L'action nationale, 1 janvier 1980, Janvier
[" L'ACTION NATIONALE Volume LXIX, Numéro 5\tJanvier 1980\t$2.ENFIN, LE LIVRE BLANC! Éditorial REGARD SUR LE FÉDÉRAL par Jean Genest L\u2019ACTION DE NOS SOCIÉTÉS NATIONALES FACE À UNE CONSTITUTION ANTINATIONALE par René Blanchard POURQUOI INVESTIR DANS LA RECHERCHE BIOMÉDICALE?par Dr James C.Hunt L\u2019HOMME NOUVEAU, SELON M.RYAN par Viateur Beaupré LE FRANÇAIS PERD UNE AUTRE BATAILLE par Pierre Bourgault NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT par Roger Bédard Y AU FIL DE L\u2019ACTUALITÉ par Patrick Allen L\u2019ECONOMIE MUTUELLE-VI \u2022\tASSURANCE-VIE RÉGULIÈRE ET VARIABLE \u2022\tASSURANCE COLLECTIVE \u2022\tRENTES VIAGÈRES \u2022\tREVENU-ÉPARGNE VARIABLE AGENCES ET UNITÉS DRUMMONDVILLE GRANBY JOLIETTE LAVAL MONTRÉAL OTTAWA QUÉBEC RIVE-SUD SAGUENAY - LAC ST-JEAN SAINT-HYACINTHE SHERBROOKE THETFORD MINES SIÈGE SOCIAL TÉL (514) 844-2050 SIÈGE SOCIAL: 385 EST, RUE SHERBROOKE, MONTRÉAL, QUÉ.H2X 3N9 L\u2019ACTION NATIONALE Volume LXIX, Numéro 5\tJanvier 1980\t$2.TABLE DES MATIÈRES ÉDITORIAL: Enfin le Livre Blanc!.341 JEAN GENEST: Regard sur le fédéral.350 RENÉ BLANCHARD: L\u2019action de nos sociétés nationales face à une constitution antinationale .363 Dr JAMES C.HUNT: Pourquoi investir dans la recherche biomédicale?372 VIATEUR BEAUPRÉ: L\u2019homme nouveau, selon M.Ryan.384 PIERRE BOURGAULT: Le français perd une autre bataille.390 ROGER BÉDARD: Notes sur M.Édouard Montpetit .394 PATRICK ALLEN: Au fil de l\u2019actualité.404 N\u2019OUBLIEZ PAS LA FONDATION MINVILLE Dépôt légal \u2014 1er semestre 1980 ISBN-2-89070 Courrier de la deuxième classe Enregistrement No 1162 ISSN-0001-7469 AVOCAT\tJEAN HUBERT MARANDA.avocat 325 est, boul.St-Joseph Montréal \u2014 288-4254 BIJOUTERIE POMPONNETTE inc.J.Brassard, prés.256 est, rue Ste-Catherine Montréal H2X 1L4 \u2014 288-3628-29\tBIJOUTIER CAISSE POP\tCAISSE POPULAIRE DE SAINT-JACQUES 1255, rue Berri Montréal, H2L 4C6 Tél.: 849-3581 Directeur: Marcel Beauchemin F.X.LANGE INC.ACIER DE STRUCTURE SECOND TIGE À BÉTON \u2014 PLAQUES 10530 est, boul.Henri Bourassa MONTRÉAL H1C 1C6 \u2014 648-7445\tFER TRADUCTION\tCLAUDE-PIERRE VIGEANT, traducteur et publiciste 604, rue Waterloo, LONDON - ONTARIO N6A 4E3 GROULX, CADIEUX 6 MONGEAU Notaires Yvon Groulx, b.a., I.ph , II I.Gilles Cadieux, b.a , II I Denis Mongeau, b.a., Il.l.J.-C.Larocque, b.a , Il.l 4416, boul.Pie-IX\tTél.: 254-9435\t Le Mouvement national des Québécois demande la souveraineté SNQ\tABITIBI TEMISCAMINGUE\t.\t.\t14,000 SNQ\tCENTRE DU QUEBEC\t\t 28,000 SNQ\tCÔTE NORD\t1,400 SNQ\tEST DU QUEBEC\t\t 34,000 SNQ\tDES HAUTES RIVIÈRES\t\t 13,875 SNQ\tDU LANAUDIÈRE\t\t 17,000 SSJB DE MONTRÉAL\t\t13,000 SNQ\tOUTAOUAIS\t1,050 SNQ\tRÉGION DE L'AMIANTE\t3,900 SNQ\tRÉGION DE LA CAPITALE\t\t 100 SNQ\tDES LAURENTIDES\t\t13,000 SNQ\tSAGUENAY-LAC ST JEAN\t\t 8,000 SNQ\tRICHELIEU YAMASKA\t\t 9,500 SNQ\tRICHELIEU-ST LAURENT\t\t 4,500 SNQ\tDES CANTONS\t\t 350 membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres membres TOTAL 161,675 membres On demande un jour à M.Jacques Parizeau, ministre des Finances: \"Espérez-vous gagner le référendum en faveur de l'indépendance du Québec alors que les fédéralistes et le gouvernement fédéral jettent cent millions de dollars dans la lutte?\" Il répondit: \"Le gouvernement fédéral et les Anglo Canadiens ont toujours eu plus d'argent que nous! Mais nous, nous avons les hommes et les femmes du Québec qui font la majorité! Votre mouvement n'a-t-il pas 160,000 membres?\" HOMMES ET FEMMES DO QUEBEC, PRENEZ VOTRE PAYS EN MAIN! VOUS FAITES LE PAYS! LE QUÉBEC N'EST PAS A VENDRE! IV AVOCATS\t \tGUY BERTRAND & ASSOCIÉS, Avocats 42, Sainte-Anne, suite 200, Québec, Qué.G1R3X3 Tél.: 692-3951 Guy Bertrand, Gilles Grenier, Louise Otis COMPTABLES\tDesforges, Beaudry, Germain & Associés Comptables agréés 210 ouest, boul.Crémazie, suite 2 Montréal 354 \u2014 Tél.: 388-5738 3^ .^ * 1SS&* V LAINE\tLAINE PAUL GRENIER ENR.Spécialité: laine du Québec 2301 est, rue Fleury Montréal H2B 1K8 388-9154 3669116 LES FONDOIRS GABRIEL CHARRON LTÉE 1083A L'Épiphanie 563, 45e Avenue LASALLE, Qué.H8P 3B9\tFONDOIRS PLACEMENTS\t RAYMOND CAMUS INC Courtiers en valeurs mobilières 1200, ave McGill College, chambre 1400, Montréal H3B 4G7 OBLIGATIONS \u2014 Actions et Fonds mutuels Tel.; 879-1714\t QUINCAILLERIE\tÉDOUARD ROY & FILS LTÉE Quincaillerie en gros exclusivement 4115 est, rue Ontario, Mtl H1V 1J8 Tel.524-7541 FRANÇOIS-ALBERT ANGERS POUR ORIENTER NOS LIBERTÉS Volume de 280 pages, publié en 1969, qui reproduit le meilleur de la pensée de M.Angers et qui éclaire l\u2019actualité que nous vivons sans toujours voir les grandes lignes de fond.\t VI DE GRANDS LIVRES 1.\tSur Groulx, 288 pages, illustrées .$5 2.\tSur Minville, 188 pages, illustrées .$5 3.\tSur les Acadiens, 180 pages.$3 4.\tSur le Parti Acadien, 120 pages .$3 5.\tSur les États généraux a)\tles documents de travail, 1967, 275 pages.$3 b)\tles Assises nationales, 1969, 640 pages.$7 6.\tSur le territoire du Québec, 104 pages, 1977 .$2 7.\tSur Angers qui veut orienter nos libertés, 280 pages.$5 8.\tSur le référendum, 240 pages, 1979 Une nouveauté.L\u2019expérience universelle .$6 Ne manquez pas ce volume! 9.\tNouveauté! Gustave Lamarche: Textes et discussions, volume 4 intitulé Pêle-Mêle, 1979, 274 p.$8 Diffusez ces volumes de pensée solide et riche, délivrés du colonialisme et de l\u2019opportunisme. VII -j s* une Institution aux racines authentiquement populaires et québécoises w Laissez notre représentant vous aider à bien planifier votre programme de sécurité financière.n l'assurance-vie desjardins siège social lévis (quëbec) VIII LA FONDATION MINVILLE De quoi est fait le géant de l\u2019Hydro-Québec, sinon de ruisseaux qui convergent en rivières, de rivières qui convergent en fleuves, de fleuves qui dévalent dans des turbines et de turbines qui transforment la force de l\u2019eau en lumière pour les cités des hommes?De quoi est fait le Mouvement coopératif, sinon de petites économies qui s\u2019accumulent en milliards de dollars, lesquels répondent aux besoins de milliers d\u2019individus et d\u2019industries qui, en s\u2019additionnant, font marcher un pays?Ainsi en est-il de la Fondation Min-ville! Elle accumule des dons et des legs en un capital intangible dont les intérêts vont servir à l\u2019action intellectuelle de l\u2019Action nationale ou toute autre oeuvre dynamisant le Projet-Québec! La Fondation atteint déjà $48,000.Il n\u2019en dépend que de vous, de votre entreprise pour qu\u2019elle dépasse $100,000.S.V.P.un coup de cœur et un coup d\u2019épaule! IX QUI AURAIT JAMAIS DIT CELA?Lorsque L\u2019Action nationale fut fondée, en 1917, l\u2019abonnement coûtait $1.par an.En 1962, il était à $5.En 1972, il fallut le hausser à $10.En 1977, ce fut $15.Et en 1980, à partir du 1 janvier, c\u2019est $20.Nous reflétons assez bien la spirale des inflations dans le monde occidental.Pour une raison ou pour l\u2019autre, les dettes des États se paient avec toujours plus de papier monnaie.Le pétrole monte toujours mais le prix international des avions et du blé monte plus vite.L\u2019Action nationale ne vit pas isolée de ce dur monde économique.Tous les directeurs acceptent la gratuité absolue.Mais l\u2019imprimeur, l\u2019expéditeur, le secrétariat doivent continuer: leurs prix sont raisonnables dans un monde enfiévré de profits et de salaires à la hausse.À l\u2019unanimité, les directeurs de la Ligue d\u2019action nationale ont permis au directeur de porter l\u2019abonnement annuel à $20.Qui aurait dit, parmi les fondateurs, que cela arriverait un jour?Nous comptons sur la compréhension et la conviction de nos lecteurs.Si nous survivons, à côté de l\u2019envahissant cimetière des revues libres, c\u2019est à vous, et à vous seuls, que nous le devons. X QUI MET TROIS MILLIONS DE DOLLARS CONTRE LE OUI?Les Québécois veulent bâtir leur pays, qui s'y oppose?Voyez leurs intérêts! Ils profitent du Québec et le maintiennent asservi à leur puissance économique.Nom\tMontant Aluminium Company of Canada Ltd\t\t\t$75,000 Northern Telecom Ltd\t\t\t 75,000 Royal Bank of Canada \t\t\t 75,000 Canadian Imperial Bank of Commerce\t\t 75,000 Canadian Pacific \t\t\t 75,000 Canadian National\t\t\t 75,000 The Molson Companies \t\t\t 75,000 Imperial Oil \t\t\t 75,000 Bell Canada \t\t\t75,000 Bank of Montreal \t\t\t 65,000 Gulf Canada\t\t\t 60,000 Trans-Canada Pipelines\t\t\t 50,000 Steinberg \t\t\t 50,000 Imasco Ltd\t\t\t 50,000 Bank of Nova Scotia\t\t\t 50,000 Seagrams\t\t\t 50,000 The Gazette\t\t\t 50,000 XI \tSun Life \t\t\t$50,000 \tNoranda \t\t\t 50,000 \tAir Canada\t\t\t 50,000 \tMacMillan Bloedel \t\t\t 50,000 \tBanque Canadienne Nationale\t\t\t\t 50,000 \tSteel Company \t\t\t 40,000 \tDomtar\t\t\t 40,000 \tHiram Walker & Sons Ltd\t\t\t 40,000 \tToronto-Dominion Bank \t\t\t 37,500 \tBanque Provinciale du Canada \t\t\t 25,000 \tBrascan \t7\u2014r\t\t\t 25,000 \tCanadian International Paper\t\t\t 25,000 \tDominion Textile \t\t\t 25,000 \tPratt & Whitney \t\t\t 25,000 \tDominion Bridge \t\t\t 25,000 \tCemp Investments \t\t\t 25,000 \tProvigo\t\t\t 25,000 \tManufacturers Life \t\t\t 25,000 \tRoyal Trust \t\t\t 25,000 \tKraft Limited \t\t\t 25,000 \t^ Cimeiitsjlu-St-iauriinu^\t\t\t 25,000 \tDominion Foundries & Steel Ltd\t\t\t 25,000 \tStandard Brands Ltd\t\t\t 25,000 \tAbitibi Paper \t\t\t 25,000 \tPrice Company \t\t\t 25,000 \tEdper Investments Ltd\t\t\t 25,000 \tCanada Development Co\t\t\t 25,000 \tStarlaw investments Ltd\t\t\t 25,000 \tCarling O'Keefe \t\t\t 25,000 \tConsolidated Bathurst \t\t\t 20,000 XII Continental Group of Canada\t\t.$20,000 Cominco \t\t.20,000 Dominion Stores Ltd\t\t.20,000 Mutual Life\t\t.15,000 Timmins Investment\t\t.15,000 Mercantile Bank of Canada\t\t.15,000 Simpsons Sears\t\t.15,000 Canadian Industries Ltd\t\t.15,000 Canada Trust Co\t\t.15,000 Canadian Imperial Bank of Commerce\t\t.15,000 Financial Post Publications\t\t.12,500 Nesbitt Thompson \t\t.12,500 James Bichardson Ltd\t\t.12,500 Dupont of Canada Ltd\t\t.12,500 Hudson's Bay\t\t.12,500 Atlas Construction\t\t.10,000 Ralston Purina of Canada\t\t.10,000 Genstar\t\t.10,000 Reitman's Inc\t\t.10,000 CAE Industries Ltd\t\t.10,000 Télé-MétropoleJ=icL\u2014^\t\t.10,000 TUbe Mutual Life lnsura.nce_Cm of Canada .\t.10,000 British Columbia Forest Products Ltd\t\t.10,000 Petrofina Canada Ltd\t\t.10,000 Bombardier-MLW \t\t.10,000 McLeod Young Weir Ltd\t\t.10,000 Colonial Conners Ltd\t\t.10,000 Wood Gundy Ltd\t\t.10,000 Canada Permanent Trust\t\t.10,000 The Oshawa Group Ltd\t\t.10,000 XIII \tCinutot.Lafarge \t\t.$10,000 \tCanada Packers \t\t.10,000 \tTouche Ross & Co\t\t.10,000 \tCoopers & Lybrand\t\t.10,000 \tThorne Riddell & Co\t\t.10,000 \tClarkson, Gordon & Co\t\t.10,000 \tRothmans of Pall Mall Canada Ltd\t\t.10,000 \tRobin Hood Multifoods Ltd\t\t.10,000 \tGreat-West Life Insurance Co\t\t.10,000 \tPrice Waterhouse \t\t.10,000 \tAlgoma Steel Corp.Ltd\t\t.10,000 \tFraser Companies Ltd\t\t.10,000 \tMontreal City and District Bank\t\t.10,000 \tPascals \t\t.10,000 \t¦Powef-Gûfporation of Canada Ltd\t\t.7,500 \tBank of Montreal\t\t.7,500 \tConfederation Life Insurance Co\t\t.7,500 \tRio Algom Ltd\t\t.7,500 \tThe Imperial Life Insurance Co.of Canada .\t.7,500 \tCanada Life Insurance\t\t.7,500 \tThe Investors Group \t\t.7,500 \tUnion Carbide\t\t.5,000 \tHenry Birks & Sons Ltd\t\t.5,000 \tIAC Ltd\t\t.5,000 \tAlliance Mutual Life Insurance Co\t\t.5,000 \tRolland Paper Ltd\t\t.5,000 \tNational Trust Co.Ltd\t\t.5,000 \tThe Guarantee Co.of North America\t\t.5,000 \tDesmarais et Frère Ltée \t\t.5,000 \tCampbell Soup Co.Ltd\t\t.5,000 XIV Rowntree Macintosh Canada Ltd.Grande-Bretagne 5,000 MacLean Hunter Ltd.Lever Brothers Ltd.McCain Foods Ltd.Maple Leaf Mills .Mead Ft Co.Ltd.Burns Fry Ltd.Hilton .5,000 5,000 5,000 5,000 5,000 5,000 5,000 .$98,925 $2,783,425 et autres Tout Québécois devrait avoir honte de se faire dicter son vote, au référendum, par eux! ILS DONNENT $3 MILLIONS A PRO-CANADA, L'INSTRUMENT DU \"NON\" QUÉBÉCOIS ET QUÉBÉCOISES VOTRE LIBERTÉ VAUT PLUS QUE CELA! EDITORIAL Enfin, le Livre Blanc! par Jean Genest 342 L\u2019ACTION NATIONALE Événement historique Pour la première fois en notre histoire, le gouvernement du Québec, au nom des Québécois, demande l\u2019indépendance et offre à ses propres citoyens, comme à tous les pays du monde, de créer la nationalité québécoise.L\u2019indépendance du Québec dans l\u2019interdépendance du continent américain.Il propose de mettre fin à quatre siècles de colonisation, d\u2019abord celle de la France, puis celles de Londres et d\u2019Ottawa.En 120 pages d\u2019analyse claire, dense, mesurée, il ramasse nos espoirs frustrés au long de l\u2019histoire, les déraillements et défaillances du fédéralisme canadien et les finalités de notre révolution tranquille qui se résument en un besoin collectif d\u2019autodétermination et de dignité nationale.Les auteurs ont fait une bonne oeuvre.Comme les oeuvres fédéralisantes, ils n\u2019appellent pas à la bonne entente, au compromis unilatéral, à l\u2019apprentissage de I anglais comme langue de la soumission et du progrès dans la servitude.Ils lancent un pays à construire.Comme dans les chantiers en fête quand les travailleurs lancent un nouveau navire.La proposition faite aux Québécois est d\u2019ordre historique.À quoi le comparer?Nos documents, ceux qui représentent une évolution collective, sont assez rares.Il y a l\u2019Acte de Québec, en 1774.Mais écrit à Londres, il est davantage une concession londonienne qu\u2019un acte volontaire du Québec en faveur de l\u2019autodétermination.Il y a les 92 Résolutions de Papineau.Elles condamnent l\u2019arbitraire du gouvernement imposé par le Colonial Office en 1834.Elles stigmatisent l\u2019accaparement des fonctions et des terres, les injustices où tout un peuple est évincé des cadres de décision.Papineau exige la fin de l\u2019exploitation coloniale et un véritable début de démocratie parlementaire.Plus tard, entre 1960 et 1976, pouvons-nous considérer comme historiques, les avatars des réunions ENFIN, LE LIVRE BLANC! 343 fédérale-provinciales?On y déclarait que \u201ctout est négociable\u201d mais, en pratique, rien n\u2019était remis aux provinces et, en ces dernières dix années, le gouvernement fédéral ne cessait d\u2019augmenter ses pouvoirs.Toujours selon les intérêts et les conceptions de la majorité anglo-canadienne! Ces années noires des négociations, dans le cadre fédéral de la National Policy, préparaient l\u2019enterrement du fédéralisme et devenaient un exercice en futilités.Le LIVRE BLANC, de novembre 1979, représente le plus sérieux effort pour obliger les partenaires anglo-canadiens à réfléchir sur leur gestion du Canada.Il les invite à mettre fin aux enlisements canadiens, aux récriminations Ottawa-Ouébec, par l\u2019indépendance du Ouébec.Désormais les Ouébécois seraient maîtres chez eux, responsables de leur destinée collective.L\u2019alternative Ou le statu quo: on ne change rien! Ou des changements mineurs à coups de concessions par grignotements dans un fédéralisme sans cesse renouvelé.Ou l\u2019indépendance dans un siècle ou deux.Car, pourrait-on dire: \u201cLa maturité n\u2019arrive pas à tous les citoyens en même temps!