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Titre :
Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon
Un journal agricole publié à Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1861 à 1895 et qui a connu une deuxième vie de 1941 à 1956.
Éditeur :
  • Kamouraska :[s.n.],1861-1895 ; 1941-1956
Contenu spécifique :
jeudi 8 avril 1869
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 1869-04-08, Collections de BAnQ.

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[" Sme antiés.Bainte Anne de ia Pocatière (P.Q.), 8 avril 1880.Numéro 3 GAZETTE DES CAMPAGNES ournal du Cultivateur et du Colon, paraissant tous les Jeudis ABONNEMENT : 81.00, payée invariablement d\u2019avance.L\u2019abonnement date du ler avril, ler juillet, ler oc- vobre, où ler janvier.On ne s\u2019abonne pas pour @7 moins d\u2019un an.Tout avis de cessation d\u2019abonnement devra être donné à ce bureau, par écrit, un mois d\u2019avance.Hila guerre est la dernière reason des peuples, l\u2019agriculturs dou en êire « première.ANNONCES : 1re insertion, 8 cte.la li ee ou, Pout les annonces à long terme, conditions libbrales.Ceux qui désirent s\u2019adres- D ser spécialement aux Culti- A vateurs, trouveront avanta- M8 goux d\u2019annoncer dees ce journal.Emparons-nous de sol, si nou voulons conserver noirs nationallé Firmin H.Proulx, Éditeur-Propriétaire, à qui toutes lettres, réclamations, envois, etc, doivent être adressés franco CAUSERIE AGRICOLE Des légumineuses fourragères DU TRÈFLE ROUGE (Suite.) Epoque des semis.\u2014Depuis quelques années on a agité la question de savoir s'il ne serait pas préférable de semer le tréfle À l\u2019autumne plutôt qu\u2019au printemps.Mais avant de donner une solution à cette question, il est indispensable de connaître qu\u2019ici le climat et l\u2019espêce de récolte dans laquelle on répand la graine de trèfle exerçent une grande influence.Ainsi on sèmera à l\u2019automne si les froids rigoureux ne waisissent pas la plante dans sa première végétation ou si les gels et dégels ne viennent pas mettre ses racines à nu.Dans nos campagnes, il n\u2019est pas toujours aisé de satisfaire à ces deux conditions.Il arrive ttès-souvent que la récolte précédente est enlevée tard du terrain et si on persiste néanmoins à semer la graine de trèfle, elle pourra tout au plus germer avant les fortes gelées, et alors les jeunes plantes périront presque infailliblement, surtout si, comme cela arrive trés-souvent, la terre ne se couvre de neige que lorsque la saison est avancée.Les froids de nos hivers sont si intenses que peu de plantes pourraient leur résister, si elles n'étaient protégées contre leurs atteintes par cette épaisse couche de neige dont les cultivateurs se plaignent souvent.Eh bien ! il ne faut pas trop se plaindre de cet bpals manteau qui couvre nos campagnes pendant plusieurs mois de l\u2019année.Il est une foule de circonstances où sans lui, nous aurions à déplorer de grands déficits dans les récoltes.Les physiciens nous disent que la neige est un corps mauvais conducteur de lu chaleur, c'est-à-dire qu\u2019elle se laisse difficilement traverser par la chaleur.Cette propriété de la neige à été remarquée à différentes reprises, en plaçant un tbermomètre sous la neige et un autre au-dessus, à l\u2019ais libre ; et toujours les deux instruments indiquaient des différences notables de température, ot ces difidvences étaient mbme de plusieurs dégrés, lorsque la couche de neige était épaisse.Alors cures on comprend bien facilement pourquoi certaines plantes asset délicates même peuvent résister sans inconvénients à nos rigoureux Livers lorsque la neige les recourre ; mais il en serait tout autrement si la neige ne protégeait pas nos champs.D\u2019ailleurs les praticiens savent bien pré ire si la récolte de foin sert faible où forte.Sur quoi s\u2019appuient-ils pour faire cette prédiction?simplement sur Faction que les gelées ont pu avoir sur les plantes des prairies.Si la neige est venue tard et surtout a elle a fondu de bonne heute au printemps, les alternatives de gels et de dégels ont déchaussé les plantes ; leurs racines mises à pu se sont desséchées ou ont gelé, et dans tous les cas la mort en a été la conséquence.Maintenant si on a pu semer la pie de tréfle de bonne heure à l\u2019automae, elle aura de grandes chances de réussir.La plante aura parcouru sans entraves les premières phases de sa végétation, ses racines seront plus développées, auront pénétré à une plus grande profondeur dans le sol, et auront plus de rigueur pour résister aux froids, surtout si, comme nous veBons de le dire, la neige a couvert la terre de bonne heure.Cependant il est encore nécessaire ici de faire quelques réserves.Si l'on sème la graine de trèfie seule à l\u2019automne sur un terrain convenablement préparé après l\u2019enlèvement de la récolte précédente, on aura très-souvent à constater un grand succes; mais si le semis de la legumineuse se fait dans une cés réale d'automne, il pourra en résuller des pertes notables ; car alors si le printemps est chaud et huntide, le trèfle nuit à la té=- réale et diminue son produit quelquefois d\u2019ua tiers au dire de quelques auteurs.De sorte que cette dernière pratique ne sera avantageuse que sur les terres légères qui perdent leur humidité dès la fin du priotemps lorsque les pluies ont cessé.En face des risques que l\u2019on court por les semis de trèfle à l'automne, bien peu de cultirateurs le sèment dans cette saison § tandis que le plus grand nombre attendent au printemps.Les semis peuvent alors se faire ou dans une céréale d\u2019automne où dans une céréale de printemps le plus 1ôt possible: Dans le premier cas, on sème aussitôt que Ia terre est détou- verte, ef ainsi les graines auront déjà germé, les plantes oo eee \u2018 io seront déjà emparées du sol avant les longues sécheresses de la fin du printemps et du commencement de l\u2019été, et le snccés sera plus complet.Quelquefois la richesse fait défaut au terrain qui porte la céréale d'automne, alors on y supplée en lui donnant ce \u201c qu\u2019on appelle une funiure en couverture, cette fumure peut être appliquée à l\u2019autommue on au printemps ; mais dans les terres compaclus, poreuses, ou en pente, on préfère exécuter cette opération au printemps.Dans ce cas, il est trés-avantageux de répandre la graine de trôfle sur celte fumure.Cependant que l\u2019on sème on non le trèfle dans la céréale d'automne, aussitôt la terre découverte et dégelée, on lui applique un vigoureux roulage pour raffermir le soi soulevé par les gelées et rechausser les plantes dont les racines étaient quelque peu sorties de terre, Si alors la graine de trêfle couvre la terre, elle sera enterrée suffisamment par cette opération.Mais on peut abssi semer plus tard daus une céréale d\u2019automne, vers le quinze de mai par exemple, lorsque la végétation à déjà acquis beaucoup de vigueur.