belles années des transatlantiques.Ils vont être choyés en devenant les garçons de compagnie de la chanteuse du bord, qui s\u2019ennuie un peu trop, entre deux tours de chant, dans sa grande suite provençale.En gros.Chronique de l\u2019évasion, ce deuxième album du jeune et talentueux bédéiste Cyril Doisneau expose une nouvelle fois, tout en bichromie et en ligne claire, une trame narrative intelligente et surtout la densité de la condition humaine en détournant la banalité du quotidien des petites gens.Une œuvre sensible et ludique qui ausculte les thèmes du rêve et de l\u2019oisiveté, avec un travail forcément soutenu, mais aussi un album qui laisse déjà présager la suite, comme pour dire que les bonnes histoires, parfois, n\u2019ont pas toujours de fin.Fabien Deglise Emmanuel KAHAN LES LIGNES DE DÉSIR «Une des lectures incontournables de la rentrée littéraire ! » Denis Camache Ruecleslibraires.com Emmanuel Kattan LES LIGNES DE DESIR « Il faut lire Les Lignes de désir, le nouveau roman d\u2019Emmanuel Kattan.» Marie-Louise Arsenault Radio-Canada Boréal Roman \u2022 256 pages 22,95 $ PDF et ePub : 16,99 $ www.editionsboreal.qc.ca L\u2019AGENDA L\u2019HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Un salon du livre à Wendake Pourquoi la littérature amérindienne a-t-elle besoin de compter sur son propre événement ?Louis Hamelin Lorsque vous serez fatigués du gaz carbonique recyclé et de l\u2019hyperréalisme de l\u2019éclairage des salles d\u2019exposition de la Place Bonaventure, pourquoi ne pas vous garder un peu de curiosité littéraire pour le Salon du livre des Premières Nations, qui se tiendra, cette année, au cours d\u2019une seule journée, le samedi 24 novembre, dans le magnifique Hôtel-Musée des Premières Nations établi à Wendake, sur les berges de la rivière Saint-Charles?Fêtant sa deuxième année d\u2019existence, ce nouveau venu du grand cirque des salons du livre revendique fièrement son identité distincte : il veut mettre en valeur les parutions des auteurs amérindiens du Québec.Sur le plan de l\u2019organisation matérielle, il est à l\u2019incontournable rendez-vous montréalais ce que le VTT est au gros utilitaire sport.Si vous voulez pratiquer le hors-piste littéraire, c\u2019est à Wendake qu\u2019il faut aller.Compte tenu de son exiguïté (peu d\u2019auteurs, peu de livres, peu d\u2019éditeurs impliqués, peu de nouvelles publications), pourquoi la littérature amérindienne a-t-elle besoin de compter sur son propre salon du livre?avons-nous demandé à Louis-Karl Picard-Sioui, auteur, entre autres, de De la paix en jachère (Hanne-norahk, 2012) et responsable de la programmation de Kwa-hiatonhk!, l\u2019autre nom du SLPN, qui veut dire: Nous écrivons! «La littérature autochtone [du Québec] existe, mais elle est en émergence; elle est encore fragile.À cause de cette fragilité, il faut lui donner un lieu où elle a toute la place, prendre un moment pour la célébrer, ce que les gros salons commerciaux ne peuvent pas faire.Vous pouvez rencontrer des auteurs amérindiens dans les salons du livre de Québec et de Montréal, mais dispersés dans l\u2019horaire et selon les stands des éditeurs.Au SLPN, il n\u2019y a pas de file d\u2019attente.Il n\u2019y a pas de surstimulation.Nous ne sommes pas une foire du livre.» Invité, en juin dernier, à participer au blogue Zone d\u2019écriture de Radio-Canada, Picard-Sioui a très bien résumé la problématique de la littérature autochtone d\u2019ici: «C\u2019est la poule ou l\u2019œuf: il faut des auteurs pour construire une littérature, mais il faut une infrastructure littéraire pour permettre l\u2019émergence de nouveaux auteurs.» Or, émergence il y a.Si «les Naomi Fontaine demeurent l\u2019exception plutôt que la règle», on voit maintenant poindre, avec les Natasha Kanapé-Fon-taine et Marie-Andrée Gill, qui seront présentes au Salon de Wendake, une nouvelle génération en quête de repères critiques et de lieux d\u2019édition.Et Wendake se trouve tout au centre de ce nécessaire début d\u2019institutionnalisation, Hanne-norahk étant le nom à la fois de la librairie qui s\u2019y trouve et de la maison d\u2019édition, vouée aux productions littéraires des Premières Nations, qui y a vu le jour.Dans ces débuts institutionnels, l\u2019enseignement et la recherche universitaire jouent un rôle évident.Le SLPN, en fait, est une sorte de rejeton du Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie (CILAF) qui s\u2019est tenu dans ce même tiôtel-musée il y a quatre ans.A la limite, on pourrait dire qu\u2019une littérature qui n\u2019est pas étudiée n\u2019est pas vivante.«Du côté des chercheurs, signalait Louis-Karl Picard-Sioui sur Zone d\u2019écriture, l\u2019intérêt est grandissant.Il s\u2019agit d\u2019un champ d\u2019études pratiquement vierge, ce qui est particulière- Le Salon du livre des Premières Nations se tiendra, cette année, le samedi 24 novembre à l\u2019Hôtel-Musée des Premières Nations à Wendake ment stimulant pour le milieu universitaire.» H ajoutait cette semaine : «En donnant une place aux chercheurs, on accroît la visibilité des littératures des Premières Nations, on accroît du même coup leur légîtîmîté.» La formule conviviale du SLPN offre, de fait, le spectacle décomplexé, moins pensable en d\u2019autres lieux, de chercheurs universitaires qui côtoient leurs auteurs dans un joyeux coude-à-coude avec les éditeurs et le public, une sorte de fraternité.Le monde de la littérature autochtone du Québec est un petit monde, qui agit localement et pense globalement.«Nous sommes, explique Pi-card-Sioui, un lîeu où les auteurs, le publie, les chercheurs, les étudiants peuvent s\u2019asseoir ensemble et discuter.C\u2019est un salon à échelle humaine où les rencontres sont possibles.» Cinq éditeurs ont déjà confirmé leur présence : Han-nenorahk, évidemment.Mémoires d\u2019encrier.Cornac, Septentrion et Soleil de minuit.A l\u2019occasion du salon seront lancés des ouvrages de Natasha Kanapé-Fontaine, de Sylvain Rivard et Nicole O\u2019Bomsawin, et du poète Jean Sioui.Plusieurs conférences et tables rondes sont au programme.Tout ça au sein de ce lieu superbe, de cet espace proprement majestueux où la beauté des premières cultures soudain donne l\u2019impression de nous envelopper: l\u2019Hôtel-Musée des Premières Nations, à Wendake.