\u201d Le misérabilisme de ces possibilités nous oblige à mettre le doigt sur l\u2019essentiel.Pourquoi toute autre solution que l\u2019indépendance est-elle, actuellement, à rejeter?C\u2019est que dans notre développement comme entité nationale, ces solutions dérisoires ne nous permettent pas de prendre les vraies décisions, celles qui comptent dans la vie d\u2019un peuple.Nous avons les hommes, les universitaires, les richesses, les capacités de prendre les vraies décisions politiques, celles qui engagent le gouvernement de tout un peuple.Nous ne voulons plus dépendre des décisions d\u2019autrui, comme celles d\u2019Ottawa qui représentent une majorité de 80% d\u2019Anglo-Canadiens.Ils gouvernent pour eux.Nous voulons un gouvernement qui dirige la barque, pour nous d\u2019abord.C\u2019est cela être une nation.C\u2019est cela être vraiment propriétaire.Dans le fédéralisme concocté par les intérêts du régime fédéral qui existe depuis 112 ans, le Ouébec se voit devenir de 344 L'ACTION NATIONALE plus en plus un simple locataire.Nous ne pouvons entreprendre les réparations de la maison et les grands plans d\u2019aménagement, sans une continuelle et humiliante dépendance d\u2019Ottawa.Le LIVRE BLANC annonce la fin des complaisances pour les uns et l\u2019appel au réalisme chez les autres.Critique du fédéralisme Le fédéralisme vécu n\u2019est plus du fédéralisme.Ottawa, méprisant les petites souverainetés provinciales, a voulu systématiquement tout centraliser et uniformiser.Tant pis pour le Québec s\u2019il se sentait étouffé! On ne compte plus les lettres des ministres québécois avertissant Ottawa de ce qu\u2019il défaisait et brisait.Faut-it citer, au point de vue de notre culture, le monopole fédéral en matières de cablo-diffusion, de radio et de télévision?En matières d\u2019information, d\u2019éducation des adultes et de culture de l\u2019esprit, nous devenions dépendants des décisions de fonctionnaires anglo-canadiens.Eux nous disaient ce qui convenait au développement de notre culture française! Les fédéralisants, pour défendre leur cause, dévient souvent leur plaidoirie vers la philosophie du fédéralisme, vers l\u2019esprit et l\u2019idéal du fédéralisme.Alors le fédéralisme, qui n\u2019est plus canadien mais abstrait et angélique, devient aussi pur qu\u2019une main d\u2019ange.Malheureusement les anges n\u2019ont pas de mains.Et surtout pas de mains dans les affaires canadiennes! Retombant sur terre, les fédéralisants invoqueront alors, comme l\u2019argument-massue: \u201cVoyez l\u2019avantage du fédéralisme canadien.Par les péréquations, le niveau de vie est sensiblement le même d\u2019une province à l\u2019autre, l\u2019entraide aux régions défavorisées est de tous les jours!\u201d Ces mauvais plaideurs oublient de nous dire que ces péréquations ne sont devenues possibles que par un accroc ou deux à la Constitution de 1867.En effet, la Constitution accorde tous les impôts directs sur les revenus des individus et des corporations, aux seules provinces.Si les provinces avaient pu garder pour elles ces revenus, ENFIN, LE LIVRE BLANC! 345 elles n\u2019auraient plus besoin des paiements par péréquation: elles se suffiraient à elles-mêmes.Les péréquations augmentent les dépendances mais les impôts augmentent leur marge de décision: les péréquations sont donc à l\u2019avantage de la centralisation.Ajoutez à cette mainmise du gouvernement fédéral, absolument inconditionnelle, sur les impôts directs, le droit que s\u2019est accordé à lui-même le gouvernement fédéral de dépenser là où il veut, et vous avez un gouvernement arbitraire, qui fait fi de la Constitution ou qui l\u2019interprète comme il veut.Rouspétez un peu et les provinces sont conduites devant la Cour Suprême dont tous les juges doivent leur nomination au gouvernement fédéral! Les dés sont pipés.Le fédéralisme canadien aussi.Les provinces se sentent volées.Si les provinces anglo-canadiennes acceptent mieux cette situation, cela ne diminue pas le fait que le Québec se perçoit, surtout depuis la Deuxième Grande Guerre, comme écrasé par un impérialisme abusif ordonné par et pour les intérêts de la majorité anglo-canadienne.Le LIVRE BLANC dit que l\u2019indépendance est préférable à ce sentiment de descente vers le statut de colonie d'Ottawa.Un fait majeur Quoi qu\u2019il en soit de cette accumulation de griefs contre l\u2019évolution du fédéralisme canadien et du passé, l\u2019argument principal en faveur de l\u2019indépendance du Québec provient de l\u2019avenir qui nous est préparé.Voilà le fait majeur! Notre avenir dans le fédéralisme canadien est sans autre issue que la désintégration et l\u2019étouffement lent.Toutes les projections vers l\u2019avenir contiennent le même enseignement pour les sages.En l\u2019an 2000, le Québec représentera moins de 23% de la population totale du Canada.Sur 325 députés à Ottawa, le Québec ne disposera plus que de 75 députés.Voilà la situation prévisible.Devant ce fait majeur, le laisser-faire, le laisser-espérer et la volonté de demeurer dans le Canada font des fédéralisants québécois actuels, des utopistes de 346 L'ACTION NATIONALE première grandeur.Le statu quo ou le fédéralisme retouché nous conduit lentement et inexorablement à une minorisation, avec un pouvoir de décision toujours plus amoindri.Notre simple existence, comme groupe et comme nation, sera perpétuellement remise en question.Les Ryan de toujours serviront de valium pour notre peuple.Aspect pédagogique de ces faits Les trois premiers chapitres du LIVRE BLANC devraient servir à l\u2019enseignement de l\u2019histoire dans toutes les écoles françaises du Québec.Tous les professeurs devraient les compléter et les commenter à leurs élèves.Ces pages inviteront nos jeunes au discernement et à l\u2019actualité des choix fondamentaux que nous avons à faire comme nation.Ces mêmes jeunes doivent assumer tôt les responsabilités nationales.Quels obstacles ont entravé notre cheminement, comme peuple, vers l\u2019autodétermination normale?Notre génération leur livrera-t-elle une oeuvre à moitié accomplie?Ils ont droit de savoir et de diriger un regard neuf sur les mobiles et les idéaux qui divisent, actuellement, notre peuple.Ils doivent être initiés, à l\u2019occasion du référendum, à la nouvelle époque qui sera la leur si le OUI triomphe.Ils devront aussi comprendre les paralysies et les médiocrités auxquelles ils devront faire face, si leurs parents répondent NON.Et maintenant, l\u2019association Tant que nous parlons d\u2019indépendance, tous les nationalistes et tous les clairvoyants sur notre passé et sur notre avenir font bloc.L\u2019idée d\u2019une nationalité québécoise les unit, du plus riche au plus pauvre, du travailleur à l'universitaire, de l\u2019habitant au bourgeois.En abordant l\u2019association, le LIVRE BLANC veut répondre à deux difficultés: 1 \u2014 Le gouvernement du Québec prend l\u2019initiative de transformer la constitution fédérale du Canada en une constitution confédérale.Il lui appartient donc de proposer le scénario et les institutions propres à sauver l\u2019in- ENFIN, LE LIVRE BLANC! 347 dépendance des parties et leur interdépendance économique.En ce sens, le LIVRE BLANC prend l\u2019initiative des changements et essaie de prévoir l\u2019avenir, à la fois du Canada et du Québec.Cela fait contraste avec l\u2019immobilisme d\u2019Ottawa et le peu d\u2019imagination des fédéralisants.2 \u2014 Le gouvernement du Québec ne veut pas un bouleversement qui augmenterait les peurs qui affleurent ici et là dans certains secteurs de la population.Il veut une transition en douceur.Par stratégie, il est conduit à des concessions que certains jugent excessives.En réalité, ces concessions sont essentiellement dues à nos divisions intérieures.Si la population du Québec était unanime, si les passions politiques cédaient la place aux convictions nationales, les problèmes de l\u2019interdépendance entre le Québec et le Canada n\u2019auraient pas cette importance et n\u2019auraient pas exigé de telles concessions, comme celle d\u2019un régime monétaire unique.Nos divisions elles-mêmes sont le signe le plus visible de la domination d\u2019Ottawa, de son contrôle et des conséquences néfastes de notre division en partis politiques.Diviser pour mieux régner.Et le gouvernement de Québec doit répondre: \u201cS\u2019unir entre Québécois pour mieux vivre!\u201d Et il ouvre la porte aux associations compatibles avec l\u2019indépendance politique.L\u2019idée, dit le LIVRE BLANC, est de \u201cs\u2019appuyer, au point de départ, sur ce qui existe déjà\u201d (p.65).\u201cL\u2019égalité juridique fondamentale des partenaires n\u2019empêche pas une certaine flexibilité dans le fonctionnement de la communauté\u201d et \u201cla négociation du traité permettra de trouver les mécanismes les plus aptes à assurer le succès de l\u2019association\u201d (p.66).Phrases rassurantes, certes.Mais la concession d\u2019une régie monétaire unique, nous l\u2019espérons fortement, ne sera pas acceptée par les Anglo-Canadiens mis au pied du mur.Nos divisions et toutes sortes d\u2019intérêts qui trouvent leur source dans les faveurs intéressées du gouvernement fédéral, empêchent le gouvernement du Québec de négocier avec l'unanimité populaire désirable.L\u2019œuvre de l\u2019indépendance totale ne sera pas terminée en une 348 L\u2019ACTION NATIONALE seule étape.L\u2019indépendance politique sans l\u2019indépendance économique serait le reliquat de notre dichotomie psychologique entre Ottawa et Québec, de notre schizophrénie traditionnelle qui cherche les meilleures relations avec le Canada et la plus grande autonomie pour le Québec.Il y a ambiguïté et grincement.Le LIVRE BLANC apporte l\u2019argument souverain de la politique du possible.Et le référendum?Un OUI au référendum, c\u2019est la réfutation du Rapport Durham de 1839, définitive et éclatante.C\u2019est la fin du National Policy qui, depuis 1872, a si bien servi les intérêts des Anglo-Canadiens.C\u2019est la fin de toute la politique inaugurée, depuis 1940, par le Rapport Rowell-Sirois.Autrement dit, c\u2019est la fin d\u2019une époque noire.Nous avons à choisir une soumission continuée à une majorité à 80% anglophone à Ottawa ou un gouvernement totalement nôtre à Québec où nous constituons une majorité à 81 %.Nous avons à choisir entre un pays où nous devenons de plus en plus des locataires ou un Québec où nous serons vrais propriétaires après en avoir été les vrais fondateurs.Les Anglo-Canadiens raisonnent-ils bien?S\u2019ils refusent l\u2019indépendance au Québec, quelle sera leur situation?Elle sera plus difficile que maintenant.Peut-être même plus odieuse.Car l\u2019idée d\u2019indépendance ne meurt pas facilement.Aucune baïonnette ne l\u2019arrête.Nos revendications deviendront quotidiennes et rempliront les journaux du monde entier.Un jour, ils devront bien accepter le fait d\u2019un Québec indépendant.Alors le problème devrait leur apparaître comme ceci: \u201cVaut-il mieux accepter un Québec indépendant, aujourd\u2019hui ou demain?Si c\u2019est aujourd\u2019hui, nous partons bons amis et bons partenaires.Si c\u2019est demain, rien n\u2019est plus certain et nous ne rencontrerons peut-être pas un autre Ryan pour faire notre boulot!\u201d M.René Lévesque avait bien raison d\u2019appeler ce moment: \"L\u2019opération volonté!\u201d Après avoir énuméré nos avoirs comme nos compétences nouvelles, notre ter- ENFIN, LE LIVRE BLANC! 349 ritoire, nos richesses naturelles, notre culture à développer, notre représentation à l\u2019ONU et dans l\u2019univers, il termine de façon émouvante: \u201cOui, nous voulons une existence nationale, libre, fière et adulte.Un petit mot, sonore et positif, OUI, nous l\u2019apportera\".Le référendum est bien une affaire de tête et une affaire de cœur! Regard sur le fédéral par Jean Genest REGARD SUR LE FEDERAL 351 I \u2014 Le gouvernement général d\u2019Ottawa en 1977 Un fait majeur domine l\u2019administration du gouvernement fédéral en 1977: les revenus, à Ottawa, furent de $36,500,000,000 mais les dépenses atteignirent $43,900,000,000.Le déficit est donc formidable: $7,300,000,000.Pour mieux comprendre ce résultat de la politique de M.Trudeau, alors premier ministre du Canada, il est nécessaire d\u2019établir des points de comparaison: le budget fédéral en 1977-1978 s\u2019établit à $41,144,860,407; le budget fédéral en 1978-1979 s\u2019établit à $48,732,015,271; le budget fédéral en 1979-1980 s\u2019établit à $50,767,704,897.Ces budgets sont le quadruple du seul budget québécois.Cependant on n\u2019y comprend rien si on ne met pas en regard les déficits retentissants qui alourdissent tout l\u2019avenir du Canada: déficit fédéral en 1976: $2,700,000,000; déficit fédéral en 1977: $7,300,000,000; déficit fédéral en 1978: $12,000,000,000.(prévision); déficit fédéral en 1979: $10,000,000,000.(prévision).Le seul service de la dette du gouvernement fédéral coûte cinq milliards et demi en 1977-1978, sept milliards en 1978-1979 et huit milliards et demi en 1979-1980.En cette seule année 1977, la dette fédérale représentait 23% de son budget tandis qu\u2019un déficit de un milliard de dollars pour le Québec ne représentait que 6% de son budget.On dit parfois que l\u2019administration fédérale est meilleure que celle du Québec et que les fonctionnaires sont plus compétents à Ottawa.Devant les faits, les calomniateurs ne devraient-ils pas rajuster leur tir?Il est vrai qu\u2019à peu près tous les pays du monde connaissent, durant la spirale de l\u2019inflation de la monnaie, des salaires, des matières premières etc., une hausse générale de la dette publique.Mais quand les déficits atteignent 23% du budget annuel, il y a certainement quelque chose de pourri au royaume du Danemark! Les Anglo-Canadiens trouvent que le Canada, en ces difficultés, n\u2019a pas de vrai leadership.En réalité, si le 352 L'ACTION NATIONALE Canada continue à être gouverné par des improvisateurs et des incompétents, il risque de se lézarder par lui-même.La poussée du Québec demandant l\u2019indépendance n\u2019aura été que l\u2019ultime pression du doigt appuyé sur le Temple! Il y a des points que les syndicats et les hommes d\u2019affaires ne mettent pas en valeur.Comme celui-ci.Pour aider à la création d\u2019emplois, le gouvernement fédéral dépensa, en 1976, la somme de $207,000,000 et, en 1977, la somme de $314,000,000.Quelle manne, dira-t-on! Quels génies gouvernent le Canada! Mais attendez la suite! Si, en 1976, le gouvernement fédéral dépensa $570,000,000.en assurances-chômage, il dut sextupler cette somme quand, en 1977, il dut dépenser quatre milliards de dollars pour lutter contre le chômage! L\u2019absurde est celui d\u2019un pays qui dépense trois cents millions de dollars pour créer des emplois et quatre milliards pour entretenir le chômage! En 1977, le Canada compta 900,000 personnes sans emploi.Toujours en 1977, les industries canadiennes ne fonctionnèrent qu\u2019à 80% de leur capacité malgré un dollar canadien dévalué à .90 sous, ce qui aurait dû rendre l\u2019exportation intéressante.Devant ces chiffres qui sont autant de faits, les économistes et les industriels stigmatisèrent le gouvernement pour son peu d\u2019initiative et d\u2019imagination à stimuler l\u2019économie et à combattre le chômage ou à contrôler l\u2019inflation.Par leurs analyses, les économistes anglo-canadiens déclarèrent que le gouvernement était inefficace.Doublement inefficace si on compare cette administration fédérale à l\u2019administration financière du Québec qui fut, en ces années-là, plutôt remarquable! Ce