À cette époque, il devient nécessaire de briser la croûte qui se forme à la surface du terrain et qui entrave la croissance de la céréale, ou de briser les mauvaises herbes qui voudraient prendre une trop grande force.On y arrive par une même opération, le hersage ; inais un hersage assez énergique saus crainte de détruire la plante qui fait les espérances du cultivateur, il y en aura certainement quelques pieds d\u2019arrachés ; mais cette légère perte sera rapidement et largement couverte par la vigueur de la végétation que les autres acquerront, vigueur telle que tous les rides seront com- biés.Ji est probable que retenu par la ecrainte, on n\u2019osera pas exécuter ce hersage ; mais que l\u2019on essaie en petit et qu\u2019ensuite on fasse la comparaison, on verra que notre conseil est tout à l'avantage des cultivateurs.Si donc on se décide à faire ce hersage, on pourra semer la graine de trèfle sur le terrain ainsi remué et on la couvrira au moyen d'un roulage ou d\u2019un léger hersage, exécuté avec le dos d\u2019une herse ordinaire ou simplement avec un fagot d\u2019épines ou de branches quelconques.Cependant on éprouve beaucoup de difficulté à enterrer la graine de trêfle dans les céréales d'automne, et d\u2019ailleurs ces plantes sont encore peu cultivées ; de sorte que nous devons surtout examiner le cas où l\u2019on devra semer la légumineuse dans une plante de printemps, puisque c\u2019est le plus ordinaire.A ce propos M.l\u2019.Joigneaux écrit ce qui suit : \u201c Quand on sème avec les céréales de printemps, on commence par répandre l\u2019avoine, l\u2019orge ou le froment très-clair, que l\u2019on secouvre avec la herse ou l\u2019extirpateur ; aussitôt après, on répand sur le même terrain la graine de trèfle que Pon enterre le plus légèrement possible, avec le dos de la herse, ou bien tout simplement avec des fagots d\u2019épiues attachés à vu châssis.Ce dernier mode de recouvrir est suivi dans un grand nombre de localités et nous paraît bon à imiter.Il y à des cas, dans les terres légères notamment, où il n\u2019est pas nécessaire d\u2019enterrer la graine de trèfle : c\u2019est lorsque de fortes pluies tombent aussitôt après les semailles, ?Cette manière d'opérer n\u2019est cependant pas suivie partout : dans quelques localités les semailles du trèfle ne se font que huit À dix jours après celles de la céréale, et dans d\u2019autres on attend même que les grains aient atteint une certaine bauteur.Ces habitudes ont toutes leurs raisons d'être et le jeune commençant n\u2019y trouvera pas toujours son compte à les mettre de côté pour employer des méthodes plus nouvelles.Tes vieux praticiens qui connaissent intimement la localité où ils cultivent depuis leur jeune âge ont acquis une expérience que la counais- sance des meilleurs principes agricoles ne pourra jamais remplacer complètement.Celte expérience est d\u2019une absolue nécessité pour bien cultiver, et tant qu\u2019on ne la possédera pas on°sera exposé à mille faules.GAZETTE DES CAMPAONES Si donc, il est d'usage dons une localité de ne semer le trôflu que huit à dix jours après la céréale, il faudra d\u2019abord suivre cette pratique et ne la changer que lorsqu\u2019on en aura trouvé une autre mienx adaptée au climat, [arrive trés-souvent que le trade germe rapidement et acquiert une vigueur de végétation telle qu'il gêne la croissance de la céréale, diminue son rendement et rend la dessication des gerbes longue et difficile.C\u2019est ce qui arrive toujours sous les climats pluvieux et dans ce cas, nous ne voyons pas de meilleure manière d'agir que du semer le trèfle une couple de semaines après la céréale.Mais dans nos campagnes il n\u2019y à rien de moins convenable que ces semis tardifs ; bien plus c\u2019est, on pourrait dire, un bon Moyen pour ne pas réussir, car la céréale Étouffe très-souveat la légumineuse.Enfin, dans les sols légers, qui se dessèthent beaucoup, on ne doit semer le trèfle que lorsque la céréale commence à ombrager le sol c\u2019est-à-dire lorsqu'elle à atteint 2 pouces à 2} pouces de hauteur, Après ce semis, on enterre la graine par un roulage.\u201cDans les Flandres, on rème ordinairement le trèfle dans le lin, mais on ne sème jamais ces deux plantes ensemble, parce que la première nuirait à la seconde ; alors, on attend le moment où l\u2019on veut sarcler le lin pour la première fois : la graine de trèfle est répandue avant le passage des sarcleuses et ces dernières par leur piétinement l\u2019enterrent suffisamment.La graine de trëile demande à être peu recouverte, car la germination sera d'autant plus rapide et le nombre de graines qui lèvent d'autant plus grand qu'elle sera plus rapprochée de la surface du sol.Voici, d\u2019après M.Dubreuil, le résultat d'expériences faites dans ce but : \u201c Sur cent graines de tree, il en lève 0 sous 3 pouces de couverture 27 4 9p wu \u201c en 13 jours 93 « 1 « ou \u201c en 9 jours 97 « q «+ \u201c en 6 jours } .| 7 sans couverture entre le 5e et 8e jour.(A continuer.) == es mr REVUE DE LA SEMAINE Lundi dernier, dans l\u2019après-midi, Son Excellence le Lieute- nant-Gouverneur a donné la sanction royale à Quatre-vingtquinze bills élaborés pendant la session.Les principaux sont ceux qui amendent les lois concernant Péducation en cette province et la loi relative aux jurés et an jury ; ceux qui concernent la vente et Padminiatration des terres publiques, la formation et l\u2019encouragement des sociétés de colonisation, le département de l'agriculture et des travaux publics, les écoles d'industrie ; celui qui amende l'acte intitulé \u201c acte pour encourager la colonisation ; ** celui qui a pour objet d'encourager certains chemins à lisses de colonisation ; ceux enfin qui incor porent la ville de St.Germain de Rimouski, la compaguie du chemin de fer de la vallée de St.François et de Kennebec, la compagnie du chemin à lisses de Québec à Gosford, celles des chemins à lisses de Lévis à Kennebec, de Sherbrooke, des townships de l\u2019Est et Kennébec, ; Mgr.John Thomas Mullock, évêque de Terreneuve, vient de mourir.Le diocèse de St.Jean de T'erreneure, dit le Nouveau Monde, comprend un collége, 14 couvents, 30 prêtres, 51 églises ou chapelles.La population catholique est de 54,000 âmes.; Les derniers journaux d'Europe nous apprennent que M.! Gladstone est bien déterminé à emporter la pièce au parlement Jet, M.Disraëli demandera le renvoi de cette lecture à six mois, GAZETTE DES CAMPAGNES : 11 anglais et à faire accepter le projet de loi qui prononce Pabolition de l'Eglise établie et rend Justice à l\u2019Trland-.Les conservateurs, M.Disraëli en lêle, se sont creusé l\u2019esprit pour découvrir quel moyen il fallait preudre afin de repousser efficacement ce projet de loi.Tls ont eu l\u2019idée d\u2019en laisser passer la seconde lecture sans opposition, se contentant de protester, dans le but de réserver toutes les forces de l'attaque pour la discussion en comité.Dans cette dernière, ils auraient proposé des amendements à chacune des clauses du projet de loi, et de cette foçon ifs auraient tellement fatigué le gouvernement qu\u2019ils Pauraient contraint à retirer son bill.Dans le cas où cette tactique n\u2019au- roit pus eu le succès désiré, ils auraient organisé dans la chambre haute une résistance invincible.Mais Ia mise & exécution de ce dernier plan a échoué : les pairs n\u2019ont pas voulu prendre une attitude qui les eit rendus très-iinpopulaires et leur eût fait perdre le 1este du prestige qu\u2019ils conservent encore.« D'ailleurs, dit M.Lacordaire, qui écrit de Londres à ?\u2019Univers, M.Gladstone est fermement résolu à recourir aux moyens exirêmes.Au cas où son projet amendé par la chambre haute reviendrait aux communes et serait adopté par elles, le premier ministre dissoudrait immédiatement Ia Chambre et en appellerait une seconde fois à la nation.Si, au contraire, la Chambre basse, repoussant celle mutilation, en revenait à la rédaction primitive, les pairs seraient officiellement prévenus que la session se prolongerail tant que la question vitale du moment ne setait pas réglée, dût le gouvernement introduire dans la Chambre privilégiée, un nouvel élément libéral.