Revue dominicaine, 1 août 1916, Août
[" IIAiiO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non numérisiée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES LE FIEF DE NOTRE-DAME (suite) Les Confréries Le Saint Rosaire.\u2014 A Notre-Dame de Paris, le 10 février 1637, Louis XIII offrait solennellement à la sainte Vierge sa couronne et son sceptre, c\u2019est-à-dire qu\u2019il la constituait officiellement \u201cReine de France\u201d à titre spécial d\u2019au* thentique et formelle donation.Louis XIV renouvela l\u2019hommage de son père, et par édit en date du 25 mars 1650, se déclara redevable à la Vierge, des victoires qu\u2019il avait remportées en Flandre, en Allemagne et en Italie.Louis XIII consacrant la France à Marie; Louis XIV lui ^ptribuant ses victoires et disant son chapelet tous les jours, ainsi qu\u2019on l\u2019affirme; ce sont là des individualités, et pour hdÉiorables qu\u2019elles soient, il faut, en matière religieuse, préférer les masses.Que disait Ozanam sur ce point ?Peut-être ceci, du moins comme idée, que le dernier siècle a fait fond par trop souvent sur des personnalités, croyant que le catholicisme était sauvé parce que Monsieur- un Tel, un homme illustre, le professait ou du moins ne le reniait pas publiquement.Les masses valent davantage, et si la religion était jamais en danger de périr, elles la sauveraient.Au XVIIe siècle, c\u2019est évident, le culte de la Vierge était entré à fond dans les masses, et avec lui, on le devine bien, la dévotion du saint Rosaire.Le R.P.Mortier vient de montrer comment cette dévotion, et l\u2019on pourrait dire \u201ccet amour du Rosaire,\u201d tenait un peu de la jalousie; comment, par exemple, il se faisait des gravures et des tableaux qui, au lieu de saint Dominique recevant le chapelet des mains de la sainte Vierge, représentaient tel autre saint, comm& saint François pour les Mineurs, sainte Thérèse pour les Car* livra Domikicaiwe, Aoct 1916 226 REVUE DOMINICAINE mes, saint Ignace pour les Jésuites.(1) Quelquefois, saint François paraissait en compagnie de sainte Catherine de Sienne, mais le cas est rare, et nous nous hâtons de l\u2019ajouter, le cas est plus rare encore où le fait soit attribuable aux religieux de ces communautés.Au sujet de sainte Thérèse, en particulier, le R.P.Mortier a soin de rapporter un texte qui prouve que si, en tel endroit, la sainte apparaît dans le tableau du Rosaire, c\u2019est par ordre d\u2019une grande dame du pays de Chavane : In loco de Chavane, media leuca Pontis-Val-lis, (Pont-de-Vaux) in Bressia, sancta Teresia depingitur loco sanctae Catliarinae (quia) ita jussit Domina illius loci .de Chavane.C\u2019est peut-être une seconde dame qui, en une autre occasion, sur une plaque d\u2019ivoire, aura fait disparaître saint Dominique et sainte Catherine de Sienne pour mettre W b à leur place saint Jean-Baptiste, saint Antoine, saint Jérôme, saint François, à qui tous, per modum unius, la sainte Vierge offre le Rosaire.La thèse du R.P.Thurston est, comme on le voit, de beaucoup dépassée.Qu\u2019il suffise de ces quelques exemples.La dévotion du Rosaire n\u2019eût-elle été prêchée que par les Dominicains, elle avait encore la chance de réussir, mais quel succès plus complet et général ne lui était pas assuré si tous les religieux, tous les prêtres, toutes les églises s\u2019en emparaient! Malgré bulles et décrets établissant le monopole des Frêres-Prêcheurs sur le Rosaire, \u201con continuait de plus belle, écrit de nouveau le Père Mortier, à fonder des confréries, à se disputer i aussi.De l\u2019église la chicane courait sur la place publique, jamais édifiante, car à cette époque où le langage avait son parler un peu rude, les épithètes mal sonnantes ne manquaient pas.\u201d (L.cit., p.192) Parlez-nous d\u2019un temps où l\u2019on se battait pour la dévotion, et peut-être aussi par dévotion ! Il va de soi que la confrérie du Rosaire fut de bonne heure établie à Québec, et elle le fut régulièrement.Un \u201ctableau du Rosaire\u201d ornait déjà Notre-Dame de Recouvran-ce, et c\u2019était nécessairement avant 1640, puisque cette année-là\u2019mpmp.nn s\u2019en souvient, l\u2019église périt dans un incendie.Iff là même, on s\u2019en souvient, ¦C\u2019est peut-être Madame Pierre Le Gardeur de Repentigny, née Marie Favery, qui l\u2019avait donné; en tout cas, c\u2019est elle qui eût l\u2019honneur et le mérite de préparer l\u2019établissement de H (1) Hist, des Maîtres Généraux de l'O.des Fr.Pr., t.VII, p.192.ps h. LE FIEF DE NOTRE DAME 227 la première confrérie en Nouvelle-France; noble femmë dont les enfants étaient \u201cbeaux comme le jour,\u201c \u201cFame la plus pure que la Mère de l\u2019Incarnation disait avoir connue parmi les dames du monde de son temps.\u201d A propos, quand vous entrez à Notre-Dame, et vouâ rendez à la sacristie par la chapelle Sainte-Anne, le dernier banc que vous voyez à votre gauche, celui qui avoisine le plus l\u2019autel, se trouve à peu près au même endroit que celui autrefois occupé par Madame de Repentigny, un banc choisi par elle entre tous et désigné avec insistance dans les anciens mémoires comme étant \u201cle premier au coin de la chapelle du Rosaire.\u201d Cette chapelle formait autrefois le transept de l\u2019église, et faisait double emploi, servant alternativement à la confrérie du Rosaire et à la confrérie de Sainte Anne.Venons maintenant aux archives du Presbvtère, et voici un premier papier relatif à la confrérie.C\u2019est la \u201cRequête\" des habitants du Canada au Révérend Père Prieur du Cou-' vent des Jacobins de Paris\u201d.Sans date.(1648) \u201cSupplient humblement les habitans de la Nouvelle'-' France demeurant ès habitations de Quebecq, les Trois-Rivières et Montréal, disans que leur Pays ayant esté consacré et mis soubs la protection de la saincte Vierge et de sainct Joseph, ils désiroient participer aux Indulgences et privilèges accordez à ceulx qui sont associez à la confrérie du sainct Rosaire par l\u2019Establissement de la dite confrérie en leur Pays.Pour augmenter d\u2019autant plus la dévotion à la saincte Vierge, ce considéré, mon Révérend Père, (qu\u2019) il vous plaise de vostre grace de permettre l\u2019establissement de la dite confrérie du sainct Rosaire dans leurs habitations de Quebecq, les Trois-Rivières et Montréal , en la Nouvelle-France, pour d\u2019autant plus y accroistre la dévotion de la saincte Vierge, Et les dits habitans priront Dieu pour l\u2019augmentation de vostre sainct Ordre.\u201d Signatures : (toutes avec paraphe) Marie Faverv\tLe Neuf Godefroi\tBellanger La réponse vint aussi vite que possible, c\u2019est-à-dire l\u2019année suivante.Vous la voulez sans doute avec tout le charme de l\u2019original et de l\u2019inédit, vous rappelant, à propos de tous ces vieux documents plus ou moins grammaticaux, que l\u2019instruction, autrefois, ne consistait pas à savoir écrire la 228 REVUE DOMINICAINE langue de tout le monde, la langue vulgaire, mais la langue latine, celle des lettrés et des savants.De fait, comme l\u2019ancien clergé de France et du Canada tournait bien son latin! CFest à nous faire rougir de honte, nous autres grands clercs de ce glorieux vingtième siècle ! A Messieurs les Habitans et Demeurans De quebecq, Les Trois-Rivières et Montréal en la Nouvelle France, fr.Charles Thebault, Licentié en Théologie, Humble Supérieur du Couvent des tï.Prescheurs de Set.Jacques de Paris.\u201cLa grande devotion que vous avez a la très saincte Mere de Dieu thresoriere de grace sous le tiltre et devotion du Set.Rosaire comme vous le protestez es une supplication a nous addressee sous vos signes manuels par laquelle vous desirez avoir la communication des faveurs que le Set.Siege a concédées à nostre ordre par le benetice du Rosaire ou chap-peîet: que nostre glorieux Père et Patriarche Set.Dominique a obtenu de la très saincte Mere de Dieu, et qu\u2019il nous a laissé pour heritage : attendu aussi la permission qu\u2019avez obtenu de l\u2019Ordinaire en datte du vingt-unieme may de l\u2019année présente mil six cent quarante neuf; Nous de n(ot)re part désirant d\u2019advancem(en)t de l\u2019hanneur de Dieu et l\u2019accroisse-m(en)t de la devotion envers sa sete.Mere, par ces p(rése)n-tes, d\u2019autorité Apostoliq., et commission expresse de notre E(évérendissim)me Pere General, Nous vous accordons et permettons estre érigé et institué (toute regie gardée)es vos Eglises de Quebecq, Les Trois-Rivieres et Montréal dépendantes du Diocèse de Paris l\u2019Auguste et très devote Confrai-rie de nostre Dame du Roraire ou Chappelet, avec toutes les graces, indulgences, privileges et faveurs dont les aultres semblables societcz et confrairies du Set.Rosaire ont ac-eoustumé de joui esr lieux ou elles sont légitimera (en) t esta-blies moyennant les conditions ordonnées et les regies de la société observées.Faict au grand couvent des fi.Prescheurs dits Jacobins de Paris, ce 28me may mil six cent quarante neuf.