contexte explique la position de M.Claude Forget, ancien ministre de la Santé dans le gouvernement de M.Bourassa, à Québec, lorsqu\u2019il demanda, en octobre 1979, à un auditoire de Toronto, de dissuader M.Trudeau devenu chef de l\u2019opposition à Ottawa, de se mêler du référendum québécois car il fournirait trop d\u2019arguments anti-fédéralistes aux gens du Parti québécois! C\u2019était mettre de l\u2019iode sur une plaie vive! Mais c\u2019était juste! Il semble que les jours de M.Trudeau sont comptés. REGARD SUR LE FÉDÉRAL 353 Avec un déficit dépassant trente-deux milliards en quatre ans (1976-1979) et un service de la dette fédérale rongeant 12% du budget fédéral, les dirigeants du gouvernement fédéral ne jouissaient plus d\u2019aucune possibilité d\u2019une politique positive et imaginative.Ce fut la politique du laisser-faire, de quelques démissions, de voyages et de discours! La situation mondiale, en se corrigeant, finira bien par corriger la situation canadienne! D\u2019ici là, faisons des discours aux Québécois sur la nécessité et l\u2019apprentissage de la compétence! Ou sur l\u2019importance de couler avec le Canada! Devant cette situation alarmante, M.Arthur Donner écrivait dans le Globe and Mail (17 octobre 1977) qu\u2019il fallait prévoir une baisse de notre production nationale brute (PNB) d\u2019environ douze milliards de dollars.Les industries produisant donc au ralenti, cela créerait 389,000 chômeurs de plus.De 1974 à 1978, les pertes de notre production nationale brute (PNB) atteindraient quarante-neuf milliards de dollars.Pour éclairer ces chiffres de l\u2019économiste Donner, rappelons que la moyenne annuelle de la production canadienne brute fut de $208 milliards mais plus de la moitié est le fait d\u2019entreprises ou de filiales américaines1.Les profits du Canada sont donc assez minces.Le Canada n\u2019est plus un pays en santé! Devant un monde économique canadien sans leadership, M.Ronald Anderson (Globe and Mail, 15 décembre 1977) condamnait le gouvernement fédéral pour sa façon de mener la tâche: \u201cLe gouvernement sous-estima la vigueur du mouvement inflationnaire, erra sur le sérieux et la durée de la récession mondiale, se trompa sur les réserves canadiennes en huile brute, ne sut pas prévoir la force des concurrents sur le marché des métaux, fut incapable de contrôler les coûts et les salaires du secteur public et, de façon générale, il n\u2019offrit qu\u2019un pitoyable leadership et un mauvais exemple\u201d2.1.\tDenis Beauregard: À qui appartient le Canada?Stanké, 1978, Montréal, 226 pages.2.\tCanadian Annual Review of Politics and Public Affairs, 1977, UTP Edited by John Saywell, 1979, p.310. 354 L'ACTION NATIONALE M.Pierre Elliott Trudeau perdit donc les élections fédérales de 1979.Ce qui paraît insupportable aux connaisseurs, c\u2019est l\u2019allure impénitente du chef de l\u2019opposition quand il fait le coq ou se prétend l\u2019arbitre des destinées futures du Canada.Tous les chiffres rapportés n\u2019ont pas fait admirer le French Power à Ottawa et son style de gouvernement.Si le Québec a voté en faveur du parti libéral, lâché par presque tout le Canada anglais, c\u2019est encore là une ironie de l'histoire: l\u2019affirmation des deux nations, notion contre laquelle M.Trudeau a lutté toute sa vie.Il ne leur a accordé aucune égalité sociale et économique.En luttant en faveur du NON au référendum, il leur refusera l\u2019égalité politique.Voilà les désastres dans le sillage de cet homme, têtu, intelligent théoricien mais jamais accordé aux réalités qu\u2019il a le don manifeste de déformer.La flamboyance cache mal les déceptions et les vacuités.Il se présente, depuis quelque temps, devant le Canada anglais, comme le sauveur de la fédération canadienne et du Canada, tel que conçu par les Anglo-Canadiens.Ses politiques se sont désintégrées d\u2019elles-mêmes par leur irréalisme.Au point de vue économique, c\u2019est un désastre.Pourtant, il rêve encore de jouer un rôle important: écraser le Québec, le soumettre, le soumettre, le soumettre à sa mesure ou aux intérêts des \u201cautres\u201d.Le Québec est sa mauvaise conscience.Mais le Québec sait que Trudeau touche à sa fin! De toute façon, le Québec n\u2019a rien à gagner entre les attitudes du prince-philosophe et l\u2019acteur vieillissant qui se croit encore populaire.Il \u2014 Le ministère de la Défense à Ottawa Au Québec les gens ne s\u2019intéressent pas beaucoup au gouvernement fédéral.Très nombreux sont ceux qui ignorent tout du budget fédéral et des budgets particuliers propres à chaque ministère.Hormis un scandale de premier ordre, le fédéral n\u2019intéresse guère.Or il est nécessaire de savoir comment s\u2019y passent les choses! Quand un gouvernement reçoit une cinquantaine de milliards de dollars à dépenser, qui se permet des dettes atteignant le quart de ses ressources financières, qui utilise 12% de ces mêmes revenus pour REGARD SUR LE FÉDÉRAL 355 payer les seuls intérêts des emprunts et des dettes accumulées, qui centralise au moins 50% de ses dépenses dans la seule province d\u2019Ontario, il devient nécessaire que le Québec suive ses affaires de près! Le ministère de la Défense devient un cas type.Le Québec fournit au gouvernement fédéral près de 30% de ses revenus.Demandons-nous combien le Québec reçoit en retour?Où vont donc les dépenses du ministère de la Défense?Quelle est la part du Québec?La Défense, style fédéral, prend environ 10% du budget fédéral total: budget de la Défense en 1977-1978: $3,794,754,000.budget de la Défense en 1978-1979: $4,127,885,000.(estimé) budget de la Défense en 1979-1980: $4,375,050,000.(estimé) Le Québec possède les centres militaires de St-Hubert et de Valcartier: il y a donc des retombées économiques au Québec.Mais en ce qui regarde les achats militaires, où va l\u2019argent?Cette question est plus complexe qu\u2019il n\u2019y paraît.La première surprise est celle-ci: depuis une quinzaine d\u2019années les achats de quincaillerie militaire ne se sont pas faits de façon continue et progressive mais plutôt de façon massive et par à-coups.Le résultat est le très petit nombre d\u2019industries capables de répondre aux besoins d\u2019équipements militaires.L\u2019éparpillement des grands spécialistes et la décomposition des équipes de savants et d\u2019administrateurs capables rendent impossibles la gestion et les innovations.Ainsi le Canada est vraiment en retard en beaucoup de domaines de la haute technologie où il y a hiatus entre les laboratoires de recherche et l\u2019adaptation industrielle des découvertes.La diminution des recherches spécialisées dans l'arsenal militaire oblige le Canada à de nombreux achats à l\u2019étranger.Le phénomène est universel: pour l\u2019aviation, à peu près tous les pays doivent regarder du côté des États-Unis; pour les fusées, tous les ministères de la Défense dans le monde entier soupçonnent toujours que 356 L'ACTION NATIONALE les États-Unis ont des articles plus avancés que tous ceux qu\u2019ils peuvent produire; pour les tanks, on magasine du côté de l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest et de l\u2019Angleterre; pour les fusils, on visite les arsenaux d\u2019Israël et de Belgique; pour de petits bateaux, on regarde du côté de la Hollande ou du Japon.Bref, nul pays au monde ne possède toute la science ni toute l\u2019industrie nécessaires dans les moyens de détruire et de porter la mort! Le Canada, comme bien d\u2019autres, est dépendant de nombreux pays étrangers.Cependant, en ce qui regarde le nucléaire, c\u2019est devenu une chasse gardée de l\u2019Ontario.Le Canada pourrait produire des bombes nucléaires à quelques mois d\u2019avis, semble-t-il.Mais qu\u2019en est-il pour nos achats en tanks, bateaux et avions?Quelques dépenses Le 15 juillet 1977, le ministre de la Défense, M.Barney Danson, annonçait que le Cabinet Trudeau permettait de porter l\u2019armée canadienne à 83,000 soldats, soit une augmentation de 5,000 unités.La raison?Permettre au Canada de répondre à ses responsabilités internationales à l\u2019OTAN et aux Nations unies quand celles-ci sollicitent leur présence en quelque point chaud du globe pour y maintenir la paix.Le 18 février 1977, l\u2019Armée canadienne achetait à General Motors of Canada, 350 véhicules militaires pour la somme de $88,000,000.Ces véhicules, suivant un modèle américain peut-être adapté à notre climat plus rigoureux, furent construits en Ontario, y diminuant le chômage et favorisant la Stelco, l\u2019Algoma Steel et d\u2019autres sous-traitants ontariens.Pour l\u2019Armée canadienne de NATO, en Europe, le gouvernement canadien acheta des chars d\u2019assaut pour la somme de $187,000,000, en Allemagne de l\u2019Ouest.On n\u2019a même pas pensé à demander à l\u2019Allemagne de se procurer le fer nécessaire chez SIDBEC, à Contrecoeur! Sa dette, du coup, aurait été effacée! On crut préférable d\u2019aider l\u2019économie allemande! L\u2019aviation canadienne dépensa plus d\u2019un milliard de dollars pour augmenter ses avions de patrouilles aérien- REGARD SUR LE FEDERAL 357 nés à long cours.Puis, comme les avions de combat Voodoo et Startighter, achetés en 1950 et 1960, étaient devenus démodés, il fallut que le Canada choisisse entre les derniers modèles d\u2019avions, comme les F-14 de Grumman, les F-15 de McDonnell-Douglas, les F-16 de General Dynamics, etc., et cela coûta $3,000,000,000, en dollars de 1979, avec quelques pièces de rechange.Notre dépendance vis-à-vis les États-Unis, dans le domaine de l\u2019aviation, est totale.Israël est plus avancé que le Canada en recherches et en initiatives techniques.Le Québec ne profita à peu près pas de ces achats.Arrivons à la Marine! Le 22 décembre 1977, le Cabinet Trudeau décida de consacrer environ deux milliards de dollars à l\u2019achat de six frégates, au prix de $2,000,000,000, en dollars de 1979.La première doit être livrée en 1985 et la dernière en 1989.L\u2019ensemble de ces dépenses militaires en 1979 représente la somme totale d\u2019environ six milliards de dollars.Demandons-nous quelle est la part du Québec dans ces dépenses du ministère de la Défense?3.Un article de Peter Ward, dans le Canadian Business (octobre 1979, pp.76-85), fort bien documenté, peut nous éclairer sur le sujet.Le Québec et six frégates canadiennes Depuis dix ans, le Canada n\u2019a pas fabriqué un seul navire de guerre.On pourrait réunir des spécialistes canadiens, inviter un Conseil de spécialistes étrangers et décider de construire les six frégates au Canada même, avec le matériel et management canadien.Mais ces spécialistes sont presque impossibles à recruter, précisément parce que le gouvernement canadien ne peut leur assurer la sécurité d\u2019emploi.Premièrement ces spécialistes devraient quitter leur emploi actuel, construire les six frégates jusqu\u2019en 1988-1989, puis se retrouver sans emploi prévu.Situation que peu de jeunes 3.M.Joe Clark, actuel premier ministre du Canada, devant les représentants des 14 pays de l\u2019OTAN, déclara que le Budget de la Défense canadienne augmenterait de 3% par an jusqu\u2019en 1984 (Le Devoir, 27 octobre 1979, p.16). 358 L\u2019ACTION NATIONALE ingénieurs peuvent envisager! L\u2019absence de continuité dans le remplacement des vieilles unités (cela vaut pour l\u2019armée de terre, l\u2019aviation et la marine) ou l\u2019acquisition de nouvelles, ne permet pas au Canada d\u2019envisager seul la construction d\u2019un équipement militaire moderne.Par le fait même notre industrie est peu adaptée.De plus, le ministère de la Défense, de par ses traditions britanniques et les luttes anticonscriptionnistes du Québec, est pratiquement un monopole des Anglo-Canadiens les plus traditionnalistes et les plus farouchement consacrés à la suprématie WASP.C\u2019est leur évangile.En termes plus clairs: il faut veiller à la suprématie de l\u2019Ontario et le Québec est le grand danger! Un bateau de guerre connaît environ 25 ans de vie utile.Aujourd\u2019hui le Canada dispose de 20 croiseurs (destroyers) dont 10 datent de 1950.En 1985, ils auront 35 ans d\u2019âge.Ils seront complètement dépassés en vitesse, en équipement technique et en armement moderne.Un autre date de 1962, trois de 1963 et deux de 1964.Alors la Marine, par l\u2019intermédiaire de Peter Ward, insiste sur la nécessité et l\u2019urgence de construire les six frégates.Le Cabinet Trudeau, en décembre 1977, autorisa la dépense de $63,000,000, pour trouver les meilleurs devis pour les deux milliards de dollars disponibles (en argent de 1979).Pour rassurer, le Commodore T.A.Arnott, directeur du projet, affirme: \u201cAvec ce financement, nous n\u2019aurons pas des Cadillacs mais des Chevrolets!\u201d Dans le choix des contracteurs, le Canada insiste sur l\u2019emploi maximum de l\u2019industrie canadienne, sur le transfert en terre canadienne des ressources technologiques mises en oeuvre dans la construction des frégates.En ce qui regarde les détections sous-marines, le ministère de la Défense a choisi Westinghouse Canada Ltd., imposant ce sous-contractant au contracteur principal.La raison est probablement que dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, les États-Unis ont les instruments les plus perfectionnés au monde et Westinghouse est la multinationale la plus importante dans ce domaine. REGARD SUR LE FEDERAL 359 Les nouveaux bâtiments devront avoir entre 3200 et 4000 tonnes, être capables de recevoir les hélicoptères Sea King et de loger entre 180 et 205 personnes chacun.Cinq groupes ont présenté des projets.1)\tCantec Marine Division.Installée à Toronto, il s\u2019agit d\u2019une filiale de Litton Systems Canada Ltd., elle-même filiale de Litton Systems à Beverley Hills, en Californie, aux États-Unis.Cette compagnie se proclame unique au monde en ce sens qu\u2019elle peut fournir tous les services exigés par la construction d\u2019un navire militaire moderne.Les sous-contracteurs choisis sont Vickers, de Montréal, Davie Shipbuilding, de Vancouver et Y-ARD Ltd., d\u2019Écosse.Les turbines seraient construites par Canadian General Electric Co.Ltd., de Toronto.À peu près toute la technologie viendrait des États-Unis.La Vickers, de Montréal, recevrait une partie substantielle du contrat.2)\tDavie Shipbuilding.Power Corporation y jouit d\u2019une influence prépondérante.Mais Davie Shipbuilding, pour ce contrat, se joint au Melara Club d\u2019Italie.En effet, l\u2019Italie a construit d\u2019excellentes frégates, d\u2019un peu moins de 3000 tonnes, pour l\u2019Italie et de nombreux pays.Les turbines viendraient de Fiat et les moteurs diesels de Trieste.S\u2019ils obtiennent le contrat, les Italiens promettent de construire plusieurs usines au Canada et de faire profiter le Canada des plus récentes découvertes technologiques.La réputation du Melara Club est que ces associés possèdent quelques usines parmi les meilleures et les plus automatisées, au monde.Le contrat donnerait peu d\u2019ouvrage au Canada mais ouvrirait le Marché Commun, établirait une alternative à l\u2019influence excessive des États-Unis.Car si, à la fin de la deuxième Grande Guerre, les États-Unis possédaient presque un monopole des découvertes et des avances technologiques, dans le monde, aujourd\u2019hui on calcule que les États-Unis sont en nette régression et qu\u2019ils ne représentent que 40% des découvertes scientifiques, même si c\u2019est dans des secteurs de pointe.3)\tGenstar Ltd.Associé à British Shipbuilders Ltd., Genstar offre des frégates d\u2019environ 3500 tonnes.Son représentant attitré est le vice-amiral R.St G.Stephens, aujourd\u2019hui à la retraite.L\u2019Angleterre est prête à faire par- 360 L\u2019ACTION NATIONALE ticiper le Canada à toute la haute technologie impliquée et à toute la science du management de ces constructions.4)\tPratt & Whitney Aircraft of Canada.Cette entreprise est une filiale américaine.Le gouvernement du Québec lui a déjà donné plusieurs subventions substantielles mais aujourd\u2019hui elle parle de déménager en Ontario.Pour ces frégates, Pratt & Whitney s\u2019associerait à des intérêts hollandais car ceux-ci viennent de fabriquer de si excellentes frégates que même les Allemands de l\u2019Ouest les ont copiées.Ce n\u2019est pas peu dire! Les sous-contractants seraient Canadian Naval Systems Associates, John J.McMullen and Associates Inc.