\u201c Eu mésence de cette résolution qui leur a eté communiquée officieusement, les conservateurs ont pris un parti moyen, celui d'attaquer immédiatement.Au moment où le premier mi- nisire se lèvera pour demander à lire une seconde fois son pro- manière polie de solliciter le rejet d\u2019une mesure.La bataille ainsi franchement engagée dessinera clairement les forces des deux partis.Mais bien que M.Disvaëli croie pouvoir compter ! sur quelques défections dans le camp libéral, je crois pouvoir lui! prédire une minurité d'environ cent voix.\u2026.| \u201c M.Gladstone compte tellement sur la victoire, que le gouvernement ne pourvoit plus aux vacances qui survienneut dans l'Eglise d'Irlande, à moins d\u2019une absolue nécessité.>?| ette seconde lecture du bill de M.Gladstone a eu lieu : le gouvernement a obtenu alors une majorité de 118 voix.Nous lisons ce qui suit dans Le Magasin catholique, touchant le R.DP.Félix qui cette année encore a préché le carême à Notre-Dame de Paris : # Célestin-Joseph Félix est né en 1810, à Neuvifle-sur-Es-| caut, prés Valenciennes, | \u201c Il se fit remarquer de bonne heure par sa vivacité, son ac- ; tivilé et Ja précocité de son intelligence.Ses parents, modestes £ultivateurs, comprenant que pour lui l\u2019enseignement de l\u2019école du village était insusffiant, l'envoyérent chez sa tante qui habitait Cambrai, afin qu'il pat suivre les cours des Frères de l\u2019école chrétienne.\u201c Ti fut envoyé ensuite au collége, où ses progrès furent ras pides, et de là au séminaire, où, par la douceur de son caractère ls lonté de son cœur, il sut se faire pardonner sa supériorité.Aujourd\u2019hui que les discours du R.P.se font remarquer pur la | force et l'énergie de la logique, unies aux charmes de la diction,\u2019 ses condisciples se rappellent qu\u2019il brillait surtout dans ses classes; par un style doux et fleuri.Sous les debors d\u2019une joyeuse oma- bilité, le jeune lévite cachait le feu sacré du dévouement religieux, * Le P.Félix entra fort jeune dans la Compagnie de Jésus.Il a passé par cette longue suite d\u2019études littéraires et théolo- toute la perfection qu\u2019il est capable d'acquérir.Le Révérend Père a été professeur de rhétorique au collège de l\u2019Inmaculée- Conception, à Amiens.Dans ses premiers sermons et dans ses premières conférences on apercevait quelques traces des souvenirs de son professorat ; maintenant elles ont complètement disparu.TI fut ordonné prêtre à Liége.# C\u2019est en 1853 qu\u2019il fit ses débuis comme conférencier à Notre-Dame.Malgré ses grands talents, \u2014car on le regarde comme profond théclogien, comme philosophe et litiéraire distingué,\u2014on craignait en le voyant monter dans cette chaire illustrée par les PP.Lacordaire, Ravigoan, MM, Plantier, Baulain, ete 3 mais bientôt les craintes se dissipèrent : le P.Félix, qui n\u2019avail accepté cette lourde charge que par obéissance, prouva l\u2019heureux choix de Mgr.Sibour, qui avait pour Jui une prédilection marquée.Le P.Ravignan assista à ses débuts et prédit à son successeur les succès qui l\u2019accompagnent partout où sa voix retentit.\u201cTI n\u2019appartient qu\u2019à un petit nombre d'hommes supérieurs de remuer le monde, et l\u2019on n'est ua homme supérieur qu\u2019à deux conditions : la hauteur de Pintelligence et la force de la volonté, « La vocation spéciale que Dien a faite au P.Félix, c\u2019est eelle de bien connaître les faiblesses, les maladies de son siècle, et de le lui dire avee la liberté de son saint ministère.II aborde hardiment ces grandes démonstrations si nécessaires à notre temps et les plus propres à affermir ceux qui croient et à persuader ceux qui ne croient pas.\u201c Tl possède de grandes qualités oratoires : il a la parole facile, In voix étendue et sonore, l'accent et le geste expressifs, le goût des grands développements, des divisions régulières et de cc que Pon appelle, en Allemagne, les constructions logiques.Il excelle à combattre les erreurs les plus dangereuses du siècle.« C'est un illustre orateur et un ardent apôtre.Esprit, talent, imagivation, goût, convenauces de toute espèce observées avec le tact le plus délicat, et le tout sans la moindre apparence de recherche ni d'effort.vevevenasnass y \u201c It est à la hauteur de la noble et difficile mission qui lui est confiée ; et chaque année il grandit, il se surpasse en présence d\u2019un auditoire qui l\u2019admire chaque jour davantage.++.Voilà le dix-septième carême que prêche le P.Felix, et son auditoire n\u2019a pas diminué ; au contraire, il augmente chaque année.\u201d sm O5 rer Le Catéchisme d\u2019agriculture Par M.l\u2019abbé N.A.Leclerc.1 Vol, in-12 de 89 pages, chez C.Darveau, Québec Nous aurions voulu parler plus tôt de ce bon petit livre que l\u2019auteur n écrit pour \u2018 tous les élèves de nos écoles ;\u201d\u201d mais il ne nous est parvenu que depuis deux ou trois jours.Nous nous hâtons d\u2019unir notre faible voix à celle d\u2019un grand nombre de jouruaux qui en ont salué l\u2019apparition comme une bonne fortune pour les écoles de campagne.L'auteur mérite nos plus siacères félicitations pour avoir employé ses loisirs à une occupation si utile.Il était d'ailleurs bien préparé à ce genre de travail, comme ancien rédacteur de la Gazette des Campagnes, dont les lecteurs aiment toujours à se rappeler les intéressantes causeries agricoles.Son livre est à répandre, à distribuer comme récompense.I! sera reçu avec plaisir.En l\u2019écrivant, M.Leclerc s\u2019est proposé de mettre l\u2019agricui- giques avec laquelle la compagnie sait si bien donner à un homme | ture 4 la portée des enfants, et \u2018\u201c de faire ressortir toute fa 14 GAZETTH DES CAMPAGNES # noblesse, les ressources, les avantages temporels et spirituels que .** la vie des champs peut offrir à ceux qui s\u2019y livrent avec intel- « ligence et bonne volonté.\u201d Idée excellente, s\u2019il en fut jamais, et qui explique l\u2019empressement avec lequel plusieurs personnes distinguées, amies de l\u2019auteur, sont venues le féliciter par des lettres reproduites en tête du livre, L'ouvrage est dédié à l'honorable M.Chauveau, premier ministre de la province de Québec, ete.L'auteur ne pouvait le mettre en meilleures mains.Dans un discours préliminaire, M.Leclerc montre l\u2019agriculture sous son vrai jour ; | fait voir que la profession de cultivateur doit être préférée à toute autre.II emploie le style direct, il adresse la parole aux jeunes gens eux-mêmes, mes jeunes amis : de là plus de vie, de chaleur et d'intérêt.]! expose nettement, parle bien, plait par la verve du style, el la vie qui y circule de la première ligne à la dernière.Ce discours devrait être lu et relu souvent.Vient ensuite un chapitre pour prourer que la pratique sans la science n\u2019est qu\u2019une rouline opposée à tout progrès, à toute amélioration.Le reste de l\u2019ouvrage est divisé en cing parties consserées à une étude rapide des différents sols, des amendements, des engrais, des instruments aratoires, de la culture des plantes, des assolements, des soins à donner aux animaux de ferme, enfin de la culture des arbres.En louant sans détour les bannes intentions de l\u2019auteur, nous pe voulons pas faire une reclame de libraire.Ce n\u2019est pas non plus ce qu\u2019il attend de notre part.: Autant nous aimons à le féliciter de Ja bonne pensée qu\u2019il a eue de vulgariser les notions de la science agricole dans les écoles de la campagne, autant nous soukailons, dans l'intérêt de son œuvre que nous avons à cœur autant que qui que ce soit, voir disparaître, dans une seconde édition, quelques taches qui, dans notre humble opinion, peuvent nuire à son livre.Les corrections que nous prendrons la liberté de lui suggérer en doubleraient la valeur.Disons d\u2019abord que plusieurs réponses sont trop longues.Comment veut-vn qu\u2019un enfant retienne bien et comprenne une réponse d'une demi-page et même plus ?Un catéchisme destiné à l\u2019enfance ne doit pas surcharger la mémoire.Des répouses courtes se retiennent mieux.Page 23.