L'autorité, 12 août 1916, samedi 12 août 1916
[" er ane et ee te tr AR Cn.Nn Sm en VolLIll \u2014 No 138 162 Tél.Est 893 GASTON MAILLET, directeur Evèque patriote Encore une fois, à l'occasion du dix-neuvième anuiversaire de \"a consécration épiscopale.Mar Bruchési a fait retentir sous les Voûtes de sa, magnifique cathédrale un appel aux ares en faveur de PAngleterre ot de la France, La guerre dure depuis deux aus et quoique chaque jour settle nous rapprocher de la victoire, nous «nr somiiues encore à une considérable distance, ei les plus durs saeri- fices sont ceux qui restent à accomplir.= La province de Québec, jusqu'ici, nu pas fit \u201cun effort égal à celut des autres provinces du Damion pour La cause que défendent avec tant d'héroïsme notre patrie d'adoption et notre patrie d'orrrine.Son indifference ne hui fut pus honneur, surtout lorsqu'elle repose sur un parti-pris, comme dans le cas de ceux qui prétendent que vetle guerre ne Nous concertée pus, que nous De somes pias teas d'appuver l'Angleterre dans \u2014\u2014 AS \u2014_\u2014 RENE CHENEVERT Rdifice do la Banque d'Ottawa S£é rue UT-JACQUES.Tél.Mais 661P.J ed RAINVILLE & GAGNON BLEU LA, AE et Chicago 160 rue ST-JACQUEN A TORONTO En 346 Sleurre pur } Intercoloninl Limits Tèl.Main 8784 MONTREAL Le train d'un service supérieur quitte Muutréul à 10,15 &.mn.ad Traine Kaprees par Jour FONTAINE & LABELLE yi tHE sin aut TORONTO of L'OUENT Wagons huMets salon et bibliothèque aur les tratns de Leur, vaxons-liis P'utlsonr Bdifice Ja Presse, Acludris À l'électricité, avec lampes de tou.81 rus ST VACQUBS.ture dans lus Hit+ nur lea tralou de nuit I MONTREAL ~ ALBANY \u2014 NEw To.Malm 07.York, bb & M #6 \u2014 ay006 num, ussu ee EC SES | Le es MONTREAL, \u2014- BOSTON - SFIUNEO DESSAULLES, GARNEAU ar Dr & VANIER sam.at Sy pa, af 0d pm Avocats MONTHENML, - SHERBIOOKE LN AVOCATS NOXVILLE avn mam, LE1C pn, \u201c0.pan.86, RUE NOTRE-DAME OUEST EAUX EN VILLE: 122 ro tid.PA.Main $110 ques.TOL Main Gold.HOUT Windeor un gare fonaventure aTous les Jours b'l'ous les figs gy.CAE SES, le {manche cle dimanche veut | GORDIEN MENARD | AVOCAT ; TéL Halo G7.Baden Vera CANADA \u2014 : ST-JACQUE STEAMSHIP /° 3095 LINES tirmiTeo( PSS ns oa eT ment A l'ost ou à l'ouost PAR LA REVEEREE: Chateau Dupéré | | te musa | bon Tel Lasalle 160 | T Terminu£ des Tramways, = J Montréal.Wb/le-Lales-Toreuto \u201c .Fo ' apart tons tes sours 4 1 .: BH pu p Notre-Pame Longue Polute | \u2014 Rue Notre-In y ALE r .bene de Suguenny \u2014_\u2014 ! , IX part de Quêtbee tous le T 1 i SALLE POUR BANQUETS [of dren te nach ev, SH, tin service du Naguennd - Ls irene Le stentier axpress a.| Enea quitte Montréal 4 es | [ tard! et le vendredi a 715 fo Repas à la carte.Chef français; [ brut Cote-Nord-Be-du-Prince- Dalonard- lesan Peo \u201cCnmingedin® quiters Moat a le 15 voit et 1e } CV bh pom PBURLAUN GUNNER DU RET: Maln TVR BEREAUN DLS ming Ts V-1t Vletoris sure, TÉL Made 1318 CCT TTT 762, BOULEVARD SAINT-LAURENT CE - TH.Eat 8849 | ! 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de La, il se rendra au lue long qu'il traversera en cabot; en arrivant sur l'autre rive il se trouvera duns lu foret où le gibier abonde.Un portage de quinze minutes le rendra ou Jue des lies, ou Bl trouveras uv camp pour y éta- Mir ses quartiers généraux, La truite s'y prend chaque année pur williers, Les amateurs de gros pois: sons seront servis à souhait en se rendant au luc Saint-Joseph, où les hatnecous deur attireront de lu truite de quatre ou cing livres et ut peu plus loin, sur le grand Ine Wayagamie, et sur la rivière Bostonnais, du doré et autres poissons qui fe- rout leurs délices.Tout le voisinage du ae des Jes est excellent pour la chasse; depuis deux ans chaque chasseur qui sy rend y a toujours abattu de l'ori- gnual «tt du chevreuil; il y a encore lu chasse à d'ours qui se fait sur une