(New York), German and Milne de Montréal, Netherlands United Shipbuilding Bureaux Ltd., de La Haye.5)\tSperry Rand Canada Ltd., filiale de Sperry Rand, États-Unis.Cette entreprise a beaucoup de contrats pour la marine américaine.Les sous-contractants seraient St.John Shipbuilding et Dry Dock Co.Ltd.Le choix des navires et des contractants principaux ne dépend pas seulement de décisions économiques ou technologiques mais représente aussi des aspects politiques, comme il devient évident.Ainsi, d\u2019après Roch LaSalle et Robert de Cotret, ministres fédéraux, le contrat n\u2019inclut pas seulement le transfert des connaissances technologiques mais aussi l\u2019intégration du Québec, dans ces constructions.On espère aussi trouver une formule de roulement plus harmonieuse pour les constructions futures ou les remplacements des vieux avions et des vieux navires.À l\u2019horizon brille la possibilité de programmes à longue portée.Ce dernier point est important.Quand les contrats de la Défense sont donnés, comme actuellement, de façon sporadique, par à-coups, les économistes parlent alors d\u2019une dé-industrialisation.En effet, les industries s\u2019orientent toujours suivant les contrats reçus.Si après avoir construit six frégates, une industrie est amenée à construire 1000 bancs pour les parcs de Toronto, il y a une absence de continuité, une absence de plan rationnel.L'industrie abandonne donc tout projet de recherches et d\u2019excellence.En ce sens, les traditions sont REGARD SUR LE FÉDÉRAL 361 vitales.Sinon notre dépendance envers l\u2019étranger augmente et nos compétences s\u2019exilent.Conclusion Ces exemples fournis par le ministère de la Défense canadienne en ce qui regarde les dépenses en tanks, en avions et en navires, illustrent assez bien la gérance du Canada par les Anglo-Canadiens et le gouvernement de M.Trudeau.Le génie est une denrée assez rare et M.Trudeau apparaît plutôt comme un improvisateur.La politique devient alors l\u2019art de boucher les trous quand la situation se détériore trop.Une deuxième constatation est celle-ci: le ministère de la Défense est un fief ontarien.Le Québec ne peut en attendre que des miettes et, si miettes il y a, elles contribuent à l\u2019hégémonie des entreprises anglo-québécoises et n\u2019effleurent que très timidement les industries franco-québécoises.Nos mass-media nous entretiendront des avantages de ces miettes.Mais si nous prenons conscience du tableau d\u2019ensemble, le public québécois ne tarde pas à s\u2019apercevoir que le gouvernement fédéral ne s\u2019intéresse pas beaucoup au Québec.Aussi faut-il croire M.René Lévesque, premier ministre du Québec, lorsqu\u2019il affirme que, depuis 1965, le gouvernement fédéral n\u2019a placé que 16% de ses achats (ou de ses dépenses) au Québec et 50% en Ontario.Il faut insister là-dessus car le Québec, et surtout le Québec francophone, ne reçoit pas sa part légitime parce que, systématiquement, le fédéral s\u2019appuie sur une majorité à 80% d\u2019anglophones et accorde ses priorités économiques à cette même majorité.Jamais le Québec ne sortira de ce cercle vicieux s\u2019il ne se décide à prendre son sort, pleinement, entièrement, décisivement, entre ses mains.Il est facile aux dix autres provinces du Canada de rire ou de se scandaliser du fait que le Québec reçoive tant d\u2019argent en assurance-chômage! C\u2019est qu\u2019il reçoit si peu de contrats industriels! C\u2019est que le gouvernement fédéral favorise la centralisation industrielle alors que le Québec cherche la décentralisation.Nos petites et moyennes industries, non alimentées par des contrats 362 L\u2019ACTION NATIONALE substantiels, évoluent plus lentement, emploient plus difficilement les talents supérieurs et n\u2019osent pas se lancer dans la recherche industrielle.On s\u2019en remet à l\u2019information générale ou au gouvernement.Les Anglo-Canadiens ont donc une forte avance sur les francophones du Québec.Cette avance ne peut être comblée et dépassée que si le gouvernement du Québec obtient la souveraineté et aide décisivement l\u2019industrie francophone à entrer dans le concert des nations vraiment industrialisées.Personne d\u2019autre que le Québec ne peut voir de façon efficace à cet essor: 112 ans de fédéralisme canadien ont joué contre le Québec.Remonter la côte, atteindre la dignité collective, traiter d\u2019égal à égal, cela se voit en chiffres.Notre dépendance actuelle est en partie due à tous ces faits que nous versons au dossier! L'action de nos sociétés nationales face à une constitution antinationale par René Blanchard1 1.M.René Blanchard, industriel de Drummondville, est aussi directeur de la Société nationale des Québécois \u2014 Centre-du-Québec. 364 L\u2019ACTION NATIONALE Rôle d\u2019animateur national Le rôle d\u2019animateur de la pensée et de la continuité nationale assumé par les Sociétés Saint-Jean-Baptiste et les Sociétés nationales, aura été sans contredit déterminant dans révolution sociale et politique du Québec et de la nation canadienne-française.N\u2019avons-nous pas lancé le Conseil d\u2019expansion économique et les États généraux du Canada français, en 1967?Si les Sociétés n\u2019étaient pas toujours les initiatrices des mouvements populaires comme des actions isolées, elles ont été les outils privilégiés de leur diffusion et, sur plusieurs plans, de leur concrétisation.Pensons seulement à la démocratisation de l\u2019enseignement, à la recherche soutenue d\u2019une pensée politique et sociale canadienne-française! Pensons à la pénétration de l\u2019idée coopérative qui accélérera le mouvement des Caisses populaires en faveur de notre renaissance économique collective! Pensons aussi à l\u2019avènement de ce que peut s\u2019appeler un État collectif national qui permet à une communauté de compter sur des organismes relativement importants et dont la présence permet de contrôler son existence collective! Les Sociétés nationales, surtout en fournissant des tribunes à des politicologues et à des spécialistes des questions sociales et économiques, ont forcé les hommes publics à voir plus grand et à sortir de l\u2019organisation politique partisane qui tenait lieu de pensée politique au Québec.Maîtres chez nous, Vers un Québec fort, Egalité ou indépendance, tous ces slogans ont été amorcés ou diffusés lors des congrès ou des colloques nationaux ou des assises régionales des Sociétés nationales ou des Sociétés Saint-Jean-Baptiste.Une politique nationale Une patiente recherche nous amène à cette conclusion: les programmes politiques vraiment progressifs d\u2019aujourd\u2019hui sont sortis des résolutions adoptées, notamment aux États Généraux, dont les Sociétés furent principalement responsables. L'ACTION DE NOS SOCIÉTÉS NATIONALES 365 La montée décisive des Sociétés nationales s\u2019est concrétisée en 1967 alors que, face à la réalité politique mondiale incarnée devant eux, à l\u2019Expo 1967, les Canadiens-Français ont définitivement réalisé que le Québec ne pouvait leur accorder plus de vie et d\u2019existence nationale sans s\u2019affirmer comme l\u2019expression politique des Canadiens-Français, non seulement en tant que berceau de la civilisation française sur le continent ou la mère-patrie des \u201cparlant français\u201d d\u2019Amérique, mais surtout comme le cadre politique d\u2019une nation moderne, capable d\u2019évoluer parmi les autres nations du monde.Pour ce faire, il devenait évident qu\u2019il fallait un État qui organise politiquement la vie sociale, culturelle et économique de la nation selon les critères modernes, en accord avec les grandes chartes des droits de l\u2019homme, de l\u2019autodétermination et de la liberté des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes et à participer au concert des nations libres.Après avoir participé, sur un pied d\u2019égalité, lors des deux derniers conflits mondiaux, à la défense de la liberté et de l\u2019intégrité des nations menacées, il devenait clair pour les Canadiens-Français, que les avantages de telles interventions en faveur des autres nations ne pourraient leur être refusés à eux-mêmes.Le Québec, en 1967, recevait le monde entier à l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle.Mieux que toutes les délibérations, cette immense leçon de choses a déterminé révolution de la pensée québécoise.Il en fut ainsi, à nouveau, lors des Jeux Olympiques de 1976.Désormais le Québec ne veut donc plus être moins considéré que les nations accueillies, et à quel prix d\u2019ailleurs! 1967 marquait aussi le centenaire de la Confédération canadienne.Cet acte constitutionnel représente un compromis entre les puissants petits groupes d\u2019oligarchies politiques et économiques dirigeant alors les colonies d\u2019Amérique du Nord et demeure une loi du Parlement britannique.Comment y voir aujourd\u2019hui une constitution moderne adaptée au contexte canadien actuel? 366 L'ACTION NATIONALE Les nouvelles réalités politiques, économiques, techniques, scientifiques et sociales ont aujourd\u2019hui bouleversé toutes les constitutions, dans les cent dernières années, ailleurs dans le monde.Au Canada, elles ont permis au pouvoir central de tripoter à sa guise et à son profit un vieux document depuis longtemps périmé.L\u2019inadaptation du Canada À cause des intérêts bien servis du vieil Establishment politique et financier du pays, la population canadienne est encore forcée de se contenter de la constitution fédérative la plus démodée au monde.Bien plus encore, le Parlement fédéral s\u2019est dégradé lui-même en centralisant les pouvoirs et en faisant peu à peu des États provinciaux, de simples succursales administratives.Unilatéralement, constamment, le fédéral a dérogé à l\u2019esprit bien avoué de l\u2019Acte constitutionnel de 1867.Celui-ci proclamait être un pacte entre les deux groupes fondateurs du pays, pacte qui devait consacrer une fois pour toute la dualité canadienne et écarter les causes de friction qui handicapaient le pays depuis 1840, lors de l\u2019Acte d\u2019Union.Depuis 1867, les événements mondiaux ont fait évoluer la science politique à un rythme accéléré.Les guerres européennes, les troubles sociaux en France, en Russie et ailleurs dans le monde, les conflits raciaux aggravés par le colonialisme européen en Afrique, l\u2019impérialisme militaire et financier des grandes puissances et l\u2019échec de la Société des Nations ont fini par convaincre les philosophes, les politicologues et même les hommes d\u2019Église, ainsi que certains chefs d\u2019État clairvoyants, qu\u2019il fallait composer avec les aspirations profondes des peuples.Ces aspirations développées au cours de leur histoire sont marquées du sceau des notions fondamentales d\u2019égalité et de justice entre les hommes, de toutes couleurs, de toutes religions, de toutes cultures, quelle que soit leur conception de la société humaine ou la structure de leurs institutions politiques et sociales. L'ACTION DE NOS SOCIÉTÉS NATIONALES.367 Pour toutes ces raisons, aujourd\u2019hui, il est universellement reconnu que le pouvoir et la souveraineté politique reposent entre les mains des nations et que le 20e siècle est devenu l\u2019ère des nations.Cette réalité, les Sociétés Saint-Jean-Baptiste et les Sociétés nationales ont voulu la reconnaître et traduire, démocratiquement, dans leur option politique et leur action nationale.Les poids d\u2019inertie Malheureusement ces options d\u2019avant-garde n\u2019ont pas été admises par tous, avec la même liberté et rapidité d\u2019esprit.Trop d\u2019éléments, même dans certaines Sociétés, ont été habitués à la super-prudence, à penser en termes de survivance tranquille, bien plus qu\u2019à assumer la tâche de prendre son pays en main et de le forger.Trop de nos gens ont appris à suivre les partis politiques traditionnels plus inspirés par des intérêts particuliers et des intérêts électoraux.Trop souvent aussi, ces partis ont obéi aux volontés des détenteurs du pouvoir fédéral et de la bureaucratie d\u2019Ottawa.Laquelle bureaucratie fédérale reste et restera guidée par la grande bourgeoisie anglophone qui, à certains points de vue, est plus américaine que canadienne.Dans ces conditions il est difficile de comprendre, sans études poussées et révélatrices, pourquoi le groupe canadien-français est politiquement divisé contre lui-même.Comment et pourquoi sa bourgeoisie professionnelle, jouissant d\u2019un statut privilégié qui la met au-dessus du chômage et des difficultés de nos masses populaires, ne s\u2019intéresse pas à une modification en profondeur de la situation actuelle?Là est notre drame national particulier: être occupé de l\u2019intérieur par des forces d\u2019inertie, par des gens intéressés à maintenir cet état de colonialisme social.Ils servent les intérêts du groupe anglophone! Souvent sans le savoir ou le voir, ils bloquent les efforts des leurs! Les valets conditionnés Depuis quelques années, les anglophones n\u2019ont pas eu beaucoup d\u2019efforts à faire pour attirer les Canadiens- 368 L'ACTION NATIONALE Français et en faire des contremaîtres de l\u2019immobilisme.Le miroir aux alouettes attire: fausses promesses, faux panache, faux compromis.Attiré par des promesses de bilinguisme et de biculturalisme, le tout est devenu du multiculturalisme où les anglophones d\u2019Ottawa essaient de noyer l\u2019identité des Québécois! Cette illusion d\u2019optique fait glisser notre mystique missionnaire aux sous-étages de la politique.Nous engendrons des chevaliers qui prétendent relever victorieusement les défis modernes par des reculades et des démissions quant à l\u2019avenir de notre groupe et du Québec.Devenus mirage, ces gens se font professeurs d\u2019illusion et ils essaient de répandre la nouvelle de l\u2019impossibilité pour une minorité de jamais atteindre la véritable égalité collective et de jamais écrire une autre histoire que celle des Plaines d\u2019Abraham! Officiellement ces valets conditionnés seront promus aux honneurs: c\u2019est leur salaire pour assurer la domination du groupe majoritaire et diffuser leur point de vue.Tant pis pour le groupe de plus en plus assujetti! Ces valets finissent même par mépriser ceux qui ne partagent pas leur désir de collaboration et de soumission.Ce phénomène est courant dans le monde colonial et bien connu des historiens.Il explique les métamorphoses et le double langage à Ottawa ou au Québec.Malgré quelques exceptions, la médiocrité est leur caractéristique.Il leur manque une âme, une qualité du cœur, une perspective de l\u2019histoire, un certain sens de la grandeur.Il faut un appui Les vrais grands hommes d\u2019une nation cherchent un tout autre sort.Les plus éclairés des leaders de la communauté canadienne-française savent très bien que tant et aussi longtemps que le pays n\u2019aura pas défini clairement un nouveau statut constitutionnel, il y aura des affrontements en chaîne.Le contexte des confrontations entre majorité et minorité, ces valses d\u2019hésitations intéressées entre les deux pouvoirs d\u2019Ottawa et de Québec, L'ACTION DE NOS SOCIÉTÉS NATIONALES.369 nuiront aux Canadiens-Français.Chacun recrute des politiciens d\u2019inégale valeur mais ils disposent trop souvent de mass-média et de moyens financiers inversement proportionnels à leurs capacités réelles.Un exemple est celui qui opposa récemment les ministres des Finances d\u2019Ottawa et de Québec, MM.Chrétien et Parizeau.Les Québécois ont été touchés par leur situation et le traitement reçu de la part d\u2019Ottawa, lequel frisait le ridicule.Que faut-il donc pour que le Québec devienne un État normal?Un État souverain Dans ses grandes lignes, le problème est de faire accéder le Québec au rang des sociétés postindustrielles et de lui faire entrevoir une perspective de croissance et de progrès, générés par ses propres moyens.