\u2014L\u2019auteur dit qu\u2019on appelle terres légères celles qui sont principalement composées de sable.À cette définition Àl faudrait ajouter : certaines terres calcaires qui ont trés-peu de consistance.Page 24.\u2014 Le sable, l\u2019argile et la chaux ne sont pas combinés mais mélangés.Page 25.\u2014 L'auteur dit que les meilleurs amendements sont la murne et fa chaux.I} faudrait ajouter, les cendres et les débris de démolitions.Ces dernières sont des amendements parce que comme les premières elles modifient la constitution du sol, en ce qu\u2019elles ameublissent les sois argileux et donnent de la consistance aux terres légères.Pages 25, 26.\u2014 L'auteur recommande la marne argileuse pour améliorer les terres sablonneuses.Il faut distinguer : si la marne employée contient jusqu\u2019à 50 par cent de calcaire, il ne serait pas bon de l\u2019employer, parce que si l\u2019on met sur uv sol [ger une aussi grande quantité de gal- caire, d'un soi chaud l\u2019on fera un sol brûlant, et l'amélioration sera manquée.Page 28.\u2014 En conseillant l\u2019emploi de la chaux, l\u2019auteur a oublie de dire qu\u2019il faut en même temps mettre du fumier.Beaucoup de chaux, beaucoup de fumier.Voilà un axiôme qu\u2019un bon praticien n\u2019oublie jamais.Ceux qui ferunt usage du Catéchisme d'agriculture feront bien d\u2019y fuire attention.Les doses de 150 minots de chaux à l\u2019arpent, sans une fumure proportionnée, ruineraient infailliblement nos terres.On ne voit ces doses qu\u2019en Angleterre où le climat humide et le soi bien engraissé les permettent quelquefois.Page 29.\u2014II ne faut pas dire que \u201c le plâtre ne convient pas aux prairies naturelles.\u201d Au contraire, il est très bon s\u2019il vy rencontre beaucoup de trèfle et de jargeau.Il aurait fallu dire : convient peu comme tous les auteurs Penseignent, Page 30.\u2014L\u2019auteur dirise les engrais en trois espèces : engrais animaux, engrais végétaux et engrais mixtes.À la place de ce dernier il faudrait dire minéraux.Les engrais mixtes sont composés de ces trois espèces en différentes proportions.Page 31.\u2014 L'auteur dit : \u201c les vieux chiffons de laine valent dix fois mieux, comme engrais, que le meilleur fumier.\u201d Généralement on estime que de 2} charges de chiffons de laine ont autant de valeur que cent charges de fumier de ferme.Ils valent done 41 fais plus que le fumier ordinaire.Page 32.\u2014L'auteur dit : \u2018 les plantes qui conviennent le mieux pour cet usage (les engrais verts) sont celles qui se développent le plus promptement, et dont la graine a moins de valeur.\u201d Il faudrait ajouter : qui ne prennent que peu de nour- Tilure dans la terre et beaucoup dans l'atmosphère.Page 32.\u20144 On appelle engrais mixtes un mélange de ma- oles animales et végétales.\u2014I! aurait fallu ajouter minérales.Page 35.\u2014\u201c L'emploi du plâtre en poudre est aussi trés- \u201c utile, parce qu\u2019il empêche Pévaporation des principes volatiles * contenus dans le fumier, et les fixe en les convertissant en \u201c sels.\u201d L'emploi du plâtre en poudre môlé au fumier n\u2019est pas recommandable, parce que si, d\u2019un côté, le plâtre fixe les principes volatiles, de Fautre, il produit des sulfates de potasse et autres, dont l\u2019utilité n\u2019est pas encore bien démontrée.Il ne faut pas s'exposer à perdre d'un câté ce que l\u2019on gagne de l\u2019autre.Page 42.\u2014 L'auteur veut \u201c que la largeur donnée à la bande # retournée à la charrue soit égale à la profondeur du labour.\u201d Si la bande est aussi large qu\u2019épaisse elle ne vereera pas.La proportion entre la largeur et l\u2019épaisseur doit être comme 3 est a2.Page 46.\u2014L\u2019auteor a cru devoir consacrer un chapitre aux irrigations.On ne saisit pas bien l'à propos d\u2019une telle question dans un ouvrage aussi élémentaire qu\u2019un catéchisme d\u2019agrieul- ture destiné aux petites écoles.Il dit que l\u2019application bien entendue de ce système a le plus contribué autrefois à la prospérité de l\u2019agriculture en Egypte, en Perse, chez les Romains et chex les Maures en Espagne ; et qu\u2019aujourd\u2019hui elle fait la richesse de la Lombardie, du Piémont et de certaines parties du midi de la France.Cela est vrai.Mais pour que cela prouvât quelque chose, il faudrait qu\u2019il y eût une analogie quelconque entre le climat de ces contrées et le elimat du Canado, avec ses neiges et ses gelées qui bouleversent tout, ses orages et ses pluies fréquentes qui quelquefois se changent en torrents.Page 54.\u2014 L'auteur dit que la terre destinée à la culture du blé-d'inde doit être labourée deux fois en automne et une fois le printemps, excepté xi elie a été ameublie par une récolte de patates ou de navets.Comme le blé-d\u2019inde ne se cultive bien qu\u2019en terre légère, il n\u2019est pas bon de recommander de faire deux labours en automne.Un seul labour au printemps suffit.Page 67.\u2014L\u2019auteur dit que la culture en ligne du haricot, de la fêve ou gourgane n'est guère praticable en grande culture, parce qu\u2019elle est plus dispendieuse à cause des sarclages, que si ces légurnineuses étaient semées à la valée.Pourquoi cette culture serait-elle plus dispendieuse que celle des plantes sarclées, comme les naveta, les carottes et les betterares ?Est-ce que les travaux de sarclages et autres sont plas GAZHTTE DES CAMPAGNES 13 difficiles pour les haricots et les féverolles que pour les navets Ÿ Rien n\u2019empôche d'employer pour cels des instruments troînés par des chevaux.Il faudra, il est vrai, espacer les lignes un pen plus, mais cet espacement est nécessaire pour la bonne venue des gourganes ou des fèves à cheval.Quant aux petites fêves il y aura perte de terrain, mais on peut restreindre leur cullure et les sarcler et rechausser à la graîte.Page 69.\u2014II est trés-douteux que lon puisse dire que la patate réussit quelquefois dans les terrains humides et compactes.Page 73.\u2014L'auteur dit que l'huile de chônevis, ou de graine de chanvre est excellente pour la peinture et l\u2019éclairage.C\u2019est tout le contraire qu\u2019il eut fallu dire.On n\u2019en fait usage que pour fer peintures grossières, et en brûlant elle produit beaucoup de umée.Page 79 à 88.\u2014Les chapitres qui traitent des assolements et du bétail sont trop courts, relativement à leur importance.Ils n\u2019occupent que sept pages et demi de l'ouvrage entier.L'auteur sait fort bien pourtant que notre agricufture est en défaut sur ees deus points.Le bétail surtout, qui forme une grande partie de la richesse du cultivateur, mérite une attention partieulière.Page 84.