«Les Québécois, affirme Louis-Karl Picard-Sioui, sont profondément touchés par l\u2019art contemporain des Premières Nations, toutes disciplines confondues.Le seul problème, c\u2019est qu\u2019ils l\u2019ignorent et, dans certains cas, ne veulent pas le découvrir.Là réside le principal défi.» C\u2019est vrai.Et peut-être que, grâce à Kwahiatonhkl, on demandera à une Naomi Fontaine ou à un Louis-Karl Picard-Sioui de commenter le Plan Nord dans Le Devoir des écrivains de l\u2019an prochain.Avec la collaboration de Marie-Hélène Jeannotte LITTERATURE CANADIENNE Du côté de Kapuskasing SUZANNE GIGUERE est à une traversée des cultures que nous invite l\u2019écrivaine ontarienne Hélène Koscielniak dans son roman Filleul.L\u2019auteure aborde avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité le parrainage d\u2019enfants.L\u2019histoire se déroule en Haïti, en République dominicaine et dans le nord de l\u2019Ontario.Le filleul, c\u2019est Jo\u2019no, un adolescent dont la vie a été jusqu\u2019ici partagée entre Haïti et la République dominicaine.Pour le tirer de la délinquance, sa mère fait appel à une amie canadienne qui accepte de le parrainer et l\u2019accueille à Kapuskasing, dans le nord de l\u2019Ontario.C\u2019est par les yeux de Jo\u2019no que nous découvrons la splendeur de l\u2019hiver \u2014 il mémorise un poème sur la neige \u2014, le confort de notre quoti- dien, l\u2019accès facile à l\u2019école ou aux soins médicaux.Mais le regard de Jo\u2019no nous renvoie aussi aux aspects plus son;-bres de ce pays du Nord.A l\u2019école, Jo\u2019no suscite d\u2019abord une curiosité bienveillante, mais quand il ose se lier d\u2019amitié avec Billy, un jeune Inuit, il s\u2019aperçoit que l\u2019injustice et le racisme existent aussi ici.Quand il découvre la réserve misérable où vit son ami avec son grand-père, il se rappelle avec désarroi les injustices et les préjugés qui régnaient dans les bateyes dominicains (agglomérations de travailleurs agricoles coupeurs de canne à sucre) où il a grandi et souffert.Après le repas, assis à côté du feu, il écoute le grand-père Moosum lui raconter comment il a été arraché à sa famille à un très jeune âge pour être enfermé dans un pension- Marie-Hélène Larochelle Prix de l\u2019Essai 2012 de la Société des Ecrivains francophones d\u2019Amériqne Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR Marie-Hélène ^ROCHELLE Les PUL félicitent chaleureusement Marie-Hélène Larochelle, gagnante du Prix de l'essai 2012 pour son ouvrage L'abécédaire des monstres.Fragments de Réjean Ducharme te Lfj r' -À ¦ a ' K BT , nat par les Blancs qui se sont efforcés d\u2019extirper le «sauvage » en lui afin de le « civiliser».On lui a rasé la tête et on l\u2019a frappé chaque fois qu\u2019il s\u2019exprimait dans sa langue.D\u2019une voix triste, le grand-père déclare que c\u2019est ainsi qu\u2019il a appris le «bon français».Il n\u2019a jamais revu ses parents, décédés pendant son absence.Il raconte que le pire a été la perte de son appartenance.Chez les Blancs, on ne voyait que ses traits autochtones; chez les siens, on ne considérait que son langage soigné et ses habitudes particulières.Sa voix se teinte d\u2019amertume.Le croisement des cultures l\u2019a transformé en un être étrange, hybride, inapte à faire partie intégrante de la société blanche ou autochtone.Jo\u2019no se demande s\u2019il ne lui arrivera pas la même chose s\u2019il demeure longtemps loin de chez lui.Pour la première fois, il se demande quel est son milieu à lui.Le batey?La République dominicaine, le pays de son père?Haïti, le pays de sa mère ?Ou peut-être le Canada?Il est saisi d\u2019une pénible sensation d\u2019écartèlement entre des mondes si différents.Il nage dans un flot d\u2019émotions contradictoires.Rester ou rentrer?L\u2019histoire de l\u2019amitié entre Jo\u2019no et Billy est au cœur d\u2019un récit beaucoup plus vaste que résume un proverbe créole: «Tout moun se moun» (tout homme est un homme, c\u2019est-à-dire que tout être humain a droit à la dignité).Nous voilà transportés en République dominicaine, où nous suivons le père Mark Gilman qui met sa propre vie en danger pour libérer les travailleurs haïtiens de leurs exploiteurs qui les considèrent comme indésirables, mais indispensables, pendant que le gouvernement haïtien s\u2019accommode du fait que ses citoyens nécessiteux quittent le pays et que les multinationales américaines tirent parti d\u2019une main-d\u2019œuvre à bon marché.Amitié, résilience, droits de la personne, violence, courage.Ces mots forment la trame d\u2019un roman ambitieux et complexe où la marraine et la mère de Jo\u2019no se retrouveront elles aussi au carrefour de grandes décisions et entameront une vie nouvelle.Hélène Koscielniak ajoute avec Filleul une suite émouvante à son roman Marraine, qui a remporté le Prix de littérature éclairée du Nord en 2009.Ce prix reconnaît la contribution exceptionnelle des auteurs du nord de l\u2019Ontario à la culture régionale.Collaboratrice Le Devoir Hélène Koscielniak participe le dimanche 18 novembre, au Salon du livre de Montréal, à une table ronde intitulée «Intégration des Immigrants par l\u2019écriture et la lecture».A14 h 45 à l\u2019Agora.FILLEUL Hélène Koscielniak L\u2019Interligne, coll.«Vertiges» Ottawa, 2012, 368 pages Adette Cousture et Isabelle Clément Presses de l\u2019Université L www.pulaval.4 EN LIBRAIRIE 64 pages, illustré, 14,95$ www.delbussoediteur.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 F 5 LITTERATURE Des relations senties et consenties d\u2019Olivier Adam Dans Les lisières, Olivier Adam mêle le récit de sa vie et ce qu\u2019elle pourrait être, poussée dans les recoins de l\u2019émotion.Dans un grand mouvement fluide, il trace le portrait d\u2019un homme angoissé, qu\u2019il épie jusque dans sa commune banalité.C\u2019est à la fois peu héroïque et très abouti.Olivier Adam est présent au Salon du livre de Montréal samedi de 13 h à 15 h et dimanche de 11 h à 13 h, au stand de Flammarion.GUYLAINE MASSOUTRE On dit parfois qu\u2019un prix littéraire en attire un autre.En réalité, ce sont parfois les livres qui s\u2019enfilent dans une quête plus ample, dérangeante lorsque le sujet n\u2019est pas vraiment digne d\u2019admiration.Olivier Adam s\u2019interroge-t-il ainsi sur sa carrière d\u2019écrivain ?Né en 1974, il a été remarqué en 2000, dès son premier roman (Je vais bien, ne t\u2019en fais pas), puis pour ses nouvelles (Passer l\u2019hiver).D\u2019autres romans ont suivi (Falaises, A l\u2019abri de rien et Des vents contraires), tandis qu\u2019il endossait le rôle de scénariste pour le cinéma et celui d\u2019un écrivain morose aux romans déprimés.C\u2019est vrai qu\u2019il crée des voix d\u2019hommes quasi emmurés, mais les sentiments sont élaborés.Dotés de contradictions et d\u2019angoisses, ces personnages incarnent une génération avide d\u2019être en phase avec le monde, mais retenue par un atavisme provincial.Ils sont déchirés par des aspirations et des besoins contraires, par exemple vis-à-vis des enfants ou de la Bretagne, en bordure de laquelle Adam habite.L\u2019éclatement de la famille?Elle le menace sans l\u2019affecter personnellement.Les lecteurs s\u2019identifient aisément à son univers ramifié, à sa source narrative coulante et psychologique dans laquelle tout fout le camp.L\u2019archétype masculin Les lisières, qu\u2019il publie chez Elammarion, est de cette veine.C\u2019est l\u2019histoire de Paul Steiner, double du romancier.Sa vie intérieure, mise à nu, est un mélange de destruction et de malheurs intimes.Si c\u2019est bien une fiction, on sent cette voix émaner du désir vrai de rendre compte d\u2019une vie douloureuse.Quand bien même son auteur, dont l\u2019œuvre se porte bien, afficherait une équanimité souriante.Pour sa fiction, Adam a choisi de se poster à la lisière des tensions, sans se prendre dans les ornières.Paul Steiner est un archétype : la vie en société à laquelle il tend le ra- DAVID IGNASZEWSKI/KOBOY FLAMMARION Né en 1974, Olivier Adam a été remarqué en 2000, dès son premier roman.Je vais bien, ne fen fais pas.mène à soi comme s\u2019il était étranger.Aux prises avec le marasme intérieur, il plonge vers des états de délabrement.Mais