\u201d \u201cfr.Charles Thebault humble Supperieur\u201d Loc.Sig. LE FIEF DE NOTRE DAME 229 Au bas de la pièce on lit : Nous premier Ecclesiastique et Grand-Vicaire de Monseigneur l\u2019Illme.et Rme.Archevesque de Rouen en la Nouvelle France, suppléant, en tant qu\u2019est en nous et besoing est* a quelque default de droict pour quelques parolles de la SU-sescritte permission, qui ne touchent pas l\u2019essentiel, maiâ seulement envelloppent ignorance de la qualité et iurisdic-tion du lieu, avons permis et permettons par ces présentes l\u2019érection et establissement de la susdite confrairie de Nostre Dame du Rosaire es susdites églises de ce pays de laNouvel* le France.Faiet à Quebec ce vingtroisième d\u2019octobre mil six cent cinquante.\u201d \u201cHieeosme Lallemant.\u201d 4* Elit Ce serait le temps ou jamais de faire dire aux archives de Notre-Dame tout ce qu\u2019elles savent sur le sujet qui nous occupe.Mais un article de Revue 11e peut pas être tout un volume et nous supprimons, à regret, bien entendu, des pièces fort intéressantes et encore inédites : la patente d\u2019érection de la confrérie à l\u2019Hôtel-Dieu; (Ci.J, no.22) la commission au Père Poncet d\u2019ériger cette confrérie en l\u2019église paroissiale de Québec; {Ci, I, no.23) la bulle des Indulgences accordées par Innocent X, de 5 février 1654, bel original en parchemin, malheureusement gâté par l\u2019humidité ; (Ct, I, no.25) mais voici un cahier de moyenne grandeur, relié de cuir jaunâtre, évidemment \u201cfatigué,\u201d parce que fort ancien, auquel il faut nous arrêter et qui va d\u2019ailleurs nous informer suffisamment pour le quart d\u2019heure.Nous en donnons textuellement la première page pour le plaisir des amateurs.\u201cL\u2019ordre de cette Institution a esté tel l\u2019an 1649: Mademoiselle de Repentigny (1) obtint des lettres d\u2019erection de la confrérie pour les 3 habitations de Nouvelle France, Quebec, les 3 Rivières et Montroyal, du R.P.Charles Thébault, sup(érieu)r des Jacobins de Paris, après une requête des ha-bitans présentée à M.le Grand Vicaire de Paris.Depuis cette lettre d\u2019erection que la dicte dam (ois) elle assortit d\u2019un beau tableau, devant d\u2019autel, coussins, chasuble et voile blancs et très beaux, les RRdes Meres Hospitalières de l\u2019Hos- (1) On disait \u201cMademoiselle\u201d môme pour des femmes mariées, quand elles n\u2019appartenaient pas par leur naissance à la noblesse. 230 REVUE DOMINICAINE tel-Dieu en obtinrent une autre par la faveur de Mad.la Duchesse d\u2019Eguillon pour leur église, du R.P.F.Jean-Bapt.Carré, commissaire, pour établir cette ste.confrérie eu F Amérique Françoise, datée du 16 dec(embre) 1651.Ces deux lettres demeurèrent sans opération faute de lieux et autres commodités, insqu\u2019au 1er dimanche et iour d\u2019octobre 1656, que le P.Joseph Poncet, de la Comp(aguie) de Jésus, faisant fonction de curé en la Paroisse de N(otre)-D(ame) de Québec, avant eu commission pour ce du R.P.Jean De Quen, sup(érieur) et Grand Vicaire de Mgr.l\u2019Archevesque de Rouen en la Nouvelle France, en fist l\u2019erection au Grand autel ou il mit le tableau du St.Rosaire, ce qui se peut voir dans les actes qui sont aux coffre de la confrairie.\u201d (1) Merci en passant au bienheureux \u201ccoffre de la confrérie/\u2019 puisqu\u2019il nous a conservé, entre autres choses, ce Livre du saint Rosaire, c\u2019est son titre, inestimable petit cahier qui mériterait bien mieux que tant de superfluités encombrantes les honneurs de la photocopie.J\u2019indique en passant le procédé le moins cher, car il paraît que, en ce pays, les auteurs ou éditeurs n\u2019ont pas le même droit que les marchands de cigares ou de nouveautés d\u2019attenter a la marsupie des honnêtes gens ! Viennent ensuite, au cahier jaune, les règlements de la confrérie, les indulgences à gagner, l\u2019ordre des différents offices, l\u2019entretien et la décoration de la chapelle, les devoirs des membres, divers détails à noter, comme la grande fête du premier dimanche d\u2019octobre, avec premières vêpres, matines, messe solennelle, sermon, secondes vêpres, procession; comme encore la messe du premier dimanche de chaque mois, \u201cla procession après-midi le cierge et le rosaire en mains où se porte l\u2019image de Notre-Dame\u201d; les fêtes des mystères du Rosaire, assez différentes des nôtres, savoir: Noël, le dimanche dans l\u2019octave de l\u2019Epiphanie, le dimanche de la Passion, le dimanche des Rameaux, Pâques, l\u2019Ascension, la Pentecôte, l\u2019Invention de la sainte Croix, la Couronne de Notre-Sei-gneur, l\u2019Exaltation de la sainte Croix, la Toussaint, la Saint-Dominique.Chose assez singulière, si un confrère ne peut (1) La \u201ccommission du Père DeQuen au Père Poncet,\u201d Ct, I.no 23, est plus explicite sur \u201cl\u2019incommodité et petitesse tant de l\u2019église paroissiale que de celle de l'Hôtel ; sur la renonciation de l\u2019Hôtel-Dieu â ses droits de confrérie en faveur de la Paroisse, etc. LE FIEF DE NOTRE-DAME 231 ew tueurs à è » y dire ses quinze dizaines dans la semaine, il n\u2019a qu\u2019à les faire dire par un autre, et il gagne tout de même l\u2019indulgence.Sans fonctionner régulièrement, la confrérie comptait néanmoins plusieurs membres dès avant son installation for* melle en 1656: le Père Poncet, cela va de soi, toutes les religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu, M.Vignal, prêtre, M.LeBev, prêtre, Charles Le Gardeur, sieur de Tilly, Jean Juchereau, sieur de Maure, Marie Favery, dame de Repentigny, Louis Sedilot, Pierre Picard, -Charles de Lauzon, sieur de Charny, fils du gouverneur, plus tard Grand-Vicaire de Monseigneur de Laval.Une pièce volante, un acte notarié, {Ct, I, no.2d) s\u2019interpose ici qui nous apprend comment le 22 avril 1657, madame de Repentigny se présenta demain maître Audouard, notaire royal, et les sieurs curé et marguilliers de Notre-Dame, et leur offrit, à l\u2019effet de subvenir aux frais de la confrérie, \u201cla valeur de 300 livres tournois qui pourraient faire au denier vingt la somme de quinze livres de rente,\u201d sur quoi les sieurs curé et marguilliers s\u2019accordèrent et s\u2019obligèrent aux conditions posées par la dite \u201cdamoisclle.\u201d Je fais l\u2019effort de reléguer cette pièce dans une note.(1) ¦P (1) \u201cPar devant Guillaume Audouard, secrétaire du Conseil éta-.bli par le Roy.Notaire en lu Nnurelle France et tesmoius souhsignés, fut présente dnmoîselle Marie' Favery, veuve de Pierre Le Gardeur,.escuyer, sieur de Repentigny, laquelle s\u2019est adressée à vénérable et scientifique personne .le ,R.P.Joseph.Poncet, curé, de féglise Paro-cliiale de Notre Daine de Québec, honorables hommes, Guillaume Couillard, J eau.Juchereau de Maure, Jacques Loyer La Tour, substitut de Jacques Maneust absent, Henri Pinguet ancien marguillier et substitut de Martin Groyèl.a présent marguilliers de l\u2019œuvre et.fabrique de la dite église, auxquels, elle a.fait entendre la dévotion qu\u2019elle avait de fonder à perpétuité en icelle église les principaux services de la confrérie du St Rosaire dont elle avait poursuivy et obtenu, estant en France, l\u2019érection en tout ce pays, sçavoir est; les premières et secondes vespres et la grande messe solennelles ainsy.qa fci, plus grandes testes de me Dame avec sermon et autres solennités usitées\u201e.en la dite Paroisse-lé îour et teste du Set.Rosaire qui est le premier dimanche d\u2019octobre, et de plus la procession du.St-Rosaire chasque premier dimanche de tous les douze moys de Sail1 l\u2019année, avec les litanies et prières accoutumées en la dite confrai-: rie.Offrant par elle à cet effet la valeur de trois cents livres tour-, nois a payer une fois présentement pour tousjours, ce qui pourrait faire au moins et au denier vingt la somme de quinze livres de rente .yï annuelle, ce qui est suffisant pour les frais des dits services; laquelle valeur des dites trois cents livres en ornements qui s\u2019ensuivent sça-yj.plHvoir est: un grand tableau de Nre Dame du Rosaire avec les images de St.Dominique et de Ste.Catherine de Sienne, un devant d\u2019autel, 232 REVUE DOMINICAINE Nous revenons au cahier jaune, et voici maintenant le catalogue des associés, longue liste que nous suivons de 1657 à 1759 et qui n\u2019occupe pas moins de quarante pages, un bon nombre à deux colonnes.Si les premiers recensements de Québec s\u2019étaient perdus, on pourrait, ce semble, les reconstituer à l\u2019aide de ces catalogues des différentes confréries: Sainte-Famille, Sainte-Anne, Scapulaire, Rosaire.Le tout Québec appartient à l\u2019une ou à l\u2019autre, souvent à deux ou trois, quelquefois à toutes à la fois.Pour ce qui est de la dernière, celle qui nous intéresse en ce moment, et pour com-jnencer par le peuple, y trouvons-nous des noms qui sont encore portés aujourd\u2019hui, noms familiers et doux comme des noms d\u2019ancêtres ?Oui, en effet, et ce sont ceux-là que noua choisissons de préférence : (A) Alain, Amyot, Audet; (B) Babie, Bacon, Baillar-gê} Beaudoin, Bélanger, Benoît, Bernard, Bernier, Blain, ïffanchard, Bonneau, Bouchard, Boucher, Bourbonnière.Bou- tet, Brassard, Brière, Buisson; (C) Caron, Charest, Char- ron, Chapelain, Chartier, Chatel, Chauveau, Chevalier, Cor- nue chasuble et deux coussins de satin à fleurs et un de gros de ÏN'aples blanc orné de broderie d\u2019or et doublé de tafetas blanc, le tout estimé et évalué à la Somme de trois cents livres tournois, lesquelles choses seront appartenantes en propre a la dite fabrique comme tenant lieu et qualité de fond pour la présente fondation, sur aya(n)t les dits Srs.Curé et Marguilliers fait assembler Mrs.les anciens Marguilliers d\u2019icelle église apres une meure deliberation, HQ seroient accordez et condescendus aux offres et aux intentions et demandes de la dite damoiselle fondatrice, s\u2019obligeant aux services et prièfes solennelles que dessus, c\u2019est à sqavoir : les dits Srs.Curé f to et Marguilliers presents et advenir estfe Chargez et obligez de faire dire aux iour et feste du St.Rosaire, premier dimanche d\u2019octobre, premières et secondes vespres et grande messe solennelles avec le sermon et Chaque premier dimanche de tous les moys de l\u2019année a i\u2019ispue des vespres la procession solennelle du St.Rosaire, y chantant les litanies de la Ste.Vierge et prières accoutumées en la dite eonfrairie.Car ainsy a esté accordé, etc, promettant, etc, obligeant, etc, renonceant, etc.