\u2014 Les trois petits chapitres consacrés à Parboriculture nous paraissent beaucoup trop courts pour être de quelqu\u2019utilité pratique, même daus les petites écoles.L'ouvrage eut été plus complet avec quelques notions de jardinage.rant de finir noue croyons utile de faire une remarque.La plupart des lettres reproduites en tête de ce livre paraissent demander que le Catéchisme d'agriculture de M.l\u2019abbé Leclerc soit rendu obligatoire dans les écoles.On nous pardonnera sans doute, comme à tout autre, d'émettre une opinion sur une question d'enseignement public à propos d'agriculture.Si pour créer ie goût de agriculture parmi les enfants de la campagne un livre quelconque oit être absolument Emposé dans nos écoles, nous n'avons rien à y voir.Mais il est une autre question à examiner avant celle-là.Beaucoup de personnes s\u2019imaginent que l\u2019agriculture peut s\u2019enseigner dans les écoles élémentaires à un degré suffisant, au moyen d\u2019un livre quelconque, fut-il irréprochable.Elles croient qu\u2019avec un tel enseignement on gréera l\u2019esprit rural, le goût des améliorations, la science de la vie des champs, telle que la comportent les vœux de tous ceux qui ont répondu au comité de l\u2019agrieulture l\u2019année dernière.Au risque de surprendre et même de contrister des amis, nous dirons que c\u2019est une grave erreur.Lors de ta grande enquête ordonnée par Napoléon ITI sur les betoins de l\u2019agriculture française, il ÿ à deux ans, il s\u2019est élevé uu vœu upanime en faveur de la diffusion de l\u2019enseignement agricole dans l'instruction publique à tous les dégrés.Conformément à ce vœu, l'Empereur par décret du 12 février 1867, à institué, sous la présidence des ministres de l\u2019Instruction Publique et de l'Agriculture, une commission pour étudier la question.Cette commission a adopté plusieurs résolutions qui ont été approusées par PEmpereur.L\u2019une de ces résolutions porte * qu\u2019il sera recommandé aux instituteurs des communes ** rurales de donner, par le choix des dictées, des lectures et des * problèmes, une direction agricole à leur enseignement, fant \u201c dans la classe du jour que dans celle du soir.* Les instructions ministérielles ont fait l'application de cette pensée en la développant.L'instituteur primaire ne doit pas se 5 en professeur d'agriculture.Il doit laisser au père et à la fnère la tâche importante de l\u2019apprentissage du métier.Le rapporteur de la susdite commission, M.Gandon, dit que # pour donner une couleur agricole à son enseignement, Pinsti- \u201c tuteur n\u2019est pas obligé de parler à tout propos d\u2019agriculture * où d'horticulture à ses élèves, Ce serait, dit-il, loin de notre * pensée et de celle de l\u2019administration.« « « Dans les écales re- « rales, c\u2019est sur des sujets d'agriculture que Fon doit le plus « souvent faire lire, écrire, composer, calculer.« + Cahiers d\u2019é- « criture, grammaire, arithmétique, géographie, histoire, auraient « besoin d\u2019être refondus dans ce sens.C\u2019est ainsi que l\u2019ensei- * gnement agricole se trouvera fusionné avec les études clas- « siques qui ne peuvent qu\u2019y gagner à tous égards.\u201d Or ce travail est déjà fait et (rês-bien fait, puisque la commission impériale pour le développement de l\u2019enseignement agricole l\u2019a approuvé.Nous avons sous les yeux le prospectus d\u2019un cours complet d'enseignement classique agricole à l\u2019usage des écoles primaires sous la direction de M.Louis Gossin, professeur d'agriculture distingué, avec la collaboration de professeurs de Facultés ou de Lycées et d\u2019Inspecteurs de PInstruction primaire, sous la présidence de M.Duruy, ministre de l\u2019Instruction publique.La collection de ces livres comprend jusqu\u2019aujourd'hui dix ouvrages, savoir : lo.Arithmétique élémentaire, par M.L.Gossin ; 90.Grammaire française, avec exemples et exercices en rapport avec l\u2019agriculture, par MM.Gossin et Lancelin, inspee- teur de l\u2019instruction primaire ; 80.Cours de dictées françaises par M.L.Gossin ; 40.Méthode rationnelle de lecture, en 9 tableaux, idem ; Go.Premier livre de lecture courante, id ; 60.Lectures choisies, id ; To.Syllabaire, id ; 80, Manuel élémentaire culture et de jardinage, àd ; 90.Histoire de France abré vail agricole et industriel, par M.E.Chasles ; 100.Eléments d'histoire naturelle, zoologie, botanique, minéralogie, géologie, à l\u2019usage des écoles normales et des écoles primaires, par M.L.Gossin.Il ne s'agirait done plus que d'adapter ces ouvrages à pou écoles canadiennes, avec les changements de mesures métriques françaises et autres commandées par les cireonstances.Mais nous voici entraîné sur un terrain qui n\u2019est pas le nôtre.Faisons excuse, et n\u2019allons pas plus loin.\u2014\u2014 re \u2014\u2014\u2014\u2014n Questions et réponses et classique d'agriculture, d\u2019horti- e, contenant l\u2019histoire du tra- FOURBURE D£S PATTES DU CHEVAL.Un correspondant de S.M.nous demande un remède contre la fourbure ?.\u2014 La fourbure attaque les pieds de derrière, ou ceux de devant, rarement les quatre ensemble.Ses principales causes sont : une marche forcée eur un terrain dur et pierreus, un refroidissement subit, une mauvaise ferrute, l'usage immodéré du blè, de l\u2019orge, de l'avoine et du blé-d'Inde.Donués en petite quantité, ces grains sont excellents.Traitement : déferrer l\u2019animal, le mettre dans une écurie tempérée, lui envelopper les paturons et les pieds avec un cataplasme foriné par un mélange de bouse de vache et de terre glaise délayées dans du vinaigre ; humecter sonvent ce cataplasme avec de l\u2019eau froide, dans laquelle on a jeté quelques gouttes de vinaigre, et le renouveler deux fois par jour.S\u2019i y a fièrre, une saignée peut devenir nécessaire.Intérieurement donner des sels rafraîchissants, par exempie du sel à purger dissous dans l\u2019eau à laquelle on ajoute une petite quantité de farine, trois cuillérées à soupe toutes les deux heures.Nonrriture légère, point d\u2019avoine, peu de foin, de la paille de blé, du son en bouette.Laisser boire à volonté de l\u2019eau bianche dans laquelle on à jeté quelques morceaux de salpêtre.Une fourbure négligée peut mettre le cheval bors de service. 14 GAZETTE DES CAMPAGNES COURME DES MOUTONS.Un autre correspondant de la Rivière-du-Loup voudrait avoir un remède contre la gourme des moutons ?* R\u2014On donne le nom de gourme à deux maladies bien différentes : la Coryza (rhume de cerveau) et la présence d2s restres du nez.Les animaux ntteiots de la première respirent diflicile- ment, leurs narines laissent écouler une matière mugueuse et; transparente, qui devient ensuite plus épaisse el souveut se par- | sème de stries de sang; quelquefois elle s\u2019ullache autour des | marines et peut les obstruer complètement.Ses causes sont les pluies, les orages, lex temps froids et ku- toides, les nuits fraîches.Cette maladie est rarement daugereuse et se dissipe d\u2019elle- tbe aux premiers beaux jours, La seconde est jréduite par des larves (vers) qui se sont introduites dans le nez.L'animal fait des efforts pour s\u2019en débarras tête, la remue, l\u2019étève ct quelquefois tourne sur lui-même.Ou facilite la sortie de ces larves ou du moins on les fait mourir, eu exposant les moutons à la vapeur de l'essence de 16- | rébenthine, où à la fumée de vieux cuirs, de vieux souliers.| Pour cela on à soiu de renfermer les animaux à traiter dans un local étroit et bien bonché, Si les larves meurent dans les cornets, il faut les en extraire ce qui n\u2019est facile que pour un homme de l\u2019art, \u2014\u2014_\u2014__ Sucre d\u2019érable.ser, À baisse la Nous lisons dans l\u2019Union des Cantons de I\u2019 Est : La hausse récente, dans le prix du sucre, d'environ trois Centins la livre, ou plus de trente par cent, par suite des troub'es politiques de Cuba, ne manquera pas de stimuler les eultivateurs des Cantons de l\u2019Est et de les engager à rendre aussi productive que possible la \u201c saison des sucres?