État national de la collectivité française en Amérique du Nord, le Québec n\u2019est pas une province canadienne dans le sens où on l\u2019entend généralement.Elle ne peut devenir seulement un pouvoir régional.Le Québec n\u2019est pas pleinement autonome car ses pouvoirs, définis par la Constitution, ne sont pas contrôlés démocratiquement.Il y a toujours interférence de la part du gouvernement fédéral.La conséquence: le peuple québécois n\u2019a pas les pouvoirs essentiels d\u2019autodétermination et de self-government qui lui permettraient de diriger ses propres affaires et de bâtir son propre avenir.On aura beau ergoter en droit et mettre à contribution des experts d\u2019université inféodés au système ou consulter des constitutionnalistes aux accommodements faciles, rien ne changera aussi longtemps que subsistera l\u2019ambiguïté fédérale-provinciale.Les politiciens de 1864 et de 1867 n\u2019avaient pas l\u2019envergure que des historiens veulent leur prêter, après 370 L'ACTION NATIONALE coup.Sir John MacDonald, principal rédacteur de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord Britannique, n\u2019avait rien d\u2019un Adam Smith, d\u2019un Walpole ou d\u2019un Gladstone.L\u2019appât du pouvoir ne lui permit pas de cacher les motifs qui l\u2019inspiraient et son mépris pour ses adversaires, surtout les francophones.Quelques-uns de ses propos n\u2019auraient jamais été tolérés par l\u2019éthique parlementaire et le fair-play britannique, ailleurs qu\u2019au Canada! Refaire un Canada des patries La Confédération a été un marché, une tractation entre politiciens intéressés.Marché de dupes pour les Canadiens-Français, tel que l'histoire, ce tribunal impartial et objectif, l\u2019a démasqué.Elle rend aujourd\u2019hui jugement.L\u2019image même du Canada d\u2019aujourd\u2019hui démontre d\u2019une façon évidente que ce pacte a refoulé l\u2019un des contractants sur une partie bien précise et bien réduite du territoire alors qu\u2019elle a permis à l\u2019autre d\u2019occuper et de contrôler la plus grande partie de l\u2019ensemble.Tout ce qui a débordé le Québec a été intégré et assimilé par les Anglo-Canadiens.Tout ce qui est entré au Québec a non seulement refusé de s\u2019adapter mais a tenté d\u2019assimiler et de dominer.Longtemps trompés par des élites accrochées à leurs intérêts personnels, les Québécois sont conscients que des outils nouveaux leur sont essentiels, qu\u2019une mentalité nouvelle de maîtres chez eux est fondamentale comme à toutes les autres nations à l\u2019heure de la liberté responsable! Les Français du Canada savent n\u2019avoir rien à attendre que d\u2019eux-mêmes.Assumer cette responsabilité demande du courage.Ils doivent surtout mieux reconnaître leurs véritables leaders parmi les prophètes de malheurs qui surgissent à toute heure pour les détourner de leur tâche de mener à bien leur avenir collectif en le consolidant par la création d\u2019un véritable état national. L\u2019ACTION DE NOS SOCIÉTÉS NATIONALES 371 Ils doivent découvrir ce que les Juifs ont pris des siècles à mettre en lumière: une nation véritable doit avoir un territoire national, un gouvernement souverain si elle ne veut pas vivre hors de son temps, dans la diaspora, dans la gêne psychologique de n\u2019être nulle part chez soi.La caravane humaine a un pas à suivre sinon on recule.Le rôle d\u2019une société nationale est de rappeler ces faits.Elle doit rendre un peuple conscient de son histoire et l\u2019accorder à la marche du monde. L'Institut de recherches cliniques de Montréal Pourquoi investir dans la recherche biomédicale?par le docteur James C.Hunt1 1.Le docteur James C.Hunt est le directeur de la Clinique Mayo (Rochester, États-Unis).Son allocution, à Montréal, lors du 25e anniversaire de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal, en 1977, souligne indirectement l\u2019essor scientifique que traverse actuellement le Québec.L\u2019éducation, le social, le commerce, la finance et la politique y ont connu un essor foudroyant, comme si nous mettions un siècle en vingt-cinq ans de bouillonnement.Il en va de même en sciences.Le témoignage du docteur Hunt est important à connaître à cause de son prestige international.(La traduction est de la rédaction) N.D.L.R. POURQUOI INVESTIR DANS LA 373 Votre invitation honore le personnel et la faculté de la Clinique Mayo et de l\u2019École de médecine Mayo.C\u2019est un plaisir personnel et un honneur que d\u2019être leur représentant en ce vingt-cinquième anniversaire de I Institut de recherches cliniques de Montréal.Les relations sont étroites et anciennes entre le Québec et les Institutions Mayo.Plusieurs de vos étudiants et étudiantes ont terminé leur doctorat et leur apprentissage de la recherche chez Mayo.Parfois, avec bonheur, ils ont été admis parmi notre personnel permanent.Parfois aussi quelques-uns de nos étudiants, parmi les plus capables, ont reçu leur entraînement à Montréal, à l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019Institut de recherches cliniques.A notre avis, cet échange fut un bienfait pour Mayo.Nos horizons ont été élargis par cet échange de personnel, de concepts et d\u2019idées.Ce soir, nous sommes réunis pour célébrer le leadership de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal et de l\u2019Hôtel-Dieu pour leur consécration, leur imagination et leurs nombreuses contributions à la science biomédicale, à l\u2019éducation médicale et au soin des malades.En effet, le docteur Jacques Genest, le brillant et dynamique initiateur qui a rendu possible l\u2019existence même de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal, et ses collègues, méritent vos remerciements et les miens pour une tâche bien remplie.Cependant, de façon encore plus pressante, nous sommes réunis, ce soir, pour mieux comprendre la nécessité de continuer et développer la mission de I Institut et de ses projets en recherche médicale et en éducation continue.À mon avis, ce but requiert que chacun de nous comprenne mieux les raisons d\u2019investir dans la recherche biomédicale, en quels lieux la recherche médicale et l\u2019éducation continue doivent se poursuivre et par qui et comment la recherche doit être assurée.Pourquoi investir dans la recherche biomédicale?Les apports de la recherche biomédicale dans l\u2019amélioration des soins de la santé, durant les derniers 374 L\u2019ACTION NATIONALE 25 ans, sont si nombreux que chacun de nous pourrait apporter une réponse différente à cette question.Le public en a bénéficié directement.Cependant même si chacun de nous n\u2019en a pas tiré un profit direct, il existe plusieurs raisons pour lesquelles, comme individus et comme groupe, nous devons appuyer constamment la recherche et l\u2019entraînement médical.J\u2019en suggère quelques-unes.Vous pouvez en ajouter d\u2019autres.1)\tConsacrer une part de notre temps, de notre effort et de nos ressources à l\u2019expansion des connaissances et à I amélioration de la santé et du bien-être de notre peuple fait fondamentalement partie de notre culture.2)\tLes frères Mayo étaient convaincus que les meilleurs soins pour la santé et les meilleurs soins médicaux pouvaient être obtenus dans un milieu de recherche scientifique.À leur jugement, cela exigeait un engagement à la recherche et à l\u2019éducation pour apporter de nouvelles connaissances, pour former les responsables des soins médicaux et pour améliorer la compétence de chacun.Même après 60 ans d\u2019expérience comme école de médecine à diplômes avancés, nous trouvons toujours que l\u2019intuition des frères Mayo est juste.3)\tLes bienfaits et les récompenses de la recherche et de l\u2019entraînement en ce qui regarde les souffrances et la mort, dépassent la mathématique.Toutefois, les récompenses financières, dues à des coûts réduits en soins médicaux par la prévention ou la guérison des maladies à cause d\u2019une découverte scientifique, sont aussi énormes.La découverte du vaccin de la poliomyélite reste un exemple souvent cité d\u2019un bienfait public dû à la recherche médicale.Il est vrai que l\u2019industrie aurait pu continuer à améliorer le poumon d\u2019acier mais la prévention ou la guérison de la polio ne pouvait venir que de la découverte d\u2019un nouveau remède préventif.4)\tPlusieurs des maladies mortelles des années passées ont été vaincues ou contrôlées: la tuberculose est un bon exemple.Cependant, les maladies de POURQUOI INVESTIR DANS LA 375 dégénérescence, surtout les maladies du cœur, les congestions cérébrales et les déficiences du rein, connaissent un pourcentage de mortalité extrêmement élevé.En effet, plus de la moitié des mortalités, chaque année, aux États-Unis et au Canada, proviennent du cœur et des maladies vasculaires.Les maladies du cœur sont la cause la plus ordinaire de mortalité.La haute pression est la cause la plus ordinaire d\u2019une attaque au cœur.Plus de 15% des adultes aux États-Unis et ici souffrent de haute pression et, trop souvent, on ne suit pas de traitement efficace.Si nous voulons réduire le pourcentage de mortalité provenant des maladies du cœur, nous devons trouver de nouveaux moyens de traitement, de prévention et de guérison dans les cas de haute pression du sang.Les améliorations ne proviendront que de la recherche et la recherche coûte cher.5) La prospérité d\u2019aujourd\u2019hui répond généralement bien à nos besoins physiques.Cependant, beaucoup de gens voient leur vie abrégée à cause du cœur, du rein, d\u2019une congestion et du cancer.Améliorer la qualité et la durée de la vie exigera de nouveaux traitements par la recherche médicale.Il est essentiel d\u2019y consacrer plus de personnel et plus d\u2019argent si nous voulons avoir des recherches plus nombreuses et meilleures.Pouvons-nous ne pas augmenter nos investissements dans les recherches médicales pour que nous-mêmes, nos enfants et nos petits-enfants jouissent d\u2019une vie plus longue et plus en santé?Rappelez-vous: un investissement dans l\u2019éducation continue et la recherche est un investissement pour demain.Croyez-vous en un avenir meilleur?J\u2019y crois.Où et qui doit accomplir la recherche biomédicale?À cette époque des communications modernes où l\u2019homme peut visiter la lune ou assembler des satellites dans l\u2019espace, il est raisonnable de croire à un passage rapide entre les résultats de la recherche médicale et une santé et une médecine améliorées.Il n\u2019en est rien! D\u2019importantes découvertes peuvent rester ignorées pendant des mois ou des années, même après avoir été publiées.Le sens de ce qui a été découvert est souvent peu apprécié, spécialement par le médecin pratiquant trop 376 L'ACTION NATIONALE éloigné du milieu stimulant de la recherche et de l\u2019éducation continue.De plus, il faut combler le fossé entre les découvertes en recherche fondamentale et les applications aux soins médicaux, par des investigations sur des animaux de laboratoire ou sur les humains.Une telle recherche est souvent appelée \u201cune investigation clinique\u2019\u2019.L\u2019expérience a prouvé que les hôpitaux et les cliniques, où l\u2019investigation clinique fait partie des activités quotidiennes, offrent de meilleurs soins médicaux et plus modernes.Nous pouvons conclure: 1)\tLe temps est passé où les grands hôpitaux et les groupes médicaux peuvent offrir des soins médicaux de première qualité sans un engagement à fond en faveur de la recherche et de l\u2019éducation continue.2)\tIl est nécessaire d\u2019obtenir \u201cla masse critique\u201d de chercheurs et de professeurs pour contribuer efficacement au développement et au transfert des nouvelles connaissances obtenues par les recherches en laboratoire ou dans les cliniques.3)\tSeuls les savants en biomédecine les plus qualifiés, motivés et engagés, devraient entreprendre une carrière en recherche médicale.La recherche fondamentale est très complexe mais l\u2019investigation clinique exige encore plus d\u2019excellence.Il est difficile, quoique possible, d\u2019être un bon chercheur clinique sans être un médecin expérimenté et compréhensif.Seuls les plus qualifiés osent marcher sur le fil de fer entre la recherche en laboratoire et la pratique de la médecine.Un long et coûteux entraînement dans chacun de ces chemins est nécessaire au chercheur en clinique.4)\tLa recherche biomédicale prend du temps et coûte cher.Néanmoins, les centres médicaux de première qualité doivent s\u2019engager dans un champ de recherche précis.Peu de centres ont les ressources pour oeuvrer autrement qu\u2019en quelques disciplines et champs de recherche.Il est préférable d\u2019être compétent et d\u2019obtenir des résultats en deux ou trois champs d\u2019activités que de s\u2019engager de façon limitée en plusieurs. POURQUOI INVESTIR DANS LA.377 5) Les actuels practiciens en médecine, beaucoup plus compétents et mieux entraînés dans l\u2019art et la science de la médecine, deviennent plus exigeants.Ils ne s\u2019intégreront pas facilement à une communauté qui n\u2019offre pas un service hospitalier de premier ordre et des programmes d\u2019éducation continue au point de vue médical.La disponibilité des médecins montréalais à garantir les soins médicaux, dans l\u2019avenir, dépend en large part de l\u2019établissement et du maintien d\u2019un milieu favorable à la recherche et à l\u2019éducation continue.L\u2019Hôtel-Dieu et l\u2019Institut offrent un tel milieu.Comment assurer la recherche biomédicale?La médecine scientifique est relativement neuve.Un peu avant le 20e siècle, dans mon pays, le médecin était surtout un \u201cchirurgien de frontière\u201d.Les médecins étaient préparés par l\u2019expérience d\u2019un devancier ou par \u201cles moulins à diplômes\u201d.Il y avait peu d\u2019échanges entre l\u2019université et le practicien.On ne pouvait pas grand-chose devant des problèmes ordinaires comme les maladies infectieuses.On insistait davantage sur l\u2019art plutôt que sur la science médicale.Les quelques médecins qui désiraient un entraînement plus poussé devaient