\t:\t,,.Fait et passé a Quebec le vingt-deuxième du mois d\u2019avril 1657,: en présence de Jean Gloria et Jean Le Vasseur tesmoihs soubsignes avec les parties, a la reserve du dit Sieur Couillard, lequel a déclaré ne sçavoir escrire n\u2019y signer, de cè interpellé selon l\u2019ordonnance.Joseph Poncets ihs Pinguet Loyer Latour Marie Favery % Juchereau Gloria Audouart, not. LE FIEF DE NOTRE-DAME m riveau, Crevier; (D) Dagneault, Desnoyers, Dubois, DugaSj Dumais, Dumont, Dupont, Dupré, Duquet, Durand, Duval; (F) Filion, Flamand, Fournier; (G) Gagnon, Gagné, Ga-riépy, Gaudrv, Gaulin, Gendron, Gilbert, Giroux, Gosselin, Goulet, Gratton, Grenier, Guay, Guilbault, Guillemet, Glti-mont, Guyon (Dion); (II) Halle, Hervieux, Houde, Hubert, Huot ; (J) Jamain, (Jasmin) Jourdain, Julien; (L) Laberge, Lamarche, Lambert, Landry, Langlois, Larose, La-touche, Lavoie, Leclerc, Lefebvre, Lefranc, Lemelin, Lepage, Lépine, Lhérault, Leroux, Lesage, Létourneau; (M) Maheux, Mailloux, Marchand, Mareoux, Martel, Martin, Massé,, Maufav, (Moffet) Ménard, Mercier, Meunier, Mi-ville, Morin; (N) Normand; (O) Olivier; (P) Perrault, Perrier, Picard, Piette, Pothier, Poulin, Prémont, Provost ; (R ) Rainville, Rancourt, Renaud, Rivière, Roberge, Roche-ron, Royer; (S) Saiut-Amand, Saint-Pierre, Simon, Spê-nard; (T) Têtu, Tétrault, Thivierge, Touchet, Tremblay.Trottier, Trudel, Turcot; (Y) Vachon, Vermet, Voyer.Tant s\u2019en faut que la haute société, les gens à particule, (noblesse ou non) les fonctionnaires, notaires royaux, procureurs du Roy, conseillers du Roy, les personnages devenus historiques, soient restés à l\u2019écart.A l\u2019entête des listes, il3 apparaissent, et il semble plutôt qu\u2019ils aient, les premiers, donné l\u2019exemple.Cela va de soi pour le clergé et les communautés religieuses, et nous pouvons les passer sous silence.Divers groupes de laïcs appellent notre attention, et d\u2019abord, celui des hommes, de nos hommes illustres, pourrais-je dire, et tels: Guillaume Couillard, gendre de Louis Hébert; Jean-Paul Godefroy, un \u201cmessire\u201d, titre peu commun; Boutet de Saint-Martin, arpenteur, professeur de mathématiques et d\u2019hydrographie, professeur de musique, bon chantre lui-même, à l\u2019occasion procureur des Jésuites au Conseil Souverain; (1) Jean Bourdon, autre arpenteur célèbre, ingénieur, cartographe, dessinateur, peintre, découvreur, agriculteur, diplomate, légiste, par-dessus tout \u2018'homme de vertus, (au pluriel) père des pauvres, consolateur des veuves et des orphelins, l\u2019exemple de tout le monde,\u201d affirme la Mère de l\u2019Incarnation; nous ajoutrons: père de quatre religieuses, deux Ursulines et deux Hospitalières ; et pour aller mainte- (1) Cf.Am.Gosselin: français,\u201d 1911, passim.\u2018L\u2019instruction au Canada sous le Régime 234 REVUE DOMINICAINE nant plus vite, voici Charles Le Gardeur, sieur de Villiers; Pierre Denys, sieur de la La Ponde; Jean LeMire, syndic de Québec; Jacques Sevestre, posseseur de quarante arpents sur les plaines d\u2019Abraham ; René-Louis Chartier de Lotbiniè-re, fils de Louis-Théandre lieutenant-général de la Prévôté, et lui-même, plus tard, conseiller du Roy, lieutenant civil et criminel ; Bertrand Chesnaye La Garenne, sieur de Lottin-ville ; Matthieu d\u2019Amours, seigneur des Chauffours, Conseiller du Roy en son château de Paris; Jacques LeMoyne; (serait-ce LeMoyne de Sainte-Hélène?) François de Laval, neveu de Monseigneur; Alexandre Peuvret, beau jeune homme de dix-huit ans, qui sera plus tard sieur de Gaudarville, conseiller, secrétaire du Roy, greffier en chef du Conseil Souverain; Michel, vieux serviteur des Ursulines, oui, un homme illustre, (Cf.Lettres de la Mère de VIncarnation) Gervais Beaudoin, maître-chirurgien ; Charles de Comporté, Antoine de la Chesnaye, Pierre de Lalande-Gayon, Pierre de Boucherville, Hilaire Bernard de la Rivière, l\u2019architecte de la cathédrale, et si vous voulez encore d\u2019autres jolis noms: François de LaYalterie, Gauthier de Varennes, Alexandre du Hautmesnil, Charles de Longueuil, Charles de Grandvil-le, Jean-Baptiste de Couagne, Gaillard, Duplessis, Rageot, de LaRue, Roussel, d\u2019Auteuil, Lambert, Fleury, d\u2019Escham-bault, Mariauchaux d\u2019Esglis, Foucault, Bermen de La Mar-tinière, de Tonnancourt, Daniel et Philippe d\u2019Argenteuil, de La Corne, de Langloiserie, de La Gemmerais, de Tontv, de Ligneris, de La Durantaye, Robineau de Bécancourt, etc, etc.Rotons plus particulièrement, pour la dernière période du régime français, époque à notre humble avis trop décriée: Michel Lajus, fils de Jourdain, \u201cMajor des médecins,\u201d comme on l\u2019appelle; (1731) Marie-Joseph de Rigaudville; (1741) Pierre, nègre du fameux Philibert; (1744) Jean Beillairgé, le restaurateur de la cathédrale, Pierre-André S pénard, (1753) etc, etc.Le groupe est encore plus considérable qui se forme du devoto femineo sexu, et comment rendre justice à toutes ces Saintes aïeules, nobles femmes qui savaient prier comme elles savaient \u201ctisser la laine et le lin\u201d?Nommons au moins: Mesdames Guillaume Couillard, (Guillemette Hébert) Jean-Paul Godefroy, (Marie-Magdeleine Le Gardeur) Nicolas Jlichereau de La Ferté, (Marie Giffard, fille de Robert, sei- LE FIEF DE NOTRE-DAME 235 :rrî etc.gneur de Beauport) Charles d\u2019Ailleboust des Musseaux, (Ca-therine Le Gardeur) Charles Le Gardeur de Tilly, (Getiô-viève Jucher eau) LIélène Desportes-Morin, mère du premier prêtre canadien; Eustache Lambert, (Marie-Louise Van-neck) Marie Tavernier, épouse de Gilles Bacon, la quelle devenue veuve, se fera religieuse à l\u2019EEopital-Général avec sa fille; mesdames Jean Guyon du Buisson; (Elisabeth Couil-lard, fille de Guillaume) Jean-Baptiste Le Gardeur de Re-pentignv; (Marguerite ISTicolet, fille de Jean, noble homme, commis et interprète) beaucoup plus tard, j\u2019en passe, Anne Descaudes, femme du sieur Bernard de la Rivière, (1709) Marie Pinard-Resche, (1742) Marie-Claire Fleury de La Gorgendière-Taschereau ; (Thomas-Jacques, conseiller, trésorier de la marine, 1743) Angélique Chartier de Lotbinière, dame Nicolas-Marie Renault d\u2019Avesnes des Meloises, mère de cette pauvre madame Péan si maltraitée par les romanciers et les chroniqueurs; (1756) Louise-Marie Madeleine du Sautoy, épouse de François Cuguet, premier conseiller au conseil supérieur, (1757) etc.Nommons aussi parmi les \u201cclamoiselles\u201d : Catherine Le* Neuf de la Potherie; (fille de Jacques, gouverneur des Trois-Rivières, Commandant général de la Nouvelle-France après la mort du gouverneur de Mésv) Françoise Denys; (fille de Simon, sieur de la Trinité) Marie-Madeleine Hertel; (sœur du héros) Jeanne de Vauvilliers, qui épousera tout à l\u2019heure, à Montréal, Bénigne Basset, sieur Deslauriers, notaire royal ; Elisabeth de Chavigny, fille de François, sieur de Berche-reau, époux de la célèbre Eléonore de Grandmaison ; Marie et Gertrude Moral de Saint-Quentin, dont le père est lieutenant du Roy à Trois-Rivières; également pour Trois-Rivières, Catherine, Thérèse et Marguerite, filles de Maurice Poulin, sieur de La Fontaine, procureur fiscal; Marie-Françoise-Thérèse Dupont, plus tard madame François-Marie Renault d\u2019Avesnes DesMeloises, et sa sœur Marie-Madeleine, mariée en 1691 à Paul LeMoyne de Maricourt; Françoise Charest, fille du fameux Etienne à qui Joseph-Edmond Roy a consacré tout un volume, sinon deux; Marie-Magdeleine Chartier de Lotbinière, 21 ans, fille de René-Louis, conseiller du Roy, et de Marie-Madeleine Lambert; Elisabeth de Saint-Ours, fille de Pierre, chevalier de Saint-Louis, mariée en 1699 à Charles Claude de La Potherie; Madeleine 236 REVUE DOMINICAINE Ruette d\u2019Auteuil, fille du chevalier, conseiller et Procureur-Général, plus tard madame François de Selle.Et voulez-vous, encore ici, d\u2019autres jolis noms?En voici que nous trouvons longtemps après ce qu\u2019on pourrait appeler \u201cla première ferveur\u201d : Magdeleine de La Mothe, Marie de Muv, Marie Duchesnay, Marie de Lalande, Louise de La Valterie, Jeanne-Françoise Macard, Françoise Rousse; (1702) Marguerite Resche; (1709) Marguerite Jaquereau; (1710) Marie-Françoise Bermen de la Martinière, fille de