\u201d Qui va commencer bientôt.La grande profondeur de la neige dans les bois (plus de 6 pieds), ne saurait manquer d\u2019être un obstacle sérieux à l\u2019entail- lure et aux tournées, mais trois centios extra par livre suffiroat bien pour couvrir l\u2019excédant de la dépense.On peut s'attendre à ce que les érables vont bientôt couler, et l\u2019on devrait faire fous les préparatifs sans délai.Comme ou sait, la terre n\u2019est que très-pen gelée, surtout dans les bois; cela indique que la saison du sucre sera courte ; c'est pourquoi il importe qu\u2019on la favorise pendant sa courte durée.Le prix du bon sucre peut être porté sans crainte de se tromper, à dix centins la livre ; il peut même assez probalilement monter jusqu\u2019à quinze sous la livre i au lien; que le eucre de qualité inférieure vaudra deux ou trois cen- ins de moins la livre, et méin= plus.Si l\u2019on considère qu\u2019il est à peu près aussi facile de faire du bon sucre que d\u2019en faire qui soit mediocre, il est pour le moins curieux que Jus faiseurs de sucre persissent à munufacturer un article noirci et goinmeux, au tien de ce beau sucre clair et luisant, égal à la meilleure cassonade et beaucoup plus agréable au goût.Hy a trois choses absolument nécessaires pour faire du beau suere ; \u2014Jo.Il faut tenir les baquets ou auges, les chaudrous ou bouilloires «t tous les usteusiles dant on se sert, aussi propres que possibles et pour cela, quand où veut nettoyer un de Ces tustruments, on n\u2019a qu\u2019à y jeter un peu de chaux vive, sur laquelle on répand uo peu d'esu buuillante.Ro.T1 faut couler le! sitoge dans ta Élsnelle, matiere pour enlever toutes les saletées et! ôter cette suinonteuse commumement appelée nitre.Eu se scr- vint ine Lraclle double, où atteindra facihemeut ce but.3o.Il faut eviter avec soin de bibler son sucre, Il est tout-à-fait important de conserver le goût du sucre, et Pour cela, il faut le.brasser souvent, c\u2019est-à-dire, lorsqu\u2019il est suffisamment cuit, tirez- ef en grains.Le sucre qu\u2019il est asséché, mais il la quantite sera augment ficulté pour le trancher, le et brassez-le jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit sec ne sera pas alors aussi bianc que lors- N'y aura point de perte ou melasse, et ée en proportion, sans qu'il y ait de dif- Si Pon veyt rendre le sucre blanc, au lieu de le brasser faites-le filtrer dans les tinettes, et forsqu\u2019il est eu graius, faites une ouverture dans cette tinelte et asséchez, ayant Je soin de couvrir Ja tinette d\u2019une étoffe mouillée, qu\u2019il fout tenir humide jusqu\u2019à ce que la melasse ait cessé de couleur.Pour faire le plus beau sucre, faites-le fondre de nouveau, et asséchez de la sorte une seconde fois.Voilà ce que font les faiseurs de sucre tout le monde peut et doit faire, ee ee Petite chronique agricole renommés et ce que La première semaine d\u2019avril a été bien sombre.Nous avons eu de fa pluie et de la neige en quantité ces jours derniers.| Comme d'ordinaire cn pareille saison le froid à succédé à ce doux temps.Conformément à la mauvaise habitude contractée depuis le commencement de février, les chars n\u2019ont pas bougé, Le train de la Itivière-du-Loup, du 30 mars, est demeuré stationné à l\u2019Islet, et l'autre à Lévis.On rapporte qu\u2019en différents eudroits de la voie ferrée sur une longueur de deux à trois milles, il y à jusqu\u2019à trois et quatre pieds de neige.Nous ne surprendrons donc personne en disant que nous n'avons reçu nos malles de la semaine que sasaedi dernier.Elles ont été expédiées par voiture.Celles d\u2019en bas ne nous sont parvenues que dimanche après-midi.Une malle par semaine c\u2019est un peu contreriant quand il est de règle de la recevoir tous les jours, et malheureusement, ce système postal en vogue sur les bords du lac St.- Jean, où les communications ne sont pas des plus faciles, n'est pas propre à satisfaire le public de ce côlé-ci du Beuve.Avaut l'existence du Grand-'Fronc on ne connaissait guère ces tristes retards.Le ciel est presque toujours couvert : voilà déjà huit jours que le soleil se dérobs presque complètement à nos regards.Le printemps se laisse un peu trop désirer.S°il tient à nous fuire oublier le passé, il aura forte affaire.D'abord pour arriver à un succès apparent il devra bannir pour longtemps le vent de nord- est avec son froid et ses brouillards.Il est probable que nous n\u2019aurons un changement de temps qu'avec la nouvelle lune.Patience donc.Si nous n\u2019avons pas en le plaisir d\u2019entendre fa voix mélodieuse du rossignol au beau jour de aque come nos amis des Trois-Rividres, espérons du moins que cet aimable chantre ne tardera pas à faire apparition.Nous lisons ce qui suit dans l\u2019Ordre du ler avril, édition beb- domadaire : \u201c La Chambre d'agriculture vient de recevoir par l\u2019entremise de son actif Secrétaire, le Dr.Georges Leclère, 860 bocaux contenant 860 graines différentes données à notre nouveau Musée Agricole par la célèbre maison Villemorin-Andrieux, de Paris.Cette collection sera complétée au printemps et elle sera alors, nous dit-on, la plus considérable de ce genre en Amérique.\u201c Nos lecteurs se rappellent sans doute le travail élaboré de M.Leclère sur la formation d\u2019un musée agricole que nous avons publie l\u2019été dernier.LI est plus que probable que ce Musée Agricole sera, avant peu, un fait accompli.Nous nous réjouis- sous beaucoup de cette innovation, dans l\u2019intérôt bien entendu de l\u2019agriculture.?GG Nos lecteurs voudront nous pardonner le retard apporté daus la publication du présent numéro de la Gazette.Vù lia- terruption des Chars, il a été impossible d\u2019avoir du Papier à temps. GAZWTTE DES CAMPAGNES FETILLIOTON LES SECRETS DE LA MAISON BLANCHE XXI La rencontre de Henri de Brabant ct do Satanais.(Suite) Elle s\u2019arréla un moment, puis ee remettant à marcher lentement, elle reprit : \u2014 Bien loin, sur cetle terre d\u2019Orient qu\u2019on dirait être un riche domaine dependant du palnis du soleil, il y avait un royaume où ta main de Ia nature et Phudustrie des hommes avaient accumulé tous les éléments de luxe, de grandeur et de magnificence.Les, dimes du palais étaient tout dorés : sur les places publiques, les | fontaines coulaient dans des bassins d'argent massif, et, dans les | temples, les autels étaient enrichis ile pieires précieuses.La pau- | vrelé était inconuue duns ce pays heureux où l\u2019on faisait deux ré- | coltes par an, Le roi de ce royaume se nommait LIdérim, ce qui veut dire : « [a lumière.\u201d Depuis le moment de sa naissance jusqu\u2019à sa dix- huitième année, il avait été tenu selon l\u2019asage prisonnier dans son palais, ne connaissant du monde que ce que lui en avaient appris ses maîtres et son gouverneur.Aussi, quand les ministres et les hauts dignitaires du royaume vinrent se prosterner à ses pieds, et lei apprendre la mort de son père, lui sembla-t-il qu\u2019il entrait dans vne nouvelle existence.Laissant à ses ministres l\u2019administration des affaires, il ne songea qu\u2019à ses plaisirs.Deux années se passèrent ainsi, et le peuple commença à murmurer.Profitant de cette situation, Mansour, le souverain d\u2019un pays voisin, rassembla une nombreuse armée, et envahit le territoire d\u2019Ilderim.Kara-Ali, le mini-tre de ce dernier, marcha à la rencontre de l\u2019ennemi, mais il fut battu et furcé de fuir honteusement devant le vainqueur.A cette nouvelle, [lJerim secoua son engourdissement, ceignit son cimeterre, monta à cheval, et parcourut les rues de la ville.Sa présence électriea les habitants qui accoururent sous sa ban- niére.Aprés avoir fait jeter en prison Kara-Ali et ses autres ministres, qui avaient profité de son inexpérience pour gouverner sa place, il arma toute Ia population et se mit en tête de ses troupes.La bataille se livra à quelques lieues de la capitale; elle com- ça au lever du soleil ; mais malgré des prodiges de valeur, Idérun fit forcé de lâcher pied, el son armée tiuit par être mise en déroute, Déterminé à périr plutôt que de survivre à sa défaite, Ildérim sauta À bas de son cheval et se jeta au piec| d\u2019un arbre, résolu à attendre la mort.En vain ses compagnons le supplièrent-ils de foir : il leur ordonna de le laisser à son destin.Quand il se trouva seul, l\u2019infortuné monarque s\u2019abandonna à son déseapuir, et maudit le mauvais usage qu'il avait fait cle sa jeunesse.