aller dans l\u2019Europe de l\u2019Ouest ou en Angleterre.Même là, il était souvent plus dangereux de travailler à l\u2019hôpital que de rester à la maison pour y pratiquer un accouchement, une opération ou un autre traitement.Longtemps il fut plus sûr pour les femmes d\u2019accoucher dans la rue plutôt que dans les salles des plus fameux hôpitaux de maternité, comme à Vienne, où les infections circulaient de patient à patient et résultaient en mortalité due à une \u201cfièvre puerpérale\u201d.La médecine scientifique est récente.Aux États-Unis la demande pour des soins médicaux améliorés provoqua une enquête minutieuse par la Commission Carnegie, au début des années 1900, et donna le fameux Rapport Flexner.Il s\u2019ensuivit la fermeture des \u201cmoulins à diplômes médicaux\u201d et le développement des écoles de médecine reliées aux universités reconnues.Une médecine scientifique reconnue exigea le développement des recherches de base.Les sources connues d\u2019aide (individus, groupes ou fondations) devinrent insuf- 378 L'ACTION NATIONALE fisantes pour répondre à l\u2019augmentation des coûts due à un entraînement professionnel beaucoup plus long, aux laboratoires et aux systèmes d\u2019appui.En même temps, le public, éveillé à cette possibilité, en vint à exiger de meilleurs soins médicaux.Clairement, il devint nécessaire de trouver de nouvelles sources pour la recherche et l\u2019éducation médicale continue.Dans les années 1930, un changement dans le système et la structure des impôts, aux États-Unis, eut comme résultat frappant de réduire les grandes fortunes personnelles.Ainsi la philanthropie fut-elle diminuée.Il devint vite évident que l\u2019aide à l\u2019éducation médicale continue et à la recherche devait venir, en partie, du gouvernement fédéral.Cette aide pour la recherche biomédicale de la part de notre gouvernement fédéral existe maintenant depuis plus de 40 ans.Cela a causé et continue de causer de graves préoccupations dans les écoles médicales et les universités vu que cette dépendance envers les subventions gouvernementales pourrait diminuer la liberté professionnelle et académique.En conséqüence, la plupart des institutions recherchent une variété de sources pour éviter une trop grande dépendance envers l\u2019aide gouvernementale.La Clinique Mayo, depuis sa fondation, garde l\u2019idée qu\u2019un certain pourcentage des revenus provenant du soin des malades doit aller à la recherche médicale et à l\u2019éducation continue.Jusqu\u2019à il y a vingt ans, toutes les recherches, chez Mayo, étaient subventionnées par les revenus dus aux soins médicaux.L\u2019augmentation des coûts en recherche médicale nous obligea à chercher des fonds à l\u2019extérieur.Depuis vingt ans nous acceptons l\u2019aide gouvernementale comme aide à nos programmes de recherches.Quand nous prîmes la décision d\u2019ouvrir une école médicale, chez Mayo, pour les undergraduates (non encore diplômés), il devint évident que nous devions trouver des sources entièrement nouvelles vu que les ressources existantes étaient toutes assignées à des programmes en marche.Aujourd\u2019hui, près de 50% de tous les argents nécessaires à la recherche et aux programmes d\u2019éducation continue proviennent d\u2019une variété de sources extérieures, incluant les gouvernements des POURQUOI INVESTIR DANS LA 379 États et le gouvernement fédéral, les fondations, les associations et les individus ouverts à l\u2019action philanthropique.Notre expérience indique qu\u2019une approche similaire vous sera nécessaire si vous voulez conserver des soins médicaux, une recherche médicale et une éducation continue, hors ligne.Pourquoi devez-vous aider l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal?Ma visite, en cet anniversaire, sera extrêmement brève vu que notre Heart, Lung and Blood Advisory Council, du National Institute of Health, est en réunion.Notre expérience des derniers jours a été décourageante.Des centaines de jeunes savants en biomédecine, fort compétents, des Etats-Unis ou d\u2019ailleurs, ont sollicité le National Heart, Lung and Blood Institute pour des fonds en vue de recherches et de projets remarquables en éducation continue.Des comités d\u2019experts ont étudié attentivement ces projets.De ces projets jugés excellents, le Comité consultatif n\u2019a trouvé des fonds que pour 40% des projets et 30% des sommes demandées.Nous croyons que l\u2019avenir de la recherche biomédicale soutenue par le gouvernement fédéral continuera d\u2019être incertain à moins que le peuple américain ne convainque nos dirigeants politiques de l\u2019urgence d\u2019augmenter les subventions à la recherche et à l\u2019éducation continue.Il me semble bien probable qu\u2019une situation semblable doit exister au Canada.Laissez-moi expliciter quelques-unes des raisons que je soupçonne être au fond de votre bonne volonté pour aider de votre temps, de vos efforts et de vos argents, l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal.1) Évidemment, le public à Montréal et à Québec reconnaît les avantages de soins de santé et de soins médicaux qui soient modernes et excellents.Nous avons toute raison de croire que ce public continuera à désirer des progrès dans le système des soins de la santé.Devenus accessibles, les soins de haute qualité deviendront financièrement abordables. 380 L\u2019ACTION NATIONALE 2)\tL\u2019histoire prouve comme nécessaire d\u2019assumer les responsabilités de notre destinée.Comme un ami qui a eu le privilège de travailler et d\u2019étudier avec plusieurs d\u2019entre vous et de vous visiter fréquemment, j\u2019ai la forte impression que vous êtes vraiment engagés à promouvoir cet ancien héritage de liberté qui exige engagement et responsabilité.Il deviendra nécessaire qu\u2019en partie, vous vous sentiez responsables de votre propre avenir en recherches et en éducation continue, de sorte que l\u2019Hôtel-Dieu continuera d\u2019être un des meilleurs hôpitaux du Canada.3)\tNos fils et nos filles doivent connaître dans leur foyer et leur milieu des situations favorables.Nous devons apprendre des autres cultures et des autres civilisations.Nous avons aussi la capacité de contribuer à des situations favorables pour les autres.Tous les consultants de Mayo connaissent une forte réduction de salaire par leurs contributions à la recherche et à l\u2019éducation continue.Cependant la qualité de la vie est améliorée de façon frappante par l\u2019existence d\u2019un milieu plein de vitalité intellectuelle parce que nous fournissons des occasions d\u2019atteindre la compétence, aux étudiants diplômés ou non encore diplômés en médecine, et une éducation continue aux médecins practiciens.Nous cherchons les médecins les plus compétents pour étudier et travailler avec nous.En retour nous désirons que notre personnel et notre faculté, chez Mayo, puissent profiter de vos recherches et de vos remarquables professeurs.Et puis, n\u2019avons-nous pas eu cet échange avantageux quand un des jeunes directeurs de division, parmi les plus compétents, dans mon département, le docteur Cameron Strong, a reçu une grande partie de son entraînement à l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal, sous la direction du docteur Genest et de ses confrères?4)\tLa recherche médicale coûte très cher.Aussi seule la meilleure recherche peut ou devrait être subventionnée par une ou plusieurs sources.Les subventions du fédéral ou des États, même garanties, ne couvriront pas le coût entier de la recherche et de l\u2019éducation continue. POURQUOI INVESTIR DANS LA 381 Nous savons, à Mayo, que pour tout dollar obtenu de l\u2019extérieur il nous faut engager aussi un dollar pour amener un projet ou une recherche, à bon terme.À mon avis, la nécessité d\u2019engager notre propre argent au service du chercheur et de son travail sert comme un excellent mécanisme interne du contrôle de la qualité.Le simple fait que nous investissons de nos propres ressources, nous oblige non seulement à évaluer nos buts et nos objectifs mais aussi à déterminer les priorités et à ne nous engager que dans les projets qui méritent cette plus haute priorité.Si vous investissez votre temps et votre argent dans l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal, vous en attendrez une constante excellence.5)\tLa structure des impôts peut changer de sorte que plus d'argent serait disponible, par le gouvernement, pour encourager la recherche et l\u2019éducation soutenue.Les systèmes de taxation sont profondément impliqués dans les questions politiques.La politique reste convenable et nécessaire et plusieurs, sinon la plupart des politiciens, sont des serviteurs publics engagés et informés.Cependant personne n\u2019a jamais accusé le processus politique et le gouvernement d\u2019être un système économique.Les dollars reçus par les gouvernements de nos États et du fédéral nous reviennent sous forme de cents, de cinq, dix ou vingt-cinq cents.Dans la balance, les économies sont plus grandes lorsque les projets locaux reçoivent des fonds locaux de la part de citoyens que lorsqu\u2019ils proviennent des impôts publics.6)\tLa précision locale des buts et des priorités est désirable sinon essentielle.Il est presque impossible à une institution de s\u2019engager dans tout le grand champ de la recherche biomédicale.L\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal a réuni un des groupes de recherches les plus compétents dans le monde actuel dans les problèmes de la haute tension sanguine et dans les sciences connexes fondamentales et cliniques.Au début nous avons parlé de la haute pression sanguine et de son extrême fréquence comme la cause la plus ordinaire des 382 L'ACTION NATIONALE maladies du cœur, de la congestion cérébrale, des arrêts du rein dont l\u2019ensemble cause plus de la moitié des mortalités dans le monde occidental.Ses confrères ont reconnu le docteur Genest, maintes et maintes fois, comme contribuant de façon remarquable à la nouvelle connaissance biomédicale obtenue par la recherche sur la haute tension sanguine, les maladies du cœur, des vaisseaux sanguins, les maladies des glandes et du rein.Le docteur Genest et ses associés ont accordé une haute priorité à ces besoins médicaux d\u2019aujourd\u2019hui et de l\u2019avenir.7) Les investissements judicieux ne doivent être faits qu'aux institutions et aux personnalités hautement qualifiées et motivées qui acceptent de soumettre leurs idées et leurs plans à la critique de leurs confrères.L\u2019unique méthode plus efficace consiste dans l\u2019examen des résultats par un groupe de confrères.Chez nous, nous appelons cela le \u201ctrack record\u2019\u2019 (dossier de piste).L\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal a un remarquable dossier de marche.Plus de 200 jeunes gens ou jeunes femmes ont reçu leur entraînement en recherches médicales, à l\u2019Institut, malgré seulement 25 ans d\u2019existence.Plusieurs viennent de pays et de cultures étrangères vers ce qu\u2019ils apprécient être le meilleur centre de recherches cliniques et de laboratoires, selon les voies choisies par le personnel et l\u2019Institut.Les savants séniors viennent aussi d\u2019autres provinces et d\u2019autres pays pour avoir la chance de travailler avec le docteur Genest et ses collègues.Le personnel de l\u2019Institut est invité à parler et à enseigner dans plusieurs centres médicaux du monde.L\u2019Institut vient d\u2019être récemment passé en revue par des savants renommés venus d\u2019autres institutions du Canada, de Suisse et des États-Unis.Le verdict en fut un d\u2019excellence à tout point de vue.On loua spécialement le leadership du docteur Genest, son habilité à attirer d\u2019éminents confrères et l\u2019achèvement de cette \u201cmasse critique\u201d de chercheurs et d\u2019équipement nécessaires pour un milieu intéressant et efficace.Le simple fait qu\u2019une si grande part du budget, considérable bien que modeste, arrive à l\u2019Institut de sources extérieures, parle POURQUOI INVESTIR DANS LA 383 encore davantage en faveur de son excellence et de son rendement.Consacrer son temps, ses efforts et ses dollars à l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal constitue, à mon avis, un investissement judicieux en votre avenir.Cela maintiendra votre dynamique tradition médicale tout en assurant cet avenir de progrès dans les soins de santé, comme vous l\u2019espérez si évidemment.En terminant, laissez-moi dire que les membres du personnel et de la faculté des institutions Mayo qui ont la chance de connaître le docteur Jacques Genest et les collaborateurs de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal, le considèrent, lui et son groupe, comme l\u2019un des meilleurs dans le monde contemporain.Le docteur Genest serait plutôt embarrassé d\u2019apprendre jusqu\u2019à quel point il est admiré, suivi et aimé par ses amis et collègues du monde entier.Vous, citoyens de Montréal et de Québec, et nous tous, nous sommes heureux, certes, d\u2019avoir cet Homme de la Renaissance, comme ami et collègue.Merci pour l\u2019honneur de passer cette heureuse soirée avec vous.? L'homme nouveau, selon M.Ryan par Viateur Beaupré' 1.M.Viateur Beaupré est professeur au CEGEP de Sept-îles.Il vient de publier: Québécois ou Francofuns?à Sept-lles.Il y lutte contre ceux qui ont \u201cle goût du Québec\u201d déformé, conditionné, vendu ou simplement pourri! L\u2019HOMME NOUVEAU, SELON M.RYAN 385 Grâce à l\u2019énergie surhumaine de M.Ryan, un homme nouveau est en train de naître au Québec.M.Ryan serait-il donc un homme d\u2019avenir, ou un homme ouvert sur l\u2019avenir?Non pas.Mais il a reçu ce don admirable de cristalliser les tendances louches à l\u2019œuvre dans l\u2019organisme québécois, de les mouler selon les lignes de force de sa propre personnalité et de nous les offrir dans une éloquente synthèse.L\u2019homme nouveau selon M.Ryan, c\u2019est lui-même, multipliable à autant d\u2019exemplaires qu\u2019on en voudra.Si jamais cette espèce nouvelle devenait majoritaire, le Québec serait mûr pour le règne d\u2019un nouveau Duplessis ou d\u2019un ayatola bien d\u2019ici.Comme le disait Pierre Bourgault, il ne faudrait pas trop se surprendre si un tel bourreau de travail se faisait élire par un peuple de paresseux.C\u2019est arrivé à bien d\u2019autres peuples, moins paresseux que nous.Composantes Quelles sont les composantes de cet homme nouveau qui, fidèlement polycopié à l\u2019effigie de M.Ryan, se lève à l\u2019horizon québécois?1° Il sera énergique, méthodique, discipliné, comme une fourmi.Commis dévoué, prosaïque, au profil constabulaire, aux cheveux et à la barbe taillés sur le modèle des gars de la G.R.C.2° Il n\u2019aura rien de frivole, n\u2019entendra pas à rire, et ne rira que sur commande comme son maître à penser.\u201cQui pense Ryan, pense sans rire\u201d, avec des raideurs constipées de pince-monseigneur.3° Il prêchera la vertu et combattra farouchement le vice et la dissolution des mœurs, comme l\u2019autre ayatola, les colonels grecs, le caporal Pinochet et le général Franco.4° Il se dira impartial, prétendra peser longuement le pour et le contre comme Ryan dans ses éditoriaux et ses manifestes; mais en conclusion, il pèsera toujours de tout son poids dans le même plateau de la balance, le bon, celui de Pro Canada.5° Il s\u2019indignera vertueusement si on fait une distinction entre Québécois, car pour lui, tous les Québécois sont des Canadiens. 