Claude, juge, conseiller et lieutenant-général; Marie-Anne Fouquet; (1718) Marie-Anne de Lino; (1742) Marie Taschereau; (175 3) Geneviève de Fontville; Charlotte-Marguerite de Ramesay, (1756), etc., etc.On a pu remarquer que plusieurs des associés du Rosaire ne sont pas gens de Québec, et c\u2019est déjà une preuve que la confrérie, aussi bien que la dévotion, était connue au dehors.Un travail important est en voie d\u2019achèvement, nous dit-on, sur la diffusion de l\u2019une et de l\u2019autre en Canada) depuis le milieu du XVIIe siècle, et nous notons seulement, quant à nous, pour le voisinage immédiat de Québec, l\u2019établissement de la confrérie à Saint-Joseph de Lévis, en 1694; à Beauport, en 1697 ; à Lorette, en 1730.Pour Lévis, la patente est signée par le Révérendissime Père Antonin Cloche, Maître de l\u2019Ordre, et contresignée par Monseigneur de Saint-Vallier.Encore en 1755, le curé, messire Charles d\u2019Youville Dufrost de La Gemmerais, se fait gloire de son titre d\u2019associé.A Lorette, le diplôme d\u2019érection, appendu au mur de la petite sacristie de la chapelle des Ilurons, porte la signature du Maître-Général Thomas Ripoll.A quelque distance de là, c\u2019est-à-dire à Saint-Ambroise de la Jeune-Lo-rette, une statue de la Sainte-Vierge portant l\u2019Enfant-Jésus offre la légente suivante: \u201cJe suis donné (sic) par Noël Levasseur sculpteur et son épouse Marie-Madeleine Turpin, le 1er mars 1729, pour faire la procession du scapulaire et du rosaire tous les 1er de chaque mois et troisième dimanche de chaque mois.Priez, Sainte Vierge, s\u2019il vous plaît, pour eux et leurs familles et soyez leur advocate pour le temps et pour l\u2019éternité.Amen.\u201d p h fell res sem an n g.le L 4: h Y I ||rit IC .pur Mi (à suivre) Fr.Paul-V.Ciiarland, O.P.pi K UNE ŒUVRE MÉCONNUE L\u2019ŒUVRE DE S.JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE I C\u2019est la fête de la Très-Sainte Trinité.Il est cinq heures du matin.La grande ville est plongée dans le silence et le sommeil ; seuls les clochers ont versé la musique de leurs angélus, puis se sont tus.Dans la chapelle du Collège, alors que là-haut dans les dortoirs les élèves dorment encore profondément, les maîtres se sont rassemblés depuis longtemps pour la prière ; puis, ils se mettent en marche, ils s\u2019avancent jusque dans le sanctuaire, ils s\u2019agenouillent quatre à la fois au pied de l\u2019autel, au sommet duquel l\u2019Ostensoir rayonne sur un trône de lumières; et, gravement, ils font monter vers l\u2019Hostie vivante la formule qui renouvelle leur serment de fidélité, qui enchaîne tout leur être par le triple vœu de pauvreté, chasteté et obéissance, qui consacré toute leur vie à une œuvre unique\u2014l\u2019éducation gratuite de la jeunesse.H y a parmi eux des vétérans à tête blanchie ou dépouillée, qui depuis bientôt cinquante ans s\u2019immolent à leur Dieu et à leur œuvre, il y en a d\u2019autres qui sont dans l\u2019épanouissement de la maturité, il y en a dont la jeunesse étonne sous la longue robe noire; mais tous, d\u2019un même cœur et d\u2019un même élan, foulant aux pieds ce que le monde pourrait leur donner de gloire, de fortune ou de plaisir, ils retournent à leur dévouement.Et ils évoquent à l\u2019esprit de l\u2019humble prêtre et collaborateur, qui pour la douzième fois déjà contemple ému ce spectacle, les paroles de Mon-talembert, quand il parle de \u201cl\u2019armée du sacrifice,\u201d et de \u201cla fleur de l\u2019humanité.\u201d Et la pensée du prêtre s\u2019envole sur toutes les plages du globe, où la même scène se déroule en ce même jour et à la même heure: car les fils de S.Jean-Baptiste de la Salle sont, répandus dans tous les pays de la terre, et partout\u2014quand revient la fête qui plus que toute autre célèbre la Paternité \u2018238 REVUE DOMINICATnE divine \u201cde qui découle toute paternité,\u201d\u2014 ils renouvellent leur consécration à cette paternité intellectuelle et morale qui est le fond de leur œuvre, paternité plus ardue et plus ingrate, mais autrement plus féconde et plus nécessaire que la paternité naturelle.II Et, tout logiquement, la pensée du prêtre évoque la longue théorie des milliers et des milliers de jeunes gens qui ont été formés en cette seule maison du Mont S.Louis, et qui se sont dispersés dans toutes les carrières, et dans tous les pays de l\u2019Amérique du Mord et du Sud: on compte parmi eux un bon nombre de prêtres et de religieux ; il y en a autant qui ont embrassé les professions libérales ; il y en a surtout qui sont devenus ingénieurs, architectes, financiers ; mais le plus grand nombre se sont adonnés aux affaires, on les trouve partout dans les grandes banques, les grands magasins, les grandes industries\u2014on les trouve même actuellement sur les champs de bataille de l\u2019Europe, où plusieurs déjà ont trouvé la mort ou ont été blessés, et deux d\u2019entre eux viennent d\u2019être faits Chevaliers de la Légion d\u2019honneur par le gouvernement français.Et dans toutes les carrières iis .se distinguent, et partout ils sont la démonstration éloquente de l\u2019éducation qu\u2019ils ont reçue des Frères des Ecoles chrétiennes.Et pourtant le Mont S.Louis n\u2019a encore que 28 ans d\u2019existence ! Et la pensée du prêtre évoque aussi la longue procession des centaines de milliers d\u2019enfants qui, en notre cher pays, ont passé par les écoles des Frères depuis 1837, alors que ceux-ci, au nombre de quatre, arrivaient pour la première fois à Montréal, à la demande des MM.de S.Sulpice, et étaient reçus par Mgr Lartigue ; ce n\u2019était qu\u2019une pépinière, qui allait se développer merveilleusement pendant ces 80 années : aujourd\u2019hui l\u2019Institut compte au Canada 3 districts, celui de Montréal, celui de Québec et celui de Toronto, avec environ 800 Frères, plus de 50 maisons, et plus de 30,000 élèves.Et avant longtemps, espérons-le, l\u2019œuvre ira s\u2019implanter jusque dans les plaines de l\u2019Ouest, où on la réclame à bon droit en face des immenses perspectives de cette région.Et dans la vaste république voisine, le développement de l\u2019Institut et les résultats de l\u2019œuvre ne sont pas moins mer-yeilleux: les trois premiers Frères arrivaient à Baltimore UNE ŒUVRE MÉCONNUE 239 en 1846 ; or, à la fin de ces 70 années, le district de Baltimore compte plus de 24 maisons, et cinq collèges, un protectorat, une école industrielle à Eddington, un patronage ouvrier à Philadelphie, même un collège pour les petits nègres à Rock Castle.Et le district de New-York comprend plus de 40 maisons, et le Collège Manhattan, l\u2019Institut de la Salle, l\u2019Académie de la Salle, l\u2019école militaire de Clason Point, le Protectorat catholique, le Patronage S.Philippe, quatre orphelinats et écoles industrielles.Et le district de S.Louis a plus de 20 maisons, à part les collèges de S.Louis et de Memphis, les académies de Chicago, S.Paul, Minneapolis, Duluth, S.Joseph et Santa-Fé, et l\u2019école des sauvages à Gray Horse.Et le district de San-Francisco compte plus de 15 maisons, et les collèges d\u2019Oakland, de San-Francisco, de Sacramento, et les académies de Berkeley, de Portland, de Vancouver, de Walla-Walla, et l\u2019Orphelinat S.Vincent.En tout, plus de 100 maisons et environ 40,000 élèves aux Etats-Unis, dans plus de 35 diocèses.Et néanmoins, c\u2019est surtout en Europe que l\u2019Institut avait pris son plus prodigieux développement.Il avait été fondé en 1680; trente-neuf ans plus tard, à la mort du saint fondateur, il comptait 27 maisons, 274 Frères et 9,000 élèves ; soixante-treize ans plus tard, à la Révolution française* il comptait 123 maisons, 920 Frères et 36,000 élèves.Son essor s\u2019arrêta momentanément sous l\u2019orage de la Révolution, mais il reprit ensuite si bien qu\u2019en 1821 il comptait 950 Frères, 310 maisons et 50,000 élèves.Et pourtant déjà il avait commencé d\u2019essaimer au dehors, en Belgique en 1816, à l\u2019Ile-Bour'bon en 1817, et il devait continuer ses fondations, à Smyrne en 1841, à Alexandrie en 1847, à Kemperhof en 1851, à Singapore en 1852, à Alger en 1854, à Londres en 1855, à Vienne en 1856, à l\u2019Ile-Mau-rice en 1859, à Bucharest en 1861, à Karikal (Inde) en 1862, à Quito en 1863.En 1904, quand le gouvernement français supprima l\u2019enseignement religieux, pour mieux tarir dans sa source la vitalité religieuse de la France, on eût pu s\u2019imaginer que l\u2019Institut en recevrait un coup mortel, puisque près de 1300 de ses établissements furent fermés.Mais ce qui était une perte immense pour la France devint un gain pour les autres pays; en effet, de 1904 à 1908, 222 maisons furent fon- 240 REVUE DOMINICAINE dées, en Angleterre, en Belgique, dans les îles de la Méditerranée, dans le Levant, dans l\u2019Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles, au Cap Colonie, et jusqu\u2019en Australie.Avant la guerre actuelle, il y avait plus de 75 établissements en Belgique ; plus de 32 en Autriche, en Hongrie, en Bohême, en Galicie, en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie, en Lorraine; plus de 100 en Espagne, aux Canaries, aux Baléares; plus de 34- en Italie, plus de 50 au Levant, en Turquie, en Syrie et en