l\u2019introspection, l\u2019examen abrasif de ses échecs le tient à flot.Il surnage.Paul Steiner fait penser à un personnage de Marguerite Duras.Celle-ci avait dit l\u2019émotion d\u2019Aurélia Steiner, voix d\u2019une femme qui perd un enfant et d\u2019une enfant qui perd sa mère.Puis elle avait transposé ce personnage, pour le donner au théâtre à un acteur, effaçant la marge entre masculin et féminin.Le Steiner d\u2019Adam fait penser à cette Steiner de Duras.Sa parole de la perte, ce décalage en soi d\u2019avec la réalité dessine un renoncement possible, qui s\u2019amplifie dans les Chronique de la terreur signée Philip Roth GILLES ARCHAMBAULT Daniel Defoe a écrit Le journal de l\u2019année de la peste en s\u2019inspirant de l\u2019épidémie qui avait décimé Londres en 1665.Les lecteurs se souviennent mieux de La peste de Camus.Pour ce qui serait son adieu au roman, Philip Roth se penche sur les ravages que fit la polio pendant les dernières années de la Deuxième Guerre mondiale.Il exagère l\u2019étendue de la menace pour en faire en quelque sorte une image de la condition humaine.Si Dieu est bon, pourquoi permet-Il que des enfants meurent dans des conditions atroces?Bucky Cantor est dans la jeune vingtaine.Sa mère est morte en couches, son père est un escroc qui l\u2019a abandonné.C\u2019est l\u2019image de son grand-père maternel qui le guidera.Souffrant de graves problèmes de vision, il ne peut aller combattre en Europe avec les hommes de sa génération malgré le profond désir qu\u2019il en a.Il s\u2019emploie donc à aider les autres.Il se dévoue auprès de sa grand-mère, veuve de cet aïeul qu\u2019il vénère par-dessus tout.La main-d\u2019œuvre étant devenue rare à cause de la guerre, il obtient sans aucun mal un poste d\u2019animateur de terrain de jeu.Il s\u2019y montre brillant entre tous, aimé des enfants et vénéré par les parents de ce quartier juif de Newark.Il devient Monsieur Canton Malgré son jeune âge, il montre d\u2019indéniables qualités de leader.Se manifestent dans le quartier les premiers cas de polio.Comment faire face à la catastrophe avant qu\u2019elle devienne la pandémie que l\u2019on craint?Des mesures radicales de salubrité publique n\u2019enrayent pas les progrès du mal.Newark est devenu un milieu qu\u2019il faut fuir.Bucky en a l\u2019occasion.Marcia, celle qu\u2019il désire épouser, insiste pour qu\u2019il la rejoigne dans un camp de vacances des Poco-nos.Il commence par refuser, estimant qu\u2019il n\u2019a pas le droit d\u2019abandonner sa grand-mère et les enfants dont il s\u2019occupe.Mais il finit par céder aux représentations de sa fiancée, mal convaincu, rongé par les remords.Comme il s\u2019est toujours senti coupable de quelque chose, cette épidémie appréhendée lui est occasion de paralysantes préoccupations.Avait-il le droit d\u2019abandonner les jeunes gens dont il avait la charge pour retrouver sa fiancée ?En somme, pouvait-il fuir le désastre pour connaître le bonheur?Il est en pleine panique lorsqu\u2019il se rend compte que le camp où il s\u2019est en quelque sorte réfugié est à son tour menacé par la polio.Est-il responsable de l\u2019infiltra- tion de la maladie dans un milieu jusqu\u2019ici protégé ?Un garçon à qui il avait enseigné le lancer au javelot est foudroyé par la maladie.Est-ce parce que lui, Bucky Cantor, porteur du germe de la polio, le lui a transmis ?Il n\u2019en faut pas plus pour qu\u2019il prenne panique.Bucky a toujours eu besoin d\u2019un guide.Son grand-père d\u2019abord, puis le docteur Steinberg, père de Marcia.Cet homme fait figure pour lui de maître à penser.Le médecin a adopté une attitude de fermeté par rapport à la situation qui prévaut à Newark: «Je m\u2019oppose à ce qu\u2019on fasse peur aux enfants juifs.Je m\u2019oppose à ce qu\u2019on fasse peur aux Juifs, point.Ça, c\u2019était pour l\u2019Europe, c\u2019est pour cela que les Juifs ont fui.» Le jeune homme passe peu à peu à une autre interprétation des choses.Comment croire que Dieu permette de telles atrocités?Comment surtout peut-Il tolérer qu\u2019elles soient commises à l\u2019endroit d\u2019innocents?Dans une récente interview donnée à un journaliste des In-rockuptibles, Roth admettait qu\u2019il n\u2019est pas porté vers l\u2019abstraction.«Dès qu\u2019une conversation en arrive sur la métaphysique ou la philosophie, je m\u2019endors.Tout ce qui m\u2019intéresse est de raconter ce qui s\u2019est passé, c\u2019est de raconter des histoires.» Il me semble qu\u2019au niveau même de la narration, Roth a fait mieux ailleurs.Dans l\u2019exposé qu\u2019il fait de l\u2019étendue du mal qui menaçait en 1944 la ville de Newark, il se montre volontiers lourdaud, explicitant par exemple un peu inutilement les communiqués diffusés par les autorités municipales.A mon avis, il faut attendre la page 193 pour lire le Philip Roth des grands jours.On est en 1971.Bucky Cantor rencontre par hasard un rescapé de la polio.C\u2019est par la bouche de ce dernier que nous apprenons que Bucky a été à son tour frappé par la polio, qu\u2019il en est demeuré en partie handicapé.A la suite de quoi, il s\u2019est retiré de tout, refusant les avances de Marcia pour qui son état physique n\u2019est pas un obstacle à l\u2019amour.Devant cet homme qui malgré son infirmité a su trouver dans le mariage et la vie de famille des sources de bonheur, Bucky est le révolté, celui qui n\u2019accepte pas.Selon l\u2019interprétation d\u2019Ar-nie, l\u2019un des enfants dont il avait la charge lors des événements, qui devient le narrateur de la chronique, «la conception qu\u2019il avait de Dieu était celle d\u2019un être tout- puissant qui n\u2019était pas un dieu unique en trois personnes, comme dans le christianisme, mais en deux: un pervers timbré et un mauvais génie».Bucky a commencé par en vouloir à Dieu, il s\u2019en est par la suite pris à lui-même.Il est responsable de cette malédiction qui a réduit à néant ses aspirations de justice et, plus grave encore, il a été la cause de la mort de plusieurs enfants.Cette troisième partie de ce court roman, intitulée «Le retour», nous rappelle quel grand écrivain est Philip Roth.Le désarroi, l\u2019abdication de ce personnage devant les maléfices que lui apporte la vie est l\u2019illustration de la destinée de Job, à qui Dieu avait tout donné et tout retiré.Bucky avait une haute idée de la conduite personnelle, il voulait aider les autres.Empêché d\u2019aller combattre en Europe pour la liberté, se sentant humilié de la situation, il s\u2019était donné pour mission de «se faire pardonner».C\u2019est un personnage plus qu\u2019attachant qu\u2019on aimerait mieux connaître.Ce ne sont pas ses «idées» qui nous retiennent autant que la grandeur des aspirations qu\u2019il a dû sacrifier afin de devenir cet irréductible célibataire, réduit à occuper un travail médiocre, à occuper ses loisirs à des séances devant la télé ou à des repas en solitaire au restaurant.Roth a raison de dire que la métaphysique n\u2019est pas son fort.Reste le romancier qui n\u2019est vraiment pas rien.Collaborateur Le Devoir NÉMÉSIS Philip Roth Traduit de l\u2019anglais par Marie-Claire Pasquier Gallimard, coll.