grande échelle et plusieurs belles pièces, spécialement dons les \u201cbrûlés\u201d da lne léopole, du lue nu Foiu et le long de Ju Ilostonuais, y sont abatines.le confort pour les péeheurs et chasseurs dans les différents camps est Incomparable et M.Alphide Tremdday, le grand ehas- sent renominé de cette région et le propriétaire de ces Ines, y # même établi un courrier qui délivre les lettres chaque jour dans les différents camps, C'est dire que tout en étant daus la forêt profonde on y à cependant contaet avec le monde des grands centres, Une autre région merveilleuse que Ven à surnoumuée le Vermillon, est située à quinze milles de Lu Tuquevon fi encore de nombreux lies et de vastes territoires de chasse qui ferant la joie du nemred, les amateurs de belle nature y trouveront des panoratuas enchanuteurs, L'ovil contemplera des montagnes bordées de lwuleaux, de pins odoriférants, des lues et des rivières qui déroulent leurs eanx limpides dans le mystère de ln fort, Les lacs y sont tellement nombreny quiil est impossible de les désigner tous par leurs noms dans cette courte nomenclature, De la truite (achetée, du brochet, du maskinongé, du doré prennent leurs ébats dans ces eaux: sur la rivière Vermilion on y prend du brochet énorme pesant jusqu'à 25 livres; au pied des chates, du doré de 556 livres et de la (truite eu quantité.Le Ine Cressman, près de In station du Transcontinental, renferme de ln truite de 3 à 6 livres, et it y encore là des camps à In disposition des pécheurs.Dans le lac des Grand*Mères on y preud de la truite de 3 à 4 livres; on y trouve fuss un camp moderne, Au lace Croche, ou y qéche du doré et de ln truite de Îne éonrmess au ae Touladi, de In touladi qui ressemble beaucoup i ln truite blanche, Viennent ensuite les Anes en Coeur et Achée avee des muskinongés pesant 3 livres, et plus.11 y a dans les environs une en quantaine d'autres lacs où la truite ubonde.Ce que nous disions pour la pêche peut aussi s'appliquer pour la chasse, qui est excellente dans tous ces territoires, L'ovigunl, le chevreuil et l'ours sont les principaux gros gibiers, et ce qu'il y t de plus extraordinaire, c'est «qu\u2019au Vermidlon, où en He voyait aucun orignul Jndis, on wn à compté 27 daus une même journée à 3 milles de In rivière.Quelques-nns de ces MONRPGUES de ta fo- rot avaient des panaches mesurant jusqu'à 56 pouces d'un bras à lan- ire, Ft c'est ainsi une théorie constante de Ines, de rivières et.de territoires de chasse qui v'attendent que le sportsman.Si le Transcontmental a ouvert d'immenses régions à In colonisn- tion, il 0 aussi ouvert de vastes fer- vitoires, véritables paradis, pour les pécheurs et lex chasseurs.on n\u2019a qu'à s'adresser à l'agent général des passagrers des chemins de fer du Gauvernement Canadien & Moneton ou à l'agent ile district des passagers À Montréal pour obtenir toux les renseignements désirés, .Ceux-el se feront.un ngréable plaisir de répondre A toutes demandes de rensel- gnements, Une seule carte postale apportern vue réponse immédiate.\u2014_\u2014__\u2014\u2014\u2014 Autour du mariage: Lnti:\u2014Qu'est-ce que tu ferais, si je vennis à mourir?Bile:\u2014Oh, ne mo parle pas de oclu ! j'en devieudrals folle! dal: -Eat-ce que tu te remarie- ia?\"Elo - Oh, gos follo À ce point-là.\u2014#\u2014\u2014r 11 vient de raconter ses vingt et Un mois de captivité et les onze camps successifs à travers lesquels le promenèrent en Bochie les fan- taisics soldutesques des \u201c\u2018feldwebel\u201d, qui sont les tyranneaux de ces vastes geôles, ll a dit les souffrances du froid, l\u2019abjection du couchage sur la litière déjà foulée par tant de misérables privés de toute hygiène; il n montré Ja gu- melle du matin et celle du soir uniformément remplies de cette eau tiède où s\u2019ennuient dans leur peau boueuse quelques pommes de terre moisies et à demi cuites; il