Egypte\u2014Maurice Barrés les visitait il y a quelques années et les proclamait \u201cdes postes de civilisation\u201d en Orient; plus de 25 en Angleterre et en Irlande, sans parler des fameuses écoles de l\u2019Inde et de la Chine, à Colombo, à Rangoon, à Penang, à Maulmuia, à Mandalay, à Singapore, à Malacca, à Hong-Kong.III Et maintenant, que l'on calcule, si l\u2019on peut, le nombre de religieux qui pendant près de deux siècles et demi se sont sanctifiés dans leur vie sublime de renoncement\u2014tous ceux qui les connaissent de près savent que pour être un bon Frère il faut être un vrai saint\u2014 et que l\u2019on calcule ensuite les millions d\u2019enfants qui ont été formés par eux à la vie intellectuelle, e1 surtout à la vie morale, puisque dans la pédagogie de ces maîtres religieux la science est bien secondaire à la vertu,\u2014millions d\u2019enfants qui grâce à leur formation première ont bien rempli leur rôle de citoyens de la terre et sont devenus surtout citoyens du ciel.Et l\u2019on reste ébahi en présence d\u2019une œuvre si haute et si féconde, et l\u2019on comprend un peu la mission immense que Dieu avait confiée dans l\u2019Eglise à l\u2019humble chanoine de Reims, et les sommets de sainteté qu\u2019il lui lit gravir pour le rendre aussi grand que cette mission.Qu\u2019on enlève de l\u2019Eglise le bien que l\u2019Institut des Frères y a accompli depuis bientôt 250 ans, et l\u2019on se rendra compte de la portée de son œuvre.IV Et cette œuvre est méconnue! Qu\u2019elle soit méconnue des sectaires, parcequ\u2019elle est à base religieuse, rien d étonnant; ce n est qu\u2019un symptôme de UNE ŒUVRE MÉCONNNE 241 plus de la rage que Satan, le rival du Christ, inspire à ses adeptes contre tout ce qui est religieux.Qu\u2019elle soit méconnue des mondains à tête légère, qui sans hésiter rendent jugement contre elle en déclarant que des religieux ne peuvent élever des enfants, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas eux-mêmes d\u2019enfants et sont privés de l\u2019expérience des maîtres laïques, ce n\u2019est qu\u2019une niaiserie de plus parmi tant d\u2019autres : ces braves gens ne réfléchissent pas qu\u2019eux-mêmes ont fondé une famille sans avoir d\u2019expérience préalable ni de formation pédagogique, et pourtant ils se croient capables de bien élever leurs enfants! Ils oublient que les religieux éducateurs ont l\u2019avantage sur eux, puisqu\u2019avant de commencer leur œuvre, ils s\u2019v préparent longuement d\u2019après les données de la psychologie, ils s\u2019y entraînent sous des maîtres avancés dans la carrière, et ils acquièrent rapidement en enseignant l'expérience qui complète leur formation: l\u2019expérience vient vite à un homme qui pendant quelques années élève, non pas une petite famille de trois ou quatre enfants, mais une classe de trente ou quarante élèves ! Mais, ce qui est plus attristant, c\u2019est que l\u2019œuvre soit méconnue presque toujours par nos familles même très chrétiennes, et parfois aussi par le clergé lui-même, quoique très pieux et zélé.Oh ! sans doute l\u2019œuvre est appréciée quand il s\u2019agit d\u2019avoir des Frères pour les écoles et de leur confier les enfants : on ne veut pas d\u2019autres instituteurs ! Mais pratiquement, quand il s\u2019agit de pourvoir au recrutement des sujets pour cette œuvre, on n\u2019élève pas la voix, on ne remue pas un doigt, quelquefois même on est hostile.C\u2019est qu\u2019on ne réfléchit pas à l\u2019importance vitale de l\u2019œuvre et à la nécessité de recruter des religieux: l\u2019éducateur religieux ne fournit-il pas la matière première, et déjà toute préparée, à l\u2019action surnaturelle des pasteurs ?Qu\u2019on enlève de partout l\u2019école religieuse, et l\u2019on verra baisser partout la vitalité religieuse de nos populations.Et r on s\u2019arrête parfois à des mécomptes injustifiables.Ainsi, l\u2019on trouvera mauvais que les Frères répugent de se prêter à toutes sortes d\u2019œuvres paroissiales.C\u2019est un grief qui n\u2019est pas nouveau, il a été formulé dès le berceau de l\u2019Institut, et le fondateur en a souffert cruellement, mais il refusa de l\u2019admettre parce qu\u2019il comprenait que ses disciples n\u2019auraietit de valeur qu\u2019en se spécialisant en leur œuvre unique, et qu\u2019ils 242 REVUE DOMINICAINE négligeraient forcément cette œuvre s\u2019ils se laissaient distraire par d\u2019autres.Et c\u2019est d\u2019ailleurs un fait d\u2019expérience que chaque Ordre est fondé pour un objet spécial et qu\u2019il périclite dès qu\u2019il recherche un autre objet.S.Jean-Baptiste avait aussi prévu la tentation qu\u2019éprouveraient certains de ses disciples de sortir de leur sphère et d\u2019entrer dans le sacerdoce, pour y trouver honneurs et rémunération: c\u2019est pourquoi il inséra dans sa règle la défense la plus catégorique pour les Frères d\u2019apprendre ou d\u2019enseigner le latin; autrement ce serait la ruine de l\u2019œuvre et de l\u2019Institut, ainsi que Léon XIII le déclara nettement quand, à la fin du siècle dernier, il refusa d\u2019accéder à la demande de certains évêques américains qui désiraient confier aux Frères leurs collèges classiques.Il faut que dans une paroisse le Frère ne soit ni un vicaire, ni un sacristain, ni un percepteur, ni un comptable, encore moins un organisateur de soirées ou de bazars, mais qu\u2019il soit uniquement, autant par sa vie austère que par son enseignement, l\u2019instituteur et l\u2019éducateur religieux.S\u2019il sort de son rôle, il baisse en valeur et son œuvre aussi.Et c\u2019est aussi pourquoi la formation spirituelle et pédagogique des novices est confiée aux Frères eux-mêmes plutôt qu\u2019au clergé ; quelques-uns s\u2019en étonnent, mais, après tout, les communautés de femmes ne suivent-elles pas la même pratique?Et d\u2019ailleurs, combien peu de prêtres seraient en état de donner à des novices une formation si spéciale et si difficile! Il faudrait donc que le clergé travaillât activement au recrutement des maîtres religieux: si seulement chaque paroisse donnait un enfant par année, les paroisses 11e souffriraient pas longtemps de la pénurie actuelle d\u2019éducateurs.Et, pour activer le recrutement de cette vaillante armée, qui ne combat que l\u2019ignorance et le mal et qui éclaire le monde, il faut montrer à 110s familles chrétiennes, aux parents comme aux enfants, la beauté et la nécessité de cette œuvre d\u2019enseignement.Hélas ! quelle éducation à faire sur ce point, surtout parmi la population de nos villes, qui semble plus réfractaire encore à toute idée de renoncement et de sacrifice ! Tout récemment encore, le nouvel archevêque de Chicago, Mgr Mundelein, déplorait la pénurie des vocations au sacerdoce, et décidait de fonder, pour y porter remède, un petit séminaire gratuit; ses paroles ne sont-elles pas de mise par rapport à la Vocation religieuse?\u201cPartout,\u201d UNE ŒUVRE MÉCONNUE 243 \u201cmais surtout dans les grandes villes, nous avons constaté\u201d \u201cque le nombre des aspirants au sacerdoce n\u2019est pas en pro*\u201d \u201cportion de l\u2019accroissement de la population.Il faut\u201d \u201cavoir soin de protéger les jeunes garçons non seulement\u201d \u201ccontre le souffle mortel du mal, mais aussi contre l\u2019atmos-\u201d \u201cphère glaciale du matérialisme moderne, contre le désir\u201d \u201cégoïste du bien-être, contre l\u2019amour désordonné de l\u2019argent,\u201d \u201ccontre l\u2019esprit exagéré d\u2019indépendance qui entre dans nos\u201d \u201cécoles et jusque dans nos foyers.\u201d Quel bien ferait un prêtre qui rappellerait souvent à ses ouailles que le renoncement religieux n\u2019est que l\u2019effloraison suprême du renoncement qui est le fond unique du christianisme; s\u2019il expliquait aux parents la beauté et la fécondité de la vie religieuse et de l\u2019œuvre d\u2019enseignement; s\u2019il leur montrait la facilité, même pour les enfants pauvres, de se consacrer à cette carrière, puisque les Frères reçoivent et font instruire gratuitement les enfants qui se présentent au noviciat ! L\u2019auteur de ces lignes, qui a passé la moitié de sa vie sacerdotale au milieu des religieux enseignants, et a pu mieux comprendre et admirer la valeur de leur œuvre, crie donc de toute la force de son âme à ses confrères : Travail-* Ions avec zèle au recrutement de cette armée, si humble et si belle et trop peu nombreuse, qui n\u2019aspire qu\u2019à une gloire : donner à la patrie des citoyens instruits et intègres, en même temps qu\u2019à l\u2019Eglise des fidèles profondément chrétiens.J.-A.-M.Brosseau, Ptee, nu T.O.S.D. CONSULTATIONS lo.Les brochures du B.P.Lamarche ne mentionnent point, parmi les diverses manoeuvres corruptrices, l\u2019achat en bloc des électeurs.Que faut-il penser d\u2019un candidat à la Législature Provinciale, qui, aux approches du scrutin, se présente devant le Conseil municipal d\u2019une paroisse, et promet aux conseillers, en vue d\u2019une amélioration locale, la somme fixe de., pourvu que ces derniers lui assurent une majorité de cinquante voix dans l\u2019arrondissement?