«Du monde entier» Paris, 2012, 226 pages Les Éditions Triptyque félicitent Un drap.Une place.Maude Smith Gagnon Conseil des arts Canada Council du Canada fortheArts pnx littéraires du gouverneur general Maude Smith Gagnon Un drap.Une place.poésie, 94 p., 15 $ Maude Smith Gagnon Lauréate du Prix littéraire du Gouverneur général \u2014poésie Olivier Demers LHOSTILITÉ DES CHIENS Olivier Demers L\u2019hostilité des chiens roman, 182 p,, 20 $ Olivier Demers Finaliste du Grand Prix littéraire Archambault Salon du livre de Montréal - Stand 532 www.trip tyque.qc.ca romans d\u2019Adam.Dans cette forme libérée, plutôt molle, d\u2019autobiographie et de fiction, le portrait demeure vivant: est-ce l\u2019auteur, est-ce un personnage?L\u2019impression de noyade mélancolique guide le lecteur dans une dérive qui unit ici les contraires, la féminité, la sentimentalité, l\u2019assurance et le bien-fondé de choix mâles et assumés.Les démarcations s\u2019estompent.Dans la marge D\u2019où ce beau titre.Les lisières.Qu\u2019on y lise l\u2019enlisement, le lisier et le corridor biologique entre deux milieux, ici celui de la ville \u2014 représentée par beaucoup de personnages ordinaires, dont le retour de Paul vers la banlieue parisienne \u2014 et là celui de la campagne, où toutes les consciences trouveront une issue lumineuse à leur conscience tourmentée.Adam interroge les ambiances sociales, le pays en crise, les mentalités de village, le désarroi des hommes.Ses pages sont emportées par un flux rapide, un rythme qui précède l\u2019histoire.Les lieux sont importants.Ils guident les pensées des personnages en crise qui y vivent.Etre au cœur de la capitale ou vivre en province fait une différence.De là le dévoilement impudique des émotions et leurs causes: des peux et des conjonctures.Écriture sans ironie, sans froideur, elle a de frénétique le besoin de tout dire, avec fièvre et crûment.Collaboratrice Le Devoir LES LISIÈRES Olivier Adam Flammarion Paris, 2012, 455 pages Robert ALONDE UN JOUR LE VIEUX HANGAR SERA EMPORTÉ PAR LA DÉBÂCLE «On retrouve dans ce roman l\u2019écriture fougueuse et l\u2019impétuosité de Robert Lalonde, ainsi que son amour doublé d\u2019un respect craintif de la nature.» josée Lapointe La Presse Au Salon du livre de Montréal Stand n® 433 Samedi 12 h à 13 h Dimanche 14 h à 15 h Boréal www.editionsboreaLqc.ca Robert Lalonde UN JOUR LE VIEUX HANGAR SERA EMPORTÉ PAR LA DÉBÂCLE Roman \u2022 192 pages 21,50 $ PDF et ePub : 15,99 F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 LITTERATURE ENTRETIEN AVEC PATRICK DEVILLE Comment Patrick Deville vint à raconter Yersin GUYLAINE MASSOUTRE Peste & choléra a remporté le prix Femina.Patrick Deville y campe les aventures de l\u2019embryologiste suisse Yer-cin, parti de Paris découvrir le bacille de la peste en Indochine.Ce n\u2019est qu\u2019un aspect de sa truculente vie d\u2019explorateur et d\u2019entrepreneur, resté fidèle à son clan de biologistes pasteuriens.Patrick Deville, vous êtes né en Bretagne du Sud, où votre père dirige un hôpital psychiatrique.Tenez-vous de là votre curiosité pour les originaux et ce formidable goût de l\u2019anecdote?Mes huit premières années dans ce lieu particulier ont conditionné mon enfance, mais je ne fais pas de lien direct avec l\u2019écriture.C\u2019est plutôt l\u2019emplacement de cet ancien lazaret pour marins \u2014 qui n\u2019était plus en fonction lorsque j\u2019ai grandi \u2014, à l\u2019embouchure de la Loire, et cette ambiance maritime qui l\u2019expliquent.Saint-Nazaire est aussi le lieu natal de Jules Verne.Comment conciliez-vous votre vie d\u2019écrivain globe-trotter et l\u2019ancrage à Saint-Nazaire, à la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs que vous dirigez?Ma véritable activité est celle d\u2019un lecteur de littérature française et de langues étrangères.J\u2019édite des livres étrangers en français, ce qui ne fait qu\u2019un avec mes nombreuses lectures d\u2019écrivain.L\u2019an dernier, j\u2019ai invité de jeunes écrivains cambodgiens qui n\u2019avaient jamais quitté Phnom Penh, car je les ai édités en bilingue.Depuis quatre ans, je suis sur zone, comme on dit dans la marine: j\u2019arpente la frontière birmane, au Vietnam, et j\u2019assiste au procès des Khmers rouges.Pour mon livre africain, Équatoria, j\u2019ai pu organiser des rencontres littéraires angolaises.Mais que je me rende à Quito, en Equateur, n\u2019a pas de rapport avec un projet personnel.L\u2019écriture bondissante de Peste & choléra, hachée, objective, presque froide, ressemble à des notes.Est-ce à cause des lettres du savant Yersin que vous avez consultées pour ce livre?Ce n\u2019est pas cpnscient: le sujet m\u2019entraîne.Ecrire sur les premiers pasteuriens, croisés dans mes lectures, est un projet qui me tient à cœur.J\u2019ai sollicité l\u2019autorisation de lire les archives à l\u2019Institut Pasteur.De la troupe Calmette et Yer-cin, j\u2019ai extrait celui qui vit le plus longtemps, près de 80 ans, Yercin, qui meurt en 1943.C\u2019est mon fil rouge.La rapidité de la première partie de mon livre vient de sa vie.Il m\u2019a fait un cadeau d\u2019un double voyage, l\u2019un en l\u2019air, à 77 ans, à bord du dernier vol d\u2019Air France en 1940, et l\u2019autre en mer, 50 ans auparavant, sur un paquebot entre Marseille et Saigon.Mon livre débute sur ces deux moments qui n\u2019en font qu\u2019un.Raison et passion vous résument-elles, comme Yercin découvrant le bacille de la peste?Mon empathie pour lui a augmenté lorsque j\u2019ai lu les originaux de ses lettres.Sa curiosité insatiable, son côté touche-à-tout, de la biologie à l\u2019agriculture, et sa solitude me plaisent par-dessus tout.J\u2019ai voulu faire l\u2019éloge de la solitude et de l\u2019ennui à travers lui, comme de la droiture et de la fidélité qu\u2019il illustre.Vous écrivez très vite: deux mois pour Kampouchéa.Et celui-ci?Quand j\u2019écris, c\u2019est très rapide et brutal; je m\u2019installe à l\u2019hôtel et j\u2019écris jour et nuit.Pour Kampuchéa, je me suis isolé à Phnom Penh dans le quartier chinois, parce que je ne parle pas chinois.Aucun La courte échelle félicite Elise Gravel, lauréate du Prix du Gouverneur général, littérature jeunesse-illustrations.Ainsi que les finalistes Louise Bombardier Littérature jeunesse-texte Katty Maurey Littérature jeunesse-illustrations Emilie Leduc Littérature jeunesse-illustrations f mois grain de sable ni phrase entendue ne m\u2019a contaminé.Je suis retourné au Vietnam pour écrire Peste & choléra, avec tout en mains, dans trois hôtels cette fois, le Dalat Palace à Dalat, le Ysaka à Nhya Trang et le Bong Sen à Saigon où j\u2019ai des habitudes.Yercin est Suisse, «un autodidacte qui méprise ies besogneux», «étranger à ia poii-tique et à i\u2019économie», dites-vous.Vous réinventez la biographie, «roman sans fiction» sur des faits vérifiables.Quel est son destin littéraire?Yercin est un héritier des Lumières, avec une vie légendaire.Son passeport français lui permet d\u2019exercer la médecine.Suisse, il a une bibliothèque scientifique complètement bilingue, française et allemande, qui permet de voir les conflits entre ces nations.Son éblouissement de voir la mer, en Normandie, le pousse à être marin.Quand il voit que la recherche va se compliquer, qu\u2019il devra chercher beaucoup pour trouver peu, ce bricoleur de génie préfère l\u2019action.On découvre le latex, la quinine, alors Yercin reprend les travaux de La Condamine.Tous ces explorateurs professionnels dont j\u2019écris la vie sont issus de l\u2019Ecole navale de Brest.Ils ont fait des milliers de photographies à travers la planète, que nous espérons publier.Et tout cela continue dans trente-trois instituts Pasteur dans le monde! Yercin, en fait, nous permet par la littérature d\u2019interroger nos vies.Collaboratrice Le Devoir © HERMAN Patrick Deville vient de gagner le Femina.