a avoué, avec une rage humiliée qui fait encore trembler ses larges épaules, la torture du poteau, où l\u2019homme, bridé pur des cordes et ne prenant appui que sur la pointe des pieds, doit subir pendant des heures le ricanement du bourreau, Maintenant il raconte les patients préparatifs de l\u2019évasion.Franchir les palissades du camp de B., hérissées de tessons tranchants et flanquées d\u2019un réseau de fils de fer Larbelés, il n°y fallait pas songer.Des patrouilles en assuraient la trop fréquente inspection.Un seul espoir restait.Trou- Ver où pourrait être creusé un boyau souterrain qui franchirait par en dessous ces clôtures.prit constamment tendu sur ce problème, le Français finit par découvrir l'endroit écarté de toute surveillance où pouvait \u2018s'amorcer\u201d ce couloir, 1 es- 11 fallait qu'il dispa- rit presque nussitôt sous de vustes baraquements et qu'il cheminät pendunt au moins quatre-vingts mètres avant de s'ouvrir sur l'extérieur.Avee des précautions de psychologue, François Lemée avait \u201csou- pese\u201d l'énergie des associés possibles, nssez décidés pour tenter l\u2019aventure avec lui.Certains qui le voyaient faire des réserves de biscuit et de chocolat le tâtèrent pour savoir s\u2019il ne nourrissait pas ce tuême projet d'évasion dont eux- même avaient l'esprit plein.Il ne répondait qu'à demi-mot jusqu'au jour où, sûrs d'eux, quatre hommes se jurêrent fidélité absolue dans le danger, jusqu'à la mort.Il y avait trois Français et un Russe.Tous quatre sont aujour- d'hui en liberté: ils s'appellent François Lemée, Paul Malcappe, Germain Goulin et Ivan Kosmaitcho.LE COULOIR SOUTERRAIN Pendant quinze nuits conséeuti- ves, ils se relayèrent au travail du souterrain.= Celui-ci était tout juste assez large pour les épaules d\u2019un homme.Armé d'un mauvais tronçon de fer, le travailleur, à plat ventre, devait fuuir avec effort et déblayer ln terre plus mal aisément encore.Enfin, tout fut prêt.Le souterrain s'ouvrit sur la campagne.Les fugitifs avaient peu à peu modifié leurs vétements jusqu\u2019à leur enlever tout aspect spévial et sus- peut.Ils avaient accumulé de suffisantes provisions de bouche.Une bonne boussole et une carte mé diocre complétaient leur équipement.Le 15 mai dernier, à minuit, ils s'engagérent en file indienne duns Pétroit souterrain, chacun poussant devant soi le modeste baluchon qui contennit ses vivres, L'eau avait envahi le fond du bovau, rendant la traversée extrémement pénible.Pour parcourir ces quatre-vingts mètres, les fugitifs mirent presque une heure! Enfin, exténués, couverts de fange, moites de sueur et glacés par ln fraîcheur du matin.ils se trouvérent hors du camp et sur le chemin de la liberté.Et la course nocturne commença, rapide, essoufflée, intrépide, ne connaissant pas d'obstacle: fuite en ligne droite À travers monts et plaines.Les fugitifs, armés de solides bâtons, marchaient bien rassemblés en un groupe compact.décidés à ne point \u201cse lâcher\u201d, quoi qu'il pût arriver.LA FUITE EN TERRE ENNEMIE lis redoutaient l'approche des voies ferrées, car elles sont gardées par des sentinelles très proches.Quand il leur fallait franchir une ligne de chemin de fer, ils se glis- saieut un À un, marchant sur les mains comme sur les pieds pour ne provoquer aucun bruit du cailloutis.Ils évitaient de loin les moindres bourgades dont les mai- ee re A travers l'Allemagne Comment un Francais et un Russe s'evadent d'un camp de prisonniers étaient autant d\u2019ennemis.lls se refusaieut à traverser les ponts, dont les extrémités sont veillées par de petits postes et ils préféraient, en pleine nuit, franchir Jes cours d\u2019eau à la nage, quand ils ne trouvaient pas quelque barque sur laquelle passer à coups de rames étouffés et lents.Muis ce qu\u2019ils redoutaient pardessus tout, c'étaieut les chiens.Nou pus les hurleurs de nuit, braillards