«\u2014 Oh! murmura-t-il, puisque Dieu n\u2019a pas eu pitié de mon désespoir, que Satan vienne à mon aide ! *?À peine avait-il prononcé ces dernières paroles qu\u2019un homme de haute taille, à la mine eombre et farouche, apparut devant lui, L'obscurité était déjà venue, et, duns l\u2019ombre, il lui sembla voir un géaut.Un sentiment étrange, profond, s\u2019empara d\u2019Hdérim, qui flissonna en se rappelant ses dernières paroles.\u2018\u2018 \u2014 Tu as sppelé Sutan à ton secours, dit l\u2019étranger ; parle, et dépéche-toi, car Mansour et ses soldats avancent, semblables à un torrent.Que clésires-tu ?«\u2014 Sauver mou peuple, et échapper moi-même au déshon- heur, répondit Hdérim, \u201c \u2014 Jure alors de me consacrer l\u2019enfant qui sera ton premier- né, dit l\u2019étranger, et je me charge de disperser tes ennemis comme des feuilles chassées par le vent.; je jure ! s\u2019écria le malheureux roi, qui que tu -ois, je le jure! L'étranger l\u2019aida à monter à cheval.Des soldats sortirent tout à coup des bois environnants, se réunirent aux débris de l\u2019armée qui s\u2019était ralliée sous les murs de la ville, et grâce à ce secours Inatiendu, la bataille recommengs, Une heure suffit pour anéantir l\u2019armée de Maneour.[ 13 Ildérim fut reçu avec enthousiasme par ses sujets ; toutes les maisons furent illuminées, et toute la population s\u2019assemb'a dans les rues pour saluer le jeune vainqueur, Que vous dirai-je ?La paix fut rendue an royanme ef Ldérin, te se souvenant plus «lu serment qu\u2019il avait fait dans uit moment de désespoir, vu plutôt se persuadaut que ce n\u2019était qu\u2019un songe de son imaginution exultée, épousa Alméria, fille d\u2019on roi de Géorgie, qui mit av monde deux filles, La nuit même de leur naissance, l'étranger dont l\u2019intervention avait causé la défaite de Mansour re préseula du nouvezn devant Idérim, et réclama l\u2019exécation de sa promesse.[lérim demanda conseil à un vénérable prêtre qui habitait son châleau.[| se nommait Héraclius, et fut terriblement puni de l\u2019iutérêt qu\u2019il portait à son ami car une nuit il fat trouve poignardé duns sa chambre, à deux pas de celle d\u2019Alméria.Par la volonté de l\u2019inconuu, qui semblait posséder une puis- sutice surnalurelle, je fus nommée Natanaïs, et ta sœur reçut le nom d'Œtnu.Plusieurs années s\u2019écoulèrent, quand, nn jour, la mauvaise fortane vint de nouveau me frapper.Kara AÎT, rentré secrèlement dans le royaume, surprit mon frère au moment où il lançait dans la rivière qui bordait le jardin, le cadavre d\u2019Héraclins, dont ox ne pouvait expliquer le meurtre, Il accusa mon père de la mort de ce vieillard, et le peuple, dans son indignation, envahit notre palais.Mon père, fait prisonnier pur Mansour, fut jeté dans un donjon, et ma mère, avec ses deux enfants, arriva seule à la cour du roi «le Géorgie.Mais là, encore, le malheur ons poursuivit, car le shah de Perse fit la guerre au père de ma mère, dont il massacra toute la famille.Nous revinmes en Europe, nous traversâmes les provinces de l'empire ottoman, et arrivâmes en Bohême.Pourquoi ma mère choisit cette contrée pour sa nouvelle patrie, c\u2019est ce que je ne saurais dire.Toujours est-il qu\u2019elle achets une petite ville 4 quelques lieues de lrague, et qu\u2019elle s\u2019y consacra à mon éducation et à celle de ma sœur, Mais nous ne devions pas la conserver longtemps.Six mois après notre arrivée en Buhême, la mort l\u2019enleva aux enfants qu\u2019elle aimait tendrement, Œtna et moi res- tômes ainsi orphelines, n\u2019ayant avec nous que le vieux et fidèle serviteur qui nons avait accompagnées dans notre exil.Ce fut lui qui, sur son lit de mort, nous raconta en détail les incidents dont je ne vous ai donné qu\u2019un aperçu.Une année plus tard, (Etna fut placée dans une maison d\u2019éducation.Quant à moi, une puissance occulte semblait peser sur ma destinée, et je restai dans le monde.Zitzka, auquel me rattachaient des liens de parenté, me donna une hospitaitté généreuse, et jo ne lui ai rien caché de ma position ni de jecpèce de malédiction qui s\u2019altache a moi ; car je ne puis me le dissimuler, celui qui, homme ou démon, me donna le nom de Satanaïs, exerce toujours son intluence sur ma volonté et sur mes actions.Le quinze de ce mois, le quinze avril, j'aurai atteint ma vingtième année.À présent, reprit Sutanaïs, j'ai aue faveur à vous demander, car c\u2019est la dernière fois que tous nous rencontrons.Demain, dès le lever «in jour, je partirai pour retourner dans mon pays natal, et je voudrais vous prier d\u2019accorder votre protection et votre ami à ma seur (Etna, La méme destinée qui me force à quitter l\u2019Europe lui orlonne, a elle, de rester.Nous n\u2019aurons même la satisfaction d\u2019être ensemble.Mais si vous me promeltez, seigneur chevalier, d\u2019être un ami pour ma sœur, je partirui comparativement heureuse, ou, «ans tous les cas, avec uue iuquiétude de moins.\u2014 Je jure d\u2019être pour Œtna un ami, un frère dont le dévouement ne se démentira pas d\u2019un seul instant, s\u2019écria Henri frappé de Paccent et des manteres de Satanais\u2014 Merci, mille fois merci ! dit cette dernière.Demain, après demuin, et les jours suivants, vous la trouverez sous les bosque:s, près de la rivière.Là, elle vous fera connaître ses désirs.Maintenant, seigneur chevalier, adieu.Adieu pour toujours ! Après avoir prononcé ces dernières paroles d\u2019une voix tremblante d\u2019émotion, elle s\u2019éloigna rapidement, et disparut bientôt dans l\u2019ombre.XX1 Une rencontre sur la route de Prague.-Blanche et Honri de Brabant, Au lieu de retourner directement à l\u2019aute] du Faucon-d\u2019Or, te \u201c VAZKTYR DËS CAMPAGNES Henri de Brabaut, dont l\u2019esprit éteit agité de mille pensées diverses, alla retrouver son cheval, qu\u2019il avait laissé près de l\u2019en- trie dus jardins, et gagna la porte Je Est.Le temps était devenu tempétuenx ; et, par intervalles, le vent s\u2019engouffrait en mugissant daüs les rues étroites de la ville, Il était près de dix heures, et lus sentinelles venaient d\u2019être relevées aux divers postes du château.Lorsqu\u2019il arriva à la porte, tes soldats lui barrerent le [Josage et lui déctarèrent qu\u2019il ne pouvait être autorisé à sortir de la ville, à une pareille heure, sans une permission apéciale signée du général Zitzka.Le chevalier s'attendait à cet obstuale ; et tout en ayant Pair de discuter avec les soldats sur la sévérite d\u2019une pareille consigne, il fit briller à la lumière d\u2019une torche la bague que, on se rappelle, le capitaine des Taborites lui avait donnée lors de sun passage dans le camp.L'effet fut instantané.