\u2014Electeur.Réponse:\u2014Je n\u2019ai pas cru indispensable d\u2019imaginer et de solutionner pareil cas, vu qu\u2019une action scandaleuse ne perd point son caractère, du fait qu\u2019elle est commise par plusieurs ou vis-à-vis de plusieurs.Cependant, comme on pourrait, dans la circonstance, invoquer le prétexte du bien commun, il y a matière, peut-être, à de nouvelles considérations.Remarquons, d\u2019abord, qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019un contrat positif entre acheteur et vendus, et non pas d\u2019une de ces promesses de busting dont se montrent si prodigues nos aspirants-députés.Il y a donc \u201ccorruption\u201d au sens formel et juridique du mot.Les contractants prétendent sans doute agir en vue du bien commun de la paroisse.Mais qui leur garantit que ce bien ne sera pas obtenu au détriment du comté?Et à supposer qu\u2019il puisse être obtenu sans préjudice d\u2019un bien plus général, le candidat élu devra le procurer en vertu meme de son mandat et sans autres conventions.Conclusions: le susdit contrat tombe sous la prohibition de la loi, tant ecclésiastique que civile: conseillers et candidat peuvent être inquiétés en conscience et poursuivis en justice.Et ce dernier, s\u2019il est élu pourra être disqualifié pour six ans, comme en fait foi, du reste, l\u2019opinion légale d\u2019une société d\u2019avocats que j\u2019ai cru devoir consulter à mon tour.Quant aux électeurs qui lui accordent leur suffrage en vertu de l\u2019entente, à laquelle cependant ils ne prirent aucune part, on ne pourra guère les citer devant les tribunaux, mais ils pa- CONSULTATIONS 245 raissent gravement coupables selon la conscience.\u2014 Fr.M.-A.L.2o.Une fille majeure et occupant une position indépendante s\u2019obstine à veiller en tête à tête avec le jeune homme qui la fréquente, et parfois, à sortir le soir, sans chaperon, pour la promenade, le théâtre ou les vues.Elle prétend pouvoir se comporter décemment sans surveillance, et menace de s\u2019enfuir, si les parents interviennent d\u2019autorité.QueU conseils faudrait-il donner au père et à la mère?\u2014Un confesseur.Réponse :\u2014Il faut avouer que cette liberté d\u2019allure tout-américaine est malheureusement en train de s\u2019implanter chez nous, au grand détriment des mœurs.On ne saurait donc trop insister sur les devoirs des parents à cet égard.Cependant, dans le cas proposé, je crois qu\u2019il serait beaucoup plus sage pour les parents de ne pas intervenir d\u2019autorité.Le foyer de famille est toujours une protection, même pour la jeune fille qui ne veut pas de surveillance.Partant, il est-préférable de tolérer cette demi liberté qu\u2019ils ne peuvent empêcher, plutôt que d\u2019exposer leur enfant aux dangers d\u2019une liberté complète.Qu\u2019ils prient, qu\u2019ils distribuent avec bonté et en temps opportun les conseils nécessaires, et pour le reste, qu\u2019ils s\u2019en remettent à Dieu.\u2014Fr.M.-C.F.DANS L'EGLISE ET DANS L\u2019ORDRE I DANS L\u2019ÉGLISE Le Congres de lLA.C.J.C.L\u2019Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-française vient de tenir, pour la première fois à St-Hyacin-the, son congrès annuel.Comme les précédents congrès de l\u2019A.C.J.C., et, un peu du reste, comme toutes ces réunions de Jeunes, le Congrès de St-LIvacinthe aura été avant tout un congrès d\u2019étude; et, à la vérité des plus beaux et des plus éminemment prati- 246 REVUE DOMINICAINE ques, puisqu\u2019on aura étudié là ce qui fut et demeure encore la pierre d\u2019assise, le trait caractéristique de l\u2019activité canadien-ne-francaise : l\u2019agriculture.L\u2019Association de la Jeunesse a donc fait, cette année encore, de noble, d\u2019utile et patriotique besogne.Dès longtemps convaincue qu\u2019il ne lui est permis d\u2019écarter de son objet d\u2019étude et d\u2019action quoi que ce soit de ce qui compose en quelque façon le patrimoine national, et qu\u2019au surplus, rien ne vaut, pour bien posséder jamais un problème et pousser efficacement à sa solution pratique, comme de l\u2019aborder de bonne lieure et franchement, notre admirable Jeunesse n\u2019a pas cru, cette fois encore, devoir plaider incompétence et passer outre à la grande question agricole.Forte d\u2019une vaste et minutieuse enquête ainsi que de l\u2019apport de distingués spécialistes en matière d\u2019agriculture, elle y est donc allée, avec la réserve qui sied toujours à quiconque descend en terre nouvelle, mais aussi bien, avec assurance et autorité.S\u2019il ne peut prétendre avoir vidé la question, ni parcouru toutes les provinces d\u2019un domaine trop vaste pour deux jours ou trois jours d\u2019une marche souvent retardée, le Congrès de l\u2019A.C.J.C., à St-Hyacinthe n\u2019en constitue pas moins, au total, une forte et substantielle contribution à l\u2019étude, et, pourquoi p.as ?à la solution du problème agricole, au Canada.De fait, tous ceux qui ont eu la bonne fortune d\u2019assister a ce Congrès d\u2019Agriculture, ne savent vraiment que reprendre en ces longs et difficiles débats menés par des jeunes gens pour la plupart étrangers au métier, si ce n\u2019est peut-être d\u2019avoir voulu embrasser si grand : ampleur et justesse d\u2019information, sérieux et précision dans la pensée, abondante mais correcte facilité d\u2019expression, libre allure en même temps qu\u2019urbanité parfaite dans la discussion, que manque-t-il donc à ces Jeunes de ce qui marque les élites de toute première valeur et la démonstration n\u2019est-elle pas désormais bien faite de la haute utilité des Cercles d\u2019études, de la forte discipline intellectuelle et morale prise à l\u2019A.C.J.C.* * * Les grands quotidiens ont donné aux travaux de ce Congrès d\u2019Agriculture une si large publicité qu\u2019il serait par trop oiseux d\u2019en reprendre, ici, le résumé ou le commentaire.La Revue Dominicaine se devait tout de même de pren- dans l\u2019église 24Î dre date de ce premier et si fécond passage de l\u2019Association de la Jeunesse, à St-Hyacinthe.Elle tient aussi à faire écho aux voix autorisées qui ont déjà dignement remerciée l\u2019A.C.J.C., pour le réconfortant spectacle qu\u2019elle présente, partout où elle passe, pour la grande leçon d\u2019esprit public, de patriotisme clairvoyant et pratique qu\u2019elle vient de donner une fois de plus à toute la race.* * * Parlant à la séance d\u2019ouverture, et donnant d\u2019avance à ce Congrès qui eut pour Préface la \u201ctrès oelle lettre\u201d de Mgr Bernard, une digne et remarquable conclusion, Mgr le Vicaire-Général de St-JIyacinthe disait que le vrai type du Canadien-français, c\u2019est \u201cle cultivateur qui garde au cœur la-foi de Rome, sur ses lèvres, le beau parler de France, sous ses pieds, la terre de nos campagnes.\u201d A ce compte, ne doit-on pas saluer en cette vaillante et noble Jeunesse de l\u2019Association, toujours debout pour les bons et grands mouvements, prête à dire les mots qui soulagent et à faire les gestes qui sauvent, ne doit-on pas saluer avec fierté et respect toute une phalange de \u201cvrais types ca-nadiens-français,\u201d puisque, elle aussi, prolonge magnifiquement chez nous \u201cla foi de nos pères,\u201d puisqu\u2019elle se croise au besoin, pour le \u201cdoux parler de France\u201d et qu\u2019à la terre elle prêche le retour ! Fr.Gabriel Pereas, O.P.II DANS L\u2019ORDRE Glorieux anniversaire Le 18 février dernier, eut lieu à Rome, en l\u2019église de la Minerve, une cérémonie officielle, très simple mais hautement significative.C\u2019était le 46line anniversaire de la mort du grand artiste dominicain, Fra Angelico, de son vrai nom: Jean de Fiesole.Le Gouvernement italien, par le Ministè-de l\u2019Instruction Publique, a voulu honorer la tombe du célèbre peintre par le don d\u2019une magnifique lampe, dont la lumière toujours ardente doit symboliser la gloire impérissable de l\u2019humble religieux, qui allait, dit Michel-Ange, \u201cchercher au Ciel même dans ses extases les suaves figures 248 REVUE DOMINICAINE qu\u2019il peignait.\u201d Ce présent est une belle œuvre d\u2019art, de style XlVme siècle, ornée d\u2019iris florentins et autres motifs de décoration d\u2019un goût exquis.En même temps était offerte une riche couronne de fleurs naturelles avec une inscription en lettres d\u2019or sur parchemin: \u201cPour honorer la sépulture de Jean de Fiesole, au jour anniversaire de sa mort, Le Ministère de l\u2019Instruction Publique.\u201d Dans la matinée, les Pères Dominicains reçurent à la Minerve le \u2019Sous-Secrétaire d\u2019Etat à l\u2019Instruction Publique, l\u2019Hon.Rosadi, à qui l\u2019on doit l\u2019heureuse inspiration de cette fête de l\u2019art; il était accompagné du Professeur Mimez, surintendant à la Commission des Monuments Publics.Beaucoup de personnes se joignirent à eux pour prendre part, avec un respect touchant à cette sorte de pèlerinage.