de fermes, mal venus le plus souvent à réveiller le maître de som sommeil épais, mais les chiens-loups de la maréchaussée allemande, les chiens chasseurs d'hommes, Et contre ceux-là qui prennent la voie et ne lâchent plus la piste du fugitif, nos braves Gaulois avaient imaginé un ingénieux aubterfuge qui semble une joyeuse \u201cblague\u201d issue d'un vieux fablinu.S\u2019étant approvisionnés de tabac qu\u2019ils avaient broyé et rebroyé jusqu'à pulvérisation, puis mélangé à de ls poudre de camplhre ot a du poivre, ils avaient soin de répandre derrière eux, sur les routes, ce mélange puissaniment sternutatoire.\u201cAh! s'écriait Lemée avec un bon rive, les chiens pouvaient fa- vilement suivre notre piste, mais au bout d'un instant ils en avaient assez probablement.\u201d On marchait le plus vite possible, sans paroles, toutes les forces tendues à \u201cfaire vite\u201d.Puis, nvant que se levit le petit jour, on se cherchait un abri pour la journée.Ce n'était jamais dans un bois que se réfugiaient les quatre compagnons, car on y fait de trop fréquentes battues.Un endroit où l\u2019on peut aisément = cacher est celui où précisément on ne doit pas se encher, Alors, ils choisissaient un champ de seigle dont les tiges vertes leur atteignaient l'épaule.Les quatre hommes s\u2019y engageaient par quatre pistes différentes et chacun prenait soin de redresser avec son bâton les seigles humides de rosée qui étaient couchés dans son sillage, Puis.par petits appels, ils se groupaient dans le milieu de la pière de terre et, accroupis maintenant, silencieux, recrus de fatigue, inquiets de vuir peu à peu l'aube pälir le ciel, ils ntten- daient le soleil ennemi en dévorant sans bruit leurs maigres provisions.Onze jours et onze nuits s'écou- lerent ainsi.Ils avaient contourne Dusseldorf, franchi le Rhin, ils savaient que la frontière était proche et, à mesure que la délivrance leur semblait mieux promise à leurs efforts, une hâte les talonnait qui diminuait leur prudence.(\u201cest ainsi qu'une nuit, ils at teignmirent les bords d'une petite rivière trés encaissée.M faisait froid.Pas de barque sur la rive.Rien n'invitait a la baignade, Un petit pont s'offrait, inoffensif, avec son arche champêtre et le silence où il baignait.Les quatre hommes s'y engngdrent, Et comme ils arrivaient à l'autre extrémité, un appel glaça leur sang ! LA SUPREME EMOTION ls étaient tombés sur un poste.Confusément distinguées duns la nuit, les sentinelles semblaient étre au nombre de trois.Le Russe et les trois Français décidèrent tout de suite qu'à eux quatre ls passeraient, coûte que coûte.Et ils s'avancèrent.Mais le factionnaire qui les interpellait ne parlait pas allemand.Ils s'approchèrent jusqu'à toucher ses buffleteries, et ils surent, brusquement, qu'ils avaient devant eux un soldat hollandais.Nous étions tellement énervés par la joie, nous disait Lemée, que nous aurions voulu faire encore quarante Kkilomètress À pied pour rien, pour le plaisir, comprenez vous, le plaisir de marcher librement sur les routes, en plein jour.ganz se cacher Mais on les conduisit en chemin de fer à Rotterdam, où leur petit groupe se disloqua.less trois Français rejoignaient leurs corps, et Ivan Kosmiteho demandait à partir en Russie, 11 promit à ses fiddles amis de leur évrire et Franeis Lemée, dont le visage avait cessé soudain d'être dur, eut.en terminant, cette pensée jolie comme le ciel de Bretagne: \u201cNotez bien une chose.Sa let tre en russe, quand elle nous arrivera.bien sûr que nous n\u2019y com- prendrous rien: mais Ça ne fait rien; de nous dire que c'est de lui, sons endormies ou clignotantes français se Nous avons tenté, cn un précé- dent article, de décrire sommairement lu force matérielle de la Grande-Bretagne: nous voudrions maintenant faire comprendre au publie français quelle est, en cette heure solennelle, l'ardeur de ses sentiments généreux pour nous.La tâche est plus difficile.Comment exprimer cette émotion, ce frémissement qui secouent un public bri- lannique lorsque est prononcé de- vont lui ce mol magique de Verdun?Morts de la Meuse, morts de Douaumont, de Réthincourt, de Vaux, de Thiaumont, vous ne vous êtes pns sacrifiés en vain, puisque, déjà, voire sublime holocauste a valu à votre France de si 6mou vrai, ça nous fera bien du plaisir.