\u2014 Passez, dit l\u2019uffisier de service, Et la sentinelle Lui présenta les armes, Le pont-lévis s\u2019ubaissa ; quelques minutes plus tard, le chevalier fut hors des faubourgs de la ville, et gagna la campagne.M1 marcha ainsi longtemps, absorbé par le souvenir de la con- versatiou qu\u2019il avait eue avec Satanaïs, et par les préoccapations que lui causaient les affaires du pays.Tout à coup, son cheval, qu\u2019il avait laissé à peu près libre de choisir sa route, et qui s\u2019était engagé dans un chemin creux conduisunt à la Maison Blanche, heurta contre une pierre placée eu travers, et s\u2019abatlit ai maiheu- reusement que le chevalier supporta tout son poids.L'animal se releva par un effort vigoureux, mais Henri de Brabant demeura étendue À terre, sans connaissance.Îl n\u2019était pas sérieusement blessé, mais sun cheval, en se roulant sur lui, avait failli l\u2019étouffer, Le chevalier, toutefois, ne tarda pus à rouvrie les yeux ; el, en revenant à lui, it fut iout étonné de voir une femme penchée sur lui et qui lui prodiguait des soins.Quoique la lune se dégageût en ce moment, d\u2019entre les nuages, il ne put d\u2019abord distinguer ses traits, et sa première pensée {ut que c\u2019était Satanais ; puis, reconnaissant que velle qui s\u2019intéressait ainsi à lui était blonde, il s\u2019imagina que c'était sa sœur Œtna.Mais à peiue avait-il conçu cette dernière idée que Ia jeune fernme prit la parole ; et quoique sa voix fut harmonieuse, eile était moins douce que cells d\u2019Œtna\u2014 Etes-vous blessé, seigneur chevalier Ÿ demanda-t-elle avec un accent plein de bonté et de généreux intérêt.Jen ai peur, sjouta-t-elle, en voyant Henri passer la main sur chacun de ses membres.\u2014 Merci, mille remercîments pour votre sollicitude, belle inconnue, dit le chevalier en se soulevant et en s\u2019appuyant sur le coude.Non, je ne suis pas blessé, mais je suis passablement bri- sb.Comment aussi, continua-t-il en se parlant à lui-même, ai-je pu être aussi distrait ! Où est mon cheval 7 ajouta-t-il en regardant autour de lui.\u2014 Lorsque, en arrivant ici, je vous ai découvert gisant à terre, je Den ai pas vu, observa la jeune femme ; il s\u2019est sans doute éloigné LE celui-ci est donc à vous ?demanda Henri en indiquant un bel animal qui broutait l'herbe à deux pas de là.\u2014 Oui, seigneur chevalier, et à votre service pour vous trans- rter soit chez vous, soit à l\u2019habitation la plus voisine, répondit a jeune femme.Mais, continua-t-elle, si le renseignement qu\u2019on m\u2019a donné est exact, Prague ne doit pas être à une grande distance.Trois quarts d\u2019heure en marchant bon train, tépondit Henri qui était parvenu à se remettre sur ses jambes.Depuis combien de temps étiez-vous là à me prodiguer des soins ?demanda-t-il.\u2014 Depuis dix minutes à peu près.J\u2019ai cherché à vous débarrasser de votre casque qui vous étouffait, mais je ne savais comment le détacher.Houreusement j\u2019avais un flacon d\u2019eau dans mu valise, et en vous en jetant quelques goultes aur le visage, Pei réussi à vous faire reprendre connaissance, ajouta la jeune femme avec une franchise qui n\u2019excluait pas la modestie.\u2014 Acceptez mes plus sincères remerciments, exclama le chevalier ; et en échange de votre bonté, permettez-moi de vous of- \u2018ftir :mes services, si je pouvais jamais vous être utile.Car il me semble que vous voyagez seule, et à une heure dangereuse.Mais, d Dieu ! est-ce possible ?s\u2019écria-t-il dans un transport d\u2019étonnement, en distinguant ses traits à lu lueur des rayons de la cmt lune, qui tombèrent obliquement sur sa tête.\u2014 Que voulez-vous dire, seigneur chevalier, qu\u2019avez-vous t demanda la jeune fille, effrayée par cette brusque exclamation, \u2014 Oui, c\u2019est bien elle ! continua Henri sans répondre à nù question : je n\u2019ai pu oublier un visage si plein de douceur! I| euffit de l\u2019avoir contemplé une fois pour en conserver toujours le souvenir! En remarquant que le chevalier avait les regards fixés aur elle, la jeune fille buissa les yeux et rougit profondément \u2014 Pardonnez-moi, dit Heuri de Brabant à la vue de son embarras, pardonnez moi si je ne me suis pa empressé de vous expliquer la cause de mon étonnement.Mais cette rencontre est si extraordinaire ; en me portant secours dans cette plaine solitaire, vous vous êtes amplement acquittée «lu service que je vous ai rendu il y a quelques semaines, la nuit, dans une forêt.\u2014 Je vous comprends à présent, seigneur chevalier ! exclama la jeune fille en partageant la surprise dont Henri de Brabant avait peine à revenir.Vous êtes le guerrier généreux qui m'avez sauvée des mains de Rodoiphe de Rotenberg.~Rodolphe de Rotenberg ! s\u2019écria Henri de Brabant.Comment, c\u2019est lui, le misérable, qui vous emportait, et avec qui j\u2019ai croiss mon épée?Ah! cela me donne l\u2019explication de l\u2019hospitalité que j'ai reçue de lui, pendant les quelques heures que j'ai passées au château de son péte, Il m'a reconnu, et pour se venger, il m\u2019a logé dans des appartements depuis longtemps inhabités.Mais, n\u2019importe ! ajouta le chevalier en s\u2019interrompant soudainement au milieu de ses réflexions.Dites-moi, Blanche, cat je n\u2019ai pas oublié le nom que le garde forestier et sa femme donnaient à leur enfant d\u2019adoption, dites-moi, comment se fait-il que vous voyagiez si loin le voire demeure, sans protecteur, sans ami?Est-ce qu\u2019il est arrivé malheur au bon Gaspard ?La mort vous avrait-elle privé de ceux que vous aimiez si tendrement ?\u2014 Non, seigneur, répondit Blanche d\u2019une voix que l\u2019émotion rendait tremblante ; mes parents adoptifs se portent bien, Dieu merci ! Je me rendais à Prague pour accomplir une mission des plus importantes, et.Mais elle a\u2019arréta court, car elle se rappela que la position du chevalier lui était parfaitement inconnue, qu\u2019il pouvait être un ami des Taborites, et conséquemment un ennemi ces trois seigneurs que Zitzka avait fait emprisonner.\u2014 Ma chère Blanche, dit Heuri en s\u2019apercevant combien elle hésitait au moment d\u2019enirer dans une explication, je ne cherche point à m\u2019immiscer dans vos affaires, et en vous faisant la question Que je vous ai adressée, je n\u2019étais point mb par un sentiment do curiosité.Vous agissez prudemment en vous montrant réservée vis-à-vis des étrangers ; et, dans la ville où vous allez, vous aurez besoin de tout votre sang-fruid et de tout votre jugement, car il y a 4 Prague, en ce moment, bien des intérêts qui se heurtent, peut-être bien des intrigues.Ainsi donc, gardes bien vos secrets, ne permettez à persoune de lire dans vos pensées, ne demandez ni aide ni conseil aux étraugers, et en agissant ainsi, vous éviterez bien des dangers.Blanche n\u2019eut pas le temps d\u2019exprimer au chevalier &a reconnaissance pour ses excellentes recommandations, car à peins avait-il cessé de parler qu\u2019on entendit le galop rapide d\u2019un che- vel, qui en peu d\u2019instants arriva jusqu\u2019à eux.\u2014 C\u2019est mon cheval ! cria Henri en se jetant au-devant de l\u2019animal qui se laissa saisir sans difficulté.\u2014 À présent, ajouta-il en caressant son cheval de la main, nous allons pouvoir nous rondre à Prague, c\u2019est-à-dire, ai vous acceptez mon escorte.\u2014 Très-volontiers, et avec reconnaissance, répondit la jeune fille avec le franchise qui la caractérisait.Et, eu pariant ainsi, elle monta sur son coursier aveo une agi lité qui ne permit pas au chevalier de lui offrir son aide.\u2014 Vous montez supérieurement à cheval, Blanche, obssryé Henri, qui, souffrant de sa chute, fut plus long à se mettre en selle, \u2014 Dix jours ée sont écoulés depuis que j'ai quitté nies parents adoptifs, dit la jeune fille en soupirant, et je n\u2019ignore pas qué que quatre auraient dû me auifire pour arriver à Prague.(A continuer:) bovis Battbawls "]
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