\u201cFra Angelico, mort à Rome le 18 février 1455, fut enterré dans l\u2019église des Frères-Prêcheurs du Couvent de la Minerve.Depuis longtemps la place exacte était perdue.On savait qu\u2019il avait été confié à un petit sépulcre de marbre dans la chapelle de St-Thomas, non loin du Christ de Michel-Ange.L\u2019année 1000, année jubilaire, cette chapelle avait été réduite pour laisser un passage avec sortie sur la rue actuelle de St-Ignace.A cette occasion, la pierre tombale, par respect pour ce saint homme, avait été levée de terre et posée dans le mur.Avec le temps, on était arrivé à ne plus con-mat re l\u2019endroit précis du tombeau.En 1915, le Ministère de l\u2019Intruction Publique, d\u2019accord avec l\u2019autorité ecclésiastique, fit procéder à des recherches.On souleva d\u2019abord une trappe au centre du bras gauche de l\u2019église, mais les deux caisses de plomb qui furent trouvées portaient des inscriptions relatives à des morts du siècle dernier.D\u2019autres recherches ne furent pas plus heureuses.Enfin le 21 juillet, on vît apparaître quatre petits murs longs de 2 mètres 40, sur 1 mètre 5 de largeur, et une épais- seur de 25 centimètres.En travers étaient placées deux dal les de marbre, qui laissaient supposer que sur elles était appuyée une pierre tombale.La qualité et le genre de monument indiquaient le quinzième siècle.Au fond de la caisse, apparut un crâne de petites dimensions, encore intact, sauf du coté gauche, avec quatre dents de la mâchoire inférieure, et auprès du crâne, quelques ossements. DANS L\u2019ORDRE 249 Il est raisonnable de croire qu\u2019on était en présence des restes précieux de Fra Angelico.En même temps que lé Sous-Secrétaire d\u2019Etat et les ouvriers de la direction des Beaux-Arts employés aux travaux, il y avait là pour partiel* per aux constatations différents confrères du grand Artiste, agenouillés sur les bords de la sépulture.Ce fut devant cé mystère de la tombe un profond respect et une émotion gé* nérale.Malheureusement, dans la terre qui remplissait le sépulcre, se trouvaient d\u2019autres ossements qui appartenaient évidemment à deux autres corps, ce qui rendit nécessaire la plus grande réserve dans l\u2019identification.Le crâne fut mesuré et confronté avec la face sculptée sur la pierre tombale.Cette face, très probablement, dut être modelée d\u2019après un masque imprimé sur le cadavre, selon l\u2019usage en vigueur au XVe siècle, comme le prouve encore le masque de saint Antonin qui est du même temps.Or, cette confrontation conduisit à constater la parfaite coïncidence du crâne et des lobes du front.Deux experts en anatomie présents furent d\u2019avis que le crâne pouvait être du XVe siècle.Sur ces données, il est permis de conclure que cette tête est bien celle de l\u2019Angelico.Elle fut enfermée dans un cassette de plomb avec cette inscription :Crâne attribué à Frère Jean de Fieso-le: 21 juillet 1915.Les autres ossements recueillis dans le même sépulcre furent placés ensemble indistinctement, dans une autre caisse de plomb, avec cette inscription '.Ossements divers trouvés dans le sépulcre de Frère Jean de Fiesole, 21 juillet 1915.Dieu veuille que ce Bienheureux artiste soit bientôt placé sur les autels! C\u2019était déjà le désir du Pape Clément VIII qui avait en si haute vénération la sainteté de ce serviteur de Dieu, que, quand la famille dominicaine poursuivait devant le St Siège la canonisation de saint Hyacinthe et de saint Raymond, il s\u2019est écrié à plusieurs reprises : \u201cPourquoi personne ne songe-t-il à demander la canonisation de ce Frère Jean ?\u201d Nous appelions de tous nos vœux le jour où il nous sera donné de faire la Fête du Bienheureux Fra Anarelico.\u201d O (La Couronne de Marie) 250 REVUE DOMINICAINE Le dernier fascicule des Acta Apostolicae Sedis publie un décret très important, émané de la Congrégation des Séminaires et Universités et daté du 7 mars dernier.Il se réfère au Motu Proprio de Sa Sainteté Pie X, \u201cAngelici Doc-toris,\u201d promulgué en 1914, et détermine que la Somme Théologique de St-Thomas doit être suivie, dans les leçons données par toute Université ou Séminaire admis à conférer les grades académiques, et non pas seulement comme texte à consulter mais comme texte à expliquer.De plus, les vingt-quatre Thèses Philosophiques, choisies par la Congrégation des Etudes, le 29 juillet 1914, contiennent bien la vraie doctrine de St-Thomas et peuvent servir de normes directives dans les examens aux grades philosophiques.Grâce à la vigilante sollicitude du Siège Apostolique, une nouvelle et efficace impulsion est ainsi donnée à renseignement thomiste, à Rome d\u2019abord, puis dans le monde entier.Le 5 mai dernier, fête de St Pie V, Pape Dominicain, le Rme Père Cormier a donné l\u2019habit du Tiers-Ordre à plusieurs prélats et prêtres du Clergé de Rome.En premier lieu, à Son Eminence le Cardinal Cassette, Evêque de Fracasti, qui a pris le nom de Fr.Vincent; à Mgr Bevilacqua, Ev.Tit.de Reti.no; à Don Alessandro Fontana, Curé de San Vitale; (le Collège Angélique est situé sur cette paroisse) puis à quinze autres prêtres, appartenant presque tous au service de la Basilique de Ste Marie Majeure.Quelques jours auparavant, Sa Sainteté Benoît XV avait adressé au Maître-Général le billet autographe suivant : Rme Père Général, J\u2019ai appris avec un vif plaisir que vendredi prochain vous admettrez dans le Tiers-Ordre Dominicain l\u2019Eminentis-sime Cardinal Cassetta et d\u2019autres Prélats et prêtres, à qui 'JSTotre-Seigneur a inspiré cette excellente manière de dignement célébrer la Fête de St Pie V.Ce m\u2019est un motif de joie tout spécial, car un nouveau lien va m\u2019unir à ces nouveaux Tertiaires Dominicains.En signe de ma vive satisfaction j\u2019envoie aux nauveaux.Frères la bénédiction apostolique, et à vous aussi, Père très-vénéré de cet Ordre dont je suis toujours le fils.Benedictus PP.XV. DANS L\u2019ORDRE 251 Encore un Deuil ! Le T.R.P.Aimon Nespoulous, dont l\u2019état nous avait à plusieurs reprises, en ces derniers temps inspiré de vives inquiétudes, vient de s\u2019éteindre pieusement au Plan d\u2019Aups, le vendredi 2 juin.Il avait 78 ans d\u2019âge et 56 de profession.C\u2019est là près de la grotte de la Sainte Baume, si chère à son cœur, qu\u2019il était allé chercher le changement d\u2019air prescrit, par le médecin.L\u2019amélioration espérée ne se produisit point, et sa santé, déjà fort chancelante à l\u2019arrivée ne tarda pas à décliner rapidement en dépit des soins attentifs et dévoués qui l\u2019entourèrent jusqu\u2019à la fin.La mère Prieure de Béthanie qui l\u2019avait accueilli avec le plus charitable empressement nous écrivait le 31 mai: \u201cNotre cher Père Nespoulous a reçu hier les derniers sacrements en pleine connaissance et avec la plus touchante piété.Aujourd\u2019hui il ne peut plus parler, tant sa pauvre langue est tuméfiée, mais sa patience est admirable et a fait couler nos larmes bien des fois.Pauvre cher Père ,comme il excite par son exemple à devenir meilleur !\u201d Le R.P.Constant Adam, l\u2019ami fidèle de la première et de la dernière heure, s\u2019était rendu naguère au Plan d\u2019Aups pour apporter au cher malade le réconfort de sa visite ; il y est retourné à nouveau et en hâte pour nous représenter tous à la cérémonie des obsèques.\u201cJ\u2019ai revu le Père ! m\u2019écrivait-il à peine arrivé.Son corps est exposé, dans le chœur des religieuses, heureuses de le posséder ainsi au milieu d\u2019elles.Nuit et jour, elles ont prié à ses cotés et ce matin, j\u2019ai chanté la messe tout auprès.On ne le mettra en bière qu\u2019au moment des funérailles, qui auront lieu dimanche à 4 heures.Le T.R.P.Tanv est venu tout exprès de Marseille pour donner au Père et à nous ce témoignage de fraternelle affection.Le regretté défunt avait d\u2019ailleurs trouvé auprès du Vicaire de la Ste Baume et de l\u2019Aumônier des Religieuses une assistance consolante pour ses derniers moments.Le service se fera à la paroisse.Le cimetière est tout proche.Le Père sera inhumé dans la Concession des Sœurs.Mourant loin de nous, il ne pouvait être entouré de plus d\u2019affections et de prières.\u201d 252 REVUE DOMINICAINE A vec le P.Nespoulous disparaît de nos rangs l\u2019un de ees Vénérables Anciens, qui avaient encore connu le Père Lacordaire et dont le nombre va en diminuant hélas ! de plus en plus.Figure éminemment religieuse que celle de ce bon et saint vieilard, qui charmait par son accueil, édifiait par sa vertu, réconfortait par ses encouragements.Il restera pour nous un modèle de vie intérieure et de régularité.Dans le petit coin solitaire de Paris, où il avait dû transporter ses pénates, quelle admirable simplicité en toutes choses, quel ordre parfait dans les moindres détails, quelle fidélité ponctuelle à ses habitudes de vie ! C\u2019était bien le cadre idéal pour cet homme de Dieu, qui faisait ses délices de la prière et de la vie cachée.Plus épris en effet de recueillement que d\u2019action extérieure il ne sortait guère de sa retraite que pour des visites de charité, ou des séances de confessionnal.Ce ministère discret, où le bien se fait sans bruit, convenait à sa nature si mesurée et à son esprit si surnaturel.Là point d\u2019acception de personnes, mais parfois un tour de faveur pour les humbles et les petits, dont les loisirs sont plus rares et le temps plus précieux.Que de bien accompli de la sorte, et à tous les degrés de l\u2019échelle sociale ! Aussi des amitiés lui sont-elles venues, fidèles et ^dévouées, qui ont entouré sa personne de vénération et qui garderont à sa mémoire re un culte reconnaissant.Né pour le conseil plus encore peut-être que pour le commandement, dont les responsabilités ne laissaient pas d\u2019effrayer les délicatesses de sa conscience, le Père Nespou-lous n\u2019en a pas moins payé largement de sa personne dans les diverses charges de maître des novices, de prieur et de provincial qui lui furent jadis imposées par l\u2019estime de ses Supérieurs ou la confiance de ses frères.Mais de lui comme de St Antonin on pourrait redire, car c\u2019était vrai à la lettre \u201cad prœsulatum quasi ad crucia-tum raptus.