386 L'ACTION NATIONALE 6° Ce sera un homme de dialogue; mais dialoguer pour lui voudra dire convaincre les Canadiens que les Québécois préfèrent rester bien soumis, au 13e rang même chez eux au Québec.Ryan nous rappelle tous les deux jours qu\u2019il est en relation étroite avec les Premiers ministres anglais du Canada anglais, et qu\u2019ils le comprennent très bien.Nous comprenons qu\u2019ils le comprennent, puisque Ryan pense comme eux et se fait à peu près la même conception du Grand Canada.7° à 12°: voir les autres qualités que M.Ryan, récemment, réclamait de ses futurs disciples.Avec M.Ryan, ni Jésus-Christ, ni Socrate, ni Jeanne d\u2019Arc, entre autres, ne pourraient être candidats fédéralistes, parce que leur conduite serait jugée scandaleuse par les comités de sélection iraniens composés de vertueux hypocrites ou d\u2019Anglais.L\u2019homme du Destin Il y a sûrement des hommes, élus par le Destin et poussés par leur propre génie, pour incarner avec éclat les grandeurs ou les vices de leur peuple.On pense à de Gaulle, à Churchill; on pense aussi à Nixon et à Pinochet.M.Ryan est l\u2019un de ces hommes-symboles.Il relève avec éclat la torche fumeuse de feu Bourassa.Là où Bourassa s\u2019est arrêté, Ryan s\u2019élance, avec une intrépidité qu\u2019on est bien forcé d\u2019applaudir.Robert Bourassa n\u2019avait pas le caractère assez ferme pour incarner avec brio les vices de sa race: son contour et ses arêtes, ses pleins et ses creux avaient les accents flasques de la margarine; M.Ryan, lui, saura se sculpter un profil qui, à l\u2019angle de l\u2019édifice québécois, aura l\u2019éloquence de ces gargouilles bizarres qui hantent les cathédrales gothiques.Bourassa est mort; vive Ryan! Ainsi, M.Ryan prend dans ses mains noueuses cette bouillie gluante, je veux dire: la peur bicentenaire des Québécois; il lui donne la fermeté du bronze et s\u2019en fait une arme offensive.Sous sa vigoureuse direction, tous les froussards du Québec n\u2019auront plus honte de leur peur; à suivre un chef aussi déterminé, il ne leur viendra jamais à l\u2019idée qu\u2019ils sont des moutons.Dire NON à leur pays, parce qu\u2019ils ont peur de le prendre en mains, leur apparaîtra corn- L\u2019HOMME NOUVEAU, SELON M.RYAN 387 me un geste héroïque, parce que leur chef est un chevalier de fer qui fonce comme un orignal ou un soc de charrue.Ceux qui, le 15 novembre 1976, ont éprouvé de la honte face à l\u2019explosion de joie d\u2019un peuple célébrant le matin de sa libération, relèvent fièrement la tête aujourd\u2019hui.Pourquoi?Parce que tout le Canada anglais, les deux Carter, tous les députés d\u2019Ottawa, tous les partis fédéralistes du Québec, l\u2019armée, les juges, toutes les puissances financières affiliées à Pro Canada, tout cela, sous l\u2019implacable direction de M.Ryan, se porte à leur secours avec, en tête, la bannière de la Sun Life.Quel spectacle électrisant! Ça mérite bien que Jimmy Doucet entonne le O Canada, comme devant les sublimes Expos québécois, Américains à 100%! Au moment où j\u2019écris cela, je viens tout juste de présenter à mes étudiants le tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple.Cette liberté, une femme splendide, claire comme le miel, chaude comme le soleil, vibrante comme la flamme et l\u2019amour, hissant bien haut le tricolore qui ondule au rythme de son corps merveilleux.Et je compare ce spectacle d\u2019épopée, cette femme éblouissante, à Ryan arborant le drapeau de la Sun Life of Canada et criant d\u2019un ton de commis sec et de commère acariâtre: J\u2019y suis, j\u2019y reste! Le contraste est grotesque et injurieux.Mais est-ce moi ou Delacroix qu\u2019il faut blâmer?Non, il faut blâmer les responsables de cette croisade macabre contre le peuple québécois.Des gars qui marchent au pas de Bourassa-Ryan, sous le grand parapluie honorable et sinistre de Pro Canada, il ne faut pas s\u2019étonner que cela donne un bien triste cortège, en marche vers le cimetière, par un jour de pluie, à la morne et morte saison.C\u2019est beau comme Diefenbaker enrobé du Red Enseign et bercé aux sons pathétiques et niaiseux des cornemuses royales.Ça, c\u2019est du solide! Ça, ça parle fort! Ça, ça va droit au cœur de Tit Cul Lachance, de Bozo les culottes, de Frontenac et d\u2019Iberville! Les deux races M.Ryan, comme d\u2019ailleurs M.Biron et les autres fédéralistes chapeautés du parapluie Pro Canada, accuse le Parti québécois de diviser les Québécois avec son référendum.Autrement dit, tous ces inféodés aimeraient 388 L\u2019ACTION NATIONALE bien qu\u2019il n\u2019y ait au Québec que des fédéralistes et des partisans de Pro Canada.Leur charité est blessée de voir qu\u2019il y a des Québécois Pro Québec.L\u2019harmonie serait tellement plus facile si tous les Québécois s\u2019alliaient contre eux-mêmes pour soutenir le Grand Canada! Si tout le monde emboîtait le bon pas, celui de la majorité qui règne d un océan à I autre, il n\u2019y aurait pas de danger qu\u2019au Québec le père soit divisé contre la mère, que le fils ne pense pas comme le père et que la fille ne vote pas comme la belle-mère fédéraliste.Oui.Mais a-t-on déjà vu un peuple se libérer, sans qu\u2019il y ait déchirement interne?Quand de Gaulle invitait les Français (et plus tard, les Québécois) à la libération, c\u2019est évident qu\u2019il divisait les Français: collaborateurs d\u2019un côté, résistants de l\u2019autre; entre les deux camps, les neutres, c\u2019est-à-dire la masse des sous-collaborateurs anonymes.Et quand les Tchécoslovaques se libéreront du fédéralisme russe, il y aura de profondes déchirures dans le tissu national tchécoslovaque.En Rhodésie aussi, comme au Chili et au Nicaragua.Seuls s\u2019en scandaliseront ceux qui, sous prétexte de charité, d\u2019harmonie, d\u2019unité, de fraternité, excusent l\u2019injustice, par mollesse, intérêt ou insignifiance.Socrate a divisé les Grecs, Jésus-Christ a divisé les Juifs, Jeanne d\u2019Arc a divisé les Français et George Washington a divisé les Américains.Il ne s\u2019agit donc pas de se scandaliser de la division, mais de savoir où et quand il y a matière suffisante à division.Si le prix à payer pour la sainte Canadian younité, c\u2019est de revenir au régime de carême proposé par Bourassa-Ryan-Sun Life, il ne faut pas s\u2019étonner si bon nombre de Québécois prennent le maquis pour manger à loisir du lièvre et des bleuets.Pour ma part, je me sens beaucoup plus près de ceux que les nazis ont fusillés ou grillés un peu partout en Europe que de mes concitoyens bâtis sur le gabarit Ryan.Cette idée vicieuse de vouloir s\u2019unir à tout prix à tout le monde, et de s\u2019imposer d\u2019assommantes fréquentations dites fraternelles, quand on peut si facilement se donner pour compagnons de vie et de voyage la multitude des génies qui ont honoré et honorent l\u2019humanité! Je vis au Québec en 1979.Mes racines sont ici, et j\u2019en tiens compte, plus que Bourassa, Trudeau et Ryan. L\u2019HOMME NOUVEAU, SELON M.RYAN 389 Mais le temps et l\u2019espace sont tout de même secondaires dans l\u2019ordre de l\u2019esprit, quoi qu\u2019en pense le colonel Bélanger, de la Royal Canadian Army, qui a écrit un gros livre bourré de conneries pour faire croire aux Québécois que le sirop d\u2019érable, la présence des orignaux et le climat bin fret d\u2019icitte avaient conditionné leurs esprits de telle sorte qu\u2019ils avaient été forcés d\u2019inventer une langue toute neuve, à eux tout seuls, pour s\u2019exprimer, moitié en français, moitié en anglais.Plus l\u2019ombre sinistre de Ryan grandira à l\u2019horizon, plus se formera au Québec une résistance farouche à ce croque-mort.Un tel personnage, tu ne peux pas te contenter de le combattre: tu le hais de toute ton enfance et de tout ton amour, s\u2019il t\u2019en reste.Que les théologiens esclavagistes se débrouillent avec cette réalité fort simple qu\u2019ils compliqueront à loisir en casuistes vicieux! Quand les Noirs pourrissaient dans les champs et sous les coups des colons blancs, les théologiens blancs justifiaient avec une infinité de nuances colorées la réalité brutale qui était là, sous leur nez, noir sur blanc, ou mieux: blanc sur noir.\u201cTu exagères!\u201d Eh oui! Peut-être parce que je ne suis pas encore impartialement pourri et résigné à me faire vertueux selon la formule Bourassa-Sun Life-Ryan.Amen. Le français perd une autre bataille par Pierre Bourgault1 1.La réputation de Pierre Bourgault n\u2019est plus à faire.Professeur d\u2019université, il est aussi chroniqueur à The Gazette, de Montréal.Et l\u2019un de ses meilleurs chroniqueurs.Le 13 octobre 1979, il publia cet article que nous reproduisons ici.C'était frapper la quiétude anglo-canadienne de plein fouet.Les Anglo-Québécois ne s\u2019y trompèrent pas.Leurs quelques réponses cherchèrent des sentiers hors de la question.La conclusion est nette: le français n\u2019a une chance de se développer qu\u2019au Québec.Ontario est séparatiste depuis toujours.La traduction est de la direction.N.D.L.R. LE FRANÇAIS PERD UNE AUTRE BATAILLE 391 Penetanguishene.Sorte de nom indien?Oui.Ontario.Indien aussi?Oui.Penetanguishene, Ontario.Une autre bataille historique contre les Indiens?Non.Une autre bataille du français au Canada anglais.Le français fut aboli, comme langue officielle, en 1890, au Manitoba.Il fut aboli en Ontario en 1912.Aujourd\u2019hui, plus de 480,000 Canadiens-Français vivent en Ontario.Durant la meilleure partie de leur vie, ils ont lutté pour obtenir des écoles françaises.Ils ont gagné quelques batailles et perdu la plus grande part.Aujourd\u2019hui, ils viennent de perdre la bataille de Penetang.Depuis deux ans ils luttèrent pour une école française à Penetang.Mais ils continueront d\u2019être une \u201centité française\u201d à l\u2019intérieur d\u2019une école anglaise.La majorité est anglaise.La commission scolaire est anglaise.Les décisions sont prises par les Anglais.La commission scolaire, d\u2019accord avec la majorité anglaise de Penetang, leur a toujours refusé le droit d\u2019ouvrir une école française.Le problème fut déféré au ministre de l\u2019Éducation.La semaine dernière, Bette Stephenson a décidé: pas d\u2019école française.Une autre bataille perdue.Cela dure depuis plus de 60 ans.Les Franco-Ontariens ont dû lutter durant des années pour ouvrir une école française dans cette province.En 1979, ils sont encore au combat.Le premier ministre Davis aime manifester son mépris pour la loi 101 au Québec.Il aime montrer I Ontario comme un exemple de tolérance.Il aime répéter que le français dans sa province reçoit un meilleur accueil que l\u2019anglais au Québec.Mensonge.Tous savent que c\u2019est un mensonge.Mais on continue à mentir parce qu\u2019on y voit son intérêt.Et le peuple garde le silence quand on ne lui ment pas.Où sont-ils ces Anglo-Québécois silencieux?Nous les avons entendus crier à pleine voix, durant les trois dernières années, contre les \u201cinjustices\" que leur ap- 392 L\u2019ACTION NATIONALE porterait la loi 101.Mais aujourd\u2019hui ils restent silencieux.Pas un mot de leur part.Ils ne savent rien de Penetang.Ils ignorent tout du reste du Canada.S\u2019ils savent, ils préfèrent se taire.Ou ils préfèrent mentir sur ce sujet.Qu\u2019arriverait-il si le Québec appliquait aux Anglo-Québécois les mêmes mesures qu\u2019aux Franco-Ontariens?Qu\u2019arriverait-il s\u2019ils devaient lutter pour chacune de leurs écoles?Qu\u2019arriverait-il si le Québec devenait aussi français que l\u2019Ontario est anglais?La vérité est qu\u2019aucune minorité au monde n\u2019est aussi bien traitée que la minorité anglaise au Québec.La vérité est qu\u2019aucune minorité au monde n\u2019est aussi mal traitée que les minorités françaises du Canada.Pourquoi suis-je devenu séparatiste?Parce que, coup après coup, on m\u2019a rappelé que le Canada n\u2019était pas mon pays.Pourquoi suis-je encore séparatiste?Parce que, jour après jour, on me rappelle encore que le Canada n\u2019est pas pour moi.Ne me dites pas que l\u2019Ontario se venge à cause de la loi 101.C\u2019était comme cela avant la loi 101.Un long temps avant la loi 101.Le fait brutal est que l\u2019Ontario n\u2019a jamais été et ne sera jamais bilingue; que le Canada n\u2019a jamais été et ne sera jamais bilingue.Québec a toujours été bilingue et le demeurera, d\u2019une certaine manière, même après la loi 101.Le fait brutal est que les Anglais du Québec n\u2019ont jamais eu à lutter pour leurs écoles anglaises, leurs universités anglaises, leurs postes de radio ou de télévision anglais, leurs journaux anglais, leurs associations anglaises de toutes sortes.L\u2019anglais reste une langue de tous les jours.Les Franco-Canadiens, hors Québec, doivent encore lutter pour leur vie.Leur rythme d\u2019assimilation est LE FRANÇAIS PERD UNE AUTRE BATAILLE 393 écœurant.Qui s\u2019en préoccupe?Nous préférons parler du génocide au Cambodge.Vraiment, le génocide au Cambodge est affreux.Mais qu\u2019en est-il de notre génocide, subtil et moins brutal, au Canada?Le Canada français se meurt mais personne ne s\u2019en préoccupe.Pierre Elliott Trudeau s\u2019en préoccupe.Il a fait de son mieux et je crois qu\u2019il était sincère.Ce fut un échec comme pour tous ses prédécesseurs.Ils ont tous connu l\u2019échec parce que le Canada anglais ne veut pas d\u2019un Canada bilingue.Quelques intellectuels anglais acceptent un pays bilingue.Mais le peuple s'en fiche.Penetang n\u2019est qu\u2019un symbole.Il y eut des centaines de Penetang auparavant et il y en aura encore des centaines, jusqu\u2019à ce qu\u2019il n\u2019y ait plus de Canadiens-Français au Canada.Le Québec, alors, ne sera plus une province du Canada mais un pays.Un pays français.Parce que les séparatistes anglais du Canada auront séparé le Québec du Canada.Parce que le Québec est devenu la seule place en Amérique du Nord où il est possible de vivre en français.Parce que nous sommes des étrangers (et des étranges) partout au Canada, excepté au Québec.Je ne suis pas né séparatiste.Je croyais au Canada.Je suis devenu séparatiste quand j\u2019ai compris que le Canada ne me faisait pas confiance.Au référendum, j\u2019aurai à choisir entre le Québec et le Canada.Le Canada anglais aura rendu mon choix facile.Comme bien d\u2019autres Canadiens-Français, je me suis abusé moi-même longtemps.En fait, beaucoup de Canadiens-Français continuent ce jeu.Maintenant je crois fermement que rien ne changera.Je choisis Québec parce que je n\u2019ai pas d\u2019autre choix.Je choisis Québec parce qu\u2019ici il n\u2019y a pas de Penetang anglais au Québec. Notes sur M.Édouard Montpetit par Roger Bédard' 1.En avril 1966, l\u2019Action nationale publia une superbe conférence de M.Roger Bédard, alors rédacteur en chef de Cités et Villes, avec préface de M.F.-A.Angers, sur M.Édouard Montpetit, fondateur de la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques, de l\u2019Université de Montréal.Pour commémorer le 25e anniversaire de son décès, l\u2019Action nationale croit être utile aux chercheurs en publiant la chronologie de la vie et des publications de ce grand esprit et de ce pionnier en économique, que fut M.