\u201d EE EE ES Développons l'entente cordiale L'idéal britannique et l'idéal confondent vanis témoignages qu'ils mettent des larmes aux yeux des plus en- (dureis! L'Anglais ne prodigue pas sou affection: on sait comme il se réserve et comme son coeur aime à être prudent.Mais il évalue 'hé- roîsmes dès qu'il n donné son es time, il n'est pas d'ami plus sûr, plus résolu, On lu bien vu par les témor- gnages qui nous sont arrivés d'ou- tre-Manche pour notre 14 juillet.Les Mes britanniques ont voulu avoir leur journée de France.Le lord-maire de Tondres patronnait les efforts de la Croix-Rouge pour recueillir des dons \u2018aussi, nombreux que possible, Notre drapeau n -flotté dans les rues, De petites Al- L'AUTORITE \u2014 \u2014 saviennes ont circulé, sollicitant une générosité qui ne se fait pas longtemps prier.Un journal fut spécialement imprimé pour vette virconstance unique.Tous nos grands confrères de la presse anglaise célébrèrent avec enthousiasme l'union des deux grandes nations libres de l\u2019Europe oveiden- tale.Le Daily T'elegraph Cerit une phrase qui correspond exactement à notre pensée: \u201cL'avenir de l\u2019Europe dépend désormais de la collaboration étroite entre la France et In Grande-Bretagne.\u201d Au nom du pays tout entier, Mle Président de ln République a remercié nos alliés, en des termes qui les auront profondément touchés: il a envoyé les félicitations de tout notre peuple au général Douglas Haig et à cette armée dont Paris aeclamait un contingent.Un jour viendra où notre capitale pourra.de toute sa reconnaissance respec tucuse, saluer vette reine Alexandra qui, elle-même, en quelques lignes publiées par le journal France, vient d'inviter le peuple britannique \u201cà joindre, par ses of: frandes, un lien nouveau à veux gui unissent déjà les nations soeurs\u201d.En 171, lorsque notre pays était si malheureux, un Anglais illustre éleva la voix en sa faveur.C'était ce Jobn Ruskin qui demen- re l'un des plus grands écrivains du dix-neuvième siècle, lun des plus riches interprètes des éternels sentiments humains, Et, dans ce mite Daily Telegraph qui parle de nous aujourd'hui avec des expressions si touchantes, je retrou- Ve, NO sans Une vive Unpression, un article de ve maître sur les vieilles cathédrales de France : Chartres, Rouen, Bourges, Amiens, Reims, \u201ccoroble i ving feuilles autour de Notre-Dame de Paris, dom chaque feuille vaudrait une rose complète en tout autre pays du moude\u201d.\u201cRien autre en art, sur la surface du globe, ne pourrait.éerit-il, tenir lieu d'aucune d'entre elles.=i on venait à les détruire.\u201d Et Ruskin foudait le comité pour le ravitaillement de Paris avec le cardinal Manning, le professeur Huxley er sir John Lubbock, de- veut plus tard lord Avebury, Il convient de donner un souvenir à ces amis de la Veille, comme il est juste de rappeler le nom du grand toi Edouard VII Aujourd'hui que le crime redouté par Ruskin a «té accompli.parmi = beaucoup d'autres, «et toute Lu Grande Bretagne qui s'indigne et fressaille, Eile a pris les armes \u2014 crovons- le \u2014 pour des raisons morales, autant que pour des raisons politiques, Elle dit vrai quand elle déclare qu'elle a ns son honneur à ne pas laissser martyriser la Bel gique et lu France, Lt cest parce qu'une idée morale dominait son Intervention, c'est pour cette raison, et non pour une autre, que l'empire britannique s'est ligue, qu'il a chvoyé sur notre sol des guerriers recrutés dans toutes les parties du monde.Le sentiment qui cimente cette coalition libé- tale est le inème à Londres, an Cap, aux Indes au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie.M.Hughes la déclaré en débarquant dans l'Afrique du Sud.