éditeur DB www.editionsxyz.com Marie-Renee Lavoie\tMarie-Renée Lavoie \tInvitée d\u2019honneur du \tSalon du livre de Montréal \t \tLe syndrome de la vis SY/I\t«Pense à rien.Pis dors.» présente IIAUffl NO» 1 Programmation complete sur salondulivredemontreal corn Président d\u2019honneur : Georges-Hébert Germain Invités d\u2019honneur: Grégoire Delacourt Laurent Gaudé Myléne Gilbert-Dumas Armel Job Marie-Renée Lavoie Georges Leroux Normand Mousseau Bruno St-Aubin Mélanie Watt Heures d\u2019ouverture mercredi 9hà21h jeudi 9hà21h vendredi 9hà22h samedi 9hà21h dimanche 9h à 19h lundi 9h à 16h Matinées scolaires mercredi, jeudi et lundi 9hàl5h Admission générale 8$ Admission générale via Internet 6 $ plus frais de service Aînés (60 ans) 6$ Passeport (photo requise) 12$ PLACE BONAVENTURE LJ Bonaventure 800 rue de la Gauchetière Ouest Montréal SODEC Québec MiomsÉAi\t_ Canada ^\tB ^ Desjardins ^ à |& i 1 PRIX LITTÉRAIRES DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2012 Leméac Éditeur offre ses félicitations à Geneviève Billette, lauréate du Prix du Gouverneur général 2012, catégorie « Théâtre », pour la pièce Contre le temps.« Contre le temps de Geneviève Billette a su, avec un personnage du XIX® siècle, le mathématicien Évariste Galois, trouver un écho dans les questionnements ies plus contemporains et plonger dans l\u2019intime pour rejoindre l\u2019universel.L\u2019auteure crée un formidable espoir dans une époque trouble.» Jury des Prix littéraires du Gouverneur général 2012 514 524-5558 lemeac@lemeac.eom LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 F 7 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Ruée vers l\u2019Ouest Un premier roman fort signé Marie-Christine Lemieux-Couture CHRISTIAN DESMEULES Prenez un couple de jeunes Québécois qui se disloque, mettez-le sur la route avec une «pancarte à pouce», beaucoup d\u2019inconscience et la vague intention de se rendre jusqu\u2019en «BiCi» pour y planter des arbres.Au départ, ce n\u2019était rien, «c\u2019était une idée de rien du tout, un échec prévu d\u2019avance, histoire de rigoler quelques mois».Mais ce rien se transforme vite en petite catastrophe, en traversée du désert où se révèle toute l\u2019étendue d\u2019un désastre intime et d\u2019une fraude continentale.Les deux protagonistes de Toutes mes solitudes!, «roman de plage pour intellectuels classé E pour tous» de Marie-Christine Lemieux-Couture, sont au début de la vingtaine.Lui est une tête heureuse, un «pseudopoète» un peu immature.Elle, plus inquiète et plus sombre, est «une fille qui communique aussi bien qu\u2019un toaster».En bonne narratrice nonchalante, Chri, retranchée derrière une écriture tendue, pose un regard plutôt radical sur l\u2019amour et sur une bonne partie du genre masculin \u2014 sur le spécimen qui l\u2019accompagne chose certaine, qu\u2019elle appelle Jean-Couillon ou Couillon tout court et qu\u2019elle traîne, devant ou derrière elle, comme un boulet Une plume forte Camionneurs, fondamentaliste chrétien, tripoteux, soldat canadien revenant d\u2019Afghanistan: leur trajectoire leur fait croiser une faune triée sur le volet Et une fois sortis de leur Un premier roman aux accents céliniens pour Lemieux-Couture bocal montréalais, c\u2019est bel et bien l\u2019expérience d\u2019une autre solitude à deux qui s\u2019enclenche.Chri reconnaît avoir un certain don pour l\u2019hyperbole.La question nationale?«Just some old fuck.» L\u2019écriture, la narration?«Je ne narre pas, moi.Si j\u2019avais la Narration devant moi, c\u2019est à coups de batte de base-bail que je la décapiterais ! » La route elle-même?«La Transcanadienne est le royaume du café cheap qui goûte le jus de cendrier.» Dotée d\u2019une plume forte aux accents céliniens, Marie-Christine Lemieux-Couture connaît ses classiques.Voyez: « Un bloc de pierres concassées, la Transcanadienne, elle en- taille les champs, de part en part, à perte de vue, une immense cicatrice d\u2019asphalte puri-forme.Elle s\u2019étend comme une salope, mais phallique, la route: ligne commerciale, elle défonce les frontières.Grise, monotone comme le bruit de fond d\u2019une conversation qui mène nulle part.» Un clin d\u2019œil pastiche au fameux passage de l\u2019arrivée à New York de Bardamu dans Voyage au bout de la nuit?Bien sûr.Autre exemple du don de l\u2019auteure pour la provocation intelligente et le repiquage littéraire, son « Speak rich en tabarnaque», détournement créatif du poème de Michèle Lalonde sur fond de printemps érable et de vidéo virale (c\u2019est ici: www.tamere.org/2012/03/ta-mere-porte-un-carre-rouge).Un commentaire social Et pour rester sain d\u2019esprit jusqu\u2019au bout de la route qui fait un peu exister ce pays «qui ressemble à une névrose coast to coast», on hurle un peu.«On hurle qu\u2019on a existé à tous ceux qui croisent notre route, même si cette route, elle s\u2019efjnte de part en part, qu\u2019on n\u2019y tient plus ou à peine.[.] On erre et on tente tant bien que mal de rafistoler les fragments de soi.Six milliards de pots cassés, ça fait beaucoup de poussières.» Déroulant le long de ce voyage vers nulle part un commentaire social acerbe et intelligent \u2014 avec de la graine de contemptrice à la Mavrikakis première manière \u2014, Marie-Christine Lemieux-Couture découpe en rondelles la langue de bois et LES EüiïlONS Bn AMÉRIQUE SUITE DE LA PAGE E 1 «Barbara se souvenait de son séjour à l\u2019infirmerie de la prison avec Yvonne, quand on les nourrissait de force, de façon intraveineuse, après quinze jours de jeûne, elles pouvaient à peine se lever sans s\u2019évanouir.» Elle sait que, dans l\u2019esprit de Barbara, le combat contre la ségrégation raciale et la lutte contre la course aux armements nucléaires formaient la même protestation non violente et universelle, digne de nous inciter à frôler la mort.Mais elle fixe une image, encore plus crue que celle du sacrifice presque imminent.Cette dernière image l\u2019ensorcelle: «L\u2019étudiant est allongé sur l\u2019herbe, son front saigne sous sa belle chevelure; l\u2019étudiant est mort.La fusillade est finie.Il est un peu plus de midi et l\u2019air est tiède, c\u2019est le printemps.» La Garde nationale vient de tirer, à la Kent State University en Ohio, sur une foule de jeunes gens qui manifestaient, en 1970, contre l\u2019invasion américaine du Cambodge : quatre morts.L\u2019image comme les autres ont beau rester perdues dans le temps, Marie-Claire Blais a l\u2019art d\u2019en faire les pièces détachées d\u2019un monde qui change, qui grandit, qui éclate.A l\u2019insu des conformistes, mais sous le regard toujours jeune de ceux qui ont cru à Occupy Wall Street et à notre printemps érable, l\u2019Amérique sera de plus en plus le continent de l\u2019inattendu.Collaborateur Le Devoir PASSAGES AMÉRICAINS Marie-Claire Blais Boréal Montréal, 2012, 104 pages f 1 Jean-Pierre LEMASSON CHRONIQUES EN LIBRAIRIE DELBUSSO ÉDITEUR 200 pages, 22,95$ QUEBECOISES wwwdelbussoediteurca LETTRES À UN JEUNE POLITICIEN LUCIEN BOUCHARD AVEC PIERRE CAYOUETTE VENEZ RENCONTRER LUCIEN BOUCHARD ;n séance de dédicace au salon du livre de montréai Samedi 17 et dimanche 18 novembre de 14 h à 15 h 30, kiosque 304 rlb éditeur Roger Varin : Un prince incognito Varin U Un prince incognito Par Fauteure de La mort de Peter Pan Claire Varin sera en séances de signatures au Salon du livre de Montréal : Samedi 17 novembre 2012: 19h à 21h Dimanche 18 novembre 2012: 15h30à 17h30 multiplie les effets en vue d\u2019ébranler, qui sait, un peu du confort et de l\u2019indifférence.Une réjouissante découverte.On en redemande.Une dernière pour la route ?