Édouard Montpetit. NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT 395 A \u2014 CHRONOLOGIE 1881 Né à Montmagny, le 26 septembre.1892 Études au collège de Montréal.1901 Obtint son baccalauréat ès arts de l\u2019université Laval de Montréal.1904 Licencié en droit de l\u2019université Laval de Montréal.Admis au barreau de Montréal.1904-07 Chargé d\u2019enseignement à la faculté de droit de l\u2019université Laval de Mtl.1907 Entre à l\u2019École libre des sciences politiques de Paris.1910\tDiplômé de l\u2019École libre des sciences politiques.Chargé d\u2019enseignement (économie politique) à l\u2019École des Hautes Études commerciales et à la faculté de droit.1911\tDiplômé du Collège des sciences sociales de Paris.1913 Nommé titulaire de la chaire Forget de l\u2019université Laval de Montréal.Présente à l\u2019École libre des sciences politiques deux conférences fameuses sur \u201cles survivances françaises au Canada (13 et 20 juin) qui seront publiées à Paris l\u2019année suivante.1915 Nommé professeur de droit romain à la faculté de droit de Montréal.Fonde la \u201cRevue trimestrielle canadienne\u201d dont il sera pendant trente ans le rédacteur-en-chef.1917\tFonde l\u2019Action française de Montréal et rédige le manifeste publié dans le premier numéro de son bulletin: \u201cvers la supériorité\u201d.Reçoit son doctorat en droit de l\u2019université de Montréal.1918\tDélégué des universités du Québec aux fêtes du cinquantenaire de Berkeley.1920 Nommé secrétaire général de l\u2019université de Montréal.Fonde l\u2019École de sciences économiques et politiques de l\u2019U.de Montréal et devient le premier directeur de cette École. 396 L\u2019ACTION NATIONALE 1921 1922 1925 1925-26 1927-28 1928 1931 1935 1937-40 1940 1940-42 1941 1946 1954 Délégué de l\u2019université de Montréal à la conférence des universités de l\u2019empire britannique à Oxford.Délégué du Canada à la conférence économique de Gênes.Professeur invité en Sorbonne pour dix cours sur le Canada.Président de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences.Président du Cercle Universitaire de Montréal.Nommé à la Commission des écoles catholiques de Montréal où il siégera jusqu\u2019à 1937.Professeur invité à l\u2019université de Bruxelles pour une série de cours sur le Canada.Prononce les conférences Clarence Webster à la Mount Allison University.Nommé directeur des relations extérieures de l\u2019université de Montréal.Président de la Commission des assurances sociales au Ouébec.Délégué du Canada à la conférence de la Société des Nations.Président du comité d\u2019enquête sur la fiscalité au Ouébec.Docteur en science politique de l\u2019université de Montréal.Échevin de la ville de Montréal.Directeur général de l\u2019enseignement technique de la province de Ouébec.Président honoraire de l\u2019Association des diplômés de l\u2019université de Montréal.Décédé le 27 mars.B \u2014 ARTICLES, RAPPORTS, CONFÉRENCES 1906\t\u2018\u2018Ouestions sociales \u2014 les écoles sociales\u201d, La Science moderne, III, n° 3, nov.1906, p.71-77.\u201cL\u2019école libérale\u201d, La Science moderne, III, n° 4, déc.1906, p.94-99.1907\t\u201cLe collectivisme\u201d, La Science moderne, III, n\u201d 6 fév.1907, p.145-50. NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT 397 \u201cL\u2019économie politique\u2019\u2019, Revue Canadienne, fév.1907, vol.LII, n° 2, p.154-69; mars 1907, p.259-69.\u201cIllusion et fausseté du collectivisme\u2019\u2019, La Science moderne, III, n° 9, mai 1907 p.247-52.\u201cL\u2019école catholique\u2019\u2019, La Science moderne, III, n° 10, juin-juil.1907, p.281-89.1911\t\u201cL\u2019exode des capitaux français\u201d, Revue économique canadienne, 1911-12, p.77-85.1912\t\u201cLes deux conventions commerciales canadiennes\u201d, Revue économique canadienne, avril 1912, p.171-80; p.251-60.\u201cLes idées religieuses de F.Brunnetière\", Revue canadienne, juin 1912, p.504-16.\u201cLes expositions canadiennes à l\u2019étranger\u201d, Revue économique canadienne, août 1912, p.331-45.\u201cLa valeur scientifique de l\u2019économie politique\u201d, Revue canadienne, X, n° 2, août 1912, p.129-45.\u201cLe Canada et la délégation Champlain\u201d, France-Amérique, déc.1912, suppl.p.66-68; juil.1913, p.9-11 \u201cL\u2019enseignement supérieur français et le Canada\u201d, Revue économique canadienne, 1912-1913, p.70-83.1913\t\u201cL\u2019économie politique est-elle une science ennuyeuse et abstraite\u201d, Revue canadienne, fév.1913, p.138-51.\u201cÀ quoi bon l\u2019économie politique\u201d Revue canadienne, XI, n° 4, avril 1913, p.307-28.\u201cLa France vivante\u201d, France-Amérique, mai 1913, p.308-11.\u201cL\u2019indépendance économique des Canadiens-français \u2014 À propos d\u2019un ouvrage de M.Errol Bouchette\u201d, Revue économique canadienne, mai-juin 1913, p.370-84.\u201cLes survivances françaises au Canada\u201d, France-Amérique, août 1913, supp., p.17-19; sept.1913, p.25-30; oct.1913, p.37-41.\u201cLouis Veuillot \u2014 l\u2019homme\u201d, Revue candienne, XII, n° 6, déc.1913, p.491-516.\u201cLe Canada à l\u2019exposition de Gand\u201d, Revue économique canadienne, déc.1913, p.172-90.\u201cLa délégation Champlain au Canada\u201d, Almanach Rolland, année 1913, p.122-32. 398 L\u2019ACTION NATIONALE \u2018\u2018Bienvenue aux délégués français\u201d, Almanach Rolland, année 1913, p.113-15.1914\t\u2018\u2018Essor industriel et commercial du peuple canadien\u201d, Revue économique canadienne, ianv.1914 p.213.1915\t\u201cLa responsabilité décennale des constructeurs\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.I, n° 1 mai 1915, p.15-31.\u201cLe comité France-Amérique et la guerre de 1914\u201d, Bulletin de la Chambre de Commerce française de Montréal, 14 juil.1915, p.47-54.\u201cUne science nécessaire: l\u2019économie politique\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.I, n° 3 oct 1915,\tp.299-319.Mort au champ d\u2019honneur \u2014 le sgt Henry Desroys de Roure\u201d, Mémoires de la Société royale du Canada, III, 1915, p.29-49.\u201cLes fêtes de Québec\u201d dans La mission Champlain aux Etats-Unis et au Canada.Éditions France-Amérique, Paris, 1915, p.123-25.1916\tNotre monnaie métallique\u201d, Revue trimestrielle canadienne, II, n° 2, août 1916, p.105-33.\u201cLes oeuvres de secours pour la France à Montréal\u201d, France-Amérique, VIIe année, sept-déc 1916,\tp.34-41.\u201cIntroduction à l\u2019étude de l\u2019économie politique\u201d, Mémoires de la Société royale du Canada, IIIe série, 1916, p.365-408.1917\t\u201cVers la supériorité\u201d, Action française, vol.I, n° 1, janv.1917, p.1-6.\u201cLes billets du Dominion\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.Il, n\" 3, fév.1917, p.223-37.\u201cNotre avenir: l\u2019enseignement professionnel et la constitution d\u2019une élite\u201d, Revue trimestrielle canadienne, II, n° 3, fév.1917, p.305-22.\u201cL\u2019orientation de notre politique économique\u201d, Bulletin de la Chambre de Commerce du district de Montréal, avril 1917, p.40-43.\u201cLes billets de banque\u201d, Revue trimestrielle canadienne, III, n° 1, mai 1917, p.44-60.\u201cLa politique commerciale du Canada\u201d, Revue trimestrielle canadienne, III, n° 2, août 1917 p 113-28. NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT 399 1918 1919 1920 1921 1922 \u201cNotre collaborateur Daniel Bellet\u201d, Revue trimestrielle canadienne, III, n\" 3, p.237-42.\u201cLa Grande-Bretagne et la 9ue0\"® \u2019 trimestrielle canadienne, III, n\u201d 3, p.290-302.\u201cPour l\u2019action française\u201d, Revue trimestrielle canadienne, III, n° 4, fév.1918, p.414-19.\u201cSix jours à Berkeley\u201d, Revue trimestrielle canadienne, IV, n° 1, mai 1918, p.1-21.\t0 _ \u201e \"Pour la France\u201d, Aide à la France, vol.I, n 3, b juin 1918, p.5.\tA t \u201cLa veillée des berceaux\u201d, Revue trimestrielle canadienne, IV, n° 2, août 1918, p.107'35-i \u201cNotre collaborateur Paul-E.Lamarche , Revue trimestrielle canadienne, IV, n° 3, nov.1918, p.217-19 \u201cNos forces économiques\u201d, Action française, nov.1918, p.482-509.\u201cErrol Bouchette et l\u2019indépendance economique du Canada français\u201d, Action française, III, n 1, janv.1919, p.5-21.\u201cErnest Marceau\u201d, Revue trimestrielle canadienne, V, n° 18, août 1919, p.119-25.\u201cL\u2019art producteur\u201d, Revue trimestrielle canadienne, V, n° 19, nov.1919, p.271-82.\u201cPour l\u2019université\u201d, Revue trimestrielle canadienne, V, n° 20, déc.1919, p.347-48.\u201cLe mécanisme du change international , Revue trimestrielle canadienne, V, n° 20, déc.1919, p.349-74.\to \u201cUn programme d\u2019action sociale , Revue trimestrielle canadienne, VI, n° 24, déc.1920, p.311-32.\u201cUn programme d\u2019action sociale\u201d, Semaine sociale du Canada, Montréal, 1920, p.87-94.\"L\u2019indépendance économique des Canadiens-français\u201d, Action française, V, n° 1, janv.1921, p.4-21.\tJ \u201cLes universités et l\u2019enseignement des sciences sociales\u201d, Revue trimestrielle canadienne, VII, n° 25, déc.1921, p.390-410.,\t,,\t\u2014 \u201cNotre collaborateur Emile Miller , Revue trimestrielle canadienne, VIII, n° 31, sept.1922, p.264-67. 400 L'ACTION NATIONALE 1923 1924 \u2018\u2018Compétence professionnelle\u201d, Semaine sociale du Canada, Ottawa, 1922, p.297-306.Les transformations de l\u2019instrument monétaire\u201d ?qooe tr'™eAltrie\"e canadienne, IX, n° 33, mars ly^o, p.oo-4y.Les engagements internationaux et leurs procédés de liquidation\u201d, Revue trimestrielle canadienne, IX, n\u201d 35, sept.1923, p.225-38.\u201cCe Que nous devons au catholicisme\u201d, Action française, nov.1923, p.258.\u201cLa monnaie et ses transformations\u201d, la Science moderne, janv.1924, p.57-62.\u2018\u2018La langue française au Canada\u201d, France-Amerique, XVe année, juin 1924, p.137-47.Le parler français au Canada\u201d, Revue trimestrielle canadienne, sept.1924.1925\t\"Le facteur économique en histoire\u201d, Revue trimestrielle canadienne, déc.1925, p.394-408.\u2018\u2018Allocution du président d\u2019honneur\u201d, VIe Semaine sociale du Canada, Trois-Rivières, 1925, p.351-53.Le facteur économique en histoire\u201d, Semaine d'histoire du Canada, 1925, p.36-51.Le long du St-Laurent\u201d, Almanach d\u2019action sociale catholique, année 1925, p.64-65.\u2018\u2018Rapport sommaire sur les activités de l\u2019université de Montréal\u201d, Annuaire de l\u2019université de Montréal V, année 1925-26, p.283-91.\u201cVoyage transcontinental\u201d, Annuaire de l\u2019université de Montréal, Ve année 1925-26, p.312-13.1926\t\u2018\u2018L\u2019importance du capital humain\u201d, Action française, vol.XV, n° 1, janv.1926, p.5-21.\u2018\u2018La valeur et les responsabilités de l\u2019action intellectuelle\u201d, La Science moderne, vol XXII n° 8 mars 1926, p.191-97; avril 1926, p.217-21.\t\u2019 L oblat civilisateur\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XII, n° 45, mars 1926, p.37-55.\u201cLa valeur et les responsabilités de l\u2019action intellectuelle\u201d, Le Semeur, mars 1926, p.191.A propos d urbanisme\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XII, n° 47, sept.1926, p.349-61.\u2018\u2018Albert Prévost\u201d, Revue trimestrielle canadienne XII, n ° 47, sept.1926, p.361-68. NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT 401 \u201cLe passé radieux\u201d, La revue dominicaine, XXXIII année, 1926, p.404-08.\t9\u201e \u201cNotre charpente économique s edifie-t-elie., Almanach de langue française, année 1926, p.1927 86-91.\t.\u201cL\u2019évolution industrielle et le droit\u201d, Technique, fév.1927, p.1-2.\u201cLes Canadiens-français et le développement intellectuel du Canada\u201d, Action française, XVII, mai- juin 1927, p.329-38.\t\u201e \u201cAllocution pour présenter M.E.Mmvüe , Ac-tualité économique, III, n\" 8, nov.1927, p.162-63.\u201cL\u2019urbanisme et la société\u201d, La revue municipale, déc.1927, p.67-70.\u201cLes Canadiens-français et le développement intellectuel du Canada\u201d dans Enquête de l\u2019Action française: les Canadiens français et la Confédération, Montréal, 1927, p.49-58.1928 \u201cImpressions\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XIV, n° 54, juin 1928, p.113-21.\u201cLa vie intellectuelle chez les Canadiens-français , France-Amérique, XIXe année, août 1928, p.226-29.\u201cLa valeur pratique de la doctrine sociale caUioli-que\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XIV, n° 55, sept.\u20191928, p.239-62.\t\u201e\t\u201e \u201cUn conseil national économique , Action canadienne-française, déc.1928, p.334-44.\u201cNotre corps professoral\u201d, Les nouvelles de I Ecole des Hautes Études Commerciales, déc.1928.\u201cLa valeur pratique de la doctrine sociale catholique\u201d, VIIIe Semaine sociale du Canada, St-Hyacinthe, 1928, p.262-76.\u201cFrench-Canadian cooperation\u201d, I.National \u2014 Revue trimestrielle canadienne, XIV n° 56, déc.1928, p.425-41; II.Economie and social \u2014 Revue trimestrielle canadienne, XV, n° 57, mars 1929, p.78-94; III.Intellectual \u2014 Revue trimestrielle canadienne, XV, n° 58, juin 1929, p.198-214.1929 \u201cFrench Canadian cooperation in Canadian unity , Quebec, vol.IV, n° 2, mars 1929, p.26-31, juil.1929, p.122-28; sept.1929, p.168-74.\u201cSir Lomer Gouin\", Annuaire de l\u2019université de Montréal, XIe année 1929-30, p.195-96. 402 L'ACTION NATIONALE 1930 1931 1932 1934 After all this is a British country\u201d, Revue 331?-4?me//e Canadienne\u2019 XVI- n° 63, sept.1930, p.After all this is a British country\u201d, Quebec, vol.V n 9, oct.1930, p.194-97.Canadian citizenship\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.XVIII, n° 67, sept.1931, p.276-88 \"Le dixième anniversaire de l\u2019École des sciences sociales, economiques et politiques\u201d, Annuaire de [ université de Montréal, XIe année, 1931-32, p.212-25.\u201cChanging social conditions of our civilization\u201d Canadian Congress Journal, XI, n ° 8, Aug.1932, p.22.Le retour à l\u2019or\u201d, Actualité économique, vol VIII oct.1932, p.241-49.Le long du St-Laurent\u201d, Atlantique, août 1934, p.1935 1938 1939 Livres bleus\u2019 , Actualité économique, X, nov.1934 p.369-76.\t\u2019 \"L\u2019avenir économique des Canadiens-français\u201d Bulletin de la Chambre de Commerce du district de Montréal, fév.1935, p.17-21.Climat de culture\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XXI, n° 82, juin 1935, p.156-74.\u201cL\u2019Ecole des sciences sociales\u201d, Action universitaire, III, n° 1, déc.1936, p.3.\u201cQuinzième anniversaire de l\u2019École\u201d, Annuaire de Ecole des sciences sociales économiques et politiques, 1937-38, p.37-45.Le s Canadiens-français et l\u2019économique\u201d Mémoires de la Société royale du Canada 1938 I p.55-79.\u201cPour une économie canadienne-française\u201d, Mémoires de la Société royale du Canada 1939 I p.193-217.\u201cPour une économie nationale\u201d, Revue trimestrielle canadienne, XXV, n° 98, juin 1939 p 119-47.\u201cPrends la route\u201d, Revue trimestrielle canadienne vol.XXV, n° 100, déc.1939, p.349-91.1940 \u201cL\u2019école primaire est-elle américanisée?\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.XXVI, n° 101 mars 1940, p.44-71. NOTES SUR M.ÉDOUARD MONTPETIT 403 1941 1942 1943 \u201cL\u2019américanisme\u201d, Actualité économique, vol.XVI A, mai 1940, p.101-23.\u201cL\u2019enseignement secondaire a-t-il subi I influence américaine?\u201d, Revue trimestrielle canadienne, vol.XXVI, n° 102, juin 1940, p.117-32.\u201cL\u2019enseignement supérieur est-il ar™'ri
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.