\u201d Et son âme ne retrouvait la plénitude de sa sérénité, qu\u2019autant que l\u2019obéissance, conforme en cela à ses désirs, le replaçait lui-même dans le rang.Il savait s\u2019y montrer si affable et si compatissant qu\u2019il resta jusqu\u2019à la fin entre nos confrères dispersés, comme un trait d\u2019union vivant. DANS L\u2019ORDRE 253 Tous l\u2019eurent pour ami et beaucoup le prirent comme confident de leur âme.Aussi pleurons-nous aujourd\u2019hui sa mort comme un deuil qui nous frappe en plein cœur î Mais son nom est écrit au livre de vie, comme celui d\u2019un bon et fidèle serviteur : c\u2019est là notre espoir et notre consolation.R.M.Tombes dominicaines Le P.Roussot qui a pu aller prier sur la tombe de notre cher et regretté fr.Masson a bien voulu nous faire le récit suivant de ce douloureux et fraternel pèlerinage.24 mai 1916.J\u2019ai pu enfin mettre à exécution le projet que j\u2019avais formé il y a un mois et demi bientôt, d\u2019allei prier sur la tombe de notre cher frère Masson.J\u2019ai profité pour cela d\u2019une après-midi de repos qui m\u2019avait été accordée.Parti de l\u2019ambulance à 1 heure, j\u2019étais à Clermont à 1 heure et demie, grâce à la complaisance d\u2019un automobiliste qui a bien voulu me prendre dans sa voiture.Quel désert lamentable que cette pauvre ville! La seule personne que j\u2019aie rencontré dans ses rues abandonnées est un gendarme, en faction sur la place, et qui m\u2019a demandé ma permission.Après l\u2019avoir bien examinée et avoir constaté que j\u2019étais en règle, il m\u2019a demandé ce que je venais faire dans cette zone dangereuse, à tout instant balayée par les obus.Je lui ai dit alors le but de ma visite.Il a essayé de m\u2019effrayer en me disant que le bombardement de la ville et de ses alentours n\u2019allait pas tarder.\u201cIl commence presque chaque jour vers les deux heures,\u201d me dit-il.Un peu ému, mais voulant accomplir quand meme mon pieux pèlerinage, je continuai ma route.Que de ruines je rencontrai le long de mon chemin.Il ne reste pas dix maisons dans cette pauvre ville ! Comme tout cela est impressionnant ! cela est d\u2019autant plus impressionnant que ces ruines apparaissent tout d\u2019un coup dans leur ensemble, car une bonne partie de la ville se trouve \u201cétagée\u201d sur une colline célèbre qu\u2019on appelle la \u201cbutte de Clermont.\u201d Mal renseigné par mon gendarme, je ne trouvais pas le cimetière que je cherchais près de l\u2019église en ruines.Je me rendis donc chez le maire que je savais par votre lettre, être 254 REVUE DOMINICAINE resté dans la ville et à la disposition de ceux qui voulaient le consulter.Je le trouvai à la mairie, une des rares maisons restées debout.Il me reçut fort aimablement et me donna tous les renseignements qu\u2019il avait sur \u201cle sous-lieutenant Masson dominicain.\u201d J\u2019appris par lui, que notre frère était mort à l\u2019ambulance alors installée à la mairie, qu\u2019il avait été assisté à ses derniers moments par le P.Duthoit, lazariste, lequel est mort il y a quelques mois des suites de ses fatigues.Mieux renseigné cette fois je me dirigeai vers le cimetière où repose notre frère.Il se trouve assez loin de la ville ; il est admirablement exposé sur la côte orientale de la \u201cbutte de Clermont\u201d et complètement caché dans la verdure.Comme je savais que le sous-lieutenant Masson était enterré dans le cimetière civil et non dans le cimitière militaire qu\u2019on a créé depuis, que sa tombe était la lOè de la rangée des tombes d\u2019officiers, et que cette rangée était la 3è à main droite quand on entre dans le cimetière, je la trouvai de suite.Après avoir prié, je pris plusieurs photographies à votre intention.Elles remplaceront toutes les descriptions que je pourrais vous faire.Cette tombe ressemble d\u2019ailleurs à toutes les tombes militaires que nous avons déjà rencontrées si souvent pendant cette guerre.Mais une main amie a passé par là.Une croix en perles noires et une couronne en perles blanches (les deux couleurs dominicaines) ont été déposées sur la tombe de notre frère.Est-ce la même main qui a planté le lys blanc, symbole de la vie dominicaine ( J e ne gais, mais le geste est d\u2019une si belle inspiration qu\u2019il m\u2019a profondément touché.Vers 3 heures et demie, je quittai Clermont pour rentrer à l\u2019ambulance, je n'avais pas reçu un seul obus.Il est vrai qu\u2019une demi heure après mon départ j\u2019entendais les obus éclater sur la ville; c\u2019était trop tard, j\u2019étais à l\u2019abri.Eka Domexico BIBLIOGRAPHIE LA GUERRE EN ARTOIS: PAROLES EPISCOPALES; DOCUMENTS; RECITS.\u2014Publié sous la direction de S.G.Mgr Lobbedey, évêque d\u2019Arras.In-12 de XXI1-514 pages, illustré de 11 gravures et 1 carto.-\u2014 Prix: 3 fr.50.(Librairie Richer, St-ïïjacinthe) Ce livre raconte la guerre en un des pays de France où elle a été le plus intense.L\u2019historien est le vaillant évêque d\u2019Arras, par ses paroles apostoliques et sa vie héroïque, dans sa ville bombardée, Il s\u2019est documenté aussi près des témoins les plus autorisés, qui y parlent et qui y vivent, chacun avec na note personnelle.L\u2019inspiration du livre est donc faite de haute doctrine unie au patriotisme; les événements forment le contraste le plus varié et le plus pathétique, entre les manifestations multiples du courage et de la foi, et les raffinements d\u2019une culture brutale.On y admire là résistance à une barberie sans nom, dans la défensive et l\u2019offensive; la vie militaire et chrétienne, dans les tranchées, sur les champs de bataille, aux ambulances et à l\u2019arrière ; les manifestations religieuses et charitables créées par la guerre.A travers la trame méthodique du récit inédit, se multiplient les épisodes les plus variés ; des scènes épiques ou familières, des tableaux de vaillance et de charité, de multiples preuves de ce qu\u2019ont su faire des organisations officieuses, pour soulager tant de deuils et de misères.L\u2019Artois donne ainsi, sur le front et au delà, sa magnifique mesure d\u2019ensemble, à tous les degrés de la société ; nos alliés ne sont pas oubliés.Une anthologie de poésies locales sur la guerre, üû essai sur les œuvres d\u2019art que celle-ci a inspirées en Artois, fournissent un chapitre très neuf ; des illustrations choisies font revivre le désastre des monuments, avec des scènes de guerre.Cette étude, très nourrie, est un monument durable d\u2019histoire documentaire, qui intéressera tous les âges et toutes les contrées en fixant une foule de souvenirs.SAINT-THOMAS D\u2019AQUIN ET LA GUERRE, par le R.Père Th.Pègues, professeur de saint Thomas au Collège Angélique.Brochure in-12.Prix: 0 fr.50.Voici une publication unique en son genre et qui vient merveilleusement à son heure.Elle se présente sous les auspices du plus grand Docteur- de l\u2019Eglise-.Elle traite du sujet le plus actuel,__l_e plus angoissant.Elle est due à la plume d\u2019un fervent disciple du 256 REVUE DOMINICAINE- Maître, qui passe sa vie à étudier et à commenter sa doctrine.Elle Vient de Rome, du centre de la catholicité, de cette ville qui est comme le sommet du monde, et où l\u2019on est si bien placé pour entendre, connaître et apprécier sainement toutes choses.Et elle nous donne, en quelques pages courtes, mais pleines, substantielles, lumineuses, ce que la pensée du Docteur angélique projette de clartés souveraines sur le grave sujet de la guerre, où tant de passions travaillent à obscurcir les lois de la morale la plus élémentaire et la plus essentielle.Les sous-titres de la brochure en précisent le contenu.Us correspondent à chacun des six chapitres qui la composent : La paix et la guerre;\u2014La guerre juste;\u2014La guerre sage;\u2014 la guerre honnête ;\u2014La guerre sainte ;\u2014La paix.Pour nous, dont la guerre est d'une si éclatante justice, la lecture de ces pages est d\u2019un puissant réconfort.On est heureux d\u2019y voir flétrir comme ils le méritent les procédés malhonnêtes qui ont révolté le genre humain.Et, en même temps, l\u2019on y apprend à se garder des illusions malsaines d\u2019un faux pacifisme, ou des erreurs pernicieuses d\u2019un laïcisme qui est de nature à irriter la colère divine.Enfin, la question de la paix et du traité qui doit l\u2019assurer s\u2019y trouve précisée et résolue en termes qu\u2019on ne saurait trop relire et méditer.Aussi bien sera-ce faire œuvre salutaire et patriotique entre toutes de propager le plus possible autour de soi cette admirable brochure.Superiorum permissu\tDe licentia Ordinarii mu- I\t¦¦.- ¦¦ ¦\t¦¦ ¦¦¦¦ \u2014 ' ¦ ¦\t¦ mmaèmm ¦\t.\t¦\t\u2014 ¦¦ ¦¦ ¦¦¦\t¦ ¦¦¦¦¦ "]
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