«Le Joyeux Canada est un pays qui n\u2019existe pas, une tour de Babel fissurée par sa folie des grandeurs, trouée par l\u2019asphalte d\u2019une autoroute qui relie chaque petit morceau de néant entre eux, mais sans autre communication possible que celle de la marchandise.» Collaborateur Le Devoir TOUTES MES SOLITUDES! Marie-Christine Lemieux-Couture Ta Mère Montréal, 2012, 304 pages La Grenouillère au Salon du livre de Montréal KARINE ROSSO Histoires sans Dieu PASCALE BOURASSA À Fouest CAROLINE LEGOUIX Visite la nuit ALAIN BROCHU Les insectes sont maîtres jsmi Oil 1 RANCE BOISVERT Un vernis de culture Une société dé Québécor Médü Karine Rosso Histoires sans Dieu nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 122 pages \u2022 18,95 $ Migrants ou déracinés, ces personnages sont tous reliés les uns aux autres par un humanisme qui les porte et les transcende.Dédicaces : Samedi : 11 h à 13 h Dimanche : 11 h à 13 h Pascale Bourassa À l\u2019ouest roman \u2022 Coll.« Migrations » 240 pages \u2022 20,95 $ Joana retourne en Alberta avec son nouveau conjoint.Tout au long de la route, elle fait d\u2019étranges rêves.Un road-book fantastique! Dédicaces : Samedi : 17 h à 19 h Caroline Legouix Visite la nuit nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 148 pages \u2022 18,95 $ On peut recevoir uneVisite la nuit et voir tout son univers basculer.Un être cher frappe à la porte d\u2019une jeune femme.Lui répondra-t-elle ?Un rare plaisir de lecture.Dédicaces : Vendredi : 15 h à 17 h Samedi : 15 h à 17 h Dimanche : 15 h 17 h Alain Brochu Les insectes sont maîtres roman \u2022 Coll.« Migrations » 116 pages \u2022 18,95 $ Illustrations couleur Un enseignant et une enseignante sont enfermés dans un monde d\u2019insectes, et c\u2019est leur propre école! Un roman criant de vérité sur le monde de l\u2019enseignement Dédicaces : Samedi : 13 h à 15 h Dimanche : 13 h 15 h France Boisvert Un vernis de culture nouvelles \u2022 Coll.«Migrations» 222 pages \u2022 19,95 $ En Amérique, on mène une vie effervescente.Mais quand le masque tombe, une nouvelle réalité surgit Est-ce la vraie pour autant?Les Éditions de La Grenouillère Louis-Philippe Hébert, éditeur C.P.67, Saint-Sauveur, QC JOR IRO www.lagrenouillere.info Stand 532 Dimédia http://www.lagrenouillere.info/ F 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 LIVRES Sigmund Freud: père missives La correspondance du maître viennois avec Anna, sa fille, patiente et disciple, paraît enfin en français.Captivant.THOMAS WIEDER AU début, il s\u2019inquiète de sa santé à elle : «A ton âge, il faut encore prendre du poids sans avoir peur de devenir trop grosse.» A la fin, il la rassure sur sa santé à lui: «J\u2019ai incroyablement bien supporté la canicule, peut-être grâce â la nitroglycérine que j\u2019avais prise â titre préventif » Trente-quatre années séparent les deux lettres.Anna a 8 ans quand elle reçoit la première, Sigmund en a 82 quand il écrit la seconde.Tout père, dans de pareilles situations, pourrait dire les mêmes mots à sa fille.Sous n\u2019importe quelle autre plume, de telles phrases susciteraient au pire l\u2019indifférence, au mieux l\u2019attendrissement.Rédigées par Freud et destinées à sa fille cadette, elles prennent forcément un autre relief.D\u2019abord parce qu\u2019on n\u2019écrit pas impunément à son enfant quand on est le théoricien des névroses familiales.Ensuite parce qu\u2019on le fait d\u2019autant moins innocemment quand l\u2019enfant en question devient votre propre patiente, comme le fut Anna de 1918 à 1920, puis de 1922 à 1924.Enfin, parce qu\u2019on ne s\u2019adresse pas à lui comme à ses autres rejetons quand, au fil des années, celui-ci s\u2019impose comme une figure à part entière d\u2019une discipline que l\u2019on a inventée.Ce qui fut le cas d\u2019Anna, restée dans l\u2019histoire de la psychanalyse comme l\u2019une des deux grandes pionnières \u2014 avec sa rivale Melanie Klein \u2014 en matière de thérapie des enfants.Pour ces trois raisons, la publication des lettres que se sont échangées Sigmund et Anna Freud entre 1904 et 1938 était très attendue \u2014 quand bien même ces 298 lettres représentent une masse assez peu considérable, si on la rapporte aux quelque 20000 missives que Freud a écrites durant sa vie.Cette attente est aujourd\u2019hui comblée, grâce à un volume impressionnant par l\u2019érudition de son apparat critique.Comme toutes les grandes correspondances, celle-ci réussit ce tour de force d\u2019avoir été écrite pour un seul destinataire mais de s\u2019adresser à de multiples lecteurs.Le passionné d\u2019histoire, la grande, y trouvera d\u2019abord son compte.Car plus d\u2019une fois les soubresauts du monde s\u2019invitent dans ces missives.Par exemple quand la fille fait état du climat déjà délétère qui règne dans l\u2019Allemagne de Weimar, à l\u2019occasion d\u2019un voyage en train: «Le seul problème, ce sont les voyageurs; je ne sais pas si ce sont vraiment tous des antisémites, mais en tout cas ils en ont l\u2019air.Et j\u2019ai peine â imaginer un pays où, face aux gens, on aurait plus l\u2019impression d\u2019être parmi les FILES PLANET NEWS AGENCE FRANCE PRESSE Sigmund Freud en 1938, à Londres.Sa fille Anna est restée dans l\u2019histoire de la psychanalyse comme l\u2019une des deux grandes pionnières en matière de thérapie des enfants.