\u201cMalgré sa puissante organisation, sa propagande empoisonnée et ses =uccès du debut, nous repoussons l'Allemagne comme un lépreux.comme un paria: nous luttons pour la civilisation du monde.\u201d C'est parce qu'ils se sont élevés sur ces sominels que les hommes d'Etat britauniques ont pu dominer et discipliner les forces im- INotses accourues de tous les point= de hu : \u2018est parce qu'ils ont donné ce sens et cette loi à la terrible lutte que l'idéal britannique et l'idéal français se confondent aujourd'hui.L'histoire n\u2019a rien consaere de plus grand.Ce que la raison du politique a précise, l'instinet populaire du plus haw- ble le pressent.Notre devoir ét de faire porter tous ses fruits à cet accord fondé sur des raisons si hautes.Puisque l'odieuse féodalité allemande a comprontis à ce point nos espoirs d'une lovale société humaine qu'on ne pourra plus les reprendre sans égurement il appartient à nos deux nations, fortement appuyées par leurs alliés, de sauvegarder les principes pour lesquels.depuis des siècles, souffre et combat lhuma- nité, C'est l'honneur des ministres anglais d'avoir entrevu, dès le début de la guerre, qu'il s'ayrissait non pus seulement d'un \u2018conflit matériel\u201d, mais, suivant les expressions de M.Asquith, d'un \u201ccombat spirituel\u201d, Peu à peu, \u2014 chez nos amis, tout est progressif, \u2014 cette idée a pénétré le peuple entier, Le patriotisme britannique a pris une furme nouvelles cette nation, qu\u2019on disait réaliste, unie du bien-être et du gain, a quitté ses tranquilles vallées, répondant à l'appel magnifique d'un Lloyd George: elle est montée sur sus collines, fixant désormais ses yeux \u201csur la grande arête du sa crifice, vêtue d'éblouissantes blancheurs et dressée comme un doigt rugueux vers le ciel\u201d, Et ce consentement au sacrifice la, d'un seul coup, rapprochée de ln France, mieux que n'auraient pu le fuire les plus savants traités, Nous fenterons de dire quelque jour comment cette alliance pour- tait être fécondée par une extension de nos relations, intellectuelles ou économiques.Relations intellectuelles: déjà, mon ami Gémier travaille à constituer en France une Société Shakespearienne, Comme il a raison, et puisque nos théû- tros ont, ninsi que l'on dit, ouvert de nouveau leurs portes, comme \u2014\u2014\u2014 uous préféreriuns aux spectacles souvent lamentables que l'on nous propose, tel de ces grands drames que l\u2019on peut aller entendre sans uidécence parce qu'ils évoquent toutes les fortes idées, tous les riches sentiments! Relations économiques.Nous n'ignorons pas que la Grande-Bretagne est encore divisée, sur ce sujet, en doctrines d'apparence oppusées : libre-cehan- gistes et protectionnistes se liveem à des discussion qui ne sont pus terminées, Mais nous esaieron- de montrer que, dans les diverses hypothèses, la Grande-Bretagne et lu France, complémentaires l\u2019un de l'autre pour les produits com me pour je varactère, out le plus grand intérét à développer leurs échanges.ln attendant les résultats que nous promet l'avenir, la communauté d'action de nos deux armées réalise chaque jour plus profondé ment dans lea faits l'accord con- «lu entre les idées.La Grande Bretagne a salué nos morts.Sa luons les siens.Us sont nombreux, veux qui reposent déjà sous la terre de France, Ra des vers ndimnira bles, écrits sous l'ormeau du cime tière de Harrow on the TH, lord tyron exprinait son désir de dormir son dermer sommeil envelop pré ces pazonis chéris par sons en fanve, mêlé h lu glèbe que
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