étrangers», écrit ainsi Anna, le 13 juillet 1922.L\u2019amateur de petite histoire, lui aussi, tournera avidement les pages.Car entre le père et la fille, c\u2019est au fond toute la vie quotidienne d\u2019une famille de l\u2019intelligentsia bourgeoise du début du XX® siècle qui se raconte.Avec sa géographie, constituée d\u2019épicentres successifs.Vienne et Londres, et de villégiatures apprivoisées, tels Gottingen et Karlsbad.Avec ses événements de tous les jours, un cadeau d\u2019anniversaire à trouver, un mariage à préparer, un hôtel à réserver, un déménagement à organiser, un livre à éditer, une traduction à superviser.Avec, aussi, ces obsessions propres à chaque famille, en l\u2019occurrence les statuettes de collec- tion et les chows-chows à poil roux, qui, chez les Freud, occupaient une place singulière.Et puis il y a ces histoires encore plus anodines, mais qui, sous la plume des Freud, le sont évidemment beaucoup moins.Quand la fille, par exemple, confie à son père : «J\u2019ai récemment rêvé que tu étais un roi, et moi une princesse, et qu\u2019on voulait nous dresser l\u2019un contre l\u2019autre par des intrigues politiques » (6 août 1915).Quand le père s\u2019inquiète de la cour que fait à sa fille son disciple Ernest Jones: «Il n\u2019est pas l\u2019homme qu\u2019il faut pour une créature féminine de nature raffinée» (16 juillet 1914).Ou quand les deux se demandent s\u2019il faut «électriser» le jeune Heinz, petit-fils de Sigmund et neveu d\u2019Anna, pour qu\u2019il cesse de faire pipi au lit.Restent les non-dits.Ce que le père et la fille n\u2019évoquent pas l\u2019un avec l\u2019autre, préférant en parler à des tiers.On pense à ce «rêve diurne où apparaissait un personnage féminin», une «histoire d\u2019amour» que la fille voulait raconter par écrit mais que «papa» lui a conseillé de «laisser tomber», comme elle le confia à Lou An-dreas-Salomé.On pense aussi à cette confidence du père à la même amie de la famille, où se dit toute l\u2019ambivalence de la relation à sa fille, alors âgée de 26 ans : «Il y a longtemps que je la plains d\u2019être encore chez ses vieux.[.] Mais si elle devait vraiment s\u2019en aller, je me sentirais aussi appauvri que je le suis en ce moment.» «Tu as exactement l\u2019âge de la psychanalyse», écrivait Sigmund à Anna le 6 décembre 1920, en faisant référence à l\u2019année 1895, où naquirent à la fois sa fille cadette et la discipline qui le rendit célèbre.Ces 298 lettres sont à lire à cette aune : le récit, dans sa dimension la plus intime, d\u2019une des plus extraordinaires aventures intellectuelles du XX® siècle.Le Monde CORRESPONDANCE 1904-1938 Anna et Sigmund Ereud Édition établie et postfacée par Ingeborg Meyer-Palmedo Traduit de l\u2019allemand par Olivier Mqnnoni Préface d\u2019Élisabeth Roudinesco Fayard Paris, 2012, 666 pages Dans le cabinet de Freud SIGMUl^D EREUD A LA DECOUVERTE DE LTNCONSCIENT Ruth Sheppard Larousse Paris, 2012, 95 pages Ce genre de livre n\u2019aurait tout simplement pas été possible il y a quelques années.Une présentation générale du savant autrichien, on en connait nombre d\u2019autres.Mais celle-ci est accompagnée d\u2019un nombre impressionnant de photographies et de nombreux fac-similés de lettres, de documents personnels et de manuscrits.On y trouve par exemple la reproduction à l\u2019identique de détails «notables de ses consultations de la journée».Qui ignore aujourd\u2019hui que Freud était un savant doublé d\u2019un formidable écrivain ?Les gens de lettres de son époque ne l\u2019ignoraient pas.Pour son quatrième anniversaire, il reçut une lettre d\u2019hommages signés par 191 écrivains de première importance, dont Virginia Woolf, Jules Romain et Aidons Huxley.On trouve aussi la reproduction de ce document dans ce livre passionnant.Jean-François Nadeau Paris rouge CHRISTIAN NADEAU Ancien chirurgien, écrivain, traducteur (d\u2019Edward Said notamment), historien amateur et éditeur, Eric Hazan publie coup sur coup deux livres, très proches dans leur objet.Le premier est une réédition d\u2019un livre paru en 2002 et qui est maintenant un superbe livre illustré.Il fallait un réel écrin à ce bijou qu\u2019est L\u2019invention de Paris, et c\u2019est maintenant chose faite.L\u2019iconographie est bien choisie, même si on aurait pu souhaiter davantage de cartes et de plans des différentes époques concernées, et même si parfois il y a une certaine répétition des images.Le second ouvrage, inédit, se présente comme une nouvelle histoire de la Révolution française.Hazan n\u2019est pas un historien professionnel, il le sait, et se borne à raconter ce qui l\u2019intéresse au sujet de la Révolution.Autant le dire d\u2019emblée, la lecture de ce livre est passionnante.Nous nous retrouvons plongés au cœur des assemblées, où retentissent les voix les plus connues (Robespierre, dont l\u2019ombre est par- ^Triptyq ue www triptyque qc ca Tel 514 597.1666 Annie Iputier Annie Cloutier UNE BELLE FAMILLE roman 260 p , 25 $\t* «Ancré dans la réalité des évènements sociaux et politiques très contemporains (.), Une belle famille explore de manière forte et incarnée de multiples fissures intimes ou sociales.» Christian Desmeules, Le Devoir Marie-Paule Villeneuve Salut mon oncle ! Marie-Paule Villeneuve SALUT MON ONCLE! roman, 285 p , 23 $ «Avec Salut mon oncle!, madame Villeneuve surprend par son humour caustique et son regard sans complaisance sur le monde contemporain.» Yvon Paré, http://yvonpare.blogspot.ca Salon du livre de Montréal - Stand 532 tout dans le livre, Marat, etc.) et nous pouvons presque entendre la clameur des paysans, des ouvriers, des clubs de femmes révolutionnaires et des plus démunis.Nous passons de l\u2019épisode des états généraux à celui de la formation des clubs politiques, à la prise des Tuileries, ou encore de grands moments dramatiques comme l\u2019assassinat de Marat.Lire la chronique de la Révolution par Hazan est pour ainsi dire un voyage dans le ternps.Circuler dans un livre d\u2019Eric Hazan est comme une longue promenade en compagnie d\u2019un ami érudit.Nous apprenons beaucoup de choses sans toujours très bien savoir où nous allons et ce que nous en retiendrons.Hazan est un narrateur formidable.Il sait relater les faits divers comme les événements importants de l\u2019histoire en modifiant les perspectives, selon les acteurs qu\u2019il désire interpeller.Son histoire de la Révolution française se refuse à la neutralité et aux exigences scientifiques de l\u2019historien.Ce qu\u2019il veut est rétablir une autre narration de l\u2019une des périodes les plus importantes de l\u2019histoire européenne moderne, en la ramenant à ceux qui l\u2019ont faite au prix de leur vie, en vue du bien commun et de la liberté.Révolutions et révoltes Les révolutions et les révoltes populaires ont littéralement dessiné le visage de Paris.Ce sont les luttes sociales et les révoltes, comme celles de 1848, mais aussi la paupérisation du centre, qui ont conduit Napoléon III et le préfet Haussmann à transformer Paris entre 1852 et 1870.Peu à peu, Paris s\u2019est pour ainsi dire dépossédé de sa population, au sens où elle n\u2019appartient plus au peuple parisien, comme en témoigne la disparition d\u2019un Paris populaire près de Notre-Dame ou encore dans le Marais, qui, il n\u2019y a pas si longtemps encore, était un quartier sombre et sale de la ville.La réédition de ce livre dans un tel format s\u2019imposait.Il FRANÇOIS BARCELO AGATHE BRAY-BOURRET EN LIBRAIRIE 7 DELBUSSO ÉDITEUR J\u2019ENTERRE MOJ^ LAPIN 128 pages illustre 19 95$ www delbussoediteurca PETER F.TRENT FOLIE DES GRANDEURS Fusion et defustons sur l\u2019île de Montreal s\u2019agit d\u2019un superbe ouvrage, à la mesure de la qualité du texte.Les images, affiches, photos d\u2019archives et cartes anciennes participent à la dynamique du propos de l\u2019auteur.Une réussite éditoriale.Les révoltes populaires ponctuent l\u2019histoire de Paris.La révolution de 1789 est une première étape.L\u2019invention de Paris offre une chronique détaillée des émeutes de 1848.Il faut le rappeler, la famine du peuple va entraîner sa rébellion contre le pouvoir des républicains.La répression sera terrible, et elle aurait été vue comme la pire des tyrannies si le pouvoir avait été monarchique.Le poète Lamartine jouera un rôle important dans cette histoire.Lamartine, le poète spiritualiste, le «chef de l\u2019école angélique», comme l\u2019appelle Balzac, fera voter «une loi sur les attroupements qui punit de douze ans de prison toute personne faisant partie d\u2019un attroupement armé et qui ne se disperse pas â la première sommation.Est considéré comme armé tout attroupement où se trouve une seule personne armée».C\u2019est ainsi que la République allait mettre en prison ceux-là mêmes qu\u2019elle avait délivrés de la monarchie.L\u2019invention de Paris pourrait être lu comme une mise en abyme : derrière Hazan, il y a l\u2019œuvre du philosophe Walter Benjamin et sa fascination pour les passages parisiens, et derrière lui il y a le révolutionnaire Blanqui et le poète Baudelaire.Eux-mêmes cachent des figures comme celle de Balzac ou de Victor Hugo.Parcourir Paris avec Hazan, c\u2019est avoir deux guides : la littérature et la politique.La littérature est partout dans Paris, car cette ville est marquée par les écrivains et marque les écrivains.On le voit déjà dans Les nuits de Paris, de Restif de la Bretonne, ou encore dans Balzac, omniprésent dans le livre de Hazan.On le voit enfin plus près de nous dans le Paris des surréalistes : la Nadja de Breton et Le paysan de Paris de Louis Aragon.Collaborateur Le Devoir L\u2019INVENTION DE PARIS Éric Hazan Seuil Paris, 2012, 448 pages UNE HISTOIRE DE LA REVOLUTION ERANÇAISE La fabrique éditions Paris, 2012, 408 pages olivien Librairie Bistro Au cœur de la société Jeudi le 22 novembre à 19 h La revue Liberté se pose la question : Que conservent les conservateurs?Stephen Harper est-il réellement conservateur?Si oui, que conserve-t-il, dans la mesure où il semble n\u2019avoir cure des institutions qui font le Canada ART & POLITIQUE Entrée libre Réservation obligatoire RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Avec des auteurs de la revue et Patrick Moreau, Argument Eisa Pépin, Voir Animée par Jonathan Livernois, Liberté LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2012 F 9 LIVRES La Vitrine L'Histoire du Québec fOU^ LES HUL3 HISTOIRE UHISTOIRE DU QUÉBEC POUR LES NULS Eric Bédard Préface de Jacques Lacoursière First éditions Paris, 2012, 394 pages Cette collection est bien reconnaissable avec son graphisme simple souligné d\u2019un jaune criard.La série «Pour les nuis», qui décline, tous les thèmes possibles et imaginables, propose un livre d\u2019Éric Bédard qui brosse un intelligent survol de rhistoire du Québec.Vulgarisateur efficace, connu pour ses apparitions dans les quotidiens de Québécor de même que sur une des chaînes télé du groupe, il sait cerner son sujet rapidement, comme le réclame la formule de cette collection qui reste forcément à la surface des choses.Son approche est celle de Thistoire politique et événementielle.Les personnages et les dates défilent.Dans une langue claire et accessible, on trouve donc les principaux acteurs de Thistoire du Québec, depuis la colonisation française jusqu\u2019à l\u2019élection de Pauline Marois.L\u2019ensemble est ponctué d\u2019anecdotes, mais il s\u2019agit surtout d\u2019un résumé succinct et efficace destiné à des curieux qui ne sauraient pas par quel livre d\u2019histoire commencer à s\u2019instruire.Jean-François Nadeau André Ségal L\u2019histoire et moi ESSAIS L\u2019HISTOIRE ET MOI André Ségal Multimondes Québec, 2012, 126 pages Historien et pédagogue octogénaire d\u2019origine belge et Québécois d\u2019adoption depuis plus de 50 ans, André Ségal est un spécialiste du Moyen Age et de la méthode historique.Dans UHistoire et moi, ce dernier domaine est à l\u2019honneur.Composé de brèves mais solides leçons de méthodologie, cet essai parvient à être savant et rigoureux tout en demeurant accessible et personnel.Promoteur Anne approche pédagogique qui consiste à «penser le passé au présent», c\u2019est-à-dire non pas seulement à connaître l\u2019histoire, mais k «penser historiquement», Ségal aborde les concepts fondamentaux de la méthode historique (mémoire/histoire, objectivité/subjectivité, etc.), ainsi que les thèmes de la durée sociale, de la citoyenneté et des rapports entre le savoir et les croyances, tout en insérant dans ses explications des réflexions sur sa propre vision du monde et sur son parcours personnel.Partisan d\u2019un enseignement de l\u2019histoire associé à l\u2019éducation civique et, par conséquent, du cours Éthique et culture religieuse, Ségal montre, dans cet essai, en se fondant sur sa propre expérience d\u2019historien, de professeur et de citoyen engagé (il se dit souverainiste, syndicaliste et laïque respectueux de la liberté religieuse), que fréquenter et penser méthodiquement l\u2019histoire donne de la profondeur à l\u2019existence humaine.Le style un peu trop pédagogique de l\u2019ouvrage en alourdit parfois la lecture, mais l\u2019intelligence sensible du propos compense cet obstacle.Louis Cornellier La parole vive de Benoît Lacroix Louis Cornellier e n ai jamais pensé être un Fernand Dumont ou un Pierre Vadebon-cœur, avoue le père Benoît Lacroix./\u2019a/ d'immenses limites.Récapitulateur d'idées, je ne deviendrai jamais un ''maître \" à penser.» Il reste que, à 97 ans, l\u2019occasion est belle^de récapituler son parcours.A l\u2019invitation de ses amis Simone Saumur-Lambert et Pierrot Lambert, Benoît Lacroix se livre donc à cet exercice avec sa générosité et sa vivacité coutumières dans Que viennent les étoiles.Si elle a Jésus de Nazareth pour «repère témoin préféré», la spiritualité du père Lacroix ne s\u2019y limite pas et s\u2019alimente aussi aux sources stoïciennes {«l'essentiel, c'est l'acceptation froide du réel») et au contact de la nature.Grand lecteur de l\u2019astrophysicien spiritualisant Trinh Xuan Thuan, qui affirme que la spiritualité doit avoir partie liée avec la science, et du jésuite Teilhard de Chardin, qui fait de la matière le «véhicule du spirituel», Lacroix avoue n\u2019être pas mystique du tout, mais trouver son inspiration dans un catholicisme en dialogue avec la science, les autres traditions spirituelles et la culture populaire.«[Teilhard] m'inspire par sa manière de relier l'univers à nos croyances, confie-t-il.Il m'encourage à suivre mes petites tendances dites cosmiques.Moi qui aime le fleuve, la mpntagne, la terre et les étoiles.» Ému par les outardes qui lui «chantent encore l'amour des grands espaces qui appellent l'infini», Lacroix n\u2019hésite pas à se demander si elles seront au ciel.Puis-je avouer, à mon tour, que je l\u2019espère aussi?Un engagement dans Taujourd^hui Conscient du danger que peut représenter, à son âge, cette nostalgie qui porte à idéaliser le passé, Benoît Lacroix sait faire la différence entre la gratitude envers ce qui nous précède et nous a faits et la mé- littéraire iCOLLÉGIENS £ [i: FINALISTES ÉDITION 2013 Gilles Archambault Qui de nous deux?Boréal Sophie Bienvenu Et au pire, on se mariera La Mèche Eric Dupont La fiancée américaine Marchand de feuilles Eric Plamondon Mayonnaise Le Quartanier Larry Tremblay Le Christ obèse Alto www.prixlitterairedescollegiens.ca I BANQUE I NATIONALE QUEBEC BEÇQB ^tll LE DEVOIR\tû Libre de penser\t/ / Marc BouRqiE ^¦
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